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Les différents courants politiques au Mali - Matière et Révolution
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Les différents courants politiques au Mali

samedi 19 janvier 2013, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Manifestation de la Coalition pro concertations immédiates, notamment le Dr Oumar Mariko, Pr Younouss Hamèye Dicko, Dr Adama Traoré, Pr Rokia Sanogo, Amadou Soulalé, Mamadou Boré

Les différents courants politiques au Mali

Les courants politiques maliens se sont considérablement divisés face aux événements récents, allant des adeptes de la guerre à ceux de la paix, des groupes qui tournent vers l’islamisme radical à ceux qui le combattent, du soutien à l’intervention française à l’attitude inverse, du soutien au président par intérim choisi par la Cedeao et la France à sa dénonciation virulente, etc… Ce qui caractérise ces courants, au-delà de ces divisions radicales, c’est les multiples changements liés à des tournants invraisemblablement rapides de la situation du pays.

La chute d’ATT (Amadou Toumani Touré), suite à la révolte des petits soldats qui a suivi l’occupation du nord du Mali par les bandes armées islamistes ou touarègues puis l’intervention militaire française au nord comme au sud, avec en particulier l’occupation de Bamako cautionnée par le capitaine Sanogo, chef des bérets verts et chef de la révolte puis président ayant réussi à s’entendre avec la Cedeao et la France pour finir par cautionner l’intervention militaire de la France alors qu’il s’était dit le champion du camp de l’intervention des seules forces armées maliennes, tous ces événements incroyables ont complètement chamboulé l’opinion populaire, l’opinion petite bourgeois et l’opinion bourgeoise au Mali.

Et ce sont effectivement tous des événements étonnants, incroyables, complètement imprédictibles, difficiles à interpréter, sur lesquels les opinions sont multiples et complètement contradictoires. Toute le population malienne en a été complètement bouleversée et tous les anciens clivages sont modifiés.

L’armée au pouvoir depuis des décennies, depuis le coup d’Etat de Moussa Traore, n’avait jamais connu une telle division, un tel discrédit de sa haute hiérarchie au point que les chefs militaires n’osaient plus parler, prendre position, pas même dénoncer les soldats révoltés ni les appeler à rentrer dans l’ordre.

La division du pays apparaît comme une blessure inimaginable. On en oublierait presque que les frontières apparemment intangibles n’étaient que celles imposées à l’indépendance par la France, le colonisateur. Et encore, pas imposées quand la France dominait ce territoire. Car alors, elle préférait constituer un vaste pays de tout l’ouest de l’Afrique, appelé l’Afrique orientale française, l’AOF. C’est seulement au moment d’accorder l’indépendance qu’elle a commencé à constituer des zones plus petites, moins viables. Par exemple, un grand Mali dont une grande partie ne contient que du désert et qui n’a aucun débouché sur la mer, ce débouché étant constitué d’un autre pays, le Sénégal. Pourtant, des deux côtés de ces frontières entre Mali, Sénégal et Mauritanie, on trouve les mêmes familles, le même peuple, avec les mêmes ethnies noires ou touarègues.

L’un des éléments de l’opinion malienne et des courants politiques maliens, même les plus situés à gauche, c’est le nationalisme malien. Les frontières du Mali sont considérées comme des biens communs du peuple malien. C’est dire que l’occupation de la moitié nord peut apparaitre comme une catastrophe, sans même parler des exactions subies par les civils au nord du pays du fait des actes des groupes armés terroristes.

Quasiment tous les courants politiques, même ceux situés à l’extrême gauche de l’échiquier politique comme Sadi, Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance, ont cautionné le nationalisme malien, affirmé que l’Etat malien était là pour défendre le pays, ses frontières. La réalité, c’est que l’Etat malien n’a jamais existé que pour faire la guerre au peuple malien, pour le réprimer, pour le terroriser, pour l’exploiter en défendant les intérêts des trusts étrangers qui tirent profit de l’or, des pierres précieuses, de l’uranium, du gaz et du pétrole, et aussi du coton et autres produits agricoles, notamment les trusts français.

Pendant un temps, l’extrême gauche a dénoncé cette exploitation, affirmé qu’elle s’opposait à une action des troupes étrangères sur le sol malien, car ces troupes sont celles du colonisateur et de l’exploiteur du pays. Elle a soutenu la révolte des petits soldats, offert ses services au capitaine Sanogo, ne voulant pas voir que celui-ci avait d’autres calculs que la défense des intérêts des milieux populaires, négociait avec les Etats africains, avec les classes dirigeantes, avec les pays impérialistes. L’extrême gauche a donné une expression au sentiment populaire contre le président Dionconda « par intérim » imposé par les Etats africains et l’impérialisme sans aucune légitimité, mise en place cautionnée cependant par Sanogo, et en échange de quoi Sanogo a obtenu un statut d’immunité d’ex-président. Les petits soldats ont continué cependant à rester organisés séparément, à refuser l’autorité de la hiérarchie, à se confronter aux bérets rouges qui veulent le rétablissement de l’ancien ordre, celui d’ATT.

Le régime d’ATT a le soutien des partis politiques, de nombre de syndicats et d’association, de tout un personnel politique lié à la bourgeoisie et aux chefs militaires, des gens qui ont bénéficié durant de longues années, depuis la chute de Moussa Traore, des largesses du régime. La corruption de toute l’opposition politique et syndicale a été le mode de gouvernance du régime militaire d’ATT.

Il faut se souvenir que la chute du dictateur Moussa Traore n’a nullement été réalisée par l’armée, contrairement à ce qu’elle a prétendu ensuite. Elle a soutenu le dictateur, militaire lui-même, jusqu’à la dernière minute. L’impérialisme français, lui-même, a soutenu la dictature de Moussa Traore jusqu’à la dernière minute, quand il s’est révélé que le peuple était prêt à faire la révolution sociale si on continuait à lui imposer le pouvoir de Moussa Traore, lui qui avait du sang de la jeunesse puis des femmes maliennes sur les mains…

La chute de Moussa Traore n’avait été prévue par personne, ni par les classes dirigeantes, ni par l’armée, ni par l’impérialisme français, ni par l’opinion populaire. Au contraire, celle-ci déclarait qu’on ne pourrait jamais rien changer au Mali, le peuple ayant trop peur de la dictature de Moussa pour dire un mot… La révolte n’a pas été planifiée par un groupe politique ni par un groupe militaire ni par une classe sociale ni un pays. Elle le produit d’une révolte des masses populaires totalement spontanée et inattendue. En particulier, après la jeunesse scolarisée, les petits marchands et déjà les touarègues, ce sont les femmes qui ont déclaré qu’elles préféraient mourir que vivre sous un régime capable de tirer avec des hélicoptères militaires sur des leurs enfants désarmés…

L’armée a alors fait appel à ATT pour se blanchir des crimes de la dictature et les « démocrates » maliens ont alors joué leur office, les enseignants, les étudiants, les milieux petits bourgeois ont préconisé la réconciliation nationale, intronisé la conférence nationale et tous ont, avec succès, prétendu que tout était réglé puisque Moussa Traore était tombé…

Bien entendu, rien n’était réglé avec la chute d’un homme même si le peuple s’était chargé d’en finir avec quelques ministres particulièrement détestés et qui lui étaient tombés sous la main ou de quelques exécuteurs des basses œuvres du régime. Pendant des mois et des années, personne n’a tenté de s’interposer quand le peuple faisait la loi dans les rues et les classes dirigeantes ont serré les fesses. Elles ont mis en place une fausse démocratie faite de l’alternance entre le nouveau dictateur militaire ATT et sa caution démocratique, Alpha Oumar Konaré. Il s’est vite révélé qu’aucun des problèmes du pays n’a été réglé. La démagogie a été la manière de gouverner des classes dirigeantes. Quand la population s’indignait que les Maliens immigrés soient expulsés manu militari et de manière indigne par la France, le régime a fait mine de se fâcher contre l’ancien colonisateur et les sentiments anti-français n’ont cessé de se développer dans les années 90 contre le colonisateur alors que cela n’avait pas été le cas depuis les indépendances.

De nombreux groupes politiques ont donc cultivé un indépendantisme radical. Sadi n’était pas le seul puisque le pouvoir lui-même semblait farouchement nationaliste. Mais tout ce discours ne correspondait pas à la réalité puisque les trusts français et d’autres pays impérialistes continuaient à exploiter tranquillement les richesses du pays, le peuple malien ignorant même la somme des capitaux qui sortaient ainsi tranquillement ni qui en bénéficiait. Cela a seulement servi à la dictature pour faire durer son régime sans trop de problèmes explosifs, en achetant les oppositions…

Pendant ce temps là, les problèmes cruciaux restaient non réglés, dont la question du chômage, la situation de la jeunesse, des femmes, la question touarègue, etc… La misère des petits soldats en faisait également partie. Toute la politique des classes dirigeantes consistait à s’en mettre plein les poches en reportant tous les problèmes à plus tard…

La radicalisation des milieux populaires est montée dans le pays bien avant l’occupation des bandes armées au nord, bien avant la révolte des petits soldats. Radicalisation d’une fraction des milieux populaires, des travailleurs, des jeunes, des femmes…

Il en est résulté un climat de tension, de révolte, de mobilisation sociale et politique, de politisation d ‘une fraction de la population. Ce sont les femmes qui ont d’ailleurs été à l’initiative de mettre en mouvement les petits soldats, ces femmes de soldats ayant constaté qu’on envoyait à la mort leurs maris, sans appui, sans moyens militaires face aux troupes islamistes qui occupaient le nord et étaient surarmées et munies de matériel militaire ultra-moderne récupéré durant la chute de Khadafi au vu et au su des forces armées occidentales, françaises et américaines notamment.

Depuis l’intervention française, une partie du mouvement des femmes soutient l’intervention comme elle soutenait l’idée d’une intervention africaine, tout en affirmant qu’elle n’avait pas d’illusion sur les résultats des guerres en Afrique qui n’avaient jamais résolu les problèmes.

Une partie de l’opinion petite bourgeoise en appelle à la paix, comme par exemple une partie des artistes, sachant que la guerre ne mène qu’aux destructions. Mais quelle paix et avec qui ?

Avec ATT ou avec Moussa Traore, il n’y avait pas de guerre au début puis les affrontements avaient repris avec les touarègues car la paix ne dit pas comment on résout la question nationale, comment on résout la question sociale, ce qu’on fait du vol de toutes les richesses par une minorité liée aux grandes puissances comme la France et liée aux dictatures des pays voisins. La paix avec qui ? Avec les exploiteurs ? Avec les pays oppresseurs ? Avec ceux qui oppriment et tuent ?

On ne peut pas, au Mali moins qu’ailleurs, faire croire que les problèmes du Mali soient venus seulement de l’occupation par des groupes terroristes, pas plus que l’intervention militaire française. La source est ailleurs, est sociale et politique, provient du régime qui s’est imposé au pays, provient de la dictature militaire, provient de l’exploitation par les trusts capitalistes qui laisse dans la misère l’immense majorité du peuple malien… Dans ces conditions, la paix dans la misère, ce n’est pas une paix !

Les classes dirigeantes, pas plus au Mali qu’ailleurs, ne sont en paix avec les peuples, avec les travailleurs, avec la jeunesse, avec les femmes, avec les opprimés.

La paix n’est pas un programme clair. Jamais les puissances impérialistes ne vont nous foutre la paix. Et la guerre aux guerres des impérialismes, des bandes armées et des classes dirigeantes nécessite que les peuples reconnaissent leurs amis de leurs ennemis.

Cette clarté, cette conscience n’a rien de spontané ni d’aisé. Même l’extrême gauche est loin de diffuser une telle conscience. Le groupe Sadi d’Oumar Maiko soutenu en France par le NPA de Besancenot, en est un parfait exemple. Il n’a cessé de diffuser des illusions dans les forces armées, dans le nationalisme, dans les militaires radicaux et maintenant il en sème dans l’islamisme, ce qui est loin d’être un progrès…Après s’être revendiqué d’une espèce de maoïsme local, où le radicalisme social se mêlait au nationalisme malien, voilà une évolution politique des plus inquiétantes…

Voilà ce que déclarait le parti SADI le 14 janvier 2013 :

« Déclaration de soutien aux forces armées et de sécurité du Mali Le Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) apporte son soutien indéfectible et ses encouragements à l’armée malienne et aux forces de sécurité nationale. Le Parti SADI salue la détermination avec laquelle nos soldats et officiers ont affronté et mis en déroule la horde terroriste sanguinaire qui a envahi notre pays pour nous soumettre et nous dominer. Prise au dépourvu, démunie, elle va continuer le combat, et c’est ce que nous voulons, avec les forces amies du peuple malien qui ne vont pas tarder à venir, loin des atermoiements de l’ONU. La situation que le Peuple du Mali vit en ces moments est tragique. Aussi tragique que le 24 janvier 2012 à Aguelhok. Comme à Aguelhok, l’armée s’est battue vaillamment. Comme à Aguelhok, elle a fait le sacrifice du sang pour la patrie, battant en brèche les calomnies de ceux-là qui pendant 20 ans, et pendant toute l’année 2012 ont refusé de la doter de moyens militaires à la hauteur des besoins sécuritaires de notre pays. Ceux-là est-il besoin de le dire, sont les Partis du FDR qui se parent aujourd’hui du manteau de patriotisme dans un combat désintéressé pour libérer le Mali. Depuis le mois d’avril, ils gèrent le pays comme ils l’ont fait de 1992 à maintenant. En ce moment difficile que nous vivons, le Parti SADI demande à tous ses militants et à tout le Peuple Malien d’apporter un soutien multiforme à notre armée afin qu’elle débarrasse le pays des envahisseurs le plus rapidement que possible pour éviter que notre pays ne s’enlise dans une guerre qui justifiera son occupation et la remise en cause de son indépendance. A la veille de la Fête de l’Armée, le Parti SADI lui souhaite une Victoire totale et rapide. SADI souhaite prompt rétablissement aux blessés et prie pour le repos de l’âme des soldats tombés sur le chemin de l’honneur. . Bamako, le 13 janvier 2013 Pour Le Bureau Politique Le Président Cheick Oumar Sissoko »

La COPAM déclarait le 29 septembre 2012 :

« La marche de ce jour vendredi 28 septembre a, principalement pour but, de signifier à nos forces armées et de sécurité nationales, le soutien patriotique et inébranlable de la Coordination des organisations Patriotiques du Mali (COPAM) et ses 11 regroupements d’associations de syndicats et partis politiques. Vous, Forces armées et de sécurité avez pris une responsabilité historique de débarrasser le peuple malien d’un régime apatride et totalement corrompu, le 22 mars 2012. Ce faisant, vous avez suscité l’immense espoir d’un sursaut national pour le changement démocratique et la libération de la patrie occupée aux 2/3. Vous avez su, avec maîtrise et fermeté, faire échec à l’agression armée perfide du 30 Avril et du 1er Mai 2012, commanditée par des forces intérieures obscures mais bien connues de tous, et activement soutenues par des forces extérieures ennemies de notre grande nation, tapies dans l’ombre, mais également bien connues et bien identifiées. C’est dans cette atmosphère que la CEDEAO, pour paralyser toute action de notre peuple a imposé le Président par intérim comme Président de la Transition et, le contre coup du 30 Avril 2012 apparait comme une instrumentalisation pour infiltrer des mercenaires chargés de liquider les patriotes militaires et civiles du 22 Mars 2012. LA CEDEAO et ses commanditaires, n’ont jamais avalé et digéré cet échec. Ils ont juré depuis cette date de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers et remettre en selle au pouvoir les forces rétrogrades qui ont conduit le Mali à la faillite. Ils sont tous plus cyniques les uns que les autres. Les premiers exigent de le faire par les élections alors que le pays est dévasté, martyrisé, privé d’une bonne partie de sa population et de près de 80% de sa superficie. Les autres, à force de pressions directes de leurs émissaires ont obtenu du Pr. Dioncounda Traoré l’appel à l’intervention des troupes de la CEDEAO, à un moment où les armes achetées par le Mali sont bloquées dans les ports des mêmes pays ouest africains. Comment peut-on affirmer que l’on fait “confiance” aux forces armées nationales et se taire sur cette atteinte grave au renforcement de ses capacités. Les pressions occultes pour l’appel à l’intervention de la CEDEAO et l’agitation fiévreuse à l’ONU d’un Président européen, cachent mal l’intervention directe des troupes de ce Président que l’on nous prépare. Au total, le gouvernement d’union nationale et l’appel à la CEDEAO ont servi, à vider la concertation nationale malienne de ses substances de souveraineté et, priver le peuple malien de décider de son propre sort. C’est au point où cette concertation nationale initialement prévue pour les 29 et 30 septembre est reportée sine die tandis que ces organisateurs de la Primature font tout pour en exclure la COPAM. Malgré tous ces exploits contre le Mali, la COPAM rappelle que le mandat du Président intérimaire est épuisé depuis longtemps. Son appel a été acheminé à l’Union Africaine et à l’ONU et doit, dit-on, être examiné par le Conseil de Sécurité. La COPAM a mobilisé les maliens et les maliennes pour déclarer aujourd’hui au monde entier que cet appel est nul et non avenu. il n’a aucun fondement juridique au plan national et international et aucune légitimité au plan national. Sur le fond, le dernier mot de cet appel est l’installation d’un QG opérationnel de la CEDEAO à Bamako. Il ne fait aucun doute pour la COPAM, que l’acharnement de la CEDEAO à arracher cette concession a précisément pour but, non pas d’aider le Mali à se libérer, mais venir régler des comptes avec le CNRDRE et les forces armées et de sécurité maliennes, libérer les otages occidentaux et achever l’agression du 30 avril contre le peuple malien tout entier et même au besoin ramener le Président d’Aguelhoc et de Tessalit dans les fourgons de la CEDEAO ! La CEDEAO n’engagera aucune action militaire pour libérer le Nord du Mali. Son objectif stratégique et celle de ses commanditaires est de procéder à une occupation en règle du Mali, du Sud au Nord, imposer le “dialogue” aux islamo-terroristes (Ansardine, MUJOA, etc…) tout comme envisagé dans le discours du 22 Septembre du Pr. Dioncounda TRAORE et remettre en selle le MNLA avec l’appui des Forces de l’OTAN, afin que ce dernier puisse disposer de tous les moyens militaires pour imposer au peuple malien le choix de l’indépendance de l’Azawad. Naïfs serions nous, si nous croyons que la CEDEAO et sa MICEMA vont combattre pour libérer notre territoire. La CEDEAO a échoué partout où elle est intervenue car n’a jamais été que la main incompétente qui tire les marrons du feu pour ses maîtres. En fait, son rôle est de superviser les cessez-le-feu et vous vous rappelez de ce Ministre des Affaires Etrangères, volubile, qui a déclaré avec satisfaction que les rebelles peuvent s’arrêter et négocier après les crimes d’Aguelhoc qu’il n’a jamais condamnés. La CEDEAO devait déjà arriver chez nous comme force d’interposition et elle est toujours dans cette logique. Mais la nation malienne n’accepte pas qu’elle vienne effectuer son 5e échec chez nous ! Elle a échoué au Libéria, en Sierra Léone, en Guinée Bissau et en Côte d’Ivoire. Avec 20.000 soldats en 1994, elle a dévasté le Libéria et a été accusée de partialité et de violences contre la population. En 1997, elle a dû laisser la place à l’ONU, après avoir attisé la guerre civile en Sierra Léone. En 1999, échec total en Guinée Bissau et en 2003, en Côte d’Ivoire avec les accords de Marcoussis, elle n’a dû son salut qu’à son intégration dans les forces de l’ONU. La COPAM et ses 11 regroupements sont convaincus que les manœuvres des ennemis intérieurs et extérieurs du Mali ne manqueront pas d’ouvrir les yeux aux patriotes et soulever leur indignation et leur engagement aux côtés de l’armée malienne ! La CEDEAO est le cheval de Troie de l’OCRS au Mali ! La lutte, des démocrates et patriotes maliens et maliennes, triomphera inéluctablement de toutes les manœuvres et agressions contre la concertation nationale souveraine et notre droit à libérer notre patrie par nos propres forces et l’aide des véritables amis du Mali. Vive la COPAM ! Vivent nos forces Armées et de sécurité ! Vive le Mali un, indivisible, laïc indépendant, libre et prospère ! »

L’association des femmes maliennes déclarait le 23 novembre 2012 :

« De la situation dramatique du Mali, il ressort une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays. Les femmes africaines doivent le savoir et le faire savoir. Autant l’amputation du Mali des deux tiers de son territoire et l’imposition de la charia aux populations des régions occupées sont humainement inacceptables, autant l’instrumentalisation de cette situation, dont le sort réservé aux femmes, est moralement indéfendable et politiquement intolérable. Nous avons, de ce fait, nous femmes du Mali, un rôle historique à jouer, ici et maintenant, dans la défense de nos droits humains contre trois formes de fondamentalisme : le religieux à travers l’islam radical ; l’économique à travers le tout marché ; le politique à travers la démocratie formelle, corrompue et corruptrice. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, en Afrique et ailleurs, se sentent concernés par notre libération de ces fondamentalismes à joindre leurs voix aux nôtres pour dire “Non” à la guerre par procuration qui se profile à l’horizon. Les arguments suivants justifient ce refus. »

Des intellectuels et artistes maliens déclaraient collectivement le 7 février 2012 :

« Nous, intellectuels, hommes et femmes de culture du Mali, signataires de ce document déclarons que :
- L’intégrité du territoire, l’unité nationale et la cohésion sociale du Mali sont des acquis sacrés
- Le septentrion n’est pas une planète à part, mais bel et bien une région du Mali, particulièrement vulnérable, qui n’en a pas moins subi les politiques néolibérales qui ont aggravé les inégalités, les injustices, la corruption et l’impunité. De Kayes à Kidal, les Maliens paient cher pour le dépérissement de l’Etat que nous voulons plus responsable, comptable et souverain,
- La paix véritable et durable dans le Nord de notre pays et sur l’ensemble du territoire, est au prix d’une nouvelle compréhension de la situation du Mali et de la bande Sahélienne qui intègre les enjeux sous régionaux et mondiaux,
- Nous réfutons le discours réducteur de la guerre ethnique ;
- Nous déplorons le déficit de communication et de dialogue sur les causes internes et externes des questions majeures qui engagent le destin de la nation ;
- Nous condamnons le recours à la violence armée comme mode de revendication dans un contexte démocratique et déplorons les pertes en vies humaines ;
- Nous soutenons résolument nos forces armées et de sécurité dans leur mission sacrée de défense du territoire national ;
- Nous sommes Un Seul et Même Peuple, uni par une longue histoire multiséculaire de rencontres, de brassages et de résistances à l’adversité ;
- La paix s’impose d’autant plus que les femmes et les enfants sont pris dans l’étau dans un conflit qui n’est pas le leur ;
- Les élections de 2012 sont donc une occasion historique de renouveler la réflexion sur un projet de société adapté à nos réalités, davantage fondé sur la culture de l’être et des relations humaines à même de garantir la prospérité, la paix, la stabilité et la sécurité pour tous. Nous signataires de la présente déclaration, présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes et à toute la nation malienne. Nous exprimons notre solidarité à toutes les familles déplacées victimes de violences. »

Des femmes maliennes proches du NPA déclaraient le 20 novembre 2012 :

« Le Mali est un pays à la fois agressé, humilié et pris en otage par des acteurs politiques et institutionnels qui n’ont aucun compte à nous rendre, à commençé par la Cédéao. L’une des traductions de cette réalité est l’énorme pression exercée sur ce qui reste de l’État malien. Le Président par intérim, Dioncounda Traoré, est le premier des otages maliens. S’il a cru devoir rappeler, le 19 octobre 2012, lors de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation de notre pays, qu’il n’est pas un président pris en otage, c’est précisément parce qu’il l’est. Sinon il n’aurait pas répété à trois reprises, le 21 septembre 2012, la veille de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays qu’il privilégie le dialogue et la concertation, et demandé aux Nations Unies, trois jours plus tard, une intervention militaire internationale immédiate. « J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre mais le premier choix est le dialogue et la négociation. Le deuxième choix est le dialogue et la négociation et », insiste-il « le troisième choix demeure le dialogue et la négociation. Nous ferons la guerre si nous n’avons pas d’autre choix… », a-t-il déclaré dans son discours à la nation avant de changer d’avis. Au-delà du président intérimaire, nous sommes tous des otages prisonniers d’un système économique et politique inégalitaire et injuste qui excelle dans l’art de briser les résistances à coup de chantage au financement. La suppression de l’aide extérieur se traduit cette année 2012 par un manque à gagner de 429 Milliards de francs CFA. La quasi totalité des investissements publics sont suspendus. La fermeture de nombreuses entreprises a occasionnée licenciements et chômage technique pour des dizaines de milliers de travailleurs alors que les prix des denrées alimentaires continuent de flamber. Les pertes les plus importantes sont enregistrées dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics. (…) Nous demandons à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre approche d’interpeller immédiatement les principaux acteurs de la communauté internationale, par écrit ou sous toutes autres formes d’expression, en plaidant pour que le Conseil de Sécurité n’adopte pas une résolution autorisant le déploiement de milliers de soldats au Mali.

Une interview d’Oumar Mariko par le NPA

Rappel des événements au Mali

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