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Après la montée électorale de Le Pen dans l’Oise… - Ceux qui font le lit du Front National - Matière et Révolution
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Après la montée électorale de Le Pen dans l’Oise… - Ceux qui font le lit du Front National

jeudi 18 avril 2013, par Robert Paris

Après la montée électorale de Le Pen dans l’Oise…

Ceux qui font le lit du Front National

La campagne permanente de la droite anti-musulmans et de la gauche anti-Roms, toutes les deux anti-sans papiers, sécuritaires et pour les flics partout et la justice nulle part, a fini par porter ses fruits : une montée massive de l’extrême droite en France. S’y rajoute la peur de chuter, la peur de la catastrophe économique, la peur de la misère, la peur de la clochardisation de l’économie française que gauche comme droite attribuent à une compétitivité accrue de l’étranger qui nous piqueraient nos emplois industriels et le tour est joué. Bien entendu, aucun, ni droite ni gauche, n’attribue cette chute, cette baisse au système capitaliste qui pourtant prend l’eau de toutes parts et pas qu’en France ou en Europe, personne n’accuse les patrons français. Avec un ministre de l’intérieur aussi sécuritaire et à relents racistes que son prédécesseur Guéant et qui s’attaque sans cesse aux Roms et aux sans papiers quand ce n’est pas aux ouvriers grévistes, avec un ministre de la reconstruction industrielle qui tonne contre l’étranger, le discours xénophobe vient autant de la gauche gouvernementale que de la droite. Quant au Front de Gauche, il est tout aussi nationaliste même s’il est plus radical socialement en paroles contre les patrons. Pour Mélenchon et le PCF, il faut défendre l’emploi en France. Le nationalisme radical n’est pas seulement du côté du FN. Par contre, tous ces partis poussent les milieux populaires, inquiets pour l’avenir en voyant les vagues de suppressions massives d’emplois des trusts et la courbe du chômage, à accuser l’étranger, que ce soit l’Europe, la Chine, les pays sans protection sociale, les pays du sud européen, etc…

Tous font le lit de Le Pen qui n’a qu’à récolter. Pourtant Le Pen n’a rien à envier à ces partis politiciens en termes de politicaillerie, d’amitié avec la grande bourgeoisie industrielle et bancaire qui nous a mené dans le trou. Elle n’a rien à proposer pour empêcher les patrons de licencier. Rien pour cesser d’utiliser l’argent de nos impôts à renflouer les banques et les trusts. Pas de coup de gueule de la Le Pen quand on débourse plus de treize milliards d’euros rien que pour la banque Peugeot alors que le trust Peugeot tout entier est côté en bourse à moins de la moitié de cette somme. Pensez donc ! Peugeot, c’est un patron privé français, et Le Pen ne va pas marquer contre son camp, celui des patrons français !

Car, même si bien des salariés, déçus des mensonges de la gauche, ont voté dans l’Oise pour le parti de Le Pen, même si le FN s’est dit premier parti ouvrier en France, ce dernier n’est nullement en faveur des travailleurs : aucun soutien des grèves ouvrières en cours, aucun soutien des salariés licenciés et des usines qui sont menacées de fermeture. Jamais de participation aux manifestations des salariés de Goodyear, Peugeot ou Petroplus. Certes, Le Pen s’est dit pour le pouvoir d’achat mais sans nous expliquer comment il va progresser alors que le FN est hostile aux grèves, au syndicalisme en général, à la lutte des classes bien entendu et à toute action contre les patrons…

Dans les milieux populaires, il n’y a pas que la situation sociale qui favorise Le Pen. C’est aussi la montée des sentiments anti-musulmans et anti-étrangers. Ils sont favorisés par le discours des gouvernants en politique étrangère. La gauche gouvernementale comme la droite n’arrête pas de mener des guerres aux quatre coins du monde en se proclamant en lutte contre le terrorisme qualifié de musulman. Comme Bush avait proclamé « croisade occidentale contre l’islamisme radical » ses guerres d’Irak et d’Afghanistan, Sarkozy et Hollande en ont fait de même en Afghanistan, en Libye, en Syrie au Mali.

Pourtant, rien n’est vrai dans cet affichage prétendument anti-islamisme radical. Ce sont les Etats occidentaux qui ont soutenu la mise en place d’Al Qaïda en Afghnistan, au Pakistan, en Arabie Saoudite, appuyés par la CIA, les services secrets saoudiens et pakistanais. Ce sont encore les Etats français et américain qui ont aidé les islamistes radicaux à renverser Khadaffi en Libye et ils font de même en ce moment en Syrie où la direction de la guerre que mènent les Etats occidentaux revient aux islamistes radicaux payés aussi par le Qatar ! C’est les USA qui soutiennent des régimes islamistes en Egypte, en Tunisie, en Afghanistan et en Irak ! Leurs discours sont menteurs et hypocrites ! Leur guerre au terrorisme est une guerre contre les peuples qui vise à polariser l’inquiétude des milieux populaires sur la haine des musulmans. La gauche, sur ce plan comme sur les autres, ne vaut pas mieux que la droite et ne peut que faire le lit de l’extrême droite…

Ce qui ne peut que jeter les peuples dans les bras de l’extrême droite à chaque crise grave de la société capitaliste, comme cela s’est produit avec Mussolini et Hitler, c’est la recherche éperdue d’un gouvernant qui serait le sauveur du peuple. Une fois usés tous les gouvernants de droite et de gauche, on tombe entre les mains de l’extrême droite et en période de crise systémique du capitalisme, on n’a pas un simple gouvernement à la Berlusconi, de démagogie populiste de droite : on de vrais pouvoirs fascistes avec militarisation du travail, suppression des syndicats et de la démocratie bourgeoise, marche à la guerre, camps de la mort et autres horreurs…

On n’a cessé de nous dire qu’on allait changer notre sort, non pas par nous-mêmes, mais en plaçant à la tête de l’Etat le bon chef d’Etat. Pourtant, changer l’homme qui est à la tête de l’Etat a n’a jamais changé les buts de cet Etat. On a eu beau placer un Noir à la tête des USA, cela n’a en rien changé le sort des Noirs. L’Inde est le pays où une femme a le plus tôt été à la tête de l’Etat mais le sort des femmes y est l’un des pires au monde. En Pologne, un ouvrier a même réussi à devenir président sans que cela améliore en rien la situation des travailleurs…

Les travailleurs ont mieux à faire que de passer de la croyance dans le sauveur Sarkozy à celle dans le sauveur Hollande pour finir dans celle dans une Le Pen prétendue sauveur des emplois ou de l’économie française !

Ils ont d’autres perspectives à défendre pour l’ensemble de la société que la haine des plus démunis, des sans papiers, des Roms, des pays les plus pauvres de l’Europe ou du monde car ce n’est pas ces peuples qui nous ont jeté dans la catastrophe économique actuelle mais les classes dirigeantes des pays les plus riches. La crise de 2007-2008 est venue de notre monde occidental riche, notamment des USA. Elle vient des racines même du système capitaliste. Et seule la classe ouvrière, ce prolétariat capable de luttes révolutionnaires comme l’Histoire l’a montré, peut offrir des perspectives face à l’effondrement capitaliste. Mais il ne peut le faire que s’il compte sur ses propres forces et pas sur des sauveurs qui, à la tête de l’Etat capitaliste, feraient le bien des masses populaires. Cette illusion, ce mirage, du bon gouvernant peut bien, en période d’effondrement, se révéler catastrophique et quand on sera dans la catastrophe, comme l’Allemagne en janvier 1933, il sera trop tard pour se réveiller. Ceux qui comptent en agitant ce danger faire peur aux classes dirigeantes se trompent : le fascisme n’a jamais fait peur aux capitalistes car il n’est une arme de combat que contre les travailleurs et les milieux populaires.

La seule véritable alternative est la mise en place dans les entreprises et quartiers populaires de comités de salariés, de chômeurs, de jeunes, de femmes, qui discutent entre eux de leurs idées, de leurs revendications, de leurs conceptions et qui prennent eux-mêmes des décisions sans rien attendre des politiciens bourgeois d’aucun bord…

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