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La terreur contre-révolutionnaire de la bureaucratie stalinienne

mardi 28 mai 2024, par Robert Paris

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Léon Trotsky

La terreur de l’auto-conservation bureaucratique

26 septembre 1935

Tarov [1], un bolchevik-léniniste, un ouvrier mécanicien qui, conduit par les caprices du sort, se trouve actuellement hors d’Union Soviétique, constitue un docu­ment politique remarquable. Tarov a été arrêté en tant que membre de l’Opposition de gauche. Il a passé trois ans en déportation, quatre en prison dans d’atroces conditions d’isole­ment, puis, de nouveau, plusieurs mois en exil.

Quel crime Tarov a-t-il commis contre la révolution ? Apparemment, dès 1923, il a estimé que la révolution d’Octobre avait créé la possibilité d’une industrialisation infiniment plus rapide que cela n’avait été le cas dans les pays capitalistes. Avec d’autres Tarov, il avait prévenu que la politique qui misait sur le koulak devait conduire à une crise l’ensemble du système soviétique. Il exigeait qu’on se préoccupât du paysan pauvre, il réclamait la transformation systématique de l’agriculture dans le sens de la collectivisation. Tels furent ses principaux crimes au cours des années 1923-1926. Il voyait plus clair et plus loin que la couche supérieure dirigeante. En tout cas, tels étaient les crimes de la tendance dont Tarov était responsable.

En 1926 tous les Tarov exigèrent que les syndicats sovié­tiques mettent un terme à leur amitié politique avec le conseil général des trade-unions britanniques qui était en train de trahir en même temps la grève des mineurs et la grève générale c’est précisément pour ce service que Citrine, le chef du conseil général, l’ancien allié de Staline et de Tomsky, a été anobli par Sa Royale Majesté à l’occasion des manifestations du jubilé [2]. Avec d’autres léninistes, Tarov protesta en 1926 contre la théorie stalinienne d’un « État démocratique ouvrier et paysan » - une théorie qui détermina le parti communiste polonais à soutenir le coup d’État de Pilsudski. Mais les crimes de Tarov ne s’arrêtent pas là. En tant qu’internationaliste, il portait le plus vif intérêt au sort de la révolution chinoise. Il estimait criminelle la décision du Kremlin qui avait obligé le jeune et héroïque parti communiste chinois à entrer dans le Kuomintang et à se soumettre à sa discipline ; en outre, le Kuomintang lui-même, un parti purement bourgeois, fut admis dans l’Internationale communiste en tant qu’organisation « sym­pathisante ». Le moment arriva où Staline, Molotov et Boukharine [3] télégraphièrent de Moscou pour ordonner aux commu­nistes chinois de mettre fin au mouvement agraire des paysans afin de ne pas « effaroucher » Chang Kaï-chek et ses officiers [4]. Avec d’autres disciples de Lénine, Tarov considérait une telle politique comme une trahison de la révolution.

Les Tarov ont plusieurs autres crimes semblables à leur actif. A partir de 1923, ils ont réclamé le début de l’élaboration d’un plan quinquennal et quand, en 1927, l’ébauche du premier plan fut enfin achevée, ils démontrèrent que la croissance ne devait pas être fixée comme l’avait fait le bureau politique à 5,9 %, mais deux ou trois fois plus haut. Il est vrai que tout cela fut bientôt entièrement confirmé. Mais comme les Tarov, par leur pénétration, avaient révélé l’arriération de l’oligarchie dirigeante, ils étaient donc coupables d’avoir porté préjudice à la révolution - c’est-à-dire au prestige de la bureaucratie.

Les Tarov accordaient beaucoup d’attention à la jeunesse ouvrière. Ils estimaient qu’il fallait lui donner la possibilité de penser par elle-même, d’étudier, de se tromper, d’apprendre à se tenir sur ses jambes. Ils protestaient contre le fait que la direction révolutionnaire avait fait place à un régime caporaliste. Ils prédisaient que l’étouffement policier de la jeunesse conduirait à la démoraliser et à développer dans ses rangs des tendances franchement réactionnaires et simplement le « hooliganisme ». Leurs mises en garde furent stigmatisées comme des tentatives pour dresser la jeune génération contre la vieille, comme une mutinerie contre la « Vieille Garde » - cette même Vieille Garde que Staline, aidé de ses prétoriens, a calomniée, écrasée et jetée en prison ou démoralisée [5].

Tels sont les crimes de Tarov. Il faut y ajouter que les bolcheviks-léninistes, y compris Tarov, n’ont jamais essayé d’imposer leurs idées par la force. Ils n’ont pas appelé à un soulèvement contre la bureaucratie. Pendant une période de presque neuf ans, ils ont voulu et espéré convaincre le parti. Ils ont combattu avant tout pour leur droit de faire connaître au parti leurs critiques et leurs propositions. Mais la bureaucratie, qui s’est élevée au pouvoir autocratique sur les défaites du pro­létariat, a opposé aux bolcheviks-léninistes non la force de ses arguments, mais les détachements armés du G.P.U. Tarov se trouva parmi les plusieurs milliers de militants arrêtés au cours de l’écrasement thermidorien de l’Opposition en 1928 [6]. Par la suite, il passa plus de trois années en déportation et environ quatre en prison. Par son bref récit, le lecteur pourra connaître les conditions qui règnent dans ces prisons : injures, passages à tabac, une pénible grève de la faim de quatorze jours et, en réponse, l’alimentation forcée et de nouvelles injures. Tout cela parce que les bolcheviks-léninistes ont posé avant Staline le problème de la collectivisation, parce qu’ils avaient à temps mis en garde contre les conséquences de la perfide alliance avec Chang Kaï-chek et le futur Lord Citrine...

Puis éclata un nouveau coup de tonnerre : Hitler arriva au pouvoir en Allemagne. La politique de l’Internationale commu­niste lui avait frayé la voie. Quand Hitler se hissa en selle, c’était Staline, et personne d’autre, qui lui tenait l’étrier. Tous les flots d’éloquence du 7º congrès ne laveront jamais ces messieurs les chefs des tâches de ce crime historique. D’autant plus enragée fut la haine de la clique stalinienne contre ceux qui avaient prévu et prévenu à temps. Les léninistes emprisonnés devaient payer de leur peau pour cette politique meurtrière qui alliait l’ignorance à la perfidie : c’est précisément cette combi­naison qui constitue l’essence du stalinisme.

Cependant, alarmé par la victoire du national-socialisme, Tarov fit aux autorités de Moscou la proposition suivante : il s’engageait à abandonner son activité d’Oppositionnel, en échange de quoi lui, Tarov, aurait le droit de revenir dans les rangs du parti en tant que soldat discipliné et d’y mener le combat contre le danger fasciste.

Il n’est pas difficile de comprendre les raisons psycholo­giques de cette initiative prise par Tarov. Il n’est pas pour un révolutionnaire position pire que de rester pieds et poings liés pendant que la réaction impérialiste enlève une tranchée prolé­tarienne après l’autre. Mais, sur le plan politique, cette propo­sition de Tarov était doublement irréaliste. Premièrement, soutenir de façon non critique la « lutte » de Staline contre le fascisme, c’est en dernière analyse aider le fascisme - toute l’histoire des douze dernières années l’a démontré de façon irréfutable ; deuxièmement, la proposition de Tarov n’a pas été acceptée et ne pouvait pas être acceptée par la bureaucratie. Le fait qu’un seul léniniste remplisse avec désintéressement et courage les tâches qu’on lui assigne, aux yeux de tous, sans renier ses opinions, aurait constitué une réfutation muette de la légende du « trotskysme en tant que détachement d’avant-garde de la contre-révolution bourgeoise ». Cette légende stupide repose sur des bases branlantes qui doivent être quoti­diennement étayées. En outre, l’exemple de Tarov, en cas de succès, aurait inévitablement suscité des émules. On ne pouvait l’admettre. Il est impossible de réintégrer dans le parti des hommes courageux qui n’ont renoncé qu’à exprimer publique­ment leurs opinions. Non, ils doivent renoncer et à ce qu’ils pensent et à leur droit de penser en général. Ils doivent cracher sur des idées qui ont été confirmées par tout le cours des événe­ments.

Rien ne caractérise aussi bien le régime stalinien, sa corruption interne et son hypocrisie que son incapacité totale à assimiler un révolutionnaire sincère qui est prêt à servir avec obéissance mais refuse de mentir. Non ! Staline a besoin de pénitents, de renégats braillards, de gens qui soient prêts à dire sans vergogne que ce qui est blanc est noir, à frapper pathé­tiquement leurs poitrines vides, alors qu’en réalité ils pensent à la carte de ravitaillement, à l’automobile et à la station bal­néaire. L’appareil du parti et celui de l’État regorgent de semblables roublards, de faux jetons et de cyniques corrompus. On ne peut pas compter sur eux, mais ils sont indispensables : l’absolutisme bureaucratique, qui est entré en contradiction absolue avec les intérêts économiques et culturels de l’État ouvrier, a un besoin pressant de filous prêts à tout.

Ainsi, la tentative de Tarov pour réintégrer les rangs du « parti » officiel fut un échec total. Tarov ne trouva pas d’autre issue que de fuir l’Union soviétique. Cette expérience, qu’il a si chèrement payée, constitue une leçon précieuse, tant pour le prolétariat soviétique que pour le prolétariat mondial. La « Lettre ouverte » des organisations qui se sont placées sous le drapeau de la IVº Internationale trouve dans l’affaire Tarov une nouvelle confirmation plus nette encore. La « Lettre ouverte » déclare : « Par les persécutions, les falsifications, les amalgames et une sanglante répression, la clique dirigeante s’ef­force d’étouffer dans l’œuf toute manifestation de pensée marxiste. Nulle part au monde le léninisme véritable n’est per­sécuté aussi bestialement qu’en U.R.S.S. » [7].

Vues de façon superficielle, ces lignes peuvent paraître exagérées. Le léninisme n’est-il pas impitoyablement pourchassé en Italie et en Allemagne ? En fait, il n’y a aucune exagération dans la « Lettre ouverte ». Dans les pays fascistes, les léni­nistes sont persécutés en même temps que les autres ennemis du régime. Hitler, comme on sait, a fait preuve de la plus grande cruauté vis-à-vis des opposants qui étaient de vieux compagnons de parti, la « gauche », qui lui rappelait son propre passé [8]. C’est avec la même cruauté bestiale que la bureaucratie stali­nienne traite les bolcheviks-léninistes, les révolutionnaires authentiques qui incarnent les traditions du parti et de la révolution d’Octobre.

Les conclusions politiques qu’il faut tirer de l’affaire Tarov sont tout à fait claires. Ce serait pure folie que de songer à « réformer » ou à « régénérer » le parti communiste d’Union Soviétique d’aujourd’hui. Une machine bureaucratique qui sert avant tout à maintenir le prolétariat dans un étau ne peut pas être contrainte à servir les intérêts du prolétariat. La terreur révolutionnaire qui, pendant la période héroïque de la révolu­tion, était l’arme des masses en mouvement, contre leurs oppresseurs, et la sauvegarde directe du pouvoir du prolétariat, cette terreur révolutionnaire a été complètement supplantée par la terreur froide et cruelle de la bureaucratie qui se bat avec acharnement pour ses postes et ses rations, pour son règne autocratique incontrôlé et contre l’avant-garde prolétarienne. C’est précisément pourquoi le stalinisme est condamné !

Le 20 février 1889, Engels écrivait à Kautsky une lettre absolument remarquable - qui n’a été publiée que récem­ment - au sujet des rapports de classes à l’époque de la grande révolution française. Il y disait entre autres : « En ce qui concerne la Terreur, dans la mesure où elle avait un sens, c’était au fond une mesure de guerre. Elle servait non seulement à maintenir à la barre la classe, ou la fraction de la classe qui seule pouvait assurer la victoire de la révolution, mais lui assurait aussi la liberté de mouvement, les coudées franches [9], la possibilité de concentrer ses forces en un point décisif, c’est-à-dire aux frontières. » Mais, une fois les frontières pré­servées, grâce aux victoires militaires, et après la destruction de cette folle Commune qui avait voulu apporter la liberté aux autres peuples à la pointe des baïonnettes, la terreur en tant qu’arme de la révolution se survivait à elle-même. Il est vrai que Robespierre[10] était alors au faîte de sa puissance, mais, dit Engels, « désormais la terreur devint pour lui un moyen de sa propre préservation, et, du coup, elle devenait une absurdité » (souligné par Engels).

Ces lignes sont remarquables de simplicité et de profon­deur. Il est inutile de s’étendre ici sur les différences entre le passé et le présent : elles sont suffisamment connues. La diffé­rence entre le rôle historique de Robespierre et celui de Staline n’est pas moins claire ; le premier a assuré la victoire de la révolution sur ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur pen­dant la période la plus critique de son existence tandis qu’en Russie c’est sous la direction de Lénine que ce travail fut accompli. Staline n’est venu au premier plan qu’après la fin de cette période. Il est la vivante incarnation d’un Thermidor bureaucratique. Entre ses mains, la terreur a été et reste avant tout un instrument pour écraser le parti, les syndicats et les soviets et pour instaurer une dictature personnelle à laquelle il ne manque que... la couronne impériale. La terreur, qui a rempli sa mission révolutionnaire et est devenue un instrument des usurpateurs pour leur propre préservation se transforme ainsi en une « absurdité » pour employer l’expression d’Engels. Dans le langage de la dialectique, cela signifie qu’elle est vouée à un effondrement inévitable.

Les atrocités insensées qui ont été engendrées par les méthodes bureaucratiques de collectivisation comme les lâches représailles et les violences exercées contre les meilleurs élé­ments de l’avant-garde prolétarienne provoquent inévitablement l’exaspération, la haine, le désir de vengeance. Cette atmosphère engendre chez les jeunes des tendances au terrorisme individuel. Le petit Bonaparte ukrainien S. Kossior [11], célèbre pour son impudence, a dit il n’y a pas longtemps que « Trotsky appelle dans la presse à assassiner les dirigeants soviétiques », alors que Zinoviev et Kamenev - comme cela a été prouvé, à ce qu’il dit, par l’affaire Enoukidzé - ont participé directement à la préparation de l’assassinat de Kirov. Comme tout un chacun qui a accès aux écrits de Trotsky peut facilement vérifier s’il a ou non appelé à « assassiner les dirigeants soviétiques » - si toutefois l’on admet qu’il puisse exister des adultes qui aient besoin de vérifier pareilles inepties - cela jette une lumière suffisante sur la seconde partie du mensonge de Kossior, celle qui a trait à Zinoviev et Kamenev. Nous ignorons si l’on est en train aujourd’hui de fabriquer quelque document frauduleux avec l’aide de « consuls lettons » ou d’ « officiers de Wrangel » [12]. Les Kossior du régime bonapartiste peuvent encore traquer, étrangler et fusiller bien des révolutionnaires irrépro­chables, mais cela ne changera pas l’essentiel : leur terreur est une absurdité historique. Elle sera balayée avec ses organisa­teurs.

Appelons-nous à assassiner les dirigeants soviétiques ? Si les bureaucrates, qui se sont déifiés eux-mêmes, s’imaginent sincèrement qu’ils font l’histoire, pour notre part, nous ne partageons absolument pas cette illusion. Staline n’a pas créé l’appareil, c’est l’appareil qui a créé Staline - à sa propre image. Le remplacement de Kirov par Jdanov n’a absolu­ment rien changé à la nature des choses. Contrairement aux « biens de consommation », il existe un assortiment illimité de Kossior : ils se distinguent les uns des autres par un ou deux centimètres de hauteur et quelques-uns de largeur. C’est tout ! Pour le reste, ils se ressemblent autant que leurs dithyrambes respectifs de Staline. Le remplacement de Staline lui-même par des Kaganovitch amènerait aussi peu de nouveauté que le remplacement de Kirov par Jdanov. Mais un Kaganovitch aurait-il assez d’ « autorité » ? Ne vous inquiétez pas : tous les Kossior, - le premier, le quinzième comme le mille et unième - lui procureraient tout de suite l’autorité nécessaire au moyen de la chaîne bureaucratique exactement comme ils ont créé l’« autorité » de Staline, c’est-à-dire leur « autorité », leur règne incontrôlé.

C’est pourquoi la terreur individuelle nous apparaît à ce point pitoyable et impuissante. Non, nous n’avons pas oublié l’A B C du marxisme. Non seulement le destin de la bureau­cratie soviétique, mais aussi le destin du régime soviétique dans son ensemble dépendent de facteurs d’une envergure historique mondiale. Seuls des succès du prolétariat international peuvent ,rendre au prolétariat soviétique sa confiance en soi. La condi­tion fondamentale de la victoire de la révolution est l’unification de l’avant-garde prolétarienne mondiale autour du drapeau de la IVº Internationale. La lutte pour ce drapeau doit être égale­ment menée en U.R.S.S. avec prudence, mais avec intransi­geance. L’absurdité historique d’une bureaucratie autocratique dans une société « sans classes » ne peut pas durer et ne durera pas éternellement. Le prolétariat qui a accompli trois révolu­tions redressera une fois de plus la tête. Mais l’ « absurdité » bureaucratique ne va-t-elle pas résister ? Le prolétariat trouvera un balai assez grand. Et nous l’aiderons.

Notes

[1] A. TAROV était le pseudonyme d’un ouvrier arménien, ancien officier de l’Armée rouge, Arpen TAVITIAN ou DAVITIAN, (1892-1944), dit également MANOUKIAN, qui venait de s’évader d’U.R.S.S. et se trouvait en Iran d’où il avait adressé au Biulleten un premier témoignage.

La lettre de Tarov : https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/divers/tarov.htm

[2] Trotsky fait allusion à l’épisode du « comité syndical anglo-russe ». Walter Citrine était devenu Sir Walter, en récompense de ses bons et loyaux services, au lendemain de la dissolution de ce comité.

[3] A l’époque de la deuxième révolution chinoise, Staline, Molotov et Boukharine étaient les dirigeants de l’I.C.

[4] Chang Kaï-chek, chef de l’armée nationaliste du gouvernement de Canton et véritable patron du Kuomintang était, comme la plupart de ses officiers, lié à la classe des propriétaires fonciers, directement menacés par la révolution à la campagne.

[5] Les paragraphes ci-dessus constituent un résumé des positions défendues depuis 1923 par l’Opposition de gauche russe.

[6] C’est en 1928 que la masse des militants de l’Opposition de gauche avaient été arrêtés, certains condamnés à la prison et la majo­rité d’entre eux déportés.

[7] Cf. Œuvres 5, janvier-juin 1935, p. 351.

[8] Trotsky fait allusion au massacre des cadres des S.A. - dont leur chef d’état-major Ernst Röhm - et de l’aile « plébéienne » du parti nazi, pendant la « Nuit des Longs Couteaux » du 30 juin 1934.

[9] L’expression du texte original russe est anglaise : « elbow ­room ». (N.d.T.)

[10] Maximilien de ROBESPIERRE (1758-1795) dirigea le Comité de Salut public - gouvernement révolutionnaire - en France de juillet 1793 à 1794 et prolongea la Terreur, même après avoir assuré la situation militaire qui l’avait initialement justifiée.

[11] Stanislas V. Kossior (1889-1938), stalinien de choc, avait joué un rôle important dans l’élimination de l’Opposition de gauche en Ukraine et avait une réputation de férocité. Son frère, Vladimir V. Kossior (1891-1938), métallo, membre de l’Opposition de gauche, était en prison depuis 1928.

[12] Le « consul étranger » - vraisemblablement le consul de Lettonie Georg BISSENIEKS (1885-194 ?) - avait été introduit par le G.P.U. dans les « aveux » de Nikolaiev, l’assassin de Kirov, afin de « démontrer » qu’il existait un lien entre Trotsky et les terroristes. Trotsky avait démontré que le « consul » ne pouvait être qu’un agent du G.P.U. L’« officier de Wrangel » était un autre agent du G.P.U., Stroilov, ancien officier de l’armée blanche pendant la guerre, qui avait proposé en 1927 ses services à un jeune militant de l’Opposition, Chtcherbakov, afin de « démontrer » que l’Opposition était liée aux Blancs.

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