Matière et Révolution
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69144Amérique du sud : les mêmes tromperies réformistes mènent aux mêmes catastrophes
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http://www.matierevolution.org/spip.php?article80022022-08-31T00:10:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaFascismeAmérique du sud America del sur
<p>Amérique du sud : les mêmes tromperies réformistes mènent aux mêmes catastrophes <br class='autobr' />
Une vague de victoires électorales de la gauche balaie l'Amérique Latine, donnant des illusions à tous ceux qui veulent croire au changement politique sans changement social radical. Les présidents élus ont un incontestable profil d'une gauche qui déchaine l'extrême-droite (parfois organisée sous la forme des milices armées qui font réellement la loi en Amérique Latine) mais d'une gauche qui se garde de (…)</p>
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</div><h2 class="spip">Amérique du sud : les mêmes tromperies réformistes mènent aux mêmes catastrophes</h2>
<p>Une vague de victoires électorales de la gauche balaie l'Amérique Latine, donnant des illusions à tous ceux qui veulent croire au changement politique sans changement social radical. Les présidents élus ont un incontestable profil d'une gauche qui déchaine l'extrême-droite (parfois organisée sous la forme des milices armées qui font réellement la loi en Amérique Latine) mais d'une gauche qui se garde de s'attaquer vraiment aux classes possédantes. Ces réformistes peuvent donc paraître bien révolutionnaires en comparaison de ceux du PS, du PC et de LFI en France, mais ce sont en fait exactement les mêmes menteurs, les mêmes faiseurs de fariboles, les mêmes trompeurs du peuple qui mènent aux mêmes échecs sanglants.</p>
<p>En Amérique Latine comme en France avec Mélenchon ou ailleurs dans le monde avec les travaillistes, quand la gauche réformiste revient et rejoue la même comédie ici et là-bas en prétendant résoudre la crise sociale et politique sans s'en prendre aux capitalistes et à leur dictature sociale, à leur dictature militaire, ils se gardent de désarmer les fascistes, les potentiels dictateurs militaires, les ennemis les plus déclarés et les plus ouverts du peuple travailleur. Pourtant, l'Amérique du sud a déjà particulièrement souffert des mêmes tromperies dans des « expériences » réformistes se prétendant moins sanglantes que les révolutions sociales mais qui ont coûté des véritables bains de sang au peuple travailleur.</p>
<p>L'exemple sanglant du Chili d'Allende à Pinochet (ce dernier était, rappelons-le, le chef d'Etat-Major d'Allende) est le plus connu mais les exemples de massacres suite à des tentatives réformistes sont très communs à l'Amérique du sud.</p>
<p>La presse bourgeoise a bien compris qu'aucun des nouveaux élus n'est en quoi que ce soit révolutionnaire, commentant ainsi ces résultats des élections :</p>
<p>En <strong>Bolivie</strong> Luiz Arce est élu en 2020 : « <i>candidat socialiste, élu président dès le premier tour </i> ». Son prédécesseur, la sénatrice de droite qui avait renversé Morales, avait été obligée de reculer face aux manifestations de travailleurs : « <i>Les élections présidentielle et parlementaires en Bolivie ont été fixées au 18 octobre [2019] de manière inamovible, après deux reports générant des tensions politiques et des blocages routiers menés par les partisans de l'ex-président Evo Morales, et qui persistent dans le pays</i> », écrivait Le Point. Les barrages routiers et les manifestations avaient pourtant des objectifs dépassant la question de l'élection : « Le nombre de barrages a baissé depuis le vote de la loi pour la tenue des élections en octobre", <i>a toutefois assuré jeudi le vice-ministre de l'Intérieur, Javier Issa. Certains ont toutefois été maintenus, notamment à La Paz, Oruro (ouest), Cochabamba (centre) et Santa Cruz (est). Le chef de la Centrale ouvrière bolivienne, Carlos Huarachi, a dénoncé "une trahison", se déclarant insatisfait après le vote de la loi sur les élections, car aucun autre problème, dont celui de la crise économique, n'a été résolu.</p>
<p>Le leader de la communauté indigène aymara, Felipe Quispe, a affirmé de son côté que ses partisans n'avaient nullement l'intention de suspendre leur mouvement de protestations, exigeant la démission de la présidente par intérim.</p>
<p>L'Eglise catholique, l'Union européenne et les Nations unies, qui depuis mardi ont entamé des discussions pour la mise en place d'une plateforme de dialogue entre le gouvernement, les partis politiques, le Parlement et les syndicats, ont en revanche jugé dans un communiqué que le vote de la loi sur les élections créait les conditions "pour que tous reprennent la voie de la coexistence pacifique, respectueuse et sans violence".</p>
<p>La Bolivie traverse une crise post-électorale depuis le scrutin d'octobre 2019. Le président sortant, Evo Morales, s'était proclamé vainqueur de la présidentielle pour un quatrième mandat, mais l'opposition avait crié à la fraude.</p>
<p>Après des semaines de manifestations, le président indigène avait démissionné début novembre et fui la Bolivie, lâché par la police et l'armée. Un gouvernement intérimaire est en place depuis lors, dans l'attente de nouvelles élections. »</i></p>
<p>Ce sont ces élections d'août 2020 qu'a finalement remportées L. Arce, le dauphin du président indigéniste Evo Morales.</p>
<p>Au<strong> Chili</strong>, Gabriel Boric du parti Convergence Sociale a été élu président en 2021.Il fut un des dirigeants des manifestations étudiantes de 2011. Le Journal du Dimanche écrivait en décembre dernier : « <i>Gabriel Boric, 35 ans, candidat d'une coalition alliant le parti communiste au centre gauche, n'a cessé pendant cette campagne de montrer qu'il avait l'étoffe d'un président. Sa rencontre dimanche dernier avec Michelle Bachelet, ancienne cheffe de l'État chilien et actuelle Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, qui lui a prodigué "conseils" et "soutien", avait pour objectif de l'adouber comme futur dirigeant aux yeux des électeurs. Jusqu'à la semaine dernière, l'ex-syndicaliste estudiantin et député gauche radicale de Patagonie était favori face à son rival d'extrême droite, José Antonio Kast</i> »</p>
<p>En <strong>Colombie</strong>, Gustavo Petro, 62 ans, candidat de la coalition de gauche du Pacte Historique, est président depuis le 7 août dernier. En mai dernier RFI rapportait : « <i>Le candidat de gauche, Gustavo Petro, est toujours en tête des sondages, suivi du candidat conservateur Federico Gutiérrez. La perspective que le pays puisse peut-être élire pour la première fois de son histoire un président de gauche a de quoi effrayer apparemment une partie du secteur des affaires. À tel point que certains chefs d'entreprise n'hésitent pas à menacer leurs employés de licenciement si jamais ils votent pour Gustavo Petro. Le cas le plus emblématique était celui de Sergio Araújo Castro : « Un salarié qui vote pour Petro ne s'intègre pas dans mon schéma commercial et doit tout simplement partir », a écrit sur les réseaux sociaux cet ancien homme politique de droite et chef de plusieurs entreprises. </i> »</p>
<p>Au <strong>Mexique</strong>, Andrés Lopez Manuel Obrador est président depuis 2018, Le Monde le décrivant alors ainsi : « <i>Après avoir rejoint le Parti de la révolution démocratique (PRD), fondé en 1989 par des frondeurs de gauche du PRI, Andrés Manuel López Obrador monte les échelons. En juillet 2000, il est élu maire de Mexico, où il impose un programme sécuritaire pour faire baisser la criminalité – il demande même pour cela l'aide du maire de New York, Rudy Giuliani. Il devient alors le fer de lance d'une politique anticorruption, qu'il rebaptise 'guerre contre la mafia du pouvoir' .Il instaure aussi le programme « Pour le bien de tous, les pauvres d'abord », qui prévoit un soutien financier aux mères célibataires, une revalorisation des petites retraites, des programmes éducatifs, ou encore le redéveloppement des infrastructures de transport de la mégapole </i> ».</p>
<p>« <i>Le projet de réforme énergétique du Mexique inquiète les Etats-Unis<br class='autobr' />
Le gouvernement mexicain souhaite réserver au moins 56 % de la production d'énergie à des entreprises publiques. Le projet de loi pénalise les entreprises privées, pour la plupart américaines </i> » titraient Les Echos en février dernier.</p>
<p>Au <strong>Pérou</strong>, Pedro Castillo, candidat du parti Pérou Libre, ancien syndicaliste, est président depuis les élections de juillet 2021, dont France Culture résumait ainsi le contexte : « <i>Depuis le scrutin de dimanche, le comptage a fait émerger les noms des deux candidats qui s'affronteront le 6 juin prochain lors du second tour. Arrivé en tête, Pedro Castillo, candidat de Péru Libre, un petit parti d'extrême gauche : un instituteur de 51 ans, syndicaliste qui avait pris la tête d'un grand mouvement de grève des enseignants en 2017. Il est pro-étatiste, mais socialement conservateur, pro-vie [opposé à l'avortement], pro-famille et anti-immigration. C'est la surprise du scrutin. Face à lui, il aura une figure de la vie politique péruvienne, Keiko Fujimori, 45 ans, fille de l'ex-président autoritaire Alberto Fujimori, candidate du parti Fuerza Popular, la droite populiste héritière de l'ère Fujimori père. C'est la troisième fois qu'elle se retrouve au second tour de la présidentielle. Les deux candidats sont tellement clivants qu'ils ne recueillent que 19 % et 13% des suffrages. Les départager s'annonce donc très difficile, à lire les pages des journaux, toutes tendances politiques confondues. </i> »</p>
<p>Le « président Lula » du Parti des Travailleurs sera sans doute élu prochainement au Brésil.</p>
<p>Ce que ces media bourgeois omettent de rappeler, c'est que l'Amérique Latine a vu se succéder les plus sinistres dictatures militaires, véritables fascismes d'Etat ... suite à des succès de la gauche, à la tête de soulèvement ouvriers.</p>
<p>Un des exemples connus du bilan sanglant du réformisme est celui du Guatemala, débutant le 15 mars 1945. Porté par une large coalition et 84 % des suffrages exprimés, Juan José Arévalo est nommé président. Commence alors une période de réforme unique dans l'histoire du pays. Le « Printemps Guatémaltèque » va durer dix ans. Il finira dans un bain de sang, anéanti par les efforts conjugués des gros propriétaires terriens, de l'armée du Guatemala, du gouvernement des Etats-Unis et de la United Fruit Company. Au Brésil, c'est en 1954 que le président populiste Jao Goulard fait place à la dictature militaire sanglante. En 1976, c'est en Uruguay et en Argentine que les contre-révolutions militaires succèdent à des tentatives « de gauche ». Un autre exemple fameux est celui du « réformiste » Jean-Bertrand Aristide en 1991… qui est loin d'avoir sorti l'île du bain de sang permanent et encore plus loin d'avoir réellement remis en cause la mainmise des exploiteurs et des tueurs à leur service.</p>
<p>Une liste même incomplète de ces dictatures est longue : Argentine de 1966 à 1973 puis de 1976 à 1983 ; Brésil de 1964 à 1983 ; Chili du général Pinochet de 1973 à 1990 ; Paraguay de Stroessner de 1954 à 1989 ; Uruguay de 1973 à 1984.</p>
<p>Ces dictatures formaient une véritable organisation continentale : l'opération Condor, campagne de terreur, menée officiellement contre « guérilleros terroristes gauchistes », avec la complicité des USA, fut menée en commun par les dictateurs d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay.</p>
<p>Or il ne faut pas croire que ces dictatures d'extrême droite, fascisme d'Etat, avaient été précédées d'une lente et inexorable montée électorale de l'extrême-droite, voie vers le fascisme que la gauche en France veut nous faire croire naturelle .... alors qu'elle n'a jamais existé.</p>
<p>C'est la première leçon à tirer de ces épisodes des années 60-80. Or en France la gauche et l'extrême-gauche électorale (PS, PC, LFI, LO, NPA) ne cherchent pas à mener la lutte des travailleurs contre le fascisme, mais contre la montée électorale du RN, qui est un phénomène d'un autre ordre. En France ce n'est pas le plus grand parti moderne d'extrême droite, le Parti Social Français du Colonel de la Roque, qui transmit le pouvoir à Pétain puis à Hitler en 1940-1945, mais la chambre du Front Populaire de gauche élue en 1936.</p>
<p>Cette leçon ne fait que confirmer les leçons tirées de la première prise du pouvoir par le fascisme, celui de Mussolini, que Lénine et Trotsky résumaient ainsi en 1922 :</p>
<p>« <i>Vers la fin de la guerre impérialiste mondiale, la situation en Italie était objectivement révolutionnaire. La bourgeoisie avait lâché les rênes du pouvoir. L'appareil de l'Etat bourgeois était détraqué, l'inquiétude s'était emparée de la classe dominante. Les masses ouvrières étaient lasses de la guerre et dans diverses régions se trouvaient même en état d'insurrection. Des fractions considérables de la classe paysanne commençaient à se soulever contre les propriétaires fonciers et contre l'Etat et étaient disposées à soutenir la classe ouvrière dans sa lutte révolutionnaire. Les soldats étaient contre la guerre et prêts à fraterniser avec les ouvriers.</p>
<p>Les conditions objectives d'une révolution victorieuse étaient réalisées. Il ne manquait plus que le facteur subjectif ; il manquait un parti ouvrier décidé, prêt au combat, conscient de sa force, révolutionnaire, en un mot : un véritable Parti Communiste. L'occupation des usines par les ouvriers italiens, en automne 1920, a constitué un moment décisif dans le développement de la lutte des classes en Italie. Instinctivement, les ouvriers italiens poussaient à la solution de la crise dans un sens révolutionnaire. Mais l'absence d'un parti ouvrier révolutionnaire décida du sort de la classe ouvrière, consacra sa défaite et prépara le triomphe actuel du fascisme. Cette triste, mais très édifiante leçon des événements d'Italie doit profiter à tous les ouvriers conscients du monde entier.</p>
<p>1° Le réformiste : voilà l'ennemi.</p>
<p>2° Les hésitations des centristes constituent un danger mortel pour un parti ouvrier.</p>
<p>3° La condition la plus importante de la victoire du prolétariat, c'est l'existence d'un Parti Communiste conscient et homogène.</p>
<p>Tels sont les enseignements de la tragédie italienne.</i> »</p>
<p>En Amérique Latine, la leçon reste la même : le réformisme, qui empêche la classe ouvrière de s'emparer du pouvoir : voilà l'ennemi.</p>
<p>Ce qui est moins connu, c'est que les formateurs de ces bourreaux de la classe ouvrière d'Amérique Latine furent les dirigeants de l'Ecole Supérieure de Guerre (ESG) française. La bataille d'Alger leur servit de modèle. Un des élèves de cette Ecole de guerre (1957-1959, aux côtés de très nombreux officiers étrangers), émules des colonels qui mirent en place la torture en Algérie, fut le général argentin Lopez Aufranc qui déclara « <i>C'est grâce à l'enseignement des français que j'ai compris que l'ennemi pouvait être le peuple</i> ». Ce n'est pas l'extrême-droite française qui forma les fascistes d'Amérique Latine, mais la IVème République de gauche puis la Vème de droite, à partir de 1956, officiellement jusqu'en 1981. Un accord secret de 1959, rédigé par le gouvernement de De Gaulle précisait : « <i>Le ministre des armées de la République française mettra à la disposition de l'armée argentine une mission d'officiers supérieurs de l'Armée française, qui apportera son assistance technique à l'Armée de la République d'Argentine et ses officiers, dans le but d'accroître l'efficacité technique et la préparation de l'Armée argentine </i> ». Dès 1960 la nature de « l'efficacité technique » apparut au grand jour : une grande grève des ouvriers de la viande à Buenos Aires est brutalement réprimée par la police, ainsi que les émeutes populaires qui éclatent en protestation dans le quartier de Mataderos. Face à la menace de grève générale le plan Conintes, « antisubversif », est mis en place sous la direction des « assesseurs français ». L'un d'eux s'en félicitera dans un article rédigé pour l'ESG française en 1962 : « <i>L'exécution du plan Conintes a permis une expérience qui sera d'une grande valeur dans d'autres occasions. </i> » Parmi ces occasions décrites : le refoulement de « <i>réfugiés paraguayens, opposants au général Stroessner, qui tentaient de gagner l'Argentine </i> », tout ceci « <i>dans les meilleurs conditions grâce aux enseignements acquis récemment à l'ESG </i> ». Ces crimes anti-ouvriers fondateurs, ainsi que quantité d'autres sont rapportés dans les centaines de pages du livre et le film documentaire « Escadrons de la mort, l'école française » de la journaliste Marie-Monique Robin.</p>
<p>Le gouvernement de la bourgeoisie n'a donc pas besoin d'un parti d'extrême-droite comme le RN qui gagnerait les élections pour mettre cette politique fasciste en place. Les cadres supérieurs de l'appareil d'Etat et des grands groupes capitalistes sont formés en permanence pour cette besogne, le génocide des franco-rwandais des Tustsis du Rwanda l'a confirmé en 1994.</p>
<p>Le réformisme d'Amérique Latine apporte un éclairage sur le réformisme en France, ou plutôt la dérive réformiste d'une extrême-gauche qui avait pourtant contribué à éclairer les travailleurs d'ici à l'époque de ces dictatures.</p>
<p>Le Parti Ouvrier Indépendant (POI ou POI-D), un des trois courants soi-disant trotskiste en France, avec LO et le NPA, est aujourd'hui un groupe politique qui dérive comme les deux autres à toute vitesse vers la droite, apportant par exemple son soutien à J-L Mélenchon lors des dernières élections. Ce parti avait pourtant en apparence un autre discours lorsqu'en 1952 eut lieu une révolution prolétarienne en Bolivie. Car en effet c'est en Amérique Latine qu'eût lieu une des grande révolutions prolétariennes du XXème siècle, comme 1917 en Russie ou 1936 en Espagne. En 1952 en Bolivie, le pouvoir était à portée de main des ouvriers, qui avaient à leur tête le Parti Ouvrier Révolutionnaire (POR) ... qui malheureusement n'osa pas prendre le pouvoir.</p>
<p>Les militants du POR avaient donné au syndicat des mineurs des statuts de tendance syndicaliste révolutionnaire, qui sont un exemple pour les militants syndicaux du monde entier encore aujourd'hui, et dont voici un extrait :</p>
<p>« <i>1. Le prolétariat, en Bolivie comme ailleurs, constitue la classe sociale révolutionnaire par excellence. Les travailleurs des mines, secteur le plus avancé et le plus combatif du prolétariat de ce pays, déterminent le sens de la lutte de la FSTMB (Fédération des mineurs).</p>
<p>2. La Bolivie est pays capitaliste arriéré, mais c'est le mode de production capitaliste qui est qualitativement dominant, les autres formes économico-sociales constituant un héritage de notre passé historique. L'hégémonie du prolétariat dans la politique nationale découle de cet état de choses.</p>
<p>3. La Bolivie, bien que pays arriéré, n'est qu'un maillon de la chaîne capitaliste mondiale. Les particularités nationales représentent en elles-mêmes une combinaison des traits essentiels de l'économie mondiale.</p>
<p>4. La particularité de la Bolivie réside dans le fait qu'aucune bourgeoisie capable de liquider le système des latifundia et les autres formes économiques pré-capitalistes, de réaliser l'unification nationale et la libération du joug impérialiste, n'est apparue sur la scène politique. Toutes les tâches que la bourgeoisie n'a pas accomplies constituent les objectifs démocratico-bourgeois qui doivent inéluctablement être réalisés. Les problèmes centraux qui se posent aux pays semi-coloniaux sont : la révolution agraire, c'est-à-dire la liquidation de l'héritage féodal, et l'indépendance nationale, à savoir balayer le joug impérialiste ; tâches qui sont étroitement liées les unes aux autres. </i> »</p>
<p>Le programme du POI, analogue à ceux de son jumeau le POI-D, ou du NPA de P. Poutou, ou de LO (Lutte ouvrière) de N. Arthaud, de toute l'extrême gauche qui dérive vers la droite en s'intégrant dans les bureaucraties syndicales de la CGT ou de SUD, a aujourd'hui un programme qu'on peut résumer en le caricaturant à peine : vive Martinez et vive Mélenchon ! Quel recul du POI par rapport à ce que ses militants du POR bolivien, dont le plus célèbre Guillermo Lora, écrivaient il y a 70 ans ! Les militants du POI, comme ceux de LO et du NPA, peuplent les confédérations syndicales CGT et SUD, le syndicalisme révolutionnaire a disparu de leurs publications. Ceux qui en doutent n'auront qu'à lire les programmes des prochaines élections professionnelles.</p>
<p>Comparons également ce qu'écrivait LO il y a 50 ans à propos du Chili, suite au coup d'Etat sanglant de Pinochet. On lisait à juste titre que ce qui se passait au Chili est une guerre qui nous concerne :</p>
<p>« <i>Le sort tragique du prolétariat chilien, les travailleurs du monde entier doivent en tirer les leçons. Certains - ceux là mêmes, surtout, qui défendent en France la même politique qu'Allende et l'Unité Populaire défendaient au Chili - disent que ce n'est pas le moment, que sur les tombes à peine recouvertes des martyrs de Santiago, il convient seulement de se recueillir. Mais les leçons que nous devons tirer des événements chiliens, les travailleurs de là-bas les ont payées trop cher pour que nous ayons le droit de les mépriser. Toute une génération de militants massacrée, et il ne faudrait pas essayer de savoir comment cela fut possible, comment éviter que cela ne se reproduise ailleurs, dans l'avenir ?</p>
<p>C'est au contraire aujourd'hui le devoir de tous les travailleurs conscients de se poser ces questions. Et il n'y a qu'en tirant les leçons de ce drame que les travailleurs du monde entier pourront un jour réaliser ce qui était l'espoir de leurs frères chiliens, l'avènement d'une société socialiste, et venger du même coup toutes les victimes de la barbarie capitaliste, venger la classe ouvrière chilienne assassinée.</i> » Bref, cette guerre est la nôtre, écrivait LO à juste titre à l'époque. Quel contraste avec l'affirmation de N. Arthaud, le 8 août dernier, ... que la guerre en Ukraine ne nous concerne pas encore ! : « <i>Ici, en France, la population ne meurt pas sous les bombes. Les travailleurs doivent défendre leurs conditions d'existence face à l'inflation, aux attaques du grand patronat et du gouvernement à son service.</i> » Bref, l'Ukraine nous intéresse à peine, car nous ne sommes pas encore impliqués dans la guerre qui s'y déroule.</p>
<p>De même, LO reprenait à juste titre en 1973 le programme du mouvement ouvrier d'avant 1914 qui réclamait la dissolution des armées permanentes et leur remplacement par la classe ouvrière en arme : « <i>On ne peut pas plus démocratiser qu'épurer l'armée de la bourgeoisie. En France, tous les cadres de cette armée ne sont pas des grands bourgeois. Une bonne partie d'entre eux est issue de la petite bourgeoisie. Les hommes de troupe le sont, eux, de la classe ouvrière ou de la paysannerie. Mais un paysan, un petit-bourgeois ou un ouvrier qui passe sous l'uniforme et y fait carrière, abandonne les idées de sa classe et les attaches avec elle pour devenir un soldat c'est à-dire un instrument dans les mains de l'état-major. C'est encore plus vrai s'il devient officier. La formation et la discipline auxquelles il est soumis, et qui ont fait largement leurs preuves plus que centenaires, n'ont pas d'autre but.</p>
<p>À la « Libération » on a ainsi prétendu démocratiser l'armée et la police en y intégrant une partie des hommes des maquis. Cela n'a empêché ni les CRS de mater les grèves ouvrières ni l'armée de mener les sales guerres coloniales, à commencer par la guerre d'Indochine. (...) En 1871 sous la Commune de Paris ; en 1917 en Russie aux premiers temps du pouvoir des Soviets ; en Espagne en 1936 quand, malgré le gouvernement républicain, des milices ont surgi un peu partout pour s'opposer justement au coup d'État de Franco.</p>
<p>Et puis c'est la seule chance des travailleurs, de la gauche, du socialisme. Sinon, si nous ne sommes pas capables de briser ce bastion de la réaction qu'est forcément l'armée actuelle, ce n'est pas la peine de penser à un pouvoir des travailleurs. Bien pire, un simple gouvernement de gauche a toutes les chances de finir par la réaction militaire comme au Chili.</p>
<p>Les travailleurs n'ont donc pas le choix : ou ils sont capables d'appliquer un programme révolutionnaire et de briser l'armée, ou ils sont condamnés à subir le joug de la bourgeoisie, de la réaction et du fascisme. </i> »</p>
<p>Mais en 2022, la guerre contre l'armée française n'est plus au programme de LO. Dans son éditorial du 8 août, N. Arthaud conclut ainsi par le slogan « <i>Vive la lutte des travailleurs pour renverser le capitalisme, seul espoir pour l'humanité d'échapper à la catastrophe ! </i> », alors qu'en 1973 LO aurait écrit : « Vive la lutte armée des travailleurs pour renverser le capitalisme, au moyen de la dictature du prolétariat organisée par des soviets, des comités d'usines auto-organisés, seul espoir pour l'humanité d'échapper à la catastrophe ! ».</p>
<p>Le réformisme latino-américain inspire la gauche et l'extrême-gauche française ? Que les travailleurs d'ici se mettent à l'école des révolutions ouvrières et paysannes de ce continent, pour mieux combattre la gauche réformiste qui comme en Italie en 1920, a ouvert en Amérique Latine la voie au fascisme qui prit la forme de dictatures militaires.</p>
<p>Chassons les réformistes et les faux révolutionnaires du camp des travailleurs, afin que lors d'une nouvelle révolution comme celle de 1952 en Bolivie, les ouvriers aient à leur tête des militants qui dépassent l'échec du POR, et n'aient pas peur de prendre le pouvoir. Pour cela ils n'auront qu'à s'allier aux révolutionnaires indiens et paysans comme les Zapata et Pancho Villa de la révolution Mexicaine !</p>
<p>En Amérique du Sud comme ailleurs, le seul vrai choix est entre le pouvoir aux travailleurs et le pouvoir aux exploiteurs. Toutes les autres « solutions » sont des impasses politiques et sociales sanglantes qui mènent aux abattoirs fascistes et militaires.</p></div>
L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6360
http://www.matierevolution.org/spip.php?article63602020-08-01T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionGuerre WarEsclaves SlavesPérou - PerùAmérique du sud America del surAmérindiens
<p>Les Nazca sont surtout connus pour leurs géoglyphes <br class='autobr' />
Les regards installés par les Nazca le long des canalisations souterraines La connaissance et l'utilisation des failles dans les montagnes pour canaliser les eaux <br class='autobr' />
D'innombrables vases Nazca en céramique ou en terre cuite représentent des soldats Nazca, décapitant des ennemis ou des peuples soumis, et portant leurs têtes en guise de trophées guerriers <br class='autobr' />
Les coupeurs de têtes <br class='autobr' />
Les deux chutes de la civilisation péruvienne Nazca, en 350 (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag">Esclaves Slaves</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag">Pérou - Perù</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/uf-enigme-nascalines.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/uf-enigme-nascalines-24af3.jpg?1789958522' width='500' height='375' alt='' /></a>
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</div>
<p>Les Nazca sont surtout connus pour leurs géoglyphes</p>
<div class='spip_document_11970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/geogly_758x569-af783.jpg?1789958522' width='500' height='375' alt='' />
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</div>
<p>Les regards installés par les Nazca le long des canalisations souterraines</p>
<div class='spip_document_11969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/ob_5faadb_20140118-aqueduc-de-cantallo-6.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/ob_5faadb_20140118-aqueduc-de-cantallo-6-58f43.jpg?1789958522' width='500' height='333' alt='' /></a>
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</div>
<p>La connaissance et l'utilisation des failles dans les montagnes pour canaliser les eaux</p>
<div class='spip_document_11971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH363/photgrammetric-of-nazca-karsten-lambersgeoglyph-3df33.jpg?1789958522' width='500' height='363' alt='' />
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<p>D'innombrables vases Nazca en céramique ou en terre cuite représentent des soldats Nazca, décapitant des ennemis ou des peuples soumis, et portant leurs têtes en guise de trophées guerriers</p>
<div class='spip_document_11983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH424/017f3b281cce369f836439b40edfa9f1-44118.jpg?1789958522' width='500' height='424' alt='' />
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</div><div class='spip_document_11982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/3-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH620/3-2-e9649.jpg?1789958523' width='500' height='620' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_11981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH426/68f5eda903a090d14637c74dacfd343a-f0171.jpg?1789958523' width='500' height='426' alt='' />
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</div><div class='spip_document_11980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH416/e4a275e707cd72a94b521eb43e76b9e2-0a19a.jpg?1789958523' width='500' height='416' alt='' />
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</div><div class='spip_document_11979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/11360471904_d9153b8778_k-e1509833194810.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH570/11360471904_d9153b8778_k-e1509833194810-db5ab.jpg?1789958523' width='500' height='570' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_11978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/11076535675_6fcb9f5933_k-e1509833185775.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH493/11076535675_6fcb9f5933_k-e1509833185775-48eb8.jpg?1789958523' width='500' height='493' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L271xH384/5163e7427025c2a07ec509a82f7f5055-b2c65.jpg?1789958523' width='271' height='384' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L236xH312/c1b005ef42aa7ef6ede9c3069b109f27--mesoamerican-peru-b450a.jpg?1789958523' width='236' height='312' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/3_2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH605/3_2-afbc9.jpg?1789958523' width='500' height='605' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/d2e9a1dfbfa7ac78f17258d48754c286.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH757/d2e9a1dfbfa7ac78f17258d48754c286-ba245.jpg?1789958523' width='500' height='757' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH612/2596_10502114_0-680f3.jpg?1789958523' width='500' height='612' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L357xH462/nazcapoterie3_thumb-14486.jpg?1789958523' width='357' height='462' alt='' />
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<p>Les coupeurs de têtes</p>
<div class='spip_document_11968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L261xH320/A113639_1-e7985.jpg?1789958523' width='261' height='320' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH252/220px-Cabeza_reducida_Jibaro__M-_America__Madrid__01-02ab4.jpg?1789958523' width='220' height='252' alt='' />
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</div><div class='spip_document_11966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH350/a78711c4654f2f36ca205dcc4e813d29-fcff2.jpg?1789958523' width='350' height='350' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Les deux chutes de la civilisation péruvienne Nazca, en 350 et 600 de notre ère</h2>
<p><i>Avertissement : Nous ne nous étendrons pas sur les thèses extraterrestres à propos des Nazca, ni sur les prétendus Aliens, ni à propos des interprétations fantasmagoriques des géoglyphes, ni à propos des momies qui ne seraient pas humaines (il n'y a rien de surnaturel à des crânes allongés produits par des bandelettes attachées au crâne du bébé, ni à des déformations osseuses provoquées par des tortures et des lanières et momifications de corps), ni sur Nazca et l'Atlantide et j'en passe…Tant pis si l'extraordinaire dans l'histoire des Nazca n'est pas ce que l'on croit ! Il ne nous semble pas que toute l'histoire de la civilisation Nazca s'explique par des mythes, des légendes, des croyances, des théories du type de celles que défendaient les Nazca eux-mêmes ! Nous croyons, au contraire, que la société Nazca s'explique de la même manière que les sociétés modernes, par des nécessités économico-sociales et par les méthodes politiques qui en découlaient pour gérer la société, ce qui signifie l'apparition d'un surproduit, la division du travail et son exploitation, l'apparition de la société de classes et de l'Etat. Mais aussi l'apparition de la lutte des classes et de la révolution sociale.</i></p>
<p>Etonnante et effrayante civilisation Nazca : des spécialistes de sismologie et d'hydraulique, connaissant parfaitement les Andes, leurs sources, leurs failles, leurs structures, des astrologues en même temps céramistes et tisserands, mais surtout des guerriers féroces, tortionnaires, coupeurs et retrécisseurs de têtes, oppresseurs et exploiteurs de tous les peuples voisins !!!</p>
<p>Les Nazca (ou Nasca, nom qui a été donné à cette civilisation sans écriture, sans que le nom qu'ils se donnaient soit connu), connue pour ses géoglyphes immenses tracés (des dessins seulement visibles du ciel !) dans le désert du Pérou, qui s'est développé parallèlement à la civilisation Mochica, ont chuté en 350 de notre ère, se sont reconstruits ensuite, pour finalement chuter et leur civilisation a définitivement disparu en 600 après J.-C.</p>
<p>Le plus étonnant, même si tout le monde trouve les géoglyphes les plus étonnants, c'est que cette civilisation s'est construite… en pleine région désertique !!!Nous avons affaire à de grands spécialistes des techniques d'irrigation, d'hydraulique, de fabrication de canalisations qui ont permis de conserver de l'eau et de transformer le désert en champs…Ils allaient parfois chercher l'eau dans la montagne et l'amenaient par des canalisations parfois souterraines ! Ces canalisations nécessitaient des techniques très perfectionnées, prévoyant même des aérations pour purifier l'eau ! Les aqueducs nazca fonctionnent encore aujourd'hui pour irriguer des terres !!!</p>
<p>Des rivières (Rio Ica, Rio Nazca, Rio Grande et ses sources, Rio Pince, Rio Acari, etc.), ils détournaient une partie de l'eau dans des canaux pour ensuite irriguer des terres fertiles chargées d'éléments riches déposés par les vents et les rivières. L'eau détournée en amont suit alors la pente la plus douce pour s'écarter au plus loin de la source. Puis, par gravité, des canaux secondaires et tertiaires sont construits et creusés pour amener l'eau directement dans chaque parcelle. Rien de bien original au début. Mais cela ne permettait que d'irriguer de faibles zones à basse altitude. L'essentiel de l'agriculture se fait donc plus à l'est, plus en Altitude entre 400 et 2000 mètres d'altitudes. Au dessus de 800 mètres, ont commencés à se développer des systèmes irrigués, là où le flux d'eau est presque constant toute l'année. Date difficile à élaborer aujourd'hui, le développement démographique des populations Nazca a probablement provoqué une pression de plus en plus forte à la colonisation de ces terres. L'état central Nazca, déjà bien développé afin d'entretenir la cosmogonie de cette civilisation tout en organisant efficacement de grands domaines irrigués, a commencé progressivement à proposer des solutions pour étendre les terres à ces altitudes plus basses où l'eau fait défaut, et ainsi répondre à la croissance démographique de sa population. On sait aujourd'hui que les élites Nazca avaient une connaissance très précise de la géologie, de la sismologie et de l'hydrologie de la zone. Qu'elle ait été acquise à cette occasion pour répondre aux besoins de la population, où qu'elle était déjà postérieure et a été facilement mobilisée au moment voulu, n'a pas plus d'importance que de savoir qui de l'œuf ou de la poule est apparu en premier. Quoi qu'il en soit, l'élite Nazca a analysé cette partie de son territoire, et pour résoudre le problème d'eau a décidé de creuser à l'horizontal depuis une altitude plus basse afin d'atteindre les nappes phréatiques où de grands quantité d'eau s'infiltrent naturellement, et ceci du à la nature très poreuses de certaines couches géologiques de la région. Ces tunnels sont appelés Puquios et s'enfoncent souvent très profondément dans les entrailles de la terre afin d'en ramener l'eau nécessaire à l'agriculture. Des puits sont régulièrement creusés le long de l'aqueduc souterrain ou Puquios. Ces puits où ojas, servent à la fois pour entretenir le canal souterrain et de source d'eau pour les populations adjacentes. Ces aqueducs forment non pas des unités séparées, mais constituent bien un réseau complexe, où les jeux de failles, fréquentes dans cette région sismique, provoquent des passages d'eau souterrains qui resurgissent en surface parfois des centaines de mètres plus loin. Notre ignorance partielle sur ces puquios montrent l'extrême ingéniosité et connaissance de ces Nazca qui ont su domestiquer une région parmi les plus arides du monde pour un faire un véritable jardin cultivé.</p>
<p>On ne connaît pas de villes du peuple Nazca, mais il a été découvert par contre un gigantesque centre religieux encore peu exploré, la cité de Cahuachi.</p>
<p>Leur civilisation éclot vers 200 av. J.-C., autour des oasis fluviales d'une région aride au sud du Pérou. Ils y développent une agriculture prospère, entre la côte et les hautes terres, y cultivent de la patate douce, du maïs, des haricots, du piment, des goyaves, des lucumas, du coton, des cannes à sucre, y élèvent des lamas et des alpagas, pêchent des mollusques et des poissons.</p>
<p>Les Nazca se sentaient intimement liés à la nature qui leur donnait toutes leurs ressources. L'eau y était rare et sacrée. La vie tenait aux fils des fleuves qui descendaient de la montagne, aux largesses de la pluie qui les remplissait. Un monde sans eau était un monde mort. Il fallait parler aux dieux pour que le ciel ne s'épuise jamais. Les Nazca les sollicitaient en langage symbolique du dessin et de la musique, mais aussi, de manière plus directe, en état de transe.</p>
<p>Les tâches imposées la société Nazca étaient monumentales, non seulement pour leurs constructions, leur irrigation (un travail considérable), leurs cultures agraires, mais aussi les porteries et surtout le tissage qui atteignait des quantités invraisemblables, sans parler du travail pour dessiner et conserver les géoglyphes… Tout cela supposait une surexploitation violente des populations locales et même de l'esclavage ainsi qu'un système politique de terreur. D'où les têtes collectionnées, retrécies et présentées « artistiquement » pour prouver la violence de la société militaire Nazca. Nous allons voir que cela n'est pas étranger à la manière, violente et brutale, avec laquelle cette civilisation a disparu.</p>
<p>Une fois encore, pour comprendre une chute de civilisation d'Amérique précolombienne, on a fait appel aux catastrophes, soit naturelles (pluies diluviennes, sécheresses, vent de sable) ou humaines (surexploitation des richesses, déforestation, etc.), mais il est évident qu'elles n'ont été que le prélude et l'incitateur de révolte sociale renversant un régime d'exploitation et d'oppression honni.</p>
<p>Nombre d'auteurs présentent la chute de cette civilisation comme une « catastrophe écologique » : <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-disparition-civilisation-nazca-catastrophe-ecologique-21216/" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p><a href="https://www.dailymotion.com/video/x50nwc2" class="spip_out" rel="external">Voici un film qui présente cette thèse</a></p>
<p>Pour eux, il ne peut s'agir d'une action sociale des opprimés se soulevant contre une société d'oppression et d'exploitation !</p>
<p>Ils parlent seulement d'inondation catastrophique ou d'épuisement des ressources.</p>
<p>Wikistrike offre une autre version :</p>
<p>« Ces figurines surgies du passé ne doivent cependant pas faire oublier l'effondrement brutal de la civilisation Nazca, il y a 1700 ans, après plus de 6 siècles d'une domination sans partage sur cette partie du monde. Que s'est-il passé pour que Cahuachi sombre aussi rapidement dans l'oubli, comme enterrée vivante ? Giuseppe Orefici évoque deux événements importants qui se sont déroulés entre l'an 300 et l'an 350 de notre ère. Tout d'abord une inondation particulièrement violente, dont les traces ont été retrouvées partout sur le site au cours des fouilles. Ensuite, un tremblement de terre qui détruisit les temples de Cahuachi, comme en atteste la découverte de squelettes broyés sous des pans de murs effondrés. L'anéantissement de ces centres cérémoniels a très certainement joué un rôle crucial dans l'abandon de la cité : privée de ses lieux de culte, la religion des Nazcas ne pouvait plus fonctionner correctement. Dévastée, Cahuachi fut donc abandonnée aux sables du désert. Giuseppe Orefici émet l'hypothèse que les Nazcas auraient eux-mêmes enseveli la cité à des fins rituelles. Sa théorie repose sur l'observation des édifices, qui sont recouverts d'une couche d'argile qui n'a pu être transportée là que par des hommes.</p>
<p>Les Nazcas, quant à eux, ne survivront que deux ou trois siècles à l'ensevelissement de leur grande cité cérémonielle, finissant par être absorbés par la civilisation des Huaris, une autre peuplade venue des Andes avec laquelle ils avaient des relations commerciales. Plus tard encore viendra l'empire Inca, mais à cette époque le nom même des Nazcas aura disparu, et Cahuachi ne sera plus qu'un souvenir lointain dormant sous les sables du désert. »</p>
<p><a href="http://www.wikistrike.com/article-la-civilisation-disparue-des-nazcas-91090315.html" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>Il est visible que les conditions climatiques comme causes principales de la chute sont un a priori et non une observation. Par exemple, certains affirment que c'est une sécheresse et d'autres des pluies diluviennes. Ils les situent d'ailleurs à des dates qui ne sont pas celles de la chute de cette civilisation.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=peLfcuHP0nA" class="spip_out" rel="external">Voici par exemple un auteur qui explique qu'une sécheresse exceptionnelle a frappé la région entre 800 et 900 après J.-C. : difficile d'expliquer ainsi le déclin de 350 après J.-C., ni la fin spectaculaire et brutale de 600 après J.-C. !</a></p>
<p>Cette fois, même Wikipedia est capable de concevoir qu'il puisse s'agir d'une révolution sociale :</p>
<p>« Après environ six siècles d'existence, la civilisation Nazca décline brutalement vers 350. L'explication semble être une perte de foi due à la conjonction entre une inondation et un séisme. Cette inondation aurait été plus catastrophique que les autres (elles étaient fréquentes) à cause de l'agriculture intensive. Ces événements auraient provoqué une perte de confiance des Nazcas en leurs dieux et donc, en leurs prêtres. »</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazca_(civilisation)" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>« Les céramiques sont parmi les aspects les plus originaux et le mieux connu de la civilisation Nazca, à cause de leur sophistication technique et du symbolisme de ces motifs. Il s'agit surtout de bols, de gobelets, de vases et de récipients à double goulot. Peu colorées durant la période Nazca initiale, elles sont d'une grande richesse polychrome par la suite, durant les périodes Nazca moyen et Nazca tardif. Les couleurs les plus employées sont des teintes chaudes comme le rouge, le marron, le jaune, le violet, ainsi que le noir et le blanc</p>
<p>Les Nazcas vivaient de l'agriculture intensive qu'ils pratiquaient dans les étroites vallées des affluents du Rio Grande de Nazca ainsi que dans la vallée d'Ica, Ils avaient fortement développé l'irrigation pour pallier le manque d'eau chronique dans cette région aride en construisant des puits profonds de plusieurs mètres reliés par un réseau d'aqueducs souterrains. Ces aqueducs sont encore utilisés de nos jours. <br class='autobr' />
Ils vivaient dans des huttes recouvertes de chaume situées à l'extérieur de la zone cultivable, c'est-à-dire à la limite du désert, de manière à maximiser la surface cultivable. Ces huttes étaient regroupées en bourgades autour d'une pyramide en adobe servant de sanctuaire.<br class='autobr' />
Le site central était Cahuachi (durant les cinq premiers siècles de l'ère chrétienne), à 6 km de la ville actuelle de Nazca. C'était un centre exclusivement cérémoniel (les fouilles n'ont révélé aucune trace d'activité de vie quotidienne) qui comprenait plus de quarante buttes pyramidales surmontées de structures en adobe. La plus grande de ces pyramides comportait six terrasses superposées dépassant 20 m de hauteur. Lors de cérémonies religieuses, des têtes humaines (d'ennemis) étaient coupées et préparées comme trophées puis enfouies. On a également trouvé des têtes humaines au front percé, permettant ainsi de les suspendre à l'aide d'une corde pourvue d'un nœud, passée dans l'orifice. <br class='autobr' />
Les Nazcas pratiquaient aussi la déformation crânienne. On faisait porter un déformateur en cuir aux nouveau-nés, pendant un an, ce qui contraignait la croissance du crâne vers le haut. Le but était vraisemblablement esthétique. »</p>
<p>En fait d'esthétique, il s'agissait probablement d'une manière de faire en sorte que la classe dirigeante, noble et guerrière, se distingue des simples paysans et artisans et les domine y compris par l'apsect extérieur.</p>
<p>Les Nazca avaient développé une société théocratique et militaire avec une politique guerrière expansive, écrasant les peuples voisins. La conquête des terres a été faite à la recherche de plus grandes ressources qui était rendue nécessaire par leur confrontation avec le désert. L'utilisation de têtes de trophée est connue comme un mécanisme permettant de contrôler par la terreur les populations voisines traitées en ennemies. Les chefs Nazca avaient en effet l'habitude de suspendre la tête de leurs ennemis morts en trophées. Max Uhle, découvreur de la civilisatio Nazca, a inventé le terme "tête de trophée".</p>
<p>Dans cette société dominée par guerriers et prêtres, dans cet État théocratique militariste, paysans artisanaux et pêcheurs constituaient la main-d'œuvre.</p>
<p>N'oublions pas que l'antique nom de « Nazca » signifiait la mise à mal ou la torture… Nazca aurait été une prison des peuples qui expliquerait la masse incroyable de travaux titanesques réalisés par cette « civilisation » de l'exploitation de l'homme… Et peut-être aussi sa chute dès que des conditions naturelles plus défavorables se sont produites et ont engendré une perte de confiance ou de soumission à cet Etat oppressif…</p>
<p>L'élite nazca vivait dans les constructions pyramidales. La vie civile est dirigée par une élite sacerdotale. Le pouvoir d'Etat était noble et guerrier. Les exploités étaient pêcheurs ou paysans. Les Nazca organisaient aussi le grand commerce, notamment avec les Huarpa et Tiahuanaco.</p>
<p>Si cela ne peut pas être une armée d'un Etat voisin qui ait attaqué cette civilisation, cela peut, par contre, être une révolte d'esclaves, de l'un des peuples voisins, soutenue de l'intérieur par des esclaves issus de ce peuple. Et, dans ce cas, il faut parler non de guerre mais de révolution sociale, d'explosion contre la surexploitation et contre l'oppression, d'autant qu'alors c'est l'ensemble du mode de production qui est détruit et pas seulement l'édifice politique, les anciens peuples esclavagisés retrouvant leur liberté et retournant à leur ancien mode de production et d'existence, soit de chasseurs-cueilleurs, soit de petite production de cultivateurs indépendants.</p>
<p><a href="http://cocomagnanville.over-blog.com/2019/02/cahuachi-centre-rituel-nazca-en-adobe.html" class="spip_out" rel="external">Cahuachi, centre rituel Nazca</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p></div>
Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6418
http://www.matierevolution.org/spip.php?article64182019-08-24T22:28:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionEsclaves SlavesRévolution bourgeoiseAmérique du sud America del surLutte de classes - Class struggle
<p>Les classes sociales successivement chez les Olmèques, les Zapotèques, les Mayas, les Toltèques, les Aztèques et les Incas : Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes <br class='autobr' />
Se contenter, comme le font la plupart des auteurs, en ce qui concerne l'étude des sociétés précolombiennes et particulièrement de leurs chutes étonnantes et impressionnantes par leur brutalité et l'absence apparente d'explications, de s'en tenir à faire appel à des désordres climatiques et à des (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
/
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag">Esclaves Slaves</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_12559 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/azteque2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH387/azteque2-37075.jpg?1789958523' width='500' height='387' alt='' /></a>
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<p>Les classes sociales successivement chez les Olmèques, les Zapotèques, les Mayas, les Toltèques, les Aztèques et les Incas :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH590/400px-PiraSocVirreinatoPeru-e9b4c.jpg?1789958524' width='400' height='590' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</h2>
<p>Se contenter, comme le font la plupart des auteurs, en ce qui concerne l'étude des sociétés précolombiennes et particulièrement de leurs chutes étonnantes et impressionnantes par leur brutalité et l'absence apparente d'explications, de s'en tenir à faire appel à des désordres climatiques et à des défauts prétendus des sociétés indiennes en termes de politique de préservation des ressources naturelles, thèse environnementaliste à la mode comme passe-partout et explication générale pour le passé, le présent et l'avenir, c'est un peu comme si on disait que c'étaient seulement des hivers rigoureux et des pluies diluviennes qui avaient tué royauté et féodalité en France en 1789, en même temps qu'un manque de politique de préservation de la nature par l'Ancien Régime !!! En somme, cela consiste purement et simplement à effacer la révolution politique et sociale, l'action des masses en lutte, leur organisation, leur intervention et ce n'est certainement pas plus un moyen de comprendre ce qui est arrivé brutalement à la société française en 1789, ou en Europe par la suite, qu'un moyen de comprendre les sociétés amérindiennes antiques.</p>
<p>Bien sûr, les auteurs, historiens ou préhistoriens, archéologues ou sociologues, n'ignorent pas que les sociétés améridiennes précolombiennes les plus développées avaient depuis très longtemps construit des hiérarchies sociales perfectionnées, avec une division du travail, des professions très structurées, avec même des classes sociales et des luttes de classes. Mais ils se refusent assez systématiquement à relier les désordres violents que ces sociétés ont connus lors de leurs crises économiques, sociales et politiques, avec ces luttes de classes. Ce n'est en soi à cause de leurs connaissances sur la préhistoire et l'histoire amérindienne elle-même ou de leurs manques de connaissances, mais à cause d'a prioris de la société actuelle, des a prioris qui taxent immédiatement toute thèse « lutte de classes » de propagande marxiste révolutionnaire, donc de mensonge orienté qui n'auraient rien à voir avec la démarche scientifique !!!</p>
<p>Peut-on sérieusement « oublier » la lutte des classes pour interpréter la chute de sociétés amérindiennes très structurées, disposant d'importants moyens politiques et sociaux de conservation sociale au profit des classes dirigeantes, y compris souvent d'Etats ou de cités-Etats ou de moyens pré-étatiques, de structures sociales hiérarchisées, étayées par des institutions religieuses, elles-mêmes directement reliées aux classes possédantes, des sociétés exploitant en majorité une main d'œuvre plus ou moins forcée et esclavagisée, durement frappée par la répression violente des guerriers. Penser que de telles sociétés peuvent avoir chuter d'elles-mêmes, tranquillement, alors qu'elles disposaient d'instruments institutionnels très puissants, est totalement irréaliste pour ne pas dire ridicule.</p>
<p>Ce qui est certain que les grandes disparitions de civilisations précolombiennes ne sont pas, pour l'essentiel, le produit des guerres entre sociétés amérindiennes, les villes abandonnées lors de ces chutes spectaculaires n'ayant montré aucune trace qui correspond à une guerre, à une invasion armée extérieure, ni à une occupation militaire après l'effondrement de la société. La société effondrée n'a pas laissé place à une nouvelle civilisation. Au contraire, tout l'édifice social et politique a laissé la place au néant. Même le mode de production a été éliminé. Les travailleurs des villes et des champs ont abandonné toute production. Les villes ont été massivement désertées. Tout a été transformé en ruines. Le souvenir même de l'ancienne société a disparu pour de longs siècles et c'est souvent le hasard qui a fait redécouvrir récemment ces anciennes sociétés autrefois très actives, très prospères, puissantes et dominant des régions immenses, avec une population considérable qui ont toutes chuté au plus haut niveau de leur croissance démographique, économique, sociale et politique.</p>
<p>Les restes de ces villes, des palais, des temples ou des habitations des plus riches manifestent à la fois que c'est dans la violence que le système social a été renversé mais aussi que le but n'était pas de voler et de piller, mais de détruire la structure politique et sociale. En effet, les richesses ont été le plus souvent laissées sur place, y compris les objets précieux des palais royaux dévastés. Les centres du pouvoir, y compris du pouvoir religieux, ont été méthodiquement démolis, détruits, profanés, pour en détruire le pouvoir physique et aussi le pouvoir moral, religieux, magique, ce qui montre que c'est la domination, physique comme morale, de la classe possédante que l'on voulait détruire définitivement. Parfois, ce sont uniquement les maisons des riches qui ont été détruites, celles des pauvres ayant seulement été abandonnées.</p>
<p>Il ressort de tous ces éléments que ce sont des troubles intérieurs, à la fois politiques et sociaux, qui ont mené au renversement du pouvoir et du système de domination. Le fait que des sites extrêmement peuplés aient été complètement abandonnés, le fait que l'activité de construction de monuments mais aussi toute activité artisanale, commerciale et toute activité agraire soit également supprimée signifie que la population a cessé de travailler pour la classe dominante.</p>
<p>Bien sûr, pour qu'une telle révolution sociale et politique ait lieu, comme dans la révolution française de 1789, il faut que la crise économique ait fondamentalement sapé les bases sociales du système d'exploitation en même temps que la confiance des exploités dans les capacités des classes dirigeantes, notamment leur confiance dans le soutien des dieux aux dominants. Des désordres climatiques peuvent parfaitement y avoir contribué mais leur importance n'a été considérable que s'ils ont engendré des soulèvements des exploités contre leurs exploiteurs. La thèse des environnementalistes, selon laquelle la contradiction qui a été déterminante serait l'utilisation exagérée des ressources naturelles, allant jusqu'au point où ces ressources seraient épuisées n'est pas nécessaire ni générale comme ils voudraient le faire croire. La royauté et la féodalité françaises n'avaient pas épuisé les ressources naturelles mais ils avaient été au bout de la patience des exploités et opprimés. Il n'est pas absolument nécessaire de faire appel à des catastrophes climatiques, comme les phénomènes El Niño, à des sécheresses ou à des pluies diluviennes, ou encore des vents de sable, pour expliquer que des régimes sociaux aient atteint leurs limites et que leur succès même parfois, comme c'est le cas de l'empire aztèques comme de l'empire romain ou les empires coloniaux espagnol et portugais, ait sapé les bases de leur domination. Le développement des empires a mené souvent à une domination des guerriers au point que l'une des bases solides de l'empire, le commerce international, ait été déstabilisé, enlevant un pilier du système social. Qu'une société dont la réussite triomphe trop violemment se transforme au point de se déstabiliser n'a rien d'étonnant. Le succès des guerriers de l'empire a pu mener au remplacement violent du matriarcat par le patriarcat, renversant une des bases de l'ordre social ou à la suppression complète de l'ancienne société communautaire qui, au début, avait seulement été marginalisée mais qui était nécessaire comme environnement aux marges de la civilisation. Ce type de transformations d'un système social qui change de par son succès lui-même n'a bien entendu rien à voir avec des catastrophes climatiques ou avec des épuisements de ressources naturelles. Il y a d'autres cas possibles comme celui d'une société agraire dont le développement démographique est adapté à ses capacités mais qui agglomère des populations voisines du fait d'autres chutes de civilisations. Cet autre exemple, qui n'a encore une fois rien à voir avec la thèse climatique ou environnementaliste, se trouvée vérifiée plusieurs fois, notamment lors de la chute des Toltèques et de celle de Teotihuacan. Un autre cas est celui des société en plein développement dans lesquelles apparaissent de nouvelles divisions sociales, les classes riches devenant de plus en plus séparées et opposées au reste de la population, mais sans que soit encore apparu un Etat avec les systèmes de protection que cela implique pour les classes riches. Dans ce cas, toute déstabilisation, qui peut être provoquée par de multiples causes, politiques, guerrières, économiques ou autres, entraine des luttes de classes violentes, par exemple des révoltes d'esclaves que le système ne peut réprimer, ne disposant pas d'un appareil de répression permanent. Toutes ces possibilités peuvent expliquer la chute d'une société jusque là très prospère.</p>
<p>En tout cas, même en dehors des phases de déstabilisation politique ou sociale, la compréhension de sociétés dans lesquelles existent à l'évidence des classes sociales n'est pas possible sans interpréter fondamentalement les événements cruciaux en termes de luttes de classes. Même face à une catastrophe naturelle, les classes sociales ne s'effacent pas : au contraire, elles sont déterminantes. Devant une hausse brutale de la misère, même si elle est due à un phénomène climatique, quelle qu'en soit la raison, les classes sociales sont plus que jamais divisées et même deviennent brutalement violemment opposées. Or, dans toutes les sociétés amérindiennes dévelopées, dans toutes les civilisations précolombiennes des Amériques, on trouve des divisions en classes sociales. C'est donc la structure hiérarchisée des classes sociales de chacune de ces civilisations qui doit être analysée pour en comprendre la dynamique et surtout pour comprendre comment et pourquoi elle s'est si brutalement et définitivement interrompue. Tant que le système fonctionne, il est capable d'inhiber les hostilités violentes et les intègre dans son ordre social qui est accepté et respecté, y compris des plus exploités et opprimés. Dès que les contradictions violentes frappent les fondements du système, les conditions des révolutions peuvent survenir et la lutte des classes, jusque là masquée, refait surface.</p>
<p>Accuser un tel point de vue d'a priori marxiste et le considérer dès lors comme à rejeter d'emblée, c'est parfaitement ridicule même si c'est le point de vue dominant. Et cela pour plusieurs raisons dont la première est le fait que ces mêmes historiens ou archéologues reconnaissent l'existence de classes sociales et de leur opposition lorsqu'ils décrivent ces sociétés, mais n'en tiennent aucun compte pour expliquer ce qui leur est arrivé dans leur histoire. Un autre point qui souligne le ridicule de cet antimarxisme primaire : comme Marx lui-même l'a souligné, il est très loin d'avoir inventé ou créé la conception qui considère que « l'histoire des révolutions est celle des luttes de classes », n'ayant fait que reprendre l'idée aux historiens français et notamment à Augustin Thierry, Mignet, Guizot, Louis Blanc et même Thiers.</p>
<p>Bien entendu, nous ne voulons pas nier que Marx et Engels, ou leurs successeurs Rosa Luxemburg, Trotsky, Lénine et bien d'autres auteurs marxistes ont marqué cette conception des révolutions sociales et de leur lien avec la lutte des classes. Nous notons seulement que la mode actuelle considère que le simple fait d'analyser la lutte des classes dans les anciennes sociétés serait déjà du marxisme révolutionnaire !</p>
<p>Nous savons que ce n'est pas dans Marx, ni dans les auteurs marxistes anciens que nous pouvons trouver des analyses « luttes de classes » des sociétés amérindiennes précolombiennes pour la bonne raison qu'on n'avait pas à l'époque de connaissances suffisantes sur elles, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Nous en savons largement assez pour reconnaître dans les chutes des civilisations en question l'action violente des révolutions sociales. C'est seulement leur a priori antimarxiste qui empêche l'histoire, la sociologie, la préhistoire et l'archéologie, officiels de l'admettre. Comme c'est un a priori des auteurs qui les amène à voir partout des catastrophes climatiques ou environnementales, même quand les dates ne correspondent pas et même quand cela n'explique nullement le type d'événement auquel on assiste. Cela ne signifie pas, bien entendu, que nous prenions complètement le contrepied de cette thèse, en considérant que le climat ne serait pour rien dans les changements économiques qui ont été à la base des événements politiques et sociaux. Mais, comme on l'a dit en introduction, quels sont les auteurs qui ramèneraient la révolution française débutée en 1789 au seul climat ou au manque de préoccupations environnementalistes de la royauté et de la féodalité ?!!! D'ailleurs, supposer qu'une société développée et étendue, possédant un Etat ou un embryon d'Etat, en tout cas une société très structurée et organisée, puisse s'écrouler sans révolution, sans heurts sociaux et politiques, est parfaitement absurde. Quand nous n'en avons pas les preuves, ni les signes, ni les traces et encore moins les récits, nous ne devons pas broder et inventer des révolutions ni les imaginer. Par contre, nous sommes portés à juste titre à rechercher des preuves de telles révolutions dans les restes et les ruines de ces civilisations disparues et pas à rejeter les premières preuves qui nous viennent par hasard sous la main.</p>
<p>Nous avons d'ailleurs plusieurs archéologues ou historiens qui ont su voir de telles preuves, même si le courant dominant continue de le nier, de faire comme si de rien n'était, ou faire silence sur ces questions gênantes ! Ainsi, des traces d'incendie des quartiers riches se trouvent dans des villes brutalement abandonnées. L'étude des tombes des civilisations peut également nous donner des indications de la crise économique qui frappe peu avant ces chutes de civilisations.</p>
<p>Il est certain que l'étude scientifique des révolutions des civilisations amérindiennes et de leur liaison avec la lutte des classes n'en est qu'à ses débuts et reste encore à développer.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">Lire la suite</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions de Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Aztèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Olmèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation à Teotihuacan</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Mayas</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Toltèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Mississipiens</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Incas</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation chez les Mochica</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation dans l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation de Chavin</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation de Nazca</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation de Caral</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation de Lambayeque</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes et renversement de la civilisation des Zapotèques de Monte Albán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p></div>
La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6414
http://www.matierevolution.org/spip.php?article64142019-08-06T22:35:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionRévolution bourgeoisePérou - PerùMexiqueRévolteAmérique du sud America del surColombieGuatemala
<p>De grandes civilisations prospères et puissantes des Amériques ont complètement disparu de manière brutale et totale, abandonnant de grandes villes et tout le mode de vie qu'ils avaient construit. Est-ce dû à des causes naturelles (sècheresses, inondations, vents de sable, tremblements de terre...), surnaturelles (religions, sorcellerie, extraterrestres...), ou socio-politiques (passage du matriarcat au patriarcat, crise économique, conflits sociaux, luttes de classes sociales, luttes (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot188" rel="tag">Colombie</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot289" rel="tag">Guatemala</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_12611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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<p>De grandes civilisations prospères et puissantes des Amériques ont complètement disparu de manière brutale et totale, abandonnant de grandes villes et tout le mode de vie qu'ils avaient construit. Est-ce dû à des causes naturelles (sècheresses, inondations, vents de sable, tremblements de terre...), surnaturelles (religions, sorcellerie, extraterrestres...), ou socio-politiques (passage du matriarcat au patriarcat, crise économique, conflits sociaux, luttes de classes sociales, luttes politiques déstabilisation des classes possédantes ou des Etats) ?</p>
<p>Las grandes civilizaciones prósperas y poderosas de las Américas han desaparecido por completo de una manera brutal y total, abandonando las grandes ciudades y toda la forma de vida que habían construido. ¿Se debe a causas naturales (sequías, inundaciones, tormentas de arena, terremotos ...), sobrenaturales (religiones, brujería, extraterrestres ...) o socio-políticas (transición del matriarcado al patriarcado, crisis económica, conflictos sociales, luchas de clases sociales, luchas políticas que desestabilizan a las clases ricas o estatales) ?</p>
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</div>
<p> Les civilisations amérindiennes peintes par Diego Rivera</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Offrandes_a_l_empereur_de_fruits_tabac_cacao_et_vanille_par_le_peintre_mexicain_Diego_Rivera.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH328/Offrandes_a_l_empereur_de_fruits_tabac_cacao_et_vanille_par_le_peintre_mexicain_Diego_Rivera-7fdd1.jpg?1789958524' width='500' height='328' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">Les mythes de la mort du soleil représentent la chute brutale de la civilisation :</h2>
<p>Jacques Soustelle dans « L'univers aztèque » :</p>
<p>« Aussi bien dans les traditions et chroniques rédigées après la conquête dans les manuscrits précolombiens et les bas-reliefs de certains monuments, on retrouve l'idée que notre monde a été précédé de quatre mondes ou « soleils » qui ont pris fin dans des cataclysmes. On donne à ces mondes disparus les noms de « Soleil de Tigre » (Ocelotonatiuh), « Soleil de Vent » (Eecatonatiuh), « Soleil de Pluie » (Quiauhtonatiuh), « Soleil d'eau » (Atonatiuh). Le Soleil de pluie est quelquefois appelé Soleil de Feu, car c'est une pluie de feu qui a détruit le monde à la fin de cette période… Enfin notre monde actuel est signalé que le « calendrier aztèque » par la date de 4 Ollin (4 Mouvement ou Tremblement de Terre)… C'est dans le calendrier rituel, le jour de la fête du soleil et des seigneurs. Mais c'est aussi, probablement, la date où notre monde prendra fin dans les tremblements de terre, le signe ollin symbolisant à la fois le mouvement du soleil et les secousses sismiques.. Ainsi, à quatre reprises, un monde est né et s'est effondré dans de gigantesques catastrophes. »</p>
<p>Léon-Portilla rapporte le mythe des « Cinq Soleils » dans « La pensée aztèque » :</p>
<p>« Ceux qui vécurent dans ce premier soleil furent dévorés par des ocelots (tigres) au temps du soleil 4 tigre… Ils vécurent 676 ans… Ils périrent et tout se termina, alors le soleil fut détruit… Ils furent dévorés en un jour… donc tous périrent.</p>
<p>Ce soleil s'appelle 4 vent. Ceux qui habitèrent ce deuxième soleil furent emportés par le vent. Et ce soleil-là fut aussi emporté par le vent…</p>
<p>Ce Soleil 4 pluie était le troisième âge, au temps du soleil 4 pluie. Ils périrent aussi, une pluie de feu s'abattit sur eux et ils devinrent des dindons. Et le soleil s'embrasa et toutes les maisons s'embrasèrent… Ce soleil s'appelle 4 eau, l'eau dura 52 années… Ils périrent ainsi : ils furent noyés par l'eau et se transformèrent en poissons… L'eau recouvrit tout pendant 52 ans…</p>
<p>Ce soleil a pour nom 4 mouvement ; c'est notre soleil où nous vivons à présent… Et, comme disaient les Anciens, il y aura un mouvement de la terre, une famine et nous périrons. »</p>
<p>Jacques Soustelle, dans « Les Aztèques » :</p>
<p>« L'effondrement brutal d'un Etat qui pouvait compter sur d'aussi valeureux défenseurs est apparu aux contemporains comme une catastrophe inexplicable ou comme un miracle. Cependant ses causes se laissent apercevoir. »</p>
<p>Interview de Jacques Soustelle :</p>
<p>« Sur la disparition brutale de leur civilisation, Nous n'avons acquis que des certitudes négatives. Les Olmèques s'arrêtent en 400 avant J.-C., les Mayas vers la fin du premier millénaire après J.-C. Or, dans les deux cas, il ne s'agit ni de tremblement de terre, ni de guerre, ni d'épidémie… Tout se passe comme si, un beau matin, on avait décidé la grève générale illimitée. On ne croit plus aux dieux, les prêtres s'occupent trop de mathématiques et d'astronomie, les gens s'éloignent des sanctuaires, se contentent de survivre ; l'eau et les plantes réoccupent le territoire et érodent les pyramides… En 650, Teotihuacan disparaît. Puis deux siècles d'obscurité… Apparus en 856, les Toltèques durent deux à trois siècles. Tula, leur capitale, tombe en 1168… Les Mayas, eux, ont commencé en 292 après J.-C. et disparaissent en 909. »</p>
<p><a href="https://jacques-soustelle.blogspot.com/2013/10/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Divination et destin dans la pensée méso-américaine, Néstor Salamanca Leon :</p>
<p> « L'expérience de la chute des civilisations précédentes est restée marquée dans les sociétés amérindiennes. L'inquiétude perpétuelle des Mayas devant le futur était due aussi à la certitude qu'ils avaient de la destruction du monde. Un sentiment de terreur les gagnait à l'approche de la fin du cycle des Katun, par crainte de voir leurs dieux refuser de continuer à assurer la marche de l'univers. Cette sorte d'abandon de leur destin aux aléas du temps et au calendrier rituel, montre justement leur profonde conviction que l'avenir ne leur appartenait pas : les dieux contrôlaient le temps de la même manière qu'ils disposaient de la vie des hommes et de l'existence du monde. Dans le mythe fondateur des Mayas Quichés, comme dans d'autres mythologies méso-américaines, le monde dans lequel ils vivaient n'était ni le premier ni le dernier à être créé ; ils croyaient que d'autres mondes avaient existé qui avaient disparu à la suite de terribles catastrophes. Les Mayas attendaient ainsi la destruction de leur propre univers puisque leur présent n'était que la répétition de l'existence de leurs ancêtres. D'après Miguel Rivera Dorado, la croyance des civilisations méso-américaines selon laquelle le soleil pouvait disparaître à la fin d'une période déterminée, rendait ces peuples particulièrement fatalistes. Cette croyance avait, certes, des conséquences sociales, la plus tragique étant celle des sacrifices humains. Tout procédé, même le plus barbare, pouvait être utilisé pour éviter la disparition de la terre, y compris celui d'offrir aux dieux la vie des hommes pour fournir l'énergie aux astres afin que se perpétue le système solaire. Ces peuples étaient parvenus à la conclusion que sans la mise à mort nécessaire de prisonniers et d'esclaves, la vie n'existerait plus. »</p>
<h2 class="spip">La disparition précolombienne des vieilles civilisations des Amériques (avant le massacre colonial occidental), un produit de la lutte des classes - La caída de las civilizaciones precolombinas producida por la lucha de las clases sociales</h2>
<p>Nombre d'auteurs prennent les mythes amérindiens au premier degré, c'est-à-dire qu'ils prennent les légendes et traditions ou religions comme la cause réelle des événements historiques : les amérindiens auraient tellement cru en leurs mythes qu'ils les auraient réalisés, abandonnant des cités parce que leurs croyances leur faisaient penser que le monde était fini. Ce n'est pas seulement les peuples amérindiens qui seraient ainsi idéalistes au sens philosophiques mais ces auteurs contemporains !!! Il nous semble que c'est mettre le monde sur la tête et que cela ne correspond pas à la réalité historique : les mythes ont suivi les réalités et non l'inverse. Quand les peuples ont un mythe de la fin du monde, c'est qu'avant eux des mondes (des civilisations) ont disparu, sont mortes, ont connu une décadence brutale. Par exemple, les Aztèques n'ignoent pas que les Toltèques ont vu leur civilisation disparaître et ils en parlent même sans arrêt et admirent les anciens seigneurs toltèques qui sont d'ailleurs partiellement venus vivre dans leur société. Et si les Aztèques croient que les blancs sont des dieux, ce n'est pas seulement parce que c'est dans le texte religieux. Cela y est parce que, dans le passé, d'autres voyageurs sont venus de l' « ancien monde » et ont influencé les civilisations amérindiennes. L'exemple le plus connu est bien sûr celui de la vieille civilisation olmèque.</p>
<p>La mode de l'antimarxisme étant tellement développée dans la société, y compris parmi les chercheurs, il est quasi incorrect pour un anthropologue ou archéologue d'envisager que les événements historiques seraient à considérer comme produits de la lutte des classes : ce serait un a priori « marxiste » ! Du coup, on en reste au caractère prétendument mystérieux de toutes ces chutes de civilisations, mis à part quelques rares cas où une civilisation bat l'autre militairement…</p>
<p>Pour la plupart des auteurs, la chute des civilisations précolombienne, celle qui n'a pas été causée par des guerres entre civilisations amérindiennes ou par la colonisation occidentale et qui ont cependant disparu corps et biens sans passer le relai à une autre civilisation indienne, serait un mystère insondable. A l'évidence, la plupart de ces civilisations se sont autodétruites et ces auteurs trouvent cela complètement inattendu, inexplicable, mystérieux, et ils ressentent le besoin, pour l'interpréter, de faire appel à des mysticismes, à la magie et même à l'intervention d'extraterrestres.</p>
<p>Ces gens-là pensent qu'une civilisation ne peut pas s'autodétruire « naturellement ». C'est-à-dire qu'ils pensent les forces de construction de la société humaine autrement qu'en termes de contradictions, uniquement de manière positive. Pour eux, une société est une construction et pas une destruction, une stabilisation et pas une déstabilisation, un lien et pas une désunion. Comme si l'ordre social, même s'il cimente et conserve un certain type de relations sociales, n'était pas dialectiquement à la fois constructeur et destructeur, unissant et désunissant la société en la divisant en classes sociales.</p>
<p>Ce développement historique n'a pas concerné spécifiquement tel ou tel continent mais, de manière indépendante, il a été le même aux quatre coins du monde, les Amériques y compris bien entendu. Ce sont les facteurs économiques qui ont produit les nécessités des développements sociaux et politiques, sous des formes certes diverses mais ayant des lois communes qui proviennent du développement des forces productives.</p>
<p>Plus la société de classes sociales se développe, plus elle multiplie ses propres ennemis, en nombre et en forces car les forces productives deviennent de plus en plus nombreuses, efficaces en capacité de produire des richesses, et importantes socialement au sein de l'édifice social. Les exploités deviennent indispensables au fonctionnement social. Ils deviennent en même temps une part croissante de la population. Ils sont également plus regroupés dans les sociétés de plus en plus urbanisées.</p>
<p>Survienne alors une crisé économique (par exemple, une crise agraire liée à des problèmes climatiques), une crise politique (par exemple, une guerre ou une guerre civile liée à des luttes entre classes possédantes locales ou régionales) et il suffit alors d'une situation exceptionnellement dramatique (perte de confiance dans les classes possédantes due à une défaite cuisante ou à une tempête, à une sécheresse exceptionnelle, à un tremblement de terre) pour que la lutte des classes entre exploiteurs et exploités prennent la tournure d'une révolution sociale.</p>
<p>Évidemment, cela n'est pas propre aux civilisations occidentales et cela concerne aussi bien les civilisations améridiennes précolombiennes. Car c'est une loi sociale générale dans l'histoire des classes sociales, y compris bien avant la naissance de l'Etat. On se souvient que la naissance d'un Etat au service de la classe possédante n'est parfois apparue que des milliers d'années après l'apparition de la division en classes sociales.</p>
<p>La colonisation s'est elle-même appuyé sur des oppositions de peuples opprimés et des oppositions de classes opprimées pour renverser des civilisations indiennes des Amériques. Des guerres entre civilisations indiennes ont fait de même. Mais la plupart des renversements de civilisations indiennes n'ont eu besoin d'aucune guerre extérieure, ni des peuples indiens, ni des colonisateurs occidentaux. Et, pour beaucoup d'entre elles, la société n'en était pas arrivée au stade de l'apparition de l'Etat ou celui-ci était seulement à ses premiers stades de formation et de structuration. Les classes possédantes ne possédaient souvent pas de force répressive permanente et d'un crédit politique et social de l'Etat, permettant que les révolutions sociales trouvent un adversaire à leur mesure. Il a suffi que la lutte des classes devienne critique pour que la révolution sociale emporte tout l'édifice social, de manière définitive, les opprimés abandonnant complètement tout le mode de production, esclavage social étant complètement et durablement supprimé, le mode de production et les rapports de production étant éradiqués sans retour. La civilisation suivante, dans la même région, naîtra sans continuité avec la précédente, même si parfois des artisanats et des religions ont pu subsister ou se communiquer d'une société à une autre.</p>
<p>Nombre d'auteurs occidentaux admettent parfaitement l'explication de la lutte des classes pour les effondrements de sociétés du monde occidental, pour les luttes entre la féodalité et la bourgeoisie, se plaçant à la tête des masses populaires, ou encore pour la lutte entre bourgeoisie et prolétariat. Par contre, ils ne la voient pas se dérouler ailleurs qu'en occident et pas du tout aux époques antiques ou préhistoriques, avant l'écriture, ce en quoi ils se trompent non seulement pour les Amériques mais pour le monde entier. Les classes sociales, et, du coup, la lutte des classes n'ont pas attendu l'apparition de l'écriture et moins encore l'apparition de l'Etat. Elles ne proviennent pas du caractère occidental ou pas des civilisations mais du niveau d'organisation sociale. Partout dans le monde, sur tous les continents, la plupart des villes antiques ont été détruites par des révolutions sociales, qui sont les tremblements de terre des rapports de classes ayant atteint un stade critique. Des sociétés antiques bien connues ont été renversées par des révolutions sociales et notamment les sociétés des mégalithes, la société des Pharaons d'Egypte ou encore la civilisation de l'Indus au Pakistan. Mais on peut également citer la chute d'un très grand nombre de civilisations indiennes américaines précolombiennes.</p>
<p>Il convient d'ailleurs de remarquer que les guerres elles-mêmes, entre civilisations amérindiennes ou contre les conquérants européens, ont utilisé les luttes de classes, exploitant les crises économiques, sociales et politiques qui affaiblissaient de l'intérieur le pouvoir des sociétés indiennes. Là encore, les sociétés amérindiennes ne sont pas fondamentalement différentes des sociétés qui se sont construites dans « l'ancien monde ». Ce sont des sociétés de classes et toute leur histoire est celle de la lutte des classes.</p>
<p>Le premier texte que nous reproduisons ci-dessous, même si nous ne sommes pas entièrement en accord avec ses analyses, notamment celles privilégiant les crises environnementalistes plutôt que la lutte révolutionnaire des classes exploitées, a pourtant l'avantage de discuter l'ensemble de l'histoire des civilisations méso-américaines en termes de classes sociales et de luttes des classes :</p>
<h2 class="spip"> Les peuples préhispaniques en Méso-Amérique </h2>
<p>« Introduction</p>
<p>L'étude du développement historique des peuples américains préhispaniques est révélatrice. Ceci, jusqu'au moment de la conquête, a été donné en totale indépendance des événements du "vieux monde". Les civilisations de la Méso-Amérique et de l'empire Inca, qui ont atteint le degré de civilisation en dehors de toute influence extérieure, en sont des exemples (au même titre que les civilisations anciennes en Mésopotamie, en Inde, en Chine, en Afrique), d'États "primaux" et ils démontrent, presque en laboratoire, que le développement historique n'est pas aléatoire ni capricieux, mais que l'histoire se développe en vertu de lois sous-jacentes qui ont conditionné l'émergence, tant dans le monde ancien que nouveau, de classes sociales, de l'Etat, comme de l'architecture monumentale, de l'écriture, de la métallurgie, des calendriers, etc. Les contradictions de ce type de sociétés ont été exploitées par les envahisseurs espagnols. La conquête était une guerre civile exploitant les contradictions de classe. Ces contradictions s'expliquent si nous comprenons le mode particulier de production de richesses des magnifiques civilisations mésoaméricaines.</p>
<p>Divisions de la préhistoire américaine</p>
<p>L'histoire des peuples « amérindiens » mésoaméricains est généralement divisée en une période préhistorique et historique. La première comprend l'arrivée de l'homo sapiens sur le continent américain et la formation de la culture olmèque. À son tour, la période préhistorique est divisée en trois périodes. Le "Paléoindien", qui comprend le stade dans lequel les "premiers Américains" ont survécu en chassant de grandes proies et en se rassemblant. La période archaïque, qui comprend géologiquement la fin du Pléistocène, est une crise climatique globale qui a entraîné l'extinction des grands gibiers et contraint l'homme préhistorique à changer son mode de subsistance, orienté vers la chasse aux petites proies dans les climats boisés, fluviaux et maritimes. Ce stade, appelé mésolithique au niveau mondial, représente une condition préparatoire au dernier stade de la préhistoire connu sous le nom de révolution néolithique et aux fins de l'étude de la préhistoire américaine, il est appelé "période de formation" où l'on découvre l'agriculture et où les premiers animaux sont domestiqués.</p>
<p>La vraie découverte de l'Amérique, des vagues de migration</p>
<p>Il existe un débat houleux entre historiens et anthropologues sur l'antiquité et l'origine des premiers hommes américains. La vision traditionnelle, connue sous le nom de "culture de Clovis", indique que les premiers hommes à avoir mis les pieds sur le continent sont venus d'Asie (Sibérie) par le "détroit de Béring" il y a 13 000 ou 14 000 ans. Cette position affirme que l'antiquité de l'être humain aux Amériques ne peut être supérieure à 14 000 ans car à cette date le passage du détroit de Béring (passage intercontinental entre l'Asie et l'Amérique formé il y a environ 40 000 ans lors de la baisse du niveau de la mer) vers le Canada était bloqué par d'immenses blocs de glace. Le problème de cette théorie est que simultanément à la culture Clovis (culture de chasseurs-cueilleurs "Paléoindiens" qui s'est développée il y a environ 13 000 ans dans le nord des États-Unis et que jusqu'à récemment, elle était considérée comme la culture la plus ancienne du continent) une culture similaire a été développée à Monte Verde au Chili (Amérique du Sud). Semble même confirmée au Chili la découverte de restes humains âgés de 20 000 ans environ (certaines dates plus anciennes sont encore sujettes à controverse). Cela nous oblige à reprendre beaucoup plus tôt l'arrivée de l'homme en Amérique, tout simplement parce qu'il ne lui reste pas assez de temps pour atteindre l'Amérique du Sud. Il est très probable que le passage du détroit de Béring à l'Amérique du Nord ait été ouvert par intervalles pendant environ quarante mille ans (peut-être soixante mille) et que l'arrivée de l'être humain a été donnée par des vagues beaucoup plus anciennes que ce que l'on appelle le consensus sur la "culture de Clovis". Bien qu'ils ne puissent pas être exclus (comme le suggèrent les études génétiques reliant les autochtones de l'Amérique du Sud aux Australiens autochtones), il est fort probable que les diverses migrations se soient déroulées d'Australie en Antarctique, mais il est fort probable que les diverses migrations ont eu lieu du nord au sud de l'Asie. Il y a bien sûr d'autres théories, telles que l'arrivée transocéanique de l'être humain, mais elles sont plus qu'improbables car l'homme préhistorique n'avait pas les forces productives nécessaires pour traverser les océans. Bien que l'arrivée des expéditions de Viking au Groenland ait été confirmée 500 ans avant Columbus, ces expéditions n'ont eu aucune influence sur le cours de l'histoire, car le mode de production semi-barbare des Vikings a empêché tout impact significatif. La vérité est que l'être humain s'était déjà répandu de l'Alaska à la pointe de l'Amérique du Sud il y a environ 11 000 ans.</p>
<p>L'apogée du stade paléoindien</p>
<p>La culture la mieux étudiée de cette période est celle de « l'homme de Clovis ». Ce sont des gens qui chassaient des mammouths dans les plaines de l'Oklahoma, du Colorado et du Nouveau-Mexique ; on a souligné la beauté inhabituelle de leurs pointes de leurs lances. Ces bandes de chasseurs et de cueilleurs ne connaissaient ni les classes sociales ni l'État. Dans une période qui comprend l'essentiel de l'histoire de l'homme sur la Terre - de plus de 150 000 ans à seulement 10 000 environ si l'on considère Sapiens sapiens -, le mode de production de base de l'humanité reposait sur la chasse, pêche et cueillette. En général, les hommes étaient des nomades, ils vivaient dans des bandes, des clans et des tribus d'un maximum de quelques centaines de personnes ; leur façon de penser était adaptée à ce que nous appelons la pensée magique et vécue soumise aux caprices de la nature. Il n'y avait pas de classes sociales, pas de riches, pas de pauvres, pas d'état, pas de famille nucléaire ; l'individu était intégré à la communauté de la même manière qu'une abeille est intégrée à la ruche, en soulignant individuellement les besoins collectifs, religieux, de guerre ou autres relevant de la souveraineté de l'assemblée générale.</p>
<p>Le stade archaïque américain</p>
<p>La découverte de l'agriculture a été l'une des révolutions les plus importantes de l'histoire de l'humanité. Sa découverte n'était pas le simple produit du génie de l'esprit humain, mais le résultat d'une crise mondiale qui a forcé les chasseurs-cueilleurs à rechercher de nouvelles sources de nourriture.</p>
<p>En général, les mêmes conditions qui ont amené les peuples du Moyen-Orient à faire un grand saut étaient celles qui ont obligé les peuples méso-américains à domestiquer le téosinte (espèce sauvage de maïs). La fin de la dernière période glaciaire (il y a environ 12 000 ans) a eu un impact significatif sur le niveau de vie global des chasseurs-cueilleurs. Elle ouvre la période de la préhistoire américaine dite archaïque (considérée comme mésolithique au niveau global). C'est une période de crise qui prépare la révolution néolithique (domestication des plantes et des animaux). Le changement climatique provoque l'extinction massive de la mégafaune du Pléistocène (mammouths, rennes géants, etc.) et le changement des stratégies alimentaires des peuples mésolithiques en matière de ressources fluviales et forestières, la collecte et la chasse aux petites proies (alimentation à large spectre). Ces conditions ont déterminé que les peuples mésolithiques avaient tendance à s'installer près des cours d'eau et des zones forestières et à établir une relation plus étroite avec les ancêtres sauvages des premiers animaux et plantes domestiqués.</p>
<p>Dans le cas du vieux monde, par exemple, ce n'est pas un hasard si les peuples mésolithiques du croissant fertile du Moyen-Orient, qui ont recueilli les ancêtres sauvages du blé et de l'orge (dont les ancêtres sauvages du porc et ruminants tels que la chèvre et le bœuf) ont été les premiers au monde à vivre la révolution néolithique. Les habitants de l'ancien monde avaient le privilège de disposer des conditions écologiques idéales pour la domestication presque simultanée de plantes et d'animaux (en particulier les ancêtres des animaux de trait producteurs de lait).</p>
<p>Les habitants du prétendu « nouveau monde » n'ont pas eu cette chance ; l'extinction massive de la période archaïque, probablement favorisée par la chasse excessive des Clovis, incluait tous les animaux domestiques pouvant servir d'animaux de trait et les grands producteurs de lait et la viande (la seule exception était le lama d'Amérique du Sud, mais en raison de ses caractéristiques, il ne servait jamais d'animaux tireurs). Les animaux domestiques en Méso-Amérique sont de petits gallinacés et le fameux « tép escuincle » (chien sauvage). C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles c'est l'ancien monde qui a conquis le nouveau et non pas l'inverse : le manque d'animaux de trait qui a approfondi les répercussions de la révolution néolithique, a très probablement conditionné le retard relatif dans le développement historique des peuples mésoaméricains, bien qu'ils aient domestiqué de manière absolument indépendante et par leurs propres moyens des plantes telles que le maïs et la citrouille à peu près au même moment (la domestication du maïs peut être datée dès 9 000 ans). Les premiers agriculteurs de l'ancien monde firent de même avec le blé, les peuples de la période archaïque restèrent partiellement nomades plusieurs milliers d'années après la domestication car ils ne disposaient pas des grands herbivores domestiques susceptibles de satisfaire leurs besoins alimentaires.</p>
<p>Comme signe que la conscience sociale est déterminée par le contexte social, nous pouvons donner l'exemple de la roue et de la domestication des animaux : depuis de nombreuses années, des anthropologues se sont cassé la tête en essayant d'expliquer pourquoi les cultures mésoaméricaines ne connaissaient pas la roue. La réponse la plus probable est que, dans ces cultures, la roue ne pouvait pas être insérée de manière productive dans le système, comme dans le cas de la machine à vapeur dans la Grèce antique, la roue n'était qu'une curiosité pour les jouets et les ornements des temples et des palais : sans animaux de trait, il était très difficile de trouver dans la roue un outil utilitaire transcendant, même si les architectes précolombiens l'ont conçue mille fois.</p>
<p>Période de formation</p>
<p>Cette période est ouverte à partir de la révolution néolithique mésoaméricaine. Selon certaines théories, la vallée de Puebla serait l'un des premiers centres de domestication du téosinte. Cependant, des études récentes indiquent que l'ancienneté de cette domestication remonte à 8.700, 2.500 ans, soit des années avant ce qui était supposé (peut-être sa domestication est-elle plus ancienne puisque des couches plus anciennes ont été retrouvées avec des instruments de broyage non datés avec précision). Les plus anciens ancêtres du maïs (et une variété de citrouille) se trouvent dans la vallée de la rivière Balsas dans un environnement. Cela ne correspond pas aux anciennes théories supposant que leur domestication se produisait dans des zones élevées et arides, mais dans une niche écologique qui correspond à un régime "à large spectre", c'est-à-dire dans un environnement tel que celui décrit dans le paragraphe précédent (plaine et forêt). "Nos résultats confirment une domestication du maïs au début de l'Holocène et indiquent qu'il est un autre facteur important de la culture du Nouveau Monde qui tire son origine de la forêt tropicale ", explique Dolores Piperno.</p>
<p>Bien que tardivement, la révolution néolithique en Méso-Amérique, comme dans l'ancien monde, eut des conséquences sociales d'une portée considérable. Le plus important d'entre eux était qu'il permettait la production d'un surplus en vertu duquel la société pouvait atteindre un point de stratification générant des différences sociales de statut et de pouvoir. Ce processus aboutit à la formation de classes sociales et commence par la formation de quartiers généraux dans lesquels la tribu ou le clan commence à expérimenter une différenciation sociale.</p>
<p>Période préclassique (de 2500 avant J.-C. à 200 après J.-C.)</p>
<p>Olmèques</p>
<p>La culture olmèque est considérée comme la civilisation mère mésoaméricaine. Elle s'est développée il y a environ 3 200 ans, jusqu'à 2 800 ans dans le sud-est de Veracruz et à l'ouest de Tabasco autour de trois grands centres cérémoniels, San Lorenzo, La Venta et Tres Zapotes. Elle se distingue par la construction de têtes de basalte monumentales de plusieurs tonnes et de trois à quatre mètres de haut. La culture olmèque s'est développée autour de grands fleuves, a construit des structures en pisé et des monticules avec des temples dans la partie supérieure précurseurs des pyramides. On estime que, à son apogée, le centre cérémoniel de La Venta pouvait accueillir 18 000 habitants. La construction des monticules et le transfert des énormes pierres basaltiques sur des centaines de kilomètres suggèrent le degré d'organisation nécessaire pour mener à bien de telles entreprises, mais la dispersion des proto-villes olmèques, la faible densité de population, le complément de leur alimentation avec la chasse et la pêche aux fruits de mer suggère qu'ils représentent un exemple de leadership avancé dans lequel de grands chefs religieux et militaires concentrent et monopolisent le surplus des récoltes et du commerce de produits de luxe (jade, obsidienne), sans atteindre atteindre le degré de civilisation (État et grands centres urbains). La caste privilégiée naissante avait pour fonction d'organiser les membres des villages lors de l'exécution de travaux publics. Très probablement, les chefs olmèques sont la consécration de cette caste militaire sacerdotale qui s'était élevée au-dessus de sa propre tribu grâce à l'intensification de la production agricole par le biais de l'exploitation forestière et du brûlage. Ce modèle de structure sociale serait le prototype primitif des peuples mésoaméricains dont la qualité et l'extension s'approfondiraient au cours de la période classique (maya), atteindraient le degré de civilisation et atteindraient leur point culminant d'agression dans le post-classique de l'empire Mexica.</p>
<p>Zapotèques.</p>
<p>Une autre culture, peut-être liée aux Olmèques et aux anciens Mayas, qui a connu sa plus grande prospérité dans la période pré-classique, est la culture zapotèque qui s'est développée au centre de l'état actuel d'Oaxaca, il y a environ 2 500 ans. Cette culture a développé l'une des formes les plus anciennes d'écriture hiéroglyphique en Méso-Amérique (même si, en 2006, un bloc contenant des glyphes datant d'il y a environ 2 900 ans et appartenant à la culture olmèque a été découvert). Son centre principal de cérémonie était San José Mogote et Montalbán. Ils ont développé une agriculture beaucoup plus intensive que celle des Olmèques, basée sur la construction de citernes et d'aqueducs pour l'utilisation de l'eau de pluie. Leurs connaissances astronomiques et mathématiques étaient remarquables et leur système fiscal plus large et plus développé. Il est possible que cette culture ait été liée à la fondation de Teotihuacán à l'époque classique.</p>
<p>Période classique (200-900 après J.-C.)</p>
<p>La période classique est marquée par la splendeur de la culture maya et de la culture de Teotihuacan. Sa caractéristique fondamentale est la splendeur urbaine et le développement de l'État jusqu'à la formation de puissants empires (bien que les mexicas remplissent toutes ces conditions, traditionnellement celles-ci sont situées dans le postclassique).</p>
<p>Les Mayas</p>
<p>De nombreux commentateurs ont fait valoir que l'ascension de la civilisation maya n'avait rien à voir avec les conditions matérielles et terrestres. La civilisation maya s'est développée dans la jungle du Peten dans un environnement écologique et géographique qui semble remettre en cause l'explication matérialiste de son émergence. Les courants mystiques et ésotériques, et même les courants anthropologiques, parlent de la civilisation maya ayant dans la spiritualité et une vision du monde particulière les causes ultimes qui expliquent son existence. Cependant, l'explication matérialiste est plus prosaïque mais plus intéressante et nécessite davantage de recherche. Ce seraient des versions sentimentales qui ne demanderaient rien de plus qu'une imagination exorbitante, un talent littéraire et, peut-être, la stimulation de certaines substances psychotropes.</p>
<p>Les plus anciens villages mayas sont situés près des rivières Usumacinta et Belize, à des époques aussi anciennes que mille ans avant notre ère (probablement, les premiers habitants étaient le produit des migrations olmèques). Au fur et à mesure que ces populations se développaient et que la densité de population augmentait (produit de la domestication du maïs), les villages devaient se développer dans la jungle du Petén dans un environnement paradoxal de "jungle" où il y a des mois pleins sans tomber une seule goutte de pluie et où l'eau s'infiltre dans le sous-sol de calcaire. Les populations qui sont entrées dans la jungle ont compris la nécessité de révolutionner leur mode de subsistance, de surmonter la technique simple de la technique du brûlis, de manière à ce que ladite révolution implique l'émergence de l'État. Dans la jungle du Peten, certaines études ont porté sur 83 sites séparés par une distance moyenne de 15 kilomètres. À la fin des années soixante-dix, on découvrit un réseau de fosses et de canaux qui s'étendait depuis les centres cérémoniels situés à proximité de cenotes ou de lacs souterrains.</p>
<p>Le mécanisme de l'émergence de la civilisation maya semble descendre du ciel à la terre et son mécanisme réel est, en termes très généraux, clair : l'organisation de grandes armées d'hommes lors de la construction de ces grands ouvrages hydrauliques, l'augmentation ultérieure de la densité de produit de la population de systèmes d'irrigation plus efficaces, en plus du contrôle du commerce des hauts plateaux avec des matières premières inexistantes dans la jungle ; tout cela a permis l'ascension des chefs de la tribu sur les villages et a également permis à la densité de population de l'apogée classique d'être égale à celle de l'Europe moderne (250 personnes par mile anglais carré) et d'atteindre le degré de civilisation. De cette manière, les Mayas ont inventé un système complexe d'écriture hiéroglyphique et de connaissances mathématiques complexes (les Mayas ont inventé le zéro), ont effectué des observations astronomiques extraordinaires et avaient un calendrier encore plus précis que le Grégorien. Son architecture était extraordinaire. Ainsi, par exemple, les pyramides tronquées de Tikal atteignent une hauteur de 57 mètres avec des villes planifiées et complexes.</p>
<p>L'une des caractéristiques les plus frappantes des cultures précolombiennes est leur effondrement brutal qui a fait l'objet de nombreuses spéculations. Il est très probable qu'à un stade de leur développement, ces cultures se soient trouvées en contradiction avec la capacité de préserver leur environnement. La construction des pyramides et leur expansion périodique ont impliqué la déforestation progressive de l'environnement et le changement brusque de l'environnement naturel (la fabrication de la chaux, par exemple, nécessite l'abattage de grandes quantités de forêt ou de jungle), l'assèchement des rivières et tributaires de l'eau, ces contradictions saperaient la raison d'être des cliques aristocratiques qui fondaient leur existence sur l'extraction d'hommages rendus aux villages et qui jouaient un rôle relativement progressif dans l'organisation de travaux destinés à accroître la production. Ces tensions généraient périodiquement des guerres civiles, l'abandon et la destruction de centres cérémoniels. L'émergence et la disparition périodique de ces civilisations sont très probablement à la base de la mythologie précolombienne des différentes ères solaires ou du renouvellement périodique des temps. De plus, ces sociétés se sont effondrées périodiquement, parce que leur production, avec tout et les innovations dans la technique agricole, était davantage basée sur la massification et l'extension du tribut, dans l'intensification du travail que dans le développement de ses forces productives. Sa culture magnifique et riche était basée sur la pauvreté de sa base économique ; mais ceci, comme le souligne Marx, est un trait commun du prétendu "despotisme asiatique".</p>
<p>Teotihuacán</p>
<p>On sait très peu de choses sur les fondateurs de cette ville. Des études linguistiques récentes indiquent que ce sont très probablement les Totonaques qui l'ont fondé. Son passé remonte à mille ans avant notre ère. L'apogée de cette ville définit, avec les Mayas, ce qui est considéré comme la période classique des cultures mésoaméricaines. Ce sont les Mexicas qui ont nommé cette ville magnifique "Cité des Dieux". À son apogée (II-VI e s.), La population était comprise entre 150 000 et 200 000 habitants et la ville occupait une superficie de 21 km². Soulignez, bien sûr, les grandes pyramides du Soleil et de la Lune de 63,5 m et 45 m de hauteur, respectivement. A la splendeur et au pouvoir impérial de Teotihuacán s'ajoutent, outre l'organisation de grands travaux, le fait que la ville se trouvait dans un lieu stratégique de flux commerciaux qui catalysait la concentration et le contrôle de l'élite dominante, pouvoir qui a permis de diffuser ses ondes d'influence dans toute la Méso-Amérique. Dans la ville, on a trouvé des ateliers d'artisans spécialisés travaillant pour l'élite dominante, à la manière du contrôle commercial et artisanal exercé par les pharaons égyptiens. La ville s'est effondrée au milieu du sixième siècle avec Monte Alban (sans doute, la splendeur des deux villes était liée par des liens commerciaux et politiques). Très probablement, l'abattage exagéré et l'assèchement de ses sources d'eau ont été des facteurs qui ont déclenché sa chute.</p>
<p>Les Mexicas et la chute de Mexico-Tenochtitlan</p>
<p>La civilisation Mexica est la culture la plus représentative du postclassique mésoaméricain et il s'agit de la dernière grande culture précédant la conquête. Son ascension fulgurante (en moins de 200 ans) est l'un des événements les plus marquants dont les répercussions toucheraient tout le centre et le sud du territoire mexicain actuel. Entre les XIIe et XIVe siècles, il y a eu une série de migrations des tribus Chichimeca vers les hauts plateaux du centre, probablement des tribus guerrières vaincues et expulsées du nord. La mythologie aztèque place le point d'origine dans le mythique Aztlán (lieu de blancheur). Les peuples Aztèques ou Mexica ont été les derniers d'une série de migrations des tribus de la langue Nahua.</p>
<p>Lorsque les Mexicas sont arrivés dans la région des lacs de Texcoco, le seigneur de Atzcapotzalco a imposé sont hégémonie. C'était un domaine très contesté par les agriculteurs à cause de ses ressources aquatiques et naturelles. Les Mexicas - pour utiliser ces ressources - devaient soumettre et rendre hommage à la tribu dominante et s'établir sur un îlot à l'ouest du lac Texcoco en l'an "2 calli" ou 1325. Très probablement, les seigneurs d'Atzcapotzalco ont assigné aux Mexicas un lieu apparemment moins favorable pour leur production agricole. Ce sont ces conditions plus défavorables qui ont contraint les Mexicas à révolutionner leurs méthodes de culture, donnant naissance aux "chinampas" (îlots de terre et de matériaux organiques "volés" sur le lac, également appelés "jardins flottants" - une méthode qui avait déjà été utilisés par les Toltèques), combinés à des canaux et à la construction de digues ; Les Mexicas réalisaient une production agricole et une densité de population qui défieraient l'hégémonie d'Atzcapotzalco (à son apogée, la ville de Mexico, Tenochtitlan, comptait 200 000 habitants, dont 700 000 en comptant les zones environnantes), renforcée par des alliances matrimoniales et militaires dont la fameuse "Triple Alliance" (Tenochtitlan-Texcoco-Tlacopan). Ce domaine serait plus tard mythifié par la version aztèque de la terre promise avec la légende de l'aigle perché sur un cactus dévorant un serpent. Probablement la configuration mythique de l'aigle (dieu solaire et guerrier) vainquant le serpent (divinité terrestre liée à l'agriculture), représente les Mexicas dominant tous les peuples de la région.</p>
<p>Les racines guerrières des Mexicas sont exprimées dans leur mythologie dans laquelle les dieux de l'agriculture sont remplacés par Huitzilopochtli (dieu de la guerre) et dans une moindre mesure, Tlaloc (dieu de la pluie). La mythologie autour du domaine du dieu de la guerre est intéressante car elle pourrait refléter la substitution du droit maternel au père. En fait, Hutizilopochtli, divinité solaire, assassine sa soeur Coyouxauqui, divinité lunaire, le jetant de la colline de Coatepec le démembrant. Dans beaucoup de sociétés matrilinéaires (ovunculocales), le frère de la mère est la figure qui occupe la place du père ; le meurtre de la soeur serait la substitution et la domination du droit masculin par une société de guerriers fortement hiérarchisée.</p>
<p>Nous pensons que le mode de production de la culture mexica, à l'instar de celui des grandes cultures mésoaméricaines, correspond à ce que Marx appellerait un "despotisme asiatique" et que d'autres anthropologues ont appelé des "sociétés tributaires", sociétés basées sur la production agricole de communautés villageoises plus ou moins communistes où l'excédent de produit ou l'excédent de production est centralisé par l'État et par une caste bureaucratico-militaire qui non seulement concentre l'excédent de produit en nature, mais organise également d'importants contingents aux mains de travaux (fournis par les villages et les villes) dans la construction d'ouvrages publics tels que pyramides, palais, aqueducs. Dans le cas particulier des Mexicas, et en accord avec le Codex Mendoza et d'autres sources, ils ont dominé par des relations tributaires plus de 400 peuples, répartis en 38 provinces, par une hiérarchie complexe au sommet de laquelle se trouve le Tlatoani (souverain) et descendant dans la hiérarchie sociale, nous trouvons les Tecuhtli (percepteurs d'impôts), les Pillis (noblesse héréditaire). Bien que la plupart des produits excédentaires proviennent des communautés (Altepeltl) qui se sont auto-suffisantes au moyen de "calpullis" ou de terres communes attribuées à des familles élargies ; Il existait déjà dans la formation sociale du peuple Mexica la propriété privée de la terre appartenant à une noblesse héréditaire (Pillalli), exploitée par les mayeques dans une structure préfigurant des formes de relation féodale (bien que les Pillalli dépendaient toujours du pouvoir et des faveurs du peuple). Tlatoani faisant partie de la bureaucratie de l'Etat). Nous avons même trouvé des esclaves pour les services domestiques de la noblesse. La consolidation en extension et en puissance de ces relations tributaires serait exprimée dans les 7 agrandissements du Templo Mayor, dans sa taille colossale (42 mètres de haut sur 80 de large) et dans sa splendeur.</p>
<p><a href="https://old.laizquierdasocialista.org/node/1941" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://lewebpedagogique.com/2devadepied/2010/01/28/organisation-sociale-des-civilisations-precolombiennes/" class="spip_out" rel="external">Les classes sociales dans les sociétés précolombiennes</a></p>
<p><a href="http://wanozyniak.free.fr/guppy/file/matieres/histoire/gdes_decouvertes/images/civilisations_precolombiennes.pdf" class="spip_out" rel="external">Les sociétés précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://info.artisanat-bolivie.com/Organisation-sociale-des-Incas-a309" class="spip_out" rel="external">Classes sociales chez les Incas</a></p>
<h2 class="spip">Olmèques :</h2>
<p>Jacques Soustelle, dans « Olmèques » :</p>
<p>« Après avoir fleuri pendant sept cent ans (- 1200 à -500 av. J.-C.), le centre civilisé des Olmèques, San Lorenzo, est abandonné. De nombreux monuments retrouvés par les archéologues avait été brutalement brisés, les statues décapitées et enterrées, les autels fragmentés ; les vandales s'étaient même attaqués aux têtes colossales, où ils avaient creusé à grand peine des entailles et des trous circulaires. Un des vestiges les plus frappants de ce qui dut être une révolution extraordinairement violente est le « monument 34 », très belle statue privée de sa tête et de ses bras (qui devaient être articulés et mobiles) mais qui, représentant un homme agenouillé, témoigne d'une exceptionnelle virtuosité sculpturale.</p>
<p>Michael Coe (1968) explique ces destructions comme une explosion « de haine et de fureur contenues » contre les dirigeants olmèques : les monuments, les statues symbolisaient sans doute aux yeux d'un peuple en révolte les maîtres qui leur imposaient d'immenses efforts. Quoiqu'il en soit, la jungle avait reconquis le site abandonné en 500 avant J.-C….</p>
<p>Sur l'île de La Venta, les Olmèques ont également chuté. Que s'est-il passé quatre siècles avant notre ère ? La fin de la civilisation de La Venta demeure ensevelie dans le mystère. Ce que nous constatons, c'est qu'entre 450 et 325 av. J.-C. toute activité a cessé dans l'île. Plus de constructions, plus de fosses creusées pour recueillir les offrandes de serpentine, plus de caches à figurines de jade. L'élite dirigeante a disparu : chassée, exterminée ou simplement partie en exil ? Une nouvelle activité s'y manifeste : hélas, c'est une activité de destruction et de pillage. Des monuments sont alors brisés, des statues décapitées, des stèles martelées…</p>
<p>La catastrophe qui a mis fin à la civilisation de San Lorenzo nous est démontrée par les traces de l'acharnement inouï qui s'est déchaîné contre les monuments sculptés. Les têtes colossales ont résisté – sauf une – mais n'en ont pas moins été marquées de trous circulaires. D'autres pièces ont été martelées, brisées. Il a fallu sans doute hisser de lourds blocs au-dessus de certains monuments et les faire retomber d'assez haut pour obtenir l'effet d'un marteau-pilon. Un énorme labeur a dû être consacré à cette tâche de destruction. Après quoi les statues mutilées, les débris de sculptures, ont été ensevelis sous d'épaisses couches de terre…</p>
<p>La Laguna de Los Cerros a occupé dans le développement de la civilisation olmèque une place comparable à celle des grands sites décrits précédemment. Vingt-huit monuments de pierre sculptée y ont été relevés. La plupart sont mutilés – là encore une vague de vandalisme est passée.. Du monument n°3, il ne reste plus qu'un torse. La statue n°11, représentant un personnage assis, et la statue n°19, représentation d'un homme debout, sont l'une et l'autre décapitées…</p>
<p>Les Olmèques avaient fondé un empire… Cela les avait amenés à pousser des expéditions, même à créer des colonies, à de grandes distances de leur foyer principal, et cela dans les deux directions : vers l'Ouest et le Nord, à travers le plateau central, vers les serpentines de Puebla et les jades de Guerrero ; vers le sud et l'est, à travers l'Oaxaca et l'isthme de Tehuantepec, le long de la côte du Chiapas et du Guatemala, jusqu'au Salvador et au Costa Rica…</p>
<p>La société olmèque, telle que nous pouvons essayer de nous la représenter grâce aux maigres indices que nous possédons, devait être hiérarchisée et autoritaire ; en bas, une population essentiellement rurale assujettie au tribut et à la corvée – d'où les immenses travaux publics exécutés grâce à cette main d'œuvre ; au sommet, probablement une classe supérieure de prêtres-magiciens, observateurs des astres, habiles à manier leurs miroirs d'hématite, adorateurs du bébé-jaguar, à la fois urbanistes et architectes ; à côté de ce clergé, ou dépendant de lui, des commerçants, responsables pour une grande part de l'expansion vers le Centre et le Pacifique, et peut-être dignitaires militaires ; enfin, dans les centres eux-mêmes, au cœur des cités dispersées, une foule de serviteurs, ciseleurs, artisans de tout genre.</p>
<p>Ce qui est indiscutable, c'est qu'une autorité très forte et profondément acceptée était nécessaire pour obtenir du peuple les efforts gigantesques que supposent le transport de monolithes, la construction des centres cérémoniels, l'édification d'une pyramide ou la mise en place d'un système de canaux souterrains.</p>
<p>Sans doute la motivation religieuse a-t-elle été à la base de cette structure politique. Une théocratie, avec des aspects marginaux, mercantiles et guerriers, telle pourrait être la définition de la cité olmèque…</p>
<p>Aux yeux des simples cultivateurs de maïs, ces hommes étranges qui bâtissaient des monuments, qui taillaient la pierre, qui célébraient des rites jusqu'alors inconnus autour d'un dieu aux traits de félin, devaient apparaître comme semi-divins, magiciens à la fois admirables et redoutables…<br class='autobr' />
Ils n'eurent probablement pas grand-peine à obtenir le libre passage, voire à s'installer par petits groupes plus forts par leur prestige que par leurs armes dans des régions où la population, au demeurant, n'était pas très dense. Des sites tels que Las Bocas, Tlatilco, Tlapacoya, Chalcatzingo, d'une façon générale tous ceux qui ont été signalés dans le District fédéral et dans les Etats de México, Morelos, Puebla et Guerrero, suggèrent une cohabitation pacifique entre des « noyaux » olmèques minoritaires et des populations plus nombreuses mais plus frustes…</p>
<p>On pourrait volontiers parler d'un « empire olmèque » encore beaucoup moins structuré et beaucoup plus lacunaire que celui des Aztèques, une sorte d'empire à l'état diffus, composé d'établissements plus ou moins sporadiques, de postes permanents sur certains itinéraires, de comptoirs commerciaux et de zones d'influence…</p>
<p>Comme l'écrivait Alfonso Caso (1965), « il était inévitable que l'Olmèque se sentit supérieur par sa culture aux peuplades néolithiques qui vivaient alors en Amérique moyenne. »</p>
<h2 class="spip"> Teotihuacán :</h2>
<p>« Teotihuacàn se situe dans la plaine bien irriguée du nord-est du bassin de Mexico, près de la ville moderne du même nom. La rivière San Juan et ses affluents se jettent dans le lac Texcoco ; d'éternels printemps et une irrigation intensive permettent de faire vivre une nombreuse population, raison pour laquelle, peut-être, les agriculteurs de la période de formation récente se réunirent dans cette région et établirent progressivement des relations commerciales avec les autres régions de Méso-Amérique. (...) Le centre religieux de Teotihuacàn attirait les étrangers et les pèlerins de régions éloignées, dont la plupart étaient pauvres. La population permanente et de passage de Teotihuacan augmenta trop rapidement pour que la ville puisse subvenir à l'ensemble des besoins : tandis que la noblesse abusait de nourriture et que des fêtes rituelles somptueuses se déroulaient toujours, les résidents et les étrangers les plus pauvres souffraient souvent de la faim. Teotihuacan s'effondra au cours du 8ème siècle. Comme ses principaux édifices ont été brûlés et détruits, on pense que les plus pauvres s'étaient soulevé contre la hiérarchie. (...) Une insurrection civile fait tomber Teotihuacàn. (...) Survint un événement dramatique. Des découvertes archéologiques ont mis en évidence l'existence de combats féroces qui se seraient déroulés dans le centre de la cité, des monuments abattus et détruits, des temples profanés. (...) La totalité du centre de Teotihuacàn fut incendiée. (...) Le déclin de l'architecture et des arts implique une catastrophe qui aurait mis fin au fonctionnement interne de la cité. Il est aussi possible que l'importance du commerce de Teotihuacàn ait minimisé le pouvoir des prêtres, la ville devenant alors plus un lieu de négoce qu'un centre rituel. Il est peut-être significatif que les combats les plus violents aient eu lieu au cœur même du centre cérémoniel. C'est là que se trouvent les signes de destruction délibérés, de profanation et d'incendie. Bien qu'il se fut agi d'une enceinte sacrée, c'est dans cette partie de Teotihuacàn que vivaient les notables et les prêtres et que se situaient les bâtiments administratifs importants. On ne trouve aucune trace de combat ou d'incendie dans les quartiers des artisans ou dans les faubourgs où habitait la plus grande partie de la population. Ces données archéologiques ont permis d'avancer que Teotihuacàn avait été le siège d'une brève mais désastreuse insurrection civile. (...) Alors que le commerce augmentait et, avec lui, le pouvoir que détenaient marchands et artisans, un ressentiment avait pu s'élever contre l'augmentation des impôts nécessitée par le financement des ambitieux programmes des notables, des prêtres et de la bureaucratie. L'arrêt des programmes de construction dans les dernières années de Teotihuacàn peut simplement être une conséquence de la volonté des commerçants d'exercer leurs droits et de refuser de répondre aux levées d'impôts. »</p>
<p>« Les habitants, mécontents des élites avides, ont incendié Teotihuacán » :</p>
<p>« En 550 après J.-C., un incendie ravagea Teotihuacán, l'une des plus grandes et des plus importantes villes sacrées de l'ancienne Méso-Amérique. Maintenant, une nouvelle étude suggère que la ville a été brûlée par une foule en colère, soulevant de nombreuses nouvelles questions. Y a-t-il eu des héros de la révolution à Teotihuacan ? Y a-t-il eu un souterrain qui a longtemps fonctionné, une résistance à une élite dirigeante détestée ? Ou était-ce juste une conflagration sociale soudaine qui a détruit la ville en un jour ?<br class='autobr' />
La ville antique de Teotihuacán, située à environ 50 km au nord-est de Mexico, a déjà abrité une population estimée entre 100 000 et 200 000 personnes qui ont érigé des monuments gigantesques tels que le temple de Quetzalcoatl et les pyramides du Soleil et Lune. Cependant, beaucoup de choses sur Teotihuacan demeurent inconnues, y compris l'origine et la langue des personnes qui y vivaient, car elles ne laissaient aucune trace écrite.<br class='autobr' />
« Aucune trace d'invasion étrangère n'est visible sur le site », a écrit Linda R. Manzanilla dans son étude de 2014 sur ce qui s'était passé à Teotihuacan, une ville d'une grande architecture comptant 125 000 à 200 000 habitants à son apogée. "Nous interprétons cet événement comme une révolte contre l'élite dirigeante, peut-être une réponse à une intervention tardive de l'État visant à contrôler les mouvements entrepreneuriaux de l'élite intermédiaire." »</p>
<p>« La ville de Teotihuacán a été comparée en grandeur à Alexandrie, Rome ou Constantinople. Pendant des décennies, les fouilles dans ses ruines, situées à environ 50 kilomètres de Mexico, ont permis de découvrir les usages religieux des grandes pyramides, les passages souterrains à significations rituelles et la complexe organisation politique de cette ville florissante au cours du siècle. I et VI. Maintenant, un nouveau travail rassemble les résultats des fouilles les plus détaillées qui ont été faites dans une autre zone de la grande ville : les quartiers qui entouraient le centre. Selon l'étude, une bourgeoisie naissante a créé la révolte sociale qui a provoqué la chute de cette ville, l'une des plus grandes d'Amérique préhispanique.</p>
<p>Comme beaucoup d'autres capitales actuelles, Teotihuacán était une ville d'immigrants. Beaucoup d'entre eux étaient arrivés dans deux grands exodes causés par des éruptions volcaniques. À leur arrivée, ils ont essayé de gagner leur vie en travaillant dans l'un des quartiers qui entouraient la citadelle et qui étaient contrôlés par une élite intermédiaire. En retour, ils recevaient de la nourriture rationnée (tortillas) et des journées de travail épuisantes. C'est ce qu'indique l'étude, qui recueille des données sur près de 10 années de fouilles à Teopancazco, l'un des quartiers les plus influents de Teotihuacán. L'analyse de l'ADN et des minéraux dans les os des personnes enterrées a permis de révéler leur régime alimentaire, leurs maladies, leur lieu d'origine.</p>
<p>Les résultats témoignent de la dureté de la vie pour certains d'entre eux. De nombreux cadavres présentent des traces de pathologies dues à la malnutrition infantile, telles que l'anémie ou le scorbut, dues à une faible consommation de fruits. La promesse de nourriture, même si elles étaient toujours des tortillas rationnées, aurait pu être la raison qui les a amenées en ville. Là, ils pourraient éviter de mourir de faim, mais à un prix.</p>
<p>"Ils ont travaillé tellement d'heures accroupies qui ont laissé des traces sur son squelette. Certaines d'entre elles ont passé de nombreuses heures dans des endroits non exposés au soleil, d'autres des poids chargés dans les caravanes et d'autres ont cousu les costumes colorés des élites, également pendant de nombreuses heures", explique Linda Manzanilla, anthropologue de l'Université nationale autonome du Mexique et auteur de l'étude, publiée dans PNAS. Les caravanes étaient les voies commerciales établies par les élites intermédiaires qui dominaient le quartier. Ceux-ci ont servi à introduire le genre dans la ville et à recruter des artisans et du travail. "Depuis sa création, Teopancazco a été témoin de l'arrivée de personnes de Puebla, Tlaxcala, Hidalgo, Veracruz, Oaxaca et probablement du Chiapas", explique Manzanilla. Fruit de ce trafic entre la campagne et la grande ville, parmi les cadavres retrouvés dans le quartier, dit-il, il y a des gens des quatre grands groupes génétiques de la Méso-Amérique.</p>
<p>Le quartier de Teopancazco se trouvait à près de deux kilomètres de la pyramide du soleil, symbole du pouvoir des élites supérieures, et est aujourd'hui l'un des monuments les plus visités par les touristes se rendant à Teotihuacán. Les quartiers et leurs chefs se sont affrontés pour apporter les produits les plus luxueux à la ville et créer les vêtements les plus colorés pour leurs dirigeants. La spécialité du quartier étudié par Manzanilla était les robes et les fines couvertures de coton de Veracruz ornées de coquilles de mollusques.</p>
<p>L'un des grands mystères de Teotihuacán est de savoir qui l'a gouverné. La cité a été organisée de manière corporative, dit Manzanilla, éventuellement dominée par plusieurs patrons à la fois. Contrairement à Rome, il n'y avait pas d'écriture ici et les gens ont signé avec des timbres qui ne transmettaient que des concepts. "C'est pourquoi nous ne savons pas combien et qui ils étaient, personne n'a jamais trouvé de tombeaux réels, comme dans la région de Maya, où la dynastie était au sommet de la pyramide sociale", a déclaré Manzanilla. Selon l'anthropologue, ces élites maximales contrôlaient les grandes routes commerciales des matières premières, qui rejoignaient l'actuel Honduras et le Guatemala. Sous leur ombre se trouvaient les élites des quartiers, une petite noblesse dont les routes commerciales étaient plus modestes, mais dont le pouvoir et la richesse augmentaient avec le temps.</p>
<p>En 550, année de la conquête et du pillage de Rome par les Ostrogoths, l'incendie détruit les bâtiments administratifs et les pyramides de Teotihuacán. Les palais de ses dirigeants ont été agressés et nombre de ses habitants ont quitté la ville. Rien ne prouve qu'il y ait eu une invasion étrangère et, bien que les causes de la catastrophe ne soient pas claires, Manzanilla et d'autres experts estiment que l'explication tient à la lutte entre les classes. Les chefs de quartiers auraient déclenché une révolte contre les dirigeants et la forme de leur entreprise. "Il est possible qu'une bourgeoisie ou une classe moyenne soient apparues à Teotihuacán, très agressives dans leur concurrence et très désireuses de prendre le pouvoir", explique Manzanilla. Cette classe "pourrait organiser une révolte contre le gouvernement conjoint de l'Etat de Teotihuacan, peut-être parce que leurs prérogatives et leur autonomie sont menacées", a-t-il souligné. L'incendie de Teotihuacán marque la fin de son hégémonie et sa dissolution progressive quelques siècles plus tard. Selon Manzanilla, la stratégie d'entreprise du gouvernement ne s'est pas reproduite.</p>
<p>Les fouilles du quartier de Teopancazco ne sont pas aussi étendues que celles de l'autre grand quartier connu de Teotihuacán, La Ventilla. Mais ils sont les plus importants en raison de leur "intensité et de leur précision", explique Natalia Moragas, professeur d'histoire à l'Université de Barcelone, qui a effectué des fouilles dans la ville mexicaine. Selon lui, l'important est que l'étude permette de clarifier les différences entre les différentes classes sociales et de les extrapoler au reste des quartiers. Après l'incendie des centres du pouvoir, il y a eu des pillages et le type de céramique a changé de manière "radicale", ce qui conforte l'idée d'un changement de population dans la ville. Pourquoi n'est-il jamais revenu à sa splendeur ? La ville avait deux faiblesses, selon Manzanilla. C'était un État multiethnique fondé sur un pacte social "faible" qui n'était pas difficile à briser. En outre, à l'instar des premières villes de l'histoire nées en Mésopotamie, Teotihuacán était une concentration de beaucoup de gens avec une faible capacité de défense, vulnérable donc aux attaques et aux révoltes. »</p>
<p><a href="https://elpais.com/elpais/2015/03/16/ciencia/1426535601_229345.html" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Mayas :</h2>
<p>« Les Mayas étaient divisés en classes sociales très bien définies. Au sommet de cette hiérarchie se trouvait le dirigeant, représentant de Dieu sur terre, qui gouvernait et qui décidait quand la guerre devait avoir lieu ou la paix convenue ; il a gouverné dans le commerce et les alliances conjugales. Ce dirigeant était soutenu par la caste des prêtres, la noblesse et leurs guerriers. Seuls le souverain ou ses prêtres étaient autorisés à célébrer des cérémonies religieuses dans les temples.</p>
<p>Ils ont été suivis par les architectes, qui étaient au-dessus des sculpteurs et artisans, les paysans, les domestiques et les esclaves, qui étaient les moins bien rangés. Les soldats étaient importants en période de conflit, sinon ils étaient inférieurs aux architectes et aux marchands à l'échelle sociale. »</p>
<p>« La société maya postclassique était organisée hiérarchiquement et il y avait quatre classes sociales : la noblesse, le sacerdoce, les roturiers et les esclaves. En ce qui concerne la noblesse, les familles locales, les membres du conseil et les hauts fonctionnaires sont issus de leurs familles. Contrairement à la période maya classique, les chefs militaires ont joué un rôle clé face à l'importance de la guerre au cours de ces siècles. En revanche, les prêtres, qui avaient exercé le pouvoir politique à l'époque classique, se consacraient maintenant à l'entretien des temples, à la vie religieuse et, surtout, aux sciences.</p>
<p>Le peuple était principalement composé de paysans voués à la culture du maïs, ainsi que d'un grand nombre de tisserands et de potiers. Grâce à leur travail, ils ont subvenu aux besoins des classes sociales supérieures, en plus d'ériger tous les centres cérémoniels et les routes de pierre qui reliaient les principales villes. Les habitants de la ville vivaient à la périphérie des centres urbains et leur position dans l'échelle sociale se mesurait à la distance entre la maison et la place centrale. Les esclaves constituaient le dernier maillon de cette société et acquéraient leur état de naissance, de vol, de prisonniers de guerre, d'orphelins ou d'achetés. »</p>
<p>« Selon les preuves archéologiques, les travaux de construction et d'agrandissement des Mayas ont connu leur apogée entre 730 et 790 après JC. C., avec des extensions constantes et des travaux de construction sans aucun type de machine ou d'outil pour les aider dans ces travaux. Au cours de cette même période, des signes laissant présager l'effondrement de la civilisation maya sont apparus. La majeure partie de la charge de travail pesait sur les ouvriers paysans dans des villes telles que Tikal et Copán, où des projets de construction apparemment sans fin étaient réalisés, construisant de grands bâtiments et des terrains de base-ball. Une théorie soutenue par J. Eric S. Thompson attribue l'effondrement des Mayas à une révolution de la part des couches sociales inférieures de la société maya. Selon cette ligne de pensée, alors que la vie devenait plus difficile, le processus visant à "saper le développement religieux et l'entreprise collective des gens ordinaires" commençait. L'augmentation de la charge de travail a peut-être poussé la population à abandonner ses valeurs traditionnelles et à se rebeller contre l'élite de la société, en particulier contre les prêtres dirigeants, car on pensait que les Mayas étaient théocratiques et donc dirigés par des prêtres. . Cela pourrait aider à expliquer l'effondrement brutal des fonctions de l'élite, ainsi que des bâtiments et des centres cérémoniels restés inachevés. Alors que l'effondrement de différentes villes s'est produit à plusieurs reprises, on pense que les révoltes des différents groupes faisaient partie d'une série d'actions imprévues et impulsives. Dans la ville de Piedras Negras, par exemple, il semble qu'il y ait eu un type de violence au cours de cette période, du fait que des incendies ont eu lieu dans plusieurs bâtiments du palais et qu'un trône a été détruit. Bien que ce modèle, connu sous le nom de modèle « prêtres-paysans », soutienne qu'il y ait eu une révolte des paysans contre les prêtres, il a été découvert par la suite que ce n'étaient pas les prêtres, mais les rois qui ont dirigé les périodes préclassique et classique.</p>
<p>Bien que cette théorie semblait offrir une explication à l'effondrement soudain des villes mayas, elle posait encore des problèmes. En premier lieu, la théorie de Thompson n'explique pas où sont allés les habitants des villes après l'effondrement et leur abandon. David Webster estime que la population aurait dû augmenter plutôt que diminuer en raison de l'absence d'une élite au pouvoir. Deuxièmement, la théorie n'explique pas pourquoi les institutions gouvernementales n'ont pas été renouvelées après les émeutes, ce qui s'est passé dans des circonstances similaires dans d'autres endroits comme la Chine. Troisièmement, après avoir mené une étude sur la main-d'œuvre et le temps requis pour la construction à Copán, Elliot Abrams a conclu qu'il ne fallait pas beaucoup de temps et de main-d'œuvre pour achever la construction de bâtiments. Cependant, Thompson a développé sa théorie à un moment où les preuves archéologiques semblaient indiquer une population maya inférieure à ce qu'elle était selon les connaissances actuelles.9 En général, les révolutions, les révoltes paysannes et les bouleversements sociaux entraînent souvent des changements suivis de guerres. Cependant, rien n'indique que des révolutions aient entraîné l'abandon massif de régions entières. »</p>
<p><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Colapso_maya#Rebeli%C3%B3n_campesina,_revoluci%C3%B3n_o_agitaci%C3%B3n_social" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« Selon certains chercheurs, les villes de l'État maya étaient à l'époque une sorte de fédération dans laquelle les dirigeants exerçaient l'autorité divine (théocratie). La société était strictement hiérarchique dans différentes classes sociales.</p>
<p>Vers l'an 800 d. de C. commence un phénomène généralisé de détérioration de la civilisation maya, appelé "l'effondrement de la classique". Il représente une rupture totale avec les modèles sociaux et culturels qui ont prévalu pendant plus de 600 ans. la construction de grandes structures monumentales dans les villes est interrompue ; ils cessent de fabriquer des objets somptuaires et abandonnent la commémoration d'événements sociaux et naturels précédemment enregistrés dans des stèles et des monuments portant des inscriptions hiéroglyphiques. Les basses terres du sud ont été abandonnées et inhabitées. Cette migration était due au fait qu'il n'y avait pas assez de nourriture pour la population nombreuse, en raison de l'exploitation intensive des terres déjà érodées. En outre, la chute de Teotihuacán (centre religieux toltèque situé au Mexique) a mis fin au flux de marchandises en provenance de cette région.</p>
<p>En raison de la faim, il y a eu des émeutes et des rébellions contre les prêtres et entre les classes sociales, qui ont été exploitées par d'autres peuples pour les envahir.</p>
<p>L'organisation politique était limitée à chaque cité-État qui, avec le village ou le district qui les entourait, constituait une entité indépendante, gouvernée par un cacique appelé Halach-huinic ("l'homme véritable"), qui percevait les impôts et dirigeait la politique. de l'État.</p>
<p>Le pouvoir est passé des parents aux enfants. En outre, il existait un conseil d'État formé de fonctionnaires (qui étaient des parents du cacique), de prêtres et de chefs de tribu.</p>
<p>Les gens ordinaires sans droits devaient travailler dans les travaux pénibles des constructions publiques, cultiver les champs et exécuter les travaux manuels, le tout avec une totale soumission aux classes dirigeantes.</p>
<p>Les prêtres, dont l'investiture héréditaire, non seulement accomplissaient des actes liés aux dieux, étaient également d'excellents astronomes, pouvant, grâce à leur connaissance de la marche du temps - en observant les étoiles - indiquer aux agriculteurs le bon moment pour la semer, annoncer l'arrivée des tempêtes et indiquer l'heure à laquelle ils doivent procéder à la récolte.</p>
<p>La base de l'économie reposait sur la culture du maïs, mais elle s'achevait peu à peu, car ils utilisaient la méthode consistant à brûler l'arbojo (une mauvaise herbe) de la terre soi-disant pour la fertiliser - car ils ne connaissaient ni les engrais ni les engrais. irrigation artificielle, permettant l'épuisement du sol. En outre, ils produisaient du coton, du cacao, du chili et des haricots. Les terres à planter doivent être proches des cenotes (dépôts d'eau), car la sécheresse a duré près de huit mois. Si ces dépôts n'existaient pas, il était nécessaire de collecter les eaux de pluie ou d'utiliser les lacs naturels. Cela a provoqué le déclin de la population maya, qui a dû quitter ses villes et émigrer vers de nouvelles régions non exploitées.</p>
<p>Avec le temps, la migration progressive a provoqué une nouvelle concentration des Mayas au nord de la péninsule du Yucatan, ce qui a permis de faire revivre les traditions et de réorganiser l'État. Le nouvel empire ou empire postclassique a commencé (10ème-16ème siècles).</p>
<p>Au début de cette nouvelle période, les colons mayas ont fusionné avec le groupe envahissant d'origine toltèque, dirigé par un roi-prêtre nommé Quetzalcóatl (serpent à plumes) ou Kukulcán des Mayas, qui ont imposé leurs cultes religieux et un système militariste. Ils se sont installés à Chichen Itza, où ils ont reconstitué leur ancienne capitale, Tula, sous l'égide de Quetzalcoatl, qui présidait la vie maya-toltèque du haut du château, la principale pyramide de la ville. Il y avait des marches sur les quatre côtés, et de sa partie supérieure, on pouvait voir une grande partie de la péninsule.</p>
<p>Une autre ville envahissante est celle des Itza, installés au 12e siècle à Champoton, sur la côte de Campeche, une région qu'ils occupèrent jusqu'en 1240. Peu de temps après, ils fondèrent Mayapán dans le secteur centre-est de la péninsule. Durant la période post-classique, les principales villes étaient Chichén Itzá, Uxmal et Mayapán, qui ont pendant quelque temps maintenu une alliance connue sous le nom de Ligue de Mayapán. Ceci, jusqu'à ce qu'une brève période de guerre (guerres) donne l'hégémonie à Mayapán, qui organise une sorte d'empire dont dépend une douzaine de villes. Apparemment, les seigneurs de ces villes ont été capturés pour empêcher les rébellions. En outre, grâce aux mariages familiaux, des alliances familiales avec les dominés ont été établies. Les personnages les plus conflictuels ont été vendus comme esclaves aux villes voisines.</p>
<p>Toutes ces mesures ont permis à Mayapán de conserver son leadership jusqu'en 1450 environ, date à laquelle Ah Xupan Xiú, membre de la famille Tutul-Xiú, s'est révolté. Les dirigeants de la dynastie Cocom ont été tués et la ville a été pillée puis détruite.</p>
<p>Après cela vint l'anarchie et la désintégration de l'empire. Les villes ont recouvré leur indépendance et se sont battues pour imposer leur pouvoir. Les influences mexicaines ont été rejetées et la culture maya classique a été reprise. Dans les hautes terres du Guatemala, la Quiche formait un petit empire qui ne dura pas longtemps.</p>
<p>À tout cela, il faut ajouter l'ouragan de 1464 et la peste de 1480, si bien que les centres de population ont été abandonnés. Les Mayas se sont à nouveau installés dans la zone centrale, dans la région du Petén.</p>
<p>La décadence des Mayas et leurs multiples conflits internes ont facilité la conquête et le règlement des Espagnols, qui ont découvert la péninsule du Yucatan en 1517 (Hernández de Córdoba). »</p>
<p><a href="http://www.icarito.cl/2009/12/92-5068-9-los-maya.shtml/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« À partir de 850, en plein âge d'or, les activités architecturales et artistiques cessent et, sans raison apparente, les grandes métropoles des Basses Terres du centre sont brutalement abandonnées. Pour cet épisode, Les chercheurs privilégient des hypothèses basées sur l'interaction de plusieurs facteurs tels que : - Une augmentation démographique trop rapide. - Une surexploitation des sols qui les auraient rendus stériles. - Les dépenses démesurées des rois qui ruinaient les cités. - Des catastrophes climatiques telles que séismes, ouragans ou sécheresses. Ces facteurs « ont amené des réactions en chaîne sous forme d'interruption de réseaux commerciaux, de révoltes, de guerres et d'invasions par les voisins »4 accélérant le déclin de la civilisation maya. »</p>
<p><a href="http://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUPHA_T_2014_ANTIH_JULIEN.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« Période classique (300 à 900 après JC)</p>
<p>Au cours de cette période, le processus culturel des Mayas a atteint son développement maximum, tant dans le domaine technologique que dans les domaines social, économique, politique, religieux et artistique. C'était le soi-disant « âge d'or » des Mayas. La population avait augmenté et l'agriculture s'était beaucoup développée. Des terrasses ont été érigées dans les zones montagneuses ; dans les territoires comportant des rivières, des lacs ou des lagunes, des canaux d'irrigation ont été construits, ce qui a permis d'accroître les surfaces cultivables tant pour la production de produits de base que pour la consommation et le commerce. Les centres ont grandi en splendeur. Avec les nouvelles avancées, il est devenu beaucoup plus diversifié et des artisans spécialisés dans différentes manifestations culturelles ont émergé ; de même, le commerce a augmenté, ce qui, peu à peu, a facilité le développement économique et permet désormais, à l'époque classique, d'échanger non seulement avec les peuples mayas, mais également avec d'autres peuples mésoaméricains, se consolidant ainsi entre Vallée du Mexique un commerce actif.</p>
<p>L'entrée de certaines villes mésoaméricaines auprès des populations mayas est arrivée un moment pour déstabiliser la société et paralyser la construction de centres cérémoniels. Cependant, l'élite dirigeante a surmonté la crise et poursuivi son développement.</p>
<p>Dans les meilleurs moments de l'activité architectonique, il était pertinent, car des sites comportant des centaines de bâtiments étaient construits, certains avec de nombreuses salles ; pyramides monumentales atteignant 70 mètres de haut, nombreuses stèles et monuments avec dates de comptage longues et inscriptions jeloglificas dans lesquelles des références à des faits historiques sont données. Toutes ces activités ont été menées sous la direction et la supervision de la classe dirigeante qui avait mis en place un gouvernement théocratique (gouvernement exercé directement par Dieu ou par les prêtres en tant que leurs représentants), dans lequel étaient récités des pouvoirs civils et religieux intimement liés. La classe dirigeante, une minorité, était soutenue par les hommages que leur donnaient les paysans et les artisans. Son pouvoir s'étend à toute une région et s'exerce à travers un système bureaucratique bien organisé qui atteint même les endroits les plus reculés. Les fonctionnaires contrôlaient les activités productives, la vie matérielle et spirituelle des populations, atteignant les travaux publics et les sanctuaires déjà mentionnés. Durant cette période, on assiste à un déclin qui repose sur plusieurs théories, notamment une guerre civile éventuelle, une épidémie ou la conquête de peuples barbares. Au cours de cette période, certaines des villes qui ont fleuri étaient : Coba, Uxmal, Izamal, Kabah, Loltun et Acanceh, entre autres.</p>
<p>Période Posclassique (900 à 1542)</p>
<p>Elle s'est développée dans la zone nord, car les Mayas qui y vivaient ont survécu à la catastrophe qui a provoqué l'abandon des villes de la zone centrale et ont poursuivi leur développement au cours de la période postclassique, affectée par les influences culturelles de groupes étrangers qui se sont effondrés dans la ville ; L'un d'entre eux, peut-être le principal, était celui du Chontal ou du Putun Maya, originaire du sud de Campeche et du delta des rivières Usumacinta et Grijalva. En raison de leur emplacement dans cette région du golfe du Mexique, les Chontal Maya ou Putun sont influencés par leurs voisins mexicains et constituent une culture hybride Maya-Nahua.</p>
<p>Une branche de ceux-ci, les Itzaes, ont navigué de leur lieu d'origine à l'île de Cozumel, sur la côte est de la péninsule, d'où ils se sont installés pendant un certain temps. Quelques années plus tard, ils traversèrent le continent et occupèrent Pole. Ils ont marché jusqu'à Chichen Itza, qui s'appelait alors Uucil Abnal (sept arbustes), un endroit qu'ils ont probablement conquis en 918.</p>
<p>Une fois possédés de Chichen Itza, ils se sont prolongés de divers curmbos de la côte orientale et de l'intérieur des terres, certains se sont avancés jusqu'à l'intérieur du Yucatan en conquérant et en soumettant un tribut à de nombreuses villes ; d'autres se sont installés dans des endroits comme Bacalar, Chetumal, Coba (centre abandonné depuis la fin de la période classique) ou se sont installés sur la côte nord.</p>
<p>Peu de temps avant les événements mentionnés ou en même temps qu'eux, un autre groupe de la lignée mexicaine, les Xiu, est entré dans le Yucatan et a occupé Uxmal pendant un certain temps ; de là, ils détenaient le pouvoir sur la vaste région du sud-ouest du Yucatan. Ces immigrants ont apporté à la région de nouveaux éléments idéologiques qui sont représentés dans certains bâtiments de la région.</p>
<p>Vers l'an 987, Chichén Itzá occupa le caudillo toltèque Quetzalcóatl-Kukulkán. L'histoire synthétise le long voyage de ce personnage de son lieu d'origine au Yucatan, et raconte que, fugitif de ses ennemis de Tula dans l'antiplan de Mexico, il s'est rendu, avec un groupe de prêtres, de guerriers et de serviteurs, une partie du golfe du Mexique qui constituait la région naturelle des Chontales Putunes, un groupe déjà influencé par la culture nahuatl ; Peu de temps après, le putnam d'Itzaes l'accompagna dans la dernière partie de leur périple, car ils connaissaient déjà bien la région et en dominaient une grande partie depuis 918 ; c'est pourquoi il est mentionné dans les chroniques qu'il y avait deux entrées d'Itza à Chichén Itzá. Quetzalcoatl, qui apparaît dans les histoires de Nahua comme un personnage mythique, presque comme un dieu, est connu dans les chroniques mayas comme un personnage historique avec le nom de Kukulkan, qui signifie : serpent à plumes.</p>
<p>Une raison décisive pour l'installation d'Itza sur le site qu'ils ont nommé Chichen Itza était l'existence de deux cenotes, l'un d'eux, le Xtoloc, servant à l'approvisionnement en eau ; l'autre, le sacré ou les sacrifices, était utilisé pour vénérer le dieu de la pluie, Chaac. Un sacbé mène à la Cenote de los Sacrificios de la place principale.</p>
<p>Le peuple maya de Chichén ltzá et ceux qui vivaient dans la zone d'influence de ce centre étaient soumis à des chefs non autochtones, c'est-à-dire aux envahisseurs étrangers qui contribuaient aux éléments culturels nahuas, parmi lesquels prédominaient les Toulas. Le paysan a continué de travailler la terre comme par le passé, mais le tribut a été acheminé vers les dirigeants d'Itza et l'esclavage s'est intensifié, les sacrifices humains ont été augmentés et des changements de croyances ont été imposés, de même que la vénération de nouvelles divinités.</p>
<p>Le pouvoir d'Itza était concentré à Chichén ftzá, c'est pourquoi ce centre militaire, politique, commercial et religieux a subi une transformation profonde qui a conduit à son développement. les idées introduites par les groupes toltèques se reflétaient dans l'art et l'architecture, comme on peut en citer des exemples : la construction de l'imposant bâtiment El Castillo, le groupe des Mille Colonnes et le Grand Jeu de balle ; les représentations de tigres ambulants et de créneaux en forme d'escargot, comme à Toula ; des colonnes avec des serpents dressés, des bas-reliefs représentant des guerriers toltèques, des peintures murales avec des scènes de guerriers naviguant devant des villes côtières ; planches avec des figures humaines masquées et des animaux dans l'attitude de manger des cœurs humains.</p>
<p>On pense que le boom de Chichén ltzá a été réalisé grâce à la période de paix relative qui a vécu 200 ans, ce qui a été rendu possible par l'organisation, vers l'an 1000, de la "Ligue de Mayapán", alliance politique constituée par les dirigeants d'Uxmal (Xiu), Chichén Itzá et Mayapán.</p>
<p>Deux siècles plus tard, la discorde politique, les rivalités pour les intérêts commerciaux et la rébellion du peuple fatigué de tant d'oppression ont conduit à la dissolution de la Ligue, à la chute d'Uxmal et à la fin de la prépondérance de Chichén ltzá, événements contemporains s'est produite vers l'an 1200.</p>
<p>La fin soudaine de Chichén ltzá était due, selon certains témoignages historiques, à la guerre que Mayapán lui avait faite, au cours de laquelle un important chef de ce lieu appelé Hunac Ceel Cahuic avait vaincu les Itza et les avait expulsés. Ce fait est connu dans les textes mayas comme "la trahison de la cellule Unac". Le départ d'Itza n'a pas entraîné l'abandon total du site. Divers groupes mayas ont continué pendant plus de trois siècles, faisant des pèlerinages au Cénote sacré pour apporter des offrandes au dieu de la pluie, Chaac. Le site appartenait au Cupul Itzá. Après la rébellion, le pouvoir était entre les mains des vainqueurs, les Cocom, de la lignée Itza, seigneurs de Mayapán.</p>
<p>Depuis lors, ce site est devenu le centre politique et commercial le plus important de toute la partie nord de la péninsule. La ville a été transformée, le mur qui l'entoure a été construit et plus de 2 000 maisons destinées à l'habitation, ainsi que des bâtiments monumentaux semblables à ceux de Chichén ltzá. Le pouvoir exercé par les Cocoms depuis sa création était absolu et sa politique visant à empêcher une nouvelle rébellion consistait à capturer Mayapán en tant que captifs des seigneurs naturels du pays, des principaux chefs mayas, et de les garder en otage. Ils ont été construits des maisons spéciales dans l'enceinte fortifiée afin de vivre en union avec un petit entourage de leurs partisans ; de là, ils s'occupent des affaires de leurs gouvernés et reçoivent le tribut qu'ils ont envoyé de leurs villes, qui ont été transférés aux seigneurs de Mayapán. Une grande partie des intérêts commerciaux du Cocom étaient liés à la côte orientale et à d'autres plages de la péninsule, l'une des principales étant le sel, contrôlé par eux pendant longtemps. Apparemment, ils entretenaient des relations importantes avec les navigateurs du Putun avec lesquels ils avaient eu de précieux échanges. À la suite de ce commerce, des centres importants tels que Tulúm, Xelhá et Muyil ont prospéré sur ce territoire. À mesure que les années passaient, la tyrannie de la maison Cocom s'intensifiait, l'hommage réclamé augmentait et devenait de plus en plus fréquent, l'esclavage se répandait et les esclaves mayas acquéraient une valeur commerciale sur les marchés florissants des côtes nord-ouest et est de la péninsule, pratique qui subsiste même après la perte de pouvoir du Cocom.</p>
<p>Avant qu'un tel système d'exploitation ne commence une série de soulèvements des peuples affectés contre le groupe dominant, mais ceux-ci furent apaisés par les partisans du Cocom, aidés par les guerriers mexicains, appelés par les Maya Ah Canul. Au fur et à mesure que les soulèvements se multipliaient, un plus grand nombre de guerriers arrivèrent à Mayapán, le Cocom ayant établi une alliance militaire et commerciale avec les groupes mexicains établis à Tabasco et à Xicalango, dans lesquels l'envoi de guerriers était envisagé. mercenaires On attribue à cela l'introduction de l'arc et de la flèche au Yucatan.</p>
<p>Les Xiu, se fondant sur le fait qu'ils étaient autrefois les seigneurs d'Uxmal, ont estimé avoir les mêmes droits que les Cocoms car ils étaient aussi vieux qu'eux-mêmes et étaient soutenus par le prestige que les Mayas les reconnaissaient en tant que dirigeants de certaines villes de la région. ils sont devenus les principaux conspirateurs contre le Cocom. C'est à cette époque que la lutte contre l'oppression et les abus des seigneurs de Mayapán a été maintenue.</p>
<p>La rébellion a été fructueuse en 1441 lorsque les Xiu ont obtenu l'appui de la plupart des peuples de la région ; Ensuite, les Mayas ont attaqué la ville fortifiée de Mayapán, symbole des privilèges et de la domination. L'endroit était complètement détruit, brûlé et abandonné pour toujours, il ne restait que des débris du puissant Mayapan. Les vainqueurs ont mis fin à la guerre en tuant le gouvernement Cocom et ses proches ; Un seul Cocom a survécu grâce à ses activités commerciales à Ulúa, sur la côte caraïbe du Honduras.</p>
<p>Après la révolution, le pouvoir politique et commercial, exercé pendant plus de deux cents ans de manière centrale par Mayapán, est fragmenté en dix-sept cacicazgos (cuchcabal) ou provinces indépendantes et rivales, bien que certaines alliances en fussent alliées. Les seigneurs mayas restés captifs ont été relâchés et sont rentrés dans leurs lieux d'origine. Les Cocom qui ont survécu à son retour se sont installés à Tibolón, site principal de la province de Sotuta</p>
<p><a href="https://www.monografias.com/trabajos/civmesomayas/civmesomayas.shtml" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>La société maya aurait disparu en atteignant son plus grand succès en termes agraires et démographiques :</p>
<p>« Chaque cité-État maya d'importance (Tikal, Palenque, Calakmul, Caracol, etc.) avait donc besoin, pour sa subsistance, de très vastes territoires pour nourrir une population d'autant plus grandissante que la cité était prospère. Quinze hectares et une cinquantaine de jours de travail étaient nécessaires au paysan maya pour nourrir une famille de 10 personnes pendant un an : c'est un espace considérable ! Or la dimension de la plupart des cités, comme l'ampleur des travaux menés à bien en relativement peu de temps, impliquaient à terme que ce mode de production ne pourrait plus suffire aux besoins, d'autant qu'on sait que les rendements de la milpa sont faibles (2 à 3 quintaux de maïs à l'hectare). Certes, les Mayas avaient parfois mis au point des systèmes plus intensifs, comme l'agriculture en terrasses (Caracol, Río Bec) ou des jardins potagers autour des maisons avec utilisation des cendres (Tikal), mais cela ne pouvait que retarder l'échéance. La dégradation des sols dans le périmètre proche des cités conduisait inéluctablement à des productions alimentaires de plus en plus maigres alors que, dans le même temps, les populations croissaient. À la fin de la période Classique (vers 900 ap. J.-C.) on estime la population maya à plus de 2 millions d'individus dans les Basses-Terres. Puis d'évidence, la population s'est développée jusqu'à atteindre rien que dans le Petén près d'une dizaine de millions de personnes à son apogée (Schwartz, 1990). On estime qu'à leurs apogées, vers 810, Palenque avait une dizaine de milliers d'habitants, Tikal (fig. 5) et Calakmul ont eu chacune environ 50 000 habitants (Haviland, 1972), et Caracol, au pied des monts Mayas (Belize), plus de 140 000 habitants (Chase, 2008) sur un rayon de 10 km ! Dans le Petén, selon Rice et Rice (1990) les densités rurales pouvaient atteindre jusqu'à 200 à 300 habitants/km2, ce qui est considérable pour une forêt tropicale ! La capacité de résilience de cette dernière et de ses sols n'y pouvait suffire. »</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/com/5626#tocto1n4" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Toltèques :</h2>
<p>Tula, capitale de l'Empire Toltèque (dans l'Etat mexicain d'Hidalgo), est l'une des grandes métropoles commerciale, politique et religieuse de Méso-Amérique. Elle a été conquise par les Chichimèques en 1168 après J.-C. mais quelle était la raison d'une telle chute qui permettait à leur voisin de devenir plus puissants qu'eux sans que la population ne défende leur ancienne cité et société ? La réponse suit…</p>
<p>« Atlas historique de la Méso-Amérique », Norman Bancroft Hunt :</p>
<p>« Ce qui prête à confusion et provoque la discussion parmi les chercheurs qui s'intéressent à l'histoire de l'Amérique centrale, c'est que beaucoup des grandes cités ont été brusquement désertées, souvent après avoir fait l'objet de tentatives apparentes de destruction. Les grands sites olmèques de San Lorenzo et de La Venta ont été détruits avant d'être abandonnés comme le seront plus tard les villes majeures de Teotihuacàn et de Tula. Bien que les indices de destruction y soient moins visibles, il en va de même pour de nombreux centres mayas. Ces abandons présentent la particularité de ne pas sembler faire suite à un quelconque déclin, mais de se produire brutalement et de façon catastrophique. Ils apparaissent au cours de périodes où les preuves archéologiques suggèrent à l'évidence qu'il s'agissait de centres prospères, sur le plan religieux et commercial. Diverses explications ont été avancées. Selon la plus communément admise, des pressions extérieures ont rendu ces sites intenables. D'après ces scénarios, des intrigues politiques entre cités rivales auraient entraîné des guerres qui auraient fait perdre aux souverains leur autorité et poussé les populations à l'exode. Selon une autre explication, des dissensions internes, dues à des soulèvements des communautés rurales contre les élites gouvernantes, se seraient terminées en guerres civiles. Une troisième hypothèse s'appuie sur une augmentation trop rapide des populations que n'auraient pas pu supporter les ressources locales. (...) La troisième hypothèse n'est pas applicable aux Olmèques qui n'ont jamais été assez nombreux pour épuiser les ressources de leur territoire. On peut aussi invoquer de violents bouleversements qui auraient pu être d'origine très diverses et dont le rôle aurait été déterminant. Ni à San Lorenzo, ni à La Venta n'apparaissent des indices permettant de prouver que les destructions ont été dues à une insurrection. Si des combats assez violents s'étaient déroulés pour chasser l'élite gouvernante en place, les vestiges archéologiques auraient été, tout au moins partiellement, détruits. C'est ce que l'on constate dans le site ultérieur de Tula que les Aztèques envahirent et brûlèrent. Les monuments ont été envahis avec une telle violence qu'ils ont été fracassés. A San Lorenzo et à La Venta, rien de tel : les destructions s'apparentent plus à des destructions systématiques qu'à un événement dramatique. Dans ces deux sites, les monuments jetés à terre ont été détériorés par des coups, des entailles, des éclats et des trous. (...) Des envahisseurs, ou même des insurgés, auraient laissé en place les vestiges mutilés au lieu de les disperser selon un ordre précis. Il n'est pas dans les usages des armées conquérantes ou des partisans d'une guerre civile de traiter les vestiges de leurs ennemis avec un tel respect. (...) Mais cette action pouvait être aussi une façon de les condamner au Royaume de la mort et de leur retirer ainsi rituellement leurs pouvoirs. »</p>
<p>Les sociétés méso-américaines ont été détruites par des révolutions mais il ne faut pas oublier qu'elles ont également été construites face à des révolutions et par des révolutions.</p>
<p>Les Toltèques, un groupe de langue nahuatl qui soumit les Nonoalcas, descendants des Teotihuacan, font partie des tribus qui ont fait irruption en Mésoamérique. Ils s'y sont manifestés entre 900 et 1200 de notre ère, ce qui signifie qu'ils sont beaucoup plus proches de nous que les Olmèques ou les Mayas. Quand les envahisseurs se sont mêlés avec les habitants des vallées de l'état actuel d'Hidalgo, ils ont créé une grande ville.</p>
<p>Tollan ("Lugar de tules"), près de la rivière Toula, en était la capitale. Ils y ont construit des bâtiments ornés de colonnes en forme de guerriers appelés "Atlantes". Ils ont également sculpté des figures de jaguars, coyotes et aigles dévorant les cœurs. Vers l'an 1050 de notre ère, les Toltèques avaient transformé Tula en une grande ville, capitale d'un empire qui dominait le centre du Mexique et étendait son influence à des régions très éloignées. A Tula, la fonction politique était liée au religieux et le centre urbain était le siège du gouvernement et de la religion.</p>
<p>Les Toltèques ont étendu leur influence par la guerre et le commerce, ont emprunté à d'autres cultures différentes façons de travailler la terre et de construire des temples ou des maisons, ont obtenu des richesses et des territoires dominés. Les peuples sujets leur ont rendu hommage en échange d'une protection militaire. Au cours de la guerre, ils ont obtenu des richesses et des territoires dominés ; les peuples sujets leur ont rendu hommage en échange d'une protection militaire. Les Toltèques ont étendu leur influence par la guerre et le commerce. Les Toltèques ont reçu des articles aussi différents que des céramiques d'Amérique centrale et des turquoises du Nouveau-Mexique actuel. À leur tour, des produits de Toula ont été trouvés dans des endroits aussi éloignés que le Honduras et le sud des États-Unis d'Amérique.</p>
<p>La guerre acquit, chez les Toltèques, une plus grande importance que dans les cultures qui ont prospéré à l'époque classique. Il apparaît des professionnels militaires qui s'identifient à certains animaux tels que : les guerriers aigle, jaguar ou coyote. Dès lors, la prédominance des guerriers s'intensif et l'esprit militariste caractérise toutes les cultures postclassiques.</p>
<p>Le centre cérémoniel de Tula avait des pyramides, des salles et des jeux de ballon ; et comme à Teotihuacán, l'obsidienne et la céramique étaient travaillées. Selon un poème, le génie des artistes toltèques était dû à : "ils ont mis leur coeur dans le travail".</p>
<p>Les Toltèques ont dominé un grand territoire, mais pas pour longtemps. Vers l'an 1200 apr. J.-C. sa force a été détruite par de nouveaux groupes d'envahisseurs. La fin de Tula ressemble à celle de Teotihuacán, environ 1 170 personnes et la ville et son centre cérémoniel ont été pratiquement détruits ; Cependant, l'influence des Toltèques a survécu à plusieurs endroits. C'est le cas de Chichén Itzá, dans la région maya du Yucatán, dont l'architecture et les sculptures, telles que Chac-mool, ressemblent extraordinairement aux Toltèques. (Voir pp.112 et 113 de l'Histoire du livre de la 5e année). La ruine de Tula a favorisé l'entrée de nouveaux groupes dans l'altiplano qui s'est installé à Tenayuca, à Texcoco. Des groupes Nahua du Mixteca sont arrivés.</p>
<p>Chez les peuples Nahuas, le mot Toltèque était synonyme d'artiste, d'artisan de sage, ou de maîtres bâtisseurs et toltecayotl (Toltècisé) signifie art, culture civilisation, urbanisme et était considéré comme le contraire de Chichimèques (Chichimecisé), qui symbolisait l'état sauvage des peuples nomades qui n'étaient pas encore urbanisés. Cette interprétation fait valoir que tout grand centre urbain en Amérique centrale pourrait être dénommé Tollan et ses habitants Toltèques et qu'il était de pratique courante pour les lignées royales de la période Mésoaméricaine postclassique de renforcer leurs prétentions au pouvoir en revendiquant une ascendance toltèque. Les récits méso-américains de migrations rapportent souvent que Tollan était gouvernée par Quetzalcoatl (ou Kukulcan en langue Maya yucatèque et Gukumatz en langue K'iche'), une figure divine mythique qui fut exilée de Tollan et est parti fonder une nouvelle cité d'ailleurs en Méso-Amérique. Les revendications d'une ascendance toltèque et d'une dynastie fondée par Quetzalcoatl sont communes à diverses civilisations comme les Aztèques, les peuples Quichés et les Mayas d'Itzá.</p>
<p>L'effondrement des Toltèques n'est pas la première, ni la seule, dans l'histoire heurtée des civilisations précolombiennes, faite de périodes d'expansion suivies de rudes replis. Ainsi, aux environs de 200 avant Jésus-Christ, existait déjà dans la vallée de Mexico une cité immense et sophistiquée, Teotihuacán, qui comptait jusqu'à 200 000 habitants, sans doute la plus grande ville du monde à cette époque. On peut encore admirer les ruines de cette somptueuse cité dans la vallée de San Juan, à 50 kilomètres au nord-est de Mexico. Elle s'est effondrée entre le VIe et le VIIe siècle, dans une confusion violente et inexpliquée. Plusieurs explications ont été avancées par les spécialistes : révoltes contre le pouvoir, croissance excessive de la population…</p>
<p>« Le déclin de Tollan-Xicocotitlan commence vers le milieu du XIIe siècle et coïncide avec la phase dite du feu. Pendant les deux siècles qu'a duré cette étape de l'histoire précolombienne de la ville, les principaux bâtiments du centre administratif ont été incendiés. La reconstruction historique faite par l'archéologue Jorge Acosta était celle d'un événement catastrophique de pillage et d'incendie de la ville, en raison de l'invasion de groupes mexicains. Cette fin catastrophique a longtemps fait penser à une réduction considérable de la population de la zone urbaine et de toute la région à la suite de l'effondrement de la ville, ce qui provoquerait un chaos économique dans la région qui disperserait une grande partie de la population, population dense qui vivait à l'époque toltèque. Cependant, à présent, grâce aux études de Juan Yadeun dans la zone urbaine, nous savons que non seulement un "dépeuplement catastrophique" n'a pas eu lieu à Tula, mais qu'il y a eu une continuité démographique et que, dans la région de Tula, il y a une forte continuité entre le règlement des occupations de Tollan et celles de la phase du palais qui nous amène à penser que le changement qualitatif entre les Toltèques et les Aztèques tardifs se produirait sans un dépeuplement entre eux. Il est probable que les raisons de ce processus de déclin étaient de La chute de la capitale toltèque a été associée à l'épuisement d'un système politique largement répandu en Méso-Amérique lors de l'épanouissement de la ville, où l'association entre les Tollan mythique et la figure du serpent à plumes servit de moyen de légitimer l'élite hégémonique dans plusieurs. Les arts du territoire actuel du Mexique et de l'Amérique centrale. À Tula, une série de différends opposant des groupes luttant pour la domination de la ville finirent par la ruiner. Les vestiges de l'un des bâtiments les plus importants, le palais Quemado, tirent leur nom actuel des preuves archéologiques qui prouvent qu'il a été incendié. Bien que des études récentes suggèrent que la plupart des bâtiments administratifs, tels que les temples, les temples de quartier et les zones de conseil, ont été incendiés dans le cadre d'un rituel de destruction.</p>
<p>Dans la région adjacente à Tula, la même chose s'est produite. Ainsi, par exemple, dans la partie nord du bassin du Mexique, une région importante sous le contrôle de Tula, se trouvent des centres provinciaux abandonnés, tels que San Miguel Eyacalco, une agglomération vaste et complexe par laquelle Tula a gardé le contrôle de la région des plaines de Pachuca. Les centres provinciaux, comme Apazco, disparaissent également, tandis que d'autres, comme Santa María, Mesa la Ahumada et El Pedregal, connaissent un dépeuplement presque total. Cependant, la plupart des villages et des petits hameaux continuent d'être occupés dans cette région sans abandon apparent. Ce qui précède indique qu'il y avait un degré élevé de continuité démographique, environ 60% de la population, après la chute de Tula, sans que nous puissions penser que l'effondrement de Tollan avait créé un vide démographique au niveau régional.</p>
<p>Après l'effondrement politique de l'État toltèque, plusieurs lignées dirigeantes de la ville ont entamé un exode qui les a conduites à s'établir dans d'autres régions de la Méso-Amérique. Certains se sont installés à Colhuacán, où ils ont établi un important manoir qui dominait le sud de la vallée du Mexique. En fin de compte, l'élite Culhuacan a donné aux Mexica leur premier tlatoani, qui a revendiqué leur ascendance toltèque comme base de leur légitimité. Malgré l'exode massif de la population, Tollan-Xicocotitlan n'a jamais été complètement abandonné et est resté une population importante dans sa région, bien que jamais comparable à son époque de floraison.</p>
<p>Pendant la phase du palais (1350-1450), la ville était occupée par des groupes mexicains. Ceux-ci ont fait de nouvelles constructions à usage d'habitation dans le palais de Quemado, la structure K et d'autres structures abandonnées. On sait que vers 1422, les Tlatelolcas ont effectué une expédition sur les vestiges de l'ancienne capitale toltèque et que des groupes mexicains ont représenté le roi Quetzalcoatl sur la colline de Malinche.13 De plus, plusieurs monuments d'origine toltèque ont été déplacés de la ville antique vers Mexico-Tenochtitlan. En bref, pour la civilisation Mexica, la capitale toltèque est restée un important point de référence politique.</p>
<p>Après la conquête espagnole, une nouvelle population a été construite dans la région qui tire son nom de la vieille ville, bien qu'elle soit devenue castillanisée. Cette population correspond à l'actuelle Tula de Allende. Dans les environs de la zone archéologique de Tula se trouvent les vestiges d'une construction de ces premières années de la colonie, qui correspond à la dernière phase archéologique de Tula, connue sous le nom de Trésor. »</p>
<p><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Tollan-Xicocotitlan" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Incas :</h2>
<p>« La hiérarchie dans l'empire inca reprend l'organisation traditionnelle des communautés andines. L'Inca est à la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est à la base de la structure de l'empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conquérant veille à ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations à assimiler et laisse en place les autorités traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorités locales étaient donc encadrées et rendaient comptes à des supérieurs hiérarchiques qui tous étaient membres du clan Inca.</p>
<p>D'une manière générale, il existait trois classes : la classe laborieuse constituée des paysans et artisans, la classe de gouvernance locale et, au sommet, la classe dirigeante de souche inca qui tenait les rênes de l'empire. Cette classe dirigeante était organisée comme un clan ordinaire dont les membres étaient appelés aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives.</p>
<p>Cette société était donc fondée sur un système de castes et on ne pouvait que très difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait accéder à la classe dirigeante à la suite d'un exploit militaire ou grâce à quelque autre mérite. Il arrivait, dans un but politique, que des dirigeants coopératifs de peuples vaincus obtiennent des postes à responsabilités, souvent celui de Kurakas.</p>
<p>Le groupe social de base est formé par la famille constituée des parents et des enfants célibataires. L'homme travaille aux champs, et pratique éventuellement de l'artisanat, tandis que la femme s'occupe de la cuisine et de l'entretien de la maison. L'entraide entre familles est très fréquente, notamment au moment des récoltes. Les personnes invalides sont généralement soutenues par l'ensemble de la communauté.</p>
<p>Les peuples des Andes sont répartis dans de nombreux villages situés sur des hauteurs. L'ensemble des familles, la plupart du temps liées par le sang, qui habitent un village forme un ayllu. Un chef (kuraka) dirige l'ayllu répartit les travaux collectifs et les terres. L'ayllu possède en effet des terres agricoles, distribuées par lots, ainsi que des pâturages, d'accès collectif.</p>
<p>Les ayllus sont organisés en chefferies, regroupant plusieurs ayllus sous la domination de l'un d'entre eux. Les ayllus dépendants doivent verser un tribut de corvées à l'ayllu dominant. En échange, ce dernier doit maintenir des réserves pour pallier les mauvaises récoltes et subvenir à l'entretien des pauvres. Des chefferies forment à leur tour des groupes sous la domination de l'une d'entre elles. L'empire inca s'inscrit dans le même schéma, l'empereur étant le chef du groupe de chefferies constitutif de l'empire.</p>
<p>Les conquêtes se faisaient soit pacifiquement, et alors les souverains conquis conservaient un certain pouvoir, soit par armes, et le peuple vaincu était en partie déplacé dans une région solidement acquise aux Incas et qui lui était souvent totalement étrangère. Des peuples soumis de longue date à l'empire venaient alors repeupler leurs terres.</p>
<p>L'Empire inca se composant d'une mosaïque de peuples qui n'ont pas forcément été détruits ou réduits en esclavage.</p>
<p>L'économie est fondée sur la gestion de la main-d'œuvre, sur l'échange d'énergie humaine, sur une sorte de collectivité du travail et nullement sur des échanges de biens ou sur une possession collective des biens. La richesse était liée non pas à la possession des biens mais à l'accès à la main-d'œuvre pour la production de la communauté. Le pauvre étant celui qui possède peu de liens de parenté.<br class='autobr' />
Au sommet de l'organisation économique se trouve l'Inca qui se repose sur les organisations ethniques et leur économie de redistribution mais en gérant un système de redistribution à un niveau supérieur.</p>
<p>Le kuraka, le chef de l'ayllu, était chargé de la répartition des terres, qui se faisait sur un modèle de parts, entre chaque membre du village apte à travailler.</p>
<p>• Les travaux agricoles étaient divisés en trois temps :</p>
<p>• la part de l'Inca et de la famille royale ;</p>
<p>• celle de chaque détenteur de lopin de terre, pour subvenir aux besoins de sa famille ;</p>
<p>• celle qui appartenait au village, afin de subvenir aux besoins des plus démunis. Un système d'entraide entre les familles était très développé. En plus des terres collectives, il existait des réserves qui permettaient de pallier le manque en cas de famine, ou quand venait une délégation de l'Inca.</p>
<p>Un autre devoir de chaque membre de la communauté consistait à s'occuper des travaux collectifs (comme l'entretien des canaux d'irrigation). Ce système connaissait cependant des faiblesses : les kurakas abusaient parfois du système, s'enrichissaient et constituaient une nouvelle classe dont les privilèges étaient transmis par héritage.</p>
<p>Il y avait une redistribution au niveau local autour du groupe ethnique mais aussi une redistribution bien plus vaste, au niveau de l'empire. L'Inca s'en chargeait à partir des réserves. Pour opérer ce travail, on faisait appel à des mitas (transporteurs). L'empire organisait donc aussi la mita.</p>
<p>La répartition des terres ethniques semblait liée à la redistribution, puisque chaque année, elle faisait l'objet d'un pacte ou d'une négociation. Grâce aux principes de la redistribution et de l'échange d'énergie humaine, les Incas purent entreprendre de nombreuses constructions, créer des greniers supplémentaires, un réseau de routes, des centres administratifs... »</p>
<p><a href="http://www.peuplesamerindiens.com/pages/amerindiens-d-amerique-du-sud/incas/les-incas.html" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<h2 class="spip">Aztèques :</h2>
<p>« La société aztèque peut être caractérisée comme un système de classes soulignant l'existence d'un groupe dominant et d'un groupe dominé, avec un accès inégal au pouvoir et à la richesse. Plus exactement, les Aztèques doivent être définis comme une société de classes, dans laquelle une noblesse se distingue par son lignage ou la naissance du reste de la population. Les nobles, appelés en Nahuatl « pipiltin », réservaient une série de prérogatives économiques, politiques et sociales de privilèges, interdites au peuple, composées du macehualtin (au singulier macehualli), dont la fonction était fondamentalement productive. Comme dans la société européenne médiévale, la reconnaissance juridique des droits exclusifs et la différenciation sociale et la reproduction par lignages qui déterminent le groupe dirigeant aztèque en tant que classe. La base économique du pouvoir du pipiltin résidait dans son contrôle sur la terre et le travail des groupes de macehualtin qui lui étaient associés, obtenus par héritage et par conquête, car après chaque victoire sur une autre unité politique, le souverain victorieux avait passé un marché entre les principaux nobles et les guerriers les plus méritoires au nom des terres en question. Les macehualtin étaient obligés de donner périodiquement à leurs maîtres un tribut sous forme de travail et de marchandise, et le pipiltin contrôlait les principales formes de production économique de la société mésoaméricaine : agriculture, tribut et commerce. La noblesse aztèque est donc une classe de guerriers qui fonde sa position prééminente sur le monopole de la violence et génère une idéologie qui la soutient par le biais d'un ensemble complexe de mythes, de rituels et de traditions, dont la fonction principale est de légitimer et de reproduire l'ordre social de classe. L'identification entre la noblesse et l'État dans la société aztèque était presque complète, de sorte que les propriétés personnelles des nobles de l'État ne peuvent être dissociées. Même les pipiltins qui n'obtenaient pas directement des bureaux de l'État, en raison de leur appartenance au domaine dominant, étaient liés par une série de fonctions politiques à l'autorité du tecpan ou du palais.</p>
<p>A côté des tlatoani, nous trouvons un deuxième haut responsable, qui reçoit le titre de cihuacoatl et qui semble fournir les tlatoani dans les circonstances nécessaires, presque avec les mêmes attributions. Au sein de l'altepetl, ceux qui n'ont pas atteint le rang de tlatocayotl, ou chez ceux qui l'ont perdu à la suite d'une défaite à la guerre ne semblent pas appartenir à la classe de pipiltin. Lorsqu'il s'agit d'un cuauhtlatoani imposé par un pouvoir dominant, il semble privé des symboles de pouvoir associés au tlatoani, indiquant que le tlatocayotl ne se voyait pas octroyer de droits permanents sur lui-même ou ses héritiers.</p>
<p>Un autre niveau social - celui-ci étant compris dans la noblesse - est celui de tecutli (pluriel de tétecutine), généralement traduit par "seigneur", qui occupait divers postes au sein de l'organisation de l'État, allant du propre tlatoani à d'autres accusations mineures. Ils appartenaient au commandement du teuccalli, ou maison du leadership, desservis par un groupe de vassaux ou macehualtin, qui lui devait un tribut en biens et services. Parfois, ils occupaient des postes de juges, d'ambassadeurs ou de fonctionnaires des impôts, ainsi que sous la responsabilité de la population soumise à leur siège…</p>
<p>L'unité géopolitique de base du monde aztèque est « l'altepetl », littéralement "la colline de l'eau" (atl-tepetl), qui, selon le contexte, peut être traduit par ville, ville, manoir et même pays ou royaume. Fondamentalement, un altepetl découle de l'installation d'un groupe humain sur un territoire. Une autre caractéristique essentielle semble être leur division en parties différenciées et portant leur propre nom, et l'existence d'une tradition ou d'un mythe de fondation qui vient affirmer l'unité ethnique de base ancestrale du groupe, légitimant ainsi l'entité politique actuelle (Lockhart 1999 : 29- 30). L'existence d'un altepetl implique celle d'un centre urbain, la résidence de l'élite dirigeante et l'emplacement des bâtiments et des espaces sociopolitiques qui symbolisent son autorité, tels que le tecpan ou le palais - même dans votre cas le tlatoani ou roi - le tiyanquiz ou marché et le teocalli ou temple, qui honore généralement une divinité à laquelle s'iidentifie le groupe ethnique. Un certain nombre d'artisans, marchands, prêtres, fonctionnaires et autres travailleurs viendraient compléter la population urbaine, nombre correspondant à l'importance de l'altepetl. Mais le territoire de l'altepetl comprend également une zone rurale où se trouvent les terres appartenant au pipiltin, travaillés par le macehualtin, qui se rendent périodiquement dans le centre urbain pour livrer leur production et collaborent tour à tour au service et à la maintenance des demeures nobles. L'une des caractéristiques importantes de l'altepetl est cependant que son territoire n'est pas nécessairement contigu, ce qui s'explique peut-être par sa division en parties et par un concept de domination et de dépendance plus personnel que territorial : bref, le territoire d'altepetl ce n'est que la somme des terres sous la juridiction de leur pipiltin. Des campagnes de conquête, d'héritage, de désintégration ou d'incorporation de nouveaux groupes modifiaient souvent la configuration géographique d'un altepetl, de sorte que la complexité du problème à la fin du postclassique dans la région centrale mésoaméricaine obéit sans doute à des raisons historiques…</p>
<p>L'importance des marchés - et de la pochteca ou des marchands - dans l'économie postclassique mésoaméricaine est incontestable. Outre le système de marchés ordinaires organisé de manière solaire, il existait des marchés régionaux spécialisés dans des produits exotiques spécifiques sur lesquels convergeaient de vastes réseaux commerciaux longue distance. L'empire Mexica est intervenu et a manipulé le système de marché en l'intégrant et en le réorganisant à son avantage. La localisation ou le transfert des marchés apparaissent parfois dans le cadre de la politique post-conquête. La renommée du marché de Tlatelolco - l'altepetl de la tradition Pochteca - est maintes fois louée aux sources, car elle constituait le cœur économique de l'empire Mexica, ce qui est souligné par la perte du tlatocayotl tlatelolca avant le tenochcas Axayacatl, pour ceux-ci un avantage économique remarquable.</p>
<p>Quant à Cuauhtitlan, la source locale indique que, lorsque les Tepanecas ont soumis leur altepetl, ils ont transféré le marché aux esclaves local à Azcapotzalco même, où il est resté situé à l'arrivée des Espagnols. L'importance du marché local à l'époque préhispanique était encore soulignée dans une lettre adressée au roi d'Espagne par les dirigeants de cette population de Tepaneca en 1561. Il est probable que celui mentionné dans l'épître était le même marché pris à Cuauhtitlan, car "ils y étaient quotidiennement vendues des marchandises variées, ainsi que d'innombrables esclaves et captifs qui n'ont été mis en vente que sur ce site "(Lettre d'Azcapotzalco de 1561). Par ailleurs, lorsque nous parlons de transfert ou d'appropriation d'un marché, nous devons interpréter que le centre dominant contrôle exclusivement le droit de créer des marchés dans la zone qu'il contrôle. Justement, le même document que nous venons de citer vient de regretter le fait que le tianquiz d'Azcapotzalco ait travaillé à son époque et sans concurrence entre eux, alors que ... "il est arrivé par la suite que toute ville, quelle que soit sa taille, peut désormais propre autorité, alors qu'entre nous il n'existe pas de marché si ce n'est pas un jour par semaine, c'est le samedi, au détriment de tous. »</p>
<p><a href="http://webs.ucm.es/BUCM/tesis//ghi/ucm-t28903.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Les luttes de classes et révolutions ont renversé les civilisations indiennes des Amériques :</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">Celle des Mayas</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">Celle des Toltèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">Celle des Incas</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">Celle de Teotihuacan</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">Celle des Mochicas</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Celle de Caral</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Celle des Olmèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">Celle des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_out" rel="external">Celle du Mississipi</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">Celle de Tihuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">Celle de Nazca</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Celle de Lambayèque-Sicàn</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Celle de Chavín</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions de Méso-amérique antique</a></p>
<h2 class="spip">Appendice :</h2>
<p>K. Marx dans « Le Manifeste communiste » :</p>
<p>« Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte... L'histoire de toute société jusqu'à nos jours a été l'histoire de luttes de classes. »</p>
<p>F. Engels dans « L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat » :</p>
<p>« L'Etat n'est donc pas un pouvoir imposé du dehors à la société ; il n'est pas d'avantage "la réalité de l'idée morale", "l'image et la réalité de la raison", comme le prétend Hegel. Il est bien plutôt un produit de la société à un stade déterminé de son développement ; il est l'aveu que cette société s'empêtre dans une insoluble contradiction avec elle-même, s'étant scindée en oppositions inconciliables qu'elle est impuissante à conjurer. Mais pour que les antagonistes, les classes aux intérêts économiques opposés, ne se consument pas, elles et la société, en une lutte stérile, le besoin s'impose d'un pouvoir qui, placé en apparence au-dessus de la société, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'"ordre" ; et ce pouvoir, né de la société, mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus étranger, c'est l'Etat. »</p>
<p>Lénine dans « L'Etat et la révolution » :</p>
<p>« Ici se trouve exprimée en toute clarté l'idée fondamentale du marxisme sur le rôle historique et la signification de l'Etat. L'Etat est le produit et la manifestation de ce fait que les contradictions de classes sont inconciliables. L'Etat surgit là, au moment et dans la mesure où, objectivement, les contradictions de classes ne peuvent être conciliées. Et inversement : l'existence de l'Etat prouve que les contradictions de classes sont inconciliables… D'une part, les idéologues bourgeois et surtout petits-bourgeois, obligés sous la pression de faits historiques incontestables de reconnaître que l'Etat n'existe que là où existent les contradictions de classes et la lutte des classes, "corrigent" Marx de telle sorte que l'Etat apparaît comme un organe de conciliation des classes. Selon Marx, l'Etat ne pourrait ni surgir, ni se maintenir, si la conciliation des classes était possible. Selon les professeurs et publicistes petits-bourgeois et philistins - qui se réfèrent abondamment et complaisamment à Marx ! - l'Etat a précisément pour rôle de concilier les classes. Selon Marx, l'Etat est un organisme de domination de classe, un organisme d'oppression d'une classe par une autre ; c'est la création d'un "ordre" qui légalise et affermit cette oppression en modérant le conflit de classes. Selon l'opinion des politiciens petits-bourgeois, l'ordre est précisément la conciliation des classes, et non l'oppression d'une classe par une autre ; modérer le conflit, c'est concilier, et non retirer certains moyens et procédés de combat aux classes opprimées en lutte pour le renversement des oppresseurs. »</p>
<p>Karl Marx dans « L'Idéologie allemande » :</p>
<p>« Dès l'instant où le travail commence à être réparti, chacun a une sphère d'activité exclusive et déterminée qui lui est imposée et dont il ne peut sortir ; il est chasseur, pêcheur ou berger ou critique critique, et il doit le demeurer s'il ne veut pas perdre ses moyens d'existence ; tandis que dans la société communiste, où chacun n'a pas une sphère d'activité exclusive, mais peut se perfectionner dans la branche qui lui plaît, la société réglemente la production générale ce qui crée pour moi la possibilité de faire aujourd'hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l'après-midi, de pratiquer l'élevage le soir, de faire de la critique après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur ou critique. Cette fixation de l'activité sociale, cette pétrification de notre propre produit en une puissance objective qui nous domine, échappant à notre contrôle, contrecarrant nos attentes, réduisant à néant nos calculs, est un des moments capitaux du développement historique jusqu'à nos jours.C'est justement cette contradiction entre l'intérêt particulier et l'intérêt collectif qui amène l'intérêt collectif à prendre, en qualité d'État, une forme indépendante, séparée des intérêts réels de l'individu et de l'ensemble et à faire en même temps figure de communauté illusoire, mais toujours sur la base concrète des liens existants dans chaque conglomérat de famille et de tribu, tels que liens du sang, langage, division du travail à une vaste échelle et autres intérêts ; et parmi ces intérêts nous trouvons en particulier, comme nous le développerons plus loin, les intérêts des classes déjà conditionnées par la division du travail, qui se différencient dans tout groupement de ce genre et dont l'une domine toutes les autres. Il s'ensuit que toutes les luttes à l'intérieur de l'État, la lutte entre la démocratie, l'aristocratie et la monarchie, la lutte pour le droit de vote, etc., etc., ne sont que les formes illusoires sous lesquelles sont menées les luttes effectives des différentes classes entre elles. »</p>
<p>Lénine :</p>
<p>« Nous appelons classes sociales de grands groupes d'hommes différenciés par la place qu'ils occupent dans un système de production sociale défini historiquement, par leur relation (fixée et consacrée par la loi dans la plupart des cas) avec les moyens de production, par leur fonction dans l'organisation sociale du travail, donc, par les moyens de les obtenir et l'importance de leur rôle. Les classes sont des groupes d'hommes dont l'un peut s'approprier le travail de l'autre grâce à la place différente qu'il occupe dans une structure donnée de l'économie sociale. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p>« … Une telle chaîne d'événements… ne mène pas seulement à un conflit social inévitable, dans lequel la société est en proie à des affrontements et à des guerres, mais contribue à une réduction drastique de la population, celle-ci payant un lourd tribut en vies humaines... Elle rompt l'équilibre instable jusqu'alors impératif. Le système d'alliances qui a permis de maintenir la paix entre les villes mayas explose... Des guerres sanglantes s'emparent des terres des Mayas, qui subissent un processus de désintégration. Les effectifs de la population s'effondrent. Ce climat d'instabilité violente brise le réseau commercial ou la restructuration. Cependant, cette dynamique complexe, cette fuite en avant finit par mettre fin progressivement à la civilisation classique maya "</p>
<p>Izquierdo-Egea 2014a : 22</p>
<p>« ... Esta cadena de acontecimientos... no solo conduciría a una inevitable conflictividad social, plagada de enfrenta-mientos y guerras, sino que contribuiría a una drástica reducción de la población pagando un elevado tributo en vidas humanas... Se rompe el inestable equilibrio hasta entonces imperante. El sistema de alianzas que mantenía la paz entre lasciudades mayas salta por los aires... Sangrientas guerras arra-san las tierras de los mayas, que experimentan un proceso debalcanización. Desciende significativamente la población. Esteclima de violenta inestabilidad rompe la red comercial o la reestructura. Sin embargo, esa compleja dinámica, esa huida ha-cia delante, acaba poniendo fin a la civilización maya clásicade forma progresiva. » (Izquierdo-Egea 2014a : 22).</p>
<h2 class="spip">Pascual Izquierdo-Egea dans « Fluctuations économiques américaines préhispaniques dans le bassin de la rivière Balsas, Mexique » :</h2>
<p>« L'analyse des dépôts funéraires dans le bassin de la rivière Balsas (Michoacán-Guerrero, Mexique), et plus précisément de la série d'offrandes provenant des sépultures du barrage d'Infiernillo, donne des résultats surprenants. Il permet de déchiffrer les clés fossilisées dans le registre de la morgue coïncidant avec les événements les plus importants du passé préhispanique de Méso-Amérique.</p>
<p>1. Au cours de la période préclassique tardive (environ 400 avant J.-C. - 150/200 après JC), la Méso-Amérique connaît un effondrement de nature sociale. En dépit de l'extraordinaire richesse économique actuelle enregistrée par rapport au Préclassique moyen, les inégalités sociales montent en flèche. Ce phénomène coïncide avec le premier effondrement de la civilisation maya. La crise sociale est un phénomène répandu dans toute la Méso-Amérique, mais l'effondrement actuel est limité au monde maya et date de 100 à 250 après JC, c'est-à-dire à la fin du Préclassique supérieur. Ce qui semble indiquer que c'est dans la région maya que l'inégalité sociale effrénée n'a pas pu être maîtrisée. Peut-être parce que c'est là qu'un changement climatique défavorable, une sécheresse persistante qui a réduit les récoltes, favorisant le mécontentement populaire et la confrontation entre différentes entités politiques mayas pour des ressources de base, comme ce fut le cas plus tard au cours de la Classicisme tardif, aurait pu avoir un impact particulièrement virulent.</p>
<p>2. Après l'effondrement social de la période préclassique tardive, le classicisme primitif (vers 150 / 200-650 après J.-C.) apporte une grande prospérité à l'ensemble de la Méso-Amérique, la plus grande enregistrée à l'époque préhispanique, bien qu'elle manifeste une continuité et un point culminant de la tendance de la période précédente. Il met également en lumière la moindre inégalité sociale dans l'ensemble de la série chronologique, ce qui indique une redistribution plus équitable de la richesse et un niveau de conflit très faible. Teotihuacan a été le bénéficiaire du déclin d'autres civilisations qui ont succombé à la fin du Préclassique supérieur, à l'instar des Mayas de cette époque. Il a étendu son influence à la région maya au début de la période classique, la période de plus grande prospérité enregistrée dans les Balsas préhispaniques. À son tour, l'effondrement de Teotihuacan a facilité l'émergence de nouveaux États mésoaméricains ou la montée de la civilisation maya classique. Cependant, ceux-ci ont fini par tomber plus tard, comme l'avait fait la grande ville.</p>
<p>3. Du début de la période classique tardive (vers 650-900 apr. J.-C.) jusqu'à la fin de la même période, les couchers de soleil et les effondrements des civilisations mésoaméricaines ont suivi : Teotihuacan (depuis la fin de la période classique ancienne), Monte Albán, la Maya classique. Les offrandes des sépultures d'Infiernillo dans la rivière Balsas témoignent à cette époque d'une grave crise économique aggravée par une augmentation notable de l'inégalité sociale et un galopant conflit interne. L'effondrement du Late Classic, plutôt qu'un processus lent, est une réaction en chaîne retardée qui commence le déclin de Teotihuacan, passe de Monte Alban et atteint ensuite le monde des Mayas classiques. Les principaux paramètres de son équation sont la surpopulation et le changement climatique à travers l'impact de ce dernier sur l'environnement naturel. Cela se produit lorsque l'équilibre entre la population et les ressources disponibles est rompu pour le maintenir grâce à l'intervention du climat en tant que facteur exogène. La conflictivité qui en résulte, exprimée par des révolutions ou des guerres, n'est que la conséquence de cette circonstance lorsque les mécanismes de régulation internes d'une formation sociale échouent.</p>
<p>4. Le début du postclassique (environ 900-1200 après JC) connaît une légère reprise économique. Les inégalités sociales continuent de s'accroître, bien que beaucoup moins que dans la période classique tardive, et les conflits internes diminuent nettement mais restent élevés. L'écosystème tropical est rétabli et des seigneuries postclassiques émergent après la balkanisation qui a suivi l'effondrement de Teotihuacan et la civilisation maya classique. La vallée de Teotihuacan tombe sous le contrôle de Tula, capitale des Toltèques, dont le déclin commence à la fin du début du postclassique, à l'instar du troisième effondrement de la civilisation maya, après la chute de Chichén Itzá.</p>
<p>5. Le postclassique tardif (env. 1200-1520 ap. J.-C.) est une période de grande prospérité économique, d'une hauteur comparable à celle du début de la période classique. L'inégalité sociale est réduite, ce qui implique une redistribution plus équitable de la richesse, comme dans la première période classique. Cela réduit également les conflits internes. Les Tarascans se développent dans le bassin des rivières Balsas et Tepalcatepec. Le petit âge glaciaire apporte plus d'humidité et des forêts plus denses. Ces conditions favorables permettent à nouveau l'expansion de l'agriculture et du commerce. Cependant, au XVIe siècle, il y a un dépeuplement massif. Ce fut l'une des plus grandes catastrophes démographiques de l'histoire de l'humanité. »</p>
<p><a href="http://www.laiesken.net/arqueologia/archivo/2014/23/1" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p> El análisis del gasto funerario de la cuenca del río Balsas (Michoacán-Guerrero, México), en concreto de la serie de ofrendas procedentes de los entierros de la presa del Infiernillo, arroja sorprendentes resultados. Permite descifrar las claves fosilizadas en el registro mortuorio coincidentes con los eventos más relevantes del pasado prehispánico de Mesoamérica.</p>
<p>1. Durante el Preclásico Tardío (c. 400 a. C.-150/200 d. C.), Mesoamérica experimenta un colapso de naturaleza social. A pesar de la extraordinaria bonanza económica ahora registrada respecto al Preclásico Medio, se dispara enormemente la desigualdad social. Este fenómeno coincide con el primer colapso de la civilización maya. La crisis social es un fenómeno generalizado en toda Mesoamérica, pero el colapso propiamente dicho se circunscribe al mundo maya y se fecha entre el 100 y el 250 de nuestra era, o sea, a finales del Preclásico Tardío. Lo cual parece indicar que fue en la región maya donde la desbocada desigualdad social no pudo controlarse. Acaso porque ahí es donde podría haber incidido con especial virulencia un cambio climático desfavorable, una sequía persistente que redujo las cosechas favoreciendo el descontento popular y el enfrentamiento entre distintas entidades políticas mayas por los recursos básicos, como ocurriera más tarde en el Clásico Tardío.</p>
<p>2. Tras el colapso social del Preclásico Tardío, el Clásico Temprano (c. 150/200-650 d. C.) trae una gran prosperidad a toda Mesoamérica, la mayor registrada en tiempos prehispánicos, si bien manifiesta una continuidad y culminación de la tendencia del periodo anterior. Sobresale, además, la menor desigualdad social de toda la serie temporal, lo cual indica una redistribución más equitativa de la riqueza, y un bajísimo nivel de conflictividad. Teotihuacan fue beneficiario del ocaso de otras civilizaciones que sucumbieron al final del Preclásico Tardío, como los mayas de ese tiempo. Extendió su influencia hacia el área maya durante el Clásico Temprano, la época de mayor prosperidad registrada en el Balsas prehispánico. A su vez, el colapso teotihuacano facilitó la emergencia de nuevos estados mesoamericanos o el auge de la civilización maya clásica. Sin embargo, estos acabaron decayendo más tarde tal como lo había hecho la gran urbe.</p>
<p>3. Desde principios del Clásico Tardío (c. 650-900 d. C.) hasta finales del mismo, se suceden los ocasos y colapsos de las civilizaciones mesoamericanas : Teotihuacan (desde finales del Clásico Temprano), Monte Albán, los mayas clásicos. Las ofrendas de los entierros del Infiernillo en el río Balsas muestran en ese tiempo una gran crisis económica agravada por un notable incremento de la desigualdad social y una galopante conflictividad interna. El colapso del Clásico Tardío, más que un proceso lento, es una reacción en cadena de efecto retardado que inicia el ocaso teotihuacano, pasa a Monte Albán y luego alcanza el mundo maya clásico. Son parámetros fundamentales de su ecuación la superpoblación y el cambio climático a través del impacto de este último sobre el medio natural. Se produce cuando se rompe el equilibrio entre la población y los recursos disponibles para sostenerla con la intervención del clima como factor exógeno. La conflictividad resultante, expresada mediante revoluciones o guerras, no es más que la consecuencia de dicha circunstancia cuando fallan los mecanismos reguladores internos de una formación social.</p>
<p>4. El Posclásico Temprano (c. 900-1200 d. C.) experimenta una ligera recuperación económica. Sigue aumentando la desigualdad social, aunque mucho menos que en el Clásico Tardío, y la conflictividad interna disminuye notoriamente pero se mantiene alta. Se recupera el ecosistema tropical y surgen los señoríos posclásicos tras la balcanización que sucede al colapso teotihuacano y de la civilización maya clásica. El valle de Teotihuacan cae bajo control de Tula, capital de los toltecas, cuyo ocaso comienza a finales del Posclásico Temprano, al igual que el tercer colapso de la civilización maya, tras la caída de Chichén Itzá.</p>
<p>5. El Posclásico Tardío (c. 1200-1520 d. C.) es una época de gran prosperidad económica, de gran auge equiparable al del Clásico Temprano. Se reduce la desigualdad social, lo cual implica una redistribución más equitativa de la riqueza como ocurre en el primer periodo clásico. También disminuye la conflictividad interna. Los tarascos se expanden por la cuenca de los ríos Balsas y Tepalcatepec. La Pequeña Edad de Hielo trae más humedad y bosques más densos. Estas condiciones favorables permiten nuevamente la expansión de la agricultura y el comercio. Sin embargo, en el siglo XVI tiene lugar un despoblamiento masivo. Fue una de las más grandes catástrofes demográficas de la historia de la humanidad.</p>
<h2 class="spip">« L'effondrement de la période du classique récent, une comparaison entre la crise de la civilisation des Mayas d'Uaxactin (Guatemala) et celle de Barton Ramie (Bélize), d'après le registre des funérailles »
<p>Une étude de Pascual Izquierdo-Egea sur la chute de la civilisation Maya causée par un effondrement économique et social :</p>
</h2>
<p>« L'application de la méthode d'évaluation contextuelle à l'analyse des registres funéraires d'Uaxactún (Guatemala) et de Barton Ramie (Belize) fournit des preuves irréfutables sur l'empreinte matérielle de l'effondrement de l'époque classique dans l'inhumation des mayas. Cela confirme ce qui avait déjà été prévu dans le bassin de la rivière Balsas au Mexique (2014).</p>
<p>INTRODUCTION</p>
<p>L'objectif de cet article est de présenter les résultats d'une enquête sur les fluctuations économiques des Mayas à un moment clé, celui du passage du Classique ancien au récent, afin de faire la lumière sur l'impact de la crise de cette dernière période sur cette civilisation ancienne. Il est basé sur les offrandes des sépultures mayas étudiées par William L. Rathje (1970), de la ville d'Uaxactún au Guatemala et de la communauté villageoise de Barton Ramie au Belize, dans le bassin supérieur du fleuve du même nom, étude des dépôts funéraires correspondant à la période préclassique classique ancienne à Altún Ha, sur la côte du Belize, et une autre de la classique récente à Tikal (Guatemala), au sud de Uaxactún, dans la région de Petén (Rathje 1973 : 749-750) ; ce qui n'a pu être calculé du fait de l'absence du groupe représentatif de la dernière période dans le premier cas et du précédent dans le second. Cependant, même si les comparaisons sont indirectes, les offrandes des sépultures sont, à première vue, beaucoup plus riches, c'est-à-dire abondantes et précieuses, dans l'Antiquité (Altún Ha au début de la période classique) qu'à Tikal pendant toute la période de la fin de la période classique. Ce qui, avec les précautions qui s'imposent, donnerait encore plus de cohérence à la principale conclusion de la présente étude : l'effondrement de la civilisation maya classique était parfaitement documenté dans leurs tombes.</p>
<p>MÉTHODOLOGIE ET SÉLECTION DE DÉMONSTRATIONS CHRONOLOGIQUES</p>
<p>La méthode d'évaluation contextuelle se concentre sur l'analyse des dépenses funéraires en mesurant la variabilité du trousseau en fonction d'une série de paramètres. Les principes théoriques de cette méthodologie et de sa formulation mathématique, y compris les techniques instrumentales qui la développent, sont diffusés au moyen d'une bibliographie volumineuse (Izquierdo-Egea 1989 : 67-68, 73-74 ; 1991 : 134-135 ; 1993 : 33-42 ; 1995 : 149-151 ; 1996-97 : 107-111 ; 2009 : 5-6 ; 2010 : 5-6 ; 2011 : 4 ; 2012a : 33-62 ; 2012b : 5 ; 2012c : 3-4 ; 2013a, 2013b : 29-31, 2014a : 4, 2014b : 6, 2015 : 6). C'est le noyau central de l'archéologie des phénomènes sociaux et elle articule toute sa méthodologie. Grâce à la mesure de la dépense funéraire investie dans le trousseau qui accompagnait le défunt, calculée à partir de la valeur contextuelle de ses composants, on peut observer les fluctuations de l'économie, les inégalités ou la conflictualité sociale encodées dans l'enregistrement matériel. Parmi les variables analysées, la plus remarquable est la valeur contextuelle d'une propriété de morgue, à partir de laquelle sont déterminés les frais funéraires consommés dans le trousseau de chaque sépulture et la valeur économique moyenne amortie dans chaque échantillon chronologique évalué. Une autre statistique fondamentale est également utilisée pour mesurer l'inégalité ou la différenciation sociale : le coefficient de variation (CV), en contraste avec le coefficient de Gini. Les deux sont exprimés en pourcentages, c'est-à-dire en indices. Nous introduisons ici, en tant que grande nouveauté et avance technique de la méthodologie utilisée, le calcul des ressources disponibles en fonction du temps grâce à la formule récemment publiée (Izquierdo-Egea 2015 : 13-14), incluse dans l'annexe ajoutée au présent article. . Cela apporte beaucoup de lumière pour comprendre les changements qui surviennent dans tout processus temporaire. Maintenant, aux paramètres habituellement analysés (les dépenses funéraires moyennes ou la richesse relative, l'inégalité sociale moyenne mesurée par le CV ou l'indice de Gini et le conflit social), nous pouvons ajouter cette nouvelle variable. Son utilité indéniable, contrastée avec une multitude d'échantillons temporaires correspondant à de nombreux anciens cimetières, à l'instar de la nouvelle technique de mesure de la conflictualité sociale récente (voir Izquierdo-Egea 2015), le prouve. Cette réalisation est due à l'introduction de la population en tant que paramètre de conflit, rendant viable le lien avec la loi démographique de Malthus (1798). "Maintenant, grâce à la troisième équation fondamentale qui en résulte, le conflit social peut être quantifié en fonction de la taille de la population et des ressources disponibles pour la soutenir. Ce qui constitue un outil théorique d'une grande aide pour l'étude de phénomènes aussi pertinents que l'effondrement de civilisations anciennes » (Izquierdo-Egea 2015 : 15). La procédure d'analyse utilisée commence par la sélection d'échantillons chronologiques répondant aux critères habituels liés à l'état de conservation des tombes - choix intact ou bien préservé - et datation - n'admettant que des cas sûrs ou fiables. Dans le cas qui nous occupe, cette tâche a déjà été réalisée par W. L. Rathje (1970).</p>
<p>Échantillons chronologiques étudiés</p>
<p>Ils ont été sélectionnés et publiés par Rathje (1970). À partir de leurs données, deux échantillons temporaires peuvent être analysés pour chaque site selon la chronologie proposée dans cette publication : Uaxactún I, Uaxactún II, Barton Ramie I et Barton Ramie II. Au cœur de Petén, les tombes de Uaxactún incluses dans cette étude correspondaient à une période ancienne (antérieure à l'an 600 de notre époque) et à une autre récente (postérieure à cette date) (Rathje1970 : 364), nommées ici Uaxactún I et II. . Pour sa part, les sépultures de Barton Ramie, un site rural situé dans ce qui était alors la colonie du Honduras britannique, converti plus tard en État indépendant de Belize, ont également été divisées en deux périodes : ancienne (avant l'an 700 de notre époque) et récente (ultérieure) (Rathje 1970 : 360). Les deux sont connus ici comme Barton Ramie I et II. En pratique, ces phases ancienne et récente coïncident respectivement avec les périodes mésoaméricaines dites « primitive classique » (environ 150 / 200-650 après J.-C.) et plus tardive (environ 650-900 après J.-C.). C.) en suivant la chronologie traditionnelle (López Austin et López Luján 2000). Les échantillons chronologiques sélectionnés correspondent aux tombes inventées à l'origine par Rathje (1970 : 363, Fig. 22, 365, Fig. 23.372) : 1. Uaxactún I (Early Classic) : 24-29 (N = 6) .2. Uaxactun II (Late Classic) : 57-77 (N = 21) .3. Barton Ramie I (Early Classic) : 1-23 (N = 23) .4. Barton Ramie II (Late Classic) : 30-56 (N = 27). Une fois que les deux séries chronologiques ont été complétées avec quatre échantillons, les composants des biens funéraires ont été codés en tant que catégories particulières. Suivant une règle de base, certaines de ces dernières ont été unifiées en tant que catégories intermédiaires ou génériques lorsque le nombre de cas était faible (Izquierdo-Egea 2012a : 58-62). Ensuite, les informations obtenues dans la base de données du programme informatique NECRO (Izquierdo-Egea 1991) ont été introduites, à la fois dans la première version et dans la plus récente développée début 2015 (voir annexe). Celui-ci était chargé de calculer à la fois la valeur contextuelle des catégories de biens et la dépense funéraire moyenne investie dans les biens funéraires des tombes et dans l'ensemble temporel auquel ils appartenaient. Ensuite, les résultats fournis par les échantillons analysés ont été comparés afin d'apprécier leurs variations et d'isoler la tendance de chaque série chronologique. Ensuite, avec l'aide d'un autre outil de calcul statistique auxiliaire, le programme SYSTAT (VV, AA, 2007, Wilkinson, 1990), le coefficient de variation (CV) de chaque échantillon a été estimé pour estimer l'inégalité sociale. De même, une autre ressource en ligne a été utilisée pour déterminer l'indice de Gini via Internet (Wessa 2014), ce qui peut également être effectué via le logiciel Gretl (Cottrell et Lucchetti 2012a, 2012b). Enfin, sur la base des données fournies par les paramètres précédents, la conflictualité sociale et le niveau de ressources disponibles pour chacune des périodes étudiées ont été calculés</p>
<p>RÉSULTATS : FLUCTUATIONS ÉCONOMIQUES ET CHANGEMENTS SOCIAUX ENTRE LES MAYANS DE PETÉN ET LE BELIZE</p>
<p>Les résultats de la série chronologique des sépultures mayas analysées montrent des résultats hautement significatifs (voir tableau 1). En examinant les indicateurs statistiques des paramètres de Uaxactún (Guatemala), on constate que l'inégalité sociale augmente de 60,56%, l'activité de l'économie diminue de 99,57%, les conflits sociaux s'envolent (36442,86%), la population représentée dans l'échantillon il augmente de 250% et les ressources disponibles diminuent de 99,04%. De son côté, à Barton Ramie (Belize), l'inégalité sociale diminue de 49,61%, l'activité de l'économie diminue de 90,16% (comme à Uaxactun, même la proportion de la baisse est très similaire), la conflictualité sociale augmente également sensiblement (411,99%), la population augmente comme à Uaxactún mais moins (17,39%) et les ressources disponibles diminuent de 77,14% comme à Uaxactún.</p>
<p>Selon ces données, on constate que, dans la région du Petén, Uaxactún montre une très forte baisse des dépenses funéraires moyennes ainsi qu'une augmentation marquée de l'inégalité sociale au cours de la période classique tardive (environ 650-900 après J.-C.). , comme précédemment détecté dans le bassin de Balsas au même moment (voir Izquierdo-Egea 2014a : 7). Ces paramètres révèlent un conflit énorme, qui se traduit vraisemblablement par une situation sociale explosive, confirmée par la diminution abrupte des ressources disponibles. Il en va de même dans le bassin de Balsas, ce qui permet d'évoquer sérieusement la possibilité d'extrapoler ce panorama à d'autres régions mésoaméricaines touchées par cette conjoncture défavorable. En d'autres termes, la région du Petén, la vallée du Belize et le bassin de Balsas partagent une montée des conflits sociaux tout au long de la période classique tardive, liée à une crise économique aiguë et à une diminution choquante des ressources disponibles ; alors on peut supposer que ces événements étaient communs ou ont affecté une grande partie de la Méso-Amérique à cette époque. Même le fait que l'évolution de l'inégalité sociale brise l'unité observée par le biais d'autres paramètres dans les deux sites maya (augmentation de Uaxactún alors qu'il faisait l'inverse dans Barton Ramie) ne remet en cause l'impact de l'effondrement dont ils souffrent. À cet égard, n'oublions pas la différence essentielle entre un centre urbain et une communauté villageoise au niveau social. En ce qui concerne la population représentée, bien qu'elle augmente dans les deux localités, beaucoup plus dans Uaxactún (250%) que dans Barton Ramie (17,39%), il faut être très prudent lorsqu'on interprète le comportement comme une augmentation démographique. Comment est-il possible que, dans un contexte de crise économique intense et de forte diminution des ressources disponibles, une croissance démographique aussi exorbitante puisse se produire, comme cela semble être détecté dans la ville maya de Uaxactún ? Cela n'aurait de sens que si la clé pour comprendre ce qui se passe est à notre portée : l'éclatement d'un conflit social, détecté à la fois dans le Petén et dans le bassin du Belize, se produit dans deux sites représentatifs de la ville et respectivement sur le terrain, accusant chacun localement l'effondrement de la civilisation classique maya de différentes manières. On comprend maintenant l'importance du nouveau paramètre recherché par le calcul des ressources disponibles en fonction de la population représentée dans l'échantillon analysé et de la conflictualité sociale estimée à cet effet. Précisément, cet indicateur parle directement d'un déclin démographique, et pas autrement, en raison d'une augmentation extraordinaire de la mortalité, plus virulente à Uaxactún qu'à Barton Ramie ; ce qui est confirmé par l'extraordinaire croissance de la conflictualité sociale détectée aux deux endroits. En d'autres termes, l'augmentation de la population représentée dans les échantillons de la période classique tardive ne résulterait pas d'une augmentation de la population mais d'une mortalité élevée due au niveau de conflit détecté.</p>
<p>Répartition de la richesse</p>
<p>Le paysage façonné par la répartition de la richesse amortie en trousseaux funéraires en fonction de l'âge et du sexe des individus apporte un éclairage nouveau, notamment en ce qui concerne l'observation de l'impact démographique de la crise de la fin de la période classique. La communauté rurale maya de Barton Ramie expose au début de la période classique une plus grande concentration de la richesse dans le segment de la population correspondant aux jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans - comme l'a déjà compris Rathje (1970 : 362) - 73,73 unités de valeur moyenne (N = 7, 30,43%). Les adultes âgés de 26 à 50 ans (19,65, N = 8, 34,78%) restent loin. Les deux derniers segments de la communauté, dont les sépultures manquent d'offrandes, sont absolument marginalisés dans la répartition de la richesse amortie dans les tombes : les 2 cas d'adultes âgés de plus de 50 ans (8,70%) et les 6 correspondant aux adolescents de moins de 50 ans. de 18 ans (26,09%). En ce qui concerne le sexe des individus, les femmes (N = 4) concentrent en moyenne plus de richesse relative : 30,14 unités de valeur par rapport à 22,01 hommes (N = 6). En combinant l'âge et le sexe, on obtient que les jeunes femmes adultes âgées de 18 à 25 ans (N = 2) accumulent une plus grande valeur économique (60,27 unités en moyenne) que les autres segments de la population : hommes adultes de plus de 26 ans. et 50 ans (35,95, N = 4), jeunes hommes adultes âgés de 18 à 25 ans (11,90, N = 3) et femmes âgées de plus de 50 ans sans offrandes (N = 2). En revanche, tout au long de la fin de la période classique, lorsque la région du Belize montre les effets négatifs de l'effondrement de la civilisation maya classique, il existe un appauvrissement généralisé qui touche tout le monde sur un pied d'égalité. Maintenant, les différences économiques entre les individus de Barton Ramie sont minimes. La mortalité est particulièrement répandue chez les adultes matures âgés de 26 à 50 ans (14 / 27,88,89% des personnes décédées), parmi lesquels le plus surprenant est que la plupart sont des femmes (11 / 15,73,33%). C'est le secteur le plus touché par la crise économique et la rareté des ressources disponibles dans une société en proie à des conflits violents. Précisément, le plus grand nombre de femmes enterrées au cours de cette période pourrait être dû à ce dernier phénomène social. En revanche, les adolescents sont relativement nombreux dans la période précédente et n'accumulent aucune richesse dans leurs sépultures pour devenir le plus riche parmi les pauvres de la fin de l'ère classique ; tandis que les sépultures de jeunes adultes, les plus riches de la période classique ancienne, deviennent maintenant les plus pauvres, ce qui coïncide avec les observations de Rathje (1970 : 364). À Uaxactún, les sépultures d'adolescents sont également les plus riches de la période classique tardive. Sur la base de ces données, dans la communauté Barton Ramie Mayade, une société nettement matriarcale apparaît pendant la période classique primitive en raison du poids spécifique des femmes dans la répartition de la richesse. D'autre part, la période suivante semble conduire à une transformation sociale au profit des hommes et au détriment des femmes (la société devient plus patriarcale et cesse d'être nettement matriarcale comme avant). Cependant, à Uaxactún, l'inverse se produit pendant la fin de la période classique. La société semble clairement patriarcale car ce sont les hommes qui accumulent la majorité de la richesse amortie de leurs offrandes (7,20 unités de valeur de fronts moyens et 1,05 des femmes) ; En outre, dans cette ville maya du Peten, les personnes âgées de 26 à 50 ans concentrent plus de richesse moyenne dans leurs offres funéraires chez les hommes adultes (8,96 unités de valeur par rapport à 1,93 chez les jeunes). Cependant, en comparant tous les segments de la population, les adultes matures (5,65 unités de dévalorisation en moyenne, N = 11, 52,38%) sont dépassés par les adolescents (6,51, N = 6, 28,57%). En bref, des changements sociaux importants sont observés chez les Mayas de la période tardive. Certains adolescents, auparavant marginalisés, héritent maintenant de la position sociale de leurs proches. À Barton Ramie, bien que l'inégalité sociale soit réduite, les conflits sont généralisés en raison du déclin brutal de l'activité économique ou, ce qui est identique, de l'augmentation spectaculaire de la pauvreté et de la réduction drastique des ressources disponibles. Le scénario est commun aux deux sites (pauvreté, manque de ressources, conflit). Il serait nécessaire de rechercher si des changements aussi révélateurs que le déclin économique des femmes observé dans la communauté maya de Barton Ramie pourraient être liés à une transformation sociopolitique qui affectait moins leur position sociale.</p>
<p>Données microéconomiques</p>
<p>Les données microéconomiques obtenues sont extrêmement intéressantes (voir tableau 2). Dans la région maya du Petén et dans le bassin hydrographique du Belize, on constate que, lorsqu'elle passe de la période classique ancienne à la période tardive, la céramique accroît sa valeur contextuelle relative, c'est-à-dire qu'elle devient plus chère - elle passe de 0,39 à 0,71 unité de valeur contextuelle à Uaxactún (82,05%), presque le double, et de 0,56 à 0,78 à Barton Ramie (39,29%), ce qui correspond presque aux deux valeurs -. L'augmentation du prix de la céramique coïncide avec une augmentation similaire dans ce site du Belize (5,23%), alors que l'inverse se produit à Uaxactún (-2,70%) (voir tableau 3). La coquille se comporte de manière opposée, c'est-à-dire qu'elle devient moins chère (comme dans le cas précédent, sa valeur est égale, passant de 1,86 à 1,00 entre les Mayas de Petén (-46,24%) et de 2,31 à 1,08 entre les bassins de Belize (-53,25%). La coquille la meilleure marché correspond à une augmentation de cette marchandise à la fois dans Uaxactún (2,71%) et Barton Ramie (5,92%). Lorsque ces données sont comparées à celles se rapportant au bassin de la rivière Balsas Dans le Mexique préhispanique (cf. Izquierdo-Egea 2014a : 11, tableau 2), on peut observer des tendances opposées : la céramique devient moins chère et la coquille devient plus chère, cependant, l'obsidienne du Belize augmente sa valeur d'échange au cours de la période classique tardive, coïncidant pleinement avec l'évolution de cette marchandise dans le bassin de Balsas, où elle atteint une valeur de 0,92 unité contre 1,80 chez les Mayas du bassin de Belize (52,54%), ce qui implique que cette augmentation affecte davantage les centres intégrés du pays. Marché mésoaméricain pendant la fin de la période classique. D'autre part, en ce qui concerne les autres biens funéraires mayas, il convient de noter que le jade, suivant les étapes de la coque, devient également meilleure marché au cours de la dernière période d'Uaxactún (-32,66%).</p>
<p>CORRÉLATIONS ENTRE L'ARCHÉOLOGIE DES PHÉNOMÈNES SOCIAUX ET D'AUTRES SOURCES</p>
<p>Comme nous l'avons déjà vu, ces nouveaux résultats viennent corroborer ce qui a été récemment soutenu sur la base des preuves tirées du bassin de la rivière Balsas au Mexique. Les changements alors prévus pour les autres régions mésoaméricaines sont confirmés. À présent, dans les pays mayas, le même fait se répète : la crise de la fin de siècle classique est enregistrée dans les offres de sépulture en deux lieux, l'un au Guatemala et l'autre au Belize ; alors cette tendance régulière peut être étendue à une bonne partie de la Méso-Amérique à cette époque. En effet, sur la base des données publiées par E. Gonzalez Licón (2003, 2011) pour Monte Albán (Oaxaca, Mexique), les recherches en cours menées par la soussignée montrent que cet important centre urbain, capitale de la civilisation Zapotec, accuse également, au cours de la fin de la Classique tardive, un déclin brutal de l'activité économique et des ressources disponibles qui appuient un déclin drastique de la population et une augmentation considérable des troubles sociaux. L'effondrement de la civilisation maya classique observé à travers les offrandes des sépultures de Uaxactún à Petén et de Barton Ramie dans le bassin du Belize est amplement documenté par de nombreuses sources archéologiques. Tout ce long processus commence plus au nord. La période sèche de l'an 580 de notre ère coïncide avec une hiatomaya dans la transition du début à la fin du classicisme, caractérisée par une réduction de la construction de monuments du deuxième quart du sixième siècle jusqu'au milieu du septième siècle après environ J.-C. (de Menocal 2001 : 670). Le déclin de Teotihuacan s'inscrit parfaitement dans ce cadre : il commence vers 550 après JC et s'achève autour de 650 après JC (Cowgill 2007 : 261, Manzanilla 2015). Au sujet de l'obsidienne, un changement des itinéraires de son ministre de l'intérieur à la côte aurait pu contribuer à l'effondrement des centres urbains mayas de l'intérieur (Golitko et al., 2012). Ces marchandises étaient de plus en plus difficiles à obtenir par les voies de navigation intérieures (Golitko et al., 2012 : 514). Cela se reflète clairement dans la communauté maya de Barton Ramie (voir tableau 3), car sa présence est considérablement réduite. Comme nous l'avons vu ci-dessus, l'obsidienne du Belize augmente sa valeur d'échange au cours de la fin de la période classique, comme cela se produit dans le bassin de Balsas. On peut penser que cette augmentation a affecté d'autres centres intégrés dans le réseau d'échanges du marché méso-américain. Une grande crise économique ravage la Méso-Amérique, génère un appauvrissement généralisé et déchaîne une vague de conflits sociaux. Le long processus de déclin et d'effondrement final que les civilisations mésoaméricaines de la fin de siècle classique ont connu entre les Teotihuacan et se termine entre les Mayas. L'effondrement de Teotihuacan déclenche une lente réaction en chaîne. Cette crise complexe finit également par affecter Monte Albán et la civilisation classique maya : chez les Zapotèques, la population diminue considérablement dans la vallée de Oaxaca et se concentre à Monte Alban, qui atteint maintenant 500 à 700 personnes après J.-C. ) sa plus grande extension. Cependant, la capitale commence à décliner entre 600 et 900 après la dispersion de J.-C. Supoder alors que l'autonomie des centres régionaux grandit (Marcus 2009 : 98, 101, González Licón 2011 : 201).</p>
<p>L'effondrement de la civilisation maya classique</p>
<p>L'effondrement de la civilisation maya au IXe siècle de notre ère ne peut être compris que comme un processus lent dû à diverses causes interdépendantes et nuancées par région (Oglesby et al.2010, Yaeger et Hodell 2008 : 226, Vidal et Muñoz 2013 : 98). Cela ne se produit pas dans son ensemble (Aimers 2007 : 329), parce que politiquement, il ne l'était pas puisqu'il était conforme à un conglomérat de cités-États. Le déclin de la civilisation maya classique se produit entre 750 et 900 après J.-C., juste au moment de la culture et de la démographie suapogeo (Turner 2010 : 575) au VIIIe siècle (jusqu'à 750) de notre ère, après le Teotihuacan s'effondrer. La construction des monuments atteint son maximum en 721 après J.-C. et cesse après 830 après J.-C. Les symptômes commencent à se manifester entre 750 et 790 après J.-C. (de Menocal 2001 : 670 ) et l'effondrement est daté par une technique raffinée à 900 après J.-C. (Chase et al., 2012 : 12917), tandis que d'autres le situent entre 800 et 900 (vg Houston et al., 2001 : 65).</p>
<p>Le rôle de la sécheresse</p>
<p>Le problème de la sécheresse ne pouvait être laissé de côté par la complexité d'un effondrement qui pénétrait également dans les zones humides permanentes (Butzer et Endfield 2012 : 3630). La civilisation maya se développe rapidement de 550 à 750 après J.-C. en profitant d'un climat humide favorable. Cependant, son effondrement coïncide avec des conditions climatiques défavorables caractérisées par des sécheresses prolongées (Haug et al., 2003 : 1733, Brenner et al.2001 : 99). Les données des enregistrements sédimentaires du bassin de Cariaco, dans le sud des Caraïbes, indiquent un stade sec étendu de 750 à 950 après JC avec des épisodes cycliques d'une périodicité de 40 à 50 ans (Yaeger et Hodell, 2008 : 227). En outre, l'analyse des séries chronologiques de sédiments lacustres dans le nord de la péninsule du Yucatan révèle une périodicité correspondant à la sécheresse qui dure depuis 208 ans. Ce cycle est similaire à la période de 206 ans pour l'activité solaire. C'est-à-dire que les deux cycles de conoscillations bicentenaires coïncident (Hodellet al 2001, Brenner et al 2002). Cependant, une étude récente (Carleton et al., 2014) basée sur les données du lac Chichancanab, dans la péninsule du Yucatan, remet en question la validité de l'hypothèse du cycle de la sécheresse en raison de l'absence d'une véritable base empirique pour la maintenir. Cependant, les sédiments lacustres témoignent d'un changement soudain vers des conditions plus arides dans le centre de la péninsule du Yucatan entre 800 et 1 000 après AD, avec une incidence plus élevée vers les 900 après J.-C. Le sud du Yucatan, densément peuplé et dépendant de l'approvisionnement en eau de surface pour l'agriculture et la consommation, a été le plus touché par la longue sécheresse de cette période (de Menocal 2001 : 670). Par ailleurs, les archives de la grotte de Yok Balum au Belize indiquent une tendance à la sécheresse entre 700-1135 ou 660-1000 après J.-C., ce qui coïncide parfaitement avec le cadre chronologique de l'effondrement des Mayas entre 750- 900 après J.-C. (Webster et al., 2007 ; Kennett et al.2012), confirmant la tendance indiquée par le bassin de Cariaco (Hsiang et Burke 2013). La variabilité de l'humidité était décisive dans ce scénario. Au cours de ces sécheresses, les précipitations annuelles sont tombées considérablement à 40% (Medina-Elizalde et Rohling 2012). Huit sécheresses aiguës allant de 3 à 18 ans ont eu lieu pendant le dépeuplement des cités états mayas classiques, aidant à comprendre pourquoi l'effondrement du Terminal Classic (800-950 après J.-C.) a duré 150 ans (Medina-Elizalde et al., 2010). Le développement de l'agriculture a inévitablement conduit au défrichement des forêts et cette déforestation contribuerait à amplifier la sécheresse (Cook et al., 2012), bien que les Mayas aient essayé de conserver les ressources naturelles pour répondre aux besoins de leur population de plus en plus nombreuse (McNeil et al. al.2010 : 1017). Les anciens Mayas vivaient dans un environnement varié avec des précipitations très saisonnières qui nécessitaient des stratégies de gestion de l'eau très différentes. Bon nombre de ces anciens centres ont maintenu des populations denses qui ont développé une utilisation non durable des sols (French et Duffy 2014). La faible pluviosité a prévalu au milieu du IX siècle d. C. à Tikal, coïncidant avec l'érection de son dernier monument, daté de l'an 869. Les sécheresses qui en résultèrent eurent un impact négatif sur la collecte de ressources, provoquant des désordres sociaux avant de provoquer leur abandon (Lentz et al., 2014). À présent, l'effondrement était essentiellement un phénomène urbain. Les villes sont dépeuplées mais la population rurale de la périphérie continue de subsister et profite des travaux hydrauliques antérieurs. Les systèmes d'approvisionnement en eau, tels que ceux de Tikal, ont atténué les effets des sécheresses sur la population (Grazioso et Scarborough 2013 : 262-263). La maîtrise de l'eau a joué un rôle fondamental dans l'émergence du pouvoir politique des Mayas classiques. Bien que leur pénurie ait été décisive dans le déclin des grands centres, les enfants ont survécu à la sécheresse (Lucero 2002 : 814). Dans les basses terres méridionales du monde maya, l'absence de pluie a entraîné un manque d'eau, des récoltes médiocres et des famines (Lucero et al., 2011 : 479). L'abandon des zones humides près de l'ancien centre maya de Blue Creek, au Belize, et la diminution de la population coïncident avec une sécheresse croissante dans cette région (Luzzadder-Beach et al., 2012 : 3648, 3650, 3651). Dans les basses terres mayas, les zones intérieures surélevées de la péninsule du Yucatan étaient plus susceptibles de s'effondrer et moins propices à la récupération que les zones inférieures adjacentes. Cela s'est produit à la fin du Preclassic et du Terminal Classic (Dunning et al., 2012 : 3652, 3654). En fait, l'effondrement a eu un impact sur les populations côtières mayas (Santley et al., 1986 : 123).</p>
<p>Conflit sociopolitique</p>
<p>Les conditions environnementales changeantes ont généré des conflits sociaux croissants (Haug et al., 2003 ; Turner et Sabloff 2012 : 13908), preuve irréfutable de la présente étude sur les Mayas de Uaxactún et Barton Ramie. Sur la côte sud mésoaméricaine du Guatemala. , le grand centre maya du Montana, dépendant de Teotihuacan, se désintègre après l'effondrement de la métropole, environ 650 après JC - coïncide avec l'ascension de Cotzumalguapa en tant que centre régional hégémonique (Chinchilla 2013 : 201, 203). En fait, le déclin et l'effondrement de Teotihuacan affectent l'histoire maya aux VIe et VIIe siècles après J.-C., une période bouleversée par la grande guerre internationale opposant Tikal à Calakmul et leurs alliés et vassaux respectifs (Demarest et Fahsen 2003 : 164). À partir de 750 après J.-C., la civilisation maya subit une grande crise et se transforme. Les villes mayas des basses terres du sud - une région qui englobe le Petén au nord du Guatemala et les terres environnantes - s'effondrent une par une jusqu'à ce qu'elles aient cessé leurs activités politiques et cérémoniales au début du neuvième siècle (Tainter 1988 : 12, 152-153). ). Le système politique qui prévalait jusqu'alors disparaît et presque toutes les cités-états mayas sont abandonnées ou diminuent radicalement leur taille et leur complexité. Il existe un déclin important de la population (Tainter 1988 : 167) que certains décrivent comme un désastre démographique. Les centres urbains les plus densément peuplés sont définitivement abandonnés (Haug et al., 2003 : 1733). Ce processus se développe rapidement dans la région sud-ouest du Petén entre 700 et 730 après J.-C. Les villages commencent à être abandonnés, puis les principaux centres sont détruits et les populations se déplacent. Certaines, telles que Altar de Sacrificios et Ceibal, survivent au Xe siècle, tandis que de nombreuses cités des basses terres du sud-ouest sont considérablement réduites ou dépeuplées vers l'an 800 après J.-C. (Demarest 2013 : 23). Au huitième siècle de notre époque, le monde maya souffre d'une fragmentation régionale (Demarest et Fahsen 2003 : 166), d'un processus de balkanisation, de guerres et de la désintégration des entités politiques ; déchaîné, de l'avis de certains, par la tendance à la sécheresse. La stabilité dynastique des monarchies théocratiques des cités est brisée, les rois mayas étant à la fois hauts prêtres et chefs militaires. De nombreuses preuves le confirment. Vers 750 après J.-C., Piedras Negras est à son apogée. Dans les basses terres, les villes mayas connaissent un déclin progressif ou un effondrement soudain souvent lié à la dévastation de la guerre. À Piedras Negras, le dernier souverain est capturé par la ville ennemie de Yaxchilán en l'an 808 après J.-C. (Anaya et al.2011). Le palais royal est rasé par les envahisseurs (Houston et al 2001 : 69, 70-71). Depuis lors, un déclin commence et entre 830 et 900 après J.-C., le déclin s'accélère, la population se réduit et la ville se transforme en une petite colonie rurale jusqu'à son abandon définitif. Piedra Negras est un exemple de enfoncement de la royauté maya en tant que système politique (City and Churches 2001 : 17) centré sur la monarchie théocratique et le palais royal. La déforestation progresse inexorablement dans le Petén. Dos Pilas, dans la zone sud-ouest de cette région, dans les basses terres de Maya, est l'un des premiers centres à succomber et à être abandonné vers 761 après J.-C. C'est également l'autel de Sacrificios, qui arrête de construire des monuments autour de l'année 771 de notre ère. Une phase de guerres interminables commence jusqu'à l'abandon des villes, processus qui se transmet lentement à toutes les basses terres. Selon l'épigraphie, de nouveaux dirigeants émergent légitimant leur pouvoir en utilisant le glyphe Dos Pilas Aguateca dans le cadre d'un processus de "décentralisation et de désintégration politique des entités dynastiques classiques classiques" (Ponciano et al., 2013 : 71) connu sous le nom de balkanisation. En revanche, la ville de Cancuén, liée à Dos Pilas, connaît une résurgence jusqu'à c. 800 après J.-C après la chute de cette dernière, comme c'est le cas avec Naachtun (Forné et al., 2013 : 49). Aguateca tombe dans cette région des basses terres méridionales après avoir été abandonnée plus tard vers 810 (après J.-C.) (Ponciano et al., 2013 : 68, 70), tandis que Tikal commence à décliner vers 830 après J.-C. tandis que leurs centres secondaires acquièrent une autonomie. A l'instar des événements survenus dans la zone Usumacinta-Pasión, des campagnes militaires ont précédé le déclin et la cessation des monuments dans cette région, une date finale enregistrée à Uaxactún (889 après JC) faisant référence à la guerre avec ses voisins. (Ebert et al., 2014 : 350)</p>
<p>Révolution et commerce extérieur</p>
<p>Dans la zone maya occidentale, l'instabilité contribue à la désintégration du réseau commercial entre les années 760 et 800 de notre époque. En conséquence, la plupart des royaumes mayas occidentaux de la fin de la période classique déclinent et finissent par être abandonnés entre 800 et 810 après JC, avant les principales villes mayas de l'est des plaines centrales. Vers l'an 830 de notre ère, les populations des grands centres mayas du bassin de la rivière Pasión-Usumacinta, dans le sud-ouest du Petén, avaient disparu (Demarest et Fahsen 2003 : 170, 172). Dans le scénario nord du Petén, la révolution qui s'est produite à Naachtun vers 800 après J.-C. après la fin de J.-C. met fin au régime théocratique et instaure un pouvoir local qui intègre ce centre maya dans un réseau commercial à longue distance, garantissant ainsi sa survie pendant la guerre. plus de 150 ans. Naachtun a été définitivement abandonné après 950 après JC, de manière surprenante, sans symptômes qui annonçaient ce résultat final, car ils reflétaient "la pleine activité et la prospérité" au niveau matériel (Nondédéo et al., 2013 : 122, 138). Naachtun et Baking Pot, un petit royaume situé dans la haute vallée de la rivière Belize, fournissent des témoignages révélateurs des changements sociaux survenus au sein de la civilisation maya pendant la crise économique de la fin de la période classique et des transformations déclenchées par les conflits internes. Malgré le dépeuplement des basses terres du centre et du sud de Maya à la fin de cette période, Baking Pot perdure après l'abandon du complexe du palais du Terminal Classic (800 à 900 après J.-C.). Les nobles et les roturiers s'adaptent à la nouvelle situation et à l'évolution de son paysage social avec une stratégie similaire à celle de Naachtun. Ils développent des échanges commerciaux interrégionaux, notamment des articles de luxe exotiques, c'est-à-dire le commerce à distance d'objets de luxe (Hoggarth, 2012). Dans la même ligne, dans le bassin de Mopán, une rivière qui relie le Macal à Belize, le site d'Actuncan est réorganisé pour faire face à l'effondrement. Alors que d'autres communautés voisines déclinent, Actuncan reste et adopte de nouvelles structures politiques basées sur la reconnaissance d'une plus grande égalité (Mixter et al., 2014 : 63-64). Au cours de la période classique tardive, des villes mayas ont également été fondées dans des zones géographiques périphériques. La splendeur éphémère de Trasun finit par être abandonnée à la fin du Terminal Classic (Vidal et Muñoz 2013 : 92). Le processus de balkanisation est à l'origine de centres secondaires tels que La Joyanca ou La Blanca. La première, dans la zone nord-ouest de la région guatémaltèque de Petén, atteint son apogée dans la phase terminale classique (Arnauld et al., 2013 : 149). À l'époque Perduróás, La Blanca et sa population se dépeuplèrent progressivement de l'abandon de celle-ci, de 850 à 1050 après J.-C. À une plus grande abondance, les colons en migration, originaires des grandes villes abandonnées du nord-est du Petén, fondèrent Centres mayas. C'est le cas de La Blanca dans la vallée de Mopán delrío (Petén, Guatemala). Il a joui de sa splendeur pendant la fin de la période classique jusqu'à sa fin (850 après J.-C.). Il a été abandonné sans violence, de manière planifiée et ordonnée, à la suite de la rupture du réseau commercial dont il ferait partie lorsque "l'instabilité et les troubles se sont emparés de toute la région". À la fin du IXe siècle de notre ère, la région du Petén subit la désintégration progressive des alliances qui articulaient le réseau commercial fluvial de produits de luxe, touchant tous les centres indépendamment de leur taille (Vidal et Muñoz 2013 : 95, 100).</p>
<p>Nouvelle nature de la guerre</p>
<p>En cette période convulsive du Terminal Classic, la guerre change de nature. Maintenant, il s'agit de la conquête, de l'extermination et de la destruction : il devient un instrument efficace pour éliminer les ennemis et capturer leurs ressources (terre, nourriture, biens, main-d'œuvre), semant la dévastation partout. Maintenant, à partir du huitième siècle de notre ère, les bâtiments incendiés ou profanés deviennent monnaie courante. L'expansion est une priorité et le développement du militarisme le facilite. La localisation stratégique et la fortification des sites sont généralisées. Ce changement accélère l'effondrement et génère une nouvelle société (Baudez 2013 : 321, Isendahl et al., 2014 : 50). Selon Baudez (2013), les progrès techniques en agriculture, l'augmentation des terres cultivées et un réseau commercial étendu ont conduit à une croissance démographique sans précédent qui ne pourrait pas maintenir les ressources disponibles à la fin de la Classique, réduites à un environnement dégradé. La rivalité entre les villes a transformé les tensions en conflits armés pour "saisir les terres et les biens" et "détruire l'ennemi". Désormais, les symboles du pouvoir (monuments, inscriptions, images réelles) sont systématiquement annihilés au moment de la construction des fortifications, telles que Dos Pilas ou Aguateca. Ces guerres, au lieu de résoudre les problèmes, en particulier économiques, aggravent la situation en provoquant des famines, des déplacements de population et un déclin démographique. Les guerres de conquête et de destruction ont transformé la société maman. Comme on le voit à Chichén Itzá, le "souverain est toujours un être mythique assimilé au soleil" bien que son pouvoir réel soit beaucoup plus petit et qu'il doive le partager avec les prêtres, "une élite politico-militaire" et l'establishment guerrier (Baudez 2013 : 322).</p>
<p>Vers une théorie de l'effondrement classique des Mayas</p>
<p>L'effondrement de Teotihuacan a mis fin à son influence sur le monde maya en créant un vide de pouvoir. C'est précisément au cours des VIe et VIIe siècles de notre époque que la grande guerre internationale a éclaté entre les coalitions de Tikal et de Calakmul. Nous vivons alors, à la fin de la période classique précoce, une période de prospérité et d'abondance (cf. tableau 1, Izquierdo-Egea 2014a : 7, tableau 1). Cependant, à partir de 750 après JC et jusqu'à la fin de la période classique tardive, le changement climatique contribue à transformer radicalement ce panorama en devenant le déclencheur d'une réaction en chaîne qui mettra fin à la civilisation maya classique. Les problèmes d'environnement génèrent un crépuscule extraordinairement conflictuel qui conduit à l'effondrement final. Les sécheresses prolongées ont un impact négatif sur la production alimentaire, en diminuant les récoltes destinées à contenir les populations mayas qui ont connu une croissance extraordinaire. Il finit par rompre l'équilibre entre la croissance démographique et les ressources disponibles pour la maintenir. En essayant d'y remédier, l'intensification de l'agriculture augmente la déforestation, contribuant à la dégradation de l'environnement naturel et à la recherche de nouvelles terres, ce qui déclenche des conflits. La compétition pour les ressources joue un rôle essentiel dans la dynamique du processus. Des migrations massives se produisent pour ajuster le surplus démographique. Le domaine plébéien, le plus nombreux et le plus défavorisé, serait le plus durement touché dans de telles circonstances. Une lutte sociale entre stagiaires et plébéiens est inévitable, conséquence des épreuves endurées par une majorité pauvre de la population composée de roturiers, sur laquelle la pénurie de nourriture aurait un impact, comparée à une minorité de nobles encore plus opulents en pleine crise témoignent de l'analyse des offrandes des sépultures de Uaxactún ainsi que d'autres aussi éloignées de la région maya que celles du bassin des Balsas à la fin de la période classique. Dans tous les cas étudiés jusqu'à présent et liés à cette époque (Uaxactún et Barton Ramie parmi les Mayas ou le bassin des Balsas et Monte Albán au Mexique), il est vérifié, en analysant les trousseaux funéraires, en plus d'une crise économique aiguë dans tous ces sites mésoaméricains, une augmentation conflits sociaux spectaculaires et une diminution considérable du niveau des ressources disponibles. C'est une preuve solide et irréfutable en faveur de la thèse de la lutte sociale et de la théorie de l'effondrement de la Maya classique qui la comprend.En revanche, la crise de la royauté divine ou sacrée chez les Mayas classiques est le résultat du conflit social déclenché à cette époque. de dépression économique. Il finit par désintégrer la superstructure idéologique du régime classique, bien que l'infrastructure économique représentée par les plus petits centres et de nombreux villages existe toujours. Cette transformation sociopolitique liquide le régime théocratique et la société pourrait devenir plus égalitaire, comme en témoignent les sépultures mayas de Barton Ramie à Belize, tout en modifiant la nature de la guerre. Maintenant, son objectif principal est de conquérir, d'étendre et de défendre les fortifications en développement développées par l'ennemi extérieur. Cette transformation est due au manque de ressources et à la nécessité impérative de les obtenir à tout prix. De même, les guerres auraient pu servir à canaliser le mécontentement populaire né au cœur d'une crise économique qui aggrave considérablement le conflit social. En fait, ils l'auraient laissé réorienter et contrôler au moins au début, impliquant une grande partie de cette masse populaire lorsqu'il s'agissait de conquérir de nouvelles terres et de défendre celles existantes contre d'autres attaquants. En bref, le terreau de l'effondrement classique des Mayas forme un panorama désolé constitué d'une pléthore de facteurs qui soulignent la complexité du processus : surpopulation, sécheresses prolongées, épuisement des ressources naturelles, pénuries alimentaires, crise économique, famine, conflits sociaux. , migrations, guerres, déclin important de la population, disparition ou transformation du régime théocratique, rupture ou restructuration du réseau commercial.</p>
<p>Les équations de l'effondrement maya</p>
<p>L'effondrement peut être observé matériellement à travers les phénomènes sociaux codifiés dans les archives funéraires. Plus précisément, la troisième équation fondamentale de conflit social basée sur des données archéologiques (Izquierdo-Egea 2015 : 13-14, v. Annexe) permet de calculer le niveau de ressources disponibles à un moment donné en fonction de deux paramètres : la population représentée dans l'échantillon analysé. et le niveau de conflit social structurel. Ce dernier est déterminé précédemment à l'aide de la première de ces formules fondamentales (ibidem : 10-11), où la conflictiualité sociale est estimée en termes d'inégalité sociale et de richesse relative (le coût moyen des obsèques amorti dans les offrandes funéraires). À son tour, cette dernière variable nous permet d'observer de manière quantitative les fluctuations de l'économie. En résumé, l'observation des archives funéraires permet de déduire plusieurs phénomènes sociaux : crise économique, inégalités, conflits sociaux, ressources disponibles, déclin démographique ; ce qui nous parle de la trace matérielle de l'effondrement classique des Mayas. Selon la troisième équation fondamentale de la conflictualité sociale, plus la taille de la population et les ressources disponibles pour la soutenir sont grandes, plus le conflit social est intense. Cette circonstance sert à illustrer l'effondrement de toute formation sociale, qu'il s'agisse d'une communauté villageoise ou d'une civilisation complexe telle que la Maya classique, qui ne pouvait garantir sa survie en maintenant un équilibre adéquat entre la croissance démographique et les ressources disponibles pour en éviter une. loi fondamentale qui corrige le développement des sociétés humaines (Izquierdo-Egea 2015 : 13). Évidemment, atteindre le point de non-retour implique l'échec des mécanismes de régulation internes d'une formation sociale qui préviennent son effondrement (ibidem : 6, 7). Dans le cas de la civilisation maya classique, la rupture de l'équilibre entre la population et les ressources disponibles pour la maintenir se produit avec l'intervention du climat en tant que facteur exogène.</p>
<p>CONCLUSIONS</p>
<p>1. L'effondrement de la civilisation maya classique a été parfaitement consigné dans les offres de sustumbas. Cela confirme ce qui avait déjà été prévu lors de l'étude des fluctuations économiques préhispaniques dans le bassin de la rivière Balsas au Mexique (cf. Izquierdo-Egea 2014a). La présente étude démontre de manière fiable que la grande crise de la fin du classicisme (C. 650-900 après J.-C.) a été enregistrée dans les objets des sépultures mayas grâce aux preuves fournies par Uaxactún au Guatemala Barton Ramie au Belize. Le fait que les échantillons analysés aient été prélevés par W. L. Rathje et soient si significatifs confère encore plus de validité, de cohérence et de fiabilité à la méthodologie utilisée.</p>
<p>2. L'observation quantitative du registre funéraire, au cours de la période classique récente, témoigne d'une diminution brutale de l'activité économique et des ressources disponibles garantissant une réduction drastique de la population et une augmentation considérable du conflit social, non seulement parmi les Mayas mais également parmi Zapotèques de Monte Albán ou dans le bassin de Balsas. C'est-à-dire que ce sont des phénomènes qui coïncident avec l'effondrement des civilisations américaines classiques représentées par Teotihuacan, Monte Alban et les Mayas.</p>
<p>3. Maintenant, grâce au nouveau paramètre fourni par le calcul des ressources disponibles, il est possible de confirmer une diminution abrupte de cette variable lors de l'effondrement des Mayas, tant dans le bassin du Petén que dans celui du Belize. Ceci suggère une augmentation de la mortalité, constatée à la fois à Uaxactún et à Barton Ramie, bien qu'elle se manifeste avec une virulence particulière dans le premier des sites. Cela nous permet ensuite d'interpréter le changement démographique comme une diminution de la population, beaucoup plus spectaculaire dans le premier cas, coïncidant avec d'autres sources archéologiques plus nombreuses. Naturellement, cette innovation méthodologique est appliquée à de nombreux documents funéraires, tant mésoaméricains que d'autres civilisations anciennes, européennes ou asiatiques, obtenant des résultats brillants qui aideront à clarifier certaines questions fondamentales. Dans le cas de la civilisation maya classique, la rupture de l'équilibre entre une population disproportionnée et des ressources limitées pour la maintenir se produit avec l'intervention du changement climatique à comofacteur exogène, générant un sombre panorama composé de sécheresses persistantes, de la raréfaction des ressources naturelles, de la rareté alimentation, crise économique aiguë, famine, conflit social, migration, guerres, déclin important de la population, disparition ou transformation du régime théocratique et rupture ou restructuration du réseau commercial</p>
<p>Réflexion finale</p>
<p>Uaxactún et Barton Ramie apportent des preuves irréfutables de l'empreinte matérielle de l'effondrement classique du récit funéraire de la civilisation maya, en accord avec ce que l'on avait déjà vu dans le bassin de la rivière Balsas au Mexique. Maintenant, à partir de telles évidences éloquentes, il convient d'examiner sérieusement l'opportunité d'utiliser cette méthodologie pour clarifier des aspects aussi révélateurs que ceux abordés par l'archéologie des phénomènes sociaux : fluctuations économiques, changements sociaux, conflits sociaux, etc. Personne ne comprendrait que cette grande opportunité de faire de la vraie science a été perdue</p>
<h2 class="spip">EL COLAPSO DEL CLÁSICO TARDÍO ENTRE LOS MAYAS DE UAXACTÚN (GUATEMALA) Y BARTON RAMIE (BELICE) SEGÚN EL REGISTRO FUNERARIO</h2>
<p>Pascual Izquierdo-Egea</p>
<p>La aplicación del método de valoración contextual al análisis del registro funerario de Uaxactún (Guatemala) y Barton Ramie (Belice) aporta evidencias irrefutables sobre la huella material del colapso clásico en las ofrendas de los entierros mayas. Esto confirma lo que ya se había anticipado alestudiar la cuenca del río Balsas en México (2014).</p>
<p>INTRODUCCIÓN</p>
<p>El objetivo de este artículo es ofrecer los resultadosde una investigación sobre las fluctuaciones económicas de los mayas en un momento clave como fuela transición del Clásico Temprano al Tardío, a fin dearrojar luz sobre el impacto de la crisis de este último periodo sobre esa civilización antigua. Se basa en las ofrendas de los entierros mayas estudiados por William L. Rathje (1970), procedentes de la ciudad de Uaxactún en Guatemala y la comunidad aldeana de Barton Ramie en Belice, en la cuenca superior del río homónimo. Posteriormente, Rathje publicó conjuntos funerarios sueltos como uno correspondiente al Preclásico-Clásico Temprano en Altún Ha, en la costa de Belice, y otro del Clásico Tardío en Tikal (Guatemala), al sur de Uaxactún, en la región de Petén (Rathje1973 : 749-750) ; los cuales no pudieron computarse por la ausencia del grupo representativo del periodo posterior en el primer caso y del precedente en el segundo. No obstante, aunque las comparaciones resulten inapropiadas, a simple vista las ofrendas de los entierros son mucho más ricas, esdecir, abundantes y valiosas, en la época antigua (Altún Ha durante el Clásico Temprano) que en Tikal a lo largo del Clásico Tardío. Lo cual, con las debidas precauciones, otorgaría todavía mayor consistencia a la conclusión principal del presente estudio : el colapso de la civilización maya clásica quedó perfectamente registrado en sus tumbas.</p>
<p>METODOLOGÍA Y SELECCIÓN DEMUESTRAS CRONOLÓGICAS</p>
<p>El método de valoración contextual se centra en el análisis del gasto funerario midiendo la variabilidad de los ajuares en función de una serie de parámetros. Los principios teóricos de esta metodología y su formulación matemática, incluyendo las técnicas instrumentales que la desarrollan, vienen siendo difundidos a través de una copiosa bibliografia (Izquierdo-Egea 1989 : 67-68, 73-74 ; 1991 : 134-135 ;1993 : 33-42 ; 1995 : 149-151 ; 1996-97 : 107-111 ;2009 : 5-6 ; 2010 : 5-6 ; 2011 : 4 ; 2012a : 33-62 ; 2012b:5 ; 2012c : 3-4 ; 2013a ; 2013b : 29-31 ; 2014a : 4 ; 2014b:6 ; 2015 : 6). Es el núcleo central de la arqueología de los fenómenos sociales y articula toda su metodología. Gracias a la medición del gasto funerario invertido en el ajuar que acompañaba al difunto, calculado a partir del valor contextual de sus componentes, se pueden observar las fluctuaciones dela economía, la desigualdad o la conflictividad social codificadas en el registro material. Entre las variables analizadas, la más destacadaes el valor contextual de un bien mortuorio, a partir del cual se determina el gasto funerario consumido en el ajuar de cada enterramiento y el valor económico medio amortizado en cada muestra cronológica evaluada. También se emplea otro estadígrafo fundamental para medir la desigualdad o diferenciación social : el coeficiente de variación (CV), contrastándolo con el coeficiente de Gini. Ambos se expresan en porcentajes, es decir, como índices. Se introduce aquí, como gran novedad y avance técnico de la metodología empleada, el cálculo de los recursos disponibles en función del tiempo gracias a la fórmula publicada recientemente (Izquierdo-Egea 2015 : 13-14), incluida en el apéndice añadido al presente artículo. Arroja mucha luz a la hora de entender los cambios que suceden en todo proceso temporal. Ahora, a los parámetros analizados habitualmente (el gasto funerario medio o riqueza relativa, la desigualdad social media medida por el CV o el índice de Gini y la conflictividad social) cabe sumar esta nueva variable. Su innegable utilidad, contrastada con una multitud de muestras temporales correspondientes a numerosos cementerios antiguos, tal como se hiciera con la nueva técnica para medir la conflictividad social incorporada últimamente (v. Izquierdo-Egea 2015), así lo demuestra. Este logro se debe a la introducción de la población como parámetro de la conflictividad, haciendo viable la conexión con la ley demográfica de Malthus (1798). « Ahora, gracias a la tercera ecuación fundamental resultante, se puede cuantificar la conflictividad social en función del tamaño de la población y los recursos disponibles para sostenerla. Lo cual aporta una herramienta teórica de gran ayuda a la hora de estudiar fenómenos tan relevantes como el colapso de las civilizaciones antiguas » (Izquierdo-Egea 2015 : 15). El procedimiento analítico empleado se inicia con la selección de muestras cronológicas que cumplanlos habituales criterios referidos al estado de conservación de las tumbas —escogiendo las intactaso bien conservadas— y la datación — admitiendo solo los casos seguros o fiables. En el caso que nos ocupa, esa tarea ya fue realizada por W. L. Rathje (1970).</p>
<p>Muestras cronológicas estudiadas</p>
<p>Fueron seleccionadas y publicadas por Rathje (1970). A partir de sus datos, se pueden analizar dos muestras temporales para cada sitio según la cronología propuesta en esa publicación : Uaxactún I, Uaxactún II, Barton Ramie I y Barton Ramie II. En el corazón del Petén, las tumbas de Uaxactúnincluidas en dicho estudio correspondían a un periodo antiguo (anterior al año 600 de nuestra era) ya otro reciente (posterior a dicha fecha) (Rathje1970 : 364), que aquí se denominan Uaxactún I y II. Por su parte, los entierros de Barton Ramie, un sitio rural en lo que entonces era la colonia de la Honduras Británica, más tarde convertida en el estado independiente de Belice, fueron subdivididos igualmente en dos periodos : antiguo (anterior al año 700 de nuestra era) y reciente (posterior al mismo) (Rathje 1970 : 360). Ambos se conocen aquí como Barton Ramie I y II. En la práctica, esas fases antigua y reciente coinciden, respectivamente, con los periodos mesoamericanos denominados Clásico Temprano (c. 150/200-650 despues de J.-C.) y Clásico Tardío (c.650-900 despues de J.- C.) siguiendo la cronología tradicional (López Austin y López Luján 2000). Las muestras cronológicas seleccionadas se corresponden con las tumbas inventariadas originalmente por Rathje (1970 : 363, fig. 22, 365, fig. 23,372):1. Uaxactún I (Clásico Temprano) : 24-29 (N = 6).2. Uaxactún II (Clásico Tardío) : 57-77 (N = 21).3. Barton Ramie I (Clásico Temprano) : 1-23 (N =23).4. Barton Ramie II (Clásico Tardío) : 30-56 (N= 27). Una vez completadas las dos series cronológicas con cuatro muestras, se codificaron los componentes de los ajuares de las tumbas como categorías particulares. Siguiendo una regla básica, se unificaron algunas de estas últimas como categorías intermedias o genéricas cuando el número de casos era reducido (Izquierdo-Egea 2012a : 58-62). A continuación, se introdujo la información obtenida en la base de datos del programa informático NECRO (Izquierdo-Egea 1991), tanto en la primera versión como en la más reciente desarrollada a comienzos de 2015 (v. apéndice). Este fue el encargado de calcular tanto el valor contextual de las categorías de bienes como el gasto funerario medio invertido en los ajuares de las sepulturas y en el conjunto temporal al cual pertenecían. Seguidamente, se compararon los resultados proporcionados por las muestras analizadas, a fin de apreciar sus variaciones y aislar la tendencia de cada serie cronológica. Posteriormente, con el concurso de otra herramienta auxiliar de cálculo estadístico, el programa SYSTAT (VV. AA. 2007 ; Wilkinson 1990), se estimó el coeficiente de variación (CV) de cada muestra para estimar la desigualdad social. De igual manera, se utilizó otro recursoen línea para determinar el índice de Gini a través de Internet (Wessa 2014), que también puede efectuarse mediante el programa informático Gretl (Cottrell y Lucchetti 2012a, 2012b). Finalmente, en función de los datos suministrados por los anteriores parámetros, se calcularon la conflictividad social y el nivel de recursos disponibles para cada uno delos periodos estudiados.</p>
<p>RESULTADOS : FLUCTUACIONES ECONÓMICAS Y CAMBIOS SOCIALES ENTRE LOS MAYAS DEL PETÉN Y BELICE</p>
<p>Los resultados de las series cronológicas de entierros mayas analizadas muestran resultados altamente significativos (cf. tabla 1). Examinando los estadígrafos indicadores de los parámetros de Uaxactún (Guatemala), observamos que la desigualdad social crece un 60.56 %, la actividad de la economía desciende un 99.57 %, la conflictividad social se dispara desmesuradamente (36442.86 %), la población representada en la muestra se incrementa un 250 % y los recursos disponibles disminuyen un 99.04 %. Por su parte, en Barton Ramie (Belice), la desigualdad social desciende un 49.61%, la actividad de la economía disminuye un 90.16% (igual que en Uaxactún, incluso la proporción del descenso es muy similar), la conflictividad social también asciende notoriamente (411.99 %), la población crece como en Uaxactún pero menos (17.39%), y los recursos disponibles disminuyen un 77.14% tal como ocurre en Uaxactùn.</p>
<p>A tenor de tales datos, se observa que, en la región de Petén, Uaxactún acusa una fortísima caídadel gasto funerario medio así como un notorio incremento de la desigualdad social durante el ClásicoTardío (c. 650-900 despues de J.-C.), tal como se detectó previamente en la cuenca del Balsas en la misma época (cf. Izquierdo-Egea 2014a : 7). Esos parámetros nos hablan de una enorme conflictividad, lo cual se traduce, con gran probabilidad, en una situación explosiva a nivel social confirmada por el abrupto descenso de los recursos disponibles. Ocurre lo mismoen la cuenca del Balsas, lo cual permite plantear seriamente la posibilidad de extrapolar ese panorama a otros ámbitos mesoamericanos afectados por dicha coyuntura adversa. En otras palabras, la región de Petén, el valle del río Belice y la cuenca del Balsas comparten un ascenso de la conflictividad social a lo largo del Clásico Tardío ligado a una aguda crisis económica y una impactante disminución delos recursos disponibles ; luego cabe suponer quetales acontecimientos fueron comunes o afectarona buena parte de Mesoamérica en ese tiempo. Ni siquiera el hecho de que la evolución de la desigualdad social rompa la unidad observada a través delos demás parámetros en ambos sitios mayas (aumenta en Uaxactún mientras hace lo contrario en Barton Ramie) pone en entredicho el impacto del colapso que sufren. A propósito de lo cual, no olvidemos la diferencia esencial entre un centro urbano y una comunidad aldeana a nivel social. En cuanto a la población representada, si bien crece en ambos sitios, haciéndolo mucho más en Uaxactún (250 %) que en Barton Ramie (17.39 %), hay que tener sumo cuidado a la hora de interpretarese comportamiento como un incremento demográfico. ¿Cómo es posible que en un contexto de intensa crisis económica y acusado descenso de los recursos disponibles se pueda producir un crecimiento de la población tan desorbitado como parece detectarse en la ciudad maya de Uaxactún ? No tendría sentido sino fuera porque la clave para entender lo que está ocurriendo está al alcance de nuestra mano : el estallido de la conflictividad social, detectado tanto en el Petén como en la cuenca del Belice, se produce en dos sitios representativos de la ciudad y el campo respectivamente, acusando cada uno, localmente, el colapso de la civilización maya clásica de diferente manera. Se entiende ahora la trascendencia del nuevo parámetro procurado por el cálculo de los recursos disponibles en función de la población representada en la muestra analizada y la conflictividad social estimada para la misma. Precisamente, este indicador habla directamente de un declive demográfico,y no de lo contrario, debido a un extraordinario incremento de la mortalidad, más virulento en Uaxactún que en Barton Ramie ; lo cual viene confirmado por el descomunal crecimiento de la conflictividad social detectada en ambos sitios. Es decir, el aumento de la población representada en las muestras del Clásico Tardío no resultaría de un incremento de la población sino de una elevada mortalidad provocada por el nivel de conflictividad detectado.</p>
<p>Distribución de la riqueza</p>
<p>El paisaje conformado por la distribución de la riqueza amortizada en los ajuares funerarios segúnla edad y el sexo de los individuos arroja nueva luz,en especial a la hora de observar cómo repercute demográficamente la crisis del Clásico Tardío .En la cuenca del río Belice, la comunidad rural maya de Barton Ramie exhibe durante el Clásico Temprano una mayor concentración de la riqueza entre el segmento de la población correspondiente a los adultos jóvenes con edades comprendidas entre 18-25 años —como ya apreciara Rathje (1970:362)—, alcanzando las 73.73 unidades de valor de promedio (N = 7, 30.43 %). Se mantienen alejados, a gran distancia, los adultos maduros entre 26 y 50 años (19.65, N = 8, 34.78 %). Quedan absolutamente marginados del reparto de la riqueza amortizadaen las tumbas los dos últimos segmentos de la comunidad, cuyos entierros carecen de ofrendas : los 2 casos de adultos ancianos con edad superior a los 50 años (8.70 %) y los 6 correspondientes a adolescentes con menos de 18 años (26.09 %). Respecto al sexo de los individuos, las mujeres (N = 4) concentran más riqueza relativa de media : 30.14 unidades de valor frente las 22.01 de los varones (N = 6). Combinando la edad con el sexo, obtenemos que las mujeres adultas jóvenes con edades comprendidas entre 18 y 25 años (N = 2) acumulan mayor valor económico (60.27 unidades de promedio) que los demás segmentos de la población : los varones adultos maduros entre 26 y 50 años (35.95, N = 4), los varones adultos jóvenes entre 18 y 25 años (11.90, N = 3) y las mujeres ancianas con edad superior a los 50 años sin ofrendas (N = 2). En cambio, a lo largo del Clásico Tardío, cuando la región beliceña acusa los efectos negativos del colapso de la civilización maya clásica, se observa un empobrecimiento generalizado que afecta a todos por igual. Ahora, las diferencias económicasentre los individuos de Barton Ramie son mínimas. La mortalidad se ensaña especialmente con los adultos maduros con edades entre 26 y 50 años (14/27,88.89 % de los difuntos), entre los cuales lo más sorprendente es que la mayoría son mujeres (11/15,73.33 %). Este es el sector más afectado por la crisis económica y la escasez de recursos disponibles imperantes en el seno de una sociedad convulsionada por la elevada conflictividad. Precisamente, el mayor número de mujeres sepultadas en este periodo podría deberse a este último fenómeno social. Por otro lado, los adolescentes pasan de ser relativamente numerosos en el periodo anterior y no acumular riqueza alguna en sus entierros a ser los más ricos entre los pobres en tiempos del ClásicoTardío ; mientras los entierros de los adultos jóvenes, los más ricos en el Clásico Temprano, ahora se convierten en los más pobres, lo cual coincide con las observaciones de Rathje (1970 : 364). En Uaxactún, los entierros de adolescentes también son los más ricos a lo largo del Clásico Tardío. En función de estos datos, en la comunidad mayade Barton Ramie parece apreciarse una sociedad marcadamente matriarcal durante el Clásico Temprano por el peso específico de las mujeres en el reparto de la riqueza. En cambio, el periodo siguiente aparenta con llevar una transformación social en beneficio de los varones y en detrimento de las mujeres (la sociedad se hace más patriarcal y deja de sertan marcadamente matriarcal como antes). Sin embargo, en Uaxactún ocurre lo contrariodurante el Clásico Tardío. La sociedad parece claramente patriarcal porque son los varones quienes acumulan la mayoría de la riqueza amortizada en sus ofrendas (7.20 unidades de valor de media frentelas 1.05 de las mujeres) ; además, en esta ciudad maya del Petén son los maduros de 26-50 años quienes concentran más riqueza media en sus ofrendas funerarias entre los varones adultos (8.96 unidades de valor frente a las 1.93 de los jóvenes). Ahora bien, al comparar todos los segmentos de la población, los adultos maduros (5.65 unidades devalor de media, N = 11, 52.38 %) se ven superados por los adolescentes (6.51, N = 6, 28.57 %). En síntesis, se observan cambios sociales significativos entre los mayas del Clásico Tardío. Algunos adolescentes, antes marginados, heredan ahorala posición social de sus parientes. En Barton Ramie, aunque se reduce la desigualdad social, se desboca la conflictividad debido al brutal descenso de la actividad económica o, lo que es lo mismo, al espectacular aumento de la pobreza, y la drástica reducción de los recursos disponibles. El escenario es común para ambos sitios (pobreza, falta de recursos, conflictividad). Habría que investigar si cambios tan reveladores como el declive económico de las mujeres observado en la comunidad maya de Barton Ramie podrían vincularse con una transformación sociopolítica que menos cabase su posición social.</p>
<p>Datos microeconómicos</p>
<p>Los datos microeconómicos obtenidos son sumamente interesantes (cf. tabla 2). En la región maya de Petén y en la cuenca del río Belice, se observa que, al pasar del Clásico Temprano al Tardío, la cerámica incrementa su valor contextual relativo, osea, se encarece — pasa de 0.39 a 0.71 unidades de valor contextual en Uaxactún (82.05 %), casi duplicándose, y de 0.56 a 0.78 en Barton Ramie (39.29%), casi igualándose ambos valores—. El encarecimiento de la cerámica coincide con un incremento de la misma en este sitio beliceño (5.23 %) mientras ocurre lo contrario en Uaxactún (–2.70 %) (cf.tabla 3). La concha se comporta de forma opuesta, es decir, se abarata (como en el caso anterior, también se iguala su valor, pasando de 1.86 a 1.00 entre los mayas del Petén (–46.24 %) y de 2.31 a 1.08 entrelos de la cuenca del Belice (–53.25 %). El abaratamiento de la concha se corresponde con un aumento de esta mercancía tanto en Uaxactún (2.71 %) como en Barton Ramie (5.92 %). Al contrastar estos datos con los referidos a la cuenca del río Balsas en el México prehispánico (cf.Izquierdo-Egea 2014a : 11, tabla 2), se pueden apreciar tendencias contrarias : la cerámica se abarata y la concha se encarece. Sin embargo, la obsidiana beliceña aumenta su valor de cambio durante el Clásico Tardío, coincidiendo plenamente con la evolución de esta mercancia en la cuenca del Balsas, donde alcanza un valor de 0.92 unidades frente alde 1.80 entre los mayas de la cuenca del Belice (52.54 %) ; lo cual implica que dicho encarecimiento afecta a más centros integrados en el mercado mesoamericano durante el Clásico Tardío. Por otro lado, respecto a los demás bienes funerarios mayas, cabe señalar que el jade, siguiendo los pasosde la concha, también se abarata en el transcurso del último periodo de Uaxactún (–32.66 %).</p>
<p>CORRELACIONES ENTRE LA ARQUEOLOGÍA DE LOS FENÓMENOS SOCIALES Y OTRAS FUENTES</p>
<p>Como ya se ha visto, estos nuevos resultados vienen a corroborar lo sostenido recientemente a partir de las evidencias de la cuenca del río Balsas en México. Se confirman los cambios entonces anticipados para otras regiones mesoamericanas. Ahora, en tierras mayas, se repite el mismo hecho : la crisis del Clásico Tardío queda registrada en las ofrendas de los entierros en dos sitios, uno en Guatemala y otro en Belice ; luego esta tendencia regular puede hacerse extensiva a buena parte de Meso-américa en esa época. De hecho, en base a los datos publicados por E.González Licón (2003, 2011) para Monte Albán (Oaxaca, México), las investigaciones en curso llevadas a cabo por quien suscribe están demostrando que este importante centro urbano, capital de la civilización zapoteca, también acusa, durante el Clásico Tardío, un descenso brutal de la actividad económica y los recursos disponibles que avalan una drástica disminución de la población y un enorme incremento de la conflictividad social. El colapso de la civilización maya clásica observado a través de las ofrendas de los entierros de Uaxactún en el Petén y Barton Ramie en la cuenca del río Belice está ampliamente documentado por numerosísimas fuentes arqueológicas. Todo este largo proceso se inicia más al norte. El periodo seco del año 580 de nuestra era coincide con un hiatomaya en la transición del Clásico Temprano al Tardío caracterizado por una reducción en la construcción de monumentos a partir del segundo cuarto del siglo VI hasta mediados del VII despues de J.-C. aproximadamente (de Menocal 2001 : 670). El declive de Teotihuacan encaja perfectamente en este marco : comienza hacia el año 550 de nuestra era y finaliza consu colapso alrededor del 650 despues de J.-C. (Cowgill 2007:261 ; Manzanilla 2015). A propósito de la obsidiana, un cambio del interior a la costa en las rutas de su ministro podría haber contribuido al colapso de los centros urbanos mayas del interior (Golitko et al. 2012). Esa mercancía era cada vez más difícil de conseguir a travésde las vías navegables interiores (Golitko et al. 2012:514). Esto aparece claramente reflejado en la comunidad maya de Barton Ramie (cf. tabla 3), pues su presencia se reduce drásticamente. Como ya se vio más arriba, la obsidiana beliceña aumenta su valor de cambio durante el Clásico Tardío, tal como ocurre en la cuenca del Balsas. Cabe pensar que este encarecimiento afectó a otros centros integrados en la red de intercambios del mercado meso-americano. Una gran crisis económica asola Mesoamérica, genera un empobrecimiento generalizado y desatauna oleada de conflictividad social. El largo proceso de ocaso y colapso final que experimentaron las civilizaciones mesoamericanas del Clásico Tardío seinicia entre los teotihuacanos y finaliza entre los mayas. El colapso teotihuacano desata una lenta reacción en cadena. Esa compleja crisis también acabaafectando a Monte Albán y a la civilización maya clásica.Entre los zapotecos, la población disminuye considerablemente en el valle de Oaxaca y se concentra en Monte Albán, que alcanza ahora (500-700/750 despues de J.-C.) su mayor extensión. Sin embargo, la capital empieza a declinar entre el 600 y el 900 despues de J.-C. Supoder se dispersa mientras crece la autonomía delos centros regionales (Marcus 2009 : 98, 101 ; González Licón 2011 : 201).</p>
<p>El colapso de la civilización maya clásica</p>
<p>El colapso de la civilización maya durante el siglo IX de nuestra era solo puede entenderse como un proceso lento debido a diversas causas interrelacionadas y matizado regionalmente (Oglesby et al.2010 ; Yaeger y Hodell 2008 : 226 ; Vidal y Muñoz 2013 : 98). No se produce como un todo (Aimers 2007 : 329) porque políticamente no lo era ya que conformaba un conglomerado de ciudades-estado. El ocaso de la civilización maya clásica acontece entre 750 y 900 despues de J.-C., justo en el momento de suapogeo cultural y demográfico (Turner 2010 : 575) en el siglo VIII (hacia el 750) de nuestra era, tras el colapso teotihuacano. La construcción de monumentos alcanza su máximo en 721 despues de J.-C. y cesa después del 830 despues de J.-C. Los síntomas empiezan a manifestarse entre 750 y 790 despues de J.-C. (de Menocal 2001 : 670) y el colapso se fecha mediante una refinada técnica hacia el 900 despues de J.-C. (Chase et al. 2012 : 12917), sibien otros lo colocan entre el 800 y el 900 (v. g.Houston et al. 2001 : 65).</p>
<p>El papel de la sequía</p>
<p>La problemática de la sequía no podía quedar al margen de la complejidad de un colapso que también fue penetrando en los humedales permanentes (Butzer y Endfield 2012 : 3630). La civilización maya se expande rápidamente desde 550 hasta 750 despues de J.-C. aprovechando un clima húmedo favorable. Sin embargo, su colapso coincide con unas condiciones climáticas adversas protagonizadas por sequías prolongadas (Haug et al. 2003 : 1733 ; Brenner et al.2001 : 99). Los datos provenientes del registro sedimentariode la cuenca del Cariaco, en el Caribe meridional, muestran una extensa etapa seca desde el 750 al 950 despues de J.-C. con episodios cíclicos de una periodicidad de 40-50 años (Yaeger y Hodell 2008 : 227). Además, el análisis de series temporales de sedimentos lacustres en el norte de la península de Yucatán revela una periodicidad para la sequía de 208 años. Este ciclo es similar al periodo de 206 años para la actividad solar. Es decir, ambos ciclos conoscilaciones bicentenarias vienen a coincidir (Hodellet al. 2001 ; Brenner et al. 2002). Sin embargo, un estudio reciente (Carleton et al. 2014) apoyado enlos datos del lago Chichancanab, en la península de Yucatán, pone en entredicho la validez de la hipótesis del ciclo de la sequía por la ausencia de unaverdadera base empírica que la sostenga. Ahora bien, los sedimentos lacustres documentan un abrupto cambio hacia condiciones más áridas en el centro de la península de Yucatán entre 800-1000 despues de J.-C., con mayor incidencia hacia el 900 despues de J.-C. Las tierras bajas meridionales de Yucatán, densamente pobladas, dependientes del suministro de agua superficial para la agricultura y el consumo, fueron las más afectadas durante la larga sequía de ese tiempo (de Menocal 2001 : 670). Por otro lado,el registro de la cueva Yok Balum en Belice señala una tendencia a la sequía entre los años 700-1135 o 660-1000 despues de J.-C., lo cual coincide perfectamentecon el marco cronológico del colapso maya entre 750-900 despues de J.-C. (Webster et al. 2007 ; Kennett et al.2012), confirmando la tendencia señalada por lacuenca del Cariaco (Hsiang y Burke 2013). La variabilidad de la humedad fue decisiva en este escenario. Durante esas sequías, las precipitaciones pluviales anuales se redujeron considerablemente hasta el 40 % (Medina-Elizalde y Rohling 2012). Ocho agudas sequías de 3 a 18 años de duración tuvieron lugar durante el despoblamiento delas ciudades-estado mayas clásicas, ayudando a entender por qué el colapso del Clásico Terminal (800-950 despues de J.-C.) se prolongó durante 150 años (Medina-Elizalde et al. 2010). El desarrollo de la agricultura acarreaba inevitablemente la tala de bosques y esta deforestación contribuiría a amplificar la sequía (Cook et al. 2012), aunque los mayas procuraran conservar los recursos naturales para satisfacer las necesidades de su cada vez más numerosa población (Mc Neil et al.2010 : 1017). Los antiguos mayas vivían en un entorno variado con precipitaciones muy estacional es que requería muy diferentes estrategias de gestión del agua. Muchos de estos antiguos centros mantuvieron poblaciones densas que desarrollaron unuso no sostenible del suelo (French y Duffy 2014). Las bajas precipitaciones prevalecieron a mediados del siglo IX d. C. en Tikal, coincidiendo con laerección de su último monumento, fechado en el año 869. Las sequías resultantes repercutieron negativamente sobre la captación de recursos, originando desórdenes sociales antes de provocar su abandono (Lentz et al. 2014). Ahora bien, el colapso fue esencialmente un fenómeno urbano. Se van despoblando las ciudades pero la población rural de la periferia sigue subsistiendo y aprovecha las obras hidráulicas precedentes. Los sistemas de suministro de agua, como los de Tikal, amortiguaron el efectode las sequías sobre la población (Grazioso y Scarborough 2013 : 262-263). El control del agua desempeñó un rol fundamental en la emergencia del poder político de los mayas clásicos. Si bien su escasezfue decisiva en el declive de los centros mayores,los menores sobrevivieron a la sequía (Lucero 2002:814).En las tierras bajas meridionales del mundo maya,la ausencia de lluvia trajo carencia de agua, malas cosechas y hambrunas (Lucero et al. 2011 : 479). Elabandono de los humedales cerca del antiguo centro maya de Blue Creek, en Belice, y la disminución de la población coinciden con una creciente sequíaen esta región (Luzzadder-Beach et al. 2012 : 3648,3650, 3651). En las tierras bajas mayas, las zonas interiores elevadas de la península de Yucatán eranmás susceptibles al colapso y menos adecuadaspara la recuperación que las zonas más bajas adyacentes. Esto ocurrió tanto a finales del Preclásicocomo en el Clásico Terminal (Dunning et al. 2012:3652, 3654). De hecho, el colapso tuvo un impactomenor sobre las poblaciones mayas costeras (Santley et al. 1986 : 123).</p>
<p>Conflictividad sociopolítica</p>
<p>Las condiciones ambientales cambiantes generaron crecientes conflictos sociales (Haug et al. 2003 ;Turner y Sabloff 2012 : 13908) como prueba de forma fehaciente e irrefutable el presente estudio sobre los mayas de Uaxactún y Barton Ramie.En la costa sur mesoamericana de la actual Guatemala, el gran centro maya de Montana, dependiente de Teotihuacan, decae tras el colapso de la metrópoli, hacia 650 despues de J.-C. Coincide con el ascenso de Cotzumalguapa como centro regional hegemónico (Chinchilla 2013 : 201, 203). De hecho, el ocaso y colapso de Teotihuacan condiciona la historia mayade los siglos VI y VII despues de J.-C., una época convulsionada por la gran guerra internacional entre Tikal y Calakmul y sus respectivos aliados y vasallos (Demarest y Fahsen 2003 : 164). A partir del 750 despues de J.-C., la civilización maya sufre una gran crisis y se transforma. Las ciudades mayas de las tierras bajas del sur —región que abarcaba el Petén en el norte de Guatemala y las tierras circundantes— van cayendo una a una hasta cesarsu actividad política y ceremonial a comienzos del siglo IX (Tainter 1988 : 12, 152-153). Desaparece elsistema político hasta entonces imperante y casi todas las ciudades-estado mayas son abandonadas o disminuyen radicalmente su tamaño y complejidad. Hay un importante descenso de la población (Tainter 1988 : 167) que algunos califican como desastre demográfico. La mayoría de los centros urbanos densamente poblados son abandonados de forma permanente (Haug et al. 2003 : 1733). Este procesose desarrolla prontamente y con rapidez en la región sudoccidental de Petén entre el 700 y el 730 despues de J.-C. Las aldeas empiezan a ser abandonadas, luego son destruidos los centros principales y las poblaciones se desplazan. Algunos como Altar de Sacrificios y Ceibal sobreviven en el siglo X mientras muchas ciudades-estado de las tierras bajas sudoccidentalesse ven reducidas enormemente o quedan despobladas hacia el año 800 despues de J.-C. (Demarest 2013 : 23). En el siglo VIII de nuestra era el mundo maya sufre una fragmentación regional (Demarest y Fahsen 2003 : 166), un proceso de balcanización, guerras y desintegración de las entidades políticas ; desencadenado, en opinión de algunos, por la tendencia ala sequía. Se rompe la estabilidad dinástica de las monarquías teocráticas de las ciudades-estado, donde los reyes mayas son sumos sacerdotes y jefes militares simultáneamente. Numerosas evidencias lo confirman. Hacia 750 despues de J.-C., Piedras Negras se encuentra en su apogeo. En las tierras bajas, las ciudades mayas experimentan un progresivo declive o un súbito colapso frecuentemente vinculado a la devastación de la guerra. En Piedras Negras, el último gobernante cae prisionero de la ciudad enemiga de Yaxchilán en el año 808 despues de J.-C. (Anaya et al.2011). El palacio real es arrasado por los invasores (Houston et al. 2001 : 69, 70-71). Desde entonces, se inicia un declive y, entre 830 y 900 despues de J.-C., se acelera la decadencia, se reduce la población y la ciudad se transforma en un pequeño asentamiento rural hasta su abandono final.Piedras Negras es unejemplo del hundimiento de la realeza maya como sistema político (Ciudad e Iglesias 2001 : 17) centrado en la monarquía teocrática y el palacio real. La deforestación avanza inexorablemente en el Petén. Dos Pilas, en la zona sudoccidental de estaregión, en las tierras bajas mayas, es uno de losprimeros centros en sucumbir y ser abandonado hacia el 761 despues de J.-C. También lo es Altar de Sacrificios, el cual deja de erigir monumentos alrededor del año 771 de nuestra era. Se inicia una etapa de guerras interminables hasta el abandono de las ciudades.Este proceso se transmite lentamente a todas las tierras bajas. Según la epigrafía, surgen nuevosgobernantes que legitiman su poder empleando elglifo de Dos Pilas Aguateca en medio de un proceso de « descentralización y desintegración política delas entidades dinásticas clásicas tradicionales » (Ponciano et al. 2013 : 71) conocido como balcanización. En cambio, la ciudad de Cancuén, vinculada a Dos Pilas, experimenta un resurgimiento hasta c. 800 despues de J.-C tras la caída de esta última, tal comoocurre con Naachtun (Forné et al. 2013 : 49). En esamisma región de las tierras bajas meridionales, seproduce la caída de Aguateca provocada por unataque hacia 810 despues de J.-C, siendo abandonada posteriormente (Ponciano et al. 2013 : 68, 70).Por su parte, Tikal empieza a declinar hacia el 830 despues de J.-C. mientras sus centros secundarios ganan autonomía. Al igual que los acontecimientos que tuvieron lugar en la zona Usumacinta-Pasión, las campañas militares precedieron al ocaso y cese de los monumentos en esa región, con fecha final registrada en Uaxactún (889 d. C.) referente a la guerra con su vecinos (Ebert et al. 2014 : 350).</p>
<p>Revolución y comercio exterior</p>
<p>En la zona maya occidental, la inestabilidad contribuye a la desintegración de la red comercial entrelos años 760 y 800 de nuestra era. Como consecuencia, la mayoría de los reinos mayas occidentales del Clásico Tardío decaen y acaban siendo abandonados entre 800 y 810 despues de J.-C., antes que las principales ciudades mayas orientales de las tierras bajas centrales. Hacia el año 830 de nuestra era, laspoblaciones de los grandes centros mayas de la cuenca de los ríos Pasión-Usumacinta, en el Petén sudoccidental, habían desaparecido (Demarest y Fahsen 2003 : 170, 172). En el escenario del Petén septentrional, la revolución acontecida en Naachtun hacia el 800 despues de J.-C. acaba con el régimen teocrático e instaura un poder local que integra este centro maya en una red comercial a larga distancia, garantizando así su supervivencia durante más de 150 años. Naachtun se abandona definitivamente después de 950 despues de J.-C. de forma sorpresiva, sin síntomas que anunciasen ese desenlace final, pues reflejaba a nivel material « plena actividad y prosperidad » (Nondédéo et al. 2013:122, 138). Tanto Naachtun como Baking Pot, un pequeño reino en el alto valle del río Belice, aportan testimonios reveladores sobre los cambios sociales operados en el seno de la civilización maya durante la crisis económica del Clásico Tardío y las transformaciones que impulsó la conflictividad interna. A pesar del despoblamiento de las tierras bajas mayas centrales y meridionales a finales de dicho periodo, Baking Pot perdura tras el abandono del complejo palacial en el Clásico Terminal (800-900 despues de J.-C.). Tanto nobles como plebeyos se adaptan a la nueva situación y asu cambiante paisaje social con una estrategia similar a la de Naachtun. Desarrollan el intercambio mercantil interregional incluyendo artículos de lujo exóticos, o sea, el comercio a larga distancia de bienes suntuarios (Hoggarth 2012). En la misma línea, en la cuenca del Mopán, río que se une al Macal paradar origen al Belice, el sitio de Actuncan se reorganiza para hacer frente al colapso. Mientras otras comunidades vecinas decaen, la de Actuncan permanece y adopta nuevas estructuras políticas basadasen el reconocimiento de una mayor igualdad (Mixter et al. 2014 : 63-64). Durante el Clásico Tardío también se fundan ciudades mayas en áreas geográficas periféricas. Trasun efímero esplendor acaban siendo abandonadasa finales del Clásico Terminal (Vidal y Muñoz 2013:92). El proceso de balcanización origina centros secundarios como La Joyanca o La Blanca. El primero, en la zona noroccidental de la región guatemalteca de Petén, alcanza su apogeo en el ClásicoTardío-Terminal (Arnauld et al. 2013 : 149). Perdurómás tiempo que La Blanca y se fue despoblando progresivamente a partir del abandono de esta, desde el 850 al 1050 despues de J.-C. A mayor abundancia, los pobladores en migración, procedentes de las grandes ciudades abandonadas del Petén nororiental, fundaron nuevos centros mayas. Es el caso de La Blanca en el valle delrío Mopán (Petén, Guatemala). Disfrutó su esplendor durante el Clásico Tardío hasta finales del mismo (850 despues de J.-C.). Fue abandonada sin mediar violencia, de forma planificada y ordenada, como consecuencia de la ruptura de la red comercial de la cual formaría parte cuando « la inestabilidad y el desasosiego se apoderaron de toda la región ». A finales del siglo IX de nuestra era, la región de Petén sufre la desintegración paulatina de las alianzas que articulaban la red comercial fluvial de bienes suntuarios, afectando a todos los centros con independencia desu tamaño (Vidal y Muñoz 2013 : 95, 100).</p>
<p>Nueva naturaleza de la guerra</p>
<p>En ese tiempo convulso del Clásico Terminal, laguerra cambia su naturaleza. Ahora es de conquista, exterminio y destrucción : se convierte en un instrumento eficaz para acabar con los enemigos y capturar sus recursos (tierras, alimentos, bienes, manode obra), sembrando la devastación por dondequiera. Ahora, a partir de la octava centuria de nuestraera, incendiar los edificios o profanar los monumentos deviene algo habitual. El expansionismo es unaprioridad y el desarrollo del militarismo lo facilita. Segeneraliza el emplazamiento estratégico y la fortificación de los sitios. Este cambio acelera el colapso y genera una nueva sociedad (Baudez 2013 : 321 ; Isendahl et al. 2014 : 50). Según Baudez (2013), los avances técnicos en la agricultura, el aumento de las tierras cultivadas y una extensa red comercial impulsaron un crecimiento demográfico sin precedentes que no pudieron sostener los recursos disponibles a finales del Clásico, mermados por un entorno degradado. La rivalidad entre las ciudades transformó las tensiones en conflictos bélicos para « apoderarse de tierras y de bienes » y « destruir al enemigo ». Ahora se aniquilan deforma sistemática los símbolos del poder (monumentos, inscripciones, imágenes reales) al tiempo quese edifican fortificaciones como en Dos Pilas o Aguateca. Esas guerras, en vez de resolver los problemas, en especial los económicos, agravan la situación generando hambrunas, desplazamiento de lapoblación y descenso demográfico. Las guerras de conquista y destrucción transformaron la sociedadmaya. Tal como se aprecia en Chichén Itzá, el « soberano sigue siendo un ser mítico equiparado al sol » aunque su poder real es mucho menor y tiene quecompartirlo con los sacerdotes, una « élite político-militar » y el estamento guerrero (Baudez 2013 : 322).</p>
<p>Hacia una teoría del colapso maya clásico</p>
<p>El desmoronamiento de Teotihuacan puso fin a su influencia sobre el mundo maya creando un vacío de poder. Precisamente, es a lo largo de los siglos VI y VII de nuestra era cuando estalla la gran guerra internacional entre las coaliciones de Tikal y Calakmul. Se vive entonces, a finales del Clásico Temprano, una época de prosperidad y abundancia (cf.tabla 1 ; Izquierdo-Egea 2014a : 7, tabla 1). Sin embargo, a partir del 750 de nuestra era y hasta el final del Clásico Tardío, el cambio climático contribuye a transformar radicalmente ese panorama, convirtiéndose en detonante de una reacción encadena que acabará con la civilización maya clásica. Los problemas medio ambientales generan una etapa de ocaso extraordinariamente conflictiva queconduce al colapso final. Las sequías prolongadas repercuten negativamente sobre la producción dealimentos, mermando las cosechas destinadas asostener a unas poblaciones mayas que habían experimentado un extraordinario crecimiento. Se acaba rompiendo el equilibrio entre el crecimiento demográfico y los recursos disponibles necesarios para sostenerlo. Al intentar remediarlo, laintensificación de la agricultura hace aumentar ladeforestación, contribuyendo a degradar el entornonatural y la búsqueda de nuevas tierras desata conflictos. La competencia por los recursos juega unpapel esencial en la dinámica del proceso. Se producen migraciones masivas para ajustar el excedente demográfico. El estamento plebeyo, el más numeroso y desfavorecido, sería el más perjudicado en tales circunstancias. Se hace inevitable una lucha social entrenobles y plebeyos, consecuencia de las penurias soportadas por una empobrecida mayoría de la población integrada por los plebeyos, sobre la cual impactaría la escasez de alimentos, frente a una minoría de nobles todavía más opulenta en plena crisissegún pone en evidencia el análisis de las ofrendas de los entierros de Uaxactún así como otros tan alejados de la región maya como los de la cuenca del Balsas durante el Clásico Tardío. En todos los casos hasta ahora investigados relativos a esta época (Uaxactún y Barton Ramie entre los mayas o lacuenca del Balsas y Monte Albán en México) se comprueba, analizando los ajuares funerarios, ademásde una aguda crisis económica en todos estos sitios mesoamericanos, un incremento espectacularde la conflictividad social y un descenso enorme del nivel de recursos disponibles. Son pruebas contundentes e irrefutables a favor de la tesis de la luchasocial y de la teoría del colapso maya clásico que la incluye.Por otro lado, la crisis de la realeza divina o sagrada entre los mayas clásicos es resultado del conflicto social desatado en ese momento de depresión económica. Se acaba desintegrando la superestructura ideológica del régimen clásico aunque subsiste la infraestructura económica representada porcentros menores y numerosas aldeas. Esa transformación sociopolítica liquida el régimen teocrático y la sociedad pudo devenir más igualitaria, tal como puede observarse a través de los entierros mayas de Barton Ramie en Belice.También cambia la naturaleza de la guerra. Ahora su finalidad primordial es la de conquistar, expandirse y defenderse del enemigo exterior desarrollando fortificaciones. Esa transformación espropiciadapor la falta de recursos y la imperiosa necesidad deobtenerlos a cualquier precio. Asimismo, las guerras podrían haber servido para canalizar el descontento popular nacido al calor de una crisis económica que incrementa de forma destacada la conflictividad social. De hecho, habrían permitido reconducirlo y controlarlo al menos al principio, implicando a buena parte de esa masa popular a la hora de conquistar nuevas tierras y defender las existentes de otrosatacantes. En síntesis, el caldo de cultivo del colapso maya clásico conforma un panorama desolador constituido por una pléyade de factores que resaltan la complejidad del proceso : superpoblación, sequías prolongadas, agotamiento de los recursos naturales,escasez de alimentos, crisis económica, hambrunas,conflictividad social, migraciones, guerras, descenso significativo de la población, desaparición o transformación del régimen teocrático, ruptura o reestructuración de la red comercial.</p>
<p>Las ecuaciones del colapso maya</p>
<p>El colapso se puede observar materialmente através de los fenómenos sociales codificados en elregistro funerario. Concretamente, la tercera ecuación fundamental de la conflictividad social basadaen datos arqueológicos (Izquierdo-Egea 2015 : 13-14 ; v. apéndice) permite calcular el nivel de recursos disponibles en un momento concreto en funciónde dos parámetros : la población representada en la muestra analizada y el nivel de conflictividad social estructural. Este último se determina previamenteempleando la primera de esas fórmulas fundamentales (ibidem : 10-11), donde la conflictividad social se estima en función de la desigualdad social y lariqueza relativa (el gasto funerario medio amortizado en las ofrendas de los entierros). A su vez, esta última variable nos permite observar cuantitativamente la fluctuación de la economía. En definitiva, se infieren varios fenómenos sociales observando el registro funerario : crisis económica, desigualdad, conflictividad social, recursos disponibles, descenso demográfico ; todos los cuales nos hablan de la huella material del colapso maya clásico. Según la tercera ecuación fundamental de la conflictividad social, cuanto mayor sea el tamaño de la población y menores sean los recursos disponibles para sostenerla, mayor será la conflictividad social. Esa circunstancia sirve para ilustrar el colapso al quelle garía cualquier formación social, ya sea una comunidad aldeana o una compleja civilización como la maya clásica, que no pudiese garantizar su supervivencia manteniendo un equilibrio adecuado entre el crecimiento demográfico y los recursos disponibles para evitar quebrantar una ley básica querige el desarrollo de las sociedades humanas (Izquierdo-Egea 2015 : 13). Obviamente, llegar a esepunto de no retorno implica el fallo de los mecanismos reguladores internos de una formación social que actúan para evitar su colapso (ibidem : 6, 7). En el caso de la civilización maya clásica, la ruptura del equilibrio entre la población y los recursos disponibles para sostenerla se produce con la intervención del clima como factor exógeno.</p>
<p>CONCLUSIONES</p>
<p>1. El colapso de la civilización maya clásica quedó perfectamente registrado en las ofrendas de sustumbas. Esto confirma lo que ya se había anticipado al estudiar las fluctuaciones económicas prehispánicas en la cuenca del río Balsas en México (cf.Izquierdo-Egea 2014a). El presente estudio demuestra de forma fehaciente que la gran crisis del Clásico Tardío (c. 650-900 despues de J. C.) quedó registradaen los ajuares de las sepulturas mayas gracias a las evidencias aportadas por Uaxactún en Guatemalay Barton Ramie en Belice. El hecho de que las muestras analizadas fueran tomadas por W. L. Rathje ysean tan significativas, todavía otorga mayor validez, consistencia y fiabilidad a la metodología empleada.</p>
<p>2. Observando cuantitativamente el registro funerario, se documenta durante el Clásico Tardío un descenso brutal de la actividad económica y los recursos disponibles que avalan una drástica disminuciónde la población y un enorme incremento de la conflictividad social, no solo entre los mayas sino también entre los zapotecos de Monte Albán o en lacuenca del Balsas. Es decir, se trata de fenómenosque coinciden con el colapso de las civilizacionesmesoamericanas clásicas representadas por Teotihuacan, Monte Albán y los mayas.</p>
<p>3. Ahora, gracias al nuevo parámetro procuradopor el cálculo de los recursos disponibles, se puedeconfirmar un abrupto descenso de esta variable enla época del colapso maya, tanto en el Petén comoen la cuenca del río Belice. Lo cual deja entrever unincremento de la mortalidad, comprobado tanto en Uaxactún como en Barton Ramie, si bien se manifiesta con especial virulencia en el primero de los sitios. Luego esto permite interpretar el cambio demográfico como un descenso de la población, muchomás dramático en el primer caso, coincidiendo conotras fuentes arqueológicas más numerosas. Naturalmente, esta innovación metodológica se está aplicando a abundantes registros funerarios, tanto mesoamericanos como de otras civilizaciones antiguas europeas o asiáticas, obteniendo brillantes resultados que contribuirán a esclarecer algunas cuestiones fundamentales. En el caso de la civilización maya clásica, la ruptura del equilibrio entre una población desmesurada y unos recursos limitados para sostenerla se produce con la intervención del cambio climático comofactor exógeno, generando un sombrío panorama conformado por sequías persistentes, agotamientode los recursos naturales, escasez de alimentos, unaaguda crisis económica, hambrunas, conflictividad social, migraciones, guerras, descenso significativode la población, la desaparición o transformación delrégimen teocrático y la ruptura o reestructuración de la red comercial.</p>
<p>Reflexión final</p>
<p>Uaxactún y Barton Ramie aportan pruebas irrefutables sobre la huella material del colapso clásico en el registro funerario de la civilización maya, encajando con lo que ya se vio en la cuenca del río Balsas en México. Ahora, a partir de evidencias tan elocuentes, cabe plantearse seriamente la conveniencia de aprovechar esta metodología para aclarar aspectos tan reveladores como los abordados por la arqueologíade los fenómenos sociales : fluctuaciones económicas, cambios sociales, conflictividad social, etc. Nadie entendería que se perdiese esta gran oportunidad de hacer verdadera ciencia.</p>
<p><a href="http://www.laiesken.net/arqueologia/pdf/2015/AI2702.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Voici une étude de Pascual Izquierdo-Egea qui pointe la montée violente des conflits sociaux dans la ville de Monte Albàn avant la chute :</p>
<p>« La première estimation analytique s'est limitée à évaluer les premières et dernières périodes du Classique. À la lumière de ses résultats accablants, il a été possible de démontrer de manière irréfutable que l'effondrement classique était parfaitement consigné dans les offrandes des sépultures de Monte Albán. Comme le montre le tableau 1, au cours de la période classique tardive, les frais d'enterrement ou la richesse relative ont subi une chute considérable (-91,04%), tandis que les inégalités sociales ont diminué dans une moindre proportion (-22,70%) en fonction du coefficient de variation (CV). La tendance de ce paramètre a également été confirmée par l'indice de Gini. D'autre part, le conflit social est déclenché de manière alarmante. Compte tenu de l'expression structurelle de celle-ci (EC), cette variable connaît une augmentation spectaculaire jusqu'à atteindre des limites insoupçonnées (762,78%). La conflictualité dynamique ou conjoncturelle (CD) atteint également une valeur relative très élevée. Tout cela forme un panorama adverse de conflit social maximum, où l'explosion dudit paramètre montre l'effondrement de la civilisation zapotèque de Monte Albán.</p>
<p>C'est-à-dire que les sépultures et les tombes diminuent en passant de la période classique à la fin, ce qui peut être attribué à une réduction démographique notoire en raison de l'éclatement d'un conflit social et de la diminution drastique des ressources disponibles, comme nous l'avons vu auparavant. Mais ce n'est pas tout. Il reste à voir ce que les résultats obtenus révèlent en incluant la période qui précède la période du Classique récent dans l'analyse. Bien qu'il y ait un problème. Pour rendre cette nouvelle approche diachronique possible, l'échantillon du Terminal Formative ne spécifiant pas la composition des offres, il a fallu égaliser les autres en supprimant les catégories spécifiques.Les résultats ainsi obtenus confirment ce qui a déjà été observé pour la période du Classique Ancien et éclairent l'obscurité de la période précédente. De cette manière, nous pouvons maintenant constater que la période du Classique Récent n'est pas aussi dynamique que l'on pourrait s'attendre sur le plan économique, car le coût moyen des funérailles dans les offrandes funéraires est en baisse. En d'autres termes, Monte Albán a connu au cours de la période classique précoce une diminution de la richesse relative amortie dans les biens funéraires des sépultures (-31,26%). Dans le même temps, l'inégalité sociale diminue légèrement en fonction du CV, mais le coefficient de Gini offre une lecture différente, enregistrant une légère augmentation de ce paramètre.</p>
<p>Dans tous les cas, cela provoque une augmentation de la conflictualité sociale structurelle (35,58%) alors que le niveau des ressources disponibles diminue à peine (-9,45%). En revanche, la population représentée augmente (22,86%). Cette contradiction apparente est clarifiée par la tendance révélée par la mesure des autres paramètres fondamentaux : la conflictualité sociale grandit et le niveau des ressources disponibles reste presque inchangé ; puis, en toute logique, le plus grand nombre de sépultures actuellement enregistrées peut être attribué à la mortalité causée par cette augmentation du conflit. La fin de période classique a conduit à cette tendance avec une forte baisse d'activité productive, associée à une diminution marquée des ressources disponibles et à la diminution brutale de la population représentée (-74,42%) au milieu d'un conflit social débridé. C'est-à-dire que tout au long de la fin de la période classique, Monte Albán a connu une crise énorme. La richesse relative observable à travers le registre funéraire s'effondre (-81,81%). Les inégalités sociales diminuent (-7,23%) mais ne compensent pas cet énorme gouffre, donnant lieu à un conflit social galopant qui prend de l'ampleur pour atteindre une dimension gigantesque et alarmante (410,06% pour les structurels et 275% pour les dynamiques). À son tour, la mesure du niveau des ressources disponibles montre une valeur sensiblement basse, ce qui indique une chute importante de ce paramètre (-94,90%), en ligne avec la dépression économique qui caractérise cette période ; ce qui justifie le déclin notoire de la population à cette époque.</p>
<p>(...) Selon le registre funéraire, Monte Albán del Terminal Formative (100 av. J.-C. - 200 av. J.-C. après J.-C.) vit une période florissante avec le plus haut niveau de ressources disponibles et le conflit social le plus faible qui soit. la série chronologique analysée. Ces données correspondent parfaitement aux informations archéologiques restantes provenant d'autres sources. Concrètement, cela coïncide avec l'expansion territoriale d'Estadozapoteco au-delà de la vallée d'Oaxaca (González Licón 2011 : 147). En revanche, l'irruption de la période du Classique récent (200-500 après J.-C.) met un terme à la prospérité de la période précédente en indiquant la diminution de la richesse relative enregistrée dans les offrandes des sépultures étudiées. La population de Monte Alban augmente pendant cette période, bien que les terres contrôlées par ce centre urbain soient considérablement réduites. Non seulement cela diminue son territoire, mais aussi son influence sur le tout puissant État Teotihuacan des hauts plateaux centraux, qui projette son ombre portée sur la vallée d'Oaxaca et avec lequel il établit une sorte d'alliance (González Licón 2011 : 171). Or, cette nouvelle situation, qui impliquait l'acceptation de l'hégémonie de Teotihuacan, aurait un impact négatif sur Monte Alban, provoquant un déclin économique naissant qui refléterait parfaitement les données funéraires obtenues.</p>
<p>En outre, l'augmentation démographique indiquée par la source susmentionnée coïncide parfaitement avec la tendance inférée du registre mortuaire analysé, même si elle devrait être nuancée par la répercussion négative probable du conflit grandissant et la stagnation des ressources disponibles sur la croissance démographique. ce qui pourrait se traduire par une mortalité plus élevée. Au cours de la fin de la période classique (500-700 / 750 après J.-C.), la population de la vallée d'Oaxaca diminue considérablement et se concentre à Monte Albán ou dans ses environs. Capitale de la civilisation zapotèque, ce centre urbain atteint sa plus grande extension, bien qu'il perde le pouvoir devant la périphérie : il augmente désormais considérablement l'autonomie régionale (González Licón 2011 : 201), ce qui accélérera le déclin de Monte Alban et la fragmentation. de son territoire dans les petits États (Feinman et Nicholas 2016 : 256). En d'autres termes, le pouvoir régional du Monte Albándeclina Zapotec et de nombreux centres de rang inférieur constituent leurs propres entités politiques locales (Marcus 2009 : 98, 101) que Tainter (1988 : 13) a définis comme de petits États autonomes.</p>
<p>Après l'effondrement de l'État de Monte Albán dans la fin de la période classique, la société de la vallée d'Oaxaca est fragmentée et réorganisée politiquement jusqu'à l'émergence de la puissante cité-État de Dainzú-Macuilxóchitl dans la fin du postclassique (Faulseit 2012 : 401). L'archéologie des phénomènes sociaux confirme non seulement la réduction démographique drastique, mais met également en évidence les autres paramètres fondamentaux observés à travers le registre funéraire : un déclin brutal de l'activité économique et des ressources disponibles, parallèlement à une augmentation considérable des conflits sociaux, étudier les Mayas préhispaniques du Guatemala et du Belize (Izquierdo-Egea 2015c : 17-18, 24 ans, 2016 : 65). En d'autres termes, cette grave crise économique de la fin du classicisme, associée à une augmentation spectaculaire des conflits sociaux et à une diminution considérable des ressources disponibles, est documentée en Méso-Amérique à travers les offres mortuaires des bassins des rivières Balsas et MonteAlbán au Mexique ou à Uaxactún et Barton Ramie chez les Mayas. C'est-à-dire qu'il s'agit d'une série de phénomènes sociaux coïncidant avec l'effondrement des civilisations classiques mésoaméricaines (Izquierdo-Egea 2015c : 23, 24). Cet appauvrissement généralisé, provoqué par la grave crise économique, créerait une situation interne explosive pouvant même affecter la consommation de viande et de légumes.</p>
<p>Ce phénomène, déduit des archives funéraires, a caractérisé le long processus de déclin et d'effondrement final des civilisations mésoaméricaines de la fin de la période classique, qui a commencé chez les Teotihuacans, a été transmis aux Zapotèques et s'est terminé chez les Mayas. En fait, l'effondrement de Teotihuacan déclenche une réaction en chaîne d'effet retardé. Ses conséquences modifient le paysage géopolitique mésoaméricain et favorisent l'émergence d'autres États ainsi que leur lutte pour l'hégémonie. Après la chute de Teotihuacan, l'état zapotèque de Monte Albán et les villes-états mayas ont continué d'exister pendant un certain temps. Enfin, cette crise finit par affecter de manière dramatique Monte Albán ainsi que la civilisation maya classique, la plus éloignée du noyau originel de cette dépression complexe. Par conséquent, nous devons insister une nouvelle fois sur la connexion entre les régions mésoaméricaines comme si elles étaient des navires communicants (Izquierdo-Egea 2014 : 16-17). Comme cela a été maintenu dans une étude précédente, les paramètres fondamentaux de l'équation de l'effondrement de la Les civilisations mésoaméricaines classiques sont la surpopulation et l'impact du changement climatique sur l'environnement naturel (comme les sécheresses prolongées signalées par Haug et al., 2003). L'effondrement se produit lorsque l'altération du climat met en péril l'équilibre entre la population et les ressources disponibles pour le maintenir, générant généralement un conflit qui conduit à la genèse de phénomènes violents tels que des révolutions ou des guerres, car les mécanismes régulateurs internes des formations sociales n'existent plus. sont capables de contrecarrer ses effets négatifs (Izquierdo-Egea 2014 : 25). »</p>
<p>CONCLUSIONS</p>
<p>1. L'effondrement classique a été parfaitement consigné dans les offrandes des sépultures de Monte Albán (Oaxaca, Mexique) et la méthodologie utilisée ici a inféré scientifiquement ces preuves, comme dans le bassin de la rivière Balsas ou entre les Mayas de Guatemala et le Belize. .</p>
<p>2. L'agonie de Monte Alban de la fin de la période classique montre un déclin considérable de la richesse relative, associé à une crise économique considérable, à un net déclin des ressources disponibles, à un déclin démographique notable et à une augmentation alarmante des troubles sociaux. Tous ces paramètres constituent un panorama dévastateur qui annonce son effondrement.</p>
<p>3. Les témoignages funéraires du bassin de la rivière Balsas, des Mayas du Guatemala et du Belize ou de l'Albuquerque de Monte Alban permettent de garantir que l'effondrement classique a été enregistré dans une bonne partie de la Méso-Amérique. Plus nous progresserons dans cette voie de recherche, plus nous aurons de preuves confirmant la trace matérielle de l'effondrement classique des archives funéraires des civilisations mésoaméricaines.</p>
<p>4. Au cours de la fin de la période classique, les ressources disponibles ont considérablement diminué et une grande crise économique a dévasté la Méso-Amérique, générant un appauvrissement généralisé et provoquant une vague de conflits sociaux comme en témoignent les registres funéraires du bassin de Balsas, des Mayas (du Guatemala et du Belize). Monte Albán. Nous savons par d'autres sources qu'un changement climatique défavorable a eu un impact négatif sur une population très nombreuse, brisant l'équilibre entre cette dernière et les ressources disponibles pour la maintenir. Selon ce que nous savons jusqu'à présent, c'est l'étincelle qui a déclenché le conflit social galopant qui a laissé les civilisations classiques mésoaméricaines et qui, avec les autres facteurs, a provoqué son effondrement.</p>
<p>Réflexion finale</p>
<p>Quatre publications de cet auteur dans cette interview ont fourni des preuves irréfutables que les vrais scientifiques ne peuvent pas ignorer. Tous ont jeté une lumière aveuglante sur les fluctuations de l'économie et les changements sociaux associés à la Mésoamérique préhispanique. Les preuves les plus cohérentes correspondent à l'effondrement des civilisations classiques représentées par Teotihuacan, Monte Albán ou Maya. On ne comprendrait pas que les chercheurs gaspillent de manière injustifiée ces contributions transcendantales de l'archéologie des phénomènes sociaux, une discipline nouvelle et prometteuse, également appelée archéologie, pour faire avancer la connaissance de la Mésoamérique préhispanique. »</p>
<p>Le texte original en espagnol :</p>
<p>« La primera estimación analítica se limitó a evaluar los periodos temprano y tardío del Clásico. Enfunción de sus contundentes resultados, se pudo demostrar de forma inapelable que el colapso clásico quedó perfectamente registrado en las ofrendasde los entierros de Monte Albán. Como se puede apreciar en la tabla 1, durante el Clásico Tardío, el gasto funerario medio o riqueza relativa sufre una tremenda caída (–91.04 %) mientras la desigualdad social disminuye en menor proporción (–22.70%) según el coeficiente de variación (CV). La tendencia de este parámetro también fue confirmada por el índice de Gini. Por su parte, la conflictividad social se dispara deforma alarmante. Considerando la expresión estructural de la misma (CE), esta variable experimenta un incremento espectacular hasta alcanzar límites insospechados (762.78 %). La conflictividad dinámica o coyuntural (CD) también alcanza un valor relativo muy elevado. Todo lo cual conforma un panorama adverso de máxima conflictividad social, donde el estallido de dicho parámetro muestra el colapso de la civilización zapoteca de Monte Albán.</p>
<p>A este caótico paisaje se une la estimación de los recursos disponibles en función de la población representada y la conflictividad estructural, arrojando un descenso brutal de los mismos (–97.05 %) en consonancia con la tremenda caída de la riqueza relativa medida y una enorme disminución demográfica (–74.42 %). Este descenso de la población también es avalado por el tamaño de la muestrade las tumbas no analizadas estadísticamente por el motivo expuesto en la introducción, cuya tendencia coincide plenamente con la mostrada por los entierros. Es decir, tanto los entierros como las tumbas disminuyen al pasar del Clásico Temprano al Tardío, lo cual cabe atribuirlo a una notoria reducción demográfica acorde con el estallido de la conflictividad social y la drástica disminución de los recursos disponibles, como se ha visto antes. Pero esto no es todo. Falta ver qué revelan los resultados obtenidos al incluir el periodo que precede al Clásico Temprano en el análisis. Aunque hay un problema. Para hacer posible este nuevo enfoque diacrónico, como la muestra del Formativo Terminal no especificaba la composiciónde las ofrendas, hubo que igualar las demás suprimiendo las categorías específicas.Los resultados así obtenidos confirman lo ya observado para el Clásico Tardío y arrojan luz sobrela oscuridad del periodo precedente. De este modo, ahora podemos vislumbrar que el Clásico Temprano no es una época tan boyante a nivel económico como cabía esperar, pues se aprecia una disminución del gasto funerario medio en las ofrendas delos entierros. En otras palabras, Monte Albán experimenta durante el Clásico Temprano un descenso de la riqueza relativa amortizada en los ajuares de los entierros (–31.26 %). Al mismo tiempo, disminuye levemente la desigualdad social según el CV como indicador, si bien el coeficiente de Gini ofrece una lectura distinta registrando un ligerísimo incremento de dicho parámetro.</p>
<p> En todo caso, sí espatente el aumento de la conflictividad social estructural (35.58 %) mientras apenas disminuye el nivel de recursos disponibles (–9.45 %). En cambio, la población representada aumenta (22.86 %). Esta aparente contradicción es aclarada por la tendencia revelada por la medición de los demás parámetros fundamentales : la conflictividad social crecey el nivel de recursos disponibles se mantiene casi inalterable ; luego, en buena lógica, cabe atribuir a la mortalidad ocasionada por ese incremento de la conflictividad el mayor número de entierros ahora registrado. El Clásico Tardío culmina esa tendencia con una enorme caída de la actividad productiva, asociadaa una marcada disminución de los recursos disponibles y el descenso brutal de la población representada (–74.42 %) en medio de una desbocada conflictividad social. Es decir, a lo largo del Clásico Tardío, Monte Albán sufre una tremenda crisis. La riqueza relativa observable a través del registro funerario cae en picado (–81.81 %). La desigualdad social desciende (–7.23 %) pero no compensa ese enorme abismo, dando lugar a una conflictividad social galopante que se dispara hasta alcanzar una gigantesca y alarmante dimensión (410.06 % para la estructural y 275 % para la dinámica). A su vez, la medición del nivel de recursos disponibles arroja un valor sensiblemente bajo, indicando una enorme caída de este parámetro (–94.90 %) en consonancia con la depresión económica que caracteriza a este periodo ; lo cual justifica el notorio descenso de la población en ese tiempo.</p>
<p>(…) Según el registro funerario, el Monte Albán del Formativo Terminal (100 antes J.-C. - 200 despues de J.-C.) vive una época floreciente con el mayor nivel de recursos disponibles y la menor conflictividad social de toda la serie temporal analizada. Esos datos cuadran perfectamente con la restante información arqueológica proveniente de otras fuentes. Concretamente, coincide con la expansión territorial del Estadozapoteco más allá del valle de Oaxaca (González Licón 2011 : 147). En cambio, la irrupción del Clásico Temprano (200-500 despues de J.-C.) pone fin a la prosperidad del periodo precedente según señala el descenso de la riqueza relativa registrada en las ofrendas de los entierros estudiados. La población de Monte Albán crece durante ese tiempo, si bien las tierras controladas por este centro urbano se reducen de forma considerable. No solo mengua su territorio sino que también lo hace su influencia frente al todo poderoso Estado teotihuacano del altiplano central, que proyecta su alargada sombra sobre el valle de Oaxaca, y con el cual establece algún tipo de alianza (González Licón 2011 : 171). Ahora bien, ese nuevo estado de cosas, que implicaba aceptar la hegemonía de Teotihuacan, repercutiría negativamente sobre Monte Albán, provocando una incipiente decadencia económica que muestran perfectamente los datos funerarios obtenidos.</p>
<p>Además, el aumento demográfico señalado por la citada fuente coincide plenamente con la tendencia inferida a partirdel registro mortuorio analizado, aunque deba matizarse con la probable repercusión negativa de la creciente conflictividad y el estancamiento de los recursos disponibles sobre el crecimiento de la población, todo lo cual pudo traducirse en una mayor mortalidad. Durante el Clásico Tardío (500-700/750 despues de J.-C.) disminuye drásticamente la población en el valle de Oaxaca y se concentra en Monte Albán o en sus alrededores. Este centro urbano, que fue la capital de la civilización zapoteca, alcanza entonces su mayor extensión, aunque pierde poder frente a la periferia : ahora aumenta significativamente la autonomía regional (González Licón 2011 : 201) que acelerará el ocaso de Monte Albán y la fragmentación de su territorio en estados más pequeños (Feinman y Nicholas 2016 : 256). En otras palabras, el poder regional de los zapotecos de Monte Albándeclina y numerosos centros de rango inferior constituyen sus propias entidades políticas locales (Marcus 2009 : 98, 101) que Tainter (1988 : 13) definiera como pequeños estados autónomos.</p>
<p>Tras el colapso del estado de Monte Albán en el Clásico Tardío, la sociedad del valle de Oaxaca se fragmenta y reorganiza políticamente hasta emerger la poderosa ciudad-estado de Dainzú-Macuilxóchitl en el Posclásico Tardío (Faulseit 2012 : 401). La arqueología de los fenómenos sociales no soloconfirma la drástica reducción demográfica sino quearroja luz sobre los otros parámetros fundamentales observados a través del registro funerario : undescenso brutal de la actividad económica y los recursos disponibles, en consonancia con un enorme aumento de la conflictividad social, avanzado alestudiar los mayas prehispánicos de Guatemala y Belice (Izquierdo-Egea 2015c : 17-18, 24 ; 2016:65). En otras palabras, esa aguda crisis económica del Clásico Tardío, asociada a un incremento espectacular de la conflictividad social y un enorme descenso de los recursos disponibles aparece documentada en Mesoamérica a través de las ofrendas mortuorias de la cuenca del río Balsas y MonteAlbán en México o en Uaxactún y Barton Ramie entre los mayas. Es decir, se trata de una serie de fenómenos sociales coincidentes con el colapso de las civilizaciones clásicas mesoamericanas (Izquierdo-Egea 2015c : 23, 24). Ese empobrecimiento generalizado, espoleado por la aguda crisis económica imperante, generaría una situación interna explosiva que incluso repercutió sobre el consumode carne y vegetales.</p>
<p>Este fenómeno, inferido apartir del registro funerario, caracterizó el largo proceso de ocaso y colapso final experimentado por las civilizaciones mesoamericanas del Clásico Tardíoque se inicia entre los teotihuacanos, pasa a los zapotecos y finaliza entre los mayas. De hecho, el colapso teotihuacano desata una reacción en cadena de efecto retardado. Sus consecuencias alteranel panorama geopolítico mesoamericano y favorecen la emergencia de otros estados así como la lucha entre ellos por la hegemonía. Tras caer Teotihuacan, el estado zapoteco de Monte Albán y lasciudades-estado mayas mantienen su existencia durante cierto tiempo. Finalmente, esa crisis acaba afectando dramáticamente tanto a Monte Albáncomo a la civilización maya clásica, la más alejada del núcleo originario de esa compleja depresión. Portanto, hay que insistir una vez más en la conexión entre las regiones mesoamericanas como si fuesen vasos comunicantes (Izquierdo-Egea 2014 : 16-17).Tal como se sostuvo en un estudio anterior, los parámetros fundamentales de la ecuación del colapso de las civilizaciones clásicas mesoamericanas son la superpoblación y el impacto del cambio climático sobre el medio natural (como las sequías prolongadas señaladas por Haug et al. 2003). El colapso se produce cuando la alteración del clima rompe el equilibrio entre la población y los recursos disponibles para sostenerla, generando habitualmente un estallido de conflictividad que desembocaen la génesis de fenómenos violentos como revoluciones o guerras porque los mecanismos reguladores internos de las formaciones sociales ya no soncapaces de contrarrestar sus efectos negativos (Izquierdo-Egea 2014 : 25). »</p>
<p>CONCLUSIONES</p>
<p>1. El colapso clásico quedó perfectamente registrado en las ofrendas de los entierros de Monte Albán (Oaxaca, México) y la metodología aquí empleada ha inferido científicamente esta evidencia como ya lo hiciera en la cuenca del río Balsas o entre los mayas de Guatemala y Belice.</p>
<p>2. El agonizante Monte Albán del Clásico Tardío muestra un enorme descenso de la riqueza relativa asociado a una tremenda crisis económica, una acusada disminución de los recursos disponibles, un notable descenso demográfico y un alarmante incremento de la conflictividad social. Todos esos parámetros conforman un panorama desolador queanuncia su colapso.</p>
<p>3. Las evidencias funerarias de la cuenca del río Balsas, de los mayas de Guatemala y Belice o de loszapotecas de Monte Albán permiten asegurar que el colapso clásico quedó registrado en buena parte de Mesoamérica. Cuanto más se avance en esta línea de investigación, más evidencias se descubrirán confirmando la huella material del colapso clásico en el registro funerario de las civilizaciones mesoamericanas.</p>
<p>4. Durante el Clásico Tardío descienden drásticamente los recursos disponibles y una gran crisis económica asola Mesoamérica, generando un empobrecimiento generalizado y desatando una oleada de conflictividad social atestiguada por el registro funerario de la cuenca del Balsas, los mayas (de Guatemala y Belice) y Monte Albán. Sabemos por otras fuentes que un cambio climático desfavorable repercutió negativamente sobre una población muy numerosa, rompiendo el equilibrio entre esta última y los recursos disponibles para sostenerla. Según lo que hasta ahora conocemos, esa fue la chispa que desató la galopante conflictividad social quedevoró las civilizaciones clásicas mesoamericanas y, junto a los demás factores, provocó su colapso.</p>
<p>Reflexión final</p>
<p>Cuatro publicaciones del presente autor en estarevista han aportado evidencias irrefutables que losverdaderos científicos no pueden ignorar. Todas ellas arrojan una luz cegadora sobre las fluctuaciones de la economía y los cambios sociales asociadosen la Mesoamérica prehispánica. La evidencia máscontundente corresponde al colapso de las civilizaciones clásicas representadas por Teotihuacan, Monte Albán o los mayas. No se entendería quelos investigadores desaprovecharan de forma injustificable estas trascendentales aportaciones de la arqueología de los fenómenos sociales, una nueva y prometedora disciplina también bautizada como arqueonomía, para avanzar en el conocimiento de la Mesoamérica prehispánica. »</p>
<p><a href="http://www.laiesken.net/arqueologia/pdf/2016/AI3207.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p></div>
La chute de la société Huarpa - La caída de la sociedad huarpa
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6440
http://www.matierevolution.org/spip.php?article64402019-07-17T22:59:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionAristocratesEsclaves SlavesPérou - PerùAmérique du sud America del surLutte de classes - Class struggleAmérindiens
<p>Ñawinpukyo, la capitale Huarpa <br class='autobr' />
Huaca Pucllana <br class='autobr' />
Cultura Huarpa <br class='autobr' />
Laguna de Nahuinpuquio <br class='autobr' />
Position de la société Huarpa au Pérou antique <br class='autobr' /> La chute de la société Huarpa - La caída de la sociedad huarpa <br class='autobr' />
Textes en français et en espagnol alternent. Se alternan textos en francés y español. <br class='autobr' />
La civilisation Huarpa (ou Warpa) est généralement présentée non comme une civilisation à part mais comme une introduction à la société Huari (ou Wari) ce qu'elle n'est en rien. Wari n'a pas débuté à (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot52" rel="tag">Aristocrates</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag">Esclaves Slaves</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag">Pérou - Perù</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><p>Ñawinpukyo, la capitale Huarpa</p>
<div class='spip_document_12717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/awinpukyo-la-capital-de-la-cultura-Huarpa-41194.jpg?1789958525' width='500' height='300' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Huaca Pucllana</p>
<div class='spip_document_12718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Huaca_Pucllana_1.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Huaca_Pucllana_1-7ed32.jpg?1789958525' width='500' height='375' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Cultura Huarpa</p>
<div class='spip_document_12719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Aspectos-de-la-cultura-Huarpa-3a8b0.jpg?1789958525' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Laguna de Nahuinpuquio</p>
<div class='spip_document_12720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L420xH315/Laguna_de_nahuinpuquio_Cultura_Huarpa-e9ad5.jpg?1789958525' width='420' height='315' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Position de la société Huarpa au Pérou antique</p>
<div class='spip_document_12721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L180xH256/huarpa-07413.png?1789958525' width='180' height='256' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">La chute de la société Huarpa - La caída de la sociedad huarpa</h2>
<p>Textes en français et en espagnol alternent. Se alternan textos en francés y español.</p>
<p>La civilisation Huarpa (ou Warpa) est généralement présentée non comme une civilisation à part mais comme une introduction à la société Huari (ou Wari) ce qu'elle n'est en rien. Wari n'a pas débuté à la fin de Huarpa mais avant. Là où dominait Huarpa, Wari n'est pas venue à la suite de Huarpa ni pour lui succéder. Wari est fondé sur des bases socio-économiques-politiques tout autres que Huarpa. Wari a été parallèle et proche de Tihuanaco mais pas de Huarpa qui est une société plus ancienne, moins structurée, en particulier sans Etat alors que Huari et Tihuanaco ont un Etat centralisé et puissant. Les grands progrès dus aux Huarpa sont d'ordre agricole, d'irrigation, de terrassement et de construction des maisons, d'urbanisation, de poterie, etc. Les constructions de Huarpa sont essentiellement des maisons, la phase de cette société étant celle de l'urbanisation et des débuts de la division en classes sociales mais pas encore de l'Etat, cet appareil détâché de la production et dominant l'ensemble de la société afin de protéger la classe dominante des révolutions sociales et politiques. Sans Etat, la société Huarpa a probablement été balayée aisément par un mouvement social, dès que les conditions de la production agricole se sont durablement dégradées et que les religieux n'ont plus pu faire croire que leurs liens avec les dieux permettaient de protéger la population des catastrophes.La chute de la société Huarpa est souvent présentée comme le simple produit de catastrophes climatiques, sans aucune signification sociale et politique alors qu'une société ne chute pas sans l'action des masses, c'est-à-dire la lutte des classes puisque la société Huarpa finale était divisée en classes sociales, en exploiteurs et exploités, notamment en esclaves et maîtres d'esclaves, en paysans payant le tribut et en classes possédantes le recevant.</p>
<p>La civilización Huarpa (o Warpa) generalmente esta presentada no como una civilización separada sino como una introducción a la sociedad Huari (o Wari) de que no es nada. Wari no comenzó al final de Huarpa sino antes. Donde Huarpa dominó, Wari no vino después de Huarpa ni para sucederlo. Wari se basa en fundamentos socioeconómicos y políticos distintos de Huarpa. Wari era paralelo y cercano a Tihuanaco, pero no Huarpa, que es una sociedad más antigua, menos estructurada, en particular sin estado, mientras que Huari y Tihuanaco tienen un estado centralizado y poderoso. Los grandes avances que se deben a Huarpa son la agricultura, el riego, las terrazas y la construcción de viviendas, la urbanización, la alfarería, etc. Las construcciones de Huarpa son esencialmente casas, la fase de esta sociedad es la de la urbanización y el comienzo de la división en clases sociales pero aún no del Estado, este aparato no vinculado a la producción y que domina la totalidad de la La sociedad para proteger a la clase dominante de las revoluciones sociales y políticas. Sin un estado, la sociedad Huarpa probablemente fue arrastrada fácilmente por un movimiento social, tan pronto como las condiciones de la producción agrícola se degradaron de forma duradera y los religiosos no podían hacer creer que sus vínculos con los dioses permitían proteger a la población. La caída de la sociedad Huarpa a menudo se presenta como el mero producto de desastres climáticos, sin ningún significado social y político, mientras que una sociedad no cae sin la acción de las masas, es decir la lucha de clases por que la sociedad final de Huarpa estaba dividida en clases sociales, clase explotadora y clase explotada, especialmente como esclavos y proprietarios de esclavos, campesinos que pagan tributos y clases que le reciben.</p>
<p>Voilà le genre de textes que l'on peut lire sur Huarpa (nommée encore Warpa) :</p>
<p>« C'est une culture régionale qui se développe dans la région d'Ayacucho, d'environ 200 ans avant notre ère jusqu'à 550 après JC. Elle a précédé la culture Huari et a maintenu des contacts avec la culture Nazca de la côte. Sa population était très nombreuse, comme en témoigne le fait que de nombreuses maisons ont été trouvées dans la région d'Ayacucho, presque toujours liées à des complexes agraires. La raison de sa disparition est inconnue. Sa céramique blanche à la peinture noire est caractéristique de cette culture… Apparemment, environ 500 après JC le courant climatique El Niño, qui a duré 30 années consécutives, a provoqué une sécheresse extrême à laquelle de nombreux peuples du centre des Andes ont été soumis, constituant le site de Huari et prenant Ayacucho comme centre urbain. Huarpa est l'une des villes les plus importantes qui a promu cette union. Forcés par le mauvais temps, ils ont été obligés de mettre en place un système efficace de production et de distribution de produits alimentaires leur permettant de survivre dans des conditions aussi défavorables. »</p>
<p>Aquí están los tipos de textos que se pueden leer en Hurpa (todavía llamado Warpa) :</p>
<p>« Es una cultura regional que surge en la zona de Ayacucho sobre el 200 a.C. hasta el 550 d.C. Antecedió a la cultura Huari, y mantuvo contactos con la cultura Nazca de la costa. Tuvo una población muy numerosa, como lo prueba que se han encontrado muchas viviendas en la zona de Ayacucho, casi siempre ligadas a complejos agrarios. Se desconoce el motivo de su desaparición. Su cerámica de color blanco con pintura negra, es característica de esta cultura… Al parecer sobre los años 500 d.C. suceden grandes cambios climáticos originados por la “Corriente del Niño” que duraron 30 años consecutivos, lo que provocó una tremenda sequia por cuya causa muchos pueblos de los Andes centrales se conexionaron, constituyendo el sitio Huari, y tomando Ayacucho como su centro urbano. Uno de los pueblos más importantes que promovieron esta unión fue el Huarpa. Forzados por la difícil climatología, se vieron obligados a desarrollar un sistema de producción y distribución de alimentos eficiente que les permitiese sobrevivir en condiciones tan adversas. »</p>
<p><a href="http://www.minasyenergia.upm.es/attachments/article/631/bouso.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Encore une disparition mystérieuse de civilisation !!! Pouvons-nous comprendre une telle chute ?</p>
<p>La culture Huarpa s'est développée dans l'actuel département d'Ayacucho, dans les provinces de Huamanga et Huanta, situées dans le bassin de la rivière Warpa, dont la capitale était Ñawinpuquio.</p>
<p>L'État était théocratique et militariste, doté d'un système de contrôle politique composé de responsables et de spécialistes, à l'instar des guerriers qui remplissaient la fonction de défense et d'extension des territoires.</p>
<p>Les Huarpa étaient divisés en classes sociales, prêtres, comme toujours une partie importante de la société, qui avec le temps, pourraient devenir nobles, seigneurs ou rois, ceux qui avaient de plus grands privilèges. Tandis que le reste de la population était divisé en paysans et artisans.</p>
<p>La civilisation ou culture Huarpa (qui a précédé Huari) était en grandes relations pacifiques, commerciales et politiques à la fois avec Huari-Tihuacano et avec Nazca.</p>
<p>Mais il n'y a pas vraiment eu de continuité entre ces diverses sociétés.</p>
<p>Huari a certes succédé à Huari mais n'a pas battu Huarpa puisque l'empire Huari ne s'est étendu qu'en 600 après J.-C. et que Huarpa a chuté en 500 après J.-C., c'est-à-dire environ cent ans avant !</p>
<p>La culture huarpa (ou warpa) s'arrête en 500 après J.-C. sans qu'on sache exactement pourquoi, donc, quand on ne sait pas, on répond que c'est pour des motifs climatiques !!!</p>
<p>L'une des dates dans lesquelles on présume la disparition de cette culture est l'année 500 après J.-C. Luis Lumbreras explique certaines hypothèses sur le sujet, expliquant que son déclin pourrait être lié aux changements climatiques. La population a augmenté progressivement, de sorte que la production agricole ne suffisait plus. Ils ont sûrement connu des périodes de sécheresse qui ont entravé le travail agricole.</p>
<p>Une autre hypothèse, beaucoup moins appréciée des auteurs, est que le système social et politique a explosé, les plus exploités n'acceptant plus de plier sous l'oppression et l'exploitation.</p>
<p>¡Otra misteriosa desaparición de la civilización ! ¿Podemos entender semejante caída ?</p>
<p>La cultura Huarpa se desarrolló en el actual departamento de Ayacucho, en las provincias de Huamanga y Huanta, ubicados en la Cuenca del río Warpa, cuya capital era Ñawinpuquio.</p>
<p>El estado era teocrática-militarista, que tenía un sistema de control político a través de sus funcionarios y especialistas, como los guerreros que cumplían la función de defender y extender los territorios.</p>
<p>Los huarpa estaban divididos en clases sociales, sacerdotes, como siempre una parte importante de la sociedad, que con el tiempo, podrían convertirse en nobles, señores o reyes, aquellos que tenían mayores privilegios. Mientras que el resto de la población se dividía en campesinos y artesanos.</p>
<p>La civilización o cultura huarpa (que precedió a Huari) mantenía grandes relaciones pacíficas, comerciales y políticas con Huari-Tihuacano y Nazca.</p>
<p>Pero no había realmente ninguna continuidad entre estas diversas sociedades.</p>
<p>Huari ciertamente sucedió a Huari, pero no venció a Huarpa ya que el imperio Huari se extendió solo en el 600 dC y ese Huarpa cayó en el 500 dC. Para decir unos cien años antes !</p>
<p>La cultura huarpa (o warpa) se detiene en el 500 dC sin saber exactamente por qué, así que cuando no sabemos, respondemos que es por razones climáticas</p>
<p>Una de las fechas en que se presume la desaparición de esta cultura es en el año 500 d. C. Luis Lumbreras expone algunas hipótesis en cuanto al tema, explicando que su declive pudo estar relacionado con los cambios climáticos. La población creció progresivamente, por lo que la producción agrícola ya no era suficiente. De seguro enfrentaron momentos de sequía, que dificultaron el trabajo agrícola.</p>
<p>Otra hipótesis, mucho menos apreciada por los autores, es que el sistema social y político ha explotado, y los más explotados ya no aceptan someterse a la opresión y la explotación.</p>
<p>« Huarpa est le nom donné à la culture archéologique trouvée dans le bassin de la rivière Huarpa et ses environs, dans l'actuel département d'Ayacucho, au Pérou. Il est défini à partir d'une céramique décorée d'une peinture noire sur une surface blanche et de l'ensemble des sites archéologiques associés à cette céramique.</p>
<p>Localisation chronologique</p>
<p>Son emplacement chronologique n'est pas bien défini, les restes trouvés se situeraient entre 200 av.J.-C. à 500 ap. J.-C.. environ</p>
<p>Huarpa a été étudié principalement pour ses relations avec la culture tardive des Huari, en raison de la localisation géographique partagée et du fait que certains éléments décoratifs ont été adaptés à l'iconographie de Huari. Au-delà de cela, on ignore quelle était la nature et les raisons de la transition entre Huarpa et Huari et ce que cela impliquait pour les populations qui habitaient la région.</p>
<p>Agriculture</p>
<p>Dans la culture Huarpa, une importante maîtrise des techniques agricoles est appréciée. Un bon exemple est l'établissement de terrasses de culture, qui vont du sommet des collines aux vallées, ainsi que la technologie hydraulique pour l'agriculture.</p>
<p>La viande de camélidés constituait un complément important de l'alimentation quotidienne et, dans une moindre mesure, de la viande de petits rongeurs, tels que le vizcacha et le cobaye ou le cobaye.</p>
<p>De l'architecture</p>
<p>À Ayacucho, environ trois cents sites de cette période ont été identifiés : villages ruraux avec un schéma de peuplement assez simple et maisons construites avec des pierres de différentes tailles, situées sur des terrains rocheux, avec un plan circulaire ou elliptique.</p>
<p>Le site le plus important semble être Ñawinpuquio, dont le pouvoir résidait dans le contrôle de l'eau destinée à l'irrigation des terres agricoles. Ñawinpuquio se compose d'édifices comprenant ce qui semble être des édifices publics, ainsi que des salles, des places publiques et peut-être un secteur cérémonial, ainsi que des canaux de distribution d'eau.</p>
<p>Les tombes associées à cette culture ont été excavées dans une terre rocheuse et dure ; ils avaient une entrée tubulaire et un large intérieur, où le cadavre était placé accompagné d'offrandes de cuivre et de céramique qui, dans certains cas, contenaient des restes de nourriture ainsi que de petits rongeurs.</p>
<p>En céramique</p>
<p>Dans la céramique, on peut noter la présence côtière dans des éléments de la céramique de Nazca, ainsi que dans la polychromie, qui apparaît juste au moment où les relations avec la région d'Ica s'intensifient.</p>
<p>Par ailleurs, les relations avec les régions montagneuses du sud sont également importantes. Plusieurs styles de poterie ont été identifiés, parmi lesquels se distingue le Huarpa noir sur blanc, avec une décoration noire de lignes et de bandes sur une base blanche opaque.</p>
<p>La Croix de Pata est un autre style, caractérisé par ses hauts vases à base plate, dont la décoration utilise des couleurs rouge, noir, gris et orange associées à un décor géométrique. Le style Okros représente la fine céramique de l'époque et se caractérise par son pigment orange et son décor basé sur des formes de pieuvre grises ou noires. Ce style dure jusqu'à l'ère Wari.</p>
<p>Selon l'archéologue Luis Lumbreras, l'un des principaux chercheurs de cette culture, malgré le fait que les manifestations culturelles des Huarpa étaient plus modestes que celles d'autres cultures contemporaines, telles que Moche ou Nasca, l'environnement géographique était géré efficacement et la ressources agricoles.</p>
<p>La culture Huarpa (ou Warpa) était une civilisation régionale située dans l'actuel département d'Ayacucho. Son nom fait référence à la rivière, affluent du Mantaro.</p>
<p>Effondrement de la culture Huarpa</p>
<p>On ignore les causes du déclin de Huarpa. On sait seulement qu'à un moment donné, les anciennes colonies ont été abandonnées et que les nouvelles populations se sont approchées des zones où l'irrigation était stable.</p>
<p>La culture Huarpa s'achève vers 500 après J.-C. On a pensé que des changements climatiques intenses conduisent à jamais à des établissements humains inhabités et à la décomposition totale de la société…. »</p>
<p>« Huarpa es el nombre que se la da a la cultura arqueológica encontrada en la cuenca del río Huarpa y en sus alrededores, en el actual departamento de Ayacucho, Perú. Se le define a partir de una cerámica decorada con pintura negra sobre superficie blanca y por el conjunto de sitios arqueológicos asociados con esta cerámica.</p>
<p>Ubicación Cronológica</p>
<p>Su ubicación cronológica no está bien definida, los restos encontrados serían de entre el 200 a.C. al 500d.C. aproximadamente.</p>
<p>Huarpa ha sido estudiado principalmente por su relación con la posterior cultura Huari, dada la ubicación geográfica compartida y el que algunos elementos decorativos hayan sido adaptados a la iconografía Huari. Más allá de esto, no se conoce bien cuáles fueron la naturaleza y los motivos de la transición entre Huarpa y Huari y lo que esto implicó para las poblaciones que habitaban el área.</p>
<p>Agricultura.</p>
<p>En la cultura Huarpa se aprecia un importante dominio de las técnicas agrícolas. Un buen ejemplo es la habilitación de terrazas de cultivo, que se extendieron desde la cima de los cerros hasta los valles, así como la tecnología hidráulica para la agricultura.</p>
<p>La carne de camélidos fue un complemento importante de la dieta diaria, y en menor cantidad la carne de pequeños roedores, como la vizcacha y el cuy o conejillo de indias.</p>
<p>Arquitectura.</p>
<p>En Ayacucho se han identificado alrededor de trescientos sitios de esta época : aldeas rurales con un patrón de asentamiento bastante simple, y con casas construidas a base de piedras de diferente tamaño, ubicadas sobre terrenos rocosos, de planta circular o elíptica.</p>
<p>El sitio más importante parece ser Ñawinpuquio, cuyo poder residía en el control del agua para el riego de las tierras de cultivo. Ñawinpuquio está formado por edificaciones que incluían lo que parecen ser edificios públicos, junto con habitaciones, plazas públicas y quizás un sector ceremonial, además de canales de distribución de agua.</p>
<p>Las tumbas asociadas a esta cultura eran excavadas en tierra rocosa y dura ; tenían una entrada tubular y un interior amplio, en donde se colocaba el cadáver acompañado de ofrendas de cobre y cerámica que, en algunos casos, contenían restos de alimentos así como de pequeños roedores.</p>
<p>Cerámica</p>
<p>En la cerámica se puede notar la presencia costeña en elementos de la cerámica Nazca, así como en la policromía, que aparece justo cuando se intensifican las relaciones con la región de Ica.</p>
<p>De otra parte, las relaciones con la región del altiplano del sur también son importantes. Se han identificado varios estilos alfareros, dentro de los cuales destaca el Huarpa negro sobre blanco, con decoración de color negro de líneas y bandas sobre una base de color blanco opaco.</p>
<p>El Cruz Pata es otro estilo, que se caracteriza por sus vasos altos de base plana, en cuya decoración se utilizan los colores rojo, negro, gris y naranja asociados a una decoración geométrica. El estilo Okros representa la cerámica fina de la época y se caracteriza por su pigmento de color naranja y su decoración a base de formas de pulpo de color gris o negro. Este estilo perdura hasta la época Wari.</p>
<p>Según el arqueólogo Luis Lumbreras, uno de los principales investigadores de esta cultura, pese a que las manifestaciones culturales Huarpa fueron más modestas en comparación con las de otras culturas contemporáneas, como Moche o Nasca, se logró manejar eficientemente el medio geográfico y explotar ampliamente los recursos agrícolas.</p>
<p>La Cultura Huarpa (ó Warpa) fue una civilización regional, que se localizaba en el actual departamento Ayacucho. Su denominación hace referencia al río, afluente del Mantaro.</p>
<p>Colapso de la Cultura Huarpa</p>
<p>Se desconoce las causas que originaron la declinación de Huarpa, solo se sabe que en un momento dado se abandonaron los antiguos asentamientos, y las nuevas poblaciones se aproximaron a las zonas con riego estable.</p>
<p>La cultura huarpa llega a su fin alrededor del 500 d.c se ha pensado que los cambios climáticos intensos llevan a deshabitar para siempre sus asentamientos humanos y producir la total descomposición de la sociedad… »</p>
<p><a href="http://todosobrelahistoriadelperu.blogspot.com/2013/11/cultura-huarpa.html" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« La culture Huarpa se termine vers 500 après JC. On a pensé que des changements climatiques intenses conduisaient à inhabiter leurs habitations et à produire la décomposition totale de la société. Luis Lumbreras insiste sur le fait que la détérioration se produit à un stade de mutations notables d'autres activités, notamment la croissance des colonies de peuplement, la réduction du nombre de colonies de peuplement, l'abandon progressif de l'exploitation agricole et le plus important l'intensification des relations avec les côtes d'Ica et de Nazca, qui se traduit physiquement par le développement intensif de la céramique polychrome. »</p>
<p>“La cultura huarpa termina alrededor del año 500 dC. Se pensaba que el intenso cambio climático estaba provocando viviendas deshabitadas y la total descomposición de la sociedad. Luis Lumbreras insiste en que el deterioro se produce en un momento de cambios significativos en otras actividades, incluido el crecimiento de los asentamientos, la reducción del número de asentamientos, el abandono gradual de la finca y la Más importante es la intensificación de las relaciones con las costas de Ica y Nazca, que se refleja físicamente por el desarrollo intensivo de la cerámica policromada.”</p>
<p><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Huarpa_(cultura)" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">L'image de l'empire : les études sur la cilisation de Wari dans l'archéologie péruvienne
<p>Patricia Chirinos Ogata</p>
</h2>
<p> :</p>
<p>« Dans les années 70, deux grands modèles ont émergé à partir des preuves<br class='autobr' />
récupéré jusqu'à ce moment qui a rendu compte de ces caractéristiques. L'un d'eux<br class='autobr' />
Luis Lumbreras, l'autre étant soutenu par<br class='autobr' />
William Isbell, et plus tard par une de ses élèves, Katharina Schreiber,<br class='autobr' />
Au cours de cette étape, on observe que la perception de Wari en tant que sous-produit a été<br class='autobr' />
puis laissé derrière et a ensuite été utilisé pour illustrer le pouvoir andin,<br class='autobr' />
dans certains cas, avec un discours nationaliste et vindicatif évident.</p>
<p>Le modèle impérial de Luis G. Lumbreras</p>
<p>Déjà en 1969, Lumbreras avait appelé Middle Horizon "le stade d'expansion de Wari" et<br class='autobr' />
cette période a marqué le début du "stade de civilisation". Dans son travail classique de cette<br class='autobr' />
Année, "Des peuples, des cultures et des arts du Pérou antique", se réfère à cette période<br class='autobr' />
à partir de "Urban Industrials : Old Empire", et couvre la période entre 800 et 1200 après JC.</p>
<p>Lumbreras (1974) poursuit avec la prémisse de l'apparition de caractéristiques architecturales telles que<br class='autobr' />
Indicateur d'un changement profond et brutal à l'horizon moyen. Cet ensemble de fonctionnalités<br class='autobr' />
comprend l'introduction de vastes agglomérations planifiées composées de maisons, de places<br class='autobr' />
et les rues entourées de très hauts murs avec peu d'entrées et pas de fenêtres. À côté de ces<br class='autobr' />
changements architecturaux sont produits des changements sociaux de grande intensité, tels que<br class='autobr' />
l'urbanisme et la laïcisation des centres religieux. La présence de ces sites et cette<br class='autobr' />
le style architectural est représentatif de l'impact de l'expansion du wari et de la domination politique<br class='autobr' />
de sa zone d'influence.</p>
<p>Ce modèle impérial a été présenté dans d'innombrables publications, conférences et<br class='autobr' />
même des expositions muséographiques. En général, Lumbreras déclare qu'en raison de<br class='autobr' />
une crise de l'agriculture une lutte a lieu au milieu du VIème siècle après JC. À ce stade, un<br class='autobr' />
groupe d'Ayacucho - le Huarpa - entame une conquête militaire atteignant les territoires et<br class='autobr' />
soumettant les groupes de Nasca, Cusco, Tiahuanaco, Junín, Ancash, Cajamarca et<br class='autobr' />
Lambayeque ; ils atteignent également les territoires de Chachapoyas et Piura mais l'influence<br class='autobr' />
exercé il est relativement mineur.</p>
<p>En déclarant que vers le VIIe siècle après JC Wari devient le premier empire andin,<br class='autobr' />
comparable à celle des Incas, elle contribue à perpétuer l'analogie "classique" entre ces deux<br class='autobr' />
sociétés. La capitale de cet empire aurait été l'ensemble des Huari, ayant également<br class='autobr' />
villes de province et des centres administratifs tels que Pikillacta, Honcopampa et<br class='autobr' />
Viracochapampa En outre, la comparaison Wari-Inca qui est évidente dans beaucoup de<br class='autobr' />
son argument peut également être établi par l'existence dans les deux cas d'un<br class='autobr' />
système de routes et un centre urbain dans chaque région. »</p>
<h2 class="spip">La imagen del imperio : Los estudios sobre Wari en la arqueología peruana
<p>Patricia Chirinos Ogata</p>
</h2>
<p> :</p>
<p>« En la década del '70, surgieron dos grandes modelos con base en las evidencias <br class='autobr' />
recuperadas hasta ese momento que dieron cuenta de estas características. Uno de ellos <br class='autobr' />
estuvo representado por Luis G. Lumbreras, mientras que el otro fue sustentado por <br class='autobr' />
William Isbell, y posteriormente por una de sus estudiantes, Katharina Schreiber, <br class='autobr' />
Durante esta etapa, se observa que la percepción de Wari como producto derivado fue <br class='autobr' />
completamente dejada atrás y fue empleada entonces para ejemplificar el poderío andino, <br class='autobr' />
en algunos casos con un evidente discurso nacionalista y reivindicatorio.</p>
<p>El modelo imperial de Luis G. Lumbreras</p>
<p>Ya en 1969 Lumbreras denominaba al Horizonte Medio como “etapa de expansión wari” y <br class='autobr' />
este periodo representaba el inicio del “estadio de la civilización”. En su obra clásica de ese <br class='autobr' />
año, “De los pueblos, las culturas y las artes del antiguo Perú”, denomina a este periodo <br class='autobr' />
como de los “Industriales Urbanos : Viejo imperio”, y cubre el lapso entre 800 y 1200 d.C.</p>
<p>Lumbreras (1974) continúa con la premisa de la aparición de rasgos arquitectónicos como <br class='autobr' />
indicador de un profundo y abrupto cambio en el Horizonte Medio. Este conjunto de rasgos <br class='autobr' />
incluye la introducción de asentamientos grandes planificados compuestos de casas, plazas <br class='autobr' />
y calles rodeadas por muros muy altos con pocas entradas y sin ventanas. Junto a estos <br class='autobr' />
cambios arquitectónicos se producen alteraciones sociales de gran intensidad, como el <br class='autobr' />
urbanismo y la secularización de los centros religiosos. La presencia de estos sitios y este <br class='autobr' />
estilo arquitectónico es representativo del impacto de la expansión wari y el dominio político <br class='autobr' />
de su área de influencia.</p>
<p>Este modelo imperial ha sido presentado en innumerables publicaciones, conferencias, e <br class='autobr' />
incluso exposiciones museográficas. En líneas generales, Lumbreras plantea que debido a <br class='autobr' />
una crisis del agro se produce una pugna a mediados del siglo VI d.C. En esta coyuntura, un <br class='autobr' />
grupo de Ayacucho -los Huarpa- inician una conquista militar llegando a los territorios y <br class='autobr' />
sometiendo a los grupos de Nasca, Cusco, Tiahuanaco, Junín, Ancash, Cajamarca y <br class='autobr' />
Lambayeque ; alcanzan también los territorios de Chachapoyas y Piura pero la influencia <br class='autobr' />
ejercida allí es relativamente menor.</p>
<p>Al plantear que hacia el siglo VII d.C. Wari se convierte en el primer imperio andino, <br class='autobr' />
equiparable al de los Incas, se contribuye a perpetuar la analogía “clásica” entre estas dos <br class='autobr' />
sociedades. La capital de este imperio habría sido el conjunto de Huari, teniendo también <br class='autobr' />
ciudades provinciales y centros administrativos como Pikillacta, Honcopampa y <br class='autobr' />
Viracochapampa. Además, la comparación Wari-Inca que se hace evidente en gran parte de <br class='autobr' />
su argumentación, también puede establecerse por la existencia en ambos casos de un <br class='autobr' />
sistema de caminos y un centro urbano en cada región. »</p>
<p>« Lumbreras (1990), en rapportant les cultures d'Ayacucho à Nasca, trouve un<br class='autobr' />
lien de Paracas, puis vers le troisième siècle après JC, les relations se sont intensifiées favorisant<br class='autobr' />
considérablement à l'Ayacucho. Cependant, après l'influence<br class='autobr' />
chavinoïde à travers Paracas, il n'y a aucune preuve significative d'une occupation<br class='autobr' />
Nasca sur le territoire d'Ayacucho, ni imitation de formes de la poterie nasquense ni<br class='autobr' />
de son idéologie, exprimée dans les icônes polychromes de ses céramiques. Isbell, Brewster-Wray<br class='autobr' />
et Spickard (1991), soutiennent que les terrasses érodées et en ruine autour de la zone<br class='autobr' />
Le site archéologique de Huari implique une grande production agricole qui met en évidence le rôle<br class='autobr' />
de l'agriculture dans le boom et la chute de Huari, qui devraient être évalués plus rigoureusement.</p>
<p>Cependant, ils ne conviennent pas que la croissance de Huari obéit à une haute<br class='autobr' />
la productivité agricole qui entoure immédiatement avant l'horizon moyen.<br class='autobr' />
Bonavía (1991), situe Huarpa dans les cultures des hauts plateaux centraux, déclare que<br class='autobr' />
ces temps la culture Huarpa commence à acquérir une plus grande importance en raison de l'influence<br class='autobr' />
qui reçoit de la côte sud des relations commerciales entre les deux régions.<br class='autobr' />
Il s'accorde avec les trois phases distinguées par Lumbreras (1969) pour le développement de la<br class='autobr' />
La culture Ayacuchana et les deux phases proposées par MacNeish : une appelée Huarpa<br class='autobr' />
(200 a.-c.- 300 d.a.) auxquels sont attribués 7 grandes villes, 18 villages et de nombreux hameaux<br class='autobr' />
ou camps, dans lesquels Tantawasi se démarque près de Luricocha à Huanta, aucun des<br class='autobr' />
ces fortifiés, dont la proximité rend difficile d'accepter que chacun de ces sites<br class='autobr' />
(Ñawimpukyo et Tantawasi) était la capitale d'un État indépendant, et l'autre phase Ocros<br class='autobr' />
(200-700 après JC), avec 10 villages et 8 villages, met en évidence Ñawimpukyo considéré par<br class='autobr' />
Lumbreras en tant que site fortifié et capitale de l'État de Huarpa ; pendant cette période<br class='autobr' />
maintenu la relation avec Nasca, mais rien n'indique à Ayacucho qu'elle a été<br class='autobr' />
d'une conquête.</p>
<p>Ravines (1994) soutient la présence de céramiques Huarpa dans les années II.C. dans le domaine de<br class='autobr' />
anciennes provinces d'Angaraes et de Huanta, dont la production est attribuée aux populations<br class='autobr' />
installés dans la zone sur laquelle a été mis en place environ 550 d. C. l'empire Huari.<br class='autobr' />
Considère que Huarpa est antérieur à la culture Huari et représente la culture régionale de<br class='autobr' />
Ayacucho, lorsque le style Higueras à Huánuco a été simultanément développé.<br class='autobr' />
Kaulicke (1994) souligne le travail du projet de botanique archéologique Ayacucho,<br class='autobr' />
réalisé par Richard S. MacNeish, mentionnant Pikimachay où des os ont été retrouvés<br class='autobr' />
d'une mégafaune sous un toit effondré de l'abri, avec des artefacts lithiques<br class='autobr' />
d'abord datant de plus de 12 000 ans, puis d'environ 20 000 ans, et la phase Piki<br class='autobr' />
(5800-4450 après J.-C.), note qu'avec ces données, MacNeish a développé une hypothèse concernant<br class='autobr' />
les mécanismes qui conduisent à la sédentarisation et à la domestication. Lumbreras (2000), souligne<br class='autobr' />
que la culture Huarpa jouisse d'une unité culturelle chronologique et territoriale claire qui<br class='autobr' />
Il couvre le bassin des rivières Pampas et Huancavelica, où il reste des restes de trois ou quatre types de céramiques, parallèlement à des cuvettes très fines en forme de boîte.<br class='autobr' />
de Huancavelica qui ont été distribués partout Ochatoma 2011 ; Duran 2013 ; Huamán F. 2006, Huamán O. 2011 ; Marroquín 2004 ; Ortega<br class='autobr' />
2006 ; Palomino 2008, 2012 ; Paucar 2005 ; E. Valdez 1999, 2003, 2009a, 2009b ; L. Valdez,<br class='autobr' />
Valdez E. et Bettcher 2001, 2005 ; Valdez, Vivanco et Chávez 1990 ; L. Valdez, Bettcher,<br class='autobr' />
Ochatoma et E. Valdez. 2006 ; L. Valdez, E. Valdez et Bettcher 1999, 2000), soulignant les<br class='autobr' />
proposition chronologique de William Isbell, parmi d'autres travaux qui seront commentés<br class='autobr' />
plus tard et qui donnent une vision plus complète de l'archéologie à Ayacucho, avec<br class='autobr' />
de nouvelles preuves sur la culture Huarpa qui sert de base pour faire valoir qu'il est à propos de<br class='autobr' />
un état régional et pas une culture simple.</p>
<p>Lumbreras (1974) propose une séquence de sept périodes avec leurs phases respectives et<br class='autobr' />
Sites : 1) Lithic qui comprend les phases de Pacaicasa, Pikimachay, Ayacucho, Huanta,<br class='autobr' />
Puente et Jaywamachay ; 2) archaïque qui comprend Piki, Chihua et Cachi ; 3) Formatif avec le<br class='autobr' />
Les phases d'Andamarka, Wichqana, Kichkapata, Chupas et Rancha ; 4) Développements régionaux ou<br class='autobr' />
Huarpa ; 5) Empire Wari ou Huari ; 6) Etats régionaux visés aux Chankas et 7)<br class='autobr' />
Empire des Tawantinsuyo ou des Inca. MacNeish (1981) établit les principes suivants :<br class='autobr' />
phases : Pacaicasa (23000-13000 av. J.-C.), Ayacucho (13000-11000 av. J.-C.), Huanta (1100-9000).<br class='autobr' />
C.A.), Puente (9000-7100 A.C.), Jaywa (7100-5800 A.C.), Piki (5800-4400 A.C), Chihua<br class='autobr' />
(4400-3100 av. J.-C.), Cachi (3100-1750 av. J.-C.), Andamarka (1750-1250 av. J.-C.), Wichqana (1250-<br class='autobr' />
900 a. C.), Chupas (900-500 C), Rancha (500-200 C), Huarpa (200 C-200 C),<br class='autobr' />
Ocros (200-700 après JC), Wari (700-900 après JC), Huamanga (900-1200 après JC) et Chanka (1200-1200 après JC)<br class='autobr' />
1 500 ° C.), avec plus de 500 tassements et détermination du radiocarbone de<br class='autobr' />
18 sites fermés et ouverts.</p>
<p> « Lumbreras (1990), al relacionar las culturas de Ayacucho con Nasca, encuentra un<br class='autobr' />
vínculo desde Paracas, luego hacia el siglo III d.C., las relaciones se intensificaron favoreciendo<br class='autobr' />
considerablemente a los ayacuchanos. Sin embargo, después de la influencia<br class='autobr' />
chavinoide a través de Paracas, no se tiene evidencias significativas de una ocupación<br class='autobr' />
Nasca en el territorio ayacuchano, tampoco imitación de formas de la alfarería nasquense ni<br class='autobr' />
de su ideología, expresada en los iconos polícromos de su cerámica. Isbell, Brewster-Wray<br class='autobr' />
y Spickard (1991), sostienen que las terrazas erosionadas y en ruinas alrededor de la zona<br class='autobr' />
arqueológica de Huari implica una gran producción agrícola que pone de manifiesto el rol<br class='autobr' />
de la agricultura en el auge y en la caída de Huari, que debe ser evaluado con mayor rigor.</p>
<p>No obstante, no están de acuerdo que el crecimiento de Huari obedezca a una alta<br class='autobr' />
productividad agrícola inmediatamente circundante antes del Horizonte Medio.<br class='autobr' />
Bonavía (1991), ubica a Huarpa dentro de las culturas de la sierra central, plantea que en<br class='autobr' />
estos tiempos la cultura Huarpa comienza a adquirir mayor importancia por la influencia<br class='autobr' />
que recibe de la costa sur a partir de las relaciones comerciales entre ambas regiones.<br class='autobr' />
Concuerda con las tres fases distinguidas por Lumbreras (1969) para el desarrollo de la<br class='autobr' />
cultura Ayacuchana, y las dos fases propuestas por MacNeish : una denominada Huarpa<br class='autobr' />
(200 a.C.- 300 d.C.) a la que se atribuye 7 grandes pueblos, 18 aldeas y numerosos caseríos<br class='autobr' />
o campamentos, en los que destaca Tantawasi cerca de Luricocha en Huanta, ninguno de<br class='autobr' />
éstos fortificados, cuya cercanía hace difícil aceptar que cada uno de estos sitios<br class='autobr' />
(Ñawimpukyo y Tantawasi) fuera capital de un estado independiente, y la otra Fase Ocros<br class='autobr' />
(200-700 d.C.), con 10 pueblos y 8 aldeas, resalta a Ñawimpukyo considerado por<br class='autobr' />
Lumbreras como un sitio fortificado y capital del Estado Huarpa ; durante este período se<br class='autobr' />
mantuvo la relación con Nasca pero no hay ningún indicio en Ayacucho que se haya tratado<br class='autobr' />
de una conquista.</p>
<p>Ravines (1994), sostiene la presencia de la cerámica Huarpa en el II a.C. en el área de las<br class='autobr' />
antiguas provincias de Angaraes y Huanta, cuya producción se atribuye a las poblaciones<br class='autobr' />
asentadas en el área sobre las cuales se configuró hacia el 550 d. C. el imperio Huari.<br class='autobr' />
Considera que Huarpa antecede a la cultura Huari y representa la cultura regional de<br class='autobr' />
Ayacucho, cuando simultáneamente se desarrollaba el estilo Higueras en Huánuco.<br class='autobr' />
Kaulicke (1994) destaca los trabajos de Proyecto Arqueológico Botánico Ayacucho,<br class='autobr' />
dirigido por Richard S. MacNeish, mencionando a Pikimachay donde se hallaron huesos<br class='autobr' />
de una megafauna debajo de un derrumbe del techo del abrigo, con artefactos líticos<br class='autobr' />
fechados primero en más de 12000 años y luego alrededor de 20000 años, y la fase Piki<br class='autobr' />
(5800-4450 a.C.), señala que con estos datos MacNeish desarrolló una hipótesis respecto a<br class='autobr' />
los mecanismos que llevan a la sedentarización y domesticación. Lumbreras (2000), señala<br class='autobr' />
que la cultura Huarpa goza de una clara unidad cultural cronológica y territorial que<br class='autobr' />
abarca hasta la cuenca del río Pampas y Huancavelica, donde hay restos de las tres o cuatro modalidades de la cerámica, paralelo a lo cual existe unas tazas muy finas de estilo Caja<br class='autobr' />
procedentes de Huancavelica que eran distribuidas por todos lados Ochatoma 2011 ; Duran 2013 ; Huamán F. 2006, Huamán O. 2011 ; Marroquín 2004 ; Ortega<br class='autobr' />
2006 ; Palomino 2008, 2012 ; Paucar 2005 ; E. Valdez 1999, 2003, 2009a, 2009b ; L. Valdez ,<br class='autobr' />
Valdez E. y Bettcher 2001,2005 ; Valdez, Vivanco y Chávez 1990 ; L. Valdez, Bettcher,<br class='autobr' />
Ochatoma y E. Valdez. 2006 ; L. Valdez, E. Valdez y Bettcher 1999, 2000), destacando la<br class='autobr' />
propuesta cronológica de William Isbell, entre otros trabajos que serán comentados<br class='autobr' />
más adelante y que dan una visión más completa de la arqueología en Ayacucho, con<br class='autobr' />
nuevas evidencias sobre la cultura Huarpa que sirve de base para sostener que se trata de<br class='autobr' />
un Estado Regional y no de una simple cultura.</p>
<p>Lumbreras (1974) propone una secuencia de siete períodos con sus respectivas fases y<br class='autobr' />
sitios : 1) Lítico que comprende las fases de Pacaicasa, Pikimachay, Ayacucho, Huanta,<br class='autobr' />
Puente y Jaywamachay ; 2) Arcaico que incluye Piki, Chihua y Cachi ; 3) Formativo con las<br class='autobr' />
fases Andamarka, Wichqana, Kichkapata, Chupas y Rancha ; 4) Desarrollos Regionales o<br class='autobr' />
Huarpa ; 5) Imperio Wari o Huari ; 6) Estados Regionales referido a los Chankas y 7)<br class='autobr' />
Imperio del Tawantinsuyo o Inca. MacNeish (1981) por su parte establece las siguientes<br class='autobr' />
fases : Pacaicasa (23000-13000 a.C.), Ayacucho (13000-11000 a.C.), Huanta (1100-9000<br class='autobr' />
a.C.), Puente (9000-7100 a.C.), Jaywa (7100-5800 a.C.), Piki (5800-4400 a.C), Chihua<br class='autobr' />
(4400-3100 a.C.), Cachi (3100-1750 a.C.), Andamarka (1750-1250 a.C.), Wichqana (1250-<br class='autobr' />
900 a. C.), Chupas (900-500 a.C.), Rancha (500-200 a.C.), Huarpa (200 a.C-200 d.C.),<br class='autobr' />
Ocros (200-700 d.C.), Wari (700-900 d.C.), Huamanga (900-1200 d.C.) y Chanka (1200-<br class='autobr' />
1500 d.C.), respaldado con más de 500 asentamientos, y determinación radiocarbono de<br class='autobr' />
18 sitios excavados cerrados y abiertos.</p>
<p>Dans le cas particulier de Conchopata, comme Isbell le considère lui-même (2001a : 49),<br class='autobr' />
difficile de résoudre le problème de l'apparition des thèmes décoratifs de tiwanakoides dans<br class='autobr' />
la poterie votive du style Conchopata, parce que des offres importantes de celles-ci continuent<br class='autobr' />
non daté Le chercheur indique que l'offre du puits de 1977, de type 1, n'a pas<br class='autobr' />
Pas de datation du dioxyde de carbone, mais il s'agit notamment de Tiahuanacoid et, citant Menzel<br class='autobr' />
en tant que communication personnelle, il considère que c'est moins "Tiawanaku" que l'offrande de 1942,<br class='autobr' />
Il indique que le puits contenant cette offre se trouvait sous la Plaza Rosada, avec deux<br class='autobr' />
Offres Type 1, à quelques mètres. Ces offres (1999B et 2000B),<br class='autobr' />
date de la dernière phase de Silva de l'horizon moyen 1. Si l'emplacement du puits avec le<br class='autobr' />
les offres sont liées chronologiquement, l'offre de 1977 pourrait être contemporaine de<br class='autobr' />
1999B et 2000B, également de l'horizon moyen 1. Si cela est correct, une phase<br class='autobr' />
tiawanakoide a commencé à Conchopata avant la production des offres de 1999A et<br class='autobr' />
1942, la plus semblable aux sculptures de Tiwanaku</p>
<p>En général, il est nécessaire de définir, par exemple, quel est le substrat local dans l'émergence de<br class='autobr' />
de la culture Huari, connaître et comprendre la densité professionnelle en périphérie, tout comme<br class='autobr' />
la contribution matérielle d'autres cultures régionales avec des organisations étatiques plus<br class='autobr' />
cas développés de Tiahuanaco, Nasca, Lima, Moche, Recuay, Cajamarca, etc.<br class='autobr' />
La ville de Huari fait partie d'un complexe archéologique situé à proximité d'autres monuments.<br class='autobr' />
de beaucoup plus grande antiquité qui conduit à penser à une série d'événements sociaux et<br class='autobr' />
événements économiques qui se sont produits au cours d'une longue histoire. Dont les collines Tanta<br class='autobr' />
Orqo, Churo, Churucana et Huaqanmarca qui entourent la zone monumentale, en sont des exemples.<br class='autobr' />
d'une occupation culturelle continue depuis la période de formation, qui ensemble<br class='autobr' />
avec l'espace occupé par la zone nucléaire de la ville de Huari, ils doivent avoir fait partie de<br class='autobr' />
la même planification urbaine avec des espaces adéquats pour loger les populations<br class='autobr' />
nombreux, ainsi que pour la défense. Dans le cas de Cerro Churo, cela présente l'architecture<br class='autobr' />
modèle orthogonal qui a servi de modèle à différents chercheurs (William 1981,<br class='autobr' />
2001, William et Pineda 1985, Canziani 2009, 2015, Isbell 2001b) à comparer avec d'autres<br class='autobr' />
Huari monuments des Andes centrales. Les espaces orthogonaux visibles dans<br class='autobr' />
Cerro Churo ne sont pas visibles à l'oeil nu dans l'intrigue de la ville de Huari, qui est un<br class='autobr' />
question en suspens lorsque des travaux exploratoires sont effectués avec retrait contrôlé de la<br class='autobr' />
végétation et excavations à grande échelle.</p>
<p>Toutes ces questions à résoudre contribueront sans aucun doute à clarifier l'origine et la<br class='autobr' />
la fonctionnalité de la métropole par rapport au réseau de colonies qui l'entourent et donc<br class='autobr' />
pour comprendre la question principale afin de clarifier Quel était l'antécédent local de<br class='autobr' />
Huari ?, Ainsi que : 1) Quels nouveaux indicateurs archéologiques permettent de réévaluer la<br class='autobr' />
séquence culturelle à Ayacucho ?, 2) Quel a été l'apport technologique des cultures<br class='autobr' />
héritages de Huarpa ?, 3) Quelle était la relation entre la métropole et la périphérie immédiate ?, 4)<br class='autobr' />
Quelles sont les principales manifestations culturelles qui caractérisent la culture<br class='autobr' />
Huarpa ?, 5) Quels nouveaux indicateurs archéologiques renforcent le caractère d'état de la<br class='autobr' />
La société Huarpa et ses relations avec l'altiplano et la côte sud des Andes centrales ?, 6)<br class='autobr' />
Comment l'influence des autres cultures se manifeste dans la formation de la culture<br class='autobr' />
Huari ?, Ces questions et d'autres font partie de la présente enquête liée à la<br class='autobr' />
étude sur les cultures précédentes qui ont donné naissance à la culture Huari. »</p>
<p>Isbell (1997, 2001b), examinando en la ciudad de Huari y su vecindad inmediata, cambios<br class='autobr' />
de material cultural (en la arquitectura por ejemplo), datos de excavaciones, elabora una<br class='autobr' />
secuencia compuesta por la Fase Churucana u Horizonte Temprano (1200-200 a.C.) ; Fase<br class='autobr' />
Vista Alegre o período Intermedio Temprano (200 a.C.-550 d.C.) ; Fase Quebrada Ocros o<br class='autobr' />
final de Intermedio Temprano - inicios del Horizonte Medio ( 550-700 d.C.) ; Fase<br class='autobr' />
Moraduchayuq u Horizonte Medio 1B, 2A y Tempranos 2B (700-900 a.C.) y Fase Royac<br class='autobr' />
Perja u Horizonte Medio 3 (900-1000 d.C.), (Fig.11). Esta secuencia no ha sido<br class='autobr' />
corroborada con fechados de Carbono 14, lo cual requiere de mayor investigación así<br class='autobr' />
como reevaluar los trabajos realizados hasta el momento no solo en las cercanías de Huari,<br class='autobr' />
sino también en otras partes del departamento de Ayacucho.</p>
<p>Isbell (2001a, 2009), quien ha sistematizado hasta el momento mejor los resultados de las<br class='autobr' />
investigaciones en Conchopata, considerando información no calibrada de radiocarbono,<br class='autobr' />
con muestras de materiales orgánicos de diferentes temporadas, y como un paso preliminar<br class='autobr' />
hacia una cronología del sitio, propone una historia ocupacional de cinco fases : 1) Huamani<br class='autobr' />
(300 a.C.-300 d.C., finales del Horizonte Temprano y comienzos del período Intermedio<br class='autobr' />
Temprano) ; 2) Mendoza (aproximadamente 300-550 d.C., fines del periodo Intermedio<br class='autobr' />
Temprano) ; 3) Silva (aproximadamente 550-700 d.C., Horizonte Medio Época 1) ; 4) Huisa<br class='autobr' />
(aproximadamente 700-850 d.C., Horizonte Medio Época 2) y 5) Fase Alarcón (850-1000<br class='autobr' />
d.C., Horizonte Medio 3 y 4). Posteriormente (Isbell 2009), agrega a esta secuencia una<br class='autobr' />
sexta Fase denominada Vallejo (1000-1100 d.C.). Como se puede deducir de ambas<br class='autobr' />
propuestas, William Isbell, trabaja de manera aislada Huari y Conchopata, que distan 10<br class='autobr' />
km en línea recta uno del otro, dejando de lado la secuencia establecida por Lumbreras y<br class='autobr' />
MacNeish indicada en líneas anteriores, acuña nombres de lugares y apellidos de<br class='autobr' />
arqueólogos que trabajaron en Conchopata. Si bien es cierto que establece el periodo y<br class='autobr' />
época, esto confunde y se aleja del criterio de uniformizar la terminología y periodificación<br class='autobr' />
preexistentes. Por otro lado, Isbell trata de acomodar las evidencias a la secuencia<br class='autobr' />
estilística de Dorothy Menzel (1968), la cual difiere bastante de las nuevas evidencias,<br class='autobr' />
razón por la que reclamamos una urgente reevaluación a raíz de las nuevas evidencias de<br class='autobr' />
sitios, hallazgos respetando el control estratigráfico, los restos asociados y la datación<br class='autobr' />
cronológica absoluta de Carbono 14.</p>
<p>En el caso concreto de Conchopata, tal como considera el mismo Isbell (2001a : 49) resulta<br class='autobr' />
difícil resolver el problema de cuando aparecieron los temas decorativos tiwanakoides en<br class='autobr' />
la cerámica votiva del estilo Conchopata, debido a que ofrendas importantes de estas siguen<br class='autobr' />
sin fechar. El indicado investigador señala que la ofrenda del pozo 1977, del tipo 1, no tiene<br class='autobr' />
ningún fechado radio carbónico, pero es notablemente tiahuanacoide y, citando a Menzel<br class='autobr' />
como comunicación personal, considera que es menos “Tiawanaku” que la ofrenda 1942,<br class='autobr' />
precisa que el pozo que contenía esta ofrenda se hallaba debajo de la Plaza Rosada, con dos<br class='autobr' />
ofrendas Tipo 1, a unos cuantos metros de distancia. Estas ofrendas (1999B y 2000B),<br class='autobr' />
datan de la tardía fase Silva del Horizonte Medio 1. Si la ubicación del pozo con las<br class='autobr' />
ofrendas se relaciona cronológicamente, la Ofrenda 1977 podría ser contemporánea con<br class='autobr' />
1999B y 2000B, también del Horizonte Medio 1. De ser esto correcto, una fase<br class='autobr' />
tiawanakoide comenzó en Conchopata antes de la producción de las ofrendas 1999A y<br class='autobr' />
1942, las más parecidas a las esculturas de Tiwanaku.</p>
<p>De manera general, falta definir por ejemplo, cuál es el sustrato local en el surgimiento de<br class='autobr' />
de la cultura Huari, conocer y entender la densidad ocupacional en la periferia, al igual que<br class='autobr' />
el aporte material de otras culturas regionales con organizaciones estatales más<br class='autobr' />
desarrolladas casos de Tiahuanaco, Nasca, Lima, Moche, Recuay, Cajamarca, etc.<br class='autobr' />
La ciudad de Huari, forma parte de un complejo arqueológico cercano a otros monumentos<br class='autobr' />
de mucha mayor antigüedad lo cual conlleva a pensar en una serie de eventos sociales y<br class='autobr' />
económicos que han ocurrido a través de una larga historia. De lo cual los cerros Tanta<br class='autobr' />
Orqo, Churo, Churucana y Huaqanmarca que rodean a la zona monumental, son ejemplos<br class='autobr' />
de una continua ocupación cultural desde el Período Formativo, los cuales conjuntamente<br class='autobr' />
con el espacio que ocupa el área nuclear de la ciudad de Huari, debieron de formar parte<br class='autobr' />
una misma planificación urbana con espacios adecuados para albergar a poblaciones<br class='autobr' />
numerosas, así como para defensa. En el caso de cerro Churo, este presenta la arquitectura<br class='autobr' />
ortogonal más clara que ha servido de modelo por diferentes investigadores (William 1981,<br class='autobr' />
2001, William y Pineda 1985, Canziani 2009, 2015, Isbell 2001b) para comparar con otros<br class='autobr' />
monumentos Huari de los Andes centrales. Los espacios ortogonales que se aprecian en<br class='autobr' />
cerro Churo no son visibles a simple vista en la trama de la ciudad de Huari, lo cual es un<br class='autobr' />
tema pendiente para cuando se realicen labores exploratorias con retiro controlado de la<br class='autobr' />
vegetación y excavaciones a gran escala.</p>
<p>Todos estos temas al ser tratados, sin duda ayudarán a esclarecer el origen y la<br class='autobr' />
funcionalidad de la metrópoli en relación a la red de asentamientos que la rodean y así<br class='autobr' />
poder entender la principal interrogante de esclarecer ¿Cuál fue el antecedente local de<br class='autobr' />
Huari ?, así como : 1) ¿ Que nuevos indicadores arqueológicos permiten reevaluar la<br class='autobr' />
secuencia cultural en Ayacucho ?, 2) ¿Cuál fue el aporte tecnológico de las culturas<br class='autobr' />
coetáneas a Huarpa ?, 3) ¿Qué relación había entre la metrópoli y periferia inmediata ?, 4)<br class='autobr' />
¿Cuáles son las principales manifestaciones culturales que caracterizan a la cultura<br class='autobr' />
Huarpa ?, 5) ¿Que indicadores arqueológicos nuevos refuerzan el carácter estatal de la<br class='autobr' />
sociedad Huarpa y su relación con el altiplano y costa sur de los Andes centrales ?, 6) ¿De<br class='autobr' />
qué manera se manifiesta la influencia de otras culturas en la formación de la cultura<br class='autobr' />
Huari ?, estas y otras preguntas forman parte de la presente investigación vinculada con el<br class='autobr' />
estudio sobre las culturas previas que dieron origen la cultura Huari. »</p>
<p>« Secuencia cultural, previa a la cultura Huari en<br class='autobr' />
Ayacucho : aportes y propuestas », Zacarías Ismael Pérez Calderón</p>
<p>La culture Huarpa ou Warpa était une civilisation régionale dans l'actuel département d'Ayacucho, dans les provinces de Huamanga et Huanta, situées dans le bassin de la rivière Warpa, dont la capitale pourrait être Ñawinpuquio. La culture régionale s'appelle "Huarpa", près de la rivière qui a la même dénomination, affluent de la rivière Mantaro, qui traverse un bassin de plus de 100 km. long et quelque chose de plus de 50 km. large ; au sud du Mantaro, où se trouvent deux villes contemporaines, Huanta et Ayacucho. Pour le moment, la zone de culture semble se limiter au bassin de Huarpa, avec des sites situés entre 2600 et 3600 mètres d'altitude. Jusqu'à présent, les restes de Huarpa sont en plus grande proportion concentrés dans le territoire septentrional d'Ayacucho, bien que certaines indications indiquent qu'il pourrait s'étendre jusqu'à très près de la jungle près de la rivière Apurímac et au sud, semble-il, au bassin de la Pampa.</p>
<p>La culture Huarpa est la manifestation régionale de la région d'Ayacucho. En fait, on en sait encore très peu, les études n'étant que très récentes. Les premiers traits de cette culture ont été consignés par Julio C.Tello en 1931, en visitant la région d'Ayacucho, soulignons l'existence d'épaisses "poches d'argile" d'apparence "archaïque", de gros pots à trois anses et à base conique (Lumbreras, 1960), que l'on trouve principalement dans certains sites de la partie médiane de la vallée d'Ayacucho-Huanta, appelés Tanta Orqo et Auki Willca. En 1946, Jhon Rowe, Donald Collier et Gordon Willey ont fait une petite collection superficielle du site Wari, recueillie des années par Lila O'Neale et qui est conservée dans le musée de l'Université de Californie (Kroeber, 1994 : 49) à Berkeley. Parmi les fragments de céramique retrouvés des décorations noires sur blanc qui sont regroupés sous le nom de "Huarpa" bien qu'ils ne se soient pas engagés à identifier le style avec une chronologie quelconque dans la série qu'ils ont établie pour Ayacucho. Ensuite Wendell C. Bennett (1953) a fait des fouilles à Wari et dans d'autres sites d'Ayacucho et a établi une séquence dans laquelle la "Serie Huarpa" en céramique Bicrome et Tricolore représente la dernière période de wari, et plus tard au style "Tiahuanacoides" de Wari, avec cette séquence. De plus, les hypothèses formulées par Rowe, Collier et Willey (1950) avec leurs Huamanguilla, Wari et Tanta Orqo, ce dernier étant peut-être contemporain des Incas, ont été écartées.</p>
<p>La Cultura Huarpa ó Warpa fue una civilización regional dentro de lo que hoy es el departamento de Ayacucho, en las provincias de Huamanga y Huanta, ubicados en la Cuenca del río Warpa, cuya capital pudo ser Ñawinpuquio. La cultura regional recibe el nombre de “Huarpa”, por el río que tiene la<br class='autobr' />
misma denominación, un rio afluente del Mantaro, que recorre una cuenca de más de 100 km. de largo y algo más de 50 km. de ancho ; al sur del Mantaro, en donde hay dos ciudades contemporáneas Huanta yAyacucho. Por el momento el área de la cultura parece estar limitada a la cuenca de Huarpa con sitios ubicados desde los 2600 a 3600 msnm. Hasta el momento, los restos Huarpa en mayor proporción se concentran en el territorio norteño de Ayacucho, aunque algunas evidencias vienen indicando que posiblemente se extendió por el oriente hasta muy cercade la zona de selva por el rio Apurímac y hacia el sur se encuentran evidencias en la cuenca del río Pampas.</p>
<p>La cultura Huarpa es la manifestación regional de la zona de Ayacucho ; en realidad de ella se sabe todavía bastante poco, dado que su estudiose está recién realizando. Los primeros rasgos de esta cultura fueron consignados por <br class='autobr' /> Julio C.Tello en 1931<br class='autobr' />
, cuando al visitar la zona de Ayacucho, destaco la<br class='autobr' />
existencia de unos gruesos “cucharones de arcilla” de aspecto“arcaico”, de vasijas toscas con tres asas y base cónica<br class='autobr' />
(Lumbreras, 1960), encontrados principalmente en unos sitios de laparte media del valle de Ayacucho- Huanta, que se llaman Tanta Orqo y Auki Willca.En<br class='autobr' />
1946, Jhon Rowe, Donald Collier y Gordon Willey<br class='autobr' />
hicieron una pequeña recolección superficial del sitio de Wari, recogida años<br class='autobr' />
atrás por Lila O'Neale y que se guarda en el Museo de la<br class='autobr' />
Universidad de california (Kroeber, 1994:49) en Berkeley. Entre los fragmentos de cerámica encontraron unos decorados Negro<br class='autobr' />
sobre Blanco a los que agruparon bajo el nombre “Huarpa”<br class='autobr' />
aunque no comprometieron a la identificación del estilo con cronología alguna dentro de la seriación que establecieron para Ayacucho. Posteriormente<br class='autobr' />
Wendell C. Bennett (1953)<br class='autobr' />
hizo excavaciones en Wari y otros sitios de Ayacucho y estableciendo una secuencia<br class='autobr' />
en la que la “Serie Huarpa” de cerámica Bicroma y Tricolor <br class='autobr' />
representaba el último periodo en Wari, posteriormente a los<br class='autobr' />
estilos “Tiahuanacoides” de Wari, con esta secuencia , además, laformulada por Rowe, Collier y Willey (1950) con sus Huamanguilla ,Wari y Tanta Orqo , siendo esta ultima quizá contemporánea a los Incas , quedo desechada.</p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358" class="spip_out" rel="external">La chute de la société Huarpa</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class="spip_out" rel="external">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5264" class="spip_out" rel="external">Qu'était la société des indiens Iroquois ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280" class="spip_out" rel="external">Le matriarcat chez les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_out" rel="external">La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue à l'issue d'une guerre civile, avant le début de la colonisation européenne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345" class="spip_out" rel="external">La chute des Zapotèques à Monte Albán en 750 après J.-C.</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356" class="spip_out" rel="external">La chute de la ville d'El Tajin, capitale des Totonaques, en 1200 et son abandon en 1230</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p></div>
La chute de Tikal et de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6324
http://www.matierevolution.org/spip.php?article63242019-06-25T22:27:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéRévolutionPaysansRévolteAmérique du sud America del surAmérindiens
<p>Lire sur les Amérindiens <br class='autobr' />
Le massacre de la famille royale de Cancuén a provoqué la chute des Mayas. Masacre de Cancuén ocasionó caída maya. Descubren restos de 31 nobles y 20 personas más <br class='autobr' />
« Les origines de la civilisation maya sont sujettes à des divergences académiques en raison des interprétations contradictoires des découvertes archéologiques. La période de formation a commencé, au moins, vers 1500 ans avant notre ère. Au cours de la période classique, entre 300 et 900 après JC (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag">Paysans</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302" class="spip_out" rel="external">Lire sur les Amérindiens</a></p>
<p>Le massacre de la famille royale de Cancuén a provoqué la chute des Mayas.</p>
<div class='spip_document_14395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1-7-a4925-3531a.jpg?1789958526' width='500' height='333' alt='' />
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</div>
<p><a href="http://terraeantiqvaefotos.zoomblog.com/archivo/2005/11/18/" class="spip_out" rel="external">Masacre de Cancuén ocasionó caída maya. Descubren restos de 31 nobles y 20 personas más</a></p>
<div class='spip_document_14545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/sept.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH307/sept-e1c2a.jpg?1789958526' width='500' height='307' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/aztec_maya_inca_map_lg-08bc6.gif?1789958526' width='500' height='625' alt='' />
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</div><div class='spip_document_14399 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH218/maya-3-1c25e-700c7.gif?1789958526' width='320' height='218' alt='' />
</figure>
</div>
<p>« Les origines de la civilisation maya sont sujettes à des divergences académiques en raison des interprétations contradictoires des découvertes archéologiques. La période de formation a commencé, au moins, vers 1500 ans avant notre ère. Au cours de la période classique, entre 300 et 900 après JC environ, les Mayas ont étendu leur influence à travers la zone sud de la péninsule du Yucatan et le nord-ouest du Guatemala et du Honduras actuels. Les grands centres cérémoniels tels que Palenque, Tikal et Copán ont ensuite été construits. Les centres mayas ont été mystérieusement abandonnés vers l'an 900 et certains individus ont émigré dans le Yucatan. Dans la période postclassique, de 900 à l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle, la civilisation maya avait son centre au nord du Yucatan. La migration toltèque des Itza, originaires de la vallée du Mexique, a eu un impact important sur leurs styles artistiques. Chichén Itzá, Mayapán et Uxmal étaient des villes magnifiques. La Ligue Mayapán, qui a dominé la péninsule du Yucatan pendant deux siècles, a préservé la paix pendant un certain temps, mais après une période de guerre civile et de révolution, les villes ont été abandonnées. »</p>
<p>« Los orígenes de la civilización maya son objeto de discrepancias académicas en virtud de las contradictorias interpretaciones de los hallazgos arqueológicos. El período formativo comenzó, cuando menos, hacia el 1500 a.C. Durante el período clásico, aproximadamente entre el 300 y el 900 d.C., los mayas extendieron su influjo por la zona sur de la península de Yucatán y el noroeste de las actuales Guatemala y Honduras. Se construyeron entonces los grandes centros ceremoniales como Palenque, Tikal y Copán. Los centros mayas fueron abandonados de forma misteriosa hacia el año 900 y algunos individuos emigraron al Yucatán. <br class='autobr' />
En el período postclásico, desde el 900 hasta la llegada de los españoles en el siglo XVI, la civilización maya tenía su centro en el norte de Yucatán. La migración tolteca de los itzáes, procedentes del valle de México, impactó fuertemente en sus estilos artísticos. Chichén Itzá, Mayapán y Uxmal fueron ciudades esplendorosas. La Liga de Mayapán, que dominó la península de Yucatán durante dos siglos, preservó la paz durante algún tiempo, pero tras un período de guerra civil y de revolución, las ciudades quedaron abandonadas. »</p>
<p>Sociedades o culturas mesoamericanas</p>
<div class='spip_document_12619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L468xH566/mayat-bb273-b9ae8.png?1789958526' width='468' height='566' alt='' />
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</div>
<p>Ce sont les Mayas du Yucatàn qui entendirent les premiers du nouveau continent le feu des armes occidentales, celles de l'armée de Hernadez de Cordoba, leur bruit et leur effet mortel. Ils pensèrent que la foudre était tombée du ciel sur eux. Quand les Espagnols l'attaquèrent dans les années 1500, la civilisation maya était depuis longtemps en déclin et avait même déjà connu des chutes spectaculaires, dues non à des invasions extérieures mais à des crises internes, sociales et politiques. Dès 1200, la plus florissante civilisation maya, inspirées des Toltèques, s'était déjà effondrée d'elle-même. Son âge classique avait déjà mené à une chute bien avant, au Xe siècle ! Un Maya alphabétisé de 1517, au moment de la conquête espagnole, ne savait plus déchiffrer les inscriptions de l'époque classique maya. Face aux colonisateurs, il n'y avait pas de pouvoir central mais des divisions sans cesse entretenues par des conflits internes des grandes familles, en particulier les trois principales. Il n'y avait pas une langue unique mais quarante langues différentes et pas de capitale unique non plus. Nul ne savait plus peindre ou sculpter, dans le pays maya, avec l'adresse des artistes mayas du VIIIe ou du IXe siècle.</p>
<p>Fueron los mayas de Yucatán quienes escucharon al primero del nuevo continente disparar las armas de Occidente, las del ejército de Hernadez de Córdoba, su ruido y su efecto mortal. Pensaron que los rayos habían caído del cielo sobre ellos. Cuando los españoles lo atacaron en la década de 1500, la civilización maya había estado en decadencia durante mucho tiempo e incluso había experimentado caídas espectaculares, no debido a invasiones externas sino a crisis internas, sociales y políticas. Para 1200, la civilización maya más floreciente, inspirada en los toltecas, ya se había derrumbado por sí misma. ¡Su edad clásica ya había llevado a una caída mucho antes, en el siglo X ! Un maya alfabetizado de 1517, en el momento de la conquista española, ya no podía descifrar las inscripciones de la era clásica maya. Frente a los colonizadores, no había un poder central sino divisiones mantenidas constantemente por conflictos internos de familias numerosas, especialmente los tres principales. No había un solo idioma, sino cuarenta idiomas diferentes y tampoco un solo capital. Nadie sabía cómo pintar o tallar en el país maya con la habilidad de los artistas mayas del siglo octavo o noveno.</p>
<div class='spip_document_12615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH179/Cuzco_3_capitale_des_incas-f6d20.gif?1789958526' width='320' height='179' alt='' />
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<p>TIKAL</p>
<div class='spip_document_12616 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/gif/1-1-2.gif' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/gif"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH470/1-1-2-26e68.jpg?1789958526' width='500' height='470' alt='' /></a>
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<p>CHICHEN ITZA</p>
<div class='spip_document_12617 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH327/copan-66e5d.jpg?1789958526' width='500' height='327' alt='' />
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<p>COPAN<br class='autobr' />
« … Une telle chaîne d'événements… ne mène pas seulement à un conflit social inévitable, dans lequel la société est en proie à des affrontements et à des guerres, mais contribue à une réduction drastique de la population payant un lourd tribut en vies humaines. .. Il rompt l'équilibre instable jusqu'alors impératif. Le système d'alliances qui a permis de maintenir la paix entre les villes mayas explose ... Des guerres sanglantes s'emparent des terres des Mayas, qui subissent un processus de désintégration. Les effectifs de la population s'effondrent. Ce climat d'instabilité violente brise le réseau commercial ou la restructuration. Cependant, cette dynamique complexe, cette fuite en avant finit par mettre fin progressivement à la civilisation classique maya "</p>
<p>Izquierdo-Egea 2014a : 22, cité par lui-même en 2015 :</p>
<p><a href="http://www.laiesken.net/arqueologia/pdf/2015/AI2702.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« L'organisation sociale</p>
<p>« La société maya était complexe, fondée sur une organisation familiale patrilinéaire et une répartition par secteurs d'activités. Elle était divisée en classes : nobles, prêtres, guerriers, artisans, commerçants et surtout agriculteurs (paysans, serviteurs et esclaves). La gouvernance était assurée par des chefs héréditaires qui déléguaient à des chefs locaux leur autorité sur les communautés villageoises. La terre, propriété de chaque village, était régulièrement redistribuée par parcelles aux différentes familles en fonction du nombre d'individus.</p>
<p>Le haut de la hiérarchie était représenté par un halach uniníc, mot à mot« le vrai homme » (« gouverneur », « monarque »), au pouvoir absolu, car il est chef de l'armée, de l'administration et des prêtres (il a parfois des fonctions religieuses). Le titre est héréditaire. Viennent ensuite des prêtres (ferrés en astronomie comme ceux de Copan), des princes, des batab (dignitaires et conseillers) et des administrateurs. Cette couche supérieure de la société forme la noblesse. Le rôle des prêtres (ah kin) était étroitement lié au calendrier et à l'astronomie. Ils contrôlaient l'éducation et les rituels et étaient responsables de la computation du temps, des cérémonies, des jours et des saisons fatidiques, de la divination, des événements, du traitement des maladies, de l'écriture et des généalogies et bien sûr du calendrier agricole. Les guerriers s'apparentent à cette noblesse tandis que les artistes et les artisans viennent ensuite : architectes, peintres, céramistes, scribes, sculpteurs-graveurs, tisserands.</p>
<p>Les agriculteurs constituaient l'essentiel de la population mais beaucoup pouvaient se comparer aux serfs. Outre la production de nourriture pour eux et l'oligarchie, ils devaient fabriquer les vêtements, payer l'impôt et fournir la main-d'œuvre pour les travaux et les constructions. Les esclaves formaient une classe à part. Les prisonniers de guerre et les délinquants fournissaient les plus gros contingents pour un travail exigeant. Beaucoup étaient vendus comme marchandises ou constituaient les futures victimes pour les sacrifices.</p>
<p>Le ciment de la société était assuré d'une part par le fait que de nombreux liens de parenté unissaient dirigeants et serviteurs, chefs et paysans, et d'autre part par une religion extrêmement prégnante. La pyramide reliait les hommes aux dieux et mettait la Terre (et son inframonde souterrain) aux niveaux supérieurs de l'Univers.</p>
<p>L'organisation urbaine traduit assez bien cette unité, depuis les habitats de chozas dispersés de la périphérie, jusqu'au cœur des sites marqué par les édifices de pierre où réside l'élite : la plupart des grands édifices, pyramides ou palais, sont associés au lignage dirigeant, et la pyramide principale abrite parfois le tombeau d'un personnage important (Palenque). Les Mayas fonctionnaient selon un système de cités-États et non par royaumes ou empires comme c'était le cas dans l'Ancien Monde au moment de l'arrivée des Conquistadors.</p>
<p>Cette société est particulièrement fragile car son système économique est quasi exclusivement agricole : exceptions faites du travail de la pierre et du tissage, les techniques sont d'une extrême indigence. Les archéologues ont souvent fait constater ces carences : les seuls métaux connus, l'or et le cuivre, étaient simplement martelés et ils ne servaient qu'à réaliser des objets de prestige. Les Mayas n'utilisaient pas la roue, ni le tour de potier et ils n'avaient pas d'animaux de trait : le portage à dos d'homme était la règle. Leur outillage était d'une manière générale extrêmement rudimentaire (en pierre ou en bois) et assez peu efficace.</p>
<p>Cependant, en dépit de milieux peu hospitaliers, les Mayas ont pu développer une brillante civilisation fondée sur l'agriculture et l'exploitation des ressources forestières, grâce à une société très organisée. Mais il s'agissait d'une civilisation en équilibre fragile, particulièrement vulnérable en cas de d'instabilité ; notamment le recours à des solutions techniques était exclu car ces dernières étaient trop rudimentaires pour être efficaces. C'est alors que toute une série de causes se sont conjuguées pour amorcer un déclin inévitable.</p>
<p>Le déclin maya : une « catena » circonstancielle et une lente mutation</p>
<p>Le déclin maya a longtemps été jugé mystérieux et énigmatique d'autant plus qu'il a été rapide : les auteurs anglo-saxons parlent de « Collapse ». Mais avec l'apport de très nombreuses données apportées par les environnementalistes et en connexion avec celles, anciennes et nouvelles, des archéologues, il est permis de construire un scénario vraisemblable de ce déclin, fondé avant tout sur l'épuisement progressif des sols forestiers tropicaux mis en valeur pour la culture du maïs.</p>
<p>L'épuisement des terres et les catastrophes naturelles</p>
<p>L'hypothèse catastrophique du « Collapse » (séismes, cyclones et inondations, sécheresses) évoquée un temps par certains (Gill, 2000 ; Hodell et al., 2002 ; Haug et al., 2003) ne tient guère à elle seule car le déclin de la civilisation n'a pas été brutal mais progressif. D'ailleurs aucun bâtiment ne montre de traces de séisme violent, d'autant que le Yucatan comme le Petén sont réputés être des régions géologiquement stables. Par ailleurs on ne connaît pas d'exemple de grande civilisation ayant disparu suite à un tremblement de terre ou à une série de cyclones, en dépit des dégâts occasionnés. La fragilité de cette hypothèse est sa durée dans le temps.</p>
<p>Par contre l'épuisement des terres est une hypothèse solide car c'est un point de départ qui induit des conséquences en chaîne. Elle a d'ailleurs été pressentie dès 1946 par Morley sans qu'il en donne pour autant des explications convaincantes, puis reprise par Meggers (1954), Dumond (1961) et Turner (1974). De fait, les sols tropicaux présentent, d'une façon générale, de très graves inconvénients (Pomel et Salomon, 1998). L'humus y est en voie de minéralisation très rapide, les sels y sont lessivés et, en l'absence de pente, ces sols peuvent rester saturés. Dans ces conditions, la faiblesse du système de la milpa est telle qu'un même champ est très vite épuisé après deux ou trois récoltes d'affilée. Il doit alors être mis en jachère pendant au moins une décennie sous peine d'épuisement irréversible. Cette fragilité spécifique des sols forestiers tropicaux et la nécessité de grands espaces se retrouvent sur tous les continents et conduisent aux mêmes évolutions dramatiques si l'on n'y prend garde.</p>
<p>Chaque cité-État maya d'importance (Tikal, Palenque, Calakmul, Caracol, etc.) avait donc besoin, pour sa subsistance, de très vastes territoires pour nourrir une population d'autant plus grandissante que la cité était prospère. Quinze hectares et une cinquantaine de jours de travail étaient nécessaires au paysan maya pour nourrir une famille de 10 personnes pendant un an : c'est un espace considérable ! Or la dimension de la plupart des cités, comme l'ampleur des travaux menés à bien en relativement peu de temps, impliquaient à terme que ce mode de production ne pourrait plus suffire aux besoins, d'autant qu'on sait que les rendements de la milpa sont faibles (2 à 3 quintaux de maïs à l'hectare). Certes, les Mayas avaient parfois mis au point des systèmes plus intensifs, comme l'agriculture en terrasses (Caracol, Río Bec) ou des jardins potagers autour des maisons avec utilisation des cendres (Tikal), mais cela ne pouvait que retarder l'échéance. La dégradation des sols dans le périmètre proche des cités conduisait inéluctablement à des productions alimentaires de plus en plus maigres alors que, dans le même temps, les populations croissaient. À la fin de la période Classique (vers 900 ap. J.-C.) on estime la population maya à plus de 2 millions d'individus dans les Basses-Terres. Puis d'évidence, la population s'est développée jusqu'à atteindre rien que dans le Petén près d'une dizaine de millions de personnes à son apogée (Schwartz, 1990). On estime qu'à leurs apogées, vers 810, Palenque avait une dizaine de milliers d'habitants, Tikal et Calakmul ont eu chacune environ 50 000 habitants (Haviland, 1972), et Caracol, au pied des monts Mayas (Belize), plus de 140 000 habitants (Chase, 2008) sur un rayon de 10 km ! Dans le Petén, selon Rice et Rice (1990) les densités rurales pouvaient atteindre jusqu'à 200 à 300 habitants/km2, ce qui est considérable pour une forêt tropicale ! La capacité de résilience de cette dernière et de ses sols n'y pouvait suffire.</p>
<p>Les sondages (sites archéologiques, lacs, etc.), les très nombreuses données géochimiques et sédimentologiques ainsi que les diagrammes polliniques indiquent tous une intervention humaine précoce (vers 5780 BP) dans une forêt dense favorisée par des conditions humides bien établies (depuis 9 000 BP). La déforestation s'est ensuite accélérée lors de la période Classique pour aboutir à un paroxysme vers 850-1000 ans. Cette déforestation, accélérée par des déboisements destinés à alimenter les fours à chaux (la chaux recouvrait les monuments), a été suivie par une importante érosion des sols et une perte en nutriments de ces derniers (Binford et al., 1987 ; Brenner, 1994). Dès lors, la chute des rendements et de la production agricole est devenue irréversible, d'autant que quelques catastrophes naturelles ont pu ajouter un <br class='autobr' />
surcroît de malheurs (on pense à des cyclones de type Mitch (1998) ou, pire, à des sécheresses prolongées).</p>
<p>Le manque de nourriture conduit à la malnutrition dans un premier temps, puis aux épidémies et aux famines dans un second. Cette mauvaise situation empirant progressivement amena probablement les peuples à demander du secours aux prêtres dirigeants puisque ceux-ci prétendaient avoir accès au monde des divinités, jugées responsables de leurs malheurs (fâchées ?). Combien d'incantations, de cérémonies, de sacrifices humains se sont-ils déroulés avant qu'on constate leur impuissance et qu'on se révolte, ou bien qu'on convoite les récoltes supposées plus abondantes des cités rivales ? Devant l'impuissance des élites à résoudre les problèmes et l'inefficacité des sacrifices, le mal être social conduisit probablement à une nouvelle philosophie de vie, avec de nouvelles valeurs. L'ensemble conduisit à des révoltes qui attentèrent jusqu'aux plus hauts dirigeants et prêtres (intermédiaires impuissants auprès des dieux, mais de plus en plus exigeants auprès du peuple), parachevant une décadence programmée. C'est l'hypothèse soutenue par Thompson (1964) puis Jacques Soustelle (1967) :</p>
<p>« le charme s'est dissipé », alors « le lien social s'est distendu » et le paysan s'est soit retourné contre les élites, soit plutôt « dérobé à leur pouvoir, revenant à son petit lopin de terre familial, à sa hutte, aux dieux de son hameau à qui il rendait un culte simple et sans faste comme les Lacandons aujourd'hui ».</p>
<p>Les indices de ces révoltes sont nombreux : mutilation de monuments et de statues (Tonina, Piedras Negras, etc., même si ces dégradations pourraient tout aussi bien être dues à des envahisseurs).</p>
<p>À cela vient s'ajouter un autre facteur : grâce à l'analyse des sédiments de sondages assez profonds, on a pu constater que la période de croissance démographique des Mayas a coïncidé avec une période de climat chaud et humide, propice aux cultures. Par contre, alors que les défrichements atteignaient leur maximum, dans le même temps (entre 800 et 910) le climat de la région s'est considérablement asséché (fig. 6). Or pour assurer une récolte de maïs il faut au moins une précipitation annuelle de l'ordre de 600 mm et on sait que la céréale est très sensible à la sécheresse. Or des études ont montré qu'aux alentours de 760, 810, 860 et 910, à plusieurs reprises, le seuil des 450 mm n'a probablement pas été atteint (Hodell et al., 1995) 7. Déjà affaiblies par l'épuisement des sols, les villes furent incapables de supporter ces périodes prolongées de sécheresse calamiteuses : ce coup de grâce fit que la plupart furent alors abandonnées.Les données archéologiques coïncident remarquablement entre abandons et cet assèchement climatique de plus d'un siècle.</p>
<p>Il existe bien d'autres cas dans l'histoire où une trop forte densité démographique a conduit à une dégradation environnementale et à un déclin : citons celui de l'île de Pâques et de sa déforestation (notamment celle des arbres nourriciers).</p>
<p>Les guerres et les sacrifices</p>
<p>De tout temps les hommes sont entrés en guerre pour des motifs de pouvoir, de conquête de territoires voire de religion. Les Mayas n'y ont pas échappé, loin de là ! Citons par exemple les invasions extérieures, notamment celle des Toltèques qui envahirent les régions mayas en prenant le pouvoir à Chichen-Itza. Vers 895, ils pénétrèrent le long de l'Usumacinta repoussant les Mayas vers le Nord.</p>
<p>Si la course au prestige est une constante de la civilisation maya, les rivalités internes et le militarisme envahissant fragilisent par ailleurs son équilibre. Prenons par exemple, parmi bien d'autres, la rivalité entre Tikal et Palenque (dont le gouverneur fut fait prisonnier et décapité) ; puis la conquête de Tikal par Caracol ; puis la reprise de celle-ci. Dans ce contexte guerrier, Tonina faisait figure d'épouvantail tant son peuple était belliqueux. Les preuves de la fréquence des guerres sont légion : bas-reliefs, sculptures (représentations d'Ek Chuah, dieu de la guerre, et de Ah Puch, dieu de la mort), statues décapitées, tzomptli (rateliers aux crânes, photo 8), céramiques, peintures, abandon brutal de cités (constructions restées en chantier), etc. Ces guerres visaient plus à faire des prisonniers pour les sacrifices (fig. 7) qu'à conquérir des territoires, cependant ces affrontements sanglants épuisaient peu à peu des populations déjà fragilisées et prises dans un cercle infernal : beaucoup de sacrifices étaient effectués pour plaire au dieu de la Pluie, Chac (notamment des enfants et des jeunes filles… en pleurs), ou Ghanam et Ah Mun, dieux de l'agriculture et de la fertilité, voire Chicomecoatl, déesse du maïs et de la subsistance… Pour implorer le retour à une certaine fertilité des sols, ils multiplièrent aussi les offrandes en… cacao, originaire de la région. Celui-ci était chez les Mayas un symbole de fertilité, de richesse et à l'origine de la boisson sacrée qu'était le chocolat : ses graines se retrouvent notamment dans des vases déposés au fond des grottes comme à Balancanche.</p>
<p>À partir du début du déclin, les Mayas furent de plus en plus littéralement obsédés par les cérémonies sanglantes estimées utiles par la mythologie maya. En effet, pour les Mayas, le sacrifice sanglant était nécessaire à la survie tant des dieux que des humains. Il était censé faire monter l'énergie humaine vers le ciel et recevoir en retour le pouvoir et les faveurs divines. De plus, les Mayas redoutaient par dessus tout les ruptures, les passages d'un cycle à l'autre. Les prêtres faisaient donc fréquemment couler le sang, le leur, par autosacrifices (incisions des lobes des oreilles, de la langue, du sexe), et celui des prisonniers car le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. Il devait aussi servir à se concilier les dieux (fig. 8) en particulier lorsque les situations devenaient difficiles (sécheresse par exemple). En cela, ils ne furent pas les seuls : chez les Grecs évoquons le sacrifice d'Iphigénie pour amadouer Éole et permettre à la flotte de partir pour Troie. Dès le début du déclin de la civilisation maya, les chefs multiplièrent les sacrifices pour tenter de sauver leurs royaumes, déstabilisés et en voie de perdition. Selon Ivanoff (1975), les peuples fragilisés et confrontés à une peur grandissante face à l'approche imminente de l'Apocalypse auraient alors spontanément déserté les cités et déstructuré définitivement la société maya. Quoi qu'il en soit, guerres et sacrifices ont sans aucun doute engendré instabilité, insécurité et fragilité. Cette faiblesse d'une société théocratique, oligarchique et fortement inégalitaire, sans autre recours productif, technique ou sociétal, explique certainement son effondrement brutal.</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/com/5626" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_12612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L333xH350/Codex_Cospi-a1e6c.jpg?1789958526' width='333' height='350' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Classes sociales mayas</p>
<div class='spip_document_12610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/gif/classessociales_Mayas.gif' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/gif"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH373/classessociales_Mayas-73deb.jpg?1789958526' width='500' height='373' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Et d'abord les agriculteurs...</p>
<div class='spip_document_12613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L356xH490/Agriculture-89456.jpg?1789958526' width='356' height='490' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Le massacre de la famille royale maya par les révoltés</h2>
<p>Une découverte macabre dans les profondeurs de la jungle guatémaltèque pourrait jeter un nouvel éclairage sur l'un des mystères les plus captivants de l'ancien monde : la chute de la civilisation maya.</p>
<p>Une fosse commune contenant plus de 50 cadavres, qui montrent des signes de mort atroce, étonne les experts depuis leur découverte, il y a quelques mois.</p>
<p>Les corps, enterrés avec des ornements royaux, ne sont pas victimes de "violences aléatoires", a déclaré Arthur A. Demarest, archéologue américain, qui travaille sur des fouilles depuis près d'une décennie.</p>
<p>Selon l'expert, la plupart des personnes enterrées, y compris des hommes, des femmes et des enfants, sont décédées "la tête en arrière et une grosse lance bloquée dans la poitrine, jusqu'à la colonne vertébrale".</p>
<p>"Vous pouvez trouver des prisonniers de guerre décapités, mais pas des exécutions de masse comme celle-ci", a déclaré Demarest à la BBC.</p>
<p>Pour l'archéologue, le plus extraordinaire est que les assaillants ont décidé de quitter les lieux, toute la population abandonnant même le site.</p>
<p><a href="http://abakmatematicamaya.blogspot.com/2011/05/bak-matematica-maya-la-muerte-del-rey.html" class="spip_out" rel="external">Source en espagnol avec plusieurs vidéos sur le massacre de la famille royale</a></p>
<p>Cancuen, qui était une position clé au bord de la rivière Pasión, considérée comme essentielle pour les Mayas,a été massivement quittée.</p>
<p><a href="http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/science/newsid_4458000/4458054.stm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_12620 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L290xH230/CancuenWeb-afdd9.jpg?1789958526' width='290' height='230' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les corps démembrés de plus de 30 membres de la noblesse maya ont été découverts dans une fosse commune à l'entrée de leur palais dans la ville guatémaltèque de Cancuén, capitale de l'un des royaumes de la civilisation maya. Le massacre a eu lieu entre 300 et 900 après JC. À une étape cruciale de l'effondrement de cette ancienne civilisation, une équipe de scientifiques de la National Geographic Society des États-Unis, du ministère de la Culture du Guatemala et de l'Université Vanderbilt, au Tennessee. Mais la découverte, faite par les archéologues guatémaltèques Sylvia Alvarado et Tomás Barrientos, a des limites plus macabres, a déclaré l'anthropologue Arthur Demarest, professeur d'anthropologie à l'université Vanderbilt du Guatemala.</p>
<p>Les squelettes du roi Kan Maxx et de la reine (dont le nom est inconnu) ont été retrouvés à environ 80 mètres de la fosse commune. En outre, le groupe a retrouvé les vestiges d'une douzaine de hiérarchies du royaume, dont certaines en quartiers, dans le secteur nord du palais. "Au total, ce sont environ 50 personnes qui ont été tuées lors d'une sorte de rituel et ce fut le début de la fin de la civilisation maya", a-t-il déclaré. La découverte de palissades inachevées, de flèches éparses et de constructions palatiales abandonnées, ainsi que de squelettes portant les marques de lances et de coups de hache montre que la ville a été détruite et ses monarques exécutés, a déclaré Demarest. "Il y avait un effort désespéré pour défendre la ville. Il est clair que ces défenses n'ont pas fonctionné ", a-t-il ajouté. Selon le scientifique, apparemment le roi et la reine, ainsi que des membres de sa cour, auraient été rassemblés pour être massacrés à la lance ou à coups de poing à la tête et au cou.</p>
<p>Les os montrent que des enfants et des adultes ont été tués, y compris deux femmes enceintes, dont les foetus ont été trouvés sous la boue qui a ensuite inondé l'endroit. Des os robustes, des déformations crâniennes et de beaux ornements, notamment du jade, des colliers de crocs de jaguar et des obus du Pacifique montrent qu'ils étaient tous nobles, a déclaré Demarest. En raison de sa position stratégique à la source de la rivière Pasión, le royaume de Cancuén était l'une des cités-États les plus riches de l'ancienne civilisation maya. Le scientifique a indiqué que le royaume était le point de rencontre du monde maya né dans les basses terres du sud du Mexique et du nord du Guatemala avec l'altiplano et les littoraux du sud.</p>
<div class='spip_document_12622 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cancuen_site_broken_steleab-d1d02.jpg?1789958526' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Selon le reportage de la découverte, qui fait partie d'un programme télévisé que National Geographic diffusera plus tard ce mois-ci, la richesse du royaume se reflétait dans la magnificence de son palais royal. Le bâtiment couvrait une zone de deux terrains de football et ses murs étaient ornés de centaines de sculptures en stuc. Le palais central était également entouré d'ateliers où l'on travaillait du jade, du verre volcanique, de la pyrite et d'autres matières précieuses extraites des montagnes et des littoraux. "Après cet événement tragique et violent, comme aucun autre événement de la civilisation maya, la ville de Cancuén a été complètement abandonnée", a déclaré l'anthropologue. La même chose s'est produite avec d'autres colonies situées sur les rives de la rivière, a-t-il ajouté.</p>
<p>La découverte des preuves du massacre a été faite en juin de cette année quand Alvarado et Barrientos ont creusé dans les environs du palais et dans une sorte de citerne. Elle était pleine d'os et d'artefacts humains et devant l'ampleur du massacre, l'équipe d'archéologues a demandé l'intervention de la Fondation d'anthropologie médico-légale du Guatemala (FAFG). Cet organe a été créé en 1996 après la signature des accords de paix du Guatemala et travaille sous la supervision des Nations Unies. Le massacre de Cancuén continue de faire l'objet d'une enquête dans l'espoir de trouver de nouveaux indices sur l'effondrement de la civilisation maya.</p>
<p><a href="http://www.cronica.com.mx/notas/2005/212804.html" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=9dlscTtaM0s" class="spip_out" rel="external">Un film sur le massacre de la royauté maya par une révolution sociale à Cancuen</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=j1hqVXq1UEs&list=PL25B5B7F9A6B6E8A5" class="spip_out" rel="external">Murder of Maya Dirigeants</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=FrpvrbiX__0&index=2&list=PL25B5B7F9A6B6E8A5" class="spip_out" rel="external">9th century Mayan royal family assassinated</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=0Xq6HNJvxmE&list=PL25B5B7F9A6B6E8A5&index=5" class="spip_out" rel="external">An interpretation of the the collapse of the Maya Empire ?</a></p>
<p><a href="http://abakmatematicamaya.blogspot.com/2011/05/bak-matematica-maya-la-muerte-del-rey.html" class="spip_out" rel="external">Leer aqui Arthur Demarest</a></p>
<div class='spip_document_12621 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L236xH353/7dd7cf48f2ddc8f56fcd10907619e513-c97b8.jpg?1789958526' width='236' height='353' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Le mystère du massacre de la famille royale maya de Cancuén dans les années 800 à 801 après J.-C., d'après Arthur Demarest</h2>
<p>La découverte d'une tombe contenant les restes du dernier roi de Cancuén, Kan Maax, près d'une fosse commune où repose toute sa famille. Des gens qui avaient accumulé un grand pouvoir dans un petit nombre de mains.</p>
<p>Les experts espèrent que les vestiges fourniront de nombreux indices sur la vie des Mayas. Une découverte macabre dans les profondeurs de la jungle guatémaltèque pourrait jeter un éclairage nouveau sur l'un des mystères les plus captivants du monde antique.</p>
<p>L'automne ou l'effondrement de la civilisation maya, un soulèvement généralisé ou une guerre civile, que les forces des gouvernants étaient trop peu nombreux, n'avaient pas les moyens de contenir.</p>
<p>On trouve en effet une fosse commune avec plus de 60 squelettes ; ce sont tous les membres de la famille royale, qui montrent des signes certains d'une mort atroce, et celle-ci étonne les experts depuis leur découverte, il y a quelques mois.</p>
<p>Les cadavres, qui ont été enterrés avec sur eux les signes de la royauté, n'ont pas été victimes d'une "violence accidentelle", a précisé Arthur A. Demarest, l'archéologue américain qui travaille sur les fouilles du site depuis près d'une décennie.</p>
<p>Selon cet expert, la plupart des personnes enterrées, des hommes, des femmes et des enfants, en fait toute la famille, sont décédées "la tête en arrière et une grosse lance bloquée dans la poitrine, jusqu'à la colonne vertébrale".</p>
<p>"Il arrive qu'on trouve des prisonniers de guerre décapités ainsi, mais pas des exécutions de masse comme celle-ci", a déclaré Demarest. Pour l'archéologue, le plus extraordinaire est que les assaillants ont décidé de quitter les lieux.</p>
<p>L'effondrement soudain</p>
<p>L'ancienne ville commerciale de Cancuén s'était beaucoup enrichie grâce à sa situation géographique, près du Rio La Passion, à un niveau où justement elle devient navigable.</p>
<p>Demarest explique que, lors des guerres Mayas, "normalement, les vainqueurs, qui conquièrent une place importante, placent quelqu'un sur le trône. De plus, ils construisent généralement des monuments pour se vanter de ce qu'ils avaient fait."</p>
<p>Cependant, ceux qui ont conquis Cancuén, simplement… sont partis !</p>
<p>En conséquence, la ville a soudainement perdu son "statut de position clé" auprès du Rio Passion, pourtant considérée comme essentielle pour les Mayas.</p>
<p>"Cette voie commerciale est morte et n'a jamais connu de renaissance", a déclaré l'archéologue, ajoutant que l'effondrement de Cancuén annonçait le déclin d'autres villes situées le long du fleuve.</p>
<p>Cependant, avertit l'expert, la chute de Cancuén ne devrait pas être considérée comme le détonateur de l'effondrement de la civilisation maya.</p>
<p>Il peut plutôt s'agir, selon Demarest, d'un "symptôme" de l'action des forces qui ont éliminé les Mayas, selon les conclusions des travaux de l'archéologue américain, financés par le magazine National Géographique et par l'Université Vanderbilt.</p>
<p>Beaucoup ont cité des preuves géologiques et climatiques pour affirmer que la civilisation maya était morte des suites d'une famine causée par une sécheresse dévastatrice.</p>
<p>En fait, on trouve sur place, à Cancuén, des preuves de l'attaque de la royauté avec la destruction violente des stèles mayas du site.</p>
<p>Il y a trop de suspects…</p>
<p>C'est un peu comme dans un mystère d'Agatha Christie, où "il n'y a que trop de suspects", a déclaré l'archéologue Arthur Demarest. "Nous ne nous attendions pas à trouver quoi que ce soit", a déclaré Demarest, en décrivant comment son équipe avait "trébuché" par hasard sur la fosse commune en creusant une excavation de routine d'un étang à la base d'un palais.</p>
<p>Le palais royal de Cancuén</p>
<p>Le palais royal de Cancuén se situe près de l'étang où a été observé la fosse commune.</p>
<p>L'expert espère maintenant que les restes fourniront de nombreux indices sur la vie des Mayas. Les cadavres, dit l'expert, sont extraordinairement bien conservés. Pendant des siècles, ils ont été "scellés sous un étang" de boue, arrosé par les eaux d'une source.</p>
<p>Les joyaux précieux, enterrés respectueusement à côté des cadavres, suggèrent que les victimes appartenaient à la "haute noblesse". Mais les questions continuent à se poser à propos de qui les a tués et pourquoi.</p>
<p>Demarest a souligné que l'explication la plus plausible était que les auteurs appartenaient à une tribu de hautes terres, possiblement liée à Cancuén par le biais de quelque mariage.</p>
<p>L'effondrement Maya</p>
<p>Tout a commencé dans le petite cité-Etat de Dos Pilas, près du Rio Passion, en aval de Cancuén. En l'an 630 de notre ère, la ville de Tikal, essayant de réaffirmer sa domination de la route commerciale du Rio Passion, que menaçait l'expansionnisme de Calakmul, avait fondé une ville entre deux sources ou Dos Fuentes ou Pilas. La ville ne cultivait ni ne vendait rien. Cette ville n'était que le représentant de ce qu'on appelle un "État prédateur", qui ne dépend que du paiement du tribut par les villes environnantes. La guerre pour Dos Pilas, comme source de revenus, n'était pas un rituel pour glorifier ses rois, mais un "modus vivendi" leur permettant de survivre. En quelques années après que sa fondation, elle avait déjà conquis les villes encironnantes pour leur faire payer le tribut : La Amelia, Tamarindito, Ceibal et Itzàn.</p>
<p>L'histoire de la violence et de la duplicité du règne a commencé lorsque Tikal a installé l'un de ses princes, Balaj Chan Kawtil, comme gouverneur de Dos Pilas, en l'an 635 de notre ère. Ses envoyés ont arrangé des bâtiments pour faire de la ville une capitale moderne, utilisant des façades sculptées pour couvrir des murs mal faits. Mais, en l'an 658 de notre ère, Calakmul conquit Dos Pilas et contraignit Balaj Chan Kawiil à l'exil.</p>
<p>Les inscriptions en glyphes de Cancuén.</p>
<p>Les inscriptions en glyphes sur un petit escalier révèlent que Balaj Chan Kawiil y est retourné deux ans plus tard, mais comme allié de Calakmul. Dos Pilas aida alors Calakmul à renforcer son contrôle sur la vallée du Rio Passion au cours des deux décennies suivantes. Calakmul ordonna alors à Balaj Kawtil Chan d'attaquer son frère à Tikal.</p>
<p>En l'an 679 après Jésus-Christ, il a donc attaqué sa ville natale. « Des montagnes de crânes s'empilaient et le sang coula », raconte l'inscription de l'escalier. Balaj Chan Kawiil a triomphé et son frère est mort dans la bataille. La victoire a porté Calakmul à son apogée et a transformé Dos Pilas en ville dominante du Petexbatún, dans le sud-ouest du Petén.</p>
<p>Tikal a survécu, s'est reconstruit et, moins de 29 ans plus tard, a attaqué et battu Calakmul. Des sculptures en stuc de l'Acropole centrale de Tikal montrent un noble de Calakmul attendant d'être sacrifié. Ce fut une défaite dont Calakmul n'a jamais pu se remettre, et elle n'a jamais récupéré. Cependant, Tikal resta identique à elle-même après sa victoire. « Même si Tikal gagna finalement, elle n'avait pas davantage la capacité de contrôler tout le territoire vaincu ». explique Robert Sharer de l'Université de Pennsylvanie.</p>
<p>Ce qui s'est passé ensuite n'est pas clair. La puissance de Calakmul a été brisée, mais ses alliés, y compris Dos Pilas ont poursuivi leurs combats contre Tikal au nom de Calakmul. Dos Pilas, devenue hégémonique, a conforté sa domination dans le Petexbatún par ses alliances et la guerre. Ses Rois ont construit une deuxième capitale, Aguateca, et une autre ville de l'autre côté de la lagune : Punta de Chimino, qui sera la dernière ville de la région à être abandonnée. Ils ont construit également des monuments et des temples.</p>
<p>Mais en 761 après Jésus-Christ, la fin de Dos Pilas était venue. Les anciens alliés et vassaux conquirent la ville et ses dirigeants ont fui à Aguateca. Dos Pilas n'a jamais repris son ancien rôle depuis ces événements. Les Mayas ont toujours espéré qu'un roi allait émerger triomphant de la guerre, mais chaque conflit a créé toujours plus de prétendants au trône. La victoire, au lieu d'entraîner la construction de nouveaux monuments inspirant le respect, a entraîné des constructions éphémères et mal venues. La défaite poussait des populations civiles désespérées par les massacres à détruire des parties des temples et des palais, pour construire des murs de défense. Les villes n'ont pas été reconstruites ou réoccupées, mais ont tout simplement cessé d'exister.</p>
<p>De beaux temples ont été démantelés pour être transformés en murs défensifs.</p>
<p>Les petits Etats « essayaient de survivre au sein du chaos », mais personne ne put y parvenir. Au lieu de cela, les Etats en guerre cherchaient un avantage temporaire de cette situation, mais, dans le pays, les ressources se faisaient de plus en plus rares, et les habitants ne faisaient plus que de fuir, de se cacher ou de mourir.</p>
<p>Pendant un certain temps, les Nobles ont trouvé refuge dans des endroits comme Cancuén, un port tranquille sur le RIo La Passion. Lorsque les « villes en aval du Rio Passion étaient dans le chaos » à la fin du VIIIe siècle, Cancuén a prospéré, grâce au commerce des biens de luxe, et en recevant dans des habitations somptueuses des nobles visiteurs. L'architecte de cet âge d'or fut le roi Taj Chan Ahk, qui est arrivé au pouvoir en l'an 757 après Jésus-Christ, âgé de 15 ans. Cancuén avait une longue histoire comme poste stratégique du commerce, mais Taj l'a transformé en joli centre cérémoniel, dont le centre était un palais de 25 000 m2, avec trois étages, un bain cérémoniel, entouré d'arches de toit et onze patios en pierre calcaire au-dessu d'un promontoire près du Rio. C'était le cadre idéal pour un Kujul Ajau comme Taj Chan Ajk, bien qu'il y ait le chaos ailleurs.</p>
<p>Rien ne prouve que Taj Chan Ajk ait mené une guerre ou gagné une bataille. Par contre, il a dominé pendant environ 40 ans et forgé des partenariats et des amitiés avec ses voisins. Un autel de l'année 790 après Jésus-Christ, le montre dans un jeu de balle cérémoniel avec un noble de Machaquila, peut-être pour célébrer un traité ou une visite d'Etat</p>
<h2 class="spip">EL MISTERIO DE LA MASACRE MAYA EN LOS AÑOS 800 AL 801 D.C.</h2>
<p>LA DESCUBIERTA DE UNA TUMBA CON RESTOS DEL ÚLTIMO REY DE CANCUÉN, KAN MAAX, CERCA DE LA FOSA COMÚN</p>
<p>MUCHO PODER EN POCAS MANOS :</p>
<p>Los expertos esperan que los restos aporten muchas pistas sobre la manera en que vivían los MAYAS. Un Macabro Descubrimiento en lo más profundo de la Selva Guatemalteca podría arrojar una NUEVA LUZ sobre uno de los Misterios Más Cautivadores del Mundo Antiguo :</p>
<p>LA CAÍDA ó COLAPSO DE LA CIVILIZACIÓN MAYA, un Levantamiento Generalizado o Una Guerra Civil, que los Gobernantes siendo muy pocos ; NO pudieron contener.</p>
<p>Una Fosa Común con más de 60 esqueletos ; Todos los Componentes de la Familia Real, que muestran signos de haber tenido una muerte atroz, ha estado asombrando a los expertos desde su desentierro, pocos meses atrás. Los cadáveres,</p>
<p>SEPULTADOS CON ADORNOS DE REALEZA, no son víctimas de una “violencia aleatoria”, aclaró Arthur A. Demarest, el arqueólogo estadounidense que lleva casi una década trabajando en las excavaciones del lugar.</p>
<p>Según el experto, la mayoría de los enterrados, entre los que se incluyen hombres, mujeres y niños, murieron “con la cabeza hacia atrás y con una gran lanza clavada en el pecho, hasta la columna vertebral”.</p>
<p>“Se pueden encontrar prisioneros de guerra decapitados, pero no ejecuciones en masa como ésta”, le dijo Demarest. Para el arqueólogo, lo más extraordinario es que los atacantes decidieran abandonar el lugar.</p>
<p>COLAPSO REPENTINO</p>
<p>La Antigua Ciudad Comercial de CANCUÉN se enriqueció</p>
<p>Gracias a su Ubicación pues es Ahí, donde el Río PASIÓN se hace navegable.</p>
<p>Los Ganadores en las Guerras MAYAS, explicó Demarest, “Normalmente conquistaban un lugar y ponían a alguien en el Trono. También levantaban algunos Monumentos para jactarse de lo que habían hecho”.</p>
<p>Sin embargo, quien quiera que conquistó CANCUÉN, simplemente ¡SE FUE !</p>
<p>Como resultado, la Ciudad perdió de repente su “estatus como puesto clave” junto al RÍO PASIÓN, considerado VITAL para los MAYAS. “ESTA RUTA COMERCIAL MUERE Y NUNCA RENACE”, indicó el arqueólogo, añadiendo que EL COLAPSO DE CANCUÉN presagió el ocaso de otras Ciudades a lo Largo del Río.</p>
<p>Sin embargo, advierte el experto, la CAÍDA DE CANCUÉN no debería considerarse el Detonante del Colapso de la Civilización MAYA.</p>
<p>Pero sí puede tratarse, según Demarest, de un “SÍNTOMA” de las Fuerzas que Acabaron con los MAYAS. Las conclusiones de los trabajos del arqueólogo estadounidense, financiados por la revista National Geographic y por la Universidad de Vanderbilt.</p>
<p>Muchos han citado evidencias geológicas-climáticas para argumentar que la Civilización MAYA murió tras una hambruna causada por una devastadora sequía.</p>
<p>EVIDENCIA DE LA DEVASTACIÓN DE CANCUÉN, TRAS EL ATAQUE CON LA DESTRUCCIÓN DE LAS ESTELAS MAYAS</p>
<p>DEMASIADOS SOSPECHOSOS</p>
<p>Es un poco como un Misterio de Agatha Christie. “Simplemente hay demasiados sospechosos” dice el arqueólogo Arthur Demarest, “No esperábamos encontrar nada”, dijo Demarest, al describir cómo su equipo “se tropezó” con la FOSA COMÚN durante la excavación rutinaria de un Estanque en la Base de un Palacio.</p>
<p>PALACIO DE CANCUÉN. <br class='autobr' />
SE OBSERVA LA ÚBICACION DONDE SE ENCUENTRA EL ESTANQUE, DONDE SE HALLO LA FOSA COMÚN</p>
<p>Ahora, el experto espera que los restos aporten muchas pistas sobre la manera en que Vivían los MAYAS. Los cadáveres, dice el experto, están extraordinariamente bien conservados. Durante siglos, estuvieron “sellados bajo un estanque” de barro, Regado por las Aguas de un Manantial.</p>
<p>Las JOYAS PRECIOSAS, enterradas respetuosamente junto a los cadáveres, sugieren que las víctimas pertenecían a la “ALTA NOBLEZA”. Pero continúan los interrogantes a cerca de ; QUIÉN LOS MATÓ Y POR QUÉ MOTIVO.</p>
<p>“Es un poco como un misterio de Agatha Christie. Simplemente hay demasiados sospechosos”, dijo Demarest, argumentando que la explicación más plausible es que los autores fueran de una tribu de las tierras altas, posiblemente relacionada con CANCUÉN a través de algún matrimonio.</p>
<p>EL LLAMADO COLAPSO MAYA</p>
<p>Este se Inició en la Pequeña Ciudad Estado de DOS PILAS, cerca del Río LA PASIÓN, río abajo de CANCUÉN. En el año 630 d.C. TIKAL, tratando de reafirmar su presencia en la RUTA DE COMERCIO DEL RÍO LA PASIÓN, que amenazaba la expansión de CALAKMUL, Fundó una Ciudad entre DOS FUENTES o PILAS, La Ciudad NO Cultivaba nada ni venía nada. Los Estudiosos lo llaman un “Estado Depredador” que dependía de los tributos de las Ciudades de los alrededores. La Guerra para DOS PILAS, no era un ritual para glorificar a sus reyes, era su “modus vivendi” para sobrevivir, unos cuantos años después de su fundación había conquistado a las cercanas ; LA AMELIA, TAMARINDITO, CEIBAL e ITZÁN</p>
<p>La Historia de violencia y duplicidad del Reino se inició cuando TIKAL instaló a uno de sus príncipes, BALAJ CHAN KAWI'IL, como Gobernante de DOS PILAS en el año 635 d.C. Sus Enviados Arreglaron unos Edificios para hacer de la Ciudad una CAPITAL MODERNA, usando fachadas esculpidas para cubrir paredes mal hechas. Pero en el año 658 d.C., CALAKMUL conquistó DOS PILAS y forzó a BALAJ CHAN KAWIIL al exilio.</p>
<p>ESCALERA GLIFICA EN CANCUÉN. <br class='autobr' />
DR. DEMERAST</p>
<p>Las Inscripciones de una Escalinata, Revelan que BALAJ CHAN KAWIIL regresó dos años después, pero como Aliado de CALAKMUL. DOS PILAS ayudó a CALAKMUL a FORTALECER SU CONTROL SOBRE EL VALLE DE LA PASIÓN durante las siguientes dos décadas. Luego CALAKMUL ordenó a BALAJ CHAN KAWI'IL atacar a su Hermano en TIKAL.</p>
<p>En el año 679 d.C. EL ATACÓ a su Ciudad Natal. “Montañas de cráneos se apilaron y la sangre corrió”, narra la Escalinata. BALAJ CHAN KAWIIL, Triunfó y su Hermano Murió en la batalla. La VICTORIA llevó a CALAKMUL a su apogeo y transformó a DOS PILAS en la Ciudad Dominante del PETEXBATÚN, en el sudoeste del Petén.</p>
<p>TIKAL sobrevivió, reconstruyó y menos de 29 años más tarde atacó y derrotó a CALAKMUL. Esculturas de Estuco en la Acrópolis Central de TIKAL muestran a un Noble de CALAKMUL esperando a ser sacrificado. Fue una derrota de la que CALAKMUL nunca se recuperó, pero tampoco TIKAL fue el mismo después de que las guerras concluyeran. “AUNQUE TIKAL GANÓ AL FINAL, NO ESTABA EN FORMA PARA CONTROLARLO TODO” dice Robert Sharer de la Universidad de Pennsylvania.</p>
<p>Lo que pasó después no está claro. El Poder de CALAKMUL estaba roto, pero sus aliados, incluyendo a DOS PILAS, continuaron sus batallas contra TIKAL en nombre de CALAKMUL. DOS PILAS consolidó su hegemonía en el PETEXBATÚN a través de sus Alianzas y la Guerra. Sus Reyes, Construyeron una Segunda Capital AGUATECA, y otra Ciudad en el otro extremo de la laguna : PUNTA DE CHIMINO, la última Ciudad de la Región en ser abandonada. Así como Monumentos y Templos.</p>
<p>Pero en el año 761 d.C., la suerte de DOS PILAS se acabó. Antiguos Aliados y Vasallos Conquistaron la Ciudad y sus Gobernantes huyeron a AGUATECA, DOS PILAS nunca fue vuelta a ocupar, con éste hecho Los MAYAS cruzaron el umbral, en vez de que un Rey emergiera triunfante de la guerra, cada conflicto creaba mas pretendientes. La Victoria, en vez de inspirar nuevos monumentos, eran efímeras e irrelevantes. La Derrota llevaba a los desesperados civiles a arrancar partes de Templos y Palacios para construir muros defensivos. Las Ciudades no eran reconstruidas o reocupadas, simplemente dejaban de existir.</p>
<p>HERMOSOS TEMPLOS SERIAN DESMANTELADOS Y CONVERTIDOS EN MUROS DEFENSIVOS</p>
<p>Los estados pequeños “trataban de sobrellevar el caos”, pero ninguno pudo, en vez de eso, los estados en guerra buscaban ventajas temporales en una tierra de recursos cada vez mas escasos, los comunes, huían, se escondían o morían.</p>
<p>Por un tiempo, los Nobles encontraban refugio en lugares como CANCUÉN, un Tranquilo Puerto sobre el Río LA PASIÓN. Cuando las “Ciudades Río Abajo, se encontraban en caos”, al final del siglo VIII, CANCUÉN PROSPERÓ DEBIDO AL COMERCIO DE BIENES DE LUJO, Y ATENDIENDO EN SUNTUOSAS HABITACIONES A LOS NOBLES VISITANTES. El Arquitecto de esta ERA DORADA fue el Rey TAJ CHAN AHK, que Ascendió Al Poder en el año 757 d.C., a los 15 años. CANCUÉN tenía una LARGA HISTORIA como un PUESTO ESTRATÉGICO DE COMERCIO, pero TAJ CHAN AHK lo Transformó en un HERMOSO CENTRO CEREMONIAL, cuyo Centro era un Palacio de 25,000 m2, con tres pisos, una PISCINA CEREMONIAL, techo con arcos y once patios hecho de piedra caliza sobre un promontorio al lado del río. Era el ESCENARIO PERFECTO para un KUJUL AJAU como TAJ CHAN AJK, aunque hubiera caos en otros lugares.</p>
<p>No hay evidencia de que TAJ CHAN AJK haya peleado alguna guerra o haya ganado una batalla. En cambio, el logró dominar por cerca de 40 años al FORJAR ALIANZAS y AMISTAD con sus Vecinos. Un Altar del año 790 d.C., lo muestra en un JUEGO DE PELOTA CEREMONIAL con un Noble de MACHAQUILÁ talvez para celebrar un tratado o una visita de estado.</p>
<p><a href="http://abakmatematicamaya.blogspot.com/2011/05/bak-matematica-maya-la-muerte-del-rey.html" class="spip_out" rel="external">Source en espagnol avec plusieurs vidéos sur le massacre de la famille royale</a></p>
<p>Tikal</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L330xH187/330px-Tikalas-3181b-e3af5.jpg?1789958526' width='330' height='187' alt='' />
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<p>Copàn</p>
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<p>Chichen Itza</p>
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</div><div class='spip_document_12592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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<p>L'abandon des sites mayas</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L437xH328/lossless-page1-437px-Carte_monde_Maya_1519_MAJ_BIS-tif-be970-b81a6.png?1789958526' width='437' height='328' alt='' />
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<p>Principaux sites et villes mayas</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH656/Mapof20Yucatan-984e7-616df.jpg?1789958526' width='500' height='656' alt='' />
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<p>L'effondrement Maya</p>
<p>Les années 800 à 900 marquent l'effondrement des cités-États des Basses-Terres du sud, l'arrêt des constructions monumentales et des inscriptions associées. La dernière inscription connue datée sur un monument remonte à 822 pour Copán (au sud-est), 869 pour Tikal (au centre) et à 909 pour Tonina (ouest).</p>
<p>La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l'aube du IXe siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya classique en plein âge d'or, les spécialistes n'étant toujours pas d'accord sur les causes d'un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin. Les centres mayas sont abandonnés entre la fin du VIIIe siècle et le début du Xe siècle, puis recouverts par la forêt. Ce n'est qu'au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe qu'ils ont été découverts et restaurés.</p>
<p>On constate l'arrêt progressif de toute activité de construction dans les cités mayas des Basses Terres du sud, au Guatemala et au Mexique actuels à partir de la fin du VIIIe siècle (on prend généralement en compte la dernière date en compte long retrouvée sur chacun des sites, de 780 à Pomona jusqu'à 909 à Toniná). Ce phénomène correspond à l'effondrement du système politique de la royauté divine qui caractérise le monde maya classique. Les chercheurs ont également établi qu'à cette période la démographie avait été en forte baisse. Le mode de production s'est complètement arrêté. Les classes possédantes ont disparu avec leur mode de vie et leurs constructions.</p>
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<p>Plan de Tikal</p>
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<p>Plan de Chichen Itza</p>
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<p>Plan de Copàn</p>
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</div><h2 class="spip">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</h2>
<p>Tikal (40.000 à 70.000 habitants et 3000 édifices en pierre sur 1600 hectares) a été le centre principal des Mayas et date entre le 1er siècle avant JC et le 9ème siècle après JC et siège d'un grand édifice de marché. El Mirador était une autre de ces grandes villes s'occupant du grand commerce maya. La civilisation maya n'a pas débuté par un Etat mais par des villes commerçantes et indépendantes, comme celle de Teotihuacàn.</p>
<p>Pour certains chercheurs, l'effondrement de la civilisation maya proviendrait au contraire d'une cause à la fois naturelle (sécheresse) et de politique environnementale (l'épuisement du sol dû à une culture intensive du maïs). Il n'y aurait pas d'interprétation sociale ni politique de cet effondrement, en somme pas de révolution… Mais l'établissement des champs sur des terrasses aurait dû normalement éviter une telle catastrophe écologique. Aucune des explications avancées ne résout ainsi le mystère de la désertisation des cités ensevelies sous la jungle.</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-civilisation-maya-t-elle-disparu-cause-changements-climatiques-42547/" class="spip_out" rel="external">Voir ici la thèse « scientifique » sur la disparition des Mayas causée par des changements climatiques</a></p>
<p><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/des-secheresses-extremes-sont-a-l-origine-de-l-effondrement-des-mayas_126539" class="spip_out" rel="external">Un autre exemple du même type</a></p>
<p>Le chercheur Eric Thompson penche plutôt pour la thèse des révoltes paysannes. Des jacqueries seraient venues à bout du pouvoir des dirigeants politiques et religieux et, bien que les paysans aient continué par la suite à vivre autour des cités, les édifices, faute d'être entretenus, seraient lentement tombés en ruine. Hypothèse séduisante, mais rendue fragile par le fait qu'on ne trouve, dans les vestiges des cités, aucune trace de luttes sanglantes.</p>
<p>Pour Thompson, les exigences croissantes des élites, toujours en quête d'affirmation de leur prestige par de coûteuses réalisations, auraient débouché sur une révolte des populations qu'elles contrôlaient jusque-là et qui les auraient éliminées. (...) L'effondrement classique maya est paradoxal à plus d'un égard. (...) Le phénomène semble partout brutal. D'un autre côté, si quelques sites et secteurs disparaissent dans un type de circonstances bien individualisé (des guerres), les indices archéologiques d'opérations militaires rayant de la carte tel ou tel lieu ne sont pas si fréquents. (...) A la fin du 8e siècle, au moment même où elle semble parvenir à son apogée (la date la plus célébrée dans les inscriptions correspond à l'année 790), la civilisation maya des Basses Terres centrales était en réalité profondément quoique inégalement fragilisée. » explique l'historienne Dominique Michelet dans « Comment meurt une civilisation », article du Hors-série du « Figaro » de décembre 2006 intitulé « Les Mayas, les mystères d'un monde perdu »</p>
<p>Le sujet des effondrements de sociétés revient périodiquement dans les média. Le numéro spécial du « Nouvel Observateur » de juin 2006 intitulé « Le mystère des civilisations oubliées » : « Pourquoi les civilisations disparaissent ? Les catastrophes matérielles, économiques ou les invasions n'expliquent pas tout. (...) Comment cette culture brillante (celle des Mayas), la plus sophistiquée de tout le monde précolombien, a-t-elle pu s'écrouler au point que plus de 90% (plusieurs dizaines de millions d'habitants) disparaissent en quelques décennies, emportant dans l'oubli ses dynasties, ses calendriers, son astronomie, son urbanisme ? (...) « Les sociétés les plus évoluées et les plus créatives peuvent aussi s'effondrer observe Jared Diamond, physiologiste, biologiste de l'évolution et géographe (dans son ouvrage intitulé « Effondrement – Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie ») (...) Entre 250 et 850, la population maya explose, atteignant une densité digne des pays actuels les plus peuplés. Soutenue par des techniques d'irrigation complexes cette expansion coïncide avec une véritable fièvre bâtisseuse. (...) Une terrible famine décime une partie de la population maya, le reste s'entretuant pour des ressources de plus en plus maigres. »</p>
<p>Même s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due à des causes sociales qui a décimé sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe écologique liée à la surexploitation des ressources agricoles. Le spécialiste en géophysique Larry Peterson a relu attentivement l'ouvrage de Jared Diamond et note dans la revue « Pour la science » que les causes climatiques et environnementales n'enlèvent pas la possibilité d'autres événements : « des guerres intestines en augmentation et une classe dirigeante sans vision à long terme ». Il rajoute « Néanmoins, J. Diamond avance que le changement climatique, en l'occurrence les sécheresses, a pu amener la société maya à son point de rupture en déclenchant une série d'événements déstabilisants. (...) D'autres changements climatiques ont semble-t-il été responsables d'événements importants dans l'histoire humaine. L'effondrement de l'empire akkadien en Mésopotamie, il y a environ 4200 ans, le déclin de la culture mochica sur les côtes du Pérou il y a environ 1500 ans, et la fin de la culture tivanaku sur l'altiplano bolivien-péruvien il y a environ 1000 ans, sont tous associés à des sécheresses régionales persistantes. » A l'explication des guerres et des invasions, on rajoute donc les causes climatiques. Mais cela ne devrait nullement effacer les révolutions. On pourrait dire ainsi que les conditions climatiques qui ont précédé 1789 ont déterminé la révolution ! Bien des causes ont pu déstabiliser des régimes, mais nous savons parfaitement qu'un régime d'exploitation et d'oppression, qu'une structure sociale, ne chute pas toute seule. On peut lire : « Une série d'événements déstabilisants », « La société maya à son point de rupture », « Des guerres intestines » ou encore « Une classe dirigeante sans vision à long terme ». On croirait qu'il s'agit de l'Ancien Régime de Louis XVI avant sa chute, mais c'est du régime maya qu'il est question ! Mais le mot « révolution » n'est pas prononcé, en ce qui concerne la chute des Mayas… Un régime économique, un régime social et un régime politique au bout du rouleau, des guerres civiles qui déstabilisent un pouvoir. Rien ne peut cacher que, pour renverser le pouvoir maya, il a fallu que les masses entrent en lutte, d'où le caractère radical du changement. D'où aussi la disparition complète non seulement d'un régime, mais d'un mode d'existence, de tout un peuple.</p>
<p>Jared Diamond étudie également les causes « des effondrements de Mayas » et, comme dans toutes les chutes de civilisations étudiées dans l'ouvrage, il y voit essentiellement des causes environnementales. « L'histoire des Mayas présente plusieurs avantages pour tous ceux d'entre nous qui s'intéressent aux effondrements préhistoriques. Les récits écrits des Mayas qui nous sont parvenus, même s'ils sont incomplets, peuvent nous aider à reconstruire l'histoire bien plus en détail que l'examen des anneaux des arbres ou des détritus animaux ou humains ne le permet dans le cas du Groenland et des Anasazis. (…) Les Mayas nous prouvent que les sociétés les plus avancées et les plus créatives peuvent aussi s'effondrer. (…) Chez les Mayas, les pluies sont imprévisibles en quantité selon les années (…). Dans les zones côtières peu élevées du nord dépourvues de réservoirs, les Mayas sont parvenus à descendre jusqu'à la nappe en creusant des puits atteignant parfois deux cent mètres de profondeur. (…) Les Mayas creusaient des dépressions, (…) plâtraient le fond des dépressions afin de créer des citernes et des réservoirs. Par exemple, les réservoirs de la ville maya de Tikal contenaient assez d'eau pour couvrir les besoins en eau potable de dix mille personnes pendant dix-huit mois. (…) Ces questions d'approvisionnement alimentaire pourraient contribuer à expliquer pourquoi la société maya est restée divisée en petits royaumes (…) qui ne se sont jamais unifiés pour devenir de vastes empires comme l'empire aztèque de la vallée du Mexique (nourri grâce à ses chipanas et autres formes d'agriculture intensive) ou l'empire inca des Andes (nourri grâce à diverses cultures transportées par des lamas sur des routes bien construites). Les armées et les bureaucraties mayas sont restées réduites et incapables de monter de longues campagnes sur de longues distances. (…) De nombreux ingrédients de la civilisation maya venaient d'ailleurs en Mésoamérique. Par exemple, l'agriculture mésoaméricaine, les villes et l'écriture étaient apparus hors du territoire maya, dans les vallées et les plaines côtières de l'Ouest et du Sud-ouest, où le maïs, les pois et les agrumes avaient été domestiqués et étaient devenus des composantes importantes de l'alimentation quotidienne vers 3000 avant J.-C ; où la poterie était apparue aux environs de 2500 avant J.-C ; les villages vers 1500 avant J.-C ; les villes vers 1200 avant J.-C chez les Olmèques ; l'écriture chez les Zatopèques d'Oaxaca aux environs de 600 avant J.-C ou plus tard et les premiers Etats vers 300 avant J.-C. (…) Sur le territoire maya, les villages et la poterie sont apparus aux environs de 1000 avant J.-C ou plus tard , les constructions importantes vers 500 avant J.-C et l'écriture aux environs de 400 avant J.-C. (…) La période dite classique de la civilisation maya commence aux environs de 250 avant J.-C, lorsqu'apparurent des preuves de premiers rois et dynasties. (…) Dans la société maya, le roi faisait également fonction de grand prêtre ; il avait la responsabilité des rituels astronomiques et des calendriers, c'est-à-dire d'apporter la pluie et la prospérité, qu'il affirmait avoir le pouvoir surnaturel d'offrir en vertu de ses relations familiales prétendues avec les dieux. (…) A partir de 250 après J.-C, la population maya, le nombre de monuments et de bâtiments (…) ont augmenté de façon quasi exponentielle pour culminer au 8e siècle après J.-C. (…) La dernière date connue sur un monument est l'an 909 après J.-C. (…) C'est ce que l'on appelle l'effondrement des Mayas classiques. (…) La dernière mention d'un roi à Copan date de 822 après J.-C et le palais royal a été incendié aux environs de 850. (…) Il n'y a pas eu seulement cet effondrement classique mais au moins deux plus limités sur certains sites, l'un autour de l'an 150 après J.-C, lorsqu'El Mirador et quelques autres villes mayas se sont effondrées (l'effondrement du préclassique), l'autre (ce qu'on appelle le hiatus maya) à la fin du 6e siècle et au début du 7e (…). Il y a eu aussi des effondrements postclassiques dans des régions dont la population avait survécu à l'effondrement classique ou augmenté par la suite – comme la chute de Chichen Itza vers 1250 et de Mayapan vers 1450. (…) Ce qui s'est effondré vite pendant l'effondrement classique, c'est l'institution de la royauté et du calendrier. (…) Chichen Itza s'est développée après 850 après J.-C et était le principal centre du nord vers 1000, avant d'être détruite par une guerre civile vers 1250. (…) »</p>
<p>Comme on l'a compris, dans les causes possibles de ces effondrements, c'est l'hypothèse de la sécheresse due à une surexploitation du territoire qui est privilégiée par Jared Diamond : « A partir des études au carbone des couches de sédiments lacustres, les climatologues et les paléo-écologues concluent sur le territoire maya (…) à une sécheresse de 125 à 250 après J.-C associée à l'effondrement préclassique d'El Mirador et autres sites (…) une sécheresse vers 600, ce qui correspond au déclin de Tikal et d'autres sites. Enfin, vers 760 commence la pire sécheresse (…) qui culmine vers 800, associée, pense-t-on, à l'effondrement classique. (…) Les climatologues ont remarqué que certains autres effondrements célèbres de civilisations préhistoriques éloignées du territoire maya semblent coïncider avec les maxima de cycles de sécheresse, comme l'effondrement du premier empire au monde (l'Empire accadien de Mésopotamie) aux environs de 2170 avant J.-C, celui de la civilisation Moche IV sur la côte péruvienne vers 600 après J.-C et celui de la civilisation de Tiahuanaco dans les Andes vers 1100 après J.-C . » Il conclue : « Si certaines sociétés réussissent tandis que d'autres échouent, la raison en est évidemment dans les différences entre les environnements plutôt qu'entre les sociétés. » Cependant, Jared Diamond relie ces crises environnementales aux décisions des gouvernants, ce qui lui permet d'expliquer qu'il se produise également des effondrements politiques et sociaux des régimes : « Les pays qui subissent une pression environnementale ou démographique, ou les deux, sont menacés d'avoir à subir une pression politique et de voir leur gouvernement s'effondrer. Des populations découragées, mal nourries, sans espoir, se retournent contre leur gouvernement (…) mènent des guerres civiles, persuadées qu'elles n'ont plus rien à perdre. On sait ce qui en résulte ; des génocides, des guerres civiles et des révolutions. » La révolution sociale n'apparaît ici que comme conséquence de choix environnementaux des classes dirigeantes. Les climatologues et paléo-écologues sont loin d'être les seuls à minimiser l'importance des luttes de classes et le rôle des révolutions sociales dans l'histoire des civilisations antiques d'Amérique centrale. Il est aussi minimisé par un grand nombre de préhistoriens, d'historiens, ou d'archéologues. L'archéologue Eric S. Thompson est certainement peu suspect de théoriser exagérément le rôle et l'importance de la révolution sociale dans l'Histoire, en particulier dans celle des Mayas fondée sur l'agriculture. Dans son ouvrage « Grandeur et décadence de la civilisation maya », il cite John Masefield : « Les Etats ne sont ni fabriqués ni assemblés. Ils croissent très lentement à travers des siècles de peine. Et en général, il croissent correctement » L'auteur est plutôt un admirateur de la société antique maya : « L'autorité, je pense, devait être très bienveillante, en dehors de l'appel constant de main-d'œuvre pour construire des temples, des pyramides et des palais plus grands et plus beaux. (...) La civilisation maya : la modération en toutes choses, l'attitude de vivre et de laisser vivre (...) » Et pourtant, cet historien est amené à combattre les thèses du déclin de la civilisation maya à la fin du 9ème siècle : « Les activités s'arrêtèrent dans les diverses villes, on n'érigea plus de stèles, on ne construisit plus de temples ni d'édifices. Dans quelques cas particuliers, le travail cessa si brusquement que des plates-formes déjà bâties ne reçurent jamais leur couronnement, tandis qu'à Uaxactun, on n'achevait même pas les murs du dernier bâtiment. (...) Pendant longtemps on a cru que, pour une raison ou pour une autre, les Mayas de la zone centrale abandonnèrent leurs villes pour émigrer au nord (...) L'erreur fondamentale, à mon avis, a consisté à supposer que toute la région fut abandonnée parce que l'activité avait cessé dans les grands centres cérémoniels. (...) On peut sans illogisme supposer l'existence d'une série de révoltes paysannes contre la minorité théocratique des prêtres et des nobles, provoquée par des abus dans les demandes de main-d'œuvre ou par la nécessité de nourrir un nombre de non-producteurs sans cesse croissant. » On retrouvera ce même type de motivations dans la révolution sociale qui s'est produite en -2260 ans avant J.-C contre les pharaons constructeurs de pyramides qui imposaient qu'un nombre croissant de champs servent à nourrir les prêtres chargés d'entretenir le ka, cette force vitale des nobles morts. Après la révolution égyptienne, la coutume change et l'entretien des morts consiste seulement à fournir des représentations de nourriture ou, même, seulement à les évoquer oralement en passant devant le temple. Comme on le voit, si nombre d'auteurs se sont enthousiasmé sur la religion égyptienne qui leur paraissait la clef de cette civilisation, les rites religieux sont eux-mêmes dépendants des aléas de la lute des classes !</p>
<p>A l'appui de l'idée d'une révolution ayant renversé la civilisation maya, Eric S. Thompson cite un grand nombre d'arguments : « Il est significatif que le culte des stèles a commencé à s'effondrer à la base de la presqu'île du Yucatan, région la plus facilement accessible aux idées révolutionnaires (...) A Uaxactun, les fouilles ont révélé que les sépultures se poursuivirent dans la ville après l'abandon des édifices. On enterra un corps dans les décombres d'une chambre écroulée, un autre se trouve dans un amas de gravats, un coin d'une cour, un troisième (celui d'un enfant) gisait sur une estrade ou un banc, parmi quelques pierres et beaucoup de bois carbonisé, recouvert par des gravats du toit. (...) On a découvert d'autres sépultures effectuées dans des chambres effondrées, en d'autres sites, notamment à Copàn (...) les sites furent visités après leur abandon, des tentatives de les remettre en service en bloquant les portes ouvertes, notamment pour des sacrifices humains. On peut justement, je crois, attribuer ces activités à la population paysanne après le massacre ou l'expulsion de la classe dirigeante. (...) A Piedras Negras, une magnifique estrade a été délibérément détruite et écrasée. On peut y voir l'œuvre d'envahisseurs mais, mieux encore, un acte de vengeance ou de malveillance de la part des paysans révoltés, cette estrade étant le siège de l'autorité détestée – une prise de la Bastille en quelque sorte ! (...) Le fait que les images des dieux des stèles de Piedras Negras n'aient pas été semblablement détruites indique peut-être que les dommages infligés au trône provinrent non d'envahisseurs ou d'indiens superstitieux, mais de paysans révoltés qui s'attaquèrent aux symboles de leur servitude, mais respectèrent les représentations de leurs dieux. (...) La plupart des cités maya du Yucatan et du Campêche furent, semble-t-il, abandonnées au même moment que celles de la zone centrale, ou peu longtemps après. (...) Dans la région centrale, l'effondrement se propagea d'une cité à l'autre (...) le renversement de l'ancien régime peut s'être effectué par la résistance passive ou par le massacre de la classe dirigeante. »</p>
<p>En 2005, l'archéologue Arthur Demarest analysait la découverte d'une quarantaine de corps massacrés dans la cité royale maya de Cancùen, expédition financée par la National Geographic Society. Selon lui, ces personnes porteuses d'objets et de bijoux de luxes seraient de la haute aristocratie maya et pourraient être la famille royale. Selon « Science et avenir » de janvier 2006 qui rapportait la découverte, « A la suite du carnage, la cité aurait été entièrement abandonnée ainsi que la plupart des villes situées en aval de la rivière qu'elle bordait. Dix ans après la chute de Cancùen, toutes les cités étaient désertées. »</p>
<p><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/282309/ossements-maya" class="spip_out" rel="external">Le roi, la reine et tout l'entourage royal mayas ont été massacrés par des gens qui n'ont pas cherché à prendre des richesses mais à les détruire</a></p>
<div class='spip_document_12602 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L208xH240/maya-c6bbd-683a7.jpg?1789958527' width='208' height='240' alt='' />
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</div><h2 class="spip">« Le mystère du massacre de la noblesse maya au Guatemala », El siglo de Torreon :</h2>
<p>« Les corps massacrés de plus de 30 membres de la noblesse maya ont été découverts dans une fosse commune à l'entrée de leur palais dans la ville guatémaltèque de Cancuén, capitale de l'un des royaumes de la civilisation maya.</p>
<p>Le massacre s'est produit entre 300 et 900 après JC. À une étape cruciale de l'effondrement de cette ancienne civilisation, une équipe de scientifiques de la National Geographic Society des États-Unis, du ministère de la Culture du Guatemala et de l'Université Vanderbilt (Tennessee, États-Unis)</p>
<p>Mais la découverte, faite par les archéologues guatémaltèques Sylvia Alvarado et Tomás Barrientos, a des aspects plus macabres, a déclaré l'anthropologue Arthur Demarest, professeur d'anthropologie à l'université Vanderbilt, dans une interview accordée à EFE du Guatemala.</p>
<p>Les squelettes du roi Kan Maxx et de la reine (dont le nom est inconnu) ont été retrouvés à environ 80 mètres de la fosse commune. En outre, le groupe a retrouvé les vestiges d'une douzaine de hiérarchies du royaume, dont certaines en quartiers, dans le secteur nord du palais.</p>
<p>"Au total, ce sont environ 50 personnes qui ont été tuées lors d'une sorte de rituel et c'était le début de la fin de la civilisation maya", a-t-il déclaré.</p>
<p>La découverte de palissades inachevées, de flèches éparses et de constructions palatiales abandonnées, ainsi que de squelettes portant les marques de lances et de coups de hache montre que la ville a été détruite et ses monarques exécutés, a déclaré Demarest.</p>
<p>"Il y avait un effort désespéré pour défendre la ville, il est clair que ces défenses n'ont pas fonctionné", a-t-il ajouté.</p>
<p>Selon le scientifique, apparemment le roi et la reine, ainsi que des membres de sa cour, auraient été rassemblés pour être massacrés à la lance ou avec des coups à la tête et au cou.</p>
<p>Les os montrent que des enfants et des adultes ont été tués, y compris deux femmes enceintes, dont les foetus ont été trouvés sous la boue qui a ensuite inondé l'endroit.</p>
<p>Des os robustes, des déformations crâniennes et de beaux ornements, notamment du jade, des colliers de crocs de jaguar et des obus du Pacifique montrent qu'ils étaient tous nobles, a déclaré Demarest.</p>
<p>En raison de sa position stratégique à la source de la rivière Pasión, le royaume de Cancuén était l'une des cités-États les plus riches de l'ancienne civilisation maya.</p>
<p>Le scientifique a indiqué que le royaume était le point de rencontre du monde maya, né dans les basses terres du sud du Mexique et du nord du Guatemala, avec l'altiplano et les littoraux du sud.</p>
<p>Selon le reportage de la découverte, qui fait partie d'un programme télévisé que National Geographic diffusera plus tard ce mois-ci, la richesse du royaume s'est reflétée dans la magnificence de son palais royal.</p>
<p>Le bâtiment couvrait une zone de deux terrains de football et ses murs étaient ornés de centaines de sculptures en stuc.</p>
<p>Le palais central était également entouré d'ateliers où l'on travaillait du jade, du verre volcanique, de la pyrite et d'autres matériaux précieux extraits des montagnes et des littoraux.</p>
<p>"Après cet événement tragique et violent, la ville de Cancuén a été complètement abandonnée", a déclaré l'anthropologue.</p>
<p>La même chose s'est produite avec d'autres colonies situées sur les rives de la rivière, a-t-il ajouté.</p>
<p>La découverte de preuves du massacre a été faite en juin de cette année quand Alvarado et Barrientos ont creusé dans les environs du palais et dans une sorte de citerne.</p>
<p>Elle était pleine d'ossements et d'artefacts humains et, face à l'ampleur du massacre, l'équipe d'archéologues a demandé l'intervention de la Fondation de l'anthropologie médico-légale du Guatemala (FAFG).</p>
<p>Cet organe a été créé en 1996 après la signature des accords de paix du Guatemala et travaille sous la supervision des Nations Unies.</p>
<p>Le massacre de Cancuén continue de faire l'objet d'une enquête dans l'espoir de trouver de nouveaux indices sur l'effondrement de la civilisation maya.</p>
<p>"Dans les deux prochaines années d'étude, les squelettes et les artefacts fourniront plus de détails sur la vie et la mort violente des dirigeants et des nobles de Cancuén", a ajouté Demarest. »</p>
<p><a href="https://www.elsiglodetorreon.com.mx/noticia/181583.el-misterio-de-la-masacre-de-la-nobleza-maya-en-guatemala.html" class="spip_out" rel="external">Source en espagnol</a></p>
<div class='spip_document_12603 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L265xH354/tikal3-265x354-24d5f-78d02.jpg?1789958527' width='265' height='354' alt='' />
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<p>On peut citer un grand nombre d'auteurs qui relèvent le caractère révolutionnaire des transformations étatiques de la civilisation maya. C'est le cas, par exemple, de d'Henri Stierlin dans son ouvrage intitulé « Maya ». « Après 534 de notre ère, les archéologues constatent une sorte de « hiatus » dans la chronologie : les inscriptions – qui se succèdent par ailleurs de manière continue – disparaissent complètement. Simultanément, les grands travaux se raréfient. » Citons le chapitre intitulé « Le déclin des cités maya » : « L'agonie des métropoles édifiées dans les régions de Petén, du Belize, du Honduras et du Chiapas se reflète dans l'arrêt subit des inscriptions : la datation des monuments cesse progressivement sur différents sites, sans que l'on comprenne pourquoi. (...) En un peu plus d'un siècle, la brillante mécanique culturelle des Mayas s'enraye. Les traditions tombent dans l'oubli. Les tribus entrent l'une après l'autre en décadence. Que s'est-il produit ? A cette question, les archéologues et historiens ont cherché à répondre en invoquant tantôt des épidémies, des désordres populaires, des inondations ou l'irrésistible envahissement de la forêt. Ils ont postulé des changements climatiques l'abandon des terres et le défaut d'entretien des canaux de drainage, provoquant des attaques massives de malaria… Ils mentionnent aussi de véritables révolutions, suite à la surexploitation de la main d'œuvre. »</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L488xH565/Goddess_O_Ixchel-65d0c-50f75.jpg?1789958527' width='488' height='565' alt='' />
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</div><h2 class="spip">« Maya » d'Henri Stierlin :</h2>
<p> « Il a fallu que les Mayas de l'époque préclassique aménagent – au prix d'efforts considérables – le milieu dans lequel ils implantent leur agriculture (...) : des réseaux de drainage. (...) Cet équipement de territoire révèle un prodigieux travail collectif. Celui-ci n'aurait jamais pu s'accomplir sans des structures sociales hiérarchisées et sans une organisation politique dont les origines remontent au-delà du préclassique maya (900 à 300 avant JC) . » Pourtant, le même auteur souligne que ce n'est pas l'Etat mais le grand commerce qui marque la naissance de la civilisation avec les villes, centres de commerce et d'artisanat : « Il existait entre les villes disséminées dans la forêt pluviale des liens puissants fondés sur des échanges et un commerce actif. » Et ce, bien avant la naissance de l'Etat et de ses constructions architecturales massives : « Les réalisations architecturales datent de la fin de l'époque préclassique (300 avant JC à 300 après JC) ». La civilisation maya est donc largement antécédente à la fondation d'un Etat central maya qui n'a pas pu voir le jour et en est restée aux tentatives fédératives. Elle est issue d'une révolution de la société civile et non d'un changement de pouvoir politique. »</p>
<p>Le physicien des particules Murray Gell-Mann, qui considère que les systèmes auto-organisés vont de la matière à la société humaine, dans « Le quark et le jaguar », commente la chute de l'empire maya : « L'effondrement de la civilisation maya classique il y a plus d'un millénaire a suscité des hypothèses en abondance, mais la cause demeure un mystère et une source de controverse aujourd'hui encore. Le petit peuple en a-t-il eu assez de travailler sous le joug des dirigeants et de l'aristocratie ? Les gens ont-ils perdu la foi dans le complexe système religieux qui assurait le pouvoir de l'élite en maintenant la cohésion de l'édifice social ? »</p>
<p>La revue « Sciences et avenir » de janvier 2007 propose par exemple un dossier intitulé « La chute de l'empire maya » qui, sous la plume de Bernadette Arnaud, rappelle comment cette civilisation avait théorisé la fin du monde, vivant sans cesse dans la hantise de l'effondrement du système : « Les Mayas sont la seule civilisation à avoir inscrit son histoire dans un cadre de ce genre : leur angoisse, c'est la succession des différents cycles. Ils redoutent, par-dessus tout, les ruptures, les passages d'un cycle à un autre. « Ils étaient convaincus que le monde actuel avait été précédé par d'autres, et que chaque création était suivie d'une destruction. » raconte Claude Baudez. » (...) Ils s'attendaient, par exemple, à la répétition des mêmes événements dans chaque katun du même nom (...) » Si une calamité s'était produite lors du précédent katun – ce qui pouvait être vérifié dans les registres – une autre catastrophe était à prévoir au suivant. (...) Pour des raisons longtemps qualifiées de mystérieuses (...) les cités mayas qui parsèment le centre de la péninsule du Yucatan se vident en effet de leurs habitants. (...) Longtemps restée sans réponse, l'énigme de la chute des Mayas donne aujourd'hui lieu à d'intéressantes hypothèses puisant des arguments dans les récentes découvertes archéologiques et climatologiques. Trois pistes sont évoquées. Tout d'abord l'effondrement politique. (...) Le pouvoir semble s'être réparti entre plusieurs lignages. « L'absence d'hégémonie va être compensée par des particularismes régionaux. (...) » conclue Claude Baudez. Deuxième hypothèse pour expliquer le déclin brutal : les conflits armés. Les Mayas ne sont pas un peuple pacifique. Ils sont fréquemment en guerre. (...) Mais, est-ce que cela suffit à expliquer l'ampleur des combats ? Des archéologues américains ont mis en évidence dans les années 1980-1990 des événements d'une violence considérable qui se seraient déroulés à partir de 760, dans le secteur du Petexbatin, autour de l'antique cité de Seibal, dans le Petén. (...) Ces guerres ont surtout engendré instabilité, insécurité et fragilité. Reste à comprendre leur soudaine multiplication à la fin du 8ème siècle. Une hypothèse séduit de plus en plus les scientifiques : des désordres d'origine climatique auraient pu exercer une influence décisive. C'est la troisième piste suivie par les chercheurs. (...) Des géologues de l'université de Floride ont pu démontrer l'existence de très graves problèmes climatiques, en particulier d'une forte sécheresse globale au cours de l'intervalle 800-1000. (...) Leurs conséquences sur l'agriculture maya auront été catastrophiques. (...) Les crises se répétant, de nombreux dirigeants se sont vraisemblablement révélés incapables de faire face : « Certains d'entre eux ont dû momentanément passer au travers de la contestation, car tout le monde ne saute pas dès la première crise de 760. Dès 810, en revanche, beaucoup commencent à être affectés. En 860 plus encore. Et en 910, pratiquement tout le monde. » poursuit Dominique Michelet, directeur de la mission archéologique franco-mexicaine de Rio Bec, au Yucatan. « Cet effondrement ne résulte donc pas seulement d'un phénomène de rejet et d'aporie du système politique, mais vraiment d'une situation qui affecte les populations. Celles-ci abandonnent des zones entières. »</p>
<p>A la fin du 9ème siècle, Tikal perd ainsi 90% de sa population. (...) « J'aurais même tendance à dire que ce n'était pas la dégradation anthropique de l'environnement qui a été le responsable de l'effondrement des Mayas. Tout le monde oublie qu'en dehors d'eux, il y a eu d'autres disparitions en Méso-Amérique.</p>
<p>La culture Teotihuacàn, par exemple (plus grande concentration urbaine du continent américain au moment de son apogée en 200-500 après J.-C.) ou bien encore celle des Olmèques… » rétorque Dominique Michelet. Ce que l'on désigne traditionnellement comme « l'effondrement de la civilisation classique maya » (c'est-à-dire la disparition d'un grand nombre de sites, entre 800 et 900 de notre ère) serait dû à un ensemble de phénomènes dispersés dans le temps et l'espace, et très divers dans leur ampleur. Certains affectent des régions entières, d'autres seulement les cités. Ils atteignent d'abord les groupes dirigeants, avant que les cités se vident entièrement de leurs habitants autour de l'an 1000. Plus tard, lors de ce que l'on appelle « l'effondrement post-classique », les deux ultimes cités majeures du monde maya préhispanique, Chichén Itza (1221) puis Mayapán (1450) seront abandonnées à leur tour. »</p>
<div class='spip_document_12605 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH299/220px-Yaxchilan_Lintel_24-48fa3-6af88.jpg?1789958527' width='220' height='299' alt='' />
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</div><h2 class="spip">« Des dieux, des tombeaux, des savants », de C.W.Ceram :</h2>
<p>« Le secret des villes désertées</p>
<p>« Quand on eut éclairci quelques points essentiels de la chronologie maya, les résultats obtenus firent apparaître l'un des phénomènes les plus mystérieux de l'histoire d'un grand peuple, le secret des villes désertées. (…) Cela mérite d'être parce qu'on fait ainsi revivre pour nous le dernier chapitre de l'histoire maya et cela nous ramène par un détour au secret des villes mortes. (…) En 1441, les opprimés se groupèrent pour former une fronde (…) Mayapan fut conquise, sa chute entraîna non seulement celle de la ligue (entre les villes du Nouvel Empire), mais aussi celle de l'empire Maya. Les Xiu fondèrent encore la ville de Mani ; d'après certains, ce nom signifierait « tout est fini ». (…)</p>
<p>Nous allons poser quelques questions aux spécialistes de la chronologie maya.</p>
<p>Mayapan, Chichen et Uxmal sont les villes principales du Nouvel Empire (maya). Pourquoi appelez-vous Nouvel Empire les colonies fondées dans le Nord du Yucatan ?</p>
<p>Réponse : parce que ces villes furent fondées très tard, entre le 7ème et le 10ème siècle de notre ère ; et parce que, dans ses manifestations principales, aussi bien en architecture, dans les arts plastiques, que dans la forme de son calendrier, le Nouvel Empire est directement issu de l'Ancien.</p>
<p>Dans ce cas, qu'appelle-t-on colonies ? En règle générale, une nouvelle forme d'empire devait naître de l'ancienne.</p>
<p>Réponse : les choses ne se sont pas passées de la façon courante du fait que le Nouvel Empire fut effectivement fondé en terre vierge, c'est-à-dire que l'on construisit des villes entièrement neuves. L'Ancien Empire s'étendait au sud de la péninsule du Yucatan, sur le territoire actuel du Honduras, du Guatemala, du Chiapas et du Tabasco.</p>
<p>Faut-il donc considérer le Nouvel Empire comme une colonie de l'Ancien Empire, fondée par des pionniers ?</p>
<p>Réponse : au contraire, il fut l'œuvre du peuple tout entier.</p>
<p>Prétendez-vous qu'u beau jour, tout le peuple des Mayas abandonné son empire puissant, ses villes fortifiées, et qu'il affronta tous les dangers d'une terre inconnue afin de fonder un nouvel Empire dans le nord ?</p>
<p>Les savants répondent en souriant : c'est bien ce que nous voulons dire. Nous savons que cela paraît incroyable, néanmoins c'est un fait puisque … Et ils citent une série de dates. (…) Quand ils édifiaient un nouveau bâtiment, ils indiquaient dessus sa date de construction. (…) Si donc nous voyons l'activité constructrice s'interrompre dans une ville à une certaine date, pour commencer dans une autre ville vers la même époque, nous n'en pouvons tirer qu'une seule déduction : à savoir que la population abandonna subitement la première ville pour en fonder une nouvelle.</p>
<p>Bien qu'il soulève toute une série de questions, on pourrait néanmoins expliquer un événement de cet ordre sur le plan local, mais le phénomène qui eut lieu vers 600 après J.-C. défie toutes les interprétations. En effet, un peuple entier, un peuple de citadins, plia bagages, abandonna ses maisons, ses rues et ses places, ses temples et ses palais pour émigrer dans le Nord sauvage et lointain. Aucun des émigrants ne revint jamais. Les villes désertées furent la proie de la jungle, les mauvaises herbes envahirent les perrons, les semences de la forêt s'implantèrent dans les joints que le vent remplit de parcelles de terre, des pousses grandirent et brisèrent les murailles. Nul homme ne posa plus le pied sur le dallage des cours, nul ne gravit plus les degrés des pyramides.</p>
<p>Dès que ces faits furent connus, les interrogations affluèrent. Le plus simple eût été de prétendre que des envahisseurs étrangers avaient chassé les Mayas. Mais qui pouvaient être ces envahisseurs ? A l'époque de leur splendeur, aucun peuple n'aurait pu affronter la puissance militaire des Mayas. L'explication est en outre insuffisante. Dans les villes désertées, on ne trouva pas trace de conquérants.</p>
<p>Une catastrophe naturelle aurait-elle provoqué l'émigration ? Mais on se demande une fois de plus comment le prouver et quelle catastrophe pourrait amener un peuple à bâtir un nouvel Empire au lieu de revenir sur les lieux du sinistre ?</p>
<p>Peut-être une épidémie a-t-elle ravagé la population ? Rien ne porte à croire que le grand voyage fut entrepris par un peuple décimé. Au contraire, le peuple qui construisit des villes comme Chichen Itza était un peuple fort.</p>
<p>Le climat aurait-il subitement changé et rendu la vie impossible ? Quatre cents kilomètres seulement, à vol d'oiseau, séparent le centre de l'Ancien Empire du centre du nouveau. Si un bouleversement du climat (que rien ne confirme à nos yeux) avait affecté à tel point la structure d'un empire, il ne serait pas demeuré sans effet quatre cent kilomètres plus loin. (…)</p>
<p>Les Mayas étaient des citadins. Ils l'étaient dans un sens aussi restreint que le furent depuis cinq cents ans tous les peuples d'Europe : les classes dirigeantes, noblesse et clergé, habitaient les villes, centre du pouvoir comme de la culture, de la vie intellectuelle et du plus grand raffinement. Cependant toutes ces villes n'auraient pas été viables sans le paysan, sans les fruits de la terre, et surtout sans l'aliment essentiel qui, pour nous, fut toujours le blé, et pour les peuples d'Amérique centrale, une autre céréale, l' « Indian corn », le maïs. Le maïs nourrissait les villes et les classes dirigeantes. La civilisation ne pouvait se maintenir que par lui. C'est lui qui détermina l'emplacement des premières cités bâties en pleine jungle, sur le sol brûlé des anciens champs de maïs. L'ordre social des Mayas présentait des contrastes plus frappants que partout ailleurs. Il suffit, pour le caractériser de comparer une ville européenne moderne avec une ville maya. Dans le complexe de la ville moderne, les différences sociales des habitants apparaissent clairement, mais d'innombrables nuances intermédiaires ménagent des rapports et des transitions. Au contraire, la ville maya affichait les contrastes entre ses habitants. Les temples et les palais de la noblesse et du clergé s'élevaient en général sur une colline ; ils formaient un bloc semblable à une forteresse (sans doute durent-ils souvent en jouer le rôle). Sans aucune transition, les huttes et les cabanes du menu peuple se pressaient autour de la « City » de pierre. Le peuple maya était partagé en un très petit nombre de Seigneurs et une masse immense d'opprimés.</p>
<p>On imagine mal quel abîme séparait ces deux classes. Il semble que chez les Mayas, la classe intermédiaire de la bourgeoisie ait fait totalement défaut. La Noblesse était une caste fermée ; elle se nommait « almehenoob » - c'est-à-dire « ceux qui ont père et mère », ceux qui ont un arbre généalogique.</p>
<p>On y choisissait les prêtres, ainsi que le prince héréditaire, le « halach uinic », l' « homme vrai ». Et pour ces hommes qui « avaient père et mère » le peuple entier travaillait. Le paysan donnait un tiers de sa récolte à la noblesse, un tiers au clergé, il ne pouvait garder que le troisième. Entre l'époque des semailles et celle de la moisson, il rejoignait les esclaves affectés à la construction. Les blocs de pierre étaient amenés sans chariots ni bêtes de somme. Les outils qui servirent à ciseler les sculptures et les bas-reliefs admirables n'étaient ni en fer ni en cuivre, ni en bronze, mais uniquement en pierre. Or l'œuvre des ouvriers mayas n'est pas inférieure à celle des bâtisseurs des pyramides ; peut-être même la dépasse-t-elle.</p>
<p>Bien qu'elle se soit maintenue pendant mille ans, une organisation sociale aussi rigide portait en elle le germe de sa ruine. (…)</p>
<p>Les maîtres de Tula étaient aussi des sages (…) Leur empire aurait duré cinq siècles ; puis il y eut des famines, des guerres civiles, des querelles dynastiques. »</p>
<div class='spip_document_12606 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L240xH320/240px-Mascaron_Maya-1f130-d9b91.jpg?1789958527' width='240' height='320' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Ivar Lissner, dans « Civilisations mystérieuses » :</h2>
<p>« Au cours des fouilles de 1958 à Tikal (civilisation maya, au Guatemala), on remit au jour le « Temple de la stèle rouge ». Il se compose de trois compartiments, chacun ne comportant qu'un orifice au milieu. Dans le compartiment le plus reculé, les savants américains découvrirent – en faisant enlever les monceaux de débris – la « Stèle 26 ». Comme elle portait encore les traces d'un coloriage rouge, on donna au temple le nom de « Temple de la stèle rouge ». Ce temple est un bel exemple de l'architecture maya classique : à une époque impossible à déterminer il a été volontairement détruit. Après cette démolition, les prêtres semblent avoir fait une tentative pour apaiser les dieux : des feux cultuels ont noirci un des autels. On ignore cependant combien de temps on s'est encore servi du temple. Mais à la fin de cette période se place la destruction totale de l'édifice. L'autel fut démantelé, les monuments coloriés de rouge, avec leurs offrandes océaniques de coraux, de petites pierres, anéantis…</p>
<p>L'University Museum of Pennsylvania fit en 1959 la découverte la plus importante. A 200 mètres seulement de la grande « Plaza » de Tikal, on mit la main sur une stèle brisée, le monument le plus ancien de la jungle de Guatemala qu'on ait réussi à dater. La stèle porte le numéro scientifique 29. Les trois savants Linton Satterwaite, Mary Ricketon et Benedicta Levine déchiffrèrent sa date : le 6 juillet 292 après J.-C.</p>
<p>L'une des énigmes les plus impénétrables est la fin de la civilisation des Mayas ! Pourquoi la civilisation des Mayas s'est-elle éteinte ? Pourquoi a-t-on abandonné des villes cultuelles construites avec tant de peine et tant d'efforts ? Quelle catastrophe s'est abattue sur le peuple maya ?</p>
<p>Tous les explorateurs de la civilisation maya se sont posé la question de savoir pourquoi ce peuple disparut ainsi subitement, à un moment où sa civilisation avait atteint un si bel épanouissement ? Pourquoi l'activité architecturale, la science, la vie religieuse se sont-elles si brusquement arrêtées ? Pendant longtemps on avait pensé que les Mayas abandonnèrent leurs villes de la zone centrale pour aller s'établir dans le Yucatan, ou bien dans le Sud, sur le haut plateau guatemalien. Cette hypothèse n'est pas viable, car l'apogée de la civilisation maya se place au même moment pour les trois régions.</p>
<p>On a énoncé de nombreuses théories pour expliquer l'abandon des villes mayas. Il est possible que l'exploitation des champs en pleine jungle ait demandé un trop grand effort aux populations indigènes. Les Mayas jugeaient peut-être qu'il n'était pas rentable de brûler des forêts, d'irriguer les terres pour les abandonner au bout de deux ou trois ans et recommencer ailleurs !</p>
<p>La savane – terme indien – désigne une prairie de hautes herbes, parsemée d'arbres isolés ou de groupes d'arbres. Après la destruction des forêts on voyait se former de telles « savanes » que les Mayas devaient abandonner. Dans l'humidité tropicale, ces savanes se transformaient peu à peu en jungle. On a rendu responsable du départ des Mayas le paludisme, la fièvre jaune, l'ankylostomiase. Mais le paludisme et la fièvre jaune étaient des « cadeaux » des Espagnols. Avant leur arrivée il n'en était pas question au Nouveau Monde.</p>
<p>La même chose est vraie de hamulaire, qui a causé la mort de tant de pharaons d'Egypte. D'ailleurs, toutes ces raisons expliqueraient un lent départ des Mayas mais les recherches ont permis d'établir que les villes mayas ont été abandonnées DU JOUR AU LENDEMAIN.</p>
<p>Ainsi, la ville d'Uaxactùn tomba en ruine avant même que ses constructions ne fusssent terminées.</p>
<p>Copàn cessa en 800 après J.-C. d'élever à hiéroglyphes.</p>
<p>A Quiriguà, Piedras Negras et Etzna, toute vie disparut en 810 de notre ère.</p>
<p>Tila se tut en 830.</p>
<p>A Tikal et à Seibal, les dernières stèles furent érigées en 869.</p>
<p>Uaxactùn, Xamantùn et Chichén Itzane vécurent que jusqu'en 889.</p>
<p>Une stèle de San Lorenzo, près de La Mùneca, porte la dernière date maya, qui correspond, dans notre calendrier, à 928 après J.-C.</p>
<p>Les grands centres religieux se turent comme sur un signe convenu… Nous savons que la civilisation de la jungle a connu une fin très brusque, tellement brusque que même une guerre ne saurait l'expliquer. Sauf à Tikal, on a trouvé très peu de traces de destructions violentes.</p>
<p>L'Anglais Thompson est d'avis qu'il n'y eut pas, chez les anciennes populations mayas, d'invasions violentes ; mais un phénomène bien plus dangereux se produisit… Cette région a pu être atteinte… par des idées révolutionnaires. Ainsi on peut supposer qu'il y eut de sanglantes révoltes de paysans contre la caste des prêtres. La mort de la foi maya sonnait en même temps le glas de la civilisation maya, car une civilisation ne survit jamais à la perte de ses bases religieuses.</p>
<p>Sans foi, les paysans n'acceptaient plus de donner leur travail et leurs offrandes…</p>
<p>La caste régnante des prêtres fut peut-être chassée de ville en ville, ou exterminée. Les chefs des paysans, ou bien des chamanes, les remplaçaient. On n'édifiait plus de temples, on ne dressait plus de stèles. La forêt tropicale s'empara des cours et des parvis, envahit les terrasses, les toits des maisons.</p>
<p>L'abandon d'une région de 600 km de long et 200 km de large, avec de nombreuses villes et centres culturels dont l'essor ne montrait aucun signe de lassitude, échappe à toute explication.</p>
<p>L'américaniste allemand Franz Termer a proposé de l'énigme une solution qui mérite d'être prise en considération : dans un pays régi par une caste théocratique, l'abandon de la partie peut être la conséquence d'un ordre divin. Dans ce cas, la population aurait quitté son pays sous la conduite des prêtres, pour obéir au commandement des dieux.</p>
<p>Le grand exode des Mayas, au IXe siècle de notre ère, la brusque fin de leur civilisation est une des nombreuses énigmes de ce peuple mystérieux entre tous…</p>
<p>Que signifient le crépuscule, la décadence, la fin tragique d'une civilisation ?</p>
<p>La chute d'une civilisation n'est pas événement de la nature… Les événements extérieurs tels que cataclysmes, épidémies, révolutions sociales, invasions, ne sont jamais que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Une civilisation périt quand… elle est prête à mourir… L'ancien a disparu, du nouveau s'est produit. »</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L284xH425/chic_nunnery-b0bb1-50375.jpg?1789958527' width='284' height='425' alt='' />
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</div><h2 class="spip">« Nature et dynamique des cités mayas », Arnauld Marie-Charlotte, Michelet Dominique :</h2>
<p>Dans les basses terres mayas, la formation des établissements groupés a été étudiée avant tout dans ses composantes monumentales : il s'agit des processus architecturaux constituant les centres, repérables lorsque débuta, au Préclassique moyen, la construction de plates-formes volumineuses à murs de pierres grossièrement taillées et à revêtements de stuc épais. Les habitations construites en matériaux périssables sont presque impossibles à étudier dans le milieu de la forêt tropicale, si ce n'est ponctuellement ou au hasard de sondages. Ainsi, ce que l'on appelle l'urbanisation maya est le plus souvent confondu avec le développement de l'architecture en pierres taillées, qui, seule, laisse des traces bien repérables et accompagne effectivement les concentrations de population, importantes à partir du Préclassique récent. À l'inverse, la disparition, au Peten, des édifices en pierres taillées au Classique terminal et au Postclassique, qui coïncide avec l'effondrement des grandes formations politiques, correspond en général à l'abandon des cités ; certes, des architectures en bois, « invisibles », ont pu prendre le relais de celles de pierres, mais toutes les données archéologiques, épigraphiques et même, dans une certaine mesure, paléo-environnementales concourent à démontrer que la rareté des constructions en pierres après le IXe siècle traduit bien l'abandon des cités et la dispersion de populations autrefois rassemblées…</p>
<p>À la fin du Classique récent, en tout cas, de plus en plus de petites cités se dotaient de stèles à inscriptions de style royal, tandis que les guerres régionales se multipliaient – au moins dans certains secteurs – : autant de symptômes d'une balkanisation et, vraisemblablement, de tensions démographiques et agraires fortes, que jamais une croissance par l'artisanat et le commerce ne vint réduire.</p>
<p>Ce que l'on désigne traditionnellement comme « l'effondrement de la civilisation classique maya » (entre 800 et 900 après J.-C.) fut d'abord et avant tout celui des royautés qui régnaient sur les centres, petits et grands, des basses terres centrales. Ce phénomène eut pour conséquence le dépeuplement massif, quoique partiel, d'une majorité des cités de la région. Quelques centres, rares il est vrai (Lamanai au Belize), paraissent n'avoir guère décrû à la même époque, mais aucun grand projet architectural n'y est plus réalisé ; on a imaginé que leur survie serait liée à une position stratégique sur des voies de communication fluviales.</p>
<p>Bien que cela ne soit pas strictement démontré, on suppose par ailleurs que, outre les populations qui se maintinrent sur place, devenant presque invisibles pour l'archéologue du fait de leur dispersion et de l'abandon de l'architecture de pierre), une partie des anciens habitants du Peten serait allée s'installer dans les basses terres situées plus au nord, dans les sites des régions Río Bec, Chenes et Puuc notamment, dont les populations, justement, s'accrurent de façon spectaculaire au IXe siècle. Ces sites, à leur tour, se vidèrent de leurs habitants autour de l'an mil. »</p>
<div class='spip_document_12608 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH429/2910792639_small_1-8f3db-df261.jpg?1789958527' width='400' height='429' alt='' />
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</div><h2 class="spip"> « Cultures Mayas », Jonathan Ramon :</h2>
<p>« La civilisation maya avait des centres tels que Palenque, situé dans la jungle du Chiapas, qui culminait entre 695 et 799, ainsi que les centres de Yaxchilán, Bonampak et Piedras Negras. C'est dans cette région que l'on trouve les premières indications de l'existence d'une guerre entre les Mayas : il y a des représentations qui parlent de guerriers, de batailles et de raids pour capturer des prisonniers. Becán, situé à Campeche, est un exemple de ville fortifiée maya entourée d'un fossé sec.</p>
<p>Avant de mettre fin à la période théocratique, il est important de souligner la relation étroite et durable qui existait entre la région maya et le centre du Mexique, en particulier avec Teotihuacan, du Ve au VIIe siècle. Teotihuacan contrôlait les centres mayas de cette période par la guerre et la domination politique, mais surtout par des influences culturelles et l'accès à une série de ressources naturelles, telles que le cacao, qui étaient des produits de base dans les réseaux commerciaux. Initialement, on en a déduit que la culture maya absorbait l'influence de Teotihuacan et poursuivait son propre développement. Plus tard, les preuves découvertes à Tikal et à Kaminaljuyú ont été analysées, où des bâtiments et des veillages suggèrent une activité guerrière entre Teotihuacan et Maya, démontrant le pouvoir que les guerriers ont exercé à cette époque.<br class='autobr' />
Nous pouvons affirmer que la désintégration dramatique et incompréhensible de ces puissants centres cérémoniels pourrait être intimement liée à la chute de Tehotihuacan elle-même.</p>
<p>De nombreuses hypothèses ont été formulées sur "l'effondrement des Mayas", c'est-à-dire le déclin et la disparition des centres théocratiques mayas, dont l'ordre s'est effondré entre les années 750 et 900. Une théorie parle de l'effondrement écologique qu'a subi la région à la suite de la destruction de la jungle par les systèmes agricoles utilisés par les Mayas (tombeaux, brûlis), tandis qu'un autre met l'accent sur une croissance excessive de la population, qui a commencé à exercer trop de pression sur les terres et la production de nourriture. Ces hypothèses sont probablement vraies, bien qu'elles ne soient pas suffisantes pour expliquer le déclin des centres théocratiques.</p>
<p>Peut-être les contradictions internes de la société théocratique leur ont-elles été jointes. Le pouvoir et l'autorité étaient entre les mains d'un groupe de nobles et de prêtres qui imposaient de lourdes charges fiscales au travail et aux espèces. Ainsi, ce peuple aurait pu se soulever dans une rébellion sanglante ou émigrer en masse vers d'autres pays. À tout cela s'ajoute le fait que Teotihuacan, pillé et réduit en cendres par des forces inconnues entre 700 et 750, a cessé de manifester son influence dans la région de Maya. Sa prospérité économique et culturelle s'est arrêtée brusquement pour céder la place à Xochicalco, puis aux Toltèques, dans le domaine de la vallée de Mexico. Cent ans après la destruction de Teotihuacan, les centres mayas sont entrés en crise, se sont dépeuplés et leurs villes ont été envahies par la jungle.</p>
<p>Kukulkan est le nom maya de Quetzalcoatl, personnage important de la période postclassique des Mayas. Nous le voyons ici dans un dessin d'un bas-relief de Yaxchilán.</p>
<p>Il couvre les années 1000-1687. Une fois abandonnés les centres cérémoniels mayas de la période classique, la force génératrice de cette époque sera un courant migratoire identifié de manière ethnique aux Mayas enracinés dans la région, ce qui a entraîné une culture métisse à forte teneur en Nahuatl.</p>
<p>Ce courant, appelé putún ou maya-chontal, vivait au sud de Tabasco et entretenait des relations commerciales étroites avec les peuples du centre du Mexique et avec les groupes Nahua établis à la périphérie de la région maya, par exemple à Xicalango. Leur présence devrait rompre avec l'équilibre précaire dans lequel le monde théocratique tentait de se maintenir. Ce sont les Putuns qui ont profité de la chute de cet ordre pour introduire un nouveau mode de vie et une domination sur la région.</p>
<p>Le territoire d'où provenaient les Putunes était le delta des rivières Usumacinta et Grijalva, une région de rivières, de ruisseaux, de lagunes et de marécages où prédominait le transport de l'eau. Cela faisait de la Putunes d'excellents navigateurs et marchands, qui contrôlaient les routes maritimes commerciales autour de la péninsule du Yucatan, de la Laguna de Términos à Campeche au centre de Sula au Honduras.<br class='autobr' />
Les Putuns se sont installés au sud de la rivière Passion et ont appelé leur terre Acalan (« lieu de canoës »). Ils ont fondé deux villes principales : Potonchan (Putunchan), située à l'embouchure de la rivière Grijalva, et Itzamkanac, près de l'actuelle rivière Candelaria qui se jette dans la lagune de Terminos. Itzamkanac était la capitale d'Acalan, mais peut-être que Potonchán fut la première ville. En effet, il dominait le commerce concernant les zoques et les habitants des hauts plateaux du Chiapas. Itzamkanac était situé trop en amont pour devenir un important port d'échange. Ainsi, Xicalango, le grand centre commercial situé dans la lagune de Terminos et contrôlé par Itzamkanac, assurerait cette fonction.</p>
<p>Ils ont établi de nombreux ports sur ces routes, notamment Cozumel, Xel-Há, Bahía de la Ascensión et Polé (l'actuel Xcaret), à Quintana Roo, qui étaient dominés par une branche des Putunes, connue sous le nom de Itza ( « ceux qui parlent la langue de manière irrégulière »).<br class='autobr' />
De Polé, les Itzáes ont pénétré à l'intérieur des terres pour conquérir Chichén en 918 et ont pris depuis le nom de Chichen-Itza. En 950, ils dominèrent toute la région orientale jusqu'à Bakhalal (Bacalar) et Chactemal (Chetumal). Une fois la zone contrôlée, cette branche d'Itza de los Putunes a établi une communication avec ses voisins mexicains au sud de Campeche. Les Itza sont censés avoir reçu un aQuetzalcóatl, appelé en maya Kukulkan, qui parlait à la fois le chontal et le nahuatl et qui avait absorbé de profondes influences du centre du Mexique. Il avait fui Tula et s'était allié aux Chontales pour conquérir Chichén Itzá en 987. Les influences toltèques datent de cette période dans l'art et l'architecture maya.</p>
<p>Il convient de souligner que des auteurs tels qu'Enrique Florescano, Leonardo López Luján et Alfredo López Austin se demandent si l'historique Quetzalcoatl est arrivé au Yucatán. D'abord parce que les dates ne correspondent pas. Deuxièmement, parce que des arguments similaires ont permis aux nobles Mixtec, Tarascan et plus tard Mexica de légitimer leur position dans la structure sociale. Le mythe de Tollan et celui de la fuite de Quetzalcoatl, ainsi que les expressions artistiques et la vocation éminemment guerrière des sociétés mésoaméricaines du début de la période postclassique, font partie d'un complexe qui était répandu dans toute la région à cette époque.</p>
<p>Vers l'an 1000, Chichén Itzá s'est allié aux Cocomes de Mayapán et au Xiu de Uxmal. Cette alliance est connue sous le nom de Confédération ou Ligue de Mayapán, rompue en 1194 par Hunac Ceel, chef des Cocomes. Les hostilités ont entraîné la défaite des Itzáes et des Tutul Xiúes. La montée de Chichén-Itzá et de ses dirigeants maya-toltèques s'est terminée dans le chaos vers la fin du XIIIe siècle. Les Itza ont quitté leur ville et se sont rendus dans la jungle du désert de Petén. Là, dans le lac Petén Itzá, ils ont fondé une nouvelle population située sur l'île de Tayasal.</p>
<p>La suprématie de Mayapán a pris fin vers 1441, lorsque le chef du xiu d'Uxmal, Ah Xupan Xiu, l'a détruite en massacrant la famille royale des Cocom. À son apogée, Mayapán comptait jusqu'à 12 000 habitants. C'était une ville fortifiée, entourée d'un mur de pierre. Des influences toltèques claires peuvent être vues dans son architecture.</p>
<p>À l'est de la péninsule, selon Eric J. Thompson dans son livre « Les habitants de la côte est de la péninsule du Yucatan » :<br class='autobr' />
"Les Putuns ont conservé la région de Bakhalal et de Chetumal pendant la période de domination du Mayapán [...] dans la province d'Uaymil parlaient un dialecte similaire à Campeche et, bien sûr, des documents de Paxbolón affirmant que Chetumal il a rendu hommage aux putlan acalans. " »</p>
<div class='spip_document_12609 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH561/1537199_5_b733_une-tete-en-stuc-de-l-epoque-classique-la-3f154-2efeb.jpg?1789958527' width='500' height='561' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Wikipedia, « L'effondrement maya » :</h2>
<p>« L'effondrement de la civilisation maya de la période classique, ou tout simplement l'effondrement maya, fait référence au déclin et à l'abandon des villes classiques mayas dans les basses terres mayas du sud de la Méso-Amérique entre les VIIIe et IXe siècles. Il ne faut pas le confondre avec l'effondrement de la civilisation maya de la période préclassique au deuxième siècle. La période classique de la chronologie mésoaméricaine est généralement définie comme la période comprise entre 300 et 900 ans, dont les 100 dernières années sont connues sous le nom de Terminal Classic1. L'effondrement maya de la période classique est l'un des plus grands mystères de l'archéologie. La sophistication culturelle atteinte par les Mayas avant l'automne, conjuguée à la soudaineté relative de l'effondrement même, rend ce développement si intéressant.</p>
<p>Les centres mayas les plus avancés des basses terres du sud de la Méso-Amérique ont connu un processus de déclin aux VIIIe et IXe siècles et ont été abandonnés peu de temps après.</p>
<p>En termes archéologiques, ce déclin a été indiqué par la cessation des inscriptions sur les monuments et une réduction des travaux de construction architecturale à grande échelle. Cependant, un certain nombre de villes mayas ne déclinèrent pas et la civilisation maya perdura jusqu'en 1697, année de la conquête de l'Espagne par Tayasal, la dernière cité-État indépendante des Mayas.</p>
<p>Après l'effondrement des Mayas, les Mayas du nord du Yucatán ont prospéré et l'État de Chichen Itza a construit un empire qui a brièvement réuni la plus grande partie de la région maya.</p>
<p>Étant donné que certaines parties de la civilisation maya ont continué à prospérer, un certain nombre de scientifiques s'opposent à l'utilisation du terme "effondrement". 2 En ce qui concerne l'effondrement, E.W. Andrews IV a même déclaré que : "à mon avis, rien de tel ne s'est passé." 3</p>
<p>Quelque 88 théories ou variantes de théories ont été identifiées, qui tentent d'expliquer l'effondrement maya de la période classique4. Du changement climatique à la déforestation, en passant par le manque d'action des rois mayas, il n'y a pas de théorie universellement acceptée pour l'expliquer. l'effondrement, bien que la sécheresse gagne en soutien comme principale explication.5</p>
<p>Pour certains scientifiques, les preuves archéologiques relatives à l'intrusion des Toltèques dans le Yucatan - à Ceibal, Petén - semblent confirmer la validité de l'hypothèse de l'invasion étrangère en tant que cause de l'effondrement des Mayas.</p>
<p>La dernière hypothèse suggère que les basses terres du sud ont été envahies par un groupe n'appartenant pas à la culture maya, dont les terres d'origine auraient probablement été trouvées dans les basses terres du golfe du Mexique. Cette invasion a commencé au neuvième siècle et a conduit à une série d'événements au cours des cent prochaines années qui ont abouti à la destruction du Maya classique. On pense que cette invasion a été influencée par les peuples toltèques du centre du Mexique. Cependant, la plupart des scientifiques qui étudient les Mayas ne croient pas que l'invasion étrangère ait été la principale cause de cet effondrement ; ils postulent qu'aucune défaite militaire ne peut expliquer, ni être la cause, du processus d'effondrement prolongé et complexe du terminal classique. L'influence de Teotihuacan sur l'ensemble de la région maya a peut-être impliqué une sorte d'invasion militaire, mais on considère généralement qu'il existait une interaction significative entre Teotihuacan et la région maya, qui remonte à l'époque du début de la période classique ou antérieure, c'est-à-dire bien avant. les épisodes d'effondrement de la fin classique.6</p>
<p>Michel Peissel estime que la conquête du Yucatan par l'État de Chichen Itza au IXe siècle a entraîné le détour par des routes maritimes côtières de la plupart des échanges (cacao) qui passaient traditionnellement dans les principales villes de l'intérieur (les enrichissant), ils ont été profondément touchés par ce changement, de même que les villes situées le long de la route de la soie lorsque les marchands portugais ont commencé à transporter de la soie par bateau en Europe depuis la Chine et le Japon7. La théorie de Peissel a été validée par plusieurs scientifiques et explique pourquoi l'effondrement n'était pas général et qu'au même moment de l'effondrement des villes de plaine, d'autres villes ont fleuri - la plupart le long des nouvelles routes de navigation ouvertes par les marchands de Chichen Itza.7</p>
<p>En 1988, pour démontrer la viabilité de ce transfert sur la mer de routes commerciales, Peissel parcourut 650 kilomètres avec trois archéologues mexicains et dix compagnons dans une pirogue maritime maya de Chunyache à Quintana Roo (Mexique) à la partie supérieure de la rivière Mojo en Belize. 7</p>
<p>Rébellion paysanne, révolution ou bouleversement social</p>
<p>Selon les preuves archéologiques, les travaux de construction et d'agrandissement des Mayas ont connu leur apogée entre 730 et 790 après JC. C., avec des extensions constantes et des travaux de construction sans aucun type de machine ou d'outil pour les aider dans ces travaux. Au cours de cette même période, des signes laissant présager l'effondrement de la civilisation maya sont apparus. La majeure partie de la charge de travail pesait sur les travailleurs paysans dans des villes telles que Tikal et Copán, où des projets de construction apparemment sans fin étaient réalisés, construisant de grands bâtiments et des terrains de base-ball. Une théorie appuyée par J. Eric S. Thompson attribue la chute des Mayas à une révolution de la part des couches sociales inférieures de la société maya. Selon cette ligne de pensée, alors que la vie devenait plus difficile, le processus "de saper le développement religieux et l'entreprise collective des gens ordinaires" commençait. L'augmentation de la charge de travail a peut-être amené la population à abandonner ses valeurs traditionnelles et à se rebeller contre l'élite de la société, en particulier contre les prêtres dirigeants, car on pensait que les Mayas étaient théocratiques et donc dirigés par des prêtres. . Cela pourrait aider à expliquer l'effondrement brutal des fonctions de l'élite, ainsi que des bâtiments et des centres cérémoniels restés inachevés. Comme l'effondrement de différentes villes s'est produit à plusieurs reprises, on pense que les révoltes des différents groupes faisaient partie d'une série d'actions imprévues et impulsives. Dans la ville de Piedras Negras, par exemple, il semble qu'il y ait eu un type de violence au cours de cette période, du fait que des incendies ont eu lieu dans plusieurs bâtiments du palais et qu'un trône a été détruit. Bien que ce modèle, connu sous le nom de modèle « prêtres-paysans », soutienne qu'il y ait eu une révolte des paysans contre les prêtres, il a été découvert par la suite que ce n'étaient pas les prêtres mais les rois qui régnaient pendant les périodes préclassique et classique.8</p>
<p>Bien que cette théorie semblait offrir une explication à l'effondrement soudain des villes mayas, elle posait encore des problèmes. En premier lieu, la théorie de Thompson n'explique pas où sont allés les habitants des villes après l'effondrement et leur abandon. David Webster estime que la population aurait dû augmenter plutôt que diminuer en raison de l'absence d'une élite au pouvoir. Deuxièmement, la théorie n'explique pas pourquoi les institutions gouvernementales n'ont pas été renouvelées après les émeutes, ce qui s'est passé dans des circonstances similaires dans d'autres pays, comme la Chine. Troisièmement, après avoir mené une étude sur la main-d'œuvre et le temps requis pour la construction à Copán, Elliot Abrams a conclu qu'il ne fallait pas beaucoup de temps et de main-d'œuvre pour achever la construction de bâtiments. Cependant, Thompson a développé sa théorie à un moment où les preuves archéologiques semblaient indiquer une population maya inférieure à ce qu'elle était selon les connaissances actuelles.9 En général, les révolutions, les révoltes paysannes et les bouleversements sociaux entraînent des changements et suivi de guerres. Cependant, rien n'indique que des révolutions aient entraîné l'abandon massif de régions entières. »</p>
<p>Notes</p>
<p> 1- Véase Stuart y Stuart (1993, p.12), McKillop (2006, p.90, pp.339–340).</p>
<p>2- Aimers (2007).</p>
<p>3- Andrews IV (1973).</p>
<p>4- Gill (2000, p.371).</p>
<p>5- "Comme c'est le cas pour la plupart des choses, les explications de l'effondrement sont sujettes à la mode, et celle qui est actuellement plus au centre de l'attention est le changement climatique, ou plus précisément la méga sécheresse" par Webster (2002, p. 239) ; voir aussi l'article de Diamond (2003).</p>
<p>6- Véase Braswell(2003).</p>
<p>7- Peissel (1989).</p>
<p> 8- Webster (2002 pp.220–221).</p>
<p>9- Webster (2002 pp.221–223).</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/week-end/article/2011/06/17/mayas-autodestruction-d-une-civilisation_1537160_1477893.html" class="spip_out" rel="external">Le plus souvent, les commentateurs écartent, par principe sans aucune autre raison scientifique, toute révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_la_civilisation_maya_classique" class="spip_out" rel="external">Wikipedia, « Effondrement de la civilisation maya classique »</a></p>
<p><a href="https://www.dailymotion.com/video/x42mzs" class="spip_out" rel="external">Une version de la disparition des Mayas</a></p>
<p><a href="http://www.vodeo.tv/5-29-5371-les-pyramides-sacrees-du-perou.html" class="spip_out" rel="external">Lambayeque au Pérou : la disparition brutale d'une civilisation, le film</a></p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/civilisation+disparition/video/x4i9il_la-civilisation-perdue-du-perou-1-s_tech" class="spip_out" rel="external">La disparition de la civilisation Mochica (Pérou)</a></p>
<p><a href="https://www.dailymotion.com/search/disparition%20desyas" class="spip_out" rel="external">La disparition de la civilisation de Caral (Pérou)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.org/spip.php?article3739" class="spip_out" rel="external">Lire ici sur le monde des Mayas</a></p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/com/5626" class="spip_out" rel="external">Le déclin de la civilisation classique Maya : explications</a></p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-les-mayas-ont-ils-disparu-193028" class="spip_out" rel="external">Tout mais la révolution sociale pour nombre de commentateurs</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/lempire-cache-des-mayas" class="spip_out" rel="external">L'empire caché des Mayas</a></p>
<p><a href="http://www.wikistrike.com/2015/08/tikal-voici-comment-la-cite-maya-s-est-effondree.html" class="spip_out" rel="external">Tikal : Voici comment la cité Maya s'est effondrée...</a></p>
<p>Pour conclure : on ne peut pas se contenter de tout ramener à des facteurs climatiques, de déforestation, d'exploitation exagérée des terres agricoles, de sécheresse car cela n'explique pas les destructions, les assassinats de membres de la cour royale, de destructions des bâtiments des puissants, de leurs palais et temples. On ne peut occulter le caractère de révolution sociale et politique.</p>
<div class='spip_document_12675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/gif/coba_maya.gif' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/gif"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH329/coba_maya-ca60f.jpg?1789958527' width='500' height='329' alt='' /></a>
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<p>Hors série « Le Figaro » de décembre 2006 intitulé « Les Mayas, les mystères d'un monde perdu » :</p>
<p>« Un jour, sans qu'on sache précisément quelles en furent les raisons, leurs artistes ont cessé de graver des inscriptions sur les murs de leurs temples. La splendeur des Mayas s'est éteinte mystérieusement, bien avant que Cortès pénètre au Yucatàn. » <br class='autobr' />
Irine de Chirikoff écrit : « La nourriture vient à manquer. Des émeutes dressent le peuple contre ses élites. Parce que la plèbe pense que les nobles ont failli. Les descendants des plus anciennes familles briguent le pouvoir, ourdissent des complots. L'exemple de Tikal est connu de tous. La cité, jadis si prospère, n'a cessé de décliner après la défaite de son souverain face à Calakmul. (...) A la fin du 18e katun (cycle de 20 ans), plus de soixante royaumes coexistent en terre maya. Ce sont des cités-Etat. Les tentatives de confédérations, comme celle de Tikal ou de Calakmul, ont vécu. Elles sont toutes jalouses de leur indépendance. Chaque ville est dirigée par un roi. Une administration de plus en plus nombreuse l'aide à gérer sa principauté. Des notables collectent des impôts, assurent les fonctions régaliennes, police, justice, armée, organisent les grands travaux, surveillent les stocks de réserves. Les commerçants constituent désormais une caste qui vénère ses propres divinités. Les artisans et les artistes également. (...) Partout, l'urbanisme est conçu comme le reflet du monde cosmique dont l'équilibre est garanti par le roi, et l'architecture vise toujours à inspirer la crainte au peuple. (...) Au fil des siècles, la forêt humide, sombre, grouillante, a été humanisée par les Mayas. Des sacbeob, routes de pierre, relient non seulement des édifices mais plusieurs villes entre elles. Les marchands ont établi des comptoirs le long de ces chemins. L'habitat de ne cesse de s'étendre et les maisons sont souvent séparées par des jardins partiellement défrichés pour ne garder que les arbres fruitiers et les plantes utiles. Fortement hiérarchisée, l'organisation sociale est cependant fragile. Les techniques n'évoluent pas – les mayas ne connaîtront jamais ni la roue, ni la charrue, ni les bêtes de trait, et les ressources ‘amenuisent alors que la demande augmente. Surtout de la part des élites. Dépositaires du savoir, elles ne représentent que 5 à 10% de la population. (...) A partir du 9e siècle, les cités des Basses Terres vont s'effondrer les unes après les autres, comme un château de cartes. En 800, Copàn a cessé d'ériger des stèles. En 810, Quiriga et Piedras Negras n'existent plus que dans le souvenir, de plus en plus vague, de leurs habitants disséminés dans la forêt ou bien partis vers le nord, le Yucatàn (...). Nul ne peut retenir un peuple quand le poison du doute le saisit sur la légitimité de ses princes. Leur pouvoir tenait à la science des saisons, des temps de bonne récolte et à leur capacité de se concilier les forces surnaturelles. Mais les souverains et leur entourage ne songeaient plus qu'à faire la guerre. (...) Attaqués par les guerriers (...) les habitants (d'une cité) édifient en toute hâte des fortifications. Pour les construire, ils détruisent les bâtiments publics. Les combats sont sans merci entre assiégés et assiégeants. Ceux de Tamarindito réussissent à forcer les remparts de pierres. Ceux de Dos Pilas se réfugient dans une ville alliée, Aguateca, qui reprend le flambeau. (...) La caste régnante de Toninà est littéralement obsédée par la mort, le sang. (...) Au début du 10e siècle, un seigneur « Jaguar-Serpent » fait reconstruire plusieurs bâtiments. Plus simples. Plus austères. Sous son règne, Toninà résiste au déclin des cités mayas. Mais en 909, un raid d'une violence égale à celle d'un ouragan va s'abattre sur la ville. Il est conduit par des guerriers inconnus (Toltèques ?). Les statues sont mises à bas, brisées à coups de massues. L'aristocratie et les élites vont être exterminées. Des charniers essaiment la vallée. (...) Toninà, ultime cité de l'âge classique ne se relèvera jamais. (...) Les Mayas cessent d'être des Mayas et il est sans espoir d'adorer les dieux, puisqu'ils sont morts. (...) Uxmal, Chichen Itzà et Mayapàn sont les cités de la renaissance maya. (...) Ils vont faire de Chichen Itzà un véritable chantier et transformer la ville en métropole politique et religieuse qui s'étendra sur plus de 300 hectares. Revivifiée, la ville est vouée à Quetzalcoatl. (...) Dès 964, le pouvoir royal s'affaiblit, même si le souverain est toujours assimilé au soleil On ne le représente plus seul, ou rarement. Des dignitaires lui font cortège. Les prêtres, les guerriers et les commerçants participent à la gestion de la cité. (...) Dans le Yucatàn, les villes vassales de Mayapàn se révoltent une à une. Dans la cité elle-même, des populations pillent et massacrent. Elles font de Mayapàn un champ de ruines en 1441. (...) Au Yucatàn, dans les villes vassales de Mayapàn, plusieurs révoltes ont déjà éclaté. Et on signale des jacqueries dans les campagnes. (...) Dans leur palais les Cocom (famille régnante) se consultent, réunissent leurs partisans, songent à demander l'aide de Tenochtitlàn, mais l'émeute est lancée et la résidence investie. Un seul prince Cocom échappera au massacre. Il parvient à prendre la fuite, alerte Moctezuma qui lui promet son soutien et lui envoie même des renforts. A Mayapàn, la population se livre aux pillages, aux destructions. Rien ne parvient à apaiser sa colère. Des temples brûlent. Les statues sont renversées. Prêtres, commerçants, hauts fonctionnaires ne savent plus à quel dieu se vouer. Ils accepteront le retour de Cocom (...). A peine revenu, le prince meurt dans des circonstances mystérieuses. Son successeur, fort de l'appui des Aztèques, règne en despote, lève des tributs de plus en plus lourds et envoie toujours d'avantage d'esclaves vers le nord. En 1446, une nouvelle révolte va éclater. Cette fois, Mayapàn est mise à feu et à sang. La ligue est morte. Le dernier royaume maya a vécu. »</p>
<div class='spip_document_12676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH350/Periodos-mayas-en-Guatemala3-d667d.gif?1789958527' width='350' height='350' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class="spip_out" rel="external">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345" class="spip_out" rel="external">La chute des Zapotèques à Monte Albán en 750 après J.-C.</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p>
<p><a href="https://issuu.com/1shivom6183/docs/_read_ebook_the_maya_pdf_by_michael" class="spip_out" rel="external">The Maya, Michael D. Coe</a></p>
<div class='spip_document_12677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L380xH380/giphy_maya-8056f.gif?1789958527' width='380' height='380' alt='' />
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</div></div>
Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ? Avons-nous des preuves ? Sabemos cómo fue destruida la civilización olmeca y por qué ?
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6322
http://www.matierevolution.org/spip.php?article63222019-06-06T22:15:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéRévolutionMexiqueAmérique du sud America del surAmérindiens
<p>Savons-nous pourquoi et comment la civilisation Olmèque fut détruite et pourquoi ? Sabemos cómo fue destruida la civilización olmeca y por qué ? L'origine serait un peuple qui aurait domestiqué la culture du maïs en 2250 avant notre ère. Les premières sociétés olmèques hiérarchisées apparaissent en 1800 avant notre ère sur la côte du golfe avec les Olmèques, entre 1400-450 avant notre ère dans la vallée de Oaxaca et entre 1500-200 avant JC dans le Morelos... Entre 1800 et 1500 avant notre (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag">Mexique</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_12299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH414/Map_Olmec_sites-641d3-e5534.jpg?1789958527' width='500' height='414' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Savons-nous pourquoi et comment la civilisation Olmèque fut détruite et pourquoi ?<div class='spip_document_12317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH360/ss-258df-ecc4d.jpg?1789958527' width='480' height='360' alt='' />
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</div>
<p>Sabemos cómo fue destruida la civilización olmeca y por qué ?</p>
</h2>
<p>L'origine serait un peuple qui aurait domestiqué la culture du maïs en 2250 avant notre ère. Les premières sociétés olmèques hiérarchisées apparaissent en 1800 avant notre ère sur la côte du golfe avec les Olmèques, entre 1400-450 avant notre ère dans la vallée de Oaxaca et entre 1500-200 avant JC dans le Morelos... Entre 1800 et 1500 avant notre ère, les Olmèques ont consolidé leur pouvoir en constituant des chefferies qui établirent leur capitale sur un site connu aujourd'hui sous le nom de San Lorenzo (Tenochtitlán), près de la côte au Sud-Est de Veracruz. La période cruciale, située entre 1000 et 900 avant notre ère, est marquée par des changements importants attribuables à plusieurs facteurs : l'introduction de nouvelles techniques agricoles permettant une meilleure alimentation et conséquemment une croissance démographique, l'intensification des échanges commerciaux, une urbanisation importante accompagnée d'une forte stratification sociale, d'une centralisation des pouvoirs politiques, d'une religion institutionnalisée, et de manière générale d'une spécialisation des activités. Au cours de cette période on enregistre une intensification des travaux d'architecture et de sculpture. Une importante concentration de population, de pouvoir et de connaissances pour les groupes qui vivent dans les centres (les dirigeants, les prêtres, les artistes, les artisans et peut-être aussi les marchands). Les dirigeants semblent avoir le privilège de l'accès à la maîtrise des connaissances et l'exclusivité de certaines fonctions. Les familles d'élites semblent s'affilier aux divinités et s'en proclament les descendants. Tout porte à croire que le pouvoir était héréditaire. La population qu'ils dirigeaient semble être importante ; la structure sociale se voit du même coup, allant vers la complexification. L'architecture elle-même est le reflet de cette hiérarchie. On trouve des édifices publics et des bâtiments privés, de factures très variables, montrant bien la place privilégiée de certains. L'influence olmèque s'est étendue à travers le Mexique, en Amérique centrale, et le long du Golfe du Mexique. On commence à parler d'un empire Olmèque, s'étalant de la côte du golfe du Mexique, au plateau central (Tlatilco), en passant par le Morelos (Chalcatzingo), le Guerrero (Oxtotitlàn), Oaxaca (Monte Alban), Puebla (Las Bocas) et le long du Pacifique jusqu'au Nord du Costa Rica (péninsule de Nicoya). Ils ont transformé le mode de pensée de beaucoup de peuples en instituant un nouveau mode de gouvernement théocratique et patriarcal, en inventant les temples-pyramides, l'écriture, l'astronomie, l'art, les mathématiques, l'économie centralisée et la religion avec de grands mythes fondateurs. Les grands centres urbains olmèques se développent en 1250 avant notre ère. Les signes d'effondrement commencent en 900 avant notre ère (chute de San Lorenzo) puis en 500 avant notre ère (chute de La Venta). Cette civilisation disparaît alors brutalement et totalement. La question essentielle posée dans cet article est : peut-on déterminer ce qui a causé leur chute ?</p>
<p>La représentation la plus connue de cette civilisation, l'une des plus importantes de l'Age de pierre (les Olmèques sont d'abord et avant tout des tailleurs de toutes sortes de pierres, du basalte aux pierres précieuses), que l'on a convenu d'appeler "Olmèque" (c'est-à-dire peuple de la région du caoutchouc, du nom que lui ont donné les Aztèques puisque son véritable nom, nous ne le connaissons même pas...) : les têtes géantes représentant probablement les rois-magiciens-astrologues olmèques (très probablement vénérés comme des divinités possédants des pouvoirs surnaturels...</p>
<div class='spip_document_12318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/tete-olmeque-homme-543-42412-7f0a7.jpg?1789958527' width='500' height='500' alt='' />
</figure>
</div>
<p>...du moins jusqu'à leur chute, probablement quand le dieu de la pluie n'en a plus donné !), non pas en casque de guerre ni en casquette d'aviateur comme certains l'ont imaginé, mais en casquette de joueurs de pelote avec balle de caoutchouc - les grands plateaux dégagés à la main d'homme servant non à d'immenses cérémonies religieuses mais à d'énormes... parties de pelote en balles de latex (attention, le jeu de la balle a ici une vocation religieuse et politique car ses résultats font parler le destin !).</p>
<div class='spip_document_12393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH165/jeu_de_pelote-5f09d-69c02.jpg?1789958527' width='220' height='165' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Le jeu de pelote avait probablement une grande importance, que l'on mesure indirectement aux efforts réalisés pour construire les terrains de jeu ! Chaque plateforme de terre battue pour le jeu de balle mesure 85 mètres de long !!! Deux talus parallèles situés dans le prolongement de la pyramide conique de La Venta ont été interprétés, nous dit Magni, comme l'un des premiers terrains de jeu de balle de la Méso-Amérique. Coe, lui, en trouve un dans l'une des cours de San Lorenzo. Ensuite, le jeu a essaimé dans les civilisations suivantes. D'après Taladoire (1997), on a retrouvé 1200 terrains de pelote !!</p>
<p>On voit que la la base de la tête géante en basalte a été cassée puis enterrée dans la vase ou dans la jungle et la statue sur laquelle elle reposait a été démolie et cassée en petits morceaux lors d'une éruption de colère populaire violente des exploités qui a fait disparaître jusqu'aux traces de toute cette civilisation avant que les archéologues ne la redécouvrent. Les Olmèques ont sans doute fondé leur supériorité « magique » à la fois sur des connaissances scientifiques (la culture agraire, notamment le maïs, l'irrigation, la pierre, le latex, le pétrole pour les lampes) et sur leurs capacités artisanales (bijoux, poterie, sculptures). L'art olmèque se manifeste par une grande maîtrise de la sculpture et de la ciselure. Il ne sera dépassé par aucune autre civilisation précolombienne.</p>
<p>Représentation probable d'un roi ou d'un chef de la théocratie olmèque</p>
<div class='spip_document_12319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/s-33f83-5b65f.jpg?1789958527' width='220' height='293' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Représentation probable d'un conseil dirigeant les Olmèques (les anciens participent par leurs représentations en forme de menhir).</p>
<div class='spip_document_12320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/1398050704-c2e60-fc6b9.jpg?1789958527' width='500' height='375' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH320/Masque-de-jaguar-en-jadeitite-Olmeca-azul-Culture-Olmeque-1150-500-av-J-C-Region_Q320-a2c28-41f40.jpg?1789958527' width='320' height='320' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L226xH300/ceremonial_adze-b9dd5-771a3.jpg?1789958527' width='226' height='300' alt='' />
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</div>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme-jaguar" class="spip_out" rel="external">L'homme-jaguar</a>, probablement dieu de la pluie des Olmèques mais aussi dieu de la sexualité masculine</p>
<div class='spip_document_12323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L336xH311/d68f42c048686cad49d9033eb8d706e6-2dc25-83ebd.jpg?1789958527' width='336' height='311' alt='' />
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<div class='spip_document_12324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH667/e__internet_intranet_sfs_CLIO_PHOTOLISTEPHOTOLISTE_20090626110315_mexi_600_-487de-cb6a5.jpg?1789958527' width='500' height='667' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/olmeque_010-d66b4-ab34d.jpg?1789958527' width='500' height='334' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Chefs Olmèques et leur dieu</p>
<div class='spip_document_12326 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L478xH640/olmeque-jaguar-9aca1-4d20e.jpg?1789958527' width='478' height='640' alt='' />
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</div>
<p>En dessous la représentation du mythe du bébé jaguar porté par l'adolescent humain</p>
<div class='spip_document_12327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L200xH343/200px-Olmec_Figurine_holding_infant__Met_-59fef-eb502.jpg?1789958527' width='200' height='343' alt='' />
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</div>
<p>Et ici le bébé jaguar dans deux représentations</p>
<div class='spip_document_12328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH650/cfc6cf9300569ca283be62c7b7dcf341-0a735-ad339.jpg?1789958527' width='500' height='650' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L457xH685/zhDG81nptQPQZhW9iLNUH52GrRw_457x685-d8230-b3cf7.jpg?1789958527' width='457' height='685' alt='' />
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</div>
<div class='spip_document_12330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH290/mapa-olmeca7-6d46a-41b39.jpg?1789958527' width='400' height='290' alt='' />
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</div>
<p>L'empire olmèque va du sud du Mexique à la Colombie, dans son extension maximale, et est centré sur la région de La Venta et San Lorenzo, dans la région de Tabasco et Veracruz au sud du Mexique. Il dure de 1200 avant J.-C. à 500 avant J.-C. Cette jungle-savane-marécages était-elle propice à l'éclosion d'une civilisation avec une population importante et la formation de villes ? Magni expose : « Le latex des arbres lactifères se boit non seulement pour se désaltérer, mais aussi pour soulager les maux d'estomac ou comme remède à l'asthme… » Elle liste par ailleurs la nourriture des Olmèques : maïs (la farine de maïs étant mêlée de la graine du brosimum moulue), haricot, courges (courge, courgette, ayote, chayotte, cayhua, …), cacao, fruits, légumes, tomates, nopal, amarante, etc. Les Olmèques connaissaient le tabac et disposaient de nombreuses substances hallucinogènes.</p>
<div class='spip_document_12331 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/mexique-carte-relief-wikimedia-633po-aeac6-2e812.jpg?1789958527' width='500' height='300' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Olmeques-82de6-91b77.jpg?1789958527' width='500' height='375' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</h2>
<p>Avertissement : <i>Enigme, mystère, secret, voilà les termes souvent employés en ce qui concerne les Olmèques, leur naissance, leur existence et leur disparition. Cela reste en effet un peu un mystère ou, au moins, encore un sujet en débat, et le goût de l'étrange mène aisément aux ésotérismes, aux élucubrations en tous genres, style extraterrestres, aux imaginations utiles mais aussi qui nuisent à la compréhension scientifique des faits historiques comme naturels. Dans ce genre de prose, on peut placer tous ceux qui s'en tiennent aux phénomènes climatiques et aux défauts environnementalistes des sociétés pour expliquer toutes les chutes de civilisations…</i></p>
<p>Comme l'empire Olmèque, le premier de toutes les civilisations méso-américaines, tous les empires sont tombés parce qu'ils n'avaient plus le soutien de leurs peuples, parce que ceux-ci s'étaient soulevés !</p>
<p>Qui a oublié qu'après la première guerre mondiale, les empires russe, autrichien, allemand, ottoman et chinois sont tombés presque dans un même mouvement, abandonnés par leurs peuples, en proie aux révolutions sociales et politiques ?</p>
<p>Qui a oublié comment les empires coloniaux aussi ont chuté en quelques dizaines d'années, en proie aux révolutions coloniales ?</p>
<p>Eh bien, la civilisation de Caral, la plus ancienne civilisation précolombienne, a disparu brutalement. La civilisation olmèque, qui lui a succédé, a ensuite disparu brutalement. La civilisation maya, qui l'a suivie, a ensuite disparu brutalement. La civilisation de Teotihuacan a disparu brutalement. La civilisation des Anasazis a aussi disparu brutalement.</p>
<p>Teotihuacan dirigeait un immense empire commerçant et artisanal mais n'a jamais connu d'armée permanente et la ville n'avait aucune fortification militaire. Cette cité s'est effondrée sous les coups de la révolution sociale entre 500 et 600 après J.-C. (environ en 550), sans que les classes possédantes soient capables de l'empêcher, car elles ne disposaient d'aucune force de répression.</p>
<p>Aucune de ces civilisations n'a été vaincue dans une guerre !!!</p>
<p>Nous ferions bien d'y songer maintenant que l'empire capitaliste manifeste, non seulement à sa marge au Moyen-Orient ou en Afrique, mais dans ses métropoles, des signes que le peuple travailleur ne supporte plus son système. Les gilets jaunes, leur insurrection se déclenchant dans une métropole en tête du monde capitaliste, ne nous montrent pas des manifestations du mécontentement ou de la colère, mais ils témoignent du fait que l'empire capitaliste, lui aussi, succombera, et pour la même raison ! Il peut y avoir bien des aléas avant de parvenir à sa fin, mais nul ne peut ignorer le signe d'ébranlement du pouvoir capitaliste que l'Histoire nous transmet...</p>
<p>Eh bien, il allait de même des civilisations de l'Antiquité. Dans l'Ancien Continent comme dans le Nouveau Continent. Et notamment la première civilisation de Méso-Amérique, celle des Olmèques.</p>
<p>C'est une des plus vieilles civilisations des Amériques et qui ait existé à l'âge de pierre, tout en étant capable d'édifier de grands monuments, de sculpter des immenses statues humaines représentant des personnages individualisés, ayant visiblement réellement existé. Ils ont inventé les nombres, les comptages, la datation, la découverte de la durée de l'année et du mois lunaire, l'étude des phénomènes célestes (orientation des monuments), la connaissance de l'irrigation (permettant de multiplier la production de maïs) et de l'architecture (avec des capacités extraordinaires de sculpter et de transporter des immenses pierres), et une première écriture qui ne ressemble à aucune autre qui l'aurait précédée. Ils ont développé de multiples capacités artisanales en particulier dans la taille des pierres. Il y régnait un pouvoir cherchant à se faire respecter par la magie et par la force morale.</p>
<p>Une fois encore, il faut rappeler que le régime Olmèque n'a pas créé la civilisation, son agriculture, ses techniques, son artisanat, ses sciences, mais seulement son mode d'exploitation, son régime d'oppression. Ce dernier date de 1200 avant J.-C. alors que la civilisation olmèque débute sans doute en 1700 avant J.-C. !</p>
<p>Les représentations sculptées par le pouvoir des Olmèques ont clairement pour objet d'inspirer la crainte...</p>
<div class='spip_document_12333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L317xH284/AGRICULTURA-ac136-a56b4.jpg?1789958527' width='317' height='284' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L208xH242/imaaaages-3a1ca-bcdbb.jpg?1789958527' width='208' height='242' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La civilisation de Caral (Pérou), qui a précédé les Olmèques et est apparue en 3000 ans av J.-C., a également chuté. Bien sûr, les commentateurs d'Histoire ont prétendu expliquer sa chute par des causes météorologiques et autres causes naturelles mais ont omis de dire qu'un pouvoir ne disparaît pas seul et que, lorsque ce n'est pas une guerre qui le fait chuter, c'est alors une révolution sociale ou politique.</p>
<p>La civilisation qui a suivi les Olmèques, celle des Mayas, a également chuté dans une révolution sociale, toute la classe dirigeante étant massacrée dans cette insurrection et la civilisation étant immédiatement abandonnée par le peuple opprimé et révolté.</p>
<p>Les Olmèques ne sont nullement ni des post-Caral, ni des pré-Mayas, contrairement à ce qui est souvent dit. En effet, les têtes nous disent que ce n'est pas du tout le même peuple. Les Olmèques sont originaires soit d'Afrique, soit de Polynésie ou d'Australie, ou encore de Chine. Ce sont des peuples de visage négroïde, soit de type africain, ou polynésien ou maori ou encore chinois, qui dominent cette civilisation ! Les autres habitants Olmèques ne sont pas du même type. En voici un type qui n'est pas du tout négroïde :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/W0626-Parque-La-Venta-Monument-77-500x500-ebf25-14ac3.jpg?1789958527' width='500' height='500' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les autres populations de Méso-amérique non plus ! Les têtes de Caral sont indiennes ! Les têtes Mayas sont indiennes ! Le peuple olmèque comprend des individus négroïdes au sein de sa classe dirigeante mais il comprend aussi des ethnies indiennes, qui sont elles aussi figurées dans les statues olmèques.</p>
<p>Têtes olmèques</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L225xH278/olmeques_statue_mexique-5d6b5-06733.gif?1789958527' width='225' height='278' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH532/olmeca-head-3_phixr-18081-5c4a4.jpg?1789958527' width='500' height='532' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH335/Tetes_colossales-f4770-75a61.jpg?1789958527' width='500' height='335' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12340 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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<p>Une autre ethnie olmèque</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L442xH660/olmeque_014-af5a5-efa91.jpg?1789958527' width='442' height='660' alt='' />
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</div>
<p>Têtes aztèques</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH752/tete_azteque-43045-4c549.jpg?1789958527' width='500' height='752' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH768/cd1124cba8132ce5c5a6c514b69abd15-4befe-8cbd5.jpg?1789958527' width='500' height='768' alt='' />
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<p>Têtes de Caral</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/1eb302db0dabf5833b31b89f23d0604a-eb919-250a1.jpg?1789958527' width='500' height='375' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L410xH380/Des_statuettes_Caral_vieilles_de_3_800_ans_decouvertes_au_Perou-2-0ba7d-b59f3.jpg?1789958527' width='410' height='380' alt='' />
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<p>Têtes Mayas</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH742/211502-1-602e0-8eab2.jpg?1789958527' width='500' height='742' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12348 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH747/tete-f65fe-81df4.jpg?1789958527' width='500' height='747' alt='' />
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<p>Tête toltèque</p>
<div class='spip_document_12350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH752/tete_tolteque-b1efb-3ceae.jpg?1789958527' width='500' height='752' alt='' />
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</div>
<p>Certaines sculptures représentent des scènes de rencontre entre deux races différentes et non amérindiennes. Ici un barbu de type caucasien avec un homme de type négroïde, soit africain, soit polynésien, soit chinois… Évidemment, jusqu'à récemment on croyait que ces peuples n'avaient jamais mis le pied sur ce sol…</p>
<div class='spip_document_12351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L255xH350/olm_caucase_pe-211c768-0d744-4c80d.jpg?1789958527' width='255' height='350' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/olmeque_010-3-27993-91cda.jpg?1789958527' width='500' height='334' alt='' />
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</div>
<p>Il est certain que la classe dirigeante Olmèque n'a pas la même origine ni ethnique, ni géographique, ni culturelle que les peuples indiens de Méso-Amérique !! Il n'y a pas que les faces négroïdes ou polynésiennes des chefs olmèques qui le démontrent !! L'éléphant n'a pas existé sur ce continent et ceux qui l'ont représenté au sein de la civilisation olmèque ont dû le rencontrer ailleurs...</p>
<div class='spip_document_12353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L444xH639/59693f518fec1970-5093e-ebfb1.jpg?1789958527' width='444' height='639' alt='' />
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<p>Ces éléphants olmèques expliquent qu'on trouve l'éléphant dans les glyphes mayas !</p>
<div class='spip_document_12354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH317/11-1-mayas-bef50-52e54.jpg?1789958527' width='500' height='317' alt='' />
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<p>L'âge d'or de la civilisation de Caral (Pérou) a duré largement plus d'un millénaire, jusqu'aux environs du 18e siècle avant notre ère. Il n'a pourtant fallu que quelques années pour qu'elle disparaisse...</p>
<p>On a tout fait pour croire que c'était la nature qui avait fait disparaître cette civilisation et on y donne même bien trop d'explications naturelles : tremblement de terre, ensablement, climat (sècheresse), etc…</p>
<p>Pour Mike Mosseley, l'extinction de cette civilisation aurait été provoquée par l'action conjuguée d'un violent tremblement de terre et du phénomène météorologique El Niño.</p>
<p>Rien, sur le terrain, ne fait penser à un massacre ou à une quelconque violence de la part d'un peuple n'ayant apparemment jamais construit d'armes de guerre.</p>
<p>Certes, à Caral, il n'y avait pas d'Etat, pas d'hommes en armes, pas d'armée étrangère à proximité, mais cela n'a pas empêché qu'à partir du moment où les conditions ne permettaient plus de nourrir la population, celle-ci se révolte contre le diktat des prêtres et des rois… Il n'y avait pas d'armes sur les sites de Caral mais le régime social et politique avait disparu corps et biens, laissant seulement les pyramides !!! La société des prêtres de Caral n'a pas été aussi éternelle qu'elle l'affirmait !!! Les paysans ont simplement abandonné à eux-mêmes les classes dirigeantes et leurs champs et sont retournés vivre dans la jungle !!! La société s'est effondrée définitivement...</p>
<p>Postérieure à la civilisation de Sumer (4.000 à 3.000 av. JC), contemporaine de la construction des grandes pyramides d'Egypte, la civilisation de Caral précède les Olmèques (1.200 à 500 av. JC).</p>
<p>Une civilisation anéantie en quelques générations …</p>
<p>Les environnementalistes croient avoir trouvé un exemple typique de leur thèse. Comme ils l'affirment aussi pour la chute de la civilisation Olmèque pour laquelle il est prouvé qu'une révolution sociale a renversé le pouvoir…</p>
<h2 class="spip">Comment résoudre le mystère de la chute de la vieille civilisation Olmèque</h2>
<p>Les Olmèques sont l'une des plus vieilles civilisations de l'Amérique et l'une des plus grandes de l'Age de pierre. Elle n'a pas connu l'utilisation des métaux.</p>
<p>950 avant J.-C. chute révolutionnaire du pouvoir olmèque à San Lorenzo</p>
<p>500 avant J.-C : deuxième chute de la civilisation Olmèque (La Venta, Los Cerros,...) qui gagne progressivement toutes les villes et colonies de l'empire.</p>
<p>Remarquons que nous ne connaissons même pas le nom que se donnaient eux-mêmes cette population et « olmèques » est le nom qu'on leur a attribué.</p>
<p>En 1400 avant J.-C., dans le sud du Mexique, les Olmèques construisirent plusieurs cités ainsi que de larges monuments et des têtes géantes en pierre, leur marque de fabrique. Ils sont considérés, avec la civilisation Caral qui les a précédés, comme les pères de toutes les autres cultures mésoaméricaines, ce qui ne les a pas empêchés de totalement disparaître brutalement en 500 avant J.-C., la population détruisant toutes les manifestations de la domination des classes dirigeantes. Certains en ont accusé des changements climatiques. Pas étonnant, c'est la nouvelle thèse générale pour ne pas parler des révolutions sociales ! Une autre théorie évoque une invasion, mais on ne sait pas par qui car il n'y avait pas encore d'autre civilisation dans cette région, donc aucune force capable de les renverser... Certains pensent que c'est un tremblement de terre qui a fait chuter cette civilisation. Mais on n'a pas trouvé trace de ce tremblement de terre hypothétique et les traces que l'on a trouvées sont celles d'une guerre civile !!!</p>
<p>Pour sa part, wikipedia évacue carrément la question de la chute abrupte de cette civilisation : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olm%C3%A8ques" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>Cette civilisation n'a été connue que récemment tant elle avait été complètement détruite, la forêt ayant englouti presque tout ce que les hommes avaient bâti et laissé juste subsister quelques restes et notamment dix-sept têtes colossales coiffées de casques (les plus grosses pèsent plus de vingt tonnes chacune et mesurent plus de trois mètres !) apparaissent dans la forêt, des têtes sans corps…</p>
<div class='spip_document_12355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L354xH425/La-venta-monument-3-bf6b0-962ba.png?1789958527' width='354' height='425' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH435/statue_34_san_lorenzo_tenocht_hi-ce448-31c0d.jpg?1789958527' width='450' height='435' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12357 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L270xH187/indexas-d52b0-ec793.jpg?1789958527' width='270' height='187' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Une discussion sur les statues olmèques mutilées, brisées et enterrées</h2>
<p>Il est nécessaire de rappeler d'emblée que la thèse des révolutions sociales comme cause des dégradations de monuments olmèques et de la fin de cette civilisation, thèse défendue ici, est loin de faire l'unanimité des archéologues, pas plus d'ailleurs qu'aucun point concernant les Olmèques, de leurs origines ethniques (avec des classes dirigeantes de type négroïdes, chinoises ou polynésiennes, probablement venues d'au-delà des océans !) et géographiques (l'emplacement du centre de leur civilisation n'est pas le moins intrigant dans un univers entre jungle et savane, centré sur des marécages peu attirants et suintant le pétrole !), et jusqu'à leurs compétences étonnantes (notamment leurs capacités à déplacer de lourds poids, leur connaissance de la roue, leur représentation d'hommes-dieux volants) et bien sûr leurs classes sociales, leur caste théocratique, le début de l'Etat, la signification sociale de leur organisation et on en passe jusqu'à leur fin brutale, violente et énigmatique, ayant sans doute eux-mêmes détruits et cachés leurs propres monuments. Ils sont, malgré de nombreux restes retrouvés, un des peuples antiques les plus inconnus du monde de l'Age de pierre et les débats à leur sujet ne risquent pas de s'éteindre de longtemps car ils sont aussi un des plus novateur et étonnant !!!</p>
<p> Tous les centres olmèques ont en effet été dévastés par des démolisseurs qui semblent bien être eux-mêmes olmèques et non des envahisseurs extérieurs. Ils ont détruit et n'ont pas volé. Ils ont cherché à démolir non seulement l'apparence de la société dominante mais le pouvoir occulte de celle-ci. Ils avaient les mêmes compétences techniques que les Olmèques pour marteler des statues, ce qui est loin d'être une évidence puisqu'on débat encore sur la technique qui pouvait être la leur pour marteler des statues en basalte extrêmement dur. Or ceux qui ont détruit les statues olmèques avaient cette compétence détenue par les seuls Olmèques ! Ce sont donc les ouvriers olmèques qui ont détruit la civilisation olmèque. Beaucoup d'archéologues en sont venus à reconnaître ce point comme le rappelle Caterina Magni dans « Les Olmèques ».</p>
<p>Reste à savoir s'ils l'ont fait par révolte ou sur ordre des classes possédantes, des prêtres ou de certains prêtres, par ordre des rois. Les archéologues ont tendance à penser qu'il est bien plus aisé de croire que ce sont les classes dirigeantes qui agissent plutôt que les petites gens et ils ont bien des hypothèses possibles, depuis des rois qui effacent les traces des rois précédents et de leurs soutiens religieux, jusqu'à des croyances religieuses elles-mêmes en la destruction plus la reconstitution de la civilisation en un lieu différent, ou encore des luttes de rois et de grands prêtres entre eux. Mais il me semble qu'expliquer la fin brutale et générale de toute une civilisation avec ce type d'explication est bien faible et peu convaincant ! Bien sûr, l'interprétation environnementaliste, selon laquelle ce sont des changements climatiques (sécheresse ou détournements de rivières) et une surexploitation des richesses naturelles par cette civilisation qui expliquerait sa chute, il y a plusieurs arguments qui vont contre et d'abord le fait que cette civilisation était à son plus haut sommet à la veille de sa chute. Ensuite, parce que ce même site à servi, bien plus tard, à d'autres implantations de civilisations successives et n'était donc pas incapable de nourrir une population. Pourtant, il a été brutalement complètement abandonné, non seulement les monuments ont été détruits, d'autres n'ont pas été construits, mais la population a cessé de cultiver, d'habiter, de produire pendant de très longues durées. Le mode de production a été définitivement détruit. Les paysans ont cessé d'obéir à des classes exploiteuses et cela a tout à fait l'allure d'une révolution sociale même si nous n'avons aucun texte, bien entendu, qui nous rapporte les événements de cet événement.</p>
<p>Les destructions sont donc les seuls éléments matériels que l'on puisse analyser. Il est clair que l'on n'a pas là l'action d'envahisseurs, de guerriers. On a pris le soin d'enterrer les statues et monuments détruits, ce qui est un très gros travail nécessitant des compétences techniques importantes et le travail d'ouvriers en nombre. Il faut que ceux qui l'ont fait attribuent un rôle important à cette destruction. Ce n'est pas seulement le fait de la colère. Il y a une volonté politique iconoclaste, un but de détruire tout un culte et une dévotion aux classes dirigeantes. Il faut détruire leur pouvoir, leur influence, leur poids sur la population pauvre, démontrer à celle-ci que le pouvoir sur eux n'existe plus. Là encore, cela ressemble plutôt à une vague révolutionnaire anti-étatique et anti-religieuse, pas seulement au remplacement d'un roi par un autre ou un culte de la destruction régénératrice. Le fait que cet acte de destruction soit général, qu'il touche tous les sites (San Lorenzo, La Venta, Laguna de los Cerros, El Manati, Chalcatzingo…). Les remarques de certains archéologues étayent cette thèse. Coe (1967) et Diehl (1980) remarquent par exemple que la destruction coïncide avec la destruction d'une idéologie religieuse et politique ; Heiser (1960) constate que les destructions coïncident avec l'abandon complet du site. Caterina Magni conclue dans « Olmèques » : « Il est invraisemblable que des envahisseurs aient pris la peine d'endommager des sculptures de manière aussi méthodique des sculptures de manière aussi méthodique et précise et d'en ensevelir certaines. » et Magni estime, avec Drucker (1959) que « la dépense d'énergie et la détermination qu'un tel travail requiert affaiblit l'hypothèse de la rébellion interne ». En fait, la démonstration de Magni provient du fait qu'elle mêle des scarifications et mutilations rituelles des statues avec de véritables destructions générales de sites suivies de disparition de la population qui s'éparpille et cesse de cultiver. Elle cite aussi Grove (1981) selon lequel « Le monument constitue un dépositaire du pouvoir sacré. L'acte de destruction et d'ensevelissement vise à annuler l'énergie négative contenue dans les objets… L'œuvre est assimilée à un être vivant. Notion qui s'oppose à une vision inerte de la matière. »</p>
<p>On conçoit dès lors que la révolution ne se contente pas de tuer le roi et ses prêtres et s'en prenne aux statues dans lesquelles les peuples voient l'incarnation du pouvoir religieux et civil.</p>
<p>Magni écrit aussi : « Selon Coe, vers 900 avant J.-C., San Lorenzo fut abandonné, les monuments furent mutilés et défigurés, puis ensevelis rituellement en longues files dans les terrassements. Ce déclin brutal a été expliqué par des invasions, des rébellions ou des crises internes… Comme San Lorenzo, La Venta sera détruit (vers 400 avant J.-C.) et ses monuments intentionnellement mutilés avant d'être enterrés. »</p>
<p>Cela signifie que les deux principaux centres olmèques ont successivement connus des destructions totales. Il est difficile de l'interpréter comme un rite de régénération !!! Surtout quand cela se termine par une fin définitive qui n'est suivie d'aucune autre civilisation pendant des durées considérables, même un peu plus loin, et que les peuples abandonnent le mode de production, quittent les villes et villages et cessent la production non seulement de statues et des monuments mais aussi des plantations de maïs et autres activités artisanales ou agricoles… Il est difficile dès lors d'occulter l'action d'une révolution sociale qui a libéré les exploités et les opprimés de tout devoir envers les classes dirigeantes en détruisant le pouvoir idéologique comme politique de celles-ci. Pas étonnant que Magni, comme les archéologues qui récusent l'interprétation révolutionnaire, se refusent à une analyse en termes de classes sociales et de pouvoir des classes possédantes (Magni affirme qu'on n'en sait pas assez !), de la société olmèque arrivée au stade où elle était au plus haut sommet de sa richesse et à la veille de sa chute !</p>
<p>Fracasser la statue d'un roi ou d'un grand prêtre passe encore, mais détruire la statue représentant un dieu et même toutes les représentations des dieux d'une ville ne peut pas être conçu comme un acte rituel ordonné par les chefs religieux et civils !</p>
<div class='spip_document_12403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/640px-Chalcatzingo-stelal-64414-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH855/640px-Chalcatzingo-stelal-64414-2-37f84.jpg?1789958527' width='500' height='855' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_12404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L242xH300/olmeque_ufo-57137-23fb4.gif?1789958527' width='242' height='300' alt='' />
</figure>
</div>
<p>On remarquera que d'autres destructions de civilisations encore plus connues comme celle des Mayas gênent également les archéologues, alors que l'on a retrouvé un site à Cancuen où l'ensemble de la cour royale, dont roi et reine, violemment assassinés sans sépulture normale, leurs objets détruits autour d'eux. Eh bien, malgré tout cela, ces archéologues occultent le caractère révolutionnaire évident d'une telle violence contre la classe dirigeante maya !!!</p>
<p>En dessous, on cimente une tête géante cassée représentant sans doute un roi</p>
<div class='spip_document_12405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L432xH640/26c396824a9274285ea692405f4da2e5-33aa4-2-f2bae.jpg?1789958527' width='432' height='640' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/jaguar-800_casse-02573-2-0c32b.jpg?1789958527' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Le dieu Jaguar olmèque a été détruit lui aussi !</p>
<div class='spip_document_12407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH568/olmeque-211c42d-5e7f7-2-c6f36.jpg?1789958527' width='500' height='568' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les stèles religieuses ont été brisées...</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH165/220px-Altar_5_from_La_Venta__left_side__Ruben_Charles_-7ce39-d9225.jpg?1789958527' width='220' height='165' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Jacques Soustelle, dans « Olmèques » :</h2>
<p>« Après avoir fleuri pendant sept cent ans (- 1200 à -500 av. J.-C.), le centre civilisé des Olmèques, San Lorenzo, est abandonné. De nombreux monuments retrouvés par les archéologues avait été brutalement brisés, les statues décapitées et enterrées, les autels fragmentés ; les vandales s'étaient même attaqués aux têtes colossales, où ils avaient creusé à grand peine des entailles et des trous circulaires. Un des vestiges les plus frappants de ce qui dut être une révolution extraordinairement violente est le « monument 34 », très belle statue privée de sa tête et de ses bras (qui devaient être articulés et mobiles) mais qui, représentant un homme agenouillé, témoigne d'une exceptionnelle virtuosité sculpturale.</p>
<p>Michael Coe (1968) explique ces destructions comme une explosion « de haine et de fureur contenues » contre les dirigeants olmèques : les monuments, les statues symbolisaient sans doute aux yeux d'un peuple en révolte les maîtres qui leur imposaient d'immenses efforts. Quoiqu'il en soit, la jungle avait reconquis le site abandonné en 500 avant J.-C….</p>
<p>Sur l'île de La Venta, les Olmèques ont également chuté. Que s'est-il passé quatre siècles avant notre ère ? La fin de la civilisation de La Venta demeure ensevelie dans le mystère. Ce que nous constatons, c'est qu'entre 450 et 325 av. J.-C. toute activité a cessé dans l'île. Plus de constructions, plus de fosses creusées pour recueillir les offrandes de serpentine, plus de caches à figurines de jade. L'élite dirigeante a disparu : chassée, exterminée ou simplement partie en exil ? Une nouvelle activité s'y manifeste : hélas, c'est une activité de destruction et de pillage. Des monuments sont alors brisés, des statues décapitées, des stèles martelées…</p>
<p>La catastrophe qui a mis fin à la civilisation de San Lorenzo nous est démontrée par les traces de l'acharnement inouï qui s'est déchaîné contre les monuments sculptés. Les têtes colossales ont résisté – sauf une – mais n'en ont pas moins été marquées de trous circulaires. D'autres pièces ont été martelées, brisées. Il a fallu sans doute hisser de lourds blocs au-dessus de certains monuments et les faire retomber d'assez haut pour obtenir l'effet d'un marteau-pilon. Un énorme labeur a dû être consacré à cette tâche de destruction. Après quoi les statues mutilées, les débris de sculptures, ont été ensevelis sous d'épaisses couches de terre…</p>
<p>La Laguna de Los Cerros a occupé dans le développement de la civilisation olmèque une place comparable à celle des grands sites décrits précédemment. Vingt-huit monuments de pierre sculptée y ont été relevés. La plupart sont mutilés – là encore une vague de vandalisme est passée.. Du monument n°3, il ne reste plus qu'un torse. La statue n°11, représentant un personnage assis, et la statue n°19, représentation d'un homme debout, sont l'une et l'autre décapitées…</p>
<p>Les Olmèques avaient fondé un empire… Cela les avait amenés à pousser des expéditions, même à créer des colonies, à de grandes distances de leur foyer principal, et cela dans les deux directions : vers l'Ouest et le Nord, à travers le plateau central, vers les serpentines de Puebla et les jades de Guerrero ; vers le sud et l'est, à travers l'Oaxaca et l'isthme de Tehuantepec, le long de la côte du Chiapas et du Guatemala, jusqu'au Salvador et au Costa Rica…</p>
<p>La société olmèque, telle que nous pouvons essayer de nous la représenter grâce aux maigres indices que nous possédons, devait être hiérarchisée et autoritaire ; en bas, une population essentiellement rurale assujettie au tribut et à la corvée – d'où les immenses travaux publics exécutés grâce à cette main d'œuvre ; au sommet, probablement une classe supérieure de prêtres-magiciens, observateurs des astres, habiles à manier leurs miroirs d'hématite, adorateurs du bébé-jaguar, à la fois urbanistes et architectes ; à côté de ce clergé, ou dépendant de lui, des commerçants, responsables pour une grande part de l'expansion vers le Centre et le Pacifique, et peut-être dignitaires militaires ; enfin, dans les centres eux-mêmes, au cœur des cités dispersées, une foule de serviteurs, ciseleurs, artisans de tout genre.</p>
<p>Ce qui est indiscutable, c'est qu'une autorité très forte et profondément acceptée était nécessaire pour obtenir du peuple les efforts gigantesques que supposent le transport de monolithes, la construction des centres cérémoniels, l'édification d'une pyramide ou la mise en place d'un système de canaux souterrains.</p>
<p>Sans doute la motivation religieuse a-t-elle été à la base de cette structure politique. Une théocratie, avec des aspects marginaux, mercantiles et guerriers, telle pourrait être la définition de la cité olmèque…</p>
<p>Aux yeux des simples cultivateurs de maïs, ces hommes étranges qui bâtissaient des monuments, qui taillaient la pierre, qui célébraient des rites jusqu'alors inconnus autour d'un dieu aux traits de félin, devaient apparaître comme semi-divins, magiciens à la fois admirables et redoutables…</p>
<p>Ils n'eurent probablement pas grand-peine à obtenir le libre passage, voire à s'installer par petits groupes plus forts par leur prestige que par leurs armes dans des régions où la population, au demeurant, n'était pas très dense. Des sites tels que Las Bocas, Tlatilco, Tlapacoya, Chalcatzingo, d'une façon générale tous ceux qui ont été signalés dans le District fédéral et dans les Etats de México, Morelos, Puebla et Guerrero, suggèrent une cohabitation pacifique entre des « noyaux » olmèques minoritaires et des populations plus nombreuses mais plus frustes…</p>
<p>On pourrait volontiers parler d'un « empire olmèque » encore beaucoup moins structuré et beaucoup plus lacunaire que celui des Aztèques, une sorte d'empire à l'état diffus, composé d'établissements plus ou moins sporadiques, de postes permanents sur certains itinéraires, de comptoirs commerciaux et de zones d'influence…</p>
<p>Comme l'écrivait Alfonso Caso (1965), « il était inévitable que l'Olmèque se sentit supérieur par sa culture aux peuplades néolithiques qui vivaient alors en Amérique moyenne. »</p>
<h2 class="spip"> « Atlas historique de la Méso-Amérique » de Norman Bancroft Hunt :</h2>
<p>En 900 avant J.-C, San Lorenzo fut touché par une soudaine catastrophe. Dans une folie destructrice, les monuments et les statues furent délibérément mutilés et défigurés. Les restes de ces orgueilleuses sculptures furent transportés à la main sur les flancs des montagnes environnantes où, après qu'on les eût alignés, on les enterra soigneusement. Puis le site fut abandonné. Alors que la disposition rituelle des monuments laisse penser à une désacralisation du site, les raisons de la destruction et de l'abandon de San Lorenzo sont toujours inconnues. »</p>
<p>« Située dans une île entourée de marécages, près de Tula, dans la province de Tabasco, La Venta a la particularité d'accueillir la plus grande pyramide olmèque. (...) Cet énorme monument était utilisé par les Olmèques comme un foyer cérémoniel et politique après l'abandon de San Lorenzo en 900 avant J.-C jusqu'à ce que La Venta soit à son tour détruite et abandonnée en 400 avant J.-C. Comme San Lorenzo, La Venta s'est construite en s'appuyant sur une agriculture extensive pratiquée par une nombreuse population rurale qui entretenait les fidèles itinérants et les pèlerins. (...)</p>
<p>Il est évident que La Venta n'a fait que développer le réseau commercial créé à l'origine à San Lorenzo. En plus du basalte et de l'obsidienne, matières premières utilisées par les artisans de San Lorenzo, les commerçants de La Venta connaissaient des gisements de serpentine et de jade. (...)</p>
<p>En tenant compte des pratiques agricole de l'époque, l'île ne pouvait supporter une population supérieure à 45 familles, et il est évident qu'une telle population ne pouvait, seule, ériger ces constructions gigantesques et faire venir les matériaux nécessaires à leur édification. La population rurale de la région, cependant, avoisinait les 18.000 personnes. L'agriculture étant une activité saisonnière, les hommes pouvaient être désignés par les prêtres et les nobles vivants à La Venta pour apporter leur force de travail. Les travaux devaient probablement être considérés comme une part de l'hommage qu'ils devaient rendre aux divinités (...).</p>
<p>Comme San Lorenzo, La Venta subit un accès destructeur en 400 avant J.-C : 24 sculptures monumentales, y compris des têtes colossales, furent détériorées de manière identique. Ici encore de nombreuses théories tentent d'expliquer ce qui est arrivé. Dans le cas de La Venta, cependant, il semblerait que la population avait trop augmenté pour que les méthodes agricoles utilisées alors permettent de faire vivre ce surcroît d'habitants. »</p>
<p>« Ce qui prête à confusion et provoque la discussion parmi les chercheurs qui s'intéressent à l'histoire de l'Amérique centrale, c'est que beaucoup des grandes cités ont été brusquement désertées, souvent après avoir fait l'objet de tentatives apparentes de destruction. Les grands sites olmèques de San Lorenzo et de La Venta ont été détruits avant d'être abandonnés comme le seront plus tard les villes majeures de Teotihuacàn et de Tula. Bien que les indices de destruction y soient moins visibles, il en va de même pour de nombreux centres mayas. Ces abandons présentent la particularité de ne pas sembler faire suite à un quelconque déclin, mais de se produire brutalement et de façon catastrophique. Ils apparaissent au cours de périodes où les preuves archéologiques suggèrent à l'évidence qu'il s'agissait de centres prospères, sur le plan religieux et commercial. Diverses explications ont été avancées. Selon la plus communément admise, des pressions extérieures ont rendu ces sites intenables. D'après ces scénarios, des intrigues politiques entre cités rivales auraient entraîné des guerres qui auraient fait perdre aux souverains leur autorité et poussé les populations à l'exode. Selon une autre explication, des dissensions internes, dues à des soulèvements des communautés rurales contre les élites gouvernantes, se seraient terminées en guerres civiles. Une troisième hypothèse s'appuie sur une augmentation trop rapide des populations que n'auraient pas pu supporter les ressources locales. (...)</p>
<p>La troisième hypothèse n'est pas applicable aux Olmèques qui n'ont jamais été assez nombreux pour épuiser les ressources de leur territoire. On peut aussi invoquer de violents bouleversements qui auraient pu être d'origine très diverses et dont le rôle aurait été déterminant. Ni à San Lorenzo, ni à La Venta n'apparaissent des indices permettant de prouver que les destructions ont été dues à une insurrection. Si des combats assez violents s'étaient déroulés pour chasser l'élite gouvernante en place, les vestiges archéologiques auraient été, tout au moins partiellement, détruits. C'est ce que l'on constate dans le site ultérieur de Tula que les Aztèques envahirent et brûlèrent. Les monuments ont été envahis avec une telle violence qu'ils ont été fracassés. A San Lorenzo et à La Venta, rien de tel : les destructions s'apparentent plus à des destructions systématiques qu'à un événement dramatique. Dans ces deux sites, les monuments jetés à terre ont été détériorés par des coups, des entailles, des éclats et des trous. (...) Des envahisseurs, ou même des insurgés, auraient laissé en place les vestiges mutilés au lieu de les disperser selon un ordre précis. Il n'est pas dans les usages des armées conquérantes ou des partisans d'une guerre civile de traiter les vestiges de leurs ennemis avec un tel respect. (...) Mais cette action pouvait être aussi une façon de les condamner au Royaume de la mort et de retirer ainsi rituellement leurs pouvoirs. »</p>
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<p>Les destructions ont été volontaires et violentes. De nombreux objets ont été cassés et reconstitués par les archéologues. <</p>
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<p>On voit ici de nombreux objets d'art et de culte, ainsi que des représentations des classes dirigeantes et des prêtres volontairement fracassés.</p>
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<p>« Teotihuacàn se situe dans la plaine bien irriguée du nord-est du bassin de Mexico, près de la ville moderne du même nom. La rivière San Juan et ses affluents se jettent dans le lac Texcoco ; d'éternels printemps et une irrigation intensive permettent de faire vivre une nombreuse population, raison pour laquelle, peut-être, les agriculteurs de la période de formation récente se réunirent dans cette région et établirent progressivement des relations commerciales avec les autres régions de Méso-Amérique. (...)</p>
<p>Le centre religieux de Teotihuacàn attirait les étrangers et les pèlerins de régions éloignées, dont la plupart étaient pauvres. La population permanente et de passage de Teotihuacan augmenta trop rapidement pour que la ville puisse subvenir à l'ensemble des besoins : tandis que la noblesse abusait de nourriture et que des fêtes rituelles somptueuses se déroulaient toujours, les résidents et les étrangers les plus pauvres souffraient souvent de la faim. Teotihuacan s'effondra au cours du 8ème siècle. Comme ses principaux édifices ont été brûlés et détruits, on pense que les plus pauvres s'étaient soulevé contre la hiérarchie. (...)</p>
<p>Une insurrection civile fait tomber Teotihuacàn. (...) Survint un événement dramatique. Des découvertes archéologiques ont mis en évidence l'existence de combats féroces qui se seraient déroulés dans le centre de la cité, des monuments abattus et détruits, des temples profanés. (...)</p>
<p>La totalité du centre de Teotihuacàn fut incendiée. (...) Le déclin de l'architecture et des arts implique une catastrophe qui aurait mis fin au fonctionnement interne de la cité. Il est aussi possible que l'importance du commerce de Teotihuacàn ait minimisé le pouvoir des prêtres, la ville devenant alors plus un lieu de négoce qu'un centre rituel. Il est peut-être significatif que les combats les plus violents aient eu lieu au cœur même du centre cérémoniel. C'est là que se trouvent les signes de destruction délibérés, de profanation et d'incendie. Bien qu'il se fût agi d'une enceinte sacrée, c'est dans cette partie de Teotihuacàn que vivaient les notables et les prêtres et que se situaient les bâtiments administratifs importants. On ne trouve aucune trace de combat ou d'incendie dans les quartiers des artisans ou dans les faubourgs où habitait la plus grande partie de la population. Ces données archéologiques ont permis d'avancer que Teotihuacàn avait été le siège d'une brève mais désastreuse insurrection civile. (...)</p>
<p>Alors que le commerce augmentait et, avec lui, le pouvoir que détenaient marchands et artisans, un ressentiment avait pu s'élever contre l'augmentation des impôts nécessitée par le financement des ambitieux programmes des notables, des prêtres et de la bureaucratie. L'arrêt des programmes de construction dans les dernières années de Teotihuacàn peut simplement être une conséquence de la volonté des commerçants d'exercer leurs droits et de refuser de répondre aux levées d'impôts. »</p>
<h2 class="spip">L'énigme des têtes olmèques colossales, d'après wikipedia :</h2>
<p>Les têtes colossales ne peuvent pas être datées avec précision. Toutefois, les têtes de San Lorenzo sont enterrées dès 900 av. J.-C., leur fabrication et utilisation étant donc antérieures. Les têtes de Tres Zapotes ont été déplacées de leur lieu d'origine avant d'être étudiées par des archéologues et celles de La Venta ont été trouvées partiellement exposées sur un sol moderne. La période de production des têtes est donc inconnue, qu'elle ait duré un siècle ou un millénaire. On estime toutefois qu'elles ont été fabriquées sur une période de temps de 50 à 200 ans. Les têtes de San Lorenzo seraient les plus anciennes. Toutes dateraient de l'époque préclassique de la Mésoamérique, principalement du début de cette époque (1500 à 1000 av. J.-C.), bien que deux têtes de Tres Zapotes et la tête de La Cobata soient attribuées au milieu de cette époque (1000 à 400 av. J.-C.).</p>
<p>Les têtes colossales varient en hauteur de 1,47 à 3,4 m et pèsent entre 6 et 50 t. Elles représentent toutes des hommes d'âge mur avec des joues bien en chair, un nez épaté et de grosses lèvres ; leur visage carré possède des mâchoires puissantes ; leurs yeux en amande ont tendance à posséder un léger strabisme. Leurs caractéristiques physiques générales correspondent à un type qui est toujours commun parmi les habitants de la région. L'arrière des têtes est souvent plat, comme si les monuments étaient à l'origine placés contre un mur. Toutes portent un casque. Chacune de ces coiffes est individualisée, même si elles ont toutes un air de ressemblance. L'expression des visages est également individualisée : sévère, maussade, souriante, etc., bien qu'il s'agisse là d'appréciations tout à fait subjectives.</p>
<p>Les portraits des hommes sont réalistes et non idéalisés. Il est probable qu'il s'agit de portrait de dirigeants vivants (ou récemment décédés) connus des sculpteurs. Des exemples de sculptures en bois retrouvées à El Manatí indiquent que les Olmèques ont probablement créé bien plus de sculptures dans des matériaux périssables que dans la pierre.</p>
<p>Bien que les têtes soient similaires, elles comportent des différences stylistiques dans leur exécution. L'une des têtes de San Lorenzo porte des traces de stuc et de peinture rouge, suggérant que ces monuments pourraient avoir été brillamment décorés à l'origine.</p>
<p>La production de chaque tête colossale est probablement planifiée minutieusement, compte tenu des efforts nécessaires pour s'assurer des ressources nécessaires ; il semble probable que seuls les dirigeants olmèques les plus puissants sont capables de les mobiliser. La main d'œuvre nécessite des sculpteurs, des ouvriers, des contremaîtres, des bateliers et divers artisans pour produire les outils, fabriquer et déplacer les monuments, sans compter les moyens de les nourrir et de les soigner. Les cycles saisonniers et agricoles, ainsi que le niveau des rivières, doivent être pris en compte et le projet peut parfaitement avoir pris des années à se réaliser.</p>
<p>L'étude des ateliers de basalte olmèques suggère que les têtes colossales sont d'abord grossièrement façonnées par percussion directe. Les sculptures sont ensuite affinées en retouchant leur surface à l'aide de percuteurs, généralement des pavés arrondis du même basalte que les monuments. Des abrasifs ont été trouvés en association avec les ateliers à San Lorenzo, pointant vers leur usage dans la finition des détails. Les têtes colossales sont conçues en ronde-bosse avec des degrés divers de relief sur le même ouvrage : généralement, des reliefs plus hauts sur le visage et plus bas sur les oreilles et les coiffures. Le monument 20 de San Lorenzo est un trône fortement endommagé dont une figure émerge d'une niche. Ses côtés sont cassés et le trône a été déplacé avant d'être abandonné. Il est possible que ces dégâts aient été provoqués par les étapes initiales d'une transformation du trône en tête colossale, mais le travail n'a pas été terminé.</p>
<p>Les 17 têtes olmèques connues sont sculptées dans du basalte provenant des montagnes de la Sierra de los Tuxtlas de Veracruz. Ces rochers se situent dans une zone atteinte par des lahars importants qui ont transporté des blocs de pierre conséquents le long des pentes, ce qui suggère que les Olmèques n'ont pas à extraire le matériau pour les têtes. Des rochers grossièrement sphériques sont sélectionnés pour ressembler à la forme d'une tête humaine. Les pierres des têtes de San Lorenzo et La Venta sont transportées sur une distance considérable depuis la source. La tête de La Cobata est trouvée sur la colline d'El Vigia dans la Sierra de los Tuxtlas (ce qui plaide en faveur de la thèse de Caterina Magni qu'il s'agit d'un monument inachevé) et la pierre des monuments A et Q de Tres Zapotes provient de la même colline.</p>
<p>Les rochers sont transportés sur plus de 150 km. On ignore la méthode de transport exacte, les Olmèques ne disposant en outre pas de bêtes de somme ni de roues fonctionnelles, et il est probable qu'ils ont utilisé un transport par voie d'eau dès que possible, profitant du réseau hydrographique très dense dans la côte du Golfe. Le terrain de la région oppose des obstacles significatifs, comme des marais et des plaines d'inondation ; les éviter nécessite de traverser une région de collines. La construction de chaussées temporaires à l'aide de la terre des plaines d'inondation pourrait permettre une route directe vers le plateau de San Lorenzo Plateau. Des structures en terre (monticules, plateformes et chaussées) sur ce plateau démontrent que les Olmèques disposait du savoir-faire nécessaire à de telles constructions.</p>
<p>L'arrière plat de plusieurs têtes colossales correspond au socle plat des trônes monumentaux à partir desquels elles sont retravaillées. Seules quatre des dix-sept têtes connues n'en possèdent pas, indiquant que la plupart sont des monuments resculptés. Alternativement, l'arrière pourrait être aplati pour faciliter leur transport.</p>
<p>Les têtes colossales olmèques sont des sculptures monolithiques représentant des têtes humaines en ronde-bosse de grande taille. Taillées dans des rochers en basalte, elles datent au moins de 900 av. J.-C. et sont représentatives de la civilisation olmèque en Mésoamérique. Des 17 têtes colossales connues, toutes représentent des hommes d'âge mur avec des joues bien en chair, un nez plat et un léger strabisme ; leurs caractéristiques physiques correspondent à un type qui est toujours commun parmi les habitants des États de Tabasco et Veracruz au Mexique. Chacune des statues comporte une coiffe distinctive. L'arrière des monuments est souvent plat. Les rochers proviennent des montagnes de la Sierra de los Tuxtlas de Veracruz ; comme les pierres utilisées pour la production des statues ont été transportées sur de grandes distances, nécessitant beaucoup de ressources et d'efforts humains, on pense que ces monuments sont les portraits de dirigeants olmèques puissants. Les têtes sont arrangées en lignes ou groupes sur des centres olmèques majeurs, mais la méthode et la logistique de leur transport sur ces sites restent peu claires.</p>
<p>La datation des monuments reste difficile car plusieurs ont été déplacés de leur contexte original avant leur étude archéologique. La plupart datent du début de l'époque préclassique (1500 à 1000 av. J.-C.), certaines du milieu de cette époque (1000 à 400 av. J.-C.). La plus petite pèse 6 t, la plus grande entre 40 et 50 t, mais elle a été abandonnée, non terminée, près de la source de sa pierre.</p>
<h2 class="spip">Wikistrike (extraits) :</h2>
<p>Les Olmèques constituent une énigme : on ignore jusqu'à leur nom véritable. Celui que nous connaissons leur a été donné par les Aztèques et signifie à peu près " hommes caoutchouc" ou "les gens originaires du pays du caoutchouc", vraisemblablement parce qu'ils ont inventé le jeu de pelote avec une balle de latex (jeu qui fut populaire dans toutes les tribus indiennes).</p>
<p>Le peuple Olmèque semble vivre de manière très hiérarchisée, selon une sorte de chefferie ou de " monarchie ", dans le sens féodal du terme. Pour Drucker (1981) il s'agirait d'une société Etatique, pour Magni (1999) d'une société clanique.</p>
<p>L'organisation sociale présente une phase d'évolution avancée vers la stratification en classes et la spécialisation professionnelle. La supervision des tâches, indispensable à leurs entreprises, implique nécessairement une forte hiérarchisation de la société, en fonction d'une organisation politique et sociale. L'économie semble basée sur l'intensification de la production, le stockage, l'innovation des moyens de production et une meilleure division du travail, notamment par la spécialisation. Ils créèrent de grands centres cérémoniels, et l'on pense qu'ils prirent sous leur tutelle plusieurs villages et groupes voisins en les intégrant aux centres principaux.</p>
<p>Une importante concentration de population, de pouvoir et de connaissances pour les groupes qui vivent dans les centres (les dirigeants, les prêtres, les artistes, les artisans et peut-être aussi les marchands). Les dirigeants semblent avoir le privilège de l'accès à la maîtrise des connaissances et l'exclusivité de certaines fonctions. Les familles d'élites semblent s'affilier aux divinités et s'en proclament les descendants. Tout porte à croire que le pouvoir était héréditaire. La population qu'ils dirigeaient semble être importante ; la structure sociale se voit du même coup, allant vers la complexification. L'architecture elle-même est le reflet de cette hiérarchie. On trouve des édifices publics et des bâtiments privés, de factures très variables, montrant bien la place privilégiée de certains. Il existe aussi de nombreux colliers, pendentifs, miroirs et parures portés, sans nul doute, par ces dirigeants.</p>
<p>L'agriculture est l'une des ressources principales de subsistance (le maïs est domestiqué dés 2250 avant JC), l'homogénéité du milieu tropical humide favorise cette activité. L'écosystème est riche et varié. Les premières communautés sédentaires du Tabasco et du Veracruz ne sont pas que des agriculteurs, mais également des collecteurs de crustacés et de mollusques. La cueillette, la chasse et la pêche sont aussi pratiquées, et la domestication semble faire son apparition très tôt (chiens ou encore dindons).</p>
<p>L'un des plus grands efforts technologiques entrepris par les Olmèques est la construction des premiers systèmes de contrôle hydraulique de la Méso-Amérique préhispanique, à San Lorenzo ou encore à La Venta, avec des réseaux de canalisations souterraines. Les Olmèques sont également des innovateurs, dans le domaine de l'organisation des centres cérémoniels : ils orientent les édifices en fonction des points cardinaux. Les plans sont stricts et les axes précis, ils ne laissent rien au hasard. Les édifices sont de très grandes dimensions, construits en terre et en argile, on trouve parfois quelques éléments d'architecture en pierre (dallages, colonnes, murs), mais cette architecture reste tout de même assez rudimentaire. Les grands centres urbains que l'on connaît, comportent des monuments pyramidaux, des monolithes sculptés, des plates-formes, des stèles, des autels et des caches pour les figures votives. Ils pratiquent également l'ensevelissement d'offrandes (selon Soustelle, 1979, ils en seraient les initiateurs) et semble t-il la mutilation des oeuvres.</p>
<p>Les premiers centres urbains remontent à 1250 avant JC et se succèdent pendant environ six siècles. Les principaux sites Olmèques sont, entre autres La Venta et Villahermosa, dans le Tabasco ; San Lorenzo, Tres Zapotes et Laguna de los Cerros, dans le Veracruz. Ces sites sont souvent recouverts par des occupations ultérieures. Des sites comme La Venta ou San Lorenzo sont accompagnés de petits sites périphériques. Les grands centres semblent souvent avoir été précipitamment abandonnés. Ces grands mouvements de population seraient liés selon Santley (1997) à l'activité volcanique de ces région.</p>
<p>On commence à parler d'un " empire Olmèque " (Caso, 1965), s'étalant de la côte du golfe du Mexique, au plateau central (Tlatilco), en passant par le Morelos (Chalcatzingo), le Guerrero (Oxtotitlàn), Oaxaca (Monte Alban), Puebla (Las Bocas) et le long du Pacifique jusqu'au Nord du Costa Rica (péninsule de Nicoya). Leur présence est principalement attestée par l'existence, sur place, de sculptures portables, d'objets rituels, de figurines, de céramiques ou de motifs typiquement Olmèques. Mais toutes ces données sont-elles véritablement le fait des Olmèques ? Il est peut-être abusif de parler d'empire et il semble plus approprié de parler d'échanges avec des cultures locales et d'assimilation d'éléments Olmèques dans ces cultures. Il existe donc, outre les grands centres, de petits villages non Olmèques à structures publiques, où leur influence se fait sentir, comme San José Mogote, Huitzo ou encore Chalcatzingo.</p>
<p>Nous pensons qu'ils ont construit un important réseau d'échanges, qui se serait surtout développé au formatif moyen. Ceci leur aurait permis d'importer les matières premières et les produits manufacturés qu'ils désiraient et d'exporter leurs marchandises et leur culture. Les rapports qu'ils entretenaient avec leurs voisins, étaient-ils juste d'ordre commercial, ou également d'ordre militaire, colonial… ? Nous resterons prudent quant aux hypothèses d'invasion, de conquête ou de colonisation, comme le suggère C Magni (1999) " nous préférons nous baser sur une aire culturelle ouverte aux échanges ". La zone métropolitaine est un ensemble homogène, mais l'on constate dans les zones périphériques des diversités liées aux situations locales. Les premières sociétés hiérarchisées apparaissent entre 1200-700 avant JC, sur la côte du golfe avec les Olmèques, entre 1400-450 BC dans la vallée de Oaxaca et entre 1500-200 avant JC dans le Morelos... Grove et Flannery (1994) parleront d'horizon Olmèque, c'est-à-dire ayant un rôle catalyseur pour l'évolution ultérieure des autres peuples méso-américains. Toutefois d'autres cultures étaient déjà présentes dans certaines régions et n'ont fait qu'intégrer des motifs Olmèques dans leur propre culture.</p>
<h2 class="spip">Caterina Magni, « Les Olmèques. La genèse de l'écriture en Méso-Amérique » :</h2>
<p>« Dans les années 1970, Jacques Soustelle, homme politique français et grand connaisseur du Mexique, n'hésitait pas à comparer les Olmèques, la première des hautes civilisations de la Méso-Amérique, aux Sumériens. Cette comparaison, qui pouvait apparaître audacieuse à l'époque, s'avère aujourd'hui particulièrement pertinente. <br class='autobr' />
En s'appuyant sur les témoignages matériels, le milieu scientifique s'accorde pour reconnaître l'apport des Olmèques dans le domaine de l'urbanisme, de l'architecture et de l'art. En revanche, dans le champ intellectuel, les archéologues ont eu, pendant longtemps, des réticences. La découverte, rendue publique en 2006, de la « stèle » de Cascajal à proximité de San Lorenzo sur la côte du Golfe du Mexique, a fini par convaincre les plus sceptiques. Cette tablette en serpentine, gravée d'une soixantaine de glyphes de facture olmèque, démontre que ce peuple a inventé l'écriture. Comme pour l'ancien pays de Sumer, cette invention est l'aboutissement d'un long processus de maturation avec, en toile de fond, la hiérarchisation de la société, l'institutionnalisation de la religion et le développement des premières cités urbaines.</p>
<p>Les Uruk, Mari et Ebla du Proche-Orient ancien s'appellent, en Méso-Amérique, La Venta, Teopantecuanitlan, Tak'alik Ab'aj, pour ne citer que les foyers les plus prospères qui ont émergé, entre 1300 et 400 avant J.-C., sur la quasi-totalité du territoire méso-américain. »</p>
<div class='spip_document_12373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH114/EcritureOlmeque-095ad-b19e5.jpg?1789958528' width='500' height='114' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH331/899fb445088cb8461e4d2103350e272d-03d09-5e82e.jpg?1789958528' width='400' height='331' alt='' />
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</div><h2 class="spip">L'écriture inventée par les Olmèques :</h2>
<p>On peut ne jamais avoir inventé la roue et avoir maîtrisé, très tôt, un système d'écriture complexe. Ainsi de la civilisation olmèque, qui émerge dans l'actuel Mexique vers 1 200 avant J.-C. et dont une équipe scientifique américano-mexicaine affirme avoir découvert la plus ancienne trace écrite connue à ce jour. Celle-ci serait, du même coup, la plus vénérable jamais découverte en Amérique. Le document, décrit dans l'édition du 15 septembre de la revue Science, est un bloc de pierre de 36 cm sur 21 cm, épais de 13 cm et lourd de 12 kg. Exhumé à Cascajal, au coeur du pays olmèque, dans ce mince bras de terre qui sépare le Pacifique du golfe du Mexique, il est daté par ses découvreurs d'environ 900 avant J.-C.</p>
<p>Gravés sur la stèle de Cascajal se déroulent, sur huit colonnes, 28 glyphes distincts dont certains sont utilisés à deux, trois, voire quatre reprises. Au total, le texte est constitué de 62 signes. Selon les auteurs, "il documente l'existence d'un système d'écriture insoupçonné et révèle que (la) civilisation (olmèque) disposait d'un haut niveau de complexité". "Cette civilisation est en quelque sorte la civilisation mère de cette région, explique Daniel Lévine, spécialiste des sociétés préhispaniques et professeur à l'université Paris-IV-Sorbonne. C'est elle qui a établi les principaux modèles culturels qui vont, par la suite, définir l'ensemble du monde mésoaméricain : Mayas, Aztèques, etc."<br class='autobr' />
L'annonce de la découverte de ce "nouveau système d'écriture" promet d'être l'objet de vives discussions. Pour M. Levine, "tout le monde sait que le socle civilisateur mis en place par les Olmèques à partir d'environ 1 200 et jusqu'à environ 200 avant notre ère, comprend une écriture, vraisemblablement iconographique".</p>
<p>Quant au bloc exhumé, "certains glyphes qui y figurent sont effectivement nouveaux, mais d'autres sont connus, dit M. Lévine. Cela vient s'ajouter au corpus mais cela n'est en aucun cas une révolution." Un cylindre-sceau attribué aux Olmèques et daté de 650 avant notre ère a été exhumé dans cette région en 2002 et indiquait déjà, pour certains archéologues et épigraphistes, l'existence d'un système d'écriture.De plus, il n'est pas exclu que des pratiques scribales se soient développées beaucoup plus tôt dans cette région du monde, mais que ses principaux supports aient été constitués de matériaux peu résistants, comme du bois.</p>
<p>Quant à l'antériorité de la stèle, elle est elle aussi sujette à discussion, selon Max Schvoerer, professeur émérite à l'université Bordeaux-III, fondateur de l'Institut de physique appliquée aux archéomatériaux. Les auteurs de la découverte ont en effet estimé l'âge du bloc indirectement, en étudiant des tessons de céramique retrouvés à ses côtés. Et ce, dit M. Schvoerer, "en l'absence d'un niveau d'occupation bien identifié et daté".</p>
<p>Quel que soit son âge, saura-t-on jamais lire ce que les anciens Olmèques ont gravé sur le bloc de serpentine retrouvé à Cascajal ? Il y a peu de chances. Voire aucune. Les Olmèques demeurent de parfaits inconnus. Identifiée au XIXe siècle, leur civilisation conserve à peu près tous ses mystères. Elle a laissé des vestiges monumentaux, des statues et des masques qui portent les archéologues à penser que le jaguar était l'objet d'un culte... "Le mot "olmèque" signifie "les gens du pays du caoutchouc", mais ce sont les Aztèques (qui installent un empire sur la région au XIVe siècle de notre ère) qui leur donnent ce nom, raconte Daniel Lévine. On ne sait pas comment ces gens se nommaient eux-mêmes... D'ailleurs, on ignore même la langue qu'ils parlaient."</p>
<p>Les glyphes de Cascajal vont donc durablement rejoindre la cohorte des hiéroglyphes anciens indéchiffrés qui alimentent tant de passion et dont les "pierres de Rosette" n'ont pas encore été découvertes : écriture de la vallée de l'Indus, de l'île de Pâques, écriture hiéroglyphique crétoise, disque de Phaïstos, etc.</p>
<p><a href="http://precolombien.free.fr/BIBLIOGRAPHIE/livre/bibliographie-olmeque.html" class="spip_out" rel="external">Bibliographie</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions de Méso-amérique antique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_out" rel="external">Les civilisations sont-elles vouées à disparaître ... brutalement ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2321" class="spip_out" rel="external">La civilisation des Anasazis, renversée par une révolution</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_olm%C3%A8que" class="spip_out" rel="external">L'art olmèque</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=WBbaBnNaiY8" class="spip_out" rel="external">Video en español</a></p>
<h2 class="spip">Remarque : nous n'avons pas diffusé la thèse extraterrestre qui nous semble plutôt faire partie des délires actuels plus que de la science et de l'histoire... On dit souvent que les Olmèques sont de grands découvreurs : le caoutchouc, le maïs, la boisson au chocolat, le pétrole, l'écriture, le calcul, la prévision astronomique, la roue, les voyages transocéaniques, le jeu collectif de pelote, le calendrier, les réservoirs d'eau avec canalisations, l'écriture par hiéroglyphes, l'arithmétique en base vingt et on en passe… Inutile de leur attribuer en plus le vol dans l'espace et les communications avec les extraterrestres !!!</h2>
<p>L'étonnement est grand de voir les Olmèques représenter des êtres volants. Mais le monde intellectuel des Olmèques concevait la possibilité pour l'homme de se transformer en animal (nahualisme) et inversement, d'où la possibilité de se transformer en êtres volants. Il n'était pas nécessaire pour eux à l'époque, contrairement à nous aujourd'hui, d'avoir vu ou conçu des extraterrestres pour représenter des hommes volants !</p>
<p>Si les extraterrestres sont à écarter, l'idée d'une origine égyptienne (époque pharaonique) des Olmèques ne l'est pas. Les similitudes frappent d'emblée : des chefs blancs barbus et d'autres négroïdes, des sphynx, un dieu serpent qui chapeaute l'être humain, des pyramides, etc.</p>
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<p>Egypte</p>
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<p>Olmèques<</p>
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<p>Egypte et Olmèques</p>
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<p>Egypte</p>
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<p>Pharaons noirs</p>
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<p>Olmèques</p>
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<p>Chefs olmèques</p>
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<p>Olmèques</p>
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<p>Egypte</p>
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<p>Dolichocéphalie olmèque et pharaonique</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L497xH369/olmque03-af41b-2-50d70.jpg?1789958528' width='497' height='369' alt='' />
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<p>Rappelons que, comme les Olmèques, les Egyptiens de l'Antiquité pratiquaient le jeu de balle, y jouaient avec l'ensemble du peuple et attribuaient, comme eux, une valeur symbolique et religieuse aux résultats du jeu.</p>
<p>Crânes allongés d'enfants égyptien et olmèque</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH473/c04a9f857b_50079053_tete-84a3e-0c889.jpg?1789958528' width='500' height='473' alt='' />
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</div>
<p>Une origine égyptienne expliquerait qu'il y ait à la fois des blancs et des noirs et aussi, par exemple, qu'ils aient connu l'éléphant...</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH648/largepreview-774c9-2fa34.jpg?1789958528' width='500' height='648' alt='' />
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</div>
<p>On retrouve aussi le sac des dieux égyptiens dans la gravure olmèque du dieu serpent</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH548/La-Venta-Gods-3f8f7-3703a.jpg?1789958528' width='500' height='548' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/Gobekli-Tepe-hanbag-317b6-2ac5f.jpg?1789958528' width='500' height='371' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH627/mysterious-handbag_0-b12c7-85c40.jpg?1789958528' width='500' height='627' alt='' />
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</div>
<p>Bien entendu, comme dans tous les domaines, pour tout ce qui concerne les Olmèques, redisons-le, il ne peut s'agir encore que d'hypothèses.</p>
<p>Actuellement, le site archéologique de La Venta, l'un des plus importants sites olmèques, est coupé en deux par un aérodrome. Les raffineries pétrolières se dressent partout. Les bulldozers ont tout rasé avant que les vraies fouilles aient pu commencer. Le passé de l'humanité n'est plus considéré comme un bien aussi important que le profit capitaliste, bien entendu !</p>
<p>Pour conclure</p>
<p>Ces têtes Olmèques ont été sciemment, violemment et même, haineusement dégradées, pilonnées, détruites, démolies puis ensevelies : il s'agissait de casser la puissance symbolique du pouvoir. Détruire la statue, c'était détruire l'image même du pouvoir. Mais les sites olmèques n'ont pas été envahis par une armée. Ils ont été détruits par les Olmèques eux-mêmes qui ont abandonné totalement le site lui-même, le mode de production et de vie des habitants a été détruit lui aussi. C'est bel et bien une révolte populaire contre les classes dirigeantes qui a cassé le pouvoir olmèque !</p>
<div class='spip_document_12635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L252xH320/sl3_5_-7066c.jpg?1789958528' width='252' height='320' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L235xH200/civilisation-olmeque-1-67070-3e7c9-785fc.jpg?1789958528' width='235' height='200' alt='' />
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</div>
<p>Michael D. Coe :</p>
<p>« La quantité de haine et de fureur contenue que représentait cet acte de destruction énorme devait être vraiment impressionnante. Ces monuments sont grands et le basalte est une pierre très dure. Lorsque cela a été possible, les têtes ont été écrasées, les autels ont été écrasés et d'étranges et petits trous ont été creusés dans les Têtes Colossales. Rien n'indique que des cales aient été utilisées ou traitées au feu et à l'eau pour casser les plus grosses pierres. Je soupçonne plutôt qu'ils ont construit d'énormes tripodes sur certains monuments, qu'ils ont érigé d'autres monuments et qu'ils ont laissé tomber de très grandes hauteurs. Pourquoi cela a-t-il été fait ? Parce que les monuments olmèques représentaient probablement la classe dirigeante qui maintenait la population assujettie aux impôts de cette manière étroitement contrôlée, les obligeant à effectuer des paiements incroyables sous forme de travail. Selon toute vraisemblance, ces pierres symbolisaient tout ce qui les maintenait en esclavage ; les populations ont donc détruit les symboles avec le même zèle que celui que les révolutionnaires hongrois ont manifesté lorsqu'ils ont renversé la statue géante de Staline à Budapest en 1956. »</p>
<p>« La cantidad de odio y furia contenida que representaba est enormo acto de destrucción debe haber sido realmente impressionante. Estos monumentos son grandes y el basalto es una piedra muy dura. Cuando fue posible se destrozaron las cabezas, se hicieron pedazos les ''altares'' y se cortaron extraños y pequeños agujeros et ranuras en las Cabezas Colosales. No hay señales de que se utilizaran cuñas o de que se las tratara con fuego y agua para romper las piedras más grandes ; yo sospecho más bien que construyeron enormes tripodes sobre algunos monumentos, alzaron otros monumentos sobre estos et le dejaron caer desde grandes alturas. ¿Por qué se hizo esto ? Porque los monumentos olmecas probablemente representaban la clase de gobernantes que mantenía de esta forma firmemente controlada a la población pagodara de impuestos, obligandoles a realizar increibles pagos en forma de trabajo. Estas piedras, con toda probabilidad, simbolizaban todo aquello que les mantenía en la esclavitud, por lo que destruyeron los simbolos con el mismo empeño que los revolucionarios húngaros mostraron al derribar la estatua gigante de Stalin en Budapest en 1956. »</p>
<p><a href="https://issuu.com/cliptik1719/docs/mexico-from-the-olmecs-to-the-aztec" class="spip_out" rel="external">Mexico : From the Olmecs to the Aztecs (Ancient Peoples and Places), Michael D. Coe</a></p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class="spip_out" rel="external">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?</a></p>
<div class='spip_document_12885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH533/cabeza_olmeca_frente-2-f9dae.jpg?1789958528' width='400' height='533' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div><div class='spip_document_12883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div><div class='spip_document_12881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/7cf1fa5b43c29d3959ecf3e033c47ba3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH740/7cf1fa5b43c29d3959ecf3e033c47ba3-3ae3d.jpg?1789958528' width='500' height='740' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_12880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div> <div class='spip_document_12678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L425xH425/giphya-f9d2c.gif?1789958528' width='425' height='425' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La civilisation olmèque a chuté dans un épisode rapide et brutal des luttes de classes qui a détruit son mode de production</p>
<div class='spip_document_12875 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cultura-olmeca-6-638-d74bd.jpg?1789958528' width='500' height='281' alt='' />
</figure>
</div>
<p>On peut lire : « La première phase de la culture olmèque s'est terminée par une guerre civile… Il y a eu par la suite d'autres guerres civiles… »</p>
<p> « La primera fase de la cultura olmeca terminó con una guerra civil… Luego hubo otras guerras civiles. »</p>
<div class='spip_document_12897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/fotoprinultimo-JOHAN-ORDONEZ-AFP.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/fotoprinultimo-JOHAN-ORDONEZ-AFP-1de34.jpg?1789958528' width='500' height='334' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_12898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L314xH250/teteOlmeque-EnfouieSuperbis-2-0185a.jpg?1789958528' width='314' height='250' alt='' />
</figure>
</div> <p>Les représentations des dieux, des classes possédantes et de l'Etat ont été détruits violemment et définitivement de même que tout le mode de production et de domination. On ne peut appeler cela qu'une révolution sociale !!!</p></div>
L'empire incas, naissance et mort
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6332
http://www.matierevolution.org/spip.php?article63322019-06-03T22:56:00Ztext/htmlfrRobert ParisMoyen-AgeRévolutionEsclaves SlavesPérou - PerùAmérique du sud America del surChili ChileEquateurColombieAmérindiens
<p>Machu Picchu, cité incas du XVe siècle après J.-C. Les civilisations avant les Incas L'empire incas La domination impériale de l'Inka, un feu d'artifice très court, produit de la chute et de la domination de plusieurs civilisations datant du communisme primitif <br class='autobr' />
« Comment une civilisation organisée et structurée, forte de 12 millions d'hommes à son apogée et d'un territoire qui s'est étendu sur les trois quarts de la cordillère des Andes, a-t-elle pu tomber sous le joug des Espagnols et (…)</p>
-
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag">Moyen-Age</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag">Esclaves Slaves</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag">Pérou - Perù</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot144" rel="tag">Chili Chile</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot165" rel="tag">Equateur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot188" rel="tag">Colombie</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_12744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/aztec_maya_inca_map_lg-2-58e03.gif?1789958528' width='500' height='625' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_11834 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/126e715575_50008176_machupicchu-04.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/126e715575_50008176_machupicchu-04-93018.jpg?1789958528' width='500' height='333' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Machu Picchu, cité incas du XVe siècle après J.-C.</p>
<div class='spip_document_11835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/le-perou-avant-les-incas-musee-quai-branly-exposition-10.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/le-perou-avant-les-incas-musee-quai-branly-exposition-10-ae611.jpg?1789958528' width='500' height='334' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Les civilisations avant les Incas</p>
<div class='spip_document_11836 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH194/ob_8817f3_chrono-civilisations-aa4e5.jpg?1789958529' width='500' height='194' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_11837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH251/Inca_Empire_South_America-4e1ba.png?1789958529' width='220' height='251' alt='' />
</figure>
</div>
<p>L'empire incas</p>
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</div><h2 class="spip">La domination impériale de l'Inka, un feu d'artifice très court, produit de la chute et de la domination de plusieurs civilisations datant du communisme primitif</h2>
<p>« Comment une civilisation organisée et structurée, forte de 12 millions d'hommes à son apogée et d'un territoire qui s'est étendu sur les trois quarts de la cordillère des Andes, a-t-elle pu tomber sous le joug des Espagnols et disparaître en un peu plus d'un siècle ? » écrit le journal Le Figaro. En fait la première question serait : comment a-t-elle pu naître ?</p>
<p>L'Empire inca, est une véritable météorite dans l'histoire bimillénaire de ce territoire. Alors que la civilisation moche (mohica) qui l'a précédé s'est épanouie pendant neuf siècles, l'Empire inca n'est constitué que depuis quatre-vingts ans quand les conquistadors abordent le Pérou. Quarante ans plus tard, ceux-ci ont tout anéanti, il ne reste plus rien de l'ancien empire incas.</p>
<p>A l'origine de la domination des Incas, l'effondrement du royaume de Tiwanaku, l'effondrement de la fédération des peuples, l'effondrement des sociétés communistes primitives devant les guerriers esclavagistes. Mais cette domination n'aura pas duré, les colons européens étant parvenus à pousser les peuples indiens récemment esclavagisés contre l'empire…</p>
<p>15 novembre 1532 : à Cajamarca, Pizarro rencontre l'armée d'Atahualpa, qui compte prendre le pouvoir à Cuzco, et entreprend des pourparlers avec son chef. Lorsque Pizarro arrive au Pérou en 1532, il est perçu comme un dieu. Il enlève l'empereur Atahualpa et encourage la révolte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement exécuté par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contrôlent le territoire inca au milieu du XVIe siècle, même si des résistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Amérindiens dans les encomiendas et de l'évangélisation de la population.</p>
<p>La démographie historique estime qu'une majorité d'Amérindiens sont morts à la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Amérindiens n'étaient pas immunisés. Au contact des Européens, les Amérindiens ont eu une très grande baisse démographique causée par les maladies importées de l'Europe et les épidémies dues au choc microbien, car ces maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole, n'étaient pas connues des tribus. Le processus a commencé dès les années 1500 et les épidémies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de diphtérie (1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont décimé des millions d'indigènes. Par exemple, les Timicuas, en Floride, qui en 1650 étaient 13 000 répartis sur 40 villages, ne furent après une épidémie de petite vérole que 35 en 1728, regroupés dans un seul hameau.</p>
<p>Le nombre de morts indigènes de maladies, d'exploitation ou d'assassinat par les forces coloniales est estimé à 90 millions, dont 10 millions pour l'Amérique du Nord.</p>
<p>16 novembre 1532 : Pizarro réussit à s'emparer de la personne de l'Inca qui accepte toutes les conditions imposées pour sa libération (dont 88 m3 d'or de rançon, réunie en juillet 1533). La rançon est partagée entre les vainqueurs après envoi du quinto en Espagne, mais Pizarro préfère exécuter l'Inca pour le meurtre de son frère Huascar. Il sera garrotté devant les soldats (29 août 1533).</p>
<p>26 juillet 1533 : Atahualpa, le dernier empereur inca capturé par traîtrise par Pizarro, est condamné à mort et étranglé. La résistance inca est désorganisée. Pizarro partage les Indiens entre ses hommes selon le système de l'encomienda. Chacun reçoit 40 000 indigènes. Ce système ruinera le système économique de l'empire inca. L'introduction de l'économie monétaire et de nouvelles formes de tribut (travaux forcés dans les mines), achèveront de désintégrer l'équilibre du système. Les Espagnols utilisent l'ancien système de pouvoir et d'échanges à leur avantage, mais sans que fonctionne le principe de réciprocité dans l'échange, qui en était le fondement.</p>
<p>Octobre 1533 : révolte de Rumiñahui qui veut prendre le pouvoir depuis Quito avec l'armée d'Atahualpa (12 000 hommes). Belalcázar le bat en plaine avec 200 fantassins et 80 cavaliers pendant l'irruption du Cotopaxi, qui terrifie les Indiens. Rumiñahui parvient à s'enfuir dans la montagne. Capturé, il meurt des suites de ses tortures le 25 juin 1535.</p>
<p>15 novembre 1533 : les Espagnols occupent Cuzco où ils placent Manco Capac II, frère d'Atahualpa, sur le trône des Inca (fin en 1537). La ville est mise à sac.</p>
<p>La civilisation incas a disparu très rapidement, trop facilement. Qu'est-ce qui faisait sa force et qu'est-ce qui faisait sa faiblesse ?</p>
<p>La civilisation inca est une civilisation précolombienne du groupe andin. Elle prend naissance au début du XIIIe siècle dans le bassin de Cuzco dans l'actuel Pérou et se développe ensuite le long de l'océan Pacifique et de la cordillère des Andes, couvrant la partie occidentale de l'Amérique du Sud. À son apogée, elle s'étend de la Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, par-delà l'Équateur, le Pérou et la Bolivie.</p>
<p>Au Pérou, sous le régime incas, le pays était habité par deux races superposées. Les Incas, la race conquérante, ainsi que toutes les aristocraties, conservaient les coutumes du passé et vivaient sous le régime du communisme du génos, tandis qu'il semble que les nations vaincues de ce vaste empire évoluaient vers la propriété patriarcale. Tous les ans, les terres cultivées de chaque localité étaient divisées en 3 parts : l'une était morcelée en autant de parcelles que de familles ; l´autre était attribuée aux Incas et la troisième était réservée au Soleil, le Dieu des Péruviens. Les terres du Soleil étaient cultivées en commun par toute la population, et leurs récoltes, après avoir défrayé les dépenses du culte, étaient distribuées entre les familles du village. Cette répartition des terres en trois parts indique trois classes sociales.</p>
<p>Paul Radin écrit sur les Incas :</p>
<p>« Le plus célèbre de tous les temples péruviens, celui du Cuzco, fut dédié au soleil-dieu. Les divers souverains qui régnèrent l'avaient enrichi à tel point que les Inka eux-mêmes l'appelaient « le lieu en or ». (...) Le culte du soleil avait pénétré à tel point jusqu'à l'essence de leur vie que les Inka faisaient remonter à lui tout ce qui était beau et utile dans l'Univers : (...) « Je suis un bienfait pour l'univers entier, répandant la lumière pour que les hommes voient et accomplissent leur tâche. (...) Je vous ai envoyés sur terre, ô mes enfants, uniquement pour le bonheur et l'instruction de ces hommes qui vivent comme des bêtes, et, à partir de ce moment, je vous nomme rois et maîtres de toutes ces tribus, afin que vous leur enseigniez la raison et le bon gouvernement. »</p>
<p>Maurice Godelier :</p>
<p>« Dans la société aztèque par exemple, le commerce était extrêmement développé. Une circulation de biens entre les hautes terres productrices de maïs, de haricots, etc., et les basses terres côtières tropicales beaucoup plus riches et qui fournissaient le cacao, le coton, les plumes d'oiseaux pour les parures, etc., donnait lieu aux activités d'une classe spécialisée de marchands, les pochteca. Cette circulation marchande doublait la circulation des mêmes produits sous la forme du tribut à l'Etat aztèque dont nous avons parlé plus haut. Dans une lettre célèbre à Charles V, Cortez décrivit les immenses marchés de Tenochticlan. Sur ces marchés, chaque produit avait un lieu de vente déterminé. La vente se réalisait à la pièce ou à la mesure. Les jours de marché étaient fériés. Des tribunaux spéciaux, contrôlés par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il était interdit de vendre les produits en dehors des places de marché. Les commerçants jouissaient de grands privilèges politiques et économiques. Mais ils étaient mal jugés s'ils faisaient étalage de richesse et de gloire. On attendait d'eux un comportement « humble » et parfois les biens des commerçants riches étaient confisqués par l'Etat. Les marchands étaient dispensés du service personnel et de la participation aux travaux publics organisés par l'Etat. Si l'on compare cette situation avec celle qui régnait chez les Incas, on s'aperçoit que chez ces derniers la production était plus strictement organisée par le pouvoir central et que cette économie centralisée ne laissait guère place au développement d'une classe de marchands. De nos jours, de multiples analyses des marchés africains, méso-américains, asiatiques permettent de commencer à distinguer plusieurs types de marchés : par exemple les marchés sectoriels qui permettent à des producteurs de biens complémentaires de les échanger sur une base régionale. Dans ces conditions existent des cycles de marchés qui se tiennent chaque jour en un lieu différent, permettant ainsi l'unification d'une région économique. C'était le cas également des marchés ruraux, dans la Chine traditionnelle. A ces marchés s'opposent les marchés en réseaux qui relient les producteurs locaux à leur économie nationale, et par-delà au marché mondial.</p>
<p>C'est dans cette perspective que l'on peut analyser des formes de tributs qui caractérisaient par exemple le fonctionnement de la société aztèque. Alors que les Incas faisaient reposer la richesse de l'Etat et le pouvoir de la classe dominante avant tout sur des prestations en travail, sur un régime de corvées, les Aztèques faisaient reposer la richesse de l'Etat sur un gigantesque système de prélèvements de tributs sur les gens du peuple appartenant à leur propre société, et sur tous les membres des royaumes et des groupes tribaux qu'ils avaient soumis. A partir des codex, on a pu calculer l'ampleur de ce tribut. Chaque année par exemple, le souverain recevait des trois cent soixante et onze groupes cités dans le codex Mendoza, 123.400 vêtements de coton ou de fibre, 11.200 tuniques pour femmes, 625 tenues de guerriers, 320 peaux d'oiseaux, 3.580 poignées de plumes et de la nourriture (maïs, piments, etc.) suffisante pour entretenir 25.000 personnes (fonctionnaires, courtisans, serviteurs, etc.). Une grande partie de ce tribut était composée de matières premières (plumes, métaux précieux) qui ensuite étaient travaillées par les artisans de Tenochtitlan. »</p>
<p>Jacques Seyriès :</p>
<p>« Les Incas,avec d'une part une société civile fondée sur l'ayllu communauté agraire primitive, d'autre part un "Etat entrepreneur" et la société politique… »</p>
<p>Loïc Mangin écrit dans « Pour la science » de septembre 2011 : « Lorsqu'on pense aux peuples qui ont précédé les Européens au Pérou, les Incas, voire les Mochicas, sont les premiers qui viennent à l'esprit. Pourtant, beaucoup les ont précédés. Charles Stanish, de l'Université de Californie à Los Angeles, et sa collègue A. Lévine s'intéressent aux premières proto-cités installées autour du lac Titicaca et ont retracé l'histoire de la région (…)<br class='autobr' />
A partir de 1400 avant notre ère, plusieurs groupes de chasseurs-cueilleurs se sédentarisent autour du plan d'eau et établissent les premiers villages. Certains grossissent et deviennent des centres politiques régionaux. Pendant près de 1000 ans, les conflits sont rares. (…)</p>
<p>A la fin du premier millénaire avant notre ère, deux grands centres politiques dominent la région, Taraco et Pukara. Le dernier finira par diriger seul toute la zone.</p>
<p>Comment ? Les fouilles montrent qu'une grande partie des centres résidentiels de Taraco a brûlé à la fin du premier siècle, entraînant un ralentissement durable de l'activité économique. Or cet incendie n'était pas accidentel. Outre son étendue, on n'a retrouvé aucune trace d'une éventuelle reconstruction. »</p>
<p>Voilà les faits. Les conclusions consistent à défendre le point de vue que « les conflits armés ont joué un rôle majeur dans le développement des premiers Etats ».</p>
<p>Loïc écrit que l'incendie de Taraco « a coïncidé avec l'accession de Pukara au statut de force politique dominante dans la région. De cet épisode, Ch Stanish conclut que les conflits ont été un facteur important dans l'évolution des Etats archaïques dans le nord du lac Titicaca. »</p>
<p>Il ne s'agit pas d'une simple déduction sur des faits locaux mais d'une thèse générale : « Cet exemple s'ajoute à ceux déjà documentés de la Mésopotamie, de la Méso-Amérique, du Nord du Pérou, etc… » Cependant, les études ne nous disent pas que les restes de la cité de Taraco manifestaient d'une intervention militaire d'une armée dévastant tout mais seulement d'un incendie suivi d'une disparition totale de toute activité économique sur le site, les habitants l'ayant abandonné totalement sans tentative de reprise du travail et de reconstruction.<br class='autobr' />
L'histoire des premières sociétés peu avant l'Etat manifestent essentiellement l'apparition des oppositions violentes non pas entre cités mais entre classes sociales se développant dans la cité, le fossé entre riches et pauvres devenant de plus en plus grand et inacceptable aux exploités. Les autres facteurs historiques comme les relations avec les autres cités ne semblent pas déterminants dans l'apparition de l'Etat. Ces cités sont le résultat d'une accumulation primitive de richesses issues de l'agriculture et de l'artisanat puis du grand commerce, accumulation qui entraîne la concentration dans les mains d'un petit nombre de familles de l'essentiel des richesses… Pour assurer la pérennité de cette accumulation de richesses, l'accumulation des pouvoirs politiques et militaires dans les mêmes mains va devenir rapidement nécessaire, dès que la société aura passé un certain cap en termes de développement et en particulier les cités en termes de nombres de résidents pauvres…</p>
<p>Au-delà, s'il n'y a pas eu mise en place d'un Etat, c'est la révolution sociale qui incendie, qui détruit le mode de production, les exploités ne voyant d'autre moyen de se libérer que d'en finir avec le travail des champs et de s'enfuir après avoir détruit et brûlé…</p>
<p>L'origine des premiers Etats est à rechercher dans les conflits effectivement mais dans ceux internes à la société : dans les conflits de classe.</p>
<p>Pas de société de classe sans lutte de classes et sans modes d'organisation des classes, dont la plus importante pour l'ordre : l'Etat. L'Histoire est souvent présentée comme construite par l'ordre, par le pouvoir ou par son chef et non par l'agitation des classes, leurs relations, leur concurrence, leurs alliances et leurs luttes. Et cet ordre social est présenté comme tombant du ciel. Dans les mythologies religieuses, c'est l'équilibre du monde lui-même qui est fondé par les rois-dieux. L'histoire, revue et corrigée par le pouvoir, défend la nécessité de celui-ci. En France, par exemple, une histoire continue de la civilisation est présentée aux scolaires, prétendant que la société dite occidentale commencerait par le régime des pharaons, se poursuivrait par l'Etat athénien, puis romain, pour finir par le renforcement de l'Etat royal français au sein de la féodalité, dont l'Etat bourgeois apparaît finalement comme l'aboutissement plutôt que comme la négation, débouchant sur le capitalisme, tout cela sans la moindre rupture ! Dans cette conception, l'Etat est un ordre qui n'a aucun antécédent, qui est présenté comme le point de départ d'une civilisation, et même d'un peuple. Le pouvoir central, toujours aussi mythifié, est présenté comme le facteur positif par excellence, et sa chute est présentée comme une catastrophe. En réalité, son caractère est d'abord négatif : bloquer la lutte des classes. Son origine a d'autant plus besoin des mythes que sa véritable origine est liée aux contradictions entre classes sociales. L'ancienne société pré-étatique explose sous les pressions des nouvelles inégalités produites par l'accumulation de richesses dues à de nouvelles activités économiques et l'Etat est la réponse des classes dirigeantes à ces pressions qui mèneraient, sans lui, à l'explosion sociale.</p>
<h2 class="spip">Rosa Luxemburg, Introduction à l'économie politique :</h2>
<p>Tournons-nous vers l'ancien Empire Inca d'Amérique du Sud. Le territoire de cet Empire, qui couvre les républiques actuelles du Pérou, de la Bolivie et du Chili, autrement dit un territoire d'environ 3 364 600 km2 avec une population actuelle de 12 millions d'habitants, était administré à l'époque de la conquête par Pizarre, de la même façon que pendant des siècles auparavant. Nous y trouvons les mêmes institutions que chez les anciens Germains. Chaque communauté familiale, qui forme en même temps une centurie d'hommes capables de porter les armes, occupe un certain territoire qui lui appartient et, chose curieuse, porte même le même nom que chez les Germains, la Marca. Les terrains cultivables étaient séparés du territoire de la Marca, partagés en lots et tirés au sort chaque année avant les semailles entre les familles. La dimension des lots dépendait de la grandeur des familles, donc de l'importance de leurs besoins. Le chef du village, dont la fonction, à l'époque de la formation de l'Empire, donc vers les X° et XI° siècles, n'était déjà plus élective mais héréditaire, recevait le plus grand lot. Au nord du Pérou, chaque famille ne cultivait pas sa part de champ isolément, on travaillait en dizaines, sous la conduite d'un chef - institution dont certains faits indiquent aussi l'existence chez les anciens Germains. La dizaine cultivait à la suite les unes des autres toutes les parts de ses membres, même des absents qui étaient en train de servir à la guerre ou dans les corvées pour les Incas. Chaque famille recevait les fruits de ce qui avait poussé sur son lot. N'avait droit à un lot que celui qui habitait sur le territoire de la Marca et faisait partie du clan. Chacun devait cultiver lui-même sa part. Quiconque la laissait inculte pendant plusieurs années (au Mexique, pendant trois ans) perdait ses droits. Les parts ne pouvaient être ni vendues ni données. Il était rigoureusement interdit de quitter sa propre Marca et de s'installer dans une autre, ce qui était sans doute en relation avec la force des liens du sang dans les clans villageois. La culture des champs, dans les régions côtières où la pluie ne tombe que périodiquement, a de tout temps exigé une irrigation artificielle, des canaux que la communauté creusait collectivement. Il existait des règles strictes pour l'utilisation de l'eau et sa répartition entre les différents villages et à l'intérieur des villages. Chaque village avait aussi des “ champs des pauvres ” cultivés par tous les membres de la communauté et dont la récolte était répartie par le chef du village entre les vieillards, les veuves et les autres nécessiteux. Tout le reste du territoire, en dehors des champs, était Marcapacha, territoire communal.</p>
<p>Dans la partie montagneuse du pays où la culture des champs ne réussissait pas, un modeste élevage, presque exclusivement de lamas, constituait la base de l'existence des habitants qui apportaient de temps en temps leur principal produit - la laine - dans la vallée pour l'échanger avec les paysans contre du maïs, du poivre et des haricots. Dans la montagne, il y avait, dès l'époque de la conquête, des troupeaux privés et de sérieuses différences de richesse. Un Membre ordinaire de la Marca possédait trois à dix lamas, tandis que le chef pouvait en avoir cinquante à cent. Le sol, la forêt et les pâturages étaient propriété commune et il y avait, outre les troupeaux privés, des troupeaux de village qui ne pouvaient être aliénés. A des dates déterminées, une partie des troupeaux communs était abattue et la viande et la laine en étaient réparties entre les familles. Il n'y avait pas d'artisans, chaque famille confectionnait tout ce dont elle avait besoin pour le ménage. Il y avait des villages qui se montraient particulièrement habiles dans telle ou telle activité : tissage, poterie ou travail du métal. A la tête de chaque village, il y avait un chef, élu à l'origine, puis héréditaire, qui surveillait la culture des champs ; pour toute affaire importante, il s'assurait les conseils de l'assemblée des adultes qu'il convoquait au son de la conque.</p>
<p>Jusqu'ici la vieille Marca péruvienne a tous les traits essentiels de la Marche germanique. Ce en quoi elle diffère de l'image typique que nous connaissons permet de mieux pénétrer la nature de ce système social. Ce qu'il y avait de particulier dans l'ancien Empire Inca, c'était qu'il s'agissait d'un pays conquis où s'était établie une domination étrangère. Les conquérants, les Incas, faisaient certes aussi partie des tribus indiennes, mais ils soumirent les tribus pacifiques et sédentaires des Vechua, justement parce qu'elles vivaient isolées du monde, chaque village ne s'occupant que de lui-même, sans lien avec de plus grands territoires, sans intérêt pour tout ce qui pouvait se passer en dehors du territoire de la Marca. Les Incas laissèrent en général intacte cette organisation particulariste, qui leur avait facilité la conquête. Ils y greffèrent un système raffiné d'exploitation économique et de domination politique. Chaque Marca conquise devait mettre à part quelques champs, “ champs des Incas ” ou “ champs du soleil ” qui continuaient à lui appartenir, mais dont les fruits revenaient aux Incas ainsi qu'à leur caste de prêtres. De même, les tribus montagnardes de bergers devaient réserver une partie de leurs troupeaux, comme “ troupeaux des maîtres ”. La garde de ces troupeaux, de même que la culture des champs des Incas et des prêtres, était la corvée commune des membres de la communauté. A cela s'ajoutaient les corvées du travail dans les mines et des travaux publics, construction de chemins et de ponts, dont les maîtres prenaient la direction en main, un service militaire à la discipline rigoureuse, enfin un tribut en jeunes filles qui servaient soit de victimes pour les sacrifices rituels, soit de concubines aux Incas.</p>
<p>Ce sévère système d'exploitation laissait cependant intacte la vie intérieure des communautés et leurs institutions communistes démocratiques ; les corvées et redevances elles-mêmes étaient supportées collectivement par la Marca. Le plus remarquable, c'est que l'organisation villageoise communiste n'était pas seulement, comme si souvent déjà au cours de l'histoire, la base sûre et patiente d'un système séculaire d'exploitation et d'asservissement, ce système lui-même avait une organisation communiste. En effet, les Incas qui s'installèrent confortablement sur le dos des tribus péruviennes soumises, vivaient eux-mêmes en associations de lignage et en Marca. Leur résidence principale, la ville de Cuzco, n'était que la réunion d'une douzaine et demie de logements dont chacun était le siège de la vie collective de tout un clan, avec la tombe commune à l'intérieur, ainsi qu'un culte commun. Autour de ces grandes demeures de clans, s'étendaient les territoires des clans Incas avec forêts et pâturages indivis et champs partagés, cultivés en commun. En peuple primitif, ces exploiteurs et dominateurs n'avaient pas encore renoncé au travail, ils se servaient seulement de leur situation de maîtres pour vivre mieux que leurs sujets et apporter de plus d'abondants sacrifices à leur culte. L'art moderne de se nourrir exclusivement du travail d'autrui et de faire de l'oisiveté l'attribut du pouvoir était étranger à cette organisation sociale où la propriété commune et l'obligation générale de travailler constituaient des coutumes populaires profondément enracinées. L'exercice du pouvoir politique lui-même était organisé comme une fonction commune des familles Incas. Les administrateurs Incas établis dans les provinces du Pérou. dont la fonction était analogue à celle des résidents hollandais dans l'archipel malais, étaient considérés comme les délégués de leurs clans à Cuzco où ils gardaient leur place dans les habitations collectives et participaient à la vie de leur propre communauté. Tous les ans, ces délégués rentraient à Cuzco pour la fête d'été y rendaient compte de la façon dont ils avaient exercé leur fonction et célébraient la grande fête religieuse avec les autres membres de leur tribu.</p>
<p>Nous avons ici, dans une certaine mesure, deux couches sociales, l'une au-dessus de l'autre, toutes deux organisées intérieurement selon un mode communiste, et vivant entre elles dans des rapports d'exploiteurs à exploités. Ce phénomène peut paraître incompréhensible à première vue, parce qu'en contradiction brutale avec les principes d'égalité, de fraternité et de démocratie, qui servaient de base à l'organisation des communautés agraires. Nous avons justement ici la preuve vivante que les institutions communistes primitives avaient en réalité peu de chose à voir avec quelques principes que ce soit d'égalité et de liberté universelles. Ces “ principes ” appliqués dans leur validité universelle pour tous les pays, au moins pour tous les pays “ civilisés ”, c'est-à-dire pour les pays de civilisation capitaliste, à l'“ homme ” abstrait, donc à tous les hommes, sont un produit tardif de la société bourgeoise moderne dont les révolutions - en Amérique comme en France - les ont d'ailleurs proclamés pour la première fois. La société communiste primitive ignorait les principes généraux valables pour tous les hommes ; son égalité et sa solidarité naissaient des traditions communes de liens du sang et de la propriété commune des moyens de production. L'égalité de droits et la solidarité des intérêts n'allaient pas plus loin que n'allaient ces liens du sang et cette propriété. Tout ce qui se trouvait hors de ces limites - qui n'allaient pas plus loin que les quatre pieux du village ou, plus largement, que les frontières du territoire d'une tribu -était étranger et pouvait même être ennemi. Les communautés fondées à l'intérieur sur la solidarité économique pouvaient et devaient même être poussées périodiquement par le bas niveau de développement de la production, par le rendement médiocre ou l'épuisement de la source de nourriture et l'accroissement de la population, à entrer en conflit mortel d'intérêts avec d'autres communautés de même genre. Il fallait alors que le combat bestial, la guerre, décide de l'issue du conflit, extermination d'un des camps ou - plus souvent - établissement de rapports d'exploitation. Ce n'était pas le dévouement aux principes abstraits d'égalité et de liberté qui était à la base du communisme primitif, c'était la nécessité d'airain du bas niveau de développement de la civilisation humaine, de l'impuissance humaine face à la nature, qui leur imposait comme une condition absolue d'existence de s'associer solidement en groupes importants et de procéder de façon unie et planifiée dans leur travail, dans leur lutte pour l'existence.</p>
<p>Cette même domination très limitée de la nature restreignait le plan commun et le travail commun à un territoire relativement réduit de prairies naturelles ou de champs défrichés autour du village, et les rendaient tout à fait impropres à l'action commune sur une plus grande échelle. Le niveau primitif de l'agriculture ne permettait pas de cultures dépassant le territoire du village et fixait ainsi des limites très étroites à la solidarité d'intérêts. Ce bas niveau de la productivité du travail provoquait périodiquement des conflits d'intérêts entre les différents groupes sociaux et la violence brutale, seul moyen de régler ces conflits. La guerre demeura la méthode permanente pour résoudre les conflits d'intérêts entre communautés sociales jusqu'à ce que le plus haut niveau de développement de la productivité du travail, c'est-à-dire la maîtrise parfaite des hommes sur la nature, mît un terme à leurs conflits d'intérêts matériels. Mais si le heurt entre les diverses communautés communistes primitives était une donnée permanente, l'issue en était décidée à son tour par le développement de la productivité du travail. S'agissait-il d'un conflit entre deux peuples de nomades éleveurs de bétail qui se disputaient des pâturages ? Seule la violence brutale pouvait décider qui resterait maître du terrain et qui devait être refoulé vers des régions inhospitalières et arides, ou être exterminé. Là où l'agriculture était déjà assez prospère pour pouvoir assurer une bonne nourriture sans absorber toute la force de travail et toute la vie des intéressés, là existait aussi le fondement d'une exploitation systématique de ces paysans par des conquérants étrangers. C'est ainsi que nous voyons s'instaurer une situation comme celle du Pérou où une société communiste exploite une autre société communiste. Cette structure originale de l'Empire Inca est importante ; elle nous permet de comprendre une série de formations semblables dans l'antiquité classique, en particulier au seuil de l'histoire grecque. »</p>
<h2 class="spip">Wikipedia :</h2>
<p>« La hiérarchie dans l'empire inca reprend l'organisation traditionnelle des communautés andines. L'Inca est à la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est à la base de la structure de l'empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conquérant veille à ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations à assimiler et laisse en place les autorités traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorités locales étaient donc encadrées et rendaient comptes à des supérieurs hiérarchiques qui tous étaient membres du clan Inca.</p>
<p>D'une manière générale, il existait trois classes : la classe laborieuse constituée des paysans et artisans, la classe de gouvernance locale et, au sommet, la classe dirigeante de souche inca qui tenait les rênes de l'empire. Cette classe dirigeante était organisée comme un clan ordinaire dont les membres étaient appelés aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives.</p>
<p>Cette société était donc fondée sur un système de castes et on ne pouvait que très difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait accéder à la classe dirigeante à la suite d'un exploit militaire ou grâce à quelque autre mérite. Il arrivait, dans un but politique, que des dirigeants coopératifs de peuples vaincus obtiennent des postes à responsabilités, souvent celui de Kurakas.</p>
<p>L'économie est fondée sur la gestion de la main-d'œuvre, sur l'échange d'énergie humaine, sur une sorte de collectivité du travail et nullement sur des échanges de biens ou sur une possession collective des biens. La richesse était liée non pas à la possession des biens mais à l'accès à la main-d'œuvre pour la production de la communauté. Le pauvre étant celui qui possède peu de liens de parenté.</p>
<p>Au sommet de l'organisation économique se trouve l'Inca qui se repose sur les organisations ethniques et leur économie de redistribution mais en gérant un système de redistribution à un niveau supérieur.</p>
<p>Le kuraka, le chef de l'ayllu, était chargé de la répartition des terres, qui se faisait sur un modèle de parts, entre chaque membre du village apte à travailler.</p>
<p>Les travaux agricoles étaient divisés en trois temps :</p>
<p>• la part de l'Inca et de la famille royale ;<br class='autobr' />
• celle de chaque détenteur de lopin de terre, pour subvenir aux besoins de sa famille ;<br class='autobr' />
• celle qui appartenait au village, afin de subvenir aux besoins des plus démunis. Un système d'entraide entre les familles était très développé. En plus des terres collectives, il existait des réserves qui permettaient de pallier le manque en cas de famine, ou quand venait une délégation de l'Inca.</p>
<p>Un autre devoir de chaque membre de la communauté consistait à s'occuper des travaux collectifs (comme l'entretien des canaux d'irrigation). Ce système connaissait cependant des faiblesses : les kurakas abusaient parfois du système, s'enrichissaient et constituaient une nouvelle classe dont les privilèges étaient transmis par héritage.</p>
<p>Il y avait une redistribution au niveau local autour du groupe ethnique mais aussi une redistribution bien plus vaste, au niveau de l'empire. L'Inca s'en chargeait à partir des réserves. Pour opérer ce travail, on faisait appel à des mitas (transporteurs). L'empire organisait donc aussi la mita.</p>
<p>La répartition des terres ethniques semblait liée à la redistribution, puisque chaque année, elle faisait l'objet d'un pacte ou d'une négociation. Grâce aux principes de la redistribution et de l'échange d'énergie humaine, les Incas purent entreprendre de nombreuses constructions, créer des greniers supplémentaires, un réseau de routes, des centres administratifs...</p>
<h2 class="spip">« Les Incas : naissance et mort d'un empire (1439-1533) », Benjamin Sachelli :</h2>
<p>« Au XIVe siècle, plusieurs périodes de sécheresse frappant les hauts plateaux andins fragilisent les cultures. Pour survivre, les Incas descendent dans les vallées et s'emparent par la force des terres. Plusieurs campagnes militaires sont lancées sur les riches vallées côtières de Pisco et des Chincha. Pachacutec (1438-1471) conquiert le Nord en venant à bout de l'empire Chimu. Ses troupes atteignent le bassin de Quito. Tupac Inca (1491-1493) conquiert l'Ouest et le Sud et soumet les peuples côtiers. Il descend jusqu'à Santiago au Chili et consolide les frontières sur l'autre versant des Andes.</p>
<p>Les Incas possèdent une immense armée pouvant regrouper jusqu'à 140.000 hommes. Certes peu mobile, elle est d'une redoutable efficacité sur les batailles rangées et dans la prise des forteresses. L'empereur est le chef de l'armée. Ses officiers, tous incas, le secondent. Ils sont habiles dans la ruse et la stratégie, sachant, par exemple, feindre des mouvements de repli. De plus, ils étudient le terrain et préparent minutieusement leur plan de bataille. Les sous-officiers peuvent être issus des autres peuples. Les Incas constituent des unités par peuple et les laissent libres dans le choix de l'équipement. Ils leur font également confiance dans leurs techniques. Les soldats sont donc plus efficaces. L'armée évite, dans la mesure du possible, de vivre sur le pays, pour ne pas le ruiner et éviter de s'attirer la haine des populations occupées. Ils conservent ainsi une réserve à proximité en cas de nécessité.</p>
<p>La guerre est la volonté du dieu Inti, le soleil, mais elle sert également à renforcer le pouvoir des nouveaux empereurs. En effet, ceux-ci héritent uniquement du titre et du pouvoir. Leurs prédécesseurs emportent dans leur tombe les richesses acquises durant son règne. Le nouvel empereur doit rapidement acquérir de nouvelles richesses qui passent par la conquête. De plus, de nombreux candidats au trône s'affrontent dans des guerres où le meilleur stratège s'impose.</p>
<p>Après la conquête, les Incas recensent la population. L'empire regroupe dix millions de personnes, dont 40.000 Incas, soit 200 peuples différents. Les Incas laissent le choix : l'intégration ou la mort. Ils sont généreux avec ceux qui se soumettent et impitoyables avec ceux qui se révoltent. Les Incas privilégient toujours l'adhésion, car ils ont besoin de terre et de main d'œuvre. En ce sens, ils ne viennent pas pour détruire ou affaiblir. Les élites locales restent en place, continuent de gérer les affaires locales et servent de lien avec les nouvelles autorités. Les élites locales qui satisfont les Incas reçoivent des présents, ce qui revient à acheter la coopération, selon une logique de don/contre-don. De plus, les mariages entre les élites et les Incas resserrent les liens. Par ailleurs, les fils des élites sont emmenés de force à Cuzco pour être éduqués. Huayna Capac (1493-1522) aménage l'empire en construisant des villes et des routes. Il renforce les frontières, longues de 5.000km, en bâtissant des forteresses. Il réprime les révoltes. Des populations sont parfois déplacées pour casser les anciennes alliances.</p>
<p>L'empire est divisé en quatre régions traitées sur un pied d'égalité et dirigées par un apu. Ce dernier supervise le recensement, administre, aménage, entretient les infrastructures et rend la justice. L'apu est toujours un inca. Les régions sont subdivisées en provinces (80 pour tout l'empire), avec à leur tête un gouverneur. Les terres sont redistribuées entre l'Etat, le clergé et le peuple. Les sujets doivent consacrer des jours de travail à l'Etat pour cultiver des domaines, tisser des vêtements, servir dans l'armée et entretenir les infrastructures. Les peuples loyaux gardent leurs cultes et leurs divinités. La seule obligation est d'honorer Inti, la divinité tutélaire des Incas. Les divinités des peuples rebelles sont prises en otages. Leurs statues sont amenées à Cuzco. »</p>
<h2 class="spip">Chronologie :</h2>
<p>A l'origine, la civilisation Chavín (entre 1000 avant J.-C. et 200 avant J.-C. :</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chav%C3%ADn_(culture)" class="spip_out" rel="external">Civilisation de Chavín</a></p>
<p>Entre le Ier et le VIIIe siècle, l'unité créée par la civilisation Chavín disparut au profit de cultures plus locales (Mochica, Paracas-Nazca, Tiwanaku).</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiwanaku" class="spip_out" rel="external">Civilisation Tiwanaku</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Huari" class="spip_out" rel="external">Civilisation Huari</a></p>
<p>Avant les Incas, ce sont les Paracas-Nazca entre 200 avant J.-C. et 600 après J.-C. :</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazca_(civilisation)" class="spip_out" rel="external">Civilisation Paracas-Nazca</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moche_(culture)" class="spip_out" rel="external">Civilisation Mohica ou Moche, entre 100 après J.-C. et 700 après J.-C.)</a></p>
<p>Les États de Tiahuanaco et Huari s'effondrent brusquement au XIIe siècle.</p>
<p>Vers le milieu du XIIIe siècle, le peuple Chimú initie la création d'un nouvel empire, sur la côte nord du Pérou actuel, fondé sur l'aménagement hydraulique</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chim%C3%BA" class="spip_out" rel="external">Civilisation Chimú</a></p>
<p><a href="https://www.hominides.com/html/exposition/des-mochicas-aux-incas-guiry-en-vexin-1323.php" class="spip_out" rel="external">Des Mochicas aux Incas</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Titicaca" class="spip_out" rel="external">L'origine des Incas : les indiens proches des Uros du lac Titicaca</a></p>
<p><a href="http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/l-origine-des-incas-devoilee-par-la-genetique.html" class="spip_out" rel="external">Débat scientifique sur l'origine des Incas</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_inca" class="spip_out" rel="external">La civilisation Incas</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_inca" class="spip_out" rel="external">L'empire inca</a></p>
<p><a href="https://info.artisanat-bolivie.com/Organisation-sociale-des-Incas-a309" class="spip_out" rel="external">Les classes sociales sous les Incas</a></p>
<p><a href="http://www.epbroye.ch/travauxapp/mpc2004/incas/EPB-Amel/Page0401.htm" class="spip_out" rel="external">Trois classes sociales</a></p>
<p><a href="http://cocomagnanville.over-blog.com/2015/11/l-empire-inca-tahuantinsuyu.html" class="spip_out" rel="external">L'organisation sociale et politique des Incas</a></p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-empire-inca-doit-beaucoup-crottin-lama-30361/" class="spip_out" rel="external">Une rencontre : lamas, crottins, maïs et… Incas</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_inca" class="spip_out" rel="external">La guerre civile incas</a></p>
<p><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Guerra_civil_incaica" class="spip_out" rel="external">Guerra civil incaica</a></p>
<p><a href="http://www.scielo.org.mx/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0188-28722013000100002" class="spip_out" rel="external">La guerra entre incas y chancas</a></p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_out" rel="external">La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue à l'issue d'une guerre civile, avant le début de la colonisation européenne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class="spip_out" rel="external">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p></div>
Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6340
http://www.matierevolution.org/spip.php?article63402019-05-14T22:50:00Ztext/htmlfrRobert ParisMexiqueAmérique du sud America del surAmérindiens
<p>Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques <br class='autobr' />
Avertissement : Cet article ne porte pas sur « les Indiens des Amériques » car cette catégorie n'existe pas. En Amérique, il en va de même que dans le reste du monde. Il n'y a pas une seule civilisation de l'Inde ou une seule de la Mésopotamie ou une seule de l'Europe. Pas plus aux Amériques ni dans un de ses pays. Il y en a des centaines et des milliers et elles sont très diverses. Au Pérou, Chavín n'est pas Nazca et Mohica n'est pas (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag">Mexique</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</h2>
<p><i>Avertissement : Cet article ne porte pas sur « les Indiens des Amériques » car cette catégorie n'existe pas. En Amérique, il en va de même que dans le reste du monde. Il n'y a pas une seule civilisation de l'Inde ou une seule de la Mésopotamie ou une seule de l'Europe. Pas plus aux Amériques ni dans un de ses pays. Il y en a des centaines et des milliers et elles sont très diverses. Au Pérou, Chavín n'est pas Nazca et Mohica n'est pas Lambayeque, ni Incas. Rien qu'au Pérou, il y a plusieurs dizaines de civilisations différentes et indépendantes. Elles n'ont pas une seule histoire mais des milliers et des dizaines de milliers d'histoires diverses et pleines de richesses, même après que le massacre colonial ait effacé bien des traces…</i></p>
<p>Les populations « occidentales » reçoivent de nombreux messages erronés sur « les Indiens » des Amériques (nord, méso-amérique et sud) et notamment ces quelques idées fausses couramment diffusées :</p>
<p>1- Les sociétés indiennes seraient surtout marquées par un caractère commun qui serait à la fois racial, ethnique et culturel et qui mènerait au même type de société. C'est particulièrement faux : les centaines de sociétés indiennes sont aussi diverses et opposées entre elles que les autres sociétés de la planète, si ce n'est plus !</p>
<p>2- Les sociétés indiennes auraient fondé des civilisations qui se seraient succédé au plan régional (par exemple en méso-amérique) de manière continue, se passant le flambeau de l'une à l'autre, de telle sorte qu'il y aurait presque une continuité des indiens antiques aux indiens de l'époque de la colonisation, les Aztèques et les Mayas étant les héritiers des Olmèques. C'est absolument faux : il y a eu de très nombreuses et profondes ruptures et la civilisation a parfois disparu complètement puis est brutalement réapparue, là aussi comme sur le reste de la planète.</p>
<p>3- Les sociétés indiennes seraient d'abord marquées par des croyances religieuses, toute la vie des Indiens obéissant aveuglément à ces obéissances aux dieux et la vie civile étant d'abord déterminée par ces conceptions idéologiques. Là encore, un préjugé sur les anciennes sociétés qui n'est pas spécifiquement indien, n'a-t-on pas dit que les Egyptiens étaient d'abord déterminés par les croyances des Pharaons, pour se rendre compte ensuite que le peuple égyptien des premières dynasties ne connaissaient même pas la croyance destinée exclusivement au Pharaon et à son entourage, sans parler des premières sociétés pré-pharaoniques.</p>
<p>4- Les sociétés indiennes ont été présentées comme particulièrement sanguinaires comparativement à celles du reste de la planète, les historiens rapportant des fleuves de sang qui auraient marqué les pyramides. là encore, cela n'a pas toujours été le cas, les sociétés indiennes florissantes, quand la pluie était au rendez-vous, étaient assez pacifiques. Les commentateurs oublient assez aisément que l'Asie ou l'Europe ont eux-mêmes été baignés dans le sang à bien des époques, l'exemple de la Chine des rois puis des seigneurs de la guerre étant particulièrement exemplaire à cet égard.</p>
<p>Des sociétés comme les Aztèques ou les Mayas sont présentées comme particulièrement sanguinaires et elles l'ont été, mais ce serait une erreur de croire que cela a été une constante et pas une évolution historique. Ainsi, les Aztèques, effectivement particulièrement guerriers et ayant développé leur société d'abord grâce à des guerres, n'employaient pas au départ de massacres rituels. C'est vers 1450 alors que le mauvais temps, et notamment la neige, détruisait massivement les récoltes et produisait quatre années de disette, que s'est développée la croyance selon laquelle le dieu Soleil avait besoin de sa ration de sang issu de sacrifices humains pour reprendre des forces et repartir.</p>
<p>5- Il est souvent dit que le mode de vie des Indiens aurait tellement de points communs que l'on pourrait parler d'une manière générale de société indienne, de conceptions indiennes, de culture indienne. Là encore, cela est complètement faux, les diverses sociétés indiennes sont très divergentes les unes par rapport aux autres, non seulement parce que ce n'était absolument pas le même peuple, pas la même histoire, pas les mêmes conditions d'existence, pas la même géographie des lieux, pas le même mode de production, pas le même mode d'appropriation (du communisme primitif à l'apparition d'une véritable bourgeoisie -appelée par exemple les pochtecas et ayant de nombreuses libertés particulières - et même d'un commerce international !), et y compris pas du tout les mêmes origines raciales. En effet, tous les Indiens ne proviennent pas du déplacement de population inuit ayant suivi les troupeaux sur le détroit de Behring. Très certainement, certaines populations de Polynésie, d'Australie, de Chine et d'Afrique, notamment d'Egypte, ont dû réussir à franchir les océans à certaines époques, expliquant les types humains, négroïdes ou occidentaux, que l'on trouve notamment chez les Olmèques.</p>
<p>6- La première « idée » fausse que les colons occidentaux ont diffusée, c'est un mensonge grossier selon lequel les Indiens étaient arriérés, que c'étaient des peuples barbares et, à l'époque, religieux, gouvernants, classes dirigeantes occidentales et colons affirmaient que ce n'étaient pas vraiment des humains mais des animaux !!! Ils ne pouvaient pas avoir construit de grandes civilisations, avec une culture, un art, des croyances développées, une connaissance scientifique, astronomique notamment, de la littérature, des mathématiques, etc. Mais la réalité est tout autre : par exemples les sociétés indiennes ont inventé le zéro des mathématiques plus tôt que l'Inde et même un millénaire plus tôt que l'Europe occidentale ! Bien entendu, on sait maintenant que l'Eglise a eu besoin pour diffuser ce gros mensonge de détruire de tonnes de textes aztèques et mayas notamment, de brûler les codex, de détruire des richesses artistiques et culturelles innombrables, en prétendant ainsi combattre des pensées démoniaques ! Les véritables démons destructeurs étant dans ce cas bien sûr… occidentaux !</p>
<p>7- Ensuite, ils ont découvert des sociétés guerrières, des Mayas, des Aztèques, des Chichimèques, des Iroquois et des Chéyennes et ils ont alors déclaré que « les Indiens » étaient sanguinaires, qu'ils ne vivaient que pour massacrer leurs semblables, pour nourrir un bain de sang, sous prétexte de satisfaire le dieu Soleil ou le dieu de la guerre ou encore celui des ténèbres ! Cette idée que les Indiens se caractérisent d'abord par un bain de sang humain court toujours. Elle blanchit un peu le génocide des Indiens pratiqué par les Occidentaux, des colons aux habitants des USA. Rappelons que jamais les tribus indiennes n'avaient éradiqué radicalement la population humaine, ni menacé de le faire, aux Amériques, ni au nord, ni au sud, ni en méso-amérique !</p>
<p>8- Un autre mythe prétend que c'est involontairement que les Occidentaux ont détruit les Indiens, essentiellement en leur amenant des maladies. Mais c'est omettre que, jusqu'à une époque récente, la société occidentale a agi consciemment pour supprimer physiquement les Indiens, leur imposant de ne plus avoir d'enfants par des politiques anti-indiennes des autorités de santé. C'est omettre que l'on a parqué ce qui restait des tribus indiennes dans les zones les plus inhospitalières, qu'on a systématiquement acheté et corrompu leurs chefs, qu'on a consciemment cassé ces peuples à coups de fric et d'alcool. C'est une véritable guerre militaire, économique et culturelle qui a été menée contre eux et qui n'a toujours pas complètement mené à la victoire, les Indiens continuant de résister courageusement… Certains pays comme le Guatemala sont encore détruits par l'effort des classes dirigeantes occidentales de se débarrasser des Indiens !</p>
<p>9- Un autre mythe sur les Indiens se retrouve aussi dans les études sur les autres peuples : il s'agit du mythe étatiste selon lequel ce seraient les grands Etats qui auraient découvert toutes les avancées culturelles, artistiques, artisanales, des peuples alors que c'est le contraire : ce sont les avancées en question qui ont apporté le progrès économique, permettant ensuite un surproduit collectif, le développement de la division du travail, la formation de familles plus riches, l'apparition de classes possédantes bien avant que naissent les Etats. Nombre de sociétés indiennes très développées, ayant permis l'apparition de classes possédantes, n'avaient pas connu l'apparition de l'Etat et elles possédaient déjà des connaissances, des techniques, des sciences, des arts et artisanats très développés. Mais ces sociétés n'avaient pas d'armée permanente, pas de police permanente, pas toujours de palais ou de temples. Ces derniers n'apparaissent que beaucoup plus tard dans le développement des sociétés.</p>
<p>10- On a souvent voulu faire croire que les Indiens étaient beaucoup plus en retard au point de vue développement sur les autres continents et c'est encore une idée fausse ! Des sociétés indiennes ont développé leur écriture et leur calcul en même temps qu'en Egypte ou en Asie, quand les Européens, par contre, n'en étaient pas capables ! Les capacités artisanales, architecturales et artistiques des civilisations indiennes nous étonnent encore et on ignore toujours comment ont pu être bâtis certains édifices gigantesques ou comment ont pu être déplacées les grosses pierres basaltiques à l'origine des têtes sculptées des Olmèques.</p>
<p>11- Le type d'erreur la plus courante consiste à prétendre qu'un seul type de société correspondrait aux mentalités et aux croyances indiennes. C'est absolument faux : les sociétés indiennes parcourent tous les types de sociétés imaginables : matriarcales et patriarcales, collectivistes et individualistes, fondées sur la propriété collective, sur la propriété étatique ou sur la propriété privée, sociétés agraires mais aussi sociétés de chasseurs-cueilleurs les précédant, nomades comme sédentaires, mettant en avant les capacités guerrières, les capacités artistiques, les capacités magiques, les capacités commerciales, les capacités agricoles, etc. Une même ethnie et une même société indienne a parfois duré suffisamment longtemps pour changer complètement de caractère, pour passer par exemple d'une société guerrière à une société pacifique et commerciale, comme c'est le cas de Teotihuacan.</p>
<p>12- Une autre erreur de conception historique consiste à affirmer que ces sociétés étaient figées, sans évolution possible, devaient nécessairement chuter face au monde occidental, développé et centralisé. C'est tout à fait erroné. Les sociétés indiennes témoignent, au contraire, d'une histoire dynamique, avec des changements brutaux, avec une histoire des classes dirigeantes aussi riche et complexe que celle des autres continents, aussi pleine de rebondissements, de révolutions et de contre-révolutions, sociales comme politiques. Une société indienne arrivée à un stade avancé était généralement entourée de diverses sociétés indiennes à toutes les sortes de niveaux de développement qui restaient en relation avec la société plus développée, qui était souvent victime de ses razzias et mis en esclavage ou subissant le travail forcé. Les sociétés plus « primitives » pouvaient aussi être partiellement transformées par le contact culturel et politique des sociétés plus avancées. Mais ces vieilles sociétés étaient tribales quand les plus avancées avaient des Etats, des classes sociales, des systèmes politiques, juridiques, relationnels beaucoup plus modernes que le tribalisme ethnique, communautaire et communiste. Les tribus, les castes, les familles de type gentilices, les classes sociales, tous ces niveaux successifs d'organisation sont apparus, en rapport avec des changements du mode de production de la société comme partout dans le monde.</p>
<p>Nous sommes souvent influencés pour nos interprétations des sociétés les plus anciennes par les mythologies des sociétés plus développées dont l'écriture a pu être traduite. Mais on ne peut pas comprendre ce qui fondait les anciennes sociétés en se contentant de cette interprétation plus moderne, celles Aztèques ou des Mayas datant de l'époque coloniale.</p>
<p>13- Pour l'Antiquité et le Moyen-Age, pour les peuples indiens comme ailleurs dans le monde, les historiens essaient souvent d'oublier les classes sociales, leurs luttes, leurs combats révolutionnaires, pour tenter de comprendre les sociétés. Ils tentent de trouver une interprétation dans laquelle l'idéologie domine la société et les relations sociales et économiques, inversant les interactions réelles. Ils s'étonnent dès lors de ne pas comprendre à quoi correspondent les chutes brutales des sociétés, ou l'apparition des Etats ! L'Etat n'est que la réponse aux révolutions sociales ! La plupart des civilisations ont été balayées par des révolutions sociales, bien plus que par des guerres ! Ainsi, même les colonisateurs se sont appuyés sur les sentiments révolutionnaires des peuples opprimés pour renverser les Mayas ou les Aztèques !</p>
<p>L'exemple le plus intéressant de thèse selon laquelle il y aurait une seule civilisation indienne est exposé ainsi par Peterson dans « Le Mexique précolombien » à propos des civilisations indiennes de Méso-Amérique :</p>
<p>« Le terme « mésoaméricain » a été forgé par le Dr Kirchoff pour délimiter géographiquement cette région à la civilisation avancée à l'intérieur de laquelle les caractéristiques culturelles des peuples étaient semblables, formant un ensemble cohérent auquel participaient tous les habitants. La « Mésoamérique », au temps de la conquête espagnole, atteignait au sud une ligne allant de l'embouchure du Motagua au Guatemala, par le lac Nicaragua, jusqu'au golfe de Nicoya dans l'Etat de Costa Rica. La limite nord était tout entière comprise dans le Mexique, depuis le Panuco, en suivant la Lerma, jusqu'au Sinaloa.</p>
<p>Kirchoff considère que les traits culturels suivants sont les caractéristiques de la civilisation mésoaméricaine : un certain type de bâton à creuser la terre (coa) ; le fait de constituer des jardins en gagnant du terrain sur l'emplacement des lacs (chinampas) ; la culture d'une sorte de sauge à feuille de tilleul (chia) ; l'utilisation de certaines graines pour un breuvage ou pour une huile destinée à lustrer les peintures ; la culture du maguey pour son jus (aguamiel) et pour ses fibres tissées et employées pour les vêtements, ou pour fabriquer une boisson alcoolisée (pulque) ; la culture du cacao ; la méthode de moudre le maïs préalablement amolli par de la chaux ou des cendres ; des boulettes d'argile pour les surbacanes ; des ornements divers en argile, bâtonnets passés dans la lèvre ou autres ; une méthode de polissage à l'aide d'obsidienne ; des miroirs en pyrite ; des tubes de cuivre servant à percer la pierre ; des vêtements ornés de poil de lapin ; des sabres de bois garnis d'éclats de silex ou d'obsidienne (manquanhuit) ; une armure sous forme de corselet bourré de coton (ichcahuipilli) ; des boucliers à deux poignées ; des vêtements d'une seule pièce à l'usage des guerriers ; des turbans, des sandales à talons ; des pyramides à gradins ; des sols revêtus de stuc ; des emplacements comportant des cercles, pour jouer à la balle ; une écriture hiéroglyphique ; des signes en guise de nombres, dont la valeur variait suivant leur position ; des livres d'images se repliant comme un paravent ; des chroniques et des cartes historiques ; l'année de 18 mois de 20 jours chacun, plus 5 jours « inutiles » ; une combinaison de 20 signes et de 13 nombres formant un cycle de 260 jours ; la combinaison des deux premières périodes ; des jours fastes ou néfastes ; des prénoms donnés d'après le jour de la naissance ; l'emploi rituel du papier et du caoutchouc ; des sacrifices de cailles ; certaines formes de sacrifices humains, comme l'usage de brûler vives les victimes ; des danses exécutées en revêtant la peau de la victime ; le sacrifice du cœur de la victime ; l'usage d'attacher la victime à une pierre pour un combat de gladiateurs ou à une sorte de plate-forme élevée ; l'auto-sacrifice, c'est-à-dire la coutume d'extraire soi-même le sang de diverses parties de son corps ; la danse sur le haut d'un poteau ou un jeu imitant un vol (volador) ; la coutume de donner aux chiffres 4 et 13 une signification rituelle ; l'usage de boire l'eau où un parent défunt avait été baigné ; des marchés spécialisés et subdivisés selon les produits à vendre ; des marchands faisant de l'espionnage ; des organisations militaires et des guerres faites pour se procurer des victimes sacrificielles (Xochiyaoyotl).</p>
<p>En plus de ces particularités, il existait un certain nombre de traits communs à la région mésoaméricaines et à d'autres grandes régions culturelles d'Amérique, telles que le sud-ouest ou région aride de l'Amérique du nord, le sud-est de l'Amérique du nord, le Chibcha, les Andes et l'Amazonie. Chacune de ces régions ne possédait pas forcément tous ces éléments culturels, et d'autres coutumes, qu'on pouvait trouver également en dehors de la région mésoaméricaine, sont aussi caractéristiques de ce pays ; l'usage de la céramique pour des ustensiles et des effigies ; la culture du maïs, des haricots et des courges ; l'usage de garder la tête d'un ennemi comme trophée ; le cannibalisme rituel ; la confession ; la culture du coton ; les constructions en pierre ; la culture de jardins en terrasses ; les travaux d'irrigation ; les ponts suspendus ; des radeaux faits de calebasses ; l'emploi de papayes, des sapotilles ; l'élevage des chiens pour l'alimentation ; la domestication des dindons et des canards sauvages ; en ce qui concerne les armes : l'emploi des lances, des boucliers tissés ; la connaissance de la métallurgie ; des routes pavées ; l'aspersion des sanctuaires avec du sang sacrificiel ; un éventail en vannerie pour attiser le feu ; des assiettes plates en argile pour cuire les « tortillas » (comal) ; un jeu de balles où les balles de caoutchouc ne doivent pas être touchées avec la main ; un tambour de bois muni des deux langues ; l'habitude des bains de vapeur (temazcal) ; des écoles militaires pour les garçons ; une instruction générale donnée par l'Etat. »</p>
<p>Ce qui précède démontre que la zone mésoaméricaine a été très interactive, les diverses techniques et spécificités artisanales, artistiques, culturelles et religieuses se communiquant d'un peuple à un autre. Cependant juger d'une société sur des techniques ou des idéologies, c'est mettre la charrue avant les bœufs. Des sociétés de type très différentes ont eu le christianisme comme religion mais cela n'efface pas leurs diversités sociales ou politiques, les modes de production différents qui ont adapté la même idéologie religieuse à leurs besoins divers. Le type de constructions architecturales ou le type de techniques de décoration n'indique pas le type de société, leur architecture sociale et politique.</p>
<p>Le même Peterson souligne que l'on peut tout aussi bien remarquer des divergences essentielles entre les diverses civilisations, y compris entre celles qui se sont développées dans la zone mésoaméricaine.</p>
<p>Ainsi, les Olmèques semblent spécialistes en magie et en travail de la pierre et il ne semble pas que tous leurs secrets se soient transmis aux autres peuples et civilisations. Un grand nombre de leurs connaissances ne proviennent absolument pas de sociétés qui les ont précédées.</p>
<p>Les préjugés globalisant sur les civilisations indiennes ont cours aussi bien en ce qui concerne l'Amérique du nord. Les interprétations sont nombreuses qui font des sociétés indiennes telles que les occidentaux les ont rencontré dans les grandes plaines, c'est-à-dire des cavaliers guerriers nomades, un archétype incontournable et c'est un contresens majeur. Là encore, la distance entre nos sociétés et les sociétés archaïques fait que nous avons l'impression de voir un seul type de société là où il y en a un très grand nombre.</p>
<p>Même si Peterson trouve que les religions sont générales aux civilisations indiennes, il relève que toutes les sociétés indiennes précédant 1500 av. J.-C. ne présentent pas d'inhumation des cadavres, pas de représentations humaines et pas de manifestations d'une quelconque religion. Or, d'innombrables sociétés indiennes se sont développé bien avant 1500 av. J.-C.</p>
<p>On trouve des grands commerçants chez les Mayas, dans la civilisation de Teotihuacan ou chez les Aztèques mais la plupart des civilisations ne pratiquaient le commerce qu'à toute petite échelle ou pour certains produits particuliers dont ils ne disposaient pas.</p>
<p>Ainsi, quand on regarde de loin, on pourrait croire que « tous les Indiens ont le même type ethnique » mais c'est complètement faux ! Il est certain que plusieurs sortes de races humaines sont à l'origine des ethnies indiennes et peut-être même toutes les sortes de races humaines !!!</p>
<p>En fait, dès qu'on connaît des détails historiques sur une société, on y trouve des similarités avec l'époque moderne, des affrontements de personnes, d'institutions, de pouvoirs, de classes, d'Etats, des changements liés à des accidents historiques, tout un déroulement extraordinairement dynamique. On est très loin de cette image d'une société figée sans cesse identique à elle-même seulement capable de se copier elle-même !!!</p>
<p>Terminons en comparant un récit de ce qu'était la société des indiens Iroquois et un autre récit sur ce que représentait la société des indiens Aztèque. On verra entre eux le fossé de conceptions, de fonctionnement social, de niveau de développement, et bien d'autres différences de tous types. On remarquera tous les stades de développement depuis les chasseurs-cueilleurs nomades jusqu'à l'apparition des classes sociales et de l'Etat, d'une société communiste primitive à une société esclavagiste ou féodale.</p>
<h2 class="spip">Howard Zinn décrit ainsi la société iroquoise dans « Une histoire populaire des Etats-Unis » :</h2>
<p>« Aux environs de l'an 500 de notre ère, tandis que cette culture des Moudbuilders (vallée de l'Ohio) commençait à décliner, une autre civilisation se développait plus à l'ouest, dans la vallée du Mississipi, centrée sur l'actuelle région de Saint Louis. Cette civilisation avait développé une agriculture sophistiquée et réunissait des milliers de villages, édifiant également près d'une métropole indienne qui semble avoir abrité quelque trente mille personnes, de grands tumulus de terre qui faisaient office de sépultures ou de lieux cérémoniels. le plus grand de ces édifices avait 300 mètres de haut et une base plus grande que celle de la Grande Pyramide d'Egypte. Dans cette cité, appelée Cahokia, on trouvait fabricants d'outils, tanneurs, potiers, bijoutiers, tisserands, saliniers, graveurs sur cuivre ainsi que de talentueux céramistes. On y a également découvert un suaire funéraire composé de douze mille perles de coquillages.</p>
<p>Des monts Adirondacks jusqu'aux Grands Lacs, sur le territoire actuel de la Pennsylvanie et du nord de l'Etat de New York, vivait le plus puissant groupe de population du Nord-Est américain : la Confédération iroquoise, qui réunissait les Mohawks (« le peuple du Silex »), les Oneidas (« le peuple de la Pierre »), les Onondagas (« le peuple de la Montagne »), les Cayugas (« le peuple de la Terre ») et les Senecas (« le peuple de la Grande Colline »). Des milliers de gens unis par une langue commune : l'iroquois.</p>
<p>Dans la vision du chef mohawk, Hiawatha, le légendaire Dekanawida s'adressait aux Iroquois en ces termes : « Nous sommes unis, tous ensemble, par le grand cercle que forment nos mains. Un cercle si fort que si un arbre venait à tomber dessus il ne tremblerait ni ne se romprait. Ainsi, notre peuple et nos petits-enfants resteront dans le cercle en parfaite sécurité, dans la paix et le bonheur. »</p>
<p>Dans les villages iroquois, la terre était détenue et travaillée en commun. La chasse se faisait en groupe et les prises étaient partagées entre les membres du village. Les habitations étaient considérées comme des propriétés communes et abritaient plusieurs familles. La notion de propriété privée des terres et des habitations étaient parfaitement étrangère aux Iroquois….</p>
<p>Les femmes jouaient un rôle important et avaient un statut respecté dans la société iroquoise. En effet, le lignage s'organisait autour de ses membres féminins dont les maris venaient rejoindre la famille. Chaque famille élargie vivait dans la « grande maison » et lorsqu'une femme désirait se séparer de son mari elle déposait simplement les affaires de ce dernier devant la porte.</p>
<p>Les familles formaient des clans et une douzaine ou plus de clans pouvaient former un village. Les femmes les plus âgées du village désignaient les hommes habilités à représenter le clan aux conseils de village et de tribu. Elles désignaient également les quarante-neuf chefs qui composaient le grand conseil de la Confédération des cinq nations iroquoises. Elles assistaient aux réunions de clans, se tenaient derrière le cercle formé par les hommes qui discutaient et votaient les décisions. Si ces derniers allaient dans un sens trop éloigné de celui qu'elles souhaitaient, elles pouvaient les démettre et les remplacer.</p>
<p>Les femmes surveillaient également les récoltes et s'occupaient de l'administration générale du village tant que les hommes étaient à la chasse ou à la pèche. En outre, comme elles fournissaient les mocassins et la nourriture pour les expéditions guerrières, elles avaient également un certain contrôle sur les affaires militaires…</p>
<p>On enseignait aux enfants iroquois aussi bien l'héritage culturel de leur peuple et la nécessaire solidarité entre tribus que le devoir de ne pas plier devant un quelconque abus d'autorité. On leur enseignait aussi l'égalité des statuts et le partage des possessions. Les Iroquois ne punissaient jamais cruellement leurs enfants. Le sevrage et la toilette n'étaient pas imposés autoritairement et les enfants étaient autorisés à franchir graduellement et de façon autonome ces étapes de leur éducation…</p>
<p>Gary Nash dépeint ainsi la culture iroquoise : « Nulle loi, ni ordonnance, ni shérifs, ni gendarmes, ni juges, ni jurys, ni cours de justice, ni prisons – tout ce qui compose l'appareil autoritaire des sociétés européennes -, rien de tout cela n'existait dans les forêts du Nord-Est américain avant l'arrivée des Européens. »</p>
<h2 class="spip">On comparera cet exposé rapide de la société indienne iroquoise avec ce récit de Peterson qui rapporte brièvement la société aztèque, des origines à l'époque de l'empire, dans « Le Mexique précolombien » :</h2>
<p>« A une époque très reculée de l'histoire, les Aztèques n'étaient que l'une des nombreuses tribus errantes et ils ne comptaient sans doute pas plus de mille âmes. Quand le groupe devenait trop important, une fraction de ses membres s'en séparait…</p>
<p>Il nous est impossible de retrouver la trace des migrations aztèques jusqu'au moment où ce peuple atteignit Tula, l'ancienne capitale des Toltèques. A partir de cette époque les relations sont plus concrètes. Après la destruction définitive de Tula, les Aztèques se déplacèrent ; ils ne restaient jamais longtemps au même endroit, mais ils allaient d'établir sur les terres d'autres peuplades, passant cinq ans ici, quatre ans là, et vingt ans ailleurs… Les Aztèques restèrent à Chapultepec d'environ 1250 à 1298 et y bâtirent même un petit temple. Ils se firent beaucoup d'ennemis à cause de l'habitude qu'ils avaient de prendre la femme de leur voisin et aussi à cause de leurs sacrifices humains révoltants…</p>
<p>Les Aztèques s'établirent alors dans les îles marécageuses et inhabitées du lac Texoco… Après s'être établis sur ces îles boueuses, les Aztèques tombèrent sous la domination du vieux roi Tépanèque Tezozomoc d'Azcapatzulco pour lequel ils s'étaient battus qui leur adjoignit pour chacune de leurs villes, Tenochtitlan et Tlatelolco, des gouverneurs d'origine de l'ancienne lignée toltèque…</p>
<p>Les Aztèques commencèrent à organiser le soulèvement de tous les peuples voisins contre les Tépanèques. La révolte qui débuta en soulèvement confus, puis prit de l'ampleur grâce aux forces armées de Huexotzingo, se termina par la défaite et la destruction des Tépanèques. Pour cette victoire d'Itzcoatl et de Tenochtitlan, d'autres secours importants vinrent de Tlaxcala, Xaltocan, Texcoco, Tlatelolco et Tacuba, mais les historiens aztèques minimisèrent l'aide apportée par ces alliés…</p>
<p>La triple alliance victorieuse comportait les camps des trois villes de Tacuba, Texcoco et Tenochtitlan… Les Aztèques qui avaient seulement voulu se rendre indépendants des Tépanèques se trouvèrent possesseurs d'un empire. A mesure qu'arrivaient en masse les tributs payés par les diverses villes assujetties, ils se rendirent compte des profits qu'ils pouvaient tirer de leurs conquêtes.</p>
<p>La caste militaire, encore à ses débuts, découvrit que le prestige, les premières places et la fortune devenaient à leur portée.</p>
<p>Les Aztèques apprirent comment choisir leurs alliances et comment former et administrer un empire. Le vieil empire Tépanèque fut scindé : Tlacopan prit à son compte la région ouest de la vallée et eut les Tépanèques sous son autorité. Tenochtitlan-Tlatelolco eurent tout le territoire nahua du nord et du sud, et Texcoco reprit son ancienne région de l'est de la Vallée. La triple alliance, qui devait gouverner le Mexique pendant plusieurs générations, commença à étendre sa domination dans toutes les directions. Itzcoatl poursuivit ses conquêtes comme chef suprême des forces alliées et s'empara de presque toute la vallée de Mexico et d'une partie de l'Etat actuel de Morelos, mais il mourut en 1440, avant d'avoir pu réaliser ses autres projets.</p>
<p>Moctezuma Ilhuicamina, successeur d'Itzcoatl, témoigna d'une activité encore plus grande vis-à-vis de l'extension de l'empire aztèque. Il conquit une autre partie de Morelos, la région mixtèque et le grand territoire en forme de croissant qui est au nord et à l'est de la vallée s'étendant de Xilotepec dans l'Etat actuel d'Hidalgo, jusqu'à Cosamaloapan dans le Vera-Cruz.</p>
<p>C'est avec lui que prirent naissance la fureur impérialiste et l'arrogance extraordinaire des Aztèques. La façon hautaine dont il traita Tlatelolco, Texcoco et Tlaxcala, fit que leurs relations se détériorèrent. Il s'appropria certaines possessions de Texcoco et une guerre ouverte éclata avec Tlaxcala.</p>
<p>Le roi Nezahualcoyotl de Texcoco évita bien des occasions de guerre avec les Aztèques. A sa mort la guerre civile éclata entre Tenochtitlan et Tlatelolco.</p>
<p>Vers 1450 se produisirent de terribles famines et des guerres religieuses eurent lieu entre les Aztèques, Huexotzingo, Tlaxcala, Chalco et d'autres voisins…</p>
<p>Par toute une série de batailles, Moctezuma envahit le pays des Mixtèques. Il prit Coixtlahuaca…</p>
<p>Les trois plus puissants souverains de la vallée moururent à quelques années les uns des autres. Cuauhtlatoa, de Tlatelolco, mourut en 1467. Moctezuma de Tenochtitlan en 1486 et Nezahualcoyotl en 1472. Leurs successeurs ne sympathisèrent guère et oublièrent les liens amicaux qui avaient été forgés par la défaite des Tépanèques…</p>
<p>A cette époque, il y avait des garnisons disséminées dans plusieurs points de l'empire aztèque et les peuples soumis étaient l'objet de déportations massives destinées à prévenir toute rébellion. Les Aztèques imposaient habituellement les fonctionnaires ou les gouverneurs de leur choix aux populations conquises et envoyaient des collecteurs d'impôts pour s'assurer le paiement du tribut…</p>
<p>Le chef aztèque Axayacatl, à cause d'un soulèvement, dû reconquérir une partie du territoire déjà conquis par ses prédécesseurs… Il envahit la vallée de Toluca et vainquit le peuple Matlatzinca vers 1470… Il attaqua les Tarasques qui venaient de se réunir sous l'autorité d'un chef puissant et étendit de nouveau sa ligne de conquêtes jusqu'à Tlaximaloyan et à Michoacan, où il subit une sérieuse défaite… Axayacatl consacra ses dernières années à conquérir le pays qui entoure l'Etat de Tlaxcala, et il réussit à investir complètement cet Etat ; si bien que lors de l'arrivée des Espagnols, c'était encore un îlot de résistance farouche…</p>
<p>Avant de mourir en 1481, Axayacalt battit encore Tlatelolco mais il lui a fallu pour cela plusieurs années de guerre…</p>
<p>Moctezuma II était le fils d'Axayacalt. Sa mère était originaire de Tula et descendait de la maison royale toltèque. Il avait un frère qui était plus en faveur que lui en ce qui concerne la succession royale, qui était plus porté à la guerre que lui, et qui aurait dû régner, mais qui fut tué prés du Popocatapetl au cours d'une des nombreuses batailles livrées contre Huexotzingo.</p>
<p>Ainsi Moctezuma qui s'était d'abord consacré au service des dieux, dut guerroyer et se distingua par sa bravoure. Il prit quarante-trois villes, principalement dans le coeur de l'Oaxaca, atteignit Tlappan (Guerrero) et était sur le point d'entreprendre des campagnes dans l'isthme de Tehuantepec lorsque Cortès mit un terme à ses projets.</p>
<p>Il conquit quelques villes mixtèques ou zapotèques, dans des lieux si élevés qu'il dut utiliser des échelles de siège pour y atteindre. Quand les espagnols arrivèrent, les Aztèques avaient conquis à peu près la moitié de la partie mexicaine de la région mésoaméricaine. Moctezuma imprima à son empire un caractère nahua…</p>
<p>Une grande partie de ce qui est maintenant la République mexicaine était indépendante des Aztèques ; au nord, des tribus non sédentaires erraient dans des régions semi-désertiques, dont les Aztèques se souciaient peu, et il existait aussi les sauvages Tarasques, qui avaient deux fois triomphé de ceux qui prétendaient les conquérir. Au sud, dans l'Etat de Guerrero, se trouvait un territoire libre occupé par un peuple à présent éteint, les Yope, territoire appelé Yopetzinco. Au sud-est, le long des côtes du Pacifique, s'étendait une étroite région que Moctezuma aurait probablement attaquée sans délai.</p>
<p>Les Aztèques laissèrent les Maya à peu près tranquilles. Ceux-ci, malgré leurs dissensions intérieures, étaient encore un peuple puissant ; de plus, leur pays était éloigné et, à cause de ses montagnes et de ses marécages, il était d'un accès difficile. L'Etat de Tlaxcala resta indépendant et un mur colossal fut élevé tout autour. Enfin, dans la région nord-est du Mexique était située la province libre de Metztitlan qui avait repoussé plusieurs attaques aztèques avec l'aide de ses alliés huaxtèques et chichimèques.</p>
<p>Il est difficile de dire où se serait arrêté l'empire aztèque si les Espagnols n'étaient pas venus. Sans doute y aurait-il eu des luttes très vives avec les Maya ; les Mixtèques et les Zapotèques d'Oaxaca s'étaient alliés, et on a de bonnes raisons de penser que des tribus voisines, telles que les Mixe et les Chimantèques, auraient pu se joindre à eux et former une coalition des peuples du Mexique méridional qui se serait opposée aux Aztèques.</p>
<p>Les peuples du nord et de l'ouest étaient très dangereux et auraient pu se joindre aux autres contre les Aztèques. Bien des peuples de l'empire n'étaient soumis qu'en apparence et maugréaient contre le tribut à payer. Les nations conquises attendaient anxieusement qu'une occasion se présentât de porter un coup fatal à l'empire qui aurait pu aussi bien tomber par son propre poids, comme l'avaient fait auparavant les empires maya, totomaque, toltèque et celui de Teotihuacan…</p>
<p>L'empire de Moctezuma était formé d'environ trente provinces, chacune ayant une ville centrale pour la perception des impôts et beaucoup étant dotées de gouverneurs imposés pour leur exploitation. L'organisation politique et sociale, qui, à l'origine, comportait une sorte de démocratie paysanne, évolua en théocratie militaire aux traditions qui s'établissaient de plus en plus solidement et où se constituait une noblesse héréditaire.</p>
<p>Cinquante ans de plus se seraient passés, qu'on aurait vu y croître une société de type féodal, avec en bas de l'échelle sociale des péons qui n'auraient pas pu quitter les terres qu'ils ne possédaient pas, et au niveau supérieur une noblesse bien établie qui aurait possédé et les terres et les esclaves.</p>
<p>L'esclavage était si répandu dans l'empire aztèque que les nobles mexicains écrivaient à Charles-Quint : « Nous avons autant besoin de nos esclaves que vous des vôtres. » (…)</p>
<p>La capitale aztèque, Tenochtitlan, située au milieu du lac Texcoco, était, en 1520, l'une des plus belles villes du monde. Tous les écrivains espagnols du temps de la conquête témoignent de sa splendeur et de son luxe. Les pyramides à gradins, dont une vingtaine au moins s'élevaient sur le lac même, étaient revêtues de stuc et peintes de teintes vives. Sur les plazas immenses, disséminées à travers la ville, des milliers de danseurs participaient à des cérémonies pleines de couleur. Des idoles en pierre et des stèles commémoratives se voyaient à chaque pas. Les énormes greniers de l'Etat, les édifices du Trésor, les arsenaux, se dressaient au centre de la ville. Des bas-reliefs représentant des serpents et des guerriers ornaient les murs qui entouraient la cour centrale. Les maisons étaient blanchies à la chaux et polies, si bien qu'on les eût dites faites en argent. Les jardins botaniques et zoologiques apportaient à la ville une note de verdure et de couleur exotique. Les arbres et les fleurs poussaient partout en abondance. Les nobles personnages passaient, vêtus de somptueux costumes aux brillants coloris, parés de bijoux de jade et de plumes rares. On apercevait, au hasard de leur course, les messagers impériaux, occupés à quelque mission…</p>
<p>L'éducation de l'enfant commençait dès sa naissance avec les longs discours prononcés par ses parents et sa famille où l'on annonçait le destin du nouveau-né… Les enfants aztèques entendaient constamment leurs parents discourir à leur profit sur leur destin, leurs devoirs, les mœurs, la morale…</p>
<p>Les collèges perpétuaient les distinctions sociales et étaient de deux types différents : tous les garçons étaient obligés d'aller à l'un ou à l'autre de ces collèges. Celui appelé Telpochcalli (Maison de la Jeunesse) faisait des garçons des classes moyennes de bons citoyens et des soldats zélés. Les élèves nobles y étaient l'exception. Il existait un Telpochcalli dans chaque calpulli ou clan et ce collège était rattaché au temple. Les Telpochcalli préparaient les jeunes gens à la guerre, mais leur donnaient aussi une stricte discipline morale et leur enseignaient la religion, l'histoire, les anciennes coutumes, le chant, la danse, la musique, en mettant un accent spécial sur les devoirs du citoyen.</p>
<p>Dans les collèges, un dur travail et des châtiments sévères étaient la règle acceptée… Dans chaque Telpochcalli, celui qui ne rentrait pas au collège pour dormir était puni, quoique les élèves aient été autorisés à rentrer dans leur foyer pour prendre leur repas. Ils allaient tous ensemble au travail : ils fabriquaient des briques d'argile, édifiaient des maisons, travaillaient la terre, creusaient des fossés et ainsi de suite…</p>
<p>Tout jeune homme qui prenait plusieurs fois part à une bataille sans faire de prisonnier était tourné en dérision et mis en disgrâce. Il pouvait quitter le collège, mais ne pourrait jamais porter de beaux vêtements, ni de bijoux, ni avoir aucune situation importante dans la communauté…</p>
<p>L'autre type de collège appelé Calmecac (« Rangée de Maisons »), du niveau des études élémentaires, avait pour but de préparer les garçons les mieux doués à la prêtrise ou en vue de situations élevées aussi bien militaires que politiques et on n'y acceptait que les fils soigneusement choisis des familles nobles et les enfants les plus intelligents d'autres classes sociales…</p>
<p>Les jeunes filles aztèques connaissaient, elles aussi, une discipline très stricte…. Les femmes étaient censées avoir les oreilles bouchées et les bouches closes… Parler à table leur était défendu et elles devaient rester silencieuses pendant de longues heures…</p>
<p>Les Aztèques avaient débuté par une organisation purement tribale, basée sur les liens de parenté et sur un type de démocratie paysanne dirigée par de sages Anciens au prestige reconnu, qu'il fût d'origine militaire ou religieuse. Cependant, une théocratie militaire ne tarda pas à se former, théocratie où se distinguaient des classes et des castes au pouvoir et à la fortune héréditaires qui rompirent avec l'ordre établi. Des groupements privilégiés se constituèrent qui se perpétuaient eux-mêmes, et un groupe spécial fut chargé d'établir les conditions du statut impérial, statut qui devait affecter l'organisation sociale tout entière.</p>
<p>Les Aztèques, qui avaient été des soldats laboureurs, se transformèrent en prêtres guerriers dont le seul but était de remplir une mission sacrée et d'accumuler les honneurs, le prestige et le rang…</p>
<p>Les Aztèques, à une époque ancienne, avaient été absolument dominés par le « calpulli ». C'était là un groupe culturel basé à la fois sur la parenté par le sang et sur le territoire occupé… Ce clan était représenté par un animal totémique considéré comme ancêtre du clan… Le calpulli avait un nom bien à lui, un dieu particulier, une école et un gouvernement propres. Il avait la charge, pour le groupe, des terres communales ou corporatives. Le calpulli était gouverné par un conseil formé des chefs de groupes, habituellement plus âgés du calpulli…</p>
<p>Les Aztèques avaient appris toutes leurs méthodes de guerre et de politique du vieux souverain des Tépanèques d'Azcapotzalco, Tezozomoc, lorsqu'ils lui servirent de mercenaires. Leurs conquêtes débutèrent avec la défaite infligée à Maxtla, fils de Tezozomoc, par la triple alliance conclue entre Tenochtitlan, Texcoco et Tlacopan, victoire pour les Aztèques qui leur servit de tremplin pour se lancer sur le chemin de l'empire…</p>
<p>Lorsque la société aztèque cessa d'être tribale et connut les distinctions de classes, le conseil perdit de son autorité et dut souvent prendre les ordres de la noblesse…</p>
<p>Lorsque les Aztèques, conduits par Itzcoatl, gagnèrent leur indépendance, les distinctions de classes apparurent. Itzcoatl fonda une sorte de bureaucratie qui concentrait le pouvoir économique entre les mains de guerriers favorisés ; quant au système politique, il était en partie régi par la noblesse, noblesse qui a existé depuis l'époque de Teotihuacan et qui, par l'intermédiaire des Nonoalca, avait subsisté parmi les Toltèques.</p>
<p>Lorsque les Aztèques entrèrent dans la vallée de Mexico, ils firent de grandes concessions pour obtenir que les plus chers d'entre leurs fils puissent entrer par le mariage dans des familles toltèques ou tépanèques, établissant ainsi des parentés par le sang avec leurs prédécesseurs et pouvant par la suite revendiquer les privilèges dus au « sang bleu » et une ascendance divine…</p>
<p>Moctezuma, le souverain aztèque qui régnait lorsque vinrent les Espagnols, était en train de perdre contact avec son peuple, à cause de son prestige extraordinaire, de la divination dont il s'était lui-même paré, du cérémonial compliqué qui l'entourait, de la rigide étiquette de cour qui l'élevait bien au-dessus de la noblesse elle-même…</p>
<p>Au moment de l'invasion espagnole, la société aztèque était partagée de façon rigide et compliquée en classes diverses. Les honneurs gagnés au combat ou dans les charges administratives avaient amené la formation d'une classe noble favorisée par le souverain qui lui accordait les privilèges du rang et du pouvoir économique, avec la fortune sous forme de propriétés et de droits à la main d'œuvre. La société aztèque était de la sorte séparée en deux classes principales : les Pilli (les nobles) et les Macehualli (les roturiers)… Un groupe social intermédiaire et particulier se trouvait en formation et avait une origine professionnelle. Il s'agissait des marchands (pochteca) qui s'étaient constitués en superguilde, ayant leurs propres fonctionnaires, leurs tribunaux et qui probablement possédaient leurs propres terres…</p>
<p>En dessous des roturiers se trouvaient les mayèques (fermiers étrangers ou « gens sous la main ») qui étaient attachés au sol mais n'étaient pas considérés comme des esclaves. Ils ne pouvaient pas quitter les terres qui leur étaient attribuées, et avaient le statut de serf…</p>
<p>Tout en bas de l'échelle sociale aztèque se trouvaient les esclaves. Ceux-ci se composaient le plus souvent d'étrangers emmenés en captivité au cours des guerres, mais beaucoup étaient des gens qui s'étaient endettés sans espoir ou qui avaient subi une condamnation criminelle…</p>
<p>Tenochtitlan, la fantastique capitale des Aztèques, gît à bien des pieds sous terre sous la ville moderne de Mexico et chaque fois qu'on creuse le sol au cœur de la cité, les ouvriers rencontrent les restes de la splendeur aztèque.</p>
<p>Tenochtitlan était en plein essor lorsque vint la conquête espagnole. Nous connaissons son aspect, avant la grande destruction, par les rapports écrits par Bernard Diaz et Fernand Cortès. Ils ne cessaient de s'émerveiller et de s'étonner devant les réalisations de Tenochtitlan et à chaque page leur émerveillement se transmet à nous.</p>
<p>Voici ce qu'écrit Bernard Diaz : « Lorsque nous vîmes tant de cités bâties dans l'eau, et d'autres grandes villes construites sur la terre ferme et cette longue chaussée qui mène vers Tenochtitlan, nous fûmes stupéfaits et nous disions que cela ressemblait aux enchantements dont il est question dans la légende d'Amadis. Et certains de nos soldats demandèrent si ce que nous contemplions n'était pas un songe ! »</p>
<p>« Puis lorsque nous entrâmes à Ixtapalapa, quel n'était pas l'aspect des palais dans lesquels on nous logea ! Qu'ils étaient donc spacieux et bien aménagés, faits de belles pierres et de bois de cèdre et du bois d'autres arbres aux odeurs suaves avec de vastes salles et des cours couvertes par des toiles de coton, tout cela merveilleux à contempler…</p>
<p>Je répète que je restai à contempler tout cela en me disant que jamais au monde on ne découvrirait d'autres pays comme celui-là. Et toutes ces merveilles que j'ai contemplées, aujourd'hui sont toutes bouleversées et perdues, rien n'est resté debout ! »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Comparons maintenant cette dictature féodale aztèque à la démocratie communiste indienne</a></p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
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<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class="spip_out" rel="external">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">Les grand massacre des Indiens des Amériques</a></p>
<p>Par Howard Zinn</p>
<p>Au commencement étaient la conquête, l'esclavage et la mort.</p>
<p>Les premiers contacts entre européens et indigènes</p>
<p>Frappées d'étonnement, les Arawaks, femmes et hommes aux corps hâlés et nus abandonnèrent leurs villages pour se rendre sur le rivage, puis nagèrent jusqu'à cet étrange et imposant navire afin de mieux l'observer. Lorsque finalement Christophe Colomb et son équipage se rendirent à terre, avec leurs épées et leur drôle de parler, les Arawaks s'empressèrent de les accueillir en leur offrant eau, nourriture et présents. Colomb écrit plus tard dans son journal de bord : « Ils [ . . . ] nous ont apporté des perroquets, des pelotes de coton, des lances et bien d'autres choses qu'ils échangeaient contre des perles de verre et des grelots. Ils échangeaient volontiers tout ce qu'ils possédaient. [ . . . ] Ils étaient bien charpentés, le corps solide et les traits agréables. [ . . . ] Ils ne portent pas d'armes et ne semblent pas les connaître car, comme je leur montrai une épée, ils la saisirent en toute innocence par la lame et se coupèrent. Ils ne connaissent pas l'acier. Leurs lances sont en bambou. [ . . . ] Ils feraient d'excellents domestiques. [ . . . ] Avec seulement cinquante hommes, nous pourrions les soumettre tous et leur faire faire tout ce que nous voulons. »</p>
<p>Ces Arawaks des îles de l'archipel des Bahamas ressemblaient fort aux indigènes du continent dont les observateurs européens ne cesseront de souligner le remarquable sens de l'hospitalité et du partage, valeurs peu à l'honneur, en revanche, dans l'Europe de la Renaissance, alors dominée par la religion des papes, le gouvernement des rois et la soif de richesses. Caractères propres à la civilisation occidentale comme à son premier émissaire dans les Amériques : Christophe Colomb. Colomb lui-même n'écrit-il pas : « Aussitôt arrivé aux Indes, sur la première île que je rencontrai, je me saisis par la force de quelques indigènes afin qu'ils me renseignent et me donnent des précisions sur tout ce qu'on pouvait trouver aux alentours » ?</p>
<p>L'information qui intéresse Colomb au premier chef se résume à la question suivante : où est l'or ? Il avait en effet persuadé le roi et la reine d'Espagne de financer une expédition vers les terres situées de l'autre côté de l'Atlantique et les richesses qu'il comptait y trouver — c'est-à-dire l'or et les épices des Indes et de l'Asie. Comme tout individu cultivé de ce temps, Colomb sait que la Terre est ronde et qu'il est possible de naviguer vers l'ouest pour rejoindre l'Extrême-Orient.</p>
<p>L'Espagne venait à peine d'achever l'unification de son territoire et de rejoindre le groupe des États-nations modernes que formaient la France, l'Angleterre et le Portugal. La population espagnole, constituée en grande partie de paysans pauvres, travaillait à cette époque pour une noblesse qui ne représentait que 2 % de l'ensemble mais possédait 95 % des terres. Vouée à l'Église catholique, l'Espagne avait expulsé Juifs et Maures de son territoire et, comme les autres États du monde moderne, elle convoitait l'or, ce métal en passe de devenir le nouvel étalon de la richesse, plus désirable encore que la terre elle-même puisqu'il permettait de tout acheter. On pensait en trouver à coup sûr en Asie, ainsi que des épices et de la soie, puisque Marco Polo et d'autres en avaient rapporté de leurs expéditions lointaines quelques siècles plus tôt. Mais les Turcs ayant conquis Constantinople et la Méditerranée orientale et imposé, en conséquence, leur contrôle sur les itinéraires terrestres menant à l'Asie, il devenait nécessaire d'ouvrir une voie maritime. Les marins portugais avaient choisi d'entreprendre le contournement de l'Afrique par le sud quand l'Espagne décida de parier sur la longue traversée d'un océan inconnu.</p>
<p>En retour de l'or et des épices qu'il ramènerait, les monarques espagnols promirent à Colomb 10 % des profits, le titre de gouverneur général des îles et terres fermes à découvrir, et celui, glorieux — créé pour l'occasion — d'amiral de la mer Océane. D'abord clerc chez un négociant génois et tisserand à ses heures (son père était un tisserand renommé), Christophe Colomb passait désormais pour un marin expérimenté. L'expédition se composait de trois voiliers dont le plus grand, la Santa Maria, avait près de trente mètres de long et un équipage de trente-neuf hommes.</p>
<p>En réalité, s'imaginant le monde plus petit qu'il ne l'est réellement, Colomb n'aurait jamais atteint l'Asie, qui se situait à des milliers de kilomètres de la position indiquée par ses calculs. S'il n'avait été particulièrement chanceux, il aurait erré à travers les immensités maritimes. Pourtant, à peu près au quart de la distance réelle, entre l'Europe et l'Asie, il rencontra une terre inconnue, non répertoriée : les Amériques. Cela se passait au début du mois d'octobre 1492, trente-trois jours après que l'expédition eut quiné les îles Canaries, au large de la côte africaine. Déjà, on avait pu voir flotter des branches et des morceaux de bois à la surface de l'océan et voler des groupes d'oiseaux : signes annonciateurs d'une terre proche. Enfin, le 12 octobre, un marin nommé Rodrigo, ayant vu la lumière de l'aube se refléter sur du sable blanc, signala la terre. Il s'agissait d'une île de l'archipel des Bahamas, dans la mer des Caraïbes. Le premier homme qui apercevrait une terre était supposé recevoir une rente perpétuelle de 10 000 maravédis. Rodrigo ne reçut jamais cet argent. Christophe Colomb prétendit qu'il avait lui-même aperçu une lumière la veille et empocha la récompense.</p>
<p>Ainsi, à l'approche du rivage, les Européens furent-ils rejoints par les Indiens arawaks venus les accueillir à la nage. Ces Arawaks vivaient dans des communautés villageoises et pratiquaient un mode de culture assez raffiné du maïs, de l'igname et du manioc. Ils savaient filer et tisser mais ne connaissaient pas le cheval et n'utilisaient pas d'animaux pour le labour. Bien qu'ignorant l'acier, ils portaient néanmoins de petits bijoux en or aux oreilles.</p>
<p>Ce détail allait avoir d'énormes conséquences : Colomb retint quelques Arawaks à bord de son navire et insista pour qu'ils le conduisent jusqu'à la source de cet or. Il navigua alors jusqu'à l'actuelle Cuba, puis jusqu'à Hispaniola (Haïti et République dominicaine). Là, des traces d'or au fond des rivières et un masque en or présenté à Christophe Colomb par un chef local inspirèrent de folles visions aux Européens.</p>
<p>Les premières violences</p>
<p>À Hispaniola, l'épave de la Santa Maria, échouée, fournit à Colomb de quoi édifier un fortin qui sera la toute première base militaire européenne de l'hémisphère occidental. Il le baptisa La Navidad (Nativité) et y laissa trente-neuf membres de l'expédition avec pour mission de découvrir et d'entreposer l'or. Il fit de nouveaux prisonniers indigènes qu'il embarqua à bord des deux navires restants. À un certain point de l'île, Christophe Colomb s'en prit à des Indiens qui refusaient de lui procurer autant d'arcs et de flèches que son équipage et lui-même en souhaitaient. Au cours du combat, deux Indiens reçurent des coups d'épée et en moururent. La Nina et la Pinta reprirent ensuite la mer à destination des Açores et de l'Espagne. Lorsque le climat se fit plus rigoureux, les Indiens captifs décédèrent les uns après les autres.</p>
<p>Le rapport que Christophe Colomb fit à la cour de Madrid est parfaitement extravagant. Il prétendait avoir atteint l'Asie (en fait, Cuba) et une autre île au large des côtes chinoises (Hispaniola). Ses descriptions sont un mélange de faits et de fiction : « Hispaniola est un pur miracle. Montagnes et collines, plaines et pâturages y sont aussi magnifiques que fertiles. [ . . . ] Les havres sont incroyablement sûrs et il existe de nombreuses rivières, dont la plupart recèlent de l'or. [ . . . ] On y trouve aussi moult épices et d'impressionnants filons d'or et de divers métaux. »</p>
<p>D'après Colomb, les Indiens étaient « si naïfs et si peu attachés à leurs biens que quiconque ne l'a pas vu de ses yeux ne peut le croire. Lorsque vous leur demandez quelque chose qu'ils possèdent, ils ne disent jamais non. Bien au contraire, ils se proposent de le partager avec tout le monde ». Pour finir, il réclamait une aide accrue de leurs Majestés, en retour de quoi il leur rapporterait de son prochain voyage « autant d'or qu'ils en auront besoin [ . . . ] et autant d'esclaves qu'ils en exigeront ». Puis, dans un élan de ferveur religieuse, il poursuivait : « C'est ainsi que le Dieu éternel, notre Seigneur, apporte la réussite à ceux qui suivent Sa voie malgré les obstacles apparents. »</p>
<p>Sur la foi du rapport exalté et des promesses abusives de Christophe Colomb, la seconde expédition réunissait dix-sept bâtiments et plus de douze cents hommes. L'objectif en était parfaitement clair : ramener des esclaves et de l'or. Les Espagnols allèrent d'île en île dans la mer des Caraïbes pour y capturer des Indiens. Leurs véritables intentions devenant rapidement évidentes, ils trouvaient de plus en plus de villages désertés par leurs habitants. À Haïti, les marins laissés à Fort Navidad avaient été tués par les Indiens après qu'ils eurent sillonné l'île par petits groupes à la recherche de l'or et dans l'intention d'enlever femmes et enfants dont ils faisaient leurs esclaves – pour le travail comme pour satisfaire leurs appétits sexuels.</p>
<p>Colomb envoya expédition sur expédition à l'intérieur de l'île. Ce n'était décidément pas le paradis de l'or mais il fallait absolument expédier en Espagne une cargaison d'un quelconque intérêt. En 1495, les Espagnols organisèrent une grande chasse à l'esclave et rassemblèrent mille cinq cents Arawaks — hommes, femmes et enfants — qu'ils parquèrent dans des enclos sous la surveillance d'hommes et de chiens. Les Européens sélectionnèrent les cinq cents meilleurs « spécimens », qu'ils embarquèrent sur leurs navires. Deux cents d'entre eux moururent durant la traversée. Les survivants furent, dès leur arrivée en Espagne, mis en vente comme esclaves par l'archidiacre du voisinage qui remarqua que, bien qu'ils fussent « aussi nus qu'au jour de leur naissance », ils n'en semblaient « pas plus embarrassés que des bêtes ». Colomb, pour sa part, souhaitait expédier, « au nom de la Sainte Trinité, autant d'esclaves qu'il [pourrait] s'en vendre ».</p>
<p>Mais trop d'esclaves mouraient en captivité. Aussi Colomb, désespérant de pouvoir reverser des dividendes aux promoteurs de l'expédition, se sentait-il tenu d'honorer sa promesse de remplir d'or les cales de ses navires. Dans la province haïtienne de Cicao, où lui et ses hommes pensaient trouver de l'or en abondance, ils obligèrent tous les individus de quatorze ans et plus à collecter chaque trimestre une quantité déterminée d'or. Les Indiens qui remplissaient ce contrat recevaient un jeton de cuivre qu'ils devaient suspendre à leur cou. Tout Indien surpris sans ce talisman avait les mains tranchées et était saigné à blanc.</p>
<p>La tâche qui leur était assignée étant impossible, tout l'or des environs se résumant à quelques paillettes dans le lit des ruisseaux, ils s'enfuyaient régulièrement. Les Espagnols lançaient alors les chiens à leurs trousses et les exécutaient.</p>
<p>Les Arawaks tentèrent bien de réunir une armée pour résister mais ils avaient en face d'eux des Espagnols à cheval et en armure, armés de fusils et d'épées. Lorsque les Européens faisaient des prisonniers, ils les pendaient ou les envoyaient au bûcher immédiatement. Les suicides au poison de manioc se multiplièrent au sein de la communauté arawak. On assassinait les enfants pour les soustraire aux Espagnols. Dans de telles conditions, deux années suffirent pour que meurtres, mutilations fatales et suicides réduisissent de moitié la population indienne (environ deux cent cinquante mille personnes) d'Haïti. Lorsqu'il devint évident que l'île ne recelait pas d'or, les Indiens furent mis en esclavage sur de gigantesques propriétés, plus connues par la suite sous le nom de encomiendas. Exploités à l'extrême, ils y mouraient par milliers. En 1515, il ne restait plus que quinze mille Indiens, et cinq cents seulement en 1550. Un rapport daté de 1650 affirme que tous les Arawaks et leurs descendants ont disparu à Haïti.</p>
<p>La source principale — et, sur bien des points, unique — de renseignements sur ce qu'il se passait dans les îles après l'arrivée de Christophe Colomb est le témoignage de Bartolomé de Las Casas qui, jeune prêtre, participa à la conquête de Cuba. Il posséda lui-même quelque temps une plantation sur laquelle il faisait travailler des esclaves indiens, mais il l'abandonna par la suite pour se faire l'un des plus ardents critiques de la cruauté espagnole. Las Casas, qui avait retranscrit le journal de Colomb, commença vers l'âge de cinquante ans une monumentale Histoire générale des Indes, dans laquelle il décrit les Indiens. Particulièrement agiles, dit-il, ils pouvaient également nager — les femmes en particulier — sur de longues distances. S'ils n'étaient pas exactement pacifiques — les tribus se combattaient, en effet, de temps en temps — les pertes humaines restaient peu importantes. En outre, ils ne se battaient que pour des motifs personnels et non sur ordre de leurs chefs ou de leurs rois.</p>
<p>La manière dont les femmes indiennes étaient traitées ne pouvait que surprendre les Espagnols. Las Casas rend ainsi compte des rapports entre les sexes : « Les lois du mariage sont inexistantes : les hommes aussi bien que les femmes choisissent et quittent librement leurs compagnons ou compagnes sans rancœur, sans jalousie et sans colère. Ils se reproduisent en abondance. Les femmes enceintes travaillent jusqu'à la dernière minute et mettent leurs enfants au monde presque sans douleurs. Dès le lendemain, elles se baignent dans la rivière et en ressortent aussi propres et bien portantes qu'avant l'accouchement. Si elles se lassent de leurs compagnons, elles provoquent elles-mêmes un avortement à l'aide d'herbes aux propriétés abortives et dissimulent les parties honteuses de leur anatomie sous des feuilles ou des vêtements de coton. Néanmoins, dans l'ensemble, les Indiens et les Indiennes réagissent aussi peu à la nudité des corps que nous réagissons à la vue des mains ou du visage d'un homme. »</p>
<p>Toujours selon Las Casas, les Indiens n'avaient pas de religion, ou du moins pas de temples.</p>
<p>Ils vivaient dans « de grands bâtiments communs de forme conique, pouvant abriter quelque six cents personnes à la fois [ . . . ] faits de bois fort solide et couverts d'un toit de palmes. [ . . . ] Ils apprécient les plumes colorées des oiseaux, les perles taillées dans les arêtes de poissons et les pierres vertes et blanches dont ils ornent leurs oreilles et leurs lèvres. En revanche, ils n'accordent aucune valeur particulière à l'or ou à toute autre chose précieuse. Ils ignorent tout des pratiques commerciales et ne vendent ni n'achètent rien. Ils comptent exclusivement sur leur environnement naturel pour subvenir à leurs besoins ; ils sont extrêmement généreux concernant ce qu'ils possèdent et, par là même, convoitent les biens d'autrui en attendant de lui le même degré de libéralité. »</p>
<p>Dans le second volume de son Histoire générale des Indes, Las Casas (il avait d'abord proposé de remplacer les Indiens par des esclaves noirs, considérant qu'ils étaient plus résistants et qu'ils survivraient plus facilement, mais revint plus tard sur ce jugement en observant les effets désastreux de l'esclavage sur les Noirs) témoigne du traitement infligé aux Indiens par les Espagnols. Ce récit est unique et mérite qu'on le cite longuement : « D'innombrables témoignages [ .. . ] prouvent le tempérament pacifique et doux des indigènes. [ … ] Pourtant, notre activité n'a consisté qu'à les exaspérer, les piller, les tuer, les mutiler et les détruire. Peu surprenant, dès lors, qu'ils essaient de tuer l'un des nôtres de temps à autre. [ . . . ] L'amiral [Colomb], il est vrai, était à ce sujet aussi aveugle que ses successeurs et si anxieux de satisfaire le roi qu'il commit des crimes irréparables contre les Indiens. »</p>
<p>Las Casas nous raconte encore comment les Espagnols « devenaient chaque jour plus vaniteux » et, après quelque temps, refusaient même de marcher sur la moindre distance. Lorsqu'ils « étaient pressés, ils se déplaçaient à dos d'Indien » ou bien ils se faisaient transporter dans des hamacs par des Indiens qui devaient courir en se relayant. « Dans ce cas, ils se faisaient aussi accompagner d'Indiens portant de grandes feuilles de palmier pour les protéger du soleil et pour les éventer. »</p>
<p>La maîtrise totale engendrant la plus totale cruauté, les Espagnols « ne se gênaient pas pour passer des dizaines ou des vingtaines d'Indiens par le fil de l'épée ou pour tester le tranchant de leurs lames sur eux. » Las Casas raconte aussi comment « deux de ces soi-disant chrétiens, ayant rencontré deux jeunes Indiens avec des perroquets, s'emparèrent des perroquets et par pur caprice décapitèrent les deux garçons ».</p>
<p>Les tentatives de réaction de la part des Indiens échouèrent toutes. Enfin, continue Las Casas, « ils suaient sang et eau dans les mines ou autres travaux forcés, dans un silence désespéré, n'ayant nulle âme au monde vers qui se tourner pour obtenir de l'aide ». Il décrit également ce travail dans les mines : « Les montagnes sont fouillées, de la base au sommet et du sommet à la base, un millier de fois. Ils piochent, cassent les rochers, déplacent les pierres et transportent les gravats sur leur dos pour les laver dans les rivières. Ceux qui lavent l'or demeurent dans l'eau en permanence et leur dos perpétuellement courbé achève de les briser. En outre, lorsque l'eau envahit les galeries, la tâche la plus harassante de toutes consiste à écoper et à la rejeter à l'extérieur ».</p>
<p>Après six ou huit mois de travail dans les mines (laps de temps requis pour que chaque équipe puisse extraire suffisamment d'or pour le faire fondre), un tiers des hommes étaient morts.</p>
<p>Pendant que les hommes étaient envoyés au loin dans les mines, les femmes restaient à travailler le sol, confrontées à l'épouvantable tâche de piocher la terre pour préparer de nouveaux terrains destinés à la culture du manioc.</p>
<p>« Les maris et les femmes ne se retrouvaient que tous les huit ou dix mois et étaient alors si harassés et déprimés [ … ] qu'ils cessèrent de procréer. Quant aux nouveaux-nés, ils mouraient très rapidement car leurs mères, affamées et accablées de travail, n'avaient plus de lait pour les nourrir. C'est ainsi que lorsque j'étais à Cuba sept mille enfants moururent en trois mois seulement. Certaines mères, au désespoir, noyaient même leurs bébés. [ … ] En bref, les maris mouraient dans les mines, les femmes mouraient au travail et les enfants mouraient faute de lait maternel. [ … ] Rapidement, cette terre qui avait été si belle, si prometteuse et si fertile [ . . . ] se trouva dépeuplée. [ … ] J'ai vu de mes yeux tous ces actes si contraires à la nature humaine et j'en tremble au moment que j'écris. »</p>
<p>Las Casas nous dit encore qu'à son arrivée à Hispaniola, en 1508, « soixante mille personnes habitaient cette île, Indiens compris. Trois millions d'individus ont donc été victimes de la guerre, de l'esclavage et du travail dans les mines, entre 1494 et 1508. Qui, parmi les générations futures, pourra croire pareille chose ? Moi-même, qui écris ceci en en ayant été le témoin oculaire, j'en suis presque incapable ».</p>
<p>C'est ainsi qu'a commencé, il y a cinq cents ans, l'histoire de l'invasion européenne des territoires indiens aux Amériques. Au commencement, donc, étaient la conquête, l'esclavage et la mort, selon Las Casas — et cela même si certaines données sont un peu exagérées : y avait-il effectivement trois millions d'Indiens, comme il le prétend, ou moins d'un million, selon certains historiens, ou huit millions, selon certains autres ? Pourtant, à en croire les manuels d'histoire fournis aux élèves américains, tout commence par une épopée héroïque — nulle mention des bains de sang — et nous célébrons aujourd'hui encore le Columbus Day.</p>
<p>Howard Zinn</p>
<p>Extrait tiré de « Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours »</p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">Chronologie de la révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class="spip_out" rel="external">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358" class="spip_out" rel="external">La chute de la société Huarpa</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5264" class="spip_out" rel="external">Qu'était la société des indiens Iroquois ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280" class="spip_out" rel="external">Le matriarcat chez les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p></div>
Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?
http://www.matierevolution.org/spip.php?article6366
http://www.matierevolution.org/spip.php?article63662019-04-25T22:40:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionPérou - PerùRévolteAmérique du sud America del surAmérindiens
<p>Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ? <br class='autobr' />
C'est, après la civilisation de Caral, l'une des premières grandes civilisations andines issues de l'agriculture et rompant avec le mode d'existence des chasseurs-cueilleurs. La société des chasseurs-cueilleurs a décliné et cédé la place pour des raisons climatiques et environnementales, mais aussi sociales, les anciennes sociétés étant combattues violemment par les nouvelles. <br class='autobr' />
A la fin de la période glaciaire, la Côte de (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
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</div><h2 class="spip">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</h2>
<p>C'est, après la civilisation de Caral, l'une des premières grandes civilisations andines issues de l'agriculture et rompant avec le mode d'existence des chasseurs-cueilleurs. La société des chasseurs-cueilleurs a décliné et cédé la place pour des raisons climatiques et environnementales, mais aussi sociales, les anciennes sociétés étant combattues violemment par les nouvelles.</p>
<p>A la fin de la période glaciaire, la Côte de l'Amérique du sud entre dans un processus de désertification. Les groupes humains se fixent alors à l'embouchure des rivières qui descendent des Andes. Les changements de climat ayant entraîné la disparition de la plus grande partie du gibier ces populations commencent à exploiter les ressources de l'Océan Pacifique, principalement les coquillages. Cette époque est aussi témoin des premiers essais agricoles.</p>
<p>Le développement de l'agriculture permet la sédentarisation et la concentration de populations, qui 2000 avant JC dominent la céramique et construisent leurs premiers monuments (Kotosh, La Florida, Rio Seco). L'amélioration de l'alimentation favorise les regroupements humains et l'éclosion de centres de civilisations beaucoup plus élaborés.</p>
<p>La culture de Chavín est une civilisation précolombienne qui a influencé l'ensemble des civilisations andines. Elle a émergé vers 1300 av. J.-C. et a vu son apogée vers 800-200 av. J.-C. Elle a disparu brutalement vers 200 av. J.-C. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique.</p>
<p>La civilisation de Chavín a introduit le travail du bronze et de l'or en Amérique du Sud. La méthode de travail des métaux était très avancée pour l'époque. <br class='autobr' />
Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture. Elle a appris aussi à apprivoiser le lama.</p>
<p>Chavín a eu une importante influence sur deux grandes cultures : Paracas à Ica et Pucará dans l'Altiplano.</p>
<p>A partir de 1300 av. J-C, se développe au coeur des Andes, un centre religieux autour du Dieu Puma : homme-félin aux canines impressionnantes. Il s'agit de Chavin de Huantar. On y pratique le culte du félin, du rapace et du reptile de même qu'aux Dieux-aux-bâtons. Les édifices religieux se construisent. Le temple prend la forme d'un U et est imposant. La position de ce centre religieux a son importance : il contrôlait les routes commerciales vers l'ouest jusqu'au Pacifique à travers deux cols dans la Cordillera Blanca vers l'est jusqu'à l'Amazonie, en descendant le fleuve Mosna. Cette position stratégique contribuait à sa prospérité et lui permettait développer des communications avec des endroits éloignés pendant que se développait le style culturel spécifique par lequel nous pouvons maintenant identifier l'étendue de son influence.</p>
<p>De 800 à 500 av. J-C, son influence s'étend à ses voisins et se marquera dans les productions artistiques. L'expansion de la culture chavin entraînera aussi des progrès techniques dans les domaines du textile et de la métallurgie.</p>
<p>La technique du tissage est bien acquise. L'étoffe est fine et raffinée. Un artisanat du bronze se crée. On invente la soudure, la technique du repoussé et l'alliage or-argent. Il commerce l'obsidienne, la laine des camélidés, les plumes d'oiseaux tropicaux, etc. Leur poterie est l'une des plus belles du Pérou précolombien.</p>
<p>Il est à noter que l'art Chavin ressemble beaucoup à celui des Olmèques (amérique centrale).</p>
<p>Le temple Chavín de Huantar, centre de cette civilisation, est déjà étonnant par sa localisation, à plus de 3000 mètres d'altitude et 3 heures de route depuis la ville d'Huaraz. Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, ce temple était le centre névralgique de la civilisation Chavín, dont l'existence s'étendrait de 1000 à 200 avant J.-C. Sa position était alors centrale car il est situé au croisement des routes commerciales de l'époque. Le site était alors un important lieu de pélerinage et son aire d'influence devait s'étendre de la côté Pacifique à l'Amazonie. L'extérieur du temple est orné de bas-reliefs et de sculptures de têtes zoomorphiques alignées et incrustées dans le temple. À l'intérieur, on trouve un dédale de tunnels, de plateformes et de terrasses en granit. Sous le temple, un système de galeries à l'acoustique très particulière produit des effets sonores étranges dans le site. Une hypothèse est que les autorités religieuses de l'époque aient utilisé cet ingénieux système, et probablement aussi des substances hallucinogènes, pour convaincre les visiteurs de la puissance des divinités Chavín.</p>
<h2 class="spip"> La civilisation Chavín, mère des civilisations andines :</h2>
<p>« Considérée comme la mère de toutes les civilisations andines, la culture Chavín reste une des plus mystérieuses malgré les nombreuses fouilles effectuées à ce jour…<br class='autobr' />
Contemporain des grands bâtisseurs égyptiens, la civilisation Chavín est au Pérou ce que la civilisation égyptienne est à l'Afrique : un des joyaux de l'antiquité.</p>
<p>Le site de Chavín se caractérise par de nombreux bâtiments en pierre taillées, de terrasses autour de places. Il possède un dédale de galeries ayant tout un réseau complexe de canalisations et de conduits de ventilation, très avancé pour l'époque.</p>
<p>Les bâtiments en forme de pyramide de pierres sont percés de nombreuses chambres et de passages intérieurs, ornés de bas relief, représentant des figures stylisées d'apparence humaines et animales.</p>
<p>La disparition de la civilisation Chavín et l'abandon de la cité aux alentours de 200 av J-C, reste lui aussi un grand mystère, il n'en reste pas moins le témoignage de ce qui donnera naissance à d'autres civilisations andines toutes aussi extraordinaires. »</p>
<p><a href="http://www.wonderful-art.fr/la-civilisation-Chavín -mere-des-civilisations-andines/" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<h2 class="spip"> La culture Chavín au Pérou :</h2>
<p>« La culture de Chavín, une civilisation d'Amérique du Sud ne disposant pas de l'écriture, mit en place un réseau d'échanges et d'agriculture développé vers 900 avant notre ère, selon certaines estimations et découvertes archéologiques. Des artefacts ont été découverts sur un site appelé Chavín au Pérou moderne à une altitude de 3 177 mètres. La civilisation de Chavín a duré de 900 à 200 avant notre ère.</p>
<p> Chavín est la période finale du long processus de domestication des plantes et des animaux (néolithique). À cette époque, les arts de l'élevage, tels que l'agriculture et la construction, ainsi que la fabrication - y compris la métallurgie - étaient déjà intégrés aux domaines de la pratique sociale. Ce n'est donc pas une étape "initiale" dans ce sens ; c'est en revanche dans l'intensification des fonctions des centres cérémoniels, qui sont devenus les axes du développement économique.</p>
<p>La culture Chavín est une civilisation qui s'est développée dans les Andes du nord du Pérou entre 900 ans av. jusqu'à 200 av. Le découvreur de la culture Chavín est l'archéologue Julio Tello, qui l'a désignée comme la culture mère des civilisations andines du Pérou, mais les découvertes archéologiques montrent que la culture Caral est la plus ancienne des civilisations andines et serait une source d'irradiation. culturel. La culture de Chavín a été développée dans la phase de formation de l'histoire du Pérou et appartient aux cultures du premier horizon culturel.</p>
<p>La culture de Chavín tire son origine du temple appelé Chavín de Huántar, dans le département d'Ancash, à 300 kilomètres au nord de la ville de Lima. Les habitants de Chavín étaient probablement originaires des régions de la jungle, car ils utilisaient beaucoup d'iconographie de la jungle comme figure du jaguar, du caïman et de l'anaconda.</p>
<p>Le site archéologique de Chavín de Huántar a été construit autour de 900 avant JC. et c'était le centre religieux du peuple Chavín …</p>
<p>Organisation socio-politique</p>
<p>L'État de Chavín était théocratique, contrôlé par les "prêtres" (spécialistes) qui gouvernaient au nom des dieux de Chavín.</p>
<p>La société Chavín était classiste, les prêtres et les guerriers accaparaient les ressources, tandis que le peuple était exploité pour en produire plus.</p>
<p>Les plus qualifiés se sont distingués dans la communauté et ont fini par devenir des chefs, des chefs et des officiers. Ces dirigeants ont obligé la communauté à produire davantage et ont fini par s'imposer aux autres, grâce à la connaissance de la nature des "prêtres". Les dirigeants de Chavín auraient construit avec succès les grands bâtiments en l'honneur des dieux. La principale raison du progrès de Chavín de Huántar était son agriculture moderne, productive et innovante à son époque.</p>
<p>La société Chavín adorait le dieu Jaguar ou Puma, dirigée par un prêtre-roi représentant la caste dirigeante (prêtres et guerriers).</p>
<p>Les prêtres</p>
<p> La caste des prêtres était composée de spécialistes, de scientifiques qui dominaient la science de l'astronomie, ce qui leur donnait une grande influence et un puissant pouvoir. Ils étaient également de grands techniciens agricoles et de "ingénieurs en hydraulique".</p>
<p>La noblesse de la guerre</p>
<p>Elle était responsable de contenir les ravages des invasions ou des révoltes dans les régions de la culture de Chavín. Cette société a maintenu l'hégémonie, soit pour protéger son modus vivendi, soit une armée capable de garantir les conditions nécessaires à son développement et à sa zone d'expansion.</p>
<p>La ville</p>
<p> C'était la masse populaire qui devait rendre des hommages aux dieux et aux dirigeants de Chavín.</p>
<p>Activités économiques</p>
<p>Au début de la civilisation de Chavín, ses activités économiques principales étaient la cueillette de plantes sauvages et la chasse aux animaux.</p>
<p>Agriculture</p>
<p> Les habitants de Chavín avaient une agriculture assez développée - le maïs - leur principale source de nourriture - citrouille, haricots, courge, coton, pommes de terre, quinoa et arachides. Les habitants du secteur de la côte ont été principalement empêchés de pêcher.</p>
<p>La principale raison du progrès de Chavín de Huántar est qu'elle est devenue l'agriculture la plus moderne, la plus productive et la plus innovante de son époque et que, dans cette agriculture, le maïs - connu en langue quechua sous le nom de SARA OR ARA - et le maïs - ou maïs sucré, connu sous le nom de HUANSA - occupe le site principal avec ses dérivés, dont la chicha de jora, qui est devenue sa source de richesse et de domination. Il semble que le troc était la méthode de paiement du maïs. Ce troc se généralisa et fut la modalité dominante dans leurs transactions, de Chavín de Huántar à l'empire Inca.</p>
<p>Bétail</p>
<p> Ils élevaient des cobayes, ils domestiquaient des auquénidos comme des lamas.</p>
<p>Activités principales : récolte, chasse et pêche.</p>
<p>Nouvelles activités (spécialisées) : agriculture, élevage, textile, orfèvrerie, architecture, sculpture, peinture et autres arts.</p>
<p>Les Ayllu sont devenus plus importants pour augmenter la production du peuple Chavín.</p>
<p>Ils ont construit leurs maisons en pisé ou en pierre, avec le toit de chaume, et les ont installés près des rivières, pour faciliter l'irrigation de leurs cultures. Les morts ont été enterrés dans le désert, au fond de profondes fosses. Ils étaient accompagnés de différentes offrandes funéraires, telles que des récipients en céramique, des outils de travail et certains aliments, tels que des haricots et des épis de maïs.</p>
<p>L'orfèvre</p>
<p>Ils ont utilisé de l'or avec lequel ils ont réalisé de grandes œuvres, telles que le collier Kunturwasi et le trésor de Chongoyape (boucles d'oreilles, bagues, bagues de nez).</p>
<p>Tissus peints</p>
<p>Ils ont été fabriqués dans le but de faire connaître leurs dieux ailleurs, comme à Ica, Ayacucho, pour leur transport facile, car il était impossible de porter les pierres sculptées par leur poids excessif. »</p>
<h2 class="spip">Wikipedia :</h2>
<p>« Cette civilisation a émergé vers 1000 av. J.-C. et a vu son apogée vers 800-200 av. J.-C. La civilisation de Chavín a introduit le travail du bronze et de l'or en Amérique du Sud. La méthode de travail des métaux était très avancée pour l'époque. Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture. Ils apprirent aussi à apprivoiser le lama.</p>
<p>Chavín, ou la culture Chavín, est une culture archéologique de l'ancien Pérou qui a développé au cours de la petite Horizon (1200 av. J.-C-200 J.-C.) a été centrée sur le développement dans la ville de Chavín, qui se trouve à 2 km de la confluence des rivières et Mosna Huachecsa dans le bassin supérieur de la rivière Maranon (dans l'actuel département de Ancash).</p>
<p>Traditionnellement, le développement historique de Chavín est considéré comme un "horizon culturel" en raison de ses influences artistiques et religieuses présentes dans d'autres cultures contemporaines. Une grande partie de ce développement historique est pour formatif spécifiquement au Moyen-formatives et formative dont les caractéristiques, intensification du culte religieux, l'apparition de étroitement liés aux centres cérémoniels en céramique, intensification de maïs et de pommes de terre, l'amélioration des techniques agricoles et le développement de la métallurgie et des textiles.</p>
<p>C'est l'archéologue Julio C. Tello qui a découvert et considéré comme la « culture mère » ou « mère des civilisations des Andes, et l'origine amazonien ont cependant été découvertes récentes suggèrent que la civilisation de Caral -De période Precerámico Tardío- il est plus vieux que Chavín.</p>
<p>Tello a déclaré que la culture de Chavín était d'origine amazonienne en raison des multiples représentations de l'iconographie de la jungle dans ses manifestations artistiques, notamment en céramique. À son apogée Chavín, principal centre Chavín, aujourd'hui patrimoine culturel, était un important centre cérémoniel et le centre de rayonnement culturel dont l'influence étendue à travers une grande partie de la côte et hauts plateaux des Andes péruviennes.<br class='autobr' />
Selon certaines théories, dans l'état théocratique chavín, le plus habile de par ses connaissances astronomiques, le climat environnemental et le climat se distinguaient dans sa communauté et finissaient par devenir des prêtres et des chefs. Il y a trois classes distinctes :</p>
<p> Les prêtres : La caste des prêtres, la classe dirigeante, avait une connaissance de l'astronomie, du temps et du climat qui leur conférait une grande influence et une grande puissance. Ils étaient également de grands techniciens agricoles, des ingénieurs et des spécialistes des arts.</p>
<p>Le peuple : La classe dominée, composée de la masse populaire, c'est-à-dire des agriculteurs et des éleveurs, au service de la caste des prêtres.</p>
<p>La noblesse guerrière : elle était chargée de contenir les perturbations dans les régions de la culture Chavín.</p>
<p>L'architecture s'étend sur tout le territoire, caractérisée par des structures en forme de U, des plates-formes, des pyramides tronquées, des carrés creux ou rectangulaires et des puits circulaires. Leurs constructions sont principalement lithiques (en pierre), bien qu'à certains endroits, notamment Sur la côte, ils utilisaient aussi de la boue et du pisé.</p>
<p>L'exemple principal de l'architecture de Chavín est le sanctuaire de Chavín de Huántar, dont la construction peut être divisée en deux phases : la première phase correspond à la construction du Vieux Temple (1200-500 av. J.-C.) et la seconde, correspondant à la construction du nouveau temple (500-200 av. JC). »</p>
<h2 class="spip">Histoire du Pérou :</h2>
<p>« La culture Chavín était une société de classes, de prêtres et de guerriers accumulant des ressources, tandis que les gens étaient exploités pour en produire plus.<br class='autobr' />
La majorité des entreprises qui se démarquaient dans la communauté ont fini par devenir des chefs, des chefs et des officiers. Ces dirigeants ont forcé la communauté à produire davantage et ont fini par imposer aux autres par la connaissance de la "Prêtre" de la nature. Les dirigeants de Chavín ont réussi à construire de grands bâtiments en l'honneur des dieux. La principale raison du progrès de Chavín de Huantar était une agriculture moderne, productive et innovante.<br class='autobr' />
Les prêtres : la caste des prêtres étaient les spécialistes, les scientifiques qui dominaient la science de l'astronomie, ce qui leur donnait une grande influence et un grand pouvoir ; les techniciens agricoles étaient également de grands "ingénieurs en hydraulique".<br class='autobr' />
Noblesse guerrier : Il était chargé de contenir l'assaut des invasions et des troubles dans les régions de la culture Chavín. La compagnie a maintenu l'hégémonie, soit pour protéger son modus vivendi, soit dotée d'une armée capable de garantir les conditions nécessaires à son développement.</p>
<p>Le peuple : Ce sont les masses populaires qui ont dû rendre hommage aux dieux et aux dirigeants. »</p>
<h2 class="spip">Organisation sociale de Chavín :</h2>
<p>« L'État de Chavín était théocratique, contrôlé par les "prêtres" (spécialistes) qui gouvernaient au nom des dieux de Chavín.</p>
<p>La société de Chavín était classiste, les prêtres et les guerriers monopolisaient les ressources, tandis que le peuple était exploité pour en produire plus.</p>
<p>Les plus qualifiés se sont distingués dans la communauté et ont fini par devenir des chefs, des chefs et des officiers. Ces dirigeants ont forcé la communauté à produire plus et ont fini par s'imposer aux autres, grâce à la connaissance de la nature "Prêtres".</p>
<p>Les dirigeants de Chavín auraient construit avec succès les grands bâtiments en l'honneur des dieux. La principale raison du progrès de Chavín de Huántar était son agriculture moderne, productive et innovante à son époque.</p>
<p>La société Chavín était théocratique, adorait le dieu Jaguar ou Puma, et était dirigée par un prêtre-roi représentant la caste dirigeante (prêtres et guerriers).</p>
<p>Les prêtres : la caste des prêtres étaient les spécialistes, les scientifiques qui dominaient la science de l'astronomie, qui leur donnait une grande influence et puissance, étaient également de grands techniciens agricoles "ingénieurs en hydraulique".</p>
<p>La Noblesse Guerrière : Il était responsable de contenir les ravages des invasions ou des révoltes dans les régions de la culture Chavín. Cette société a maintenu l'hégémonie, soit pour protéger son modus vivendi, soit une armée capable de garantir les conditions nécessaires à son développement et à sa zone d'expansion.</p>
<p>El Pueblo : C'était la masse populaire qui devait rendre des hommages aux dieux et aux dirigeants de Chavín. »</p>
<h2 class="spip"> Organisation sociale et politique :</h2>
<p>« L'organisation sociale et politique de la culture Chavín était basée sur la théocratie, c'est-à-dire que c'est la forme de gouvernement où la religion et le gouvernement sont fortement impliqués, où les politiques du gouvernement sont fortement influencées par les chefs religieux.</p>
<p>Dans le cas de la culture de Chavín, la religion était régie par la connaissance du climat, de l'environnement et de l'astronomie. En étant ceux-ci les grands influenceurs pour l'organisation sociale et politique du peuple.</p>
<p>À l'époque archaïque, il n'y avait pas de divisions culturelles ou sociales dans les villages. Cependant, avec l'apparition de temples, de croyances et de religions, une classe de prêtres jouissant d'un pouvoir plus grand, contrairement aux autres colons, apparaissait comme une inégalité.</p>
<p>Trouver 3 classes sociales comme :</p>
<p>Les prêtres dans l'organisation de Chavín</p>
<p>La classe sociale de la plus grande hiérarchie, ceci en raison de la grande connaissance des 3 domaines que nous avons mentionnés précédemment comme le climat, l'environnement et l'astronomie. Contrairement aux autres classes sociales, cette connaissance leur donnait un pouvoir sur les autres.</p>
<p>Le peuple dans l'organisation de Chavín</p>
<p>C'est la classe sociale dominée par la précédente, d'un profil plus ouvrier qui a travaillé dans le travail de l'agriculture et de l'élevage.</p>
<p>La noblesse dans l'organisation de Chavín</p>
<p>C'était la classe sociale des guerriers chargée de maintenir l'ordre dans la ville. »</p>
<p>La disparition de la civilisation de Chavín a eu lieu vant même la montée du pouvoir incas, ce qui se marque par le fait que les Incas ne prirent même pas la peine de faire desservir Chavín par le chemin de l'Incas…</p>
<p>Certains auteurs affirment que la société Chavín s'est tout simplement effacée devant la montée d'autres sociétés mais c'est une rêverie : une classe sociale dominante ne disparait et ne s'autodissous pas ainsi !!! <a href="https://www.peru-excepcion.com/guide-voyage/cultures-precolombiennes/culture-Chavín" class="spip_out" rel="external">Voir ici un exemple de ce type de raisonnement</a></p>
<h2 class="spip">Une interprétation socio-économique affirme que :</h2>
<p>« Lorsque les populations se sont organisées en villages et en Etats, les petites agglomérations commencent à s'étendre. Cela coïncide avec la disparition de la culture Chavín. Durant cette période, chaque région s'isole et créé ses propres entités politiques. Chacune possède son développement culturel. »</p>
<p><a href="https://perou.marcovasco.fr/guide-perou/histoire-du-perou.html" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>On peut lire également cette interprétation :</p>
<p>« Environ 1000 ans avant J.C., voire un peu plus, apparaît une nouvelle aire culturelle qui s'étend à partir des Andes centrales jusqu'aux régions proches de la forêt amazonienne et à la Côte Pacifique. Il ne s'agit pas encore d'un état, mais d'un ensemble de chefferies à caractère théocratique. De nombreux lieux de culte sont bâtis. Le principal est CHAVIN DE HUANTAR sur le versant oriental de la cordillère. Ce temple en pierre comporte de nombreuses sculptures, en particulier les fameuses têtes clouées dans les murs de l'édifice, la stèle Raymondi, l'Obélisque Tello le "lanzon" la représentation la plus ancienne cet ensemble, retrouvé dans la partie souterraine du temple. La culture Chavin intègre des éléments venus des Andes et de l'Amazonie. Trois éléments jouent un rôle fondamental : le jaguar, le rapace (aigle ou condor), le serpent qui peut devenir éclair. Ces trois éléments mythiques et symboliques vont se retrouver dans toutes les civilisations qui succéderont à Chavin. Ils constituent les motifs principaux de la céramique très élaborée de cette époque, une céramique qui, par son réalisme, nous apporte de précieuses informations sur la vie et l'environnement des populations. A la fin de cette période l'homme andin maîtrise suffisamment son milieu pour passer à de nouvelles formes de sociétés. De grands caciquats se développent, en même temps qu'apparaît la spécialisation des fonctions au sein de l'élite. »</p>
<p><a href="http://www.partage-sans-frontieres.org/articles/partage_sans_frontieres_histoire_des_incas.htm" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<h2 class="spip">On peut lire également l'inteprétation de l'absence d'un Etat :</h2>
<p>« L'influence religieuse et culturelle de Chavín avait unifié le Pérou par des moyens pacifiques mais il a entraîné le développement de classes privilégiées et des inégalités de richesse qui ne pouvaient pas être maintenues seulement par l'idéologie. En l'absence d'une compétence militaire centrale, l'hégémonie culturelle de Chavín s'est désintégrée en d'innombrables groupes locaux. Des forteresses ont été construites aux sommets des collines un peu partout, chaque petit groupe luttant pour maintenir et augmenter sa part de l'héritage de Chavín. Finalement, des entités régionales se sont développées, chacune avec ses propres caractéristiques distinctives. »</p>
<a href="http://berclo.net/page94/94fr-hist-sam-pc.html)
<p>{{{D'autres interprétations se centrent sur l'utilisation religieuse des plantes hallucinogènes :}}}</p>
<p>« Chavin semble n'avoir été ni une ville ni un établissement militaire, mais un temple complexe construit dans le but d'y pratiquer des rituels inconnus, par une culture qui s'est évanouie longtemps avant que des sources écrites fassent leur apparition. Sa caractéristique la plus saisissante est que ses pyramides sont creuses et recèlent un labyrinthe de tunnels reliant des centaines de chambres de pierre exigües. Il pourrait s'agir de tombes, mais il n'y a pas de corps ; d'habitations, mais elles sont disposées selon un plan dépourvu d'orientation dans une totale obscurité ; de réserves de grains, mais leur arrangement est également impraticable. En contrepartie, le sous-sol est un dédale de conduits d'irrigation creusés dans la roche, aménagés pour canaliser les flots détournés du Rio Huachecsa qui coule en amont, et il y a, fiché au milieu d'une chambre cruciforme, un monolithe sculpté, représentation baroque d'une entité aux yeux énormes et aux dents de jaguar.</p>
<p>L'archéologie admet par consensus que Chavin était une sorte de centre cérémoniel ; certains ont tenté de le situer dans le cadre d'une tradition perdue d'oracles et d'induction de rêves. Mais le mystère demeure profond et est considérablement accru par l'importance que le site semble avoir eu. D'après les estimations, et selon la manière dont le terme est défini, la « civilisation » émerge spontanément dans seulement une poignée d'endroits autour du globe : en Mésopotamie, dans la Vallée de l'Indus, en Chine, au Mexique, peut-être le long du Nil. A cette courte liste, spécialement si la civilisation est définie en termes d'architecture monumentale, on se doit maintenant d'ajouter le Pérou. Ce n'est que vers 1930 que l'on a proposé que Chavin avait trois mille ans d'âge, et c'est tout récemment qu'on a reconnu que de vastes structures cérémonielles de plazas et pyramides ont été construites au Pérou au moins un millier d'années plus tôt. Le site côtier de Caral, qu'on est seulement en train de dégager actuellement, se révèle contenir la plus ancienne pyramide de pierre découverte à ce jour, antérieure à celles de l'Ancienne Egypte pharaonique. Ainsi le mystère de Chavin n'est un cas isolé : il était l'efflorescence d'une culture unique et parfaite, toujours en attente d'interprétation.</p>
<p>Mais il existe un trait saillant et largement négligé de la culture de Chavin qui permet l'accès au cœur du mystère : la présence d'un complexe de puissantes plantes hallucinogènes dans son monde rituel. Le cactus San Pedro (Trichocereus/Echinopsis spp.) est explicitement décrit dans son iconographie; tout comme le cactus peyotl mexicain, le San Pedro contient de la mescaline, et est toujours largement utilisé au Pérou pour ses effets hallucinogènes. Les objets retirés du site comprennent également des boîtes à priser et des tubes en os similaires à ceux encore en usage dans l'Amazonie péruvienne pour inhaler des semences et des écorces contenant le puissant hallucinogène DMT (la diméthyltryptamine). Richard Burger, archéologue de l'université de Yale, dont l'ouvrage Chavin and the Origins of Andean Civilisation (Thames & Hudson 1992) fait autorité en la matière, affirme très clairement que ‘le rôle essentiel des substances psychotropes est amplement attesté à Chavin'.</p>
<p>Ce n'est pas plaider particulièrement en faveur des anciennes cultures focalisées sur les psychotropes (du moins, pas nécessairement) que d'observer que la présence de plantes altérant le niveau de conscience offre un lien entre les vestiges et le rituel, en indiquant l'état de conscience dans lequel ce dernier se serait déroulé. Cela débouche aussi sur la présence de traditions profondément enracinées de l'usage de plantes hallucinogènes qui existe toujours dans la région, et sur la compréhension moderne des drogues en question. La combinaison de plantes contenant de la mescaline et du DMT a été curieusement peu explorée, même par ceux qui étaient en marge des cultures contemporaines où les drogues jouaient un rôle important, mais ces préparations peuvent légalement être obtenues, sont relativement simples à concocter dans des doses à haut potentiel, et puissamment actives. De telles observations peuvent avoir limité le pouvoir d'expliquer, parce qu'un état de conscience n'est pas un système de croyance et n'offre que peu de preuve du déroulement des cérémonies dans lesquelles les drogues sont utilisées. Néanmoins, les effets de ces drogues particulières posent des paramètres logistiques pour leur usage, auxquels le plan du complexe de Chavin pourrait avoir constitué une réponse pratique.</p>
<p>De la côte, en passant par Caral et Sechin.</p>
<p>Commençons par un bref survol de la culture dont Chavin a émergé, suivi de quelques réflexions sur le rôle qu'ont pu jouer les plantes hallucinogènes dans les mystères du temple. Pendant plusieurs milliers d'années, la côte pacifique du Pérou est restée telle qu'elle est aujourd'hui : un désert aride ressemblant à un paysage lunaire. Il n'y pleut jamais excepté pendant les années d'El Nino ; l'eau fraîche ne se trouve que dans les rares vallées des rivières qui la parcourent ; pour la meilleure partie de plus d'un millier de kilomètres, des rivages rocheux rencontrent le froid océan dans un brouillard brumeux. Mais le terrain rude possède ses richesses : le courant de Humbold, surgissant des profondeurs gelées de l'océan du sud, est chargé de krill et vivifié de poissons ; sa biomasse est supérieure de cent fois à celle du suave Atlantique à la même latitude, au large du Brésil. Pendant dix mille ans, une population humaine substantielle a été alimentée par ce courant: l'industrie de la farine de poissons aujourd'hui, à l'odeur rance qui embaume toute la région, mais à l'Age de Pierre des groupes de chasseurs-cueilleurs itinérants dont la présence est attestée par des amas coquilliers. Certaines de ces collines de détritus organiques – coquilles d'huîtres, ficelle de coton, piments séchés, ossements broyés – atteignent une trentaine de mètres de hauteur et sont restées en usage continu pendant cinq mille ans ou plus.</p>
<p>C'est de cette culture côtière nomade saisonnière, fluctuant entre la côte aride et les vallées fertiles des montagnes, que les premiers sites monumentaux ont émergé. Les dates sont encore réexaminées, mais dès à présent fermement fixées un peu avant deux mille ans avant notre ère. Les sites pourraient avoir été utilisés beaucoup plus tôt comme huacas, endroits naturels sacrés, autour desquels des structures cérémonielles en pierre et en adobe se sont graduellement ajoutées et se sont étendues. Caral, un site massif à 160 kilomètres au nord de Lima, où des fouilles conséquentes sont finalement en cours, est peut-être un exemple de ce processus. Son complexe étalé de talus poussiéreux disposés autour d'un mégalithe central, peut-être originellement charrié dans la vallée à la suite d'un tremblement de terre. Depuis cette pierre, la plus ancienne pyramide semble faire écho au sommet de la montagne qui la surmonte, suggérant que le mégalithe pourrait avoir été le foyer central de cet alignement. La construction des pyramides, à Caral comme ailleurs, semble avoir débuté par des plates-formes rehaussées pour des foyers, qui ont ensuite été surélevées en couches successives quand le site a grandi pour faire face à l'accroissement de la population. A côté des pyramides de Caral apparaît une autre originalité qui perdurerait des millénaires et se retrouve de la côte jusqu'aux hautes montagnes : une aire circulaire encaissée dans le sol, suffisamment vaste pour assembler plusieurs centaines d'individus, avec des escaliers conduisant à la plate-forme de la pyramide qui la surplombe.</p>
<p>Ce schéma de la plaza et de la pyramide, reproduit dans des douzaines de sites s'étendant sur des centaines de kilomètres et des milliers d'années, semble s'être développé dans un contexte cérémoniel, mais l'on s'accorde encore peu quant à savoir tout ce que cela pourrait avoir impliqué. Outre la difficulté de reconstruire des systèmes de pensées et de croyance au départ de vestiges lithiques, ces sites primitifs sont avares en vestiges culturels. Il y a peu de tombes et elles sont simples; et la construction des monuments primitifs précède la cuisson des poteries (d'où le terme archéologique ‘précéramique' pour désigner cette ère). Il y a peu de preuve d'habitat humain, bien que certaines des chambres des pyramides de Caral auraient pu servir à l'hébergement de ceux qui fréquentaient le site. Certains chercheurs ont pensé à qualifier ces derniers comme étant une ‘élite de prêtres', la classe dirigeante d'une société stratifiée, mais ils auraient aussi bien pu n'être rien d'autre qu'une classe de fonctionnaires spécialisés sans statut particulier dans la communauté. Il est certain qu'un site comme Caral n'aurait pas été une résidence prisée : ce n'est pas un palais au centre d'un établissement assujetti, comme un monastère perché sur ses cimes désolées. Sa situation, en un lieu stérile, désertique, battu par le vent, domine une vallée fertile, n'englobant aucun des précieux terrains irrigués.</p>
<p>La taille du complexe suggère que la vallée fertile attirait les visiteurs, et que Caral était un site de pèlerinage pour plus d'individus que n'en comptait sa communauté locale. L'agriculture la plus ancienne sur la côte a émergé dans de telles vallées, spécialement le coton et les calebasses, qui étaient employés pour la fabrication de filets de pêche et de nasses flottantes : il se peut, pour cette raison, que le site cérémoniel ait grandi en taille en même temps que l'usage de ces commodités cultivées se sont répandues toujours plus largement à travers les ramifications des communautés de pêcheurs dans l'une et l'autre direction de la côte. Ceci suggérerait une image très différente de celle présentée par des grandes civilisations mieux connues telles que la Mésopotamie ou la Vallée de l'Indus, où des archéologues ont tendance à associer les origines de l'architecture monumentale avec le contrôle de relations de pouvoir complexes – un état centralisé, un labeur obligatoire, des systèmes d'irrigation, un clergé dominant ou la puissance militaire. Le Pérou semble offrir une histoire plutôt différente: celle de structures émergeant peu à peu, largement non planifiées, et durant des générations à l'intérieur d'un réseau mouvant de hasseurs-cueilleurs sans état.</p>
<p>Un autre exemple de la culture de ces sites Précéramiques côtiers est Sechin, un complexe datant de quelques siècles après Caral (vers 1700 avant J.-C.) et couplé à des vallées de rivières vers le nord. Ici, pour la première fois, le temple est orné de gravures figuratives. Mais si celles-ci constituent un indice, c'est un atout faussé : des représentations graphiques, mais indéchiffrables, taillées en relief sur des blocs de pierre. La plupart sont anthropomorphes, quelques-unes démembrées, mais leur motif le plus distinct réside dans des lignes sinueuses, se terminant souvent en pointes ressemblant à des bouts de doigts, sortant de différentes parties des corps. Certaines de celles-ci semblent être des intestins et d'autres émergent des bouches des gravures ; d'autres encore s'enroulent autour des têtes, des mains et des oreilles, suggérant qu'elles ne sont pas des représentations littérales de sang, de boyaux ou de fluides corporels. Leur signification demeure controversée. Les premières interprétations formulées à leur sujet tendaient à affirmer qu'elles étaient des figurations de guerriers sauvages commémorant des luttes tribales, des victoires et des populations décimées, mais nombre de ces figures sont difficilement compatibles avec un tel schéma. Des interprétations récentes, par contraste, ont tendance à se focaliser sur des états visionnaires, peut-être chamaniques, comme l'art paléolithique rupestre en Europe est de plus en plus interprété non comme des représentations réalistes de ‘scènes de chasse', mais comme une séquence de rêve imaginaire provoqué par un état de conscience modifié – voir par exemple David Lewis-Williams: The Mind in the Cave (Thames & Hudson, 2002). Dans cette lecture, les volutes numineuses et les halos commémoreraient non des victoires militaires, mais des mystères que le cérémoniel de Sechin engendrait.</p>
<p>Il existe une preuve circonstancielle pour invoquer l'usage de plantes hallucinogènes dans ce monde cérémoniel. Certains éléments proviennent de Chavin, où les mêmes concepts émergeraient plus tard avec des images de ces plantes explicitement représentées. Une autre partie vient de trouvailles archéologiques faites à proximité, comprenant des chiques de feuilles de coca mâchées, et des rouleaux de matériaux végétaux qui peuvent être des cactus San Pedro évidés, épluchés et séchés. La coca, à côté de restes d'autres plantes séchées, implique un réseau commercial qui reliait la côte et les montagnes – une symbiose qui caractériserait plus tard la culture de Chavin. La coca ne pousse pas sur la côte, mais à une altitude de 1000 à 2000 mètres au-dessus des vallées ; San Pedro commence à coloniser les versants montagneux escarpés au bord supérieur de cette ceinture, s'étendant jusqu'à 3000 mètres. Etant donné que des vivres constitués de plantes montagneuses plus volumineuses ont été fournis à la côte désertique éloignée de deux ou trois jours de marche, et que des poissons séchés et salés ont été livrés en retour, le San Pedro frais ou séché pourrait avoir été descendu en quantité, ainsi qu'il en est encore actuellement.</p>
<p>La culture de Chavin, quand elle a émergé, témoignerait de l'existence de contacts de cultures croisées, et plus encore de surcroît. Cependant, Chavin n'était pas le premier centre cérémoniel dans les montagnes. Le site Précéramique de Kotosh, à 160 kilomètres, par-delà les chaînes montagneuses, date d'une période similaire à Sechin, et ses vestiges montrent des structures semblables : des plates-formes comme des autels, autour de foyers entourés de pierres, entassées les unes sur les autres, en plusieurs couches d'occupation. Un symbole Précéramique impénétrable survit également : un relief d'une paire de mains croisées, en boue moulée et séchée, actuellement exposé au Musée National de Lima. Des siècles avant Chavin, peut-être dès 2000 avant J.-C., Kotosh démontre que des liens commerciaux entre les montagnes et la côte avaient aussi généré un certain culte commun.</p>
<p>Une structure bien particulière.</p>
<p>L'émergence de Chavin comme centre cérémoniel, probablement vers 900 avant notre ère, contribue appréciablement à cette image antérieure : le site est de conception plus complexe que ses prédécesseurs, et de loin plus riche en art symbolique. Chavin n'est pas situé sur un pic ou sur une crête dominante, mais bien dans une vallée étroite de la rivière Mosna, à la jonction d'un affluent, entouré de montagnes s'élevant abruptement pour l'enfermer de tous côtés. De même, la structure du temple elle-même n'est pas destinée à être spectaculaire ou visible de loin, mais est cachée de tous les côtés derrière de hauts murs. L'approche du site se serait faite par une rampe d'entrée étroite dans ces murs, dont le trait distinctif était d'être décorés avec des têtes en pierre sculptées plus grandes que nature, un peu comme des gargouilles, certaines humaines, certaines distinctement félines avec des mâchoires exagérées et des canines proéminentes, et d'autres, souvent couvertes de motifs sinueux, dans un processus de transformation d'un état à un autre. Ce procédé de transformation est clairement un supplice physique : les têtes de formes changeantes grimacent, les dents montrent un rictus grinçant. Dans un détail spécifique et récurrent, de la morve coule à flot de leur nez.</p>
<p>A l'intérieur de ces murs – maintenant pour la plupart ruinés, et avec la majorité des têtes remisées dans des couloirs du temple, dans ce qui fait office de musée sur le site – il y a encore d'importants vestiges d'un complexe cérémoniel qui a été retravaillé et étendu pendant à peu près un millier d'années ; ses derniers éléments et les plus volumineux datant d'environ 200 avant J.-C. Le plan de base est traditionnel, celui de la plaza et la pyramide à degrés, mais celles-ci sont ornées avec bien plus de complexité que les sites antérieurs. Plusieurs linteaux, colonnes et stèles sont couverts de sculptures en relief, de traits sinueux figurant des mâchoires félines, d'yeux et d'ailes. Le premier coup d'oeil laisse une impression de chaos et d'absence de plan, mais lors d'une inspection plus détaillée, ces motifs se déploient en des images composites, leurs éléments s'entrelaçant selon différentes échelles et dimensions, le tout souvent représentant quelque entité chimérique composée d'autres créatures à échelle réduite se lovant à l'intérieur. Quand l'architecture s'est développée au cours des siècles, elle est devenue plus imposante en dimensions, reflétant l'extension croissante du site ; en même temps, les reliefs deviennent graduellement moins figuratifs et plus abstraits, des entités discrètes se fondant dans une mosaïque de modèles stylisés et florissants.</p>
<p>C'est seulement en 1972 que les plus frappants de ces reliefs ont été découverts, sur des blocs garni de faces qui bordent la plus ancienne des places enfoncées dans le sol, courant autour de sa circonférence comme une frise à hauteur du genoux. Ces sculptures sont présumées dater de la période formative du site ; la plus remarquable est une figuration humaine dans un stade de transformation féline, hérissée de mâchoires, de griffes et de serpents, et portant un indubitable cactus de San Pedro tel une hampe de lance. En dessous de cette représentation – le ‘chaman' comme on le désigne de manière informelle – se déroule une procession de jaguars sculptés en lignes ondoyantes, avec d'autres créatures, des oiseaux de proie et des serpents , parfois incorporés dans les verticilles de leur queue.</p>
<p>Ces motifs sont tous de profil et tous regardent vers les marches qui conduisent de la place circulaire à la vieille pyramide. Pratiquement à son sommet (actuel) se trouve une plate-forme dallée. Mais en retrait de celle-ci, quelque peu plus à gauche, on remarque un aménagement inhabituel en forme de U (peut-être jadis recouvert) et une paire de portes se faisant face, ouvrant sur l'obscurité intérieure de la pyramide elle-même. On descend ainsi par un escalier dans une galerie d'environ deux mètres de hauteur, appareillée de grosses dalles de granit et de linteaux, plutôt comme les longs couloirs des tumulus de l'Age du Bronze. Les tunnels, fréquemment coudés à angle droit, comme dans les labyrinthes, sont apparemment destinés à désorienter ceux qui y pénètrent et à arrêter la lumière du jour, zigzaguant dans l'obscurité complète. Ces corridors souterrains conduisent à des douzaines de chambres latérales taillées dans la roche, certaines suffisamment vastes pour que pour contenir cinq ou six personnes, d'autres apparemment dévolues à un confinement solitaire. Des niches creusées dans certains murs des chambres pourraient avoir abrité des lampes à huile, et on remarque aussi des linteaux saillants qui auraient pu servir à accrocher des hamacs. Courant au travers du réseau compliqué de diverticules et de chambres, il y a des conduits de section réduite ; certains d'entre eux servent à la ventilation, d'autres sont des canalisations d'eau qui vont précipiter les flots de la rivière détournée et les faire tonitruer dans ce monde souterrain aménagé de façon si sophistiquée.</p>
<p>Juste au cœur du labyrinthe, trône une stèle sculptée dans le style primordial de Chavin, fichée dans une étroite chambre cruciforme. Elle représente une déité anthropomorphe griffue, dentue, aux yeux exhorbités. Le sommet du monolithe, axis mundi de quelque 4m50 de hauteur, est scellé dans le plafond et émerge ainsi dans le sol de la galerie supérieure qui existait jadis sous le sommet de la pyramide (NdT: avant l'alluvion de 1945 qui détruisit en grande partie le monument). L'assemblage de pierres branlantes dans cette chambre supérieure, qui forme un bouchon à la couronne de la pyramide, a conduit à la supposition qu'elles auraient pu être mobiles, permettant au Lanzon – dénomination du monolithe taillé – d'être exposé à ciel ouvert par un orifice. D'autres indices découverts sur le site, tel un gros bloc arrondi creusé de sept cupules figurant les Pléiades, suggèrent qu'un des éléments du rituel de Chavin – peut-être en raison de l'étroitesse de l'espace entourant le Lanzon, davantage réservé au prêtre scrutant le ciel qu'au public – pourrait avoir inclus l'alignement de la stèle avec des événements astronomiques.</p>
<p>Cette plaza et la pyramide constituaient l'originalité de Chavin, mais au cours des siècles, de nombreux et vastes appendices se sont ajoutés. Plusieurs puits, certains toujours inexplorés, conduisent vers le bas dans des complexes souterrains plus grands. Le travail de la pierre y est plus élaboré que dans l'ancienne pyramide et leurs chambres latérales sont typiquement plus spacieuses. Il y a aussi une place souterraine beaucoup plus étendue, carrée plutôt que circulaire, menant vers le haut à une nouvelle pyramide et à des murs l'entourant selon un plan plus imposant. Quoi qu'il ait pu se passer à Chavin, son architecture suggère que des événements s'y sont déroulés en continu pendant des siècles et pour un nombre croissant de participants. Le plus fréquemment, on s'accorde à dire que ce qui se passait à Chavin tenait de l'ordre du ‘culte', bien que des éléments significatifs pourraient peut-être suggérer d'autres fins telles que lieu de pèlerinage, site sacré, oracle ou, dans son sens classique, temple des mystères. Ceci est une conclusion partiellement induite par manque de preuves que Chavin était liée à l'idée d'un empire ou d'un pouvoir étatique : on n'y trouve aucune structures militaires, pas d'avantage que la trace d'ouvrages collectifs pour des travaux publics de grande envergure comme l'irrigation ou l'habitat. Pendant plusieurs siècles de son existence, des structures tribales seraient apparues, puis auraient disparu, autour de Chavin; des changements dans l'équilibre du pouvoir seraient survenus, laissant apparemment intacte la source de son autorité. Son influence cultuelle – ou culturelle – s'est cependant répandue largement et au loin. Pendant le premier millénaire avant J.-C., des sites ‘chavinoïdes' ont fleuri au travers de vastes régions du nord du Pérou et des huacas naturelles préexistantes ont commencé à se développer dans le style florissant de Chavin: des surfaces rocheuses sculptées de dents et de mâchoires de serpents, des pierres levées décorées de formes humanoïdes aux yeux globuleux, pourvues de crocs. Il est incontestable que des gens venaient à Chavin, parcourant des distances considérables et transmettant son influence au retour, jusqu'à des vallées, montagnes et côtes lointaines.</p>
<p>Un voyage rituel vraiment particulier.</p>
<p>Peut-on alors en déduire que Chavin faisait l'objet d'une religion? On a émis quelques spéculations selon lesquelles les sculptures du site appartiendraient à une ‘cosmologie Chavin', avec l'aigle, le serpent et le jaguar correspondant à la terre, au ciel et ainsi de suite, et les variantes de formes humanoïdes, telles que représentées sur le Lanzon, à une ‘déité suprême'. Mais Chavin n'était pas le siège d'un pouvoir qui aurait pu contraindre ses sujets à remplacer leur religion par la sienne : la diffusion de son influence indique qu'elle tirait ses dévots d'un large éventail de systèmes de croyances tribales avec lesquels elle coexistait en parallèle. Il faut peut-être l'envisager comme un site proposant une expérience plutôt qu'une cosmologie ou un credo, avec son architecture conçue et dessinée pour être le locus d'un voyage rituel particulier. Dans cette perspective, les icônes de Chavin n'auraient pas été des déités en concurrence avec celles des participants mais des représentations graphiques du processus qui se déroulait à l'intérieur de ses murs.</p>
<p>Le motif central de ce processus est assez clairement signalé par les formes changeantes des têtes félines qui ornent ses portails: transformation de l'état humain en quelque chose de différent. C'est ici que Chavin déploie l'influence d'un nouvel élément culturel qui n'était pas flagrant dans les sites qui l'ont précédée. La prééminence du jaguar et des motifs de formes changeantes supposent l'entrelacs de traditions non seulement originaires de la côte et des montagnes, mais aussi de la jungle, au loin par-delà les Andes. Tandis que le style monumental de l'architecture de Chavin se calque sur les modèles côtiers antérieurs, son symbolisme se traduit par les transformations félines qui caractérisent encore de nombreuses formes de chamanisme de l'Amazone. Les réseaux commerciaux sur la côte Pacifique ont depuis longtemps rejoint ceux des montagnes; à Chavin, où la rivière Mosna coule à l'Est dans le Rio Maranon et ensuite dans l'Amazone, il semble que ces réseaux aient aussi atteint les versants orientaux humides des Andes jusque dans la jungle, et aient transmis l'influence à une autre culture de chasseurs-cueilleurs: celle caractérisée par de puissantes pratiques chamaniques de transformation, avec dans la plupart des cas l'utilisation de plantes hallucinogènes.</p>
<p>Ces influences jumelles – côte et montagne d'une part, et jungle d'autre part – se reflètent dans la présence à Chavin non pas d'une plante hallucinogène, mais de deux. Le cactus San Pedro, comme représenté sur le mur de la Vieille Place de Chavin, peut avoir été un élément de la tradition côtière antérieure, mais est dans tous les cas originaire de la haute vallée de Chavin: un magnifique spécimen, qui doit être au moins vieux de 200 ans, surplombe le site aujourd'hui. Des villages locaux en plantent encore des haies, et les marchands sur les marchés curandero, en bas dans les cités côtières, viennent se fournir dans la région. Mais le mucus coulant du nez des têtes sculptées, combiné avec les trouvailles matérielles de tubes d'inhalation en os et des boîtes à priser, tout pointe avec une égale clarté vers l'usage à Chavin de plantes contenant une seconde drogue, le DMT, et ainsi vers une tradition de source différente : la jungle amazonienne.</p>
<p>Actuellement, l'usage ethnographique le plus connu de prises contenant du DMT se situe dans l'Amazonie, parmi le peuple Yanomami, qui traditionnellement insuffle de la résine d'écorce de l'arbre Virola, réduite en poudre, dans le nez de chacun avec de longues pipes de près de 2m, une pratique qui produit une explosion hallucinatoire courte mais intense, assortie de spectaculaires écoulements de morve. Mais il y a d'autres contenants variés à sniffer le DMT dans la région, comprenant les semences réduites en poudre de l'arbre Anadenanthera colubrina, dont la distribution – et sa représentation artistique dans des cultures andines ultérieures – en font l'ingrédient le plus vraisemblable de la cuvée de Chavin. L'aspiration d'Anadenanthera a été largement remplacée dans de nombreuses régions de l'Amazonie par un breuvage à base d'ayahuasca, une pratique plus aisée pour l'ingestion de DMT, mais ce changement est récent, et l'Anadenanthera est toujours utilisé par certains groupes tribaux dans la forêt éloignée, à proximité des frontières du Pérou, de la Colombie et du Brésil. Même aujourd'hui, les arbres poussent sur les versants amazoniens des Andes orientales et à l'ouest jusqu'aux régions montagneuses autour de Kotosh. L'altération de l'état de conscience proposée à Chavin se faisait, semble-t-il, par l'intermédiaire de ces deux psychédéliques extrêmement puissants.</p>
<p>La présence de ces deux plantes à Chavin, sans nécessairement éclairer le but ou le contenu des rituels, a certaines implications. Les effets et la durée du San Pedro et de l'Anadenanthera sont très distincts l'un de l'autre et caractérisés par des usages rituels tout à fait différents. Le San Pedro, bouilli, étuvé et bu, peut demander une heure ou plus avant que ses effets soient ressentis : lorsqu'ils apparaissent, ils comptent au moins pour dix. La sensation physique est euphorique, languide, expansive, souvent accompagnée de nausées ; dans plusieurs traditions indiennes, de tels effets sont partagés, incluant les participants dans des danses lentes traînantes à trois temps et des chants. L'effet sur la conscience est à la fois fluide et océanique, comprenant des traces visuelles et un sens aiguisé de présence : les lignes sinueuses qui entourent les figures à Sechin pourraient peut-être se lire comme des représentations visuelles de ce sens de l'énergie se projetant du corps – particulièrement des intestins sinueux psychédélisés – vers un monde spirituel immanent.</p>
<p>L'Anadenanthera, au contraire, produit une brève réaction violente, et puissamment potentialisé par l'absorption préalable d'une dose de San Pedro. Environ un gramme de poudre de semences doit être sniffé, assez pour remplir les deux narines. Ce processus provoque rapidement une sensation de brûlure, de fortes nausées et souvent des vomissements convulsifs, la production d'écoulements de mucus nasal et, peut-être, une demi-heure de visions exquises, fréquemment accompagnées de contorsions physiques, de grognements et de grimaces, qui sont typiquement comprises dans les cultures amazoniennes comme des transformations félines. A l'inverse de San Pedro, qui peut être pris en commun, l'épreuve physique de l'Anadenanthera tend à en faire une prise solitaire ; le sujet est roulé en boule, les yeux clos, absorbé dans un monde intérieur. Ce monde intérieur est peut-être reconnaissable dans les nouveaux motifs décoratifs qui émergent à Chavin. Des images comme le tracé spectaculaire qui couvre la stèle Raimundi – une figure humaine qui semble s'épanouir dans d'autres dimensions et portant une coiffure élaborée de multiples yeux et crocs – sont un rappel non seulement de l'art ayahuasca dans l'Amazonie d'aujourd'hui, mais aussi du travail visuel fractal, généré par ordinateur, associé à l'usage du DMT dans les sous-cultures occidentales modernes.</p>
<p>Drogues et architecture à Chavin.</p>
<p>Les effets distincts de ces deux drogues évoquent une division fonctionnelle entre deux éléments ou phases du rituel, qui est reflétée dans les éléments architecturaux contrastés de Chavin. Comme la kiva dans l'architecture amérindienne du Sud-Ouest, tellement semblable, la plaza circulaire est déjà interprétée comme un espace commun, utilisé pour rassembler et mélanger et donc, peut-être, pour danser et chanter pendant un long rituel accompagné pour des intoxications en groupe avec le San Pedro : il se pourrait que le cactus était déjà un élément traditionnel des cérémonies côtières, d'où la forme de la plaza serait originaire. L'ajout novateur de chambres à l'intérieur de la pyramide, au contraire, semble être conçue pour l'absorption dans un monde intérieur engendré par l'Anadenanthera, une incubation dans laquelle le sujet est transformé et renaît dans la matrice de l'obscurité.</p>
<p>L'architecture de Chavin, dans ce sens, peut être comprise comme une technologie visionnaire, conçue pour extérioriser et intensifier ces intoxications, les focalisant dans un voyage intérieur particulier. Dès lors, ceci expliquerait la raison pour laquelle un si grand nombre entreprenait un si long et difficile pèlerinage vers ces cérémonies. Il n'était pas nécessaire de se rendre à Chavin pour trouver du San Pedro ou de l'Anadenanthera. Tous deux poussent de manière sauvage et en abondance dans les Andes ; il pourrait difficilement y avoir eu, comme dans certaines cultures anciennes et modernes, un monopole du clergé sur leur usage. Ceux qui sont venus à Chavin n'étaient pas contraints d'agir ainsi; l'endroit drainait des participants d'une vaste région sur laquelle elle n'exerçait aucun contrôle ni politique ni militaire. La cérémonie qui se déroulait à Chavin aurait, plutôt, offert un rituel à dimension spectaculaire, où les effets des plantes auraient été expérimentés en masse, à l'intérieur d'une architecture prévue pour accroître et diriger ceux-ci.</p>
<p>Dans cet environnement, les participants pouvaient s'assembler pour pénétrer et partager un monde autre, et ainsi se soumettre eux-mêmes à une quête individuelle de vision hautement chargée. La plaza souterraine aurait pu, ainsi que le suggèrent les restes découverts, avoir catalysé la conscience sublimée du San Pedro en un rituel de masse dansant et chantant ; les participants pouvaient ensuite avoir gravi les escaliers du temple individuellement pour recevoir un sacrement complémentaire de semences d'Anadenanthera réduites en poudre, administré par les prêtres au moyen de tubes à sniffer en os. Quand ceci commençait à agir, ils auraient été conduits dans les chambres à l'intérieur de la pyramide où ils auraient expérimenté leurs visions accrues par le DMT dans une obscurité solitaire. Ici, le tumulte amplifié de l'eau, les grognements et les rugissements des participants invisibles autour d'eux les auraient enfermés dans un monde surnaturel, où la conscience ordinaire pouvait être abandonnée, le corps lui-même métamorphosé et le monde vu d'une perspective déformée, surhumaine – analogue, peut-être, à la mystérieuse vision nocturne du félin prédateur. Le développement des chambres souterraines au cours des siècles reflèterait la demande logistique d'un nombre toujours croissant de participants désireux de franchir le portail du jaguar et de se soumettre à un supplice modifiant l'existence et offrant une vue du monde éternel en dehors de l'humain.</p>
<p>Ainsi Chavin demeure un mystère, mais peut-être dans un sens plus spécifique. Si nous voulons trouver une analogie pour ses fonctions dans la culture occidentale, elle pourrait résider dans les Mystères d'Eleusis, commençant comme ils l'ont fait dans des chambres souterraines près d'Athènes, un peu plus tard que Chavin, aux environs de 700 avant J.-C. Comme Chavin – Eleusis a persisté pour près de mil ans, sous différents empires, dans son cas grec et romain; comme Chavin – et comme le Hadj à La Mecque aujourd'hui – c'était un site de pèlerinage qui attirait ses participants d'un réseau de cultures diversifié débordant virtuellement du monde connu. Les sources écrites classiques attestent de certains des détails extérieurs aux Mystères d'Eleusis : son calendrier saisonnier, ses processions, son faste rituel et la rupture du faste par une potion de plante sacrée, le kykeon. Mais au cours des milliers d'années durant lesquelles les mystères ont perduré, les secrets les plus profonds d'Eleusis – les visions révélées par les prêtresses dans les chambres au cœur de la terre – n'ont jamais été dévoilés, protégés sous peine de mort. A Chavin, les seules traces qui ont subsisté sont les pierres du site lui-même, mais le mystère était peut-être du même ordre. »</p>
<p>[source -> https://mikejay.net/chavin-dans-les-mysteres-du-temple-du-jaguar/" class="spip_out" rel="external">source</p>
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<h2 class="spip">Nos conclusions provisoires :</h2>
<p>L'argument de l'absence d'Etat alors que des classes sociales s'affrontent nous semble pertinent d'autant que bien des civilisations suivantes vont développer des appareils d'Etat. En ce qui concerne Chavin, il ne s'agit pas encore d'un état, mais d'un ensemble de chefferies à caractère théocratique.</p>
<p>La question devient donc : Chavin disposait-il d'un Etat ou pas ? Et on peut dire que les textes qui précèdent dénotent des divergences fondamentales sur cette question…</p>
<p>Il y a souvent une confusion entre société de classes sociales et apparition d'un Etat au service de la classe possédante. Partout dans le monde, il y a eu de nombreuses sociétés où s'étaient développée une société de classe, avec des démarcations claires, sans que l'Etat ait été fondé. Il y a eu des chefs, des rois ou des dirigeants religieux mais l'appareil d'Etat n'avait pas encore été construit et, quand la révolution sociale a éclaté, le régime politique et social a été violemment balayé sans être capable de riposter.</p>
<p>On réalise rarement que, par exemple, la Grèce antique, avant l'Etat athénien, n'avait pas d'appareil d'Etat et que le pouvoir des villes y chutait aisément sous les coups des révolutions sociales et politiques…</p>
<p>La culture de Chavin n'avait pas d'Etat. Le centre d'un Etat aurait été dans une grande ville, en plaine, pas seulement dans un sanctuaire de haute montagne fût-il au carrefour des routes reliant les régions agraires…</p>
<h2 class="spip">Lire encore :</h2>
<p><a href="https://www.abc.es/cultura/abci-cultura-chavin-emerge-peru-tres-anos-despues-mediante-pequeno-hueso-tallado-201803201954_noticia.html" class="spip_out" rel="external">Emergence de la culture Chavin (en espagnol)</a></p>
<p><a href="https://peru.info/es-pe/turismo/noticias/3/17/la-enigmatica-cultura-Chavin-del-peru" class="spip_out" rel="external">L'énigme de Chavin</a></p>
<p><a href="https://www.ufo-spain.com/2018/08/22/arqueologos-encuentran-mundo-subterraneo-civilizacion-perdida-peru/" class="spip_out" rel="external">La civilisation souterraine</a></p></div>