<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.matierevolution.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.org/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.matierevolution.org/spip.php?id_mot=131&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-5aeb8-d0407.jpg?1782529775</url>
		<link>https://www.matierevolution.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8866</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8866</guid>
		<dc:date>2026-04-16T22:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, un vaste courant pour un front unifi&#233; se d&#233;veloppa visant &#224; la formation d'un Front d&#233;mocratique populaire (Minshu jinmin sensen) ; la direction de ce mouvement &#233;tait entre les mains du Parti socialiste dont les cadres de droite y firent obstacle et en emp&#234;ch&#232;rent finalement la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 1946 vit la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te du Travail, ressuscit&#233;e apr&#232;s dix ans d'interdiction ; c'&#233;tait la dix-septi&#232;me au Japon et elle se d&#233;roula sur une &#233;chelle incomparablement plus impressionnante que celles de l'avant-guerre. On estima &#224; 500 000 le nombre des participants qui d&#233;fil&#232;rent &#224; T&#333;ky&#333; sur la place du Palais imp&#233;rial et &#224; 2 000 000 le chiffre total des manifestants dans tout le pays. Le 19 mai suivant eut lieu ce que l'on a appel&#233; le &#171; Premier Mai alimentaire &#187; (Shokury&#333; m&#275; d&#275;) qui, mobilisant une foule de 3 000 000 de personnes r&#233;unies sur la place du Palais imp&#233;rial, &#233;tait une manifestation organis&#233;e pour exiger du gouvernement et des forces d'occupation une solution &#224; la crise de l'alimentation. Les manifestants lanc&#232;rent &#233;galement des slogans politiques tels : &#171; A bas le gouvernement r&#233;actionnaire, pour l'&#233;tablissement d'un gouvernement d&#233;mocratique du peuple. &#187; La r&#233;action des forces d'occupation ne se fit pas attendre ; ayant proclam&#233; : &#171; Nous n'accueillerons pas le communisme &#187; et : &#171; Nous ne tol&#233;rons pas les manifestations populaires devant se d&#233;rouler dans la violence &#187; le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e d'occupation se manifesta comme force r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie sp&#233;cifique suivie dans la premi&#232;re p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre fut la &#171; lutte pour le contr&#244;le de la production &#187; par les ouvriers. Il s'agissait en fait de s'opposer au &#171; sabotage de la production &#187; par les capitalistes cherchant &#224; mettre l'inflation &#224; profit pour r&#233;&#233;valuer les stocks de mat&#233;riel ; c'&#233;tait donc une lutte pour imposer la participation des syndicats ouvriers dans le contr&#244;le des affaires et r&#233;clamant, &#224; travail &#233;gal, des augmentations de salaires ,et la d&#233;mocratisation de la gestion des entreprises. Des combats de ce genre &#233;clat&#232;rent dans tout le Japon dans divers secteurs d'activit&#233; comme la presse, les chemins de fer, la sid&#233;rurgie, l'industrie m&#233;canique, les mines, les collectivit&#233;s locales autonomes et la production cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste, craignant que cette strat&#233;gie ne d&#233;bouche sur un mouvement r&#233;volutionnaire d'occupation des usines, protesta contre l'atteinte aux droits de propri&#233;t&#233; et d'exploitation, riposta au moyen des interventions gouvernementales et de la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1946, en r&#233;ponse &#224; un plan de licenciement de 75 000 employ&#233;s des chemins de fer nationaux, les syndicats proclam&#232;rent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui fut un succ&#232;s puisque ce plan fut abandonn&#233;. Et la gr&#232;ve de onze jours du Syndicat des marins se termina de m&#234;me mani&#232;re par le retrait du plan de licenciement de 43 000 travailleurs, annonc&#233; par les patrons, et la garantie du plein emploi. Ces conflits avaient &#233;t&#233; soutenus par le Comit&#233; des luttes communes (Ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont le noyau &#233;tait le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi). En automne 1946, le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) lan&#231;a une campagne offensive pour contrecarrer l'application des plans &#233;labor&#233;s par le gouvernement et les capitalistes de licenciements g&#233;n&#233;raux et de blocage des salaires, pr&#233;vus au nom de la &#171; rationalisation &#187; ; ces luttes se d&#233;roul&#232;rent principalement au sein des entreprises priv&#233;es, sur une base de regroupement des conflits par industrie. Malgr&#233; les entraves mises par les forces d'occupation am&#233;ricaines, cette &#171; lutte d'octobre du Sambetsu &#187; &#224; laquelle particip&#232;rent quelque 320 000 ouvriers, conduisit au doublement du niveau des salaires et &#224; la conqu&#234;te spectaculaire des droits des travailleurs et &#224; la reconnaissance des syndicats ouvriers. Les employ&#233;s de l'industrie &#233;lectrique y collabor&#232;rent de leur c&#244;t&#233; par la mise au point d'un plan de gr&#232;ve dans le secteur &#233;lectrique. Ensuite, ce fut le tour des travailleurs de la fonction publique qui se mirent en gr&#232;ve pour l'augmentation de leurs salaires et la r&#233;organisation d&#233;mocratique d'une bureaucratie h&#233;rit&#233;e du syst&#232;me imp&#233;rial d'avant-guerre. C'est ainsi que les employ&#233;s de tous les services publics, de l'enseignement aux chemins de fer nationaux et aux postes et t&#233;l&#233;communications, mirent sur pied le Comit&#233; pour une lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique (Zen kank&#333;ch&#333; ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai ou Zenkank&#333;ch&#333; ky&#333;t&#333;) charg&#233; de harceler le gouvernement par des campagnes conjointes ; ce comit&#233; regroupait 2 600 000 membres ; finalement, sur l'initiative du Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu), les syndicats des entreprises priv&#233;es se joignirent aux combats des fonctionnaires et organis&#232;rent le Comit&#233; national de lutte commune des syndicats ouvriers ou Zento (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont les effectifs comptaient 54 formations avec 4 000 000 d'adh&#233;rents (selon d'autres statistiques ce Comit&#233; regroupait jusqu'&#224; 6 000 000 de membres). Le gouvernement s'opposa fermement aux revendications salariales, ce qui provoqua un pr&#233;avis de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le renversement du cabinet de YOSHIDA Shigeru et l'&#233;tablissement d'un gouvernement populaire d&#233;mocratique. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui devait &#234;tre d&#233;clench&#233;e le 1er f&#233;vrier 1947 fut interdite la veille m&#234;me, le 31 janvier dans l'apr&#232;s-midi, par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur, commandant en chef des Forces d'occupation du Japon ; son d&#233;cret d'interdiction du mouvement fut retransmis &#224; la radio par II Yashir&#333;, le pr&#233;sident du Comit&#233; de lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1er f&#233;vrier fut avort&#233;e ; cependant, les conditions de travail des employ&#233;s des administrations publiques furent consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;es : les salaires furent presque doubl&#233;s et chaque syndicat obtint des conventions collectives, ce qui se propagea jusque dans le secteur priv&#233;. De plus, cette lutte conjointe de grande envergure fut le point de d&#233;part d'une progression rapide du mouvement pour l'unification du front ouvrier. Tous les syndicats d'industrie se r&#233;unirent au niveau national et, en mars 1947, fut mis sur pied le Conseil national de liaison des syndicats ouvriers ou Zenr&#333;ren (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai reuraku ky&#333;gikai) qui regroupait 84 % des ouvriers syndiqu&#233;s soit 4 460 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil (Zenr&#333;ren) n'&#233;tait certes qu'un organisme consultatif de liaison organis&#233; selon le syst&#232;me souple d'adh&#233;sion en bloc des groupements affili&#233;s, mais il fut important dans la mesure o&#249; le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) comme la F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des syndicats ouvriers (S&#333;d&#333;mei) y adh&#233;r&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article236708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article236708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON EN 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon sous la tutelle am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'action de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain contre la menace prol&#233;tarienne au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal. Avec l'Allemagne, le Japon est m&#234;me l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce. Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; : &#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes de clans et luttes de classes dans le Japon m&#233;di&#233;val</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9066</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article9066</guid>
		<dc:date>2025-03-29T23:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Luttes de clans et luttes de classes dans le Japon m&#233;di&#233;val &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ouvrages de Pierre-Fran&#231;ois Souyiri &#233;clairent singuli&#232;rement la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale au Japon : &#171; Le monde &#224; l'envers &#187; et &#171; La r&#233;volte des Ikki &#187;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils remettent sur ses pieds le d&#233;roulement historique et rappellent que l'histoire du Japon m&#233;di&#233;val est une lutte de classes. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233; de Souyiri, nombre d'auteurs ne voient dans le Japon m&#233;di&#233;val que des luttes de clans f&#233;odaux, clans imp&#233;riaux, clans de la noblesse, clans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Luttes de clans et luttes de classes dans le Japon m&#233;di&#233;val&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux ouvrages de Pierre-Fran&#231;ois Souyiri &#233;clairent singuli&#232;rement la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale au Japon : &#171; Le monde &#224; l'envers &#187; et &#171; La r&#233;volte des Ikki &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils remettent sur ses pieds le d&#233;roulement historique et rappellent que l'histoire du Japon m&#233;di&#233;val est une lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; de Souyiri, nombre d'auteurs ne voient dans le Japon m&#233;di&#233;val que des luttes de clans f&#233;odaux, clans imp&#233;riaux, clans de la noblesse, clans des chefs religieux des monast&#232;res, clans des gouverneurs et autres hauts fonctionnaires, clans des guerriers de toutes sortes (chefs de guerre, samoura&#239;s, bandits&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, durant ces guerres civiles, il y a eu plusieurs guerres sociales car le fondement de cette vaste d&#233;stabilisation est la lutte des classes permanente au sein de la soci&#233;t&#233; japonaise. La lutte des clans n'est que l'&#233;cume de cette mer en violente furie des oppositions de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte paysanne est sans cesse sous-jacente. La mis&#232;re nourrit la r&#233;volte des pauvres et fournit une masse de bandits, de vauriens, mais aussi de combattants contre l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des r&#233;voltes a eu un succ&#232;s d&#233;cisif : elle a impos&#233; la suppression de l'esclavage. Il y a eu aussi le combat des paysans pour imposer leurs droits &#224; la terre, leur propri&#233;t&#233; d'une part des r&#233;coltes, leur refus d'imp&#244;ts insupportables et aussi leur auto-organisation villageoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces luttes, ceux qui &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des non-humains, des b&#234;tes, des inexistants et insignifiaints, qu'on peut tuer sans souci, ont impos&#233; leur existence et leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'Histoire &#233;tant &#233;crite par les vainqueurs, elle ne leur laisse gu&#232;re de place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jason, abb&#233; de Daij&#244;-in &#233;crit dans son journal personnel en 1485 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, ceux des barons locaux de la province de Yamashiro qui sont &#226;g&#233;s entre 15 et 60 ans se sont r&#233;unis pour tenir conseil. Les paysans de la province ont fait de m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souyiri dans &#171; Le monde &#224; l'envers &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 1400, instabilit&#233; sociale croissante, c'est le temps des r&#233;voltes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1416 : troubles dans l'Est de l'archipel&#8230; Pour plus d'un si&#232;cle, le Kant&#244; sombre dans l'anarchie f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1428-1429 : la paysannerie autour de Ky&#244;to se r&#233;volte pour l'abolition des dettes. C'est la premi&#232;re grande r&#233;volte populaire. D'autres soul&#232;vements &#233;clatent dans les ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1441 : la paysannerie se r&#233;volte dans le Kinai et le r&#233;gime est contraint dans l'urgence de donner satisfaction aux insurg&#233;s. D&#233;sormais, les r&#233;voltes se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1462 : nouvelle vague de r&#233;voltes de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1485-1493 : soul&#232;vement au sud de Ky&#244;to des petits guerriers locaux et des paysans : naissance d'une commune r&#233;gionale autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1493 : le mouvement d'autnomie rurale et urbaine s'accentue. Villages et quartiers des villes du Japon central organisent l'auto-d&#233;fense et l'auto-administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1573 : Les organisations religieuses &#224; caract&#232;re militaire et les ligues paysannnes sont &#233;cras&#233;es. En cr&#233;ant des march&#233;s libres, le nouvel Etat mis en place par Nobunaga brise le pouvoir des corporations de marchands et d'artisans, et renforce la mont&#233;e de nouvelles couches bourgeoises. Le pouvoir s&#233;pare les guerriers de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la mont&#233;e des couches guerri&#232;res, la cr&#233;ation d'un Etat sh&#244;gunal et l'effondrement progressif du syst&#232;me politique mis en place par la monarchie imp&#233;riale au cours de l'&#233;poque ancienne constituent bien l'un des ph&#233;nom&#232;nes saillants de cette &#233;poque, la mobilit&#233; sociale ou plut&#244;t l'instabilit&#233; sociale constitue tout autant un trait majeur de cette soci&#233;t&#233;. Les hommes du XVe si&#232;cle d&#233;signaient cela par l'expression imag&#233;e &#171; gekuj&#244; &#187;, quand &#171; l'inf&#233;rieur l'emporte sur le sup&#233;rieur &#187;, c'est-&#224;-dire la d&#233;sob&#233;issance civile, l'inversion des hi&#233;rarchies sociales, &#171; le monde &#224; l'envers &#187;. En langage moderne, on serait peut-&#234;tre bien inspir&#233; de traduire cette expression par &#171; r&#233;volution &#187;, &#224; condition bien s&#251;r d'entendre par l&#224; non pas le grand soir, mais un mouvement multis&#233;culaire de remise en cause permanente des pouvoirs &#233;tatiques ou r&#233;gionaux, de pouss&#233;e &#233;mancipatrice des couches sociales inf&#233;rieures. Celles-ci refusent la fatalit&#233; de leur condition tandis que les couches dirigeantes s'av&#232;rent incapables de maintenir des institutions stables. L'existence de ce &#171; gekokuj&#244; &#187;, cette mobilit&#233; sociale de nature quasi r&#233;volutionnaire, explique pourquoi l'Etat &#233;prouve les plus vives difficult&#233;s &#224; faire r&#233;gner l'ordre dans les provinces&#8230; Le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre f&#233;odale est rendu plus complexe par l'existence de v&#233;ritables conflits sociaux opposant seigneurs fonciers et communaut&#233;s paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fortement structur&#233;es autour de la riziculture, ces derni&#232;res r&#233;sistent souvent victorieusement &#224; la ponction fiscale exig&#233;e par les couches sup&#233;rieures. Le montant et la nature des redevances annuelles, la dur&#233;e des corv&#233;es et leur objet, constituent un th&#232;me fr&#233;quent de dispute. A partir du XVe si&#232;cle, les communaut&#233;s s'opposent aux classes dirigeantes &#224; propos de la nature m&#234;me du pouvoir seigneurial, revendiquant pour elles le droit &#224; l'auto-administration, y compris les droits de justice et de police d&#233;volus jusqu'alors aux seigneurs. Produits du d&#233;veloppement d'une &#233;conomie mon&#233;taire, d'autres conflits surgissent entre peuple des campagnes et pr&#234;teurs d'argent usuriers habitant les villes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gigantesque pouss&#233;e sociale et cette aspiration &#224; l'autonomie et au pouvoir local n&#233;es de la crise des structures f&#233;odales incapables d'assumer si peu que ce soit leur r&#244;le et de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme superflues, expliquent les difficult&#233;s des autorit&#233;s du Moyen-Age finissant &#224; assurer l'ordre. Cette incapacit&#233; des pouvoirs constitu&#233;s &#224; s'imposer face &#224; ce mouvement de d&#233;stabilisation permanente venu d'en bas &#233;claire le caract&#232;re end&#233;mique de la guerre pendant la plus grande partie de la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Moyen-Age est assur&#233;ment un &#226;ge des guerriers, c'est donc aussi un &#226;ge des r&#233;voltes, un moment d'insubordination sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces moments de crise, les populations deviennent difficiles &#224; contr&#244;ler : les gens des villes fuient vers les campagnes dans l'espoir de chaparder ou dans les montagnes o&#249; il reste possible &#224; la belle saison de survivre en cueillant baies et l&#233;gumes sauvages, ou encore en chassant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentant assi&#233;g&#233;s par des foules affam&#233;es, les puissants ont parfois peur aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir du XIIIe si&#232;cle que la petite paysannerie, surtout dans le Kinai et les r&#233;gions voisines, commence &#224; s'&#233;manciper du r&#233;gime servile auquel elle &#233;tait condamn&#233;e jusqu'alors. Ce mouvement de lib&#233;ration encore limit&#233; devait prendre tout son sens dans les deux si&#232;cles suivants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens du XXe si&#232;cle ne se sont pas toujours accord&#233;s sur le statut des ces &#171; inf&#233;rieurs &#187; : s'agit-il d'esclaves, de serfs ou de simples d&#233;pendants sur le plan &#233;conomique mais de statut &#171; libre &#187; ? Tiennent-ils en propre des parcelles ? Les sources &#233;crites sont peu prolixes &#224; leur &#233;gard : ils n'y apparaissent que de mani&#232;re fugitive et allusive. Ils restent les grands muets de l'histoire m&#233;di&#233;vale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La soci&#233;t&#233; paysanne se divise en deux couches sociales principales : les &#171; my&#244;shu &#187;, relativement ais&#233;s, responsables de l'exploitation des rizi&#232;res et du paiement des charges fiscales et les couches de paysans d&#233;pendants. C'est &#224; propos de ces derniers que les historiens actuels restent divis&#233;s. S'il para&#238;t certain qu'il subsiste des esclaves dans les campagnes japonaises au XIIIe si&#232;cle, cela signifie-t-il que tous les paysans d&#233;pendants dont il est question plus haut sont des esclaves ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incapables de payer les redevances seigneuriales, endett&#233;s, mourant de faim, les gens dans la mis&#232;re se vendent &#224; des trafiquants d'&#234;tres humains qui n&#233;gocient cette main d'&#339;uvre mis&#233;rable dans les r&#233;gions o&#249; on a besoin de bras. Les textes japonais utilisent les expressions &#171; trafic d'&#234;tres humains &#187; sans faire r&#233;f&#233;rence explicite &#224; une notion se rapprochant de celle d'esclavage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du Moyen Age, il n'y avait pas de petites exploitations cultiv&#233;es par des paysans ind&#233;pendants. Au contraire, les exploitations des &#171; my&#244;shu &#187; reposaient sur des rapports patriarcaux et esclavagistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose change dans les rapports sociaux &#224; la fin du XIIIe si&#232;cle et au d&#233;but du XIVe si&#232;cle. Ces gens qui acuqi&#232;rent une nouvelle place dans la communaut&#233; paysanne ont d&#233;sormais droit &#224; la parole. D&#232;s le d&#233;but du XIVe si&#232;cle, les petits paysans si&#232;gent au conseil de la confr&#233;rie du santuaire aux c&#244;t&#233;s des paysans riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les couches de paysans d&#233;pendants se sont elles &#233;mancip&#233;es ? Le r&#233;veil de l'&#233;conomie a certainement permis aux plus pauvres d'accumuler un minimum de surproduit parfois commercialisable et rendu possible par l'am&#233;lioration g&#233;n&#233;rale du niveau de vie. Mais la cl&#233; de l'explication est surtout &#224; rechercher dans la mise en culture par ces petits paysans de champs secs (&#224; opposer aux rizi&#232;res) sur lesquels ils font venir c&#233;r&#233;ales et l&#233;gumes n&#233;cessaires &#224; leur alimentation quotidienne, ce qui les rend par l&#224; m&#234;me ind&#233;pendants de leurs ma&#238;tres&#8230; Le champ sec, c'est la terre qui fait vivre le paysan et la terre inond&#233;e, c'est la terre par excellence qui fait vivre le ma&#238;tre, celle sur laquelle s'exerce le plus fortement le pr&#233;l&#232;vement seigneurial. Encore &#224; cette &#233;poque, le riz est presque un produit de luxe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XIVe si&#232;cle n'a pas d'unit&#233; chronologique claire. L'&#233;poque de Kamakura continue jusqu'en 1333. La p&#233;riode de Muromachi commence selon les uns en 1378, selon les autres en 1392. P&#233;riode de transition, le XIVe si&#232;cle n'en a pas moins une importance d&#233;cisive. Il marque le moment o&#249; l'instabilit&#233;, l'insubordination gagnent tous les secteurs de la soci&#233;t&#233;. Le Japon du sh&#244;gun Yoshimitsu (1368-1407) est tr&#232;s diff&#233;rent de celui des r&#233;gents H&#244;j&#244;. Il est vrai qu'entre-temps, un demi si&#232;cle de guerres civiles a profond&#233;ment boulevers&#233; les structures du pouvoir, les rapports sociaux et la vie culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps de troubles. Le r&#233;gime H&#244;j&#244; s'effondre &#224; Kamakura en 13333 apr&#232;s deux ann&#233;es de crise et il est suivi d'une restauration imp&#233;riale dite de l'&#232;re Kenmu, qui dure &#224; peine trois ans. De 1336 &#224; 1392, le Japon est partag&#233; entre deux formations politiques en guerre qui revendiquent chacune le droit l&#233;gitime de gouverner le pays entier. Cette p&#233;riode est connue au Japon sous le nom de p&#233;riode de la Cour du Sud et de la Cour du Nord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne d'invasion des domaines de l'Ouest par des guerriers venus de l'Est s'accentue avec l'irruption de la violence ouverte dans les rapports sociaux. De leur c&#244;t&#233;, les communaut&#233;s paysannes renforcent leur autonomie locale. Les couches paysannes autrefois domin&#233;es par les &#171; my&#244;shu &#187; acc&#232;dent &#224; la possession de parcelles et poursuivent leur mouvement d'&#233;mancipation entam&#233; dans la seconde moiti&#233; du XIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains historiens d'apr&#232;s-guerre consid&#232;rent que cete &#233;mancipation constituait une v&#233;ritable &#171; r&#233;volution f&#233;odale &#187;. Selon eux, l'esclavage qui caract&#233;risait jusque-l&#224; les rapports de production dans les campagnes japonaises, disparaissait au cours du XIVe si&#232;cle. La victoire politique de la classe des guerriers f&#233;odaux &#224; la fin du XIIe si&#232;cle trouvait donc un &#233;cho, un si&#232;cle et demi plus tard, dans une victoire sociale des couches inf&#233;rieures de la paysannerie au cours des guerres civiles. La propri&#233;t&#233; fonci&#232;re antique, fond&#233;e sur le syst&#232;me domanial, s'effritait sous les coups conjugu&#233;s des guerriers qui se taillaient des fiefs et des communaut&#233;s villageoises qui r&#233;sistaient victorieusement aux exigences seigneuriales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paysannerie n'assiste pas de mani&#232;re passive aux affrontements st&#233;riles entre groupes dirigeants. Les guerres ne sont pas que le fait d'arm&#233;es qui visent &#224; s'emparer des domaines ou des biens de l'ennemi, ou &#224; reconstruire un Etat. Face aux arm&#233;es en campagne, face aux malheurs qui les accablent, les paysans r&#233;agissent et cherchent &#224; tirer profit de ces situations mouvantes. Le mouvement d'&#233;mancipation des couches inf&#233;rieures au sein des communaut&#233;s agricoles&#8230; s'accentue &#224; la faveur des guerres civiles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s des seigneurs locaux &#224; s'imposer &#224; la t&#234;te de leurs terres tiennent en partie au degr&#233; sup&#233;rieur d'organisation de la paysannerie japonaise, dont la farouche volont&#233; d'autonomie constitue l'un des ph&#233;nom&#232;nes saillants de l'&#233;poque. C'est aussi le moment o&#249; la paysannerie ressent plus que jamais la n&#233;cessit&#233; de faire bloc contre les arm&#233;es &#233;trang&#232;res qui sillonnent la campagne et s&#232;ment le malheur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode d'organisation du village en &#171; s&#244; &#187; repose sur un fort degr&#233; d'union de la communaut&#233; des habitants. Les premiers s&#244; signal&#233;s dans les archives remontent au milieu du XIVe si&#232;cle, mais leur nombre s'accro&#238;t consid&#233;rablement au cours des guerres seigneuriales au point de devenir les unit&#233;s de base du sys&#232;me social aux XVe et XVIe si&#232;cles. Ces communes, qui se donnent des r&#232;gles autonomes vis-&#224;-vis du pouvoir seigneurial, se forment d'ailleurs dans la lutte contre celui-ci. Partout au Japon, des documents pr&#233;cieusement conserv&#233;s par les villageois eux-m&#234;mes, qui les cachaient pour qu'ils ne tombent pas dans les mains des seigneurs, attestent l'existence de ces &#171; communes &#187;, qui administrent les villages et y maintiennent l'ordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune id&#233;ologie structur&#233;e de type messianique ou mill&#233;nariste ne vient forunir de justification conceptuelle &#224; ces mouvements paysans n&#233;s d'un renforcement des communaut&#233;s de base&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux grands &#233;pisodes r&#233;volutionnaires en 1221 et 1335 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_J%C5%8Dky%C5%AB&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_J%C5%8Dky%C5%AB&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_Nakasendai&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_Nakasendai&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volte paysanne en 1441 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Kakitsu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Kakitsu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;odalit&#233; au Japon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9odalit%C3%A9_au_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9odalit%C3%A9_au_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riode des Kofun (250-538)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_Kofun&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_Kofun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riode d'Asuka (540-710)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Asuka&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Asuka&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque de Nara (710-790)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Nara&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Nara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque de Kamakura (1185&#8211;1333)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Kamakura&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Kamakura&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restauration de Kenmu (1333-1336)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_de_Kenmu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_de_Kenmu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque de Muromachi (1336-1573)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Muromachi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Muromachi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but de Muromachi - &#201;poque Nanboku-ch&#333; (des ann&#233;es 1336 &#224; 1392)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Nanboku-ch%C5%8D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Nanboku-ch%C5%8D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shogunat Ashikaga (1336-1573)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Shoguns_Ashikaga&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Shoguns_Ashikaga&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque Sengoku (1477-1573)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Sengoku&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Sengoku&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque Azuchi Momoyama (1573-1603)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Azuchi_Momoyama&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Azuchi_Momoyama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#232;res originaux de la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale japonaise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Age des guerriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Age des guerriers, r&#233;gime sh&#244;gunal, liens de vassalit&#233; : le Japon bascule dans ce qu'il est convenu d'appeler le Moyen Age. Moyen Age ? L'expression, on s'en doute, est ici un n&#233;ologisme. Les hommes de la fin du XIIe si&#232;cle eurent conscience de vivre une &#233;poque charni&#232;re : ils nomm&#232;rent ces temps nouveaux, &#171; l'&#226;ge des guerriers &#187;. Le mot de Moyen Age (ch&#251;sei) date du d&#233;but du XXe si&#232;cle, et est employ&#233; pour la premi&#232;re fois par Hara Katsur&#244;, professeur &#224; l'Universit&#233; imp&#233;riale de Ky&#244;to. Ce dernier publie en 1906 une histoire du Moyen Age japonais. Ce titre marquait l'aboutissement d'une r&#233;flexion. Hara voulait d'abord signifier par l&#224; une p&#233;riode interm&#233;diaire entre deux soci&#233;t&#233;s stabilis&#233;es, l'&#233;poque ancienne domin&#233;e par une cour imp&#233;riale install&#233;e &#224; Heian et l'&#233;poque moderne (kinsei) domin&#233;e par le sh&#244;gunat des Tokugawa install&#233; &#224; Edo. Au r&#233;gime centralis&#233; de la monarchie antique succ&#233;dait un syst&#232;me de fractionnement des pouvoirs publics. A tort ou &#224; raison, les dictionnaires traduisent depuis la fin du XIXe si&#232;cle le mot h&#244;ken (fengjiang en chinois) par le terme occidental de fief. L'&#226;ge des guerriers d&#233;signait donc le d&#233;but de la p&#233;riode f&#233;odale au Japon ou si l'on pr&#233;f&#232;re, les d&#233;buts des temps m&#233;di&#233;vaux. Mais en choisissant ce terme de Moyen Age, Hara Katsur&#244; se pr&#233;occupait aussi de faire correspondre les grandes coupures de l'histoire occidentale, Antiquit&#233;, Moyen Age, Temps Modernes, Epoque contemporaine, avec celles de l'histoire japonaise. A l'heure o&#249; le Japon affrontait la Russie des tsars &#224; Port-Arthur et faisait montre de sa puissance technique moderne en envoyant par le fond la flotte russe &#224; Tsushima, il n'&#233;tait pas inutile de mettre l'accent sur la similitude du d&#233;veloppement historique en Occident et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#233;di&#233;vistes japonais du d&#233;but du XXe si&#232;cle, l'expression &#171; &#226;ge des guerriers &#187; s'appliquait &#224; un tour- nant significatif dans l'histoire japonaise, comparable avec ce qu'avait pu &#234;tre le tournant du Moyen Age en Occident. Comme dans l'Europe m&#233;di&#233;vale, on retrouvait au Japon un &#233;miettement des pouvoirs, un ph&#233;nom&#232;ne de militarisation des couches dirigeantes dans les provinces, l'apparition de liens de vassalit&#233; unissant le seigneur &#224; son homme, la naissance de seigneuries fonci&#232;res dominant la terre et ceux qui la travaillent. L'Etat sh&#244;gunal qui se constituait &#224; la fin du me si&#232;cle poss&#233;dait m&#234;me certains traits des monarchies f&#233;odales d'Occident. Le sh&#244;gun de la dynastie des Minamoto n'&#233;tait-il pas investi par l'empereur, descendant de la d&#233;esse du Soleil, comme le roi de France est sacr&#233; par l'&#233;v&#234;que de Reims, repr&#233;sentant de l'Eglise chr&#233;tienne et d&#233;l&#233;gu&#233; du pape de Rome, de m&#234;me que le roi d'Angle- terre est couronn&#233; dans la cath&#233;drale de Cantorb&#233;ry ? Tout en &#171; inventant &#187; des formes sociales nouvelles, le Japon s'&#233;loignait insensiblement des mod&#232;les sociaux cens&#233;s r&#233;gler les relations humaines en Asie et notamment en Chine. Avec le Moyen Age, le Japon devenait de moins en moins &#171; asiatique &#187; et de plus en plus &#171; europ&#233;en &#187;&#8230; Le Moyen Age, c'&#233;tait comme la r&#233;v&#233;lation d'une soci&#233;t&#233; &#224; l'europ&#233;enne en plein c&#339;ur du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'avoir &#233;t&#233; stagnante &#224; l'image des autres soci&#233;t&#233;s asiatiques telles que se les repr&#233;sentaient du moins les Occidentaux de l'&#233;poque, la soci&#233;t&#233; japonaise &#233;tait anim&#233;e d'une dynamique qui la conduisait naturellement, avec l'&#233;mergence d'une f&#233;odalit&#233;, &#224; marcher sur les traces des soci&#233;t&#233;s d'Europe occidentale. La sup&#233;riorit&#233; intrins&#232;que du Japon sur les autres nations asiatiques en termes industriels et militaires trouvait sa source &#224; la fin du XIIe si&#232;cle dans le Kant&#244;, quand les bushi, les fameux guerriers de l'est du pays, avaient subverti les anciennes formes de la domination aristocratique et entra&#238;n&#233; le pays dans l'aventure f&#233;odale. On mesure sans peine l'enjeu id&#233;ologique de tels discours historiques &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme triomphant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux mains de la classe des guerriers, le nouveau pou- voir d'Etat, le sh&#244;gunat, cohabitait avec l'ancien Etat imp&#233;rial jusqu'au XIVe si&#232;cle, avant de s'y substituer enti&#232;rement. La coutume guerri&#232;re pass&#233;e en droit &#233;crit en 1232 avec la r&#233;daction d'un recueil l&#233;gislatif le Goseibai shikimoku rempla&#231;ait l'ancien droit de la cour h&#233;rit&#233; des codes antiques eux-m&#234;mes inspir&#233;s du mod&#232;le chinois des Tang, et s'imposait peu &#224; peu &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, Les pouvoirs r&#233;galiens tendaient &#224; se fragmenter au niveau local et &#224; passer aux mains des seigneurs de la terre dont l'objectif &#233;tait la cr&#233;ation de seigneuries d'un seul tenant. Ces seigneurs locaux arm&#233;s se f&#233;d&#233;raient en groupements vassaliques unissant dans un lien d'obligations r&#233;ciproques le suzerain au vassal qu'on appelle ici le kenin, l'homme de la maisonn&#233;e. Le Moyen Age japonais &#233;tait par ailleurs &#224; l'origine de nouvelles valeurs surgies de l'&#233;thique guerri&#232;re primitive se &#171; raffinant &#187; au contact de formes de pens&#233;e venues de Chine, bouddhisme zen et n&#233;o-confucianisme surtout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour bien des historiens d'avant-guerre, le Moyen Age reste un moment d&#233;cisif de l'histoire du pays parce que c'est l&#224; que s'affirme l'identit&#233; nationale du Japon. A travers des formes d'expression culturelle nouvelles (art du r&#233;cit, po&#233;sie, th&#233;&#226;tre, art des jardins, art du th&#233;, art floral, peinture sur rouleaux, esth&#233;tique du d&#233;pouillement, style architecturaux etc.) qui laissaient transpara&#238;tre une sensibilit&#233; originale, parfois &#224; l'oppos&#233; des mod&#232;les chinois cens&#233;s constituer ceux de la noblesse antique, le Japon de l'&#226;ge des guerriers devenait &#171; tel qu'en lui-m&#234;me enfin &#187;, c'est-&#224;-dire, pour les observateurs du d&#233;but du XXe si&#232;cle, culturellement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pareille vision des choses permettait aussi d'expliquer la signification profonde de la p&#233;riode qui suit le Moyen Age, celle d'Edo. Il s'agissait d'une sorte d'Ancien R&#233;gime &#224; la japonaise et certains sh&#244;guns de la dynastie Tokugawa comme Yoshimune &#233;taient d'ailleurs parfaits dans le r&#244;le des despotes &#233;clair&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que la naissance d'un groupe de guerriers, les bushi, d'abord serviteurs arm&#233;s de la noblesse de cour (samurai), puis v&#233;ritables seigneurs disposant de pouvoirs locaux &#233;tendus, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier &#224; l'&#233;volution interne de la soci&#233;t&#233; japonaise, qu'on ne retrouve pas, du moins &#224; une &#233;chelle comparable, dans les autres soci&#233;t&#233;s asiatiques. D'o&#249; cette tentation pour nombre d'historiens de voir dans l'apparition puis l'expansion de ces couches guerri&#232;res dont le fonctionnement et les valeurs font en effet penser &#224; celui des couches f&#233;odales d'Occident, le moteur d'un d&#233;veloppement historique original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilit&#233; sociale, r&#233;voltes, croissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si la mont&#233;e des couches guerri&#232;res, la cr&#233;ation d'un Etat sh&#244;gunal et l'effondrement progressif du syst&#232;me politique mis en place par la monarchie imp&#233;riale au cours de l'&#233;poque ancienne constituent bien l'un des ph&#233;nom&#232;nes saillants de cette &#233;poque, la mobilit&#233; sociale ou plut&#244;t l'instabilit&#233; sociale constitue tout autant un trait majeur de cette soci&#233;t&#233;. Les hommes du XVe si&#232;cle d&#233;signaient cela par l'expression imag&#233;e gekokuj&#244;, quand &#171; l'inf&#233;rieur l'emporte sur le sup&#233;rieur &#187;, c'est-&#224;-dire la d&#233;sob&#233;issance civile, l'inversion des hi&#233;rarchies sociales, &#171; le monde &#224; l'envers &#187;. En langage moderne, on serait peut-&#234;tre bien inspir&#233; de traduire cette expression par &#171; r&#233;volution &#187;, &#224; condition bien s&#251;r d'entendre par l&#224; non point le grand soir, mais un mouvement multis&#233;culaire de remise en cause permanente des pouvoirs &#233;tatiques ou r&#233;gionaux, de pouss&#233;e &#233;mancipatrice des couches sociales inf&#233;rieures. Celles-ci refusent la fatalit&#233; de leur condition tandis que les couches dirigeantes s'av&#232;rent incapables de maintenir des institutions stables. L'existence de ce gekokuj&#244;, cette mobilit&#233; sociale de nature quasi r&#233;volutionnaire, explique pourquoi l'Etat &#233;prouve les plus vives difficult&#233;s &#224; faire r&#233;gner l'ordre dans les provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impr&#233;cision dans la d&#233;finition de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, l'enchev&#234;trement des droits sur la terre, la multiplicit&#233; des juridictions, la pratique de la succession partag&#233;e entre les descendants sous l'autorit&#233; du chef d'une parent&#232;le provoquent, des tensions entre les groupes sociaux mais aussi &#224; l'int&#233;rieur des m&#234;mes couches sociales, voire au sein des familles. Des conflits violents opposent les seigneurs &#224; leurs voisins. La guerre priv&#233;e devient ordinaire. Conflits pour le contr&#244;le r&#233;el de la terre et des redevances paysannes, mais aussi plaisir du pillage et de la guerre pour elle-m&#234;me dans une soci&#233;t&#233; qui reste largement domin&#233;e par une &#233;thique combattante. Mais le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre f&#233;odale est rendu ici plus complexe par l'existence de v&#233;ritables conflits sociaux opposant seigneurs fonciers et communaut&#233;s paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fortement structur&#233;es autour de la riziculture, ces derni&#232;res r&#233;sistent souvent victorieusement &#224; la ponction fiscale exig&#233;e par les couches sup&#233;rieures. Le montant et la nature des redevances annuelles, la dur&#233;e des corv&#233;es et leur objet, constituent un th&#232;me fr&#233;quent de dispute. A partir du XVe si&#232;cle, les communaut&#233;s s'opposent aux classes dirigeantes &#224; propos de la nature m&#234;me du pouvoir seigneurial, revendiquant pour elles le droit &#224; l'auto administration, y compris les droits de justice et de police d&#233;volus jusqu'alors aux seigneurs. Produits du d&#233;veloppement d'une &#233;conomie mon&#233;taire, d'autres conflits surgissent entre peuple des campagnes et pr&#234;teurs d'argent usuriers habitant les villes. Luttes de factions au sein des lignages vassaliques pour le contr&#244;le de la succession du patrimoine, luttes de classes dans les campagnes entre les communaut&#233;s paysannes et seigneurs guerriers ou propri&#233;taires urbains absent&#233;istes, s'accompagnent aussi de conflits entre les communaut&#233;s rurales elles-m&#234;mes, que les historiens japonais d&#233;nomment luttes de confins (ky&#244;kai no funs&#244;). Il s'agit l&#224; de disputes parfois vives &#224; propos du contr&#244;le et de la r&#233;partition des eaux d'irrigation, de l'exploitation des bois et des friches ou des limites de terroirs. Ces incidents dont les motivations peuvent parfois sembler d&#233;risoires, s'enveniment cependant rapidement, chaque communaut&#233; cherchant protection et parfois aide militaire aupr&#232;s de son seigneur'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du XVe si&#232;cle, ces conflits de nature diverse se g&#233;n&#233;ralisent, entra&#238;nant des provinces enti&#232;res dans la guerre civile. Profitant de l'incapacit&#233; de l'Etat sh&#244;gunal &#224; imposer son point de vue et &#233;ventuellement &#224; arbitrer entre les parties qui veulent en d&#233;coudre, villages, quartiers des villes, cantons finissent par cr&#233;er des structures autonomes de gouvernement local, communes fond&#233;es sur des f&#233;d&#233;rations de villages parfois &#224; l'&#233;chelle d'une province enti&#232;re. Cette gigantesque pouss&#233;e sociale et cette aspiration &#224; l'autonomie et au pouvoir local n&#233;es de la crise des structures f&#233;odales incapables d'assumer si peu que ce soit leur r&#244;le et de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme superflues, expliquent les difficult&#233;s des autorit&#233;s du Moyen Age finissant &#224; assurer l'ordre. Cette incapacit&#233; des pouvoirs constitu&#233;s &#224; s'imposer face &#224; ce mouvement de d&#233;stabilisation permanente venu d'en bas &#233;claire le caract&#232;re end&#233;mique de la guerre pendant la plus grande partie de la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Moyen Age est assur&#233;ment un &#226;ge des guerriers, c'est donc aussi un &#226;ge des r&#233;voltes, un moment d'insubordination sociale. Car, malgr&#233; ses contraintes, la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale japonaise correspond finalement &#224; une soci&#233;t&#233; relativement dynamique et ouverte, porteuse en ses flancs d'une cr&#233;ativit&#233; culturelle notable et d'&#233;normes potentialit&#233;s &#233;conomiques : partie prenante d'une acc&#233;l&#233;ration des &#233;changes et de la mise en place de nouveaux r&#233;seaux marchands en Asie orientale, suite &#224; l'effondrement de l'empire mongol, le Japon commence alors &#224; faire l'exp&#233;rience d'une &#233;conomie commerciale avec des &#233;changes mon&#233;taires encore certes balbutiants, mais qui rendent possibles les premi&#232;res tentatives d'accumulation de capital. L'exploration des archives portuaires de Hy&#244;go (la future K&#244;be) au XVe si&#232;cle met en &#233;vidence un trafic dans la mer Int&#233;rieure &#233;quivalent &#224; celui de la mer Baltique &#224; la fin du Moyen Age. De leur c&#244;t&#233;, les missionnaires chr&#233;tiens arriv&#233;s dans l'archipel au XVIe si&#232;cle ne purent s'emp&#234;cher de comparer Sakai avec son port international, son oligarchie bourgeoise dirigeant la cit&#233;, ses nombreux artisans, &#224; la Venise de leur temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps consid&#233;r&#233;e comme une p&#233;riode noire de l'histoire du pays parce qu'anarchique, parce que les usurpations &#233;taient fr&#233;quentes, la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale est aujourd'hui largement reconsid&#233;r&#233;e par les historiens japonais. Ces quatre si&#232;cles (fin XIIe-fin XVIe si&#232;cle) passent pour les moments du premier &#171; d&#233;collage &#187; du pays. Cet essor &#233;conomique et ce dynamisme social font d&#233;j&#224; de ce &#171; Cipango &#187; &#233;voqu&#233; par Marco Polo sinon le pays du fabuleux m&#233;tal du moins l'une des premi&#232;res puissances commerciales d'Extr&#234;me-Orient. Le pays du Soleil Levant peut ainsi faire l'&#233;conomie d'une premi&#232;re exp&#233;rience am&#232;re de colonisation europ&#233;enne au XVIe si&#232;cle. Malgr&#233; les guerres civiles et l'instabilit&#233; politique chronique, la soci&#233;t&#233; japonaise est suffisamment structur&#233;e pour apprendre des premiers Occidentaux parvenus au Japon ce qu'il faut savoir du reste du monde sans pour autant tomber dans la d&#233;pendance technique et culturelle de l'Europe. En 1542 ou 1543, les Portugais atteignent l'archipel mais ils ne seront jamais &#224; m&#234;me &#8212; l'eussent-ils voulu &#8212; d'imiter les exploits conqu&#233;rants des Espagnols en Am&#233;rique. Face aux armes &#224; feu europ&#233;ennes, les m&#233;tallurgistes japonais ne sont pas tout &#224; fait d&#233;munis. Ils sont les h&#233;ritiers d'une tradition artisanale qui a fait ses preuves. Ils ont en particulier mis au point des techniques de soufflerie qui leur permettent de produire dans les fours des chaleurs inconnues ailleurs. La ma&#238;trise de leur art est telle qu'ils ont fait de leur pays le principal exportateur d'armes de la r&#233;gion. Et les sabres japonais valent bien les meilleures lames de Tol&#232;de. Plus de vingt mille sabres ont &#233;t&#233; export&#233;s vers la Chine durant le XVe si&#232;cle par le seul interm&#233;diaire du commerce officiel entre les deux pays. Les artisans de Tanegashima, du monast&#232;re du Negoro-ji, de Sakai et d'ailleurs se voient imm&#233;diatement confier l'&#233;tude de ces &#233;tonnantes armes &#224; feu, pourtant depuis longtemps connues ailleurs en Asie du Sud-Est. D&#232;s 1545, on fabrique les premiers fusils &#171; made in Japan &#187;. Mieux encore, quelques ann&#233;es suffisent pour comprendre tout le parti &#224; tirer de ces nouvelles armes. Vers 1570, le seigneur Oda Nobunaga organise de v&#233;ritables corps de fusiliers, retranch&#233;s derri&#232;re des palissades adoss&#233;es le long des pentes de la colline, qui d&#233;clenchent un feu roulant sur les charges de cavaliers ennemis. En 1575, &#224; la bataille de Nagashino, Nobunaga &#233;crase avec sa mousqueterie la fine fleur de la chevalerie du clan f&#233;odal des Takeda et &#233;limine l'un de ses plus puissants rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des Europ&#233;ens dans les mers d'Extr&#234;me- Orient repr&#233;sente pour les pays asiatiques de la r&#233;gion un d&#233;fi nouveau. Disposant de navires capables d'affronter la haute mer pendant de longs mois, d'armes &#224; feu efficaces, anim&#233;s d'une foi in&#233;branlable, les Portugais n'ont pourtant pas en face d'eux des soci&#233;t&#233;s inertes. La plupart d'entre elles sauront parfaitement tenir les nouveaux arrivants &#224; distance. C'est le cas en particulier du Japon qui fait l&#224; preuve d'une &#171; modernit&#233; &#187; saisissante pour une soci&#233;t&#233; demeur&#233;e des si&#232;cles durant &#224; l'&#233;cart du monde. L'originalit&#233; de l'organisation sociale m&#233;di&#233;vale explique une telle capacit&#233; de riposte. Elle est sans doute &#224; l'origine du formidable mouvement d'expansion interne qui remod&#232;le enti&#232;rement l'archipel au XVIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theatrum-belli.com/a-lire-lhistoire-du-japon-medieval-de-pierre-francois-souyri/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theatrum-belli.com/a-lire-lhistoire-du-japon-medieval-de-pierre-francois-souyri/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikki : une histoire des r&#233;voltes populaires dans le Japon m&#233;di&#233;val et moderne (XVe-XIXe si&#232;cles), par Pierre-Fran&#231;ois Souyri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikki. Pour un Japonais d'aujourd'hui, le mot a une r&#233;sonance archa&#239;que et n'est plus d'usage courant. Il est associ&#233; le plus souvent aux r&#233;voltes paysannes sous l'Ancien R&#233;gime Tokugawa, quelque chose comme nos jacqueries d'autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XVe si&#232;cle au moins et jusqu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle, voire jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1918 qui conna&#238;t les grandes &#171; &#233;meutes du riz &#187;, l'histoire japonaise est en effet travers&#233;e d'&#233;pisodes nombreux et r&#233;p&#233;titifs de col&#232;re populaire fulgurante qui poussent les villageois mais aussi le petit peuple des villes &#224; cr&#233;er des coalitions de gens qui d&#233;filent pour obtenir justice et exiger r&#233;paration. Ces manifestations tournent parfois &#224; l'&#233;meute et peuvent finir par embraser des r&#233;gions enti&#232;res. On r&#233;clame le plus souvent la d&#233;mission d'un intendant brutal ou avaricieux, la baisse des redevances ou la suppression des imp&#244;ts nouveaux, mais aussi le retour des terres mises en gage par les cultivateurs aupr&#232;s des pr&#234;teurs d'argent, l'acte de gr&#226;ce qui abolit les dettes. &#192; l'appui des exigences populaires, on n'h&#233;site pas &#224; recourir &#224; la violence : on saccage, d&#233;molit et incendie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidarit&#233;s populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ikki fait donc partie de la tradition populaire, des temps m&#233;di&#233;vaux jusqu'&#224; l'aube de la modernit&#233;. L'archipel conna&#238;t plusieurs grandes s&#233;quences de violence populaire : le XVe si&#232;cle par exemple, au point qu'on a pu parler de &#171; si&#232;cle des ikki &#187;. Ou les &#233;pisodes de l'&#232;re Temmei dans les ann&#233;es 1780, ou encore celui des ann&#233;es 1830. Puis, entre 1866 et 1869, quand le pouvoir sh&#244;gunal vacille et s'effondre, quand un nouveau r&#233;gime se met en place dans la plus grande incertitude, on recense d'innombrables flamb&#233;es de violence populaire impliquant sans doute des centaines de milliers d'&#233;meutiers. Dans les ann&#233;es qui suivent la restauration, notamment en 1873 puis en 1876 encore, les paysans se r&#233;voltent en masse contre les exigences fiscales du nouveau r&#233;gime et obtiennent partiellement satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'ikki n'est pas qu'une simple explosion de col&#232;re populaire. Il s'agit d'une pratique qui se retrouve d&#232;s les d&#233;buts des temps m&#233;di&#233;vaux dans tous les groupes sociaux, moines, guerriers, notables des campagnes ou petits paysans pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir satisfaction dans un contexte qu'ils jugent a priori d&#233;favorable, les gens concern&#233;s se r&#233;unissent et jurent de ne jamais se s&#233;parer tant que leurs objectifs ne seront pas atteints. Ils forment ainsi une &#171; ligue &#187; ou une &#171; conjuration &#187; au sens strict du terme. De la force sacr&#233;e du serment qu'ils ont collectivement pr&#234;t&#233;, ils tirent une puissance qui leur permet souvent d'imposer leur point de vue aux autorit&#233;s sup&#233;rieures. L'ikki se constitue d&#232;s lors selon un rituel particulier : on se r&#233;unit dans l'enceinte sacr&#233;e du sanctuaire ou du temple local &#224; la lueur des torches, on jure, on br&#251;le le texte du serment et on boit l'eau de la source sacr&#233;e m&#233;lang&#233;e aux cendres du document consum&#233; pendant que r&#233;sonne le gong ou la cloche du temple. D&#232;s la fin de la p&#233;riode ancienne, on voit les moines manifester de mani&#232;re mena&#231;ante contre les autorit&#233;s en faisant &#171; d&#233;filer les palanquins sacr&#233;s &#187;. De m&#234;me voit-on na&#238;tre &#224; partir du XIVe si&#232;cle des ententes collectives locales de samoura&#239;s : ils se constituent alors en ligues qui les entra&#238;nent &#224; la bataille ou les aident &#224; maintenir la paix sur une r&#233;gion. De leur c&#244;t&#233;, les habitants d'un domaine s'unissent pour exiger la baisse des redevances ou le renvoi d'un pr&#233;v&#244;t malveillant. Les premi&#232;res de ces coalitions paysannes remontent au XIIIe si&#232;cle, peut-&#234;tre sont-elles m&#234;me plus anciennes encore. Au XVe si&#232;cle, les gens des campagnes manifestent fr&#233;quemment pour l'obtention d'un &#233;dit de gr&#226;ce qui soulage leurs peines. Transcend&#233;s par le sentiment d'avoir l'appui des divinit&#233;s et la justice pour eux, les &#171; conjur&#233;s &#187; peuvent menacer leurs adversaires de la col&#232;re divine s'ils n'obtemp&#232;rent pas, et il faut bien admettre que les autorit&#233;s se montrent souvent incapables de r&#233;sister &#224; ces mouvements de fond qui peuvent s'emparer de la population d'une commune, d'un terroir voire d'une r&#233;gion enti&#232;re. L'ikki surpasse dans sa r&#233;solution jur&#233;e la force du clan familial de la maison guerri&#232;re, celle des moines regroup&#233;s dans leur monast&#232;re ou celle des paysans regroup&#233;s derri&#232;re leur commune ou leur village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents types de revendications et de r&#233;voltes populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le XVe si&#232;cle, les chroniqueurs se sont interrog&#233;s &#8211; souvent pour s'en offusquer &#8211; sur ces mouvements et en ont gard&#233; le souvenir. Les r&#233;voltes autour de Ky&#244;to en 1428 puis en 1441 ont particuli&#232;rement frapp&#233; les esprits par l'ampleur des protestations et des violences. En 1428, profitant de la vacance du pouvoir apr&#232;s la mort du sh&#244;gun Ashikaga Yoshimochi, les campagnes autour de la capitale Ky&#244;to s'agitent et des r&#233;voltes finissent par &#233;clater. On r&#233;clame un &#233;dit de gr&#226;ce proclamant le &#171; gouvernement de la vertu &#187;, c'est-&#224;-dire l'abolition des r&#233;centes ventes de terres des paysans endett&#233;s. Les insurg&#233;s font sonner le gong, s'assemblent et partent en cort&#232;ge arm&#233;s prendre d'assaut les maisons des usuriers, d&#233;chirent les reconnaissances de dettes et r&#233;cup&#232;rent les biens gag&#233;s. Dans les villages o&#249; la communaut&#233; paysanne est puissante, le sentiment de solidarit&#233; l'emporte sur la peur et la tradition de soumission. Des marches sont organis&#233;es sur Ky&#244;to o&#249; l'on fait le si&#232;ge des maisons de riches marchands, de brasseurs de sak&#233; ou de moines qui font office de banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archives monastiques gardent souvent la trace de ces conflits. &#192; partir du XVIIIe si&#232;cle, nombreux sont les chroniques mais aussi les rapports seigneuriaux qui relatent ces &#233;pisodes de r&#233;voltes. Leur nombre laisse entrevoir l'int&#233;r&#234;t d&#233;ploy&#233; par la soci&#233;t&#233; pour ces mouvements, voire l'inqui&#233;tude des groupes dirigeants devant ces pouss&#233;es de col&#232;re populaire incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une typologie de ces r&#233;voltes, les ikki, a pu &#234;tre esquiss&#233;e par les historiens japonais qui divisent ces mouvements, &#224; l'&#233;poque des Tokugawa, en trois types :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'abord les r&#233;voltes de protestation locale au cours desquelles les chefs de village se font les porte-parole du m&#233;contentement et exigent l'application de la justice. Les paysans servent alors de force d'appoint aux leaders mais l'initiative vient rarement des paysans les plus pauvres des communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Puis les r&#233;voltes anti-seigneuriales qui regroupent l'ensemble des paysans d'un district administratif voire d'un fief et qui contestent la nature des mesures politiques prises par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Enfin, et c'est surtout le cas dans le second tiers du XIXe si&#232;cle, les r&#233;voltes de type mill&#233;nariste anim&#233;es par une conviction politico-religieuse qui peuvent embraser des r&#233;gions enti&#232;res pendant plusieurs semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contestations de l'ordre &#233;tabli ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils estiment que les promesses n'ont pas &#233;t&#233; tenues, que leurs plaintes n'ont pas &#233;t&#233; entendues, les paysans se liguent derri&#232;re la communaut&#233; villageoise pour exiger une politique seigneuriale plus juste. Ils organisent des d&#233;fil&#233;s arm&#233;s, font sonner le tocsin, se r&#233;unissent sur les berges d'une rivi&#232;re ou dans un sanctuaire au fond des for&#234;ts pour &#233;tablir une liste de revendications, d&#233;signer leurs ennemis et signer un pacte &#233;galitaire dans lequel ils affirment l'objectif de leur coalition et jurent leur union. Les insurg&#233;s se noircissent le visage &#224; l'encre, rev&#234;tent de longs manteaux en paille de riz pour r&#233;sister &#224; la pluie et de grands chapeaux qui couvrent une partie de leur visage, tiennent des &#233;tendards sur lesquels est inscrit le nom des villages entr&#233;s en dissidence. Ils sont arm&#233;s de fauchards, de b&#234;ches, parfois aussi de sabres et de fusils de chasse. Mais l'arme la plus r&#233;pandue reste la pique en bambou. Les r&#233;volt&#233;s se rendent en cort&#232;ge aupr&#232;s de la r&#233;sidence de celui qui est d&#233;sign&#233; comme le responsable de leurs maux, un administrateur, un accapareur, un marchand. Ils agissent vite, incendient, br&#251;lent les reconnaissances de dettes, les r&#244;les fiscaux, attaquent les ge&#244;les dans lesquelles croupissent certains de leurs proches. Puis vient le temps des porte-parole qui n&#233;gocient avec les repr&#233;sentants de l'autorit&#233;. On se plaint des nouvelles dispositions fiscales ou juridiques qui ne font qu'accro&#238;tre le contr&#244;le social et les charges fiscales. On renouvelle sa confiance dans les autorit&#233;s mais on demande le limogeage des mauvais conseillers &#224; l'origine des mesures nouvelles. En d&#233;finitive, on s'en remet au sens de la bienveillance du seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les autorit&#233;s seigneuriales &#233;coutent le motif des plaintes et tentent d'y rem&#233;dier parfois, mais les leaders sont arr&#234;t&#233;s et, le plus souvent, mis &#224; mort publiquement. Les chefs ex&#233;cut&#233;s sont alors consid&#233;r&#233;s par les insurg&#233;s comme des h&#233;ros martyrs et leur tombe fait parfois l'objet d'une v&#233;ritable d&#233;votion. De v&#233;ritables chroniques sont r&#233;dig&#233;es par des lettr&#233;s du cru &#233;voquant le souvenir des grands moments de la r&#233;volte, la cruaut&#233; des pratiques seigneuriales, la r&#233;sistance, l'h&#233;ro&#239;sme des chefs condamn&#233;s, travestissant parfois la r&#233;alit&#233; pour lui donner plus de force. Ces r&#233;cits contribuent &#224; r&#233;pandre dans les couches populaires un certain sens de la justice sociale en m&#234;me temps qu'une m&#233;moire de la r&#233;volte, &#224; l'origine d'une insubordination croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur violence, ces mouvements ne contestent pourtant jamais l'ordre en place. Ils pointent les dysfonction&#173;nements du syst&#232;me id&#233;ologique confucianiste dominant &#8211; la rupture de l'harmonie &#8211; mais gardent leur foi dans la capacit&#233; des puissants &#224; exercer leur bienveillance &#224; leur &#233;gard. M&#234;me si ces mouvements n'ont pas de dimension r&#233;volutionnaire au sens strict, leur fr&#233;quence et leur radicalit&#233; n'en contribuent pas moins &#224; maintenir une pression tr&#232;s forte sur les &#233;lites qui se raidissent dans leurs certitudes face &#224; un monde en pleine &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://projet.pcf.fr/61222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://projet.pcf.fr/61222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le m&#233;morial du massacre de Nankin et son mus&#233;e : le point de vue de la bourgeoisie mao&#239;ste chinoise</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8454</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8454</guid>
		<dc:date>2023-10-18T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le m&#233;morial du massacre de Nankin et son mus&#233;e : le point de vue de la bourgeoisie mao&#239;ste chinoise &lt;br class='autobr' /&gt;
1789, 1917 et 1911 sont trois grandes r&#233;volutions bourgeoises. Le 1911 chinois est naturellement moins connu en France. La r&#233;volution e&#251;t lieu le 10 octobre &#224; Wuhan, ville situ&#233;e sur le Yan Ts&#233; Kiang redevenue c&#233;l&#232;bre comme &#233;picentre de l'&#233;pid&#233;mie du Covid. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant le Mus&#233;e de la r&#233;volution de 1911 est en partie ferm&#233; &#224; Wuhan, ce qui peut frustrer les r&#233;volutionnaires. Mais si l'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;morial du massacre de Nankin et son mus&#233;e : le point de vue de la bourgeoisie mao&#239;ste chinoise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1789, 1917 et 1911 sont trois grandes r&#233;volutions bourgeoises. Le 1911 chinois est naturellement moins connu en France. La r&#233;volution e&#251;t lieu le 10 octobre &#224; Wuhan, ville situ&#233;e sur le Yan Ts&#233; Kiang redevenue c&#233;l&#232;bre comme &#233;picentre de l'&#233;pid&#233;mie du Covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le Mus&#233;e de la r&#233;volution de 1911 est en partie ferm&#233; &#224; Wuhan, ce qui peut frustrer les r&#233;volutionnaires. Mais si l'on descend le fleuve, la ville historique de Nankin offre un autre mus&#233;e &#224; visiter. A la sortie du M&#233;morial du massacre (officiellement 300 000 chinois massacr&#233;s par l'arm&#233;e japonaise) se trouve l'entr&#233;e du mus&#233;e de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r le M&#233;morial du massacre m&#233;rite en lui-m&#234;me la visite. Il est construit sur un lieu o&#249; des charniers ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et conserv&#233;s. Des explications (en Mandarin et en Anglais) donnent des explications macabres mais pr&#233;cises et parlantes : le squelette num&#233;ro 1 a les os de la clavicule bris&#233;s (avec fl&#232;ches sur la photo), le cr&#226;ne du squelette 2 a &#233;t&#233; travers&#233; par une balle, le squelette est celui d'une femme de 70 ans, etc. Le r&#233;alisme des explications permet d'imaginer les derniers moments des victimes, c'est un triste mais &#233;loquent rappel de ce qu'est la r&#233;alit&#233; de la guerre, du massacre perp&#233;tr&#233; par l'imp&#233;rialisme japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le th&#232;me du m&#233;morial est la d&#233;nonciation du Japon. Il est peu probable que la m&#233;moire des massacres de la classe ouvri&#232;re chinoise par Tchang Ka&#239; Chek soient &#233;voqu&#233;s quelque part dans la Chine actuelle aussi fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e sur la guerre qui suit le M&#233;morial est tr&#232;s int&#233;ressant. Des centaines de documents originaux (photos, textes, cartes, discours) sont pr&#233;sent&#233;s, et surtout le point de vue de la bourgeoisie chinoise mao&#239;ste apparait clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue sur la guerre est qu'elle fut le fait d'une alliance internationale contre les puissances fascistes, la Chine &#233;tant l'alli&#233; asiatique des USA. Aucun communisme n'est mentionn&#233;. Mao apparait une ou deux fois. La R&#233;publique populaire fond&#233;e en 1949 l'aurait &#233;t&#233; &#224; son corps d&#233;fendant, alors qu'elle ne voulait &#234;tre que la continuation de la R&#233;publique de Tchang Ka&#239; Tchek. Les Nations unies sont c&#233;l&#233;br&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un aspect amusant est l'absence quasi totale de la France dans cette exposition sur la guerre. Seul le Mar&#233;chal est mentionn&#233;, mais au titre des criminels de guerre jug&#233;s comme &#224; Nuremberg ou justement Nankin, o&#249; un proc&#232;s similaire d'officiers japonnais eut lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension chinoise de la deuxi&#232;me guerre mondiale, qui commence en Chine en 1931 puis &#224; grande &#233;chelle en 1936, est souvent absente des histoires fran&#231;aises de la guerre. Ce mus&#233;e remet les pendules &#224; l'heure. Bien entendu, la question de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Chine ou dans le reste du monde est totalement ni&#233;e par cette exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5421&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5421&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon qui ne reconna&#238;t pas ce massacre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1937/10/sino.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1937/10/sino.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;&#233;valuation du massacre de Nankin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/927&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gationnisme du massacre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gation_du_massacre_de_Nankin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gation_du_massacre_de_Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer le massacre de Nankin en 1937 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://asialyst.com/fr/2020/12/12/chine-japon-comment-expliquer-massacre-nankin-1937/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://asialyst.com/fr/2020/12/12/chine-japon-comment-expliquer-massacre-nankin-1937/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En anglais sur le massacre de Nankin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/subject/china/peking-review/1985/PR1985-35S.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/subject/china/peking-review/1985/PR1985-35S.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8111</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8111</guid>
		<dc:date>2023-06-19T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es repr&#233;sentaient l'avenir de l'humanit&#233;. Aujourd'hui, &#224; l'occasion du cinqui&#232;me anniversaire de sa mort tragique et pr&#233;matur&#233;e, alors que nous nous trouvons au d&#233;but de la plus grande crise r&#233;volutionnaire de l'histoire du monde, alors que les pens&#233;es et les paroles doivent &#234;tre transform&#233;es en actes, nous rendons aujourd'hui un hommage reconnaissant &#224; Trotsky, l'homme d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous avons c&#233;l&#233;br&#233; le 10e anniversaire de notre parti en 1938, lors d'une grande r&#233;union comm&#233;morative, le camarade Trotsky &#233;tait l'un des orateurs. Il n'avait pas pu venir &#224; New York, mais il nous avait parl&#233; par un disque phonographique press&#233; pour l'occasion &#8212; une salutation &#224; notre parti pour son dixi&#232;me anniversaire. Beaucoup d'entre vous ont sans doute entendu ce discours. Vous vous souviendrez qu'il avait dit que nous avons le droit de prendre le temps de c&#233;l&#233;brer les r&#233;alisations pass&#233;es uniquement comme pr&#233;paration pour l'avenir. Dans le m&#234;me sens nous pouvons dire que si nous prenons le temps ce soir de comm&#233;morer nos nobles et illustres morts, nous le faisons avant tout comme un moyen de pr&#233;parer et d'organiser la lutte des vivants pour le but qu'il nous ont indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es principales de Trotsky, les id&#233;es pour lesquelles il a v&#233;cu et est mort, sont relativement simples. Il a vu le grand probl&#232;me de la soci&#233;t&#233; r&#233;sultant du fait que l'industrie moderne, qui est n&#233;cessairement exploit&#233;e socialement par de grandes masses humaines, est entrav&#233;e et restreinte par l'anachronisme de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de son exploitation pour le profit priv&#233;, plut&#244;t que pour les besoins humains. Il a vu que les forces productives modernes ont largement d&#233;bord&#233; des barri&#232;res artificielles des &#201;tats nationaux. Ces deux grandes contradictions - la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et leur exploitation pour le profit priv&#233;, et l'&#233;touffement de l'industrie dans le cadre d&#233;pass&#233; des &#201;tats nationaux - sont &#224; l'origine des grands maux de la soci&#233;t&#233; moderne - la pauvret&#233;, le ch&#244;mage, le fascisme et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a vu la seule issue pour l'humanit&#233; dans le renversement r&#233;volutionnaire du capitalisme se survivant &#224; lui-m&#234;me. L'industrie doit &#234;tre socialis&#233;e et exploit&#233;e sur la base d'un plan, selon les besoins g&#233;n&#233;raux et non pour un but lucratif. Les antagonismes nationaux des &#201;tats capitalistes s&#233;par&#233;s doivent c&#233;der la place &#224; une f&#233;d&#233;ration internationale : les &#201;tats-Unis socialistes du monde. L'&#233;conomie socialis&#233;e et planifi&#233;e peut produire et fournir l'abondance pour tous les peuples, non seulement pour une nation, mais pour toutes les nations. Les nations socialistes s&#233;par&#233;es, n'ayant ni besoin ni motivation d'exploiter les autres, n'ayant pas de conflits de march&#233;s, de sph&#232;res d'influence et de domaines d'investissement, n'ayant pas besoin de colonies &#224; exploiter et &#224; asservir, ces nations socialistes s&#233;par&#233;es s'uniront n&#233;cessairement dans la paix et la coop&#233;ration fond&#233;es sur une division mondiale du travail. La force d'une nation deviendra la force de tous, les p&#233;nuries de l'un seront combl&#233;es par la pl&#233;thore des autres. L'humanit&#233; organisera l'&#233;change coop&#233;ratif de toutes les conqu&#234;tes de l'art et de la science pour l'usage de tous les peuples de toutes les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que seuls les ouvriers peuvent op&#233;rer cette transformation r&#233;volutionnaire. Seule la classe ouvri&#232;re, la seule classe vraiment progressiste et r&#233;volutionnaire dans la soci&#233;t&#233; moderne, se tenant &#224; la t&#234;te de tous les opprim&#233;s, d&#233;munis, exploit&#233;s et esclaves, peut mener &#224; bien cette grande transformation r&#233;volutionnaire et cette r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Les ouvriers sont la seule classe progressiste, et ils sont la classe la plus puissante en raison de leur nombre et de leur position strat&#233;gique dans la soci&#233;t&#233;. Il suffit aux travailleurs de prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts historiques et de leur pouvoir, et de s'organiser pour le rendre effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que cette lutte pour la transformation r&#233;volutionnaire du monde, qui est actuellement &#224; l'ordre du jour de l' histoire, n&#233;cessite la direction d'un parti. Mais &#8212; a soulign&#233; le camarade Trotsky &#8212; pas un parti comme les autres partis. C'&#233;tait son message &#224; notre r&#233;union de 10e anniversaire : &#171; pas un parti comme les autres partis &#187;, pas un parti sans conviction, pas un parti r&#233;formiste, pas un parti de palabres et de compromis, mais un parti r&#233;volutionnaire &#224; fond, un parti pensant et agissant. Un parti irr&#233;m&#233;diablement oppos&#233; au capitalisme sur tous les fronts et &#224; la guerre capitaliste en particulier. Un tel parti, a-t-il dit, est n&#233;cessaire pour mener ce grand assaut contre un syst&#232;me social d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du monde avaient besoin des id&#233;es de Trotsky en 1940. Toutes les conditions mat&#233;rielles pour la transformation de la soci&#233;t&#233; du capitalisme au socialisme avaient m&#251;ri depuis longtemps. Ce qui &#233;tait en retard, c'&#233;tait la conscience et la compr&#233;hension des masses ouvri&#232;res et de leurs organisations. Ils avaient besoin des id&#233;es de Trotsky lorsqu'il s'est prononc&#233; &#8211; seule grande voix du monde &#8211; contre le massacre de la seconde guerre imp&#233;rialiste. Mais ils n'&#233;taient pas encore pr&#234;ts, ils n'&#233;taient pas encore bien organis&#233;s, pour comprendre les id&#233;es de Trotsky et pour agir en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes organisations ouvri&#232;res, politiques et syndicales, &#233;taient tomb&#233;es sous la direction d'hommes qui n'&#233;taient en effet pas des repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts des ouvriers, mais des agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Les partis sociaux-d&#233;mocrates ; les partis communistes du Komintern, devenus tra&#238;tres au communisme et au prol&#233;tariat ; et les grands syndicats &#8212; tous ont rejet&#233; le programme r&#233;volutionnaire de Trotsky. Ils soutenaient tous les gouvernements capitalistes ; et les gouvernements ont plong&#233; le peuple dans le chaos sanglant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky est mort confiant dans la victoire de la Quatri&#232;me Internationale, comme il l'a dit dans ce dernier message que nous inscrivons au-dessus de notre tribune ce soir. Il est mort confiant dans la victoire, mais sans avoir eu l'occasion d'y participer et de la vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu six ans de guerre. La guerre qui a &#233;t&#233; soutenue par les dirigeants syndicaux. La guerre qui a &#233;t&#233; d&#233;fendue par les professeurs et les intellectuels. La guerre qui a &#233;t&#233; b&#233;nie par l'&#233;glise. Et maintenant, nous pouvons compter les r&#233;sultats. Quels sont les fruits de cette guerre qui, c'&#233;tait promis, allait &#234;tre b&#233;n&#233;fique pour l'humanit&#233; ? Regardez l'Europe ! Regardez l'Asie ! Ou, plus pr&#232;s de chez vous, regardez les usines qui ferment et les longues files d'attente devant les bureaux de ch&#244;mage, des files qui s'allongeront et deviendront plus affam&#233;es, des files dans lesquelles les soldats de retour, fatigu&#233;s, prendront bient&#244;t leurs places - s'ils reviennent des champs de bataille vivants et capables de marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le capitalisme, les usines fonctionnaient &#224; plein r&#233;gime pour produire les instruments de destruction, mais elles ne peuvent pas rester ouvertes pour produire pour les besoins humains en temps de pr&#233;tendue paix. Toute l'Europe, toute la grande Europe cultiv&#233;e, est un continent de faim, de d&#233;sespoir, de d&#233;vastation et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vainqueurs de Potsdam annon&#231;aient &#224; l'Europe les fruits de la victoire et de la lib&#233;ration. Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; le d&#233;mant&#232;lement de l'industrie allemande, l'industrie la plus puissante et la plus productive du continent europ&#233;en. Ils ont annonc&#233; que le niveau de vie de l'Allemagne industrialis&#233;e, l'atelier de l'Europe, ne pourrait pas &#234;tre plus &#233;lev&#233; que celui des &#201;tats agricoles arri&#233;r&#233;s d&#233;vast&#233;s. Ne pas &#233;lever les plus bas au niveau des plus &#233;lev&#233;s, mais entra&#238;ner les pays les plus &#233;lev&#233;s, les plus d&#233;velopp&#233;s et les plus cultiv&#233;s au niveau des pays les plus bas et les moins avanc&#233;s, tel est le programme explicite des artisans de la pr&#233;tendue paix. Tel est le programme pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quels sont les r&#233;sultats en termes d'&#234;tres humains ? J'ai lu aujourd'hui une d&#233;p&#234;che dans le New York Times de Francfort. Il s'agit d'une information factuelle dont je cite une r&#233;f&#233;rence &#224; un rapport officiel sur la situation dans cette r&#233;gion. &#171; Les chiffres, pr&#233;cise le correspondant du Times montrent que le consommateur moyen de cette zone vit avec 1 100 &#224; 1 300 calories par jour, contrairement &#224; la ration de l'arm&#233;e qui est de 3 600 calories. Moins d'un tiers de la nourriture estim&#233;e par l'arm&#233;e n&#233;cessaire pour maintenir les soldats au niveau d'efficacit&#233; voulu est allou&#233; au peuple &#171; lib&#233;r&#233; &#187; d'Allemagne dans la zone am&#233;ricaine. Le peuple europ&#233;en d&#233;veloppera certainement un grand amour et une grande appr&#233;ciation pour les lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondations sont certainement pos&#233;es pour une paix de mille ans. Le capitalisme &#224; l'agonie entra&#238;ne l'humanit&#233; dans l'ab&#238;me. Le capitalisme se manifeste chaque jour de plus en plus, dans la soi-disant paix comme dans la guerre, comme l'ennemi du peuple. Bombardez les gens &#224; mort ! Br&#251;lez-les &#224; mort avec des bombes incendiaires ! Brisez leurs industries et affamez-les &#224; mort ! Et si ce n'est pas assez horrible, alors balayer-les de la surface de la Terre avec des bombes atomiques ! C'est le programme du capitalisme lib&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Quel &#233;blouissant commentaire sur la nature r&#233;elle du capitalisme dans sa phase d&#233;cadente, que cette conqu&#234;te scientifique du merveilleux secret de l'&#233;nergie atomique qui aurait d&#251; &#234;tre rationnellement utilis&#233;e pour all&#233;ger les fardeaux de l'humanit&#233; et qui est employ&#233;e pour d&#233;truire massivement en un jour un demi million d'humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima, la premi&#232;re cible, avait une population de 340.000 habitants. Nagasaki, la deuxi&#232;me cible, avait une population de 253.000 habitants. Au total, pour les deux villes, &#224; peu pr&#232;s 600.000 habitants. Villes &#224; constructions l&#233;g&#232;res o&#249;, selon les reporters, les maisons &#233;taient construites toit contre toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de morts ? Combien de Japonais tu&#233;s pour c&#233;l&#233;brer la d&#233;couverte du secret de la bombe atomique. D'apr&#232;s les indications, d'apr&#232;s les rapports que nous avons re&#231;us, presque tous &#233;taient tu&#233;s ou bless&#233;s]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Times aujourd'hui, il y a un reportage de la radio de Tokyo sur Nagasaki qui d&#233;clare que &#034;le centre de la ville autrefois prosp&#232;re a &#233;t&#233; transform&#233; en une vaste d&#233;vastation, avec rien d'autre que des d&#233;combres &#224; perte de vue&#034;. Des photographies montrant les dommages caus&#233;s par la bombe ont fait la une du journal japonais Mainichi. Le rapport dit : &#171; L'une de ces images a r&#233;v&#233;l&#233; une sc&#232;ne tragique &#224; 10 miles du centre de l'attaque a&#233;rienne atomique &#187;, o&#249; des maisons de ferme ont &#233;t&#233; soit d&#233;truites, soit les toits d&#233;chir&#233;s. L'&#233;mission citait un photographe du Yamaha Photographic Institute, qui s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; dans la ville imm&#233;diatement apr&#232;s l'explosion de la bombe, comme ayant d&#233;clar&#233; : &#171; Nagasaki est maintenant une ville morte, toutes les zones &#233;tant litt&#233;ralement ras&#233;es. Il ne reste que quelques b&#226;timents, debout ostensiblement dans leurs cendres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[A Nagasaki le photographe disait : &#034;La souffrance de la population est immense et m&#234;me les quelques survivants n'ont pas &#233;chapp&#233; aux blessures.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse japonaise a cit&#233; seulement un survivant &#224; Hiroshima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 2 coups calcul&#233;s, 2 bombes atomiques, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a tu&#233; ou bless&#233; un demi-million d'&#234;tres humains. Les jeunes et les vieux, les enfants au berceau, les &#226;g&#233;s et les infirmes, les nouveaux mari&#233;s, les bien portants et les malades, femmes et enfants, ils devaient tous mourir en deux coups, &#224; cause d'une querelle entre les imp&#233;rialistes de Wall Street et la m&#234;me bande au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain apporte la civilisation &#224; l'Orient. Quelle atrocit&#233; inexprimable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle honte est arriv&#233;e d'Am&#233;rique, l'Am&#233;rique qui, autrefois, a &#233;difi&#233; dans le port de New-York la statue de la Libert&#233; &#233;clairant le Monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant le monde recule d'horreur &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quelques-uns de ces pr&#234;cheurs qui b&#233;nissent la guerre ont protest&#233;. Ils ont dit dans une interview &#224; la presse : &#034;L'Am&#233;rique a perdu sa position morale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa position morale ? Oui. Elle l'a perdue, &#231;a c'est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les monstres imp&#233;rialistes qui lanc&#232;rent les bombes le savent. Mais, voyez ce qu'ils ont gagn&#233;. Ils ont gagn&#233; le contr&#244;le des richesses illimit&#233;es d'Orient, ils ont gagn&#233; le pouvoir d'exploiter et d'asservir des centaines de millions d'hommes en Extr&#234;me-Orient. Ils all&#232;rent &#224; la guerre non pour un but moral, mais pour le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre pr&#233;dicateur cit&#233; dans la presse, se rappelant quelque chose qu'il avait d&#233;j&#224; lu dans la Bible sur le faible et doux J&#233;sus, dit qu'il serait inutile d'envoyer encore des missionnaires en Extr&#234;me-Orient. Cela soul&#232;ve une question tr&#232;s int&#233;ressante qu'ils discuteront (j'en suis s&#251;r) entre eux. On peut imaginer une discussion tr&#232;s int&#233;ressante ayant lieu dans les cercles intimes de la Maison de Rockefeller, de la Maison de Morgan qui sont en un seul et m&#234;me instant, tout &#224; fait par hasard naturellement, piliers de finance et piliers d'&#233;glise et soutien des entreprises missionnaires de toutes sortes. &#034;Que ferons-nous avec les pa&#239;ens en Orient !&#034; Enverrons-nous des missionnaires pour les conduire au paradis chr&#233;tien ou enverrons-nous des bombes atomiques pour les exp&#233;dier en enfer ? C'est un sujet pour d&#233;bat sur un th&#232;me macabre mais de toutes fa&#231;ons vous pouvez &#234;tre s&#251;r que partout o&#249; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est introduit l'enfer obtiendra de beaucoup le plus grand nombre de clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ennemi de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a attir&#233; sur lui la crainte et la haine du monde entier. Aujourd'hui l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est consid&#233;r&#233; &#224; travers le monde comme l'ennemi du genre humain. La premi&#232;re guerre mondiale a co&#251;t&#233; 12 millions de morts. 12 millions ! La deuxi&#232;me guerre mondiale, un quart de si&#232;cle apr&#232;s, a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; pas moins de 30 millions de morts et il n'y a pas moins de 30 millions en plus qui sont morts de faim avant qu'on ait fait le total des r&#233;sultats de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle moisson de morts a r&#233;pandu sur la terre le capitalisme ! Si les squelettes de toutes ces victimes pouvaient &#234;tre rassembl&#233;s et empil&#233;s en une seule pyramide, quelle haute montagne cela ferait. Quel monument des exploits du capitalisme ce serait et quel juste symbole de ce qu'est r&#233;ellement le capitalisme. Je crois qu'il ne manquerait qu'une chose pour le rendre parfait, une grande enseigne &#233;lectrique sur la pyramide de squelettes proclamant la promesse ironique des 4 Libert&#233;s. Les morts, du moins, sont d&#233;livr&#233;s du besoin et de la peur, mais les survivants sont affam&#233;s et pleins de terreur pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a gagn&#233; la guerre qui a co&#251;t&#233; 30 millions de morts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre caricaturiste, dans &#034;The Militant&#034;, avec talent et beaucoup de perspicacit&#233;, l'a expliqu&#233; en quelques coups de plume, lorsqu'elle a dessin&#233; ce portrait du capitaliste tenant dans ses mains des sacs d'argent, debout sur le Monde, un pied sur un cimeti&#232;re et l'autre sur les cit&#233;s d&#233;truites. Avec cette l&#233;gende, &#034;le seul vainqueur&#034;. Le seul gagnant est l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et ses satellites des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nos ma&#238;tres voient-ils l'avenir apr&#232;s ce grand succ&#232;s de la guerre de six ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la 2&#232;me guerre mondiale, avec toute son horreur et ses destructions de vies, soit formellement finie, ils pensent d&#233;j&#224; &#224; la 3&#232;me et pr&#233;parent leur plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne devons-nous pas arr&#234;ter ces fous et retirer le pouvoir de leurs mains ? Pouvons-nous douter que les peuples du monde entier pensent que cela ne peut plus durer, qu'il doit y avoir un moyen de changer cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a longtemps que les r&#233;volutionnaires marxistes ont dit que l'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233; est, soit le socialisme, soit une nouvelle barbarie, que le capitalisme menace d'aller &#224; la ruine et entra&#238;ne la civilisation avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#233;clair&#233;s par ce qui a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans cette guerre et est projet&#233; pour l'avenir, je pense que nous pouvons dire maintenant que l'alternative peut &#234;tre m&#234;me pos&#233;e d'une fa&#231;on pr&#233;cise : &#034;L'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233;, c'est le socialisme ou l'annihilation ; c'est le probl&#232;me de : ou le capitalisme subsiste ou la race humaine survivra sur cette plan&#232;te&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple se r&#233;voltera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que le peuple du monde s'&#233;veillera devant cette alternative effrayante et agira &#224; temps pour se sauver. Nous croyons qu'avant que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, nouveau ma&#238;tre du monde, ait le temps de consolider ses victoires, il sera attaqu&#233; des deux c&#244;t&#233;s et battu. D'un c&#244;t&#233;, les peuples du monde transform&#233;s en esclaves coloniaux de Wall-Street se r&#233;volteront contre le ma&#238;tre imp&#233;rialiste comme les provinces soumises se lev&#232;rent contre la Rome imp&#233;riale. Simultan&#233;ment avec ce soul&#232;vement et coordonnant notre lutte avec lui, nous, le parti trotskyste, conduirons les ouvriers et le peuple d'Am&#233;rique dans un assaut r&#233;volutionnaire contre notre ennemi principal, ennemi principal de l'humanit&#233; : les imp&#233;rialistes.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, nous avons pleur&#233; et comm&#233;mor&#233; pour la premi&#232;re fois notre grand th&#233;oricien, le camarade Trotsky. Aujourd'hui, alors que l'action r&#233;volutionnaire devient une n&#233;cessit&#233; vitale pour des centaines de millions de personnes, alors que nous nous pr&#233;parons &#224; passer des th&#233;ories &#224; l'action - &#224; l'action guid&#233;e par les id&#233;es - nous comm&#233;morons Trotsky comme le grand homme d'action, l'organisateur des ouvriers, le leader des r&#233;volutions. C'est dans cet esprit que nous comm&#233;morons ce soir le camarade Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a enjoint avant tout de construire un parti. Et je r&#233;p&#232;te encore ce qu'il a dit : &#171; Pas un parti comme les autres partis &#187;, mais un parti apte &#224; mener une r&#233;volution, un parti qui ne barbote pas, ne va pas &#224; mi-chemin, mais m&#232;ne la lutte jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes s&#233;rieux ; si vous &#234;tes s&#233;rieux, si vous voulez prendre part au combat pour une vie meilleure pour vous-m&#234;me et pour le salut de l'humanit&#233;, nous vous invitons &#224; vous joindre &#224; nous dans ce parti et &#224; participer &#224; ce grand combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de place pour les pessimistes ou les timides dans notre parti, pas de place pour les &#233;go&#239;stes, les carri&#233;ristes et les bureaucrates. Mais la porte est grande ouverte aux travailleurs d&#233;termin&#233;s, d&#233;termin&#233;s &#224; changer le monde et pr&#234;ts &#224; mettre leur t&#234;te sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky nous a l&#233;gu&#233; un grand h&#233;ritage. Il nous a donn&#233; un grand syst&#232;me d'id&#233;es qui constituent notre programme. Et il nous a donn&#233; l'exemple d'un homme qui &#233;tait un r&#233;volutionnaire mod&#232;le, qui a v&#233;cu et est mort pour la cause de l'humanit&#233;, et qui, surtout, a montr&#233; comment appliquer la th&#233;orie &#224; l'action dans la plus grande r&#233;volution de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cet h&#233;ritage, nous sommes arm&#233;s et blind&#233;s pour la lutte et pour la victoire. Tout ce dont nous, disciples de Trotsky, avons besoin pour cette victoire, c'est de comprendre ces id&#233;es clairement, de les assimiler dans notre chair et notre sang, d'y &#234;tre fid&#232;les et, surtout, de les appliquer dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons cela, nous pouvons construire un parti qu'aucune puissance sur Terre ne pourra briser. Nous pouvons construire un parti apte &#224; diriger les masses am&#233;ricaines &#8211; &#224; opposer au programme imp&#233;rialiste de guerre contre les peuples du monde, le programme de la r&#233;volution chez nous et de la paix avec les peuples du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;fl&#233;chir &#224; l'h&#233;ritage de Trotsky apr&#232;s Hiroshima et Nagasaki</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7761</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7761</guid>
		<dc:date>2022-11-30T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki James Patrick Cannon &lt;br class='autobr' /&gt;
22 septembre 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky&lt;br class='autobr' /&gt;
et les t&#226;ches de ses disciples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki&lt;br class='autobr' /&gt;
James Patrick Cannon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es repr&#233;sentaient l'avenir de l'humanit&#233;. Aujourd'hui, &#224; l'occasion du cinqui&#232;me anniversaire de sa mort tragique et pr&#233;matur&#233;e, alors que nous nous trouvons au d&#233;but de la plus grande crise r&#233;volutionnaire de l'histoire du monde, alors que les pens&#233;es et les paroles doivent &#234;tre transform&#233;es en actes, nous rendons aujourd'hui un hommage reconnaissant &#224; Trotsky, l'homme d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous avons c&#233;l&#233;br&#233; le 10e anniversaire de notre parti en 1938, lors d'une grande r&#233;union comm&#233;morative, le camarade Trotsky &#233;tait l'un des orateurs. Il n'avait pas pu venir &#224; New York, mais il nous avait parl&#233; par un disque phonographique press&#233; pour l'occasion &#8212; une salutation &#224; notre parti pour son dixi&#232;me anniversaire. Beaucoup d'entre vous ont sans doute entendu ce discours. Vous vous souviendrez qu'il avait dit que nous avons le droit de prendre le temps de c&#233;l&#233;brer les r&#233;alisations pass&#233;es uniquement comme pr&#233;paration pour l'avenir. Dans le m&#234;me sens nous pouvons dire que si nous prenons le temps ce soir de comm&#233;morer nos nobles et illustres morts, nous le faisons avant tout comme un moyen de pr&#233;parer et d'organiser la lutte des vivants pour le but qu'il nous ont indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es principales de Trotsky, les id&#233;es pour lesquelles il a v&#233;cu et est mort, sont relativement simples. Il a vu le grand probl&#232;me de la soci&#233;t&#233; r&#233;sultant du fait que l'industrie moderne, qui est n&#233;cessairement exploit&#233;e socialement par de grandes masses humaines, est entrav&#233;e et restreinte par l'anachronisme de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de son exploitation pour le profit priv&#233;, plut&#244;t que pour les besoins humains. Il a vu que les forces productives modernes ont largement d&#233;bord&#233; des barri&#232;res artificielles des &#201;tats nationaux. Ces deux grandes contradictions - la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et leur exploitation pour le profit priv&#233;, et l'&#233;touffement de l'industrie dans le cadre d&#233;pass&#233; des &#201;tats nationaux - sont &#224; l'origine des grands maux de la soci&#233;t&#233; moderne - la pauvret&#233;, le ch&#244;mage, le fascisme et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a vu la seule issue pour l'humanit&#233; dans le renversement r&#233;volutionnaire du capitalisme se survivant &#224; lui-m&#234;me. L'industrie doit &#234;tre socialis&#233;e et exploit&#233;e sur la base d'un plan, selon les besoins g&#233;n&#233;raux et non pour un but lucratif. Les antagonismes nationaux des &#201;tats capitalistes s&#233;par&#233;s doivent c&#233;der la place &#224; une f&#233;d&#233;ration internationale : les &#201;tats-Unis socialistes du monde. L'&#233;conomie socialis&#233;e et planifi&#233;e peut produire et fournir l'abondance pour tous les peuples, non seulement pour une nation, mais pour toutes les nations. Les nations socialistes s&#233;par&#233;es, n'ayant ni besoin ni motivation d'exploiter les autres, n'ayant pas de conflits de march&#233;s, de sph&#232;res d'influence et de domaines d'investissement, n'ayant pas besoin de colonies &#224; exploiter et &#224; asservir, ces nations socialistes s&#233;par&#233;es s'uniront n&#233;cessairement dans la paix et la coop&#233;ration fond&#233;es sur une division mondiale du travail. La force d'une nation deviendra la force de tous, les p&#233;nuries de l'un seront combl&#233;es par la pl&#233;thore des autres. L'humanit&#233; organisera l'&#233;change coop&#233;ratif de toutes les conqu&#234;tes de l'art et de la science pour l'usage de tous les peuples de toutes les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que seuls les ouvriers peuvent op&#233;rer cette transformation r&#233;volutionnaire. Seule la classe ouvri&#232;re, la seule classe vraiment progressiste et r&#233;volutionnaire dans la soci&#233;t&#233; moderne, se tenant &#224; la t&#234;te de tous les opprim&#233;s, d&#233;munis, exploit&#233;s et esclaves, peut mener &#224; bien cette grande transformation r&#233;volutionnaire et cette r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Les ouvriers sont la seule classe progressiste, et ils sont la classe la plus puissante en raison de leur nombre et de leur position strat&#233;gique dans la soci&#233;t&#233;. Il suffit aux travailleurs de prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts historiques et de leur pouvoir, et de s'organiser pour le rendre effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que cette lutte pour la transformation r&#233;volutionnaire du monde, qui est actuellement &#224; l'ordre du jour de l' histoire, n&#233;cessite la direction d'un parti. Mais &#8212; a soulign&#233; le camarade Trotsky &#8212; pas un parti comme les autres partis. C'&#233;tait son message &#224; notre r&#233;union de 10e anniversaire : &#171; pas un parti comme les autres partis &#187;, pas un parti sans conviction, pas un parti r&#233;formiste, pas un parti de palabres et de compromis, mais un parti r&#233;volutionnaire &#224; fond, un parti pensant et agissant. Un parti irr&#233;m&#233;diablement oppos&#233; au capitalisme sur tous les fronts et &#224; la guerre capitaliste en particulier. Un tel parti, a-t-il dit, est n&#233;cessaire pour mener ce grand assaut contre un syst&#232;me social d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du monde avaient besoin des id&#233;es de Trotsky en 1940. Toutes les conditions mat&#233;rielles pour la transformation de la soci&#233;t&#233; du capitalisme au socialisme avaient m&#251;ri depuis longtemps. Ce qui &#233;tait en retard, c'&#233;tait la conscience et la compr&#233;hension des masses ouvri&#232;res et de leurs organisations. Ils avaient besoin des id&#233;es de Trotsky lorsqu'il s'est prononc&#233; &#8211; seule grande voix du monde &#8211; contre le massacre de la seconde guerre imp&#233;rialiste. Mais ils n'&#233;taient pas encore pr&#234;ts, ils n'&#233;taient pas encore bien organis&#233;s, pour comprendre les id&#233;es de Trotsky et pour agir en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes organisations ouvri&#232;res, politiques et syndicales, &#233;taient tomb&#233;es sous la direction d'hommes qui n'&#233;taient en effet pas des repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts des ouvriers, mais des agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Les partis sociaux-d&#233;mocrates ; les partis communistes du Komintern, devenus tra&#238;tres au communisme et au prol&#233;tariat ; et les grands syndicats &#8212; tous ont rejet&#233; le programme r&#233;volutionnaire de Trotsky. Ils soutenaient tous les gouvernements capitalistes ; et les gouvernements ont plong&#233; le peuple dans le chaos sanglant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky est mort confiant dans la victoire de la Quatri&#232;me Internationale, comme il l'a dit dans ce dernier message que nous inscrivons au-dessus de notre tribune ce soir. Il est mort confiant dans la victoire, mais sans avoir eu l'occasion d'y participer et de la vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu six ans de guerre. La guerre qui a &#233;t&#233; soutenue par les dirigeants syndicaux. La guerre qui a &#233;t&#233; d&#233;fendue par les professeurs et les intellectuels. La guerre qui a &#233;t&#233; b&#233;nie par l'&#233;glise. Et maintenant, nous pouvons compter les r&#233;sultats. Quels sont les fruits de cette guerre qui, c'&#233;tait promis, allait &#234;tre b&#233;n&#233;fique pour l'humanit&#233; ? Regardez l'Europe ! Regardez l'Asie ! Ou, plus pr&#232;s de chez vous, regardez les usines qui ferment et les longues files d'attente devant les bureaux de ch&#244;mage, des files qui s'allongeront et deviendront plus affam&#233;es, des files dans lesquelles les soldats de retour, fatigu&#233;s, prendront bient&#244;t leurs places - s'ils reviennent des champs de bataille vivants et capables de marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le capitalisme, les usines fonctionnaient &#224; plein r&#233;gime pour produire les instruments de destruction, mais elles ne peuvent pas rester ouvertes pour produire pour les besoins humains en temps de pr&#233;tendue paix. Toute l'Europe, toute la grande Europe cultiv&#233;e, est un continent de faim, de d&#233;sespoir, de d&#233;vastation et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vainqueurs de Potsdam annon&#231;aient &#224; l'Europe les fruits de la victoire et de la lib&#233;ration. Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; le d&#233;mant&#232;lement de l'industrie allemande, l'industrie la plus puissante et la plus productive du continent europ&#233;en. Ils ont annonc&#233; que le niveau de vie de l'Allemagne industrialis&#233;e, l'atelier de l'Europe, ne pourrait pas &#234;tre plus &#233;lev&#233; que celui des &#201;tats agricoles arri&#233;r&#233;s d&#233;vast&#233;s. Ne pas &#233;lever les plus bas au niveau des plus &#233;lev&#233;s, mais entra&#238;ner les pays les plus &#233;lev&#233;s, les plus d&#233;velopp&#233;s et les plus cultiv&#233;s au niveau des pays les plus bas et les moins avanc&#233;s, tel est le programme explicite des artisans de la pr&#233;tendue paix. Tel est le programme pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quels sont les r&#233;sultats en termes d'&#234;tres humains ? J'ai lu aujourd'hui une d&#233;p&#234;che dans le New York Times de Francfort. Il s'agit d'une information factuelle dont je cite une r&#233;f&#233;rence &#224; un rapport officiel sur la situation dans cette r&#233;gion. &#171; Les chiffres, pr&#233;cise le correspondant du Times montrent que le consommateur moyen de cette zone vit avec 1 100 &#224; 1 300 calories par jour, contrairement &#224; la ration de l'arm&#233;e qui est de 3 600 calories. Moins d'un tiers de la nourriture estim&#233;e par l'arm&#233;e n&#233;cessaire pour maintenir les soldats au niveau d'efficacit&#233; voulu est allou&#233; au peuple &#171; lib&#233;r&#233; &#187; d'Allemagne dans la zone am&#233;ricaine. Le peuple europ&#233;en d&#233;veloppera certainement un grand amour et une grande appr&#233;ciation pour les lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondations sont certainement pos&#233;es pour une paix de mille ans. Le capitalisme &#224; l'agonie entra&#238;ne l'humanit&#233; dans l'ab&#238;me. Le capitalisme se manifeste chaque jour de plus en plus, dans la soi-disant paix comme dans la guerre, comme l'ennemi du peuple. Bombardez les gens &#224; mort ! Br&#251;lez-les &#224; mort avec des bombes incendiaires ! Brisez leurs industries et affamez-les &#224; mort ! Et si ce n'est pas assez horrible, alors balayer-les de la surface de la Terre avec des bombes atomiques ! C'est le programme du capitalisme lib&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Quel &#233;blouissant commentaire sur la nature r&#233;elle du capitalisme dans sa phase d&#233;cadente, que cette conqu&#234;te scientifique du merveilleux secret de l'&#233;nergie atomique qui aurait d&#251; &#234;tre rationnellement utilis&#233;e pour all&#233;ger les fardeaux de l'humanit&#233; et qui est employ&#233;e pour d&#233;truire massivement en un jour un demi million d'humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima, la premi&#232;re cible, avait une population de 340.000 habitants. Nagasaki, la deuxi&#232;me cible, avait une population de 253.000 habitants. Au total, pour les deux villes, &#224; peu pr&#232;s 600.000 habitants. Villes &#224; constructions l&#233;g&#232;res o&#249;, selon les reporters, les maisons &#233;taient construites toit contre toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de morts ? Combien de Japonais tu&#233;s pour c&#233;l&#233;brer la d&#233;couverte du secret de la bombe atomique. D'apr&#232;s les indications, d'apr&#232;s les rapports que nous avons re&#231;us, presque tous &#233;taient tu&#233;s ou bless&#233;s]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Times aujourd'hui, il y a un reportage de la radio de Tokyo sur Nagasaki qui d&#233;clare que &#034;le centre de la ville autrefois prosp&#232;re a &#233;t&#233; transform&#233; en une vaste d&#233;vastation, avec rien d'autre que des d&#233;combres &#224; perte de vue&#034;. Des photographies montrant les dommages caus&#233;s par la bombe ont fait la une du journal japonais Mainichi. Le rapport dit : &#171; L'une de ces images a r&#233;v&#233;l&#233; une sc&#232;ne tragique &#224; 10 miles du centre de l'attaque a&#233;rienne atomique &#187;, o&#249; des maisons de ferme ont &#233;t&#233; soit d&#233;truites, soit les toits d&#233;chir&#233;s. L'&#233;mission citait un photographe du Yamaha Photographic Institute, qui s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; dans la ville imm&#233;diatement apr&#232;s l'explosion de la bombe, comme ayant d&#233;clar&#233; : &#171; Nagasaki est maintenant une ville morte, toutes les zones &#233;tant litt&#233;ralement ras&#233;es. Il ne reste que quelques b&#226;timents, debout ostensiblement dans leurs cendres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[A Nagasaki le photographe disait : &#034;La souffrance de la population est immense et m&#234;me les quelques survivants n'ont pas &#233;chapp&#233; aux blessures.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse japonaise a cit&#233; seulement un survivant &#224; Hiroshima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 2 coups calcul&#233;s, 2 bombes atomiques, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a tu&#233; ou bless&#233; un demi-million d'&#234;tres humains. Les jeunes et les vieux, les enfants au berceau, les &#226;g&#233;s et les infirmes, les nouveaux mari&#233;s, les bien portants et les malades, femmes et enfants, ils devaient tous mourir en deux coups, &#224; cause d'une querelle entre les imp&#233;rialistes de Wall Street et la m&#234;me bande au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain apporte la civilisation &#224; l'Orient. Quelle atrocit&#233; inexprimable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle honte est arriv&#233;e d'Am&#233;rique, l'Am&#233;rique qui, autrefois, a &#233;difi&#233; dans le port de New-York la statue de la Libert&#233; &#233;clairant le Monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant le monde recule d'horreur &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quelques-uns de ces pr&#234;cheurs qui b&#233;nissent la guerre ont protest&#233;. Ils ont dit dans une interview &#224; la presse : &#034;L'Am&#233;rique a perdu sa position morale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa position morale ? Oui. Elle l'a perdue, &#231;a c'est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les monstres imp&#233;rialistes qui lanc&#232;rent les bombes le savent. Mais, voyez ce qu'ils ont gagn&#233;. Ils ont gagn&#233; le contr&#244;le des richesses illimit&#233;es d'Orient, ils ont gagn&#233; le pouvoir d'exploiter et d'asservir des centaines de millions d'hommes en Extr&#234;me-Orient. Ils all&#232;rent &#224; la guerre non pour un but moral, mais pour le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre pr&#233;dicateur cit&#233; dans la presse, se rappelant quelque chose qu'il avait d&#233;j&#224; lu dans la Bible sur le faible et doux J&#233;sus, dit qu'il serait inutile d'envoyer encore des missionnaires en Extr&#234;me-Orient. Cela soul&#232;ve une question tr&#232;s int&#233;ressante qu'ils discuteront (j'en suis s&#251;r) entre eux. On peut imaginer une discussion tr&#232;s int&#233;ressante ayant lieu dans les cercles intimes de la Maison de Rockefeller, de la Maison de Morgan qui sont en un seul et m&#234;me instant, tout &#224; fait par hasard naturellement, piliers de finance et piliers d'&#233;glise et soutien des entreprises missionnaires de toutes sortes. &#034;Que ferons-nous avec les pa&#239;ens en Orient !&#034; Enverrons-nous des missionnaires pour les conduire au paradis chr&#233;tien ou enverrons-nous des bombes atomiques pour les exp&#233;dier en enfer ? C'est un sujet pour d&#233;bat sur un th&#232;me macabre mais de toutes fa&#231;ons vous pouvez &#234;tre s&#251;r que partout o&#249; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est introduit l'enfer obtiendra de beaucoup le plus grand nombre de clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ennemi de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a attir&#233; sur lui la crainte et la haine du monde entier. Aujourd'hui l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est consid&#233;r&#233; &#224; travers le monde comme l'ennemi du genre humain. La premi&#232;re guerre mondiale a co&#251;t&#233; 12 millions de morts. 12 millions ! La deuxi&#232;me guerre mondiale, un quart de si&#232;cle apr&#232;s, a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; pas moins de 30 millions de morts et il n'y a pas moins de 30 millions en plus qui sont morts de faim avant qu'on ait fait le total des r&#233;sultats de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle moisson de morts a r&#233;pandu sur la terre le capitalisme ! Si les squelettes de toutes ces victimes pouvaient &#234;tre rassembl&#233;s et empil&#233;s en une seule pyramide, quelle haute montagne cela ferait. Quel monument des exploits du capitalisme ce serait et quel juste symbole de ce qu'est r&#233;ellement le capitalisme. Je crois qu'il ne manquerait qu'une chose pour le rendre parfait, une grande enseigne &#233;lectrique sur la pyramide de squelettes proclamant la promesse ironique des 4 Libert&#233;s. Les morts, du moins, sont d&#233;livr&#233;s du besoin et de la peur, mais les survivants sont affam&#233;s et pleins de terreur pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a gagn&#233; la guerre qui a co&#251;t&#233; 30 millions de morts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre caricaturiste, dans &#034;The Militant&#034;, avec talent et beaucoup de perspicacit&#233;, l'a expliqu&#233; en quelques coups de plume, lorsqu'elle a dessin&#233; ce portrait du capitaliste tenant dans ses mains des sacs d'argent, debout sur le Monde, un pied sur un cimeti&#232;re et l'autre sur les cit&#233;s d&#233;truites. Avec cette l&#233;gende, &#034;le seul vainqueur&#034;. Le seul gagnant est l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et ses satellites des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nos ma&#238;tres voient-ils l'avenir apr&#232;s ce grand succ&#232;s de la guerre de six ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la 2&#232;me guerre mondiale, avec toute son horreur et ses destructions de vies, soit formellement finie, ils pensent d&#233;j&#224; &#224; la 3&#232;me et pr&#233;parent leur plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne devons-nous pas arr&#234;ter ces fous et retirer le pouvoir de leurs mains ? Pouvons-nous douter que les peuples du monde entier pensent que cela ne peut plus durer, qu'il doit y avoir un moyen de changer cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a longtemps que les r&#233;volutionnaires marxistes ont dit que l'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233; est, soit le socialisme, soit une nouvelle barbarie, que le capitalisme menace d'aller &#224; la ruine et entra&#238;ne la civilisation avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#233;clair&#233;s par ce qui a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans cette guerre et est projet&#233; pour l'avenir, je pense que nous pouvons dire maintenant que l'alternative peut &#234;tre m&#234;me pos&#233;e d'une fa&#231;on pr&#233;cise : &#034;L'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233;, c'est le socialisme ou l'annihilation ; c'est le probl&#232;me de : ou le capitalisme subsiste ou la race humaine survivra sur cette plan&#232;te&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple se r&#233;voltera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que le peuple du monde s'&#233;veillera devant cette alternative effrayante et agira &#224; temps pour se sauver. Nous croyons qu'avant que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, nouveau ma&#238;tre du monde, ait le temps de consolider ses victoires, il sera attaqu&#233; des deux c&#244;t&#233;s et battu. D'un c&#244;t&#233;, les peuples du monde transform&#233;s en esclaves coloniaux de Wall-Street se r&#233;volteront contre le ma&#238;tre imp&#233;rialiste comme les provinces soumises se lev&#232;rent contre la Rome imp&#233;riale. Simultan&#233;ment avec ce soul&#232;vement et coordonnant notre lutte avec lui, nous, le parti trotskyste, conduirons les ouvriers et le peuple d'Am&#233;rique dans un assaut r&#233;volutionnaire contre notre ennemi principal, ennemi principal de l'humanit&#233; : les imp&#233;rialistes.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, nous avons pleur&#233; et comm&#233;mor&#233; pour la premi&#232;re fois notre grand th&#233;oricien, le camarade Trotsky. Aujourd'hui, alors que l'action r&#233;volutionnaire devient une n&#233;cessit&#233; vitale pour des centaines de millions de personnes, alors que nous nous pr&#233;parons &#224; passer des th&#233;ories &#224; l'action - &#224; l'action guid&#233;e par les id&#233;es - nous comm&#233;morons Trotsky comme le grand homme d'action, l'organisateur des ouvriers, le leader des r&#233;volutions. C'est dans cet esprit que nous comm&#233;morons ce soir le camarade Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a enjoint avant tout de construire un parti. Et je r&#233;p&#232;te encore ce qu'il a dit : &#171; Pas un parti comme les autres partis &#187;, mais un parti apte &#224; mener une r&#233;volution, un parti qui ne barbote pas, ne va pas &#224; mi-chemin, mais m&#232;ne la lutte jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes s&#233;rieux ; si vous &#234;tes s&#233;rieux, si vous voulez prendre part au combat pour une vie meilleure pour vous-m&#234;me et pour le salut de l'humanit&#233;, nous vous invitons &#224; vous joindre &#224; nous dans ce parti et &#224; participer &#224; ce grand combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de place pour les pessimistes ou les timides dans notre parti, pas de place pour les &#233;go&#239;stes, les carri&#233;ristes et les bureaucrates. Mais la porte est grande ouverte aux travailleurs d&#233;termin&#233;s, d&#233;termin&#233;s &#224; changer le monde et pr&#234;ts &#224; mettre leur t&#234;te sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky nous a l&#233;gu&#233; un grand h&#233;ritage. Il nous a donn&#233; un grand syst&#232;me d'id&#233;es qui constituent notre programme. Et il nous a donn&#233; l'exemple d'un homme qui &#233;tait un r&#233;volutionnaire mod&#232;le, qui a v&#233;cu et est mort pour la cause de l'humanit&#233;, et qui, surtout, a montr&#233; comment appliquer la th&#233;orie &#224; l'action dans la plus grande r&#233;volution de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cet h&#233;ritage, nous sommes arm&#233;s et blind&#233;s pour la lutte et pour la victoire. Tout ce dont nous, disciples de Trotsky, avons besoin pour cette victoire, c'est de comprendre ces id&#233;es clairement, de les assimiler dans notre chair et notre sang, d'y &#234;tre fid&#232;les et, surtout, de les appliquer dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons cela, nous pouvons construire un parti qu'aucune puissance sur Terre ne pourra briser. Nous pouvons construire un parti apte &#224; diriger les masses am&#233;ricaines &#8211; &#224; opposer au programme imp&#233;rialiste de guerre contre les peuples du monde, le programme de la r&#233;volution chez nous et de la paix avec les peuples du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zen et f&#233;odalisme</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6587</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article6587</guid>
		<dc:date>2019-11-17T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Aristocrates</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034; Si on devait r&#233;sumer en peu de mots la condition du Samoura&#239;, je dirais qu'elle est en premier lieu la d&#233;votion corps et &#226;me &#224; un ma&#238;tre.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; Hagakure : Le Livre secret des samoura&#239;s &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;La Voie du Samoura&#239; est bas&#233;e sur l'humanit&#233;, l'amour et la sinc&#233;rit&#233; ; le coeur de la valeur martiale est la vraie bravoure, la sagesse, l'amour et l'amiti&#233;. Insister sur les aspects physiques de la guerre est futile, car le pouvoir du corps est toujours limit&#233;.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ueshiba Morihei &lt;br class='autobr' /&gt;
(On appr&#233;ciera (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;09 - RELIGION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot52" rel="tag"&gt;Aristocrates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034; Si on devait r&#233;sumer en peu de mots la condition du Samoura&#239;, je dirais qu'elle est en premier lieu la d&#233;votion corps et &#226;me &#224; un ma&#238;tre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Hagakure : Le Livre secret des samoura&#239;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;La Voie du Samoura&#239; est bas&#233;e sur l'humanit&#233;, l'amour et la sinc&#233;rit&#233; ; le coeur de la valeur martiale est la vraie bravoure, la sagesse, l'amour et l'amiti&#233;. Insister sur les aspects physiques de la guerre est futile, car le pouvoir du corps est toujours limit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ueshiba Morihei&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(On appr&#233;ciera l'humour involontaire de la citation puisque la samoura&#239; vise d'abord &#224; tuer l'adversaire qui se trouve sur son chemin et quiconque lui fait obstacle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'intention du guerrier devrait simplement &#234;tre celle de prendre son sabre et de mourir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiyomasa Kato&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Il aura bien s&#251;r tendance &#224; prendre son sabre et &#224; tuer son adversaire ou toute personne qui lui d&#233;plait et veut lui refuser d'enlever sa fille ou ses biens.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Le but de toute &#233;tiquette est de cultiver votre esprit de telle mani&#232;re que, m&#234;me lorsque vous &#234;tes tranquillement assis, l'id&#233;e ne puisse m&#234;me pas venir au plus grossier des hommes d'oser vous attaquer.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime de l'Ecole Ogasawara&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tranquillement assis, tel est la position dite zen o&#249; le guerrier oublie tout et, th&#233;oriquement, ne peut plus &#234;tre attaqu&#233; par d'autres guerriers.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a chez nous deux courants pr&#233;dominants de la pens&#233;e : pens&#233;e shinto&#239;ste dans la forme du Boushido, et pens&#233;e bouddhique dans celle du Zen. Le Boushido, &#171; la voie des Samoura&#239; &#187; est le culte de l'esprit absolu, le m&#233;pris du mat&#233;riel. C'est une morale id&#233;aliste de la &#171; bonne volont&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sh&#363;z&#333; Kuki&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/9782226326577-j.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH819/9782226326577-j-44fa9.jpg?1782551436' width='500' height='819' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13432 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L303xH500/512_yOsPu9L-bc5f2.jpg?1782551436' width='303' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/ob_fb74b6_samurai-shogun.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH313/ob_fb74b6_samurai-shogun-d8860.jpg?1782551436' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_13429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH542/3034493887_1_11_mFJ7ST5X-600x650-f6bd8.jpg?1782551436' width='500' height='542' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/l-ame-du-samourai-9782268060637_0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/l-ame-du-samourai-9782268060637_0-17964.jpg?1782551436' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH328/Hara-kiri2-948ce.jpg?1782551436' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/livre_contes_arts_martiaux_3-0f880.jpg?1782551436' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L344xH499/51oVi_2phRL-_SX342_BO1_204_203_200_-df740.jpg?1782551436' width='344' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Philosophie &#171; zen &#187; et f&#233;odalisme japonais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La recherche philosophique zen du samoura&#239; est illustr&#233;e dans quantit&#233; d'ouvrages au Japon qui ont la grande faveur du public et font du guerrier un parfait h&#233;ros philosophe : le roman &#171; La parfaite lumi&#232;re &#187; de Eiji Yoshikawa, &#171; L'&#233;clat des deux pousses de la plante de l'Est &#187; de Koh&#233;da Shigh&#233;rou, &#171; La conversion de l'esprit de Kasan&#233; &#187; de Bakin, &#171; Le magasin des fild&#232;les vassaux &#187; de Hokousa&#239; Tokimasa, racontant la fameuse histoire des 47 ronins (samoura&#239;s sans ma&#238;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1913, le moine Kaiten Nukariya a &#233;crit un ouvrage sur cette influence du zen : &#171; La religion du Samoura&#239;, une &#233;tude sur la philosophie zen &#187; (The Religion of the Samurai A Study of Zen Philosophy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien des Occidentaux, tout ceci semble absurde : pour eux, le zen se rattache au bouddhisme, &#224; la paix et &#224; la m&#233;ditation, pas au f&#233;odalisme et aux samoura&#239;s, &#224; la guerre et &#224; la technique pour tuer ou se faire tuer, et ils se trompent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie zen et samoura&#239;s, c'est la version japonaise f&#233;odale de &#171; l'alliance du sabre et du goupillon &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;odalit&#233; japonaise a &#233;t&#233; fond&#233;e par l'institution d'une caste de guerriers, les samoura&#239;s, s'attribuant le droit de tuer quiconque et parcourant &#224; cheval le territoire du pays pour guerroyer entre eux ou pour participer aux arm&#233;es des grands seigneurs, rois et empereurs. Ils constituaient une arm&#233;e permanente qui n'&#233;tait pas mobilis&#233;e en permanence mais qui s'exer&#231;aient sans cesse en se combattant entre eux. Les paysans et les populations des villes se gardaient bien de s'affronter &#224; eux quels que soient les crimes r&#233;alis&#233;s par ces tueurs professionnels, les viols, les vols, les assassinats individuels ou collectifs. Ils se distinguaient par le fait d'&#234;tre &#224; leur compte ou d'appartenir soit &#224; une &#233;cole de combat soit &#224; un grand seigneur. Le samoura&#239; passait ais&#233;ment d'un statut &#224; un autre, en fonction des al&#233;as de leur vie et de leurs comp&#233;tences guerri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers &#224; avoir probablement ressenti la n&#233;cessit&#233; de retrouver leur calme, perturb&#233; par des s&#233;ances ultra-violentes, afin que leur sang froid leur permette de rester vivants, en se tirant d'affaire d'affrontements guerriers avec d'autres guerriers aussi aguerris qu'eux, sont les samoura&#239;s japonais. Ils ont &#233;galement souhait&#233; d&#233;velopper une philosophie qui les grandisse et fasse d'eux autre chose que des vulgaires bouchers d&#233;chiquetant les chairs &#224; coups de sabres. Au fur et &#224; mesure que cette caste de guerriers a pris de l'importance dans le Japon antique, ils ont affirm&#233; leur importance clanique, sociale et politique, en se dotant d'une &#171; philosophie du sabre &#187;. Bien s&#251;r, les personnes qui, de nos jours se tournent vers la philosophie ou la pratique &#171; zen &#187;, ignorent totalement quelle en sont les origines et la plupart n'ont jamais touch&#233; et ne toucheront jamais &#224; un sabre samoura&#239;, mais la philosophie qu'ils croient conna&#238;tre n'a pas les buts qu'ils croient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi a consist&#233; cette &#171; philosophie du sabre &#187; qui a donn&#233; naissance notamment au zen ? Eh bien, il s'est agi, dans cette f&#233;odalit&#233; fond&#233;e sur le serment et l'all&#233;geance personnelle, familiale et tribale, de donner &#224; la fois des lettres de noblesse &#224; leur comportement, &#224; leurs actes y compris militaires, en mettant en place une morale et une mani&#232;re de se blanchir de tous leurs crimes inh&#233;rents &#224; leur r&#244;le social. Ils ont affirm&#233; ainsi ne pas tuer &#224; tout hasard, ne pas trahir leurs promesses, ne pas discr&#233;diter leur clan et leur profession. Car &#234;tre assassin &#233;tait une v&#233;ritable profession. Ils ont affirm&#233; chercher un v&#233;ritable id&#233;al, une v&#233;ritable philosophie humaine et m&#234;me une po&#233;sie dans le fait de d&#233;velopper leurs comp&#233;tences techniques de sabreurs !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les samoura&#239;s parcouraient le pays &#224; la recherche de nouvelles aventures guerri&#232;res, de nouvelles comp&#233;tences, de formations techniques, militaires et strat&#233;giques, puis d'embauche dans les arm&#233;es des empereurs et grands seigneurs, ainsi que dans la formation d'&#233;coles de nouveaux sabreurs, s'ils avaient acquis une notori&#233;t&#233; suffisamment importante. C'est dans ces &#233;coles de sabre que ces philosophies se sont d&#233;velopp&#233;es, comme un enseignement suppl&#233;mentaire du sabreur professionnel et comme une marque de fabrique id&#233;ologique de chaque &#233;cole de sabre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calme int&#233;rieur, quelles que soient les images affreuses des meurtres multiples du samoura&#239;, est un gage de capacit&#233;s du guerrier &#224; se concentrer sur ses mouvements et sur ceux de son adversaire. La moindre inattention, la moindre r&#233;ticence, la moindre crainte suffit &#224; laisser l'adversaire le toucher et, du fait du tranchant du sabre, tr&#232;s probablement le d&#233;truire ou l'amputer d&#233;finitivement, mettant fin soit &#224; la vie, soit l'amputant, soit mettant fin &#224; la carri&#232;re du samoura&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samoura&#239; ne le reste pas toute sa vie. Que ce soit du fait d'&#233;checs, de blessures, de perte de moral, de perte de cr&#233;dit de perte de capacit&#233;s techniques, ou de vieillesse, il finit par se retirer de la course aux affrontements individuels (la comp&#233;tition permanente de tous les samoura&#239;s en qu&#234;te de notori&#233;t&#233;) ou collectifs (la guerre des princes et empereurs), devient moine et philosophe. Il continue alors &#224; d&#233;velopper sa philosophie acquis en &#233;cole puis d&#233;velopp&#233;e pendant sa carri&#232;re. C'est ainsi que la philosophie zen quitte le seul territoire de la guerre pour s'&#233;tendre &#224; la soci&#233;t&#233; civile. C'est pour cela aussi que cette philosophie devient alors une philosophie de la m&#233;ditation, de l'int&#233;riorisation, le zen&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les samoura&#239;s dominent la classe militaire &#224; l'&#233;poque f&#233;odale, &#224; partir de 1192 et jusqu'en 1871. Ils re&#231;oivent une formation pouss&#233;e, tant militaire que litt&#233;raire et religieuse, et s'astreignent &#224; un code d'honneur, le bushid&#244;, proche de l'id&#233;al chevaleresque du Moyen &#194;ge occidental (courage, loyaut&#233;, droiture, politesse, honneur, bienveillance). Ils s'inspirent aussi du Zen, une philosophie pratique fond&#233;e en 1191 par le moine bouddhiste Myoan Eisai. Samoura&#239; combattant dans l'arm&#233;e Tokugawa avant de devenir moine zen &#224; 42 ans et &#234;tre reconnu comme un grand ma&#238;tre spirituel, tel fut le destin hors du commun de Suzuki Sh&#244;san (1579-1655). Son enseignement eut une port&#233;e consid&#233;rable car il sut synth&#233;tiser la voie de l'action et celle de la contemplation. Alors que ces deux notions, zen, &#233;cole de m&#233;diation, et samoura&#239;, &#233;cole de sabre, nous paraissent antagonistes, l'art de la guerre et la spiritualit&#233; religieuse bouddhiste sont &#233;troitement li&#233;s au Japon. Suzuki Sh&#244;san va alors &#233;laborer une doctrine ( Roankyo ) qui doit largement &#224; son pass&#233; de samoura&#239; auquel il emprunte sa discipline et son attachement aux valeurs de renoncement. Le &#171; BUSHID&#212; &#187; &#233;tait un code d'honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samoura&#239; &#8211; ce dernier &#233;tant d'un rang plus &#233;lev&#233; &#8211;, le sens de la justice et de l'honn&#234;tet&#233;, le courage et le m&#233;pris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l'&#233;tiquette, la sinc&#233;rit&#233; et le respect de la parole donn&#233;e, la loyaut&#233; absolue envers les sup&#233;rieurs et enfin la d&#233;fense de l'honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particuli&#232;rement les Samoura&#239;, devaient observer une &#233;tiquette s&#233;v&#232;re et consacrer leur vie et leur esprit &#224; une ou des activit&#233;s &#8216;d&#233;passant l'homme ordinaire' et transcendant la vie et la mort. Le bushid&#244; est une mani&#232;re d'&#234;tre, de se comporter envers ses semblables, et une fid&#233;lit&#233; absolue &#224; une ligne de vie (autrefois &#224; un ma&#238;tre, &#224; un sup&#233;rieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu'ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu'&#224; la ma&#238;trise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l'esprit en harmonie (Wa) avec l'univers. Il est &#233;vident que cet id&#233;al n'&#233;tait atteint que tr&#232;s rarement. Cette philosophie affirme : &#171; Bushido signifie la volont&#233; d&#233;termin&#233;e de mourir. Quand tu te retrouveras au carrefour des voies et que tu devras choisir la route, n'h&#233;site pas : choisis la voie de la mort. &#187; On comprend mieux son attrait pour le guerrier : elle lui &#233;vite tous les &#233;tats d'&#226;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, les samoura&#239;s ont constitu&#233; pendant sept si&#232;cles une caste de militaires au service des seigneurs f&#233;odaux. Les samoura&#239;s sont plac&#233;s au sommet de la soci&#233;t&#233;, au-dessus des paysans, des artisans, des marchands et encore plus au-dessus des classes d&#233;sh&#233;rit&#233;es, car ils ont cr&#233;&#233; un ordre et un exemple moral &#233;lev&#233; que doivent suivre les autres. Ce syst&#232;me a pour but de renforcer leur position de pouvoir dans la soci&#233;t&#233; en justifiant leur statut de gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es confuc&#233;ennes servent de fondement &#224; un syst&#232;me de strictes prescriptions sociales. Au sommet de l'ordre social, mais au-dessous de l'empereur du Japon, du shogun et des daimyos (seigneurs), se trouvent les samoura&#239;s qui constituent la classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les samoura&#239;s constituent la classe guerri&#232;re du Japon et repr&#233;sentent environ 7-8 % de la population. Il est interdit aux autres classes de poss&#233;der des armes. Le port de deux &#233;p&#233;es est le symbole de la classe des samoura&#239;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode f&#233;odale, les samoura&#239;s sont des guerriers qui combattent pour un seigneur dans une relation de f&#233;odalit&#233;. La p&#233;riode d'Edo cependant est largement exempte de menaces ext&#233;rieures et de conflits internes. Aussi les samoura&#239;s maintiennent-ils leurs aptitudes au combat plus comme un art qu'en vue du combat. Les samoura&#239;s re&#231;oivent une indemnit&#233; de leur seigneur, ce qui limite leurs liens au niveau &#233;conomique. Par ailleurs, les samoura&#239;s sont priv&#233;s de la possibilit&#233; de poss&#233;der des terres, ce qui leur donnerait un revenu ind&#233;pendant de leur devoir. Les samoura&#239;s vivent en g&#233;n&#233;ral autour des ch&#226;teaux de leur daimyo, ce qui contribue &#224; l'essor de la ville et &#224; l'environnement autour du centre politique d'un domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des stratifications sociales au sein de la classe des samoura&#239;s. Les samoura&#239;s de niveau sup&#233;rieur ont un acc&#232;s direct &#224; leur puissant daimyo et peuvent occuper ses positions les plus dignes de confiance. Certains atteignent un niveau de richesse qui leur permet de conserver leurs propres vassaux samoura&#239;s. Les samoura&#239;s de niveau interm&#233;diaire occupent des postes militaires et bureaucratiques et ont des &#233;changes avec leur daimyo si n&#233;cessaire. Les samoura&#239; de niveau inf&#233;rieur peuvent ne recevoir qu'un salaire de subsistance et travaillent comme gardes, messagers et commis. Les positions au sein de cette classe sont en grande partie h&#233;r&#233;ditaires et les samoura&#239;s talentueux ne peuvent esp&#233;rer, au mieux, qu'une ascension sociale tr&#232;s limit&#233;e au-del&#224; de leur condition de naissance. Hormis la relation samoura&#239;-seigneur traditionnelle existent les r&#333;nin, c'est-&#224;-dire les samoura&#239;s sans ma&#238;tre. Ces samoura&#239;s ne b&#233;n&#233;ficient g&#233;n&#233;ralement que d'un tr&#232;s faible niveau de respect, n'ont aucun revenu et deviennent souvent joueurs, bandits ou autres professions similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de cette p&#233;riode est son ordre social stable. Cependant, comme l'accroissement des richesses &#233;chappe de plus en plus &#224; la classe des samoura&#239;s, le nombre des conflits sociaux augmente. Les allocations fixes sur lesquelles vivent les samoura&#239;s n'augmentent pas malgr&#233; la hausse du co&#251;t des mati&#232;res premi&#232;res et le co&#251;t de plus en plus lourd de l'&#233;tiquette sociale ad&#233;quate. En cons&#233;quence, beaucoup de samoura&#239; sont endett&#233;s aupr&#232;s de riches familles marchandes. En retour, il est interdit &#224; ces riches commer&#231;ants d'exposer leur aisance de peur de violer les lois qui restreignent l'usage de ce privil&#232;ge &#224; la classe des samoura&#239;s. Cette situation cr&#233;e du ressentiment mais approfondit &#233;galement l'interd&#233;pendance croissante entre les deux classes. Certains &#233;rudits commencent &#224; remettre en question les croyances confuc&#233;ennes &#224; la base de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements dans les zones rurales sont &#233;galement &#224; l'origine de conflits. Les nouvelles techniques permettent d'accro&#238;tre la productivit&#233; et certaines familles sont en mesure de produire un surplus de nourriture dont le produit de la vente peut &#234;tre utilis&#233; pour soutenir des projets au-del&#224; de l'agriculture. Certains paysans s'endettent &#233;galement aupr&#232;s de leurs voisins plus riches et un nombre croissant de familles perdent la propri&#233;t&#233; de leurs terres. Cette &#233;volution suscite du ressentiment qui parfois &#233;clate en violences envers les propri&#233;taires et les &#233;lites des villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contraintes sociales jettent les bases pour les changements qui vont survenir pendant l'&#232;re Meiji.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; COUTEAU-B&#201;GARIE &#233;crit : &#171; La pens&#233;e japonaise est alors domin&#233;e par les &#233;crits sur l'art du sabre et des arts martiaux, inspir&#233;s par le bouddhisme zen et par le code du Bushido, m&#233;lange de shinto&#239;sme et de confucianisme. Les maitres sont deux guerriers devenus mythiques, Miyamoto Mushashi et Yagy&#249; Munenori. Le premier a laiss&#233; des &#233;crits centr&#233;s sur la recherche de la victoire, avec des exemples de tactiques, le deuxi&#232;me se livre plut&#244;t &#224; une r&#233;flexion &#233;thique sur l'art de la guerre, qui combine des influences zen et tao&#239;ste et privil&#233;gie la dimension psychologique de la strat&#233;gie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luce PIETRI retrace bien l'&#233;volution d'ensemble du Japon, depuis une entr&#233;e dans l'histoire dat&#233;e vers le VIe si&#232;cle, moment de l'&#233;tablissement du shinto&#239;sme jusqu'aux temps modernes, toujours marqu&#233;e par la pr&#233;dominance de quelques familles qui monopolisent, chacun dans des territoires bien d&#233;finis et rarement &#224; l'ensemble de l'Archipel, pratiquement tous les pouvoirs, sauf le pouvoir religieux toutefois bien mis sous contr&#244;le. Si la culture japonaise retient les aspects les plus importants du confucianisme tout en se rendant ind&#233;pendante de l'univers chinois (et cor&#233;en) elle ne r&#233;ussit pas &#224; se solidifier, notamment par la faiblesse des &#233;coles de fonctionnaires. Les r&#233;formes successives, fiscales et agraires notamment ne renforcent finalement que les pouvoirs de la noblesse des clans. Le vrai Japon, loin de ce qui se passe &#224; la Cour, et m&#234;me l&#224; la production litt&#233;raire propre, sauf dans le domaine du th&#233;&#226;tre et de certains arts, pass&#233; l'&#233;tablissement d'une langue propre reste pauvre, est constitu&#233; par des masses paysanne contraintes de livrer la majeure partie de leurs r&#233;coltes (riz, poissons) pour entretenir le luxe des courtisans lesquels sont astreints &#224; un dur service militaire. &#034;C'est (le vrai Japon) l'aristocratie provinciale, rude et ambitieuse, dont la puissance n'a cess&#233; de grandir ; les nobles ont constitu&#233; peu &#224; peu d'immenses domaines exempts d'imp&#244;ts, les sh&#244;en. Certains ont tir&#233; profit des charges officielles qu'ils exer&#231;aient : en effet, les empereurs ont emprunt&#233; &#224; la Chine son administration centralis&#233;e, mais ils n'ont pu instaurer en terre japonaise le syst&#232;me de recrutement pas examens ; les postes ont &#233;t&#233; accapar&#233;s de fa&#231;on plus ou moins h&#233;r&#233;ditaires par les grandes familles. (...) Les sh&#244;en sont devenus des unit&#233;s &#233;conomiques, &#233;chappant enti&#232;rement au contr&#244;le de l'Etat. En m&#234;me temps, leur caract&#232;re militaire s'est affirm&#233; : les grands propri&#233;taires prennent l'habitude d'entretenir des hommes arm&#233;s, les samoura&#239;s, qui sont leurs fid&#232;les et qu'ils dotent de terre. Une f&#233;odalit&#233; analogue &#224; celle de l'Occident se constitue.&#034; Et cela d'autant plus facilement que l'Archipel est g&#233;ographiquement fragment&#233;s et par le dessin des terres et par la pr&#233;sence de montagnes. Les vieux clans ont reconquis leur autorit&#233; et les plus puissants d'entre eux se combattent souvent : la guerre civile demeure la plus importante des formes de guerre, notamment dans le XIIe si&#232;cle. Le r&#233;gime shogounal s'impose, au gr&#233; de ces combats : dans chaque province, les seigneurs restent libre d'administrer leur propri&#233;t&#233;, mais ils doivent verser au repr&#233;sentant du bakufu (dictature militaire) une taxe militaire. A la t&#234;te du shogounat se hisse plusieurs familles successives, lesquelles r&#233;gnant suivant des &#232;res (parfois courtes) qui portent leur nom et qui scande la chronologie de l'histoire du Japon. Dans ce contexte, les &#233;crits militaires qui importent sont des &#233;crits de tactique ou d'&#233;thique. Un code d'honneur, le bushido, r&#232;gle la vie te la mort des combattants (loyaut&#233; et bravoure), lequel se trouve parfois en prise avec une ferveur religieuse qui en fait perdurer les effets. Le bouddhisme lui-m&#234;me se transforme et de multiples sectes se forment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; la fin du XVIe si&#232;cle et au d&#233;but du XVIIIe que la situation &#233;volue r&#233;ellement. &#034;En moins d'un si&#232;cle, ce pays anarchique, morcel&#233; entre les clans princiers et les puissances monastiques, prend figure d'Etat unifi&#233; et centralis&#233;.&#034; L'habilet&#233; d'un dirigeant d'un de ces clans (Tougawa Iyeyasu) permet l'&#233;tablissement d'un gouvernement central plus puissant qu'auparavant. on y voit l'utilisation des tactiques politico-militaires qui ont fait leurs preuves ailleurs : confiscation de fiefs ou d&#233;placements des seigneurs vaincus loin des axes strat&#233;giques, contr&#244;le des mariages et des constructions de ch&#226;teaux, obligation de r&#233;sidence &#224; la Cour un an sur deux, administration d'un syst&#232;me d'otages. &#034;..., la vie de cour, les d&#233;placements annuels occasionnaient pour les seigneurs de lourdes d&#233;penses qui contribu&#232;rent encore &#224; les affaiblir. Il est curieux de comparer cette politique avec celle que dans le m&#234;me si&#232;cle, Louis XIV a pratiqu&#233;e &#224; Versailles.&#034; Mais le Japon demeure essentiellement f&#233;odal. L'autorit&#233; m&#234;me du pouvoir central, malgr&#233; une police fiscale et territoriale efficace, n'est assur&#233;e que par le lien vassalique personnels qui assujettit les petits seigneurs aux grands. Comme dans l'Ancien R&#233;gime en Europe, mais sans doute avec beaucoup moins de possibilit&#233; de passer de l'une &#224; l'autre classe, existent trois classes, la noblesse militaire, la classe paysanne et la bourgeoisie, elles-m&#234;mes subdivis&#233;es selon les revenus &#233;valu&#233;s en mesures de riz. M&#234;me s'ils restent inf&#233;rieurs (moralement) aux paysans ou aux bourgeois des villes, les marchands et artisans acqui&#232;rent de plus en plus d'importance, suivant les p&#233;riodes de paix - de plus en plus longues - qui leur permettent de prosp&#233;rer. Toute l'habilit&#233; des grandes familles est de se r&#233;server les services des membres de cette classe, le fort esprit hi&#233;rarchique qui traverse la soci&#233;t&#233; japonaise facilitant bien ces choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6514</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article6514</guid>
		<dc:date>2019-09-22T22:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>1936</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937 &lt;br class='autobr' /&gt; Le r&#233;cit par les romans : Geling Yan, &#171; Fleurs de Guerre &#187;, Ha Jin, &#171; Un requiem pour Nankin &#187;, Iris Chang et &#171; Rape &#187; (le viol de Nankin) &lt;br class='autobr' /&gt;
Fleurs de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
Un requiem pour Nankin &lt;br class='autobr' /&gt;
Rape - Le viol &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Massacre de Nankin &#187; de 1937 &lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;&#233;valuation du massacre de Nankin &lt;br class='autobr' /&gt;
Effroyable &lt;br class='autobr' /&gt;
The Nanjing Massacre &lt;br class='autobr' /&gt;
Nanjing Massacre &lt;br class='autobr' /&gt;
They were in Nanjing &lt;br class='autobr' /&gt;
Un film &lt;br class='autobr' /&gt;
Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;1936&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/A-mass-grave-from-the-Nanjing-Massacre-png-1ef4d.jpg?1782551436' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH370/Executions-during-the-Nanjing-Massacre-png-4ab88.jpg?1782551436' width='500' height='370' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L443xH364/The-Nanjing-Massacre-png-f15da.jpg?1782534969' width='443' height='364' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-chine/20130916.RUE8817/la-memoire-du-massacre-de-nankin-ressurgit-grace-au-roman.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;cit par les romans : Geling Yan, &#171; Fleurs de Guerre &#187;, Ha Jin, &#171; Un requiem pour Nankin &#187;, Iris Chang et &#171; Rape &#187; (le viol de Nankin)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=Wn9f_7D2F4AC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+massacre+de+nankin&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiBuprKgZTjAhVOJhoKHQewCP0Q6AEIUDAH#v=onepage&amp;q=le%20massacre%20de%20nankin&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fleurs de guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=--SWfNL85kwC&amp;pg=PA20&amp;dq=ha+jin+Un+requiem+pour+Nankin&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiirf2WgpTjAhVExYUKHRADDpcQ6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=ha%20jin%20Un%20requiem%20pour%20Nankin&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un requiem pour Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=pQFhMAEACAAJ&amp;dq=inauthor:%22Iris+Chang%22&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiZlpuqgpTjAhWj4YUKHahACOUQ6AEIVzAG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rape - Le viol&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#171; Massacre de Nankin &#187; de 1937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/927&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une r&#233;&#233;valuation du massacre de Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=8DFRDwAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+massacre+de+nankin&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiBuprKgZTjAhVOJhoKHQewCP0Q6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=le%20massacre%20de%20nankin&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Effroyable&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=8z6c6rTk0WUC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=the+nanjing+massacre&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi_y6zQgpTjAhWPz4UKHdrHCAwQ6AEILjAA#v=onepage&amp;q=the%20nanjing%20massacre&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Nanjing Massacre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://www.matierevolution.org/{{}https:/books.google.fr/books?id=N91hDwAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=the+nanjing+massacre&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi_y6zQgpTjAhWPz4UKHdrHCAwQ6AEIOjAC#v=onepage&amp;q=the%20nanjing%20massacre&amp;f=false'&gt;Nanjing Massacre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=0a7UAQAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=the+nanjing+massacre&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi_y6zQgpTjAhWPz4UKHdrHCAwQ6AEIZTAI#v=onepage&amp;q=the%20nanjing%20massacre&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;They were in Nanjing&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=2k1TnbrJJVc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=N_8vhE-wmTQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un deuxi&#232;me film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tokyo - 9 et 10 mars 1945 : quand le fascisme &#233;tait anglo-am&#233;ricain</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5398</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5398</guid>
		<dc:date>2017-04-15T22:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Angleterre Great Britain</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux grands assassins fascistes am&#233;ricains : Curtis LeMay &lt;br class='autobr' /&gt;
Tom Power &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir le film &lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me film &lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;me film &lt;br class='autobr' /&gt;
LE BOMBARDEMENT ALLIE DE TOKYO LES 9 ET 10 MARS 1945 POUR ERADIQUER LA REVOLUTION PROLETERIENNE AU JAPON &lt;br class='autobr' /&gt;
185.000 morts en deux jours, sans compter les bless&#233;s ! &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le bombardement le plus meurtrier de la seconde guerre mondiale. Pourtant c'est loin d'&#234;tre le plus connu. Tout &#224; fait inutile au plan militaire ! C'est la destruction massive des civils ! Cela d&#233;passe les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Angleterre Great Britain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux grands assassins fascistes am&#233;ricains :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L168xH210/-2883-47be2.jpg?1782551436' width='168' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Curtis LeMay&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L110xH200/-2882-1b1d1.jpg?1782551436' width='110' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tom Power&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH197/-2884-852f4.jpg?1782551436' width='500' height='197' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L267xH189/-2885-a7ec0.jpg?1782551436' width='267' height='189' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L425xH270/-2886-01048.jpg?1782551436' width='425' height='270' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_8180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH347/-2887-46f2c.jpg?1782551436' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L267xH188/-2888-37bf3.jpg?1782551436' width='267' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/-2889-43798.jpg?1782551436' width='277' height='182' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L281xH179/-2890-71688.jpg?1782551436' width='281' height='179' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L296xH230/-2891-cf631.jpg?1782551436' width='296' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=hkW6GBrDsh0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=5g571TQHDvU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deuxi&#232;me film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=66K1im3tgNw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Troisi&#232;me film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE BOMBARDEMENT ALLIE DE TOKYO LES 9 ET 10 MARS 1945 POUR ERADIQUER LA REVOLUTION PROLETERIENNE AU JAPON&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;185.000 morts en deux jours, sans compter les bless&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le bombardement le plus meurtrier de la seconde guerre mondiale. Pourtant c'est loin d'&#234;tre le plus connu. Tout &#224; fait inutile au plan militaire ! C'est la destruction massive des civils ! Cela d&#233;passe les bombardements nucl&#233;aires d'Hiroshima et Nagasaki ainsi que les bombardements de Dresde, Hambourg et Berlin. Mais la plupart des gens l'ont compl&#232;tement oubli&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; op&#233;ration Meetinghouse &#187; est l'attaque a&#233;rienne la plus destructrice de l'Histoire, avec 334 avions porteurs de napalm et produisant le plus grand incendie urbain de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur 40 km&#178; (un tiers de la ville), les bombes ont tout ras&#233;, tout tu&#233;. Plus de 100.000 morts en une nuit. 51% du centre ville a disparu. En l'espace de quelques heures, 335 B-29, des avions au large rayon d'action, ont d&#233;vers&#233; plus de 1 700 tonnes de bombes sur Tokyo. La quantit&#233; et la densit&#233; &#233;taient telles que plusieurs engins s'abattaient en m&#234;me temps sur une seule et m&#234;me maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Am&#233;ricains ont envoy&#233; leurs premi&#232;res forteresses volantes pour &#171; marquer par les flammes le centre de la zone &#224; d&#233;truire &#187;. Les avions suivants &#171; en d&#233;limit&#232;rent le contour et le quadrill&#232;rent de feu pour enfermer les habitants, puis ce fut l'arrosage &#224; volont&#233;. Sous les ailes des terrifiants oiseaux qui semblaient voler en tous sens et &#224; des hauteurs diverses, de 1 500 &#224; 3 000 m&#232;tres, tombaient des milliers de cylindres de m&#233;tal qui d&#233;versaient sur la ville une ros&#233;e incendiaire, premi&#232;re version du napalm &#187; &#233;crit le journaliste Robert Guillain, un t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant quelque temps, les B-29 &#233;taient encore l&#224;, survolant l'enfer, et rouges eux-m&#234;mes comme s'ils &#233;taient en feu, par le reflet des incendies sous leurs ailes, &#233;crit Guillain. Puis ils laiss&#232;rent le reste du travail au vent qui se chargeait de faire rejaillir l'embrasement d'un quartier &#224; un autre. &#187; Ceux qui ne p&#233;rirent pas &#224; cause des &#171; chevelures de feu descendant du ciel &#187;, moururent asphyxi&#233;s, noy&#233;s ou &#233;cras&#233;s dans la panique, d'autres furent &#171; bouillis &#187; dans les r&#233;servoirs d'eau ou la rivi&#232;re Sumida, les derniers finirent &#171; r&#244;tis dans des b&#226;timents modernes de briques ou de b&#233;ton &#187;. Des t&#233;moins ont &#233;voqu&#233; &#171; l'odeur de la chair humaine grill&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 334 bombardiers B-29 &#233;taient bourr&#233;s de 496 000 bombes incendiaires au phosphore, magn&#233;sium et napalm pour un total ahurissant de 1 700 tonnes de bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224; tous les bombardements ne visaient que des cibles militaires. Le bombardement de Tokyo va viser pour la premi&#232;re fois les populations civiles et notamment le quartier Shitamachi dans le centre-ville o&#249; les Tokyo&#239;tes vivent dans des maisons traditionnelles en bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi viser les civils et plus les cibles militaires ? Parce que le Mikado avait entam&#233; les approches pour sa capitulation et que le haut Etat-Major alli&#233; craignait plus un Japon ayant capitul&#233; et dont l'Etat serait d&#233;truit et discr&#233;dit&#233; qu'un Etat en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il craignait la population civile japonaise r&#233;volt&#233;e et r&#233;volutionnaire bien plus que l'arm&#233;e japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme par hasard, le quartier qui &#233;tait cibl&#233; en vue de sa disparition totale &#233;tait le quartier populaire d'Asakusa&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curtis LeMay, responsable de l'op&#233;ration Meetinghouse a affirm&#233; que les civils japonais ont &#233;t&#233; &#171; br&#251;l&#233;s, bouillis et cuits &#224; mort &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avions perdu la guerre contre le Japon, nous aurions &#233;t&#233; jug&#233;s comme criminels de guerre &#187;, admit ainsi lucidement le g&#233;n&#233;ral am&#233;ricain Curtis LeMay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En survolant les brasiers, le g&#233;n&#233;ral Curtis Le May lan&#231;a : &#171; Nous ram&#232;nerons le Japon &#224; l'&#226;ge de la pierre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation du napalm est une vraie saloperie utilis&#233;e dans les bombes contre Tokyo puis contre toutes les grandes villes du Japon. Il a &#233;t&#233; invent&#233; &#224; Harvard en 1942. C'est un produit qui se pr&#233;sente sous forme de gel, con&#231;u pour coller &#224; la peau et br&#251;ler les cibles jusqu'aux os. Inutile d'essayer d'arr&#234;ter la combustion avec de l'eau. Le napalm ne laisse aucune chance aux populations frapp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1940, sa promotion fut tr&#232;s rapide : capitaine en janvier 1940, major en mars 1941, lieutenant-colonel en janvier 1942, colonel en 1943, g&#233;n&#233;ral de brigade en septembre 1943 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme a tu&#233;, disait-on de lui, &#034;plus de personnes dans une p&#233;riode de six heures qu'&#224; tout moment dans l'histoire de l'homme&#034;. ll a ainsi un jour r&#233;sum&#233; la guerre : &#171; Il faut tuer les gens, et quand vous avez tu&#233; assez, ils cessent le combat. &#034;Il a &#233;galement dit : de fa&#231;on cynique &#034;nous avons bien tu&#233;, allez, disons vingt pour cent de la population de la Cor&#233;e du Nord&#034;. En fait, &#034;plus de deux millions de civils sont morts dans les campagnes de bombardements de LeMay et la destruction de barrages g&#233;ants pour inonder le pays&#034;. Ce n'est donc pas un hasard si on le retrouve en politique aux c&#244;t&#233;s du gouverneur George Wallace, ce raciste inv&#233;t&#233;r&#233;, chr&#233;tien &#034;born again&#034;... et pourtant inscrit au parti d&#233;mocrate ! Ce chaud partisan de la guerre nucl&#233;aire et des bombardements de civils n'avait pas grand chose &#224; envier &#224; un Go&#235;ring !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentateurs sont nombreux &#224; affirmer qu'il a fait partie de l'&#233;quipe qui s'est occup&#233;e de supprimer Kennedy, avec Richard Helms, James Angleton, David Phillips, E. Howard Hunt, Theodore Shackley, William Harvey, David Morales, Edward Lansdale, et George Joannides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le major-g&#233;n&#233;ral Curtis LeMay, commandant d&#233;sign&#233; du 21e Bomber Command dans le Pacifique le 20 Janvier 1945, devenu le principal architecte, concepteur strat&#233;gique, et porte-parole le plus percutante de la politique am&#233;ricaine consistant &#224; incendier les villes ennemies, &#233;tait le militant anticommuniste le plus violent de l'arm&#233;e am&#233;ricaine !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Tom Power, son chef d'Etat-Major, &#233;tait si soucieux du r&#233;sultat qu'il survola en personne Tokyo pendant les bombardements pour s'assurer du r&#233;sultat !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; fait inutile militairement puisque les Japonais, au contraire de ce que disent la plupart des commentateurs, avait d&#233;j&#224; capitul&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ni le bombardement de Tokyo ni des autres grandes villes qui a suivi, ni ceux d'Hiroshima et Nagasaki qui ont oblig&#233; le Japon &#224; capituler, contrairement &#224; la th&#232;se fabriqu&#233;e par les Alli&#233;s pour blanchir les classes dirigeantes japonaises aux yeux de leur population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet 1945, la d&#233;claration de Postdam offrait aux japonais une capitulation acceptable : c'&#233;tait &#231;a &#034;ou l'&#233;crasement total&#034; du pays. Le mot n'&#233;tait pas vain : depuis dix jours les am&#233;ricains disposaient d'une bombe atomique, avec l'exp&#233;rimentation r&#233;ussie de Trinity du 16 juillet, d'une force &#233;quivalente &#224; 20 000 tonnes de TNT. A Postdam, Truman avait expliqu&#233; &#224; Staline quelle arme avaient les am&#233;ricains : ce dernier avait feint de ne pas comprendre. Le 28 juillet 1945, le grand conseil japonais r&#233;unissant ministres et militaires rendait son avis, c'&#233;tait l'acceptation de l'offre alli&#233;e ; mais formul&#233;e avec une expression ambigu&#235;, due &#224; son premier ministre : &#034;mokutatsu&#034;, prononc&#233;e en fin de phrase : ce qui signifiait soit une fin de non-recevoir, soit le fait de ne pas faire de commentaire. Le New-York Times titre le soir m&#234;me &#034;La flotte attaque &#224; l'heure m&#234;me ou Tokyo rejette les conditions de paix&#034;.... Henry Stimson, alors responsable de la D&#233;fense aux USA, avouera plus tard qu'il y avait bien eu m&#233;prise sur la traduction du mot employ&#233; par les japonais (*). Ce qui rend encore plus dramatique les jours suivants. Les 6 et 9 ao&#251;t, les deux bombes atomiques am&#233;ricaines explosaient, alors que l'empereur du japon avait accept&#233; depuis plus de huit jours la capitulation de son pays. Pouvait-on se passer de cela ? Le livre de Gar Alperovitz, &#034;The Decision to Use the Atomic Bomb&#034;, indique clairement que oui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral LeMay n'avait pas achev&#233; ses horreurs avec la deuxi&#232;me guerre mondiale mais il a continu&#233; apr&#232;s&#8230; Toujours avec des bombardements massifs, cette fois en Indochine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Curtis LeMay, responsable du Strategic Air Command de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, d&#233;clarait &#224; propos du Vietnam qu'il &#233;crasait sous les bombes dans les ann&#233;es 1960 : &#171; My solution to the problem would be to tell [the North Vietnamese Communists] frankly that they've got to draw in their horns and stop their aggression or we're going to bomb them into the Stone Age. And we would shove them back into the Stone Age with Air power or Naval power&#8212;not with ground forces. &#187; (&#171; Ma solution au probl&#232;me est de dire franchement aux communistes nord-vietnamiens d'&#234;tre prudents et d'arr&#234;ter leurs agressions, ou nous allons les bombarder assez pour les ramener &#224; l'&#226;ge de pierre. Et nous le ferons avec nos forces a&#233;riennes et navales, pas avec nos troupes au sol) Mission With LeMay : My Story (1965), p. 565.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1961, &#224; la question de Kennedy : &#171; Que faisons-nous si une intervention militaire sur le Laos (alors envisag&#233;e) &#233;chouait ? &#187;, la r&#233;ponse du g&#233;n&#233;ral LeMay &#233;tait : &#171; Vous larguez une bombe atomique du Hano&#239; &#187; !!! Lors de la gestion de la crise des missiles de Cuba par Kennedy, le g&#233;n&#233;ral LeMay employa des termes violents, mena&#231;ants et fascistes &#224; l'&#233;gard de Kennedy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que craignaient les Am&#233;ricains avec une population japonaise ayant perdu confiance dans son Etat et dans sa classe dirigeante, l'arm&#233;e d'occupation am&#233;ricaine du Japon, apr&#232;s la guerre, le montrait clairement en arr&#234;tant syst&#233;matiquement non les anciens fascistes du Mikado mais les &#233;l&#233;ments populaires &#171; de gauche &#187;, syndicalistes, socialistes, associatifs, etc&#8230;Telle &#233;tait la consigne du g&#233;n&#233;ral Mac Arthur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Allemagne, le Japon est l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler. En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice mais les alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, c'est les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la bombe atomique ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bombardement massif, meurtrier et fasciste (le fascisme a pour but d'&#233;liminer massivement les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires) des civils japonais visait &#224; &#233;radiquer la r&#233;volution prol&#233;tarienne apr&#232;s la d&#233;faite du Japon, &#224; sauver les capitalistes et militaires japonais au lieu de les battre d&#233;finitivement comme le pr&#233;tendait la propagande alli&#233;e !&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_9543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/-3879-3cde0.jpg?1782551436' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le journal fran&#231;ais &#034;Le Monde&#034; parlait de d&#233;couverte scientifique &#224; propos de la bombe atomique l&#226;ch&#233;e sur le Japon !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hiroshima et Nagasaki : contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article4818</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article4818</guid>
		<dc:date>2015-08-07T23:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1945, les bombardements de Hiroshima et Nagasaki : pourquoi les vainqueurs imp&#233;rialistes avaient besoin de d&#233;montrer qu'ils &#233;taient aussi barbares que les vaincus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki, les seules du monde &#224; avoir &#233;t&#233; victimes d'un bombardement atomique ont &#233;t&#233; vis&#233;es il y a soixante-dix ans et cela n'avait nullement un objectif militaire puisque le Mikado avait capitul&#233; avant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons que, lors du bombardement nucl&#233;aire de Hiroshima et Nagazaki, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH263/-1416-df85f.jpg?1782551436' width='500' height='263' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En ao&#251;t 1945, les bombardements de Hiroshima et Nagasaki : pourquoi les vainqueurs imp&#233;rialistes avaient besoin de d&#233;montrer qu'ils &#233;taient aussi barbares que les vaincus ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les deux villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki, les seules du monde &#224; avoir &#233;t&#233; victimes d'un bombardement atomique ont &#233;t&#233; vis&#233;es il y a soixante-dix ans et cela n'avait nullement un objectif militaire puisque le Mikado avait capitul&#233; avant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que, lors du bombardement nucl&#233;aire de Hiroshima et Nagazaki, le nombre de victimes avait &#233;t&#233; multipli&#233; par le fait que la population de ces villes ignorait le risque pour les survivants du bombardement de rester pr&#232;s de zones radioactives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Allemagne, le Japon est l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler. En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice mais les alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, c'est les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la bombe atomique ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki, la bourgeoisie franchit un nouveau sommet dans le cynisme et le mensonge. Car ce summum de la barbarie ne fut pas perp&#233;tr&#233; par un dictateur ou un fou sanguinaire, mais par la &#171; tr&#232;s vertueuse d&#233;mocratie &#187; am&#233;ricaine. Pour justifier ce crime monstrueux, l'ensemble de la bourgeoisie mondiale a r&#233;p&#233;t&#233; sans vergogne le mensonge colport&#233; &#224; l'&#233;poque de ces sinistres &#233;v&#232;nements, selon lequel la bombe atomique n'aurait &#233;t&#233; utilis&#233;e que pour abr&#233;ger et limiter les souffrances caus&#233;es par la poursuite de la guerre avec le Japon. La bourgeoisie am&#233;ricaine a m&#234;me r&#233;cemment pouss&#233; le cynisme jusqu'&#224; vouloir faire &#233;diter un timbre anniversaire ainsi l&#233;gend&#233; : &#171; les bombes atomiques ont acc&#233;l&#233;r&#233; la fin de la guerre. Ao&#251;t 1945 &#187;. M&#234;me si au Japon cet anniversaire fut une occasion suppl&#233;mentaire pour marquer l'opposition croissante &#224; l'ex-parrain US, le premier ministre a cependant apport&#233; sa contribution pr&#233;cieuse au mensonge de la n&#233;cessit&#233; de la bombe pour que triomphent la paix et la d&#233;mocratie, en pr&#233;sentant et ce, pour la premi&#232;re fois, les excuses du Japon pour les crimes commis durant la seconde guerre mondiale. Ainsi, vainqueurs et vaincus se retrouvent unis pour d&#233;velopper cette campagne r&#233;pugnante visant &#224; justifier un des plus grands crimes de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA JUSTIFICATION D'HIROSHIMA ET NAGASAKI : UN GROSSIER MENSONGE&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux bombes atomiques l&#226;ch&#233;es sur le Japon en ao&#251;t 1945 firent, au total, 522 000 victimes. De nombreux cancers du poumon et de la thyro&#239;de ne se d&#233;clar&#232;rent que dans les ann&#233;es 1950 et 1960 et, aujourd'hui, les effets de l'irradiation continuent encore de faire des victimes : les leuc&#233;mies sont dix fois plus nombreuses &#224; Hiroshima que dans le reste du Japon !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour justifier un tel crime et r&#233;pondre au choc l&#233;gitime provoqu&#233; par l'horreur des effets de la bombe, Truman, le pr&#233;sident am&#233;ricain qui ordonna l'holocauste nucl&#233;aire, ainsi que son complice Winston Churchill r&#233;pandirent une fable aussi cynique que mensong&#232;re. A les en croire, l'emploi de l'arme atomique aurait &#233;pargn&#233; la vie d'environ un million de vies humaines, pertes qu'aurait selon eux n&#233;cessairement entra&#238;n&#233; l'invasion du Japon par les troupes US. En somme, malgr&#233; les apparences, les bombes qui ont ravag&#233; Hiroshima et Nagasaki et qui continuent encore cinquante ans apr&#232;s &#224; dispenser la mort, seraient des bombes pacifistes ! Or, ce mensonge particuli&#232;rement odieux est totalement d&#233;menti par de nombreuses &#233;tudes historiques &#233;manant de la bourgeoisie elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'on examine la situation militaire du Japon au moment o&#249; l'Allemagne capitule, on constate que celui-ci est d&#233;j&#224; totalement vaincu. L'aviation, arme essentielle de la seconde guerre mondiale, y est exsangue, r&#233;duite &#224; un petit nombre d'appareils g&#233;n&#233;ralement pilot&#233;s par une poign&#233;e d'adolescents aussi fanatis&#233;s qu'inexp&#233;riment&#233;s. La marine, tant marchande que militaire, est pratiquement d&#233;truite. La d&#233;fense antia&#233;rienne n'est plus qu'une gigantesque passoire, ce qui explique que les B 29 US aient pu se livrer &#224; des milliers de raids durant tout le printemps 1945 sans pratiquement essuyer de pertes. Et cela, c'est Churchill lui-m&#234;me qui le souligne dans le tome 12 de ses m&#233;moires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;tude des services secrets US de 1945, publi&#233;e par le New York Times en 1989, r&#233;v&#232;le quant &#224; elle que : &#171; Conscient de la d&#233;faite, l'empereur du Japon avait d&#233;cid&#233; d&#232;s le 20 juin 1945 de cesser toute hostilit&#233; et d'entamer &#224; partir du 11 juillet des pourparlers en vue de la cessation des hostilit&#233;s &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, bien que parfaitement au courant de cette r&#233;alit&#233;, Truman, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; inform&#233; du succ&#232;s du premier tir exp&#233;rimental nucl&#233;aire dans les sables du d&#233;sert du nouveau Mexique en Juillet 1945, et ce au moment m&#234;me o&#249; se tient la conf&#233;rence de Potsdam entre lui-m&#234;me, Churchill et Staline, d&#233;cide alors d'utiliser l'arme atomique contre les villes japonaises. Qu'une telle d&#233;cision ne soit en aucune fa&#231;on motiv&#233;e par la volont&#233; de pr&#233;cipiter la fin de la guerre avec le Japon est &#233;galement attest&#233; par une conversation entre le physicien L&#233;o Szilard, l'un des p&#232;res de la bombe, et le secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain, J. Byrnes. A Szilard qui s'inqui&#233;tait des dangers de l'utilisation de l'arme atomique, J. Byrnes r&#233;pond qu'il &#171; ne pr&#233;tendait pas qu'il &#233;tait n&#233;cessaire d'utiliser la bombe pour gagner la guerre. Son id&#233;e &#233;tait que la possession et l'utilisation de la bombe rendraient la Russie plus contr&#244;lable &#187;.1&lt;br class='autobr' /&gt;
Et s'il &#233;tait encore besoin d'une argumentation suppl&#233;mentaire, laissons parler certains des plus hauts dirigeants de l'arm&#233;e am&#233;ricaine elle-m&#234;me. Pour l'amiral W. Leahy, chef d'&#233;tat major, &#171; Les japonais &#233;taient d&#233;j&#224; battus et pr&#234;ts &#224; capituler. L'usage de cette arme barbare n'a apport&#233; aucune contribution mat&#233;rielle &#224; notre combat contre le Japon. &#187;1 C'est un avis que partageait aussi Eisenhower.&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se de l'utilisation de l'arme atomique pour forcer le Japon &#224; capituler et stopper la boucherie ne correspond &#224; aucune r&#233;alit&#233;. C'est un mensonge forg&#233; de toutes pi&#232;ces pour les besoins de la propagande guerri&#232;re de la bourgeoisie, un des fleurons du gigantesque bourrage de cr&#226;ne qu'a n&#233;cessit&#233; la justification id&#233;ologique de ce plus grand massacre de l'histoire que fut la guerre de 1939-45, de m&#234;me que la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre froide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il convient de souligner que, quels que soient les &#233;tats d'&#226;me de certains membres de la classe dominante, devant l'utilisation de cette arme terrifiante qu'est la bombe nucl&#233;aire, la d&#233;cision du pr&#233;sident Truman, est tout sauf celle d'un fou ou d'un individu isol&#233;. Elle est au contraire l'expression d'une logique implacable, celle de l'imp&#233;rialisme, celle de tous les imp&#233;rialismes, et cette logique signifie la mort et la destruction de l'humanit&#233; pour que survive une classe, la bourgeoisie, confront&#233;e &#224; la crise historique de son syst&#232;me d'exploitation et &#224; sa d&#233;cadence irr&#233;versible. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233; des tombereaux de mensonges colport&#233;s depuis 1945 sur la pr&#233;tendue victoire de la D&#233;mocratie synonyme de paix, la seconde boucherie mondiale est &#224; peine termin&#233;e que se dessine d&#233;j&#224; la nouvelle ligne d'affrontement imp&#233;rialiste qui va ensanglanter la plan&#232;te. De la m&#234;me fa&#231;on que dans le trait&#233; de Versailles de 1919 &#233;tait inscrite l'in&#233;luctabilit&#233; d'une nouvelle guerre mondiale, Yalta contenait la fracture imp&#233;rialiste majeure entre le grand vainqueur de 1945, les Etats-Unis, et son challenger russe. Puissance &#233;conomique mineure, la Russie peut acc&#233;der, gr&#226;ce &#224; la seconde guerre mondiale, &#224; un rang imp&#233;rialiste de dimension mondiale, ce qui ne peut que menacer la super puissance am&#233;ricaine. D&#232;s le printemps 1945, l'URSS utilise sa force militaire pour se constituer un bloc dans l'Est de l'Europe. Yalta n'avait fait que sanctionner le rapport de forces existant entre les principaux requins imp&#233;rialistes qui &#233;taient sortis vainqueurs du plus grand carnage de l'histoire. Ce qu'un rapport de forces avait instaur&#233;, un autre pouvait le d&#233;faire. Ainsi, &#224; l'&#233;t&#233; 1945, la v&#233;ritable question qui se pose &#224; l'Etat am&#233;ricain n'est pas de faire capituler le Japon le plus vite possible comme on nous l'enseigne dans les manuels scolaires, mais bien de s'opposer et de contenir la pouss&#233;e imp&#233;rialiste du &#171; grand alli&#233; russe &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
W. Churchill, le v&#233;ritable dirigeant de la seconde guerre mondiale, du c&#244;t&#233; des&#171; Alli&#233;s &#187;, a pris tr&#232;s vite la mesure du nouveau front en train de s'ouvrir et va exhorter sans rel&#226;che les Etats-Unis &#224; y faire face. Il &#233;crit dans ses m&#233;moires : &#171; Plus une guerre men&#233;e par une coalition approche de sa fin, plus les aspects politiques prennent d'importance. A Washington surtout on aurait du voir plus grand et plus loin&#8230; La destruction de la puissance militaire de l'Allemagne avait provoqu&#233; une transformation radicale des rapports entre la Russie communiste et les d&#233;mocraties occidentales. Elles avaient perdu l'ennemi commun qui &#233;tait &#224; peu pr&#232;s leur seul trait d'union. &#187; Et il en conclut que : &#171; la Russie sovi&#233;tique &#233;tait devenue un danger mortel pour le monde libre, qu'il fallait cr&#233;er sans retard un nouveau front pour arr&#234;ter sa marche en avant et qu'en Europe ce front devait se trouver le plus &#224; l'Est possible &#187;[4]. On ne saurait &#234;tre plus clair : par ces mots, Churchill analyse fort lucidement que, alors que la seconde guerre mondiale n'est pas encore termin&#233;e, une nouvelle guerre est d'ores et d&#233;j&#224; en train de commencer !&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le printemps 1945, Churchill fait tout pour s'opposer aux avanc&#233;es de l'arm&#233;e russe en Europe de l'est (en Pologne, en Tch&#233;coslovaquie, en Yougoslavie, etc.). Il cherche avec obstination &#224; faire adh&#233;rer &#224; ses vues le nouveau pr&#233;sident am&#233;ricain, Truman, lequel, apr&#232;s certaines h&#233;sitations se ralliera pleinement &#224; la th&#232;se de Churchill selon laquelle &#171; la menace sovi&#233;tique avait d&#233;j&#224; remplac&#233; l'ennemi nazi &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend d&#232;s lors ais&#233;ment le total soutien que Churchill et son gouvernement unanime apport&#232;rent &#224; la d&#233;cision de Truman de faire proc&#233;der &#224; des bombardements atomiques sur les villes japonaises. Churchill &#233;crivait le 22 Juillet 1945 : &#171; [avec la bombe] nous avons d&#233;sormais en mains quelque chose qui r&#233;tablira l'&#233;quilibre avec les russes. Le secret de cet explosif et la capacit&#233; de l'utiliser modifieront compl&#232;tement l'&#233;quilibre diplomatique qui &#233;tait &#224; la d&#233;rive depuis la d&#233;faite de l'Allemagne &#187;. Que cela entra&#238;ne la mort, dans d'atroces souffrances, de centaines de milliers d'&#234;tres humains laissait de marbre ce &#171; grand d&#233;fenseur du monde libre &#187;, ce &#171; sauveur de la d&#233;mocratie &#187;. Lorsqu'il apprit la nouvelle de l'explosion d'Hiroshima, il&#8230; sauta de joie et l'un de ses conseillers, Lord Alan Brooke, pr&#233;cise m&#234;me : &#171; Churchill fut enthousiaste et se voyait d&#233;j&#224; en mesure d'&#233;liminer tous les centres industriels de la Russie et toutes les zones &#224; forte concentration de population &#187;[6]. Voil&#224; ce que pensait ce d&#233;fenseur de la civilisation et des irrempla&#231;ables valeurs humanistes &#224; l'issue d'une boucherie ayant fait 50 millions de morts !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'holocauste nucl&#233;aire qui s'est abattu sur le Japon en ao&#251;t 1945, cette manifestation terrifiante de la barbarie absolue qu'est devenue la guerre dans la d&#233;cadence du capitalisme, ne fut donc en aucune fa&#231;on perp&#233;tr&#233;e par la &#171; blanche d&#233;mocratie &#187; am&#233;ricaine pour limiter les souffrances dues &#224; la poursuite de la guerre avec le Japon, pas plus qu'elle ne correspondait &#224; un besoin militaire. Son v&#233;ritable objectif &#233;tait d'adresser un message de terreur &#224; l'URSS pour forcer cette derni&#232;re &#224; limiter ses pr&#233;tentions imp&#233;rialistes et &#224; accepter les conditions de la &#171; pax americana &#187;. Plus concr&#232;tement, il fallait imm&#233;diatement signifier &#224; l'URSS qui, conform&#233;ment aux accords de Yalta, d&#233;clarait au m&#234;me moment la guerre au Japon, qu'il &#233;tait hors de question pour elle de tenter de participer &#224; l'occupation de ce pays, contrairement au cas de l'Allemagne. Et c'est pour que ce message soit suffisamment fort que l'Etat am&#233;ricain lan&#231;a une deuxi&#232;me bombe contre une ville d'importance mineure sur le plan militaire, &#224; savoir Nagasaki, o&#249; l'explosion an&#233;antit le principal quartier ouvrier ! C'est aussi la raison du refus de Truman de se ranger &#224; l'avis de certains de ses conseillers pour lesquels l'explosion d'une bombe nucl&#233;aire sur une zone peu peupl&#233;e du Japon eut &#233;t&#233; amplement suffisante pour amener le Japon &#224; capituler. Non, dans la logique meurtri&#232;re de l'imp&#233;rialisme, la vitrification nucl&#233;aire de deux villes &#233;tait n&#233;cessaire pour intimider Staline, pour rabattre les ambitions imp&#233;rialistes de l'ex-alli&#233; sovi&#233;tique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles le&#231;ons la classe ouvri&#232;re doit-elle tirer de cette terrible trag&#233;die et de sa r&#233;pugnante utilisation par la bourgeoisie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En premier lieu, que ce d&#233;cha&#238;nement inou&#239; de la barbarie capitaliste est tout sauf une fatalit&#233;, dont l'humanit&#233; serait la victime impuissante. L'organisation scientifique d'un tel carnage n'a &#233;t&#233; possible que parce que le prol&#233;tariat &#233;tait vaincu &#224; l'&#233;chelle mondiale par la contre-r&#233;volution la plus terrible et la plus implacable de toute son histoire. Bris&#233; par la terreur stalinienne et fasciste, totalement d&#233;boussol&#233; par l'&#233;norme et monstrueux mensonge identifiant stalinisme et communisme, il s'est laiss&#233; finalement embrigader dans le pi&#232;ge mortel de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie avec la complicit&#233; aussi active qu'irrempla&#231;able des staliniens. Cela jusqu'&#224; finir transform&#233; en une gigantesque masse de chair &#224; canon que la bourgeoisie pouvait utiliser &#224; merci. Aujourd'hui, quelles que soient les difficult&#233;s que conna&#238;t le prol&#233;tariat pour approfondir son combat, la situation est tout autre. Dans les grandes concentrations prol&#233;tariennes, ce qui est &#224; l'ordre du jour, en effet, ce n'est pas, comme au cours des ann&#233;es 30, l'union sacr&#233;e avec les exploiteurs, mais bel et bien l'&#233;largissement et l'approfondissement de la lutte de classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233; du grand mensonge d&#233;velopp&#233; jusqu'&#224; l'&#233;coeurement par la bourgeoisie, lequel pr&#233;sente la guerre inter-imp&#233;rialiste de 1939-45 comme une guerre entre deux &#171; syst&#232;mes &#187;, l'un fasciste, l'autre d&#233;mocratique, les cinquante millions de victimes de cet immense carnage ne sont autres que celles du syst&#232;me capitaliste comme un tout. La barbarie, les crimes contre l'humanit&#233; n'ont pas &#233;t&#233; l'apanage du seul camp fasciste. Les pr&#233;tendus &#171; d&#233;fenseurs de la civilisation &#187; rassembl&#233;s sous la banni&#232;re de la D&#233;mocratie, &#224; savoir nos fameux &#171; Alli&#233;s &#187; ont les mains tout aussi souill&#233;es de sang que celles des &#171; puissances de l'Axe &#187; et le d&#233;cha&#238;nement du feu nucl&#233;aire en ao&#251;t 1945, m&#234;me s'il est particuli&#232;rement atroce, n'est qu'un des nombreux crimes perp&#233;tr&#233;s tout au long de la guerre par ces &#171; chevaliers blancs de la d&#233;mocratie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'horreur d'Hiroshima signifie aussi le d&#233;but d'une nouvelle p&#233;riode dans l'enfoncement du capitalisme dans sa d&#233;cadence. Elle exprime que d&#233;sormais la guerre permanente est devenue le mode de vie quotidien du capitalisme. Si le trait&#233; de Versailles annon&#231;ait la prochaine guerre mondiale, la bombe sur Hiroshima marquait, quant &#224; elle, le r&#233;el d&#233;but de ce qu'on a appel&#233; &#171; la guerre froide &#187; mettant aux prises l'URSS et les Etats-Unis et qui allait ensanglanter les quatre coins de la plan&#232;te pendant plus de 40 ans. C'est pourquoi les lendemains de 1945, contrairement aux ann&#233;es qui suivirent 1918, ne voient aucun d&#233;sarmement mais au contraire un accroissement gigantesque des d&#233;penses d'armement chez tous les vainqueurs du conflit (d&#232;s 1949, l'URSS se dote de sa premi&#232;re bombe atomique). Dans ce cadre, l'ensemble de l'&#233;conomie, sous la houlette du capitalisme d'Etat - quelles que soient les formes rev&#234;tues par ce dernier - est mise au service de la guerre. Et contrairement, l&#224; aussi, &#224; la p&#233;riode qui suit la fin du premier conflit mondial le capitalisme d'Etat ne va cesser partout de se renforcer et d'exercer son emprise totalitaire sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Seul l'Etat peut en effet mobiliser les gigantesques ressources n&#233;cessaires pour notamment d&#233;velopper l'arsenal nucl&#233;aire. Ainsi le projet Manhattan ne fut que le premier d'une longue et funeste s&#233;rie conduisant &#224; la plus folle et gigantesque course aux armements de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(dans l'article ci-joint nous avons cit&#233; notamment un extrait d'un article du CCI)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mille et un mensonges de Fukushima</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article4562</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article4562</guid>
		<dc:date>2014-12-31T02:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les mille et un mensonges de Fukushima &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; Tepco s'appr&#234;te &#224; faire de grosses d&#233;penses de communication pour annoncer la fin du transfert du combustible de la piscine de l'unit&#233; 4, nous continuons &#224; recevoir des nouvelles du Japon par HORI Yasuo dont les 3 derniers rapports sont riches d'enseignements : Tepco, qui a du mal &#224; d&#233;vier l'eau de la nappe phr&#233;atique, ne r&#233;ussit pas plus &#224; geler l'eau des conduits souterrains, le syst&#232;me ALPS sens&#233; d&#233;contaminer l'eau pomp&#233;e tombe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;G&#233;odynamique et climatologie de la Terre - Sauvegarde de la plan&#232;te&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot218" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mille et un mensonges de Fukushima&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; Tepco s'appr&#234;te &#224; faire de grosses d&#233;penses de communication pour annoncer la fin du transfert du combustible de la piscine de l'unit&#233; 4, nous continuons &#224; recevoir des nouvelles du Japon par HORI Yasuo dont les 3 derniers rapports sont riches d'enseignements : Tepco, qui a du mal &#224; d&#233;vier l'eau de la nappe phr&#233;atique, ne r&#233;ussit pas plus &#224; geler l'eau des conduits souterrains, le syst&#232;me ALPS sens&#233; d&#233;contaminer l'eau pomp&#233;e tombe r&#233;guli&#232;rement en panne, on ne sait pas encore comment on va d&#233;manteler les 3 r&#233;acteurs dont les c&#339;urs ont fondu, on recommence &#224; commercialiser du riz issu de territoires contamin&#233;s, la route nationale n&#176;6 a &#233;t&#233; rouverte malgr&#233; sa forte contamination, les Japonais s'opposent toujours &#224; la r&#233;ouverture des r&#233;acteurs nucl&#233;aires et les territoires d&#233;contamin&#233;s par le pass&#233; sont &#224; nouveau radioactifs. Tepco, qui ne se reconna&#238;t toujours pas responsable de la catastrophe et qui s'arrange pour diminuer les d&#233;dommagements aux victimes, va donc bient&#244;t communiquer sur autre chose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'accident de la Centrale nucl&#233;aire de Fukushima n&#176; 1 est d&#233;j&#224; devenu pour beaucoup de gens une chose du pass&#233;, mais &#224; pr&#233;sent les probl&#232;mes n'ont pas encore &#233;t&#233; r&#233;solus et ils font planer des menaces sur notre vie. Aujourd'hui, je vais parler de la situation concernant les probl&#232;mes nucl&#233;aires au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment pourra-t-on diminuer la quantit&#233; d'eau contamin&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque le Japon a invit&#233; les Jeux Olympiques de 2020, le Premier ministre a d&#233;clar&#233; au monde entier que l'eau contamin&#233;e &#233;tait sous contr&#244;le et ne causerait pas de probl&#232;me aux participants, mais les faits sont tout &#224; fait diff&#233;rents. Il a invit&#233; les Jeux Olympiques au Japon avec des mensonges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centrale nucl&#233;aire n&#176;1 se trouve au-dessus de flux d'eau souterraine, et chaque jour 400 tonnes d'eau p&#233;n&#232;trent sous les r&#233;acteurs endommag&#233;s et se contaminent. Si on ne fait rien de cette eau, elle finira sa course dans la mer, donc elle polluera l'ensemble des mers dans le monde. Pour &#233;viter cela, TEPCO puise cette eau et la met dans d'&#233;normes bassins sur le sol de la centrale. La mani&#232;re de r&#233;duire cette quantit&#233; d'eau qui entre est donc cruciale. TEPCO tente de le faire par trois moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) retirer l'eau avant qu'elle n'arrive &#224; la centrale&lt;br class='autobr' /&gt;
TEPCO a commenc&#233; &#224; puiser cette eau en mai dernier, avec l'intention d'en r&#233;duire la quantit&#233; &#224; 100 tonnes, mais le r&#233;sultat n'est pas encore &#233;vident. Depuis ao&#251;t, TEPCO a rendue publique la mise en &#339;uvre d'un autre moyen : retirer l'eau &#224; partir des ponts proches des r&#233;acteurs et la rejeter dans la mer apr&#232;s en avoir retir&#233; les substances radioactives, mais les p&#234;cheurs de la pr&#233;fecture de Fukushima s'y opposent fermement, parce qu'ils ne croient pas TEPCO et ils craignent que cela n'accroisse leur mauvaise r&#233;putation ou bien n'augmente le discr&#233;dit &#224; propos des poissons qu'ils p&#234;chent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Construire un mur de terre gel&#233;e autour des r&#233;acteurs d&#233;t&#233;rior&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
On pr&#233;voit de construire un mur de terre gel&#233;e de 1,5 km de long et 30 m&#232;tres de profondeur. Pour le construire, on a commenc&#233; d'abord par geler les jonctions des b&#226;timents des r&#233;acteurs avec les tunnels souterrains pour retirer l'eau pollu&#233;e des tunnels, mais pour l'instant on n'a pas r&#233;ussi. Beaucoup de gens doutent maintenant que l'on r&#233;ussisse &#224; construire un si grand mur de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Retirer les substances radioactives par le proc&#233;d&#233; ALPS&lt;br class='autobr' /&gt;
ALPS est une machine qui peut extraire de l'eau, 62 sortes de substances radioactives, sauf le tritium. On pr&#233;voit de mettre pleinement en service trois ALPS, et, d'ici &#224; la fin de mars prochain, de d&#233;polluer 400 000 tonnes d'eau contamin&#233;e sur les 470 000 tonnes conserv&#233;es sur le terrain, mais des dysfonctionnements successifs se produisent sur ces machines et on ne peut toujours pas les faire fonctionner &#224; pleine puissance. En outre, m&#234;me si on r&#233;ussit, il restera du tritium dans l'eau &#034;purifi&#233;e&#034;. On n'a pas encore d&#233;cid&#233; comment traiter cette eau. TEPCO et le gouvernement, bien s&#251;r, veulent la rejeter &#224; la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retirer les barres de combustible nucl&#233;aire des r&#233;acteurs&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;manteler d&#233;finitivement les r&#233;acteurs endommag&#233;s, on doit d'abord en retirer les barres de combustibles. On a commenc&#233; &#224; retirer de leur bassin celles du r&#233;acteur No 4 en novembre 2013 et, &#224; ce jour, 80 % d'entre elles ont &#233;t&#233; enlev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;acteurs n&#176; 1, 2 et 3, les combustibles nucl&#233;aires ayant fondu sont tomb&#233;s vers le bas et on ne sait m&#234;me pas dans quel &#233;tat est l'int&#233;rieur de ces r&#233;acteurs parce que le rayonnement est si fort que les gens ne peuvent pas s'en approcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite sur : &lt;a href=&#034;http://www.fukushima-blog.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fukushima-blog.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de deux ans apr&#232;s la catastrophe de Fukushima, la multinationale Tepco, en charge de la centrale, est rattrap&#233;e par des r&#233;v&#233;lations quant aux v&#233;ritables effets des radiations sur les employ&#233;s du site. Le moment est pour le moins mal choisi, alors que le Premier ministre japonais s'&#233;vertue &#224; vanter les m&#233;rites du nucl&#233;aire pour l'avenir &#233;conomique du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe nucl&#233;aire survenue en mars 2011 au Japon ne cesse depuis de provoquer des remous au sein l'industrie nucl&#233;aire autrefois omnipr&#233;sente et omnipotente &#8211; mais &#233;galement parmi les agences gouvernementales qui l'ont aid&#233;e et soutenue. Pourtant, ces derni&#232;res continuent &#224; rester discr&#232;tes et &#224; minimiser les cons&#233;quences de la triple explosion des r&#233;acteurs de la centrale de Fukushima Daiichi. Derni&#232;re r&#233;v&#233;lation en date : le nombre d'ouvriers ayant d&#233;velopp&#233; des cancers - induits par l'inhalation de substances radioactives ayant affect&#233; leur glande thyro&#239;dienne dans les premiers temps survenus apr&#232;s la catastrophe - serait en fait onze fois sup&#233;rieure &#224; celui annonc&#233; en d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas 178 employ&#233;s, comme l'a affirm&#233; la multinationale TEPCO, renflou&#233;e et contr&#244;l&#233;e en partie par l'Etat, mais 1973 employ&#233;s qui auraient d&#233;clar&#233;s un cancer, selon les informations apprises par l'Asahi Shimbun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de son prestige et de sa puissance d'autrefois, couacs et impr&#233;vus se sont accumul&#233;s pour TEPCO, laissant l'op&#233;rateur d&#233;s&#339;uvr&#233;. Par exemple, &#224; la mi-mars, TEPCO a r&#233;v&#233;l&#233; qu'un mois plus t&#244;t, un poisson avec un taux de 740 000 becquerels de c&#233;sium radioactif par kilo a &#233;t&#233; retrouv&#233; &#224; proximit&#233; de la centrale. C'est 7 400 fois la limite officielle impos&#233;e par les r&#232;gles gouvernementales en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; alimentaire, un niveau jamais mesur&#233; par TEPCO. Le pr&#233;c&#233;dent record enregistr&#233; par l'entreprise sur un poisson s'&#233;levait &#224; 510 000 becquerels. Et dire qu'ils font partie de la cha&#238;ne alimentaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus t&#244;t dans la semaine, des chercheurs ont &#233;tabli que plusieurs loups de mer p&#233;ch&#233;s au large des c&#244;tes d'Hitachi, une ville situ&#233;e &#224; une centaine de kilom&#232;tres de la centrale &#8211; non loin de Tokyo &#8211; pr&#233;sentaient un niveau de c&#233;sium de 1 037 becquerels par kilo, soit plus de 10 fois la limite officielle fix&#233;e par les autorit&#233;s en charge de la s&#233;curit&#233; alimentaire. C'est la premi&#232;re fois depuis avril 2011 que de tels niveaux de contamination ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s dans la r&#233;gion. Les chercheurs ont reconnu n'avoir aucune id&#233;e de ce qui pourrait expliquer la hausse de ce niveau, plus de deux ans apr&#232;s l'accident.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las, le niveau de c&#233;sium-134 et de c&#233;sium-137 dans les nappes phr&#233;atiques sous la centrale a commenc&#233; &#224; augmenter d&#233;but juillet. Mesur&#233;s le 8 juillet, les niveaux de radioactivit&#233; &#233;taient 90 fois sup&#233;rieurs &#224; ceux enregistr&#233;s trois jours auparavant et ont d&#233;pass&#233; de 200 fois la limite autoris&#233;e pour ce qui est des nappes phr&#233;atiques. TEPCO a bien &#233;t&#233; embarrass&#233;. &#171; Nous ne savons pas si de l'eau radioactive se d&#233;verse la mer &#187;, a d&#233;clar&#233; un membre de la compagnie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 19 juin, TEPCO avait d&#233;j&#224; admis que la teneur en strontium-90 des nappes phr&#233;atiques avait augment&#233; de plus de 100 fois entre d&#233;cembre et mai, le strontium &#233;tait un d&#233;riv&#233; tr&#232;s toxique issu de la fission de l'uranium et du plutonium ; et que le niveau de tritium, un agent radioactif moins dangereux, avait augment&#233; de 17 fois. Lorsque les niveaux de c&#233;sium ont atteint leur pic au d&#233;but du mois, TEPCO a admis du m&#234;me coup que le niveau de tritium dans la mer avait atteint 2 300 becquerels par litre, le plus haut taux jamais d&#233;tect&#233;, soit le double de celui mesur&#233; deux semaines auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est survenu &#224; un bien mauvais moment : TEPCO refroidit les r&#233;acteurs gr&#226;ce &#224; un flot continu d'eau - 400 tonnes de m&#232;tres cube d'eau par jour &#8211; et stocke ensuite l'eau contamin&#233;e dans des r&#233;servoirs install&#233;s sur le site. Mais certains d'entre eux pr&#233;sentant des fissures ont permis &#224; une partie de l'eau de s'&#233;chapper, cons&#233;quence d'un travail b&#226;cl&#233;. De plus, TEPCO ne peut pas construire de r&#233;servoirs &#224; l'infini afin de stocker un flot sans fin d'eau. La multinationale cherche donc &#224; obtenir l'autorisation de d&#233;verser l'eau contamin&#233;e dans le Pacifique. Du moins, tout ce qui ne s'est pas encore d&#233;vers&#233; dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est ce qui sous-tend la r&#233;v&#233;lation reconnaissant que l'affirmation de TEPCO en d&#233;cembre dernier, selon laquelle l'entreprise affirmait que seulement 178 employ&#233;s pr&#233;sentaient un taux de radioactivit&#233; sup&#233;rieur au maximum autoris&#233; de 100 millisieverts &#8211; leurs taux ayant grimp&#233; jusqu'&#224; 11 800 millisieverts &#8211; &#233;tait un mensonge.&lt;br class='autobr' /&gt;
TEPCO n'a m&#234;me pas pris la peine d'&#233;tudier la question. En d&#233;pit des avertissements lanc&#233;s par des experts internationaux sur les risques d'exposition aux radiations, l'entreprise n'a ouvert aucune enqu&#234;te au sujet des doses radioactives contenues dans les glandes thyro&#239;diennes. Il a fallu attendre que s'exerce la pression internationale pour qu'une telle initiative soit enfin lanc&#233;e. Apr&#232;s avoir finalement collect&#233; les donn&#233;es sur 522 employ&#233;s &#8211; sur les 19 592 ayant travaill&#233; &#224; la centrale depuis sa mise en service, parmi lesquels 16 302 ont souvent &#233;t&#233; embauch&#233;s par des employeurs et des sous-traitants peu scrupuleux. Les r&#233;sultats ont &#233;t&#233; transmis &#224; l'OMS l'ann&#233;e derni&#232;re, alors TEPCO refusait encore de les r&#233;v&#233;ler publiquement, du moins pas avant que l'OMS ne d&#233;clare son intention de les publier. Ceci explique donc l'annonce faite en d&#233;cembre dernier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, personne ne crut aux r&#233;sultats. Le Comit&#233; scientifique de l'ONU sur les effets des radiations nucl&#233;aires a remis en cause la fiabilit&#233; des donn&#233;es ; et le ministre japonais de la Sant&#233; pressa TEPCO de revoir la pr&#233;sentation de ses donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis le 11 mars 2011, depuis que les r&#233;acteurs 1, 2 et 3 de la centrale japonaise de Fukushima ont explos&#233;, depuis que la piscine du r&#233;acteur N&#176;4 a &#233;t&#233; longuement priv&#233;e de refroidissement, le gouvernement japonais, la soci&#233;t&#233; Tepco qui g&#232;re cette centrale et quelques autres ayant souffert de leurs arr&#234;ts brutaux, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA), Areva et quelques autres, assurent r&#233;guli&#232;rement aux Japonais et au monde entier que l'accident fut,&#034; certes&#034;, grave, mais que les ing&#233;nieurs en maitrisent toutes les suites. Mois apr&#232;s mois, r&#233;v&#233;lations apr&#232;s fuites, les habitants du Japon et le reste des citoyens du monde, d&#233;couvrent que rien n'est maitris&#233; et que les sp&#233;cialistes ne font que bricoler une situation difficile sans se soucier des hommes et de l'environnement. Apportant successivement les preuves que, comme &#224; Tchernobyl en Ukraine, comme &#224; Three Mile Island aux Etats Unis, comme &#224; Tcheliabinsk dans l'Oural russe, les accidents nucl&#233;aires impactent durablement l'environnement et les humains, ceux qui vivent, vivaient ou travaillent dans les zones soit irradi&#233;es, soit contamin&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; situation d'urgence &#187; proclam&#233;e mercredi matin 7 ao&#251;t par l'Autorit&#233; de R&#233;gulation Nucl&#233;aire japonaise admettant que de l'eau hautement radioactive se d&#233;verse dans l'oc&#233;an Pacifique n'est que la confirmation de ce que d&#233;noncent depuis des mois quelques scientifiques ind&#233;pendants, les p&#234;cheurs et les associations de protection de l'environnement. Mais les al&#233;as nucl&#233;aires ont ceci de particulier depuis des d&#233;cennies que les situations graves sont longuement dissimul&#233;es par les responsables politiques et industriels jusqu'au jour o&#249; elles deviennent &#233;videntes et ing&#233;rables. Comme l'impossibilit&#233; constat&#233;e de d&#233;contaminer les terres touch&#233;es en enlevant la couche superficielle des sols, projet &#171; de communication &#187; agit&#233; par des nucl&#233;ocrates &#224; peu pr&#233;s aussi inconscients que ceux qui nient en France le danger nucl&#233;aire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les Japonais viennent de reconnaitre que de l'eau hautement contamin&#233;e s'&#233;coule toujours vers la mer : parce que les cuves de r&#233;tention sont pleines depuis longtemps et aussi parce que les dites cuves sont de toute fa&#231;on fissur&#233;es depuis plus d'un an. Un aveu qui a &#233;t&#233; fait apr&#232;s les &#233;lections s&#233;natoriales remport&#233;es pas la droite au pouvoir, alors que les fuites sont constantes, explique un correspondant japonais de Politis, depuis le mois de juin 2011. Un &#233;coulement qui aurait charg&#233; les espaces littoraux japonais d'au moins quarante milliards de becquerels (strontium, c&#233;sium et tritium&#8230;), rendant le poisson, les coquillages ou crustac&#233;s p&#234;ch&#233;s impropres, et m&#234;me dangereux, &#224; la consommation. La Tepco et le gouvernement ont pourtant constamment affirm&#233; jusqu'&#224; cet &#171; Etat d'urgence &#187; que les eaux du Pacifique ne pr&#233;sentaient aucune trace anormale de radioactivit&#233; ! Un mensonge de plus dans cette d&#233;j&#224; longue histoire de l'apr&#232;s Fukushima qui risque de se prolonger, comme en Ukraine, sur plusieurs d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges sont nombreux. On va &#171; d&#233;couvrir &#187; maintenant que les nappes phr&#233;atiques de toute la r&#233;gion (toutes interconnect&#233;es) sont &#233;galement touch&#233;es. Tout comme le gouvernement et l'industriel devront avouer prochainement que les trois r&#233;acteurs et la piscine en &#233;quilibre instable rel&#226;chent toujours dans l'atmosph&#232;re une radioactivit&#233; qui entraine l'extension progressive, mais encore secr&#232;te, de la zone contamin&#233;e aux confins duquel des habitants et plus particuli&#232;rement des enfants vivent dans des conditions qui mettent en danger leur sant&#233;. Comme cela s'est pass&#233; &#224; Tchernobyl. Situation qui, par exemple, permet toujours la vente de produits agricoles largement pollu&#233;s mais que nulle autorit&#233; ne contr&#244;le, notamment dans la conurbation de Tokyo. Sans oublier, bien sur, toujours comme &#224; Tchernobyl, de graves menaces pour les milliers d'ouvriers et de techniciens qui se relaient sur le site de Fukushima. Des travailleurs d'autant plus sacrifi&#233;s que l'essentiel de l'environnement des r&#233;acteurs accident&#233;s et les r&#233;acteurs eux-m&#234;mes, est encore tellement radioactif qu'il interdit toute intervention humaine, m&#234;me avec des &#233;quipements protecteurs. Et que les robots y tombent en panne d&#233;s qu'ils s'approchent des magmas de combustibles fondus.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aveu qui vient d'&#234;tre fait, comme ceux qui suivront, rappelle qu'il est pratiquement impossible de lutter contre les effets d'une catastrophe nucl&#233;aire. Une le&#231;on qui devrait inciter les responsables fran&#231;ais de la prolongation de vie de la plupart des r&#233;acteurs fran&#231;ais &#224; prendre des mesures plus efficaces que la fermeture fin 2016 de la seule centrale de Fessenheim...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lobby du nucl&#233;aire tente de se refaire une virginit&#233; en vendant une hypoth&#233;tique s&#233;curit&#233; qu'elle est en r&#233;alit&#233; bien incapable de garantir. C'est ce qu'elle vient de faire non sans un certain cynisme lors du dernier grand rendez vous du secteur au Salon Mondial du Nucl&#233;aire (WNE) qui s'est tenu du 14 au 16 octobre 2014 au Bourget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de l'Association des Industriels Fran&#231;ais Exportateurs du Nucl&#233;aire, G&#233;rard KOTTMAN n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; affirmer dans un entretien avec un journaliste de La Tribune que la catastrophe de Fukushima &#171; [ les ] a finalement aid&#233; &#187;. Il pr&#233;tend que &#171; cet accident aurait pu &#234;tre &#224; la gloire du nucl&#233;aire &#187; et que &#171; le r&#233;acteur n'a pas faut&#233; &#187; mais seulement les syst&#232;me de s&#233;curit&#233;, accusant au passage d'incomp&#233;tence les &#233;lectriciens Japonais qui sont pourtant leurs clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces phrases ne sont pas sans rappeler celles de Morris ROSEN apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl qui affirmait que &#187; m&#234;me s'il y avait un accident de ce type tous les ans, [il] consid&#233;rerais le nucl&#233;aire comme une &#233;nergie int&#233;ressante &#187; (Voir d'autre citations vertigineuses de M. ROSEN)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 1 : Il n'y a pas de risques nucl&#233;aires (&#231;a, c'&#233;tait avant Tchernobyl et Fukushima)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun sait aujourd'hui que les effets d'une catastrophe sont dramatiques, cumulatifs et traversent les fronti&#232;res. D'une dur&#233;e sur-humaine (7 000 g&#233;n&#233;rations pour le plutonium), ils touchent l'environnement, le v&#233;g&#233;tal, l'animal, l'homme et sa descendance. Cette &#233;nergie est apocalyptique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 2 : Risque nucl&#233;aire = risque z&#233;ro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque d'un accident grave selon le rapport Rasmussen de 1975 est de 1 tous les 250 000 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 3 : Les risques sont ma&#238;tris&#233;s, nos centrales sont s&#251;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ASN et l'IRSN d&#233;clarent aujourd'hui : &#034;Le risque z&#233;ro n'existe pas&#034;, et nous pr&#233;parent &#224; une catastrophe : &#034;Fukushima a chang&#233; la donne et a r&#233;v&#233;l&#233; qu'un accident grave &#233;tait possible, m&#234;me dans un pays consid&#233;r&#233; comme s&#251;r. Nous devons accepter que l'impossible puisse se produire et il faut pouvoir y rem&#233;dier&#8230; Il ne faut plus laisser croire que le nucl&#233;aire est une technologie parfaite. Le gouvernement et EDF ont sous-estim&#233; le risque d'un accident et le rejet du nucl&#233;aire par la soci&#233;t&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 4 : L'ASN est une autorit&#233; ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les 5 membres de sa direction sont tous pro-nucl&#233;aires, et l'ASN enti&#232;rement financ&#233;e par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 5 : L'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France gr&#226;ce au nucl&#233;aire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait tout notre uranium provient du Niger, du Canada, de l'Australie et bient&#244;t de Namibie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 6 : Notre &#233;lectricit&#233; est la moins ch&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un foyer allemand consomme 50% d'&#233;lectricit&#233; de moins qu'un foyer fran&#231;ais parce qu'il la paye plus cher. Notre facture est par ailleurs fauss&#233;e par les subventions de l'&#201;tat au nucl&#233;aire. Les programmes de recherche, le d&#233;mant&#232;lement, la gestion des d&#233;chets, etc. sont minimis&#233;s dans le calcul du kWh. Nous payons la diff&#233;rence via nos imp&#244;ts. Le nucl&#233;aire est une industrie subventionn&#233;e. Et le co&#251;t r&#233;el est report&#233; sur les g&#233;n&#233;rations futures. Non, le nucl&#233;aire n'est pas si rentable. S'il ne profite effectivement qu'&#224; une infime minorit&#233; d'actionnaires, il a un co&#251;t insens&#233; pour la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 7 : Le combustible nucl&#233;aire us&#233; (issu des r&#233;acteurs) est totalement recycl&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait seulement 10% d'uranium est recycl&#233; par enrichissement. On se retrouve en fait avec 85 % d'uranium appauvri, et 5% de d&#233;chets ultimes tr&#232;s dangereux et &#224; vie longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 8 : On ne peut pas se passer de l'&#233;nergie nucl&#233;aire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques officielles en France donnent au nucl&#233;aire une importance qu'il n'a pas puisqu'il ne repr&#233;sente que 2% de la consommation mondiale d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 9 : Le charbon tue plus que le nucl&#233;aire. Les catastrophes nucl&#233;aires ont peu d'impact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;vidence, l'AIEA et l'OMS ont toujours minimis&#233;, voire ni&#233; l'impact des catastrophes nucl&#233;aires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1957 : incendie dans l'usine de plutonium de Windscale-Sellafield (Grande-Bretagne)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1957 : l'accident dans la centrale de Kyshtym (URSS)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1979 : l'accident dans la centrale de Three Miles Island (USA)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1986 : Tchernobyl - 2011 : Fukushima&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 10 : Tchernobyl : 47 morts officiels parmi les liquidateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que l'OMS et l'AIEA ont annonc&#233; en 2005. Et jusqu'&#224; 9 000 d&#233;c&#232;s &#034;potentiels, au total&#034;, en Bi&#233;lorussie, Ukraine et Russie&#8230; Selon l'AIEA, le taux de mortalit&#233; parmi les &#8220;liquidateurs&#8221; ainsi que la recrudescence de cancers de la thyro&#239;de (multipli&#233;s par cent dans les r&#233;gions expos&#233;es) sont imputables au stress irrationnel de la population. En fait, une &#233;tude de l'Acad&#233;mie des Sciences de New York estime que le nombre de d&#233;c&#232;s &#224; travers le monde, entre 1986 et 2004, est de 985 000, et nous sommes en 2014. Sur les 830 000 liquidateurs, 125 000 sont morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 11 : Le nuage de Tchernobyl s'est arr&#234;t&#233; &#224; la fronti&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la d&#233;claration officielle du gouvernement fran&#231;ais, avec la diffusion de bulletins m&#233;t&#233;o optimistes, et les communications rassurantes du professeur Pierre Pellerin. La diffusion des mesures relev&#233;es de c&#233;sium 137 a &#233;t&#233; interdite. Puis on a publi&#233; des chiffres tellement faux que, compar&#233;s &#224; ceux de l'Allemagne, de la Belgique et de l'Angleterre, le nuage de Tchernobyl avait d&#233;barrass&#233; le sol fran&#231;ais de sa radioactivit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 12 : Le co&#251;t de Tchernobyl et de Fukushima&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les 20 premi&#232;res ann&#233;es, les d&#233;penses directes provoqu&#233;es par la catastrophe de Tchernobyl pour l'Ukraine, la Bi&#233;lorussie et la Russie, d&#233;passeraient 500 milliards de dollars. Combien pour Fukushima ? Comment chiffrer le co&#251;t humain ? Combien d'euros valent la vie d'un enfant Ukrainien, d'un adulte Japonais, de 100 000 familles d&#233;racin&#233;es ? Comment chiffrer le co&#251;t biologique et ce sur des centaines de mill&#233;naires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 13 : Les mensonges de Fukushima ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la litanie des mensonges de Tchernobyl dont on peut faire un livre s'ajoutent depuis 2011 ceux de TEPCO sur l'&#233;tendue des d&#233;g&#226;ts et des fuites de Fukushima ! (3 c&#339;urs de r&#233;acteurs fondus - d&#233;versement de 300 m3 d'eau contamin&#233;e par jour dans l'oc&#233;an - contamination de la p&#234;cheet des r&#233;coltes - l'affichage public de mesures truqu&#233;es). Au Japon on est en train de reproduire en pire ce qui s'est pass&#233; &#224; Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 14 : La radioactivit&#233; artificielle : pas plus dangereuse que la radioactivit&#233; naturelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lobby nucl&#233;aire compare toujours l'impact de la radioactivit&#233; artificielle &#224; celle de la radioactivit&#233; naturelle, notamment avec le rayonnement cosmique. Exemple, pour les riverains de La Hague, la totalit&#233; des rejets auraient moins d'impact qu'un vol Paris-Tokyo ! En fait aujourd'hui on sait, qu'ajout&#233; &#224; la radioactivit&#233; naturelle, un Becquerel est un Becquerel de trop !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 15 : Les d&#233;chets nucl&#233;aires : la France a trouv&#233; la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les stockages de Soulaines et de Morvilliers (Aube) et bient&#244;t de Bure (Meuse) la France d&#233;montre sa totale ma&#238;trise du nucl&#233;aire. Si nous n'arrivons pas &#224; emp&#234;cher le projet CIG&#233;o &#224; BURE le mod&#232;le fran&#231;ais va &#234;tre copi&#233; dans tous les pays nucl&#233;aris&#233;s. La cro&#251;te terrestre risque de devenir un gruy&#232;re rempli de d&#233;chets nucl&#233;aires et chimiques. L'ANDRA d&#233;clare ma&#238;triser tous les risques de CIG&#233;o pendant le si&#232;cle de remplissage du stockage en couche profonde, et ensuite l'ANDRA voudrait que nous fassions confiance en la g&#233;ologie pendant 1 million d'ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 16 : Il n'y a pas de rejets radioactifs autour du centre de stockage de Soulaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mensonge a dur&#233; 14 ann&#233;es. En fait les rejets dans l'air et dans l'eau existent bien et sont aujourd'hui autoris&#233;s et l&#233;galis&#233;s : jusqu'&#224; 60 Giga Bq/an ! Et le cumul de l'impact du &#034;nuage de Tchernobyl&#034; et celui du &#034;nuage permanent de l'ANDRA&#034; n'aurait aucun impact sur les riverains ? D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'enqu&#234;tes &#233;pid&#233;miologiques s&#233;rieuses. Et ce n'est pas le cas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge N&#176;17 : L'arr&#234;t du nucl&#233;aire, c'est 200 &#224; 400 0000 ch&#244;meurs de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la sortie du nucl&#233;aire permettrait de cr&#233;er des centaines de milliers d'emplois dans le d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge N&#176;18 : Le nucl&#233;aire c'est une industrie d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part du nucl&#233;aire aujourd'hui dans le monde est au niveau de celui de 1983. Les co&#251;ts du nucl&#233;aire sont croissants, alors que ceux des &#233;nergies renouvelables sont d&#233;croissants. L'EPR, r&#233;acteur dit de 3&#176; g&#233;n&#233;ration, et ASTRID de 4&#176; g&#233;n&#233;ration sont loin d'&#234;tre op&#233;rationnels. Quant &#224; ITER, ce n'est pour l'heure qu'un mod&#232;le math&#233;matique, mais il accapare &#224; lui tout seul plus de 60 % des fonds europ&#233;ens de recherche sur l'&#233;nergie et son co&#251;t pr&#233;visionnel atteint d&#233;j&#224; 16 milliards d'euros !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 19 : Avec le nucl&#233;aire, on lutte contre le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le cycle complet du nucl&#233;aire produit aussi du CO2. Et s'il n'en produisait pas, le nucl&#233;aire ne repr&#233;sente que 2% de l'&#233;nergie mondiale. C'est donc sur les 98% qu'il faudrait agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonge 20 : Les &#233;nergies solaire et &#233;olienne ne remplaceront jamais le nucl&#233;aire parce qu'elles sont tributaires des &#233;l&#233;ments. Non, on sait aujourd'hui stocker de l'&#233;nergie. (en fabriquant de l'hydrog&#232;ne, en utilisant la chaleur du sel fondu &#224; 600 &#176;C&#8230;). Et avec les barrages hydrauliques, la g&#233;othermie, les hydroliennes, la biomasse, la cog&#233;n&#233;ration&#8230; on sait r&#233;pondre avec souplesse&#224; la demande des consommateurs. Cela n'emp&#234;chera pas les d&#233;tracteurs des ENR de clamer que les panneaux photovolta&#239;ques sont polluants, et que les &#233;oliennes tuent les chauves-souris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tepco, l'op&#233;rateur du site de Fukushima, avait volontairement n&#233;glig&#233; la gestion des eaux contamin&#233;es d&#232;s le mois de mai 2011, pour des raisons financi&#232;res et boursi&#232;res. Le gouvernement de l'&#233;poque aurait avalis&#233; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2011, deux mois apr&#232;s la destruction par un tsunami de 4 r&#233;acteurs de la centrale de Fukushima, les ing&#233;nieurs de Tepco, l'op&#233;rateur, ont r&#233;alis&#233; que d'&#233;normes quantit&#233;s d'eau souterraine p&#233;n&#233;traient dans les sous-sols des b&#226;timents et cr&#233;aient une dangereuse accumulation de liquides radioactifs. Malgr&#233; une confirmation de cette analyse par des experts am&#233;ricains, Tepco a sciemment d&#233;cid&#233; de ne pas lancer le chantier n&#233;cessaire &#224; l'endiguement de ces eaux de peur d'engager de nouvelles d&#233;penses qui auraient effray&#233; ses investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;v&#233;lant cette information, deux anciens membres de l'administration au pouvoir au Japon lors de la catastrophe ont expliqu&#233; que Tepco leur avait indiqu&#233; qu'il comptait repousser &#224; plus tard la construction d'une enceinte souterraine imperm&#233;able autour de la centrale, dont le co&#251;t &#233;tait estim&#233; &#224; 100 milliards de yens (1 milliard de dollars). &#171; Si nous incluons maintenant ce co&#251;t de construction &#224; nos comptes, le march&#233; consid&#233;rera que nous sommes menac&#233;s par la faillite &#187;, avait alors pr&#233;cis&#233; un cadre de l'entreprise &#224; Banri Kaieda, le ministre de l'Industrie de l'&#233;poque, et &#224; Sumio Mabuchi, qui servait de conseiller sp&#233;cial &#224; l'ex-Premier ministre Naoto Kan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promettant d'enclencher ces travaux plus tard, Tepco aurait, en &#233;change, demand&#233; au gouvernement de rester vague sur ces probl&#232;mes d'eau contamin&#233;e. Une consigne &#224; laquelle le pouvoir politique a ob&#233;i. &#171; Mais Tepco n'a ensuite pas tenu sa promesse &#187;, a regrett&#233; Sumio Mabuchi. Deux ans et demi plus tard, l'accumulation de 330.000 tonnes d'eau radioactive s'est impos&#233;e comme un probl&#232;me majeur. Voulant mettre en sc&#232;ne la fermet&#233; de Tokyo sur ce dossier, lePremier ministre, Shinzo Abe, a pass&#233;, ce jeudi, trois heures sur le site et s'est longuement fait expliquer l'avanc&#233;e des travaux de sauvetage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de sa visite, il a demand&#233;, pour la &#233;ni&#232;me fois, &#224; Tepco de r&#233;gler &#171; le probl&#232;me de fuites d'eau &#187; contamin&#233;e et de &#171; fixer un calendrier &#187;. Il a aussi appel&#233; le groupe &#224; d&#233;manteler les tranches 5 et 6 de la centrale, qui avaient &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;es par la catastrophe. Poliment, Naomi Hirose, le pr&#233;sident de Tepco, lui a r&#233;pondu qu'il &#233;tudierait cette id&#233;e &#224; la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
