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L'entrée de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Brésil - Matière et Révolution
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L’entrée de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Brésil

lundi 29 juillet 2013, par Robert Paris

L’entrée de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Brésil

Des manifestations, des barrages routiers et des grèves contre le gouvernement, donnant suite à l’appel des centrales syndicales, ont marqué ce 11 juillet.

C’est l’entrée de la classe ouvrière dans la vague de protestations qui a éclaté à travers le pays en juin. Dans cette journée nationale de lutte, organisée par les syndicats, il y a eu des arrêts de travail, des barrages routiers et des manifestations dans au moins 23 Etats. Très rares étaient ceux au Brésil qui n’ont pas participé aux manifestations et aux grèves de ce jour ou n’ont pas été confrontés à leurs effets. Des secteurs importants, comme les métallos, les travailleurs de la construction, les dockers, les fonctionnaires, et bien d’autres, ont croisé les bras ce jeudi et sont descendus dans la rue avec une grande volonté de se battre.

La présidente Dilma a essayé, avec l’aide de la CUT, de canaliser le mécontentement populaire vers la manœuvre du plébiscite sur une réforme politique. Mais c’est une grande journée de protestation contre le gouvernement et sa politique économique qui a eu lieu. Des exigences historiques de travailleurs, telles que la réduction des heures de travail, l’ajustement des salaires, la fin de la Réforme des pensions et de l’inflation, se sont ajoutées aux demandes de davantage de ressources pour la santé, l’éducation et les transports, qui avaient donné le ton lors des journées de juin. Le programme unifié des syndicats comprend également la bannière de la réforme agraire et la suspension de la vente aux enchères de l’extraction pétrolière.

Des protestations et des grèves à travers le pays

Si les journées de mobilisations qui ont balayé le Brésil en juin ont été marquées par la spontanéité, cette fois, les travailleurs sont descendus dans la rue à partir de leurs lieux de travail et organisés par leurs organismes de base. De cette façon, des secteurs importants de l’économie ont été touchés, tels que les grands centres industriels qui ont fait grève à São Paulo et dans sa périphérie. A São Paulo, les métallos ont mis à l’arrêt 35 usines de la zone sud et ont tenu un grand rassemblement de quelque huit mille travailleurs. Il y avait aussi des arrêts de travail avec des manifestations chez les travailleurs de la construction et les employés de commerce, ainsi que des rassemblements dans la zone ouest et la zone est. Les axes routiers et les boulevards de la ville étaient fermés pendant toute la journée. Dans l’après-midi, une manifestation unifiée a réuni quelque 10 000 personnes dans l’avenue Paulista. Dans une autre importante région industrielle de l’Etat et du pays, à São José dos Campos, il y a eu des arrêts de travail dans au moins 20 usines, atteignant quelque 15 000 travailleurs. Et une marche dans la ville a rassemblé 2000 personnes. A Rio de Janeiro, les postiers ont bloqué la sortie des camions de l’unité principale de l’entreprise. Il y eut aussi des manifestations avec des arrêts de travail chez les métallos et les fonctionnaires et dans les écoles de l’Etat et des municipalités, ainsi que dans le secteur pétrolier, les banques et les sous-traitants du ministère de la Santé. L’après-midi, une manifestation unifiée a réuni près de quinze mille personnes et a été durement réprimée, vers la fin, par les troupes de choc. Des rapports de camarades présents signalent que la police a lâchement attaqué des manifestants pacifiques par-derrière et les a poursuivis sur un long trajet. C’est un honteux chapitre de plus de la brutalité policière à Rio. La capitale de l’Etat de Minas Gerais, Belo Horizonte, pour sa part, fut pratiquement marquée par une journée de grève générale. La ville s’est levée avec une grève de bus et de métro. La grève a touché aussi les écoles publiques de l’Etat et la plupart des écoles municipales. A travers l’Etat, la grève s’est étendue à plusieurs usines métallurgiques et sidérurgiques et aux mines. A Porto Alegre, où la municipalité est occupée par des manifestants, les chauffeurs de bus ont fait grève, et les enseignants du CPERS, le syndicat des enseignants de l’Etat de Rio Grande do Sul, ont bloqué la route qui donne accès à la ville. Dans le Nord et le Nord-Est, la journée de grèves et de manifestations a également été forte. A Belèn, les travailleurs de la construction ont fait grève et une manifestation a réuni des travailleurs, des étudiants et de nombreuses autres branches. A Aracaju, la capitale de Sergipe, les travailleurs de Petrobras et de la banque de l’Etat ont croisé les bras, tout comme les enseignants des écoles publiques. A Fortaleza, la capitale du Ceará, les travailleurs de la construction ont fait grève ce jour-là et ils ont tenu un rassemblement qui a réuni aussi des militants du Mouvement des Conseils populaires, du Mouvement des sans terre (MST), de l’opposition syndicale des employés de banque et des étudiants d’ANEL. Natal, la capitale de Rio Grande del Norte, a pour sa part été le théâtre d’une des plus grandes manifestations de tout le pays. La protestation unifiée des syndicats a réuni quelque 20 000 personnes, avec des exigences dans le domaine de la santé, l’éducation, les transports et la réforme agraire, et contre la politique économique du gouvernement de Dilma.

CSP-Conlutas et la grève générale Si à un moment donné, lors des mobilisations de juin, un sentiment progressiste antiparti se retourna contre les organisations de travailleurs, que ce soit leurs partis ou leurs syndicats, cette fois, les drapeaux ont teint les rues de rouge à travers le pays. Les partis de gauche ont repris leur place dans la rue, ainsi que les syndicats. La CSP-Conlutas – bien qu’encore minoritaire, dans le mouvement populaire et syndical – eut un rôle loin d’être secondaire en ce jour historique. Non seulement sa politique d’unité dans la réalisation d’une journée de grèves et de manifestations fut victorieuse. En outre, elle a eu une participation de poids dans diverses parties du pays. Les organismes affiliés à la centrale ont paralysé des secteurs importants tels que celui des métallos à São José dos Campos, des travailleurs de la construction à Fortaleza et à Belén ou des pétroliers à Sergipe et Alagoas. Selon José Maria de Almeida, de la direction de la CSP-Conlutas, « ce jour a marqué l’entrée de la classe travailleuse dans les arrêts de travail, avec ses propres méthodes de lutte, et en disant haut et fort au gouvernement de Dilma que les travailleurs en ont marre d’être mis à l’écart ». Pour Zé Maria, les manifestations étaient dirigées contre le gouvernement de Dilma et ceux des Etats et des municipalités. « Nous voulons les changements qui sont nécessaires pour notre pays et dont le peuple a besoin pour avoir une vie décente, et nous n’accepterons rien de moins. » Zé Maria a attaqué la politique économique du gouvernement actuel, qui favorise le paiement de la dette publique au détriment des investissements dans la santé et l’éducation. Et il a insisté : « Si le gouvernement continue avec cette politique économique, nous devons faire une grève générale dans ce pays, car ce jour n’est qu’un début. Si le gouvernement ne change pas, nous ferons un, deux, trois jours de grève générale. »

Article publié le 13 juillet 2013 sur le site du PSTU, la section brésilienne de la LIT-QI.

1 Message

  • Le président de la plus grande université du Brésil, l’Université de São Paulo (USP), Marco Antônio Zago, poursuit avec acharnement son projet déclaré d’éliminer le syndicalisme du campus. Les travailleurs et leurs partisans ont déjoué une tentative d’expulsion du syndicat de ses locaux en avril. Maintenant, pendant la période de vacances de décembre, la présidence a obtenu une ordonnance judiciaire pour expulser le syndicat de ses bureaux, police et militaires pouvant prêter main forte si nécessaire. SINTUSP occupe ces bureaux à l’université depuis sa fondation en accord avec chaque administration jusqu’à ce jour. La dernière fois qu’un président d’université a tenté de s’opposer à la présence du syndicat fut en 1979, pendant la dictature militaire. Maintenant, sous la « démocratie » de Zago, le syndicat est expulsé sans aucune négociation et sans aucune base administrative ou juridique. Il s’agit d’une déclaration de guerre contre les travailleurs de l’USP et est en même temps une déclaration de guerre contre la communauté universitaire et le droit fondamental à l’organisation de toute la classe ouvrière. La direction a également congédié les dirigeants syndicaux et mené de nombreuses procédures abusives contre les dirigeants et les militants du SINTUSP. Ces travailleurs s’engagent à combattre toutes les tentatives visant à « éliminer le syndicalisme de l’USP ».

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