Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /homepages/36/d206324349/htdocs/site_org1G/config/ecran_securite.php on line 180
Le Ghana de Nkrumah, une indépendance exemplaire ? - Matière et Révolution
English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 06- REVOLUTIONNARY POLITICS - POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE > 4- Ce qu’est le socialisme et ce qu’il n’est pas > Le Ghana de Nkrumah, une indépendance exemplaire ?

Le Ghana de Nkrumah, une indépendance exemplaire ?

mardi 28 septembre 2010

Le mythe Nkrumah présente l’indépendance du Ghana comme un modèle et son leader comme un socialiste mais le mythe est loin de la réalité...

Kwame Nkrumah : "Recherchez d’abord le pouvoir politique (l’indépendance) et tout le reste viendra de lui-même."

Mais rien n’est venu....

La misère à Accra

Voici le commentaire d’un Ghanéen :

Il y a cinquante ans, Osagyefo Dr Kwame Nkrumah, dans son discours de Déclaration de l’Indépendance, s’est exclamé en disant, « Le Ghana, votre pays bien-aimé, est libre à jamais ! ».

Le Ghana est-il libre aujourd’hui ? Que voulons-nous dire précisément par « liberté au Ghana » ? Les célébrations dites « Le Ghana à 50 ans » ont lieu actuellement alors que le gouvernement ghanéen est forcé de compter sur les bailleurs de fonds occidentaux, surtout la Grande Bretagne, qui doivent lui donner un nouveau financement que le pays endetté va payer bien sûr à prix d’or.

Cela amène à se demander dans quel sens exactement le Ghana, et par extension l’Afrique, est libre ? Et, dans ce cadre, que peut signifier la liberté pour les Ghanéens lorsque plus de 70 pour cent du budget du gouvernement central sont fournis par les bailleurs de fonds européens/occidentaux ?

Ici, au Ghana, c’est devenu quelque chose à la mode chez les analystes ghanéens de comparer les progrès du Ghana en tant qu’une nation avec ceux de la Malaisie, qui a également obtenu son indépendance en 1957. Dans chaque cas où la comparaison intervient, le commentateur ghanéen aboutit à la conclusion inévitable selon laquelle, comparativement à la Malaisie, le Ghana se trouve bel et bien en arrière dans chaque domaine si l’on se réfère aux indicateurs principaux du développement humain et économique (mortalité infantile, espérance vie, PIB).

Si on voulait faire des comparaisons, une autre juxtaposition instructive serait avec la première nation sub-saharienne à rompre avec la colonisation : le Soudan. C’est vrai le Soudan. On rapporte fréquemment que le Ghana fut le premier pays sub-saharien qui a gagné l’indépendance, mais le Soudan, ayant gagné son indépendance le 1 janvier 1956, a eu environ 14 mois d’avance sur le Ghana.

Cela soulève toutes sortes de questions importantes à propos de la politique de l’identité africaine. Ce qu’il importe de noter à ce titre est que le régime de Khartoum et les rebelles du Sud du Soudan n’ont négocié que pendant les quelques dernières années une résolution(très fragile) mettant fin à ce qui fut l’un des conflits les plus longs et les plus négligés sur le continent africain. Plus récemment, la région de Darfur à l’Ouest du Soudan est le centre d’un désastre humanitaire que certains observateurs internationaux sont en train d’appeler génocide. Par conséquent, les vies des Darfuriens ordinaires sont extrêmement précaires comme ils continuent d’être coincés par les groupes rebelles d’un côté et les milices nomades(soi-disant « Janjaweed »), qui sont dits bénéficier du soutien de Khartoum, de l’autre côté.

Pour sa part, le Ghana a eu l’expérience de quatre coups d’Etats militaires (dont au moins un a présenté les agences américaine et britannique de renseignements comme conspirateurs), de moments sporadiques de violence sponsorisée par l’Etat, et d’une récession grave au début des années 1980.

HISTOIRE

A minuit, dans la nuit du cinq au 6 mars 1957, le drapeau britannique, « l’Union Jack », est remplacé par le drapeau du Ghana, qui est de couleur rouge-vert-jaune. Des cérémonies ont été organisées dans tout le pays, douze ministres et chefs de gouvernement, ainsi que trente-neuf représentants de pays étrangers participent aux festivités célébrant la naissance du nouvel État africain. Kwame Nrumah est porté en triomphe par les membres du cabinet dans les rues d’Accra où 100 000 personnes se sont massées. « Liberté, liberté, plus de Côte d’Or. Vive le Ghana » crie la foule.

Kwame Nkrumah (21 septembre 1909 à Nkroful, Ghana – 27 avril 1972 à Bucarest, Roumanie) est un homme politique indépendantiste et panafricaniste ghanéen qui dirigea le Ghana indépendant en tant que premier ministre de 1957 à 1960 puis en tant que président de 1960 à 1966.

Il fait ses études en Angleterre et aux États-Unis d’Amérique.

Ici avec des étudiants aux USA

En 1945, il participe à l’organisation du Congrès panafricain. Il retourne en Côte-de-l’Or en 1947 et devient secrétaire général du parti indépendantiste, l’UGCC (United Gold Coast Convention). Il quitte l’UGCC pour fonder un autre parti : la Convention People’s Party (CPP).

Les dirigeants du parti de Nkrumah

L’association littéraire de Nkrumah

Nkrumah appelle au boycott et à la désobéissance civile, ce qui lui vaut d’être emprisonné par les autorités britanniques jusqu’en 1951.

Cette même année, les autorités britanniques organisent des élections législatives qui sont remportées par le CPP de Nkrumah. Ce dernier, libéré, choisi de collaborer avec les colonisateurs et est alors nommé Premier ministre et collabore étroitement avec les autorités britanniques.

Premier cabinet Nkrumah

Se basant sur la politique d’« Africanisation de l’administration, de panafricanisme et d’anticommunisme », il décide de développer les infrastructures de son pays grâce aux excédants de l’Office de commercialisation du cacao. Il ne remet pas en cause la domination coloniale et propose au contraire aux britanniques un moyen de sortir sans heurts.

Après les élections législatives de 1956, le CPP remporte les trois quarts des sièges et le Royaume-Uni choisit de concéder l’indépendance, qui est proclamée le 6 mars 1957.

Nkrumah fête sa victoire mais est-ce vraiment celle du peuple ghanéen ?

Nkrumah rencontre les grands du monde capitaliste

L’indépendance du pays n’apporte pas de changement radical au système hérité de l’ancien colonisateur. Si, certes, les infrastructures connaissent un développement, comme la réalisation à Tema d’un grand port en eau profonde relié à la capitale par une autoroute, aucun projet d’industrialisation n’est clairement défini .

De plus, cette modernisation du pays entraîne une détérioration de la situation économique : le déficit public et celui de la balance des paiements s’accroissent et, bien qu’ayant adopté une économie d’inspiration libérale, les investissements étrangers sont quasi-nuls. Et, si jusque-là l’inflation est contenue, en revanche les salaires des planteurs de cacao ne font que régresser depuis 1954, accentuant ainsi la crise . Cet échec économique, incriminé à Nkrumah, se transforme en crise politique.

Les dérives dictatoriales

Déjà en 1959, Nkrumah restreint la démocratie en emprisonnant certains membres de l’opposition, ou bien en les forçant à l’exil, comme le chef de l’opposition unie Kofi Busia. Mais ce n’est qu’à partir d’octobre 1961, après une tournée de deux mois (juillet-août) dans les pays du bloc de l’Est , que Nkrumah oriente réellement le Ghana vers une dictature.

En effet, en septembre sont organisées des grèves qui, tout en revendiquant des hausses de salaires, manifestent également leur opposition au régime. Nkrumah les réprime impitoyablement , et décide d’arrêter les principaux leaders syndicalistes.

Puis, peu de temps après, il arrête tous les membres parlementaires de l’opposition et censure la presse.

L’adoption du prétendu "socialisme"

Kwame Nkrumah : "Le capitalisme est un système trop compliqué pour nos nation nouvellement indépendantes."

Tandis que la répression s’accentue et que les relations avec les pays occidentaux se dégradent , Nkrumah rejoint, officieusement, le camp socialiste c’est-à-dire stalinien (bien que se déclarant non-aligné), en juillet 1962, en optant pour le marxisme lors de la XIe conférence du CPP. Sous la doctrine du « consciencisme » (ou « nkrumahisme »), une économie planifiée est mise en place, qui va être marquée par un gaspillage des ressources naturelles, un accroissement de la corruption, une montée du chômage et la faillite économique du secteur agricole . Cette nouvelle politique économique entraîne une augmentation du coût de la vie de 48 % entre 1963 et 1966, ainsi que la désorganisation des marchés provoquant marché noir et ruptures de stocks .

Devant ce désastre économique, le climat intérieur se détériore ; Nkrumah échappe à deux tentatives d’assassinat en août 1962 et en janvier 1964 qui vont le plonger dans une véritable paranoïa. Ne croyant plus en personne, ne supportant plus aucune critique , Nkrumah se met à durcir son régime , tandis qu’il promeut un véritable culte à sa personnalité, se faisant appeler l’ « Osagyefo » (le « Rédempteur »).

En 1963, il restreint l’indépendance du pouvoir judiciaire et érige, le 26 janvier 1964, le monopartisme avec le CPP, instituant ainsi une dictature de parti unique. Puis la même année, se proclame président à vie.

Pour se justifier, il déclare : « même un système basé sur une constitution démocratique peut être contraint, dans la période suivant l’indépendance, à des mesures de type totalitaire ».

Nkrumah devint de plus en plus impopulaire au sein de ces masses laborieuses qui l’avaient acclamé lors de sa venue au pouvoir.

Le 24 Février 1966, alors que Kwame Nkrumah se trouvait en voyage officiel au Vietnam, à l’invitation d’Ho Chi Min, un coup d’état éclata, mené par le colonel Emmanual Kwasi Kotoka. Le parlement fut dissous, le parti de Nkrumah, le CPP fut interdit, et Nkrumah lui-même fut banni.

C’est l’armée dont il était si fier et qu’il a lui-même formé qui a mis en place une dictature militaire en 1966.

Il est renversé par un coup d’état militaire sans aucune réaction populaire.

Avant les années 80, le Ghana était considéré comme un pays en voie de développement prometteur. La crise économique que connaît le pays va amener une situation locale désastreuse au niveau des services de base. Le FMI et la Banque Mondiale proposent des prêts au pays, sous la condition dite d’ajustement structurel. Le pays est contraint de s’impliquer dans le libre échange, en orientant la production interne vers l’or et la cacao plutôt que vers les productions vivrières. L’incitation à la "récupération des coûts" va entraîner la privatisation des services publics de base de soins et d’adduction d’eau. L’implantation d’entreprises étrangères est favorisée grâce une politique fiscale avantageuse et une réglementation peu contraignante, notamment vis à vis de l’environnement. La richesse en or de la province du Katanga a attiré l’industrie minière. L’état ghanéen a délocalisé la population locale qui vivait de banane plantin, manioc, huile de palme et arachide.

Un pays où les enfants sont redevenus esclaves n’est pas un pays libre...

Mais que veut dire un pays libre ? Rien ! C’est une duperie des bourgeois, qu’ils soient africains ou occidentaux. Que veut dire liberté si on reste dans la pauvreté ? Rien ! S’il y a une infime minorité de très riches et une majorité de très pauvres, il y a nécessairement la dictature pour maintenir les pauvres dans l’obéissance...

La liberté, la vraie, pour la masse des travailleurs, des jeunes, des femmes, des enfants pauvres, ne peut venir que de la prise du pouvoir par eux-mêmes et donc par la révolution sociale !

Prolétaires, sauvons nous nous-mêmes !

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0