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Les peuples de la forêt équatoriale et tropicale en danger - Matière et Révolution
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Les peuples de la forêt équatoriale et tropicale en danger

jeudi 18 avril 2013, par Robert Paris

Les peuples de la forêt équatoriale et tropicale en danger

Résultat direct du déboisement, des millions d’habitants du Tiers-Monde sont condamnés une existence dégradée et appauvrie, avec une très faible perspective d’amélioration. Mais pour les indigènes qui vivent dans la forêt même, les répercussions du déboisement sont encore bien pires.

Bien au-delà du désastre écologique causé par la perte de leurs forêts, cela détermine la perte de leur identité, de leur culture et de tout leur mode d’existence.

Ces populations dépendent de la forêt pour leur alimentation, pour les matériaux de construction de leurs habitations, de bois de leurs instruments agricoles, les herbes de leur médecine traditionnelle, les fibres et les colorants de leurs vêtements, et le matériel de fabrication des objets de leur religion, et de leur culture.

Et, ce qui est tout aussi important, ils entretiennent des liens culturels profondément enracinés avec la forêt elle-même, liens qui vont bien au-delà de leur économie et qui confère un sens à leur existence.

Rien de surprenant, si, pour la plupart des ethnies qui y vivent, la destruction de la forêt équivaut à une condamnation physique et morale. Beaucoup d’entre eux succombent à la maladie, tandis que d’autre partent à la dérive et finissent dans des taudis où ils deviennent proie de l’alcoolisme, de la prostitution et des maladies mentales. La forêt est vitale à ces peuples

La forêt amazonienne du Brésil (plus de la moitié aura disparu en 2030 !), la forêt tropicale du Gabon (chaque année, chaque année perte de plus de 10000 hectares de forêt), la forêt de la Guinée, la forêt du Congo, la forêt de Madagascar, la forêt des Guyanes, la forêt de la Réunion, la forêt d’Indochine, de Chine, la forêt de Nouvelle Guinée... sont directement détruites ou menacées. La forêt du Bassin du Congo en Afrique centrale est le deuxième massif forestier tropical après la Forêt amazonienne. Elle couvre plus de deux millions de km² et est partagée entre 6 pays : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, le Congo-Kinshasa, le Gabon et la Guinée équatoriale. En raison de la surexploitation du bois, notamment par les entreprises étrangères. Le faible nombre (en proportion de la population Sub-Saharienne) des peuples de la forêt est grandement menacé par la destruction de leurs habitats et par les politiques gouvernementales officielles d’arrêter leur traditions forestières. Il n’a été accordé aucun titre de propriété terrienne aux peuples de la forêt Africaine par les Gouvernements des pays d’Afrique Centrale. Pendant les années 80 et la première moitié des années 90, d’après l’U.N. Food and Agriculture Organization, l’Afrique a perdu le plus fort poucentage de forêt tropicale (10,5 %) de tous les domaines boisés, résultant en un déclin accéléré des peuples de la forêt. La majorité de la déforestation résulte de l’expansion des villages, due à l’augmentation des populations, dans les forêts, et u déboisement commercial par des corporations multinationales. Le déboisement commercial est particulièrement problématique car les campements des bûcherons et les routes vers l’intérieur ouvrent de grandes étendues de forêt, auparavant inaccessibles, à une rapide colonisation. Les camps de bûcherons n’apportent pas seulement des colons indésirables, mais aussi des maladies comme la malaria contre lesquelles les peuples des forêts ne sont pas immunisés. En plus, les bûcherons n’apportent pas du manioc et fruits et légumes à échanger avec les peuples des forêts, mais à la place leur font découvrir l’argent, le tabac et la marijuana. Le gibier devient rare pour les pygmées à cause du braconnage effectué par les bûcherons et le bruit engendré par leur grosses machines et tronçonneuses.

En souvenir

Francisco Mendès Alves Filho dit Chico Mendes (né le 15 décembre 1944 à Xapurí au Brésil, assassiné le 22 décembre 1988 dans cette même ville) était le leader militant syndicaliste brésilien le plus connu parmi ceux qui ont défendu les droits des seringueiros, ouvriers chargés de recueillir le latex dans les plantations d’hévéa d’Amazonie. Après de nombreux combats syndicaux et personnels pour la défense de la forêt amazonienne et de ceux qui en vivent, il fut assassiné pour ses idéaux sur ordre d’un riche propriétaire de terre.

José Cláudio Ribeiro da Silva a payé de sa vie son engagement contre l’exploitation illégale du bois de la forêt amazonienne du Brésil. "Je protégerai la forêt à tout prix. Pour ce combat, certains pourraient me tirer une balle dans la tête à tout moment... parce que je dénonce les bûcherons et les producteurs de charbon", avait déclaré l’activiste brésilien José Cláudio Ribeiro da Silva lors d’une conférence Tedx Amazonia, qui rassemble régulièrement les chercheurs et acteurs de différents domaines. Sa prédiction s’est malheureusement réalisée quelques mois plus tard. Le militant et son épouse ont été tués lors d’une embuscade dans la province de Pará au nord du Brésil, dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 mai 2011. Da Silva faisait partie de la douzaine d’activistes pour la défense de l’environnement et des droits de l’Homme en Amazonie considérés en danger de mort par des ONG brésiliennes en 2008. En plus de l’assassinat de José Cláudio Ribeiro da Silva et Maria do Espírito Santo da Silva - investis dans le Projet Agroextrativista Praialta Piranheira, à Nova Ipixuna, dans l’Etat du Para, le travailleur agricole, Herenilton Pereira disparu depuis le 26 mai, a été retrouvé mort dans le même assentamento1 que le couple, le 28 mai suivant.

José Claudio et Maria ont été pris dans une embuscade alors qu’ils étaient en chemin pour se rendre au siège de la Municipalité2, et brutalement assassinés de plusieurs balles dans la tête. Selon les affirmations de la « Commission Pastorale de la Terre » de Maraba (CPT-Maraba) qui s’est rendue sur les lieux du meurtre, l’oreille de José Claudio a été découpée et emportée par les assassins “comme preuve du crime”. José Claudio et Maria avaient déjà signalé aux autorités, et évoqué publiquement dans une vidéo, les menaces qu’ils recevaient de la part des exploitants forestiers et des producteurs de charbon. Par ailleurs, le couple dénonçait régulièrement l’exploitation illégale dont fait l’objet la forêt amazonienne.

En 2011, 106 personnes ont ainsi été tuées lors de conflits causés par la déforestation, l’implantation de barrages et la propriété des terres.

Le nombre de meurtres de militants engagés dans la protection de l’environnement a presque doublé en trois ans, rapporte The Guardian.

1 Message

  • Plaidoyer pour la forêt tropicale

    Sommet de la diversité

    de Francis HALLÉ

    Les grandes forêts primaires des tropiques – celles qui n’ont jamais été modifiées par l’homme – ont pratiquement disparu, il n’en reste que des lambeaux. Leur dégradation constitue une perte irréparable, car elles sont le sommet de la diversité biologique de notre planète.

    Voici près de cinquante ans que le botaniste Francis Hallé les arpente et les étudie, et presque autant de temps qu’il appelle à les sauver. Dans cet ouvrage, il nous propose de les découvrir en sa compagnie. Paradoxalement, les descriptions scientifiques classiques ne suffisant pas à rendre compte de ces formations végétales grandioses, il préfère s’appuyer sur le témoignage des sens et nous convier à une promenade, dans un sous-bois d’abord, puis sur la canopée. Les arbres et les lianes occupent, comme il se doit, une place majeure dans ce livre, mais l’on y croise aussi animaux et herbes, mousses et champignons, algues et bactéries… qui tous témoignent des passionnantes stratégies du vivant sous ces latitudes, que Francis Hallé sait rendre accessibles à tous, même aux non-spécialistes.

    Cependant, la découverte des forêts primaires serait incomplète sans l’exploration du versant sombre et tragique de leur histoire : l’exploitation effrénée du bois, les cultures de rente, l’appropriation des ressources naturelles locales par de grandes multinationales issues de pays riches et souvent aidées par ceux-ci, dans une démarche typiquement coloniale.

    Les ravages sont aujourd’hui si avancés qu’aucun gouvernement ne pourrait arrêter ni même ralentir la déforestation. Seul un large mouvement de l’opinion publique pourrait, peut-être, y parvenir. Tel est donc le but de cet ardent plaidoyer : non seulement rendre leur vrai visage aux forêts tropicales, suggérer des pistes d’étude et de mise en valeur de leurs ressources, mais surtout susciter l’engagement de tous ceux qui souhaitent voir respectés les derniers fragments de ces somptueuses forêts.

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