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La fausse auto-organisation du groupe Révolution permanente
dimanche 16 novembre 2025, par
LES FAUX RÉVOLUTIONNAIRES EN SERVICE PERMANENT : LE GROUPE DIT « RÉVOLUTION PERMANENTE » MET EN SCÈNE SES PROPRES MILITANTS À GARE DU NORD
Sous prétexte de “riposte par en bas”, Révolution Permanente organise ses propres assemblées pour mieux canaliser la colère populaire.
L’article qu’ils publient sur “l’AG de Gare du Nord” n’est pas le récit d’un mouvement spontané, mais la mise en scène d’une poignée de militants de leur courant, jouant les porte-parole de “la base”.
Une fausse AG de base, un vrai cadre d’appareil
On nous parle d’une “centaine de travailleurs” réunis à Gare du Nord pour discuter de la crise politique et du budget Lecornu.
En réalité, c’est la structure militante de Révolution Permanente qui y occupe tout l’espace.
Les mêmes noms reviennent à chaque article : Anasse Kazib, Laura Varlet, Hassan (Geodis), Adrien (Paris 1).
Ce ne sont pas des figures “venues de la base”, ce sont des cadres politiques du groupe, formés pour répéter la même ligne :
“riposte par en bas”, “grève générale”, “AG interpro”, “coordination régionale”.
La méthode est toujours la même : on se réunit entre militants, on s’auto-interviewe, on publie ensuite un papier pour donner l’impression d’un mouvement de masse.
Mais derrière la façade, il n’y a pas d’autonomie populaire, pas de délégués élus, pas de décisions collectives — seulement une avant-garde autoproclamée qui cherche à occuper le terrain laissé vide par les appareils syndicaux.
L’illusion du “par en bas”
Depuis des années, RP détourne le vocabulaire de l’auto-organisation ouvrière pour en faire une rhétorique creuse.
Ils parlent “d’assemblées générales”, de “base”, de “colère qui monte”,
mais leur pratique réelle consiste à diriger de haut tout ce qu’ils prétendent animer.
Leur “par en bas” est toujours encadré d’en haut, sous la direction du parti.
Ce procédé vise à donner une image radicale, mais c’est une radicalité de façade : aucune mise en cause du cadre républicain, aucune rupture réelle avec les institutions bourgeoises.
RP ne veut pas renverser le pouvoir, il veut en devenir l’aile gauche radicale, un sas entre la révolte sociale et le retour à l’ordre.
Les mêmes discours, encore et toujours
Kazib dénonce “31 milliards d’euros d’austérité” et “la remilitarisation”, Varlet appelle à “profiter de la fragilité du gouvernement Macron”, Hassan parle de “préparer la grève et le blocage de l’économie”, et Adrien, l’étudiant RP, élargit le tout à la Palestine et aux luttes internationales.
Tout cela peut apparaitre à certains sonner juste dans les mots, mais c’est faux dans la fonction.
On agite les bons thèmes pour épuiser la colère dans le verbe, jamais pour construire un véritable pouvoir populaire.
Leur “semaine noire de mars” n’est qu’un calendrier militant, leur “riposte par en bas” une posture, et leur “coordination Île-de-France” une coquille vide servant à justifier leur propre structure de direction.
Neutraliser la colère populaire
Le rôle politique de Révolution Permanente est clair : empêcher que la colère du peuple travailleur se transforme en pouvoir autonome.
Ils se placent à la jonction entre la base et le pouvoir, comme un tampon entre le peuple et la rupture révolutionnaire.
Là où le mouvement pourrait se fédérer, ils ramènent tout dans un discours contrôlé,
et transforment les comités de lutte en vitrines de leur courant.
C’est le même rôle que jouent les syndicats “contestataires” : canaliser, parler à la place, maintenir les masses dans la passivité organisée.
Chez RP, l’apparence est plus radicale, mais le fond est le même : stabiliser le système sous couvert de le combattre.
Le discours face à ce que RP qualifie de crise politique (et pas de crise sociale) : « Lecornu démissionne : il faut une réponse ouvrière pour dégager Macron et imposer une Assemblée unique » ne mène pas bien loin en termes de radicalisme !
https://www.wsws.org/fr/articles/2025/10/16/bjxn-o16.html
Pour un véritable pouvoir du peuple travailleur fédéré
Face à cela, il faut revenir à la seule voie sérieuse : celle du pouvoir populaire organisé dans ses comités, hors des partis, hors des syndicats, hors des médias d’appareil.
Les comités de travailleurs, de quartiers, d’étudiants, doivent se fédérer entre eux, décider par eux-mêmes, reprendre le contrôle de la vie économique et politique,
et ne plus déléguer leur force à des porte-parole auto-désignés.
La véritable riposte par en bas ne consiste pas à applaudir Kazib ou Varlet,
mais à reprendre en main nos propres assemblées, à refuser les chefs autoproclamés,
et à reconstruire le pouvoir collectif de ceux qui produisent et vivent du travail.
Conclusion
Le groupe d’extrême gauche « Révolution Permanente » joue aujourd’hui le rôle que la gauche institutionnelle jouait hier : parler au nom du peuple pour éviter que le peuple parle en son nom propre.
Ses militants se mettent en scène dans des AG fantômes pour maintenir l’illusion d’une radicalité sans conséquences.
Mais l’époque change : la crise du 10 octobre a ouvert une brèche que ni les faux socialistes ni les faux trotskystes ne pourront refermer.
Le pouvoir ne reviendra pas à ceux qui commentent la lutte, mais à ceux qui l’organiseront réellement — dans les comités du peuple travailleur fédéré, les seuls capables d’imposer une souveraineté populaire effective face à la République des oligarques.
Lire aussi :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1193
https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1037
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7326
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6978
Quand RP parle de "mouvement ouvrier", il ne s’agit pas des comités de travailleurs mais des syndicats :
Messages
1. La fausse auto-organisation du groupe Révolution permanente, 18 novembre, 09:04, par Florent
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L’extrême gauche opportuniste, ce sont ceux qui veulent une révolution sans… révolution !
C’est-à-dire sans que les masses débordent les appareils, y compris ceux qui se réclamaient avant.. de la révolution !