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Egypte : à bas le pouvoir militaire ! A bas la répression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! - Matière et Révolution
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Egypte : à bas le pouvoir militaire ! A bas la répression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur !

samedi 17 décembre 2011, par Robert Paris

Egypte : à bas le pouvoir militaire ! A bas la répression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur !

L’armée a chargé samedi à la matraque des manifestants sur la place Tahrir du Caire au lendemain de graves violences qui ont fait neuf morts et plus de 300 blessés en plein processus électoral en Egypte.

Ces violences montrent que la tension ne retombe dans le pays arabe le plus peuplé, dix mois après la chute de Hosni Moubarak.

Samedi matin, des soldats anti-émeutes ont tiré des coups de feu en l’air. L’intervention des militaires s’est déroulée après l’incendie d’édifices situées à proximité du Parlement, selon la même source.

Après la charge des militaires place Tahrir, des affrontements ont opposé des protestataires et aux soldats. Certains contestataires ont lancé des pierres à côté de camions de pompiers qui tentaient d’éteindre le feu.

Les militaires ont arrêté des protestataires et les ont frappés, parfois violemment, alors qu’ils étaient immobilisés ou à terre, a constaté un journaliste de Reuters. Les contestataires, dont certains campaient sur la place Tahrir depuis le mois dernier, ont dû s’enfuir dans les rues environnantes.

Selon des images de la télévision égyptienne, plusieurs tentes installées sur la place emblématique de la "révolution du Nil" ont été incendiées par les militaires après en avoir extrait leurs occupants.

Un cadreur de Reuters a filmé un soldat dégainant un pistolet et ouvrant le feu sur des manifestants battant retraite devant l’armée.

Vendredi, les affrontements avaient éclaté à proximité du Parlement en raison de la dispersion dans la nuit de jeudi à vendredi d’un sit-in organisé par des militants pro-démocratie.

Mais samedi, les médias d’Etat proposaient plusieurs versions différentes sur l’origine de cette nouvelle flambée de violences.

L’une d’elle stipule qu’un homme voulant récupérer un ballon de football malencontreusement tiré dans l’enceinte de l’assemblée a été pris à partie par des policiers et passé à tabac.

Une autre version fait état de violences provoquées par la volonté d’un homme d’installer un campement dans cette enceinte.

Dans une déclaration lue à la télévision, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a démenti que les soldats aient ouvert le feu sur les manifestants. Il a affirmé que les incidents avaient commencé lorsque l’un des agents de sécurité postés devant le Parlement avait été attaqué.

De source militaire, on précise que 32 gardes du Parlement ont été blessés après avoir tenté de refouler les manifestants qui cherchaient à pénétrer dans l’édifice.

Le Premier ministre intérimaire, Kamal al Ganzouri, a imputé la violence aux manifestants, qu’il a accusés d’avoir attaqué le siège du gouvernement et du Parlement.

"Je confirme que l’armée n’a pas tiré", a déclaré le chef du gouvernement à la télévision publique.

"Je m’adresse à l’ensemble des forces et mouvements politiques pour leur dire que le sort de l’Egypte réside entre vos mains. Ce qui se passe aujourd’hui dans les rues n’est pas une révolution, mais plutôt une attaque dirigée contre la révolution", a-t-il souligné.

"Je répète que nous ne répondrons pas à des manifestations politiques par des violences, même verbales", a ajouté le Premier ministre intérimaire, 78 ans.

Le bilan des affrontements vendredi et samedi entre des soldats et des protestataires s’élève désormais à neuf morts et 313 blessés, a-t-il dit, précisant que 125 personnes étaient toujours hospitalisées.

Selon le Dar al Iftah, organe religieux chargé de lancer des fatwas, un de ses membres, le cheikh Emad Effat, a été tué lors des affrontements, rapporte l’agence de presse officielle Mena.

Ziad el Elaimy, homme politique libéral du Bloc égyptien qui brigue un siège au Parlement dans une circonscription du Caire, a dit avoir été frappé par les forces de sécurité lors de son arrivée sur les lieux des affrontements.

Il s’agit des pires violences dans la capitale égyptienne depuis le début des élections législatives fin novembre.

L’activiste au centre de la rumeur, Abboudi Ibrahim, a été arrêté alors qu’il quittait le sit-in organisé devant le siège du gouvernement. Ce sit-in existe depuis les journées de violences de la fin novembre qui ont fait plusieurs dizaines de morts et assombri le début des élections législatives.

Une vidéo circulant sur Facebook montre un jeune homme, identifié comme étant Abboudi Ibrahim, le visage portant les traces de coups violents.

Pour le deuxième jour consécutif, la place Tahrir et ses abords ont été le théâtre ce samedi de violents affrontements entre opposants au pouvoir militaire et forces de l’ordre. Les heurts se sont étendus de la place, d’où s’est élevée un épais nuage de fumée, à un pont sur le Nil à proximité. Les protestataires, qui sont armés de pierres, ont eux-mêmes été la cible d’hommes en civil qui leur jetaient des pierres et des bouteilles enflammées depuis des toits d’immeubles. Place Tahrir, des incendies se sont déclarés dans deux bâtiments ministériels. Les contestataires ont dû s’enfuir dans les rues environnantes. Les soldats égyptiens ont donné la charge à coups de matraques. Des coups de feu en l’air ont également été tirés. Plusieurs interpellations ont eu lieu, au cours desquelles les manifestants ont été frappés. Le premier ministre égyptien Kamal el-Ganzouri annonce 18 blessés par balles ce samedi, mais assure que « ni l’armée ni la police n’ont ouvert le feu » sur les manifestants.

Le bilan des heurts se révèle très lourd. Les accrochages ont fait neuf morts et 361 blessés, selon le bilan provisoire communiqué par le ministre de la Santé samedi. « Nous avons assisté à des scènes hideuses », a témoigné le correspondant de la chaîne d’information al-Jezira. « Les soldats perchés en haut des bâtiments ont bombardé les manifestants avec toute sorte d’objets : bouteilles, meubles, pierres. Certains ont fait des gestes obscènes aux activistes, un militaire leur a même uriné dessus ». Ces violences sont les plus graves depuis celles survenues fin novembre peu avant les législatives. Samedi matin, les forces de l’ordre ont repris le contrôle du secteur, barrant les accès. Cela faisait quinze jours que les contestataires campaient devant le siège du gouvernement, empêchant toute réunion ministérielle.

Paris a dénoncé samedi « l’usage excessif de la force contre les manifestants ». « La France est préoccupée par les violents incidents qui ont lieu place Tahrir au Caire », explique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, tout en appelant « au calme, au sens des responsabilités et au respect des droits de l’Homme parmi lesquels le droit de manifester, qui doit s’exercer librement et pacifiquement ».

Les affrontements ont débuté jeudi soir après l’expulsion par l’armée de manifestants devant le siège du gouvernement, près de la Place Tahrir. Selon des témoins, les soldats ont frappé des protestataires, traîné des femmes par les cheveux et incendié des tentes. L’origine de cette escalade n’est pas claire. Certains manifestants, interrogés par les médias officiels, affirment que tout a commencé quand un jeune homme a pénétré dans l’enceinte du parlement voisin pour récupérer un ballon de football. Les gardes de l’institution l’auraient roué de coups. D’autres affirment que le jeune homme aurait provoqué les forces de l’ordre en essayant de s’y installer. Al-Jezira évoque une vidéo, montrant le visage couvert de bleus d’un activiste après son interpellation, qui aurait indigné les manifestants.

« Ceux qui sont à Tahrir ne sont pas les jeunes de la révolution », a prévenu le premier ministre, en allusion à la révolte qui a débouché sur la chute du régime Moubarak. « C’est une contre-révolution », a-t-il ajouté en mettant les troubles sur le compte d’ »éléments infiltrés » qui « ne veulent pas de bien à l’Egypte ». Une fermeté que ne cautionnent pas les principaux acteurs politiques. « Même si le sit-in était illégal, doit-il être dispersé d’une manière aussi sauvage et brutale, qui constitue une plus grande violation de la loi et de l’humanité ? » s’est indigné Mohamed ElBaradei, candidat potentiel à la présidentielle, sur twitter. Le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), issu des Frères musulmans, en tête des élections législatives en cours, a également déploré une « agression » et a appelé l’armée à protéger les manifestants. Curieux appel !!! Les incendiaires sont appelés à jouer les pompiers...

En quelques jours, le tour de passe-passe politique, l’escamotage national, le mensonge consistant à mettre tous les péchés du régime sur le compte du raïs Hosni Moubarak, pour le contraindre à la démission, a volé en éclats. Aux commandes de l’Egypte depuis le 11 février, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), présidé par le maréchal Tantaoui et composé de vingt galonnés, gouverne à coups de communiqués et n’apparaît aux Égyptiens que sur les plans fixes de la télévision filmant la table en U où il tient ses réunions. Les voilà aussi haïs que le chef de l’État déchu et traduit en justice. Les jeunes révolutionnaires de la place Tahrir s’étaient laissé berner par la main protectrice de l’armée, qui s’était interposée face aux violences policières des sbires de Moubarak. Neuf mois plus tard, ces dieux sont tombés de leur Olympe. « À bas le régime militaire ! » hurlent en chœur les centaines de milliers d’Égyptiens redescendus dans les rues du Caire, d’Alexandrie, de Suez et d’Assouan. À leurs yeux, le CSFA a trahi la révolution. « Tantaoui, le peuple va t’exécuter ! » menaçaient dimanche 20 novembre les manifestants de la place Tahrir livrés à la brutalité des hommes de la police... militaire, dépêchée par la junte pour prêter main-forte aux unités anti-émeutes débordées.

la suite...

1 Message

  • Les images d’une répression déchainée, fascistes, pour tuer et frapper les esprits par la peur, sont passés à la TV aujourd hui aux heures du midi et sont visibles sur internet : voir ici

    après la 1er phase de révolution du peuple et du prolétariat en février, voilà la phase ou la terreur d’un pouvoir démasqué des militaires se montre au grand jour.

    Il n’est plus question de faire parader les chars et de laisser les manifestants sympathiser avec les forces de répression.

    L’Etat a peut être de nouveau la main sur le cours de l’histoire et veut établir la démocratie, c’est à dire une autre forme de domination de la bourgeoisie.

    Pour cela l’Etat doit écraser le mouvement révolutionnaire et c’est ce qu’il fait.

    La réaction est en cours. Mais elle n’est pas si à l’aise et a besoin de se justifier comme si elle craignait une révolte de la population contre le dernier maillon, le dernier rempart de la domination de classe, l’armée donc l’Etat lui même.

    Qui sait si le pouvoir ne tente pas le tout pour le tout en se suicidant politiquement mais en essayant de mettre KO les révolutionnaires !

    Rien n’est gagner dans un sens ou dans un autre.

    En tout cas ces leçons sont importantes pour tous les peuples : une révolution ne peut se satisfaire de promesses de réformes alors que l’appareil d’Etat est encore dans les mains des oppresseurs et l’armée en est le principale instrument.

    Démolir l’armée doit être un objectif immédiat d’une révolution et c’est avec les soldats (de travailleurs au chomage sous l’uniforme) mutinés que cela est possible : toute la chaine de commandement doit être anéantie.

    Pareil pour la police et tous les corps armés de l’Etat bourgeois.

    C’est la seule façon de couper l’herbe sous le pied au fascisme, la révolution sociale doit se constituer en double pouvoir, les comités de travailleurs, soldats, paysans, chomeurs, artisants, doivent immédiatement postuler à gouverner le pays.

    Ils doivent pour cela briser l’ancien régime, neutraliser tous les postes stratégiques de la répression, prendre le contrôle des casernes, des dépots d’armes, des commissariats, des mairies, des préfectures, des ministères.

    Le pouvoir doit se prendre consciemment en vue d’une nouvelle société : les 30000 morts de la Commune de Paris ne doivent pas servir à RIEN.

    Les prolétaires ne doivent avoir aucune pitié avec le régime capitaliste et pas seulement en Egypte, mais partout sur la planète en crise.

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