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Hollande a gagné l’élection présidentielle mais la classe ouvrière n’a rien gagné

lundi 7 mai 2012, par Robert Paris

Hollande a gagné l’élection présidentielle mais la classe ouvrière n’a rien gagné

Hollande n’a jamais cherché à présenter sa candidature comme celle des travailleurs et il se sentira encore moins tenu de satisfaire les aspirations populaires que ses engagements vis-à-vis de la bourgeoisie le rendent impossible. Il s’est dit le président de la jeunesse mais la tromperie social-démocrate de la collaboration des classes est bien vieille.

Hollande s’est engagé à payer les dettes de l’Etat pourtant réalisées en faisant des cadeaux aux capitalistes, à prendre sur les services publics pour cela, à imposer par conséquent les sacrifices correspondants aux fonctionnaires et à toute la population française. Il ne s’est jamais engagé à combattre les licenciements des trusts. Il ne s’est pas non plus engagé à refuser d’aider trusts et banques avec de l’argent public. Il n’avait même pas désapprouvé, en son temps, les mesures en ce sens de Sarkozy.

Hollande a parlé de "France réconciliée", ce n’est pas pour prôner la lutte contre les patrons qui licencient, contre les financiers, banquiers et chefs des trusts. Au contraire, c’est pour annoncer qu’il organisera une grande concertation patronat/syndicats/gouvernement afin que les mesures d’austérité soient décidées en commun.

Tout son travail va consister à faire croire qu’il prendra des mesures dans lesquelles toutes les classes se reconnaitront. Et ce conte de fée en plein moment où le fossé des classes sociales, du fait de la crise, devient et deviendra mille fois plus infranchissable. La petite passerelle d’Hollande n’aura pour but que des créer, le plus longtemps possible, un calme social en faisant espérer aux travailleurs des mesures en leur faveur. Le seul résultat, on le connait : c’est ce que l’on a appelé "la vague rose" sous Mitterrand, la vague sans grèves, avec la caution syndicale à des licenciements massifs comme ceux des ouvriers de Talbot Poissy.

Les patrons des trusts ont bel et bien l’intention de licencier, les banques aussi. L’Etat veut baisser les effectifs. A tout cela, Hollande n’opposera aucune résistance. Il cherchera seulement à empatouiller les syndicats dans sa politique. la classe ouvrière ’aura rien gagné à échanger un vrai ennemi pour un faux ami.

En guise de réponse aux préoccupations des travailleurs, François Hollande a écrit une lettre aux centrales syndicales qui ne dit absolument rien de ce qu’il pense faire pour l’emploi, pour les salaires, face aux plans sociaux, face aux banquiers, aux marchés financiers, à la crise à part qu’il mettra de son côté les syndicats pour imposer sa politique :

« La France du travail est une. Elle connaît les mêmes craintes, elle partage les mêmes espoirs. La France doit renouer avec le travail par lequel hommes et femmes accèdent à la dignité. Je suis convaincu que seule la reconquête du travail est à même de diffuser dans notre société cette fierté, cette confiance indispensables au vivre ensemble. Je veux que nous relevions le grand défi de la croissance et de la production. (…) La France doit reconquérir la confiance en elle-même et en son avenir. (…)Vous le savez, j’ai fait du dialogue social une priorité majeure de mon projet présidentiel et un pilier de la méthode de gouvernement qui sera la mienne, si les Français m’en donnent le mandat. C’est la raison pour laquelle il sera érigé en principe constitutionnel. C’est aussi pourquoi j’ai d’emblée annoncé que la mise en place d’une grande conférence sociale serait l’une des mes premières et principales initiatives. Je considère en effet que le principe de confiance doit prévaloir non seulement dans les rapports sociaux, mais, a fortiori, entre la puissance publique et les acteurs de la vie socioprofessionnelle. Nous devons passer de la convocation à la consultation, du monologue à la concertation, de l’écoute distante à la négociation. »

En somme, Sarkozy a prétendu attaquer les centrales qui l’ont pourtant bien servi en n’allant pas à la vraie grève générale pour les retraites et Hollande prétend les associer à la mise en place des sacrifices pour la classe ouvrière !!! La "France réconciliée" d’Hollande est la tromperie de la "réconciliation" des patrons licencieurs et des salariés licenciés !!! Elle ne vaut pas plus cher que "la France qui travaille" de Sarkozy et en attendre quoique ce soit serait une illusion couteuse !

Elle a, par contre, bien d’autres conséquences. Le mécontentement des classes moyennes va maintenant se tourner contre la gauche alliée aux organisations de gauche et syndicales. Aux yeux des petits bourgeois, tous les problèmes liés à la crise du capitalisme vont être causés par des cadeaux gouvernementaux aux travailleurs alors que Sarkozy affichait des cadeaux gouvernementaux aux plus riches. Cela signifie que le fascisme va trouver en France une vraie base pour grimper : auprès des jeunes chômeurs, des étudiants, des boutiquiers, des paysans, des artisans, des rentiers... Et peut-être bien plus qu’une force électorale : une force militante pour frapper les travailleurs en grève, pour attaquer les militants ouvriers, pour dresser les travailleurs à la dictature comme l’a fait maintes fois le fascisme.

Loin d’être une protection face au fascisme, la gauche est un terreau pour celui-ci. On l’a bien vu quand le gouvernement de front populaire de 1936 s’est incliné devant la montée de l’extrême droite en 1939. La majorité de gauche au parlement n’a servi qu’à introniser Pétain...

Quant aux travailleurs, au-delà des déceptions que provoquent inévitablement les illusions, il y aura des luttes dos au mur, de nouvelles illusions dans les centrales syndicales, dans le Front de gauche... Tout au plus, si le mécontentement ouvrier est trop fort, verra-t-on ce front de gauche aller au gouvernement pour mener exactement la même politique, convaincant une fois de plus les travailleurs de la fatalité des sacrifices.

Hollande va couvrir de nouveaux cadeaux à milliards aux banquiers, aux trusts, aux financiers, de la prétendue nécessité de défendre l’emploi en France ! Mais aider les capitalistes, c’est jeter ces milliards dans un puits sans fond. Les aides précédentes n’ont pas permis de redresser l’emploi et ont aidé seulement à casser les finances publiques, les emplois publics et les services publics.

Avec Hollande et son "incapacité" de nous faire éviter la crise, les travailleurs croiront d’autant plus à la fatalité de la domination des marchés financiers, à la fatalité d’une Europe du grand capital et à la fatalité de la domination des exploiteurs. Son élection ne fait en rien avancer la conscience des amis et des ennemis et la conscience des enjeux dans cette situation d’effondrement du système dominant.

Non ! Il n’y a aucun fatalité à couler avec le capitalisme !

Non ! La défense des emplois n’est pas celle des patrons !

Non ! Il n’y a aucune fatalité du moment que les travailleurs n’attachent pas leurs espoirs à un système d’exploitation qui n’est plus porteur que de cauchemars à l’échelle planétaire...

Non ! Il n’y aucune fatalité à suivre soit la droite soit la gauche soit l’extrême droite !

Les travailleurs ont d’autres organisations : celles qu’ils peuvent constituer par eux-mêmes en formant des comités de salariés dans les entreprises et les quartiers. Et s’ils agissent ainsi, ce n’est plus pour accepter de suivre les diktats des banksters, pour se ruiner à aider les financiers, pour saigner aux quatre veines pour les patrons des trusts, pour accepter de perdre leurs emplois, leurs revenus et sacrifier leurs familles. La peur aura changé de camp...

suite à venir

7 Messages de forum

  • Hollande s’est présenté sur un programme droitier de réduction massive des budgets dans le respect du pacte fiscal de l’Union européenne tout en appelant à une « composante de soutien de la croissance » de cadeaux aux banques et aux entreprises stratégiques. Il a déclaré n’avoir aucune critique à formuler contre la politique étrangère de Sarkozy - qui inclut des guerres en Afghanistan, en Libye, en Côte d’Ivoire et maintenant en Syrie. Il a fait l’éloge du « modèle allemand » de réformes structurelles pour réduire drastiquement les coûts de main-d’ouvre et améliorer la compétitivité des entreprises françaises sur les marchés internationaux aux dépens des travailleurs.

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  • La "France réconciliée" d’Hollande est la tromperie de la "réconciliation" des patrons licencieurs et des salariés licenciés !!!

    Elle ne vaut pas plus cher que "la France qui travaille" de Sarkozy et en attendre quoique ce soit serait une illusion couteuse !

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  • Que va faire Hollande sinon faire appel à "des efforts" pour "redresser la situation", "remettre l’économie sur les rails" ?

    10% environ pour le taux de chômage national, un peu plus de 20% pour les jeunes de moins de 25 ans, et environ 40% dans certaines cités sensibles. Le chômage frappe durement les jeunes et l’emploi n’arrive pas à intégrer les habitants des banlieues difficiles. Autrefois, leurs parents trouvaient des postes dans les usines, où ils acquéraient une qualification. Ces jeunes sont désormais condamnés à la précarité.

    Les mauvais chiffres du chômage devraient s’aggraver, car de nombreuses entreprises ont retardé l’annonce de leurs plans sociaux après les élections, comme Air France-KLM, Areva ou les constructeurs automobiles.

    Où trouver une centaine de milliards d’euros d’économies ? C’est le montant que le gouvernement devra rechercher au cours des cinq prochaines années, s’il veut ramener à zéro, comme prévu, le déficit des finances publiques (Etat et Sécurité sociale) en 2017. Un effort jamais accompli dans notre histoire, alors que les comptes sont dans le rouge depuis plus de trente ans.

    Le programme d’ajustement transmis aux autorités européennes par le gouvernement Fillon prévoyait de trouver 36% de cette somme en augmentant les impôts et 64% en réduisant les dépenses.

    Le projet de François Hollande mise également sur des hausses d’impôts, mais reste très elliptique sur la baisse des dépenses publiques. Sa solution ? François Hollande prévoit de limiter leur hausse à 1% par an. Ainsi, si la croissance s’élève à 2% comme prévu, le gouvernement réalisera une économie d’une dizaine de milliards d’euros chaque année. Seulement, il n’est pas certain que la croissance atteigne 2%, et il est peu probable que la progression des dépenses publiques soit aussi limitée.

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  • Alors que François Hollande et Nicolas Sarkozy célébraient en grande pompe mardi matin le souvenir de la fin de la seconde guerre mondiale, certains commémorent aussi en ce 8-Mai une des pages noires du colonialisme français. "Il y a soixante-sept ans, le jour de la capitulation de l’Allemagne, une répression sauvage menée par l’armée française s’abat sur une partie de la population algérienne", rappelle ainsi le Bondy Blog. A Sétif, petite ville des hauts plateaux algériens, l’armée française réprime dans le sang une manifestation populaire nationaliste.

    Mais ni Hollande ni Sarkozy n’ont voulu s’en souvenir.

    Pas plus qu’ils ne se souviennent ni l’un ni l’autre des buts impérialistes des guerres que mène la France partout dans le monde...

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    • Extraits de « La question coloniale et la politique du Parti communiste français (1944-47) »
      de Grégoire Madjarian :
      « Le 8 mai 1945, dans toute l’Algérie, devait être célébré l’armistice. Des cérémonies officielles avaient été prévues. Un mot d’ordre clandestin du PPA avait circulé : « Le jour de la victoire, manifestons pour exiger, après le sacrifice et la conduite héroïque des Algériens dans l’armée française, un peu de démocratie et de justice ! » Une fraction légaliste des Amis du Manifeste, croyant éviter ainsi l’intervention policière, envoya une délégation demander au gouverneur général l’autorisation de s’exprimer. Les délégués ne sortirent pas de la résidence générale : ils avaient été arrêtés et les autorités prévenues.
      Le jour de l’armistice, eurent lieu dans plusieurs villes des manifestations d’ampleur et de forme diverses. A Bône et Didjelli, les manifestations se joignirent au cortège officiel et déployèrent leurs propres banderoles. Des défilés analogues furent organisés à Batna, Biskra, Kenchela, Blida, Berrouaghia et Bel-Abbès. A Saïda, la mairie fut incendiée. A Alger, les fidèles n’assistèrent pas à la cérémonie officielle de la Grande Mosquée. Les incidents les plus graves eurent lieu à Sétif et Guelma.
      A Guelma, peu de musulmans avaient assisté aux cérémonies officielles : les comité des AML organisait sa propre manifestation avec des mots d’ordre tels que « Vive la démocratie ! », « A bas l’impérialisme ! », « Vive l’Algérie indépendante ! ». La police tira sur la foule.
      A Sétif, un cortège de quinze mille personnes se dirigeait vers le monument aux morts afin d’y déposer une gerbe, arborant pour la première fois le drapeau algérien vert et blanc. Les manifestants brandissaient des pancartes et des banderoles : « Démocratie pour tous ! », « Libérez Messali ! », « Libérez nos leaders emprisonnés ! », « Vive la victoire alliée ! », « Vive l’Algérie indépendante ! », « A bas le colonialisme ! », « Pour une Constituante algérienne souveraine ! ». La police ouvrit le feu à la suite d’un ordre du sous-préfet de retirer pancartes et banderoles.
      Ces manifestations furent le point de départ d’un soulèvement qui s’étendit à la Kabylie des Babords, se propagea dans une grande partie de la région du Constantinois. Des messagers allaient dans les campagnes, les villages les plus reculés, pour faire le récit des manifestations de Sétif et Guelma et de leur répression. Les responsables locaux des AML organisaient leurs militants et dirigeaient des attaques contre les bâtiments de l’autorité française : la mairie, la poste, la recette des contributions, la gendarmerie.
      Les centres de Aïn-Abessa, Sillègue, le bordj Taktount Bouga (La Fayette), ainsi que Kerrata furent encerclés. Les centres de Béni Aziz (Chevreuil) assiégé aux cris de « Djihad ! Dkihad ! » fut entièrement incendié.
      Des groupes armés venus des douars voisins assaillirent Guelma, le 9 mai, pour venger leurs morts, et le car de Bougie à Sétif fut attaqué. Le 10 mai, le village d’Aokas (commune morte d’oued Marsa), la gendarmerie de Tesara, le bordj et la poste de Fedj M’zala furent encerclés. Dans la région d’oued Marsa, les communications téléphoniques furent coupées, des gardes forestiers tués.
      Dans la région des Babors, au nord de Sétif, l’émeute prit « l’allure d’une véritable dissidence » d’après le rapport du général de gendarmerie. Les troupes étaient « accueillies dans certains douars à coups de fusils et même d’armes automatiques ». Des rassemblements d’hommes armés étaient signalés à El Arrouche, Azzaba, oued Amizour, Smendou, Chelghoun-Laïd, El Milia, ouest-Zénati. Entre Tizi-Ouzou et Thénia, les fils téléphoniques furent coupés. Des dépôts d’armes clandestins furent signalés à Tébessa.
      Des bruits circulaient à propos d’un soulèvement général, bruits qui n’étaient, nous le verrons plus loin, pas sans fondement. Plusieurs groupes armés de paysans s’attaquèrent aux villages et aux centres de colonisation. Fermes, colons, représentants de l’ordre colonial furent les cibles de la révolte.
      A propos des événements de mai 1945 et afin de dégager leur signification, il est nécessaire de poser plusieurs questions distinctes : de quel ordre sont les facteurs qui ont déterminé le soulèvement du Constantinois, quelles sont les causes immédiates du déclenchement de l’insurrection, y a-t-il eu préparation d’une insurrection, y a-t-il eu volonté insurrectionnelle ?
      A l’époque, à côté de la thèse d’un complot fasciste qui fut, nous le verrons plus loin, la principale thèse officielle et qui ne repose sur aucun fondement, vint s’adjoindre celle d’une révolte de la faim. Bien que la situation des musulmans, et en particulier celle des fellahs, fût dramatique, de nombreux éléments contredisent cette dernière thèse. Pendant les événements, « Le Monde » remarquait : « Au cours de ces journées sanglantes, ni les silos remplis de blé ni les entrepôts de denrées ne furent pillés. « En 1948, Bénazet écrivait : « Non seulement les manifestants des cortèges n’ont jamais poussé des clameurs ou arboré des pancartes contre le ravitaillement » mais les silos de la région « remplis de grains et laissés sans protection, ne souffrirent nulle atteinte. » (…)
      Sur le déclenchement des événements, l’analyse de Mohamed Boudiaf et le témoignage qu’il a recueilli, attribuant un rôle déterminant aux provocations policières, semblent faire le point sur cette question : « L’effervescence populaire était à son comble, les autorités coloniales, décidées à reprendre la situation en mains, cherchaient l’occasion de frapper un grand coup (..) J’ai eu plus tard l’occasion d’en parler avec le responsable du parti (le PPA) de Sétif, Maïza, il n’avait aucune directive et ne savait quoi répondre aux militants qui vinrent lui en demander après le début des incidents dans la région. Ce sont les provocations qui ont mis le feu aux poudres. Le scénario fut le même un peu partout. Dès que les drapeaux étaient sortis, la police tirait sur le porteur. La foule réagissait. » (El Jarida – novembre-décembre 1974)
      (…) Par contre, après le 8 mai, des responsables du Constantinois demandèrent aux dirigeants du PPA d’appeler à l’insurrection générale pour soulager les populations de la région qui supportaient, seules, le poids de la répression, mais celle-ci n’eut pas lieu, à cause notamment des tergiversations de la direction du PPA. (…) Il apparaît, comme l’écrit Mahfoud Kaddache dans « Il y a trente ans », que « les événements de Sétif et Guelma furent considérés comme le signal de la révolution, de la guerre libératrice. » Ainsi, les heurts et les fusillades qui se produisirent dans les deux villes en question – et ce dernier élément seul permet de comprendre l’embrasement du Constantinois – ne trouvèrent un écho que parce qu’il existait une volonté insurrectionnelle dans les masses.
      Dirigée par le général Duval, la répression du soulèvement du Constantinois fut d’une sauvagerie indescriptible. (…) dans un message à l’ONU, Messali Hadj dira des événements du Constantinois qu’ils « ont coûté plus de quarante mille victimes au peuple algérien. » (…)
      Comment ces massacres furent-ils justifiés par les autorités et acceptés par l’opinion de la métropole ? (…) la version officielle du gouvernement de l’Algérie, version qui fut également celle des trois partis politiques au pouvoir sous la tête gaulliste (MRP, SFIO et PCF) était la suivante : le soulèvement du Constantinois était un « complot fasciste » accompli par des « agents hitlériens ». L’armée n’était dépêchée que pour « poursuivre l’action patriotique de nettoyage ». (…)
      Le 11 mai, « L’Humanité » relatait les événements du 8 en rapportant la déclaration du gouvernement général : « Des éléments troubles d’inspiration hitlérienne se sont livrés à Sétif à une agression armée contre la population qui fêtait la capitulation hitlérienne. La police, aidée de l’armée, maintient l’ordre. » En publiant sans réserves ces propos sous le titre : « A Sétif, attentat fasciste le jour de la victoire », le quotidien du PCF accréditait la version de l’administration coloniale. (…)
      (Le 12 mai,) le Comité central du PCF, prenant une position sans nuances, recommandait explicitement une répression rapide et impitoyable. Il publiait immédiatement la révolution suivante : « Il faut tout de suite châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l’émeute. » (…)
      Sur une distance de 150 kilomètres, de Sétif à la mer, la loi martiale fut proclamée. La troupe reçut l’ordre de tirer sans sommation. « sur le burnous ». Tout arabe ne portant pas le brassard réglementaire était abattu (témoignage de Charles-André Julien dans « L’Afrique du Nord »). Les légionnaires furent autorisés à massacrer toute la population arabe de Sétif et même ailleurs, où aucune manifestation n’avait eu lieu.
      A Villard, pendant deux jours, une batterie de 75 bombarda les douars environnants. A Saint-Armand, les soldats eurent pour mission de raser tous les villages se trouvant à 15 kilomètres des centres de colonisation. Périgotville et Chevreuil furent entièrement détruits.
      L’aviation bombardait et mitraillait à l’intérieur, tandis que les navires de guerre canonnaient des villages côtiers. D’après ce que reconnut le général Weiss, il y eut, en quinze jours, vingt actions aériennes contre la population. Les avions détruisirent 44 mechtas (groupe de maisons pouvant aller de 50 à 1000 habitants). La marine intervint devant Bougie et à Djijeli. Le croiseur Dugay-Trouin, venu de Bône, fut employé au bombardement des environs de Kerrata. Le douar Tararest fut rasé. Des douars entiers disparurent. (…)
      A Guelma, la réaction viscérale de la population européenne, sous l’initiative du sous-préfet, mena à l’organisation d’une milice. Le comité de vigilance, qui recrutait et contrôlait la milice, comportait une forte majorité de combattants de la « France combattante », y compris deux responsables du Parti communiste algérien, ainsi que le secrétaire de l’Union locale de la CGT. Dans ce qui fut l’une des opérations de représailles les plus meurtrières de mai 1945, les miliciens massacrèrent entre 500 et 700 « musulmans ». (…)
      Le mouvement syndical de la métropole, par l’intermédiaire de son principal représentant, la CGT, adopte des positions voisines du PCF (…) afin de « souligner l’action courageuse et magnifique des organisations syndicales d’Algérie pour empêcher que le mouvement ne s’étende à d’autres régions. »

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  • « La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre ».

    Rien à craindre pour les capitalistes, nous dit Hollande lui-même. Là dessus, on lui fait confiance.

    D’ailleurs, il n’a jamais promis quelque chose qui irait à l’encontre des intérêts capitalistes, bien au contraire...

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  • Il avait d’ailleurs rajouté dans le même interview : « Aujourd’hui il n’y a plus de communiste en France »

    Là, cela ne dépend pas de lui et c’est un peu la méthode coué de la bourgeoisie.

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