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Edito - En détournant la colère sociale et en la prenant sur eux, les politiciens jouent leur rôle au service des classes dirigeantes

mardi 16 avril 2013, par Robert Paris

Edito

En détournant la colère sociale et en la prenant sur eux, les politiciens jouent leur rôle au service des classes dirigeantes

De Thatcher à Hollande, en passant par Sarkozy et Cahuzac, on observe, malgré la diversité de situations, un même phénomène : les hommes politiques ont pour rôle d’agir au service des classes dirigeantes en concentrant sur eux l’attention pour détourner le mécontentement social qui poussaient s’attaquer aux vrais responsables et profiteurs de la société, les capitalistes. On reproche éventuellement à Sarkozy d’avoir touché de l’argent des Bettencourt et pas à ces derniers de n’avoir cessé, comme famille milliardaire, de détourner la « démocratie »…. On reproche, à juste titre, à Thatcher d’avoir détruit les acquis et notamment les emplois des travailleurs anglais et notamment ceux des mineurs et on ne le reproche pas aux patrons anglais pour lesquels elle travaillait et qui ont profité des privatisations et des destructions de niveau des salaires. On reproche à juste titre à Cahuzac d’avoir soustrait son argent aux impôts mais pas d’avoir accordé officiellement des suppressions d’impôts aux capitalistes, ce qu’il a fait comme tous ses prédécesseurs. On reproche à Hollande de n’avoir pas su que Cahuzac trichait mais on ne lui reproche pas ses crédits d’impôts aux patrons où c’est lui-même qui prend l’initiative de faire des cadeaux aux capitalistes sur le dos des comptes publics. Chacun se souvient des mensonges de DSK concernant ses affaires avec les femmes mais personne ne se souvient que c’est lui qui a supprimé les impôts d’un grand nombre de capitalistes.

D’ailleurs, même l’affaire Cahusac de non paiement d’impôts cache la véritable affaire de perception en tant que médecin de revenus illicites dus à des cautions de produits prétendument favorables à la santé et qui ne l’étaient nullement. De quoi être définitivement rayé de l’Ordre des médecins malgré de multiples amitiés pour ce brave Cahusac qui était vraiment adoré de tous les milieux haut placés… Cahusac réussissait ainsi à détourner des fonds mais surtout les trusts pharmaceutiques parvenaient ainsi à en engranger une sacrée quantité. Et eux ne sont ni inquiétés ni désignés du doigt par personne… Il faudrait des pages et de pages pour citer toutes les affaires liées aux trusts pharmaceutiques dans lesquelles Cahusac a trempé pour le plus grand profit des trusts, y compris quand il était conseiller technique chargé du médicament au cabinet Claude Evin, alors ministre de la santé… des trust pharmaceutiques !

Et, quand bien même on se souviendrait des vrais détournements de fonds publics, on oublierait leurs bénéficiaires et on ferait seulement des reproches aux politiciens comme si les uns n’étaient pas justement au service des autres. Comme si tout le but de l’Etat n’était pas justement de fournir à la classe dirigeante dans son ensemble une série de serviteurs dévoués et à permettre que les intérêts généraux de cette classe soient défendus de manière professionnelle plutôt qu’au petit bonheur la chance.

Quant à la colère populaire contre ces politiciens, elle est elle-même un instrument au service des classes dirigeantes car les hommes politiques servent alors de paravent ou de paratonnerre ou encore de fusible. Quand les patrons privés piquent directement des milliards tous les jours dans les caisses publiques, ne souligner que les miettes que piquent quelque politiciens, c’est se moquer du monde et masquer l’essentiel.

En période de crise systémique, le discrédit des hommes politiques peut être une manière de déboussoler les milieux populaires et de faire monter des sentiments haineux contre d’autres que les classes dirigeantes. On a vu cela dans de nombreux pays dont la France où la divulgation et la montée en épingle de scandales comme l’affaire Stavisky avait servi la montée en force du fascisme sous prétexte de tournant moral et de point d’appui au futur vichysme de Pétain.

Le dévoilement de scandales dans le milieu politicien, alors que les fondements même du système capitalistes ont craqué et que le maintien de l’existence même des groupes capitalistes est purement factice, ne peut qu’être de la poudre aux yeux et un camouflage de vrais scandales. Expliquer que la crise actuelle proviendrait des détournements des politiciens, c’est trop fort…

Depuis l’effondrement de 2007-2008, ce sont tous les Etats de la planète qui ont transformé les comptes publics en moyens de soutenir les banques et les trusts et leur éviter de se mettre en faillite. Pourtant, ces capitalistes qui ont transformé le monde en un vaste casino de jeux boursiers ne sont nullement désignés du doigt comme responsables des catastrophes actuelles et à venir. Tous les dirigeants politiques du monde, qu’ils soient de droite, de gauche, d’extrême droite comme de la gauche de la gauche, acceptent d’être considérés comme les vrais responsables du désastre général alors qu’ils n’en sont que les gérants serviables. Tous se chargent de faire croire que, s’ils gouvernaient, tout serait différent. Ils le prétendent même lorsqu’ils sont en train de gouverner car ils prétendent alors que tout est de la faute du bilan de l’équipe précédente. Ils n’ont cessé de mentir et de cacher l’essentiel. Tous les gouvernements du monde sont au service de la classe dirigeante et tous ceux qui candidatent à les remplacer aussi. S’ils ne sont pas les profiteurs, les voleurs, les bandits essentiels de cette société – ils ne détournent pas un cent millième de l’argent détourné et volé – ils sont quand même là pour couvrir les grands vols et grands crimes des classes dirigeantes et prendre sur leur tête l’opprobre, le mépris, la haine populaire.

Mais tant que cette colère du peuple travailleur en restera à s’agiter contre les équipes politiciennes, rien ne changera. De vote en vote, de la droite à la gauche ou à l’extrême droite, au maximum à la gauche de la gauche, on ne change pas les classes dirigeantes car elles ne soumettent pas leur domination sur les finances, les banques, les trusts, l’armée et la police à un quelconque vote populaire….

Plus vite la classe travailleuse comprendra que les politiciens ne sont que des pantins que d’autres agitent, plus vite ils cesseront comme le taureau furieux de s’en prendre à la cape du toréador, plus vite on cessera d’être dupe du jeu et plus vite on en finira avec les maux sociaux réels de la société qui menacent nos emplois, nos libertés et nos vies. Loin de se dire dégoûtés par la politique, les travailleurs feraient bien de se dire que désormais, leur politique, ils vont la faire eux-mêmes, en se passant des institutions des classes dirigeantes et de leur personnel.

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