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D’ArcelorMittal à PSA : on n’est jamais trahi que par les siens - Matière et Révolution
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D’ArcelorMittal à PSA : on n’est jamais trahi que par les siens

samedi 1er décembre 2012, par Robert Paris

D’ArcelorMittal à PSA : on n’est jamais trahi que par les siens

Des syndicats de ArcelorMittal (Fleurange) s’estiment trahis. Des syndicats de Ford (Belgique) aussi. Sans parler des syndicats de Continental ou de Vilvoorde. Ce sont tous des syndicats qui onr dit qu’ils croyaient à la parole du patronat cautionnée par le gouvernement. Et, sur cette parole ont accepté des sacrifices en échange d’une promesse d’avenir des emplois... Par exemple à Continental où les syndicats ont signé un accord sur les 40 heures payés 35 heures soi-disant « pour sauver l’entreprise » et qui n’a pas empêché la fermeture. Il en va de même pour l’accord cautionné également par les syndicats à Arcelor-Mittal. Ce sont les syndicats de Caterpilar qui ont accepté les 600 licenciements, sous prétexte que le patron était passé d’un projet de 600 à 730 licenciements puis de nouveau à 600. Jusqu’à la dernière minute, le syndicat CFTC majoritaire dans l’usine Continental de Claroix se disait « sûr de l’avenir du site » et « faisait confiance à la direction et à Sarkozy ». Et ce n’est qu’un exemple parmi de multiples cas du type de l’entreprise Périer, où la CGT avait fait pression sur sa section locale pour qu’elle accepte un chantage patronal.

Les syndicats d’ArcelorMittal crient à la trahison et ils étaient fiers, la veille, d’avoir bu le café avec le ministre qui avait été gentil avec eux !!! Quelques mois ou années avant, ils auraient été fiers de leur négociations avec Mittal ! C’est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...

Les syndicalistes d’ArcelorMittal affirment être fiers d’avoir toujours agi dans l’unité pour ne pas céder aux chantages et pressions du patron et du gouvernement. Mais pourquoi leur unité devrait-elle s’arrêter aux portes de l’entreprise, pourquoi n’agiraient-ils pas avec les Peugeot, avec les Petroplus, avec les salariés des banques dont on supprime aussi les emplois, avec les cheminots, avec les infirmières et aides soignantes, avec les fonctionnaires du Trésor public qui subissent eux aussi des licenciements. Et faut-il se féliciter que les syndicats se disent trahis puisque cela signifie qu’ils avaient signé des accords avec la direction de Mittal, accords cautionnés par les gouvernements successifs ?

A PSA, loin de proposer la grève aux salariés, les dirigeants syndicaux de PSA n’ont fait qu’affirmer que tout allait provenir des négociations et n’en ont pas manquée une. Pas de lutte réelle par contre, pas même à Aulnay où la fermeture est toujours programmée !!!

Il ne s’agit pas ici de faire semblant de découvrir que les syndicats sont réformistes. Cela ne date pas d’hier. Par contre, aujourd’hui, il n’y a plus aucune base au réformisme. C’est les contre-réformes, les remises en cause et les reculs qui sont signés par des syndicats fanatiques de l’accord. En cela, la CGT a rejoint les autres syndicats, et les a parfois dépassés même, dans sa course à la signature d’accords. Et on voit que le bilan n’en est nullement une amélioration de la situation des travailleurs.

Les salariés de Continental (Clairoix) avaient appris la fermeture de leur entreprise de pneus. Cela signifiait 1200 licenciements. C’est une usine dans laquelle gouvernement, patronat et syndicat avaient prétendu éviter un plan social en faisant accepter aux salariés un passage à 40 heures.

Toute la France a reçu les message suivant : "Les syndicats de Continental sont sur le cul. On a accepté la flexibilité, la réduction des salaires, travailler 40 heures payés 35, pour éviter la fermeture » osent dire les responsables du syndicat majoritaire CFTC ! C’est eux qui ont conseillé aux salariés d’accepter ce marché de dupes, ce chantage plus exactement. Ils ont tenu leur promesse et s’étonnent que les patrons ne tiennent pas la leur… La stratégie syndicale de négociation est complètement caduque, quand elle ne se retourne pas directement contre l’intérêt des travailleurs. On l’avait déjà vu à Continental où les salariés avaient accepté de travailler 40 heures payés 35 heures mais cet « accord » patronat/syndicat pour « sauver l’entreprise » n’a pas empêché la fermeture. Les responsables syndicaux de Continental n’en ont pas moins continué la même stratégie de négociations avec le gouvernement et le patron. Pas plus que l’accord cautionné également par les syndicats à Arcelor-Mittal. Ce sont aussi les syndicalistes locaux de Caterpilar qui ont accepté les 600 licenciements, sous prétexte que le patron était passé d’un projet de 600 à 730 licenciements puis de nouveau à 600. Jusqu’à la dernière minute, le syndicat CFTC majoritaire dans l’usine Continental de Claroix se disait « sûr de l’avenir du site » et « faisait confiance à la direction et à Sarkozy ».

Et que peut-il arriver aux syndicalistes de PSA Sevelnord ou partout où des syndicats vont signer des « accords de compétitivité » ? Et, avec tout ça, on trouve encore des dirigeants syndicaux qui veulent nous faire croire qu’ils vont « nous sauver » en négociant un « moindre mal » avec les patrons comme à Arcelor-Mittal (Gandrange). Ou encore comme à Périer ou Bernard Thibaut s’est déplacé en personne pour convaincre sa sections syndicale de signer une tel chantage patronal à la fermeture. Les syndicats l’ont fait également dans l’Automobile, par exemple à PSA avec l’ancien PDG Streiff…On a vu où ça menait d’avoir accepté les plans de suppressions d’emplois précédents, de départs soi disant volontaires !

Rappelons-nous : les syndicats avaient accepté tous les sacrifices et toutes les surcharges de travail. Où ? A Renault-Vilvoorde ! Les syndicats de Peugeot-Ryton (Grande Bretagne) en avaient fait de même avec le même résultat final. Plus vite les salariés ont cédé au chantage patronal, plus vite ils ont été virés, même s’ils avaient cru trouver « une solution pour éviter le pire ».

La direction obtient pour cela la signature des syndicats. Au lieu de se battre contre ces plans de plus en plus destructeurs, ils accompagnent les attaques de la direction qui avait besoin de cette signature. Pour mettre au chômage partiel les centres techniques et administratifs, les cadres et les ETAM. Elle a aussi besoin de leur caution pour faire croire qu’elle fait cela pour notre bien, que les patrons et les salariés seraient du même bord face à la crise, que c’est équitable de répartir entre salariés les frais d’une crise dont les possesseurs de capitaux sont les responsables. Faire croire aux promesses du patron ou refuser de s’y opposer fermement, les syndicats de Renault sont sur la même pente glissante que ceux de Continental qui nous disent, mais un peu tard, qu’ils s’étaient fait enc…. !

On en arrive aux négociations actuelles, à PSA, à Renault, comme au niveau national.

Des prétendues négociations qui ont lieu sous le couperet des suppressions d’emplois. Les participants syndicaux eux-mêmes dénoncent un chantage mais continuent pourtant à y participer comme si négocier était inévitable.

Et que signifie négocier sans véritablement lutter, sans organiser la riposte ouvrière, en faisant comme si tout allait dépendre du gouvernement qui devrait, selon les syndicats, aider les travailleurs ! Ah oui ! Le gouvernement bourgeois, en période de crise, va combattre la bourgeoisie !!! Elle est grosse la ficelle ! Et ensuite, les dirigeants syndicaux se plaindront de Hollande comme ils se sont plaints de Sarkozy !

Il n’est bien sûr pas question de remplacer ces plaintes par celles contre les dirigeants syndicaux. Ce serait tout aussi inutile. Ils ne changeront pas, même si nous faisions pression sur eux. De même que tous les Hollande ou Montebourg ne cesseront pas de se moquer de nous en continuant à défendre les patrons avec un discours hypocritement en notre faveur…

Eh bien, comme pour les retraites, la partie entre ces 3 compères (syndicats/Etat/bourgeoisie) est déjà jouée d’avance. Les "experts" de Montebourg (traduisez escrocs) ont le droit de venir dans les salons avec nos stratèges spécialistes en défaite que sont les chefs syndicaux.

Par contre, nous pouvons nous-mêmes, par l’action directe, en nous organisant sur nos propres bases de classe, les faire tous reculer.

La gauche syndicale celle de Thibault et Chérèque, comme Lepaon ou Berger, ne connait pas le mot "grève générale" et l’exclut même de l’histoire du mouvement ouvrier. Elle ne connaît pas les comités ouvriers, les conseils de salariés, les coordinations… toutes les manières de la classe ouvrière de s’unir et de décider elle-même de son propre sort !

La classe ouvrière doit plus que jamais ne pas confier son sort à ces bourgeois de gauche, ces opportunistes communistes d’extrême gauche et bien sûr ces assassins d’extrême droite, qui n’ont que des perspectives menant droit dans le mur et à la pire des situations sociales !

La seule perspective est de construire des comités de lutte partout avec les chômeurs, travailleurs, jeunes et vieux dans la précarité. Tant que les exploités n’ont pas le pouvoir eux-mêmes sur leurs propres luttes, ils ne sont rien.

La lutte contre les licenciements n’est pas seulement celle d’une entreprise ou d’un quartier. Les patrons le savent et tant que nous restons chacun dans nos ateliers ou à la maison, ils ne craignent rien !

Si nous savons nous unir par delà les professions, les entreprises et les sites, la force, c’est nous, les travailleurs. C’est à nous de décider de notre avenir et de nos luttes. Le moins que l’on puisse faire, c’est de ne pas laisser les attaques patronales se dérouler dans le plus grand silence. Il faut « l’ouvrir » dans les réunions, ne pas rester isolés, ne pas accepter que chacun soit seul devant le patron, prendre contact avec les autres salariés du site comme d’autres sites, du groupe comme d’autres groupes. C’est cela se donner des perspectives. Il faut compter d’abord sur nous-mêmes et pas sur ceux qui prétendent nous représenter. Et surtout, il faut commencer à nous faire craindre du patron. On écrase des travailleurs qui se laissent mener par le bout du nez. On se fera respecter quand on se donnera les moyens de discuter et de décider pour défendre collectivement nos intérêts.

Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C’est normal : ils ont considéré qu’ils étaient du même bord, à défendre l’entreprise, à défendre la région, à défendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : à défendre les prolétaires fût-ce aux dépens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de défendre leurs profits, fût-ce en nous assassinant !

A nous d’en tirer les leçons pour le combat qui vient…

Que feraient de plus des comités de salariés que ne font pas les dirigeants syndicaux ? Prenons l’exemple des licenciements à LIP ! Le comité de salariés, loin de pleurer après les patrons et le gouvernement, avait mené l’action directe, n’avait pas craint de saisir le capital (argent, montres et plans) et de refuser la légalité patronale, pour ensuite réquisitionner l’entreprise et la faire tourner au seul profit des salariés !

Pour les salariés de ArcelorMittal ou de PSA, déçus que la nationalisation soir refusée par le gouvernement de gauche, il y a une toute autre perspective : la socialisation, c’est-à-dire la réquisition par des comités de travailleurs de toutes les entreprises qui licencient... Mais il faudra aussi se convaincre qu’il ne faut pas confier la tâche à des dirigeants réformistes mais la réaliser nous-mêmes.

1 Message

  • Voilà comment les syndicats de PSA Rennes expliquent la situation et cela montre pourquoi ils n’appellent même pas à une grève !!!

    Le plan social du site PSA de La Janais, près de Rennes, qui prévoit la suppression de quelque 1.400 postes, est officiellement mis en œuvre ce jeudi 2 mai. Tous les salariés, en chômage technique jusqu’au 13 mai, recevront durant le mois prochain un courrier leur précisant les secteurs touchés par les suppressions de postes. Ils auront jusqu’au 31 décembre pour se positionner sur les offres de départ volontaire. Si le nombre escompté de départs volontaires n’est pas atteint d’ici décembre 2013, les départs devraient se traduire ensuite par des licenciements économiques.

    A La Janais, où travaillent quelque 5.500 personnes, dont 4.500 impliqués directement dans la production automobile, le plan de restructuration se traduit par la suppression de 1.364 postes, en principe sur la base de départs volontaires. La direction mise sur quelque 400 départs dans le cadre de la mobilité interne, autant dans le cadre de la réindustrialisation du site, et 600 départs dans le cadre de la mobilité vers l’extérieur. Parmi ces 1.364 personnes, 250 pourront partir dans le cadre d’un "congé senior", une mesure qui leur permettra de partir tout en bénéficiant pendant 36 mois maximum d’un salaire correspondant à 65% de leur salaire brut, le temps d’atteindre la date de leur retraite à taux plein.

    Concernant la réindustrialisation du site, son directeur Jean-Luc Perrard a indiqué que PSA avait pris "de l’ordre de 1.300 contacts en France et 210 au niveau international" pour l’implantation d’entreprises. "On a sept dossiers plutôt encourageants", a-t-il dit, ne citant que celui de la SNCF qui concerne un projet de rénovation de rames TGV. Quatre-vingts salariés seraient concernés et seraient mis à disposition de la SNCF "pendant 5 ans avec un minimum de 3 ans", a précisé M. Perrard. Le site de La Janais, d’où sortent les Peugeot 508 et les Citroën C5, assemblera la remplaçante de la C5 à partir de 2016.

    Michel Bourdon, délégué du syndicat CGT, majoritaire à La Janais tous collèges confondus, a déploré que "dans le plan, il n’y a rien, sauf le dossier SNCF. Et encore, ça ne concerne que 80 emplois". "On va passer à 4.000 et devenir une petite usine. Il n’y aura plus assez de monde pour relancer une activité soutenue", a-t-il estimé, interrogé par l’AFP. David Ruellan, du Syndicat indépendant de l’automobile (SIA), a fait part de son "sentiment de frustration". "On a connu le site de Rennes avec plus de 10.000 salariés", a-t-il commenté, "là, il y a un salarié sur 4 qui va partir, on se retrouve avec 4.000 salariés, il faut espérer que ceux qui vont rester n’auront plus à subir un nouveau plan". "Je ne peux pas dire que je suis confiant", a dit de son côté Pierre Contesse (FO). "Mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il y a des moyens qui ont été mis en oeuvre pour que les gens puissent réfléchir de manière sereine".

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