Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /homepages/36/d206324349/htdocs/site_org1G/config/ecran_securite.php on line 180
Quelles perspectives pour l'économie capitaliste ? - Matière et Révolution
English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 05 - ECONOMIC POLICY - ECONOMIE POLITIQUE > 5- L’économie mondiale en route vers une nouvelle crise systémique autrement (...) > Quelles perspectives pour l’économie capitaliste ?

Quelles perspectives pour l’économie capitaliste ?

vendredi 23 mars 2012, par Robert Paris

Comment va l’économie capitaliste ?

Le capitalisme a évité la chute brutale en 2008 et, à l’aide de moyens financiers étatiques d’une exceptionnelle quantité, il est parvenu à une chute en pente douce qui se poursuit et se généralise. Cependant, cela ne change rien à l’avenir : récession et inflation, chômage de masse, destruction des services publics et misère massive ne pouvant que mener à des désordres extraordinaires au plan politique et social. Et, il n’y a plus qu’à attendre le prochain effondrement boursier, financier ou économique... Pour arriver à ce résultat, tous les états du monde se sont mis en faillite. Il n’y a pas d’issue économique pour le capitalisme. Pour les classes dirigeantes, il est indispensable de préparer un avenir fait d’affrontements ethniques, régionaux, raciaux, de guerres, de dictature et de fascisme.

Tout d’abord, la situation financière est toujours aussi impressionnante et inquiétante.

Les actifs risqués (actions, dette privée et dette souveraine des pays fragiles de la zone euro) ont connu une remontée rapide et spectaculaire depuis le début de l’année, mais le souvenir des déconvenues de 2011 conduit les acteurs de marché à s’interroger sur la solidité et la pérennité de ce "rally".

Ces actifs, notamment les actions qui corrigent à la baisse depuis le début de cette semaine après des gains de plus de 10% cette année, sont à la croisée des chemins.

Favorisées par une combinaison de taux d’intérêt très bas et une surabondance de liquidités à la recherche de rendements plus élevés que ceux des emprunts d’Etat jugés sans risque, ces classes d’actifs sont pénalisées, en Europe surtout, par des fondamentaux économiques faibles.

Des professionnels interrogés estiment que l’action des banques centrales -, Fed, Banque d’Angleterre et notamment les deux opérations de refinancement à trois ans (LTRO) de la Banque centrale européenne (BCE) qui a prêté à 1% plus de 1.000 milliards d’euros aux banques de la zone euro - est à l’origine de cette embellie des marchés.

Chine

L’activité manufacturière en Chine, premier contributeur à la croissance mondiale, a chuté à son plus bas niveau en quatre mois. La hausse des prix de l’essence et l’affaiblissement de la demande en Chine pèsent sur l’activité du secteur manufacturier.

L’activité manufacturière en Chine s’est contractée pour le cinquième mois consécutif en mars, d’après l’estimation préliminaire de l’indice calculé par la banque HSBC auprès des directeurs d’achat. Cet indice PMI ressort à 48,1 après avoir touché en février un plus haut de quatre mois à 49,6.

Le ralentissement de l’économie chinoise suscité par la crise financière internationale fait sentir ses premiers effets sur la politique à Pékin. Depuis Deng Xiaoping, le Parti communiste chinois pouvait asseoir sa légitimité sur un modèle économique aux résultats remarquables  : des centaines de millions de Chinois ont été arrachés à la misère tandis que le pays s’élevait au deuxième rang mondial.

La crise économique mondiale met en danger une expansion à marche forcée tirée jusqu’ici par les exportations. Elle oblige les autorités à se concentrer sur le marché intérieur pour y trouver un relais aux débouchés extérieurs. Du coup, les tensions sociales apparaissent au grand jour et menacent la stabilité du pouvoir.

Une croissance qui s’essouffle, des mouvements sociaux qui prolifèrent, un parti qui se divise au grand jour... Commencé sous le signe de la stabilité, le règne du président Hu Jintao et du premier ministre Wen Jiabao, qui quitteront leurs fonctions en octobre prochain, lors du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois (PCC), risque de se terminer dans l’agitation.

Europe

Dans la zone euro, l’économie s’est dégradée contre toute attente en mars, plombée par un repli aussi marqué qu’inattendu de l’activité industrielle en France et en Allemagne, montrent les résultats préliminaires des enquêtes Markit publiés jeudi.

La Grèce est en train d’achever la plus grande restructuration de dette de l’histoire d’un pays. Elle évite la sortie de route incontrôlée mais doit néanmoins finir d’organiser sa propre faillite. Certes, 83,5 % des créanciers privés de la Grèce ont accepté d’abandonner 53,5 % de leurs titres, a indiqué Athènes, vendredi 9 mars au matin. L’opération doit permettre d’effacer la moitié des 206 milliards d’euros d’emprunts du pays souscrits par les banques, assureurs et autres fonds. Et contribuer à ramener à 120,5 % du produit intérieur brut la dette hellène en 2020, contre 160 % aujourd’hui. Un niveau très élevé, qui ne met pas le pays à l’abri.

C’est désormais presque officiel : avec la mise sous surveillance négative de l’Etat britannique par l’agence Fitch, les sujets de Sa Majesté semblent condamnés à perdre à leur tour leur note « triple A ». La présentation prochaine du Budget par George Osborne pourrait bien avoir lieu dans les larmes et les grincements de dents.

Le tableau que dressent les analystes est en effet plutôt sombre : le Royaume se trouverait dans un état financier critique, du fait d’un endettement très nettement supérieur à celui de ses pairs européens. Sur les bilans publics, certes, ne figure qu’un total de mille milliards de livres, 64% du PIB : un chiffre symboliquement impressionnant, dans l’absolu, mais une proportion tout à fait honorable en comparaison des 87% français ou même des 83% allemands.

Pourquoi, alors, cette soudaine inquiétude ? C’est que le fardeau est plus lourd qu’il n’y paraît et que les perspectives offertes par les Finances du 11, Downing Street sont loin d’être encourageantes. Premièrement, la dette supportée par les bilans publics peut faire l’objet de lectures différentes et atteindrait plutôt, suivant des calculs moins restrictifs, un ratio de 81% du PIB, plus en ligne avec la moyenne européenne. Deuxièmement, la dette du secteur privé (hors banques, accumulée par les ménages et les entreprises) atteint un record de 180% du PIB. Troisièmement, surtout, le passif des fonds de pension sur lesquels repose le système britannique de retraite a été largement sous-évalué. A plus de 1 200 milliards de livres déjà, il excède de beaucoup les recettes anticipées.

Le gouvernement Irlandais négocie actuellement avec la BCE pour reporter le remboursement d’une partie de l’aide financière octroyée par l’Eurosysteme dans le cadre du sauvetage du système bancaire irlandais (notamment la banque Anglo Irish Bank). Plusieurs acteurs de la vie politique considèrent que les 3,1M d’euro que devraient être remboursés par le gouvernement Irlandais fin mars, pourraient être reportés et employés dans la relance économique du pays. Cette demande est jugée par la classe politique d’autant plus légitime que l’Irlande a mis en œuvre la quasi totalité des demandes de rigueurs et que les statistiques économiques sont plutôt encourageantes.

Cette demande, qu’elle soit légitime ou pas, risque de se généraliser lorsque les états se trouveront pris entre le marteau et l’enclume. En effet, la majorité des pays du sud (yc la France) risquent de devoir revoir leurs ambitions de réduction des déficits primaires à la baisse, par rapport aux plans négociés avec la commission européenne, compte tenu de l’impact négatif sur la croissance que génère la coupe des dépenses budgétaires et un système bancaire maintenu en vie sous "respiration artificielle" à travers les injections de liquidités de la BCE.

L’Espagne, à titre d’exemple, semble entrée dans une spirale dans laquelle la dette devrait devenir insoutenable d’ici 2015-2016, compte tenu des perspectives négatives de croissance. La Grèce, qui vient de réduire sa dette privée, devra, au plus tard l’année prochaine, demander un nouveau plan de sauvetage qui impliquera des pertes pour les créanciers publics (EU et FMI).

D’autres pays seront tentés face à la spirale de décroissance, d’austérité, et d’accroissement de la dette, faire des demandes similaires compte tenu d’une pression des citoyens qui risquent de ne pas supporter le poids important des plans de rigueurs nécessaires pour rembourser de la totalité des dettes cumulées du fait d’une mauvaise construction de la zone monétaire.

Pouvons nous imaginer une baisse des rémunérations en France de l’ordre de 20% à 25% en moins de 5ans, sans que les hommes politiques de droite comme de gauche ne soient tentés par la répudiation d’une partie d’une dette devenue insoutenable ?

Après les subprimes, les LBO

Une nouvelle "déflagration économique" telle que la dégringolade des marchés boursiers n’arrange pas les affaires des investisseurs en LBO. Les entreprises ont déjà fait toutes les économies nécessaires en réduisant leurs coûts depuis trois ans (avec les "remerciements" de millions de chômeurs en prime). Or, un mur de dettes menace pour les années 2013 et 2014. "Alors que les entreprises les mieux notées ont repoussé les échéances de remboursement grâce à des refinancements en 2010, les autres feraient face à des perspectives sombres pour 2013 et 2014. Le portefeuille de plus de 300 emprunts à effet de levier suivi par Fitch dépasse les 200 milliards d’euros de dettes arrivant à maturité en 2012 et 2013".

Qu’est-ce que ces fameux LBO, ou leveraged buyout ? En fait, un LBO est l’opération de rachat d’une entreprise souvent par un fonds d’investissement grâce à un emprunt. Jusque-là rien d’anormal. Mais tout le danger de la manoeuvre réside dans le niveau d’endettement, souvent à hauteur des deux tiers du prix de la société rachetée. Le fonds ne possède en fait qu’une toute petite partie de la somme nécessaire au rachat. D’où le fameux effet de levier “leveraged“, synonyme financier de “grosse bêtise”.

Et pour pimenter le tout – parce que sinon cela ne serait pas assez risqué –, la société rachetée doit rembourser la dette contractée par son acquéreur, en lui versant des dividendes.

C’est ce qu’on appelle se payer sur la bête. Encore faut-il que ladite bête soit en forme, le poil brillant, la langue rose, le pis gras.

Les LBO sont un énorme pari sur la rentabilité de la société rachetée : sur la santé présente et à venir de la bête. Tant qu’elle se porte bien, elle peut rembourser sans problème mais quand la situation économique se dégrade – et surtout sur une longue période, comme actuellement – les remboursements deviennent de plus en plus difficiles, voire impossibles. La bête s’anémie et peut mourir … On ne trait pas une vache efflanquée, en manque durable de gras pâturages.

Mais ce n’est pas tout, la solvabilité des emprunteurs (celui qui devait traire) s’est elle aussi dégradée.

Aux Etats-Unis, ces dernières années, plus de la moitié des achats d’entreprises se font fait par l’intermédiaire d’un LBO. La croissance économique paraissait éternelle et personne ne s’inquiétait de ces montages à haut risque. Le secteur préféré ? L’immobilier commercial américain !

C’est dire si le problème est massif. A côté, le subprime est de la petite bière. Reuters nous apprend ainsi que Moody’s estime à 1 355 milliards de dollars les besoins de refinancement sur les dettes pourries d’entreprises, essentiellement constituées de LBO.

Le Global Europe Anticipation Bulletin N°42 nous indique de son côté que : “l’ensemble des prêts immobiliers commerciaux représentait, en octobre 2008, au moment de l’explosion de la crise à Wall Street, 3 500 milliards de dollars, alors que les subprime (qui avaient commencé à s’effondrer 18 mois pus tôt) ne représentaient que 1 500 milliards de dollars. Or nous entrons désormais dans la période qui correspond à plus de 18 mois de baisse continue des prix de l’immobilier commercial américain, même si le gros du refinancement se profile pour 2011/2013″.

Les premiers craquements apparaissent déjà.

Le montant total des transactions dans le LBO a doublé entre 2009 et 2010, puisqu’il est passé de 121 milliards de USD en 2009 à 225 milliards de USD en 2010. Ces chiffres sont évidemment sans commune mesure avec ceux d’avant crise avec notamment un montant de transactions LBO de 801 milliards de USD en 2007 !!! Pour 2010, les transactions les plus importantes ont surtout eu lieu sur les marchés américain et asiatique, mais l’Europe a tout de même enregistré un volume de transactions de 75 milliards de USD.

Comment expliquer ce retour des LBO sur le devant de la scène ?

• Les politiques de quantitative easing aux USA Afin de relancer l’économie et de remédier à l’assèchement de la liquidité, la Fed a lancé des politiques dites de « quantitative easing » (QE1 et QE2) : ces politiques monétaires « non conventionnelles » consistent pour la Fed à racheter des bons du Trésor américain et des crédits aux banques. Ainsi, ces politiques ont permis d’injecter de l’argent dans l’économie et d’octroyer aux banques des liquidités afin de prêter aux entreprises et de contribuer à relancer les opérations de LBO.

• La manne financière des investisseurs A fin 2010, les fonds de capital investissement disposaient d’un trésor de guerre de 964 milliards de USD (soit environ 680 milliards d’euros) à investir. Une bonne partie de ce capital disponible (« dry powder »), environ 434 milliards de USD, s’avère être essentiellement entre les mains des fonds LBO, qui devraient investir cette manne dans de nouvelles opérations.

• Le recours au high yield On constate une véritable dynamique du marché primaire des obligations à haut rendement (high yield), en effet, l’année 2010 a permis d’établir un nouveau record d’émission puisque l’on a dépassé les 30 milliards de USD au sein de la zone euro, alors que le précédent record datait de 2006 avec 27 milliards d’euros. Les entreprises sous LBO ont entretenu cette dynamique puisqu’elles ont fait appel de manière importante à ce marché. En effet, même si ce type de produit s’avère onéreux pour les émetteurs, il est moins contraignant que la dette bancaire du fait de l’absence de covenants.

Cette reprise des opérations de LBO est elle pour autant un phénomène durable ? Il est légitimement permis d’en douter et notamment pour trois raisons :

• L’entrée en vigueur de la réglementation Bâle III Les nouvelles contraintes réglementaires auxquelles les banques vont être confrontées, à partir de 2013, dans le cadre de Bâle III vont incontestablement peser sur leur business model et les amener à optimiser leur allocation de fonds propres et la gestion de leur liquidité. Il est clair que de telles mesures vont contraindre les banques à renforcer leur capital : à ce titre, on estime que les banques européennes devront trouver 84 milliards d’euros d’ici 2015 et 460 milliards d’euros d’ici 2019 afin d’obtenir un niveau de fonds propres suffisant pour respecter les ratios prudentiels. Dès lors, les banques devront opérer des arbitrages dans leurs différents métiers afin de tenter de concilier solvabilité, liquidité et rentabilité. Dans ce contexte, les LBO seront-ils les grands perdants ?

• Le mur de la dette de 2013 : véritable épée de Damoclès pour les entreprises sous LBO En 2013, les entreprises vont être confrontées au fameux mur de la dette (3600 milliards de USD devront être remboursés dans le monde en 2013). En ce qui concerne les leveraged loans européens, les besoins de refinancement se chiffreront en dizaine de milliards d’euros : 39 milliards en 2013, et encore 66 milliards en 2014. Les entreprises concernées sauront elles relever le défi dans un contexte marqué par des incertitudes liées à l’environnement économique et financier ?

• L’instabilité de l’environnement économique et financier La crise des dettes souveraine, l’extrême volatilité des marchés financiers participent à nourrir une certaine anxiété quant à l’avenir du secteur des LBO. Les entreprises sous LBO auront sans doute plus de difficultés à dégager des résultats suffisants pour satisfaire leurs obligations de remboursement et continuer leur développement dans de nouvelles opérations.

Automobile

Les constructeurs automobiles européens se disent confrontés à des surcapacités chroniques et en appellent désormais à l’Union européenne en prétendant qu’il subissent une concurrence extra-communautaire qui soi-disant plomberait leurs résultats.

Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a déclaré mercredi que son groupe soutiendrait une action de l’UE pour réduire ces surcapacités de production, estimées à haut moins 20% par bon nombre d’analystes et de dirigeants du secteur. Il souhaite donc que ce soit l’Europe qui lui demande de supprimer un emploi sur cinq et qui le finance pour ce faire ! Et il dit cela tranquillement et publiquement sans gène. "Les politiques doivent soutenir l’industrie quand il faut qu’elle se restructure", a-t-il dit. "Si vous regardez ce qui s’est passé aux Etats-Unis pendant la crise, il y a eu un soutien très fort de la part du gouvernement américain."

De son côté, interrogé par la presse dite économique, c’est-à-dire la presse patronale, Carlos Ghosn, le président de Renault et Nissan, a prédit que les premières mesures de restructuration pourraient ouvrir la voie à une série de fermetures d’usines.

Tous les constructeurs européens souffrent de problèmes de surcapacités, a-t-il dit. "Mais le jour où quelqu’un en Europe pourra se restructurer en profondeur, il obligera tous les constructeurs automobiles à faire de même."

La déclaration de Ghosn montre que les licenciements qui se préparent ne concernent pas seulement PSA qui annonce des mauvais résultats, mais aussi Renault qui en a annoncé des bons ! Cela signifie aussi qu’il ne faut pas se contenter de se mobiliser à Aulnay ou Sevelnord mais aussi à Rueil, Guyancourt, Douai et Flins. Et surtout à unir la lutte des PSA et des Renault avec celle des Arcelor ou des salariés des banques…

Dette

La dette publique mondiale continue d’augmenter malgré les sacrifices des populations et la destruction des services publics, la part des investissements (des banques, des industriels, de tous les capitalistes et pas seulement des financiers) consacrée à des participations boursières nocives continue de croître, notamment dans les LBO et les dettes souveraines.

Savez-vous combien auront emprunté les seuls États de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) entre 2008 et 2012 sur les marchés financiers ? 40 000 milliards de dollars !

Pour mettre ce chiffre en perspective, les gigantesques réserves de change de la Chine dont on parle tant, sa phénoménale « force de frappe », s’élèvent à … 3 300 milliards de dollars.

40 000 milliards… C’est une preuve aussi éclatante que terrifiante de notre dépendance aux marchés financiers. Il ne faut pas s’étonner ensuite que ces mêmes marchés nous dictent leur loi. Pourquoi diable nous sommes-nous mis dans une telle situation de dépendance…

Ne nous sommes nous pas livrés pieds et poings liés aux marchés à force de leur emprunter du cash pour assurer depuis des décennies notre train de vie ? Train de vie que nous n’avons jamais su financer par nous même, en créant effectivement de la richesse ? 10 500 milliards de dollars à trouver rien qu’en 2012 !

Lorsqu’un pays a un budget déficitaire, ses ressources sont inférieures aux dépenses. Il doit donc financer son déficit en recourant aux marchés. C’est ce qu’on appelle le besoin de financement.

De même, un État très endetté doit en permanence refinancer la dette qu’il a accumulée et qu’il se traîne. Les États doivent donc réémettre des emprunts pour rembourser leurs emprunts qui arrivent à échéance (on fait « rouler » les emprunts). C’est ce qu’on appelle le besoin de refinancement. Il est de 100 et 122 milliards d’euros rien que pour la France en 2012 et 2013.

Mettons donc bout à bout tous ces besoins pour les pays de l’OCDE. A quel montant aboutissons-nous ? 10 500 milliards de dollars pour 2012. Les gouvernements de l’OCDE devront trouver cette somme astronomique pour financer leur « frasques », rien que sur 2012.

30% de la dette de l’OCDE arrivera à échéance sur les trois prochaines années, et devra donc être refinancée…

Le bilan de la BCE a un trou de 250 milliards d’euros...

Si ce fond doit à nouveau intervenir massivement, c’est fini !!!

4 Messages de forum

  • très bon article.
    Organisons-nous !

    Répondre à ce message

  • Qu’est-ce que ces fameux LBO, ou leveraged buyout ? En fait, un LBO est l’opération de rachat d’une entreprise souvent par un fonds d’investissement grâce à un emprunt. Jusque-là rien d’anormal. Mais tout le danger de la manoeuvre réside dans le niveau d’endettement, souvent à hauteur des deux tiers du prix de la société rachetée. Le fonds ne possède en fait qu’une toute petite partie de la somme nécessaire au rachat. D’où le fameux effet de levier “leveraged“, synonyme financier de “grosse bêtise”.

    Et pour pimenter le tout – parce que sinon cela ne serait pas assez risqué –, la société rachetée doit rembourser la dette contractée par son acquéreur, en lui versant des dividendes.

    C’est ce qu’on appelle se payer sur la bête. Encore faut-il que ladite bête soit en forme, le poil brillant, la langue rose, le pis gras.

    Répondre à ce message

  • • Le mur de la dette de 2013 : véritable épée de Damoclès pour les entreprises sous LBO En 2013, les entreprises vont être confrontées au fameux mur de la dette (3600 milliards de USD devront être remboursés dans le monde en 2013).

    Répondre à ce message

  • Un coup de tonnerre a frappé la zone euro, mardi 10 avril. Après les quatre jours de trêve du week-end pascal, les Bourses du Vieux Continent ont toutes perdu entre 2,5 % et 5 %, le CAC 40 se repliant de 3,08 %, tandis que les taux d’emprunt des Etats les plus fragiles, Espagne et Italie en tête, ont fortement augmenté. Un accès de panique causé par plusieurs facteurs.

    L’Espagne, source du regain de tensions Depuis plusieurs semaines, Madrid est confrontée à une défiance croissante des investisseurs : la faute à un déficit 2011 bien plus élevé qu’attendu, à une révision à la hausse du déficit 2012 et à des interrogations de plus en plus fortes sur la récession qui touche le pays. Le mouvement s’est accéléré après l’échec d’une émission obligataire le 4 avril. Mardi, les rendements des emprunts espagnols à dix ans ont grimpé à 5,94 %, au plus haut depuis le 6 janvier, contre 4,84 % le 1er mars.

    Madrid a eu beau annoncer un plan d’économies de 27 milliards d’euros le 30 mars, puis, le 9 avril, proposer 10 milliards de coupes supplémentaires dans les dépenses d’éducation et de santé des régions, la confiance est cassée : "Les marchés sont visiblement réticents à accorder (au gouvernement espagnol) le bénéfice du doute", notent les analystes du cabinet Capital Economics.

    Résultat, Madrid a beau rejeter avec vigueur le scénario d’une restructuration de sa dette, le sujet est de moins en moins tabou pour les marchés. Pour preuve, les credit default swaps (CDS) sur l’Espagne, ces produits financiers permettant de s’assurer contre la faillite d’un Etat, ne sont plus qu’à quelques encablures de leur record. S’assurer contre un défaut de Madrid coûte plus cher que de se protéger contre une faillite du Liban, et une fois et demie plus que les contrats sur la Roumanie !

    Austérité, scrutins... : les vieilles peurs ressurgissent Partie de Madrid, la secousse affecte durement le marché de la dette italienne. La France, pour l’heure, ne voit ses taux que très légèrement augmenter quand ceux de l’Allemagne baissent considérablement. "Les investisseurs se posent de plus en plus de questions sur les échéances à venir : les élections législatives en Grèce, le référendum en Irlande sur le pacte budgétaire ou encore la présidentielle française. A cela, s’ajoutent de très fortes interrogations sur la croissance dans la zone euro", note René Defossez, stratégiste chez Natixis.

    La BCE fait moins d’effet C’était "le" leitmotiv du début d’année : en déversant quelque 1 000 milliards d’euros sur les banques à travers des prêts à trois ans, la Banque centrale européenne (BCE) avait apaisé la zone euro. Grâce à ces fonds, les banques espagnoles et italiennes ont respectivement acheté, entre novembre 2011 et février 2012, 68 milliards et 98 milliards d’euros de dette publique. Las, l’effet de ces prêts s’est estompé. "Ces opérations ne pouvaient pas tout résoudre, juge M. Beffy. La BCE a maintenu le système bancaire à flot, mais il ne fallait pas s’attendre à ce que ces prêts à trois ans soient transformés en crédits à dix ans aux ménages ou utilisés durablement pour acheter des emprunts d’Etat." De plus, notent les analystes du cabinet Capital Economics, la BCE est désormais en retrait : à l’issue du dernier conseil des gouverneurs, son président, Mario Draghi, a renvoyé les Etats à leurs responsabilités.

    Interrogations sur la croissance mondiale Les secousses agitant la zone euro ont été amplifiées par une série de mauvaises nouvelles en provenance du reste du monde. D’abord aux Etats-Unis, où le nombre de créations d’emplois en mars s’est avéré inférieur aux attentes. Ensuite en Chine, où la croissance des importations a ralenti le mois dernier à +5,3 % sur un an, alors que les analystes tablaient sur 9 %. Et ce, alors que les cours du pétrole restent élevés, à cause de l’Iran.
    La fin de l’euphorie boursière Les marchés sont allés un peu vite en besogne. Le rebond des grands indices mondiaux depuis l’automne est impressionnant : entre son plus bas de la fin novembre 2011 et la mi-mars, le CAC 40 a bondi de plus de 27 % ! Les principales places mondiales ont toutes gagné entre 10 % et 15 % au premier trimestre. Le retournement n’en est que plus violent. D’autant que "les facteurs qui ont soutenu les marchés au premier trimestre - bonnes surprises américaines, politique accommodante des banques centrales, réduction des incertitudes politiques - disparaissent tous en même temps", souligne Jean-Baptiste Pethe, économiste chez Exane.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0