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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Rosa Luxemburg et la question arm&#233;nienne</title>
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		<dc:date>2025-02-14T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rosa Luxembourg - La social-d&#233;mocratie et les luttes nationales en Turquie &lt;br class='autobr' /&gt;
I : La situation turque &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la presse du parti, on rencontre trop souvent la tentative de repr&#233;senter les &#233;v&#233;nements de Turquie comme un pur produit du jeu des intrigues diplomatiques, notamment du c&#244;t&#233; russe. [A] Pendant un temps, on pouvait m&#234;me rencontrer des voix dans la presse qui soutenaient que les outrages turcs &#233;taient principalement une invention, que les Bashi-Bazouks &#233;taient de v&#233;ritables mod&#232;les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot255" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rosa Luxembourg - La social-d&#233;mocratie et les luttes nationales en Turquie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;I : La situation turque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la presse du parti, on rencontre trop souvent la tentative de repr&#233;senter les &#233;v&#233;nements de Turquie comme un pur produit du jeu des intrigues diplomatiques, notamment du c&#244;t&#233; russe. [A] Pendant un temps, on pouvait m&#234;me rencontrer des voix dans la presse qui soutenaient que les outrages turcs &#233;taient principalement une invention, que les Bashi-Bazouks &#233;taient de v&#233;ritables mod&#232;les chr&#233;tiens, et que les r&#233;voltes des Arm&#233;niens &#233;taient l'&#339;uvre d'agents pay&#233;s. avec des roubles russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe surtout dans cette position, c'est qu'elle n'est en rien fondamentalement diff&#233;rente du point de vue bourgeois. Dans les deux cas, nous avons la r&#233;duction des grands ph&#233;nom&#232;nes sociaux &#224; divers &#171; agents &#187;, c'est-&#224;-dire aux actions d&#233;lib&#233;r&#233;es des bureaux diplomatiques. De la part des politiciens bourgeois, de tels points de vue ne sont, bien s&#251;r, pas surprenants : ces gens font effectivement l' histoire dans ce domaine, et donc le fil le plus mince d'une intrigue diplomatique a une grande importance pratique pour la position qu'ils prennent &#224; l'&#233;gard de court -int&#233;r&#234;ts &#224; terme. Mais pour la social-d&#233;mocratie, qui &#224; l'heure actuelle ne fait qu'&#233;lucider&#233;v&#233;nements de la sph&#232;re internationale, et qui se pr&#233;occupe avant tout de faire remonter les ph&#233;nom&#232;nes de la vie publique &#224; des causes mat&#233;rielles plus profondes, la m&#234;me politique appara&#238;t comme tout &#224; fait vaine. Au contraire, en politique &#233;trang&#232;re comme en politique int&#233;rieure, la social-d&#233;mocratie peut adopter sa propre position, qui dans les deux domaines doit &#234;tre d&#233;termin&#233;e par les m&#234;mes points de vue, &#224; savoir par les conditions sociales internes du ph&#233;nom&#232;ne en question, et par nos principes g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comment se pr&#233;sentent ces conditions au regard des luttes nationales en Turquie qui nous concernent ici ? Jusqu'&#224; r&#233;cemment dans une partie de la presse, la Turquie &#233;tait encore pr&#233;sent&#233;e comme un paradis o&#249; &#171; les diff&#233;rentes nationalit&#233;s coexistaient pacifiquement depuis des centaines d'ann&#233;es &#187;, &#171; poss&#233;daient l'autonomie la plus compl&#232;te &#187;, et o&#249; seule l'ing&#233;rence de la diplomatie europ&#233;enne avait cr&#233;&#233; artificiellement le m&#233;contentement , en persuadant les heureux peuples de Turquie qu'ils sont opprim&#233;s, et en m&#234;me temps en emp&#234;chant l'agneau innocent d'un sultan de mener &#224; bien ses &#171; r&#233;formes maintes fois accord&#233;es &#187;. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces affirmations sont fond&#233;es sur une vaste ignorance des conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au d&#233;but du si&#232;cle pr&#233;sent, la Turquie &#233;tait un pays d'&#233;conomie de troc, dans lequel chaque nationalit&#233;, chaque province et chaque communaut&#233; vivait sa propre existence s&#233;par&#233;e, supportait patiemment les souffrances auxquelles elle &#233;tait habitu&#233;e et formait la v&#233;ritable base d'un despotisme oriental. Ces conditions, si oppressantes qu'elles fussent, se distinguaient pourtant par une grande stabilit&#233;, et pouvaient donc survivre longtemps sans provoquer de r&#233;bellion de la part des peuples assujettis. Depuis le d&#233;but du si&#232;cle, tout cela a consid&#233;rablement chang&#233;. Secou&#233;e par le conflit avec les &#201;tats forts et centralis&#233;s d'Europe, mais surtout menac&#233;e par la Russie, la Turquie s'est trouv&#233;e contrainte d'introduire des r&#233;formes int&#233;rieures, et cette n&#233;cessit&#233; a trouv&#233; son premier repr&#233;sentant en la personne de Mahmud II.[Sultan ottoman (1808-1839)]. Les r&#233;formes ont aboli le gouvernement f&#233;odal et ont introduit &#224; sa place une bureaucratie centralis&#233;e, une arm&#233;e permanente et un nouveau syst&#232;me financier. Les r&#233;formes modernes, comme toujours, impliquaient des co&#251;ts &#233;normes, et traduites dans le langage des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels de la population, elles &#233;quivalaient &#224; une augmentation colossale de l'imp&#244;t public. Des droits indirects &#233;lev&#233;s, per&#231;us sur chaque t&#234;te de b&#233;tail et chaque paille, des droits de douane, des droits de timbre et des taxes sur les spiritueux, une d&#238;me du gouvernement avec un suppl&#233;ment p&#233;riodique chaque trimestre, puis un imp&#244;t direct sur le revenu, qui s'&#233;levait &#224; 30 pour cent. dans les villes et 40 % &#224; la campagne, et avec elle un imp&#244;t tenant lieu de service militaire pour les chr&#233;tiens, et enfin des services plus obligatoires &#8212; c'est d&#233;sormais ainsi que le peuple doit payer les d&#233;penses de l'&#201;tat r&#233;form&#233;.Mais c'est seulement le syst&#232;me particulier de gouvernement qui existe en Turquie qui donne une id&#233;e vraie des charges qui sont support&#233;es. Dans un &#233;trange m&#233;lange de principes modernes et m&#233;di&#233;vaux, il se compose d'un nombre immense d'autorit&#233;s administratives, de cours et d'assembl&#233;es, qui sont li&#233;es &#224; la capitale de mani&#232;re extr&#234;mement centralis&#233;e dans leur conduite ; mais en m&#234;me temps, toutes les positions publiques sontde facto v&#233;nal, et ne sont pas pay&#233;s par le gouvernement central, mais sont principalement financ&#233;s par les revenus de la population locale - une sorte de b&#233;n&#233;fice bureaucratique. Ainsi le pacha peut s'envoler la province &#224; sa guise, pourvu qu'il envoie la plus grosse somme d'argent possible &#224; Istanbul ; ainsi le cadi (juge) est en vertu de sa charge financ&#233; par des exactions, puisqu'il doit lui-m&#234;me payer un tribut annuel &#224; Constantinople pour sa charge. Le plus important, cependant, est le syst&#232;me de taxation, qui, &#233;tant entre les mains d'un m&#252;lterim , un fermier fiscal, en comparaison de qui l'intendant g&#233;n&#233;ral de l' ancien r&#233;gime fran&#231;aisressemble au Bon Samaritain, se retrouve avec une absence totale de syst&#232;me et de r&#232;gles, et un arbitraire illimit&#233;. Et enfin, entre les mains de la bureaucratie, les services obligatoires sont devenus un moyen d'extorsion et d'exploitation effr&#233;n&#233;es du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident qu'un syst&#232;me de gouvernement ainsi constitu&#233; est fondamentalement diff&#233;rent du mod&#232;le europ&#233;en. Tandis que chez nous le gouvernement central escroque le peuple et maintient ainsi son administration, l&#224;-bas au contraire l'administration escroque le peuple de son propre chef et finance ainsi le gouvernement central. D&#232;s lors, en Turquie, l'administration appara&#238;t comme une classe particuli&#232;re et nombreuse de la population, qui en elle-m&#234;me repr&#233;sente directement un facteur &#233;conomique, et dont l'existence est financ&#233;e par le pillage professionnel du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, et en liaison avec les r&#233;formes, il en r&#233;sulta un changement dans les conditions de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re des paysans chr&#233;tiens, l&#224; encore fortement en leur d&#233;faveur par rapport au propri&#233;taire foncier turc. Ce dernier, g&#233;n&#233;ralement un ancien seigneur f&#233;odal, a pu rendre sa charge h&#233;r&#233;ditaire, tout &#224; fait sur le mod&#232;le chr&#233;tien. Quand Spahiluk(la tenure f&#233;odale) fut abolie par la r&#233;forme, et les d&#238;mes qu'ils payaient jusqu'alors aux spahis furent redirig&#233;es vers le tr&#233;sor public, il chercha &#224; s'affirmer en tant que propri&#233;taire foncier ; en cons&#233;quence un nouvel imp&#244;t pour les paysans - la fermage - s'est d&#233;velopp&#233; &#224; c&#244;t&#233; des anciennes d&#238;mes, un imp&#244;t qui s'&#233;levait r&#233;guli&#232;rement &#224; un tiers du produit net apr&#232;s d&#233;duction de la d&#238;me. Pour le paysan chr&#233;tien, il ne restait souvent d'autre salut au milieu de toutes ces choses merveilleuses que de transf&#233;rer un petit lopin de terre per oblationem (comme don conditionnel) &#224; l'&#201;glise musulmane, puis de le r&#233;cup&#233;rer sous forme de fermage dont le loyer &#233;tait d&#251;, mais qui &#233;tait au moins exempt de d&#238;mes. Ainsi, &#224; la fin des ann&#233;es 1870, la main-morte en Turquie repr&#233;sentait plus de la moiti&#233; de toutes les propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les r&#233;formes s'accompagn&#232;rent d'une terrible d&#233;t&#233;rioration des conditions mat&#233;rielles de la population. Mais ce qui les rendait particuli&#232;rement insupportables, c'&#233;tait un &#233;l&#233;ment assez moderne qui s'&#233;tait m&#234;l&#233; &#224; la situation, &#224; savoir l' ins&#233;curit&#233; : le r&#233;gime fiscal irr&#233;gulier, les rapports fluctuants de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, mais surtout l' &#233;conomie mon&#233;taire r&#233;sultant de la transformation de l'imp&#244;t en nature en taxe sur l'argent et le d&#233;veloppement du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciennes conditions s'&#233;taient d&#233;t&#233;rior&#233;es et leur stabilit&#233; avait disparu &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. La d&#233;sint&#233;gration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment de l'histoire de la Turquie dont nous avons parl&#233; dans notre article pr&#233;c&#233;dent rappelle, d'une certaine mani&#232;re, la Russie. Mais alors qu'il y a les r&#233;formes apr&#232;s la guerre de Crim&#233;e [B]cr&#233;&#233; &#224; la fois le d&#233;veloppement rapide du capitalisme et une base mat&#233;rielle pour les innovations administratives et financi&#232;res et pour le d&#233;veloppement ult&#233;rieur du militarisme, en Turquie une transformation &#233;conomique correspondant aux r&#233;formes modernes faisait totalement d&#233;faut. Toutes les tentatives de cr&#233;er une industrie indig&#232;ne en Turquie ont &#233;chou&#233;. Les quelques usines fond&#233;es par le gouvernement produisaient des marchandises de mauvaise qualit&#233; et ch&#232;res. L'absence des conditions pr&#233;alables les plus &#233;l&#233;mentaires de l'ordre bourgeois &#8212; la s&#233;curit&#233; des personnes et des biens, au moins l'&#233;galit&#233; formelle devant la loi, un droit civil s&#233;par&#233; du droit religieux, les moyens de communication modernes, etc. impossibilit&#233; absolue. La politique commerciale des &#201;tats europ&#233;ens envers la Turquie va dans le m&#234;me sens,exploiter son impuissance politique pour assurer un march&#233; non prot&#233;g&#233; &#224; ses propres industries. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; c&#244;t&#233; du commerce, l'usure a &#233;t&#233; la seule manifestation du capital domestique. Economiquement donc, la Turquie resta dans l'agriculture paysanne la plus primitive, dans laquelle, dans bien des cas, les rapports de propri&#233;t&#233; n'avaient m&#234;me pas &#233;limin&#233; leur caract&#232;re semi-f&#233;odal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair qu'une base mat&#233;rielle de l'&#233;conomie mon&#233;taire ainsi constitu&#233;e ne s'&#233;tait pas d&#233;velopp&#233;e parall&#232;lement aux formes de gouvernement et aux imp&#244;ts financiers qui lui &#233;taient associ&#233;s, qu'elle s'en &#233;tait aplatie et, comme elle ne pouvait se d&#233;velopper, elle s'orientait vers un processus de d&#233;sint&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sint&#233;gration de la Turquie est devenue flagrante &#224; deux extr&#234;mes &#224; la fois. D'une part, un d&#233;ficit permanent est apparu dans l'&#233;conomie paysanne. Cela a acquis une expression tangible dans l' usurier, qui &#233;tait devenu un &#233;l&#233;ment organique de la communaut&#233; villageoise, et a indiqu&#233; la suppuration interne des conditions comme un abc&#232;s. Les taux d'int&#233;r&#234;t mensuels de trois pour cent &#233;taient un ph&#233;nom&#232;ne permanent dans les villages turcs, et l'&#233;pilogue r&#233;gulier du drame muet du village &#233;tait la prol&#233;tarisation du paysan, sans qu'il y ait des formes de production disponibles dans le pays qui lui auraient permis d'&#234;tre absorb&#233;. dans une classe ouvri&#232;re moderne, avec pour r&#233;sultat qu'il a trop souvent sombr&#233; dans le lumpen-prol&#233;tariat. Ces ph&#233;nom&#232;nes sont en outre li&#233;s au d&#233;clin de l'agriculture, aux famines d&#233;vastatrices et &#224; la fi&#232;vre aphteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, il y avait le d&#233;ficit de la tr&#233;sorerie de l'&#201;tat. Depuis 1854, la Turquie avait pris la route des emprunts &#233;trangers sans fin. Les usuriers de Londres et de Paris op&#233;raient dans la capitale tout comme les usuriers arm&#233;niens et grecs op&#233;raient dans les villages. Diriger est devenu de plus en plus difficile, et les gouvern&#233;s sont devenus de plus en plus insatisfaits. Faillite dans la capitale et banqueroute dans les villages ; les r&#233;volutions de palais &#224; Constantinople et les soul&#232;vements populaires dans les provinces &#8211; ce furent les r&#233;sultats ultimes du d&#233;clin interne. Il &#233;tait impossible de trouver une issue &#224; cette situation. Le rem&#232;de n'aurait pu &#234;tre atteint que par une transformation totale de la vie &#233;conomique et sociale, par une transition vers des formes de production capitalistes.Mais il n'existait pas et il n'existe ni la base d'une telle transformation ni une classe sociale qui pourrait se pr&#233;senter comme son repr&#233;sentant. Les &#171; r&#233;formes r&#233;p&#233;t&#233;es &#187; du sultan ne pouvaient &#233;videmment pas lever les difficult&#233;s, puisqu'elles n'&#233;taient n&#233;cessairement que de nouvelles innovations juridiques, qui laissaient la vie sociale et &#233;conomique intacte, et restaient souvent simplement sur le papier, puisqu'elles s'opposaient aux int&#233;r&#234;ts dominants. de l'officialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie ne peut pas se r&#233;g&#233;n&#233;rer dans son ensemble . D&#232;s le d&#233;part, il se composait de plusieurs terres diff&#233;rentes. La stabilit&#233; du mode de vie, le caract&#232;re autonome des provinces et des nationalit&#233;s avaient disparu. Mais aucun int&#233;r&#234;t mat&#233;riel, aucun d&#233;veloppement commun n'avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; qui p&#251;t leur donner une unit&#233; interne. Au contraire, la pression et la mis&#232;re de l'appartenance commune &#224; l'&#201;tat turc sont devenues de plus en plus grandes. Et ainsi il y avait une tendance naturelle pour les diverses nationalit&#233;s &#224; s'&#233;chapper de l'ensemble, et instinctivement &#224; chercher la voie d'un d&#233;veloppement social plus &#233;lev&#233; dans une existence autonome. Et c'est ainsi que fut prononc&#233;e la sentence historique contre la Turquie : elle &#233;tait au bord de la ruine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si tous les sujets du gouvernement ottoman en venaient &#224; conna&#238;tre la mis&#232;re d'un organisme &#233;tatique en d&#233;composition, et que les divers peuples musulmans &#8211; Druzes, Nazar&#233;ens, Kurdes et Arabes &#8211; se r&#233;voltaient &#233;galement contre le joug turc, la tendance s&#233;paratiste s'&#233;tendait surtout au terres. Ici, le conflit d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels co&#239;ncidait souvent avec les fronti&#232;res nationales. Le chr&#233;tien est priv&#233; de son droit, son serment est sans valeur contre un musulman, il ne peut pas porter les armes et, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, il ne peut occuper aucune fonction publique. Mais ce qui est encore plus important, en tant que paysan, il occupe souvent la terre d'un propri&#233;taire terrien musulman, et se fait aspirer par des fonctionnaires musulmans. Au niveau de la base, il y a donc fr&#233;quemment une lutte des classes&#8211; une lutte des petits paysans et fermiers avec la classe des propri&#233;taires terriens et des fonctionnaires, comme par exemple en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les conditions rappellent fortement l'Irlande. Ainsi l'opposition produite par la pression &#233;conomique et juridique a trouv&#233; ici une id&#233;ologie toute faite dans les conflits nationaux et religieux. Le m&#233;lange d'&#233;l&#233;ments religieux devait leur donner un caract&#232;re particuli&#232;rement grossier et sauvage. Et ainsi tous les &#233;l&#233;ments &#233;taient r&#233;unis pour cr&#233;er une lutte &#224; mort des nations chr&#233;tiennes avec la Turquie, la lutte des Grecs, des Bosniaques-Herz&#233;govines, des Serbes et des Bulgares. Et maintenant, la s&#233;quence a atteint les Arm&#233;niens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux conditions sociales que nous avons bri&#232;vement esquiss&#233;es ici, les pr&#233;tentions que les soul&#232;vements et les luttes nationales en Turquie ont &#233;t&#233; artificiellement produits par des agents du gouvernement russe ne semblent pas plus s&#233;rieuses que les pr&#233;tentions de la bourgeoisie que l'ensemble du travail moderne mouvement est l'&#339;uvre de quelques agitateurs sociaux-d&#233;mocrates. Certes, la dissolution de la Turquie n'avance pas uniquement par son propre &#233;lan. Certes, les mains tendres des cosaques russes ont rendu des services de sage-femme &#224; la naissance de la Gr&#232;ce, de la Serbie et de la Bulgarie, et le rouble russe est le metteur en sc&#232;ne permanent du drame historique de la mer Noire. Mais ici la diplomatie ne fait que jeter un b&#226;ton enflamm&#233; dans une mati&#232;re inflammable, dont les montagnes se sont accumul&#233;es au cours de si&#232;cles d'injustice et d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ici d'un processus historique se d&#233;veloppant avec l'in&#233;luctabilit&#233; d'une loi de la nature. L'impossibilit&#233; du maintien de formes &#233;conomiques archa&#239;ques en Turquie face au syst&#232;me fiscal et &#224; l'&#233;conomie mon&#233;taire, et l'impossibilit&#233; de l'&#233;conomie mon&#233;taire se transformant en capitalisme, telle est la cl&#233; pour comprendre les &#233;v&#233;nements de la p&#233;ninsule balkanique. La base de l'existence du despotisme turc est sap&#233;e. Mais la base de son d&#233;veloppement en un &#201;tat moderne n'est pas en train d'&#234;tre cr&#233;&#233;e. Il doit donc p&#233;rir, non en tant que forme de gouvernement, mais en tant qu'&#201;tat ; non par la lutte des classes, mais par la lutte des nationalit&#233;s. Et ce qui se cr&#233;e ici n'est pas une Turquie r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, mais une s&#233;rie de nouveaux &#201;tats, taill&#233;s dans la carcasse de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la situation. Maintenant, nous devons discuter de la position que la social-d&#233;mocratie doit prendre par rapport aux &#233;v&#233;nements turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III : Le point de vue de la social-d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, quelle peut &#234;tre la position de la social-d&#233;mocratie face aux &#233;v&#233;nements en Turquie ? En principe, la social-d&#233;mocratie se range toujours du c&#244;t&#233; des aspirations &#224; la libert&#233;. Les nations chr&#233;tiennes, en l'occurrence les Arm&#233;niens, veulent se lib&#233;rer du joug de la domination turque, et la social-d&#233;mocratie doit se d&#233;clarer sans r&#233;serve pour soutenir leur cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, en politique &#233;trang&#232;re &#8211; tout comme dans les questions int&#233;rieures &#8211; il ne faut pas voir les choses trop sch&#233;matiquement. La lutte nationale n'est pas toujours la forme appropri&#233;e pour la lutte pour la libert&#233;. Par exemple, la question nationale prend une forme diff&#233;rente en Pologne, en Alsace-Lorraine ou en Boh&#234;me. Dans tous ces cas, nous sommes confront&#233;s &#224; un processus directement oppos&#233; d'assimilation capitaliste des terres annex&#233;es aux terres dominantes, qui condamne les efforts s&#233;paratistes &#224; l'impuissance, et il est dans l'int&#233;r&#234;t du mouvement ouvrier de pr&#244;ner l'unit&#233; de forces, et non leur fragmentation dans les luttes nationales. Mais dans la question des r&#233;voltes en Turquie, la situation est diff&#233;rente : les terres chr&#233;tiennes ne sont li&#233;es &#224; la Turquie que par la force, elles n'ont pas de mouvement ouvrier, elles d&#233;clinent en vertu d'un d&#233;veloppement social naturel,ou plut&#244;t dissolution, et donc les aspirations &#224; la libert&#233; ne peuvent se faire sentir ici que dans une lutte nationale ; par cons&#233;quent, notre partisanerie ne peut et ne doit admettre aucun doute. Il ne nous appartient pas de formuler des revendications pratiques pour les Arm&#233;niens, ni de d&#233;terminer la forme politique &#224; laquelle il faut aspirer ici ; pour cela, les propres aspirations de l'Arm&#233;nie devraient &#234;tre prises en consid&#233;ration, ainsi que ses conditions internes et le contexte international. Pour nous, la question dans cette situation est avant tout le point de vue g&#233;n&#233;ral, et cela nous oblige &#224; nous tenirou de d&#233;terminer la forme politique &#224; laquelle il faut aspirer ici ; pour cela, les propres aspirations de l'Arm&#233;nie devraient &#234;tre prises en consid&#233;ration, ainsi que ses conditions internes et le contexte international. Pour nous, la question dans cette situation est avant tout le point de vue g&#233;n&#233;ral, et cela nous oblige &#224; nous tenirou de d&#233;terminer la forme politique &#224; laquelle il faut aspirer ici ; pour cela, les propres aspirations de l'Arm&#233;nie devraient &#234;tre prises en consid&#233;ration, ainsi que ses conditions internes et le contexte international. Pour nous, la question dans cette situation est avant tout le point de vue g&#233;n&#233;ral, et cela nous oblige &#224; nous tenirpour les insurg&#233;s et non contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'en est-il des int&#233;r&#234;ts pratiques de la social-d&#233;mocratie ? Ne tombons-nous pas en contradiction avec ceux-ci en adoptant la position de principe susmentionn&#233;e ? Nous pensons pouvoir prouver exactement le contraire en trois points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la lib&#233;ration des terres chr&#233;tiennes de la Turquie signifie un progr&#232;s dans la vie politique internationale. L'existence d'une position artificielle comme celle de la Turquie d'aujourd'hui, o&#249; convergent tant d'int&#233;r&#234;ts du monde capitaliste, a un effet contraignant et retardateur sur le d&#233;veloppement politique g&#233;n&#233;ral. La Question d'Orient, jointe &#224; celle d'Alsace-Lorraine, oblige les puissances europ&#233;ennes &#224; pr&#233;f&#233;rer poursuivre une politique de stratag&#232;mes et de tromperies, &#224; dissimuler leurs int&#233;r&#234;ts r&#233;els sous des noms trompeurs et &#224; chercher &#224; les atteindre par des subterfuges. Avec la lib&#233;ration des nations chr&#233;tiennes de la Turquie, la politique bourgeoise sera d&#233;pouill&#233;e de l'un de ses derniers lambeaux id&#233;alistes &#8212; la &#171; protection des chr&#233;tiens &#187; &#8212; et sera r&#233;duite &#224; son v&#233;ritable contenu, l'int&#233;r&#234;t nu pour le pillage.Ceci est tout aussi b&#233;n&#233;fique &#224; notre cause que la r&#233;duction de toutes sortes de programmes &#171; lib&#233;raux &#187; et &#171; &#233;clair&#233;s &#187; des partis bourgeois &#224; de pures et simples questions d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, il r&#233;sulte des articles pr&#233;c&#233;dents que la s&#233;paration des terres chr&#233;tiennes de la Turquie est un ph&#233;nom&#232;ne progressif, un acte de d&#233;veloppement social, car cette s&#233;paration est le seul moyen par lequel les terres turques peuvent atteindre des formes sup&#233;rieures de vie sociale. Tant qu'une terre reste sous domination turque, il ne peut &#234;tre question de d&#233;veloppement capitaliste moderne. S&#233;par&#233;e de la Turquie, elle acquiert une forme europ&#233;enne d'institutions &#233;tatiques et bourgeoises et est progressivement entra&#238;n&#233;e dans le courant g&#233;n&#233;ral du d&#233;veloppement capitaliste. Ainsi, la Gr&#232;ce et la Roumanie ont fait des progr&#232;s remarquables depuis leur s&#233;paration de la Turquie. Il est vrai que tous les &#201;tats &#233;mergents sont des &#201;tats mineurs, mais il serait n&#233;anmoins erron&#233; de percevoir leur cr&#233;ation comme un processus de fragmentation politique. Car la Turquie elle-m&#234;me n'est pas une grande puissance au sens moderne du terme.Mais dans les pays &#224; d&#233;veloppement bourgeois, le terrain se pr&#233;pare aussi peu &#224; peu pour le mouvement ouvrier moderne &#8211; pour la social-d&#233;mocratie &#8211; comme c'est d&#233;j&#224; le cas en Roumanie, et dans une certaine mesure aussi en Bulgarie.(2) Ainsi est satisfait notre int&#233;r&#234;t international le plus &#233;lev&#233;, &#224; savoir que, dans la mesure du possible, le mouvement socialiste devrait prendre pied dans tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement et enfin, le processus de dissolution de la Turquie est &#233;troitement li&#233; &#224; la question de la domination russe en Europe, et c'est le c&#339;ur du probl&#232;me. Lorsque m&#234;me notre presse prenait de temps en temps le parti de la Turquie, ce n'&#233;tait manifestement pas par cruaut&#233; inn&#233;e, ou par quelque pr&#233;f&#233;rence particuli&#232;re pour les partisans de la polygamie. De toute &#233;vidence, la base &#233;tait une opposition essentielle aux app&#233;tits de l'absolutisme russe, qui cherche la voie de la domination mondiale sur le cadavre de la Turquie, et veut utiliser ses nations chr&#233;tiennes comme un moyen pour son avance sur Constantinople. Mais &#224; notre avis, la bonne volont&#233; a &#233;t&#233; appliqu&#233;e de mani&#232;re tout &#224; fait erron&#233;e, et les mesures contre la Russie ont &#233;t&#233; recherch&#233;es dans une direction tout &#224; fait oppos&#233;e &#224; celle o&#249; elles se situent r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dente a d&#233;j&#224; montr&#233; que dans sa politique envers la p&#233;ninsule balkanique, la Russie a g&#233;n&#233;ralement atteint l'exact oppos&#233; de ce qu'elle s'effor&#231;ait de r&#233;aliser. Les peuples lib&#233;r&#233;s de la domination turque ont r&#233;guli&#232;rement rembours&#233; la bienveillance de la Russie par une &#171; ingratitude basse &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils ont carr&#233;ment rejet&#233; un &#233;change du joug russe contre le joug turc. Si inattendu que cela f&#251;t pour les diplomates russes, cette conduite des &#201;tats balkaniques &#233;tait loin d'&#234;tre surprenante. Entre eux et la Russie, il y a un conflit d'int&#233;r&#234;ts naturel, le m&#234;me conflit qu'il existe entre l'agneau et le loup, le chasseur et sa proie. La d&#233;pendance vis-&#224;-vis de la Turquie est le voile qui dissimule ce conflit d'int&#233;r&#234;ts, et lui permet m&#234;me d'appara&#238;tre superficiellement et temporairement comme une communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts. Les masses ne se livrent pas &#224; des r&#233;flexions complexes et lointaines.Puisque les soul&#232;vements nationaux en Turquie sont certainement des mouvements de masse, ils acceptent la premi&#232;re et la meilleure m&#233;thode qui correspond &#224; leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats, m&#234;me si cette m&#233;thode est la vile diplomatie de la Russie. Mais d&#232;s que les cha&#238;nes entre les terres chr&#233;tiennes et la Turquie ont &#233;t&#233; bris&#233;es, la diplomatie russe montre aussi son vrai visage, comme pure bassesse, et la terre lib&#233;r&#233;e se retourne aussit&#244;t instinctivement contre la Russie. Si les nations subjugu&#233;es par la Turquie sont les alli&#233;es de la Russie, les nations lib&#233;r&#233;es de la Turquie deviennent autant d'ennemis naturels de la Russie. La politique actuelle de la Bulgarie &#224; l'&#233;gard de la Russie est en grande partie le r&#233;sultat de sonMais d&#232;s que les cha&#238;nes entre les terres chr&#233;tiennes et la Turquie ont &#233;t&#233; bris&#233;es, la diplomatie russe montre aussi son vrai visage, comme pure bassesse, et la terre lib&#233;r&#233;e se retourne aussit&#244;t instinctivement contre la Russie. Si les nations subjugu&#233;es par la Turquie sont les alli&#233;es de la Russie, les nations lib&#233;r&#233;es de la Turquie deviennent autant d'ennemis naturels de la Russie. La politique actuelle de la Bulgarie &#224; l'&#233;gard de la Russie est en grande partie le r&#233;sultat de sonMais d&#232;s que les cha&#238;nes entre les terres chr&#233;tiennes et la Turquie ont &#233;t&#233; bris&#233;es, la diplomatie russe montre aussi son vrai visage, comme pure bassesse, et la terre lib&#233;r&#233;e se retourne aussit&#244;t instinctivement contre la Russie. Si les nations subjugu&#233;es par la Turquie sont les alli&#233;es de la Russie, les nations lib&#233;r&#233;es de la Turquie deviennent autant d'ennemis naturels de la Russie. La politique actuelle de la Bulgarie &#224; l'&#233;gard de la Russie est en grande partie le r&#233;sultat de sonsemi- libert&#233;, cons&#233;quence de la cha&#238;ne qui la relie encore &#224; la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais encore plus important est un autre r&#233;sultat produit dans ce processus. La lib&#233;ration des terres chr&#233;tiennes de la Turquie est fondamentalement consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant &#233;galement une &#171; lib&#233;ration &#187; de la Turquie de ses sujets chr&#233;tiens. Ce sont pr&#233;cis&#233;ment ceux-ci qui servent de motif &#224; la diplomatie europ&#233;enne pour op&#233;rer en Turquie, et qui la confient inconditionnellement au c&#244;t&#233; russe. Ce sont d'ailleurs eux qui en cas de guerre rendent la Turquie incapable de r&#233;sister. Les chr&#233;tiens ne servent pas dans les forces arm&#233;es turques, mais sont toujours pr&#234;ts &#224; se soulever contre eux. Une guerre &#233;trang&#232;re pour la Turquie signifie donc toujours une seconde guerre &#224; l'int&#233;rieur, et donc une dispersion de ses forces militaires et une paralysie de ses mouvements. Lib&#233;r&#233;e de ce tourment chr&#233;tien, la Turquie adopterait sans aucun doute une position plus libre dans la politique internationale,et son territoire d'&#201;tat serait plus proportionnel &#224; ses forces d&#233;fensives ; mais surtout elle serait d&#233;barrass&#233;e de l'ennemi int&#233;rieur, alli&#233; naturel de tout agresseur ext&#233;rieur. Bref, le renoncement au pouvoir sur les chr&#233;tiens rend le gouvernement ottoman plus capable de r&#233;sistance, surtout vis-&#224;-vis de la Russie. Cela explique pourquoi la Russie est aujourd'huien faveur de l'int&#233;grit&#233; de la Turquie. Il est d&#233;sormais dans son int&#233;r&#234;t que la Turquie reste en possession du bacille qui provoquera sa d&#233;sorganisation - les nations chr&#233;tiennes - et que celles-ci restent donc sous le joug de la Turquie et d&#233;pendantes de la Russie, jusqu'&#224; ce qu'arrive un moment favorable pour qu'elle porte ses plans concernant Constantinople. Cela explique aussi pourquoi nous devons &#234;tre en faveur de la lib&#233;ration des chr&#233;tiens de Turquie, et non de l'int&#233;grit&#233; de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre avis, nous devrions chercher le rem&#232;de contre l'avanc&#233;e de la r&#233;action russe dans les r&#233;sultats susmentionn&#233;s du processus de d&#233;sint&#233;gration turque, et non dans des observations sur &#171; si Salisbury [C] est l'homme de la situation &#187;, ou s'il est le homme pour montrer la porte aux Russes &#171; de retour en Turquie &#187;. Et cet aspect de la question est exceptionnellement important. La r&#233;action russe est un ennemi bien trop dangereux et bien trop s&#233;rieux pour que nous nous permettions le luxe de conjurer son poids de plomb avec des fl&#233;chettes en papier, tout en ignorant une arme s&#233;rieuse avec laquelle les circonstances nous offrent de la combattre. Aujourd'hui, d&#233;fendre l'int&#233;grit&#233; de la Turquie, c'est faire le jeu de la diplomatie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginer en d&#233;tail des conjectures politiques lointaines est un fantasme. Mais il est loin d'&#234;tre impossible que la r&#233;sistance de la Turquie lib&#233;r&#233;e et des terres balkaniques lib&#233;r&#233;es puisse freiner l'avanc&#233;e russe pendant si longtemps que l'absolutisme russe ne vivrait pas pour voir la solution finale de la question de Constantinople et devrait mourir, au profit de les peuples, sans pouvoir participer au r&#232;glement de cette question d'int&#233;r&#234;t universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nos int&#233;r&#234;ts pratiques co&#239;ncident compl&#232;tement avec le point de vue de principe, et c'est pourquoi nous recommandons que les propositions suivantes soient adopt&#233;es pour la position actuelle de la social-d&#233;mocratie sur la question orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons accepter le processus de d&#233;sint&#233;gration de la Turquie comme un fait permanent, et ne pas nous mettre en t&#234;te qu'il pourrait ou devrait &#234;tre arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons donner toute notre sympathie aux aspirations des nations chr&#233;tiennes &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons accueillir ces aspirations avant tout comme un moyen de lutter contre la Russie tsariste , et pr&#244;ner avec insistance leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la Russie, ainsi que de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si, dans les questions trait&#233;es ici, des consid&#233;rations pratiques ont conduit aux m&#234;mes conclusions que nos principes g&#233;n&#233;raux. Car les buts et les principes de la social-d&#233;mocratie d&#233;coulent d'un v&#233;ritable d&#233;veloppement social et se fondent sur lui ; c'est pourquoi, dans les processus historiques, il doit appara&#238;tre dans une large mesure que les &#233;v&#233;nements apportent enfin de l'eau au moulin social-d&#233;mocrate, et que nous pouvons d&#233;fendre au mieux nos int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats en maintenant une position de principe. Un examen plus approfondi des &#233;v&#233;nements nous rend donc toujours superflu de faire de certains diplomates les causes des grands mouvements populaires et de chercher les moyens de combattre ces diplomates dans d'autres diplomates. C'est juste de la politique de caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &#192; l'heure actuelle, par contre, on dit que le sultan est responsable de tout. Ainsi la &#171; victime &#187; devient le bouc &#233;missaire . A partir des arguments suivants, les lecteurs seront convaincus que cela n'a rien &#224; voir avec la personne , mais avec les conditions . [ Note &#233;ditoriale dans S&#228;chsische Arbeiter-Zeitung ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Les socialistes arm&#233;niens sont donc &#224; notre avis sur la mauvaise voie lorsqu'ils - comme dans Die Neue Zeit , Volume 14, n&#176;42 - pensent devoir justifier leurs aspirations s&#233;paratistes par un d&#233;veloppement capitaliste ostensible en Arm&#233;nie. Au contraire, la s&#233;paration d'avec la Turquie n'est ici que la condition pr&#233;alable &#224; la germination du capitalisme. Et bien s&#251;r, le capitalisme lui-m&#234;me est une condition pr&#233;alable du mouvement socialiste. &#192; notre avis, donc, les camarades arm&#233;niens doivent &#8211; &#8203;&#8203;pour paraphraser Lassalle &#8211; se pr&#233;occuper pour le moment d'une condition pr&#233;alable &#224; la condition pr&#233;alable du socialisme &#8211; une sorte de condition pr&#233;alable au carr&#233;. [ La note du Luxembourg ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[A] Dans les ann&#233;es 1890, en particulier en Arm&#233;nie, en Cr&#232;te et en Mac&#233;doine, des r&#233;voltes ont constamment &#233;clat&#233; contre la domination &#233;trang&#232;re de la Turquie ; ceux-ci ont &#233;t&#233; brutalement &#233;cras&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[B] La d&#233;faite de la Russie dans la guerre de Crim&#233;e (1853-1856) avait tellement exacerb&#233; la situation politique int&#233;rieure que la classe dirigeante entre 1861 et 1870 dut introduire une s&#233;rie de r&#233;formes politiques, certainement incompl&#232;tes et contamin&#233;es par la gueule de bois f&#233;odale, mais qui a n&#233;anmoins encourag&#233; le d&#233;veloppement capitaliste en Russie. Les r&#233;formes les plus importantes concernaient l'abolition du servage en 1861, la formation d'organes ruraux et urbains d'autonomie en 1864, les changements dans l'administration de l'&#233;ducation populaire en 1863 et les changements dans la justice en 1864, ainsi que dans la censure en 1865. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[C] Robert Cecil, troisi&#232;me marquis de Salisbury (1830-1903), a &#233;t&#233; trois fois Premier ministre britannique et quatre fois ministre des Affaires &#233;trang&#232;res entre 1878 et 1902.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(octobre 1896)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extrait de La crise de la social-d&#233;mocratie - 1915, de Rosa Luxemburg :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Turquie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie devint le terrain d'op&#233;ration le plus important de l'imp&#233;rialisme allemand ; il eut pour promoteurs dans ce pays la Deutsche Bank avec ses entreprises gigantesques en Asie qui se trouvent au centre de la politique allemande pour l'Orient. Au cours des ann&#233;es 50 et 60, c'est surtout le capitalisme anglais qui entretenait des relations &#233;conomiques avec la Turquie d'Asie ; il achevait le chemin de fer de Smyrne et avait &#233;galement afferm&#233; le premier tron&#231;on de la ligne d'Anatolie jusqu'&#224; Ismid. En 1888, le capital allemand fait son apparition : Abdul Hamid lui confie l'exploitation du tron&#231;on construit par les Anglais et la construction du nouveau tron&#231;on entre Ismid et Angora avec des embranchements vers Scutari, BrussaKonnia et Kaisarile. La Deutsche Bank obtient en 1899 la concession et l'exploitation d'un port avec installation &#224; Haidar Pascha et la direction exclusive sur le commerce et les douanes dans le port. En 1901, le gouvernement turc lui confie la concession pour le grand chemin de fer de Bagdad au golfe Persique, et en 1907, la concession pour l'ass&#232;chement de la mer de Karaviran et l'irrigation de la plaine de Koma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; oeuvre civilisatrice &#187; grandiose et pacifique avait un revers : la ruine grandiose et &#171; pacifique &#187; de la paysannerie de l'Asie mineure. Les frais n&#233;cessaires &#224; ces entreprises colossales sont &#233;videmment avanc&#233;s par la Deutsche Bank selon un syst&#232;me de dette publique aux multiples ramifications ; l'&#201;tat turc devient &#224; tout jamais le d&#233;biteur de MM. Siemens, Gwinner, Helfferich, etc., comme c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas auparavant pour le capital anglais, fran&#231;ais et autrichien. Ce d&#233;biteur ne devait pas seulement se mettre &#224; pomper constamment d'&#233;normes sommes hors des caisses de l'&#201;tat pour payer les int&#233;r&#234;ts des emprunts, mais devait aussi produire une garantie pour les b&#233;n&#233;fices bruts du chemin de fer ainsi construit. Les moyens de transport et les m&#233;thodes de placement les plus modernes se greffent ici sur une situation &#233;conomique tout &#224; fait retardataire, et qui reste essentiellement fond&#233;e sur l'&#233;conomie naturelle, &#224; savoir sur l'&#233;conomie paysanne la plus primitive. Le trafic et les profits n&#233;cessaires pour le chemin de fer ne peuvent &#233;videmment pas provenir du sol aride de cette &#233;conomie qui, suc&#233;e sans scrupules jusqu'&#224; la moelle par le despotisme oriental depuis des si&#232;cles, produit &#224; peine quelques miettes pour la nourriture des paysans eux-m&#234;mes et de quoi payer des imp&#244;ts &#224; l'&#201;tat. En raison de la nature &#233;conomique et culturelle du pays, le commerce des marchandises et le transport des personnes sont tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233;s et ne peuvent augmenter que tr&#232;s lentement. Afin de compenser ce qui manque pour former le profit capitaliste requis, l'&#201;tat accorde donc annuellement une &#171; garantie kilom&#233;trique &#187; aux soci&#233;t&#233;s de chemin de fer. C'est selon ce syst&#232;me que les lignes de la Turquie europ&#233;enne furent construites par le capitalisme autrichien et fran&#231;ais, et il fut &#233;galement appliqu&#233; pour les entreprises de la Deutsche Bank en Turquie d'Asie. En guise de gage et d'assurance que le suppl&#233;ment sera bien pay&#233;, le gouvernement turc a c&#233;d&#233; aux repr&#233;sentants du capitalisme europ&#233;en, le &#171; conseil d'administration de la dette publique &#187;, la source principale des revenus de l'&#201;tat turc : les d&#238;mes de toute une s&#233;rie de provinces. De 1893 &#224; 1910, le gouvernement turc a vers&#233; ainsi, pour la ligne d'Angora et le tron&#231;on Eskischehir-Konia, par exemple, un &#171; suppl&#233;ment &#187; d'environ 90 millions de francs. Les &#171; d&#238;mes &#187; mises en gage par l'&#201;tat turc &#224; ses cr&#233;anciers europ&#233;ens sont les imp&#244;ts paysans archa&#239;ques, en nature : en bl&#233;, en moutons, en soie, etc. Les d&#238;mes ne sont pas per&#231;ues directement, mais par l'interm&#233;diaire de fermiers, analogues aux fameux receveurs d'imp&#244;ts de la France de l'Ancien R&#233;gime : l'&#201;tat leur vend aux ench&#232;res, c'est-&#224;-dire au plus offrant et contre paiement comptant, le revenu probable de l'imp&#244;t de chaque vilayet (province). Si la d&#238;me d'un vilayet est acquise par des sp&#233;culateurs ou par un consortium, ceux-ci revendent la d&#238;me de chaque sandjak (district) &#224; d'autres sp&#233;culateurs, qui c&#232;dent &#224; leur tour leur part &#224; toute une s&#233;rie de petits agents. Comme chacun veut couvrir ses frais et empocher le plus de b&#233;n&#233;fice possible, la d&#238;me grossit comme une avalanche &#224; mesure qu'elle se rapproche du paysan. Si le fermier s'est tromp&#233; dans ses comptes, il cherche &#224; se d&#233;dommager aux d&#233;pens du paysan. Celui-ci attend avec impatience, presque toujours endett&#233;, le moment de pouvoir vendre sa r&#233;colte ; mais quand il a fauch&#233; ses bl&#233;s, il doit souvent attendre des semaines pour les battre, avant que le fermier ne daigne prendre la part qui lui revient. Le fermier qui, g&#233;n&#233;ralement, est en m&#234;me temps n&#233;gociant en bl&#233;s, profite de cette situation o&#249; le paysan craint que la moisson enti&#232;re ne se g&#226;te sur le champ, pour lui extorquer sa r&#233;colte au plus bas prix, et il sait s'assurer l'aide des fonctionnaires et sp&#233;cialement du muktar (gouverneur local) pour faire face aux plaintes &#233;ventuelles des m&#233;contents. Et si on ne parvient pas &#224; trouver un fermier, les d&#238;mes sont touch&#233;es directement en nature par le gouvernement, sont emmagasin&#233;es et c&#233;d&#233;es aux capitalistes et servent de compensation &#224; la dette. Voil&#224; comment fonctionne le m&#233;canisme interne de la &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#233;conomique de la Turquie &#187; effectu&#233;e par l'oeuvre civilisatrice du capital europ&#233;en !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces op&#233;rations permettent d'atteindre deux r&#233;sultats diff&#233;rents : d'une part, l'&#233;conomie paysanne de l'Asie mineure devient l'objet d'un processus bien organis&#233; de succion pour le plus grand bien du capital bancaire et industriel europ&#233;en et, en l'occurrence, surtout du capital allemand. Ainsi augmentent les &#171; sph&#232;res d'int&#233;r&#234;t &#187; de l'Allemagne en Turquie, ce qui fournit le point de d&#233;part &#224; une &#171; protection &#187; politique de la Turquie. En m&#234;me temps, l'appareil de succion n&#233;cessaire &#224; l'exploitation &#233;conomique de la paysannerie, &#224; savoir le gouvernement turc, devient l'instrument ob&#233;issant, le vassal de la politique ext&#233;rieure allemande. Depuis longtemps d&#233;j&#224;, les finances, la politique fiscale et les d&#233;penses de l'&#201;tat turc &#233;taient plac&#233;es sous contr&#244;le europ&#233;en. L'influence allemande, elle, s'est empar&#233;e tout sp&#233;cialement de la organisation militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela fait appara&#238;tre que l'imp&#233;rialisme allemand a int&#233;r&#234;t &#224; ce que la puissance de l'&#201;tat turc soit renforc&#233;e, pour que son effondrement n'intervienne pas trop t&#244;t. Une liquidation acc&#233;l&#233;r&#233;e de la Turquie conduirait &#224; son partage entre l'Angleterre, la Russie, l'Italie et la Gr&#232;ce entre autres, et, de ce fait, cette base unique en son genre pour les grandes op&#233;rations du capital allemand devrait dispara&#238;tre. En m&#234;me temps, il en r&#233;sulterait un surcro&#238;t de puissance extraordinaire pour la Russie et l'Angleterre tout comme pour les &#201;tats m&#233;diterran&#233;ens. Il s'agissait donc pour l'imp&#233;rialisme allemand de conserver l'appareil commode de l'Etat turc &#171; ind&#233;pendant &#187; et l'&#171; int&#233;gralit&#233; &#187; de la Turquie, assez longtemps pour que le pays soit d&#233;vor&#233; de l'int&#233;rieur par le capital allemand, comme cela s'&#233;tait pass&#233; auparavant pour l'&#201;gypte avec les Anglais et, r&#233;cemment encore, pour le Maroc avec les Fran&#231;ais, et qu'il tombe comme un fruit m&#251;r dans les mains de l'Allemagne. Le c&#233;l&#232;bre porte-parole de l'imp&#233;rialisme allemand, Paul Rohrbach, d&#233;clare par exemple, avec la plus grande franchise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il est dans la nature des choses que la Turquie, entour&#233;e de tous c&#244;t&#233;s de voisins pleins de convoitises, cherche un appui aupr&#232;s d'une puissance qui n'ait, autant que possible, aucun int&#233;r&#234;t territorial en Orient. Cette puissance, c'est l'Allemagne. De notre c&#244;t&#233;, nous subirions un grand dommage si la Turquie venait &#224; dispara&#238;tre. Si la Russie et l'Angleterre sont les h&#233;ritiers principaux des Turcs, il est clair que ces deux Etats en recevront un surcro&#238;t de puissance consid&#233;rable. Mais au cas o&#249; la Turquie serait partag&#233;e de telle sorte qu'un morceau important de son territoire nous &#233;choirait, cela repr&#233;senterait aussi pour nous des difficult&#233;s sans fin, car la Russie, l'Angleterre et, d'une certaine mani&#232;re &#233;galement la France et l'Italie, sont des voisins des possessions actuelles de la Turquie et sont &#224; m&#234;me de prendre possession de leur part et de la d&#233;fendre tant sur mer que sur terre. Quant &#224; nous, par contre, nous nous trouvons en dehors de toute communication avec l'Orient [...] Une Asie Mineure ou une M&#233;sopotamie allemandes : ce projet ne pourra devenir une r&#233;alit&#233; qu'&#224; une condition : c'est que la Russie et, du m&#234;me coup, la France, soient oblig&#233;es de renoncer &#224; leurs buts et &#224; leurs id&#233;aux actuels, c'est-&#224;-dire qu'au pr&#233;alable, l'issue de la guerre actuelle se soit d&#233;cid&#233;e dans le sens des int&#233;r&#234;ts allemands. &#187; (La Guerre et la politique allemande, p. 36.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne, qui jura solennellement le 8 novembre 1898, &#224; l'ombre du grand Saladin, de garantir et de prot&#233;ger le monde musulman et le drapeau vert du Proph&#232;te, mit donc tout son z&#232;le &#224; renforcer pendant dix ans le r&#233;gime du sultan sanglant Abdul Hamid, et apr&#232;s une courte p&#233;riode de disgr&#226;ce, elle poursuivit son oeuvre sous le r&#233;gime des Jeunes Turcs. En dehors des affaires lucratives de la Deutsche Bank, la mission allemande s'occupa principalement de la r&#233;organisation et de l'entra&#238;nement du militarisme turc. La modernisation de l'arm&#233;e cr&#233;ait naturellement de nouvelles charges qui retombaient sur le dos des paysans turcs, mais elle promettait &#233;galement de nouvelles affaires brillantes pour Krupp et pour la Deutsche Bank. En m&#234;me temps, le militarisme turc se pla&#231;ait sous la d&#233;pendance du militarisme prusso-allemand et devenait le point d'appui de la politique allemande en Asie mineure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187; de la Turquie entreprise par l'Allemagne n'&#233;tait qu'une tentative de r&#233;animation artificielle d'un cadavre, c'est ce qui appara&#238;t &#224; travers les p&#233;rip&#233;ties de la r&#233;volution turque. Tout d'abord, lorsque l'&#233;l&#233;ment id&#233;ologique &#233;tait pr&#233;dominant au sein des Jeunes Turcs, alors qu'ils concevaient des projets grandioses et se ber&#231;aient d'illusions en croyant pouvoir donner une nouvelle jeunesse &#224; la Turquie par un v&#233;ritable renouveau interne, leurs sympathies politiques se tournaient r&#233;solument vers l'Angleterre, en laquelle ils voyaient l'id&#233;al de l'&#201;tat lib&#233;ral moderne, tandis que l'Allemagne, qui depuis des ann&#233;es &#233;tait le protecteur officiel du r&#233;gime sacr&#233; du vieux sultan, faisait figure d'ennemi des Jeunes Turcs. La r&#233;volution de 1908 semblait marquer la faillite de la politique orientale de l'Allemagne, et en g&#233;n&#233;ral c'est ainsi qu'on l'interpr&#233;ta ; il semblait que la r&#233;vocation d'Abdul Hamid, c'&#233;tait aussi la r&#233;vocation de l'influence allemande. Cependant, une fois arriv&#233;s au pouvoir, les Jeunes Turcs d&#233;montr&#232;rent progressivement leur incapacit&#233; compl&#232;te &#224; r&#233;aliser une r&#233;forme &#233;conomique, sociale et nationale de grande envergure, leur caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire montrait de plus en plus le bout de l'oreille, et ils ne tard&#232;rent pas &#224; en revenir, tout naturellement, aux m&#233;thodes de domination ancestrales qui &#233;taient celles d'Abdul Hamid : organiser p&#233;riodiquement des bains de sang en dressant les uns contre les autres les peuples vassaux, et exploiter la paysannerie sans m&#233;nagements, &#224; la mode orientale, ces deux m&#233;thodes constituant les deux piliers de l'&#201;tat. Du m&#234;me coup, la &#171; Jeune Turquie &#187; eut &#224; nouveau comme souci essentiel de conserver artificiellement ce r&#233;gime de violence, et elle fut ainsi amen&#233;e dans le domaine de la politique ext&#233;rieure &#224; renouer avec les traditions d'Abdul Hamid, c'est-&#224;-dire &#224; en revenir &#224; l'alliance avec l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la multiplicit&#233; des questions nationales qui &#233;cartelaient l'Etat turc : les questions arm&#233;nienne, kurde, syrienne, arabe, grecque (nagu&#232;re encore la question albanaise et la question mac&#233;donienne) ; de la naissance d'un capitalisme puissant et vigoureux dans les jeunes &#201;tats balkaniques voisins ; et surtout de la d&#233;sagr&#233;gation &#233;conomique que le capitalisme international et la diplomatie internationale avaient produite depuis des ann&#233;es en Turquie, tout le monde, et en premier lieu la social-d&#233;mocratie allemande, voyait bien qu'une r&#233;g&#233;n&#233;ration r&#233;elle de l'&#201;tat turc &#233;tait une op&#233;ration vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. D&#233;j&#224; &#224; l'occasion du grand soul&#232;vement de Cr&#232;te en 1896, avait eu lieu dans la presse du parti allemand une discussion approfondie de la question d'Orient qui conduisit &#224; r&#233;viser le point de vue jadis d&#233;fendu par Marx du temps de la guerre de Crim&#233;e et &#224; rejeter d&#233;finitivement l'id&#233;e d'&#171; int&#233;grit&#233; de la Turquie &#187;, en tant qu'h&#233;ritage de la r&#233;action europ&#233;enne. Et c'&#233;tait bien une id&#233;e typiquement prussienne que de penser qu'il suffisait d'un chemin de fer strat&#233;gique susceptible d'amener une mobilisation rapide et de quelques instructeurs militaires &#233;nergiques pour rendre viable une baraque aussi vermoulue que l'Etat turc [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;t&#233; 1912 d&#233;j&#224;, le r&#233;gime des Jeunes Turcs devait faire place &#224; la contre-r&#233;volution. Le premier acte de la &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration turque &#187; dans cette guerre fut, fait significatif, le coup d'&#201;tat, l'abolition de la Constitution, c'est-&#224;-dire aussi &#224; cet &#233;gard le retour formel au r&#233;gime d'Abdul Hamid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le militarisme turc, qui avait &#233;t&#233; form&#233; par l'Allemagne, fit d&#233;j&#224; lamentablement faillite au cours de la premi&#232;re guerre des Balkans. Et quant &#224; la guerre actuelle qui a entra&#238;n&#233; la Turquie dans son tourbillon sinistre en tant que &#171; prot&#233;g&#233;e &#187; de l'Allemagne, elle devra, quelle que soit son issue et avec une fatalit&#233; in&#233;luctable, poursuivre ou m&#234;me accomplir d&#233;finitivement la liquidation de l'Empire turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'imp&#233;rialisme allemand en Orient, c'est-&#224;-dire, au premier chef, les int&#233;r&#234;ts de la Deutsche Bank, avait fait entrer l'Empire allemand en conflit avec tous les autres &#201;tats, et tout d'abord avec l'Angleterre. Non seulement celle-ci avait d&#251; laisser des entreprises anglaises c&#233;der la place &#224; leurs rivales allemandes en Anatolie et en M&#233;sopotamie, perdant ainsi de copieux b&#233;n&#233;fices, ce dont elle s'accommoda finalement, mais surtout la construction de lignes strat&#233;giques et le renforcement du militarisme turc sous l'influence de l'Allemagne se produisait &#224; l'un des points les plus sensibles pour l'Angleterre sur la carte politique mondiale : &#224; un croisement entre l'Asie centrale, la Perse et l'Inde, d'une part, et l'&#201;gypte, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; L'Angleterre - &#233;crivait Rohrbach dans son livre le Chemin de fer de Bagdad - ne peut &#234;tre attaqu&#233;e sur terre et &#234;tre s&#233;v&#232;rement touch&#233;e qu'&#224; un seul endroit en dehors de l'Europe : en &#201;gypte. En perdant l'Egypte, l'Angleterre ne perdrait pas seulement la ma&#238;trise du canal de Suez et la communication avec l'Inde et l'Asie, mais elle perdrait vraisemblablement aussi ses possessions en Afrique centrale et orientale. La conqu&#234;te de l'&#201;gypte par une puissance musulmane comme la Turquie pourrait en outre susciter des r&#233;actions dangereuses dans les Indes chez les 60 millions de sujets musulmans de l'Angleterre, ainsi qu'en Afghanistan et en Perse. Mais la Turquie ne peut envisager de conqu&#233;rir l'&#201;gypte qu'&#224; plusieurs conditions : qu'elle dispose d'un r&#233;seau de chemin de fer complet en Asie Mineure et en Syrie ; qu'apr&#232;s avoir prolong&#233; la ligne d'Anatolie elle puisse parer &#224; une attaque de l'Angleterre sur la M&#233;sopotamie, qu'elle am&#233;liore son arm&#233;e et augmente ses effectifs ; et que sa situation &#233;conomique g&#233;n&#233;rale et ses finances fassent des progr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans son livre paru au d&#233;but de la guerre, la Guerre et la politique allemande, il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le chemin de fer de Bagdad &#233;tait tout d'abord destin&#233; &#224; mettre les points strat&#233;giques principaux de l'Empire turc en Asie Mineure en communication imm&#233;diate avec la Syrie et les provinces arros&#233;es par l'Euphrate et le Tigre. Naturellement, il &#233;tait &#224; pr&#233;voir que cette ligne de chemin de fer, rattach&#233;e aux lignes de Syrie et d'Arabie, qui sont en partie &#224; l'&#233;tat de projet, en partie en chantier ou d&#233;j&#224; achev&#233;es, permettrait d'amener des troupes turques, pr&#234;tes &#224; intervenir, en direction de l'&#201;gypte. Personne ne niera qu'en supposant une alliance entre l'Allemagne et la Turquie, et &#224; plusieurs autres conditions qu'il serait encore moins simple de r&#233;aliser que cette alliance, le chemin de fer de Bagdad repr&#233;senterait pour l'Allemagne une assurance-vie politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les porte-parole mi-officieux de l'imp&#233;rialisme allemand exposaient donc ouvertement les projets et les intentions de celui-ci en Orient. Ils d&#233;finissaient les grandes lignes de la politique allemande : une tendance agressive qui compromettrait gravement l'&#233;quilibre qui avait exist&#233; jusqu'alors dans la politique mondiale, et un fer de lance visiblement dirig&#233; contre l'Angleterre. La politique orientale de l'Allemagne devenait ainsi la traduction dans les faits de la politique maritime inaugur&#233;e en 1899.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, en soutenant le principe de l'int&#233;grit&#233; de la Turquie, l'Allemagne entrait en conflit avec les &#201;tats balkaniques, dont l'histoire et l'essor int&#233;rieur s'identifiaient avec la liquidation de la Turquie d'Europe. Enfin, elle entra en conflit avec l'Italie, dont les app&#233;tits imp&#233;rialistes &#233;taient dirig&#233;s en premier lieu contre les possessions turques. A la conf&#233;rence marocaine d'Alg&#233;siras de 1905, l'Italie se trouvait d&#233;j&#224; aux c&#244;t&#233;s de l'Angleterre et de la France. Et six ans plus tard, l'exp&#233;dition tripolitaine de l'Italie qui faisait suite &#224; l'annexion de la Bosnie par l'Autriche, et qui donna le d&#233;part &#224; la premi&#232;re guerre des Balkans, c'&#233;tait d&#233;j&#224; le d&#233;fi de l'Italie, l'&#233;clatement de la Triple Alliance et l'isolement de la politique allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la deuxi&#232;me direction des efforts d'expansion de l'Allemagne, c'est &#224; l'ouest qu'elle se manifesta, dans l'affaire du Maroc. Nulle part ailleurs, l'&#233;loignement par rapport &#224; la politique de Bismarck ne fut aussi net. Comme on le sait, Bismarck favorisait d&#233;lib&#233;r&#233;ment les aspirations coloniales de la France &#224; seule fin de la d&#233;tourner des points chauds de la politique continentale et notamment de l'Alsace-Lorraine. La nouvelle orientation politique de l'Allemagne, tout au contraire, s'en prenait directement &#224; l'expansion coloniale de la France. Mais il y avait de sensibles diff&#233;rences entre la situation au Maroc et la situation en Turquie d'Asie. Il existait tr&#232;s peu d'int&#233;r&#234;ts capitalistes allemands v&#233;ritables au Maroc. Sans doute, au cours de la crise du Maroc, les imp&#233;rialistes allemands firent-ils grand bruit autour des revendications de la firme capitaliste Mannesmann de Remscheid, qui avait pr&#234;t&#233; de l'argent au sultan du Maroc et re&#231;u en &#233;change des concessions mini&#232;res, jusqu'&#224; en faire une affaire d'&#171; int&#233;r&#234;t vital pour la patrie &#187;. Mais du fait que chacun des deux groupes capitalistes concurrents au Maroc - aussi bien le groupe Mannesmann que la soci&#233;t&#233; Krupp-Schneider - pr&#233;sentaient un m&#233;lange tout &#224; fait international d'entrepreneurs allemands, fran&#231;ais et espagnols, on ne peut pas parler s&#233;rieusement et avec quelque succ&#232;s d'une &#171; sph&#232;re d'int&#233;r&#234;ts allemands &#187;. D'autant plus symptomatiques &#233;taient la r&#233;solution et l'&#233;nergie avec lesquels l'Empire allemand fit conna&#238;tre tout &#224; coup en 1905 sa pr&#233;tention &#224; collaborer au r&#232;glement de l'affaire du Maroc et protesta contre l'h&#233;g&#233;monie fran&#231;aise dans le pays. C'&#233;tait le premier accrochage avec la France sur le plan de la politique mondiale. En 1895 encore, l'Allemagne &#233;tait tomb&#233;e sur le dos du Japon victorieux, aux c&#244;t&#233;s de la France et de la Chine, pour l'emp&#234;cher d'exploiter sa victoire sur la Chine &#224; Chimonoseki. Cinq ans plus tard, elle entra, bras dessus bras dessous avec la France, dans la grande phalange internationale form&#233;e en vue de l'exp&#233;dition de pillage contre la Chine. Et maintenant, au Maroc, on assistait &#224; un changement radical dans les relations franco-allemandes. Par deux fois, au cours des sept ann&#233;es que dura la crise du Maroc, on fr&#244;la de justesse une guerre entre la France et l'Allemagne. Il ne s'agissait plus cette fois d'une &#171; revanche &#187; pour une quelconque rivalit&#233; continentale entre les deux &#201;tats. Ici c'&#233;tait un tout autre conflit qui prenait naissance, et qui provenait de ce que l'imp&#233;rialisme allemand chassait sur les terres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. En d&#233;finitive, au terme de cette crise, l'Allemagne accepta de se contenter du territoire congolais, et reconnut par l&#224; qu'elle ne poss&#233;dait pas d'int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre au Maroc. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi l'escarmouche allemande au Maroc avait une signification politique lourde de cons&#233;quences. Du fait que ses buts et ses revendications exactes restaient ind&#233;termin&#233;s, la politique de l'Allemagne au Maroc trahissait ses app&#233;tits illimit&#233;s : on la voyait t&#226;tonnant &#224; la recherche d'une proie. Cette politique &#233;tait g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme une d&#233;claration de guerre imp&#233;rialiste &#224; la France. L'opposition entre les deux Etats apparaissait l&#224; en pleine lumi&#232;re. L&#224;-bas, un d&#233;veloppement industriel lent, une population stagnante, un &#201;tat de rentiers qui investit de pr&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;tranger et qui est encombr&#233; d'un grand empire colonial dont il ne parvient qu'&#224; grand-peine &#224; maintenir la coh&#233;sion ; de ce c&#244;t&#233;-ci, un capitalisme jeune et puissant qui s'installe au premier rang, qui court le monde pour y faire la chasse aux colonies. Il n'&#233;tait pas question pour l'imp&#233;rialisme allemand d'envisager la conqu&#234;te des colonies anglaises. D&#232;s lors, sa fringale d&#233;vorante ne pouvait se tourner, en dehors de la Turquie d'Asie que vers les possessions fran&#231;aises. Ces possessions permettaient &#233;galement de faire miroiter devant l'Italie la possibilit&#233; d'un d&#233;dommagement aux d&#233;pens de la France, au cas o&#249; elle se sentirait l&#233;s&#233;e par les app&#233;tits de conqu&#234;te de l'Allemagne dans les Balkans - et de la retenir ainsi au sein de la Triple Alliance en l'associant &#224; une entreprise commune. Il est clair que les pr&#233;tentions de l'Allemagne sur le Maroc devaient inqui&#233;ter l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais au plus haut point, si l'on songe qu'une fois &#233;tablie en n'importe quel point du Maroc, l'Allemagne aurait eu &#224; tout instant la possibilit&#233; de mettre le feu aux quatre coins de l'Empire fran&#231;ais d'Afrique du Nord en proc&#233;dant &#224; des livraisons d'armes, car la population de cette r&#233;gion vivait dans un &#233;tat de guerre chronique contre les conqu&#233;rants fran&#231;ais. Et si l'on aboutit &#224; un compromis, si l'Allemagne consentit finalement &#224; renoncer &#224; ses pr&#233;tentions, on n'avait fait qu'&#233;carter le danger imm&#233;diat alors que persistaient l'inqui&#233;tude g&#233;n&#233;rale de la France et l'antagonisme politique qui avait &#233;t&#233; ainsi cr&#233;&#233; [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique marocaine de l'Allemagne n'amenait pas seulement celle-ci en conflit avec la France, mais indirectement aussi avec l'Angleterre. Comme Gibraltar est le deuxi&#232;me carrefour le plus important de la politique mondiale de l'Angleterre, l'arriv&#233;e soudaine de l'imp&#233;rialisme allemand au Maroc, &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de Gibraltar, avec les pr&#233;tentions qu'il manifestait et le style brutal de son action, devait appara&#238;tre aux Anglais comme une manifestation hostile &#224; leur &#233;gard. Sur le plan formel &#233;galement, la premi&#232;re note de protestation de l'Allemagne s'en prenait directement &#224; l'arrangement intervenu en 1904 entre la France et l'Angleterre au sujet du Maroc et de l'&#201;gypte, et les exigences allemandes tendaient nettement &#224; &#233;liminer l'Angleterre du r&#232;glement de l'affaire du Maroc. L'effet que cette prise de position devait in&#233;vitablement produire sur les rapports anglo-allemands ne pouvait &#234;tre un secret pour personne. Le correspondant &#224; Londres du Frankfurter Zeitung d&#233;peint clairement la situation ainsi cr&#233;&#233;e dans l'&#233;dition du 8 novembre 1911 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Voil&#224; le bilan : au total, un million de n&#232;gres au Congo, un amer d&#233;boire contre la &#034; perfide Albion &#034;. L'Allemagne dig&#233;rera son amertume. Mais qu'adviendrait-il de nos rapports avec l'Angleterre, qui ne peuvent absolument se poursuivre sans changements, mais qui, selon toute vraisemblance historique, doivent conduire soit &#224; une aggravation, soit m&#234;me &#224; la guerre, ou bien doivent rapidement s'am&#233;liorer... L'exp&#233;dition du Panther &#233;tait, comme un correspondant berlinois du Frankfurter Zeitung l'exprimait r&#233;cemment de fa&#231;on frappante, une bourrade qui devait montrer &#224; la France que l'Allemagne n'avait pas cess&#233; d'exister... Quant &#224; l'impression que cette estocade devait produire &#224; Londres, il est impossible que l'on ait jamais pu en douter un seul instant &#224; Berlin, et que l'on soit rest&#233; dans l'incertitude &#224; ce sujet ; du moins aucun correspondant ici n'a dout&#233; que l'Angleterre ne se porte &#233;nergiquement aux c&#244;t&#233;s de la France. Comment le Norddeutsche Allgemeine Zeitung peut-il encore s'accrocher &#224; ce clich&#233; selon lequel l'Allemagne aurait &#224; discuter &#034; uniquement avec la France&#034; ! Depuis quelque cent ans, la politique europ&#233;enne s'est d&#233;velopp&#233;e de telle sorte que, de plus en plus, les int&#233;r&#234;ts politiques sont enchev&#234;tr&#233;s les uns aux autres. Si un pays est dans une mauvaise passe, la nature des lois politiques dans lesquelles nous vivons veut que les uns se frottent les mains et que les autres se d&#233;solent. Lorsqu'il y a deux ans les Autrichiens eurent des d&#233;m&#234;l&#233;s avec la Russie &#224; propos de la Bosnie, l'Allemagne entra dans la lice &#034; en armes &#233;tincelantes &#034;, quoiqu'&#224; Vienne, comme on le d&#233;clara plus tard, on e&#251;t pr&#233;f&#233;r&#233; r&#233;gler l'affaire tout seul... Il n'est pas concevable que l'on ait pu croire &#224; Berlin que les Anglais, qui venaient &#224; peine de sortir d'une p&#233;riode de climat tout &#224; fait hostile &#224; l'Allemagne, auraient tout &#224; coup &#233;t&#233; d'avis que nos pourparlers avec la France ne les concernaient en rien. Il s'agissait en dernier ressort d'une question de puissance, car une bourrade, m&#234;me si elle peut para&#238;tre amicale, est une voie de fait, et personne ne peut dire si, peu de temps apr&#232;s, elle ne sera pas suivie d'un coup de poing sur la m&#226;choire. Depuis, la situation est devenue moins critique. Au moment o&#249; Lloyd George prit la parole, existait de mani&#232;re aigu&#235;, nous avons l&#224;-dessus des informations tr&#232;s pr&#233;cises, le danger d'une guerre entre l'Allemagne et l'Angleterre... Est-ce que - compte tenu de cette politique suivie depuis longtemps par sir Edward Grey et ses partisans, et dont nous ne discutons pas ici le bien-fond&#233; - on devait s'attendre de leur part &#224; une autre attitude sur la question du Maroc ? Il nous semble que si Berlin y a compt&#233;, c'est toute sa politique qui est du m&#234;me coup condamn&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la politique imp&#233;rialiste de l'Allemagne en Asie comme au Maroc avait cr&#233;&#233; un antagonisme violent entre l'Allemagne d'une part, l'Angleterre et la France de l'autre. O&#249; en &#233;taient les rapports entre l'Allemagne et la Russie ? Comment s'&#233;tait produit l'affrontement dans ce cas-ci ? Dans l'atmosph&#232;re de pogrom qui s'&#233;tait empar&#233;e de l'opinion publique allemande pendant les premiers mois de la guerre, on gobait n'importe quoi. On croyait que les femmes belges crevaient les yeux des bless&#233;s allemands, que les Cosaques mangeaient des bougies de st&#233;arine et qu'ils empoignaient les nourrissons par leurs petites jambes pour les mettre en pi&#232;ces - on croit aussi que les buts de la Russie en cette guerre consistent &#224; annexer l'Empire allemand, &#224; an&#233;antir la civilisation allemande et &#224; implanter l'absolutisme de la Warthe jusqu'au Rhin, et de Kiel &#224; Munich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organe social-d&#233;mocrate Chemnitzer Volksstimme &#233;crivait le 2 ao&#251;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; En ce moment nous ressentons tous le devoir de lutter contre le r&#232;gne de knout russe avant tout. Les femmes et enfants allemands ne doivent pas devenir les victimes des bestialit&#233;s russes, l'Allemagne ne sera pas le butin des Cosaques. Car si le Triple Alliance l'emporte, ce ne sera pas un gouverneur fran&#231;ais ou un r&#233;publicain fran&#231;ais mais le tsar russe qui r&#232;gnera sur l'Allemagne. C'est pourquoi nous d&#233;fendons en ce moment toute la culture allemande et toute la libert&#233; allemande contre un ennemi barbare qui ne conna&#238;t pas de merci. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fr&#228;nkische Tagespost s'&#233;criait le m&#234;me jour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Nous ne voulons pas que les Cosaques, qui ont d&#233;j&#224; occup&#233; toutes les localit&#233;s frontali&#232;res, fassent irruption dans notre pays et apportent la ruine dans nos villes. La social-d&#233;mocratie n'a jamais cru aux intentions pacifiques du tsar russe, pas m&#234;me le jour o&#249; il a publi&#233; son manifeste de paix ; nous ne voulons pas que ce tsar, qui est d&#233;j&#224; le pire ennemi du peuple russe, commande &#224; un peuple de race allemande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le K&#246;nigsberger Volkszeitung du 3 ao&#251;t &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Mais aucun de nous, qu'il soit astreint ou non au service militaire, ne peut en douter un seul instant : aussi longtemps que durera la guerre, le devoir de chacun est de faire tout ce qu'il peut pour maintenir loin de nos fronti&#232;res cet odieux r&#233;gime tsariste. Si le tsarisme remporte la victoire, des milliers de nos camarades seront envoy&#233;s dans les ge&#244;les horribles de la Russie. Sous le sceptre russe, le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes est r&#233;duit &#224; n&#233;ant ; pas la moindre trace l&#224;-bas d'une presse social-d&#233;mocrate ; les syndicats sociaux-d&#233;mocrates et les r&#233;unions social-d&#233;mocrates sont interdits. Et c'est pourquoi, &#224; cette heure, aucun de nous n'aurait l'id&#233;e de se d&#233;sint&#233;resser de l'issue de la guerre ; au contraire, tout en maintenant notre opposition &#224; la guerre, nous voulons agir tous ensemble pour nous garder nous-m&#234;mes des atrocit&#233;s de ces canailles qui gouvernent la Russie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons de plus pr&#232;s les rapports de la civilisation allemande avec le tsarisme russe, qui forment un chapitre entier dans l'attitude de la social-d&#233;mocratie au cours de cette guerre. Pour ce qui est du d&#233;sir que le tsar aurait d'annexer l'Empire allemand, on pourrait tout aussi bien admettre que la Russie envisageait d'annexer l'Europe ou m&#234;me la Lune. Dans la guerre actuelle, il ne s'agit d'une question d'existence, en tout et pour tout, que pour deux &#201;tats : la Belgique et la Serbie. Et les canons allemands furent dirig&#233;s contre eux parce qu'on criait de tous c&#244;t&#233;s que l'existence de l'Allemagne &#233;tait en jeu. Avec des fanatiques du meurtre rituel, toute discussion est &#233;videmment exclue. Toutefois, les gens qui prennent en consid&#233;ration non les instincts de la populace et les grands mots d&#233;magogiques et sublimes de la presse nationaliste provocatrice, mais plut&#244;t les points de vue politiques, ceux-l&#224; doivent comprendre que le tsarisme pouvait se fixer comme but aussi bien l'annexion de la Lune que celle de l'Allemagne. Ce sont de franches crapules qui dirigent la politique russe, mais pas des fous, et la politique de l'absolutisme a de toute fa&#231;on ceci en commun avec toute autre politique qu'elle se meut non dans les nuages, mais dans le monde des possibilit&#233;s r&#233;elles, dans un espace o&#249; les choses entrent rudement en contact. En ce qui concerne la crainte de voir nos camarades allemands arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s &#224; vie en Sib&#233;rie, et de voir l'absolutisme russe s'introduire dans l'Empire allemand, les hommes politiques du tsar sanglant, malgr&#233; leur inf&#233;riorit&#233; intellectuelle, ont mieux compris le mat&#233;rialisme historique que les journalistes de notre parti : ces politiciens savent tr&#232;s bien qu'une forme de gouvernement donn&#233;e ne se laisse pas &#171; exporter &#187; &#224; volont&#233; n'importe o&#249;, mais que chaque forme de gouvernement correspond &#224; certaines conditions &#233;conomiques et sociales bien pr&#233;cises : ils savent, pour en avoir fait l'am&#232;re exp&#233;rience, que m&#234;me en Russie les conditions de leur domination ont presque fait leur temps ; ils savent enfin que le r&#232;gne de la r&#233;action se sert dans chaque pays de la forme qui lui convient, toute autre forme lui &#233;tant intol&#233;rable, et que la variante de l'absolutisme qui correspond aux rapports entre les classes et les partis que conna&#238;t l'Allemagne, c'est l'&#201;tat policier des Hohenzollern et le suffrage censitaire de la Prusse. En examinant froidement les choses, on voit qu'il n'existait de prime abord aucune raison de craindre que le tsarisme russe se serait vraiment senti oblig&#233; d'&#233;branler ces produits de la civilisation allemande, m&#234;me dans le cas improbable de sa victoire totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'&#233;tait sur un plan tout &#224; fait diff&#233;rent que la Russie et l'Allemagne entr&#232;rent en opposition. Ce n'est pas dans le domaine de la politique int&#233;rieure qu'ils s'affront&#232;rent, domaine o&#249;, au contraire, gr&#226;ce &#224; leurs tendances communes et &#224; leur affinit&#233; intime, une amiti&#233; ancienne et traditionnelle s'&#233;tait &#233;tablie depuis un si&#232;cle entre les deux &#201;tats, mais, en d&#233;pit de la solidarit&#233; de leur politique int&#233;rieure, dans le domaine de la politique ext&#233;rieure, sur les terrains de chasse de la politique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme celui des &#201;tats occidentaux, l'imp&#233;rialisme russe est un tissu d'&#233;l&#233;ments de nature diff&#233;rente. Son fil le plus solide n'est pas constitu&#233;, comme en Allemagne ou en Angleterre, par l'expansion &#233;conomique d'un capital affam&#233; d'accumulation, mais par les int&#233;r&#234;ts politiques de l'&#201;tat. Il est vrai que l'industrie russe, ce qui est absolument caract&#233;ristique de la production capitaliste, en raison de l'inaptitude de son march&#233; int&#233;rieur, exporte depuis longtemps vers l'Orient, vers la Chine, la Perse, l'Asie centrale, et que le gouvernement tsariste cherche par tous les moyens &#224; favoriser cette exportation qui lui donne le fondement r&#234;v&#233; pour sa &#171; sph&#232;re d'int&#233;r&#234;ts &#187;. Mais ici, la politique de l'&#201;tat d&#233;tient le r&#244;le actif, elle n'est pas dirig&#233;e par les autres facteurs. Dans les tendances conqu&#233;rantes du r&#233;gime tsariste s'exprime, d'une part, l'expansion traditionnelle d'un Empire puissant dont la population comprend aujourd'hui 170 millions d'&#234;tres humains et qui, pour des raisons &#233;conomiques et strat&#233;giques, cherche &#224; obtenir le libre acc&#232;s des mers, de l'oc&#233;an Pacifique &#224; l'est, de la M&#233;diterran&#233;e au sud, et, d'autre part, intervient ce besoin vital de l'absolutisme : la n&#233;cessit&#233; sur le plan de la politique mondiale de garder une attitude qui impose le respect dans la comp&#233;tition g&#233;n&#233;rale des grands &#201;tats, pour obtenir du capitalisme &#233;tranger le cr&#233;dit financier sans lequel le tsarisme n'est absolument pas viable. A tout cela s'ajoute l'int&#233;r&#234;t dynastique qui, comme dans toutes les monarchies, en raison de l'opposition de plus en plus vive entre le r&#233;gime et la grande masse de la population, avait besoin de maintenir en permanence son prestige &#224; l'&#233;tranger, et d'y chercher une diversion aux difficult&#233;s int&#233;rieures : recette indispensable de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les int&#233;r&#234;ts bourgeois modernes entrent toujours davantage en ligne de compte comme facteur de l'imp&#233;rialisme dans l'Empire des tsars. Le jeune capitalisme russe, qui sous le r&#233;gime absolutiste ne peut naturellement pas parvenir &#224; un &#233;panouissement complet et qui, en gros, ne peut quitter le stade du syst&#232;me primitif de vol, voit cependant s'ouvrir devant lui un avenir prodigieux dans les ressources naturelles immenses de cet Empire gigantesque. Il ne fait aucun doute que d&#232;s qu'elle sera d&#233;barrass&#233;e de l'absolutisme, la Russie deviendra rapidement - et &#224; supposer que la situation de la lutte des classes internationale lui en laisse encore le r&#233;pit - le premier &#201;tat capitaliste moderne. C'est parce qu'elle pressent cet avenir et qu'elle est, pour ainsi dire par avance, affam&#233;e d'accumulation, que la bourgeoisie russe est d&#233;vor&#233;e par une fi&#232;vre imp&#233;rialiste violente, et qu'elle manifeste avec ardeur ses pr&#233;tentions dans le partage du monde. Cette fi&#232;vre historique trouve en m&#234;me temps un soutien dans les tr&#232;s puissants int&#233;r&#234;ts actuels de la bourgeoisie russe. Tout d'abord dans les int&#233;r&#234;ts concrets de l'industrie des armements et de ses fournisseurs ; en Russie &#233;galement, l'industrie lourde fortement organis&#233;e en cartels joue un grand r&#244;le. En second lieu, l'opposition &#224; l'&#171; ennemi int&#233;rieur &#187;, au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, a particuli&#232;rement renforc&#233; l'estime que la bourgeoisie porte au militarisme et &#224; l'action de diversion que repr&#233;sente l'&#233;vangile de la politique mondiale, et elle a ainsi rapproch&#233; la bourgeoisie du r&#233;gime contre-r&#233;volutionnaire. L'imp&#233;rialisme des milieux bourgeois de la Russie, et surtout des milieux lib&#233;raux, grandi &#224; vue d'oeil dans l'air orageux de la R&#233;volution et dans ce bapt&#234;me du feu, il a donn&#233; une physiognomie moderne &#224; la politique &#233;trang&#232;re traditionnelle de l'Empire des tsars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le but principal de la politique traditionnelle du tsarisme aussi bien que des app&#233;tits modernes de la bourgeoisie russe, ce sont les Dardanelles, qui, selon le mot c&#233;l&#232;bre de Bismarck, donnent la cl&#233; des possessions russes sur la mer Noire. C'est en vue de ce but que la Russie a men&#233; depuis le XVIIIe si&#232;cle une s&#233;rie de guerres sanglantes contre la Turquie, qu'elle a entrepris de lib&#233;rer les Balkans et qu'au service de cette mission elle a entass&#233; des monceaux &#233;normes de cadavres &#224; Ismail, Navarin, Sinope, Sistrie et S&#233;bastopol, &#224; Plevna et &#224; Schipka. Tout cela, disait-on, pour d&#233;fendre les fr&#232;res slaves et les chr&#233;tiens contre les atrocit&#233;s des Turcs ; cette s&#233;duisante l&#233;gende de guerre joua aupr&#232;s des moujiks russes le m&#234;me r&#244;le que la &#171; d&#233;fense de la civilisation et de la libert&#233; allemandes contre les atrocit&#233;s russes &#187; elle joue maintenant aupr&#232;s de la social-d&#233;mocratie allemande. La bourgeoisie russe &#233;tait plus enthousiaste pour les perspectives sur la M&#233;diterran&#233;e que pour la mission civilisatrice en Mandchourie et en Mongolie. C'est pourquoi la guerre japonaise fut tr&#232;s critiqu&#233;e par la bourgeoisie lib&#233;rale qui la consid&#233;rait comme une aventure insens&#233;e, parce que, selon elle, la politique russe se d&#233;tournait de sa t&#226;che essentielle : les Balkans. Mais, d'une autre mani&#232;re encore, la guerre malheureuse contre le Japon a eu le m&#234;me effet. L'extension de la puissance russe en Asie orientale et en Asie centrale jusqu'au Tibet et vers la Perse devait inqui&#233;ter vivement la vigilance de l'imp&#233;rialisme anglais. Pr&#233;occup&#233;e pour son &#233;norme empire indien, l'Angleterre devait suivre l'avance russe en Asie avec une m&#233;fiance croissante. Et l'opposition anglo-russe en Asie fut effectivement l'opposition politique la plus forte de la conjoncture internationale au d&#233;but de ce si&#232;cle, et elle devrait tr&#232;s vraisemblablement devenir le noeud du futur d&#233;veloppement imp&#233;rialiste apr&#232;s la guerre actuelle. La d&#233;faite fracassante de la Russie en 1904 et l'&#233;clatement de la r&#233;volution modifi&#232;rent la situation. L'affaiblissement visible de l'empire des tsars eut comme cons&#233;quence d'amener une d&#233;tente dans ses rapports avec l'Angleterre, d&#233;tente qui conduisit m&#234;me &#224; un arrangement sur un blocage commun de la Perse en 1907, et qui permit des relations de bon voisinage en Asie centrale. Par l&#224;, la Russie se voyait avant tout interdire l'acc&#232;s &#224; de grandes entreprises en Asie et elle rassembla toute son &#233;nergie en vue de son vieil objectif : la politique des Balkans. C'est dans cette r&#233;gion que la Russie tsariste, apr&#232;s un si&#232;cle d'amiti&#233; solide et fid&#232;le avec la civilisation allemande, entra pour la premi&#232;re fois dans un conflit p&#233;nible avec elle. Le chemin des Dardanelles passe par le cadavre de la Turquie, mais l'Allemagne consid&#233;rait l'int&#233;grit&#233; de ce cadavre comme sa t&#226;che politique principale. Il est vrai que les principes de la politique russe dans les Balkans avaient d&#233;j&#224; chang&#233; plus d'une fois : irrit&#233;e de l'&#171; ingratitude &#187; des Slaves des Balkans qu'elle avait lib&#233;r&#233;s et qui cherchaient &#224; s'arracher &#224; leurs liens de vassalit&#233; vis-&#224;-vis de l'empire du tsar, la Russie avait, elle aussi, d&#233;fendu pendant tout un temps le programme de l'&#171; int&#233;grit&#233; &#187; de la Turquie, et pour elle aussi, il &#233;tait sous-entendu que le partage &#233;tait remis dans l'attente d'une &#233;poque plus favorable. Cependant, la liquidation finale de la Turquie a maintenant sa place dans les plans de la Russie tout comme dans la politique anglaise. Celle-ci, en vue de renforcer sa propre position dans les Indes et en &#201;gypte, s'efforce de r&#233;unir en un grand empire musulman sous le sceptre britannique les territoires qui s&#233;parent ces deux parties de son empire, &#224; savoir l'Arabie et la M&#233;sopotamie. Ainsi, l'imp&#233;rialisme russe, tout comme auparavant l'imp&#233;rialisme anglais, tomba en Orient sur l'imp&#233;rialisme allemand, lequel, se consid&#233;rant comme l'usufruitier attitr&#233; de la d&#233;composition de la Turquie, montait la garde sur le Bosphore [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la politique russe dans les Balkans se heurtait encore plus directement &#224; l'Autriche qu'&#224; l'Allemagne. L'imp&#233;rialisme autrichien est le compl&#233;ment politique de l'imp&#233;rialisme allemand, son fr&#232;re siamois et son destin funeste tout &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne se retrouva isol&#233;e de tous c&#244;t&#233;s &#224; cause de sa politique mondiale, et son seul alli&#233; &#233;tait l'Autriche. Sans doute, l'alliance avec l'Autriche est-elle ancienne, c'est encore Bismarck qui l'a &#233;tablie en 1879, mais elle a chang&#233; enti&#232;rement de caract&#232;re depuis lors. De m&#234;me que l'opposition avec la France, cette alliance a pris un tout autre contenu au cours de l'&#233;volution des derni&#232;res d&#233;cennies. Bismarck songeait seulement &#224; d&#233;fendre les possessions acquises jusqu'en 1870 gr&#226;ce &#224; la guerre de 1864. La Triple Alliance qu'il avait conclue avait un caract&#232;re conservateur d'un bout &#224; l'autre : elle signifiait que l'Autriche devait renoncer d&#233;finitivement &#224; entrer dans la conf&#233;d&#233;ration allemande, elle repr&#233;sentait la cons&#233;cration de la situation cr&#233;&#233;e par Bismarck, la victoire de l'&#233;parpillement national de l'Allemagne et de l'h&#233;g&#233;monie militaire de la Grande Prusse. Les tendances de l'Autriche vers les Balkans d&#233;plaisaient &#224; Bismarck tout autant que les acquisitions de l'Allemagne en Afrique. Dans ses Pens&#233;es et souvenirs, il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il est naturel que les habitants du bassin du Danube aient des besoins et des projets qui d&#233;passent les fronti&#232;res actuelles de la monarchie : la constitution de l'empire allemand montre la voie par laquelle l'Autriche peut parvenir &#224; r&#233;concilier ses int&#233;r&#234;ts politiques et mat&#233;riels qui sont compris entre la fronti&#232;re orientale qui est de race roumaine et le golfe de Cattaro. Mais ce n'est pas le r&#244;le de l'Empire allemand que de pr&#234;ter main forte &#224; ses sujets pour r&#233;aliser les voeux qu'ils peuvent entretenir quant &#224; leurs rapports avec leurs voisins. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il l'avait exprim&#233; un jour avec force dans un mot c&#233;l&#232;bre, la Bosnie ne valait pas pour lui l'os d'un grenadier de Pom&#233;ranie. La meilleure preuve de ce que Bismarck ne pensait effectivement pas &#224; mettre la Triple Alliance au service des efforts d'expansion de l'Autriche, c'est le Trait&#233; de r&#233;assurance conclu en 1884 avec la Russie, et aux termes duquel, au cas o&#249; une guerre &#233;claterait entre la Russie et l'Autriche, l'Empire allemand ne se porterait en aucun cas aux c&#244;t&#233;s de l'Autriche, mais conserverait une &#171; neutralit&#233; bienveillante &#187;. Depuis que s'est accompli le virage de la politique allemande vers l'imp&#233;rialisme, ses relations avec l'Autriche se modifi&#232;rent &#233;galement. L'Autriche-Hongrie se trouve situ&#233;e entre l'Allemagne et les Balkans, donc sur le chemin de ce centre de la politique orientale de l'Allemagne. Avoir l'Autriche pour adversaire &#233;quivaudrait, en raison de l'isolement g&#233;n&#233;ral dans lequel s'est plac&#233;e la politique allemande, &#224; renoncer &#224; tous ses projets sur le plan de la politique mondiale. Dans le cas d'un affaiblissement ou m&#234;me de la ruine de l'Autriche-Hongrie, qui entra&#238;nerait aussit&#244;t une liquidation de la Turquie et un renforcement &#233;norme de la puissance de la Russie, des &#201;tats balkaniques et de l'Angleterre, l'Allemagne r&#233;aliserait sans doute son unification et renforcerait sa puissance, mais il faudrait sonner le glas de la politique imp&#233;rialiste de l'empire allemand [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sauvetage et la conservation de la monarchie habsbourgeoise devenait donc logiquement la t&#226;che accessoire de l'imp&#233;rialisme allemand, tout comme la conservation de la Turquie &#233;tait sa t&#226;che principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence m&#234;me de l'Autriche repr&#233;sente cependant un &#233;tat permanent de guerre latente dans les Balkans. Depuis que le processus irr&#233;sistible de d&#233;composition de la Turquie a conduit &#224; la formation et &#224; la consolidation des &#201;tats balkaniques dans la proximit&#233; imm&#233;diate de l'Autriche, ce fut le d&#233;but d'une opposition entre l'&#201;tat habsbourgeois et ses jeunes voisins. Il est &#233;vident que la naissance &#224; ses c&#244;t&#233;s d'&#201;tats nationaux ind&#233;pendants et viables devait acc&#233;l&#233;rer la d&#233;composition de cette monarchie d&#233;j&#224; d&#233;labr&#233;e qui, &#233;tant elle-m&#234;me constitu&#233;e d'une mosaique de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es de ces m&#234;mes nationalit&#233;s, ne sait les diriger que sous la f&#233;rule des paragraphes dictatoriaux. La non-viabilit&#233; fonci&#232;re de l'Autriche se manifeste pr&#233;cis&#233;ment dans sa politique balkanique et tout sp&#233;cialement dans ses rapports avec la Serbie. En d&#233;pit de ses app&#233;tits imp&#233;rialistes qui se jetaient sans discernement tant&#244;t sur Salonique, tant&#244;t sur Durazzo, l'Autriche n'&#233;tait pas en &#233;tat d'annexer la Serbie le cas &#233;ch&#233;ant, m&#234;me si celle-ci n'avait pas recu un surcro&#238;t de force et d'&#233;tendue &#224; la suite des deux guerres balkaniques. En incorporant la Serbie, l'Autriche aurait nourri en son sein d'une mani&#232;re dangereuse l'une des plus turbulentes parmi les nationalit&#233;s slaves du sud qu'elle ne parvenait d&#233;j&#224; &#224; ma&#238;triser qu'&#224; grand-peine malgr&#233; le r&#233;gime brutal et stupide de sa r&#233;action [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autriche ne pouvait cependant pas non plus tol&#233;rer le d&#233;veloppement normal autonome de la Serbie et en tirer profit par des relations &#233;conomiques normales. En effet, la monarchie habsbourgeoise n'est pas une organisation politique d'&#201;tat bourgeois, mais seulement un trust unissant par des liens assez l&#226;ches quelques coteries de parasites sociaux qui veulent se remplir les poches en exploitant au maximum les ressources du pouvoir tant que la monarchie tient encore debout. Pour favoriser les agriculteurs hongrois et pour maintenir artificiellement les produits agricoles &#224; un prix &#233;lev&#233;, l'Autriche interdit l'importation du b&#233;tail et des fruits &#224; la Serbie, privant ainsi ce pays paysan du d&#233;bouch&#233; principal de ses produits. Dans l'int&#233;r&#234;t des cartels industriels autrichiens, elle contraignit la Serbie &#224; obtenir &#224; l'est l'acc&#232;s de la mer Noire en concluant une alliance militaire avec la Bulgarie, et &#224; l'ouest l'acc&#232;s de la mer Adriatique en acqu&#233;rant un port en Albanie. La politique balkanique de l'Autriche visait donc uniquement &#224; &#233;trangler la Serbie. Mais en m&#234;me temps, elle visait &#224; emp&#234;cher tout rapprochement mutuel entre les &#201;tats balkaniques et &#224; entraver leur essor int&#233;rieur ; elle constituait &#224; elle seule un danger permanent. Tant&#244;t par l'annexion de la Serbie, tant&#244;t en manifestant ses pr&#233;tentions sur le sandjak de Novibazar et sur Salonique, tant&#244;t en revendiquant la c&#244;te albanaise, l'imp&#233;rialisme autrichien mena&#231;ait continuellement l'existence et les possibilit&#233;s de d&#233;veloppement des &#201;tats balkaniques. Conform&#233;ment aux tendances de l'Autriche et en raison de la concurrence de l'Italie, on allait m&#234;me cr&#233;er apr&#232;s la seconde guerre balkanique l'image d&#233;risoire d'une &#171; Albanie ind&#233;pendante &#187; sous un prince allemand qui, d&#232;s la premi&#232;re heure, ne fut rien d'autre que le jouet des intrigues des puissances imp&#233;rialistes rivales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autriche ne pouvait cependant pas non plus tol&#233;rer le d&#233;veloppement normal autonome de la Serbie et en tirer profit par des relations &#233;conomiques normales. En effet, la monarchie habsbourgeoise n'est pas une organisation politique d'&#201;tat bourgeois, mais seulement un trust unissant par des liens assez l&#226;ches quelques coteries de parasites sociaux qui veulent se remplir les poches en exploitant au maximum les ressources du pouvoir tant que la monarchie tient encore debout. Pour favoriser les agriculteurs hongrois et pour maintenir artificiellement les produits agricoles &#224; un prix &#233;lev&#233;, l'Autriche interdit l'importation du b&#233;tail et des fruits &#224; la Serbie, privant ainsi ce pays paysan du d&#233;bouch&#233; principal de ses produits. Dans l'int&#233;r&#234;t des cartels industriels autrichiens, elle contraignit la Serbie &#224; obtenir &#224; l'est l'acc&#232;s de la mer Noire en concluant une alliance militaire avec la Bulgarie, et &#224; l'ouest l'acc&#232;s de la mer Adriatique en acqu&#233;rant un port en Albanie. La politique balkanique de l'Autriche visait donc uniquement &#224; &#233;trangler la Serbie. Mais en m&#234;me temps, elle visait &#224; emp&#234;cher tout rapprochement mutuel entre les &#201;tats balkaniques et &#224; entraver leur essor int&#233;rieur ; elle constituait &#224; elle seule un danger permanent. Tant&#244;t par l'annexion de la Serbie, tant&#244;t en manifestant ses pr&#233;tentions sur le sandjak de Novibazar et sur Salonique, tant&#244;t en revendiquant la c&#244;te albanaise, l'imp&#233;rialisme autrichien mena&#231;ait continuellement l'existence et les possibilit&#233;s de d&#233;veloppement des &#201;tats balkaniques. Conform&#233;ment aux tendances de l'Autriche et en raison de la concurrence de l'Italie, on allait m&#234;me cr&#233;er apr&#232;s la seconde guerre balkanique l'image d&#233;risoire d'une &#171; Albanie ind&#233;pendante &#187; sous un prince allemand qui, d&#232;s la premi&#232;re heure, ne fut rien d'autre que le jouet des intrigues des puissances imp&#233;rialistes rivales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, la politique imp&#233;rialiste de l'Autriche devint le carcan qui emp&#234;chait un d&#233;veloppement normal vers le progr&#232;s dans les Balkans, et elle conduisait tout naturellement &#224; ce dilemme in&#233;vitable : ou bien la monarchie habsbourgeoise, ou bien le d&#233;veloppement des &#201;tats balkaniques ! Les Balkans, qui s'&#233;taient &#233;mancip&#233;s de la souverainet&#233; turque, se voyaient confront&#233;s &#224; une nouvelle t&#226;che : se d&#233;barrasser de l'obstacle que repr&#233;sentait l'Autriche. Historiquement, la liquidation de l'Autriche-Hongrie n'est que la continuation du d&#233;membrement de la Turquie et est, comme lui, impos&#233;e par l'&#233;volution historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce dilemme ne laissait pas d'autre solution que la guerre, et m&#234;me la guerre mondiale. En effet, derri&#232;re la Serbie, on trouvait la Russie, qui ne pouvait renoncer &#224; son influence dans les Balkans et &#224; son r&#244;le de &#171; protecteur &#187; sans compromettre la totalit&#233; de son programme imp&#233;rialiste en Orient. Exactement &#224; l'oppos&#233; de la politique autrichienne, la politique russe avait pour objectif de r&#233;unir les &#201;tats balkaniques, sous protectorat russe &#233;videmment. La conf&#233;d&#233;ration balkanique, dont la victoire dans la guerre de 1912 avait presque enti&#232;rement liquid&#233; la Turquie d'Europe, &#233;tait l'oeuvre de la Russie, et il entrait dans les intentions de celle-ci qu'elle soit principalement dirig&#233;e contre l'Autriche. Sans doute la conf&#233;d&#233;ration se disloqua-t-elle d&#232;s la premi&#232;re guerre balkanique malgr&#233; tous les efforts de la Russie, mais la Serbie qui sortit victorieuse de cette guerre &#233;tait destin&#233;e &#224; devenir l'alli&#233;e de la Russie de la m&#234;me mani&#232;re que l'Autriche devenait son ennemi mortel. L'Allemagne, encha&#238;n&#233;e au destin de la monarchie habsbourgeoise, fut oblig&#233;e de donner son soutien &#224; sa politique archi-r&#233;actionnaire et ainsi d'entrer doublement en conflit avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique balkanique de l'Autriche l'amena &#233;galement &#224; entrer en conflit avec l'Italie, qui s'int&#233;ressait vivement &#224; la fois &#224; la liquidation de l'Autriche et &#224; celle de la Turquie. L'imp&#233;rialisme italien trouve &#224; ses d&#233;sirs d'expansion le pr&#233;texte le plus proche et le plus commode, parce que le plus populaire, dans les possessions italiennes de l'Autriche et, dans le nouveau partage des Balkans, ses pr&#233;tentions visent surtout la c&#244;te albanaise de l'Adriatique qui fait face &#224; l'Italie. La Triple Alliance qui avait d&#233;j&#224; subi une rude &#233;preuve dans la guerre de Tripoli fut compl&#232;tement ravag&#233;e par la crise que connurent les Balkans depuis les deux guerres balkaniques, et ses deux puissances centrales &#233;taient en conflit avec le reste du monde. L'imp&#233;rialisme allemand, encha&#238;n&#233; &#224; deux cadavres en d&#233;composition, se dirigeait tout droit vers la guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cheminement &#233;tait du reste tout &#224; fait conscient. C'est surtout l'Autriche qui donnait l'impulsion, elle qui courait depuis des ann&#233;es &#224; la catastrophe avec un fatal aveuglement. Sa clique dirigeante cl&#233;ricale et militaire, avec &#224; sa t&#234;te l'archiduc Fran&#231;ois-Ferdinand et l'homme de main de celui-ci, le baron von Chlumezki, &#233;tait bel et bien &#224; l'aff&#251;t d'un pr&#233;texte pour lancer les op&#233;rations. En 1909, pour d&#233;clencher dans les pays allemands la fureur guerri&#232;re qu'elle recherchait, elle fit fabriquer tout sp&#233;cialement par le professeur Friedmann les fameux documents qui d&#233;voilaient une conspiration diabolique aux multiples ramifications dirig&#233;e contre la monarchie habsbourgeoise, documents qui n'avaient qu'un seul d&#233;faut : ils &#233;taient faux de a &#224; z. Quelques ann&#233;es plus tard, se r&#233;pandit pendant des jours la nouvelle que le consul autrichien Prohaska avait subi un martyre atroce &#224; Uestub, ce qui devait faire l'effet d'une bombe, alors que pendant ce temps-l&#224;, Prohaska, qui se portait comme un charme, se promenait en sifflotant dans les rues de Uestub. Enfin, il y eut l'attentat de Sarajevo, enfin se produisit le crime r&#233;voltant et authentique que l'on attendait depuis si longtemps. &#171; Si un sacrifice a jamais eu un effet lib&#233;rateur et r&#233;dempteur, c'est bien celui-l&#224; &#187;, exultaient les porte-parole de l'imp&#233;rialisme allemand. Les imp&#233;rialistes autrichiens exultaient encore plus fort et d&#233;cid&#232;rent d'utiliser les cadavres des archiducs tant qu'ils &#233;taient encore frais [6]. Ils s'entendirent rapidement avec l'Allemagne, la guerre fut conclue et on exp&#233;dia le t&#233;l&#233;gramme qui allait mettre le feu aux poudres &#224; l'int&#233;rieur du monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'incident de Sarajevo n'avait fait que fournir le pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des causes et des oppositions, tout &#233;tait d&#233;j&#224; m&#251;r pour la guerre depuis longtemps, la configuration que nous connaissons aujourd'hui &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#234;te depuis dix ans. Chaque ann&#233;e qui s'&#233;coulait et chaque nouvel &#233;v&#233;nement politique qui s'est produit au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es rapprochaient un peu plus l'&#233;ch&#233;ance : la r&#233;volution turque, l'annexion de la Bosnie, la crise du Maroc, l'exp&#233;dition de Tripoli, les deux guerres des Balkans. C'est dans la perspective de cette guerre que furent propos&#233;s tous les projets de loi de ces derni&#232;res ann&#233;es : on se pr&#233;parait consciemment &#224; l'in&#233;vitable conflagration g&#233;n&#233;rale. Cinq fois au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, il s'en est fallu d'un cheveu que la guerre n'ait &#233;clat&#233; : en &#233;t&#233; 1905, lorsque l'Allemagne fit conna&#238;tre pour la premi&#232;re fois ses pr&#233;tentions dans l'affaire du Maroc d'une mani&#232;re p&#233;remptoire ; en &#233;t&#233; 1908, apr&#232;s la rencontre des monarques &#224; Reval, lorsque l'Angleterre, la Russie et la France voulurent envoyer un ultimatum &#224; la Turquie &#224; cause de la question mac&#233;donienne, et que, pour d&#233;fendre la Turquie, l'Allemagne &#233;tait pr&#234;te &#224; se lancer dans une guerre qui ne fut emp&#234;ch&#233;e que par l'&#233;clatement soudain de la r&#233;volution turque [7] ; au d&#233;but de 1909, lorsque la Russie r&#233;pondit &#224; l'annexion de la Bosnie par une mobilisation, sur quoi l'Allemagne d&#233;clara en bonne forme qu'elle &#233;tait pr&#234;te &#224; entrer en guerre aux c&#244;t&#233;s de l'Autriche ; en &#233;t&#233; 1911, lorsque le Panther fut envoy&#233; &#224; Agadir, ce qui aurait in&#233;vitablement provoqu&#233; le d&#233;clenchement de la guerre, si l'Allemagne n'avait pas renonc&#233; &#224; r&#233;clamer sa part du Maroc et ne s'&#233;tait pas content&#233;e du Congo. Et enfin, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1913, quand l'Allemagne, voyant que la Russie envisageait de p&#233;n&#233;trer en Arm&#233;nie, d&#233;clara pour la deuxi&#232;me fois en bonne forme qu'elle &#233;tait pr&#234;te &#224; faire la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la guerre mondiale actuelle &#233;tait dans l'air depuis huit ans. Si, &#224; chaque fois, elle fut diff&#233;r&#233;e, c'est uniquement parce que l'une des parties impliqu&#233;es n'avait pas encore termin&#233; ses pr&#233;paratifs militaires. La guerre mondiale actuelle &#233;tait d&#233;j&#224; m&#251;re dans l'aventure du Panther en 1911 - sans le couple d'archiducs assassin&#233;s, sans les aviateurs fran&#231;ais au-dessus de Nuremberg, et sans l'invasion russe en Prusse orientale. L'Allemagne l'a simplement remise &#224; une date qui lui conviendrait mieux. Ici aussi, il suffit de lire l'explication na&#239;ve des imp&#233;rialistes allemands :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Du c&#244;t&#233; &#034;pan-germanique&#034;, on reproche &#224; la politique allemande de s'&#234;tre montr&#233;e trop faible durant la crise du Maroc en 1911 ; pour liquider cette id&#233;e fausse, il suffit de rappeler qu'au moment o&#249; nous avons envoy&#233; le Panther &#224; Agadir, l'am&#233;nagement du canal de la mer du Nord &#233;tait encore en chantier, que l'am&#233;nagement d'Helgoland en une grande place forte maritime n'&#233;tait pas encore termin&#233; et que les rapports de force entre notre flotte et la puissance navale anglaise en dreadnoughts et en armements auxiliaires nous &#233;taient nettement plus d&#233;favorables que trois ans apr&#232;s. Le canal, l'&#238;le d'Helgoland et la puissance de notre flotte &#233;taient, comparativement &#224; ce qu'ils sont aujourd'hui, en 1914, soit fortement p&#233;rim&#233;s, soit absolument inaptes pour la guerre. D&#232;s lors, sachant que l'on rencontrerait un peu plus tard des chances de succ&#232;s bien plus favorables, vouloir provoquer une guerre d&#233;cisive aurait &#233;t&#233; une folie pure et simple [8]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait d'abord mettre la flotte allemande en &#233;tat et faire passer au Reichstag les projets de lois militaires. En &#233;t&#233; 1914, l'Allemagne se sentit pr&#233;par&#233;e pour la guerre, alors que la France en &#233;tait encore &#224; &#233;laborer p&#233;niblement le service militaire de trois ans, et alors que la Russie n'avait pas encore accompli son programme, ni pour la force navale ni pour l'arm&#233;e de terre. Le m&#234;me Rohrbach - qui n'est pas seulement le porte-parole le plus s&#233;rieux de l'imp&#233;rialisme allemand, mais, &#233;tant tr&#232;s proche des milieux dirigeants de la politique allemande, est presque leur voix officieuse - &#233;crit au sujet de la situation en 1914 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Quant &#224; nous, c'est-&#224;-dire l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, notre crainte essentielle &#233;tait que si la Russie adoptait pour quelque temps une attitude manifestement conciliante, nous aurions &#233;t&#233; moralement oblig&#233;s d'attendre jusqu'au moment o&#249; la France et la Russie auraient &#233;t&#233; r&#233;ellement pr&#234;tes. &#187; (loc. cit. p. 83)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : la crainte essentielle en juillet 1914, c'&#233;tait que l'&#171; action de paix &#187; du gouvernement allemand puisse &#234;tre couronn&#233;e de succ&#232;s, et que la Russie et la Serbie puissent se laisser fl&#233;chir. Il s'agissait cette fois de les contraindre &#224; la guerre. Et cela r&#233;ussit. &#171; C'est avec une profonde douleur que nous voyons &#233;chouer nos efforts visant &#224; maintenir la paix mondiale &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, lorsque les bataillons allemands p&#233;n&#233;tr&#232;rent en Belgique, lorsque le Reichstag fut plac&#233; devant le fait accompli de la guerre et de l'&#233;tat de si&#232;ge, il n'y avait pas de quoi &#234;tre frapp&#233; de stupeur, car ce n'&#233;tait pas une situation nouvelle et inou&#239;e, ce n'&#233;tait pas un &#233;v&#233;nement qui, compte tenu du contexte politique, pouvait surprendre la social-d&#233;mocratie allemande. La guerre mondiale d&#233;clar&#233;e officiellement le 4 ao&#251;t &#233;tait celle-l&#224; m&#234;me pour laquelle la politique imp&#233;rialiste allemande et internationale travaillait inlassablement depuis des dizaines d'ann&#233;es, celle-l&#224; m&#234;me dont, depuis dix ans, la social-d&#233;mocratie allemande, d'une mani&#232;re tout aussi inlassable, proph&#233;tisait l'approche presque chaque ann&#233;e, celle-l&#224; m&#234;me que les parlementaires, les journaux et les brochures sociales-d&#233;mocrates stigmatis&#232;rent &#224; de multiples reprises comme &#233;tant un crime frivole de l'imp&#233;rialisme, qui n'avait rien &#224; voir ni avec la civilisation ni avec les int&#233;r&#234;ts nationaux mais qui, bien au contraire, agissait &#224; l'encontre de ces deux principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement : ce n'est pas l'&#171; existence et le d&#233;veloppement libre &#187; de l'Allemagne qui sont en jeu dans cette guerre, comme le dit la d&#233;claration du groupe parlementaire social-d&#233;mocrate, ce n'est pas la civilisation allemande, comme l'&#233;crit la presse sociale-d&#233;mocrate, mais ce sont bien plut&#244;t les profits actuels de la Deutsche Bank en Turquie d'Asie et les profits futurs des Mannesmann et Krupp au Maroc, c'est l'existence du r&#233;gime r&#233;actionnaire de l'Autriche, ce &#171; monceau de pourriture organis&#233;e qui s'appelle la monarchie habsbourgeoise &#187;, comme l'&#233;crivait le Vorw&#228;rts du 25 ao&#251;t 1914, ce sont les cochons et les pruneaux hongrois, c'est le paragraphe 14, ce sont les trompettes d'enfants et la civilisation de FriedmannProhasta, c'est le maintien de la domination turque des Bachibouzouks en Asie Mineure et de la contre-r&#233;volution dans les Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de la presse de notre parti &#233;tait profond&#233;ment choqu&#233;e de ce que les &#171; gens de couleur et les sauvages &#187;, les N&#232;gres, les Sikhs, les Maoris, &#233;taient pouss&#233;s &#224; la guerre par les adversaires de l'Allemagne. Or, ces peuples jouent &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me r&#244;le dans la guerre actuelle que les prol&#233;taires socialistes des &#201;tats europ&#233;ens. Et si on apprenait par les communiqu&#233;s de Reuter que les Maoris de Nouvelle-Z&#233;lande br&#251;laient d'envie de se faire massacrer pour le roi d'Angleterre, ils manifesteraient le m&#234;me discernement dans la conscience de leurs propres int&#233;r&#234;ts que celui dont a fait preuve le groupe parlementaire social-d&#233;mocrate en confondant le salut de la monarchie habsbourgeoise, de la Turquie et de la caisse de la Deutsche Bank avec l'existence et la libert&#233; du peuple allemand et de la civilisation allemande. Il est vrai qu'une grande diff&#233;rence les s&#233;pare malgr&#233; tout : il y a une g&#233;n&#233;ration, les Maoris pratiquaient encore le cannibalisme, et pas la th&#233;orie marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le 3 d&#233;cembre 1912, apr&#232;s la premi&#232;re guerre balkanique, l'orateur du groupe social-d&#233;mocrate s'exprimait en ces termes au Reichstag : &#171; Hier, on a fait remarquer &#224; cette m&#234;me tribune que la politique orientale de l'Allemagne n'&#233;tait pas responsable de l'effondrement de la Turquie, que &#231;'avait &#233;t&#233; une bonne politique. M. le chancelier de l'Empire croyait que nous avions rendu bien de bons services &#224; la Turquie et M. Bassermann disait que nous avions amen&#233; la Turquie &#224; accomplir des r&#233;formes judicieuses. Sur ce dernier point, je ne suis au courant de rien (hilarit&#233; chez les sociaux-d&#233;mocrates) ; et derri&#232;re les bons services je voudrais mettre aussi un point d'interrogation. Pourquoi la Turquie s'est-elle effondr&#233;e ? Ce qui s'est effondr&#233; l&#224;-bas, c'est un r&#233;gime de junkers semblable &#224; celui que nous avons &#224; l'est de l'Elbe. (&#034; Tr&#232;s juste ! &#034; - sur les bancs sociaux-d&#233;mocrates. Rires &#224; droite) L'effondrement de la Turquie est un ph&#233;nom&#232;ne parall&#232;le &#224; l'effondrement du r&#233;gime des junkers mandchous en Chine. Pour les r&#233;gimes de junkers &#231;a a l'air d'aller de plus en plus mal partout. (Acclamations des sociaux-democrates : &#034;Tant mieux !&#034; ) Ils ne r&#233;pondent plus aux exigences du monde moderne. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je disais que la situation en Turquie ressemblait jusqu'&#224; un certain point &#224; celle que nous connaissons &#224; l'est de l'Elbe. Les Turcs sont une caste dirigeante de conqu&#233;rants, ils ne sont qu'une petite minorit&#233;. A c&#244;t&#233; des Turcs, on trouve encore les non-Turcs qui ont adopt&#233; la religion musulmane, mais les v&#233;ritables Turcs d'origine ne sont qu'une petite minorit&#233;, une caste guerri&#232;re, une caste qui, comme en Prusse, s'est empar&#233;e de tous les postes cl&#233;s, dans l'administration, dans la diplomatie et dans l'arm&#233;e ; une caste qui, vis-&#224;-vis des papans bulgares et serbes, a poursuivi la m&#234;me politique seigneuriale que nos spahis &#224; l'est de l'Elbe. (Hilarit&#233;.) Aussi longtemps que la Turquie avait une &#233;conomie naturelle, cela allait encore ; car alors, un tel r&#233;gime de seigneurs est encore supportable dans une certaine mesure, parce que le seigneur ne pousse pas encore tellement l'exploitation de ses manants ; s'il a de quoi bien manger, et de quoi bien vivre, il est content. Mais au moment o&#249; la Turquie, entrant en contact avec l'Europe, devint une &#233;conomie mon&#233;taire moderne, l'oppression des junkers turcs devint de plus en plus insupportable. La classe paysanne fut press&#233;e comme un citron, et une grande partie des paysans r&#233;duite &#224; la mendicit&#233; ; beaucoup se firent brigands. Voil&#224; ce que sont les Komitaschis ! (Rires &#224; droite) Les junkers turcs n'ont pas seulement fait la guerre contre l'ennemi ext&#233;rieur, non, en dessous de cette guerre contre l'ennemi ext&#233;rieur une r&#233;volution paysanne s'est accomplie en Turquie. Voil&#224; ce qui a rompu l'&#233;chine des Turcs et voil&#224; ce qui a provoqu&#233; l'effondrement de leur r&#233;gime de junkers ! Et on dit maintenant que le gouvernement allemand a rendu de bons services dans ce pays ! Mais les meilleurs services qu'il aurait pu rendre &#224; la Turquie, et aussi au r&#233;gime des junkers, il ne les a pas rendus ! Il aurait d&#251; leur conseiller d'accomplir les r&#233;formes qu'ils &#233;taient tenus de faire en vertu du protocole de Berlin : de lib&#233;rer v&#233;ritablement leurs paysans, comme la Bulgarie et la Serbie l'avaient fait. Mais comment une diplomatie allemande de junkers en aurait-elle &#233;t&#233; capable ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; [...] Les instructions que M. von Marschall recevait de Berlin ne pouvaient en tout cas l'amener &#224; rendre r&#233;ellement de bons services aux Jeunes Turcs. Ce qu'elles leur ont apport&#233; - je ne veux m&#234;me pas parler des choses militaires -, c'est un certain &#233;tat d'esprit qu'elles ont introduit dans le corps des officiers turcs : l'esprit de l'&#171; officier de garde &#233;l&#233;gant &#187; (hilarit&#233; chez, les sociaux-d&#233;mocrates), un esprit qui s'est av&#233;r&#233; si extraordinairement funeste pour l'arm&#233;e turque dans le combat. On raconte notamment qu'on a trouv&#233; des officiers morts qui portaient des chaussures laqu&#233;es. La pr&#233;tention de dominer la masse du peuple et la masse des soldats en toutes choses, cette morgue de l'officier, cette fa&#231;on de commander de haut, tout cela a pourri &#224; la racine les rapports de confiance au sein de l'arm&#233;e turque, et, d&#232;s lors, on peut donc comprendre que cet &#233;tat d'esprit ait contribu&#233; &#224; provoquer la d&#233;b&#226;cle de l'arm&#233;e turque. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Messieurs, nos avis divergent sur le point de savoir qui est responsable de l'effondrement de la Turquie. La transmission d'un certain esprit prussien n'est pas responsable &#224; lui seul de l'effondrement de la Turquie, bien s&#251;r que non, mais il y a contribu&#233;, il l'a pr&#233;cipit&#233;. L'effondrement lui-m&#234;me &#233;tait d&#251; fondamentalement &#224; des causes &#233;conomiques, comme je l'ai montr&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La bruyante excitation entretenue depuis des ann&#233;es dans les milieux imp&#233;rialistes allemands autour de la question du Maroc n'&#233;tait pas faite pour calmer les appr&#233;hensions de la France. L'association pangermanique d&#233;fendait tout haut le programme d'annexion du Maroc, qu'elle consid&#233;rait naturellement comme une &#171; question vitale &#187; pour l'Allemagne, et elle diffusa un tract de la plume de son pr&#233;sident Heinrich Clatz sous le titre : L'Ouest du Maroc allemand ! Lorsque le professeur Schiemann chercha &#224; justifier l'arrangement conclu par le d&#233;partement des Affaires &#233;trang&#232;res et son renoncement au Maroc en invoquant les int&#233;r&#234;ts du commerce au Congo, le Post s'en prit &#224; lui de la mani&#232;re suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; M. le professeur Schiedmann est russe de naissance, et peut-&#234;tre n'est-il pas m&#234;me de pure descendance allemande. D&#232;s lors, personne ne peut lui en vouloir s'il consid&#232;re d'un air froid et moqueur des questions qui piquent au plus vif la conscience nationale et la fiert&#233; que tout Allemand authentique porte en lui. Le jugement d'un &#233;tranger qui parle de ce qui est le battement de coeur patriotique et la palpitation douloureuse de l'&#226;me inqui&#232;te du peuple allemand comme s'il s'agissait d'une fantaisie politique passag&#232;re ou d'une aventure de conquistadores doit provoquer &#224; juste titre notre col&#232;re et notre m&#233;pris, d'autant plus que cet &#233;tranger jouit de l'hospitalit&#233; de l'&#201;tat prussien en tant que professeur &#224; l'Universit&#233; de Berlin. Que l'homme qui ose insulter ainsi les sentiments les plus sacr&#233;s du peuple allemand dans l'organe directeur du parti conservateur soit le ma&#238;tre et le conseiller de notre Kaiser en mati&#232;re politique, et qu'il soit consid&#233;r&#233;, &#224; tort ou &#224; raison, comme son porte parole, cela nous remplit d'une profonde tristesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Au mois de janvier 1908, l'homme politique lib&#233;ral russe Pierre Strouv&#233; &#233;crivait, d'apr&#232;s la presse allemande : &#171; Maintenant, il est temps de dire qu'il n'existe qu'un moyen pour cr&#233;er une grande Russie, c'est de concentrer toutes nos forces sur une seule r&#233;gion qui soit accessible &#224; la civilisation russe et o&#249; elle pourra exercer une influence r&#233;elle. Cette r&#233;gion, c'est tout le bassin de la mer Noire, c'est-&#224;-dire l'ensemble des pays europ&#233;ens et asiatiques riverains de la mer Noire. L&#224;, nous disposons d'une base r&#233;elle pour asseoir solidement notre souverainet&#233; &#233;conomique : des hommes, du charbon et du fer. C'est sur cette base r&#233;elle, et sur elle seulement, que, par un travail civilisateur infatigable soutenu de tous c&#244;t&#233;s par l'&#201;tat, on pourra &#233;difier une grande Russie &#233;conomiquement forte. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de la guerre mondiale actuelle, le m&#234;me Strouv&#233; &#233;crivait, encore avant l'intervention de la Turquie :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chez les politiciens allemands appara&#238;t une politique d'autonomie turque, dont l'id&#233;e ma&#238;tresse est le programme de l'&#233;gyptisation de la Turquie sous la sauvegarde de l'Allemagne. Le Bosphore et les Dardanelles devraient devenir un Suez allemand. Avant la guerre entre l'Italie et la Turquie qui d&#233;logea les Turcs de leurs positions en Afrique, et avant la guerre des Balkans, qui les chassa presque d'Europe, la t&#226;che suivante apparaissait d&#233;j&#224; clairement pour l'Allemagne : conserver la Turquie et maintenir son ind&#233;pendance dans l'int&#233;r&#234;t de la stabilit&#233; &#233;conomique et politique de l'Allemagne. Apr&#232;s les guerres que nous venons de mentionner, cette t&#226;che ne changea que dans la mesure o&#249; la faiblesse extr&#234;me de la Turquie s'&#233;tait montr&#233;e au grand jour ; dans ces conditions, une alliance devait d&#233;g&#233;n&#233;rer aussit&#244;t en un protectorat ou une tutelle qui devait finalement amener l'Empire ottoman au m&#234;me point que l'&#201;gypte. Or, il est absolument clair qu'une &#201;gypte allemande sur la mer Noire et la mer de Marmara serait tout &#224; fait intol&#233;rable pour la Russie. D&#232;s lors, il ne faut pas s'&#233;tonner que le gouvernement russe ait aussit&#244;t protest&#233; contre les d&#233;marches qui pr&#233;paraient une telle politique et notamment contre la mission du g&#233;n&#233;ral Liman von Sanders, qui devait non seulement r&#233;organiser l'arm&#233;e turque, mais m&#234;me commander un corps d'arm&#233;e &#224; Constantinople. La Russie obtint l&#224;-dessus des satisfactions formelles, mais, en r&#233;alit&#233;, la situation ne changea pas d'un pouce. Dans ces conditions, en d&#233;cembre 1913, une guerre &#233;tait imminente entre la Russie et l'Allemagne : l'exemple de la mission militaire Liman von Sanders avait r&#233;v&#233;l&#233; que la politique de l'Allemagne tendait &#224; l&#034;' &#233;gyptisation &#034; de la Turquie. Cette nouvelle direction de la politique allemande aurait suffi &#224; elle seule &#224; provoquer un conflit arm&#233; entre l'Allemagne et la Russie. Nous entrions donc en d&#233;cembre 1913 dans une &#233;poque de m&#251;rissement d'un conflit qui devait in&#233;vitablement prendre le caract&#232;re d'un conflit mondial. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Dans le tract imp&#233;rialiste Pourquoi la guerre allemande ?, nous lisons : &#171; La Russie avait d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233; auparavant la tentation de nous offrir l'Autriche allemande, ces dix millions d'Allemands qui &#233;taient rest&#233;s en dehors de notre unification nationale en 1866 et en 1870-71. Si nous leur livrions la monarchie des Habsbourg, cette trahison pourrait recevoir salaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le K&#246;lnische Zeitung &#233;crivait apr&#232;s l'attentat de Sarajevo, c'est-&#224;-dire &#224; la veille de la guerre, alors qu'on ne connaissait pas encore le dessous des cartes de la politique allemande officielle : &#171; Celui qui n'est pas au courant de la situation posera la question : comment se fait-il que malgr&#233; les bienfaits qu'elle a prodigu&#233;s &#224; la Bosnie, non seulement l'Autriche n'est pas aim&#233;e dans ce pays, mais est m&#234;me carr&#233;ment d&#233;test&#233;e par les Serbes qui constituent 42 % de la population ? Seul quelqu'un qui conna&#238;t le peuple et la situation comprendra la r&#233;ponse &#224; cette question : un non-initi&#233;, surtout s'il est accoutum&#233; aux id&#233;es et aux r&#233;alit&#233;s europ&#233;ennes, l'&#233;coutera bouche-b&#233;e sans comprendre. Voici la r&#233;ponse noir sur blanc : l'administration de la Bosnie fut un g&#226;chis complet dans sa conception et dans ses principes fondamentaux et c'est l'ignorance absolument criminelle qui r&#232;gne encore en partie aujourd'hui, apr&#232;s plus d'une g&#233;n&#233;ration (depuis l'occupation) au sujet de la situation r&#233;elle de ce pays, qui en porte la responsabilit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Pourquoi la guerre allemande ? p. 21. L'organe de la clique de l'archiduc &#171; Grande-Autriche &#187; &#233;crivait semaine apr&#232;s semaine des articles incendiaires de ce style :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si on veut venger dignement la mort de l'archiduc h&#233;ritier Fran&#231;ois-Ferdinand en respectant ses volont&#233;s, alors il faut ex&#233;cuter aussi rapidement que possible le testament politique de cette victime innocente du d&#233;veloppement funeste de la situation au sud de l'Empire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cela fait d&#233;j&#224; dix ans que nous attendons d'&#234;tre enfin d&#233;livr&#233;s de toutes les tensions accablantes qui se font si cruellement sentir dans toute notre politique. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous savons que l'Autriche grandiose et nouvelle, la Grande-Autriche qui ira d&#233;livrer ses peuples dans l'all&#233;gresse, ne pourra na&#238;tre que par une guerre, et c'est pourquoi nous voulons la guerre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous voulons la guerre parce que nous sommes profond&#233;ment convaincus que seule une guerre nous permettra de r&#233;aliser d'une mani&#232;re radicale et soudaine notre id&#233;al d'une Grande-Autriche puissante o&#249;, dans l'&#233;clat lumineux d'un avenir sublime et joyeux, pourront s'&#233;panouir la pens&#233;e politique et les projets missionnaires de l'Autriche : apporter la libert&#233; et la civilisation aux peuples des Balkans. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Depuis la mort du grand homme dont la main puissante et l'&#233;nergie opini&#226;tre auraient fond&#233; la Grande-Autriche du jour au lendemain, la guerre reste notre seul espoir. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est notre derni&#232;re carte, sur laquelle nous misons tout. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Peut-&#234;tre l'&#233;norme indignation que cet attentat a soulev&#233;e en Autriche et en Hongrie provoquera-t-elle une explosion contre la Serbie, et ult&#233;rieurement aussi contre la Russie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'archiduc Fran&#231;ois-Ferdinand &#224; lui seul n'a pu que pr&#233;parer cet imp&#233;rialisme, il n'a pu l'accomplir. Il faut esp&#233;rer que sa mort aura &#233;t&#233; le sacrifice n&#233;cessaire qui provoquera l'embrasement imp&#233;rialiste de toute l'Autriche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#171; Du c&#244;t&#233; de la politique allemande, on &#233;tait &#233;videmment inform&#233; de ce qui devait se passer, et aujourd'hui, on ne trahit plus un secret en disant que, comme d'autres flottes europ&#233;ennes, les forces navales de l'Allemagne se trouvaient alors sur le pied de guerre, pr&#234;tes &#224; intervenir imm&#233;diatement. &#187; (Rohrbach, La guerre et la politique allemande, p. 32.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Rohrbach, La Guerre et la politique allemande, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&amp;q=article+rosa+luxemburg+question+arm&#233;nienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&amp;q=article+rosa+luxemburg+question+arm&#233;nienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://comprendreavecrosaluxemburgdocumentsetdossiers.over-blog.com/2018/07/1896-la-question-d-orient-et-le-vorwarts.une-analyse-de-1896-de-rosa-luxemburg-a-propos-de-la-question-d-orient.inedit-en-francais.h&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://comprendreavecrosaluxemburgdocumentsetdossiers.over-blog.com/2018/07/1896-la-question-d-orient-et-le-vorwarts.une-analyse-de-1896-de-rosa-luxemburg-a-propos-de-la-question-d-orient.inedit-en-francais.h&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le dictateur de Syrie, Assad, est tomb&#233;. Le peuple n'a pas &#224; le pleurer mais il ne peut pas davantage se r&#233;jouir, car ce n'est pas lui qui l'a fait chuter. C'est l'imp&#233;rialisme occidental et ses agents locaux, Isra&#235;l et la Turquie.</title>
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		<dc:date>2024-12-10T23:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le dictateur de Syrie, Assad, est tomb&#233;. Le peuple n'a pas &#224; le pleurer mais il ne peut pas davantage se r&#233;jouir, car ce n'est pas lui qui l'a fait chuter. C'est l'imp&#233;rialisme occidental et ses agents locaux, Isra&#235;l et la Turquie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple syrien, lui, s'&#233;tait mobilis&#233; lors du printemps syrien et il n'agissait nullement derri&#232;re des bandes arm&#233;es, islamistes ou pas, ni derri&#232;re les imp&#233;rialismes, ni am&#233;ricain ni autre. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2075 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dictateur de Syrie, Assad, est tomb&#233;. Le peuple n'a pas &#224; le pleurer mais il ne peut pas davantage se r&#233;jouir, car ce n'est pas lui qui l'a fait chuter. C'est l'imp&#233;rialisme occidental et ses agents locaux, Isra&#235;l et la Turquie.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le peuple syrien, lui, s'&#233;tait mobilis&#233; lors du printemps syrien et il n'agissait nullement derri&#232;re des bandes arm&#233;es, islamistes ou pas, ni derri&#232;re les imp&#233;rialismes, ni am&#233;ricain ni autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2075&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2075&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2059&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2059&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour contrer cette r&#233;volution sociale que ses ennemis de tous bords ont d&#233;clench&#233; la guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4768&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4768&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2886&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2886&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;tanyahou d&#233;clare qu'il suit de pr&#232;s les &#233;v&#233;nements de Syrie et il les devance m&#234;me de&#8230; tr&#232;s pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/netanyahu-declare-quisrael-suit-de-pres-les-evenements-en-syrie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/netanyahu-declare-quisrael-suit-de-pres-les-evenements-en-syrie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a besoin au Moyen-Orient de faire chuter Assad, seul voisin d'Isra&#235;l alli&#233; de l'Iran ? Apr&#232;s avoir attaqu&#233; les autres alli&#233;s de l'Iran dans la r&#233;gion comme le Hezbollah libanais et les houthis y&#233;m&#233;nites, c'est Isra&#235;l qui a arm&#233; le nouveau groupe islamiste qui a renvers&#233; Assad. On se souvient que c'est Isra&#235;l qui avait d&#233;j&#224; arm&#233; l'Etat islamique en Syrie. Le tout avec l'accord et sous l'&#233;gide des USA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/vu-d-iran-l-offensive-en-syrie-est-un-plan-americano-israelien-execute-par-la-turquie-juge-teheran_225208&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/vu-d-iran-l-offensive-en-syrie-est-un-plan-americano-israelien-execute-par-la-turquie-juge-teheran_225208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine attaque des islamistes, Isra&#235;l les a soutenus en attaquant les forces arm&#233;es syriennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/les-frappes-israeliennes-en-syrie-visent-larmement-quil-craint-de-voir-acquis-par-des-forces-hostiles/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/les-frappes-israeliennes-en-syrie-visent-larmement-quil-craint-de-voir-acquis-par-des-forces-hostiles/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://allisrael.com/fr/israel-aurait-frappe-des-armes-sensibles-en-syrie-alors-que-les-rebelles-islamistes-s-emparent-de-la-ville-de-hama&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://allisrael.com/fr/israel-aurait-frappe-des-armes-sensibles-en-syrie-alors-que-les-rebelles-islamistes-s-emparent-de-la-ville-de-hama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le r&#233;sultat d'un accord : les islamistes ne contestent pas la reprise du plateau du Golan par Isra&#235;l&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/syrie-israel-se-rejouit-de-la-chute-dassad-mais-se-mefie-du-nouveau-pouvoir-islamiste-2136517&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/syrie-israel-se-rejouit-de-la-chute-dassad-mais-se-mefie-du-nouveau-pouvoir-islamiste-2136517&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lopinion.fr/secret-defense/sur-le-golan-letrange-arrangement-entre-larmee-israelienne-et-les-rebelles-syriens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lopinion.fr/secret-defense/sur-le-golan-letrange-arrangement-entre-larmee-israelienne-et-les-rebelles-syriens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelques jours avant l'offensive contre Alep, le journal isra&#233;lien Yedioth Ahronoth r&#233;v&#233;lait que le chef Shin Bet (services de renseignements int&#233;rieurs d'Isra&#235;l) s'&#233;tait secr&#232;tement rendu en Turquie pour rencontrer le responsable des services secrets turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.journaldemontreal.com/2024/12/04/syrie-etats-unis-israel-et-islamistes-contre-assad-pas-vraiment&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.journaldemontreal.com/2024/12/04/syrie-etats-unis-israel-et-islamistes-contre-assad-pas-vraiment&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, le Wall Street Journal a rapport&#233; qu'Isra&#235;l soignait des combattants d'Al-Qa&#239;da du Front al-Nosra bless&#233;s en combattant l'arm&#233;e syrienne. En 2019, le chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, le g&#233;n&#233;ral Gadi Eisenkot, a reconnu qu'Isra&#235;l avait fourni des armes aux groupes arm&#233;s islamistes en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Isra&#235;l qui a arm&#233; des rebelles syriens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepoint.fr/monde/pourquoi-israel-a-arme-des-rebelles-syriens-10-09-2018-2250096_24.php#11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepoint.fr/monde/pourquoi-israel-a-arme-des-rebelles-syriens-10-09-2018-2250096_24.php#11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la guerre mondiale des deux blocs qu'Isra&#235;l tire l'autorisation am&#233;ricaine d'attaquer tous les pays ennemis voisins : Gaza, Cisjordanie, Hezbollah syrien, Y&#233;men et maintenant Syrie, car Russie/Chine est dans le camp adverse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/12/03/kjgi-d03.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/12/03/kjgi-d03.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par des attaques militaires violentes, l'arm&#233;e isra&#233;lienne avait pr&#233;par&#233; le terrain &#224; l'offensive des groupes arm&#233;s qui r&#233;sidaient en Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/02/14/syri-f14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/02/14/syri-f14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016 d&#233;j&#224;, l'imp&#233;rialisme occidental avait men&#233; la m&#234;me politique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2016/02/pers-f13.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2016/02/pers-f13.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche a soutenu cette politique imp&#233;rialiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/06/npaf-j27.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/06/npaf-j27.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la gauche au gouvernement en France avait arm&#233; les islamistes rebelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/08/frsy-a29.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/08/frsy-a29.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision am&#233;ricaine de soutenir les islamistes en Syrie date de 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/04/13/euaq-a13.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/04/13/euaq-a13.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s islamiste en Syrie et la chute d'Assad sont des d&#233;faites pour la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/12/09/la-chute-de-bachar-al-assad-un-revers-d-ampleur-pour-la-russie-de-vladimir-poutine_6437654_3210.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/12/09/la-chute-de-bachar-al-assad-un-revers-d-ampleur-pour-la-russie-de-vladimir-poutine_6437654_3210.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les USA qui sont derri&#232;re Turquie et Isra&#235;l pour d&#233;truire la Syrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/03/17/sy10-m17.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/03/17/sy10-m17.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2018, les forces arm&#233;es am&#233;ricaines occupaient une partie du territoire syrien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/01/20/pers-j20.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/01/20/pers-j20.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute d'Assad pr&#233;pare une guerre contre l'Iran qui est maintenant isol&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/monde/syrie/4128027-20241209-syrie-chute-bachar-al-assad-nouveau-coup-dur-iran-face-israel&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.20minutes.fr/monde/syrie/4128027-20241209-syrie-chute-bachar-al-assad-nouveau-coup-dur-iran-face-israel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne peut &#233;tonner que les na&#239;fs qui ont cru que les puissances occidentales &#233;taient anti-islamistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est tr&#232;s souvent que les imp&#233;rialisme occidentaux ont soutenu les islamistes et les ont port&#233; au pouvoir, m&#234;me s'ils se sont servi de leur pr&#233;tendue hostilit&#233; &#224; leur &#233;gard pour mener des guerres et pour justifier des politiques anti-d&#233;mocratiques int&#233;rieures sous pr&#233;texte de lutte contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4594&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4594&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isis &#233;tait d&#233;j&#224; une cr&#233;ation des USA et Isra&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce le terrorisme islamiste qui d&#233;stabilise le monde ou est-ce le capitalisme US et mondial, d&#233;stabilis&#233; par sa crise, qui transforme progressivement le monde en guerre mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1539&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1539&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur mondiale du grand capital se cache sous un combat au nom de ... la lutte contre le terrorisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3599&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3599&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bandes arm&#233;es terroristes de la contre-r&#233;volution s&#232;ment la mort, la peur et la haine. Pourquoi ? Parce que l'ordre mondial imp&#233;rialiste est menac&#233; par l'effondrement du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3881&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3881&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui manipule le terrorisme et instrumentalise la &#171; lutte contre le terrorisme &#187; ? Ce sont les classes dirigeantes capitalistes ! Et leur v&#233;ritable cible, c'est le prol&#233;tariat ! Leur vrai but est le triomphe de la contre-r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4093&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4093&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, d&#233;j&#224; en 2016, la troisi&#232;me guerre mondiale inter-imp&#233;rialiste qui avait commenc&#233; en Syrie et en Ukraine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4289&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4289&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bloc imp&#233;rialiste Russie/Chine</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8124</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8124</guid>
		<dc:date>2023-01-18T00:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Inde India</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>kazakhstan</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Edito &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce que le deuxi&#232;me bloc imp&#233;rialiste qui se fait autour de la Chine et la Russie contre le bloc autour des USA &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : certains groupes d'extr&#234;me gauche de pays riches &#171; oublient &#187; de combattre leur propre imp&#233;rialisme (pourtant l'ennemi principal) et d'autres font semblant de ne pas voir que les puissances qui lui sont adverses sont elles aussi des imp&#233;rialismes, niant ainsi les imp&#233;rialismes chinois et russe ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien plus qu'&#224; l'&#233;poque de la &#171; guerre froide &#187;, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Inde India&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot219" rel="tag"&gt;kazakhstan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L389xH434/ocs1-86d42.jpg?1782262723' width='389' height='434' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Edito&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le deuxi&#232;me bloc imp&#233;rialiste qui se fait autour de la Chine et la Russie contre le bloc autour des USA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : certains groupes d'extr&#234;me gauche de pays riches &#171; oublient &#187; de combattre leur propre imp&#233;rialisme (pourtant l'ennemi principal) et d'autres font semblant de ne pas voir que les puissances qui lui sont adverses sont elles aussi des imp&#233;rialismes, niant ainsi les imp&#233;rialismes chinois et russe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus qu'&#224; l'&#233;poque de la &#171; guerre froide &#187;, on assiste &#224; une opposition Est/Ouest. De nombreux pays orientaux sont unis pour la premi&#232;re fois historique comme Russie (et les r&#233;publiques qui lui sont unies), Chine, Iran, Inde, Pakistan et Afghanistan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant exploser l'Union Europ&#233;enne, en la divisant (notamment en appuyant la sortie de l'Angleterre, en poussant la Pologne contre l'Union Europ&#233;enne et en mena&#231;ant de la marginalisation de l'Allemagne qui dirigeait autrefois l'Union), et en obligeant les &#171; non align&#233;s &#187; &#224; se ranger dans un camp ou un autre, les USA ont bipolaris&#233; &#224; nouveau le monde. Si le premier bloc imp&#233;rialiste unit USA, Grande Bretagne, Japon, Australie, Canada, une partie de l'Europe, la Cor&#233;e du Nord et Nouvelle Z&#233;lande, le second unit les pays de l'Organisation de coop&#233;ration de Shanghai (OCS) : Russie, Chine, Inde, Pakistan, Iran, Ouzb&#233;kistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Turquie et Tadjikistan. Les pays membres de l'OCS repr&#233;sentent plus de 70 % du continent eurasiatique, environ 60 % de la population mondiale et 30 % du PIB mondial. L'OCS a d&#233;j&#224; deux pays alli&#233;s qui se rapprochent : Turquie et Afghanistan&#8230; Et ce sont dix-huit pays et organisations internationales qui participeront au Forum de l'&#233;conomie num&#233;rique de l'OCS. Les relations commerciales et militaires de ce bloc de l'Est sont en plein essor avec l'Arabie saoudite et le Br&#233;sil, renfor&#231;ant encore ce bloc mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, l'essentiel dans ce &#171; bloc de l'Est &#187; est l'alliance Chine-Russie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ras-nsa.ca/fr/le-partenariat-sino-russe-et-la-bipolarisation-du-monde/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ras-nsa.ca/fr/le-partenariat-sino-russe-et-la-bipolarisation-du-monde/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la surprise dans cette alliance est celle entre Chine et Inde !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/inde-chine-modi-vante-une-nouvelle-ere-avec-la-chine-volonte-d-apaisement-bilateral_2102991.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/inde-chine-modi-vante-une-nouvelle-ere-avec-la-chine-volonte-d-apaisement-bilateral_2102991.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des exercices militaires communs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20220902-l-inde-participe-%C3%A0-reculons-%C3%A0-un-exercice-militaire-avec-la-russie-et-la-chine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20220902-l-inde-participe-%C3%A0-reculons-%C3%A0-un-exercice-militaire-avec-la-russie-et-la-chine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait un bon moment que la Russie et la Chine se heurtent aux USA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2342&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2342&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chine et Russie face aux USA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3539&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3539&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement parler d'une autre alliance qui concerne les alli&#233;s de la Russie et de la Chine, celle des BRICS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/BRICS&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/BRICS&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les BRICS se heurtent &#224; la FED am&#233;ricaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve553&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve553&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec, bien entendu, la monnaie des BRICS : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lesfrancais.press/les-brics-veulent-creer-leur-monnaie-de-reserve/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lesfrancais.press/les-brics-veulent-creer-leur-monnaie-de-reserve/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte des Brics contre la Fed, une guerre &#233;conomique entre les nouveaux imp&#233;rialismes et les anciens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve553&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve553&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pays comme la Chine, l'Inde, l'Indon&#233;sie, le Br&#233;sil, l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite et les &#201;mirats arabes unis refusent de sacrifier leurs int&#233;r&#234;ts s&#233;curitaires12et de d&#233;veloppement pour sanctionner la Russie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://legrandcontinent.eu/fr/2022/09/20/le-non-alignement-nouveau-levier-de-negociation-des-brics/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://legrandcontinent.eu/fr/2022/09/20/le-non-alignement-nouveau-levier-de-negociation-des-brics/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bloc imp&#233;rialiste Chine/Russie prend forme et a pour nom l'Organisation de Coop&#233;ration de Shanghai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6447&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6447&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poutine : &#171; l'OCS est une alternative &#224; la domination occidentale et &#224; l'h&#233;g&#233;monisme am&#233;ricain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-kremlin-fait-l-eloge-de-l-ocs-alternative-reelle-a-l-occident-20220913&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-kremlin-fait-l-eloge-de-l-ocs-alternative-reelle-a-l-occident-20220913&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sommet de l'OCS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.news.yahoo.com/sommet-locs-ouzb%C3%A9kistan-rendez-contrer-030126541.html?guccounter=1&amp;guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&amp;guce_referrer_sig=AQAAABwqFfRWGhmoXmHIL_PQbq-DBhWPkwsoKbYTodi0U4wL792WZ4PStOaHe7S9cuS8Y4CyF6ulGLn2BNRFiKocS5Nni65kp44kagGWlZOwY4MjzxwKlCiV2SlEaf4ph3p7ffU5_dVOnFe1yXmEECNJqBIZll98Y5aR4sCWWyqg-QBV&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.news.yahoo.com/sommet-locs-ouzb%C3%A9kistan-rendez-contrer-030126541.html?guccounter=1&amp;guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&amp;guce_referrer_sig=AQAAABwqFfRWGhmoXmHIL_PQbq-DBhWPkwsoKbYTodi0U4wL792WZ4PStOaHe7S9cuS8Y4CyF6ulGLn2BNRFiKocS5Nni65kp44kagGWlZOwY4MjzxwKlCiV2SlEaf4ph3p7ffU5_dVOnFe1yXmEECNJqBIZll98Y5aR4sCWWyqg-QBV&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'OCS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation de coop&#233;ration de Shanghai et les int&#233;r&#234;ts russes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2006-3-page-26.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2006-3-page-26.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le actif de l'Ouzb&#233;kistan dans l'OCS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/organisation-de-cooperation-de-shangai-le-role-actif-de-l-ouzbekistan-919286.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/organisation-de-cooperation-de-shangai-le-role-actif-de-l-ouzbekistan-919286.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives de l'OCS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cf2r.org/actualite/lorganisation-de-cooperation-de-shanghai-une-alliance-securitaire-et-economique-en-devenir/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cf2r.org/actualite/lorganisation-de-cooperation-de-shanghai-une-alliance-securitaire-et-economique-en-devenir/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum de l'&#233;conomie num&#233;rique de l'OCS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://french.china.org.cn/business/txt/2021-08/18/content_77700558.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://french.china.org.cn/business/txt/2021-08/18/content_77700558.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OCS d'aujourd'hui est une r&#233;ponse &#224; la pr&#233;&#233;minence am&#233;ricaine. Le groupe de Shanghai a d'ailleurs refus&#233; l'adh&#233;sion du Japon et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/702-l-ocs-nous-regarde.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/702-l-ocs-nous-regarde.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de l'OCS face au bloc occidental :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20220915-sommet-de-l-ocs-poutine-et-xi-affichent-leur-solidarit%C3%A9-face-aux-occidentaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20220915-sommet-de-l-ocs-poutine-et-xi-affichent-leur-solidarit%C3%A9-face-aux-occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Chine soutient aussi &#233;conomiquement la Russie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/16/la-chine-au-secours-de-l-economie-russe-un-soutien-prudent-et-interesse_6141835_3210.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/16/la-chine-au-secours-de-l-economie-russe-un-soutien-prudent-et-interesse_6141835_3210.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'affrontement s'&#233;tend &#224; l'ensemble de l'Asie, divis&#233;e en deux camps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/20/le-soutien-de-la-chine-aux-pays-d-asie-centrale-incarne-a-moyen-terme-une-menace-pour-l-ensemble-de-la-region_6146667_3232.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/20/le-soutien-de-la-chine-aux-pays-d-asie-centrale-incarne-a-moyen-terme-une-menace-pour-l-ensemble-de-la-region_6146667_3232.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russie/Chine contre USA et aussi OCS contre OTAN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/geopolitique/entre-la-chine-et-la-russie-un-veritable-rapprochement-mais-des-differences-strategiques-211763&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/geopolitique/entre-la-chine-et-la-russie-un-veritable-rapprochement-mais-des-differences-strategiques-211763&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension du bloc li&#233; &#224; Russie/Chine est souvent sousestim&#233;e. Le poids compar&#233; des deux blocs est saisissant : en population Chine plus Inde font autant que les Etats-Unis. En production industrielle, les deux blocs sont &#233;gaux : la Chine repr&#233;sente 28,4% de la production industrielle mondiale (et environ 4% pour ses alli&#233;s) contre 16,6% aux USA (plus autant pour le total de ses alli&#233;s)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon des statistiques officielles rapport&#233;es par l'agence de presse chinoise Xinhua, le PIB combin&#233; des membres de l'OCS atteint 15 000 milliards de dollar et repr&#233;sente pr&#232;s de 32% du PIB mondial pour 50% de la population mondiale. Leurs &#233;changes commerciaux totalisent 5 200 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affrontement actuel qui mobilise toute la plan&#232;te a lieu entre deux blocs qui se r&#233;alise autour des plus grandes puissances imp&#233;rialistes et capitalistes du monde. Le fait qu'il s'agisse une fois encore d'un affrontement Est/Ouest ou Occident/Orient am&#232;ne &#224; tort &#224; le comparer &#224; la guerre froide. Que les plus importantes puissances soient d'un c&#244;t&#233; Russie/Chine et de l'autre USA/Japon/Canada/Australie/Angleterre/Europe/Cor&#233;e du Sud pousse &#233;galement &#224; cette fausse comparaison. En effet, il ne s'agit plus d'un bloc capitaliste contre un bloc qualifi&#233; trompeusement de communiste et r&#233;ellement stalinien : les deux blocs sont dirig&#233;s par des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s et imp&#233;rialistes tous les deux. L'affrontement sera donc bel et bien inter-imp&#233;rialiste. L'imp&#233;rialisme n'est pour nous ni une injure, ni une accusation morale, ni un terme de d&#233;nonciation mais une expression scientifique utilis&#233;e notamment par L&#233;nine et Trotsky pour qualifier un certain stade du capitalisme qui n&#233;cessite l'invasion de la plan&#232;te, la conqu&#234;te des march&#233;s et des mati&#232;res premi&#232;res, la lutte violente et militaire prenant la suite de la lutte &#233;conomique et sociale, violente elle aussi. Les pays qui suivent le bloc de la Chine et de la Russie n'a rien &#224; voir ni avec le communisme, ni m&#234;me avec le stalinisme m&#234;me si on y trouve des pays domin&#233;s par la Russie ainsi que la Cor&#233;e du Nord : on y trouve aussi l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan, la Turquie. La Russie et la Chine n'ont plus rien de commun avec ce qu'ils &#233;taient au temps de la &#171; guerre froide &#187; contre les USA et l'Occident capitaliste. La Chine de Mao n'&#233;tait pas encore un pays capitaliste d&#233;velopp&#233; et encore moins un imp&#233;rialisme conqu&#233;rant. La Russie de la guerre froide &#233;tait bien plus sur la d&#233;fensive que pr&#234;te &#224; conqu&#233;rir le monde ou &#224; faire partie d'un bloc qui le visait. Si les pays de l'Est faisaient partie du bloc, ce n'est pas en luttant contre les USA qu'ils avaient atteri dans le &#171; Pacte de Varsovie &#187; mais au contraire en luttant aux c&#244;t&#233;s des USA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affrontement actuel est celui de deux blocs capitalistes aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s et ce sont ces int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et g&#233;opolitiques qui am&#232;nent cette division en deux de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lors des deux premi&#232;res guerres mondiales, la lutte arm&#233;e g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; la plan&#232;te se d&#233;clenchera en fonction du caract&#232;re brutal et irr&#233;versible de la chute &#233;conomique mondiale et du caract&#232;re non moins irr&#233;versible des affrontements de classe qui en d&#233;couleront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se refuser &#224; reconna&#238;tre un des deux camps imp&#233;rialistes revient &#224; le soutenir. Or le prol&#233;tariat mondial est l'adversaire r&#233;solu de tous les imp&#233;rialismes et, si les prol&#233;taires ont d'abord &#224; combattre l'imp&#233;rialisme du bloc auquel leur pays appartient, ils ne doivent nullement soutenir l'autre camp imp&#233;rialiste, fut-ce en passant sous silence ses buts, ses guerres, ses crimes, ses objectifs r&#233;els et les mensonges de ses d&#233;clarations autojustificatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat a absolument besoin de se d&#233;marquer de tous les camps en pr&#233;sence de mani&#232;re claire et nette et aussi absolument besoin de prendre conscience de la force que repr&#233;sente l'internationalisme face &#224; la mont&#233;e des nationalismes guerriers du monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires n'ont pas pour ennemi l'un des camps imp&#233;rialistes mais l'ensemble du monde capitaliste, y compris les &#171; petits &#187; pays capitalistes ! Ils d&#233;clarent la guerre sociale contre la guerre imp&#233;rialiste et proclament la n&#233;cessit&#233; absolue d'une organisation internationale des prol&#233;taires, organisation qui fonde sa politique sur la mise en place des comit&#233;s de travailleurs et leur f&#233;d&#233;ration &#224; l'&#233;chelle nationale comme internationale en vue de la prise du pouvoir par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire renversant l'ensemble de la classe capitaliste, saisissant tous ses biens sans indemnit&#233; ni rachat et l'expulsant de la direction politique de la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur l'imp&#233;rialisme chinois &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; nouvelles routes de la soie &#187; de l'imp&#233;rialisme chinois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5315&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5315&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine plus conqu&#233;rante et plus capitaliste que jamais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine domine &#233;conomiquement un monde capitaliste en d&#233;liquescence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1118&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1118&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie europ&#233;enne s'incline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1768&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1768&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine en crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1133&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1133&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de la Chine est d&#233;termin&#233; par le prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6916&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6916&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la classe ouvri&#232;re de Chine fait trembler les classes poss&#233;dantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve949&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve949&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ouvrent la voie &#224; une confrontation avec la Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve719&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve719&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1922 : situation r&#233;volutionnaire en Gr&#232;ce - The Greek Revolution</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7167</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7167</guid>
		<dc:date>2021-05-30T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1922, l'arm&#233;e grecque du roi Constantin, qui n'est plus soutenue par les puissances alli&#233;es, est vaincue par l'arm&#233;e turque de Mustafa Kemal. Il s'ensuit une crise r&#233;volutionnaire dans le peuple et l'arm&#233;e grecque... La situation r&#233;volutionnaire va se terminer par un coup d'&#233;tat militaire qui renverse le roi Constantin et &#233;tablit une dictature militaire sous couvert de r&#233;publique. &lt;br class='autobr' /&gt; La r&#233;volution grecque &lt;br class='autobr' /&gt;
de Karl Radek &lt;br class='autobr' /&gt;
Le roi Constantin a &#233;t&#233; le bouc &#233;missaire de la d&#233;faite des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1922, l'arm&#233;e grecque du roi Constantin, qui n'est plus soutenue par les puissances alli&#233;es, est vaincue par l'arm&#233;e turque de Mustafa Kemal. Il s'ensuit une crise r&#233;volutionnaire dans le peuple et l'arm&#233;e grecque... La situation r&#233;volutionnaire va se terminer par un coup d'&#233;tat militaire qui renverse le roi Constantin et &#233;tablit une dictature militaire sous couvert de r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La r&#233;volution grecque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;de Karl Radek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roi Constantin a &#233;t&#233; le bouc &#233;missaire de la d&#233;faite des arm&#233;es grecques. Un soul&#232;vement l'a chass&#233; de son tr&#244;ne, et la bourgeoisie grecque a tenu &#224; pr&#233;server la monarchie et le tr&#244;ne pour son fils. S'il cela r&#233;ussit, notre connaissance actuelle de la situation, bas&#233;e sur quelques t&#233;l&#233;grammes officiels, qui, comme d'habitude, tendent &#224; peindre la situation dans des couleurs plus vives, ne nous permet pas de tirer des conclusions. On peut d&#233;duire des t&#233;l&#233;grammes que la r&#233;volution &#233;tait dirig&#233;e contre la guerre, mais n'a pas de caract&#232;re national. Nous tirons cela de la nouvelle que les rebelles s'opposent &#224; un gouvernement de Venizelos, les principaux fomenteurs de l'aventure de l'Asie Mineure. Si Venizelos refait son apparition sur la sc&#232;ne politique, pour la s&#233;curit&#233; de la France, il doit en r&#233;sulter un aiguisement des confits et une acc&#233;l&#233;ration du mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit Constantin-Venizelos n'avait aucun caract&#232;re personnel. Venizelos est &#233;troitement li&#233; &#224; la bourgeoisie grecque, en particulier aux capitalistes du transport maritime. C'est pour eux qu'il suit sa politique d'expansion &#224; l'&#233;tranger. Pendant la guerre mondiale, Venizelos a fait tous les efforts pour entra&#238;ner la Gr&#232;ce dans une guerre avec la Turquie afin d'annexer une section d'Asie mineure. La politique de Constantine a favoris&#233; la Triple Alliance. Son comportement &#224; l'&#233;gard des puissances centrales n'&#233;tait pas uniquement d&#251; &#224; des go&#251;ts personnels - il avait &#233;pous&#233; la s&#339;ur de Guillaume II - mais aussi parce qu'il esp&#233;rait briser l'influence de l'Angleterre en Gr&#232;ce. L'aide de l'Allemagne et de l'Autriche aurait assur&#233; une victoire sur la Serbie et une alliance avec la Bulgarie ; L'influence de l'Angleterre en Gr&#232;ce en tant que l'une des puissances dominantes de la M&#233;diterran&#233;e aurait ainsi &#233;t&#233; renvers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantin est devenu le chef des cercles petits-bourgeois anti-bolcheviques de Gr&#232;ce. D&#233;pouill&#233; de son pouvoir par les Alli&#233;s en 1917, il abdiqua au profit de son deuxi&#232;me fils, Alexandre, en d&#233;cembre 1920, apr&#232;s la mort de son fils et la d&#233;faite &#233;lectorale de Venizelos, il retourna en Gr&#232;ce. Mais la Gr&#232;ce &#233;tait d&#233;j&#224; engag&#233;e dans la guerre avec la Turquie et les arm&#233;es grecques occupaient l'Asie Mineure. Bien que revenu sur le tr&#244;ne par les masses pacifistes des paysans et de la petite bourgeoisie urbaine, Consiantine a &#233;t&#233; contraint de poursuivre la politique de Venizelos pour &#233;viter un conflit avec les Alli&#233;s. Apr&#232;s avoir nou&#233; des relations avec les banques anglaises par l'interm&#233;diaire du financier gr&#233;co-anglais Basilius Sacharov, il avait r&#233;ussi &#224; obtenir le soutien de l'Angleterre, ce qui a suscit&#233; l'inimiti&#233; de la France, qui voyait en Constantin le repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts anglais et allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aventure en Asie Mineure a profond&#233;ment secou&#233; la situation financi&#232;re de la Gr&#232;ce. La dette ext&#233;rieure grecque est pass&#233;e de 846 millions de drachmes en 1913 (une drachme valait alors un franc) &#224; 4 milliards &#224; la fin de 1920, et est estim&#233;e aujourd'hui &#224; 10 milliards de drachmes. Au fur et &#224; mesure que les importations pour les besoins de l'arm&#233;e augmentaient, la balance commerciale de la Gr&#232;ce a chavir&#233;. L'augmentation du co&#251;t de la vie et de la fiscalit&#233; rapprochait chaque jour la crise. En 1918, un mouvement ouvrier dynamique a commenc&#233; en Gr&#232;ce ; des syndicats ont &#233;t&#233; form&#233;s. Un parti socialiste a &#233;galement &#233;t&#233; fond&#233;, qui a rejoint l'Internationale communiste en 1920. Malgr&#233; sa jeunesse et le fait que seuls 150 000 des 6 millions d'habitants de la Gr&#232;ce sont des ouvriers industriels (750 000 avec leurs familles), le Parti communiste, qui a pris la direction de tous les mouvements de gr&#232;ve anti-guerre, jouit d'une confiance consid&#233;rable parmi la population. Pendant toute la dur&#233;e de sa suppression par le gouvernement, son quotidien Rizospastis avait une liste de 10 000 abonn&#233;s. Son influence se faisait d&#233;j&#224; largement sentir lors des &#233;lections de novembre. Le gouvernement a proc&#233;d&#233; aux repr&#233;sailles les plus cruelles contre le mouvement ouvrier. Les organisations du Parti communiste ont &#233;t&#233; d&#233;truites, ses dirigeants jet&#233;s en prison, les gr&#233;vistes envoy&#233;s au front. Mais malgr&#233; tout, le gouvernement n'a pas pu tuer le Parti. Il se rel&#232;ve apr&#232;s chaque pers&#233;cution ; il y a deux mois, le gouvernement a de nouveau jet&#233; en prison tout le Comit&#233; central du Parti. Les appels du Parti communiste trouvent une r&#233;ponse non seulement parmi les ouvriers de l'industrie, mais aussi dans une partie de la paysannerie et dans l'arm&#233;e. Les paysans de Thessalie sont des serfs &#224; ce jour ! Le Parlement, dans lequel les grands propri&#233;taires terriens contr&#244;lent 80 voix, a r&#233;ussi &#224; saboter m&#234;me le projet de loi sur la ran&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement agraire prend un caract&#232;re toujours plus dangereux. La premi&#232;re ann&#233;e, le gouvernement a &#233;t&#233; contraint de r&#233;primer par la force un soul&#232;vement arm&#233; &#224; Volo auquel 20 000 paysans ont pris part. L'arm&#233;e est en &#233;tat de d&#233;sint&#233;gration ; le gouvernement ne peut cacher le fait qu'en gardant l'arm&#233;e en Asie Mineure. Depuis un an, d&#233;sertions massives, fusillades massives, pers&#233;cutions brutales de ces soldats coupables de diffusion de la presse communiste sont &#224; l'ordre du jour. Puis vint la d&#233;faite et la col&#232;re de la population ne put plus se calmer. La d&#233;mobilisation spontan&#233;e, la saisie des navires de guerre par les soldats rebelles rentrant en Gr&#232;ce, le soul&#232;vement d'Ath&#232;nes ont finalement conduit au renversement de Constantin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut encore se demander si les Alli&#233;s garderont le contr&#244;le de l'insurrection et la limiteront simplement &#224; la d&#233;position de Constantin et &#224; son remplacement par son fils George, ou si le jeune parti communiste aura assez de force pour &#233;largir le mouvement ; mais en tout cas, le soul&#232;vement a d&#233;truit tout espoir de garder l'arm&#233;e thrace sous les armes. L'esprit de cette arm&#233;e &#233;tait bien inf&#233;rieur &#224; celui de l'arm&#233;e d'Asie mineure ; il &#233;tait principalement compos&#233; de d&#233;serteurs qui avaient fui le front de bataille. Sa perturbation est in&#233;vitable et se d&#233;roulera d'autant plus rapidement que les troupes partisanes bulgares et turques ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; agir en Thrace. Ces faits renforcent les chances de Kemal Pacha de reconqu&#233;rir la Thrace. La Thrace peut tomber aux mains des bulgares ou des turcs m&#234;me si les Alli&#233;s conservent les Dardanelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_gr%C3%A9co-turque_(1919-1922)#La_contre-attaque_turque_(ao%C3%BBt_1922)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Guerre gr&#233;co-turque (1919-1922)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_11_septembre_1922&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le coup d'&#201;tat du 11 septembre 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;The Greek Revolution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(10 October 1922)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;King Constantine has been made the goat for the defeat of the Greek armies. An uprising has chased him from his throne, and the Greek bourgeoisie is anxious to preserve the monarchy and the throne for his son. Whether it will be successful our present knowledge of the situation, based on a few official telegrams, which as usual, tend to paint the situation in brighter colors, does not permit us to draw any conclusions. We may gather from the telegrams that the revolution was directed against the war, but has no national character. We gather this from the news that the rebels oppose a Venizelos Government, the chief fomentors of the Asia Minor adventure. Should Venizelos again make his appearance on the political arena, for the safety of France, the result must be a sharpening of confkicts, and an acceleration of the revolutionary movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The conflict Constantin-Venizelos had no personal character. Venizelos is closely connected with the Greek bourgeoisie, especially the marine transport capitalists. It is for their benefit that he follows his policy of overseas expansion. During the World War, Venizelos made all efforts to embroil Greece in a War with Turkey so as to annex a section of Asia Minor. Constantine's policy favored the Triple Alliance. His behaviour towards the Central Powers did not originate purely from personal likes &#8211; he had married the sister of Wilhelm II &#8211; but also because he hoped to break England's influence in Greece. The help of Germany and Austria would have insured a victory over Serbia and an alliance with Bulgaria ; England's influence in Greece as one of the dominating powers of the Mediterranean would thereby have been overthrown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantine became the leader of the petty bourgeois, anti-Bolshevik circles of Greece. Robbed of his power by the Allies in 1917, he abdicated in favor of his second son, Alexander, in December 1920, after the death of his son and the electoral defeat of Venizelos, he returned to Greece. But Greece was already engaged in war with Turkey and Greek armies occupied Asia Minor. Although returned to the throne by the pacifistic masses of the peasants and the urban petty bourgeoisie, Consiantine was forced to continue Venizelos' policy to avoid a conflict with the Allies. After entering into relations with the English banks through the Greco-English financier Basilius Sacharov, he had managed to obtain England's support, which aroused the enmity of France, who saw in Constantine the representative of the English as well as the German interests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The adventure into Asia Minor shook profoundly the financial state of Greece. The Greek foreign debt rose from 846 million drachmas in 1913 (one drachma then was worth a franc) to 4 billions at the end of 1920, and is estimated now at 10 billion drachmas. As the imports for the needs of the army increased, the balance of trade of Greece capsized. The increasing cost of living and taxation brought the crisis daily nearer. In 1918 a lively labor movement began in Greece ; trade unions were formed. A Socialist Party was also founded, which joined the Communist International in 1920. In spite of its youth and of the fact that only 150,000 of Greece's 6 million population are industrial workers (750,000 with their families), the Communist Party, which assumed the leadership of all the anti-war strike movements, enjoys a considerable confidence among the population. All the time of its suppression by the government, its daily Rizospastis had a subscribers' list of 10,000. Its influence was already largely felt at the time of the November elections. The Government proceeded with the most cruel reprisals against the labor movement. The organizations of the Communist Party were destroyed, its leaders thrown into prison, the striking workers sent to the front. But in spite of all, the government was not able to kill the Party. It stands up again after every persecution ; two months ago the government again threw into prison the whole Central Committee of the Party. The appeals of the Communist Party find response not only among the industrial workers, but also in a section of the peasantry and in the Army. The peasants of Thessaly are serfs to this day ! Parliament, in which the big landowners control 80 votes, managed to sabotage even the ransom bill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The agrarian movement assumes a continually more dangerous character. In the first year the government was compelled to suppress by force an armed uprising in Volo in which 20,000 peasants took part. The Army is in a state of disintegration ; the government is able to hide the fact only by keeping the Army in Asia Minor. For a year, mass desertions, mass shootings, brutal persecutions of those soldiers guilty of spreading the Communist press are on the order of the day. Then came the defeat, and the anger of the population could no longer be stilled. The spontaneous demobilization, the seizure of the warships by the rebelling soldiers returning to Greece, the uprising jn Athens finally led to the overthrow of Constantine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It may still remain doubtful whether the Allies will remain in control of the insurrection and limit it merely to the deposition of Constantine and his replacement by his son George, or whether the young Communist Party may have sufficient strength to enlarge the movement ; but at any rate, the uprising has destroyed all hopes of keeping the Thracian Army under arms The spirit of this army was much below that of the Asia Minor Army ; it was composed primarily of deserters who had fled from the battle front. Its disruption is inevitable and will proceed the more rapidly because Bulgarian and Turkish partisan troops have already begun to act in Thrace. These facts strengthen Kemal Pasha's chances to reconquer Thrace. Thrace may fall into Bulgarian or Turkish hands even if the Allies retain the Dardanelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Radek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/radek/1922/10/greekrev.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Libye : les classes poss&#233;dantes locales comme imp&#233;rialistes pr&#233;f&#232;rent la guerre et le terrorisme permanents que la r&#233;volution permanente !</title>
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&lt;p&gt;&#233;dito &lt;br class='autobr' /&gt;
Libye : les classes poss&#233;dantes locales comme imp&#233;rialistes pr&#233;f&#232;rent la guerre et le terrorisme permanents que la r&#233;volution permanente ! &lt;br class='autobr' /&gt;
On conna&#238;t le mythe diffus&#233; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale : les grandes puissances, &#224; commencer par USA et France, ont &#171; lib&#233;r&#233; &#187; la Libye du joug de la dictature de Kadhafi. Le fait que ce r&#233;gime soit l'un des principaux pays p&#233;troliers et un alli&#233; de la Russie n'a pas jou&#233; dans leur choix : c'est du moins le mensonge officiel diffus&#233; en occident ! Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot195" rel="tag"&gt;Arabie saoudite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot210" rel="tag"&gt;Libye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot215" rel="tag"&gt;Emirats arabes unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;dito
&lt;p&gt;Libye : les classes poss&#233;dantes locales comme imp&#233;rialistes pr&#233;f&#232;rent la guerre et le terrorisme permanents que la r&#233;volution permanente !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le mythe diffus&#233; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale : les grandes puissances, &#224; commencer par USA et France, ont &#171; lib&#233;r&#233; &#187; la Libye du joug de la dictature de Kadhafi. Le fait que ce r&#233;gime soit l'un des principaux pays p&#233;troliers et un alli&#233; de la Russie n'a pas jou&#233; dans leur choix : c'est du moins le mensonge officiel diffus&#233; en occident ! Les &#233;v&#233;nements qui ont accompagn&#233; et suivi la chute de Kadhafi ont cependant d&#233;menti cette version officielle des imp&#233;rialismes occidentaux, celle selon laquelle ils n'ont &#339;uvr&#233; militairement &#224; la chute et &#224; l'assassinat du dictateur que pour sauver le peuple libyen !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tout d'abord un fait qui n'est jamais cit&#233; par les commentateurs : c'est le peuple libyen lui-m&#234;me qui, dans la foul&#233;e des r&#233;volutions sociales d'Egypte et de Tunisie (et aussi d'Alg&#233;rie et du Maroc, m&#234;me si celles-ci ont &#233;t&#233; moins loin dans un premier temps), ont entra&#238;n&#233; bien d'autres printemps dont celui de Libye, faisant craindre que cette r&#233;volution permanente s'&#233;tendant partout n'en vienne &#224; des pouvoirs des exploit&#233;s. C'est l&#224; la premi&#232;re motivation des imp&#233;rialismes dans leur interventionnisme contre Kadhafi : mieux vaut qu'il ne chute pas sous les coups de son propre peuple mais sous ceux d'une arm&#233;e imp&#233;rialiste occidentale ! N'oublions pas que l'imp&#233;rialisme occidental en &#233;tait rest&#233; &#224; la th&#232;se de &#171; l'interventionnisme anti-dictature et humanitaire &#187;, celui qui lui avait permis d'avoir un soutien international tr&#232;s large dans sa &#171; guerre contre le terrorisme &#187; en Afghanistan, suite au terrorisme du World Trade Center&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; humanitaire de cette guerre d'Afghanistan n'est pas apparue, pas plus que son caract&#232;re anti-dictatorial, ni que ses buts de reconstruction d'une soci&#233;t&#233; libre et d&#233;velopp&#233;e. Au contraire, en Afghanistan comme en Irak et en Libye ou ailleurs, on a assist&#233; &#224; des guerres imp&#233;rialistes, pas plus justes, pas plus humanitaires que ne l'avaient &#233;t&#233; les guerres de Cor&#233;e ou du Vietnam&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dictateurs n'avaient pas &#233;t&#233; les seuls &#224; subir les foudres de la guerre imp&#233;rialiste : les peuples l'ont subi durement et les lendemains de la chute du dictateur n'ont &#233;t&#233; que la mise en place d'une nouvelle dictature. Si la r&#233;volution sociale et politique tonne &#224; nouveau en Irak, c'est parce qu'il n'y a eu rien de bon dans le r&#233;gime mis en place par l'occupant militaire am&#233;ricain en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, en Libye, il n'y a non plus rien eu de bon dans les forces politiques et militaires que les imp&#233;rialismes occidentaux ont soutenu contre Kadhafi puis ont arm&#233; et mis au pouvoir. Toutes ces forces ont des bandes terroristes, toutes visent &#224; la dictature, toutes veulent se servir du pouvoir pour se servir tout court, et notamment dans la manne p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si cela fait autant de bruit, si l'&#233;chec des interventions imp&#233;rialistes appara&#238;t aussi sanglant en Libye, c'est que cela n'a pas men&#233; &#224; un pouvoir unique mais &#224; des zones oppos&#233;es et divis&#233;es qui se font la guerre et dont aucune n'est capable de conqu&#233;rir militairement l'ensemble de l'ancienne Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune de ces zones, chacun de ces pouvoirs est soutenu par un des camps des puissances qui oppriment toute la r&#233;gion comme des grands imp&#233;rialismes, c'est-&#224;-dire par les puissances occidentales mais aussi par l'Arabie saoudite, les &#233;mirats, l'Egypte d'un c&#244;t&#233; et la Turquie et la Russie de l'autre. Les grandes puissances jouent les pacifistes mais arment tous les bords en guerre et la guerre ne les d&#233;range pas tant que cela, du moment que le peuple libyen reste d&#233;moralis&#233; et d&#233;mobilis&#233; par ces affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, cette guerre les d&#233;range dans la mesure o&#249; elle ne permet pas d'exploiter &#224; leur propre profit et tranquillement le p&#233;trole libyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la chute de Kadhafi a &#233;t&#233; le signal du lancement d'une quantit&#233; de bandes arm&#233;es terroristes, les puissances imp&#233;rialistes intervenant sur place, USA et France, les ayant fait prosp&#233;rer et arm&#233; et ayant laiss&#233; tous les stocks d'armes de Kadhafi &#224; disposition de toutes les bandes arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La multiplication du terrorisme partie de Libye qui en a d&#233;coul&#233; et qui a inond&#233; tout le Sahel, continue de le faire, donnant pr&#233;texte &#224; l'imp&#233;rialisme pour intervenir militairement dans toute la r&#233;gion sous le pr&#233;texte de sauver les Etats et les peuples d'un nouvel Etat islamique terroriste ou d'une invasion des groupes terroristes sah&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vient de le voir avec le sommet de Macron et des chefs d'Etat du Niger, du Mali, du Tchad et du Burkina Faso qui, sous la menace d'&#234;tre abandonn&#233;s aux attaques terroristes, ont &#233;t&#233; contraints d'accepter une occupation militaire fran&#231;aise encore augment&#233;e et de donner carte blanche &#224; la France pour tuer et d&#233;truire toute la r&#233;gion sous pr&#233;texte d'antiterrorisme. Pourtant, les chefs d'Etat en question ne sont pas moins dictatoriaux que l'&#233;tait Kadhafi ou Saddam et surtout pas moins que ne le sont Macron et Trump !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les camps en pr&#233;sence en Libye ont eu des soutiens terroristes et les grandes puissances ont ouvertement soutenu des groupes terroristes. C'est le cas par exemple de l'homme d'Etat Fabius qui d&#233;clarait m&#234;me &#224; qui voulait l'entendre que l'on ne devait pas faire la fine bouche et qu'il fallait armer et financer les groupes terroristes en Libye si on voulait en finir avec Kadhafi ! Les autres hommes politiques de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne contestaient que la n&#233;cessit&#233; de le dire ouvertement&#8230; Et depuis aucun homme politique, de Sarkozy &#224; Hollande en passant par Macron, n'a d&#233;nonc&#233; ce crime ! Aucun n'a lev&#233; le petit doigt pour faire cesser la mainmise des groupes terroristes en Libye. Aucun n'a cherch&#233; &#224; les emp&#234;cher de faire fortune en enlevant les migrants, en les esclavagisant, en les prostituant, en les torturant, etc&#8230; Les guerres internes de la Libye justifient au contraire, aux yeux des pays imp&#233;rialistes, de continuer &#224; financer et armer les bandes qui pillent le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ils organisent des conf&#233;rences internationales qui d&#233;cident de &#171; travailler pour la paix &#187;, de rechercher le cessez-le-feu, le d&#233;sarmement, et, au moins, l'embargo des armes. Mais ils savent parfaitement ne pas pouvoir l'imposer &#224; l'Arabie saoudite ou &#224; la Turquie et surtout ils savent ne pas souhaiter cette paix qui ne pourrait qu'entra&#238;ner la remise en route de la r&#233;volution sociale et politique libyenne comme la paix en Irak a entra&#238;n&#233; le retour de la r&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rivalit&#233;s des grandes puissances comme USA, France et Russie, celles des puissances locales comme Arabie saoudite et Turquie, n'emp&#234;chent pas un accord g&#233;n&#233;ral de tous les Etats et de toutes les classes poss&#233;dantes contre la r&#233;volution sociale mondiale qui d&#233;passe les situations locales et se moque des fronti&#232;res, parcourant le monde de l'Am&#233;rique du sud au Moyen Orient et &#224; l'Orient, de la France &#224; l'Afrique et &#224; l'Asie. C'est partout dans le monde que le terrorisme leur sert de pr&#233;texte &#224; la guerre permanente pour faire face &#224; la r&#233;volution permanente. Les attentats terroristes servent d'argument aussi bien contre les gilets jaunes en France que contre la r&#233;volution sociale et politique au Mali, ou encore en Libye ou en Irak&#8230; Exactement comme le terrorisme avait servi &#224; &#233;radiquer la r&#233;volution sociale en Alg&#233;rie apr&#232;s l'explosion populaire et prol&#233;tarienne de 1988. Mais, comme chacun peut le constater, la r&#233;volution est toujours pr&#233;sente et n'a que retard&#233; son apparition, revenant en 2019 sur le devant de la sc&#232;ne alg&#233;rienne pour ne plus la quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la r&#233;volution sociale est permanente, comme le mouvement des gilets jaunes. Non seulement permanente dans le temps mais aussi dans l'espace, se projetant d'un pays &#224; un autre, d'une r&#233;gion du monde &#224; une autre, et permanente &#233;galement dans le sens que ses objectifs ne cessent de s'approfondir, mettant d'abord seulement en cause une mesure antisociale injuste, puis les remettant toutes en cause, puis remettant directement en cause les fondements m&#234;me du pouvoir d'Etat et de celui des classes poss&#233;dantes, et finissant par remettre en question toutes les bases de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais les guerres imp&#233;rialistes, les guerres locales ou r&#233;gionales n'ont &#233;t&#233; men&#233;es pour lib&#233;rer des peuples, ni en Libye ni ailleurs, ni maintenant ni jamais. C'est juste un mensonge grossier d'avoir pr&#233;tendu, comme l'a fait Sarkozy en France, qu'il agissait, &#224; la t&#234;te des forces arm&#233;es de la France, en lib&#233;rateur du peuple libyen et les forces politiques et sociales qui ont particip&#233; &#224; cette mascarade ne sont pas des enfants de c&#339;ur mais des assassins et des trompeurs politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France n'est pas la seule : tous les imp&#233;rialismes sont de plus en plus excit&#233;s &#224; recoloniser le monde. L'Angleterre, les USA, la Chine et la Russie se jettent eux aussi sur l'Afrique, sur l'Orient, sur l'Asie et recolonisent &#224; toute vitesse, en s'appuyant sur la crise mondiale et sur le terrorisme pour imposer leur pr&#233;sence aux Etats des pays pauvres. Et ils le font d'autant plus que cela les arrange de polariser la plan&#232;te entre pays riches et pays pauvres plut&#244;t que de la laisser se polariser dans un affrontement de classe, entre exploiteurs et exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement sur cette lutte de classes que les travailleurs du monde doivent compter contre les pouvoirs capitalistes car c'est la seule qui leur donne la bonne perspective : en finir avec l'exploitation capitaliste d&#233;finitivement et historiquement d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=guerre+de+la+france+en+libye+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mythes, l&#233;gendes et religions qui ont accompagn&#233; les passages du matriarcat au patriarcat</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6405</link>
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		<dc:date>2019-08-13T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>
		<dc:subject>Irak - Iraq</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Partout dans le monde : des d&#233;esses bien avant les dieux... &lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;esse &#233;gyptienne Ma&#226;t dirige l'ordre cosmique &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;esse &#233;gyptienne Sekhmet : &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;esse ph&#233;nicienne Hathor : &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;esse Aphrodite : Le menhir de la d&#233;esse-m&#232;re : La d&#233;esse-reine Ishtar de Mari : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les religions monoth&#233;istes d'Etat, qui sont des d&#233;fenseurs violents du patriarcat, ont d&#233;truit bien des traces des anciennes religions de l'&#233;poque du matriarcat, comme le dit clairement l'Ancien Testament : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vous d&#233;truirez tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Irak - Iraq&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partout dans le monde : des d&#233;esses bien avant les dieux...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/venus-willendorf-autres-venus-prehist-688po-133a0-3f6cd.jpg?1782262723' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;esse &#233;gyptienne Ma&#226;t dirige l'ordre cosmique&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH395/droit-femme-egypte-ba6b3-d0a02.jpg?1782262723' width='500' height='395' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;esse &#233;gyptienne Sekhmet :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12469 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH249/ad84f07_13950-11fbre4-d6i7-485b9-a01c8.jpg?1782262723' width='500' height='249' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;esse ph&#233;nicienne Hathor :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12465 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/deesse_pehnicienne_hathor-d1e0b.jpg?1782262723' width='220' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;esse Aphrodite :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12468 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH555/1200px-Aphrodite_swan_BM_D2-db2e3-4abd7.jpg?1782262723' width='500' height='555' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le menhir de la d&#233;esse-m&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12467 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/Statue-menhir-9104c-e2121.jpg?1782262723' width='220' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;esse-reine Ishtar de Mari :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH465/Ishtar_-_stele_of_Shamsh-res-usur__governor_of_Mari_and_Suhi-7b961-f439c.jpg?1782262723' width='220' height='465' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les religions monoth&#233;istes d'Etat, qui sont des d&#233;fenseurs violents du patriarcat, ont d&#233;truit bien des traces des anciennes religions de l'&#233;poque du matriarcat, comme le dit clairement l'Ancien Testament :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous d&#233;truirez tous les lieux o&#249; les nations que vous allez chasser servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines et sous tout arbre vert. Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues&#8230; &#187; (Deut&#233;ronome)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bel et bien le matriarcat qui est vis&#233; et pas seulement le polyth&#233;isme, le paganisme, l'animisme et le chamanisme. L'Ancien Testament montre clairement que son dieu est contre les femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas &#234;tre plus clair que de dire &#171; tu enfanteras des fils &#187;. Inutile de parler des filles dans une religion o&#249; l'homme prof&#232;re cette premi&#232;re phrase de sa journ&#233;e : &#171; je te remercie mon dieu de ne pas m'avoir fait femme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12472 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH250/fr210391a-4ef99-50daa.jpg?1782262723' width='500' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Juda&#239;sme, catholicisme, islam et protestantisme, tous les grands monoth&#233;ismes, ne renieront rien de ce patriarcat violent et anti-femmes qui date du renversement du matriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence en toute soumission. Je ne permets pas &#224; la femme d'enseigner ni de faire la loi &#224; l'homme. Qu'elle se tienne tranquille. C'est Adam en effet qui fut form&#233; le premier, Eve ensuite. Et ce n'est pas Adam qui se laissa s&#233;duire, mais la femme qui, s&#233;duite, se rendit coupable de transgression&#8230; &#187; (Nouveau Testament &#8211; Thimoth&#233;e I, 2 :11-14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas les musulmans qui ont invent&#233; de voiler les femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je veux cependant que vous sachiez que le chef de tout homme, c'est le Christ ; le chef de la femme, c'est l'homme. L'homme, lui, ne doit pas se couvrir la t&#234;te, parce qu'il est l'image et le reflet de Dieu ; quant &#224; la femme, elle est le reflet de l'homme. Et ce n'est pas l'homme, bien s&#251;r, qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour la femme, mais la femme pour l'homme. &#187; (Nouveau Testament, Corynthiens I, 11 : 3,7,9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, l'islam :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Allah ne tol&#232;rera pas l'idol&#226;trie, ni les pa&#239;ens qui adorent les femelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces religions, le simple mot de &#171; d&#233;esse &#187; est prohib&#233;, m&#234;me pour parler du pass&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de longues ann&#233;es, les travaux des scientifiques ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par l'origine jud&#233;o-chr&#233;tienne de leur &#233;ducation, les rendant incapable d'imaginer une soci&#233;t&#233; matriarcale malgr&#233; des signes &#233;vidents de cette &#233;tape de l'histoire des soci&#233;t&#233;s humaines. Aujourd'hui encore, la r&#233;action patriarcale tend &#224; revenir sur l'&#233;tape matriarcale de l'humanit&#233;, alors que nous sommes certains que la paternit&#233; &#233;tait inconnue des premiers homo sapiens et cela durant l'essentiel de leur existence et que le couple fixe (un homme et une femme) est d'origine relativement r&#233;cente dans les &#226;ges pr&#233;historiques. Pendant l'essentiel de l'histoire de notre esp&#232;ce, la f&#233;condit&#233; humaine et l'accouchement sont rest&#233;s des secrets de la communaut&#233; des femmes, compl&#232;tement interdits &#224; l'homme et la f&#233;condit&#233; de la terre, quand la culture des plantes a &#233;t&#233; d&#233;couverte et g&#233;n&#233;ralis&#233;e, a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme ins&#233;parable de la f&#233;condit&#233; humaine, donc le privil&#232;ge des femmes. Chez de nombreuses populations rest&#233;es au stade aborig&#232;ne la paternit&#233; g&#233;n&#233;tique li&#233;e &#224;a la sexualit&#233; est inconnue et on ne conna&#238;t que le lien maternel de l'enfant &#224; na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on rajoute que tous les objets conserv&#233;s par le couple, la famille ou la tribu &#233;taient aux mains des femmes avec le foyer et la pr&#233;servation des enfants, on retrouve que les femmes avaient une place centrale dans la tribu et aussi une place clef dans les d&#233;cisions du groupe. Et les principaux &#171; secrets &#187; &#233;taient eux aussi f&#233;minins, donc les croyances principales passaient par les femmes. La sagesse &#233;tait r&#233;put&#233;e f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les d&#233;esses sont l&#233;gion dans toute l'antiquit&#233; : d&#233;esse Nut, reine du ciel de l'Egypte ancienne, d&#233;esse Sarasvati, inventrice de l'alphabet de l'Inde, d&#233;esse Brigit de l'Irlande celtique, d&#233;esse Nidaba, inventrice des tablettes d'argile et de l'art de l'&#233;criture &#224; Sumer, et aussi reine du Ciel &#224; Sumer, dans le temple d'Erech, encore d&#233;esse Ninlil qui avait transmis &#224; son peuple la connaissance des processus de semailles et de r&#233;colte, d&#233;esse Cerridwen, r&#233;gissant l'intelligence et la connaissance, d&#233;esse Ga&#239;a de la terre en Gr&#232;ce, d&#233;esse grecque D&#233;m&#233;ter,et, bien s&#251;r, d'abord et avant toutes, la d&#233;esse Ishtar-Inanna-Astart&#233; de toute la M&#233;sopotamie-Elam qui &#233;tait &#224; la fois guide du peuple, proph&#233;tesse, ma&#238;tresse du futur. Et, bien s&#251;r, cela refl&#233;tait la situation r&#233;elle des femmes. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, dans la ville antique de Nimroud, les arch&#233;ologues ont retrouv&#233; que les femmes &#233;taient juges et magistrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que, partout sur la plan&#232;te, les d&#233;esses ont largement pr&#233;exist&#233; aux dieux. Pour donner un ordre de grandeur des temps en question, on trouve des d&#233;esses d&#232;s le d&#233;but du n&#233;olithique et m&#234;me au pal&#233;olithique (par exemple 25.000 ans avant J.-C.), alors que les dieux n'apparaissent au plus tard que 2000 avant J.-C. (les cultes abrahamiques, dont les monoth&#233;ismes des peuples s&#233;mites et occidentaux sont issus, datant au plus tard de 1800 avant J.-C.). On trouve des d&#233;esses-m&#232;res et des &#171; v&#233;nus &#187; plus de 20.000 ans avant J.-C., par exemple &#224; Shanidar sur le Tigre, puis &#224; Hacilar en Anatolie 6.000 ans avant J.-C., puis &#224; J&#233;richo 7.000 ans avant J.-C. au pays de Canaan, ou encore &#224; Jarmo en Irak, 6.800 ans avant J.-C. Et 6.500 avant J.-C., &#224; Catal H&#246;y&#252;k, pendant un mill&#233;naire au moins, plusieurs dizaines de sanctuaires sont consacr&#233;s &#224; la d&#233;esse sous ses trois aspects, jeune fille, m&#232;re et a&#239;eule. A Hassuna, 5.500 ans avant J.-C., comme &#224; Halaf, 5.000 ans avant J.-C., et enfin &#224; Ur et Uruk, dans les phases les plus anciennes de ces deux villes m&#233;sopotamiennes de l'Euphrate, comme dans les cultures badariennes et amratienne d'Egypte antique et &#224; Sumer &#224; la d&#233;couverte de l'&#233;criture en 3.000 avant J.-C., c'est encore des figurines de la d&#233;esse-m&#232;re qui ont &#233;t&#233; trouv&#233;es et aucune repr&#233;sentation d'un dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve, depuis le pal&#233;olithique r&#233;cent, la grand-m&#232;re originelle de la tribu, m&#232;re du clan, la m&#232;re de l'Univers, m&#232;re aussi de la f&#233;condit&#233; humaine, animale et v&#233;g&#233;tale, puis la m&#232;re-terre, m&#232;re de l'agriculture, enfin la d&#233;esse ma&#238;tresse de la soci&#233;t&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Campbell &#233;crit dans &#171; Mythologie primitive &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici, ce sont les femmes qui d&#233;tiennent le pouvoir, elles ne sont pas seulement des g&#233;nitrices mais les principales productrices de la nourriture. En r&#233;alisant qu'il est possible de cultiver la terre tout autant que d'en cueillir les fruits, les femmes ont donn&#233; une valeur &#224; la terre dont elles sont devenues les d&#233;tentrices. C'est ainsi qu'elles acquirent un certain prestige et un pouvoir &#233;conomique et social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hawkes (1963) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout porte &#224; croire que dans les soci&#233;t&#233;s de la premi&#232;re &#233;poque du n&#233;olithique, le droit de la m&#232;re et le syst&#232;me des clans matriarcaux pr&#233;dominaient et la terre se transmettait g&#233;n&#233;ralement par les femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sous le matriarcat qu'ont eu lieu les sept grandes r&#233;volutions qui marquent l'apparition de la civilisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sept r&#233;volutions sociales, diff&#233;rentes et successives, qui m&#232;nent &#224; la civilisation sont : la production, la professionalisation, la surproduction, la s&#233;dentarisation, l'urbanisation, la commercialisation, l'&#233;criture. Chacune est une rupture avec l'ancien mode d'existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
La production rompt avec la pr&#233;dation (mode de vie des chasseurs-cueilleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La professionnalisation introduit la division du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surproduction rompt avec l'incapacit&#233; de produire plus que ce qui est imm&#233;diatement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;dentarisation rompt avec le nomadisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urbanisation rompt avec la vie villageoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commercialisation introduit la valeur d'&#233;change et rompt avec la simple valeur d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture rompt avec la soci&#233;t&#233; de l'oralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de ces changements radicaux n'est dans la simple continuit&#233; du pr&#233;c&#233;dent. Aucun ne se produit de mani&#232;re facile, l'ancien mode de vie acceptant ais&#233;ment le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien entendu, avec l'apparition d'un surproduit social et son appropriation priv&#233;e, les r&#233;volutions sociales ont fond&#233; de nouvelles classes sociales, fond&#233;es sur l'apparition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, notamment des terres et des principaux outils de travail, sur l'apparition et la l&#233;galisation des rapports de production. La transformation des produits du travail en marchandises est une des grandes r&#233;volutions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers rois n'apparaissent que provisoirement, naissant et mourant avec l'ann&#233;e nouvelle, d&#233;cr&#233;t&#233;s rois uniquement par l'accouplement avec la d&#233;esse selon de multiples mythes dramatiques. La p&#233;rennit&#233; des rois puis les dieux masculins n'apparaissent que bien plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans l'Egypte antique, le sud r&#233;v&#233;rait la d&#233;esse Nekhebt, symbolis&#233;e par le vautour, le delta du Nil adorait la d&#233;esse Ua Zit ou grand serpent, puis l'Egypte a consid&#233;r&#233; la d&#233;esse Nut (et parfois Hathor, puis Au Set ou Isis) comme le premier &#234;tre pr&#233;existant &#224; toute cr&#233;ature humaine. C'est Nut qui avait plac&#233; le dieu-soleil R&#226; dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec la naissance de l'Etat que les guerriers ont pris le pouvoir et ont impos&#233; le patriarcat, religieux comme civil. Par exemple, en Egypte, cela commence avec la p&#233;riode dynastique en 3.000 avant J.-C. et cela s'aggrave consid&#233;rablement avec dix-huiti&#232;me dynastie en 1570 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Sumer, tout le passage du matriarcat au patriarcat est &#171; document&#233; &#187; par des mythes et les lois des nouveaux Etats et des cit&#233;s-Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, en M&#233;sopotamie en 2300 avant J.-C., on peut lire les textes de lois de la &#171; r&#233;forme d'Urakagina &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes des temps anciens prenaient deux maris, mais les femmes d'aujourd'hui seront lapid&#233;es si elles en font autant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se refl&#232;te dans le mythe de la d&#233;esse des t&#233;n&#232;bres et du dieu Nergal. Ce dernier s'impose &#224; la d&#233;esse comme mari par la violence. Elle n'accepte pas d'&#233;pouser son assaillant. Elle est tra&#238;n&#233;e par les cheveux, &#233;pous&#233;e de force sous menace de mort, avant de se soumettre et de devenir reine en gouvernant &#224; ses c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et parfois, un m&#234;me mythe ancien se trouve sous des versions de plus en plus patriarcales. Ainsi, le mythe sum&#233;rien d'Inanna-Ishtar de M&#233;sopotamie. Au d&#233;but, la d&#233;esse d&#233;verse sa col&#232;re contre le fils/amant Dumuzi qui lui a manqu&#233; de respect et l'envoie pour punition chez les d&#233;mons du pays des morts. Dans la version suivante, la d&#233;esse se d&#233;sole de la mort accidentelle de Dumuzi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut comprendre que ces religions et mythes ne faisaient que refl&#233;ter la r&#233;alit&#233; sociale. Sous le nom de &#171; naditu &#187;, la soci&#233;t&#233; sum&#233;rienne entendait un groupe de femmes jouant le r&#244;le de femmes d'affaires des temples et poss&#233;dant des biens immobiliers &#224; leur propre nom, pr&#234;tant de l'argent, jouant un r&#244;le dirigeant sur le plan &#233;conomique. Il existait aussi de nombreuses femmes qui &#233;taient scribes, juges, magistrats, dirigeantes sociales comme &#233;conomiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde akkadien, c'est des dynasties dirigeantes d'un Etat, en particulier celle de Sargon que date la chute brutale du statut des femmes et le matriarcat en 2300 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve l&#224; aussi le changement des mythes fondateurs. D&#233;sormais, le dieu Mardouk doit assassiner la d&#233;esse de la cr&#233;ation Tiamat afin d'asseoir son propre pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etudiant le code de loi d'Hammurabi, W. Boscawen remarque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La libert&#233; accord&#233;e aux Babyloniennes leur permettait de poss&#233;der et de g&#233;rer un patrimoine, particuli&#232;rement dans le cas des pr&#234;tresses du temple qui tenaient de nombreux commerces&#8230; Le statut &#233;lev&#233; dont jouissaient les femmes est un des aspects les plus int&#233;ressantes et les plus caract&#233;ristiques des d&#233;buts de la civilisation babylonienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement vers la fin du second mill&#233;naire qu'apparurent des lois interdisant &#224; la femme mari&#233;e de s'engager dans les affaires, si ce n'est sous la direction de son mari, de son fils ou de son beau-fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la lutte contre le matriarcat ancien ait &#233;t&#233; violente, on en dispose le t&#233;moignage selon lequel les populations qui ont voulu rester sous le matriarcat ancien ont fui de M&#233;sopotamie vers la Lycie, la Lydie et la Carie o&#249; ils ont v&#233;cu, sous la protection d'arm&#233;es d'amazones, et construit des sanctuaires &#224; la &#171; M&#232;re de toutes les divinit&#233;s &#187; comme le temple de la d&#233;esse d'Eph&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en M&#233;sopotamie-Elam, les mythes deviennent de plus en plus patriarcaux. La d&#233;eesse Nikkal (grande dame), qui &#233;tait &#233;t&#233; la m&#232;re du soleil (Utu), devient Nannar (le p&#233;ch&#233; en akkadien). A Ur, la d&#233;esse Ningal est contrainte de partager avec son mari puis disparait compl&#232;tement de son propre sanctuaire. La d&#233;esse Ninhursag qui cr&#233;a le peuple sur la terre devient seulement l'&#233;pouse et la s&#339;ur du dieu Enki puis du dieu Enlil qui prend possession de la terre. La d&#233;esse Ereshkigal qui dominait sur terre, devient ma&#238;tresse des enfers, emport&#233;e dans le monde souterrain comme un troph&#233;e, et m&#234;me sous terre, elle doit ob&#233;ir &#224; un &#233;poux pour gouverner &#224; ses c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;esse-M&#232;re de &#199;atal H&#246;y&#252;k :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/Deesse-Mere_de_Catal_Hoyuk-33826-9441c.jpg?1782262723' width='220' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;esse de Hacilar :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/105-2-eff63.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH832/105-2-eff63-be26b.jpg?1782262723' width='500' height='832' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;esse Ishtar d'Urfa :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/07-0e8f4-5bffe.jpg?1782262723' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;esses femmes-l&#233;zards de la civilisation d'Ubaid :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L199xH253/indexfemmes-16020-d0039.jpg?1782262723' width='199' height='253' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;esse Narundi d'Elam :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L494xH650/deesse_Narundi_d_Elam-ff520-55649.jpg?1782262723' width='494' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;esse Inanna-Ishtar d'Akkad-Sumer :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH588/inanna-ishtar-antiquite-8c137-4dc30.jpg?1782262723' width='500' height='588' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L181xH279/index-23-86e45-6ee8d.jpg?1782262723' width='181' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L167xH302/indexisht-90add-a4cd0.jpg?1782262723' width='167' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L246xH205/indexis-b3e1e-b7142.jpg?1782262723' width='246' height='205' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexisis-9b4df-50018.jpg?1782262723' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L188xH268/images-69-929f1-3fe62.jpg?1782262723' width='188' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Gilgamesh et Ishtar :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH350/1310165-Ninive_bas-relief-bb51d-13013.jpg?1782262723' width='500' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12473 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L472xH398/4b2155356947b16a59f3eb265cdaa1a6-f1531-fa8c9.jpg?1782262723' width='472' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mythes, l&#233;gendes et religions qui ont accompagn&#233; les passages du matriarcat au patriarcat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le passage du matriarcat au patriarcat s'&#233;tant fait dans la p&#233;riode de mise en place des Etats, on dispose de tr&#232;s peu de documents &#233;crits sur cette phase et on en est r&#233;duit &#224; &#233;tudier la tradition, sous forme de mythes, de l&#233;gendes et de r&#233;cits religieux. Il y a ainsi dans toutes les soci&#233;t&#233;s, dans le monde entier, des traces d'un ancien matriarcat qui se voit surtout par des traces de matrilignage, de matrilocation, de r&#244;le particulier des femmes, mais aussi par l'existence de d&#233;esses, dont t&#233;moignent des statues, des peintures mais aussi des textes d'une &#233;poque patriarcale qui t&#233;moignent d'un matriarcat plus ancien. On trouve ainsi des traces dans la religion chr&#233;tienne d'un matriarcat dans les soci&#233;t&#233;s occidentales o&#249; le christianisme essayait de se propager, notamment avec le &#171; mythe de Marie &#187;. Plus g&#233;n&#233;ralement, on trouve un mythe plus ancien qui est le &#171; mythe de la virginit&#233; &#187; dans lequel une d&#233;esse ou femme h&#233;ros engendre sans avoir rencontr&#233; d'homme. C'est notamment le th&#232;me du mythe de Art&#233;mis d'&#201;ph&#232;se et de Cyb&#232;le, en Turquie, de Inana-Ishtar en M&#233;sopotamie, ou d'Isis en Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture entre matriarcat et patriarcat a n&#233;cessairement &#233;t&#233; brutale et violente. Elle co&#239;ncide dans de nombreuses soci&#233;t&#233;s avec une p&#233;riode de guerre civile marqu&#233;e par l'&#233;crasement de l'ancienne soci&#233;t&#233;, par des destructions de grande ampleur, des maisons incendi&#233;es, des temples aux d&#233;esses d&#233;truits, des guerres et guerres civiles qui ont donn&#233; le pouvoir aux guerriers et men&#233; &#224; la domination d'un Etat sur la soci&#233;t&#233; civile. Ce n'est pas seulement la relation hommes/femmes qui a chang&#233; mais toutes les bases &#233;conomiques, sociales et politiques de la soci&#233;t&#233;, dans sa vie civile comme politique et religieuse. Les religions prennent progressivement le tournant et racontent des histoires selon lesquels les dieux ont pris barre sur les d&#233;esses. C'est le reflet fantasmagorique du changement r&#233;el. C'est le changement id&#233;ologique qui succ&#232;de au changement historique, l'&#233;taye et le justifie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement n'a pas eu lieu au d&#233;but des soci&#233;t&#233;s agraires, le r&#244;le de la femme &#233;tant m&#234;me rendu plus important avec les cultes de la f&#233;condit&#233;, mais &#224; un stade beaucoup plus tardif o&#249; les in&#233;galit&#233;s avaient depuis longtemps men&#233; &#224; la formation de divisions en classes sociales et o&#249; les oppositions de classes entra&#238;naient des troubles sociaux et m&#234;me une instabilit&#233; sociale et politique permanente, au point que les classes poss&#233;dantes puissent trouver qu'une domination de guerriers serait mieux que cette r&#233;volution permanente !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mythes, religieux ou issus de la soci&#233;t&#233; civile, sont le reflet de ces changements. Ils montrent des hommes et des dieux qui renversent l'ancienne domination des femmes, dans la soci&#233;t&#233; humaine ou parmi les dieux. Certains exemples sont fameux comme la l&#233;gende de Gilgamesh en M&#233;sopotamie ou le jardin d'Eden chez les H&#233;breux. Au d&#233;but du r&#233;cit, les femmes ont la parole, d&#233;cident, ont du poids, dirigent. A la fin, elles sont battues. A l'&#233;poque de Gilgamesh, les h&#233;ros doivent coucher avec la d&#233;esse pour acc&#233;der &#224; la royaut&#233;, pour diriger leur peuple. Mais cet acte, qui les couronne, d&#233;cr&#232;te aussi leur mort, en vertu d'un mythe de la r&#233;surrection de la vie et de la soci&#233;t&#233;. Mais Gilgamesh, lui, acc&#232;de &#224; la position de h&#233;ro-roi tout en refusant de coucher avec la d&#233;esse Inanna-Ishtar !!! C'est la d&#233;esse qu'il contraint &#224; renoncer &#224; son r&#244;le dirigeant en &#233;tant contrainte de descendre aux enfers pour n'en sortir que diminu&#233;e et p&#233;riodiquement oblig&#233;e d'y redescendre&#8230; Ailleurs, les mythes nous parlent de conqu&#234;te par des dieux du pouvoir jusque l&#224; d&#233;tenu par des d&#233;esses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels mythes sont parfois des mythes de la fertilit&#233;, des mythes du d&#233;luge, des mythes de la r&#233;surrection, des mythes de la virginit&#233;, des mythes du nouvel an, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mythes sont le reflet fantasmagorique du changement. On est pass&#233; d'un monde o&#249; l'acte principal &#233;tait la f&#233;condit&#233; (celle des femmes et celle de la terre) &#224; un monde o&#249; l'acte principal est l'agriculture avec un d&#233;veloppement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des r&#233;coltes et des terres. D&#233;sormais, ce sont les propri&#233;taires des terres qui dominent et aussi les chefs de guerre, les chefs d'Etat et les pr&#234;tres et ce sont surtout des hommes. La religion, de croyance populaire locale, est devenue institution d'Etat r&#233;gionale et nationale. Le monde a chang&#233; et il a chang&#233; les vieilles croyances, notamment celles en une capacit&#233; magique des femmes de procr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les hommes sont-ils devenus les propri&#233;taires des champs cultiv&#233;s alors que c'&#233;tait autrefois les femmes qui l'&#233;taient, &#224; l'&#233;poque o&#249; les hommes chassaient ? Eh bien, c'est le d&#233;veloppement de l'esclavage et du servage qui ont r&#233;alis&#233; ce changement. A partir du moment o&#249; un nombre important de paysans ne sont plus libres, que ce soit pour des raisons &#233;conomiques et sociales ou &#224; la suite de guerres, l'&#233;l&#233;ment essentiel dans l'exploitation des terres devient la possession de main d'&#339;uvre. Celui qui a la force arm&#233;e dispose aussi du moyen d'exploiter un grand nombre de terres. Les chasseurs &#233;tant devenus guerriers deviennent les ma&#238;tres d'esclaves et renversent le pouvoir des femmes sur les terres&#8230; Il leur faudra aussi renverser le pouvoir des femmes dans l'imaginaire, dans les mythes et religions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; les mythes qui identifient les femmes et &#171; le mal &#187;, qui culpabilisent la sexualit&#233; en dehors de la recherche de la f&#233;condit&#233;, qui d&#233;noncent l'influence des femmes, qui la rejettent, qui l'accusent de tous les maux, qui d&#233;noncent toute relation sexuelle en dehors du but de la procr&#233;ation, qui font de la femme une sujette de l'homme, etc. Ces exc&#232;s proviennent de la n&#233;cessit&#233; &#224; un stade donn&#233; de combattre les anciennes croyances sur le r&#244;le des femmes, sur leur possession du myst&#232;re de la vie et de la naissance, sur leur importance pour la f&#233;condit&#233; de la terre. Donc les textes, mythes, l&#233;gendes et religions les plus anti-f&#233;minins sont aussi, et paradoxalement, les plus grands t&#233;moignages d'une ancienne soci&#233;t&#233; matriarcale qu'il fallait d&#233;noncer, combattre et d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gordon Childe &#233;crit dans &#171; De la pr&#233;histoire &#224; l'histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est probable que, dans l'esprit de ceux qui la pratiquaient, le fait de confier avec soin les morts &#224; la terre devait leur assurer des r&#233;coltes plus abondantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s n&#233;olithiques d'Egypte, de Syrie, d'Iran, de tout le pourtour m&#233;diterran&#233;en, du sud de l'Europe et parfois de l'Angleterre modelaient dans l'argile, ou sculptaient dans la pierre et l'os, des statuettes qui repr&#233;sentaient la d&#233;esse-m&#232;re. Ces soci&#233;t&#233;s voyaient dans la terre une femme dont on pouvait se concilier les bonnes gr&#226;ces par des pri&#232;res et des sacrifices, ou dominer par des rites imitatifs et des incantations. Les seules repr&#233;sentations m&#226;les connues sont des phallus d'argile ou de pierre sculpt&#233;s en Anatolie, dans les Balkans et en Angleterre&#8230; Une c&#233;r&#233;monie d'union des sexes symbolisait et, par suite, provoquait la fertilisation de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les peuples cultivateurs, ces c&#233;r&#233;monies donnaient lieu &#224; des rites et &#224; des mimes plus individualis&#233;s que chez les peuples sauvages ; un couple unique et soigneusement choisi accomplissait le mariage rituel. L'acteur m&#226;le incarne le grain ou la nature et assume pour un certain temps le r&#244;le de chef ; il est le roi du bl&#233;. Tout comme le grain, il faut qu'il soit enterr&#233; pour rena&#238;tre ; cela signifie aussi qu'on doit le tuer pour pouvoir le remplacer l'ann&#233;e suivante par un &#234;tre jeune et vigoureux. Les forces g&#233;n&#233;ratrices de la nature prennent ainsi des formes humaines et deviennent des dieux et des d&#233;esses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour vint o&#249; les soci&#233;t&#233;s estim&#232;rent que le sacrifice d'un prisonnier ou des c&#233;r&#233;monies purement symboliques pouvaient remplacer la mise &#224; mort du roi du bl&#233; qui devint alors un roi temporel, d'autant plus qu'il assumait les fonctions de chef guerrier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les peuples agriculteurs, la parent&#233; se transmet par la femme, parce que l'importance de son travail lui fait jouer un r&#244;le capital dans la vie du clan ; c'est ce qui a donn&#233; naissance au matriarcat. Alors que chez les peuples pasteurs, le r&#244;le dominant de l'homme eut pour cons&#233;quence le patriarcat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;sopotamie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mircea Eliade &#233;crit dans &#171; Histoire des croyances et des id&#233;es religieuses &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re, et peut-&#234;tre la plus importante cons&#233;quence de la d&#233;couverte de l'agriculture, suscite une crise dans les valeurs des chasseurs pal&#233;olithiques : les relations d'ordre religieux avec le monde animal sont supplant&#233;es par ce qu'on peut appeler &#171; la solidarit&#233; mystique entre l'homme et la v&#233;g&#233;tation &#187;. Si l'os et le sang repr&#233;sentaient jusqu'alors l'essence et la sacralit&#233; de la vie, dor&#233;navant ce sont le sperme et le sang qui les incarnent. En outre, la femme et la sacralit&#233; f&#233;minine sont promues au premier rang. Puisque les femmes ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la domestication des plantes, elles deviennent les propri&#233;taires des champs cultiv&#233;s, ce qui rehausse leur position sociale et cr&#233;e des institutions caract&#233;ristiques, comme, par exemple, la matrilocation, le mari &#233;tant oblig&#233; d'habiter la maison de son &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fertilit&#233; de la terre est solidaire de la f&#233;condit&#233; f&#233;minine ; par cons&#233;quent, les femmes deviennent responsables de l'abondance des r&#233;coltes, car elles connaissent le &#171; myst&#232;re &#187; de la cr&#233;ation. Il s'agit d'un myst&#232;re religieux, parce qu'il gouverne l'origine de la vie, la nourriture et la mort. La gl&#232;be est assimil&#233;e &#224; la femme. Plus tard, apr&#232;s la d&#233;couverte de la charrue, le travail agraire est assimil&#233; &#224; l'acte sexuel. Mais, pendant des mill&#233;naires, la Terre-M&#232;re enfantait toute seule, par parth&#233;nogen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir de ce &#171; myst&#232;re &#187; survivait encore dans la mythologie olympique (H&#233;ra con&#231;oit toute seule et donne naissance &#224; H&#233;phaistos, &#224; Ar&#232;s) et se laisse d&#233;chiffrer dans de nombreux mythes et de nombreuses croyances populaires sur la naissance des hommes de la Terre, l'accouchement sur le sol, le d&#233;p&#244;t du nouveau-n&#233; sur la terre, etc. N&#233; de la Terre, l'homme, en mourant, retourne &#224; sa m&#232;re : &#171; Rampe vers la terre, ta m&#232;re &#187; s'exclame le po&#232;te v&#233;dique &#187; dans &#171; Rig Veda &#187;, X, 18, 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la sacralit&#233; f&#233;minine et maternelle n'&#233;tait pas ignor&#233;e au pal&#233;olithique, mais la d&#233;couverte de l'agriculture en augmente sensiblement la puissance. La sacralit&#233; de la vie sexuelle, en premier lieu la sexualit&#233; f&#233;minine, se confond avec l'&#233;nigme miraculeuse de la cr&#233;ation. La parth&#233;nogen&#232;se, le &#171; hieros gamos &#187; et l'orgie rituelle expriment, sur des plans diff&#233;rents, le caract&#232;re religieux de la sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un symbolisme complexe, de structure anthropocosmique, associe la femme et la sexualit&#233; aux rythmes lunaires, &#224; la Terre (assimil&#233;e &#224; une matrice) et &#224; ce qu'on doit appeler le &#171; myst&#232;re &#187; de la v&#233;g&#233;tation. Myst&#232;re qui r&#233;clame la &#171; mort &#187; de la semence afin de lui assurer une nouvelle naissance, d'autant plus merveilleuse qu'elle se traduit par une &#233;tonnante multiplication. L'assimilation de l'existence humaine &#224; la vie v&#233;g&#233;tative s'exprime par des images et des m&#233;taphores emprunt&#233;es au drame v&#233;g&#233;tal (la vie est comme la fleur des champs, etc.)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces valeurs religieuses cons&#233;cutives &#224; l'invention de l'agriculture ont &#233;t&#233; articul&#233;es progressivement au cours des temps..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mythologies et les sc&#233;narios rituels qui en d&#233;pendent vont dominer pendant des mill&#233;naires les civilisations du Proche-Orient. Le th&#232;me mythique des dieux qui meurent et ressuscitent, se range parmi les plus importants. En certains cas, ces sc&#233;narios archa&#239;ques donneront naissance &#224; de nouvelles cr&#233;ations religieuses (par exemple, Eleusis, les myst&#232;res gr&#233;co-orientaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cultures agricoles &#233;laborent ce qu'on peut appeler une &#171; religion cosmique &#187;, puisque l'activit&#233; religieuse est concentr&#233;e autour du myst&#232;re central : la &#171; r&#233;novation p&#233;riodique du Monde &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque le monde doit &#234;tre renouvel&#233; p&#233;riodiquement, la cosmogonie sera rituellement r&#233;it&#233;r&#233;e &#224; l'occasion de chaque Nouvel An. Ce sc&#233;nario mythico-rituel est attest&#233; dans le Proche-Orient et chez les Indo-Iraniens. Mais on le trouve &#233;galement dans les soci&#233;t&#233;s des cultivateurs primitifs, qui prolongent en quelque sorte les conceptions religieuses du n&#233;olithique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait dire que, depuis le n&#233;olithique jusqu'&#224; l'&#226;ge du fer, l'histoire des id&#233;es et des croyances religieuses se confond avec l'histoire de la civilisation. Chaque d&#233;couverte technologique, chaque innovation &#233;conomique et sociale est, semble-t-il, &#171; doubl&#233;e &#187; d'une signification et d'une valeur religieuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des statuettes f&#233;minines, trouv&#233;es en Palestine et dat&#233;es d'environ 4500, pr&#233;sentent la D&#233;esses-M&#232;re sous un aspect terrifiant et d&#233;moniaque (figurines trouv&#233;es &#224; Munhata,Tel-Aviv et Shaar-Ha-Golan). Le culte de la fertilit&#233; et le culte des morts semblent solidaires aussi bien &#224; J&#233;richo que dans les civilisations de Hacilar et de &#199;atal H&#252;y&#252;k&#8230; La principale divinit&#233; &#233;tait la d&#233;esse, pr&#233;sent&#233;e sous trois aspects : jeune femme, m&#232;re donnant naissance &#224; un enfant (ou &#224; un taureau) et vieille (accompagn&#233;e parfois d'un oiseau de proie)&#8230; Des reliefs de la d&#233;esse, parfois hauts de deux m&#232;tres, model&#233;s en pl&#226;tre &#233;taient fix&#233;s aux murs&#8230; A Hacilar, &#224; un niveau dat&#233; de 5700, la d&#233;esse est montr&#233;e assise sur un l&#233;opard ou debout, tenant le petit d'un l&#233;opard&#8230; Dans la culture dite du Tell Halaf&#8230; on n'a pas trouv&#233; de figurines masculines, tandis que les images de la d&#233;esse abondent ; accompagn&#233;e de colombes, avec des seins exag&#233;r&#233;s, repr&#233;sent&#233;e mainte fois en position accroupie, il est difficile de ne pas reconna&#238;tre l'image exemplaire de la D&#233;esse-M&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture halafienne matriarcale fut d&#233;truite vers 4400 ou 4300, pendant que la culture d'Obeid, originaire de l'Irak m&#233;ridional, se diffusait dans toute la M&#233;sopotamie&#8230; La nouveaut&#233; la plus significative de la p&#233;riode d'Obeid est l'apparition des temples monumentaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; sum&#233;rienne et akkadienne, la d&#233;esse Nammu (dont le nom est &#233;crit par le pictogramme d&#233;signant la &#171; mer primordiale &#187;) est pr&#233;sent&#233;e comme &#171; la m&#232;re qui engendra le Ciel et la Terre &#187;, et &#171; l'a&#239;eule qui enfanta tous les dieux &#187;&#8230; Certains textes &#233;voquent la perfection et la b&#233;atitude des &#171; commencements &#187; : &#171; les jours anciens quand chaque chose &#233;tait cr&#233;&#233;e parfaite &#187;, etc&#8230; &#171; Le dieu En-ki, le seigneur de Dilmun (le paradis), &#233;tait endormi aupr&#232;s de son &#233;pouse, encore vierge, comme la terre elle-m&#234;me &#233;tait vierge. En se r&#233;veillant, En-ki s'unit &#224; la d&#233;esse Nin-gur-sag, et ensuite &#224; la fille qu'engendra celle-ci, et finalement &#224; la fille de cette fille&#8230; Mais un incident apparemment insignifiant, donne lieu au premier drame divin. le dieu mange certaines plantes qui venaient d'&#234;tre cr&#233;&#233;es : or il fallait qu'il fixe d'abord leur modalit&#233; d'&#234;tre. Outr&#232;e par ce geste insens&#233;, Nin-gur-sag d&#233;clare qu'elle ne regardera plus En-ki avec le regard de vie, donc il faut qu'il meurre&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve &#233;galement le mythe du d&#233;luge selon lequel &#171; la col&#232;re d'En-lil a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par le vacarme insupportable des hommes&#8230; La cause principale du d&#233;luge r&#233;side dans les p&#233;ch&#233;s des hommes et dans la d&#233;cr&#233;pitude du Monde&#8230; La fin du monde et d'une humanit&#233; p&#233;cheresse rend possible une nouvelle cr&#233;ation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inanna, d&#233;esse de l'&#233;toile V&#233;nus et de l'amour, homologue d'Ishtar akkadienne et plus tard d'Astart&#233;, jouira d'une actualit&#233; cultuelle et mythologique jamais approch&#233;e par une autre d&#233;esse du Moyen-Orient. A son apog&#233;e, Inanna-Ishtar &#233;tait &#224; la fois d&#233;esse de l'amour et de la guerre, c'est-&#224;-dire r&#233;gissait la vie et la mort ; pour indiquer la pl&#233;nitude de ses puissances on la disait hermaphrodite (Ishtar barbata). Sa personnalit&#233; &#233;tait parfaitement trac&#233;e d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque sum&#233;rienne, et son mythe central constitue une des plus significatives cr&#233;ations du monde ancien. Ce mythe s'ouvre avec une histoire d'amour : Inanna, la d&#233;esse tut&#233;laire d'Erech, &#233;pouse le berger Dumuzi qui devient ainsi le souverain de la cit&#233;. Inanna proclame tout haut sa passion et son bonheur : &#171; Moi, je marche dans la joie !... Mon Seigneur est digne du giron sacr&#233; ! &#187; Et pourtant, elle pressent le sort tragique qui attend son &#233;poux : &#171; O mon bien-aim&#233;, homme de mon c&#339;ur&#8230; toi, je t'ai entra&#238;n&#233; vers un destin funeste&#8230; tu as touch&#233; de ta bouche ma bouche, tu as press&#233; mes l&#232;vres contre ta t&#234;te, c'est pourquoi tu as &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; un destin funeste &#187; (Kramer, &#171; Le rite du mariage &#187;, p. 141).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; destin funeste &#187; fut arr&#234;t&#233; le jour o&#249; l'ambitieuse Inanna d&#233;cida de descendre aux enfers pour supplanter sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e, Ereshkigal. Souveraine du &#171; Grand-Royaume d'En-Haut &#187;, Inanna aspire &#224; r&#233;gner &#233;galement sur le Monde Inf&#233;rieur&#8230; Avec les plus grandes difficult&#233;s, Inanna revient sur terre&#8230; Avec surprise et indignation, Inanna d&#233;couvre que Dumuzi, son mari, &#233;tait assis sur son tr&#244;ne, richement v&#234;tu, satisfait d'&#234;tre, on aurait dit le souverain unique de la cit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me cosmogonique connu sous le nom d' &#171; Enuma elish &#187; constitue avec l' &#171; Epop&#233;e de Gilgamesh &#187;, la plus importante cr&#233;ation de la religion akkadienne&#8230; La d&#233;esse Tamiat repr&#233;sente la mer et est con&#231;ue &#224; la fois comme femme et comme bisexu&#233;e&#8230; La l&#233;gende compte l'affrontement des dieux, Tamiat et Marduk&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pop&#233;e de Gilgamesh est, certes, la plus fameuse et la plus populaire cr&#233;ation babylonienne. Le h&#233;ros, Gilgamesh, roi d'Uruk, &#233;tait d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre &#224; l'&#233;poque archa&#239;que, et on a retrouv&#233; la version sum&#233;rienne de plusieurs &#233;pisodes de sa vie l&#233;gendaire&#8230; Cette saga, qui d&#233;bute avec les exc&#232;s &#233;rotiques d'un h&#233;ros doubl&#233; d'un tyran, d&#233;voile en derni&#232;re instance l'inaptitude des vertus purement &#171; h&#233;ro&#239;ques &#187; &#224; transcender radicalement la condition humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant Gilgamesh &#233;tait pour deux tiers un &#234;tre divin, fils de la d&#233;esse Ninsun et d'un mortel. Tout au d&#233;but le texte exalte son omniscience et les grandioses constructions qu'il avait entreprises. Mais imm&#233;diatement apr&#232;s, on nous pr&#233;sente un despote qui viole les femmes et les jeunes filles, et ext&#233;nue les hommes dans de durs travaux. Les habitants supplient les dieux, et ceux-ci se d&#233;cident &#224; cr&#233;er un &#234;tre de taille gigantesque, capable d'affronter Gilgamesh. ce demi-sauvage, qui re&#231;oit le nom d'Enkidu, vit en paix avec les fauves&#8230; Comme pr&#233;vu par les dieux, les deux champions se mesurent d&#232;s qu'ils se rencontrent. Gilgamesh sort victorieux, mais il se prend d'amiti&#233; pour Enkidu et en fait son compagnon&#8230; En rentrant &#224; Uruk, Gilgamesh est remarqu&#233; par Ishtar. La d&#233;esse l'invite &#224; l'&#233;pouser, mais il refuse avec insolence. Humili&#233;e, Ishtar implore son p&#232;re, Anu, de cr&#233;er le &#171; Taureau c&#233;leste &#187;, afin de d&#233;truire Gilgamesh et sa cit&#233;&#8230; Enkidu r&#233;ussit &#224; l'attraper par le queue et Gilgamesh lui enfonce son &#233;p&#233;e dans la nuque. Furieuse, Ishtar monte sur les murs de la cit&#233; et maudit le roi. Ivre de leur victoire, Enkidu arrache une cuisse du &#171; Taureau c&#233;leste &#187; et la jette devant la d&#233;esse, en la couvrant d'injures&#8230; La m&#234;me nuit, Enkidu r&#234;ve qu'il a &#233;t&#233; condamn&#233; par les dieux. Le lendemain, il tombe malade et s'&#233;teint apr&#232;s douze jours&#8230; Le roi Gilgamesh, &#233;perdument malheureux d'avoir perdu son ami, quitte la ville et erre dans le d&#233;sert&#8230; Dor&#233;navant son but est d'&#233;chapper au sort des humains, d'acqu&#233;rir l'immortalit&#233;&#8230; (Gilgamesh r&#233;ussit &#233;preuve apr&#232;s &#233;preuve dans le but de convaincre les dieux de lui donner l'immortalit&#233;.) Sa femme, Utnapishtim lui r&#233;v&#232;le un &#171; secret des dieux &#187; : l'endroit o&#249; se trouve la plante qui restitue la jeunesse&#8230; Attir&#233; par le parfum de la plante, un serpent sort de l'eau, l'emporte et d&#233;pouille sa peau&#8230; Gilgamesh a &#233;chou&#233;&#8230; L'humanit&#233; ne peut acc&#233;der &#224; l'immortalit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans le texte suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.academieduvar.fr/Produits/heures/heures2015/NihoulCesari-De%C3%A9sses%20et%20dieux%20publication.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire dans &#171; D&#233;esses ou dieux, un enjeu terrestre &#187; comment la l&#233;gende de Gilgamesh, un des mythes fondateurs des soci&#233;t&#233;s patriarcales m&#233;sopotamiennes, sum&#233;riennes comme akkadiennes et babyloniennes, est celle du passage du matriarcat au patriarcat, ce h&#233;ros ayant battue la d&#233;esse Inanna :&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Gilgamesh fut roi d'Uruk, l'une des principales cit&#233;s du pays de Sumer dont Inanna &#233;tait la puissante d&#233;esse tut&#233;laire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du IIIe mill&#233;naire et &#224; partir de la cr&#233;ation des cit&#233;s-&#201;tats que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, s'amorce en M&#233;sopotamie, une transformation profonde des mentalit&#233;s, de l'organisation sociale, de la vie culturelle et spirituelle, attest&#233;e par l'ensemble de nos sources &#233;crites.L'un des &#233;l&#233;ments essentiels pour la suite est celui des m&#339;urs. Il faut insister sur le fait que rien alors ne s'opposait &#224; l'amour libre, aucun imp&#233;ratif d'ordre moral ou m&#234;me religieux : aucun concept ressemblant &#224; l'id&#233;e du p&#233;ch&#233;, n'existait. Les divinit&#233;s elles-m&#234;mes calqu&#233;es sur l'image des hommes et des femmes, exer&#231;aient les m&#234;mes prouesses amoureuses. L'une d'elles, descendante des premi&#232;res d&#233;esses archa&#239;ques de la f&#233;condit&#233; dont nous venons de parler, occupa le devant de la sc&#232;ne. Il s'agit de la charmante, et sensuelle Inanna que les S&#233;mites nommeront Ishtar, dont le culte &#233;tait pratiqu&#233; dans la ville d'Uruk. Ce dont les mortels avaient le plus besoin pour assurer leur lign&#233;e &#233;tait l'amour. Celle qui fut donc la d&#233;esse de l'amour appara&#238;t ici dans toute sa majest&#233;. Elle est juch&#233;e sur ses deux lions et elle porte dans ses mains les attributs de sa divinit&#233; et de son pouvoir : les anneaux et le sceptre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son aura perdura tout au long de l'histoire m&#233;sopotamienne, sur plus de deux mill&#233;naires. Il existe une reconstitution de la porte qui lui fut d&#233;di&#233;e plus tard &#224; Babylone, au cours du premier mill&#233;naire et qui donnait acc&#232;s &#224; la grande voie processionnelle menant &#224; son temple. Mais &#224; ce stade il faut bien constater que cette d&#233;esse est terriblement seule... Aussi les subtils th&#233;ologiens de Sumer eurent-ils l'id&#233;e, pour assurer f&#233;condit&#233; et prosp&#233;rit&#233; &#224; leurs cit&#233;s, de donner leur roi pour amant &#224; leur d&#233;esse de l'amour. Cet amant auquel elle s'unissait tous les ans au cours d'un mariage sacr&#233;, par l'interm&#233;diaire de son incarnation terrestre, la grande pr&#234;tresse, &#233;tait donc un mortel et il n'occupait par rapport &#224; elle qu'une position subordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la d&#233;esse qui &#233;tait la force dominante, en tant que source de la vie et de la f&#233;condit&#233; des sols. Et c'est le roi qui &#233;tait assujetti aux vicissitudes du rythme saisonnier : il &#233;tait sacrifi&#233;, puis remplac&#233; chaque ann&#233;e au moment de l'&#233;t&#233;, perp&#233;tuant ainsi symboliquement la disparition puis la survie de la nature, et il n'acc&#233;dait au statut divin qu'apr&#232;s cette mort sacrificielle. On notera au passage que cette disparition pr&#233;matur&#233;e &#233;vitait aussi toute concurrence &#224; la d&#233;esse ou plut&#244;t &#224; sa grande pr&#234;tresse dans ses pr&#233;rogatives sur la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ainsi &#224; Sumer le premier &#224; accomplir ce rite fut-il Dumuzi, autre roi d'Uruk dont les &#233;bats avec Inanna sont largement d&#233;velopp&#233;s dans les mythes de l'&#233;poque, et m&#234;me repr&#233;sent&#233;s sur des plaques d'argile. Comme vous allez pouvoir le constater, la pr&#233;sence du roi &#224; ses c&#244;t&#233;s d&#233;cha&#238;ne la passion de la d&#233;esse traduite dans le dialogue qui suit : &#171; Quand &#224; moi, mon tertre rebondi, qui le labourera pour moi, moi la reine, qui mettra l&#224; son b&#339;uf ? &#187;.... &#171; Oh Inanna, c'est le roi qui te labourera &#187; r&#233;pond celui-ci sans &#233;quivoque. La suite n'en contient pas non plus : &#171; Sit&#244;t que du giron du roi l'eau du c&#339;ur eut jailli, &#224; ses c&#244;t&#233;s sortirent les plantes, &#224; ses c&#244;t&#233;s poussa le grain. Steppes et vergers, pr&#232;s de lui se charg&#232;rent de luxuriance &#187;. Le rituel est accompli, le roi par l'action de sa semence a assur&#233; le renouveau de la v&#233;g&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me sc&#232;ne mettant en jeu le couple divin appara&#238;t sur un magnifique vase d'alb&#226;tre exhum&#233; &#224; Uruk et dat&#233; du d&#233;but du IIIe mill&#233;naire. On y trouve en reliefs ornementaux, une sorte de frise figurant le culte offert &#224; la d&#233;esse Inanna par la ville. L'entr&#233;e de son sanctuaire est figur&#233;e par deux bottes de roseaux nou&#233;s.Une multitude de porteurs d'offrandes se d&#233;place lentement, l'un d'eux ouvrant la marche avec son panier de fruits. Derri&#232;re lui, un haut dignitaire, dont on ne voit que le manteau d'apparat et la longue tra&#238;ne retenue par un esclave, rend hommage &#224; une femme qui se tient devant le temple. De nombreux sumerologues pensent que cette sc&#232;ne &#233;voque de mani&#232;re pr&#233;cise le rituel hi&#233;rogamique dont nous venons de parler ou du moins ses pr&#233;misses. Auquel cas les deux personnages principaux seraient le roi et la grande pr&#234;tresse.La frise du bas repr&#233;sente le troupeau nourri du produit des champs et vou&#233; &#224; un prochain sacrifice ou &#224; un banquet rituel. On notera bien la situation d'all&#233;geance du roi par rapport &#224; la pr&#234;tresse &#224; laquelle il d&#233;die l'ensemble des offrandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le rituel pr&#233;c&#233;dent est bien fun&#232;bre puisque le roi est sacrifi&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e. Cette liaison pouss&#233;e avec une d&#233;esse, bien que gage d'une immortalit&#233; &#171; posthume &#187; est vraiment tr&#232;s cher pay&#233;. On peut imaginer que cette immortalit&#233;, support puissant du pouvoir, puisse s'acqu&#233;rir de mani&#232;re plus &#171; douce &#187;. Au fil du temps, le roi temporaire va prendre de l'importance et chercher &#224; contrecarrer la pr&#234;tresse qui depuis le temple est au centre de l'organisation sociale et exerce une influence importante : on devrait d'ailleurs plut&#244;t parler d'une v&#233;ritable pr&#234;tresse-reine. Une lutte politico-&#233;conomique et religieuse va se dessiner, celle du temple aux mains des femmes contre le palais &#224; dominante masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cerner ce lent basculement du pouvoir, une fois de plus nous allons faire parler les tablettes d'argile qui nous ont livr&#233; une longue et magnifique &#233;pop&#233;e celle de Gilgamesh. Il fut probablement l'un des premiers &#224; s'opposer &#224; la pr&#234;tresse et plus symboliquement &#224; la d&#233;esse Inanna qui incarnait cette ville ; il fut le premier &#224; refuser ce rituel du consort sacrifi&#233; comme le feront ensuite en Gr&#232;ce d'autres H&#233;ros patriarcaux. Le mythe sum&#233;rien se d&#233;roule en trois &#233;tapes : il commence par le combat de Gilgamesh contre le dragon de la montagne sacr&#233;e lequel personnifie la pr&#234;tresse de la D&#233;esse d&#233;monis&#233;e pour la premi&#232;re fois par l'id&#233;ologie patriarcale naissante. Se d&#233;roule alors un combat titanesque, je cite &#171; Contre le dragon se dress&#232;rent la tornade, la tourmente, huit ouragans l'affront&#232;rent et l'attaqu&#232;rent aux yeux, alors le dragon capitula, et il le livra &#224; Enlil, dieu du ciel. &#187; Apr&#232;s cette exp&#233;dition victorieuse contre le monstre, le roi rev&#234;t ses habits neufs et prend d&#233;finitivement possession de la ville et du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la D&#233;esse vaincue puisque sa repr&#233;sentante terrestre a &#233;t&#233; neutralis&#233;e par le h&#233;ros, tente une derni&#232;re man&#339;uvre de s&#233;duction. Je cite : &#171; Gilgamesh, se couvrit d'une tunique, noua son &#233;charpe, et enfin se coiffa de sa tiare.Alors l'auguste Inanna porta les yeux sur la beaut&#233; du roi ; viens, dit-elle, sois mon &#233;poux ! Fais-moi don de ton corps d&#233;sirable &#187;. Et l&#224;, fuse la r&#233;ponse violente si diff&#233;rente de celle de Dumuzi pr&#233;c&#233;demment : &#171; Non je ne te prendrai pas pour &#233;pouse, tu n'es qu'un brasier porteur de glace ; quel &#233;poux as-tu aim&#233; pour toujours ? Tu as aim&#233; l'oiseau multicolore, et pourtant tu l'as frapp&#233; et tu lui as bris&#233; les ailes (il s'agit ici d'un roi temporaire). Dumuzi l'amant de ta jeunesse, tu l'as vou&#233; &#224; des pleurs &#233;ternels... Et moi, si tu m'aimes, j'aurai un destin comme le leur &#187;. L'allusion au sacrifice du roi est claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inanna furieuse fait alors l&#226;cher dans Uruk un autre monstre c&#233;leste qui est &#233;videmment terrass&#233; par Gilgamesh ce qui lui permet de consolider d&#233;finitivement son pouvoir non sans avoir auparavant pill&#233; le temple de d&#233;esse d'o&#249; il aurait extrait un magnifique taureau sacr&#233; recouvert d'or et de lapis lazuli. Enfin Gilgamesh en majest&#233; est souvent repr&#233;sent&#233; en vainqueur, ma&#238;trisant dans ses bras le lion symbole de la d&#233;esse. Un dernier signe du basculement du pouvoir et de l'all&#233;geance de la d&#233;esse Inanna-Ishtar appara&#238;t sur une magnifique fresque murale d&#233;couverte dans la cour d'honneur du palais royal de Zimri-lin &#224; Mari au nord de l'Euphrate et dat&#233;e de l'ann&#233;e1800. Le prince coiff&#233; d'un calot bomb&#233; ale bras droit tendu et s'appr&#234;te &#224; &#234;tre intronis&#233;. La d&#233;esse identifiable &#224; son lion, lui remet le sceptre et l'anneau lui abandonnant donc deux symboles majeurs de son pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons d'&#233;voquer un processus de marginalisation des femmes, tr&#232;s ancien mais terriblement moderne aussi : et avant de vous quitter je voudrais vous faire rencontrer cette M&#233;sopotamienne si rayonnante, crois&#233;e au d&#233;tour du mus&#233;e de Bagdad...Elle-m&#234;me ou son d&#233;licieux fant&#244;me auraient pu s&#233;duire le grand po&#232;te que vous reconnaitrez peut &#234;tre dans ce dialogue intemporel : &#171; Mon cher, dit-elle, vous &#234;tes fou, j'ai cinq mille ans de plus que vous... &#187;. &#171; Le temps madame, que nous importe... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les civilisations anciennes m&#233;diterran&#233;ennes matriarcales, celles dites des &#171; hypog&#233;es &#187; comme celle des Hatti (avec leur d&#233;esse de la fertilit&#233; Wurushemu), ou celle de &#199;atal- H&#252;y&#252;k, de Hacilar, celle de Halaf ou encore de l'ancien Uruk, rel&#232;vent &#233;galement de ce type de soci&#233;t&#233;s matriarcales pacifiques qui se sont d&#233;velopp&#233;es partout dans le monde avant l'agriculture et l'urbanisation et aux d&#233;buts de ceux-ci, jusqu'&#224; l'apparition de l'Etat, qui ont &#233;t&#233; d&#233;truites par le saccage et la violence vers -3 500. L'apparition des arm&#233;es permanentes a &#233;t&#233; la fin du matriarcat sauf dans quelques r&#233;gions o&#249; des arm&#233;es de femmes ont pu faire face. Des traces d'incendies et de violences diverses ont pu &#234;tre mises en &#233;vidence par les fouilles des ancien sites matriarcaux. Des isolats matriarcaux ont ensuite perdur&#233; jusqu'&#224; nous dans plusieurs r&#233;gions du monde. De cet &#233;crasement violent du patriarcat, il reste peu de traces &#233;crites et seules les l&#233;gendes ou des restes involontaires au sein des id&#233;ologies ont pu nous donner des indications de cet &#233;pisode brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La M&#233;sopotamie sum&#233;ro-akkadienne puis babylonienne a tr&#232;s longtemps &#233;t&#233; matriarcale, ce qui se refl&#233;tait dans ses religions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;esses &#233;taient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ereshkigal ou Irkalla- La d&#233;esse des enfers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Nanshe &#8211; la d&#233;esse de la justice sociale et de la proph&#233;tie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ishtar ou Inanna- La D&#233;esse de l'Amour et de la Procr&#233;ation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Tiamat &#8211; la d&#233;esse de la mer Sal&#233;e et m&#232;re de plusieurs divinit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ninkasi &#8211; La d&#233;esse de la bi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Shala- La d&#233;esse du grain et de la compassion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Geshtinana &#8211; La d&#233;esse de l'interpr&#233;tation des r&#234;ves, de la fertilit&#233; et de l'agriculture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Ninhursag &#8211; la d&#233;esse m&#232;re des montagnes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Kishar &#8211; la d&#233;esse de la terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Ninlil &#8211; la d&#233;esse du vent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une inscription de Sargon, un des plus anciens rois de M&#233;sopotamie, dit : &#034; Sargon, roi puissant, roi d'Agad&#233;, moi ! &#8212; ma m&#232;re me con&#231;ut sans la participation de mon p&#232;re. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fertilit&#233; de la terre est solidaire de la f&#233;condit&#233; f&#233;minine ; par cons&#233;quent, les femmes deviennent responsables de l'abondance des r&#233;coltes, car elles connaissent le &#171; myst&#232;re &#187; de la cr&#233;ation. Il s'agit d'un myst&#232;re religieux, parce qu'il gouverne l'origine de la vie, la nourriture et la mort. La gl&#232;be est assimil&#233;e &#224; la femme. Plus tard, apr&#232;s la d&#233;couverte de la charrue, le travail agraire est assimil&#233; &#224; l'acte sexuel. Mais pendant des mill&#233;naires la Terre-M&#232;re enfantait toute seule, par parth&#233;nogen&#232;se. Le souvenir de ce &#171; myst&#232;re &#187; survivait encore dans la mythologie olympique (H&#233;ra con&#231;oit toute seule et donne naissance &#224; H&#233;phaistos, &#224; Ar&#232;s) et se laisse d&#233;chiffrer dans de nombreux mythes et croyances populaires sur la naissance des hommes de la Terre, l'accouchement sur le sol, le d&#233;p&#244;t du nouveau-n&#233; sur la terre, etc&#8230; Certes, la sacralit&#233; f&#233;minine et maternelle n'&#233;tait pas ignor&#233;e au pal&#233;olithique, mais la d&#233;couverte de l'agriculture en augmente sensiblement la puissance. La sacralit&#233; de la vie sexuelle, en premier lieu la sexualit&#233; f&#233;minine, se confond avec l'&#233;nigme miraculeuse de la cr&#233;ation. (&#8230;) Le culte de la fertilit&#233; et le culte des morts semblent solidaires (cultures de Hacilar et &#199;atal H&#252;y&#252;k en Anatolie et culture pr&#233;-c&#233;ramique de J&#233;richo, par exemple). (&#8230;) Des reliefs de la d&#233;esse, parfois hauts de deux m&#232;tres, model&#233;s en pl&#226;tre, en bois ou en argile et des t&#234;tes de taureaux &#233;taient fix&#233;s aux murs. (&#8230;) A Hacilar, dat&#233; de &#8211; 5.700, la d&#233;esse est montr&#233;e assise sur un l&#233;opard ou debout tenant le petit d'un l&#233;opard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Pelon &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une importante iconographie f&#233;minine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun sanctuaire ni aucun lieu de culte n'ont &#233;t&#233; identifi&#233;s dans le secteur fouill&#233;, contrairement aux indications fournies &#224; &#199;atal H&#252;y&#252;k. Au lieu de pi&#232;ces orn&#233;es de motifs peints ou en relief de caract&#232;re symbolique ou rituel, on n'observe que des murs sans d&#233;cor et des installations &#224; destination purement domestique. Il existe cependant un lien entre les deux sites : la pr&#233;sence de figurines de terre cuite ou crue qui ont d&#251; jouer un r&#244;le dans les pratiques religieuses. &#192; Hacilar, c'est tout un monde de repr&#233;sentations f&#233;minines qui a &#233;t&#233; mis au jour, dont J. Mellaart a pu dire qu'elles figuraient les diff&#233;rents aspects de la population f&#233;minine de l'&#233;poque vus par les yeux d'un artiste m&#226;le, et qu'il d&#233;crit ainsi de fa&#231;on tr&#232;s suggestive :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les jeunes filles, aux traits fins, leur chevelure brune ou noire port&#233;e en queue de cheval ou en boucles sur le sommet de la t&#234;te, affichant avec coquetterie leurs corps splendides &#224; petits seins, v&#234;tus uniquement d'un cale&#231;on en &#233;toffe de laine ou en peau d'animal ou jouant avec leurs l&#233;opards familiers, rapport&#233;s par les chasseurs des for&#234;ts de pin et de gen&#233;vrier qui entouraient la vall&#233;e. Ailleurs [&#8230;] les femmes plus &#226;g&#233;es, m&#232;res ou futures m&#232;res, de formes m&#251;res et sans aucun doute nues ou v&#234;tues de tabliers ou de jupes ficelle, leur chevelure nou&#233;e en chignon &#224; l'arri&#232;re de la t&#234;te, comme le voulait leur statut de femme mari&#233;e. Ici une jeune femme jouait avec son enfant assis sur sa poitrine ou la t&#233;tant ; pr&#232;s de l&#224; [&#8230;] une femme aux cheveux sombres se reposant &#224; l'ombre tandis que son jeune enfant se penche vers elle et murmure dans son oreille, ou les &#233;bats d'un enfant sur le dos de sa m&#232;re qui s'accroupit avec difficult&#233; en raison de son &#233;vidente grossesse&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les motifs choisis ont cependant une valeur symbolique manifeste, sans doute identique &#224; Hacilar et &#224; &#199;atal H&#252;y&#252;k : un personnage f&#233;minin en est le centre, volontiers associ&#233; dans les deux cas &#224; un animal, le l&#233;opard, qu'on ne peut simplement consid&#233;rer comme un animal familier. Et si, &#224; Hacilar, les formes f&#233;minines sont parfois graciles et sveltes, on a plus souvent des figurations de femmes st&#233;atopyges aux seins lourds qui incarnent une id&#233;e de maternit&#233; f&#233;conde. La nudit&#233; m&#234;me, totale ou partielle, qui est une des constantes de ces repr&#233;sentations est significative du d&#233;sir de l'artisan de mettre particuli&#232;rement en valeur tous les aspects du corps f&#233;minin ; le geste &#8211; que l'on constate dans plusieurs cas &#8211; des mains ramen&#233;es sur les seins qu'elles paraissent cacher, bien loin d'&#234;tre celui de la V&#233;nus pudique (Venus pudica) dont il est pourtant l'arch&#233;type, n'est destin&#233; qu'&#224; mieux mettre en &#233;vidence cet &#233;l&#233;ment essentiel de la f&#233;condit&#233; f&#233;minine. Si aucune des figurines d'Hacilar n'atteint &#224; la majest&#233; de la &#171; d&#233;esse &#187; aux l&#233;opards de &#199;atal H&#252;y&#252;k repr&#233;sent&#233;e en train d'accoucher, il existe cependant une filiation probable entre celle-ci et celles des femmes d'Hacilar associ&#233;es &#224; un jeune f&#233;lin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Abensour &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Essayons avec un assyriologue contemporain de ressusciter la vie d'une petite cit&#233; du bas Euphrate, quatre mille ans avant notre &#232;re : &#171; La femme y occupe une situation privil&#233;gi&#233;e, elle jouit del&#224; libert&#233; et des honneurs. &#187; &#201;gales de l'homme, ces femmes du peuple pour lesquelles, dans le but d'encourager (d&#233;j&#224; !) la natalit&#233;, on a institu&#233; le salaire familial ; &#233;gales de l'homme ces &#171; servantes de la reine &#187;, congr&#233;gation religieuse et corporation &#224; la fois ; &#233;gale de son souverain cette &#233;pouse du roi qui, dans la cit&#233;-royaume de Lagas, est chef politique, grand-juge, administrateur, qui &#233;voque devant son tribunal les affaires priv&#233;es, nomme les fonctionnaires, promulgue les lois et dont le palais &#8212; non celui du roi &#8212; est le grand centre de la vie du petit royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'&#233;pouse du ma&#238;tre d'une cit&#233; chald&#233;enne exerce plus de pouvoirs officiels qu'aucune reine n'en exerce jamais du vivant de son mari, des inscriptions exhum&#233;es r&#233;cemment par le p&#232;re Scheil nous apportent mieux encore : des femmes &#233;lev&#233;es par le choix populaire au pouvoir supr&#234;me. Nous savons en effet que, cinq mille ans avant notre &#232;re, le suffrage universel fleurissait, de m&#234;me que le collectivisme, sur les bords de l'Euphrate et du Tigre. Qu'un souverain v&#238;nt &#224; mourir, et c'&#233;tait parfois une femme que le peuple d&#233;signait pour son successeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gende de S&#233;miramis, qui comme toute l&#233;gende a une base historique, montre que le gouvernement f&#233;minin laissa en Orient de bons souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs, bien plus que l'&#233;galit&#233; des sexes, une v&#233;ritable supr&#233;matie de la femme qu'ont connue ces &#226;ges fabuleux de la l&#233;gende qui chaque jour p&#233;n&#232;trent un peu plus dans l'histoire de l'ancien Orient. Mais aux temps classiques m&#234;me, et quand les cultes lunaire ou terrestre, dont la primaut&#233; se confondait avec celle de la femme, grande pr&#234;tresse d'Ishtar de la D&#233;esse-M&#232;re, s'&#233;clipsent devant le culte masculin du Soleil, la femme conserve du moins longtemps encore l'&#233;galit&#233; : &#233;galit&#233; civile, &#233;galit&#233; politique ; jusqu'&#224; la disparition des empires assyrien et chald&#233;en, la femme continue de signer des contrats. Au neuvi&#232;me si&#232;cle encore, la reine d'Assyrie, Sammouroumat (S&#233;miramis ?), contresigne tous les actes de son mari. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_f%C3%A9minisme_(Abensour)/Orient&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gr&#232;ce&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la culture grecque, qui &#233;tait &#224; son apog&#233;e il y a deux mille ans, ce ne fut pas le dieu Ascl&#233;pios (Esculape), mais sa m&#232;re, Coronis, qu'on consid&#233;ra comme le premier m&#233;decin. Elle supplanta H&#233;cate et Diane qui avaient &#233;t&#233; les premi&#232;res d&#233;esses de l'art de gu&#233;rir. Une l&#233;gende grecque, relatant les aventures du demi-dieu Hercule, d&#233;crit son voyage dans un pays domin&#233; par une tribu d'Amazones guerri&#232;res : le voyageur d&#233;cide d'en finir avec la domination des femmes et de lib&#233;rer les hommes. Une autre l&#233;gende raconte comment les dieux d'Ath&#232;nes d&#233;churent les femmes de leurs droits, car elles avaient utilis&#233; leur droit de vote pour nommer leur ville &#034; Ath&#233;na &#034;, en l'honneur de la d&#233;esse, au lieu de la baptiser du nom de dieu Pos&#233;idon. La l&#233;gende grecque indique le combat entre le matriarcat et le patriarcat dans le combat de Pos&#233;idon pour conqu&#233;rir l'Olympe. La l&#233;gende veut que la d&#233;esse Ath&#233;na aurait d&#233;fendu le matriarcat et Pose&#239;don, dieu des mers, aurait impos&#233; le patriarcat &#224; Ath&#232;nes en sp&#233;cifiant cette demande pour arr&#234;ter d'assaillir la ville d'Ath&#232;nes par les hautes lames de la mer. Les femmes, selon la l&#233;gende, ont alors perdu leur droit de vote et les enfants ont cess&#233; de porter le nom de la m&#232;re. Zeus intervint, dit la l&#233;gende, pour &#233;viter que le combat entre Ath&#233;na et Pose&#239;don ne m&#232;ne &#224; une guerre civile durable. Cela montre que la conqu&#234;te des hommes est reli&#233;e &#224; la formation de l'Etat puisque c'est la prise de l'Olympe par Zeus, qui symbolise la naissance de l'Etat grec, qui est reli&#233;e &#224; la venue dans l'Olympe des dieux du fr&#232;re de Zeus, Pose&#239;don. On a appel&#233; &#8216;&#233;poque avant l'Etat de &#171; r&#232;gne de Chronos &#187; et la l&#233;gende annonce que les hommes travaillaient alors seulement pour subvenir &#224; leurs propres besoins et ne s'exploitaient pas mutuellement. Il est &#224; remarquer que la l&#233;gende raconte que c'est encore Pose&#239;don qui ravagea la ville de Troie ce qui sous-entend aussi que la ville de Troie avait conserv&#233; le matriarcat alors qu'il avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233; dans le reste de la Gr&#232;ce. Cela irait dans le m&#234;me sens que les l&#233;gendes selon lesquelles des arm&#233;es de femmes sont accourues d&#233;fendre Troie quand la Gr&#232;ce s'est unie pour combattre et &#233;craser cette ville et le fait que les Troyennes ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement mal trait&#233;es apr&#232;s cette guerre et livr&#233;es en esclavage. Le plus impressionnant, c'est que la l&#233;gende des &#171; travaux d'Hercule &#187; explique que l'une des t&#226;che du &#171; h&#233;ros &#187; a consist&#233; &#224; combattre les r&#233;giments de femmes appel&#233;es les Amazones, les unes venues d'Afrique du nord et les autres des bords du fleuve Thermodon, dans la r&#233;gion du Caucase. Ces deux arm&#233;es s'appuyaient sur des soci&#233;t&#233;s matriarcales. Elles auraient particip&#233;, toujours selon la l&#233;gende car cette &#233;poque dispose seulement de l&#233;gendes, &#224; la guerre de Troie aux c&#244;t&#233;s des Troyens (Troyennes ?). Th&#232;s&#233;e aurait personnellement combattu les r&#233;giments de femmes sous les ordres de la reine Penth&#233;sil&#233;e devant Troie. La l&#233;gende rajoute que cette reine aurait &#233;t&#233; tu&#233;e par Achille dans un combat singulier. Les Grecs comme Socrate ou Platon consid&#232;rent que le pass&#233; peu lointain comprenait des r&#233;giments de femmes. On retrouve des arm&#233;es strictement f&#233;minines dans les arm&#233;es des Cimm&#233;riens et des Scythes. Les Romains en ont combattu certaines comme les Namn&#232;tes de l'Ile de Sein, ou les Samnites vivant pr&#232;s du V&#233;suve. Le nord de l'Iran a eu encore longtemps des soci&#233;t&#233;s matriarcales qui subsistent dans quelques bourgades. Parmi les mythes grecs qui mentionnent l'&#233;poque f&#233;minine de la Gr&#232;ce antique, on peut &#233;galement citer celui dit &#171; des &#226;ges &#187;. Sous l'&#226;ge d'Or, ils ont v&#233;cu sous le r&#232;gne de Ga&#239;a, d&#233;esse-terre. L'&#226;ge d'argent est symbolis&#233; par une femme maniant la charrue et arborant une gerbe de bl&#233;. C'est l'&#226;ge de la f&#233;condit&#233;. C'est Zeus, dieu masculin, qui a an&#233;anti cet &#226;ge pour inaugurer l'&#226;ge de bronze, celui des hommes guerriers. La femme avait encore une influence cependant, marqu&#233;e par une femme casqu&#233;e et adoss&#233;e &#224; un bouclier. Prom&#233;th&#233;e cr&#233;a ensuite l'&#226;ge de fer qui est un &#226;ge violent o&#249; on repr&#233;sente encore une femme mais mena&#231;ante et coiff&#233;e d'une t&#234;te de loup. Zeus an&#233;anti alors l'humanit&#233; enti&#232;re, laissant seulement un couple de justes qui surv&#233;cut au d&#233;luge. On constate en Gr&#232;ce de nombreuses d&#233;esses et m&#234;me des d&#233;esses mena&#231;antes comme le sphinx. Les myst&#232;res d'&#201;leusis faisaient partie d'un culte &#224; myst&#232;res, de nature &#233;sot&#233;rique, effectu&#233; dans le temple de D&#233;m&#233;ter &#224; &#201;leusis (&#224; 20 km au sud-ouest d'Ath&#232;nes). Ils sont consacr&#233;s aux d&#233;esses D&#233;m&#233;ter (terre) et sa fille Pers&#233;phone (enfer). Ce culte agraire rendu &#224; la d&#233;esse grecque de l'agriculture, s'&#233;tendra &#224; toute la Gr&#232;ce et, &#224; l'&#233;poque romaine, &#224; tout l'Empire romain. Les d&#233;esses m&#232;re et fille d'&#201;leusis ont probablement des racines pr&#233;hell&#233;niques, ceci &#233;tant sugg&#233;r&#233; par la relation entre leur l&#233;gende et la culture des c&#233;r&#233;ales, introduite en Gr&#232;ce longtemps avant l'arriv&#233;e des Grecs. Selon le mythe, D&#233;m&#233;ter d&#233;voila aux hommes ses myst&#232;res et la ma&#238;trise de l'agriculture. Le po&#232;te Eschyle (Ve si&#232;cle avant JC), citoyen d'Eleusis et initi&#233; aux Myst&#232;res de D&#233;m&#233;ter, fut accus&#233; de les avoir r&#233;v&#233;l&#233;s. Il connaissait les souvenirs de l'&#233;poque matriarcale que les pr&#234;tresses conservaient et expliquaient aux initi&#233;s. L'explorateur Pausanias (I, 38) rapporte que, dans les temps pr&#233;historiques, les habitants d'Eleusis durent d&#233;fendre par les armes le culte de D&#233;m&#233;ter, que les Ath&#233;niens voulaient abolir. Le culte des d&#233;esses matriarcales, pour &#233;chapper aux pers&#233;cutions, dut donc s'entourer d'ombre et de myst&#232;re. La Gr&#232;ce a d&#233;velopp&#233; des &#171; mythes de la vierge &#187;. Trois d&#233;esses grecques, Junon, Minerve et Diane, portaient l'&#233;pith&#232;te de partheneia, virginale. Cependant Junon eut plusieurs enfants et Minerve, la vierge par excellence, fut plusieurs fois m&#232;re. D'apr&#232;s Cic&#233;ron et Aristote, elle avait mis au monde Apollon patr&#244;os (protecteur des p&#232;res) ; Vulcain, en cette circonstance, avait &#233;t&#233; son mari, ou plut&#244;t son violateur, ce qui ne l'emp&#234;chait pas de partager avec elle son temple sur l'acropole d'Ath&#232;nes ; les f&#234;tes des lampadephories &#233;taient c&#233;l&#233;br&#233;es en l'honneur de Minerve et de Vulcain. &#8212; Neptune, en sa qualit&#233; de dieu marin, se permit un grand nombre de viols, la d&#233;esse ath&#233;nienne fut une de ses victimes ; mais la Terre fut assez complaisante pour porter dans son sein le fils de Minerve et de Neptune, Erichthonius. Malgr&#233; ces enfants, la d&#233;esse continuait &#224; recevoir l'&#233;pith&#232;te de vierge ; et son temple sur l'acropole, l'Erechtheum, &#233;tait consacr&#233; &#224; Minerve m&#233;tro-parthenos, la vierge-m&#232;re. Elle &#233;tait m&#234;me une d&#233;esse tut&#233;laire des femmes viol&#233;es, fort nombreuses dans les tribus primitives de la Gr&#232;ce, comme dans les tribus australiennes. Aethra, viol&#233;e par Neptune dans l'&#238;le de Sph&#233;rie, &#233;leva un temple &#224; Minerve apaturia (d&#233;cevante) ; quand Hercule eut triomph&#233; de la reine des Amazones, il lui consacra la ceinture qu'il lui avait enlev&#233;e ; le jour de leur mariage, les fianc&#233;es de Tr&#233;zenne faisaient hommage &#224; Minerve de leurs ceintures. Dans la t&#234;te des Grecs, l'id&#233;e de virginit&#233; et de maternit&#233; ne s'excluaient pas. Nous verrons tout &#224; l'heure que vierge-m&#232;re signifiait m&#232;re sans le concours de l'homme, comme c'est le cas pour la vierge-m&#232;re Marie : mais dans les temps primitifs cela voulait dire m&#232;re sans &#234;tre mari&#233;e. C'est ce qui explique ce passage des Eum&#233;nides d'Eschyle, dans lequel Minerve dit que &#034; quoique l'homme a tout son coeur, elle n'a jamais consenti &#224; accepter le joug du mariage &#034;. En Gr&#232;ce, on appelait fils de vierge (parthenias), le fils d'une fille non mari&#233;e. La femme &#233;tait cens&#233;e vierge tant qu'elle n'&#233;tait pas mari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/patriarcat/mythologie/pantheon/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[M&#233;d&#233;e ou le remaniement du droit, une r&#233;sistante face &#224; l'av&#232;nement du patriarcat grec -&gt; https://matricien.wordpress.com/essais/echene/medee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mythologie grecque : putsch des dieux-p&#232;res olympiens sur l'ancien ordre des d&#233;esses-m&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aristophane contre la r&#233;volution des femmes (celle soutenue par Socrate)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1886/10/matriarcat.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paul Lafargue rapporte les l&#233;gendes, notamment grecques, de passage du matriarcat au patriarcat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1904/00/promethee.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Mythe de Prom&#233;th&#233;e, de Paul Lafargue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1896/00/lafargue_18960000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le mythe de l'Immacul&#233;e conception de Paul Lafargue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vikings&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la l&#233;gende viking, Beowulf tue une d&#233;esse-m&#232;re de l'&#232;re matriarcale. Chez les anciens Vikings, c'&#233;tait la d&#233;esse Eir qui dominait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes vikings &#233;taient hautement consid&#233;r&#233;es dans les affaires religieuses. Dans la soci&#233;t&#233; scandinave, la v&#246;lva, tout autant pr&#234;tresse que proph&#233;tesse, &#233;tait g&#233;n&#233;ralement une femme &#226;g&#233;e ayant rompu avec les attaches familiales, qui errait &#224; travers le pays. On faisait appel &#224; ses services dans les situations graves, &#224; l'instar de la femme qui, avec l'aide de Gudrid, dirige les rituels pa&#239;ens pour mettre fin &#224; la famine, dans la saga d'Eirik le Rouge. Son autorit&#233; &#233;tait absolue et elle &#233;tait largement r&#233;mun&#233;r&#233;e pour ses services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la mythologie et les r&#233;cits historiques, les v&#246;lvur &#233;taient cens&#233;es poss&#233;der des pouvoirs tels qu'Odin lui-m&#234;me, le p&#232;re des dieux, faisait appel &#224; leurs services pour conna&#238;tre l'avenir des dieux : c'est notamment ce que rapporte la V&#246;lusp&#225;, dont le titre lui-m&#234;me se traduit par &#034;chant de la proph&#233;tesse&#034;. Parmi les plus c&#233;l&#232;bres v&#246;lvas de la litt&#233;rature scandinave, il y a lieu de citer la Heidi de la V&#246;lusp&#225; et la sorci&#232;re Gr&#243;a du lai de Svipdag (Svipdagsm&#225;l).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme ou femme pouvait &#234;tre m&#233;decin &#034;loeknir&#034;. La magie et la sorcellerie &#233;taient exerc&#233;es strictement par les femmes. Les sorciers masculins &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme homosexuels (passifs) ce qui avait une connotation tr&#232;s n&#233;gative de d&#233;shonneur, de couardise et non-virilit&#233; dans la soci&#233;t&#233; viking. Les Vikings pouvaient intervenir sur leur destin qui n'&#233;tait pas in&#233;luctable comme il le devint &#224; l'&#233;poque chr&#233;tienne. Le recourt aux magiciennes et aux sorci&#232;res &#233;tait un moyen de questionner les esprits et de s'en servir pour ex&#233;cuter les ordres du sorcier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anc&#234;tres des Viking avaient le culte d'une D&#233;esse M&#232;re et des grandes forces naturelles qu'ils ont repr&#233;sent&#233;es plus tard par la cr&#233;ation d'un panth&#233;on qui compte notamment Odin, Thor, Jord, Frigg, Freyja, Freyr... et le grand arbre Yggdrasill. Il existe des t&#233;moignages de l'&#233;poque romaine d&#233;crivant ceux que l'on nomme &#171; les p&#232;res des Vikings &#187; en ces termes :&#171; Ils (germains du nord) n'ont ni druides qui pr&#233;sident au culte des dieux, ni aucun go&#251;t pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu'ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le Soleil, le feu, la Lune. Ils n'ont m&#234;me pas entendu parler des autres &#187; &#8212; Jules C&#233;sar, Commentaires sur la Guerre des Gaules VI, 21&#171; Ils r&#233;pugnaient &#224; pr&#233;senter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable &#224; la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir &#8211; esprits de la terre) &#224; cette r&#233;alit&#233; myst&#233;rieuse que leur seule pi&#233;t&#233; leur fait voir &#187; &#171; Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu'ils ont un culte commun pour Nerthus c'est-&#224;-dire la Terre M&#232;re, croient qu'elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples &#187; Tacite, Germania IX, 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mythes nordiques nous apprennent que deux familles divines cohabitent ensembles et forment le panth&#233;on nordique. La premi&#232;re et la plus ancienne, est la famille des Vanir. La seconde et la plus r&#233;cemment arriv&#233;e en sol scandinave, est la famille des Aesir. Les Vanes sont les premiers dieux (autochtones matriarcaux europ&#233;ens). Ils sont associ&#233;s aux cultes de la fertilit&#233;, de la f&#233;condit&#233;, de la sagesse et de la pr&#233;cognition. S&#233;dentaires, ils &#233;taient honor&#233;s comme divinit&#233;s de la fertilit&#233;, de l'amour, de la sexualit&#233;, de la nature, de la sant&#233;,de la chance, de la jeunesse et des animaux. Outre leurs attributs divins, on les consid&#232;re aussi comme des magiciens aux tr&#232;s grands et nombreux pouvoirs et comme des &#234;tres spirituels plein de sagesse et de conseils. Il n'y a ni dieux de la guerre, ni d&#233;esses du mariage. Chez eux, les hommes &#034;&#233;pousent&#034; leur s&#339;ur.Ils sont vaincus par les Ases (dieux des envahisseurs patriarcaux indo-aryens : Odin, Thor...). &lt;br class='autobr' /&gt;
Freyja est la d&#233;esse-m&#232;re nordique de la terre, de la fertilit&#233;, et de la beaut&#233;.Son nom signifie &#034;Dame&#034;. Freyja et son fr&#232;re Freyr (&#034;le Seigneur&#034;) sont les chefs des Vanir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fylgja d&#233;signe le placenta, les membranes qui suivent l'expulsion du nouveau-n&#233;, et,symboliquement, la figure tut&#233;laire, l'esprit, le double qui suit un homme et m&#234;me un clan. La femme-fylgja, la fylgjukona, est celle qui prot&#232;ge l'individu, se rapprochant de notre ange-gardien,mais aussi d'une famille. Elle est li&#233;e au culte des Dises, &#233;voquant les dhisanas v&#233;diques, d&#233;esses de la fertilit&#233; et de la f&#233;condit&#233;, mais aussi du destin. Dans la mythologie nordique les dises (vieux norrois : d&#237;sir ; au singulier : d&#237;s) forment un ensemble de divinit&#233;s f&#233;minines sur lesquelles peu de choses connues, &#224; l'exception qu'elles sont associ&#233;es &#224; la mort et la d&#233;ch&#233;ance. La fylgja est le double de l'individu, comparable au Ka &#233;gyptien et &#224; l' eidolon grec, une sorte d'ange gardien prenant la forme d'une entit&#233; f&#233;minine ou d'un animal prot&#233;geant la famille ou la personne qu'elle a adopt&#233;e. C'est un &#234;tre tut&#233;laire dont la fonction est la protection et la pr&#233;diction. Il se manifeste aux vivants pendant les r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Po&#232;me &#233;pique anglo-saxon &#233;crit au VIIe si&#232;cle narrant les exploits du h&#233;ros scandinave Beowulf (bee-wolf, loup-abeille, ours), qui vient &#224; la rescousse du roi Hrothgar du Danemark, qui chaque nuit se fait d&#233;vorer ses guerriers par le monstre des mar&#233;cages Grendel. Celui-ci est le fils d'une ogresse vivant dans un lac souterrain. Beowulf les terrassera. Comme dans la mythologie grecque, nous avons un h&#233;ros masculin terrassant un monstre f&#233;minin ''de l'ancien monde'' ainsi que ses enfants. De nombreux universitaires pensent que ces mythes sont des all&#233;gories au nouvel ordre patriarcal terrassant l'ancien ordre matriarcal. Dans une version christianis&#233;e, Grendel serait un descendant de Ca&#239;n, hors ce dernier est souvent interpr&#233;t&#233; comme un symbole matriarcal : Abel (pasteur sacrificateur patriarcal) est pr&#233;f&#233;r&#233; par Yahv&#233; &#224; Ca&#239;n (agriculteur matriarcal). Dans la version cin&#233;matographique de Robert Zemeckis (2007), Grendel serait l'enfant adult&#232;re du roi Hrothgar avec l'ogresse (une sorci&#232;re s&#233;ductrice multiformes), venant ainsi se venger de ne pas avoir &#233;t&#233; reconnu par son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.files.wordpress.com/2012/03/matriarcat-celtique-germanique.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.files.wordpress.com/2012/03/matriarcat-celtique-germanique.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Matriarcat nord-europ&#233;en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Romains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si Rome est connue pour &#234;tre une soci&#233;t&#233; patriarcale d&#232;s le d&#233;but, elle ne provient pas d'une soci&#233;t&#233; patriarcale. A Rome, le patriarcat succ&#233;da &#224; un matriarcat &#233;trusque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/etrusque/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Matriarcat &#233;trusque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_des_femmes_dans_la_soci%C3%A9t%C3%A9_%C3%A9trusque&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Place des femmes dans la soci&#233;t&#233; &#233;trusque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://adelaisetjasmine.over-blog.com/la-femme-%C3%89trusque-grande-oubli%C3%A9e-des-f%C3%A9ministes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La femme &#201;trusque, grande oubli&#233;e des f&#233;ministes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Scienza Nuova, Giambattista Vico (philosophe italien du 17e si&#232;cle) insiste sur la promiscuit&#233; primitive, et base l'&#233;tablissement du patriarcat &#224; Rome et sa s&#233;paration de la pl&#232;be sur la diff&#233;rence de la forme de mariage. Les patriciens antiques (aristocratie, &#233;lite oligarchique) pouvaient nommer leur p&#232;re patrem ciere ; tandis que les pl&#233;b&#233;iens (peuple), qui conservaient encore la g&#233;n&#233;alogie maternelle, ne connaissaient pas leur p&#232;re. C'est pourquoi les cultes des d&#233;esses-m&#232;res &#233;taient si populaires dans l'empire romain : Isis, Art&#233;mis, Cyb&#232;le, Magna Mater&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/patriarcat/mythologie/oreste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mythe d'Oreste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patriciens romains se disaient descendants d'&#201;n&#233;e, un des h&#233;ros de la bataille de Troie, ville au pass&#233; grandiose qui se trouve en Anatolie. Cyb&#232;le &#233;tant la grande D&#233;esse d'Anatolie, les Romains ont voulu y voir la D&#233;esse-M&#232;re de leurs lointains anc&#234;tres. La statue de Cyb&#232;le entrant dans Rome &#233;tait donc c&#233;l&#233;br&#233;e comme un retour de la D&#233;esse parmi ses descendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyb&#232;le est une D&#233;esse &#233;trang&#232;re qui fut import&#233;e d'Anatolie en l'an 204 avant notre &#232;re. Son origine est exactement phrygienne, et les sp&#233;cialistes s'accordent &#224; dire qu'elle remonte tr&#232;s certainement &#224; la Terre-M&#232;re v&#233;n&#233;r&#233;e dans cette r&#233;gion au n&#233;olithique, tel que ce fut le cas &#224; &#199;atal H&#246;y&#252;k. Elle &#233;tait repr&#233;sent&#233;e &#224; cette lointaine &#233;poque avec une forte poitrine, et par la suite m&#234;me avec de tr&#232;s nombreuses poitrines qui symbolisaient l'aspect M&#232;re Nourrici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette arriv&#233;e de la statue de Cyb&#232;le &#224; Rome ne se fit pas sans frictions et probl&#232;mes. Car avec la D&#233;esse furent aussi import&#233;s des rites que les Romains voyaient d'un tr&#232;s mauvais &#339;il. Le caract&#232;re orgiaque du culte anatolien est un des aspects qui g&#234;naient profond&#233;ment le puritanisme patricien. D&#232;s le d&#233;but donc, bien que la D&#233;esse soit la bienvenue, les lois romaines apport&#232;rent de fortes limitations au culte de Cyb&#232;le. De plus, tous les rites devaient se tenir strictement dans le temple qui lui &#233;tait d&#233;di&#233; ; seul une fois l'an &#233;tait autoris&#233; une procession qui permettait qu'on sorte la statue de son temple. Par ailleurs tout sacrifice selon le rite anatolien &#233;tait lui aussi interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces diff&#233;rentes restrictions impos&#233;es par les autorit&#233;s romaines, se r&#233;v&#232;le un conflit tr&#232;s ancien, une opposition religieuse et culturelle qui conn&#251;t son grand tournant pendant la deuxi&#232;me moiti&#233; du n&#233;olithique : cet affrontement est probablement celui qui &#224; l'origine opposa la vision patriarcale et puritaine des aryens-patriciens, &#224; celle matriarcale et libertine des peuples ant&#233;rieurs aux aryens issus du n&#233;olithique ancien. &#192; une &#233;poque o&#249; les Romains ne s'&#233;taient pas encore &#233;tendus comme ils le firent par la suite, les valeurs religieuses patriarcales et puritaines h&#233;rit&#233;es de leurs anc&#234;tres aryens, &#233;taient encore celles qui pr&#233;dominaient dans la soci&#233;t&#233; romaine. Ces valeurs sont celles que d&#233;fend Rome face aux pr&#234;tres de Cyb&#232;le et de leurs rites venus du plus ancien du n&#233;olithique matriarcal. Le brassage des cultures patriciennes et matriciennes dont fut victime plus tard l'empire romain, fut une des raisons qui mena Rome &#224; sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources : &#171; Les Fastes &#187;, Ovide. &#171; La religion romaine archa&#239;que &#187;, Georges Dum&#233;zil&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Germains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chez les Germains, les femmes avaient toute la responsabilit&#233; du travail des champs. Les femmes des tribus tch&#232;ques pratiquant l'agriculture jouissaient de la m&#234;me estime. La l&#233;gende qui nous a &#233;t&#233; transmise sur la sagesse de la princesse Libussa rapporte que l'une des s&#339;urs de Libussa s'occupait de l'art de gu&#233;rir, tandis que l'autre b&#226;tissait des villes nouvelles. Quand Libussa arriva au pouvoir, elle choisit comme conseill&#232;res deux jeunes filles particuli&#232;rement vers&#233;es dans les questions de droit. Cette princesse gouvernait de fa&#231;on d&#233;mocratique et consultait son peuple pour toutes les d&#233;cisions importantes. Libussa fut d&#233;tr&#244;n&#233;e plus tard par ses fr&#232;res. Cette l&#233;gende t&#233;moigne assez bien de la mani&#232;re dont les peuples ont conserv&#233; la m&#233;moire de la domination de la femme. Le matriarcat devint dans la l&#233;gende populaire une &#233;poque particuli&#232;rement heureuse et b&#233;nie puisque la tribu menait encore une vie collective. Les l&#233;gendes germaniques que nous connaissons, par exemple la Chanson des Nibelungen, d&#233;crit avec force d&#233;tails les combats de preux guerriers contre de belles femmes non moins belliqueuses, avant que celles-ci ne se soumettent pour devenir leurs &#233;pouses. La belle Brunehilde ne fut vaincue par son pr&#233;tendant Gunther que par la ruse. Cependant, au cours de la nuit de noces, non seulement elle ne se rendit point, mais elle continua &#224; combattre et vainquit son h&#233;ros qu'elle suspendit au toit par la ceinture avant d'aller se coucher en toute qui&#233;tude. Les chants folkloriques russes montrent aussi la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; dont jouissaient les femmes non seulement dans la vie &#233;conomique, mais aussi sur le champ de bataille. Citons, par exemple, le h&#233;ros Dobrynja Nikititsch affrontant &#224; d&#233;couvert un &#171; chevalier errant, femme &#187;, repr&#233;sentante sans doute d'une tribu o&#249; dominait toujours le matriarcat. Dobrynja commence &#224; combattre avec elle. Elle le saisit par sa chevelure boucl&#233;e, le &#034;fourre&#034; dans un &#034;sac&#034;, et lui explique qu'elle ne consentira au mariage que si cela lui &#034;chante&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/germain/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Matriarcat germain pr&#233;-aryen : la femme guerri&#232;re et pr&#234;tresse face &#224; l'empire romain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La civilisation de l'Indus &#233;tait clairement matriarcale. La civilisation de l'Indus, vaste soci&#233;t&#233; urbaine commer&#231;ante n'avait ni palais ni temples ni rois ni arm&#233;e ni police, mais des immenses villes et est reconnue par tous les historiens comme matriarcale. Les religions suviantes ont d&#251; s'en d&#233;marquer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation de l'Indus et sa destruction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/asie/indus/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation matriarcale dravidienne de l'Indus : un paradis pacifique urbain d&#233;truit par les aryens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://autourdelhistoire.blog.lemonde.fr/2016/11/10/le-matriarca-pre-aryen-dans-lindouisme/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le matriarcat pr&#233;-aryen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions dans l'Inde antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Finlande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Laponie, ancienne terre matriarcale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pohjola est un lieu mythique dans la mythologie finnoise. &#201;tymologiquement, le mot est d&#233;riv&#233; de Pohja, le Nord et fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'ensemble des r&#233;gions polaires. Dans le Kalevala, le Pohjola est le pays des Saami (lapons). Le Pohjola peut &#233;galement &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un lieu purement mythique, la source du mal. Le froid et les maladies viendraient de ce Pohjola. Selon la mythologie finlandaise, les fondations du monde &#8212; les racines de l'arbre du monde &#8212; se trouvent dans le pays Pohjola. Dans la mythologie, Louhi, une puissante sorci&#232;re r&#232;gne sur le Pohjola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louhi a dans la mythologie finlandaise la double fonction de sorci&#232;re des glaces et de reine d'un pays connu sous le nom de Pohjola. Elle est d&#233;crite comme une sorci&#232;re puissante ayant la possibilit&#233; de changer de forme &#224; son bon vouloir ainsi que la facult&#233; d'ex&#233;cuter de puissants enchantements. Elle est &#233;galement la principale adversaire de V&#228;in&#228;m&#246;inen et de ses comparses dans lutte pour la possession du Sampo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louhi avait &#233;galement la capacit&#233; d'enfermer la lune et le soleil dans une caverne ainsi que d'envoyer le froid sur un pays entier. Elle se servit de son don de se transformer &#224; souhait, pour se m&#233;tamorphoser fr&#233;quemment en griffon. Ce fut sous cette forme qu'elle attaqua le bateau qui emportait le Sampo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Kalevala, elle a aussi bon nombre de filles magnifiques, qu'Ilmarinen, Lemmink&#228;inen et autres h&#233;ros essayent de conqu&#233;rir dans diverses l&#233;gendes. Les t&#226;ches &#224; accomplir pour ce faire &#233;taient si ardues que finalement peu arrivaient &#224; les accomplir, et le cas &#233;ch&#233;ant, elle intervenait elle-m&#234;me pour faire &#233;chouer leur projet. Seul Ilmarinenaura su combler ses attentes, sans pour autant conqu&#233;rir une fille de Louhi, cette derni&#232;re refusant de quitter son pays d'origine. V&#228;in&#228;m&#246;inen et Ilmarinen furent les seuls &#224; l'avoir tenue en d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des personnages du Kalevala cherchent &#224; obtenir la main de la fille de Pohjola. Louhi leur demande de r&#233;aliser des miracles comme forger le myst&#233;rieux Sampo de prosp&#233;rit&#233;. V&#228;in&#228;m&#246;inen est le personnage principal des r&#233;cits concernant le Sampo, objet rappelant une fabrique miraculeuse qui cr&#233;e c&#233;r&#233;ale, sel et or. V&#228;in&#228;m&#246;inen part &#224; Pohjola pour y &#233;pouser la fille de Pohjola. La ma&#238;tresse de Pohjola impose au pr&#233;tendant qu'il forge le Sampo. V&#228;in&#228;m&#246;inen n'y parvient pas et il repart d&#233;&#231;u. Cependant, il envoie le forgeron Ilmarinen forger le Sampo de Pohjola. Toutefois la ma&#238;tresse de Pohjola ne donne pas sa fille &#224; Ilmarinen, mais lui impose de r&#233;aliser de nouvelles t&#226;ches. Quand il a r&#233;alis&#233; toutes les t&#226;ches, la fille de Pohjola lui est donn&#233;e comme &#233;pouse. Celle-ci est tu&#233;e et dans sa douleur Imarinen part &#224; Pohjola &#233;pouser la seconde fille de Louhi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mythologie finnoise, le sampo (corne d'abondance ?) est un objet magique souvent associ&#233; &#224; Pohjola et qui assure la fortune &#224; son propri&#233;taire. Ayant remarqu&#233; combien le peuple de Pohjola est heureux gr&#226;ce au Sampo, il se f&#226;che et le raconte &#224; V&#228;in&#228;m&#246;inen et &#224; Lemmink&#228;inen. Ces derniers se f&#226;chent &#224; leur tour et partent vers Pohjola avec une arm&#233;e pour y d&#233;rober le Sampo. Le Sampo est vol&#233;, mais sur le chemin du retour, la ma&#238;tresse de Pohjola attaque et dans les combats le Sampo est d&#233;truit. Des morceaux du Sampo &#233;chouent sur une plage et d&#233;veloppent l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la conception des Sami de Laponie, chaque chose dans la nature a une &#226;me, comme chaque ph&#233;nom&#232;ne naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;esses des Lapons se trouvent g&#233;n&#233;ralement par trois : celle qui recueille l'&#226;me transmise par la m&#232;re, celle qui permet &#224; l'&#226;me de devenir un f&#339;tus, celle qui garde la tente o&#249; il y a un &#226;tre et o&#249; la femme accouche. La d&#233;esse principale est la femme qui d&#233;tient l'&#226;me et qui permet que se forment les enfants. Les enfants naissent tous comme des femmes et deviennent seulement ensuite soit des femmes soit des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chasseurs lapons ob&#233;issaient &#224; un paganisme matriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Akka (en langue saami : &#193;hkk&#225;) est un esprit f&#233;minin du chamanisme saami, pr&#233;sent &#233;galement dans la mythologie finnoise. Le culte d'Akka &#233;tait tr&#232;s g&#233;n&#233;ralis&#233; et c&#233;l&#233;br&#233; sous forme de sacrifices, d'incantations et autres rituels. Certains Saamis croyaient qu'Akka vivait sous leur tente. Dans la mythologie finnoise Akka est l'&#233;pouse de Ukko et est la d&#233;esse de la fertilit&#233;. Elle est identifi&#233;e &#224; la partie f&#233;minine de la nature, Maaemonen la m&#232;re Terre, fertilis&#233;e par Ukko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maderakka, appel&#233;e &#233;galement M&#225;ttar&#225;hkk&#225; est la premi&#232;re Akka, la d&#233;esse primordiale, la cr&#233;atrice du corps humain, la d&#233;esse des femmes et des enfants. Les femmes et les enfants lui appartiennent (les gar&#231;ons jusqu'&#224; leur pubert&#233;). Le nom, remontant &#224; la mythologie saami, r&#233;f&#232;re &#224; la d&#233;esse de la sagesse et de la beaut&#233;, ce qui explique qu'akka a pu &#234;tre utilis&#233; en langue saami pour d&#233;signer &#171; grand-m&#232;re &#187; ou &#171; femme sage &#187;. Maderakka est populaire parmi les f&#233;ministes Saami. Jabme-Akka (l'Akka de la mort) est la d&#233;esse du monde souterrain. Elle apaise et rassure les &#226;mes des enfants disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; S&#225;r&#225;hkk&#225;, appel&#233;e &#233;galement Sarakka, est la d&#233;esse de la fertilit&#233;, de la grossesse et de la naissance. Elle assure la protection du f&#339;tus. Une association saami f&#233;ministe cr&#233;&#233;e en 1988 porte le nom The Sarahkka en son honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Juokshkk&#225;, appel&#233;e &#233;galement Juksakka, dont le nom signifie l'Akka &#224; la fl&#232;che est la d&#233;esse protectrice des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Uks&#225;hkk&#225;, dont le nom signifie femme de la porte, est la d&#233;esse prot&#233;geant la maisonn&#233;e. C'est elle qui fa&#231;onne le f&#339;tus dans le ventre de la m&#232;re et d&#233;termine le sexe de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/matriarcat-religion/paganisme/finlande/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mythologie matriarcale finlandaise : la d&#233;esse-m&#232;re des lapons face aux nouveaux dieux-p&#232;res aryens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Papouasie-Nouvelle Guin&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'anthropologue Maurice Godelier &#233;crit dans la Recherche &#8211; novembre-d&#233;cembre 2002 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chez les Baruyas, selon le mythe originel, les femmes auraient invent&#233; les arcs, les fl&#232;ches, etc, mais elles les auraient utilis&#233; sans mesure. Leur puissance &#233;tait cr&#233;atrice de d&#233;sordre (disent les hommes qui ont construit ce mythe), leur cr&#233;ativit&#233; &#233;tait d&#233;sorganisatrice&#8230; C'est pourquoi les hommes ont d&#251; (disent-ils) les d&#233;poss&#233;der de tout cela. Pour que le monde tourne bien. Les femmes avaient aussi invent&#233; les fl&#251;tes. Or, le nom secret des fl&#251;tes, c'est &#171; vagin &#187;. C'est-&#224;-dire le pouvoir de donner la vie. Les premiers hommes (selon le mythe) se sont empar&#233;s des fl&#251;tes (&#8230;) Si les hommes ne tenaient pas les fl&#251;tes cach&#233;es des femmes, le pouvoir de donner la vie et de fa&#231;onner des gar&#231;ons repartirait chez les femmes. (&#8230;) En somme, les hommes vivent toujours menac&#233;s d'un d&#233;sordre cr&#233;&#233; par les femmes. C'est pourquoi ils ne desserrent jamais leur &#233;tau&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Baruyas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Baruyas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/oceanie/baruya/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La soci&#233;t&#233; Baruya a &#233;volu&#233; vers un patriarcat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-sud/selknam/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Selk'Nam (Terre de Feu) : une soci&#233;t&#233; patriarcale qui garde le souvenir mythique de l'&#232;re matriarcale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.sott.net/article/13851-Les-mythes-grecs-guerre-d-extermination-du-matriarcat-et-avenement-du-patriarcat-dans-la-societe-et-la-religion-mediterraneenne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les mythes grecs : guerre d'extermination du matriarcat, et av&#232;nement du patriarcat dans la soci&#233;t&#233; et la religion m&#233;diterran&#233;enne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/patriarcat/mythologie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mythologie et patriarcat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4400&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le matriarcat en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le matriarcat, ses causes et sa fin sous les coups de la guerre sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le matriarcat chez les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Amazones, un mythe ou une r&#233;alit&#233; mal accept&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2698&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la Renaissance en Europe, la chasse aux derniers restes du r&#244;le ind&#233;pendant des femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'insurrection des serfs scythes dans le royaume du Bosphore qui a pris le pouvoir derri&#232;re un esclave en 108-107 avant J.-C.</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6467</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article6467</guid>
		<dc:date>2019-08-11T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'insurrection des serfs scythes dans le royaume du Bosphore qui a pris le pouvoir derri&#232;re un esclave en 108-107 avant J.-C. Pendant un mill&#233;naire, le Bosphore scythe a &#233;t&#233; conquis et domin&#233; par les Grecs et il s'est r&#233;volt&#233; avec &#224; sa t&#234;te un esclave scythe Saumakos qui a renvers&#233; la royaut&#233; et tu&#233; le roi, puis donn&#233; le pouvoir aux serfs et esclaves scythes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Saumakos est un esclave scythe du royaume du Bosphore, royaume grec antique &#233;tabli sur les rives du Bosphore cimm&#233;rien, nom (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH409/480px-Bosporan_Kingdom_growth_map-fr-svg-2ceec.png?1782262723' width='480' height='409' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Grave_stele_03_pushkin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH920/Grave_stele_03_pushkin-e91cc.jpg?1782262723' width='500' height='920' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'insurrection des serfs scythes dans le royaume du Bosphore qui a pris le pouvoir derri&#232;re un esclave en 108-107 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant un mill&#233;naire, le Bosphore scythe a &#233;t&#233; conquis et domin&#233; par les Grecs et il s'est r&#233;volt&#233; avec &#224; sa t&#234;te un esclave scythe Saumakos qui a renvers&#233; la royaut&#233; et tu&#233; le roi, puis donn&#233; le pouvoir aux serfs et esclaves scythes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saumakos est un esclave scythe du royaume du Bosphore, royaume grec antique &#233;tabli sur les rives du Bosphore cimm&#233;rien, nom antique de l'actuel d&#233;troit de Kertch, qui reliait le Pont-Euxin (l'actuelle mer Noire) au lac M&#233;otide (l'actuelle mer d'Azov), et sur la Tauride, l'actuelle Crim&#233;e, qui a grandi et a &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; dans la maison de son ma&#238;tre, le roi Pairisad&#232;s avant de devenir un chef des serfs scythes, qui a pris leur t&#234;te et a tu&#233; le roi du Bosphore Pairisad&#232;s V, qu'il servait probablement comme militaire. &#192; la suite de sa r&#233;volte, il prit la t&#234;te du royaume du Bosphore. Diophantos, g&#233;n&#233;ral de Mithridate VI, pr&#233;sent &#224; Cherson&#232;se, le chassa par la force en 107-106 av. J.-C. Captur&#233;, il est envoy&#233; &#224; la cour de Mithridate VI comme prisonnier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Saumakos est principalement connu par un d&#233;cret de la cit&#233; de Cherson&#232;se en l'honneur de Diophantos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s s'&#234;tre rendu dans le territoire du Bosphore, Diophante r&#233;gla les affaires locales au mieux et selon les int&#233;r&#234;ts du roi Mithridate Eupator ; puis lorsque les Scythes, sous la conduite de Saumakos, eurent d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement, tu&#233; le roi du Bosphore Pairisad&#232;s, qui l'avait &#233;lev&#233; [Saumakos], et mont&#233; une conjuration contre Diophante, celui-ci r&#233;ussit &#224; &#233;chapper au danger en montant sur un bateau que les citoyens lui avaient appr&#234;t&#233;, vint [vers nous], harcela les citoyens de ses pri&#232;res et obtint l'appui empress&#233; de son c&#233;l&#232;bre roi Mithridate Eupator ; au d&#233;but du printemps, il parut avec une arm&#233;e de terre et une marine de guerre, fit monter les guerriers choisis par les citoyens sur trois bateaux, quitta notre ville, conquit Th&#233;odosie et Panticap&#233;e, punit les insurg&#233;s, s'empara de Saumakos, le meurtrier du roi Pairisad&#232;s, et l'envoya dans le royaume [de Mithridate], r&#233;tablissant ainsi la puissance du roi Mithridate. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/edl/328&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Zebelev_-_LAbdication_de_Pairisades.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de Saumakos et des serfs et esclaves Scythes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/doc/bch_0007-4217_1881_num_5_1_4240&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;cret de la ville de Cherson&#233;sos en l'honneur de Diophantos, g&#233;n&#233;ral de Mithridate&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=f14FhZ6A76wC&amp;pg=PA190&amp;lpg=PA190&amp;dq=r%C3%A9volution+Pairisades+saumakos+scythes&amp;source=bl&amp;ots=d_TXTfGHSP&amp;sig=ACfU3U2VtH6C8mjVD7QMwjzqIzobAG5yLg&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwiYpc-kjsbiAhVQUlAKHQEXA_gQ6AEwDHoECAkQAQ#v=onepage&amp;q=r%C3%A9volution%20Pairisades%20saumakos%20scythes&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une r&#233;volution servile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/girea_0000-0000_1976_act_4_1_938&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'esclavage dans le Bosphore (en anglais)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jstor.org/stable/4435697?seq=1#page_scan_tab_contents&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RUBINSOHN, Zeev W., &#171; Saumakos : Ancient history, modern politics &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://ausoniuseditions.u-bordeaux-montaigne.fr/aloha/pdfr/978-2-35613-035-8.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Crises dans la mer Noire septentrionale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La naissance de la civilisation en M&#233;sopotamie, ce n'est pas un produit de l'Etat</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6392</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article6392</guid>
		<dc:date>2019-05-23T22:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Irak - Iraq</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La ville m&#233;sopotamienne, c'est des maisons, des maisons, encore des maisons, bien avant que personne ne construise ni un palais, ni un temple... &lt;br class='autobr' /&gt; Ici, la ville d'Ur : &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire ici : au moins mille ans s&#233;parent l'urbanisation de la naissance d'un Etat en M&#233;sopotamie &lt;br class='autobr' /&gt;
Naissance de l'urbanisation : ruines de Jerf el Ahmar (9500 avant J.-C.) &#199;atal H&#246;y&#252;k, une des premi&#232;res villes du Haut Euphrate &lt;br class='autobr' /&gt;
La civilisation, cela signifie d'abord l'apparition d'une multitude de m&#233;tiers : La ville de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Irak - Iraq&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ville m&#233;sopotamienne, c'est des maisons, des maisons, encore des maisons, bien avant que personne ne construise ni un palais, ni un temple...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ici, la ville d'Ur :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/ur07b-e641f.jpg?1782262723' width='500' height='371' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-953.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici : au moins mille ans s&#233;parent l'urbanisation de la naissance d'un Etat en M&#233;sopotamie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naissance de l'urbanisation : ruines de Jerf el Ahmar (9500 avant J.-C.)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Fig--4-a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH324/Fig--4-a-4036d.jpg?1782262723' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#199;atal H&#246;y&#252;k, une des premi&#232;res villes du Haut Euphrate&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH253/catal-hoyuk-mesopotamie-079ab.jpg?1782262723' width='500' height='253' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La civilisation, cela signifie d'abord l'apparition d'une multitude de m&#233;tiers :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Etendard-Ur-Face-paix-histoire.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH219/Etendard-Ur-Face-paix-histoire-ce505.jpg?1782262723' width='500' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH213/5036446lpw-5036556-article-sumer-sumrien-sumrienne-sumriens-sumriennes-jpg_3705751_660x281-83735.jpg?1782262723' width='500' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L369xH180/Flickr_-_Nic_s_events_-_British_Museum_with_Cory_and_Mary__6_Sep_2007_-_185-3eb9f.jpg?1782262723' width='369' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH196/imagesgk-a2f46.jpg?1782262723' width='300' height='196' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH231/220px-Worker_adze_Eshnunna_Louvre_AO6694bis-aaf31.jpg?1782262723' width='220' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12202 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH335/peuples-mer-antiquite-histoire-c71a1.jpg?1782262723' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L448xH280/Ur_etendard_mini-c7091.jpg?1782262723' width='448' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/la-naissance-de-lagriculture-et-de-lcriture-17-728-e1b64.jpg?1782262723' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH183/220px-Sceau_kassite_araire-2cb81.png?1782262723' width='220' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/onRI3jJtpPMTxPJ73eZwBR8nkno_800x357.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH223/onRI3jJtpPMTxPJ73eZwBR8nkno_800x357-1c8bc.jpg?1782262723' width='500' height='223' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/8317d0811b8a6dd63ae13d7b44c2b562--louvre-paris-immense.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH728/8317d0811b8a6dd63ae13d7b44c2b562--louvre-paris-immense-7c776.jpg?1782262723' width='500' height='728' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH275/7-daprc3a8s-le-roi-prc3aatre-et-le-troupeau-sacrc3a9-dinanna-sceau-cylindre-d_uruk-vers-3000-ans-avjc-c3a9poque-de-djemdet-nasr-marsailly-blogostelle-3c36b.jpg?1782262723' width='500' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Halaf&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH147/indexhalaf-4a567.jpg?1782262723' width='220' height='147' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville d'Ur :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH347/ur-5b727.jpg?1782262723' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Suse&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexsus-ac660.jpg?1782262723' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville d'Eridu&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexer-ec5b2.jpg?1782262723' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Lagash&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12238 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/indexlagash-d22c7.jpg?1782262723' width='275' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Kish&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L272xH185/kish-6c66c.jpg?1782262723' width='272' height='185' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Girsu&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L276xH182/indexgirsu-3fe94.jpg?1782262723' width='276' height='182' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Babylone&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/indexbabylone-a8d42.jpg?1782262723' width='277' height='182' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville d'Uruk :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/uf-cite-uruk.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/uf-cite-uruk-97433.jpg?1782262723' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture en M&#233;sopotamie :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH374/520px-Mesopotamia_agriculture_limits-fr-svg-fad8b.jpg?1782262723' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_en_M%C3%A9sopotamie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agriculture en M&#233;sopotamie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;poques de la M&#233;sopotamie :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/-1650-9f20b-1483e.jpg?1782262723' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH433/-83-f0d11z-f3a4b.jpg?1782262723' width='500' height='433' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L322xH267/-1649-948f7-7f036.jpg?1782262723' width='322' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH324/220px-Mesopotamie_Isin-Larsa-svg-1c7e2.png?1782262723' width='220' height='324' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L346xH252/mesopotamie-709e2.jpg?1782262723' width='346' height='252' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_12199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH244/220px-Periodo-Obeid-svg-d6e41.png?1782262723' width='220' height='244' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/img_el_origen_de_los_sumerios_resumen_2216_orig.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/img_el_origen_de_los_sumerios_resumen_2216_orig-e84a5.jpg?1782262723' width='500' height='404' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L492xH448/sumer2-c757e.jpg?1782262723' width='492' height='448' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;esses femmes-l&#233;zards de la civilisation d'Ubaid&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L199xH253/indexfemmes-356fd.jpg?1782262723' width='199' height='253' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;esse Narundi d'Elam&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L494xH650/deesse_Narundi_d_Elam-29d34.jpg?1782262723' width='494' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;esse Inanna-Ishtar&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH588/inanna-ishtar-antiquite-7930c.jpg?1782262723' width='500' height='588' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L181xH279/index-21-76fc1.jpg?1782262723' width='181' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L167xH302/indexisht-c0fd0.jpg?1782262723' width='167' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexisis-9da81.jpg?1782262723' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L188xH268/images-69-f1b60.jpg?1782262723' width='188' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La naissance de la civilisation en M&#233;sopotamie, ce n'est pas un produit de l'Etat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, cette fois pour la M&#233;sopotamie, nous devons casser une conception tr&#232;s ancr&#233;e dans l'id&#233;ologie dominante : la civilisation n'est pas une production due &#224; l'Etat, &#224; la dictature militaire, polici&#232;re, de l'institution religieuse et de la bureaucratie d'un pouvoir central s'imposant aux classes sociales oppos&#233;es, bien entendu dans l'int&#233;r&#234;t de la classe dominante et exploiteuse. La civilisation (irrigation, agriculture productive avec des c&#233;r&#233;ales s&#233;lectionn&#233;es, utilisation de la roue, division du travail, grand commerce, urbanisation, &#233;criture, artisanat, art, premi&#232;re industrie) est n&#233;e bien avant le premier Etat dans une soci&#233;t&#233; qui n'avait jamais connu d'Etat. L'Etat est n&#233; &#224; Sumer en 2500 avant J.-C. et la civilisation d'Ubaid est apparue en 5900 avant J.-C. ! Il y a un foss&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains s'en tirent par une pirouette : c'&#233;taient des cit&#233;s-Etats mais c'est faux, c'&#233;taient des cit&#233;s bien avant d'&#234;tre des cit&#233;s-Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression cit&#233;-Etat a l'inconv&#233;nient majeur d'effacer l'opposition entre soci&#233;t&#233; civile et Etat...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Suse_(Iran)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire par exemple comment les d&#233;buts de l'Etat sont apparus au IVe mill&#233;naire dans l'antique Suse, n&#233;e sans Etat au VIe et Ve mill&#233;naire, suite &#224; une destruction sans doute caus&#233;e par une guerre civile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant : partout dans le monde, l'Etat na&#238;t pour combattre les r&#233;volution sociales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre erreur classique provient du fait qu'on imagine une esp&#232;ce de continuit&#233; entre des soci&#233;t&#233;s qui se passeraient le relai et avec un seul centre de civilisation &#224; chaque fois. En fait, on constate sans cesse exactement le contraire : plusieurs civilisations coexistent et interagissent, se combattent sans se d&#233;truire mutuellement, on a souvent une esp&#232;ce de contradiction dialectique des civilisations (par exemple Hassuna-Samarra, Akkad-Sumer, Uruk-Mari, haute et basse M&#233;sopotamie et M&#233;sopotamie-Elam).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH297/480px-Elam_sites-88a29.png?1782262723' width='480' height='297' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12240 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH282/350px-Mesopotamia_Periodo_6-eec6d.png?1782262723' width='350' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12241 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/carte_elam-ea656.jpg?1782262723' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si on demande au grand public &#224; quoi leur fait penser la civilisation m&#233;sopotamienne, celle dont le monde occidental est le plus fier et qu'elle consid&#232;re comme une de ses marques de naissance, on trouve Sumer, Akkad, Ur, Uruk, Kish, Lagash et Babel&#8230; Et, dans chaque cas, on ne voit dans ces sites que des Etats et &#224; peine la soci&#233;t&#233; civile qui est &#224; la base de l'activit&#233; des villes, c'est-&#224;-dire des commer&#231;ants, des artisans, des tisserands, des potiers, des techniciens, des scientifiques, des n&#233;gociants, des voyageurs de commerce, des citadins. La soci&#233;t&#233; civile appara&#238;t presque, dans cette conception erron&#233;e, comme fond&#233;e par l'Etat alors que c'est l'inverse : elle vit en sangsue de l'activit&#233; productive et &#233;conomique. Et, bien entendu, cela n'a rien de proprement m&#233;sopotamien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien des gens, la civilisation serait apparue en M&#233;sopotamie avec les grands chefs d'Etat, avec Nabuchodonosor de Babylone, avec Agga de Sumer, avec Ur-Nammu d'Ur, avec Sargon d'Akkad, avec Hammurabi de Babylone, avec Mesilim de Kish, avec Lugalagezi d'Uruk, avec Urmanshe de Lagash, avec Hita d'Elam, avec Shamshi-Adad d'Assyrie ou avec Eannatoum de Lagash. Et cela signifie qu'elle serait apparue dans une soci&#233;t&#233; dirig&#233;e par des hommes, par le patriarcat, sous des dieux et non des d&#233;esses. Tout cela est faux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas les historiens actuels qui ont invent&#233; cette conception selon laquelle les grands hommes au pouvoir d'Etat ont b&#226;ti toute la soci&#233;t&#233; : ce sont ces chefs d'Etat eux-m&#234;mes qui l'ont invent&#233; et diffus&#233;e &#224; l'&#233;poque et les historiens ne font que la poursuivre aujourd'hui !!! C'est un peu la poursuite de la &#171; l&#233;gende de Gilgamesh &#187; qui continue d'&#234;tre diffus&#233;e pour justifier non seulement l'histoire ancienne mais aussi le pouvoir d'Etat actuel&#8230; Gilgamesh est le ma&#238;tre mythique de la cit&#233; d'Uruk qui va servir d'exemple historique &#224; toute la M&#233;sopotamie, le h&#233;ros qui se bat pour le peuple, un peu le berger des peuples, image qui servira m&#234;me &#224; d'autres peuples s&#233;mitiques comme les H&#233;breux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.academieduvar.fr/Produits/heures/heures2015/NihoulCesari-De%C3%A9sses%20et%20dieux%20publication.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilgamesh n'est pas seulement le symbole du roi-h&#233;ros mais aussi celui des d&#233;buts du patriarcat terrestre et religieux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces mythes d'Etat, c'est le souverain qui fonde la cit&#233;, qui cr&#233;e le peuple, qui invente les connaissances, qui trouve les d&#233;couvertes, qui fonde l'&#233;criture et le savoir, la technologie comme la prosp&#233;rit&#233;. Pas &#233;tonnant : il est lui-m&#234;me mis en place par les dieux ou encore est lui-m&#234;me un dieu ! De quoi rendre jaloux les chefs d'Etat actuels !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-glorification des rois de M&#233;sopotamie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH350/1310165-Ninive_bas-relief-2d974.jpg?1782262723' width='500' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/099b087837845e09b22067c0e1d3fcc4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH989/099b087837845e09b22067c0e1d3fcc4-4be74.jpg?1782262723' width='500' height='989' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L278xH334/image_64790-21f71.jpg?1782262723' width='278' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Sumer-Akkad1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH690/Sumer-Akkad1-a14f6.jpg?1782262723' width='500' height='690' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L260xH315/260px-Kudurru_Melishipak_Louvre_Sb23-7e729.jpg?1782262723' width='260' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L200xH333/1de89f4db519c04d6efb7ee36dd40e5d-85850.jpg?1782262723' width='200' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Sumer-Akkad9b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH594/Sumer-Akkad9b-0daf7.jpg?1782262723' width='500' height='594' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH284/Tablet_of_Shamash_relief-b12bf.jpg?1782262723' width='350' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L280xH421/280px-Statue_Gudea_Met_59-2-a3234.jpg?1782262723' width='280' height='421' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH664/rois-en-mesopotamie_pdt_hd_3450-52cde.jpg?1782262723' width='500' height='664' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#232;se du roi, b&#226;tisseur de civilisation ne tient pas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://antikforever.com/Mesopotamie/Divers/Principaux%20Rois.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les rois de M&#233;sopotamie commencent, au plus loin, en 2750 avant J.-C.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_culture_dobeid_du_viieau_ve_millenaire.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation d&#233;bute, elle, avec la culture d'Obeid en 6900 avant J .-C., suivie notamment par la culture d'Uruk au quatri&#232;me mill&#233;naire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en vient en effet &#224; la th&#232;se selon laquelle la civilisation (urbanisation, d&#233;veloppement &#233;conomique, d&#233;mographique, urbanisation, d&#233;couvertes techniques, accroissement productif, artisanat, art, sciences, d&#233;veloppement du grand commerce, production de luxe, grands monuments, richesses de toutes sortes, etc.) serait n&#233;e avec les cit&#233;s-Etat du troisi&#232;me mill&#233;naire, des royaumes d'Eridu, de Bad-tibira, Larak, Sippar et Shuruppak, puis les empires qui seraient le sommet de cet effort civilisationnel. Pour eux, parler de civilisation en M&#233;sopotamie, c'est parler du royaume de Kish, de l'empire d'Akkad, de l'empire de Babylone, de l'empire de Suse, de l'empire des Assyriens et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette th&#232;se, on pourrait croire que l'&#233;criture est n&#233;e apr&#232;s ces Etats, que le d&#233;veloppement des villes est produit par ces Etats, que le grand commerce est n&#233; apr&#232;s eux, que l'artisanat n'a d&#251; son grand essor qu'au pouvoir d'Etat, que les technologies et sciences n'ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es qu'apr&#232;s la dictature de classes, et m&#234;me que les classes dominantes devraient leur naissance qu'&#224; l'Etat de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, rien n'est plus faux. Les dates sont tr&#232;s claires : la division de la soci&#233;t&#233; en classes sociales na&#238;t bien avant l'Etat, le grand d&#233;veloppement agricole et urbain date aussi de bien avant, l'artisanat et les technologies, l'&#233;criture et l'art, sont n&#233;s avant tous ces Etats et ne leur doivent rien pour leur apparition !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation n'est pas n&#233;e d'un pouvoir central guerrier et r&#233;pressif mais du surproduit dans le travail productif humain, de l'accroissement d'efficacit&#233; du travail, suivie de l'exploitation des esclaves et des travailleurs libres, de l'accumulation de ces richesses, du r&#233;investissement de cette plus-value, c'est-&#224;-dire ce qui, dans la production humaine et sociale, d&#233;passe les biens imm&#233;diatement n&#233;cessaires pour vivre ou survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si on r&#233;sume la question : &#233;criture et urbanisation (les deux &#233;l&#233;ments clefs, les deux marques d&#233;terminantes de la civilisation) sont n&#233;es au IVe mill&#233;naire (en M&#233;sopotamie du sud et &#224; Elam) et les embryons de pouvoir central, les cit&#233;s-Etat, avant les Etats r&#233;gionaux ou nationaux et les empires, sont n&#233;s au IIIe mill&#233;naire. Plus d'un mill&#233;naire de distance de temps !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res villes datent m&#234;me de bien avant : J&#233;richo au VIIIe mill&#233;naire, &#231;atal H&#252;y&#252;k au VIIe mill&#233;naire, puis Erbil, Umm Dabaghiyah, Choga Mami, Tell es-Sawwam, Tell Halaf, Ali Kosh au VIe mill&#233;naire. C'est en 5500 que d&#233;bute l'Ubaid ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces villes d&#233;veloppent tout ce qui sera utilis&#233; ensuite comme technologies : c&#233;ramique, poterie, utilisation des c&#233;r&#233;ales, m&#233;tallurgie, bijoux, travail des pierres pr&#233;cieuses, la roue, sculpture, irrigation, constructions monumentales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, elles lancent un accroissement exponentiel de la richesse, d&#251; &#224; la division du travail, &#224; la sp&#233;cialisation et professionalisation, au d&#233;veloppement intellectuel, technique et social en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est Uruk qui, au tout d&#233;but du IIIe mill&#233;naire, invente l'&#233;criture. Or Uruk ancien est une cit&#233; mais pas encore une cit&#233;-Etat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi Suse (phase Jemdet Nasr) qui d&#233;veloppe aussi une premi&#232;re &#233;criture en 3100 avant J.-C. L&#224; encore bien avant l'apparition de l'Etat ou des pr&#233;-Etats des cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ensuite bien d'autres sites comme Sheikh Hasan, Habuba Kabira, Buqras ou Tell Brak, qui d&#233;veloppent des &#233;critures, des comptabilit&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode dite pr&#233;-dynastiques (avant l'Etat et le pr&#233;parant) est dat&#233;e par les historiens de&#8230; 2900 avant J.-C. au plus t&#244;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement de 2500 que date, en M&#233;sopotamie, le durcissement du pouvoir royal, en m&#234;me temps que celui de la hi&#233;rarchie sociale, de l'oppression des classes poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sargon arrive au pouvoir en 2371 &#224; Akkad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re dynastie de Kish date de 2800.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers rois s&#233;mites datent de 2750.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces dates sont bien entendu avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tablettes de Jemdet Nasr datent au moins de 3000 ou 3100 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Gilgamesh, symbole des chefs d'Etat ma&#238;tres de leur peuple, est dat&#233; de la seconde moiti&#233; du IIIe mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la r&#233;volution n&#233;olothique qui a produit la rupture avec les anciens chasseurs-cueilleurs, l'agriculture et l'urbanisation, elle a d&#233;marr&#233; 10.000 ans avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande urbanisation partie d'Uruk date de 3500, les sceaux-cylindres (&#233;criture) datent de 3400 de m&#234;me que l'irrigation, le tour de potier et l'araire de 3300, les constructions monumentales de 3200, Jemdet Nasr de 3000, les grands progr&#232;s technologiques du travail de la pierre et du b&#226;timent de 2900, mais le pr&#233;dycnastique d&#233;marre en 2750. Les tombes royales d'Ur datent de 2600, le dynastique ancien date de 2500, l'Etat d'Akkad d&#233;bute en 2370, la prosp&#233;rit&#233; des cit&#233;s-Etat du sud m&#233;sopotamien date de 2200, la premi&#232;re dynastie de Babylone date de 2000-1900, le r&#232;gne d'Hammurabi d&#233;bute en 1800, la dynastie kassite d&#233;bute en 1700, la dynastie hourrite d&#233;marre en 1600, la dynastie assyrienne d&#233;marre en 1500. Nabuchodonosor gouverne en 1124.Toutes ces dynasties ne peuvent absolument pas revendiquer d'avoir cr&#233;&#233; la civilisation et le progr&#232;s, elles n'ont fait que l'exploiter et &#233;ventuellement le diffuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelle Harry W.F. Saggs au d&#233;but de son grand ouvrage &#171; Babylone &#187;, l'Etat babylonien plein et entier date du IIe mill&#233;naire, son &#233;criture et son urbanisme datent du IVe mill&#233;naire. Impossible d'inverser l'ordre historique des b&#226;tisseurs r&#233;els de la civilisation. C'est la soci&#233;t&#233; civile qui lance la civilisation et pas l'Etat ! La fabrication de vases en terre cuite date de 8000 ans avant J.-C., la c&#233;ramique date de 6000 ans avant J.-C., de m&#234;me que la vari&#233;t&#233; la plus productive d'orge. Les techniques d'irrigation avanc&#233;es datent de 3500, comme la sculpture et le travail du cuivre. L'&#233;criture est attest&#233;e en M&#233;sopotamie m&#233;ridionale (Uruk et Suse, puis Ur), d&#232;s le milieu du IVe mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc la soci&#233;t&#233; qui a lanc&#233; le grand d&#233;veloppement social, technique, intellectuel, artistique, artisanal, humain de la civilisation agraire et urbaine de M&#233;sopotamie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; qui a lanc&#233; ce d&#233;veloppement &#233;conomique et social exponentiel, cette construction d'une civilisation en M&#233;sopotamie n'&#233;tait pas domin&#233;e par un Etat et elle ne connaissait m&#234;me pas la division en classes sociales. Elle n'avait pas encore d&#233;velopp&#233; une propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Elle n'&#233;tait ni th&#233;ocratique ni patriarcale. C'&#233;tait une soci&#233;t&#233; communiste primitive d'anciens chasseurs-cueilleurs qui se sont s&#233;dentaris&#233;s, ont d&#233;velopp&#233; collectivement des techniques agricoles, ont mis en place des villages et des villes. C'est cette soci&#233;t&#233; qui a permis l'accumulation d'un surproduit, le d&#233;veloppement de technologies, la sp&#233;cialisation du travail, l'apparition d'un surproduit permanent et de familles riches, le d&#233;veloppement des m&#233;tiers et des classes sociales, puis, bien s&#251;r, de la lutte des classes et des r&#233;volutions. Ce sont ces derni&#232;res qui ont rendu n&#233;cessaire la mise en place de l'Etat afin d'&#233;viter ce qui se produisait &#224; chaque fois que la rupture entre classes riches et classes pauvres devenait trop insupportable : le soul&#232;vement des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, c'est un monde de propri&#233;t&#233; collective et de vie collective matriarcale qui a lanc&#233; tout ce progr&#232;s invraisemblable en d&#233;veloppant un surproduit du travail agricole et en permettant ainsi que le travail d'un homme produise bien plus que ce qui lui est n&#233;cessaire pour vivre, surproduit qui fonde tout le reste : les activit&#233;s professionnelles diverses, les villes, le commerce, l'artisanat, l'art, la civilisation. Le paysan a pu nourrir &#224; la fois les gens des villes, les gens des petits m&#233;tiers mais aussi et plus tard les grands n&#233;gociants, les grands propri&#233;taires, les grands seigneurs de la guerre, les grands pontes religieux, les grands rois, leurs luxes et leurs cours royale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'agriculture m&#233;sopotamienne ne s'est pas content&#233;e de nourrir ses habitants, elle a permis une polarisation de la richesse dans un petit nombre de mains, qui a lanc&#233; la soci&#233;t&#233; de classes sociales, et, si cet ordre esclavagiste et exploiteur n'a enrichi qu'une minorit&#233;, il a permis le lancement d'une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement nouvelle et notamment la grande production, le grand commerce, la grande urbanisation, tout cela bien avant de donner naissance &#224; l'Etat de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, les d&#233;buts de l'Etat ont pu appara&#238;tre aux peuples comme un recours contre les classes poss&#233;dantes, les plus pauvres pouvant faire appel aux rois contre les puissants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il ne faut pas croire que l'essentiel des progr&#233;s techniques, culturels et sociaux dateraient de l'apparition de l'esclavage. C'est faux ! L'esclavage est n&#233; en M&#233;sopotamie au d&#233;but du IIIe mill&#233;naire. On a vu dans ce qui pr&#233;c&#232;de que l'essentiel des progr&#232;s agricoles, d'irrigation, de connaissance des c&#233;r&#233;ales, d'&#233;levage, d'inventions technologiques, de productions m&#233;tallurgiques, de travail de la pierre et de la brique, d'artisanats divers datent de bien avant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harry W.F. Saggs &#233;crit dans &#171; Babylone &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La civilisation, au sens courant de vie associ&#233;e &#224; la ville et &#224; l'&#233;criture, commen&#231;a au IVe mill&#233;naire avant J.-C. dans le sud de la M&#233;sopotamie et en Elam&#8230;. La r&#233;volution n&#233;olithique commen&#231;a apr&#232;s la fin de la derni&#232;re glaciation, vers 9000 avant J.-C., sur toute l'&#233;tendue du &#171; Croissant fertile &#187;, vaste ensemble de r&#233;gions allant des collines de Palestine au pi&#233;mont du Zagros, en passant par le pi&#233;mont m&#233;ridional du Taurus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus anciens &#233;tablissements de Babylonie m&#233;ridionale ont &#233;t&#233; de petits villages, install&#233;s dans des zones rendues habitables par la proximit&#233; d'&#233;tangs, de lacs et de petits courants d'eau aliment&#233;s par l'Euphrate&#8230; C'est seulement apr&#232;s les d&#233;buts d'exploitation de ces ressources, d&#233;gageant rapidement des surplus de c&#233;r&#233;ales et entra&#238;nant une augmentation constante de la population, que certaines agglom&#233;rations ont peu &#224; peu atteint la taille de villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette croissance a &#233;t&#233; aid&#233;e par les migrations incessantes de populations venues des villages alentour, moins prosp&#232;res, vers les agglom&#233;rations plus heureuses, et par l'afflux constant de nomades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville qui connut l'expansion la plus consid&#233;rable fut, sur ce point, Uruk : au Dynastique ancien 1, elle avait une population comprise entre quarante et cinquante mille habitants. D'autres cit&#233;s se d&#233;velopp&#232;rent &#233;galement, comme Ur, Lagash, Nippur, Kish et sans doute Shurrupak&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premi&#232;res communaut&#233;s, toutes les terres &#233;taient apparemment communes, les droits d'exploitation &#233;tant &#233;galement partag&#233;s entre les familles claniques qui composaient chacune de ces communaut&#233;s. Les mythes sugg&#232;rent que les d&#233;cisions affectant la communaut&#233; &#233;taient prises dans des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d'hommes et de femmes, qui coop&#233;raient pour des objectifs associ&#233;s &#224; leur terre et partageaient ses productions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor des cit&#233;s induisit des modifications majeures&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la p&#233;riode du Dynastique ancien II (apr&#232;s 2750 avant J.-C.), qui est celle du Gilgamesh historique, un souverain coiffait l'&#233;difice social. Il n'&#233;tait pourtant pas omnipotent puisque, dans les d&#233;cisions d'Etat importantes telles que les op&#233;rations de guerre, il lui fallait prendre l'avis d'une assembl&#233;e compos&#233;e de chefs de famille et de guerriers. Mais les femmes ne participaient d&#233;j&#224; plus au processus de consultation. L'assembl&#233;e des citoyens conserva une certaine autorit&#233; sur divers points jusqu'&#224; la fin du IIIe mill&#233;naire et m&#234;me plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Dynastique ancien III (vers 2600 avant J.-C.), il n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus question de r&#233;partir les terres justement entre tous les membres de la communaut&#233; ; certains n'y avaient d&#233;j&#224; plus droit&#8230; Une bonne partie des terres &#233;taient devenue propri&#233;t&#233; soit des sanctuaires, soit du &#171; palais &#187;, c'est-&#224;-dire de l'organisation dirig&#233;e par le souverain de la cit&#233;-Etat. Les int&#233;r&#234;ts des temples et du palais pouvaient entrer en concurrence, mais ils restaient li&#233;s&#8230; Une bonne partie des terres annex&#233;es &#233;taient d'anciennes terres communautaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croyait auparavant que ce genre d'&#233;volution avait virtuellement mis fin &#224; toute propri&#233;t&#233; communautaire ou priv&#233;e d&#232;s le milieu du IIIe mill&#233;naire. On reconna&#238;t aujourd'hui, &#224; partir de l'&#233;tude des contrats de vente de terrains, qu'une partie non n&#233;gligeable des terres &#8211; entre le quart et la moiti&#233; &#8211; est rest&#233;e aux mains des familles claniques, en dehors du secteur &#233;tatis&#233;, durant tout le IIIe mill&#233;naire avent J.-C. Une partie de la population restait toutefois en dehors de tout acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; : les uns repr&#233;sentaient des classes pauvres, aux droits restreints, les autres &#233;taient des esclaves. L'in&#233;galit&#233; des richesses entre les diff&#233;rentes classes se refl&#232;te dans les trouvailles arch&#233;ologiques, par grandes diff&#233;rences dans les tailles des demeures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins une personne &#233;tait &#233;lev&#233;e dans l'&#233;chelle &#233;conomique et sociale, plus elle &#233;tait vuln&#233;rable aux pressions. Un esclave &#233;tait contraint d'accepter cet &#233;tat de choses, mais un citoyen libre avait le sentiment que le souverain de la cit&#233; pouvait incarner pour lui un ultime espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans une composition de la p&#233;riode d'Ur III, un sujet proclame : &#171; Dis au roi&#8230; ainsi parle ton serviteur : ''Mon roi, prend soin de moi, je suis un fils de la ville d'Ur. Comme mon roi est un dieu, il ne permettra &#224; personne de me d&#233;pouiller de mon h&#233;ritage paternel.'' &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'extension des propri&#233;t&#233;s de l'Etat laissait toutefois beaucoup de gens sans terre, ce qui fut rapidement un facteur essentiel de stratification sociale. Dans les conditions pr&#233;valant en M&#233;sopotamie m&#233;ridionale, les gens d&#233;pourvus de droits &#224; la terre ne pouvaient survivre qu'en se soumettant &#224; ceux qui poss&#233;daient les moyens de production fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pouvaient subvenir &#224; leurs besoins gr&#226;ce &#224; des occupations sp&#233;cialis&#233;es &#8211; les exemples bien connus incluent les scribes, les marchands, les ma&#231;ons, les orf&#232;vres, les tisserands, les tailleurs de sceaux, les charpentiers et les fabricants de sacs -, mais la seule ressource pour les autres &#233;tait de s'engager comme manouvrier sur les terres du palais ou des temples. Dans certaines circonstances, ils pouvaient louer leur force de travail comme hommes libres, mais, le plus souvent, ils tombaient dans une sorte d'esclavage vis-&#224;-vis des pr&#234;tres ou des fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait ainsi trois ordres ou &#171; &#233;tats &#187; dans la soci&#233;t&#233; babylonienne ancienne : les hommes libres, les esclaves et un &#233;tat interm&#233;diaire qui n'&#233;tait pas celui des esclaves, mais qui ne jouissait pas de tous les droits des citoyens libres. Certains historiens utilisent le terme de &#171; serfs &#187; pour d&#233;signer les ressortissants de ce troisi&#232;me &#233;tat ; nous proposerons ici de les appeler &#171; vilains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Code d'Hammurabi &#187; fait une distinction entre ces trois &#233;tats. A plusieurs reprises, il oppose les droits et les devoirs des hommes libres (en akkadien awilum, en sum&#233;rien l&#249;), des vilains (en akkadien muskenum, en sum&#233;rien mas.en.gag) et des esclaves (en akkadien wardum, en sum&#233;rien arad au masculin et g&#232;me au f&#233;minin)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possession d'esclaves remontait au tout d&#233;but du IIIe mill&#233;naire et certains philologues font remonter leur institution &#224; la seconde moiti&#233; du IVe mill&#233;naire, au motif que certains signes, sur les tablettes &#171; proto-sum&#233;riennes &#187; d'Uruk, semblent se r&#233;f&#233;rer &#224; des esclaves m&#226;les ou femelles, d&#233;nombr&#233;s par centaines&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait vendre et acheter des esclaves dans tout le pays, mais il n'y avait pratiquement pas de commerce international d'esclaves. Au cours des p&#233;riodes plus r&#233;centes, au moins, un esclave pouvait recevoir une formation artisanale et devenir boulanger, cordonnier, tiserand ou ma&#231;on ; &#224; la p&#233;riode n&#233;o-babylonienne, on rel&#232;ve parmi eux un grand nombre d'artisans. Les esclaves recevaient la m&#234;me ration alimentaire que les hommes libres, dans les corv&#233;es officielles, sous forme de mesures d'orge ou de bl&#233; (environ deux litres par jour pour un homme, moins pour une femme), de bi&#232;re, d'huile ou de graisse. Ils recevaient aussi des souliers et des v&#234;tements &#8211; ou bien de la laine avec laquelle fabriquer ces derniers&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esclaves n'avaient aucune protection l&#233;gale contre les mauvais traitements. Blesser ou tuer un esclave &#233;tait un forfait, mais uniquement envers le propri&#233;taire de celui-ci&#8230; Les esclaves qui appartenaient &#224; un individu &#233;taient surtout employ&#233;s aux t&#226;ches domestiques. L'&#233;conomie de Babylone ne d&#233;pendit jamais de l'esclavage et bien des familles &#233;largies n'en poss&#233;daient aucun. Les esclaves ne jouaient pas un grand r&#244;le dans l'agriculture , peut-&#234;tre en raison de la difficult&#233; qu'il y aurait eu &#224; contr&#244;ler des &#233;quipes serviles dans de telles circonstances&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; musskenum &#187; revient &#224; plusieurs reprises dans les lois d'Hammurabi, avec une acception g&#233;n&#233;ralement plus large que celle de &#171; vilain &#187;&#8230; Habituellement, le terme renvoie &#224; une cat&#233;gorie d'individus qui avaient plus de droits qu'un wardum (esclave), mais moins qu'un awilum (citoyen libre). Un crime commis contre un musskenum &#233;tait moins s&#233;v&#232;rement puni que contre un awilum&#8230; Dans certains contextes, musskenum n'est pas employ&#233; pour d&#233;signer une classe sociale sp&#233;cifique, mais dans le sens de &#171; pauvre homme &#187;, &#171; d&#233;class&#233; &#187;. Avec cette acceptation, le mot est pass&#233; en arabe modern (&#171; miskin &#187; = pauvre) qui a lui-m&#234;me donn&#233; l'italien mesquino et le fran&#231;ais mesquin, avec le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le noyau de la classe des vilains comprenait les descendants d'hommes libres qui avaient perdu une partie de leurs droits, par suite de revers &#233;conomiques. Les autres &#233;taient soit des immigrants &#233;trangers, soit des prisonniers de guerre &#233;pargn&#233;s par l'esclavage, soit des transfuges d'autres cit&#233;s-Etats, soit des rebuts de la soci&#233;t&#233; comme les veuves et les orphelins. Leurs conditions de vie n'&#233;taient gu&#232;re meilleures que celle des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vilains &#233;taient largement plus nombreux que ces derniers. Ils travaillaient habituellement, comme agriculteurs ou pasteurs, sur les terres des temples ou du palais ; les femmes &#233;taient souvent tisseuses. Leurs droits l&#233;gitimes ont vari&#233; selon les &#233;poques. Au Babylonien ancien, tout crime commis contre un musskenum encourait une peine moiti&#233; moins importante que contre un awilum. A la diff&#233;rence des esclaves, les vilains pouvaient avoir librement femmes et enfants ; on ne pouvait les vendre. Ni les vilains ni les esclaves, en revanche, n'avaient le droit de se d&#233;placer librement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de la domination de Sargon sur Akkad marqua une &#233;tape d&#233;cisive dans l'agrandissement des terres de la Couronne. Jusque-l&#224;, une bonne partie du pays restait dans les mains des clans familiaux et &#8211; et comme en Isra&#235;l beaucoup plus tard (histoire du vignoble de Naboth) &#8211; un souverain n'avait pas le pouvoir l&#233;gal de forcer une famille &#224; abandonner une terre ancestrale. Les actes de vente de l'&#233;poque sargonique montrent, en revanche, que certaines familles vendent d&#233;sormais leurs terres au souverain, &#224; un prix si bas qu'il repr&#233;sente &#224; peine la valeur d'une r&#233;colte saisonni&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme de la dynastie de l'empire d'Akkad n'alla pas sans r&#233;sistances ext&#233;rieures. Sargon lui-m&#234;me dut affronter plusieurs r&#233;voltes, dont certaines &#224; grande &#233;chelle ; compte tenu de la longue tradition d'ind&#233;pendance des cit&#233;s-Etats, ces r&#233;voltes &#233;taient pr&#233;visibles. Ce qui est remarquable dans cette affaire n'est pas l'&#233;clatement &#224; r&#233;p&#233;tition des soul&#232;vements locaux, mais plut&#244;t la capacit&#233; des souverains &#224; les contenir pendant plus d'un si&#232;cle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers successeurs de Sargon furent deux de ses fils, en ordre inverse de leur naissance, Rimush (le cadet) puis Manishtusu (l'a&#238;n&#233;). Ce furent des souverains comp&#233;tents, qui r&#233;ussirent &#224; consolider l'Empire laiss&#233; par leur p&#232;re, r&#233;primant plusieurs r&#233;voltes&#8230; Mais ils allaient &#234;tre surclass&#233;s par Naram-Sin (2291-2255 avant J.-C.) le dernier grand roi de la dynastie&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur souligne que les origines de la M&#233;sopotamie sont matriarcaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'embl&#232;me de la grande d&#233;esse Inanna, utilis&#233; avant 3000 avant J.-C. est habituellement interpr&#233;t&#233; comme un faisceau de ces grands roseaux li&#233;s ensemble pour former un d&#233;cor de pilastres encadrant une porte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mythes anciens refl&#232;tent un stade encore ant&#233;rieur du pouvoir ex&#233;cutif. En effet, si certains &#233;l&#233;ments du panth&#233;on des dieux y sont reconnus comme sup&#233;rieurs, les divinit&#233;s ne d&#233;cident qu'apr&#232;s discussion de l'assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re, dans laquelle les d&#233;esses sont aussi importantes que les dieux. Ce trait refl&#232;te, sur le plan divin, un stade de la soci&#233;t&#233; o&#249; les femmes jouissaient d'une compl&#232;te &#233;galit&#233; avec les hommes, pour les d&#233;cisions concernant les affaires communes. Ces mythes se rattachent ainsi &#224; un stade encore ant&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; que refl&#232;tent les religions pr&#233;historiques, lorsque la divinit&#233; pr&#233;pond&#233;rante n'&#233;tait pas un principe masculin, mais une grande D&#233;esse-M&#232;re, repr&#233;sent&#233;e &#224; de multiples exemplaires &#224; partir du Pal&#233;olithique ancien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples de l'art religieux dat&#233;s du Pal&#233;olithique sup&#233;rieur montrent que trois domaines au moins &#233;taient alors d'un int&#233;r&#234;t particulier pour les populations : le succ&#232;s de la chasse, la prolif&#233;ration des esp&#232;ces chass&#233;es et la f&#233;condit&#233; des femmes. Cette derni&#232;re pr&#233;occupation est illustr&#233;e par de nombreuses figurines de terre s&#233;ch&#233;e ou cuite repr&#233;sentant des femmes lourdement enceintes ou particuli&#232;rement charnues ; ces exemples se retrouvent jusqu'&#224; la p&#233;riode de Halaf. La r&#233;volution n&#233;olithique &#8211; apr&#232;s dix mille ans avant J.-C. &#8211; a entra&#238;n&#233; de nouveaux d&#233;veloppements. En particulier, l'antique repr&#233;sentation de femme enceinte &#233;volue alors vers une figure de D&#233;esse-M&#232;re ou Grande-M&#232;re, &#234;tre surnaturel aux pouvoirs illimit&#233;s, incarnant la puissance vitale que les populations pr&#233;historiques percevaient &#224; l'&#339;uvre dans la f&#233;condation, la naissance et la maternit&#233;. Les divinit&#233;s masculines correspondantes ne sont apparues que beaucoup plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'exception de la D&#233;esse-M&#232;re, les populations pr&#233;historiques ne concevaient apparemment pas les pouvoirs surnaturels sous une forme humaine, mais plut&#244;t dans la manifestation des ph&#233;nom&#232;nes naturels : le ciel, le vent, l'eau, le soleil, la lune, la temp&#234;te et les animaux sauvages&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus tard, les populations finirent par penser que les cit&#233;s &#233;taient des cr&#233;ations primitives de leurs dieux et que ceux-ci avaient d&#233;termin&#233; de toute &#233;ternit&#233;, d&#232;s l'origine, tous les aspects de la soci&#233;t&#233; des hommes&#8230; Vers 2600 avant J.-C., on d&#233;nombrait d&#233;j&#224; presque quatre mille divinit&#233;s nomm&#233;es, organis&#233;es sur le mod&#232;le hi&#233;rarchique de la soci&#233;t&#233; humaine&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4061&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La M&#233;sopotamie antique invente la philosophie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article225&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions de la M&#233;sopotamie antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Bible a copi&#233; les sum&#233;riens et les babyloniens&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4298&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment Babylone a disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie de la pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233; au Moyen-Orient&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5258&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;richo (&#224; partir de 9000)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%87atal_H%C3%B6y%C3%BCk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#199;atal H&#252;y&#252;k (&#224; partir du VIIIe mill&#233;naire)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Obe%C3%AFd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La culture d'Obeid (&#224; partir de 6500)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nippur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nippur (Ve mill&#233;naire)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lagash#Girsu/Tello&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Girsu/Tello (Ve mill&#233;naire)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tell_Uqair&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tell Uqair ou Urum (&#224; partir de 5000)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Uruk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Uruk ancien (&#224; partir de 5000)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Uruk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La p&#233;riode d'Uruk (IVe mill&#233;naire)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_de_Djemdet_Nasr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P&#233;riode de Djemdet Nasr (&#224; partir de 3150)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9sopotamie#Le_roi_et_l'%C3%89tat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les royaut&#233;s des cit&#233;s m&#233;sopotamiennes ne d&#233;butent qu'au IIIe mill&#233;naire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_d%27Akkad&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire d'Akkad date du 24e si&#232;cle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2694&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En Chine antique, ce n'est pas l'Etat qui lance la civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En Egypte antique, ce n'est pas l'Etat qui lance la civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article190&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naissance de l'Etat et classes sociales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Religions, classes poss&#233;dantes et pouvoir d'Etat : des liens ind&#233;fectibles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=origine+de+l%27Etat+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Origine de l'Etat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.capital.fr/economie-politique/la-mesopotamie-de-3800-a-1600-avant-jc-sa-prosperite-reposait-avant-tout-sur-l-import-export-627100&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bases de la prosp&#233;rit&#233; de la M&#233;sopotamie, c'est aussi le grand commerce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scienceshumaines.com/les-premieres-villes-du-monde_fr_4247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La spectaculaire r&#233;volution urbaine de M&#233;sopotamie, commenc&#233;e 4 000 ans avant notre &#232;re, ne fut pas seulement le r&#233;sultat d'une soudaine prosp&#233;rit&#233; agricole, mais le lieu du d&#233;veloppement des &#233;changes dans une soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;conomie d&#233;j&#224; tr&#232;s diversifi&#233;e et sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appendice sur la civilisation issue de la soci&#233;t&#233; civile et sur l'Etat construit bien plus tard, pour stabiliser la domination des exploiteurs et pour faire face aux r&#233;volutions sociales :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ici victimes des points de vue des historiens bourgeois, sociaux-d&#233;mocrates ou staliniens, qui sont tous &#233;tatistes (en histoires des civilisations comme en politique), mais le marxisme a toujours soulign&#233; la contradiction entre Etat et soci&#233;t&#233; civile. Il a toujours fait remarquer que les classes sociales se divisent et s'opposent violemment bien avant l'apparition de l'Etat, m&#234;me s'ils ne disposaient que de peu d'&#233;l&#233;ments historiques en la mati&#232;re. Nous disposons maintenant de preuves issues des recherches arch&#233;ologiques sur les soci&#233;t&#233;s antiques, et elles montrent que la civilisation est bien plus ancienne qu'on ne le pensait. Elles montrent que les origines des civilisations m&#233;sopotamiennes-&#233;lamites ne disposaient pas de l'Etat, pas plus que celle de l'Indus, celle de l'Egypte ou celles de M&#233;so-Am&#233;rique ou d'Am&#233;rique du sud ou d'Afrique, pour ne citer que celles-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx &#233;crit ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la production sociale de leur vie, les hommes entrent dans des relations d&#233;finies qui sont indispensables et ind&#233;pendantes de leur volont&#233;, des relations de production qui correspondent &#224; un stade de d&#233;veloppement d&#233;fini de leurs forces productives mat&#233;rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, le v&#233;ritable fondement sur lequel repose une superstructure juridique et politique et &#224; laquelle correspondent des formes d&#233;finies de conscience sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de production de la vie mat&#233;rielle conditionne le processus de la vie sociale, politique et intellectuelle en g&#233;n&#233;ral. Ce n'est pas la conscience des hommes qui d&#233;termine leur &#234;tre, mais au contraire leur &#234;tre social qui d&#233;termine leur conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un certain stade de leur d&#233;veloppement, les forces productives mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233; entrent en conflit avec les rapports de production existants, ou - ce qui n'est qu'une expression l&#233;gale - les m&#234;mes rapports de propri&#233;t&#233; dans lesquels ils ont &#233;t&#233; au travail jusqu'&#224; pr&#233;sent. De formes de d&#233;veloppement des forces productives, ces relations deviennent des entraves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors commence une &#233;poque de r&#233;volution sociale. Avec le changement des assises &#233;conomiques, l'immense superstructure est plus ou moins rapidement transform&#233;e (apparition de l'Etat &#8211; Note M et R). Lorsqu'on envisage de telles transformations, il convient de toujours distinguer les transformations mat&#233;rielles des conditions &#233;conomiques de la production, que l'on peut d&#233;terminer avec la pr&#233;cision des sciences naturelles, des r&#233;alit&#233;s juridiques, politiques, religieuses, esth&#233;tiques ou philosophiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Pr&#233;face &#224; la &#171; Critique de l'Economie politique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le monde antique comme au moyen &#226;ge, la premi&#232;re forme de la propri&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; tribale, conditionn&#233;e principalement chez les Romains par la guerre et chez les Germains par l'&#233;levage. Chez les peuples antiques o&#249; plusieurs tribus cohabitent dans une m&#234;me ville, la propri&#233;t&#233; de la tribu appara&#238;t comme propri&#233;t&#233; d'&#201;tat et le droit de l'individu &#224; cette propri&#233;t&#233; comme simple possession qui cependant se borne, &#224; l'instar de la propri&#233;t&#233; tribale du reste, &#224; la seule propri&#233;t&#233; fonci&#232;re&#8230; L'&#201;tat a acquis une existence particuli&#232;re &#224; c&#244;t&#233; de la soci&#233;t&#233; civile et en dehors d'elle ; mais cet &#201;tat n'est pas autre chose que la forme d'organisation que les bourgeois se donnent par n&#233;cessit&#233;, pour garantir r&#233;ciproquement leur propri&#233;t&#233; et leurs int&#233;r&#234;ts, tant &#224; l'ext&#233;rieur qu'&#224; l'int&#233;rieur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, &#171; L'Id&#233;ologie allemande &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que la soci&#233;t&#233;, quelle que soit sa forme ? Le produit de l'action r&#233;ciproque des hommes. Les hommes sont-ils libres de choisir telle ou telle forme sociale ? Pas du tout. Posez un certain &#233;tat de d&#233;veloppement des facult&#233;s productives des hommes et vous aurez une telle forme de commerce et de consommation. Posez de certains degr&#233;s de d&#233;veloppement de la production, du commerce, de la consommation, et vous aurez telle forme de constitution sociale, telle organisation de famille, des ordres ou des classes, en un mot telle soci&#233;t&#233; civile. Posez telle soci&#233;t&#233; civile, et vous produirez plus tard tel &#201;tat politique, qui n'est que l'expression ult&#233;rieure et officielle de la soci&#233;t&#233; civile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Lettre &#224; Paul Annenkov, 26 d&#233;cembre 1846&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;tat politique est, vis-&#224;-vis de la soci&#233;t&#233; civile, dans un rapport aussi spiritualiste que le ciel par rapport &#224; la terre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx dans &#171; La question juive &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'ensuit que l'homme qui ne poss&#232;de rien d'autre que sa force de travail sera forc&#233;ment, en tout &#233;tat de soci&#233;t&#233; et de civilisation, l'esclave d'autres hommes qui se seront &#233;rig&#233;s en d&#233;tenteurs des conditions objectives du travail. Il ne peut travailler, et vivre par cons&#233;quent, qu'avec la permission de ces derniers&#8230; Le droit ne peut jamais &#234;tre plus &#233;lev&#233; que l'&#233;tat &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; et que le degr&#233; de civilisation qui y correspond. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx dans la &#171; Critique du programme de Gotha &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Etat est un produit de la soci&#233;t&#233; &#224; un stade d&#233;termin&#233; de son d&#233;veloppement ; il est l'aveu que cette soci&#233;t&#233; s'emp&#234;tre dans une insoluble contradiction avec elle-m&#234;me, s'&#233;tant scind&#233;e en oppositions inconciliables qu'elle est impuissante &#224; conjurer. Mais pour que les antagonistes, les classes aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques oppos&#233;s, ne se consument pas, elles et la soci&#233;t&#233;, en une lutte st&#233;rile, le besoin s'impose d'un pouvoir qui, plac&#233; en apparence au-dessus de la soci&#233;t&#233;, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'&#171; ordre &#187; ; et ce pouvoir, n&#233; de la soci&#233;t&#233;, mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus &#233;tranger, c'est l'&#201;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels, L'origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme l'&#201;tat est n&#233; du besoin de refr&#233;ner des oppositions de classes, mais comme il est n&#233;, en m&#234;me temps, au milieu du conflit de ces classes, il est, dans la r&#232;gle, l'&#201;tat de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue &#233;conomique et qui, gr&#226;ce &#224; lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprim&#233;e. C'est ainsi que l'&#201;tat antique &#233;tait avant tout l'&#201;tat des propri&#233;taires d'esclaves pour mater les esclaves, comme l'&#201;tat f&#233;odal fut l'organe de la noblesse pour mater les paysans serfs et corv&#233;ables, et comme l'&#201;tat repr&#233;sentatif moderne est l'instrument de l'exploitation du travail salari&#233; par le capital. Exceptionnellement, il se pr&#233;sente pourtant des p&#233;riodes o&#249; les classes en lutte sont si pr&#232;s de s'&#233;quilibrer que le pouvoir de l'&#201;tat, comme pseudo-m&#233;diateur, garde pour un temps une certaine ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'une et de l'autre. Ainsi, la monarchie absolue du XVIIe et du XVIIIe si&#232;cle maintint la balance &#233;gale entre la noblesse et la bourgeoisie ; ainsi, le bonapartisme du Premier, et notamment celui du Second Empire fran&#231;ais, faisant jouer le prol&#233;tariat contre la bourgeoisie, et la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat. La nouvelle performance en la mati&#232;re, o&#249; dominateurs et domin&#233;s font une figure &#233;galement comique, c'est le nouvel Empire allemand de nation bismarckienne : ici, capitalistes et travailleurs sont mis en balance les uns contre les autres, et sont &#233;galement grug&#233;s pour le plus grand bien des hobereaux prussiens d&#233;prav&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des &#201;tats que conna&#238;t l'histoire, les droits accord&#233;s aux citoyens sont en outre gradu&#233;s selon leur fortune et, de ce fait, il est express&#233;ment d&#233;clar&#233; que l'&#201;tat est une organisation de la classe poss&#233;dante, pour la prot&#233;ger contre la classe non poss&#233;dante. C'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas pour les classes d'Ath&#232;nes et de Rome &#233;tablies selon la richesse. C'&#233;tait le cas aussi dans l'&#201;tat f&#233;odal du Moyen Age, o&#249; le pouvoir politique se hi&#233;rarchise selon la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. C'est le cas dans le cens &#233;lectoral des &#201;tats repr&#233;sentatifs modernes. Pourtant, cette reconnaissance politique de la diff&#233;rence de fortune n'est pas du tout essentielle. Au contraire, elle d&#233;note un degr&#233; inf&#233;rieur du d&#233;veloppement de l'&#201;tat. La forme d'&#201;tat la plus &#233;lev&#233;e, la r&#233;publique d&#233;mocratique, qui devient de plus en plus une n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable dans nos conditions sociales modernes, et qui est la forme d'&#201;tat sous laquelle peut seule &#234;tre livr&#233;e jusqu'au bout l'ultime bataille d&#233;cisive entre prol&#233;tariat et bourgeoisie, la r&#233;publique d&#233;mocratique ne reconna&#238;t plus officiellement, les diff&#233;rences de fortune. La richesse y exerce son pouvoir d'une fa&#231;on indirecte, mais d'autant plus s&#251;re. D'une part, sous forme de corruption directe des fonctionnaires, ce dont l'Am&#233;rique offre un exemple classique, d'autre part, sous forme d'alliance entre le gouvernement et la Bourse ; cette alliance se r&#233;alise d'autant plus facilement que les dettes de l'&#201;tat augmentent davantage et que les soci&#233;t&#233;s par actions concentrent de plus en plus entre leurs mains non seulement le transport, mais aussi la production elle-m&#234;me, et trouvent &#224; leur tour leur point central dans la Bourse. En dehors de l'Am&#233;rique, la toute r&#233;cente R&#233;publique fran&#231;aise en offre un exemple frappant, et la brave Suisse, elle non plus, ne reste pas en arri&#232;re, sur ce terrain-l&#224;. Mais qu'une r&#233;publique d&#233;mocratique ne soit pas indispensable &#224; cette fraternelle alliance entre le gouvernement et la Bourse, c'est ce que prouve, &#224; part l'Angleterre, le nouvel Empire allemand, o&#249; l'on ne saurait dire qui le suffrage universel a &#233;lev&#233; plus haut, de Bismarck ou de Bleichr&#246;der [12]. Et enfin, la classe poss&#233;dante r&#232;gne directement au moyen du suffrage universel. Tant que la classe opprim&#233;e, c'est-&#224;-dire, en l'occurrence, le prol&#233;tariat, ne sera pas encore assez m&#251;r pour se lib&#233;rer lui-m&#234;me, il consid&#233;rera dans sa majorit&#233; le r&#233;gime social existant comme le seul possible et formera, politiquement parlant, la queue de la classe capitaliste, son aile gauche extr&#234;me. Mais, dans la mesure o&#249; il devient plus capable de s'&#233;manciper lui-m&#234;me, il se constitue en parti distinct, &#233;lit ses propres repr&#233;sentants et non ceux des capitalistes. Le suffrage universel est donc l'index qui permet de mesurer la maturit&#233; de la classe ouvri&#232;re. Il ne peut &#234;tre rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l'&#201;tat actuel ; mais cela suffit. Le jour o&#249; le thermom&#232;tre du suffrage universel indiquera pour les travailleurs le point d'&#233;bullition, ils sauront, aussi bien que les capitalistes, ce qu'il leur reste &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'existe donc pas de toute &#233;ternit&#233;. Il y a eu des soci&#233;t&#233;s qui se sont tir&#233;es d'affaire sans lui, qui n'avaient aucune id&#233;e de l'&#201;tat et du pouvoir d'&#201;tat. A un certain stade du d&#233;veloppement &#233;conomique, qui &#233;tait n&#233;cessairement li&#233; &#224; la division de la soci&#233;t&#233; en classes, cette division fit de l'&#201;tat une n&#233;cessit&#233;. Nous nous rapprochons maintenant &#224; pas rapides d'un stade de d&#233;veloppement de la production dans lequel l'existence de ces classes a non seulement cess&#233; d'&#234;tre une n&#233;cessit&#233;, mais devient un obstacle positif &#224; la production. Ces classes tomberont aussi in&#233;vitablement qu'elles ont surgi autrefois. L'&#201;tat tombe in&#233;vitablement avec elles. La soci&#233;t&#233;, qui r&#233;organisera la production sur la base d'une association libre et &#233;galitaire des producteurs, rel&#233;guera toute la machine de l'&#201;tat l&#224; o&#249; sera dor&#233;navant sa place : au mus&#233;e des antiquit&#233;s, &#224; c&#244;t&#233; du rouet et de la hache de bronze. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels - L'origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Qui a d&#233;truit Troie et pourquoi ? Un &#233;l&#233;ment du d&#233;bat sur la relation entre guerre et r&#233;volution</title>
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		<dc:date>2016-09-10T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;4000 avant J.-C. : D&#233;buts de Troie (actuellement en Turquie) &lt;br class='autobr' /&gt; 1200 avant J.-C. : Chute de Troie &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui a d&#233;truit Troie et pourquoi &lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui est connu, c'est seulement la l&#233;gende mythologique grecque qui, comme toutes les mythologies, ne correspond nullement &#224; la r&#233;alit&#233; historique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gende Une th&#232;se historique &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;couverte en 1870 par l'arch&#233;ologue (amateur) et homme d'affaires Heinrich Schliemann des ruines de Troie dans la butte d'Hissarlik, en Turquie, a relanc&#233; un vieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/-2590-9d329.jpg?1782262723' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;4000 avant J.-C. : D&#233;buts de Troie (actuellement en Turquie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1200 avant J.-C. : Chute de Troie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH422/-2587-a6dc1.jpg?1782262723' width='500' height='422' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui a d&#233;truit Troie et pourquoi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est connu, c'est seulement la l&#233;gende mythologique grecque qui, comme toutes les mythologies, ne correspond nullement &#224; la r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La l&#233;gende&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une th&#232;se historique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte en 1870 par l'arch&#233;ologue (amateur) et homme d'affaires Heinrich Schliemann des ruines de Troie dans la butte d'Hissarlik, en Turquie, a relanc&#233; un vieux d&#233;bat sur l'historicit&#233; des &#233;v&#233;nements relat&#233;s par Hom&#232;re. &#192; l'heure actuelle, l'arch&#233;ologie r&#233;v&#232;le sur ce site neuf niveaux de destructions pour des causes multiples (s&#233;ismes, incendies, conflits) et de reconstructions, sans qu'il soit possible de relier l'un de ces niveaux en particulier &#224; une guerre historiquement identifiable, et ce malgr&#233; Carl Blegen qui concluait en 1963, &#224; l'issue de ses travaux r&#233;alis&#233;s &#224; partir des fouilles de Schliemann et la d&#233;couverte du tr&#233;sor de Priam :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La guerre de Troie fut un fait historique, et pendant cette guerre une coalition d'Ach&#233;ens ou Myc&#233;niens, sous la conduite d'un roi dont la suzerainet&#233; &#233;tait reconnue, combattit contre le peuple de Troie et ses alli&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il fut attest&#233; que le tr&#233;sor en question datait du IIe mill&#233;naire av. J.-C., et qu'il ne pouvait donc pas &#234;tre associ&#233; &#224; l'&#233;pisode du si&#232;ge de Troie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, il existe des convergences entre le mythe et l'arch&#233;ologie. Par exemple, il est question d'un casque dans l'Iliade :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et M&#232;rion&#232;s donna &#224; Odysseus un arc, un carquois et une &#233;p&#233;e. Et le Laertiade mit sur sa t&#234;te un casque fait de peau, fortement li&#233;, en dedans, de courroies, que les dents blanches d'un sanglier h&#233;rissaient de toutes parts au-dehors, et couvert de poils au milieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Hom&#232;re, Iliade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce m&#234;me type de casque a &#233;t&#233; retrouv&#233; dans les &#233;difices fun&#233;raires d'Argolide, d'Attique ou de Mess&#233;nie, comportant des plaques incurv&#233;es taill&#233;es dans des dents de sanglier, et il est mentionn&#233; dans les inventaires des palais de Pylos et de Cnossos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Claude Moss&#233;, on ne pourra jamais prouver avec certitude l'existence ou non du conflit ; elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette guerre dont l'Iliade porte l'&#233;cho amplifi&#233; ne fut peut-&#234;tre dans l'histoire qu'un &#233;v&#233;nement mineur : la prise par une petite bande de Grecs d'une bourgade d'Asie Mineure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est donc discut&#233;e. On pourra conclure en disant que si le caract&#232;re mythique de l'&#233;pisode de la guerre de Troie ne fait &#233;videmment aucun doute, des travaux arch&#233;ologiques r&#233;cents livrent des indices indiquant qu'il repose tr&#232;s probablement sur un ou plusieurs &#233;v&#233;nements historiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que peut-on en r&#233;alit&#233; conclure des fouilles sur le site de Troie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.clio.fr%2FBIBLIOTHEQUE%2Fla_grece_mycenienne__du_mythe_a_l_histoire.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Du mythe &#224; l'histoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=EXwVPMpd3jk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les origines de Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs antiques situent la guerre deux g&#233;n&#233;rations avant l'arriv&#233;e des Doriens en Gr&#232;ce, soit, suivant la dur&#233;e retenue pour une g&#233;n&#233;ration, entre 1334 et 1135 av. J.-C. &#201;ratosth&#232;ne fixe la date la plus fr&#233;quemment accept&#233;e, celle de 1184 av. J.-C. Deux niveaux indiquant une destruction correspondent &#224; cette p&#233;riode. Le niveau VIIa semble porter les marques de destruction humaine. Sa datation repose sur l'&#233;tude de la c&#233;ramique que l'on y a retrouv&#233;e. Or celle-ci peut &#234;tre estim&#233;e &#224; la fin du XIIIe si&#232;cle av. J.-C., voire au d&#233;but du XIIe si&#232;cle av. J.-C., soit une &#233;poque o&#249; le syst&#232;me palatial myc&#233;nien n'existe pratiquement plus. Dans ces conditions, il est difficile d'imaginer une op&#233;ration concert&#233;e de chefs de guerre myc&#233;niens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande encore &#224; la suite de quels &#233;v&#233;nements du quatorzi&#232;me si&#232;cle avant J.-C. Ugarit, la ville de Cnossos en Cr&#232;te, Troie et d'autres m&#233;tropoles ont subi au m&#234;me moment de vastes destructions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1250-1200 : destructions massives et simultan&#233;es des palais myc&#233;niens (Myc&#232;nes, Tirynthe...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1210-1205 : les Hittites perdent le contr&#244;le des territoires de la c&#244;te ouest de l'Anatolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1208-1182 : les textes &#233;gyptiens mentionnent des destructions massives en Anatolie, &#224; Chypre et au Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1200 : selon H&#233;rodote, les Tyrrh&#233;niens (de Lydie) fuient l'Anatolie et se r&#233;fugient en Italie (o&#249; ils prennent le nom de Etrusques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1190 : destructions des cit&#233;s hittites, puis effondrement de la civilisation hittite en Anatolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1150-1100 : effondrement puis disparition de la civilisation &#034;myc&#233;nienne&#034; en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En fait, il serait n&#233;cessaire de relier la chute de Troie avec celle de nombre d'autres cit&#233;s et d'autres pouvoirs. Vers 1200, on note la destruction d'Ougarit, Tyr, Sidon, Troie, Cnossos, Pylos, Myc&#232;nes, Hattousa et de tous les centres hittites comme grecques et de toute la r&#233;gion. Disparition du syst&#232;me palatial en Gr&#232;ce. Des troubles sont not&#233;s &#224; Iolkos, Korakou, Myc&#232;nes, Tirynthe puis Lefkandi en Eub&#233;e et Teikhos Dymaion pr&#232;s de Patras. Effondrement des Puissances maritimes. Disparition du commerce et de l'&#233;criture. Diminution consid&#233;rable de l'esp&#233;rance de vie. Effondrement complet de l'empire hittite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1200 av J.-C, c'est la crise &#233;conomique : le commerce du Delta avec le monde &#233;g&#233;en est tari, Pharos est presque ruin&#233;e, les ports ph&#233;niciens sont dans une situation critique. 1200, c'est aussi la p&#233;riode de la chute de la civilisation minoenne et l'entr&#233;e dans une p&#233;riode de troubles marqu&#233;e notamment par l'&#233;crasement de Troie. En Egypte, une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie en 1188-1186. &#192; la mort de Ramses 2, la crise dynastique &#233;vit&#233;e jusque-l&#224; ne peut &#234;tre contenue et la dispute qui s'en suit risque d'entra&#238;ner le pays dans une p&#233;riode d'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir se morcelle entre Th&#232;bes et la cour rest&#233;e &#224; Pi-Rams&#232;s et la dynastie s'ach&#232;ve dans le trouble de r&#232;gnes successifs courts et sans port&#233;es r&#233;elles, laissant la situation externe se d&#233;grader peu &#224; peu... Il faudra attendre la reprise en main des r&#234;nes du pouvoir par l'arm&#233;e avec l'arriv&#233;e au pouvoir d'une nouvelle famille pour &#233;viter la d&#233;sagr&#233;gation compl&#232;te de l'empire de plus en plus menac&#233; par les changements inexorables de la politique internationale et des mouvements des populations cherchant &#224; fuir les zones de guerre, pouss&#233;es par la recherche d'un refuge que l'&#201;gypte symbolise encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du syst&#232;me sociale et &#233;conomique m&#233;diterran&#233;en est &#233;vidente et elle se propage &#224; la r&#233;gion Hittite. Sous Tudhaliya IV, ses fils Arnouwanda III (1220-1200) et son fr&#232;re Souppilouliouma II (ou Suppiluliuma, 1200-1170), les textes hittites nous indiquent que le pays Hittite doit subir des p&#233;riodes de grandes famines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les textes exhum&#233;s &#224; Ugarit et &#224; Tell Amarna, on note : paup&#233;risation d'une partie de la population, migrations dues &#224; des dettes trop lourdes, constitution d'un ensemble de populations incontr&#244;lables par les cit&#233;s &#201;tats (les habiru), qui constituent une menace pour l'ordre social. Peu de temps avant l'effondrement de l'Empire hittite, les chroniques anatoliennes font &#233;tat de bouleversements climatiques qui provoquent des famines...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s il faut poser la question du d&#233;clin des deux puissances tut&#233;laires de la r&#233;gion au m&#234;me moment : Egypte et Gr&#232;ce (et Cr&#234;te) Myc&#233;nienne. C'est une p&#233;riode qui n'est pas seulement celle d'une grande agitation des peuples mais aussi celle d'une chute de la base m&#234;me des syst&#232;mes sociaux de l'&#233;poque, &#224; savoir le grand commerce international. A remarquer : c'est &#233;galement l'&#233;poque de la guerre de Troie et de l'&#233;crasement du r&#233;gime cr&#233;tois par une r&#233;volution sociale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter que c'est de l'effondrement des empires, de l'effondrement &#233;conomique, social et moral, de la crise sociale g&#233;n&#233;rale du Moyen-Orient que va na&#238;tre la religion des H&#233;breux, fond&#233;e sur l'id&#233;e que dieu a puni tous ces peuples pour leur refus de reconna&#238;tre le &#034;vrai dieu&#034; et les bons pr&#233;ceptes. Les H&#233;breux ne sont pas les seuls &#224; &#233;merger de la crise. C'est &#233;galement le cas des Ph&#233;niciens. N'oublions pas que les Hittites avaient &#233;merg&#233; d'une crise semblable au XVIIe si&#232;cle avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute des Hittites en Turquie comme celle des Minoens en Gr&#232;ce est la fin d'une civilisation, d'un syst&#232;me social et d'un mode de production. Ce n'est pas seulement le r&#233;sultat d'une d&#233;faite militaire ni celui provenant de la chute d'un r&#233;gime politique. Seule la r&#233;volution sociale peut produire un tel renversement et mener &#224; un d&#233;sert civilisationnel dans toute une r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la version officielle des disparitions de civilisations pr&#233;tend que tout provient des guerres et jamais des luttes de classes et des r&#233;volutions sociales mais les guerres, elles-m&#234;mes ne sont que le produit des changements dans les rapports des classes, des affaiblissements de r&#233;gimes et de syst&#232;mes sociaux, marqu&#233;s par des &#224;-coups brutaux que sont les r&#233;volutions sociales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;richo (Jordanie), Ugarit (Syrie), Cnossos (Cr&#234;te), Troie (Turquie), les villes myc&#233;niennes et Tyr (Canaan) subissent des r&#233;volutions sociales, notamment au quatorzi&#232;me si&#232;cle avant J.-C.et en 1200 avant J.-C. (vague r&#233;volutionnaire qui concerne la Gr&#232;ce, l'Asie mineure, la Syrie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res villes du monde antique (comme J&#233;richo, Ugarit, Tyr et Troie) sont n&#233;es avant l'Etat et avant le grand d&#233;veloppement &#233;conomique (agriculture, c&#233;ramique, m&#233;taux) et elles ont chut&#233; par des r&#233;volutions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site d'Hissarlik, en Anatolie, est aujourd'hui reconnu sous le nom de &#171; site arch&#233;ologique de Troie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7790 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH348/-2588-78d3e.jpg?1782262723' width='500' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_7791 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH348/-2589-532d2.jpg?1782262723' width='500' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ville de Troie est tr&#232;s ancienne et son existence a &#233;t&#233; tout aussi discontinue avec des phases d'occupation suivies d'interruptions compl&#232;te d'existence. Les couches de ruines dans la citadelle chez Hisarlik sont num&#233;rot&#233;es de Troie I &#224; Troie IX, avec de diverses subdivisions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie I 3000-2600 (Anatolien occidental Eb 1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie II 2600-2250 (Anatolien occidental eb 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie III 2250-2100 (Anatolien occidental eb 3 [r&#233;cent])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie IV 2100-1950 (Anatolien occidental eb 3 [milieu])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie V : 20&#232;me-18&#232;mes si&#232;cles (Anatolien occidental eb 3 [tardif]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VI : 17&#232;me-15&#232;mes si&#232;cles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VIh : d&#233;funt &#226;ge en bronze, 14&#232;me si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VIIa : ca. 1300-1190&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VIIb1 : 12&#232;me si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VIIb2 : 11&#232;me si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VIIb3 : jusqu'&#224; ca. 950&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie VIII : autour 700&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troie IX : Hell&#233;nistique Ilium, 1er si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nulle continuit&#233; entre ces p&#233;riodes. La ville a &#233;t&#233; d&#233;truite &#224; chaque fois et reconstruite &#224; une &#233;poque nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schliemann creusa une immense tranch&#233;e dans la colline d'Hissarlik en traversant le niveau de la Troie hom&#233;rique. Ses fouilles, commenc&#233;es en 1870, dur&#232;rent vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous savons qu'il existait au moins neuf villes, construites les unes sur les autres dans la m&#234;me r&#233;gion, et que la premi&#232;re ville fut construite au IIIe mill&#233;naire av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;rout&#233; par les nombreux niveaux d&#233;couverts sous la colline, Schliemann finit par identifier quatre villes distinctes et successives sous la ville romaine d'Ilium. Il d&#233;cide que la Troie d'Hom&#232;re correspondait au deuxi&#232;me niveau &#224; partir du bas, mais cette conclusion n'&#233;tait gu&#232;re partag&#233;e par les autres arch&#233;ologues. En 1873, il exhume un ensemble de bijoux en or, qu'il dissimule aux autorit&#233;s turques et aux ouvriers, gr&#226;ce &#224; sa femme grecque Sophia qui les passe pi&#232;ce par pi&#232;ce en les cachant sous son ch&#226;le. Parall&#232;lement, Schliemann d&#233;couvre un grand nombre de vases, de pointes de lances et de boucles d'oreille aux niveaux de Troie II ou de Troie III (2200 av. J.-C.). Malheureusement, son &#171; tr&#233;sor de Priam &#187; disparut &#224; Berlin en 1945, pour r&#233;appara&#238;tre dans les collections du Mus&#233;e de l'Ermitage apr&#232;s la chute de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troie est pr&#233;sent&#233;e de mani&#232;re anachronique, dans la mythologie grecque, comme faisant partie de la culture grecque de &#201;tats-cit&#233;s. En r&#233;alit&#233;, c'est une tr&#232;s ancienne ville anatolienne qui pr&#233;c&#232;de de loin la civilisation grecque. Et cette ville appartenait &#224; une vaste civilisation dans laquelle toute le peuple se nommait &#171; troyen &#187; au sens ethnique. La ville de Troie a &#233;t&#233; connue pour sa richesse gagn&#233;e du commerce de port avec l'est et l'ouest, les v&#234;tements de fantaisie, la production de fer, et massif murs d&#233;fensifs. Troie est un &#233;l&#233;ment clef de la mythologie grecque car la guerre que la Gr&#232;ce a men&#233;e contre Troie a permis d'unir les Etats-cit&#233;s en une seule arm&#233;e, fondant l'unit&#233; grecque. Les textes d'Hom&#232;re ont chant&#233; cette l&#233;gende. On aurait situ&#233; cette guerre entre 1193 et 1183 avant J.-C. Son existence n'est pas prouv&#233;e. Eratosth&#232;ne la place en 1184, Herodote en 1250, Douris en 1334.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troie IV La premi&#232;re ville a &#233;t&#233; fond&#233;e dans le 3&#232;me mill&#233;nium AVANT J&#201;SUS CHRIST. Pendant l'&#226;ge en bronze, l'emplacement semble avoir &#233;t&#233; une ville marchande de &#233;panouissement, puisque son endroit a tenu compte de la commande compl&#232;te du Dardanelles, par lequel chaque bateau marchand de Mer &#201;g&#233;e se diriger pour La Mer Noire a d&#251; passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troie VI Troie VI a &#233;t&#233; d&#233;truit autour de 1300 AVANT J&#201;SUS CHRIST, probablement par tremblement de terre. Seulement une pointe de fl&#232;che simple a &#233;t&#233; trouv&#233;e en cette couche, et aucuns restes des corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troie VII Troie VIIa, qui a &#233;t&#233; dat&#233; au mi au si&#232;cle de late-13th AVANT J&#201;SUS CHRIST, est le candidat souvent-cit&#233; pour Troie de Homer. Il semble avoir &#233;t&#233; d&#233;truit par guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troie IX La derni&#232;re ville sur cet emplacement, Hell&#233;nistique Ilium, a &#233;t&#233; fond&#233; pr&#232;s Romans pendant le r&#232;gne de l'empereur Augustus et &#233;tait une ville le commerce importante jusqu'&#224; l'&#233;tablissement de Constantinople au quatri&#232;me si&#232;cle comme capital oriental de Empire romain. Dans Bizantin chronom&#232;tre la ville diminu&#233;e graduellement, et par la suite disparue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous une partie de la ville romaine, les ruines dont la couverture par secteur beaucoup plus grand que la citadelle excav&#233;e par Schliemann, les excavations r&#233;centes ont trouv&#233; des traces d'un secteur additionnel de r&#232;glement de Bronze-&#194;ge (de statut inf&#233;rieur que la citadelle contigu&#235;) d&#233;fendu par un foss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des probl&#232;mes majeurs pos&#233;s par le site d'Hissarlik (la Troie historique) &#233;tait sa petite taille (137 m sur 187 m) compar&#233;e a la Troie d&#233;crite par Hom&#232;re. Trois cent habitants tout au plus auraient pu vivre dans la Troie VIIa, alors qu'Hom&#232;re en d&#233;crit cinquante mille. Magnification et exag&#233;ration du po&#232;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu le croire jusqu'&#224; la d&#233;couverte lors de nouvelles fouilles en 2001-2002 de la ville basse : ces fouilles, entreprises par le Dr Korfmann de l'Universit&#233; de T&#252;bingen en Allemagne, ont r&#233;v&#233;l&#233; un mur d'enceinte de type cyclop&#233;en enserrant la ville basse appartenant &#224; la Troie VIIa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle d&#233;couverte assure &#224; la ville une superficie de 350 000 m&#178;, soit treize fois plus grande que celle de la seule acropole que nous connaissions d&#233;j&#224;. Avec une taille aussi consid&#233;rable, Troie d&#233;passe en superficie sa rivale et ma&#238;tresse (?), Ugarit (200 000 m&#178;) et en fait l'une des plus grandes villes de l'&#194;ge du bronze. Sa population serait alors de 5 000 a 10 000 habitants, ce qui en temps de si&#232;ge peut tout &#224; fait &#234;tre suffisant pour abriter les 50 000 habitants de toute la r&#233;gion. Pour le moment, on ne peut cependant parler de guerre de Troie, estime le Dr Korfmann ; il faudra des fouilles ult&#233;rieures pour r&#233;v&#233;ler ce mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a souvent dit que les puissants n'&#233;taient jamais tomb&#233; que sous les coups d'autres puissants mais l'Histoire nous dit l'inverse : le plus souvent les classes dirigeantes et les dictateurs sont tomb&#233;s sous les coups de la r&#233;volution sociale et politique des peuples. M&#234;me les soci&#233;t&#233;s, les r&#233;gimes, les pouvoirs, les civilisations qui sont tomb&#233;s sous les coups d'une arm&#233;e &#233;trang&#232;re ne sont le plus souvent tomb&#233;s que du fait des crises internes, parce qu'&#224; l'int&#233;rieur le peuple ne les soutenait plus...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution dans l'empire ottoman</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article4985</link>
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		<dc:date>2016-03-21T00:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;volution dans l'empire ottoman &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Empire ottoman entre dans sa phase de d&#233;clin d&#232;s le d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, caract&#233;ris&#233; notamment par les s&#233;cessions-&#233;mancipations de la Gr&#232;ce, &#224; travers des mouvements insurrectionnels, et de l'&#201;gypte. Mais l'Empire se survit et nombre de sultans proc&#232;dent m&#234;me &#224; des r&#233;formes profondes : l'ordre r&#233;pressif des janissaires est supprim&#233;, l'esclavage des Noirs est aboli, le droit est uniformis&#233;, le costume europ&#233;en est adopt&#233;. L'&#233;conomie se modernise quelque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-2345.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH717/-2345-8adaf.jpg?1782262724' width='500' height='717' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution dans l'empire ottoman&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Empire ottoman entre dans sa phase de d&#233;clin d&#232;s le d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, caract&#233;ris&#233; notamment par les s&#233;cessions-&#233;mancipations de la Gr&#232;ce, &#224; travers des mouvements insurrectionnels, et de l'&#201;gypte. Mais l'Empire se survit et nombre de sultans proc&#232;dent m&#234;me &#224; des r&#233;formes profondes : l'ordre r&#233;pressif des janissaires est supprim&#233;, l'esclavage des Noirs est aboli, le droit est uniformis&#233;, le costume europ&#233;en est adopt&#233;. L'&#233;conomie se modernise quelque peu, les finances sont r&#233;organis&#233;es &#224; l'occidentale, et en 1866 le pays inaugure sa premi&#232;re ligne de train. Vers 1870, 50 % du commerce de l'empire se fait avec la Grande-Bretagne. La culture fran&#231;aise est encourag&#233;e chez les &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les officiers Jeunes-Turcs du Comit&#233; Union et Progr&#232;s qui m&#232;nent, &#224; partir de la garnison de Salonique, la r&#233;volution de juillet 1908 contre l'autoritarisme du sultan Abd&#252;lhamid II. Ils lui imposent le r&#233;tablissement de la Constitution ottomane de 1876, et l'&#233;lection d'un Parlement o&#249; toutes les composantes nationales de l'Empire sont repr&#233;sent&#233;es ; ils donnent &#224; l'Empire une devise emprunt&#233;e &#224; la France : &#171; Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;, Justice &#187;. Le sultan est contraint &#224; la d&#233;mission en avril 1909, apr&#232;s une tentative contre-r&#233;volutionnaire, et remplac&#233; par son cousin Mehmet V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution ouvre une p&#233;riode d'intenses d&#233;bats politiques, entra&#238;ne la multiplication des mouvements s&#233;paratistes, acc&#233;l&#232;re les pertes territoriales lors des Guerres balkaniques de 1912-1913. Domin&#233; par un triumvirat de pachas (Enver, ministre de la Guerre ; Talaat, ministre de l'Int&#233;rieur et chef du parti ; Djemal, ministre de la Marine), le gouvernement, qui entendait r&#233;aliser &#171; l'union, le progr&#232;s et la libert&#233; &#187;, &#233;volue du lib&#233;ralisme &#224; la quasi dictature d'un parti unique se confondant avec l'appareil d'Etat, dans le sens d'une radicalisation nationaliste, &#224; la fois panturque et islamique. Le parlementarisme est vid&#233; de sa substance, les lib&#233;raux pro-occidentaux &#233;cart&#233;s, les Arm&#233;niens victimes de pogroms (en Cilicie en 1909).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1914, les Unionistes d&#233;cident l'entr&#233;e en guerre aux c&#244;t&#233;s de l'Allemagne, contre la Triple Entente : les Capitulations sont abolies, la Dette ottomane annul&#233;e. Ce contexte n'emp&#234;che pas la poursuite de la modernisation de l'Etat, et de l'occidentalisation de la soci&#233;t&#233; : d&#233;veloppement du syst&#232;me scolaire, y compris f&#233;minin ; amorce de s&#233;cularisation de l'Etat (limitation du r&#244;le des tribunaux religieux ; fonctionnarisation des oul&#233;mas ; contr&#244;le des fondations pieuses). Le r&#233;gime jeune-turc pr&#233;pare ainsi le terrain de plusieurs des grandes r&#233;formes k&#233;malistes ult&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il flottait d&#233;j&#224;, avant m&#234;me qu'&#233;clate la premi&#232;re guerre mondiale, un parfum de r&#233;volution dans tout l'Empire Ottoman. Il y avait eu la guerre italo-ottomane. Il y avait de multiples expressions de sentiments d'hostilit&#233; de toutes les nationalit&#233;s opprim&#233;es de l'empire qui &#233;tait attis&#233; par les grandes puissances comme l'Angleterre et la France contre l'empire. Les Anglais entretenaient m&#234;me une arm&#233;e arm&#233;nienne pour pr&#233;parer le conflit contre l'empire. Les peuples avaient flair&#233; leur lib&#233;ration et n'entendaient plus s'en laisser imposer par cette prison des peuples. Les Arm&#233;niens bougeaient. Les Kurdes bougeaient. Les Juifs &#233;taient touch&#233;s par l'aspiration &#224; la libert&#233;. Les Alaouites se rebellaient. Avant m&#234;me qu'&#233;clate la r&#233;volution russe, tout &#233;tait comme un baril de poudre pr&#234;t &#224; exploser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime ottoman &#233;tait d&#233;j&#224; menac&#233;, depuis 1900, de l'int&#233;rieur par la r&#233;volution bourgeoise jeune turque. Il n'avait pas eu la force d'&#233;craser cette r&#233;bellion. Les Jeunes-Turcs parviennent &#224; renverser le sultan en 1908 avec l'aide des mouvements minoritaires, et dirigent alors l'Empire ottoman. Comme l'empire, comme toutes les classes dirigeantes turques, les &#171; jeunes turcs &#187; se sentent menac&#233;s par la r&#233;volte des peuples et commencent &#224; les massacrer syst&#233;matiquement. Il faut dire que les grandes puissances laissent croire &#224; ces peuples qu'ils vont les soutenir militairement contre l'empire, ce qui ne sera pas vrai&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire &#233;tait une v&#233;ritable prison des peuples. Cette r&#233;gion avait &#233;t&#233; successivement occup&#233;e par de multiples peuples aux civilisations diverses qui avaient laiss&#233; des traces dans les ruines, mais aussi dans les cultures des peuples de la r&#233;gion : Hurrites, Khurrites, Aram&#233;ens, Canan&#233;ens, H&#233;breux, Ph&#233;niciens, Babyloniens, Akkadiens, Assyriens, Sum&#233;riens, Arabes, Turcomans, Kurdes, Arm&#233;niens, etc&#8230; On aurait eu du mal &#224; les citer tous et plus encore &#224; rappeler leurs caract&#232;res, leurs apports culturels, cultuels, civilisationnels. Des descendants des Etrusques, des Ph&#233;niciens, des Aram&#233;ens, des Canan&#233;ens, des Arm&#233;niens, des Sum&#233;riens, des Assyriens, des Nabat&#233;ens, des Parthes, des Amorrites, des Hittites, des Assyriens, des Egyptiens, des Byzantins, des Romains, des Crois&#233;s, des Arabes, des Turcs, des Ottomans, des Anglais et des Fran&#231;ais et bien d'autres peuples de l'Antiquit&#233; et civilisations diverses &#233;taient pass&#233;s par l&#224;, avaient eu leur heure de gloire, de triomphe, de prosp&#233;rit&#233;, avaient eu le pouvoir, l'avaient perdu, avaient &#233;t&#233; dispers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la Premi&#232;re Guerre mondiale, la Turquie attaque la Russie. Les Arm&#233;niens h&#233;sitent entre la neutralit&#233; et le camp russe. Lorsque, en avril 1915, la ville de Van, situ&#233;e dans un des endroits clefs du conflit, entre le Caucase russe et Mossoul, d&#233;cide de cr&#233;er un gouvernement provisoire arm&#233;nien les armes &#224; la main, les autorit&#233;s turques passent &#224; l'offensive dans cette r&#233;gion qui est un peu son ventre mou. C'est le d&#233;but d'une s&#233;rie de confiscations de biens, d'expulsions et de massacres. Entre 600 000 et 800 000 personnes sur une population estim&#233;e &#224; un million et demi p&#233;rissent. En ao&#251;t 1915, les Arm&#233;niens de Cilicie et d'Anatolie occidentale sont &#224; leur tour d&#233;port&#233;s et pers&#233;cut&#233;s. En un peu plus d'un an, en tout, presque un million d'Arm&#233;niens sont extermin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1908/08/rako_19080801.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rakovsky et la r&#233;volution turque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1102&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution en Turquie et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/junius/rljdf.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rosa Luxemburg et la Turquie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9clin_et_chute_de_l'Empire_ottoman&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;clin et chute de l'Empire ottoman&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeunes-Turcs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution &#171; jeune turque &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesclesdumoyenorient.com/Jeunes-Turcs-et-revolution-de-1908.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution de 1908&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Contre-r%C3%A9volution_ottomane_de_1909&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre-r&#233;volution ottomane de 1909&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4408&#034;&gt;Op&#233;rations imp&#233;rialistes dans l'empire ottoman et massacre des Arm&#233;niens et des Assyro-chald&#233;ens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ceb.revues.org/1052?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un des leaders r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58119382/f5.image.r=ottoman%20r%C3%A9volution&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution de 1908, rapport&#233;e par le &#171; parti radical ottoman &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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