<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.matierevolution.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.org/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.matierevolution.org/spip.php?id_mot=180&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-5aeb8-d0407.jpg?1779764583</url>
		<link>https://www.matierevolution.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volte en Cor&#233;e du Sud en 1960</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7943</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7943</guid>
		<dc:date>2024-09-01T22:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Cor&#233;e Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Cor&#233;e du sud en mai 1960 &lt;br class='autobr' /&gt;
138 &#233;tudiants et ouvriers ont &#233;t&#233; tu&#233;s et de 1 000 &#224; 2 000 bless&#233;s lorsque la police a tir&#233; sur une manifestation, le 19 avril , contre les &#233;lections truqu&#233;es du mois dernier qui maintenaient au pouvoir la clique Syngman Rhee. Des manifestations avaient &#233;clat&#233; contre la dictature corrompue dans toutes les principales villes de Cor&#233;e du Sud, dont S&#233;oul, Inchon et Taegu. Les troupes ont tir&#233; sur les manifestants dans ces villes et dans d'autres. Comme toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;09- Les mouvements de 1968-69 dans le monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Cor&#233;e Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Cor&#233;e du sud en mai 1960&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;138 &#233;tudiants et ouvriers ont &#233;t&#233; tu&#233;s et de 1 000 &#224; 2 000 bless&#233;s lorsque la police a tir&#233; sur une manifestation, le 19 avril , contre les &#233;lections truqu&#233;es du mois dernier qui maintenaient au pouvoir la clique Syngman Rhee. Des manifestations avaient &#233;clat&#233; contre la dictature corrompue dans toutes les principales villes de Cor&#233;e du Sud, dont S&#233;oul, Inchon et Taegu. Les troupes ont tir&#233; sur les manifestants dans ces villes et dans d'autres. Comme toujours avec les gouvernements r&#233;actionnaires en panique, la dictature de Rhee a tent&#233; d'endiguer la vague de r&#233;volte en utilisant la force. Tout comme le gouvernement Verwoerd l'a fait en Afrique du Sud. Et bien s&#251;r, dans l'atmosph&#232;re charg&#233;e et am&#232;re due &#224; 10 ans de r&#233;pression, de corruption et de corruption, avec la mar&#233;e montante de la r&#233;volte, cela a eu l'effet inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour l'opposition montait. Malgr&#233; la loi martiale, les ouvriers, les &#233;tudiants et m&#234;me les lyc&#233;ens redoublent de manifestations et, avec un instinct r&#233;volutionnaire, marchent jusqu'aux soldats &#224; la ba&#239;onnette au canon, les appelant &#224; se rapprocher du peuple. Chaque jour les manifestations montaient en furie culminant le 26 avrilavec pratiquement la majeure partie des travailleurs et des &#233;tudiants de la capitale S&#233;oul manifestant pour le renversement du r&#233;gime corrompu. 500 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de S&#233;oul en tra&#238;nant une statue de Syngman Rhee avec une corde autour du cou, exigeant sa d&#233;mission. 30 ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des affrontements avec les troupes. Mais ces martyrs ne sont pas morts en vain, Syngman Rhee a d&#251; annoncer sa d&#233;mission, alors que les masses victorieuses parcouraient les rues de S&#233;oul. Son h&#233;licopt&#232;re est pr&#234;t &#034;au cas o&#249; les masses deviendraient incontr&#244;lables&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution commence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela marque le d&#233;but de la r&#233;volution en Cor&#233;e du Sud. L'Assembl&#233;e nationale tri&#233;e sur le volet, les marionnettes et les outils de la clique Syngman Rhee ont adopt&#233; &#224; la h&#226;te une r&#233;solution d&#233;clarant nulles et non avenues les &#233;lections truqu&#233;es du mois dernier, qui ont vu la r&#233;&#233;lection de Syngman Rhee et de ses outils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un effort pour maintenir son r&#232;gne, Syngman Rhee avait obtenu la d&#233;mission du vice-pr&#233;sident et du cabinet, mais avait essay&#233; de maintenir sa propre position. Les masses ont reconnu que cela ne signifierait aucun changement r&#233;el. Aussi avaient-ils redoubl&#233; d'efforts. Syngman Rhee, malgr&#233; ses crimes sanglants, a toujours eu le soutien du gouvernement am&#233;ricain. Ils &#233;taient tout &#224; fait dispos&#233;s &#224; ignorer l'&#201;tat policier dictatorial, corrompu et pourri, comme celui de Chiang Kai-Shek tant qu'il restait un alli&#233; du &#171; monde libre &#187;, c'est-&#224;-dire du capitalisme am&#233;ricain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats-Unis tentent de sauver Rhee&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, ils ont vu l'&#233;criture aust&#232;re sur le mur ! Si certaines r&#233;formes ne sont pas introduites, toute leur base sera balay&#233;e. Et pas seulement en Cor&#233;e mais dans toute l'Asie. D'o&#249; leur demande au pr&#233;sident &#171; .prendre des mesures imm&#233;diates et ad&#233;quates pour r&#233;pondre aux griefs justifiables. Ce n'est pas le moment de temporiser .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent sentir le souffle chaud de la r&#233;volution, de l'ouragan du changement qui menace non seulement la clique Syngman Rhee, mais la base du capitalisme foncier et de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans une r&#233;action en cha&#238;ne dans toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la derni&#232;re minute, l'ambassadeur am&#233;ricain a tent&#233; de sauver le pouvoir personnel de Syngman Rhee comme &#233;l&#233;ment de stabilit&#233; de la situation. Son bilan honteux n'a fait aucune diff&#233;rence pour ces soi-disant d&#233;fenseurs du mode de vie d&#233;mocratique. Le Times du 27 avril l' admet. Rapportant la d&#233;claration de l'ambassadeur des &#201;tats-Unis la veille, &#171; je suis convaincu que les autorit&#233;s travaillent s&#233;rieusement &#224; la r&#233;paration des griefs l&#233;gitimes du peuple. J'esp&#232;re donc que le peuple respectera la loi et l'autorit&#233; &#187;, commente-t-il : &#171; Dans cette remarque, certains observateurs ont cru d&#233;celer la volont&#233; des autorit&#233;s am&#233;ricaines de pr&#233;server au moins le pr&#233;sident Rhee dans le r&#244;le d'une figure de proue utile et d'un garant de stabilit&#233; interne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La masse vit dans la faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans vivent dans la faim, les ouvriers et les &#233;tudiants sont confront&#233;s au ch&#244;mage de masse. Avec ou sans Syngman Rhee, le r&#233;gime cor&#233;en n'est pas viable. Sans le soutien am&#233;ricain, il se serait effondr&#233; depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, malgr&#233; les r&#233;alisations &#233;conomiques incontestables du r&#233;gime nord-cor&#233;en, sa dictature brutale n'a pas non plus d'attrait massif dans le Sud. C'est l'une des raisons pour lesquelles les conditions insupportables dans le Sud n'ont pas provoqu&#233; de r&#233;volte auparavant. Les masses n'ont pas vu d'alternative attrayante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est fait en Cor&#233;e du Sud aujourd'hui ne r&#233;soudra pas le probl&#232;me et n'emp&#234;chera pas de nouvelles explosions de m&#233;contentement. La seule issue serait l'&#233;limination de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et du capitalisme. Pas plus que le r&#233;gime de Chiang Kai-Shek n'a pu le faire, le r&#233;gime de Rhee ne peut pas se purifier de la corruption et de l'autoritarisme bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, les masses cor&#233;ennes comprendront que l'unit&#233; du pays et le progr&#232;s &#233;conomique, avec un niveau de vie d&#233;cent et la libert&#233; de l'arbitraire bureaucratique, ne peuvent &#234;tre obtenus que par la prise du pouvoir par une d&#233;mocratie socialiste ouvri&#232;re. Cela signifierait l'&#233;limination du capitalisme-propri&#233;taire terrien dans le Sud et l'extension du contr&#244;le ouvrier &#224; la propri&#233;t&#233; &#233;tatique dans le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ted Grant&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Asie suite &#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5355</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5355</guid>
		<dc:date>2017-01-21T00:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Inde India</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Indon&#233;sie Indonesia</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Asie &lt;br class='autobr' /&gt;
Un dirigeant bourgeois d&#233;clarait : &#171; le Japon vaincu a gagn&#233;. L&#224; o&#249; les japonais sont pass&#233;s, ils ont d&#233;moli l'id&#233;e de la sup&#233;riorit&#233; du colonialisme occidental &#187;. Le 16 ao&#251;t 45, c'est la d&#233;faite japonaise. Ce m&#234;me mois &#233;clatent des mouvements insurrectionnels en m&#234;me temps en Indon&#233;sie, en Cor&#233;e, au Vietnam. Il ne s'agit pas de mouvements de gu&#233;rillas paysannes comme on l'a souvent pr&#233;sent&#233; pour dire que la direction nationaliste &#233;tait une fatalit&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Inde India&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot130" rel="tag"&gt;Vietnam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot132" rel="tag"&gt;Indon&#233;sie Indonesia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Cor&#233;e Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Asie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dirigeant bourgeois d&#233;clarait : &#171; le Japon vaincu a gagn&#233;. L&#224; o&#249; les japonais sont pass&#233;s, ils ont d&#233;moli l'id&#233;e de la sup&#233;riorit&#233; du colonialisme occidental &#187;. Le 16 ao&#251;t 45, c'est la d&#233;faite japonaise. Ce m&#234;me mois &#233;clatent des mouvements insurrectionnels en m&#234;me temps en Indon&#233;sie, en Cor&#233;e, au Vietnam. Il ne s'agit pas de mouvements de gu&#233;rillas paysannes comme on l'a souvent pr&#233;sent&#233; pour dire que la direction nationaliste &#233;tait une fatalit&#233;. Dans les trois cas, ces mouvements ont lieu dans les grandes villes, et dans les trois cas ils sont essentiellement populaires et m&#234;me prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Indon&#233;sie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir. Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en 1949. Le courant nationaliste bourgeois de Soekarno, le parti national, est loin d'&#234;tre le seul. Bien que d&#233;capit&#233; par une r&#233;pression f&#233;roce des hollandais lors de l'insurrection de 1928 le PKI, le parti communiste est au moins aussi puissant et beaucoup plus influent dans la classe ouvri&#232;re. Sa strat&#233;gie est le soutien total &#224; Soekarno au point que le parti communiste met toute son &#233;nergie freiner la lutte des ouvriers et des paysans, &#224; emp&#234;cher les occupations d'usines, et de terres des plantations &#233;trang&#232;res et des grands propri&#233;taires, &#224; justifier le rachat des propri&#233;t&#233;s nationalis&#233;es par l'Etat, &#224; justifier le d&#233;sarmement des travailleurs et la formation de l'arm&#233;e bourgeoise. Rapidement les forces nationalistes se trouvent circonscrites dans l'&#238;le de Java, la plus peupl&#233;e. Mais m&#234;me l&#224;, une insurrection populaire partie de Madium conteste le pouvoir de Soekarno. Le parti communiste, bien que r&#233;ticent &#224; mener une politique offensive contre la bourgeoisie nationaliste, est port&#233; &#224; la t&#234;te de l'insurrection par les masses populaires. Celle-ci fut noy&#233;e dans le sang par l'arm&#233;e de Soekarno et les militants du parti communiste sont pourchass&#233;s. Un avant go&#251;t de ce qui allait se passer des ann&#233;es plus tard o&#249; cette m&#234;me arm&#233;e assassinera le parti communiste indon&#233;sien qui &#233;tait le plus grand parti communiste de tous les pays du bloc non communiste, faisant en trois mois un v&#233;ritable massacre, des centaines de milliers de victimes, dans les rangs de ce parti qui comptait 15 millions de membres en comptant toutes les associations qu'il dirigeait. Un parti communiste qui avait pourtant &#233;t&#233; &#224; nouveau un soutien sans faille au r&#233;gime nationaliste qui cependant n'&#233;tait qu'une f&#233;roce dictature qui s'est content&#233;e de faire passer l'exploitation p&#233;troli&#232;re de la compagnie Shell &#224; la Standard Oil et de surexploiter violemment la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Anglais constatant qu'il y a un mouvement r&#233;volutionnaire irr&#233;sistible, pr&#233;f&#232;rent c&#233;der le pouvoir d'eux-m&#234;mes &#224; des nationalistes avec lesquels ils tentent des accords pour conserver leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques plut&#244;t que de risquer que les masses populaires ne s'embrasent. Le travailliste, le major Attlee qui a succ&#233;d&#233; &#224; Churchill d&#233;clare qu'il craint un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire des masses en Inde et c'est comme cela qu'il obtient tr&#232;s rapidement l'accord de la bourgeoisie anglaise pour c&#233;der &#224; toute vitesse l'ind&#233;pendance ce que l'Angleterre n'envisageait absolument pas un an plus t&#244;t. En octobre 1946 il explique &#224; la chambre que tout retard dans l'accession &#224; l'ind&#233;pendance provoquera des graves troubles r&#233;volutionnaires selon le compte rendu de la mission minist&#233;rielle qu'il a envoy&#233;e sur place et que selon lui il sera inutile et impossible d'amener suffisamment de renforts sur place. Il est certain que la population anglaise qui r&#233;clamait d'abord et avant tout sa d&#233;mobilisation et qui venait de faire chuter Churchill le repr&#233;sentant de tous les sacrifices consentis au nom de l'effort de guerre ne se sentait pas pr&#234;te &#224; verser son sang pour lutter contre la population de l'Inde soulev&#233;e. Et en f&#233;vrier 47 &#224; la chambre des lords Pethic-Lawrence d&#233;clare que l'on a d&#233;j&#224; trop tard&#233; que selon ses termes &#171; il existe en Inde une situation et un danger r&#233;volutionnaire extr&#234;me, que si le transfert du pouvoir ne s'effectue pas &#224; bref d&#233;lai la r&#233;volution dont l'&#233;ruption a &#233;t&#233; momentan&#233;ment retard&#233;e par l'annonce de la pr&#233;paration de l'ind&#233;pendance par la mission minist&#233;rielle &#233;clatera in&#233;vitablement &#187;. L'exemple Birman montre toute l'utilit&#233; d'aller vers l'ind&#233;pendance qui a permis en janvier 1947 un rapprochement entre l'Angleterre et le nationaliste Ang San ce qui leur a permis de casser l'alliance entre les nationalistes mod&#233;r&#233;s et radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les anglais. Le mouvement nationaliste de Gandhi appelle les masses au pacifisme sous des pr&#233;textes philosophiques. N'oublions pas que cette philosophie n'avait pas emp&#234;ch&#233; Gandhi de choisir d'appeler les Indiens &#224; soutenir l'effort de guerre de l'imp&#233;rialisme britannique pendant la premi&#232;re guerre mondiale. Par contre, la mont&#233;e du mouvement ind&#233;pendantiste avant guerre va le contraindre &#224; une position plus radicale. En octobre 1939, 90 000 ouvriers d'industrie de Bombay participent &#224; une gr&#232;ve politique contre la guerre qui va obliger le parti du congr&#232;s &#224; une petite d&#233;claration de non coop&#233;ration &#224; la guerre aux c&#244;t&#233;s des anglais. C'est seulement en 1941 qu'il peut &#224; nouveau offrir sa coop&#233;ration &#224; l'effort de guerre anglais. Mais, de 1942 &#224; 1944, l'imp&#233;rialisme anglais ne veut qu'&#233;craser le mouvement nationaliste et pratique des arrestations massives de ses dirigeants comme des militants plus radicaux. Et ce jusqu'&#224; la fin de la guerre. C'est pour n&#233;gocier avec eux de leur donner le pouvoir &#224; l'ind&#233;pendance que l'imp&#233;rialisme anglais les fait lib&#233;rer en 1945. L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;re &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons l'ouvrage de Charles Bettelheim &#171; L'Inde ind&#233;pendante &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La naissance de L'union indienne est intimement li&#233;e &#224; l'action du Congr&#232;s national indien (parti du Congr&#232;s). Cette action elle-m&#234;me n'a pu aboutir que parce que, sur les ruines de l'ancienne soci&#233;t&#233;, s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;es des forces sociales nouvelle, une bourgeoisie et un prol&#233;tariat, qui devaient s'opposer de fa&#231;on de plus en plus active &#224; la domination &#233;trang&#232;re. (&#8230;) Au cours d'une premi&#232;re p&#233;riode, qui s'&#233;tend jusqu'&#224; 1905, le parti du Congr&#232;s a &#233;t&#233;, essentiellement, le porte-parole de la grande bourgeoisie indienne et des couches sup&#233;rieures des classes moyennes cultiv&#233;es. Il se fixait pour but l'ind&#233;pendance nationale. Il d&#233;sirait voir les Britanniques mettre en &#339;uvre une politique de r&#233;formes sociales et de progr&#232;s &#233;conomique. (&#8230;) En 1905, ann&#233;e de la premi&#232;re victoire d'un Etat d'Asie, le Japon, sur une puissance europ&#233;enne et ann&#233;e de la premi&#232;re r&#233;volution russe, le parti du Congr&#232;s se prononce pour le boycott &#233;conomique des Anglais afin de protester contre le partage du Bengale. (...) Pendant la guerre de 1914-18, le parti du Congr&#232;s se prononce pour le soutien de la guerre, Gandhi lui-m&#234;me demande aux Indiens de s'engager dans l'arm&#233;e anglaise. A la fin de la guerre mondiale, le parti du Congr&#232;s est pr&#234;t &#224; accepter, avec quelques r&#233;serves, les r&#233;formes promulgu&#233;es par le gouvernement britannique. (&#8230;) Cependant, le mouvement des masses (mouvement qui se manifeste principalement par un puissant essor des gr&#232;ves ouvri&#232;res), la mise en &#339;uvre par le gouvernement britannique d'une politique de r&#233;pression, puis la vague d'indignation que cette r&#233;pression suscite dans la population indienne conduisent le parti du Congr&#232;s &#224; raidir ses positions. Ces positions plus combatives sont abandonn&#233;es par Gandhi en 1922. Tout semble indiquer que ce revirement correspond &#224; la crainte de voir le Congr&#232;s d&#233;bord&#233; par l'action des masses. Cette interpr&#233;tation est celle que Jawaharlal Nehru lui-m&#234;me semble admettre (dans &#171; Une autobiographie &#187;). Peu &#224; peu, cependant, l'activit&#233; syndicale et politique de la classe ouvri&#232;re indienne prend de la force. Les organisations syndicales se multiplient et deviennent permanentes. Le Gouvernement doit m&#234;me reconna&#238;tre officiellement leur existence par le Trade Union Act (1926) qui, d'ailleurs, impose de nombreuses limitations &#224; la libert&#233; et &#224; l'action syndicales. Au cours des ann&#233;es 1922-27, le Trade Union Congress se remplit d'une vie syndicale r&#233;elle et, en 1927, il compte 57 syndicats affili&#233;s et 150.000 membres environ. La direction du mouvement syndical &#233;chappe alors, progressivement, au parti du Congr&#232;s et passe &#224; des syndicalistes ainsi qu'&#224; des militants se r&#233;clamant du socialisme ou du mouvement communiste indien. L'essor syndical se poursuit malgr&#233; une r&#233;pression s&#233;v&#232;re. De nouvelles centrales se forment. Parall&#232;lement, sur le plan politique, on assiste &#224; la naissance des partis ouvriers et paysans n&#233;s de la jonction des militants les plus combatifs du mouvement syndical et des &#233;l&#233;ments de la gauche du parti du Congr&#232;s. D'abord constitu&#233; sur une base provinciale (au Bengale, &#224; Bombay, dans les Provinces-Unies, au Pendjab, etc&#8230;), ces partis s'unissent pour former en 1928 le parti pan-indien des ouvriers et des paysans.(&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1935, avec la promulgation du Government of India Act, la partie &#171; provinciale &#187; de cet acte va donner l'occasion au parti du Congr&#232;s de participer pour la premi&#232;re fois sur une large &#233;chelle &#224; la gestion des affaires publiques. (&#8230;) Sur le plan syndical, l'&#233;v&#233;nement important est la fusion qui a lieu en 1935, du Red Trade Union Congress, centrale &#224; direction communiste qui s'&#233;tait form&#233;e en 1930, et du All India Trade Union Congress. En 1938, la fusion s'effectue aussi avec la National Federation of Trade Unions &#224; direction r&#233;formiste. Le mouvement syndical indien est alors unifi&#233; &#224; l'exception de l'Association des travailleurs du textile d'Ahmedabad cr&#233;e par Gandhi et qui est toujours rest&#233;e en dehors du mouvement ouvrier et compte environ 400 000 membres en 1938-39. Au sein du parti du Congr&#232;s, les id&#233;es socialistes trouvent un &#233;cho. Leurs partisans se regroupent dans le parti socialiste du Congr&#232;s (form&#233; en 1934). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La Ligue musulmane avait &#233;t&#233; fond&#233;e en 1906 &#224; l'initiative des autorit&#233;s britanniques. Celles-ci cherchaient &#224; opposer une force nouvelle au Congr&#232;s dont l'orientation leur d&#233;plaisait de plus en plus. (&#8230;) Les &#233;lections ont lieu en 1937 dans les diff&#233;rentes &#171; provinces &#187;. Ces &#233;lections, tenues sur une base censitaire, aboutissent &#224; une victoire &#233;crasante du Congr&#232;s. La Ligue musulmane, par contre, n'obtient que de maigres r&#233;sultats : 4,6% du total des votes musulmans. L'accession du parti du Congr&#232;s aux gouvernements de la majorit&#233; des Provinces accro&#238;t consid&#233;rablement son prestige. En 1938-39, le Congr&#232;s est devenu un parti de masse comptant 4 400 000 membres, contre environ 500 000 trois ans plus t&#244;t. L'action pratique du parti du Congr&#232;s &#224; travers les gouvernements provinciaux qu'il dirige se trouve doublement limit&#233;e : par les pouvoirs restreints dont ces gouvernements disposent et par la diff&#233;renciation politique qui ne tarde pas de s'op&#233;rer &#224; nouveau au sein du parti. (&#8230;) La majorit&#233; des cadres dirigeants du parti du Congr&#232;s &#233;taient &#233;troitement li&#233;s aux propri&#233;taires fonciers, aux industriels et aux commer&#231;ants indiens et n'&#233;taient donc pas particuli&#232;rement dispos&#233;s &#224; promouvoir les mesures qui, comme une r&#233;forme agraire quelque peu profonde, ou des moratoires importants accord&#233;s aux paysans &#233;cras&#233;s par les dettes ou des augmentations de salaires, etc, auraient port&#233; pr&#233;judice aux int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels de la bourgeoisie indienne. Bien entendu, les masses qui avaient soutenu le parti du Congr&#232;s s'attendaient &#224; un changement plus sensible de leurs conditions d'existence, d'o&#249; l'apparition d'une certaine d&#233;sillusion. Comme le disait Jawaharlal Nehru : &#171; Le progr&#232;s &#233;tait lent et le m&#233;contentement se fit jour. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de la seconde guerre mondiale, le parti du Congr&#232;s prend une position de principe radicalement diff&#233;rente de celle adopt&#233;e en 1914-18. Tandis que le Congr&#232;s avait alors apport&#233; son concours &#224; la guerre, le Comit&#233; d&#233;clare qu'il &#171; ne peut s'associer &#224; une guerre de caract&#232;re imp&#233;rialiste et dont le but est de consolider l'imp&#233;rialisme en Inde &#187;. (&#8230;) La classe ouvri&#232;re indienne prenait elle-m&#234;me l'initiative de la &#171; non-coop&#233;ration &#187; : elle d&#233;clenchait sur l'initiative de ses propres organisations (et sans l'accord du parti du Congr&#232;s) une gr&#232;ve pacifique de protestation contre la guerre. Comme le note justement R. Palme-Dutt, &#171; cette gr&#232;ve du 2 octobre 1939, &#224; laquelle particip&#232;rent 90 000 ouvriers de l'industrie de Bombay, a &#233;t&#233; la premi&#232;re gr&#232;ve contre la guerre dans l'histoire du mouvement ouvrier mondial. &#187; (&#8230;) Le refus de coop&#233;ration du parti du Congr&#232;s se limite &#224; la d&#233;mission des minist&#232;res provinciaux en octobre 1939. (&#8230;) En juillet 1940, le parti du Congr&#232;s change d'attitude. Il offre sa coop&#233;ration &#224; l'effort de guerre, &#224; condition que soit reconnu le principe de l'ind&#233;pendance de l'Inde (&#8230;) Cette proposition est rejet&#233;e par le gouvernement britannique. Les propositions britanniques sont unanimement rejet&#233;es par le Congr&#232;s. (&#8230;) Au cours de l'&#233;t&#233; 1941, l'extension de la guerre &#224; l'Union sovi&#233;tique puis en d&#233;cembre de cette m&#234;me ann&#233;e, l'entr&#233;e en guerre du Japon contre les Etats-Unis am&#232;nent la majorit&#233; de la direction du Congr&#232;s &#224; r&#233;viser encore une fois de position &#224; l'&#233;gard de la guerre. Fin d&#233;cembre 1941, le Congr&#232;s offre sa coop&#233;ration aux Nations Unies. (&#8230;) Finalement c'est la politique de Gandhi qui l'emporte avec le vote de la r&#233;solution d'ao&#251;t 1942. Cette r&#233;solution d&#233;clare que le Congr&#232;s ne veut nuire ni &#171; &#224; la d&#233;fense de la Chine et de la Russie &#187; ni &#171; &#224; la campagne de d&#233;fense des Nations Unies &#187;. (&#8230;) La d&#233;claration de Nehru au cours du d&#233;bat o&#249; cette r&#233;solution &#233;t&#233; adopt&#233;e est particuli&#232;rement significative : &#171; Cette r&#233;solution n'est pas une menace ; c'est une invitation et une explication, c'est une offre de coop&#233;ration. &#187; Le gouvernement britannique, loin d'interpr&#233;ter ainsi la d&#233;claration du 8 ao&#251;t 1942 (la &#171; lutte non-violente &#187; de Gandhi), y trouve une occasion de d&#233;clencher une vaste op&#233;ration de r&#233;pression. (&#8230;) Entre ao&#251;t 1942 et la fin de l'ann&#233;e, les manifestations entra&#238;nent, d'apr&#232;s les chiffres officiels, plus de 60 000 arrestations, tandis que 940 personnes sont tu&#233;es et 1 630 bless&#233;es &#224; la suite d'actions de r&#233;pression men&#233;es par la police ou les forces militaires. La r&#233;pression se poursuivra jusqu'&#224; la fin de la guerre. Le 6 mai 1944, au moment o&#249; la guerre se termine en Europe, Gandhi est lib&#233;r&#233; pour raison de sant&#233; et il annonce que la partie de la r&#233;solution d'ao&#251;t 1942 relative &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile est annul&#233;e. (&#8230;) La formation en Grande-Bretagne d'un gouvernement travailliste, &#224; la suite des &#233;lections de l'&#233;t&#233; 1945, n'acc&#233;l&#232;re pas l'accession de l'Inde &#224; l'ind&#233;pendance. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers mois de l'ann&#233;e 1946 sont marqu&#233;s par deux &#233;v&#233;nements qui influencent s&#233;rieusement l'&#233;volution &#224; venir : la tenue des &#233;lections aux assembl&#233;es l&#233;gislatives et d'importants soul&#232;vements dans la Royal Indian Navy. Aux &#233;lections aux assembl&#233;es provinciales (&#233;lections toujours tenues sur une base censitaire et auxquelles ne peuvent participer que 11% de la population), le Congr&#232;s obtient 930 si&#232;ges (et 55,5 &#249; des voix) et la Ligue musulmane obtient 427 des 507 si&#232;ges destin&#233;s aux musulmans. (&#8230;) ces &#233;lections mettent en lumi&#232;re le caract&#232;re &#171; repr&#233;sentatif &#187; de ces organisations mais ne suffisent pas &#224; inciter le gouvernement britannique &#224; prendre l'initiative de nouvelles discussions sur le probl&#232;me de l'ind&#233;pendance indienne. Cependant, depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vietnam&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 mars 1945 : Coup de force japonais qui fait tomber le r&#233;gime fran&#231;ais au Vietnam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mars 1945 : D&#233;mant&#232;lement des troupes fran&#231;aises d'Indochine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 mars 1945 : Bao Da&#239; proclame l'ind&#233;pendance de l'Indochine en collaboration avec le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 avril 1945 : Constitution du gouvernement vietnamien projaponais de Tran Van Kim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1945 : Aux accords de Potsdam, les Alli&#233;s d&#233;cident l'occupation chinoise au nord du Vietnam et anglaise au sud, zones limit&#233;es par le 16e parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 ao&#251;t 1945 : Pour anticiper l'arriv&#233;e des Alli&#233;s, les staliniens du &#171; Comit&#233; de Libaration du peuple vietnamien &#187; parlent de renversement du pouvoir japonais, la veille de sa reddition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1945 : Capitulation du Japon dans la guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 ao&#251;t 1945 : Constitution du Front National Unifi&#233; qui regroupe bourgeoisie et f&#233;odaux (Caoda&#239;stes, Hoa Hao et Parti de l'ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 ao&#251;t 1945 : Apparition de comit&#233;s du peuple dans la r&#233;gion sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 ao&#251;t 1945 : Constitution de centaines de comit&#233;s de la jeunesse d'avant-garde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le plus grand quartier ouvrier de Sa&#239;gon (Phu-Huan) &#233;lit son comit&#233; du peuple qui se proclame nouveau pouvoir central. Les paysans liquident les anciens serviteurs des gouvernements fran&#231;ais et japonais. Ils investissent les bureaux et tribunaux de l'administration locale. Constitution de tribunaux du peuple qui jugent les grands propri&#233;taires et les anciens fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple, d'ao&#251;t &#224; septembre, confisquent les biens des riches et partagent les terres. Manifestation de 300.000 personnes dont 30.000 derri&#232;re la banni&#232;re trotskyste de la LCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 ao&#251;t 1945 : Pour contrer la vague r&#233;volutionnaire, le Front National Unifi&#233; se dissous et adh&#232;re au Viet Minh tenu par les staliniens, seule force capable de contrer la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 ao&#251;t 1945 : Abdication de Bao Da&#239;. Formation par les staliniens du &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud Vietnam &#187; qui vise &#224; &#233;viter le vide du pouvoir en occupant tous les postes adminstratifs et en maintenant en place la police : sept staliniens sur neuf ministres et Ho Chi Minh &#224; la pr&#233;sidence. Grandiose manifestation &#224; Sa&#239;gon pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t 1945 : Entr&#233;e des troupes chinoises au nord du Vietnam. Premi&#232;re assembl&#233;e des comit&#233;s du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 ao&#251;t 1945 : D&#233;claration du stalinien Nguyen Van Tao, ministre l'Int&#233;rieur, contre les trostskystes : &#171; Seront s&#233;v&#232;rement punis et impitoyablement frapp&#233;s tous ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. (&#8230;) Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste qui apportera la solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi il ne lui apartient pas de r&#233;aliser une telle t&#226;che. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, bien que les communistes soient actuellement au pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#251;t 1945 : D&#233;clenchement d'une vaste campagne de calomnies contre les trotskystes accus&#233;s de semer le d&#233;sordre et de provoquer des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1945 : Formation du gouvernement provisoire vietnamien&lt;br class='autobr' /&gt;
1er septembre 1945 : D&#233;claration de Tran Van Giau affirmant que l'ind&#233;pendance n'est pas le produit de la lutte mais des &#171; n&#233;gociations avec nos alli&#233;s &#187; et qui menancent quiconque pr&#233;tend combattre les armes &#224; la main les &#171; forces alli&#233;es &#187; : &#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; l'armement seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par les Alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 septembre 1945 : Manifestation organis&#233;e par le gouvernement et les staliniens pour &#171; accueillir les Alli&#233;s &#187; qui d&#233;barquent &#224; Sa&#239;gon. La manifestation se d&#233;roule dans le calme mais des coups de feu sont tir&#233;s contre les manifestants en marge du cort&#232;ge. La col&#232;re des Vietnamiens explose. La population explose de col&#232;re contre le retour des colonialistes. Le climat change. Des Fran&#231;ais sont pris &#224; partie et assassin&#233;s. Les staliniens accusent les trotskystes de la responsabilit&#233; des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre 1945 : A Hano&#239;, Tran Van Giau d&#233;cr&#232;te le d&#233;sarmement des organisations non-gouvernementales, dont les comit&#233;s populaires qui pr&#233;paraient une insurrection arm&#233;e contre le retour des troupes alli&#233;es au Vietnam. Le nouveau pouvoir stalinien se pr&#233;pare &#224; &#171; accueillir nos alli&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre 1945 : D&#233;barquement des troupes anglaises &#224; Sa&#239;gon&lt;br class='autobr' /&gt;
12 septembre 1945 : Manifeste commun des comit&#233;s du peuple et du groupe trostskyste LCI d&#233;non&#231;ant la politique de trahison du gouvernement stalinien et capitulation devant l'Etat-major des troupes anglaises.&lt;br class='autobr' /&gt;
14 septembre 1945 : Un d&#233;tachement arm&#233; sous les ordres du chef de la police, le stalinien Quang Bach, arr&#234;te les membres du comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire de Tan Dinh (banlieue de Sa&#239;gon). Le massacre des trotskystes est lanc&#233; par les staliniens et le nouveau pouvoir dans tout le pays pour d&#233;capiter la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1945 : Le g&#233;n&#233;ral britannique Gracey arme les troupes fran&#231;aises, liquide le &#171; comit&#233; ex&#233;cutif du sud Vietnam &#187; et proclame la loi martiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 : Les troupes de leclerc se rendeznt maitresses de Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 &#224; janvier 1946 : Leclerc et les troupes fran&#231;aises r&#233;occupent la Cochinchine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 novembre 1945 : autodissolution du Parti Communiste &#171; pour placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
6 mars 1946 : Accord entre la France et le Viet Minh : le Vietnam appartient &#224; la F&#233;d&#233;ration Indochinoise et d&#233;pend de l'Union fran&#231;aise (c'est-&#224;-dire &#224; l'empire colonial fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mars 1946 : Entr&#233;e des troupes fran&#231;aises &#224; Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1945, les forces arm&#233;es japonaises, qui avaient laiss&#233; la France de Vichy au pouvoir, occupent militairement le Vietnam et d&#233;cident de d&#233;clarer l'ind&#233;pendance aux Etats indochinois. Un coup de force en mars 1945 suffit &#224; d&#233;sarmer les troupes fran&#231;aises li&#233;es au gouvernement de Vichy qui sont arr&#234;t&#233;es et remplac&#233;es par un gouvernement vietnamien pseudo ind&#233;pendant puisqu'il reste li&#233; aux Japonais. Il s'agit de se servir des aspirations nationales des peuples d'Indochine contre les alli&#233;s anglo-am&#233;ricains qui ripostent en d&#233;clarant accorder l'ind&#233;pendance &#224; l'Indochine. Seulement la d&#233;faite du Japon est tr&#232;s rapide et le 5 ao&#251;t c'est le bombardement de Hiroshima. Le 10 ao&#251;t, le dirigeant nationaliste stalinien Ho Chi Minh devant la carence des autorit&#233;s projaponaises s'autoproclame nouveau pouvoir. L'essentiel de sa sup&#233;riorit&#233; n'est pas politique mais militaire. C'est lui que les alli&#233;s ont arm&#233; au Vietnam contre les japonais via le gouvernement chinois du Kuomintang. Il n'a aucune difficult&#233; &#224; d&#233;mettre le pouvoir fantoche projaponais. Loin d'&#234;tre un acte r&#233;volutionnaire contre le colonialisme fran&#231;ais, Ho Chi Minh consid&#232;re alors cette action du 5 ao&#251;t comme un acte anti-japonais dans le cadre de l'Etat fran&#231;ais auquel il demande seulement une autonomie au sein de l'empire. Partisans de cette politique anti-fran&#231;aise, Ho Chi Minh s'est empress&#233; de proclamer un gouvernement pour &#233;viter un vide du pouvoir en un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire des masses vietnamiennes devenait possible. Le 10 ao&#251;t est proclam&#233; par son mouvement la r&#233;volution vietnamienne alors qu'en r&#233;alit&#233; il s'est juste content&#233; d'un accord au sommet avec toutes les forces bourgeoises et nationalistes en &#233;cartant seulement les militants ouvriers syndicalistes, staliniens des villes et trotskystes. Et surtout les masses ont &#233;t&#233; soigneusement tenues &#224; l'&#233;cart lors de sa constitution. Puis il a orchestr&#233; des manifestations contre le r&#233;gime pro-japonais pr&#233;c&#233;dent qui n'a pu que se retirer. Dans une proclamation pourtant appel&#233;e d&#233;claration d'ind&#233;pendance, le nouveau pouvoir se dit d&#233;favorable &#224; une ind&#233;pendance imm&#233;diate et admet que celle-ci sera accord&#233;e par la France dans un d&#233;lai de 5 &#224; dix ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le vietminh dirig&#233; par le parti communiste vietnamien d'Ho Chi Minh n'est fort que dans le nord du pays, au Tonkin. Dans le sud, en Cochinchine, Ho Chi Minh est beaucoup plus faible et les travailleurs ont un rapport de force beaucoup plus favorable et l'escamotage de la r&#233;volution va s'av&#233;rer beaucoup plus difficile. Il a en face de lui un courant trotskyste implant&#233; avec lequel il a d&#251; plusieurs fois s'entendre. En 1939, seul face &#224; toutes les forces nationalistes et staliniennes les trotskystes ont eu 80% des voix aux &#233;lections de Saigon. A l'annonce de la capitulation japonaise s'est en fait un v&#233;ritable soul&#232;vement r&#233;volutionnaire qui a lieu car la population est r&#233;volt&#233;e contre toutes les autorit&#233;s. Il faut dire qu'il y a eu au Vietnam un million de morts et par la seule famine il y a encore en 1945 des centaines de milliers de morts chaque mois. Au Tonkin et au Nord Annam, c'est la r&#233;volution. Des pauvres s'attaquent aux autorit&#233;s locales, aux profiteurs et oppresseurs de toutes sortes, les arr&#234;tent les tuent. Ils forment des comit&#233;s du peuple. Ils mettent en avant le partage des terres, la confiscation des biens des riches. A Saigon, l'op&#233;ration des nationalistes et des bourgeois qui a eu lieu au nord n'a pu se faire car ce sont les comit&#233;s du peuple qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;s et qui ont pris le pouvoir &#224; l'issu d'une manifestation dirig&#233;e par les trotskystes sur les slogans armement du peuple, la terre aux paysans, nationalisation des usines sous contr&#244;le ouvrier. Des tribunaux du peuple jugent les anciens grands propri&#233;taires et fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple &#233;lisent alors une direction provisoire auquel ils affectent un local et qui est gard&#233; par un d&#233;tachement d'ouvriers en armes. C'est pour se d&#233;barrasser de cette r&#233;volution que le vietminh qui s'est associ&#233; d'anciennes forces vietnamiennes li&#233;es &#224; l'ancien r&#233;gime vichyste va pratiquer une politique se r&#233;pression et d'assassinat syst&#233;matique contre les membres des comit&#233;s du peuple et particuli&#232;rement contre les dirigeants trotskystes comme Ta Thu Tau et Tran Van Tach qui sont assassin&#233;s syst&#233;matiquement. C'est en brisant le soul&#232;vement ouvrier que le vietminh va se hisser au pouvoir et non en s'appuyant dessus. Nous le verrons dans un texte que nous lirons sur ce sujet. Et d&#232;s qu'il parvient au pouvoir son langage est clair : &#171; seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. Notre gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois et il ne lui appartient pas de r&#233;aliser la r&#233;volution communiste. &#187; Le 2 septembre 1945 ils manifestent m&#234;me en l'honneur de la commission des alli&#233;s. Des colons fran&#231;ais tirent dans la foule qui arr&#234;te un certain nombre de ces assassins. Cependant le chef de la police stalinien les fait rapidement rel&#226;cher. L'exasp&#233;ration des masses grandit et les staliniens d&#233;cident d'en finir avec la r&#233;volution. Ils annoncent &#171; seront consid&#233;r&#233;s comme provocateurs et saboteurs ceux qui appellent le peuple &#224; l'armement et surtout &#224; la lutte contre les alli&#233;s occidentaux &#187;. En septembre 1945 les staliniens vont d&#233;sarmer les comit&#233;s du peuple puis pourront en finir d&#233;finitivement et physiquement avec les membres des comit&#233;s du peuple de Saigon. Ils avaient fini d'assassiner la r&#233;volution indochinoise. En octobre 1945, Ho Chi Minh d&#233;clare &#224; la presse : &#171; la France et le Vietnam ont depuis longtemps conclu un mariage. Le mariage n'a pas toujours &#233;t&#233; heureux mais nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; le briser. &#187; En novembre 1945, le parti communiste indochinois s'autodissout d&#233;clarant : &#171; il faut placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1946, les troupes fran&#231;aises reviennent au Vietnam. Loin de combattre le retour des troupes fran&#231;aise, Ho Chi Minh va les accueillir, esp&#233;rant toujours que celles-ci vont accepter de le mettre &#224; la t&#234;te d'un territoire autonome li&#233; &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une ind&#233;pendance pr&#233;matur&#233;e du Vietnam risque de ne pas &#234;tre dans la ligne des perspectives sovi&#233;tiques et embarrasserait l'URSS dans ses efforts pour gagner la France en tant qu'alli&#233;e. &#187; &#233;crit le PCF, dans un document transmis au Viet Minh par le Groupe culturel marxiste (li&#233; au PCF) de Saigon le 25 septembre 1945 et publi&#233; par Harold Isaacs dans &#171; Pas de paix en Asie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;goire Madjarian rapporte dans &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais &#187; : &#171; Le 16 f&#233;vrier, Ho Chi Minh communiquait &#224; Jean Sainteny, l'envoy&#233; du Haut commissaire D'Argenlieu, qu'il consentait &#224; n&#233;gocier, sur la base de l'unit&#233; et de l'ind&#233;pendance du Vietnam, l'adh&#233;sion &#224; l'Union fran&#231;aise. Leclerc et Sainteny press&#232;rent le gouvernement fran&#231;ais d'accepter. Ce qu'il fit, se d&#233;clarant pr&#234;t &#224; reconna&#238;tre un gouvernement vietnamien autonome, &#224; condition que ce dernier accueille amicalement les troupes fran&#231;aises lorsqu'elles viendraient remplacer les troupes du Kuomintang. On apprenait le 4 mars, &#224; Hano&#239;, que la flotte de d&#233;barquement fran&#231;aise faisait route vers Ha&#239;phong &#8211; le grand port du nord du Vietnam. (&#8230;) Le 5 mars, le comit&#233; central du Viet Minh, r&#233;uni &#224; Huong-Canh, dans la campagne proche de Hano&#239;, d&#233;cidait que &#171; dans cette conjoncture, la meilleure condition &#224; suivre pour le salut de la patrie n'&#233;tait pas de couper les ponts, mais de sauver la paix. &#187; (&#8230;) Le journal (du Viet Minh) de Hu&#233; le 5 mars, sous le titre &#171; Calmes mais pr&#234;ts &#187; : (&#8230;) &#171; La France a pris l'initiative de n&#233;gocier. Nous sommes heureux de n&#233;gocier selon la demande des Fran&#231;ais. (&#8230;) Les n&#233;gociations n'aboutiront que si nous obtenons l'ind&#233;pendance. &#187; (&#8230;) Ho Chi Minh et Sainteny signaient le 6 mars 1946 une convention pr&#233;liminaire. (&#8230;) L'id&#233;e d'ind&#233;pendance &#233;tait absente ; l'unit&#233; du Vietnam restait suspendue &#224; un r&#233;f&#233;rendum - dont la date n'&#233;tait pas fix&#233;e - qui d&#233;ciderait du sort de la Cochinchine (Nam-Bo) contr&#244;l&#233;e par les troupes coloniales. Enfin des unit&#233;s fran&#231;aises &#8211; quinze mille hommes &#8211; s'installaient dans le Tonkin pour y effectuer, conjointement avec l'arm&#233;e vietnamienne, la rel&#232;ve des troupes de Tchang Ka&#239;-chek. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1946, le Vietminh repr&#233;sent&#233; par Pham Van Dong et Ho Chi Minh, encore en n&#233;gociations avec la France &#224; Fontainebleau, est aid&#233; par des troupes fran&#231;aises pour achever sa purge et en finir avec les militants trotskystes. Ho d&#233;clare alors sur son alliance avec la France : &#171; nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par nos alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s le bombardement massif du port de Haiphong, qui fait 6000 morts en novembre 1946, que les nationalistes vietnamiens se trouveront contraints d'admettre qu'il va falloir se battre avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. En d&#233;cembre 46 c'est l'attaque des troupes fran&#231;aises qui reprend possession du Vietnam et contraint les nationalistes &#224; la lutte arm&#233;e &#224; Hano&#239; qui est occup&#233;e par l'arm&#233;e fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Documents sur la situation insurrectionnelle au Vietnam :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Staliniens et trotskystes au Vietnam &#187; John Sharpe :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les journ&#233;es d'ao&#251;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 16 ao&#251;t 1945, les nouvelles de la d&#233;faite du Japon parvinrent en Indochine. Le lendemain, le commandement japonais proclamait l'ind&#233;pendance de l'Indochine (Vietnam, Laos et Cambodge). La rapidit&#233; de la reddition surprit tout le monde. Cependant, le Viet Minh avait d&#233;j&#224; convoqu&#233; un congr&#232;s qui formait le jour m&#234;me un Comit&#233; populaire de lib&#233;ration nationale, sorte de gouvernement provisoire. Partout, ils se d&#233;p&#234;ch&#232;rent d'occuper le vide du pouvoir, en s'emparant simplement de l'appareil du pouvoir colonial franco-japonais. Les troupes du Viet Minh occup&#232;rent rapidement Hano&#239; sans opposition de la part des Japonais. D&#233;sirant d'&#233;viter toute apparence de r&#233;volution, le Viet Minh demanda et re&#231;u l'abdication officielle de Bao Da&#239;, l'empereur traditionnel, qui devint du coup &#171; conseiller politique supr&#234;me &#187; du nouveau gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un geste tr&#232;s significatif, Ho r&#233;digea (conjointement avec les conseillers am&#233;ricains) une D&#233;claration d'Ind&#233;pendance, qui commence en citant la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance am&#233;ricaine et la D&#233;claration des droits de l'homme fran&#231;aise, deux documents clefs des r&#233;volutions bourgeoises. Selon la th&#233;orie stalinienne de la r&#233;volution par &#233;tapes, parler de socialisme &#224; ce stade aurait &#233;t&#233; pr&#233;matur&#233;, puisque la premi&#232;re t&#226;che &#233;tait la d&#233;faite des f&#233;odaux et de l'imp&#233;rialisme. La r&#233;alit&#233; de cette &#171; th&#233;orie &#187; avait &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; un mois avant par l'appel de Ho &#224; la France pour une ind&#233;pendance au sein de l'Union fran&#231;aise &#171; dans au moins cinq ans et au plus dix ans &#187; et par l'accord sign&#233; &#224; Hano&#239; au d&#233;but de 1946 en vue du retour des troupes fran&#231;aises ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Sud Vietnam, la situation &#233;volua diff&#233;remment du fait de la faiblesse relative des staliniens. Le 19 ao&#251;t, les travailleurs de Ban Co, quartier de Sa&#239;gon, formaient le premier Comit&#233; du peuple du sud Vietnam. Le jour suivant, un comit&#233; similaire du quartier Phu Nhuan de Sa&#239;gon, le plus important quartier ouvrier de la ville, occupa le pouvoir gouvernemental. En m&#234;me temps, les paysans se soulevaient dans les campagnes, br&#251;lant les villas des grands propri&#233;taires ainsi que plusieurs entreprises rizicoles, le 19 ao&#251;t dans la province de Sadec. Dans la seule province de Long Xuyen, plus de deux cents repr&#233;sentants du gouvernement et policiers furent tu&#233;s par les paysans dans les premiers jours qui suivirent la reddition du Japon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 21 ao&#251;t, le Front National Uni appela &#224; une manifestation qui attira plus de 300.000 participants. Hoa Hao et Cao Da&#239; marchaient derri&#232;re le drapeau de la monarchie suivis d'un groupe de 100.000 manifestants. Les trotskystes la Ligue Communiste Internationale repr&#233;sentait l'autre p&#244;le important de la manifestation. Derri&#232;re une large banderole de la Quatri&#232;me Internationale venaient des pancartes et des drapeaux avec les principaux slogans de la LCI : &#171; A bas l'imp&#233;rialisme ! &#187;, &#171; Longue vie &#224; la r&#233;volution mondiale ! &#187;, &#171; Front des ouvriers et des paysans ! &#187;, &#171; Formons partout des comit&#233;s du peuple ! &#187;, &#171; Assembl&#233;e populaire ! &#187;, &#171; Armement du peuple &#187;, &#171; nationalisation des usines sous le contr&#244;le des travailleurs ! &#187;, &#171; Gouvernement ouvrier et paysan &#187;. Quand la banni&#232;re de la quatri&#232;me internationale apparut, des centaines et des milliers de travailleurs, qui n'avaient pas oubli&#233; le mouvement r&#233;volutionnaire de 1930, se rassembl&#232;rent derri&#232;re, embrassant de vieux amis. (&#8230;) En quelques heures, les manifestants d'ICL se mont&#232;rent &#224; 30.000. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la mont&#233;e du mouvement de masse, les staliniens du Viet Minh s'empress&#232;rent de prendre le pouvoir. Leur premi&#232;re tactique consista &#224; se pr&#233;senter comme les repr&#233;sentants l&#233;gitimes des forces alli&#233;es victorieuses. Ainsi, dans la proclamation du Viet Minh du 23 ao&#251;t, Tran van Giau, le dirigeant des staliniens du sud, proclama : &#171; Nous nous sommes battus durant cinq ann&#233;es aux c&#244;t&#233;s des d&#233;mocraties alli&#233;es&#8230; &#187; La nuit pr&#233;c&#233;dente, Giau avait envoy&#233; un ultimatum au Front National Uni, le sommant de se dissoudre et remettre ses postes administratifs au Viet Minh. Le lendemain, le Front National Uni se dissolvait et rejoignait le Viet Minh. (pour couronner la trahison du groupe La Lutte qui avait organis&#233; le Front National Uni en tant que &#171; front populaire &#171; trotskyste &#187;, il leur fut accord&#233; un si&#232;ge au &#171; Comit&#233; du sud &#187; du Viet Minh, le 10 septembre 1945 !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCI n'&#233;tait pas inactive durant cette p&#233;riode, mettant en place une imprimerie, &#233;ditant des bulletins adress&#233;s &#224; la population toutes les trois heures et formant des unit&#233;s militaires, comme &#233;tape vers l'armement des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les staliniens &#233;taient plus rapides. Le 25 ao&#251;t, &#224; 5 heures du matin, le Viet Minh faisaient un coup d'&#233;tat sans verser une goutte de sang occupant l'h&#244;tel de ville et les commissariats. Agissant dans le dos des masses et avec l'aide de la bourgeoisie nationaliste (Hoa Hao, Cao Da&#239;, VNQDD), les staliniens s'empar&#232;rent simplement de l'appareil d'&#233;tat en place et install&#232;rent un nouveau r&#233;gime bonapartiste bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les staliniens appel&#232;rent &#224; une manifestation monstre avec plus d'un million de participants. Plus de trente associations politiques &#233;taient pr&#233;sentes, mais les forces le plus remarquables &#233;taient celles des staliniens et de la LCI. Lors de l'effondrement de l'administration japonaise, les forces de police elles-m&#234;mes se divis&#232;rent en deux camps, la majorit&#233; soutenant le Viet Minh, mais une minorit&#233; se pla&#231;ant sous la banni&#232;re de la quatri&#232;me internationale ! La d&#233;l&#233;gation de la LCI &#224; la manifestation &#233;tait nettement plus petite cette fois (2000 manifestants seulement) que lors de la pr&#233;c&#233;dente, mais cette fois ceux qui soutenaient la LCI &#233;taient venus avec des contingents de leurs syndicats. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux jours apr&#232;s le coup d'&#233;tat, Nguyen Van Tao, devenu ministre de l'int&#233;rieur du r&#233;gime Viet Minh, lan&#231;a un d&#233;fit mena&#231;ant : &#171; Celui qui encouragera les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res sera puni s&#233;v&#232;rement et sans piti&#233;&#8230; Nous n'avons pas encore lanc&#233; une r&#233;volution communiste qui apporterait une solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement est seulement un gouvernement d&#233;mocratique ( !), et de ce fait il ne peut pas prendre en charge cette t&#226;che. Je le r&#233;p&#232;te, notre gouvernement est d&#233;mocratique bourgeois m&#234;me si les Communistes sont au pouvoir. &#187; On ne pouvait pas &#234;tre plus clair ! (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Suite &#224; une conf&#233;rence de presse de Tao, le Viet Minh lan&#231;a une campagne anti-trotskyste incessante dans la presse accusant la quatri&#232;me internationale de semer le d&#233;sordre. Le 1er septembre, Tran Van Giau d&#233;clara : &#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; s'armer seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront garanties et assur&#233;es par les d&#233;mocraties alli&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant qu'Ho Chi Minh lisait la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance &#224; Hano&#239;, le Viet Minh du sud organisait une d&#233;monstration le 2 septembre pour accueillir les troupes britanniques qui arrivaient. Plus tard dans l'apr&#232;s-midi du 2 septembre, plus de 400.000 personnes se joignaient &#224; une d&#233;monstration pacifique allant &#224; la cath&#233;drale. Alors qu'un pr&#234;tre connu comme sympathisant des Vietnamiens parlait sur les marches de la cath&#233;drale, des tirs partirent et il fut tu&#233;. La foule courut se prot&#233;ger mais 150 personnes furent bless&#233;es. Des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent avec des attaques des colons fran&#231;ais responsables de crimes. Nombre de Fran&#231;ais furent arr&#234;t&#233;s mais imm&#233;diatement rel&#226;ch&#233;s par Duong Bach Mai, qui publia une d&#233;claration &#171; d&#233;plorant des exc&#232;s qui ont &#233;t&#233; commis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux &#233;v&#233;nements du 2 septembre, staliniens et trotskystes &#233;mirent deux appels clairement oppos&#233;s. Alors que les troupes anglaises sous la direction du g&#233;n&#233;ral Gracey &#233;taient attendues d'un jour &#224; l'autre, le Viet Minh proclamait : &#171; Dans l'int&#233;r&#234;t de la nation, nous appelons chacun &#224; avoir confiance en nous et &#224; ne pas se laisser &#233;garer par des gens qui trahissent notre pays. C'est seulement de cette mani&#232;re que nous pourrons faciliter nos relations avec les repr&#233;sentants des Alli&#233;s. &#187; (tract du 7 septembre 1945)&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233;, la LCI d&#233;clarait : &#171; Nous, communistes internationalistes, n'avons aucune illusion sur la capacit&#233; d'un gouvernement Viet Minh, du fait sa politique de collaboration de classe, de se battre victorieusement contre l'invasion imp&#233;rialiste qui va avoir lieu dans les prochaines heures. Cependant, s'il s'engage &#224; d&#233;fendre l'ind&#233;pendance nationale et les libert&#233;s populaires, nous n'h&#233;siterons &#224; l'y aider et &#224; le soutenir par tous les moyens possibles de la lutte r&#233;volutionnaire. Mais, par contre, nous devons r&#233;p&#233;ter que nous maintiendrons l'absolue ind&#233;pendance de notre parti vis-&#224;-vis du gouvernement et des autres partis, car l'existence m&#234;me d'un parti qui se revendique du bolchevik-l&#233;ninisme d&#233;pend enti&#232;rement de son ind&#233;pendance politique. &#187; (Communiqu&#233; du 4 septembre 1947)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'influence de la LCI, durant les trois mois apr&#232;s le 16 ao&#251;t, plus de cent cinquante comit&#233;s du peuple (To Chuc Uy Banh Hanh Dong) ont &#233;t&#233; mis en place au Nam Bo (Vietnam du sud), dont approximativement cent dans la r&#233;gion Sa&#239;gon-Cholon. Un Comit&#233; central provisoire compos&#233; de neuf membres (qui sera ensuite port&#233; &#224; 15) est form&#233; apr&#232;s les manifestations du 21 ao&#251;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question du r&#244;le historique de ces &#171; comit&#233;s du peuple &#187; est d'une importance cruciale pour le courant r&#233;volutionnaire trotskyste. Dans la revue &#171; Quatri&#232;me internationale &#187;, un article sign&#233; Lucien (pseudonyme d'un leader vietnamien de la LCI) &#233;crivait : &#171; La LCI dirigeait les masses par l'interm&#233;diaire des comit&#233;s du peuple&#8230; Malgr&#233; sa faiblesse num&#233;rique, la LCI r&#233;ussit, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la r&#233;volution indochinoise, la t&#226;che historique grandiose de cr&#233;ation de comit&#233;s du peuple, c'est-&#224;-dire de soviets. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La LCI et les comit&#233;s du peuple propos&#232;rent concr&#232;tement une politique d'opposition &#224; la bourgeoisie. Ainsi, les comit&#233;s du peuple ne donn&#232;rent aucun soutien politique au gouvernent bourgeois du Viet Minh, quand il appelait (hypocritement) &#224; un bloc militaire contre l'invasion des troupes alli&#233;es (ce que le Viet Minh rejetait en r&#233;alit&#233; puisque sa politique consistait &#224; &#171; accueillir &#187; les Alli&#233;s). La LCI appela &#224; l'armement des masses travailleuses et commen&#231;a &#224; prendre des premi&#232;res mesures pour le mettre en pratique. Les slogans de la LCI ne se born&#232;rent pas &#224; appeler &#224; une r&#233;volution &#171; d&#233;mocratique &#187; limit&#233;e &#224; l'ind&#233;pendance nationale, mais appel&#232;rent aussi &#224; l'expropriation de l'industrie sous contr&#244;le ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le terme m&#234;me de comit&#233;s &#171; du peuple &#187; obscurcissait la n&#233;cessit&#233; d'une mobilisation ind&#233;pendante du prol&#233;tariat, organis&#233; de mani&#232;re s&#233;par&#233;e sur des bases de classe. Bien que l'alliance avec la paysannerie et une partie de la petite bourgeoisie urbaine contre l'imp&#233;rialisme et les propri&#233;taires semi-f&#233;odaux &#233;tait d'une br&#251;lante n&#233;cessit&#233;, cette alliance devait &#234;tre fond&#233;e avant tout sur l'organisation ind&#233;pendante du prol&#233;tariat. Dans des pays o&#249; la paysannerie domine num&#233;riquement, la mobilisation indissoci&#233;e &#171; du peuple &#187; garantit qu'une petite bourgeoisie instable dominera les travailleurs. L'alliance n&#233;cessaire entre soviets de travailleurs et soviets de paysans doit viser &#224; d&#233;truire l'Etat bourgeois et &#224; son remplacement par un Etat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales avaient des cons&#233;quences pratiques imm&#233;diates. Alors que les comit&#233;s du peuple repoussaient l'ultimatum du Viet Minh leur intimant de se subordonner au r&#233;gime bonapartiste, l'opposition de classe entre les deux pouvoirs n'apparaissait pas toujours clairement aux masses. Les comit&#233;s du peuple, sp&#233;cialement &#224; Sa&#239;gon, &#233;taient essentiellement des organes du pouvoir ouvrier, alors que le comit&#233; du sud du gouvernement du Viet Minh &#233;tait un front populaire bas&#233; sur l'Etat bourgeois en place. Mais aux yeux des masses, cela apparaissait simplement comme une diff&#233;rence entre deux gouvernements &#171; du peuple &#187;, un domin&#233; par les staliniens et l'autre par les trotskystes. Le clash violent &#233;tait in&#233;vitable entre ces deux pouvoirs, mais en appelant &#224; la formation de &#171; comit&#233;s du peuple &#187;, la LCI &#233;chouait &#224; pr&#233;parer politiquement les masses &#224; la bataille &#224; la bataille imminente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clash in&#233;vitable prit rapidement forme. Le 7 septembre, Giau publia un d&#233;cret ordonnant le d&#233;sarmement de toutes les organisations non-gouvernementales. Toutes les armes devaient &#234;tre rendues &#224; la &#171; garde r&#233;publicaine &#187; du Viet Minh. Cela concernait les sectes religieuses mais aussi les &#171; organisations de la jeunesse d'avant-garde &#187; et les groupes d'autod&#233;fense bas&#233;s dans les usines qu'avaient fond&#233; les trotskystes. Le plus important de tous ces groupes &#233;tait la milice ouvri&#232;re organis&#233;e conjointement par les travailleurs du d&#233;p&#244;t de bus de Go Vap et par la LCI. Cette milice lan&#231;a un appel &#224; tous les travailleurs de Sa&#239;gon-Cholon de s'armer eux-m&#234;mes en vue de la lutte contre l'invasion imminente des anglo-fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes anglaises et indiennes sous les ordres du g&#233;n&#233;ral Gracey arriv&#232;rent &#224; Sa&#239;gon le 10 septembre. Le long de la route vers l'a&#233;roport, le Viet Minh a plac&#233; des pancartes et des banderoles avec des slogans souhaitant la bienvenue aux Alli&#233;s. A l'H&#244;tel de ville, flottent les drapeaux alli&#233;s aux c&#244;t&#233;s du drapeau du Viet Minh. Le &#171; Comit&#233; du sud &#187;, du Viet Minh se r&#233;unissait &#224; l'int&#233;rieur, continuant son travail administratif pendant que les troupes anglaises s'occupaient de supprimer leur pouvoir sur la ville. Le g&#233;n&#233;ral Gracey qui quelques semaine plus t&#244;t d&#233;clarait : &#171; La question du gouvernement de l'Indochine est exclusivement une question fran&#231;aise. &#187;, supprima la presse vietnamienne, proclama la loi martiale et imposa un strict couvre-feu. Toute manifestation &#233;tait interdite, ainsi que le port d'armes, y compris des b&#226;tons de bambous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 septembre, les comit&#233;s du peuple et la LCI publiaient conjointement un manifeste d&#233;non&#231;ant la politique tra&#238;tresse du gouvernement Viet Minh. Le m&#233;contentement populaire &#233;tait sensible dans les quartiers ouvriers. Devant la probabilit&#233; d'une insurrection ouvri&#232;re, le Viet Minh se pr&#233;para &#224; y faire face. A 4 heures du matin, le 14 septembre, Duong Bach Mai, le chef stalinien de la police, envoya un d&#233;tachement de la Garde r&#233;publicaine encercler le local des comit&#233;s du peuple qui &#233;tait en r&#233;union. Les trotskystes se content&#232;rent de se rendre &#224; ces bouchers, ce qui est incroyable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCI le raconte en ces termes : &#171; Nous nous sommes conduits comme d'authentiques militants r&#233;volutionnaires. Nous nous sommes laiss&#233;s arr&#234;ter sans violence contre la police, bien que nous soyons plus nombreux et bien arm&#233;s. Ils nous enlev&#232;rent nos fusils et nos pistolets. Ils saccag&#232;rent nos bureaux, d&#233;truisant le mat&#233;riel, d&#233;chirant nos drapeaux, cassant nos machines &#224; &#233;crire et br&#251;lant nos papiers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En agissant ainsi, les dirigeants de la LCI firent leur propre perte et celui de la r&#233;volution vietnamienne. Derri&#232;re cette capitulation, il y avait une grave incompr&#233;hension de la vraie nature du stalinisme. Il est vrai que dans les ann&#233;es trente, les leaders de l'Internationale communiste du Vietnam sud maintinrent un bloc de longue dur&#233;e avec le groupe La lutte et eurent une politique plus &#171; &#224; gauche &#187; que Ho. (&#8230;) Cette situation est pr&#233;sent&#233;e par les staliniens comme une d&#233;viation droiti&#232;re de leur parti au sud et comme une sous-estimation du danger trotskyste et sur le caract&#232;re sans principe d'une coop&#233;ration avec les trotskystes dans la p&#233;riode des fronts populaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les dirigeants trotskystes qui ont &#233;t&#233; victimes de ce coup de force stalinien, il y a Lo Ngoc, membre du comit&#233; central de la LCI, Nguyen Van Ky, dirigeant ouvrier de la LCI, et Nguyen Huong, jeune dirigeant des milices ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 septembre, les Anglais avaient suffisamment fortifi&#233; leur position pour tenter de mesurer leur rapport de force. Les Anglais ont repris la prison de Sa&#239;gon, pendant que les troupes fran&#231;aises du 11e r&#233;giment d'infanterie coloniale &#233;taient r&#233;arm&#233;es. Les colons fran&#231;ais sont devenus sauvages &#224; partir de ce jour, arr&#234;tant, frappant, tuant d'innombrables Vietnamiens. Dans la nuit suivante, les troupes fran&#231;aises occup&#232;rent plusieurs postes de police, la poste, la banque centrale et l'h&#244;tel de ville, le tout sans aucune r&#233;sistance arm&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'annonce de cette nouvelle dans les quartiers ouvriers, un mouvement spontan&#233; de r&#233;sistance a &#233;clat&#233;. Le Viet Minh se disait oppos&#233; &#171; aux violences &#187;, et essayait plut&#244;t de proposer &#171; des n&#233;gociations &#187; avec le g&#233;n&#233;ral Gracey. Dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques, des arbres ont &#233;t&#233; abattus, des v&#233;hicules renvers&#233;s et du mat&#233;riel amoncel&#233; pour former des barricades grossi&#232;res. Pendant ce temps, les travailleurs des quartiers ouvriers (Khanh Hoi, Cau Kho, Ban Co, Phu Nhuan, Tan Dinh et Thi Nghe) &#233;taient compl&#232;tement aux mains des insurg&#233;s. Dans certaines zones, des Fran&#231;ais ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des explosions de haine raciale, r&#233;sultat de 80 ans de domination coloniale brutale. (&#8230;) Les forces insurg&#233;es paradaient dans les rues principales du centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important contingent arm&#233; de l'insurrection &#233;tait la milice ouvri&#232;re du d&#233;p&#244;t de bus de Go Vap, une force arm&#233;e de 60 combattants. Les 400 travailleurs de la compagnie &#233;taient connus pour leur intervention militante dans la classe ouvri&#232;re. Alors qu'ils &#233;taient encore affili&#233;s &#224; la f&#233;d&#233;ration syndicale stalinienne, ils refus&#232;rent la d&#233;nomination de Cong Nhan Cuu Quoc (&#171; Travailleurs qui sauvent la patrie &#187;), et refus&#232;rent de porter le drapeau du Viet Minh (&#233;toile jaune sur fond rouge), disant qu'ils voulaient se battre exclusivement sous le drapeau rouge de la classe ouvri&#232;re. Leur force fut organis&#233;e en groupes de choc de onze membres, dirig&#233;e par des responsables &#233;lus, sous la direction g&#233;n&#233;rale de Tranh Dinh Minh, un jeune dirigeant de la LCI et romancier venu de Hano&#239;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faisant face &#224; l'opposition conjointe des Alli&#233;s et de la police du Viet Minh, la milice ouvri&#232;re de Go Vap tenta un repli vers la zone de la plaine de joncs. Apr&#232;s plusieurs batailles contre les troupes fran&#231;aises et indiennes, ils atteignent un point de regroupement, o&#249; ils purent &#233;tablir un contact avec des paysans pauvres. Ayant d&#233;j&#224; perdu vingt hommes, et ayant vu leur dirigeant Minh le 13 janvier 1946 dans une bataille contre les forces imp&#233;rialistes, la milice fut finalement &#233;cras&#233;e et nombre de ses membres frapp&#233;s &#224; mort par des bandes du Viet Minh. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giau se pr&#233;occupait avant tout de ses n&#233;gociations avec les Anglais. Une tr&#234;ve fut annonc&#233;e le 1er octobre, mais d&#232;s le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc et le corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais arrivaient et agissaient rapidement pour &#171; r&#233;tablir l'ordre &#187; et &#171; construire une Indochine forte au sein de l'Union fran&#231;aise &#187;. La tr&#234;ve le plus beau cadeau que les forces alli&#233;es fran&#231;aise et anglaise pouvaient recevoir (du Viet Minh) comme trahison honteuse des masses insurg&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que le Viet Minh continuait sa politique visant &#224; apaiser les Alli&#233;s, autorisant le libre passage aux troupes anglaises et japonaises au milieu de la zone rebelle, les troupes fran&#231;aises et indiennes attaquaient au nord-est, cassant ainsi le blocus de la cit&#233; par l'insurrection. Au lieu de s'en tenir &#224; la d&#233;fensive, les staliniens concentraient leurs attaques en vue d'&#233;liminer les trotskystes. Ayant &#233;limin&#233; la LCI et les dirigeants des comit&#233;s du peuple le 14 septembre, ils se tourn&#232;rent contre le groupe La Lutte et encercl&#232;rent son si&#232;ge dans le quartier Thu Duc, ils arr&#234;t&#232;rent l'ensemble du groupe et les enferm&#232;rent &#224; Ben Suc. L&#224;, ils furent tous fusill&#233;s (par le Viet Minh), &#224; l'approche des troupes fran&#231;aises. Parmi ceux qui furent assassin&#233;s ainsi se trouvaient Tran Van Trach (&#233;lu conseiller municipal de Sa&#239;gon aux &#233;lections de 1933), Phan Van Hum, Nguyen Van So et dix autres militants r&#233;volutionnaires. Peu apr&#232;s, le Viet Minh fut forc&#233; de quitter Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nord, Ho suivait la m&#234;me politique de capitulation face aux forces alli&#233;es, dans ce cas aux Chinois et aux Fran&#231;ais. Cependant, cela prit beaucoup plus de temps qu'au sud, car les troupes chinoises arriv&#232;rent seulement fin septembre, laissant au Viet Minh le temps de consolider son pouvoir. Aussi, le Vietminh avait sa propre zone de gu&#233;rilla arm&#233;e au nord, et les Chinois n'&#233;taient pas activement oppos&#233;s &#224; un Vietnam ind&#233;pendant. Dans la ligne de sa politique d' &#187;ouverture &#187; de la coalition pour y inclure les nationalistes bourgeois et les leaders catholiques, Ho d&#233;cr&#233;ta en novembre la liquidation compl&#232;te du parti communiste indochinois. La d&#233;claration du Comit&#233; central affirmait que &#171; afin d'accomplir la t&#226;che du Parti &#8230; en vue d'une union nationale sans distinction de classes, de partis est un facteur indispensable &#187; et que ce geste a &#233;t&#233; fait pour montrer que les Communistes &#171; sont toujours dispos&#233;s de placer les int&#233;r&#234;ts de leur pays au dessus de ceux de classe, et de renoncer aux int&#233;r&#234;ts du Parti pour servir ceux du peuple vietnamien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, cependant, l'opposition &#233;tait toujours forte au Nord. Le groupe La Lutte publiait &#224; ce moment un quotidien &#224; Hano&#239;, Tran Dao (La Lutte), qui avait une diffusion de 30.000 exemplaires &#224; la fin 1945. Un courrier du secr&#233;tariat de la Quatri&#232;me Internationale &#224; ce moment parlait d'un groupe La Lutte bien organis&#233; mais pers&#233;cut&#233; dans le nord. Conduit par Ta Thu Thau, ancien dirigeant des &#233;diteurs du Tonkin dans les ann&#233;es 1937-38, il tenait de grands meetings et publiait de nombreux ouvrages en plus de son quotidien. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ta Thu Thau fut arr&#234;t&#233; par le Viet Minh au cours d'un voyage vers le sud. Jug&#233; trois fois par des comit&#233;s du peuple locaux, il faut acquitt&#233; trois fois, un tribut &#224; la r&#233;putation des trotskystes &#224; cette &#233;poque. Finalement, il fut simplement fusill&#233; &#224; Quang Ngai, en f&#233;vrier 1946, sur ordre du dirigeant stalinien du sud Tran Van Giau. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant liquid&#233; physiquement tous les dirigeants trotskystes au Vietnam, Ho pouvait maintenant conclure un &#171; march&#233; &#187; avec le gouvernement fran&#231;ais (qui comportait Fran&#231;ois Billoux comme ministre de la D&#233;fense !) L'accord pr&#233;liminaire entre la France et la. &#171; R&#233;publique D&#233;mocratique du Vietnam &#187; sign&#233; &#224; Hano&#239; le 6 mars pr&#233;voyait notamment que &#171; le gouvernement du Vietnam se d&#233;clarait pr&#234;t &#224; recevoir amicalement les forces arm&#233;es fran&#231;aises. &#187; et &#224; accepter le stationnement de 15.000 hommes des troupes fran&#231;aises au nord du 16e parall&#232;le. Le sens de l'accord &#233;tait une ind&#233;pendance limit&#233;e sous l'&#233;gide de l'Union fran&#231;aise. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(extraits de &#171; Workers vanguard &#187; - Ligue spartakiste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expos&#233; du militant trotskyste vietnamien Ngo Van&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rappelons qu'apr&#232;s la d&#233;faite fran&#231;aise en Europe, les Japonais occup&#232;rent l'Indochine et, en accord avec Vichy, conserv&#232;rent l'appareil administratif et r&#233;pressif fran&#231;ais, avec un nouveau gouverneur colonial d&#233;sormais &#224; leur service. La politique des Japonais tendit &#224; &#233;liminer la tendance stalinienne et &#224; rechercher un compromis de collaboration avec les tendances nationalistes et les sectes ; en 1942, le &#034;bonze fou&#034; exil&#233; au Laos fut lib&#233;r&#233; par eux et lorsque, le 9 mars 1945, les Japonais eurent mis fin au gouvernement colonial fran&#231;ais, ils arm&#232;rent les adeptes de ces deux sectes, esp&#233;rant les utiliser comme auxiliaires militaires en cas de d&#233;barquement am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons aux staliniens et &#224; leurs activit&#233;s, jusqu'&#224; la prise du pouvoir en 1945. H&#244; chi Minh, qui vivait en Chine, dans le Kouang si, r&#233;unit en mai 1941, un congr&#232;s qui groupa des &#233;l&#233;ments vietnamiens de toutes provenances et forma avec eux, sous l'&#233;tiquette peu compromettante de Vi&#234;tminh (abr&#233;g&#233; de Vi&#234;tnam d&#244;c-l&#226;p d&#244;ng-minh, Ligue pour l'Ind&#233;pendance du Vi&#234;tnam une organisation dont la direction effective appartenait &#224; ses propres partisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;raux chinois du Kuomingtang r&#233;unirent une seconde conf&#233;rence des r&#233;fugi&#233;s politiques vietnamiens en Chine, le 4 octobre 1942 &#224; Lieou-tcheou, dans le but d'&#233;carter la tendance communiste et mirent sur pied le D&#244;ng-minh h&#244;i, Association pour la Lib&#233;ration Nationale, pr&#233;sid&#233; par le vieil &#233;migr&#233; prochinois Nguyen-hai Th&#226; ; H&#244; chi Minh fut emprisonn&#233; pour 18 mois. Cependant, au Congr&#232;s de Lieou-tcheou de mars 1944 au cours duquel fut &#233;labor&#233; le programme d'un &#034;gouvernement r&#233;publicain provisoire du Vi&#234;tnam&#034;, le Vi&#234;tminh &#233;tait repr&#233;sent&#233;, il avait un portefeuille. Ce programme consistait en deux points : liquidation de la domination fran&#231;aise et japonaise, ind&#233;pendance du Vi&#234;t-nam avec l'aide du Kuomingtang ; tandis que les nationalistes de ce gouvernement restaient en Chine o&#249; ils attendaient que l'intervention du Kuomintang leur assur&#226;t le pouvoir au Vi&#234;t-nam, le groupe de H&#244; chi Minh, sous la banni&#232;re du Vi&#234;tminh, rentra au Tonkin et s'&#233;tablit dans la r&#233;gion de Thai-nguyen. Lorsque le coup de force japonais du 9 mars 1945 mit un terme &#224; l'autorit&#233; fran&#231;aise en Indochine, le Vi&#234;tminh se trouva pratiquement ma&#238;tre du Haut pays. S'orientant politiquement vers les alli&#233;s (Russie, Chine nationaliste, Grande Bretagne, &#201;tats Unis), H&#244; chi Minh organisa quelques escarmouches contre les Japonais, prit contact avec les Am&#233;ricains &#224; Kun-ming, et en obtint des armes pour lutter aux c&#244;t&#233;s des alli&#233;s. Apr&#232;s la capitulation des Japonais le 15 ao&#251;t 1945, le groupe de H&#244; chi Minh (le Vi&#234;tminh) &#233;tait d&#233;j&#224; une force militaire organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1945. Av&#232;nement de H&#244; chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous examinerons ici la situation qui permit la prise du pouvoir par H&#244; chi Minh et ses partisans du Vi&#234;tminh en ao&#251;t 1945.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers coups de canon inaugurant en Europe la &#034;continuation de la politique&#034; des puissances par le sang des esclaves, ouvrirent &#224; l'imp&#233;rialisme japonais, en pleine guerre de conqu&#234;te de la Chine depuis 1937, la perspective de r&#233;aliser le plan de la Grande Asie de Tojo, par l'&#233;viction des anciens ma&#238;tres occidentaux du sud-est asiatique. En 1940 sur le refus des Fran&#231;ais de laisser p&#233;n&#233;trer leurs troupes au Tonkin, les Japonais pass&#232;rent &#224; l'attaque &#224; Lan-son et Dong-dang dans la nuit du 22 septembre et d&#233;barqu&#232;rent &#224; Haiphong le 24, apr&#232;s avoir bombard&#233; le port. Ainsi d&#233;buta l'occupation japonaise de l'Indochine ; elle conserva l'appareil administratif colonial fran&#231;ais ayant &#224; sa t&#234;te un amiral de Vichy qui collabora dans une grande mesure avec l'&#233;tat-major japonais. Le pillage syst&#233;matique des produits du pays pour les fins de guerre plongea la population dans une mis&#232;re accrue ; les masses paysannes v&#233;curent plus que jamais dans le d&#233;nuement. Bombardements am&#233;ricains, typhons, froid exceptionnel, firent culminer le d&#233;sastre dans la grande famine de mars &#224; mai 1945, avec environ un million de morts dans le nord, jusque dans les rues de Hanoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sud du pays, les sectes religieuses pers&#233;cut&#233;es par les Fran&#231;ais entrevoient un espoir dans le Japon : les cao-da&#239;stes, dont le pape Pham cong Tac vivait exil&#233; &#224; Nossi-lava (Madagascar) comptent sur le retour du prince Cuong-d&#234; r&#233;fugi&#233; au Japon ; les fid&#232;les du &#034;bonze fou&#034;, les Hoa-hao, obtiennent des Japonais en 1942 le retour de leur ma&#238;tre Huynh phu S&#244; qui avait &#233;t&#233; exil&#233; au Laos par les Fran&#231;ais. Des groupes nationalistes pro-japonais se forment d&#232;s 1943 et leurs membres sont utilis&#233;s dans les services japonais de propagande et de gendarmerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nord, vers 1943, dans la r&#233;gion montagneuse de Tuy&#234;n-quang, voisin de la fronti&#232;re chinoise, H&#244; chi Minh organise son foyer de gu&#233;rilla, se met en contact avec les Am&#233;ricains pour leur demander des armes, se proclamant aux c&#244;t&#233;s des &#034;alli&#233;s d&#233;mocratiques&#034; &#034;contre le fascisme japonais&#034; ; son &#034;arm&#233;e populaire&#034; est officiellement institu&#233;e dans le maquis &#224; partir du 22 d&#233;cembre 1944.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant l'offensive am&#233;ricaine dans le Pacifique et la menace de d&#233;b&#226;cle de l'axe Berlin-Tokio-Rome, le japonais, par un coup de force, mettent fin &#224; l'autorit&#233; des Fran&#231;ais sur toute la p&#233;ninsule &#224; partir du 9 mars 1945. Les troupes fran&#231;aises sont d&#233;sarm&#233;es et cantonn&#233;es dans leurs casernes, les dirigeants emprisonn&#233;s ou mis &#224; mort ; la population est rassembl&#233;e et strictement contr&#244;l&#233;e. Les Japonais font proclamer l'ind&#233;pendance par l'empereur Bao-da&#239; et constituer par Tr&#226;n trong Kim un &#034;gouvernement national&#034; &#224; Hu&#234; le 2 mars. Le couvercle de plomb qui pesait sur le pays s'est fissur&#233;. Les masses populaires se sentent soulag&#233;es deux brigands vous pillent et l'un est tomb&#233; sous les coups de l'autre, prises du sentiment de contentement de l'impuissant, de l'illusion qu'avec &#034;l'ind&#233;pendance nationale&#034;, quelque chose de positif va se produire dans leur condition. Les policiers arrogants du r&#233;gime fran&#231;ais n'apostropheront plus dans les rues de Saigon, pour v&#233;rification de leur carte d'imp&#244;t personnel (gi&#226;y thu&#234; th&#226;n) les ouvriers et employ&#233;s se rendant au travail ; on n'entendra plus les colons fran&#231;ais menacer de coups de pied au cul les coolies-pousse qui r&#233;clament leur d&#251;. Les membres des groupes nationalistes pro-japonais re&#231;oivent les postes cl&#233;s de l'administration. La jeunesse du pays, des villes et des villages, est organis&#233;e paramilitairement afin de servir de force auxiliaire &#224; l'arm&#233;e japonaise en cas de d&#233;barquement am&#233;ricain ; ce mouvement est connu sous le nom de Jeunesse d'avant-garde (Thanh-ni&#234;n ti&#234;n-phong). Les cao-da&#239;stes forment leurs groupes arm&#233;s tandis que les Hoa-hao forgent des armes blanches en &#034;attendant les &#233;v&#233;nements&#034;, c'est-&#224;-dire l'occasion de prendre le pouvoir. Les militants du groupe stalinien qui ont &#233;chapp&#233; &#224; la r&#233;pression ou ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s des camps de concentration apr&#232;s le 9 mars, travaillent en quelque sorte mobilis&#233;e par &#034;le gouvernement national&#034; et les paysans et noyautent la Jeunesse d'avant-garde. Tout ce bouillonnement politique dans le sud durant les cinq mois qui pr&#233;c&#232;dent la d&#233;faite des Japonais &#233;chappe &#224; leur contr&#244;le, tandis que dans les r&#233;gions du Haut-Tonkin s'&#233;tend la zone des groupes arm&#233;s de H&#244; chi Minh ; eux aussi attendent les &#034;&#233;v&#233;nements&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bombes de Hiroshima et de Nagasaki suivies de la capitulation du Japon le 15 ao&#251;t 1945, marquent une autre &#232;re sanglante pour ce coin d'Asie destin&#233; par les puissances imp&#233;rialistes (accord de Postdam entre Staline, Churchill et Roosevelt) &#224; &#234;tre occup&#233; au nord du 17e parall&#232;le par les troupes chinoises, et au sud, par les troupes anglaises. Le nouveau partage du monde efface de la carte indochinoise l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et les Am&#233;ricains comptent, par le truchement des Chinois, de Tchang-Ka&#239; Chek, inclure le nord Vi&#234;t-nam dans leur zone d'influence au sud-est asiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le vide politique cr&#233;&#233; par la reddition japonaise et devan&#231;ant les troupes chinoises qui allaient ramener avec elles les nationalistes prochinois du Dong-minh-h&#244;i et du Vi&#234;tnam qu&#244;c d&#226;n dang, H&#244; chi Minh r&#233;unit ses partisans au village de T&#226;ntrao (province de Thai-nguy&#234;n) et cr&#233;a un Comit&#233; de lib&#233;ration nationale du Vi&#234;t-nam (Uy-ban giai-phong d&#226;n-t&#244;c Vi&#234;tnam) dont la majorit&#233; se composait d'une dizaine d'anciens membres du PC. Ainsi rompit-il avec le &#034;gouvernement en exil&#034; en Chine, donc avec les nationalistes prochinois. Apr&#232;s quelques manifestations spectaculaires organis&#233;es par ses &#233;missaires &#224; Hanoi, H&#244; chi Minh y fit son entr&#233;e &#224; la t&#234;te de son &#034;arm&#233;e populaire&#034; vers ao&#251;t. Le repr&#233;sentant &#224; Hanoi du gouvernement pro-japonais de Bao-Da&#239;, Phan k&#234; Toai, se retira sans ambages. Ainsi se constitua le pouvoir de facto du Vi&#234;tminh dans l'indiff&#233;rence des Japonais qui avaient re&#231;u des alli&#233;s la mission de maintenir l'ordre jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des troupes chinoises. On dit m&#234;me que les Japonais rel&#226;ch&#232;rent les quelque quatre cents prisonniers politiques enferm&#233;s dans les b&#226;timents de la Shell et r&#233;clam&#233;s par le Vi&#234;tminh et qu'ils les laiss&#232;rent s'emparer des armes. En m&#234;me temps, des &#034;comit&#233;s populaires&#034; prirent le contr&#244;le de l'administration dans les provinces et les mandarins disparurent ou se soumirent. Un gouvernement provisoire Vi&#234;tminh fut form&#233; &#224; Hanoi le 25 ao&#251;t, pr&#233;sid&#233; par H&#244; chi Minh ; &#224; Hu&#234;, apr&#232;s la d&#233;mission du gouvernement Tr&#226;n trong Kim, Bao-da&#239; abdiqua et fut choisi par H&#244; chi Minh comme &#034;conseiller supr&#234;me&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; dans le sud du pays apr&#232;s le 15 ao&#251;t ? &#192; Saigon la m&#234;me absence de pouvoir que dans le nord se fit sentir : les troupes japonaises semblaient frapp&#233;es d'immobilit&#233; en attendant l'arriv&#233;e des Anglais, tandis que les Fran&#231;ais d&#233;sarm&#233;s depuis le 9 mars attendaient leur &#034;lib&#233;ration&#034; et leur retour au pouvoir. Les partisans de H&#244; chi Minh (quelques &#233;missaires venus du Tonkin rejoignent le groupe stalinien de Cochinchine), en pleine ville, circulent dans des voitures munies de haut-parleurs en criant : &#034;d&#233;fendez le Vi&#234;tMinh&#034; (ung-h&#244; Vi&#234;t minh) Viet Minh, mot inconnu jusqu'alors &#224; Saigon et qui avait tout l'attrait du myst&#232;re puis, ils distribuent des tracts, se proclament &#034;aux c&#244;t&#233;s des alli&#233;s Russie, Chine, Angleterre, &#201;tats Unis pour l'Ind&#233;pendance&#034;. Apr&#232;s une manifestation Vi&#234;tminh d'essai organis&#233;e le 18 ao&#251;t dans les rues de Saigon, et en l'absence de r&#233;action japonaise, ils appellent &#224; une manifestation g&#233;n&#233;rale pour le 20. Pour la premi&#232;re fois dans la vie politique du pays, de v&#233;ritables masses humaines s'assemblent comme des fourmis d&#232;s le matin et emplissent le boulevard Norodom, depuis le jardin botanique jusqu'au palais du gouverneur, puis en ordre, d&#233;filent &#224; travers les art&#232;res importantes en scandant les mots d'ordre : &#034;&#192; bas l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais (Da-dao d&#234;-qu&#244;c phap) ! Vive l'Ind&#233;pendance du Vi&#234;t-nam (Vietnam ho&#224;n d&#244;c-l&#226;p) ! D&#233;fense du Front Vi&#234;tminh !...&#034;. Drapeaux et banderoles flottant au-dessus de cette arm&#233;e mouvante indiquent la pr&#233;sence de la Jeunesse d'avant-garde, la veille encore organisation pro-japonaise, des paysans conduits par des militants staliniens et venus des alentours de Saigon, des ouvriers de Saigon-Cholon, des cao-da&#239;stes, des bouddhistes de diverses sectes encadr&#233;s par leurs bonzes, des Hoa-hao, des militants des groupes trotskistes La Lutte et la Ligue des communistes internationalistes. Certains manifestants sont arm&#233;s de b&#226;tons de bambou. On remarque des banderoles avec des inscriptions insolites &#034;groupe d'assassinat d'assaut (Ban am-sat xung-phong)&#034; arbor&#233;es par des hommes aux torses nus et tatou&#233;s, porteurs d'armes blanches et de vieux fusils. La police vietnamienne au service de l'occupant ne sait plus o&#249; prendre les ordres : elle reste impassible devant le d&#233;fil&#233; &#224; travers la ville en gr&#232;ve, et la foule ne se disperse que dans l'apr&#232;s-midi. Cette manifestation, dont l'initiative appartint au Vi&#234;tminh est la tactique classique pr&#233;paratoire &#224; la prise du pouvoir, elle figure le sceau de l'approbation g&#233;n&#233;rale. En r&#233;alit&#233; chacun est descendu dans la rue avec un espoir diff&#233;rent. Seul sentiment commun mais tout puissant : ne plus voir les Fran&#231;ais au pouvoir, vivre la fin du r&#233;gime colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du premier &#233;veil de ces masses depuis toujours dans les &#034;menottes et les baillons&#034; &#233;mane une tension &#233;lectrique dans un calme insolite, ce calme pr&#233;occupant qui pr&#233;c&#232;de la temp&#234;te. Toute contrainte est rompue et tout le monde semble vivre un instant de totale libert&#233;, o&#249; l'absence de l'&#201;tat, la carence de la police permet &#224; chacun de se pr&#233;parer &#224; sa guise &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'un combat terrible. Que l'obscurit&#233; &#224; l'horizon d'un changement fondamental ! &#192; Yalta, &#224; Postdam, Roosevelt, Churchill et Staline, ont d&#233;cid&#233; de notre sort, nous nous jetterons pourtant corps et &#226;me dans un sans lendemain. Devant la perspective de l'arriv&#233;e imminente des troupes anglaises, devant la menace du retour de l'ancien r&#233;gime colonial, l'envoy&#233; sp&#233;cial de la &#034;France Nouvelle&#034; le colonel C&#233;dile, est d&#233;j&#224; &#224; Saigon au palais du gouverneur g&#233;n&#233;ral , tous les hommes d&#233;cid&#233;s cherchent &#224; se procurer des armes ; chacun vit dans la m&#234;me atmosph&#232;re explosive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la rapidit&#233; de l'&#233;clair, les &#233;v&#233;nements vont se d&#233;rouler en ces moments cruciaux de crise g&#233;n&#233;rale. Les groupes nationalistes et sectes qui furent pro-japonais restent arm&#233;s, mais incapables d'initiative : avec la chute du Japon, leur temps est r&#233;volu. Le Vi&#234;tminh politiquement renforc&#233; par l'av&#232;nement de H&#244; chi Minh &#224; Hanoi et ayant d&#233;j&#224; en main le mouvement de la Jeunesse d'avant-garde dont les dirigeants se sont ralli&#233;s, fort aussi de la manifestation monstre du 20 dans laquelle il voit l'approbation des masses &#224; sa politique de collaboration avec les &#034;alli&#233;s&#034; pour l'ind&#233;pendance nationale, va imposer son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t en effet, appara&#238;t sur les murs de la ville une proclamation sign&#233;e du Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud (Uv-ban b&#224;nh-chanh l&#226;m-thoi Nam-b&#244;). Le comit&#233; appelle la population &#224; se mettre derri&#232;re lui en vue d'obtenir l'ind&#233;pendance du pays par la n&#233;gociation avec les &#034;alli&#233;s&#034; et promet la formation d'une r&#233;publique d&#233;mocratique parlementaire. En m&#234;me temps que cette affiche annonce la &#034;prise du pouvoir&#034; par le Vi&#234;tminh, la liste des membres du gouvernement provisoire pr&#233;sid&#233; par le stalinien Tran van Giau est dress&#233;e devant l'H&#244;tel de ville de Saigon affich&#233;e sur une imposante colonne couverte d'&#233;tamine rouge ; Nguyen van Tao, autre stalinien, ancien conseiller municipal de Saigon, est d&#233;sign&#233; pour l'int&#233;rieur ; pour donner &#224; leur comit&#233; une allure d'union nationale acceptable par les alli&#233;s imp&#233;rialistes dans une &#233;ventuelle n&#233;gociation, les staliniens se sont assur&#233; la collaboration gouvernementale d'un m&#233;decin, de quelques intellectuels non staliniens et m&#234;me d'un propri&#233;taire foncier. Le Comit&#233; Nam-b&#244; si&#232;ge &#224; l'H&#244;tel de ville, gard&#233; par des miliciens en uniforme blanc. La police et la s&#251;ret&#233; se sont ralli&#233;es, les commissariats sont contr&#244;l&#233;s par les camarades de Tran van Giau ; les pirates de L&#234; van Vi&#234;n dit Bay Vi&#234;n, sont embrigad&#233;s comme policiers et agents des futurs assassinats staliniens (on les connaissait depuis toujours sous les Fran&#231;ais, sous l'appellation &#034;bandes de Binh-xuy&#234;n&#034;, du nom d'un hameau situ&#233; entre Saigon et Cholon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; du Comit&#233; Nam-b&#244; s'&#233;tendit vers les provinces o&#249; il constitua ses propres comit&#233;s provinciaux, qui prirent en main les comit&#233;s populaires n&#233;s spontan&#233;ment dans les villages, de l'ancienne Jeunesse d'avant-garde. L'arriv&#233;e de la commission alli&#233;e &#233;tait annonc&#233;e pour le d&#233;but de septembre. Dans les rues de Saigon flottaient d'immenses banderoles portant des inscriptions de bon accueil en anglais, en russe, en chinois et en vietnamien : &#034;Welcome to the Allied Forces !...&#034;. Quelques actes spectaculaires marqu&#232;rent la volont&#233; du Comit&#233; Nam-b&#244; d'en finir avec la colonisation fran&#231;aise : les rues de Saigon chang&#232;rent de noms ; la rue Catinat, art&#232;re de luxe de la ville, c&#233;l&#232;bre par ses locaux de la s&#251;ret&#233; cachots et chambres de tortures fut baptis&#233;e rue de la Commune de Paris ; le boulevard Norodom s'appela boulevard de la R&#233;publique... Les statues des &#034;h&#233;ros&#034; de la conqu&#234;te (&#201;v&#234;que d'Adran tenant par la main le jeune prince Canh devant la cath&#233;drale, amiral Rigault de Genouilly au bord de la rivi&#232;re de Saigon, Bonnard devant le th&#233;&#226;tre municipal) et autres monuments de l'&#232;re coloniale furent d&#233;truits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin du 2 septembre, un grand d&#233;fil&#233; officiel fut organis&#233; par le Comit&#233; Nam-b&#244;. La nouvelle milice arm&#233;e en uniforme ouvrait la marche. Dans l'apr&#232;s-midi place de la cath&#233;drale, quelques coups de feu tir&#233;s on ne sait d'o&#249; provoquent un d&#233;cha&#238;nement g&#233;n&#233;ral ; les manifestants se ruent sur les maisons fran&#231;aises et la manifestation se termine tard le soir avec des bless&#233;s et des tu&#233;s de part et d'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t arrivent par avion les gurkhas de la 20e division indienne sous le commandement du g&#233;n&#233;ral anglais Gracey. D&#232;s son arriv&#233;e Gracey fait r&#233;pandre sur la ville, par des avions de chasse japonais, des tracts proclamant qu'il charge les Japonais du maintien de l'ordre public et qu'il interdit &#224; la population sous peine de punition s&#233;v&#232;re la d&#233;tention de toutes armes. Une immense affiche reproduisant cette proclamation est coll&#233;e sur les murs de la ville. Le ton hautain du militaire repr&#233;sentant les alli&#233;s &#233;quivaut &#224; une mise en demeure adress&#233;e non seulement aux groupes arm&#233;s des sectes religieuses qui d&#233;tenaient des quantit&#233;s d'armes japonaises mais &#233;galement au Comit&#233; Nam-b&#244; dont la milice arm&#233;e est plus ou moins tenue pour responsable des &#034;d&#233;sordres&#034; du 2 septembre. Gracey installe son quartier g&#233;n&#233;ral au petit palais du gouverneur de la Cochinchine. Une activit&#233; fi&#233;vreuse anime groupes et sectes. Les Hoa-hao prennent l'&#233;tiquette de Parti social-d&#233;mocrate (Dang d&#226;n-xa) et il semble qu'ils aient &#233;t&#233; invit&#233;s ainsi que les cao-da&#239;stes &#224; quelques postes subalternes du minist&#232;re Vi&#234;tminh des affaires sociales. Les trotskistes du groupe La Lutte se prononcent pour le soutien du Vi&#234;tminh stalinien dans la phase de la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale et pour la formation d'une r&#233;publique d&#233;mocratique, mais d&#233;clarent se r&#233;server le droit de critique ; une autre tendance trotskiste d&#233;nonce comme illusion entretenue dans les masses la possibilit&#233; d'obtenir l'ind&#233;pendance nationale par la n&#233;gociation avec des brigands imp&#233;rialistes dont le Vi&#234;tminh sollicite l'alliance ; pr&#233;conisant l'armement du peuple (ce qui est contre la volont&#233; de contr&#244;le du Comit&#233; Nam-b&#244; sur tous les groupes arm&#233;s) et la pr&#233;paration de l'insurrection arm&#233;e contre le retour de l'ancien r&#233;gime, ils regroupent quelques dizaines d'ouvriers et d'employ&#233;s en un Comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire (Uy-ban nh&#226;n-d&#226;n cach-mang) &#224; T&#226;n-dinh banlieue de Saigon ; un comit&#233; populaire semblable se forme &#224; Bi&#234;n-ho&#224; &#224; une trentaine de kilom&#232;tres de Saigon ; mais l'activit&#233; de tels comit&#233;s, n&#233;gation du pouvoir de facto stalinien, risque de faire tache d'huile et l'arrestation et l'incarc&#233;ration de leurs membres par la police Vi&#234;tminh y met fin. Notons que les militants de T&#226;n-dinh se laissent d&#233;sarmer sans riposte car ils craignent qu'en tirant sur la police, ils n'arrivent qu'&#224; nourrir l'accusation de provocation port&#233;e contre eux par les gens de l'H&#244;tel de ville, et restent incompris des masses. Les chefs des sectes &#233;galement objets des recherches de la police, disparaissent avec leurs groupes arm&#233;s. La r&#233;pression Vi&#234;tminh vise d&#233;j&#224; tous les opposants en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'H&#244;tel de ville si&#232;ge toujours le Comit&#233; Nam-b&#244; auquel Gracey a accord&#233; quelques contacts courtois sans reconnaissance officielle ; d'autre part C&#233;dile qui manigance fi&#233;vreusement avec les Anglais pour &#034;r&#233;tablir l'ordre colonial&#034; a &#233;tabli avec ce m&#234;me Comit&#233; un dialogue de sourds. Le 17 septembre des tracts du Comit&#233; appellent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre le fran&#231;ais et, toujours dans l'espoir d'une n&#233;gociation possible avec les Anglais, recommande le calme &#224; la population. Trois jours apr&#232;s, le 20, la presse vietnamienne est interdite par les Anglais et les proclamations du Comit&#233; sont lac&#233;r&#233;es et arrach&#233;es des murs de la ville. Le 22, les Anglais contr&#244;lent la prison et r&#233;arment quelque mille cinq cents soldats fran&#231;ais enferm&#233;s par les Japonais dans les casernes du deuxi&#232;me RIC ; enfin dans la nuit du 22 au 23, les Fran&#231;ais aid&#233;s des gurkhas r&#233;occupent les commissariats de police, la S&#251;ret&#233;, le Tr&#233;sor, la Poste. Le Comit&#233; Vi&#234;tminh quitte l'H&#244;tel de ville et se retire dans les environs de Cholon ; l'insurrection de Saigon &#233;clate la nuit m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection de Saigon de 23 septembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Vi&#234;tminh dans le but d'obtenir sa reconnaissance par les Anglais comme gouvernement de facto fit tout pour montrer son pouvoir et sa capacit&#233; de &#034;maintenir l'ordre&#034;. Il ordonna par voie de presse la dissolution de tous les groupes arm&#233;s et la remise des armes &#224; sa propre police. La milice Vi&#234;tminh, appel&#233;e &#034;garde r&#233;publicaine (Cong-ho&#224;-v&#234;-binh)&#034; eut avec cette police le monopole l&#233;gal du port des armes. &#201;taient vis&#233;s non seulement les sectes religieuses Cao-da&#239; et Ho&#224;-hao, mais aussi les comit&#233;s ouvriers, la Jeunesse d'avant-garde et les groupes d'autod&#233;fense, c'est-&#224;-dire tous ceux qui se trouvaient hors du contr&#244;le Vi&#234;tminh.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trotskistes du groupe Tia-sang (l'Etincelle) devant la perspective imminente d'un affrontement in&#233;vitable avec les forces militaires anglaises et fran&#231;aises, appellent par tracts &#224; la formation de comit&#233;s d'action populaires (t&#244;-chuc-uy-ban h&#224;nh-d&#244;ng) et &#224; l'armement du peuple (thi&#234;t-l&#226;p d&#226;n-qu&#226;n) en vue de la constitution d'une assembl&#233;e populaire, organe de lutte pour l'ind&#233;pendance nationale. Les ouvriers du d&#233;p&#244;t de tramways de Go-v&#226;p, &#224; quelque huit kilom&#232;tres de Saigon, aid&#233;s des militants du groupe Tia-sang, organisent une milice et invitent les ouvriers de la r&#233;gion Saigon-Cholon &#224; s'armer et &#224; se pr&#233;parer au combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Vi&#234;tminh avant de quitter la ville, fait coller partout des papillons la presse &#233;tant interdite et la loi martiale proclam&#233;e par Gracey d&#232;s le 22 invitant la population &#224; se disperser &#224; la campagne et &#224; &#034;rester calme car le gouvernement esp&#232;re arriver &#224; n&#233;gocier&#034;. Une psychose d'ins&#233;curit&#233; r&#232;gne dans la ville qui se vide peu &#224; peu d'une partie de sa population vietnamienne. Dans la nuit du 22 au 23, les Fran&#231;ais, r&#233;arm&#233;s et appuy&#233;s par les Gurkhas, r&#233;occupant pratiquement sans r&#233;sistance les commissariats de police, la S&#251;ret&#233;, la Poste, le Tr&#233;sor, l'H&#244;tel de ville... La nouvelle qui se r&#233;pand comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, d&#233;clenche l'insurrection dans les quartiers populaires et les faubourgs de la ville. De partout, des d&#233;tonations s&#232;ches d&#233;chirent la nuit : c'est l'explosion spontan&#233;e des masses. Personne ne peut avoir une vue globale d'&#233;v&#233;nements de cet ordre. Nous recueillons ici les souvenirs de deux t&#233;moins plus ou moins acteurs dans le drame. Des arbres abattus, des v&#233;hicules renvers&#233;s, du mobilier divers entass&#233;s dans les rues, telles sont les &#233;bauches de barricades qui s'improvisent aussit&#244;t pour emp&#234;cher le passage des patrouilles et le d&#233;ploiement des troupes imp&#233;rialistes. Les insurg&#233;s se tiennent cach&#233;s &#224; proximit&#233;. Si le centre de la ville est sous le contr&#244;le des Fran&#231;ais second&#233;s par les Gurkhas et les Japonais, la p&#233;riph&#233;rie et les faubourgs (Khanh-h&#244;i, C&#226;u-kho, B&#224;n-co, Phu-nhu&#226;n, T&#226;n-dinh, Thi-ngh&#232;...) habitat des pauvres, appartiennent aux insurg&#233;s : comit&#233;s populaires, Jeunes d'avant-garde, garde r&#233;publicaine, cao-da&#239;stes... Les Fran&#231;ais rencontr&#233;s sont abattus ; les fonctionnaires cruels de l'ancien r&#233;gime, les policiers r&#233;put&#233;s tortionnaires rep&#233;r&#233;s depuis longtemps par la population, sont mis &#224; mort et jet&#233;s dans l'Arroyo chinois. Le racisme entretenu par quatre-vingts ans de domination, par le m&#233;pris de l'homme blanc &#224; l'&#233;gard de l'homme jaune, marque de son sceau aveugle les violences populaires qui &#233;clatent en ces heures critiques. Le massacre d'une centaine de civils fran&#231;ais de la cit&#233; H&#233;raud &#224; T&#226;n-dinh, le 25, en est une illustration douloureuse. La menace de certains Fran&#231;ais, r&#233;pandue en ville, de &#034;faire la peau aux Annamites pour en tirer des sandales&#034; s'est retourn&#233;e contre tous les blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fouilles et des perquisitions syst&#233;matiques dans le centre n'emp&#234;chent pas les insurg&#233;s de mettre le feu &#224; la Compagnie du caoutchouc manufactur&#233;, aux entrep&#244;ts, etc.... Dans la nuit du 23 au 24, le commissariat du port est attaqu&#233; sans r&#233;sultat par les gu&#233;rilleros. Le 24, les insurg&#233;s contre-attaquent : des groupes descendent la rue de Verdun et remontent le boulevard de la Somme, convergeant vers le march&#233; ; dans la nuit, le march&#233; br&#251;le. Il n'y a plus &#224; Saigon ni eau, ni &#233;lectricit&#233;, ni ravitaillement et chacun vit dans une &#034;ambiance de massacre et de famine&#034;. Tandis que chaque jour les Fran&#231;ais tentent d'&#233;largir le cercle de leur contr&#244;le, des groupes arm&#233;s divers s'organisent en gu&#233;rilla tout autour de la ville. Le Comit&#233; Vi&#234;tminh d&#233;clare alors dans un tract : &#034;les Fran&#231;ais... prennent plaisir &#224; assassiner notre peuple. Une seule r&#233;ponse s'impose : appliquer le d&#233;cret du blocus alimentaire. Les soldats fran&#231;ais pris seront mis &#224; mort&#034;. Il conserve cependant l'espoir de s'entendre avec les Anglais et dans l'attente du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Leclerc. Gracey r&#233;ussit &#224; engager des conversations avec lui, et une tr&#234;ve est annonc&#233;e le premier octobre. Le 3, Leclerc arrive, avec mission de &#034;r&#233;tablir l'ordre&#034; et &#034;construire une Indochine forte au sein de la communaut&#233; fran&#231;aise&#034;. Les commandes du Triomphant d&#233;filent rue Catinat et les drapeaux tricolores flottent de nouveau aux fen&#234;tres. Les conversations continuent et n'ont d'autre r&#233;sultat que le libre passage des troupes anglaises et japonaises dans les zones contr&#244;l&#233;es par les insurg&#233;s ; c'est le Comit&#233; Vi&#234;tminh qui, suivant sa politique d'entente avec les imp&#233;rialistes alli&#233;s a pris cette d&#233;cision. Les Gurkhas et les Japonais ouvrent la marche, occupent les endroits strat&#233;giques dans la p&#233;riph&#233;rie puis, le 12 octobre, les troupes fran&#231;aises second&#233;es par les Gurkhas passent &#224; l'attaque g&#233;n&#233;rale vers le nord-est : les paillotes br&#251;lent &#224; Thi-ngh&#232; jusqu'au poste de T&#226;n-binh et l'encerclement de la ville par les insurg&#233;s s'effrite dans des combats acharn&#233;s. Les anciens font observer que les Fran&#231;ais se dirigent d'abord vers les provinces de l'est, comme ils ont fait au d&#233;but de la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la gu&#233;rilla, le chef de bande Ray Vi&#234;n, se refusant aux basses besognes polici&#232;res contre toutes les tendances non affili&#233;es au Vi&#234;tminh, se rend ind&#233;pendant de ce dernier et op&#232;re pour son propre compte : tout en guerroyant contre les Fran&#231;ais, il se livre au pillage. Comme nous l'avons vu, il n'est pas le seul groupe arm&#233; &#224; ne pas accepter l'autorit&#233; du Vi&#234;tminh. Les plus nombreux de ces groupes connus sous le nom de Troisi&#232;me division (d&#234;-tam su-do&#224;n) sont dirig&#233;s par un ancien nationaliste qui avait un moment plac&#233; son espoir dans le Japon ; il se retire avec ses quelques centaines d'hommes arm&#233;s dans la Plaine des Joncs en vue d'organiser la r&#233;sistance aux Fran&#231;ais ; mais il se rend quelques mois plus tard et se dissout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vi&#234;tminh ne tol&#232;re aucune tendance qui lui porte ombrage et il en vient &#224; bout par la liquidation physique. Les militants du groupe trotskiste La Lutte qui pourtant s'&#233;taient prononc&#233;s pour le soutien critique du gouvernement Vi&#234;tminh, en sont presque imm&#233;diatement les victimes. R&#233;unis dans un temple de la r&#233;gion de Thu-duc, o&#249; ils se pr&#233;parent &#224; participer &#224; la lutte arm&#233;e sur le front de Gia-dinh, ils sont cern&#233;s le matin par la police Vi&#234;tminh, arr&#234;t&#233;s et intern&#233;s un peu plus tard &#224; B&#234;n-suc, province de Thu-d&#226;u-m&#244;t, o&#249; ils furent tous fusill&#233;s avec une trentaine d'autres prisonniers lors de l'approche des troupes fran&#231;aises. Tr&#226;n van Thach, ancien conseiller municipal de Saigon &#233;lu en 1933 sur la liste stalino-trotskiste et revenu peu de temps auparavant du bagne de Poulo-Condor, &#233;tait parmi eux. On apprit quelques mois plus tard que le leader du groupe La Lutte, Ta thu Th&#226;u, revenu du bagne lui aussi, et qui s'&#233;tait ensuite rendu au Tonkin en vue d'organiser des secours contre la famine, avait &#233;galement &#233;t&#233; assassin&#233; par les partisans de H&#244; chi Minh sur le chemin du retour dans le centre Annam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette atmosph&#232;re de terreur Vi&#234;tminh, la milice ouvri&#232;re des Tramways de Go-v&#226;p (Do&#226;n c&#244;ng-binh) dont l'effectif s'&#233;l&#232;ve &#224; une soixantaine de personnes, participe &#224; l'insurrection en dehors de toute autorit&#233;. Les quelque quatre cents ouvriers et employ&#233;s des Tramways &#233;taient r&#233;put&#233;s pour leur esprit de lutte et d'ind&#233;pendance. On sait que sous les Fran&#231;ais le droit syndical n'existait pas. Lorsque les Japonais, apr&#232;s le 9 mars, avaient remplac&#233; les Fran&#231;ais &#224; la t&#234;te de l'entreprise, les ouvriers avaient constitu&#233; eux-m&#234;mes un comit&#233; d'entreprise et pr&#233;sent&#233; des revendications ; les militaires japonais, colonel Kirino en t&#234;te, &#233;taient venus menacer les ouvriers mais, devant leur attitude ferme, les Japonais avaient c&#233;d&#233; accordant non seulement une augmentation de salaire, mais la reconnaissance de onze d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les onze cat&#233;gories de travailleurs : &#233;lectriciens, forgerons, menuisiers, etc.... En ao&#251;t, lorsque les techniciens fran&#231;ais abandonn&#232;rent momentan&#233;ment l'entreprise, le comit&#233; la g&#233;ra jusqu'&#224; l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or tous les insurg&#233;s qui ne se rangent pas sous le drapeau Vi&#234;tminh sont aussit&#244;t qualifi&#233;s de Viet-gian, tra&#238;tres ; tous les ouvriers qui ne s'identifient pas au nationalisme sont qualifi&#233;s de r&#233;actionnaires, de saboteurs. C'est dans cette atmosph&#232;re de violence mentale totalitaire que les ouvriers des Tramways de Go-v&#226;p quoiqu'adh&#233;rant &#224; la CGT du Sud (cr&#233;ation du gouvernement Vi&#234;tminh de facto sous la pr&#233;sidence du stalinien Ho&#224;ang-d&#244;n V&#226;n et destin&#233;e &#224; s'assurer le contr&#244;le des ouvriers de la r&#233;gion Saigon-Cholon ; les d&#233;l&#233;gu&#233;s y &#233;taient d&#233;sign&#233;s d'office par Ho&#224;ang-d&#244;n V&#226;n et consorts malgr&#233; les protestations des quelques d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les ouvriers eux-m&#234;mes) refusent de prendre l'&#233;tiquette de &#034;Travailleurs Sauveurs de la patrie (C&#244;ng-nh&#226;n cuu-qu&#244;c)&#034; impos&#233;e par les staliniens de la CGT et d'adopter le drapeau rouge &#224; &#233;toile jaune du Vi&#234;tminh ; ils gardent leur appellation de milice ouvri&#232;re, symbole de leur ind&#233;pendance dans le &#034;front commun&#034;, et combattent sous l'embl&#232;me du drapeau rouge non pour la patrie mais pour leur propre &#233;mancipation de classe. Ils s'organisent en groupes de combat de deux personnes sous la direction d'un responsable &#233;lu et les responsables &#233;lisent comme commandant Tr&#226;n dinh Minh ; c'&#233;tait un jeune trotskiste du nord qui avait publi&#233; un roman social &#224; Hanoi sous le pseudonyme de Nguy&#234;n hai Au, et &#233;tait venu participer &#224; la lutte ouvri&#232;re dans le sud. Par la force des choses, cette formation ouvri&#232;re entra en contact avec les autres groupes de combat des faubourgs est de Saigon dont le commandement &#233;tait aux mains du chef Vi&#234;tminh, Nguy&#234;n dinh Th&#226;u. Deux faits divers donneront une id&#233;e de ce que put &#234;tre la dictature sur les insurg&#233;s par des individus hiss&#233;s au commandement et consacr&#233;s par le Vi&#234;tminh. Nguy&#234;n dinh Th&#226;n entend celer par le sang sa parcelle d'autorit&#233; : des gu&#233;rilleros du groupe T&#226;y-son (ainsi nomm&#233; en souvenir de la r&#233;volte des paysans des montagnes T&#226;y-son contre les seigneurs f&#233;odaux au 18&#232; si&#232;cle) ont r&#233;quisitionn&#233; du tissu chez la tante d'un stalinien notoire, Duong bach Mai, ancien conseiller municipal de Saigon. Au m&#233;pris du combat contre les imp&#233;rialistes, il les fait fusiller. Il fait arr&#234;ter T., suspect de trotskisme, secr&#233;taire ex&#233;cutif Vi&#234;tminh de T&#226;n-binh, et conseiller du Groupe I des Volontaires de la mort (do&#224;n cam-tu s&#244; I) dirig&#233; par Khu&#226;t ; on pr&#234;tait &#224; ce dernier le projet de descendre Nguy&#234;n dinh Th&#226;u malgr&#233; sa garde personnelle arm&#233;e jusqu'aux dents, plut&#244;t que de le laisser assassiner T., lorsque le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT du sud, Ly chi&#234;n Thang, le fit lib&#233;rer. De tels actes terroristes et totalitaires ne sont pas des exceptions, mais seront pratiques courantes dans l'embryon d'&#201;tat du maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant de se soumettre &#224; l'autorit&#233; de Nguy&#234;n dinh Th&#226;u, la milice des tramways d&#233;cide de se regrouper dans la Plaine des Joncs, vers laquelle elle se dirige, tout en combattant contre Fran&#231;ais et Gurkhas &#224; Loc-giang, Th&#244;t-n&#244;t, My-hanh... Dans la Plaine des Joncs, ces ouvriers prennent contact avec les paysans pauvres, et c'est l&#224; qu'ils perdent au combat leur camarade Tr&#226;n dinh Minh le 13 janvier 1946. Une vingtaine d'autres avaient d&#233;j&#224; trouv&#233; la mort dans les batailles livr&#233;es en cours de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intol&#233;rance du Vi&#234;tminh &#224; l'&#233;gard de toutes les tendances ind&#233;pendantes, l'accusation de tra&#238;trise assortie de menace de mort qu'il porte contre elles, et la faiblesse num&#233;rique du groupe des Tramways, obligent ses membres &#224; se disperser. Trois d'entre eux, L&#234; Ngoc, Ky, Huong, jeune ouvrier de 14 ans, seront poignard&#233;s par les bandes Vi&#234;tminh apr&#232;s avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s puis rel&#226;ch&#233;s par les troupes fran&#231;aises &#224; Hoc-m&#244;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de Saigon s'est r&#233;percut&#233;e &#224; la campagne est dans les provinces. Comme dans le pass&#233;, les paysans ont saisi les notables qui s'&#233;taient distingu&#233;s par leur cruaut&#233;, les propri&#233;taires fonciers r&#233;put&#233;s pour leurs extorsions ; beaucoup sont mis &#224; mort, leurs maisons et leurs greniers incendi&#233;s. On dit que des militants paysans staliniens, revenus de Poulo Condor, le mois pr&#233;c&#233;dent, tent&#232;rent d'intervenir dans certains endroits pour temp&#233;rer les violences et furent eux-m&#234;mes menac&#233;s dans leur vie, suspect&#233;s qu'ils furent alors de se mettre aux c&#244;t&#233;s des anciens oppresseurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrit par Ngo Van&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annexe : trois lettres d'Ho Chi Minh (3e tome des oeuvres compl&#232;tes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re lettre d'Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mai 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chers camarades bien aim&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233;, &#224; mesyeux et aux yeux de nombre de camarades, le traotskysme nous a sembl&#233; une question de lutte entre les tendances au sein du parti communiste chinois. C'est pourquoi nous n'y pr&#234;tions gu&#232;re attention. Mais, peu avant l'&#233;clatement de la guerre, plus exactement depuis la fin de l'ann&#233;e 1936 et notamment pendant la guerre, la propagande criminelle des trotskystes nous a ouvert les yeux. Depuis, nous nous sommes mis &#224; &#233;tudier le probl&#232;me. Et notre &#233;tude nous a conduits aux conclusions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du trotskysme n'est pas une lutte entre les tendances au sein du Parti communiste chinois. Car, entre communistes et trotskystes il n'y a aucun lien, absolument aucun lien. Il s'agit d'un sujet concernant le peuple tout entier : la lutte contre la patrie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les fascistes japonais et &#233;trangers le savent. C'est pourquoi ils cherchent &#224; cr&#233;er des d&#233;saccords pour tromper l'opinion et porter atteinte au renom des communistes, en faisant croire que communistes et trotskystes sont du m&#234;me camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes chinois comme les trotskystes d'autres pays ne repr&#233;sentent pas un groupe, encore moins un parti politique. Ils ne sont qu'une bande malfaiteurs, de chiens de chasse du fascisme japonais et du fascisme international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays, les trotskystes se sont donn&#233; de belles appellations afin de masquer leur sale besogne de bandits. Par exemple, en Espagne ils se nomment Parti ouvrier unifi&#233; marxiste (POUM). Savez-vous que ce sont eux qui constituent le niz d'espions &#224; Madrid, &#224; Barcelone et d'autres endroits, au service de Franco ? Ce sont eux qui organisent la c&#233;l&#232;bre &#171; cinqui&#232;me colonne &#187;, organisme d'espionnage de l'arm&#233;e des fascistes italiens et allemands. Au Japon, ils s'appellent Ligue Marx-Engels-L&#233;nine (MEL). Les trotskystes japonais attirent les jeunes dans leur ligne puis ils les d&#233;noncent &#224; la police. Ils cherchent &#224; p&#233;n&#233;trer dans le Parti communiste japonais afin de le d&#233;truire de l'int&#233;rieur. A mon avis, les troskystes fran&#231;ais organis&#233;s autour du groupe R&#233;volution prol&#233;tarienne se sont fix&#233;s pour but de saboter le Font populaire. Sur ce sujet, je pense que vous &#234;tes s&#251;rmeent plus renseign&#233;s que moi. Dans notre pays de Chine, les trotskystes se regroupent autour de formation telles que La Lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trotskystes ne sont pas seulement les ennemis du communisme. Ils sont aussi les ennemis de la d&#233;mocratie et du progr&#232;s. Ce sont les tra&#238;tres et les espions les plus inf&#226;mes. Peut-&#234;tre avez-vous lu les actes d'accusation des proc&#232;s en Union sovi&#233;tique contre les trotskystes. Si vous ne les avez pas lus, je vous conseille de les lire et de les faire lire aux amis. Cette lecture est tr&#232;s utile. Elle vous aidera &#224; voir le vrai visage r&#233;pugnant du trotskysme. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre parue dans &#171; Notre voix &#187; du 23 juin 1939 et au tome 3 des &#338;uvres de Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me lettre d'Ho Chi Minh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chers camarades bien aim&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant que je vous r&#233;ponde sur les activit&#233;s des trotskystes de Chine, permettez-moi de vous pr&#233;senter la demi-douzaine de leurs chefs de file, ma&#238;tres reconnus qui ont &#339;uvr&#233; pour le renom de la IVe Internationale. Tran Doc Tu (Chen Duxiu), Banh Thakt Chi, Lu Han, Dep Thanh, Thuong Mo Dao, Hiang Cong Luoc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologiquement, voil&#224; les actions qu'ils ont commises :&lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1931, lors de l'invasion japonaise en Mandchourie, la S&#251;ret&#233; japonaise a pris contact avec les trois premiers. Les deux parties ont sign&#233; un pacte ; le groupe trotskyste s'engage &#224; ne mener aucune propagande contre l'invasion japonaise. La S&#251;ret&#233; japonaise s'engage &#224; lui verser mensuellement une somme de trois cent dollars ainsi que d'autres sommes suppl&#233;mentaires, selon les &#171; r&#233;sultats du service rendu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce moment, Chen Duxiu (Tran Doc Tu) et ses complices se mirent imm&#233;diatement au travail. Avce les subventions japonaises, ils publi&#232;rent des brochures et des revues satiriques pour propager des id&#233;es telles que &#171; En occupant la Mandchourie, les Japonais ont voulu r&#233;gler rapidement le diff&#233;rend en suspens, ils n'ont pas le but de s'emparer de la Chine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine ces id&#233;es se propageaient dans les colonnes de leurs publications, Shanga&#239; fut attaqu&#233;e &#224; son tour en janvier 1932 par les troupes japonaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment que disent les trotskystes ? Reconnaissent-ils qu'ils se sont tromp&#233;s ? Cessent-ils de collaborer avec les occupants ? Absolument pas ! Alors que les soldats de la 19e arm&#233;e versent leur sang pour d&#233;fendre la patrie, les trotskystes en actes comme en paroles continuent de commettre crime sur crime. D'un c&#244;t&#233; ils &#233;crivent : &#171; La guerre de Shanga&#239; ne concerne nullement le peuple. Il ne s'agit pas d'une guerre nationale r&#233;volutionnaire. Il s'agit d'une guerre interimp&#233;rialiste. &#187; &#8230; D'un autre c&#244;t&#233;, ils r&#233;pandent des fausses rumeurs, agitent des mots d'ordre &#224; caract&#232;re d&#233;faitiste, d&#233;voilent les secrets de la d&#233;fense, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. Les trotskystes tels que Hoa Van Khoi et Cung Van Thu, en liaison avec la police et les patrons japonais, s'introduisent dans la gr&#232;ve des ouvriers &#224; Shanga&#239; et emploient tous les moyens pour saboter le mouvement. Au point qu'ils arrvient &#224; faire arr&#234;ter les dirigeants les plus talentueux de la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1933, le g&#233;n&#233;ralissime Phung Ngoc Tuong et le g&#233;n&#233;ral Cat Hong Xuong, membres du parti communiste, organisent une troupe de r&#233;sistance &#224; Kal-gan. A cette &#233;poque, &#233;tant dans la clandestinit&#233;, la liaison entre le centre et le nord s'av&#232;re difficile. Profitant de cette situation, le trotskyste Truong Mo Dao, se disant &#171; repr&#233;sentant du Parti communiste &#187;, tente de transformer la guerre anti-japonaise en guerre civile avec le mot d'ordre &#171; Marcher avec les Japonais, lutter contre Tchang Ka&#239; Shek &#187;. &#8230; etc ..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre parue dans &#171; Notre Voix &#187; du 7 juillet 1939 et au tome 3 des Oeuvres de Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me lettre d'Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Camarades bien aim&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ma derni&#232;re lettre, je vous ai racont&#233; coment les trotskystes ont re&#231;u leur salaire pay&#233; par les Japonais et comment ils ont essay&#233; de saboter notre h&#233;ro&#239;que lutte &#224; Shanga&#239; et notre mouvement patriotique &#224; Kal-gan. Aujourd'hui, je vous raconterai la suite de leurs crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se repliant &#224; Fu Kien, la 19e arm&#233;e reprend sa lutte. Elle forme le gouvernement antijaponaiset m&#232;ne la propagande pour le front uni gr&#226;ce &#224; la signature d'un pacte avec l'Arm&#233;e rouge chinoise. Peu de temps avant, la 19e arm&#233;e &#233;tait l'une des forces les plus anticommunistes. Mais, devant le danger qui menace la patrie, elle accepte d'oubler les querelles et les haines pour ne viser qu'un but unique : la lutte contre les envahisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ob&#233;issant aux ordres des Japonais, les trotskystes entent imm&#233;diatement en action : d'une part, ils suscitent le sentiment r&#233;gionaliste parmi la population &#8211; la 19e arm&#233;e &#233;tant venue de Kouang Toung &#8211; pour combattre le nouveau gouvernement. D'autre part, ils cherchent &#224; affaiblir l'Arm&#233;e rouge. La fa&#231;on dont ils accomplissent la deuxi&#232;me t&#226;che est la suivante : ils demandent &#224; entrer dans l'Arm&#233;e rouge en tant que militants r&#233;volutionnaires. Au d&#233;but, afin de gagner la confiance, ils ont men&#233; des actions tr&#232;s positives. Une fois plac&#233;s aux postes de responsabilit&#233; plus ou moins importants, ils ont commenc&#233; &#224; commettre des actes criminels. Je vous cite quelques exemples : Dans la bataille, quand il faut reculer, ils donnent l'ordre d'avancer. Quand il faut avancer, ils donnent l'ordre de reculer. Ils envoient des renfots et des armes dans les endroits o&#249; on n'en pas besoin. Mais dans les endroits o&#249; on en a besoin, ils ne les envoient pas. Ils badigeonnent de poison des blessures des combattants, surtout des cadres de l'arm&#233;e, dans le but de leur faire amputer les bras et les jambes, etc. Ces actes ont &#233;t&#233; heureusement d&#233;couverts &#224; temps. Quelle chance pour les communistes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1935, les communistes m&#232;nent une campagne d'une grande ampleur pour la formation du Frant national contre les Japonais. Le peuple, et particuli&#232;rement les ouvriers et les paysans, a soutenu activement ce programme. Dans le Kuo-min-tang, l'id&#233;e du front national progresse. Pendant ce temps, on constate que les trotskystes jouent le double jeu, en recourant &#224; la fois &#224; la calomnie et &#224; la division. Ils disent aux masses : &#171; Vous voyez les communistes se sont vendus &#224; la bourgeoisie. Le Kuo-min-tang ne se battra pas contre les Japonais ! &#187; S'adressant au Kuo-min-tang, ils lui disent : &#171; le Front national, ce n'est qu'une ruse des communistes. Pour combattre les Japonais, il faut d&#233;truire les communistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de 1936, la politique de l'union contre les Japonais a triomph&#233; dans les &#233;v&#233;nements de Tay A&#239;n. Devant la d&#233;faite de leur politique de guerre civile, les trotskystes Truong Mo Dao et Ta Duy Liet d&#233;cident d'organiser l'assassinat de Vuong Di Triet, un des partisans convaincus de la politique de Front national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, je vous parle de 1937, &#233;poque qui pr&#233;c&#232;de la guerre. Tout le monde s'unit pour combattre les Japonais, sauf les trotskystes. Ces tra&#238;tres se sont r&#233;unis clandestinement et ont &#233;dopt&#233; &#171; la r&#233;solution &#187; dont voci quelques extraits : &#171; Dans la guerre contre les Japonais, notre position est claire : ceux qui veulent la guerreet ont des illusions sur le gouvernement du Kuo-min-tang, ceux-l&#224; concr&#232;tement ont trahi. L'union entre le Parti communiste et le Kuo-min-tang n'est qu'une trahison. &#187; Et d'autres ignominies de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la guerre s'approche, les promesses japonaises se mat&#233;rialisent. Les trostskystes de Shanga&#239; re&#231;oivent 100.000 dollars chaque mois por leurs activit&#233;s dans le centre et le sud de la patrie. Ceux de Tien Sin et de P&#233;kin 50.000 chaque mois pour leurs activit&#233; dans le Hoa Bac (r&#233;gion du nord) afin de mener la lutte contre la 8e arm&#233;e et contre les organisations patriotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le milieu de 1937, les trotskystes ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et arr&#234;t&#233;s dans la &#171; zone sp&#233;ciale &#187; (dac khu). D'apr&#232;s les aveux de Ton Nghia Hai, ils se sont fix&#233;s comme objectif : &amp;- d&#233;truire la 8e arm&#233;e, 2- Emp&#234;cher le d&#233;veloppement du front national, 3- Espionner, 4- Organiser l'assassinat des dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le tribunal populaire de la &#171; zone sp&#233;ciale &#187;, le trotskyste Hoang Phat Hi, entre autres aveux, a d&#233;clar&#233; qu'au cours de la quatri&#232;me entrevue avec Truong Mo Dao, celui-ci lui a fait les recommandations suivantes : &#171; Tu dois &#233;tudier attentivement les m&#233;thodes et le syst&#232;me d'organisation de l'Arm&#233;e rouge. Apr&#232;s, tu organiseras des centres de jeunes qui assureront la t&#226;che de sabotage. Notre but est de provoquer le d&#233;sordre au sein de l'Arm&#233;e rouge et de liquider ses dirigeants. &#187; Truong Mo Dao a ajout&#233; : &#171; Il faut persuader une partie des cades de la base de nous suivre, susciter leur nostalgie du pays natal, encourager leur d&#233;sertion en leur fournissant un peu d'argent. C'est un des moyens de d&#233;sint&#233;gration de cette arm&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trotskyste Quach Uan Kinh a avou&#233; que Ton Nghia Hai l'a charg&#233; de mener la propagande pour le d&#233;faitisme chez les combattants en leur d&#233;montrant que &#171; La Chine ne pourra pas vaincre. &#187;, car, &#171; m&#234;me si nous arrivons &#224; chasser les Japonais, les Am&#233;ricains et les Anglais seront encore l&#224; pour nous opprimer &#187; ; que &#171; non seulement nous ne pourrons pas vaincre, mais notre pays sera d&#233;truit si nous continuons le combat &#187;, que &#171; la Chine est trop faible pour lutter &#224; la fois contre le Japon, l'Angleterre et l'Am&#233;rique. &#187; Truong Mo Dao a compl&#233;t&#233; ses instructions par ces paroles : &#171; Il faut exploiter la politique du front national pour calomnier les communistes et dire qu'ils ont vendu la classe ouvri&#232;re. Notre but est de scusciter le m&#233;contentement parmi les combattants. &#187; Sous le pr&#233;texte de les &#233;duquer, les trotskystes les trotskystes organisent les &#233;l&#233;ments les plus retard&#233;s de l'arm&#233;e en petits groupes puis profitant des conditions p&#233;nibles de la vie dans l'arm&#233;e, ils les encouragent &#224; d&#233;serter avec armes et munitions. En liaison avec les brigands, ils cr&#233;ent des d&#233;sordres &#224; l'arri&#232;re de la 8e arm&#233;e en plein combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les proc&#233;d&#233;s des trotskystes dans lutte contre la 8e arm&#233;e nationale r&#233;volutionnaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre parue dans &#171; Notre voix &#187; du 28 juillet 1939 et au tome 3 des &#339;uvres de Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du Rapport de Ho Chi Minh &#224; l'Internationale communiste intitul&#233; &#171; Quelques id&#233;es sur la ligne politique pr&#233;conis&#233;e par le parti pendant la p&#233;riode du Front d&#233;mocratique (1936-1939) &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vis-&#224;-vis des trotskystes, il ne doit y avoir aucun compromis, aucun concession. Il faut utiliser tous les moyens pour les d&#233;masquer comme agents du fascisme. Il faut les extermine politquement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; R&#233;volution d'ao&#251;t &#187;, ouvrage &#233;crit par le Parti communiste vietnamien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s le coup de force des Japonais contre les Fran&#231;ais (le 8 mars 1945), la situation de la province de Quang nam fut des plus complexes. Le pouvoir des Fran&#231;ais fut renvers&#233; mais le nouveau pouvoir des Japonais ne s'&#233;tait pas encore install&#233; ; les Japonais men&#232;rent activement la propagande pour la r&#233;alisation de la &#171; Grande Asie &#187;. (&#8230;) Il y eut un groupe se proclamant anti-imp&#233;rialiste compos&#233; de trotskystes qui mettait en avant le mot d'ordre : &#171; lutter ocntre tous les imp&#233;rialismes &#187;. Ce faisant il combattait la politique qui &#233;tait alors celle de notre parti, qui pr&#233;conisait l'alliance avec les Forces alli&#233;es. (&#8230;) Dans cette p&#233;riode, bien qu'ils n'eussent jou&#233; aucun r&#244;le tant soit peu important, les trotskystes complot&#232;rent pour la prise du pouvoir. Ils plac&#232;rent Ho Ta Khanh [1], une de leurs partisans comme ministre dans le gouvernement fantoche des pro-japonais et Huynh Van Phuong comme directeur de la S&#251;ret&#233; japonaise. Ils d&#233;p&#234;ch&#232;rent Ta Thu Thau, leur chef de file, &#224; Hu&#233; pour occuper la place de conseiller du gouvernement de Tran Truong Kim, avec l'espoir qu'apr&#232;s le renversement de celui-ci, Thau remplacerait Kim et s'installerait au pouvoir. En un mot, &#224; partir de mars 1945, et plus pr&#233;cis&#233;ment apr&#232;s le coup de force des Japonais renversant les Fran&#231;ais, se constitu&#232;rent autour des Japonais les couches de gens, des sectes religieuses pro-japonaises, avec le soutien des trotskystes. (&#8230;) Le 11 septembre 1945, les soldats anglais et indiens arriv&#232;rent au Sud Vietnam. Ils lib&#233;r&#232;rent aussit&#244;t 7000 Fran&#231;ais emprisonn&#233;s lors du coup de force du 8 mars 1945 et leur distribu&#232;rent des armes prises aux Japonais. En plus, ils aid&#232;rent les Fran&#231;ais &#224; r&#233;organiser leur appareil administrtatif, des fonctionnaires dont le r&#244;le consistait &#224; mener des activit&#233;s de division et de provocation. Ce fut l'occasion pour les trostskystes de commettre des actes de destuctions. Ils avanc&#232;rent les mots d'ordre ultra-gauchistes tels que &#171; d&#233;truire les ennemis fran&#231;ais &#187;, &#171; distribuer la terre aux paysans &#187;. Notre service de s&#251;ret&#233; intercepta &#224; Tan Binh un document dans lequel ils envisageaient le renversement de notre pouvoir. Dans la r&#233;alit&#233;, ils collabor&#232;rent avec les r&#233;actionnaires des sectes religieuses, cherchant &#224; amadouer et &#224; organiser nos compatriotes, venant des provinces, en unit&#233;s de combat arm&#233;es. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;pression contre les trostskystes r&#233;ctionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s notre prise de pouvoir, les trotskystes ont publi&#233; un journal ayant pour titre Doc Lap (Ind&#233;pendance) tendant &#224; saborder notre politique. Ils demand&#232;rent la confiscation de toutes les rizi&#232;res et terres pour qu'elles soient partag&#233;es entre les paysans. Nous avons d&#233;cid&#233; de saisir le journal Doc Lap, de d&#233;masuqer les saboteurs devant le peuple ; en m&#234;me temps, nous avons donn&#233; l'ordre d'arr&#234;ter les chefs de la bande trotskyste qui s'&#233;taient cach&#233;s &#224; Di An, Thu Duc (&#224; 18 kilom&#232;tres au nord de Sa&#239;gon) ; parmi eux Nguyen Van So, Phan Van Hun, Phan Van Chanh, Tran Van Thach, etc&#8230; (&#8230;) En d&#233;masquant les Japonais, nous avons d&#233;masqu&#233; en m&#234;me temps les r&#233;actionnaires caoda&#239;stes pro-japonais qui cherch&#232;rent &#224; embrigader la population (&#8230;) Nous avons d&#233;masqu&#233; &#233;galement les trostskystes, espions des Japonais. (&#8230;) Les trotskystes ont &#233;t&#233; dirig&#233;s par Tran Van Thach, Ho Huu Tuong, Nguyen Van So. Pendant la p&#233;riode o&#249; ils &#233;taient plac&#233;s sous le r&#233;gime de surveillance par les Fran&#231;ais &#224; Can Tho, ils orient&#232;rent leurs activit&#233;s en direction des intellectuels et des fonctionnaires. Mais leur influence fut minime. Apr&#232;s le coup de force des Japonais, ils men&#232;rent la propagande pour le soutien de Tran Truong Kim, milit&#232;rent pour le retour au tr&#244;ne du prince Cuong D&#233;, et se prononc&#232;rent contre le Viet Minh et les communistes. Ils s'alli&#232;rent &#224; la secte religieuse Hoa Hao pour lutter contre la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de lib&#233;ration nationale du Vietnam a &#233;t&#233; la plus longue et la plus douloureuse de tous les combats contre l'oppressio nationale. Une des raisons en est que l'imp&#233;rialisme ne se battait pas seulement pour conqu&#233;rir ou reconqu&#233;rir une petite langue de terre sans grandes richesses et, m&#234;me, sans situation si strat&#233;gique que cela, au regard des efforts en hommes, en argent et en mat&#233;riel. Se jouait au Vietnam toute l'image aux yeux du monde entier du colonialisme fran&#231;ais et de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. En face, on trouvait toute la d&#233;termination d'un petit peuple qui, ayant vu qu'un peuple jaune n'&#233;tait pas fatalement un peuple d'esclaves et qu'un pays occidental n'&#233;tait pas toujours le vainqueur, ne supportait plus d'&#234;tre trait&#233; comme du b&#233;tail. Cependant, ce combat avait pris une tournure sociale &#224; ses d&#233;buts en 1945. Il avait &#233;t&#233; men&#233; par le prol&#233;tariat des villes insurg&#233;, se constituant en comit&#233;s autonomes, donc des soviets, un double pouvoir ou du moins son embryon, Cette capacit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat en Asie n'avait pas concern&#233; que le Vietnam. C'est gr&#226;ce &#224; une allliance de la bourgeoisie, de la petite bourgeoisie et des imp&#233;rialismes que la r&#233;volution a &#233;t&#233; en partie d&#233;toun&#233;e, en partie battue en 1945. Les nationalistes, sous couvert de communisme, ont monopolis&#233; le pouvoir, assassin&#233; les membres des comit&#233;s et livr&#233; la r&#233;volution au colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colonialisme fran&#231;ais a voulu faire du Vietnam une d&#233;monstration de sa force retrouv&#233;e. L'imp&#233;rialisme anglais vouliat y d&#233;montrer son alliance avec la France. La bourgeoisie vietnamienne voulait se d&#233;barrasser de son pire ennemi : le prol&#233;tariat vietnamien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cor&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e les alli&#233;s avaient d&#233;cid&#233; d'un syst&#232;me d'occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux diff&#233;rentes zones dans cette r&#233;gion. En effet la p&#233;ninsule cor&#233;enne &#233;tait divis&#233;e en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation am&#233;ricaine, les deux &#233;tant s&#233;par&#233;es par le 38&#232;me parall&#232;le. En fait en disant cela on oublie lune grande part du probl&#232;me, on attribuait &#224; la Chine la partie de la Cor&#233;e continentale, le Kan Do, prise lors des conqu&#234;tes militaires et cela allait s'av&#233;rer tr&#232;s important par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part cette division discut&#233;e lors des conf&#233;rences de T&#233;h&#233;ran en 1943 et Yalta en 1945 devait &#234;tre provisoire. Les premiers arriv&#233;s sur place sont les russes au nord le 24 ao&#251;t 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux c&#244;t&#233;s tout est programm&#233; et aucun des deux camps n'a l'intention de demander &#224; la population de d&#233;cider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu'ils comptent imposer comme dirigeant sous l'&#233;tiquette parti communiste. Pourtant il existe en Cor&#233;e un parti communiste clandestin dont Kim n'est pas le dirigeant mais c'est l'homme des russes et dans l'ambiance d'effervescence sociale les russes s'en m&#233;fient comme ils se m&#233;fient de tous les militants d&#233;mocrates ou syndicalistes qui vont tr&#232;s vite peupler leurs prisons. Pour se d&#233;barrasser du r&#233;el parti communiste cor&#233;en, les russes vont avoir de grandes difficult&#233;s car il faut s'en d&#233;barrasser &#224; la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l'occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu'au fur et &#224; mesure tous les opposants &#224; Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d'autant que traditionnellement la direction du parti communiste r&#233;sidait au sud &#224; S&#233;oul et que le parti va rester un seul parti malgr&#233; la division du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, il y a la m&#234;me situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La mis&#232;re des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est consid&#233;rable. Et, en plus la population sort de nombreuses ann&#233;es d'occupation japonaise o&#249; ils ont souffert atrocement. Ce n'est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, tr&#232;s vite le probl&#232;me du partage du pays en deux qui semble &#234;tre du provisoire qui dure va devenir un probl&#232;me politique de premier ordre, emp&#234;chant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du cr&#233;dit. En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va d&#233;fendre la division du pays de la m&#234;me mani&#232;re qu'au sud le fantoche des am&#233;ricains Syngman Rhee, un dictateur d'extr&#234;me-droite corrompu et ultra-violent. Des deux c&#244;t&#233;s, la classe ouvri&#232;re va s'opposer &#224; cette division et en particulier les syndicats d'origine plut&#244;t anarcho-syndicalistes avec des militants d'extr&#234;me gauche et qui ne sont pas encore contr&#244;l&#233;s par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud cor&#233;en prend son ind&#233;pendance politique de la direction du nord en ao&#251;t 46. Mais en m&#234;me temps il le fait sur des bases tout ce qu'il y a de moins r&#233;volutionnaire, du moins dans un sens prol&#233;tarien. La th&#232;se d'ao&#251;t qui souligne cette ind&#233;pendance politique &#224; la fois n'accepte plus la division du pays mais affirme qu'il faut mener une r&#233;volution bourgeoise en vue de la r&#233;unification, r&#233;volution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans &#224; rejoindre les montagnes pour y organiser la gu&#233;rilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s'opposer violemment &#224; ces propositions. En effet, les travailleurs sont tr&#232;s loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d'aller se retrancher dans les montagnes. La th&#232;se du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution n'est pas mieux accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans les usines c'est &#224; une offensive ouvri&#232;re que l'on assiste en Cor&#233;e du sud. L'insurrection ouvri&#232;re part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C'est un soul&#232;vement spontan&#233; qui d&#233;bute par une gr&#232;ve des cheminots et qui se termine par de v&#233;ritables affrontements arm&#233;s, les travailleurs s'&#233;tant organis&#233;s en milice ouvri&#232;re. Partout des comit&#233;s de gr&#232;ve sont mis en place et la gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; de nombreuses autres villes. La r&#233;action des troupes am&#233;ricaines est tr&#232;s violente. La r&#233;pression s'&#233;tend &#224; tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n'&#233;tait pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient f&#233;roce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassin&#233;s comme le leader anarcho-syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku et le dirigeant social-d&#233;mocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a &#233;t&#233; contraint de passer dans la clandestinit&#233; totale. La direction politique du PC du nord en profite pour r&#233;ussir pour la premi&#232;re fois &#224; &#233;tablir sa domination sur l'ensemble du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946-47, loin de se stabiliser, le r&#233;gime de Cor&#233;e du sud est attaqu&#233; sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le r&#233;gime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de S&#233;oul est tellement affaibli qu'il est contraint de laisser les paysans occuper toute une r&#233;gion dite lib&#233;r&#233;e. Le PC du sud d&#233;cide de s'investir dans cette r&#233;volution paysanne et il appelle &#224; nouveau les ouvriers &#224; le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacr&#233;s avant m&#234;me qu'ils aient pu rejoindre la r&#233;gion ni s'armer. Le PC du sud va quand m&#234;me prendre la direction politique de ces paysans insurg&#233;s. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette gu&#233;rilla va tenir l&#224; jusqu'&#224; la guerre de Cor&#233;e en 1950, o&#249; elle fera sa jonction avec l'arm&#233;e nord cor&#233;enne. Paradoxalement c'est cela qui lui sera fatal car le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord n'avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer d&#232;s l'offensive am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution &#187; mao&#239;ste est l'une de celles qui a produit le plus de mythes mensongers pour couvrir d'un voile &#171; r&#233;volutionnaire &#187; et &#171; communiste &#187; des politiques qui &#233;taient tout le contraire de cela. On a m&#234;me longtemps pr&#233;sent&#233; la Chine comme plus communiste, plus anti-imp&#233;rialiste et plus r&#233;volutionnaire que la Russie de Staline, et m&#234;me de L&#233;nine. Selon cette l&#233;gende, Mao serait arriv&#233; au pouvoir &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution paysanne. Il aurait construit un pouvoir des ouvriers et des paysans, du type sovi&#233;tique comme en octobre 1917 en Russie. Il aurait rompu avec l'imp&#233;rialisme. Il aurait aid&#233; la r&#233;volution mondiale, en restant r&#233;volutionnaire, contrairement au &#171; r&#233;visionnisme &#187; russe. La r&#233;volution culturelle marquerait le caract&#232;re de &#171; r&#233;volution permanente &#187; du r&#233;gime chinois, sa capacit&#233; &#224; s'attaquer aux id&#233;ologoqies r&#233;actionnaires et la jeunesse des id&#233;es r&#233;volutionnaires en Chine. Voil&#224; quelques uns des mensonges qui courent sur le pouvoir chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution chinoise de 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons essayer de r&#233;tablir une r&#233;alit&#233; qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec les affirmations pr&#233;c&#233;dentes. Ce qui a donn&#233; ses forces arm&#233;es &#224; Mao, ce n'est pas la lutte des classes, ni la r&#233;volution sociale, mais la lutte de d&#233;fense nationale contre le Japon. Il a ainsi pu construire sa fameuse &#171; huiti&#232;me arm&#233;e de route &#187; int&#233;gr&#233;e &#224; l'ensemble des forces arm&#233;es chinoises, aux c&#244;t&#233;s de Tchang Ka&#239; Chek, et aux c&#244;t&#233;s des USA. C'est cette arm&#233;e, une fois la d&#233;faite japonaise acquise, qui lui a permis de prendre le pouvoir. M&#234;me s'il a eu un recrutement dans les campagnes, l'arm&#233;e de Mao est tout sauf une organisation fond&#233;e sur une lutte radicale de la paysannerie. Mao a gouvern&#233; des r&#233;gions paysannes comme un chef d'arm&#233;e qui s'entend bien avec les paysans, mais qui s'accommode avec les poss&#233;dants locaux, propri&#233;taires fonciers, banquiers, commer&#231;ants et usuriers. Dans ces zones dites lib&#233;r&#233;es, il n'appliquait pas un programme social radical, se contentait de baisser les imp&#244;ts. Il n'a pas appliqu&#233; un programme radical de distribution de terres aux paysans pauvres. Mao n'est m&#234;me pas un chef de r&#233;volte paysanne, comme la Chine en a connu dans le pass&#233;. Quant &#224; la r&#233;volution paysanne, quand elle a &#233;clat&#233; &#8211; nullement &#224; l'initiative de Mao &#8211; il a longuement h&#233;sit&#233; &#224; prendre son parti, et, m&#234;me apr&#232;s cette d&#233;cision, il a toujours refus&#233; d'armer les paysans. Y compris durant l'offensive contre le r&#233;gime de Tchang Ka&#239; Chek, il d&#233;clarait que &#171; Les paysans qui nous rejoignent peuvent nous apporter &#224; manger, pousser nos chariots, ou s'occuper des soins des bless&#233;s. En aucun cas, ils ne doivent &#234;tre arm&#233;s. &#187; En ce sens, son arm&#233;e et son appareil d'Etat sont des instruments classiques de pouvoir et non des organes r&#233;volutionnaires. Son parti est un organe politique de pouvoir et, avant m&#234;me la prise de pouvoir, un parti unique. Il n'est pas question de remettre en question cette direction dictatoriale. Mao n'a pas un seul instant envisag&#233; d'organiser les travailleurs de villes au cours de sa &#171; r&#233;volution &#187;, m&#234;me pas au moment de la prise de pouvoir dans les villes. Dans les villes, il a, par contre, pris contact avec les bourgeois, petits et grands, et les intellectuels, auxquels il donnera des places dans le pouvoir. Il a &#233;galement recycl&#233; l'essentiel du pouvoir de Tchang Ka&#239; Chek, notamment ses chefs militaires, m&#234;me ceux ralli&#233;s de la derni&#232;re seconde. Il est encore moins, malgr&#233; le titre de communiste dont il pare son parti, un dirigeant du prol&#233;tariat chinois. A partir de 1927, il avait quitt&#233; ce prol&#233;tariat et ne l'a jamais retrouv&#233;. La lettre aux militants trotskystes qu'&#233;crit Trotsky explique que, si l'arm&#233;e de Mao prend le pouvoir, elle interviendra contre le prol&#233;tariat. La politique de Mao n'est pas communiste, ne vise pas au pouvoir du prol&#233;tariat, n'a nullement renou&#233; avec Marx ni rompu d&#233;finitivement avec l'imp&#233;rialisme et le capitalisme, comme le rappelle son idylle actuelle. Le terme le plus juste sur son r&#233;gime est celui de bonapartisme bourgeois. Le bonapartisme signifie une dictature militaire qui est populaire et dont l'apparence de force provient de l'&#233;quilibre entre deux forces r&#233;elles. Ici ces forces sont, d'un c&#244;t&#233; la bourgeoisie imp&#233;rialiste et de l'autre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Document :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA GUERRE DES PAYSANS EN CHINE ET LE PROL&#201;TARIAT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Letttre aux Bolcheviks-l&#233;ninistes chinois)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1932&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s une longue interruption, nous avons enfin re&#231;u votre lettre du 15 juin. Il est superflu de vous dire combien nous nous f&#233;licitons de la r&#233;surrection de l'Opposition de Gauche chinoise, apr&#232;s la d&#233;sorganisation apport&#233;e dans ses rangs par les pers&#233;cutions polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant que l'on puisse juger d'ici avec nos informations tout &#224; fait insuffisantes, la position exprim&#233;e dans votre lettre concorde avec la n&#244;tre. L'attitude intransigeante envers les opinions d&#233;mocratiques vulgaires des staliniens sur le mouvement paysan, ne peut &#233;videmment rien avoir de commun avec une attitude passive et inattentionn&#233;e envers le mouvement paysan lui-m&#234;me. Le manifeste de l'Opposition de Gauche internationale publi&#233; il y a deux ans (Sur les perspectives et les t&#226;ches de la r&#233;volution chinoise), appr&#233;ciant le mouvement paysan des provinces du sud de la Chine, disait : &#034;La r&#233;volution chinoise trahie, d&#233;truite, exsangue, montre qu'elle est vivante. Esp&#233;rons que le temps n'est plus loin o&#249; elle l&#232;vera de nouveau sa t&#234;te prol&#233;tarienne.&#034; Et plus loin : &#034;La large crue du soul&#232;vement paysan peut incontestablement donner une impulsion &#224; l'animation de la lutte politique dans les centres industriels. Nous comptons fermement l&#224;-dessus.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre lettre montre que, sous l'influence de la crise et de l'intervention japonaise, la lutte des ouvriers des villes rena&#238;t sur le fond de la guerre paysanne. Dans notre manifeste nous &#233;crivions sur ce fait, avec toute la prudence n&#233;cessaire : &#034; Personne ne peut pr&#233;dire d'avance si les foyers des soul&#232;vements paysans se maintiendront sans interruption pendant toute la p&#233;riode prolong&#233;e dont l'avant-garde prol&#233;tarienne aurait besoin pour se renforcer, pour engager dans la bataille la classe ouvri&#232;re, et accorder sa lutte pour le pouvoir avec les offensives paysannes g&#233;n&#233;ralis&#233;es contre ses ennemis les plus imm&#233;diats. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, il semble que l'on puisse exprimer avec quelque certitude l'espoir qu'avec une juste politique on r&#233;ussisse &#224; lier le mouvement ouvrier, et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le mouvement des villes, avec la guerre paysanne. Cela serait le commencement de la troisi&#232;me r&#233;volution chinoise. Mais pour l'instant, ce n'est l&#224; qu'un espoir, et non une certitude. Le principal travail reste &#224; accomplir dans l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette lettre je ne voudrais poser qu'un seul probl&#232;me, en tout cas celui qui me semble avoir de beaucoup la plus grande importance et &#234;tre le plus br&#251;lant. Je vous rappelle encore une fois que les informations dont je dispose sont absolument insuffisantes, occasionnelles et fragmentaires. C'est avec plaisir que j'accueillerais toute information compl&#233;mentaire et toute rectification.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement paysan a cr&#233;&#233; son arm&#233;e, a conquis un grand territoire, et l'a couvert de ses institutions. Au cas de nouveaux succ&#232;s, &#8211; et nous souhaitons &#233;videmment ces succ&#232;s &#8211; le mouvement se heurtera aux centres citadins et industriels, et par l&#224;-m&#234;me, se trouvera face &#224; face avec la classe ouvri&#232;re. Comment se passera cette rencontre ? Sera-t-elle assur&#233;e d'un caract&#232;re pacifique et amical ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question peut sembler &#224; premi&#232;re vue superflue. A la t&#234;te du mouvement paysan se trouvent des communistes ou des sympathisants ; n'est-il donc pas &#233;vident que les ouvriers et les paysans doivent, lorsqu'ils se rencontreront, s'unifier sous le drapeau du communisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le probl&#232;me n'est pas si simple. Je m'appuierai sur l'exp&#233;rience de la Russie. Durant les ann&#233;es de la guerre civile, la paysannerie, dans diff&#233;rentes r&#233;gions, cr&#233;ait ses propres troupes de partisans, et parfois m&#234;me, naissaient des arm&#233;es enti&#232;res. Quelques-uns de ces corps d'arm&#233;e se consid&#233;raient comme bolcheviks et &#233;taient souvent dirig&#233;s par des ouvriers. D'autres restaient sans parti et avaient &#224; leur t&#234;te le plus souvent d'anciens sous-officiers paysans. Il y avait aussi l'arm&#233;e &#034; anarchiste &#034; sous le commandement de Makhno. Tant que les arm&#233;es de partisans agissaient sur le revers de l'arm&#233;e blanche, elles servaient la cause de la r&#233;volution. Certaines d'entre elles se remarquaient par un h&#233;ro&#239;sme et une t&#233;nacit&#233; particuli&#232;re. Mais, dans les villes, ces arm&#233;es entraient souvent en conflit avec les ouvriers et avec les organisations locales du parti. Les conflits naissaient aussi lors de la rencontre des partisans et de l'arm&#233;e rouge r&#233;guli&#232;re, et dans certains cas, cela prenait un caract&#232;re aigu et morbide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rude exp&#233;rience de la guerre civile nous a d&#233;montr&#233; la n&#233;cessit&#233; d&#233; d&#233;sarmer les corps d'arm&#233;e des paysans d&#232;s que l'arm&#233;e rouge assumait le pouvoir dans une r&#233;gion d&#233;barrass&#233;e des gardes blancs. Les meilleurs &#233;l&#233;ments, les plus conscients et les plus disciplin&#233;s, s'int&#233;graient dans les rangs de l'arm&#233;e rouge. Mais la plus grande partie des partisans tentait de conserver une existence ind&#233;pendante, et entrait souvent en lutte arm&#233;e directe avec le pouvoir sovi&#233;tique. Il en fut ainsi avec l'arm&#233;e &#034; anarchiste &#034;, indirectement koulak par son esprit, de Makhno, mais pas seulement avec elle. De nombreux corps paysans, luttant fermement contre la restauration des propri&#233;taires fonciers, se transformaient apr&#232;s la victoire en une arme de la contre-r&#233;volution. Les conflits arm&#233;s entre les paysans et les ouvriers, quelle qu'en soit l'origine dans les cas particuliers, que ce soit la provocation consciente des gardes blancs, le manque de tact des communistes, ou le concours malheureux d&#233;s circonstances, avaient &#224; leur base la m&#234;me cause sociale : la situation de classe et l'&#233;ducation diff&#233;renci&#233;e des ouvriers et des paysans. L'ouvrier aborde les probl&#232;mes sous l'angle socialiste ; le paysan sous l'angle petit-bourgeois. L'ouvrier tente de socialiser la propri&#233;t&#233; qu'il a reprise &#224; ses exploiteurs ; le paysan, tente, lui, de la partager. L'ouvrier veut faire servir les ch&#226;teaux et les parcs dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ; le paysan, pour peu qu'il ne puisse les partager, est enclin &#224; br&#251;ler les ch&#226;teaux et &#224; d&#233;boiser les parcs. L'ouvrier fait effort pour r&#233;soudre les probl&#232;mes &#224; l'&#233;chelle &#233;tatique, et selon un plan ; mais le paysan aborde tous les probl&#232;mes &#224; l'&#233;chelle locale, et se conduit d'une fa&#231;on hostile envers le plan du centre, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le paysan peut lui aussi s'&#233;lever jusqu'&#224; un point de vue socialiste. Sous le r&#233;gime prol&#233;tarien, une masse de plus en plus grande de paysans se r&#233;&#233;duque dans l'esprit socialiste. Mais cela exige du temps, &#8211; des ann&#233;es, et m&#234;me des d&#233;cades. Si l'on n'envisage que la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution, alors les contradictions entre le socialisme prol&#233;tarien et l'individualisme paysan prennent souvent un caract&#232;re aigu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont des communistes qui se trouvent &#224; la t&#234;te des arm&#233;es rouges chinoises. Cela n'exclut-il pas les conflits entre les corps paysans et les organisations ouvri&#232;res ? Non cela ne les exclut pas. Le fait que des communistes se trouve individuellement &#224; la t&#234;te des arm&#233;es paysannes ne change en rien le caract&#232;re social de ces derni&#232;res, m&#234;me si la direction communiste a une bonne trempe prol&#233;tarienne. Mais comment la situation se pr&#233;sente-t-elle en Chine ? Parmi les dirigeants communistes des corps de partisans rouges, il y a, sans aucun doute, pas mal d'intellectuels ou de semi-intellectuels d&#233;class&#233;s qui ne sont pas pass&#233;s par la s&#233;rieuse &#233;cole de la lutte prol&#233;tarienne. Durant deux ou trois ans, ils vivent la vie des commandants et des commissaires de partisans. Ils commandent, ils conqui&#232;rent des territoires, etc... Ils s'impr&#232;gnent de l'esprit du milieu environnant. La plus grande partie des communistes du rang dans les corps de partisans rouges se compose de toute &#233;vidence de paysans qui, tr&#232;s honn&#234;tement et sinc&#232;rement, se prennent pour des communistes, mais qui sont des r&#233;volutionnaires &#034;paup&#233;ris&#233;s&#034; ou des petits propri&#233;taires r&#233;volutionnaires. Celui qui, en politique, juge selon les &#233;tiquettes et les d&#233;nominations, et non selon les faits sociaux, est perdu. Surtout lorsqu'il s'agit d'une politique qui se fait l'arme &#224; la main. Le v&#233;ritable parti communiste est l'organisation de l'avant-garde prol&#233;tarienne. En outre, la classe ouvri&#232;re de Chine se trouve depuis quatre ans dans une situation dispers&#233;e et asservie, et c'est seulement maintenant qu'apparaissent les sympt&#244;mes d'une renaissance. Lorsque le Parti communiste, fermement appuy&#233; sur le prol&#233;tariat des villes, essaye de commander l'arm&#233;e paysanne par une direction ouvri&#232;re, c'est une chose. C'est tout autre chose lorsque quelques milliers, ou m&#234;me quelques dizaines de milliers de r&#233;volutionnaires qui dirigent la guerre paysanne, sont ou se d&#233;clarent communistes, sans avoir aucun appui s&#233;rieux dans le prol&#233;tariat. Or, telle est avant tout la situation en Chine. Cela accro&#238;t dans une grande mesure le danger des conflits possibles entre les ouvriers et les paysans arm&#233;s. Dans tous les cas, les provocateurs bourgeois ne manqueront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, &#224; l'&#233;poque de la guerre civile, le prol&#233;tariat &#233;tait au pouvoir dans la plus grande partie du pays. La direction de la lutte appartenait &#224; un parti fermement tremp&#233;, et malgr&#233; cela, les corps de paysans, qui &#233;taient incomparablement plus faibles que l'arm&#233;e rouge, entraient souvent en conflit avec elle lorsque celle-ci avan&#231;ait victorieusement sur le territoire des partisans paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Chine, la situation absolument d&#233;savantageuse des ouvriers est visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les principaux centres de la Chine, le pouvoir appartient aux militaristes bourgeois. Dans d'autres districts, aux dirigeants des paysans arm&#233;s. Le prol&#233;tariat, lui, n'a de pouvoir nulle part. Les syndicats sont faibles, et l'influence du parti parmi les ouvriers infime. Les corps des partisans paysans qui ont la pleine conscience de la victoire acquise sont couverts par l'I.C. Ils se nomment &#034; l'arm&#233;e rouge &#034;, c'est-&#224;-dire qu'ils s'identifient ainsi avec le pouvoir sovi&#233;tique arm&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit que les &#233;l&#233;ments dirigeants de la paysannerie r&#233;volutionnaire de Chine s'attribuent par avance une valeur politique et morale qui, en r&#233;alit&#233;, appartient aux ouvriers chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne peut-il pas en r&#233;sulter que toutes ces valeurs se retourneront &#224; un moment donn&#233; contre les ouvriers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que les paysans pauvres qui constituent la majorit&#233; en Chine, pour peu qu'ils r&#233;fl&#233;chissent politiquement, et ceux-l&#224; sont une infime minorit&#233;, d&#233;sirent sinc&#232;rement et ardemment l'union et l'amiti&#233; avec les ouvriers. Mais la paysannerie, m&#234;me arm&#233;e, est incapable de mener une politique ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupant dans les circonstances actuelles une situation ind&#233;termin&#233;e et instable, la paysannerie peut au moment d&#233;cisif, aller soit vers le prol&#233;tariat, soit vers la bourgeoisie. La paysannerie ne trouve pas facilement la voie vers le prol&#233;tariat, et elle ne la trouve qu'apr&#232;s une s&#233;rie d'erreurs et de d&#233;faites. Le pont entre la paysannerie et la bourgeoisie est constitu&#233; par la moyenne bourgeoisie citadine, principalement par les intellectuels qui interviennent sous le drapeau du socialisme, et m&#234;me du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cercles dirigeants de l'arm&#233;e rouge chinoise ont, sans aucun doute, r&#233;ussi &#224; se cr&#233;er une psychologie de commandement. En l'absence d'un fort parti r&#233;volutionnaire et d'organisations de masses prol&#233;tariennes, il ne peut y avoir en fait de contr&#244;le sur les cercles dirigeants. Les commandants et les commissaires apparaissent comme les ma&#238;tres incontest&#233;s de la situation et, en entrant dans les villes, ils seront avant tout enclins &#224; regarder les ouvriers de haut en bas. Les revendications des ouvriers leur sembleront souvent inopportunes et mal venues. Il ne faut pas oublier aussi des &#034; futilit&#233;s &#034;, comme celle-ci : dans les villes, l'Etat-major et toute l'organisation de l'arm&#233;e ne s'installent pas dans les taudis prol&#233;tariens, mais au contraire, dans les meilleurs &#233;difices de la ville, dans les maisons, et les appartements des bourgeois. C'est une raison qui peut pousser le sommet de l'arm&#233;e paysanne &#224; se consid&#233;rer comme une partie de la classe &#034; cultiv&#233;e et instruite &#034;, et non comme le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en Chine, des causes et des motifs d'une conflagration entre l'arm&#233;e paysanne par son contenu et petite-bourgeoise par sa direction &#8211; et les ouvriers, existent. Et m&#234;me toute la situation augmente consid&#233;rablement les possibilit&#233;s et m&#234;me l'in&#233;vitabilit&#233; de tels conflits. Par l&#224; m&#234;me, les chances du prol&#233;tariat se pr&#233;sentent d&#232;s le d&#233;but moins favorablement qu'en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue th&#233;orique et politique, le danger s'accro&#238;t d'autant plus que la bureaucratie stalinienne recouvre cette situation pleine de contradictions, par le mot d'ordre de la &#034; dictature d&#233;mocratique des ouvriers et des paysans &#034;. Peut-on trouver un pi&#232;ge plus agr&#233;able ext&#233;rieurement, plus perfide en son essence ? Les &#233;pigones r&#233;fl&#233;chissent non pas avec une compr&#233;hension sociale, mais avec des phrases toutes faites : le formalisme est le trait fondamental de la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populistes (narodniki) russes reprochaient parfois aux marxistes russes leur ignorance de la paysannerie, leur aveuglement sur le travail &#224; faire &#224; la campagne, etc... A quoi les marxistes r&#233;pondaient : &#034; Nous soulevons et organisons les ouvriers du rang, et gr&#226;ce &#224; eux, nous soul&#232;verons la paysannerie. Telle est la seule voie du parti prol&#233;tarien. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1925-1927 de la r&#233;volution, les staliniens ont soumis directement et sans recours les int&#233;r&#234;ts des paysans &#224; ceux de la bourgeoisie nationale. Dans les ann&#233;es de la contre-r&#233;volution, ils sont pass&#233;s du prol&#233;tariat &#224; la paysannerie, et ainsi, ont pris sur eux le r&#244;le qu'assumaient chez nous les socialistes-r&#233;volutionnaires au temps o&#249; ils &#233;taient un parti r&#233;volutionnaire. Si, durant ces derni&#232;res ann&#233;es, le Parti communiste chinois avait concentr&#233; son effort dans les villes, dans les centres industriels, dans les chemins de fer, s'il avait soutenu les syndicats, fr&#233;quent&#233; les clubs de culture et les cercles, si, sans se s&#233;parer des ouvriers, il leur avait appris ce qui se passait au village, &#8211; la situation du prol&#233;tariat dans le rapport g&#233;n&#233;ral des forces serait aujourd'hui beaucoup plus favorable. En fait, le parti s'est s&#233;par&#233; de sa propre classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement pour cela, il peut porter en fin de compte un pr&#233;judice &#224; la paysannerie, car, si le prol&#233;tariat est et reste dans l'avenir &#224; l'&#233;cart, sans organisation et sans direction, alors la guerre paysanne, m&#234;me en plein succ&#232;s, s'enlisera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vieille Chine, chaque victoire de la r&#233;volution paysanne se terminait par la cr&#233;ation d'une nouvelle dynastie, avec, en outre, de nouveaux grands propri&#233;taires. Le mouvement aboutissait &#224; un cercle vicieux. Dans la situation actuelle, la guerre paysanne, par elle-m&#234;me sans une direction imm&#233;diate de l'avant-garde prol&#233;tarienne, ne peut que donner le pouvoir &#224; une nouvelle clique de la bourgeoisie, &#224; un quelconque Kuomintang de &#034; gauche &#034;, &#224; un &#034;troisi&#232;me parti &#034;, qui en pratique se diff&#233;rencieront tr&#232;s peu du Kuomintang de Tchang-Kai-Chek. Et cela signifierait une nouvelle d&#233;faite des ouvriers due &#224; l'arme de la &#034; dictature d&#233;mocratique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles conclusions peut-on tirer de l&#224; ? La premi&#232;re conclusion est qu'il faut fermement et ouvertement regarder les faits en face. Le mouvement paysan est un grand facteur r&#233;volutionnaire dans la mesure o&#249; il est dirig&#233; contre les gros propri&#233;taires fonciers, les militaristes, les ge&#244;liers et les usuriers. Mais dans le mouvement paysan lui-m&#234;me, il y a une tr&#232;s forte tendance r&#233;actionnaire et de propri&#233;taires. Et &#224; un certain stade la paysannerie peut se retourner contre les ouvriers, en ayant en outre les armes &#224; la main. Celui qui oublie la double origine de la paysannerie n'est pas un marxiste. Il faut apprendre aux ouvriers du rang &#224; diff&#233;rencier par des connaissances et des recherches &#034; communistes &#034; les processus sociaux r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut suivre avec soin les op&#233;rations de l'arm&#233;e rouge &#034;, &#233;clairer syst&#233;matiquement aux yeux des ouvriers la marche, la signification et les perspectives de la guerre paysanne, et lier les revendications actuelles et les probl&#232;mes du prol&#233;tariat avec le mot d'ordre de la lib&#233;ration de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de vos propres investigations, de rapports et autres documents, il faut &#233;tudier avec t&#233;nacit&#233; la vie int&#233;rieure des arm&#233;es paysannes et des corps d'arm&#233;es dans les r&#233;gions occup&#233;es par elle, d&#233;voiler sur des faits concrets les tendances de classe contradictoires, et montrer clairement aux ouvriers quelles sont les tendances que nous soutenons, et quelles sont celles que nous combattons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut veiller avec attention &#224; la coordination entre l'arm&#233;e rouge et les ouvriers des petites localit&#233;s sans perdre de vue m&#234;me les plus petites discordances entre eux. Dans le cadre des conflits de villes et de rayons isol&#233;s, m&#234;me tr&#232;s aigus, ces discordances peuvent sembler des &#233;pisodes locaux, mais, dans un d&#233;veloppement ult&#233;rieur des &#233;v&#233;nements, les conflits de classe peuvent s'&#233;tendre &#224; l'&#233;chelle nationale, et mener la r&#233;volution &#224; la catastrophe, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; une nouvelle destruction des ouvriers par les paysans arm&#233;s tromp&#233;s par la bourgeoisie. L'histoire de la r&#233;volution est pleine d'exemples semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les ouvriers comprendront plus clairement la dialectique vivante des relations de classe entre le prol&#233;tariat, la paysannerie et la bourgeoisie, plus ils rechercheront sans h&#233;sitations des liaisons avec les couches paysannes les plus proches, et plus ils se dresseront ardemment contre les provocateurs contre-r&#233;volutionnaires, tant dans le cadre des arm&#233;es paysannes elles-m&#234;mes, que dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cr&#233;er des unions syndicales, des cellules du parti, &#233;duquer des ouvriers du rang, unifier l'avant-garde prol&#233;tarienne et l'entra&#238;ner dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'adresser &#224; tous les membres du parti officiel par des appels, et des demandes d'&#233;claircissements. Il est vraisemblable que les ouvriers communistes li&#233;s &#224; la fraction stalinienne ne nous comprendront pas imm&#233;diatement. Les bureaucrates hurleront sur notre &#034; sous-estimation &#034; de la paysannerie, et m&#234;me, s'il vous pla&#238;t, sur notre &#034; hostilit&#233; &#034; envers la paysannerie (Tchernov accusait toujours L&#233;nine d'hostilit&#233; envers la paysannerie). Il est &#233;vident que de tels cris n'&#233;mouvront pas les bolcheviks-l&#233;ninistes. Lorsqu'avant avril 1927 nous donnions les avertissements n&#233;cessaires contre le coup d'Etat in&#233;vitable de Tchang-Ka&#239;-Chek, les staliniens nous accusaient d'hostilit&#233; envers la r&#233;volution nationale chinoise. Les &#233;v&#233;nements ont d&#233;montr&#233; qui a eu raison. Les &#233;v&#233;nements apporteront de nouveau leur v&#233;rification. L'opposition de gauche peut appara&#238;tre trop faible pour impulser dans l'&#233;tape pr&#233;sente une direction aux &#233;v&#233;nements dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat. Mais elle est suffisamment forte d&#232;s maintenant pour montrer aux ouvriers la voie juste et, s'appuyant sur le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la lutte de classes, pour d&#233;montrer aux yeux des ouvriers sa justesse et sa perspicacit&#233; politique. Ce n'est qu'ainsi que le parti r&#233;volutionnaire peut conqu&#233;rir la confiance, cro&#238;tre, se fortifier, et se mettre &#224; la t&#234;te des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prinkipo, 22 septembre 1932.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. S . Pour donner le plus de clart&#233; possible &#224; ma pens&#233;e, je noterai la variante th&#233;orique suivante, qui est fort plausible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons que l'Opposition de Gauche d&#233;veloppe dans le plus prochain avenir un travail &#233;norme et plein de succ&#232;s au sein du prol&#233;tariat industriel et acqui&#232;re en son sein une influence capitale. Le parti communiste officiel continue, pendant ce temps, &#224; limiter toutes ses forces &#224; &#034;l'arm&#233;e rouge&#034; et aux rayons paysans. Arrive le moment o&#249; les troupes paysannes entrent dans les centres industriels et se heurtent aux ouvriers. Il n'est pas difficile de pr&#233;voir qu'ils opposeront hostilement l'arm&#233;e paysanne aux &#034; contre-r&#233;volutionnaires trotskystes &#034;. En d'autres termes, ils se mettront &#224; surexciter les paysans arm&#233;s contre les ouvriers du rang. C'est ainsi qu'ont agi les S. R. russes et les mencheviks en 1917 ; ayant perdu les ouvriers, ils lutt&#232;rent de toutes leurs forces pour conserver leur appui unitaire, et envoy&#232;rent les casernes contre les usines, le paysan arm&#233; contre l'ouvrier bolchevik. Kerenski, Tseretelli, Dan, baptisaient les bolcheviks si ce n'est du nom de &#034; contre-r&#233;volutionnaire &#034;, tout au moins &#034; d'agents involontaires &#034; ou &#034; d'aides inconscients &#034; de la contre-r&#233;volution. Les staliniens s'embarrassent moins que quiconque de la terminologie politique. Mais les tendances sont identiques : une orientation hostile des paysans et en g&#233;n&#233;ral des &#233;l&#233;ments petits-bourgeois contre les d&#233;tachements du rang de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le centrisme bureaucratique, en tant que centrisme ne peut avoir une base de classe ind&#233;pendante. Mais dans sa lutte contre les bolcheviks-l&#233;ninistes, il est contraint de rechercher un appui &#224; droite, c'est-&#224;-dire dans la paysannerie et la petite-bourgeoisie, les opposant au prol&#233;tariat. La lutte des deux fractions communistes, les staliniens et les bolcheviks-l&#233;ninistes renferme ainsi en son sein, des tendances &#224; se transformer en une lutte de classe. Le d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire en Chine peut d&#233;velopper ces tendances jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la guerre civile entre les dirigeants de l'arm&#233;e paysanne et l'avant-garde prol&#233;tarienne sous la direction des l&#233;ninistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un tel conflit, par la faute des staliniens, survenait, cela signifierait que l'Opposition de Gauche et la fraction stalinienne cesseraient d'&#234;tre des fractions communistes mais seraient devenues des partis politiques hostiles l'un &#224; l'autre, ayant une base de classe diff&#233;rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle perspective est-elle in&#233;vitable ? Non, je ne le pense aucunement. Dans la fraction stalinienne (P.C. chinois officiel), il y a non seulement des paysans, c'est-&#224;-dire des petits-bourgeois mais aussi des tendances prol&#233;tariennes. Il est de toute premi&#232;re importance pour l'Opposition de Gauche de rechercher un rapprochement avec l'aile prol&#233;tarienne des staliniens, de lui d&#233;velopper les appr&#233;ciations marxistes sur les &#034; arm&#233;es rouges &#034; et en g&#233;n&#233;ral sur la relation entre le prol&#233;tariat et la paysannerie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gardant son ind&#233;pendance politique, l'avant-garde prol&#233;tarienne doit &#234;tre in&#233;vitablement pr&#234;te &#224; r&#233;aliser l'unit&#233; d'action avec la d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire. Si nous ne sommes pas d'accord pour identifier les corps arm&#233;s des paysans avec l'arm&#233;e rouge, comme la force arm&#233;e du prol&#233;tariat, si nous ne sommes pas enclins &#224; fermer les yeux sur le fait que l'on couvre le drapeau communiste par le mouvement paysan d'un contenu petit-bourgeois, par contre, nous nous rendons parfaitement compte de la signification, de l'importance &#233;norme du caract&#232;re d&#233;mocratique-r&#233;volutionnaire des guerres de paysans, nous apprenons aux ouvriers &#224; comprendre cette signification et nous sommes pr&#234;ts &#224; faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour aboutir avec les organisations paysannes &#224; un accord militaire n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre t&#226;che consiste, en cons&#233;quence, non seulement &#224; emp&#234;cher tout commandement militaire et politique sur le prol&#233;tariat de la part de la d&#233;mocratie petite-bourgeoise, s'appuyant sur les paysans arm&#233;s, mais aussi &#224; pr&#233;parer et assurer la direction prol&#233;tarienne sur le mouvement paysan et, en particulier sur son &#034;arm&#233;e rouge&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus nette sera pour les bolcheviks-l&#233;ninistes la compr&#233;hension de la situation politique et des t&#226;ches qui en d&#233;coulent ; plus sera couvert de succ&#232;s l'&#233;largissement de leur base dans le prol&#233;tariat ; plus sera tenace la mani&#232;re dont ils pratiqueront la politique du front unique envers le parti officiel et le mouvement paysan dirig&#233; par lui, d'autant mieux ils r&#233;ussiront &#224; pr&#233;server la r&#233;volution du heurt plein de danger entre la paysannerie et le prol&#233;tariat ; non seulement ils assureront l'unit&#233; d'action n&#233;cessaire entre deux classes r&#233;volutionnaires, mais aussi ils transformeront leur front unique en un pas historique vers la dictature du prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prinkipo, 26 septembre 1932.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre une force combattue par l'imp&#233;rialisme, l'arm&#233;e de Mao a repr&#233;sent&#233; pour les Am&#233;ricains une force combattante &#224; soutenir pendant la guerre contre les japonais ; Ils l'ont arm&#233; et soutenu. Ils ont fait pression sur Tchang Ka&#239; Chek pour qu'il collabore avec Mao. Ce dernier a accept&#233; mais, d&#232;s la fin de la guerre, Tchang a pens&#233; &#234;tre capable d'&#233;craser Mao avec l'aide am&#233;ricaine. C'&#233;tait compter sans la vague r&#233;volutionnaire qui parcourt alors les campagnes, un mouvement spontan&#233; qu'apr&#232;s une h&#233;sitation Mao d&#233;cide d'accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Document :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La &#034;R&#233;volution&#034; de Mao Tse-Toung &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rapport sur le stalinisme chinois &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crit par Hsieh Yueh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1948 Paru dans la revue &#034;Fourth International&#034; (New-York), d&#233;cembre 1949, avec l'introduction suivante : &#171; Le texte suivant est un r&#233;sum&#233; d'un article paru dans le premier num&#233;ro du magazine &#034;Fourth International&#034; (publi&#233; &#224; Hong Kong), organe du Parti Communiste R&#233;volutionnaire, section chinoise de la IV&#232;me Internationale. L'auteur est un des principaux leaders du trotskisme chinois et un des pionniers du mouvement communiste en extr&#234;me orient. Bien qu'ayant &#233;t&#233; &#233;crit il y a huit mois, le 15 avril 1948, l'article rapporte des faits et des tendances dans le soi-disant mouvement communiste chinois qui ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; maintenant ignor&#233;s &#224; l'ouest. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 avril 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La victoire militaire du stalinisme en Chine a fait croire &#224; certains que les pays arri&#233;r&#233;s fournissent un sol fertile au d&#233;veloppement du stalinisme. C'est un raisonnement empirique. Il est vrai que les pays coloniaux sont compos&#233;s dans leur majorit&#233; de petits bourgeois et d'&#233;l&#233;ments paysans, mais cette seule condition n'est pas suffisante pour garantir le succ&#232;s des staliniens. La petite bourgeoisie n'est pas isol&#233;e du reste de la soci&#233;t&#233;. En d&#233;pit de son importance num&#233;rique dans certains pays, elle ne peut jouer un r&#244;le ind&#233;pendant &#224; l'&#233;poque du d&#233;clin capitaliste. Elle doit prendre position dans le combat qui oppose le prol&#233;tariat &#224; la bourgeoisie en faveur de l'une de ces deux classes. Les staliniens chinois ne peuvent &#234;tre victorieux en s'appuyant uniquement sur la petite bourgeoisie, une classe qui est incapable de r&#233;sister &#224; la pression des capitalistes. Cela est d'autant plus vrai que le prol&#233;tariat a &#233;t&#233; &#233;cras&#233; et le mouvement paysan isol&#233;. Ainsi l'insurrection paysanne dans la province du Kiangsi en 1927-37 a &#233;t&#233; vaincue par le blocus capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme a pu remporter de grandes victoires en Chine parce que la paralysie du prol&#233;tariat s'est accompagn&#233;e d'un effondrement du capitalisme. La guerre de 1935-1947 a affaibli les bases mat&#233;rielles de la puissance capitaliste. Les masses, m&#234;me celles qui soutiennent normalement la bourgeoisie, se sont retourn&#233;es contre elle. Mais les m&#234;mes conditions historiques qui ont favoris&#233; la croissance du stalinisme, cr&#233;ent &#233;galement des difficult&#233;s pour lui lorsque ses arm&#233;es s'approchent des grandes villes. Le probl&#232;me pour le stalinisme est alors de s'allier lui-m&#234;me au prol&#233;tariat ou aux capitalistes. Les faits prouvent qu'il a pr&#233;f&#233;r&#233; s'allier &#224; la bourgeoise plut&#244;t qu'au prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le facteur principal des succ&#232;s militaires du stalinisme fut la r&#233;forme agraire d'octobre 1947. Pendant la guerre sino-japonaise, les staliniens ont abandonn&#233; la r&#233;forme agraire et se sont content&#233;s de r&#233;duire les loyers revenant aux propri&#233;taires. Apr&#232;s la guerre, le PC fut vaincu par le Kuomintang pour le contr&#244;le des zones lib&#233;r&#233;es. Les leaders staliniens reconnaissaient eux-m&#234;mes que les paysans n'&#233;taient pas satisfaits de leur politique r&#233;formiste et r&#233;clamaient des terres. Lors de la r&#233;union du Comit&#233; Central du 4 mai 1946, le PC d&#233;cida d'effectuer un tournant vers la r&#233;forme agraire afin de gagner le soutien de la paysannerie dans la guerre contre Tchang Kai-chek.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, les effets de cette r&#233;forme dans les zones initialement contr&#244;l&#233;es par les staliniens furent limit&#233;s. Les propri&#233;taires re&#231;urent leur part dans la distribution de terre et cette part fut souvent plus importante que celle re&#231;ue par les paysans. Les paysans riches conserv&#232;rent toutes leurs terres. Mais m&#234;me cette r&#233;forme limit&#233;e dut faire face &#224; l'opposition des propri&#233;taires fonciers qui avaient p&#233;n&#233;tr&#233; dans les rangs du PC chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034;lettre ouverte aux membres du parti&#034; publi&#233;e en janvier 1948 par le Comit&#233; Central de la r&#233;gion Shansi-Shantung-Honan d&#233;clarait : &#034;Les directives actuelles du Parti visent une fraction du parti qui est compos&#233;e de propri&#233;taires et de paysans riches qui pr&#233;servent les biens de leur famille et de leurs amis.&#034; Et le stalinien Nieh Yung-jin, dans son texte sur &#034;le Renouvellement de nos Rangs&#034;, admet que &#034;ces &#233;l&#233;ments (les propri&#233;taires et les paysans riches) occupent la plupart des postes dans notre parti.&#034; Il va m&#234;me jusqu'&#224; d&#233;clarer que, &#034;vue &#224; la lumi&#232;re de la r&#233;forme agraire, notre politique appara&#238;t comme refl&#233;tant les vues des propri&#233;taires et des paysans riches.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, ces documents donnent une description tr&#232;s concr&#232;te de l'attitude de ces propri&#233;taires membres du PC chinois. Ces &#233;l&#233;ments furent les principaux opposants &#224; la r&#233;forme agraire mais quand elle eut lieu, ils cherch&#232;rent &#224; en obtenir le maximum d'avantages. Ils se conduisirent &#034;toujours avec la plus grande avidit&#233;&#034;, utilisant m&#234;me les forces arm&#233;es pour se r&#233;server les meilleures terres, la plupart des vivres, des outils, des maisons et des v&#234;tements, etc. Ces &#233;l&#233;ments sont d&#233;j&#224; devenus &#034;un groupe oppos&#233; au peuple&#034;, oppos&#233; aux paysans pauvres et d&#233;pourvus de terres. Le document cit&#233; ajoute : &#034;Les paysans pauvres et sans terres sont aujourd'hui dans une situation pire que jamais car ils n'ont pas assez de terre &#224; cultiver, pas assez de maison, pas assez de v&#234;tements. Ils n'ont m&#234;me pas le droit de parler dans les comit&#233;s de village. Exploit&#233;s auparavant par les propri&#233;taires, les paysans pauvres et sans terre sont maintenant exploit&#233;s par ces mauvais membres du Parti.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression de cette crise interne dans ses rangs comme du tournant &#224; gauche de la politique ext&#233;rieure du Kremlin, le PC effectua alors un nouveau tournant avec la publication le 10 octobre 1947 du &#034;Programme de R&#233;forme Agraire.&#034; Il s'agissait d'un appel aux masses pour compl&#233;ter la r&#233;forme agraire. Mais le caract&#232;re limit&#233; de cette &#034;orientation vers les masses&#034; apparaissait non seulement dans le fait que la r&#233;forme agraire n'a rien chang&#233; du droit d'acheter et de vendre la terre confisqu&#233;e aux propri&#233;taires - ce qui favorisait une nouvelle concentration de terre entre les mains des paysans riches - mais aussi parce qu'elle autorisait express&#233;ment le libre transfert de capital aux entreprises industrielles et commerciales. Il apparut plus tard que la r&#233;forme elle-m&#234;me s'arr&#234;ta rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie fut effray&#233;e par le d&#233;veloppement de la lutte des masses. &#034;Les masses combattent automatiquement les mauvais membres du parti. Dans certaines r&#233;gions, les membres du Parti sont arr&#234;t&#233;s et battus par le peuple.&#034; Telle est la plainte de Liou Chao-chi dans &#034;Le&#231;ons de la R&#233;forme Agraire dans le Pinshang.&#034; Dans un autre document important, le Comit&#233; Central du district de Shansi-Hopei-Shantung-Honan r&#233;sume ainsi le conflit entre les paysans et la ligne politique du PC :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Dans le but d'obtenir davantage de terres, les paysans donnent de fausses informations sur la taille des terres des propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Apr&#232;s le partage, ils n'admettent pas que les propri&#233;taires obtiennent davantage de terres qu'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Ils veulent confisquer les usines et les entreprises des propri&#233;taires et des paysans riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;montre clairement le conflit entre les tendances r&#233;volutionnaires des masses qui veulent exproprier compl&#232;tement les classes poss&#233;dantes et la tendance bureaucratique et conservatrice du PC qui, en pratique, prot&#232;ge les positions de ces classes. La bureaucratie accuse invariablement les masses d'&#034;&#234;tre trop &#224; gauche&#034; ou d'&#034;aventurisme de gauche&#034; afin de limiter leurs actions qui menacent la ligne stalinienne et ses alli&#233;s bourgeois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallut bient&#244;t stopper toutes les actions des masses. Le 24 ao&#251;t 1948, la New China News Agency (New China press service) publia le texte d'un article du West Honan Daily News qui annon&#231;ait officiellement que la r&#233;forme agraire devait &#234;tre arr&#234;t&#233;e et que les paysans devraient se satisfaire d'une r&#233;duction des loyers, des imp&#244;ts et des int&#233;r&#234;ts aux usuriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la r&#233;forme agraire qui d&#233;buta le 4 mai 1946 dans les r&#233;gions ant&#233;rieurement occup&#233;es par les staliniens fut interrompue en ao&#251;t 1948 dans les r&#233;gions qu'ils occupaient depuis peu. Un document officiel du PC chinois du 22 f&#233;vrier indique que dans les r&#233;gions lib&#233;r&#233;es depuis longtemps ou plus r&#233;cemment, la r&#233;forme qui s'&#233;tait achev&#233;e par diff&#233;rentes mesures avait conduit &#224; la constitution de trois zones distinctes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re, une petite fraction de propri&#233;taires et de paysans riches avait acquis les terres les meilleures et les plus grandes. Dans cette zone, les paysans riches et moyens constitueraient 50 &#224; 80 % de la population des villages et poss&#233;deraient en moyenne deux fois plus de terres que les paysans pauvres. Le Comit&#233; Central du PC chinois dit que la distribution des terres dans cette zone est termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la seconde zone, les paysans riches et les vieux propri&#233;taires disposent relativement de plus de terres que dans la zone pr&#233;c&#233;demment d&#233;crite. La plupart d'entre eux, selon le CC du PC, ont de meilleures et de plus grandes propri&#233;t&#233;s que les paysans pauvres et il en est de m&#234;me pour les membres du Parti. Les paysans pauvres et sans terre comptent 50 &#224; 70 % de la population villageoise et &#034;pour la plupart d'entre eux, la vie n'a pas beaucoup chang&#233;&#034;. Ici, la distribution des terres a eu lieu, mais dans une forme incompl&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, une troisi&#232;me zone n'a connu aucune distribution de terres et les propri&#233;taires et les paysans riches disposent de la plus grande partie de la terre alors que les paysans pauvres n'ont rien re&#231;u. Cela provient aussi d'une information officielle du CC du PC chinois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appara&#238;t de toute &#233;vidence que la &#034;cupidit&#233;&#034; des propri&#233;taires et des paysans riches, qu'ils soient ou non membres du PC, a eu les mains libres dans cette r&#233;forme et que la plupart de ceux &#224; qui des terres ont &#233;t&#233; confisqu&#233;es s'enrichissent d&#233;j&#224; &#224; nouveau. Les &#034;paysans moyens&#034; dont parle le CC dans la premi&#232;re zone, comprennent de nombreux exploiteurs et propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soi-disant r&#233;gions lib&#233;r&#233;es comprennent tout le territoire situ&#233; au nord du Hoang-Ho (Fleuve Jaune). La r&#233;forme agraire &#233;tait et est encore appliqu&#233;e dans cette r&#233;gion de mani&#232;re variable. Nous sommes en pr&#233;sence ici d'une politique typiquement stalinienne. Pour r&#233;sister &#224; la pression de la bourgeoisie, les staliniens sont forc&#233;s de s'appuyer sur les masses. Mais quand le mouvement des masses risque d'entra&#238;ner un bouleversement social, la bureaucratie stalinienne tente de canaliser ces actions et, dans sa frayeur, effectue un virage &#224; droite, n&#233;gocie avec la bourgeoisie et ordonne l'arr&#234;t du mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique industrielle et commerciale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal frein de la r&#233;forme agraire est la politique nomm&#233;e &#034;protection de l'industrie et du commerce&#034;. Elle autorise le libre transfert des capitaux des paysans riches aux entreprises industrielles et commerciales m&#234;me dans les villages et les petites villes des zones lib&#233;r&#233;es. Les usines et les mines ant&#233;rieurement nationalis&#233;es dans les premiers districts occup&#233;s sont peu &#224; peu remises aux capitalistes priv&#233;s. Liu Ning-i le montre clairement dans son texte sur &#034;La politique Industrielle dans les R&#233;gions Lib&#233;r&#233;es&#034; o&#249; il &#233;crit : &#034;Le gouvernement veut renforcer les diff&#233;rents secteurs d'industrie lourde et l&#233;g&#232;re. Pour cela, tout le monde, y compris les grands capitalistes, doit &#234;tre mobilis&#233; en utilisant toutes les forces et gr&#226;ce &#224; une coop&#233;ration totale.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contribuer au d&#233;veloppement industriel et commercial, le PC chinois a mis en oeuvre une politique fiscale stimulant l'initiative priv&#233;e &#224; la place de la politique fiscale du Kuomintang qui &#233;touffe l'entrepreneur. Mais le miracle de la construction rapide d'une industrie lourde dans les r&#233;gions arri&#233;r&#233;s et agricoles ne s'est pas produit. La plupart des entreprises industrielles et commerciales de cette r&#233;gion sont de type artisanal. Il y a de petites machines. La composition organique du capital est donc tr&#232;s basse. Mais la propagande du PC chinois proclame que la t&#226;che principale sur le terrain de l'industrie et du commerce est (selon Lui Ning-i) &#034;de d&#233;velopper les forces productives et de r&#233;duire les co&#251;ts de production.&#034; Plus la composition organique est basse, Plus la part du capital variable, celle des salaires est importante dans la d&#233;termination du co&#251;t de production. Par cons&#233;quent, la politique industrielle et commerciale du PC chinois implique en premier lieu une baisse des salaires r&#233;els, l'allongement de la journ&#233;e de travail et la surexploitation de la force de travail par la m&#233;thode bien connue du travail aux pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PC chinois a introduit ces m&#233;thodes d'exploitation dans toutes les zones lib&#233;r&#233;es. Voil&#224; ce qu'il en est de la &#034;politique salariale&#034; dont il est si fier. Les documents du PC chinois parlent ouvertement de &#034;salaires trop &#233;lev&#233;s&#034;. La journ&#233;e de travail a &#233;t&#233; allong&#233;e jusqu'&#224; 10 et m&#234;me 12 heures. Non seulement le syst&#232;me du travail aux pi&#232;ces a &#233;t&#233; introduit mais les staliniens ont tent&#233; de le justifier sur le plan th&#233;orique. Ils expliquent que &#034;dans le syst&#232;me du paiement aux pi&#232;ces, les ouvriers obtiennent des salaires plus &#233;lev&#233;s si ils augmentent la production ; ils augmenteront donc la production pour obtenir des salaires plus &#233;lev&#233;s : c'est une conception tr&#232;s raisonnable et progressive de la r&#233;mun&#233;ration du travail manuel.&#034; (Chang Per-la, &#034;Politique du Travail et de l'Imp&#244;t dans le D&#233;veloppement Industriel&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'arm&#233;e du PC chinois entra dans les grandes villes, elle prot&#233;gea toutes les entreprises priv&#233;es, chinoises ou &#233;trang&#232;res. Seul le vieux &#034;capital bureaucratique&#034;, c'est &#224; dire les entreprises directement contr&#244;l&#233;es par le gouvernement du Kuomintang, furent touch&#233;es ; m&#234;me dans ce cas, les investissements des capitalistes priv&#233;s dans ces &#034;entreprises bureaucratiques&#034; rest&#232;rent intacts. Ainsi, la politique des staliniens dans les villes est le prolongement de leur politique dans les campagnes. Et tout comme les staliniens sacrifient les int&#233;r&#234;ts des ouvriers et des paysans pauvres sous la pression de la bourgeoisie nationale, ils prendront des mesures similaires sous la pression de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transfert du pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir examin&#233; les faits &#233;conomiques, venons-en &#224; la situation politique. Avant la r&#233;forme agraire dans les r&#233;gions primitivement occup&#233;es, le pouvoir &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; entre les mains des paysans riches et des propri&#233;taires sans que les paysans pauvres puissent se faire entendre dans le Parti ou dans leurs organisations. Apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;forme agraire, le PC chinois commen&#231;a &#224; cr&#233;er des Comit&#233;s de Paysans Pauvres afin d'obtenir un soutien populaire de masse &#224; leur politique. Ces Comit&#233;s group&#232;rent les pauvres des campagnes et permirent d'acc&#233;l&#233;rer la r&#233;alisation de la r&#233;forme agraire. Les Comit&#233;s de Paysans Pauvres ont donn&#233; naissance au Congr&#232;s des d&#233;l&#233;gations paysannes. Au moment de leur formation, les Comit&#233;s de Paysans Pauvres remplissaient toujours le r&#244;le de v&#233;ritables soviets paysans : ils confisquaient les terres des propri&#233;taires fonciers et levaient les imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s des D&#233;l&#233;gations Paysannes rempla&#231;a les Comit&#233;s de Paysans Pauvres par des Comit&#233;s Paysans auxquels les paysans riches et exploiteurs appartenaient &#233;galement. En fait, les documents du PC chinois se plaignent de ce que &#034;certains de ces Comit&#233;s Paysans ne comprennent m&#234;me pas les paysans moyens.&#034; Il faut noter que le PC chinois ne diff&#233;rencie pas scientifiquement les diff&#233;rentes couches de la paysannerie et consid&#232;re souvent les paysans riches comme des &#034;paysans moyens&#034;. De plus, le parti est toujours constitu&#233; par des &#233;l&#233;ments riches et m&#234;me souvent exploiteurs. Cela explique les plaintes constantes de la bureaucratie au sujet des paysans pauvres qui &#034;veulent toujours tout contr&#244;ler&#034;, qui &#034;violent la propri&#233;t&#233; des paysans moyens&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de l'ach&#232;vement de la r&#233;forme agraire, la bureaucratie insiste particuli&#232;rement sur la dissolution des Comit&#233;s de Paysans Pauvres ; tout au plus autorise-t-elle une&#034;commission des paysans pauvres&#034; &#224; l'int&#233;rieur des Comit&#233;s Paysans. Pour leur part, les Comit&#233;s Paysans furent uniquement constitu&#233;s dans un but &#233;conomique. La bureaucratie a tout fait pour les emp&#234;cher de devenir une autorit&#233; politique Ce pouvoir devait passer du Congr&#232;s des D&#233;l&#233;gations Paysannes au Congr&#232;s des, D&#233;l&#233;gu&#233;s du Peuple de village qui devaient devenir l'autorit&#233; politique dans le village. Il est dit express&#233;ment que ce Congr&#232;s de Village des D&#233;l&#233;gu&#233;s du Peuple &#034;r&#233;unirait toutes les classes d&#233;mocratiques, c'est &#224; dire les ouvriers, les paysans, les artisans, les professions lib&#233;rales, les intellectuels, les entrepreneurs et les propri&#233;taires &#233;clair&#233;s.&#034; (Discours de Mao Ts&#233;-toung au Congr&#232;s du PC du Shansi-Shuiyun) C'est donc un organe de pouvoir bas&#233; sur la collaboration de classes et qui remplace l'autorit&#233; des paysans pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs de l'&#034;arm&#233;e de lib&#233;ration&#034; font preuve du m&#234;me esprit conservateur et r&#233;actionnaire quand ils p&#233;n&#232;trent dans les grandes villes. Cherchant &#224; r&#233;concilier les factions de l'ancien gouvernement Kuomintang, les staliniens ont consid&#233;r&#233; la &#034;paix de Peiping&#034; comme un mod&#232;le pour le transfert du pouvoir. Aussi ils ont d&#233;montr&#233; que ce qui comptait pour eux &#233;tait seulement de gagner la confiance de la bourgeoisie Kuomintang et non celle de la classe ouvri&#232;re qui aurait d&#233;truit l'appareil d'&#233;tat bourgeois dans les villes. Le PC chinois a &#233;galement maintenu les moyens de r&#233;pression dans les villes parmi lesquels l'inf&#226;me principe de la responsabilit&#233; collective. (Si la police ne peut trouver un &#034;fauteur de troubles&#034;, elle peut arr&#234;ter un membre de sa famille ou un otage). Les staliniens ont aboli le droit de gr&#232;ve et institu&#233; l'arbitrage obligatoire. Tout comme le pouvoir des paysans pauvres fut supprim&#233; dans l'int&#233;r&#234;t de la collaboration de classe, les premiers efforts des ouvriers pour cr&#233;er une organisation ind&#233;pendante dans les villes furent &#233;touff&#233;s par la bureaucratie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats ont traditionnellement servi au mouvement ouvrier d'&#233;cole de la lutte de classe. Les staliniens chinois ont transform&#233; cette formule. Pour eux, le syndicat est devenu &#034;une &#233;cole de production qui encourage les caract&#232;res productifs et positifs du prol&#233;tariat.&#034; Le devoir de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des ouvriers est appel&#233; &#034;aventurisme gauchiste.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les entreprises priv&#233;es, les capitalistes ont conserv&#233; un pouvoir illimit&#233;. Dans les entreprises nationalis&#233;es - appartenant auparavant au &#034;capital bureaucratique&#034; - le pouvoir appartient &#224; un comit&#233; de contr&#244;le dont le directeur de l'usine est le pr&#233;sident et comprenant des repr&#233;sentants des anciens propri&#233;taires, des repr&#233;sentants de la ma&#238;trise et des repr&#233;sentants des ouvriers. Mais les ouvriers disposent seulement de voix consultatives, le directeur ayant le dernier mot pour toutes les d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence de cette politique anti-ouvri&#232;re, comme l'admit r&#233;cemment le North East Daily News, est que &#034;les membres du parti travaillant dans les usines abandonnent le point de vue des masses et croient que le directeur prend toutes les d&#233;cisions importantes sans demander l'avis du parti et du syndicats et que le comit&#233; de contr&#244;le est superflu.&#034; Le journal poursuit : &#034;Il ne sera pas possible de maintenir longtemps l'attitude positive des ouvriers si nous ne les prot&#233;geons pas par des m&#233;thodes de gestion d&#233;mocratique. A c&#244;t&#233; du directeur, des ing&#233;nieurs et de la ma&#238;trise, les comit&#233;s de contr&#244;le doivent comprendre une majorit&#233; d'ouvriers, Ces ouvriers seraient &#233;lus par les syndicats ou par le Congr&#232;s des d&#233;l&#233;gu&#233;s Ouvriers&#034; (Le 16 mars 1949, la New China News Agency rapporte de Mukden un article de la North East Daily News intitul&#233; : &#034;La d&#233;mocratisation de la gestion des entreprises est une importante mesure pour augmenter la production.&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette citation indique que les Comit&#233;s de Contr&#244;le dans les usines nationalis&#233;es n'existent m&#234;me pas dans toutes les r&#233;gions primitivement occup&#233;es par les staliniens. Quand ils existent, ce sont des organes purement administratifs s&#233;par&#233;s de la classe ouvri&#232;re et qui sont devenus en fait des organes au service des directeurs. Mais quand le Congr&#232;s des D&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers existe, il sert de corps consultatif comme les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re du &#034;Pouvoir du Peuple&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse faite plus haut nous procure un mat&#233;riel important sur le caract&#232;re du soi-disant &#034;pouvoir populaire&#034; du PC chinois et son &#233;volution future. La progression des arm&#233;es a partir de la campagne vers les villes industrielles a fait passer le PC d'un pouvoir r&#233;gional instable avec une base agricole isol&#233;e &#224; un pouvoir reposant sur une base relativement stable et urbaine. Cette transformation s'est accompagn&#233;e d'une politique de collaboration de classe. Au fur et &#224; mesure que le PC chinois s'est empar&#233; du pouvoir national, il s'est &#233;loign&#233; des ouvriers et des paysans pauvres et il a c&#233;d&#233; &#224; la pression de la bourgeoisie. Mao Ts&#233;-toung pr&#233;tend que son pouvoir sera &#034;une dictature populaire d&#233;mocratique conduite par le prol&#233;tariat alli&#233; &#224; la paysannerie&#034;. Mais en expliquant quelles classes forment la base de son pouvoir, il d&#233;clare franchement qu'il s'agit &#034;des ouvriers, des paysans, des artisans ind&#233;pendants, des professions lib&#233;rales, des intellectuels, des capitalistes &#034;libres&#034; et des propri&#233;taires &#034;&#233;clair&#233;s&#034; qui ont rompu avec leur classe&#034;. Nous, marxistes, ne nous trompons pas sur cette formule ; nous comprenons que ce n'est rien d'autre qu'un pouvoir bourgeois embelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que les arm&#233;es du PC chinois s'emparent des grandes villes, ce pouvoir est encore en pleine &#233;volution et se d&#233;place des campagnes vers les villes. La victoire du PC chinois n'a pu &#234;tre acquise sans le soutien arm&#233; de la paysannerie qui r&#233;sulte d'un compromis entre ces arm&#233;es et la bourgeoisie. Nous pouvons nous rendre compte pourtant, en fonction de son attitude conservatrice envers la classe ouvri&#232;re et les paysans pauvres et de sa peur des actions de masse, que le PC s'oriente vers une dictature militaire. Presque toutes les villes ont &#233;t&#233; plac&#233;es sous contr&#244;le militaire direct. Les bureaucrates se d&#233;gagent tellement des organisations de masse qu'ils sont oblig&#233;s de s'appuyer directement sur l'arm&#233;e, la police et les services secrets. Bien sur, ce processus est encore loin d'&#234;tre achev&#233;. Il en est seulement &#224; son d&#233;but mais son futur d&#233;veloppement peut d&#233;j&#224; &#234;tre discern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives du stalinisme chinois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la Chine a d'importantes cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Dans les campagnes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Dans les &#034;r&#233;gions anciennement ou plus r&#233;cemment lib&#233;r&#233;es&#034; o&#249; la r&#233;forme agraire a &#233;t&#233; effectu&#233;e ou est en voie d'ach&#232;vement, les nouveaux paysans riches et propri&#233;taires, parmi lesquels se trouvent des membres du parti qui ont acquis de nombreux privil&#232;ges, constituent les principaux &#233;l&#233;ments dans le Cong&#233;s de village des D&#233;l&#233;gu&#233;s du Peuple alors que les comit&#233;s paysans, lorsqu'ils avaient un pouvoir r&#233;el, ont &#233;t&#233; subordonn&#233;s &#224; des &#034;gouvernements de coalition&#034; &#224; l'&#233;chelon du village. Les paysans pauvres, &#233;ternelles victimes, sont m&#233;contents du pouvoir exerc&#233; par les membres locaux du parti et des paysans riches qui proviennent d'une nouvelle diff&#233;renciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La r&#233;forme agraire a &#233;t&#233; stopp&#233;e dans les r&#233;gions &#034;r&#233;cemment lib&#233;r&#233;es&#034;. Les anciens paysans riches et propri&#233;taires sont consid&#233;r&#233;s comme la composante principale dans la formation du &#034;gouvernement de coalition&#034;. Les paysans pauvres, incapables de satisfaire leurs besoins, continueront comme auparavant la lutte de classe en introduisant des oppositions dans les rangs du mouvement stalinien lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Dans les villes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;renciations et ces contradictions conduisent &#224; la formation de nombreuses tendances oppositionnelles au sein du mouvement stalinien mais celles-ci sont encore r&#233;gionales, isol&#233;es, individualistes et souvent de type paysan. Elles sont condamn&#233;es et r&#233;prim&#233;es comme manifestations d'&#034;aventurisme gauchiste&#034; et de &#034;trotskysme&#034;. Un grand nombre d'ouvriers rejoindront le PC apr&#232;s l'entr&#233;e des arm&#233;es staliniennes dans les villes mais la politique anti-ouvri&#232;re de la bureaucratie fera na&#238;tre un m&#233;contentement parmi le prol&#233;tariat. Leur r&#233;sistance aggravera la lutte de classe dans les rangs des staliniens eux-m&#234;mes. Les ouvriers &#233;duqu&#233;s tenteront de former des groupes d'opposition politique. Cela marquera le d&#233;but de l'effondrement du stalinisme en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. A l'&#233;chelle nationale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PC chinois s'oriente vers un pouvoir bas&#233; sur la collaboration de classe. Il exercera le pouvoir en maintenant les anciennes bases sociales de la Chine et se trouvera face &#224; face avec les anciennes difficult&#233;s. Pour les r&#233;soudre sur le plan &#233;conomique comme sur le plan politique, la bureaucratie ne pourra se contenter de petites r&#233;formes partielles (comme le sacrifice du &#034;capital bureaucratique&#034; et d'une partie des int&#233;r&#234;ts des landlords). Elle ne recevra aucune aide substantielle du Kremlin. La r&#233;putation du Kremlin est d&#233;j&#224; mauvaise dans la population chinoise : il demande des services pour lesquels il ne donne rien en &#233;change. La seule voie ouverte au PC chinois est l'utilisation de la bourgeoisie nationale pour mendier l'assistance de l'imp&#233;rialisme. Etant moins capable de r&#233;sister &#224; la pression imp&#233;rialiste que Tito, Mao Ts&#233;-toung entrera plus rapidement en conflit avec l' &#034;internationalisme&#034; de Staline (lisez : le nationalisme grand-russien). (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Mensonges : cet ancien ministre de Tran Trong Kim n'a jamais &#233;t&#233; trotskyste. Pas plus que le chef de la S&#251;ret&#233; n'&#233;tait bien s&#251;r un trotskyste, ni que le dirigeant trotskyste le plus connu, Ta Thu Thau, ait &#233;t&#233; conseiller d'un gouvernement quel qu'il soit ! Ces all&#233;gations grossi&#232;res, qui ne sont &#233;tay&#233;es d'aucune preuve, sont des calomnies classiques des staliniens. Si leurs auteurs y avaient cru, ils les auraient utilis&#233; &#224; l'&#233;poque des faits, ce qui n'est m&#234;me pas le cas. Elles servent seulement de justification apr&#232;s coup d'une politique d'assassinats cibl&#233;s. Pas de pardon pour des agents de l'imp&#233;rialisme japonais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Etats-Unis envoient des avions de chasse en Cor&#233;e alors que le risque de guerre s'accroit</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article3278</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article3278</guid>
		<dc:date>2013-04-05T02:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Etats-Unis envoient des avions de chasse en Cor&#233;e alors que le risque de guerre s'accroit &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Alex Lantier - WSWS &lt;br class='autobr' /&gt; Des avions de chasse am&#233;ricains F-22 sont arriv&#233;s hier en Cor&#233;e du Sud, mettant l'Asie de l'Est en alerte maximale alors que Washington intensifie sa confrontation avec la Cor&#233;e du Nord, apparemment au sujet du programme nucl&#233;aire du pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
Stationn&#233;s habituellement &#224; la base a&#233;rienne Kadena au Japon, les avions de chasse ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s &#224; la base a&#233;rienne Osan en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique154" rel="directory"&gt;35- Vers la troisi&#232;me guerre mondiale ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Cor&#233;e Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Etats-Unis envoient des avions de chasse en Cor&#233;e alors que le risque de guerre s'accroit
&lt;p&gt;Par Alex Lantier - WSWS&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des avions de chasse am&#233;ricains F-22 sont arriv&#233;s hier en Cor&#233;e du Sud, mettant l'Asie de l'Est en alerte maximale alors que Washington intensifie sa confrontation avec la Cor&#233;e du Nord, apparemment au sujet du programme nucl&#233;aire du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stationn&#233;s habituellement &#224; la base a&#233;rienne Kadena au Japon, les avions de chasse ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s &#224; la base a&#233;rienne Osan en Cor&#233;e du Sud, dans le contexte des man&#339;uvres militaires &#171; Foal Eagle &#187; en cours et auxquelles participent les Etats-Unis et la Cor&#233;e du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ploiement des F-22 est survenu au bout de deux semaines d'aggravation des tensions militaires et d'une d&#233;monstration de la puissance de feu am&#233;ricaine contre la Cor&#233;e du Nord. Le 19 mars, les Etats-Unis avaient envoy&#233; des bombardiers B-52 &#224; capacit&#233; d'armement nucl&#233;aire en Cor&#233;e du Sud et, la semaine pass&#233;e, ils ont envoy&#233; deux bombardiers furtifs B-2 pour pratiquer le largage de bombes factices au-dessus d'un champ de tir sud cor&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ploiement de bombardiers lourds am&#233;ricains constituait une menace ouverte qu'en cas de conflit militaire en Asie de l'Est, Washington &#233;tait pr&#234;t &#224; recourir &#224; l'arme nucl&#233;aire. Cette menace ne vise pas seulement la Cor&#233;e du Nord, mais aussi la Chine, le principal objectif des op&#233;rations am&#233;ricaines dans la r&#233;gion et qui fournit au r&#233;gime nord-cor&#233;en des produits alimentaires essentiels et du carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Cor&#233;e du Nord, un petit pays pauvre de 25 millions d'habitants, les vols des B-2 ont &#233;t&#233; le signal que Washington &#233;tait dispos&#233; &#224; annihiler le pays. Les bombardiers B-2 transportaient 16 bombes nucl&#233;aires B83 ayant chacune un rendement explosif de 1,2 m&#233;gatonnes &#8211; 75 fois la puissance des bombes atomiques que les Etats-Unis avaient largu&#233;es en 1945 sur les villes japonaises d'Hiroshima et de Nagasaki. Si deux bombardiers B-2 l&#226;chaient leur cargaison sur la Cor&#233;e du Nord, ils d&#233;truiraient toutes ses villes grandes et moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 30 mars, des responsables de l'arm&#233;e am&#233;ricaine ont dit au Wall Street Journal qu'ils s'&#233;taient engag&#233;s &#224; pr&#233;parer une s&#233;rie d'autres d&#233;monstrations de force contre Pyongyang. Ils ont refus&#233; de dire quelles seraient ces d&#233;monstrations, parlant de &#171; pr&#233;occupations de s&#233;curit&#233; op&#233;rationnelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pentagone a aussi annonc&#233; la pr&#233;paration d'un &#171; plan d'actions communes [avec la Cor&#233;e du Sud] contre les provocations &#187; de Pyongyang. Ceci vise &#224; garantir une r&#233;ponse plus agressive &#224; toute action men&#233;e par l'arm&#233;e nord-cor&#233;enne, tout comme en 2010 lorsque l'artillerie de la Cor&#233;e du Nord avait d&#233;clench&#233; des bombardements apr&#232;s avoir &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir coul&#233; la fr&#233;gate sud cor&#233;enne Cheonan. L'actuel plan des Etats-Unis et de la Cor&#233;e du Sud pr&#233;sente le risque d'une rapide intensification des combats si un tel affrontement se reproduisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce risque est exacerb&#233; par la politique men&#233;e par la pr&#233;sidente conservatrice sud-cor&#233;enne nouvellement &#233;lue, Park Geun-hye, la fille du dictateur militaire sud-cor&#233;en Park Chung-hee. Avec l'effondrement de la popularit&#233; de son gouvernement dans les sondages, elle a propos&#233; d'&#233;largir le programme nucl&#233;aire de la Cor&#233;e du Sud. Si des combats frontaliers venaient &#224; avoir lieu, elle subirait d'intenses pressions pour s'engager dans une escalade de l'affrontement et prouver ainsi la fermet&#233; de sa position anti nord-cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;cent article intitul&#233; &#171; Seule une r&#233;action f&#233;roce peut emp&#234;cher les provocations nord-cor&#233;ennes &#187; et publi&#233; dans le quotidien conservateur sud-cor&#233;en Chosun Ilbo d&#233;non&#231;ait la &#171; r&#233;action confuse et inefficace &#187; &#224; l'affrontement de 2010. Le journal d&#233;crivait aussi le &#171; plan contre les provocations &#187; qui implique des combats &#224; grande &#233;chelle, dirig&#233;s par les Etats-Unis et assist&#233;s par le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chosun Ilbo &#233;crit : &#171; L'arm&#233;e sud-cor&#233;enne traitera la premi&#232;re r&#233;action tandis que la Septi&#232;me flotte am&#233;ricaine, dont le porte avion USS George Washington, sera mobilis&#233;e aux c&#244;t&#233;s des chasseurs F-22 japonais, puis suivra le d&#233;ploiement des Marines am&#233;ricains pour s'occuper des missions communes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions provoqu&#233;es par le &#171; pivot vers l'Asie &#187; du gouvernement Obama, qui est cens&#233; former une coalition avec des Etats alli&#233;s aux Etats-Unis en vue de contenir la Chine, viennent maintenant d'exploser en une v&#233;ritable crise de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi, le ministre russe des Affaires &#233;trang&#232;res, Serge&#239; Lavrov, a mis en garde que &#171; la situation peut &#233;chapper &#224; tout contr&#244;le et elle s'engagera dans la spirale d'un cercle vicieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les d&#233;nonciations de la Cor&#233;e du Nord par les m&#233;dias occidentaux, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain porte la responsabilit&#233; essentielle. Tout au long de l'ann&#233;e derni&#232;re, Washington a annonc&#233; son intention d'installer un bouclier antimissile visant la Chine bien que justifi&#233; comme &#233;tant une mesure contre la Cor&#233;e du Nord. Les Etats-Unis ont aussi encourag&#233; une confrontation navale entre la Chine et Japon au sujet des &#238;les Senkaku (Diaoyu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington a utilis&#233; la Cor&#233;e du Nord comme un moyen de faire pression sur le r&#233;gime de Beijing qui s'est av&#233;r&#233; &#234;tre un obstacle majeur &#224; la politique belliqueuse des Etats-Unis contre la Syrie et l'Iran pour qu'il s'aligne plus directement sur la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine, Il est aussi le plus important cr&#233;ancier &#233;tranger des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, l'agence d'information publique chinoise Xinhua a publi&#233; une rubrique intitul&#233;e &#171; Des esprits plus lucides doivent l'emporter dans la P&#233;ninsule cor&#233;enne. &#187; Elle a d&#233;clar&#233; : &#171; La Chine en tant qu'acteur concern&#233; dans la r&#233;gion a pendant longtemps lanc&#233; des appels au calme sur la P&#233;ninsule cor&#233;enne. A pr&#233;sent, tous deux, la DPRK [R&#233;publique populaire d&#233;mocratique de Cor&#233;e, c'est-&#224;-dire la Cor&#233;e du Nord] et les Etats-Unis doivent mod&#233;rer leurs propos et travailler avec Beijing pour une reprise rapide des pourparlers &#224; six qui sont bloqu&#233;s depuis longtemps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en faisant pression pour un retour &#224; la table des n&#233;gociations, Beijing est aussi en train de signaler &#224; Pyongyang que la Chine pourrait cesser de les soutenir face &#224; Washington. Au d&#233;but du mois, elle avait vot&#233; au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU pour imposer des sanctions &#224; Pyongyang en raison de son programme nucl&#233;aire. Selon des d&#233;p&#234;ches publi&#233;es par WikiLeaks, certaines sections du r&#233;gime chinois consid&#232;rent Pyongyang comme un &#171; enfant g&#226;t&#233; &#187; g&#234;nant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du week-end, Pyongyang a publi&#233; un communiqu&#233; d&#233;clarant qu'un &#171; &#233;tat de guerre &#187; existait sur la p&#233;ninsule. Le communiqu&#233; avait fait suite &#224; un rassemblement militaire de masse vendredi &#224; Pyongyang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au-del&#224; du discours belliqueux de Pyongyang, des information relatent une &#233;trange situation de calme en Cor&#233;e du Nord. Des responsables de l'arm&#233;e am&#233;ricaine ont dit que leur renseignement sur l'arm&#233;e de la Cor&#233;e du Nord ne r&#233;v&#233;lait aucune activit&#233; inhabituelle. Quant &#224; la situation &#224; Pyongyang, des journalistes de l'agence AP ont rapport&#233; qu'en dehors de la parade militaire, &#171; partout ailleurs c'&#233;tait comme &#224; l'accoutum&#233;e dans les restaurants, les magasins, les fermes et les usines o&#249;, pour les travailleurs, c'&#233;tait du r&#233;chauff&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le communiqu&#233; de Pyongyang et sa d&#233;claration concernant un &#171; &#233;tat de guerre &#187; en Cor&#233;e, il s'agit d'une v&#233;rit&#233; juridique : l'armistice qui a mis fin aux combats de la guerre cor&#233;enne de 1950-1953 n'a techniquement jamais mis fin &#224; l'&#233;tat de guerre en Cor&#233;e. Pyongyang r&#233;clame de longue date un trait&#233; de paix qui a &#233;t&#233; refus&#233; en 1953 par les Etats-Unis et notamment par son r&#233;gime fantoche et de type fasciste en Cor&#233;e du Sud dirig&#233; par Syngman Rhee. Depuis lors, Washington rejette les demandes en faveur d'un trait&#233; de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations de Pyongyang sugg&#232;rent que des sections de la bureaucratie nord cor&#233;enne tentent d'obtenir un genre d'arrangement avec Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; central du parti dirigeant nord-cor&#233;en, le Parti des travailleurs de Cor&#233;e du Nord, s'est r&#233;uni hier apr&#232;s avoir annonc&#233; laconiquement vouloir r&#233;gler une &#171; question importante &#187; en publiant un communiqu&#233; avant le d&#233;but, aujourd'hui, de la s&#233;ance d'une journ&#233;e du parlement cor&#233;en. Tout en promettant de poursuivre son programme nucl&#233;aire, le communiqu&#233; dit que Pyongyang entreprendrait &#171; des efforts positifs pour emp&#234;cher une prolif&#233;ration nucl&#233;aire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le communiqu&#233; a soulign&#233; la volont&#233; de Pyongyang d'ouvrir l'&#233;conomie de la Cor&#233;e du Nord et en faire une &#233;conomie d'exportation tributaire du capital &#233;tranger dans le but d'exploiter la main d'&#339;uvre bon march&#233; nord cor&#233;enne. Il a demand&#233; un changement en faveur d'une &#171; &#233;conomie bas&#233;e sur la connaissance &#187; et pour l'&#171; introduction &#224; large &#233;chelle &#187; d'investissements. Pyongyang a d&#233;j&#224; mis en place plusieurs zones d'exportation, particuli&#232;rement avec la Cor&#233;e du Sud &#224; Kaesong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de Pyongyang de r&#233;gler ses diff&#233;rends avec Washington et de s'int&#233;grer dans l'&#233;conomie capitaliste mondiale se sont toutefois heurt&#233;es &#224; plusieurs reprises &#224; l'opposition am&#233;ricaine. Il n'est pas clair quelles assurances Washington pourrait accorder aux dirigeants de Pyongyang pour leur propre s&#233;curit&#233; apr&#232;s l'ouverture de leur &#233;conomie au capital &#233;tranger am&#233;ricain &#8211; notamment dans le contexte d'une rapide escalade des tensions entre les Etats-Unis et le principal alli&#233; r&#233;gional de Pyongyang, la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, la Cor&#233;e du Nord avait &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;e par le gouvernement Bush comme un membre de l'&#171; axe du mal &#187; et elle reste la cible d'une campagne de d&#233;nigrement constante dans la presse occidentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Grandes gr&#232;ves en Cor&#233;e du sud</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article2471</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article2471</guid>
		<dc:date>2012-07-22T08:21:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les salari&#233;s sont en gr&#232;ve ce vendredi en Cor&#233;e du Sud. Ceux de la banque le seront &#224; la fin du mois. A l'appel de leurs syndicat, ils demandent des augmentations de salaires, une r&#233;duction du temps de travail et protestent contre la privatisation de la principale institution financi&#232;re du pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Cor&#233;e du Sud, des salari&#233;s de Hyundai et Kia ont d&#233;bray&#233; pour demander des augmentations de salaire et une diminution de la charge de travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicat menace d'organiser un second (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les salari&#233;s sont en gr&#232;ve ce vendredi en Cor&#233;e du Sud. Ceux de la banque le seront &#224; la fin du mois. A l'appel de leurs syndicat, ils demandent des augmentations de salaires, une r&#233;duction du temps de travail et protestent contre la privatisation de la principale institution financi&#232;re du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e du Sud, des salari&#233;s de Hyundai et Kia ont d&#233;bray&#233; pour demander des augmentations de salaire et une diminution de la charge de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat menace d'organiser un second d&#233;brayage la semaine prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 25 000 d'entre eux s'&#233;taient donn&#233; rendez-vous &#224; l'ext&#233;rieur d'une usine d'assemblage de la ville d'Ulsan. Toutes les usines du groupe en Cor&#233;e ont cess&#233; leurs activit&#233;s pendant huit heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat menace d'organiser un second d&#233;brayage la semaine prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de Hyundai affirme que la gr&#232;ve de vendredi a emp&#234;ch&#233; la production de 4300 v&#233;hicules d'une valeur combin&#233;e de 76 M$.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re gr&#232;ve chez Hyundai depuis 2008 et la premi&#232;re chez Kia depuis l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne va plus au pays du matin calme ... le pays conna&#238;t ce vendredi un mouvement de gr&#232;ve sans pr&#233;c&#233;dent qui a d'abord touch&#233; le secteur automobile et s'est d&#233;sormais &#233;tendu au secteur bancaire. A l'origine de ce mouvement, les activit&#233;s li&#233;es &#224; la m&#233;tallurgie. Les 130.000 ouvriers employ&#233;s par 211 entreprises sud-cor&#233;ennes de cette branche d'activit&#233; sont en effet appel&#233;s &#224; se mettre en gr&#232;ve ce vendredi, &#224; l'appel de l'Union des ouvriers m&#233;tallurgistes cor&#233;ens (KMWU) dont le mot d'ordre est l'am&#233;lioration des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mouvement a ensuite &#233;t&#233; rejoint par le secteur bancaire dont les syndicats appellent aussi, pour la premi&#232;re fois depuis dix ans, &#224; se mettre en gr&#232;ve le 30 juillet prochain. Si les revendications sont l&#224; aussi en partie salariales, le mouvement trouve aussi son origine dans le refus de voir le gouvernement c&#233;der Woori Finance Holding Co, la plus grande institution financi&#232;re du pays. Selon le syndicat du secteur bancaire, 79 % des 93 000 salari&#233;s concern&#233;s ont vot&#233; en faveur de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#233;tallurgie, c'est la premi&#232;re en fois en quatre ans que la KMWU se lance dans un tel mouvement social collectif. Les entreprises impliqu&#233;es sont toutes affili&#233;es &#224; la plus grande centrale syndicale de l'industrie du pays, la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (KCTU) &#224; tendance progressiste, et emploient 170.0000 ouvriers dans les secteurs de l'acier, des machines-outils, des chantiers-navals et de l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs dans ce dernier secteur que le mouvement s'av&#232;re tr&#232;s symbolique. Pour la premi&#232;re fois depuis trois ans en effet, les syndicats de Hyundai Motor Co. et Kia Motors Corp. ont d&#233;cid&#233; de faire gr&#232;ve. Les ouvriers syndiqu&#233;s de ces deux constructeurs automobiles qui appartiennent au m&#234;me groupe arr&#234;teront de travailler pendant une dur&#233;e de quatre heures dans apr&#232;s-midi, selon les repr&#233;sentants syndicaux. Il faut remonter &#224; 2009 pour retrouver un conflit social du m&#234;me type chez Hyundai et Kia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les repr&#233;sentants syndicaux de Hyundai, pr&#232;s de 71 % des 45.000 salari&#233;s duconstructeur (soit 31.000 employ&#233;s) ont vot&#233; mercredi en faveur de l'arr&#234;t de travail. L'origine de ce mouvement est principalement li&#233;e &#224; des revendications de hausse des salaires et de r&#233;duction du temps de travail.Une augmentation de 150.000 wons (environ 107 euros) du salaire de base ainsi qu'une am&#233;lioration des rotations de 12 heures sont demand&#233;es par les syndicats. Selon la direction du groupe, l'arr&#234;t de la production se traduira pour Hyundai par un un manque &#224; gagner de pr&#232;s de 88 milliards de wons (626 millions d'euros) et de 47 milliards de wons pour Kia (334 millions d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce mouvement, le patronat a exprim&#233; son inqui&#233;tude. La F&#233;d&#233;ration des industries cor&#233;ennes, lobby des grands conglom&#233;rats familiaux, a affirm&#233; que le moment &#233;tait malvenu pour lancer une gr&#232;ve nationale. &#171; Les difficult&#233;s de la zone euro affectant d&#233;j&#224; l'&#233;conomie nationale, il est devenu imp&#233;ratif pour les salari&#233;s et le patronat de travailler ensemble &#187;. Un point de vue repris par la Chambre de commerce et d'industrie de Cor&#233;e, qui a soulign&#233; que cette gr&#232;ve, qui intervient au moment o&#249; l'&#233;conomie nationale conna&#238;t des moments difficiles, allait finir par nuire aux ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le dialogue n'est pas pour autant rompu entre syndicats et patronat. Notamment dans le secteur automobile et chez Hyundai et Kia. Les n&#233;gociations entre direction et salari&#233;s devraient reprendre le 18 juillet prochain a indiqu&#233; ce vendredi l'un des portes-parole du syndicat de Hyundai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes ouvri&#232;res des ann&#233;es 1970-1980</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article1661</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article1661</guid>
		<dc:date>2010-09-28T06:51:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Pologne</dc:subject>
		<dc:subject>Ethiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici - Read here&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;15- Pologne-Turquie-Cor&#233;e : luttes ouvri&#232;res ann&#233;es 70-80&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Pologne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot179" rel="tag"&gt;Ethiopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique63&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici - Read here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois r&#233;voltes en Cor&#233;e du sud (1945-1960-1980)</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article1531</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article1531</guid>
		<dc:date>2010-07-26T18:25:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1945 : l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#233;crase et occupe la Cor&#233;e du sud et y impose une dictature sanglante sous pr&#233;texte de sauver le pays des mains de l'imp&#233;rialisme japonais &lt;br class='autobr' /&gt;
... celle de Syngman Rhee &lt;br class='autobr' /&gt;
Russes et Am&#233;ricains mettent en place leur dictature &#034;cor&#233;eenne&#034; au nord et au sud : &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;crasement de la r&#233;volution de 1945-1946 en Cor&#233;e du sud avec la complicit&#233; am&#233;ricaine et russe (fosses communes des victimes de la r&#233;pression) &lt;br class='autobr' /&gt;
Photos du soul&#232;vement du Kwangju (1980) qui finit par renverser (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;15- Pologne-Turquie-Cor&#233;e : luttes ouvri&#232;res ann&#233;es 70-80&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1945 : l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#233;crase et occupe la Cor&#233;e du sud et y impose une dictature sanglante sous pr&#233;texte de sauver le pays des mains de l'imp&#233;rialisme japonais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/merlin_127754792_e64e3684-2d22-469d-8be0-163da65be197-superJumbo-e1605719059391.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH332/merlin_127754792_e64e3684-2d22-469d-8be0-163da65be197-superJumbo-e1605719059391-ec4ac.jpg?1779779892' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;... celle de Syngman Rhee&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/syngman_rhee_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH407/syngman_rhee_2-2d77e.jpg?1779779892' width='500' height='407' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L225xH225/imagesdd-3-3a1f5.jpg?1779777763' width='225' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L240xH184/Rhee__Kim_Gu_and_Hodge-d4e7f.jpg?1779777763' width='240' height='184' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Russes et Am&#233;ricains mettent en place leur dictature &#034;cor&#233;eenne&#034; au nord et au sud :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH366/ec2657aae72cc462187925bd1c1d7db7-a1a40.jpg?1779779892' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_15674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/EhjhuegU8AET7Gs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH336/EhjhuegU8AET7Gs-48e84.jpg?1779779892' width='500' height='336' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;crasement de la r&#233;volution de 1945-1946 en Cor&#233;e du sud avec la complicit&#233; am&#233;ricaine et russe (fosses communes des victimes de la r&#233;pression)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH337/Executions_massives_prisonniers-1950-1f5f1.jpg?1779777763' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/restmb_idxmake_amp-php.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/restmb_idxmake_amp-php-3d35c.jpg?1779779892' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Photos du soul&#232;vement du Kwangju (1980) qui finit par renverser Syngman Rhee&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH326/d2c4d4d82d486907a091ca898246a2e4f91258bf-cb080.jpg?1779779892' width='500' height='326' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH361/60-90--9-1-afba6.jpg?1779779892' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH359/40-55--119=12_1_-efb43.jpg?1779779892' width='500' height='359' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L177xH240/2414884113_e80fe3fffc_m-13d92.jpg?1779777763' width='177' height='240' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH345/gwangju-1-d5106.jpg?1779777763' width='500' height='345' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH213/kwangju-44656.jpg?1779777763' width='300' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L213xH300/Lu-Vu-CommuneKwangju-5-213x300-0bc01.jpg?1779777763' width='213' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La chute de Syngman Rhee :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH253/100418_p04_1-9b430.jpg?1779777763' width='450' height='253' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier en Cor&#233;e, une force consid&#233;rable&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH355/Strike-AFP280206-500-2afad.jpg?1779777763' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois r&#233;voltes en Cor&#233;e du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;INTRODUCTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que ce sont les imp&#233;rialismes anglais et am&#233;ricain qui ont exig&#233; de Staline qu'il occupe militairement le nord de l'Asie et notamment le nord de la Cor&#233;e pendant qu'eux occupaient le sud. Rappelons &#233;galement que cela n'avait pas un but militaire car la guerre se gagnait alors au Japon &#233;cras&#233; sous les bombes et qui ne demandait qu'&#224; capituler. Ce qui motivait ces imp&#233;rialismes, c'est la crainte d'une r&#233;volution sociale. En Cor&#233;e, frapp&#233;e par la mis&#232;re et le f&#233;odalisme, la r&#233;volution sociale &#233;tait une &#233;vidence frappante et la population s'y pr&#233;parait de mani&#232;re non camouflait. Le peuple travailleur comptait bien en finir avec les souffrances sociales et politiques en m&#234;me temps qu'avec la domination japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre gouvernement du nord et du sud, entre stalinisme et imp&#233;rialisme a &#233;t&#233; compl&#232;tement instrumentalis&#233; afin de servir de justification pour &#233;craser la r&#233;volution sociale et il l'est encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, en Cor&#233;e comme au Vietnam et dans toute l'Indochine, des soul&#232;vements ont suivi le d&#233;part des troupes japonaises. Des comit&#233;s du peuple se sont form&#233;s partout, organis&#233;s sous forme sovi&#233;tique et se pr&#233;parant en vue du pouvoir. L'arm&#233;e am&#233;ricaine a d&#251; les &#233;craser dans le sang avant de mettre &#224; la t&#234;te d'une dictature militaire au sud son homme de paille &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Syngman_Rhee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sungman Rhee&lt;/a&gt; (qui s'est tout de suite distingu&#233; en &#233;crasant lui aussi dans le sang les puissantes gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de 1946 et 48) alors que le nord &#233;tait occup&#233; par les troupes russes qui ont plac&#233; &#224; la t&#234;te du pays Kim Il Sung, un leader de gu&#233;rilla militaire contre le Japon. Au sud, les militaires ont remis sur pied &#224; la fois l'Etat et l'&#233;conomie et ils ont instaur&#233; des relations privil&#233;gi&#233;es avec les trusts, les chaebols, relations qui institutionnalisent la corruption : un v&#233;ritable syst&#232;me d'aide mutuelle qui a permis aux chaebols comme aux g&#233;n&#233;raux de prosp&#233;rer. Samsung doit tout au premier pr&#233;sident le f&#233;roce dictateur Sungman Rhee et Daewoo ne serait rien sans le pr&#233;sident Park. En contrepartie, certains ont fait fortune comme Roh qui a constitu&#233; la modeste cagnotte de 650 millions de dollars ! Ce pays qui a &#233;t&#233; gouvern&#233; dictatorialement par des &#233;quipes de chefs militaires s'est vu contraint de les retirer de la sc&#232;ne politique : les g&#233;n&#233;raux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo qui ont gouvern&#233; respectivement de 80 &#224; 87 et de 88 &#224; 92 ont &#233;t&#233; contraints de d&#233;missionner de l'arm&#233;e. Le g&#233;n&#233;ral Roh a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 22 ans et demi de prison pour corruption. Le g&#233;n&#233;ral Chun a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; la peine capitale (commu&#233;e en prison &#224; vie) pour avoir conduit le putsch militaire de 79 et r&#233;prim&#233; dans le sang une manifestation &#233;tudiante. Tous les deux ont &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;clar&#233;s responsables du massacre de la commune de Kwanju en mai 1980. C'est dire &#224; quel point actuellement l'arm&#233;e est sur le plan politique compl&#232;tement mise &#224; l'&#233;cart de la direction des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 80 que la bourgeoisie cor&#233;enne a commenc&#233; &#224; trouver le prix de la dictature militaire trop co&#251;teux. Le pays devenant riche et d&#233;velopp&#233;, elle pr&#233;f&#233;rait une autre forme de direction politique, sans coups d'Etat, sans r&#233;pression et r&#233;voltes permanentes. Et c'est aussi de l&#224; que vient l'explosion de 87. En effet, les militaires se sont accroch&#233;s au pouvoir et on a vu pendant des ann&#233;es non seulement les classes pauvres et les travailleurs mais toute une partie des fils de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie se battre pour en finir avec la dictature militaire, participant &#224; des manifestations, arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, assassin&#233;s, choisissant une vie militante dans des organisations clandestines plut&#244;t que l'int&#233;gration sociale, pour lutter contre ce pouvoir d&#233;test&#233;. De l&#224; est n&#233; le mouvement des ouvriers et des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROIS REVOLTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- 1945-1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Avril 1960&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - Mai 1980&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cor&#233;e 1945-1948&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e les alli&#233;s avaient d&#233;cid&#233; d'un syst&#232;me d'occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux diff&#233;rentes zones dans cette r&#233;gion. En effet la p&#233;ninsule cor&#233;enne &#233;tait divis&#233;e en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation am&#233;ricaine, les deux &#233;tant s&#233;par&#233;es par le 38&#232;me parall&#232;le. En fait en disant cela on oublie lune grande part du probl&#232;me, on attribuait &#224; la Chine la partie de la Cor&#233;e continentale, le Kan Do, prise lors des conqu&#234;tes militaires et cela allait s'av&#233;rer tr&#232;s important par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part cette division discut&#233;e lors des conf&#233;rences de T&#233;h&#233;ran en 1943 et Yalta en 1945 devait &#234;tre provisoire. Les premiers arriv&#233;s sur place sont les russes au nord le 24 ao&#251;t 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux c&#244;t&#233;s tout est programm&#233; et aucun des deux camps n'a l'intention de demander &#224; la population de d&#233;cider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu'ils comptent imposer comme dirigeant sous l'&#233;tiquette parti communiste. Pourtant il existe en Cor&#233;e un parti communiste clandestin dont Kim n'est pas le dirigeant mais c'est l'homme des russes et dans l'ambiance d'effervescence sociale les russes s'en m&#233;fient comme ils se m&#233;fient de tous les militants d&#233;mocrates ou syndicalistes qui vont tr&#232;s vite peupler leurs prisons. Pour se d&#233;barrasser du r&#233;el parti communiste cor&#233;en, les russes vont avoir de grandes difficult&#233;s car il faut s'en d&#233;barrasser &#224; la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l'occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu'au fur et &#224; mesure tous les opposants &#224; Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d'autant que traditionnellement la direction du parti communiste r&#233;sidait au sud &#224; S&#233;oul et que le parti va rester un seul parti malgr&#233; la division du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, il y a la m&#234;me situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La mis&#232;re des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est consid&#233;rable. Et, en plus la population sort de nombreuses ann&#233;es d'occupation japonaise o&#249; ils ont souffert atrocement. Ce n'est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, tr&#232;s vite le probl&#232;me du partage du pays en deux qui semble &#234;tre du provisoire qui dure va devenir un probl&#232;me politique de premier ordre, emp&#234;chant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va d&#233;fendre la division du pays de la m&#234;me mani&#232;re qu'au sud le fantoche des am&#233;ricains Syngman Rhee, un dictateur d'extr&#234;me-droite corrompu et ultra-violent. Des deux c&#244;t&#233;s, la classe ouvri&#232;re va s'opposer &#224; cette division et en particulier les syndicats d'origine plut&#244;t anarcho-syndicalistes avec des militants d'extr&#234;me gauche et qui ne sont pas encore contr&#244;l&#233;s par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud cor&#233;en prend son ind&#233;pendance politique de la direction du nord en ao&#251;t 46. Mais en m&#234;me temps il le fait sur des bases tout ce qu'il y a de moins r&#233;volutionnaire, du moins dans un sens prol&#233;tarien. La th&#232;se d'ao&#251;t qui souligne cette ind&#233;pendance politique &#224; la fois n'accepte plus la division du pays mais affirme qu'il faut mener une r&#233;volution bourgeoise en vue de la r&#233;unification, r&#233;volution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans &#224; rejoindre les montagnes pour y organiser la gu&#233;rilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s'opposer violemment &#224; ces propositions. En effet, les travailleurs sont tr&#232;s loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d'aller se retrancher dans les montagnes. La th&#232;se du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution n'est pas mieux accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans les usines c'est &#224; une offensive ouvri&#232;re que l'on assiste en Cor&#233;e du sud. L'insurrection ouvri&#232;re part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C'est un soul&#232;vement spontan&#233; qui d&#233;bute par une gr&#232;ve des cheminots et qui se termine par de v&#233;ritables affrontements arm&#233;s, les travailleurs s'&#233;tant organis&#233;s en milice ouvri&#232;re. Partout des comit&#233;s de gr&#232;ve sont mis en place et la gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; de nombreuses autres villes. La r&#233;action des troupes am&#233;ricaines est tr&#232;s violente. La r&#233;pression s'&#233;tend &#224; tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n'&#233;tait pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient f&#233;roce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassin&#233;s comme le leader anarcho-syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku et le dirigeant social-d&#233;mocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a &#233;t&#233; contraint de passer dans la clandestinit&#233; totale. La direction politique du PC du nord en profite pour r&#233;ussir pour la premi&#232;re fois &#224; &#233;tablir sa domination sur l'ensemble du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946-47, loin de se stabiliser, le r&#233;gime de Cor&#233;e du sud est attaqu&#233; sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le r&#233;gime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de S&#233;oul est tellement affaibli qu'il est contraint de laisser les paysans occuper toute une r&#233;gion dite lib&#233;r&#233;e. Le PC du sud d&#233;cide de s'investir dans cette r&#233;volution paysanne et il appelle &#224; nouveau les ouvriers &#224; le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacr&#233;s avant m&#234;me qu'ils aient pu rejoindre la r&#233;gion ni s'armer. Le PC du sud va quand m&#234;me prendre la direction politique de ces paysans insurg&#233;s. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette gu&#233;rilla va tenir l&#224; jusqu'&#224; la guerre de Cor&#233;e en 1950, o&#249; elle fera sa jonction avec l'arm&#233;e nord cor&#233;enne. Paradoxalement c'est cela qui lui sera fatal car le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord n'avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer d&#232;s l'offensive am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Lib&#233;ration, le placement de la Cor&#233;e sous la tutelle des Sovi&#233;tiques et des &#201;tasuniens, de part et d'autre du 38e parall&#232;le, fut l'occasion d'implanter les embryons des r&#233;gimes antagonistes que nous connaissons aujourd'hui. Au sud, les id&#233;es &#233;conomiques pr&#233;con&#231;ues de l'administration d'occupation am&#233;ricaine (l'USAMGIK) se traduisirent par une lib&#233;ralisation du march&#233; des c&#233;r&#233;ales qui provoqua une effrayante sp&#233;culation sur le march&#233; du riz. En effet, la Cor&#233;e du Sud, largement agricole, &#233;tait le grenier &#224; bl&#233; du Japon pendant la colonisation. Or la p&#233;nurie se faisant sentir dans l'archipel, certains producteurs renou&#232;rent les anciennes relations avec le Japon, qui manquait alors de riz, en raison de la mobilisation massive des paysans pour l'arm&#233;e et de la perte de son empire colonial. Le prix du riz flamba en Cor&#233;e, et les villes ne furent plus approvisionn&#233;es, car les sp&#233;culateurs pr&#233;f&#233;raient vendre au Japon, au prix le plus fort. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines firent imm&#233;diatement machine arri&#232;re et impos&#232;rent des restrictions non seulement sur la vente du riz, mais aussi sur celle des autres c&#233;r&#233;ales, selon des normes si dures que certains producteurs regrett&#232;rent le temps des Japonais. &#192; Taegu, dans le sud du pays, une furieuse r&#233;volte mit aux prises les paysans et des sympathisants &#171; de gauche &#187; aux autorit&#233;s. Plusieurs centaines de policiers et de manifestants furent tu&#233;s avant que des troupes am&#233;ricaines ne r&#233;tablissent l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;gime stalinien de Cor&#233;e du Nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement soudain de l'administration coloniale japonaise entra&#238;na une explosion populaire. Sorti de la clandestinit&#233;, le Parti communiste constitua une coalition avec tous les mouvements nationalistes. Des comit&#233;s de pr&#233;paration &#224; l'ind&#233;pendance de la Cor&#233;e surgirent dans tout le pays. Le 6 septembre 1945, une conf&#233;rence nationale de ces comit&#233;s, r&#233;unie &#224; S&#233;oul, proclama la naissance de la R&#233;publique Populaire de Cor&#233;e (RPC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant en cela la ligne d&#233;finie par Moscou, le Parti communiste cor&#233;en, qui &#233;tait de loin le courant le plus puissant dans ce mouvement, s'effor&#231;a de contenir l'explosion des revendications sociales parmi les masses exploit&#233;es. Pr&#233;tendant que l'heure &#233;tait &#224; l'&#233;mancipation nationale et non &#224; l'&#233;mancipation sociale, sous le pr&#233;texte fallacieux que toute autre politique diviserait la &#171; nation cor&#233;enne &#187;, le Parti communiste mit les masses pauvres de Cor&#233;e &#224; la remorque politique de leurs propres exploiteurs comme le firent d'ailleurs les partis communistes dans le monde entier durant cette p&#233;riode et utilisa leur mobilisation pour garantir la continuit&#233; de l'ordre capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce respect pour l'ordre capitaliste ne suffit pas au PC cor&#233;en &#224; gagner les faveurs de Washington. Certes, ce que redoutaient les &#201;tats-Unis, ce n'&#233;tait ni le programme politique de la RPC, avec son appel &#224; l'instauration du suffrage universel et &#224; la cr&#233;ation d'institutions d&#233;mocratiques, ni sa d&#233;fense des nationalisations et de la r&#233;forme agraire : apr&#232;s tout, la plupart des grandes entreprises et exploitations agricoles cor&#233;ennes n'avaient plus de propri&#233;taires depuis l'expulsion des colons japonais. Non, ce qui inqui&#233;tait le plus l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, c'&#233;tait que le r&#233;gime de la RPC avait &#233;t&#233; mis en place sans son accord pr&#233;alable, &#224; la faveur d'une mobilisation populaire, et qu'il n'avait donc nul besoin de l'imp&#233;rialisme pour se maintenir au pouvoir. Ce r&#233;gime ne serait donc pas docile vis-&#224;-vis des int&#233;r&#234;ts des &#201;tats-Unis. Aussi, lorsque le comit&#233; ex&#233;cutif de la RPC fit une offre de collaboration &#224; l'&#233;tat-major am&#233;ricain, celui-ci lui opposa une fin de non-recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants am&#233;ricains entreprirent alors de mettre en oeuvre leurs propres conceptions de la d&#233;mocratie dans leur zone d'occupation. L'ancienne force de police coloniale fut r&#233;tablie dans ses fonctions, avec pratiquement les m&#234;mes personnels (on ne changea m&#234;me pas leurs uniformes !) que sous l'occupation japonaise. Les postes de responsabilit&#233; dans les nouvelles institutions furent confi&#233;s &#224; des hommes politiques qui avaient collabor&#233; avec l'occupant japonais ou qui avaient trouv&#233; protection aupr&#232;s du dictateur nationaliste chinois et alli&#233; des USA, Tchang Ka&#239;-chek. Il s'agissait d'individus visc&#233;ralement anticommunistes qui avaient des liens &#233;troits avec la classe des propri&#233;taires fonciers cor&#233;ens. A la t&#234;te du nouveau r&#233;gime, Washington mit Syngman Rhee, un politicien nationaliste de droite bien connu, qui avait des amis tant aux &#201;tats-Unis qu'au sein du r&#233;gime de Tchang Ka&#239;-chek. En f&#233;vrier 1946, ils mirent en place un gouvernement provisoire de Cor&#233;e du Sud pr&#233;sid&#233; par Syngman Rhee, dont la moiti&#233; des membres furent nomm&#233;s directement par les autorit&#233;s am&#233;ricaines d'occupation et l'autre par les classes riches, selon le syst&#232;me &#233;lectoral censitaire en vigueur sous l'occupation japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation politique du nouveau r&#233;gime se r&#233;v&#233;la aussi r&#233;actionnaire et socialement conservatrice qu'on pouvait l'escompter vu la composition sociale du gouvernement. Les appels &#224; une r&#233;forme agraire d'ensemble furent trait&#233;s par le m&#233;pris tandis que les dignitaires du r&#233;gime accumulaient des fortunes colossales en s'appropriant les terres des anciennes exploitations japonaises et que les paysans sans terre mouraient de faim. La corruption et le march&#233; noir devinrent la r&#232;gle. De sorte qu'au bout du compte, la population pauvre de la zone d'occupation am&#233;ricaine ne vit gu&#232;re de diff&#233;rence entre la nouvelle R&#233;publique de Cor&#233;e, qui y fut proclam&#233;e officiellement en ao&#251;t 1948, et l'ancienne administration coloniale japonaise, sinon dans la langue des troupes d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la r&#233;pression qui le visait au Sud, o&#249; il fut tr&#232;s vite interdit, le comit&#233; ex&#233;cutif de la RPC &#233;lu en septembre 1945 s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; dans la zone d'occupation sovi&#233;tique. L&#224;, les autorit&#233;s d'occupation accept&#232;rent ce comit&#233; ex&#233;cutif et les comit&#233;s de pr&#233;paration &#224; l'ind&#233;pendance comme partenaires dans l'administration quotidienne des affaires sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux &#201;tats-Unis dans leur zone d'occupation, l'URSS appliqua &#224; la lettre le protocole de 1945 dans la sienne en s'abstenant de mettre en place des institutions permanentes susceptibles de pr&#233;juger de la forme d&#233;finitive de l'&#201;tat. Tout au moins c'est ce qu'elle fit jusqu'&#224; la cr&#233;ation d'institutions propres au Sud sous l'&#233;gide des USA. Un comit&#233; populaire provisoire fut alors constitu&#233; &#224; Pyongyang, cette fois sous la direction de Kim Il Sung, un jeune dirigeant du PC r&#233;cemment de retour dans le pays, qui semble avoir &#233;t&#233; choisi moins pour ses liens avec Moscou que pour la raison oppos&#233;e : contrairement &#224; nombre de dirigeants communistes, Kim Il Sung avait pass&#233; les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes non pas &#224; Moscou, mais dans un maquis cor&#233;en contre les Japonais en Mandchourie, en liaison avec la r&#233;sistance chinoise. Il pouvait &#234;tre ainsi pr&#233;sent&#233; comme un h&#233;ros de la r&#233;sistance nationale contre le Japon, sans qu'il puisse &#234;tre associ&#233;, comme les anciens leaders du PC clandestins, &#224; la mobilisation des masses de l'ann&#233;e 1945, &#224; laquelle il n'avait pas particip&#233;. A tous &#233;gards, Kim Il Sung &#233;tait le parfait porte-parole d'un gouvernement &#171; national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'il fut form&#233;, le nouveau r&#233;gime mit en oeuvre un programme de deux ans pr&#233;voyant la nationalisation des industries auparavant accapar&#233;es par les Japonais et une r&#233;forme agraire radicale entra&#238;nant la confiscation sans compensation des grandes exploitations et leur redistribution gratuite aux paysans sans terre. Des lois sur les conditions de travail et un embryon de syst&#232;me social compl&#233;t&#232;rent l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'apr&#232;s le tournant dans les relations am&#233;ricano-sovi&#233;tiques et les d&#233;buts de la &#171; guerre froide &#187; que, en septembre 1948, trois semaines apr&#232;s la proclamation de la R&#233;publique de Cor&#233;e dans le sud du pays, une R&#233;publique d&#233;mocratique populaire de Cor&#233;e fut proclam&#233;e dans le nord. Peu apr&#232;s, les troupes sovi&#233;tiques se retir&#232;rent de Cor&#233;e, ne laissant que quelques centaines de conseillers militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en arriver l&#224;, le PC cor&#233;en avait fusionn&#233; en ao&#251;t 1946 avec diff&#233;rents groupes radicaux et nationalistes pour cr&#233;er le Parti des Travailleurs de Cor&#233;e du Nord. Les mouvements qui n'avaient pas rejoint le nouveau parti furent d'abord marginalis&#233;s, puis ceux qui tent&#232;rent de maintenir une existence politique firent l'objet de pers&#233;cutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime qui s'installait au Nord &#233;tait indubitablement r&#233;pressif, r&#233;unissant les traits de beaucoup de dictatures militaires du tiers monde &#224; l'&#233;poque. Comme dans les d&#233;mocraties populaires mises en place sous la protection de l'Arm&#233;e Rouge en Europe centrale et orientale, la premi&#232;re victime du nouveau r&#233;gime fut la classe ouvri&#232;re tant politiquement que physiquement, en raison des efforts surhumains exig&#233;s des travailleurs au nom des n&#233;cessit&#233;s de la reconstruction &#233;conomique. Mais en m&#234;me temps, le discours anti-imp&#233;rialiste de Pyongyang, ses nationalisations et surtout la r&#233;forme agraire radicale qu'il avait mise en place rendaient le r&#233;gime tr&#232;s populaire, non seulement au Nord mais &#233;galement au Sud, o&#249; montait le ressentiment contre l'oligarchie parasitaire des propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1946 en Cor&#233;e du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots a commenc&#233; &#224; Busan le 23 septembre 1946 et a conduit au soul&#232;vement de Daegu le 1er octobre 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tait contr&#244;l&#233;e par un Conseil national des travailleurs cor&#233;ens. La premi&#232;re gr&#232;ve du conseil a commenc&#233; le 23 septembre par plus de 7 000 cheminots &#224; Busan . Environ 40 000 cheminots ont rapidement particip&#233; &#224; la gr&#232;ve des cheminots, qui s'est rapidement propag&#233;e &#224; travers le pays. Entre 250 000 et 300 000 travailleurs en gr&#232;ve dans tous les secteurs industriels, y compris les m&#233;taux et les produits chimiques. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a commenc&#233; avec des revendications telles que le rationnement du riz, les augmentations de salaire, l'opposition au licenciement, la libert&#233; du mouvement ouvrier et la lib&#233;ration des figures d&#233;mocratiques. Quinze mille &#233;tudiants des &#233;coles et lyc&#233;es professionnels de S&#233;oul sont &#233;galement descendues dans la rue le 27 septembre, exigeant l'abolition de l'enseignement colonial. Certaines forces de d&#233;fense sud-cor&#233;ennes (maintenant l' arm&#233;e de la R&#233;publique de Cor&#233;e ) et les forces de s&#233;curit&#233; maritime (maintenant la marine de la R&#233;publique de Cor&#233;e ) se sont jointes &#224; la gr&#232;ve, et &#224; S&#233;oul, des dizaines de membres du Parti communiste am&#233;ricain de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en Cor&#233;e ont appel&#233; au retrait des troupes am&#233;ricaines de Joseon. La sixi&#232;me r&#233;union du Comit&#233; central du Comit&#233; populaire provisoire de Cor&#233;e du Nord a adopt&#233; une d&#233;claration affirmant la l&#233;gitimit&#233; de la gr&#232;ve et soutenant les gr&#233;vistes dans le sud, mais le comit&#233; n'a pas tol&#233;r&#233; la lutte violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'USAMGIK a envoy&#233; plus de 2 000 officiers arm&#233;s &#224; Seoul Railroad, le centre de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le 30 septembre. Environ 1 000 manifestants, dont la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (l'actuelle F&#233;d&#233;ration des syndicats cor&#233;ens ), le Bureau du peuple cor&#233;en et la presse de l'Assembl&#233;e nationale, ont &#233;galement rejoint la bataille de rue de huit heures men&#233;e par Kim Du-han. Trois personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es et des centaines ont &#233;t&#233; bless&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une manifestation organis&#233;e le 1er octobre par des gr&#233;vistes &#224; Daegu a &#233;t&#233; la cible de tirs de la police et un cheminot a &#233;t&#233; tu&#233;. Des milliers de manifestants (y compris des &#233;tudiants) ont transport&#233; son corps dans les rues de la ville le lendemain, malgr&#233; les tentatives de la police pour les arr&#234;ter. La gr&#232;ve a ensuite &#233;volu&#233; vers le soul&#232;vement d'automne plus large , au cours duquel des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es, des milliers ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et la loi martiale a &#233;t&#233; impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soul&#232;vement d'automne de 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de Daegu 10.1 de 1946 en Cor&#233;e &#233;tait un soul&#232;vement paysan dans les provinces du sud de la Cor&#233;e contre les politiques du gouvernement militaire de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en Cor&#233;e dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral John R. Hodge et en faveur du r&#233;tablissement du pouvoir aux comit&#233;s populaires qui composaient la R&#233;publique populaire de Cor&#233;e . Le soul&#232;vement est &#233;galement appel&#233; &#171; r&#233;volte de Daegu &#187; ou de &#171; Mouvement de R&#233;sistance de Daegu &#187;. La Commission v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation de Cor&#233;e du Sud choisit le nom neutre de &#171; Incident d'octobre de Daegu &#187;, en fait &lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Autumn_Uprising_of_1946?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un v&#233;ritable soul&#232;vement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cor&#233;enne en septembre, &#224; la fin de laquelle plus de 250 000 travailleurs avaient particip&#233;. La gr&#232;ve a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale par le gouvernement militaire am&#233;ricain et les gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par la police. Le 1er octobre, une manifestation de gr&#233;vistes &#224; Daegu a &#233;t&#233; la cible de tirs de la police et un cheminot a &#233;t&#233; tu&#233;. Le lendemain, des milliers de manifestants, dont des &#233;l&#232;ves d'&#233;coles et d'universit&#233;s, ont transport&#233; son corps dans les rues de la ville, malgr&#233; les tentatives de la police pour les arr&#234;ter. La gr&#232;ve a ensuite &#233;volu&#233; vers le soul&#232;vement d'automne plus g&#233;n&#233;ral (ou soul&#232;vement de Daegu 10.1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement lui-m&#234;me a commenc&#233; &#224; Busan et s'est finalement &#233;tendu &#224; S&#233;oul, Daegu, Gyeongsangbuk-do, Gyeongsangnam-do, Chungcheongnam-do et Jeollanam-do et s'est termin&#233; &#224; la mi-novembre. D'autres revendications exprim&#233;es pendant le soul&#232;vement concernaient de meilleures conditions de travail, des salaires plus &#233;lev&#233;s, le droit de s'organiser et la lib&#233;ration des prisonniers politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les conditions, le gouvernement militaire des &#201;tats-Unis a r&#233;pondu de diff&#233;rentes mani&#232;res, notamment en mobilisant des briseurs de gr&#232;ve , la police, des groupes de jeunes de droite, en envoyant des troupes et des chars am&#233;ricains, et en d&#233;clarant la loi martiale , et a r&#233;ussi &#224; r&#233;primer le soul&#232;vement. Le soul&#232;vement a entra&#238;n&#233; la mort de 92 policiers, 163 travailleurs civils, 116 civils et 240 &#233;meutiers. 2 609 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es par la police et l'arm&#233;e. Certains analystes disent que le soul&#232;vement, qui &#233;tait en partie une r&#233;action aux &#233;lections d'octobre pour l'Assembl&#233;e l&#233;gislative int&#233;rimaire sud-cor&#233;enne, organis&#233;e par le gouvernement militaire des &#201;tats-Unis, est un meilleur indicateur de l'opinion publique que l'&#233;lection elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite du soul&#232;vement est consid&#233;r&#233;e comme un tournant dans l'&#233;tablissement d'un contr&#244;le politique sur la Cor&#233;e, car les comit&#233;s populaires et le Conseil national des syndicats cor&#233;ens ont &#233;t&#233; affaiblis par la r&#233;pression. Pour les Am&#233;ricains, la r&#233;bellion de la r&#233;colte d'automne a ajout&#233; une nouvelle urgence &#224; l'effort de trouver une formule pour unifier les deux zones d'occupation de la Cor&#233;e sous un gouvernement &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, la Commission v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation a pr&#233;sent&#233; ses conclusions, il y avait 60 victimes aux familles desquelles il a sugg&#233;r&#233; que le gouvernement devrait fournir une indemnisation, et il y avait environ 7 500 autres personnes qui ont souffert de l'incident. Certaines victimes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et tortur&#233;es, puis la police et des groupes d' extr&#234;me droite ont endommag&#233; ou confisqu&#233; leurs maisons et leurs biens. Les familles des victimes ont d&#251; endurer la honte d'&#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement d'octobre, l'incident du 1er octobre, les &#233;meutes de Yeongnam et les &#233;meutes d'octobre, selon le point de vue historique. D'un point de vue partisan, cela s'appelle le soul&#232;vement d'octobre, une critique l'appelle &#233;meutes de Yeongnam et &#233;meutes d'octobre, et d'un point de vue neutre, il s'appelle l'incident du 1er octobre. Du point de vue de l'affirmation de l'agitation et de l'initiative du Parti communiste de Cor&#233;e, on l'appelle parfois l'&#233;meute d'Octobre. Dans le pass&#233;, les termes de l'&#233;meute d'octobre, de l'&#233;meute de Yeongnam et de l'&#233;meute d'octobre &#233;taient utilis&#233;s de mani&#232;re interchangeable, et officiellement, le terme &#233;tait d&#233;sign&#233; comme l'incident plus neutre du 1er octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lib&#233;ration , la vie des Cor&#233;ens sous l' USAMGIK du commandement militaire am&#233;ricain en Cor&#233;e du Sud &#233;tait affam&#233;e. Parce que la politique de rationnement de riz de l' USAMGIK a &#233;chou&#233;. La faim &#224; Daegu , o&#249; des &#233;pid&#233;mies de chol&#233;ra au cours de cette p&#233;riode, &#233;tait particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re. Apr&#232;s la survenue de 2 000 patients atteints de chol&#233;ra &#224; Daegu et Gyeongsangbuk-do, le gouvernement a bloqu&#233; Daegu sans prendre les mesures appropri&#233;es pour le traitement en disant qu'il pr&#233;venait la transmission. En cons&#233;quence, les v&#233;hicules et les personnes ne pouvaient pas traverser les limites de la ville et l'approvisionnement en r&#233;coltes et en produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; a &#233;t&#233; coup&#233;. Surtout, le riz &#233;tait rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la police de l'ancien pro-japonais qui a &#233;t&#233; embauch&#233; comme police nationale a vol&#233; des agriculteurs de riz de la m&#234;me mani&#232;re que pendant la Cor&#233;e sous la domination japonaise . La col&#232;re des citoyens contre les policiers pro-japonais a beaucoup augment&#233;, et la police a ripost&#233; contre eux ici et l&#224;. Au milieu de cela, le sentiment public de Daegu et de Gyeongsnabuk-do &#233;tait tr&#232;s chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, en mai 1946, dans le cas des faux billets de Jung Pan-sa, l' USAMGIK a annonc&#233; &#171; l'ill&#233;galisation des activit&#233;s communistes &#187; et a &#233;mis un mandat d'arr&#234;t massif contre les responsables du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation des ouvriers n'a pas d&#233;cru avec la r&#233;pression et ils ont organis&#233; une gr&#232;ve massive men&#233;e par les cheminots et les travailleurs des transports en septembre 1946, qui est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de septembre s'est &#233;tendue &#224; tout le pays, en commen&#231;ant par la gr&#232;ve des cheminots dans la r&#233;gion de Busan. De cette fa&#231;on, le Parti communiste et Jeon-pyeong ont men&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en septembre et ont frapp&#233; de plein fouet l' USAMGIK pour de bon. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de septembre s'est rapidement &#233;tendue &#224; tout le pays et les travailleurs se sont mis en gr&#232;ve. L' USAMGIK a mis la police nationale et les groupes de jeunes anticommunistes pour &#233;craser la gr&#232;ve, mais il y avait une situation inattendue ici. Lorsque la police a tir&#233; sur les gr&#232;ves des travailleurs &#224; Daegu, la r&#233;action ouvri&#232;re et populaire s'est d&#233;velopp&#233;e en r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En avril 1960, le soul&#232;vement d'avril 1960 mettait fin au r&#233;gime Syngman Rhee&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution d'Avril 1960 en Cor&#233;e du Sud a marqu&#233; une &#233;tape d&#233;cisive dans la lutte contre l'autoritarisme. Si la victoire de la d&#233;mocratie n'a alors &#233;t&#233; qu'&#233;ph&#233;m&#232;re, suite au coup d'Etat militaire du 16 mai 1961, le soul&#232;vement du 19 avril 1960 a abattu le r&#233;gime Syngman Rhee et, plus fondamentalement encore, marqu&#233; l'irruption des masses dans l'histoire de la Cor&#233;e du Sud. La R&#233;volution d'Avril 1960 a aussi consacr&#233; l'alliance des jeunes et des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1959 : l'autocrate Syngman Rhee, au pouvoir depuis 1948 et alors &#226;g&#233; de 84 ans, pr&#233;pare sa troisi&#232;me r&#233;&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, tandis que sa formation politique, le Parti lib&#233;ral, d&#233;signe Yi Gi-bung comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1959, Syngman Rhee annonce son intention d'avancer au 15 mars 1960 la date de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, normalement pr&#233;vue en mai 1960, au motif d'&#233;viter la p&#233;riode charg&#233;e des r&#233;coltes... bien que le mois de mai ne corresponde &#224; aucune date de r&#233;colte. Ce choix &#233;tait en fait li&#233; &#224; l'&#233;tat de sant&#233; du candidat du Parti d&#233;mocrate (opposition) &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle : le 15 f&#233;vrier, huit jours apr&#232;s le d&#233;p&#244;t des candidatures, Jo Byeong-ok mourait, et les demandes de son parti de pr&#233;senter un nouveau candidat &#224; la pr&#233;sidence &#233;taient rejet&#233;es. Syngman Rhee devenait ainsi l'unique candidat au poste de pr&#233;sident de la R&#233;publique. Le 13 f&#233;vrier, le chef de l'Etat avait d&#233;clar&#233;, sans fondement constitutionnel, que le vice-pr&#233;sident devait appartenir au m&#234;me parti que le pr&#233;sident. D&#232;s lors, l'&#233;lection &#233;tait verrouill&#233;e, m&#234;me si le candidat du Parti d&#233;mocrate &#224; la vice-pr&#233;sidence (et vice-pr&#233;sident sortant, &#233;lu lors du pr&#233;c&#233;dent scrutin de 1956), Jang Myeon, devait obtenir &#224; nouveau plus de voix que Yi Gi-bung, choisi par Rhee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tincelle du mouvement r&#233;volutionnaire fut allum&#233;e par les &#233;tudiants de l'universit&#233; de Daegu qui d&#233;cid&#232;rent de manifester contre la d&#233;cision de fixer au 28 f&#233;vrier, jour d'un meeting dans leur ville de Jang Myeon, la date des examens de fin de semestre. Apr&#232;s les &#233;tudiants de Daegu, c'est au tour de ceux de S&#233;oul puis de Daejon de manifester, respectivement le 5 mars et le 8 mars, avant la g&#233;n&#233;ralisation des manifestations &#233;tudiantes, entre le 10 et le 14 mars. Deux revendications sont &#224; l'ordre du jour : aux demandes r&#233;currentes de respecter la libert&#233; des campus s'ajoute le refus de la supercherie &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mars, les bourrages d'urnes, les votes publics par groupes de trois personnes ou encore les expulsions des superviseurs du Parti d&#233;mocrate donn&#232;rent les r&#233;sultats officiels attendus du pouvoir : Syngman Rhee remportait plus de 9,6 millions de voix (88,7 % des suffrages exprim&#233;s) et Yi Gi-bung obtenait un succ&#232;s &#233;crasant au poste de vice-pr&#233;sident (8,3 millions de voix, soit 79 % des suffrages exprim&#233;s, contre 1,8 million de voix et 21 % des suffrages exprim&#233;s pour Jang Myeon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur des fraudes, des manifestations violemment r&#233;prim&#233;es eurent lieu le jour m&#234;me du scrutin, en particulier &#224; Masan, pr&#232;s de Pusan, o&#249; le bilan parmi les manifestants entra&#238;na 8 morts et 70 bless&#233;s. Comme tout au long du soul&#232;vement, le gouvernement Syngman Rhee accusa les communistes d'&#234;tre derri&#232;re les &#233;v&#233;nements. A Masan, le soul&#232;vement avait conduit au sac de postes de police, d'un journal pro-gouvernemental et du si&#232;ge du comit&#233; de campagne du Parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 avril &#233;tait retrouv&#233; dans la baie de Masan le corps d'un &#233;tudiant de 17 ans port&#233; disparu, Kim Ju-yeol (photo ci-dessus, source : Korea Times). Le m&#234;me jour, &#224; 18 heures, une manifestation r&#233;unit 30 000 participants &#224; Masan. Durant la nuit, deux personnes furent abattues par la police. Les &#233;tudiants allaient d&#233;sormais prendre une part essentielle aux manifestations qui devaient causer la chute de Syngman Rhee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 avril, les &#233;tudiants de l'Universit&#233; de Goryo, &#224; S&#233;oul, organis&#232;rent un sit-in devant l'Assembl&#233;e nationale. Une attaque orchestr&#233;e par des voyous soutenus par le Parti lib&#233;ral causa une dizaine de bless&#233;s. Le lendemain, l'incident faisait la une des journaux. Les m&#233;dias se d&#233;solidarisaient du pouvoir, rendant d&#233;sormais compte en d&#233;tail des manifestations &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle manifestation &#233;tudiante, le mardi 19 avril, eut une ampleur in&#233;gal&#233;e, rassemblant les &#233;tudiants en lettres, en sciences en droit et en art de l'Universit&#233; nationale de S&#233;oul, ceux en sciences de l'&#233;ducation et en gestion de l'Universit&#233; de Konkuk, les lyc&#233;ens de Dongsung, les &#233;tudiants des Universit&#233;s de Goryo, Dongguk, Yonsei et Chungang. A 11h50, une partie des &#233;tudiants marcha sur le Capitole, si&#232;ge du gouvernement, et le palais pr&#233;sidentiel, en conspuant le chef de l'Etat. Les forces de police du palais pr&#233;sidentiel ouvrirent le feu vers 13h40, entra&#238;nant 21 morts. Vers 14h30, les manifestants &#233;taient 200.000 &#224; S&#233;oul, s'opposant aux forces de police. Vingt-six b&#226;timents furent d&#233;truits, dont le si&#232;ge du Seoul Sinmun et la Maison de l'anticommunisme. Le bilan des combats &#224; S&#233;oul s'&#233;tablissait, au 21 avril, &#224; 104 morts (dont 3 policiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, la loi martiale &#233;tait proclam&#233;e &#224; S&#233;oul &#224; 14h40 (avec effet r&#233;troactif &#224; 13h), puis &#233;tendue aux principales villes de province, o&#249; des manifestations de masse avaient entra&#238;n&#233; des morts &#224; Gwangju et Pusan. Le bilan total de la r&#233;pression atteignit 186 morts, dont 77 &#233;tudiants, coll&#233;giens et lyc&#233;ens et 66 paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la direction de Song Yo-chan, les troupes de la loi martiale engag&#232;rent des pourparlers avec les manifestants, conduisant &#224; la lib&#233;ration des &#233;tudiants emprisonn&#233;s. La tournure des &#233;v&#232;nements surprit Syngman Rhee et ses ministres, d'autant plus - fait unique dans l'histoire de la Cor&#233;e du Sud - qu'ils avaient perdu le soutien du gouvernement am&#233;ricain. Initialement, les Etats-Unis n'avaient pas critiqu&#233; les fraudes de l'&#233;lection du 15 mars, confirmant m&#234;me une visite officielle du pr&#233;sident Dwight D. Eisenhower. Mais au lendemain du soul&#232;vement du 19 avril, le minist&#232;re am&#233;ricain des Affaires &#233;trang&#232;res fit une d&#233;claration, le 20 avril, demandant une d&#233;mocratisation de la Cor&#233;e du Sud. Le 21 avril, le gouvernement et les dirigeants du Parti lib&#233;ral remirent collectivement leur d&#233;mission. Mais Syngman Rhee restait en place, d&#233;clarant se tenir &#224; l'&#233;cart des partis, en &#233;vitant d'aborder les questions de la fraude &#233;lectorale et de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril, 300 professeurs se r&#233;unirent &#224; l'Universit&#233; nationale de S&#233;oul et d&#233;clar&#232;rent que les manifestations traduisaient l'esprit de la nation. Ils demand&#232;rent la d&#233;mission du pr&#233;sident, des d&#233;put&#233;s et des juges de la Cour supr&#234;me. Prenant la t&#234;te d'une manifestation appelant &#224; venger les &#233;tudiants morts, ils furent rejoints par plus de 40.000 manifestants, alors que les troupes de la loi martiale attendaient des instructions. Syngman Rhee proc&#233;dait &#224; la nomination du Premier ministre par int&#233;rim Heo Jeong comme ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, appel&#233; &#224; exercer les fonctions de chef de l'Etat s'il d&#233;missionnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations du 26 avril commenc&#232;rent d&#232;s 5 heures du matin, &#224; la fin du couvre-feu. Les manifestants mont&#232;rent sur les chars des troupes de la loi martiale, tandis que la statue de bronze de Syngman Rhee au milieu du parc de la Pagode &#233;tait renvers&#233;e. Syngman Rhee n'avait plus d'autre choix que de remettre sa d&#233;mission, annonc&#233;e &#224; 10h20 par le Quartier g&#233;n&#233;ral de la loi martiale. Le 28 avril, Yi Gi-bung, sa femme, son fils a&#238;n&#233; - &#233;galement fils adoptif de Syngmann Rhee - et son fils cadet se suicid&#232;rent dans le palais pr&#233;sidentiel. Le 29 mai, Syngman Rhee partait en exil &#224; Hawa&#239;, o&#249; il mourrait en 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution d'avril 1960 avait eu raison de douze ans de r&#233;gime autoritaire. Il restait aux vainqueurs du jour &#224; s'organiser, divis&#233;s entre l'ancienne opposition de droite et la gauche d&#233;capit&#233;e apr&#232;s l'ex&#233;cution de Cho Bong-am, moins d'un an plus t&#244;t. Si dans ce contexte de dissensions le coup d'Etat militaire de mai 1961 devait bient&#244;t mettre fin &#224; la premi&#232;re p&#233;riode de d&#233;mocratie en Cor&#233;e du Sud, celle-ci n'en allait pas moins fa&#231;onner l'histoire de la Cor&#233;e contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Seo Joong-seok, La Cor&#233;e du Sud : 60 ans d'histoire contemporaine. Origines et &#233;tapes du mouvement d&#233;mocratique, Fondation cor&#233;enne pour la d&#233;mocratie, S&#233;oul, 2007, pp. 85-108.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Kang Man-gil, A History of contemporary Korea, Global oriental, 2005 pour la version anglaise, pp. 238-240.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire contre la mis&#232;re, la dictature et la division du pays&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la dictature de Park Chung Hee &#224; celle de Chun Doo Hwan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la dictature de Park, malgr&#233; la r&#233;pression, de grands mouvements de protestation &#233;clatent chroniquement dans lesquels les &#233;tudiants jouent un r&#244;le de premier plan. C'est notamment le cas des grandes manifestations en 1965 contre la signature du trait&#233; entre le Japon et la Cor&#233;e et en 1972 contre la proclamation de la loi martiale et la nouvelle Constitution qui octroie au dictateur de rester en poste jusqu'&#224; sa mort. Des manifestations &#233;tudiantes durement r&#233;prim&#233;es dans la ville de Pusan, en octobre 1979, d&#233;clenchent une crise de r&#233;gime qui se solde par l'assassinat de Park Chung Hee, le 26 octobre. Park tombe sous les balles de son collaborateur le plus proche, Kim Jae Kyu, alors directeur de la KCIA (Agence centrale de renseignement sud-cor&#233;enne). Une grande manifestation &#233;tudiante dans la cit&#233; industrielle de Pusan, le 16 octobre, a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en affrontement avec la police le lendemain. Le gouvernement Park a aussit&#244;t proclam&#233; l'&#233;tat d'urgence dans cette ville, envoyant une division d'infanterie. Malgr&#233; cette mesure, les manifestations s'&#233;tendent &#224; d'autres villes comme Masan, une autre ville industrielle, o&#249; se trouvent de nombreuses entreprises exportatrices. De nombreux ouvriers se sont engag&#233;s dans des actions de rue. Park d&#233;clare aussi l'&#233;tat de si&#232;ge &#224; Masan. Pendant les quatre jours d'affrontement, ce sont 4 207 personnes qui sont arr&#234;t&#233;es. Les manifestations &#233;tudiantes s'&#233;tendent &#224; la capitale, S&#233;oul |25|. Le chef de la KCIA juge qu'en se d&#233;barrassant de Park, il est possible de sauver la situation. Au lendemain de la mort du g&#233;n&#233;ral Park, l'arm&#233;e est divis&#233;e : un secteur laisse miroiter la perspective d'une certaine &#171; lib&#233;ralisation &#187; du r&#233;gime. Les mobilisations se poursuivent. D&#233;but d&#233;cembre 1979, la plupart des d&#233;tenus politiques (dont certains purgeaient de tr&#232;s longues peines de prison) sont lib&#233;r&#233;s. Le 12 d&#233;cembre, coup de th&#233;&#226;tre, le major-g&#233;n&#233;ral Chun Doo Hwan r&#233;ussit un putsch au sein de l'arm&#233;e, il fait arr&#234;ter son principal rival le g&#233;n&#233;ral Ching et prend le contr&#244;le total de l'arm&#233;e. Les mobilisations se poursuivent. Le 14 avril 1980, Chun Doo Hwan qui conserve ses fonctions de chef de l'arm&#233;e est nomm&#233; directeur de la KCIA par le chef de l'Etat. Les mobilisations se poursuivent. Le retour &#224; la dictature militaire ouverte a lieu le 18 mai 1980. Une r&#233;pression brutale est d&#233;clench&#233;e : tous les dirigeants de l'opposition sont arr&#234;t&#233;s. Cela provoque de grandes explosions sociales dont l'insurrection urbaine de Kwangju est le point culminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement apr&#232;s la proclamation d'une nouvelle loi martiale, le 18 mai 1980, plusieurs milliers d'&#233;tudiants de l'universit&#233; de Chonam &#224; Kwangju descendent dans la rue. Des r&#233;giments de parachutistes sont envoy&#233;s et assassinent des manifestants, dont des jeunes filles, &#224; la ba&#239;onnette (voir encadr&#233; en bas d'article). Le lendemain, plus de 50 000 personnes commencent &#224; affronter les soldats. Au cours des combats, plus de 260 d'entre elles sont tu&#233;es. Apr&#232;s quatre jours de lutte acharn&#233;e, le nombre des insurg&#233;s atteint 200 000 dans une ville dont la population est d'environ 750 000. Ils prennent finalement le contr&#244;le de la ville toute enti&#232;re. Les stations de radio sont incendi&#233;es par les manifestants rendus furieux par le fait qu'aucune information n'a &#233;t&#233; donn&#233;e sur leur lutte en raison de la censure impos&#233;e par la loi martiale. Les insurg&#233;s se saisissent des armes abandonn&#233;es par les troupes repli&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur et s'organisent en comit&#233;s de contr&#244;le et d'administration de la ville. Le 23 mai, c'est la province de Cholla au sud de la Cor&#233;e qui est toute enti&#232;re aux mains des &#233;tudiants et de la population insurg&#233;e. Les &#233;tudiants de Kwangju s'emparent de bus et de camions et, les armes &#224; la main, se rendent d'une ville &#224; l'autre permettant ainsi l'extension du mouvement. Alors que de nouvelles troupes gouvernementales approchent de Kwangju, les insurg&#233;s constituent un comit&#233; de crise afin de n&#233;gocier avec les autorit&#233;s charg&#233;es d'imposer la loi martiale. Ils exigent de ces autorit&#233;s qu'elles pr&#233;sentent des excuses au peuple de Kwangju pour les atrocit&#233;s commises, qu'elles versent des indemnit&#233;s pour les bless&#233;s et les morts, qu'elles n'exercent pas de repr&#233;sailles apr&#232;s les &#233;v&#233;nements, que les chefs militaires ne d&#233;placent pas les troupes avant qu'un r&#232;glement n'intervienne. Malgr&#233; ces n&#233;gociations, les troupes, environ 17 000 hommes, prennent d'assaut la ville &#224; l'aube du 27 mai et l'occupent. Le nombre des morts du c&#244;t&#233; des &#233;tudiants et des habitants de la ville d&#233;passe plusieurs centaines |26|. La r&#233;pression s'est faite avec la b&#233;n&#233;diction de l'arm&#233;e am&#233;ricaine et de Washington |27|. Dans les mois qui suivent, la r&#233;pression touche tout le pays. Selon un rapport officiel dat&#233; du 9 f&#233;vrier 1981, plus de 57 000 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#224; l'occasion de la &#8216;Campagne de purification sociale' engag&#233;e depuis l'&#233;t&#233; 1980. Pr&#232;s de 39 000 d'entre elles ont &#233;t&#233; envoy&#233;es dans des camps militaires pour une &#8216;r&#233;&#233;ducation physique et psychologique' |28|. En f&#233;vrier 1981, le dictateur Chun Doo Hwan est re&#231;u &#224; la Maison Blanche par le nouveau pr&#233;sident des &#278;tats-Unis, Ronald Reagan |29|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treizi&#232;me constat : Un puissant mouvement social anti-dictatorial avec &#224; sa t&#234;te les &#233;tudiants affronte la dictature. Apr&#232;s l'assassinat de Park (octobre 1979) et un court interm&#232;de d&#233;mocratique, une nouvelle dictature f&#233;roce s'installe en d&#233;clenchant une r&#233;pression sanglante en mai 1980 soutenue par Washington et par Tokyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;conomique du dictateur Chun Doo Hwan (1980-1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'assassinat du dictateur Park Chung Hee en 1979 et la mise en place de la dictature du g&#233;n&#233;ral Chun Doo Hwan, l'orientation &#233;conomique ne change pas fondamentalement. La Cor&#233;e qui s'est endett&#233;e fortement au cours des ann&#233;es 1970 aupr&#232;s des banques &#233;trang&#232;res, principalement japonaises, subit plus durement que les autres PED le choc de la hausse brutale des taux d'int&#233;r&#234;t car elle a largement emprunt&#233; &#224; taux variables. En 1983, la Cor&#233;e du Sud est quatri&#232;me sur la liste des pays les plus endett&#233;s en chiffres absolus (43 milliards de dollars), elle n'est pr&#233;c&#233;d&#233;e que par le Br&#233;sil (98 milliards), le Mexique (93 milliards) et l'Argentine (45 milliards). Mais, encore une fois, sa position g&#233;ostrat&#233;gique lui donne droit &#224; un traitement diff&#233;rent de celui des autres pays en d&#233;veloppement. Le Japon vient &#224; la rescousse en versant &#224; la Cor&#233;e 3 milliards de dollars (au titre des r&#233;parations de guerre) que celle-ci utilise pour maintenir le remboursement de la dette &#224; l'&#233;gard des banquiers japonais. Cela lui &#233;vite de devoir faire appel au FMI et de se plier &#224; ses conditions draconiennes |30|. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement japonais &#233;vite ainsi la faillite de certaines de ses banques et obtient de la Cor&#233;e du Sud de plus grandes facilit&#233;s d'investissement. Quatorzi&#232;me constat : Contrairement &#224; la version de la Banque mondiale, le recours massif &#224; l'endettement externe aupr&#232;s des banques priv&#233;es a failli co&#251;ter tr&#232;s cher &#224; la Cor&#233;e du Sud. Si celle-ci n'avait pas occup&#233; une place g&#233;ostrat&#233;gique de toute premi&#232;re importance aux yeux des Etats-Unis et du Japon, elle aurait pu conna&#238;tre le sort de pays comme l'Argentine, le Br&#233;sil et le Mexique qui ont d&#251; se soumettre aux conditions du FMI. Comme on le verra dans la suite, elle a pu continuer &#224; suivre une voie partiellement ind&#233;pendante de d&#233;veloppement jusqu'aux ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e est aussi affect&#233;e par le second choc p&#233;trolier de 1979 (hausse du prix du p&#233;trole provoqu&#233;e par la r&#233;volution iranienne et le renversement du Shah) mais encaisse le coup. Le contr&#244;le autoritaire sur l'&#233;conomie est maintenu : le gouvernement impose aux industries de fabriquer tel produit plut&#244;t que tel autre. Il d&#233;cide de restructurer l'industrie de production de v&#233;hicules de transport et charge deux chaebols de produire des automobiles. La Banque mondiale s'oppose &#224; cette orientation et recommande au contraire &#224; la Cor&#233;e d'abandonner la production de v&#233;hicules finis en se concentrant sur la production de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es destin&#233;es &#224; l'exportation. La Banque explique que les voitures cor&#233;ennes ne se vendront pas. Les autorit&#233;s cor&#233;ennes tiennent t&#234;te. R&#233;sultat : au milieu des ann&#233;es 1980, la firme cor&#233;enne Hyundai (contr&#244;l&#233;e &#224; 100% par du capital priv&#233; cor&#233;en soutenu par les pouvoirs publics) r&#233;ussit &#224; exporter ses voitures aux &#201;tats-Unis et &#224; y conqu&#233;rir de substantielles parts de march&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, la Banque a d&#233;finitivement tourn&#233; la page des concessions &#224; l'&#233;gard du mod&#232;le d'industrialisation par substitution d'importation. En 1981, sous l'administration Reagan, les derniers &#233;conomistes favorables &#224; une intervention de l'&#201;tat sont remplac&#233;s par des n&#233;olib&#233;raux purs et durs avec Anne Krueger comme &#233;conomiste en chef. Celle-ci a &#233;crit quelques ann&#233;es auparavant un livre sur la Cor&#233;e pour d&#233;montrer la sup&#233;riorit&#233; de la substitution d'exportation sur la substitution d'importation |31|. La volont&#233; de S&#233;oul de produire des automobiles pour l'exportation s'inscrit dans une d&#233;marche agressive de substitutions d'exportation et, en principe, elle devrait &#234;tre fermement soutenue par la Banque. Ce n'est pas le cas car la d&#233;cision de S&#233;oul menace l'industrie automobile des &#278;tats-Unis. La limite de la grande flexibilit&#233; des &#233;conomistes de la Banque est vite atteinte lorsque les int&#233;r&#234;ts des &#278;tats-Unis sont en jeu. Quinzi&#232;me constat : Le r&#233;gime de Chun Doo Hwan refuse une nouvelle fois de suivre les recommandations de la Banque mondiale et gagne son pari contre elle. La Banque maintient cependant son soutien &#224; la dictature car elle veut &#224; tout prix tenter de l'influencer. De leur c&#244;t&#233;, les &#278;tats-Unis commencent &#224; se m&#233;fier de l'app&#233;tit des entreprises sud-cor&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de la dictature de Chun Doo Hwan (1980-1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979-1980, dans de nombreuses entreprises, des ouvriers cherchent &#224; se doter de syndicats. L'enjeu est la formation de nouveaux syndicats &#171; ind&#233;pendants &#187;, d&#233;fiant ouvertement la politique de collaboration de la direction de la FKTU, tout en &#233;tant oblig&#233;s de s'y affilier conform&#233;ment &#224; la loi. Suite &#224; la r&#233;pression d&#233;clench&#233;e par Chun Doo Hwan, une centaine de sections locales de la FKTU sont dissoutes, 191 permanents sont licenci&#233;s et certains sont envoy&#233;s dans des camps. Dans ce mouvement de cr&#233;ation des syndicats ind&#233;pendants, le r&#244;le moteur a &#233;t&#233; jou&#233; par des jeunes, ouvriers ou &#233;tudiants contestataires, qui ont choisi de s'&#233;tablir en usine pour poursuivre la lutte politique entam&#233;e &#224; l'universit&#233;. Le mouvement &#233;tudiant a commenc&#233; &#224; relever la t&#234;te en 1983-1984 et conna&#238;t un processus non seulement de radicalisation mais aussi de politisation en profondeur. De d&#233;but 1986 &#224; mai 1986, 166 000 &#233;tudiants ont particip&#233; &#224; des manifestations |32|. L'importance du mouvement dans les universit&#233;s |33| est refl&#233;t&#233;e par le fait que ce sont les &#233;tudiants qui constituent la grande majorit&#233; des prisonniers politiques (800 &#233;tudiants sur 1 300 d&#233;tenus politiques). Dans les usines, les ouvriers reprennent le combat &#224; partir de 1985. Pour la premi&#232;re fois, une gr&#232;ve importante &#233;clate dans un chaebol, l'entreprise Daewoo Motors. Elle est couronn&#233;e de succ&#232;s et un nouveau syndicat ind&#233;pendant est cr&#233;&#233;. Le 12 f&#233;vrier 1986, une campagne de p&#233;tition est lanc&#233;e &#224; S&#233;oul par le Nouveau Parti d&#233;mocratique de Cor&#233;e (NKDP) pour changer la Constitution (l'objectif est de permettre l'&#233;lection par suffrage direct du pr&#233;sident et non par un coll&#232;ge &#233;lectoral). Dans les mois suivants, une s&#233;rie de rassemblements mobilisent des dizaines de milliers de personnes dans les grandes villes du pays. Les &#233;tudiants participent de mani&#232;re autonome au mouvement d&#233;mocratique en mettant en avant des mots d'ordre radicaux tels que &#8216;A bas la dictature militaire', &#8216;Contre la pr&#233;sence dans le pays des 40.000 soldats US' et pour une &#8216;Constitution populaire'. Le 29 novembre 1986, le r&#233;gime fait investir la ville de S&#233;oul par 50 000 policiers afin d'emp&#234;cher la tenue d'un rassemblement du NKDP. Le r&#233;gime applique la force de l'&#201;tat contre l'opposition mais cette politique &#233;choue car une lame de fond traverse toutes les couches de la soci&#233;t&#233; pour les revendications d&#233;mocratiques. Les n&#233;gociations entre dictature et opposition sur les proc&#233;dures &#233;lectorales n'aboutissent pas. Le gouvernement est affaibli par les suites politiques de l'assassinat d'un &#233;tudiant dans un commissariat. Dans cette situation, toutes les forces d'opposition, dont la nouvelle coalition issue d'une scission du NKDP, appellent &#224; une manifestation le 10 juin 1987. La veille, la police a interpell&#233; 3 000 personnes, mis en r&#233;sidence surveill&#233;e 140 dirigeants de l'opposition, d&#233;ploy&#233; des dizaines de milliers de policiers. Rien n'y fait : le 10 juin et les jours suivants, la protestation s'&#233;tend &#224; tout le pays, des affrontements massifs atteignent un tel niveau que le r&#233;gime commence &#224; reculer : les &#233;lections pr&#233;sidentielles directes sont acquises |34|. Cette fois-ci, Washington a fini par mettre la pression sur la dictature pour qu'elle l&#226;che du lest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des usines, le mouvement ne se limite pas &#224; la perspective des urnes. Les travailleurs sud-cor&#233;ens s'engouffrent dans la br&#232;che ouverte par la victoire du mouvement de masse de juin 1987 dont le fer de lance fut constitu&#233; par les &#233;tudiants. L'&#233;t&#233; 1987 voit la Cor&#233;e du Sud secou&#233;e par une vague de gr&#232;ves sans pr&#233;c&#233;dent. Entre le 17 juillet et le 25 ao&#251;t, on d&#233;nombre 1 064 conflits du travail |35| alors que la moyenne annuelle des dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes s'&#233;tablit &#224; 200 conflits |36|. Tous les secteurs de l'&#233;conomie sont touch&#233;s, y compris les chaebols (24 000 ouvriers des chantiers navals de Hyundai, 15 000 mineurs de charbon, etc.). Les luttes sont marqu&#233;es par une forte combativit&#233; : occupation des entreprises et m&#234;me des locaux de direction, blocage des voies ferr&#233;es et occupation des gares, refus de la tactique du lock-out patronal... Les conflits aboutissent &#224; des augmentations de salaire significatives et la reconnaissance de syndicats ind&#233;pendants et d&#233;mocratiques. En 1988, on compte d&#233;j&#224; 2 799 syndicats d&#233;mocratiques. En 1989, on d&#233;passe les 7 000. En janvier 1990 est fond&#233; le Congr&#232;s des syndicats cor&#233;ens, qui devient quelques ann&#233;es plus tard la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats cor&#233;ens (KCTU). Pourtant, jusque dans les ann&#233;es 2000, la cr&#233;ation d'une conf&#233;d&#233;ration syndicale est un acte ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soul&#232;vement de Gwangju et r&#233;fugi&#233;s en Cor&#233;e du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mai 1980, un jour apr&#232;s l'application de l'&#233;tat de si&#232;ge dans la province de Gwangju, des &#233;tudiants manifestent dans le centre-ville de Gwangju (sud-ouest du pays) pour la d&#233;fense de la d&#233;mocratie apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du dictateur Chun Doo-hwan lors d'un coup d'&#233;tat en 1979... Ce soul&#232;vement de Gwangju sera s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233; par l'arm&#233;e qui reprendra le contr&#244;le de la ville le 27 mai 1980. Le bilan officiel de ce massacre est incertain, entre 170 et 2000 morts suivant les sources...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de Gwangju a &#233;t&#233; depuis surnomm&#233;e &#034;le m&#233;morial de la d&#233;mocratie cor&#233;enne&#034; et un cimeti&#232;re national y a &#233;t&#233; inaugur&#233; en 2002 pour rendre hommage aux victimes de cette tuerie. La poste cor&#233;enne a &#233;mis, le 18 mai 2010, une carte illustr&#233;e pr&#233;-affranchie (220 won) pour comm&#233;morer le 30&#232;me anniversaire de ce soul&#232;vement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 d&#233;cembre 2000, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies adoptait une r&#233;solution instituant une Journ&#233;e mondiale des r&#233;fugi&#233;s, c&#233;l&#233;br&#233;e depuis chaque ann&#233;e le 20 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e internationale a pour but de sensibiliser le plus grand nombre &#224; la cause des populations r&#233;fugi&#233;es &#224; travers le monde (estim&#233;e &#224; 34 millions de personnes) qui ont fui leur pays apr&#232;s des conflits ou des pers&#233;cutions religieuses, ethniques, sociales, politiques... Les femmes et les enfants faisant partie de ces populations d&#233;plac&#233;es sont les plus vuln&#233;rables (privations, faim, viols, crimes...). Pour comm&#233;morer le 10&#232;me anniversaire de l'institution de cette Journ&#233;e mondiale des r&#233;fugi&#233;s, la poste cor&#233;enne a &#233;mis, le 18 juin 2010, le timbre sur le FDC ci-dessus (merci beaucoup Kim !), disponible en feuille de 12 timbres avec des marges illustr&#233;es. Sur ce timbre, des enfants et des femmes forment un toit avec leurs bras, rappelant l'embl&#232;me du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les R&#233;fugi&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la classe ouvri&#232;re sud-cor&#233;enne a d&#233;truit, gr&#226;ce &#224; des gr&#232;ves de masse remarquables au cours des ann&#233;es 1987-1990, les bases d'une dictature militaire qui s&#233;vissait depuis des d&#233;cennies. Pendant une br&#232;ve p&#233;riode (1990-1994), les gr&#232;ves ont abouti &#224; la cr&#233;ation de syndicats d&#233;mocratiques radicaux et donc &#224; des augmentations de salaires &#233;lev&#233;es et g&#233;n&#233;rales. Mais, comme dans les autres cas cit&#233;s ci-dessus, la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;e au r&#244;le de b&#233;lier facilitant un changement politique &#171; d&#233;mocratique &#187; qui a rapidement chant&#233; l'hymne de la mondialisation et du n&#233;olib&#233;ralisme en faveur de l'&#233;conomie de march&#233;. En fait, avant la vague de gr&#232;ves mais surtout apr&#232;s, le capital sud-cor&#233;en investissait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;tranger et cherchait &#224; imposer une politique d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale &#224; l'int&#233;rieur du pays. En 1997-98, la crise financi&#232;re asiatique for&#231;a la Cor&#233;e du Sud &#224; passer sous la tutelle du FMI, ce qui acc&#233;l&#233;ra consid&#233;rablement la pr&#233;carisation de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, pr&#233;carisation qui avait &#233;t&#233; la principale riposte capitaliste aux avanc&#233;es de la fin des ann&#233;es 80. Aujourd'hui, au moins 60% de la main-d'&#339;uvre vivent dans la pr&#233;carit&#233; la plus brutale. Soumis aux licenciements instantan&#233;s, les travailleurs pr&#233;caires touchent des salaires et des avantages sociaux qui sont au moins inf&#233;rieurs de moiti&#233; au statut des 10% constitu&#233;s par les travailleurs fixes. Les vestiges bureaucratiques des syndicats d&#233;mocratiques radicaux du d&#233;but des ann&#233;es 90 ne sont plus aujourd'hui que des organisations corporatistes repr&#233;sentant cette &#233;lite de la classe ouvri&#232;re, et autant de luttes ont &#233;clat&#233; entre les travailleurs fixes et les travailleurs pr&#233;caris&#233;s qu'entre l'ensemble des ouvriers et le capital lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie de la r&#233;volte d&#233;but&#233;e &#224; Gwangju&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;18 mai au 21 mai 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 18 mai, les &#233;tudiants ont protest&#233; la porte de Universit&#233; de national de Chonnam contre sa fermeture, pierres de lancement &#224; parachutistes qui bloquaient la porte. Les parachutistes, qualifi&#233;s dans la guerre peu usuelle et la commande non civile d'&#233;meute, ont r&#233;pondu en battant les protestataires avec des ba&#239;onnettes et des b&#226;tons. Apr&#232;s l'incident, des &#233;tudiants entr&#233;s dans le centre-ville et continu&#233;s abolition pour protester, de la demande de loi martiale et le d&#233;gagement de Kim Dae-jung. Parachutistes bient&#244;t suivis et de nouveau oppos&#233;s avec des d&#233;monstrateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression a &#233;t&#233; marqu&#233;e par violence. Les t&#233;moins disent que les soldats ont matraqu&#233; des d&#233;monstrateurs et des spectateurs. La premi&#232;re fatalit&#233; connue &#233;tait un homme sourd de 29 ans appel&#233; Kim Gyeong-cheol, qui n'a jamais particip&#233; &#224; la protestation mais &#233;tait a matraqu&#233; &#224; la mort le 18 mai tout en passant par la sc&#232;ne. Quelques t&#233;moignages et photographies sugg&#232;rent m&#234;me l'utilisation des ba&#239;onnettes. Pendant que des citoyens &#233;taient f&#226;ch&#233;s par la violence, le nombre de protestataires a rapidement augment&#233; et a exc&#233;d&#233; 100.000 pour le 20 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait in&#233;vitable que les accidents se produiraient dans les militaires et la police pendant le conflit avec les d&#233;monstrateurs civils. Pendant que le conflit escaladait, l'arm&#233;e a soudainement commenc&#233; &#224; employer le tir, tuant des nombres inconnus de citoyens imm&#233;diatement pr&#232;s de la station de Gwangju le 20 mai. Que le m&#234;me jour, les protestataires irrit&#233;s ont br&#251;l&#233; en bas des gens du pays MBC postez qui a d&#233;nonc&#233; des civils de Gwangju comme rioters aussi bien que des faits fabriqu&#233;s sur la situation dans Gwangju &#224; ce moment. Quatre policiers ont &#233;t&#233; tu&#233;s &#224; une barricade de police pr&#232;s du b&#226;timent provincial de gouvernement apr&#232;s qu'une voiture enfonc&#233;e dans eux[1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 20 mai, les centaines de taxis ont men&#233; un grand d&#233;fil&#233; des autobus, des grands camions et des voitures vers l'Office provincial pour rencontrer la protestation. Pendant que les conducteurs conduisaient dans la d&#233;monstration, les troupes ont employ&#233; le gaz lacrymog&#232;ne, tir&#233; leur hors des voitures et les ont battues. Ces &#171; conducteurs de d&#233;mocratie &#187; ont montr&#233; jusqu'&#224; l'appui les citoyens et la d&#233;monstration en raison de la brutalit&#233; de troupe &#233;t&#233;e t&#233;moin de bonne heure, comme hors de la col&#232;re apr&#232;s que beaucoup de conducteurs de taxi aient &#233;t&#233; assaillis quand essayant d'aider bless&#233; et tout en portant des personnes &#224; l'h&#244;pital. Certains ont &#233;t&#233; m&#234;me tir&#233;s apr&#232;s les conducteurs essay&#233;s pour utiliser les v&#233;hicules pour bloquer des soldats ou comme armes. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence a culmin&#233; le 21 mai. &#192; environ 1 P.M., l'arm&#233;e mise le feu &#224; une foule de protestation a recueilli devant l'Office provincial de Jeonnam, causant beaucoup d'accidents. Les citoyens ont commenc&#233; &#224; s'armer avec fusil M1 et carabines pris des arsenaux et des commissariats de police dans les villes voisines pour leur propre d&#233;fense. Plus tard cet apr&#232;s-midi, combats d'armes &#224; feu sanglants entre les milices civiles et l'arm&#233;e a &#233;clat&#233; dans la place provinciale d'Office. Par 5:30 P.M., les milices avaient acquis deux mitrailleuses l&#233;g&#232;res et les avaient employ&#233;es contre l'arm&#233;e, qui a commenc&#233; &#224; retraiter du centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mai au 25 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, toutes les troupes ont retrait&#233; aux secteurs suburbains, attendant des renforts. Pendant cette p&#233;riode l'arm&#233;e a bloqu&#233; tous les itin&#233;raires et communications menant dans et hors de la ville. Quoiqu'il ait y eu une accalmie dans le combat entre les milices et l'arm&#233;e, plus d'accidents ont &#233;t&#233; encourus quand des soldats mis le feu &#224; un autobus de d&#233;passement dans le Jiwon-coup, tuant 17 des 18 passagers le 23 mai. Les soldats suivants de jour mis le feu aux gar&#231;ons nageant dans le r&#233;servoir de Wonje et tu&#233; d'entre eux. Plus tard ce jour l'arm&#233;e a souffert ses accidents plus lourds, quand des troupes de mani&#232;re erron&#233;e mises le feu &#224; l'un l'autre dans le Songam-coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, dans la ville &#171; lib&#233;r&#233;e &#187; de Gwangju, le Comit&#233; du r&#232;glement des citoyens et le Comit&#233; du r&#232;glement des &#233;tudiants ont &#233;t&#233; form&#233;s. L'ancien s'est compos&#233; d'environ 20 pr&#233;dicateurs, avocats et professeurs. Ils &#233;taient en pourparlers avec l'arm&#233;e exigeant le d&#233;gagement des citoyens arr&#234;t&#233;s, la compensation pour des victimes et la prohibition de la revanche en &#233;change du d&#233;sarmement des milices. Le dernier a &#233;t&#233; constitu&#233; par des &#233;tudiants d'universit&#233;, et a pris la charge des enterrements, des campagnes publiques, de la commande de trafic, du retrait des armes, et de l'aide m&#233;dicale. L'ordre de la ville a &#233;t&#233; bien maintenu, mais les n&#233;gociations sont venues &#224; une impasse pendant que l'arm&#233;e invitait les milices &#224; se d&#233;sarmer imm&#233;diatement. Cette question a caus&#233; la division chez les comit&#233;s de r&#232;glement ; les colombes ont voulu la reddition imm&#233;diate, alors que les faucons r&#233;clamaient la r&#233;sistance continue jusqu'&#224; ce que leurs demandes aient &#233;t&#233; met. Apr&#232;s discussions houleuses, par la suite les faucons ont pris la commande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les nouvelles de la diffusion de massacre de Gwangju, d'autres protestations contre le gouvernement ont &#233;clat&#233; dans des r&#233;gions voisines comprenant Hwasun, Naju, Haenam, Mokpo, Yeongam, Gangjin, et Muan. Tandis que les protestations finissaient paisiblement dans la plupart des r&#233;gions, dans Haenam il y avait des combats d'armes &#224; feu entre les protestataires et les troupes arm&#233;s. Pour le 24 mai, la plupart de ces protestations &#233;taient mortes vers le bas, except&#233; Mokpo o&#249; les protestations ont continu&#233; jusqu'au 28 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 26 mai, l'arm&#233;e &#233;tait pr&#234;te &#224; r&#233;introduire la ville. Les membres du Comit&#233; du r&#232;glement des citoyens ont sans succ&#232;s essay&#233; de bloquer l'avance de l'arm&#233;e par le mensonge vers le bas sur la rue. Comme les nouvelles de la diffusion imminente d'attaque, les milices civiles ont recueilli dans l'Office provincial, se pr&#233;parant au dernier stand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez 4:00 heure du matin, troupes de cinq divisions entr&#233;es dans le centre-ville et d&#233;faites les milices civiles en seulement 90 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucun p&#233;age exact de la mort du soul&#232;vement 1980 de Gwangju. Les figures &#171; officielles &#187; ont lib&#233;r&#233; par la commande martiale de loi ont mis le p&#233;age de la mort &#224; 144 civils, &#224; 22 troupes et &#224; 4 polices tu&#233;s, avec 127 civils, 109 troupes et 144 polices enroul&#233;es. Les individus qui ont essay&#233; de contester ces figures &#233;taient responsables de l'arrestation pour &#171; des rumeurs fausses de propagation &#187;.[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le 18 mai l'association priv&#233;e de famille, au moins 165 personnes est morte entre les 18 et 27 mai. Encore 65 manquent toujours et pr&#233;sum&#233; compl&#232;tement. 23 soldats et 4 policiers ont &#233;t&#233; tu&#233;s pendant le soul&#232;vement, y compris 13 soldats tu&#233;s dans l'incident du l'amical-feu entre les troupes dans le Songam-coup. Les figures pour des accidents de police sont susceptibles d'&#234;tre plus hautes, en raison des rapports de plusieurs policiers eux-m&#234;mes tu&#233; par des soldats pour lib&#233;rer des rioters captur&#233;s.[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le film de 2007 Cor&#233;ens 18 mai (Hyuga de Hwaryeohan), dirig&#233; par le Ji-hun de Kim, &#171; l'incident a eu comme cons&#233;quence les 207 d&#233;c&#232;s, 2.392 enroul&#233;, et 987 personnes absentes, mais le nombre exact d'accidents a &#233;t&#233; sujet au conflit consid&#233;rable. Des membres du gouvernement militaire ont &#233;t&#233; accus&#233;s avec la r&#233;bellion mais le coupable de commander le feu ouvert contre les citoyens a pour &#234;tre identifi&#233; encore &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a d&#233;nonc&#233; le soul&#232;vement comme r&#233;bellion incit&#233;e par Kim Dae-jung et ses disciples. Dans des &#233;preuves suivantes, Kim a &#233;t&#233; condamn&#233; et condamn&#233; &#224; la mort, bien que sa punition plus tard ait &#233;t&#233; r&#233;duite en r&#233;ponse aux outcries internationaux. Des 1394 personnes globales ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es pour une certaine participation dans l'incident de Gwangju et 427 ont &#233;t&#233; accus&#233;s. Parmi eux, 7 phrases de mort et 12 re&#231;us ont re&#231;u des phrases de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de Gwangju a eu un impact profond sur la politique cor&#233;enne du sud et l'histoire. Chun Doo-hwan a souffert des probl&#232;mes de popularit&#233; parce qu'il a pris la puissance par un coup militaire, mais apr&#232;s l'autorisation de l'exp&#233;dition des forces sp&#233;ciales sur des citoyens, sa l&#233;gitimit&#233; a &#233;t&#233; sensiblement endommag&#233;e. Les Etats-Unis ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment vus en tant qu'un lib&#233;rateur et protecteur, mais le mouvement de d&#233;mocratisation de Gwangju a chang&#233; l'image des &#201;tats-Unis parce qu'on l'a suppos&#233; les Etats-Unis ont su en avant du temps au sujet de l'exp&#233;dition des troupes sp&#233;ciales et repos&#233;e &#224; vide pendant que des civils &#233;taient tu&#233;s. L'image am&#233;ricaine a &#233;t&#233; encore endommag&#233;e quand les &#201;tats-Unis suite pour soutenir Chun Doo-hwan par les ann&#233;es 80. Cependant, le mouvement a &#233;galement pr&#233;par&#233; le terrain pour les mouvements post&#233;rieurs dans les ann&#233;es 80 qui ont par la suite apport&#233; la d&#233;mocratie en Cor&#233;e du Sud. Le mouvement de d&#233;mocratisation de Gwangju est devenu un symbole de la lutte du sud des Cor&#233;ens contre des r&#233;gimes autoritaires et de leur combat pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cimeti&#232;re de Mangwol-coup dans Gwangju o&#249; les corps des victimes ont &#233;t&#233; enterr&#233;s, les survivants du massacre et les familles priv&#233;es ont tenu un service comm&#233;moratif annuel le 18 mai chaque ann&#233;e depuis 1983. Beaucoup de d&#233;monstrations pro-d&#233;mocratiques dans les ann&#233;es 80 ont exig&#233; l'identification officielle de la v&#233;rit&#233; du massacre et de la punition de Gwangju pour ceux responsables. La r&#233;&#233;valuation officielle a commenc&#233; apr&#232;s le r&#233;tablissement des &#233;lections pr&#233;sidentielles directes en 1987. En 1988, Assembl&#233;e nationale a tenu une audition publique sur le massacre de Gwangju, et a officiellement retir&#233; l'incident comme mouvement de d&#233;mocratisation de Gwangju.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, pendant que la pression publique montait, l'Assembl&#233;e nationale a pass&#233; le mouvement sp&#233;cial de d&#233;mocratisation de loi le 18 mai, qui a permis la poursuite de ceux responsables du coup d'&#233;tat du 12 d&#233;cembre et du massacre de Gwangju malgr&#233; le fait que le statut des limitations s'&#233;tait &#233;puis&#233;. Plus tard 8 politiciens ont &#233;t&#233; accus&#233;s pour la trahison &#233;lev&#233;e et le massacre en 1996. Leurs punitions ont &#233;t&#233; arrang&#233;es en 1997, y compris une phrase de la vie pour l'ancien Pr&#233;sident Chun Doo-hwan. Mais tout condamne a &#233;t&#233; pardonn&#233; au nom de la r&#233;conciliation nationale le 22 d&#233;cembre par le pr&#233;sident Jeune-SAM de Kim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, 18 mai a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; un jour comm&#233;moratif officiel. En 2002, une loi favorisant les familles priv&#233;es est entr&#233;e en vigueur, et le cimeti&#232;re de Mangwol-coup a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; au statut d'un cimeti&#232;re national.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de juin 1987 et de mani&#232;re significative jusqu'en 1990, la vague de gr&#232;ves que l'on appelle en cor&#233;en &#171; Nodongja Taettujaeng &#187;, la Grande Lutte des Travailleurs, repr&#233;sente un des principaux &#233;pisodes de la lutte de classe durant les ann&#233;es 80, de m&#234;me que Solidarnosc en Pologne (1980-81), les conseils ouvriers (shura) iraniens (1979-1981) et la vague br&#233;silienne de gr&#232;ves de 1978-1983. La vague de gr&#232;ves a &#233;branl&#233; les bases d'une dictature qui avait r&#233;gn&#233; fa&#231;on presque interrompue apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gr&#232;ves ont permis que des secteurs importants de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne b&#233;n&#233;ficient d'augmentations de salaire significatives, et qu'apparaissent, durant une br&#232;ve p&#233;riode (1990-1994), des syndicats d&#233;mocratiques radicaux qui form&#232;rent le Congr&#232;s national des syndicats (ChoNoHyop), regroupement qui d&#233;fendait une politique anticapitaliste, au moins verbalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que cette vague de gr&#232;ves eut triomph&#233;, ses gains commenc&#232;rent &#224; &#234;tre s&#233;rieusement attaqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ChoNoHyop fut d&#233;truit par la r&#233;pression gouvernementale qui frappa ses meilleurs militants. D'autre part, le gouvernement incita les militants plus conservateurs &#224; former la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (Minju Nochong ou KCTU) qui fut cr&#233;e en 1995 ; en d&#233;cembre 1996, le gouvernement essaya d'imposer par la force une loi de pr&#233;carisation du travail &#224; laquelle la KCTU s'opposa &#224; contrec&#339;ur durant la gr&#232;ve de janvier 1997. En automne 1997, la crise financi&#232;re asiatique obligea la Cor&#233;e du Sud &#224; passer sous la tutelle du FMI en &#233;change d'un renflouement de 57 milliards de dollars, et le FMI exigea explicitement la pr&#233;carisation de la force de travail et des licenciements de masse pour appliquer son programme de restructurations. En d&#233;cembre 1997, Kim Dae Jong, dirigeant de l'opposition d&#233;mocratique depuis des d&#233;cennies, fut &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique ; en f&#233;vrier 1998, il amena la KCTU &#224; signer un &#171; accord historique &#187; et &#224; accepter des centaines de milliers de licenciements et des plans sociaux avec r&#233;ductions d'effectifs en accord avec les demandes du FMI, le tout en &#233;change de la l&#233;galisation d&#233;finitive du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Premi&#232;re partie : Contexte historique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;butant en juin 1987 et se poursuivant de mani&#232;re significative jusqu'en 1990, la vague de gr&#232;ves connue en Cor&#233;e sous le nom de Grande Lutte Ouvri&#232;re (Nodongja Taettujaeng) se range aux c&#244;t&#233;s de Solidarnosc polonais (1980-81), des conseils ouvriers iraniens de (1979-1981) et du Vague de gr&#232;ve br&#233;silienne de 1978-1983 comme l'un des principaux &#233;pisodes de la lutte de la classe ouvri&#232;re des ann&#233;es 1980. La vague de gr&#232;ves a bris&#233; les fondements d'une dictature presque ininterrompue apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e, a obtenu d'importantes augmentations de salaire pour de larges secteurs de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne et a bri&#232;vement &#233;tabli (de 1990 &#224; 1994) des syndicats d&#233;mocratiques radicaux au sein du Congr&#232;s national des syndicats. (ChoNoHyop), engag&#233; au moins verbalement dans l'anticapitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine cette vague de gr&#232;ves a-t-elle triomph&#233; que ses acquis commencent &#224; &#234;tre s&#233;rieusement compromis. Le ChoNoHyop a &#233;t&#233; d&#233;truit par la r&#233;pression gouvernementale de ses meilleurs militants. Le gouvernement &#233;tait en revanche pr&#234;t &#224; tol&#233;rer les militants plus conservateurs de la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (Minju Nochong ou KCTU), &#224; partir de 1995 ; en d&#233;cembre 1996, le gouvernement a tent&#233; de faire adopter une loi sur la pr&#233;carisation du travail &#224; laquelle la KCTU s'est oppos&#233;e du bout des l&#232;vres lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997. &#192; l'automne 1997, la crise financi&#232;re asiatique a plac&#233; la Cor&#233;e du Sud sous la tutelle du FMI en &#233;change d'un plan de sauvetage de 57 milliards de dollars, le FMI exigeant explicitement la pr&#233;carisation de la main-d'&#339;uvre et des licenciements massifs dans le cadre de son programme de restructuration. En d&#233;cembre 1997, l'opposant d&#233;mocratique de longue date Kim Dae Jong a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident de la Cor&#233;e,et en f&#233;vrier 1998, il a fait entrer la KCTU dans &#171; l'accord historique &#187; pour accepter des centaines de milliers de licenciements et de r&#233;ductions d'effectifs conform&#233;ment aux exigences du FMI, en &#233;change d'une l&#233;galisation compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de fa&#231;ade, le gouvernement de Kim Dae Jong a &#233;galement cr&#233;&#233; en 1998 la Commission tripartite de l'&#201;tat, du capital et du travail selon des principes corporatistes, un organe d&#233;nu&#233; de sens qui n'a agi, bien s&#251;r, qu'au nom de l'&#201;tat et du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce tableau sombre et une s&#233;rie de revers presque interminables, la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne a d&#251; &#234;tre battue petit &#224; petit, avec de longues et am&#232;res gr&#232;ves, et les &#233;v&#233;nements r&#233;cents montrent que cette combativit&#233; est loin d'&#234;tre &#233;limin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, vingt ans apr&#232;s la Grande Lutte Ouvri&#232;re de 1987, la situation du travail en Cor&#233;e est devenue l'une des pr&#233;carisations capitalistes les plus r&#233;ussies au monde, certainement dans n'importe quel pays industriel avanc&#233;. Environ 10 % de la main-d'&#339;uvre cor&#233;enne est organis&#233;e dans des syndicats KCTU avec des emplois et des salaires r&#233;guliers, tandis que 60 % sont pr&#233;caris&#233;s, externalis&#233;s et r&#233;duits. Chez Hyundai Motor Company, par exemple, l'un des bastions du militantisme industriel de 1987-90, les travailleurs r&#233;guliers et les travailleurs occasionnels travaillent c&#244;te &#224; c&#244;te, faisant exactement les m&#234;mes travaux, les occasionnels gagnant 50% du salaire des travailleurs r&#233;guliers. (ce dernier gagnant entre 50 000 $ et 60 000 $ par an, plus les primes et les heures suppl&#233;mentaires). La KCTU est largement d&#233;test&#233;e dans la classe ouvri&#232;re pr&#233;caris&#233;e en tant que porte-parole corporatiste des travailleurs r&#233;guliers tr&#232;s bien pay&#233;s,et les travailleurs r&#233;guliers de leur c&#244;t&#233; ont m&#234;me agress&#233; physiquement des travailleurs occasionnels lorsque ces derniers se sont mis &#224; l'&#233;tat sauvage (comme cela s'est produit par exemple chez Kia Motor Company en ao&#251;t 2007). Lors des r&#233;centes &#233;lections (d&#233;cembre 2007), un grand nombre de travailleurs ont vot&#233; pour Lee Myoung Back, candidat d'extr&#234;me droite du parti One Nation Party (Hanaratang), ancien PDG de Hyundai et maire de S&#233;oul, dans le vain espoir d'un retour &#224; l'&#233;conomie expansive. des ann&#233;es 1970 et 1980.dans le vain espoir d'un retour &#224; l'&#233;conomie expansive des ann&#233;es 1970 et 1980.dans le vain espoir d'un retour &#224; l'&#233;conomie expansive des ann&#233;es 1970 et 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne est pass&#233;e de la lutte et de la victoire offensives &#224; la pr&#233;carit&#233; et &#224; la retraite en &#224; peine deux d&#233;cennies, c'est donc le sujet de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie : la d&#233;mocratie vend l'aust&#233;rit&#233; ; Lutte des classes dans un r&#233;gime de d&#233;veloppement autoritaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ferions bien de situer l'exp&#233;rience de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne dans le cycle plus large des transitions de la dictature &#224; la d&#233;mocratie (bourgeoise), commen&#231;ant en Espagne et au Portugal (1974-1976) et se poursuivant dans des pays comme la Pologne et le Br&#233;sil. On peut &#233;galement noter qu'apr&#232;s les &#171; transitions &#187; ib&#233;riques, les explosions qui ont suivi ont eu lieu pendant une p&#233;riode de recul et de recul des classes ouvri&#232;res nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, elles ont eu lieu dans le contexte g&#233;n&#233;ral de crise &#233;conomique mondiale apr&#232;s la fin du boom de l'apr&#232;s-guerre. En Ib&#233;rie, en Pologne et au Br&#233;sil, comme en Cor&#233;e du Sud, une intervention majeure de la classe ouvri&#232;re dans la politique et la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une longue p&#233;riode de &#171; croissance &#233;conomique &#187; intensive (de qualit&#233; tr&#232;s variable) et de r&#233;pression intensive de l'activit&#233;, de l'organisation et les salaires. Dans chaque cas, les luttes ouvri&#232;res &#233;taient au c&#339;ur de la bataille de l'&#171; opposition d&#233;mocratique &#187; plus large contre la dictature, et dans chaque cas, l'&#171; opposition d&#233;mocratique &#187; plus large a pris le pouvoir et mis en &#339;uvre (toujours en &#233;troite collaboration avec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;capital international) des programmes d'aust&#233;rit&#233; s&#233;v&#232;res qui ont fragment&#233; le mouvement ouvrier. On pourrait conclure que &#171; la d&#233;mocratie vend l'aust&#233;rit&#233; &#187; et c'est effectivement ma conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas cor&#233;en, bien s&#251;r, a de nombreux d&#233;tails qui ne devraient pas &#234;tre submerg&#233;s par une comparaison g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e &#233;tait, en 1960, consid&#233;r&#233;e comme un &#171; cas du panier &#187; &#233;conomique, aussi pauvre par habitant que l'Inde ou la Tanzanie. En 1996, en grande pompe, elle a &#233;t&#233; accueillie au sein de l'OCDE en tant qu'&#171; &#233;conomie avanc&#233;e &#187; et seulement un an plus tard (comme indiqu&#233;) est tomb&#233;e sous le contr&#244;le du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la Cor&#233;e, l'un des &#171; tigres &#187; asiatiques aux c&#244;t&#233;s de Ta&#239;wan, Hong Kong et Singapour, s'est impos&#233;e dans la p&#233;riode 1960-1997 comme l'une des rares r&#233;ussites, face &#224; la centaine d'&#233;checs et de r&#233;gressions des pays du Tiers-Monde b&#233;n&#233;ficiaires. de l'&#171; aide &#187; occidentale et de la tutelle du FMI et de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui rend la Cor&#233;e diff&#233;rente ? On peut tout de suite citer son statut particulier (comme les autres tigres) d'avant-poste &#171; vitrine &#187; de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, dont le succ&#232;s &#233;conomique fut un important contrepoids de propagande aux r&#233;gimes (dits) socialistes du voisinage imm&#233;diat, &#224; savoir la Cor&#233;e du Nord, la Chine. et l'Union sovi&#233;tique. Les &#201;tats-Unis, avec des dizaines de milliers de soldats en Cor&#233;e du Sud apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e, ont tol&#233;r&#233; l&#224;-bas des politiques de d&#233;veloppement &#233;tatiques auxquelles ils s'opposaient ou renversaient r&#233;guli&#232;rement dans le reste du monde sous-d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la Cor&#233;e du Sud, comme Taiwan, se distingue de presque tous les autres pays du Tiers-Monde par la r&#233;forme agraire qui a d&#233;finitivement &#233;limin&#233; l'aristocratie pr&#233;capitaliste &#171; yangban &#187; entre 1945 et 1950. (Cette r&#233;forme a eu lieu sous la pression intense de la r&#233;forme agraire. au nord, l'un s'est &#233;tendu au sud lorsque les arm&#233;es de Kim il-sung ont bri&#232;vement captur&#233; presque toute la p&#233;ninsule dans les premiers mois de la guerre.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la Cor&#233;e du Sud, pauvre en ressources naturelles et &#233;cras&#233;e par les hostilit&#233;s de 1950-1953, est le pays par excellence du &#171; capital humain &#187;, avec une forte emphase, pour ne pas dire la folie de l'&#233;ducation. M&#234;me en 1960, le taux d'alphab&#233;tisation des adultes &#233;tait de 90 %, ce qui est &#224; peine le cas dans les pays comparables du tiers monde &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays a &#233;t&#233; divis&#233; au 38e parall&#232;le en 1945 par les arm&#233;es d'occupation des &#201;tats-Unis et de l'Union sovi&#233;tique. La d&#233;faite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale a mis fin &#224; 35 ans de domination coloniale japonaise, cette derni&#232;re ayant &#233;t&#233; un moment important pour jeter les bases d'une &#233;conomie capitaliste moderne (l'h&#233;ritage exact de cette p&#233;riode est controvers&#233; &#224; ce jour).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les occupants japonais ont fui en ao&#251;t 1945, un &#224; deux millions de travailleurs de la zone am&#233;ricaine ont construit des conseils ouvriers (Changpyong, ou Conseil national des travailleurs de Choson) dans les usines abandonn&#233;es, moins de tout engagement sp&#233;cifique envers l'autogestion des travailleurs ( la gauche cor&#233;enne &#233;tait majoritairement stalinienne) que par simple n&#233;cessit&#233; de produire les bases de la vie quotidienne. Ce syst&#232;me de conseils ouvriers a &#233;t&#233; d&#251;ment ferm&#233; par les autorit&#233;s d'occupation am&#233;ricaines en d&#233;cembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les pays europ&#233;ens occup&#233;s par l'Allemagne nazie et dont les bourgeoisies avaient &#233;galement &#233;t&#233; des collaborateurs, le yangban cor&#233;en et la petite classe capitaliste &#233;taient politiquement et socialement discr&#233;dit&#233;s. &#192; partir de ces forces h&#233;t&#233;roclites, l'occupation am&#233;ricaine a d&#251; concocter un gouvernement viable capable de vaincre les ouvriers et les paysans &#233;veill&#233;s, dont beaucoup &#233;taient fortement favorables &#224; Kim il-Sung et &#224; ses forces de gu&#233;rilla, et g&#233;n&#233;ralement en faveur d'un changement radical. Les &#201;tats-Unis se sont empar&#233;s de la figure de Rhee Syngman et ont supervis&#233; et particip&#233; &#224; l'&#233;crasement sans merci de la gauche dans la zone sud au cours de cinq ann&#233;es de guerre partisane et de massacres avant le d&#233;clenchement de la guerre avec la Cor&#233;e du Nord en juin 1950.Ce qui restait d'une gauche s&#233;rieuse en 1950 a &#233;t&#233; physiquement &#233;limin&#233; pendant les ann&#233;es de guerre ou s'est enfui vers le Nord (o&#249; beaucoup d'entre eux ont &#233;galement &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s). La continuit&#233; avec la gauche cor&#233;enne d'avant 1945 dans le sud a &#233;t&#233; totalement rompue, un facteur qui a jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable dans le r&#233;veil qui a commenc&#233; dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rhee Syngman a dirig&#233; une Cor&#233;e du Sud g&#233;n&#233;ralement inepte et &#233;conomiquement stagnante jusqu'en 1960, enti&#232;rement soutenue par le soutien et l'aide militaires am&#233;ricains. Il est finalement renvers&#233; lors d'&#233;meutes men&#233;es par des &#233;tudiants en 1960, et la Cor&#233;e du Sud profite d'une br&#232;ve ouverture d&#233;mocratique. Cette ouverture a &#233;t&#233; referm&#233;e par le coup d'&#201;tat de Park Chung-hee en 1961, et une nouvelle &#232;re a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park Chung-hee n'&#233;tait pas, ou du moins pas seulement, le dictateur fantoche typique soutenu par les Am&#233;ricains de l'apr&#232;s-Seconde Guerre mondiale. Il est largement admis (bien qu'&#224; ma connaissance aucune preuve d&#233;finitive n'ait &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e) pour avoir &#233;t&#233; communiste d&#232;s 1943, et en 1948, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; dans le cadre d'un groupe d'&#233;tude communiste de jeunes officiers. Lorsqu'il a pris le pouvoir en 1961, les &#201;tats-Unis ont d'abord h&#233;sit&#233; &#224; le reconna&#238;tre, et &#224; plusieurs reprises au cours de son r&#233;gime dictatorial (1961-1979), les &#201;tats-Unis se sont m&#233;fi&#233;s de ses impulsions nationalistes (comme dans son programme nucl&#233;aire ind&#233;pendant) et de ses flirts diplomatiques occasionnels avec la Cor&#233;e du Nord. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Park avait fait ses &#233;tudes dans une acad&#233;mie militaire japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et &#233;tait tr&#232;s amoureux du mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;conomique japonais, qu'il tenta rapidement d'imiter en Cor&#233;e du Sud, avec un certain succ&#232;s. Le mod&#232;le japonais ayant &#233;t&#233; &#224; son tour copi&#233; sur le mod&#232;le prussien &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, la Cor&#233;e du Sud a acquis un certain placage &#171; allemand &#187; qui est g&#233;n&#233;ralement occult&#233; par l'h&#233;ritage japonais tr&#232;s contest&#233; (et souvent occult&#233;). La constitution de Park, par exemple, a &#233;t&#233; &#233;crite par un juriste cor&#233;en qui a &#233;tudi&#233; le droit en Allemagne dans les ann&#233;es 50 et qui s'est &#233;pris des th&#233;ories de Carl Schmitt ; par cons&#233;quent, &#171; l'&#233;tat d'urgence &#187; &#233;tait la pierre angulaire de l'id&#233;ologie de Park. Ahn Ho Sang, qui avait &#233;t&#233; ouvertement pro-nazi dans les ann&#233;es 30 et avait &#233;tudi&#233; en Allemagne &#224; l'&#233;poque hitl&#233;rienne,a &#233;crit les manuels d'histoire du lyc&#233;e d'apr&#232;s-guerre avec le genre de mythe hyper-nationaliste h&#233;rit&#233; du populisme romantique allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, Park a r&#233;prim&#233; les capitalistes parasites de la p&#233;riode Rhee et les a soit &#233;limin&#233;s, soit entra&#238;n&#233;s dans l'investissement productif. Il a mis en &#339;uvre la politique du &#171; nouveau village &#187; (Se Maul) &#224; la campagne, con&#231;ue pour capitaliser pleinement l'agriculture et forcer de grandes populations rurales vers les villes et vers l'emploi industriel. Par le biais de la F&#233;d&#233;ration anticommuniste des syndicats cor&#233;ens de la guerre froide (FKTU), le r&#233;gime a exerc&#233; un contr&#244;le draconien sur le travail, avec des semaines de travail post&#233; de sept jours et 12 heures qui ne sont pas inhabituelles, et appliqu&#233;es si n&#233;cessaire avec la terreur et la torture polici&#232;res. A l'&#233;poque du Parc, les fameux chaebol (conglom&#233;rats) s'&#233;levaient &#224; la pr&#233;&#233;minence, sous contr&#244;le &#233;tatique du cr&#233;dit et s&#233;lection d'industries &#171; championnes nationales &#187;,cette pratique a ensuite &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e comme un &#171; capitalisme de copinage &#187; lorsque l'&#233;conomie cor&#233;enne a connu des difficult&#233;s dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e, comme les autres tigres et contrairement &#224; la plupart des pays du tiers monde &#224; cette &#233;poque, s'est d&#233;velopp&#233;e en progressant, avec une strat&#233;gie orient&#233;e vers l'exportation, vers le haut de la &#171; cha&#238;ne de produits &#187; internationale, en commen&#231;ant par les textiles et autres industries de consommation l&#233;g&#232;re, puis en proc&#233;dant &#224; la fabrication (automobile, construction navale) et enfin &#224; la haute technologie, capturant d'importants march&#233;s mondiaux pour les composants informatiques dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s &#233;conomique des d&#233;cennies Park chung-hee, &#233;videmment, ne peut &#234;tre s&#233;par&#233; ni de ses m&#233;thodes dictatoriales ni de la conjoncture internationale de l'&#233;poque (deux r&#233;alit&#233;s largement ignor&#233;es aujourd'hui dans les d&#233;bats sur les probl&#232;mes &#233;conomiques croissants de la Cor&#233;e du Sud ; la victoire en d&#233;cembre 2007 du l'extr&#234;me droite aux &#233;lections pr&#233;sidentielles s'inspire d'une vision nostalgique et ros&#233;e de l'&#233;poque du Parc). En plus de b&#233;n&#233;ficier de sa grande visibilit&#233; dans la strat&#233;gie g&#233;opolitique am&#233;ricaine de la guerre froide, l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne a &#233;galement profit&#233; de la vague croissante d'investissements industriels qui, &#224; partir de ca. 1965, a commenc&#233; &#224; chercher des lieux en dehors de l'Am&#233;rique du Nord et de l'Europe. La r&#233;mun&#233;ration des Cor&#233;ens &#224; l'&#233;tranger a &#233;galement jou&#233; un r&#244;le important,alors que les troupes sud-cor&#233;ennes rapatriaient des millions de dollars de leur service pendant la guerre du Vietnam et que des dizaines de milliers de travailleurs sud-cor&#233;ens se rendaient au Moyen-Orient pour travailler sur des projets de construction pendant le boom p&#233;trolier d'apr&#232;s 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la centralit&#233; de la fabrication l&#233;g&#232;re dans la p&#233;riode de &#171; d&#233;collage &#187; des ann&#233;es 1960, la renaissance du mouvement ouvrier cor&#233;en n'a donc pas commenc&#233; par hasard dans les industries textiles, et pas non plus par hasard (puisque la main-d'&#339;uvre &#233;tait principalement compos&#233;e de jeunes femmes) dirig&#233;e par des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier cor&#233;en contemporain marque ses d&#233;buts symboliques le 13 novembre 1970, lorsque Jeon Tae-il, un jeune ouvrier du textile, s'est immol&#233; lors d'une petite manifestation dans l'un des quartiers des ateliers clandestins de S&#233;oul. Jeon avait auparavant poursuivi toutes les formes l&#233;gales de r&#233;paration pour la main-d'&#339;uvre des ateliers clandestins, en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des ann&#233;es 1970 s'est caract&#233;ris&#233; par un nombre croissant de gr&#232;ves men&#233;es dans les conditions les plus extr&#234;mes par des ouvri&#232;res du textile. Les revendications &#233;taient simples et directes, visaient les horaires de travail inhumains, les bas salaires, les contrema&#238;tres autoritaires et la vie de dortoir forc&#233;e des femmes, qui &#233;taient g&#233;n&#233;ralement recrut&#233;es directement &#224; la campagne et dans les bidonvilles qui surgissaient autour de S&#233;oul et d'autres villes. Les frappes se sont heurt&#233;es presque sans exception &#224; une r&#233;pression brutale de la part du personnel de s&#233;curit&#233; de l'usine, de la police, des soldats et des voyous de la p&#232;gre cor&#233;en. La lutte pour une union d&#233;mocratique &#224; la Dongil Textile Company &#224; Inchon de 1972 &#224; 1976 a &#233;t&#233; exemplaire &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1970 ont &#233;galement vu les d&#233;buts de l'implication dans le mouvement ouvrier de groupes religieux (principalement chr&#233;tiens) et d'&#233;tudiants radicaux (ces derniers appel&#233;s &#171; hakchul &#187;, ou &#171; venant de l'universit&#233; &#187;). Les groupes religieux s'inspiraient de la th&#233;ologie catholique de la lib&#233;ration et de doctrines sociales protestantes similaires. Les groupes religieux et les &#233;tudiants ont form&#233; des &#233;coles du soir pour les travailleurs du textile, enseignant l'alphab&#233;tisation et les comp&#233;tences de secr&#233;tariat, mais aussi les droits fondamentaux des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1970, enfin, virent l'essor du mouvement minjung (culture populaire), &#233;troitement li&#233; au mouvement religieux et hakchul. Le mouvement minjung en grande partie de la classe moyenne a atteint la culture populaire cor&#233;enne, s'effritant rapidement sous l'impact de la modernisation de la marche forc&#233;e, et a tent&#233; de l'utiliser dans la cr&#233;ation d'une &#171; contre-culture de la lutte &#187; utilisant la musique et la danse du chamanisme cor&#233;en et rural. des traditions paysannes, des cr&#233;ations qui ont r&#233;ussi &#224; solidifier la d&#233;termination du groupe &#224; lutter contre les vicissitudes et la r&#233;pression. &#192; ce jour, le chant, qui rappelle les IWW am&#233;ricains, reste une partie importante du mouvement ouvrier cor&#233;en, avec des manifestations et des gr&#232;ves chantant des dizaines de chansons que tout le monde conna&#238;t par c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement cor&#233;en des ann&#233;es 1970, qu'il soit ouvrier ou hakchul ou minjung ou religieux, restait tr&#232;s dans le cadre de l'id&#233;ologie d&#233;mocratique lib&#233;rale et avait tendance &#224; consid&#233;rer avec sympathie les &#201;tats-Unis comme une force qui orienterait la dictature cor&#233;enne vers la d&#233;mocratie. Tout cela a chang&#233; avec le soul&#232;vement de Kwangju et le massacre qui a suivi en mai 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e a &#233;t&#233; historiquement un pays de loyaut&#233;s r&#233;gionales intenses, loyaut&#233;s qui ont persist&#233; &#224; l'&#232;re du capitalisme moderne. La province de Cholla, au sud-ouest, est traditionnellement une r&#233;gion d'agriculture et de retard. Park chung-hee, quant &#224; lui, &#233;tait originaire de la province du sud-est du Gyeongsang, et ses politiques industrielles y &#233;taient principalement dirig&#233;es, donnant naissance aux grands centres d'Ulsan, Pohang et Pusan. Les habitants de la province de Cholla en voulaient &#224; cette n&#233;gligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, des manifestations de masse balayaient le pays, r&#233;clamant la d&#233;mocratie. Les travailleurs &#233;taient &#224; l'avant-garde de bon nombre de ces manifestations. En octobre de la m&#234;me ann&#233;e, Park chung-hee a &#233;t&#233; assassin&#233; par le chef de la Central Intelligence Agency cor&#233;enne, pr&#233;tendument apr&#232;s une dispute sur la mani&#232;re de contenir et de r&#233;primer les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me partie : Le soul&#232;vement de Kwangju et le tournant vers le &#171; marxisme-l&#233;ninisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une br&#232;ve ouverture d&#233;mocratique, similaire &#224; 1960, a eu lieu, mais Park a &#233;t&#233; remplac&#233; par un autre dictateur militaire, Chun Doo Hwan. En mai 1980, l'arm&#233;e a tir&#233; sur une manifestation &#224; Kwangju, la plus grande ville de la province de Cholla. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; un soul&#232;vement au cours duquel la population de Kwangju a pris le contr&#244;le de la ville, s'est arm&#233;e d'armes provenant d'un arsenal militaire et a combattu les forces de r&#233;pression, y compris une unit&#233; d'&#233;lite retir&#233;e de la DMZ avec la Cor&#233;e du Nord, pendant des jours. Les estimations du nombre total de morts des deux c&#244;t&#233;s (la plupart d'entre eux de toute &#233;vidence de la r&#233;pression de la r&#233;volte) &#224; Kwangju vont jusqu'&#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwangju a &#233;t&#233; boucl&#233; et une censure extr&#234;me a emp&#234;ch&#233; toute fuite d'informations s&#233;rieuses. (La loi draconienne sur la s&#233;curit&#233; nationale de la Cor&#233;e, datant de 1948 et toujours en vigueur aujourd'hui, a fait un crime grave, jusque dans les ann&#233;es 1990, de discuter du soul&#232;vement de Kwangju en public.) . Cependant, il &#233;tait largement admis que le gouvernement am&#233;ricain, du r&#233;cent renversement du Shah d'Iran en 1979, au milieu de la crise des otages de T&#233;h&#233;ran, et ne voulant plus de mouvements radicaux de masse contre les dictateurs pro-am&#233;ricains, avait &#233;t&#233; profond&#233;ment impliqu&#233; dans la d&#233;cision d'utiliser la force extr&#234;me (une croyance consid&#233;rablement renforc&#233;e par la divulgation plus r&#233;cente de documents sur la communication de gouvernement &#224; gouvernement pendant la crise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ce moment-l&#224;, le mouvement cor&#233;en s'est rapidement &#233;loign&#233; des id&#233;ologies lib&#233;rales d&#233;mocratiques et religieuses des ann&#233;es 1970 pour adopter une orientation r&#233;volutionnaire plus radicale, essentiellement &#171; marxiste-l&#233;niniste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tournant id&#233;ologique montre l'importance de toute la p&#233;riode ant&#233;rieure : la discontinuit&#233; quasi totale avec la gauche qui a &#233;merg&#233; apr&#232;s l'effondrement du Japon en 1945 et qui a &#233;t&#233; d&#233;truite par la r&#233;pression gouvernementale et militaire am&#233;ricaine entre 1945 et 1953 ; les d&#233;cennies de dictature apr&#232;s la guerre de Cor&#233;e qui ont qualifi&#233; la critique sociale la plus mod&#233;r&#233;e d'inspiration nordiste ; l'isolement de la Cor&#233;e du Sud du bouillonnement mondial des ann&#233;es 1960 et au-del&#224;. (Lorsque des &#233;tudiants cor&#233;ens ont rejoint des groupes d'opposition clandestins dans les ann&#233;es 1970 et 1980, l'une des premi&#232;res t&#226;ches &#233;tait souvent d'apprendre le japonais, afin de lire tous les livres politiques (et particuli&#232;rement marxistes) qui ne pouvaient pas &#234;tre publi&#233;s en Cor&#233;e.) Ainsi les d&#233;cennies -longue &#233;rosion du stalinisme tel qu'il a &#233;t&#233; v&#233;cu en Europe et aux &#201;tats-Unis, l'impact de 1968 et de la Nouvelle Gauche occidentale, la critique radicale du l&#233;ninisme,la renaissance de Hegel et l'impact de la popularisation du Marx des ann&#233;es 1840 &#233;taient tous inconnus ou vus &#224; travers une vitre sombre en Cor&#233;e du Sud. (Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, un groupe d'&#233;tude clandestin se forma pour lire les &#233;crits de Lukacs et Hegel sur l'esth&#233;tique - en allemand - et fut d&#233;couvert ; ses membres furent condamn&#233;s &#224; six mois de prison.) En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement cor&#233;en apr&#232;s Kwangju proc&#233;dait presque invariablement selon les lignes staliniennes, &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187;, pro-sovi&#233;tique, pro-Chine, pro-Cor&#233;e du Nord, mais stalinienne &#224; tous les niveaux. Trotsky &#233;tait peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, sans parler des critiques de gauche de Trotsky.un groupe d'&#233;tude clandestin form&#233; pour lire les &#233;crits de Lukacs et Hegel sur l'esth&#233;tique &#8211; en allemand &#8211; fut d&#233;couvert ; ses membres ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison.) En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement cor&#233;en apr&#232;s Kwangju s'est d&#233;roul&#233;e presque invariablement selon les lignes staliniennes, &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187;, pro-sovi&#233;tique, pro-Chine, pro-Cor&#233;e du Nord, mais stalinien &#224; tous les niveaux. Trotsky &#233;tait peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, sans parler des critiques de gauche de Trotsky.un groupe d'&#233;tude clandestin form&#233; pour lire les &#233;crits de Lukacs et Hegel sur l'esth&#233;tique &#8211; en allemand &#8211; fut d&#233;couvert ; ses membres ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison.) En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement cor&#233;en apr&#232;s Kwangju s'est d&#233;roul&#233;e presque invariablement selon les lignes staliniennes, &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187;, pro-sovi&#233;tique, pro-Chine, pro-Cor&#233;e du Nord, mais stalinien &#224; tous les niveaux. Trotsky &#233;tait peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, sans parler des critiques de gauche de Trotsky.pour ne rien dire des critiques de gauche de Trotsky.pour ne rien dire des critiques de gauche de Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines des factions marxistes-l&#233;ninistes qui ont &#233;merg&#233; dans les ann&#233;es 1980 ont &#233;t&#233; le point de d&#233;part des deux tendances majeures du mouvement cor&#233;en organis&#233; aujourd'hui (&#224; la fois au sein de la KCTU mentionn&#233;e pr&#233;c&#233;demment et du Parti travailliste d&#233;mocrate cor&#233;en ou KDLP). Ces factions sont la &#171; Lib&#233;ration nationale &#187; pro-cor&#233;enne (NL, ou juche-istes, ainsi appel&#233;e en raison de la doctrine nord-cor&#233;enne du &#171; juche &#187; ou de l'autonomie) et de la grande minorit&#233; &#171; D&#233;mocratie populaire &#187; (PD, plus social-d&#233;mocrate) . &#192; l'approche de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de d&#233;cembre 2007, les juch&#233;istes ont pris le contr&#244;le total de l'appareil du KDLP et ont purg&#233; certains membres du PD. (Il est &#233;galement important de noter que les factions NL et PD ont leur base principalement dans les syndicats de cols blancs, tels que les banques, les enseignants et autres fonctionnaires, alors que les cols bleus sont largement indiff&#233;rents aux deux. Sous la direction de NL,le vote KDLP &#224; l'&#233;chelle nationale a chut&#233;, par rapport &#224; 2002, aux &#233;lections de d&#233;cembre 2007 de 5 &#224; 3%, et &#224; Ulsan, le bastion de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, de 11 &#224; 8%.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme est end&#233;mique en Cor&#233;e, y compris dans le mouvement ouvrier. Les raisons en sont &#224; rechercher dans les si&#232;cles de domination &#233;trang&#232;re (chinoise, puis japonaise, puis am&#233;ricaine), la division du pays apr&#232;s 1945, et la position g&#233;opolitique de la Cor&#233;e au &#171; carrefour &#187; des Chinois, Japonais, Russes et Am&#233;ricains. sph&#232;res d'influence. La p&#233;ninsule cor&#233;enne, ou son h&#233;g&#233;monie, a &#233;t&#233; le prix des intrusions &#233;trang&#232;res il y a des si&#232;cles, et plus r&#233;cemment la guerre sino-japonaise de 1895, la guerre russo-japonaise de 1904-1905, et plus r&#233;cemment la guerre de Cor&#233;e. &#171; Quand les baleines se battent, les vairons se mettent &#224; l'abri &#187; est un vieux proverbe cor&#233;en exprimant cette r&#233;alit&#233;. La tentative japonaise, sur 35 ans (1910-1945) de domination coloniale, d'&#233;liminer pratiquement la culture cor&#233;enne a encore renforc&#233; cette impulsion nationaliste. Enfin, les mythes d'homog&#233;n&#233;it&#233; ethnique,renforc&#233;s par des manuels d'histoire populistes mythiques ou plus r&#233;cemment des drames historiques &#224; la t&#233;l&#233;vision sur les &#233;poques de la grandeur cor&#233;enne, compl&#232;tent le tableau. (Une version diff&#233;rente, encore plus virulente, de ce nationalisme est promue en Cor&#233;e du Nord.) Dans ce contexte, m&#234;me des &#233;v&#233;nements sportifs, comme les Jeux olympiques de S&#233;oul en 1988 ou les succ&#232;s de l'&#233;quipe cor&#233;enne lors des &#233;liminatoires de la Coupe du monde 2002, deviennent des &#233;v&#233;nements dans le forger une identit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons g&#233;opolitiques, toute &#233;mergence d'une lutte de classe s&#233;rieuse en Cor&#233;e du Sud prend imm&#233;diatement une dimension internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme &#233;tait donc incontest&#233; dans le renouveau de la gauche dans les ann&#233;es 1970 et 1980. Alors qu'un &#171; marxisme &#187; stalinis&#233; repoussait les orientations d&#233;mocratiques lib&#233;rales d'avant Kwangju au cours des ann&#233;es 1980, les importations dominantes &#233;taient des variantes de la th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme de L&#233;nine, de la th&#233;orie du capital monopoliste et de la th&#233;orie de la d&#233;pendance, popularis&#233;es par les groupes marxistes-l&#233;ninistes et par des journaux clandestins influents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1980 ont &#233;galement vu l'acc&#233;l&#233;ration du mouvement hakchul dans les usines, aussi r&#233;pandu que n'importe quel &#171; tournant vers la classe ouvri&#232;re &#187; comparable dans les pays occidentaux par les radicaux de la classe moyenne apr&#232;s 1968. Au sommet du mouvement, des milliers d'anciens &#233;tudiants avaient pris des emplois d'usine, et &#224; l'occasion m&#234;me men&#233; des gr&#232;ves importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement cor&#233;en de la fin des ann&#233;es 1980 consid&#233;rait &#224; juste titre la Cor&#233;e du Sud comme un pays &#171; p&#233;riph&#233;rique &#187; du syst&#232;me imp&#233;rial am&#233;ricain, dont seuls le &#171; socialisme &#187; (au sens stalinien) et la r&#233;unification nationale pouvaient l'extirper. Il y avait ainsi une tendance &#224; sous-estimer la profondeur du d&#233;veloppement industriel cor&#233;en et surtout l'&#233;lasticit&#233; du syst&#232;me qui permettrait des salaires nettement plus &#233;lev&#233;s dans un cadre capitaliste apr&#232;s la r&#233;volte ouvri&#232;re de 1987-1990. De telles th&#233;ories ont &#233;t&#233; renforc&#233;es par le fait que la Cor&#233;e du Sud n'a rattrap&#233; et d&#233;pass&#233; la Cor&#233;e du Nord &#233;conomiquement qu'environ. 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence de tous ces facteurs signifiait que l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique en 1991, co&#239;ncidant avec le ralentissement des luttes ouvri&#232;res apr&#232;s 1990, a eu un impact psychologique bien plus lourd sur les militants en Cor&#233;e que partout ailleurs en Occident, o&#249; le prestige de l'Union sovi&#233;tique se d&#233;gonfle depuis au moins 1956 et certainement depuis 1968. L'ambiance &#233;tait d&#233;j&#224; devenue sombre au printemps 1991, lorsqu'un &#233;tudiant de S&#233;oul a &#233;t&#233; battu &#224; mort par la police et que les candidats de la gauche d&#233;mocrate ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s lors des &#233;lections municipales de juin 1991. &#233;lections, comme pour souligner un sentiment de d&#233;faitisme et de futilit&#233; apr&#232;s des ann&#233;es de mobilisation et de lutte. On peut ajouter que l'&#233;conomie cor&#233;enne, dans une phase de boom dans la p&#233;riode 1986-88 et la premi&#232;re phase de la Grande Lutte Ouvri&#232;re, &#233;tait entr&#233;e dans de nouvelles difficult&#233;s en 1990,difficult&#233;s dont il ne s'est jamais compl&#232;tement remis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme des d&#233;veloppements comparables en Occident apr&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, des milliers d'activistes ont abandonn&#233;, se sont retir&#233;s dans la vie priv&#233;e, ont tent&#233; de poursuivre des carri&#232;res dans la classe moyenne ou, dans le monde universitaire, ont succomb&#233; &#224; l'attrait du post-modernisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me partie : La politique nationale et la grande lutte des travailleurs, 1987-1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une discussion sur la toile de fond politique du cours de la lutte des classes est &#233;galement indispensable. &#192; partir des ann&#233;es 1980, les luttes des travailleurs pour des syndicats d&#233;mocratiques sont pass&#233;es (avec l'&#233;conomie cor&#233;enne elle-m&#234;me) de l'industrie l&#233;g&#232;re &#224; l'industrie lourde. La dictature militaire de Chun Doo Hwan qui a succ&#233;d&#233; &#224; Park chung-hee a &#233;t&#233; forc&#233;e d'assouplir les contr&#244;les au milieu des ann&#233;es 1980, sous la pression croissante de l'opposition d&#233;mocratique plus large &#224; l'approche des Jeux olympiques panasiatiques (1986) et des Jeux olympiques de S&#233;oul ( 1988). En particulier, la &#171; d&#233;claration de d&#233;mocratisation &#187; de juin 1987, faite en r&#233;ponse &#224; la menace que la classe ouvri&#232;re se joigne aux manifestations pro-d&#233;mocratie, a &#233;t&#233; le d&#233;clencheur imm&#233;diat de la Grande Lutte Ouvri&#232;re de cet &#233;t&#233;. Pour la premi&#232;re fois, le mouvement s'est d&#233;plac&#233; de la r&#233;gion de S&#233;oul-Inchon vers les nouvelles zones industrielles du sud d'Ulsan,Masan et Changwon. Au total, il y a eu plus de 3 000 gr&#232;ves en 1987, gagnant la syndicalisation, 25 &#224; 30 % d'augmentations de salaire et l'abolition de la discipline militaire d&#233;test&#233;e (longueur de cheveux impos&#233;e, exercices matinaux obligatoires) dans les usines. Ulsan, en particulier, la ville de l'entreprise Hyundai, a connu une mobilisation de rue massive et des combats de rue qui ont dur&#233; jusqu'en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de 128 jours (d&#233;cembre 1988-avril 1989) chez Hyundai Heavy Industries (HHI) a abouti &#224; une attaque militaire coordonn&#233;e contre le chantier naval occup&#233; de Hyundai par 9 000 soldats et policiers, venant de la mer, de l'air et de la terre. Cela a &#233;t&#233; suivi de dix jours de combats de rue (mobilisant non seulement les travailleurs mais leurs femmes et leurs enfants) dans les quartiers ouvriers d'Ulsan. Cette lutte a &#233;t&#233; &#224; son tour suivie en 1990 par la gr&#232;ve de Goliat, toujours &#224; HHI, et qui s'est sold&#233;e par une cuisante d&#233;faite. (Hyundai a construit de vastes immeubles de grande hauteur pour les travailleurs en r&#233;ponse &#224; ces luttes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me partie : D&#233;clin et d&#233;but du retour en arri&#232;re, 1990-1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reflux des luttes offensives de masse de la p&#233;riode 1987-1990, et l'atmosph&#232;re g&#233;n&#233;rale de d&#233;faite qui s'en est suivie, ont ouvert une nouvelle phase dans les organisations ouvri&#232;res cor&#233;ennes. Les augmentations salariales remport&#233;es &#224; la fin des ann&#233;es 1980 ont bri&#232;vement renforc&#233; l'illusion de la possibilit&#233; d'une cohabitation capital-travail, et donc les courants r&#233;formistes. En particulier, au sein du Congr&#232;s national des syndicats (ChoNoHyop), la faction de lib&#233;ration nationale de droite et ouvertement r&#233;formiste (pro-nord-cor&#233;en) a commenc&#233; &#224; prendre le dessus sur la faction radicale affaiblie. (Le nom cor&#233;en de la faction NL, Kukminpa, signifie litt&#233;ralement 'Travail avec la nation'). Cette faction a toujours &#233;t&#233; orient&#233;e vers les bureaucrates et les politiciens. Comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment,une politique gouvernementale de r&#233;pression visant les meilleurs militants de la NCTU et la tol&#233;rance des r&#233;formistes ouverts d&#233;truisirent la NCTU en 1995 et conduisirent au regroupement de la KCTU sous la direction de droite. (En effet, lors de la fondation m&#234;me de la NCTU en janvier 1990, la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du copinage a &#233;galement rendu certains travailleurs initialement sympathiques &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et au n&#233;olib&#233;ralisme. Ulsan est cependant rest&#233; en effervescence intense et en juin 1991, lorsque Park Chang Su, un dirigeant syndical, a &#233;t&#233; tu&#233; en prison, 20 000 travailleurs de HHI et 30 000 de HMC ont attaqu&#233; la mairie d'Ulsan, la lutte ayant finalement dur&#233; un mois.la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du copinage a &#233;galement rendu certains ouvriers initialement sympathiques &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et au n&#233;olib&#233;ralisme. Ulsan est cependant rest&#233; en effervescence intense et en juin 1991, lorsque Park Chang Su, un dirigeant syndical, a &#233;t&#233; tu&#233; en prison, 20 000 travailleurs de HHI et 30 000 de HMC ont attaqu&#233; la mairie d'Ulsan, la lutte ayant finalement dur&#233; un mois.la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du copinage a &#233;galement rendu certains ouvriers initialement sympathiques &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et au n&#233;olib&#233;ralisme. Ulsan est cependant rest&#233; en effervescence intense et en juin 1991, lorsque Park Chang Su, un dirigeant syndical, a &#233;t&#233; tu&#233; en prison, 20 000 travailleurs de HHI et 30 000 de HMC ont attaqu&#233; la mairie d'Ulsan, la lutte ayant finalement dur&#233; un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, la Cor&#233;e du Sud a rejoint l'Organisation internationale du travail (OIT), &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment o&#249; les capitalistes se regroupaient pour une r&#233;pression des gains salariaux. Au cours de cette p&#233;riode, les travailleurs &#224; bas salaires du secteur public ont commenc&#233; &#224; s'organiser, les travailleurs de Korea Telcom (KT) &#233;tant les plus militants, m&#234;me si leurs luttes avaient tendance &#224; &#234;tre principalement ax&#233;es sur les salaires, bien que li&#233;es &#224; une pouss&#233;e pour la d&#233;mocratie sur le lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993-1994, le d&#233;bat a fait rage dans le mouvement sur la voie &#224; suivre, y compris un besoin ressenti de gr&#232;ves politiques. Les courants les plus radicaux voulaient d&#233;placer les syndicats des syndicats d'entreprise (la forme dominante des syndicats cor&#233;ens &#224; ce jour) aux syndicats de l'industrie, et cr&#233;er une organisation fa&#238;ti&#232;re. Alors que la NCTU continuait de d&#233;cliner sous les coups de la r&#233;pression et les machinations de la faction NL, la voie &#233;tait ouverte &#224; la cr&#233;ation de la KCTU, officiellement cr&#233;&#233;e (mais pas l&#233;galis&#233;e avant la crise du FMI) en novembre 1995. Certaines gr&#232;ves r&#233;ussies se sont poursuivies en 1995. -96, notamment une gr&#232;ve chez KT, qui a remport&#233; d'importants gains salariaux. En raison de ces gr&#232;ves, les salaires des cols bleus d&#233;passaient les salaires de la fonction publique. Dans le m&#234;me temps, les employeurs cor&#233;ens passaient de plus en plus du mod&#232;le chaebol &#224; une orientation vers les avantages de la mondialisation.Les deux parties se pr&#233;paraient &#224; la confrontation de 1996-1997 sur la loi sur la pr&#233;carisation du travail. &#192; l'automne 1996, la pression de la base et la pr&#233;paration d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se sont intensifi&#233;es. Sous cette pression, la KCTU a d&#251; se retirer des discussions menant &#224; la tristement c&#233;l&#232;bre Commission tripartite (&#201;tat-travail-capital) qui, une fois de plus, sera cr&#233;&#233;e au milieu de la crise du FMI au printemps 1998. -dossier de rejet du groupe NL. Une contre-mesure importante des militants radicaux a &#233;t&#233; la formation des &#171; hyung-jang jujik &#187;, ou organisations d'atelier, qui ont tent&#233; de lutter contre la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des syndicats et de la KCTU avec une organisation alternative, non pas &#171; en dehors &#187; des syndicats mais en tant que pouvoir de l'ombre &#224; la fois au sein des syndicats et avec des liens &#171; horizontaux &#187; avec les militants d'autres syndicats,lutter contre une tendance &#224; l'esprit de clocher d'entreprise. L'arc du hyung-jang jujik s'est &#233;tendu de 1990 &#224; 2005. Dans diff&#233;rentes circonstances, le hyungjang jujik a r&#233;ussi &#224; prendre le pouvoir dans les principaux syndicats et a alors souvent succomb&#233; &#224; la bureaucratisation ; au cours de leurs derni&#232;res ann&#233;es, ils sont devenus la proie de divers groupes cherchant une voie d&#233;tourn&#233;e vers le pouvoir dans les syndicats, et se sont finalement effondr&#233;s. Mais au mieux, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont conserv&#233; une continuit&#233; avec l'&#233;lan radical de la p&#233;riode 1987-1990.et finalement effondr&#233;. Mais au mieux, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont conserv&#233; une continuit&#233; avec l'&#233;lan radical de la p&#233;riode 1987-1990.et finalement effondr&#233;. Mais au mieux, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont conserv&#233; une continuit&#233; avec l'&#233;lan radical de la p&#233;riode 1987-1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;me partie : La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et la crise du FMI, 1997-1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s No&#235;l 1996, le gouvernement cor&#233;en de Kim Young-sam, lors d'une session sp&#233;ciale nocturne du parlement sans la pr&#233;sence de l'opposition, a fait adopter la premi&#232;re d'une s&#233;rie de lois sur la pr&#233;carisation du travail visant &#224; faire entrer pleinement l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne dans l'&#232;re de &#171; mondialisation &#187; et faciliter les licenciements pour les employeurs, ainsi que l'introduction de contrats &#224; plusieurs niveaux. Les employeurs, comme indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, avaient r&#233;guli&#232;rement r&#233;duit les gains des travailleurs de la fin des ann&#233;es 1980, et l'&#233;conomie s'est encore affaiblie jusqu'en 1996 avec l'acc&#233;l&#233;ration des faillites, mais il s'agissait de la premi&#232;re confrontation directe avec le pouvoir ouvrier nouvellement conquis. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La KCTU, fermement aux mains des droitiers qui avaient vaincu et supplant&#233; la NCTU, a appel&#233; &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale imm&#233;diate sous une intense pression de la base, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a &#233;t&#233; largement suivie. M&#234;me la FKTU &#171; jaune &#187; conservatrice de l'&#233;poque de la guerre froide s'y est jointe. Les cols blancs y ont &#233;galement adh&#233;r&#233;, et &#224; son apog&#233;e, trois millions de travailleurs &#233;taient en gr&#232;ve. (La l&#233;gislation initiale a &#233;t&#233; retir&#233;e, mais une loi pratiquement identique a &#233;t&#233; adopt&#233;e en mars 1997, sans r&#233;ponse significative de la KCTU.) Encore une fois, l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne et la nouveaut&#233; de la pr&#233;carisation ont rendu la gr&#232;ve plus &#171; antifasciste &#187; qu'anti-n&#233;o-lib&#233;ral. La KCTU a fait tout ce qui &#233;tait en son pouvoir pour &#233;viter une confrontation avec le gouvernement et s'est activement d&#233;mobilis&#233;e l&#224; o&#249; elle le pouvait. La base, pour sa part, a fait preuve d'une grande spontan&#233;it&#233;,comme chez Hyundai et Kia Motor Company. On disait que la KCTU avait rencontr&#233; secr&#232;tement les capitalistes pour leur assurer que la gr&#232;ve &#233;tait sous contr&#244;le et qu'elle diminuait. Ils ont propos&#233; la tactique impuissante de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, une tactique r&#233;p&#233;t&#233;e encore et encore au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est arr&#234;t&#233;e fin janvier, avec (comme indiqu&#233;) rien de r&#233;solu. &#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.et d&#233;croissant. Ils ont propos&#233; la tactique impuissante de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, une tactique r&#233;p&#233;t&#233;e encore et encore au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est arr&#234;t&#233;e fin janvier, avec (comme indiqu&#233;) rien de r&#233;solu. &#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.et d&#233;croissant. Ils ont propos&#233; la tactique impuissante de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, une tactique r&#233;p&#233;t&#233;e encore et encore au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est arr&#234;t&#233;e fin janvier, avec (comme indiqu&#233;) rien de r&#233;solu. &#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233;e au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233;e au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ant en Tha&#239;lande en juillet 1997 avec l'effondrement de la monnaie tha&#239;landaise, la crise s'est propag&#233;e &#224; travers l'Asie au cours des mois suivants, car chaque pays qui avait embrass&#233; le &#171; march&#233; libre &#187; et donc assoupli les contr&#244;les des capitaux a vu une fuite massive de capitaux et la chute de sa monnaie. , la Tha&#239;lande, l'Indon&#233;sie et la Cor&#233;e du Sud &#233;tant les plus durement touch&#233;es. Le won cor&#233;en a chut&#233; de 40 % en novembre 1997, lorsque le gouvernement de Kim Young Sam a obtenu un renflouement de 57 milliards de dollars du FMI. Les quatre candidats aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 1997 ont d&#251; signer une acceptation de l'accord du FMI comme condition de d&#233;caissement. Ainsi Kim Dae Jong, finalement &#233;lu pr&#233;sident de la Cor&#233;e apr&#232;s des d&#233;cennies dans le d&#233;sert de l'opposition d&#233;mocratique, a d&#251; consacrer son mandat &#224; la mise en &#339;uvre du paquet draconien de licenciements, de coupes dans les services gouvernementaux, dele rachat &#224; effet de levier et d&#233;r&#233;glement&#233; d'industries et de banques cor&#233;ennes par des &#233;trangers et la pr&#233;carisation de la main-d'&#339;uvre. La d&#233;mocratie cor&#233;enne, comme le travail organis&#233; cor&#233;en avant elle, a triomph&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'accomplissement de sa promesse apparente ant&#233;rieure est devenu impossible, et a triomph&#233; en tant que feuille de vigne n&#233;cessaire pour une m&#233;decine aussi dure. Les faillites se multiplient et les suicides montent en fl&#232;che. Le FMI a d'abord exig&#233; que les banques cor&#233;ennes licencient 50% de leur personnel (le chiffre a ensuite &#233;t&#233; abaiss&#233; &#224; 30%) et un nombre similaire de fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage a tripl&#233; en 1999 et des millions de personnes ont &#233;t&#233; replong&#233;es dans la pauvret&#233;.a triomph&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'accomplissement de sa promesse apparente ant&#233;rieure est devenu impossible, et a triomph&#233; comme la feuille de vigne n&#233;cessaire pour une m&#233;decine si dure. Les faillites se multiplient et les suicides montent en fl&#232;che. Le FMI a d'abord exig&#233; que les banques cor&#233;ennes licencient 50% de leur personnel (le chiffre a ensuite &#233;t&#233; abaiss&#233; &#224; 30%) et un nombre similaire de fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage a tripl&#233; en 1999 et des millions de personnes ont &#233;t&#233; replong&#233;es dans la pauvret&#233;.a triomph&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'accomplissement de sa promesse apparente ant&#233;rieure est devenu impossible, et a triomph&#233; comme la feuille de vigne n&#233;cessaire pour une m&#233;decine si dure. Les faillites se multiplient et les suicides montent en fl&#232;che. Le FMI a d'abord exig&#233; que les banques cor&#233;ennes licencient 50% de leur personnel (le chiffre a ensuite &#233;t&#233; abaiss&#233; &#224; 30%) et un nombre similaire de fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage a tripl&#233; en 1999 et des millions de personnes ont &#233;t&#233; replong&#233;es dans la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, Kim Dae Jong et la KCTU ont jou&#233; leur r&#244;le. Comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, Kim a entra&#238;n&#233; la direction de la KCTU dans les accords tripartites de f&#233;vrier 1998, la KCTU approuvant des licenciements massifs d'urgence. La base de la KCTU s'est r&#233;volt&#233;e contre une reddition aussi abjecte et a renvers&#233; la direction qui avait sign&#233; l'accord. Il y a eu quelques gr&#232;ves &#224; grande &#233;chelle contre les licenciements en 1998, comme la gr&#232;ve de la Hyundai Motor Company (HMC), mais les nouveaux dirigeants de la KCTU ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et les gr&#232;ves ont g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la crise de la FIOM, de nombreuses petites usines ont &#233;t&#233; an&#233;anties, y compris celles avec une main-d'&#339;uvre militante originaire de la vague de gr&#232;ves de la fin des ann&#233;es 1980 et auparavant sympathique &#224; la NCTU. Pour la premi&#232;re fois, conform&#233;ment aux exigences de la FIOM, les travailleurs int&#233;rimaires sont devenus un ph&#233;nom&#232;ne majeur dans la main-d'&#339;uvre cor&#233;enne. En r&#233;ponse &#224; la vente impos&#233;e des actions de Korea Telcom aux investisseurs de Wall Street, par exemple, une gr&#232;ve a &#233;clat&#233;. Cette gr&#232;ve montra de plus en plus le foss&#233; qui se d&#233;veloppait entre les travailleurs r&#233;guliers et occasionnels. En plus de toucher un salaire plus &#233;lev&#233; pour moins de travail, les travailleurs r&#233;guliers plus &#226;g&#233;s n'avaient pas les comp&#233;tences informatiques des jeunes occasionnels et ressentaient une ins&#233;curit&#233; d'emploi croissante. Les dirigeants syndicaux ont parl&#233; dur mais n'ont rien fait. En fin de compte, les travailleurs r&#233;guliers et occasionnels ont fait gr&#232;ve, mais pas en m&#234;me temps. La gr&#232;ve de KT s'est termin&#233;e par le licenciement de 10,000 travailleurs occasionnels. L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU pour des licenciements massifs a conduit &#224; une r&#233;volte de la base au sein de la KCTU, et toute la direction a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers eurent occup&#233; les bureaux de la KCTU arm&#233;s de tuyaux en acier. . Une nouvelle direction de gauche a pris le contr&#244;le, comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, et a tent&#233; de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet, mais en vain. L'ancienne direction est rest&#233;e enracin&#233;e dans les syndicats de l'industrie lourde et s'est oppos&#233;e &#224; l'action militante. En juin-ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours a eu lieu chez HMC, entra&#238;nant le licenciement de 10 000 travailleurs r&#233;guliers. En deux ans, 10 000 occasionnels avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour faire leur travail. KT et diverses banques ont &#233;galement licenci&#233; des travailleurs r&#233;guliers et les ont r&#233;embauch&#233;s comme occasionnels.L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU pour des licenciements massifs a conduit &#224; une r&#233;volte de la base au sein de la KCTU, et toute la direction a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers eurent occup&#233; les bureaux de la KCTU arm&#233;s de tuyaux en acier. . Une nouvelle direction de gauche a pris le contr&#244;le, comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, et a tent&#233; de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet, mais en vain. L'ancienne direction est rest&#233;e enracin&#233;e dans les syndicats de l'industrie lourde et s'est oppos&#233;e &#224; l'action militante. En juin-ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours a eu lieu chez HMC, entra&#238;nant le licenciement de 10 000 travailleurs r&#233;guliers. En deux ans, 10 000 occasionnels avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour faire leur travail. KT et diverses banques ont &#233;galement licenci&#233; des travailleurs r&#233;guliers et les ont r&#233;embauch&#233;s comme occasionnels.L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU pour des licenciements massifs a conduit &#224; une r&#233;volte de la base au sein de la KCTU, et toute la direction a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers eurent occup&#233; les bureaux de la KCTU arm&#233;s de tuyaux en acier. . Une nouvelle direction de gauche a pris le contr&#244;le, comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, et a tent&#233; de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet, mais en vain. L'ancienne direction est rest&#233;e enracin&#233;e dans les syndicats de l'industrie lourde et s'est oppos&#233;e &#224; l'action militante. En juin-ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours a eu lieu chez HMC, entra&#238;nant le licenciement de 10 000 travailleurs r&#233;guliers. En deux ans, 10 000 occasionnels avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour faire leur travail. KT et diverses banques ont &#233;galement licenci&#233; des travailleurs r&#233;guliers et les ont r&#233;embauch&#233;s comme occasionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;me partie : Post-1998 : les travailleurs r&#233;guliers contre les travailleurs occasionnels deviennent l'enjeu du mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de la FIOM, la question des travailleurs occasionnels est devenue de plus en plus importante dans le mouvement cor&#233;en, ainsi que l'antagonisme entre les travailleurs r&#233;guliers et occasionnels, les travailleurs r&#233;guliers consid&#233;rant les travailleurs occasionnels comme sapant leur emploi. (En 2000, un syndicat national des travailleurs occasionnels a &#233;t&#233; fond&#233; et est maintenant une organisation fa&#238;ti&#232;re avec plus de 50 000 membres.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1999, une gr&#232;ve nationale de 32 jours de 4000 tuteurs des &#233;coles Jaenung (hakwon, ou acad&#233;mies priv&#233;es pour l'enseignement apr&#232;s les heures de cours) a obtenu le droit de n&#233;gociation collective. Le gouvernement avait ni&#233; qu'il s'agissait de travailleurs, les qualifiant plut&#244;t d'&#171; entrepreneurs ind&#233;pendants &#187;. La gr&#232;ve a &#233;t&#233; importante pour montrer que l'organisation des travailleurs occasionnels &#233;tait possible, contre la r&#233;sistance de l'&#201;tat et des employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000-2002, une nouvelle gr&#232;ve de KT a dur&#233; 517 jours. Au lendemain de la d&#233;faite, le syndicat des travailleurs occasionnels KT a &#233;t&#233; dissous. Les travailleurs r&#233;guliers de KT &#233;taient g&#233;n&#233;ralement hostiles aux travailleurs irr&#233;guliers. Apr&#232;s la gr&#232;ve, KT a embauch&#233; des personnes en tant que &#171; travailleurs sous contrat indirect &#187;. En 2002, 49 % des actions de KT ont &#233;t&#233; vendues &#224; des investisseurs am&#233;ricains, avec une augmentation des indemnit&#233;s de d&#233;part en contrepartie, ainsi que des actions remises aux travailleurs r&#233;guliers. En 2000-2001, une gr&#232;ve d'une usine de climatisation a dur&#233; plus d'un mois et a &#233;t&#233; trahie par les travailleurs r&#233;guliers, contre et contre le militantisme des travailleurs occasionnels. Un contre-exemple, cependant, a &#233;t&#233; la campagne d'organisation des travailleurs de Lotte Hotel en 2000, qui a montr&#233; qu'un syndicat de travailleurs r&#233;guliers pouvait, dans certaines circonstances, organiser des travailleurs irr&#233;guliers. Apr&#232;s une terrible r&#233;pression des h&#244;teliers et l'incarc&#233;ration des gr&#233;vistes,l'h&#244;tel a accept&#233; de r&#233;gulariser les travailleurs sur une p&#233;riode de deux ans. Au cours de ces m&#234;mes ann&#233;es, cependant, le KDLP se d&#233;pla&#231;ait vers la droite, et la domination de la ligne NL, orient&#233;e vers les bureaucrates de la KCTU et les politiciens du KDLP, emp&#234;chait d'organiser les travailleurs occasionnels. (En 2004, la KCTU a m&#234;me aid&#233; un PDG de Hyundai dans sa campagne &#233;lectorale en tant qu'ind&#233;pendant.) De l'avis de certains militants, la KCTU faisait partie int&#233;grante du n&#233;olib&#233;ralisme, presque au point d'imposer l'externalisation. En 2003, par exemple, les chauffeurs de camion de Pusan &#8203;&#8203;ont r&#233;ussi &#224; faire gr&#232;ve, mais le gouvernement, les employeurs, la KCTU et le KDLP l'ont sabot&#233;e. La m&#234;me ann&#233;e, une grande gr&#232;ve a &#233;clat&#233; &#224; la raffinerie LG Caltex (aujourd'hui GS Caltex), mais la KCTU n'a rien fait pour aider les gr&#233;vistes. En 2005, 10,000 travailleurs occasionnels du p&#233;trole et de la chimie &#224; Ulsan ont fait gr&#232;ve pendant 83 jours &#224; cause des conditions de travail. La structure d'embauche compliqu&#233;e impos&#233;e par les lois du travail et la strat&#233;gie de l'entreprise a entrav&#233; la gr&#232;ve. Un &#171; comit&#233; pour la r&#233;gion d'Ulsan &#187; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour s'installer, comprenant des capitalistes, des PDG, des hommes d'affaires plus petits, des ONG et la branche d'Ulsan de la KCTU. Un accord se limitait &#224; la reconnaissance du syndicat. Les ouvriers ont repris le travail pendant six mois de &#171; discussions &#187; en comit&#233; qui n'ont abouti &#224; rien. Le retour au travail a &#233;t&#233; provoqu&#233; par des concessions de petites entreprises, mais apr&#232;s le retrait de la KCTU et du KDLP, aucune partie de l'accord n'a jamais &#233;t&#233; mise en &#339;uvre. Au cours de l'&#233;t&#233; 2005, une bataille a de nouveau fait rage &#224; Ulsan HMC au sujet de la pr&#233;carisation. Un travailleur s'est immol&#233; en signe de protestation et le syndicat a refus&#233; de lier sa mort &#224; la situation du travail.Les travailleurs occasionnels ont essay&#233; d'arr&#234;ter la cha&#238;ne de montage, mais les travailleurs r&#233;guliers ont refus&#233; de collaborer. Les chefs d'entreprise et les briseurs de gr&#232;ve ont red&#233;marr&#233; la ligne pendant que les travailleurs r&#233;guliers se tenaient debout, ne faisant rien. Tous les travailleurs occasionnels impliqu&#233;s dans la lutte ont &#233;t&#233; licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2006, le syndicat des m&#233;tallurgistes a vot&#233; pour former un syndicat industriel pour tenter de surmonter la fragmentation des travailleurs dans la myriade de filiales d&#233;riv&#233;es avec des contrats diff&#233;rents, mais HMC n&#233;gocie toujours avec le syndicat d'entreprise HMC. De nombreux travailleurs militants se sont oppos&#233;s &#224; l'initiative du syndicat industriel en raison de son programme corporatiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard cet &#233;t&#233;-l&#224;, les ouvriers occasionnels du b&#226;timent de l'aci&#233;rie g&#233;ante POSCO &#224; Pohang se sont &#233;chapp&#233;s et ont &#233;t&#233; vaincus. En ao&#251;t 2007, les travailleurs occasionnels de la Kia Motor Company ont pill&#233; et occup&#233; une partie de l'usine, o&#249; ils ont &#233;t&#233; physiquement agress&#233;s par les travailleurs r&#233;guliers de Kia et contraints de reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait positif, en novembre 2007, les travailleurs r&#233;guliers et irr&#233;guliers de Hyundai Motor Company &#224; Ulsan ont organis&#233; pour la premi&#232;re fois un mouvement de base ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huiti&#232;me partie : La gr&#232;ve E-Land illumine l'horizon social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve E-Land toujours en cours (au moment d'&#233;crire ces lignes, mars 2008) est la derni&#232;re et &#224; certains &#233;gards la lutte la plus importante de toutes pour placer la question des travailleurs occasionnels au premier plan dans la soci&#233;t&#233; sud-cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2006, le gouvernement cor&#233;en a adopt&#233; une autre s&#233;rie de lois sur le travail occasionnel, appel&#233;e &#224; la mani&#232;re orwellienne Loi sur la protection des travailleurs occasionnels. La loi a &#233;t&#233; con&#231;ue pour cr&#233;er l'illusion de &#171; faire quelque chose &#187; au sujet d'une condition affectant maintenant plus de 60 % de la population active de la Cor&#233;e du Sud. La loi pr&#233;voyait qu'apr&#232;s deux ans de travail, tous les travailleurs deviendraient automatiquement des travailleurs r&#233;guliers. La loi est entr&#233;e en vigueur sept mois plus tard, le 1er juillet 2007, et a laiss&#233; d'&#233;normes lacunes pour les employeurs qui voulaient licencier les occasionnels avant la date limite. Certaines entreprises se sont conform&#233;es &#224; la loi, mais beaucoup d'autres ne l'ont pas fait et ont licenci&#233; leurs travailleurs occasionnels en juin. L'ensemble du processus a &#233;t&#233; mis au point dans une cha&#238;ne de grands magasins connue sous le nom d'E-Land, avec une lutte connexe dans une cha&#238;ne similaire connue sous le nom de New Core. E-Land avait commenc&#233; comme une petite entreprise familiale,sous un propri&#233;taire chr&#233;tien fondamentaliste, et &#233;tait devenue une entreprise annuelle de 58 milliards de dollars avec 61 points de vente &#224; travers le pays. Elle avait repris les magasins de la cha&#238;ne fran&#231;aise Carrefour. L'entreprise &#233;tait connue pour ses conditions d'emploi particuli&#232;rement difficiles, avec principalement des travailleuses occasionnelles gagnant 800 $ par mois pendant 36 heures par semaine, souvent oblig&#233;es de travailler des quarts de 12 heures sans m&#234;me aller aux toilettes. De plus, l'entreprise exigeait que tous les employ&#233;s, chr&#233;tiens ou non, fr&#233;quentent la chapelle sur place. Le PDG d'E-Land a vers&#233; 10 millions de dollars &#224; son &#233;glise en 2006. Juste avant l'entr&#233;e en vigueur de la nouvelle loi, E-Land et New Core ont licenci&#233; 1 000 travailleurs qui seraient consid&#233;r&#233;s comme des travailleurs r&#233;guliers en vertu de ses dispositions. La r&#233;ponse imm&#233;diate a &#233;t&#233; une gr&#232;ve maintenant (mars 2008) dans son 9&#232;me mois, et maintenant face &#224; une d&#233;faite presque certaine. Mais dans les premiers jours de la gr&#232;ve,Partout en Cor&#233;e du Sud, des milliers de travailleurs occasionnels d'autres secteurs sont venus aider &#224; fermer les magasins E-Land. La KCTU est pass&#233;e &#224; l'action, faisant tout pour &#233;touffer la gr&#232;ve sous une rh&#233;torique abondante tout en d&#233;tournant les &#233;nergies de la base et de ses partisans &#171; de l'ext&#233;rieur &#187; dans des actions symboliques d&#233;nu&#233;es de sens. Le 20 juillet, cependant, 200 employ&#233;s d'E-Land ont occup&#233; un point de vente &#224; S&#233;oul et l'ont ferm&#233;. La r&#233;ponse du gouvernement a &#233;t&#233; d'envoyer 7 000 soldats, policiers et hommes de main embauch&#233;s pour expulser et arr&#234;ter violemment 200 personnes. Le gouvernement en d&#233;clin de Noh Moon Yon (tr&#232;s impopulaire et qui devait quitter ses fonctions en f&#233;vrier 2008) a beaucoup profit&#233; du succ&#232;s de la nouvelle loi. Mais il n'&#233;tait gu&#232;re le seul &#224; percevoir l'importance de la gr&#232;ve. De nombreux grands chaebols sont venus en aide &#224; E-Land avec des millions de dollars de pr&#234;ts. La KCTU, pour sa part,a promis de pr&#234;ter de l'argent aux syndicats E-Land et New Core lorsque leurs fonds de gr&#232;ve seraient &#233;puis&#233;s &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, puis a reni&#233; son offre. La KCTU a constamment fait pression sur les syndicats de l'entreprise pour qu'ils viennent &#224; la table de n&#233;gociation tandis que la direction d'E-Land n'a offert aucune concession. A Pohang, en novembre, E-Land a m&#234;me tent&#233; d'ouvrir un nouveau point de vente avec uniquement des travailleurs occasionnels. 500 employ&#233;s d'E-Land et autres occasionnels ont non seulement bloqu&#233; l'entr&#233;e du magasin, mais ont &#233;galement attaqu&#233; et d&#233;sarm&#233; la police et les voyous qui le prot&#233;geaient. Des actions similaires, y compris des blocages et des occupations de magasins, se sont produites par intermittence tout au long de l'automne. Peut-&#234;tre le plus remarquable dans la gr&#232;ve E-Land, contrairement &#224; de nombreuses gr&#232;ves ant&#233;rieures avec le travail occasionnel comme principal probl&#232;me, &#233;tait la large sympathie et le soutien de la gr&#232;ve parmi les travailleurs dans la m&#234;me situation pr&#233;caire.Un boycott &#224; l'&#233;chelle nationale avait r&#233;duit les ventes de 30 % &#224; l'&#233;chelle nationale en d&#233;cembre 2007, et m&#234;me les m&#233;dias avaient accord&#233; une couverture g&#233;n&#233;ralement favorable &#224; la gr&#232;ve, au moins dans les premi&#232;res semaines. Que la gr&#232;ve d'E-Land r&#233;cup&#232;re ou non les emplois des gr&#233;vistes (&#224; ce stade, il semble que ce ne sera pas le cas), ce sera une victoire pour le mouvement ouvrier dans son ensemble en faisant enfin de la pr&#233;carisation du travail en Cor&#233;e du Sud une question qui ne peut plus &#234;tre ignor&#233;. En d&#233;cembre 2007, le candidat d'extr&#234;me droite Hanaratang (One Nation Party) Lee Myoung Back a remport&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles avec un soutien important de la classe ouvri&#232;re, une &#233;volution politique qui a probablement scell&#233; le sort de la gr&#232;ve d'E-Land, puisque le nouveau gouvernement (aujourd'hui en place) soutiendrait la gestion d'E-Land encore plus ouvertement que le gouvernement de centre-gauche sortant, largement m&#233;pris&#233;, qui avait d&#233;&#231;u tant de gens.La direction d'E-Land continue de b&#233;n&#233;ficier du soutien financier d'autres grands chaebols cor&#233;ens, alors que les gr&#233;vistes d'E-Land ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s par la quasi-totalit&#233; de leurs alli&#233;s, KCTU en t&#234;te. Le nouveau gouvernement promet une offensive totale de privatisations et de &#171; r&#233;formes de march&#233; libre &#187; et doit n&#233;cessairement d&#233;cevoir ses partisans de la classe ouvri&#232;re, qui exprimaient plus de d&#233;go&#251;t pour l'ancien gouvernement que de soutien au nouveau, ainsi que des r&#234;ves vains que l'ex-PDG de Hyundai Lee Myoung Back ram&#232;nerait les jours de gloire du capitalisme cor&#233;en, qui a pris fin il y a 20 ans. On sait que les gr&#232;ves perdues en Cor&#233;e durent depuis des ann&#233;es avec un noyau dur en diminution tandis que la plupart des gr&#233;vistes trouvent d'autres emplois ou retournent aux anciens. Mais, encore une fois, &#224; cause de la gr&#232;ve d'E-Land,la crise croissante repr&#233;sent&#233;e par le travail pr&#233;caire en Cor&#233;e du Sud ne peut plus &#234;tre rel&#233;gu&#233;e au silence. S&#233;oul, Cor&#233;e du Sud Mars 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(J'ai appris beaucoup plus dans les conversations et la collaboration avec des militants cor&#233;ens et des intellectuels pro-ouvriers pour l'article ci-dessus que dans n'importe quel livre, &#224; l'exception de Korean Workers (2001), le seul point de vue complet disponible dans une langue occidentale de Histoire de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne. Je suis bien s&#251;r grandement g&#234;n&#233; par le manque de ma&#238;trise du cor&#233;en. Ce qui suit est une bibliographie sommaire des ouvrages que j'ai trouv&#233;s utiles.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bae, Kichan. La Cor&#233;e &#224; la crois&#233;e des chemins. L'histoire et l'avenir de l'Asie de l'Est. S&#233;oul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brzezinski, Zbigniew. Le grand &#233;chiquier. La primaut&#233; am&#233;ricaine et ses imp&#233;ratifs g&#233;ostrat&#233;giques. New-York, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. &#233;d. R&#233;formes institutionnelles et politiques pour am&#233;liorer l'efficacit&#233; des entreprises en Cor&#233;e. S&#233;oul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. &#233;d. R&#233;formes r&#233;glementaires &#224; l'&#232;re de la consolidation financi&#232;re. S&#233;oul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clifford, M. Tigre troubl&#233;. Hommes d'affaires, bureaucrates et g&#233;n&#233;raux en Cor&#233;e du Sud. Armon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuming, Bruce. Les origines de la guerre de Cor&#233;e. Vol. I : Princeton, 1981. Vol. II : Princeton, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis, M. et al. Su&#232;de : Kein Land fuer friedliche Spiele. Reinbek bei Hambourg, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graham, E. R&#233;former les conglom&#233;rats industriels cor&#233;ens. Washington DC 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, N. La fin du tiers-monde. Londres, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. et al. Perspectives marxistes sur la Cor&#233;e du Sud dans l'&#233;conomie mondiale. Hampshire (Royaume-Uni), 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. La ru&#233;e vers le d&#233;veloppement : changement &#233;conomique et lutte politique en Cor&#233;e du Sud. New-York, 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hwang, BD. Nachholende Industrialisierung und autoritaerer Staat. Berlin, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kang, Su-Dol. Fordismus et Hyundaismus. Francfort-sur-le-Main 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, San/Pays de Galles, N. Song of Ariran. New-York, 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, S./Shin, DC Crise &#233;conomique et double transition en Cor&#233;e. S&#233;oul, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, W./Kim, Administration publique cor&#233;enne du PS. S&#233;oul, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Institut de d&#233;veloppement de Jeju/Fondation de l'Asie de l'Est. Construire une communaut&#233; d'Asie du Nord-Est. Vol. II. S&#233;oul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeong, Seongjin et Shin, Jo-Young. &#171; D&#233;bats sur la crise &#233;conomique au sein de la gauche cor&#233;enne. dans Repenser le marxisme, vol. II, n&#176; 2, printemps 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jomo, KS Tigers en difficult&#233;. Gouvernance financi&#232;re, lib&#233;ralisation et crises en Asie de l'Est. Londres, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johnson, Chalmers. Retour de flamme. 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, Kyeong-won. Transformation post-crise de l'&#233;conomie cor&#233;enne. Une revue de 1998 &#224; 2002. S&#233;oul, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, D./Choe, SH Cor&#233;e T&#233;moin. S&#233;oul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, Donald. Dynastie cor&#233;enne. Hyundai et Chung Ju Yung. Hong-Kong, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koo, Hagen. Travailleurs cor&#233;ens. La culture et la politique de la formation des classes. Ithaque, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commission nationale cor&#233;enne pour l'UNESCO. L'&#233;conomie cor&#233;enne : R&#233;flexions au mill&#233;naire. S&#233;oul, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee, BH. Verfassungs- und gesellschaftspolitische Konzeptionen und ihre Verwirklicung in der Dritten Republik Koreas (1963-1972).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobs, Normand. La route cor&#233;enne vers la modernisation et le d&#233;veloppement. Urbaine, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moon, C. et Steinberg, D. La Cor&#233;e en transition. Trois ans sous le gouvernement de Kim Dae-Jung. S&#233;oul, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ogle, G. Cor&#233;e du Sud : la dissidence dans le miracle &#233;conomique. Londres, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parc, Min-na. Naissance de la R&#233;sistance. Histoires de huit militantes ouvri&#232;res. S&#233;oul, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scalapino, R. et Lee, Chong-sik. Le communisme en Cor&#233;e. Vol. I. Berkeley, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soleil, Hak Tae. L'&#233;conomie politique de la consolidation d&#233;mocratique. Politique dynamique du travail en Cor&#233;e du Sud. Kwangju, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alliance politique socialiste. Marx/ R&#233;volution. Documents de la conf&#233;rence internationale SPA &#224; S&#233;oul et Ulsan, octobre 2006. S&#233;oul 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euh, DS. Le mouvement communiste cor&#233;en, 1918-1948. Princeton, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;West, J. Un discours critique sur le droit et l'&#233;conomie cor&#233;ens. Pusan, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woronoff, J. Les &#233;conomies &#171; miracles &#187; de l'Asie. S&#233;oul, 1986.. Loren Goldner&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
