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Pourquoi l’annonce de Tepco d’un arrêt à froid de Fukushima n’a rien de rassurant ? - Matière et Révolution
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Pourquoi l’annonce de Tepco d’un arrêt à froid de Fukushima n’a rien de rassurant ?

mardi 20 décembre 2011, par Robert Paris

Pourquoi l’annonce de Tepco d’un arrêt à froid de Fukushima n’a rien de rassurant ?

Tepco, suivi par le gouvernement japonais par la voix de son premier ministre, vient d’annoncer comme une victoire l’ « arrêt à froid » des réacteurs de la centrale de Fukushima, sous-entendant que les efforts fournis auraient permis de stabiliser la situation de la catastrophe nucléaire, dans la centrale et aux abords. Non seulement, il est permis d’en douter, mais cette annonce est plutôt inquiétante dans la mesure où personne n’indique de quelle manière les causes objectives d’inquiétude auraient été supprimées. Où est passé le césium qui risquait de se déverser en mer. Bien sûr, s’il est entièrement parti dans les eaux, Tepco peut prétendre que c’est réglé. Le Japon peut espérer qu’il y a assez d’eau sur la planète pour diminuer la concentration de césium… à la longue. Et avant que les cancers ne se déclarent, ils pourront toujours dire que cela ne venait pas du Japon…

Le refroidissement de la centrale inquiète par son caractère de bricolage. Le Monde du 18 décembre écrit : « Le refroidissement n’exclut pas le risque d’une nouvelle réaction en chaîne parvenant à l’état de criticité… Mais la plus grande crainte reste celle d’un nouveau puissant séisme, dont la probabilité est élevée. Il pourrait endommager le système de refroidissement construit dans l’urgence. Selon le journaliste Tomohiko Suzuki, qui a travaillé plus d’un mois à la centrale en se faisant passer pour un travailleur du nucléaire, « les tuyaux sont en plastique, pas comme ceux habituellement utilisés dans les installations nucléaires ». La précarité de la situation suscite donc de sérieux doutes sur les affirmations officielles. »

Mais le pire est ailleurs. Le même article du Monde écrit que « Début novembre, la découverte de xénon au niveau du réacteur 2 avait incité Tepco à évoquer la possibilité d’une « fission nucléaire spontanée »…. Le combustible des trois réacteurs a fondu, percé la cuve et pénétré la couche de béton de l’enceinte de confinement »

Vendredi dernier, le professeur Kazuhido Kudo, spécialiste du nucléaire à l’université du Kyushu a déclaré à l’International Herald Tribune que « ce que le gouvernement appelle arrêt d’urgence n’est qu’un moment de répit… Il n’y a aucune certitutde sur l’état réel des réacteurs. »

La prétendue stabilisation de la température du cœur des centrales pourrait provenir du fait que les centrales se seraient débarrassées de l’essentiel de leur combustible dans la mer et … dans la terre…

Le commentaire gouvernemental ne donne aucun bilan du combustible déversé en mer ni de l’hypothèse que le combustible ait commencé une fusion spontanée, ni de ce qui se passe après le percement de la paroi de béton. L’essentiel de l’information en somme reste cloisonnée…

Avant qu’une fusion spontanée traversant l’écorce n’ait d’effets visibles, le gouvernement peut estimer qu’il est possible que personne n’en sache rien. Dans le cas inverse, si la mer est gravement polluée et la terre aussi, les autorités japonaises, capitalistes et gouvernants ainsi que leurs cautions françaises du gouvernement français et d’AREVA pourraient légitimement être accusés de crime contre l’humanité !!!

TEPCO a autorisé quelques journalistes triés sur le volet de venir faire reportage et photos sur le site nucléaire à condition d’avoir le droit d’examiner les reportages et les photos et d’interdire ce qui ne lui plaiera pas. Voilà déjà qui en dit long sur sa manière d’informer le public....

Lors d’une réunion de la cellule ministérielle sur l’accident nucléaire, le chef du gouvernement a confirmé que les installations, lourdement endommagées lors séisme et du tsunami du 11 mars 2011, avaient atteint « l’état d’arrêt à froid ». Cela signifie que les Japonais ont réussi à maintenir la température à l’intérieur des réacteurs sous les 100 degrés Celsius. L’eau utilisée pour refroidir les réacteurs se maintient donc sous le point d’ébullition et il n’y a plus de vapeur d’eau irradiée qui s’en dégage.

« En conséquence, les émissions radioactives peuvent être contenues à un niveau suffisamment bas à l’extérieur des installations de la centrale, même en cas de nouvel accident », a déclaré Yoshihiko Noda.

Dans une centrale en exploitation, l’arrêt à froid permet de procéder à des opérations de maintenance. Dans le cas de Fukushima, où le combustible a fondu, a percé les cuves et est tombé au fond de l’enceinte de confinement de trois des six réacteurs, l’arrêt à froid ne veut pas dire que l’on va pouvoir intervenir librement à l’intérieur, à cause d’une radioactivité surélevée.

Réponse des experts indépendants : tout ce qu’a réussi à faire Tepco, c’est rétablir les systèmes de refroidissement en posant dans une course de vitesse, à même le sol, des pompes, des conduites en caoutchouc ou en acier qui peuvent geler ou éclater durant l’hiver.

Les réacteurs de la centrale de Fukushima sont dans un état épouvantable. Les cœurs de trois d’entre eux ont fondu. Des fuites sont avérées au niveau des cuves et des enceintes de confinement. Les réacteurs sont trop endommagés pour pouvoir décréter leur arrêt à froid. Et les rejets radioactifs de la centrale restent inquiétants.

Tout ce bricolage pour reprendre le contrôle de la centrale, assurent les experts, risque à tout moment de s’écrouler en cas de nouveau séisme de forte puissance.

Les températures au fond des cuves des réacteurs 1 à 3, les plus endommagés, étaient passées sous 100 degrés entre août et septembre, et ont été maintenues à ce niveau grâce à l’installation de systèmes de refroidissement en continu.

Un laboratoire français indépendant, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), révèle le 15 décembre que la contamination la plus importante se situe à une cinquantaine de kilomètres de la centrale de Fukushima.

Des poussières de maisons situées à 200 km de Fukushima et des urines d’enfants à Tokyo ont montré un taux de contamination important en césium 137 et 134. C’est ce que révèle le laboratoire français, suite à des prélèvements effectués en octobre. Le district le plus concerné est celui de Watari, zone où la vente de riz vient d’être interdite.

Certaines habitations sont contaminées à des taux dépassant presque les 6 000 becquerels par kilo. Pour la première fois, le laboratoire a trouvé des traces de contamination dans des urines d’enfant à Tokyo, soit à 250 km de la centrale. Une conséquence très probable de l’alimentation. L’Acro a par ailleurs relevé des traces de contamination dans les urines de douze sur 23 enfants examinés dans la province de Fukushima.

D’après l’association, le gouvernement devrait modifier les critères fixés pour décider de l’évacuation des populations et faire des mesures dans les habitations. Ces critères "reposent uniquement sur la contamination des sols à l’extérieur et supposent implicitement qu’une fois chez eux, les habitants des zones contaminées ne courent plus aucun risque. Notre étude montre qu’il n’en est rien", explique l’association.

Après les urines d’enfants contaminées, les sacs d’aspirateur ! L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), l’un des deux laboratoires d’analyses indépendants créés en France après la catastrophe de Tchernobyl, a procédé à des analyses des poussières contenues dans les sacs d’aspirateur de treize habitations, situées dans un rayon de 200 km autour de la centrale de Fukushima.

Résultat : toutes les poussières issues des sacs sont contaminées en césium 137 et 134. Sans surprise, la zone la plus touchée est la plus proche de la centrale : il s’agit du district de Watari (ville de Fukushima), à 50 km de la centrale, où la vente de riz vient d’être interdite. L’Acro y a trouvé "presque 20 000 becquerels par kilo de poussière pour les deux césiums", indique son communiqué.

Des contaminations significatives ont également été identifiées jusqu’à Ichinoseki (province d’Iwaté) et Kashiwa (province de Chiba), à quelque 200 km de la centrale. De quoi interroger, selon l’Acro, les critères d’évacuation du gouvernement japonais, qui "reposent uniquement sur la contamination des sols à l’extérieur et supposent implicitement qu’une fois chez eux, les habitants des zones contaminées ne courent plus aucun risque".

L’Acro, laboratoire basé à Hérouville-Saint-Clair (banlieue de Caen), s’est notamment illustré en produisant, en mai et juillet dernier les analyses d’échantillons d’urines d’une quinzaine d’enfants de la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale. "Toutes contaminées", analysent alors les chercheurs, contredisant les statistiques officielles.

En ce qui concerne les analyses réalisées en septembre dernier, une bonne nouvelle : "Il n’y a plus 100% des urines analysées en provenance de Fukushima contaminées". Et deux mauvaises : de nombreux enfants continuent à être contaminés à des niveaux qui ne baissent pas depuis le mois de mai, et pour la première fois, des traces de césium ont été trouvées dans les urines d’un enfant de Tokyo.

"Il ne semble pas y avoir de corrélation claire entre la contamination des poussières et des urines" », indique l’association. Quand on sait que la quantité de césium dans le corps diminue de moitié en un mois chez un enfant qui mange sain, l’alimentation fait figure de principal mode de contamination interne. Un vecteur qui, une fois encore, n’est guère pris en compte dans les critères d’évacuation des autorités japonaises, souligne l’Acro.

Alors que les lobbies nucléaires, pratiquant un humour discutable, font remarquer la quasi absence de morts suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, les premières retombées sur la santé se font jour.

On se souvient de la flagornerie d’Otsuka Norikazu, ce célèbre animateur de télévision japonais qui, cédant à la provocation facile, avait en direct mangé des produits agricoles japonais pollués par la centrale nucléaire, encourageant ses compatriotes à suivre son exemple, convaincu de l’innocuité des produits consommés, avec le désir patriotique de sauver la production agricole de son pays.

Mal lui en a pris, on apprend qu’il a été hospitalisé le 7 novembre atteint d’une leucémie aiguë et Tepco aura des difficultés cette fois à affirmer que la catastrophe nucléaire de Fukushima n’y est pour rien.

Les avis médicaux lui donnent 70% de « chances » de mourir d’ici 5 ans ce qui a été confirmé par des experts allemands.

On se souvient de la réponse donnée par le célèbre biologiste Jean Rostand à qui on demandait quelle dose de radioactivité on pouvait ingérer sans danger : « c’est comme si vous me demandiez quelle quantité d’arsenic un bébé peut absorber sans danger ! ».

Ce grand scientifique nous a quittés en 1977, et malheureusement, on a peu tenu compte de son avis et de ses écrits, lorsqu’il dénonçait les dangers évidents générés par l’industrie nucléaire.

Aujourd’hui le gouvernement japonais reconnait s’être trompé lorsqu’il affirmait qu’il n’y avait pas de risques à consommer de la nourriture polluée à la radioactivité sous le seuil des 500 Bq/kg.

On se souvient de la phrase célèbre prononcée par un responsable japonais : « à court terme, il n’est pas nocif ».

Il s’excuse en disant maintenant qu’il a été mal compris et qu’il voulait seulement dire : « si vous consommez des produits pollués une ou deux fois, ce n’est pas dangereux, ça l’est seulement si vous le faites régulièrement ».

Ce qui est un peu tardif, car aujourd’hui, 9 mois après la catastrophe, les produits radioactifs relâchés par la centrale ont été largement ingérés par les japonais.

On a aujourd’hui la preuve que la carte officielle de contamination radioactive a largement masqué la vérité, et grâce à des chercheurs japonais, nous pouvons comparer sur ce lien la réalité de la pollution et la désinformation gouvernementale.

La carte de gauche est la carte officielle, datant du 11 novembre, et celle de droite est celle de chercheurs japonais indépendants. (Il faut noter les différences de couleur entre les deux cartes : sur la carte de droite on va du bleu, lequel correspond à 10 000 Bq/m2 au rouge pour 50 000 Bq/m2 et plus, alors que la carte gouvernementale va du marron foncé au bleu).

Le professeur Yukio Hayakawa de l’université de Gunma à publié une carte encore plus précise, et a reçu un avertissement du président de son université pour avoir diffusé cette carte.

On voit clairement sur sa carte qu’il existe des zones polluées à 1µSv/h à 200 km de la centrale, ce qui signifie que la surface polluée du Japon est bien plus polluée que dit.

On est loin des propos lénifiants et cyniques de Jean marc Jancovici qui se refusait à donner autant d’importance à la catastrophe de Fukushima qu’à celle de Tchernobyl alors que le professeur Chris Busby, de l’université de l’Ulster, avait déclaré en aout dernier que la catastrophe de Fukushima pourrait générer un million de morts.

En attendant, la vive lumière au sol, feu d’hydrogène pour certains, est toujours visible, et l’on a appris qu’il y a un différé de 30 secondes entre l’image prise, et l’image montrée, ce qui peut permettre à l’opérateur de cacher ce qu’il souhaite.

En mai dernier, un ouvrier de Fukushima, d’une soixantaine d’année est mort, tombé inconscient sur le lieu de travail, mais le porte parole de Tepco affirme que c’est sans rapport avec la contamination tout comme pour cet ouvrier de 50 ans, dont le nom n’a pas été communiqué, mort au début du mois d’octobre.

Et quid d’Abe Hiroto, décédé à 23 ans d’une leucémie aiguë après avoir défendu dans les colonnes d’un magazine pour pécheurs, (Rod & Reel) la qualité des poissons des pécheurs de la région de Fukushima ? Il habitait à 30 km de la centrale nucléaire tout comme Nagashima Kazuyuki, un athlète de 30 ans qui risque aussi de mourir d’une leucémie aiguë.

On le voit sur ce lien combattre et triompher lors des 16ème Jeux Asiatiques de 2010.

Il est aujourd’hui à l’hôpital.

Et ne parlons pas de ces sauveteurs dont le gouvernement japonais tente de dissimuler la mort.

Mais plutôt que de continuer ce décompte macabre, il faut plutôt s’intéresser aux 17 780 travailleurs qui se relaient depuis 9 mois pour nettoyer les décombres de la centrale nucléaire.

Malgré les protections qu’ils ont fini par recevoir, ils sont au moins 169 à avoir reçu des doses supérieures à 100 millisieverts.

Il faut se souvenir aussi qu’à l’époque de Tchernobyl, les méthodes de « com » étaient les mêmes, on tentait de cacher en haut lieu le véritable nombre de morts, et ce n’est que 25 ans après que des chercheurs américains nous ont appris la triste vérité : 985 000 morts, chiffre dépassé depuis, dus à la catastrophe.

Et puis, au-delà de la mort, les pneumonies, les problèmes hormonaux se multiplient chez les 2 millions d’habitants de la région au point qu’un appel à été lancé.

« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… »

Un laboratoire français indépendant, agréé par l’ASN (autorité de sureté nucléaire), l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest) a mené une enquête sur une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima démontrant que la totalité des enfants examinés étaient contaminés par du césium radioactif, et d’après une étude japonaise, 1 enfant sur 13 aurait des problèmes hormonaux et souffrirait d’un dysfonctionnement de la thyroïde.

Pour cacher la triste vérité, les « responsables » japonais ont multiplié par 20 la norme de radioprotection du secteur, passant de 1 à 20 millisievert/an, ce qui correspond au seuil maximum d’irradiation en France pour un travailleur du nucléaire.

20% des écoles de la préfecture de Fukushima dépassent ce taux.

La CRIIRAD à mesuré en juillet une contamination de 370 000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire, et a déclaré : « ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié ».

Le gouvernement qui devait organiser des mesures dans 600 lieux publics de la préfecture de Fukushima vient de reporter ces opérations à février 2012, justifiant le report en expliquant que l’entreprise qui devait fournir les équipements n’a pu respecter les délais de livraison. l

D’ailleurs l’ambiance est à l’optimisme dans la ville de Fukushima, puisque le marathon Ekiden, prévu tous les ans, a été maintenu, et des sportives ont couru les 40 kilomètres dans l’une des régions les plus contaminées du Japon, des taux de 1,4 microsieverts/h y ont été mesurés, soit 12 fois la limite d’exposition.

L’organisateur de la course a toutefois pris la précaution de faire signer un document dégageant sa responsabilité, en cas de problème de santé.

Quant à Meiji, fabricant japonais entre autres de lait en poudre, il va devoir retirer 400 000 boites, lesquelles ont été contaminées au césium 137 et 137, espérant qu’elles n’ont pas déjà été consommées.

A Hitachinaka, à 100 km de la centrale, le taux de radiation est de 40 000 Bq/m2, soit 970 000 fois le niveau de 2009.

Quand aux 100 000 évacués, ils sont toujours sans nouvelles depuis 9 longs mois des indemnités promises par TEPCO, ce dernier ayant adopté une attitude pour le moins cynique, contestant la fiabilité des mesures effectuées, mais aussi assurant ne pas être responsable des matériaux radioactifs dispersés ça ou là, déclarant « les matériaux radioactifs qui ont été disséminés par le réacteur n°1 de la centrale de Fukushima appartiennent aux propriétaires des terres où ils sont retombés, mais plus à Tepco ».

Pourtant Tepco avait vendu ses parts dans l’éolien, pour un montant de 188 millions d’euros, afin de pouvoir dédommager les victimes de la catastrophe nucléaire.

Tokyo n’a pas été épargné par la catastrophe, et on sait maintenant que dans le quartier de Shinjuku, le taux de radioactivité est encore de 17 000 Bq/m2 et que dans certaines régions montagneuses, du coté de Midori et Kiryu à 180 km de Fukushima, la radioactivité se situe entre 100 000 et 300 000 Bq/m2.

En attendant, le gouvernement tente manifestement de cacher ce qui attend la population japonaise, et lorsque l’on voit comment sont recrutés les « liquidateurs », à qui on a proposé jusqu’à 3500 euros par jour, on ne se fait guère d’illusion sur le terrible destin qui les attend, (ils absorbent en 15 minutes l’équivalent de 100 mS/v par an) et il est probable que tout sera fait pour que leur disparition soit cachée.

Le corium

1. Définition du corium Le corium est un magma résultant de la fusion des éléments du cœur d’un réacteur nucléaire. Il est constitué du combustible nucléaire (uranium et plutonium), du gainage des éléments combustibles (alliage de zirconium) et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact (barres, tuyauteries, supports, etc.). Le terme « corium » est un néologisme formé de core (en anglais, pour le cœur d’un réacteur nucléaire), suivi du suffixe ium présent dans le nom de nombreux éléments radioactifs : uranium, plutonium, neptunium, américium, etc.

2. Matière de tous les extrêmes

Le corium est la matière des six extrêmes : il est extrêmement puissant, extrêmement toxique, extrêmement radioactif, extrêmement chaud, extrêmement dense et extrêmement corrosif.

Extrêmement puissant

Le combustible fondu est le constituant principal du corium. Or ce combustible est formé à l’origine d’assemblages de crayons contenant des pastilles. Dans le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi, le cœur était composé de 400 assemblages constitués de 63 crayons de combustibles chacun. Les réacteurs 2 et 3 étaient quant à eux composés, chacun, de 548 assemblages, constitués eux-mêmes de 63 crayons de combustibles. Sachant qu’un crayon contient environ 360 pastilles, on peut en déduire que dans les trois réacteurs concernés, il y a plus de 33 millions de pastilles en jeu.

Et comme chaque pastille est supposée délivrer autant d’énergie qu’une tonne de charbon, on comprend pourquoi le corium développe une chaleur énorme en totale autonomie.

Extrêmement toxique

Le corium contient un nombre important d’éléments en fusion, interagissant entre eux sans cesse, et produisant des gaz et des aérosols. C’est la toxicité de ces émanations qui est problématique, car les particules émises sont extrêmement fines, invisibles à l’œil nu et, en suspension dans l’air, peuvent se déplacer avec les vents jusqu’à faire le tour de la terre. Toutefois, plus on s’éloigne de la source, plus ces particules et ces gaz sont dilués dans l’atmosphère et présentent moins de danger. C’est donc le Japon en premier lieu qui est victime des effets de toxicité des éléments diffusés. Néanmoins, si la concentration de particules diminue avec la distance, au final le bilan en maladies reste le même mais réparties différemment (1). Exemple d’élément toxique : l’uranium. C’est un toxique chimique pour le rein, mais il peut aussi toucher les poumons, les os et le foie. Il a aussi des effets sur le système nerveux, comparables à ceux d’autres poisons métalliques comme le mercure, le cadmium ou le plomb. L’uranium peut enfin augmenter la perméabilité cutanée et avoir des effets génétiques.

Extrêmement radioactif

Le corium émet tellement de radioactivité que personne ne peut s’en approcher sans décéder dans les secondes qui suivent. Il avoisine 28 térabecquerels par kg, soit, pour un corium de 50 tonnes, plus d’un million de térabecquerels (un becquerel correspond à une désintégration par seconde, un million de TBq correspond à 10 puissance 18 désintégrations par seconde).

Comme le corium est critique, ou localement critique, c’est-à-dire qu’il présente des réactions de fission nucléaire, rien n’est modélisable et tout peut arriver. Ce que l’on sait, c’est qu’au fur et à mesure que les éléments lourds se regroupent, la masse critique augmente et donc la réaction ainsi que la température. Par effet de coefficient de température négatif, la réaction tend à diminuer et donc aussi la température. Il s’établit ainsi un cycle d’augmentation et de réduction du volume de ce noyau très actif, la période de ce cycle dépendant de la masse, de la densité, de la forme et de la composition du corium. Cet effet de « respiration » du corium est sans doute à mettre en corrélation à Fukushima avec les mesures changeantes de pression, de température et de radioactivité données par Tepco au fil des mois suivant la catastrophe.

Extrêmement chaud

Areva, par la voix de François Bouteille, explique que le corium a une température de 2500°C. Mais en fait, selon son environnement, il peut monter encore de 400°C car la température de fusion de l’oxyde d’uranium est de l’ordre de 2900°C. En fait, sa température varie entre 2500 et 3200 °C. Pour comparaison, la température de la lave d’un volcan se situe entre 700 et 1200°C. Cette chaleur importante, produite par la désintégration des produits de fission, peut faire fondre la plupart des matériaux qu’il rencontre, comme l’acier ou le béton. C’est pour cela qu’il est incontrôlable, car personne ne peut l’approcher et il détruit tout sur son passage.

Une autre source de chaleur est l’oxydation des métaux par réactions chimiques à chaud avec l’oxygène atmosphérique ou la vapeur d’eau. Les chercheurs ont du mal à étudier le corium et les essais qu’ils effectuent sont loin de la réalité puisqu’ils travaillent sur des magmas n’ayant souvent pas la même composition, avec des températures plus faibles (souvent de 500 à 2000°C) et des masses 50 à 500 fois moins importantes que celles des cœurs de Fukushima. Toutefois, parmi une multitude de paramètres étudiés, ils déterminent que la cuve en acier d’un réacteur recevant un bain de corium en son fond devient fragile à partir de 1000°C.

A Tchernobyl, il a fallu 6 à 7 mois pour obtenir un “arrêt à froid” de la masse de corium. Mais 18 ans après l’accident, en 2004, on mesurait encore une température de 36°C à proximité du combustible fondu (2). A Fukushima, la dernière feuille de route de Tepco (3) en juillet - tout comme l’analyse de l’IRSN - annonce un “arrêt à froid” des réacteurs pour janvier 2012 : l’entreprise en effet ne communique que sur les réacteurs, pas sur le corium. Et pour cause, il faudra probablement quelques dizaines d’années avant un refroidissement de celui-ci. Il faut donc voir l’expression “arrêt à froid” comme une façade de communication minimisant la catastrophe.

Extrêmement dense

Le corium a une densité de l’ordre de 20, c’est-à-dire environ trois plus importante que l’acier. Concrètement, cela signifie qu’un mètre cube de corium pèse 20 tonnes (contre 1 tonne pour 1 m3 d’eau). Le volume des différents coriums est estimé par Jansson-Guilcher de 1 à 1,5 m3 (20/30 tonnes) pour le réacteur 1 et de 3 à 4 m3 (60/70 tonnes) pour les réacteurs 2 et 3. On peut ainsi mieux imaginer ce qu’une telle masse peut produire comme pression sur une très faible surface. Mais s’il s’avère que l’ensemble du corium puisse se conglomérer, par exemple en cas de l’effondrement d’un fond de cuve, les masses en jeu sont évidemment plus importantes et l’attaque du béton ou du sol est d’autant plus renforcée.

Extrêmement corrosif

Le corium est capable de traverser la coque en acier d’une cuve et la dalle de béton qui la supporte. La cuve principale (RPV = Reactor Pressure Vessel) fait 16 à 17 centimètres d’épaisseur. La cuve secondaire dite “de confinement” (appelée aussi Drywell ou PCV = Pressure Containment Vessel) est beaucoup plus mince, de l’ordre de 2 à 6 cm, mais doublée d’un bouclier de béton. Enfin, la dalle de béton de base, appelée aussi radier, devrait avoir en théorie une épaisseur de 8 mètres. Toutes ces protections peuvent être traversées par le corium par corrosion (Se reporter aux paragraphes 7 et 8).

3. Quand le corium de Fukushima s’est-il formé ?

La panne du système de refroidissement de la centrale de Fukushima Daiichi a eu lieu le 11 mars 2011, mais on ne sait pas encore exactement la ou les causes (tremblement de terre, tsunami, et possible erreur humaine pour le réacteur 1). Quoiqu’il en soit, après deux mois de dissimulations, Tepco a finalement reconnu que les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 avaient fondu. Le réacteur 1 n’a plus été refroidi durant 14 heures et 9 minutes, le 2 durant 6 heures et 29 minutes et le 3 durant 6 heures et 43 minutes.

4. Combien de tonnes de combustible ont fondu ?

D’après les données connues des combustibles des réacteurs de Fukushima Daiichi, on connaît les masses de combustible des trois coriums :
- corium 1 : 69 tonnes
- corium 2 : 94 tonnes
- corium 3 : 94 tonnes soit une masse totale de combustible en fusion de 257 tonnes. Pour comparaison, le corium de Three Mile Island avait une masse d’environ 20 tonnes et celui de Tchernobyl de 50 à 80 tonnes. A Fukushima, les coriums ont donc une masse jamais égalée, ce qui explique entre autres les difficultés que rencontrent les experts pour modéliser l’accident.

Quant au corium 3, il faut préciser que celui-ci contient du plutonium issu du combustible MOX. Ce dernier étant constitué de plutonium à 6,25%, et le cœur du réacteur 3 contenant 32 assemblages sur les 548 présents, on peut évaluer à au moins 300 kg la masse de plutonium issu du MOX contenue dans le corium 3, sans compter le plutonium provenant du combustible usé contenu dans les 516 autres assemblages (4). A ces données, il faut ajouter les tonnes de matériaux divers qui structurent les cœurs et qui peuvent avoir été emportés dans la masse en fusion, ce qui représente quelques tonnes supplémentaires. Pour autant, l’expérience montre qu’une partie du corium reste dans les cuves percées s’il est suffisamment refroidi. Cela dépend en fait de l’état des cuves. Si le corium est passé par une ouverture minime de la cuve, une partie peut être restée attachée aux parois subsistantes. En revanche, si le cœur a fondu entièrement, le fond de cuve peut s’ouvrir complètement et dans ce cas, le corium résiduel est extrêmement faible.

Aspect et composition du corium

Le corium ressemble à de la lave en fusion, avec une consistance pâteuse, entre liquide et solide. Quand il rencontre une masse froide, ou quand il se refroidit avec le temps, une croûte peut se former, limitant ainsi les échanges de température. La croûte peut exister en surface, refroidie par exemple par de l’eau. Elle peut aussi être verticale, contre les parois d’une cuve en béton. Mais à Fukushima, le corium est actif, ainsi aucune possibilité de refroidissement n’est envisageable ou attendue pour l’instant. Si croûte il y a, elle doit être bien mince.

Les éléments constituant le corium n’ayant pas la même masse, ils migrent selon leur densité, les plus lourds (métaux) se retrouvant au fond et les plus légers (oxydes) en surface. Mais si la chaleur est trop intense, la production de gaz est importante et tout est brassé. Dans ce cas, les éléments les plus lourds ont tendance à se rassembler au centre.

Le corium est composé d’un certain nombre de métaux en fusion provenant de la fonte des différents éléments du cœur. Le zirconium, provenant des gaines de combustible, est le plus observé car il réagit avec l’eau en produisant du dioxyde de zirconium et de l’hydrogène. D’autres métaux se retrouvent dans cette « soupe », formant une couche dense contenant des métaux de transition tels que le ruthénium, le technétium ou le palladium, de l’indium, du cadmium, du zircaloy, du fer, du chrome, du nickel, du manganèse, de l’argent, des produits de fission métalliques, et du tellurure de zirconium. La couche superficielle se compose principalement à l’origine de dioxyde de zirconium et de dioxyde d’uranium, éventuellement avec de l’oxyde de fer et des oxydes de bore, puis elle finit par concentrer également des oxydes de strontium, de baryum, de lanthane, d’antimoine, d’étain, de niobium et de molybdène.

6. Progression du corium

Si l’on se réfère à une étude réalisée par l’Oak Ridge National Laboratory qui évoque une simulation d’accident de ce type dans un réacteur à eau bouillante similaire à ceux de Fukushima Daiichi, on sait qu’il suffit de 5 heures pour que le cœur ne soit plus recouvert d’eau, 6 heures pour que le cœur commence à fondre, 6h30 pour que le cœur s’effondre, 7 heures pour que le fond de la cuve lâche, et 14 h pour que le corium traverse une couche de 8 m de béton avec une progression de 1,20 m/h (5). On peut donc raisonnablement supposer que la cuve du réacteur 1 de Fukushima Daiichi a été traversée par le corium dès le soir du 11 mars et que cette pâte incandescente est passée sous la dalle dès le 12 mars 2011.

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  • Reste une autre réalité : les raisons de l’accident. Le réacteur le plus irrémédiablement touché, bien qu’il soit difficile de discerner une différence dans leur triste état 9 mois après l’accident, a été le réacteur numéro 1 de 460 Mw : il était opérationnel depuis 1970 et prévu pour fonctionner 40 ans. Le mois précédant l’accident, à la demande de la Tepco, l’opérateur privé qui l’a fait construire, le gouvernement japonais avait prolongé, de dix ans sa durée de fonctionnement sans consulter qui que ce soit en dehors d’un petit cercle d’économistes et d’ingénieurs pro-nucléaire. Les deux autres réacteurs datent de 1973 et de 1974. Contrairement à ce qui a été expliqué pendant des mois, l’entrée en fusion des trois réacteurs n’a pas été provoquée par le tsunami. L’arrivée d’une grande vague de 13 mètres de hauteur, plusieurs heures après le séisme, n’a inondé que la partie basse des bâtiments. Selon une procédure automatique prévue à l’avance, les réacteurs (le numéro 6 étant en révision depuis plusieurs semaines) ont été brusquement mis à l’arrêt au moment du séisme de force 8,9 sur l’échelle de Richter alors que les prévisions et les précautions de l’opérateur n’avaient envisagé, avec l’accord des autorités de sûreté japonaises, qu’un tremblement de terre de force 7. Pour faire des économies lors de la construction qui avait d’ailleurs été effectuées par des compagnies différentes pour chaque installation.

    Selon de nombreux spécialistes japonais qui en discutent depuis plus d’un mois, la faille de sécurité ne se situe donc pas vraiment dans la violence de la secousse, mais dans son caractère inopiné. Nul ne sait jamais, malgré les automatismes mis en place, comment un réacteur peut réagir à un brusque arrêt : bien ou mal, cela ressemble à une loterie technologique. En effet, le fonctionnement d’un réacteur et son refroidissement – essentiel – reposent sur un équilibre technique fragile qui peut être rompu par le moindre événement intérieur ou extérieur. Lorsqu’il s’arrête brusquement de fonctionner, il subit un choc brutal, comme si l’on arrêtait un véhicule ou un train lancés à grande vitesse. C’est exactement ce qui s’est produit dans les réacteurs 1, 2 et 3 et dans leurs organes auxiliaires, les générateurs de secours par exemple.

    La situation a évidemment été aggravée par la vague du tsunami qui a privé la centrale d’une alimentation électrique extérieure. Les groupes électrogènes endommagés ne pouvant pas prendre le relais qu’ils avaient refusé dès la secousse tellurique. Or, en cas d’incident, un réacteur a besoin d’électricité pour que les systèmes de secours fonctionnent, notamment pour alimenter les circuits de refroidissement. L’enquête de la Commission gouvernementale, difficile politiquement et techniquement, lancée à contre-cœur par les autorités japonaises et dont les conclusions ont été partiellement publiques à la fin du mois de décembre 2011, a montré que le séisme a mis à mal la tuyauterie des systèmes de refroidissement...

    Malgré cette réalité, la « fable » de la responsabilité du raz-de-marée a été utilisée en France, y compris par le gouvernement. Ce qui a permis d’expliquer au public que rien de tel ne pouvait survenir dans les réacteurs français puisque la plupart ont été construits loin de la mer et se trouvent donc hors de portée d’un tsunami. En oubliant de mentionner qu’à la fin de 1999, la centrale du Blayais, noyée par la tempête et la montée de la mer, avait failli connaître le même sort et donc un accident majeur. Mais le lobby nucléaire est à la fois sourd, aveugle et piégé par ses mensonges.

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  • Des ouvriers en colères

    Suite à l’annonce gouvernementale évoquée au début de cet article, il n’y a pas que le gouverneur de Fukushima qui a sursauté en regardant la télévision. Selon le Tokyo Shinbun (le Journal de Tokyo), les travailleurs de Fukushima sont également furieux d’avoir entendu leur premier ministre déclarer que non seulement la température dans les réacteurs avait baissé mais que la situation était désormais sous contrôle : « Le gouvernement ment...... le gouvernement est un tas de merde » ; « Je ne comprends pas ce qu’il dit » ; « On ne peut même pas entrer dans les bâtiments et on ne sait même pas comment récupérer les combustibles ». Un des travailleurs qui regardait la conférence à la télévision commenta aussi : « J’ai cru que je ne comprenais plus le japonais. Je ne crois pas qu’il parle de la centrale que je vois tous les jours. Il nous faudra encore des années pour pouvoir gérer la situation... »

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  • Plus Tepco tente de rassurer, plus la population se méfie !

    ci dessous le point de vue traduit en anglais du concepteur de la centrale de Fukushima, sur son devenir...il y a déjà 1 mois.

    Ce monsieur est très loin de l’optimisme des gouvernements, opérateurs nucléaires : il pense que le fameux "syndrôme chinois" est inévitable.

    Le corium qui résulte de la fusion du matériel radioactif et des modérateurs contenus dans le coeur des réacteurs, donc ce corium ne réagit absolument comme un métal ou une autre matière connue par l’homme.

    D’après certain modèle expérimental (sur quelques KG de corium produit en laboratoire) le corium "stable" est déjà capable de percer 8m de béton en 15H00 et 2m d’acier dans le même temps.

    L’explosion engendrée par ce corium en contact avec de l’eau, serait peut ête pour l’instant évitée car il n’aurait pas rencontré une poche d’eau suffisamment grande ?

    On peut aussi penser que le corium s’est enfoncé profondémment (9mois = plus de 4000 m sous terre) et qu’il peut se scinder ou au contraire se purifier et augmenter sa criticité.

    Rien n’empêche de penser qu’il se retrouve aussi dans des flux magmatiques et ressorte à l’air libre accompagnant l’explosion d’un volcan sous marin ou terrestre.

    On peut aussi imaginer que la fameuse explosion a eu lieu sous terre et que comme certains essais nucléaires, les couches géologiques ont aborsber en partie l’énergie de cette explosion.

    Tout ceci reste des hypothèses et TEPCO n’a pas l’air bien informé non plus sur l’état des réacteurs.

    Même si Tepco disait vrai sur la température < 100 °C dans ces cuves d’acier, cela ne serait pas forcément une bonne nouvelle pour le corium dans le cas ou il serait encore présent en partie : en effet une baisse de température du corium favorise sa réactivité et une criticité en hausse.

    Ce qui est certain c’est que du moment que les barres de combustible ont fondu dans les premières heures de l’accident, il y a production de quelques chose de complètement immaitrisable par l’homme.

    LEs conditions de formation du corium, sont proches de celle de formation d’un soleil : température, pression,densité, réactions nucléaires, chimiques,etc...

    Ces risques sont étudiés mais restent très théoriques : lire doc. IRSN
    Le fameux "cendrier" récupérateur de corium sur l’EPR est avant tout un argument commercial, mais il faut globalement éviter le sujet car la réalité est plus complexe que les actions d’un bétonneur comme Bouygues ou celle d’un fabricant comme Areva.

    Architect of Reactor 3 warns of massive hydrovolcanic explosion

    Architect of Fukushima Daiichi Reactor 3, Uehara Haruo, the former president of Saga University had an interview on 11/17/2011.

    In this interview, he admitted Tepco’s explanation does not make sense, and that the China syndrome is inevitable.

    He stated that considering 8 months have passed since 311 without any improvement, it is inevitable that melted fuel went out of the container vessel and sank underground, which is called China syndrome.

    He added, if fuel has reaches a underground water vein, it will cause contamination of underground water, soil contamination and sea contamination. Moreover, if the underground water vein keeps being heated for long time, a massive hydrovolcanic explosion will be caused.

    He also warned radioactive debris is spreading in Pacific Ocean. Tons of the debris has reached the Marshall Islands as of 11/15/2011.

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  • Un millier d’opposants au nucléaire ont manifesté dimanche à Tokyo un an jour pour jour après l’accident de la centrale atomique de Fukushima, pour lequel l’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) a réitéré ses excuses. "Arrêtez tous les réacteurs maintenant !", ont crié des militants devant le siège du groupe dans la capitale, levant le poing en l’air et frappant sur des tambours, encadrés par plusieurs dizaines de policiers. "Nous demandons à Tepco de cesser d’alourdir les charges pesant sur nous", a déclaré un organisateur, Manabu Kurihara, ajoutant "nous ne tolérerons pas que l’entreprise essaie de dédommager le moins possible les victimes".

    Quelques heures plus tard, un millier de personnes de tous âges étaient rassemblées dans le parc Hibiya au centre de la capitale pour dire non à l’énergie nucléaire et rendre hommage aux victimes du séisme et du tsunami, à l’heure précise, 14h46 (6h46 à Paris) où s’est produite la catastrophe il y a un an.

    Le PDG de Tepco, Toshio Nishizawa, s’est pour sa part rendu sur le site atomique ravagé Fukushima Daiichi, participant à la minute de silence aux côtés des travailleurs et demandant pardon pour cet accident. "Nous nous excusons auprès des habitants de la région et auprès de la société pour les troubles et inquiétudes causés", a-t-il déclaré. "Nous avons reçu de sévères critiques et nous allons corriger ce qui doit l’être", a-t-il ajouté. Lors d’une conférence de presse un peu plus tard dans la journée, un autre haut dirigeant de Tepco a promis tous les efforts pour indemniser les victimes du désastre.
    Impatiences

    La vie de plus d’un million et demi de personnes de la province de Fukushima a été bouleversée par le désastre, parmi lesquelles quelque 160.000 ont quitté leur maison et abandonné tous leurs biens à cause de la contamination radioactive. Accusée de chercher à limiter au minimum les dédommagements versés, la direction de Tepco a assuré dimanche ne pas fuir pas ses responsabilités. Le Premier ministre, Yoshihiko Noda, a pour sa part précisé durant une conférence de presse que le gouvernement voulait faire tout son possible pour que les citoyens n’aient plus l’impression que le traitement de l’accident et la reconstruction n’avancent pas assez vite.

    Une zone de 20 kilomètres autour de la centrale Fukushima Daiichi a été décrétée interdite à cause des rejets radioactifs provoqués par la fusion du combustible dans trois réacteurs sur six, privés de refroidissement hydraulique à la suite du passage du tsunami. Il faudra environ 40 ans pour démanteler le complexe atomique situé à 220 kilomètres au nord de Tokyo. A cause de ce désastre, le pire depuis celui de Tchernobyl en 1986 en Ukraine, il ne reste plus que deux réacteurs nucléaires en service au Japon sur un parc de 54. Les unités stopées pour maintenance ou pour d’autres raisons ne peuvent être réactivées sans avoir satisfait aux tests de résistance aux séismes et tsunamis et sans le consentement des autorités locales. Le gouvernement, qui reconnaît la possibilité de l’absence totale d’électricité d’origine nucléaire cet été, a indiqué que le gouvernement allait réévaluer les besoins pour prendre des mesures afin de combler le déficit de production.

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  • Où est le corium du réacteur n°2 de Fukushima Daiichi ?

    Après le premier essai infructueux du 19 janvier 2012 pour essayer de mesurer le niveau de l’eau dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2, Tepco a réalisé hier une deuxième tentative qui cette fois a porté ses fruits.

    Mais les nouvelles sont très mauvaises. Alors que l’opérateur évaluait la hauteur de l’eau de refroidissement à 3 m, elle a constaté une hauteur de seulement 60 cm en fond de cuve de confinement. Cette nouvelle mesure, implacable, nous rapproche à nouveau du « scénario du pire », et cela le jour même, ironie du sort, où le candidat Nicolas Sarkozy affirme que l’accident de Fukushima n’est pas un accident nucléaire (1).

    Cette image du Mainichi Daily News représentant grossièrement la coupe du réacteur n°2 est totalement surréaliste, montrant le corium comme une matière inerte qui se serait sagement confinée en fond de cuve de réacteur (RPV) et en fond de cuve de confinement (PCV). Elle essaie de faire croire aux Japonais que la situation est toujours sous contrôle alors qu’il n’en est rien.

    Pourquoi ?

    1) Parce qu’elle ne montre pas le percement du fond de la cuve du réacteur

    2) Parce qu’elle ne montre pas le creusement du fond de la cuve de confinement.

    3) Parce qu’elle ne montre pas les dégâts occasionnés par l’explosion qui s’est produite dans la piscine torique le 15 mars 2011 à 6h10 et qui lui a fait perdre son étanchéité.

    4) Parce qu’une hauteur d’eau de 60 cm est ridicule pour refroidir une masse de 94 tonnes de combustible fondu.

    5) Parce que la température de 48,5 50°C des 60 cm d’eau en fond de cuve semble incompatible avec la présence de corium qui a une décroissante thermique extrêmement lente.

    Voici une infographie plus réaliste mais tout aussi improbable, celle de NHK, qui place le niveau de l’eau de la cuve de confinement à hauteur de l’ouverture des tuyaux descendant vers la piscine torique, mais qui garde de l’eau en fond de cuve de réacteur alors que celui-ci est percé… Le corium quant à lui n’est pas représenté.

    Tepco injecte actuellement 9 tonnes d’eau par heure dans le réacteur, soit 2,5 litres par seconde. Où va cette eau ? Elle se déverse probablement dans la piscine torique, puis va se perdre dans les sous-sols fracturés de la centrale, avant d’être à nouveau partiellement pompée pour être retraitée. On ne peut pas vraiment parler de circuit fermé comme on essaie de nous faire croire.

    L’eau contaminée du sous-sol pourrait-elle rejoindre l’océan par les innombrables canalisations souterraines reliant la centrale à la côte ? (source du plan : Tepco)

    Où se trouve le corium ? Les températures relevées dans l’enceinte de confinement laissent supposer qu’il ne doit plus être là. Selon Gen4, « la vérité est que les coriums ont depuis longtemps perforé la cuve réacteur (RPV), le confinement primaire (cuve PCV) et secondaire (le radier en béton ou une variante par l’anneau de surpression) et qu’ils se sont finalement réfugiés quelque part sous les bâtiments ». (lien)

    Il est même possible que le corium, dans l’hypothèse où il a pris le chemin de la piscine torique par les tuyaux de bas de cuve (2), ait plongé dans l’eau du réservoir circulaire, provoquant une explosion de vapeur, et non une explosion d’hydrogène. Cette hypothèse a d’ailleurs sans doute été retenue par l’IRSN qui, pudiquement, indique uneexplosion dans la piscine torique du réacteur 2 en précisant qu’il ne s’agit pas d’une explosion d’hydrogène.

    Tepco, qui n’aime pas dire les choses comme elles sont, préfère carrément nier cette explosion, se déresponsabilisant ainsi de la perte d’un corium dans la nature, évènement qui n’est jamais arrivé dans l’histoire mondiale du nucléaire et qui fait partie du « scénario du pire ».

    (1) Discours du 26 mars 2012 à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux : « C’est un accord électoral entre des gens sectaires qui profitent de l’accident de Fukushima, qui n’est pas un accident nucléaire, pour jouer sur les peurs et pour casser le nucléaire français ».

    On peut l’écouter ici à 9:39 : http://www.franceinter.fr/player/re...

    (2) Les ouvriers de Tepco le pensent : http://fukushima-diary.com/2012/03/...

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  • Décidément, Tepco joue de malchance, il pensait avoir trouvé une parade à la situation inextricable rencontrée : tenter de comprendre ce qui se passait au cœur des réacteurs fondus…trouver la trace du corium en balade, et tout ça grâce à un robot.

    Il était question début mars 2015 de retrouver le corium perdu, et une mesure originale avait été tentée : utiliser les rayons cosmiques afin de pratiquer des tests…
    Il s’agissait d’utiliser des particules élémentaires, appelées muons, lesquels auraient permis de déceler la présence du combustible dans le réacteur, pratique qui avait permis de localiser le combustible dans les piscines de refroidissement.

    Ces cousins des électrons ont la faculté de traverser librement de nombreux matériaux, mais ils peuvent être stoppés par des substances à haute densité, et ils auraient pu permettre de produire une image de la présence du combustible nucléaire dans le réacteur.
    Peine perdue, la tentative a échoué et la seule certitude qu’ont les exploitants du site, c’est que les réacteurs 1,2 et 3 ont fondu, et que personne ne peut dire où sont passés les coriums.

    Comme l’expliquait Jean-Pierre Petit lors d’une communication : « le robot est resté sur place, K.O. Arrivé au bord du cratère, il a fonctionné pendant une seconde, puis s’est arrêté ».

    Ce qui n’empêche pas le groupe « INTRA » (groupe d’intervention robotique sur accidents » de tenter à mettre au point une dizaine de robots pour intervenir dans le cas d’un accident nucléaire en France.

    Ces robots ont un prix, et il est question d’une dépense de 4 millions d’euros annuels.
    Les animateurs de l’Intra avaient envoyé en 2011, 130 tonnes de matériel à Fukushima, et avait proposé à Tepco les robots français, mais ce dernier a préféré la technologie américaine développée par IRobot.

    À la mi-avril, Tepco a donc tenté d’envoyer un robot dans le réacteur dévasté de l’unité n°1, afin de tenter de localiser le corium…mais finalement, le robot a cessé toute activité le 10 avril dernier.

    Ce qui a permis à l’exploitant nucléaire de déclarer laconiquement en utilisant une magnifique langue de bois : « la technologie des robots pour récupérer le corium devrait être développée » : ces robots avaient été mis au point par Hitachi, qui assurait qu’ils étaient capables de fonctionner pendant environ 10 heures, même exposés à d’importants rayonnements.

    Pourtant, au bout de 3 petites heures, le robot a cessé de fonctionner.

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