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La chasse aux femmes est ouverte en France - Matière et Révolution
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La chasse aux femmes est ouverte en France

mercredi 7 novembre 2012, par Robert Paris

La chasse aux femmes est ouverte en France

Le lundi 15 octobre à 18h30, nous nous rassemblerons devant le Ministère de la Justice - Place Vendôme – Métro Tuileries parce que Nina et Stéphanie, qui avaient porté des affaires de viols collectifs en justice, n’ont pas été considérées comme des victimes par le jugement qui a acquitté la plupart des accusés. En fait, au départ il y avait trois victimes. La première a vu son affaire « classée sans suite ». La deuxième n’a pas été reconnue comme victime et on a considéré qu’elle avait menti. La troisième a été reconnue comme victime de viol mais la plupart des accusés par elle ont été blanchis !

Trois ans de sévices sexuels, voilà qui se termine par quasiment rien… 10 acquittements et 4 condamnions, allant de 3 ans avec sursis à 1 an de prison ferme !

Les procès pour des tournantes sont rares et la Justice ne pouvait pas ignorer que celui-ci avait valeur de démonstration.

Et, du coup, des milliers d’autres femmes n’oseront pas porter plainte, ne croiront plus en la possibilité de rendre justice, et que des milliers de violeurs potentiels se sentiront blanchis dans leurs actes horribles. Et ce n’est nullement un malheureux hasard lié à une cours particulièrement obtuse. Non ! D’abord l’enquête policière elle-même a été bâclée. Et cela non plus n’est pas un hasard. Demandez aux femmes qui ont essayé de porter plainte dans un commissariat comment elles sont accueillies !!! Demandez leur aussi si le reste de la société les a soutenues, leur a donné leur témoignage.

Certains voudraient nous faire croire que les violences contre les femmes, la haine des femmes, le mépris des femmes, ce ne serait bon qu’au Mexique, en Inde ou dans le monde musulman. Mais c’est complètement faux ! Le mépris des femmes, les violences contre les femmes ont lieu dans tout le monde occidental et en particulier en France et elles ne reculent nullement. L’exemple de DSK n’était même pas nécessaire pour le prouver. Des exemples, il y en a eu dans l’armée, dans la police, à la SNCF, à Disney, dans des mairies, dans des grands trusts, , des banques, etc, etc… Des femmes qui subissaient des agressions de la part de leur supérieur hiérarchique. Et ce n’est là qu’un exemple. Il y a aussi des violences dans des milieux divers comme les banlieues. Mais ce n’est pas un cas à part. Il ya des agressions contre des jeunes filles au pair, contre des domestiques dans des milieux huppés. On dit dans ces milieux « la bonne qu’elle a cru que l’ambassadeur allait se marier avec elle parce qu’elle s’était faite engrosser ». Des milieux comme celui de DSK, c’est-à-dire aussi de son ami intime Sarkozy, déclarent qu’on peut « trousser la bonne » !!!

Le sondage Louis Harris montre une première réalité des violences subies par les femmes :

48 % des femmes affirment qu’elles travaillent dans un climat général sexiste et déplaisant

63 % déclarent avoir fait l’objet de propos et de gestes douteux

60 % ont été victimes d’avances répétées malgré leur refus et 12 % d’avances sont assorties de chantage

Selon deux enquêtes de l’INSEE et de la DRTEFP, DDTEFP, et AMET « Cadre de vie et sécurité » réalisée en 2008 par l’INSEE, il y a en France 34 viols par jour sur le lieu de travail, 722 femmes par jour ont souffert de caresses, baisers et autres gestes déplacées non désirés, ceux-ci ont été commis dans 25% des cas sur le lieu de travail. Et un chiffre hélas peu surprenant : 98% des victimes n’ont pas engagé de poursuites judiciaires.

Pour conclure sur l’aspect statistique des violences, nous avons également à notre disposition les statistiques publiées par l’AVFT, à partir des femmes reçues en entretien dans leurs locaux, des témoignages qui permettent un éclairage qualitatif des violences subies par les femmes :

14 % sont victimes de viol,

56 % d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel,

20 % de harcèlement sexuel,

10 % de discriminations liées au sexe.

En France, 1 femme sur 10 est victime de violence

1 femme sur 6 se plaint de pressions psychologiques au travail

1 femme est violée toutes les 7 minutes

60% des enfants témoins souffrent de stress post-traumatique.

1 femme est tuée tous les 2 jours ½ par son compagnon

1 femme violée sur 5 fait une tentative de suicide

1 femme sur 8 est victime de violences conjugales

Les victimes d’agressions sexuelles sont huit fois plus susceptibles de faire des tentatives de suicide.

Comme par hasard, c’est encore en France qu’un organisme au dessus des gouvernements, le conseil constitutionnel décidait d’abroger purement et simplement le délit de harcèlement sexuel au lieu de demander au gouvernement de l’amender. L’innocence de cet acte était cousue de fil blanc, sachant que ce délit avait vingt ans et que cet organe d’Etat s’avisait un peu tard de son « anti-constitutionnalité ».

Entre le tiers et la moitié des femmes, en France comme en Europe, ont subi des harcèlements sexuels au travail. C’est elles qui subissent de plein fouet la décision du conseil constitutionnel d’abroger avec effet immédiat la loi sur le harcèlement sexuel qui a pour effet de libérer toutes les personnes accusées de harcèlement et de jeter dans l’enfer toutes celles qui se défendaient en les faisant passer en justice. Toutes les procédures en cours contre les harceleurs sont en effet annulées immédiatement. Les Tron et autres DSK respirent... C’est un ancien élu, condamné pour harcèlement, qui avait saisi le conseil constitutionnel, cet aréopage bureaucratique de la république bourgeoise, pour lui demander abrogation. Un harceleur a donc obtenu l’annulation d’une loi sur le harcèlement par l’une des plus "hautes" autorités de la "plaie publique"...

Les affaires en cours sont donc blanchies. Même si le législateur intervient en urgence dès juillet pour créer un nouveau délit (sur la base de la définition européenne comme le demande les associations et le rapport de la mission parlementaire sur les violences faites aux femmes qui a été présidée par Danielle Bousquet), la loi pénale n’est pas rétroactive et ne pourra donc s’appliquer aux affaires en cours à la date d’aujourd’hui.

Le harcèlement des femmes n’a rien de marginal. Au Japon, les lignes ferroviaires ont été jusqu’à créer des wagons réservés aux femmes pour l’éviter !!!

En France, le délit de harcèlement sexuel a été introduit dans le code pénal par une loi de 19921, précisée en 1998. Jusqu’au 17 janvier 2002, l’article 222-33 du code pénal indiquait : « Le fait de harceler autrui en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende. »

La loi du 17 janvier 2002 a modifié cet article dans le but d’élargir le champ d’application du harcèlement sexuel en supprimant certains éléments qui permettaient de le qualifier3. L’article est alors devenu « Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende. »

Lors des affaires portées devant un tribunal ou un juge d’instruction, toute la difficulté consistait pour le plaignant à apporter un faisceau d’éléments de preuves dans une affaire de type « ni vu ni connu » qui se passe sans témoin, éléments concernant à la fois la réalité de faits ou paroles. C’est là que se situait le problème juridique concret du fait de l’absence d’élément matériel et de la possibilité de quiproquos et mauvaise interprétation de propos ambigus.

Toutefois, depuis 2003, la victime n’avait plus à établir la réalité de son absence de consentement à ces pratiques, le harceleur présumé devait apporter des éléments objectifs justifiant son comportement. Une décision rendue le 23 mai 2007, par la Cour de cassation, a reconnu que l’usage d’un SMS était de nature à établir la réalité des faits, en l’occurrence, un message envoyé par le harceleur. La décision de mai 2012 annulant la loi est donc la découverte soi disant faite dans une loi qui a été lue et relue mille fois qu’un point d’anticonstitutionnalité s’y était introduit...

Connaissez-vous ce haut conseil du harcèlement constitutionnel ? C’est un organisme dont plusieurs membres, dont Charasse et Giscard d’Estaing, ont défendu personnellement Mr Ducray, ancien secrétaire d’Etat qui avait été condamné pour harcèlement donc un organisme en dessous de tout soupçon !

Nous ne reconnaissons à aucun organisme d’Etat ni au gouvernement ni à la Justice la capacité de se battre pour les droits des femmes qu’ils ont sans discontinuer, gauche et droite réunis, bafoués sans arrêt. Les droits des femmes sont ceux des femmes qui luttent elle même pour leur émancipation et n’attendent rien des Etats patriarcaux et bourgeois.

Les discours officiels laisseraient entendre que les gouvernants et les classes dirigeantes souhaitent combattre les violences faites aux femmes. Mensonge ! Ce sont eux qui favorisent depuis des lustres la tendance de la société à se fonder sur l’oppression de la femme. Et ce n’est pas un hasard : cette oppression a considérablement stabilisé la société de classe. Et ce n’est pas aujourd’hui, alors que le capitalisme est ébranlé, que ces classes dirigeantes vont abandonner cette méthode si profitable...

Ce ne sont pas seulement "les hommes" qui sont à accuser mais ceux qui mettent en place cet ordre social. Il est faux de prétendre que les mentalités et la culture des peuples sont la cause. Qui peut croire qu’on laisserait quelqu’un attaquer une banque sous le prétexte que ce serait dans sa mentalité ou sa culture ?

Les violences faites aux femmes n’ont rien à voir avec des mauvaises pratiques qui dévieraient du comportement social collectif. Au contraire, elles appartiennent à ce comportement collectif voulu par les classes dirigeantes, nationales comme internationales.

Loin d’être un havre pour les femmes, les sociétés occidentales sont les plus hypocrites des dictatures contre elles. Et cela ne s’améliore pas, contrairement à ce que l’on prétend. On assiste au retour en force de l’idéologie de la femme-mère qui ne peut qu’être une procréatrice, qui doit d’abord être attirante pour l’homme et doit lui obéir en tout. Avec, comme nouveauté, le culte de la femme dominée, sujette aux fantasmes de l’homme, comme le prétend le roman Fifty shades.

Dans la société actuelle, hommes et femmes sont portées systématiquement vers l’opposition homme/femme et vers une hypertrophie de la sexualité. Ce n’est pas une évolution naturelle des êtres humains mais un choix de la société. Ce choix de la société est, comme tous les autres, un choix des classes dirigeantes qui accentuent ainsi leur mainmise sur les classes populaires en offrant une supériorité accentuée sur les femmes, laquelle ne signifie nullement une libération plus grande des hommes mais une satisfaction de domination qui n’est en rien naturelle.

Les classes dirigeantes n’ont connu de stabilité que lorsqu’elles ont imposé la domination de l’homme sur la femme . Les intérêts de la bourgeoisie ont toujours été d’appuyer les divisions de la société, toutes les divisions, qu’elles soient sexuelles ou raciales, entre jeunes et vieux, entre genres, entre régions, entre avec et sans papiers, entre hommes et femmes, entre Français et immigrés et on passe. Ce n’est pas en pleine période de crise de la domination de la bourgeoisie que l’Etat va se faire le défenseur des droits des femmes.

Si la soumission des femmes (transmise d’ailleurs en grande partie par les femmes elles-mêmes) est un pilier fondamental du conservatisme social, idéologique, politique, la rupture de cette chaîne est le signal de la révolution sociale. Le point principal est dans l’organisation. De même que l’essentiel est que les opprimés s’organisent en comités révolutionnaires, en conseils, en soviets, en coordinations, l’essentiel, pour les femmes, est qu’elles recommencent à faire directement de la politique en participant à toutes les formes d’organisation et à tous les niveaux.

« La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle devrait aussi avoir le droit de monter à la tribune. » clamait Olympe de Gouges durant la révolution française, elle qui écrivait dans son Testament : « Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers, reconnais tes droits. (...) L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est de venu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? (...) Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir. »

La liberté retrouvée ne sera pas celle d’un « bon gouvernement » ni d’une bonne justice au service des citoyens qui n’ont jamais existé que dans les belles paroles des politiciens de gauche, pas dans leurs actes. Elle sera celle de l’abolition des classes sociales et des Etats capitalistes qui propagent ces violences comme mode de gouvernance de la société.

“Dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale." disait le socialiste Charles Fourier.

A bas l’oppression, l’exploitation, le mépris, l’exclusion, la discrimination, les inégalités et les violences faites aux femmes !

Quand les femmes bougent, le monde se soulève ! Ce n’est pas en France que l’on peut l’oublier où les révolutions ont toujours été le fait des femmes, de 1789 à la Commune de Paris de 1871 !

Femmes, mes sœurs, hommes mes frères, compagnons dans la vie et camarades dans le combat contre cette société d’oppression, battons nous ensemble pour la transformer et nous nous battrons en même temps pour faire cesser l’oppression de la femme par l’homme.

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