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Grève générale et révolte en Palestine - Matière et Révolution
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Grève générale et révolte en Palestine

mercredi 12 septembre 2012

Grève générale et révolte en Palestine

Sit-ins, occupations, destructions, révolte, émeutes, grèves, les travailleurs, les jeunes et tout le peuple palestinien sont en lutte en Cisjordanie. Ils dénoncent la misère et les responsables de celle-ci : leurs propres classes dirigeantes, leur bourgeoisie et leurs gouvernants, la manière dont ceux-ci font leur profit des accords avec Isaraël sur le dos du peuple palestinien.

Ils protestent contre les hausses de prix, les salaires impayés, le chômage notamment celui des jeunes, une société sans issue...

Les palestiniens protestent contre la récente augmentation des prix de l’essence et des produits alimentaires. Le centre de Ramallah a été bloqué hier dimanche pendant plus d’une heure par une soixantaine de camions. 200 protestataires à Naplouse, la capitale Nord de la Cisjordanie, en ont appelé à la démission du Premier ministre Salam Fayyad. Dans la soirée, une réunion de plus de quatre heures sur la crise financière de l’Autorité palestinienne a rassembleé les membres du gouvernement Fayyad et une centaine de représentants du secteur privé et de la société civile. Le cabinet palestinien examinera demain les réclamations de ces derniers sur les prix des denrées alimentaires et les retards dans les paiements des salaires.

Mais tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction, les palestiniens entendent bien ne pas relâcher la pression. Une nouvelle grève générale des transports est prévue pour ce lundi en Cisjordanie. Le gouvernement palestinien souhaite depuis longtemps la révision du Protocole de Paris, signé le 29 avril 1944, qu’il considère comme injuste car il empêche le développement de l’économie palestinienne. Cette contestation sociale, selon certains analystes palestiniens, évoque une réplique palestinienne du "Printemps arabe".

Dimanche, une soixantaine de camions ont bloqué les accès du centre de Ramallah pendant plus d’une heure pour dénoncer la hausse des prix de l’essence, a constaté l’AFP.

A Naplouse, la capitale du nord de la Cisjordanie, 200 protestataires ont appelé à la démission du Premier ministre Salam Fayyad en scandant des slogans comme "L’invasion (israélienne) ne nous a pas laissé affamés, mais Fayyad si".

Les membres du gouvernement Fayyad devaient rencontrer en fin de journée des représentants des milieux d’affaires, du secteur privé et de la société civile pour discuter de la crise financière de l’Autorité palestinienne.

Les transports publics étaient en grève et les principaux accès aux villes barrés par des manifestants, au moyen de rochers à Hébron (sud) de camions à Bethléem (sud) et Naplouse (nord), ou de pneus incendiés, comme autour de Ramallah, siège de la présidence et du gouvernement palestiniens.

A Hébron, une partie des quelque 2.000 manifestants ont endommagé des véhicules et le siège de la municipalité et lancé des pierres sur la police qui tentait de les disperser.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a tenté mardi d’obtenir un répit face à la grogne sociale qui agite la Cisjordanie depuis une semaine en promettant une baisse du prix de l’essence et de la TVA, jugée insuffisante par les syndicats.

"Le prix du carburant sera ramené à son niveau de la fin août", a promis M. Fayyad à l’issue du Conseil des ministres à Ramallah, après que le litre d’essence a bondi en deux mois de six à huit shekels (de 1,18 à 1,57 euros).

Il a précisé que cette mesure serait effective dès mercredi pour le diesel, le gaz domestique et le kérosène.

Pendant la réunion, un millier de fonctionnaires, dont des enseignants en arrêt de travail, tenaient un sit-in devant ses bureaux pour réclamer une baisse des prix des denrées de base et du carburant. Le Protocole de Paris, qui régit les relations économiques entre l’Autorité palestinienne et Israël, interdit notamment aux Palestiniens de baisser les prix du carburant de plus de 15% par rapport à ceux pratiqués en Israël.

A compter du 1er octobre, "nous réduirons la TVA à 15%, ce qui est le minimum possible pour nous en ce moment", a ajouté M. Fayyad. Et une partie des salaires des fonctionnaires pour le mois d’août seront versés mercredi, a-t-il poursuivi.

M. Fayyad a expliqué que ces mesures, de nature à alourdir le déficit budgétaire, seraient financées par "des coupes supplémentaires dans les dépenses des ministères et des institutions gouvernementales, à l’exception des ministères de la Santé, de l’Education et des Affaires sociales".

Toutes les nouvelles dépenses gouvernementales sont gelées jusqu’à nouvel ordre, a-t-il poursuivi.

"Les mesures prises par Fayyad sont décevantes et ne satisfont pas même à une fraction de nos revendications", a déclaré à l’AFP le chef du syndicat des fonctionnaires, Bassam Zakarneh, qui réclamait une baisse de 30% sur l’essence.

"Les actions se poursuivent et nous aurons une réunion dimanche pour établir un programme qui pourrait aboutir à une grève générale", a-t-il ajouté.

Selon le porte-parole du syndicat des transports publics, Ibrahim Awadallah, "Fayyad n’a réduit le prix du diesel que de 7,15 à 6,85 shekels (de 1,35 à 1,40 euros)".

Il a annoncé à l’AFP une poursuite des débrayages mercredi et jeudi "et si le gouvernement ne nous répond pas il y aura une grève générale lundi".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son gouvernement avait "apporté plusieurs changements aux accords douaniers et travaillait au transfert de certaines sommes à l’Autorité", en référence notamment à un accord technique entre les deux ministères des Finances pour améliorer la collecte des taxes et réduire l’évasion fiscale, censé entrer prochainement en vigueur. En fin d’après-midi, quelque 400 manifestants sur la place Al-Manara, dans le centre de Ramallah, réclamaient l’abolition du protocole de Paris.

Le ministre palestinien des Affaires civiles Hussein al-Cheikh, qui a saisi le 9 septembre le gouvernement israélien de cette question, a indiqué vouloir "une révision de l’ensemble du protocole parce qu’il régule tout le rythme de la vie économique palestinienne". "De toute façon, sa validité a expiré en 1999", a déclaré le ministre. Signé le 29 avril 1994, ce document accorde une liberté économique limitée aux Palestiniens.

L’Autorité, confrontée à des difficultés budgétaires chroniques, traverse actuellement selon plusieurs ministres "sa pire crise financière" depuis sa création en 1994, en raison du maintien des restrictions israéliennes et du non-versement de l’aide promise par les donateurs, en particulier les Etats-Unis et les pays arabes.

"Nos revendications sont claires : le départ du président Abbas, du Premier ministre Salam Fayyad et de l’ensemble des cadres de l’Autorité", a déclaré à l’AFP un manifestant de Hébron, Khaled Idris, 28 ans.

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