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Quel est le but de la propagande sur les délocalisations ? - Matière et Révolution
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Quel est le but de la propagande sur les délocalisations ?

vendredi 2 décembre 2011, par Robert Paris

Gouvernants, bourgeoisie, syndicats, extrême droite, droite et gauche, tout le monde ne parle plus que des délocalisations, comme si telle était la cause des suppressions d’emploi en France. Eh bien c’est un mensonge ! La délocalisation signifie, aux yeux des travailleurs, que des travailleurs étrangers leur prennent leur travail, en "profitant" du fait qu’"ils acceptent" des conditions de travail et de salaire très inférieures aux leurs.

C’est opposer les travailleurs entre eux au nom du nationalisme au lieu d’opposer l’ensemble des travailleurs au grand capital au nom de la défense du travail ! Cela offre comme perspective la défense nationale contre l’Etranger au lieu de la défense de classe contre la classe capitaliste. C’est tout l’axe de Sarkozy quand il déclare : "Un nouveau cycle économique commence, un cycle de désendettement qui ramènera le balancier de l’économie vers le travail et la production que les pays développés avaient eu tendance à trop sacrifier". Face au trust automobile français PSA qui supprime massivement des emplois, c’est dire aux travailleurs français que leurs ennemis sont marocains, brésiliens et chinois, alors que leurs ennemis sont tous les capitalistes, à commencer par le patron PSA.

Tout en annonçant des profits en hausse et une politique internationale conquérante, PSA supprime des milliers de postes. PSA avait pourtant déjà été en tête des suppressions d’emplois prétendument volontaires ces dernières années, des plans sociaux camouflés. Une fois encore, PSA pratique un plan social camouflé avec 6.000 postes supprimés en Europe en 2012, dont 4.300 en France tout en prétendant qu’il n’y a aucun licenciement sec ni fermeture de site ! Sur ces 4.300, 1.900 sont dans l’effectif permanent et 2.500 chez des prestataires extérieurs (recherche). Quelque 800 intérimaires seront aussi remerciés d’ici la fin de l’année en France. Tous les secteurs sont touchés, de la fabrication à la R et D. Profits ou pas, ventes de véhicules ou pas, succès internationaux ou pas, les patrons ne nous feront aucun cadeau. Nous sommes tous concernés et tous menacés. Les salariés de Renault ne sont pas à l’abri. Les trusts préfèrent seulement nous attaquer à tour de rôle. En France, BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole, Philips, Areva et Air France, notamment, vont licencier. Ce n’est pas l’Automobile qui menace nos vies : c’est le capitalisme ! Il ne faut pas croire ceux qui nous proposent de nous défendre entreprise par entreprise, secteur par secteur, ni pays par pays. Ne nous laissons pas diviser.

Sarkozy affirme que le chômage est dû aux délocalisations et qu’en poussant les salariés aux sacrifices, il ne fait qu’empêcher ces délocalisations par lesquelles les emplois fuiraient le pays vers le reste de la planète. Où ? Il ne l’a pas dit... Ainsi, il faut accepter les risques du nucléaire. Sinon, délocalisations... Il faut accepter des salaires bas et des conditions de travail difficiles. Sinon, menaces de délocalisations. il faut aider les patrons français et attaquer le droit social. Sinon, délocalisations... Il faut accepter que l’argent de nos impôts aillent dans les caisses des trusts. Sinon, délocalisations...

Il propose de diminuer le coût du travail en prétendant, avec à la clef la menace de délocalisations, que cela protègera les emplois... L’UMP propose d’alléger le coût du travail en transférant sur 5 ans les 30 milliards de cotisations patronales de la branche famille sur un « bouquet de fiscalité » (dites le avec des fleurs !) incluant la TVA. Là encore, les mots sont trompeurs. Présenter un tel transfert comme une opération « anti-délocalisation » relève de la mystification. Le mix fiscal annoncé est à base de TVA, de CSG, d’impôt sur les sociétés, voire de fiscalité environnementale.

30 milliards, c’est 4% du coût total du travail (salaires bruts plus charges patronales). Admettons une entreprise industrielle à 20% de main d’œuvre, la baisse du coût du travail représente moins de 1% du prix total. (Certes, il existe des secteurs comme les services ou le bâtiment où la part de main d’œuvre est plus élevée – 43% - dans le bâtiment. Mais ce sont des secteurs qui échappent pour l’essentiel aux délocalisations).

Lors d’un discours prononcé à Bordeaux le 15 novembre il a dit : « Le coût élevé du travail dans notre pays pénalise notre économie. Et pénaliser la France dans la compétition internationale, c’est accroître le risque des délocalisations. »

« Augmenter le prix de l’énergie que paient les usines, c’est prendre le risque d’un mouvement massif de délocalisation », a déclaré M. Sarkozy devant des salariés d’une usine Isover Saint-Gobain d’Orange (Vaucluse).

Les sacrifices "nécessaires", l’unité nationale, la défense des travailleurs nationaux, tout cela découle de la propagande sur les délocalisations. En somme, tout est de la faute de l’étranger et du manque de nationalisme.

Curieusement, la gauche et les syndicats ne disent pas autre chose. les plus à gauche sont même les plus en pointe sur ce thème... comme Montebourg, la CGT, Arthaud, le NPA ou le PCF...

On a poussé les salariés frappés par des fermetures d’usine et des licenciements à "défendre la France" et l’industrie française au lieu de s’unir aux autres salariés licenciés... Les Molex devaient seulement "défendre les Molex", comme les Conti devaient seulement "défendre l’emploi à Conti". Et toujours cette propagande sur la défense des emplois français (on croirait entendre Le Pen) !

Voici, par exemple, un tract CGT de l’entreprise ST Microelectronics :

"La direction de STMicroelectronics est sur le point d’annoncer un plan de suppression d’emplois massif au niveau mondial.

Nous craignons que l’Europe ne soit durement touchée, et qu’aux suppressions d’emplois déjà entamées en Allemagne, Belgique… se rajoutent des centaines de postes détruits dans chacun des deux berceaux de ST, la France et l’Italie. D’autres régions du monde pourraient aussi être atteintes.

Nous avions hélas raison de dire que la fermeture de Rennes, au profit d’une délocalisation vers Singapour, n’était pas un fait marginal, mais bien le début d’un processus grave.

Nous assistons à l’accentuation du tournant pris par la direction à partir de 2001 : soumission accentuée aux critères financiers et gestion en fonction des résultats trimestriels, délocalisation de la production et de la R&D avec pour seul critère « les bas coûts de main d’œuvre », pression sur les statuts sociaux et les salaires, précarité, etc.

La priorité absolue au développement en Asie et la chasse aux coûts ont atteint le potentiel de ST en Italie et en France, cœurs de l’entreprise. Il s’en est suivi un affaiblissement de la R&D, de l’innovation, de l’outil industriel....

Au lieu de corriger sa politique, la direction pratique la fuite en avant vers l’Asie et veut imposer une saignée qui met en danger l’avenir de l’entreprise."

Voici un autre exemple de la manière de faire croire que les licenciements dans l’Automobile sont des délocalisations sans donner d’autre perspective que se se battre seuls ... jusqu’au bout de leur courage alors quantité d’autres entreprises sont concernées et, à terme, toute la classe ouvrière : lire ici

Bien sûr, les délocalisations existent, mais, contrairement à ce que prétend la propagande nationaliste, elles ne représentent qu’une fraction infime des suppressions de postes et du chômage... Elles ne représentent au plus que 4 à 5% des suppressions d’emplois. En France, par rapport à la moyenne européenne, c’est 20% en moins de délocalisations alors que le chômage et le sous-emploi battent leur plein en France...

En trente ans, environ 2 millions d’emplois industriels ont été détruits en France (1 913 500 entre 1980 et 2007). Cela représente 71 000 emplois détruits en moyenne chaque année, et un total de 36% des effectifs industriels. Eh bien, sur près de deux millions d’emplois détruits en 27 ans, seuls quelques dizaines de milliers peuvent être attribués à des délocalisations. Ce sont des chiffres gouvernementaux, ceux du ministère de l’économie et des finances, qui, pourtant tient à mettre en avant les délocalisations comme une cause principale de chômage en France !!!

La part des délocalisations n’a pas augmenté ces dernières années alors que le chômage de masse s’accroit, même si des exemples particuliers de délocalisations ou de menace de délocalisation sont sans cesse montés en épingle pour faire croire que c’est la concurrence qui détruit les emplois. Tout cela pour dissimuler la réalité de la phase nécrophile actuelle du capitalisme qui n’est plus conquérant et investisseur, ni en France ni ailleurs...

Si délocaliser vers le tiers monde était si rentable, rien n’aurait arrêté les capitalistes et il n’y aurait plus d’emploi du tout en Europe de l’ouest !!!

La réalité, c’est que la France n’est devenue un riche pays capitaliste que grâce à tous les capitaux étrangers qui viennent s’investir en France (troisième rang mondial pour les investissements de capitaux étrangers). Si les investissements en France baissent, ce n’est pas parce que les capitaux vont à l’étranger, mais parce que, dans le monde entier, les investissements productifs sont en chute libre avec l’effondrement du système...

Pourquoi choisir alors de souligner les délocalisations comme le fait Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière, quand elle déclare : " je veux me faire connaître, partager mes idées dans la lutte contre les licenciements, contre les délocalisations, faire partager aux travailleurs les richesses du pays."

On partage au sein du pays ? Et si "le pays" vole les richesses du monde, parce que c’est un pays impérialiste ?

« S’ils veulent investir à l’étranger, qu’ils piochent dans leur caisse, cela ne doit pas se faire au détriment de l’emploi en France », s’est indigné Jean-Pierre Mercier, de la CGT. Sous-entendu : c’est pour délocaliser que le patron supprime des emplois : pour investir "à l’étranger". Et c’est faux. Les patrons suppriment des emplois parce qu’ils ne veulent pas investir dans la production et qu’ils ne veulent plus que spéculer. Le capitalisme est en phase de destruction...

Or Jean-Pierre Mercier est de Lutte Ouvrière, une organisation d’extrême gauche....

Et il rajouté :

"Aujourd’hui nous sommes compétitifs en France et nous allons nous battre pour garder nos emplois".

"Nous" sommes donc en compétition avec les "travailleurs étrangers" !!!

"Nous" sommes des Français et pas des prolétaires du monde !!!

Jean-Pierre Mercier a assuré que le groupe avait d’"autres solutions que de supprimer des emplois pour faire face à des possibles baisses de ventes".

Comme si c’était les baisses des ventes qui nécessitaient des suppressions d’emplois...

L’extrême gauche a des solutions pour les patrons...

Comme si c’était une bonne idée d’entrer dans la logique des "solutions" qui est celle des syndicalistes réformistes !

La CGT PSA se donne des objectifs industriels : " Des garanties sur Aulnay :

C’est-à-dire l’application de la motion signée par 2200 salariés d’Aulnay en juin demandant un engagement par écrit de la Direction dans un accord tripartite (Syndicats, PSA , gouvernement) pour le maintien de la fabrication de la C3 à Aulnay jusqu’à son terme (au minimum décembre 2016) en deux équipes, avec un plan de charge permettant de garantir tous les emplois existant actuellement sur l’usine, intérimaire compris ; et l’attribution à Aulnay d’un futur modèle après la C3." (tract CGT du 8 novembre 2011 - la CGT PSA est tenue par Lutte Ouvrière)

Mais peut-on mener une lutte qui s’élargisse au delà de PSA Aulnay sur de tels objectifs ? Non !

On a pu entendre des militants syndicalistes d’extrême gauche déclarer au rassemblement des salariés de PSA contre les suppressions d’emplois : "Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France." C’est une manière hypocrite de sous-entendre que ce sont les emplois en Chine ou au Brésil qui cassent les emplois en France. C’est faux ! Les emplois baissent partout dans le monde en ce moment, y compris en Chine : la mondialisation n’en est pas la cause, pas plus que les délocalisations. Si le patron veut le faire croire, ce n’est pas un hasard...

Le patronat n’est plus en train de mondialiser l’économie, il est en train de mondialiser la chute irrévocable de son système....

Le raisonnement précédent sous-entend qu’il s’agit simplement de délocalisations en vue d’augmenter les profits et que la racine de cette politique n’a rien à voir avec la crise que connait le système mondial. C’est faux.

Cette manière de raisonner laisse entendre que les suppressions d’emplois ne sont pas liées aux désordres financiers, boursiers, monétaires et économiques du système mondial. Et c’est faux.

C’est une manière de dire que le patron de PSA mène une politique particulière qui est particulièrement hostile aux travailleurs et qu’il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c’est faux.

C’est faux parce que l’offensive contre les travailleurs n’est nullement cantonnée à PSA. La première des choses à faire pour élever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit être générale et qu’il est vital de se mobiliser à des niveaux plus important qu’un site comme Citroën Aulnay et même qu’un groupe comme PSA. Il va falloir entraîner toute l’Automobile et même toute la classe ouvrière.

Les licenciements à PSA sont un ballon d’essai qui suit les licenciements et fermetures d’usines chez les sous-traitants de l’Automobile.

Les suppressions d’emplois à PSA ont le même motif que celles à la BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole, Philips, Areva et Air France, notamment... Au lieu de particulariser PSA, des travailleurs conscients devraient lier les luttes des travailleurs entre elles, dans l’Automobile et au delà.

Les luttes des travailleurs des sous-traitants de Peugeot et Renault ayant été isolées et battues, il devient possible de s’attaquer à PSA d’abord puis, un peu plus tard, à Renault.

Est-ce que ces syndicalistes mènent une propagande active permettant aux salariés du reste de l’Automobile de comprendre et combattre cette manœuvre de division ? Nullement !

Les syndicalistes expliquent au contraire la situation site par site (défendre Aulnay), entreprise par entreprise, pays par pays.

Pour quelle raison, les travailleurs de PSA seraient-ils suivis par ceux de Renault sur l’objectif unique de "sauver l’emploi à PSA" ?

Le NPA ne fait pas mieux, déclarant par exemple à propos des licenciements chez Ducros à Alès :

"Cette démarche, désormais classique du capitalisme, a conduit, avec les délocalisations, à liquider une part considérable des emplois industriels dans notre pays." (déclaration de Besancenot)

Il y en a qui estiment, à l’extrême gauche, qu’on peut se permettre de dire "notre pays" ou "à l’étranger" à propos des emplois au moment où on va nous proposer de défendre la France, de défendre l’Europe plutôt que de défendre la classe ouvrière. En un moment où la grand capital s’effondre et où le nationalisme va devenir le danger le plus menaçant pour la classe ouvrière !!!!

Sur ce terrain, l’extrême gauche ne vaut pas mieux que la gauche et les appareils syndicaux !

Dans les vagues de licenciements des sous-traitants automobiles, la CGT mettait en avant les délocalisations comme à Molex.

Interviewé par exemple sur le scandale Total par "L’Usine nouvelle" le 22 février 2010, Thibaut déclarait : "La planète est gérée en fonction des gains procurés aux entreprises par la délocalisation."

Voir ici la propagande de la gauche- PS sur les délocalisations

Ils rejoignent bizarrement quelqu’un d’aussi à droite que De Villepin qui déclare : " En France où l’on licencie pour délocaliser à l’étranger. "

C’est d’autant plus frappant que certains militants d’extrême gauche , comme ceux de LO, dénonçaient autrefois la propagande sur les délocalisations comme visant à couvrir le patronat français...

"Face aux plans de licenciement, aux délocalisations, Nathalie Artaud veut que les salariés aient le droit de dire ce qui se passe sous leurs yeux." écrit Lutte ouvrière : voir ici

Et cette organisation le théorise : "Toutes ces difficultés (celles des patrons de l’Automobile !), à court ou à long terme, ont amené les constructeurs à restructurer profondément cette industrie, depuis plus de vingt ans. Ces restructurations ont pris de multiples formes, allant de l’externalisation de toute une partie de la production aux délocalisations massives, en passant par une lourde aggravation de l’exploitation des ouvriers." (extrait de la revue lutte de classes n°133 de février 2011 intitulée "Comment les industriels de l’automobile maintiennent leurs taux de profit").

Il fut un temps où Lutte Ouvrière dénonçait violemment quiconque prétendait que les suppressions d’emploi soient dues aux délocalisations. LO écrivait il y sept ans (en décembre 2004 dans la revue Lutte de classe) : "La menace d’une délocalisation de leur entreprise est d’autant plus présente dans les préoccupations des travailleurs qu’elle est amplifiée par les médias et qu’elle est utilisée par les patrons qui s’en servent comme moyen de chantage, même lorsqu’ils n’ont pas l’intention de délocaliser. Dans l’esprit des travailleurs, la crainte des délocalisations se confond avec celle des licenciements. Pour des politiciens, invoquer les délocalisations est, au contraire, un moyen d’éluder les véritables raisons des licenciements et de détourner les aspirations des travailleurs vers des voies sans issue... Ce n’est pas le seul FN qui parle des emplois volés par les étrangers mais Fabius ou le PCF qui appellent à s’opposer à cette constitution européenne parce qu’elle favoriserait les délocalisations."

Un temps qui semble aujourd’hui bien oublié... On a pu entendre dans les média la porte parole Arthaud répondre à une journaliste qui lui faisait remarquer que Marine Le Pen disait la même chose : "Elle n’est pas la seule à le dénoncer"... !!!!!

Il y a aussi, bien sûr, Le Pen bien à sa place dans le discours nationaliste selon lequel "la France est attaquée".

PSA licencie. on parle de délocalisations ! Les sous-traitants automobiles licencient : on parle de délocalisations.

Mais la France n’est pas la seule à supprimer massivement des emplois. C’est quasiment le monde entier qui en supprime des centaines de milliers chaque année à commencer par les emplois publics. Et là, on ne peut plus parler de délocalisations car il n’y a pas de pays pour recevoir une telle masse d’emplois !!! Ils sont bel et bien supprimés et pas déplacés...

Les états en faillite des USA qui ont supprimé massivement les postes de fonctionnaires, d’enseignants, de postiers ou d’infirmières n’ont pas fait appel à d’autres pays pour remplacer ces fonctions !!!!

Bien entendu, les responsables qui dénoncent les délocalisations oublient de parler de ces emplois publics qui dégringolent partout dans le monde au nom de la diminution des fris des Etats...

Il n’existe pas de pays qui recueille tous les emplois perdus non seulement en Europe, mais aux USA, en Asie, en Amérique latine...

Pas même la Chine où la croissance est menacée et où l’Etat est obligé de prendre des mesures pour l’entretenir artificiellement...

Même les plus fervents partisans de la thèse des délocalisations ne parviennent à trouver que des nombres d’emplois délocalisés qui ne couvrent pas les deux millions et demi de chômeurs officiels ni les trois millions et demi de chômeurs réels, sans ajouter les emplois partiels, précaires, non déclarés...

Sur la période 1995-2001, le nombre d’emplois délocalisés serait en moyenne d’environ 13500 par an (source : Insee), dont un peu moins de la moitié (7000) à destination des pays émergents.

Les délocalisations représenteraient 0,35% des pertes de l’emploi total du secteur industriel...

La Chine est présentée comme la principale mangeuse d’emplois de France et pourtant même ces fameux partisans de la thèse des délocalisations ne parviennent à trouver que très peu d’emplois réellement identifiés comme des délocalisations d’emplois venus de France... Devant trois millions et demi de chômeurs et cinq millions de travailleurs très pauvres, c’est la goutte d’eau dans la mer...

Les patrons français sont très peu investisseurs en Chine et en Inde et l’explication est donc un peu courte.

Nombre de suppressions d’emplois en France sont dues à des entreprises petites et moyennes qui n’ont pas été s’investir à l’étranger.

Les grandes entreprises comme Renault ou PSA n’ont pas cessé de supprimer des emplois depuis des années en même temps qu’ils s’investissaient à l’échelle mondiale, mondialisation oblige. cela ne veut pas dire que c’étaient des délocalisations. Souvent, ils ont repris des entreprises locales ou engagé des participations avec elles, y compris en supprimant des emplois qui y existaient avant comme au Japon, en Europe de l’Est ou en Russie. il n’y ont pas créé d’emplois.

Les trusts, en s’installant à l’étranger, ont donc souvent supprimé des emplois dans ses pays. Cela n’explique donc pas les emplois qu’ils ont pu supprimer en même temps en France.

Ce n’est pas des délocalisations car les produits fabriqués visent essentiellement un marché sur place.

Pour ce qui est de la France, la part investie dans les pays sous-développés sur le total de ses investissements extérieurs ne représente que 4 %.

Mais le premier mensonge des discours anti-délocalisations n’est pas là. Il consiste tout simplement à faire croire que les classes dirigeantes veulent combattre contre la montée du chômage !

Elles jouent au contraire sur la montée du chômage pour réaliser leurs objectifs économiques et politiques !

En effet, le chômage fait peur et écrase les luttes.

Le chômage, pour les patrons, c’est le moyen d’exiger la baisse des salaires, d’obtenir une main d’œuvre jeune beaucoup moins payée que les anciens. Et beaucoup, c’est peu dire !!!

Et aussi une main d’œuvre acceptant des conditions de travail que l’on n’acceptait plus depuis longtemps en France...

C’est le moyen de remettre en cause aussi les droits sociaux !

Loin de s’inquiéter de la fuite des emplois, les Etats ne font rien pour l’empêcher.

Ils ont aidé des entreprises comme Renault, PSA, le Bâtiment qui n’ont rien fait d’autre qu’en supprimer massivement. Et comme on l’a déjà dit, c’est l’Etat qui montre l’exemple des suppressions massives d’emplois...

Mais il y a encore d’autres mensonges dans ce discours : ce sont ceux du nationalisme. Ils prétendent qu’il n’y aurait pas de crise et que les emplois ne seraient pas vraiment supprimés : seulement déplacés. C’est faux dans l’essentiel des cas !

Le PCF n’est pas le dernier à verser dans la lutte sociale le poison du nationalisme : "Le PCF entend aider les luttes et le débat pour une contre offensive face aux délocalisations avec des propositions et des initiatives politiques rassembleuses.

Mélenchon n’est pas en reste sur ce discours de défense du pays et de lutte contre les délocalisations. Il se dit « pour le droit pour les travailleurs dans les comités d’entreprise d’avoir un droit de veto suspensif sur la décision de délocalisation et la possibilité de prendre leur usine en coopérative ouvrière quand le patron veut l’emporter et délocaliser. » Et de promettre que s’il accède à l’Elysée il utilisera l’article 410-1 du code pénal : "Est réprimé tout ce qui nuit aux intérêts fondamentaux économiques de la nation", a rappelé le candidat du Front de gauche.

Aujourd’hui, dans de nombreuses entreprises, les plans sociaux annoncés comme les appels aux sacrifices salariaux ont pour origine un projet de délocalisation.

Après le textile habillement, l’automobile, l’assemblage des ordinateurs et les logiciels, ce sont des secteurs importants de la métallurgie comme la plasturgie, la mécanique, les équipements de la personne et de la maison, mais aussi certains services qui sont en cause."

Ce discours amène de l’eau au moulin de ceux qui affirment que le problème actuel de la société serait le "déclin de la France", le "déclin de l’Occident", le manque de "défense de la nation", la baisse de la "défense du pays", etc... Un discours radical, mais dans le sens de l’extrême droite !

En ce moment, au contraire, l’essentiel serait de développer la conscience internationaliste contre le système capitaliste en proposant des mobilisations communes par delà les frontières. les centrales syndicales sont très loin d ’un tel point de vue. Alors qu’on nous parle de "crise européenne", un jour elles annoncent une "grève générale" en Angleterre, un autre jour au Portugal, un troisième en Grèce et un quatrième en France. Et toutes les centrales syndicales présentent le chômage comme des délocalisations.

L’aile gauche des syndicats appelée extrême gauche accompagne ces mensonges même si elle sait parfaitement que ce discours est mensonger, sous le pétexte d’aider les luttes....

Les chiffres de tous les économistes sont clairs : les délocalisations n’ont eu qu’un effet marginal sur l’emploi. la cause du chômage durable et élevé provient de la baisse des investissements productifs.

Dans Richesse du monde, pauvreté des nations (1997), Daniel Cohen estime que la population des pays riches mis en concurrence avec les travailleurs de pays pauvres est de l’ordre de 2 ou 3% seulement. Ce chiffre peut être rapproché d’une étude de l’INSEE : sur la période 1995-2001 « ce sont 13 500 emplois industriels qui auraient été « délocalisés » en moyenne chaque année, soit 0,35% du total de l’emploi industriel. Un peu plus de la moitié des emplois délocalisés l’auraient été à destination des pays développés, notamment des pays limitrophes de la France et des États-Unis. »

Il y a bien sûr des cas réels de délocalisation, mais cela n’explique pas la baisse durable et massive des emplois. En France, des sociétés telles que Axa ou la Société générale ont délocalisé leur comptabilité en Inde, British Airways et Swissair leurs activités de réservation… Ces exemples ont été montés en épingle, mais ils n’expliquent nullement la situation actuelle. La montée d’un chômage de masse n’est pas particulière à tel ou tel pays, comme la France. Elle est générale aux pays riches. Ces emplois ne se retrouvent pour la plupart ni en Chine, ni en Inde, ni au Brésil....

La plupart des études convergent pour dire que les délocalisations vers les pays en développement pèsent peu dans l’ensemble des emplois détruits : 5,9% en moyenne dans l’UE à 15 en 2005 ; 4,6% pour la France. Si l’on inclut dans la définition des délocalisations les réductions d’effectifs suivies de sous-traitance à l’international, les délocalisations représenteraient en France 12% des fortes réductions d’effectifs (Insee, 2005). Soit environ 13 500 emplois supprimés par an, à comparer aux 30 000 embauches et départs quotidiens de l’emploi comptabilisés en France.

En montant en épingle quelques activités particulières dans lesquelles les délocalisations existent bel et bien,on parvient à dresser une image mensongère des causes des pertes d’emplois en France...

Expliquer le chômage par la mondialisation est absurde. Dans un premier temps, la mondialisation a, au contraire, développé l’activité et diminué le chômage. C’est même pour cela que cette politique d’ouverture des marchés a été employée : pour réactiver l’économie capitaliste en perte de vitesse. Par contre, le médicament, ne s’attaquant pas à la cause de la maladie, s’est forcément transformé d’avantage en inconvénient pour le système lui-même.

La mondialisation a augmenté l’échelle de la concurrence. Cela ne veut pas dire que la mondialisation soit cause de crise. C’est que la crise fondamentale du système n’a pu être que momentanément reportée.

Les centaines de milliers d’emplois qui disparaissent sans cesse ne sont pas proportionnés à des emplois qui aparaitraient ailleurs, mais à la masse des capitaix spéculatifs qui préfèrent jouer en bourse que s’investir dans la production et le commerce.

Le capital est entré dans une phase nécrophile où il gagne plus à détruire qu’à construire. dénoncer la main de l’étranger par le biais des délocalisations, c’est dévoiler une fausse raison des pertes d’emplois.

"Le chômage, conséquence des délocalisations " : un mensonge pour justifier des attaques contre les travailleurs

" La logique de la délocalisation menée à son terme est de transformer l’Europe en un vaste supermarché où s’échangeraient des marchandises qui seraient fabriquées ailleurs ", voilà la cause du chômage pour les journalistes, les politiciens de tous bords : les délocalisations, la mondialisation. Les usines fermeraient en Europe parce qu’elles trouvent une main d’œuvre plus compétitive dans les pays d’Asie du Sud Est, d’Afrique ou maintenant d’Europe de l’Est.

Ainsi pour eux, la solution est simple pour empêcher ces délocalisations et donc lutter contre le chômage, il faudrait être plus compétitif, et " la logique de la délocalisation "c’est la remise en cause de toute la législation du travail, des attaques contre les salaires, pour la flexibilité complète. Il faudrait que la classe ouvrière accepte d’être taillable et corvéable à merci, au nom de la " compétitivité et des lois du marché ".

C’est là, le piège et le mensonge de ce discours, car ces mots nouveaux de mondialisation, de délocalisation masquent le caractère de classe d’une réalité qui n’est pas nouvelle : l’impérialisme, la concurrence féroce que se livrent les bourgeoisies des pays impérialistes pour se disputer les fruits de l’exploitation du travail sur toute la planète. Les patrons voudraient nous rendre solidaires de la concurrence qu’ils se livrent, et que nous même nous nous sentions en concurrence avec les travailleurs japonais, coréens, thaïlandais…

Quant aux pays les plus pauvres, présentés comme des foyers de main d’oeuvre bon marché et donc favorables pour des délocalisations, ils représentent au contraire une part de plus en plus faibles des investissements. Et aps de plus en plus importante !!!

Le but du capital

" …Le développement même de l’industrie moderne doit nécessairement faire pencher toujours davantage la balance en faveur du capitaliste contre l’ouvrier et…par conséquent, la tendance générale de la production capitaliste n’est pas d’élever le niveau moyen des salaires, mais de l’abaisser, c’est à dire de ramener, plus ou moins, la valeur du travail à sa limite la plus basse. Mais, telle étant la tendance des choses dans ce régime, est-ce à dire que la classe ouvrière doive renoncer à sa résistance contre les empiétements du capital et abandonner ses efforts pour arracher dans les occasions qui se présentent tout ce qui peut apporter quelque amélioration à sa situation ? Si elle le faisait, elle se ravalerait à n’être qu’une masse informe, écrasée, d’êtres faméliques pour lesquels il ne serait plus de salut. …Ces luttes pour des salaires normaux sont des incidents inséparables du système du salariat dans son ensemble… dans 99 cas sur 100, ses efforts pour relever les salaires ne sont que des tentatives pour maintenir la valeur donnée au travail, et que la nécessité d’en disputer le prix avec le capitaliste est en connexion avec la condition qui l’oblige à se vendre elle-même comme marchandises la classe ouvrière lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure.

En même temps… les ouvriers… ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu’ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction… Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par ces escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché. Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société. Au lieu du mot d’ordre conservateur " un salaire équitable pour une journée de travail équitable ", ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : " Abolition du salariat ".

Karl Marx

Comment les travailleurs de l’Automobile peuvent se défendre ?

PSA a annoncé des milliers de suppressions d’emplois. Ce n’est pas encore des licenciements et des fermetures d’usines, mais ça viendra. Les entreprises sous-traitantes commencent déjà à licencier massivement. Comment les militants ouvriers peuvent organiser la lutte ? Comment apprécier les buts du patron ? Comment construire le rapport de forces ? Quel mode d’action ? Quelle stratégie pour gagner ? Comment développer notre argumentation pour renforcer la conscience et l’organisation du camp des travailleurs ? Quelle perspective ?

Les travailleurs de PSA se sont mobilisés dans la rue à l’appel des syndicats, lors de l’annonce, devant le siège des patrons de l’usine automobile pour crier leur indignation face à l’annonce de milliers de suppressions d’emplois par l’entreprise automobile alors que celle-ci fait des bénéfices, alors qu’elle a reçu de l’argent de nos impôts pour ne pas supprimer des emplois, alors que le patron s’y était engagé, alors qu’il vend des voitures, alors que les profits sont là, etc...

Ce discours a été développé par les dirigeants syndicaux selon lesquels les suppressions d’emplois provenaient des emplois créés en Chine ou au Brésil, des délocalisations. Ils ont ainsi affirmé que la crise n’était qu’un prétexte puisque les profits sont là et les carnets de commande aussi… Cela peut sembler juste à bien des travailleurs et pourtant le discours que nous venons de reproduire ci-dessus est le producteur de défaites inévitables et que cette manière de mener les luttes, qui est celle des syndicalistes y compris leur frange de gauche, ne peut mener qu’à la défaite. Et nous estimons très important de ne pas nous contenter de notre solidarité avec les travailleurs face au patron et de dire ce que nous pensons de cette stratégie qui mène à l’échec et à la démoralisation....

Les syndicalistes réformistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n’est qu’un prétexte à des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d’une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur rôle aurait, lui aussi, atteint le sien.

Leurs seuls critères, pour mesurer une crise, sont les ventes et les profits. Mais le critère de la crise actuelle est la fin de l’accumulation privée du capital. Les riches ont beaucoup d’argent, mais ne veulent plus l’investir dans la production et le commerce. Ils spéculent. Et plus ils spéculent, plus la spéculation devient plus intéressante à court terme que l’investissement. C’est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le système. Son seul moyen de tenir momentanément a été l’investissement massif des Etats qui a mené à leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l’Etat a donné et n’arrête pas de donner des milliards et cela ne peut suffire à pallier les investissements des trusts. Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le Bâtiment spéculent. Cela signifie aussi qu’ils estiment la spéculation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures… Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d’argent en jouant sur les dettes souveraines de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines… de la France ! D’où les suppressions d’emplois et les licenciements en prévision…

Les suppressions d’emploi à PSA et dans l’Automobile ne sont pas plus causées par le manque des véhicules vendus que les licenciements à la Société Générale ou à la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du Bâtiment par le manque d’acheteurs d’appartements.

Tous ces licenciements ont exactement la même cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plutôt sur des spéculations financières, les capitalistes n’investissent plus, les banques ne prêtent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des économies car cela rapporte plus. Et les entreprises de l’Automobile font de même...

Les licenciements à PSA sont un ballon d’essai qui suit les licenciements et fermetures d’usines chez les sous-traitants de l’Automobile. Les luttes des travailleurs des sous-traitants de Peugeot et Renault ayant été isolées et battues, il devient possible de s’attaquer à PSA d’abord puis, un peu plus tard, à Renault. Les syndicalistes expliquent au contraire la situation site par site (défendre Aulnay), entreprise par entreprise, pays par pays. Pour quelle raison, les travailleurs de PSA seraient-ils suivis par ceux de Renault sur l’objectif unique de "sauver l’emploi à PSA" ? Pas plus que les Molex n’ont été suivis sur le seul objectif de « sauver Molex ». Alors, travailleurs, battons nous pour tous les emplois de tous les secteurs, public et privé, et nous serons les plus forts !!


Voici un exemple d’article d’extrême gauche sur les délocalisations : celui du CCI dont nous donnons la deuxième partie.

Les délocalisations illustrent les lois de l’exploitation capitaliste (2e partie)

Publié par Révolution Internationale

Nous publions ci-dessous la seconde partie de l’article sur les délocalisations paru dans RI n° 362. Dans la première partie, contre les mensonges gauchistes et altermondialistes, nous avons traité du fait que les délocalisations ne sont pas un phénomène récent ou nouveau, mais qu’elles sont nées avec le capitalisme comme produit de la concurrence effrénée entre capitalistes inhérente à ce système et comme un des moyens de rechercher une exploitation maximum de la classe ouvrière. Dans cette seconde partie, nous verrons que les délocalisations sont un moyen de mettre en concurrence les prolétaires du monde entier tout en faisant partie de l’ensemble des attaques capitalistes contre ceux-ci. Et le battage effectué par les secteurs de gauche contre ces délocalisations sert au fond à en faire une attaque particulière, qui serait "évitable" et donc moins "acceptable" que les autres, et à masquer la réalité de la crise mortelle du système capitaliste et de son effondrement.

Les délocalisations ont causé la destruction de milliers d’emplois dans les pays occidentaux. En quelques décennies des filières industrielles entières, comme le textile, ont été quasiment entièrement transférées vers des pays à plus faible coût de main d’œuvre. "La filière textile française n’emploie plus que 150 000 personnes, soit autant que la tunisienne, contre un million il y a trente ans."([1]) Dans d’autres secteurs, elles expliquent, pour une part, la baisse continue de l’emploi. Ainsi, "les effectifs salariés dans l’automobile en France, passés de 220 000 à 180 000 depuis 1990 malgré l’arrivée de constructeurs étrangers comme Toyota, devraient encore diminuer."([2]) Les délocalisations forment l’une des attaques, parmi les plus brutales, de la classe dominante contre le prolétariat. D’abord par la proportion que peut prendre, à certains moments, cette attaque parmi les autres. Ainsi, en Belgique entre 1990 et 1995, plus de 17 000 travailleurs ont été touchés par les délocalisations, ce qui représente 19% des licenciements collectifs. Ensuite du fait que les ouvriers concernés ont toutes les chances de ne pas retrouver d’emploi et de rejoindre les rangs des chômeurs de longue durée. Enfin, les délocalisations s’étendent à de nouvelles catégories d’ouvriers, celle des "cols blancs" et à la main-d’œuvre très qualifiée. En France "200 000 emplois dans les services [dont 90 000 relèvent du service aux entreprises, 20 000 de la recherche et développement] sont menacés d’être transférés en Europe de l’Est ou en Asie, d’ici 2010."([3])

Cependant, les effets des délocalisations ne frappent pas uniquement ceux qui perdent leur emploi dans les pays occidentaux. C’est l’ensemble du prolétariat mondial qui se trouve soumis à la pression de la folle course concurrentielle entre nations capitalistes et au chantage à la délocalisation, aussi bien dans les pays de départ que de destination des délocalisations. Il y a, en Inde, la crainte de la concurrence de la Russie, du Pakistan et de la Chine. La classe ouvrière de l’Est de l’Europe dans certains secteurs (alimentation, textile, pétrochimie et équipements de communication) est aussi confrontée aux délocalisations vers les pays d’Asie. La recherche de la production à moindre coût a fait de la délocalisation à l’intérieur de la Chine vers les régions du centre et de l’est, pauvres, une tendance dominante du secteur du textile. Le capital n’a pas attendu que la directive Bolkestein soit mise sur le tapis pour utiliser les délocalisations "inverses" en faisant venir des travailleurs d’un pays "à différentiel économique" pour remplacer une main-d’œuvre existante. Le recours à l’emploi illégal connaît une croissance considérable depuis les années 1990 ; il atteint 62% dans l’agriculture en Italie !

Ce qu’illustrent en réalité les délocalisations, c’est l’impitoyable mise en concurrence de différentes parties de la classe ouvrière au plan international. Le renforcement de l’exploitation capitaliste pour toute la classe ouvrière

En délocalisant vers l’Est européen et la Chine, les grandes entreprises et les Etats occidentaux visent à profiter des terribles conditions d’exploitation qu’y impose le capital. Ainsi en Chine, où "des millions de personnes travaillent entre 60 et 70 heures par semaine et gagnent moins que le salaire minimum de leur pays. Elles vivent dans des dortoirs où s’entassent parfois jusqu’à vingt personnes. Les chômeurs qui ont récemment perdu leur emploi sont quasiment aussi nombreux que ceux du reste du monde réuni."([4]) "Les primes de licenciement et les allocations promises aux travailleurs ne leur sont jamais versées. (…) les travailleurs peuvent se voir refuser le droit de se marier, il leur est souvent interdit de se déplacer dans les usines (où ils sont logés) ou d’en sortir en dehors des heures de travail.(…) Dans les usines de la zone spéciale de Shenzhen, au sud de la Chine, il y a en moyenne 13 ouvriers qui perdent un doigt ou un bras chaque jour et un ouvrier qui meurt d’un accident de travail tous les 4,5 jours."([5])

Ce qui pousse le capital à délocaliser vers l’Est de l’Europe, c’est le même but d’y exploiter "une population bien formée et peu coûteuse. (…) Tous ces pays ont des durées de travail plus longues qu’à l’Ouest, respectivement, 43,8 et 43,4 heures en Lettonie et en Pologne. Surtout cette amplitude s’accompagne d’une moindre, voire d’une absence, de rétribution des heures supplémentaires. [On y] observe également une forte progression du travail à temps partiel. Celui-ci est souvent l’apanage des personnes âgées, des handicapés et des jeunes entrant sur le marché du travail. En Pologne, 40% des travailleurs à temps partiel sont soit des retraités, soit des personnes ayant une infirmité. (…) [Les nombreuses entreprises à capitaux étrangers] sont aussi celles qui pratiquent le plus souvent le travail "asocial" : il est courant de trouver des grandes surfaces ouvertes sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre."([6])

Dans les pays occidentaux, les délocalisations signifient la mise au rancart de travailleurs, dont l’exploitation est insuffisamment profitable pour le capital. Cependant, la part prise par les délocalisations parmi les autres attaques montre que les délocalisations sont loin de représenter l’unique source du chômage et de la remise en cause des conditions de vie du prolétariat et que le but recherché par la bourgeoisie n’est certainement pas d’imposer massivement le transfert de l’ensemble de la production vers des pays à bas salaires. Ainsi, "leur impact sur l’emploi n’est pas nul, mais reste limité. (…) les délocalisations n’expliquent que 7% des restructurations et 5% des emplois supprimés en Europe. (…) Entre 1990 et 2001, les délocalisations d’entreprises allemandes vers les pays d’Europe centrale et orientale ont conduit à la destruction de 90 000 emplois en Allemagne soit 0,7% des effectifs des sociétés concernées et 0,3% de l’emploi allemand total"([7])

En France, "95 000 emplois industriels auraient été supprimés et délocalisés à l’étranger entre 1995 et 2001, soit en moyenne 13 500 par an. A titre de comparaison, les suppressions d’emplois annuelles dans l’industrie sont de l’ordre de 500 000. (…) Les présomptions de délocalisations s’élèvent au total à 2,4 % des effectifs de l’industrie hors énergie (…) Un peu moins de la moitié seulement des délocalisations sont à destination des pays dits "à bas salaires". Ces derniers accueillent environ 6400 emplois délocalisés par an, soit 0,17% de l’emploi industriel hors énergie. Autrement dit, les délocalisations vers les nations émergentes expliqueraient seulement moins de 2% des suppressions d’emplois industriels. Environ une fermeture d’établissement industriel sur 280 correspondrait à une délocalisation vers un pays à bas salaire." ([8]) Les dires mêmes de la bourgeoisie mettent en pièces le mensonge qui fait des délocalisations l’explication principale à la désindustrialisation et au chômage de masse.

Par contre, le recours systématique au chantage aux délocalisations par la bourgeoisie comme moyen de faire accepter au prolétariat des sacrifices toujours plus grands, indique où se situe l’enjeu réel pour la bourgeoisie : imposer des conditions d’exploitation plus dures et la réduction du coût de la force de travail (la baisse des salaires) là où la production n’est pas délocalisable et ne doit pas l’être, là où les enjeux de puissance économique sont les plus importants pour le capital et la concurrence entre requins capitalistes la plus rude.

L’exemple de l’Allemagne est particulièrement illustratif. C’est au nom de la compétitivité de "l’entreprise Allemagne" et grâce au chantage aux délocalisations et aux suppressions d’emplois que la flexibilisation du temps de travail a été imposée, soit réduction avec perte de salaire, soit élévation sans compensation de salaires. Ainsi Siemens : après avoir transféré ses activités de services et de développement en République tchèque, en Inde, en Russie et en Chine, il impose en 2004 la semaine de 40 heures sans compensation salariale à une grande partie de ses 167 000 salariés allemands sous la menace de la délocalisation d’au moins 5000 emplois. En 2005, après avoir annoncé 2400 suppressions de postes dans sa filiale de service informatique SBS, la direction impose aux 4600 salariés de la filière communication Com une réduction du temps de travail à 30 heures hebdomadaires (au lieu de 35,8) avec réduction de salaires ! Parallèlement, c’est le secteur public qui se fait le champion du "travailler plus". La compagnie ferroviaire DB est passée aux 40 heures et de nombreux Etats régionaux ont fait passer le temps de travail des fonctionnaires régionaux de 40 à 42 heures. Au total, c’est ainsi qu’en Allemagne où la bourgeoisie a en ligne de mire les coûts de main-d’œuvre les plus élevés parmi les grands pays de l’OCDE, "les rémunérations ont, en valeur réelle, reculé de 0,9% entre 1995 et 2004"([9]) Là comme ailleurs, le chantage aux délocalisations n’est pas dissociable des autres attaques et va de pair avec la réforme du fonctionnement du marché du travail ainsi que la remise en cause des systèmes de retraites et d’assurance maladie. Une gigantesque campagne idéologique contre la conscience de la classe ouvrière

Si les campagnes bourgeoises mettent pleins feux sur les seules délocalisations, c’est aussi parce la classe dominante en tire avantage contre le prolétariat afin de désarmer sa lutte. Lorsque syndicats, partis de gauche, gauchistes et altermondialistes vitupèrent les délocalisations pour stigmatiser le retour à des conditions dignes du 19e siècle, c’est pour mieux masquer au prolétariat la signification réelle de la situation qui lui est faite dans la société.

Le marxisme n’a jamais dénoncé les tendances à l’allongement de la journée de travail et à l’abaissement des salaires vers le minimum de la subsistance vitale comme imputables au caractère carnassier de tel ou tel capitaliste en particulier, mais comme le produit des contradictions inscrites dans la nature même du système capitaliste. C’est en véritable vampire invétéré de la force de travail dont il tire le profit et se nourrit, que le capitalisme saigne littéralement à blanc ceux qui en sont les porteurs, les prolétaires. "Dans sa passion aveugle et demeurée, dans sa gloutonnerie de travail extra, le capital dépasse non seulement les limites morales, mais encore la limite physiologique extrême de la journée de travail. (…) Le capital ne s’inquiète donc point de la durée de la force de travail. Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le maximum qui peut en être dépensé dans une journée. Et il atteint son but en abrégeant la vie du travailleur.(…) La production capitaliste, qui est essentiellement production de plus value, absorption de travail extra, ne produit donc pas seulement par la journée de travail qu’elle impose la détérioration de la force de travail, en la privant de ses conditions normales de fonctionnement et de développement, soit au physique, soit au moral - elle produit l’épuisement et la mort précoce de cette force."([10])

L’énorme différence avec aujourd’hui, c’est qu’au 19e siècle, le prolétariat pouvait espérer une atténuation de sa situation au sein du système capitaliste. "Les premières décennies de la grande industrie ont eu des effets si dévastateurs sur la santé et les conditions de vie des travailleurs, ont provoqué une morbidité si effrayantes, de telles déformations physiques, un tel abandon moral, des épidémies, l’inaptitude au service militaire, que l’existence même de la société en paraissait profondément menacée. (…) Il fallait donc dans son propre intérêt, pour permettre l’exploitation future, que le capital impose quelques limites à l’exploitation présente. Il fallait un peu épargner la force du peuple pour garantir la poursuite de son exploitation. Il fallait passer d’une économie de pillage non rentable à une exploitation rationnelle. De là sont nées les premières lois sur la journée de travail maximale." 11 Encore ce résultat ne fut-il imposé que contre la résistance farouche des capitalistes et après des décennies d’une implacable lutte de classes. Il ne pouvait être obtenu que parce que le système capitaliste se trouvait alors dans sa phase d’ascendance, en pleine expansion.

Aujourd’hui l’implacable concurrence entre nations capitalistes en lutte pour des marchés toujours plus étroits, sursaturés de marchandises, ne peut que provoquer l’inexorable remise en cause générale du "standard de vie" établi dans les pays occidentaux, sans espoir de retour en arrière. Tous ces faits confirment les prévisions du marxisme, l’effondrement du capitalisme dans la catastrophe sociale.

Il reste aux ouvriers du monde entier à apprendre à se considérer comme des camarades de lutte et à se tendre la main par dessus les limites des secteurs et les frontières, pour faire de leurs mouvements une seule lutte contre le capitalisme et développer leur conscience que cette lutte ne peut trouver sa finalité que dans la destruction du système capitaliste, c’est-à-dire l’abolition du salariat et du caractère marchand de la force de travail, racine de l’esclavage du prolétariat.

Scott

[1] L’Expansion, 27 octobre 2004

[2] L’Expansion, 27 octobre 2004

[3] L’Expansion.com, 19 avril 2005

[4] CISL en ligne, 9 décembre 2005

[5] Chine Amnesty International, 30 avril 2002

[6] Le Monde, 18 octobre 2005

[7] Le Monde, 26 mai 2005

[8] Dossiers et documents du Monde, novembre 2005

[9] L’Humanité, 14 février 2006

[10] Marx, Le Capital, Livre 1, chapitre X. Pour les notions de force de travail, plus value, travail extra (surtravail) se reporter à la première partie de cet article dans RI n° 362

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6 Messages de forum

  • Aujourd’hui nous sommes compétitifs en France et nous allons nous battre pour garder nos emplois".

    "Nous" sommes donc en compétition avec les "travailleurs étrangers" !!!

    "Nous" sommes des Français et pas des prolétaires du monde !!!

    Lutte ouvrière organisation se disant révolutionnaire communiste et Trotskyste. en novembre 2011.

    Arlette Laguiller ne pourrait pas dire cela mais cette orga. LO oui, car elle s’est perdue et a fait le choix de renoncer à un certain nombre d’idée.

    Arlette s’il te reste de cette révolte qui a touché nombre de prolo et de jeunes, alors tu dois au fond de toi jeter toute cette propagande nationaliste à la poubelle.

    Des camarades autour de toi se trompent lourdement et sont sous l’influence des idées chauvines qui imprègnent de plus en plus la société et le milieu ouvrier des usines.
    Mais il n’y a pas de fatalité et seule compte ce que même une poignée d’individus va dire tout haut.

    Les conditions pour s’opposer au nationalisme n’étaient pas meilleures quand tu as commencé à militer pendant la révolution algérienne et la guerre française en métropole et en Algérie.

    Le racisme était partout présent et combien de jeunes travailleurs sont revenus de la guerre complètement fanatisés par l’ambiance de vengance et les massacres des armées.

    Est ce que nos idées étaient plus faciles à défendre ?

    En tout cas Arlette les a défendu avec ses camarades et ne la pas fait au nom des organisations nationalistes bourgeoises.

    Non , LO "va mal" et les unions de gauches sont là pour enfoncer le clou à chaque éléction depuis quelques temps maintenant.

    En 2005, LO réclamait le retour "à l’ordre" alors que la jeunesse prolétarienne se révoltait contre l’Etat et ses "bavures" qui sont des vrais assassinats d’adolescents !

    MAis loin de moi l’idée qu’il faut pleurer une orga qui fait ses choix politques.

    Lutte Ouvrière, désormais nos idées sont opposées autant que ces militants de la 2éme inter, qui ont fait le choix du chauvinisme en 1914.

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  • La perspective d’une nouvelle guerre entre les nations , est maintenant une possibilité pour la population ouvrière.
    La réussite des classes dirigeantes, par la presse, la TV etc.., est totale dans un pays comme la France.

    Cette idée d’une nouvelle guerre mondiale était encore impensable il y a 3 ou 4 ans, ou alors dans des discussions peu sérieuses ou au contraire assez approfondies sur le fonctionnement du système capitaliste.

    Aujourd hui, cette idée est envisagée, non pas sans effroi, mais tout simplement comme une chose possible par des travailleurs qui ont vécu la période 1939 1945 !

    Quand notre classe sent le vent tourné , c’est que la tempête n’est pas loin !

    Barbarie ou ....quoi d’autre ?

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  • Des comités de grève ne sont pas des réunions qui restent en interne. Leurs élus ne se présentent pas aux média avec des étiquettes syndicales mais avec l’étiquette du comité de grève, diffusent les tracts du comité de grève, ont les badges du comité de grève, font savoir aux travailleurs qui manifestent avec eux pourquoi et comment ils se sont organisés en comité de grève. Ils montrent aussi comment et en quoi la politique du comité de grève se distingue de celle des centrales syndicales... Cela n’a pas été la politique de l’extrême gauche, pas plus à PSA qu’ailleurs...

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  • oeuvrer dans toutes les circonstances pour l’auto-organisation des travailleurs, même si cela nécessite de combattre les illusions des travailleurs eux-mêmes et surtout si cela nécessite de combattre les appareils syndicaux
    ne rien cacher sur la signification de la crise actuelle
    combattre toutes les illusions selon lesquelles l’Etat devrait faire ceci ou cela
    développer la conscience qu’il ne suffit plus de défendre nos acquis, mais qu’il faut mener le combat contre le système dans son ensemble et à l’échelle mondiale
    développer les liens inter-sites, inter-entreprises, internationaux, et, en particulier, casser la propagande sur la mondialisation, sur les délocalisations. Cette dernière propagande organise la principale division, celle entre travailleurs du monde...

    On a pu entendre des militants syndicalistes d’extrême gauche déclarer aujourd’hui : "Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France." C’est une manière hypocrite de sous-entendre que ce sont les emplois en Chine ou au Brésil qui cassent les emplois en France. C’est faux ! Les emplois baissent partout dans le monde en ce moment, y compris en Chine : la mondialisation n’en est pas la cause, pas plus que les délocalisations. Si le patron veut le faire croire, ce n’est pas un hasard...

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  • "Chez les ouvriers français, l’industrie nucléaire n’est pas vue comme une menace, mais comme un fleuron". extrait d’un article du site "ma zone contrôlée" a propos d’un sondage sur la montée du FN et la chute du P.S. dans le milieu prolo.

    Et chez les ouvriers japonais, bielorusse, ukrainien ?

    En tout cas, je suis ouvrier et je vais vous faire une révélation : le fleuron, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
    Par contre les risques liés à l’amiante, aux produits chimiques, à la fatigue des 3/8 , des nuits fixes, des rayonnements non ionisants ou ionisants, il n’y a pas de quoi être fier de cette merde.
    Les salariés ont juste leur chaine à perdre et ça ne ressemble pas à la poupe du paquebot"France", ni au profit boursier, fleuron du système capitaliste !

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  • Voilà comment les patrons de PSA expliquent dans le rapport d’activité du groupe en 2011, la baisse de rentabilité de la branche automobile :

    " Résultat opérationnel courant : (bénéfice)
    Le résultat opérationnel courant automobile s’élève à 92 millions d’euros en 2011 .

    Il est en dessous de celui de 2010 (+621 millions d’euros et 1,5% du chiffre d’affaires). Ce recul est principalement lié à un environnement défavorable qui a eu un effet négatif de (1 044) millions d’euros partiellement compensé par la performance Groupe qui a permis de dégager 331 millions d’euros de résultats sur l’exercice.

    Les facteurs ayant contribué à la variation du résultat opérationnel courant de la division Automobile sont les suivants :

    L’évolution de l’environnement économique a eu un impact négatif de 1 044 millions d’euros sur le résultat opérationnel courant.
    La hausse des marchés a généré un effet positif de 37 millions d’euros sur le résultat qui a été compensé par les éléments
    suivants :

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