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Hôpital Saint-Antoine : Comment empêcher que se développe un mouvement d’ensemble - Matière et Révolution
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Hôpital Saint-Antoine : Comment empêcher que se développe un mouvement d’ensemble

samedi 11 février 2012, par Robert Paris

Hôpital Saint-Antoine :

Comment empêcher que se développe un mouvement d’ensemble

Pendant plusieurs mois, de novembre 2011 à février 2012, les personnels de l’hôpital Saint-Antoine en colère ont été promenés à droite et à gauche par les syndicats en cherchant à éviter que les différents secteurs fusionnent réellement en une grève de l’ensemble de l’hôpital ou même en un mouvement se liant aux autres hôpitaux qui ont pourtant exactement les mêmes problèmes d’effectifs, de conditions folles de travail et de déménagements de secteurs avec diminution d’effectifs...

A tour de rôle

Hématologie, pneumologie, médecine interne, urgences de nuit et bien d’autres secteurs de l’hôpital sont successivement en grève ou en colère. Ils sont mécontents du manque de personnel au point d’exploser. D’autres secteurs de l’hôpital sont déménagés ailleurs avec diminution des effectifs comme la Maternité et la Pneumologie. Après la Maternité, c’est le tour de la Pneumologie de fermer pour déménager à Tenon. C’est la méthode du saucisson : on coupe tranche après tranche. Et pourtant, les mouvements restent sectorisés, les grèves éclatent localement et séparément, souvent sans que le reste de l’hôpital soit tenu au courant par les syndicats.

Quelle stratégie !!!

Les dirigeants syndicalistes organisent l’action chacun dans son coin et des rassemblements qui ne permettent pas au personnel d’échanger des avis sur la manière de mener la lutte. On fait reprendre un secteur quand un autre est en grève. On ne met même pas au courant le reste de l’hôpital des mouvements en cours. La direction de la CGT est aux commandes... On l’a vue dans la grève de 2008 comme dans le mouvement de la Maternité contre son déménagement. Ce sont des professionnels de la défaite des luttes ! Même une grève appelée nationalement ne reçoit aucune information et le personnel n’est mis au courant que par la direction qui appose des affiches pour demander qui souhaite y participer !!! Dans les secteurs, les syndicats ne cessent de sectoriser les mouvements, même les quelques fois où ils appellent les autres secteurs à « les soutenir ». Mais pourquoi parler seulement de soutien puisque c’est le même mouvement pour les mêmes revendications ? Pourquoi ne parler que de pneumologie ou que de maternité ou que d’hématologie dans les tracts et pétitions ? Pourquoi trois préavis de grève de la CGT pour trois secteurs en grève aux même date en décembre dernier par exemple ? Pourquoi avoir essayé de faire reprendre le travail à la Pneumologie pendant les fêtes ? Pourquoi avoir fait reprendre l’Hématologie séparément ? Pourquoi les réunir à part ? Eh bien, ils se sont débrouillés pour sectoriser aussi les revendications comme les luttes !!! L’élargissement est leur préoccupation au sens où il le combattent ! Si nous nous organisions nous-mêmes, là on verrait la direction commencer de s’inquiéter et de nous entendre… Là aussi toute tentative des personnels d’écrire eux-mêmes un tract ou de se réunir est combattue. La mainmise syndicale est forte...

Pour éviter le mouvement d’ensemble en promenant les grévistes

Depuis début décembre 2011 jusqu’à maintenant, on a assisté aux mille et une manières pour les bureaucraties syndicales et pour la direction d’éviter la grève de l’ensemble de l’hôpital Saint-Antoine. En effet, manque de chance pour eux, le mécontentement, qu’ils espéraient faire se dégonfler secteur par secteur, s’est étendu. Comme au moment du déménagement de la Maternité qui s’est ainsi retrouvée isolée parce qu’on on lui disait que c’était ainsi en posant seule son problème qu’elle avait plus de chance de gagner. On a dit à ceux qui se joignaient à la Maternité qu’il y aurait un comité de soutien. Pas question de faire en sorte que la lutte s’étende et… la Maternité a perdu !

Deuxième épisode donc début décembre : plusieurs secteurs sont mécontents en même temps, mais pas question de faire d’assemblée générale qui permette vraiment à tous les secteurs de se battre ensemble sur l’ensemble des revendications.

Ce que ces dirigeants ont programmé, c’est que l’Hématologie se bat dans son coin, avec tout au plus de temps en temps des rassemblements momentanés avec d’autres. Parce qu’il n’y a pas moyen de l’empêcher : plusieurs autres secteurs sont en lutte ou en colère en même temps. Motifs : manque de personnel et renouvellement des contrats en Hématologie en même temps que la Médecine interne, débordée, se met en colère. Et voilà que ça tombe par hasard quand la Pneumologie conteste aussi son déménagement à Tenon à partir du 13 décembre. A tous ces secteurs se rajoute encore d’autres comme les urgences de nuit qui réclament des embauches.

Il y a une convergence évidente des revendications puisque le déménagement s’intègre dans une politique de réduction des services et de suppressions de postes.

Pourtant, la convergence est toujours reportée et il y a juste une manifestation commune avec toutes les catégories : ouvriers, aides-soignantes, cuisiniers, agents hospitaliers ou administratifs, infirmières et cadres infirmiers, avec des agents venus de différents services de pneumologie, médecine interne, services techniques, sécurité incendie. Eh bien, de tout cela il n’est rien ressorti…

La Pneumologie est donc toujours seule en grève, l’Hématologie ayant repris, et seule à avoir tenu bon pendant les fêtes, malgré les pressions des médecins et … des syndicats !!!

Pourtant, la Pneumologie est loin d’être seule à avoir encore des problèmes et d’être seule en colère à vouloir montrer son mécontentement. Mais les syndicats préfèreront que les autres secteurs ne bougent pas tant que la Pneumologie ne sera pas découragée… Des problèmes partout : encore en Hématologie, toujours en Médecine interne, encore en Psychiatrie, aux urgences de nuit bien sûr, la sécurité incendie évidemment, l’Hépato-gastro et on en passe… Alors, tant qu’on obéira aux chefs syndicaux, les grands stratèges des défaites, on ira d’échec en échec…

La direction essaie de faire circuler le bruit selon lequel 16 personnes de la Pneumo seraient ok pour aller à Tenon. C’est pour démoraliser ceux qui luttent ou c’est la méthode Coué ? En tout cas, il ne suffit pas travestir la réalité pour la changer !

A Tenon, pour faire patienter les personnels, la direction a affirmé qu’une cinquantaine de personnes allaient venir de Saint-Antoine. Les personnels de Tenon ne sont pas dupes et parlent d’une cinquantaine de blouses se promenant toutes seules dans les couloirs : des fantômes !

La politique de la direction n’est pas bloquée

Tout ce qu’a réussi la direction de l’APHP, c’est de tout blackbouler des secteurs qui marchaient et de ne plus avoir de personnels spécialisés dans les activités nulle part.

La maternité de Saint-Antoine va fermer en février. Cela ne veut pas dire que les problèmes de déplacement de l’activité et des personnels aient été réglés. Loin de là… Ce qui a été déclaré, c’est que les maternités de Tenon et de Trousseau allaient absorber les accouchements de Saint-Antoine. Elle s’est bien gardé d’avouer qu’au passage, le nombre de place allait être réduit, que les mères devront parcourir plus de kilomètres pour accoucher, etc… Quant au bâtiment de Tenon prévu pour accueillir les accouchements, il semble loin d’être prêt. En somme, le calcule serait de laisser un grand nombre d’accouchements au privé.

Il faut dire que la Maternité de Tenon est déjà débordée et incapable d’accueillir le quart des naissances dont Saint-Antoine s’occupait…

Il est clair que la fermeture de la Maternité de Saint-Antoine n’est pas un simple transfert vers Tenon et Trousseau. D’une part, ces deux établissements ne sont pas du tout en état de prendre l’ensemble des postes correspondants. D’autre part, ils ne seront jamais prêts à temps. Enfin, ils n’auront jamais les activités qui avaient lieu à Saint-Antoine. Mais cela n’empêche pas l’APHP de maintenir son objectif de fermeture, même si la direction de Saint-Antoine s’ingénie à maintenir le flou artistique, comptant sur les départs volontaires pour faire la différence…

Une fois encore, la direction de l’APHP a menti afin de réaliser son véritable objectif qui n’est ni de regrouper, ni de rationaliser, ni d’améliorer le service, mais de la diminuer. Le regroupement de Saint-Antoine avec d’autres hôpitaux est prévu dans le cadre du projet STARTT (Saint-Antoine, Trousseau/La Roche Guyon, Tenon, Rothschild) qui doit être réalisé en 2012. C’est l’occasion de supprimer des lits et des postes : 700 postes supprimés de cette manière, sur Paris, cette année. C’est la logique comptable, que l’on connaît avec le T2A et bien d’autres réformes, qui est aussi en marche avec les « regroupements ». Il n’y a aucune logique médicale là-dedans. La santé des malades en pâtit et aussi celle des personnels…

Dans le cadre des déménagements, de nombreux bâtiments de Saint-Antoine seraient mis en vente comme Dupré, Lemièrre, etc… Une fois démantelé l’hôpital public en ayant transféré, concentré, regroupé, fermé des pans entiers du service public, il ne reste plus qu’à vendre les bâtiments petit bout par petit bout. Les acheteurs ont flairé la bonne affaire : des bâtiments en plein Paris et à bon prix ! Quand on pense que l’APHP expliquait que la fermeture de ces bâtiments était nécessaire pour des raisons d’amélioration et de modernisation de la gestion des services !!!

A l’hôpital Rothschild, il y a eu une assemblée générale contre le manque de personnel en novembre. On l’a appris seulement en décembre à Saint-Antoine. Puisque les deux hôpitaux font partie du même regroupement, il serait judicieux de nous mobiliser ensemble contre des problèmes qui nous sont communs ! Mais, comme chacun sait, les dirigeants syndicaux n’assemblent un secteur que lorsque celui-ci voudrait se regrouper avec tout un hôpital, n’assemble un hôpital que lorsque celui-ci voudrait se joindre à d’autres hôpitaux !

On se souvient que les grèves des hôpitaux ont à chaque fois été isolées, qu’il s’agisse de la grève de Saint-Antoine (2008), de celle de Tenon (2010) ou encore de celle de l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt (2009). Les tentatives d’élargissement ont été combattues et détournées par les appareils syndicaux...

Pourtant, l’attaque est générale. Selon le « Canard Enchaîné », l’APHP a programmé une série d’attaques pour saigner davantage les hôpitaux. Dans leur fameux plan stratégique 2010-2014, il s’agirait encore de trouver le moyen de faire plus d’économies. L’un des moyens, c’est l’élément qui sert de variable d’ajustement : c’est les effectifs. La direction de l’APHP prévoit de réduire le personnel de 3500 postes d’ici 2014.

La liste des hôpitaux attaqués, réorganisés, des services chirurgicaux fermés, des services regroupés s’allonge sans cesse. On en apprend tous les jours. Les menaces se développent et se précisent. La réaction syndicale n’est pas d’organiser un tous ensemble contre la destruction de la Santé. C’est pourtant la seule manière de faire reculer le gouvernement. Les vraies actions ont lieu localement et non à l’échelle de l’attaque. Une seule solution : la grève générale de l’hôpital public !

Avec la mobilisation autour du siège de l’APHP de l’avenue Victoria en mars 2010, les personnels de l’Hôpital public disposaient enfin d’un moyen de dénoncer au grand jour l’opération de destruction massive de la santé et l’occasion de donner un coup d’arrêt à la politique de démolition engagée par le gouvernement dans tous les services publics. En permettant de regrouper tous les personnels de l’ensemble de la Santé autour d’un point de fixation, cette mobilisation réussie pouvait les amener à se rassembler sur des objectifs et des moyens d’action collectifs, ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps. Et le début était un succès puisque des hôpitaux mobilisés s’étaient rendus sur place en nombre en plus de petites délégations de plusieurs hôpitaux.

Raison de plus pour les dirigeants syndicaux d’y mettre fin rapidement avant que le résultat les dépasse… Il a suffi que le gouvernement leur fasse miroiter des négociations et le gel des « réformes » en attendant les discussions pour que ces centrales syndicales sonnent la retraite… La pause des projets n’est que des mots. Quant aux négociations, elles ne visent même pas les suppressions d’emplois massives que le gouvernement n’entend pas mettre en débat ! Ce n’est que de la poudre aux yeux.

Il est grand temps que les salariés de l’hôpital public, comme de l’ensemble du service public ou du privé, décident eux-mêmes de mener les luttes sociale sans en laisser la direction à des stratèges de la défaite, les mêmes qui en 2003 ont laissé nos retraites remises en cause, les mêmes qui ont décommandé la grève générale des raffineries alors que la fermeture de la raffinerie de Dunkerque n’était pas abandonnée. Là aussi, les syndicats avaient crié victoire car ils avaient obtenu des négociations et, en entendant, le gel des mesures. Ce n’est pas en suivant de telles directions si facile à geler dès qu’on leur parle de « dialogue social » que nous pouvons nous battre, mais en mettant en place nos propres moyens de décisions : assemblées générales qui prennent les décisions, collectifs, coordinations et comités de grève qui les préparent…

Hôpital public en danger

Le départ forcé de la Pneumologie fait suite à celui de la Maternité, encore une fois totalement infondé sur le plan médical et même nuisible de façon évidente à l’activité et aux malades comme aux personnels. La réaction unanime des personnels n’a pas suffit à la faire reculer. Cela n’a eu aucune influence sur les décisions de la direction qui ne compte plus qu’en millions d’euros économisées sur notre dos et en suppressions d’emplois occasionnés par les déménagements. En Pneumologie comme en Maternité, les personnels ont dit jusqu’au bout leur refus du déménagement, ont rendu publique la dénonciation de la politique de la direction. Mais notre grève ne risquait pas de convaincre la direction qu’elle se trompait. Car elle ne se trompait pas : ce n’est pas une erreur de l’APHP, c’est une politique systématique. La convaincre était donc inutile : il fallait construire dans l’hôpital un rapport de forces avec les autres personnels en colère et, à l’avenir, c’est l’unique moyen d’obtenir le retrait des projets de déménagement, des réductions d’effectifs et de moyens : de destruction du service public de santé.

Alerter les bébés

Samedi 4 février avait lieu la dernière manifestation pour dénoncer la fermeture de la maternité de Saint-Antoine qui a touché tout le monde, à commencer bien entendu par les personnels qui quittent, la rage au cœur, un service qui avait fait ses preuves. Cette fermeture fait partie du plan de restructuration de l’AP-HP, engagé en 2010, dans un but évident de réductions d’effectifs, et non de modernisation ou de rationalisation, comme cela est prétendu. Il entraînera la suppression d’au moins 45 emplois. Comme on s’en doutait, Trousseau et Tenon sont loin d’accueillir réellement toute l’activité de Saint-Antoine et ces deux maternités sont les premières à affirmer qu’elles ne peuvent faire face aux demandes…. Au moins 600 accouchements par an se retrouvent dans la nature !!

Et ce n’est pas fini. La maternité des Lilas est peut être sauvée, mais les mauvaises nouvelles se multiplient. Des fermetures de maternité sont en cours actuellement ou menacent : Les Bleuets, La Seyne-sur-mer, Blanc dans l’Indre, Albi, Paray, hôpital nord Marseille, Narbonne, Decazeville, Narbonne, Paimpol, Manosque, Digne-les-bains, Creil, etc… Il y avait déjà eu la fermeture de Noyon, de Saint-Antoine, Paimpol, Quimperlé, Nérac, etc…840 maternités ont été supprimées depuis 1975 ! C’est aussi un nouveau centre d’IVG qui ferme à Saint-Antoine. Depuis dix ans, 179 centres d’IVG ont également fermé et quatre femmes sur cinq se retrouvent à plus de 100 kilomètres d’un centre de Planning familial.

Jeudi 9 février, dernier jour de la Maternité à Saint-Antoine, jusqu’au bout le personnel était contraint de laisser des futures accouchées en attente sur des brancards et d’accueillir les patientes d’autres hôpitaux en surcharge, dont Trousseau déjà débordé ! Belle démonstration…

On ne gagnera pas service par service

La fermeture de la Maternité de Saint-Antoine sonne la fin d’un long combat des personnels contre ce déménagement forcé avec destruction d’un service et éparpillement des effectifs. Les personnels de la Maternité ne s’étaient pas laissé faire et souhaitaient se battre contre cette politique de destruction et pourtant ils ont été battus. La pneumologie est dans le même cas, contrainte de se battre seule face à l’APHP. Et pourquoi ? Pourquoi chaque service déménagé se retrouve-t-il seul à se battre alors qu’il est loin d’être seul concerné ? Pourquoi, de même, les services qui se battent contre le manque d’effectifs et les refus de titularisation se retrouvent-ils seuls, à se battre les uns après les autres, les hôpitaux seuls se battant aussi les uns après les autres, disons plutôt souvent battus les uns après les autres ? La combativité des personnels ne peut pallier au fait que la direction ne cèdera que face à un mouvement se généralisant et capable de se diriger lui-même.

Et maintenant ?

Et qui va encore partir de Saint-Antoine, maintenant que la Maternité et l’IVG, les Brûlés ont quitté ? On nous annonce déjà que « les activités de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital Saint-Antoine, dans le XIIe arrondissement de Paris, seront transférées la semaine prochaine dans deux hôpitaux parisiens : Trousseau et Tenon », dans un communiqué de la direction de l’AP-HP !!!! Et après, à qui le tour ? La Pneumo ? La Psy ? La Stomato ? Qui d’autre ? Non, décidément, cette stratégie de lutter chacun à son tour n’est rien d’autre qu’une manière de perdre tous ! La direction parlait de « management durable » qu’elle devrait appeler : le déménagement durable !!!

La pneumologie ne veut toujours pas partir

La direction n’a donc pas reculé sur son projet de départ de la pneumologie de Saint-Antoine. Pourquoi n’a-t-elle pas accédé à nos arguments ? Parce qu’elle n’a cure de l’intérêt des malades et du personnel et n’avait pas attendu nos explications pour savoir que le but n’est nullement une modernisation, ni même des économies, mais des réductions de taille et de dépenses. 20% des postes et des activités passent ainsi à la trappe et tel était le véritable objectif. Certes, les personnels de Pneumologie, comme avant eux ceux de la Maternité, ont reçu de nombreux soutiens : encore récemment celui des étudiants en médecine de Paris6. Il nous faut prendre conscience que, même si nos responsables de service sont contre le déménagement, ils ne disposent pas de meilleurs moyens que nous. Pour empêcher le plan de la direction, il ne peut suffire de montrer que le personnel du service est entièrement contre, ni que beaucoup de personnalités le soutiennent. Il faut un tout autre rapport de forces. Il faut lutter avec d’autres secteurs menacés, de l’hôpital et des autres hôpitaux. Et il nous faut prendre conscience que telle n’est pas la stratégie des centrales syndicales et donc nous organiser nous-mêmes.

Destruction programmée

Le 9 février, les activités de gynéco-obstétrique de l’hôpital Saint-Antoine ont été transférées vers les hôpitaux Armand-Trousseau et Tenon. Objectif de ce transfert qui n’est pas ouvertement reconnu mais très réel : diminuer l’offre en maternité. En effet, les deux hôpitaux sont tout à fait incapables de faire face au surcroît de travail et ne remplaceront pas les compétences qui étaient celles de Saint-Antoine. Trousseau n’est déjà pas en mesure d’accueillir le surplus de femmes enceintes.

Des plans qu’il faut bloquer

Le plan d’économies 2012 de l’APHP promet… 130 millions seraient prélevés en 2012 sur les crédits de personnel, « au titre de l’efficience ». Les opérations de vente du patrimoine de l’APHP se multiplient, comme à Victoria, vendu et remplacé par l’Hôtel Dieu, ou à la Salpêtrière, dont la moitié environ sera cédée pour laisser place à une gigantesque opération immobilière. Le projet de sous-traiter l’ensemble des comptes rendus médicaux n’est qu’à son début et pourrait entraîner de nombreuses suppressions d’emplois de secrétaires médicales. Sans compter les multiplications de concentrations de services avec économies de moyens et de personnel…

2 Messages de forum

  • Comment comprendre qu’un hôpital ait connu le développement d’une mobilisation de multiples services sans tentative de lancement d’une grève de l’hôpital tout entier ? Quatre services ont déposé des préavis séparément : hématologie, pneumologie, équipe de nuit des urgences et sécurité incendie. Mais jamais les syndicats (et les divers syndicats ne manquent pas à Saint-Antoine) n’ont déposé un préavis sur l’ensemble de l’hôpital. Pourtant, plusieurs servies ont montré qu’ils se sentaient concernés en même temps par les attaques. Aux rassemblements, il y a avait des personnels de multiples services : de la Pneumologie à l’Hématologie, de la Médecine interne à la Stomatologie, de la policlinique aux urgences... Jamais aucun tract n’a appelé à autre chose que du soutien à tel ou tel secteur. En même temps, la question de la Maternité n’était toujours pas réglée et jamais évoquée. Tout cela ne résulte nullement des limites des personnels eux-mêmes, mais de celles des stratèges syndicaux. Pourtant, les personnels avaient conscience qu’il s’agit d’une attaque d’ensemble et pas spécifique à tel ou tel secteur. Le manque de personnel, le manque de moyens, la nécessité d’embaucher les précaires, de titulariser les personnels qui ne le sont pas, le refus des déménagements, toutes ces revendications concernent tous les services et pas seulement tel ou tel. Alors, il est plus que temps de cesser de croire aux stratégies des chefs syndicaux même s’ils font semblant d’être très remontés et très combatifs comme certains dirigeants de la CGT qui n’oublient pas d’écrire pour l’Humanité mais oublient de consulter les personnels avant de leur imposer leurs décisions et de négocier dans leur dos avec la direction...

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  • Touche pas à mes loisirs !

    L’APHP a signé une convention avec la Ville de Paris, accord selon lequel l’hôpital Saint Antoine devra fermer son école d’infirmiers ainsi que son centre de loisirs. Ce dernier accueille, à prix modique, les enfants du personnel hospitalier. Comme chacun le sait, la profession exige des horaires et un temps d’activité bien particuliers et très contraignants, ce qui fait qu’un tel centre de loisirs est plus une nécessité qu’un simple avantage. Une fois encore, les personnels sont contraints de se débrouiller eux-mêmes, devront payer plus et sont les dindons de la farce des calculs direction…

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