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Waco (USA) : la classe dirigeante ne veut pas se débarrasser de l’extrême droite nazie car elle peut en voir besoin à l’avenir - Matière et Révolution
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Waco (USA) : la classe dirigeante ne veut pas se débarrasser de l’extrême droite nazie car elle peut en voir besoin à l’avenir

samedi 27 avril 2013, par Robert Paris

Waco (USA) : la classe dirigeante ne veut pas se débarrasser de l’extrême droite nazie car elle peut en voir besoin à l’avenir

Alors que l’attentat de Boston a reçu une publicité extraordinaire avec deux coupables présumés, silence radio sur l’enquête concernant l’explosion de l’usine de la région de Waco. Tous les indices désignent la filière de l’extrême droite : la date, le type de l’usine, le lieu de l’attentat. Tous correspondent à une activité de l’extrême droite qui a déjà fait ses preuves à Waco comme à Oklahoma City. Cependant, on remarque qu’il y a très peu de commentaires sur la question : accident industriel ou attentat ? Où en sont les recherches dans les milieux d’extrême droite qui se sont mille fois revendiqués de l’affaire de Waco ? Silence et bouches cousues ! On parle aux USA plus favorablement contre les islamistes que contre l’extrême droite américaine !!! Pourtant, les actes de cette extrême droite sont multiples et trop souvent concentrés sur cette même date du 19 avril pour qu’on n’imagine pas en premier cette hypothèse. Concentrés aussi sur des explosifs utilisant les engrais à l’ammonitrate, ce qui vient d’être le cas dans cette usine d’engrais !!! On n’a encore jamais vu un tas d’ammonitrate pur exploser après avoir été pris dans un incendie, sauf si, durant l’incendie, des hydrocarbures ont coulé sur l’engrais et s’y sont intimement mélangés en quantité suffisante. L’ammonitrate n’explose pas spontanément. Il faut absolument une source de chaleur pour amorcer la réaction de décomposition qui peut conduire à l’explosion. Une température supérieure à 210°C est en effet nécessaire pour cela. Par contre, il est extrêmement facile d’utiliser ce produit pour faire une bombe… La sensibilité du nitrate d’ammonium à l’amorçage par un explosif puissant augmente considérablement lorsque ce produit est mélangé à des réducteurs divers, particulièrement des combustibles organiques ou du soufre pulvérulent. Ceci a été démontré amplement tant par de nombreuses expériences faites dans des laboratoires de poudreries que par les nombreux attentats commis par différents groupes terroristes utilisant des mélanges ANFO. Un autre indice, la nouvelle explosion de Waco a lieu le vingtième anniversaire du principal symbole de l’extrême droite américaine : l’assaut contre le groupe de miliciens néo-nazis de Waco…

Le 19 avril 1993, c’est la fin meurtrière du siège de 51 jours par les forces de l’ordre d’une résidence de Waco où se trouvait une secte d’extrême droite armée dite des Davidiens. Bilan : 86 morts, 9 survivants, 20 blessés. Après 51 jours, le FBI prétendit alors qu’il avait l’assurance que le groupe allait commettre un suicide collectif. Le procureur général, Janet Reno, approuva alors l’idée d’un assaut final.

Les chars d’assauts percèrent des trous dans les bâtiments et, selon les propres mots du FBI : « injectèrent des quantités massives de gaz lacrymogène de type CS, très inflammable et fatal pour des enfants sans masque à gaz. Les tanks (dont plusieurs Bradley’s et deux énormes M1 Abrams, utilisés en temps de guerre. La législation américaine interdit pourtant à l’armée de fournir du matériel ou d’intervenir dans une action policière) démolirent certaines parties du bâtiment pour créer des tunnels et permettre ainsi à des courants d’air de se former afin de faire circuler le gaz dans la résidence. Des parties entières du bâtiment furent renversées par les tanks écrasant plusieurs membres de la communauté, dont des enfants, dès les premières minutes de l’assaut

Les chars ont renversé les lampes à pétrole que la communauté utilisait nuit et jour depuis que l’électricité leur avait été coupée. Le gaz prit feu et les flammes se propagèrent à grande vitesse dans les lieux à cause des courants d’air. 74 personnes y moururent carbonisées, incluant 12 enfants de moins de cinq ans, dont deux enfants de Koresh. Les forces de l’ordre et les pompiers sur place ne tentèrent à aucun moment de maîtriser l’incendie.

A la fin du brasier, les ATF célébrèrent joyeusement leur succès en dressant leur drapeau sur les décombres.

Le FBI défend la thèse que les Davidiens se sont suicidés en versant de l’essence dans le bâtiment. Les quelques Davidiens survivants et d’autres témoins disent que ce sont les gaz qui ont mis le feu à l’intérieur, simplement parce que les occupants n’ayant plus d’électricité, les lampes à pétroles auraient été renversées par les chars et auraient mis le feu au bâtiment alors que tous les membres étaient regroupés dans la chambre froide au centre de la résidence. D’autres témoins parlent de missiles incendiaires envoyés sur le bâtiment. Cette thèse a fait couler beaucoup d’encre, d’autant plus qu’il fut prouvé que de telles armes avaient effectivement été utilisées, sans démontrer cependant qu’elles avaient bien déclenché l’incendie général.

Dans les milieux des groupes paramilitaires et antigouvernementaux d’extrême droite qui fleurissent dans l’Amérique profonde, le « massacre » est érigé en symbole de l’oppression d’un gouvernement liberticide. Tim McVeigh se rendra en pèlerinage sur les lieux du drame. Et deux ans plus tard, jour pour jour, rempli d’une haine accumulée depuis Waco, il fera exploser un bâtiment de l’administration fédérale à Oklahoma City (168 morts). Selon des informations recueillies à Oklahoma City, une partie au moins des agents du FBI qui avaient participé à l’assaut de Waco avaient leurs bureaux dans l’immeuble fédéral Alfred-Murrah qui abritait aussi les services secrets, la brigade des stupéfiants, les services du logement, un bureau des Marines, les ATF, l’administration des autoroutes, le bureau du budget, le service social de l’armée et une crèche.

Selon divers sondages, 60 % des américains rejettent la responsabilité du drame sur les autorités. Le siège de Waco est devenu une des références des milieux d’extrême-droite et conspirationnistes américains.

Le 19 avril 1995, l’attentat d’Oklahoma City (168 morts, plus de 680 blessés) a été perpétré à l’aide d’une bombe constituée de 108 sacs d’ammonitrate de 23 kg, de 13 barils de nitrométhane liquide de 210 litres, de plusieurs caisses d’explosif Tovex. L’ensemble avait été rassemblé à l’intérieur d’un camion. L’attentat d’Oklahoma City est un attentat commis le 19 avril 1995, lorsqu’un sympathisant du Mouvement des miliciens nommé Timothy McVeigh, avec la complicité de Terry Nichols, détruisit à l’explosif le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah dans le centre-ville d’Oklahoma City. Ce fut l’acte terroriste le plus destructeur sur le sol américain jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, avec la mort de 168 personnes et plus de 680 blessés. L’explosion a détruit ou endommagé 324 bâtiments dans un rayon de seize pâtés de maisons, détruit ou brûlé 86 voitures et soufflé les vitres de 258 bâtiments à proximité. On a estimé les dégâts de la bombe à un minimum de 652 millions de dollars de l’époque. Opposé à la gestion par le gouvernement fédéral du siège de Waco (1993) et de l’incident de Ruby Ridge (1992), McVeigh a programmé son acte pour le faire coïncider avec le deuxième anniversaire du siège de Waco. Dans les 90 minutes qui ont suivi l’explosion, McVeigh a été arrêté par un policier pour conduite d’un véhicule sans plaque d’immatriculation et port illégal d’une arme. Les preuves collectées par la police scientifique ont lié rapidement McVeigh et Nichols à l’attentat. Ils ont été inculpés quelques jours après. Michael et Lori Fortier ont été identifiés plus tard comme leurs complices.

Les principaux conspirateurs, Timothy McVeigh et Terry Nichols, se sont rencontré en 1988 à Fort Benning pendant la formation de base pour l’armée américaine. Michael Fortier, complice de McVeigh, a été son compagnon de chambre à l’armée. Les trois hommes partageaient un intérêt commun pour le survivalisme, une opposition au contrôle des armes à feu et le soutien au Mouvement des miliciens. Ils ont exprimé leur colère face à la gestion par le Federal Bureau of Investigation (FBI) d’affaire comme le Ruby Ridge en 1992 ou le siège de Waco en 1993. En mars 1993, McVeigh a visité le site Waco lors des affrontements, puis de nouveau après leur fin. McVeigh a ensuite décidé de faire exploser un bâtiment fédéral en réponse aux « raids » policiers La dernière explosion d’usine du Texas a eu lieu un 19 avril Aux environs du 19 avril, il y a bizarrement un risque plus grand d’attentats aux USA…

20 avril 1999 : fusillade du lycée Columbine, à Littleton, Colorado. 16 avril 2007 : la fusillade de l’Université Virginia Tech sur le campus de l’université Virginia Tech, à Blacksburg dans l’État de Virginie fait 32 morts et une trentaine de blessés. L’auteur des coups de feu, Cho Seung-hui, un étudiant d’origine sud-coréenne, est tué. En avril 2007, le site web des racistes du mouvement néo-nazis lance un jeu vidéo dont le but est de « liquider tous les envahisseurs non-blancs et purifier le quartier général du NSM ». Paul Paletti, directeur des adhésions au mouvement nazi du Wisconsin, le NSM ou mouvement national-socialiste, a été arrêté pour avoir agressé un adolescent mexicain en avril 2007, acte considéré comme un crime de haine, mais la condamnation est transformée en délit à la suite d’un arrangement.

Toujours en avril 2007, Gorgon Young, dirigeant du Maryland de la même organisation NSM est arrêté pour agression contre une jeune fille.

Toujours en avril 2007, le congrès national de l’organisation décide de mettre fin à la tradition de l’uniforme brun pour le remplacer par des vêtements militaires noirs, « plus militants » Du 18 au 21 avril 2008, une série de 36 fusillades en 4 jours ont causé la mort de 7 personnes à Chicago dans l’Illinois. Elles se sont produites en majorité dans les quartiers défavorisés du sud et de l’ouest de la ville. avril 2009 : une fusillade dans un centre d’aide aux immigrés à Binghamton, dans l’État de New York fait 14 morts dont l’auteur de la tuerie.

Les militants des groupes d’extrême droite américains et leurs actes criminel se sont multipliés comme la fusillade survenue en août 2012 dans un temple sikh d’Oak Creek, dans le Wisconsin (nord), a été identifié lundi comme étant un ancien soldat lié à des groupuscules prônant la suprématie de la race blanche. L’assassinat de Trayvon Martin aux USA était aussi un assassinat raciste/fasciste. George Zimmerman a reconnu avoir tué ce jeune Noir âgé de 17 ans en février 2012. Aux USA, au-delà des tueries, la menace fasciste est très sérieuse. Le nombre de ces groupes racistes a augmenté de 54% en huit ans. Un phénomène plus marqué depuis l’élection de Barack Obama à la Maison-Blanche. De l’Idaho jusqu’au New Jersey en passant par le Michigan et la Floride, ces groupes paramilitaires habillés en uniforme kaki et tenue de camouflage multiplient les exercices au tir et les camps d’entraînement en forêt. La peur d’un contrôle renforcé sur les armes à feu a aussi fait exploser leurs ventes, garnissant les stocks des groupuscules. On peut retrouver leurs faits d’armes sur les sites de partage vidéo sur internet où leurs thèses se répandent et leur influence grandit. Une des principales raisons de cette poussée de la droite radicale tient à l’élection de Barack Obama. « La grande différence avec les mouvements des années 1990 provient du fait qu’à la tête du gouvernement fédéral, qui est l’ennemi numéro un pour ces groupuscules, se trouve désormais un noir. Cette donnée a injecté un fort élément racial dans les thèses développées par ces milieux », explique l’étude. L’arrivée à la Maison-Blanche d’Obama, qui reçoit près de trente menaces de mort par jour, avait provoqué une vague de réactions racistes à travers tout le pays. En octobre 2008 déjà, un complot de deux néonazis visant à l’assassiner dans le Tennessee avait été déjoué. Meurtres et agressions racistes se sont répétées depuis. Le rapport évoque par exemple le cas, près de Boston, d’un homme blanc qui, révolté par le « génocide » de sa race, a tué deux immigrants africains. Pour certains, la pilule est dure à avaler. Les groupuscules d’extrême droite, qui n’ont toujours pas digéré l’élection du premier président noir des Etats-Unis, connaissent un nouvel essor dans le pays après une décennie de déclin, selon une étude publiée mercredi. Mus par une idéologie raciste, antigouvernementale et anti-immigration, les groupuscules américains qui ont prospéré dans les années 1990 sont en train de se développer, a indiqué le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association reconnue pour son travail sur l’extrême droite. « C’est la croissance la plus importante à laquelle nous assistons depuis 10 ou 12 ans », a indiqué un responsable de la police, cité par le SPLC dans son étude intitulée « La deuxième vague : le retour des milices ». Selon des données du SPLC, le nombre de groupes racistes, y compris ces groupuscules, a augmenté de 54% entre 2000 et 2008, passant de 602 à 926. « Il ne manque qu’une étincelle. Ce n’est qu’une question de temps avant de voir arriver des menaces et des violences », explique l’agent cité par le rapport. Au début des années 1990, des dizaines de milliers d’Américains avaient entrepris de s’organiser face à ce qu’ils percevaient comme une menace imminente du totalitarisme. Ils considéraient le président [Bill Clinton] comme un criminel et un traître, et n’hésitaient pas à le comparer à Hitler. Ils avaient alors stocké des armes et clamé que le projet visant à contrôler leur possession n’était que le premier pas vers l’esclavage de masse. Or voici qu’aujourd’hui le mouvement des milices connaît un regain. “Après avoir presque complètement disparu de la scène publique depuis près d’une décennie, les milices de droite resurgissent un peu partout dans le pays”,met en garde un récent rapport du Southern Poverty Law Center. D’après ce document, une cinquantaine de groupes armés sont apparus en moins de deux ans.

Aux USA, au-delà des tueries, la menace fasciste est très sérieuse. Le nombre de ces groupes racistes a augmenté de 54% en huit ans. Un phénomène plus marqué depuis l’élection de Barack Obama à la Maison-Blanche. De l’Idaho jusqu’au New Jersey en passant par le Michigan et la Floride, ces groupes paramilitaires habillés en uniforme kaki et tenue de camouflage multiplient les exercices au tir et les camps d’entraînement en forêt. La peur d’un contrôle renforcé sur les armes à feu a aussi fait exploser leurs ventes, garnissant les stocks des groupuscules. On peut retrouver leurs faits d’armes sur les sites de partage vidéo sur internet où leurs thèses se répandent et leur influence grandit. Une des principales raisons de cette poussée de la droite radicale tient à l’élection de Barack Obama. « La grande différence avec les mouvements des années 1990 provient du fait qu’à la tête du gouvernement fédéral, qui est l’ennemi numéro un pour ces groupuscules, se trouve désormais un noir. Cette donnée a injecté un fort élément racial dans les thèses développées par ces milieux », explique l’étude. L’arrivée à la Maison-Blanche d’Obama, qui reçoit près de trente menaces de mort par jour, avait provoqué une vague de réactions racistes à travers tout le pays. En octobre 2008 déjà, un complot de deux néonazis visant à l’assassiner dans le Tennessee avait été déjoué. Meurtres et agressions racistes se sont répétées depuis. Le rapport évoque par exemple le cas, près de Boston, d’un homme blanc qui, révolté par le « génocide » de sa race, a tué deux immigrants africains. Pour certains, la pilule est dure à avaler. Les groupuscules d’extrême droite, qui n’ont toujours pas digéré l’élection du premier président noir des Etats-Unis, connaissent un nouvel essor dans le pays après une décennie de déclin, selon une étude publiée mercredi. Mus par une idéologie raciste, antigouvernementale et anti-immigration, les groupuscules américains qui ont prospéré dans les années 1990 sont en train de se développer, a indiqué le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association reconnue pour son travail sur l’extrême droite. « C’est la croissance la plus importante à laquelle nous assistons depuis 10 ou 12 ans », a indiqué un responsable de la police, cité par le SPLC dans son étude intitulée « La deuxième vague : le retour des milices ». Selon des données du SPLC, le nombre de groupes racistes, y compris ces groupuscules, a augmenté de 54% entre 2000 et 2008, passant de 602 à 926. « Il ne manque qu’une étincelle. Ce n’est qu’une question de temps avant de voir arriver des menaces et des violences », explique l’agent cité par le rapport. Au début des années 1990, des dizaines de milliers d’Américains avaient entrepris de s’organiser face à ce qu’ils percevaient comme une menace imminente du totalitarisme. Ils considéraient le président [Bill Clinton] comme un criminel et un traître, et n’hésitaient pas à le comparer à Hitler. Ils avaient alors stocké des armes et clamé que le projet visant à contrôler leur possession n’était que le premier pas vers l’esclavage de masse. Or voici qu’aujourd’hui le mouvement des milices connaît un regain. “Après avoir presque complètement disparu de la scène publique depuis près d’une décennie, les milices de droite resurgissent un peu partout dans le pays”,met en garde un récent rapport du Southern Poverty Law Center. D’après ce document, une cinquantaine de groupes armés sont apparus en moins de deux ans. “Ces milices n’ont pas encore atteint le niveau qu’on leur a connu en 1994-1995, mais c’est sans conteste la croissance la plus significative que nous ayons enregistrée depuis une douzaine d’années. Il ne manque plus que l’étincelle qui mettra le feu aux poudres. Ce n’est qu’une question de temps avant que ces groupes ne passent aux menaces et à la violence”, précise le document. C’est dans ce contexte que doivent être compris les mouvements de protestation violente qui se sont déroulés récemment lors de réunions publiques dans plusieurs villes [ces manifestations visaient le projet de réforme du système de santé promis par Barack Obama]. “Je pense que les choses ont empiré, y compris dans les dernières semaines, souligne Mark Potok, l’un des responsables du Southern Poverty Law Center. Des gens armés viennent exprimer leur colère lors de ces réunions publiques en présence de représentants au Congrès américain. Et, même si ces gens ne sont pas directement liés aux milices, ils agissent au nom des mêmes idées.” Cela ne signifie évidemment pas que tous ceux qui s’opposent aux projets démocrates de réforme du système de santé soient des miliciens. Cela veut simplement dire que la rhétorique qui domine ces manifestations est directement issue du mouvement des milices. Celui-ci a toujours été convaincu que des élites cyniques complotent pour imposer de force un collectivisme meurtrier à une population qui s’y oppose. Il hait le gouvernement fédéral. Les foules en colère qui se rassemblent pour affirmer qu’elles se dresseront contre le despotisme, pour dénoncer les projets d’euthanasie de masse et leurs condamnations hystériques de l’actuel président s’enracinent beaucoup plus dans les vieilles lubies de l’extrême droite que dans les dispositions réelles contenues dans le projet de réforme du système de santé. Rien par exemple, dans aucune version du projet, ne peut étayer les rumeurs de “death panels” [relayée entre autres par l’ancienne candidate républicaine à la vice-présidence Sarah Palin, cette rumeur prétend que si la réforme est adoptée les enfants handicapés devront passer devant des panels bureaucratiques qui décideront s’ils doivent être soignés ou non]. Mais ces rumeurs font écho à des craintes véhiculées depuis longtemps par les milices. Ce genre de phénomène survient souvent lorsque les conservateurs ont été chassés du pouvoir. Quand les républicains sont à la Maison-Blanche, la droite n’a généralement aucune objection à ce que l’administration renforce son emprise. Pendant les années Bush, les mouvements qui dominaient à droite étaient le néoconservatisme et un christianisme évangélique nationaliste qui souhaitait bien plus participer au gouvernement que le renverser. Aujourd’hui, avec l’administration Obama, nous assistons à la réémergence d’une vieille et pérenne réaction américaine qui apparaît généralement durant les périodes où les libéraux ont le vent en poupe. "Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut considérer les milices comme la manifestation particulière d’un populisme de droite qu’on appelle le ‘Patriot movement’” souligne Chip Berlet, du Political Research Associates, un think tank consacré à l’étude de l’extrême droite. “Ce mouvement existe depuis longtemps. Son précurseur le plus connu fut la John Birch Society [une organisation ultraconservatrice créée en 1958], qui était très active dans les années 1960. Ses membres avaient des revendications très semblables à celles que l’on entend aujourd’hui : la dénonciation de la tyrannie, l’impôt sur le revenu considéré comme du socialisme, les Nations unies, le contrôle sur les armes à feu. Il n’y a rien de nouveau dans tout cela, sauf l’histoire du certificat de naissance de Barack Obama.” [Une campagne d’extrême droite prétend qu’Obama ne serait pas né aux Etats-Unis, mais au Kenya, ce qui le disqualifierait pour occuper la présidence.] La question raciale ajoute un élément particulièrement explosif à cette mixture idéologique. “La différence essentielle aujourd’hui, c’est que le gouvernement fédéral – l’ennemi juré de la droite radicale – est dirigé par un Noir, souligne le rapport du Southern Poverty Law Center. Ce fait, combiné aux taux élevés de l’immigration non blanche, a accentué le racisme du mouvement Patriot, pour qui jusqu’à présent la haine raciale n’était pas l’une des principales motivations.” On assiste actuellement à une fusion entre le mouvement contre les immigrés, le mouvement Patriot et le racisme sudiste à l’ancienne. “La croissance rapide des milices est préoccupante, mais elle survient dans un contexte plus large, et c’est sans doute cela qui, d’une certaine façon, est plus inquiétant”, remarque Brian Levin, directeur du Center for the Study of Hate & Extremism à l’université de Californie. “Ces rancœurs sous-jacentes – qu’elles s’expriment pendant des réunions publiques, dans certaines émissions de radio ou n’importe où ailleurs – sont des éléments d’un même phénomène.” Dans le passé, la combinaison de la fureur, de la dépossession, de la suspicion irrationnelle et des armes à feu a conduit à des violences graves. “Je ne suis pas sûr que nous en soyons au point où nous en étions juste avant l’attentat d’Oklahoma City [le 19 avril 1995, Timothy McVeigh, membre d’une milice d’extrême droite, a fait exploser un bâtiment fédéral de la capitale de l’Oklahoma, provoquant la mort de 168 personnes], mais il ne fait aucun doute que la marmite bouillonne et pourrait finir par exploser”, conclut Mark Potok.

Avec l’élection d’Obama puis sa réélection, les bandes armées néonazies se sont multipliées, manifestent en armes sans être nullement inquiétées…

Au lendemain des attentats de Boston, le Washington Post avait noté qu’une éventuelle piste terroriste intérieure, menant aux milices d’extrême droite américaines, ne devait pas être sous-estimée. Le quotidien américain avait souligné la hausse spectaculaire du nombre de « groupes extrémistes dit patriotes » et fait état d’un rapport du Southern Poverty Law Center qui prédisait une possible explosion de violence du côté des milices, en plein débat sur la législation anti-armes à Washington. « Comme dans la période avant le bombardement d’Oklahoma City, nous voyons des menaces provenant de ceux qui croient que le gouvernement va leur prendre leurs armes », avait-il écrit dans une lettre adressée au ministre de la Justice, Eric Holder.

La situation de l’extrême droite américaine en 2011

7 Messages de forum

  • La présidence s’écrase et l’extrême droite est radicalisée par les annonces gouvernementales non suivies d’effet.

    La NRA, l’association de défense du libre commerce des armes à feu, a tenu sa convention annuelle, dans une ambiance de citadelle assiégée en « guerre » contre le gouvernement, ce week-end au Texas. Deux semaines après avoir réussi à faire capoter la loi sur le contrôle des armes, le puissant lobby promet de redoubler d’efforts pour faire avancer ses intérêts. Pendant trois jours, devant plus de 70.000 personnes, la NRA n’a cessé d’appeler ses membres à poursuivre le « combat », « résister » aux « attaques historiques » de l’administration Obama. « Nous ne nous rendons jamais », a proclamé samedi le vice-président du lobby, Wayne LaPierre, devant une foule en extase. Le champion des déclarations controversées n’a pas hésité à exploiter les attentats de Boston. « Combien de Bostoniens ont regretté de ne pas avoir d’armes il y a deux semaines ? Combien d’autres Américains se posent désormais la question du choix entre la vie et la mort ? » a-t-il demandé au milieu de centaines de stands présentant les derniers modèles.

    À Houston, Barack Obama était clairement considéré comme l’ennemi public numéro un ce week-end, un président à arrêter à tout prix, selon Jim Porter, le nouveau président de la NRA, qui sera officiellement intronisé ce lundi. Son arrivée indique tout sauf une volonté de modération dans l’organisation. Habitué des discours incendiaires et adepte, comme Wayne LaPierre, des théories du complot, il avait décrit le premier locataire métis de la Maison-Blanche comme un « imposteur » l’an dernier. Le sexagénaire ventripotent, surnommé « Big Jim », a été ovationné par la foule. Parlant de « guerre des valeurs » et décrivant les propriétaires d’armes comme des « combattants pour la liberté », il a lancé un appel à la formation de tous les citoyens au maniement des armes militaires afin que ces derniers puissent se « défendre » contre la « tyrannie ».

    Non content de la victoire de la NRA au sujet de la vérification d’identité des acheteurs, l’interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs à haute capacité - des mesures qui ont toutes échoué au niveau fédéral en avril -, Porter mettra à profit son expertise légale pour contester les restrictions adoptées depuis le mas­sacre de Newtown au niveau des États, notamment au Colorado et au Connecticut. Wayne LaPierre appelle quant à lui à doubler le chiffre -record- d’adhérents de cinq à dix millions et à mobiliser les troupes pour les prochaines élections. L’influence de la NRA tient en grande partie à sa capacité à mettre en échec les candidats qui ne sont pas suffisamment pro-armes dans certains États.

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  • George Zimmerman, un garde bénévole qui a tué un adolescent noir en 2012 en Floride, a été acquitté samedi soir du meurtre par un jury de six femmes, à l’issue d’un procès alourdi par une polémique sur le racisme qui a enflammé les Etats-Unis.

    Le débat passionné opposait ceux qui croient que Zimmerman - dont le père est blanc et la mère Péruvienne - avait tué le jeune noir par racisme et ceux qui sont convaincus qu’il avait agi en légitime défense.

    George Zimmerman, 29 ans, avait tiré sur Trayvon Martin, 17 ans, une nuit de février 2012, lors d’une ronde de surveillance dans une propriété grillagée, après une altercation. A l’énoncé du verdict, il a souri brièvement mais sans laisser paraître d’émotion. Sa famille s’est au contraire montrée rayonnante dans les rangs de la salle d’audience.

    « Manifestement, nous sommes aux anges avec ces résultats. George Zimmerman n’a jamais été coupable d’autre chose que de s’être protégé en légitime défense », a déclaré son avocat principal, Mark O’Mara.

    Le jury, composé de six femmes - cinq blanches et une d’origine hispanique -, a délibéré pendant plus de 16 heures avant de rendre son verdict d’acquittement. Pour les faits dont il était accusé, Zimmerman était passible d’une condamnation à la prison à vie s’il était jugé coupable de meurtre, ou d’une condamnation à une peine maximale de 30 ans de prison, si le jury retenait le chef d’homicide.

    Lors du procès, Zimmerman avait été accusé d’avoir poursuivi Martin Trayvon, qui n’était pas armé, dans une propriété grillagée à Sanford, en Floride, et d’avoir tiré sur lui durant une altercation. Ses avocats ont fait valoir la légitime défense car le jeune Noir l’avait jeté au sol et avait commencé à lui frapper la tête contre le sol.

    La mort de Trayvon Martin, en février 2012, et la remise en liberté rapide de Zimmerman, qui n’avait pas été inculpé dans un premier temps, avaient provoqué une vaste polémique et de nombreuses manifestations aux Etats-Unis.

    Les noirs n’ont pas de justice à attendre des institutions américaines. Pas plus avec Obama qu’avant.

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  • Dimanche soir, alors que Barack Obama venait d’appeler au calme en rappelant que le pays devait respecter le verdict, des rassemblements ont encore eu lieu dans plusieurs grandes villes : Chicago, Philadelphie, Washington, Atlanta, Los Angeles, San Francisco et surtout New York, où plusieurs milliers de personnes ont défilé spontanément à Times Square.

    A New York, de nombreux participants arboraient des pancartes avec le portrait de l’adolescent noir de 17 ans. Certains avaient également choisi, en dépit de la canicule, de porter un sweatshirt à capuche, vêtement porté par le victime le soir du drame.

    "Le peuple dit ’coupable", "nous voulons la justice, et nous la voulons maintenant", scandaient les manifestants, en majorité noirs, mais aussi blancs et hispaniques -George Zimmerman est lui-même latino.

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  • Tracy Martin, a lancé : "Je pense que si Trayvon avait été blanc, rien ne serait jamais arrivé".
    "De façon évidente, la race a joué quelque part un rôle", a-t-il martelé.
    Pour son épouse Sybrina Fulton, le système judiciaire des Etats-Unis "a d’une certaine manière trahi Trayvon".

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  • L’acquittement du meurtrier de Trayvon Martin suscite toujours l’émotion et l’indignation aux Etats-Unis. Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de New-York et de Chicago samedi en hommage au jeune Noir de 17 ans.

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  • Trois étudiants musulmans assassinés sur un campus en Caroline du Nord. C’est évidemment un crime anti-musulman vu les textes que l’auteur du crime a laissés contre l’Islam. Pourtant la police a tenté de le camoufler en crime de voisinage, prétendant que c’était une querelle pour... une place de parking !

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  • Le Figaro :

    Les crimes et délits contre les musulmans ont augmenté de près de 50% de 2009 à 2010, alors que dans le même temps, les autres violences raciales et religieuses ont légèrement baissé ou peu progressé, selon les statistiques du FBI rendues publiques hier.

    Selon ces chiffres, le nombre total des violences perpétrées contre les musulmans est passé de 107 en 2009 à 160 en 2010, soit 49% d’augmentation, contre une progression de 13% des violences contre les catholiques, une baisse de 4% des infractions contre les juifs et une hausse globale de 14% des crimes et délits anti-religieux. Le nombre total de "crimes de haine" a très légèrement augmenté à 6.628 cas, dont 47,3% motivés par des différences de race et 20% par des différences de religion, selon le FBI.

    "Après un déclin en 2009, il est perturbant de voir ces crimes et délits augmenter de nouveau", a souligné l’organisation des droits de l’homme Human rights First, "l’augmentation des violences antimusulmanes est particulièrement significative", a ajouté l’organisation dans un communiqué.

    "Human Rights First a longtemps souligné que les violences contre les musulmans, ainsi que toutes les formes de crimes haineux, doivent être considérées comme une grave violation des droits de l’homme", précise un des responsables de l’organisation, Paul Legendre. "Le gouvernement américain peut et doit faire davantage pour s’attaquer à ces abus", ajoute-t-il, estimant que cela pourrait passer par une amélioration des rapports de police sur les "crimes de haine".

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