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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Socrate</dc:subject>

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&lt;p&gt;Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La mythologie grecque est fond&#233;e en grande partie sur la l&#233;gende de la guerre de Troie attribu&#233;e &#224; Hom&#232;re. Elle affirme que ce qui a unifi&#233; le peuple grec, c'est d'avoir men&#233; une guerre contre ceux des Grecs qui pratiquaient la libert&#233; des femmes et d'avoir &#233;cras&#233; ceux-ci en les mettant en esclavage. Les dieux de Hom&#232;re ne sont l&#224; que pour justifier les comportements machistes, imp&#233;rialistes, esclavagistes des Grecs. Socrate et Euripide se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mythologie grecque est fond&#233;e en grande partie sur la l&#233;gende de la guerre de Troie attribu&#233;e &#224; Hom&#232;re. Elle affirme que ce qui a unifi&#233; le peuple grec, c'est d'avoir men&#233; une guerre contre ceux des Grecs qui pratiquaient la libert&#233; des femmes et d'avoir &#233;cras&#233; ceux-ci en les mettant en esclavage. Les dieux de Hom&#232;re ne sont l&#224; que pour justifier les comportements machistes, imp&#233;rialistes, esclavagistes des Grecs. Socrate et Euripide se sont faits remarquer en d&#233;truisant cette mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate contre Hom&#232;re : extraits de &#8220;La R&#233;publique&#8221; de Platon (cherchez &#171; Hom&#232;re &#187; dans le texte) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous prierons Hom&#232;re et les autres po&#232;tes de ne point trouver mauvais que nous les effacions ; ce n'est point qu'ils manquent de po&#233;sie, et ne flattent l'oreille du grand nombre : mais, plus ils sont po&#233;tiques, moins il convient de les laisser entendre &#224; des enfants et &#224; des hommes qui doivent &#234;tre libres, et redouter l'esclavage plus que la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je peux vous le dire &#224; vous ; car vous n'irez pas me d&#233;noncer aux po&#232;tes tragiques et aux autres auteurs qui pratiquent l'imitation. Il me semble que toutes les &#339;uvres de ce genre causent la ruine de l'&#226;me de ceux qui les entendent, s'ils n'ont pas l'antidote, c'est-&#224;-dire la connaissance de ce qu'elles sont r&#233;ellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est, demanda-t-il, la raison qui te fait parler de la sorte ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut que je vous la dise, r&#233;pondis-je, bien qu'une certaine tendresse et un certain respect que j'ai d&#232;s l'enfance pour Hom&#232;re s'oppose &#224; cet aveu ; ccar il semble bien avoir &#233;t&#233; le premier ma&#238;tre et le guide de tous ces beaux po&#232;tes tragiques ; mais on doit plus d'&#233;gards &#224; la v&#233;rit&#233; qu'&#224; un homme, et, comme je l'ai dit, c'est un devoir de parler&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maintenant nous ne demanderons pas compte &#224; Hom&#232;re ni &#224; tout autre po&#232;te de mille choses dont ils ont parl&#233; ; nous ne demanderons pas si ctel d'entre eux a &#233;t&#233; un habile m&#233;decin, et non un simple imitateur du langage des m&#233;decins, quels malades un po&#232;te ancien ou moderne passe pour avoir gu&#233;ris, comme l'a fait Ascl&#233;pios, ou quels disciples savants en m&#233;decine il a laiss&#233;s apr&#232;s lui, comme celui-ci a laiss&#233; ses descendants. Ne les interrogeons pas non plus sur les autres arts : faisons-leur en gr&#226;ce. Mais pour les sujets les plus importants et les plus beaux dont Hom&#232;re s'est m&#234;l&#233; de parler, tels que la guerre, le commandement des arm&#233;es, l'administration des &#201;tats, l'&#233;ducation de l'homme, dil est peut-&#234;tre juste de l'interroger et de lui dire : &#171; Cher Hom&#232;re, s'il est vrai qu'en ce qui regarde la vertu tu ne sois pas &#233;loign&#233; de trois degr&#233;s de la v&#233;rit&#233;, et que tu ne sois pas le simple ouvrier d'images que nous avons d&#233;nomm&#233; imitateur ; si tu t'&#233;l&#232;ves jusqu'au second degr&#233; et si tu fus jamais capable de conna&#238;tre quelles institutions rendent les hommes meilleurs ou pires dans la vie priv&#233;e et dans la vie publique, dis-nous quel &#201;tat te doit la r&#233;forme de son gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais crois-tu, Glaucon, que, si Hom&#232;re e&#251;t &#233;t&#233; r&#233;ellement capable d'instruire les hommes et de les rendre meilleurs, comme un homme qui peut parler de ces mati&#232;res en connaisseur, et non en simple imitateur, crois-tu qu'il ne se serait pas fait de nombreux disciples qui l'auraient honor&#233; et ch&#233;ri ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors nous avons raison de nous attaquer &#224; lui tout de suite, et de le mettre sur la m&#234;me ligne que le peintre ; car il lui ressemble en ce qu'il fait des ouvrages de peu de prix, si on les rapproche de la v&#233;rit&#233;, et il lui ressemble encore par les rapports qu'il a avec bla partie de l'&#226;me qui est de peu de prix aussi, tandis qu'il n'en a pas avec la meilleure. Aussi voyons-nous l&#224; une premi&#232;re raison qui nous justifie de lui refuser l'entr&#233;e d'un &#201;tat qui doit &#234;tre gouvern&#233; par de bonnes lois, puisqu'il r&#233;veille cette mauvaise partie de l'&#226;me, la nourrit, la fortifie et par l&#224; ruine la raison, ainsi qu'il arrive dans un &#201;tat, lorsqu'on donne la force et le pouvoir &#224; des m&#233;chants et qu'on fait p&#233;rir les plus sages. De m&#234;me nous dirons du po&#232;te imitateur qu'il implante dans l'&#226;me de chaque individu un mauvais gouvernement, en flattant la partie d&#233;raisonnable, cqui ne sait pas distinguer ce qui est plus grand de ce qui est plus petit et qui tient les m&#234;mes choses tant&#244;t pour grandes, tant&#244;t pour petites ; qu'il cr&#233;e des fant&#244;mes et qu'il est toujours &#224; une distance infinie de la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir bien en t&#234;te que c'est Platon qui pr&#234;te &#224; Socrate sa propre position (la po&#233;sie doit &#234;te bannie de la r&#233;publique), mais il se fonde sur un point r&#233;el : Socrate combattait la conception de les l&#233;gendes pr&#234;t&#233;es &#224; Hom&#232;re et devenues la mythologie officielle et g&#233;n&#233;rale d'Ath&#232;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry&lt;/a&gt;)/Livre_X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir la critique par Socrate de Hom&#232;re dans &#171; Ph&#233;don &#187; de Platon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/phedonfr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/phedonfr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son proc&#232;s, Socrate aurait d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si, d'autre part, on fait soci&#233;t&#233; avec Orph&#233;e, Mus&#233;e, H&#233;siode et Hom&#232;re, &#224; quel prix n'ach&#232;teriez-vous pas ce bonheur ? Quant &#224; moi, je consens &#224; mourir plusieurs fois, si ces r&#233;cits sont vrais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philo-labo.fr/fichiers/Platon%20-%20Apologie%20de%20Socrate%20(BeQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philo-labo.fr/fichiers/Platon%20-%20Apologie%20de%20Socrate%20(BeQ&lt;/a&gt;).pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il combattait l'omnipr&#233;sence dans la politique de la Gr&#232;ce des r&#233;cits mythologiques racontant des faux h&#233;ros qui aveuglait le peuple, le rendait belliciste et guerrier &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide contre Hom&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re pi&#232;ce d'Euripide, d&#233;j&#224; en rupture avec Hom&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/rhesus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/rhesus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ion, une pi&#232;ce d&#233;j&#224; critique des dieux d'Hom&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/ion.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/ion.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate et Euripide (ainsi que leurs amis) ont combattu toute leur vie la th&#232;se dite de Hom&#232;re qui justifie la politique ath&#233;nienne de guerre, de conqu&#234;tes coloniales, de prises d'esclaves, de domination de la Gr&#232;ce et aussi de patriarcat que contient les textes de l'Illiade et de l'Odyss&#233;e racontant la guerre de Troie (encore appel&#233;e Ilios ou Ilion) des peuples de Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler que, avant d'&#234;tre condamn&#233; &#224; mort par Ath&#232;nes, Socrate a toujours discut&#233; le contenu des pi&#232;ces de son ami Euripide et qu'ils avaient des points de vue tr&#232;s proches au plan politique et social. Et c'&#233;taient des avis tr&#232;s minoritaires par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne o&#249; ils vivaient. On dirait aujourd'hui des positions d'extr&#234;me gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=socrate&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le r&#233;cit d'Hom&#232;re soit mythologique et non historique, ce n'est plus contest&#233; par quasiment personne. On s'interroge seulement sur le fondement historique du r&#233;cit po&#233;tique. Il n'en reste pas moins que ce r&#233;cit attribu&#233; &#224; un certain Hom&#232;re a eu un r&#244;le social et politique fondamental dans la Gr&#232;ce antique jusqu'&#224; l'&#233;poque de Socrate et d'Euripide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/puc/27577?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/puc/27577?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire d'abord en quoi la guerre de Troie aurait un rapport avec la lutte du patriarcat contre le matriarcat et avec la lutte d'Ath&#232;nes pour dominer toute la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position tr&#232;s particuli&#232;re d'Euripide et Socrate sur le matriacat et sur la guerre de Troie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide &#233;crit que &#171; Puisque les dieux font des choses laides, commettent des actions basses, ce ne sont pas des dieux ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De la ville de Troie, &#171; conquise &#187;, il disait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Scamandre retentit des lamentai ions des captives &#224; qui le sort vient d'assigner un ma&#238;tre. Les unes sont &#233;chues aux Arcadiens, les autres aux Thessaliens, d'autres aux fils de Th&#233;s&#233;e (06) rois d'Ath&#232;nes. Celles des Troyennes qui n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es au sort sont dans cette tente, r&#233;serv&#233;es aux chefs de l'arm&#233;e ; la fille de Tyndare, H&#233;l&#232;ne, est avec elles, et c'est avec justice qu'on la compte parmi les captives. L&#224;, s'offre &#224; tous les regards l'infortun&#233;e H&#233;cube ; prostern&#233;e &#224; l'entr&#233;e de la tente, elle verse des larmes abondantes sur la perte de tout ce qui lui fut cher. Sa fille Polyx&#232;ne vient d' &#234;tre immol&#233;e sur le tombeau d'Achille, &#224; l'insu de sa m&#232;re ; Priam n'est plus, ses enfants ne sont plus ; et celle dont Apollon respecta la virginit&#233;, Cassandre, qu'inspire l'esprit proph&#233;tique, Agamemnon, au m&#233;pris du dieu et par une violence impie, la contraint de s'unira lui par une alliance clandestine. Adieu, ville jadis florissante ; adieu, superbes remparts ; si Minerve, fille de Jupiter, n'e&#251;t voulu votre ruine, vous seriez encore debout. &#187; (Les Troyennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se h&#233;ro&#239;que d'Hom&#232;re est ainsi transform&#233;e par Euripide :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. &#187; (Les Troyennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide rapporte par le menu comment chaque Troyenne devient l'esclave sexuelle d'un des chefs de l'arm&#233;e grecque qui ont tu&#233;, pill&#233;, d&#233;truit et assassin&#233; les Troyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chefs des cohortes, rassembl&#233;s pour embraser la ville de Priam, ne conservez plus dans vos mains la flamme inactive, lancez, les torches ardentes, afin qu'apr&#232;s avoir renvers&#233; Ilion de fond en comble, nous retournions pleins de joie dans notre patrie. Et vous, filles des Troyens, pour dire la m&#234;me chose d'une double mani&#232;re, d&#232;s que les chefs de l'arm&#233;e feront entendre le son &#233;clatant de la trompette, rendez- vous aux vaisseaux qui doivent vous transporter en Gr&#232;ce. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide donne la parole aux victimes troyennes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il ne faut pas que les souverains donnent des ordres injustes ; qu'ils ne pensent pas que leur prosp&#233;rit&#233; soit inalt&#233;rable. Moi-m&#234;me j'&#233;tais autrefois ; &#224; pr&#233;sent je ne suis plus. Tout mon bonheur, un jour me l'a ravi. O toi que je supplie, respecte ma vieillesse, aie piti&#233; de moi : retourne vers l'arm&#233;e des Grecs, repr&#233;sente-leur combien il est odieux d'&#233;gorger des femmes que vous avez &#233;pargn&#233;es d'abord, en les arrachant au pied des autels, et dont vous avez eu piti&#233;. Chez vous, la loi qui punit le meurtre est &#233;gale pour l'homme libre et pour l'esclave. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(H&#233;cube)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. Arriv&#233;s aux bords du Scamandre, ils y trouvent la mort sans avoir perdu leur terre natale, sans &#234;tre bannis des murs de leur patrie. Ceux que Mars a moissonn&#233;s n'ont pas revu leurs enfants ; les mains de leurs &#233;pouses ne les ont pas envelopp&#233;s des voiles fun&#232;bres, et ils sont rest&#233;s couch&#233;s sur la terre &#233;trang&#232;re. M&#234;mes d&#233;sastres dans leurs foyers domestiques : les femmes y mouraient veuves des p&#232;res priv&#233;s de leurs enfants, qu'ils ont &#233;lev&#233;s pour autrui. Il n'est personne qui fasse couler sur leur tombeau le sang des victimes. Certes voil&#224; une exp&#233;dition bien glorieuse ! Que ma muse reste sans voix, plut&#244;t que de c&#233;l&#233;brer des crimes. Les Troyens, au contraire, sont morts pour leur patrie (ce qui est la plus belle des gloires) ; ceux que le fer a fait p&#233;rir ont &#233;t&#233; rapport&#233;s dans leurs maisons par leurs amis, ils ont re&#231;u la s&#233;pulture sur la terre de leurs p&#232;res, des mains de ceux &#224; qui appartenait ce saint devoir. Ceux des Phrygiens qui ne sont pas morts dans les combats ont pass&#233; leurs jours au milieu de leurs enfants et de leurs &#233;pouses, bonheur refus&#233; aux Grecs. Quant au destin d'Hector, si cruel &#224; tes yeux, &#233;coute ce qu'il en est : il est mort en laissant le renom d'un h&#233;ros, et c'est &#224; la venue des Grecs qu'il en doit l'honneur. S'ils n'eussent assi&#233;g&#233; Troie, sa valeur f&#251;t rest&#233;e inconnue. P&#226;ris a &#233;pous&#233; la fille de Jupiter, et sans cet hymen il e&#251;t trouv&#233; quelque alliance obscure dans sa patrie. Fuir la guerre est un devoir pour le sage ; mais, lorsqu'il faut la faire, la plus glorieuse couronne pour un &#201;tat est de mourir avec courage ; mourir l&#226;chement est une honte. Cesse donc, &#244; ma m&#232;re, de d&#233;plorer le sort de ta patrie et l'hymen de ta fille ; car cet hymen nous vengera de ceux que nous d&#233;testons. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide rapporte mille exemples des crimes des pr&#233;tendus dieux r&#233;v&#233;r&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apollon ? Abandonner une fille innocente apr&#232;s l'avoir s&#233;duite, et laisser mourir l'enfant dont il est le p&#232;re ! ah ! cette conduite est indigne de toi ; et puisque tu r&#232;gnes sur les mortels, sois fid&#232;le &#224; la vertu. Les dieux punissent parmi les hommes ceux dont le c&#339;ur est pervers : est-il donc juste que, vous qui avez &#233;crit les lois qui nous gouvernent, vous soyez vous-m&#234;mes les violateurs des lois ? S'il arrivait (chose impossible, je le sais, mais je le suppose), s'il arrivait qu'un jour les hommes vous fissent porter la peine de vos violences et de vos criminelles amours, bient&#244;t toi, Apollon, et Neptune, et Jupiter, roi du ciel, vous seriez contraints de d&#233;pouiller vos temples pour payer le prix de vos fautes. En vous livrant &#224; vos passions au m&#233;pris de la sagesse, vous &#234;tes coupables. Il n'est plus juste d'accuser les hommes, s'ils imitent les vices des dieux, qui leur donnent de si funestes exemples. &#187; (Ion)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre d'Euripide donne syst&#233;matiquement la parole aux femmes, rapporte leur grande humanit&#233;, leur courage, leur d&#233;vouement, montre qu'elles ont un plus grand sens des responsabilit&#233;s que les hommes, en particulier que les guerriers et les chefs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Gr&#232;ce antique de cette &#233;poque est celle d'une domination oppressive, militaire et politique, d'Ath&#232;nes, d'une domination oppressive des hommes sur les femmes, particuli&#232;rement m&#233;pris&#233;es, d'une glorification de la guerre qui donnait sa sup&#233;riorit&#233; &#224; Ath&#232;nes, d'un m&#233;pris pour les peuples &#233;cras&#233;s et train&#233;s en esclavage et aussi d'un m&#233;pris des riches oisifs pour tous les travailleurs, artisans comme ouvriers ou domestiques. Tout cela est d&#233;nonc&#233; par Euripide. Ce dernier est parfaitement en accord sur tous ces points avec son ami Socrate et il d&#233;fend ainsi publiquement toutes les th&#232;ses socratiques sauf une : Socrate n'&#233;tait pas pour rendre publiques de cette mani&#232;re ses id&#233;es. Il a cependant accept&#233; de discuter et de relire les pi&#232;ces qu'Euripide r&#233;digeait et des t&#233;moins affirment qu'il les a largement influenc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Troyennes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Troyennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube_(Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube_(Euripide&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7268&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7268&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; H&#233;l&#232;ne &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/helene.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/helene.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; Les troyennes &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; H&#233;cube &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecube.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecube.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; M&#233;d&#233;e &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/medeefr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/medeefr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hom&#232;re, qui aurait v&#233;cu au 8e si&#232;cle avant J.-C., &#233;poque du d&#233;veloppement des cit&#233;s-&#201;tats, aurait racont&#233; des &#233;v&#233;nements qui se seraient produits quatre si&#232;cles auparavant, vers 1250 avant J.-C., &#224; la fin de la civilisation myc&#233;nienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Ce que raconte Hom&#232;re a-t-il exist&#233; ? Ces questions se posent et sont d&#233;battues depuis les premiers historiens grecs, qui s'accordent sur la dur&#233;e de la guerre (dix ans), mais font varier ses dates entre 1344 et 1150.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://essentiels.bnf.fr/fr/litterature/antiquite/523f3805-7ddb-43de-90c6-d1e964e8b833-homere-sur-traces-ulysse/article/58df44b9-741b-4578-b1bd-754b160f691d-realite-troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://essentiels.bnf.fr/fr/litterature/antiquite/523f3805-7ddb-43de-90c6-d1e964e8b833-homere-sur-traces-ulysse/article/58df44b9-741b-4578-b1bd-754b160f691d-realite-troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; histoires &#187; de la guerre de Troie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie6.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie6.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53655n.chemindefer&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53655n.chemindefer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide montre que les Troyens sont des victimes, que les Grecs sont &#224; la fois vainqueurs et&#8230;vaincus, triomphants et victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/livres/patin/troyennes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/livres/patin/troyennes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8836</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8836</guid>
		<dc:date>2025-12-25T23:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944 &lt;br class='autobr' /&gt;
VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les travailleurs grecs d'agir pr&#233;cis&#233;ment sous son commandement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les troupes du g&#233;n&#233;ral anglais Scobie et les troupes s&#233;lectionn&#233;es du gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; Papandr&#233;ou qui mitraillent, bombardent, ex&#233;cutent les travailleurs hell&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces faits d'une brutalit&#233; sans fard, les chefs ouvriers (les bureaucrates qui font carri&#232;re au nom des ouvriers) nous disent &#224; peu pr&#232;s ceci : &#034;Nos amis&#034; (Huma du 7/12) les Anglais et le gouvernement &#233;migr&#233; de Papandr&#233;ou les mitraillent et ne veulent pas s'appuyer sur le peuple ; cependant l'action de l'ELAS et de l'EAM n'a pas d'autre but que de former un gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; (c'est-&#224;-dire en union avec le m&#234;me Papandr&#233;ou et pro-alli&#233;) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude odieuse de ces pr&#233;tendus &#034;chefs&#034; sera accueillie avec m&#233;pris par les travailleurs qui ont appris quelque chose de l'exp&#233;rience d'avant-guerre et notamment de la d&#233;faite de l'Espagne rouge, vendue par les &#034;d&#233;mocrates&#034; du camp r&#233;publicain et assassin&#233;e avec la complicit&#233; de Paris et de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les &#233;v&#233;nements d'Espagne d&#233;cidaient de notre propre sort en France, les &#233;v&#233;nements de Belgique et de Gr&#232;ce nous donnent l'avertissement : &#034;c'est de toi qu'il s'agit dans cette histoire&#034;. Car tandis que Churchill, ce pionnier de l'anti-communisme d&#232;s 1919, d&#233;clare cyniquement aux Communes : &#034;Je persisterai&#034; (dans l'&#233;crasement des travailleurs grecs), les chefs social-patriotes staliniens et &#034;socialistes&#034; nous disent : ce qui se passe en Belgique et en Gr&#232;ce doit &#234;tre &#233;vit&#233; en France. Notre union nous sauvera. En France plus que jamais union !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise politique profonde qui ronge les pays d'Europe &#233;puis&#233;s par cinq ann&#233;es de guerre et qui a men&#233; aux &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce et de Belgique, a pr&#233;cis&#233;ment sa base dans cette &#034;union&#034; pr&#234;ch&#233;e par les chefs social-patriotes : union avec les Daladier de la &#034;d&#233;mocratie&#034;, union avec le camp imp&#233;rialiste alli&#233;. C'est cette union des chefs ouvriers avec De Gaulle et l'int&#233;gration de la France dans le camp imp&#233;rialiste alli&#233; qui nous pr&#233;pare pr&#233;cis&#233;ment en France des &#233;v&#233;nements semblables &#224; ceux de Gr&#232;ce et de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, ayant &#224; peine succ&#233;d&#233; &#224; l'Etat-major allemand et aux gouvernements &#034;collaborateurs&#034; belge et grec, les alli&#233;s et les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; se sont-ils mis &#224; tirer sur le peuple ? L'Humanit&#233; du 28/11 affecte une grande surprise : &#034;c'est l&#224; une chose vraiment incroyable...&#034; Ces &#034;grands camarades&#034; et &#034;guides g&#233;niaux&#034; sont-ils donc plus na&#239;fs qu'un journaliste de province ? Bien entendu ils ne sont pas aussi b&#234;tes. S'ils affectent la surprise, c'est uniquement pour faire oublier que ce sont eux qui ont pr&#234;ch&#233; aux peuples la cause alli&#233;e et celle des gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; r&#233;fugi&#233;s &#224; Londres ou au Caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, qui ne sommes pas de &#034;grands camarades&#034;, nous avons clairement averti les travailleurs dans &#034;Les Le&#231;ons d'Italie&#034;, le 10 octobre 1943 : &#034;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet, c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent... Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la d&#233;mocratie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire les travailleurs en armes (L&#233;nine disait : une classe exploit&#233;e sans armes m&#233;rite d'&#234;tre trait&#233;e en esclave) et la domination de la bourgeoisie, de quelque &#233;tiquette qu'elle se couvre, il n'y a pas de cohabitation possible. Churchill est certainement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, bien plus il est un des chefs de la &#034;d&#233;mocratie en lutte contre le fascisme&#034;. Cependant sur la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire les travailleurs arm&#233;s pour la d&#233;fense de leurs droits, il s'exprime ainsi : &#034;la derni&#232;re chose au monde qui ait le droit de repr&#233;senter la d&#233;mocratie, c'est une foule d&#233;sordonn&#233;e, ce sont des bandes arm&#233;es d'engins meurtriers, qui pr&#233;tendent faire la loi...&#034; Papandr&#233;ou lui est non seulement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, mais aussi un &#034;socialiste&#034;. Cependant, devant les &#034;foules arm&#233;es&#034;, &#034;d&#233;mocrates&#034; et &#034;socialistes&#034; agissent de la m&#234;me fa&#231;on que les SS. La &#034;d&#233;mocratie&#034; de Churchill et le &#034;socialisme&#034; de Papandr&#233;ou ne sont que des phrases creuses qui ne peuvent pas nourrir le ventre affam&#233; des exploit&#233;s ; c'est pourquoi la possession des armes devient une question de vie et de mort pour ces derniers. C'est pourquoi aussi devant les travailleurs &#034;ne voulant plus &#234;tre trait&#233;s en esclaves&#034;, c'est-&#224;-dire en armes, TOUT &#034;DEMOCRATE&#034; SE SENT UN MUSSOLINI OU UN HITLER. Les gouvernements soi-disant d&#233;mocratiques au service de la bourgeoisie ne reculent devant rien pour briser l'&#233;lan des ouvriers, pour leur enlever les armes seule garantie de leurs droits, pour les soumettre &#224; la discipline aveugle de l'exploitation capitaliste et &#224; la discipline meurtri&#232;re de la guerre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces v&#233;rit&#233;s fondamentales que les chefs staliniens s'&#233;vertuent &#224; cacher, car elles d&#233;masquent leur politique de trahison &#224; l'&#233;gard des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, qu'ont fait les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034; des staliniens, en Belgique et en Gr&#232;ce ? En Belgique, Pierlot dont les staliniens se sont fait les garants devant les masses en participant &#224; son premier Minist&#232;re, a men&#233; l'attaque appuy&#233; sur la &#034;d&#233;mocratie&#034; et au nom de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Les sommets d&#233;mocratiques de ce qu'on appelle la R&#233;sistance ont soutenu Pierlot et son action anti-d&#233;mocratique. La R&#233;sistance a ainsi prouv&#233; sa nature contradictoire : en bas, les masses luttant contre l'exploitation, en haut les partisans de l'imp&#233;rialisme alli&#233; faisant d&#233;vier la lutte anti-imp&#233;rialiste des masses en une lutte imp&#233;rialiste pro-alli&#233;e. Le regroupement politique de la &#034;d&#233;mocratie&#034; officielle contre les masses travailleuses s'est fait avec le m&#234;me ensemble que celui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; du Front Populaire, de Daladier &#224; Blum, se tournant contre la classe ouvri&#232;re (1939-1940) sous pr&#233;texte de lutter contre le PC. En Gr&#232;ce m&#234;me regroupement des forces : tandis que toute la politique des staliniens consiste &#224; vouloir contraindre Papandr&#233;ou &#224; maintenir &#034;l'unit&#233; d&#233;mocratique&#034;, TOUTE LA &#034;DEMOCRATIE&#034; OFFICIELLE EST DU COTE DE LA REPRESSION, du c&#244;t&#233; gouvernemental, qui utilise les bandes fascistes arm&#233;es sous l'occupation allemande, et le g&#233;n&#233;ral Zervas, g&#233;n&#233;ral de la R&#233;sistance, commande ses troupes contre les ELAS.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens ont pr&#234;ch&#233; aux ouvriers la renonciation &#224; leurs revendications qui provoquent &#8211; r&#233;p&#232;tent-ils apr&#232;s les capitalistes &#8211; le fascisme, pour sauver au moins la d&#233;mocratie. Les travailleurs ont attendu patiemment les &#034;lib&#233;rateurs&#034; pour lesquels ils ont vers&#233; leur sang, ils ont renonc&#233; &#224; lutter pour leur propre cause, pour se contenter de la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire d'un minimum de bien-&#234;tre et de libert&#233;. Quelle a &#233;t&#233; l'&#339;uvre des &#034;lib&#233;rateurs&#034; alli&#233;s et des &#034;d&#233;mocrates&#034; au pouvoir ? Comme le disait le chef stalinien Marty lui-m&#234;me, dans les territoires &#034;lib&#233;r&#233;s&#034; &#034;nulle part, rien n'a &#233;t&#233; chang&#233; dans aucun domaine&#034;. Les instruments de r&#233;pression cr&#233;&#233;s par les gouvernements soutenus par les Allemands, sont utilis&#233;s tels quels par les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; ; si en Gr&#232;ce il s'agissait d'une n&#233;cessit&#233; pressante, en France c'est par mesure de pr&#233;voyance que De Gaulle &#034;transforme les G.M.R. (troupes de r&#233;pression de Vichy) en G.R.S. &#8211; groupes r&#233;publicains de s&#233;curit&#233; (sic).&lt;br class='autobr' /&gt;
N'avions-nous pas raison d'&#233;crire (au moment du d&#233;barquement) : &#034;...les masses ont subi dans cette guerre tous les plans des imp&#233;rialistes. Toutes les cliques politiques &#224; leur service nous ont berc&#233;s tour &#224; tour de promesses. Mais les travailleurs savent ce que deviennent ces promesses chaque fois qu'ils aident un clan bourgeois contre l'autre : DE LA MITRAILLE POUR LES OPPRIMES QUI RECLAMENT LEUR DROIT A LA VIE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'attitude des staliniens en Belgique, Le Populaire du 6/12 &#233;crit : &#034;Les communistes posent comme condition de leur appui au cabinet Pierlot qu'il n'y aura pas de bloc de puissances occidentales en Europe&#034;. Nous avons ici l'explication pourquoi les staliniens, contrairement &#224; ce qu'ils ont fait en Belgique et en Gr&#232;ce, continuent &#224; participer en France &#224; un gouvernement qui ne se distingue en rien de celui d'un Pierlot ou d'un Papandr&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons cependant que De Gaulle ne complote pas contre les masses populaires : qu'il ne se fasse pas le paravent derri&#232;re lequel se pr&#233;parent les forces de r&#233;pression capitalistes, fascistes et autres ; supposons que par l'arm&#233;e et la police, il veuille seulement maintenir &#034;l'ordre&#034;. Cependant comme les 200 familles (gr&#226;ce &#224; la politique &#034;d&#233;mocrate&#034; des staliniens) n'ont pas &#233;t&#233; expropri&#233;es, la source du fascisme reste vivante ; tous les jours nous avons la preuve, entre autres par les attentats qui se multiplient, que les bandes anti-ouvri&#232;res sont &#224; l'&#339;uvre. Et le gouvernement, m&#234;me s'il n'est pas complice de cette activit&#233;, ne peut en tout cas pas la r&#233;primer car elle est dirig&#233;e par les capitalistes, ma&#238;tres de l'administration et de tous les leviers de commande &#233;conomiques. La classe ouvri&#232;re exasp&#233;r&#233;e peut d'un jour &#224; l'autre riposter &#224; ces attaques et descendre dans la rue &#8211; comme cela a &#233;t&#233; fait par l'unanimit&#233; du prol&#233;tariat le 12 f&#233;vrier 1934, &#224; la suite du 6 f&#233;vrier. Mais dans un conflit ouvert, o&#249; les masses entreraient en lutte directement par leurs propres moyens, celles-ci seraient aux yeux du g&#233;n&#233;ral De Gaulle, d&#233;fenseur de &#034;l'ordre&#034;, une &#034;foule d&#233;sordonn&#233;e&#034; (voir Churchill) contre laquelle devraient se liguer tous les repr&#233;sentants de la bourgeoisie (en premier lieu le gouvernement et l'Etat-major alli&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme britannique, appuy&#233; sur les gouvernements collaborateurs Pierlot et Papandr&#233;ou, m&#232;ne l'attaque en Belgique et en Gr&#232;ce dans le but de s'assurer, en matant toute opposition politique dans ces pays, des positions strat&#233;giques sur le Continent (&#034;bloc occidental&#034; contre l'URSS). La &#034;neutralit&#233;&#034; am&#233;ricaine n'est que la volont&#233; de Roosevelt d'intervenir comme arbitre dans le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne s'est &#233;lev&#233; effectivement contre l'action de l'imp&#233;rialisme anglais en Gr&#232;ce. Cette action il la m&#232;ne avec l'appui des chefs travaillistes, mis&#233;rables social-patriotes qui protestent platoniquement, mais assurent Churchill de leur appui inconditionn&#233; jusqu'&#224; la victoire, c'est-&#224;-dire jusqu'au triomphe de l'imp&#233;rialisme.Cependant il n'y a aucune diff&#233;rence entre l'imp&#233;rialisme anglais et l'imp&#233;rialisme allemand ; car il n'y a pas d'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; et d'imp&#233;rialisme fasciste, il n'y a que l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire la n&#233;cessit&#233; pour les quelques vieux pays capitalistes &#224; se disputer p&#233;riodiquement leurs brigandages sur le dos des peuples. La d&#233;mocratie, en Angleterre, signifie pour les travailleurs anglais le droit de d&#233;cider toutes les quelques ann&#233;es quels repr&#233;sentants bourgeois les repr&#233;senteront et opprimeront au Parlement (Marx). Mais les soldats britanniques, malgr&#233; l'&#233;tiquette d&#233;mocratique, on le voit en Gr&#232;ce, accomplissent la t&#226;che command&#233;e par l'Etat-major de la m&#234;me fa&#231;on que les soldats allemands. Est-ce qu'ils ont eu la possibilit&#233; de protester contre la t&#226;che que leur a command&#233;e Scobie ? Non. Ils sont encha&#238;n&#233;s aussi solidement que les soldats allemands au corps des officiers et &#224; l'Etat-major imp&#233;rialiste, par la discipline militaire, c'est-&#224;-dire les Cours martiales, et l'abrutissement des casernes. Ici comme partout il faut briser les cha&#238;nes id&#233;ologiques et mat&#233;rielles qui font du soldat l'esclave du corps des officiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous arrivons ainsi &#224; la diff&#233;rence essentielle qui nous s&#233;pare nous, les internationalistes, des social-patriotes. Le 19 septembre Duclos d&#233;non&#231;ait les Trotskystes comme les agents de l'imp&#233;rialisme allemand, parce qu'ils mettaient &#034;les Anglais et les Am&#233;ricains sur le m&#234;me plan que les Boches&#034; et qu'ils bl&#226;maient &#034;les patriotes s'appliquant &#224; descendre les Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions contre l'assassinat des soldats allemands encha&#238;n&#233;s &#224; leur Etat-major. Nous &#233;tions pour une action qui devait unir les travailleurs fran&#231;ais aux travailleurs-soldats allemands, pour briser pr&#233;cis&#233;ment les cha&#238;nes mat&#233;rielles et morales qui attachaient ces derniers &#224; leur Etat-major. Les staliniens &#233;taient pour la lutte sans distinction contre l'occupant, c'est-&#224;-dire pour encha&#238;ner tous ceux qui portaient l'uniforme allemand &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233; de combattre en bloc le peuple fran&#231;ais Les staliniens pr&#233;coniseraient-ils aujourd'hui en Gr&#232;ce qu'on descende tout Anglais qui combat le peuple grec ? Quant &#224; nous, nous avons expos&#233; plus haut notre conception : elle est de lutter pour l'union et la fraternisation de tous les travailleurs, quel que soit leur uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il est prouv&#233; par les faits que les Trotskystes avaient raison d'identifier les Etats-majors de tous les pays ; l'Etat-major anglais ne diff&#232;re en rien de l'Etat-major allemand dans son attitude vis-&#224;-vis des masses travailleuses. Les Trotskystes avaient raison et les chefs staliniens sont de vulgaires calomniateurs. &#034;Les trotskystes&#034;, disaient-ils, &#034;sont des agents de la Gestapo parce qu'ils sont contre les alli&#233;s&#034;. Voil&#224; qu'aujourd'hui, le chef des alli&#233;s, Churchill, fort de l'investiture &#034;d&#233;mocratique&#034; des staliniens, proclame : &#034;Les &#233;l&#233;ments de l'ELAS (dirig&#233;s par les staliniens) qui nous combattent en Gr&#232;ce sont dirig&#233;s par des Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens sont des calomniateurs sans vergogne, mais les Trotskystes ont cent fois raison quand ils accusaient et accusent les staliniens d'&#234;tre, malgr&#233; tous les coups de pied qu'ils en re&#231;oivent, les agents vulgaires et m&#233;prisables de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre la &#034;d&#233;mocratie&#034; imp&#233;rialiste et les masses travailleuses en Belgique et surtout en Gr&#232;ce, quelles qu'en soient les p&#233;rip&#233;ties imm&#233;diates, a d&#233;j&#224; une signification r&#233;volutionnaire d&#233;cisive dans la marche de la guerre civile qui, comme la guerre, est engendr&#233;e constamment par l'imp&#233;rialisme : ce conflit d&#233;chire le voile id&#233;ologique (&#034;d&#233;mocratie contre fascisme&#034;) dont se couvrent les brigands capitalistes pour entra&#238;ner les masses sur les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de ce conflit ne se limite pas au camp &#034;d&#233;mocratique&#034; : les travailleurs allemands verront aussi que les peuples d'Europe ne sont pas &#034;anti-boches&#034;, mais anti-imp&#233;rialistes. &#034;L'anti-bochisme n'est qu'une marchandise imp&#233;rialiste alli&#233;e&#034; : les peuples d'Europe qui ont combattu ou qui combattent l'occupation imp&#233;rialiste allemande, quelles que soient les formules impos&#233;es par leurs dirigeants, ne veulent en r&#233;alit&#233; que se d&#233;barrasser de toute exploitation, de toute oppression. &#034;L'Allemagne seule&#034;, argument supr&#234;me des dirigeants allemands pour la poursuite de la guerre, appara&#238;tra d&#232;s lors aux travailleurs allemands comme une cons&#233;quence des relations imp&#233;rialistes entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les peuples montrent qu'ils veulent lutter contre le monde imp&#233;rialiste lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire gagner la libert&#233;, le pain et la paix contre tous les exploiteurs, d&#232;s lors leur union devient, d'une possibilit&#233;, un fait d&#233;j&#224; existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'activit&#233; r&#233;volutionnaire consciente, &#224; la IV&#232;me Internationale, d'utiliser ce fait pour mener &#224; la victoire socialiste. Quelle que soit notre faiblesse, les &#233;v&#233;nements travaillent pour nous. Dans la lutte d&#233;cisive contre l'exploitation barbare et la guerre imp&#233;rialiste, nous nous renforcerons (et nous nous renfor&#231;ons d&#233;j&#224;), si nous savons exprimer dans notre politique, non pas l'h&#233;sitation devant la politique des Partis officiels, mais l'intransigeance et le radicalisme des masses les plus profondes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les masses sont cent fois plus &#224; gauche que leurs dirigeants, disait L&#233;nine. Et les travailleurs de Gr&#232;ce le prouvent effectivement, car ils n'ont pas un instant h&#233;sit&#233; &#224; combattre les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034;, quand ceux-ci ont montr&#233; leur v&#233;ritable visage.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;voiler aux masses, envers et contre tous, le v&#233;ritable visage de l'imp&#233;rialisme et de ses serviteurs social-patriotes, &#234;tre avec elles jusqu'au bout dans la lutte, voil&#224; la t&#226;che des v&#233;ritables r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A eux appartient l'avenir, dussent-ils le &#034;payer&#034; des plus grands sacrifices.&lt;br class='autobr' /&gt;
En avant avec la IV&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;CAPITULATION SANS CONDITIONS&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formule qui a tant enthousiasm&#233; les dupes de la politique imp&#233;rialiste alli&#233;e, c'est aux travailleurs et paysans grecs d'en faire les premiers l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; les journaux annon&#231;aient une offensive allemande vers la Belgique, ils annon&#231;aient &#233;galement une offensive des troupes anglaises contre... la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les essais de compromis de la part des ELAS par l'acceptation de leur d&#233;sarmement, le g&#233;n&#233;ral Scobie oppose le &#034;prestige britannique&#034;, c'est-&#224;-dire la volont&#233; esclavagiste de l'Empire, et exige la &#034;capitulation sans conditions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si aucun compromis n'intervient, les ELAS poursuivront le combat, m&#234;me sans espoir...&#034; a d&#233;clar&#233; le stalinien Prophyrog&#233;nis (Le Populaire 21/12). Avec la politique des dirigeants staliniens, union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise, il n'y a non seulement aucun espoir de victoire, mais m&#234;me pas de compromis &#034;d&#233;mocratique&#034; possible pour les travailleurs grecs. Car &#224; notre &#233;poque de capitalisme pourrissant, la &#034;d&#233;mocratie&#034; bourgeoise n'est que l'&#233;touffement de la lutte des masses par des combinaisons politiciennes, jusqu'au moment o&#249; le fascisme est suffisamment fort pour &#233;tablir la dictature ouverte de la bourgeoisie. Nous l'avons vu notamment en Espagne (1931-1939) et en France (34-1939). L'union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise trahit, au nom de l'ordre bourgeois, la lutte des masses pour leurs objectifs r&#233;els (le pain, la libert&#233;, la paix) et les voue ainsi &#224; l'inertie et &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; peine les travailleurs grecs ont-ils re&#231;u une le&#231;on de plus au sujet des d&#233;mocrates, que les chefs staliniens, hier encore membres et soutiens du gouvernement Papaandr&#233;ou, ont offert leur soutien &#224; un autre &#034;grand d&#233;mocrate&#034;, cette fois-ci non plus un socialiste, mais un pope, le m&#233;tropolite Damaskinos. Et voici ce que d&#233;clare le pope d&#233;mocrate : &#034;Cette r&#233;bellion n'est pas une r&#233;volution fond&#233;e sur une id&#233;e, mais c'est un coup de force d'une minorit&#233; d'extr&#234;me-gauche pour s'emparer du pouvoir&#034; (Le Monde, 22/12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie de la victoire des travailleurs grecs est dans l'union autour des ouvriers d'usine, de toutes les petites gens et des paysans, trahis par tous les politiciens bourgeois. Ils ne doivent pas laisser leur direction actuelle &#034;converser&#034; avec Scobie, pendant que celui-ci m&#232;ne une lutte sans merci au peuple grec, mais s'adresser directement au prol&#233;tariat anglais, &#224; tous les exploit&#233;s d'Europe et du monde : au nom de la r&#233;volution prol&#233;tarienne ils obtiendront l'appui efficace de tous les peuples qui souffrent de la guerre et ploient sous la dictature bourgeoise, &#034;d&#233;mocratique&#034; ou fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers r&#233;aliseront autour d'eux l'union de tous les exploit&#233;s seulement s'ils se montrent capables de d&#233;truire l'exploitation capitaliste d&#233;fendue non seulement par les fascistes, mais aussi par les &#034;d&#233;mocrates&#034;. Dans cette voie, seule la IV&#232;me Internationale lutte pour la &#034;capitulation sans conditions&#034; du vieux monde pourri qu'aucune &#034;d&#233;mocratie&#034; ne peut plus rajeunir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les mercenaires de la police grecque ouvrirent le feu sur la manifestation tenue le dimanche 3 d&#233;cembre &#224; Ath&#232;nes pour protester contre la d&#233;cision du gouvernement de d&#233;sarmer co&#251;te que co&#251;te les partisans, la foule &#233;tait sans armes. Mais, le soir m&#234;me, un vent r&#233;volutionnaire soufflait dans les quartiers et les faubourgs prol&#233;tariens d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ; les armes, quand elles existaient, sortaient de leurs cachettes ; d'autres &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
fabriqu&#233;es avec des moyens de fortune. On a vu ainsi le lendemain, quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;clencha comme un ouragan &#224; travers tout ce pays, les dockers du Pir&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
manifester &#171; arm&#233;s de simples couteaux et de b&#226;tons, de bois et de fer &#187;. La lutte s'annon&#231;ait longue, &#226;pre, incertaine, mais le peuple l'acceptait comme n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le 3 d&#233;cembre 1944 et le 5 janvier 1945, date &#224; laquelle la r&#233;sistance cessa dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes, les masses ont d&#233;ploy&#233; une activit&#233; r&#233;volutionnaire qui restera parmi les plus beaux exemples du mouvement prol&#233;tarien. Elles ont fait face, pendant plus d'un mois, aux forces combin&#233;es de l'imp&#233;rialisme britannique et de la r&#233;action grecque, en plein hiver, sans nourriture, sans chauffage, sans lumi&#232;re, sans m&#233;dicaments et m&#234;me sans v&#234;tements et sans souliers (rapport du m&#233;decin de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis, Max Milberg).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les usines et les maisons des quartiers populaires d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e &#233;taient devenues autant de forteresses de r&#233;sistance qui ne prenait fin que lorsque les bombes des canons,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des tanks et des avions anglais les d&#233;molissaient enti&#232;rement. Les pierres des maisons d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ont servi &#224; &#233;riger les barricades qui ont tenu en &#233;chec pendant plusieurs semaines le mouvement des forces blind&#233;es britanniques. Les combattants avaient l'appui &#171; de la plupart des quartiers ouvriers d'Ath&#232;nes &#187; est oblig&#233; d'avouer le journal conservateur anglais Daily Express du 11-12-44. &#171; Les femmes traversent les rues avec les armes cach&#233;es sous leurs jupes et des grenades cach&#233;es dans leurs paniers. Les enfants apportent la nourriture &#224; leurs parents qui combattent des toits des maisons. &#187; (Ibidem.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale eut un succ&#232;s complet tant dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes que dans le reste du pays. Les ouvriers et les paysans, pendant un mois, ont consenti &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant la r&#233;sistance cessa en Attique, il y avait seize mille tu&#233;s et prisonniers du c&#244;t&#233; du peuple et six mille habitations ouvri&#232;res compl&#233;tement ras&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renseignements sont encore rares sur ce que fut l'activit&#233; politique et sociale des masses pendant cette p&#233;riode. Nous savons seulement que la Milice Populaire avait d&#233;sarm&#233; et remplac&#233; partout les restes des forces r&#233;actionnaires et polici&#232;res ou autres ; que des tribunaux populaires avaient remplac&#233; les juges bourgeois ; qu'&#224; Salonique, les ouvriers contr&#244;laient le ravitaillement et le logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill donnait comme consigne au commandement britannique des forces arm&#233;es occupant la Gr&#232;ce : &#171; N'h&#233;sitez pas &#224; ouvrir le feu sur tout homme arm&#233; qui, &#224; Ath&#232;nes, s'attaque &#224; l'autorit&#233; britannique ou &#224; l'autorit&#233; grecque avec laquelle nous travaillons. N'h&#233;sitez pas &#224; agir comme si vous vous trouviez dans une ville conquise o&#249; se d&#233;veloppe une r&#233;bellion locale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s de trois ans, l'&#201;pire (sauf la c&#244;te) et la majeure partie de la Mac&#233;doine-Occidentale, ainsi que des zones de la Thessalie et de la Mac&#233;doine centrale, furent le territoire de la R&#233;publique (communiste) de Konitza, tandis que le reste de la Gr&#232;ce forma un Royaume (avec toutefois des poches de r&#233;sistance communiste dans les quartiers modestes des grandes villes). Dans les zones frontali&#232;res de la R&#233;publique de Konitza, un v&#233;ritable front se mit en place, avec bombardements (y compris a&#233;riens du c&#244;t&#233; royaliste), offensives et contre-offensives, tandis qu'attentats et r&#233;pression ensanglantaient les villes. Seules les &#238;les furent &#233;pargn&#233;es. Des dizaines de villages chang&#232;rent de mains plusieurs fois et furent finalement abandonn&#233;s par leurs habitants, somm&#233;s de choisir un camp et accus&#233;s de trahison par l'autre. Le rapport de force fut tout d'abord favorable &#224; l'ELAS, du fait de la connaissance du terrain et de l'exp&#233;rience de ses 50 000 hommes. D'autre part, les troupes royalistes &#233;taient mal form&#233;es et tr&#232;s peu motiv&#233;es &#224; combattre la r&#233;sistance communiste. Les tentatives pour reprendre le contr&#244;le des r&#233;gions du Nord se sold&#232;rent par des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang des ouvriers grecs tromp&#233;s est vers&#233; &#224; flot pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie grecque et ceux de la bureaucratie russe. Pour le moment, le prol&#233;tariat grec n'a pas r&#233;ussi &#224; rompre avec sa bourgeoisie, &#224; se mettre sur son terrain de classe en opposition &#224; la bourgeoisie nationale et aux imp&#233;rialismes &#233;trangers. Et c'est cette situation tragique du prol&#233;tariat, se faisant massacrer pour les int&#233;r&#234;ts de son ennemi de classe, que les trotskistes fran&#231;ais repr&#233;sentent comme la R&#233;volution prol&#233;tarienne. Il montre l'exemple &#224; tous les opprim&#233;s, etc. Naturellement quand on repr&#233;sente la trag&#233;die du prol&#233;tariat grec comme la r&#233;volution, on doit aussi la consid&#233;rer comme &#034;la premi&#232;re entr&#233;e&#034; et passer sous silence &#034;la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile&#034; commenc&#233;e par le prol&#233;tariat italien en juillet 1943. Il n'y a rien de commun entre la position de classe du prol&#233;tariat italien luttant contre la guerre imp&#233;rialiste - contre les deux occupants imp&#233;rialistes, allemands et anglais, contre l'Etat capitaliste aussi bien sous sa forme fasciste que d&#233;mocratique &#8211; et la position du prol&#233;tariat grec se faisant massacrer sur le terrain de classe du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ceb/756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ceb/756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communisme, stalinisme et trotskysme en Gr&#232;ce</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8460</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8460</guid>
		<dc:date>2025-04-17T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>communisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Communisme, stalinisme et Trotskisme en Gr&#232;ce &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ce 1922 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6070 &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky et Vitsoris &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/03/lt_00031932.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotskisme en Gr&#232;ce &lt;br class='autobr' /&gt;
https://wikirouge.net/Mouvement_trotskiste_en_Gr%C3%A8ce &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ce 1944 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483 &lt;br class='autobr' /&gt;
Mouvement r&#233;volutionnaire grec &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Yannis Tamtakos (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag"&gt;communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communisme, stalinisme et Trotskisme en Gr&#232;ce&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce 1922&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6070&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6070&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et Vitsoris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/03/lt_00031932.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/03/lt_00031932.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotskisme en Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Mouvement_trotskiste_en_Gr%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Mouvement_trotskiste_en_Gr%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement r&#233;volutionnaire grec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yannis Tamtakos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yannis_Tamtakos?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yannis_Tamtakos?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louk&#225;s Karli&#225;ftis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Louk%C3%A1s_Karli%C3%A1ftis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Louk%C3%A1s_Karli%C3%A1ftis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pantelis Pouliopoulos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/bios/pouliopoulos.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/bios/pouliopoulos.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pastias Giatsopoulos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://el-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/%CE%A0%CE%B1%CF%83%CF%84%CE%B9%CE%AC%CF%82_%CE%93%CE%B9%CE%B1%CF%84%CF%83%CF%8C%CF%80%CE%BF%CF%85%CE%BB%CE%BF%CF%82?_x_tr_sl=el&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://el-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/%CE%A0%CE%B1%CF%83%CF%84%CE%B9%CE%AC%CF%82_%CE%93%CE%B9%CE%B1%CF%84%CF%83%CF%8C%CF%80%CE%BF%CF%85%CE%BB%CE%BF%CF%82?_x_tr_sl=el&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lefteris Stavridis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wikiwand.com/en/Eleftherios_Stavridis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wikiwand.com/en/Eleftherios_Stavridis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;goriades (Georges Vitsoris) : lettre aux trotskystes grecs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n24/A_PRESENTATION_8_.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n24/A_PRESENTATION_8_.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cornelius Castoriadis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelius_Castoriadis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelius_Castoriadis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ceb/756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ceb/756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce, ann&#233;es 1940 : Une r&#233;volution trahie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://spartacist.org/francais/spf/42/grecs.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://spartacist.org/francais/spf/42/grecs.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre civile grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Organisations trotskistes en Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Category:Trotskyist_organizations_in_Greece?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Category:Trotskyist_organizations_in_Greece?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_ouvri%C3%A8re_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_ouvri%C3%A8re_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EEK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Workers_Revolutionary_Party_(Greece&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Workers_Revolutionary_Party_(Greece&lt;/a&gt;) ?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OKDE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://everybodywiki.com/Organisation_des_Communistes_Internationalistes_de_Gr%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://everybodywiki.com/Organisation_des_Communistes_Internationalistes_de_Gr%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Stalinisme &#224; la sauce grecque</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8060</link>
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		<dc:date>2024-09-02T22:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le texte que nous publions ici sur le KKE, son histoire et sa politique, est une contribution des marxistes r&#233;volutionnaires grecs de l'organisation OKDE-Spartakos (Organisation des internationalistes communistes de Gr&#232;ce-Spartacus), engag&#233;s comme le PCL dans la refondation de la Quatri&#232;me Internationale. . Il ne s'agit donc pas d'un texte critique, pourtant l&#233;gitime, d'une organisation &#233;trang&#232;re &#224; la lutte des classes en Gr&#232;ce, mais de l'apport d'une organisation de jeunes r&#233;volutionnaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte que nous publions ici sur le KKE, son histoire et sa politique, est une contribution des marxistes r&#233;volutionnaires grecs de l'organisation OKDE-Spartakos (Organisation des internationalistes communistes de Gr&#232;ce-Spartacus), engag&#233;s comme le PCL dans la refondation de la Quatri&#232;me Internationale. .&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit donc pas d'un texte critique, pourtant l&#233;gitime, d'une organisation &#233;trang&#232;re &#224; la lutte des classes en Gr&#232;ce, mais de l'apport d'une organisation de jeunes r&#233;volutionnaires engag&#233;s dans la direction des luttes &#233;tudiantes, au r&#244;le reconnaissable et reconnu, contre laquelle elle a lutt&#233; l'opposition du gouvernement Tsipras du c&#244;t&#233; des travailleurs et travailleuses, d&#233;non&#231;ant sa subordination &#224; la tro&#239;ka et au capital financier.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aspect le plus int&#233;ressant de ce texte est la critique fondamentale du KKE sous l'angle du marxisme r&#233;volutionnaire, et non sous celui de la social-d&#233;mocratie. C'est un aspect qui peut peut-&#234;tre surprendre un secteur de l'avant-garde en Italie qui nourrit une vision mythologique et enchant&#233;e du KKE, hypnotis&#233; par sa rh&#233;torique &#171; sans compromis &#187;, mais qui ram&#232;ne le KKE &#224; sa r&#233;alit&#233; : celle d'une gauche parti r&#233;formiste, marqu&#233; par des oscillations cycliques de son propre pendule, et caract&#233;ris&#233; aujourd'hui par une politique nettement sectaire et &#233;gocentrique envers les mouvements de masse, malheureusement au profit de Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette saison &#233;gocentrique et sectaire du KKE n'est pourtant pas une nouvelle improvisation. C'est la r&#233;cup&#233;ration (temp&#233;r&#233;e) d'une vision et d'une culture promue par le stalinisme dans la phase de 1929 &#224; 1933. Celle, pour &#234;tre clair, dans laquelle Staline, avec un virage apparemment &#171; ultra-gauche &#187;, pr&#233;sentait la social-d&#233;mocratie comme la s&#339;ur jumelle du fascisme, rejetant la politique l&#233;niniste de front unique contre la r&#233;action, et pour cette raison coresponsable (avec la social-d&#233;mocratie) de la d&#233;faite historique du mouvement ouvrier allemand face &#224; Hitler. Cependant, le rejet du front uni &#233;tait le trait le plus connu de cette saison, mais pas le seul. Par exemple, elle s'est accompagn&#233;e de postures populistes et nationalistes, qui sont venues th&#233;oriser la &#171; lib&#233;ration de la nation allemande &#187; d&#232;s le trait&#233; de Versailles, regarder la propagande de droite et enlever la perspective des &#201;tats-Unis d'Europe socialistes, que la Troisi&#232;me Internationale de L&#233;nine et Trotsky avait fait sienne en 1923, juste derri&#232;re l'occupation fran&#231;aise de la Ruhr, contre toute forme de chauvinisme nationaliste. De plus, les partis communistes s'orientaient &#224; cette &#233;poque sur une ligne sectaire et d'autoproclamation envers les mouvements de masse et les organisations de masse du mouvement ouvrier : scission des syndicats et organisation de leurs propres &#034;syndicats de parti&#034;, proclamation de leurs propres gr&#232;ves et manifestations contre la tactique l&#233;niniste d'unit&#233; de masse et la bataille pour l'h&#233;g&#233;monie alternative dans les mouvements de masse, l'isolationnisme vers la v&#233;ritable lutte des classes. que la Troisi&#232;me Internationale de L&#233;nine et Trotsky avait fait sienne en 1923, juste derri&#232;re l'occupation fran&#231;aise de la Ruhr, contre toute forme de chauvinisme nationaliste. De plus, les partis communistes s'orientaient &#224; cette &#233;poque sur une ligne sectaire et d'autoproclamation envers les mouvements de masse et les organisations de masse du mouvement ouvrier : scission des syndicats et organisation de leurs propres &#034;syndicats de parti&#034;, proclamation de leurs propres gr&#232;ves et manifestations contre la tactique l&#233;niniste d'unit&#233; de masse et la bataille pour l'h&#233;g&#233;monie alternative dans les mouvements de masse, l'isolationnisme vers la v&#233;ritable lutte des classes. que la Troisi&#232;me Internationale de L&#233;nine et Trotsky avait fait sienne en 1923, juste derri&#232;re l'occupation fran&#231;aise de la Ruhr, contre toute forme de chauvinisme nationaliste. De plus, les partis communistes s'orientaient &#224; cette &#233;poque sur une ligne sectaire et d'autoproclamation envers les mouvements de masse et les organisations de masse du mouvement ouvrier : scission des syndicats et organisation de leurs propres &#034;syndicats de parti&#034;, proclamation de leurs propres gr&#232;ves et manifestations contre la tactique l&#233;niniste d'unit&#233; de masse et la bataille pour l'h&#233;g&#233;monie alternative dans les mouvements de masse, l'isolationnisme vers la v&#233;ritable lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parcours politique apparemment ultra-gauche avait en r&#233;alit&#233; un contenu oppos&#233;. La phras&#233;ologie pompeuse et &#233;carlate, irr&#233;sistiblement &#034;r&#233;volutionnaire&#034;, masquait une logique auto-conservatrice de l'appareil et la rupture bureaucratique de Staline avec Boukharine en URSS, qui n&#233;cessitait un rev&#234;tement id&#233;ologique international. C'&#233;tait la th&#233;orie et la politique du &#171; social-fascisme &#187;, d'ailleurs au profit de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne. De plus, ce n'est pas un hasard si ce cours politique s'est rapidement transform&#233; en son exact contraire &#224; partir de 1934-35, avec la politique des fronts populaires avec la bourgeoisie dite d&#233;mocratique et lib&#233;rale, avec beaucoup d'entr&#233;es dans ses gouvernements (Espagne ) : qu'&#233;tait la politique d'archivage de l'opposition de principe bolchevik aux gouvernements Kerensky qui avaient permis la R&#233;volution d'Octobre et sur lesquels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un dira que tout cela concerne le pass&#233; et non le pr&#233;sent, et que nous &#171; sommes en col&#232;re contre le stalinisme &#187; en marge. Ici, le texte que nous publions ici d&#233;montre exactement le contraire. Ceux qui ne connaissent pas l'histoire sont destin&#233;s &#224; la r&#233;p&#233;ter. Les budgets manqu&#233;s prennent leur revanche sur ceux qui les suppriment.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est vrai pour le KKE, les lecteurs peuvent le voir, mais c'est encore plus vrai pour ceux en Italie qui miment les postures du KKE sans en avoir d'ailleurs ni la consistance ni les racines, comme Marco Rizzo. Qui rejette toute possibilit&#233; d'unit&#233; d'action avec les autres organisations de classe (d&#233;sertant par exemple l'assembl&#233;e nationale unitaire de l'opposition de gauche le 7 d&#233;cembre), rejette la bataille pour l'h&#233;g&#233;monie classiste et anticapitaliste dans les mouvements, la rempla&#231;ant par leur &#171; d&#233;nonciation &#187;, lisse les cheveux des cultures de droite sur l'immigration et les droits civiques, glisse dans le sens de la souverainet&#233; nationaliste sur le th&#232;me de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas &#171; les positions de Marco Rizzo &#187;, ce sont des positions qui plongent leurs racines dans l'histoire du mouvement ouvrier et contre lesquelles le l&#233;ninisme s'est toujours battu. Rizzo se borne &#224; leur donner un paquet personnaliste et souvent grotesque, rien de plus. De plus, l'homme de la biographie politique montre que lorsqu'il n'y a pas de principes, on peut facilement combiner les positions les plus disparates, du soutien &#224; D'Alema au sectarisme, comme l'a fait le stalinisme dans son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture du texte que nous publions ici est donc avant tout une contribution &#224; la r&#233;flexion. Une contribution notamment &#224; la r&#233;flexion des jeunes r&#233;volutionnaires, o&#249; qu'ils militent. Anim&#233;s que nous sommes par une m&#234;me ambition : unir les l&#233;ninistes, quelles que soient leurs origines et leurs parcours, dans un seul parti communiste r&#233;volutionnaire, leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA NATURE DU PARTI COMMUNISTE DE GR&#200;CE (KKE)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que sa direction a &#233;t&#233; assum&#233;e par les staliniens au milieu des ann&#233;es 1920, le KKE (Kommounistiko Komma Elladas, Parti communiste de Gr&#232;ce) a &#233;t&#233; un parti stalinien classique d'abord, puis post-stalinien, qui a suivi toutes les phases de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence depuis Staline &#224; Gorbatchev. Une diff&#233;rence avec les partis staliniens d'autres pays &#233;tait, bien s&#251;r, que le KKE &#233;tait capable de diriger un v&#233;ritable mouvement r&#233;volutionnaire dans les ann&#233;es 1940 (R&#233;sistance, guerre civile), mais en tout cas sa direction &#233;tait &#233;galement engag&#233;e dans la strat&#233;gie des fronts populaires, et remettait ainsi litt&#233;ralement le pouvoir entre les mains des partis bourgeois grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La divergence du KKE par rapport &#224; la trajectoire suivie par la plupart des autres partis staliniens &#224; la fin du XXe si&#232;cle a commenc&#233; &#224; la suite d'une scission majeure du parti en 1989. &#192; cette &#233;poque, le KKE a particip&#233; &#224; deux gouvernements de classe collaboratifs (de courte dur&#233;e) : d'abord un gouvernement avec le parti de droite Nouvelle D&#233;mocratie, puis un gouvernement compos&#233; &#224; la fois de la Nouvelle D&#233;mocratie et des sociaux-d&#233;mocrates (PASOK). Suite &#224; cette d&#233;cision, la majorit&#233; des jeunes ont quitt&#233; le parti pour cr&#233;er le NAR, New Left Current (Neo Aristero Revma), une organisation qui s'est brusquement d&#233;plac&#233;e vers la gauche et qui, malgr&#233; quelques r&#233;sidus programmatiques centristes, peut aujourd'hui &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme faisant partie int&#233;grante de la gauche anticapitaliste en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette scission d&#233;vastatrice, le KKE a d&#251; corriger sa ligne afin de pouvoir &#224; nouveau s'enraciner chez les jeunes. Il est donc entr&#233; dans une p&#233;riode de virage &#224; gauche prolong&#233;, du moins sur certains points. Tout d'abord, il s'est activement engag&#233; dans les mouvements des &#233;tudiants interm&#233;diaires, &#224; commencer par le mouvement de 1998. Cet engagement a donn&#233; au KKE l'opportunit&#233; de reconstruire son propre secteur de la jeunesse. N&#233;anmoins, m&#234;me pendant cette p&#233;riode, ils ont maintenu leur ligne de front populaire, appelant &#224; la construction d'un &#034;front d&#233;mocratique anti-imp&#233;rialiste et anti-monopole&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 2000, Syriza s'&#233;tant d&#233;j&#224; engag&#233; dans la politique traditionnelle de front populaire du KKE, et ayant vu l'extr&#234;me gauche se renforcer parmi les jeunes, le KKE lui-m&#234;me a &#233;t&#233; contraint &#224; un virage &#224; gauche. Dans les ann&#233;es suivantes, le KKE a rejet&#233; l'id&#233;e que la Gr&#232;ce &#233;tait un pays d&#233;pendant ; a mis en lumi&#232;re la figure d'Aris Velouchiotis, chef des gu&#233;rillas du parti au d&#233;but des ann&#233;es 1940 et membre de la gauche du parti, reconnaissant qu'il avait raison de reprocher au parti d'avoir sign&#233; l'armistice et d'avoir livr&#233; les armes aux partis bourgeois en f&#233;vrier 1945 (accords de Varkiza) ; et a finalement admis que la d&#233;cision du parti, en 1934,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela avait une certaine valeur car ces questions ont pu ouvrir un espace de discussion dans la base du KKE. Cependant, il est important de souligner que cela n'a pas chang&#233; la nature du parti, qui est rest&#233; un parti r&#233;formiste post-stalinien. En fait, la politique r&#233;elle du parti n'a pas chang&#233;. Son virage &#224; gauche est donc surtout consid&#233;r&#233; comme un zigzag bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement de masse, le KKE a toujours suivi une tactique absolument sectaire, avec ses manifestations et marches s&#233;par&#233;es et avec une attitude extr&#234;mement hostile envers tous les autres courants du mouvement ouvrier. Cependant, ce serait une erreur de qualifier ce sectarisme d'&#171; ultra-gauche &#187; ; il s'agit plut&#244;t d'une politique sectaire visant &#224; d&#233;fendre les positions du parti dans le syst&#232;me politique traditionnel et consolid&#233;. Cela est &#233;vident dans le l&#233;galisme explicite du KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le KKE a durement rejet&#233; et d&#233;nonc&#233; tout mouvement sur lequel il ne pouvait avoir aucun contr&#244;le, notamment les mouvements &#224; caract&#232;re explosif. Il a honteusement d&#233;nonc&#233; la splendide r&#233;bellion de d&#233;cembre 2008, lorsque les jeunes, les immigr&#233;s et les couches les plus jeunes de la classe ouvri&#232;re ont manifest&#233; et se sont r&#233;volt&#233;s en masse pendant plus de trois semaines. Le KKE s'est oppos&#233; au mouvement avec tant de virulence qu'il a &#233;t&#233; salu&#233; par la presse bourgeoise (1) et les politiciens bourgeois, y compris le leader d'extr&#234;me droite le plus en vue de l'&#233;poque (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2011, le KKE a d&#233;nonc&#233; le mouvement &#171; indign&#233; &#187; grec, qui a bloqu&#233; des centaines de places &#224; Ath&#232;nes et dans toute la Gr&#232;ce pendant deux mois et provoqu&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de trois jours. En octobre 2011, au plus fort du mouvement de masse contre l'aust&#233;rit&#233;, le KKE a &#233;galement &#233;t&#233; m&#234;l&#233; &#224; un &#233;pisode honteux : lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des 19 et 20 octobre, il a physiquement d&#233;fendu le Parlement contre des secteurs de manifestants qui voulaient l'attaquer. La manifestation s'est termin&#233;e par une violente attaque de groupes anarchistes contre le bloc KKE, une attaque tout aussi inacceptable puisqu'elle visait la classe ouvri&#232;re et la base militante de ce parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2015, le KKE a refus&#233; de prendre parti lors du r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; d'aust&#233;rit&#233; de la Gr&#232;ce avec le FMI et l'UE. Le KKE a d&#233;clar&#233; que cette position &#233;tait due au fait qu'il n'avait aucune confiance dans le gouvernement Syriza, mais en r&#233;alit&#233; c'&#233;tait pour satisfaire la petite bourgeoisie conservatrice qui craignait une &#233;ventuelle rupture avec l'euro en cas de victoire du N&#176; Antarsya. , le front dont fait partie l'OKDE-Spartakos, a fait campagne pour un triple Non : voter Non au r&#233;f&#233;rendum, dire Non au gouvernement Syriza et en m&#234;me temps dire Non &#224; l'UE et au FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le KKE a refus&#233; une &#233;ventuelle participation au gouvernement Syriza - un choix &#224; la fois juste et utile, car il a permis d'&#233;viter un effondrement moral total de la gauche ; cependant, contrairement &#224; son langage radical, le KKE a suivi une politique de moratoire envers le gouvernement Syriza. En f&#233;vrier 2016, le KKE a men&#233; une partie importante de la mobilisation des agriculteurs qui ont pu bloquer les autoroutes, pour abandonner la lutte apr&#232;s seulement quelques semaines, suite &#224; une n&#233;gociation peu concluante avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, le KKE &#233;tait essentiel pour faire &#233;chouer le mouvement de r&#233;forme des retraites anti-Syriza. Contrairement &#224; la gauche r&#233;volutionnaire, le KKE proposait d'attendre que la loi soit soumise au Parlement avant d'agir - alors qu'il &#233;tait bien connu que la loi n'arriverait au Parlement et ne serait mise aux voix que pendant les vacances de P&#226;ques, c'est-&#224;-dire lorsqu'elle ne serait pas be. aucune mobilisation r&#233;elle n'&#233;tait possible. Ce n'est donc pas un hasard si la proposition du KKE a &#233;t&#233; approuv&#233;e, au sein des syndicats, par Syriza, Nouvelle D&#233;mocratie et Pasok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que, aussi radicale que puisse &#234;tre la rh&#233;torique du KKE, m&#234;me &#224; diff&#233;rentes &#233;poques, sa v&#233;ritable activit&#233; politique se r&#233;sume &#224; essayer de pr&#233;server le statu quo et &#224; adh&#233;rer &#224; l'id&#233;ologie et aux peurs petites-bourgeoises. C'est encore plus clair quand on regarde les positions du KKE sur la question dite nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question mac&#233;donienne, par exemple, est un probl&#232;me cl&#233; en Gr&#232;ce, car elle met en lumi&#232;re le r&#244;le imp&#233;rialiste r&#233;gional du capitalisme grec. L'&#201;tat grec a tent&#233; - et dans une large mesure r&#233;ussi - de prendre le contr&#244;le de la R&#233;publique voisine de Mac&#233;doine, &#224; la fois &#233;conomiquement (les capitales grecques contr&#244;lant une grande partie de son &#233;conomie) et politiquement, en s'opposant &#224; un changement constitutionnel du nom du pays (3). . Cette entreprise s'accompagne d'une campagne id&#233;ologique nationaliste fond&#233;e sur le mythe de l'&#171; irr&#233;dentisme &#187; mac&#233;donien, c'est-&#224;-dire l'intention (invent&#233;e) de la R&#233;publique de Mac&#233;doine de s'approprier l'histoire grecque et une partie de la r&#233;gion g&#233;ographique de la Mac&#233;doine, qui appartient &#224; la Gr&#232;ce. Pour nous, la lutte contre cette campagne nationaliste et pour le droit du peuple mac&#233;donien &#224; l'autod&#233;termination a toujours &#233;t&#233; essentielle. Le KKE, en revanche, tout en &#233;chouant &#224; rejoindre les rassemblements nationalistes contre la Mac&#233;doine, adopte pleinement ce r&#233;cit de &#034;l'irr&#233;dentisme&#034; mac&#233;donien en rejetant le droit des Mac&#233;doniens d'appeler leur &#201;tat comme ils l'entendent, contre la coercition d'un &#201;tat tr&#232;s capitaliste. plus fort que le leur, &#224; savoir la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la seule question sur laquelle le KKE reproduit des positions qui opposent la classe ouvri&#232;re grecque aux classes ouvri&#232;res des pays voisins. Le KKE, par exemple, a toujours maintenu sa position nationaliste sur les relations avec la Turquie, principal opposant au capitalisme grec dans la r&#233;gion. Les dirigeants du KKE continuent de d&#233;noncer les pr&#233;tendues agressions unilat&#233;rales de la Turquie, et accusent continuellement les gouvernements grecs d'&#234;tre soumis &#224; l'Etat turc. En &#233;chouant totalement &#224; remplir la t&#226;che principale des communistes dans nos pays, qui est de d&#233;montrer les agressions de &#034;notre&#034; classe bourgeoise, le KKE alimente la propagande nationaliste qui divise le peuple grec et le peuple turc, et cultive au sein de la classe ouvri&#232;re un sentiment d'unit&#233; nationaliste,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique d'agenouillement devant les r&#233;flexes conservateurs a pris des formes de plus en plus honteuses, comme le soutien r&#233;cent du KKE &#224; une gr&#232;ve ouvertement raciste contre les camps de r&#233;fugi&#233;s de l'&#238;le de Samos. Cette politique explique aussi bien d'autres positions de ce parti, comme le rejet de la l&#233;galisation des drogues douces et l'opposition aux unions civiles entre couples de m&#234;me sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc &#233;vident que d&#233;finir le KKE comme un parti r&#233;volutionnaire ou anticapitaliste serait extr&#234;mement illusoire. Malgr&#233; ses zigzags &#224; gauche, le KKE reste un parti r&#233;formiste post-stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le 19 d&#233;cembre 2008, la premi&#232;re page d'Avriani (journal bourgeois) &#233;crivait : &#171; Si la police n'est pas capable, qu'elle signale le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Voir le discours de Karantzaferis au Parlement du 21 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Pour plus de d&#233;tails : &lt;a href=&#034;https://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article5376&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article5376&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://internationalviewpoint.org/spip.php?article5947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://internationalviewpoint.org/spip.php?article5947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que penser de la &#034;d&#233;mocratie ath&#233;nienne&#034;</title>
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		<dc:date>2024-06-28T22:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire aussi : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000k.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
https://cultea.fr/pourquoi-la-democratie-athenienne-est-elle-un-mythe.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.persee.fr/doc/metis_1105-2201_1992_num_7_1_975 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://unhistoriendanslacite.historiamati.ca/2020/11/02/la-democratie-grecque-un-mythe-a-deboulonner/ &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratie ath&#233;nienne : fausses et vraies questions &lt;br class='autobr' /&gt;
Cornelius Castoriadis &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette neuvi&#232;me Lettre de la montagne, je la relisais pour la &#233;ni&#232;me fois en lisant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000k.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000k.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cultea.fr/pourquoi-la-democratie-athenienne-est-elle-un-mythe.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cultea.fr/pourquoi-la-democratie-athenienne-est-elle-un-mythe.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/metis_1105-2201_1992_num_7_1_975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/metis_1105-2201_1992_num_7_1_975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://unhistoriendanslacite.historiamati.ca/2020/11/02/la-democratie-grecque-un-mythe-a-deboulonner/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://unhistoriendanslacite.historiamati.ca/2020/11/02/la-democratie-grecque-un-mythe-a-deboulonner/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie ath&#233;nienne : fausses et vraies questions
&lt;p&gt;Cornelius Castoriadis&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette neuvi&#232;me Lettre de la montagne, je la relisais pour la &#233;ni&#232;me fois en lisant le texte de Pierre Vidal-Naquet et je regrettais que Pierre n'ait pas eu le temps de faire l'histoire, qui sans doute occuperait des volumes, du mirage grec et du mirage romain, de leurs interpr&#233;tations successives, et des nombreux virages &#224; 180&#176; qui s'op&#232;rent dans ces interpr&#233;tations &#224; travers les si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence d&#233;j&#224; &#224; Ath&#232;nes, et pas plus tard qu'au IVe si&#232;cle. C'est Platon, c'est la vue de la d&#233;mocratie comme le pouvoir du vulgum pecus, des illettr&#233;s qui croient savoir mieux que les gens qui savent vraiment, qui assassinent les g&#233;n&#233;raux, qui assassinent Socrate, etc. Je passe sur les vingt-deux si&#232;cles qui suivent, je note simplement le quasi-renversement qui s'op&#232;re au moment de la R&#233;volution fran&#231;aise et le beau texte de Vidal-Naquet, &#171; Ath&#232;nes bourgeoise &#187; [1], je rappelle surtout la grande inversion qui a lieu en Angleterre vers 1860 avec le travail du grand George Grote, &#224; laquelle font suite les pastorales wilhelminiennes en Allemagne avec Wilamowitz, des courants analogues en France etc. &#8211; sans oublier les tentatives d'appropriation d'une Gr&#232;ce &#171; dorienne &#187; par les nazis. C'est sans doute l'objet le plus riche disponible (seule l'histoire du christianisme est, de ce point de vue, aussi riche) pour servir &#224; une &#233;tude sur l'imaginaire social-historique comme source non pas m&#234;me de r&#233;-interpr&#233;tation, mais de recr&#233;ation d'une &#233;poque fondatrice par les &#233;poques suivantes selon le propre imaginaire de ces derni&#232;res. Du reste, l'opposition Ath&#232;nes/Rome joue encore un r&#244;le en France. Enfant, je lisais la grande Histoire romaine de Victor Duruy dont la pr&#233;face se termine sur un appel aux Fran&#231;ais, les invitant &#224; &#233;tudier l'histoire romaine, car &#8211; c'est la derni&#232;re phrase de la pr&#233;face et, soixante ans apr&#232;s, elle reste dans ma m&#233;moire &#8211;, &#171; plus encore que d'Ath&#232;nes, c'est de Rome que nous sommes les h&#233;ritiers &#187;. Or r&#233;cemment encore, Claude Nicolet a repris en fait cette id&#233;e. Reste-t-il m&#234;me un grain de v&#233;rit&#233; &#224; cela ? Je commencerai le peu de chose que j'ai &#224; dire par une plaisanterie, qui nous ram&#232;ne aux Lettres de la montagne. Si j'&#233;tais Rousseau, et si vous &#233;tiez genevois, je vous dirais ce soir &#8211; comme &#224; tous les peuples occidentaux : Vous n'&#234;tes pas des Ath&#233;niens, vous n'&#234;tes m&#234;me pas des Romains. Certes Rome n'a jamais &#233;t&#233; une d&#233;mocratie, elle a toujours &#233;t&#233; une oligarchie. Mais du moins jusqu'&#224; environ 150 av. J.-C., il subsistait une sorte de d&#233;votion &#224; la res publica, qui aujourd'hui dispara&#238;t tout &#224; fait sous les coups du &#171; lib&#233;ralisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon intervention portera d'abord sur un certain nombre de points, que je ne tenterai pas de syst&#233;matiser mais dont je pense qu'on comprendra la liaison intime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, en amont de la cr&#233;ation de la polis il y a un &#233;norme h&#233;ritage mythologique, qui sera certes r&#233;-&#233;labor&#233;, mais qui est l&#224; dans la cr&#233;ation d&#233;mocratique grecque. Le premier tirage au sort politique que l'on connaisse a lieu entre Zeus, Pos&#233;idon et Had&#232;s, apr&#232;s leur victoire sur les Titans, pour le partage de la domination. Et si Zeus est ma&#238;tre de l'univers, c'est par hasard : c'est qu'il a tir&#233; le ciel [2]. De m&#234;me, toute la conception mythologique sur les rapports entre le droit et la force reste vivante, comme on le verra encore aussi bien dans le Prom&#233;th&#233;e d'Eschyle que dans le dialogue des Ath&#233;niens et des M&#233;liens dans Thucydide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, si l'on passe &#224; Hom&#232;re, on y trouve d&#233;j&#224; l'agora, comme Pierre Vidal-Naquet le rappelait tout &#224; l'heure. Beaucoup plus marquants aussi, les fameux vers de l'Odyss&#233;e sur les Cyclopes, qu'il n'a pas cit&#233;s sans doute parce qu'ils sont beaucoup plus connus, les Cyclopes qui n'ont pas d'agora et qui n'ont pas de lois : j'abr&#232;ge une traduction, qui ouvrirait certes des probl&#232;mes. Je ne veux pas entrer dans les questions de datation et de contenu des po&#232;mes hom&#233;riques. Moses Finley a &#233;crit l&#224;-dessus un livre merveilleux [3], et Pierre Vidal-Naquet, dans une pr&#233;face &#224; l'Iliade [4] rappelle qu'Hom&#232;re &#233;tait avant tout po&#232;te et non correspondant de guerre ou reporter couvrant les explorations d'Ulysse. Mais j'attribue une grande importance &#224; ces phrases d'Hom&#232;re : avec les datations actuelles on ne peut pas faire remonter Hom&#232;re beaucoup plus haut que 750. Or, nous savons positivement que la colonisation, la grande colonisation, non pas celle des c&#244;tes d'Asie mineure (beaucoup plus ancienne), commence d&#233;j&#224; vers cette date : Pithecusae (Ischia) et Cumae, en Italie, l'attestent. Il faut comprendre ce qu'est cette colonisation et ce qu'elle pr&#233;suppose. Elle pr&#233;suppose d'abord une certaine histoire de la polis d&#233;j&#224; avant : il serait absurde de supposer qu'une polis fond&#233;e en 752 envoie une colonie en 750 &#8211; et ce, d'Eub&#233;e en Italie centrale ! En elle-m&#234;me, ensuite, elle est tr&#232;s diff&#233;rente des autres colonisations de l'Antiquit&#233; ou m&#234;me des temps modernes. La colonie n'est pas une possession ou un avant-poste de la m&#233;tropole ; en fait, elle s'auto-institue. Certes, il reste un rapport de v&#233;n&#233;ration &#224; l'&#233;gard de la m&#233;tropole ; certes, celle-ci fournit la plupart du temps les mod&#232;les des institutions de la colonie ; mais souvent aussi, les lois de la colonie sont nouvelles, diff&#233;rentes. Je pense que c'est dans les colonies autant sinon plus qu'en Gr&#232;ce proprement dite qu'il faut chercher les germes politico-historiques de ce qui deviendra par la suite la d&#233;mocratie. Dans la colonie il y a certes l'oikist&#232;s, le &#171; fondateur &#187;, chef de l'exp&#233;dition, mais il est caract&#233;ristique qu'on ne trouve aucun roi ou autocrate parmi les oikistai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Vidal-Naquet disait tr&#232;s justement tout &#224; l'heure que dans l'histoire de la Gr&#232;ce ancienne il y a deux moments de rupture, ce que j'appellerais deux cr&#233;ations. Il y a la cr&#233;ation de la polis comme polis, qui pourra &#234;tre par la suite oligarchique ou tyrannique ; et il y a la cr&#233;ation de la d&#233;mocratie proprement dite, plus tard, surtout &#224; Ath&#232;nes (pour ne pas entrer dans une discussion sur Chios). Mais il faut aussi souligner un aspect de l'histoire de Sparte, qui est oubli&#233; dans ces discussions. Pour le peu qu'on en puisse dire, et en laissant de c&#244;t&#233; l'affaire des hilotes et de l' &#171; hilotage &#187; si je puis dire, Sparte commence comme une cit&#233; o&#249; le pouvoir appartient au damos (peuple) et les citoyens sont des homoioi. Pierre Vidal-Naquet traduit ce dernier terme par &#171; pairs &#187;, on pourrait aussi proposer &#171; semblables &#187; ou &#171; vrais semblables &#187;, ce qui serait le sens litt&#233;ral. Cela, entre 650 et 600, soit un si&#232;cle avant Clisth&#232;ne. Mais il y a aussi une histoire : la dynamique de la soci&#233;t&#233; spartiate, pour des raisons qui nous restent tr&#232;s obscures, est une dynamique oligarchique, qui culmine au IVe si&#232;cle. Dynamique tout &#224; fait oppos&#233;e &#224; celle qui se d&#233;ploie &#224; Ath&#232;nes, et probablement aussi dans un grand nombre d'autres cit&#233;s, sur lesquelles, h&#233;las, nous n'avons pas de renseignements. Des plus de cent cinquante politeiai d'Aristote et de ses &#233;l&#232;ves, il n'y en a qu'une qui nous reste ; des autres ne restent que des phrases fragmentaires dont on ne peut tirer grand-chose. Peut-&#234;tre notre image du monde grec serait assez diff&#233;rente si nous avions tous ces trait&#233;s sur les constitutions-institutions des diff&#233;rentes cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut donc nous limiter &#224; Ath&#232;nes &#8211; et c'est ici que les t&#233;moignages nous montrent une vraie histoire et une histoire cr&#233;atrice. Ce n'est pas simplement que &#171; les choses changent &#187; ; ce sont des institutions qui sont cr&#233;&#233;es et renouvel&#233;es presque constamment, &#224; travers ce qu'Aristote appelle les treize m&#233;tabolai ou changements de r&#233;gime. De ces changements de r&#233;gime, certains sont majeurs, d'autres moins importants. Il n'y a du reste pas que les changements de r&#233;gime (il n'y a qu'&#224; penser &#224; l'histoire des &#171; arts &#187; ou de la trag&#233;die) ; mais il faut insister sur ceux-ci, et il faut compl&#232;tement renverser les tables et qualifier de blanc ce que jusqu'ici la tradition qualifie de noir. On a constamment &#171; accus&#233; &#187; les Ath&#233;niens et leur r&#233;gime d' &#171; instabilit&#233; &#187;, et des &#233;chos de cette mentalit&#233; conservatrice se trouvent m&#234;me encore chez Hannah Arendt et ses louanges de l'auctoritas et de la traditio romaines, oppos&#233;es &#224; la versatilit&#233; des Ath&#233;niens. Mais ce qui est pr&#233;cis&#233;ment &#224; la fois caract&#233;ristique d'Ath&#232;nes et pr&#233;cieux dans ce qu'il nous pr&#233;sente, c'est l'auto-institution explicite continu&#233;e, &#224; savoir la cr&#233;ation, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire enregistr&#233;e, d'une historicit&#233; forte. L'histoire tout court existe certes partout, et jamais un Tupi Guarani ne sera semblable &#224; lui-m&#234;me tel qu'il &#233;tait une seconde auparavant. Mais au niveau des institutions ce changement reste imperceptible, et dans les soci&#233;t&#233;s sauvages ou traditionnelles, les &#171; secondes &#187; sont des mill&#233;naires ou des si&#232;cles. Or &#224; Ath&#232;nes, on peut le voir au VIe, au Ve et m&#234;me encore au IVe si&#232;cle, le changement a lieu entre g&#233;n&#233;rations et m&#234;me au sein d'une m&#234;me g&#233;n&#233;ration. Non seulement Sophocle est tout autre chose qu'Eschyle, mais Sophocle vieux n'&#233;crit pas comme Sophocle jeune. Ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne &#171; individuel &#187; : la forme de la trag&#233;die change, le style architectural change, les hommes changent, les institutions changent. Si l'on veut la traditio et l'auctoritas, il faut vouloir Ennius &#224; jamais et non pas l'histoire de la trag&#233;die. Et puis, &#224; partir d'un certain moment, les hommes commencent &#224; changer pour le plus mal, c'est la guerre du P&#233;loponn&#232;se, les terribles descriptions de Thucydide portant sur la corruption de tout induite par la guerre ; Thucydide parle presque de langue de bois, il dit que la guerre a fait que les mots en sont venus &#224; signifier l'oppos&#233; de ce qu'ils signifiaient. Ce n'est plus l&#224; le m&#234;me d&#233;mos &#8211; et c'est ce d&#233;mos-l&#224; qui condamnera les g&#233;n&#233;raux d'Arginuses, et qui condamnera Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous conduit &#224; une autre conclusion importante : la d&#233;mocratie n'est pas un mod&#232;le institutionnel, elle n'est m&#234;me pas un &#171; r&#233;gime &#187; au sens traditionnel du terme. La d&#233;mocratie c'est l'auto-institution de la collectivit&#233; par la collectivit&#233;, et cette auto-institution comme mouvement. Certes, ce mouvement s'appuie sur et est facilit&#233; chaque fois par des institutions d&#233;termin&#233;es, mais aussi par le savoir, diffus&#233; dans la collectivit&#233;, que nos lois ont &#233;t&#233; faites par nous et que nous pouvons les changer. Je dirai en terminant deux mots sur les limites de cette auto-institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;clairer un aspect important de la sp&#233;cificit&#233; de l'histoire d'Ath&#232;nes comme histoire d&#233;mocratique, en revenant sur une conception (qui rel&#232;verait du &#171; mat&#233;rialisme militaire &#187;) faisant de l'invention de la phalange la condition de la d&#233;mocratie. Cette conception voudrait que l'invention de la phalange comme organisation guerri&#232;re des membres d'une cit&#233; ait conduit, par une &#171; extension &#187; de l'&#233;gale condition des soldats dans l'organisation de la phalange, &#224; la d&#233;mocratie. La conception p&#232;che par les deux bouts. D'abord, la phalange elle-m&#234;me ne peut pas &#234;tre &#171; invent&#233;e &#187; si l'imaginaire de l'&#233;galit&#233; des citoyens n'est pas d&#233;j&#224; fortement pr&#233;&#173; sent. Lorsqu'on lit l'Iliade, on se prend parfois &#224; se demander que font et &#224; quoi servent sur le champ de bataille ces &#171; essaims &#187; et ces &#171; troupeaux &#187; de guerriers anonymes, Ach&#233;ens ou Troyens, si ce n'est peut-&#234;tre seulement &#224; t&#233;moigner de la valeur, du kl&#233;os et du kudos, des h&#233;ros dont les duels sont seuls constamment chant&#233;s. Hom&#232;re d&#233;crit l&#224;, de toute &#233;vidence, l'incarnation au plan militaire de l'imaginaire aristocratique (et &#224; cet &#233;gard du moins, il se r&#233;f&#232;re &#224; un monde sans doute r&#233;volu &#224; son &#233;poque). Mais dans la phalange se r&#233;alisent l'&#233;galit&#233; et la solidarit&#233; des combattants. Achille n'aurait jamais pens&#233; se mettre au coude-&#224;-coude avec Thersite, et le couvrir de son bouclier. Pour que la phalange soit concevable, il faut que les combattants se pensent comme &#233;gaux, pareils, pr&#234;ts &#224; se d&#233;fendre les uns les autres. La phalange est un r&#233;sultat, non pas une &#171; cause &#187; de l'imaginaire de l'&#233;galit&#233;. Et, deuxi&#232;me aspect, en elle-m&#234;me elle n'est pas du tout suffisante pour conduire &#224; un &#233;tat d&#233;mocratique de la communaut&#233;. Elle existe tout autant &#224; Sparte. Et, sous une autre forme, la l&#233;gion romaine est semblable &#224; la phalange : les diff&#233;rences de son organisation rel&#232;vent d'autres consid&#233;rations. Or Rome n'a jamais &#233;t&#233; une d&#233;mocratie au sens o&#249; Ath&#232;nes l'a &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en arrive &#224; la question de l'esclavage, et &#224; la fameuse phrase de Finley, que Pierre Vidal-Naquet reprend &#224; son compte : &#171; dans le monde antique, la libert&#233; avance du m&#234;me pas que l'esclavage &#187;, Je ne discuterai pas la question au plan th&#233;orique, abstrait. Je poserai simplement quelques questions au plan des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, combien d'esclaves y avait-il &#224; Ath&#232;nes vers 510 av. J.-C. ? Le nombre d'esclaves que nous connaissons, ou plut&#244;t que nous supposons, calculons p&#233;niblement, pour Ath&#232;nes, ne se r&#233;f&#232;re pas &#224; l'&#233;poque de l'instauration de la d&#233;mocratie, aux conditions initiales de celle-ci si l'on peut dire &#8211; et encore moins &#224; toute l'histoire ant&#233;rieure d'Ath&#232;nes, o&#249; l'on voit les germes de la cr&#233;ation d&#233;mocratique se multiplier. Ce nombre est aussi sans doute tr&#232;s gonfl&#233; par les esclaves publics qui travaillaient dans les mines de Laurium ; et l'on sait que celles-ci ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes, ou du moins mises en exploitation, peu avant la deuxi&#232;me guerre m&#233;dique, que Th&#233;mistocle a d&#233;cid&#233; le d&#233;mos &#224; en utiliser le produit pour la construction de la flotte, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point je suis d'accord avec deux personnes tr&#232;s diff&#233;rentes, Jefferson et Marx. Marx disait que la v&#233;ritable condition socio-&#233;conomique de la d&#233;mocratie antique &#233;tait l'existence d'une foule de petits producteurs ind&#233;pendants. Et lorsqu'on sait l'attitude de Jefferson s'opposant au d&#233;veloppement d'une industrie importante (donc, d'un prol&#233;tariat) aux &#201;tats-Unis de son &#233;poque, on peut comprendre que derri&#232;re elle il y a l'id&#233;e de fonder la d&#233;mocratie sur la petite propri&#233;t&#233; agraire, dont l'extension a &#233;t&#233; effectivement possible aux &#201;tats-Unis jusqu'&#224; la &#171; cl&#244;ture de la fronti&#232;re &#187; de l'Ouest aux d&#233;buts du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclavage est l&#224; partout dans le monde antique, mais la d&#233;mocratie n'est l&#224; que dans quelques cit&#233;s. Il est l&#224; &#224; Sparte &#8211; certes sous une autre forme mais on ne voit pas en quoi le fait qu'il s'agit d'ilotes et non d'esclaves-marchandises affecterait la liaison postul&#233;e. Dans les cit&#233;s aristocratiques grecques, c'est aussi d'esclaves-marchandises qu'il s'agit &#8211; de m&#234;me &#233;videmment qu'&#224; Rome, o&#249; l'on voit, au contraire, les progr&#232;s de l'esclavage marcher du m&#234;me pas que le pouvoir de l'oligarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; &#224; mes yeux deux points de fait d&#233;cisifs : l'esclavage pr&#233;sent lors de la cr&#233;ation de la d&#233;mocratie est sans aucun doute tr&#232;s limit&#233;, et dans presque toutes les cit&#233;s antiques l'on trouve l'esclavage mais point la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'esclavage &#224; Ath&#232;nes va de pair, &#224; mes yeux, avec un autre trait extr&#234;mement important, le d&#233;veloppement de l' &#171; imp&#233;rialisme &#187; ; Je ne peux pas m'y attarder, mais &#224; mes yeux il est clair que l'&#233;chec d'Ath&#232;nes &#224; tous les points de vue est d&#251; &#224; la combinaison de cet &#171; imp&#233;rialisme &#187; avec le maintien de la conception que seuls peuvent &#234;tre sujets politiques les citoyens ath&#233;niens. Si Rome a conquis le monde antique, si nous parlons aujourd'hui une langue qui, comme disait Proust, est une fa&#231;on erron&#233;e de prononcer le latin, cela n'est pas d&#251; aux vertus guerri&#232;res des Romains, ni &#224; leur frugalit&#233;, mais &#224; la fantastique politique d'assimilation graduelle que Rome a invent&#233;e ou a &#233;t&#233; oblig&#233;e d'inventer, en commen&#231;ant d&#233;j&#224; sans doute par la pl&#232;be. La pl&#232;be, au d&#233;part, ce sont des &#233;trangers, des immigrants, des m&#233;t&#232;ques. Elle lutte, se retire sur l'Aventin, etc., et apr&#232;s un si&#232;cle, deux si&#232;cles Rome est oblig&#233;e de la dig&#233;rer &#8211; et cette digestion des populations conquises s'&#233;tend graduellement moyennant une foule d'institutions : les colonies romaines, les colonies latines, la civitas romana accord&#233;e &#224; des fractions des populations vaincues, ce qui permet de les diviser, aux populations de l'Italie apr&#232;s la Guerre sociale (90 av. J.-C.), et finalement &#224; tous les habitants libres de l'Empire avec l'&#233;dit de Caracalla (212 ap. J.-C.) &#8211; en m&#234;me temps que l'&#233;mancipation et l'assimilation des esclaves se pratiquaient &#224; une &#233;chelle de plus en plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or jamais les Ath&#233;niens n'envisagent une extension de la citoyennet&#233; ath&#233;nienne en temps normal (celles qui ont lieu en faveur des Plat&#233;ens et des Samiens viendront tard, au moment de la catastrophe). On conna&#238;t tr&#232;s peu de naturalisations, et aussi peu d'&#233;mancipations d'esclaves. L'Empire reste tout le temps l'ensemble des cit&#233;s soumises &#224; la polis par excellence, &#224; Ath&#232;nes. L'entreprise de l'extension, et m&#234;me du maintien de l'Empire devient donc rapidement absurde &#8211; comme est devenue absurde l'entreprise des nations europ&#233;ennes modernes qui ont voulu dominer les colonies sans m&#234;me essayer de les assimiler, ce que, de toute fa&#231;on, elles n'auraient pas pu r&#233;aliser vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en arrive maintenant &#224; un grand paradoxe apparent : le grand philosophe ath&#233;nien est Platon, et Platon est un ennemi jur&#233; de la d&#233;mocratie. Plus g&#233;n&#233;ralement, on ne trouve pas chez les philosophes grecs, &#224; part Aristote dont je ne parlerai pas, une pens&#233;e de la d&#233;mocratie. La seule exception notable est Protagoras, et j'y reviendrai. Mais on sait aussi que D&#233;mocrite, son cadet, &#233;tait d&#233;mocrate (cf Diels B 251 et 255). Or D&#233;mocrite est l'objet, de la part de Platon, d'une damnatio memoriae, contrairement &#224; Protagoras, et il n'est pas interdit de penser que cela correspond &#224; une intention de donner le moins de retentissement &#224; ses opinions en g&#233;n&#233;ral et &#224; ses opinions politiques en particulier. Que Platon connaissait l'&#339;uvre de D&#233;mocrite se voit &#224; la lecture du Tim&#233;e &#8211; et Aristote, qui en parle tout le temps, a d&#251; conna&#238;tre cette &#339;uvre pendant ses ann&#233;es &#224; l'Acad&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tombe tout le temps sur des auteurs qui parlent de la &#171; pens&#233;e politique grecque &#187; en entendant par l&#224; Platon. C'est aussi ridicule que de vouloir trouver la pens&#233;e politique de la R&#233;volution fran&#231;aise chez Joseph de Maistre ou Bonald. La cr&#233;ation politique grecque est essentiellement la d&#233;mocratie &#8211; laquelle est l'objet de la haine inextinguible de Platon. Il accumule sur elle les calomnies, qu'il a du reste r&#233;ussi &#224; imposer &#224; une grande partie de l'opinion, savante et profane, depuis plus de deux mille ans. Les grands politiques d'Ath&#232;nes, Th&#233;mistocle, P&#233;ricl&#232;s, sont pr&#233;sent&#233;s comme des d&#233;magogues qui ont rempli la ville de choses inutiles, comme les murailles, les chantiers navals, etc. Les penseurs critiques, Protagoras, Gorgias, sont des sophistes dans le sens que Platon a r&#233;ussi &#224; donner &#224; ce mot. Les po&#232;tes sont des corrupteurs et des pr&#233;sentateurs de fausses images (idola). Eschyle et Sophocle comme pr&#233;sentateurs de fausses images et corrupteurs : Platon est jug&#233; par ses jugements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de la d&#233;mocratie, on doit le chercher, et on le trouve, chez les po&#232;tes tragiques, chez les historiens, chez H&#233;rodote dans la discussion entre les trois satrapes perses sur les trois r&#233;gimes, chez Thucydide (et pas seulement dans l'&#201;pitaphe de P&#233;ricl&#232;s) et &#233;videmment, surtout et par-dessus tout, dans les institutions et la pratique de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la trag&#233;die, je prendrai, bri&#232;vement, l'exemple d'Antigone [5]. Antigone est &#224; mes yeux, plus que toutes les autres, la trag&#233;die de la d&#233;mocratie. On sait l'importance qu'a pour la pens&#233;e grecque, clairement dans le Ve si&#232;cle et probablement d&#233;j&#224; avant, l'id&#233;e du nomos non pas simplement comme loi, mais comme loi humaine, pos&#233;e par les humains &#8211; &#224; peu pr&#232;s, ce que j'appelle l'auto-institution de la soci&#233;t&#233;. Or, dans le fameux stasimon d'Antigone (v. 332-375), &#171; nombreux sont les terribles et rien n'est plus terrible que l'homme &#187;, Sophocle parle du fait que l'homme s'est enseign&#233; &#224; lui-m&#234;me (edidaxato) la langue, la pens&#233;e et les astunomous orgas &#8211; les passions qui donnent des lois aux cit&#233;s (qui les instituent). Org&#233; est la col&#232;re, l'affect, la passion &#8211; c'est de l&#224; que vient orgasme. Les humains sont d&#233;termin&#233;s comme ceux qui se sont enseign&#233;s &#224; eux-m&#234;mes comment instituer les cit&#233;s. Pointe ici l'id&#233;e de la d&#233;mocratie comme r&#233;gime qui s'institue en connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de Protagoras, il suffit de se reporter au c&#233;l&#232;bre discours qu'il tient dans le dialogue du m&#234;me nom de Platon. Sur le sens de ce discours je suis tout &#224; fait d'accord avec ce que Pierre Vidal-Naquet en a dit, et j'ai &#233;crit moi-m&#234;me qu'il contient sans aucun doute les topoi, les lieux communs de la r&#233;flexion d&#233;mocratique de l'&#233;poque &#224; Ath&#232;nes, comme du reste le discours de Socrate (la &#171; prosopop&#233;e des lois &#187;) dans le Criton. Or Protagoras dit exactement le contraire de ce que Platon passera sa vie &#224; essayer de montrer : qu'il n'y a pas d'&#233;pist&#233;m&#233;, de savoir certain et assur&#233;, en politique, ni de techn&#233; politique appartenant &#224; des sp&#233;cialistes. Il n'y a, en politique, que de la doxa, de l'opinion, et cette doxa est &#233;galement et &#233;quitablement partag&#233;e entre tous. C'est l&#224; aussi, disons-le en passant, la seule justification possible, autre que proc&#233;durale, de la r&#232;gle majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut se tourner surtout vers les institutions effectives pour comprendre l'esprit de la d&#233;mocratie. Il y a d'abord la d&#233;mocratie directe, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e de la participation politique de tous aux d&#233;cisions concernant les affaires communes. Il y a l'invention du principe &#233;lectif pour les charges exigeant un savoir-faire sp&#233;cifique, mais aussi la rotation et le tirage au sort pour les autres. Il y a l'id&#233;e, pour la premi&#232;re fois apparaissant dans l'histoire, de la responsabilit&#233; des magistrats devant le peuple, euthun&#233;. Il y a la r&#233;vocabilit&#233; de fait de tous les magistrats, et cette institution extraordinaire que l'on appelle graph&#233; paranom&#244;n, moyennant laquelle on peut tra&#238;ner devant le tribunal quelqu'un qui a fait voter &#224; l'Assembl&#233;e du peuple une loi &#171; ill&#233;gitime &#187; &#8211; appel du peuple contre lui-m&#234;me devant lui-m&#234;me, qui ouvre un ab&#238;me de r&#233;flexion. Il y a la s&#233;paration du juridique d'avec le l&#233;gislatif et d'avec le gouvernemental. Il y a la compr&#233;hension de l'importance des conditions &#233;conomiques pour la d&#233;mocratie, pour la participation (salaire eccl&#233;siastique etc.). Il y a enfin la fantastique clause, attest&#233;e par Aristote dans la Politique, interdisant aux habitants d'une r&#233;gion frontali&#232;re la participation au vote lorsqu'il s'agit de voter pour ou contre la guerre avec une cit&#233; voisine. Car les faire voter l&#224;-dessus, ce serait les mettre dans un double blind inhumain : ou bien ils votent en tant que citoyens ath&#233;niens, &#233;ventuellement pour la guerre, n&#233;gligeant le fait que leurs maisons risquent d'&#234;tre d&#233;truites, leurs champs d&#233;vast&#233;s etc. ; ou bien ils votent en tant qu'&#234;tres humains particuliers qui ne peuvent pas oublier leur chair, leur famille, leurs oliviers, et ils voteront contre la guerre non pas parce que tel est l'int&#233;r&#234;t de la polis mais parce que tel est leur int&#233;r&#234;t particulier. Pour voir le gouffre qui s&#233;pare l'imaginaire politique grec et l'imaginaire politique moderne, essayons d'imaginer un instant ce qui se passerait aujourd'hui si quelqu'un avait l'id&#233;e saugrenue (et de toute &#233;vidence politiquement juste) de proposer que dans les votes de l'Assembl&#233;e nationale concernant la viticulture, les d&#233;put&#233;s des d&#233;partements viticoles soient interdits de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit mille fois, il ne s'agit pas de faire de tout cela un mod&#232;le, un paradigme etc. Mais il faut comprendre que nous avons l&#224; des germes f&#233;conds pour toute pens&#233;e du projet d'autonomie, du projet d'une soci&#233;t&#233; autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut bien entendu aussi en comprendre les limites. Ces limites sont &#233;videmment l'esclavage, le statut des femmes, tout cela a &#233;t&#233; dit et redit, mais beaucoup plus que cela, ce sont les limites de cette auto-institution ; et celles-ci sont d'abord les limites de la polis, autrement dit l'impossibilit&#233; de faire passer au plan politique la signification de l'universalit&#233;, qui est par contre l&#224; dans la philosophie grecque d&#232;s le d&#233;but, d&#232;s les premiers &#233;crits pr&#233;socratiques. La philosophie na&#238;t consubstantiellement avec l'id&#233;e d'un logon didonai universel, d'une recherche de la v&#233;rit&#233; et d'une mise en question de ce qui est l&#224; comme repr&#233;sentation, qui ne conna&#238;t pas de limites g&#233;ographiques, de race, de langue, de communaut&#233; politique etc. Or cette id&#233;e ne parvient pas &#224; p&#233;n&#233;trer le champ de la politique. L'universalit&#233; politique, m&#234;me si elle reste simple id&#233;e, est une cr&#233;ation de l'Europe moderne, non pas de la Gr&#232;ce. L'universalit&#233; de la pens&#233;e est une cr&#233;ation grecque, les formes de la d&#233;mocratie sont une cr&#233;ation grecque, mais non pas l'universalit&#233; politique. Il y a des choses qui ne sont pas touch&#233;es. L'important dans l'esclavage ce n'est pas qu'il y a des esclaves, c'est que la question n'est pas et ne peut pas &#234;tre soulev&#233;e. Comme le dit Pierre Vidal-Naquet, on peut dans une com&#233;die d'Aristophane envisager une gyn&#233;cocratie pour en rire, mais il n'est pas question d'envisager une doulocratie, m&#234;me pour rire. Il y a l&#224; une limite infranchissable du champ optique (et son franchissement post-classique par les cyniques ou les sto&#239;ciens restera purement th&#233;orique). Et il y a aussi, malgr&#233; les demandes de partage des terres et la fameuse exp&#233;rience communiste des &#238;les Lipari sur laquelle on ne sait rien sauf qu'elle a &#233;chou&#233;, cette autre limite : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n 'est pas remise en question (si ce n'est pour rire, dans l'Assembl&#233;e des femmes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Europe moderne, nous avons pr&#233;cis&#233;ment la mise en question aussi bien de l'in&#233;galit&#233; politique que de l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique. Quelle sera la r&#233;ponse finale, c'est une autre histoire &#8211; l'histoire. Mais personne n'osera plus dire que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, par exemple, r&#233;sulte d'un d&#233;cret divin. Ses d&#233;fenseurs mobiliseront des arguments, invoqueront des autorit&#233;s, la faillite du &#171; communisme &#187; en Russie &#8211; mais ils seront oblig&#233;s de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; la grande nouveaut&#233; de la cr&#233;ation moderne, son alt&#233;rit&#233; relativement &#224; la cr&#233;ation grecque. Mais cela ne doit pas nous emp&#234;cher, loin de l&#224;, de r&#233;fl&#233;chir sur les premiers germes de cette autonomie que nous voulons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cornelius Castoriadis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; La formation de l'Ath&#232;nes bourgeoise &#187; (en collaboration avec Nicole Loraux), in la D&#233;mocratie grecque vue d'ailleurs, Paris, Flammarion. 1990. Tous les textes de ce livre doivent &#234;tre consult&#233;s sur ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Il faut aussi souligner le fait qu'aucun des trois dieux principaux n'a la Terre en apanage. Ce trait serait &#224; commenter longuement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] The World of Odysseus ; 1954 ; &#233;d. r&#233;vis&#233;e. Chatto and Wimlus Londres, 1978. Tr. fran&#231;aise, r&#233;&#233;d. 1986, Paris, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#171; L'Illiade sans travesti &#187;, pr&#233;face &#224; la r&#233;&#233;dition de la traduction de Paul Mazon, Paris, Gallimard Folio, 1975 ; repris dans la D&#233;mocratie grecque vue dailleurs, op. cit. p. 29 sq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Pour une discussion quelque peu plus &#233;tendue d'Antigone, voir mon texte &#171; La polis grecque et la cr&#233;ation de la d&#233;mocratie &#187;, 1983, repris dans Domaines de l'homme, Paris, Seuil, 1986, p. 261 et sq.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Euripide, auteur de th&#233;&#226;tre tragique, adepte r&#233;volutionnaire de la philosophie de Socrate</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8637</link>
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		<dc:date>2024-03-03T23:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Euripide, auteur de th&#233;&#226;tre tragique, adepte r&#233;volutionnaire de la philosophie de Socrate &lt;br class='autobr' /&gt;
La grec Euripide pourfend la th&#232;se mythique grecque sur la guerre de Troie : &#171; Ici g&#238;t un enfant que les Grecs ont tu&#233; tant ils en avaient peur. &#187; (&#034;Les Troyennes&#034;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pi&#232;ces d'Euripide sur la guerre de Troie : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; H&#233;cube &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les Troyennes &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Or ce mythe &#233;tait un v&#233;ritable fondement id&#233;ologique de la Gr&#232;ce de son &#233;poque&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas seulement de mythes antiques. C'est un th&#233;&#226;tre politique qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Euripide, auteur de th&#233;&#226;tre tragique, adepte r&#233;volutionnaire de la philosophie de Socrate&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La grec Euripide pourfend la th&#232;se mythique grecque sur la guerre de Troie : &#171; Ici g&#238;t un enfant que les Grecs ont tu&#233; tant ils en avaient peur. &#187; (&#034;Les Troyennes&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pi&#232;ces d'Euripide sur la guerre de Troie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecubegr.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; H&#233;cube &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennesgr.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les Troyennes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce mythe &#233;tait un v&#233;ritable fondement id&#233;ologique de la Gr&#232;ce de son &#233;poque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas seulement de mythes antiques. C'est un th&#233;&#226;tre politique qui parle au peuple grec de sa vie pr&#233;sente et intervient dans la situation politique la plus br&#251;lante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La trag&#233;die d'Euripide accompagne les &#233;v&#233;nements politiques, elle soul&#232;ve et discute les probl&#232;mes les plus actuels de l'individu et de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://otworzksiazke.pl/images/ksiazki/le_theatre_politique_deuripide/le_theatre_politique_deuripide.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://otworzksiazke.pl/images/ksiazki/le_theatre_politique_deuripide/le_theatre_politique_deuripide.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre d'Euripide &#233;tait si r&#233;volutionnaire que son auteur a d&#251; quitter la ville o&#249; sa vie &#233;tait en p&#233;ril pour avoir pourfendu au travers d'un grand nombre de pi&#232;ces tous les mythes ath&#233;niens de la gloire et de la guerre. Rappelez-vous le nombre de ses pi&#232;ces dont les h&#233;ros n'&#233;taient rien d'autre que les victimes troyennes des massacres des Grecs... Et il ne se g&#234;nait pas pour dire que les chefs d'arm&#233;e de cette guerre tant glorifi&#233;e par Hom&#232;re ne s'&#233;taient pas salis pendant que les simples soldats issus du peuple y &#233;taient morts...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ses m&#233;rites, rappelons que lui seul a os&#233; dire &#224; Ath&#232;nes que ses mythes &#233;taient mensongers et que son &#233;poque soi-disant h&#233;ro&#239;que n'&#233;tait que boue et sang, notamment dans la guerre contre les Troyens. Loin de vouloir lib&#233;rer des femmes grecques enlev&#233;es par les Troyens, il montrait dans sa pi&#232;ce que la guerre visait notamment &#224; transformer en esclaves les femmes troyennes et leurs enfants. Euripide montrait toujours ses textes de th&#233;&#226;tre &#224; Socrate. Et cela parce qu'ils &#233;taient enti&#232;rement d'accord sur les buts politiques et sociaux, m&#234;me si Socrate ne pensait pas, contrairement &#224; Euripide, que l'on pouvait transformer la soci&#233;t&#233; par le seul th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que son ami Euripide traitait Apollon, un des principaux dieux d'Ath&#232;nes, de &#034;m&#233;chant homme&#034;, ne se g&#234;nait pas pour bafouer Aphrodite et Art&#233;mis. Et Euripide refl&#233;tait ainsi le point de vue de Socrate, puisqu'ils discutaient ensemble, dans les d&#233;tails, chaque pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, avant qu'elle ne soit repr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide &#233;crit que &#171; Puisque les dieux font des choses laides, commettent des actions basses, ce ne sont pas des dieux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la ville de Troie, &#171; conquise &#187;, il disait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Scamandre retentit des lamentai ions des captives &#224; qui le sort vient d'assigner un ma&#238;tre. Les unes sont &#233;chues aux Arcadiens, les autres aux Thessaliens, d'autres aux fils de Th&#233;s&#233;e (06) rois d'Ath&#232;nes. Celles des Troyennes qui n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es au sort sont dans cette tente, r&#233;serv&#233;es aux chefs de l'arm&#233;e ; la fille de Tyndare, H&#233;l&#232;ne, est avec elles, et c'est avec justice qu'on la compte parmi les captives. L&#224;, s'offre &#224; tous les regards l'infortun&#233;e H&#233;cube ; prostern&#233;e &#224; l'entr&#233;e de la tente, elle verse des larmes abondantes sur la perte de tout ce qui lui fut cher. Sa fille Polyx&#232;ne vient d' &#234;tre immol&#233;e sur le tombeau d'Achille, &#224; l'insu de sa m&#232;re ; Priam n'est plus, ses enfants ne sont plus ; et celle dont Apollon respecta la virginit&#233;, Cassandre, qu'inspire l'esprit proph&#233;tique, Agamemnon, au m&#233;pris du dieu et par une violence impie, la contraint de s'unira lui par une alliance clandestine. Adieu, ville jadis florissante ; adieu, superbes remparts ; si Minerve, fille de Jupiter, n'e&#251;t voulu votre ruine, vous seriez encore debout. &#187; (Les Troyennes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se h&#233;ro&#239;que d'Hom&#232;re est ainsi transform&#233;e par Euripide :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. &#187; (Les Troyennes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide rapporte par le menu comment chaque Troyenne devient l'esclave sexuelle d'un des chefs de l'arm&#233;e grecque qui ont tu&#233;, pill&#233;, d&#233;truit et assassin&#233; les Troyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chefs des cohortes, rassembl&#233;s pour embraser la ville de Priam, ne conservez plus dans vos mains la flamme inactive, lancez, les torches ardentes, afin qu'apr&#232;s avoir renvers&#233; Ilion de fond en comble, nous retournions pleins de joie dans notre patrie. Et vous, filles des Troyens, pour dire la m&#234;me chose d'une double mani&#232;re, d&#232;s que les chefs de l'arm&#233;e feront entendre le son &#233;clatant de la trompette, rendez- vous aux vaisseaux qui doivent vous transporter en Gr&#232;ce. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide donne la parole aux victimes troyennes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne faut pas que les souverains donnent des ordres injustes ; qu'ils ne pensent pas que leur prosp&#233;rit&#233; soit inalt&#233;rable. Moi-m&#234;me j'&#233;tais autrefois ; &#224; pr&#233;sent je ne suis plus. Tout mon bonheur, un jour me l'a ravi. O toi que je supplie, respecte ma vieillesse, aie piti&#233; de moi : retourne vers l'arm&#233;e des Grecs, repr&#233;sente-leur combien il est odieux d'&#233;gorger des femmes que vous avez &#233;pargn&#233;es d'abord, en les arrachant au pied des autels, et dont vous avez eu piti&#233;. Chez vous, la loi qui punit le meurtre est &#233;gale pour l'homme libre et pour l'esclave. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(H&#233;cube)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. Arriv&#233;s aux bords du Scamandre, ils y trouvent la mort sans avoir perdu leur terre natale, sans &#234;tre bannis des murs de leur patrie. Ceux que Mars a moissonn&#233;s n'ont pas revu leurs enfants ; les mains de leurs &#233;pouses ne les ont pas envelopp&#233;s des voiles fun&#232;bres, et ils sont rest&#233;s couch&#233;s sur la terre &#233;trang&#232;re. M&#234;mes d&#233;sastres dans leurs foyers domestiques : les femmes y mouraient veuves des p&#232;res priv&#233;s de leurs enfants, qu'ils ont &#233;lev&#233;s pour autrui. Il n'est personne qui fasse couler sur leur tombeau le sang des victimes. Certes voil&#224; une exp&#233;dition bien glorieuse ! Que ma muse reste sans voix, plut&#244;t que de c&#233;l&#233;brer des crimes. Les Troyens, au contraire, sont morts pour leur patrie (ce qui est la plus belle des gloires) ; ceux que le fer a fait p&#233;rir ont &#233;t&#233; rapport&#233;s dans leurs maisons par leurs amis, ils ont re&#231;u la s&#233;pulture sur la terre de leurs p&#232;res, des mains de ceux &#224; qui appartenait ce saint devoir. Ceux des Phrygiens qui ne sont pas morts dans les combats ont pass&#233; leurs jours au milieu de leurs enfants et de leurs &#233;pouses, bonheur refus&#233; aux Grecs. Quant au destin d'Hector, si cruel &#224; tes yeux, &#233;coute ce qu'il en est : il est mort en laissant le renom d'un h&#233;ros, et c'est &#224; la venue des Grecs qu'il en doit l'honneur. S'ils n'eussent assi&#233;g&#233; Troie, sa valeur f&#251;t rest&#233;e inconnue. P&#226;ris a &#233;pous&#233; la fille de Jupiter, et sans cet hymen il e&#251;t trouv&#233; quelque alliance obscure dans sa patrie. Fuir la guerre est un devoir pour le sage ; mais, lorsqu'il faut la faire, la plus glorieuse couronne pour un &#201;tat est de mourir avec courage ; mourir l&#226;chement est une honte. Cesse donc, &#244; ma m&#232;re, de d&#233;plorer le sort de ta patrie et l'hymen de ta fille ; car cet hymen nous vengera de ceux que nous d&#233;testons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide rapporte mille exemples des crimes des pr&#233;tendus dieux r&#233;v&#233;r&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apollon ? Abandonner une fille innocente apr&#232;s l'avoir s&#233;duite, et laisser mourir l'enfant dont il est le p&#232;re ! ah ! cette conduite est indigne de toi ; et puisque tu r&#232;gnes sur les mortels, sois fid&#232;le &#224; la vertu. Les dieux punissent parmi les hommes ceux dont le c&#339;ur est pervers : est-il donc juste que, vous qui avez &#233;crit les lois qui nous gouvernent, vous soyez vous-m&#234;mes les violateurs des lois ? S'il arrivait (chose impossible, je le sais, mais je le suppose), s'il arrivait qu'un jour les hommes vous fissent porter la peine de vos violences et de vos criminelles amours, bient&#244;t toi, Apollon, et Neptune, et Jupiter, roi du ciel, vous seriez contraints de d&#233;pouiller vos temples pour payer le prix de vos fautes. En vous livrant &#224; vos passions au m&#233;pris de la sagesse, vous &#234;tes coupables. Il n'est plus juste d'accuser les hommes, s'ils imitent les vices des dieux, qui leur donnent de si funestes exemples. &#187; (Ion)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre d'Euripide donne syst&#233;matiquement la parole aux femmes, rapporte leur grande humanit&#233;, leur courage, leur d&#233;vouement, montre qu'elles ont un plus grand sens des responsabilit&#233;s que les hommes, en particulier que les guerriers et les chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce antique de cette &#233;poque est celle d'une domination oppressive, militaire et politique, d'Ath&#232;nes, d'une domination oppressive des hommes sur les femmes, particuli&#232;rement m&#233;pris&#233;es, d'une glorification de la guerre qui donnait sa sup&#233;riorit&#233; &#224; Ath&#232;nes, d'un m&#233;pris pour les peuples &#233;cras&#233;s et train&#233;s en esclavage et aussi d'un m&#233;pris des riches oisifs pour tous les travailleurs, artisans comme ouvriers ou domestiques. Tout cela est d&#233;nonc&#233; par Euripide. Ce dernier est parfaitement en accord sur tous ces points avec son ami Socrate et il d&#233;fend ainsi publiquement toutes les th&#232;ses socratiques sauf une : Socrate n'&#233;tait pas pour rendre publiques de cette mani&#232;re ses id&#233;es. Il a cependant accept&#233; de discuter et de relire les pi&#232;ces qu'Euripide r&#233;digeait et des t&#233;moins affirment qu'il les a largement influenc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide montrait toujours ses textes de th&#233;&#226;tre &#224; Socrate. Et cela parce qu'ils &#233;taient enti&#232;rement d'accord sur les buts politiques et sociaux, m&#234;me si Socrate ne pensait pas, contrairement &#224; Euripide, que l'on pouvait transformer la soci&#233;t&#233; par le seul th&#233;&#226;tre.... Socrate aurait souhait&#233; que le peuple se gouverne directement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate a pay&#233; de sa vie son engagement contre les fondements de la domination de la classe dirigeante ath&#233;nienne. Euripide, lui, a &#233;t&#233; contraint de quitter Ath&#232;nes quand sa vie y a &#233;t&#233; menac&#233;e, d&#233;nonc&#233; violemment et publiquement pour son engagement, y compris par d'autres auteurs comme Aristophane, l'adversaire d&#233;clar&#233; de Socrate. Aristophane accuse Euripide et Socrate d'&#234;tre des sophistes, coupables par leur discours d&#233;moralisateur, d'&#234;tre les fauteurs du d&#233;clin d'Ath&#232;nes. Il les accuse aussi d'affirmer que les dieux n'existent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le critique des dieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/philosant/1037&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/philosant/1037&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre les dieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4591&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Euripide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, parti des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#233;d&#233;e :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Entre toutes les cr&#233;atures vivantes, nous les femmes sommes les plus malheureuses&#8230; Les hommes pr&#233;tendent que nous vivons &#224; l'abri du p&#233;ril dans nos maisons, tandis qu'eux, ils combattent, lance en main. Mensonges ! J'aimerais mieux, le bouclier au c&#244;t&#233;, prendre part &#224; trois batailles, plut&#244;t que d'enfanter une seule fois !... &#187; (dans &#171; M&#233;d&#233;e &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le jour vient o&#249; le sexe f&#233;minin sera honor&#233; ; une renomm&#233;e injurieuse ne p&#232;sera plus sur les femmes. &#187; (dans &#171; M&#233;d&#233;e &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#339;ur des Corinthiennes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Notre condition f&#233;minine, par un retour de l'opinion publique, acquerra renom et gloire. Voici venir l'heure du prestige pour le sexe f&#233;minin. &#187; (dans &#171; M&#233;d&#233;e &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;d&#233;e s'adressant au Ch&#339;ur des femmes de Corinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une femme d'ordinaire est pleine de crainte, l&#226;che au combat et &#224; la vue du fer ; mais quand on attente aux droits de ses enfants, il n'y a pas d'&#226;me plus alt&#233;r&#233;e de sang. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! il faudrait que les mortels pussent avoir des enfants par quelque autre moyen, sans qu'exist&#226;t la gent f&#233;minine ; alors il n'y aurait plus de maux chez les hommes. &#187; (M&#233;d&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le ch&#339;ur : C'est une chose terrible pour les femmes d'enfanter avec douleur, et pourtant toute la race des femmes aime ses enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A8d%C3%A9ia&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A8d%C3%A9ia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Andromaque &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas la beaut&#233; de la femme qui ensorcelle, mais sa noblesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'abord une femme, qu'elle soit innocente ou coupable, s'expose &#224; la m&#233;disance par cela seul qu'elle ne reste pas &#224; la maison : je m'interdis m&#234;me le d&#233;sir d'en sortir, et me renfermai dans ma demeure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Trag%C3%A9dies_(Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Trag%C3%A9dies_(Euripide&lt;/a&gt;)/Traduction_Artaud/Andromaque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, dans &#171; Les Phonissiennes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pire mal qu'une mauvaise femme, mais rien n'est comparable &#224; une femme qui est bonne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'est pas honn&#234;te qu'un seul homme tienne deux femmes sous ses lois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De tout ce qui respire et qui a conscience&lt;br class='autobr' /&gt;
il n'est rien qui soit plus &#224; plaindre que nous, les femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord nous devons faire ench&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
et nous acheter un mari, qui sera ma&#238;tre de notre corps,&lt;br class='autobr' /&gt;
malheur plus on&#233;reux que le prix qui le paie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car notre plus grand risque est l&#224; : l'acquis est-il bon ou mauvais ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Se s&#233;parer de son mari, c'est se d&#233;shonorer,&lt;br class='autobr' /&gt;
et le refuser est interdit aux femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entrant dans un monde inconnu, dans de nouvelles lois,&lt;br class='autobr' /&gt;
dont la maison natale n'a rien pu lui apprendre,&lt;br class='autobr' /&gt;
une fille doit deviner l'art d'en user avec son compagnon de lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle y parvient &#224; grand'peine,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il accepte la vie commune en portant de bon c&#339;ur le joug avec elle,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle vivra digne d'envie. Sinon, la mort est pr&#233;f&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car un homme, quand son foyer lui donne la naus&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
n'a qu'&#224; s'en aller, pour dissiper son ennui,&lt;br class='autobr' /&gt;
vers un ami ou quelqu'un de son &#226;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pouvons tourner les yeux que vers un &#234;tre unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis l'on dit que nous menons dans nos maisons&lt;br class='autobr' /&gt;
une vie sans danger, tandis qu'eux vont se battre !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mauvaise raison : j'aimerais mieux monter trois fois en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
que mettre au monde un seul enfant ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Phoinissiennes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Phoinissiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, &#171; Alceste &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ayant mis &#224; l'&#233;preuve tous ses amis, et son p&#232;re, et la vieille m&#232;re qui l'a enfant&#233;, il n'a trouv&#233; personne, except&#233; sa femme, qui voul&#251;t mourir pour lui, et ne plus voir la lumi&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Alk%C3%A8stis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Alk%C3%A8stis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, dans &#171; Andromaque &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cependant le mari et la femme ont les m&#234;mes droits&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Trag%C3%A9dies_(Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Trag%C3%A9dies_(Euripide&lt;/a&gt;)/Traduction_Artaud/Andromaque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, dans &#171; Les Bacchantes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu as raison : ce n'est pas par la force qu'il faut vaincre les femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/bacchantes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/bacchantes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, dans &#171; Electre &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Un fr&#232;re et une s&#339;ur, un homme et une femme n'ont point le pied &#233;gal : et le m&#226;le l'emporte ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89lectre_(Euripide,_trad._Herold&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89lectre_(Euripide,_trad._Herold&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, d&#233;fenseur des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5409&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5409&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/siecles/1503&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/siecles/1503&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/palla_0031-0387_1985_num_32_1_1160&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/palla_0031-0387_1985_num_32_1_1160&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristophane, l'adversaire politique des f&#233;ministes r&#233;volutionnaires Euripide et Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/comediens/Aristophane/femmes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/comediens/Aristophane/femmes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2000_act_10_1_1017&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2000_act_10_1_1017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate, le philosophe le plus proche d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Euripide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trag&#233;dies d'Euripide :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/Euripide1.htm#ligne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/Euripide1.htm#ligne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide fut longtemps incompris de ses contemporains, que d&#233;routaient l'originalit&#233;, l'esprit &#171; r&#233;volutionnaire &#187; de ses trag&#233;dies, irrespectueuses des dieux, des valeurs morales traditionnelles, et des r&#232;gles du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lesdieux.fr/auteur/euripide.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lesdieux.fr/auteur/euripide.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens la&#239;c et r&#233;volutionnaire des lamentations des Troyennes d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/archives/article/1961/06/21/les-troyennes-d-euripide-par-la-compagnie-de-jean-tasso-au-festival-d-arras_2281690_1819218.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/1961/06/21/les-troyennes-d-euripide-par-la-compagnie-de-jean-tasso-au-festival-d-arras_2281690_1819218.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les paradoxes de Z&#233;non, une nouvelle preuve de la force de la philosophie pour penser le monde&#8230;</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8478</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8478</guid>
		<dc:date>2023-11-17T23:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Z&#233;non d'El&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non, une nouvelle preuve de la force de la philosophie pour penser le monde&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains diront &#171; nouvelle preuve &#187; mais Z&#233;non d'El&#233;e, c'est tr&#232;s tr&#232;s vieux&#8230; Effectivement, c'est vieux mais la preuve n'est pas retenue comme telle par bien des auteurs qui l'ignorent, la m&#233;prisent ou la croient r&#233;solue, c'est-&#224;-dire an&#233;antie par les math&#233;matiques des infiniments petits ou par d'autres artifices math&#233;matiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re tr&#232;s ancien de la philosophie de Z&#233;non, qui a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Chapter 02 : Is matter a suject of philosophy ? Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Z&#233;non d'El&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les paradoxes de Z&#233;non, une nouvelle preuve de la force de la philosophie pour penser le monde&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains diront &#171; nouvelle preuve &#187; mais Z&#233;non d'El&#233;e, c'est tr&#232;s tr&#232;s vieux&#8230; Effectivement, c'est vieux mais la preuve n'est pas retenue comme telle par bien des auteurs qui l'ignorent, la m&#233;prisent ou la croient r&#233;solue, c'est-&#224;-dire an&#233;antie par les math&#233;matiques des infiniments petits ou par d'autres artifices math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re tr&#232;s ancien de la philosophie de Z&#233;non, qui a succ&#233;d&#233; &#224; celle de Parm&#233;nide, signifie justement que la philosophie peut &#234;tre tr&#232;s avanc&#233;e avant m&#234;me que la science exp&#233;rimentale le soit. Socrate, lui aussi, en est une preuve. Inversement, la science technique et math&#233;matique peut beaucoup progresser sans que la pens&#233;e scientifique soit &#224; la hauteur. La science contemporaine en est une d&#233;monstration. C'est en physique quantique que le tout math&#233;matique et le d&#233;faut philosophique a &#233;t&#233; le plus criant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5032&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5032&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3861&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreux penseurs mat&#233;rialistes et scientifiques, seule compte l'exp&#233;rience physique dite r&#233;elle, la pens&#233;e n'&#233;tant pas consid&#233;r&#233;e comme r&#233;elle ne devant pas interf&#233;rer, pensent-ils, dans l'exp&#233;rience. Cette affirmation, loin d'&#234;tre mat&#233;rialiste, suppose un dualisme du corps et de l'esprit. Mais il n'y a qu'un seul monde, un monde duquel la pens&#233;e humaine fait partie. Et la philosophie, pens&#233;e humaine sur le fonctionnement du monde, en est un &#233;l&#233;ment fondamental. Cela para&#238;t une &#233;vidence, formul&#233; ainsi, mais ce n'est nullement ainsi que pensent ni la plupart des auteurs scientifiques ni la plupart des philosophes actuels. Et pas davantage les id&#233;alistes que les mat&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des mani&#232;res de contredire l'id&#233;e d'une force de la philosophie pour comprendre le fonctionnement de l'Univers est d'affirmer qu'il n'y aurait de science que du particulier et non du g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre est d'affirmer que la philosophie ne ferait que bavarder sur le monde sans augmenter nos connaissances sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous dit aussi que la science serait objective, libre et neutre, alors que la philosophie serait humaine et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, on nous affirme que les philosophies sont anciennes alors que la science actuelle est r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; eu l'occcasion de parler de ces pr&#233;jug&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2282&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5439&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5439&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la v&#233;ritable naissance de la science a &#233;t&#233; un acte philosophique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6414&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme ne consiste pas &#224; nier la puissance de la philosophie humaine pour comprendre le monde, mais &#224; affirmer le caract&#232;re objetif de l'existence de l'univers mat&#233;riel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains grands scientifiques ont reconnu l'importance de la philosophie en sciences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science est conceptuelle avant d'&#234;tre math&#233;matique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7006&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7006&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4588&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2609&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2609&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article761&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article761&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un plus un &#233;gale deux &#187; est-il l'image clef de l'objectivit&#233; scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que &#171; un plus un &#233;gale deux &#187; r&#233;git le monde mat&#233;riel suppose&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) que &#171; un &#187; soit toujours identique &#224; lui-m&#234;me et un autre &#171; un &#187; du m&#234;me type&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) que l'addition ne soit qu'une juxtaposition et non une composition avec diminution par exemple du niveau d'&#233;nergie de l'entit&#233; commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) que l'addition ne constitue pas une transformation des deux &#171; un &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun sait que cette &#171; loi &#187; math&#233;matique n'est adapt&#233;e qu'&#224; des objets identiques qui ne font que s'additionner sans interagir et sans construire de structures ou constituer des seuils. Ainsi, la philosophie reconnait de nombreuses contradictions au &#171; un plus un &#233;gale deux &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand &#171; deux &#187; ensemble ont des enfants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand &#171; un plus un &#187; finit par constituer une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure, un tas par exemple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand les deux changent et ne sont plus identiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand deux &#233;lectrons mettent en commun leur &#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand deux objets quantiques constituent durablement une entit&#233;, m&#234;me &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etc, etc&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le &#171; un et un &#233;gale deux &#187;, le &#171; Oui ou non &#187; (exclusif) de la logique formelle (ou des math&#233;matiques) est-il valable en Sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore le z&#233;ro ou l'infini des math&#233;matiques sont-ils toujours valables en sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article669&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article669&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3238&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3238&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6561&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6561&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; math&#233;matique (n&#233;cessaire notamment au calcul diff&#233;rentiel et int&#233;gral) est-elle applicable en sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article12&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4940&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4940&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2060&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2060&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article17&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la nature est-elle purement math&#233;matique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie des nombres refl&#232;te-t-elle les propri&#233;t&#233;s observ&#233;es de la mati&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2024&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous me direz : &#171; mais qu'est-ce que la philosophie de Z&#233;non peut bien avoir &#224; faire avec tout cela ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien oui, cela un tr&#232;s grand rapport puisque ce sont ces probl&#232;mes scientifiques qu'il posait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6733&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6733&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6531&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6531&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradicteurs anciens et actuels de Z&#233;non sont justement ceux qui combattent cette philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philosophie.ac-creteil.fr/spip.php?article1441&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philosophie.ac-creteil.fr/spip.php?article1441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9non_d%27%C3%89l%C3%A9e&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9non_d%27%C3%89l%C3%A9e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://hal.science/hal-02268936/document&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.martingrandjean.ch/bergson-paradoxes-zenon-achille-tortue/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.martingrandjean.ch/bergson-paradoxes-zenon-achille-tortue/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://forums.futura-sciences.com/physique/747630-contredire-zenon-uniquement-logique-maths.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://forums.futura-sciences.com/physique/747630-contredire-zenon-uniquement-logique-maths.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est dit sur le mouvement par les contradicteurs de Z&#233;non est scientifquement erron&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question du mouvement : il ne s'agit pas simplement du d&#233;placement d'un m&#234;me objet mat&#233;riel qui va d'un point &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5040&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5040&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article627&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article627&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3626&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3626&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2586&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s ancien, Z&#233;non ? Vieillot m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou extr&#234;mement moderne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://strangepaths.com/modernite-des-paradoxes-de-zenon/2007/01/16/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://strangepaths.com/modernite-des-paradoxes-de-zenon/2007/01/16/fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/synthese-controle-et-protection-etats-quantiques/la-manipulation-et-la-synthese-par-effet-zenon-dynamique-des-etats-un-oscillateur-quantique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/synthese-controle-et-protection-etats-quantiques/la-manipulation-et-la-synthese-par-effet-zenon-dynamique-des-etats-un-oscillateur-quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce que les auteurs Grecs antiques &#233;crivaient sur les Perses</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7984</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7984</guid>
		<dc:date>2023-05-03T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce que les auteurs Grecs antiques &#233;crivaient sur les Perses &lt;br class='autobr' /&gt;
La Gr&#232;ce faisait partie de l'immense territoire colonis&#233; par l'empire perse. La lutte contre la Perse a jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable pour la formation de la Gr&#232;ce, l'infime nain grec ayant r&#233;ussi &#224; battre militairement le g&#233;ant perse &#224; Salamine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Perses sont les &#233;trangers que les auteurs grecs ont le plus &#233;voqu&#233;s. Histoire, trag&#233;die, po&#233;sie, philosophie, com&#233;die ou rh&#233;torique : il n'est gu&#232;re de genre o&#249; ils n'aient figur&#233;, ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/1200px-Map_Greco-Persian_Wars-fr-svg.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH400/1200px-Map_Greco-Persian_Wars-fr-svg-42203.jpg?1776506490' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que les auteurs Grecs antiques &#233;crivaient sur les Perses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce faisait partie de l'immense territoire colonis&#233; par l'empire perse. La lutte contre la Perse a jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable pour la formation de la Gr&#232;ce, l'infime nain grec ayant r&#233;ussi &#224; battre militairement le g&#233;ant perse &#224; Salamine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Perses sont les &#233;trangers que les auteurs grecs ont le plus &#233;voqu&#233;s. Histoire, trag&#233;die, po&#233;sie, philosophie, com&#233;die ou rh&#233;torique : il n'est gu&#232;re de genre o&#249; ils n'aient figur&#233;, ne f&#251;t-ce que dans le r&#244;le convenu d'adversaires militaires ou d'antith&#232;ses politiques. Abondantes et vari&#233;es, les &#233;vocations grecques des Perses int&#233;ressent naturellement l'historien d'aujourd'hui pour leur objet, l'empire perse, mais aussi, et dans le m&#234;me temps, pour leurs auteurs et leur audience, les Grecs : elles peuvent, en effet, contribuer &#224; nourrir l'histoire des Perses, comme celle des repr&#233;sentations et de la culture grecques. L'empire perse ach&#233;m&#233;nide fut l'un des premiers empires universels, l'un des plus &#233;tendus et l'un des plus durables (550-330 av. J.-C.). Partis de leur royaume, situ&#233; au sud-ouest de l'Iran, dans la province moderne du Fars (Parsa en vieux-perse, la Persis des Grecs), les Perses avaient conquis et supplant&#233; les antiques puissances ant&#233;rieures, royaumes m&#232;de et lydien, empire n&#233;o-babylonien, royaumes de Bactriane et d'&#201;gypte, et, en quelques d&#233;cennies, ils avaient pris le contr&#244;le d'un immense territoire asiatique et proche-oriental qui s'&#233;tendait de la mer &#201;g&#233;e &#224; l'Indus et du Caucase &#224; l'&#201;gypte. Le roi de Perse &#233;tait devenu le souverain de nombreux peuples sujets qui, tout en conservant l'usage de leur langue et de leur religion, &#233;taient contraints de lui verser tribut et de reconna&#238;tre l'autorit&#233; de ses satrapes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5257&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Gr&#232;ce a profit&#233; des contradictions internes de la Perse antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/livres/maspero/grece.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La lutte de la Gr&#232;ce et la chute de l'empire Perse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Perses_(Eschyle,_Herold)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eschyle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/eschyle/perses.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/xenophon/cyropedieun.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;X&#233;nophon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/xenophon/economique22.htm#XII&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/ctesias/medes.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ct&#233;sias&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/clio.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;H&#233;rodote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/thalie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/procope/perses1.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Procope&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/procope/perses22.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm#CXLIV&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thucydide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://dominiquelenfant.free.fr/pdf/2009.Lenfant.Dinon.et.Heraclide.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dinon et H&#233;raclite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1889_num_2_6_5367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1889_num_2_6_5367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://eduscol.education.fr/odysseum/une-influence-perse-croissante-et-decisive-sur-le-monde-grec&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eduscol.education.fr/odysseum/une-influence-perse-croissante-et-decisive-sur-le-monde-grec&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_m%C3%A9diques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_m%C3%A9diques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/bch_0007-4217_1963_num_87_2_5005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/bch_0007-4217_1963_num_87_2_5005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire-bataille-marathon-athenes-grece-ecrase-le-geant-perse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire-bataille-marathon-athenes-grece-ecrase-le-geant-perse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.linternaute.fr/actualite/guide-histoire/2559204-guerres-mediques-les-grecs-affrontent-les-perses-dates-resume/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.linternaute.fr/actualite/guide-histoire/2559204-guerres-mediques-les-grecs-affrontent-les-perses-dates-resume/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://faceiran.fr/xerxes-salamine-perse-grecque/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://faceiran.fr/xerxes-salamine-perse-grecque/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1989_ant_377_1_1738&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1989_ant_377_1_1738&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://barthes.enssib.fr/travaux/Saos-Entre-Perses-et-Grecs.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://barthes.enssib.fr/travaux/Saos-Entre-Perses-et-Grecs.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cosmovisions.com/ChronoIranAntique.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cosmovisions.com/ChronoIranAntique.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Encore et &#224; nouveau sur les paradoxes de Z&#233;non</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7831</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7831</guid>
		<dc:date>2023-01-11T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Z&#233;non d'El&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Encore et &#224; nouveau sur les paradoxes de Z&#233;non &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que les paradoxes de Z&#233;non &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les paradoxes de Z&#233;non, la dialectique de Hegel et la physique quantique &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi les paradoxes de Z&#233;non ne remettent pas en question le mouvement mais plut&#244;t l'immobilit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02268936/document &lt;br class='autobr' /&gt;
Effet Z&#233;non : une nouvelle preuve de cette &#233;tranget&#233; quantique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Chapter 02 : Is matter a suject of philosophy ? Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Z&#233;non d'El&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Encore et &#224; nouveau sur les paradoxes de Z&#233;non&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que les paradoxes de Z&#233;non&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non, la dialectique de Hegel et la physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les paradoxes de Z&#233;non ne remettent pas en&lt;br class='autobr' /&gt;
question le mouvement mais plut&#244;t l'immobilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02268936/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02268936/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Z&#233;non : une nouvelle preuve de cette &#233;tranget&#233; quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mecanique-quantique-effet-zenon-nouvelle-preuve-cette-etrangete-quantique-60252/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mecanique-quantique-effet-zenon-nouvelle-preuve-cette-etrangete-quantique-60252/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non, vus par les math&#233;maticiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://epiphymaths.univ-fcomte.fr/seminaire/publications/Lombardi-Paradoxes_de_Zenon.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://epiphymaths.univ-fcomte.fr/seminaire/publications/Lombardi-Paradoxes_de_Zenon.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Z&#233;non, Socrate, Parm&#233;nide et &#8230; Platon&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/parmenide.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/parmenide.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si Platon, D&#233;mocrite, Socrate, Parm&#233;nide, Z&#233;non et les anciens philosophes Grecs revenaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet Z&#233;non quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modernit&#233; des paradoxes de Z&#233;non&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://strangepaths.com/modernite-des-paradoxes-de-zenon/2007/01/16/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://strangepaths.com/modernite-des-paradoxes-de-zenon/2007/01/16/fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non sont bien des paradoxes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/bergson-ou-l-imagination-metaphysique--9782841744329-page-43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/bergson-ou-l-imagination-metaphysique--9782841744329-page-43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Z&#233;non et Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3542&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3542&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce antique : la philosophie de Z&#233;non d'El&#233;e et de Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore sur le point de vue math&#233;matique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.afscet.asso.fr/halfsetkafe/textes-2002/dubois.ande.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.afscet.asso.fr/halfsetkafe/textes-2002/dubois.ande.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pr&#233;tendue r&#233;futation de Z&#233;non par Aristote&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/phys614.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/phys614.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;tendue r&#233;futation de Z&#233;non par Bergson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.martingrandjean.ch/bergson-paradoxes-zenon-achille-tortue/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.martingrandjean.ch/bergson-paradoxes-zenon-achille-tortue/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les arguments de Z&#233;non, vus Victor Brochard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Pr%C3%A9tendus_sophismes_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Pr%C3%A9tendus_sophismes_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dunan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914276.r=z%C3%A9non%20d%27%C3%A9l%C3%A9e?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914276.r=z%C3%A9non%20d%27%C3%A9l%C3%A9e?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Cousin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9606190w/f86.item.r=z%C3%A9non%20d&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9606190w/f86.item.r=z%C3%A9non%20d&lt;/a&gt;'%C3%A9l%C3%A9e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?tbm=bks&amp;q=z%C3%A9non+d%27%C3%A9l%C3%A9e&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.com/search?tbm=bks&amp;q=z%C3%A9non+d%27%C3%A9l%C3%A9e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les id&#233;es r&#233;volutionnaires introduites par Z&#233;non pour qu'elles aient &#233;t&#233; discut&#233;es par les plus grands math&#233;maticiens et physiciens de chaque &#233;poque sans avoir jamais &#233;t&#233; vraiment d&#233;pass&#233;es par les avanc&#233;es des sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re id&#233;e : l'espace, le temps, le mouvement, l'&#233;nergie, la mati&#232;re ne peuvent pas &#234;tre ni des points ni des segments. Notre g&#233;om&#233;trie ne r&#233;pond pas au probl&#232;me pos&#233; par le mouvement. En effet, le mouvement ne peut &#234;tre repr&#233;sent&#233; par une somme de positions successives car il serait une succession d'immobilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me id&#233;e : il n'est pas possible qu'il n'y ait rien entre les objets mat&#233;riels. Le vide doit &#234;tre un univers existant et interagissant avec la mati&#232;re. La mati&#232;re doit &#234;tre une esp&#232;ce de vide et le vide une esp&#232;ce de mati&#232;re. Comme le dira Hegel &#224; propos des paradoxes de Z&#233;non, &#034;dans le mouvement, l'espace se pose temporellement et le temps spatialement.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me id&#233;e : la mati&#232;re ne peut pas &#234;tre constitu&#233;e par des objets fixes qui se contentent de se d&#233;placer, sans changer, dans un espace qui ne change pas du fait de leur passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me id&#233;e : il ne peut pas y avoir mouvement sans de multiples discontinuit&#233;s profondes de la mati&#232;re, de l'espace, du vide et du temps. Ces discontinuit&#233;s ne peuvent &#234;tre ni assimilables, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; du continu ni repr&#233;sentables par des points. Une discontinuit&#233; ne peut &#234;tre de dimension z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me id&#233;e : le tout n'est pas la somme de ses parties. Les propri&#233;t&#233;s d'une collection d'objets ne sont pas une addition des propri&#233;t&#233;s des &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;me id&#233;e : tout objet, tout mouvement, tout espace, tout temps suppose une contradiction entre r&#233;alit&#233; et potentialit&#233;, entre structure et changement, entre &#233;tat et changement, ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;me id&#233;e : le monde est un et non pluriel. Les contradictions ne proviennent pas de l'action entre des mondes diff&#233;rents mais sont int&#233;rieures au m&#234;me monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huiti&#232;me id&#233;e : la pr&#233;cision exacte et fixe d'une valeur (du temps, de l'espace, de l'&#233;nergie) n'existe pas. Un instant de dur&#233;e nulle n'est pas plus possible qu'un espace enti&#232;rement ponctuel. On ne peut pas sans cesse rendre plus pr&#233;cise une mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuvi&#232;me id&#233;e, qui soutend les autres : l'apparence n'est pas forc&#233;ment la r&#233;alit&#233;. Ce qui est r&#233;el peut &#234;tre virtuel et ce qui est virtuel peut &#234;tre r&#233;el. ce qui apparait mobile peut &#234;tre immobile et inversement. Ce qui semble fixe peut &#234;tre changeant et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dixi&#232;me id&#233;e : unit&#233; et multiplicit&#233; ne s'opposent pas logiquement mais sont combin&#233;s en m&#234;me temps qu'oppos&#233;s. ils constituent une contradiction dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re id&#233;e : La continuit&#233; fond&#233;e sur une succession d'infiniments petits n'a pas de r&#233;alit&#233;. Il n'est pas possible de diviser &#224; l'infini et pourtant il y a un univers sous-jacent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, ce que posent les paradoxes de Z&#233;non, en plus de nombre d'id&#233;es de la physique quantique la plus moderne, c'est une id&#233;e qu'il a h&#233;rit&#233; de Parm&#233;nide et que nous connaissons sous le nom de dialectique de la nature. Le vide est dans le plein et le plein est dans le vide. Le mouvement est dans l'immobilit&#233; et l'immobilit&#233; dans le mouvement. L'espace est dans le temps et le temps est dans l'espace, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun calcul (sommation infinie, calcul diff&#233;rentiel, ...) ne peut r&#233;soudre le fait que le mouvement pose le probl&#232;me de la contradiction dialectique de la nature. Le corps est &#224; la fois en un lieu et en un autre lieu, en un &#233;tat et en un autre &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique n'ob&#233;it pas &#224; la m&#234;me logique que la statique. La modernit&#233; de cette id&#233;e en sciences est d&#233;velopp&#233;e dans les articles du Livre &#034;Philosophie&#034; du site &#034;Mati&#232;re et r&#233;volution&#034;, en particuliers tous ceux des &#034;bonds dans la nature&#034; et de la discontinuit&#233; ainsi que ceux sur la dialectique du m&#234;me livre. Lire &#233;galement l'article du site intitul&#233; : &#034;Des objets math&#233;matiques continus ou discontinus&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le mode de raisonnement qui est dialectique mais la conception de la nature. Le raisonnement par l'absurde n'est rien d'autre que de la logique formelle. Elle vise, dans le cas des paradoxes de Z&#233;non, &#224; montrer que si on suppose que la nature agit en continu, le mouvement serait impossible. C'est un contre-sens de r&#233;pondre que Z&#233;non a tort puisque le mouvement &#224; tort. C'est ne pas comprendre ou refuser de r&#233;pondre aux arguments de ce brillant philosophe. Il ne nie pas l'univers tel qu'il nous appara&#238;t mais il nie que ce soit le sens profond de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impossibilit&#233; de comprendre un ph&#233;nom&#232;ne en se contentant de le d&#233;composer en ses &#233;l&#233;ments a une tonalit&#233; tr&#232;s anti-r&#233;ductionniste et, partant, tr&#232;s moderne. Sa conception discontinue est de type quantique et ce d'autant plus qu'elle englobe le caract&#232;re contradictoire du type onde/particule. Z&#233;non consid&#232;re en effet que l'&#233;l&#233;ment n'est ni ponctuel ni &#233;tendu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les Nu&#233;es d'Aristophane, acte d'accusation criminelle contre Socrate</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7641</link>
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		<dc:date>2023-01-04T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Socrate</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Les nu&#233;es &#187; d'Aristophane, la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qui a d&#233;but&#233; la campagne de calomnies et d'accusations sociales, philosophiques et politiques contre Socrate &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dramaturge comique Aristophane &#233;tait un contemporain de Socrate et son adversaire d&#233;clar&#233;, et il a d&#233;velopp&#233; non seulement des critiques pour le ridiculiser, mais aussi certaines accusations graves contre Socrate, dans sa pi&#232;ce &#034;Les Nu&#233;es&#034;, qui n'a &#233;t&#233; mise en sc&#232;ne qu'une seule fois en 423 avant notre &#232;re soit 24 ans avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les nu&#233;es &#187; d'Aristophane, la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qui a d&#233;but&#233; la campagne de calomnies et d'accusations sociales, philosophiques et politiques contre Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dramaturge comique Aristophane &#233;tait un contemporain de Socrate et son adversaire d&#233;clar&#233;, et il a d&#233;velopp&#233; non seulement des critiques pour le ridiculiser, mais aussi certaines accusations graves contre Socrate, dans sa pi&#232;ce &#034;Les Nu&#233;es&#034;, qui n'a &#233;t&#233; mise en sc&#232;ne qu'une seule fois en 423 avant notre &#232;re soit 24 ans avant l'ex&#233;cution mais qui n'a cess&#233; de faire des remous ensuite &#224; Ath&#232;nes. Dans &#034;Les nu&#233;es&#034;, Socrate est d&#233;peint comme un enseignant distant et hautain qui s'est d&#233;tourn&#233; de la religion grecque soutenue par l'&#201;tat pour d&#233;velopper une philosophie personnelle qui le d&#233;livre de l'ob&#233;issance aux lois de la cit&#233;. Dans la pi&#232;ce, Socrate dirige une &#233;cole, appel&#233;e l'Institut de la Pens&#233;e, qui enseigne ces id&#233;es subversives aux jeunes hommes et les pousse &#224; devenir r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque est tr&#232;s violente. &#192; la fin de la pi&#232;ce d'Aristophane, l'&#233;cole de Socrate est m&#234;me enti&#232;rement br&#251;l&#233;e par des gens indign&#233;s contre Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pi&#232;ces d'Aristophane &#233;taient la critique satirique d'Euripide, disciple de Socrate et de Socrate. Les Nu&#233;es donnent une image ridiculement d&#233;form&#233;e de Socrate et de son &#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, Socrate a &#233;t&#233; accus&#233; d'encourager ses &#233;tudiants dans la voie qu'il avait choisie - en particulier, celle qui l'avait conduit &#224; combattre la &#171; d&#233;mocratie &#187; &#233;lectorale, une d&#233;magogie de l'&#233;poque. Socrate croyait que les urnes &#233;taient un moyen stupide de &#233;lire des repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Socrate am&#232;ne ses associ&#233;s &#224; m&#233;priser les lois &#233;tablies quand il insiste sur la folie de la nomination d'officiers de l'&#201;tat par scrutin : un principe que, dit-il, personne ne se soucierait d'appliquer en choisissant un pilote ou un joueur de fl&#251;te ou en tout cas similaire, o&#249; une erreur serait beaucoup moins d&#233;sastreuse qu'en mati&#232;re politique. Des mots comme ceux-ci, selon l'accusateur, avaient tendance &#224; inciter les jeunes &#224; m&#233;priser la constitution &#233;tablie, les rendant violents et ent&#234;t&#233;s. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES NU&#201;ES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iou ! Iou ! &#212; souverain Zeus, quelle chose &#224; n'en pas finir que les nuits ! Le jour ne viendra donc pas ? Et il y a d&#233;j&#224; longtemps que j'ai entendu le coq ; et mes esclaves dorment encore. Cela ne serait pas arriv&#233; autrefois. Maudite sois-tu, &#244; guerre, pour toutes sortes de raisons, mais surtout parce qu'il ne m'est pas permis de ch&#226;tier mes esclaves ! Et ce bon jeune homme, qui ne se r&#233;veille pas de la nuit ! Non, il p&#232;te, empaquet&#233; dans ses cinq couvertures. Eh bien, si bon nous semble, ronflons dans notre enveloppe. Mais je ne puis dormir, malheureux, rong&#233; par la d&#233;pense, l'&#233;curie et les dettes de ce fils qui est l&#224;. Ce bien peign&#233; monte &#224; cheval, conduit un char et ne r&#234;ve que chevaux. Et moi, je ne vis pas, quand je vois la lune ramener les vingt jours : car les &#233;ch&#233;ances approchent. &#8212; Enfant, allume la lampe, et apporte mon registre, pour que, l'ayant en main, je lise &#224; combien de gens je dois, et que je suppute les int&#233;r&#234;ts. Voyons, que dois-je ? Douze mines &#224; Pasias. Pourquoi douze mines &#224; Pasias ? Pourquoi ai-je fait cet emprunt ? Parce que j'ai achet&#233; Koppatias. Malheureux que je suis, pourquoi n'ai-je pas eu plut&#244;t l'&#339;il fendu par une pierre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S, r&#234;vant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philon, tu triches : fournis ta course toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, voil&#224; le mal qui me tue ; m&#234;me en dormant, il r&#234;ve chevaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S, r&#234;vant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de courses doivent fournir ces chars de guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; moi, ton p&#232;re, que tu en fais fournir de nombreuses courses ! Voyons quelle dette me vient apr&#232;s Pasias. Trois mines &#224; Amynias pour un char et des roues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S, r&#234;vant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emm&#232;ne le cheval &#224; la maison, apr&#232;s l'avoir roul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, malheureux, tu as d&#233;j&#224; fait rouler mes fonds ! Les uns ont des jugements contre moi, et les autres disent qu'ils vont prendre des s&#251;ret&#233;s pour leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S, &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh ! mon p&#232;re, qu'est-ce qui te tourmente et te fait te retourner toute la nuit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis mordu par un d&#232;markhe sous mes couvertures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laisse-moi, mon bon p&#232;re, dormir un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dors donc ; mais sache que toutes ces dettes retomberont sur ta t&#234;te. H&#233;las ! P&#233;risse mis&#233;rablement l'agence matrimoniale qui me fit &#233;pouser ta m&#232;re ! Moi, je menais aux champs une vie des plus douces, inculte, n&#233;glig&#233;, et couch&#233; au hasard, riche en abeilles, en brebis, en marc d'olives. Alors je me suis mari&#233;, moi paysan, &#224; une personne de la ville, &#224; la ni&#232;ce de M&#233;gakl&#232;s, fils de M&#233;gakl&#232;s, femme alti&#232;re, luxueuse, fastueuse comme K&#339;syra. Lorsque je l'&#233;pousai, je me mis au lit, sentant le vin doux, les figues s&#232;ches, la tonte des laines, elle tout parfum, safran, tendres baisers, d&#233;pense, gourmandise, Kolias, G&#233;n&#233;tyllis. Je ne dis pas qu'elle f&#251;t oisive ; non, elle tissait. Et moi, lui montrant ce v&#234;tement, je prenais occasion de lui dire : &#171; Femme, tu serres trop les fils. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN SERVITEUR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons plus d'huile dans la lampe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheur ! Pourquoi m'avoir allum&#233; une lampe buveuse ? Viens ici, que je te fasse crier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE SERVITEUR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi crierai-je ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que tu as mis une trop grosse m&#232;che&#8230; Apr&#232;s cela, lorsque nous arriva ce fils qui est l&#224;, nous nous disput&#226;mes, moi et mon excellente femme, au sujet du nom qu'il porterait. Elle voulait qu'il y e&#251;t du cheval dans son nom : &#171; Xanthippos, Kh&#230;rippos, Kallippid&#232;s &#187;. Enfin, au bout de quelque temps, nous f&#238;mes un arrangement, et nous le nomm&#226;mes &#171; Phidippid&#232;s &#187;. Elle, embrassant son fils, le caressait : &#171; Quand tu seras grand, tu conduiras un char &#224; travers la ville, comme M&#233;gakl&#232;s, et v&#234;tu d'une belle robe. &#187; Moi, je disais : &#171; Quand donc feras-tu descendre tes ch&#232;vres du mont Phelleus, comme ton p&#232;re, v&#234;tu d'une peau de bique ? &#187; Mais il n'&#233;coutait pas mes discours, et sa passion pour le cheval a coul&#233; mon avoir. Maintenant, durant cette nuit, &#224; force d'y songer, j'ai trouv&#233; un exp&#233;dient merveilleux qui, si je puis le convaincre, sera pour moi le salut. Mais je veux d'abord l'&#233;veiller. Seulement, comment l'&#233;veiller le plus doucement possible ? Comment ?&#8230; Phidippid&#232;s, mon petit Phidippid&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi, mon p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un baiser, et donne-moi la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici. Qu'y a-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi, m'aimes-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en jure par Pos&#233;id&#244;n, dieu des chevaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, non, pas de ce dieu des chevaux ! C'est lui qui est la cause de mes malheurs. Mais si tu m'aimes r&#233;ellement et de tout c&#339;ur, &#244; mon enfant, suis mon conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en quoi faut-il que je suive ton conseil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Change au plus t&#244;t de conduite, et va prendre des le&#231;ons o&#249; je t'indiquerai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parle, qu'ordonnes-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tu ob&#233;iras ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ob&#233;irai, j'en jure par Dionysos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarde de ce c&#244;t&#233;. Vois-tu cette petite porte et cette petite maison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les vois ; mais, mon p&#232;re, qu'est-ce que cela veut dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le philosophoir des &#226;mes sages. L&#224; sont log&#233;s des hommes qui disent et d&#233;montrent que le ciel est un &#233;touffoir, dont nous sommes entour&#233;s, et nous, des charbons. Ils enseignent, si on leur donne de l'argent, &#224; gagner les causes justes ou injustes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas exactement leur nom. Ce sont de profonds penseurs, beaux et bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! oui, les mis&#233;rables, je les connais. Ce sont des charlatans, des hommes p&#226;les, des va-nu-pieds, que tu veux dire, et, parmi eux, ce maudit Sokrat&#232;s et Kh&#230;r&#233;ph&#244;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233; ! h&#233; ! tais-toi ! ne dis pas de b&#234;tises. Si tu as souci des orges paternelles, deviens l'un d'eux, et l&#226;che-moi l'&#233;quitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! non, par Dionysos ! quand tu me donnerais les faisans que nourrit L&#233;ogoras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vas-y, je t'en supplie, &#244; toi, l'homme le plus cher &#224; mon c&#339;ur. Entre &#224; leur &#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'est-ce que je t'y apprendrai ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils disent qu'il y a deux raisonnements : le sup&#233;rieur et l'inf&#233;rieur. Ils pr&#233;tendent que, par le moyen de l'un de ces deux raisonnements, c'est-&#224;-dire de l'inf&#233;rieur, on gagne les causes injustes. Si donc tu m'y apprenais ce raisonnement injuste, de toutes les dettes que j'ai contract&#233;es pour toi, je ne paierais une obole &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'y saurais consentir : je n'oserais pas regarder les cavaliers avec ma face jaune et maigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, par D&#232;m&#232;t&#232;r, vous ne mangerez plus mon bien, ni toi, ni ton attelage, ni ton cheval. Je te chasse de ma maison et je t'envoie aux corbeaux marqu&#233; au &#931;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon oncle M&#233;gakl&#232;s ne me laissera pas sans monture. Je vais chez lui, et je me moque de toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, moi, pour une chute, je ne reste point par terre. Mais j'invoquerai les dieux et j'irai moi-m&#234;me au philosophoir. Seulement, vieux comme je suis, sans m&#233;moire et l'esprit lent, comment apprendrai-je les broutilles de leurs raisonnements raffin&#233;s ? Il faut y aller. Pourquoi h&#233;siter encore et ne pas frapper &#224; la porte ?&#8230; Enfant, petit enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t'en aux corbeaux ! Qui frappe &#224; la porte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fils de Phid&#244;n, Strepsiad&#232;s du d&#234;me de Kikynna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par Zeus ! tu dois &#234;tre un grossier personnage, toi qui donnes &#224; la porte un coup de pied si brutal, et qui fais avorter la conception de ma pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pardonne-moi, car j'habite loin dans la campagne ; mais dis-moi la chose avort&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est permis de la dire qu'aux disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-la-moi donc sans crainte, car je viens comme disciple au philosophoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la dirai ; mais songe donc que ce sont des myst&#232;res. Sokrat&#232;s demandait tout &#224; l'heure &#224; Kh&#230;r&#233;ph&#244;n combien de fois une puce saute la longueur de ses pattes. Elle avait piqu&#233; Kh&#230;r&#233;ph&#244;n au sourcil, et de l&#224; elle &#233;tait saut&#233;e sur la t&#234;te de Sokrat&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment a-t-il mesur&#233; cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s adroitement. Il a fait fondre de la cire, puis il a pris la puce, et il lui a tremp&#233; les pattes dedans. La cire refroidie a fait &#224; la puce des souliers persiques ; en les d&#233;chaussant, il a mesur&#233; l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Zeus souverain, quelle finesse d'esprit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait-ce, si tu apprenais une autre invention de Sokrat&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laquelle ? Je t'en prie, dis-la-moi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kh&#230;r&#233;ph&#244;n, du d&#234;me de Sphattos, lui demandait s'il pensait que le bourdonnement des cousins v&#238;nt de la trompe ou du derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'a-t-il dit au sujet du cousin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a dit que l'intestin du cousin est &#233;troit ; et que, &#224; cause de cette &#233;troitesse, l'air est pouss&#233; tout de suite avec force vers le derri&#232;re ; ensuite, l'ouverture de derri&#232;re communiquant avec l'intestin, le derri&#232;re r&#233;sonne par la force de l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le derri&#232;re des cousins est une trompette. Trois fois heureux l'auteur de cette d&#233;couverte ! Il doit &#234;tre facile d'&#233;chapper &#224; une poursuite en justice, quand on conna&#238;t &#224; fond l'intestin du cousin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement il fut d&#233;tourn&#233; d'une haute pens&#233;e par un l&#233;zard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle mani&#232;re ? Dis-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il observait le cours de la lune et ses r&#233;volutions, la t&#234;te en l'air, la bouche ouverte ; un l&#233;zard, du haut du toit, pendant la nuit, lui envoya sa fiente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est amusant ce l&#233;zard, qui fait dans la bouche de Sokrat&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, nous n'avions pas &#224; souper pour le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! qu'imagina-t-il pour avoir des vivres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tend sur la table une l&#233;g&#232;re couche de cendre, courbe une tige de fer, prend un fil &#224; plomb, et de la palestre il enl&#232;ve un manteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous admirons le c&#233;l&#232;bre Thal&#232;s ! Ouvre-moi, ouvre vite le philosophoir ; et fais-moi voir au plus t&#244;t Sokrat&#232;s. J'ai h&#226;te d'&#234;tre son disciple. Mais ouvre donc la porte. &#212; H&#233;rakl&#232;s ! de quels pays sont ces animaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui t'&#233;tonne ? &#192; quoi trouves-tu qu'ils ressemblent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux prisonniers de Pylos, aux Lakoniens. Mais pourquoi regardent-ils ainsi la terre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils cherchent ce qui est sous la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils cherchent donc des oignons. Ne vous donnez pas maintenant tant de peine ; je sais, moi, o&#249; il y en a de gros et de beaux. Mais que font ceux-ci tellement courb&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sondent les ab&#238;mes du Tartaros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et leur derri&#232;re, qu'a-t-il &#224; regarder le ciel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il apprend aussi pour son compte &#224; faire de l'astronomie&#8230; Mais rentrez, de peur que le ma&#238;tre ne vous surprenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas encore, pas encore : qu'ils restent, afin que je leur communique une petite affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils ne peuvent pas demeurer trop longtemps &#224; l'air et dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom des dieux, qu'est ceci ? Dis-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'astronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;om&#233;trie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi cela sert-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesurer la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui se partage au sort ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ; la terre enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est charmant ce que tu dis l&#224; : voil&#224; une invention populaire et utile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens, voici la surface de la terre enti&#232;re : vois-tu ? Ici, c'est Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dis-tu ? Je ne te crois pas ; je n'y vois point de juges en s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant r&#233;ellement le territoire Attique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et o&#249; sont mes concitoyens de Kikynna ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'ils habitent. Voici l'Eub&#339;a, tu vois, cette terre qui s'&#233;tend en longueur infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois : nous l'avons pressur&#233;e, nous et P&#233;rikl&#232;s. Mais o&#249; est Lak&#233;d&#230;m&#244;n ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; elle est ? Ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est pr&#232;s de nous ! Songez-y bien, &#233;loignez-la de nous &#224; la plus grande distance possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Zeus ! vous en g&#233;mirez. Mais quel est donc cet homme juch&#233; dans un panier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui, lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sokrat&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sokrat&#232;s ! Voyons, toi, appelle-le-moi donc bien fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appelle-le toi-m&#234;me. Moi, je n'en ai pas le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sokrat&#232;s, mon petit Sokrat&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi m'appelles-tu, &#234;tre &#233;ph&#233;m&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord que fais-tu l&#224; ? Je t'en prie, dis-le-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche dans les airs et je contemple le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors c'est du haut de ton panier que tu regardes les dieux, et non pas de la terre, si toutefois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pourrais jamais p&#233;n&#233;trer nettement dans les choses d'en haut, si je ne suspendais mon esprit, et si je ne m&#234;lais la subtilit&#233; de ma pens&#233;e avec l'air similaire. Si, demeurant &#224; terre, je regardais d'en bas les choses d'en haut, je ne d&#233;couvrirais rien. Car la terre attire &#224; elle l'humidit&#233; de la pens&#233;e. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui arrive au cresson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dis-tu ? Ta pens&#233;e attire l'humidit&#233; sur le cresson ? Mais maintenant descends, mon petit Sokrat&#232;s, afin de m'enseigner les choses pour lesquelles je suis venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi es-tu venu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux apprendre &#224; parler. Les pr&#234;teurs &#224; int&#233;r&#234;ts, race intraitable, me poursuivent, me harc&#232;lent, se nantissent de mon bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment t'es-tu donc endett&#233; sans le savoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'hippomanie qui m'a ruin&#233;, maladie d&#233;vorante. Mais enseigne-moi l'un de tes deux raisonnements, celui qui sert &#224; ne pas payer, et, quel que soit le salaire, je jure par les dieux de te le payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quels dieux jures-tu ? D'abord les dieux ne sont pas chez nous une monnaie courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quoi jurez-vous donc ? Est-ce par de la monnaie de fer, comme &#224; Byzantion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veux-tu conna&#238;tre nettement les choses c&#233;lestes, ce qu'elles sont au juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par Zeus ! si elles sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et converser avec les Nu&#233;es, nos divinit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assois-toi donc sur la banquette sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, je suis assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant prends cette couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi bon une couronne ? Malheur &#224; moi, Sokrat&#232;s ! Est-ce que vous allez me sacrifier comme Athamas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ; c'est tout ce que nous faisons aux initi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, qu'y gagnerai-je ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&#234;tre un rou&#233; en fait de langage, une cliquette, une fleur de farine. Seulement, ne bouge pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Zeus ! tu ne mens pas ! Saupoudr&#233; comme je suis, je vais devenir fleur de farine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que ce vieillard observe le silence et qu'il &#233;coute la pri&#232;re : &#171; Souverain ma&#238;tre, Air immense, qui enveloppes la terre de toutes parts, &#198;ther brillant, et vous, Nu&#233;es, v&#233;n&#233;rables d&#233;esses, m&#232;res du tonnerre et de la foudre, levez-vous, &#244; souveraines, apparaissez au penseur dans les r&#233;gions sup&#233;rieures ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas encore, pas encore ; pas avant que je me sois envelopp&#233; de ce manteau, de peur d'&#234;tre inond&#233;. N'avoir pas pris, en sortant de chez moi, une casquette de peau de chien, quelle malechance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venez, &#244; Nu&#233;es v&#233;n&#233;r&#233;es, vous manifester &#224; cet homme, soit que vous occupiez les cimes sacr&#233;es de l'Olympos, battues par les neiges, soit que dans les jardins de votre p&#232;re Ok&#233;anos vous formiez un ch&#339;ur sacr&#233; avec les Nymphes, soit que, aux bouches du Nilos, vous puisiez des eaux dans des cornes d'or, que vous r&#233;sidiez aux Palus M&#230;otides ou sur le rocher neigeux du Mimas, &#233;coutez-nous, accueillez notre sacrifice, et que nos c&#233;r&#233;monies vous fassent plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nu&#233;es &#233;ternelles, &#233;levons-nous, en ros&#233;e transparente et l&#233;g&#232;re, du sein de notre p&#232;re Ok&#233;anos aux bruissements profonds, jusqu'aux sommets des monts couronn&#233;s de for&#234;ts, afin de d&#233;couvrir les horizons lointains, les fruits qui ornent la Terre sacr&#233;e, le cours sonore des fleuves divins, et la Mer aux mugissements sourds ; car l'&#339;il de l'&#198;ther brille sans rel&#226;che de rayons &#233;clatants. Mais dissipons le voile pluvieux qui cache nos figures immortelles, et embrassons le monde de notre regard illimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Nu&#233;es tr&#232;s v&#233;n&#233;rables, il est certain que vous avez entendu mon appel. Et toi, as-tu entendu leur voix divine avec le mugissement du tonnerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi je vous r&#233;v&#232;re, Nu&#233;es respectables, et je veux r&#233;pondre au bruit du tonnerre, tant il m'a caus&#233; de tremblement et d'effroi. Aussi, tout de suite, permis ou non, je l&#226;che tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne raille pas et ne fais pas comme les po&#232;tes que grise la vendange. Sois silencieux : un nombreux essaim de d&#233;esses s'avance en chantant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR, se rapprochant de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vierges dispensatrices des pluies, allons vers la terre f&#233;conde de Pallas, voyons le royaume de K&#233;krops, riche en grands hommes et mille fois aim&#233;. L&#224; se trouve le culte des initiations sacr&#233;es, le sanctuaire mystique des c&#233;r&#233;monies saintes, les offrandes aux divinit&#233;s c&#233;lestes, les temples magnifiques et les statues, les processions trois fois saintes des bienheureux, victimes couronn&#233;es immol&#233;es aux dieux ; les festins dans toutes les saisons ; et l&#224;, au renouveau, la f&#234;te de Bromios, les chants m&#233;lodieux des ch&#339;urs et la musique des fl&#251;tes fr&#233;missantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de Zeus, je t'en prie, dis-moi, Sokrat&#232;s, quelles sont ces femmes qui font entendre un chant si respectable ? Sont-ce quelques h&#233;ro&#239;nes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout ; mais les Nu&#233;es c&#233;lestes, grandes divinit&#233;s des hommes oisifs, qui nous sugg&#232;rent pens&#233;e, parole, intelligence, charlatanisme, loquacit&#233;, ruse, compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'en &#233;coutant leur voix, mon &#226;me se sent des ailes ; elle cherche &#224; &#233;piloguer, &#224; ergoter sur de la fum&#233;e, &#224; coudre trait d'esprit &#224; trait d'esprit, pour riposter &#224; l'autre raisonnement. De telle sorte que, s'il est possible, je souhaite vivement de les voir en personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, regarde du c&#244;t&#233; de la Parn&#232;s. Je les vois descendre lentement par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; donc ? Montre-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles s'avancent en grand nombre, &#224; travers les cavit&#233;s et les bois, sur une ligne oblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc ? Je ne les vois pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, &#224; l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! oui, maintenant un peu, par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu dois maintenant les voir tout &#224; fait, &#224; moins que tu n'aies une coloquinte de chassie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par Zeus ! &#212; v&#233;n&#233;rables divinit&#233;s, elles remplissent toute la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant tu ne savais pas, tu ne croyais pas que ce fussent des d&#233;esses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, par Zeus ! mais je me figurais que c'&#233;tait du brouillard, de la ros&#233;e, de la fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, non, par Zeus ! Sache que ce sont elles qui nourrissent une foule de sophistes, des devins de Thourion, des empiriques, des oisifs &#224; bagues qui vont au bout des ongles et &#224; longs cheveux, des fabricants de chants pour les ch&#339;urs cycliques, des tireurs d'horoscopes, fain&#233;ants, dont elles nourrissent l'oisivet&#233;, parce qu'ils les chantent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi ils chantent &#171; le rapide essor des Nu&#233;es humides qui lancent des &#233;clairs, les tresses du Typh&#244;n aux cent t&#234;tes, les temp&#234;tes furieuses, filles de l'air, agiles oiseaux qu'un vol oblique fait nager dans les airs, torrents de pluies &#233;manant des Nu&#233;es humides &#187;. Et, pour prix de leurs vers, ils engloutissent des tranches sal&#233;es d'&#233;normes et bons mulets, et la chair d&#233;licate des grives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; elles toutefois, et n'est-ce pas juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi, comment se fait-il, si ce sont vraiment des Nu&#233;es, qu'elles ressemblent &#224; des mortelles ? Elles ne le sont pourtant pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que sont-elles donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas trop. Elles ressemblent &#224; des flocons de laine et non &#224; des femmes, j'en atteste Zeus, pas le moins du monde. Et celles-ci ont des nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponds maintenant &#224; mes questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi vite ce que tu veux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As-tu vu quelquefois, en regardant en l'air, une nu&#233;e semblable &#224; un centaure, &#224; un l&#233;opard, &#224; un loup, &#224; un taureau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par Zeus ! j'en ai vu. Eh bien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont tout ce qu'elles veulent. Et alors, si elles voient un d&#233;bauch&#233; &#224; longue chevelure, quelqu'un de ces sauvages velus, comme le fils de X&#233;nophant&#232;s, pour se moquer de sa manie, elles se changent en centaures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce &#224; dire ? Si elles voient Sim&#244;n, le voleur des deniers cyniques, que font-elles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le repr&#233;senter au naturel, elles deviennent tout &#224; coup des loups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc pour cela certainement que, hier, voyant Kl&#233;onymos, qui a jet&#233; son bouclier, &#224; la vue de ce l&#226;che, elles sont devenues cerfs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, quand elles ont aper&#231;u Klisth&#233;n&#232;s, tu vois, c'est pour cela qu'elles sont devenues femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut, &#244; souveraines ! Aujourd'hui, si vous l'avez fait pour quelque autre, faites r&#233;sonner pour moi votre voix c&#233;leste, reines toutes-puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut, vieillard des anciens jours, pourchasseur des &#233;tudes ch&#232;res aux Muses ; et toi, pr&#234;tre des plus subtiles niaiseries, dis-nous ce que tu d&#233;sires. Car nous ne pr&#234;tons l'oreille &#224; aucun des sophistes &#233;gar&#233;s dans les nuages, si ce n'est &#224; Prodikos, &#224; cause de sa sagesse et de son bon sens, et &#224; toi, &#224; cause de ta d&#233;marche fi&#232;re dans les rues, ton regard d&#233;daigneux, tes pieds nus, ta patience &#224; supporter nombre de maux, et l'air de gravit&#233; que tu tiens de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Terre, quelle voix ! Qu'elle est sainte, auguste, prodigieuse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'elles seules sont d&#233;esses ; tout le reste n'est que bagatelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dis-moi, par la Terre ! notre Zeus Olympien n'est-il pas dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel Zeus ? Tr&#234;ve de plaisanteries ! Il n'y a pas de Zeus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dis-tu ? Et qui est-ce qui pleut ? Dis-moi cela avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont elles ; et je t'en donnerai de bonnes preuves. Voyons, o&#249; as-tu jamais vu pleuvoir sans Nu&#233;es ? Si c'&#233;tait lui, il faudrait qu'il pl&#251;t par un jour serein, elles absentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Apoll&#244;n ! Ta parole s'applique bien &#224; notre conversation actuelle. Autrefois je croyais bonnement que Zeus pissait dans un crible. Mais qui est-ce qui tonne ? Dis-le-moi. Cela me fait trembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles tonnent en roulant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela, &#244; toi qui braves tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elles sont pleines d'eau, et contraintes &#224; se mouvoir, pr&#233;cipit&#233;es d'en haut violemment, avec la pluie qui les gonfle, puis alourdies, et lanc&#233;es les unes contre les autres, elles se brisent et &#233;clatent avec fracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui donc les contraint et les emporte ? N'est-ce pas Zeus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout, mais le Tourbillon &#198;th&#233;r&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tourbillon ? J'ignorais et que Zeus n'exist&#226;t pas et que le Tourbillon r&#233;gn&#226;t aujourd'hui &#224; sa place. Mais tu ne m'as encore rien appris sur le bruit du tonnerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne m'as-tu pas entendu te dire que les Nu&#233;es &#233;taient pleines d'eau et, tombant les unes sur les autres, font ce fracas &#224; cause de leur densit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons, comment peut-on croire cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais te l'enseigner par ton propre exemple. Quand tu t'es rempli de viande aux Panath&#232;n&#230;a et que tu as ensuite le ventre troubl&#233;, le d&#233;sordre ne le fait-il pas r&#233;sonner tout &#224; coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par Apoll&#244;n ! je souffre aussit&#244;t, le trouble se met en moi ; comme un tonnerre le manger &#233;clate et fait un bruit d&#233;plorable, d'abord sourdement, pappax, pappax, puis plus fort, papapappax, et quand je fais mon cas, c'est un vrai tonnerre, papapappax, comme les Nu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#232;re donc que, avec ton petit ventre, tu as fait un pet r&#233;sonnant : n'est-il pas naturel alors que l'air qui est immense produise un bruit d&#233;tonant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les mots &#171; bruit d&#233;tonant &#187; et &#171; pet r&#233;sonnant &#187; ont entre eux quelque ressemblance. Mais la foudre, d'o&#249; lui vient son &#233;tincelle de feu, dis-le-moi, qui tant&#244;t nous frappe et nous consume, tant&#244;t laisse vivants ceux qu'elle a effleur&#233;s ? Il est &#233;vident que c'est Zeus qui la lance sur les parjures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment, sot que tu es, toi qui sens l'&#226;ge de Kronos, plus vieux que le pain et la lune, s'il frappait les parjures, comment n'aurait-il pas foudroy&#233; Sim&#244;n, Kl&#233;onymos, Th&#233;oros ? Ce sont pourtant bien des parjures. Mais il frappe ses propres temples et Sounion, le cap de l'Attique, et les grands ch&#234;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais ; mais tu sembles avoir raison. Qu'est-ce donc alors que la foudre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un vent sec s'&#233;l&#232;ve vers les Nu&#233;es et s'y enferme, il en gonfle l'int&#233;rieur comme une vessie ; ensuite, par une force fatale il les cr&#232;ve, s'&#233;chappe au dehors avec violence, en raison de la densit&#233;, et s'enflamme lui-m&#234;me par la fougue de son &#233;lan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Zeus ! la m&#234;me chose tout &#224; fait m'est arriv&#233;e un jour aux Diasia : je faisais cuire pour ma famille un ventre de truie ; je n&#233;glige de le fendre ; il se gonfle, &#233;clate tout &#224; coup, me d&#233;bonde dans les yeux et me br&#251;le le visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme, qui as d&#233;sir&#233; apprendre de nous la grande sagesse, tu seras tr&#232;s heureux parmi les Ath&#233;niens et les Hell&#232;nes, si tu as de la m&#233;moire, de la r&#233;flexion, et de la patience dans l'&#226;me ; si tu ne te lasses ni de rester debout, ni de marcher, ni d'endurer la rigueur du froid ; si tu ne d&#233;sires pas te mettre &#224; table ; si tu t'abstiens de vin, des gymnases et des autres folies ; si tu regardes comme le meilleur de tout, ainsi qu'il convient &#224; un homme sens&#233;, d'&#234;tre le premier par ta conduite, ta prudence et par la force pol&#233;mique de ta langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est d'une &#226;me forte, d'un souci qui brave l'insomnie, d'un ventre &#233;conome, qui ne s'&#233;coute pas, et qui d&#238;ne de sarriette, sois sans crainte, pour tout cela, je servirais bravement d'enclume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'avenir, n'est-ce pas, tu ne reconna&#238;tras plus d'autres dieux que ceux que nous reconnaissons nous-m&#234;mes : le Khaos, les Nu&#233;es et la Langue, ces trois-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, franchement, je ne converserai avec les autres, m&#234;me si je les rencontrais : pas de sacrifices, pas de libations, pas d'encens br&#251;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-nous maintenant avec confiance ce que nous devons faire pour toi ; tu auras pleine satisfaction, si tu nous honores, si tu nous admires, et si tu veux devenir un habile homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Souveraines, je ne vous demande qu'une toute petite chose : c'est d'&#234;tre de cent stades le plus fort des Hell&#232;nes dans l'art de parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu l'obtiendras de nous : d&#233;sormais, &#224; partir de ce moment, devant le peuple, personne ne fera triompher plus d'id&#233;es que toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne tiens pas &#224; exposer de grandes id&#233;es ; ce n'est pas l&#224; que je vise, mais &#224; retourner la justice de mon c&#244;t&#233; et &#224; &#233;chapper &#224; mes cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu obtiendras donc ce que tu d&#233;sires ; car tu ne vises pas au grand : livre-toi donc bravement &#224; nos ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le ferai en toute confiance ; car la n&#233;cessit&#233; m'y contraint, &#233;tant donn&#233;s ces chevaux marqu&#233;s du Koppa, et le mariage qui m'a ruin&#233;. Maintenant que ceux-ci fassent de moi ce qu'ils voudront : je leur livre mon corps &#224; frapper, &#224; lui faire endurer la faim, la soif, le chaud, le froid, &#224; le tailler en outre, pourvu que je ne paie pas mes dettes : je consens &#224; &#234;tre aux yeux des hommes insolent, beau diseur, effront&#233;, impudent, vil coquin, colleur de mensonges, h&#226;bleur, rompu aux proc&#232;s, table de lois, cliquette, renard, tari&#232;re, souple, dissimul&#233;, visqueux, fanfaron, gibier &#224; &#233;trivi&#232;res, ordure, retors, hargneux, l&#233;cheur d'&#233;cuelles. D&#251;t-on me donner ces noms au passage, qu'ils fassent de moi ce qu'ils voudront ; et, s'ils veulent, par D&#232;m&#232;t&#232;r ! qu'ils me servent en andouille aux penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une volont&#233; ! Il n'a pas peur, il a du c&#339;ur. Sache que d&#232;s que tu tiendras de moi cette science, tu auras parmi les mortels une gloire montant jusqu'aux cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que m'arrivera-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le temps avec moi tu passeras la vie la plus enviable qui soit parmi les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verrai-je jamais cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule ne cessera d'assi&#233;ger tes portes : on voudra t'aborder, causer avec toi d'affaires et de proc&#232;s d'un grand nombre de talents, dignes des conseils de ta prudence. (&#192; Sokrat&#232;s.) Mais toi, commence &#224; donner au vieillard quelqu'une de tes le&#231;ons ; mets en mouvement son esprit, et fais l'&#233;preuve de son intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, voyons, dis-moi ton caract&#232;re, afin que, sachant qui tu es, je dirige, d'apr&#232;s un plan nouveau, mes machines de ton c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi donc ? Songes-tu, au nom des dieux ! &#224; me battre en br&#232;che ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout, mais je veux t'adresser quelques questions. As-tu de la m&#233;moire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est selon, par Zeus ! Si l'on me doit, j'en ai beaucoup ; mais si je dois, infortun&#233;, je n'en ai aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As-tu de la facilit&#233; naturelle &#224; parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; parler, non ; mais &#224; voler, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment pourras-tu donc apprendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne t'inqui&#232;te pas ; tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant ; quand je te laisserai quelque sage pens&#233;e au sujet des ph&#233;nom&#232;nes c&#233;lestes, saisis-la vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi donc ? Happerai-je la sagesse, comme un chien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! l'homme ignorant, le barbare ! J'ai peur, mon vieux, que tu n'aies besoin de coups. Voyons, que ferais-tu, si l'on te battait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me bat ; un peu apr&#232;s, je prends des t&#233;moins, et ensuite, apr&#232;s un moment de r&#233;pit, je vais en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant ; &#244;te ton manteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ai-je commis quelque faute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ; mais il est prescrit d'entrer nu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je n'entre pas chercher un objet vol&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212;te-le : pourquoi ce bavardage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi seulement ceci : si je suis attentif, et si j'apprends avec z&#232;le, auquel des disciples serai-je comparable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu seras le portrait de Kh&#230;r&#233;ph&#244;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheur &#224; moi ! J'aurai l'air d'un cadavre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot ; mais suis-moi de ce c&#244;t&#233; : h&#226;tons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mets-moi donc maintenant entre les mains un g&#226;teau miell&#233; : j'ai peur, en entrant l&#224; dedans, comme si je descendais dans l'antre de Trophonios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marche ; pourquoi lanterner devant la porte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va gaiement, en raison de ton ouvrage. Bonne chance &#224; ce vieillard, que son &#226;ge avanc&#233; n'emp&#234;che pas de prendre une teinture des nouveaut&#233;s &#224; la mode, et qui s'exerce &#224; la sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARABASE ou CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spectateurs, je vous dirai librement la v&#233;rit&#233;, j'en atteste Dionysos, dont je suis le nourrisson. Puiss&#233;-je &#234;tre vainqueur et r&#233;put&#233; sage, moi qui, vous regardant comme des spectateurs intelligents, et pensant que cette pi&#232;ce est la meilleure de mes com&#233;dies, ai cru devoir vous la donner &#224; go&#251;ter les premiers, vu qu'elle m'a co&#251;t&#233; beaucoup de peine ! Et pourtant je me suis retir&#233;, vaincu par des lourdauds, sans l'avoir m&#233;rit&#233;. C'est donc ce que je vous reproche, &#224; vous, hommes habiles, pour lesquels je me suis donn&#233; tant de mal. Et cependant jamais je ne me soustrairai &#224; des juges intelligents comme vous l'&#234;tes. Car depuis que dans cette r&#233;union, &#224; laquelle il est agr&#233;able de s'adresser, mon Modeste et mon D&#233;bauch&#233; ont &#233;t&#233; &#233;cout&#233;s avec un plein succ&#232;s, moi aussi, vierge alors et n'ayant pas encore la permission d'enfanter, j'exposai mon fruit ; une autre jeune femme le recueillit, l'emporta, et vous l'avez g&#233;n&#233;reusement nourri et &#233;lev&#233;. Depuis lors votre bienveillance pour moi a eu la constance d'un serment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme une autre &#201;lektra, cette com&#233;die para&#238;t, cherchant &#224; rencontrer des spectateurs aussi &#233;clair&#233;s. Elle reconna&#238;tra, du premier coup d'&#339;il, la chevelure de son fr&#232;re. Voyez comme elle est r&#233;serv&#233;e. Elle est la premi&#232;re qui ne vienne pas tra&#238;nant un morceau de cuir, rouge par le bout, gros &#224; faire rire les enfants. Elle ne se moque pas des chauves ; elle ne danse pas le kordax ; elle n'a pas de vieillard qui, en d&#233;bitant les vers, frappe de son b&#226;ton son interlocuteur, pour dissimuler ses grossi&#232;res plaisanteries ; elle n'entre pas une torche &#224; la main, en criant : &#171; Iou ! Iou ! &#187; mais elle s'avance confiante en elle-m&#234;me et en ses vers. Pour moi, qui suis un po&#232;te de ce caract&#232;re, je ne porte pas la t&#234;te haute, et je ne cherche pas &#224; vous tromper, en vous servant deux ou trois fois le m&#234;me sujet : je vous apporte des pi&#232;ces nouvelles de mon invention, qui ne se ressemblent point entre elles et qui sont toutes ing&#233;nieuses. Au moment de toute sa grandeur j'ai frapp&#233; Kl&#233;&#244;n en plein ventre, mais je n'ai pas eu l'audace de le fouler aux pieds abattu. Eux, une fois que Hyperbolos a donn&#233; prise sur lui, ils ne cessent d'&#233;craser ce malheureux, ainsi que sa m&#232;re. Eupolis le premier tra&#238;na sur la sc&#232;ne son Marikas ; c'&#233;taient nos Chevaliers mal retourn&#233;s par une main mauvaise, avec l'addition d'une vieille ivre, qui dansait le kordax, invention surann&#233;e de Phrynikhos, et une baleine l'avalait. &#192; son tour, Hermippas a jou&#233; Hyperbolos, et maintenant tous les autres se ruent sur Hyperbolos et m'empruntent la comparaison des anguilles. Que ceux qui rient avec eux se d&#233;plaisent &#224; mes &#339;uvres. Mais si vous vous amusez avec moi et avec mes pi&#232;ces, on dira dans les &#226;ges &#224; venir que vous avez bon go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le souverain des dieux, Zeus, plein de grandeur et de toute-puissance, que j'invoque d'abord pour ce Ch&#339;ur, et puis le ma&#238;tre magnanime du trident, remueur farouche de la Terre et de la plaine sal&#233;e ; et toi, notre p&#232;re au grand nom, &#198;ther v&#233;n&#233;rable, qui entretiens la vie universelle ; et toi, Conducteur de coursiers, dont les rayons &#233;blouissants embrassent l'espace terrestre, divinit&#233; grande parmi les dieux et parmi les mortels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s sages spectateurs, ici pr&#234;tez-nous attention. Malmen&#233;s par vous, nous vous adressons nos reproches. Plus que tous les autres dieux nous avons rendu service &#224; votre ville, et nous sommes les seules divinit&#233;s &#224; qui vous n'offriez ni sacrifices ni libations, nous qui vous prot&#233;geons. Si l'on d&#233;cr&#232;te quelque exp&#233;dition insens&#233;e, nous toussons ou nous pleurons. Cet ennemi des dieux, le corroyeur paphlagonien, lorsque vous l'avez &#233;lu strat&#232;ge, nous avons fronc&#233; les sourcils et manifest&#233; notre col&#232;re : &#171; le tonnerre bruit au milieu des &#233;clairs &#187;, la Lune d&#233;via de sa route, et soudain le Soleil, repliant son flambeau sur lui-m&#234;me, refusa de nous luire, si Kl&#233;&#244;n &#233;tait strat&#232;ge. Cependant vous l'avez &#233;lu. Aussi dit-on que la d&#233;mence s'est r&#233;pandue sur la ville, mais que toutefois les dieux tournent &#224; bien vos fautes. Comment celle-ci peut facilement &#234;tre utile, nous allons vous le dire. Si, convainquant ce Kl&#233;&#244;n, vraie mouette de corruption et de vol, vous lui serrez le cou dans une trav&#233;e, c'en est fait aussit&#244;t de vos fautes pass&#233;es, et les affaires de la ville remontent vers le mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viens aussi, souverain Ph&#339;bos, dieu de D&#232;los, qui habites la roche escarp&#233;e du Kynthos ; et toi, bienheureuse habitante du Temple d'or d'&#201;ph&#233;sos, o&#249; les jeunes filles des Lydiens te rendent des honneurs solennels ; et toi encore, D&#233;esse de notre contr&#233;e, ma&#238;tresse de l'&#233;gide, protectrice de la ville, Ath&#232;na ; et toi, qui habites la roche du Parnasse, brillant au milieu des torches agit&#233;es par les Bakkhantes de Delph&#339;, roi des Orgies, Dionysos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; nous &#233;tions pr&#234;tes &#224; partir, S&#233;l&#232;n&#232; nous aborde, et nous enjoint d'abord de souhaiter toute joie aux Ath&#233;niens et &#224; leurs alli&#233;s ; puis elle dit qu'elle est furieuse parce que vous l'avez indignement trait&#233;e apr&#232;s qu'elle vous a &#233;t&#233; utile &#224; tous, non pas en paroles, mais en r&#233;alit&#233;. Premi&#232;rement, par mois vous n'&#233;conomisez pas moins d'une drakhme de lumi&#232;re ; car tous ceux qui sortent le soir disent : &#171; Enfant, n'ach&#232;te pas de torches ; la lueur de S&#233;l&#232;n&#232; est brillante. &#187; Elle y ajoute, dit-elle, d'autres services ; et vous, au lieu de compter exactement les jours, vous renversez tout du haut en bas. Aussi, les dieux l'accablent de fr&#233;quentes menaces, lorsque, frustr&#233;s du festin, ils reviennent chez eux, sans avoir eu la f&#234;te d'apr&#232;s l'ordre des jours. Quand il faudrait sacrifier, vous donnez la question ou vous &#234;tes en proc&#232;s. Souvent, tandis que, nous autres dieux, nous je&#251;nons en signe de deuil pour la mort de Memn&#244;n ou de Sarp&#233;d&#244;n, vous vous livrez aux libations ou au rire. Voil&#224; pourquoi Hyperbolos, &#233;lev&#233; cette ann&#233;e aux fonctions de hi&#233;romn&#233;m&#244;n, nous, dieux, nous lui avons enlev&#233; sa couronne. Il saura mieux d&#233;sormais que c'est d'apr&#232;s S&#233;l&#232;n&#232; qu'il faut r&#233;gler les jours de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la Respiration ! Par le Khaos ! Par l'Air, je n'ai jamais vu d'homme si grossier, si stupide, si gauche, si oublieux ! Les jeux d'esprit les plus simples, il les oublie, avant m&#234;me de les avoir appris. Cependant, je veux l'appeler ici &#224; la porte, au grand jour. O&#249; es-tu, Strepsiad&#232;s ? Sors, et prends ton grabat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elles ne veulent pas me le laisser apporter, les punaises !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pose-le vite, et fais attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'y voici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons, que veux-tu d'abord apprendre, pour le moment, de toutes les choses que tu ignores, dis-le-moi ? Les mesures, les rhythmes, les vers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi ? Les mesures : car, l'autre jour, un marchand de farine d'orge m'a tromp&#233; de deux kh&#339;nix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l&#224; ce que je te demande, mais quelle mesure te para&#238;t la plus belle, le trim&#232;tre ou le t&#233;tram&#232;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, rien n'est sup&#233;rieur au demi-setier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu dis des sottises, brave homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parie avec moi que le demi-setier est un t&#233;tram&#232;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t'en aux corbeaux ! Tu n'es qu'un rustre et un ignorant ! Peut-&#234;tre pourras-tu mieux apprendre les rhythmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi me serviront les rhythmes pour la farine d'orge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord &#224; &#234;tre aimable en soci&#233;t&#233;, puis &#224; comprendre ce que sont dans les rhythmes le rhythme &#233;noplien et le rhythme du daktyle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du daktyle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par Zeus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le connais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel autre cela peut-il &#234;tre que ce doigt-ci. J'en ai us&#233;, d&#232;s mon enfance, de ce doigt-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es un rustre et un lourdaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, mis&#233;rable, je ne d&#233;sire apprendre rien de tout cela, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi donc alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, voici ; le raisonnement le plus injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a d'abord, avant cela, beaucoup d'autres choses &#224; apprendre : ainsi, parmi les quadrup&#232;des, quels sont vraiment les m&#226;les ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je connais les m&#226;les, si j'ai bien ma t&#234;te ; b&#233;lier, bouc, taureau, chien, coq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vois-tu ce qui t'arrive ? Tu donnes le nom de coq aussi bien &#224; la femelle qu'au m&#226;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc ? voyons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Un coq et une coq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Pos&#233;id&#244;n ! mais de quel nom veux-tu que je l'appelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Femelle du coq &#187; et l'autre &#171; coq &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Femelle du coq &#187; ! Par l'Air ! voil&#224; qui est bien. Pour cette le&#231;on seule, je remplirais de farine d'orge, jusqu'aux bords, ton auge &#224; p&#233;trir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre faute ! Tu donnes la qualit&#233; de m&#226;le &#224; un &#234;tre femelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, en la d&#233;signant, fais-je de l'auge un m&#226;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument comme quand tu dis &#171; Kl&#233;onymos &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela ? Dis-le-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que auge (kardopos) et Kl&#233;onymos sont du m&#234;me genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, mon bon, Kl&#233;onymos n'avait pas d'auge &#224; p&#233;trir : il se servait d'un mortier rond. Enfin, comment dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? &#171; La auge &#187;, comme tu dirais &#171; la Sostrata &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La auge &#187; au f&#233;minin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela m&#234;me : &#171; la auge &#187; (kardop&#232;) comme &#171; la Kl&#233;onym&#232; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il faut que tu apprennes &#224; distinguer les noms propres masculins des f&#233;minins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je connais des noms f&#233;minins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lysilla, Philinna, Klitagora, D&#232;m&#232;tria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des noms masculins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix mille : Philox&#233;nos, M&#233;l&#232;sias, Amynias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, malheureux ! ce ne sont pas l&#224; des noms d'hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ! Pas des noms d'hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout. Comment, si cela se rencontrait, appellerais-tu Amynias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? &#171; Oh&#233;, dirais-je, ici, ici, Amynia ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vois-tu ? Tu appelles Amynias &#171; Amynia &#187;, d'un nom de femme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi ai-je raison, puisqu' &#171; elle &#187; ne va pas &#224; l'arm&#233;e. Mais &#224; quoi sert d'apprendre ce que nous savons tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; rien, par Zeus ! Mais couche-toi l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songe un peu &#224; tes affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! je t'en prie, pas l&#224;. S'il le faut, laisse-moi m'&#233;tendre par terre pour r&#234;ver &#224; tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne se peut pas autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureux ! Quel supplice les punaises vont m'infliger aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dite et r&#233;fl&#233;chis ; tourne ton esprit dans tous les sens ; concentre-le. D&#232;s que tu tomberas dans le vide, bondis vers une autre id&#233;e : que le sommeil doux &#224; l'&#226;me soit absent de tes yeux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aie ! aie ! aie ! aie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'as-tu donc ? que souffres-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est fait de moi, mis&#233;rable ! Du lit s'&#233;chappent des Korinthiens qui me mordent ; ils me d&#233;chirent les flancs, ils me boivent l'&#226;me, ils m'arrachent les testicules, ils me fouillent le derri&#232;re, ils me tuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ta douleur ne crie pas si fort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment ? Envol&#233; mon argent, envol&#233;e ma couleur, envol&#233;e ma chance, envol&#233;e ma chaussure, et, pour comble de maux, tout en chantant pendant que je monte la garde, envol&#233; moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233; ! l'homme ! Que fais-tu l&#224; ? Ne songes-tu pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi ? Oui, par Pos&#233;id&#244;n !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; quoi songes-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; savoir si les punaises laisseront quelque bribe de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t'en &#224; la malheure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, mon bon, la malheure est arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! le mollasse ! enveloppe-toi la t&#234;te. Il faut trouver un proc&#233;d&#233; artificieux, une ruse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! qui m'enveloppera, comme proc&#233;d&#233; artificieux, d'une peau de mouton ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant ! Commen&#231;ons par regarder ce que fait notre homme. H&#233; ! l'homme ! Dors-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Apoll&#244;n ! non, je ne dors pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens-tu quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Zeus ! rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien absolument ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien qu'un certain objet dans ma main droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons ! couvre-toi vite, et m&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Dis-le-moi, Sokrat&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis toi-m&#234;me d'abord ce que tu veux trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as entendu dix mille fois ce que je veux au sujet des int&#233;r&#234;ts, le moyen de n'en payer &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va donc, couvre-toi ; fixe ta pens&#233;e fugitive ; examine la chose par le menu, distinguant et r&#233;fl&#233;chissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureux que je suis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doucement. Si une pens&#233;e t'embarrasse, laisse-la, passe outre ; puis reviens-y ; remets en mouvement la m&#234;me pens&#233;e, et place-la dans la balance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; mon petit Sokrat&#232;s bien-aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc, vieillard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet des int&#233;r&#234;ts j'ai une id&#233;e ing&#233;nieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indique-la. Allons, dis-moi ce que c'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'achetais une femme thessalienne pour faire descendre la lune pendant la nuit ! Je l'enfermerais ensuite comme un miroir dans un &#233;tui rond, et puis je la garderais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi cela te servirait-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi ? Si d&#233;sormais la lune ne se levait plus du tout, je ne paierais pas d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, chaque mois, on paie l'argent pr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s bien. Mais je vais te proposer un autre tour d'adresse. Si l'on te condamnait en justice &#224; payer cinq talents, comment annulerais-tu cet arr&#234;t ? Dis-le-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Comment ? Je ne sais pas. Aussi faut-il chercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'enroule pas toujours ta pens&#233;e autour de toi ; mais l&#226;che tes id&#233;es dans l'air, donne-leur l'essor, comme &#224; un hanneton qu'un fil retient par la patte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai une annulation d'arr&#234;t des plus ing&#233;nieuses, tu vas en convenir avec moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laquelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as sans doute d&#233;j&#224; vu chez les vendeurs de drogues une pierre belle, diaphane, au moyen de laquelle ils allumaient du feu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cristal que tu veux dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, qu'en ferais-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prendrais cette pierre, et quand le greffier &#233;crirait l'arr&#234;t, moi, debout, &#224; l'&#233;cart, j'emploierais le soleil &#224; fondre les lettres de ma condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sagement fait, j'en atteste les Kharites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle jouissance pour moi d'effacer une condamnation de cinq talents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons, trouve-moi vite ceci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen de retourner une condamnation contre tes adversaires, au moment m&#234;me de la subir, faute de t&#233;moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qu'il y a de plus insignifiant, et tr&#232;s facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, je le dis. S'il ne restait plus qu'une affaire &#224; juger, avant qu'on appel&#226;t la mienne, je courrais me pendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si, de par les dieux ! Personne &#224; moi une fois mort n'enverrait d'assignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu d&#233;raisonnes. Va-t'en ; je ne veux plus te donner de le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, Sokrat&#232;s, au nom des dieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, &#224; chaque instant, tu oublies ce qu'on t'apprend. Pour le moment, qu'est-ce que je t'ai d'abord enseign&#233; ici ? Parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons un peu ! Qu'est-ce-que c'&#233;tait d'abord ? Qu'est-ce que c'&#233;tait d'abord ? Qu'est-ce que c'&#233;tait que la chose o&#249; l'on p&#233;trit la farine d'orge ? Malheur ! Qu'est-ce que c'&#233;tait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux corbeaux et &#224; la malheure cette vieille ganache oublieuse et stupide !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! Que vais-je devenir ? Je suis un homme perdu, si je n'apprends pas &#224; bien retourner ma langue. &#212; Nu&#233;es, donnez-moi quelque bon conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, &#244; vieillard, nous te conseillons, si tu as un fils, &#233;lev&#233; par toi, de l'envoyer apprendre &#224; ta place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, j'ai un fils beau et bon, mais il ne veut pas apprendre. Que ferai-je ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tu le souffres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plein de vigueur et de sant&#233;, et, par des femmes de haute vol&#233;e, il descend de K&#339;syra. Je vais le trouver. S'il ne veut pas, je n'ai plus qu'&#224; le chasser de la maison. (&#192; Sokrat&#232;s.) Toi, rentre, et attends-moi un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR, &#224; Sokrat&#232;s pr&#232;s de sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vois-tu pas tous les biens que tu vas obtenir sur-le-champ de nous seules parmi les divinit&#233;s ? Voil&#224; un homme pr&#234;t &#224; faire tout ce que tu lui ordonneras. Tu le vois. Le connaissant &#233;merveill&#233;, et absolument enthousiasm&#233;, il faut le laper autant que possible, et vivement. D'ordinaire, les affaires de ce genre c&#232;dent la place &#224; d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, par le Brouillard ! tu ne resteras pas ici davantage. Va manger, si tu veux, les colonnes de M&#233;gakl&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, excellent p&#232;re, qu'as-tu donc ? Tu n'es pas dans ton bon sens, j'en jure par Zeus Olympien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez, voyez, &#171; Zeus Olympien &#187; ! Quelle folie ! Croire &#224; Zeus, &#224; ton &#226;ge !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient donc que tu ris ainsi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que je songe que tu es assez petit gar&#231;on pour avoir en t&#234;te ces vieilleries. Cependant approche, pour en savoir davantage ; je vais te dire une chose, dont la connaissance fera de toi un homme. Seulement, n'en dis rien &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons, qu'est-ce que c'est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as jur&#233; par Zeus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vois donc comme il est bon d'apprendre. Phidippid&#232;s, il n'y a pas de Zeus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Tourbillon qui r&#232;gne, apr&#232;s avoir chass&#233; Zeus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons donc ! est-ce que tu radotes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sache que c'est comme cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui le dit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sokrat&#232;s de M&#234;los, et Kh&#230;r&#233;ph&#244;n, qui conna&#238;t les sauts des puces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En es-tu donc &#224; ce point de d&#233;mence, que tu croies &#224; ces hommes bilieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parles-en mieux, et ne dis pas de mal de ces hommes habiles et pleins de sens, dont pas un, par &#233;conomie, ne se fait jamais raser, ni ne se parfume, ni ne va aux bains pour se laver ; tandis que toi, comme si j'&#233;tais mort, tu gaspilles mon avoir. Mais va-t'en au plus vite &#233;tudier &#224; ma place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que peut-on apprendre de bon de ces gens-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment ? Tout ce qu'il y a de sciences parmi les hommes. Tu verras combien toi-m&#234;me tu es ignorant et &#233;pais. Mais attends-moi ici un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel malheur ! Que faire ? Mon p&#232;re est fou ! Dois-je le faire interdire pour cause de d&#233;mence, ou pr&#233;venir de sa folie les faiseurs de cercueils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons un peu ! Comment appelles-tu cet oiseau ? Dis-le-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien. Et cette femelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les deux de m&#234;me ; tu me fais rire. Ne recommence plus dor&#233;navant, mais appelle celle-ci &#171; femelle du coq &#187; et cet autre &#171; coq &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Femelle du coq &#187; ! Ce sont l&#224; les nesses que tu viens d'apprendre chez les Fils de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et beaucoup d'autres choses. Mais ce que j'apprenais successivement, je l'oubliais tout de suite, &#224; cause du nombre des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce aussi pour cela que tu as perdu ton manteau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne l'ai pas perdu, mais je l'ai emphilosoph&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tes sandales, qu'en as-tu fait, pauvre insens&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme P&#233;rikl&#232;s, je les ai perdues pour le n&#233;cessaire. Mais viens, marche, allons ; et, si c'est pour ob&#233;ir &#224; ton p&#232;re, sois en faute. Moi, quand tu n'avais encore que six ans et que tu b&#233;gayais, je t'ob&#233;issais, et la premi&#232;re obole que je touchai, comme juge au tribunal des h&#232;liastes, je t'en ai achet&#233; un petit chariot aux Diasia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais un temps viendra o&#249; tu te repentiras de ce que tu fais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout va bien, puisque tu ob&#233;is. Ici, ici, Sokrat&#232;s ! Sors, je t'am&#232;ne mon fils, que voici : il ne voulait pas, mais je l'ai d&#233;cid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore un enfant, peu rompu &#224; nos paniers suspendus en l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi de t'y rompre, si tu y restais pendu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux corbeaux ! Tu insultes ton ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! &#171; Si tu y restais pendu &#187;, quelle mauvaise mani&#232;re de parler, et les l&#232;vres largement ouvertes ! Comment ce jeune homme saura-t-il jamais se tirer d'un proc&#232;s, citer des t&#233;moins, avoir la facult&#233; persuasive ou dissolvante ? Voil&#224; donc ce que pour un talent enseignait Hyperbolos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe ? Instruis-le. C'est une nature philosophique. Tout petit petit enfant, il b&#226;tissait chez nous des maisons, il sculptait des vaisseaux, il construisait des chariots de cuir, et avec des &#233;corces de grenade il faisait des grenouilles : c'&#233;tait &#224; ravir. Apprends-lui donc les deux Raisonnements, le fort et puis le faible, qui triomphe du fort &#224; l'aide de l'injustice : tout au moins enseigne-lui l'injuste par n'importe quel moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va s'instruire en entendant les deux Raisonnements eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je m'en vais. Souviens-toi maintenant de le mettre en &#233;tat de r&#233;futer tout ce qui est juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viens ici, et montre-toi aux spectateurs, si impudent que tu sois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons o&#249; tu voudras, il me sera beaucoup plus facile, en parlant devant la multitude, de t'an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'an&#233;antir, toi ? Qui es-tu donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je te vaincrai, toi qui te vantes d'&#234;tre le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quel art ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la nouveaut&#233; de mes id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, elles fleurissent parmi les insens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas ; aupr&#232;s des sages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te mettrai &#224; male mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi, en quoi faisant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En disant ce qui est juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi je renverserai tout cela, en te contredisant. Et d'abord je soutiens absolument qu'il n'y a pas de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de justice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ; o&#249; est-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc, si la justice existe, Zeus n'a-t-il pas p&#233;ri pour avoir encha&#238;n&#233; son p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh quoi ! Voil&#224; o&#249; en est venue la perversit&#233; ? Apporte-moi un bassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es un vieux radoteur, un mal &#233;quilibr&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es un inf&#226;me et un &#233;hont&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me couvres de roses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un impie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me couronnes de lis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parricide !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu m'arroses d'or, sans t'en apercevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois ce n'&#233;tait pas de l'or, mais du plomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce m'est une parure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu n'es pas mal effront&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toi, une vraie ganache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cause de toi que les jeunes gens ne veulent plus fr&#233;quenter les &#233;coles. On ne tardera pas &#224; conna&#238;tre chez les Ath&#233;niens ce que tu enseignes &#224; des fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es d'une salet&#233; honteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toi dans une bonne situation ; mais il n'y a pas longtemps que tu mendiais. Tu disais : &#171; Je suis T&#233;l&#233;phos le Mysien, &#187; tirant de ta besace, pour les grignoter, des maximes de Pand&#233;l&#233;tos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La belle sagesse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La belle folie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que tu nous vantes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la tienne et celle de la ville qui te nourrit, toi le corrupteur des jeunes gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne veux-tu pas instruire ce jeune homme, vieux Kronos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, s'il faut le sauver et ne pas l'exercer seulement au bavardage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viens ici, et laisse celui-ci &#224; sa folie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te ferai crier, si tu avances la main vers lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#234;ve &#224; cette lutte et &#224; ces insultes. Mais fais voir, toi, ce que tu enseignais aux hommes d'autrefois ; toi, ce qu'est l'&#233;ducation nouvelle. De la sorte, apr&#232;s vous avoir entendus tous les deux exposer le pour et le contre, il jugera quelle &#233;cole il faut fr&#233;quenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux bien faire ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi je le veux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons donc qui des deux parlera le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui accorde la parole ; puis, quand il aura parl&#233;, je d&#233;cocherai sur lui des expressions et des pens&#233;es nouvelles. &#192; la fin, s'il se met &#224; grommeler, je fais de mes id&#233;es une vol&#233;e de bourdons, qui lui piquent la figure et les deux yeux et le mettent &#224; mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, que les rivaux, confiants dans leurs proc&#233;d&#233;s oratoires, dans leurs pens&#233;es, dans leurs r&#233;flexions sentencieuses, montrent lequel des deux para&#238;tra le plus fort dans l'art de parler. Aujourd'hui, en effet, c'est l'&#233;preuve d&#233;cisive de la philosophie, pour laquelle mes amis livrent un grand combat. Allons, toi, qui couronnas les anciens de si nobles vertus, romps le silence en faveur de l'&#233;ducation que tu aimes, et fais-nous conna&#238;tre ton caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirai donc l'ancienne &#233;ducation, en quoi elle consistait, lorsque florissait mon enseignement de la justice et que la prudence &#233;tait en honneur. D'abord il ne fallait pas entendre un enfant souffler mot ; puis ils s'avan&#231;aient en bon ordre dans les rues vers l'&#233;cole du ma&#238;tre de musique, les cheveux longs, nus, serr&#233;s, la neige tomb&#226;t-elle comme d'un tamis. L&#224; ils apprenaient, les cuisses &#233;cart&#233;es, &#224; chanter : &#171; Pallas redoutable destructrice des villes &#187; ou : &#171; Cri retentissant au loin &#187; ; soutenant l'harmonie que leurs p&#232;res leur avaient enseign&#233;e. Si quelqu'un d'eux faisait quelque bouffonnerie ou donnait &#224; sa voix une inflexion m&#233;lodique comme celles que les &#233;l&#232;ves de Phrynis modulent &#224; l'oppos&#233; de la m&#233;lodie, il &#233;tait ch&#226;ti&#233;, rou&#233; de coups, comme insultant aux Muses. Dans la palestre, les enfants s'asseyaient les jambes allong&#233;es, de mani&#232;re &#224; ne faire voir aux voisins rien d'ind&#233;cent. Aussit&#244;t qu'ils s'&#233;taient remis debout, ils essuyaient la place, et veillaient &#224; ne laisser aux amants aucune empreinte de leur sexe. Pas un enfant ne se frottait d'huile au-dessous du nombril ; et le milieu de leur corps florissait de ros&#233;e et de duvet comme les fruits. Nul d'entre eux, donnant &#224; sa voix une mollesse toute f&#233;minine, ne s'avan&#231;ait vers un amant, en l'attirant des yeux. Nul, au repas, ne se f&#251;t permis de prendre une t&#234;te de raifort ; nul de s'emparer de l'an&#232;thon r&#233;serv&#233; aux vieillards ou du persil ; nul de manger du poisson ou des grives, nul d'avoir les pieds crois&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vieilleries contemporaines des Diopolia, des Cigales, de K&#233;kidas, des Bouphonies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant ce qu'il en est ; c'est par cette &#233;ducation que j'ai form&#233; les h&#233;ros qui combattaient &#224; Marath&#244;n. Mais toi, tu leur enseignes aujourd'hui &#224; s'empaqueter tout d'abord dans des v&#234;tements. Aussi je m'indigne, quand il leur faut danser aux Panath&#232;n&#230;a, de les voir tenir leurs boucliers devant leur corps sans songer &#224; Tritog&#233;n&#233;ia. Ose donc, jeune homme, me choisir, moi, le Raisonnement sup&#233;rieur. Tu apprendras &#224; d&#233;tester l'Agora, &#224; t'abstenir des bains, &#224; avoir honte de ce qui est honteux, et, si quelqu'un te raille, &#224; prendre feu ; &#224; te lever de ton si&#232;ge au passage des vieillards, &#224; ne rien faire de mal &#224; tes parents, &#224; ne commettre aucun acte ind&#233;cent, car tu dois figurer la statue de la Pudeur ; &#224; ne pas courir apr&#232;s une danseuse, car si tu te mets &#224; cette poursuite, une courtisane te jettera une pomme, et tu seras priv&#233; de ta r&#233;putation ; &#224; ne pas contredire ton p&#232;re, &#224; ne pas lui donner le nom de Iap&#233;tos, en reprochant son &#226;ge &#224; ce vieillard qui t'a nourri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu crois, jeune homme, &#224; tout ce qu'il te dit, par Dionysos ! tu ressembleras aux fils de Hippokrat&#232;s, et on t'appellera le &#171; poupon qui tette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu passeras ton temps, luisant et fleurant bon, dans les gymnases, ne d&#233;bitant pas sur l'Agora de mauvaises pointes comme on le fait aujourd'hui ; on ne te tra&#238;nera pas en justice pour une m&#233;chante affaire pleine d'objections subtiles et ruineuses. Mais tu descendras &#224; l'Akad&#232;mia, pour courir sous les oliviers sacr&#233;s, la t&#234;te ceinte d'un roseau blanc, avec un sage compagnon de ton &#226;ge, respirant le smilax, le loisir et la jonch&#233;e blanche des peupliers&#8230; &#233;panoui par la saison printani&#232;re, quand le platane et l'ormeau &#233;changent leurs murmures. Si tu fais ce que je te dis, et si tu y appliques ton intelligence, tu auras toujours la poitrine grasse, le teint clair, les &#233;paules larges, la langue courte, les fesses charnues, le p&#233;nis petit. Mais si tu t'attaches &#224; ceux du jour, tu auras tout de suite le teint p&#226;le, les &#233;paules petites, la poitrine resserr&#233;e, la langue longue, les fesses petites, les parties fortes, des d&#233;crets &#224; n'en plus finir. On te rendra pr&#234;t &#224; croire que le honteux est honn&#234;te et que l'honn&#234;te est honteux, et tu seras, en outre, l'image de l'infamie d'Antimakhos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; toi qui habites les tours &#233;lev&#233;es de la glorieuse sagesse, quel doux parfum de bon sens fleurit dans tes discours ! Heureux ceux qui vivaient au temps des hommes de jadis ! (&#192; l'Injuste.) Quant &#224; toi, qui poss&#232;des les s&#233;ductions du langage, il te faut trouver des id&#233;es nouvelles, car ton rival a eu du succ&#232;s. Tu as besoin, ce me semble, de vigoureux arguments pour le surpasser et pour ne pas &#234;tre un objet de ris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin ! Il y a longtemps que la bile m'&#233;touffe et que je br&#251;le de renverser tous ces arguments par les miens. Moi, je m'entends appeler le Raisonnement inf&#233;rieur par ces m&#233;taphysiciens, parce que, le premier, j'ai imagin&#233; de contredire les lois et le droit. Mais n'est-ce pas une valeur de dix mille stat&#232;res, que de prendre en main la cause la plus faible et de la gagner ? Or, vois comment je ruine l'&#233;ducation dans laquelle il met sa confiance. Il dit d'abord qu'il ne te permettra pas de prendre des bains chauds. Mais quelle raison as-tu de bl&#226;mer les bains chauds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'ils sont tr&#232;s mauvais et qu'ils amollissent l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;te ! Je te tiens tout de suite &#224; bras-le-corps, et tu ne peux &#233;chapper. Parle. Dis-moi quel est des fils de Zeus le h&#233;ros &#224; l'&#226;me, selon toi, le plus haut plac&#233;e, et qui accomplit le plus de travaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il n'y a pas d'homme sup&#233;rieur &#224; H&#232;rakl&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! O&#249; as-tu jamais vu des bains froids portant le nom de H&#232;rakl&#232;s ? Et cependant qui a &#233;t&#233; plus courageux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, voil&#224;, voil&#224; bien les raisons que les jeunes gens ont, chaque jour, &#224; la bouche pour remplir les bains et vider les palestres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu bl&#226;mes ensuite l'habitude de l'Agora ; moi, je l'approuve. Si c'&#233;tait un mal, jamais Hom&#232;ros n'aurait fait un harangueur de Nest&#244;r et des autres sages. De l&#224; je passe &#224; l'usage de la langue : il dit que les jeunes gent ne doivent pas l'exercer, moi je pr&#233;tends le contraire ; il dit qu'il faut user de modestie : voil&#224; deux principes d&#233;testables. O&#249; as-tu jamais vu que la modestie f&#251;t un bien r&#233;el ? Parle, convaincs-moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nombre de gens. C'est ainsi que P&#232;leus re&#231;ut une &#233;p&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;p&#233;e ? Il y fit un joli profit, le malheureux ! Hyperbolos, au moyen de ses lampes, n'a-t-il pas gagn&#233; des milliers de talents avec sa m&#233;chancet&#233; et non, par Zeus ! avec son &#233;p&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant P&#232;leus, en raison de sa modestie, a &#233;pous&#233; Th&#233;tis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui ne tarda pas &#224; le quitter et &#224; dispara&#238;tre ; car il n'&#233;tait pas un libidineux, un homme &#224; passer toute une nuit agr&#233;able entre deux couvertures : une femme, au contraire, aime &#224; &#234;tre cajol&#233;e. Tu n'es, toi, qu'une vieille ganache. Vois donc, jeune homme, toutes les privations impos&#233;es &#224; la modestie, tous les plaisirs dont tu dois &#234;tre priv&#233;, gar&#231;ons, femmes, kottabes, festins, boissons, &#233;clats de rire. Vraiment, est-ce pour toi la peine de vivre, priv&#233; de tout cela ? Mais en voil&#224; assez. Je passe maintenant aux exigences de la nature. Tu as fait une faute, aim&#233;, commis un adult&#232;re, et tu t'es fait prendre. Tu es perdu ; car tu ne sais point parler. En suivant mes le&#231;ons, jouis de la vie, danse, ris, ne rougis de rien. On t'a surpris en adult&#232;re : affirme au mari que tu n'es pas coupable ; rejette la faute sur Zeus ; dis qu'il c&#233;da lui-m&#234;me &#224; l'amour et aux femmes. Comment toi, mortel, pourrais-tu faire plus qu'un dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si, pour t'avoir cru, il a une rave enfonc&#233;e dans le derri&#232;re, s'il subit une &#233;pilation &#224; la cendre chaude, pourra-t-il all&#233;guer comme quoi il n'a pas le derri&#232;re &#233;largi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh ! s'il a le derri&#232;re &#233;largi, quel mal cela lui fera-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que peut-il donc lui arriver de plus f&#226;cheux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que diras-tu, si j'ai raison contre toi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me tairai. Comment faire autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons, dis-moi, quelle esp&#232;ce de gens sont les orateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ceux qui ont le derri&#232;re &#233;largi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le crois. Et les auteurs tragiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ceux qui ont le derri&#232;re &#233;largi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien dit. Et les d&#233;magogues ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ceux qui ont le derri&#232;re &#233;largi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, ne reconnais-tu pas que tu ne dis que des sottises ? Et les spectateurs ? Vois de quel c&#244;t&#233; est la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vois-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233;, de par les dieux ! se compose de larges derri&#232;res. En voil&#224; un que je connais ; celui-l&#224; encore, et cet autre avec ses longs cheveux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INJUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, que dis-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUSTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes vaincus, &#234;tres inf&#226;mes. Au nom des dieux ! recevez mon manteau : je passe de votre c&#244;t&#233;. (Ils s'en vont.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce &#224; dire ? Veux-tu prendre ton fils, le remmener, ou que je l'instruise &#224; parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instruis-le, ch&#226;tie-le, et souviens-toi de bien lui affiler la langue, de mani&#232;re qu'il ait l'une des deux m&#226;choires pour les petites causes et l'autre m&#226;choire pour les grandes affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois tranquille ; tu auras chez toi un sophiste habile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#226;le, je crois, et mis&#233;rable. (Ils entrent chez Sokrat&#232;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrez maintenant. Je crois que tu t'en repentiras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les juges gagneront, s'ils accordent au Ch&#339;ur un appui l&#233;gitime, nous voulons le dire. Et, premi&#232;rement, si vous voulez labourer vos champs, &#224; la saison, nous pleuvrons sur vous d'abord, et sur les autres ensuite. Puis nous garderons les fruits et les vignes de mani&#232;re qu'ils ne souffrent ni de la s&#233;cheresse, ni d'une pluie excessive. Mais si un de vous, mortels, nous offense, nous d&#233;esses, qu'il songe quels maux il endurera de nous, ne recueillant ni vin, ni rien, de son champ. Quand les oliviers et les vignes pousseront, ils seront ras&#233;s, tant nous les frapperons de frondes. Si nous le voyons faire des briques, nous pleuvrons, et nous briserons sous des tas de gr&#234;le les tuiles de son toit. S'il se marie, lui, ou quelqu'un de ses parents ou de ses amis, nous pleuvrons toute la nuit, si bien qu'il aimerait mieux se trouver en &#198;gypte que d'avoir jug&#233; injustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S, il sort de chez lui, charg&#233; d'un sac de farine, et se dirige vers la porte de Sokrat&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq, quatre, trois, puis deux, et enfin celui de tous les jours que je redoute le plus, qui me fait frissonner, que je d&#233;teste, ce maudit jour de la lune vieille et nouvelle. C'est un serment fait par tous ceux &#224; qui je dois, et qui d&#233;posent leurs assignations au tribunal des Prytanes, de me ruiner, de me perdre, malgr&#233; la mod&#233;ration et la justice de mes propositions : &#171; Mon cher, ne me demande pas cela maintenant, donne-moi du temps pour cette somme, fais-moi quitte de cette autre ! &#187; Ils pr&#233;tendent qu'ainsi ils ne recevront rien ; ils m'injurient, disant que je leur fais du tort et qu'ils vont me citer devant les juges. Qu'ils me citent donc ; je m'en soucie peu, aujourd'hui que Phidippid&#232;s a appris l'art de bien parler. Je vais, du reste, m'en assurer, en frappant &#224; la porte du philosophoir&#8230; Enfant ! hol&#224; ! Enfant, enfant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strepsiad&#232;s, bonjour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi aussi bonjour. Mais d'abord accepte ce sac. Il est juste de faire un joli cadeau &#224; son ma&#238;tre. Et mon fils, a-t-il appris le fameux Raisonnement, ce gar&#231;on que tu as emmen&#233; tant&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il l'a appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien, &#244; souveraine Fourberie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sorte que tu vas gagner tous les proc&#232;s que tu voudras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand m&#234;me il y aurait des t&#233;moins que j'ai emprunt&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant mieux, fussent-ils mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crierai donc &#224; haute voix : &#171; Oh&#233; ! soyez maudits, peseurs d'oboles, vous, le principal, et les int&#233;r&#234;ts des int&#233;r&#234;ts ! Vous ne me nuirez plus d&#233;sormais. Pour moi s'&#233;l&#232;ve dans cette maison un fils, dont la langue brille, &#224; deux tranchants, mon soutien, le sauveur de la famille, le fl&#233;au de mes ennemis, le lib&#233;rateur des grandes infortunes de son p&#232;re. &#187;&#8230; Cours l'appeler de l&#224; dedans, qu'il vienne vers moi. Mon fils, mon enfant, sors de la maison ; entends la voix de ton p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami, ami !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prends ton fils, et va-t'en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; mon fils ! Oh ! oh ! Quelle joie je go&#251;te tout d'abord &#224; voir ce teint ! Maintenant, &#224; te voir, tu es tout de suite un homme pr&#234;t &#224; nier, &#224; contredire. C'est franchement chez toi une fleur du terroir que ces mots : &#171; Qu'as-tu &#224; dire ? &#187; et cette apparence d'offens&#233; quand on offense et qu'on fait tort aux autres ; je vois cela. Tu as sur ton visage le regard attique. Maintenant vois &#224; me sauver, puisque c'est toi qui m'as perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui te fait peur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lune vieille et nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la lune vieille et nouvelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; ils disent qu'ils d&#233;poseront leurs assignations au tribunal des Prytanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adieu leurs assignations ! Il n'y a pas moyen qu'un jour soit deux jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas moyen ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ; &#224; moins que la m&#234;me femme ne soit en m&#234;me temps vieille et jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la loi le veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'ils n'en comprennent pas bien le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel en est le sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux Sol&#244;n &#233;tait, de sa nature, ami du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait rien &#224; la lune vieille et nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci fixa deux jours pour la citation, la lune vieille et la lune nouvelle, afin que les consignations fussent d&#233;pos&#233;es &#224; la nouvelle lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc a-t-il ajout&#233; la vieille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin, pauvre homme, que les d&#233;biteurs assign&#233;s eussent d'abord un jour pour arranger l'affaire de gr&#233; &#224; gr&#233; ; sinon, pour qu'on redoubl&#226;t les poursuites le matin m&#234;me de la nouvelle lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors les magistrats ne re&#231;oivent-ils pas les consignations le premier jour du mois, mais le jour de la vieille et nouvelle lune ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils me paraissent agir en cela comme les gourmets : afin de profiter le plus t&#244;t possible des sommes d&#233;pos&#233;es, ils avancent la d&#233;gustation d'un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, pauvres sots, pourquoi restez-vous l&#224; stupidement pour notre profit &#224; nous les sages ? Vraies bornes, d'ailleurs, nombre, moutons, cruches amoncel&#233;es au hasard ! Aussi faut-il qu'en mon honneur et en l'honneur de mon fils, notre bonne chance me fasse entonner un chant d'&#233;loges : &#171; Heureux Strepsiad&#232;s, qui es toi-m&#234;me sage, et qui &#233;l&#232;ves un pareil fils ! &#187; Voil&#224; ce que diront mes amis et mes concitoyens, jaloux de ta parole et de tes victoires dans les proc&#232;s ! Mais je veux d'abord te faire entrer pour prendre un bon repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS, &#224; son t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il qu'un homme sacrifie jamais quelque chose de son avoir ? Non, assur&#233;ment. Mais il e&#251;t mieux valu tout de suite &#234;tre sans vergogne plut&#244;t que se faire des affaires, comme moi, qui, aujourd'hui, afin d'avoir mon argent, te tra&#238;ne ici pour t&#233;moigner, et qui, de plus, vais devenir l'ennemi d'un citoyen. Cependant, jamais, tant que je vivrai, je ne ferai rougir de moi ma patrie. J'appellerai donc Strepsiad&#232;s en justice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est-ce ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;Pour le jour de la vieille et de la nouvelle lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous prends &#224; t&#233;moin qu'il a indiqu&#233; deux jours. Et pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour douze mines que tu as re&#231;ues, afin d'acheter un cheval pommel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cheval ? L'entendez-vous, moi qui, vous le savez tous, ai horreur de l'&#233;quitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'en atteste Zeus, tu juras par tous les dieux que tu me les rendrais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, de par Zeus ! mon Phidippid&#232;s n'avait pas encore appris le Raisonnement irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant &#224; cause de cela tu songes &#224; nier ta dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, quel autre profit tirerais-je de cette science ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tu oserais me la nier par serment devant les dieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels dieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui que je t'indiquerai, Zeus, Herm&#232;s, Pos&#233;id&#244;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zeus. Je donnerais de bon c&#339;ur un triobole pour pr&#234;ter ce serment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisses-tu p&#233;rir pour ton impudence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il gagnerait &#224; &#234;tre sal&#233;, cet homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que tu te moques du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il tiendrait bien six kongia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, de par le grand Zeus et par les autres dieux ! tu ne te joueras pas de moi impun&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis enchant&#233;, ravi de ces dieux. Un serment par Zeus est ridicule pour des gens instruits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, un jour viendra o&#249; tu expieras ces impi&#233;t&#233;s. Mais me rendras-tu mes fonds ou non ? R&#233;ponds, que je m'en aille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois tranquille &#224; pr&#233;sent ; car je vais bient&#244;t te r&#233;pondre clairement. (Il entre dans la maison.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS, &#224; son t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que crois-tu qu'il fasse ? Crois-tu qu'il me paie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S, rentrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est l'homme qui me demande de l'argent ? Parle. Qu'est-ce que cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ? Une auge (kardopos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tu me demandes de l'argent quand tu es ce que tu es ? Non, je ne donnerais pas une obole &#224; qui que ce soit qui appelle une auge &#171; kardopos &#187; au lieu de &#171; kardop&#232; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne me paieras pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas, que je sache. Allons, finissons-en ; d&#233;campe au plus vite loin de la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'en vais, mais sache bien que je cours d&#233;poser ma consignation, ou que je meure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autant de perdu en sus des douze mines. Cependant, je regrette de voir dans cette situation un homme qui se trompe sur le genre de &#171; kardopos &#187; et de &#171; kardop&#232; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! quel malheur est le mien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hol&#224; ! Quel est celui qui g&#233;mit de la sorte ! Ne serait-ce point quelqu'un des dieux de Karkinos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quel &#233;tat je suis, vous voulez le savoir ? Un homme infortun&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passe ton chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; cruel destin ! &#212; fatalit&#233;, qui as bris&#233; les roues du char tra&#238;n&#233; par mes chevaux ! &#212; Pallas, tu m'as perdu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel mal t'a fait Tl&#232;pol&#232;mos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne raille pas, mon ami, mais fais-moi rendre par ton fils l'argent qu'il me doit, aujourd'hui surtout que je suis tomb&#233; dans le malheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel argent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qu'il m'a emprunt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait tu es mal en point, &#224; ce qu'il me semble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tomb&#233; en lan&#231;ant mes chevaux, j'en atteste les dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ces sornettes ? Tu es chu de &lt;i&gt; &lt;i&gt;\displaystyle \left{&lt;i&gt;\begin&lt;i&gt;matrix&lt;/i&gt;\\\\end&lt;i&gt;matrix&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;\right.&lt;/i&gt; \left{&lt;i&gt;\begin&lt;i&gt;matrix&lt;/i&gt;\\\\end&lt;i&gt;matrix&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;\right. ton &#226;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
ou de&lt;br class='autobr' /&gt;
ton &#226;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sornettes ! Parce que je veux ravoir mon d&#251; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas possible que tu sois sain d'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me fais l'effet d'avoir la cervelle troubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Herm&#232;s ! je te fais assigner, si tu ne me rends pas l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi, crois-tu que Zeus pleuve toujours et contin&#251;ment de l'eau nouvelle, ou bien le soleil repompe-t-il la m&#234;me eau de dessus la terre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas laquelle des deux, et je n'en ai cure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment est-il juste que tu me demandes de l'argent, toi qui ne sais pas un mot des choses m&#233;t&#233;orologiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu es &#224; court, paie-moi au moins l'int&#233;r&#234;t de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t ! Qu'est-ce que c'est que cette b&#234;te-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce autre chose, sinon que mois par mois, jour par jour, de plus en plus l'argent augmente, &#224; mesure que le temps s'&#233;coule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien dit. Et puis apr&#232;s ? Crois-tu que la mer soit beaucoup plus grande maintenant qu'autrefois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, de par Zeus ! elle est la m&#234;me : car il n'est pas juste qu'elle grandisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien alors, mis&#233;rable, comment, la mer ne grossissant pas des fleuves qui s'y jettent, essaies-tu, toi, de faire grossir ton argent ? Ne vas-tu pas d&#233;guerpir loin de la maison ? Qu'on m'apporte un b&#226;ton !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;campe ! Qu'attends-tu ? Tu ne cours pas, vilaine rosse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMYNIAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas l&#224; une violence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne partiras pas ? Je vais t'enfoncer l'aiguillon sous la croupe, porteur de longes ! Te sauveras-tu ? C'est moi qui t'aurais men&#233; bon train avec tes roues et ta paire de chevaux. (Il rentre dans la maison.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que c'est que de se plaire aux bassesses ! Ce vieillard, qui en a la passion, veut frustrer l'argent qu'il a emprunt&#233;. Mais il est impossible qu'il ne soit pris aujourd'hui dans quelque affaire, et que ce sophiste, en retour des friponneries qu'il a mises en train, ne soit frapp&#233; d'un malheur impr&#233;vu. Je pense qu'il trouvera tout de suite ce qu'il demandait depuis longtemps, que son fils soit habile &#224; exprimer des id&#233;es contraires &#224; la justice, &#224; vaincre tous ses adversaires, m&#234;me en disant ce qu'il y a de plus mauvais. Mais peut-&#234;tre, peut-&#234;tre, voudra-t-il qu'il devienne muet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S, sortant pr&#233;cipitamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iou ! iou ! Voisins, parents, citoyens, au secours ! On me bat ! &#192; moi, de toute votre aide ! H&#233;las ! malheureux que je suis ! Oh ! la t&#234;te ! Oh ! la m&#226;choire ! Sc&#233;l&#233;rat, tu bats ton p&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mon p&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous le voyez, il avoue qu'il me bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#233;l&#233;rat, parricide, enfonceur de murailles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#232;te-moi cela, r&#233;p&#232;te et dis-en plus encore. Ne sais-tu pas que je prends un vif plaisir &#224; entendre ces gros mots ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; derri&#232;re &#224; tout le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couvre-moi de roses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu bats ton p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, par Zeus ! je te prouverai que j'ai eu raison de te battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inf&#226;me gredin, comment peut-il y avoir une raison de battre son p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le d&#233;montrerai et je te vaincrai par mon discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, vaincu par toi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qu'il y a de plus facile. Choisis lequel des deux Raisonnements tu veux que j'emploie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels deux Raisonnements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fort et le faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par Zeus ! je t'ai fait donner une belle &#233;ducation, animal, en t'apprenant &#224; contredire la justice, si tu me prouves qu'il est juste et beau que les p&#232;res soient battus par leurs fils !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je compte pourtant te le prouver si bien que, quand tu m'auras entendu, tu n'auras rien &#224; r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, je veux bien entendre ce que tu vas dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ton affaire, vieillard, de songer aux moyens de r&#233;duire un homme qui, s'il n'&#233;tait s&#251;r du succ&#232;s, ne serait pas si insolent. Il est clair qu'il a quelque appui. Mais d'abord dis au Ch&#339;ur par o&#249; a commenc&#233; votre querelle : c'est ce que tu dois faire tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel a &#233;t&#233; le point de d&#233;part de nos injures, je vais vous le dire. &#192; la fin de notre repas, comme vous le savez, je l'ai engag&#233; &#224; prendre tout de suite sa lyre et &#224; chanter la chanson de Simonid&#232;s sur le B&#233;lier et sa Toison. Il me r&#233;pond aussit&#244;t que c'est vieux jeu de prendre la lyre et de chanter &#224; table, comme une femme qui moud de l'orge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne devais pas &#224; l'instant m&#234;me te battre et te pi&#233;tiner, toi qui m'ordonnais de chanter comme si tu donnais &#224; d&#238;ner &#224; des cigales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a dit &#224; la maison ce qu'il redit maintenant. Il ajoutait que Simonid&#232;s est un mauvais po&#232;te. J'ai de la peine &#224; me contenir, je le fis pourtant d'abord. Alors je l'invitai &#224; prendre une branche de myrte et &#224; nous dire quelque chose d'&#198;skhylos. Il me r&#233;pond tout de suite : &#171; Je crois qu'&#198;skhylos est le premier des po&#232;tes, mais il est plein de fracas, incoh&#233;rent, emphatique, escarp&#233;. &#187; Comment croyez-vous que mon c&#339;ur bondit &#224; ces paroles ? Cependant je dis, en me mordant l'&#226;me : &#171; Eh bien, chante-nous quelque chose des jeunes, un joli passage. &#187; Et lui de r&#233;citer aussit&#244;t une tirade d'Euripid&#232;s, o&#249; un fr&#232;re, qu'un dieu nous soit en aide ! viole sa propre s&#339;ur. Je ne puis plus me contenir ; je l'accable aussit&#244;t de reproches durs et humiliants. &#192; partir de ce moment, comme il arrive, nous nous rejetons paroles sur paroles ; il bondit sur moi, puis il me p&#233;trit, m'&#233;trille, m'&#233;trangle, me broie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'avais-je pas raison ? Ne pas louer Euripid&#232;s, la sagesse m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse m&#234;me ! Lui ! Ah ! si je pouvais parler ! Mais je serais encore battu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par Zeus ! et je serais dans mon droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, dans ton droit ? Impudent ! C'est moi qui t'ai nourri, attentif, quand tu b&#233;gayais encore, &#224; tout ce &#224; quoi tu songeais. D&#232;s que tu disais : &#171; Br&#375;n, &#187; je comprenais, et je te pr&#233;sentais &#224; boire. Quand tu demandais : &#171; Mamm&#226;n, &#187; j'arrivais et je t'apportais du pain. Je ne te donnais pas le temps de dire : &#171; Kakk&#226;n &#187;, je te prenais, je te transf&#233;rais &#224; la porte et je te soutenais moi-m&#234;me. Et toi, lorsque tu m'&#233;tranglais tout &#224; l'heure, criant et hurlant que j'avais envie d'aller, tu n'as pas eu le c&#339;ur, sc&#233;l&#233;rat, de me porter dehors, devant la porte, mais tu me serrais la gorge et je fis tout sous moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le c&#339;ur des jeunes gens palpite du d&#233;sir d'entendre ce qu'il va dire. Car si un homme qui a fait de pareilles choses, se disculpe en parlant, je n'estimerais pas la peau des vieux m&#234;me un pois chiche. C'est ton affaire, remueur et lanceur de paroles nouvelles, de chercher la persuasion et de para&#238;tre t'exprimer selon la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il est doux de vivre au milieu des nouveaut&#233;s, des inventions ing&#233;nieuses, et de pouvoir m&#233;priser les lois &#233;tablies ! Et de fait, moi, quand j'avais l'esprit uniquement occup&#233; d'&#233;quitation, je n'&#233;tais pas capable de dire trois mots sans faire une faute. Mais maintenant que cet homme a mis fin &#224; mes go&#251;ts, et que je suis form&#233; aux pens&#233;es subtiles, &#224; l'art de la parole et aux m&#233;ditations, je crois pouvoir prouver que j'ai le droit de ch&#226;tier mon p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retourne donc &#224; tes chevaux, de par Zeus ! Mieux vaut pour moi nourrir l'attelage d'un quadrige que d'&#234;tre battu et broy&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens au point o&#249; tu m'as interrompu, et d'abord je te demanderai ceci : quand j'&#233;tais petit, me battais-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute ; c'&#233;tait &#224; bonne intention et pour ton bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dis-moi, n'est-il pas juste que j'aie pour toi la m&#234;me bonne intention et que je te frappe, puisque avoir une bonne intention et frapper c'est la m&#234;me chose ? Conviendrait-il, en effet, que ton corps f&#251;t &#224; l'abri des coups, et le mien point ? Cependant je suis libre aussi, moi. Les enfants pleurent, et les p&#232;res ne pleureraient pas, s'il fallait t'en croire ? Diras-tu que la loi exige que ce ch&#226;timent soit l'affaire de l'enfance ? Moi je r&#233;pondrai que les vieillards sont deux fois enfants. Il est donc juste que les vieux pleurent plus que les jeunes, d'autant plus que leurs fautes sont moins excusables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nulle part la loi n'exige qu'un p&#232;re subisse ce traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tait-il donc pas homme, comme toi et moi, celui qui a, le premier, &#233;tabli cette loi, dont la parole a convaincu les anciens ? Pourquoi donc me serait-il moins permis, &#224; moi, d'&#233;tablir une loi nouvelle qui perm&#238;t aux fils de battre leurs p&#232;res &#224; leur tour ? Tous les coups que nous avons re&#231;us avant l'&#233;tablissement de cette loi, nous vous en faisons gr&#226;ce et nous vous accordons d'avoir &#233;t&#233; impun&#233;ment battus. Mais vois les coqs et les autres animaux, comme ils se d&#233;fendent contre leurs p&#232;res. Cependant en quoi diff&#232;rent-ils de nous, sinon qu'ils ne r&#233;digent pas de d&#233;crets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, puisque tu imites les coqs en tout, pourquoi ne manges-tu pas du fumier et ne dors-tu pas sur un perchoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la m&#234;me chose, cher p&#232;re ; et Sokrat&#232;s ne l'admettrait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ne frappe pas. Sinon, quelque jour tu t'accuseras toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il est juste que je te ch&#226;tie, tu en feras autant &#224; ton fils, si tu en as un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si je n'en ai pas, c'est en vain que j'aurai pleur&#233;, et tu me riras au nez en mourant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment, hommes de mon &#226;ge, il me fait l'effet d'avoir raison : et moi-m&#234;me je crois devoir leur accorder ce qui est juste. Il est &#233;quitable que nous pleurions, si nous agissons mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examine encore cette autre raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis un homme mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre ne seras-tu pas f&#226;ch&#233; d'avoir pass&#233; par o&#249; tu as pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela ? Dis-moi, quel avantage en retireras-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je battrai ma m&#232;re de la m&#234;me mani&#232;re que toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dis-tu l&#224; ? Voil&#224; qui est bien pire encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce &#224; dire, si, &#224; l'aide du Raisonnement faible, je te prouve que j'ai raison de battre ma m&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien, sinon que, apr&#232;s avoir fait cela, tu n'auras plus qu'&#224; te jeter dans le Barathron, toi, Sokrat&#232;s et le Raisonnement faible. Voil&#224;, Nu&#233;es, ce que j'endure, pour vous avoir commis toutes mes affaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien toi qui t'es attir&#233; cela, te tournant vers le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc ne me le disiez-vous pas, au lieu d'abuser un homme campagnard et vieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que nous faisons constamment avec les gens que nous savons port&#233;s vers les choses mauvaises, jusqu'&#224; ce que nous les lancions dans quelque infortune qui leur apprenne &#224; craindre les dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! C'est dur, &#244; Nu&#233;es, mais juste&#8230; Il ne fallait pas frustrer mes cr&#233;anciers de ce qui leur &#233;tait d&#251;. Maintenant, mon cher fils, avisons au moyen d'aller mettre &#224; mal ce coquin de Kh&#230;r&#233;ph&#244;n ainsi que Sokrat&#232;s, qui nous ont tromp&#233;s, toi et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne veux pas maltraiter mes ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, oui ; mais respecte Zeus Paternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zeus Paternel ! Que tu es arri&#233;r&#233;. Est-ce qu'il y a un Zeus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non, il n'y en a pas, puisque c'est le Tourbillon qui r&#232;gne, apr&#232;s avoir chass&#233; Zeus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il ne l'a pas chass&#233;. Seulement je le croyais, &#224; cause du Tourbillon qui est l&#224;. Insens&#233; que j'&#233;tais. J'ai pris ce vase d'argile pour un dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHIDIPPID&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, d&#233;raisonne et extravague &#224; ton aise. (Il s'en va.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureux que je suis. Quel d&#233;lire ! Que j'&#233;tais donc fou de rejeter les dieux, sur la foi de Sokrat&#232;s. Mais, &#244; cher Herm&#232;s, ne sois pas irrit&#233; contre moi, ne m'&#233;crase pas ; au contraire, pardonne &#224; un homme &#233;gar&#233; par leurs bavardages. Deviens mon conseiller, soit pour leur intenter un proc&#232;s, soit pour prendre tel parti qu'il te conviendra&#8230; Oui, tu m'engages avec raison &#224; ne pas faire un proc&#232;s, mais &#224; mettre le feu, le plus t&#244;t possible, &#224; cette maison de fous. J'ai, ici, Xanthias ; viens, prends une &#233;chelle, apporte une hache, monte ensuite sur le philosophoir, et, si tu aimes ton ma&#238;tre, abats le toit, jusqu'&#224; ce que la maison s'&#233;croule sur eux. Puis, que l'on m'apporte une torche allum&#233;e, et, d&#232;s ce moment m&#234;me, je me ferai justice, quoique ce soient de fameux h&#226;bleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREMIER DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233; ! h&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais ton &#339;uvre, &#244; torche ! jette une vive flamme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREMIER DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233; ! l'homme ! Que fais-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je fais ? Mais rien qu'un dialogue subtil avec les poutres de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheur &#224; moi ! Qui met le feu &#224; notre maison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui &#224; qui vous avez pris son manteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME DISCIPLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu nous tues, tu nous tues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement ce que je veux, pourvu que la hache ne trahisse pas mes esp&#233;rances, et qu'auparavant je ne me casse pas le cou, en tombant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233; ! l'homme ! Qu'est-ce que tu fais donc r&#233;ellement, toi qui es sur le toit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche dans les airs, et je contemple le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOKRAT&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheur &#224; moi ! Je vais mis&#233;rablement &#233;touffer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KH&#198;R&#201;PH&#212;N.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi infortun&#233;, j'ai l'infortune d'&#234;tre r&#244;ti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STREPSIAD&#200;S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi insultiez-vous les dieux et contempliez-vous le s&#233;jour de la Lune ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuis, frappe, d&#233;truis ! Ils ont eu bien des torts, et surtout celui que tu sais d'avoir manqu&#233; aux dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CH&#338;UR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retirez-vous ! Le Ch&#339;ur nous para&#238;t avoir assez figur&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Nu%C3%A9es_(trad._Eug%C3%A8ne_Talbot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Nu%C3%A9es_(trad._Eug%C3%A8ne_Talbot&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2000_act_10_1_1018&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2000_act_10_1_1018&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/socrate--9782130812678-page-27.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/socrate--9782130812678-page-27.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://insula.univ-lille3.fr/2017/08/la-comedie-a-t-elle-tue-socrate/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://insula.univ-lille3.fr/2017/08/la-comedie-a-t-elle-tue-socrate/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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