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Au Mali, quel problème a été réglé par la guerre française ? - Matière et Révolution
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Au Mali, quel problème a été réglé par la guerre française ?

mercredi 5 février 2014, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Tombouctou (Nord Mali) après l’intervention aérienne de l’armée française

Au Mali, quel problème a été réglé par la guerre française ?

Au Mali, quel problème a été réglé par l’intervention militaire française ? Le terrorisme ? La paix dans le Nord ? Le dialogue avec les Touarègues et autres populations du Nord ? La dictature ? La misère ? La sécurité ? Le retour des réfugiés du Nord ? La reconstruction ? Le chômage ? La question touarègue ? Ou bien l’écrasement de la révolte populaire des petits soldats mais aussi des femmes, des jeunes, des paysans pauvres, des ouvriers, des nomades ?

Poser la question, c’est y répondre… Rien de tout cela n’a avancé. On est seulement revenus à la case départ, avant les révolutions du Mali, avant la chute de Moussa, avant la chute d’ATT et de la hiérarchie militaire, à l’ « ordre français » ! Les mêmes corrompus qui dirigent et s’en mettent plein les poches avec les mêmes liens avec le même impérialisme post-colonial. La reconstruction des maisons, des écoles, des services publics tarde à venir au Nord. Sans parler de la reconstruction de l’économie qui n’est pas prête de se produire et encore moins au Nord qu’au Sud. Du coup, les populations du Nord ne peuvent rentrer. C’était soi-disant pour elles que la guerre avait lieu mais ni la France ni le gouvernement d’IBK ne se préoccupe nullement d’elles…

Le dialogue avec les Touarègues, le nouveau gouvernement d’IBK n’en veut pas, qu’il soit ou pas parrainé par les dirigeants africains ou internationaux. Il l’a montré de manière tout à fait claire. Il envoie même promener les envoyés du Conseil de Sécurité ou ceux des Etats africains, venus plaider pour le dialogue Nord-Sud, en jouant le nationaliste pur et dur. Maintenant qu’il tient le pouvoir, IBK ne veut plus entendre parler d’ingérence étrangère… autre que française ! Les médiateurs ont beau parler de réconciliation et de coopération, de confiance et de respect, c’est parler d’honnêteté dans la maison du bandit. C’est pure hypocrisie !

Quant au MNLA, le pouvoir de Bamako se refuse même à admettre son existence et plus encore sa représentativité et sa crédibilité… Cela ne signifie nullement qu’il compte démontrer directement aux populations du Nord, notamment touarègues, que tout a changé dorénavant et que l’argent ne restera plus entre les mains des riches de Bamako. Bien au contraire ! Du coup, les troupes terroristes qui se sont seulement momentanément réfugiées en Libye peuvent revenir du jour au lendemain au Mali, d’autant que l’Algérie a rompu avec la France pour officialiser ses épousailles avec la Chine… Elles pourront à nouveau trouver au Nord Mali un terrain pour leur politique et leurs exactions en s’appuyant sur celles des autorités du Sud et sur la misère qui continuera au Nord !

De tout cela, le gouvernement de Hollande se moque. Dans sa guerre au Mali, la France a défendu non l’intérêt du peuple malien mais l’intérêt des classes dirigeantes, maliennes comme françaises, et encore a-t-elle défendu seulement la partie des classes dirigeantes maliennes qui voulait le maintien de la relation néocoloniale avec la France en mettant à l’écart celle qui cherchait à s’unir avec le concurrent chinois... Car le Mali, comme le Niger ou l’Algérie, sont l’objet d’une concurrence féroce entre France et Chine !

Par exemple, les motifs français d’intervenir sont liés au fait que toute la région est l’une des régions essentielle du monde pour l’uranium, non seulement celui du Niger voisin mais aussi les réserves découvertes récemment à Kidal. De même, les réserves pétrolières et gazières du nord-ouest du Mali. L’ex président ATT déclarait le 21 décembre 2008, à Kéniéba, lors de la pose de la première pierre de la Route Kita – Sekokoto- Falémé- Dabia- Saraya- kédougou, que « l’une des plus grandes réserves d’uranium a été découverte dans la Région de Kidal. ». L’uranium est, on le sait, la grande cause du combat économique entre la France et la Chine et les peuples du Mali ou du Niger en sont les victimes collatérales…

Les nouvelles autorités de Bamako ont bien l’intention de continuer à donner les riches minières, gazières, pétrolières, en pierres précieuses et produits agricoles aux grandes compagnies occidentales et elle veulent s’assurer qu’une partie non négligeable leur reviendra dans les poches. Le temps du néocolonialisme n’est pas fini au Mali !

Voilà qui préoccupe bien plus IBK et ses corrompus au pouvoir que le mauvais état du système scolaire, du système de santé, de l’emploi, du mauvais état physique, économique, social et moral de la jeunesse, des femmes, des peuples.

Ce n’est pas un IBK qui va sortir le Mali du marécage mais bien au contraire lui qui va contribuer à l’y enfoncer.

Sa seule préoccupation politique a été d’enterrer toute forme de contestation, que ce soit parmi les petits soldats ou dans les milieux populaires. Les hauts gradés, qui se terraient et restaient silencieux il n’y a pas si longtemps, paradent à nouveau et étalent leur mépris et leur fric. Les riches maliens ne se sentent plus pisser et s’autorisent de nouveau des comportements de classe et de caste à l’égard de leurs subordonnés. Tous pensent que s’en est fini des révolutions qui ont marqué le Mali ces dernières années, que ce soit contre Moussa ou contre ATT.

C’est bien mal connaître les travailleurs, les jeunes, les femmes, les nomades, les paysans du Mali ! Les exactions d’aujourd’hui ne préparent rien d’autre que les révolutions de demain. Mais, s’il y a une leçon qu’il faudra avoir tiré des échecs des révolutions passées, c’est la nécessité pour le peuple travailleur de s’organiser lui-même, en comités de femmes, de jeunes, de soldats, de nomades, de paysans et d’ouvriers et que ces comités, par leurs délégués élus, deviennent le vrai pouvoir du pays, pouvoir s’étendant à la région et au-delà…

Quoi de neuf avec IBK ? Pour les coupures d’eau ? Pour les coupures d’électricité ? Pour les ruptures de livraisons d’essence ? Pour les prix des aliments de première nécessité ? Pour les soins des enfants ou des femmes enceintes ? Pour les exactions des militaires et des autres uniformes ? Pour la corruption des classes dirigeantes ? Pour les détournements de fonds publics par les hauts sommets ? Pour la dépendance du Mali face aux grandes puissances ?

Rien de neuf ! Tout est reparti pour un tour.

Ce n’est pas une élection qui pouvait changer tout cela, quel que soit le président élu. Ce n’est pas dans le cadre des élections bourgeoises que l’on peut permettre au peuple travailleur d’exprimer ses volontés. Dans ces élections, il n’est même pas représenté et il n’a même pas le droit à la parole. Contrairement aux autres classes sociales, la classe des travailleurs n’est pas organisée et ne dispose pas de moyens d’expression. Elle n’est nullement poussée à développer son propre point de vue et tout la pousse à chercher d’autres forces chargées de la tâche impossible de la sauver alors que c’est elle seule qui est porteuse potentiellement de perspectives pour toute la société, non seulement pour ceux qui disposent d’un travail, non seulement pour ceux qui vivent dans les villes, non seulement pour les autochtones mais pour tous les opprimés.

5 Messages de forum

  • Des hommes armés de la communauté peule s’en sont pris à la communauté Touareg, jeudi, après l’enlèvement la veille de l’un des leurs. Au moins 30 personnes ont été tuées, un contingent de l’armée a été dépêché sur place.

    Nouvel épisode sanglant au Nord-Mali. Plusieurs dizaines de Touareg ont été tués, jeudi 6 février, près de Gao par un groupe d’hommes armés appartenant à la communauté peule. Il s’agirait d’une expédition punitive “pour se venger d’un enlèvement" survenu 24 heures plus tôt, a précisé Oumar Maïga, élu de la région de Gao.

    Il a également ajouté que les faits se sont déroulés à Tamkoutat à 80 km au nord de Gao. “Certains Peuls circulaient à moto. Ils ont tué au moins 30 civils touareg.” Un chiffre confirmé un peu plus tard par Assarid Ag Imbarcaouane, ancien député de la région. "Nos parents ont été tués froidement, au moins 30 sont morts", a-t-il déclaré.

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  • L’enquête progresse sur le charnier découvert en décembre dernier. Un charnier qui contenait les corps d’une vingtaine de militaire portés disparus après une tentative de contre coup d’Etat contre le général Sanogo en avril 2012. Le juge en charge de l’instruction a reçu le feu vert pour entendre plusieurs officiers hauts gradés.

    Après le feu vert donné par leur hiérarchie, ce sont au moins quatre généraux de l’armée, qui seront entendus dans l’affaire du charnier contenant 21 corps découvert en décembre 2013 à 15 km de Bamako.

    Parmi ces hauts gradés, figurent un ancien patron des services de renseignements maliens, un ancien chef d’état-major des armées. L’enquête devrait donc progresser rapidement.

    Déjà arrêtés dans le cadre de l’affaire, d’anciens proches du chef de l’ex-junte, Amadou Sanogo, lui-même aux arrêts, ont donné selon nos sources, des informations capitales : notamment comment les yeux des personnes froidement assassinées ont été préalablement bandés, comment elles ont été enchaînées. Et surtout le nom de l’adjudant-chef qui aurait dirigé les opérations d’exécution.

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  • Au Mali, l’armée mise en déroute par les rebelles touaregs !!!

    Quatre jours après des affrontements meurtriers à Kidal, au nord ouest du Mali, les combats ont repris dans la région mercredi 21 mai. Ils opposent des soldats maliens et plusieurs groupes armés, dont des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui ont réussi à prendre le dessus sur les militaires.

    L’armée malienne cherche à récuper la grande ville du nord du pays, située à plus de 1 500 kilomètres de Bamako, retombée sous le contrôle du MNLA le 17 mai, après des combats qui ont coûté la vie à une trentaine de soldats maliens, déclenchés lors d’une visite sur place du premier ministre.

    Le MNLA a déclaré mercredi soir avoir conservé le contrôle de Kidal, qui est son fief, et pris le contrôle d’autres localités de la région avec l’aide de deux autres groupes armés : le haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

    Un porte-parole du MNLA a assuré mercredi soir :

    « La situation est calme ce soir à Kidal. Nous avons pris plusieurs villes d’où l’armée a fui, sans combats : Anderamboukane, Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Anefis. »

    Des observateurs indépendants ont fait état du même constat. Un membre de l’ONU sur place avait indiqué plus tôt dans la journée que les rebelles armés avaient « pris nettement le dessus sur les forces armées maliennes ».

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  • Le Mali était en crise vendredi après la prise par les rebelles touareg de deux villes du nord du pays, dont le bastion de Kidal, une défaite humiliante pour le gouvernement contraint d’appeler à un "cessez-le-feu immédiat".
    Une vingtaine de soldats maliens ont été tués et une trentaine blessés dans les combats, a déclaré le ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye Maiga, à la télévision.

    Un dirigeant du Mouvement national de libération de l’Azawad, la rébellion touareg indépendantiste, a dressé un bilan différent, parlant de 40 soldats maliens tués et 70 faits prisonniers depuis le début des hostilités samedi, ainsi que de la prise de dizaines de véhicules et de plusieurs tonnes d’armes et de munitions.
    Selon l’ONU, en plus de Kidal, les combattants MNLA ont pris Ménaka, une ville de 20.000 habitants située près de la frontière nigérienne dans l’est du Mali, à 660 kilomètres au sud par la route de Kidal, ce qui montre l’étendue de l’offensive rebelle contre l’armée. La perte de Ménaka a toutefois été contestée par le ministre de la Défense.
    Le gouvernement malien a admis la défaite de l’armée à Kidal et a appelé à un "cessez-le-feu immédiat".
    "Nous avons toujours été ouverts au dialogue, à l’échange avec nos frères",a déclaré le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.
    La communauté internationale a multiplié les appels au dialogue pour résoudre cette crise.
    En visite express à Bamako jeudi, le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l’Union africaine, a appelé "à surmonter les difficultés avec le dialogue".
    Paris, qui dispose toujours de 1.600 soldats au Mali, a jugé "essentiel que les hostilités cessent et que des pourparlers démarrent".
    Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a appelé à "un cessez-le-feu" et au retour "à la situation antérieure".
    Les combats avaient éclaté le 17 mai à Kidal entre forces maliennes et groupes armés touareg, à l’occasion d’une visite du Premier ministre Moussa Mara. Environ 45 soldats français étaient présents mais leur rôle s’est borné à assurer la sécurité du Premier ministre malien.

    Kidal représente un défi de taille pour l’Etat malien : dans ce fief du MNLA situé à 1.500 km au nord-est de Bamako, il n’a jamais réussi à complètement reprendre pied, malgré l’offensive lancée en 2013 par l’armée française qui a permis de libérer le nord du Mali de l’emprise de groupes islamistes.
    Les rebelles touareg réclament de longue date l’indépendance ou l’autonomie des vastes étendues désertiques du nord du Mali, et ont lancé déjà mené plusieurs insurrections depuis les années 1960.
    Les dernières violences ont suscité à Bamako et dans plusieurs villes des réactions d’hostilité envers les soldats français et onusiens déployés dans le Nord, accusés de passivité vis-à-vis du MNLA et des indépendantistes touareg.

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  • Le nord du Mali est en proie à de nouvelles tensions, à moins d’une semaine de la réunion de dialogue inter-malienne, prévue à Alger mercredi prochain. Des informations concordantes font état de concentrations militaires et même d’avancées de troupes des groupes armés dans les localités du nord.

    C’est en tous cas ce qu’affirme le gouvernement malien dans un communiqué. La situation est confuse, mais, selon notre correspondant, des combats ont eu lieu entre Gao et Kidal.

    De nouvelles tensions ont éclaté ce vendredi, au nord du Mali, moins d’une semaine avant la réunion de dialogue inter-malienne, organisée à Alger mercredi prochain. Le gouvernement malien dénonçait hier des phénomènes de « concentrations militaires et d’avancées de troupes des groupes armés dans les localités du nord ». Des combats ont eu lieu entre Gao et Kidal et auraient fait plusieurs morts, selon des sources locales.

    Des affrontements ont eu lieu toute la journée de vendredi autour des localités d’Anéfis, à 100km au sud de Kidal, et de Tabankort. C’était une zone contrôlée par les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

    Le MNLA explique y avoir été attaqué vendredi à l’aube. L’un de ses représentants, Moussa Ag Assarid, a déclaré : « vers 5h du matin, un de nos postes avancés a été attaqué par une coalition déjà identifiée et formée du Mujao, de milices pro-gouvernement malien et d’éléments de l’armée malienne. » « C’est faux », a rétorqué l’état-major malien. « Il y a bien eu des affrontements entre groupes, mais nous n’y sommes en aucune manière mêlés », explique l’armée. Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 23 mai dernier, les militaires affirment ne pas quitter leurs positions dans le village d’Almoustarat.

    Le MNLA accuse aussi le MAA, le Mouvement arabe de l’Azawad, qu’il accuse d’être des « narco-terroristes ». Ces derniers assurent n’avoir fait que se défendre et repousser leurs agresseurs. Une source indépendante, sur place, parle de véhicules calcinés et de blessés à l’issue de ces affrontements.

    Le profil bas des militaires est accrédité à Bamako par Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix : « J’observe que l’armée malienne est absente de la région depuis deux ou trois mois. Je pense qu’il y a d’autres acteurs. »

    L’ONU annonce une enquête pour déterminer ce qu’il s’est passé. Mais elle dénonce une violation caractérisée du cessez-le-feu, une provocation et un très mauvais signal à quelques jours des discussions d’Alger.

    Selon un communiqué du gouvernement malien, la situation sécuritaire dans le nord du pays se dégrade. Des groupes armés non observés auparavant occupent désormais le terrain, prenant possession de certaines localités. Sur place, des sources sécuritaires proches de la mission de l’ONU confirment cette information et vont même plus loin : les jihadistes sont de plus en plus souvent de retour et s’infiltrent parmi les populations, en pratiquant notamment des vivres. L’objectif est clair, reprendre dès que possible les armes.

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