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A la nouvelle année, on n'offre pas des fleurs fanées ! - Matière et Révolution
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A la nouvelle année, on n’offre pas des fleurs fanées !

dimanche 1er janvier 2012, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


A la nouvelle année, on n’offre pas des fleurs fanées !

Tous nos meilleurs vœux de nouvelle année !

Qu’elle soit véritablement nouvelle ! Avec des solutions radicalement différentes pour ne pas retomber sans cesse dans les mêmes ornières. Assez de replâtrage des murs pourris de l’ancienne société, et de ravalement de façade pendant que les fondations du système se dérobent ! Place à un nouveau monde !

Inutile de compter sur les vieilles badernes pour parcourir des grands trajets.

S’il s’agit de changer le monde, on ne le fera pas à l’aide de ceux qui ne vivent qu’à l’aune de la vielle société. On ne peut pas mesurer la situation actuelle à laquelle l’humanité est confrontée à l’aide des discours politiciens du pré carré français et de leurs ambitions électorales. Ce n’est pas eux qui reconnaitront que le ressort de la société capitaliste est cassé, puisqu’ils ne proposent que de le rafistoler.

On ne demande pas aux vieux menteurs professionnels de nous dire la vérité.

Même seulement pour savoir ce qui arrive à la société capitaliste, il importe de ne pas compter sur les autorités de celle-ci. Ce n’est pas au capitaliste de nous dire pourquoi le capitalisme se meurt. Ce n’est pas au banquier, même complètement en faillite, de nous donner des conseils pour se passer de lui. Ce n’est pas aux hommes politiques de la bourgeoisie de donner des solutions pour ne pas couler avec la bourgeoisie mondiale.

On n’entrave pas un torrent en mettant sur son chemin de vieilles serpillières !

On ne résoudra pas les problèmes de la catastrophe économique mondiale à l’aune des vieilles méthodes nationales du protectionnisme national. Inutile de nous prêcher la réindustrialisation de la France quand l’industrie mondiale ne trouve pas de débouchés. Inutile de parler d’austérité quand les Etats déversent des sommes folles pour sauver le système. Inutile de discuter des monnaies quand on ne fait que spéculer avec toutes les monnaies du monde au lieu de développer le bien-être des hommes. Assez de nous présenter les frontières du pays comme un barbelé destiné à nous préserver d’un ouragan qui vient ! C’est avec les autres victimes du capitalisme par delà les frontières que nous devons nous entendre pour battre nos vrais adversaires. Nos amis ne sont pas les banquiers, les patrons et les exploiteurs nationaux et nos ennemis ne sont pas les travailleurs du monde.

On ne soigne pas une épidémie en mettant des oignons dans les chaussettes.

Finis les petits jeux consistant à dépenser les milliards des impôts pour sauver les banques. Finie la cavalerie des dettes privées des trusts, des dettes bancaires, des dettes des institutions centrales et des dettes publiques pour se couvrir mutuellement. Finis les méthodes présentant des sacrifices petits et grands comme un moyen de remplir le tonneau des Danaïdes des trous financiers de la planète. Si le grand capital privé ne croit plus au système capitaliste au point qu’il n’est plus capable d’investir dans la production et le commerce, s’il coule lui-même le monde capitaliste, ce n’est pas nous qui pouvons, quels que soient nos sacrifices, redonner vie au cadavre !

Quand on veut changer de vie, on ne change pas seulement de robe de chambre !

Changer de solutions, ce n’est pas changer de majorité, de président : c’est changer la classe qui détient le pouvoir politique et économique. La classe capitaliste s’est complètement usée à l’exercice du pouvoir. C’est elle-même qui nous indique qu’elle n’a aucune confiance en elle pour l’avenir. les banquiers ne veulent pas se confier aux banquiers. Les investisseurs privés ne veulent pas investir. Les possesseurs de capitaux ne croient pas à l’investissement productif. Ils ne sont pas brusquement devenus fous. C’est le système qui a atteint ses limites. Il ne fait que faire durer par des moyens artificiels et extraordinaires des Etats et des institutions financières, mais ce capitalisme sous perfusion n’a aucun avenir.

Ce n’est pas sur le cancer qu’il faut compter pour nous soigner de la grippe.

Les solutions de la classe dirigeante face à la chute de l’économie capitaliste, on les connaît. Elles portent la guerre, la misère, le chômage, la répression des forces de police et d’armée, la dictature, le fascisme, les multiples formes de la violence sociale aux quatre coins de la planète. Ce n’est pas aux forces de défense de nos adversaires que l’on doit confier notre propre sécurité. Assez de tous les défenseurs des Etats en place. Ce n’est jamais nos intérêts que ces Etats ont défendu et aujourd’hui moins que jamais... Finissons-en avec l’Etat de la bourgeoisie ou c’est lui qui nous règlera notre compte à la manière dont l’Etat de la bourgeoisie allemande a réglé celui des peuples dans la dernière crise mondiale... Et ce n’est pas en votant pour la fasciste Le Pen qu’on exprimera qu’un avenir nouveau commence à pointer !

Quand une classe a fait faillite à l’échelle mondiale, on ne change pas seulement son porte-parole national !

Oui, c’est bel et bien une classe dirigeante tout entière qui a atteint ses milites et qui ne peut plus porter le flambeau de l’avenir. Et si on prétend donner un cours nouveau à cette humanité, on ne le fera pas en échangeant juste le nom d’un politicien bourgeois par un autre. Car, les présidentielles, ce n’est rien d’autre que des élections qui permettent de donner un nom à celui qui va gouverner dans le sens des intérêts des capitalistes que l’on va exprimer ce que devra être ce monde nouveau ! Tous les coquins qui s’y présentent ne visent qu’à nous faire prendre leur piquette pour du vin nouveau…

On ne met pas le vin nouveau dans les vieilles burettes.

Ce n’est pas aux défenseurs du vieux monde qu’on demande de nous bâtir un monde nouveau… La question du monde de fonctionnement de la société humaine, ce véritable tournant de l’histoire, ne peut pas être posée par les organisations qui n’ont cessé de cogérer le capitalisme, partis politiques et centrales syndicales. Ce n’est à ceux qui « comprennent » les difficultés du patron qu’on demande de se passer des patrons ! Et c’est pourtant ben de cela qu’il s’agit quand, non pas un mais tous les patrons du monde suppriment des emplois. Ce n’est pas à ceux qui font croire au bobard selon lequel les emplois seraient partis à l’étranger que l’on peut confier la recherche de solutions pour une société dans laquelle chacun aura les moyens de travailler et de vivre décemment.

Aux grands maux, les grands remèdes !

Face à l’effondrement du système, nous sommes entrés, avec le Maghreb et le monde arabe, dans l’ère des révolutions. Cette ére nouvelle ne concerne pas une région particulière du monde. Elle s’est caractérisée par des soulèvements populaires plus impressionnants dans ces régions parce que c’étaient les maillons les plus faibles du capitalisme. Les premières secousses qui s’y sont fait sentir ne sont que les signaux d’un tremblement de terre de la planète capitaliste tout entière. Cette ère des révolutions, c’est celle des luttes de classe. La classe qui a les rênes du pouvoir, la classe capitaliste, a fait son temps. La classe qui peut donner un nouvel élan à l’humanité, c’est notre classe, celle des travailleurs. Il suffit qu’elle prenne la mesure des catastrophes qui pèsent sur sa tête et sur celles de tous les milieux populaires, sur l’immense majorité des enfants, des femmes et des hommes en somme si on ne change pas la société. Le premier signe d’un véritable changement sera que les masses populaires décident que c’est elles qui décident, s’adjugent au sein de leur propres assemblées le pouvoir de décréter, s’autorisent à ce qui n’est pas autorisé, franchissent les barrières de l’interdit de classe, refusent de respecter religieusement le grand capital, s’attaquent aux coffre-forts puisque leurs porte-monnaies sont vidés.

Puisque nous voulons un monde véritablement démocratique, élisons-nous nous-mêmes : choisissons des travailleurs pour représenter les travailleurs ! Mais ne le faisons pas dans le jeu truqué mis en place par les classes dirigeantes. Changeons les règles et constituons nous-mêmes nos assemblées électorales sur les lieux de travail et dans les quartiers populaires ! Les comités, les conseils, les coordinations, les fédérations qui naîtront de ce soulèvement populaire ne devront remettre le pouvoir à aucun sauveur mais aux masses opprimées elles-mêmes.

Voilà le meilleur gage pour une année véritablement nouvelle : aucun respect aux vieilles autorités politiques, économiques, sociales et tout respect à la volonté populaire !

L’année 2012 qui nous est présentée comme l’année de la catastrophe économique, sociale, politique et morale ne ressemble en rien aux vœux de « bonne année » de la tradition de janvier. Ne cédons pas à leur discours catastrophique : transformons l’horreur économique en ressaisissement social, la fin du capitalisme en bonheur des exploités et l’effondrement planétaire en révolution humaine. Le capitalisme est mort. Ne nous accrochons pas à son cadavre et n’ayons pas peur de donner une vie nouvelle à l’humanité !

En guise de cadeau de nouvel an, cette poésie de Victor Hugo :

Un peuple était debout,

Un peuple était debout, et ce peuple était grand.

Il marchait lumineux dans le progrès flagrant.

Les autres nations disaient : Voici la tête !

Il avait traversé cette énorme tempête

Quatre vingt-treize, et mis le vieux monde au tombeau ;

Dans la lutte difforme il était resté beau ;

Ce fier peuple, assailli d’évènements funèbres,

Avait fait des rayons de toutes ces ténèbres ;

Il avait fait, démon, dieu, sauveur irrité,

De la combustion des siècles sa clarté.

Il avait eu Pascal, il avait eu Molière ;

Il avait vu sur lui s’épaissir comme un lierre

L’amour des nations dont il était l’appui ;

Et pendant soixante ans sur sa cime avait lui

Voltaire, cet esprit de flamme armé du rire,

Ce titan qui, proscrit, empêchait de proscrire,

Ce pasteur guidant l’âme, enseignant le devoir

Et chassant le troupeau des dogmes au lavoir.

Ce peuple avait en lui la loi qui développe ;

A force d’être France il devenait Europe ;

A force d’être Europe il était l’univers.

Il savait rester un tout en étant divers ;

Chaque race est un chiffre, il en était la somme ;

Et ce peuple était plus qu’un peuple ; il était l’Homme.

Dans la forêt sinistre il était l’éclaireur ;

Son pas superbe était le recul de l’erreur ;

Il proclamait le vrai sur la terre ; une lave

Sortait de son esprit qui délivrait l’esclave,

Et la femme, et le faible, et le pauvre inquiet,

Et l’aveugle ignorant, de sorte qu’on voyait

Devant sa flamme, hostile au mal, au crime, aux haines,

S’enfuir la vieille nuit traînant les vieilles chaînes.

Il était entouré des ruines du mal,

D’abus tombés, monceau formidable et fatal,

De droits ressuscités, de vertus retrouvées,

Et de petites mains d’enfants, vers lui levées.

Au lieu de dire : Grâce ! il disait : Il le faut !

Il combattait la guerre, il tuait l’échafaud.

Père et frère, il donnait la vie, ôtait les maîtres.

Guetté, mais fort, trop grand, hélas ! pour croire aux traîtres,

Il marchait aussi pur que l’aube en floréal,

L’œil fixé sur ce ciel qu’on nomme l’idéal.

Subitement, il est tombé dans l’embuscade,

Et son cadavre est là sur une barricade.

Ce trépassé, sanglant, nu, mordant son bâillon,

Pâle, n’a même plus la gloire, ce haillon,

Et ses noirs assassins, de leur main lâche et fausse,

Creusent sous lui la nuit comme on creuse une fosse.

Vous n’avez pas pris garde au peuple que nous sommes.

Chez nous, dans les grands jours, les enfants sont des hommes,

Les hommes des os, les vieillards des géants.

Oh ! comme vous serez stupides et béants,

Le jour où vous verrez, risibles escogriffes,

Ce grand peuple de France échapper à vos griffes !

Le jour où vous verrez fortune, dignités,

Pouvoirs, places, honneurs, beaux gages bien comptés,

Tous les entassements de votre orgueil féroce,

Tomber au premier pas que fera le colosse !

Confondus, furieux, cramponnés vainement

Aux chancelants débris de votre écroulement,

Vous essaierez encore de crier, de proscrire,

D’insulter, et l’Histoire éclatera de rire.

5 Messages de forum

  • Un peuple était debout, et ce peuple était grand.

    Il marchait lumineux dans le progrès flagrant.

    Les autres nations disaient : Voici la tête !

    Il avait traversé cette énorme tempête

    Quatre vingt-treize, et mis le vieux monde au tombeau ;

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  • A la nouvelle année, on n’offre pas des fleurs fanées ! 1er janvier 2012 11:31, par F. Kletz

    transformons l’horreur économique en ressaisissement social, la fin du capitalisme en bonheur des exploités et l’effondrement planétaire en révolution humaine.

    Le capitalisme est mort. Ne nous accrochons pas à son cadavre et n’ayons pas peur de donner une vie nouvelle à l’humanité !

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  • En guise de cadeau de nouvel an, cette poésie de Victor Hugo :

    Un peuple était debout,

    Un peuple était debout, et ce peuple était grand.

    Il marchait lumineux dans le progrès flagrant.

    Les autres nations disaient : Voici la tête !

    Il avait traversé cette énorme tempête

    Quatre vingt-treize, et mis le vieux monde au tombeau ;

    Dans la lutte difforme il était resté beau ;

    Ce fier peuple, assailli d’évènements funèbres,

    Avait fait des rayons de toutes ces ténèbres ;

    Il avait fait, démon, dieu, sauveur irrité,

    De la combustion des siècles sa clarté.

    Il avait eu Pascal, il avait eu Molière ;

    Il avait vu sur lui s’épaissir comme un lierre

    L’amour des nations dont il était l’appui ;

    Et pendant soixante ans sur sa cime avait lui

    Voltaire, cet esprit de flamme armé du rire,

    Ce titan qui, proscrit, empêchait de proscrire,

    Ce pasteur guidant l’âme, enseignant le devoir

    Et chassant le troupeau des dogmes au lavoir.

    Ce peuple avait en lui la loi qui développe ;

    A force d’être France il devenait Europe ;

    A force d’être Europe il était l’univers.

    Il savait rester un tout en étant divers ;

    Chaque race est un chiffre, il en était la somme ;

    Et ce peuple était plus qu’un peuple ; il était l’Homme.

    Dans la forêt sinistre il était l’éclaireur ;

    Son pas superbe était le recul de l’erreur ;

    Il proclamait le vrai sur la terre ; une lave

    Sortait de son esprit qui délivrait l’esclave,

    Et la femme, et le faible, et le pauvre inquiet,

    Et l’aveugle ignorant, de sorte qu’on voyait

    Devant sa flamme, hostile au mal, au crime, aux haines,

    S’enfuir la vieille nuit traînant les vieilles chaînes.

    Il était entouré des ruines du mal,

    D’abus tombés, monceau formidable et fatal,

    De droits ressuscités, de vertus retrouvées,

    Et de petites mains d’enfants, vers lui levées.

    Au lieu de dire : Grâce ! il disait : Il le faut !

    Il combattait la guerre, il tuait l’échafaud.

    Père et frère, il donnait la vie, ôtait les maîtres.

    Guetté, mais fort, trop grand, hélas ! pour croire aux traîtres,

    Il marchait aussi pur que l’aube en floréal,

    L’œil fixé sur ce ciel qu’on nomme l’idéal.

    Subitement, il est tombé dans l’embuscade,

    Et son cadavre est là sur une barricade.

    Ce trépassé, sanglant, nu, mordant son bâillon,

    Pâle, n’a même plus la gloire, ce haillon,

    Et ses noirs assassins, de leur main lâche et fausse,

    Creusent sous lui la nuit comme on creuse une fosse.

    Vous n’avez pas pris garde au peuple que nous sommes.

    Chez nous, dans les grands jours, les enfants sont des hommes,

    Les hommes des os, les vieillards des géants.

    Oh ! comme vous serez stupides et béants,

    Le jour où vous verrez, risibles escogriffes,

    Ce grand peuple de France échapper à vos griffes !

    Le jour où vous verrez fortune, dignités,

    Pouvoirs, places, honneurs, beaux gages bien comptés,

    Tous les entassements de votre orgueil féroce,

    Tomber au premier pas que fera le colosse !

    Confondus, furieux, cramponnés vainement

    Aux chancelants débris de votre écroulement,

    Vous essaierez encore de crier, de proscrire,

    D’insulter, et l’Histoire éclatera de rire.

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  • A la nouvelle année, on n’offre pas des fleurs fanées !
    Tous nos meilleurs vœux de nouvelle année !

    Qu’elle soit véritablement nouvelle ! Avec des solutions radicalement différentes pour ne pas retomber sans cesse dans les mêmes ornières. Assez de replâtrage des murs pourris de l’ancienne société, et de ravalement de façade pendant que les fondations du système se dérobent ! Place à un nouveau monde !

    Inutile de compter sur les vieilles badernes pour parcourir des grands trajets.

    On ne demande pas aux vieux menteurs professionnels de nous dire la vérité.

    On n’entrave pas un torrent en mettant sur son chemin de vieilles serpillières !

    On ne soigne pas une épidémie en mettant des oignons dans les chaussettes.

     !

    Quand on veut changer de vie, on ne change pas seulement de robe de chambre !

    Ce n’est pas sur le cancer qu’il faut compter pour nous soigner de la grippe.

    Quand une classe a fait faillite à l’échelle mondiale, on ne change pas seulement son porte-parole national !

    On ne met pas le vin nouveau dans les vieilles burettes.

    Aux grands maux, les grands remèdes !
    la classe capitaliste, a fait son temps. La classe qui peut donner un nouvel élan à l’humanité, c’est notre classe

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  • Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

    La voix claire de l’enfant et la voix cassée du vieillard entonnent la même ballade : la ballade des vœux et souhaits.

    L’ouvrier à son patron, le débiteur à son créancier, le locataire à son propriétaire disent la ritournelle de la bonne et heureuse année. Le pauvre et la pauvresse s’en vont par les rues chanter la complainte de la longue vie.

    Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

    Il faut que l’on rie ! Il faut que l’on se réjouisse. Que toutes les figures prennent un air de fête. Que toutes les lèvres laissent échapper les meilleurs souhaits. Que sur toutes les faces se dessine le rictus de la joie.

    C’est le jour du mensonge officiel, de l’hypocrisie sociale, de la charité pharisienne. C’est le jour du vernis et du convenu.

    Les faces s’illuminent et les maisons s’éclairent ! Et l’estomac est noir et la maison est vide. Tout est apparent, tout est façade, tout est leurre, tout est tromperie ! La main qui vous accueille est un rictus ou une grimace. Le souhait qui vous reçoit est un blasphème ou une moquerie.

    Dans la curée âpre des appétits, c’est l’armistice, c’est la trêve. Dans l’âpre curée des batailles, c’est le jour de l’an.

    On entend l’écho qui répète la voix du canon et qui redit le sifflet de l’usine. La mitrailleuse fume encore et encore ; la chaudière laisse échapper la vapeur. L’ambulance regorge de blessés et l’hôpital refuse des malades. L’obus a ouvert ce ventre et la machine a coupé ce bras. Les crimes des mères, les pleurs des enfants font retentir à nos oreilles l’affreuse mélodie de la douleur, toujours la même.

    Le drapeau blanc flotte : c’est l’armistice, c’est la trêve, pour une heure et pour un jour, les mains se tendent, les faces se sourient, les lèvres bégaient des mot d’amitié : ricanements d’hypocrisie et de mensonges.

    Bonne vie à toi, propriétaire ? qui me jettera sur le pavé de la ville sans t’occuper du froid ou de l’averse…

    Bonne vie à toi patron ? qui me diminua ces jours derniers, parce que faiblissait mon corps après la dure maladie que je contractai à ton service…

    Et bonne vie et bonne santé à tous, mâles et femelles, lâchés à travers la civilisation : bonne année à toi, l’ouvrier honnête ? à toi, maquereau régulier ? à toi, catalogué du mariage ? à toi, inscrit aux livres de police ? à vous tous dont chacun des gestes, chacun des pas est un geste et un pas contre ma liberté, contre mon individualité ?

    Ah ! Ah ! bonne vie et bonne santé ?

    Vous voulez des vœux, en voilà : que crève le propriétaire qui détient la place où j’étends mes membres et qui me vend l’air que je respire ! Que crève le patron qui, de longues heures, fait passer la charrue de ses exigences sur le champ de mon corps.

    Que crèvent ces loups âpres à la curée qui prélèvent la dîme sur mon coucher, mon repos, mes besoins, trompant mon esprit et empoisonnant mon corps !

    Que crèvent les catalogués de tous sexes avec qui les désirs humains ne se satisfont que contre promesses, fidélités, argent ou platitudes !

    Que crève l’officier qui commande le meurtre et le soldat qui lui obéit ; que crève le député qui fait la loi et l’électeur qui fait le député !

    Que crève le riche qui s’accapare une si large part du butin social ! mais que crève surtout l’imbécile qui prépare sa pâtée.

    Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

    Regardez autour de vous. Vous sentez plus vivant que jamais le mensonge social. Le plus simple d’entre vous devine partout l’hypocrisie gluante des rapports sociaux. Le faux apparaît à tout pas. Ce jour-là, c’est la répétition d tous les autres jours de l’an. La vie actuelle n’est faite que de mensonge et de leurre. Les hommes sont en perpétuelle bataille. Les pauvres se baladent du sourire de la concierge au rictus du bistrot et les riches de l’obséquiosité du laquais aux flatteries de la courtisane. Face glabres et masques de joie...

    Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent.

    Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.

    Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lute et d’antagonismes.

    Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.

    La propriété, la patrie, les dieux, l’honneur courront risque d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs. Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant rempli de douceur : que crève le vieux monde !

    Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent.

    Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.

    Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lutte et d’antagonismes.

    Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.

    La propriété, la patrie, les dieux, l’honneur courront risque d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs. Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant rempli de douceur : que crève le vieux monde !

    Albert Libertad dans L’anarchie, 27 décembre 1906.

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