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Qu’est-ce qui distingue la crise actuelle du capitalisme des anciennes crises ? - Matière et Révolution
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Qu’est-ce qui distingue la crise actuelle du capitalisme des anciennes crises ?

mardi 13 décembre 2016, par Robert Paris

Edito

Qu’est-ce qui distingue la crise actuelle du capitalisme des anciennes crises ?

Eh bien, la première chose qui distingue la situation du capitalisme depuis 2007-2008, ou du moins la plus frappante et la plus facile à voir, c’est qu’il n’y a pas à proprement parler eu de crise ni en 2007 ni depuis, c’est-à-dire que les entreprises en faillite n’ont pas chuté, n’ont pas disparu, n’ont pas été abandonnées, mais ont été, au contraire, sauvées par le système, par les banques centrales et les Etats. Et la raison première en est que ce ne sont pas quelques sociétés qui sont en faillite en 2007-2008 mais TOUTES, que ce soit aux USA d’où la crise est partie mais aussi dans le monde entier !!!! Cela signifie que laisser tomber une seule grande entreprise, cela signifiait risquer la perte de confiance de tout le système. On s’est mis à parler tous les jours de « crise systémique » alors qu’au travers des crises du passé, cette expression n’avait jamais été employée !

Donc toutes les grandes entreprises, trusts, banques, assurances, établissements financiers du monde entier ont été sauvés par le pouvoir public, aux USA comme dans le monde. L’argent public sert essentiellement à cela depuis 2008. Les Etats et les banques centrales sont au bout du rouleau, incapables maintenant d’une intervention massive comme ils ont eu une en 2008 et quelques autres depuis.

Les crises du passé touchaient parfois un nombre conséquent de grandes entreprises et de trusts mais jamais toutes. Et jamais le pouvoir central n’est intervenu pour sauver tous les trusts et toutes les banques en faillite. Les crises du passé servaient, au contraire, à « éclaircir le climat des affaires », comme on disait, ce qui signifiait « laisser mourir les canards boiteux ». C’est ainsi que le système d’exploitation agissant en aveugle, produisant tout ce qui pouvait sembler rentable, trouvait ainsi le moyen d’adapter production et consommation, investissements et besoins d’investissements.

La crise n’a donc pas eu lieu ni en 2007, ni en 2008, ni depuis… De graves crises ont eu lieu par exemple en Russie, en Chine et au Japon et les classes dirigeantes ont démontré face à ces crises qu’elles continuaient d’estimer que le système ne survivrait pas à un effondrement. Les banques européennes, les unes après les autres, ont été en faillite mais le pouvoir central ne les a pas laissé tomber et les a sauvées toutes. Il n’y a donc plus de mécanisme de crise pour stabiliser et relancer le système, car les crises dites classiques avaient ce rôle.

La crise chinoise est un exemple frappant. L’effondrement était impressionnant et les autorités ont simplement interdit les ventes de titres et toute intervention financière négative pour le système. Résultat : les investisseurs n’ont plus aucun moyen de savoir qu’est-ce qui est rentable, qu’est-ce qui est en difficultés, qu’est-ce qui est en faillite !!!!

L’opacité est désormais totale. Aucune banque n’a plus confiance en une autre banque. Les pouvoirs publics n’ont plus confiance en aucune banque. Ils savent que du jour au lendemain les banques peuvent toutes chuter. C’est pour cela qu’ils ont pris des précautions et autorisé les banques et établissements financiers à mettre directement la main sur les comptes en banque des particuliers et sur leurs épargnes, notamment les assurances-vie !!!

L’opacité est encore totale sur les autres marchés, dans les bourses, dans les marchés des matières premières, etc. Personne ne peut investir aisément, à part racheter des entreprises pour engranger les profits du regroupement de trusts par des « fusions-acquisitions »…

Par exemple, des secteurs comme l’Automobile qui suppriment massivement des emplois et désinvestissent, sont capables de débourser de grossses sommes pour se racheter mutuellement comme Nissan-Renault avec Mitsubishi…

Le fait qu’en 2007-2008, ce ne soient pas seulement des « canards boiteux » qui chutent mais tout le système, toutes les entreprises, qui le fassent est déjà le signe de quelque chose de totalement nouveau.

Le caractère même des « subprimes » est une nouveauté du capitalisme depuis la crise des années 2000, cette crise qui était la dernière à avoir vu les dernières chutes de trusts, notamment celles de Vivendi Universal, Enron et Worldcom…

Ces investissements étaient très particuliers : c’étaient des investissements sur la faillite, sur les dettes, sur les trous financiers, sur la chute. Des financiers misaient pour la première fois massivement et essentiellement sur des faillites !!! Ce n’est pas seulement la titrisation des dettes immobilières mais la titrisation des dettes des étudiants américains, la titrisation massive des dettes privées et publiques, des banques aux Etats…

On peut se dire que la spéculation a toujours existé et que l’on peut aussi bien spéculer à la hausse qu’à la baisse, que des fortunes ont été réalisées lors des crises et des guerres mais on doit reconnaître que cette fois, c’est un phénomène nouveau, qui n’a jamais eu cours dans le fonctionnement classique du capitalisme, que ce soit en période de crise ou en période de prospérité. Examinons les symptômes de ce nouvel état critique du capitalisme.

Tout d’abord, on a constaté une perte de confiance massive des capitalistes qui ne s’est pas démentie depuis. Ce sont les premiers à être persuadés que l’on n’est pas seulement dans une crise qui sera suivie d’une reprise. Les banques n’ont aucune confiance entre elles. Les trusts n’ont aucune confiance dans les marchés et ne veulent plus investir dans la production. Seuls les pouvoirs centraux sont chargés d’avoir confiance à la place de tous les possesseurs de capitaux, cela c’est du nouveau.

Ensuite, il y a l’absence de reprise réelle. Ce qu’ils appellent reprise n’est même pas la mise en fonction pour l’investissement productif des sommes colossales déversées par les Etats et les banques centrales.

L’essentiel de l’argent déversé sur les marchés sert à de nouvelles spéculations sur la nouvelle dette des pouvoirs centraux. Les banques, sauvées, ne font que rechuter, ayant recommencé à miser sur des actifs pourris et sur des dettes. Les trusts ne veulent pas investir, même avec de l’argent prêté sans intérêt, même avec la garantie des Etats…

Il en résulte que les bases de la crise précédente sont depuis longtemps dépassées : les dettes, couvertes par les états et les banques centrales, ont été depuis longtemps reconstituées et mutlipliées par trois ou quatre. La capacité de produire des dettes privées et publiques dépasse largement la capacité du système de produire des marchandises, la capacité d’investir. Or, le capitalisme, s’il a toujours distribué des parts de bénéfices aux divers secteurs du capitalisme dont le secteur bancaire, commercial, boursier, assurances, administratif, bureaux, technologoqiue, etc, n’a jamais réussi à accumuler de la plus-value ailleurs que dans le sectuer de l’investissement productif, c’est-à-dire dans là où on peut exploiter la main d’œuvre humaine, là où on produit plus de richesses qu’on en consomme, là où il y a plus de valauer en temps de travail dans les produits fabriqués que de temps de travail payé aux ouvriers. Les autres secteurs ne produisent pas de plus-value, ils ne font que la déplacer, la réaliser, la distribuer, la transporter, etc.

A partir du moment où l’essentiel des capitaux se détourne de l’investissement productif, le fait que des capitaux publics les remplacent ne peut pas être une solution durable et d’autant moins que c’est une toute petite part des sommes décaissées par les pouvoirs publics qui va à l’investissement. L’essentiel nourrit la spéculation.

D’autres signes montrent que le capitalisme a atteint ses limites et ils sont tout aussi remarquables et historiques.

Tout d’abord une déflation des prix industriels et des matières premières, massive, irrépressible, et destructrice. Normalement, quand il y a crise, les produits se produisent moins et les prix repartent à la hausse. Ce n’est nullement le cas et la crise japonaise avait déjà montré qu’au Japon, le capitalisme avait atteint ses limites. Les aides étatiques n’y ont rien fait : impossible de relancer la machine à investir, ni au Japon ni ailleurs.

En Chine, l’intervention de l’Etat est encore plus acceptée et logique, car toute l’économie a démarré sur des bases étatistes. Et l’Etat chinois a beau mettre tous ses moyens financiers, qui sont gigantesques, au service de la relance de la production, dans ce pays qui emmagasine l’essentiel de la production industrielle mondiale, eh bien, la production ne peut pas repartir. L’Etat chinois est contraint de bloquer les chutes financières par l’interdiction des échanges financiers, par le blocage de la bourse, par le contrôle total des actions des « acteurs » privés et ces derniers, loin de protester, affirment espérer que cette solution va marcher. Cela aussi est un symptôme d’une situation tout à fait nouvelle.

De même que l’on avait vu du neuf avec le parti républicain utilisant massivement les impôts pour intervenir dans l’économie, alors que leur programme, celui de Bush en particulier, affirmait tout le contraire, le libéralisme économique, le « moins d’Etat » et le « pas du tout d’Etat dans l’économie » ! Il était remarquable que les classes dirigeantes, loin de protester au pays qui avait connu la contre-révolution reaganienne, croisaient les doigts pour que ça marche ! Même le fait de sauver les entreprises en faillite, quitte à quasiment les nationaliser comme dans le cas de trusts de l’Automobile, était à contrario du crédo de ces classes dirigeantes.

Appeler la situation mondiale de 2007-2008 « une crise économique du capitalisme » n’est pas une bonne appréciation de la situation historique nouvelle du système mondial de domination et d’exploitation. En effet, les crises capitalistes, nous avons connu des décennies et aucune des caractéristiques citées précédemment ne s’est présentée. Jamais on n’a sauvé l’essentiel des banques et des trusts de la faillite. Même dans les années 2000, on n’a pas sauvé de la faillite les Enron, les Worldcom et les Vivendi Universal, ni la banque Barings…

Il est arrivé que des banques soient sauvées de la faillite comme la banque Crédit Lyonnais en France. Mais jamais on n’a pu dire que, sans aide de l’Etat, toutes les banques et tous les trusts auraient chuté définitivement et mis la clef sous la porte. Une telle situation est absolument nouvelle et tous ceux qui refusent de le voir nous cachent la réalité.

Il est également remarquable que, suite à l’effondrement de 2007-2008, on nous ait bassiné avec le « plus jamais ça », avec l’affirmation que l’on allait réformer le capitalisme, son fonctionnement financier, ses banques, sa spéculation, etc. Il n’en a rien été bien entendu car les mesures étatiques, loin de supprimer les causes de la chute n’ont fait qu’accroître l’ampleur du prochain effondrement, tout en ôtant aux pouvoirs centraux les moyens financiers d’y faire face à la prochaine chute généralisée et d’empêcher un affollement tout aussi généralisé, la perte de confiance entraînant même très probablement une vague de retraits bancaires qui amènera à la faillite de l’ensemble.

En fait, ces « solutions à la crise » qui ont été utilisées de 2008 à aujourd’hui dépassent largement les interventions étatiques pour faire durer la situation économique. Les Etats ont recommencé à investir massivement… dans la guerre mondiale, dans les guerres d’Orient contre les peuples musulmans, mais aussi dans la guerre contre la Russie et la Chine et encore dans les guerres intérieures, pour développer les guerres civiles intérieures y compris aux « démocraties » des pays les plus riches…

Car la solution pour les classes dirigeantes n’est plus du domaine économique – sur ce plan, il n’y a plus de solution au sein du capitalisme – mais sociales et politiques.

Socialement, l’objectif est de casser moralement et physiquement la classe ouvrière. Politiquement, il s’agit de aussi de casser les travailleurs, leurs espoirs, leurs perspectives….

Il s’agit de casser leurs espoirs, même illusoires, même réformistes, même leurs illusions petites-bourgeoises. Il s’agit d’amener leur colère sur le terrain le pire : celui de la haine raciale, intercommunautaire, interreligieuse, xénophobe, nationaliste, etc., en misant sur les peurs, sur les sentiments les pires, en poussant la gens vers une fausse révolte, vers un simulacre de révolution. Au bout, le monde entier serait une espèce de Syrie, une Algérie de 1995, un monde de la terreur et de l’horreur, tout du moment que la classe dirigeante ne perde pas le pouvoir.

L’enjeu de la situation mondiale n’est pas crise ou reprise, n’est pas réforme ou révolution mais est la barbarie moderne, l’horreur à grande échelle devant laquelle la deuxième guerre mondiale ne serait qu’un jeu d’enfants. L’alternative est plus que jamais barbarie ou révolution.

Si nous ne prenons pas conscience que le capitalisme, c’est fini, cela ne nous donnera plus d’emplois, plus de logements, plus de prospérité, mais seulement l’horreur, si nous, travailleurs, ne nous organisons pas pour construire un autre avenir, on ne restera pas au niveau atteint par le système d’exploitation, on reculera de plusieurs crans vers les exactions de chefs de bande. Le terrorisme n’est qu’un petit, tout petit avant-goût de ce qui nous menace si on laisse le pouvoir à la classe capitaliste.

Nous n’assistons pas seulement à une réaction mondiale, à une poussée à droite des gouvernants et des opinions publique, nous assistons à un tournant historique planétaire, même si le sens dans lequel il va avoir lieu n’est pas encore décidé, tranché, irrémédiable…

Dans cette situation de transition, la pire des politiques, c’est celle des prétendus réformateurs, de ceux qui ont des solutions pour résoudre les problèmes du capitalisme alors que les capitalistes eux-mêmes n’en ont pas, si on reste dans le cadre du système.

Mais le pire des mensonges consiste à faire croire que l’on ne peut pas sortir du système, aller plus loin que lui, produire des richesses en fonction des besoins de la population au moment où les interêts de l’infime minorité dicte de ne plus les produire en fonction des intérêts des profits privés.

Le pas en avant dont l’humanité a besoin est un grand pas historique mais, en même temps, c’est un tout petit pas car tous les moyens matériels de le réaliser existent, sont là, et ne sont pas utopiques. Si on laisse l’humanité basculer dans la terreur guerrière généralisée, ces moyens matériels risquent d’être détruits et l’humanité n’aura plus les bases du socialisme. Certains nous disent que le capitalisme renaîtra une fois de plus de ses cendres et se reconstruira. Il n’est pas besoin d’une guerre mondiale pour démontrer que c’est faux : même des guerres locales modernes le démontrent, les pays qui ont subi les dernières guerres ne se sont jamais reconstruits ! Qui a envie de faire l’expérience d’Alep, de Mossoul, de Gaza ou de Falloudja ?!!!!

1 Message

  • Ceci est le commentaire de la presse capitaliste :

    "Ce mercredi dernier du 4 janvier 2017, le rapport semestriel alarmiste du FMI (Fiscal Monitor) fait froid dans le dos : huit ans après la détonation de la bulle immobilière qui avait enfanté la pire crise financière depuis la Grande Dépression du Jeudi Noir 1929, la dette n’a fait que continuer de s’enfler. En effet, la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale (dette mondiale) a doublé (à prix courants) atteint son apogée avec le montant record de 152.000 milliards de dollars, soit plus du double (2,25) de la richesse mondiale."

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