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Les « nouveaux philosophes » français, en dérive du stalinisme vers l’extrême droite islamophobe ? - Matière et Révolution
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Les « nouveaux philosophes » français, en dérive du stalinisme vers l’extrême droite islamophobe ?

jeudi 2 mai 2013, par Robert Paris

Les « nouveaux philosophes » français, en dérive du stalinisme vers l’extrême droite islamophobe ?

Les « nouveaux philosophes français »… des électrons libres, particules élémentaires, ou d’anciens staliniens devenus nouveaux nazis ?

Gilles Deleuze affirme :

« Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides (« moi, en tant que lucide et courageux, je vous dis..., moi, en tant que soldat du Christ..., moi, de la génération perdue..., nous, en tant que nous avons fait mai 68..., en tant que nous ne nous laissons plus prendre aux semblants... »). Avec ces deux procédés, ils cassent le travail. Car ça fait déjà un certain temps que, dans toutes sortes de domaines, les gens travaillent pour éviter ces dangers-là. »

La philosophie a eu en France ses Montesquieu et ses La Boétie, ses Diderot et ses D’Alembert, ses Voltaire et ses Rousseau. Maintenant, elle a ses Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy, Christian Jambet, Guy Lardreau, Jean-Paul Dollé, Michel Onfray, Michel Houellebecq, Gilles Susong, Pascal Bruckner, Michel Houellebecq et tant d’autres qui hérissent le cœur et l’esprit… Qu’y a-t-il de commun entre tous ces auteurs, à part qu’ils affirment représenter une nouvelle philosophie française se démarquant du communisme : ils viennent de sa version stalinienne et vont vers la droite extrême et même extrêmement à droite ! Il n’y a pas plus hostiles à la fois au communisme, à l’extrême gauche, aux révolutionnaires, à l’Islam et plus favorables à la « pensée occidentale ». Un retour à la bonne extrême droite franchouillarde à la Maurras et Déon. Des penseurs nazis ou jouant à s’en rapprocher par provocation, pour se faire remarquer, si les deux – pensée et nazisme - sont compatibles…

Vous remarquerez que cet article comprend fort peu de remarques de notre part et beaucoup de citations car nous estimons que les textes de ces prétendus auteurs les jugent… Sans trop de commentaire !

Michel Houellebecq :

« La religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré, effondré »

« Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. »

Dans La possibilité d’une île, il est autobiographique dans le personnage de Daniel, lucide et cynique, qui parle de lui-même comme du « Zarathoustra des classes moyennes », précisant : « si l’on agresse le monde avec une violence suffisante, il finit par le cracher, son sale fric. »

Particules élémentaires sont envoyées aux rédactions des journaux. La rentrée littéraire, dominée par l’enjeu théâtral des prix de novembre, se prépare tôt. Chez Flammarion, on l’annonce aux libraires comme « l’événement de la rentrée ». Le premier média à le confirmer est un hebdomadaire en vogue, Les Inrockuptibles. En lui consacrant le 19 août la « une » et un dossier, il salue l’importance du roman tout en pointant son matériau idéologique. Un entretien avec l’auteur figure dans le dossier. Houellebecq y déclare notamment bien aimer Staline « parce qu’il a tué plein d’anarchistes... Parce qu’il a été assez sévère également avec les trotskistes, deux mesures nécessaires pour éviter les déviations dangereuses. »

André Glucksmann :

« Comment désigner ces jeunes et moins jeunes incendiaires ? Un gosse de 10 ans lave la voiture familiale, c’est la Fête des pères. Il tombe sous une balle perdue. Sur les lieux du crime, le ministre de l’intérieur propose de nettoyer la cité "au Kärcher". Autre drame à Argenteuil, il parle de "racaille". Que n’a-t-il pas dit ! L’opposition se déchaîne, c’est normal. La presse aussi, ce qui l’est moins. Pour éviter de regarder le mal en face, on fait de la sémantique : le ministre aurait injurié l’ensemble des cités ! Quand les émeutes éclatent, le gouvernement enfonce le clou, pas mécontent de tenir un mouton noir responsable du chaos. Passons sur les intrigues très fin de règne. Peut-on ou non user du terme "racaille" et d’autres quolibets non moins dépréciatifs ? Faut-il s’abstenir de toute stigmatisation des incendiaires sous prétexte que des innocents pourraient se sentir visés ? Le sacro-saint souci de ne pas susciter d’"amalgame" fait justement l’amalgame. Il suppose impossible de séparer le bon grain de l’ivraie, donc de distinguer la minorité de l’ensemble. La belle âme compatissante interdit de nommer un chat un chat et un incendiaire de véhicules habités un assassin potentiel. On confond ceux qui brûlent et ceux qui s’y refusent. On prend la partie pour le tout. Les Trissotins moralisateurs ne veulent pas froisser les incendiaires, ainsi entament-ils une bataille grotesque sur les mots pour contourner la cruauté des faits. Certains, qui reprochent "racaille", écrivent quelques lignes plus loin : "barbares", "sauvages" ou "voyous". Le politique regrette les termes "discriminants" et se réfugie dans le vocabulaire homologué : "délinquants". Tant pis pour la présomption d’innocence. Voilà l’émeutier coupable avant d’être jugé. La confusion atteint des sommets dans le vocabulaire neutre : les "jeunes" incendient, les "jeunes" tirent à balles réelles, pour conclure : les jeunes sont en colère. Les incendiaires sont jeunes (sans guillemets) parmi les jeunes, jeunes comme tous les jeunes. Pour éviter l’amalgame, on le chauffe à blanc ? Il faut juger chacun sur ses actes et non sur sa génération ou son origine ethnique. Jeune ou vieux, un voyou qui terrorise est un voyou. Le discriminant infamant refuse de confondre classe d’âge ou lieu d’habitation et comportement criminel. Le dernier mot est à Diziz la Peste, le célèbre rappeur : "Asperger d’essence un handicapé, c’est parce que t’as un malaise ou t’as pas de boulot ? Non, t’es qu’une merde, c’est tout !"

Michel Onfray et sa « gestion libertaire du capitalisme » :

"Pour une réforme post chrétienne. [...] La révolution de 68 a été une révolution réussie car ça a été une révolution libertaire ; les hommes et les femmes se sont parlés autrement, les profs et les élèves pareils, les supérieurs et les inférieurs hiérarchiques idem [...] La destruction d’un certain nombre de valeur consubstantielle à mai 68, que sont l’autorité, l’ordre, la hiérarchie, la tyrannie, la dictature, le principe de droit divin pour le patron, toutes ces choses là ont disparues et c’est parfait. [...] en revanche ce qui nous a manqué, ce sont des valeurs de substitutions [...] ce n’etait pas une bonne idée par exemple de considérer que l’histoire, les dates, ce n’est pas très important et que la chronologie il fallait oublier tout ça ; ce qui fait qu’on a aujourd’hui des gamins sans mémoire, sans technique pour dessiner, qui ne savent pas écrire ou qui ne savent pas penser, et on a fabriqué une espèce de nihilisme qui est assez dangereux [...] et à gauche sous prétexte de pratiques alternatives, on a pataugé un peu, et on a pas fait ce qu’il y avait de mieux à faire [...] L’espèce de nihilisme qui a suivi mai 68 n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux, et il serait bon, aujourd’hui, qu’on puisse refabriquer des valeurs, une valeur n’étant pas obligatoirement réac [...] Je crois pas que ce soit nécessaire de refaire de l’autorité de refaire de l’ordre, mais il faut refaire du sens, ça suppose une éthique, des valeurs post-chrétiennes [...] Je crois que la droite n’a jamais supporté les avancées de la gauche, 1789, la commune, le front populaire, là on est dans une période de punition [...] Quand selliére dit "il faut siffler la fin de la récréation", quel mépris, quel mépris... parce que les ouvriers auraient eus quelques heures de moins dans leurs semaines de travail [...] La gauche qui est dans l’opposition ne se structure pas là dessus non plus, il y a un silence de la gauche sur ces questions qui est assourdissant, la gauche referait un programme vraiment de gauche susceptible de mobiliser les altermondialistes, les gens qui votent à l’extrême gauche, les déçus de la politique, il y aurait la possibilité de revenir à une politique digne de ce nom, si on retravaillait justement sur ces questions post-chrétiennes, sur ces questions de liberté, d’égalité, de fraternité, sur la question du rapport au travail [...] Pourquoi la gauche n’écoute pas ces proposition là ? Pourquoi la gauche n’a pas de proposition sur la question de la bioéthique qui seraient des propositions de bioéthique libertaire, pourquoi, etc, etc... à mon avis il y a des idées à gauche, des idées qui permettrait de parachever mai 68, et elles ne sont pas prises en charges, prises en comptes par la gauche de gouvernement qui est globalement une gauche libérale. [...] La gestion libérale du pouvoir, que ce soit des libéraux de droite ou des libéraux de gauche, c’est la même gestion, donc il y a des gestions anti-libérales qui à mon avis ne sont pas des gestions anti-capitalistes, parce que le le capitalisme n’est pas le libéralisme, c’est pas la même chose, et qui mériterait aujourd’hui qu’on s’y arrête, la formulation d’idées post-chrétiennes ou de valeurs post-chrétiennes ou d’une gauche post-chrétiennes, ça reste d’actualité. [...] J’avais un chapitre sur l’économie, j’avais même parlé de l’économisme, en disant que c’est une religion ; et comme un certain nombre de religions, on a droit d’être athée, mais il faudrait être docteur en théologie pour pouvoir être athée. En économie c’est pareil, on aurait le droit d’être contre le libéralisme, mais il faudrait avoir un diplôme de harvard ou avoir un BAC+8 en économie, alors que ce n’est pas une science exacte, ce n’est tellement pas une science exacte que ce n’est même pas une science, l’économie. Et la politique s’est trouvé dilué dans l’économique aujourd’hui [...] à l’évidence quand on reste dans un système, l’alternative à ce système n’est pas pensable. C’est une espèce de paradoxe que nous proposent les libéraux, qui nous disent que le libéralisme est l’horizon indépassable. Si on considère qu’il est indépassable, alors à l’évidence il ne sera jamais dépassé, si en revanche on considère qu’il est dépassable et qu’on peut le dépasser avec un certains nombre de pratiques, de techniques, et là j’en appelle pour le coup à un travail en commun avec les économistes, parce que je ne le suis pas, mais je dis simplement que, il y a des possibilités aujourd’hui, d’abord en distinguant capitalisme et libéralisme, je crois qu’il y a une grande erreur à croire que c’est la même chose. Quand je vois les altermondialistes qui veulent en finir avec le capitalisme, d’accord mais pour faire quoi ? quel mode de production peut on mettre en place qui serait vraiment alternatif au capitalisme ? Donc le capitalisme c’est la propriété privée des moyens de productions, le libéralisme c’est la possibilité dans le capitalisme de faire ce qu’on veut, comme on veut, quand on veut. Moi je suis un anti-libéral absolu. En revanche moi, je ne suis pas anti-capitaliste, car le capitalisme c’est la possibilité de créer des richesses avec des gens qui possédant, qui investissent.. alors je ne vois pas d’alternative à ça... ou alors qu’on me le dise ! si il y a quelque chose de franchement alternatif, je suis preneur. Comment on fait quand on veut en finir avec le capitalisme ? on va abolir le capital comme ça ? en faisant une loi en disant le capital est aboli... non le capitalisme est pas né un jour, il est consubstantiel aux échanges, c’est comme ça depuis le début, depuis l’origine. [...] Si on me dit aujourd’hui "on peut changer/supprimer le capitalisme", alors je suis preneur. Moi, je pense que le capitalisme a des modalités d’existence, et que même à l’époque soviétique, ce qui passait pour du socialisme, c’était du capitalisme socialiste (une des modalités du capitalisme). [...] Faisons quelque chose qui va paraitre un peu d’extravagant, un capitalisme libertaire, et si une modalité est possible au capitalisme et qu’il est libertaire, définissons le, ce pas seulement ce qu’on appelle en rhétorique un oxymore, deux termes qui s’opposent absolument, capitalisme et libertaire, moi je pense que c’est tout à fait possible dans la mesure où on considère, dans un capitalisme libertaire, que la répartition des richesses et des biens est soumise à un principe d’égalité, à un principe libertaire, c’est à dire on donne à ceux qui ont besoins, on redistribue, on fait des caisses, on a une fiscalité qui permet d’aller vers les plus pauvres, vers les plus modestes, vers les plus démunis, etc. à l’évidence c’est à repenser, c’est une piste que je donne et qu’il faudrait repenser avec des économistes qui seraient capables de montrer comment on peut avec un systéme de taxe de fiscalité de barriére douaniére, de gestion communale, communaliste, d’autogestion, de mutualité proudhonienne par exemple, comment on peut gérer le capitalisme de maniére libertaire. Le capitalisme libéral n’est pas l’horizon indépassable de notre époque, ce qui est indépassable, me semble-t-il, c’est le capitalisme, en revanche ce qui me semble dépassable, c’est la modalité que le capitalisme prend dans les périodes qui sont les siennes . Il y a eu un capitalisme féodal, tribal et primitif, industriel, postindustriel, ruraux (dans la chine d’aujourd’hui), je crois qu’on peut trés bien envisager des capitalismes libertaires. Il me semble par exemple que les syndicats de consommateurs pourraient trés bien fonctionner avec des appels au boycott sur un certain nombre de produits, ou en considérant qu’on peut aller sur des produits estampillés parce que des conditions plus défendables. travail d’adultes et pas d’enfants, travail d’adultes qui seront défendus socialement et non pas des gens qu’on aura à exploiter dans un filiére asiatique ou nord africaine, etc , l’économie équitable toutes ces choses là me semblent défendables. On pourrait considérer que toutes ces choses là pourraient faire partie de ce qu’on pourrait appeler un capitalisme libertaire, d’une gestion libertaire du capitalisme."

Michel Onfray :

« L’islam est structurellement archaïque : point par point, il contredit tout ce que la philosophie des Lumières a obtenu depuis le XVIIIe siècle en Europe et qui suppose la condamnation de la superstition, le refus de l’intolérance, l’abolition de la censure, le rejet de la tyrannie, l’opposition à l’absolutisme politique, la fin de toute religion d’Etat, la proscription de la pensée magique, l’élargissement de toute liberté de pensée et d’expression, la promulgation de l’égalité des droits, la considération que toute loi relève de l’immanence contractuelle, la volonté d’un bonheur social ici et maintenant, l’aspiration à l’universalité du règne de la raison. Autant de refus clairement signifiés à longueur de sourate. » (Traité d’athéologie de Michel Onfray, page 251)

Disons seulement qu’il estime que l’Islam de 600 après J.-C. serait un recul par rapport aux Lumières de 1750 !!!!

« Désormais l’islam place des coins dans le vieux marbre d’une Europe qui ne croit plus en elle, en ses valeurs, en ses vertus, et ce avant destruction définitive »

Onfray aime bien les discours méprisants pour le bas peuple :

"L’EUROPE DES CRETINS"

« Les gens qui vont voter Non à la constitution européenne sont des crétins, des abrutis, des imbéciles, des incultes. Petit pouvoir d’achat, petit cerveau, petite pensée, petits sentiments. Pas de diplômes, pas de livres chez eux, pas de culture, pas d’intelligence. Ils habitent en campagne, en province. Des paysans, des pécores, des péquenots, des ploucs. Ils n’ont pas le sens de l’Histoire, ne savent pas à quoi ressemble un grand projet politique. Ils ignorent le grand souffle du Progrès. Ils crèvent de Peur. Jadis, ces mêmes débiles ont voté non à Maastricht ignorant que le oui allait apporter le pouvoir d’achat, la fin du chômage, le plein emploi, la croissance, le progrès, la tolérance entre les peuples, la fraternité, la disparition du racisme et de la xénophobie, l’abolition de toutes les contradictions et de toutes la négativité de nos civilisations post-modernes, donc capitalistes, version libérale. L’électeur du Non est populiste, démagogue, extrémiste, mécontent, réactif. C’est le prototype de l’homme du ressentiment. Sa voix se mêle d’ailleurs à tous les fascistes, gauchistes, alter mondialistes et autres partisans vaguement vichystes de la France moisie, cette vieille lune dépassée à l’heure de la mondialisation heureuse. Disons le tout net : un souverainiste est un chien. En revanche, l’électeur du Oui est génial, lucide, intelligent. Gros carnet de chèque, immense encéphale, gigantesque vision du monde, hypertrophie du sentiment généreux. Diplômé du supérieur, heureux possesseur d’une bibliothèque de Pléïades flambant neufs, doté d’un savoir sans bornes et d’une sagacité inouïe, il est propriétaire en ville, urbain convaincu, parisien si possible. Il a le sens de l’Histoire, d’ailleurs il a installé son fauteuil dans son sens et ne manque aucune des manies de son siècle. Le progrès, il connaît. La Peur ? Il ignore. »

Michel Onfray qui se dit libertaire (de droite), déclare : « Moi, je suis capitaliste, clame-t-il, pour le capitalisme, je pense qu’effectivement la propriété privée est tout à fait défendable. » Pour Michel Onfray, Karl Marx constitue une cible de choix. On apprend, sous la plume d’Onfray dans « L’Ordre libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus », que ce dernier était « méprisant » à l’endroit du peuple parisien qui s’était soulevé en mars 1871 contre le gouvernement d’Adolphe Thiers, et « plutôt [sic] du côté des versaillais » par haine des anarchistes proudhoniens et pour des « raisons de stratégies et de tactiques opportunistes ».

Finkelraut et BHL :

Concernant la guerre d’Irak, Alain Finkielkraut s’est prononcé fortement en faveur de la guerre d’Irak, brocardant « l’impuissance européenne » face au « dictateur Saddam Hussein ». Bernard Henri Lévy eut, là encore, une position plus ambiguë, se contredisant de Bloc-Note en Bloc-Note sur son soutien ou non au conflit pour finir par se déclarer opposé à cette guerre pour des raisons tactiques tout en minimisant le crime qu’elle représentait. Le 16 août 2002, Bernard Henri Lévy ne faisait pas dans la nuance : « Attaquer Saddam Hussein ? Oui, bien sûr. Ce n’est pas ici que l’on défendra ce massacreur de Kurdes et de chiites, ce terroriste, ce mégalomane suicidaire, ce fou, ce Néron actionniste dont, en 1998 déjà, Massoud me confiait qu’il était en possession d’armes chimiques et bactériologiques massives auxquelles il ne manquait que des vecteurs fiables. Reste que cette attaque sera une tragique erreur si elle n’est précédée par deux opérations décisives. Une opération diplomatique, d’abord, assurant les États-Unis, comme avant la guerre du Golfe, de la neutralité, voire du soutien logistique et tactique, d’un ou plusieurs États arabes modérés. Une action proprement politique ensuite, renforçant, comme en Afghanistan, les opposants intérieurs à Saddam, la relève possible, l’alternative, bref l’équivalent irakien de cette Alliance du Nord sans qui l’ordre taliban régnerait toujours sur Kaboul. ». Aucun mot n’était trop fort pour dénoncer l’Irak. Pourtant, cet appel à la guerre avait disparu deux mois plus tard : « Je maintiens que l’Irak est un leurre. Je maintiens qu’en faisant la guerre à l’Irak l’Amérique se tromperait de cible. », affirmer « je maintiens » dans ces conditions ne manque pas de piquant. Par la suite, l’auteur désigna la Guerre d’Irak comme une guerre « moralement juste », mais étant une « erreur politique » et sa principale inquiétude sera la montée de l’antiaméricanisme que suscite cette guerre. En ce qui concerne les futurs aventures coloniales de l’administration Bush, notons qu’Alain Finkielkraut est membre du comité de soutien aux étudiants iraniens et qu’il est signataire, avec Bernard Henri Lévy, d’un appel en faveur de la « Révolution du Cèdre » au Liban. Les deux hommes avaient, auparavant, défendu la « révolution » orange en Ukraine

Cependant les deux auteurs s’illustrent surtout dans la vulgarisation du « Choc des civilisations » pour la société française. Dans son livre Qui a tué Daniel Pearl ?, « romanquête » mêlant pseudo-enquête de terrain, commentaires « philosophiques » personnels et invention littéraire (il n’hésite pas à expliquer ce qui est passé par la tête de Daniel Pearl avant sa décapitation, faisant ainsi parler un mort), Bernard Henri Lévy livre une lecture essentialiste de l’islam. Il oppose un islam moderne et occidentalisé à un islam fondamentaliste menaçant, accréditant ainsi la thèse de la conspiration islamiste mondiale. Il affirme dans cette « enquête » que le journaliste du Wall Street Journal Daniel Pearl, assassiné en 2002 à Karachi, a été tué par les services secrets pakistanais car il aurait enquêté sur les liens entre l’ISI et Al Qaïda et une possible vente d’armes nucléaires du Pakistan à l’organisation de Ben Laden. Cette version des faits a été démentie par la rédaction du journal de Daniel Pearl et par le père du journaliste. En outre, bien des éléments factuels de l’enquête apparaissent au mieux comme douteux à la lecture de la contre-enquête que fit William Dalrymple dans la New York Review of Book [42]. Cela n’empêcha pas l’immense majorité de la presse française de rendre hommage à l’ouvrage et de le présenter comme une œuvre incontournable. Alain Finkielkraut Pour le pire et sans savoir Au fil de ces innombrables interventions, Alain Finkielkraut « dérape » avec constance. Relevons d’abord les deux tribunes de 1995 consacrées au cinéma. Elles offrent un bel échantillon de la méthode d’investigation (forcément philosophique) de Finkielkraut. Dans la première, intitulée « L’imposture Kusturica », écrite suite à la remise de la Palme d’Or du Festival de Cannes à « Underground » d’Emir Kusturica, notre cinéphile se livre à une critique agressive qui présente le film comme un instrument de propagande au service des serbes : « Il [le jury de Cannes] a honoré un illustrateur servile et tape-à-l’œil de clichés criminels ; il a porté aux nues la version rock, postmoderne, décoiffante, branchée, américanisée, et tournée à Belgrade, de la propagande serbe la plus raboteuse et la plus mensongère. » Pour Finkielkraut, cinéphile averti, « ce que Kusturica a mis en images, c’est le discours même que tiennent les assassins pour convaincre et pour se convaincre qu’ils sont en état de légitime défense car ils ont affaire à un ennemi ». L’objet ici n’est pas de juger de la qualité intrinsèque du film mais plutôt d’évaluer la crédibilité et de la valeur intellectuelle de tels propos. En effet, quelques mois plus tard, après avoir démoli le film, Alain Finkielkraut, qui ne peut plus cacher son escroquerie, avoue dans Libération : « Il n’était pas nécessaire, autrefois, d’avoir vu le Don paisible ou le Triomphe de la volonté pour savoir qu’on n’avait pas affaire à des oeuvres respectivement antisoviétique et antinazie [...] Maintenant que j’ai pu voir le film , je reconnais que j’ai été injuste avec Emir Kusturica » [souligné par nous]. Sans s’excuser d’une précédente chronique erronée, il prolonge et amplifie son torrent d’arrogance : « Ce film crée un genre nouveau : la propagande onirique. [...] Mensonges, démesure et citations : les naïfs en prennent plein la vue et les cyniques relèvent la tête ». Tant de probité est un art ! On en trouve d’innombrables exemples dans les falsifications délibérées destinées à alimenter sa vindicte. Ainsi contre Pierre Bourdieu dans Le Monde (18 septembre 1998) : « Ce qu’il [Pierre Bourdieu] met tant d’énergie à combattre, ce n’est pas le rétrécissement de l’espace public, c’est son existence ; ce n’est pas le journalisme et ses dérives commerciales, c’est l’insulte quotidienne faite par ce qui reste de pluralisme dans notre pays à sa vérité ». Ou encore contre Serge Halimi et l’extrême gauche dans Le Monde (12 décembre 1997) : « Les vieux démons de l’extrême droite n’ont pas mis longtemps à ranimer ceux de l’ultra-gauche ». Enfin, on peut relever cette justification des opérations militaires israéliennes quand elles sont assimilables à des « crimes de guerre » : « Israël n’avait pas d’autre choix que de tenter de juguler lui-même le terrorisme. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de solution militaire qu’une réaction militaire est frappée d’illégitimité. [...] On ne peut à la fois terrifier les gens et leur demander d’obéir scrupuleusement aux conventions de Genève » [La Croix (17 avril 2002)]. Comme si la condamnation des actes de terreurs valait absolution des moyens employés contre leurs prétendus auteurs. Le 24 mai 2002, Alain Finkielkraut commente l’ouvrage de la journaliste italienne Oriana Fallaci, La Rage et l’Orgueil, au contenu très polémique et hostile aux musulmans, en ces termes : « Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face. Elle refuse le narcissisme pénitentiel qui rend l’Occident coupable de ce dont il est victime. Elle prend au mot le discours et les actes des adversaires. Mais, comme elle en a gros sur le cœur, elle va trop loin. Elle écrit avec des Pataugas. Elle cède à la généralisation. Elle ne résiste pas à la tentation d’enfermer ceux qu’elle appelle les fils d’Allah dans leur essence mauvaise. C’est ce qui permettra à la vertu de reprendre la main et à Télérama de dénoncer la lepénisation des esprits dans une Europe contaminée par le « virus » populiste. » Mais c’est à la revue L’Arche qu’Alain Finkielkraut réserve ses prédications les plus savantes. Comme Alexandre Adler et à l’instar de la plupart des prescripteurs d’opinion, le maître à penser s’adapte à son public potentiel et réserve ses propos les plus virulents à des médias plus confidentiels que les « grands » journaux. Déjà en mars 2002, il accuse : « Quand la violence vient des banlieues, on garde le silence. Si des mosquées, par malheur, avaient été attaquées depuis le déclenchement de l’Intifada, la réaction aurait été immédiate. Les autorités publiques tout comme les intellectuels se seraient manifestés, et nul n’aurait accepté l’excuse selon laquelle il se serait agi d’une transplantation du conflit au Proche-Orient. » Inversement, ce fût le cas lorsqu’il y eut des actes anti-juifs en France immédiatement condamnés par le Président de la République. En mai-juin 2002, il récidive. Le philosophe des beaux quartiers continue avec un langage peu commun pour un professeur de l’Ecole Polytechnique : « Ce ne sont pas seulement des voyous déstructurés qui transposent le conflit du Moyen-Orient en France : l’élite est, une nouvelle fois, au diapason de la racaille . »

Dans le même article, Alain Finkielkraut, s’insurge contre José Bové, « L’homme qui fait des sauts de puce de Seattle à Porto Alegre et de Porto Alegre à Ramallah, ce n’est pas Astérix, c’est Touristix. José Bové, c’est le tourisme érigé en politique. »

Et rêve des intentions : « Dans un premier temps, on dit : les Israéliens sont des nazis, et tous les Juifs qui les soutiennent aussi. Dans un deuxième temps, une fois qu’on a nazifié les Israéliens, on reverse sur Israël l’image de la pieuvre ou de l’araignée et le discours paranoïaque des Protocoles des Sages de Sion : ce sont les Juifs qui tirent tous les fils. » L’omniprésent philosophe sort les grands mots : « Protocoles des Sages de Sion ». Et, sur un ton menaçant, met en garde en prédisant ce qu’il souhaite : « Là-dessus, il faut donc être très clair : soit José Bové est désavoué par le mouvement antimondialisation, la Confédération paysanne, ATTAC et Le Monde diplomatique, soit nous pouvons tenir ces mouvements pour comptables de ses discours et affirmer que l’antisémitisme de demain viendra de ce camp-là. »

D’ailleurs, « c’est le progressisme aujourd’hui qui est en train d’engendrer les monstres. José Bové est l’un de ces monstres, et il n’est pas le seul. »

De la presse écrite à la télé ? Depuis la fin de l’année 2003, Alain Finkielkraut n’a plus signé de « Point de vue » dans les grands quotidiens français. Il a accordé quelques interviews ça et là, mais surtout participé à de multiples émissions télévisées. Client régulier de Serge Moati, pour l’émission « Ripostes » (2 novembre 2003, 30 mai 2004, 7 novembre 2004 et 19 décembre 2004), invité annuel de Guillaume Durand pour l’émission « Campus » (12 octobre 2003 et 14 octobre 2004), il est aussi chargé d’émouvoir régulièrement Franz-Olivier Giesbert dans « Cultures et dépendances » (13 mars 2002, 10 septembre 2003 et 10 décembre 2003). Sa dernière prestation ? L’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » du 9 janvier 2005 animée par Marc-Olivier Fogiel où il disserta sur le film « La Chute », pour nous dire tout le bien qu’il faut en penser.

De tribune en tribune, de plateau en plateau, de faux entretiens en vrais monologues, Alain Finkielkraut dispense et disperse ses « opinions originales », comme dit... Fogiel ! . Extraits d’un article de Mathias Reymond

D’ONFRAY

Une interview très éclairante de Michel Onfray sur radio libertaire. (trouvé sur le site du grand Carnus)

Et pour compléter le tableau, une biographie du philo-je-sais-plus-quoi, où on apprend qu’il veut écrire un livre sur le socialisme libertaire. On n’est pas couché !

a lire aussi, sur son "post-anarchisme" (sujet de son dernier article dans le ML), qui ressemble furieusement à de la social-démocratie qui veut absolument se dire libertaire

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  • Bernard-Henri Lévy ou BHL, par exemple est un richissime venu du maoïsme a qui viré à la droite de la droite… En 1996, le magazine économique Challenges classe la famille Lévy comme 187e plus grosse fortune française avec 455 millions de francs. En septembre 1971, il écrit dans Combat un long reportage consacré à l’Irlande du Nord ainsi qu’une série d’articles et d’enquêtes sur le monde paysan français dont la thèse rejoint la problématique maoïste et montre comment la lutte des classes s’invite dans les provinces françaises. Parrainé par Charles Bettelheim, professeur d’économie proche de Louis Althusser, il voyage dans le sous-continent indien, et plus spécialement au Bangladesh durant la guerre de libération contre le Pakistan. À son retour, en mai 1973, il consigne les analyses de ce voyage qui sera la source de son premier livre, Bangla-Desh, Nationalisme dans la révolution, paru en 1973 dans la collection des Cahiers libres de Maspero et réédité, en 1985, augmenté d’une préface inédite, au Livre de Poche (collection Biblio-Essais), sous le titre « Les Indes rouges ».
    Contre l’islamisme, il publie en octobre 1994 La Pureté dangereuse, Grasset.
    Fin 2001, il soutient l’intervention américaine en Afghanistan et proclame en novembre 2001 à propos de cette intervention : « la victoire éclair d’une stratégie que nous n’étions pas bien nombreux à juger d’une habileté, d’une efficacité militaro-politique insoupçonnées. »53
    En juin 2000, il fonde avec Alain Finkielkraut et Benny Lévy, à Jérusalem, l’Institut d’études lévinassiennes, consacré à la pensée et à l’œuvre du philosophe Emmanuel Lévinas.
    En février 2002, le président de la République Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin confient à Bernard-Henri Lévy la mission de reconstruction culturelle d’un Afghanistan libre. À son retour en France au printemps, Lévy présente son Rapport au Président de la République et au Premier Ministre sur la contribution de la France à la reconstruction de l’Afghanistan publié par La documentation Française et Grasset, qui comporte en seule annexe : un discours de Bernard-Henri
    En janvier 2009, il publie dans le journal Le Point une note de soutien à Israël justifiant l’opération Plomb durci.
    En 2009, il déclare que le Parti socialiste « doit disparaître » pour « en finir, le plus vite possible maintenant, avec ce grand corps malade » depuis le déclin du communisme.

    Le 20 janvier 2010, dans un article du Corriere della Sera, il prend la défense des papes Benoît XVI et Pie XII qu’il présente tous deux comme des « boucs émissaires » victimes de la « désinformation ». De Pie XII, présenté par lui comme co-auteur « d’un des manifestes antinazis les plus fermes et les plus éloquents », il s’étonne qu’on fasse porter sur lui la responsabilité du silence généralisé des dirigeants de l’époque alors que sans armées le pape a pu néanmoins sauver nombre de vies humaines.

    Le 7 juin 2010, dans un article du journal Libération, il déclare que « Mein Kampf est un best-seller en Turquie » et défend l’attaque israélienne du 31 mai 2010 contre des navires transportant de l’aide humanitaire vers Gaza.

    Le 16 mai 2011, il apporte publiquement son soutien à Dominique Strauss Kahn, qui venait d’être accusé de viol sur une employée d’hôtel.

    Le 9 novembre 2011, se déroule la parution de son livre La Guerre sans l’aimer, éloge de la guerre des français et des américains en Libye et est loué à ce propos par l’impérialisme américain. En décembre 2011, la revue américaine Foreign Policy publie son classement des 100 personnalités les plus influentes au monde et Bernard-Henri Lévy figure, dans ce classement, à la 22e place.

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  • En 2002, Alain Finkielkraut dit : « Le voilà le vrai choc des civilisations : l’Occident vit sous le régime de la critique, et le monde musulman - élites laïques comprises - sous celui de la paranoïa. »

    La même année, le sociologue Daniel Lindenberg dans Le Rappel à l’ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires l’accuse d’être un « néo-réactionnaire ».

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  • Banlieues : qui a dit...?

    « En France, on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’islam. Il y a en effet en France d’autres immigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens, portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux. »

    (…)

    « On nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est “black blanc beur”, en fait aujourd’hui elle est “black black black”, ce qui fait ricaner toute l’Europe. Si on fait une telle remarque en France, on va en prison, mais c’est quand même intéressant que l’équipe de France de football soit composée presque uniquement de joueurs noirs. »

    (…)

    « Il y a aussi les paroles des chansons de rap, des paroles très préoccupantes, de véritables appels à la révolte, je crois qu’il y en a un, il s’appelle docteur R., qui chante “Je pisse sur la France je pisse sur de Gaulle”, etc. Ce sont des déclarations très violentes de haine de la France. Toute cette haine et cette violence s’expriment maintenant dans les émeutes. Y voir une réponse au racisme français, c’est être aveugle à une haine plus large : la haine de l’Occident qui est responsable de tous les crimes. »

    (…)

    « Moi, je n’ai pas parlé d’Intifada des banlieues, et je ne pense pas qu’il faille utiliser ce terme. J’ai pourtant découvert qu’eux aussi envoyaient en première ligne de la lutte les plus jeunes, et vous en Israël vous connaissez ça : on envoie devant les plus jeunes parce qu’on ne peut pas les mettre en prison lorsqu’ils sont arrêtés. Quoi qu’il en soit, ici, il n’y a pas d’attentats et on se trouve à une autre étape : je pense qu’il s’agit de l’étape du pogrom anti-républicain. Il y a des gens en France qui haïssent la France comme République. »

    (…)

    « On change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’histoire de l’esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd’hui l’histoire coloniale comme une histoire uniquement négative. On n’enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d’exploitation, de domination et de pillage. Mais en fait qu’est-ce que veut Dieudonné ? Il exige une Shoah et pour les Arabes et pour les Noirs. Mais, si l’on met la Shoah et l’esclavage sur le même plan, alors on est obligé de mentir, car ce n’était pas une Shoah. Et ce n’était pas un crime contre l’humanité parce que ce n’était pas seulement un crime. C’était quelque chose d’ambivalent. »

    (…)

    « On les a traités comme des révoltés, comme des révolutionnaires. C’est la pire des choses qui pouvaient arriver à mon pays et je suis très malheureux. Pourquoi ? Parce que le seul moyen de surmonter c’est de les obliger à avoir honte. La honte, c’est le début de la morale. Mais au lieu de les pousser à avoir honte, on leur a donné une légitimité : ils sont “intéressants”. Ils sont “les damnés de la terre”. Imaginez un instant qu’ils soient blancs comme à Rostock en Allemagne ; on dirait immédiatement : le fascisme ne passera pas. Un Arabe qui incendie une école, c’est une révolte ; un Blanc, c’est du fascisme. Je suis daltonien : le mal est le mal, peu importe sa couleur. »

    (…)

    « Moi, on m’a envoyé à l’école pour apprendre. La culture et l’éducation ont une justification en elles-mêmes. Tu vas à l’école pour apprendre, c’est ça, le but de l’école. Et ces gens qui détruisent des écoles, que disent-ils en fait ? Leur message n’est pas un appel à l’aide ou une exigence de plus d’écoles ou de meilleures écoles, c’est la volonté de liquider les intermédiaires entre eux et les objets de leurs désirs. Et quels sont les objets de leurs désirs ? C’est simple : l’argent, les marques et parfois des filles. »

    (…)

    « Imaginez que vous gérez (…) un restaurant, que vous êtes antiracistes, vous pensez que tous les hommes sont égaux, et en plus, vous êtes juifs, c’est-à-dire que pour vous, parler d’inégalité entre les races pose problème, et imaginez qu’un jeune des banlieues vienne demander un emploi de serveur, il a l’accent des banlieues, vous ne l’engagerez pas, c’est très simple. Vous ne l’engagerez pas parce que c’est impossible. Il doit vous représenter, et ceci exige de la discipline, de la politesse et une manière de parler. »

    (…)

    « Je pense que l’idée généreuse de guerre contre le racisme se transforme petit à petit monstrueusement en une idéologie mensongère. L’antiracisme sera au vingt et unième siècle ce qu’a été le communisme au vingtième. »

    (…)

    « Mais s’ils ont une carte d’identité française, ils sont français et, s’ils n’en ont pas, ils ont le droit de s’en aller. Ils disent : “Je ne suis pas français, je vis en France, et en plus ma situation économique est difficile.” Personne ne les retient de force ici, et c’est précisément là que se trouve le début du mensonge. Parce que s’ils étaient victimes de l’exclusion et de la pauvreté, ils iraient ailleurs. Mais ils savent très bien que partout ailleurs, et en particulier dans les pays d’où ils viennent, leur situation serait encore plus difficile pour tout ce qui concerne leurs droits et leurs chances. »

    De qui sont ces propos ? De Jean-Marie Le Pen ? De Bruno Mégret ?

    Non : d’Alain Finkielkraut, dans un entretien au quotidien israélien Haaretz publié le 18 novembre 2005. Et les journalistes qui ont réalisé l’interview jugent utile de préciser que ces déclarations « n’émanent pourtant pas d’un membre du Front national, mais de la bouche d’un philosophe qu’on considérait autrefois comme l’un des porte-parole de la gauche française, et l’un des philosophes qui ont mûri dans la révolte des étudiants de mai 68 »…

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  • En octobre 2003, par exemple, Alain Finkielkraut publiait un livre intitulé Au nom de l’Autre, réflexions sur l’antisémitisme qui vient (Gallimard). Il y déplorait que les progressistes persistent à voir - selon lui - dans le jeune descendant d’immigrés musulmans la noble figure de « l’Autre », et non celle de l’ennemi enragé, agressif, barbare et antisémite qu’il était. Tout cela, s’affligeait-il, parce que, dans l’esprit de ces naïfs, « le ventre encore fécond d’où a surgi la Bête immonde ne peut, en aucun cas, accoucher de l’Autre ». A propos des manifestants qui défilaient contre le Front national dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, en avril 2002, il écrivait : « L’avenir de la haine est dans leur camp et non dans celui des fidèles de Vichy. Dans le camp du sourire et non dans celui de la grimace (...). Dans le camp de la société métissée et non dans celui de la nation ethnique. » Pour lui, le mouvement à combattre était celui qui « pense le monde dans les termes de l’antiracisme ».

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  • Pouvez vous me dire ce qui restera des BHL, Bruckner, Finkelkraut dans 50 ans ?

    Quelle idée laisseront ils derrière eux, quel concept philosophique ?

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  • Selon Finkelkraut, les jeunes de banlieue voudraient : « C’est simple : l’argent, les marques et, parfois, les filles. »

    Et aussi : « L’antiracisme sera au XXIe siècle ce que fut le communisme au XXe. »

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  • Quand Alain Finkielkraut relativise l’esclavage et la violence coloniale, quand il impute aux origines nationales des parents la violence de leurs enfants, quand (« black, black, black »...) il suggère que l’équipe de France de football n’a pas la couleur requise, quand à propos des immigrés sans carte d’identité française, il proclame que « Personne ne les retient ici ! » (variante philosophique du slogan xénophobe qui les invite à « retourner chez eux »), c’est franchement de la m... pas de la philosophie !

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  • Finkielkraut sur le mouvement des sans-papiers :

    « Bien que j’ai été soixante-huitard comme la plupart des gens de mon âge, ou peut-être précisément pour cette raison, je ne crois pas qu’il faille valoriser automatiquement tout ce qui bouge ni que le mouvement soit à lui-même sa propre justification. Il me semble, à l’inverse, qu’au risque d’être un peu seul, il importe aujourd’hui d’être sobre et de résister à la grande marée lyrique des pseudo-résistants.

    L’affaire des sans-papiers de l’église Saint-Bernard n’est pas l’affaire Dreyfus, l’appel à la désobéissance civile n’est pas un nouveau J’accuse, et ses signataires ne sont pas plus des résistants que Carole Bouquet n’est Lucie Aubrac. Quand à la volonté des 121 « noms difficiles à prononcer » d’aller avec leur valise à la gare de l’Est pour y mimer le départ des déportés, elle n’est pas émouvante, elle est indécente. Ce n’est pas par l’hystérie qu’on assume son héritage ni qu’on est à la hauteur de l’événement. »

    Libération, 22/02/1997

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  • « Mais en quoi l’immigration fait-elle problème ? En ceci, tout sirnplement, que nous vivons dans un Etat social et non dans un Etat libéral. Le bien-être relatif et les garanties que cet Etat accorde à ses ressortissants ne peuvent pas faire l’objet d’une distribution illirnitée.... La France, c’est un ensemble de services et de commodités, et pour les tenants de la nouvelle hospitalité, il est intolérable de réserver ces services et ces commodités à ceux que le hasard a dotés de parents français. Aussi plaident-ils pour que la France soit un droit de l’homme. »

    Alain Finkielkraut - Le Monde, le 12/12/1997

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  • Alain Finkielkraut : « personne ne proteste quand une décision de la Cour Européenne demande aux écoles italiennes de retirer leurs crucifix, alors que la décision suisse de ne plus construire de minarets est qualifiée de honteuse par une presse quasi unanime. Les crucifix aujourd’hui, même désactivés (l’école publique en Italie est laïque), sont perçus comme les insignes de la domination et les minarets voire les burqas, comme les emblèmes des dominés, des exclus, des réfractaires. »

    Débat entre Alain Finkielkraut et Alain Badiou

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  • « Ce serait d’ailleurs une entreprise vouée à l’échec que de vouloir intégrer dans une France qui ne s’aime pas, des gens qui n’aiment pas la France. »

    Alain Finkielkraut

    La Vie, 21/01/2010

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  • Le point de vue de Michel Houellebecq
    sur lui-même :

    Boule de sang, boule de haine,

    Pourquoi tous ces gens réunis ?

    C’est la société humaine

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  • « L’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire - pardonnez-moi - que d’enculer leurs chameaux. »

    Plateforme, Michel Houellebecq, éd. Flammarion, 2001

    « Quand les gens parlent des ‘droits’ de l’homme, j’ai toujours plus ou moins l’impression qu’ils font du second degré. »

    Plateforme (2001), Michel Houellebecq, éd. J’ai lu, 2009

    « L’islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D’une part, parce que Dieu n’existe pas, et que même si on est con, on finit par s’en rendre compte. A long terme, la vérité triomphe. D’autre part, l’Islam est miné de l’intérieur par le capitalisme. Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l’islam. »

    Michel Houellebecq, septembre 2001, dans Propos recueillis par Didier Sénécal, paru Lire, septembre 2001

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  • Deleuze :

    « Nous retombons sur les nouveaux philosophes : ils ont reconstitué une pièce étouffante, asphyxiante, là où un peu d’air passait. C’est la négation de toute politique, et de toute expérimentation. Bref, ce que je leur reproche, c’est de faire un travail de cochon. »

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  • Alors que le Premier ministre britannique David Cameron a affirmé que les tueurs de Woolwich avaient autant attaqué l’Angleterre que l’islam, qu’ils dénaturent, rien dans l’islam ne justifiant un tel acte épouvantable, Michel Onfray affirme de son côté que "250 versets dans le Coran justifient le jihad" et donc le crime commis à Londres.

    Tombé bien bas Onfray....

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  • Castoriadis : « qu’est ce qui donne donc la possibilité à Bernard-Henri Lévy de faire du marketing de philosophie au lieu d’être huitième parfumeur dans le harem d’un sultan, ce qui serait peut être davantage dans l’ordre des choses ».

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  • Vous voulez savoir quelle est la justification de l’islamophobie par les partisans de Michel Onfray, lisez ici et vous comprendrez que ces gens-là déclarent simplement qu’être hostile à l’islam c’est être hostile au terrorisme. Et quand le terroriste est un hindou bouddhiste, il faut être bouddhistophobe et quand c’est un centrafricain catholique ou un rwandais génocidaire catholique, il faut être cathophobe ?!!! Beaux intellectuels que voilà ! C’est bel et bien de la pensée fasciste !!!

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  • Le fou de haine de l’islam Onfray continue de frapper !!!

    "L’islam est structurellement archaïque : point par point, il contredit tout ce que la philosophie des Lumières a obtenu depuis le XVIIIe siècle en Europe et qui suppose la condamnation de la superstition, le refus de l’intolérance, l’abolition de la censure, le rejet de la tyrannie, l’opposition à l’absolutisme politique, la fin de toute religion d’Etat, la proscription de la pensée magique, l’élargissement de toute liberté de pensée et d’expression, la promulgation de l’égalité des droits, la considération que toute loi relève de l’immanence contractuelle, la volonté d’un bonheur social ici et maintenant, l’aspiration à l’universalité du règne de la raison. Autant de refus clairement signifiés à longueur de sourate..."

    (Michel Onfray)

    "Et pour un Averroès, ou un Avicenne - ces prétextes tellement utiles... - combien d’imams hyper mnésiques ?"

    (Michel Onfray)

    Comme si la religion expliquait véritablement les actes des hommes ! Belle philosophie que voilà !

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  • Finkielkraut devient un fou fasciste qui déclare : "Le djihad est une obligation léguée par Mahomet à tous les musulmans".

    Il n’y a pas pire que ce type de fou pour pousser au massacre généralisé entre les peuples !

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  • Finkielkraut à l’Académie Française ! Que dire de plus !!!

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  • L’Académie française a ainsi prouvé que la connerie aussi était immortelle et... française !!

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    • Je pense que bien au contraire, l’Académie française mène la politique de mise en avant des idéologies d’extrême-droite qui se sont présentées comme "autorisées" et "respectables" depuis des années sur la radio d’état qu’est france-culture : Onfray et Finkielkraut, dans leurs style si apparemment différents sont tous deux mis en avant à des créneaux d’antenne différents mais ce sont des cartes que les dirigeants de la radio publique ont su mettre en avant doucement tranquillement depuis près de 15 ans afin que les idées atroces et abjectes que ces deux messieurs défendent soit progressivement acceptées et insérées dans le paysage de l’« opinion » fabriquée par les médias et la bourgeoisie.

      Ces deux stars radiophoniques ont ainsi permis l’acceptation des idées bien plus extrêmes mais pour lesquelles après tant d’année de dénonciation de la soi-disant folie d’un Hitler et de la condamnation des idées fasciste ou d’extrême-droite, il fallait retourner la dénonciation et la condamnation en acceptation.

      Ces deux personnages, loin de la connerie précédemment épinglée, ont sur très intelligemment parfois et très grossièrement en même temps accompagner ce retournement. La gauche du « Devoir de mémoire » après la mort de Primo-Lévy a ainsi pu passer à la préparation et à l’application des premières mesures en voie d’une politique fasciste en france et dans le monde.

      La consécration de Finkielkraut est un remerciement de l’État et de la bourgeoisie pour le rôle idéologique effectué depuis environ 15 ans sur la radio d’état et l’aveu de la reconnaissance de son rôle pour la portée de ce qu’il a contribué à réalisé. C’est aussi un encouragement à ce qu’il continue, voire accentue sa propagande d’idées dignes des charniers de l’histoire, à la place de tous les camarades dont le corps s’y trouve.

      Mais les générations actuelles, si elles veulent tirer enseignement de tout cela n’ont certainement pas dit leur dernier mot à cette reconnaissance. Elles ont toute la force et la capacité à remettre en cause tout cela et à balayer les institutions surannées qui consacrent encore les représentants de telles immondices idéologiques et sociaux.

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