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Un slogan électoraliste pseudo-révolutionnaire de N. Arthaud (LO) : un gouvernement de travailleurs

mercredi 8 juillet 2026

Un slogan électoraliste de N. Arthaud (LO) : un gouvernement de travailleurs

Vous avez été trotskistes dans votre jeunesse, ce qui vous a permis de faire une carrière syndicale. La révolution ne vient pas, mais vous voulez continuer votre carrière politicienne ou syndicale : Lutte Ouvrière à un programme pour vous.

Un bon gouvernement grâce aux élections

On lit dans l’éditorial de LO du 7 jullet :

Faire naître un véritable gouvernement de travailleuses et de travailleurs pour réorganiser l’économie et refonder des relations sociales saines, voilà la seule, la vraie perspective valable pour la grande masse de la population !

Ce sont ces idées communistes, révolutionnaires et internationalistes que Lutte ouvrière défend depuis toujours, et que nous affirmerons encore lors de l’élection présidentielle de 2027, puisque je serai candidate.

Sauvons nous nous mêmes

Dans un éditorial sur les élections, LO, sans transition met en avant le slogan d’un "bon gouvernement". Il sera bon s’il est animé par "des travailleurs" ! C’est du pur électoralisme, masqué par un ouvriérisme de façade.

Passons sur l’immaculée conception qui aboutira à « faire naître » un gouvernement. Comprenne qui pourra. Depuis 1905, pour les marxistes, seuls des soviets peuvent "faire naître" un gouvernement ouvrier qui serait le sommet institutionnel de la dictature du prolétariat.

Puisqu’il n’y a que deux classes, c’est en fait un gouvernement ouvrier qui serait le sommet institutionnel de la dictature de la bourgeoisie que N. Arthaud mentionne.

Les travailleurs sont des idiots non-conscients c’est un des leitmotivs de LO. On s’attendrait donc à ce N. Arthaud fasse comme sans doute elle procède dans ses cours, faute de quoi ses élèves crieront : madame donnez-nous un exemple, car on ne comprend rien !

Des bolchéviks mal intentionnés diront : le seul gouvernement dont nous nous réclamons, à part celui de la commune, c’est celui d’Octobre 1917 en Russie. Mais il comportait peu de travailleurs connus. Des petits-bourgeois comme Lénine et Trotsky en furent les principales animateurs. Mais ce gouvernement émanait des soviets d’ouvriers, de soldats, de paysans et de cosaques. C’est en cela et seulement en cela qu’il fut un gouvernement au service du prolétaiat. Ce n’est donc pas cela à quoi pense N. Arthaud

Car N. Arthaud n’est pas pour "faire naître" des soviets, passons donc à d’autres exemples historiques.

Mais y a-t-il dans l’histoire de l’humanité un seul gouvernement auquel N. Arthaud fasse référence ? Elle ne donne aucun exemple.

Maurice Thorez, qui lui-même se surnommait "le premier stalinien de France", aurait-il fait un bon ministre en 1936 ? Cette ordure stalinienne était un travailleur par excellence, un mineur !

En 1940, à la fin de la IIIème République, André Février , postier SFIO, donc travailleur par excellence, fut ministre du maréchal Pétain :

Un gouvernement de travailleurs qui sont des ordures social-démocrates comme André février, est-il souhaitable ? Non !

Faire les poubelles de l’histoire, décrire tous les gouvernement de "travailleurs" au service de la bourgeoisie est un travail de Romain. La notion vague de "gouvernement de travailleurs" mise en avant par N. Arthaud est étrangère à l’héritage bolchévique. Remettons nous donc à l’école des 4 premiers congrès de l’IC. La leçon de base réfute N. Arthaud, car : « il n’est pas vrai que tout gouvernement ouvrier soit un gouvernement vraiment prolétarien, c’est-à-dire un instrument révolutionnaire de pouvoir du prolétariat ».

Le slogan de gouvernement ouvrier non associé à celui de la dictature du prolétariat, est en effet réactionnaire. En France, ne pas parler d’un gouvernement ouvrier et paysan est de plus suicidaire pour la classe ouvrière. Les principes généraux sont les suivants :

Malgré ses grands avantages, le mot d’ordre de gouvernement ouvrier a aussi ses dangers, de même que toute la tactique du front unique. Pour parer à ces dangers, les partis communistes ne doivent pas perdre de vue que, si tout gouvernement bourgeois est en même temps un gouvernement capitaliste, il n’est pas vrai que tout gouvernement ouvrier soit un gouvernement vraiment prolétarien, c’est-à-dire un instrument révolutionnaire de pouvoir du prolétariat.

L’Internationale Communiste doit envisager les éventualités suivantes :

Un gouvernement ouvrier libéral. Il y a déjà un gouvernement de ce genre en Australie ; il est également possible dans un délai assez rapproché en Angleterre ;
Un gouvernement ouvrier social-démocrate (Allemagne) ;
Un gouvernement des ouvriers et des paysans. Cette éventualité est à prévoir dans les Balkans, en Tchécoslovaquie, etc. ;
Un gouvernement ouvrier avec la participation des communistes ;
Un véritable gouvernement ouvrier prolétarien qui, dans sa forme la plus pure, ne peut être incarné que par un Parti Communiste.

Les deux premiers types de gouvernement ouvrier ne sont pas des gouvernements ouvriers révolutionnaires, mais des gouvernements camouflés de coalition entre la bourgeoisie et les leaders ouvriers contre-révolutionnaires. Ces « gouvernements ouvriers » sont tolérés dans les périodes critiques de la bourgeoisie affaiblie pour tromper le prolétariat sur le véritable caractère de classe de l’Etat, ou même pour détourner l’attaque révolutionnaire du prolétariat et gagner du temps, avec l’aide des leaders ouvriers corrompus. Les communistes ne devront pas participer à de pareils gouvernements. Au contraire, ils devront démasquer impitoyablement devant les masses le véritable caractère de ces faux « gouvernements ouvriers ». Dans la période de déclin du capitalisme, où la tâche principale consiste à gagner à la révolution la majorité du prolétariat, ces gouvernements, objectivement, peuvent contribuer à précipiter le processus de décomposition du régime bourgeois.

Les communistes sont prêts à marcher aussi avec les ouvriers, social-démocrates, chrétiens, sans parti, syndicalistes, etc., qui n’ont pas encore reconnu la nécessité de la dictature du prolétariat. Les communistes sont également disposés, dans certaines conditions et sous certaines garanties, à appuyer un gouvernement ouvrier non communiste. Mais les communistes devront à tout prix expliquer à la classe ouvrière que sa libération ne pourra être assurée que par la dictature du prolétariat.

Les deux autres types de gouvernement ouvrier auxquels peuvent participer les communistes ne sont pas encore la dictature du prolétariat ; ils ne constituent pas encore une forme de transition nécessaire vers la dictature, mais ils peuvent constituer un point de départ pour la conquête de cette dictature. La dictature complète du prolétariat ne peut être réalisée que par un gouvernement ouvrier composé de communistes.

XI. Le gouvernement ouvrier

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