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Allons-nous les laisser nous jeter dans le chômage et la misère ? - Matière et Révolution
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Allons-nous les laisser nous jeter dans le chômage et la misère ?

vendredi 11 mai 2012, par Robert Paris

Allons-nous les laisser nous jeter les uns après les autres dans le chômage et la misère ?

Loin d’aider à exprimer notre volonté de défendre des intérêts de classe, comme salariés, comme prolétaires (dommage pour ceux qui croient encore avoir échappé à cet état d’exploités), les élections présidentielles puis législatives n’ont fait qu’empêcher que nos aspirations soient exprimées publiquement de manière claire.

La meilleure preuve en est que la vague de licenciements massifs qui se préparent dans les grandes entreprises, que la destruction systématique de la Santé, de La Poste, du service public ferroviaire n’ont nullement été à l’ordre du jour de ces élections, de la part des principaux candidats en tout cas.

Pendant le calme social qui a prévalu durant cette période électorale, les salariés ont été absents pour l’essentiel de la scène publique, les centrales syndicales estimant qu’elles avaient seulement à pousser les salariés à virer Sarkozy, laissant croire que c’était le point principal pour les revendications ouvrières. Du côté des centrales syndicales qui ont mené le combat des retraites à l’échec, la seule leçon tirée consistait à prétendre que Sarkozy et lui seul était cause de l’échec. C’est un mensonge.

L’élection d’Hollande n’évite en rien la nécessité pour les travailleurs de mener des luttes et de le faire en tirant la leçon des échecs précédents. Le rapport des forces nécessaire pour gagner dépendant non pas de la couleur politique du président mais de la manière dont les luttes sociales sont organisées.

Pendant la trêve électorale, trêve des luttes mais pas des mensonges, les travailleurs n’étaient nullement appelés à s’exprimer en tant que tels. S’il y a un milieu qui ne vote pas, c’est bien celui des plus démunis. Et c’est parce qu’ils savent bien n’être nullement représentés par les hommes politiques et qu’ils savent que, quel que soit le parti gouvernant, ce sont toujours les plus riches qui décident de la politique. Avec Hollande comme avec Sarkozy, les banques, les bourses, les trusts, les financiers n’ont aucun souci à se faire. Pour eux, il y aura toujours des milliards, mais pas des centimes pour les travailleurs, pour les retraités, pour les chômeurs, pour les hôpitaux, pour les cheminots ou les postiers…

Tous se félicitent du succès de l’élection et de sa démocratie alors que le président est quasiment le seul membre de l’appareil d’Etat à être élu. Qui a élu un premier ministre ? Qui a élu les ministres, les chefs de cabinet des ministres, les préfets, les responsables des forces armées, de police, de justice, de l’éducation, des transports, des prisons, etc ? Personne ! Belle démocratie où un patron de trust a infiniment plus l’oreille des gouvernants que n’importe quel citoyen, y compris quand ce patron supprime des centaines ou des milliers d’emplois.

Et justement, pendant que tout le monde avait convenu de parler d’autre chose, les patrons des trusts et des banques programmaient de suppressions massives d’emploi sans que personne ne le dise publiquement et que personne n’affirme qu’allait être nécessaire et vital une lutte d’ensemble pour l’emploi, comme aurait été nécessaire une véritable lutte d’ensemble pour les retraites. Ce n’est pas ceux qui n’ont pas mené une vraie lutte pour les retraites sur lesquels on pourrait compter pour diriger une lutte pour les emplois…

Et pourtant, il est évident que les patrons des trusts ont programmé une attaque d’ensemble sur les emplois, menaçant des centaines de milliers d’emplois. Ce n’est pas un trust ou un autre qui est en cause mais l’ensemble de ceux-ci. Ce n’est pas seulement General Motors (Strasbourg) ou PSA (Aulnay) qui sont dans le collimateur mais tous les trusts, les banques et aussi les services publics qui vont encore supprimer massivement des emplois. Personne n’a dit clairement qu’il allait falloir unir dans la lutte ces salariés. Personne n’a proposé que des assemblées de chacune de ces entreprises délèguent des salariés pour une conférence nationale de défense des emplois, ce qui serait pourtant le premier pas indispensable d’une véritable défense des salariés face aux licenciements massifs.

Quel parti, quelle centrale syndicale a rappelé que sans unir dans la lutte, salariés et chômeurs, CDI et CDD, grandes et petites entreprises, privé et public, jeunes et vieux, travailleurs et retraités, il n’y aura que des défaites. Aucun !

On appelle les ouvriers de PSA (Aulnay) à défendre les emplois d’Aulnay. On appelle les salariés de Florange à se défendre seuls sur leur site. De même que les salariés des Fonderies du Poitou, etc…

Personne n’établit le lien entre salariés de PSA et Renault, entre postiers et enseignants, entre grévistes des urgences de l’hôpital public et des autres personnels de santé et encore moins avec les grévistes de l’Automobile, etc…

Quant à appeler les salariés à s’assembler dans toutes les grandes entreprises pour donner un coup d’arrêt à la vague de licenciements qui arrive, il n’en est pas question pour les partis politiques et organisations syndicales.

Comment le feraient-ils ? Il faudrait remonter à des décennies pour se rappeler de périodes où cela fut leur politique. Nul ne s’en souvient. C’est tellement oublié que personne n’attend cela d’eux. Inutile de le regretter car ils ne le referont plus. Ils n’ont pris la tête des luttes que pour éviter que les travailleurs le fassent eux-mêmes en s’auto-organisant. Unir véritablement les salariés dans la lutte n’est nullement dans leurs projets. On pourrait croire qu’ils l’ont tenté avec les retraites mais cela est faux. Ils ont prétendu que la grève des raffineries allait remplacer la grève des autres catégories. Aux salariés de raffineries, ils ont dit que le reste de la classe ouvrière serait appelée ensuite. C’était faux. Les autres luttes ont été menées par les centrales syndicales de manière à ne jamais risquer de mener à la généralisation de la lutte à divers secteurs des salariés.

Les luttes ont été menées un peu dans tous les secteurs de la classe ouvrière, mais toujours en faisant en sorte que ce soit à tour de rôle et pas tous ensemble. Il en fallu parfois des trésors de stratégie pour éviter cette généralisation des luttes des postiers, des luttes des hospitaliers, des enseignants, des chercheurs pour finalement que ces luttes, isolées, soient battues. Résultat : des luttes menées entreprise par entreprise quand ce n’est pas catégorie par catégorie, service par service, industrie par industrie mais même entreprise par entreprise et souvent, pire, site par site. Pas question d’associer les retraités et les chômeurs, les jeunes sans emploi à la mobilisation des salariés. Alors que l’on ne peut pas gagner séparément. Les transports ne peuvent gagner en se mobilisant seuls, même contre la privatisation rampante. Les hospitaliers ne peuvent gagner seuls contre les réductions massives d’emplois qui détruisent le service public de santé. Les ouvriers de Florange ou d’Aulnay ne peuvent gagner contre les suppressions d’emplois en se battant dos au mur dans leurs sites. Les salariés de New Fabris et autres sous-traitants de l’Automobile l’ont amplement montré. En se battant seuls, les salariés de la SNCM n’ont fait, comme les autres, que protester. Mais ils ne pouvaient faire reculer les classes dirigeantes qu’en dépassant le cadre étroit de leur entreprise et de leur profession, qu’en se battant comme élément avancé de leur classe, pour faire reculer les classes dirigeantes.

Tant que la classe ouvrière ne se donne pas les moyens de se faire véritablement craindre, il n’y aura que des défaites, des désillusions, des reculs sociaux de toutes sortes. Plus tôt les travailleurs se décideront à se représenter eux-mêmes, à s’unir eux-mêmes d’une entreprise à une autre, d’un secteur à un autre, plus vite nous feront reculer nos adversaires.

La première étape peut provenir d’une lutte locale, dans une entreprise, dans un secteur. Elle peut aussi venir de la décision des grandes entreprises comme PSA, Renault, General Motors, Arcelor de refuser collectivement, tous ensemble, les licenciements et le chômage massif.

Il faut que la peur change de camp. Il faut que les banquiers, les chefs des trusts, de la finance, que les bourses aient peur de tout perdre. Si nous n’allons pas jusque là, si nous voulons attendre d’Hollande qu’il nous sauve, que les patrons sauvent nos emplois, nous serons écrasés et battus… Si nous décidons de nous organiser pour nous battre, l’avenir est à nous.

Face au tsunami des licenciements qui approche, les syndicats, organisations de gauche et d’extrême gauche ne nous y préparent ni ne s’y préparent absolument pas…

8 Messages de forum

  • Le Parisien du 8 mai écrit :

    "C’est l’une des craintes de la nouvelle équipe au pouvoir : qu’une rafale de plans sociaux soit annoncée dans les semaines et les mois qui viennent, maintenant que la France a un nouveau président. Une crainte fondée. Ainsi, par exemple, dans l’agroalimentaire (ce secteur emploie 640 000 personnes en France), entre 20 000 et 30 000 postes seraient menacés chez Danone, Nestlé, Coca-Cola et bien d’autres.

    Petit tour d’horizon des entreprises qui envisagent de réduire leurs effectifs.

    Carrefour. Le syndicat FO redoute entre 3 000 et 4 000 suppressions de postes chez le premier employeur privé de France. L’objectif serait de supprimer 20 postes par magasin (200 établissements en France), tandis que les effectifs des sièges sociaux seraient allégés. La CFDT, deuxième syndicat de Carrefour, a estimé que les chiffres de FO sont « même sous-estimés ».

    PSA. Depuis quelques mois, des rumeurs circulent sur la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). En juin 2011, la CGT avait d’ailleurs révélé un document de travail interne faisant état d’une possible fermeture courant 2014. L’usine d’Aulnay, qui produit actuellement la Citroën C3, est le plus gros employeur privé de Seine-Saint-Denis, avec environ 3 100 salariés. Des menaces pèsent aussi sur le site PSA de Rennes (5 900 salariés), où devait être fabriquée la remplaçante de la Citroën C5.

    Areva. Le groupe nucléaire a annoncé, fin 2011, des suppressions d’emplois. Plus de 1 200 emplois seraient concernés en France. Finalement, après une réunion organisée en urgence à Bercy, Areva a revu sa copie. Il s’agirait en réalité d’un gel des recrutements qui se traduirait par 1 000 à 1 200 départs naturels par an. Soit 5 000 à 6 000 suppressions de postes d’ici à 2016.

    Air France. La première phase de réduction des coûts (gel des salaires, des embauches, baisse des investissements…), pour économiser un milliard d’euros sur trois ans, est terminée. En juin, le PDG, Alexandre de Juniac, passera à la seconde étape, la réduction des effectifs. Le guichet de départs volontaires pourrait concerner 2 000 collaborateurs sur les 55 000 salariés du groupe. Certains syndicats craignent « un plan social sans précédent ».

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  • La Nouvelle République écrit :

    « Selon la presse économique, de nombreux plans sociaux sont restés cachés pendant la présidentielle soit sous pression, soit par autocensure. Les Echos citent des entreprises comme Air France, PSA, Carrefour, Rio Tinto Alcan, Technicolor à Angers… qui seraient concernées. Le quotidien explique également qu’il faudrait surveiller Renault ou Areva dans les prochaines semaines. « Effectivement, nous avons des indicateurs clairs pour dire qu’il y a eu une attente du fait de la campagne présidentielle, commente Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT, chargé de l’industrie. Ceux qu’on connaît sont principalement ceux annoncés par la presse ». »

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  • On MARGIN CALL.

    Un film qui va sortir demain, à Cannes, ou je ne sais quand.

    Adulé par toute l’intelligentsia social-démocrate heureuse de revenir au pouvoir, avec le nouveau gouvernement de France.

    Tobie Nathan trouve un chef d’œuvre un film qu’il analyse comme suit :

    Les dieux de la finances sont plus forts que les hommes.

    Sans avoir vu le film, quand j’entends un critique me dire ça, je sens qu’il sort son flingue pour embrigader ma conscience. Un flingue idéologique sur la tempe, en quelque sorte.

    Si les dieux de la finance sont plus forts que les hommes, c’est qu’on nous dit que nous ne pouvons rien faire.

    Le gouvernement ne peut rien faire, mais la classe ouvrière, les prolétaires, les travailleurs, qui ne sont rien, eux peuvent devenir tout et réaliser ce que les dirigeants de la bourgeoisie et de son état sont et seront toujours incapables de réaliser : le contrôle de l’économie, puisque l’état est fait pour que ce soient les banques qui contrôlent cet état, pour le dire vite.

    Car en fait, l’état est fait pour être au service de la propriété privée, et donc des grandes entreprises, des banques, de la haute finance. Évidemment le rôle ses socio-démocrates, est précisément de masquer cette réalité. Ils proposent donc une idéologie défaitiste pour mieux pouvoir nous attaquer. J’identifie donc ce film comme une arme politique et idéologique puissante en faveur de la bourgeoisie et de son nouveau gouvernement de France.

    Les travailleurs peuvent, en s’organisant indépendamment du pouvoir en place, remettre tout cela en cause, et justement, faire en sorte que l’homme puisse prendre contrôle des richesses pour le bien-être de l’ensemble de l’humanité.

    Il s’agit ainsi de décrypter les pièges idéologiques de ce type de films.

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    • Pour avoir vu le film, il y a surement beaucoup de pièges mais surement pas celui qu’a voulu voir un réformiste comme tu l’expliques Ephraïm.

      Alors le mieux c’est que tu juges par toi même .

      Car qu’est ce qu’aurait dit un réformiste à propos d’un film comme "les sentiers de la gloire" sorti en 1957 , projeté en France en.... 1975.

      On peut imaginer qu’avec Mittérand en ministre de l’intérieur, de la justice sous guy Mollet, secrétaire de la SFIO jusqu’en 69, ce film américain dénonçant ouvertement la boucherie de la bourgeoisie française, a été accueilli par des critiques du type : "la guerre , c’est la guerre , on n’y peut rien, ça nous dépasse...".

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  • Les dieux de la finances sont morts

    et Dieu est loin des peuples dans ce monde de chaos .

    Il reste des morts vivants...des suceurs de sang.

    A travers ce film, les annonces de kraks, les yoyos boursiers, les faillites en chaines, la mécanique économique, ne sont plus des annonces sans visage.

    Ce film montre un système capitaliste dans sa nudité profonde. A nous de la voir si nous le voulons.

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  • "Comme dans les tragédies antiques, le film s’inspire, décrit et analyse la crise d’octobre 2008, lorsque les banques Goldman Sachs et Lehman Bros ont jeté sur le marché les avoirs pourris déclenchant un cataclysme mondial. Là aussi, Chandor est dans le vrai. Il nous propose une lecture immédiate de notre monde, là où on se doit de la voir, dans un bouleversement cosmique. La crise financière est l’équivalent du déluge mythique, de la destruction d’une ville, d’une guerre généralisée".

    La suite sur le blog deTobie Nathan.

    "Dans la tragédie grecque, les héros sont des héros parce qu’ils n’ont aucune prise sur les événements, puisque ce sont les dieux qui écrivent le destin du monde. La tragédie grecque est faite des réactions des humains face à la volonté des dieux, leur perplexité, leur révolte, leur soumission…"

    Je suis d’accord avec ça car les héros du film ne maîtrisent rien, même si on pense à la fin du film voir l’inverse dans la décision du grand patron.
    Mais ce qu’il dit en réunion d’urgence à tous les actionnaires principaux : "c’est terminé, c’est la fin du capitalisme".

    Les héros du film qui représentent les dirigeants du pouvoir économique mondial capitaliste n’ont et ne revendiquent aucun avenir pour le vieux monde.

    Eux ne font pas semblant de chercher comme les sociaux démocrates, l’extrême gauche, la droite, l’extrème droite, des solutions et des perspectives pour les exploités dans CE SYSTEME.

    Ce film montre juste cette rupture, ce point de non retour du système s’autodétruisant et que les classes dirigeantes en ont pleinement conscience et qu’ils ne peuvent rien y changer !

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