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Ils prétendent défendre le travail, mais c’est en s’attaquant aux travailleurs ! - Matière et Révolution
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Ils prétendent défendre le travail, mais c’est en s’attaquant aux travailleurs !

jeudi 4 octobre 2012, par Robert Paris

Les classes dirigeantes prétendent défendre le travail, mais c’est en s’attaquant aux travailleurs !

Les solutions pour faire face à la hausse des statistiques du chômage n’ont pas manqué. Tous les hommes politiques, tous les dirigeants syndicaux, tous les média, tous les commentateurs du café du commerce et, bien sûr, les patrons en ont une ou même plusieurs. Le débat court les rues et les cafétérias. Vous n’avez pas, vous aussi, une idée pour lutter contre la montée inexorable du chômage et la destruction inévitable de toute la société qui ne peut qu’en découler si on laisse faire ? Certainement que si ! Comment expliquez-vous alors que les travailleurs soient les seuls à ne pas s’assembler pour en discuter tranquillement et peser les différentes explications de la situation et les moyens d’y faire face ? Bien sûr, on en parle au travail car l’inquiétude est grande, mais il n’existe aucune réunion régulière où nous nous retrouvions pour en parler, diffuser les avis et les échanger. Les travailleurs seraient-ils les moins concernés par ce débat ? Certainement pas ! C’est seulement que toutes ces dernières années, on nous a trop habitués à discuter à notre place, à se contenter de voter pour d’autres qui vont décider à notre place. La première idée indispensable dans la situation d’effondrement économique, social et politique actuelle est que les travailleurs pourraient prendre un peu de temps chaque semaine pour se réunir régulièrement échanger des avis sur la signification ce qui se passe et les conséquences à en tirer. C’est une condition pour que d’autres ne nous préparent en douce la sauce à laquelle on va être mangés !

Le patronat parle de « flexisécurité », signifiant ainsi qu’il serait nécessaire de rendre les contrats plus précaires pour que les licenciements soient… moins nécessaires. On serait ainsi licencié sans… licenciement ! Où est le progrès pour nous, on ne voit, et pour les patrons, on ne voit que trop !

Le gouvernement a d’autres mots et les mêmes buts, avec ses « chocs compétitivité ». Il pratique déjà la précarisation des emplois de fonctionnaires, n’embauchant plus que des précaires, précarisant de plus en plus les professions enseignante ou de santé, flexibilisant le travail des fonctionnaires, avec les brigades volantes pour boucher les trous de personnel liées au non remplacement des personnels partant en retraite…

On comprend que, dans les négociations syndicats/patronat/gouvernement, avec quelques syndicats de cadres et quelques syndicats pro-patronaux, les syndicats réformistes, tous les autres, sont prêts à discuter de la manière dont on va se faire plumer ! Loin de combattre le chômage, les accords qui peuvent sortir de ces négociations au sommet et sans lutte ne peuvent qu’être des chantages à l’emploi en échange de blocages puis de réductions de salaires, de flexibilité du travail, d’accroissement de l’exploitation du même type que celle que PSA vient d’imposer à Sévelnord. Et encore, ce type d’accord ne peut que mener à de nouveaux chantages patronaux et à de nouveaux licenciements et fermetures d’usine.

La seule manière pour la classe ouvrière de se défendre serait l’attaque et non l’acceptation de sacrifices, car le problème posé n’est pas d’abord économique. Il ne s’agit pas, contrairement à ce que nous racontent patrons et gouvernement, d’améliorer la compétitivité du travail en France par rapport à la concurrence. Car telle n’est nullement la cause de l’essentiel des disparitions d’emplois. Il s’agit seulement de faire payer les travailleurs parce que le capital veut se désinvestir et tâcher de faire autant de profit en investissant moins. Les sacrifices ne pousseront nullement le grand capital à s’investir plus et ils n’auront donc aucun effet positif pour l’emploi.

Politiquement, les suggestions gouvernementales ne servent qu’à détourner la classe ouvrière de la lutte en faisant croire que le gouvernement cherche « des solutions » et en laissant entendre que, si les travailleurs acceptent de perdre un peu, ils gagneront un peu plus de sécurité de l’emploi. Des pays comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal nous montrent que, plus les travailleurs accepteront de sacrifices, plus on leur en demandera et plus les emplois chuteront. Plus les syndicats se réuniront avec nos ennemis, les patrons, moins les délégués ne se réuniront avec les travailleurs et plus ils se retrouveront comme des tampons entre travailleurs et patrons, jouant un sale rôle dans une situation où ce sont les patrons qui sont à l’offensive.

Ni gouvernement, ni syndicats, c’est en effet l’ensemble du patronat qui mène l’offensive par une vague de suppressions d’emplois d’une ampleur jamais connue. Et, si cette première vague passe, il y a un nombre encore plus grand d’entreprises qui s’apprête à licencier et fermer des usines. Même les entreprises qui en auront pratiqué, ne s’arrêteront pas en si bon chemin.

Ce n’est pas des suppressions d’emplois à motif conjoncturel comme on en connu dans le passé. Ce n’est pas des suppressions d’emplois d’un secteur économique particulier momentanément sinistré ou battu par la concurrence. Non, c’est une vague massive de désinvestissements de tous les capitalistes qui n’est limitée que par la nécessité de ne pas susciter une réaction convergente des travailleurs de tous les secteurs et de tous les sites.

Plus les travailleurs qui sont les premiers attaqués unifieront leurs luttes par delà les sites, les professions et les secteurs, plus le patronat y regardera à deux fois d’étendre les suppressions d’emplois. Le capitalisme n’est plus synonyme de développement des entreprises, de multiplication des investissements productifs et donc d’augmentation des emplois. C’est une tendance de fond et pas un phénomène conjoncturel. Il est donc nécessaire que nous prenions en compte ce changement et cessions de croire que c’est tel ou tel patron qui nous atttaque sauvagement alors que c’est toute la classe capitaliste.

Il est nécessaire également que nous cessions d’accepter que des syndicats qui prétendent nous représenter signent des accords qui remettent en cause nos salaires, nos conditions de travail et nos contrats, sous le prétexte de préserver les emplois, quitte ensuite à se plaindre amèrement qu’ils ont été trompés par le patron ! Il est encore plus nécessaire que nous prenions en compte qu’il n’existe plus aucune base pour une collaboration de classe autre que la trahison pure et simple des intérêts des travailleurs. Négocier, aujourd’hui, c’est déjà signer de graves reculs, c’est déjà admettre de céder aux chantages, c’est déjà pactiser avec nos ennemis mortels ! Cela signifie que c’est entre nous que nous devons nous réunir, sur les lieux de travail, sur les lieux d’habitation et pas avec des représentants de la classe capitaliste ni du gouvernement. Il est aussi nécessaire que nous cessions de discuter des mesures gouvernementales comme si c’est du pouvoir bourgeois qu’il y avait à attendre des mesures en notre faveur.

Nous n’imposerons pas au gouvernement d’être autre chose qu’une machine de guerre contre les travailleurs et, en demandant au gouvernement de nous aider, nous ne ferons que discréditer la force des travailleurs.

Non ! Ce que nous pouvons discuter entre nous, travailleurs, c’est de la manière de défendre nos intérêts de classe en frappant les intérêts de ceux qui veulent détruire nos emplois, nos salaires, nos conditions de travail, notre sécurité, notre santé, nos services publics, notre logement et la vie de nos familles.

Comment s’attaquer aux licencieurs ? Certainement pas en leur cédant, en négociant des reculs ! Comment frapper au coffre-fort tous les Varin qui prétendent nous jeter à la rue ? Certainement pas en cantonant la lutte aux seules entreprises Peugeot ! Comment faire peur aux banquiers pour leurs banques, aux grands capitalistes pour leurs investissements et leurs trusts ? Certainement pas en acceptant, comme le prétendent le gouvernement et les syndicats, qu’il faut faire des efforts pour « redémarrer l’économie », pour « aider l’industrie », pour « relancer le capitalisme en France », pour « produire français » !

Il ne faut pas craindre de sortir des sentiers battus des méthodes bien tranquilles des luttes syndicales du passé parce que les patrons, eux, ne craignent pas non plus de sortir des sentiers battus des méthodes antisociales douces.

C’est de tout cela que les travailleurs qui ne veulent pas se laisser faire peuvent discuter entre eux s’ils mettent en place des rendez vous dans les entreprises et les quartiers, points de rencontre où ils pourront échanger leurs avis, leurs informations, leurs conceptions et méthodes de lutte. L’avenir dépend plus de ce type de méthode d’organisation que des grandes centrales syndicales ou des partis politiciens.

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