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Renault est condamné par la justice pour faute inexcusable suite au cancer d’un de ses salariés et est responsable de 10% de salariés atteints de cancers

mardi 2 décembre 2025, par DD, Robert Paris

Renault est condamné par la justice pour faute inexcusable suite au cancer d’un de ses salariés et est responsable de 10% de salariés atteints de cancers

Par André Lancteau du Collectif de salariés contre l’Amiante de Renault, travaillant aux côtés de l’Andeva, association de défense des victimes de l’amiante, ayant conseillé les victimes de Renault-Rueil qui ont porté plainte en justice

Je voudrais simplement montrer par ces quelques mots que le trust automobile Renault a sciemment mis ses salariés en danger en niant ensuite toute responsabilité. La justice a condamné Renault à payer des sommes pour compenser le préjudice des familles mais les salariés et leurs familles, eux, accusent de crime le patron pour avoir, par sa politique, en parfaite connaissance de cause, transformé le travail en une course où ils sont sans cesse poursuivis par la menace de cancer et de mort.

Le tribunal judiciaire de Versailles a rendu sa décision le mardi 5 août 2025 dans le procès opposant Renault à la famille d’Eric Lemoine, technicien ayant subi un double cancer (gorge et poumons) et travaillant dans un domaine amianté : « La maladie professionnelle dont a été victime monsieur Eric Lemoine est due à la faute inexcusable de la société SAS Renault… Le tribunal alloue au FIVA (fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante qui se charge de donner les sommes aux familles) la somme de 194.500 euros au titre de réparation des préjudices. »

C’est au bout de 30 ans de travail comme technicien chez RENAULT que ses deux cancers (gorge et poumons) ont mis fin à sa vie le 16 septembre 2014 après de nombreux mois de souffrance.

Il a fallu des années, et tout un périple juridique et administratif, pour que ce procès ait lieu, Renault ayant multiplié les contestations des décisions prises successivement contre lui.
Le tribunal des affaires de sécurité sociales avait le 7 septembre 2018, suite à un avis favorable du CRRP des Hauts de Seine, déclaré qu’Eric Lemoine était décédé du fait de l’inhalation de fibres d’amiante liées à son travail à Renault, entrainant son cancer, et condamné l’entreprise Renault. Plusieurs salariés ont porté des témoignages écrits pour être produits en justice connaissant les risques que cela représentait d’être ainsi témoins de la culpabilité de leur patron.

La société Renault a tout contesté : le caractère professsionnel de la maladie pourtant reconnue par tous les professionnels de santé et de sécurité sociale consultés, la responsabilité de l’employeur sans fournir aucune preuve du fait qu’il aurait prévenu les salariés du danger d’exposition à l’amiante particulièrement élevée dans ce secteur des bancs moteurs, du fait qu’il aurait pris des précautions pour mesurer l’aamiante dans l’air, qu’il aurait conseillé aux salariés de se faire examiner les bronches ou de faire des prises de sang ou autres consultations de professionnels de santé pour surveiller les risques de cancer lié à l’amiante. Et pour cause : le patron n’a pris aucune de ces précautions et s’est bien gardé de contacter les salariés en retraite ou ceux qui étaient des précaires ou des intérimaires pour leur demander s’ils avaient des examens sur un possible cancer.

La société Renault n’a mené aucune enquête pour savoir combien de salariés ou anciens salariés ont été victimes de tels cancers dans ce secteur : dans tout le secteur B de l’usine Renault de Rueil (92) qui travaillaient sur les bancs moteurs où des moteurs prototypes étaient testés en fonctionnement permanent extrême occasionnant un maximum d’usure des pièces et donc d’émanation de poussières alors que ces pièces étaient reconnues porteuses d’amiante et que les dangers de l’amiante étaient connus des professionnels depuis des années…

La société Renault s’est contentée d’affirmer qu’elle n’était pas spécialiste des questions d’amiante, prétendant ainsi n’être pas informée des risques et ne pas avoir connaissance de risques particuliers de ce secteur de travail, alors que la loi affirme qu’il y a une responsabilité de l’employeur qui utilise de l’amiante à informer les salariés du danger occasionné.

Pas de risques particuliers d’émanations et d’inhalation par les salariés dans le secteur des bancs moteurs ? En voilà une déclaration mensongère !

A Rueil, le secteur des bancs moteurs comportait 200 salariés et nous connaissons l’existence pour une vingtaine d’entre eux de cancers soit un pourcentage de 10% de victimes dont une partie en sont décédés ! Cette statistique de mortalité est une preuve, s’il en fallait une de plus, du mensonge de Renault dans cette affaire. La société n’a pas eu comme but de faire des économies sur les indemnités données aux familles mais seulement de combattre la mauvaise image publique que lui donnent les procès qu’elle perd dans les affaires de cancers professionnels liées à l’amiante.

Car Renault a déjà perdu d’autres procès, notamment ceux concernant les décès de Pouzet et Eric Cavé, qui travaillaient tous deux dans le même secteur B6 de Rueil que Eric Lemoine et moi.

Ce n’est ni depuis 2025, ni depuis 2018, ni depuis 2014 mais bien avant, dès 2000 et par écrit à partir de 2004, que, travaillant moi aussi dans le secteur des bancs moteurs de l’usine de Rueil, j’ai alerté plusieurs fois par courrier la direction sur sa responsabilité dans les cancers liés à l’amiante et aussi averti aussi plusieurs fois par tract les salariés de Renault.

Et les cancers ainsi que les morts n’ont pas cessé d’augmenter atteignant environ 10% des salariés de ce secteur…

Mais la direction de Renault, qui a toujours été informée des cancers, des morts et, en amont, des risques qu’elle faisait courir aux salariés et de l’absence totale de précautions, n’a pas cessé de nier sans être capable de rien prouver pour étayer ses affirmations mensongères.

Depuis le début des années 2000, quand cette politique a été contestée publiquement par des salariés, elle est amenée à se défendre de cette politique de refus de la réalité et elle ne change pas son discours. De lettre en lettre, de procès en procès, elle n’a pas plus d’argument, pas plus de preuve, ni plus de mesure de précaution de sa part à présenter. Elle continue à dire qu’elle n’est pas spécialiste, pas assez informée. Elle ne dit pas qu’il n’y a pas d’amiante. Elle a même reconnu en réponse à ma lettre qu’il y en a en effet. Mais elle maintient qu’il n’y a pas de preuve. Pourtant, la loi exige, en présence d’amiante dans l’air, des mesures de précautions, des examens, et explique que c’est de la responsabilité des entreprises. Renault fait la sourde oreille.

La preuve que la direction de Renault sait parfaitement qu’il y a des dangers de l’amiante à Renault Rueil ? Le 25 août 1994, la direction a répondu à un salarié qui le lui faisait remarquer ce danger dans les faux plafonds, la direction a répondu le 4 novembre 1994 que l’analyse prouvait qu’il y avait en effet de l’amiante, et que la suggestion, néanmoins rejetée, méritait au salarié qui la faisait une attribution de 25 points pour l’en remercier !

La direction a été même contrainte de fermer deux secteurs, le B8 et Degrémont, pour cause d’amiante dégradée dans les bâtiments et, lors de la destruction de ce secteur de Renault Rueil, les travaux indiquaient : « danger amiante ».

Quant aux bancs moteurs, jamais, ni par lettre ni dans les procès, elle n’affirme qu’il n’y a pas de risque aux essais sur moteurs prototypes. Ce serait un trop grossier mensonge…

Faire appel, pour Renault, ce n’est pas seulement une question d’argent ou d’image, il s’agit d’empêcher que les salariés frappés passent eux aussi en justice et que tous sachent publiquement que leur existence ne compte pas pour le patron.

Lorsque la direction de Renault fait appel comme cela a été le cas pour Eric Lemoine ou Eric Cavé, elle commet un double mensonge, un double crime et condamne les familles à la double peine en doublant les procédures et les souffrances. Elle doit être doublement condamnée pour hypocrisie et crime social.

Lettre de 2004 d’André Lancteau à la direction de Renault

Objet : risques de cancers causés par l’amiante à Renault Rueil

Messieurs,

Ayant travaillé depuis 1969 chez Renault et pendant 12 ans à Rueil, je suis directement concerné par les problèmes d’amiante qui s’y sont révélés.

J’apprends que le bâtiment B4 de Renault Rueil a été fermé en cette rentrée suite à l’examen de l’air qui a permis de constater un pourcentage inquiétant d’amiante. D’où il ressortirait que des salariés ont travaillé durant des années dans un bâtiment amianté alors que le risque encouru est connu de longue date.

D’autre part, j’apprends également que d’autres bâtiments de Rueil comme le B12 sont également amiantés. Je rappelle que la question a été soulevée en 1995 par des salariés et que la direction a, à cette époque, répondu par une fin de non recevoir.

Au bâtiment B6 de Rueil où j’ai travaillé de longues années on a constaté un nombre élevé de salariés malades du cancer et certains en sont morts. Je travaillais au B6 avec Mr GANGNE Fabien lui-même décédé du cancer et qui avait travaillé également au bâtiment B4 qui se révèle amianté. Vous avez déjà été contactés à plusieurs reprises au sujet des risques d’amiante au B6 et des cas de cancer dans ce bâtiment, notamment par une intervention récente auprès de l’Inspection du travail de Nanterre et par une question posée au CHS de Rueil. Je rappelle également la mort de Gilles TALES qui travaillait également au bâtiment B6 et qui est mort également suite à un cancer.

C’est pourquoi je me permets de vous faire les demandes suivantes :

1°) Un examen médical approfondi pour évaluer les risques de cancer pour moi comme pour tous les salariés ayant travaillé au B6, au B4, au B12 ou dans tout autre bâtiment amianté de Rueil, qu’ils soient actuellement au travail à Rueil, ou sur d’autres sites, qu’ils soient en activité, en CASA ou en retraite. Cela nécessite d’abord qu’ils soient informés de ce risque et que la direction s’engage à les mettre au courant de toutes les études et de tous les examens qui seront réalisés et de leurs résultats.

2°) Une étude sur ces bâtiments concernant les structures ainsi que les produits utilisés depuis les années 70, amiante, éthers de glycol ou autres produits cancérigènes. Quels produits ont dû être retirés de l’utilisation pour cause de risques liés à leur utilisation et à quels postes étaient-ils utilisés ? Chacun sait que de tels produits existent puisque des études ont montré que les véhicules employaient de l’amiante dans différents matériaux, produits chimiques et pièces. Quels produits cancérigènes ont pu être employés ? A quelles époques ? Quels salariés risquent d’avoir été en contact ? Les salariés décédés du cancer ont-ils pu en être victimes ? Des spécialistes du cancer peuvent-ils estimer si le travail chez Renault peut être cause de leur décès. Quelle autre preuve la direction peut-elle donner qu’elle ne serait en rien responsable de ces décès ? Quels moyens comptét-elle se donner pour que d’autres salariés y ayant travaillé ne risquent pas d’en être victimes demain ?

3°) Je demande également que les familles des victimes soient tenues informées des résultats de ces études, qu’elles apprennent si ces résultats démontrent que des cancers ont pu être causés par les conditions de travail, que ce soit par les matériaux utilisés dans la structure des bâtiments ou des produits utilisés dans le travail.

Je souligne l’urgence des demandes ci-dessus et l’attention qui doit être portée par la direction à une affaire pouvant entraîner des risques pour la vie et la santé des salariés. Je tiens à vous rappeler que la loi oblige les responsables d’entreprise à examiner les installations et activités utilisant des produits cancérigènes et à effectuer, en cas de danger, toutes les modifications nécessaires. Je vous rappelle également que plusieurs procès récents ont donné raison à des salariés ou à leurs familles qui protestaient contre l’absence d’études de sécurité, d’examen de santé en cas de risques et de travaux pour pallier aux dangers.

En conséquence, je suis certain que vous examinerez avec sérieux et attention toutes mes demandes et le ferez avec toute la célérité voulue, vu l’importance de s’assurer des risques de cancers auprès des personnes concernées. En attendant de recevoir vos réponses et informations dans les meilleurs délais, je vous prie d’agréer l’expression de mes sincères salutations.

Lancteau André

Nouvelle lettre de André Lancteau à la direction de Renault

Objet : risques de cancers causés par l’amiante à Renault Rueil

Messieurs,

J’ai bien reçu le courrier du 7 décembre 2004 par lequel Mr Valcarcel se contente de réaffirmer que Renault est en règle avec la loi en ce qui concerne les risques de cancers dus à l’amiante. Il ne donne toujours aucune preuve de cette affirmation. Vous écrivez que « les données épidémiologiques sur le cancer montre(nt) que c’est une maladie plurifactorielle dont la survenue est aléatoire ». Pourtant, les études récentes soulignent toutes le lien entre amiante et cancer. Je pense que vous sous-estimez l’évolution de l’opinion publique comme de la Justice en la matière.

Mr Valcarcel prétend rappeller que c’est le nombre de fibres dans l’air (non le nombre de litres) qui témoignent de l’amiantage du B4. Ces fibres ont été inhalées par des salariés. Et ce pendant combien de mois, combien d’années ? Des salariés qui n’ont subi aucun examen médical, qui ne bénéficieront d’aucun suivi et pour lesquels la direction ne cherchera à établir aucune statistique sur les cancers survenus par la suite ! Des salariés peut-être contaminés mais dont certains, qui ont changé de site, ne sont même pas personnellement informés qu’ils avaient peut-être travaillé dans l’amiante.

Puisque vous affirmez m’avoir communiqué toutes les informations dans votre courrier du 26 octobre 2004, je vous rappelle que je n’y ai trouvé

  Ni la liste des produits et matériaux utilisés dans le travail (et pas seulement dans les bâtiments) y compris ceux qui ont été retirés dans les années suivantes dans les moteurs pour cause d’amiante et de risques de cancers.

  Ni les dates et les résultats des examens du nombre de fibres par litre des différents bâtiments, comme le B6 où je travaillais,

  Ni les résultats des examens médicaux réalisés pour les salariés qui peuvent avoir inhalé de l’amiante,

  Ni aucune information sur le B12 qui s’était révélé amianté,

  Ni les statistiques des cancers dans les bâtiments du CTR,

  Ni les réponses concernant les nombreux cancers au bâtiment B6 où travaillaient notamment Mrs Gangne et Talles,

  Ni les examens médicaux que vous me proposez.

En l’absence de réponse, je vous informe que toute la publicité sur cette situation scandaleuse (auprès des salariés de Renault comme à l’extérieur) ainsi que toutes les suites (légales comme auprès de la Sécurité Sociale) n’auront aucun caractère aléatoire.

En vous souhaitant une bonne réception, je vous prie de croire au sérieux avec lequel je compte conduire cette affaire.

Mr Lancteau André

J’ai été amené non seulement à dénoncer les méfaits de l’amiante à Renault mais à organiser un collectif pour travailler dans ce sens, les syndicats s’y refusant...

Voici ce que l’écrivais et diffusais à mes camarades de travail :

A Renault aussi, des morts liés à l’amiante…

Les salariés de Renault Rueil-Lardy protestent régulièrement depuis des années contre le refus de la direction de reconnaitre l’existence de nombreux cas de cancers liés à l’amiante dans les pièces du moteur et dans les bâtiments.

L’Amiante, avec tous les risques que cela comprend, ne concerne pas uniquement les autres, pas uniquement ceux qui travaillent dans des usines d’amiantes ou ceux qui usinent des pièces amiantées. Les examinateurs moteurs, dont le travail consistait à examiner toutes les pièces moteurs après essais, joints de culasse, joints de collecteurs etc.… sont aussi concernés que les opérateurs bancs moteurs, ainsi que ceux qui assuraient l’entretiens des bancs etc.…

Le plus grave, est que cette maladie ne se déclenche que des dizaines d’années plus tard et que des salariés ont été en contact avec ces pièces amiantées, sans aucune protection, sans radios, sans scanners du poumon, sans que jamais la direction de Renault ne les prévienne du danger encouru. Comme le rappelle régulièrement le Collectif contre l’amiante de Rueil-Lardy, toute une liste de salariés y sont décédés du fait de l’amiante en ayant contracté un cancer broncho-pulmonaire, reconnu comme maladie professionnelle par la Sécurité sociale et pas par la direction. Certaines familles de salariés s’apprêtent à porter plainte contre la direction pour faute inexcusable. Et il est en effet inexcusable que la direction ne fasse pas procéder à des examens médicaux (scanners notamment) pour tous les salariés de secteurs où on a manipulé des pièces amiantées usées ou usinées ou qui ont travaillé dans des secteurs amiantés. Les jugements rendus par la Sécurité sociale ont été amenés à reconnaitre que des salariés du CTR avaient été victimes de l’amiante, qu’elle soit liée aux bâtiments ou aux pièces et essais. Une fois de plus, on constate que la direction non seulement lie sa responsabilité mais refuse de faire procéder aux examens des salariés ayant travaillé dans les mêmes secteurs que ces victimes de l’amiante au travail. Et refuse même d’informer ceux qui y ont travaillé et qui pourraient se soigner ou passer des examens. Et ce n’est pas vrai évidemment qu’à Renault Rueil-Lardy. Des cancers liés à l’amiante, ceux des salariés du Mans, les patrons de Renault aimeraient bien ne pas entendre parler. Renault faisait produire au Mans des véhicules avec des freins à l’amiante. Résultat : des morts par cancer broncho-pulmonaire. Un arrêt de la Cour d’appel d’Angers, qui niait la faute de Renault dans les cancers liés à l’amiante au Mans, a été cassé par la cour de Cassation. La faute inexcusable de l’employeur est reconnue.

Collectif contre l’Amiante

Sur l’Etablissement Rueil-Lardy

Nous écrivions dans un tract :

Au début des années 2000, le nombre de cancers recensés parmi les salariés ayant travaillé au B6 de Rueil (CTR) nous avait semblé important. En effet à notre connaissance et sans enquête, déjà cinq salariés étaient atteints d’un cancer. Sur ces cinq cas, trois personnes sont décédées. C’est pourquoi il nous est apparu nécessaire de créer un collectif Amiante sur les deux établissements.

Lorsque le bâtiment B4 de Rueil a été fermé à cause d’un pourcentage inquiétant d’amiante, André L. a écrit à la direction générale de Renault à Mrs SCHWEITZER et De VIRVILLE le 6 octobre 2004.

Mais aucun des points soulevés n’a été réglé. C’est pourquoi le collectif Amiante Rueil-Lardy a maintenu, notamment en 2005 et 2009, les questions posées dans des courriers précédents à la direction :

1 / après l’évacuation du B4, les salariés qui y travaillaient et qui ont été déplacés à Aubevoye n’ont toujours pas été prévenus officiellement que leur ancien secteur était amianté, et n’ont toujours pas de suivi médical.

2/ Le collectif demande que tous les salariés, intérimaires, prestataires et retraites soient contactés et prévenus qu’ils ont ont été en contact avec l’amiante dans leur activité au CTR de Rueil.

En effet, pour le personnel de l’entreprise, le bilan est accusateur et dramatique.
Tous les jours la liste s’allonge.

Fabien Gangne, décédé à l’age de 56 ans ; décès reconnu en maladie professionnelle, inscrite au tableau 030 BIS, à savoir un cancer broncho–pulmonaire.

Eric Pouzet, décédé à l’age de 45 ans, a été reconnu lui aussi à titre posthume en maladie professionnelle, d’un cancer broncho pulmonaire.

Eric Cave à l’age de 53 ans reconnu en maladie professionnelle d’un cancer à l’amiante.

Luis Lopez à l’age de 57 ans en procédure de reconnaissance.

Jean Pierre Garlatti, cancer broncho pulmonaire

Luis Lopes, décédé en 2012 après avoir travaillé de nombreuses années dans le secteur B pour assurer l’entretien des bancs moteurs, à l’age de 57 ans le collectif en contact avec la famille.

Camille Labaune, cadre chez Renault, a travaillé à Degremont, secteur évacué pour cause de poussière d’Amiante et dans le cadre de son travail a été amené à percer des plaquettes de freins, respirant ainsi des poussière d’Amiante, décédé en 2004 d’un cancer de la plèvre.

Sans compter ceux qui sont décédés, de cancers sans qu’il n’y eu aucune enquête de la sécurité sociale, tels que :

Gilles Talles en 2000 et Claude Gadeau, décédé le 7 mai 1998 d’un cancer des os.

Leur point commun, est que tous ces salariés ont travaillé, des dizaines d’années dans les secteurs B, notamment au B6.

Le plus grave, est que cette maladie ne se déclenche que des dizaines d’années plus tard et que des salariés ont été en contact avec ces pièces amiantées, sans aucune protection, sans radios, sans scanners du poumon, sans que jamais la direction de Renault ne les prévienne du danger encouru.

L’Amiante, avec tous les risques que cela comprend, ne concerne pas uniquement les autres, pas uniquement ceux qui travaillent dans des usines d’amiantes ou ceux qui usinent des pièces amiantées. Les examinateurs moteurs, dont le travail consistait à examiner toutes les pièces moteurs après essais, joints de culasse, joints de collecteurs etc.… sont aussi concernés que les opérateurs bancs moteurs, ainsi que ceux qui assuraient l’entretiens des bancs etc.…

Quand on pense que certains salariés nous ont critiqués, nous ont attaqués, se sont même permis de donner des leçons parce que le collectif se posait des questions après le décès fulgurant d’un salarié âgé de 45 ans. Quand on pense que certains d’entre eux se sont permis d’affirmer que tel ou tel salarié décédé était fumeur pour justifier leur attitude !

Où sont ils ? Qu’en pensent-ils eux qui ont travaillé dans ces secteurs, ne se sentent- ils pas concernés, ou écoutent ils encore les trompettes de la direction ?

OUI, nous avons eu raison de continuer à nous poser des questions et d’assurer les droits, et c’est pourquoi ce collectif a rejoint le collectif crÉ sur l’ensemble du groupe Renault où il ne se passe pas un jour sans que des salariés nous contactent ou leur femmes pour nous prévenir soit de la maladie soit d’un décès de leur conjoint.

OUI, faire respecter les droits des familles et des travailleurs c’est avant tout, dénoncer la responsabilité de la direction de Renault.

OUI, nous pouvons et devons exiger que tous les salariés qui ont été en contact avec l’amiante soient prévenus du danger encouru, et envoyés passer un scanner, c’est bien le minimum que la direction puisse faire.

Enfin, deux familles, avec l’ANDEVA ont saisi le tribunal pour attaquer Renault pour faute inexcusable.

Alors, que toutes et tous ceux qui veulent en savoir plus prennent contact avec le collectif Amiante Renault. En effet, nous avons mené notre action sur les sites de Rueil et Lardy mais nous tenions également à lier notre combat à celui des autres sites et des autres entreprises. Aussi le collectif de l’amiante de Rueil/Lardy a-t-il adhéré au collectif Renault.

L’Amiante fait 10 morts par jour.

Les responsables, TOUS LES RESPONSABLES doivent être jugés.

Rueil, le 00/01/2014

Renault a peur que cela se dise qu’elle perd ses procès pour cancers liés à l’amiante. Eh bien, il faut que cela se sache !

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