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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>L'Argentine redevient une dictature ouvertement antisociale et lance l'offensive contre la classe ouvri&#232;re</title>
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		<dc:date>2023-12-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Argentine redevient une dictature ouvertement antisociale et lance l'offensive contre la classe ouvri&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant m&#234;me sa prise de fonction ce Dimanche 10 D&#233;cembre, Javier Milei, largement &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat argentin, avait d&#233;j&#224; engag&#233; la bataille contre les avanc&#233;es sociales durement gagn&#233;es par les Argentins depuis la fin de la dictature. &lt;br class='autobr' /&gt; Ses vid&#233;os chocs avec sa tron&#231;onneuse pour tailler dans le budget de l'&#233;tat ont fait le tour de la plan&#232;te et ses diatribes contre le Pape &#8220;Cet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Argentine redevient une dictature ouvertement antisociale et lance l'offensive contre la classe ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me sa prise de fonction ce Dimanche 10 D&#233;cembre, Javier Milei, largement &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat argentin, avait d&#233;j&#224; engag&#233; la bataille contre les avanc&#233;es sociales durement gagn&#233;es par les Argentins depuis la fin de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ses vid&#233;os chocs avec sa tron&#231;onneuse pour tailler dans le budget de l'&#233;tat ont fait le tour de la plan&#232;te et ses diatribes contre le Pape &#8220;Cet imb&#233;cile qui veut l'&#233;galit&#233; sociale alors que l'&#233;galit&#233; sociale c'est du vol&#8220; ont pu choquer mais continuent d'&#234;tre revendiqu&#233;es comme lignes conductrices de son action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/juan-h-sandino/blog/101223/en-argentine-le-nouveau-president-attaque-frontalement-le-droit-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/juan-h-sandino/blog/101223/en-argentine-le-nouveau-president-attaque-frontalement-le-droit-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mesures annonc&#233;es figure l'abrogation de la loi encadrant les loyers &#171; pour que le march&#233; immobilier recommence &#224; fonctionner sans probl&#232;me &#187;, a expliqu&#233; le pr&#233;sident, investi le 10 d&#233;cembre . Doivent &#233;galement &#234;tre abrog&#233;es les lois emp&#234;chant la privatisation d'entreprises publiques comme la compagnie a&#233;rienne Aerolineas Argentinas - nationalis&#233;e en 2008 - ou le groupe p&#233;trolier YPF. Les soci&#233;t&#233;s publiques seront toutes transform&#233;es en soci&#233;t&#233;s anonymes en vue de leur privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'Etat de 53 ans, &#233;lu sur un programme de d&#233;gagisme de la &#171; caste politique &#187;, a aussi annonc&#233; une &#171; modernisation du droit du travail &#187; pour cr&#233;er plus d'emplois, la modification de la loi sur les soci&#233;t&#233;s pour que les clubs de foot puissent se transformer en soci&#233;t&#233;s anonymes et une longue s&#233;rie d'autres mesures de d&#233;r&#233;gulation des secteurs du tourisme, de la sant&#233;, d'internet, du transport a&#233;rien, de la pharmacie, de la viticulture ou encore du commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles mesures s'ajoutent &#224; celles annonc&#233;es d&#232;s le 12 d&#233;cembre. Parmi elles, une d&#233;valuation de plus de 50 % du peso et la r&#233;duction des subventions aux transports et &#224; l'&#233;nergie. Pour Jean-Christophe Caffet, chef &#233;conomiste de Coface, &#171; Javier Milei s'est lanc&#233; dans une th&#233;rapie de choc pour tenter de redonner confiance aux investisseurs &#233;trangers. Il promet de mettre fin au p&#233;ch&#233; originel du financement mon&#233;taire du d&#233;ficit public par la banque centrale, afin de r&#233;duire l'inflation qui d&#233;passe les 150 %. Pour cela, il r&#233;duit drastiquement les d&#233;penses publiques pour faire dispara&#238;tre ce d&#233;ficit, et il lib&#233;ralise et d&#233;r&#233;gule l'&#233;conomie afin d'attirer des devises et des investisseurs &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident argentin d'extr&#234;me droite, Javier Milei, a sign&#233; mercredi un d&#233;cret dit de n&#233;cessit&#233; et d'urgence (DNU) qui vise &#224; r&#233;duire la taille du gouvernement, &#224; supprimer les r&#233;glementations et &#224; priver la classe ouvri&#232;re des prestations sociales, de salaire, de retraites et d'aide sociale qui existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/26/ckke-d26.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/26/ckke-d26.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#171; d'ajustement &#187; &#233;conomique pr&#233;sent&#233; par Caputo est cens&#233; placer la barre plus haut pour les attaques contre le niveau de vie des travailleurs du monde entier. Ces mesures ont &#233;t&#233; dict&#233;es par le Fonds mon&#233;taire international (FMI), dont la directrice, Kristalina Georgieva, les a salu&#233;es, les qualifiant de &#171; premi&#232;res actions audacieuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de craintes quant &#224; la r&#233;action de la classe ouvri&#232;re combative d'Argentine, incitant le Financial Times &#224; avertir que Milei &#171; fait face &#224; la plus br&#232;ve des lunes de miel &#187;, l'annonce n'a &#233;t&#233; faite que deux jours apr&#232;s l'investiture. Caputo a &#233;galement retard&#233; l'&#233;mission pour la r&#233;enregistrer plusieurs fois et n'a propos&#233; aucune conf&#233;rence de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure annonc&#233;e par Caputo a &#233;t&#233; une d&#233;valuation du peso officiel, qui passe de 366 &#224; 820 pesos pour un dollar. Il a ensuite &#233;voqu&#233; la r&#233;duction des subventions et la suppression du plafonnement des prix des carburants, des transports publics, de l'&#233;lectricit&#233;, du gaz, de l'eau, des soins de sant&#233; priv&#233;s et d'autres biens essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux mesures devraient &#224; elles seules provoquer imm&#233;diatement de fortes hausses de prix ou &#171; tarifsazos &#187; et appauvrir davantage les travailleurs alors que le taux de pauvret&#233; est d&#233;j&#224; de 45 pour cent et de 63 pour cent pour les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milei, ennemi autoproclam&#233; de l'ing&#233;rence de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie, augmentera &#233;galement la taxe PAIS sur les importations qui passe de 7,5 &#224; 17,5 pour cent, augmentant ainsi le prix de nombreux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un estimation du journal en ligne Infobae les prix augmenteront &#171; &#224; tr&#232;s court terme &#187; en moyenne de 98,7 pour cent pour 30 produits de base, suite aux annonces de mardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait &#171; des mois de forte r&#233;cession et de forte inflation &#187; a comment&#233; l'ancien directeur de la Banque centrale Enrique Szewach au quotidien en ligne, ajoutant que cela s'accompagnerait de coupes sociales brutales. &#171; C'est un ajustement brutal ; un qui n'est pas orthodoxe. Ou en tout cas, il s'agit d'un ajustement brutalement orthodoxe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarant son objectif de ramener le d&#233;ficit public d'environ 5 pour cent du PIB &#224; z&#233;ro &#224; moyen terme, Milei a d&#233;j&#224; r&#233;duit de moiti&#233; le nombre des minist&#232;res d'&#201;tat, passant de 18 &#224; neuf, et a mis fin &#224; tous les nouveaux travaux publics, ce qui aura un impact sur des dizaines de milliers d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caputo a &#233;galement d&#233;clar&#233; que le budget des provinces serait r&#233;duit au minimum. En cons&#233;quence, les services sociaux et les retraites seront &#224; court de financement. Les zones rurales et semi-rurales de la r&#233;gion nord du Chaco, d&#233;j&#224; confront&#233;es &#224; de graves p&#233;nuries, sont condamn&#233;es &#224; une crise humanitaire majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/14/gprw-d14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/14/gprw-d14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les grandes villes, &#224; l'exception de quelques quartiers de Buenos Aires, et 20 des 23 provinces ont vot&#233; pour Milei, qui est entr&#233; dans la politique officielle il y a seulement deux ans. Milei est connu pour ses attaques hitl&#233;riennes contre les d&#233;penses publiques et les pauvres, son adoration de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et d'Isra&#235;l, et ses croyances obscurantistes, y compris ses affirmations selon lesquelles il recevrait des conseils de son chien mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales sections de la classe dirigeante argentine et de l'imp&#233;rialisme se sont largement rang&#233;es derri&#232;re Milei et ont encourag&#233; sa &#171; th&#233;rapie de choc &#187; planifi&#233;e d'aust&#233;rit&#233; sociale et de privatisations, ainsi que le renforcement des forces r&#233;pressives militaires et paramilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bloomberg cite par exemple un magnat argentin qui a d&#233;clar&#233; : &#171; Seul un fou peut faire ce qu'il faut pour faire avancer le pays. &#187; L'ancien pr&#233;sident Mauricio Macri, qui offre la collaboration de son parti pour aider Milei &#224; gouverner, a appel&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision nationale le &#171; noyau r&#233;volutionnaire de la jeunesse &#187; de Milei &#224; s&#233;vir contre les &#171; orques &#187; qui protestent contre ses politiques, dans un appel flagrant &#224; la formation de gangs fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/11/27/pers-n27.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/11/27/pers-n27.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux mesures aust&#233;ritaires et aux privatisations massives annonc&#233;es par D&#233;crets de N&#233;cessit&#233; et d'Urgence par Javier Milei ce mercredi, des milliers de personnes se sont retrouv&#233;es dans la rue et devant le Congr&#232;s. Une premi&#232;re r&#233;ponse dans la rue au gouvernement d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle dictature entend faire payer les &#034;frais&#034; de la manifestation aux organisateurs ! Une mani&#232;re d'interdire les manifestations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-actu/manifestation-en-argentine-contre-javier-milei-le-gouvernement-veut-faire-payer-les-frais-de-securite-aux-organisateurs-20231222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-actu/manifestation-en-argentine-contre-javier-milei-le-gouvernement-veut-faire-payer-les-frais-de-securite-aux-organisateurs-20231222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/international/amerique/en-argentine-javier-milei-reclame-60-millions-de-pesos-a-ceux-qui-ont-manifeste-contre-lui-20231223_NNYAWL2BR5CHNMRNFODS6YJY6A/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/international/amerique/en-argentine-javier-milei-reclame-60-millions-de-pesos-a-ceux-qui-ont-manifeste-contre-lui-20231223_NNYAWL2BR5CHNMRNFODS6YJY6A/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les le&#231;ons des &#233;checs de la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5827</link>
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		<dc:date>2018-03-17T23:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Pologne</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Finlande</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les le&#231;ons des &#233;checs de la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne : Autriche, Allemagne, Pologne, Italie, Bavi&#232;re, Hongrie, Finlande Avertissement : pour nous, comme pour les Bolcheviks, la r&#233;volution russe ne pouvait triompher comme r&#233;volution socialiste, ne pouvait m&#234;me se maintenir au pouvoir, sans qu'elle triomphe aussi en Europe. L'&#233;chec de la r&#233;volution europ&#233;enne sonnait donc in&#233;vitablement le glas du socialisme en Russie&#8230; Cependant, il est n&#233;cessaire de comprendre pourquoi la r&#233;volution (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Allemagne Deutschland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Pologne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot263" rel="tag"&gt;Finlande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot266" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les le&#231;ons des &#233;checs de la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne : Autriche, Allemagne, Pologne, Italie, Bavi&#232;re, Hongrie, Finlande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : pour nous, comme pour les Bolcheviks, la r&#233;volution russe ne pouvait triompher comme r&#233;volution socialiste, ne pouvait m&#234;me se maintenir au pouvoir, sans qu'elle triomphe aussi en Europe. L'&#233;chec de la r&#233;volution europ&#233;enne sonnait donc in&#233;vitablement le glas du socialisme en Russie&#8230; Cependant, il est n&#233;cessaire de comprendre pourquoi la r&#233;volution a triomph&#233; en Russie alors qu'elle a &#233;chou&#233; en Europe et, du coup, pourquoi elle a &#233;chou&#233; finalement aussi en Russie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article559&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Europe de l'ouest apr&#232;s la r&#233;volution russe de 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article204&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution russe de 1917 et la vague r&#233;volutionnaire en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article214&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les puissances imp&#233;rialistes pendant la vague r&#233;volutionnaire en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1436&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vague r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la social-d&#233;mocratie allemande pactisait avec le Haut-Etat Major et les corps francs fascistes contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1919/10/autriche.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autriche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1920/11/kapp.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1920/06/pologne.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pologne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5677&#034;&gt;Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3802&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Finlande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4859&#034;&gt;Bavi&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4987&#034;&gt;Autriche-Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article278&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore l'Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2438&#034;&gt;Pologne et Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.internationalism.org/rint139/1914_23_dix_annees_qui_ebranlerent_le_monde_la_revolution_hongroise_de_1929.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/que-faire/que-faire-no01-aout-octobre-2009/article/italie-1919-1921-les-conseils-d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toujours l'Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3488&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore l'Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article705&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Russie et Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2075&#034;&gt;Pourquoi la vague r&#233;volutionnaire de 1917-1920 en Europe a &#233;chou&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des soviets et du Parti dans la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/rinte80/vague.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1917-23 : La premi&#232;re vague r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat mondial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/avbol/avbol.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'av&#232;nement du bolchevisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical31.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;chec s'est poursuivi en Chine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5113</link>
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		<dc:date>2016-04-19T23:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les USA sur les dictateurs latino-am&#233;ricains : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce sont des b&#226;tards mais ce sont NOS b&#226;tards !! Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Etats-Unis &#233;tant n&#233;s d'une r&#233;volution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment r&#233;pandu selon lequel les USA n'auraient jamais &#233;t&#233; une puissance coloniale contrairement aux puissances d'Europe occidentales (Angleterre, France, Espagne, Portugal&#8230;). C'est bien entendu un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les USA sur les dictateurs latino-am&#233;ricains :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce sont des b&#226;tards mais ce sont NOS b&#226;tards !!&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis &#233;tant n&#233;s d'une r&#233;volution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment r&#233;pandu selon lequel les USA n'auraient jamais &#233;t&#233; une puissance coloniale contrairement aux puissances d'Europe occidentales (Angleterre, France, Espagne, Portugal&#8230;). C'est bien entendu un mensonge : les Am&#233;riques centrale et du sud ont &#233;t&#233; colonis&#233;es et leurs r&#233;gimes cr&#233;&#233;s ou supprim&#233;s par les USA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie de la colonisation de l'Am&#233;rique du Nord et l'&#233;limination syst&#233;matique des Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1798 &#224; 1800 : Quasi guerre entre la France R&#233;volutionnaire et les Etats-Unis en Mer des Antilles et sur les c&#244;tes nord-am&#233;ricaine de l'Atlantique. Termin&#233;e par le trait&#233; de Mortefontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1824 Porto Rico&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention des Etats-Unis &#224; Porto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1831. Argentine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention am&#233;ricaine en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1846 : Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue d'une guerre qu'ils avaient programm&#233;e et provoqu&#233;e, les &#201;tats-Unis s'emparent de la moiti&#233; du territoire mexicain. Ce territoire conquis s'appelle aujourd'hui : le Texas, la Californie, le Nevada, l'Utah, l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie). &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_am%C3%A9ricano-mexicaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00925851/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'intervention am&#233;ricaine au Mexique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1852-1853 : Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Marines am&#233;ricains d&#233;barquent et s'installent &#224; Buenos-Aires pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains face &#224; la r&#233;volution de 1852-53, r&#233;volution contre le dictateur Rosas, r&#233;volution f&#233;d&#233;raliste, guerre civile dans les provinces de Cuyo et de C&#243;rdoba, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1853 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention des &#201;tats-Unis au Nicaragua, officiellement en vue de la protection des citoyens et int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains pendant des troubles politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1854 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour venger une offense faite au &#171; ministre-r&#233;sident &#187; am&#233;ricain en poste au Nicaragua : destruction de la ville de Greytown (San Juan del Norte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1855 : Uruguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arm&#233;es am&#233;ricaines et europ&#233;ennes d&#233;barquent pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains au cours d'une tentative de r&#233;volution &#224; Montevideo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1867. Les marines occupent Managua et Le&#243;n, au Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1891 Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes en Ha&#239;ti pour r&#233;primer la r&#233;volte des travailleurs noirs dans l'&#238;le de Navassa revendiqu&#233;e par les USA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1891 Chili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes au Chili et affrontements avec des nationalistes Chiliens (USA love latin america !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1893 : Hawaii.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert officiel de prot&#233;ger les vies et les biens des am&#233;ricains, cette intervention visa &#224; mettre en place un gouvernement provisoire sous l'autorit&#233; de Sanford D. Dole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1894 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention militaire pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains &#224; Bluefields &#224; la suite d'une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de lib&#233;rer l'&#238;le de la tutelle espagnole, les &#201;tats-Unis s'installent et imposent une base militaire, la possibilit&#233; d'investissements financiers am&#233;ricains et un droit d'intervention dans les affaires int&#233;rieures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de d&#233;faire la tutelle espagnole, les &#201;tats-Unis s'installent et imposent une base militaire, la possibilit&#233; d'investissements financiers am&#233;ricains et un droit d'intervention dans les affaires int&#233;rieures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'archipel est vendu aux USA par l'Espagne (d&#233;cembre 1898), les philippins se soul&#232;vent contre les &#201;tats-Unis (f&#233;vrier 1899), les &#201;tats-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soul&#232;vement (des milliers de pertes humaines). &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_am%C3%A9ricano-philippine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et aussi l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : La guerre des Bananes est une expression utilis&#233;e pour d&#233;crire l'intervention des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique latine de la fin de la guerre hispano-am&#233;ricaine, en 1898, &#224; 1935. Ces guerres provoqu&#232;rent un engagement &#224; Cuba, au Mexique, &#224; Panama, dans la zone du canal de Panam&#225;, en Ha&#239;ti (1915-1935), en R&#233;publique dominicaine (1916-1924) et au Nicaragua (1912-1925 et 1926-1933).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des faits les plus marquants de ces conflits fut l'occupation par l'arm&#233;e am&#233;ricaine de la ville mexicaine de Veracruz pendant plus de six mois en 1914, en r&#233;torsion &#224; l'incident de Tampico du 9 avril 1914, qui implique la br&#232;ve arrestation de marins am&#233;ricains par des soldats du r&#233;gime du pr&#233;sident mexicain Victoriano Huerta. L'incident survint dans une p&#233;riode o&#249; les relations diplomatiques avec les &#201;tats-Unis &#233;taient mauvaises, &#224; cause de la R&#233;volution mexicaine, alors en cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;action &#224; l'affaire de Tampico, le pr&#233;sident am&#233;ricain Woodrow Wilson ordonna &#224; la Navy d'occuper Veracruz. Huerta fut renvers&#233; et un r&#233;gime plus favorable aux &#201;tats-Unis fut mis en place. Mais l'incident d&#233;grada les relations entre les &#201;tats-Unis et le Mexique pour de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1901-14 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration militaire au Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 1903, les USA imposent aux nouveaux dirigeants panam&#233;ens un trait&#233; de paix humiliant qui donne aux USA la possibilit&#233; &#171; d'exercer &#224; perp&#233;tuit&#233; tous les droits, le pouvoir et l'autorit&#233; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annexion du canal de Panama de 1914 jusqu'en 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention militaire am&#233;ricaine au Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903-04 R&#233;publique dominicaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes en R&#233;publique Dominicaine afin de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 : Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis fomentent une r&#233;volution &#224; l'issue de laquelle ils cr&#233;ent de toute pi&#232;ce la R&#233;publique de Panama qui lui assure le contr&#244;le du canal et des b&#233;n&#233;fices qu'il g&#233;n&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 : Colombie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aide am&#233;ricaine &#224; une r&#233;volte, visant &#224; la s&#233;paration de ce qui deviendra la r&#233;publique de Panama en vue de la construction du Canal de Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1906-09 Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention &#224; Cuba pendant les &#233;lections&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1907 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Nicaragua, instauration d'un Protectorat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1907 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Honduras (en guerre contre le Nicaragua)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troupes d'occupation au Nicaragua pour y soutenir des conservateurs pro-am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912-33 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation pendant 20 ans du Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914 Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troupes d'occupation &#224; Veracruz, Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1915 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle intervention et occupation des troupes am&#233;ricaines pendant 19 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1916 : R&#233;publique Dominicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me intervention et maintien des troupes am&#233;ricaines pendant 8 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1916-1917 Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;dition dans le nord du Mexique &#224; la suite de l'incursion arm&#233;e de Pancho Villa aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1926 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle intervention et exp&#233;dition de 5000 militaires pour contrer une r&#233;volution. L'homme des USA, Anastasio Somoza, apr&#232;s avoir fait assassiner Augusto Sandino, instaure une dictature pro-am&#233;ricaine qui durera pr&#232;s de quarante ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1917-33 Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation militaire et protectorat &#224; Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1918-20 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour des forces arm&#233;ens am&#233;ricaines au Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1920 Guatemala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Guatemala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1924-25 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Honduras lors des p&#233;riodes &#233;lectorales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1925 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1932 Salvador&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de navires de guerre au Salvador durant la r&#233;volte de Faribundo Marti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux d&#233;buts des ann&#233;es 30, les dictateurs pro-am&#233;ricains prolif&#232;rent : Somoza au Nicaragua, Machado &#224; Cuba, Trujillo &#224; Saint-Domingue, Ubico au Guatemala, Andino au Honduras, Matinez au Salvador&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1946 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colonie am&#233;ricaine jusqu'&#224; l'occupation japonaise, les Philippines acc&#232;dent &#224; leur ind&#233;pendance en 1946 en conc&#233;dant aux &#201;tats-Unis un droit illimit&#233; d'exploitation des ressources naturelles du pays au titre des dommages de guerre. Jusqu'en 1992 les &#201;tats-Unis conservent 23 bases militaires et participent &#224; la r&#233;pression des opposants communistes ou musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1950 : Porto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes am&#233;ricaines qui stationnent en permanence &#233;crasent un mouvement d'ind&#233;pendance. Deux ans plus tard, Porto Rico se voit accorder le statut d&#8216;&#201;tat libre associ&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1954 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration PBSUCCESS, des mercenaires entra&#238;n&#233;s par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l'aide de l'aviation am&#233;ricaine, le gouvernement d&#233;mocratique du pr&#233;sident Arbenz Guzman remplac&#233; par une junte militaire r&#233;clam&#233;e par Eisenhower. &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1821&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://rabac.com/demo/Relinter/Amce75.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Interventions &#233;tasuniennes des ann&#233;es 60&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1960 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bombardements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les conclusions de la Commission pour la clarification historique, plus de 200,000 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es ou ont &#171; disparu &#187; pendant le conflit. Plus d'un million de Guat&#233;malt&#232;ques ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s de force &#224; l'int&#233;rieur du pays. Environ 200 000 d'entre eux ont trouv&#233; refuge au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1821&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1961 : Kennedy annonce la cr&#233;ation d'une &#8216;Alliance pour le progr&#232;s' &#8211; une sorte de plan Marshal pour l'Am&#233;rique Latine : &#171; un vaste effort en commun sans pr&#233;c&#233;dent par son ampleur et la noblesse des ses objectifs, pour satisfaire les besoins fondamentaux des peuples latino-am&#233;ricains en ce que concerne le logement, le travail, la terre, la sant&#233; et les &#233;coles &#187;. En r&#233;alit&#233;, il lance une intensification de la p&#233;n&#233;tration de l'arm&#233;e US dans les Etats d'Am&#233;rique latine avec multiplication des m&#233;thodes de torture et d'assassinats contre les militants syndicalistes et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1961 : Cuba. Op&#233;ration Mongoose, arm&#233;s et entra&#238;n&#233;s par la CIA, plus de 1000 exil&#233;s cubains d&#233;barquent dans la Baie des Cochons avec l'espoir de provoquer une r&#233;bellion contre le gouvernement castriste en place tr&#232;s populaire. Le soul&#232;vement n'a pas lieu, les mercenaires sont rejet&#233;s &#224; la mer, les &#201;tats-Unis imposent un embargo &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 : Cuba. Crise des missiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 : R&#233;publique dominicaine. En 1962, le d&#233;mocrate lib&#233;ral Juan Bosh est &#233;lu. L'ambassade am&#233;ricaine contrecarra tous les efforts de Bosch pour s'assurer le soutien de la population. Toutes les r&#233;formes pr&#233;vues (agraire, ouvri&#232;re, &#8230;) furent emp&#234;ch&#233;es par l'administration Kennedy. Un coup d'Etat eu lieu, et les Etats-Unis reconnurent tout de suite le nouveau gouvernement de type militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 : Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Marines qui prot&#232;gent les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains du canal de Panama &#233;crasent une r&#233;volte visant &#224; nationaliser ce secteur strat&#233;gique. Apr&#232;s avoir prot&#233;g&#233; et utilis&#233; le dictateur panam&#233;en pour leurs attaques contre le Nicaragua sandiniste, les USA s'en d&#233;barrassent. 26 000 soldats am&#233;ricains envahissent le pays sous couvert de le faire compara&#238;tre devant les tribunaux am&#233;ricains pour trafic de drogue. Des centaines de civils p&#233;rissent sous les bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 : Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renversement du pr&#233;sident Joao Goulart par un putch militaire soutenu par la CIA et instauration de la dictature du mar&#233;chal Castelo Branco. Du Br&#233;sil, pr&#233;curseur en 1964, la dictature bourgeaoise &#171; bureaucratico-militaire &#187; va se r&#233;pandre comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : du Br&#233;sil &#224; l'Argentine en 1976, en passant par la Bolivie en 1971, l'&#201;quateur en 1972, l'Uruguay et le Chili en 1973, le P&#233;rou en 1975 (le Paraguay constituant la particularit&#233; d'une dictature plus ancienne, organis&#233;e depuis 1954 autour d'un parti-&#201;tat par le dictateur Alfredo Stroessner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1965 : R&#233;publique Dominicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le couvert de l'Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains, les &#201;tats-Unis interviennent militairement pour contrer une pr&#233;tendue menace communiste et provoquent un coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident Juan Bosch &#233;lu d&#233;mocratiquement. . Le 28 avril 1965, 400 marines d&#233;barqu&#232;rent en R&#233;publique dominicaine, &#224; Saint-Domingue, lors de l'Operation Power Pack, pour &#233;vacuer l'ambassade am&#233;ricaine et les &#233;trangers apr&#232;s une tentative de renversement de la junte civile au pouvoir par l'arm&#233;e dominicaine dissidente qui d&#233;g&#233;n&#233;ra en guerre civile. &#192; la mi-mai, le nombre de soldats, marines, et aviateurs des &#201;tats-Unis en R&#233;publique dominicaine atteignit 23 850 et 38 bateaux &#233;taient positionn&#233;s en mer. La bataille de Saint-Domingue fait quelque 10 000 victimes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1965 : P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1967-69 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formation des forces arm&#233;es guat&#233;malt&#232;ques du pr&#233;sident Julio C&#233;sar Mendez Montenegro par les forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines pour contrer les attaques des rebelles gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1973 : Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la r&#233;forme agraire et aux nationalisations, les &#201;tats-Unis, par l'interm&#233;diaire de la CIA et de la firme ITT, fomentent un coup d'&#201;tat militaire qui conduit &#224; l'extermination du pr&#233;sident &#233;lu de gauche Salvador Allende. Des milliers de morts, de femmes et d'enfants enlev&#233;s et tortur&#233;s, et l'installation de la dictature d'extr&#234;me-droite du g&#233;n&#233;ral Pinochet conseill&#233; par la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1976 Argentine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coup d'Etat est organis&#233; en Argentine conjointement avec les USA : trente mille &#171; disparus &#187; en sont victimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1970&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1979 : La Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place en 1979, &#224; la Grenade, du Gouvernement r&#233;volutionnaire populaire, un r&#233;gime pro-cubain, entra&#238;ne une rapide d&#233;t&#233;rioration des relations entre ce petit pays de la Cara&#239;be et les &#201;tats-Unis. En octobre 1983, le premier ministre grenadien Maurice Bishop est renvers&#233; et tu&#233; lors d'un coup d'&#201;tat interne au r&#233;gime ; les &#201;tats-Unis constituent rapidement une coalition internationale et d&#233;ploient parachutistes, marines, rangers, et forces sp&#233;ciales sur l'&#238;le au cours de l'op&#233;ration Urgent Fury. Plus d'un millier d'Am&#233;ricains se trouvent alors sur l'&#238;le. La force d'invasion man&#339;uvre rapidement pour prendre le contr&#244;le de la totalit&#233; de l'&#238;le ; les militaires am&#233;ricains affrontent au passage le contingent pr&#233;sent &#224; la Grenade des forces arm&#233;es cubaines, ce qui repr&#233;sente &#224; ce jour le premier conflit militaire direct entre les &#201;tats-Unis et Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1980-1990 : Salvador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis s'engagent militairement aux c&#244;t&#233; des forces gouvernementales, de l'oligarchie au pouvoir et des escadrons de la mort de l'arm&#233;e salvadorienne pour contrer la gu&#233;rilla marxiste du FMLN. En 1980, l'archev&#234;que Romero, tr&#232;s populaire chez les pauvres, est assassin&#233; par des hommes proches de la CIA. En dix ans, la guerre civile a fait plus de 100 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1981-1988 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis n'acceptent pas la s&#233;rie de r&#233;formes que les Sandinistes du pr&#233;sident Daniel Ortega arriv&#233;s au pouvoir en 1979 engagent. Les &#201;tats-Unis apportent leur soutien aux Contras bas&#233;s au Honduras. En 1986, le scandale de l'Irangate r&#233;v&#232;le que le produit financier des ventes d'armes am&#233;ricaines &#224; l'Iran a servi a financer les Contras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983 : Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Urgent Fury, embourb&#233;s au Liban, les &#201;tats-Unis font une d&#233;monstration de force en envahissant la minuscule &#238;le de la Grenade pr&#233;textant de la s&#233;curit&#233; de quelques citoyens am&#233;ricains et pour renverser le dirigeant Maurice Bishop suite &#224; son coup d'Etat pacifique contre le r&#233;gime autoritaire du Premier Ministre Eric Gairy. Huit ans plus tard, le Wall Street Journal qualifie cette d&#233;monstration d'&#171; invasion des banques &#187;, l'&#238;le est devenue un paradis pour la fraude financi&#232;re et l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983-89 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes au Honduras avec construction de bases&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983-84 Grenade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Operation Urgent Fury &#187; &#224; Grenade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1986 : Les &#201;tats-Unis sont condamn&#233;s pour &#171; usage ill&#233;gal de la force &#187; contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aviation am&#233;ricaine pr&#234;te main-forte aux forces gouvernementales pour contrecarrer un des nombreux coup d'&#201;tat contre la pr&#233;sidente Corazon Aquino, farouche opposante aux communistes et aux ind&#233;pendantistes musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989 : Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Just Cause, le pr&#233;sident George H.W. Bush ordonne la prise de contr&#244;le du canal de Panama et renverse le dictateur militaire Manuel Noriega, agent double de la CIA, suite au pr&#233;texte de l'ex&#233;cution d'un soldat am&#233;ricain par des soldats panam&#233;ens. Le 20 d&#233;cembre 1989, les &#201;tats-Unis envahirent Panama, essentiellement &#224; partir de bases militaires situ&#233;es dans la zone du canal de Panam&#225;, pour chasser le dictateur et ancien agent de la CIA Manuel Noriega. En 1977, les deux nations avaient sign&#233; un trait&#233; de r&#233;trocession du canal de Panama &#224; Panama en 1999, mais les US ne souhaitaient pas abandonner le contr&#244;le d'un secteur aussi strat&#233;gique &#224; Noriega, dont le gouvernement devenait un narco-&#201;tat. Les troupes am&#233;ricaines &#233;cras&#232;rent rapidement l'arm&#233;e du Panama, et Noriega fut captur&#233; le 3 janvier 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1994 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant occup&#233; Ha&#239;ti de 1915 &#224; 1934 puis soutenus les deux effroyables dictatures de Fran&#231;ois et Jean-Claude Duvalier de 1957 &#224; 1986, les &#201;tats-Unis se montrent favorables au renversement par coup d'&#201;tat, en 1991, contre le dictateur Raoul C&#233;dras remplac&#233; par le le pr&#233;sident en exil Jean-Bertrand Aristide escort&#233; par 22000 soldats am&#233;ricains. Parmi les militaires impliqu&#233;s dans le coup d'&#201;tat, le colonel Fran&#231;ois qui a &#233;t&#233; form&#233;, comme les dictateurs latino-am&#233;ricains Noriega et d'Aubuisson, dans la m&#234;me acad&#233;mie militaire am&#233;ricaine. Trois ans plus tard les &#201;tats-Unis interviennent militairement pour remettre en scelle le pr&#233;sident d&#233;chu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1999 : Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Colombie est mis en place sous Clinton, en 1999, l'aide US va passer de 30 millions de dollars &#224; 2 040 millions de dollars entre 1999 et 2002, dont 81% en armement, le reste pour la d&#233;fense des droits de l'homme et autres projets civils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but d&#233;clar&#233; est la lutte contre le trafic de drogue. Avant la surface de culture de coca s'&#233;levait &#224; 40 000 voire &#224; 50 000 hectares. Avec le Plan Colombie les niveaux de culture de coca ont augment&#233; tr&#232;s sensiblement. En 2001, la surface cultiv&#233;e &#233;tait de 169 000 hectares. On parle maintenant d'environ 100 000 hectares. Le gros probl&#232;me est que les cultures sont tr&#232;s tr&#232;s mobile. D'une ann&#233;e &#224; l'autre elles peuvent changer de r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but le Plan Colombie a provoqu&#233; un mouvement de contestation &#233;lev&#233;. Face &#224; cette pression, le gouvernement colombien avait accept&#233; de limiter &#224; 800 le nombre de membres des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;e et de militaires &#233;tats-uniens autoris&#233;s &#224; entrer sur le territoire colombien, 400 militaires &#233;tats-uniens et 400 personnels des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;e. Ce qui a facilement &#233;t&#233; contourn&#233; puis supprim&#233; par le pr&#233;sident Bush : le Plan Colombie est devenu le Plan Patriota.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Plan fait partie de la lutte anti-terroriste, les US ont qualifi&#233; les groupes arm&#233;s ill&#233;gaux colombiens de terroriste et veut donc les supprimer. D'une mani&#232;re plus r&#233;aliste le but est d'affaiblir suffisamment ces groupes arm&#233;s pour les contraindrent &#224; venir n&#233;gocier la paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Colin Powel, s'est engag&#233; pour un montant de 731 millions de dollars pour financer la participation de l'Equateur, Bolivie et P&#233;rou dans les op&#233;rations militaires. Les principaux foyers de violence en Colombie, qui provoquent l'expulsion de la population indig&#232;ne et paysanne de ses terres, co&#239;ncident avec les r&#233;gions les plus riches en p&#233;trole et en biodiversit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Plan Colombie facilite la r&#233;alisation de m&#233;gaprojets hydro&#233;lectriques, p&#233;trolif&#232;res et miniers, patronn&#233;s par la Banque mondiale et par des entreprises multinationales. Plus d'un million d'hectares de bois en Colombie ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; contamin&#233;s par les fumigations &#224; base d'agents chimiques, et le nombre de d&#233;plac&#233;s atteint les 3 millions de personnes. Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, le nombre de morts a atteint le chiffre de 200 000, dont 5 000 dirigeants de syndicats et de mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2002 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Enduring Freedom, soutien &#233;conomique et militaire au gouvernement philippin contre les gu&#233;rillas. En janvier 2002, les &#201;tats-Unis envoy&#232;rent plus de 1 200 hommes pour aider l'arm&#233;e des Philippines &#224; combattre des groupes terroristes li&#233;s &#224; al-Qaida, tel qu'Abu Sayyaf. Les interventions eurent essentiellement lieu dans l'archipel de Sulu, o&#249; des terroristes et d'autres sont actifs. La plus grande partie des effectifs fournit une aide logistique, mais une part consid&#233;rable est constitu&#233;e d'hommes des forces sp&#233;ciales qui entra&#238;nent et aident aux op&#233;rations de combat contre les groupes terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Intervention militaire US avec l'aide de la France pour chasser le pr&#233;sident Jean-Bertrand Aristide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2010 Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte d'un tremblement de terre, les USA d&#233;barquent des tonnes de troupes US qu'elles couvrent d'une intervention militaire et polici&#232;re internationale. L'intervention humanitaire, elle, est vraiment la couverture mensong&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Causes de l'intervention militaire en Ha&#239;ti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve215&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_2_3129&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire des interventions US&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/les-etats-unis-et-l-amerique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les USA et l'Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.resistances.be/chili02.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Op&#233;ration Condor&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=1TAOgHw1dz8C&amp;pg=PA90&amp;dq=interventions+des+usa+am%C3%A9rique+latine&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=interventions%20des%20usa%20am%C3%A9rique%20latine&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;USA-Cuba&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=XCxzVhcS7wkC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=interventions+des+usa+am%C3%A9rique+latine&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=interventions%20des%20usa%20am%C3%A9rique%20latine&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Am&#233;rique latine, vue des Etats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine - Manifestation de la classe ouvri&#232;re, r&#233;volte populaire et insurrection urbaine : le Cordobazo de 1969</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article2673</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article2673</guid>
		<dc:date>2013-02-28T03:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>1968</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;09- Les mouvements de 1968-69 dans le monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot171" rel="tag"&gt;1968&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alterinfos.org/spip.php?article5511&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bouddhisme et les femmes</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article2078</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article2078</guid>
		<dc:date>2011-12-26T05:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>Inde India</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des hommes seulement entre hommes, que ce soit au Tibet, au Cambodge, en Inde, au Japon ou ailleurs car, pour le bouddhisme, la puret&#233; vient de l'homme d&#233;livr&#233; de la femme et des attirances physiques r&#233;put&#233;es sales qu'elle cause....Le bouddhisme et les femmes &lt;br class='autobr' /&gt; L'histoire religieuse du Bouddha ne cesse de placer la femme comme une inf&#233;rieure au plan civil comme religieux. Sa m&#232;re, la reine du Magadha devenue veuve, souhaite devenir nonne dans sa nouvelle religion et emmener avec elle toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;09 - RELIGION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Inde India&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des hommes seulement entre hommes, que ce soit au Tibet, au Cambodge, en Inde, au Japon ou ailleurs car, pour le bouddhisme, la puret&#233; vient de l'homme d&#233;livr&#233; de la femme et des attirances physiques r&#233;put&#233;es sales qu'elle cause....&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH330/Joutes_boudhistes-5f98c.jpg?1782374815' width='500' height='330' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L493xH271/b4e60f28-f53b-11dc-9d57-77a6d8588465-73fe7.jpg?1782363921' width='493' height='271' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Moines-bouddhistes-Cambodge.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH320/Moines-bouddhistes-Cambodge-56fbf.jpg?1782374815' width='500' height='320' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH250/1589644_3_0b23_exiles-en-inde-des-moines-tibetains-ont-18ddd.jpg?1782374815' width='500' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bouddhisme et les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; L'histoire religieuse du Bouddha ne cesse de placer la femme comme une inf&#233;rieure au plan civil comme religieux. Sa m&#232;re, la reine du Magadha devenue veuve, souhaite devenir nonne dans sa nouvelle religion et emmener avec elle toute une s&#233;rie de princesses. Il commence par refuser et ne se laisse plier que par les supplications de son disciple servant Ananda. Mais il impose pour les nonnes des r&#232;gles beaucoup plus strictes qu'aux moines. Et il affirme que le fait d'avoir choisi d'int&#233;grer les femmes diminuera la p&#233;riode durant laquelle les mystiques pourront vivre sous la loi religieuse : 500 ans au lieu de 1000 ans. Une punition pour avoir c&#233;d&#233; aux femmes en les acceptant. Admettre les femmes n'&#233;tait cependant pas leur reconna&#238;tre une pleine &#233;galit&#233; avec les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bouddha ne remit pas plus en question les castes qu'il ne bouleversa l'ordre social indien en rehaussant le statut des femmes. Le code de discipline des nonnes (Bhikshuni-vinaya) et ses commentaires les placent en effet syst&#233;matiquement &#224; un rang inf&#233;rieur. Ainsi, &#034; une nonne ordonn&#233;e depuis cent ans doit se prosterner aux pieds d'un moine ordonn&#233; le jour m&#234;me &#034;. Ce glissement du social dans le religieux est aussi vraisemblablement &#224; l'origine du principe selon lequel seul un homme peut atteindre l'&#233;tat de Bouddha, les femmes ne pouvant pr&#233;tendre qu'aux premiers degr&#233;s de l'&#233;veil spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propos n&#233;gatifs &#224; l'&#233;gard des femmes auraient &#233;t&#233; prof&#233;r&#233;s par Bouddha au bord de l'agonie et ont &#233;t&#233; consign&#233;s dans les soutras , ils ont fortement influenc&#233; la r&#233;daction des codes civils et contribuent largement au maintien du statut d'inf&#233;rieure &#224; la femme religieuse ou la&#239;que en pays bouddhistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;&gt; la naissance d'une fille est per&#231;ue comme un malheur : (dot )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;&gt; une fois mari&#233;e, la fille ne doit pas faire un pas sans autorisation de sa belle-famille. C'est toujours d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;&gt; &#224; son mariage, elle coupe tout lien avec sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;&gt; elle doit alors vivre aux d&#233;pens de sa belle-famille les belles-m&#232;res ont peu de consid&#233;ration pour leurs belles-filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;&gt; la femme craint sans cesse d'&#234;tre abandonn&#233;e par son mari de nombreux pays bouddhistes ne garantissent aucune protection &#224; la femme d&#233;laiss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;&gt; accapar&#233;e par son devoir d'&#233;pouse et de m&#232;re, la femme n'a aucune marge de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Bouddha meurt, Ananda devient le principal transmetteur des paroles du ma&#238;tre, mais auparavant il doit s'accuser et se repentir d'une faute : avoir soutenu l'admission des nonnes ! Un des plus grands auteurs de cette p&#233;riode, Nagarjuna (ier si&#232;cle), d&#233;crivait encore la femme comme ayant une &#034; odeur ind&#233;licate et comprenant neuf ouvertures &#034; (Suhrlleka). Objet de louanges spirituelles, elle &#233;tait toujours prisonni&#232;re du m&#234;me carcan social : inf&#233;rieure, elle &#233;tait aussi l'objet du d&#233;sir qui peut faire chuter l'homme vers une renaissance inf&#233;rieure. Aujourd'hui : aucun voeu ne permet&lt;br class='autobr' /&gt;
de devenir pleinement nonne (bhiksuni) au Tibet. Le dernier document o&#249; on mentionne une nonne au N&#233;pal, date de l'ann&#233;e 1069.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes bouddhistes, aux d&#233;buts du bouddhisme, jouissaient d'une position plus &#233;lev&#233;e que celles qui les ont suivi, et pourtant, elles sont montr&#233;es, dans de nombreux textes bouddhistes, comme jalouses, stupides, passionn&#233;es et pleines de haine. Les prototypes pour cette image n&#233;gative de la femme, sont les filles de Mara, personnifications de la luxure, de l'avidit&#233;, et de l'envie. Eil est conseill&#233;-e aux hommes pratiquants qui ont mis leurs corps et leurs esprits sur la &#034;voie de la lib&#233;ration&#034; de tenir les femmes &#224; distance. On dit que les femmes ont cinq obstacles, c'est-&#224;-dire qu'elles sont incapables de devenir un roi Brahma, Shakra, un roi Mara, akravartin ou Bouddha. Le corps de la femme est consid&#233;r&#233; impur et honteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les femmes peuvent d&#233;truire les purs pr&#233;ceptes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles s'&#233;cartent de l'accomplir des m&#233;rites et des honneurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En emp&#234;chant les autres de rena&#238;tre au paradis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont la source de l'enfer&#034; (T. 11, p.543)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien&lt;strong&gt; Dala&#239; Lama&lt;/strong&gt; qui vient de rendre son poste, r&#233;put&#233; comme plus moderne, plus d&#233;mocratique et plus ouvert vis-&#224;-vis des femmes que les anciens chefs religieux f&#233;odaux, a &#233;crit dans son grand ouvrage intitul&#233; &#034;Comme la lumi&#232;re avec la flamme&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;L'attirance pour une femme vient surtout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la pens&#233;e que son corps est pur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a rien de pur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le corps d'une femme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me qu'un vase d&#233;cor&#233; rempli d'ordures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut plaire aux idiots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me l'ignorant, l'insens&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le mondain d&#233;sirent les femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233; abjecte du corps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ses trous excr&#233;tant les &#233;l&#233;ments,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est appel&#233;e par les stupides&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un objet de plaisir&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans commentaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Tenzin Palmo se retrouva dans les ann&#233;es quatre-vingt dans le Nord de l'Inde au milieu des r&#233;fugi&#233;s Tib&#233;tains, elle raconte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'une des pri&#232;res principales des Tib&#233;taines a pour objet la renaissance dans un corps d'homme. Elles sont totalement m&#233;pris&#233;es. C'est tellement injuste. Un jour, je me suis rendue dans un couvent o&#249; les nonnes rentraient d'un enseignement donn&#233; par un grand lama. Il leur avait dit que les femmes &#233;taient impures et que leur corps &#233;tait 'inf&#233;rieur' &#224; celui de l'homme. Comment voulez-vous construire une pratique spirituelle authentique lorsque de toutes parts on vous dit que vous n'avez aucune valeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un jour, j'ai demand&#233; &#224; un grand lama s'il pensait que les femmes pouvaient atteindre l'&#233;tat de bouddha. Il m'a r&#233;pondu qu'elles pouvaient presque atteindre cet &#233;tat, mais qu'&#224; la derni&#232;re &#233;tape elles devaient prendre une forme masculine pour y parvenir. J'ai alors r&#233;torqu&#233; 'En quoi un p&#233;nis est-il si essentiel pour atteindre l'&#201;veil ? Qu'y a-t-il de si extraordinaire dans un corps d'homme ?' Puis je lui ai demand&#233; s'il y avait un quelconque avantage &#224; avoir un corps de femme. Il m'a r&#233;pondu qu'il allait r&#233;fl&#233;chir &#224; la question. Le lendemain, il est revenu et il m'a dit 'J'ai pens&#233; &#224; votre question et la r&#233;ponse est 'non, il n'y a aucune sorte de b&#233;n&#233;fice &#224; &#234;tre dot&#233; d'un corps f&#233;minin.' En moi-m&#234;me, j'ai pens&#233; 'L'un des avantages est de ne pas avoir un ego masculin.' &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des textes fondamentaux du bouddhisme, le canon pali, exprime lui aussi sans ambigu&#239;t&#233; cette misogynie (cit&#233; dans Le bouddha, Henri Arvon, PUF, 1972) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Aussi le bouddha ne cesse-t-il de mettre ses disciples en garde contre la s&#233;duction insidieuse exerc&#233;e par la femme : &#171; Il faut se m&#233;fier des femmes, leur recommande-t-il. Pour une qui est sage, il en est plus de mille qui sont folles et m&#233;chantes. La femme est plus secr&#232;te que le chemin o&#249;, dans l'eau, passe le poisson. Elle est f&#233;roce comme le brigand et rus&#233;e comme lui. Il est rare qu'elle dise la v&#233;rit&#233; : pour elle, la v&#233;rit&#233; est pareille au mensonge, le mensonge pareil &#224; la v&#233;rit&#233;. Souvent j'ai conseill&#233; aux disciples d'&#233;viter les femmes. &#187;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Bouddhisme n'a pas particuli&#232;rement opprim&#233; les femmes mais il reste marqu&#233; par son &#233;poque. Le conservatisme religieux a ainsi fig&#233; les anciennes relations. Dans l'Inde ancienne, &#224; l'&#233;poque de la naissance du Bouddhisme, pendant l'&#232;re v&#233;dique, le statut des femmes &#233;tait aussi bas que celui des esclaves. La naissance d'une fille &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une malchance. Elle n'&#233;tait qu'un objet d'&#233;change entre familles, lesquelles &#233;taient patrilin&#233;aires. La naissance d'un fils &#233;tait une obligation religieuse puisque seul un fils pouvait accomplir les rites n&#233;cessaires au p&#232;re d&#233;funt.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les femmes peuvent d&#233;truire les purs pr&#233;ceptes Elles s'&#233;cartent de l'accomplir des m&#233;rites et des honneurs En emp&#234;chant les autres de rena&#238;tre au paradis Elles sont la source de l'enfer&#034;&lt;/i&gt; (T. 11, p.543)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces s&#251;tras, les femmes sont rel&#233;gu&#233;es aux niveaux les plus bas des cat&#233;gories spirituelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la vertu d'une femme, son m&#233;rite et sa sagesse sont extraordinaires, elle peut, par un changement de sexe, devenir un bodhisattva ou un bouddha dans sa vie pr&#233;sente ou future. Le changement de sexe symbolise une transition de la condition imparfaite de l'&#234;tre humain repr&#233;sent&#233; par le corps f&#233;minin, &#224; la perfection mentale d'un bodhisattva et d'un bouddha, repr&#233;sent&#233;e par le corps masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rao&#251;l Vaneigem dit, dans son livre &#034;De l'Inhumanit&#233; de la Religion&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Enfin &#224; ceux qui verraient dans le bouddhisme une religion moins brutale et plus ouverte au sentiment d'&#233;mancipation, il n'est pas inutile de rappeler quelques pr&#233;ceptes de la Pr&#233;cieuse Guirlande des avis au roi, que le Dala&#239; Lama ne d&#233;daigne pas de citer et d'approuver dans son ouvrage, Comme la lumi&#232;re avec la flamme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'attirance pour une femme vient surtout de la pens&#233;e que son corps est pur. Mais il n'y a rien de pur dans le corps d'une femme.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me qu'un vase d&#233;cor&#233; rempli d'ordures peut plaire aux idiots de m&#234;me l'ignorant, l'insens&#233; et le mondain d&#233;sirent les femmes. La cit&#233; abjecte du corps avec ses trous excr&#233;tant les &#233;l&#233;ments, est appel&#233;e par les stupides un objet de plaisir&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le canon pali, un texte pilier du bouddhisme se montre lui aussi ouvertement misogyne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Aussi le bouddha ne cesse-t-il de mettre ses disciples en garde contre la s&#233;duction insidieuse exerc&#233;e par la femme : &#171; Il faut se m&#233;fier des femmes, pour une qui est sage, il en est plus de mille qui sont folles et m&#233;chantes. La femme est plus secr&#232;te que le chemin o&#249;, dans l'eau, passe le poisson. Elle est f&#233;roce comme le brigand et rus&#233;e comme lui. Il est rare qu'elle dise la v&#233;rit&#233; : pour elle, la v&#233;rit&#233; est pareille au mensonge, le mensonge pareil &#224; la v&#233;rit&#233;. Souvent j'ai conseill&#233; aux disciples d'&#233;viter les femmes. &#187;=&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir en effet que la concession au monachisme que fit Bouddha aux femmes &#233;tait accompagn&#233;e de nombreuses restrictions. Bien qu'&#233;tant admises dans l'Ordre, elles devaient c&#233;der le pas aux moines dans toutes les circonstances de la vie monastique. &#034;... Une nonne, prescrit Bouddha, e&#251;t-elle 100 ans, doit r&#233;v&#233;rer un moine, se lever &#224; sa rencontre, le saluer les mains jointes, et l'honorer de ses respects, ne f&#251;t-il re&#231;u dans les ordres que du jour m&#234;me ...&#034; Une nonne n'a pas le droit de bl&#226;mer officiellement un moine, alors que la r&#233;ciproque est commun&#233;ment admise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ne semble d'ailleurs pas que les communaut&#233;s de nonnes bouddhistes aient jamais &#233;t&#233; tr&#232;s nombreuses. L'&#233;l&#233;ment f&#233;minin qui repr&#233;sente dans la culture occidentale la charit&#233; et le d&#233;vouement total, reste &#233;tranger &#224; la pens&#233;e du bouddhisme originel. Bouddha est mort sans qu'une pr&#233;sence f&#233;minine lui ait rendu les derniers moments plus &#034;faciles&#034;, si l'on peut dire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est flagrant, c'est que les femmes n'ont le pouvoir, ni dans le bouddhisme, qu'il soit th&#233;ravada, ni mahayana, ni tantrique avec quelques exceptions au Tibet, mais rares et dans les femmes, comme le dit Vicky Mackenzi dans son livre Un ermitage dans la neige, elle explique que les nonnes sont largement d&#233;valu&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, le bouddhisme, comme le christianisme a privil&#233;gi&#233; les hommes, aux postes de pouvoir et de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sutra du Nirvana dit que, de m&#234;me que toutes les rivi&#232;res et les ruisseaux font des d&#233;tours, toutes les femmes sont tortueuses et retorses. Parce que l'eau est liquide, lorsqu'un objet solide comme un roc ou une montagne lui barre la route, elle se divise en deux bras, passant tant&#244;t ici, tant&#244;t l&#224;. Le sutra dit qu' il en va de m&#234;me des femmes, et les compare &#224; l'eau. Leur esprit est mall&#233;able et ind&#233;cis. M&#234;me lorsqu'elles croient qu'un certain cours est juste, si elles butent sur l'opposition d&#233;termin&#233;e d'un homme, comme l'eau bloqu&#233;e par un barrage, elles prennent une direction diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dessins faits sur l'eau, il ne subsiste pas trace. L'inconstance est une donn&#233;e fondamentale de la nature des femmes. Elles pensent d'une certaine mani&#232;re &#224; un moment donn&#233;, quitte &#224; &#234;tre plus tard d'un avis enti&#232;rement diff&#233;rent. Or, la caract&#233;ristique principale du Bouddha est l'honn&#234;tet&#233; et la droiture. Des femmes au comportement tortueux ne pourront donc jamais devenir bouddha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes sont g&#234;n&#233;es par les cinq entraves et soumises aux trois types d'ob&#233;issance. C'est pourquoi il est dit dans le Sutra Gonjikinyo : &#034;M&#234;me si les yeux de tous les bouddhas du pass&#233;, du pr&#233;sent et du futur devaient tomber &#224; terre, une femme ne pourrait toujours pas devenir bouddha.&#034; Et on lit dans le Daichido Ron : &#034;Il est plus facile d'attraper le vent que de saisir l'esprit d'une femme.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que tous les &#234;tres f&#233;minins soient ainsi d&#233;cri&#233;s dans divers sutras, le bodhisattva Manjushri n'eut pas plut&#244;t prononc&#233; le seul caract&#232;re Myo qu'une femme devint instantan&#233;ment bouddha. L'&#233;v&#233;nement &#233;tait si extraordinaire que le bodhisattva Chishaku, le meilleur disciple du bouddha Taho dans le monde du Tr&#233;sor de Puret&#233;, et Shariputra, consid&#233;r&#233; comme le plus sage des disciples du Bouddha Shakyamuni, protest&#232;rent. Ils dirent que, d'apr&#232;s tous les sutras du Mahayana et du Hinayana enseign&#233;s par le Bouddha pendant plus de quarante ans, il &#233;tait impossible que la fille du Roi-Dragon devienne bouddha. Mais en d&#233;finitive leur argumentation fut vaine, car elle devint bel et bien bouddha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve, dans les textes bouddhiques aussi bien que non bouddhiques, de graves critiques &#224; leur encontre. Les ouvrages intitul&#233;s Les Trois Recueils et Les Cinq Canons, qui d&#233;crivent le r&#232;gne des Trois Augustes et Cinq Empereurs de la Chine ancienne, les qualifient d'inconstantes et de fourbes. Ainsi, on pr&#233;tend que trois femmes mal&#233;fiques furent &#224; l'origine d'un d&#233;sastre. Ce sont des femmes que l'on rendit responsables de la chute d'un pays et de son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux textes bouddhiques, on lit dans le Sutra Kegon*, premier enseignement important expos&#233; par le Bouddha apr&#232;s son Eveil : &#034;Les femmes sont des messagers de l'enfer, capables de d&#233;truire les graines de la boddh&#233;it&#233;. Elles peuvent prendre l'apparence de bodhisattva, mais, dans leur coeur, elles sont comme des d&#233;mons yaksha.&#034; Et dans le Sutra du Nirvana, le dernier enseignement du Bouddha qu'il exposa dans le bosquet de shala, il est dit : &#034;Tous les fleuves et les ruisseaux sont in&#233;vitablement sinueux et tortueux et toutes les femmes sont in&#233;vitablement inconstantes et fourbes.&#034; Il y est dit encore : &#034;Les d&#233;sirs et les illusions de tous les hommes d'un kalpa majeur ne p&#232;sent pas plus lourd que l'entrave karmique d'une seule femme.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on lit dans le Sutra Kegon* que les femmes sont &#034;capables de d&#233;truire la graine de la boddh&#233;it&#233;&#034;, cela veut dire qu'elles dess&#232;chent et br&#251;lent les graines qui pourraient leur permettre d'atteindre la boddh&#233;it&#233;. Quand des nuages s'amoncellent dans le ciel, apr&#232;s une p&#233;riode de grande s&#233;cheresse et qu'une forte pluie tombe sur le sol, partout, d'innombrables plantes et arbres assoiff&#233;s vont bourgeonner et donner des fruits. Mais cela n'est pas vrai des graines que l'on a br&#251;l&#233;es. Elles ne germeront jamais. Au contraire, une pluie abondante les fera pourrir. Le Bouddha est compar&#233; &#224; l'amoncellement des nuages, ses enseignements, aux pluies abondantes, et les plantes et arbres assoiff&#233;s, &#224; tous les &#234;tres vivants. Quand ces derniers sont arros&#233;s par la pluie des enseignements bouddhiques et quand ils observent les cinq pr&#233;ceptes, les dix pr&#233;ceptes de bien, et les pratiques de m&#233;ditation, ce qui est source de bienfaits, ils fleurissent et portent des fruits. Mais les graines br&#251;l&#233;es ne germeront jamais, m&#234;me si elles sont expos&#233;es &#224; la pluie. Au contraire, elles pourriront. Les femmes sont compar&#233;es &#224; ces graines. M&#234;me apr&#232;s avoir rencontr&#233; les enseignements bouddhiques, elles ne parviennent pas &#224; se lib&#233;rer des souffrances de la naissance et de la mort et, tournant le dos &#224; la v&#233;rit&#233; bouddhique, elles tombent dans les Voies mauvaises. Voil&#224; ce que veut dire &#034;capables de d&#233;truire la graine de la boddh&#233;it&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs du lama&#239;sme tib&#233;tain d&#233;crivent cette religion comme &#233;tant au c&#339;ur m&#234;me de la culture du pays. En fait, le bouddhisme a &#233;t&#233; introduit au Tibet en m&#234;me temps que le f&#233;odalisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, autour de l'an 650, le premier roi tib&#233;tain, Srong-btsan-sgam-po, &#233;tait mari&#233; &#224; des princesses du Tibet, mais aussi de la Chine. Celles-ci y ont introduit les croyances bouddhistes qui se sont m&#234;l&#233;es aux vieilles croyances animistes afin de cr&#233;er une nouvelle religion : le lama&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le si&#232;cle qui a suivi, cette religion a &#233;t&#233; impos&#233;e au peuple par la force. Pour y parvenir, le roi Trisong Detsen avait d&#233;cr&#233;t&#233; que :&lt;br class='autobr' /&gt;
celui ou celle qui pointait un moine du doigt devait avoir le doigt coup&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
celui ou celle qui parlait en mal des moines ou du lama&#239;sme devait avoir les l&#232;vres coup&#233;es, &lt;br class='autobr' /&gt;
celui ou celle qui regardait un moine de travers devait avoir les yeux enlev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour la non-violence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, de 1400 &#224; 1600, les monast&#232;res sont construits sur le territoire tib&#233;tain et consolident leur pouvoir. Le professeur Michael Parenti rappelle : &#171; C'est d'ailleurs au d&#233;but des ann&#233;es 1400 que l'empereur de Chine envoie son arm&#233;e au Tibet afin de supporter le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui se donne lui-m&#234;me le titre de dala&#239; (Oc&#233;an) lama, ma&#238;tre de tout le Tibet. Il est donc assez ironique de constater que le premier dala&#239;-lama a &#233;t&#233; install&#233; par l'arm&#233;e chinoise. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, parce que ce syst&#232;me ne pouvait suivre une lign&#233;e h&#233;r&#233;ditaire, les moines n'ayant pas le droit d'avoir de relations sexuelles avec une femme, les lamas cr&#233;&#232;rent une nouvelle doctrine pour leur religion : lorsqu'un dala&#239;-lama mourait, il &#233;tait possible de d&#233;tecter sa r&#233;incarnation chez un nouveau-n&#233;. &#192; l'&#226;ge adulte, celui-ci pourrait &#224; nouveau gouverner le Tibet. Toutefois, dans les faits, seulement 3 des 14 dala&#239;-lamas ont r&#233;ellement pu gouverner. En effet, les enfants se rendaient rarement &#224; l'&#226;ge adulte, leur entourage pr&#233;f&#233;rant les assassiner afin de conserver le pouvoir r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richesse des monast&#232;res et servage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moines, modestement habill&#233;s, se regroupant afin de prier pour atteindre le nirvana, voil&#224; l'image que l'on nous pr&#233;sente souvent du Tibet avant la prise du pouvoir par la Chine. Cette image est toutefois tr&#232;s incompl&#232;te. Dans les faits, les monast&#232;res &#233;taient des lieux de pouvoir et de richesses, reposant sur l'exploitation des masses. Il faut bien, en effet, que quelqu'un travaille afin de subvenir aux besoins des moines. Ce quelqu'un, c'&#233;tait le serf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#171; le monast&#232;re de Drepung &#233;tait l'un des plus importants propri&#233;taires terriens de la plan&#232;te avec 185 manoirs, 25 000 serfs, 300 lieux de p&#226;turage et 16 000 gardiens de troupeaux &#187;. [2]&lt;br class='autobr' /&gt;
La majorit&#233; de la population subissait l'exploitation de l'aristocratie religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1953, six ans seulement avant l'exil de l'actuel dala&#239;-lama, &gt;&gt;&gt; les serfs environ 700 000 personnes sur une population totale estim&#233;e &#224; 1 250 000 forment la majeure partie de la population &#187;. Ceux-ci (56% de la population) &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des &#234;tres inf&#233;rieurs. Le simple fait de toucher &#224; un ma&#238;tre pouvait signifier le fouet pour le serf fautif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres &#233;taient si distants des serfs que, sur la majeure partie du territoire tib&#233;tain, ces deux classes sociales parlaient une langue diff&#233;rente !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines personnes appartenaient m&#234;me &#224; une classe sociale inf&#233;rieure aux serfs. Les esclaves repr&#233;sentaient 5% de la population. De plus, un grand nombre de moines &#233;taient, en fait, des esclaves en robe (10% de la population).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout ceci n'&#233;tait rien en comparaison avec le sort r&#233;serv&#233; aux femmes. Le mot femme, en tib&#233;tain (kiemen) signifie litt&#233;ralement naissance inf&#233;rieure. Il &#233;tait interdit aux femmes de lever le regard plus haut que la hauteur des genoux d'un homme lui faisant face, en signe de soumission !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'exil du dala&#239;-lama, 626 personnes poss&#233;daient 93% des terres et des richesses et 70% des yaks (les b&#339;ufs du Tibet). De ces 626 personnes, 333 &#233;taient &#224; la t&#234;te de monast&#232;res. Pour parvenir &#224; enrichir ce petit pourcentage de la population, les serfs devaient travailler de 16 &#224; 18 heures par jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dala&#239;-lama actuel, pour sa part, est pr&#233;sent&#233; comme un saint homme pour qui les richesses mat&#233;rielles ne sont pas importantes. Pourtant, l&#233;galement, c'est lui qui poss&#233;dait le pays entier, incluant sa population. Avant son exil, sa famille contr&#244;lait directement 27 manoirs, 36 p&#226;turages, 6 170 serfs et 102 esclaves. Il se d&#233;pla&#231;ait sur un tr&#244;ne tir&#233; par des douzaines d'esclaves, pendant que ses gardes du corps frappaient les gens &#224; coups de b&#226;tons afin de lui faire un passage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 28 avril 1253, au temple Seicho-ji, Nichiren d&#233;clare que Nam(u) Myoho Renge Kyo (titre du sutra du Lotus) est le seul enseignement qui permette &#224; tous les &#234;tres humains, &#224; l'&#233;poque des Derniers Jours de la Loi, de parvenir &#224; l'Eveil en cette vie. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'il prend le nom de Nichiren (&#034;Lotus du soleil&#034;), et c'est cette date qui est retenue comme point de d&#233;part de sa mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte c&#233;l&#232;bre, le Rissho Ankoku Ron ou &#034;Trait&#233; sur la pacification du pays par l'&#233;tablissement de la Loi correcte&#034; (1260), il attribue les diff&#233;rents d&#233;sastres naturels survenus au Japon, tremblements de terre, famines, aux bouddhistes dont la pratique n'est pas centr&#233;e sur le sutra du lotus, mais sur d'autres cultes, comme celui d'Amida, une des principales cible de cette critique &#233;tant Honen accus&#233; d'entra&#238;ner ses concitoyens dans de fausses voies. Donc une religion tr&#232;s sectaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le &#034;Trait&#233; sur le sens de la substance&#034;, il &#233;crit : &#034;M&#234;me les femmes, m&#234;me les mauvais hommes obtinrent l'attestation de la fleur du lotus du Bouddha originel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses fois cet enseignement d&#233;signe les mauvais hommes, les personnes en proie au d&#233;sir (Icchantika) dans le m&#234;me sac que les femmes mais il affirme qu'ils ont une voie vers le bouddhisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La r&#233;futation des erreurs permet de sauver ceux qui se trouvent dans les &#233;tats de vie malheureux. La r&#233;v&#233;lation de la rectitude permet de propager le bon Dharma dans toutes les couches de la soci&#233;t&#233;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une pens&#233;e tout &#224; fait moyen&#226;geuse dont voici un exemple :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le v&#233;ritable aspect des dharmas, autrement dit l'&#233;veil du Bouddha, est r&#233;v&#233;l&#233; dans le chapitre des &#171; Moyens &#187; par le principe des &#171; dix ainsi &#187;. Ce principe est le point de d&#233;part de Zhiyi pour &#233;laborer son principe de &#034;Une pens&#233;e trois mille&#034;, ou contemplation de trois mille mondes en une seule op&#233;ration de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dix ainsi sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'aspect (nyoze s&#244;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la nature (nyoze sh&#244;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la substance (nyoze tai)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la force (nyoze riki)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'action (nyoze sa)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la cause (nyoze in)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la condition (nyoze en)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'effet (nyoze ka)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la r&#233;tribution (nyoze h&#244;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'absolue &#233;galit&#233; du d&#233;but et de la fin (nyoze honmatsu kuky&#244; t&#244;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dix ainsi poss&#232;dent deux significations : le sens g&#233;n&#233;ral et le sens particulier. Le premier r&#233;side dans l'op&#233;ration d'une pens&#233;e, le second dans la discrimination entre la forme et l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'aspect est uniquement dans la forme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la nature est uniquement dans l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la substance est &#224; la fois dans la forme et l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la force est &#224; la fois dans la forme et l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'action est &#224; la fois dans la forme et l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la cause est uniquement dans l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la condition est &#224; la fois dans la forme et l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'effet est uniquement dans l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la r&#233;tribution est uniquement dans la forme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est l'absolue &#233;galit&#233; du d&#233;but et de la fin est &#224; la fois dans la forme et l'esprit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substance des dix ainsi est constitu&#233;e des causes et des effets des dix mondes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des enfers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des esprits affam&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des animaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des asuras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des hommes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des cieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des auditeurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des Bouddhas pour soi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des bodhisattvas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des Bouddhas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nichiren :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je m'adresse maintenant &#224; vos &#233;pouses : n'ayez jamais de regret, m&#234;me si vos maris devaient vous maltraiter &#224; cause de votre foi en cet enseignement. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;je pensais les femmes capables de risquer leur r&#233;putation ou de sacrifier leur vie pour des d&#233;tails insignifiants du monde profane, mais je les croyais en revanche bien faibles lorsqu'il fallait pers&#233;v&#233;rer sur la voie qui m&#232;ne &#224; la boddh&#233;it&#233;. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; Nichiren demande de ne pas faire de discrimination entre homme et femme contrairement aux autres moines bouddhistes, c'est dans l'acc&#232;s au bouddhisme... Il ne faut pas faire de discrimination entre ceux qui propagent les cinq caract&#232;res de Myoho Renge Kyo, qu'ils soient hommes ou femmes dans la p&#233;riode des Derniers jours du Dharma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre dans la vie r&#233;elle, la femme n'existe que pour l'homme :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une femme est comparable &#224; l'eau. Elle prend la forme du r&#233;cipient qui la contient. Une femme est comparable &#224; une fl&#232;che, elle a besoin d'&#234;tre ajust&#233;e &#224; l'arc pour &#234;tre lanc&#233;e. Une femme est comparable &#224; un bateau qui est guid&#233; par son gouvernail. Si le mari est voleur, sa femme devient voleuse aussi. Si le mari est roi, la femme est reine. Si son mari est une personne de bien qui pratique le Dharma correct, elle deviendra bouddha. Non seulement dans cette vie-ci mais dans les vies futures, son destin est li&#233; &#224; celui de son mari.&#034; Extrait de L'Offrande d'un Kimono d'Et&#233; (Minobu, mai 1275, &#224; Sakiji Nyobo)&lt;br class='autobr' /&gt;
On n'est pas sortis du racisme anti-femmes !!!&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire du bouddhisme et du lama&#239;sme au Tibet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Tibet est &#171; pacifi&#233; &#187; au viiie si&#232;cle par le ma&#238;tre indien Padmasambhava, lorsque celui-ci soumet tous les &#171; d&#233;mons &#187; locaux (en r&#233;alit&#233;, les anciens dieux) gr&#226;ce &#224; ses formidables pouvoirs. Un si&#232;cle auparavant, le premier roi bouddhique Trisong Detsen a d&#233;j&#224; soumis les forces telluriques (&#233;nergies terrestres de nature &#171; magique &#187; qui influencent individus et habitats), symbolis&#233;es par une d&#233;mone, dont le corps recouvrait tout le territoire tib&#233;tain, en &#171; clouant &#187; celle-ci au sol par des st&#251;pas (monuments comm&#233;moratifs et souvent centres de p&#232;lerinage) fich&#233;s aux douze points de son corps. Le temple du Jokhang &#224; Lhasa, lieu saint du bouddhisme tib&#233;tain, serait le &#171; pieu &#187; enfonc&#233; en la partie centrale du corps de la d&#233;mone, son sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce symbolisme, d&#233;crivant la &#171; conqu&#234;te &#187; bouddhique comme une sorte de soumission sexuelle, se retrouve dans un des mythes fondateurs du bouddhisme tantrique, la soumission du dieu Maheshvara par Vajrap&#226;ni, &#233;manation terrifiante du bouddha cosmique Vairocana. Maheshvara est l'un des noms de Shiva, l'un des grands dieux de la mythologie hindoue. Ce dernier, raval&#233; par le bouddhisme au rang de d&#233;mon, n'a commis d'autre crime que de se croire le Cr&#233;ateur, et de refuser de se soumettre &#224; Vajrap&#226;ni, en qui il ne voit qu'un d&#233;mon. Son arrogance lui vaut d'&#234;tre pi&#233;tin&#233; &#224; mort ou, selon un pieux euph&#233;misme, &#171; lib&#233;r&#233; &#187;, malgr&#233; la molle intercession du bouddha Vairocana pour freiner la fureur destructrice de son avatar Vajrap&#226;ni. Pris de peur, les autres d&#233;mons (dieux hindous) se soumettent sans r&#233;sistance. Dans une version encore plus violente, le dieu Rudra (autre forme de Shiva) est empal&#233; par son redoutable adversaire. Le mythe de la soumission de Maheshvara se retrouve au Japon, m&#234;me si, dans ce dernier pays, les choses se passent dans l'ensemble de mani&#232;re moins violente. Certes, on voit ici aussi de nombreux r&#233;cits de conversions plus ou moins forc&#233;es des dieux autochtnones. Mais bient&#244;t, une solution plus &#233;l&#233;gante est trouv&#233;e, avec la th&#233;orie dite &#171; essence et traces &#187; (honji suijaku). Selon cette th&#233;orie, les dieux japonais (kami) ne sont que des &#171; traces &#187;, des manifestations locales dont l'&#171; essence &#187; (honji) r&#233;side en des bouddhas indiens. Plus besoin de conversion, donc, puisque les kamis sont d&#233;j&#224; des reflets des bouddhas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs du lama&#239;sme tib&#233;tain d&#233;crivent cette religion comme &#233;tant au c&#339;ur m&#234;me de la culture du pays. En fait, le bouddhisme a &#233;t&#233; introduit au Tibet en m&#234;me temps que le f&#233;odalisme. En effet, autour de l'an 650, le premier roi tib&#233;tain, Srong-btsan-sgam-po, &#233;tait mari&#233; &#224; des princesses du Tibet, mais aussi de la Chine. Celles-ci y ont introduit les croyances bouddhistes qui se sont m&#234;l&#233;es aux vieilles croyances animistes afin de cr&#233;er une nouvelle religion : le lama&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le si&#232;cle qui a suivi, cette religion a &#233;t&#233; impos&#233;e au peuple par la force. Pour y parvenir, le roi Trisong Detsen avait d&#233;cr&#233;t&#233; que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; celui ou celle qui pointait un moine du doigt devait avoir le doigt coup&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt; celui ou celle qui parlait en mal des moines ou du lama&#239;sme devait avoir les l&#232;vres coup&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt; celui ou celle qui regardait un moine de travers devait avoir les yeux enlev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour la non-violence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, de 1400 &#224; 1600, les monast&#232;res sont construits sur le territoire tib&#233;tain et consolident leur pouvoir. Le professeur Michael Parenti rappelle : &#171; C'est d'ailleurs au d&#233;but des ann&#233;es 1400 que l'empereur de Chine envoie son arm&#233;e au Tibet afin de supporter le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui se donne lui-m&#234;me le titre de dala&#239; (Oc&#233;an) lama, ma&#238;tre de tout le Tibet. Il est donc assez ironique de constater que le premier dala&#239;-lama a &#233;t&#233; install&#233; par l'arm&#233;e chinoise. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, parce que ce syst&#232;me ne pouvait suivre une lign&#233;e h&#233;r&#233;ditaire, les moines n'ayant pas le droit d'avoir de relations sexuelles avec une femme, les lamas cr&#233;&#232;rent une nouvelle doctrine pour leur religion : lorsqu'un dala&#239;-lama mourait, il &#233;tait possible de d&#233;tecter sa r&#233;incarnation chez un nouveau-n&#233;. &#192; l'&#226;ge adulte, celui-ci pourrait &#224; nouveau gouverner le Tibet. Toutefois, dans les faits, seulement 3 des 14 dala&#239;-lamas ont r&#233;ellement pu gouverner. En effet, les enfants se rendaient rarement &#224; l'&#226;ge adulte, leur entourage pr&#233;f&#233;rant les assassiner afin de conserver le pouvoir r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richesse des monast&#232;res et servage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moines, modestement habill&#233;s, se regroupant afin de prier pour atteindre le nirvana, voil&#224; l'image que l'on nous pr&#233;sente souvent du Tibet avant la prise du pouvoir par la Chine. Cette image est toutefois tr&#232;s incompl&#232;te. Dans les faits, les monast&#232;res &#233;taient des lieux de pouvoir et de richesses, reposant sur l'exploitation des masses. Il faut bien, en effet, que quelqu'un travaille afin de subvenir aux besoins des moines. Ce quelqu'un, c'&#233;tait le serf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#171; le monast&#232;re de Drepung &#233;tait l'un des plus importants propri&#233;taires terriens de la plan&#232;te avec 185 manoirs, 25 000 serfs, 300 lieux de p&#226;turage et 16 000 gardiens de troupeaux &#187;. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de la population subissait l'exploitation de l'aristocratie religieuse. En 1953, six ans seulement avant l'exil de l'actuel dala&#239;-lama, &#171; les serfs (environ 700 000 personnes sur une population totale estim&#233;e &#224; 1 250 000) forment la majeure partie de la population &#187;. [3] Ceux-ci (56% de la population) &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des &#234;tres inf&#233;rieurs. Le simple fait de toucher &#224; un ma&#238;tre pouvait signifier le fouet pour le serf fautif. Les ma&#238;tres &#233;taient si distants des serfs que, sur la majeure partie du territoire tib&#233;tain, ces deux classes sociales parlaient une langue diff&#233;rente !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines personnes appartenaient m&#234;me &#224; une classe sociale inf&#233;rieure aux serfs. Les esclaves repr&#233;sentaient 5% de la population. De plus, un grand nombre de moines &#233;taient, en fait, des esclaves en robe (10% de la population).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout ceci n'&#233;tait rien en comparaison avec le sort r&#233;serv&#233; aux femmes. Le mot femme, en tib&#233;tain (kiemen) signifie litt&#233;ralement naissance inf&#233;rieure. Il &#233;tait interdit aux femmes de lever le regard plus haut que la hauteur des genoux d'un homme lui faisant face, en signe de soumission !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'exil du dala&#239;-lama, 626 personnes poss&#233;daient 93% des terres et des richesses et 70% des yaks (les b&#339;ufs du Tibet). De ces 626 personnes, 333 &#233;taient &#224; la t&#234;te de monast&#232;res. Pour parvenir &#224; enrichir ce petit pourcentage de la population, les serfs devaient travailler de 16 &#224; 18 heures par jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dala&#239;-lama actuel, pour sa part, est pr&#233;sent&#233; comme un saint homme pour qui les richesses mat&#233;rielles ne sont pas importantes. Pourtant, l&#233;galement, c'est lui qui poss&#233;dait le pays entier, incluant sa population. Avant son exil, sa famille contr&#244;lait directement 27 manoirs, 36 p&#226;turages, 6 170 serfs et 102 esclaves. Il se d&#233;pla&#231;ait sur un tr&#244;ne tir&#233; par des douzaines d'esclaves, pendant que ses gardes du corps frappaient les gens &#224; coups de b&#226;tons afin de lui faire un passage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel &#233;tait le sujet de son discours &#224; Vancouver d&#233;j&#224; ? Ah oui ! La nature temporaire des d&#233;sirs humains !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impact des croyances religieuses&lt;br class='autobr' /&gt;
Les superstitions transmises au peuple par le lama&#239;sme &#233;taient nombreuses. Ainsi, lorsqu'une personne tombait malade, elle &#233;tait tenue responsable de son &#233;tat, puisqu'elle n'avait probablement pas &#233;t&#233; assez pieuse. Plus tard, les moines ont m&#234;me d&#233;nonc&#233; l'utilisation des antibiotiques ainsi que les campagnes de sant&#233; publiques organis&#233;es par les mao&#239;stes. Pour eux, la seule fa&#231;on de gu&#233;rir, c'&#233;tait de prier davantage et de donner de l'argent ou des offrandes aux monast&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la famine r&#233;gnait constamment sur tout le territoire (75% des familles devaient, &#224; l'occasion, se contenter de manger l'herbe des p&#226;turages afin de survivre), un tiers de la production de beurre, la principale source de prot&#233;ines pour cette population, &#233;tait br&#251;l&#233;e quotidiennement en offrandes aux dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la notion de karma avait un impact consid&#233;rable sur le maintien de ce syst&#232;me d'oppression. En effet, selon cette croyance, quand quelqu'un meurt, son &#226;me se voit accorder un nouveau corps. Cette nouvelle vie d&#233;pend de la qualit&#233; de l'ancienne vie. Ainsi, si une personne a &#233;t&#233; tr&#232;s pieuse durant son ancienne vie, elle pourra peut-&#234;tre se r&#233;incarner en riche propri&#233;taire d'esclaves. Par contre, quelqu'un qui n'a pas suivi les r&#232;gles de vie exig&#233;e par le lama&#239;sme risque de rena&#238;tre dans le corps d'un insecte ou d'une femme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le comprend assez vite, l'id&#233;e du karma et de la r&#233;incarnation encourage l'oppression et l'exploitation, au lieu de d&#233;noncer les injustices. Apr&#232;s tout, si quelqu'un exploite un grand nombre de serfs et d'esclaves, c'est parce qu'il l'a m&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les connaissances &#233;taient jalousement conserv&#233;es dans les monast&#232;res. Pour la population, les moines pr&#233;f&#233;raient inventer une multitude de l&#233;gendes et de superstitions afin que les gens acceptent leur exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Tibet s'instaure alors une forme particuli&#232;re de r&#233;gime f&#233;odal, dans lequel les grands seigneurs (moines et s&#233;culiers) dominaient la masse de paysans priv&#233;s de droits. Le pouvoir politique &#233;tait accapar&#233; par les hauts dignitaires bouddhistes. Au plus haut de la hi&#233;rarchie se trouvait le Panchem-Lama, consid&#233;r&#233; comme le p&#232;re spirituel du Dala&#239;-lama, qui &#233;tait celui qui tenait le pouvoir temporel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'auteur chinoise Han Suyin : &#171; 626 personnes poss&#233;daient le 93 % de la terre et de la richesse nationale et 70 % des troupeaux de yaks (ruminants &#224; long pelage) au Tibet. Parmi eux, on trouvait trouvaient 333 chefs de monast&#232;res, 287 personnes relevant du pouvoir s&#233;culier (noblesse, hauts dirigeants de l'arm&#233;) et six ministres du cabinet &#187;. La classe dirigeante repr&#233;sentait 2 % de la population. 3 % travaillait comme des agents du pouvoir : contrema&#238;tres, administrateurs de propri&#233;t&#233;s et commandants d'arm&#233;es priv&#233;es. 80 % de la population tib&#233;taine &#233;tait serf, 5 % esclaves et 10 % regroupait les moines pauvres qui travaillaient en tant qu'ouvriers agricoles pour les monast&#232;res. Malgr&#233; la pr&#233;tendue r&#232;gle lama&#239;ste de la non-violence, ces moines &#233;taient continuellement pass&#233;s au fouet pour le moindre &#171; d&#233;lit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'actuel Dala&#239; Lama se pr&#233;sente au monde comme &#233;tant une figure sacr&#233;e &#224; qui importent peu les choses mat&#233;rielles. Dans les faits, il a &#233;t&#233; aussi l'un des principaux propri&#233;taires de serfs dans son pays. Selon la loi, il d&#233;tient le pouvoir sur le pays et ses habitants. Sa famille poss&#233;dait 27 granges, 36 prairies, 6'170 serfs et 102 esclaves domestiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_bouddhisme_tibetain_seigneuries_monastiques_et_figures_spirituelles.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire sur bouddhisme et f&#233;odalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine, 1976 : la contre-r&#233;volution contre la classe ouvri&#232;re apr&#232;s la contre-r&#233;volution au Chili en 1973. Nunca m&#224;s ? Jamais plus ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article1970</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article1970</guid>
		<dc:date>2011-10-14T04:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les disparus de la dictature &lt;br class='autobr' /&gt;
La junte militaire de 1976 &lt;br class='autobr' /&gt; La contre-r&#233;volution de 1976 en Argentine a eu pour racine les d&#233;buts insurrectionnels de 1969. Quand les travailleurs chiliens ont montr&#233; leur combativit&#233; et que les travailleurs argentins ont recommenc&#233; &#224; d&#233;montrer un d&#233;sir d'entrer en lutte, les classes dirigeantes d'Argentine ont d&#233;clench&#233; la contre-r&#233;volution pr&#233;ventive de 1976. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Argentine, quinze ans apr&#232;s la chute de Peron, une r&#233;volte populaire, m&#234;lant ouvriers de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L310xH179/310px-Que_digan_donde_estan-d03dc.jpg?1782367783' width='310' height='179' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les disparus de la dictature&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH311/Junta_Militar-af0d0.jpg?1782367783' width='450' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La junte militaire de 1976&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La contre-r&#233;volution de 1976 en Argentine a eu pour racine les d&#233;buts insurrectionnels de 1969. Quand les travailleurs chiliens ont montr&#233; leur combativit&#233; et que les travailleurs argentins ont recommenc&#233; &#224; d&#233;montrer un d&#233;sir d'entrer en lutte, les classes dirigeantes d'Argentine ont d&#233;clench&#233; la contre-r&#233;volution pr&#233;ventive de 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, quinze ans apr&#232;s la chute de Peron, une r&#233;volte populaire, m&#234;lant ouvriers de l'automobile et &#233;tudiants, secoua la ville industrielle de Cordoba en 1969. Au matin du 29 mai 1969, dans la ville de Cordoba, de nombreux ouvriers sortent des principaux centres industriels pour se diriger vers le centre manifester contre la politique de r&#233;pression et d'ajustements &#233;conomique mis en place par le gouvernement militaire de Ongania.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation ouvri&#232;re est aussi accompagn&#233;e par des centaines d'&#233;tudiants et d'universitaires qui se regroupent dans le quartier de Clinicas pour attendre l'arriv&#233;e des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les &#233;tudiants et les ouvriers se rejoignent dans les rues de la ville, une &#233;norme quantit&#233; d'effectifs policiers se placent autour de cette place principale pour emp&#234;cher le regroupement. La r&#233;pression ne se fait pas attendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui commence comme une simple manifestation, termine comme une v&#233;ritable r&#233;bellion populaire. Aux &#233;tudiants et aux ouvriers viennent alors se joindre les habitants du quartier, et en quelques minutes, la ville de Cordoba flambe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion commun&#233;ment appel&#233; le &#171; Cordobazo &#187; est &#233;touff&#233;e uniquement dans l'apr&#232;s midi du jour suivant quand l'arm&#233;e occupe l'ensemble de la ville. Une nouvelle &#232;re dans la politique argentine, la mobilisation et la lutte populaire vont s'installer dans cette p&#233;riode d'agitation et de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le point de d&#233;part d'une mobilisation ouvri&#232;re croissante. Pour faire face &#224; la situation, la bourgeoisie se r&#233;signa &#224; faire appel au vieux g&#233;n&#233;ral Peron qui, rappel&#233; d'exil, fut triomphalement &#233;lu pr&#233;sident. Mais il n'&#233;tait pas question cette fois-ci pour Peron de satisfaire quelques revendications ouvri&#232;res que ce f&#251;t. Son aura de d&#233;fenseur des pauvres, acquise trente ans auparavant, il l'utilisa pour mettre au pas les ouvriers et les &#233;tudiants en lutte. De son retour d'exil &#224; sa mort un an plus tard, Peron a pr&#233;par&#233; les conditions qui ont permis &#224; l'arm&#233;e de prendre directement le pouvoir en 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une p&#233;riode de r&#233;pression &#224; grande &#233;chelle s'est alors ouverte &#224; la suite de ce coup d'&#201;tat, contre tous les militants argentins qui avaient eu tant d'illusion dans le p&#233;ronisme. 30 000 victimes ont disparu pendant les sept ans de la dictature, des jeunes intellectuels, mais aussi des milliers de militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 24 mars 1976, la junte militaire dissout le parlement, remplace la Cour supr&#234;me et entame un processus de &#171; R&#233;organisation Nationale &#187;. Ayant ainsi &#233;cart&#233; toute institution d&#233;mocratique, la junte gouverne seule, au moyen de d&#233;crets. Le 24 mars, elle ordonne la suspension de toute activit&#233; politique et d&#233;cide d'interdire cinq partis (le Parti Communiste R&#233;volutionnaire, le Parti Socialiste des Travailleurs, le Parti Politique des Travailleurs, le Parti Trotskyste des Travailleurs et le Parti Communiste Marxiste-L&#233;niniste) ainsi que les &#171; 62 Organisations &#187;, coalition compos&#233;e notamment de divers syndicats. Le m&#234;me jour, elle r&#233;tablit la peine de mort pour certaines activit&#233;s qualifi&#233;es de &#171; subversives &#187; et aggrave les peines sanctionnant diff&#233;rentes actions politiques. Des &#171; Principes et Proc&#233;dures &#187; sont &#233;tablis pour limiter l'activit&#233; journalistique et censurer la presse. En outre, le 29 mars, la junte suspend le droit d'option . La junte entreprend, en partie gr&#226;ce &#224; ces nouvelles lois, une v&#233;ritable &#171; guerre contre-r&#233;volutionnaire &#187;. Les plus hauts responsables de la junte, dont le Pr&#233;sident et Commandant en Chef Videla lui-m&#234;me, n'h&#233;sitent pas &#224; annoncer qu'ils proc&#232;deront &#224; &#171; l'annihilation &#187; de la subversion, dans une optique de &#171; guerre totale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la r&#233;pression s'intensifie, principalement envers les activistes politiques ou syndicaux, des avocats, et des personnes impliqu&#233;es dans des organisations religieuses. Des milliers de personnes sont enlev&#233;es, emprisonn&#233;es sans proc&#232;s, tortur&#233;es et maintenues dans des camps de concentration. La grande majorit&#233; de ces personnes disparaissent sans laisser de trace, leurs corps n'&#233;tant que rarement retrouv&#233;s. Au d&#233;but de la dictature, il est de ce fait difficile de se rendre compte de l'ampleur de la r&#233;pression, et l'on con&#231;oit mal ce qui arrive aux disparus, m&#234;me si de nombreux enl&#232;vements se font en plein jour et si les &#8216;Ford Falcon' vertes, du m&#234;me mod&#232;le que les voitures militaires et les voitures de police, se d&#233;placent en convoi &#224; travers le pays pour des kidnappings en masse. De nombreux enfants sont &#233;galement enlev&#233;s avec leurs parents et seront parfois adopt&#233;s par la suite, crimes donnant naissance aux Grands-M&#232;res de la place de Mai qui s'efforceront, jusqu'&#224; aujourd'hui encore, de retrouver leurs petits-enfants disparus avec leurs parents. On compte entre dix et trente mille disparus, ainsi que dix mille prisonniers politiques d&#232;s 1976. La situation reste assez m&#233;connue en Argentine m&#234;me et &#224; l'&#233;tranger jusqu'en 1978 du fait de la strat&#233;gie de discr&#233;tion adopt&#233;e par la junte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons en passant que l'arm&#233;e argentine, tout comme l'arm&#233;e chilienne, et l'arm&#233;e br&#233;silienne au pouvoir depuis 1964, ont b&#233;n&#233;fici&#233; des conseils en r&#233;pression de l'arm&#233;e fran&#231;aise qui a envoy&#233; des officiers, forts de l'exp&#233;rience acquise en Alg&#233;rie, donner des cours de torture. Le sinistre Aussaresses a ainsi &#233;t&#233; envoy&#233; en mission dans les ann&#233;es soixante-dix pour prodiguer ses conseils aux officiers br&#233;siliens &#224; une p&#233;riode o&#249; les dictatures d'Am&#233;rique du Sud s'entraidaient pour assassiner les opposants des pays voisins en exil chez elles, ce qu'elles ont appel&#233; le &#171; plan Condor &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut rendre aux USA ce qui leur appartient : le r&#244;le principal dans le soutien aux dictatures militaires qui ont souvent pes&#233; sur les &#233;paules des classes populaires d'Am&#233;rique latine. La CIA et l'arm&#233;e am&#233;ricaine ont entra&#238;n&#233; des dizaines de milliers d'officiers latino-am&#233;ricains aux techniques de r&#233;pression, &#224; la contre-gu&#233;rilla, &#224; la chasse &#224; tout ce qui de pr&#232;s ou de loin ressemblait &#224; des communistes. Ces officiers sont devenus bien souvent les cadres de dictatures pro-USA. Les &#201;tats-Unis poss&#232;dent m&#234;me une &#233;cole militaire sp&#233;cialis&#233;e pour cela, appel&#233;e l'&#201;cole des Am&#233;riques, implant&#233;e jusque dans les ann&#233;es quatre-vingt au Panama, dans la zone du canal directement sous leur administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intervention de l'imp&#233;rialisme n'enl&#232;ve rien au caract&#232;re de lutte de classe des contre-r&#233;volutions qu'a connu l'Am&#233;rique latine. Les prol&#233;taires mena&#231;aient les classes dirigeantes et c'est elles qui ont r&#233;agi, via les arm&#233;es. La direction de l'arm&#233;e n'est rien d'autre qu'un outil des classes dirigeantes locales. Accuser l'imp&#233;rialisme ne doit pas servir &#224; blanchir les bourgeoisies sud-am&#233;ricaines.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Us&#233;e jusqu'&#224; la corde, vomie par la grande majorit&#233; de la population, la dictature argentine, apr&#232;s l'aventure de la guerre des Malouines, a d&#251; c&#233;der la place &#224; un r&#233;gime parlementaire en 1983. Mais cela n'a en rien arr&#234;t&#233; l'appauvrissement de la population laborieuse en Argentine. Au cours des ann&#233;es quatre-vingt-dix, la privatisation massive de toutes les entreprises d'&#201;tat, au prix de 300 000 licenciements, men&#233;e - ironie de l'Histoire - par un politicien se r&#233;clamant de l'h&#233;ritage de Peron, a d&#233;gag&#233; 50 milliards de dollars qui ont atterri dans les coffres des banques &#233;trang&#232;res. Les retraites ont &#233;t&#233; baiss&#233;es, les salaires des fonctionnaires aussi, et m&#234;me carr&#233;ment non vers&#233;s dans les provinces &#233;loign&#233;es de Buenos Aires. Le pays a souffert d'hyperinflation. Le gouvernement a arrim&#233; la monnaie au dollar. Rien de tout &#231;a n'a emp&#234;ch&#233; la dette de gonfler dans des proportions gigantesques. Les &#233;conomies de la petite bourgeoisie ont m&#234;me &#233;t&#233; bloqu&#233;es pour &#233;viter l'effondrement du syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuy&#233; par l'&#201;tat am&#233;ricain, l'&#233;tat-major a pris le pouvoir en mars 1976. De 1976 &#224; 1983, Videla et l'arm&#233;e argentine ont exerc&#233; une dictature sanglante, arr&#234;tant, emprisonnant, torturant et assassinant 30 000 militants ouvrier et jeunes. Sous le nom de &#171; plan Condor &#187;, le junte argentine a pratiqu&#233; aussi le terrorisme &#224; l'ext&#233;rieur de ses fronti&#232;res, en assassinant les r&#233;fugi&#233;s dans d'autres pays en collaboration avec les autres dictatures du continent et la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a apport&#233; aussi sa contribution &#224; la dictature des g&#233;n&#233;raux argentins. La R&#233;publique bourgeoise (si ch&#232;re au PCF, au PS, au PT&#8230;), la &#171; d&#233;mocratie &#187; fran&#231;aise, a accumul&#233; une grande exp&#233;rience de la terreur envers les populations coloniales et de l'usage de la torture. Elle a en fait profiter la junte argentine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'indiquait au d&#233;part que l'instruction pour &#171; s&#233;questration suivie de tortures &#187; sur plainte des proches de quinze disparus fran&#231;ais, non seulement conduirait vers des officiers fran&#231;ais en poste &#224; la mission militaire fran&#231;aise permanente en Argentine&#8230; La mobilisation judiciaire&#8230; a ainsi conduit &#224; mettre en relief la filiation entre les m&#233;thodes d&#233;velopp&#233;es contre le FLN alg&#233;rien et celles utilis&#233;es contre les d&#233;mocrates latino-am&#233;ricains, une v&#233;ritable p&#233;dagogie de la torture&#8230; Apr&#232;s la guerre d'Alg&#233;rie, le g&#233;n&#233;ral Aussarres a &#233;t&#233; &#171; instructeur &#224; la lutte anti-subversive &#187; aux &#201;tats-Unis, au d&#233;but de la guerre du Vietnam. Surtout, on le retrouve ensuite comme attach&#233; militaire fran&#231;ais au Br&#233;sil entre 1973 et 1975&#8230; L'enseignement alors dispens&#233; aux Argentins a un ma&#238;tre &#224; penser, le lieutenant-colonel Trinquier&#8230; et le commandant Aussarres&#8230; &#171; En Argentine, nous avons tout d'abord re&#231;u l'influence fran&#231;aise, puis nord-am&#233;ricaine&#8230; &#187; d&#233;clarera en 1981 le g&#233;n&#233;ral Ramon Camps, chef de la police sous la dictature du g&#233;n&#233;ral Videla&#8230; Le colonel Robert Servant aurait m&#234;me &#233;t&#233; install&#233; au quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e de terre &#224; Buenos Aires, alors dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Videla. &#171; Le Point &#187; pr&#233;cise qu'il d&#233;pendait directement du premier ministre d'alors, Jacques Chirac&#8230; (Le Monde, 16 juin 2001)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e argentine a su &#233;craser son peuple durant plusieurs ann&#233;es, torturer les militants ouvriers, mais a &#233;chou&#233; dans sa tentative de confrontation militaire aux Iles malouines avec l'imp&#233;rialisme britannique en 1982. De retour aux affaires, les gouvernements radicaux et p&#233;ronistes ont vendu une large part du potentiel productif &#224; l'&#233;tranger et ouvert le pays au capital financier international, dont les groupes fran&#231;ais Carrefour, Cr&#233;dit agricole, BNP Paribas, EDF, TotalFinaElf, Danone, Peugeot, Renault, etc : la bourgeoisie fran&#231;aise a eu sa r&#233;compense pour l'aide de son &#201;tat en conseils &#171; contre la subversion &#187; et son pr&#234;t de sp&#233;cialistes de la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Renault, le principal producteur automobile en Argentine, a r&#233;duit son effectif de 23 %. Le chiffre d'affaires de Carrefour, premi&#232;re entreprise de distribution en Argentine, a chut&#233; d'environ 10 % cette ann&#233;e. Le gouvernement fran&#231;ais, par la voix de V&#233;drine, est inquiet et en appelle au nouveau pr&#233;sident Duhalde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes convaincus que vous vous efforcerez de prot&#233;ger nos entreprises qui ont beaucoup investi en Argentine (Le Monde, 8 janvier 2002)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme hier, la bourgeoisie fran&#231;aise se situe aux c&#244;t&#233;s de la bourgeoisie argentine contre les travailleurs argentins. Le prol&#233;tariat fran&#231;ais a d&#233;cid&#233;ment les m&#234;mes ennemis que le prol&#233;tariat argentin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH225/Dictadura-Militar-Argentina-6927f.jpg?1782367783' width='300' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Argentine, 1976 : la contre-r&#233;volution contre la classe ouvri&#232;re apr&#232;s la contre-r&#233;volution au Chili en 1973. Nunca m&#224;s ? Jamais plus ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;le 24 mars 1976, la junte militaire dissout le parlement, remplace la Cour supr&#234;me et entame un processus de &#171; R&#233;organisation Nationale &#187;. Ayant ainsi &#233;cart&#233; toute institution d&#233;mocratique, la junte gouverne seule, au moyen de d&#233;crets. Le 24 mars, elle ordonne la suspension de toute activit&#233; politique et d&#233;cide d'interdire cinq partis (le Parti Communiste R&#233;volutionnaire, le Parti Socialiste des Travailleurs, le Parti Politique des Travailleurs, le Parti Trotskyste des Travailleurs et le Parti Communiste Marxiste-L&#233;niniste) ainsi que les &#171; 62 Organisations &#187;, coalition compos&#233;e notamment de divers syndicats. Le m&#234;me jour, elle r&#233;tablit la peine de mort pour certaines activit&#233;s qualifi&#233;es de &#171; subversives &#187; et aggrave les peines sanctionnant diff&#233;rentes actions politiques. Des &#171; Principes et Proc&#233;dures &#187; sont &#233;tablis pour limiter l'activit&#233; journalistique et censurer la presse. En outre, le 29 mars, la junte suspend le droit d'option . La junte entreprend, en partie gr&#226;ce &#224; ces nouvelles lois, une v&#233;ritable &#171; guerre contre-r&#233;volutionnaire &#187;. Les plus hauts responsables de la junte, dont le Pr&#233;sident et Commandant en Chef Videla lui-m&#234;me, n'h&#233;sitent pas &#224; annoncer qu'ils proc&#232;deront &#224; &#171; l'annihilation &#187; de la subversion, dans une optique de &#171; guerre totale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;pression chaque fois plus drastique et g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la r&#233;pression s'intensifie, principalement envers les activistes politiques ou syndicaux, des avocats, et des personnes impliqu&#233;es dans des organisations religieuses. Des milliers de personnes sont enlev&#233;es, emprisonn&#233;es sans proc&#232;s, tortur&#233;es et maintenues dans des camps de concentration. La grande majorit&#233; de ces personnes disparaissent sans laisser de trace, leurs corps n'&#233;tant que rarement retrouv&#233;s. Au d&#233;but de la dictature, il est de ce fait difficile de se rendre compte de l'ampleur de la r&#233;pression, et l'on con&#231;oit mal ce qui arrive aux disparus, m&#234;me si de nombreux enl&#232;vements se font en plein jour et si les &#8216;Ford Falcon' vertes, du m&#234;me mod&#232;le que les voitures militaires et les voitures de police, se d&#233;placent en convoi &#224; travers le pays pour des kidnappings en masse. De nombreux enfants sont &#233;galement enlev&#233;s avec leurs parents et seront parfois adopt&#233;s par la suite, crimes donnant naissance aux Grands-M&#232;res de la place de Mai qui s'efforceront, jusqu'&#224; aujourd'hui encore, de retrouver leurs petits-enfants disparus avec leurs parents. On compte entre dix et trente mille disparus, ainsi que dix mille prisonniers politiques d&#232;s 1976. La situation reste assez m&#233;connue en Argentine m&#234;me et &#224; l'&#233;tranger jusqu'en 1978 du fait de la strat&#233;gie de discr&#233;tion adopt&#233;e par la junte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle position de la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions de la communaut&#233; internationale face &#224; la dictature argentine sont, de ce fait, moins vives qu'elles ne l'ont &#233;t&#233; pour le Chili. La France, qui lors du coup d'&#233;tat chilien avait ouvert les portes de son ambassade &#224; Santiago pour accueillir des r&#233;fugi&#233;s, ne d&#233;montre pas ce genre d'engagement au d&#233;but de la dictature argentine. La position de la France demeure quelques temps ambigu&#235;. Selon certains, comme Marie-Monique Robin, auteur d'un film et d'un livre intitul&#233;s tous deux Escadrons de la mort : l'&#233;cole fran&#231;aise, l'arm&#233;e fran&#231;aise a particip&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1960 &#224; la formation des cadres militaires argentins dont certains sont devenus des tortionnaires, et des contacts se seraient maintenus. La mission de coop&#233;ration militaire fran&#231;aise, qui comprend des officiers anciens de la guerre d'Alg&#233;rie, install&#233;e &#224; Buenos-Aires en 1959 y est demeur&#233;e jusqu'en 1981. Selon ce film, &#171; l'ordre de bataille de mars 1976 est une copie de la bataille d'Alg&#233;rie &#187; : le quadrillage du territoire argentin (un g&#233;n&#233;ral contr&#244;lant chaque zone) et les tortures rappellent les m&#233;thodes de certains militaires fran&#231;ais en Indochine et en Alg&#233;rie. Dans les ann&#233;es 1950, les m&#233;thodes utilis&#233;es pendant la Bataille d'Alger avaient &#233;t&#233; enseign&#233;es &#224; des officiers argentins au sein de l'Ecole sup&#233;rieure de la guerre de Paris. En 1959, l'Etat-major argentin a financ&#233; la venue d'experts fran&#231;ais pour que ceux-ci forment des militaires argentins dans le cadre de la &#171; guerre anti-subversive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;bat sur le contenu et le niveau de la coop&#233;ration entre militaires et forces de police fran&#231;aises et argentines entre 1976 et 1981. Le d&#233;put&#233; Rolan Blum, auteur en d&#233;cembre 2003 d'un rapport sur &#171; le r&#244;le de la France dans le soutien aux r&#233;gimes militaires d'Am&#233;rique latine entre 1973 et 1984 &#187; affirme ainsi que &#171; l'attitude de la France &#224; l'&#233;gard de cette p&#233;riode sombre a &#233;t&#233;, et reste, d&#233;pourvue de toute ambigu&#239;t&#233;, comme l'avait montr&#233; par exemple la d&#233;cision prise de relever imm&#233;diatement de ses fonctions l'attach&#233; militaire fran&#231;ais en Argentine qui avait d&#233;clar&#233; publiquement sa compr&#233;hension &#224; l'&#233;gard de la Junte. Certes il n'est pas inenvisageable que des personnes de nationalit&#233; fran&#231;aise aient pu participer &#224; des activit&#233;s de r&#233;pression, mais si cela a &#233;t&#233; le cas, ce fut &#224; titre individuel : de tels comportements ne relevant alors pas d'une commission d'enqu&#234;te, mais de la justice. [&#8230;] Les all&#233;gations reposent en effet largement sur des raccourcis discutables li&#233;s &#224; la pr&#233;tendue invention par l'arm&#233;e fran&#231;aise du concept de &#8216;guerre subversive' &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude du personnel de l'ambassade &#233;volue &#224; partir de 1978 : elle soustrait aux militaires M. Dousdebes, qui, emprisonn&#233; de 1976 &#224; 1978 pour activit&#233;s subversives, risquait de se faire enlever et de dispara&#238;tre. Il demeure cach&#233; dans les locaux de l'ambassade durant un an, le temps que l'ambassade parvienne &#224; organiser son d&#233;part vers la France, o&#249; il obtiendra le statut de r&#233;fugi&#233; en 1979. L'aide du consul g&#233;n&#233;ral, qui a &#339;uvr&#233; au transfert de M. Dousdebes vers l'ambassade, puis de l'ambassadeur, de ses conseillers mais aussi d'agents de recrutement local (lui apportant &#224; manger) &#233;claire d'un jour int&#233;ressant le r&#244;le complexe jou&#233; par l'ambassade durant la dictature. De m&#234;me Mme Morel-Caputo, vice-consul &#224; Buenos-Aires au d&#233;but des ann&#233;es 1980, t&#233;moigne quant &#224; elle que &#171; sous la dictature [elle] a v&#233;cu, aux c&#244;t&#233;s de [son] mari, M. Dante Caputo, la lutte politique clandestine d'un groupe de jeunes intellectuels, sociologues et avocats, regroup&#233;s autour de CISEA, Centre de Recherche sur l'Etat et l'Administration, ayant fait souvent des &#233;tudes doctorales en France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe d'experts sur les disparitions involontaires et forc&#233;es de personnes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un Colloque organis&#233; par le Centre d'&#233;tudes et de recherches internationales (CERI) les 26 et 27 mai 1983, l'ancien Directeur des Nations Unies et Organisations Internationales du Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res a t&#233;moign&#233; avoir soumis en 1980 et fait approuver par la Commission des droits de l'homme des Nations unies, la cr&#233;ation d'un &#171; groupe d'experts sur les &#171; disparitions involontaires et forc&#233;es &#187; de personnes, cette nouvelle forme de violation dont l'Argentine notamment s'est rendue coupable (avec peut-&#234;tre 30.000 disparus). Lanc&#233;e par la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise, cette id&#233;e a &#233;t&#233; approuv&#233;e finalement, malgr&#233; l'opposition acharn&#233;e de l'Argentine et des pays de l'Est, et ce groupe d'experts s'est mis au travail d&#232;s 1980. &#187; Cette initiative a d&#233;bouch&#233;, 25 ans plus tard, sur l'&#233;laboration d'une Convention que le nouveau Conseil de droits de l'homme a adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; &#224; sa premi&#232;re session en juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour comprendre la singularit&#233; et les particularit&#233;s de la derni&#232;re dictature argentine (1976-1983), la plus cruelle exp&#233;rience en mati&#232;re de violation des droits de l'homme dans le C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique Latine, il convient de la replacer dans le contexte historique du XXe si&#232;cle argentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime militaire, qui a d&#233;but&#233; en 1976, n'est pas une exp&#233;rience isol&#233;e mais repr&#233;sente le point culminant d'une s&#233;rie d'interventions militaires (1930-1932, 1943-1946, 1955-1958, 1962-1963, 1966-1973). On peut expliquer cette succession d'exp&#233;riences autoritaires, constante de l'histoire argentine au XXe si&#232;cle, au moyen de diff&#233;rentes perspectives et dimensions d'analyse. En premier lieu, les analystes du syst&#232;me politique font appel au concept de &#171; pr&#233;torianisme &#187; pour rendre compte de la naturalisation de l'alternance entre partis politiques et militaires tacitement engag&#233;s dans un mouvement pendulaire entre autoritarisme et d&#233;mocratie au sein du m&#234;me r&#233;gime politique. Dans ce sch&#233;ma, les interventions militaires ne signifient pas une sortie hors du syst&#232;me politique, mais une option valide du jeu politique. L'alternative est valid&#233;e par la &#171; perte de foi dans la d&#233;mocratie &#187; de la majeure partie des citoyens qui soutiennent ces actions en les l&#233;gitimant (Quiroga, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres auteurs se sont particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;s &#224; la dynamique sociale, sans perdre de vue la relation &#201;tat-soci&#233;t&#233;, et consid&#232;rent que ce processus est concomitant d'une logique ascendante de militarisation de la soci&#233;t&#233; et de politisation des forces arm&#233;es. Ainsi, en 1930, les protagonistes du coup militaire &#233;taient un g&#233;n&#233;ral &#224; la retraite et les cadets du Coll&#232;ge Militaire ; et en 1976, les instigateurs sont les commandants en chef de la corporation militaire (Mallimaci, 1995 : 233). C'est ce qui a permis la cr&#233;ation de mod&#232;les de sociabilit&#233; et le partage de significations &#224; la base d'une culture politique et id&#233;ologique qui naturalise le recours &#224; la violence comme une forme efficace et l&#233;gitime pour r&#233;soudre les conflits. Le d&#233;but du si&#232;cle est inaugur&#233; par une batterie de lois destin&#233;es &#224; discipliner la soci&#233;t&#233;. Ont &#233;t&#233; adopt&#233;es : en 1901 la loi 4.031 sur le service militaire obligatoire, pour &#171; civiliser &#187; la population masculine ; en 1902 la loi 4.144 sur la r&#233;sidence, pour expulser les &#233;trangers &#171; dissolus &#187; ; et en 1910 la loi 7.029 sur la d&#233;fense sociale, qui interdisait les associations et/ou les r&#233;unions de propagande anarchistes et consid&#233;rait le retour des expuls&#233;s comme un d&#233;lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, s'est install&#233;, au fil des interventions militaires, un climat social de forte tol&#233;rance envers le traitement de &#171; l'autre &#187; au moyen de m&#233;thodes r&#233;pressives. D&#233;j&#224;, au cours de l'intervention militaire qui a d&#233;but&#233; en 1930, la &#171; Section Sp&#233;ciale &#187; de la Police F&#233;d&#233;rale, sp&#233;cialis&#233;e dans le combat contre le communisme, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e ; dirig&#233;e par Leopoldo Lugones fils, elle est connue pour ses innovations techniques (usage de la g&#233;g&#232;ne lors des interrogatoires des prisonniers politiques) (Funes, 2004 : 36). &#192; partir de ce moment, la torture est devenue une modalit&#233; syst&#233;matique, appliqu&#233;e aussi bien aux prisonniers politiques qu'&#224; ceux de droit commun (Calveiro, 1998 : 25). Mais la pratique r&#233;pressive n'a pas &#233;t&#233; l'apanage des seules institutions p&#233;nitentiaires ; elle s'est manifest&#233;e de diverses fa&#231;ons dans l'espace public : en 1955, le bombardement d'un rassemblement de civils sur la place de Mai, du Palais du Gouvernement (Casa de Gobiern o ), et de la R&#233;sidence Pr&#233;sidentielle par 29 avions de la Marine, s'est sold&#233; par plus de 300 morts et des centaines de bless&#233;s, dans une tentative infructueuse pour mettre fin &#224; l'exp&#233;rience p&#233;roniste. Cet &#233;v&#232;nement a entra&#238;n&#233; l'interdiction du parti politique majoritaire pendant 18 ans. L'interdiction politique a &#233;t&#233; suivie par l'enl&#232;vement du cadavre d'Eva Per&#243;n, la r&#233;pression des dirigeants du mouvement, et une tentative de &#171; d&#233;peroniser la soci&#233;t&#233; &#187; par la force qui a entra&#238;n&#233; jusqu'&#224; l'interdiction par d&#233;cret de prononcer le nom du dirigeant et de faire des allusions au p&#233;ronisme (Calveiro, 2006 : 28).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains analystes, l'interdiction du p&#233;ronisme, d&#233;clar&#233;e dans le cadre d'une exp&#233;rience d&#233;mocratique faiblement r&#233;publicaine et pluraliste, et conform&#233;ment &#224; la croyance selon laquelle la d&#233;mocratie &#171; formelle &#187; ne devait pas faire obstacle &#224; la d&#233;mocratie &#171; r&#233;elle &#187;, a d&#233;truit la cr&#233;dibilit&#233; de la restauration d&#233;mocratique. Dans ce contexte d'&#233;rosion de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, le syst&#232;me politique a perdu son efficacit&#233; pour r&#233;soudre les conflits sociaux, qui se sont alors orient&#233; vers d'autres ar&#232;nes o&#249; les agents corporatifs (patronat, syndicalistes, militaires et sp&#233;cialistes religieux) ont gagn&#233; en importance (Romero, 2001). Les gouvernements &#233;lus de Frondizi (1958-1962) et Illia (1963-1966), qui ont &#233;merg&#233; de ce processus, ont d&#251; vivre dans le &#171; corset &#187; d'une &#171; libert&#233; surveill&#233;e &#187; agit&#233;e par une succession de pronunciamientos militaires qui ont d&#233;bouch&#233; sur des coups d'&#201;tat qui ont mis fin &#224; chacune de ces p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage de la force corporative coexistait avec le recours &#224; la violence comme une alternative naturelle. La r&#233;solution sanglante du soul&#232;vement civil et militaire de juin 1956 est un autre &#233;v&#232;nement marquant de cette dynamique sociale. La r&#233;bellion p&#233;roniste, &#224; laquelle ont essentiellement pris part des sous-officiers avec un soutien et une participation civile s'inscrivait dans le contexte effervescent d'une r&#233;sistance ouvri&#232;re suffisamment organis&#233;e pour mettre en pratique tout un dispositif protestataire : gr&#232;ves, sabotages de la production, actions arm&#233;es. Les alliances entre les syndicalistes et les militaires ont d&#233;clench&#233; une r&#233;ponse implacable du gouvernement militaire au pouvoir, qui a d&#233;cr&#233;t&#233; la loi martiale, organis&#233; des proc&#232;s exp&#233;ditifs et condamn&#233; les leaders et autres suspects de r&#233;bellion &#224; &#234;tre fusill&#233;s (Rouqui&#233;, 1978 : 137). Au total, 27 personnes ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es, et le scandale connu sous le nom d'&#171; op&#233;ration massacre &#187; a &#233;clat&#233;. Le journaliste Rodolfo Walsh a d&#233;nonc&#233; l'ex&#233;cution du g&#233;n&#233;ral Juan Jos&#233; Valle (qui a assum&#233; publiquement la responsabilit&#233; du soul&#232;vement) alors que le la loi martiale &#233;tait devenue caduque ; mais aussi l'ex&#233;cution du lieutenant Alberto Abadie, sorti de force de l'h&#244;pital o&#249; il passait sa convalescence, et l'enl&#232;vement d'une dizaine d'ouvriers p&#233;ronistes qui ont &#233;t&#233; conduits de chez eux &#224; la d&#233;charge de Jos&#233; Le&#243;n Su&#225;rez pour qu'ils y soient massacr&#233;s (Duhalde, 1999 : 35). Le d&#233;voilement de ces &#233;v&#232;nements n'a pas emp&#234;ch&#233; le processus de sophistication bureaucratique de l'appareil r&#233;pressif, qui a commenc&#233; &#224; grandir, toujours plus, ind&#233;pendamment du fait que les gouvernements soient civils ou militaires. Ainsi, un tr&#232;s grand nombre de militants p&#233;ronistes ont &#233;t&#233; d&#233;tenus sur la base de dispositions s&#233;curitaires adopt&#233;es par le gouvernement Frondizi. La mesure la plus remarquable a &#233;t&#233; l'application du plan CONINTES (Choc Interne de l'&#201;tat - Conmoci&#243;n Interna de Estad o ) qui reconnaissait d'amples attributions aux forces arm&#233;es pour combattre les &#171; &#233;l&#233;ments &#187; qui cr&#233;aient des &#171; troubles internes &#187; (James, 1990 : 167). Le catalogue se distinguait par l'inclusion du &#171; p&#233;ronisme &#187;, aux c&#244;t&#233;s du &#171; communisme &#187; de caract&#232;re international, fich&#233; et surveill&#233; sans interruption mais avec une intensit&#233; variable depuis les premi&#232;res d&#233;cennies du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, dans le climat de la guerre froide, est inaugur&#233; en 1961 en pr&#233;sence du Pr&#233;sident Frondizi un cours interam&#233;ricain de guerre contre-r&#233;volutionnaire dans l'Ecole Sup&#233;rieure de Guerre &#224; Buenos Aires, auquel participent des instructeurs fran&#231;ais qui ont acquis leur exp&#233;rience pendant les guerres du Vietnam, d'Indochine et d'Alg&#233;rie (Rouqui&#233;, 1978 : 159). Les relations entre les militaires argentins et les instructeurs fran&#231;ais se sont construites &#224; la fois dans cet espace institutionnel d'&#233;change ouvert, au si&#232;ge de l'arm&#233;e, et autour de relations informelles avec les officiers fran&#231;ais rentr&#233;s clandestinement en Argentine parce qu'ils avaient fui la France pour leur condamnation &#224; mort pour leur participation &#224; l'OAS &#8211; Organisation de l'Arm&#233;e Secr&#232;te - (Robin, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les relations entre les militaires argentins et am&#233;ricains ont &#233;t&#233; approfondies. Ob&#233;issant &#224; la pression de l'arm&#233;e, le Pr&#233;sident Illia a sign&#233; en 1964 un trait&#233; d'assistance militaire avec les &#201;tats-Unis en vertu duquel l'Argentine recevra du &#171; mat&#233;riel &#187; pour un montant de 18 millions de dollars entre 1964 et 1965. Ce trait&#233; est venu s'ajouter aux relations d'&#233;change doctrinaire nou&#233;es pendant les cours de l'Ecole des Am&#233;riques, ouverte en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant l'&#233;cole fran&#231;aise que l'&#233;cole am&#233;ricaine ont &#233;t&#233; d&#233;cisives dans la consolidation de la comp&#233;tence professionnelle en mati&#232;re de techniques de guerre contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat de 1966-1973 inaugure la modalit&#233; r&#233;pressive de la disparition de personnes, bien qu'elle n'ait alors &#233;t&#233; utilis&#233;e que sporadiquement et sans qu'elle ne se cristallise en un modus operandi. Entre 1970 et 1972, une douzaine de disparitions ont &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233;es ; seul un corps a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; (Duhalde, 1999 : 39-40). Le r&#233;gime inaugure, &#233;galement, un nouveau type d'intervention : l'intervention arm&#233;e n'est plus transitoire, entre un pouvoir civil et un autre, mais embrasse d&#233;sormais un projet refondateur de la politique et de la soci&#233;t&#233;, avec des objectifs sans limite temporelle, et orient&#233;e &#224; institutionnaliser la fonction tut&#233;laire du corps militaire sur l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, dans le climat triomphant de la r&#233;volution cubaine, la violence politique par la voie insurrectionnelle s'installe socialement comme une alternative plausible et l&#233;gitime pour s'opposer &#224; la r&#233;pression militaire et mettre en oeuvre le changement social. Les organisations arm&#233;es r&#233;alisent leurs premi&#232;res actions entre 1968 et 1970. Pendant cette &#233;tape, ces derni&#232;res cherchent l'efficacit&#233; symbolique et l'adh&#233;sion sociale, dans le style &#171; Robin des Bois &#187;, plus que la destruction de l'ennemi militaire. Pour cela, elles combinent un usage minimal de la violence avec une haute s&#233;lectivit&#233; de leurs objectifs, afin d'avoir une efficacit&#233; symbolique pour gagner l'appui et la collaboration du public. En ce sens, la gu&#233;rilla urbaine pratiqu&#233;e se diff&#233;rencie de la strat&#233;gie de violence au hasard et indiscrimin&#233;e, caract&#233;ristique des &#171; actions terroristes &#187; (Gillespie, 1987 : 109), qui cherchent &#224; semer la terreur parmi la soci&#233;t&#233; civile et d&#233;montrer l'incapacit&#233; de l'&#201;tat &#224; garantir la s&#233;curit&#233; et l'ordre public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, entre 1969 et 1971 se d&#233;roule un cycle contestataire ouvrier et &#233;tudiant dans le centre du pays (en particulier &#224; C&#243;rdoba, Tucum&#225;n, Rosario et Mendoza), d'une violence peu commune. On a appel&#233; &#171; Cordobazo &#187; (1969) l'explosion sociale de trois jours qui s'est sold&#233;e par 16 morts, de nombreux bless&#233;s, et plus de 2000 d&#233;tenus (Rapoport, 2007 : 619). Les &#233;v&#232;nements du Cordobazo marquent le &#171; d&#233;but de la fin &#187; du gouvernement du g&#233;n&#233;ral Juan Carlos Ongan&#237;a ; mais c'est en fait les r&#233;percussions sociales de l'assassinat du g&#233;n&#233;ral &#224; la retraite Aramburu, en juin 1970, commis par l'organisation politico-militaire Montoneros, qui y a d&#233;finitivement mis fin. Ongan&#237;a a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par le haut commandement militaire, dix jours apr&#232;s l'assassinat. Le changement de Pr&#233;sident de la R&#233;publique (le g&#233;n&#233;ral Roberto Levingston a remplac&#233; le g&#233;n&#233;ral Ongan&#237;a) a &#233;t&#233; suivie d'un changement de politiques, avec l'adoption de mesures d'ouverture et de lib&#233;ralisation du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'une solution politique n'a toutefois pas emp&#234;ch&#233; de nouveaux &#233;pisodes de violence r&#233;pressive, et le mois d'ao&#251;t 1972 a &#233;t&#233; tragique pour les organisations arm&#233;es. La tentative d'&#233;vasion de prisonniers politiques des Montoneros, de l'Arm&#233;e R&#233;volutionnaire du Peuple (ERP) et des Forces Arm&#233;es P&#233;ronistes (FAR) de la prison de Rawson s'est sold&#233; en bonne partie par un &#233;chec et le &#171; massacre de Trelew &#187;. Seize (16) des 25 individus qui avaient pr&#233;par&#233; l'&#233;vasion n'ont pas pu atteindre l'avion qui les attendait &#224; l'a&#233;roport de Trelew ; on les a oblig&#233;s &#224; se rendre et emmen&#233;s &#224; la base Amiral Zar o&#249; ils ont &#233;t&#233; fusill&#233;s clandestinement (Gillespie, 1987 : 149). Ces ex&#233;cutions ill&#233;gales ont &#233;t&#233; accompagn&#233;es d'assassinats (une centaine), de d&#233;tentions et de tortures (environ 500 cas) perp&#233;tr&#233;s sur l'ensemble de la p&#233;riode 1966-1973, selon les d&#233;nonciations des Montoneros (Gillespie, 1987 : 148). La r&#233;pression ill&#233;gale coexistait avec une strat&#233;gie de cr&#233;ation de dispositifs l&#233;gaux destin&#233;s &#224; punir la violence politique. En mai 1971, le pr&#233;sident militaire Alejandro Agust&#237;n Lanusse a cr&#233;&#233; avec la loi 19.053 la Chambre F&#233;d&#233;rale de la Nation en mati&#232;re P&#233;nale (C&#225;mara Federal en lo Penal de la Naci&#243; n ) qui est comp&#233;tente sur l'ensemble du territoire national pour juger en derni&#232;re instance les crimes contre &#171; le syst&#232;me institutionnel argentin et qui affectent directement les plus hauts int&#233;r&#234;ts de la Nation &#187; (Mensaje de Elevaci&#243;n del Proyecto - Jurisprudencia Argentina, Anuario de Legislaci&#243;n Nacional &#8211; Provincial, Tome 1971a : 407).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, apr&#232;s sept ann&#233;es de r&#233;gime militaire, les organisations arm&#233;es &#233;taient toujours pr&#233;sentes sur la sc&#232;ne politique ; dans certains cas, leur pouvoir d'attraction et leur influence politique ont m&#234;me augment&#233;. Tandis que les organisations gu&#233;varistes ont poursuivi leur strat&#233;gie militariste, les Montoneros ont capitalis&#233; l'espoir du retour du p&#233;ronisme au pouvoir par la voie &#233;lectorale ; cet espoir est n&#233; du d&#233;membrement du Grand Accord National par Per&#243;n et par le succ&#232;s des alliances entre les diff&#233;rentes forces politiques qui r&#233;clamaient un processus &#233;lectoral &#171; sans vetos ni interdits &#187;. Dans ce contexte nouveau, les Montoneros ont r&#233;vis&#233; leur strat&#233;gie, se sont concentr&#233;s sur les activit&#233;s l&#233;gales et ont articul&#233; leurs actions avec celles des diff&#233;rentes organisations de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'unir les diff&#233;rents fronts de lutte, la victoire &#233;lectorale du p&#233;ronisme en 1973 et son retour au pouvoir ont rendu flagrante la polarisation id&#233;ologique au sein des organisations politiques. &#192; l'occasion du retour tant attendu de Per&#243;n apr&#232;s 18 ans d'exil, les diff&#233;rentes composantes du p&#233;ronisme ont mesur&#233; leurs forces respectives, ce qui a d&#233;bouch&#233; sur un affrontement arm&#233; entre les secteurs &#171; r&#233;volutionnaires &#187; du p&#233;ronisme et ses expressions plus &#171; orthodoxes &#187; li&#233;es &#224; la &#171; bureaucratie syndicale &#187; au cours du &#171; massacre d'Ezeiza &#187;. Rapidement, le chef du gouvernement s'est inclin&#233; en faveur de ces derniers. Une mesure embl&#233;matique a &#233;t&#233; la r&#233;forme du Code P&#233;nal introduisant des peines plus s&#233;v&#232;res pour les actions de gu&#233;rilla que celles en vigueur sous le r&#233;gime militaire, et qui a autoris&#233; la r&#233;pression des gr&#232;ves consid&#233;r&#233;es ill&#233;gales (De Riz, 2000 : 149). Apr&#232;s la mort de Per&#243;n, en juillet 1974, l'aile r&#233;volutionnaire du mouvement a d&#233;cid&#233; de reprendre ses actions clandestines. La strat&#233;gie initiale de conserver des organisations de &#171; surface &#187; a &#233;chou&#233; rapidement : il &#233;tait devenu &#233;vident que les diff&#233;rentes organisations de masse des jeunesses p&#233;ronistes, qui participaient &#224; la d&#233;nomm&#233;e Tendance R&#233;volutionnaire, s'identifiaient fortement avec les Montoneros ; ils &#233;taient donc trop vuln&#233;rables &#224; la r&#233;pression pour jouer le r&#244;le de vitrine l&#233;gale au service de leur strat&#233;gie politique. &#192; partir de cette date, la militarisation croissante de l'organisation a &#233;t&#233; per&#231;ue comme un progr&#232;s politique. Cette escalade militaire a &#233;rod&#233; le travail de liaison avec les masses et s'est traduit dans la pratique par une plus grande sophistication militaire pour contrebalancer la perte d'appui social. Les &#171; tra&#238;tres &#187; du mouvement p&#233;roniste sont devenus la cible de l'organisation, ainsi que certains patrons des grands monopoles, et les &#171; uniformes &#187; (c'est-&#224;-dire les membres de l'arm&#233;e et les paramilitaires). Les plans de leurs op&#233;rations militaires envisageaient une action conjointe avec les organisations gu&#233;varistes. Mais m&#234;me au cours de cette escalade militaire et de ce processus d'isolement social, ils ont conserv&#233; un ennemi bien d&#233;fini et n'ont pas commis d'actes terroristes au hasard dans des lieux publics fr&#233;quent&#233;s, comme le terrorisme europ&#233;en. Toutefois, puisque la terreur est par d&#233;finition un ph&#233;nom&#232;ne subjectif, sa d&#233;finition est en partie soumise aux circonstances sp&#233;cifiques, qui sont &#233;galement d&#233;terminantes pour distinguer si un acte de violence individuel est &#171; terroriste &#187; ou non (Gillespie, 1987 : 109). Cet argumentaire a &#233;t&#233; propos&#233; par Gillespie (1987) pour r&#233;pondre au d&#233;bat th&#233;orique sur la distinction entre les m&#233;thodes de la gu&#233;rilla urbaine et celles du terrorisme politique. Mais il existe aussi un &#171; tabou nominaliste &#187; partag&#233; par de nombreux acteurs qui ont r&#233;pugn&#233;, dans la p&#233;riode post-dictature, &#224; utiliser le terme &#171; terrorisme &#187; pour d&#233;signer les pratiques arm&#233;es des ann&#233;es 60 et 70 : les protagonistes eux-m&#234;mes, les agents de m&#233;moire, et certains analystes des sciences sociales (Vezzeti, 2009 : 83).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision des Montoneros de revenir &#224; la clandestinit&#233; en 1974 ne constituait pas seulement une r&#233;ponse &#224; la perception de l'&#233;puisement des possibilit&#233;s l&#233;gales, mais aussi, en bonne partie, une strat&#233;gie d&#233;fensive face &#224; l'offensive croissante de groupes paramilitaires tels que &#171; l'alliance anticommuniste argentine &#187; ou le &#171; commando des lib&#233;rateurs de l'Am&#233;rique &#187; li&#233;s &#224; des fonctionnaires de l'appareil d'&#201;tat, et qui sont responsables d'au moins 900 assassinats pendant la p&#233;riode 1973-1975 (Novaro et Palermo, 2003 : 73).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de l'ann&#233;e 1974, l'assassinat du chef de la Police F&#233;d&#233;rale, Alberto Villar, par les Montoneros, a provoqu&#233; la d&#233;claration de l'&#233;tat de si&#232;ge, alors que, parall&#232;lement, se multipliaient les d&#233;tentions de personnes &#224; la disposition du pouvoir ex&#233;cutif ; lors du coup d'&#201;tat de 1976, le nombre de d&#233;tenus s'&#233;levait &#224; 5.182 (CONADEP, 1984 : 408). La publication en 1975 du d&#233;cret pr&#233;sidentiel N&#176;261 (02/02/1975), ent&#233;rin&#233; par le Congr&#232;s, ordonnant &#171; l'an&#233;antissement des activit&#233;s subversives &#187; dans la province de Tucum&#225;n, cherchait essentiellement &#224; &#233;teindre le foyer d'insurrection de l'ERP. Ce genre de mesures, prises sous le gouvernement civil de Mar&#237;a Estela Mart&#237;nez de Per&#243;n, a rendu possible l'incorporation d'anciens groupes paramilitaires &#224; la bureaucratie r&#233;pressive sp&#233;cialis&#233;e. La d&#233;nomm&#233;e &#171; Op&#233;ration Ind&#233;pendance &#187;, mise en oeuvre &#224; Tucum&#225;n, a test&#233; &#224; petite &#233;chelle des proc&#233;d&#233;s de r&#233;pression clandestine qui seraient amplifi&#233;s et perfectionn&#233;s durant la derni&#232;re dictature militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du coup d'&#201;tat de 1976, le syst&#232;me de la &#171; disparition &#187; de personnes a &#233;t&#233; appliqu&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale et a acquis une sophistication bureaucratique gr&#226;ce &#224; l'utilisation des ressources et des installations de l'&#201;tat : la disparition est devenue la modalit&#233; r&#233;pressive par excellence (cf. Calveiro, 2006). Si, apr&#232;s l'intervention militaire, la junte de gouvernement compos&#233;e par les trois forces de l'arm&#233;e (Arm&#233;e de Terre, Arm&#233;e de l'Air, Marine) a &#233;tabli des conseils de guerre militaires habilit&#233;s &#224; prononcer la peine capitale, cet instrument n'a &#233;t&#233; utilis&#233; que dans des cas consid&#233;r&#233;s comme pr&#233;sentant une &#171; dangerosit&#233; minimale &#187; ; la majorit&#233; d'entre eux ont ainsi &#233;t&#233; condamn&#233;s apr&#232;s avoir circul&#233; dans le syst&#232;me ill&#233;gal (Novaro et Palermo, 2003 : 82). De fait, la strat&#233;gie r&#233;pressive n'&#233;tait plus structur&#233;e autour du syst&#232;me p&#233;nitentiaire l&#233;gal mais autour du syst&#232;me clandestin de d&#233;tention et de disparition de personnes. Cette strat&#233;gie, qui serait conceptualis&#233;e par la suite comme un &#171; terrorisme d'&#201;tat &#187;, s'est fond&#233;e sur une division proportionnelle du territoire national qui d&#233;finissait les zones d'influence des diff&#233;rentes forces arm&#233;es. Sous la dictature, des zones sp&#233;ciales sous la juridiction de la Marine et de l'Arm&#233;e de l'Air ont &#233;t&#233; ajout&#233;es &#224; la division en cinq zones trac&#233;e par l'Arm&#233;e de Terre en 1975 (chacune de ces zones correspondant &#224; un corps). Mais la litt&#233;rature diverge sur ce point. V&#225;zquez a relev&#233; l'existence de quatre zones, et non de cinq : la Patagonie sous le contr&#244;le du 5e corps de l'Arm&#233;e, la capitale f&#233;d&#233;rale sous le premier, le littoral sous le second et le Nord sous le troisi&#232;me (V&#225;zquez, 1985 : 28). &#192; leur tour, les zones &#233;taient divis&#233;es en sous-zones sous la responsabilit&#233; de brigades, et les sous-zones en territoires sous la responsabilit&#233; de diff&#233;rents r&#233;giments (Novaro et Palermo, 2003 : 118). Pendant cette p&#233;riode, on a enregistr&#233; l'existence de 340 centres clandestins de d&#233;tention (CCD) dans 11 des 23 provinces argentines. Dans certains cas, il s'agissait de cellules qui fonctionnaient d&#233;j&#224; auparavant comme des lieux de d&#233;tention. Dans d'autres, ils ont &#233;t&#233; ouverts dans des locaux civils, de police ou des zones militaires. Les CCD avaient une double direction : d'une part, les d&#233;nomm&#233;s &#171; Groupe de Travail &#187; (GT, Grupo de tare a ) ou &#171; patota s &#187; (groupes de choc), compos&#233;s de la force arm&#233;e &#224; laquelle appartenait le local, sous la direction d'un chef, et, d'autre part, les responsables de chaque zone en question (CONADEP, 1984 : 257). Cette m&#233;canique &#233;tait articul&#233;e aux r&#233;seaux du renseignement militaire et civil, qui se chargeaient de suivre, ficher et classifier les victimes potentielles, d'archiver l'information obtenue des personnes enlev&#233;es, et d'&#233;laborer les rapports pour la hi&#233;rarchie militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence des &#171; op&#233;rations &#187; men&#233;es par les GT suivait un modus operandi relativement stable. Le premier pas reposait sur la coordination des diff&#233;rentes forces r&#233;pressives. Cela supposait de demander le &#171; feu vert &#187; &#224; la Police pour pouvoir agir. Une fois que la voie &#233;tait libre, on proc&#233;dait &#224; l'enl&#232;vement de la victime, depuis son domicile l&#233;gal (62%), sur la voie publique (24,6%), sur son lieu de travail (7%) ou d'&#233;tudes (6%). La majorit&#233; des enl&#232;vements &#233;tait r&#233;alis&#233;e de nuit (62%) (CONADEP, 1984 : 17, 25). La victime &#233;tait alors enlev&#233;e (&#171; aspir&#233;e &#187;, chupad a ), encagoul&#233;e (&#171; emmur&#233;e &#187;, tabicad a ), et intern&#233;e dans un CCD. Le rite initiatique &#233;tait alors la torture pour obtenir le plus d'information le plus vite possible ; dans de nombreux cas, cependant, la torture tant physique que psychologique se prolongeait pendant la p&#233;riode de captivit&#233;. Selon la Commission Nationale sur la Disparition des Personnes (CONADEP), l'&#233;ventail des m&#233;thodes utilis&#233;es &#171; saisit d'effroi par l'imagination d&#233;ploy&#233;ee &#187; (1984 :26). La d&#233;shumanisation de la victime identifi&#233;e par un num&#233;ro, ainsi que les terribles conditions sanitaires et alimentaires de la d&#233;tention faisaient partie de ce tortueux processus. Il pouvait aboutir &#224; la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; ou int&#233;gration au staff de la r&#233;pression, &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187;, g&#233;n&#233;ralement associ&#233;e &#224; une l&#233;galisation par la mise &#224; la disposition du pouvoir ex&#233;cutif, ou au &#171; transfert &#187;, synonyme d'assassinat et de disparition du corps. &#171; L'op&#233;ration &#187; incluait le saccage des biens de la victime au moment de l'enl&#232;vement &#224; son domicile, ou lors d'une deuxi&#232;me incursion. Le &#171; tr&#233;sor de guerre &#187; incluait les b&#233;b&#233;s qui &#233;taient d&#233;tenus avec leur m&#232;res ou n&#233;s en captivit&#233;, vol&#233;s puis donn&#233;s en adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception de la r&#233;pression a la particularit&#233; d'avoir fonctionn&#233; comme une m&#233;canique d'engrenage, dont la segmentation divisait le travail en diluant les responsabilit&#233;s et donnait aux proc&#233;d&#233;s une apparence bureaucratique (r&#233;p&#233;tition de t&#226;ches routini&#232;res et m&#233;caniques), tout en r&#233;ussissant &#224; impliquer une grande partie de l'ensemble de la corporation militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la &#171; lutte contre la subversion &#187; ait fonctionn&#233; comme un puissant facteur de coh&#233;sion interne, et de l&#233;gitimation externe des forces de s&#233;curit&#233;, elle n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e par les nombreux conflits &#224; l'int&#233;rieur et entre les forces arm&#233;es (Canelo, 2004). Le soul&#232;vement du commandant du III corps de l'Arm&#233;e, Luciano B. Men&#233;ndez, contre le commandant en chef Roberto Viola, face &#224; la &#171; lib&#233;ration &#187; du d&#233;tenu Jacobo Timerman, ex-directeur du Journal La Opini&#243; n le 28 ao&#251;t 1979 est un exemple embl&#233;matique de ces tensions (Canelo, 2004 : 286). &#192; son tour, la strat&#233;gie r&#233;pressive a impliqu&#233; la participation de civils qui, pragmatiquement, se sont faits l'&#233;cho de la n&#233;cessit&#233; d'&#171; &#233;radiquer la subversion en Argentine &#187;. Ce processus a &#233;t&#233; porteur d'une rationalisation des diverses structures institutionnelles : entreprises, &#233;coles, syndicats, &#233;glises&#8230; Par exemple, la d&#233;nonciation de soi-disant &#171; terroristes &#187; a souvent &#233;t&#233; une mani&#232;re efficace de r&#233;soudre des probl&#232;mes syndicaux. Le cas de l'usine Ford, dans la ville de General Pacheco (Province de Buenos Aires), o&#249; a fonctionn&#233; un CCD pendant plusieurs mois, en est un exemple paradigmatique (Novaro et Palermo 2003 : 115).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux responsabilit&#233;s, &#171; le fonctionnement de l'appareil r&#233;pressif clandestin impliquait ainsi le haut commandement des forces arm&#233;es (presque au complet dans l'Arm&#233;e de terre), plusieurs milliers d'officiers et de sous-officiers militaires et policiers, et un nombre consid&#233;rable d'agents civils &#187; (Novaro et Palermo 2003 : 118).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement pr&#233;cipit&#233; du r&#233;gime apr&#232;s la d&#233;faite dans la guerre des Malouines a acc&#233;l&#233;r&#233; la transition vers la d&#233;mocratie, tout en activant des m&#233;canismes corporatistes destin&#233;s &#224; clore la question des responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des crimes perp&#233;tr&#233;s. Le &#171; document final de la junte militaire sur la subversion et la lutte contre le terrorisme &#187; a &#233;t&#233; publi&#233; &#224; cet effet, tout comme l'approbation de la loi 22.924 de &#171; pacification nationale &#187;, connue comme la loi d'&#171; autoamnistie &#187;. Les deux textes consacraient la non-r&#233;vision de ce qui avait &#233;t&#233; fait dans la &#171; lutte contre la subversion &#187; ; la seconde d&#233;clarait, dans son article 1er &#171; caduques les actions p&#233;nales li&#233;es aux d&#233;lits commis par motivation ou dans une finalit&#233; terroriste ou subversive, depuis le 25 mai 1973 jusqu'au 17 juin 1982. Le b&#233;n&#233;fice de cette loi s'&#233;tend donc &#224; tous les faits de nature p&#233;nale r&#233;alis&#233;s &#224; l'occasion ou au motif des actions destin&#233;es &#224; pr&#233;venir, emp&#234;cher ou mettre fin aux activit&#233;s terroristes ou subversives en question, quelle qu'ait &#233;t&#233; leur nature ou le bien juridique l&#233;s&#233;. Les effets de cette loi concernent les auteurs, participants, instigateurs, les complices ou complices par omission et comprend les d&#233;lits communs connexes et les d&#233;lits militaires connexes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'Argentine de 1976 est li&#233;e aux mobilisations prol&#233;tariennes en Am&#233;rique latine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte des ouvriers de la ville industrielle de Cordoba en 1969 a &#233;t&#233; particuli&#232;rement importante. Elle a donn&#233; lieu &#224; une semaine de confrontation arm&#233;e entre le prol&#233;tariat et l'arm&#233;e argentine, et a constitu&#233; un formidable stimulant aux luttes &#224; travers l'Argentine, l'Am&#233;rique latine et le monde. Elle a &#233;t&#233; le d&#233;but d'une vague de luttes qui a culmin&#233; en Argentine en 1975, avec la lutte des m&#233;tallurgistes de Villa Constituci&#243;n, le centre de production d'acier le plus important du pays. Les travailleurs de Villa Constituci&#243;n ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; la pleine puissance de l'Etat, la classe dominante souhaitant faire un exemple de l'&#233;crasement de leur lutte. Il en est r&#233;sult&#233; un tr&#232;s haut niveau de confrontation entre bourgeoisie et prol&#233;tariat : &#034;La ville a &#233;t&#233; plac&#233;e sous l'occupation militaire de 4.000 hommes... Le ratissage syst&#233;matique de chaque quartier et l'emprisonnement d'ouvriers (...) ne firent que provoquer la col&#232;re des ouvriers : 20.000 travailleurs de la r&#233;gion se sont mis en gr&#232;ve et ont occup&#233; les usines. Malgr&#233; des assassinats et le bombardement de maisons ouvri&#232;res, un Comit&#233; de Lutte s'est imm&#233;diatement cr&#233;&#233; en dehors du syndicat. A quatre reprises, la direction de la lutte a &#233;t&#233; emprisonn&#233;e ; mais &#224; chaque fois, le Comit&#233; resurgissait, plus fort qu'avant. Comme &#224; Cordoba en 1969, des groupes d'ouvriers arm&#233;s ont pris en charge la d&#233;fense des quartiers ouvriers et ont mis fin aux activit&#233;s des bandes paramilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action des ouvriers sid&#233;rurgistes et m&#233;tallurgistes qui demandaient une augmentation de salaire de 70% a rapidement b&#233;n&#233;fici&#233; de la solidarit&#233; des travailleurs d'autres entreprises du pays, &#224; Rosario, Cordoba et Buenos Aires. Dans cette derni&#232;re ville, par exemple, les ouvriers de Propulsora, qui &#233;taient entr&#233;s en gr&#232;ve par solidarit&#233; et avaient arrach&#233; toutes les augmentations de salaires qu'ils exigeaient (130.000 pesos par mois), ont d&#233;cid&#233; de donner la moiti&#233; de leur salaire aux ouvriers de Villa Constituci&#243;n&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, c'est en d&#233;fense de leurs propres int&#233;r&#234;ts de classe que les ouvriers au Chili, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, ont refus&#233; les sacrifices que leur demandait le gouvernement d'Unit&#233; Populaire d'Allende : &#034;La r&#233;sistance de la classe ouvri&#232;re &#224; Allende a commenc&#233; en 1970. En d&#233;cembre 1970, 4 000 mineurs de Chuquicamata se mettaient en gr&#232;ve, exigeant des salaires plus &#233;lev&#233;s. En juillet 1971, 10 000 mineurs cessaient le travail &#224; la mine Lota Schwager. Quasiment en m&#234;me temps, de nouvelles gr&#232;ves se r&#233;pandent dans les mines de El Salvador, El Teniente, Chuquicamata, La Exotica et Rio Blanco, demandant des augmentations de salaires... En mai-juin 1973, les mineurs se remettaient en mouvement. 10 000 d'entre eux partaient en gr&#232;ve dans les mines de El Teniente et Chuquicamata. Les mineurs de El Teniente exigeaient une augmentation de 40%. C'est Allende qui a plac&#233; les provinces de O'Higgins et de Santiago sous contr&#244;le militaire, parce que la paralysie de El Teniente constituait une s&#233;rieuse menace pour l'&#233;conomie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des luttes importantes se sont d&#233;roul&#233;es &#233;galement dans d'autres concentrations prol&#233;tariennes significatives d'Am&#233;rique latine. Au P&#233;rou en 1976, des gr&#232;ves semi-insurrectionnelles &#233;clataient &#224; Lima et &#233;taient &#233;cras&#233;es dans le sang. Quelques mois apr&#232;s, les mineurs de Centramin se mettaient en gr&#232;ve. En Equateur, avait lieu une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Riobamba. Au Mexique avait lieu une vague de luttes en janvier de la m&#234;me ann&#233;e. En 1978, de nouveau des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales au P&#233;rou. Et au Br&#233;sil, apr&#232;s 10 ans de pause, 200 000 ouvriers m&#233;tallurgistes se mettaient &#224; la t&#234;te d'une vague de gr&#232;ves qui dura de mai &#224; octobre. Au Chili, en 1976, les gr&#232;ves reprenaient chez les employ&#233;s du m&#233;tro de Santiago et dans les mines. En Argentine, malgr&#233; la terreur impos&#233;e par la junte militaire, des gr&#232;ves &#233;clataient &#224; nouveau en 1976, dans l'&#233;lectricit&#233;, l'automobile &#224; Cordoba avec des affrontements violents avec les forces de l'arm&#233;e. En Bolivie, au Guatemala, en Uruguay, toutes ces ann&#233;es ont &#233;galement &#233;t&#233; marqu&#233;es par la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La suite des &#233;v&#233;nements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Argentine : De la crise &#233;conomique &#224; la crise sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon &#233;l&#232;ve du FMI est donc devenu d'un seul coup sa b&#234;te noire. D&#233;faut de paiement de la dette, d&#233;valuation, activit&#233; industrielle en chute libre, banques menac&#233;es de faillite. Une bonne partie de la petite bourgeoisie, soutien traditionnel du r&#233;gime, tombe dans le paup&#233;risme, lequel touche d&#233;sormais 45 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 19 et 20 d&#233;cembre 2002, la population a affront&#233; les forces de l'ordre durant deux jours dans les rues de Buenos Aires : la police a fait plus de trente morts, des milliers de bless&#233;s et des milliers d'arrestations sans parvenir &#224; se faire craindre. Le calme n'est revenu que lorsque le ministre de l'&#233;conomie, le d&#233;test&#233; Domingo Cavallo, et le pr&#233;sident Fernando De la Rua ont d&#233;missionn&#233; et lev&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, on se repasse le pouvoir en haut lieu comme une patate chaude : quatre pr&#233;sidents (Saa, Puerta, Camano, Duhalde) se succ&#232;dent en quelques jours. Le dernier en date, Eduardo Duhalde, s'est vant&#233; d'arr&#234;ter la crise sociale en ouvrant &#171; un vaste dialogue &#187; et en d&#233;valuant le peso : les concerts de casseroles se sont poursuivis et les manifestations d'ouvriers et de ch&#244;meurs n'ont pas faibli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement populaire des 19 et 20 d&#233;cembre 2002 a &#233;t&#233; une surprise. Mais la crise sociale couvait depuis deux ans. C'est ce que montre le d&#233;veloppement de la situation depuis l'ann&#233;e 2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;conomique &#224; la chute de Carlos Menem en d&#233;cembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Menem quitte la pr&#233;sidence en d&#233;cembre 1999, il laisse &#224; son successeur, Fernando De la Rua, une situation &#233;conomique au bord du gouffre. Il a financ&#233; la dette du pays en privatisant tous les biens de l'&#201;tat mais aussi en arrimant le peso au dollar. Le capital &#233;tranger se pr&#233;cipite : 90 % des banques et 40 % de la production appartiennent &#224; des trusts essentiellement espagnols, fran&#231;ais et am&#233;ricains. S'ensuit une prosp&#233;rit&#233; &#233;ph&#233;m&#232;re avec la formation d'une petite bourgeoisie nombreuse, se fondant sur l'entr&#233;e massive des capitaux &#233;trangers sans un d&#233;veloppement des exportations permettant de compenser les sorties de b&#233;n&#233;fices. L'Argentine &#233;tait alors le pays des fortunes faciles pour les possesseurs de capitaux, proposant le plus fort taux de profit de toute l'Am&#233;rique latine. Les capitaux internationaux ont rapatri&#233; des profits colossaux, laissant le pays exsangue. Les Argentins fortun&#233;s ont suivi le mouvement, faisant sortir du pays environ 150 milliards de dollars, l'&#233;quivalent de la dette publique. Compagnies des eaux et t&#233;l&#233;coms espagnols et fran&#231;ais ont rendu les services en question inaccessibles aux plus pauvres (l'eau, simple exemple, a augment&#233; de 400 % dans certaines provinces !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent du FMI sert exclusivement &#224; financer le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette ext&#233;rieure, de plus en plus exorbitants. Les agios sont pass&#233;s de 25,4 % &#224; 58,2 % de 1994 &#224; 1998. Dans le m&#234;me temps, la part du paiement des int&#233;r&#234;ts est pass&#233; de 25 % &#224; 81 % des exportations. La seule augmentation du co&#251;t des int&#233;r&#234;ts de la dette repr&#233;sente 7 milliards de dollars en quatre ans, &#224; comparer au petit milliard que le FMI a refus&#233; en d&#233;cembre dernier. Tr&#232;s vite, il est clair que De la Rua va poursuivre la politique d'aust&#233;rit&#233; dict&#233;e par le FMI : r&#233;duction des d&#233;penses publiques, r&#233;duction des salaires et des emplois, attaques contre la sant&#233;, l'&#233;ducation et tous les services publics au nom du credo du &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187;. Certaines manifestations auront lieu sur ce seul mot d'ordre : &#171; &#224; bas le d&#233;ficit z&#233;ro &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul &#233;conomique, qui avait d&#233;but&#233; en 1998, ne s'arr&#234;te plus. Les partisans de l'&#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; ont tu&#233; le march&#233; ! Les mesures d'aust&#233;rit&#233;, la baisse du niveau de vie (y compris de la petite bourgeoisie), &#233;crasent la demande int&#233;rieure alors que la production nationale vise tr&#232;s peu l'exportation. Fermetures d'usines, licenciements, nouvel effondrement de la consommation solvable. C'est l'effet boule de neige de la r&#233;cession.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai 2000 : les ch&#244;meurs affrontent le pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mai 2000, le mouvement des ch&#244;meurs conna&#238;t &#224; Tartagal et Mosconi (dans la r&#233;gion de Salta, zone de grande pauvret&#233; &#224; la fronti&#232;re de la Bolivie) ses premiers affrontements directs avec le pouvoir. Les fameux piqueteros sont des groupes de ch&#244;meurs (le piquete) qui organisent les coupures de route reprenant le mode d'action initi&#233; par les ch&#244;meurs en 1996. Ils r&#233;clament des aides et du travail. Ils re&#231;oivent le soutien des villageois du voisinage qui participent volontiers &#224; certaines de leurs mobilisations. Leur organisation et leurs actions contribuent &#224; changer le climat de d&#233;sespoir parmi les sans travail. Salta va &#234;tre un exemple pour tous les piqueteros d'Argentine et d'abord dans tous les quartiers mis&#233;rables du nord de la r&#233;gion : on peut se faire respecter et obtenir des aides si on s'organise et se fait craindre. Par contre, les forces de l'ordre ne prennent pas de gants avec les ch&#244;meurs. Les bless&#233;s et les arrestations se multiplient. Il y aura bient&#244;t des morts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Printemps et &#233;t&#233; 2000 : gr&#232;ves, journ&#233;es nationales et &#171; tr&#234;ves syndicales &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars et avril 2000, la l&#233;gislation du travail propos&#233;e par le gouvernement de De la Rua est contest&#233;e dans de nombreuses manifestations ouvri&#232;res qui culminent par une journ&#233;e nationale de gr&#232;ve le 5 mai 2000. Suite &#224; cette gr&#232;ve, le syndicat CGT scissionne pour donner la &#171; CGT rebelle &#187; : une partie de la bureaucratie de la CGT tente de mettre &#224; son cr&#233;dit l'envie d'en d&#233;coudre des travailleurs du secteur des transports qui contestent l'alignement de la CGT sur le pouvoir et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Juin 2000, deuxi&#232;me journ&#233;e nationale de gr&#232;ve contre De la Rua, suite aux gr&#232;ves des fonctionnaires contre une r&#233;duction de 10 % de leurs salaires. En fait, la bureaucratie syndicale, la CGT officielle franchement, les deux autres centrales en faisant semblant de s'y opposer, ne cherche nullement &#224; favoriser une mont&#233;e des luttes, mais signe imm&#233;diatement une nouvelle tr&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les limites mises par les directions syndicales, des syndicalistes locaux parviennent &#224; impulser des luttes dans plusieurs secteurs comme le transport, les raffineries de sucre, le secteur du poisson et les c&#233;ramistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Octobre 2000 : les c&#233;ramistes de l'usine zanon, &#224; neuquen, entrent en lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 octobre 2000, les ouvriers de la plus grande usine de production de c&#233;ramique du pays, celle de Zanon &#224; Neuquen (une ville &#224; l'ouest de Buenos Aires comprenant quatre usines de c&#233;ramique), d&#233;butent une lutte pour des salaires impay&#233;s qui va devenir une lutte contre des licenciements, puis contre le lock-out et finalement contre la fermeture de l'entreprise. Cette lutte aura un impact national et dure encore aujourd'hui. Influenc&#233;s par des militants d'extr&#234;me gauche du PTS, les syndicalistes locaux du SOeCN , ne vont pas seulement couper des routes ou manifester. Ils vont chercher &#224; s'adresser aux travailleurs de toute la r&#233;gion, devenir un p&#244;le pour tous les militants ouvriers combatifs et contacter les travailleurs qui se battent dans le reste du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;meurs, ouvriers, hospitaliers et &#233;tudiants vont militer avec les ouvriers de Zanon. Ils vont constituer en janvier 2001 une r&#233;union intersyndicale qui tente de passer par-dessus les appareils syndicaux pour unir les luttes ouvri&#232;res et encourager les travailleurs qui m&#232;nent des luttes difficiles contre les fermetures et les licenciements. Ils vont ainsi obtenir que les ouvriers emprisonn&#233;s soient lib&#233;r&#233;s et qu'on leur reconnaisse le droit de se servir des stocks pour payer les salaires dus. Ils vendront des c&#233;ramiques dans le pays, que les travailleurs ach&#232;tent au nom de la solidarit&#233; ouvri&#232;re. Ils fourniront &#233;galement en c&#233;ramiques des h&#244;pitaux (qui n'ont pas de fonds pour se payer le rev&#234;tement des murs) afin de d&#233;montrer que les travailleurs seraient bien plus efficaces pour g&#233;rer les probl&#232;mes sans les profiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 2000 : gr&#233;vistes et piqueteros se rejoignent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois de novembre 2000, la mobilisation des ch&#244;meurs conna&#238;t une nouvelle mont&#233;e, atteignant Matanza, un quartier de plusieurs millions de travailleurs (dont une forte proportion de ch&#244;meurs) aux portes de Buenos Aires, la capitale. Les quartiers de Matanza s'organisent, forment des assembl&#233;es, choisissent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, unifient leur lutte. Des milliers de ch&#244;meurs coupent les routes et sont suivis par d'autres r&#233;gions, dans le sud. A Tartagal (dans la province de Salta dans le Nord) o&#249; les ch&#244;meurs s'&#233;taient d&#233;j&#224; mobilis&#233;s, les travailleurs licenci&#233;s d'une entreprise de transports coupent eux aussi les routes. Un travailleur du transport est assassin&#233; par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'&#233;motion g&#233;n&#233;rale, les centrales syndicales organisent une gr&#232;ve nationale de 36 heures les 23 et 24 novembre. La gr&#232;ve n'a pas le train-train syndical habituel. Les gens ne rentrent pas chez eux mais font des piquets, barrent les routes, les ponts, les rues de Buenos Aires. Aux six millions et demi de gr&#233;vistes s'est rajout&#233;e l'activit&#233; de plus de 150 000 piqueteros. Pour la premi&#232;re fois, ch&#244;meurs et ouvriers se sont unis pour agir &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, par trois fois au cours de l'ann&#233;e 2000 (en mars, juin et novembre), la mobilisation des travailleurs et des ch&#244;meurs a grimp&#233;. A chaque fois, les directions syndicales ont commenc&#233; par freiner au maximum, puis ont appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action pour finalement signer une nouvelle tr&#234;ve avec le gouvernement, cassant net la mont&#233;e ouvri&#232;re. Avec quelques nuances, les trois centrales syndicales se sont pr&#234;t&#233;es aux m&#234;mes manoeuvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mars 2001 : et un ministre de l'&#233;conomie de moins, un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 d&#233;cembre 2000, le gouvernement met en place le corralito ce petit corral signifie le parc &#224; enfants pour encadrer les sorties d'argent des particuliers : limit&#233;s &#224; 1000 pesos par semaine et 10 000 pesos pour la sortie du pays. Cette mesure va entra&#238;ner des difficult&#233;s consid&#233;rables pour les commer&#231;ants et les petits entrepreneurs qui ont d&#233;j&#224; vu leurs revenus diminuer de plus de 20 % du fait de la r&#233;cession et ne disposent plus de liquidit&#233;s. Elle va entra&#238;ner une v&#233;ritable r&#233;volte de la petite bourgeoisie qui voit ses &#233;conomies vol&#233;es pour aider les banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2001, le ministre de l'&#233;conomie Lopez Murphy, pr&#233;voit des coupes claires dans le budget de l'&#201;tat et des collectivit&#233;s locales. Trop de secteurs sont menac&#233;s en m&#234;me temps et la col&#232;re se propage rapidement. Directement menac&#233;s, les fonctionnaires : les enseignants r&#233;agissent imm&#233;diatement par 48 heures de gr&#232;ve. Le 20 mars, le mouvement des ch&#244;meurs reprend dans la banlieue de Buenos Aires. Le 21 mars, la CGT dissidente, dite &#171; rebelle &#187;, et la Central de los Trabajadores de Argentina appellent &#224; une nouvelle journ&#233;e nationale de gr&#232;ve. Le ministre est finalement contraint de d&#233;missionner. Mais cela ne signifie pas que le mouvement a fait reculer les classes dirigeantes qui remplacent Murphy par Domingo Cavallo, ancien ministre de l'&#233;conomie de Carlos Menem, chass&#233; d&#233;j&#224; par la mobilisation, et auparavant gouverneur de la Banque Centrale pendant les deux derni&#232;res ann&#233;es de la dictature (1976-1983).&lt;br class='autobr' /&gt;
2001 : multiplication des gr&#232;ves d&#233;fensives, r&#233;pression, radicalisation des formes d'action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2001, les travailleurs de l'a&#233;ronautique (pilotes, stewards, personnels au sol) entrent en lutte parce que les compagnies privatis&#233;es veulent imposer, sous menace de liquidation, 220 licenciements alors que depuis la privatisation 5000 emplois ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; supprim&#233;s. Leur lutte, avec blocage total des vols par des piquets et des manifestations de milliers de travailleurs, va durer des mois et avoir un grand &#233;cho dans la population car ils d&#233;noncent radicalement les privatisations et la mainmise par le capital international (espagnol en l'occurrence). Les syndicats du secteur s'appuyant sur la popularit&#233; du mouvement, organisent la solidarit&#233; (un concert de soutien va rassembler jusqu'&#224; 50 000 participants). La lutte de l'a&#233;ronautique sert de porte-drapeau &#224; la d&#233;nonciation des privatisations mais au nom du nationalisme puisque ce sont les patrons espagnols qui sont d&#233;sign&#233;s du doigt sous le slogan &#034;&#224; bas les gallegos ! (les Espagnols). La lutte est embl&#233;matique, mais les syndicats se gardent d'en faire le centre d'une mobilisation de tous les secteurs concern&#233;s par les m&#234;mes licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin 2001, dans la province de Salta (Nord-est), une coupure de route organis&#233;e par des ch&#244;meurs est violemment r&#233;prim&#233;e, faisant deux morts. La r&#233;volte et la mobilisation qui s'ensuit dans la r&#233;gion nord de Salta donnent naissance &#224; l'un des mouvements de ch&#244;meurs les plus actifs. Le 20 juin, les conflits violents se multiplient dans tout le pays. Les manifestants lib&#232;rent de prison leurs dirigeants emprisonn&#233;s. Le 24 juillet 2001 a lieu la premi&#232;re assembl&#233;e populaire de ch&#244;meurs &#224; l'&#233;chelle nationale, &#224; Matanza qui regroupent diverses coordinations de piqueteros. Elle vote un plan national de lutte. Au 31 juillet 2001, cette coordination de la lutte des ch&#244;meurs a un premier effet : une journ&#233;e de protestation au cours de laquelle des routes sont coup&#233;es un peu partout en m&#234;me temps aux abords des grandes villes dans tout le pays. Juillet et ao&#251;t vont conna&#238;tre un recrudescence d'actions. On est pass&#233; de 500 points de barrages de routes en 2000 &#224; 900 en 2001. On assiste &#224; une radicalisation des couches les plus pauvres, mais malheureusement, sans coordination avec la classe ouvri&#232;re en activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la classe ouvri&#232;re se bat, m&#234;me si c'est d&#233;fensivement. Le 16 juillet, le journal La Nacion titre : &#171; chiffre record des gr&#232;ves &#187;. Le 21 juillet 2001, c'est la journ&#233;e nationale de gr&#232;ve appel&#233;e par les syndicats contre le septi&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233; qui pr&#233;voit une diminution de 13 % des salaires et des retraites. La journ&#233;e est pr&#233;c&#233;d&#233;e, deux jours avant, par la gr&#232;ve des fonctionnaires : elle se termine par des incendies d'autobus, de wagons et de taxis &#224; Buenos Aires et des &#233;meutes dans des villes de l'int&#233;rieur du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes d&#233;fensives contre des licenciements se multiplient (entre autres &#224; Volswagen en juin, &#224; l'usine sid&#233;rurgique Aceros Zapla dans le nord, en septembre). Le 5 octobre 2001, c'est au tour des mineurs de Rio Turbio, une mine de charbon de la r&#233;gion de Santa Cruz, au sud du pays, de se battre contre des licenciements. Ils occupent les puits et maintiennent un piquet au fond. Ils occupent la municipalit&#233;, rendent publique leur action. Le 1er novembre, ils se joignent aux ch&#244;meurs de la r&#233;gion et coupent les routes de la Terre de Feu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Octobre 2001 : le vote de la col&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 octobre 2001, le m&#233;contentement social s'exprime &#233;galement sur le terrain &#233;lectoral par le &#171; voto bronca &#187; (le vote de la col&#232;re), qui d&#233;signe &#224; la fois le vote blanc (en Argentine le vote est obligatoire) et la mont&#233;e d'une opposition &#233;lectorale en dehors du clivage traditionnel entre p&#233;ronistes et radicaux. Mais l'&#233;crasante majorit&#233; des candidats de l'extr&#234;me gauche, ou d'opposition, n'a pu se pr&#233;senter que dans la capitale qui regroupe 40 % des Argentins. R&#233;sultat : 26,3 % d'abstentions en d&#233;pit de l'obligation de voter et 21,1 % de votes blancs ou nuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, et essentiellement sur Buenos Aires, la Gauche Unie (dont fait partie le groupe trotskyste MST) 574.923 voix, Parti Ouvrier 241 386, Autod&#233;termination et Libert&#233; 132 982, Parti des Travailleurs pour le Socialisme PTS trotskyste 105 354. Le PCR, un groupe d'extr&#234;me gauche parmi les plus implant&#233;s appelait au vote blanc ou nul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les &#233;lections ne font que refl&#233;ter le m&#233;contentement populaire qui se manifeste dans des luttes. En septembre 2001, les employ&#233;s de tous les services publics (&#233;coles, h&#244;pitaux et administrations) de la r&#233;gion de Misiones, au nord du pays &#224; la fronti&#232;re avec la Bolivie et le Paraguay, sont en gr&#232;ve totale pendant quinze jours. En octobre 2001, l'occupation de la mine de charbon de Rio Turbio, &#233;voqu&#233;e plus haut. D'octobre &#224; d&#233;cembre, les travailleurs de l'entreprise p&#233;troli&#232;re YPF m&#232;nent une lutte contre les licenciements avec l'appui de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cembre 2001 : le FMI d&#233;clare l'Argentine en faillite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2001, la banque nord-am&#233;ricaine d'investissement Morgan classe l'Argentine pays &#171; dangereux &#187;, en lui attribuant un indice de risque pour les investissements plus d&#233;favorable que le Nig&#233;ria ! Le FMI d&#233;clare que les projets gouvernementaux ne pr&#233;voient pas suffisamment d'augmentations d'imp&#244;ts, de baisses de salaires et de licenciements de fonctionnaires. D&#233;but d&#233;cembre, l'annonce par le FMI, sur un ton volontairement catastrophiste, qu'il refuse un pr&#234;t de 1264 millions de dollars donne le coup de gr&#226;ce. L'Argentine se retrouve en d&#233;faut de paiement de sa dette ext&#233;rieure et les financiers se retirent en catastrophe. Des milliards de dollars sortent du pays en quelques jours. Mais la crise n'a pas &#233;t&#233; une surprise pour tout le monde. Les riches argentins avaient pris leurs pr&#233;cautions et fait sortir massivement leurs capitaux (on estime l'&#233;vasion des fortunes &#224; plus de 130 milliards de dollars, soit 2/3 de la dette argentine) et s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s &#224; l'&#233;tranger ou dans les luxueuses stations baln&#233;aires de Mar del Plata, quelques semaines auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale a certes pris une nouvelle dimension avec la paup&#233;risation brutale de pans entiers des classes moyennes. Mais si la presse occidentale s'est &#233;mue de son sort, en invoquant surtout les restrictions bancaires (dans un pays o&#249; seuls 10 % des adultes disposent d'un compte courant), le caract&#232;re explosif des journ&#233;es des 19 et 20 d&#233;cembre est surtout l'aboutissement des luttes et de la contestation ouvri&#232;re (ch&#244;meurs compris) qui se sont accumul&#233;es et radicalis&#233;es depuis deux ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
13 au 18 d&#233;cembre : la temp&#234;te sociale commence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 d&#233;cembre 2001 la journ&#233;e de gr&#232;ve nationale, la septi&#232;me en deux ans du gouvernement De la Rua, a eu un effet important. Ce n'est pas d&#251; aux centrales syndicales, les deux CGT ayant appel&#233; sur des mots d'ordre tr&#232;s loin des pr&#233;occupations des travailleurs : arr&#234;t de la parit&#233; du peso et du dollar et d&#233;valuation... ce qui se r&#233;sume &#224; faire baisser le niveau de vie de la classe ouvri&#232;re. Les travailleurs &#224; pr&#232;s de 70 % ne sont pas all&#233;s au travail, mais lass&#233;s par les discours des bureaucrates se sont rendus peu nombreux aux manifestations. Mais chose nouvelle, pour la premi&#232;re fois, les petits commer&#231;ants ont baiss&#233; les stores. Les pillages de supermarch&#233;s (notamment Carrefour) dans les quartiers pauvres commencent. Il ne s'agit pas seulement de bandes mais de familles, d'ouvriers r&#233;cemment licenci&#233;s, de gens qui ont bascul&#233; du jour au lendemain dans la pauvret&#233; absolue. Le lundi pr&#233;c&#233;dant l'explosion, la gr&#232;ve des cheminots du Grand Buenos Aires s'&#233;tait heurt&#233;e &#224; une forte r&#233;pression de la police et l'on avait &#233;galement assist&#233; &#224; l'affrontement entre bureaucrates p&#233;ronistes et militants d'extr&#234;me gauche qui appelaient &#224; l'extension de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temp&#234;te sociale commence cette fois &#224; Buenos Aires (dont l'agglom&#233;ration comprend 40 % de la population argentine), alors que ce genre d'explosions, allant jusqu'&#224; des r&#233;voltes quasi-insurrectionnelles comme &#224; Jujuy dans le Nord, &#233;taient jusque-l&#224; plut&#244;t r&#233;serv&#233;es aux provinces de l'int&#233;rieur. Le blocage complet des transports en commun donne un caract&#232;re particuli&#232;rement fort &#224; la gr&#232;ve. Cette fois, les employ&#233;s de banque se sont joints au mouvement. Dans de nombreuses villes, les fonctionnaires en gr&#232;ve font cort&#232;ge commun avec les ch&#244;meurs. Les commer&#231;ants se rallient &#224; la gr&#232;ve ouvri&#232;re. Les ch&#244;meurs s'y rallient en coupant des routes. Les &#233;tudiants font de m&#234;me. C'est le concert pour d&#233;noncer les classes dirigeantes. Chacun son instrument : les commer&#231;ants avec des casseroles, les fonctionnaires avec les bombos (des grosses caisses), les camionneurs avec des bocinazos, concert de klaxons. La journ&#233;e est accompagn&#233;e de r&#233;voltes et d'&#233;meutes dans l'int&#233;rieur du pays : &#224; Neuquen, Cordoba, Rosario et Pergamino. A Neuquen, 5000 manifestants se heurtent aux forces de l'ordre. Le lendemain, des mouvements continuent comme celui des enseignants et des employ&#233;s de banque de La Plata, celui du personnel technique des entreprises a&#233;ronautiques se battant contre une r&#233;duction de salaires de 13 &#224; 25 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Front contre la pauvret&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 13 au 15 d&#233;cembre, c'est la grande op&#233;ration du Front contre la pauvret&#233;, le FRENAPO (Frente Nacional contra la Pobreza), un cartel d'organisations qui &#171; d&#233;nonce le mod&#232;le lib&#233;ral &#187;. La gauche r&#233;formiste tente de se construire en Argentine apr&#232;s des ann&#233;es de mainmise p&#233;roniste sur les milieux populaires. Ce n'est pas la premi&#232;re tentative. Il y avait eu dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes le Frente Grande. Mais l'essentiel de cette gauche avait fini dans les anciens partis politiques et particip&#233; au pouvoir. Le Front pour un Pays Solidaire (FREPASO) s'&#233;tait alli&#233; au parti radical Union Civique Radicale (UCR) en d&#233;cembre 1999 pour donner ... le gouvernement de la Rua !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le FRENAPO on trouve la f&#233;d&#233;ration syndicale social-d&#233;mocrate des enseignants et fonctionnaires, la Central de Tabajadores de Argentina CTA de De Gennaro, des mouvements de ch&#244;meurs dirig&#233;s par des mod&#233;r&#233;s comme Tierra y Viviendas de D'Elia, le P&#244;le Social du pr&#234;tre tiers-mondiste Luis Farinello, la gauche unie ou IU (qui rassemble notamment le Parti Communiste Argentin et le groupe trotskyste MST), les m&#232;res de la Place de Mai (qui ont tenu t&#234;te des ann&#233;es &#224; la dictature militaire pour d&#233;noncer la disparition de leurs enfants), le mouvement oecum&#233;nique des droits de l'homme de la soeur Pelloni et du rabbin Goldman et on y trouve aussi le banquier Heller et des politiciens qui ont vot&#233; bien des plans anti-sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum populaire du FRENAPO est organis&#233; pendant trois jours sous le nom de &#171; consultation pour le travail et la production &#187;. Il s'agit de r&#233;pondre oui ou non &#224; trois questions : &#234;tes-vous pour un contrat emploi-formation de 380 pesos pour les chefs de famille au ch&#244;mage, une aide de 60 pesos pour chaque enfant de moins de 18 ans et de 150 pesos pour les retrait&#233;s sans revenus. La consultation a &#233;t&#233; organis&#233;e avec l'aide du minist&#232;re de l'int&#233;rieur et de gouverneurs ou de politiciens de droite ou p&#233;ronistes. Ce front pour &#171; une redistribution plus &#233;galitaire des richesses &#187; ne pr&#244;ne absolument pas de faire payer les riches. Mais les milieux ouvriers et populaires y ont vu l'occasion de d&#233;noncer r&#233;ellement la pauvret&#233;, d'exprimer massivement des revendications et la participation a &#233;t&#233; massive (des millions de votants).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;meutes de la faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 d&#233;cembre commence &#224; Rosario (ville o&#249; eurent lieu il y a quelques ann&#233;es des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales violentes) et Mendoza le mouvement d'attaques des supermarch&#233;s, une &#233;meute de la faim qui allait se d&#233;velopper dans tout le pays, et atteindre la capitale le 19 d&#233;cembre. Des jeunes affam&#233;s, des m&#232;res de famille portant des enfants dans les bras, des ch&#244;meurs se groupent, organisent des colonnes pour attaquer les grandes surfaces. Le 16 d&#233;cembre, c'est la gr&#232;ve des chemins de fer contre un concessionnaire priv&#233; qui veut licencier 30 % du personnel et r&#233;duire les salaires. L'ensemble des cheminots a d&#233;cid&#233; de faire gr&#232;ve en solidarit&#233; en apprenant que le patron voulait seulement payer 70 % de la paie de novembre. C'est aussi la gr&#232;ve illimit&#233;e de dix mille camionneurs du nord du pays. Le 18 d&#233;cembre, des groupes de ch&#244;meurs attaquent des magasins dans de nombreuses villes (Rosario, Entre Rios, Mendoza, Santa Fe) et les saccages de supermarch&#233;s s'approchent de la capitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les journ&#233;es insurrectionnelles du 19 et 20 d&#233;cembre 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte n'a &#233;t&#233; pr&#233;vue ni organis&#233;e par personne m&#234;me si bien des militants de groupes de ch&#244;meurs, des syndicalistes de base ou de militants d'extr&#234;me-gauche y ont particip&#233;. Il s'est agi d'une explosion spontan&#233;e de col&#232;re populaire qui repr&#233;sentait toutefois un point culminant de plusieurs mois de luttes et d'exasp&#233;ration chez les ouvriers, employ&#233;s et ch&#244;meurs. C'est aussi le soir du 19 d&#233;cembre que cette mont&#233;e ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rejointe par la petite bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne sont pas seulement les concerts de casseroles des quartiers petits bourgeois de Buenos Aires qui ont eu raison du pr&#233;sident. Ce sont les affrontements men&#233;s par des travailleurs, des ch&#244;meurs, des jeunes, des m&#232;res de familles. Plusieurs colonnes d'assaillants constitu&#233;es sur place spontan&#233;ment se sont battues &#224; coups de pierre contre les autorit&#233;s pendant ces deux jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase n'est pas seulement le refus du gouvernement d'autoriser les d&#233;tenteurs de compte en banque d'en tirer leur &#233;pargne (le corralito). La r&#233;volte est venue &#233;galement du fait que l'on tue des affam&#233;s, y compris des m&#232;res de famille et des enfants, qui cherchent dans les supermarch&#233;s simplement de quoi ne pas mourir de faim.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Imb&#233;cile, l'&#233;tat de si&#232;ge tu peux te le mettre au cul ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; le 19 d&#233;cembre par une &#233;meute de la faim se g&#233;n&#233;ralisant &#224; tout le pays. Dans de nombreuses villes, des groupes de plus en plus nombreux ont attaqu&#233; les supermarch&#233;s afin d'y trouver de la nourriture et ont brav&#233; les forces de l'ordre qui voulaient les en emp&#234;cher. Et, pour la premi&#232;re fois ces attaques de supermarch&#233;s gagnaient la capitale. A Buenos Aires, des manifestants s'en sont pris au pr&#233;sident De la Rua, lui ont lanc&#233; des oeufs et tir&#233; sur sa voiture &#224; coups de pierres. En m&#234;me temps &#224; Cordoba, une ville de l'industrie automobile au nord ouest de Buenos Aires des travailleurs protestant contre les r&#233;ductions de salaires et autres mesures d'aust&#233;rit&#233; ont occup&#233; le si&#232;ge du gouvernement provincial et y ont mis le feu alors que la police tirait aux gaz lacrymog&#232;nes et aux balles plastiques. A La Plata, ce sont deux mille employ&#233;s du public qui ont organis&#233; une marche le 19 et se sont affront&#233;s avec les forces de l'ordre en voulant forcer les portes du palais l&#233;gislatif. A Rosario, il y a eu des attaques de magasins et de supermarch&#233;s pendant la journ&#233;e du 19. La r&#233;volte de la faim a &#233;t&#233; attaqu&#233;e aux gaz lacrymog&#232;nes et coups de fusils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui a fait sortir les gens de leurs gonds, c'est l'intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e du pr&#233;sident De la Rua. Il affirme que les manifestations sont organis&#233;es par &#171; des ennemis de la r&#233;publique &#187;. Il suspend les garanties constitutionnelles pour r&#233;pondre &#224; la multiplication des attaques de supermarch&#233;s et instaure l'&#233;tat de si&#232;ge pour trente jours afin de pouvoir faire intervenir l'arm&#233;e. Symboliquement il &#233;tait entr&#233; dans le palais pr&#233;sidentiel entour&#233; des principaux chefs militaires. De la Rua a ainsi rappel&#233; aux Argentins les pires moments de la dictature militaire qu'a connu le pays de 1976 &#224; 1983 et qu'ils croyaient ne plus jamais revoir. A peine termin&#233; le discours du pr&#233;sident que les habitants de Buenos Aires sont des dizaines de milliers &#224; descendre d'abord sur le pas de la porte puis &#224; se regrouper, &#224; lancer le concert de casseroles, &#224; manifester. Dans la nuit du 19 au 20 d&#233;cembre, ils sont plus de 50 000 &#224; crier leur haine du pouvoir et &#224; d&#233;fier l'&#233;tat de si&#232;ge. Un immense cort&#232;ge s'est constitu&#233; vers le centre ville m&#234;lant jeunes, m&#232;res de famille, travailleurs, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, petits bourgeois. Spontan&#233;ment le rassemblement de toute la population s'est r&#233;alis&#233; pour conspuer le ministre Domingo Cavallo et de la Rua aux cris de &#171; Cavallo, fils de pute ! &#187; et &#171; Imb&#233;cile ! L'&#233;tat de si&#232;ge, tu peux te le mettre au cul ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des manifestants sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre avec les forces de l'ordre qui tirent &#224; balles et vont faire plus de trente morts. Sans mot d'ordre ni convocation, des centaines de milliers de personnes s'amoncellent sur la Place de Mai et les forces de l'ordre sont incapables de les en faire partir. Toutes les autorit&#233;s politiques, patronales, syndicales et sociales se r&#233;unissent pour une r&#233;union de crise de quatre heures. A la sortie, le pr&#233;sident est pris &#224; partie par des manifestants, injuri&#233;, re&#231;oit des oeufs et sa voiture subit des jets de pierre. Le 19, le plus d&#233;test&#233; des ministres de l'&#233;conomie, Domingo Cavallo, qui voit quatre mille personnes manifester en permanence devant sa maison, donne sa d&#233;mission (c'est le troisi&#232;me ministre de l'&#233;conomie &#224; chuter en un an).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 d&#233;cembre : la bataille de la Place de mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une heure du matin, une violente r&#233;pression commence. La police &#224; cheval organise des charges, la police &#224; pied envoie des gaz lacrymog&#232;nes, tire sur les manifestants, les fait refluer &#224; l'aide de v&#233;hicules lance-eau sur une partie de la Place de Mai. Toute la journ&#233;e du 20 d&#233;cembre la capitale va &#234;tre le si&#232;ge d'une v&#233;ritable intifada, pierres contre balles ; certains essaient m&#234;me de prendre d'assaut le palais pr&#233;sidentiel ! Le peuple se bat pour tenir la place centrale de Buenos Aires. Les journaux &#233;voquent cette journ&#233;e comme &#171; la bataille de la Place de Mai &#187;. Le journal argentin Pagina/12 du 20 d&#233;cembre d&#233;crit ainsi la situation : &#171; La bataille de la Place de Mai. C'&#233;taient des jeunes, des m&#232;res avec des enfants, des familles, des gens vivant de d&#233;brouillardise. La police mont&#233;e les chargeait avec une violence inhabituelle mais ensuite ils revenaient. La r&#233;pression utilisait non seulement les gaz mais aussi les balles de 9 millim&#232;tres. C'est la r&#233;volte : la cit&#233; est incendi&#233;e par ceux qui ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de la place. Ils sont expuls&#233;s de tout. Les uns de leur travail, les autres de leur maison, de la table de repas, de l'&#233;ducation, d'une vie digne. Mais ils se sont r&#233;volt&#233;s. Ils l'ont fait sans chefs pour le plaisir de tenir la rue et de se battre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les affrontements se g&#233;n&#233;ralis&#232;rent &#224; tout le centre ville. Le nombre de morts et de bless&#233;s continue d'augmenter. Le journal conservateur La Nacion titre &#171; cinq morts dans une v&#233;ritable guerre &#187;. Finalement c'est le pr&#233;sident De la Rua qui non seulement d&#233;missionne mais s'enfuit en h&#233;licopt&#232;re d'un palais pr&#233;sidentiel assi&#233;g&#233; par les manifestants. Le lendemain, les deux syndicats CGT, soutiens traditionnels du pouvoir, l&#232;vent la gr&#232;ve nationale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e qu'ils avaient d'abord annonc&#233;e, au pr&#233;texte que &#171; l'objectif est r&#233;alis&#233; &#187; : De la Rua (qu'ils soutenaient) et Cavallo ont d&#233;missionn&#233; et l'&#233;tat de si&#232;ge est lev&#233; ! C'est leur totale absence durant les deux journ&#233;es de r&#233;volte qui sera surtout remarqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des affrontements se d&#233;roulent &#233;galement &#224; l'int&#233;rieur du pays, &#224; Cordoba, Rosario et Entre Rios (trois villes au nord de Buenos Aires), et l&#224; aussi des morts et des bless&#233;s. A Cordoba (deuxi&#232;me ville du pays), on s'attaque au domicile des politiciens et des hauts fonctionnaires et aussi aux banques. Partout les gens sont descendus dans la rue par centaines, par milliers, &#224; l'annonce de l'&#233;tat de si&#232;ge de sinistre m&#233;moire. L&#224; aussi les forces de l'ordre ont ripost&#233; par des balles et des gaz lacrymog&#232;nes contre les pierres des manifestants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un mouvement sans direction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 d&#233;cembre &#224; 20 heures, la CGT &#171; rebelle &#187; appelait &#224; la gr&#232;ve... et &#224; 22 heures elle n'y appelait plus ! Il est vrai que les deux syndicats CGT appuyaient le gouvernement et n'ont cess&#233; de le faire que lorsqu'il est tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats p&#233;ronistes ne sont pas les seuls &#224; s'&#234;tre abstenus dans ces journ&#233;es de r&#233;volte. Le Front contre la pauvret&#233;, le FRENAPO, lui aussi &#233;tait absent, comme ses leaders les plus connus. Une des caract&#233;ristiques de ces journ&#233;es, c'est l'absence totale des organisations classiques, politiques, associatives ou syndicales, mises &#224; part les m&#232;res de la place de mai et l'extr&#234;me gauche. Les syndicats &#233;taient du c&#244;t&#233; du pouvoir et n'ont pas montr&#233; leur nez et m&#234;me les principales organisations de ch&#244;meurs &#233;taient absentes. Cela montre que les leaders de plusieurs organisations de piqueteros font elles aussi des calculs du m&#234;me type que ceux des dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre, &#171; Qu'ils s'en aillent tous ! &#187; (slogan des manifestants)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 d&#233;cembre, les manifestants s'en prennent &#224; la Cour Supr&#234;me qu'ils accusent de couvrir les politiciens corrompus comme Menem et les anciens tortionnaires de la dictature militaire de 1976-1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 d&#233;cembre c'est &#224; nouveau la rue, &#224; Buenos Aires, qui fait chuter le nouveau pr&#233;sident Rodriguez Saa, lequel avait le soutien des syndicats CGT et de certains membres du Front contre la Pauvret&#233;. Les manifestants se sont retrouv&#233;s &#224; nouveau sur la Place de Mai et devant le Palais du Congr&#232;s. Une partie d'entre eux fait le traditionnel concert de casseroles. Une partie vient pour en d&#233;coudre avec les forces de l'ordre, tente d'attaquer le Palais pr&#233;sidentiel et provoque un incendie du Congr&#232;s. On annonce la d&#233;mission du pr&#233;sident : les &#233;meutes se poursuivent toute la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Janvier 2002 : la politique de &#171; On n'a pas vot&#233; pour lui &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident nomm&#233; le 2 janvier 2002, Eduardo Duhalde (celui que les manifestants appellent &#171; on n'a pas vot&#233; pour lui &#187; (&#171; No lo vot&#233; &#187;), d&#233;clare : &#171; l'Argentine n'a plus un peso &#187;. C'est dire que la politique d'aust&#233;rit&#233; continue. Il annonce la fin de la parit&#233; peso/dollar, la d&#233;valuation (de 28,5 % au d&#233;but et qui passera tr&#232;s vite &#224; 40 %). Loin de faire payer les banques &#233;trang&#232;res ou les entreprises p&#233;troli&#232;res comme il le pr&#233;tendait, il va faire payer la population. Pour le moment sa politique est au &#171; dialogue &#187;. Il fait appel &#224; l'Eglise comme organisatrice de tables de discussion, il &#233;coute les organisations de ch&#244;meurs et autres organisations syndicales. Mais il est difficile de cr&#233;er l'illusion d'un changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo Duhalde a beau cumuler le soutien de tous les partis bourgeois (radical et p&#233;roniste notamment), de l'Eglise, il ne s'appuie l&#224; que sur des forces qui perdent pied. Alors, Duhalde agite la menace : &#171; Nous sommes tomb&#233;s de plus en plus bas, &#233;tape par &#233;tape : r&#233;cession, d&#233;pression anarchique, chaos. Une &#233;tape de plus et c'est le bain de sang &#187; d&#233;clare-t-il en parlant de la &#171; p&#233;riode la plus dramatique de l'histoire du pays &#187;. Alors, c'est quoi, ce Duhalde ? Il donne lui-m&#234;me la r&#233;ponse. Le 21 octobre 2001 il d&#233;clare au journal espagnol El Pais (cit&#233; par le Monde Diplomatique de f&#233;vrier 2002) : &#171; Nous sommes une classe dirigeante de merde et j'en fais partie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Piquets et casseroles ensemble ! &#187; (slogan des manifestations)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2002, la mobilisation continue. Elle est plus marqu&#233;e par les luttes ouvri&#232;res dans l'int&#233;rieur du pays et plus par la petite bourgeoisie dans la capitale. Les gr&#232;ves contre les licenciements se poursuivent, la r&#233;pression aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 janvier, par exemple, se d&#233;roulent en m&#234;me temps la manifestation des professions de sant&#233; &#224; Buenos Aires, celle des fonctionnaires &#224; San Juan, celle des jeunes ch&#244;meurs &#224; Neuquen. En ce m&#234;me mois de janvier, des milliers d'employ&#233;s municipaux demandent leurs arri&#233;r&#233;s de salaires &#224; Formosa (Nord-Est), Santiago del Estero (Nord), San Juan (Est). La situation est explosive dans la province de Jujuy, r&#233;gion particuli&#232;rement pauvre &#224; la fronti&#232;re de la Bolivie. Certaines luttes durent depuis longtemps, comme celle des chauffeurs de bus de La Plata qui revendiquent depuis septembre 2001 le paiement de leurs salaires. Les travailleurs de l'usine c&#233;ramique Zanon &#224; Neuquen continuent leur lutte contre les licenciements. Le 11 janvier &#224; Neuquen, les travailleurs ont organis&#233; une manifestation contre le lock-out qui a r&#233;ussi &#224; souder la population de la ville. Le soir m&#234;me, la r&#233;pression s'est abattue sur les repr&#233;sentants syndicaux : arrestations pour appel &#224; l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ouvriers occupent leurs usines comme ceux de plusieurs sites industriels de Cordoba (suite aux fermetures ou au ch&#244;mage technique). Le 16 janvier, c'est une vague d'attaques de banques notamment &#224; Jujuy et Santa Fe. Des manifestations ont &#233;galement lieu quotidiennement devant la Cour supr&#234;me pour demander la d&#233;mission de tous les juges. Leurs maisons particuli&#232;res sont la cible d'attaques. Le 18 janvier, affrontement avec les forces de l'ordre &#224; Rio Cuarto, au sud de la province de Cordoba, suite &#224; un concert de casseroles. Le m&#234;me jour, la police tire &#224; balles plastiques et envoie les gaz lacrymog&#232;nes sur les 300 employ&#233;s de Santiago del Estero qui r&#233;clament trois mois de salaires impay&#233;s. Le 24 janvier, dans la station baln&#233;aire de Mar del Plata, 2500 ch&#244;meurs et retrait&#233;s d&#233;filent en r&#233;clamant des aides des pouvoirs publics. Dans la province de San Juan (ouest) des fonctionnaires occupent les b&#226;timents publics et barrent les rues pour r&#233;clamer leurs salaires impay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques de banques et les coupures de routes se poursuivent dans tout le pays. Les villes de l'int&#233;rieur du pays connaissent quotidiennement des manifestations pour r&#233;clamer du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Que le peuple d&#233;cide ! &#187; (slogan des assembl&#233;es populaires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de d&#233;but janvier, des assembl&#233;es populaires se sont cr&#233;&#233;es dans tous les quartiers de la capitale et elles sont &#233;galement apparues &#224; la mi-janvier dans de nombreuses villes de province. Y participent des travailleurs, des &#233;tudiants, des habitants. A l'initiative des assembl&#233;es populaires de quartier Buenos Aires comme les villes de province ont organis&#233; le vendredi 25 janvier une manifestation massive et un gigantesque concert national de casseroles contre le blocage des comptes en banque. A Buenos Aires, on a vu se mettre en place des r&#233;unions de quartiers, des assembl&#233;es. De l'ordre de quelques dizaines, dans presque tous les quartiers, certaines ont r&#233;uni jusqu'&#224; 400 personnes. De m&#234;me chaque semaine on assiste &#224; la r&#233;union inter-quartiers, interbarrial, qui regroupe jusqu'&#224; 4000 personnes souvent d&#233;l&#233;gu&#233;es. C'est essentiellement autour des probl&#232;mes de la r&#233;pression que ces comit&#233;s voient le jour, mais c'est autour de questions politiques ou plus pratiques comme l'approvisionnement que se centrent les discussions. La m&#233;fiance &#224; l'encontre des organisations politiques est &#233;norme : seuls quelques anciens militants d'extr&#234;me gauche connus (tels Zamora) arrivent &#224; avoir un certain cr&#233;dit. La jeunesse ouvri&#232;re et pauvre, quant &#224; elle, se tient en dehors de ces lieux de d&#233;bat et pr&#233;f&#232;re les discussions ouvertes sur les places et les squares de Buenos Aires, qui sans &#234;tre des assembl&#233;es permettent de lancer des actions, par groupes de quartier. Mais surtout elle refuse toute intervention autre que personnelle, que ce soit au nom d'un syndicat ou d'un parti politique. C'est bien s&#251;r la marque de la d&#233;fiance vis-&#224;-vis des politiciens bourgeois et aussi vis-&#224;-vis du mouvement p&#233;roniste encore tr&#232;s fort. Mais c'est aussi une limite du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie est loin d'&#234;tre la seule &#224; se mobiliser. Les ch&#244;meurs de la Matanza, un &#233;norme quartier de ch&#244;meurs et de travailleurs &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Buenos Aires organis&#233; derri&#232;re Courant Combatif de Classe, le CCC, et F&#233;d&#233;ration Terre et Logement de d'Elia ont occup&#233; le 14 janvier le march&#233; central de la capitale mais cela s'est mal termin&#233; avec un affrontement entre pauvres. Le 28 janvier, ce sont les ch&#244;meurs de Matanza qui ont pris la t&#234;te d'une manifestation massive des ch&#244;meurs &#224; Buenos Aires. Pour la premi&#232;re fois, la capitale a accueilli favorablement les ch&#244;meurs et a m&#234;me manifest&#233; avec eux sous le slogan &#171; piquets et casseroles, tous ensemble ! &#187; Par contre, cela a &#233;t&#233; l'occasion, pour les dirigeants de ces organisations qui tiennent le devant de la sc&#232;ne &#224; Matanza, Courant Combatif de Classe (le CCC de Alderete) et Tierra y Viviendas de D'Elia, de participer &#224; un dialogue avec Eduardo Duhalde. En jouant ainsi le jeu du dialogue que d&#233;sire le pouvoir, ils ont obtenu quelques concessions, comme des distributions alimentaires et quelques centaines de Plan Trabajar (sorte de CES). Cela dit, m&#234;me si quelques dirigeants des piqueteros se font ainsi r&#233;cup&#233;r&#233;s, le d&#233;veloppement du mouvement ne cesse de prendre de l'ampleur et a bien d'autres structures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des coordinations de militants syndicalistes combatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de militants syndicalistes combatifs et de militants d'extr&#234;me gauche se sont rapidement donn&#233; pour objectif de d&#233;border les appareils syndicaux p&#233;ronistes et de collaboration, de rompre avec cette politique faite d'actions suivies de tr&#234;ves et d'alliance avec le patronat. C'est l'orientation de certains groupes d'extr&#234;me gauche comme le Parti Ouvrier et le Parti des Travailleurs pour le Socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2001, il y avait d&#233;j&#224; eu la tentative du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT de San Lorenzo (sympathisant de l'extr&#234;me gauche) de f&#233;d&#233;rer des syndicalistes combatifs avec des militants du mouvement des ch&#244;meurs. Le 2 d&#233;cembre, le syndicat des c&#233;ramistes de Zanon &#224; Neuquen, le SOeCN, avait r&#233;uni des ouvriers c&#233;ramistes, des hospitaliers, des enseignants et des ch&#244;meurs. Peu avant l'explosion de fin d&#233;cembre, il avait &#233;t&#233; &#233;galement &#224; l'initiative d'une intersyndicale multisectorielle et d'une coordination r&#233;gionale de Neuquen et de la r&#233;gion du Rio Negro. A chaque fois, il s'agit d'&#233;viter l'isolement de secteurs ouvriers en lutte mais aussi de lier travailleurs en activit&#233; et ch&#244;meurs. Le 3 d&#233;cembre c'&#233;tait au tour des travailleurs de la construction navale de Rio Santiago d'en faire autant et la coordination est parvenue &#224; organiser divers rassemblements et manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques centres m&#233;tallurgiques (SIDERAR), de construction navale (Rio Santiago), automobile (Grand Buenos Aires), de production d'&#233;lectricit&#233; (Cordoba) on a vu, d&#232;s le 20 d&#233;cembre, se mettre en place des assembl&#233;es (lesquelles sont essentiellement des lieux de discussion). Le 29 d&#233;cembre ce sont les fonctionnaires de Buenos Aires qui ont mis en place leur coordination avec notamment des militants du groupe d'extr&#234;me gauche Parti Ouvrier. On peut &#233;galement citer la coordination du nord de Salta autour de la lutte des piqueteros, le congr&#232;s du charbon autour des mineurs de Rio Turbio, l'assembl&#233;e populaire de la terre de feu. Cela dit, il faut savoir qu'&#224; ce jour, ces initiatives ont du mal &#224; percer et &#224; d&#233;border les appareils au-del&#224; de l'influence locale de ces militants combatifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles perspectives et quelles menaces ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re, l'&#233;conomie de l'Argentine s'effondre &#224; une vitesse impressionnante. Les uns apr&#232;s les autres, les pr&#233;sidents tombent et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays, c'est la r&#233;volte populaire qui les fait chuter, pas un coup d'&#233;tat militaire. Le syst&#232;me politique argentin est compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;. Corruption, usure des partis et crise ont eu raison de la patience de la population. La situation sociale est catastrophique avec une hausse vertigineuse du ch&#244;mage et de la mis&#232;re. Les entreprises licencient ou ferment. Tous les services publics, privatis&#233;s ou non, subissent des coupes budg&#233;taires et licencient. Il n'y a plus de sant&#233; publique. Les fonctionnaires et les employ&#233;s communaux sont massivement licenci&#233;s. Les salaires, du public et du priv&#233;, sont baiss&#233;s, pay&#233;s en monnaie de singe (monnaies locales) ou pas pay&#233;s du tout. La petite bourgeoisie dont le niveau de vie s'effondre craint de ne jamais r&#233;cup&#233;rer son argent. Les retrait&#233;s n'ont plus rien pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population est descendue dans la rue &#224; plusieurs reprises malgr&#233; une r&#233;pression violente. Des &#233;meutes de la faim parcourent le pays. Les ch&#244;meurs, au travers de leurs actions offensives, sont devenus une v&#233;ritable force dont le pouvoir doit tenir compte : marches, coupures de routes, gr&#232;ves, saccages de magasins et supermarch&#233;s, &#233;meutes se succ&#232;dent, avec &#224; chaque fois des morts, des bless&#233;s et des arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie ne voit pas d'issue, ni sur le plan politique, ni sur le plan &#233;conomique, ni sur le plan social &#224; court ou moyen terme. A ce jour Eduardo Duhalde a n&#233;anmoins permis de ressouder la bourgeoisie, du moins provisoirement : la d&#233;valuation est accept&#233;e par les dirigeants du patronat, l'&#201;tat argentin se porte garant des dettes des banques et des entreprises, ce qui accro&#238;t d'autant la dette ext&#233;rieure, et pour finir on envisage en haut lieu une r&#233;forme constitutionnelle. Cette derni&#232;re pourrait envisager de r&#233;former le S&#233;nat, la Cour Supr&#234;me, afin de donner des gages &#224; la petite bourgeoisie. De m&#234;me l'int&#233;gration des assembl&#233;es de quartiers, comme interlocuteurs du pouvoir, est s&#233;rieusement envisag&#233;e pour canaliser la contestation sociale. Mais les marges du pouvoir restent &#233;troites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour, 2000 personnes tombent en dessous du seuil de pauvret&#233;. Et cela s'aggrave : en un an, il y a eu 500 000 ch&#244;meurs de plus sur un total de deux millions et demi, sans compter les 1,4 million en sous-emploi. La cassure entre riches et pauvres s'accro&#238;t. Le ph&#233;nom&#232;ne nouveau, c'est que la petite bourgeoisie d'Argentine, une des seules d'Am&#233;rique latine qui &#233;tait autrefois prosp&#232;re et soutenait le pouvoir &#224; l'&#233;poque o&#249; le revenu par habitant y &#233;tait de 7500 dollars, est sortie de ses gonds et descendue dans la rue. C'est effectivement le signe du degr&#233; de gravit&#233; de la crise sociale puisque les couches sociales qui soutenaient le r&#233;gime ont cess&#233; de la faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; active dans ces &#233;v&#233;nements. Les petits bourgeois n'ont rejoint la r&#233;volte que le 19 d&#233;cembre au soir. Il y a d'ailleurs quelques b&#233;mols &#224; mettre &#224; ce qui est dit sur les &#171; classes moyennes &#187;. Une bonne moiti&#233; d'entre elles sont simplement des salari&#233;s, des fonctionnaires ou des employ&#233;s de bureau qui n'ont rien de petits propri&#233;taires. Une partie des professions dites &#171; ind&#233;pendantes &#187; sont simplement des gens qui se d&#233;brouillent en se donnant eux-m&#234;mes un travail mais ne sont pas fortun&#233;s pour autant. Seuls les grands bourgeois n'ont pas eu de mal &#224; faire sortir leur argent du pays en faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, ce n'est pas parce que le r&#233;gime a perdu l'essentiel de sa base sociale petite bourgeoise, que ces classes moyennes paup&#233;ris&#233;es vont tout naturellement choisir le camp de la classe ouvri&#232;re. Pour l'heure, elles se sentent surtout solidaires des ch&#244;meurs et des plus pauvres. Mais elles peuvent aussi voir d'un bon oeil toutes les op&#233;rations &#171; de gauche &#187; qui consistent &#224; &#171; dialoguer &#187; avec le pouvoir pour donner quelques miettes aux plus pauvres. Leur r&#233;volte pourrait &#233;galement demain se retourner contre la classe ouvri&#232;re si celle-ci ne se met pas &#224; la t&#234;te de la r&#233;volte de toutes les couches contestataires. Le jeu des syndicats ouvriers est, dans cette affaire, toujours aussi nuisible puisqu'il laisse croire que les travailleurs participent du syst&#232;me par le biais de leurs chefs syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sans perspective, sans solution &#233;conomique ou sociale acceptable pour les couches populaires, la bourgeoisie argentine va s'accrocher &#224; tout prix au pouvoir, quitte &#224; le faire au prix du sang des travailleurs et de toute la population. Ce n'est pas parce que la tentative de d&#233;clarer l'&#233;tat de si&#232;ge de De la Rua a &#233;chou&#233; que le retour aux pratiques de la dictature militaire n'est plus une menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal Clarin titrait le 21 d&#233;cembre : &#171; les militaires sont pr&#234;ts &#224; aider &#224; r&#233;tablir l'ordre &#187; et les chefs des forces arm&#233;es d&#233;claraient avoir un plan de maintien de l'ordre. Il expliquait ainsi que les forces arm&#233;es avaient adopt&#233; un plan d'urgence &#171; &#224; un moment o&#249; les manifestants semblaient avoir d&#233;bord&#233; la police &#187;. Il expliquait d'ailleurs qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire de toucher &#224; l'ordre constitutionnel pour employer l'arm&#233;e comme force suppl&#233;tive des forces de police. Le g&#233;n&#233;ral Ricardo Brinzoni, chef d'&#233;tat major de l'arm&#233;e d&#233;clare : &#171; l'arm&#233;e souhaite servir la soci&#233;t&#233; dont elle fait partie en &#233;tant une protagoniste et non pas un simple observateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, on a vu la r&#233;apparition en Argentine de groupes para-policiers, comme celui qui enlev&#233; s&#233;questr&#233; et tortur&#233; une des filles de madame Hebe de Bonafini, la pr&#233;sidente des m&#232;res de la place de mai. Le Service de Paix et Justice, le Serpaj, est sp&#233;cialis&#233; dans les brigades d'intervention muscl&#233;es pour faire passer l'aust&#233;rit&#233;. Et c'est ainsi qu'il faut comprendre la lib&#233;ration d'Astiz, le tortionnaire de l'Ecole de M&#233;canique de la Navale, par le Minist&#232;re de la D&#233;fense. En refusant l'extradition pour l'Europe (Su&#232;de et France), le pouvoir donne un signe &#224; l'arm&#233;e faisant rimer loyaut&#233; et impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est d'importance. La question du rapport de forces va devenir une question cruciale pour la classe ouvri&#232;re et ses organisations. Tout le monde se souvient de la dictature militaire qui a domin&#233; le pays pendant de nombreuses ann&#233;es, faisant 30 000 morts et supprimant physiquement tous ses opposants, en particulier les militants ouvriers et les militants politiques radicaux. Il ne serait plus alors question d'int&#233;gration des syndicats &#224; l'&#201;tat et aux entreprises ni de fa&#231;ade d&#233;mocratique mais de destruction de l'un et de l'autre et d'utilisation des forces arm&#233;es, des forces sp&#233;ciales et m&#234;me d'utilisation de l'embrigadement de couches mis&#233;rables pour &#233;craser dans le sang le prol&#233;tariat argentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duhalde a affirm&#233; que son &#171; r&#244;le &#233;tait de maintenir la paix sociale &#187; et qu'il n'&#233;tait &#171; pas un homme faible &#187;. Les discours du nouveau pr&#233;sident Duhalde disent clairement au peuple argentin : si vous tentez de me renverser moi aussi, ce sera la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, ni Duhalde ni aucun homme politique n'est en mesure de s'attaquer aux couches populaires mobilis&#233;es. Les gouvernants sont contraints de &#171; dialoguer &#187; . Ils ressortent leurs &#233;v&#234;ques pour organiser des &#171; tables de dialogue &#187;. Ils vont chercher tous les r&#233;formistes, tous les catholiques, tous les bourgeois r&#233;formistes, tous les bureaucrates syndicaux. Mais ils savent qu'il ne s'agit que de gagner du temps. Il n'y a pas de marge pour de vraies r&#233;formes sociales au moment o&#249; les financiers leur demandent de faire accepter des sacrifices suppl&#233;mentaires. Ils vont donc temporiser en faisant semblant de dialoguer. En attendant ils se pr&#233;parent. La classe ouvri&#232;re peut &#233;galement mettre &#224; profit cette p&#233;riode pour se pr&#233;parer. D'abord en &#233;tant consciente de l'enjeu, en ne se laissant pas tromper par cette pr&#233;tendue volont&#233; de trouver des &#171; solutions &#187;. Ensuite en d&#233;veloppant ses luttes et son organisation autonome car le principal obstacle aux luttes de la classe ouvri&#232;re reste la politique des syndicats p&#233;ronistes. Enfin en d&#233;veloppant son organisation politique ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre perspective que de renverser cette classe dirigeante pourrie. C'est la seule r&#233;ponse possible aux aspirations de la population qui revendiquent &#171; qu'ils s'en aillent tous &#187; sans pour autant se poser aujourd'hui le probl&#232;me du pouvoir. Car cette &#171; classe dirigeante de merde &#187;, pour reprendre les mots de Duhalde, il n'y a vraiment que la r&#233;volution qu'elle n'aurait pas vol&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -----------------------------------------------------------------------------------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictadura militar en Argentina&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 de marzo de 1976 - 10 de diciembre de 1983&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El 24 de marzo de 1976 ocurri&#243; lo que muchos esperaban : Isabel Per&#243;n fue detenida y trasladada a Neuqu&#233;n. La Junta de Comandantes asumi&#243; el poder, integrada por el Teniente Gral. Jorge Rafael Videla, el Almirante Eduardo Emilio Massera y el Brigadier Gral. Orlando R. Agosti. Design&#243; como presidente de facto a Jorge Rafael Videla. Dispuso que la Armada, el Ej&#233;rcito y la Fuerza A&#233;rea compondr&#237;an el futuro gobierno con igual participaci&#243;n. Comenz&#243; el audodenominado &#034;Proceso de Reorganizaci&#243;n Nacional&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Mart&#237;nez de Hoz fue designado ministro de Econom&#237;a y, el 2 de abril, anunci&#243; su plan para contener la inflaci&#243;n, detener la especulaci&#243;n y estimular las inversiones extranjeras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gesti&#243;n de Mart&#237;nez de Hoz, en el contexto de la dictadura en que se desenvolvi&#243;, fue totalmente coherente con los objetivos que los militares se propusieron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durante este per&#237;odo, la deuda empresaria y las deudas externas p&#250;blica y privada se duplicaron. La deuda privada pronto se estatiz&#243;, cercenando a&#250;n m&#225;s la capacidad de regulaci&#243;n estatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con ese clima econ&#243;mico, la Junta Militar impuso el terrorismo de Estado que, fuera de enfrentar las acciones guerrilleras, desarroll&#243; un proyecto planificado, dirigido a destruir toda forma de participaci&#243;n popular. El r&#233;gimen militar puso en marcha una represi&#243;n implacable sobre todas las fuerzas democr&#225;ticas : pol&#237;ticas, sociales y sindicales, con el objetivo de someter a la poblaci&#243;n mediante el terror de Estado para instaurar terror en la poblaci&#243;n y as&#237; imponer el &#034;orden&#034;, sin ninguna voz disidente. Se inaugur&#243; el proceso autoritario m&#225;s sangriento que registra la historia de nuestro pa&#237;s. Estudiantes, sindicalistas, intelectuales, profesionales y otros fueron secuestrados, asesinados y &#034;desaparecieron&#034;. Mientras tanto, mucha gente se exili&#243;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Algunas acciones del nuevo gobierno :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspende la actividad pol&#237;tica&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspende los derechos de los trabajadores.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interviene los sindicatos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proh&#237;be las huelgas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Disuelve el Congreso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Disuelve los partidos pol&#237;ticos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Destituye la Corte Suprema de Justicia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interviene la CGT.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interviene la Confederaci&#243;n General Econ&#243;mica (CGE).&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspende la vigencia del Estatuto del Docente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Clausura locales nocturnos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ordena el corte de pelo para los hombres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quema miles de libros y revistas considerados peligrosos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Censura los medios de comunicaci&#243;n.&lt;br class='autobr' /&gt;
Se apodera de numerosos organismos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La censura&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comunicado N&#176; 19, 24/03/76&lt;br class='autobr' /&gt;
Se comunica a la poblaci&#243;n que la Junta de Comandantes Generales ha resuelto que sea reprimido con la pena de reclusi&#243;n por tiempo indeterminado el que por cualquier medio difundiere, divulgare o propagare comunicados o im&#225;genes provenientes o atribuidas a asociaciones il&#237;citas o personas o grupos notoriamente dedicados a actividades subversivas o al terrorismo. Ser&#225; reprimido con reclusi&#243;n de hasta diez a&#241;os, el que por cualquier medio difundiere, divulgare o propagare noticias, comunicados o im&#225;genes, con el prop&#243;sito de perturbar, perjudicar o desprestigiar las actividades de las Fuerzas Armadas, de Seguridad o Policiales. (Diario &#034;La Prensa&#034;, 24 de marzo de 1976).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los &#034;subversivos&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El t&#233;rmino &#034;subversi&#243;n&#034; englobaba a las organizaciones guerrilleras -pr&#225;cticamente ya extinguidas en marzo de 1976- pero tambi&#233;n a los activistas o simpatizantes de cualquier movimiento de protesta o cr&#237;tica social : obreros, universitarios, comerciantes, profesionales, intelectuales, sacerdotes, empresarios y m&#225;s... No hubo &#034;errores&#034; ni &#034;excesos&#034;, sino un plan deliberado. (Historia Visual de la Argentina contempor&#225;nea, Clar&#237;n, El &#034;Proceso&#034; Militar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerra sucia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034;desaparici&#243;n&#034; fue la f&#243;rmula m&#225;s siniestra de la &#034;guerra sucia&#034; : el &#034;objetivo&#034; era secuestrado (&#034;chupado&#034;) por un comando paramilitar (&#034;grupo de tareas&#034; o &#034;patota&#034;) donde, convertido en un n&#250;mero y sin ninguna garant&#237;a legal, quedaba a merced de sus captores. La desaparici&#243;n de personas fue un programa de acci&#243;n, planificada con anticipaci&#243;n, estableci&#233;ndose los m&#233;todos por los cuales llevarlo a la pr&#225;ctica : arrojando a los &#034;desaparecidos&#034; al R&#237;o de la Plata (previa aplicaci&#243;n de sedantes) desde aviones o helic&#243;pteros militares y en fosas comunes ; fusilamientos y ocultamiento de cad&#225;veres, sin ning&#250;n tipo de identificaci&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tortura&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Todos estaban incluidos en la categor&#237;a de &#034;enemigos de la naci&#243;n&#034;. La metodolog&#237;a implementada consisti&#243; en la desaparici&#243;n de personas, las cuales en realidad eran llevadas a centros clandestinos de detenci&#243;n, operados por las FFAA., donde se los somet&#237;a a interrogatorios basados en tormentos f&#237;sicos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los campos de detenci&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se levantaron centros clandestinos de detenci&#243;n y torturas. En estos laboratorios del horror se deten&#237;a, se torturaba y se asesinaba a personas. Se encontraban en el propio centro de las ciudades del pa&#237;s, con nombres tristemente famosos, como la ESMA, el Vesubio, El Garage Olimpo, El Pozo de Banfield o La Perla. Existieron 340 distribuidos por todo el territorio. Locales civiles, dependencias policiales o de las propias fuerzas armadas fueron acondicionados para funcionar como centros clandestinos. Estas c&#225;rceles clandestinas ten&#237;an una estructura similar : una zona dedicada a los interrogatorios y tortura, y otra, donde permanec&#237;an los secuestrados. Ser secuestrado o &#034;chupado&#034;, seg&#250;n la jerga represora, significaba ser fusilado o ser arrojado al r&#237;o desde un avi&#243;n o helic&#243;ptero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Los desaparecidos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debido a la naturaleza, una desaparici&#243;n encubre la identidad de su autor. Si no hay preso, ni cad&#225;ver, ni v&#237;ctima, entonces nadie presumiblemente es acusado de nada. (Amnist&#237;a Internacional, en su informe sobre la desaparici&#243;n de personas por motivos pol&#237;ticos).&lt;br class='autobr' /&gt;
Hubo miles de desaparecidos : la Conadep constat&#243; m&#225;s de 9.000 casos. Los organismos de derechos humanos hablan de m&#225;s de 30.000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apropiaci&#243;n de chicos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adem&#225;s del secuestro de adultos, hubo un plan sistem&#225;tico de apropiaci&#243;n de ni&#241;os. Los ni&#241;os robados o que las madres par&#237;an en los centros de detenci&#243;n fueron inscriptos como hijos propios por muchos miembros de la represi&#243;n, vendidos o abandonados en institutos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durante la dictadura, los militares consideraban que los hijos de los desaparecidos deb&#237;an perder su identidad. Por eso los hac&#237;an desaparecer y los entregaban a familias de militares. Ellos pensaban que la subversi&#243;n era casi hereditaria o que se trasmit&#237;a a trav&#233;s del v&#237;nculo familiar. De la misma forma que a los hijos de desaparecidos se intent&#243; quitarles su familia, a la sociedad en general se intent&#243; quitarle esos antecedentes que, como los padres de esos chicos, eran considerados subversivos. (Diario &#034;P&#225;gina 12&#034;, 10 de diciembre de 1995)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La noche de los l&#225;pices (16/9/76)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La operaci&#243;n conocida como la &#8220;Noche de los l&#225;pices&#8221;, que se desarroll&#243; entre agosto y octubre de 1976, implic&#243; el secuestro y desaparici&#243;n de estudiantes secundarios de la ciudad de La Plata, que hab&#237;an luchado en defensa de un boleto estudiantil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madres de Plaza de Mayo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El grupo Madres de Plaza de Mayo naci&#243; en 1977, integrado precisamente por madres de desaparecidos, cuya lista engrosaron tambi&#233;n algunas de sus fundadoras. Se convirtieron en el m&#225;s activo sector de oposici&#243;n al gobierno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Desindustrializaci&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peque&#241;a y mediana empresa fue sacrificada en el altar de la eficiencia, inici&#225;ndose un proceso de acelerada desindustralizacion, ante la imposibilidad de competir con productos provenientes del exterior. La aplicaci&#243;n de las recetas neoliberales no resolvi&#243;, sino que profundiz&#243; los problemas econ&#243;micos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Especulaci&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A comienzos de 1977, el ministro de Econom&#237;a, Jos&#233; Mart&#237;nez de Hoz, inici&#243; un experimento monetario, denominado &#034;la tablita&#034;. Fue un sistema de devaluaciones preanunciadas que, sumado a la &#034;ley de entidades financieras&#034; de junio de ese a&#241;o (que liber&#243; el mercado de dinero y dio garant&#237;a estatal a los dep&#243;sitos a plazo fijo), dio comienzo a la especulaci&#243;n o &#034;bicicleta financiera&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plata dulce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictadura implement&#243; un plan basado en el liberalismo monetario, que era apoyado por bancos extranjeros y organismos internacionales. El funcionario encargado de cumplir el plan econ&#243;mico de los militares fue Jos&#233; Alfredo Mart&#237;nez de Hoz. Puso fin al Estado intervencionista, a la protecci&#243;n del mercado interno y al subsidio a empresas. Se congelaron los sueldos. Dej&#243; actuar al mercado libremente. Los resultados finales fueron desastrosos. Hubo un gran endeudamiento externo, las industrias quebraron y, al finalizar la dictadura, se desat&#243; la inflaci&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El conflicto del Beagle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las cuestiones lim&#237;trofes entre la Argentina y Chile estuvieron condicionadas por las circunstancias pol&#237;ticas imperantes en cada pa&#237;s. Bajo reg&#237;menes dictatoriales en ambas naciones, las diferencias fronterizas estuvieron a punto de derivar en una guerra abierta. En 1978, luego de que la Argentina rechaz&#243; el fallo arbitral brit&#225;nico, el conflicto por el Beagle alcanz&#243; su punto m&#225;s &#225;lgido. El 8 de enero de 1979, la Argentina y Chile firmaron el Acta de Montevideo, que somet&#237;a el entredicho a la mediaci&#243;n del Papa. Finalmente, la propuesta papal, conocida a trav&#233;s del cardenal Antonio Samor&#233;, se dio a conocer el 12 de diciembre de 1980 y fue aceptada por la Argentina en 1984 despu&#233;s de una consulta popular no vinculante, en la que el &#034;s&#237;&#034; al acuerdo se impuso por un amplio margen de votos. (Historia Visual de la Argentina contempor&#225;nea, Clar&#237;n, La Pol&#237;tica Exterior)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Mundial '78&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El triunfo final de la selecci&#243;n argentina en el Mundial de F&#250;tbol ha supuesto que la Junta Militar que dirige el Gral. Videla haya cubierto con creces los objetivos que se propuso al emprender la organizaci&#243;n del campeonato. Durante 25 d&#237;as, los problemas del pa&#237;s argentino han pasado a un segundo plano y el t&#237;tulo mundial conseguido por su selecci&#243;n los mantendr&#225; oculto por m&#225;s tiempo a&#250;n. (Diario &#034;El Pa&#237;s&#034;, junio de 1978)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1982 : La guerra de las Malvinas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En medio de la crisis pol&#237;tica, econ&#243;mica y social del r&#233;gimen militar, sorpresivamente el 2 de abril de 1982, tropas argentinas recuperaron las islas Malvinas. Tras frustrados intentos diplom&#225;ticos, la fuerza de tareas brit&#225;nica lleg&#243; al Atl&#225;ntico sur y comenzaron las hostilidades. Con hitos como el hundimiento del crucero &#034;General Belgrano&#034; -que produjo 322 muertos- y del destructor brit&#225;nico &#034;Sheffield&#034;, la guerra concluy&#243; el 14 de junio, con la rendici&#243;n argentina. La derrota marc&#243; el derrumbe pol&#237;tico del r&#233;gimen. El regreso de los soldados arroj&#243; luz sobre las sospechas de lo que hab&#237;an padecido, sin los pertrechos y el entrenamiento suficientes para enfrentar a los brit&#225;nicos. Para defender las islas del ataque de ingleses bien entrenados y equipados, la junta militar procedi&#243; a reclutar j&#243;venes argentinos, sin instrucci&#243;n militar, la mayor&#237;a de los cuales proven&#237;a de provincias pobres del interior del pa&#237;s. La derrota catastr&#243;fica de Malvinas y el conocimiento de la muerte de centenares de j&#243;venes argentinos (m&#225;s de 600), deterioraron el frente militar, pero sobre todo, la reputaci&#243;n del ej&#233;rcito, al cual se consider&#243; como mayor responsable del desastre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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