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Le peuple grec conspue les classes dirigeantes - Matière et Révolution
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Le peuple grec conspue les classes dirigeantes

mardi 1er novembre 2011, par Robert Paris

Les classes dirigeantes ? Pendez-les !!! Les cordes sont prêtes...

L’annonce du référendum est la dernière tentative des classes dirigeantes grecques pour ne pas dire définitivement adieu à leur crédit dans la population... Même si les dirigeants européens ont de belles gueules d’hypocrites à refuser que le peuple grec s’exprime alors qu’on prétend l’aider, le référendum est là pour piéger les grecs. Pile , ils seront responsables par leur vote du choix des sacrifices proposés par l’Europe. Face, ils seront responsables des sacrifices causés par leur refus.

La décision du chef de l’Etat a étonné car elle s’oppose à la volonté de tous les autres chefs d’Etat, mais elle s’explique par le tournant de la situation en Grèce. Plusieurs signes montraient qu’on en arrivait à un point de rupture et pas seulement entre les politiciens et le peuple...

Un signal du discrédit des politiciens a été celui du président de la république qui se croyait populaire et a été conspué et couvert d’œufs par la population à Thessalonique à la manifestation du 28 octobre…

La colère concernant les mesures d’austérité est si profonde que de nombreux députés du PASOK n’osent plus apparaître en public. « On ne peut même plus quitter son domicile pour aller à la taverne, » dit un député du PASOK qui souhaite garder l’anonymat, cité par le Guardian. « On vous traite de porc ou de traitre pour avoir voté des mesures qu’aucun d’entre nous ne voulait voir voter. Ce n’est pas une vie. »

Il y avait également un point de rupture entre les politiciens et les chefs de l’armée qui est souligné par la décision de démettre tout le haut Etat-Major. Le Premier ministre Grec Georges Papandréou a en effet décidé de remplacer les 4 hauts fonctionnaires de l’armée. Il a aussi déchargé de leur fonctions une douzaine d’officiers de l’armée et de la marine.

Or celui-ci est l’héritier sans rupture des colonels qui gouvernaient la Grèce de manière fasciste de 1967 à 1974....

Cela signifie que les dirigeants militaires envisageaient un coup d’Etat et que celui-ci n’est que momentanément suspendu... Si l’état-major a été remplacé, c’est pour empêcher qu’un coup d’Etat ne vienne renverser l’actuel gouvernement. Georges Ugeux, ex patron de la bourse de New-York, explique sur le blog du "monde.fr" : "Depuis deux jours, on craignait un coup d’état militaire en Grèce". Ce qui donne crédit à cette hypothèse, c’est que les plans d’austérité visent notamment les crédits incroyables que touchent l’armée. Du coup, l’Etat-Major a les moyens et les motifs d’entraîner un coup d’Etat qui serait suivi. Il ne suffira pas de quelques démissions pour régler ce problème. Il est frappant que les média en fassent aussi peu état, eux qui ne parlent que de la Grèce en ce moment...

Le dernier accord conclu entre le gouvernement grec et l’Union Européenne et qui annule un tiers de la dette a achevé la rupture entre le peuple grec et ses classes dirigeantes. S’il a été présenté en Europe comme un effort courageux pour ne pas abandonner le peuple grec, ce n’est pas du tout ainsi que l’entendent les travailleurs grecs, la jeunesse et les milieux populaires !

Lors de la dernière grève générale, le peuple grec a montré des signes clairs de sa réprobation : il refuse qu’on mette en coupe réglée le pays pour satisfaire aux conditions des dirigeants européens et pour sauver les banques et autres financiers.

Le président grec a été conspué et des politiciens de tous bords reçus par les manifestants à coups d’œufs et de jets de toutes sortes. Les partis politiques de tous bords sont complètement discrédités, eux qui ont voté toutes les politiques d’austérité successives soi-disant chargées de "sauver la Grèce" !

Le motif de cette hostilité est simple. Les mesures demandées sont essentiellement tournées contre les milieux populaires. Ainsi le gel des conventions collectives, qui ouvre la voie à un abaissement généralisé des salaires dans le secteur privé, risquant d’entraîner une baisse brutale du niveau de vie des Grecs, et en particulier des fonctionnaires. Trente entreprises dans lesquelles l’État détient la totalité ou une partie du capital devront être livrées au secteur privé : OTE (numéro un des Telecoms) ; Trainose (la compagnie nationale des chemins de fer) ; les ports du Pirée (Athènes) et de Salonique ; le groupe gazier DEPA ; les licences de téléphonie mobile ; les société des eaux d’Athènes et de Salonique ; l’aéroport international d’Athènes ; la société d’autoroutes Egnatia Odos ; la Poste hellénique ; les ports régionaux ; DEI Électricité de Grèce ; les aéroports régionaux, les participations de l’État dans les banques grecques ; la Banque postale ; la Banque agricole ATE ; la Caisse des dépôts et consignations … Le gouvernement grec essaie, également, sous la pression de la Troïka, d’imposer un 5me plan d’austérité au peuple grec. Qu’importe, là encore, le coût humain de ce plan.

L’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) qui agissent au nom des banques internationales exigent une nouvelle série de mesures d’austérité à l’encontre de la classe ouvrière grecque comme condition préalable au déblocage de la prochaine tranche du plan d’aide, faute de quoi la Grèce fera défaut le mois prochain.

Les 4 premiers plans ont imposé une réduction des salaires du secteur public de 20 %. Les allocations chômages ont été réduites et le système d’aide aux pauvres, mis en place en 2009, a été suspendu. La précarité s’étend à grande vitesse dans le privé où les contrats individuels remplacent de plus en plus les conventions collectives. La pratique de stages très longs et très peu rémunérés se généralise. Le recours à l’intérim devient habituel dans le secteur public. L’âge de départ en retraite a été reculé. Les pensions, après avoir été réduites, sont gelées. Le taux plafond de la TVA est passé de 19 à 23 % alors que l’impôt sur les sociétés était réduit et que le premier propriétaire foncier du pays, l’Église orthodoxe, était très largement épargné.

Le nouveau plan d’austérité impose des augmentations ciblées de la TVA, de nouvelles baisses des salaires, le licenciement de salariés de la fonction publique à temps plein, la fermeture ou la fusion de 75 entités publiques (dont l’audiovisuel public ERT) pour atteindre 6,4 milliards d’euros d’économies supplémentaires en 2011 et 22 milliards d’ici 2015 (l’équivalent, en France, de 56 puis de 193 milliards d’euros), de nouvelles baisses de rémunération dans le secteur public, une diminution des dépenses de santé publique, la légalisation des constructions illégales (un million environ…) pour pouvoir verser 1 milliard d’euros aux créanciers de la dette grecque, au détriment du patrimoine grec et de son tourisme… Tant pis, si là encore, l’UE et le FMI tuent la poule aux œufs d’or : l’important est de rafler le plus rapidement possible tout ce qui peut l’être.

Des recherches publiées mardi par le Financial Times ont révélé que « les augmentations d’impôt prévues et les réductions de dépenses pour 2011 équivalent à environ 14 pour cent du revenu net moyen, soit 5 600 ? (7 707 $) par foyer grec. »

Le journal commente : « Le degré de souffrance financière que confronte la population grecque est deux fois plus grave que celui de l’Irlande et du Portugal, alimentant les craintes que le programme d’austérité radicale imposé par les créanciers puisse étouffer la croissance des économies les plus faibles de la zone euro. »

Le Financial Times ajoute que l’impact sur les conditions sociales de la population est « près de trois fois supérieur à celui de l’Espagne. »

Malgré le mantra quotidien du gouvernement grec et de la troïka qui n’ont cessé de répéter au cours des deux dernières années que l’imposition de réductions massives du niveau de vie était la seule façon de résoudre la crise de la dette nationale en Grèce, le niveau d’endettement s’est aggravé. Il est largement admis que la Grèce sera bientôt en défaut de paiement pour ses dettes totalisant environ 330 milliards d’euros.

L’économie grecque est en récession depuis près de trois ans et connaît une croissance négative continue depuis au moins la fin de 2008. Le journal Kathimerini commentait récemment : « Ce sera pareil au second semestre. Cela veut donc dire que la Grèce a connu au moins 11 trimestres consécutifs de croissance négative. Pour mettre cela en perspective, la grande dépression avait produit 12 trimestres de croissance négative. Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, c’était entre 1929 et 1932. »

Le programme du PASOK a eu pour conséquence qu’en seulement deux ans, plus de 200 000 travailleurs du secteur public ont perdu leur emploi et le chômage a continué à monter en flèche. Les derniers chiffres sur l’emploi publiés cette semaine par l’Organisation pour l’emploi des ressources humaines font état d’un bond de plus de 18 pour cent depuis septembre de l’année dernière, le nombre de chômeurs passant de 665 059 à 774 059. Le nombre de personnes qui sont sans emploi depuis plus de 12 mois a augmenté de 36 pour cent depuis l’année dernière. Parmi les chômeurs, 60 pour cent sont âgés de 30 à 54 ans, tandis qu’environ 28 pour cent des chômeurs ont moins de 30 ans.

L’économie devrait se contracter de 5,5 pour cent cette année, et de 2,5 pour cent de plus en 2012, donnant une contraction totale de 14 pour cent depuis 2008.

En juin, le parlement grec a annoncé l’imposition d’un programme d’austérité de 28 milliards d’euros de 2012 à 2015. Par la suite, il a annoncé un nouveau programme de compressions de l’ordre de 10,3 milliards d’euros. En plus de cela, le gouvernement s’est engagé à accroître encore plus les privatisations, jusqu’à la hauteur de 50 milliards d’euros, ce qui nécessite d’autres incursions radicales contre les emplois, les salaires et les conditions de la classe ouvrière.

Le niveau d’opposition populaire est tel que le Financial Times a estimé nécessaire de publier une mise en garde : « Il y a de sérieux doutes quant à savoir si la Grèce parviendra à mettre en ouvre la totalité des mesures d’austérité de l’ordre de 24,6 milliards ?, en plus des 10,3 milliards ? en mesures supplémentaires qui ont été annoncées depuis la première publication du budget afin de compenser pour d’autres glissements ailleurs. »

L’ampleur des attaques sur la petite population de 11 millions d’habitants de la Grèce est révélée par une recherche du Financial Times, le quotidien constatant que « même si le gouvernement réussissait à mettre en ouvre la moitié seulement des mesures supplémentaires, l’impact sur les dépenses publiques et la fiscalité équivaudrait à environ 11 pour cent de la moyenne du revenu des ménages - 4 500 ? - dont 2 300 ? environ proviendraient de nouvelles taxes et de prélèvements.

« La Grèce se retrouverait ainsi avec un plan encore plus douloureux que celui de l’Irlande en 2009, le montant du régime d’austérité étant de 4 800 ? par ménage, ce qui correspond à 9 pour cent du revenu des ménages grecs. En contrepartie, le programme d’austérité de l’Irlande équivaut cette année à 7 pour cent du revenu des ménages. »

Et portant, même cet assaut sur la population ne fait qu’effleurer la surface en termes de ce que l’élite dirigeante est prête à imposer. Le journal prévient : « Comme les paiements sur les intérêts de la dette de la Grèce devraient augmenter de 77 pour cent entre 2010 et 2015, il faut encore procéder à de profondes compressions dans les dépenses publiques, ne serait-ce que pour rester stable, avant de pouvoir ensuite prendre les mesures complémentaires qui s’imposent pour réduire le déficit. »

Les Grecs ont entamé mercredi deux jours de grève générale pour protester contre les nouvelles mesures d’austérité que le Parlement s’apprête à adopter jeudi en échange de l’aide internationale. Le plan d’austérité a été approuvé mercredi soir par les députés par 154 voix contre 141. Mais il ne sera définitivement adopté qu’à l’issue d’un second vote prévu jeudi au Parlement.

A quatre jours d’un sommet européen annoncé comme crucial, le pays, au coeur de la crise dans la zone euro, était largement paralysé mercredi. Des incidents ont éclaté alors qu’au moins 100.000 personnes manifestaient à Athènes et 15.000 à Thessalonique. De violents affrontements ont marqué ce jeudi les manifestations anti-austérité massives en Grèce, faisant 16 blessés dont plusieurs touchés à la tête par des projectiles, selon le ministère de la Santé. Le président grec a été conspué par la foule, qui l’a traité de traître (le président grec ayant participé à la résistance durant son adolescence, bien avant sa carrière politique dans les rangs du PASOK). A Xanthi, les étudiants qui défilaient en uniforme ont quitté la parade en plein milieu pour rejoindre les manifestants. A Patras et à Heraklion, les politiciens ont du fuir sous des pluies d’œufs. A Trikala, un député PASOK a été frappé par un manifestant. Partout en Grèce, des parades ont été annulées/perturbées, et ça va des étudiants en uniforme qui détournent la tête en marchant devant les officiels jusqu’au blocage complet de l’avancée du défilé, en passant par le port de brassards noirs par les membres de l’orchestre à Athènes.

Les ministres européens des Finances, réunis à Bruxelles avant l’ouverture du sommet des dirigeants de l’Union européenne de dimanche, sont parvenus péniblement samedi à s’entendre sur un plan de recapitalisation des banques de 108 milliards d’euros, alors que le principe était en fait déjà acquis la semaine dernière. En revanche, les modalités précises, concernant notamment le recours au fonds de sauvetage de l’euro, le FESF, n’ont pas fait consensus et ne devraient être dévoilées que mercredi.

La recapitalisation bancaire inclura 46 milliards déjà promis, selon l’agence Reuters. Les 110 milliards d’euros dont les banques européennes pourraient avoir besoin pour renforcer leur capital devraient inclure quelque 46 milliards déjà annoncé pour soutenir les établissements de crédit de l’Irlande, la Grèce et du Portugal a rapporté l’agence dimanche de sources européennes.

Le montant découle directement des nouvelles exigences de solvabilité souhaitées par la Commission européenne. Une soixantaine des principaux établissements du continent devront parvenir à un ratio de fonds propres durs, ou « Core Tier One », de 9 % d’ici à la mi-2012 et devront en outre comptabiliser leurs titres de dette souveraine à leur valeur de marché. Les banques qui seraient amenées à refuser ces nouvelles règles du jeu se verront sanctionnées avec interdiction de verser des dividendes à leurs actionnaires ou des bonus à leurs dirigeants. Les principaux bénéficiaires de ce plan devraient être les trois pays déjà placés sous programme d’aide : la Grèce, le Portugal et l’Irlande.

L’Autorité bancaire européenne (EBA) avait été chargée de mesurer les besoins en fonds propres des différents établissements et de réactualiser leurs expositions respectives aux titres de dette souveraine. Les résultats des « stress tests » bancaires, présentés en juillet, évaluaient alors le besoin en recapitalisation à... 2,5 milliards d’euros seulement ! On comprend pourquoi l’EBA a précisé la semaine dernière qu’elle n’envisageait pas, pour le moment, de renouveler l’opération.

Un exercice auquel s’est en revanche essayé Standard & Poor’s, dans une étude publiée vendredi, qui teste la résistance de l’Europe et de son système financier. Selon le scénario choisi par l’agence de notation, le besoin en fonds propres supplémentaires pour l’ensemble des banques européennes serait compris entre 115 et 132 milliards d’euros.

En complément du plan de recapitalisation, les autorités européennes réfléchiraient à une réactivation des garanties offertes aux banques à l’automne 2008, pour permettre à celles-ci de trouver des financements à moyen et long terme.

Les créanciers privés de la Grèce attendaient également du sommet des précisions sur le montant de la décote qu’ils devront appliquer sur les titres grecs détenus en portefeuille. Les banques, assureurs et fonds qui détiennent de la dette grecque devraient finalement appliquer une dépréciation d’au moins 50 % sur ces titres, contre 21 % prévus lors de l’accord du 21 juillet. En réponse, dans la soirée, les banquiers ont proposé de porter leur décote à 40 %.

Les dirigeants européens, après avoir conspué, pour la plupart, les appels à un programme de recapitalisation des banques par Christine Lagarde fin août, ont donc fini par le juger nécessaire afin d’éviter une hypothétique contagion de la crise de la dette. Un revirement opéré en raison de l’inquiétude croissante pour la zone euro, notamment de la part des États-Unis et de la Chine. Les deux premières puissances de la planète souhaitent que des décisions fortes soient prises par l’Europe alors que doit se tenir les 3 et 4 novembre un sommet du G20 à Cannes sur fond de ralentissement de l’économie mondiale. Au cœur de la protestation : le chômage et la pauvreté. Le chômage est proche de 15 %, celui des jeunes approche les 35 %. La pauvreté touche de plus en plus de monde, à tel point que 20 à 25 % de la population vit aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Les revenus dans l’ensemble de l’économie ont baissé d’environ 10 % en 2010, de 13,5 % dans la fonction publique. Avec des coupes budgétaires drastiques dans tous les domaines dont ceux de la protection sociale et de l’éducation, et une inflation de près de 5 % en 2010, le pouvoir d’achat des ménages s’est littéralement effondré. D’où la colère et l’exaspération qui s’expriment par des arrêts de travail et des manifestations : sept grèves générales ont eu lieu en 2010 et il ne se passe pas une semaine sans une grève sectorielle. La grève générale de mercredi dernier a amené l’une des plus fortes mobilisations de ces dernières années.

Interrogés dans le défilé athénien par le journal Eleftherotypia sur les raisons de leur mobilisation, une mère de 50 ans déclare gagner 350 euros par mois en travaillant comme baby-sitter. Son fils et sa fille ont fait des études mais sont au chômage, ils se partagent tous ensemble la retraite de ses parents. Une employée municipale rapporte que son fils aîné s’est expatrié après avoir subi le chômage pendant cinq ans malgré ses trois diplômes ; son second est au chômage, « celui qui trouve du travail maintenant est considéré comme un veinard, je travaille depuis 30 ans et après les coupes salariales, je ne touche plus que 1000 euros. Dans l’état où l’on est réduit, c’est un devoir de protester, on se bat pour l’avenir de nos jeunes. » Un enseignant du primaire : « On est dans l’un des secteurs qui ont été le plus durement touchés, alors on proteste contre les mesures. Et on n’a pas vu encore toutes les conséquences de la politique d’austérité, il va y avoir de nouvelles suppressions de poste à l’école, on se dirige tout droit vers des écoles qui fonctionneront sans enseignants ! » Le Mémorandum a été récemment actualisé par la Troïka en accord avec le gouvernement, avant le versement de la quatrième tranche du prêt de 110 milliards d’euros. Des privatisations à outrance vont avoir lieu dans le secteur public pour un montant de 50 milliards d’euros. En outre, de nouvelles suppressions de postes, de nouvelles réductions de salaires s’abattront sur les salariés du public comme du privé en même temps que des hausses seront appliquées aux tarifs publics. La presse a annoncé aujourd’hui des baisses de salaires de 20 % dans la fonction publique. Un recul de la protection sociale est sur les rails avec des baisses importantes de remboursements de médicaments, et des aides sociales seront bientôt supprimées.

Une première vague de 400 000 factures de la DEI (l’EDF grecque) visant à récolter la taxe immobilière exceptionnelle vient d’être envoyée, avec quelques jours de retard à cause de l’occupation des services informatiques de la compagnie d’électricité par ses propres salariés. Les collectifs “Je ne paie pas” ont étendu leurs actions à la désobéissance fiscale, par tous les moyens, avec l’objectif avoué de bloquer la récupération non seulement de cette taxe, mais aussi des autres impôts et de toutes les recettes de l’Etat afin de rendre impossible l’effectivité des mesures et de faire tomber le gouvernement.

La grève des ferries se poursuit jusqu’à dimanche. Les travailleurs de la sécurité sociale n’ont pas repris le travail. Des ministères sont toujours occupés et les fonctionnaires du ministère des Finances ont décidé de prolonger leur mouvement de grève jusqu’à mercredi prochain… La grève des éboueurs se poursuit et les premiers grévistes ont reçu leur ordre de réquisition… Vont-ils eux aussi désobéir ?

WSWS écrit :

Le Wall Street Journal a publié lundi sur son blog un commentaire intitulé : « Grèce : Il ne faut pas sous-estimer le rôle de l’armée. »

Le commentaire débute en disant : « L’instabilité politique et la rébellion se sont propagées au-delà de la Méditerranée tout au long de la côte de l’Afrique du Nord et jusqu’à la Syrie, mais pourquoi devraient-elles en rester là ? Pourquoi ne se répandraient-elles pas à la Grèce par exemple ? »

« Il convient de rappeler que les généraux grecs avaient perpétré un coup d’Etat en 1967 pour gouverner ensuite le pays en tant que junte. La démocratie n’avait été rétablie qu’en 1975. Cela ne fait pas si longtemps. »

« L’armée grecque reste encore une force très significative dans le pays. La Grèce dépense plus pour ses forces armées en pourcentage du PIB qu’aucun autre pays de l’Union européenne - 3,2 pour cent contre une moyenne communautaire de 1,6 pour cent, » selon les données de l’Institut international de la recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

« Le jour où la Grèce sera à court d’argent - à moins d’une nouvelle injection massive d’argent de l’UE, de la BCE et du FMI - se rapproche de jour en jour. Si les bureaucrates ne sont pas payés, ils déposent leurs outils et se mettent en grève. Mais, que se passe-t-il lorsque l’armée n’est pas payée ? »

L’auteur poursuit en remarquant que la CIA avait conclu dans un rapport publié en juin dernier qu’un coup militaire était possible en Grèce. Il conclut en disant : « Est-ce qu’un coup militaire est probable en Grèce ? Peut-être pas. Mais c’est une possibilité qui ne peut être écartée. »

La classe ouvrière doit prendre ceci comme un avertissement - et pas seulement en Grèce.

On peut lire sur le net :

L’État grec, après avoir essuyé la dette privée des banquiers ; après avoir subventionné les armateurs endettés ; après avoir épongé le déficit de l’industrie touristique ; après avoir dilapidé 160 milliards de dollars pour acheter de l’armement se trouva fort dépourvu lorsque la crise monétaire fut venue (1). Plus de revenus pour fournir les services convenus (pourtant moins de 4 % du budget grec est consacré à l’éducation) et d’immenses besoins financiers pour rembourser ces dettes privées soudainement étatisées. Qu’à cela ne tienne, le peuple grec fut inculpé de duplicité, accusé de frauder le fisc et soupçonné de se traîner les pieds pour renflouer les riches affamés.

Le premier ministre « socialiste » Papandréou se prosterna au guichet de l’assistance internationale afin d’obtenir un prêt de la nouvelle pythie du FMI. Après remontrances, celle-ci s’exécuta non sans exiger – les dettes privées étant maintenant socialisées – que les actifs étatiques soient dorénavant privatisés. Le cerbère promit de sévir et de matraquer sans pitié tous ceux qui refuseraient de rembourser de leurs deniers cette dette collectivisée. La guerre de classe venait de s’envenimer.

Ici à Athènes – Place Syntagma – l’avenir du monde capitaliste est remis en cause. Le travail et le capital s’affrontent sans fard, sans utopie « démocratique » bourgeoise, directement, face à face, et l’un des deux devra peut-être disparaître pour que l’autre survive.

La révolte populaire pourrait tourner à la révolution, non pas parce que quelques « bobos » sont venus crier leur émoi et leur effroi devant le soulèvement acharné des classes opprimées face aux banquiers indifférents au sort fait aux petits-bourgeois chagrinés de perdre leurs privilèges momentanés – ces « bobos » irrésolus à sacrifier leurs biens pour sauver la société « démocratique » qu’ils ont tant aimée et qui les a reniés. La grande bourgeoise a autre chose à faire que de sauver ces sous-fifres dociles. C’est aux petits-bourgeois de marquer leur allégeance et de manifester leur foi indéfectible dans ce système « démocratique bourgeois » qui leur a tant donné et qui aujourd’hui menace de tout reprendre.

Alors les « bobos » font leur travail et crient au rétablissement de leurs privilèges usurpés. Il y a quelques années l’Argentine a vécu ce calvaire et aujourd’hui encore elle peine à rétablir les privilèges des « bobos », des aristocrates syndicaux et de toute cette coterie de collaborateurs chargés de protéger le système capitaliste de la colère populaire. Tous ceux-là, la grande bourgeoise les récompensera s’ils parviennent à apaiser la grogne de la rue. Le pourront-ils, le sauront-ils ? Ils s’y emploient pourtant, déclenchant une grève de ci de là (la moins longue possible), mais la conscience de classe est ici trop aiguisée pour que les « bobos » puissent se déliter en toute tranquillité. Les jeunes et les travailleurs sont enragés ; ils s’attaquent aux temples de la renommée et s’en prennent au cénacle de la propriété privée (2).

Les ouvriers, les jeunes, les travailleurs salariés, même ceux qui ont été dupés par des bureaucrates syndicaux vendus, se laissent de moins en moins berner par les discours pour réconcilier. Tous comprennent que la grande échauffourée, l’ultime bataille, est engagée, non pas à Benghazi ni à Tripoli, non pas au Caire ni à Tunis, mais ici, à Athènes, où le prolétariat grec fait face seul, mains nues, à toute la réaction mondiale impérialiste, non pas pour obtenir le droit ridicule de « voter » pour le polichinelle qui liquidera leurs revendications de classe, mais pour s’emparer des rênes du pouvoir d’État afin de construire un autre monde, radicalement différent du précédent. Nous sommes ici au cœur de l’affrontement entre le monde du travail et le monde du capital, l’ultime contradiction, sans fard, sans retenue, sans faux-fuyant, la confrontation suprême entre deux univers irréconciliables, irréductibles, antagonistes, une révolution pour la vie ou pour la mort du peuple grec.

C’est ici à Athènes que cette nouvelle altercation historique commence par une bataille sur le front économique. Sauront-ils en faire une lutte politique révolutionnaire pour la conquête du pouvoir d’État ? Qui représente ici le futur ? Le capital décadent et ses sbires élus « pseudo démocratiquement » ou le travail et ses représentants populaires, issus de ses rangs, et prêts à mourir pour le futur, pour la classe ouvrière et pour le peuple grec ?

Le roi est nu, il s’expose ici à Athènes, en plein cœur de la patrie de l’esclavagisme libertaire et de la démocratie aristocratique ; il dévoile son vilain visage d’exploiteur et de spoliateur esclavagiste. Il n’est pas étonnant que l’histoire ait décidé que la révolte populaire de masse – en Occident – débuterait ici au Pirée, la patrie des penseurs esclavagistes du siècle des lumières aristocratiques. Comme la petite bourgeoise leur tiendra rigueur à ces jeunes de ne s’inspirer ni de Socrate, ni d’Aristote, ni de Sophocle, ni de Démosthène, ni de leurs Dieux vengeurs !

Le monde a fait de grand progrès depuis cette époque révolue. Aujourd’hui une nouvelle classe révolutionnaire se dresse face à l’histoire pour réclamer son dû, le pouvoir d’État, le renversement de l’ancienne classe bourgeoise dégénérée qui doit maintenant faire place au nouveau Jupiter populaire. L’oracle aura dit vrai, l’histoire de l’humanité progresse, camarades Grecs « Voici la rose, dansez ». Dansez pour que, juchés sur les barricades de la liberté et de la dignité, nous puissions admirer votre ballet révolté. Quand viendra notre tour, saurons-nous chausser vos grands souliers ?


(1) De 2005 à 2008, la Grèce a doublé la valeur de ses emprunts pour payer des armes dont elle n’avait pas besoin. Selon une recherche conjointe de juges grecs et allemands, les vendeurs d’armes ont utilisé la corruption pour s’assurer la collaboration d’importants hommes politiques, de fonctionnaires et de chefs militaires. L’argent emprunté pour acheter ces armes vient des mêmes pays d’où proviennent les armes, soit les États-Unis, la France et l’Allemagne. De 2005 à 2008, les prêts consentis à la Grèce pour l’ensemble de ses obligations ont atteint la somme astronomique de 160 000 millions de dollars. Pour un pays de 11 millions d’habitants c’est peu dire. Avec cet argent la Grèce a amplement de quoi payer la facture de 3000 millions de dollars en hélicoptères de combat français, 2000 millions de dollars en avions de combat étasuniens, plus ou moins le même montant pour les avions Mirage français et presque le triple en sous-marins allemands. http://www.legrandsoir.info/l-endet...

(2) http://www.ledevoir.com/economie/ac...

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