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Editorial - Nous n’avons que nos chaînes à perdre... et un monde à gagner ! - Matière et Révolution
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Editorial - Nous n’avons que nos chaînes à perdre... et un monde à gagner !

vendredi 4 novembre 2011, par Robert Paris

Nous n’avons que nos chaînes à perdre… et un monde à gagner

Les classes dirigeantes se proposent de nous sauver dans la crise. C’est du moins ce qu’elles prétendent par la voix de leurs dirigeants politiques. La proposition pourrait sembler généreuse si on pouvait la croire. Les pays qui ont connu la pire crise peuvent vous le dire : ne croyez jamais les classes dirigeantes quand elles prétendent vous sauver. Le peuple grec, le peuple islandais, le peuple irlandais et bien d’autres ont eu droit au discours des sauveteurs prétendus. Au bout du nième plan d’austérité, le peuple a cessé d’écouter les classes dirigeantes quand elles prétendent agir pour sauver nos vies. L’Irlande, qui a connu l’une des pires crises bancaire et financière après 2008, s’en est tellement bien sorti que le parti Fianna Fail, qui avait monopolisé le pouvoir depuis l’indépendance de l’Irlande n’a même pas jugé nécessaire de présenter un candidat aux élections présidentielles ! L’Islande a été le premier pays à tellement conspuer les dirigeants que ceux-ci ont dû quitter directement le pouvoir. Quant à la Grèce, son président de la République a été couvert d’œufs, de crachats et d’insultes par le peuple de Thessalonique, démontrant à quel stade en était celui qui était le plus populaire des politiciens grecs. Il faut dire que, de mois en mois et de plan d’austérité en plan d’austérité, le peuple grec apprenait progressivement qu’on allait lui arracher un doigt, un bras, un œil, … pendant qu’on allait sauver les financiers qui avaient coulé la Grèce et d’abord les banquiers et financiers grecs et européens. Car ce que proposent les autorités de l’Europe, ce n’est nullement que les armateurs grecs paient des impôts ! Cela, personne n’ose même le suggérer. C’est que les services publics disparaissent, que les emplois, les salaires et les retraites soient réduites dramatiquement. A ce prix, on prétend « sauver la Grèce », mais même cela est mensonger. Ces sacrifices visent seulement à sauver les banquiers, les boursiers, les financiers, tous les spéculateurs qui ont mis ce pays dans l’état où il est.

Quant aux classes dirigeantes grecques, elles commencent à envisager de changer toute leur politique. Il ne faut pas oublier que la Grèce venait du régime fasciste imposé par la dictature des colonels qui a régné de 1968 à 1974. En payant le prix à l’Etat-Major des armées, l’Europe a négocié le changement de régime tout en laissant les fascistes à la tête des armées. Aujourd’hui, alors qu’on propose à l’armée de se serrer elle aussi la ceinture, les chefs militaires ont estimé que c’était le moment de dire : « fini de jouer » et ont tenté un coup d’Etat militaire. Momentanément, cela a fait choux blanc et toute la direction de l’armée grecque est démissionnée par le gouvernement. Mais ce n’est que partie remise et cela montre que monte dans les classes dirigeantes grecques l’envie d’en finir par la force avec les mobilisations sociales et les grèves générales, de mettre au pas toute la population tout en jouant sur le nationalisme en un moment où le mépris de l’Europe frappe tout le peuple grec, accusé d’avoir joué la cigale. Mais quel est le pays d’Europe qui peut prétendre être sûr de ne pas vivre demain les mêmes affres que le peuple grec ? Certainement pas le peuple français. La crise financière, bancaire, économique est aussi profonde et même plus grave qu’en Grèce. Il suffit de peu de choses pour que les banques françaises soient balayées par la défiance de la finance mondiale. Il suffit de peu de choses pour que toute l’économie soit détruite. L’Italie, l’Espagne ne sont pas les seuls à prendre le chemin de l’Irlande ou de l’Islande.

La solution n’est-elle pas de se détourner de l’Europe et de résoudre les problèmes chacun dans son pays ? Mais l’Europe n’est pas la cause de la crise, puisqu’elle frappe aussi les USA ou le Japon ! Des telles « solutions » de fermeture des frontières n’ont comme avantage pour les classes dirigeantes que d’amener les peuples à croire que leur ennemi serait le peuple voisin.

Non ! La solution n’est pas de se séparer des autres peuples. C’est de se séparer du système qui est cause de la crise, du capitalisme, et le plus tôt sera le mieux. On ne reste pas dans un Titanic qui coule, c’est une règle élémentaire de prudence. Et, pour bâtir un autre avenir, le mieux est de ne pas compter sur tous les politiciens qui ont des solutions dans le cadre du Titanic pour aménager les cabines et repeindre les cloisons. La peinture fraiche, ça n’a jamais empêché le bateau de couler….

Bien des travailleurs souhaitent que l’on n’en soit pas réduits à faire la révolution, à renverser le système. C’est couteux, dangereux, et peu sûr. Une majorité préfère encore essayer de faire confiance à certains des sauveurs, … tout en ne leur faisant pas vraiment confiance ! Pourtant, s’accrocher à une pierre, ce n’est pas une bouée de sauvetage ! La seule « solution » commencera au contraire quand les travailleurs et les masses populaires cesseront de croire aux dirigeants politiques et économiques de nos sociétés et compteront sur leurs propres formes d’organisation pour remettre le monde sur ses pieds !

C’est la lutte des classes qui est la seule issue de la situation. Nous savons qu’on vous a seriné que les classes exploitées n’existent plus, que le communisme n’existe plus, que l’horizon capitaliste est indépassable, qu’on n’entendra plus parler du prolétariat révolutionnaire de Marx. Eh bien, désolé, la lutte des classes revient en boomerang et on ne l’évitera pas. Oui, nous sommes les prolétaires de cette société, ceux que le monde capitaliste peut brutalement virer, jeter dans le misère, opprimer, assassiner. Oui, les dirigeants fascistes de l’armée grecque n’ont fait qu’intervenir un peu tôt dans ce sens. Leur heure viendra si nous n’y prenons garde. Les classes dirigeantes, en Grèce ou ailleurs, vont finir par se rappeler qu’elles ont cette solution-là face aux masses révoltées par les sacrifices. Quand la démocratie bourgeoise est complètement discréditée comme en Grèce, les classes dirigeantes « oublient » leurs belles déclarations sur les mérites de la démocratie. N’oublions pas les leçons du fascisme, du vichysme et du nazisme ! N’attendons pas d’en arriver là pour prendre conscience des enjeux…

Bien sûr, l’atout numéro un des classes dirigeantes des pays riches est encore le fait que nous ne sommes pas encore dans la misère la plus noire, que nombre d’entre nous ont encore un travail et que l’on peut croire que nous avons plus à perdre qu’à gagner à une révolution. La Grèce doit nous montrer à quel point on peut tomber rapidement dans la misère et à quel point ce que nous croyons nous appartenir solidement, comme notre emploi, notre retraite, nos services publics, nos comptes en banque, nos retraites et l’avenir de nos enfants ne sont nullement assurés. Nous avons fait ce que nous pouvions pour baser cet avenir, mais il peut être détruit en un instant. Ce n’est pas nous qui détruisons cette société, ce sont les banquiers, les financiers et autres capitalistes. Et même si nous étions prêts à nous sacrifier pour sauver le système, nos économies n’y suffiraient pas. Le capitalisme est définitivement effondré et il ne peut que traîner lentement sa mort et nos souffrances. Oui, prolétaires nous sommes ! Nous n’avons que nos chaînes à perdre et un monde à gagner !

4 Messages de forum

  • . La Grèce doit nous montrer à quel point on peut tomber rapidement dans la misère et à quel point ce que nous croyons nous appartenir solidement, comme notre emploi, notre retraite, nos services publics nos comptes en banque, nos retraites et’avenir de nos enfants ne sont nullement assurés. Nous avons fait ce que nous pouvions pour baser cet avenir, mais i peut être détruit en un instant. Ce n’est pas nous qui détruisons cette société, ce sont les banquiers, les financiers et autres capitalistes.

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    • Tout ce que font les gouvernants c’est de gagner du temps...

      En France, arriveront-ils à maintenir un statu quo jusqu’aux élections présidentielles ?

      Pour le moment, le but est de retarder les attaques contre toutes les classes sociales, principalement les travailleurs, mais pas uniquement.

      Merkel annonce déjà qu’il faudra attendre 10 ans pour.... relever l’Europe !

      Qu’en sait-elle ? que se passera-t-il pendant ces 10 ans ? un aggravement de la situation ? des attaques contre l’ensemble des travaileurs européens ? un nouveau krach boursier ? dans un monde fini, il n’y a qu’une seule chose à faire, virer ces dirigeants et mettre la seule classe d’avenir pour l’humanité : les prolétaires organisés et armés.

      Tout le reste n’est que poudre aux yeux pour ne pas dire que la guerre sociale est en train d’être préparée par tous les gouvernants d’Europe et du monde entier.

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  • Non ! La solution n’est pas de se séparer des autres peuples.

    C’est de se séparer du système qui est cause de la crise, du capitalisme, et le plus tôt sera le mieux.

    On ne reste pas dans un Titanic qui coule, c’est une règle élémentaire de prudence.

    Et, pour bâtir un autre avenir, le mieux est de ne pas compter sur tous les politiciens qui ont des solutions dans le cadre du Titanic pour aménager les cabines et repeindre les cloisons.

    La peinture fraiche, ça n’a jamais empêché le bateau de couler….

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  • « l’atout numéro un des classes dirigeantes des pays riches est encore le fait que nous ne sommes pas encore dans la misère la plus noire, que nombre d’entre nous ont encore un travail et que l’on peut croire que nous avons plus à perdre qu’à gagner à une révolution.  »

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