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Nos voeux pour 2017 - Matière et Révolution
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Nos voeux pour 2017

lundi 9 janvier 2017, par Robert Paris

Edito

Nos vœux pour 2017

C’est la saison des vœux et les classes dirigeantes ne se privent pas de nous en souhaiter : patrons, banques, responsables politiques et médiatiques ainsi que gouvernants à leur service. Ils nous font le vœu de nous laisser piéger entre terrorisme et antiterrorisme (au nom duquel on rend la société de plus en plus policière et antidémocratique de jour en jour), piégés aussi par la comédie démocratique des élections présidentielles de 2017 dans laquelle le « choix » ne se fera qu’entre blanc bonnet et bonnet blanc, les intérêts de la bourgeoisie capitaliste ne permettant même pas l’expression de nuances dans les politiques des gouvernants. Ils se disputent les postes mais se soutiennent sur le fond, choisissant tous de défendre les intérêts d’une infime minorité qui détient toutes les richesses et tous les pouvoirs, toutes propriétés qui ne dépendent d’aucun vote bien entendu. Ils sont tous d’accord pour défendre l’entreprise contre les salariés, le licencieur contre les licenciés, les spéculateurs contre leurs victimes, les fauteurs de guerres contre les peuples, etc. Ils font tous les vœu de nous voir nous écharper entre travailleurs, entre milieux populaires, entre peuples, de nous diviser entre musulmans et non musulmans, entre juifs et non juifs, entre catholiques et non catholiques, etc. Ils font vœu de nous voir nous incliner devant tous les plans antisociaux, de destruction des services publics, du code du travail, des prud’hommes, des aides sociales, des fonctionnaires, de l’éducation nationale, de la santé publique, et on en passe. Ils font tous le vœu que l’argent public serve pour l’essentiel la défense des trusts, des banques, des financiers, des bourses, des assurances, et aussi les services « publics »… de l’armée et de la police plutôt que de la santé, de l’éducation, des transports, etc. Ils font vœu de développer les guerres aux quatre coins du monde, que ce soit contre les peuples d’Orient, de Russie, de Chine, de Corée, d’Afrique, d’Europe de l’Est… Ils veulent aussi opposer entre eux les peuples d’Europe, entre nord et sud, entre est et ouest, pays riches et pays pauvres. Ils font vœu de cultiver toutes les haines, toutes les divisions, tous les sentiments violents prétendument « identitaires ». Car il s’agit de faire croire à ces peuples que ce sont les autres peuples, qualifiés de membres d’autres civilisations, qui seraient leurs véritables ennemis, la véritable menace cruciale dans la situation mondiale. Un mensonge et une tromperie de grande ampleur et mortellement dangereuse. Comme si ce n’étaient pas les classes dirigeantes qui étaient derrière toutes les dérives violentes, terroristes et guerrières. Comme si ce n’étaient pas les chefs militaires, les chefs de la police, les chefs des armées et les chefs des classes dirigeantes qui fomentaient ces guerres, qui finançaient ce terrorisme, y compris et en premier les classes dirigeantes occidentales, sous le prétexte de combattre la Russie, de combattre des dictateurs ou de combattre des bandes armées.

Et comme si la cause de ces politiques de plus en plus violentes et meurtrières, ce n’était pas l’effondrement économique de 2007-2008, chute qui n’a jamais été redressée depuis ni par une reprise des investissements productifs ni par la fin des dettes massives, privées comme publiques.

Mais, dans ces conditions d’une société qui semble condamnée à reculer et à s’effondrer, quels vœux faisons nous nous-mêmes, voilà la vraie question.

Mais, d’abord, qui sommes « nous » ? Sommes-nous « des Français » ou « des étrangers », « des Chrétiens » ou « des Juifs », ou encore « des Musulmans », « des migrants », « des actifs » ou « des chômeurs » ? Sommes-nous « des occidentaux » ou « des orientaux » ou encore « des Européens » ou des « non-européens » ? Ou toutes ces divisions sont-elles faites pour nous empêcher de prendre conscience que « nous » sommes des prolétaires, des travailleurs, qui ne vivont que de notre travail, qui n’exploitons personne, qui n’opprimons personne, qui ne sommes en guerre contre aucun peuple, contre aucune société, contre aucune communauté.

On nous dit, au contraire, que « nous » serions des Français, que « nous » serions des Chrétiens, que nous serions des Gaulois, que nous serions des « peuples occidentaux », en somme que nous serions du même bord que ceux qui nous exploitent, les patrons, et des gouvernants qui sont à la service de cette minorité qui détient toutes les richesses, et qui continuent à s’enrichir quand toutes les classes populaires ne cessent de s’appauvrir.

On nous dit que nous, travailleurs, aurions les mêmes intérêts que ceux qui nous licencient ou nous menacent de fermer leur entreprise, que ceux qui ponctuent nos salaires, que ceux qui s’attaquent à nos droits, que ceux qui réduisent nos salaires, que ceux qui volent nos épargnes, qui ceux qui menacent nos vies et veulent envoyer nos enfants mourir dans de nouvelles guerres, dans de nouveaux massacres mondiaux. C’est bien entendu faux.

On nous dit que nous sommes, nous prolétaires, incapables de vivre sans patrons, sans système d’exploitation, sans Etat bourgeois, sans être surveillés par sa police et pas son armée, ses prisons et son administration. Encore faux.

On nous dit que nous sommes incapables de bâtir une société meilleure que le système capitalisme et que si nous le tentions, nous tomberions inévitablement dans les horreurs du stalinisme. Encore un mensonge.

Bien entendu, le vœu des classes dirigeantes est que nous tombions dans tous ces mensonges et tous ces pièges !

Eh bien, nos vœux vont exactement en sens inverse ! Nos vœux, c’est de renouer avec l’effort des prolétaires dont on fêtera bientôt le centenaire, celui débuté en février 1917 en Russie, celui de la révolution prolétarienne qui a réussi à arrêter la première guerre mondiale, qui s’est étendue à l’Europe, à l’Orient et à l’Asie. Certes, celle-ci a fini par être vaincue par l’alliance des puissances impérialistes qui ont envoyé leurs armées soutenir les armées de la réaction tsariste et ont réalisé un grand bain de sang en Russie et en Europe, qui ont ainsi assassiné, appauvri, isolé la révolution russe, la condamnant à tomber sous la coupe d’une couche bureaucratique sous la férule de Staline.

Bien sûr, les classes dirigeantes qui dirigent encore le monde affirment que c’est le communisme qui n’a pas d’avenir, même si le système capitaliste n’a pas démontré qu’il était capable de se relancer, depuis sa chute en 2007 ! Ils affirment que nous ne pouvons plus souhaiter mettre en commun les capitaux, les richesses et les entreprises et qu’une telle tentative ne pourrait que mener à la barbarie stalinienne. Ils nous avaient dit que la « chute du mur de Berlin » sonnerait la fin des guerres et des dictatures mais la suite ne leur a pas donné raison ! Et, à nouveau, c’est la crise du capitalisme qui ramène les guerres, les fascismes, les dictatures et jette les peuples dans la peur…

Notre vœu de prolétaires, c’est que nos frères prolétaires du monde s’organisent sur des bases de classe qui les unissent sur des bases de classe, par delà les nations, les cultures, les religions, les appartenances ethniques, régionales et autres, par delà les professions, les situations, les activités économiques, du public et du privé.

Notre vœu, c’est que les travailleurs se préparent en dirigeant eux-mêmes leurs luttes à se battre pour un nouveau projet de société, en s’adressant à toutes les couches sociales qui la crise mondiale frappe ou va frapper, qu’ils s’organisent eux-mêmes dans ce but, qu’ils fondent leurs conseils, élisent leurs délégués, sans se soucier des élections organisées par les classes dirigeantes qui ne sont pas le mode d’expression des travailleurs et ne servent qu’à les dissuader de se choisir leurs vrais représentants.

Notre vœu, c’est que la formation d’organisations de masse des travailleurs permette aux exploités de développer leur propre programme, leurs propres perspectives sociales, les proposant à tous les travailleurs, aux milieux populaires et aussi à la jeunesse et aux classes moyennes, à tous ceux qui subissent ou vont subir le poids de l’effondrement du système capitaliste. Car l’ancienne classe dirigeante est dépassée désormais par l’Histoire, n’est plus capable de faire fonctionner son système plus capable de relancer l’économie qui était autrefois fondée sur l’investissement productif privé et est de plus en plus fondée sur la destruction de cette ancienne économie et sur des investissements sur les dettes, sur les chutes, sur les titres pourris.

Notre vœu, c’est que les peuples refusent l’avenir de guerre, de fascisme, de guerre entre peuples, entre communautés, entre religions, qu’on leur prépare, refusent le massacre mondial qui se dessine, refusent de cautionner le terrorisme des bandes armées et celui prétendument antiterroriste de nos gouvernants au service des puissances du grand capital qui exploitent et oppriment tous les peuples de la planète.

Bien sûr, les vœux ont des airs de souhaits pieux et impuissants, mais si les travailleurs décident qu’ils veulent s’organiser, se former en conseils de salariés sur les lieux de travail et de logement, s’ils se fédèrent, s’ils affirment « je veux », s’ils affirment « je ne veux plus », ils ont tous les moyens d’imposer leurs vœux, de décider de ce que sera leur avenir et celui de l’humanité.

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