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Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de la SNCF - Matière et Révolution
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Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de la SNCF

jeudi 29 juin 2017, par Robert Paris

Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de la SNCF en voie… de privatisation

La SNCF, encore publique, au service des constructeurs privés

Elle n’aura pas attendu la privatisation du Rail, la direction de la SNCF, pour nous mettre au service des constructeurs privés(Alstom, Bombardier, ACC et autres) ! S’il y a de moins en moins de moyens, de moins en moins d’effectifs, de moins en moins d’argent pour les technicentres SNCF, il y en a de plus en plus pour favoriser les entreprises privées de la construction ferroviaire ! Pas étonnant ! C’est un système bien connu qui s’appellent les vases communicants et qui fonctionne toujours à sens unique en siphonnant l’argent public au profit des coffres-forts du privé !

Les cheminots malades sont attaqués !

Désormais, tout arrêt maladie, même de courte durée, pourra ne pas être prise en charge en totalité, et même pas du tout pris en charge, si nous avons été en maladie dans les mois précédents ! C’est le produit des changements du statut initiés dans le cadre de la privatisation sous prétexte de mettre la SNCF sur un pied d’égalité avec le secteur privé en vue de l’ouverture à la concurrence ! En réalité, c’est un moyen de casser encore les cheminots pour surexploiter les travailleurs et casser leur moral ! Et ces gens-là nous disaient que la privatisation ne s’attaquerait pas aux conditions de travail des cheminots !

Rien de neuf contre les suicides, sinon plus de harcèlement !!!

Où en sont les enquêtes des suicides à la SNCF (Saint Lazare, xxx, etc, etc.) ? Au même point que les enquêtes des suicides à l’hôpital public ou à La Poste ! On nous dit qu’il va y en avoir, qu’il y aura des mesures, puis plus rien ! Combien faudra-t-il de mort pour interrompre cette chaîne qui mène de la surexploitation, des pressions, des suppressions de postes, de la surcharge de travail et des pressions de l’encadrement au burn out, à la maladie ou au suicide ? Et ensuite, quelle est l’assistance aux proches, l’aide juridique pour faire valoir ses droits, les moyens financiers pour subvenir aux besoins des familles endeuillées ? Néant ! La SNCF les abandonne à leur triste sort puisqu’elle nie sa responsabilité !!! Et toute cette machine infernale à broyer des vies continue tranquillement son bonhomme de chemin… Jusqu’à ce qu’au lieu de nous laisser détruire individuellement, on se retourne collectivement contre les harceleurs !

La répression bat son plein

Les procédures disciplinaires se multiplient contre les militants syndicaux et les grévistes actifs pendant les actions menées contre la loi travail ou la réforme ferroviaire. Depuis mi-juin 2016, ils seraient « une centaine » chez SUD-Rail et « environ 300 » à la CGT à être sous le coup d’une procédure disciplinaire. La direction de la SNCF profite de la défaite du mouvement précédent, réalisée grâce à la stratégie perdante des directions syndicales : il faut frapper le maximum de travailleurs combatifs pour casser les luttes éventuelles contre la privatisation !!! Le coût de la privatisation, les cheminots le paient déjà ! Avec les maladies, le stress, les suicides, le harcèlement, l’accroissement de la charge de travail ! La direction de la SNCF, comme la direction de La Poste, harcèle particulièrement les travailleurs combatifs et les militants qui leur mettent des bâtons dans les roues !

La SNCF discrimine…

La SNCF avait été condamnée en première instance à verser au global 170 millions d’euros de dommages et intérêts à des centaines de travailleurs marocains ou d’origine marocaine pour « discrimination ». Mais elle a fait appel... Plus de 200 anciens salariés de la SNCF, surnommés les Chibanis (« cheveux blancs » en arabe), se sont rendus lundi matin 15 mai à la cour d’appel de Paris dans le cadre du procès intenté contre la compagnie ferroviaire. Et 200 autres l’après-midi.

La mort au travail d’un jeune collègue

Le 26 octobre 2010 Stéphane un jeune camarade de l’atelier de maintenance SNCF d’Ivry-Masséna était retrouvé mort électrocuté dans la locomotive sur laquelle il assurait une visite d’entretien. Pour la direction la responsabilité de cet accident relevait d’une faute de sécurité, cherchant rapidement à se dédouaner, comme c’est souvent le cas des employeurs dans les accidents de travail. Pourtant Stéphane, mécanicien de métier, n’aurait jamais du être mis sur une visite de type électrique. Et la situation particulière de l’atelier d’Ivry qui s’est vidé de ses effectifs depuis la restructuration de 2004 avec la perte de la grosse maintenance est mise en évidence (les effectifs sont passés de 80 à 20 agents). Celle-ci a fait éclater un fonctionnement collectif, faisant disparaître la transmission des règles de métiers et des savoirs faire de prudence. A tous les niveaux de l’établissement on reconnait que la menace de la fermeture de l’atelier contraignait à accepter le développement de la polyvalence. Stéphane n’a pas reçu de formation suffisante pour le type de visite qu’il exécutait ce jour là, comme pour la formation aux risques électriques, n’ayant pas fait la partie pratique, « la plus cruciale de la formation aux risques électriques ». Ce jeune collègue très peu expérimenté, n’aurait pas dû être seul pour ce travail. Pour les cheminots du secteur, la responsabilité de la direction SNCF et de ses représentants successifs au sein de l’établissement dans la mort de notre camarade est flagrante.

La privatisation de la SNCF, c’est inouï !!

« InOui », après Ouigo, ouibus, c’est bel et bien la nouvelle politique de béni-oui-oui à la privatisation qui monte, un « oui » de la direction à la rentabilisation à outrance sur le dos des personnels et du service public. C’est peu dire que le changement de nom annoncé du TGV, qui se produit dans le cadre de la privatisation, suscite des remous. Si l’appellation TGV ne va pas à proprement parler disparaître, puisqu’il s’agira encore du type de train que les voyageurs continueront d’utiliser, sa dénomination commerciale va progressivement devenir inOui à partir du 2 juillet. Aux trains inOui le service premium, aux trains Ouigo le voyage low-cost avec services payants et sièges plus étroits. Une consultation montre que 93% des personnes trouvent que ce changement n’est pas une bonne idée.

La SNCF discrimine encore…

Le conseil de prud’hommes de Bobigny a condamné la SNCF à verser plus de 40.000 euros à un salarié "victime de faits de discrimination en raison de son origine" au technicentre Paris Saint-Lazare. La SNCF a été condamnée à verser des dommages et intérêts "au titre du préjudice moral qu’il a subi et du fait de la discrimination dont il a été victime", des dommages et intérêts "en réparation des préjudices moral et physique subis en raison de l’agression dont il a été victime", ainsi que des rappels de salaire.

Tout pour le profit privé

Tous les moyens sont bons pour mettre l’argent public au service d’intérêts privés. Parmi ceux-ci, il y a bien entendu les commandes à Bombardier pour fabriquer des trains, les commandes à l’industrie de l’acier aussi, les commandes de travaux de réfection des anciens trains. Bien entendu, tout cet argent est dépensé au détriment des dépenses publiques nécessaires : au détriment de l’argent pour les Technicentres par exemple ! La SNCF transforme ses gares de lieux de services publics en lieux de boutiques privées. La SNCF compte proposer ces espaces dans 10 nouvelles gares d’Ile-de-France d’ici la fin de l’année 2017. Tous les moyens sont bons pour favoriser le profit au détriment du public et ce sont les responsables du secteur public qui y sont attelés, avec Hollande ou Sarkozy et pas moins avec Macron !!!

Les uns endorment la lutte des classes des travailleurs pendant que les autres la cassent

Pas besoin de préciser dans quel sens Macron va tenter de gouverner : il suffit d’entendre les cris de victoire du MEDEF, des patrons, des banques, des bourses, du Figaro et autres représentants de la grande bourgeoisie. Il suffit aussi de voir que les ministres, dont le premier, sont des suppôts affirmés du patronat, dont tout le passé les montre au service du grand capital, que ce soit d’Areva, de Total ou d’autres trusts ou banques, comme Macron lui-même, des défenseurs aussi de l’aide publique au patronat privé et de l’Etat aux ordres du capital.

Macron, ministre, n’avait fait que lancer des attaques contre les travailleurs, contre les prud’hommes, contre la sécu, contre la santé, contre les services publics (lançant notamment les cars privés contre la SNCF). Il est favorable à l’ubérisation de toute l’économie, de façon que le privé pousse partout au dépend des services publics. Il a soutenu les mesures de Sapin en faveur des banques, notamment la loi Sapin II, qui prévoit que les banques pourront voler la totalité des comptes en banques des particuliers ainsi que leurs épargnes, l’Etat se contentant de prétendre qu’il versera une somme fixe, mais étant incapable en réalité de le faire en cas de krach général… Ministre des Finances, détenteur majoritaire des actions de Renault, il a été incapable d’imposer à ce trust automobile, qui a largement profité des fonds publics pour se maintenir en 2008, à ce trust qui annonce des profits record, de cesser de supprimer massivement des emplois ? Pourquoi Macron président agirait-il différemment de Macron ministre, puisqu’il ne compte jamais imposer aux « entrepreneurs » d’embaucher et même de ne pas supprimer des emplois, y compris pour des trusts qui annoncent des profits fabuleux !!!

Du coup, il n’y a aucune raison qu’il bénéficie d’un quelconque « bénéfice du doute » de la part des travailleurs et des milieux populaires, d’une trêve sociale au départ, d’autant qu’il annonce par avance que ses attaques seront toutes lancées en pleines grandes vacances, sans réel débat parlementaire, sans réelle consultation syndicale. Les organisations réformistes ont beau continuer à affirmer qu’elles continuent sur la même lancée réformiste, quelle place y a-t-il pour prétendre défendre des « bonnes réformes » quand toutes les réformes prétendues menées servent à casser, à détruire, à supprimer des emplois, à faire tomber dans la misère, à cautionner des suppressions d’emplois, à servir les intérêts privés à l’aide des fonds publics ?

Il faut remarquer non seulement le soutien public de la CFDT au candidat puis au président Macron alors qu’on vient de voir que son programme est tout ce qu’il y a de plus clair et en particulier clairement anti-ouvrier, anti-social, anti-services publics, hostile au code du travail, anti-retraites, etc… Et il faut aussi remarquer les éloges de FO à la nouvelle ministre du Travail ainsi que la réserve des autres syndicats qui sont loin d’être aussi offensifs, de leur côté, que l’est déjà le président, du sien c’est-à-dire de celui des banques et des trusts ! Quand certains syndicalistes ont proposé de manifester dès l’élection de Macron, les centrales syndicales sont restées très calmes, tout au plus menant, pour la CGT, une grève catégorielle des transporteurs de matières dangereuses et l’arrêtant sans avoir rien obtenu.

Toutes les centrales syndicales se sont dites prêtes à négocier avec Macron et affirment qu’en débattant avec lui, elles défendront les intérêts des salariés et du public. Mais où a-t-on vu qu’accepter de négocier sur des plans d’attaque préétablis, déjà entièrement prévus et programmés, pourrait servir à défendre les intérêts des travailleurs ? Les syndicats avaient négocié précédemment toutes les fois où nos revendications ont été jetées brutalement à la poubelle, sur les retraites, sur la privatisation de la SNCF, sur l’hôpital public, sur RadioFrance, sur tout… A chaque fois, les fameuses négociations n’ont servi qu’à faire croire que la démocratie, que le consensus, que le dialogue social étaient respectés alors qu’en fait rien du tout ne l’était.

Certes, les mêmes syndicats qui discutaient bien gentiment avec nos ennemis, y compris quand les travailleurs avaient clairement exprimé leur refus de toute négociation – comme les RadioFrance ou les agents de l’Hôpital public -, avaient également participé à des manifestations et des journées d’action pour désapprouver les politiques des gouvernants et des patrons. Mais est-ce que cette stratégie de la défaite va se reproduire face à Macron ? Est-ce que l’on ne va pas enfin tirer la leçon non seulement des défaites syndicales mais aussi des anciennes victoires ouvrières, des grèves générales insurrectionnelles, celle de 1936, de 1953, de 1968, de 1995, ou plus récemment celle des travailleurs et du peuple de Guyane ? C’est à nous, travailleurs, de donner cette réponse !

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