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La civilisation chinoise n’a pas été créée par l’Etat, par le pouvoir central, le royaume ni l’empire

jeudi 18 avril 2013, par Robert Paris

La civilisation chinoise n’a pas été créée par l’Etat, par le pouvoir central, le royaume, la principauté, ni l’empire. Elle est née bien avant l’esclavagisme et le règne des grands seigneurs de guerre.

On entend souvent parler du « grand passé » de la Chine considérée comme un Etat très développé et civilisé du monde bien avant l’Occident et l’Europe. C’est vrai et c’est même bien plus que cela : le grand passé en question date de bien avant l’Etat… Cela, on ne veut pas nous le dire car la thèse, que ce soit en occident ou en Chine, consiste à faire croire qu’il a fallu un Etat central puissant pour développer économie, sciences et techniques mais cela est faux…Les techniques, les sciences, les artisanats, les grands échanges de marchandises se sont développés (en Chine comme ailleurs) bien avant les dynasties princières, royales et impériales…

Pour prendre l’exemple du bronze qui est une des bases fondamentales de la culture chinoise, il est établi que des objets de bronze aient été trouvés sur le site de la culture de Majiayao (entre 2300 et 2700 av. J.-C.), et il est pourtant considéré à tort par nombre d’auteurs que l’âge du bronze en Chine aurait commencé aux alentours de 2100 av. J.-C., durant la dynastie des Xia…

C’est un a priori non discuté dans les études historiques que les Etats sont à la source de la civilisation…

La plupart des chronologies historiques de la Chine démarre des premières dynasties royales et impériales comme si le développement de la région en datait, ce qui est une contrevérité flagrante qui sera illustrée déjà par une première comparaison chronologique : la première dynastie chinoise s’est déroulée entre 2000 avant J.-C. et 1500 avant J.-C. alors que la première sédentarisation date de 7000 ans avant J.-C. et les activités agricoles comme la riziculture avec irrigation datent entre 6000 avant J.-C. et 4000 avant J.-C., que le néolithique et le travail du jade comme bien des artisanats perfectionnés datent entre 4000 avant J.-C. et 3000 avant J.-C. et même parfois de 5000 avant J.-C. (par exemple dans la plaine centrale, au Henan, au Shanxi et au Shaanxi, et plus à l’est, au Shandong, se trouvait la culture à peu près contemporaine de Dawenkou, surtout connue grâce à ses sépultures. L’économie de ces deux cultures était basée sur le millet et, plus au sud, dans les provinces maritimes du Jiangsu et du Zhejiang, le riz a été cultivé dès l’an -5000 avant J.-C.) que la sériciculture, les travaux de la soie dont le tissage datent entre 3000 avant J.-C. et 2500 avant J.-C.

Au Shandong, la culture de Longshan succède à celle de Dawenkou durant la première moitié du IIIe millénaire av. J. C. Elle est caractérisée par une poterie noire très fine, une hiérarchisation sociale poussée et des villages souvent protégés par des enceintes en terre damée. La structuration sociale débute bien avant l’Etat central…

Les prétentions les plus anciennes à des dynasties quasi mythiques remontent au maximum à l’« empereur jaune » du vingt-et-unième siècle avant J.-C.

La métallurgie du bronze elle-même est née avant ce régime royal… L’autre prétention est qu’existerait « une culture et une civilisation » chinoise d’un grand passé alors qu’il y en a existé de multiples qui se sont successivement effondré et qui étaient fondées sur des groupes différents dans des régions différentes et que ces diverses civilisations ne sont nullement succédé en continu ni en se transmettant leurs acquis. Ce sont de nouvelles créations la plupart du temps avec des influences mutuelles relativement marginales en termes culturels et même souvent techniques.

Le néolithique, longtemps confiné à un petit terroir de la moyenne vallée du Huanghe, gagne ensuite, en se diversifiant, les plaines côtières qui forment les bassins inférieurs des fleuves de la Chine du Nord-Est. Ainsi, au 5ème millénaire av JC, distingue-t-on plusieurs systèmes culturels. Celui de Yangshao, dans la vallée du Huanghe, est le plus connu ; il pratique la culture sur brûlis, en villages occupés périodiquement, où pêche et chasse restent des activités importantes ; sa céramique présente des similitudes avec celles de l’Iran et de l’Ukraine, mais les jalons manquent pour établir la parenté. La région des bouches du Yangzijiang relève au contraire du monde des riziculteurs et annonce les futures cultures néolithiques de la Chine du Sud et de l’Asie du Sud-Est. En situation intermédiaire, on distingue des éléments culturels où se marque de façon croissante la différenciation sociale, et qui annoncent la culture de Longshan.

Avec le 4ème millénaire, les échanges deviennent de plus en plus nombreux entre les communautés agricoles semi-sédentaires de la Chine du Nord, dotées d’un bon artisanat et où la division du travail, bien marquée, traduit déjà un niveau d’organisation sociale complexe.

On peut citer notamment, en discontinuité, la culture de la moyenne vallée du Huanghe (qui développe notamment la céramique), la culture Yangshao, la culture du Jiangsu et du Zhejiang, la culture de Dawenkou, la culture de Longshan, la culture de Er Litou, la culture Quarong et c’est seulement après toutes celles-ci que l’on trouve une culture liée à une dynastie royale : la culture Shang bientôt renversée par la dynastie Zhou.

La culture de Yangshao est une culture néolithique ayant existé de - 5000 à - 3000 av. J.-C. environ dans la région du Huang He, dans le Nord de la Chine. Toutes les poteries de la culture Yangshao se caractérisent par leur couleur rougeâtre, sur laquelle des motifs en noir ou en brun sombre ont été dessinés. Elles incluent des bols, des jarres, des cruches et des urnes. La poterie peinte polychrome est caractérisée par des impressions de vanneries et de cordages. Les hommes de Yangshao disposaient de textiles et de vanneries. Ils cultivaient le millet, ainsi que le choux chinois avec un outillage en pierre. Ils élevaient des porcs et des chiens, mais la chasse continuait à jouer un rôle prépondérant. Leurs villages, très nombreux, étaient ouverts ou entourés d’un fossé, comme à Banpo, et formés de constructions rondes ou rectangulaires en argile sur des armatures en bois.

Du quatrième au troisième millénaire, apparaissent trois civilisations majeures dans la Chine du loess, cette fine terre jaunâtre qui s’avère particulièrement fertile, dans la vallée du Fleuve Jaune : à l’ouest, celle de Yangshao, près de Xi’an, (poterie rouge peinte), à l’est, celle de Longshan, dans le Shandong, (poterie noire, travail du jade, vases tripodes) et, enfin, celle de Liangzhu (utilisation du jade et de l’os, socs de charrue et faucilles en pierre). Plus au nord, la culture du Gobi, qui s’étend de la Mandchourie au Sinkiang, est caractérisée par ses outils de pierre taillée microlithiques et sa poterie brune, grossière, à motifs géométriques incisés.

En 3000 avant J.-C. : apparition de riches sépultures dans la zone de Longshan suggérant un degré avancé d’organisation sociale. Cette civilisation se propage vers l’ouest et fusionne avec celle de Yangshao.

Il est probable que l’apparition de la culture de la soie n’ait rien à voir avec les Etats et royaumes car c’est seulement une légende qui lui attribue : entre - 2677 et -2597, cette légende prétend que la découverte de la soie a été fait par l’impératrice Xiling Shi, première femme de l’empereur jaune. Voici ce que raconte la légende : l’impératrice buvait son thé sous un mûrier ; un cocon tomba dans sa tasse ; comme elle essayait de le retirer, un fil fin mais solide s’en détacha ; la soie venait de voir le jour.

En fait, malgré ces mythes royaux, les monarchies n’apparaissent que vers -2070 avec la dynastie des Xia (Hsia) dans la Chine du nord (vallée du Fleuve Jaune). La démocratie clanique cède la place à une monarchie héréditaire d’essence divine. Une fois encore, la légende veut que la monarchie ait apporté des progrès, qu’elle soit source de bien-être pour les populations agricoles (on peut largement en douter) et de découvertes comme l’invention du calendrier et le début des observations astronomiques dans le but de favoriser l’agriculture (encore une légende) ; mise en place de systèmes d’irrigation (on ne les avait pas attendu pour le créer mille ans avant au moins) ; fabrication de vin de céréales. Invention de la poterie grise obtenue par aspersion d’eau à la sortie du four ; évolution vers l’écriture des signes gravés sur les os divinatoires ; instruments de musique en pierre et en poterie ; découverte de l’acupuncture. Pour nombre d’auteurs, la dynastie des Xia aurait un caractère légendaire, son fondateur, Yu, aurait arrêté le déluge ; selon les Annales chinoises, Yu aurait passé treize ans de sa vie à faire creuser des canaux et à lutter contre leur ensablement (encore une légende pour justifier l’utilité de la dynastie pour les paysans). Pour d’autres, la dynastie des Xia, représentative d’une culture néolithique tardive, pourrait être d’origine indo-européenne (tokharienne) ; le dernier empereur de cette dynastie se serait livré à la débauche en parcourant des forêts décorées de viandes et en navigant sur des bassins emplis de vin, accompagné de ses nombreuses concubines.

En -1600, la dynastie des Shang, issus du cours inférieur du Fleuve Jaune, chasse les Xia, décadents (nouvelle légende qui dit que cette dynastie s’imposait au peuple), du pouvoir, à la suite d’une guerre décisive où ils triomphent grâce à leurs armes de bronze. Leur avènement sonne le glas de la préhistoire chinoise. Bâtisseurs, les Shang construisent des villes fortifiées et de grands palais ; les demeures sont orientées vers le sud. Bien que l’aire de leur autorité politique soit mal connue, on pense que leur influence s’étendait de la Mongolie jusqu’à la vallée du Yang Tsé Kiang (Fleuve Bleu). Une noblesse héréditaire voit le jour. La population se divise en deux classes : celle des nobles, qui habitent des cités-palais, et celle des paysans, qui cultivent la terre autour des villes. La noblesse s’adonne aux fonctions religieuses, à la chasse et à la guerre ; les prisonniers sont considérés comme du gibier. Les paysans défrichent les forêts qui recouvrent une grande partie du pays. La population est regroupée en clans dominés par la noblesse guerrière qui fait allégeance à un roi supposé descendre de Shangdi, le maître du ciel ; à la mort du roi, ses frères lui succèdent, avant que la couronne n’échoit à son fils, après le décès du dernier frère cadet.

La société, organisée sur la base de structures claniques, comme indiquée ci-dessus, est esclavagiste : des esclaves sont enterrés vivants avec leurs maîtres défunts ou sacrifiés aux ancêtres ; la religion est dominée par le culte de ces derniers ; leurs esprits sont invoqués à tous propos ; la scapulomancie, interrogation des os divinatoires gravés de signes, et la plastomancie, étude des écailles de tortues, sont en grande faveur. Des méthodes de numération et de calcul sont utilisées ; la chronologie apparaît ; l’année comporte 12 ou 13 mois. La base du système d’écriture chinois s’élabore. Des constellations sont identifiées et les premières observations d’éclipses de lune et de soleil sont réalisées.

Les Shang finissent par sombrer dans la jouissance et la tyrannie ; leur dernier roi, Di Xin, est vaincu par Wu, le chef d’une bourgade rebelle du Shaanxi, Zhou ; le vainqueur fonde une dynastie nouvelle.

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