Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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69144Une Suisse neutre ou pronazie pendant la deuxième guerre mondiale, refuge des Juifs ou expulseuse de ceux-ci, profiteuse des fortunes juives ou refuge de leurs avoirs ?
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http://www.matierevolution.org/spip.php?article72722021-05-28T03:36:16Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedGuerre WarFascismeSuisse
<p>Le mythe : la dictature du général Guisan était dirigée contre Hitler <br class='autobr' />
La frontière suisse est fermée <br class='autobr' />
Les réfugiés, les Juifs, les soldats alliés sont internés Heinrich Rothmund, chef de la police fédérale de 1919 à 1955 déclare à Montreux : <br class='autobr' />
« Ici, comme ailleurs, il n'est pas souhaitable que la population juive dépasse une certaine proportion. La Suisse n'a pas l'intention de se laisser diriger par le juif, pas plus qu'elle n'aimerait être dirigée par n'importe quel étranger […] Le (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique67" rel="directory">03- L'extermination des Juifs d'Europe</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot239" rel="tag">Suisse</a>
<div class='rss_texte'><p>Le mythe : la dictature du général Guisan était dirigée contre Hitler</p>
<div class='spip_document_15216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L188xH268/index-74-a8098.jpg?1790041476' width='188' height='268' alt='' />
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<p>La frontière suisse est fermée</p>
<div class='spip_document_15217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/frontiere_suisse_Divonne_Crassier_frontiere_1940_J.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/frontiere_suisse_Divonne_Crassier_frontiere_1940_J-d4020.jpg?1790041476' width='500' height='334' alt='' /></a>
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<p>Les réfugiés, les Juifs, les soldats alliés sont internés</p>
<div class='spip_document_15218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Prisonniers_Cassel.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/Prisonniers_Cassel-37d5e.jpg?1790041476' width='500' height='331' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_15219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH346/1170-wauwilermoos-b24b1.jpg?1790041476' width='500' height='346' alt='' />
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</div><div class='spip_document_15220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH170/Lager-Titel-300x170-4665c.jpg?1790041477' width='300' height='170' alt='' />
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<p>Heinrich Rothmund, chef de la police fédérale de 1919 à 1955 déclare à Montreux :</p>
<p>« Ici, comme ailleurs, il n'est pas souhaitable que la population juive dépasse une certaine proportion. La Suisse n'a pas l'intention de se laisser diriger par le juif, pas plus qu'elle n'aimerait être dirigée par n'importe quel étranger […] Le juif est difficilement assimilable […] Il ne faut pas oublier non plus que beaucoup d'entre eux sont un danger pour nos institutions, car ils sont habitués à des conditions dans lesquelles l'instinct juif pour les affaires a tendance à s'exprimer librement ».</p>
<p>Daniel Odier, officier de la police militaire à la brigade territoriale de Genève :</p>
<p>« De nombreux juifs arrivés récemment en Suisse veulent se lancer immédiatement dans les affaires et dans le commerce. La correspondance de ces gens montre clairement qu'ils disent à leur amis et connaissances de venir les rejoindre dans ce paradis qu'est la Suisse, et le simple fait d'en accepter un chez nous donne à dix autres l'occasion de le suivre et de s'installer si bien que nous aurons beaucoup de peine à nous en débarrasser […] Ces réfugiés sont peu disciplinés et doivent souvent être traités avec grande fermeté si l'on veut qu'ils respectent les promesses qu'ils ont faites en entrant en Suisse ».</p>
<p>Six semaines plus tôt, le 13 août, le gouvernement avait fermé la frontière aux juifs, en décrétant que « les réfugiés politiques, soit les étrangers qui s'annoncent comme tels lors de leur premier interrogatoire, et qui peuvent fournir des preuves, ne doivent pas être expulsés. Ceux qui cherchent refuge pour des raisons raciales, comme par exemple les juifs, ne sont pas considérés comme des réfugiés politiques ».</p>
<p>Selon le rapport Bergier, « il existe des preuves qu'environ 24'500 réfugiés ont été refoulés à la frontière entre janvier 1940 et mai 1945 ». Selon le rapport Bergier, qu'il était « bien connu, au plus tard après l'été 1942, que les réfugiés refoulés seraient presque à coup sûr déportés et tués ».</p>
<p>Le 30 août, le ministre de la Justice Eduard von Steiger utilise la formule « la barque est pleine » au cours d'un discours dans une église protestante de Zurich-Oerlikon. C'est la première fois que l'on se sert de cette métaphore en parlant de réfugiés.</p>
<p>« Quand on commande un petit bateau de sauvetage, de capacité limitée, déjà bien rempli et avec un stock de provisions limité lui aussi, tandis que des milliers de victimes d'un naufrage crient pour être sauvés, il doit sembler dur de ne pas pouvoir prendre tout le monde. Mais il n'en est pas moins humain de mettre en garde contre les faux espoirs et d'essayer de sauver au moins ceux qu'on a pris à bord », dit le conseiller fédéral.</p>
<p><a href="https://www.swissinfo.ch/fre/la-suisse-et-les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-juifs_-la-barque-est-pleine---75-ans-apr%C3%A8s/43550306" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Une Suisse neutre ou pronazie pendant la deuxième guerre mondiale, refuge des Juifs ou expulseuse de ceux-ci, profiteuse des fortunes juives ou refuge de leurs avoirs ? </h2>
<p>Non ! La Suisse refuge, c'est un mythe. Certains habitants hébergeaient mais pas l'Etat suisse qui, lui, internait les réfugiés, les Juifs et les soldats alliés. La Suisse a été un refuge des fonds, de l'or, des œuvres d'art, de riches, mais pas des gens du commun, des pauvres, des réfugiés. La Suisse neutre, c'est aussi un mythe.</p>
<div class='spip_document_15221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/56e23a4bffc431ef967f1af58bb697be.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH679/56e23a4bffc431ef967f1af58bb697be-6b471.jpg?1790041477' width='500' height='679' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_15222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Nume_riser-110-852x1024.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH601/Nume_riser-110-852x1024-88792.jpg?1790041477' width='500' height='601' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_15223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L313xH494/GUISAN-Henri-general-Suisse-08d-be459.jpg?1790041477' width='313' height='494' alt='' />
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</div><div class='spip_document_15224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L494xH374/file76uhwu7l0aat8j3og2j-42915.jpg?1790041477' width='494' height='374' alt='' />
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</div> <p>La venue au pouvoir sur la Confédération suisse du général Guisan, beaucoup plus nazi que neutre !!!</p>
<p><a href="http://doc.rero.ch/record/55403/files/1939-08-31.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Un mouvement fasciste, la « Schweizerische Vaterländische Verband », était composé en grande partie de représentants des élites, en particulier du corps des officiers ainsi que des milieux économiques et politiques, bénéficiaient également de sympathies d'un grand nombre de conseillers fédéraux et du général Henri Guisan.</p>
<p><a href="https://www.letemps.ch/suisse/centre-simon-wiesenthal-noircit-passe-pronazi-suisse" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Les autorités fédérales suisses, soucieuses de ne pas froisser leur « grand voisin du Nord » (l'Allemagne nazie), affichent une politique de fermeté. Celle-ci se traduit dès 1938 par un accord avec l'Allemagne sur la signalisation des passeports juifs auquel succède, en octobre 1939, un décret stipulant qu'à l'exception des déserteurs et des réfugié-es politiques, les étrangers/ères arrivé-es illégalement en Suisse devaient être systématiquement refoulé-es vers leur pays d'origine. En août 1942, confronté à un afflux ressenti comme ingérable de candidat-es à l'asile, le gouvernement arrête un décret stipulant que tous/tes les étrangers/ères sans visa seront refoulé-es « même s'il peut en résulter pour eux/elles des inconvénients sérieux tels que la mise en péril de la vie ou de l'intégrité corporelle ». C'est en effet le moment de la grande déportation « vers l'Est » – vers la mort. « Pour les réfugié-es, c'est le pire moment, note Ruth Fivaz-Silbermann. La dissuasion, qui est le but visé par les autorités fédérales, fonctionne certes à plein, mais les dégâts collatéraux sont considérables puisqu'en quelques semaines des centaines de personnes vont être refoulées, certaines étant même ramenées à la frontière depuis l'intérieur du pays. » Au sein de la population, cette politique de fermeté est loin de faire l'unanimité. En plusieurs endroits, l'expulsion de groupes de réfugié-es déclenche de véritables petites émeutes, tandis qu'au nom de l'humanité et de la charité chrétienne, la presse et les associations œcuméniques dénoncent avec vigueur l'attitude des autorités.</p>
<p><a href="https://www.unige.ch/lejournal/analyse/printemps-2021/fuite-suisse/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Les Suisses ont longtemps cru qu'ils avaient fait le maximum, qu'ils avaient sauvé le plus de réfugiés possible, qu'ils avaient été meilleurs que le reste du monde. Nous savons aujourd'hui que tel n'est pas le cas. Ce ne sont pas 10 000 juifs que la Suisse a refoulé vers les forces de l'Axe pendant la guerre, c'est beaucoup plus, peut-être le double, mais nous n'aurons jamais de chiffres précis. Depuis 1995, les autorités ont ouvert les archives fédérales, pour que la lumière puisse être faite. Durant la guerre, l'essentiel du commerce de produits stratégiques s'est fait vers l'Allemagne nazie (ndlr, au 1er semestre 1942, 166 millions contre 1,7 vers les Alliés). Depuis des années, nous avons commencé à revoir notre histoire, mais ce n'est pas un processus facile pour un pays qui s'est construit une mythologie de résistance.</p>
<p><a href="https://www.liberation.fr/evenement/1996/09/17/un-passe-embarrassantl-attitude-de-la-suisse-entre-1939-et-1945-reste-un-sujet-tabou_182071/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>En 1931, une loi concernant le séjour et l'établissement des étrangers donne la base légale pour lutter contre la « surpopulation étrangère ». Si le discours politique visait à combattre le fascisme, le national-socialisme et le communisme, la « lutte contre la surpopulation étrangère » visait surtout les immigrants et les réfugiés juifs jusqu'à l'immédiat après-guerre. En 1938, les autorités suisses obtiennent de l'Allemagne nazie que les passeports des Juifs allemands et autrichiens cherchant refuge en Suisse soient marqués d'un « tampon J »… Une politique très restrictive envers les Juifs cherchant refuge en Suisse aurait entraîné 24 500 expulsions et refoulements… Ruth Fivaz-Silbermann, sur base de ses recherches détaillées, confirme que 2850 Juifs qui cherchaient refuge en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale ont été refoulés, dont moins d'un tiers ont été assassinés suite à leur refoulement ; elle précise que "Pas un seul des refoulements (…) n'était justifiable ni excusable", étant donné la traque impitoyable dont les Juifs faisaient l'objet dans leurs pays de provenance ; non seulement la « barque » suisse n'était pas pleine, mais les risques et le coût du voyage vers la Suisse rendaient la crainte obsessionnelle d'une surpopulation étrangère totalement infondée. Une minorité proteste contre ces refoulements. Ainsi Paul Grüninger, commandant de la police cantonale de Saint-Gall, aide les passages illégaux. Il est licencié en mars 1939 et condamné en 1940…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_en_Suisse" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_15225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH450/70-les-suisses-et-les-nazis-le-rapport-bergier-pour-tous-b2504.png?1790041477' width='300' height='450' alt='' />
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</div>
<p> Les conclusions du rapport Bergier sont implacables pour la BNS (Banque Nationale Suisse).</p>
<p>La Suisse était bel et bien la plaque tournante pour l'or pillé dans les pays occupés par l'Allemagne nazie. Les dirigeants de la Banque Nationale Suisse de l'époque savaient dès 1941 qu'une partie de l'or allemand était volé. La bonne foi et la politique de neutralité ne sont pas des arguments probants et n'obligeaient en rien la BNS à accepter de l'or volé. Voilà en résumé les grandes lignes de la conclusion du rapport Bergier. Conclusion que nous publions ci-dessous.</p>
<p>Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Suisse a constitué la principale plaque tournante pour l'or en provenance des territoires dominés par le IIIe Reich. Sur le total de l'or envoyé par la Reichsbank à l'étranger, 79% partirent vers la Suisse, dont 87% adressés à la BNS et 13% aux banques commerciales suisses. Les livraisons d'or de la Reichsbank à la BNS totalisèrent entre 1,6 et 1,7 milliard de francs. La BNS acquit de ce total un montant net de 1,2 milliard de francs pour son propre compte. Le reste fut comptabilisé dans les dépôts dont disposaient d'autres banques centrales et la Banque des règlements internationaux (BRI) à Berne. Une part considérable de l'or acquis par la BNS fut revendue à des pays tiers, notamment au Portugal (452 millions de francs), à l'Espagne (185 millions de francs) et à la Roumanie (102 millions de francs).</p>
<p>L'or livré par l'Allemagne était déjà en partie en possession de la Reichsbank avant 1933 ou fut acquis par la suite dans le cadre de transactions ordinaires. Il s'y ajouta de l'or venu à la banque centrale allemande à la suite des mesures étatiques de contrainte antérieures à la guerre. Après l'éclatement du conflit, l'or volé constitua pour le IIIe Reich une importante source de devises. Le terme d'« or volé » (« Raubgold ») désigne l'or confisqué aussi bien que pillé, et celui dont le régime national-socialiste dépouilla les victimes de sa politique d'extermination. Il inclut, en outre, les réserves des banques centrales des pays sous domination nazie. Après la guerre, la « Commission pour la restitution de l'or monétaire » n'a pas jugé nécessaire d'introduire des distinctions entre les différentes origines de l'or volé.</p>
<p>La valeur de l'or des victimes dont la livraison par la Reichsbank en Suisse est attestée s'élève à 581 899 francs suisses. Même si les membres dirigeants de la BNS discutèrent de ces spoliations, rien n'indique qu'ils étaient informés de l'origine du métal jaune inclus dans ces livraisons. Par ailleurs, en l'état actuel des connaissances, on ne sait pas qui en fit l'acquisition.</p>
<p>Durant les deux premières années de la guerre, la Reichsbank traita la majeure partie de ses transactions d'or en Suisse par l'intermédiaire des banques commerciales. En octobre 1941, la BNS lui demanda de devenir le seul destinataire. A partir de cette date, les banques commerciales ne reçurent plus régulièrement des livraisons de la Reichsbank. Si la BNS était intervenue, c'était essentiellement parce que les opérations internationales sur l'or et les devises utilisant la Suisse comme plaque tournante entraînaient une baisse des réserves helvétiques d'or, ce qui était indésirable pour sa politique monétaire. A la fin de 1942, le commerce suisse de l'or avec l'étranger fut centralisé à la BNS par arrêté du Conseil fédéral.</p>
<p>En acceptant de l'or livré par l'Allemagne la BNS poursuivait plusieurs objectifs. Elle souhaitait avant tout maintenir la couverture-or et la convertibilité du franc, assurer l'approvisionnement du pays et préserver le bon fonctionnement de la place financière suisse.</p>
<p>Au début de la guerre, la BNS restait indifférente à l'origine de l'or livré par la Reichsbank et renonçait par conséquent à faire une distinction entre l'or acquis légitimement et l'or volé. En 1941 déjà, les dirigeants de la BNS savaient que l'Allemagne disposait d'or volé. Cet état de fait fut discuté lors de réunions internes. En 1942, la direction générale envisagea même de faire refondre une partie importante du métal jaune livré par le IIIe Reich. En outre, elle disposait d'informations sur les confiscations d'or à des particuliers en Belgique et aux Pays-Bas. Au plus tard en 1943, il devint évident que les livraisons de la Reichsbank pouvaient contenir également du métal jaune provenant des banques centrales des pays occupés.</p>
<p>Les avertissements officiels lancés par les Alliés à partir du début de 1943 incitèrent la BNS à prendre certaines précautions : elle exigea la garantie que les livraisons allemandes provenaient bien des stocks d'avant-guerre. La BNS modifia son attitude non pas de sa propre initiative, mais sous la pression extérieure. Pendant longtemps, la direction générale n'a pas pris acte du fait que l'Etat national-socialiste pratiquait le vol et le pillage à grande échelle, qu'il mettait à mort des personnes et des groupes entiers de populations. Bien qu'il ait été patent que l'Allemagne s'appropriait de l'or illégalement, les dirigeants de la BNS persistèrent dans l'attitude du « business as usual ».</p>
<p>Alors même qu'ils étaient au courant de l'origine problématique de l'or et malgré les avertissements des Alliés à ce sujet, des dirigeants de banques et de compagnies d'assurances suisses n'en continuèrent pas moins d'insister durant les derniers mois de la guerre pour que la BNS continuât d'accepter de l'or allemand, ce qu'elle fit effectivement jusqu'en avril 1945. Ces transferts servirent entre autres à payer des intérêts et à régler d'autres dettes en Suisse. Ces achats d'or étaient également destinés à maintenir le plus longtemps possible les opérations de paiement avec l'Allemagne et, par conséquent, à ménager une position de départ aussi favorable que possible aux relations financières germano-suisses d'après-guerre.</p>
<p>A partir de 1943, les dirigeants de la BNS élaborèrent une série d'arguments pour se défendre contre les accusations des Alliés. Après la guerre, la direction générale invoqua, pour sa défense face aux détracteurs suisses et étrangers, qu'elle avait agi en toute bonne foi, étant persuadée de l'origine irréprochable de l'or que lui livrait l'Allemagne. Elle prétexta en outre que ces opérations respectaient les principes de la neutralité suisse, et qu'en se rendant utile à l'Allemagne par des achats d'or, l'institut d'émission avait contribué à réduire le risque d'une invasion de la Suisse. Enfin, elle soutint que sa politique en matière d'or aurait reçu l'aval du gouvernement suisse.</p>
<p>Dans l'optique actuelle, tant la bonne foi que l'obligation d'accepter l'or conformément à la politique de neutralité ne sont pas des arguments probants. En effet, il est apparu lors des négociations de l'Accord de Washington que les dirigeants de la BNS savaient durant la guerre déjà que la Reichsbank livrait aussi à la Suisse de l'or volé. La politique de neutralité, quant à elle, n'obligeait en aucune manière à accepter de l'or volé. En outre, la thèse de la bonne foi se révéla être un piège : la BNS ne pouvait s'en distancer sans perdre sa crédibilité.</p>
<p>Quant à la thèse invoquée par la BNS selon laquelle l'or acheté à la Reichsbank aurait contribué à dissuader l'Allemagne d'envahir la Suisse, il convient de noter tout d'abord que la manière dont Hitler menait la guerre n'était pas dictée au premier chef par des réactions rationnelles à une politique de dissuasion économique. Ensuite, aux dires mêmes du gouvernement, la BNS ne l'avait informé qu'incomplètement et tardivement de l'ampleur, mais aussi des tenants et des aboutissants des transactions avec la Reichsbank. Le fait que la BNS n'invoqua la dissuasion comme motif de sa politique d'acceptation d'or allemand qu'à partir de 1943 conduit à penser qu'il s'agit là d'un argument avancé a posteriori pour justifier la politique pratiquée en matière d'or.</p>
<p>L'attrait du gain ne peut pas être considéré comme la motivation principale des reprises d'or par la BNS à l'Allemagne. Mais il joua un rôle indéniable dans la remise en circulation, par des ventes à des tiers, de l'or acquis.</p>
<p>On ne peut sans autre comparer les livraisons d'or acceptées de l'Allemagne à celles reçues des Alliés, car contrairement à l'or acheté à la Reichsbank, l'or des Alliés était un moyen de paiement légitimement acquis. Les transactions sur l'or entre la Suisse, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étaient en grande partie le résultat de mouvements de capitaux internationaux. Par ailleurs, elles servaient à financer des exportations de Suisse ; les Alliés, quant à eux, les utilisèrent à des fins humanitaires ainsi que pour payer des services indispensables à la guerre.</p>
<p>Il est nécessaire de poursuivre les investigations des transactions sur l'or en examinant le problème des reprises de l'or venant d'Allemagne dans le contexte des relations économiques extérieures, de la politique commerciale et, de manière générale, de la conjoncture économique et politique de la Seconde Guerre mondiale. Sur le plan historique, la Commission se penche également sur la dimension juridique du commerce de l'or. En vue du rapport final, elle demandera à des juristes de rédiger des expertises sur la question.</p>
<p><a href="https://www.letemps.ch/opinions/conclusions-rapport-bergier-implacables-bns" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_15226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L341xH500/513Iik7kU-L-ed965.jpg?1790041477' width='341' height='500' alt='' />
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<p>La Suisse, coffre-fort d'Hitler</p>
<p>La Suisse, pays neutre ? Cette fable a-t-elle jamais été crédible ? Le film écrit par Xavier Harel - co-écrit et réalisé par Olivier Lamour, nous plonge dans les tréfonds d'une histoire pourtant largement occultée. Pourquoi la Suisse n'a-t-elle jamais été envahie ? Ses habitants ont longtemps entretenu la légende d'une vaillante armée suisse, semblable au hérisson, capable de tenir à distance grâce à ses piquants, le monstre nazi. Lorsque Hitler lance sa Blitzkrieg, sa guerre éclair, les réserves d'or de la Reichsbank sont déjà presque vides. L'annexion de l'Autriche en 1938 et la main mise sur le milliard de marks du pays ont permis au IIIe Reich de tenir jusque là mais cette manne, engloutie dans le financement de l'énorme machine de guerre allemande, est épuisée. Dans tous les pays conquis et occupés, les Nazis pillent, volent, font main basse sur les lingots des banques centrales. Mais ils doivent absolument échanger cet or contre des devises pour pouvoir continuer à importer massivement tout ce dont ils ont besoin pour poursuivre la guerre, en particulier le tungstène portugais, le seul métal capable de supporter des températures de milliers de degrés utilisés notamment dans le moteur des Stukas, les bombardiers allemands. Un seul pays est à même de le faire. Leur voisine, la Suisse, partenaire financière d'avant-guerre, qui ne va pas se montrer très regardante – c'est le moins que l'on puisse dire ! – sur l'origine des tonnes d'or qui arrivent par camions entiers dans ses coffres et de manière exponentielle.</p>
<p>En blanchissant l'or nazi, la BNS a permis la poursuite de la guerre, impossible sans son soutien. 400 tonnes de lingots seront traités pendant toute la durée de la guerre et jusqu'aux derniers instants du Reich, soit rapporté au PIB 84 milliards d'euros. Des historiens et des experts suisses, américains, et portugais, analysent tout ce processus économique qui aura des rebondissements dans les années 1990 avec l'affaire des comptes en déshérence concernant l'argent des Juifs disparus en camps d'exterminations.</p>
<p><a href="https://www.historia.fr/%C3%A0-l%C3%A9cran/la-suisse-coffre-fort-d%E2%80%99hitler" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« L'Honneur perdu de la Suisse », un documentaire d'une heure et demie réalisé par le journaliste Daniel Monnat qui analyse l'attitude de la Suisse envers l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été diffusé par la Télévision suisse romande le 6 mars 1997 dans le cadre du magazine d'information Temps présent.</p>
<p>Les élites suisses ont été confrontées aux révoltes ouvrières. À l'Est les Bolcheviks ont pris le pouvoir en Russie et prêchent la révolution mondiale. Ces élites apeurées ne voient pas d'un œil totalement hostile le développement de mouvements autoritaires comme le fascisme, le nazisme et le franquisme, censés remettre de l'ordre et s'opposer aux « rouges ». Après les premières victoires des armées du Reich, certains dirigeants helvétiques ont une attitude ambiguë et semblent prôner l'adaptation plutôt que la résistance. Berne prendra même l'initiative d'envoyer des médecins et des infirmières suisses sur le front russe aux côtés de la Wehrmacht.</p>
<p>L'antisémitisme est aussi une attitude très répandue, comme d'ailleurs partout en Europe à cette époque. Dans ce contexte, l'introduction du secret bancaire suisse pour protéger les biens juifs s'avère un mythe peu conforme à la réalité.</p>
<p>Malgré le danger mortel auquel ils étaient exposés et qui était connu en Suisse, la politique d'acceptation des fugitifs juifs s'est révélée très restrictive, jusqu'au fameux « La barque est pleine ! » proclamé par un membre du gouvernement pour justifier la fermeture des frontières. La crainte d'un afflux de Juifs en Suisse conduira même les autorités helvétiques à exiger des autorités allemandes qu'elles apposent un « J » dans le passeport de leurs ressortissants juifs pour mieux les identifier aux frontières.</p>
<p>Pendant la deuxième guerre mondiale, la Suisse livre des quantités impressionnantes de matériel stratégique aux nazis, en particulier de l'aluminium, des mécanismes de précision destinés à l'aviation et aux chars ainsi que de l'artillerie et des munitions. En échange, le Reich fournit à la Suisse des matières premières telles que le charbon. Selon un historien, la fameuse décision de la Suisse de créer dans ses montagnes un Réduit national, présenté comme un acte de résistance, a surtout permis de démobiliser les 2/3 de l'armée, libérant ainsi de la main d'œuvre pour les usines suisses qui travaillaient pour le Reich. Quant aux filiales suisses situées en territoire allemand, elles n'ont pas hésité à utiliser des travailleurs forcés raflés par les nazis dans les pays occupés et qui étaient traités comme des esclaves. Enfin, ces exportations vers l'Allemagne sont principalement financées par des prêts consentis aux nazis par la Confédération.</p>
<p>Le franc suisse reste une des rares monnaies acceptée par tous les belligérants. Ce n'est pas le cas du Reichsmark qui n'est pas convertible sur les marchés internationaux. Les nazis possèdent de grandes quantités d'or qu'ils ont pillé dans les banques des pays conquis et volé à leurs victimes juives. Seule la Suisse accepte de racheter cet or aux nazis contre des francs suisses qui, eux, sont convertibles. Ces francs permettent au Reich d'acheter aux pays producteurs de précieux matériaux, dont ils ne disposent pas sur leur territoire, pour leur armement. C'est un service important que la Confédération rend aux Nazis et qui explique en grande partie pourquoi la Suisse n'a pas été envahie. À la fin de la guerre, les Alliés sanctionneront la Suisse pour ce rachat d'or pillé en lui imposant une amende de 250 millions de francs, un accord signé à Washington le 25 mai 1946. Par cet accord de Washington, la Suisse s'était aussi engagée à faire la lumière sur les avoirs en déshérence de victimes juives des persécutions nazies dans les banques suisses. Mais l'opposition des banquiers, au nom de la préservation du secret bancaire, a empêché la concrétisation de cette promesse. La guerre froide qui débute alors détourne l'attention des Alliés vers d'autres priorités.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Honneur_perdu_de_la_Suisse" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Le documentaire « l'honneur perdu de la Suisse » -> <a href="https://www.rts.ch/archives/tv/information/temps-present/3442363-lhonneur-perdu.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rts.ch/archives/tv/information/temps-present/3442363-lhonneur-perdu.html</a></p>
<p>Des agents de l'Office of Strategic Services dans les banques suisses ont permis de retracer les transactions financières de l'Allemagne qui a utilisé cet or — pris dans l'Europe occupée —, en Suède, au Portugal, en Turquie et en Argentine, avec le concours de banques en Suisse. Grâce à ces informations, le gouvernement des États-Unis a fait pression sur la Suisse qui a fini par rembourser symboliquement 58 millions de dollars aux pays ainsi floués</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Or_nazi" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Le marchand d'armes suisse Rudolf Ruscheweyh (de) fournit à la Wehrmacht des armes et munitions provenant de l'usine suisse de machine-outils Oerlikon-Bührle pendant la Seconde Guerre mondiale. À partir de sa résidence, la Villa Octogon de Schaan, il se déplace facilement entre l'Allemagne, la Suisse et le Liechtenstein dans une Cadillac avec radio intégrée grâce à un passeport diplomatique du Liechtenstein (qui lui délivre aussi un certificat de nationalité) au titre de chancelier commercial. Membre de l'Abwehr et pouvant facilement placer de fortes sommes d'argent, il est utilisé à ce titre par Pierre Laval et les services secrets de la SS. Informé par le vice-premier ministre du Liechtenstein que les comptes nazis seront bloqués après la guerre, il vide ses coffres et les transfère dans sa villa.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Octogon" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_15227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L210xH348/41BT1Z6A1YL-_SX210_-9386b.jpg?1790041477' width='210' height='348' alt='' />
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</div>
<p> Jean Ziegler dénonce le passé nazi de la Suisse durant la guerre.</p>
<p>Suisse est le deuxième pays le plus riche du monde. Or elle ne possède aucune matière première. Sa matière première, c'est l'argent des autres, constate Jean Ziegler dans son réquisitoire cinglant contre les banquiers suisses et leurs acolytes politiques (1). Sans leur aide financière, les assassins nazis auraient été acculés à abandonner la guerre dès 1942, affirme le sociologue et député socialiste genevois. La Suisse, pays neutre et terre d'accueil ? Nullement. En verrouillant ses frontières en 1942 — alors qu'à cette date il connaissait l'existence des chambres à gaz —, le gouvernement suisse a livré des milliers de juifs à une mort certaine. Il a été en fait un partenaire actif et silencieux au service des bourreaux nazis. Non par idéologie raciste, mais par pure vénalité.</p>
<p>Aucun autre pays neutre — ni le Portugal ni la Suède — n'a accepté l'or volé des Allemands. Flairant des « affaires en or », les banquiers suisses ont joué les intermédiaires, les blanchisseurs de cet or provenant des banques des pays envahis ou des juifs assassinés. Le consentement du gouvernement fédéral leur était acquis. Avec les francs suisses reçus en échange de leurs lingots, le Reich a pu acheter les matières premières indispensables pour la fabrication des armes et la poursuite de la guerre. Quant aux industriels de l'armement suisses, ils livraient dès 1939 leurs engins de mort à Hitler, et ceci jusqu'en avril 1945.</p>
<p>Ces accusations sont basées sur des documents accablants provenant des archives autrichiennes, allemandes, britanniques et américaines ; remis au député socialiste par des hauts fonctionnaires, des banquiers et des enquêteurs, ils corroborent les révélations faites par le Congrès juif mondial depuis l'été 1996.</p>
<p>Pourquoi cette complicité avec les sbires du Reich nazi ? Sauver la Suisse de l'annexion, à l'instar de l'Anschluss autrichien, est la raison la plus souvent invoquée par les responsables helvétiques. Justification inacceptable pour Jean Ziegler au vu des conséquences dévastatrices de cette collaboration. Pourquoi « l'autre Suisse », celle des gens simples, ne s'est-elle pas réveillée pour résister à la politique de sa classe dirigeante ? A cause d'une structure du pouvoir immuable et du fort consensus dont elle bénéficie, répond le sociologue. Depuis deux cents ans, l'édifice des classes n'a jamais été ébranlé ni par la guerre ni par la révolution. Sous l'apparence d'un pluralisme démocratique, la même oligarchie, les mêmes réseaux financiers, les mêmes familles régissent le pays. Pour cette oligarchie, être aux côtés des nazis était un moindre mal, c'était sauver la Suisse des bolcheviques et de la révolution. Toute velléité de résistance fut donc muselée et réprimée. L'étudiant Maurice Bavaud, auteur d'un attentat contre Hitler, à qui ce livre est dédié, fut livré par Berne à la Gestapo et décapité. Paul Grüninger, capitaine de police de Saint-Gall, fit entrer clandestinement 2 000 juifs en Suisse. Condamné, mis au ban de la société, il mourut pauvre et oublié en 1972 et ne fut réhabilité qu'en 1993.</p>
<p>Comment enfin expliquer la bonne conscience inébranlable des banquiers suisses, même lorsqu'ils sont confrontés avec les preuves de leur cupidité — celles d'hier et d'aujourd'hui (blanchiment de l'argent de la drogue ou de l'argent volé par M. Mobutu) ? Le sociologue explique cette bonne conscience par le calvinisme et la foi en la prédestination. La richesse financière étant considérée comme un signe de la grâce divine, de quoi les nantis se sentiraient-ils coupables ?</p>
<p>Pour s'être attaqué à ces faux élus de Dieu mais vrais « requins de la finance », le député genevois a été privé de son immunité parlementaire et a perdu tous ses biens en d'innombrables procès. Son pamphlet est un acte de résistance, un « essai d'intervention » pour faire abolir le secret bancaire et donner la parole à « l'autre Suisse ».</p>
<p><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1997/06/PATZOLD/4772" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p> Ziegler, La Suisse, l'or et les morts</p>
<p>Sans les banquiers suisses, la Deuxième Guerre mondiale aurait été terminée plus tôt et des centaines de milliers d'être humains auraient eu la vie sauve. Ils ont fourni des milliards de francs suisses à Hitler, lui permettant d'acheter sur le marché mondial les matières premières stratégiques dont il avait besoin.</p>
<p>Les profits astronomiques de la guerre ont ensuite fondé la puissance mondiale de la place financière helvétique.</p>
<p>Des rapports de services secrets, surtout américains, récemment déclassifiés, révèlent la complicité active des banquiers suisses (marchands d'art, agent fiduciaire, bijoutiers, avocats d'affaires, etc.) qui ont recelé, « lavé » l'or que les SS avaient volé dans les banques centrales, les entreprises et les demeures privées des pays occupés, ou arrachés aux victimes des camps.</p>
<p>Dans le même temps, le gouvernement suisse refoulait à ses frontières des dizaines de milliers de réfugiés juifs, les renvoyant parfois directement vers les bureaux SS.</p>
<p>Jean Ziegler, l'un des meilleurs connaisseurs des rouages bancaires suisses, a mené l'enquête sur ces ahurissantes compromissions. Les documents sont accablants. Son livre – explosif, bourré de révélations et de récits à peine croyables – paraît simultanément en France et en Allemagne.</p>
<p><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/la-suisse-l-or-et-les-morts-jean-ziegler/9782020316873" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Quelque 6 000 juifs ont été traités « comme des criminels dans des camps de travail ». Un ancien interné, Fred Alexander, a livré son témoignage à la chaîne de télévision britannique, qui a projeté cette semaine le documentaire : « Nous devions travailler du lever au coucher du soleil dans les champs. Nous n'avions pas grand-chose à manger, en dehors d'un peu de soupe, d'un peu de café et du pain. »</p>
<p><a href="https://www.liberation.fr/planete/1998/01/09/polemique-sur-le-sort-des-juifs-en-suisse-pendant-la-guerre-de-nombreux-historiens-s-elevent-contre-_544616/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Claude Hauser consacre la deuxième partie de son ouvrage à la trentaine de camps d'internement installés dans le Jura et le Jura bernois, dès 1942-1943.</p>
<p>Si Claude Hauser constate que les conditions de travail imposées aux réfugiés internés étaient très dures, la nourriture peu abondante, l'hygiène rudimentaire, la direction de ces camps confiée à des militaires mal préparés à une telle tâche, il réfute la comparaison parfois avancée avec les camps de concentration nazis. L'historien s'est en particulier intéressé à deux camps jurassiens, l'un à Bourrignon qui regroupait des Juifs orthodoxes, « un berceau du sionisme religieux en terre jurassienne » ; l'autre à Bassecourt où étaient internés des antifascistes assimilés à des communistes militants.</p>
<p><a href="https://www.letemps.ch/suisse/trente-camps-construits-jura" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>La Suisse a blanchi 85% de l'« or nazi ».</p>
<p>Quatre-vingt-cinq pour cent de l'or nazi exporté d'Allemagne aurait transité par la Suisse afin d'être blanchi. C'est ce qu'affirme un rapport commandité par le Congrès juif mondial publié hier. Le rapport rédigé par un ancien de la CIA et du Trésor, l'économiste Sydney Zabludoff, affirme que les nazis ont fait transiter par les banques helvétiques plus d'or que les Suisses ne l'ont reconnu jusqu'ici. Sur les 8,5 milliards de dollars en or, au cours actuel, pillé aux banques centrales des pays occupés et aux juifs d'Europe, 5,2 milliards auraient été « lavés » en Suisse. Ce chiffre de 8,5 milliards est supérieur de 1,5 milliard à celui avancé dans le rapport Eizenstat du gouvernement américain. Il renforce la thèse américaine selon laquelle la collaboration économique de la Suisse aurait permis aux nazis de prolonger la guerre. Les autorités suisses ont contesté les conclusions du rapport. Le porte-parole de la Banque nationale suisse (BNS) a affirmé que certains chiffres étaient « difficilement concevables ». L'enjeu de cette discussion porte sur une éventuelle renégociation de l'accord de Washington signé en 1946. La Suisse ne veut pas en entendre parler. C'est ce qu'a affirmé hier Kaspar Villiger, le ministre des Finances, notant que la Confédération helvétique a été exemptée de toute réparation future en matière d'or nazi par l'accord de 1946. Or, le rapport Zabludoff affirme que la Suisse n'aurait pas reversé aux alliés 2 à 3 milliards de dollars.</p>
<p>Ces « révélations » s'inscrivent dans un calendrier très précis. Une conférence internationale sur l'or nazi aura lieu à Londres en décembre. Le Congrès juif mondial affirme que les victimes des persécutions ont été les oubliés du règlement d'après guerre. Sur ce point encore, Zabludoff avance de nouveaux chiffres. Selon lui, 30% de l'or nazi pillé était en fait du métal jaune « non monétaire », tel que des dents en or ou de l'or volé à des individus ou à des entreprises. Le reste du butin nazi provenait essentiellement des banques centrales de Belgique, des Pays-Bas et d'Autriche. Après guerre, la Suisse a rétrocédé 58 millions de dollars (soit dix fois plus au cours actuel) aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France. Ces pays ont rendu 4 milliards de dollars de l'or volé aux banques centrales de dix pays européens. Mais rien n'a été restitué aux survivants des camps de la mort. Ces trois pays seraient aujourd'hui disposés à leur verser l'or encore aux mains de la commission tripartite. Mais il reste à convaincre les dix pays européens supposés se répartir le montant restant. Parmi eux : l'Albanie et la Serbie. Parallèlement, les députés suisses ont décidé hier d'autoriser la BNS à verser 100 millions de francs suisses au Fonds spécial en faveur de l'holocauste créé en février dernier. Le Parlement aurait normalement dû donner à cette contribution une base légale spéciale. Mais le gouvernement et une majorité de députés ont voulu s'éviter un débat public houleux avec comme perspective un référendum, dont l'issue incertaine risquait de ruiner les efforts de redorer l'image d'une Suisse accusée d'avoir joué le rôle de « receleur de Hitler ». Pour l'heure, le gouvernement suisse est lancé dans un grand écart acrobatique. Il est prêt à financer à coups de million, une restauration de l'image de la Suisse. Mais sur le plan intérieur, le message est différent. Ainsi, Flavio Cotti, le ministre suisse des Affaires étrangères, vient de s'exclamer devant un parterre de banquiers ravis : « L'autoflagellation grotesque doit faire place à un comportement constructif orienté vers l'avenir. ».</p>
<p><a href="https://www.liberation.fr/planete/1997/10/08/la-suisse-aurait-blanchi-85-de-l-or-nazi-un-rapport-commandite-par-le-congres-juif-mondial-relance-l_218919/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>49 Suisses touchent la « rente nazie », une pension de l'Allemagne pour récompenser leur « fidélité à Hitler » !!!</p>
<p><a href="https://www.lematin.ch/story/qui-sont-ces-49-suisses-qui-touchent-la-rente-nazie-895769044810" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_15228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L264xH398/l_etoile_d_or-1366674-264-432-2a5ca.jpg?1790041477' width='264' height='398' alt='' />
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</div>
<p>L'étoile d'or, de Daniel Zafferey, un roman policier sur le thème des classes possédantes suisses et de leurs liens avec les nazis</p>
<p><a href="http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/archive/2012/01/22/l-etoile-d-or-de-daniel-zufferey.html" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://www.bibliothequesonore.ch/livre/9603" class="spip_out" rel="external">2e Source</a></p>
<p>L'intégralité du rapport Bergier :</p>
<p><a href="https://www.uek.ch/fr/schlussbericht/synthese/uekf.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>La commission Bergier a conclu que les autorités suisses « avaient aidé le régime nazi à atteindre ses objectifs » en décidant de fermer les frontières du pays à des milliers de réfugiés juifs, les renvoyant le plus souvent à la mort. Pendant la guerre, quelque 300'000 personnes ont franchi les frontières des pays occupés par les nazis. Parmi les réfugiés civils, environ 30'000 étaient juifs.</p>
<p><a href="https://www.swissinfo.ch/fre/travail-de-m%C3%A9moire_la-suisse-face-%C3%A0-l-extermination-des-juifs-d-europe/43846260" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Un film : « La Suisse, coffre fort d'Hitler »</p>
<p><a href="https://www.dailymotion.com/video/x5jz001" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Après la guerre, la Suisse héberge discrétement les anciens nazis puissants et fortunés. Rappelons que l'un des principaux artisans de l'élimination des Juifs d'Europe de l'Est a été hébergé ensuite par la Suisse. Après deux ans passés en semi-liberté à renseigner les services du MI5, Walter Schellenberg est libéré pour raisons médicales, et passe secrètement en Suisse où il est soigné dans la clinique du Docteur Francis Lang à Billens (canton de Fribourg) grâce aux recommandations de son ami le brigadier Roger Masson, chef des services secrets suisses, qui l'appelle affectueusement « Schelli ».</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Schellenberg#Lib%C3%A9ration_et_fin_de_vie_en_Suisse" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Un camp d'internement en Suisse, dans le Tessin :</p>
<p><a href="https://blog.nationalmuseum.ch/fr/2019/10/tessin-pendant-guerre-mondiale/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Avec Hünenberg et Les Diablerets, Wauwilermoos était l'un des trois camps pénitentiaires suisses pour internés établis en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Camp d'internement de Wauwilermoos.</p>
<p><a href="https://fr.qaz.wiki/wiki/Wauwilermoos_internment_camp" class="spip_out" rel="external">Source</a></p></div>
Luttes de classe en Suisse
http://www.matierevolution.org/spip.php?article4544
http://www.matierevolution.org/spip.php?article45442014-12-14T02:39:00Ztext/htmlfrRobert ParisGrève StrikeOuvriers WorkersprolétairesManifestationSuisseLutte de classes - Class struggle
<p>Luttes de classe en Suisse <br class='autobr' />
« Les Suisses disent non à la lutte des classes », titre le quotidien conservateur allemand Die Welt lundi pour rendre hommage, lui, au « sens des responsabilités des Suisses ». Le refus dimanche de l'initiative 1:12 visant à limiter les hauts salaires à 12 fois le plus bas salaire d'une entreprise a déclenché un large écho dans la presse internationale. Le Figaro triomphe : « À peine 23 % des citoyens de la Confédération helvétique ont voté « oui » ce dimanche (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot239" rel="tag">Suisse</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_4858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div><h2 class="spip">Luttes de classe en Suisse</h2>
<p>« Les Suisses disent non à la lutte des classes », titre le quotidien conservateur allemand Die Welt lundi pour rendre hommage, lui, au « sens des responsabilités des Suisses ». Le refus dimanche de l'initiative 1:12 visant à limiter les hauts salaires à 12 fois le plus bas salaire d'une entreprise a déclenché un large écho dans la presse internationale. Le Figaro triomphe : « À peine 23 % des citoyens de la Confédération helvétique ont voté « oui » ce dimanche où se tenait un référendum portant sur l'introduction d'un salaire minimum. C'est donc à une écrasante majorité que la mise en place d'un salaire minimum de 22 francs suisses, soit environ 18 euros de l'heure, a été refusée… Outre leur extraordinaire prospérité, les Suisses se distinguent plus que jamais par leur régime unique de démocratie directe… Le Wall Street Journal salue, lui, la « sagesse des Suisses » et déplore le « caractère émotionnel » de l'initiative 1:12. « Il n'y a pas de table de la loi en matière de salaires. (…) Le résultat pratique d'un ‘succès' du texte aurait rendu la Suisse plus pauvre et moins attrayante pour les investisseurs étrangers ». Et le quotidien financier américain de rendre hommage aux Suisses d'avoir trouvé de moins en moins séduisant le mirage de la redistribution offert par le texte. » Même son de cloche dans le Jornal Expresso au Portugal : « Nestlé ou Novartis menaçaient de déménager leur siège ailleurs. Les Suisses, même dans la discrétion d'un local de vote, sont prudents (…), ils rejettent cette initiative qui concerne seulement les gros bonnets de 0,3% des entreprises. » De nombreux titres de journaux mettent l'accent sur les mérites de la démocratie directe et la « sagesse » des Suisses.</p>
<p>La Suisse est devenue en 2011 le premier pays au monde où la fortune a dépassé 500.000 dollars par personne. Cela ne signifie nullement que les travailleurs de Suisse soient devenus des capitalistes ! Ni même que leur comportement soit moins fondé sur leur intérêt exclusif. Pour ne prendre qu'un seul exemple de la législation du travail, en Suisse, les juges des prud'hommes sont des magistrats professionnels qui ne prennent de décisions que financières, pas question, par exemple, d'ordonner la réintégration même si le licenciement est jugé abusif.</p>
<p>L'image d'une Suisse complètement en dehors des luttes de classes est absolument mensongère et n'a jamais eu de sens. On nous présente ce pays du grand capital bancaire et industriel, où la collusion est totale entre pouvoirs politique, financier, judiciaire et militaire, comme le pays de la démocratie directe aux mains du peuple à l'aide des « votations », du « peuple en armes »…</p>
<p>Lire ici : <a href="http://home.citycable.ch/josthistoire/page13/page13.html" class="spip_out" rel="external">Sur le mythe d'une Suisse sans grèves et luttes de classe</a></p>
<p>Historiquement, la Suisse des montagnes, des champs et d'édelweiss est une image d'Epinal. Si Voltaire parlait d' « une Suisse des vaches et des banquiers », cela va surtout une signification satirique contre les banquiers ! C'était déjà de la lutte des classes. (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3699">voir ici</a>) D'ailleurs, à l'époque de Voltaire, la Suisse était depuis longtemps un haut lieu des luttes de classe et des révolutions sociales et politiques, bourgeoises et populaires, pour toute l'Europe. (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2912">voir ici</a>)</p>
<p>La Suisse a aussi été un haut lieu d'organisation du mouvement ouvrier à ses débuts (<a href="http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16479.php" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>, un pays qui a connu des luttes de classe et des efforts d'organisation de classe (<a href="http://home.citycable.ch/josthistoire/page12/page12.html" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>) et aussi un haut lieu des débats du mouvement ouvrier international (<a href="http://books.google.fr/books?id=1n_DWlJ3mwAC&pg=PA36&lpg=PA36&dq=la+premi%C3%A8re+internationale+en+suisse&source=bl&ots=DenJJUkK57&sig=HPZ6bUsS51TbYErRXAxYsOtIVcA&hl=fr&sa=X&ei=qZGFVJ_RI8mN7AacrYDABA&ved=0CDAQ6AEwBDgU#v=onepage&q=la%20premi%C3%A8re%20internationale%20en%20suisse&f=false" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>).</p>
<p>Les grèves ouvrières se développent en Suisse : en 1875, par exemple : les ouvriers du Saint-Gotthard se mettent en grève ; on fait donner la troupe ; bilan : quatre morts, le 8 mars 1889, première grève au chantier du percement du tunnel du Simplon, elle ne durera qu'un jour ; deux autres grèves éclateront en novembre 1899 et en juin 1901, la troupe interviendra chaque fois ; c'est à l'occasion du percement du Simplon que la question ouvrière est véritablement posée en Valais. le 15 mars 1907, grève des ouvriers chocolatiers des usines Peter-Kohler, à Vevey (VD) pour réclamer de meilleures conditions de travail, en novembre et décembre 1922, la grève des ouvriers typographes, en 1929 la grève des maçons et manœuvres des secteurs du Bois et du Bâtiment.</p>
<p>Pascale Gazareth, Aspects de la grève et facteurs de sa rareté en Suisse, (Mémoire de licence, Université de Neuchâtel, 1994, pp. 13-29) : Grève-émeute, grève politique, grève sur le tas, grève avec occupation, avec piquet, avec séquestration, grève tournante ou par roulements, grèves articulées, grève larvée, grève-bouchon ou grève-thrombose, grève du zèle, sans oublier le débrayage, la grève d'avertissement et la grève-surprise, cet acte de force revêt les formes les plus variées.</p>
<p>La répression policière contre le mouvement ouvrier n'est pas peu courante : <a href="http://books.google.fr/books?id=kId-BeyeHpMC&pg=PA19&lpg=PA19&dq=luttes+de+classe++en+suisse&source=bl&ots=-ZJkYGCd-d&sig=vPQECw8MBtoUXoQ0wy2_kN7q5QQ&hl=fr&sa=X&ei=hJ-FVLLxIYv7UMbgghA&ved=0CCUQ6AEwATge#v=onepage&q=luttes%20de%20classe%20%20en%20suisse&f=false" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>Entre 1918 et 1945, l'armée a assuré 22 fois un « service d'ordre » contre le mouvement ouvrier. Le soir du 9 novembre 1932, l'armée ouvre le feu, au pistolet et au fusil mitrailleur, sur une manifestation antifasciste, faisant treize morts et des dizaines de blessés. Puis on félicite les assassins et l'on condamne des dirigeants du Parti socialiste genevois, qui avaient appelé à manifester, pour trouble à l'ordre public.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170408.htm" class="spip_out" rel="external">Voir la lettre de Lénine aux ouvriers suisses</a></p>
<p>La révolution prolétarienne menace également la Suisse après la première guerre mondiale, dans le cadre de la vague européenne de révolutions débutée en Russie en 1917. (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_g%C3%A9n%C3%A9rale_de_1918_en_Suisse" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>).</p>
<p>1917</p>
<p>La colère gronde mais le gouvernement ne semble pas accorder d'attention aux revendications des salariés. Nombre de branches industrielles d'exportation - chimie, métallurgie, textiles, machines ou horlogerie - réalisent de gros bénéfices alors que, dans les rues du pays, les manifestations se succèdent.</p>
<p>Pour la première fois, des employés se joignent aux ouvriers, même les femmes protestent contre la faim et la hausse du coût de la vie. Indice évocateur de cette crise sociale, le taux de natalité s'écroule ; de 22 0/00 (vingt-deux pour-mille) en 1914, il tombe à 18 0/00 (dix-huit pour-mille) en 1917. La paix conclue entre patronat et salariat est rompue. Les effectifs des syndicats, des associations de travailleurs et du parti socialiste explosent.</p>
<p>Un événement va mettre le feu aux poudres dans toute l'Europe. En avril 1917 éclate la Révolution russe. Lénine, alors exilé en Suisse, rentre au pays grâce à l'aide de ses camarades communistes suisses, Robert Grimm et Fritz Platten, qui organisent son retour dans un wagon plombé.</p>
<p>La révolution apporte d'immenses espoirs aux classes ouvrière et défavorisée qui voient en l'émergence de cette gauche anticapitaliste la solution à leur situation sociale précaire. Les mouvements insurrectionnels se multiplient, revendiquant plus de protection et de droits pour les travailleurs. Ils ne cesseront d'augmenter en nombre et en intensité jusqu'en 1918, y compris en Suisse.</p>
<p>Tellement que les États-Unis, tête de file du mouvement capitaliste anticommuniste, finissent par s'inquiéter. Ils font savoir à Berne qu'ils interviendront militairement en Suisse en cas de révolution communiste, malgré la neutralité de la Confédération. Ambiance...</p>
<p>1918</p>
<p>L'Allemagne capitule et la première guerre mondiale de l'histoire de l'humanité s'achève.</p>
<p>Celle que tous prédisaient courte dure en réalité 4 ans et laisse plus de 8 millions de morts et 20 millions de blessés sur les champs de bataille. La Suisse, neutre, reste épargnée par les combats.</p>
<p>Mais sur le front social, elle se réveille dévastée, assommée, appauvrie. C'est cette année-là que tout va basculer...</p>
<p>4 février 1918</p>
<p>Le conseiller national socialiste Robert Grimm décide de convoquer une « cellule de crise » qui aurait pour mission d'élaborer des revendications adressées au gouvernement pour défendre les droits des travailleurs. Il s'entoure de membres du PS (Part socialiste) et de l'USS (Union syndicale suisse).</p>
<p>Car à cette époque, les travailleurs suisses ne disposent encore d'aucune protection sociale, 700'000 personnes dépendent de la charité publique et 65 heures de travail sont effectuées chaque semaine, soit 11 heures de travail par jour et 10 heures le samedi. Cette séance donnera naissance au « Comité d'Olten ».</p>
<p>27-28 juillet 1918</p>
<p>Le « Comité d'Olten » organise à Bâle le premier Congrès général ouvrier. Un catalogue de revendications à l'attention du Conseil fédéral est présenté aux salariés présents. Le Congrès décide d'envoyer une délégation chargée de négocier avec le gouvernement. En cas d'échec des négociations, la Grève générale est votée comme moyen ultime de pression.</p>
<p>Dans un premier temps, le gouvernement accepte de discuter avec les représentants du monde ouvrier.</p>
<p>30 septembre – 1er octobre 1918</p>
<p>A Zurich, des employés de banque manifestent pour obtenir une hausse de leur salaire. La situation est parfaitement inédite ! Ouvriers et cols blancs, peu rompus aux grèves, se rapprochent en partageant les mêmes préoccupations et revendications. Le patronat exprime de vives inquiétudes.</p>
<p>19 octobre 1918</p>
<p>Le PS, Parti socialiste, appelle à fêter l'anniversaire de la révolution russe. Dans un climat social et politique particulièrement tendu, cette démarche est interprétée comme une provocation par le gouvernement. Malgré les menaces des autorités, la manifestation est maintenue.</p>
<p>7 novembre 1918</p>
<p>Des troupes de l'armée suisse investissent Zurich en nombre. La cavalerie soutient l'infanterie et s'affiche de façon ostentatoire, attisant la tension. Les soldats font face aux manifestants dans une ambiance électrique.</p>
<p>Le Comité d'Olten se réunit en séance extraordinaire.</p>
<p>9 novembre 1918</p>
<p>Chute de l'Empire allemand.</p>
<p>A Zurich, l'Union ouvrière décide de poursuivre la grève jusqu'au retrait des troupes de l'armée suisse.</p>
<p>10 novembre 1918</p>
<p>A Zurich, après 3 jours de grève, la place Fraumünster devient le théâtre d'affrontements entre manifestants et militaires.</p>
<p>Suite aux événements de Zurich, le Comité d'Olten lance un appel à la Grève générale pour le 12 novembre. Il présente un programme de revendications politiques et sociales en 9 points.</p>
<p>Résumé des revendications du Comité d'Olten :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Le Conseil national doit être renouvelé sans délai, selon la représentation proportionnelle (chaque parti politique doit être représenté au parlement en proportion du nombre de suffrages obtenus)</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Les femmes doivent pouvoir voter et être élues</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> La semaine de travail ne doit pas dépasser 48 heures, soit 6 journées de 8 heures (65 heures par semaine actuellement)</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Les travailleurs âgés et invalides doivent être protégés par une assurance (les futures assurance vieillesse et survivants – AVS – et assurance invalidité - AI)</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Un impôt sur la fortune des gros contribuables doit être introduit pour éponger l'importante dette publique notamment liée à la mobilisation.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'armée doit être démocratiquement réformée et encadrée d'une organisation solide qui permettrait, à l'avenir, de garantir le ravitaillement du pays, particulièrement problématique durant la Grande Guerre.</p>
<p>11 novembre 1918</p>
<p>Armistice franco-allemand.</p>
<p>En Suisse, le travail reprend dans toute la Suisse, à l'exception de Zurich.</p>
<p>12 novembre 1918</p>
<p>La Grève générale commence.</p>
<p>Le pays est paralysé ; le nombre de manifestants demeure inégalé à ce jour. 250'000 personnes répondent à l'appel du Comité d'Olten, dont une grande partie de cheminots qui arrêtent le trafic ferroviaire jusque dans les régions les plus reculées. Le général Wille mobilise 100'000 soldats. 3 grévistes meurent à Granges, important centre horloger soleurois.</p>
<p>Le même jour, à Berne, la mission bolchévique quitte le pays après que Berne, sous la pression des Alliés, a rompu ses relations avec la Russie - contrevenant ainsi au principe de l'universalité des relations diplomatiques d'un pays au bénéfice d'une neutralité permanente. La mission diplomatique russe est accusée de propagande et d'agitation communiste en Suisse.</p>
<p>Toujours ce même 12 novembre, l'Assemblée fédérale est convoquée en session extraordinaire urgente. La Grève générale est naturellement à l'ordre du jour. La majorité, bourgeoise, durcit le ton. Le Conseil fédéral se sent appuyé pour agir. Ce qu'il fera immédiatement.</p>
<p>13 novembre 1918</p>
<p>Le Conseil fédéral exige la fin de la Grève générale. Les menaces sont claires : l'armée pourrait avoir ordre de tirer sur les gréviste. Il lance un ultimatum au Comité d'Olten.</p>
<p>14 novembre 1918</p>
<p>Au matin, le Comité d'Olten accepte l'ultimatum du Conseil fédéral, de crainte que la Grève générale ne dégénère en violences, comme en Allemagne où la révolte a été sauvagement anéantie par l'armée. De plus, certains paysans et commerçants menacent de ne plus livrer de pain ou de lait aux villes en grève. Le Comité déclare : « la classe ouvrière a cédé devant les baïonnettes, mais elle n'est pas vaincue ».</p>
<p>15 novembre 1918</p>
<p>Reprise générale du travail, la Grève générale n'aura duré que trois jours.</p>
<p>22-23 décembre 1918</p>
<p>Deuxième Congrès général ouvrier à Bâle. Suite à l'échec de la Grève générale, le Comité d'Olten est remanié, élargi et rebaptisé « Comité central d'action ».</p>
<p>29 septembre 1919</p>
<p>Le Comité central d'action, anciennement « Comité d'Olten », siège pour la dernière fois de son histoire. Il n'y aura jamais de dissolution formelle.</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH250/-173-cfdd0.jpg?1790041478' width='350' height='250' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-186.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH561/-186-09be6.jpg?1790041478' width='500' height='561' alt='' /></a>
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<p>Le 5 mars 1921, le Parti socialiste suisse perd son aile gauche, forte d'environ 5 000 membres. Elle le quitte pour fonder le Parti communiste suisse. Le 18 février 1923, le peuple rejette, par 55 145 non (11,0 %) contre 445 606 oui (89,0 %), l'Initiative populaire « Arrestation des citoyens suisses qui compromettent la sûreté intérieure du pays », c'est-à-dire les communistes.`</p>
<p>La Suisse est certes aussi un haut lieu de la collaboration de classe : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paix_du_travail" class="spip_out" rel="external">par exemple, en 1937</a></p>
<p>En fait, il n'est pas exact que la paix sociale date en Suisse de 1937 puisque le pays a connu en 1945-1947 de nombreuses et grandes grèves (comme à Genève au printemps et en été 1946 et avec notamment un important mouvement des ouvriers du Bois et du Bâtiment). L'intensité des mouvements grévistes est la plus forte en 1946 avec 184.483 journées de travail perdues et un mouvement qui a failli aboutir à une grève génrale, sans compter un poids accru de la classe ouvrière sur les partis politiques. C'est plutôt à partir de 1950 que la paix sociale a pris effet avec moins de dix grèves par an.</p>
<p>Depuis 1957, le Code des obligations distingue la paix relative et la paix absolue du travail. L'art. 323bis disposait au chiffre 2 :</p>
<p>« Chaque partie doit maintenir la paix du travail et s'abstenir en particulier de tout moyen de combat quand aux matières réglées dans la convention. L'obligation de maintenir la paix n'est absolue que si les parties en sont convenues expressément ».</p>
<p>Cet article, devenu l'art. 357a du Code des obligations, a été légèrement modifié dans la version révisée de 1972. Il indique que :</p>
<p>« Chaque partie maintient la paix du travail et, en particulier, s'abstient de tout moyen de combat quant aux matières réglées dans la convention ; l'obligation de maintenir la paix n'est illimitée que si les parties en sont convenues expressément »</p>
<p>En 1977, 67 % des conventions avec clause de paix visaient la paix absolue, 4% la paix relative expressément mentionnée, les autres étant muettes à cet égard (ce qui revenait au même).</p>
<p>La Suisse n'a connu que vingt-cinq grèves entre 1987 et 1996 et une cinquantaine au cours de la dernière décennie. Le nombre annuel moyen de journées de travail ainsi perdues s'est élevé à 0,74 pour mille travailleurs pendant la première décennie susmentionnée.</p>
<p>Les syndicats suisses s'y entendent à pratiquer la collaboration avec les patrons <a href="http://books.google.fr/books?id=1n_DWlJ3mwAC&pg=PA91&lpg=PA91&dq=luttes+de+classe++en+suisse&source=bl&ots=DenJJVdJ6a&sig=Mq5QfznAJ47vmmF9fFdNiRZSg0A&hl=fr&sa=X&ei=Cp2FVOTEIobzUqVM&ved=0CEYQ6AEwCTgK#v=onepage&q=luttes%20de%20classe%20%20en%20suisse&f=false" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p><a href="http://books.google.fr/books?id=M33bDKv3R7QC&pg=PA181&lpg=PA181&dq=luttes+de+classe++en+suisse&source=bl&ots=oWXBLbmYyu&sig=iAUxRmLUZaYZdZqE3MBj7hvdnVQ&hl=fr&sa=X&ei=l56FVJf6MsW3UZGZgeAP&ved=0CDgQ6AEwBDgU#v=onepage&q=luttes%20de%20classe%20%20en%20suisse&f=false" class="spip_out" rel="external">Et aussi là</a></p>
<p>Le 30 octobre 2012, un grand colloque réunissait des représentants des milieux patronaux et des milieux syndicaux pour célébrer l'anniversaire de la paix du travail.</p>
<p>Soixante-dix ans après, la « paix du travail » de 1937 est-t-elle encore une réalité ? Les Conventions Collectives de Travail (CCT) sont censées empêcher les conflits mais on oublie souvent de dire que les CCT ne couvrent même pas un salarié suisse sur deux ! Quant à les présenter comme également favorable au patronat et aux salariés, il suffit pour se faire une opinion d'écouter le directeur général du Centre Patronal, Christophe Reymond, qui en dit beaucoup de bien : L'État est parfois appelé à intervenir, mais seulement à la demande des parties en cause, pour décider qu'une convention collective aura force obligatoire générale, afin que les dissidents ne profitent pas indûment d'un avantage économique qui fausse la concurrence et finirait par ruiner l'édifice. » Des analyses ont été menées par Yves Flückiger, vice-recteur de l'Université de Fribourg, à partir de l'Enquête suisse sur la structure des salaires. Les résultats ne sont pas ceux auxquels il s'attendait : « Il apparaît […] que la couverture par une CCT est paradoxalement synonyme de salaires plus faibles pour les personnes qui en bénéficient. »</p>
<p>Et le mode de fonctionnement des syndicats suisses et leur liaison avec le patronat et avec l'Etat ne permettent pas toujours d'éviter les grèves.</p>
<p>En avril 1970, quelque 200 saisonniers, employés par la société Murer SA active dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, se mettent en grève. Le 6 avril, le chantier du futur centre commercial de Balexert est complètement bloqué par les grévistes et la Fédération des ouvriers du bois et du bâtiment (FOBB) intervient, sans succès, pour obtenir la reprise du travail. La grève dure une semaine. Un accord est conclu le 10 avril et signé le 13. Le samedi 11, une manifestation de soutien réunit 4'000 personnes sur la base d'un appel assez offensif à l'égard des syndicats.</p>
<p> Cette grève inaugure un cycle de conflits du travail qui traverse ce qu'il est convenu d'appeler les « années 68 ». Elle pose immédiatement une série de questions auxquelles le mouvement syndical sera confronté durant toute la décennie suivante au cours de conflits restés plus fameux (Monteforno, Dubied, Matisa, etc.) : rapports avec les travailleurs étrangers, liens avec la base ouvrière, collaboration avec la nouvelle gauche. Comme le remarque cinq ans après un militant genevois : « le mouvement étudiant prenait [alors] ses premiers contacts avec l'émigration. Cette expérience [la grève chez Murer] sera un des moments décisifs de la naissance d'une nouvelle gauche suisse à Genève. Mais la gauche traditionnelle elle-même sera ébranlée par ces journées. » Outre les questions qu'elles posent aux syndicats, ces grèves mettent en mouvement les groupes politiques issus des ruptures avec le Parti du Travail et des mouvements étudiants qui cherchent à les soutenir, à les élargir, voire à les diriger.</p>
<p> Pourtant, ce cycle de grève qui couvre une décennie (voir tableau en annexe) n'est guère pris en compte par les historiens des « années 68 ». Historien spécialiste de l'histoire des grèves françaises de la période, Xavier Vigna s'étonne, dans un compte-rendu du récent ouvrage de Damir Skenderovic et Christina Späti : « [...] la contestation ouvrière, si prégnante en Italie et en France pendant la séquence, s'avère rare en Suisse : une seule grève mentionnée dans une usine de chaussures au printemps 1970. Cette absence relative n'est guère questionnée par les auteurs [...] » Et pour cause : entre 1967 et 1979, un premier repérage permet de mettre en évidence plus de cinquante conflits dont certains durent plusieurs semaines. Ce n'est rien certes en comparaison avec la France et l'Italie, mais ces pays ne connaissent pas le régime conventionnel et idéologique de la « paix du travail ». <a href="http://www.swissinfo.ch/fre/la-paix-du-travail-f%C3%AAte-ses-70-ans/5905634" class="spip_out" rel="external">Voir ici</a></p>
<p>La Suisse est certes un des centres mondiaux de la bourgeoisie industrielle et financière mais cela ne signifie pas que les Suisse soient tous des capitalistes ! Le prolétariat, qu'il soit d'origine suisse, européenne ou immigrée, existe de longue date. Il y a une importante industrie suisse dans de multiples domaines. Voir ici : <a href="http://sociologies.revues.org/2985?lang=en" class="spip_out" rel="external">la sociologie des classes sociales en Suisse</a></p>
<p>Le développement d'un courant fasciste en Suisse, loin d'être une preuve de l'absence de luttes de classes, montre que la grande bourgeoisie se prépare à dévoyer les luttes de classes et à les écraser : <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3212" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>La paix du travail, on a pu le constater encore récemment lors du coup de force illicite de Comedia contre les Presses Centrales, à Lausanne (2001), et dans le conflit de Filtrona, à Crissier (2004), est éminemment fragile. Lors des deux grèves chez Boillat Swissmetal, à Reconvilier (2004 et 2006), on a assisté, de part et d'autre, à une escalade de la violence verbale, mais aussi des mesures d'intimidation et de rétorsion.</p>
<p>Car les luttes sociales ne sont pas non plus absentes au pays de l'Edelweiss qui n'est pas seulement un pays de montagnes et de tourisme.</p>
<p>Du 16 au 25 novembre 2004, c'est la grève de la Boillat, grève spontanée considérée comme une « grève illégale » mais qui reçoit un large soutien populaire avec des manifestations quotidiennes, allant jusqu'à réunir 5000 personnes (plus que la population de Reconvilier), avec des repas offerts dans l'usine par les commerçants du village…</p>
<p>Récemment les employés de Orange et Veillon (vente par correspondance) ont fait grève.</p>
<p>Bien entendu, la lutte des classes, la bourgeoisie la mène comme ailleurs : <a href="http://www.gauchebdo.ch/?La-lutte-des-classes-en-Suisse" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p><a href="http://www.24heures.ch/economie/La-Suisse-touchee-par-une-vague-de-licenciements/story/14855284" class="spip_out" rel="external">La Suisse touchée par une vague de licenciements</a></p>
<p><a href="http://www.lematin.ch/suisse/syndicats-direction-tpg-trouvent-accord/story/11599170" class="spip_out" rel="external">En Suisse aussi, les syndicats s'entendent avec la direction sur le dos des salariés</a></p>
<p> <a href="http://www.lacote.ch/fr/suisse/greve-des-pilotes-de-lufthansa-pas-d-incidence-pour-la-compagnie-swiss-594-1381003" class="spip_out" rel="external">Et ces syndicats minimisent les effets des grèves</a></p>
<p> <a href="http://www.24heures.ch/fonction-publique-genevoise-menace-greve/story/19905409" class="spip_out" rel="external">Les fonctionnaires sont attaqués comme ailleurs</a></p>
<p><a href="http://www.lematin.ch/suisse/greve-geneve-vatelle-tache-huile/story/14257728" class="spip_out" rel="external">Les tendances spontanées à la généralisation des grèves inquiètent patronat et Etat</a></p>
<p> <a href="http://www.laliberte.ch/news/grand-fribourg-sarine/l-usine-pavatex-en-greve-263118" class="spip_out" rel="external">Comme ailleurs, les patrons estiment illégales les grèves, y compris contre les fermetures</a></p>
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<div class='spip_document_4854 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L267xH189/-164-b293e.jpg?1790041478' width='267' height='189' alt='' />
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</figure>
</div></div>
La démocratie des Cantons suisses, née d'une lutte de classe révolutionnaire en plein Moyen Age européen
http://www.matierevolution.org/spip.php?article3699
http://www.matierevolution.org/spip.php?article36992013-09-02T02:02:00Ztext/htmlfrRobert ParisMoyen-AgeRévolutionBourgeoisRévolution bourgeoiseSuisseLutte de classes - Class struggle
<p>La véritable bataille de Morgarten la bataille historique de Sempach la bataille de Laupen la bataille de Morat ont bel et bien permis à des masses paysannes suisses de triompher sans discontinuer entre 1300 et 1800 d'armées féodales et la légende de Guillaume Tell, qui n'est pas plus véridique que le parchemin du pacte de 1291, ne change pas la réalité de la lutte révolutionnaire des paysans et des montagnards, parfois unis et parfois opposés aux villes bourgeoises, une lutte qui a (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag">Moyen-Age</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot51" rel="tag">Bourgeois</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot239" rel="tag">Suisse</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>
<div class='rss_texte'><p>La véritable bataille de Morgarten</p>
<div class='spip_document_3987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH643/Suisse-Morgarten-15novembre1315-2-2-22882.jpg?1790041479' width='500' height='643' alt='' />
</figure>
</div> <p>la bataille historique de Sempach</p>
<div class='spip_document_3990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L218xH340/Bataille_de_Sempach-8c45c.jpg?1790041479' width='218' height='340' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_3995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH336/sempach-1086c.jpg?1790041479' width='500' height='336' alt='' />
</figure>
</div> <p>la bataille de Laupen</p>
<div class='spip_document_3996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L302xH401/Laupen-91d51.jpg?1790041479' width='302' height='401' alt='' />
</figure>
</div> <p>la bataille de Morat ont bel et bien permis à des masses paysannes suisses de triompher sans discontinuer entre 1300 et 1800 d'armées féodales</p>
<div class='spip_document_3993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Braun__Schlacht_bei_Murten.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Braun__Schlacht_bei_Murten-e5675.jpg?1790041479' width='500' height='375' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>et la légende de Guillaume Tell, qui n'est pas plus véridique que le parchemin du pacte de 1291, ne change pas la réalité de la lutte révolutionnaire des paysans et des montagnards, parfois unis et parfois opposés aux villes bourgeoises, une lutte qui a triomphé de toutes les forces féodales coalisées.</p>
<div class='spip_document_3988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L288xH480/William-Tell-1-a04eb.jpg?1790041479' width='288' height='480' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Même si l'imagerie du serment des trois cantons montagnards de 1291 prête à sourire, sa réalité n'a pas du tout fait rire les classes dirigeantes féodales de l'Europe... N'oublions pas que la base de classe de la féodalité supposait que les paysans (libres ou serfs) n'avaient, pas plus que les bourgeois, le droit de porter les armes...</p>
<div class='spip_document_3989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L433xH599/Suisse-Serment-du-Grutli-1-3d62b.jpg?1790041479' width='433' height='599' alt='' />
</figure>
</div> <p>C'est en 1340 que la ville de Berne s'est unie aux cantons montagnards pour vaincre à Laupen l'armée des Habsbourg. Les Bernois révoltés sont ici représentés par des ours...</p>
<div class='spip_document_3992 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH325/220px-Schilling__Spiezer_Chronik__Bern_im_Laupenkrieg-97041.jpg?1790041479' width='220' height='325' alt='' />
</figure>
</div> <p>Ici la ville de Zurich rejoint les cantons en 1351, soit quarante ans plus tard que e début de l'insurrection et déjà après quelques victoires marquantes.</p>
<div class='spip_document_3991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Bundesschwur_Zuerich.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH676/Bundesschwur_Zuerich-010ba.jpg?1790041479' width='500' height='676' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">La démocratie des Cantons suisses, née d'une lutte de classe révolutionnaire en plein Moyen Age européen</h2>
<p>Comme vous le savez, à Matière et révolution, nous n'opposons pas diamétralement (mais dialectiquement, c'est-à-dire en les liant au lieu de les séparer par des frontières infranchissables) les notions de nation, d'Etat, de démocratie ou de dictature à celle de classes sociales et de luttes de classes. Au contraire, nous estimons qu'elles sont irrémédiablement liées comme nous le soulignons aussi bien quand il s'agit de la révolution égyptienne que des élections au Mali ou sur d'autres thèmes de l'histoire comme de l'actualité. Cette fois, nous reprenons l'histoire de la Suisse commencée ici : <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2912">Première partie sur la révolution suisse</a> pour le souligner.</p>
<p>La Suisse actuelle ne ressemble en rien à celle de ses origines, qui a commencé à se constituer au milieu du Moyen Age, en un temps où il n'était nullement question en Europe de peuple en armes, ni de droits du peuple, ni de démocratie. C'est le peuple suisse mobilisé massivement ni une fois ni deux fois mais des milliers de fois, et se battant les armes à la main, qui a inventé cette démocratie directe. De cette Suisse il reste tout au plus le nom des cantons et leur forme. Celle qui est née entre 1200 et 1800 n'avait pas de pouvoir central, pas de gouvernement, pas de police, pas de justice permanentes ni centrales, pas d'institutions définitives reconnues, pas de nation même, pas de drapeau national, pas d'hymne national, aucune structure durable de direction ni politique ni militaire, ni entre cantons ni au sein des cantons. Et pourtant c'est ainsi que le peuple de ces montagnes a battu et terrorisé la noblesse féodale d'Europe et tous les grands pouvoirs comme l'empereur d'Autriche (allant jusqu'à massacrer une génération entière de jeunes nobles des Habsbourgs), le duc de Bourgogne, le roi de France et les grands nobles d'Italie, tous les grands pouvoirs voisins. Le peuple en armes suisse n'a jamais été battu dans tous les grands affrontements où ses puissants voisins avaient mobilisé des moyens énormes pour en finir avec la révolution suisse des cantons.</p>
<p> S'il y a eu sept très grandes batailles, comptant des dizaines de milliers de combattants : Morgarten (1315), Sempach (1386), Nafels (1388), Laupen (1340), Grandson (1476), Morat (1476) et Nancy (1477), toutes des victoires suisses, il y a eu des milliers de plus petites dans lesquelles l'héroïsme et l'ingéniosité des petites gens mobilisés a fait merveille, inventant tout un art militaire de guérilla qui a fait la réputation des Suisses dans toute l'Europe pendant des centaines d'années.</p>
<p>Rien à voir donc avec cette caricature de démocratie locale des cantons qui règne aujourd'hui et qui, derrière ses référendums plus réactionnaires les uns que les autres, cache la dictature directe des banques qui ont placé leur secret bancaire dans la constitution au point que l'on peut passer sa vie en prison à vouloir enquêter sur cet Etat bancaire dans l'Etat suisse, rien à voir avec cette « Suisse en dessous de tout soupçon » que dénonçait Ziegler, capable, sous prétexte de neutralité, de cacher une complicité avec le nazisme allemand du général dictateur qui a gouverné la Suisse pendant la guerre. Non seulement cette Suisse des cantons n'était pas durant les premières centaines d'années une dictature des banquiers, mais elle n'était pas une Suisse dirigée par la bourgeoisie, par les villes mais le point de départ et le pôle central de ces cantons étaient la paysannerie pauvre (libre et serve) mobilisée et en armes, prête à entrer en révolution à tout appel, prête à se solidariser avec d'autres opprimés voisins et à risquer leur vie pour eux. C'étaient les paysans des hautes montagnes glacées alémaniques autour du col du Gothard et pas les villes de Berne, de Zürich, de Genève ou de Bâle qui menaient la danse contre les exactions des gouverneurs de l'empire d'Autriche et des grands nobles des grands châteaux.</p>
<p>Ce n'étaient nullement des institutions qui définissaient la Suisse mais l'action directe des masses populaires qui marquait le territoire et des régions qui voulaient entrer en révolte entraient dans « le pacte des cantons » ce qui signifiait qu'ils pouvaient alors faire appel à cette solidarité si des rands nobles ou des grandes puissances prétendaient les contraindre et les opprimer. Cette Suisse n'était pas définie par des frontières dessinées à l'avance, pard des douanes, par des gardiens, ni par des nations préexistantes, ni par un territoire, ni par une langue ou une religion, par un nationalisme plaqué.</p>
<p>Certes, il y a eu, après bien des batailles gagnées contre des adversaires puissants, une espèce de fierté populaire suisse qui a porté les masses populaires de Suisse et qui a amené autour d'elle une union entre paysans, bourgeois et petite noblesse suisse mais la lutte qui a bâti la première espèce de démocratie ou de république (sans Etat rappelons-le) de toute l'Europe féodale (bien avant les autres) a été sans conteste une lutte de classe. Chaque classe se battait pour ses propres objectifs et les cantons paysans et montagnards ont toujours eu conscience de vouloir des choses différentes des villes avec lesquelles il était parfois allié et souvent opposé. La noblesse suisse aussi a parfaitement eu conscience que cette masse populaire en révolte commençait à remettre en cause le féodalisme et que la bourgeoisie des villes, elle aussi, contestait de plus en plus l'ordre féodal, se servant de la guerre révolutionnaire suisse pour imposer sont propre gouvernement sur les villes. Quand les villes bourgeoises se sont renforcées, plusieurs centaines d'années après le début de la lutte, elles ont bien sûr commencé à vouloir détourner le combat à leur profit mais les cantons paysans et montagnards, loin de se laisser faire, on mené une nouvelle lutte contre les villes bourgeoises suisses, avec de nouvelles guerres, révoltes et révolutions pour résister à cette emprise grandissante.</p>
<p>Rien à voir par conséquent avec la légende de l'union nationale pacifique entre Suisses inventée pour justifier et servir de mythe national fondateur autour du personnage inventé (et repris aux pays nordiques) de Guillaume Tell.</p>
<p>Si le héros Guillaume Tell est un mythe, la révolte des cantons montagnards d'Uri, de Nidwald (communauté qui s'étendra ensuite à son canton appelé Unterwald) et de Schwyz ne l'est nullement. Si le document du pacte écrit en 1291 ( pacte fêté le premier août mais dont la date exacte reste imprécise ?) ne date pas de cette époque et a été copié plusieurs centaines d'années après, si les montagnards n'avaient sans doute même pas signé d'écrit entre leurs émissaires chargés de s'engager sur une solidarité armée entre eux, cela ne signifie pas que l'union de ces cantons n'ait été qu'une invention. Le pacte de 1291 est issu d'une première révolte défaite en 1240 et durement réprimée. En tout cas, 1291 est bel et bien l'année où se pacte apparaît pour la simple et bonne raison qu'en 1291, Rodolphe de Hasbourg rachète ses droits sur Lucerne car il entend rétablir les droits de sa famille sur toute la région dite des Quatre cantons et il se heurte alors militairement à la fameuse alliance des cantons. C'est bel et bien un fait historique qui finalement n'arrange plus tellement la bourgeoisie suisse dans son désir de se constituer une histoire plus respectable que celle de la démocratie directe et violente de paysans en révolte permanente et en armes sans Etat et sans institutions….</p>
<p>Si bien que les partis et la bourgeoisie suisse voudraient bien entraîner l'opinion petite bourgeoise à renoncer au mythe fondateur pour finalement considérer que la Suisse serait née avec son Etat en 1848 grâce à la bourgeoisie, grâce à l'Etat et même grâce à l'Etat français de la révolution… Tout mais pas la révolution sociale des masses opprimées en lutte ! <a href="http://icp.ge.ch/po/cliotexte/la-confederation-suisse-au-moyen-age/legendes-et-realites-des-origines-de-la-confederation#La_f_te_nationale_suisse_du_1e_02243396059748981" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p><a href="http://www.interet-general.info/spip.php?article11243" class="spip_out" rel="external">lire aussi ici</a></p>
<p>La bourgeoisie, ses politiciens, ses partis, ses religieux, ses notables, ses chefs militaires ou administratifs, en pleine phase de construction d'une opinion publique réactionnaire face à la crise du système mondial initiée en 2007-2008, n'apprécient nullement cette histoire ancienne des origines de la Suisse dans laquelle les droits démocratiques, les règles de la vie sociale, les relations politiques ne sont nullement le produit des Etats, des lois nationales ou locales, des appareils de fonctionnaires, mais de l'action révolutionnaire et armée des masses…</p>
<p>Si le terme de confédération des cantons suisses est restée dans les mémoires, il ne faut pas y voir entre 1200 et 1800 autre chose que des pactes de circonstance sans contenu ni contour définitif et avec des participants divers selon les circonstances.</p>
<p>Bien des gens n'ont même pas compris encore que la Suisse en question ne disposait nullement d'un gouvernement et encore moins d'une armée permanente. A cette époque féodale de division à l'extrême des pouvoirs locaux (entre Etats, noblesse régionale, locale, aux différents échelons, clergé et villes), les cantons ont coexisté avec tous ces pouvoirs sans les éradiquer en une fois ni définitivement ne serait-ce que dans une petite région. Et cependant, sans avoir donc leur propre pouvoir central, ils se sont fait reconnaitre assez vite de tous, des peuples de l'Europe, des classes dirigeantes et des grands Etats. Ils se sont imposés par la force de leur mobilisation armée, par leur capacité de se solidariser avec quiconque était opprimé et voulait faire appel à eux pour secouer cette oppression.</p>
<p>Le point fort des trois cantons paysans et montagnards qui ont débuté le combat (aucune grande ville n'y participait au départ) n'est ni le développement économique, ni la richesse, ni la centralisation politique ou militaire. C'est d'avoir conquis les terres de montagne de leurs propres mains sans l'aide de personne, d'y avoir établi leurs bergeries, leurs champs, leurs villages en luttant contre le froid, y compris durant les durs hivers, et tout cela sans l'aide de personne, sans même que les classes dirigeantes sachent ce qu'ils faisaient et s'en préoccupent ou en profitent. Cette indépendance sociale a joué un rôle considérable pour leur permettre de ne pas craindre d'affirmer leur indépendance sociale et politique. Habitués à se gouverner eux-mêmes par consensus dans leur vie quotidienne, à se solidariser pour survivre face aux éléments parfois déchaînés dans ces hautes montagnes, ils s'en sont servi quand ils ont estimé que la noblesse outrepassait ses droits et violait leur dignité. Il est à noter qu'un grand nombre de ces révoltes ont commencé parce que des grands ou moyens nobles se permettaient d'enlever et de violer des femmes et de massacrer leur famille si elle prétendait s'en indigner.</p>
<p>Leur deuxième point fort a été leur position géographique tenant le col du Gothard, point de passage obligé du commerce entre les deux Europes les plus commerçantes, celle du nord (Allemagne, Autriche, Pays-Bas) et celle du sud (Italie).</p>
<p>Lorsque le combat s'engage entre les cantons suisses et la noblesse d'Autriche censée posséder cette région, jamais des paysans en armes n'ont réussi seuls à battre une grande armée féodale préparée au combat et outillée pour cela. La défaite des féodaux est aussi invraisemblable pour ces féodaux que l'était la première victoire des esclaves de Spartacus face à l'armée romaine. Tellement incroyable que ces féodaux n'y ont pas cru et que, comme l'armée romaine, ils ont pensé à une défaite liée à un hasard malencontreux ou à des décisions militaires mal prises, une situation qui leur semblait ne pas pouvoir se reproduire. Ils ont donc repris le combat plusieurs fois avant de se convaincre qu'ils étaient bel et bien battus par des paysans en armes… Toute l'Europe est alors consciente qu'un événement s'est produit et que les paysans opprimés d'Europe de l'ouest menacent non seulement l'Autriche mais tous les pouvoirs féodaux. Car la révolte fait des émules et d'étend…</p>
<p>Il est quasiment impossible de rapporter dans le détail l'ensemble des révoltes, des insurrections, des révolutions et des guerres menées par les Suisses tant elles ont duré des centaines d'années, été aussi bien locales, que régionales et globales, contre des pouvoirs divers, à des époques diverses. Parfois une simple armée de jeunes paysans sans même un chef militaire, parfois une armée de femmes seules ont bousculé, battu, massacré des armées professionnelles entraînées à faire la guerre avec chefs militaires et matériel de guerre. C'est presque incroyable et il ne suffirait pas de le rapporter pour être cru. Souvent le rapport de forces numériques lui-même n'était nullement en faveur des Suisses ! Et parfois, au bout d'un grand nombre de défaite des féodaux, la seule peur des Suisses révoltés a permis leur victoire face à des armées théoriquement imbattables. Cela s'explique par le fait qu'il ne s'agissait pas d'une guerre classique mais d'une armée de féodaux face à un peuple en révolution, prêt à tous les sacrifices, à commencer par celui de sa vie pour défendre le peuple travailleur, sa dignité et sa liberté.</p>
<p>Les négociations, les pactes, les alliances signées et les règles acceptées n'ont pas été le produit de parlements, de tribunaux, d'une justice d'Etat, d'une police d'Etat ni d'un gouvernement ou d'aucune institution préétablie. Elles sont le produit et l'émanation de la mobilisation populaire.</p>
<p>Et, tout d'abord, il s'est agi de la mobilisation des paysans. Des paysans qui s'auto-organisent, qui fondent des armées, qui battent des armées professionnelles, c'était du nouveau en Europe et cela a eu comme conséquence d'entraîner non seulement la peur des classes dirigeantes et des gouvernants mais la sympathie et l'effet d'entraînement sur les exploités des régions voisines qui n'ont pas manqué de se joindre progressivement au mouvement, provoquant une extension géographique de la zone révoltée, englobant progressivement les cantons voisins et les villes. Chaque exaction d'un seigneur ou d'un Etat a en effet entraîné les masses populaires à adhérer aux cantons suisses pour en tirer le soutien politique et militaire de ceux-ci.</p>
<p>La seule manière qu'ont trouvé Autriche et Allemagne pour limiter cette extension de la révolte a été, après bien des tentatives inutiles pour l'écraser militairement, de reconnaitre les cantons suisses et de signer avec eux une paix de 50 ans qui interdisait aux cantons de s'étendre au dépens de l'empire d'Autriche. Quand la guerre des paysans a atteint l'Allemagne, les cantons ne se sont donc pas solidarisés et la révolte des paysans d'Allemagne a été vaincue.</p>
<p>Mais avec la reconnaissance des cantons suisses par l' Autriche est venue celle par la France puis l'écrasement du duc de Bourgogne par les cantons et la victoire contre l'Italie. Désormais, la démonstration était faite que le peuple suisse uni pouvait se défendre et même construire une vie indépendante des puissants et des oppresseurs.</p>
<p>Cette union, qui englobait désormais villes et campagnes, paysans, petits nobles et bourgeois, hommes libres et serfs, ne signifiait pas que le lutte ne soit pas une lutte de classe, un combat qui mette en avant des intérêts de classes sociales opposées, ni que le seul ferment de la lutte soit l'unité nationale.</p>
<p><strong>Le combat des cantons suisses est bel et bien une lutte de classe</strong></p>
<p>Certes, le combat a uni des éléments de classes sociales différentes mais c'est le cas dans toutes les révolutions sociales, la révolution anglaise comme celle de 1789 comme celle de 1917, ou toutes les autres.</p>
<p>Mais le ferment de la situation est bel et bien les intérêts des paysans d'un côté, les intérêts de la bourgeoisie d'un autre, leur union contre les grands féodaux (ou les plus petits oppresseurs) mais aussi leur combat les uns contre les autres, des cantons paysans par exemple contre les villes (même parfois celles qui avaient adhéré à la confédération suisse).</p>
<p>En 1847, de grandes insurrections puis de grandes guerres ont finalement opposé les cantons paysans aux villes suisses. Et pas seulement pour la question religieuse (les cantons paysans et montagnards étant catholiques et les villes bourgeoises penchant vers le protestantisme).</p>
<p>En tout cas, s'il y a bel et bien un caractère d'unité nationale face à l'oppression d'un empire, ce n'est pas le seul élément de révolte. Il y a dans chaque mobilisation des masses suisses, un élément de révolte sociale, une lutte de classe permanente.</p>
<p>Et c'est cette lutte de classe qui a mis en place une forme de démocratie directe, sans intermédiaires permanents, sans institutions centrales qui fait l'originalité de la Suisse pendant plusieurs centaines d'années.</p>
<p>La démocratie qui est née là n'a rien à voir avec un produit étatique, institutionnel ni bourgeois. Elle n'a pas besoin d'être idéalisée ni mythifiée mais mérite d'être connue…</p>
<p>Malgré l'entreprise unificatrice de la révolution française, les cantons conservèrent leurs particularismes et vécurent séparément la révolution de 1830. En 1847, la guerre fit rage entre villes et campagnes sur la question du protestantisme. La seule raison de mes réunifier fut l'apparition du prolétariat et c'est contre ce dernier que la république bourgeoise fit son apparition.</p>
<p>En 1847, la guerre civile du Sonderbund a déchiré la Suisse et menacé son existence politique. C'est en 1848 que naît la Suisse conne Etat-nation avec la « Confédération helvétique ». Dès les années 1840, la crise économique est bien présente avec notamment une industrie du coton qui connaît de très grandes difficultés. Ce sont bel et bien les intérêts économiques, politiques et sociaux de la bourgeoisie qui ont primé dans l'unification du pays : faire face à la montée du mouvement ouvrier, y opposer une législation nationale du travail, aider l'industrie par le marché unique, la monnaie unique, la libre circulation de la main-d'oeuvre, le décloisonnement des systèmes de transport et de communication,… On était très loin des origines révolutionnaires et l'Etat était une fois encore nécessaire d'abord pour contrer les risques révolutionnaires d'un mouvement ouvrier montant.</p>
<p><strong>Une précision pour conclure :</strong></p>
<p>Cet article n'a pas pour but de glorifier la Suisse sans Etat et sans autorité centrale qui a subsisté pendant plusieurs centaines d'années car c'était aussi un produit du caractère féodal de division à l'extrême des pouvoirs locaux, comme régionaux ou nationaux à cette époque médiévale et cela ne signifiait pas ni un meilleur traitement des populations ni une véritable démocratie.</p>
<p>Par contre, nous voulions faire remarquer combien la démocratie était le produit de l'action directe des opprimés et pas des institutions, des parlements, des tribunaux, des juristes, des lois, des gouvernants, des polices et des juges.</p>
<p>En Suisse, l'Etat bourgeois n'est pas arrivé par la révolution suisse mais à la pointe des baïonnettes des armées de la révolution française envahissant toute la région et y imposant, contre les révoltes populaires, leur centralisation, leur institutionnalisation politique à l'imitation de la France.</p>
<p>Par contre, le fait que la révolution ait été bourgeoise provient aussi de la participation effective à la lutte révolutionnaire des grandes villes comme Berne et Zürich et au fait qu'elles ont mené pour elles-mêmes leur propre lutte de classe, ne craignant pas de faire la guerre non seulement à des grands Etats et à des grands nobles mais aussi aux paysans et montagnards suisses, et pas seulement en 1847 dans la guerre de religions mais tout au long de l'histoire. La révolution n'a pas simplement été volée aux exploités par les bourgeois. Et certainement pas sans qu'ils s'en rendent compte. Le sens de l'histoire allait vers un pacte entre les exploités et les bourgeois contre la féodalité et ce pacte devait favoriser d'abord la classe qui bénéficiait le plus de la propriété privée des moyens de production : la bourgeoisie. Ce n'est pas vrai bien entendu qu'en Suisse mais dans toute la révolution bourgeoise...</p>
<p><a href="http://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/11/fe18481115.htm" class="spip_out" rel="external">Pour donner une idée de l'état d'esprit en Suisse en 1848</a></p>
<p><a href="http://www.marxists.org/francais/marx/works/1848/12/kmfe18481212.htm" class="spip_out" rel="external">Comment la montée ouvrière dans la révolution de 1848 a amené la Suisse à basculer vers la contre-révolution</a></p>
<p><a href="http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1913/10/vil19131000f.htm" class="spip_out" rel="external">Ce qui Lénine dit de l'exemple suisse</a></p>
<p><strong> Pour se faire une idée des détails des luttes du peuple suisse débutée à partir du combat contre Rodolphe de Habsbourg :</strong></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f36.image" class="spip_out" rel="external">La lutte du peuple suisse à partir du combat contre Rodolphe de Habsbourg (page 26)</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f37.image" class="spip_out" rel="external">Page 27</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f38.image" class="spip_out" rel="external">Page 28</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f39.image" class="spip_out" rel="external">Page 29</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f40.image" class="spip_out" rel="external">Page</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f41.image" class="spip_out" rel="external">Page 30</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f42.image" class="spip_out" rel="external">Page 31</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f43.image" class="spip_out" rel="external">Page 32</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f44.image" class="spip_out" rel="external">Page 33</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f45.image" class="spip_out" rel="external">Page 34</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f46.image" class="spip_out" rel="external">Page 35</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f47.image" class="spip_out" rel="external">Page 36</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f48.image" class="spip_out" rel="external">Page 37</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f49.image" class="spip_out" rel="external">Page 38</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f50.image" class="spip_out" rel="external">Page 39</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f51.image" class="spip_out" rel="external">Page 40</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f52.image" class="spip_out" rel="external">Page 41</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f53.image" class="spip_out" rel="external">Page 42</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f54.image" class="spip_out" rel="external">Page 43</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f55.image" class="spip_out" rel="external">Page 44</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f56.image" class="spip_out" rel="external">Page 45</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f56.image" class="spip_out" rel="external">Page 46</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f57.image" class="spip_out" rel="external">Page 47</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f58.image" class="spip_out" rel="external">Page 48</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f59.image" class="spip_out" rel="external">Page 49</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f60.image" class="spip_out" rel="external">Page 50</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f61.image" class="spip_out" rel="external">Page 51</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f62.image" class="spip_out" rel="external">Page 52</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f63.image" class="spip_out" rel="external">Page 53</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f64.image" class="spip_out" rel="external">Page 54</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f65.image" class="spip_out" rel="external">Page 55</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f66.image" class="spip_out" rel="external">Page 56</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f67.image" class="spip_out" rel="external">Page 57</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f68.image" class="spip_out" rel="external">Page 58</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f69.image" class="spip_out" rel="external">Page 59</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f70.image" class="spip_out" rel="external">Page 60</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f71.image" class="spip_out" rel="external">Page 61</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f72.image" class="spip_out" rel="external">Page 62</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f73.image" class="spip_out" rel="external">Page 63</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f74.image" class="spip_out" rel="external">Page 64</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f75.image" class="spip_out" rel="external">Page 65</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f76.image" class="spip_out" rel="external">Page 66</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f77.image" class="spip_out" rel="external">Page 67</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f78.image" class="spip_out" rel="external">Page 68</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f79.image" class="spip_out" rel="external">Page 69</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f80.image" class="spip_out" rel="external">Page 70</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f81.image" class="spip_out" rel="external">Page 71</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f82.image" class="spip_out" rel="external">Page 72</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f83.image" class="spip_out" rel="external">Page 73</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f84.image" class="spip_out" rel="external">Page 74</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f85.image" class="spip_out" rel="external">Page 75</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f86.image" class="spip_out" rel="external">Page 76</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f87.image" class="spip_out" rel="external">Page 77</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f88.image" class="spip_out" rel="external">Page 78</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f89.image" class="spip_out" rel="external">Page 79</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f90.image" class="spip_out" rel="external">Page 80</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f91.image" class="spip_out" rel="external">Page 81</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f92.image" class="spip_out" rel="external">Page 82</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f93.image" class="spip_out" rel="external">Page 83</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f94.image" class="spip_out" rel="external">Page 84</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f95.image" class="spip_out" rel="external">Page 85</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f96.image" class="spip_out" rel="external">Page 86</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f97.image" class="spip_out" rel="external">Page 87</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f98.image" class="spip_out" rel="external">Page 88</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f99.image" class="spip_out" rel="external">Page 89</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f100.image" class="spip_out" rel="external">Page 90</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f101.image" class="spip_out" rel="external">Page 91</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f102.image" class="spip_out" rel="external">Page 92</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f103.image" class="spip_out" rel="external">Page 93</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f104.image" class="spip_out" rel="external">Page 94</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f105.image" class="spip_out" rel="external">Page 95</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f106.image" class="spip_out" rel="external">Page 96</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f107.image" class="spip_out" rel="external">Page 97</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f108.image" class="spip_out" rel="external">Page 98</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f109.image" class="spip_out" rel="external">Page 99</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f110.image" class="spip_out" rel="external">Page 100</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f111.image" class="spip_out" rel="external">Page 101</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f112.image" class="spip_out" rel="external">Page 102</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f113.image" class="spip_out" rel="external">Page 103</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f114.image" class="spip_out" rel="external">Page 104</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f115.image" class="spip_out" rel="external">Page 105</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f116.image" class="spip_out" rel="external">Page 106</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f117.image" class="spip_out" rel="external">Page 107</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f118.image" class="spip_out" rel="external">Page 108</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f119.image" class="spip_out" rel="external">Page 109</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f120.image" class="spip_out" rel="external">Page 110</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f121.image" class="spip_out" rel="external">Page 111</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f122.image" class="spip_out" rel="external">Page 112</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f123.image" class="spip_out" rel="external">Page 113</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f124.image" class="spip_out" rel="external">Page 114</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f125.image" class="spip_out" rel="external">Page 115</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f126.image" class="spip_out" rel="external">Page 116</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f127.image" class="spip_out" rel="external">Page 117</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f128.image" class="spip_out" rel="external">Page 118</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f129.image" class="spip_out" rel="external">Page 119</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f130.image" class="spip_out" rel="external">Page 120</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f131.image" class="spip_out" rel="external">Page 121</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f132.image" class="spip_out" rel="external">Page 122</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f133.image" class="spip_out" rel="external">Page 123</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f134.image" class="spip_out" rel="external">Page 124</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f135.image" class="spip_out" rel="external">Page 125</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f136.image" class="spip_out" rel="external">Page 126</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f137.image" class="spip_out" rel="external">Page 127</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f138.image" class="spip_out" rel="external">Page 128</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f139.image" class="spip_out" rel="external">Page 129</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f140.image" class="spip_out" rel="external">Page 130</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f141.image" class="spip_out" rel="external">Page 131</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f142.image" class="spip_out" rel="external">Page 132</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f143.image" class="spip_out" rel="external">Page 133</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f144.image" class="spip_out" rel="external">Page 134</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f145.image" class="spip_out" rel="external">Page 135</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f146.image" class="spip_out" rel="external">Page 136</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f147.image" class="spip_out" rel="external">Page 137</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f148.image" class="spip_out" rel="external">Page 138</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f149.image" class="spip_out" rel="external">Page 139</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f150.image" class="spip_out" rel="external">Page 140</a></p>
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<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f276.image" class="spip_out" rel="external">Page 266</a></p>
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<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f278.image" class="spip_out" rel="external">Page 268</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f279.image" class="spip_out" rel="external">Page 269</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f280.image" class="spip_out" rel="external">Page 270</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f281.image" class="spip_out" rel="external">Page 271</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f282.image" class="spip_out" rel="external">Page 272</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f283.image" class="spip_out" rel="external">Page 273</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30761q/f284.image" class="spip_out" rel="external">Page 274</a></p>
<p><a href="http://books.google.fr/books?id=2ksPAAAAQAAJ&pg=PA16&lpg=PA16&dq=famine+su%C3%A8de+frise+schwyz&source=bl&ots=ZDMt1LbTAS&sig=DDzZzmEd1_tgku_S1wIcMBvY04g&hl=fr&sa=X&ei=-48OUsSrLYLo4QTG7ICQBg&ved=0CEUQ6AEwBA#v=onepage&q=famine%20su%C3%A8de%20frise%20schwyz&f=false" class="spip_out" rel="external">Un autre récit de la fondation de la Suisse</a></p>
<p><a href="http://books.google.fr/books?id=ARZo4vcnL0wC&pg=PA404&lpg=PA404&dq=famine+su%C3%A8de+frise+schwyz&source=bl&ots=O0SY1DotMC&sig=Q1RuUJH467abwYhNO-Hwbqtd-cc&hl=fr&sa=X&ei=-48OUsSrLYLo4QTG7ICQBg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=famine%20su%C3%A8de%20frise%20schwyz&f=false" class="spip_out" rel="external">Un troisième récit historique</a></p></div>
Schweiz: Abstimmung über Asylrecht
http://www.matierevolution.org/spip.php?article3497
http://www.matierevolution.org/spip.php?article34972013-06-13T12:17:12Ztext/htmlenRobert ParisSuisse
<p>Schweiz: Abstimmung über Asylrecht</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique156" rel="directory">17- DEUTSCH - MATERIE UND REVOLUTION </a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot239" rel="tag">Suisse</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.wsws.org/de/articles/2013/06/07/asyl-j07.html" class="spip_out" rel="external">Schweiz: Abstimmung über Asylrecht</a></p></div>
Quand la Suisse était à l'avant-garde de la révolution anti-féodale en Europe
http://www.matierevolution.org/spip.php?article2912
http://www.matierevolution.org/spip.php?article29122012-12-30T03:28:00Ztext/htmlfrRobert ParisSuisse
<p>La stratégie dite du hérisson permettait à des hommes en armes à pied de battre des armées de cavaliers en les tenant à distance par des lances et en les faisant tomber de leurs chevaux avant de les tuer. Pour la première fois, le paysan-soldat d'infanterie allait vaincre militairement les armées de cavaliers nobles. Les comtes de Habsbourg ont essayé d'atteindre leurs buts par la force militaire mais ont été battus à plusieurs reprises (Morgarten 1315, Sempach 1386, Näfels 1388) et devaient (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot239" rel="tag">Suisse</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_3066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH266/IMG_00061_01-aacfb.jpg?1790041479' width='400' height='266' alt='' />
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</div>
<p>La stratégie dite du hérisson permettait à des hommes en armes à pied de battre des armées de cavaliers en les tenant à distance par des lances et en les faisant tomber de leurs chevaux avant de les tuer. Pour la première fois, le paysan-soldat d'infanterie allait vaincre militairement les armées de cavaliers nobles. Les comtes de Habsbourg ont essayé d'atteindre leurs buts par la force militaire mais ont été battus à plusieurs reprises (Morgarten 1315, Sempach 1386, Näfels 1388) et devaient quitter finalement leur château natal en Suisse.</p>
<div class='spip_document_3056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH338/93f197a5a372aed94e76cb468d1a0e1b_1M-png-81d0a.jpg?1790041479' width='450' height='338' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Quand la Suisse était à l'avant-garde de la révolution anti-féodale en Europe
</h2>
<p>Au cours du Moyen-Age, la Suisse va être l'une des premières régions à secouer le poids des seigneuries féodales en Europe. Ils vont bénéficier du fait qu'ils sont isolés durant des mois d'hiver et aussi de leur rôle indispensable de col de passage entre Allemagne et Hollande d'un côté et l'Italie de l'autre.</p>
<p>On a du mal à imaginer que pendant deux cent ans les Suisses ont été le symbole de la guerre des petites gens alliés à la bourgeoisie contre la noblesse. Les peuples vont y faire référence à chaque fois qu'ils vont se révolter, que ce soit en Allemagne, en France, en Belgique ou en Hollande.</p>
<p>La Suisse a été véritablement à l'avant-garde pour l'alliance de la bourgeoisie et de la paysannerie, pour la guerre contre la noblesse et l'empire, pour la formation de la première république bourgeoise, pour la lutte contre la christianisme féodal, etc…</p>
<p>Par contre, l'histoire de la Suisse telle qu'elle a été ensuite écrite pour ses habitant est parfaitement légendaire et ne correspond nullement à la vraie histoire. Selon cette histoire contée, il y a avait dans un bourg du canton d'Uri un représentant de l'empereur, le bailli Hermann Gessler, qui terrorisait la population. Un jour, il exigeât que tous les habitants saluent son chapeau hissé sur la place publique d'Altdorf. Toute la population obéit sauf un homme, un montagnard. Un matin, il passa devant le chapeau, son arbalète à la main, accompagné de son fils de 10 ans, sans se découvrir. C'était Guillaume Tell.... Pas de Guillaume Tell dans les traces historiques, ce faux héros national suisse. Aucune trace historique d'un tel personnage ni d'un attentat contre un bailli en Suisse centrale avant la chronique blanche écrite en 1470 à Sarnen (Obwalden) et d'une ballade qu'on date après les guerres contre le duc Charles de Bourgogne (1476/77). Pendant que Jean-François Bergier est incliné a croire, que la légende est basée au moins partiellement sur des événements historiques, d'autres comme Denis de Rougemont réfutent l'historicité de la légende complètement. Mais sans doute la légende elle-même est devenue un fait historique qui a beaucoup influencé l'histoire de la Suisse entre 1500 et 1945.</p>
<p><strong>1240, une première révolte</strong></p>
<p>L'omniprésence et la main-mise des Habsbourg doublés par leur volonté d'étendre leur domination et de s'emparer des richesses des petits duchés et comtés suisses inquiètent la petite noblesse locale qui n'est pas de taille à s'opposer à leur puissance et n'a d'autre choix que de servir ces « étrangers » pour vivre. De leur côté, les paysans pauvres supportent de plus en plus mal les lourdes redevances qu'ils doivent acquitter pour le seul profit d'une aristocratie étrangère qui leur impose des lois au mépris des anciennes coutumes. Les Waldstätten des hautes vallées du lac des Quatre Cantons ont bien essayé en 1240 de s'opposer par la révolte à cette menace mais ils échouent et sont durement réprimés de même que les villes de Berne, et surtout Zurich qui se voit presque ruinée.</p>
<p>L'aménagement du col du Saint-Gothard avec l'aide des Walsers récemment immigrés et experts en construction de bisses, au début du XIIIe siècle, a des conséquences importantes : le col du Grand-Saint-Bernard en Valais perd de son importance dans le trafic international, entraînant une crise économique de deux siècles dans la vallée du Haut-Rhône. En récompense pour ce travail, Uri obtient pour « services rendus à l'empereur » l'immédiateté impériale qui l'affranchit de la dépendance des Habsbourg tout en s'enrichissant par les péages et la vente des services (guides et auberges), ce qui attise évidemment les convoitises des Habsbourg.</p>
<p><strong>Un pacte défensif en 1291</strong></p>
<p>En avril 1291, Rodolphe de Habsbourg, premier membre de la famille à devenir empereur, rachète les droits sur Lucerne, à l'extrémité du Lac des Quatre Cantons, dans le but de rétablir l'autorité de sa famille dans la région. Après sa mort survenue le 15 juillet 1291 et en prévision d'éventuels troubles de succession, les hommes libres des vallées d'Uri, de Schwytz et de Nidwald renouvellent au début du mois d'août un pacte d'alliance juridique et défensive éternelle.</p>
<div class='spip_document_3057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH440/680px-Bundesbrief-86d97.jpg?1790041480' width='500' height='440' alt='' />
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</div>
<p><i>« Que chacun sache donc que, considérant la malice des temps et pour être mieux à même de défendre et maintenir dans leur intégrité leurs vies et leurs biens, les gens de la vallée d'Uri, la Landsgemeinde de la vallée de Schwytz et celle des gens de la vallée inférieure d'Unterwald se sont engagés, sous serment pris en toute bonne foi, à se prêter les uns aux autres n'importe quels secours, appui et assistance, de tout leur pouvoir et de tous leurs efforts, sans ménager ni leurs vies ni leurs biens, dans leurs vallées et au dehors, contre celui et contre tous ceux qui, par n'importe quel acte hostile, attenteraient à leurs personnes ou à leurs biens (ou à un seul d'entre eux), les attaqueraient ou leur causeraient quelque dommage. Quoi qu'il arrive, chacune des communautés promet à l'autre d'accourir à son secours en cas de nécessité, à ses propres frais, et de l'aider autant qu'il le faudra pour résister à l'agression des méchants et imposer réparation du tort commis. »</i></p>
<p>Le pacte affirme donc la nécessité de défendre les droits des personnes et leurs propriétés.</p>
<p>Le pacte a pour buts explicites de défendre la sûreté et la propriété de chacun. Il prend la forme d'un serment et non d'une déclaration. Il refuse tout juge achetant sa charge ou étant étranger.</p>
<p>Il affirme la validité de la peine de mort pour meurtre, la confiscation des biens coupables d'un vol, la saisie des biens d'un débiteur que sous autorisation d'un juge (principe d'état de droit). « Chacun doit obéir à son juge ». C'est le pendant de l'article 7 de la déclaration des droits qui affirme que nul homme ne peut faire l'objet de punition arbitraire.</p>
<p>En cas de guerre, les signataires se prêtent aide et assistance.</p>
<p>Il semble que ce soit la mort de Rodolphe Ier de Habsbourg le 15 juillet 1291 qui ait été à l'origine de cette alliance.</p>
<p>De tels pactes défensifs n'étaient pas rares à cette époque. Sur le territoire de la confédération, le plus ancien cas de populations s'alliant contre leur prince date de 1182 où, lors du Patto di Torre, les communautés du Val Blenio et de la Léventine, dans le Tessin actuel, se sont alliées pour lutter contre les seigneurs di Torre.</p>
<p>On peut également signaler d'autres confédérations qui sont apparues au XIIIe siècle sur le territoire de la Suisse actuelle : la plus connue est la « confédération bourguignonne », centrée sur Berne, qui regroupe une bonne partie de la Suisse occidentale dans un réseau d'alliances hétérogènes et non-perpétuelles (Fribourg, Soleure, Neuchâtel, le Pays de Vaud, le Valais, etc).</p>
<div class='spip_document_3069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L253xH164/suisse_1292-7d09e.gif?1790041480' width='253' height='164' alt='' />
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</div>
<p>Cette alliance des trois cantons, contrôlant la route du col du Saint-Gothard, nouvellement aménagée : Uri, Schwytz, qui donnera plus tard son nom au pays, et Unterwald sera mise en œuvre quinze ans plus tard. Ces cantons confirmèrent leurs envies de liberté lors de la bataille de Morgarten, le 15 novembre 1315, au sud de Zurich, où quelques 1 500 montagnards suisses repoussèrent les troupes (entre 3 000 et 5 000 soldats professionnels) du duc Léopold Ier d'Autriche, seigneur de Habsbourg.</p>
<div class='spip_document_3055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L268xH188/8da817b6bd9e66e52440d86295ee363c_1M-png-8b756.jpg?1790041480' width='268' height='188' alt='' />
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</div>
<p>Ce fut l'une des rares occasions, au Moyen Âge, où l'on put voir des communautés paysannes parvenir à s'émanciper de leur suzerain féodal. La victoire de Morgarten renforça la cohésion des trois cantons alpins, qui resserrèrent leur alliance le 9 décembre 1315 par l'adoption du Pacte de Brunnen, rédigé cette fois en allemand. Elle leur rallia les cantons environnants et surtout les villes de Zurich, Bâle et Berne.</p>
<p>Les prédécesseurs de Rodolphe Ier avaient déjà accordé une franchise aux Waldstätten, chose rare car plus souvent accordée à une seigneurerie, mais le but était de s'allier une population gardienne de l'axe du Gothard. En tant qu'empereur, Rodolphe avait été obligé de confirmer les privilèges d'immédiateté octroyés par ses prédécesseurs aux cantons d'Uri et Schwyz, ce qui assurait aux habitants une très large autonomie, mais il n'en cherchait pas moins à renforcer son contrôle sur ses "protégés" par l'intermédiaire de ses agents, les baillis étrangers à la région. Les baillis impériaux n'hésitaient pas à intervenir dans les affaires de ces communautés d'hommes libres, jaloux de leur indépendance, à leur imposer de nouvelles charges ou redevances, et à empiéter sur leurs privilèges. Cette intervention permanente des baillis suscita de la part des habitants de vives résistances qui éclatèrent au grand jour au lendemain même de la mort de l'empereur.</p>
<div class='spip_document_3064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH643/Suisse-Morgarten-15novembre1315-2-90316.jpg?1790041480' width='500' height='643' alt='' />
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</div>
<p><strong>Une victoire militaire en 1315</strong></p>
<p>La situation se détériore entre les Waldstätten et les Habsbourg durant l'interrègne qui suit le décès d'Henri VII de Luxembourg en 1313. En réponse à l'attaque de Schwytz contre le couvent d'Einsiedeln survenue le 6 janvier 1314, le marché de Lucerne est interdit aux Waldstätten qui prennent fait et cause pour Louis de Bavière contre le Habsbourg Frédéric le Bel après la double élection du Wittelsbach (25 novembre 1314).</p>
<p>En 1315, le duc d'Autriche Léopold, frère cadet de Frédéric, lance une double attaque contre 1 500 montagnards qui prennent d'assaut la première colonne composée de 3 000 à 5 000 soldats lors de la bataille de Morgarten, le 15 novembre, où les Autrichiens subissent une véritable déroute. La deuxième colonne, qui se dirigeait vers Unterwald, se retire alors sans combattre.</p>
<p>C'est la première grande bataille opposant des hommes manants à pied et des chevaliers en armure et dans laquelle les paysans aient eu gain de cause, ayant conduit les troupes de la noblesse dans un col où elles ont été entièrement massacrées.</p>
<div class='spip_document_3054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH311/Battle_of_Morgarten-ae6de.jpg?1790041480' width='400' height='311' alt='' />
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</div>
<p>Le conflit avait lieu entre les Schwytzois et les Habsbourg. En outre, plusieurs tentatives d'arbitrage ne parvinrent pas à calmer le conflit opposant, à propos de droits d'usage dans des alpages et forêts, l'abbaye d'Einsiedeln, dont les Habsbourg détenaient l'avouerie, et les Schwytzois ; ceux-ci furent frappés d'excommunication et, ulcérés, attaquèrent le couvent pendant la nuit des Rois de 1314 (Marchenstreit).</p>
<p>Le frère de Frederic, Léopold Ier d'Autriche avait avec lui une armée complète (3 000 à 5 000 hommes armés, un tiers étant des cavaliers). Ils prévoyaient une attaque surprise contre Schwytz par le sud, aux alentours du Lac d'Ägeri et du passage de Morgarten. Ils s'attendaient à une victoire totale et aisée sur ces simples paysans qui défiaient les Habsbourg. Mais les Schwytzois, ayant été prévenus, attendirent l'ennemi en embuscade, à un passage étroit de la route, entre la pente et le lac.</p>
<p>Le rassemblement eut lieu à Zoug et l'armée des Habsbourg partit la nuit, alors que le ciel était clair et que la lune donnait une bonne visibilité. Le chemin le long du lac est un chemin étroit entre le talus et les rives marécageuses du Lac d'Ägeri. Elle se dirigea ensuite vers un ravin du Figlenfluh en direction de Sattel.</p>
<p>À Schafstetten, les Schwytzois s'étaient mis avec leurs alliés, les gens d'Uri, en embuscade. L'attaque eut lieu seulement lorsque la colonne de cavaliers fut piégée sur une distance de près de deux kilomètres le long du lac d'Ägeri et dans le ravin après que la tête de colonne se fut arrêtée au barrage de Schafstetten. Du côté des collines, la colonne de cavalerie fut arrêtée par des arbres abattus en divers endroits.<br class='autobr' />
Recevant des pierres de la taille d'un poing, les chevaux furent effrayés puis les cavaliers furent attaqués à la hallebarde. Les cavaliers avaient peu de place pour leur défense, et la bataille se termina par une défaite écrasante des Habsbourg. Au cours de la confusion occasionnée par les cavaliers en déroute et la masse de l'infanterie qui s'avançait toujours, beaucoup furent poussés dans le lac et les marais et furent récupérés et tués. L'infanterie n'intervint pas dans les combats. Le duc Léopold réussit à s'échapper grâce à la connaissance des lieux de son accompagnateur.</p>
<p>Il y eut alors un grand massacre des alliés des Habsbourg qui étaient de provenance de Zoug, Lucerne, Zurich, etc. et qui ne pouvaient se défendre correctement du fait de la grande confusion dans leurs rangs, et parce qu'ils étaient aveuglés par le soleil qui se levait. En effet, l'avant-garde se battait pour rompre les lignes sans avoir l'appui de l'arrière-garde qui s'enfuyait, la confusion étant telle qu'aucun ordre n'était respecté. De plus, les montagnards n'ayant aucun intérêt à faire des prisonniers, ils assommèrent les blessés et les dépouillèrent complètement. De plus certains cavaliers tentèrent de fuir par le lac mais la plupart se noyèrent à cause du poids des armures.</p>
<p>Ceci participa concrètement à fonder la réputation de révolutionnaires des Confédérés et à leur donner une notoriété qui devait les protéger des attaques.</p>
<p>Suite à cette victoire, les confédérés renouvellent leur alliance lors du pacte de Brunnen du 9 décembre 1315. Rédigé en allemand, ce texte est le premier dans lequel le terme de Eidgenossen (« Confédérés », soit littéralement « compagnons liés par un serment ») est utilisé. Il détaille également l'interdiction faite aux signataires de se lier avec des puissances étrangères. Cette dernière clause ne sera abrogée qu'à la fondation de la République helvétique en 1798.</p>
<div class='spip_document_3065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH605/2052856628-2-14a53.jpg?1790041480' width='450' height='605' alt='' />
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<p>Dans l'imagerie populaire, le cercle originel des trois membres fondateurs s'étend progressivement pour accueillir de nouveaux membres. Dans la réalité, les trois entités vont conclure, soit globalement soit individuellement, un véritable réseau d'alliances défensives en l'espace de quarante ans tout d'abord avec Lucerne en 1332 et Zurich en 1351.</p>
<p>La ville de Zoug puis la vallée de Glaris concluent à leur tour une alliance en 1352, bien que cette dernière n'ait pas un statut d'égalité avec les autres membres. Toutefois, quelques semaines après avoir signé ces accords, les confédérés doivent rendre ces deux territoires aux Habsbourg. Ils ne les récupèrent finalement qu'en 1365 pour Zoug et 1388 pour Glaris. En 1353, c'est au tour de Berne de signer une alliance qui a également pour but d'empêcher toute revendication obwaldienne sur l'Oberland bernois, arrière-pays rural et sujet de la ville.</p>
<div class='spip_document_3063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH198/landsgemeinde-b8bba.jpg?1790041480' width='500' height='198' alt='' />
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<p>Alors que les huit petits États, reliés par ce réseau d'alliances, sont groupés sous le nom générique de « Confédération des VIII cantons », c'est en 1359 qu'apparaissent pour la première fois les deux bandes croisées blanches sur fond rouge comme signe de reconnaissance sur les champs de bataille. Bien plus tard, en 1815, la croix blanche à branches égales sur fond rouge sera définie comme les armoiries officielles du pays. En 1370, un nouveau pacte, appelé Pfaffenbrief (« Charte des prêtres » en allemand), est signé entre tous les cantons contrôlant le passage du Gothard, à savoir tous les cantons à l'exception de Glaris et Berne. Ce document unifie le droit existant et rend chaque homme, noble ou roturier, laïc ou religieux, égal devant la justice qui est rendue par des juges locaux.</p>
<p>Les Habsbourg ne renoncent toutefois pas à leurs prétentions. Par deux fois, ils tentent vainement de vaincre les cantons : la première fois en 1386, lors de la bataille de Sempach, la seconde en 1388, lors de la bataille de Näfels. Dans les deux cas, des montagnards inférieurs en nombre battent des soldats expérimentés, gagnant ainsi une réputation de guerriers intrépides mais également peu respectueux des coutumes guerrières. Cette double victoire consolide l'alliance des huit communautés qui signent en 1393 la première charte commune aux huit cantons, appelé le convenant de Sempach, qui définit des règles militaires de comportement pendant et après les combats ainsi que la manière d'engager un conflit, qui ne peut l'être qu'après une délibération commune.</p>
<div class='spip_document_3067 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH389/1011294-La_Confederation_suisse_des_huit_cantons_vers_1385-538c3.jpg?1790041480' width='500' height='389' alt='' />
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<p>Les cantons suisses ont alors plus ou moins assuré leur indépendance vis-à-vis des seigneurs locaux, tout en restant des sujets du Saint-Empire romain germanique. Le XVe siècle voit une phase d'expansion des Confédérés qui conquirent les territoires avoisinants et conclurent des alliances avec de nombreuses régions des alentours (Appenzell, le Valais et Saint-Gall). En 1415, les Confédérés planifient et exécutent en commun, aux dépens des Habsbourg et avec la bénédiction de l'empereur, la conquête de l'Argovie dont une partie est gérée sous la forme d'un bailliage commun. L'envie d'expansion ne va pas sans heurts : à la mort du comte Frédéric VII de Toggenbourg ne laissant aucun successeur, les confédérés, particulièrement Schwytz et Zurich, vont s'entre-déchirer pour se répartir le Toggenbourg pendant l'ancienne guerre de Zurich qui dure de 1436 à 1450 et voit la victoire des Schwytzois. Enfin, la Thurgovie est conquise en 1460 et également transformée en bailliage commun.</p>
<div class='spip_document_3068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH501/louis_XI_cantons_suisses_vigiles_charles_VII-08955.jpg?1790041480' width='500' height='501' alt='' />
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<p>Inquiets de la puissance croissante de leurs voisins occidentaux, les États bourguignons, les confédérés, Berne en tête, s'allient au roi Louis XI de France et déclarent, en 1474, la guerre à Charles le Téméraire. Les Suisses sont victorieux successivement lors des batailles de Grandson et de Morat, puis lors de la bataille de Nancy en 1477 qui met fin à la guerre. À la grande déception de Berne, seuls la région d'Aigle lui est attribuée après la guerre et seulement en tant que bailliage commun avec Fribourg qui rejoint peu de temps après la Confédération en compagnie de Soleure dans ce qui va devenir la Confédération des XIII cantons.</p>
<p>À la fin de la guerre de Bourgogne, deux nouveaux cantons, Fribourg et Soleure, frappent à la porte de la Confédération. Cependant, les cantons sont divisés sur ces demandes d'adhésion et la guerre civile menace entre les cantons campagnards qui craignent de perdre leur majorité et les cantons urbains. C'est finalement l'ermite Nicolas de Flue qui propose en 1481 un compromis acceptable, le convenant de Stans : Fribourg et Soleure sont admis dans la Confédération.</p>
<p>Suite à la défaite des Bourguignons, l'empereur Maximilien réorganise le Saint-Empire romain germanique en instaurant un tribunal impérial et un nouvel impôt, le centime impérial, en 1495. Les confédérés refusent de s'y soumettre et vont vaincre les troupes impériales ainsi qu'une coalition de villes du sud de l'actuelle Allemagne lors de la guerre de Souabe s'étendant de décembre 1498 à septembre 1499. Le traité de Bâle du 22 septembre 1499 marque l'indépendance de facto des cantons suisses vis-à-vis de l'empire qui renonce à ses droits. Il faut toutefois attendre 1648 et les traités de Westphalie pour que cette indépendance soit reconnue de jure. Les villes de Bâle et Schaffhouse, déjà alliées, deviennent des cantons en 1501, suivies par Appenzell en 1513. La Confédération des XIII cantons est née et dure jusqu'en 1798.</p>
<p>Le XVIe siècle voit la Réforme protestante apparaître à Zurich suite à la prédication et à l'influence d'Ulrich Zwingli. Elle gagne bientôt une grande partie de la Confédération qui va se déchirer lors de quatre guerres de religions : les première (dont l'épisode de la soupe au lait deviendra célèbre) et deuxième guerres de Kappel qui voient, en 1531, la défaite des protestants et la mort de Zwingli, sont suivies par les deux guerres de Villmergen en 1656 et 1712. La Diète fédérale se retrouve alors divisée entre sept cantons catholiques, deux mixtes et quatre réformés, moins nombreux mais plus peuplés. Cette division va encore s'accentuer avec la Contre-Réforme menée en particulier par les jésuites qui provoque notamment, la division en 1597 du canton d'Appenzell en deux demi-cantons : Appenzell Rhodes-Extérieures protestant et Appenzell Rhodes-Intérieures catholique.</p>
<p>Stoppée progressivement par la Contre-Réforme dans la partie alémanique du pays, la Réforme se propage en revanche à l'ouest, en particulier sous l'action du Français Guillaume Farel qui prêche et convertit la plus grande partie du pays de Vaud, de Neuchâtel et de Genève avant de l'emporter à Lausanne dans un débat public (connu par la suite sous le nom de « Dispute de Lausanne ») avec l'aide de Jean Calvin et Pierre Viret contre les catholiques. En 1533, l'évêque de Genève s'enfuit et la ville devient une république libre puis, en 1541, une théocratie sous l'influence radicale de Calvin qui transforme la cité en « Rome protestante ».</p>
<p>Entre-temps, le duché de Savoie, qui échoue en 1536 à s'emparer de Genève, est chassé du pays de Vaud par les Bernois, les Fribourgeois et les Valaisans. Toutefois, certains des territoires conquis à cette occasion, tels que le Chablais français et la rive sud du lac Léman sont rendus par la suite, fixant ainsi les frontières du pays.</p>
<p>Le XVIIIe siècle marque une période de prospérité scientifique et économique avec l'évolution de l'agriculture et l'apport des huguenots français. C'est de cette période que date le concept de nation suisse, développé avec la création de chaires d'histoire nationale dans les universités du pays, qui gomme les différences confessionnelles, politiques, économiques et sociales pour faire place à une Suisse « unie et paisible » alors que l'arrivée de voyageurs étrangers marque les débuts du tourisme en Suisse. Cependant, durant cette période, plusieurs soulèvements se produisent qu'ils soient le fait de paysans comme à Berne en 1653 et Lucerne, de pays sujets comme la « conjuration Henzi » contre le patriciat bernois en 1749, le « soulèvement Livin » contre Uri en 1755 ou le « soulèvement Chenaux » en 1781 contre Fribourg, ou de « libérateurs » comme dans la Léventine ou dans le pays de Vaud avec le major Abraham Davel en 1755.</p>
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<p>Le pacte des confédérés en 1663</p></div>