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Dix ans après l'explosion d'AZF (Toulouse), la vérité est interdite et la sécurité, nullement imposée aux trusts, doit être payée par les habitants - Matière et Révolution
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Dix ans après l’explosion d’AZF (Toulouse), la vérité est interdite et la sécurité, nullement imposée aux trusts, doit être payée par les habitants

jeudi 22 septembre 2011, par Robert Paris

Dix ans après la catastrophe d’AZF à Toulouse, si quelque chose a changé, ce n’est pas les mesures de sécurité, ce n’est pas l’irresponsabilité des trusts, c’est que l’on demande à la population de payer elle-même pour se protéger des risques !

Il y a dix ans, un quartier de Toulouse était comme bombardé. L’usine voisine avait explosé ! Aujourd’hui encore, les habitants sont victimes de toutes les manières : matérielles, financières, morales et physiques. Les responsables restent introuvables parce qu’on n’a pas voulu les trouver... L’usine AZF et sa voisine SNPE étaient classées Seveso du nom de la catastrophe industrielle intervenue à Seveso en Lombardie (Italie) le 10 juillet 1976 et qui vit un nuage de dioxine se répandre dans les environs après l’explosion de l’usine chimique Icmesa située dans la ville voisine de Meda.

Cette affiche officielle n’en compte que 68 mais, en 2006, la France comptait 1 204 sites industriels classés SEVESO. Les sites seveso excluent les sites nucléaires à risque. Les plans de prévention des risques concernent 420 communes mais seuls une centaine ont été approuvés et les fonds sont bloqués pour la plupart. Les indemnisations des habitants sont bloquées car le dispositif, considéré comme "niche fiscal" a été raboté. Ce serait aux habitants d’avancer les sommes et d’en payer une bonne part alors qu’ils sont victimes des risques et non responsables !

Le site AZF s’étendait sur plus de 70 hectares formant un quadrilatère approximatif encadré par la Garonne et la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE-ISOCHEM) à l’est, par la RN 20 à l’ouest, des voies de chemin de fer et le périphérique toulousain au nord et par d’autres entreprises de chimie (Tolochimie, Sanofi) au sud. Et une autre usine classée « seveso » est toujours dans les mêmes parages : l’usine SNPE de poudres et explosifs. Cette usine a déjà gravement pollué la Garonne à plusieurs reprises ! Elle pourrait même être la véritable origine de l’explosion d’AZF car elle produit des éléments pouvant avoir été lancés comme une bombe vers AZF ! Mais aucune enquête sérieuse ne peut avoir lieu à la SNPE, classée « secret d’Etat »… car elle produit pour la défense nationale. Depuis des années, la SNPE rejette du perchlorate d’ammonium dans la Garonne (« La Dépêche » du 26 janvier). Ce puissant oxydant, très toxique, peut engendrer des troubles de la thyroïde. La SNPE en rejette dans le fleuve quelques dizaines de kilos par mois depuis au moins 2007 selon la DREAL, direction régionale de l’environnement Midi-Pyrénées. En 4 ans, cela fait 500 kg partis dans la nature. La rivière est polluée mais aussi la nappe phréatique. On a retrouvé des traces dans l’eau potable d’une usine de traitement voisine. Rien n’a été fait pour sauvegarder les Toulousains.

On a essayé de nous faire croire que ceux qui ne croyaient pas à l’accident étaient tous partisans de l’acte terroriste. C’est faux : il y a de nombreux partisans d’une thèse selon laquelle l’usine voisine SNPE de poudres et explosifs est à l’origine de l’explosion sur AZF. En effet, il n’existe pas d’effet physique ou chimique reconnu du type qui s’est produit là et dans les conditions où il s’est produit.

Le site AZF de Toulouse, appartenant au trust pétrolier Total, était lui aussi un site classé « Seveso », c’est-à-dire très dangereux pour des raisons chimiques, en l’occurrence à cause du nitrate d’amonium. Cependant on ne connaît pas de moyens par lequel le nitrate d’amonium puisse ainsi exploser dans les mêmes conditions. L’usine est détruite le 21 septembre 2001 par l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium. Le bilan officiel fait état de 31 morts, dont 21 employés sur le site parmi lesquels 10 salariés de Grande Paroisse et 8 extérieurs, et environ 2 500 blessés dont une trentaine dans un état grave.

La majorité des victimes ont subi les effets directs du souffle de l’explosion, ou ses effets indirects, en étant touchée par des objets portés par ce souffle (éclats de verre notamment). Selon l’Institut de veille sanitaire, de nombreuses personnes souffrent de désordres psychiques (dépressions, angoisses, insomnies), mais aussi de problèmes auditifs. Dix-huit mois après l’explosion, quelque 14 000 personnes étaient toujours sous traitement pour pouvoir dormir, calmer leurs angoisses ou soigner une dépression.

L’explosion a causé des destructions importantes dans la partie sud-ouest de la ville. Le site AZF lui-même est soufflé. Seul le poste de garde est encore debout mais il sera détruit le lendemain pour raison de sécurité. La tour AZF résiste tout de même au souffle. À proximité, les zones commerciales de Darty et Brossette sont totalement détruites. 150 bus de la SEMVAT, la société de transport public toulousain de l’époque, sont également détruit dans l’entrepôt de Langlade situé en face de l’usine.

De très nombreux logements, plusieurs entreprises et quelques équipements (piscines, gymnases, salles de concert, lycée Déodat de Séverac) ont été touchés. Les dégâts (murs lézardés, portes et fenêtres enfoncées, toitures et panneaux soufflés ou envolés, vitres brisées…) ont été visibles jusqu’au centre-ville. Parmi les équipements publics touchés, on peut citer le grand palais des sports (entièrement démoli et reconstruit suite à ces dommages), le Bikini (salle de spectacle), l’École nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques, le lycée Gallieni et le centre hospitalier Gérard Marchant.

On estime les dégâts matériels globalement à 2 milliards d’euros, dont 33 millions d’euros pour des bâtiments publics.

Le 31 mai 2006, la société Grande Paroisse a été mise en examen en tant que personne morale. Le 13 juillet 2006, un non-lieu est prononcé en faveur du manutentionnaire qui était soupçonné d’avoir réalisé un mélange malencontreux d’un produit chloré avec le nitrate d’ammonium. Il ne reste donc que la société Grande Paroisse et le directeur de l’usine Serge Biechlin à avoir été mis en examen pour « homicide et blessures involontaires » dans cette affaire. Le 20 septembre 2006, peu après la remise d’un rapport final par les experts, concluant qu’un mélange accidentel de matière est à l’origine de l’explosion, le Juge Perriquet clôt l’enquête.

Le 3 mai 2007, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a rejeté toutes les nouvelles demandes d’investigations et mettait aussi un point final aux expertises du Civil alors que des experts n’avaient pas terminé leurs travaux.

Enfin, le 9 juillet 2007, peu avant sa nomination à la Cour d’Appel de Monaco, le magistrat instructeur Thierry Perriquet, ordonnait le renvoi devant le tribunal correctionnel de la société Grande Paroisse et du directeur de l’usine Serge Biechlin pour « homicides et blessures involontaires », car les infractions de « mise en danger de la vie d’autrui » et d’« entraves à l’enquête » n’ont pas été retenues. Plusieurs fois reporté, le procès s’ouvre lundi 23 février 2009. Le 19 novembre 2009, le Tribunal correctionnel de Toulouse a rendu un jugement de relaxe générale à l’encontre de tous les prévenus. L’analyse des ondes produites par la catastrophe a donné lieu à la publication de deux articles scientifiques. Dans le premier article, une équipe de sismologues toulousains présente les sismogrammes enregistrés par les stations pyrénéennes du réseau ReNass ainsi que le sismogramme fourni par un sismomètre au rebut posé dans un bureau au rez de chaussée de l’Observatoire Midi-Pyrénées (A. Souriau et al. C.R.A.S., 2002). Sur ce dernier enregistrement, on distingue les diverses composantes de l’onde sismique engendrée par l’explosion (onde P directe et convertie, onde de Rayleigh) ainsi que l’onde de choc (aérienne) venant d’AZF. Les auteurs reprennent, sans prendre parti, l’hypothèse d’un double bang produit par une explosion unique. Cette hypothèse sera réfutée dans le second article (A. Joets, C.R.A.S., 2009).

Jean-Marie Arnaudies est un professeur réputé de mathématiques en classes préparatoires du Lycée Pierre de Fermat de Toulouse ; il a notamment rédigé de nombreux ouvrages de mathématiques. Le 2 décembre 2002, il remet au juge d’instruction Perriquet un mémoire intitulé Certitudes sur la catastrophe de Toulouse.

Jean Marie Arnaudies recueille plusieurs dizaines de témoignages qui sont consignés sur des attestations judiciaires et qui font état de deux explosions. La plupart de ces témoins n’ont alors pas été entendus par la police.

À partir de ces témoignages et de sa réflexion scientifique, Jean-Marie Arnaudies parvient à la conclusion que l’on ne peut pas interpréter une explosion comme un simple écho de la seconde. Par ailleurs, il pense que « si l’épicentre de l’explosion 2, celle qui a ravagé Toulouse, se trouve bien dans le hangar 221 d’AZF, il paraît mathématiquement impossible que l’épicentre de l’explosion 1 soit situé au même endroit. […] L’ensemble des points susceptibles d’avoir été l’épicentre de cette explosion 1 forme une branche d’hyperbole qui ne s’approche jamais à moins de 500 mètres de l’usine AZF […] mais qui traverse de part en part, à environ 800 mètres à l’est, la SNPE : une société d’État aux activités civiles et militaires stratégiques couvertes par le « secret-défense », et qui fabriquait notamment les carburants de la fusée Ariane V et du futur missile balistique M51 ! Corollaire : l’explosion 1, perçue à des kilomètres à la ronde comme très brève, très sèche et très courte (plusieurs témoins parlent d’un « pneu géant qui éclate » et ont ressenti une secousse, sans dégâts matériels apparents) a été très probablement souterraine ». S’appuyant sur de nombreux témoignages recoupés avec des datations électriques d’EDF, Jean-Marie Arnaudies établit la chronologie suivante :

• 10 h 17 min 47 s : au moins un éclair rectiligne ;

• 10 h 17 min 56,5 s : éclairs, explosion n° 1, formation nuageuse, etc. ;

• 10 h 18 min 1 s : formation d’une immense colonne gazeuse bleue ;

• 10 h 18 min 5 s : explosion du hangar 221 d’AZF.

En juillet 2006, une nouvelle piste en partie soutenue par un ancien ingénieur d’EDF est proposée, hypothèse qui analyse la viabilité d’une explosion de nappes de vapeurs dérivées de l’hydrazine. De telles substances, comme la MMH (monométhylhydrazine), l’UDMH (diméthylhydrazine asymétrique) ou la FDMH (formaldéhyde diméthylhydrazone) sont fabriquées à la SNPE jouxtant l’usine AZF. Elles sont en particulier indispensables à la production de carburants pour fusées et missiles, des propergols. En ce qui concerne l’UDMH, le site de fabrication de ce produit était en arrêt pour maintenance le jour de l’explosion mais environ 17 tonnes d’UDMH étaient stockées sur place.

Ces produits ont une forte odeur d’ammoniac et de poisson pourri, une odeur caractéristique, inhabituelle et particulièrement forte qui a incommodé de nombreux témoins situés sous le vent de la SNPE le matin de la catastrophe. Mêlées à l’air, ces vapeurs forment un mélange asphyxiant, et explosif quand il est saturé d’oxygène ou mis au contact de métaux oxydés. Aucun obstacle n’aurait pu entraver la progression des vapeurs, poussées en ligne droite par le vent d’autan qui soufflait ce jour-là à 30 km/h environ de la SNPE vers AZF. Sur son chemin, se trouvait la tour verte de prilling des nitrates et le hangar 221 de l’usine AZF. Au niveau de la tour de prilling, le mélange gazeux aurait pu être aspiré et remonter dans la tour : normalement cette circulation d’air sert à refroidir le nitrate fondu pour en faire des granulés. De là l’air chaud est évacué à l’extérieur via deux grands ventilateurs. Le mélange air chaud - UDMH évacué ce 21 septembre 2001, en s’enflammant, a très bien pu prendre l’aspect d’un éclair frappant la tour, tandis que l’explosion de ce mélange à l’intérieur aurait suffi pour faire décoller la partie supérieure du bâtiment. L’UDMH aurait aussi pu se répandre jusqu’au hangar 221 contenant un grand tas de nitrate d’ammonium, et dont le sas était à ce moment ouvert face au vent.

L’explication proposée pour la mise à feu des nappes de mélange air-UDMH serait :

• soit l’hypothèse d’un contact entre les nitrates, l’UDMH ou un autre dérivé de l’hydrazine et du chrome hexavalent Cr(VI) utilisé pour des tests de routine. L’anhydride chromique est un puissant oxydant susceptible d’entraîner des réactions violentes au contact d’un grand nombre de produits, dont les nitrates ou l’hydrazine. Selon Anne-Marie Casteret (L’Express du 16 janvier 2003) et Marc Menessier (Le Figaro du même jour), 21 kg de Cr(VI) en paillettes avaient disparu du laboratoire de l’usine début août 2001, tandis que Valeurs Actuelles révélait le 28 juillet 2006 que des traces de chrome avaient été relevées par les expertises du laboratoire de la police scientifique, sur les chaussures (3,8 mg) et les vêtements de deux victimes de la catastrophe qui se trouvaient au plus près du hangar 221. Le laboratoire ne précisait cependant pas la nature du chrome analysé mais soulignait qu’il pouvait se trouver à l’état naturel dans les sols.

• soit un incident électrique à la SNPE.

• soit la conjonction des deux faits.

L’hypothèse de l’explosion de nappe de gaz (UVCE - Unconfined Vapour Cloud Explosion) avait été abordée par les enquêtes pénales et civiles, mais seul le méthane, gaz inodore et plus léger que l’air, avait été étudié par les experts. De plus, d’autres produits comme par exemple le méthanol (alcool à brûler), présents en grande quantité sur les sites AZF et SNPE sont à l’instar de l’UDMH, d’excellents candidats pour provoquer des UVCE.

Il n’y a pas quatre-vingt-douze usines à pouvoir rejeter du perchlorate d’ammonium dans les eaux de la Garonne à Toulouse. La Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE), seule à produire cet élément du carburant de fusée est pourtant très fâchée que l’Agence régionale de la santé (ARS) et la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) lui aient demandé de prendre les « mesures correctives nécessaires » pour que ces rejets cessent.

La SNPE est fâchée à ce point qu’elle se fait arrosée-arroseur et introduit un recours auprès du tribunal administratif de Toulouse contre cet arrêté de mise en demeure. Sur le thème : je pollue peut-être, mais ce n’est pas interdit : Les perchlorates ne font en effet pas partie des paramètres soumis à la réglementation française ou européenne relative à la qualité des eaux potables, reconnaît la Préfecture de Haute-Garonne. Des études nord-américaines faisant référence permettraient de conclure que « la consommation d’eau potable ne constitue pas un risque pour la santé des consommateurs ».

Cependant, et par principe de précaution, « un suivi renforcé des installations concernées est mis en œuvre par les services de l’Etat afin de surveiller l’évolution de la situation ». En parallèle, indique encore la préfecture, l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS) et l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), ont été saisies afin que des normes de référence puissent être établies.

la suite

Ce que l’on a voulu cacher

Quoi de neuf pour les riverains des usines classées "seveso" ?

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