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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La crise de la r&#233;volution et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, vus par les trotskistes prisonniers dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk</title>
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		<dc:date>2026-07-18T22:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; Verkhneouralsk, dans la r&#233;gion s&#233;parant la Russie d'Europe de la Sib&#233;rie, les ouvriers charg&#233;s de faire des travaux dans une prison y ont mis au jour une s&#233;rie de documents que des militants trotskystes sovi&#233;tiques avaient cach&#233;s, sous le plancher de leur cellule, dans les ann&#233;es 1930. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la r&#233;volution et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, vus par les trotskistes prisonniers dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Durant la r&#233;volution [dans l'original : le coup d'&#201;tat] (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Verkhneouralsk, dans la r&#233;gion s&#233;parant la Russie d'Europe de la Sib&#233;rie, les ouvriers charg&#233;s de faire des travaux dans une prison y ont mis au jour une s&#233;rie de documents que des militants trotskystes sovi&#233;tiques avaient cach&#233;s, sous le plancher de leur cellule, dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise de la r&#233;volution et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, vus par les trotskistes prisonniers dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la r&#233;volution [dans l'original : le coup d'&#201;tat] d'octobre, la r&#233;volution d&#233;mocratique &#233;tait &#233;troitement li&#233;e au premier stade de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme, &#233;labor&#233; par L&#233;nine pendant le 8e congr&#232;s du Parti bolch&#233;vique, examine la r&#233;volution d'octobre comme une premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution mondiale dont elle ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e. Le principe m&#234;me de la r&#233;volution permanente a trouv&#233; son expression dans cette disposition de notre programme : &#171; le plus grand probl&#232;me historique de la r&#233;volution russe est la n&#233;cessit&#233; de r&#233;soudre les t&#226;ches internationales&#8230; en r&#233;alisant le passage de la r&#233;volution &#233;troitement nationale &#224; la r&#233;volution mondiale &#187; ; cette caract&#233;risation par L&#233;nine des t&#226;ches de notre r&#233;volution a &#233;t&#233; justifi&#233;e int&#233;gralement par toutes les &#233;tapes suivantes de son d&#233;veloppement. Toutes les difficult&#233;s et les contradictions principales de notre r&#233;volution reposent sur les contradictions entre le caract&#232;re international de la r&#233;volution et le caract&#232;re national de la construction socialiste dans le pays. Voil&#224; pourquoi L&#233;nine r&#233;p&#233;tait inlassablement que &#171; notre salut face &#224; toutes ces difficult&#233;s r&#233;side dans la r&#233;volution europ&#233;enne &#187;, et que &#171; nous sommes loin d'arriver m&#234;me &#224; la fin de la p&#233;riode transitoire du capitalisme au socialisme. Nous ne nous ber&#231;ons pas d'espoirs sur le fait que nous pourrions y r&#233;ussir sans l'aide du prol&#233;tariat international &#187; (L&#233;nine). La ligne strat&#233;gique du marxisme-bolch&#233;visme est d&#233;finie par ces positions de L&#233;nine : elles forment la base de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays s'oppose &#224; elle, donne un &#233;clairage national &#224; la r&#233;volution effectu&#233;e et la d&#233;tache de la r&#233;volution internationale ; elle appara&#238;t comme la base strat&#233;gique du socialisme national.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre un : La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente et les probl&#232;mes de la construction du socialisme en URSS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Le point de d&#233;part principal de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente s'exprime dans les mots suivants de L&#233;nine : &#171; Du moment que la grande industrie &#224; l'&#233;chelle mondiale existe, il est incontestable que l'on peut passer directement au socialisme ; et personne ne d&#233;mentira ce fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;carte la question de la maturit&#233; ou non de pays particuliers pour le socialisme. Pour le passage victorieux &#224; la r&#233;volution socialiste dans n'importe quel pays techniquement attard&#233; et agricole, il est seulement n&#233;cessaire que, du fait de son r&#244;le social et historique, le prol&#233;tariat de ce pays soit en capacit&#233; de se mettre &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale et de renverser le pouvoir de la bourgeoisie. Mais cette position initiale implique que la r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse en Russie n'est, dans le cadre de la situation internationale, qu'un maillon de la cha&#238;ne internationale. Dans la situation actuelle de l'&#233;conomie mondiale, nous n'existons dans la cha&#238;ne des &#201;tats capitalistes que comme un maillon de l'&#233;conomie mondiale et, par cons&#233;quent, tirer &#171; un juste bilan d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est possible qu'en se pla&#231;ant d'un point de vue international &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'&#233;quilibre dynamique de l'&#233;conomie sovi&#233;tique ne doit pas &#234;tre examin&#233; comme l'&#233;quilibre d'une &#233;conomie ferm&#233;e et autonome. L'&#233;conomie de l'URSS se d&#233;veloppe sous la pression de l'&#233;conomie mondiale ; elle est entr&#233;e dans le syst&#232;me de la division internationale du travail et repr&#233;sente une partie tr&#232;s originale, mais n&#233;anmoins partie prenante, du march&#233; mondial &#171; auquel nous sommes subordonn&#233;s et dont on ne peut se d&#233;tacher &#187; (L&#233;nine). &#192; l'int&#233;rieur [du pays], l'&#233;quilibre &#233;conomique est maintenu par les effets de l'export et de l'import. Plus l'&#233;conomie sovi&#233;tique s'implique dans le syst&#232;me international de la division du travail, plus des &#233;l&#233;ments de l'&#233;conomie sovi&#233;tique, comme les prix et la qualit&#233;, tombent aussit&#244;t directement sous la d&#233;pendance des &#233;l&#233;ments correspondants du march&#233; mondial. En m&#234;me temps, l'&#233;conomie sovi&#233;tique se trouve en lutte incessante avec le syst&#232;me capitaliste mondial, tout en gardant n&#233;cessairement des liens [mot illisible] avec le march&#233; mondial, ce qui aggrave cette lutte. Dans ces conditions, la force de notre opposition &#224; la pression &#233;conomique, militaire et politique du capital mondial est d&#233;termin&#233;e par le rythme de notre d&#233;veloppement &#233;conomique. Mais nous ne sommes pas libres dans le choix des tempos. Ce rythme est d&#233;termin&#233; d'un c&#244;t&#233; par les conditions mat&#233;rielles de notre appareil [le mot qui pr&#233;c&#232;de est illisible dans le manuscrit, mais il semble possible de faire l'interpr&#233;tation propos&#233;e] productif, d'un autre c&#244;t&#233; par la n&#233;cessit&#233;, en dernier ressort, de rattraper et d&#233;passer les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, car notre plateforme proclame :&#171; en cas de lutte longue entre les syst&#232;mes hostiles, le capitalisme et le socialisme, l'issue est d&#233;termin&#233;e en dernier ressort par le ratio de la productivit&#233; qui, dans les conditions du march&#233;, se mesure par le ratio entre les prix int&#233;rieurs et les prix mondiaux &#187; [2]. Nous ne saurons conserver un &#233;quilibre dynamique de toutes les parties constituantes de l'&#233;conomie dans son ensemble, et en m&#234;me temps acc&#233;l&#233;rer de toutes les mani&#232;res possibles notre propre d&#233;veloppement, tout en assurant un avantage aux &#233;l&#233;ments socialistes sur les &#233;l&#233;ments capitalistes, que dans la mesure o&#249;, tout en nous appuyant sur les avantages de l'&#233;conomie planifi&#233;e socialiste, nous utiliserons de fa&#231;on pertinente les possibilit&#233;s qui d&#233;coulent des conditions de la division du travail &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Dans la mesure o&#249; il existe une &#233;conomie mondiale connect&#233;e et une division du travail mondiale, aucun pays pris seul (m&#234;me le plus d&#233;velopp&#233;) ne poss&#232;de une grande industrie d&#233;velopp&#233;e, m&#233;canis&#233;e et polyvalente capable d'assurer la construction du socialisme dans un cadre national ferm&#233; (une telle industrie, assurant la construction du socialisme, existe seulement &#224; l'&#233;chelle mondiale) ; tout cela implique que le prol&#233;tariat est condamn&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t de la hausse de la productivit&#233; du travail, et alors que les liens avec le commerce ext&#233;rieur se renforcent, &#224; permettre dans certaines limites le d&#233;veloppement du capitalisme dans le pays (le march&#233; int&#233;rieur, les concessions, les soci&#233;t&#233;s mixtes [parenth&#232;se incompl&#232;te &#224; cause d'un mot illisible qui pourrait &#234;tre le mot soci&#233;t&#233;s qui a &#233;t&#233; introduit]). De l&#224; vient aussi la NEP, comme une telle forme de lien &#233;conomique entre la grande industrie et la masse de petits producteurs agricoles isol&#233;s, qui nous est impos&#233;e par tout le syst&#232;me de l'&#233;conomie mondiale moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on il appara&#238;t que &#171; notre ordre social est bas&#233; seulement sur la lutte du socialisme et du capitalisme, mais dans certaines limites &#233;galement sur leur coop&#233;ration &#187; (Trotski). Dans ces conditions, la t&#226;che principale consiste &#224; &#171; diriger le d&#233;veloppement in&#233;luctable (dans une certaine mesure et durant un certain laps de temps) du capitalisme dans le cadre du capitalisme d'&#201;tat &#8230;, d'assurer la transformation dans un futur proche du capitalisme d'&#201;tat en socialisme&#8230;, de renforcer les relations r&#233;gul&#233;es par l'&#201;tat pour contrebalancer les relations anarchiques petites-bourgeoises &#187; (L&#233;nine), c'est-&#224;-dire en d'autres termes de soumettre les &#233;l&#233;ments petits-bourgeois &#224; la comptabilit&#233; et au contr&#244;le de l'&#201;tat, et pr&#233;parer les conditions pour l'industrialisation et la collectivisation sur la base de l'&#233;lectrification, car &#171; s'il n'y a pas d'&#233;lectrification, le retour au capitalisme est de toutes les fa&#231;ons in&#233;vitable &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Tous les processus principaux en URSS [bout de phrase illisible car bord de page d&#233;chir&#233;. NdT] &#171; tombent, dans une mesure ou une autre, sous l'action des lois qui dirigent le d&#233;veloppement capitaliste, y compris le changement des conjonctures &#187; (Trotski). Cela cr&#233;e un entrelacement original des contradictions int&#233;rieures et ext&#233;rieures avec des liens r&#233;ciproques entre elles. Ces contradictions int&#233;rieures et ext&#233;rieures sont inextricablement li&#233;es en un seul ensemble. Pour surmonter les premi&#232;res, il est n&#233;cessaire de r&#233;soudre les secondes. L'impossibilit&#233; de construire une &#233;conomie socialiste autonome refl&#232;te les contradictions int&#233;rieures et ext&#233;rieures de la construction du socialisme dans toute leur ampleur, &#224; chaque nouvelle &#233;tape avec une plus grande ampleur et de fa&#231;on bien plus profonde. Ainsi, toutes les contradictions du d&#233;veloppement de l'URSS m&#232;nent en dernier ressort &#224; la contradiction entre un &#201;tat ouvrier isol&#233; et le monde capitaliste qui l'entoure. L'enti&#232;re r&#233;solution de toutes ces contradictions n'est possible qu'en s'orientant vers la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) La construction socialiste en URSS se fait sur la base d'une lutte de classes continue et &#226;pre aux plans national et international. La r&#233;volution prol&#233;tarienne, &#224; la diff&#233;rence de toutes les autres r&#233;volutions, tend non &#224; la perp&#233;tuation de la domination d'une seule classe, mais &#224; l'annihilation de toutes les classes. Repr&#233;sentant un processus ininterrompu, la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut s'attarder &#224; une &#233;tape formelle, ne permettant pas &#224; la soci&#233;t&#233; de trouver son &#233;quilibre ; lorsqu'elle se trouve dans une phase de recul, elle doit pr&#233;parer les &#233;l&#233;ments d'une nouvelle avanc&#233;e, sur une base plus &#233;lev&#233;e que celle qui a &#233;t&#233; acquise &#224; l'occasion de l'essor pr&#233;c&#233;dent. Toute l'&#233;volution se d&#233;roule enti&#232;rement &#224; travers des affrontements incessants des diff&#233;rents groupes de classes d'une soci&#233;t&#233; en cours de restructuration ; et la refonte des relations sociales se fait dans une lutte ininterrompue. &#171; Tant qu'il reste des ouvriers et des paysans, le socialisme reste non r&#233;alis&#233; ; une lutte intransigeante se d&#233;roule en pratique et &#224; chaque pas &#187; (L&#233;nine). Cependant, les m&#233;thodes et les formes de cette lutte du prol&#233;tariat avec la paysannerie doivent &#234;tre diff&#233;rentes de celles que le prol&#233;tariat a utilis&#233;es contre les capitalistes et les propri&#233;taires terriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles prennent aussi en m&#234;me temps la forme d'un &#171; rapprochement &#187; : un accord de ces classes sur la base de l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat. Cet accord s'obtient par des concessions, accord&#233;es aux paysans &#171; dans la d&#233;termination des moyens de mise en place des changements socialistes &#187; (programme du Parti communiste de l'Union) dans le cadre d'une politique d'abolition des classes et dans le but de renforcer le pouvoir du prol&#233;tariat. Pour prendre l'ascendant sur la paysannerie, &#171; la derni&#232;re classe capitaliste &#187;, il ne s'agit pas d'emprunter la voie administrative [mots illisibles dans le manuscrit], avec des m&#233;thodes d'expropriation, mais la voie de l'influence [mot illisible] de la grande industrie sur l'agriculture. L'accord avec la paysannerie doit &#234;tre l'une des mesures visant &#224; l'abolition des classes, qui passe par la remise sur pieds de la grande industrie et son d&#233;veloppement puissant et par la transformation sociale de la paysannerie elle-m&#234;me. &#171; Mais cette t&#226;che (la compl&#232;te liquidation de la contradiction entre la ville et la campagne), l'une des t&#226;ches principales du socialisme, exige &#224; son tour l'utilisation des ressources de l'&#233;conomie mondiale. &#187; (Trotski, Les probl&#232;mes du d&#233;veloppement de l'URSS) Accomplir cette t&#226;che int&#233;gralement et jusqu'au bout n'est possible que dans le cadre de l'industrie mondiale, c'est-&#224;-dire apr&#232;s la victoire des ouvriers des pays avanc&#233;s. Avant cette victoire, &#171; la principale question pour nous reste l'&#233;tablissement juste de relations entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, juste du point de vue de l'abolition des classes &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Dans la mesure o&#249; le r&#233;gime capitaliste domine dans l'ar&#232;ne mondiale, des milliers de liens lient cette petite &#233;conomie marchande au capitalisme mondial et celle-ci donne naissance chaque heure au capitalisme &#224; une grande &#233;chelle. C'est pour cette raison que le d&#233;veloppement de la lutte de classe &#224; l'int&#233;rieur du pays est &#233;troitement li&#233; au d&#233;roulement g&#233;n&#233;ral de la lutte de classe internationale qui le conditionne. La question : &#171; qui prendra le dessus sur qui ? &#187;, m&#234;me du seul point de vue des relations &#224; l'int&#233;rieur du pays, ne d&#233;pend pas pour sa solution d'un ratio entre les &#233;conomies priv&#233;e et &#233;tatique en URSS. Elle d&#233;pend du ratio entre le capitalisme et le socialisme dans l'ar&#232;ne mondiale. Si le r&#233;gime capitaliste &#233;tait en capacit&#233; de tenir encore toute une &#233;poque, alors le capitalisme agraire entrainerait derri&#232;re lui, dans ces conditions, le paysan moyen, paralysant l'influence du prol&#233;tariat sur le village, cr&#233;ant un obstacle politique &#224; la construction socialiste. Tout cela conduirait &#224; une rupture des relations entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, et rendrait in&#233;luctable la chute de la dictature du prol&#233;tariat. C'est pour cette raison qu'en suivant le camarade Trotski nous affirmons que &#171; la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut tenir qu'un temps dans un cadre national&#8230; Dans un pays isol&#233;, parall&#232;lement &#224; ses succ&#232;s grandissent in&#233;luctablement des contradictions, engendr&#233;es aussi bien &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. Si cet isolement se prolongeait, la domination du prol&#233;tariat devrait p&#233;rir, victime des contradictions qui l'assaillent. Son salut r&#233;side uniquement dans la victoire du prol&#233;tariat des pays avanc&#233;s. Mais du point de vue des rapports de force sociaux entre les classes dans l'ar&#232;ne mondiale, il n'y a aucune raison d'estimer que la victoire du prol&#233;tariat des autres pays est l'affaire d'un futur lointain. Le renversement de la bourgeoisie mondiale dans une lutte r&#233;volutionnaire est une t&#226;che beaucoup plus r&#233;aliste et imm&#233;diate que celle de rattraper et d&#233;passer le niveau de l'&#233;conomie capitaliste mondiale, sans franchir les fronti&#232;res de l'URSS &#187; (Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls ceux qui estiment qu'&#224; l'&#233;tape historique actuelle la chute de la dictature du prol&#233;tariat est in&#233;luctable ou m&#234;me extr&#234;mement probable, &#171; croient &#224; l'immuabilit&#233; du capitalisme mondial ou &#224; sa long&#233;vit&#233;. L'opposition de gauche n'a rien de commun avec un tel optimisme capitaliste &#187; (Trotski). C'est pour cette raison que l'opposition l&#233;niniste n'estime pas objectivement in&#233;luctable la rupture avec la paysannerie &#224; l'&#233;tape historique actuelle. Au point o&#249; nous en sommes aujourd'hui, une telle rupture, et par cons&#233;quent la chute de la dictature du prol&#233;tariat &#224; l'&#233;tape historique actuelle, ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une politique erron&#233;e de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) En se rendant clairement compte que la dictature du prol&#233;tariat peut tenir dans un cadre national seulement un temps et que pour cette raison la t&#226;che principale est la transformation de la dictature du prol&#233;tariat de nationale en internationale, l'opposition l&#233;niniste n'a jamais ignor&#233; la n&#233;cessit&#233; de l'instauration d'un accord avec le paysan moyen, sans affaiblir une seule minute la lutte contre les koulaks et en s'appuyant fermement seulement sur les paysans pauvres. &#171; La t&#226;che int&#233;rieure se ram&#232;ne &#224; se renforcer par une politique de classe juste, par des rapports justes de la classe ouvri&#232;re avec la paysannerie et par un acheminement continuel dans la voie de la construction socialiste. Les ressources int&#233;rieures de l'URSS sont innombrables et rendent la chose tout &#224; fait possible. En utilisant en m&#234;me temps, dans ce but, le march&#233; capitaliste mondial, nous lions nos futures destin&#233;es historiques au d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la r&#233;volution mondiale. &#187; C'est ce qu'&#233;crivait la plateforme en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tapes du d&#233;veloppement de la r&#233;volution en URSS sont d&#233;termin&#233;es en dernier ressort par les zigzags du d&#233;veloppement de la r&#233;volution mondiale, que l'opposition l&#233;niniste a toujours consid&#233;r&#233;e comme un processus unique : &#171; la soumission des int&#233;r&#234;ts de la lutte prol&#233;tarienne dans un seul pays aux int&#233;r&#234;ts de cette lutte &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187;], tel est le slogan principal de L&#233;nine, qui &#171; d&#233;termine les t&#226;ches strat&#233;giques du prol&#233;tariat socialiste de l'URSS &#187; et qui est en m&#234;me temps l'une des principales positions de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre deux : Le socialisme national et la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'apparition d'une nouvelle vari&#233;t&#233; de socialisme national en Russie a ses origines id&#233;ologiques dans le bolch&#233;visme de droite de la p&#233;riode 1905-1917. Bien que ne partageant pas le point de vue des mencheviks sur la question de l'&#233;valuation du r&#244;le de la bourgeoisie dans la r&#233;volution d&#233;mocratique, le bolch&#233;visme de droite est fermement intervenu en m&#234;me temps en 1905 contre la prise du pouvoir par le prol&#233;tariat et a limit&#233; notre r&#233;volution &#224; des objectifs d&#233;mocratiques bourgeois. Dans la p&#233;riode de f&#233;vrier &#224; mars 1917, tous ceux qui viennent d'&#234;tre d&#233;crits sans exception, ont men&#233; une lutte incessante contre L&#233;nine. Et apr&#232;s l'arriv&#233;e de L&#233;nine, Kamenev, Rykov, puis Zinoviev et les bolch&#233;viks dits de droite, l'ont fait &#224; leur tour. Ce faisant, ils glissaient d&#233;finitivement sur les positions de l'aile gauche de la d&#233;mocratie radicale petite-bourgeoise. Cela a oblig&#233; L&#233;nine &#224; poser m&#234;me la question : &#171; y a-t-il place pour le bolch&#233;visme de droite dans notre parti ? &#187;]. (L&#233;nine, Recueil no 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les successeurs id&#233;ologiques du bolch&#233;visme de droite, en sus des droitiers actuels, sont les centristes staliniens. En Chine, en Inde, en Espagne et dans tous les pays coloniaux et sous-d&#233;velopp&#233;s, et ces derniers temps au Japon aussi, le centrisme se bat contre la ligne strat&#233;gique ax&#233;e sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne et la dictature du prol&#233;tariat, ligne qu'il consid&#232;re comme m&#233;thode principale pour faire &#233;chouer les t&#226;ches de la r&#233;volution d&#233;mocratique ; il pr&#244;ne le slogan devenu r&#233;actionnaire de la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie, compl&#233;t&#233; par la th&#233;orie et la pratique d'un parti regroupant deux classes [les ouvriers et les paysans &#8211; NdT] ; il d&#233;tache la r&#233;volution d&#233;mocratique dans les colonies de la r&#233;volution mondiale grandissante et consid&#232;re la premi&#232;re du point de vue des positions de la r&#233;volution nationale, alors qu'elle est de fait en m&#234;me temps un maillon de la cha&#238;ne internationale et ne repr&#233;sente pas un but en soi. Le centrisme stalinien dissout ainsi le prol&#233;tariat dans la petite bourgeoisie et le soumet &#224; la bourgeoisie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays a &#233;t&#233; &#233;galement proclam&#233;e par les centristes en 1924, et elle est construite sur l'incompr&#233;hension de la contradiction entre le caract&#232;re international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et le caract&#232;re national de la construction du socialisme en URSS ; c'est la ligne strat&#233;gique du socialisme national. &#192; la base de cette th&#233;orie, il y a la vision d'une paysannerie qui poss&#232;derait [mot illisible] des qualit&#233;s socialistes [mot illisible], &#224; savoir la volont&#233; de &#171; s'enraciner dans le socialisme &#187; (ind&#233;pendamment du sort du prol&#233;tariat des autres pays), et l'id&#233;e de surmonter les contradictions internes dans le pays de la dictature du prol&#233;tariat et de construire la soci&#233;t&#233; socialiste nationale, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie des socialistes nationaux. Ce d&#233;passement est garanti par le fait m&#234;me d'un accord avec la paysannerie. Le seul obstacle pour la construction du socialisme national, du point de vue de cette th&#233;orie, ne pourrait &#234;tre que l'intervention [&#233;trang&#232;re].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si en 1905 les bolch&#233;viks de droite n'acceptaient pas l'id&#233;e de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat en Russie avant que cela ne se fasse en Europe occidentale, ils faisaient de m&#234;me en 1917 la propagande pour la r&#233;volution d&#233;mocratique en Russie, en soi et pour soi, et rejetaient l'id&#233;e de la dictature du prol&#233;tariat. Leurs successeurs id&#233;ologiques (la droite et le centre actuels) voient depuis 1924 la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat dans un cadre national, non comme un acte initial mais comme un acte final de la r&#233;volution : ils ont proclam&#233; comme tout &#224; fait possible la construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste isol&#233;e en URSS, en soi et pour soi. La r&#233;volution mondiale a cess&#233; d'&#234;tre pour eux une condition indispensable de la victoire, mais est seulement devenue &#224; leurs yeux une circonstance favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Les principaux caract&#232;res du &#171; socialisme national &#187; moderne sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) la limitation de la r&#233;volution au cadre national et la rupture avec l'internationalisme prol&#233;tarien qui exige au contraire &#171; la soumission des int&#233;r&#234;ts de la lutte dans un pays aux int&#233;r&#234;ts de cette lutte &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187; (L&#233;nine) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) la d&#233;connexion des contradictions internes de celles de l'&#233;conomie mondiale, et l'incompr&#233;hension du fait que les succ&#232;s de la construction socialiste grandissent de concert avec ses contradictions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) la n&#233;gation de la position de L&#233;nine selon laquelle nous &#171; existons dans la cha&#238;ne des &#201;tats capitalistes en qualit&#233; de maillon de l'&#233;conomie mondiale &#187; et en liaison avec cela ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) le cap mis sur l'ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'&#233;conomie mondiale et pour la cr&#233;ation d'une &#233;conomie nationale autonome, vivant en cercle ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec L&#233;nine dans ces questions particuli&#232;res a conduit &#224; une r&#233;vision compl&#232;te du socialisme aussi bien sur les questions de l'&#233;valuation des forces agissantes de la r&#233;volution nationale, que les centristes et la droite ont &#233;galement cess&#233; de consid&#233;rer comme un maillon de la r&#233;volution mondiale, que pour ce qui est de l'appr&#233;ciation du paysan moyen, qu'ils ont cess&#233; de consid&#233;rer comme &#171; la derni&#232;re classe capitaliste du pays &#187;, contrairement &#224; L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) En plein accord avec la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, les tenants du &#171; socialisme national &#187; consid&#232;rent la NEP comme une &#233;tape historique qui, directement sur la base de la coop&#233;ration avec la paysannerie, cr&#233;e les conditions pour la construction compl&#232;te d'une soci&#233;t&#233; socialiste dans un seul pays, ind&#233;pendamment du sort du prol&#233;tariat dans les autres pays. Au d&#233;but il y avait la coop&#233;ration par la mise &#224; disposition des exploitations agricoles des moyens d'approvisionnement domestique ; maintenant il y a la collectivisation compl&#232;te et l'artel socialiste par la collectivisation du mat&#233;riel agricole ; ces mesures sont d&#233;clar&#233;es comme des conditions suffisantes pour surmonter les contradictions internes et l'int&#233;gration de la paysannerie dans le socialisme. La tactique du &#171; socialisme national &#187; dans le cadre de la NEP est en contradiction profonde avec la ligne strat&#233;gique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Elle est la cons&#233;quence de la ligne du &#171; socialisme national &#187;, &#224; savoir sa th&#233;orie du socialisme dans un seul pays. Pour L&#233;nine, la NEP n'a toujours &#233;t&#233; qu'une &#233;tape sur le chemin de la r&#233;volution mondiale, seulement une adaptation au rythme de son d&#233;veloppement. La tactique de L&#233;nine relative &#224; la NEP consistait, parall&#232;lement &#224; des actions lentes et prudentes, comme pour un si&#232;ge, &#224; pr&#233;parer et ensuite prendre l'offensive &#224; l'int&#233;rieur du pays. L&#233;nine rappelait que &#171; la forteresse du Port-Arthur international sera prise, parce que dans tous les pays m&#251;rissent les forces qui l'abattront. &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage &#224; l'offensive n'implique pas en m&#234;me temps l'abandon de la NEP et de ses m&#233;thodes ; mais il [le passage &#224; l'offensive] change seulement les formes des relations avec la paysannerie, dans la mesure o&#249; ce passage signifie le renforcement de la lutte contre la bourgeoisie paysanne et la mise en &#339;uvre de la collectivisation et des sovkhozes, dont le rythme de croissance est d&#233;termin&#233; par le r&#244;le id&#233;al exerc&#233; par la grande industrie, le niveau technique et l'&#233;tendue de nos relations avec l'&#233;conomie mondiale. Dans la mesure o&#249; les processus int&#233;rieurs &#233;conomiques ont des r&#233;percussions politiques complexes, les principaux probl&#232;mes &#233;conomiques de la NEP sont avant tout des probl&#232;mes politiques tr&#232;s complexes, de la r&#233;solution desquels d&#233;pend le sort de l'&#201;tat ouvrier. Les &#171; socialistes nationaux &#187; ignorent ce contenu politique des probl&#232;mes de la NEP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Le &#171; socialisme national &#187; en Russie, devenu l'arme de la r&#233;action sociale et politique contre les tendances socialistes d'Octobre, a connu deux p&#233;riodes dans son d&#233;veloppement. Dans les conditions d'un &#233;quilibre relatif dans l'&#233;conomie et la politique de notre pays, quand les principales contradictions de la r&#233;volution &#233;taient encore &#171; consid&#233;r&#233;es &#187; en leur qualit&#233; de soi-disant &#171; p&#233;riode de reconstruction &#187;, le cours du &#171; socialisme national &#187; a trouv&#233; son expression tactique dans la politique d'accord avec le koulak et dans l'adaptation du d&#233;veloppement de l'&#233;conomie d'&#201;tat aux besoins de la bourgeoisie paysanne. La coop&#233;rative, comme forme organisationnelle pure, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e route principale pour atteindre le socialisme. La lutte contre la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente et le &#171; trotskysme &#187; &#233;tait l'&#233;tendard id&#233;ologique au nom duquel se faisait la mobilisation des &#233;l&#233;ments petit-bourgeois et se pr&#233;parait la pression contre les conqu&#234;tes socialistes de la r&#233;volution d'Octobre. En opposant au point de vue de l'opposition, l'id&#233;e que le &#171; paysan moyen &#187; serait un atout principal de la politique du &#171; socialisme national &#187;, ses tenants non seulement quittaient ainsi les positions prol&#233;tariennes mais allaient dans la pratique, &#224; l'encontre de l'union du prol&#233;tariat avec le paysan moyen. La politique du &#171; socialisme national &#187; conduisait &#224; saper objectivement, au nom des int&#233;r&#234;ts de l'union avec &#171; le paysan moyen &#187; (qui &#233;tait en fait, pour les &#171; socialistes nationaux &#187;, synonyme de koulak), l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat, alors que l'opposition l&#233;niniste soulignait inlassablement que l'union avec le paysan moyen est conditionn&#233;e par le fait de r&#233;duire cette p&#233;riode de transition et de renforcer l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) La deuxi&#232;me p&#233;riode de d&#233;veloppement du &#171; socialisme national &#187; commence au moment o&#249; le pays est sorti d'un &#233;quilibre relatif et que toutes les forces latentes, qui ont m&#251;ri dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente sous le couvert de la politique de droite, sont sorties de l'ombre et, mettant &#224; nu les contradictions de la r&#233;volution nationale, ont r&#233;v&#233;l&#233; la banqueroute compl&#232;te du cours droitier et centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;tant dans l'incapacit&#233; de passer sur la ligne strat&#233;gique du prol&#233;tariat et de s'appuyer directement sur l'avant-garde prol&#233;tarienne, et &#224; travers elle sur les larges couches des ouvriers et des paysans pauvres, sans oser en m&#234;me temps op&#233;rer un tournant brusque &#224; droite, de peur de l'opposition du prol&#233;tariat qui a commenc&#233; &#224; se manifester en 1928, l'aile centriste du &#171; socialisme national &#187; a tent&#233; &#171; de s'adapter au prol&#233;tariat, sans d&#233;savouer cependant les bases de principe de sa politique et principalement le concept de son omnipotence &#187; (Trotski). Cela a trouv&#233; son expression dans la tentative de r&#233;soudre toutes les contradictions par une br&#232;ve action d'&#233;clat entreprise dans le cadre national, mais sur la voie de l'aventure ultragauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de cette aventure r&#233;side dans une politique d'industrialisation &#224; des rythmes aventureux, dans la suppression de la NEP, dans la liquidation administrative des classes &#224; la campagne et dans la collectivisation totale comme m&#233;thodes de construction de la soci&#233;t&#233; socialiste nationale en quatre ans. Cela a conduit &#224; toute une politique &#233;conomique au-dessus des ressources r&#233;elles et des relations de classes r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons affaire dans ce cas &#224; une politique &#224; la base de laquelle se trouve toujours la m&#234;me vieille th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, dont on a pass&#233; la troisi&#232;me vitesse ; c'est la mise sur le cap de l'abolition des classes dans le cadre d'une &#233;conomie ferm&#233;e nationale qui se suffirait &#224; elle-m&#234;me. En chassant toutes les contradictions du village actuel dans les kolkhozes, o&#249; elles se reproduisent sur une nouvelle base, en niant la diff&#233;renciation dans les kolkhozes et en d&#233;clarant que les kolkhozes sont &#224; priori des entreprises socialistes, le centrisme stalinien cache dans les kolkhozes les tendances capitalistes des fermiers et sacrifie les paysans pauvres et les ouvriers agricoles et leur exploitation au profit des kolkhoziens prosp&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant perdu le soutien du koulak et n'en trouvant pas dans la classe ouvri&#232;re, le centrisme stalinien tente de se cr&#233;er un soutien du c&#244;t&#233; du paysan moyen du kolkhoze qui, conform&#233;ment aux d&#233;cisions du 16e congr&#232;s, doit devenir &#171; le soutien du pouvoir sovi&#233;tique &#224; la campagne &#187;. Le paysan moyen devrait s'enraciner dans le socialisme sur la base de l'&#233;conomie petite-bourgeoise, unifi&#233;e administrativement par la collectivisation du mat&#233;riel agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le forcing bureaucratique des rythmes d'industrialisation et de collectivisation, s'appuyant sur une position th&#233;orique fausse, signifie une accumulation insouciante des disproportions et des contradictions, en particulier en ce qui concerne les relations avec l'&#233;conomie mondiale &#187; (Trotski) d'un c&#244;t&#233;, et les relations entre la ville et la campagne de l'autre. Le r&#233;sultat de toute la politique du centrisme est l'aggravation des relations entre l'&#201;tat et le prol&#233;tariat, et entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, parall&#232;lement &#224; l'&#233;l&#233;vation de la bureaucratie au-dessus des classes et &#224; la croissance du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) La ligne strat&#233;gique du &#171; socialisme national &#187;, v&#233;rifi&#233;e par l'exp&#233;rience des &#233;v&#233;nements, a montr&#233; son &#233;chec complet en mettant le pays de la dictature du prol&#233;tariat face &#224; la menace de sa chute ; elle est en m&#234;me temps un frein pour la r&#233;volution dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s, coloniaux ; elle d&#233;truit et d&#233;sorganise l'Internationale communiste, paralysant le mouvement communiste dans le monde entier : &#171; L'opposition de gauche internationale rejette et condamne cat&#233;goriquement la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays cr&#233;&#233;e par les &#233;pigones [citation reconstitu&#233;e gr&#226;ce &#224; l'original. NdT] en 1924, comme la pire des r&#233;actions contre le marxisme et comme le produit principal de l'id&#233;ologie thermidorienne ; la lutte irr&#233;conciliable avec le stalinisme (ou le socialisme national), qui a trouv&#233; son expression dans le programme de l'Internationale communiste, est la condition n&#233;cessaire de la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire juste aussi bien dans les questions de la lutte de classes internationale que dans le domaine des t&#226;ches &#233;conomiques de l'URSS &#187; (Trotski).&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre trois : La crise actuelle de la r&#233;volution et les t&#226;ches strat&#233;giques du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) &#192; la base de toutes les turbulences du syst&#232;me sovi&#233;tique, il y a les principales contradictions historiques suivantes, li&#233;es entre elles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; a) l'h&#233;ritage des contradictions capitalistes et pr&#233;capitalistes de la vieille Russie bourgeoise tsariste, en premier lieu les contradictions entre la ville et la campagne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; b) la contradiction entre l'arri&#233;ration culturelle g&#233;n&#233;rale et les t&#226;ches de la transformation socialiste, qui ont surgi dialectiquement &#224; partir de cette arri&#233;ration ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; c) la contradiction entre l'&#201;tat ouvrier et l'entourage capitaliste, en particulier entre le monopole du commerce ext&#233;rieur et le march&#233; mondial &#187; (Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces contradictions, qui en aucun cas ne sont de courte dur&#233;e et &#233;pisodiques, se sont d&#233;velopp&#233;es au cours des neuf derni&#232;res ann&#233;es dans les conditions cr&#233;&#233;es par la politique erron&#233;e de la direction et par les d&#233;faites pass&#233;es du prol&#233;tariat mondial, &#224; partir de 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arri&#233;ration culturelle g&#233;n&#233;rale de notre pays, combin&#233;e &#224; la domination de la petite production dans l'agriculture, a cr&#233;&#233; une contradiction profonde entre la base mat&#233;rielle et la superstructure sociale et politique de la dictature du prol&#233;tariat. C'est sur cette base que la bureaucratie s'est d&#233;velopp&#233;e, renforc&#233;e ; elle s'est enti&#232;rement r&#233;v&#233;l&#233;e &#171; comme une superstructure bas&#233;e sur l'&#233;parpillement et la d&#233;moralisation du petit producteur &#187; (L&#233;nine). De plus elle est d'une part due &#224; l'absence de culture des grandes masses ouvri&#232;res, et d'autre part elle s'est d&#233;velopp&#233;e comme un outil de lutte contre le prol&#233;tariat et contre les tendances socialistes de notre r&#233;volution de la part de l'ancienne couche des fonctionnaires d'&#201;tat, qui repr&#233;sente les d&#233;bris des classes &#233;volu&#233;es pr&#233;c&#233;demment dominantes, petites-bourgeoises, alors que les &#233;l&#233;ments de la direction bureaucratique du Parti communiste de l'Union, qui sont tomb&#233;s dans une certaine mesure sous l'influence des &#233;l&#233;ments bourgeois de l'appareil d'&#201;tat, ont pris de l'importance en profitant de la vague de r&#233;action sociale et politique et du soutien de la direction du parti et du pays. En m&#234;me temps, &#171; la bureaucratie sovi&#233;tique, qui repr&#233;sente un amalgame de la couche sup&#233;rieure du prol&#233;tariat victorieux et de larges couches des classes d&#233;chues, incorporeront l'agence puissante du capital mondial &#187; (Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays va dans le sens des besoins sociaux de la bureaucratie sovi&#233;tique, qui devient de plus en plus conservatrice dans ses aspirations &#224; un r&#233;gime national. Celle-ci a besoin de donner de la r&#233;volution r&#233;alis&#233;e une image d&#233;finitive qui lui garantisse une situation privil&#233;gi&#233;e qui serait cens&#233;e &#234;tre suffisante pour la construction pacifique du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un profond antagonisme entre les forces cr&#233;atrices de la r&#233;volution et la bureaucratie. La politique erron&#233;e de la bureaucratie centriste, qui diverge des int&#233;r&#234;ts historiques de la classe ouvri&#232;re, est devenue par elle-m&#234;me depuis longtemps l'une des principales sources de la croissance de la bureaucratie. En profitant d'un rapport de force d&#233;favorable au prol&#233;tariat, la bureaucratie centriste a d&#233;cim&#233; l'opposition l&#233;niniste du parti, a liquid&#233; l'organisation de l'avant-garde du prol&#233;tariat en tant qu'organisation autonome. Elle a &#233;tabli une oppression politique et &#233;conomique, a liquid&#233; les syndicats en qualit&#233; d'organes de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des ouvriers et comme &#233;cole du communisme, a &#233;tabli de fa&#231;on pl&#233;biscitaire un r&#233;gime bonapartiste dans le parti, les unions [professionnelles], les soviets, en renfor&#231;ant ainsi les &#233;l&#233;ments de double pouvoir. La direction centriste a conduit le pays &#224; une crise sociale et &#233;conomique aig&#252;e et &#224; des secousses politiques profondes avec sa politique zigzagante entre l'opportunisme et l'aventurisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La sortie de la crise de la r&#233;volution, cr&#233;&#233;e par neuf ann&#233;es de domination de la bureaucratie du parti et des soviets dans les conditions de la r&#233;action sociale et politique, ne peut se faire que dans deux directions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; soit la restauration bourgeoise par la force via un coup d'&#201;tat contre-r&#233;volutionnaire ouvert ;&lt;br class='autobr' /&gt; soit par le complet r&#233;tablissement de la dictature prol&#233;tarienne via une r&#233;forme profonde du parti, des unions [professionnelles], des soviets. C'est la lutte pour cette deuxi&#232;me voie qui constitue le fond politique de toute la lutte de l'opposition l&#233;niniste, en qualit&#233; de d&#233;tachement russe de l'opposition de gauche internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La t&#226;che principale du prol&#233;tariat dans le domaine &#233;conomique est d'op&#233;rer un repli planifi&#233; &#224; partir des positions aventuristes dans l'industrie et l'agriculture. Ce repli doit poursuivre les buts suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; la cr&#233;ation de plans &#233;conomiques qui tiennent compte de la r&#233;alit&#233;, garantissant la croissance permanente de l'&#233;conomie sur la base d'un &#233;quilibre dynamique ;&lt;br class='autobr' /&gt; le r&#233;tablissement de la confiance des paysans &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat et de son &#201;tat (rapprochement entre la paysannerie et le prol&#233;tariat) ;&lt;br class='autobr' /&gt; un tel regroupement des forces en ville et &#224; la campagne, cr&#233;erait les conditions pour une offensive future. C'est seulement par l'accomplissement de ces t&#226;ches que le prol&#233;tariat peut renforcer sa dictature et rester sur la voie du socialisme, en attendant la victoire du prol&#233;tariat d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Une retraite planifi&#233;e [celle que pr&#233;conise l'opposition de gauche. NdT] par rapport aux positions aventuristes [celles de la direction stalinienne. NdT] suppose &#233;galement une retraite dans la sph&#232;re des relations entre la ville et la campagne, vers les m&#233;thodes du march&#233;, limit&#233;es par l'action stricte et croissante de la gestion planifi&#233;e. Mais une telle retraite vers les m&#233;thodes du march&#233; ne r&#233;soudra pas encore les probl&#232;mes, ceux des relations avec le paysan moyen, dans le domaine politique. Du fait de la politique d&#233;sastreuse de la direction, la confiance que la paysannerie accordait aux r&#233;sultats du travail socialiste du prol&#233;tariat s'est d&#233;grad&#233;e. Le paysan moyen acceptera-t-il, apr&#232;s ce qu'a fait de lui la direction centriste ces derni&#232;res ann&#233;es, de conclure sur la base de la NEP un accord avec la classe ouvri&#232;re, ou bien le paysan moyen se contentera-t-il de &#171; la restauration de la NEP &#187; et exigera-t-il un renforcement de la NEP [une &#171; NEP de la NEP &#187; dans l'original. NdT] et des garanties politiques ? Il est impossible de le pr&#233;voir. C'est la pratique qui le montrera, l'exp&#233;rience du repli lui-m&#234;me. Et cela d&#233;pendra en premier lieu de la force, dans la lutte avec la contre-r&#233;volution bonapartiste, de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me qui s'emploiera &#224; arracher &#224; l'influence de celle-ci les masses moyennes et pauvres de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant sur soi l'initiative de la retraite par rapport &#224; l'aventurisme, l'opposition l&#233;niniste r&#233;p&#232;te une fois encore, en suivant L&#233;nine, ses paroles qui doivent &#234;tre prises comme fondement de nos relations avec la paysannerie : &#171; nous d&#233;clarons honn&#234;tement, sans aucun mensonge aux paysans : pour garder le cap vers le socialisme nous vous ferons, camarades paysans, toute une s&#233;rie de concessions, mais seulement dans certaines limites et dans une certaine mesure, et bien s&#251;r, nous d&#233;ciderons nous-m&#234;mes des limites et de la mesure. Voil&#224; comment se pose la question des relations entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, c'est-&#224;-dire soit la paysannerie doit aller avec nous pour un accord, et nous lui faisons des concessions &#233;conomiques, soit c'est la lutte &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Sous la pression des contradictions et des difficult&#233;s, accentu&#233;es par la politique actuelle, la direction centriste sera oblig&#233;e d'entamer une retraite spontan&#233;e &#224; partir de ses positions aventuristes. Mais cette retraite, sous la domination centriste, d&#233;placera in&#233;luctablement toute la politique vers une &#171; NEP politique &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle transmettra l'initiative aux &#233;l&#233;ments thermidoriens et bonapartistes du Parti communiste de l'Union qui pr&#233;parent d&#232;s &#224; pr&#233;sent le plan d'un accord bonapartiste avec la paysannerie et le capital mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couper la route &#224; une retraite qui irait dans la direction d'une &#171; NEP politique &#187;, l'opposition l&#233;niniste m&#232;ne une lutte intransigeante contre la fraction dirigeante du centrisme et met en avant un programme d&#233;termin&#233; de revendications et de slogans, qui garantissent la sortie de la crise actuelle de la r&#233;volution sur une voie prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) &#192; pr&#233;sent, tout comme durant la p&#233;riode de la pr&#233;paration de notre plateforme, &#171; il existe dans le pays deux positions qui s'excluent mutuellement ; l'une est la position du prol&#233;tariat qui construit le socialisme, l'autre est celle de la bourgeoisie qui tente de ramener le d&#233;veloppement sur une voie capitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction dirigeante du centrisme stalinien, h&#233;sitant entre ces deux positions [illisible] et faisant bloc avec les B&#233;ss&#233;dovski [3] &#171; sur deux fronts &#187;, mais en pratique principalement contre l'opposition l&#233;niniste, conduit &#224; ce que le rapport de force s'&#233;tablisse au profit des forces thermidoriennes et bonapartistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition l&#233;niniste, par contre, est l'unique repr&#233;sentante de la position du prol&#233;tariat. Elle continue de d&#233;fendre dans des conditions difficiles la ligne strat&#233;gique du marxisme-bolch&#233;visme contre le &#171; socialisme national &#187;, et chaque pas de notre r&#233;volution est observ&#233; du point de vue du d&#233;veloppement de la r&#233;volution mondiale. Et son calcul historique principal est li&#233; seulement au d&#233;veloppement de cette r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dans l'original, l'expression est &#171; national-socialisme &#187;, mais il semble pr&#233;f&#233;rable d'&#233;viter cette expression, remplac&#233;e dans cette traduction par &#171; socialisme national &#187;. Remarque valable pour tout le texte. Dans le num&#233;ro 5 d'octobre 1929 du Bulletin de l'opposition (bolchevik-l&#233;niniste), le titre du premier article, r&#233;dig&#233; par Trotski, est Contre le national-communisme ! Dans la premi&#232;re partie des Probl&#232;mes de d&#233;veloppement de l'URSS, Trotski emploie l'expression national-socialisme dans le chapitre intitul&#233; Les contradictions de la p&#233;riode de transition : l'URSS et l'&#233;conomie mondiale (avril 1931) dans le m&#234;me sens que les auteurs de cette brochure traduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Projet de plateforme des bolcheviks-l&#233;ninistes (de l'opposition) pour le 15e congr&#232;s du PCR(b), intitul&#233; La crise du parti et les voies pour en sortir. Tir&#233; de la partie consacr&#233;e &#224; L'URSS et l'&#233;conomie capitaliste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Grigori Zinovi&#233;vitch Bess&#233;dovski est n&#233; en janvier 1896 &#224; Poltava (Ukraine) dans la famille d'une couturi&#232;re et d'un employ&#233; de commerce, qui a acquis par la suite un magasin. Le p&#232;re, qui avait eu des activit&#233;s social-d&#233;mocrates, continuait &#224; pr&#234;ter son appartement pour les activit&#233;s du parti. Grigori a &#233;t&#233; fortement marqu&#233; par la r&#233;volution de 1905 et a suivi des &#233;tudes de commerce. Il est devenu membre en 1909 d'un cercle destin&#233; &#224; l'instruction, mais qui est vite devenu anarcho-communiste. Apr&#232;s le suicide de son p&#232;re en 1911, il a gagn&#233; sa vie en donnant des le&#231;ons, mais a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; une premi&#232;re fois pour ses activit&#233;s. Pour &#233;viter ce type de probl&#232;me, il a gagn&#233; la France o&#249; il a repris ses &#233;tudes tout en fr&#233;quentant les anarchistes et les syndicats. Il est revenu dans l'empire peu avant le d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre mondiale et, tout en poursuivant ses &#233;tudes, il a fond&#233; deux groupes anarchistes. La guerre l'a conduit &#224; participer &#224; des manifestations antimilitaristes. Apr&#232;s la chute de la monarchie, il est all&#233; rejoindre bri&#232;vement le parti des Cadets. &#192; l'automne 1917, il rejoint les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche tout en passant ses examens. En 1919, il passe chez les SR de gauche d'Ukraine. En 1920, il arrive &#224; convaincre la cellule dont il est membre et secr&#233;taire de fusionner avec le parti bolch&#233;vique apr&#232;s l'occupation de Poltava par l'Arm&#233;e rouge. &#192; partir de ce moment, il occupe des postes de responsabilit&#233; grandissante dans l'agriculture, puis la diplomatie ; il devient conseiller de la mission &#233;conomique &#224; Paris en 1927. Son intervention dans des pourparlers avec les Anglais a &#233;t&#233; mal re&#231;ue, et une enqu&#234;te du NKVD sur son comportement &#224; l'&#233;tranger et une affaire d'argent l'ont conduit &#224; fuir l'ambassade le 3 octobre 1929 et &#224; demander, et obtenir, l'asile politique en octobre 1929. Affirmant dans la presse blanche avoir &#233;t&#233; &#171; au premier rang de la lutte contre &#8220;le trotskysme&#8221; &#187;, il s'empressa de faire aux services de s&#233;curit&#233; occidentaux des &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; desservant l'URSS, sur fond d'un anticommunisme d&#233;clar&#233;. D'autres affaires de ce genre ayant &#233;clat&#233;, Trotsky pr&#233;senta souvent Bessedovsky comme le &#171; prototype du bureaucrate d&#233;sertant dans le camp capitaliste &#187; et comme un r&#233;v&#233;lateur de l'&#233;tat de d&#233;composition de la bureaucratie stalinienne. Il a &#233;t&#233; vu pour la derni&#232;re fois en octobre 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1932/00/opposition.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1932/00/opposition.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Averine, Vasily Kuzmitch (1885-1945), membre du Parti bolchevique depuis 1904 ; comit&#233; central en Ukraine de 1921 &#224; 1923. &#192; partir de 1923, il a travaill&#233; dans l'industrie de l'aviation, puis il a &#233;t&#233; pr&#233;sident du conseil de la ligne de chemin de fer Moscou-Kazan. Arr&#234;t&#233; en 1937, condamn&#233; &#224; 8 ans de camps de travail correctionnel [ITL]. Lib&#233;r&#233; en novembre 1945, mais assassin&#233; dans son bureau par des personnes inconnues le 28 d&#233;cembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al'ski, Arkadi (M.) Osipovitch (1892-1936), membre du parti &#224; partir de mars 1917 ; &#224; partir de 1921, adjoint du Narkom [commissaire du peuple] des finances de la RSFSR ; &#224; partir de 1923, de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 4 f&#233;vrier 1936 ; fusill&#233; le 4 novembre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonov-Ovseenko, Vladimir Aleksandrovitch (1883-1938), membre du parti &#224; partir de juin 1917 ; dans le mouvement r&#233;volutionnaire &#224; partir de 1901 ; &#224; partir de 1922, chef de la direction politique de l'Arm&#233;e rouge ouvri&#232;re et paysanne (RKKA) et membre du Conseil militaire r&#233;volutionnaire (RVS) de la R&#233;publique. Arr&#234;t&#233; le 12 octobre 1937 ; fusill&#233; le 10 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beloborodov, Alexandre Georgievitch (1891-1938), membre du RSDRP depuis 1907 ; du parti bolchevique depuis 1917 ; &#224; partir de 1923, du Narkom des affaires int&#233;rieures de la RSFSR. Arr&#234;t&#233; le 15 ao&#251;t 1936 ; fusill&#233; le 9 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boguslavski, Mikha&#239;l Solomonovitch (1886-1937), membre du parti bolchevique &#224; partir de 1917 ; &#224; partir de 1921, vice-pr&#233;sident du Soviet de Moscou. Arr&#234;t&#233; le 8 ao&#251;t 1936. Accus&#233; lors du deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou en janvier 1937. Fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bosh, Evgu&#233;nia Bogdanovna (1879-1925), membre du parti depuis 1901 ; r&#233;volutionnaire professionnelle ; &#224; partir de 1922, &#224; la suite d'une grave maladie (cancer), le CC lui ordonne de se rendre en Italie et en Allemagne pour y &#234;tre soign&#233;e. D&#233;c&#233;d&#233;e par suicide le 5 janvier 1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breslav, Boris Abramovitch (S. V.) (1882-1938), membre du parti depuis 1903 ; &#224; partir de 1922, chef de la direction politique du district militaire de Moscou. Arr&#234;t&#233; le 31 octobre 1937 ; fusill&#233; le 21 avril 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bubnov, Andrei Sergeevitch (1884-1938), membre du parti &#224; partir de 1903 ; &#224; partir de 1922, chef du d&#233;partement Agitation et Propagande du CC PCR (b). Candidat membre du CC du PCR (b). Membre du CC, 1924-1937. Arr&#234;t&#233; le 17 octobre 1937 ; fusill&#233; le 1er ao&#251;t 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Byk, Iosif Moiseevitch (1882-1936), membre du parti bolchevique depuis 1918 ; &#224; partir de 1923, pr&#233;sident de la commission d'audit du fonds sucrier du Conseil supr&#234;me de l'&#233;conomie populaire (VSNKh). Arr&#234;t&#233; le 10 juillet 1936 ; fusill&#233; le 5 octobre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaganian, (Ter-Vaganian) Vagarshak Arutiunovich (1893-1936), membre du parti bolchevique &#224; partir de 1912 ; 1922&#8212;23 r&#233;dacteur en chef de la revue Sous la banni&#232;re du marxisme. Accus&#233; au proc&#232;s des 16, le premier proc&#232;s du cadre de Moscou ; fusill&#233; le 26 ao&#251;t 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vasilchenko, Semyon Filippovitch (1884-1937), membre du parti &#224; partir de 1901 ; &#224; partir de 1920, pr&#233;sident du conseil d'administration de la maison d'&#233;dition Le Travailleur de Moscou. Travaille au Gosizdat. Arr&#234;t&#233; le 28 mars 1936 ; fusill&#233; en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venediktov, Aleksandr Georgievitch [Abrosimov] (1884-1932), membre du parti &#224; partir de 1904 ; &#224; partir de 1923, dirige la section &#233;ditoriale et le d&#233;partement &#233;conomique de la Maison d'&#233;dition d'&#201;tat. D&#233;c&#233;d&#233; le 21 ao&#251;t 1932.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voronski, Alexandre Konstantinovitch (1884-1937), membre du parti depuis 1904 ; &#224; partir de 1921, r&#233;dacteur de la revue Krasnaia nov [Terre vierge rouge] ; simultan&#233;ment &#224; partir de 1922, r&#233;dacteur de la revue Prozhektor [Phare]. Arr&#234;t&#233; le 1er f&#233;vrier 1937 ; fusill&#233; le 13 ao&#251;t 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goltsman, Abram Zinovievitch (1894-1933), membre du parti &#224; partir de 1917 ; &#224; partir de 1922, membre du pr&#233;sidium et chef de la direction &#233;lectrotechnique principale du VSNKh. D&#233;c&#233;d&#233; dans un accident d'avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danishevski, Karl Yuli. Khristianovitch (J&#363;lijs K&#257;rlis Dani&#353;evskis) (1884-1941), membre du parti depuis 1900 ; &#224; partir de 1921, chef de la direction centrale de l'industrie du bois ; pr&#233;sident du conseil d'administration du trust &#171; Northern Forest &#187;. Arr&#234;t&#233; le 16 juillet 1937 ; fusill&#233; le 8 janvier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Drobnis, Yakov Naumovitch (1890-1937), membre du parti &#224; partir de 1906 ; &#224; partir de 1923, membre de la commission administrative et financi&#232;re aupr&#232;s du Conseil des commissaires du peuple de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 6 ao&#251;t 1936. Jug&#233; lors du deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou en janvier 1937. Fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dudnik, F. [Akim Minovitch] (1881-1934), membre du parti bolchevique &#224; partir de 1917. En 1923, membre du coll&#232;ge du commissariat populaire &#224; l'agriculture de l'Ukraine sovi&#233;tique. &#192; partir de 1924, membre du pr&#233;sidium du comit&#233; central du parti communiste d'Ukraine. D&#233;c&#233;d&#233; le 14 mars 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zhakov, Mikhail Petrovich (1893-1936), membre du parti &#224; partir de 1911 ; &#224; partir de 1923, &#233;tudiant &#224; l'Institut des professeurs rouges. Enseigne &#224; l'universit&#233; Sun Yat Sen de Moscou, 1925-27. Arr&#234;t&#233; et fusill&#233; en 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kassior, (Kosior) Vladislav Vikentievitch (1891-1938), membre du parti &#224; partir de 1907 ; r&#233;dacteur du journal Trud [Travail]. En 1921, membre du groupe du Centralisme d&#233;mocratique. En 1925-26, repr&#233;sentant de la Vneshtorgbank &#224; Paris. Condamn&#233; en 1936 &#224; cinq ans de prison &#224; l'Ukhpechlag de Vorkuta. Condamn&#233; &#224; mort le 11 janvier 1938 ; fusill&#233; avec d'autres opposants le 30 mars 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kovalenko, P.A. (1889-1937), membre du parti &#224; partir de 1911 ; &#224; partir de 1920, r&#233;dacteur au journal Pravda. Arr&#234;t&#233; et fusill&#233; en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koganovitch, Piotr Kirillovitch (1887-1937), membre du parti &#224; partir de 1905 ; &#224; partir de 1921, membre du conseil d'administration de Tsentrosoiuz. Arr&#234;t&#233; et fusill&#233; en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Levitin, Mark Filippovitch (1891-1938), membre du RSDRP depuis 1909 ; membre du parti bolchevique depuis 1916 ; travail &#233;conomique dans les agences du VSNKh et du STO (Conseil du travail et de la d&#233;fense). Arr&#234;t&#233; le 10 novembre 1937 ; fusill&#233; le 8 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lobanov, Mikha&#239;l (A.) Ivanovitch (1887-1937), membre du parti depuis 1904 ; travail au sein du comit&#233; de Moscou du PCR (b). Fusill&#233; le 9 mars 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lovatskov, Filipp Ivanovitch (1881-1937), membre du parti depuis 1904 ; en 1923, pr&#233;sident du pr&#233;sidium du Conseil r&#233;gional de l'&#233;conomie populaire de l'Oural. Arr&#234;t&#233; le 2 juillet 1937 ; fusill&#233; le 30 octobre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maksimovski, Vladimir Nikola&#239;evitch (1887-1941), membre du parti &#224; partir de 1903 ; &#224; partir de 1922, vice-nom des Lumi&#232;res de la RSFSR ; professeur et doyen de l'Acad&#233;mie agricole Timiryazev. Arr&#234;t&#233; le 27 juillet 1937, condamn&#233; &#224; cinq ans d'exil. Mort en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesyatsev, Pavel Aleksandrovitch (1889-1938), membre du parti &#224; partir de 1906 ; &#224; partir de 1921, membre du coll&#232;ge, puis pl&#233;nipotentiaire du commissariat populaire &#224; l'agriculture de la RSFSR. Arr&#234;t&#233; le 21 ao&#251;t 1937 ; fusill&#233; le 8 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minkin, Alexandre Eremeevitch (1887-1955), membre du parti depuis 1903 ; &#224; partir de 1922, travaille au comit&#233; ex&#233;cutif de la Comintern ; &#224; partir de 1923, membre du coll&#232;ge du Narkomtorg. Membre du Glavkotsesskom, 1924-26. Condamn&#233; &#224; huit ans de camp de travail correctionnel (ITL) en 1939 ; arr&#234;t&#233; &#224; nouveau en 1948 et condamn&#233; &#224; dix ans d'ITL ; mort en prison le 13 janvier 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouralov, Nikola&#239; Ivanovitch (1877-1937), membre du parti &#224; partir de 1903 ; &#224; partir de 1921, commandant du district militaire de Moscou. Membre du pr&#233;sidium du Gosplan en 1925-26. Arr&#234;t&#233; le 17 avril 1936 ; accus&#233; au deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nikolaev, Nikola&#239; Ilitch (Bezchetvernoi) (1895-1937), membre du parti depuis 1914 ; r&#233;dacteur en chef du journal Communiste. &#192; partir de 1922, vice-pr&#233;sident du conseil d'administration de la maison d'&#233;dition Krasnaia nov. Arr&#234;t&#233; le 4 septembre 1936 ; fusill&#233; le 29 mai 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osinski, N. (Obolenski, Val&#233;rian Val&#233;rianovitch) (1887-1938), membre du parti bolchevique depuis 1907 ; en 1920-21, l'un des dirigeants des d&#233;mocrates centralistes ; &#224; partir de 1921, narkom adjoint de l'agriculture de la RSFSR ; vice-pr&#233;sident du VSNKh ; &#224; partir de 1923, ambassadeur de l'URSS en Su&#232;de. Arr&#234;t&#233; le 14 octobre 1937 ; fusill&#233; le 1er septembre 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poliudov, Evgeny Venediktovich (1887-1937), membre du parti &#224; partir de 1907 ; &#224; partir de 1923, membre du coll&#232;ge du Commissariat du peuple aux finances. Arr&#234;t&#233; le 30 avril 1937 ; fusill&#233; le 9 septembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preobrajenski, Evgeny Alekseevitch (1886-1937), membre du parti depuis 1903 ; secr&#233;taire du comit&#233; central 1920-21 ; comit&#233; de r&#233;daction de la Pravda 1921-27 ; &#224; partir de 1921, pr&#233;sident du comit&#233; des finances du comit&#233; central et du conseil des commissaires du peuple ; figure importante du commissariat du peuple aux Lumi&#232;res de la RSFSR. Preobrajenski &#233;tait l'une des figures les plus influentes de l'&#233;conomie sovi&#233;tique dans les ann&#233;es 1920. Arr&#234;t&#233; en d&#233;cembre 1936, il a &#233;t&#233; fusill&#233; le 13 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puzakov, Aleksei Mikhailovitch (1884-1937), membre du parti depuis 1905 ; &#224; partir de 1922, secr&#233;taire du comit&#233; r&#233;gional de Koursk du PCR (b) ; &#224; partir de 1923, secr&#233;taire, puis pr&#233;sident de la commission de contr&#244;le du district. Arr&#234;t&#233; le 31 mai 1934, condamn&#233; &#224; cinq ans d'ITL. Condamn&#233; &#224; mort le 1er octobre 1937 et fusill&#233; le 8 d&#233;cembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Piatakov, Youri (G.) Leonidovitch (1890-1937), membre du parti depuis 1910 ; &#224; partir de 1922, vice-pr&#233;sident du Gosplan ; &#224; partir de 1923, vice-pr&#233;sident du Conseil supr&#234;me de l'&#233;conomie populaire de l'URSS. &#192; l'&#233;poque de la &#171; D&#233;claration des 46 &#187;, il est membre du comit&#233; central du PCR (b). Il a &#233;t&#233; l'une des figures les plus influentes de l'&#233;conomie sovi&#233;tique dans les ann&#233;es 1920. Arr&#234;t&#233; le 13 septembre 1936 ; accus&#233; lors du deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rafail, (Farbman Rafail Borisovitch) (1893-1966), membre du parti depuis 1910 ; &#224; partir de 1922, chef du d&#233;partement de l'&#233;ducation populaire de Moscou. Arr&#234;t&#233; le 14 janvier 1933 ; condamn&#233; le 16 avril &#224; trois ans d'ITL. En camp de 1935 &#224; 1956. Refuse plusieurs fois sa r&#233;habilitation de 1956 &#224; 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rozengolts, Arkadi Pavlovitch (1889-1938), membre du parti depuis 1905 ; &#224; partir de 1922, membre de la commission du commissariat du peuple aux finances de la RSFSR ; &#224; partir de 1923, chef de la direction principale de l'arm&#233;e de l'air ; membre du Conseil militaire r&#233;volutionnaire de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 7 octobre 1937 ; accus&#233; au troisi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 15 mars 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sapronov, Timofei Vladimirovitch (1887-1938), membre du parti &#224; partir de 1911 ; &#224; partir de 1922, secr&#233;taire et membre du pr&#233;sidium du VTsIK [Comit&#233; ex&#233;cutif central panrusse]. Arr&#234;t&#233; en 1935, il est condamn&#233; &#224; l'ITL. Dans l'isolateur de Verkhne-Uralsk de 1935 &#224; ao&#251;t 1937 ; fusill&#233; le 28 septembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serebriakov, Leonid Petrovitch (1888-1937), membre du parti depuis 1905 ; membre du comit&#233; central depuis le huiti&#232;me congr&#232;s ; secr&#233;taire du comit&#233; central de 1919 &#224; 21 ; &#224; partir de 1922, adjoint au narkom des transports. Arr&#234;t&#233; le 17 ao&#251;t 1936 ; accus&#233; au deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smirnov, Vladimir Mikhailovitch (1887-1937), membre du parti &#224; partir de 1907 ; &#224; partir de 1921, membre du coll&#232;ge et pr&#233;sident de la section financi&#232;re du Gosplan de l'URSS. Arr&#234;t&#233; en 1930 ; plac&#233; dans l'isoloir de Souzdal, puis dans celui de Verkhe-Uralsk de 1930 &#224; mai 1937. Fusill&#233; le 26 mai 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smirnov, Ivan Nikititch (1881-1936), membre du parti &#224; partir de 1899 ; &#224; partir de 1923, narkom des postes et t&#233;l&#233;graphes de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 1er janvier 1933. Incarc&#233;r&#233; &#224; la prison centrale de l'OGPU-NKVD du 1er janvier 1933 &#224; ao&#251;t 1936. Accus&#233; au premier proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 25 ao&#251;t 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sosnovski, Lev Semyonovich (1886-1937), membre du parti &#224; partir de 1904 ; &#224; partir de 1918, r&#233;dacteur en chef des journaux Bednota et Kommunar. Membre du comit&#233; de r&#233;daction de la Pravda 1923-27. Arrestations et emprisonnements r&#233;p&#233;t&#233;s ; derni&#232;re arrestation le 23 octobre 1936 ; fusill&#233; le 3 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stukov, Innokenty Nikolaevitch (1887-1936), membre du parti &#224; partir de 1905 ; &#224; partir de 1923, r&#233;dacteur en chef de la maison d'&#233;dition Moskovskii rabochii. Membre du Gosplan. Arr&#234;t&#233; le 21 mars 1936 ; fusill&#233; le 4 novembre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kharechko, Taras (G.) Ivanovitch (1893-1937), membre du parti depuis 1914 ; &#224; partir de 1922, membre du conseil d'administration de l'universit&#233; de Leningrad, chef du d&#233;partement r&#233;gional des affaires de presse, membre du coll&#232;ge du d&#233;partement de Leningrad de Tsentrokhim. Arr&#234;t&#233; en 1936, d&#233;tenu &#224; l'ITL de 1936 &#224; 1937. Condamn&#233; &#224; mort le 18 septembre 1937 ; fusill&#233; le 27 novembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shmidel, Oskar Karlovich (1889-1937), membre du parti depuis 1917 ; &#224; partir de 1922, secr&#233;taire de la cellule du parti du PCR (b) et &#233;conome de l'usine &#171; Kauchuk &#187; de la r&#233;gion de Khamovnicheski &#224; Moscou. Arr&#234;t&#233; le 17 juin 1937 ; fusill&#233; le 7 octobre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eltsine, Boris Mikhailovitch (1875-1937), membre du parti &#224; partir de 1897 ; &#224; partir de 1921, pr&#233;sident du coll&#232;ge et membre du conseil d'administration de Glavpolitprosvet. Il est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Opposition de gauche sovi&#233;tique en 1928. Ses trois enfants &#233;taient &#233;galement membres de l'opposition. Arr&#234;t&#233; en janvier 1935, condamn&#233; &#224; cinq ans d'ITL ; fusill&#233; le 27 novembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yakovleva, Varvara Nikolaevna (1884-1941), membre du parti depuis 1904 ; &#224; partir de 1920, secr&#233;taire du comit&#233; de Moscou du PCR (b) ; &#224; partir de 1921, secr&#233;taire du bureau sib&#233;rien du CC PCR (b) ; &#224; partir de 1922, commissaire adjoint du peuple aux Lumi&#232;res en RSFSR. Arr&#234;t&#233; le 27 septembre 1937 ; fusill&#233; sans jugement &#224; la prison d'Orlov du NKVD le 11 septembre 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/10/21/ztbo-o21.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/10/21/ztbo-o21.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/isolateur.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/isolateur.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un t&#233;moignage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://sinedjib.com/index.php/2022/06/25/anton-ciliga-novembre-1930-dans-lisolateur-politique-de-verkhne-ouralsk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sinedjib.com/index.php/2022/06/25/anton-ciliga-novembre-1930-dans-lisolateur-politique-de-verkhne-ouralsk/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cahiersdumouvementouvrier.org/a-propos-des-trotskystes-de-verkhne-ouralsk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cahiersdumouvementouvrier.org/a-propos-des-trotskystes-de-verkhne-ouralsk/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n62/cmo_062.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n62/cmo_062.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui est Jacob Blumkine ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8915</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8915</guid>
		<dc:date>2026-07-16T22:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui est Jacob Blumkine ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Neuf secr&#233;taires (c'est-&#224;-dire les collaborateurs les plus proches) de Trotsky ont &#233;t&#233; assassin&#233;s sur ordre de Staline : M. Glazman, G. Boutov, J. Blumkine, N.Sermuks, I. Poznansky, R. Klement, E. Wolf, L&#233;on S&#233;dov et Robert Sheldon Harte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre de Trotsky aux &#233;poux Rosmer : &lt;br class='autobr' /&gt;
Chers amis, &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le journal de Milioukov (les Derni&#232;res Nouvelles) du 29 d&#233;cembre, il y a le t&#233;l&#233;gramme suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Blumkine est fusill&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cologne, 28 d&#233;cembre. &#8212; Le correspondant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui est Jacob Blumkine ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Neuf secr&#233;taires (c'est-&#224;-dire les collaborateurs les plus proches) de Trotsky ont &#233;t&#233; assassin&#233;s sur ordre de Staline : M. Glazman, G. Boutov, J. Blumkine, N.Sermuks, I. Poznansky, R. Klement, E. Wolf, L&#233;on S&#233;dov et Robert Sheldon Harte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettre de Trotsky aux &#233;poux Rosmer :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chers amis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le journal de Milioukov (les Derni&#232;res Nouvelles) du 29 d&#233;cembre, il y a le t&#233;l&#233;gramme suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Blumkine est fusill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cologne, 28 d&#233;cembre. &#8212; Le correspondant de Moscou du Journal de Cologne t&#233;l&#233;graphie : Ces jours-ci fut arr&#234;t&#233; sur l'ordre du Gu&#233;p&#233;ou le notoire Blumkine, le meurtrier de Mirbach. Blumkine fut accus&#233; d'entretenir des relations secr&#232;tes avec Trotsky. D'apr&#232;s la sentence du Gu&#233;p&#233;ou, Blumkine fut fusill&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette communication est-elle juste ? je n'en poss&#232;de pas une certitude absolue. Mais tout un encha&#238;nement de circonstances non seulement me permettent, mais me forcent &#224; croire qu'elle est juste. Pour m'exprimer plus exactement : int&#233;rieurement je n'ai aucun doute. Ce qui me manque, c'est une confirmation juridique de l'assassinat de Blumkine par Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez certainement que, quelque temps apr&#232;s l'insurrection arm&#233;e des socialistes r&#233;volutionnaires de gauche, Blumkine passait aux bolcheviks, prenait une part h&#233;ro&#239;que &#224; la guerre civile et puis travaillait assez longtemps dans mon secr&#233;tariat militaire. Plus tard il restait surtout au service du Gu&#233;p&#233;ou, mais aussi au service militaire et &#224; celui du parti. Il accomplissait dans divers pays des missions de la plus haute importance. Son d&#233;vouement &#224; la R&#233;volution d'octobre et au parti &#233;tait absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la derni&#232;re heure, Blumkine accomplit le travail d'une fonction sovi&#233;tique tr&#232;s importante. Comment a-t-il pu s'y tenir en appartenant &#224; l'opposition ? Cela s'explique par le caract&#232;re de son travail ; celui-ci &#233;tait tout &#224; fait individuel. Blumkine n'avait pas ou presque pas affaire avec les noyaux communistes, la possibilit&#233; de participer &#224; la discussion des questions du parti, etc. Cela ne signifie pas qu'il cachait ses pens&#233;es. Au contraire. A Menjinsky et &#224; Trilisser, l'ancien chef de la section &#233;trang&#232;re du Gu&#233;p&#233;ou, Blumkine avait d&#233;clar&#233; que ses sympathies allaient &#224; l'opposition, mais que naturellement, comme tout autre oppositionnel, il &#233;tait tout &#224; fait pr&#234;t &#224; accomplir sa fonction importante au service de la R&#233;volution d'octobre. Menjinsky et Trilisser consid&#233;raient Blumkine comme irrempla&#231;able, et c'&#233;tait exact. Ils l'ont laiss&#233; &#224; sa besogne, qu'il a accomplie jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkine m'a vraiment visit&#233; &#224; Constantinople. J'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; que Blumkine &#233;tait li&#233; avec moi par les liens &#233;troits du travail dans mon secr&#233;tariat. Il avait pr&#233;par&#233; en particulier un de mes volumes militaires (j'en parle dans la pr&#233;face de ce volume). Blumkine est venu &#224; Constantinople, chez moi, pour s'informer comment j'appr&#233;ciais la situation et pour v&#233;rifier qu'il agissait justement en restant au service du gouvernement qui d&#233;porte, bannit et emprisonne les camarades de sa tendance. Je lui ai r&#233;pondu naturellement qu'il agissait tout &#224; fait justement en accomplissant son devoir r&#233;volutionnaire &#8212; non envers le gouvernement de Staline, qui avait usurp&#233; les droits du parti, mais envers la r&#233;volution d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vous a peut-&#234;tre cit&#233;, d'un des articles d'Iaroslavsky, une all&#233;gation concernant mon entretien pendant l'&#233;t&#233; avec un visiteur, &#224; qui j'aurais pr&#233;dit la perdition in&#233;vitable et proche du gouvernement sovi&#233;tique. Le sycophante mis&#233;rable ment, cela va de soi. Mais par un rapprochement de faits et de dates, je suis certain qu'il s'agit de mon entretien avec Blumkine. A sa question sur la possibilit&#233; de concilier son travail et son appartenance &#224; l'opposition, je lui dis, entre autres, que mon exil, comme l'emprisonnement d'autres camarades, ne changent pas notre ligne fondamentale ; qu'au moment du danger les oppositionnels seront aux postes avanc&#233;s ; qu'aux heures difficiles, Staline sera forc&#233; de leur faire appel, comme Ts&#233;r&#233;telli avait appel&#233; les bolcheviks contre Kornilov. En Liaison avec cela, j'ajoutai : &#171; Mais que ce ne soit pas trop tard. &#187; &#201;videmment Blumkine, apr&#232;s son arrestation, a expos&#233; cet entretien comme une d&#233;monstration des v&#233;ritables &#233;tats d'&#226;me et dispositions de l'opposition : il ne faut pas oublier que je suis exil&#233; sur l'accusation de pr&#233;parer la lutte arm&#233;e contre le pouvoir des Soviets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Blumkine, je transmis &#224; Moscou pour nos amis une lettre d'information bas&#233;e sur les m&#234;mes id&#233;es que j'ai expos&#233;es dans une s&#233;rie d'articles publi&#233;s : la r&#233;pression des stalinistes contre nous ne signifie pas encore le changement du caract&#232;re de classe de l'&#201;tat, mais pr&#233;pare seulement et facilite un tel changement ; notre voie reste, comme par le pass&#233;, celle de la r&#233;forme et non celle de la r&#233;volution ; la lutte implacable pour nos id&#233;es doit &#234;tre orient&#233;e vers un long d&#233;lai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;us ult&#233;rieurement la communication que Blumkine &#233;tait arr&#234;t&#233; et que la lettre transmise par son interm&#233;diaire &#233;tait tomb&#233;e entre les mains de Staline. Je ne sais rien des conditions dans lesquelles Blumkine fut arr&#234;t&#233;. Les gouvernants de Moscou savaient qu'il avait pass&#233; par Constantinople. Ses chefs (Meninsky, Trilisser) connaissaient bien ses id&#233;es oppositionnelles. Il s'est rendu &#224; Moscou de sa propre initiative, dans l'int&#233;r&#234;t du travail qu'il accomplissait. Sur les &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs, je ne sais que ce qui est dit dans le t&#233;l&#233;gramme ci-dessus du Journal de Cologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de ce fait n'exige pas d'explications. Vous savez, par le fameux proc&#232;s de 1922, qu'on a &#233;vit&#233; de fusiller m&#234;me les socialistes r&#233;volutionnaires qui avaient organis&#233; des attentats contre L&#233;nine, Ouritsky, Volodarsky, moi-m&#234;me et autres. Des socialistes r&#233;volutionnaires de gauche, auxquels avait appartenu en 1918 Blumkine, on n'a fusill&#233;, au moment de leur insurrection, que l'organisateur, Alexandrovitch. Blumkine, un des participants de cette insurrection, est bient&#244;t devenu un bolchevik. Mais si on ne l'a pas fusill&#233; en 1918 pour sa participation dirigeante &#224; l'insurrection arm&#233;e contre le pouvoir des Soviets, on l'a fusill&#233; en 1929 pour cette raison que, en servant courageusement la R&#233;volution d'octobre, il ne partageait pas, sur les questions les plus importantes, les id&#233;es de la fraction stalinienne et consid&#233;rait de son devoir de r&#233;pandre les id&#233;es des bolcheviks-l&#233;ninistes (opposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkine est fusill&#233; &#8212; je n'en ai pas le moindre doute &#8212; sur l'arr&#234;t du Gu&#233;p&#233;ou. Un fait pareil n'a pu avoir lieu que parce que le Gu&#233;p&#233;ou est devenu l'organe personnel de Staline. Pendant les ann&#233;es de la guerre civile, la Tch&#233;ka accomplissait une besogne s&#233;v&#232;re. Mais ce travail restait sous le contr&#244;le du parti. Des centaines de fois se sont &#233;lev&#233;s, des milieux du parti, des protestations, des d&#233;clarations et des demandes ou exigences d'explications concernant tel ou tel arr&#234;t. A la t&#234;te de la Tch&#233;ka se trouvait Dzerjinsky, un homme d'une force morale sup&#233;rieure. Il restait subordonn&#233; au bureau politique, dont les membres avaient des id&#233;es bien nettes sur chaque question et savaient les d&#233;fendre. Tout cela donnait la garantie que la Tch&#233;ka demeure l'instrument de la dictature r&#233;volutionnaire. Maintenant, le parti est &#233;touff&#233;. Sur l'ex&#233;cution de Blumkine, des milliers et des dizaines de milliers de membres du parti chuchoteront avec horreur dans les coins. A la t&#234;te du Gu&#233;p&#233;ou se trouve Menjinsky, pas un homme, mais l'ombre d'un homme. Le r&#244;le principal dans le Gu&#233;p&#233;ou est jou&#233; par Iagoda, un carri&#233;riste d&#233;testable qui a li&#233; son sort &#224; celui de Staline et qui est pr&#234;t &#224; accomplir sans r&#233;fl&#233;chir et sans discuter n'importe quel ordre de ce dernier. Le bureau politique n'existe pas. Boukharine a racont&#233; que Staline tient dans ses mains les membres du soi-disant bureau politique &#224; l'aide de dossiers accumul&#233;s contre eux par le Gu&#233;p&#233;ou. Dans ces conditions, l'ex&#233;cution de Blumkine est une affaire personnelle de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crime inou&#239; ne peut passer inaper&#231;u, m&#234;me dans les conditions pr&#233;sentes de l'omnipotence de l'appareil. Staline ne pouvait pas ne pas pressentir ce r&#233;sultat par avance, et le fait que, malgr&#233; sa prudence f&#233;lonne, il s'est d&#233;cid&#233; &#224; tuer Blumkine, d&#233;montre combien est grande la peur de cet homme devant l'opposition de gauche. Il ne peut y avoir aucun doute que Blumkine est tomb&#233; en victime expiatoire, parce que Radek et autres capitulards n'ont pu entra&#238;ner avec eux qu'une petite minorit&#233; de l'opposition, tandis qu'&#224; l'&#233;tranger l'opposition accuse dans diff&#233;rents pays de s&#233;rieux succ&#232;s id&#233;ologiques et d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'ex&#233;cution de Blumkine, Staline veut dire &#224; l'opposition internationale des bolcheviks-l&#233;ninistes qu'il poss&#232;de &#224; l'int&#233;rieur du pays des centaines et des milliers d'otages qui auront &#224; payer de leur t&#234;te les succ&#232;s du vrai bolchevisme sur l'ar&#232;ne mondiale. En d'autres termes, apr&#232;s les exclusions du parti, apr&#232;s la condamnation de familles &#224; la famine, apr&#232;s les emprisonnements, les d&#233;portations, etc., Staline essaye d'effrayer l'opposition par le dernier moyen qui lui reste entre les mains : le meurtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire avec certitude que les r&#233;sultats seront directement oppos&#233;s au but que Staline se fixe. Une tendance d'id&#233;es historiquement progressive, qui se base sur la logique objective du d&#233;veloppement, ni peut &#234;tre ni effray&#233;e, ni fusill&#233;e. Cependant il est clair que l'opposition ne peut pas, en envisageant seulement la marche objective des &#233;v&#233;nements, se comporter passivement envers la nouvelle, cette fois sanguinaire, &#233;tape des repr&#233;sailles thermidoriennes de Staline. Il faut imm&#233;diatement ouvrir une campagne internationale, dans laquelle chaque oppositionnel doit faire la besogne qui, dans d'autres conditions, se r&#233;partirait sur les &#233;paules de trois, cinq ou dix camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment je me repr&#233;sente la marche de cette campagne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout il faut porter ce fait &#224; la connaissance de tous les communistes et exiger de la direction officielle du parti la confirmation ou le d&#233;menti du fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus d&#233;cisivement, largement, &#233;nergiquement sera pos&#233;e la question, d'autant plus compl&#232;tement la direction sera prise &#224; l'improviste et d'autant plus vite on pourra d&#233;couvrir les dessous de ce fait. Il faut cr&#233;er une telle atmosph&#232;re que de Paris, Berlin, Vienne, Prague, New York, on exige des explications de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il pour cela ? Avant tout, il me semble, publier un petit tract sur ce th&#232;me : &#171; Est-il juste que Staline ait tu&#233; le camarade Blumkine ? &#187; Dans ce tract il faut poser aux Cachin, aux Th&#228;lmann et Cie, carr&#233;ment les questions suivantes : connaissent-ils ce fait, prennent-ils sur eux la responsabilit&#233; du meurtre du r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien par la clique staliniste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'est pas fait de r&#233;ponse &#224; la premi&#232;re question, comme c'est presque certain, il faudra sans tarder publier un second tract d'un caract&#232;re plus offensif et le r&#233;pandre &#224; des dizaines de milliers d'exemplaires par tous les voies et canaux possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien possible que Staline essaye, en cas d'une pression dans l'Occident et d'une inqui&#233;tude dans le P.C.R., de lancer quelque version envenim&#233;e dans le genre des connivences avec l'officier wrang&#233;lien &#034;, de la pr&#233;paration de l'insurrection ou d'actes terroristes. A des ignominies pareilles, il faut qu'on soit pr&#234;t. C'est &#224; peine pourtant si de telles explications peuvent produire une impression s&#233;rieuse. Aussi bien parce qu'elles exhalent l'odeur des manigances de la police bonapartiste que, surtout, parce que, dans la lutte avec l'opposition, Staline a d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; les ressources de ce genre. Il n'est pas n&#233;cessaire de rappeler que la position de principe qu'occupait Blumkine avec nous tous excluait, de sa part, l'application dans la lutte de m&#233;thodes aventureuses, quelles qu'elles soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Blumkine doit devenir l'affaire Sacco-Vanzetti de l'opposition communiste de gauche. La lutte pour le salut de nos amis de l'U.R.S.S. doit devenir en m&#234;me temps la v&#233;rification des rangs de l'opposition dans les pays d'Occident. Apr&#232;s avoir accompli une campagne &#224; la mani&#232;re r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire avec la plus haute tension des forces et avec le d&#233;vouement supr&#234;me, l'opposition s'&#233;l&#232;vera d'un coup d'une t&#234;te enti&#232;re. Cela nous donnera le droit de dire que Blumkine n'a pas donn&#233; sa vie en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque centre d'opposition devrait &#233;laborer soigneusement les premiers pas de la campagne et les pr&#233;parer minutieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la r&#233;alisation pratique des mesures trac&#233;es, le mieux serait peut-&#234;tre de choisir, dans chaque endroit, une &#171; tro&#239;ka &#187; avec des pleins pouvoirs, &#224; laquelle tous les membres de l'opposition devraient &#234;tre subordonn&#233;s au cours de cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas exclu qu'avant m&#234;me que cette lettre vous parvienne la presse ait publi&#233; de telles informations sur le sort de Blumkine qui rendent superflue la question juridique concernant la confirmation du fait. Il ne restera qu'&#224; constater tout simplement le meurtre et &#224; demander au comit&#233; central de chaque parti s'il prend la responsabilit&#233; de ce crime devant la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger consiste en ce que l'interpellation devienne un tir &#224; blanc, en se r&#233;duisant &#224; un tract isol&#233;. Il faut trouver le moyen de poser, de nouveau et de nouveau, la question et de jeter sans r&#233;pit cette accusation &#224; la figure des &#171; chefs &#187;. Il faut p&#233;n&#233;trer dans les r&#233;unions du parti, dans les r&#233;unions ouvri&#232;res en g&#233;n&#233;ral, il faut pr&#233;parer des affiches et de petites feuilles volantes de dix lignes, etc., etc&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous enverrai ult&#233;rieurement des mat&#233;riaux suppl&#233;mentaires, et en particulier la caract&#233;ristique de Blumkine dans la forme n&#233;crologique (sic) quand seront &#233;limin&#233;s les derniers doutes purement formels sur son sort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; vous, &lt;br class='autobr' /&gt;
L. Trotski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Lettre_%C3%A0_Alfred_et_Marguerite_Rosmer,_5_janvier_1930&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/texts/fr/Lettre_%C3%A0_Alfred_et_Marguerite_Rosmer,_5_janvier_1930&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plats les plus &#233;pic&#233;s sont encore &#224; venir&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son article &#171; La lutte pour un issue &#187;, Biulleten Oppositsii n&#176; 49, le camarade Ciliga raconte les tortures inflig&#233;es par le GPU &#224; un marin, afin de l'obliger &#224; avouer sa participation &#224; un imaginaire &#171; complot contre Staline &#187;. Il ne le laissa que quand il &#171; fut devenu &#224; moiti&#233; fou &#187;. Ce fait m&#233;rite qu'on le prenne au s&#233;rieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La succession de proc&#232;s politiques publics en URSS a montr&#233; combien certains inculp&#233;s sont pr&#234;ts &#224; s'accuser de crimes que, de toute &#233;vidence, ils n'ont pas commis. Ces accus&#233;s, qui ont l'air de jouer devant le tribunal un r&#244;le appris par c&#339;ur, s'en tirent avec des peines l&#233;g&#232;res, parfois, de toute &#233;vidence, fictives. C'est pr&#233;cis&#233;ment en &#233;change de cette indulgence de la justice qu'ils ont fait ces &#171; aveux &#187;. Mais pourquoi les autorit&#233;s ont-elles besoin de conspirations fictives ? Parfois pour impliquer une tierce personne, &#233;trang&#232;re &#224; l'affaire, parfois pour dissimuler leurs propres crimes, ainsi que la r&#233;pression sanglante que rien ne justifie, pour cr&#233;er enfin un climat favorable &#224; la dictature bonapartiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; sur la base des documents officiels que Medved, Iagoda et Staline avaient de toute &#233;vidence jou&#233; un r&#244;le direct dans l'assassinat de Kirov. Il est probable qu'aucun d'eux ne souhaitait la mort de Kirov. Mais tous ont jou&#233; avec sa vie, en essayant, &#224; travers cet acte terroriste, de pr&#233;parer un amalgame &#8211; avec la &#171; participation &#187; de Zinoviev et Trotsky.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;position de Zinoviev &#224; son proc&#232;s avait manifestement un caract&#232;re &#233;vasif qui &#233;tait le r&#233;sultat de l'accord conclu au pr&#233;alable entre les accusateurs et les accus&#233;s : ce n'est de toute &#233;vidence qu'&#224; cette condition que Zinoviev s'&#233;tait vu promettre la vie sauve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Extorquer aux accus&#233;s des t&#233;moignages fantastiques contre eux-m&#234;mes, afin de les faire ricocher sur d'autres, c'est depuis longtemps le syst&#232;me du GPU, c'est-&#224;-dire de Staline.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi fallait-il organiser en 1930 une tentative d'assassinat contre Staline ? Pourquoi avoir impliqu&#233; un marin dans cette affaire ? Nous ne disposons l&#224;-dessus d'aucun renseignement, sauf les quelques lignes de l'article du camarade Ciliga. Nous allons prendre pourtant le risque de formuler une hypoth&#232;se.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur de ces lignes a &#233;t&#233; expuls&#233; en Turquie en 1929. Peu apr&#232;s, il re&#231;ut &#224; Constantinople la visite de Blumkine qui allait payer cela de sa vie. L'ex&#233;cution de Blumkine par Staline &#233;branla &#224; l'&#233;poque bien des communistes, en URSS et ailleurs. C'est &#224; cette &#233;poque que fut organis&#233; &#224; l'&#233;tranger le centre bolchevik-l&#233;niniste et que commen&#231;a la publication de Biulleten et autres organes de presse. Dans ces conditions, Staline avait un besoin pressant d'une &#171; tentative d'assassinat &#187;, surtout d'une tentative d'assassinat dont on aurait tir&#233; les ficelles &#224; l'&#233;tranger et dans laquelle il aurait pu impliquer Blumkine ou tout au moins son fant&#244;me. Un marin faisait l'affaire, surtout s'il avait effectu&#233; des voyages entre un port sovi&#233;tique et Constantinople. Ce marin a pu &#234;tre arr&#234;t&#233; par hasard &#8211; pour des propos imprudents, pour avoir lu de la litt&#233;rature ill&#233;gale, ou simplement pour contrebande : nous ne savons rien de lui. Peut-&#234;tre l'a-t-on menac&#233; de plusieurs ann&#233;es de prison. Mais l'astucieux Iagoda lui promit la libert&#233; et toutes sortes d'autres avantages s'il acceptait de t&#233;moigner que Blumkine, sur ordre de Trotsky, l'avait entra&#238;n&#233; dans un complot contre Staline. Si le coup avait r&#233;ussi, l'exil de Trotsky et l'ex&#233;cution de Blumkine auraient ainsi &#233;t&#233; justifi&#233;es. Mais le malheur c'est que le marin devint &#171; &#224; moiti&#233; fou &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre hypoth&#232;se n'est qu'une hypoth&#232;se. Mais elle r&#233;pond parfaitement &#224; la nature morale de Staline et aux m&#233;thodes de sa politique. &#171; Ce cuisinier &#187;, disait L&#233;nine en mettant en garde contre lui, &#171; ne nous pr&#233;pare jamais que des plats &#233;pic&#233;s. &#187; Mais L&#233;nine lui-m&#234;me, quand il pronon&#231;a ces paroles en f&#233;vrier 1922, ne pouvait &#233;videmment avoir pr&#233;vu qu'une cuisine aussi diabolique se dresserait sur les fondements du parti bolchevique&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes en 1936. Les m&#233;thodes de Staline sont toujours les m&#234;mes. Les dangers politiques qui le menacent se sont aggrav&#233;s. La technique de Staline et Iagoda s'est enrichie de l'exp&#233;rience n&#233;e de plusieurs erreurs. Nous n'avons donc aucune illusion &#224; nous faire : les plats les plus &#233;pic&#233;s sont encore &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, seuls des cercles &#233;troits du parti sont inform&#233;s de ce que Staline a fait &#224; Blumkine. Ils r&#233;pandent syst&#233;matiquement des rumeurs selon lesquelles Blumkine se serait suicid&#233;. Ainsi Staline, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ose-t-il pas reconna&#238;tre ouvertement qu'il a ex&#233;cut&#233; le &#034;contre-r&#233;volutionnaire&#034; Blumkine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout &#224; fait remarquable que la presse capitaliste mondiale ne se soit pas empress&#233;e d'utiliser l'affaire Blumkine. Elle pense &#224; juste titre que la d&#233;fense des communistes de gauche contre les repr&#233;sailles de Staline n'entre pas dans la sph&#232;re de ses int&#233;r&#234;ts. Aussi l'Opposition communiste de gauche est-elle tenue de faire campagne avec d'autant plus de constance et de fermet&#233; pour d&#233;noncer les crimes staliniens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dernier num&#233;ro, nous avons dit qu'outre Blumkine, deux oppositionnels suppl&#233;mentaires avaient &#233;t&#233; fusill&#233;s, les camarades Silov et Rabinovich, Ainsi la question rev&#234;t-elle une importance exceptionnelle : seule la publicit&#233; autour de ses crimes parmi les ouvriers progressistes du monde entier peut arr&#234;ter la sanglante violence de Staline contre les bolcheviks r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ex-communiste Souvarine a vol&#233; au secours de Staline, pr&#233;tendant que Blumkine aurait soi-disant ex&#233;cut&#233; dans le G.P.U. les instructions de l'Opposition et que l'existence m&#234;me du G.P.U. lui dicte d'ex&#233;cuter ceux qu'il emploie quand ils le trahissent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Souvarine en conclut que &#034;dans la treizi&#232;me ann&#233;e de la r&#233;volution&#034;, il faut supprimer le G.P.U.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons aucune raison de nous engager dans un d&#233;bat th&#233;orique avec Souvarine. Nous estimons suffisant de nous limiter &#224; la d&#233;claration suivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le camarade Blumkine n'a jamais ex&#233;cut&#233; et, du fait m&#234;me du caract&#232;re de son travail, n'aurait jamais pu ex&#233;cuter dans le G.P.U. ou par lui les instructions de l'Opposition. Il suffit d'indiquer qu'il a pass&#233; le plus gros de la derni&#232;re p&#233;riode en Extr&#234;me-Orient, principalement en Mongolie.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'interdiction faite aux travailleurs du G.P.U. comme de l'arm&#233;e d'avoir d'autres opinions que celles du comit&#233; central aujourd'hui, &#233;quivaut &#224; priver des droits de parti &#233;l&#233;mentaires les communistes qui travaillent dans ces institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des bureaucrates staliniens pourraient d&#233;fendre une mesure aussi abjecte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le G.P.U. est un organe d'autod&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat. Dans la mesure o&#249; la r&#233;volution d'Octobre, m&#234;me dans sa treizi&#232;me ann&#233;e, est entour&#233;e d'un monde d'ennemis, elle ne peut renoncer &#224; de tels organes - la dictature ne peut pas cesser d'&#234;tre une dictature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des lib&#233;raux ou des social-d&#233;mocrates en train de devenir lib&#233;raux pourraient voir cette question d'un point de vue formel. Nous l'examinons d'un point de vue de classe : au nom de qui ces mesures de r&#233;pression sont-elles adopt&#233;es ? Contre qui le sont-elles ? Qui servent-elles et pourquoi ? C'est une question d'efficacit&#233; r&#233;volutionnaire, pas de justice au-dessus des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le meurtre de Blumkine et, en g&#233;n&#233;ral, les actes de r&#233;pression contre l'opposition l&#233;niniste affaiblissent l'avant-garde r&#233;volutionnaire, sapent le parti et renforcent les ennemis de classe. Nous menons la bataille contre le meurtre - l&#226;che et tra&#206;tre - de Blumkine par Staline, au nom de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que nos amis et nos ennemis le sachent.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/05/300500a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/05/300500a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des oppositionnels fusill&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Le meurtre de Blumkine n'&#233;tait qu'un commencement. Nous sommes inform&#233;s de l'ex&#233;cution de deux oppositionnels de plus, les camarades Silov et Rabinovicz. De toute &#233;vidence, l'histoire idiote d'oppositionnels participant au sabotage des chemins de fer voulait montrer autre chose, apporter, si l'on veut, une certaine explication pour l'attaque thermidorienne contre les bolcheviks-l&#233;ninistes. Mais les camarades Silov et Rabinovicz n'avaient aucun lien d'aucune sorte ni avec le &#034;sabotage&#034;, ni avec les chemins de fer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que Staline ait dissimul&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'il avait fusill&#233; Blumkine montre qu'il n'a rien &#224; dire pour justifier ce perfide assassinat. Les motifs de Staline pour ces nouveaux crimes doivent &#234;tre expliqu&#233;s par le d&#233;sir de vengeance et la peur de l'usurpateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'assassinat n'intimide pas l'Opposition, ce n'est pas la peine de le dire ; et il n'emp&#234;che pas Staline d'en m&#233;diter d'autres. Nous avons lourdement souffert des crimes de l'appareil stalinien. Mais nous n'identifions pas l'appareil et le parti. Le ch&#226;timent en r&#233;ponse &#224; la politique meurtri&#232;re de Staline, c'est le droit du parti dans son ensemble. Il nous en incombe &#224; nous, qui sommes dans ses rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/04/300400c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/04/300400c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Biographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jacob Blumkine (1899-1929), socialiste-r&#233;volutionnaire de gauche en 1917-1918, fut l'un des deux ex&#233;cutants de l'attentat contre l'ambassadeur d'Allemagne Mirbach, en juillet 1918. Adh&#233;ra ensuite au Parti bolchevique, entra dans la Tcheka, devint sympathisant de l'Opposition de gauche, rendit visite &#224; Trotsky en 1929 &#224; Constantinople et fut fusill&#233; &#224; son retour sur ordre de Staline, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;, selon la version la plus courante, par Karl Radek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iakov G. Blumkine &#233;tait &#233;tudiant quand il adh&#233;ra au parti socialiste r&#233;volutionnaire de gauche qui le fit entrer dans la tch&#233;ka de Moscou. Quand se produisit la rupture entre ce parti et les bolcheviks, au moment de la paix de Brest Litovsk, Blumkine, sur ordre de son parti, et pour provoquer la reprise de la guerre, abattit &#224; coups de revolver l'ambassadeur d'Allemagne comte von Mirbach. Arr&#234;t&#233;, il fut convaincu par Trotsky dans sa prison, gr&#226;ci&#233; et ult&#233;rieurement admis au parti apr&#232;s avoir servi dans les services de renseignement puis au secr&#233;tariat de Trotsky. Partisan de l'Opposition de gauche, il rendit visite &#224; Trotsky &#224; l'&#233;t&#233; 1929. Il fut fusill&#233; apr&#232;s son retour &#224; Moscou, en d&#233;cembre sans doute, et apr&#232;s avoir obtenu, dit Victor Serge, un sursis de quinze jours pour r&#233;diger ses m&#233;moires, dont le manuscrit serait donc rest&#233; aux mains du G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; le 8 octobre 1900 &#224; Odessa ou dans le village de Sosnica pr&#232;s de Tchernihiv en 1898. En 1913, il est dipl&#244;m&#233; de l'&#233;cole primaire juive. Il &#233;tudia l'h&#233;breu et le russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1910 il d&#233;m&#233;nage &#224; Lviv, il &#233;tudie l'allemand. Apr&#232;s la capture de Lviv par les russes en septembre 1914, son p&#232;re Grigory Isaevitch Bloumkine int&#232;gre l'Arm&#233;e imp&#233;riale russe durant la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, il travaille comme &#233;lectricien dans un d&#233;p&#244;t de tram et au th&#233;&#226;tre. Il prend part aux d&#233;tachements d'autod&#233;fense juive contre les pogroms &#224; Odessa. Il rejoint le Parti socialiste-r&#233;volutionnaire en 1916. En octobre 1917, il visite la r&#233;gion de la Volga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1917, Iakov Bloumkine rejoint le d&#233;tachement de marins qui participe aux combats avec l'Ukraine. Au cours des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires &#224; Odessa en 1918, il participe &#224; l'expropriation de la propri&#233;t&#233; de la Banque d'&#201;tat. En janvier 1918, il organise la formation &#224; Odessa du 1er r&#233;giment de volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe &#224; Moscou en mai 1918. Les dirigeants du Parti socialiste-r&#233;volutionnaire et de la Tch&#233;ka l'envoient au d&#233;partement de la lutte contre l'espionnage international. En juin 1918, il dirige le d&#233;partement de contre-espionnage pour surveiller la protection des ambassades et de leurs &#233;ventuelles activit&#233;s criminelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juillet 1918, il participe &#224; l'assassinat de l'ambassadeur d'Allemagne Wilhelm von Mirbach : autour de 14 h 40, il tire plusieurs coups de feu sur l'ambassadeur. En septembre 1918 il est en Ukraine. De d&#233;cembre 1918 &#224; mars 1919, il est secr&#233;taire du comit&#233; politique de Kiev. Il est impliqu&#233; dans l'ex&#233;cution de l'amiral Alexandre Koltchak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1929, il est envoy&#233; &#224; Prinkipo pour assassiner Trotski mais il ne le tue pas et s'allie &#224; lui2. Si l'on en croit les archives d&#233;pos&#233;es &#224; la Houghton Library de Harvard, il semble que Bloumkine ait &#233;t&#233; un contact de Trotski ; c'est ce qu'en conclut Christian Salmon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la fin de 1929, Trotski avait reconnu publiquement avoir re&#231;u la visite de Blumkine. Selon lui, son fils, Lev Sedov, l'aurait rencontr&#233; dans la rue &#224; Constantinople, venant d'Extr&#234;me-Orient et rentrant en Union sovi&#233;tique. Il l'aurait alors convaincu de venir &#171; &#224; la maison &#187; pour le rencontrer. En r&#233;alit&#233;, un document r&#233;dig&#233; par Blumkine, dat&#233; du 3 avril 1929, d&#233;couvert &#224; Stanford dans les papiers de Lev Sedov, fait appara&#238;tre que les contacts de Trotski avec Blumkine n'ont pas relev&#233; d'une rencontre fortuite mais d'une liaison organis&#233;e avec l'URSS, dans laquelle l'agent secret &#233;tait &#233;videmment une pi&#232;ce ma&#238;tresse. Cette rencontre d&#233;cidera Staline &#224; faire fusiller Blumkine, un bolchevik, &#224; son retour &#224; Moscou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pr&#233;ciser que Bloumkine connait bien des secrets de la Tch&#233;ka, notamment sur l'affaire Savinkov : il n'est pas impossible qu'il ait fait partie des quatre personnes ayant pouss&#233; Boris Savinkov du quatri&#232;me &#233;tage de la Loubianka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1937 Schrubel, ancien tch&#233;kiste, avoua peu avant sa mort au camp de la Kolyma avoir pouss&#233; Savinkov lui-m&#234;me avec l'aide de trois autres tch&#233;kistes3. Bloumkine, ancien socialiste-r&#233;volutionnaire devenu bolchevique et tch&#233;kiste, rendait visite &#224; Savinkov en prison, ce qui supposait un grand nombre d'autorisations. L'objet de ces visites est incompr&#233;hensible si on ne revient pas sur le proc&#232;s de Savinkov : Savinkov revenait de l'&#233;tranger, o&#249; il &#233;tait tr&#232;s populaire ; chez les socialistes allemands tout particuli&#232;rement, mais aussi les socialistes de la tendance Marceau Pivert en France, et des socialistes britanniques. Son proc&#232;s &#233;tait de ce fait suivi de pr&#232;s par des journalistes &#233;trangers, et il ne pouvait pas &#234;tre condamn&#233; &#224; mort comme la majorit&#233; des socialistes-r&#233;volutionnaires4 &#224; l'&#233;poque. La sentence ne fut que de cinq ans, absolument d&#233;risoire pour l'Union sovi&#233;tique. L'objectif &#233;tait toutefois bien de se d&#233;barrasser de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la mort de Savinkov, une lettre dans laquelle il disait qu'il allait se suicider a &#233;t&#233; retrouv&#233;e dans sa cellule. Son propre fils, Lev Borissovitch Savinkov, a cru &#224; l'authenticit&#233; de la lettre disant : &#171; Ce sont les expressions de mon p&#232;re &#187;. On ignore donc si Bloumkine a lui-m&#234;me pouss&#233; Savinkov, mais les visites quotidiennes de Bloumkine &#224; Savinkov dans sa cellule alors que personne n'avait droit aux visites s'expliquent par le fait que Bloumkine devait &#171; attraper le style de Savinkov &#187; comme il l'a lui-m&#234;me confi&#233; &#224; Iakoubovitch sous le sceau du secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iakov Bloumkine fut ex&#233;cut&#233; en 1929 par Stakine en tant que trotskiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'affaire Blumkine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En U.R.S.S., des bouleversements sont en cours &#224; la fin de l'ann&#233;e 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pl&#233;num du comit&#233; central (10-17 novembre) a vu la capitulation et I'auto-critique des dirigeants de la droite du parti communiste russe, Boukharine &#233;tant exclu du bureau politique. Du c&#244;t&#233; de l'Opposition de gauche, Smirnov, Bogoulavsky et quelques centaines de d&#233;port&#233;s ont fini par capituler fin octobre. Mais ce n'est pas dans le parti stalinis&#233;, qui ne canalise plus les batailles politiques, que se situe I'enjeu de l'hiver 1929-1930. C'est dans les campagnes, pour la &#171; liquidation des koulaks &#187;, et dans les usines, pour la r&#233;alisation co&#251;te que co&#251;te du plan quinquennal, que l'avenir &#233;conomique et surtout politique de l'U.R.S.S. se joue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline semble ma&#238;tre du parti bolchevique puisqu'il contraint les dirigeants &#171; droitiers &#187; &#224; se renier et certains capitulards de gauche &#224; ramper. Mais il n'a pas bris&#233; les forces sociales incarn&#233;es par ses adversaires dans le parti, qu'ils soient de &#171; droite &#187; ou de &#171; gauche &#187;. Bien que l'&#233;crasante majorit&#233; des opposants soit en exil, dans les camps, il n'a pas mis un terme d&#233;finitif au travail clandestin des opposants de gauche russes encore en libert&#233; et n'a pas r&#233;ussi &#224; les isoler, &#224; les priver de tout lien avec le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction de tout travail oppositionnel rel&#232;ve plus que jamais de la r&#233;pression polici&#232;re. La politique &#233;conomique d'ailleurs ne peut se placer que sous le signe de la coercition qui a marque la collectivisation des campagnes et la r&#233;alisation du premier plan quinquennal. Et cette politique sur une grande &#233;chelle dicte du coup la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper la r&#233;pression, c'est-&#224;-dire d'en developper les moyens. Le G. P. U. , v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re de la collectivisation en lieu et place du parti, est ainsi appel&#233; &#224; des responsabilites de plus en plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte politique, &#233;conomique et social difficile o&#249; le parti de Staline devient v&#233;ritablement le parti de la bureaucratie et le G. P. U., son bras arm&#233;, qu'&#233;clate &#171; I'affaire Blumkine &#187;. Il s'agit de 1'ex&#233;cution &#224; Moscou en d&#233;cembre 1929 d' Iakov Blumkine. L'information qui parait le 29 d&#233;cembre, dans un journal d'&#233;migr&#233;s blancs &#224; Paris, est laconique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces jours-ci, le l&#233;gendaire Blumkine, le meurtrier de Mirbach a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Blumkine a &#233;t&#233; accus&#233; d'entretenir des relations secr&#232;tes avec Trotsky. Conform&#233;ment &#224; la sentence du G. P. U. , Blumkine a &#233;t&#233; fusill&#233; &#187;. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cution d'un heros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ainsi ex&#233;cut&#233; &#224; Moscou a eu un destin hors du commun en liaison avec celui de la r&#233;volution russe. N&#233; en 1899 d'une famille bourgeoise, apr&#232;s avoir poursuivi des &#233;tudes sup&#233;rieures, Iakov G. Blumkine est &#224; dix-huit ans &#224; la fois militant du parti socialiste r&#233;volutionnaire de gauche (S.R.) et membre de la Tcheka &#224; Moscou. Il est d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; de lourdes responsabilit&#233;s qu'il va pleinement assumer : les S.R. de gauche, souhaitant une reprise des hostilit&#233;s avec l'Allemagne, d&#233;cident de la provoquer en assassinant l'ambassadeur allemand von Mirbach et confient cette t&#226;che &#224; Blumkine et un de ses camarades. L'attentat r&#233;ussit, mais Blumkine est arr&#234;t&#233;, condamn&#233; a mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky le visite dans sa cellule et s'attache &#224; le convaincre. Blumkine, secr&#232;tement graci&#233;, va &#234;tre admis dans les rangs du parti bolchevique qu'il sert dans des &#171; missions impossibles &#187; pour le G.P.U. et le service de renseignements de l'arm&#233;e. Il se couvre de gloire pendant la guerre civile o&#249; il accomplit des missions dans les lignes blanches au compte des bolcheviks puis dans des voyages &#224; des fins militaires au Moyen-Orient et en Mongolie. Il est &#224; la fin de la guerre une figure de l&#233;gende, l'as du contre-espionnage, collaborateur de Trotsky, servant dans son secr&#233;tariat personnel et l'aidant &#224; l'&#233;dition des Ecrits militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Li&#233; &#224; Trotsky et &#224; Radek, Blumkine est partisan de l'Opposition d&#232;s 1923. Ses activit&#233;s professionnelles l'&#233;loignent pourtant du combat et le placent dans une position difficile apres l'exclusion de l'Opposition unifi&#233;e des rangs du parti. Il expose alors &#224; ses sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques, Menjinsky (successeur de Dzerjinsky &#224; la t&#234;te du G.P.U.) et Trilisser (vice-pr&#233;sident du G.P.U.) ses positions favorables &#224; Trotsky et &#224; l'Opposition qui sont d&#233;sormais difficilement conciliables avec ses activit&#233;s au sein du G. P. U., d&#233;j&#224; charg&#233; d'appliquer l'article 58 contre les opposants. Pour les deux responsables du G.P.U., il n'est pas question de perdre Blumkine qu'ils autorisent &#224; conserver son poste dans la mesure o&#249;, du fait de son travail et de ses responsabilit&#233;s, il ne peut avoir aucune activit&#233; en liaison avec l'Opposition. Ses activit&#233;s pass&#233;es au service de la Tcheka lui valent de toute &#233;vidence la confiance de ses sup&#233;rieurs et ses convictions ne sauraient l'alt&#233;rer. Blumkine, bien qu'opposant, est irrempla&#231;able au service de l'Union sovi&#233;tique. Cela reste vrai jusqu'en 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le bannissement de Trotsky, le contact est pris avec Blumkine. Le 2 avril, il est &#224; Prinkipo, r&#233;digeant a la demande de Trotsky une notice n&#233;crologique concernant son camarade Efime Dreitser - jeune intellectuel, oppositionnel d&#232;s 1923, conseiller militaire en Chine, arr&#234;t&#233; &#224; son retour et que l'on croit mort - et la signant du pseudonyme de &#171; Svoj &#187; (2). A l'&#233;t&#233;, revenant d'une mission aux Indes, il est de nouveau chez Trotsky- qui ne reconnaitra que cette visite-l&#224;. A-t-il &#233;t&#233; charg&#233; d'une mission particuli&#232;re dont nous ne savons rien ? N'a-t-il eu &#224; porter que la lettre anodine d'instructions dont la copie se trouve dans les Archives de Trotsky a Harvard (3) ? Selon les affirmations ult&#233;rieures de Trotsky, Blumkine l'aurait interrog&#233; sur la compatibilit&#233; de ses taches au G.P.U. avec ses id&#233;es oppositionnelles, comme il l'avait fait quelques ann&#233;es auparavant aupr&#232;s de ses sup&#233;rieurs. Le G.P.U. d&#233;fendant l'Etat ouvrier et l'Opposition s'&#233;tant prononc&#233;e - notamment&lt;br class='autobr' /&gt;
lors du conflit sino-sovi&#233;tique - pour la d&#233;fense de l'U.R.S.S. contre les agressions imp&#233;rialistes, il n'y a pour Trotsky aucune contradiction ou incompatibilit&#233; et c'est un devoir pour les opposants de tenir leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances du retour de Blumkine &#224; Moscou sont &#233;videmment mal connues et une controverse s'est d&#233;velopp&#233;e autour des conditions de son arrestation par le G.P.U. Il existe cinq versions diff&#233;rentes des &#233;v&#233;nements qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e. Leur d&#233;nominateur commun est Karl Radek. Il est en effet formellement accus&#233; par un opposant clandestin de Moscou (&#171; N. &#187;) d'avoir trahi Blumkine pour prouver &#224; Iaroslavsky et Staline son repentir sinc&#232;re (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge, lui, affirme que Radek conseilla &#224; Blumkine d'entrer en rapport avec Ordjonikidze, pr&#233;sident de la commission centrale de controle, afin d'exposer sa situation. Seul Deutscher blanchit Radek en reprenant l'hypoth&#232;se avanc&#233;e par d'autres sur le r&#244;le jou&#233; dans l'affaire par une maitresse de Blumkine, agent elle aussi du G.P.U., qui l'aurait d&#233;nonc&#233;. Or cette version est incontestablement la moins d&#233;taill&#233;e mais plus favorable Radek que celle de l'ex-agent du G.P.U., Orlov, dans son livre &#171; The Secret History of Stalin's Crimes &#187; (L'histoire secrete des crimes de Staline), selon laquelle Elena Zubilina - qu'il mentionne comme &#171; Lisa G. &#187; - agent du G.P.U., avait &#233;t&#233; plac&#233;e dans l'entourage de Blumkine pour lui soutirer des informations &#224; la suite de la d&#233;nonciation de Radek. Il est en tout cas difficile de connaitre le r&#244;le exact de ce dernier - dont la culpabilit&#233; n'est pas prouv&#233;e malgr&#233; les fortes pr&#233;somptions convergentes qui p&#232;sent sur lui - et du m&#234;me coup les circonstances exactes de l'arrestation de Blumkine. Relevons seulement que, pour Trotsky, Radek a fait verser le sang de son ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge, dans &#171; Destin d'une r&#233;volution &#187;, indique que Blumkine, apr&#232;s sa condamnation, aurait demand&#233; et obtenu un sursis pour &#233;crire ses m&#233;moires. Son travail achev&#233;, il est ex&#233;cut&#233; le 25 d&#233;cembre 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 janvier 1930, Trotsky &#233;crit une longue lettre aux Rosmer o&#249; il leur fait part de l'ex&#233;cution de Blumkine et s'emploie &#224; donner des faits la version qu'il veut imposer : un seul entretien, suite a une rencontre de &#171; hasard &#187; entre Blumkine et L&#233;on S&#233;dov dans Constantinople.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant que les auteurs des attentats contre L&#233;nine et les autres dirigeants bolcheviques n'avaient pas &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s, il &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais si on ne l'a pas fusill&#233; en 1918 pour sa participation dirigeante a l'insurrection arm&#233;e contre le pouvoir des Soviets, on l'a fusill&#233; en 1929 pour cette raison que, servant courageusement la R&#233;volution d'Octobre, il ne partageait pas sur les questions importantes, les id&#233;es de la fraction stalinienne et considerait de son devoir de repandre les id&#233;es des bolcheviks-l&#233;ninistes (Opposition) &#187;. (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky en tire les conclusions politiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Blumkine est fusill&#233; (...) sur l'arr&#234;t du G.P.U. Un fait pareil n'a pu avoir lieu que parce que le G.P. U. est devenu l'organe personnel de Staline. (...) Le r&#244;le principal dans le G.P.U. est jou&#233; par Iagoda, un carri&#233;riste d&#233;testable qui a li&#233; son sort &#224; celui de Staline et qui est pr&#234;t a accomplir sans reflechir et sans discuter n'importe quel ordre de ce dernier. (...) Le bureau politique n'existe pas. Boukharine a racont&#233; que Staline tient dans ses mains les membres du soi-disant bureau politique &#224; l' aide de dossiers accumul&#233;s contre eux par le G.P.U. Dans ces conditions, l'ex&#233;cution de Blumkine est une affaire personnelle de Staline &#187;. (6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignant que le meurtre de Blumkine r&#233;v&#232;le la peur de Staline face &#224; l'Opposition de gauche, Trotsky &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par I'ex&#233;cution de Blumkine, Staline veut dire a l'Opposition internationale des bolcheviks-l&#233;ninistes qu'il poss&#232;de a l'int&#233;rieur du pays des centaines et des milliers d'otages qui auront &#224; payer de leur t&#234;te les succ&#232;s du vrai bolchevisme sur l'ar&#232;ne mondiale. (...) Apr&#232;s les exclusions du parti, apr&#232;s les condamnations de familles &#224; la famine, apr&#232;s les emprisonnements, les d&#233;portations, etc., Staline essaie d'effrayer l'Opposition par le dernier moyen qui lui reste entre les mains : le meurtre &#187;. (7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Cit&#233; par Trotsky dans une lettre aux Rosmer, 5 janvier 1930, in Brou&#233;, Correspondance, op.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Voir l'article de P. Brou&#233; : &#171; Compl&#233;ments sur les trotskystes en U.R.S.S. &#187; n&#176; 24, decembre 1985, P &#8226; 63-72., . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Trotsky,&#171; Message confi&#233; &#224; Blumkine &#187;, aout 1929, m Cahters Leon Trotsky, n 7/8, op.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#171; N. &#187; : &#171; Lettre de Moscou &#187;, 25 d&#233;cembre 1929, m Cahiers L&#233;on Trotsky, n 7 8, op. cit.,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Lettre de Trotsky aux Rosmer, 5 Janvier 1930, Brou&#233;, Correspondance,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ibidem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>L'Opposition de gauche (trotskiste) en Russie</title>
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		<dc:date>2026-07-15T22:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'opposition de gauche trotskiste de Russie en 1930 (en camp de concentration stalinien) analysait son bilan et ses perspectives &lt;br class='autobr' /&gt;
Tactique et t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Le r&#244;le historique et les t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste dans le mouvement ouvrier international &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'opposition l&#233;niniste est avant tout un courant international. Son apparition et son d&#233;veloppement prennent leurs racines dans les changements de toute la situation internationale survenus cons&#233;cutivement &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition de gauche trotskiste de Russie en 1930 (en camp de concentration stalinien) analysait son bilan et ses perspectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tactique et t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Le r&#244;le historique et les t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste dans le mouvement ouvrier international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'opposition l&#233;niniste est avant tout un courant international. Son apparition et son d&#233;veloppement prennent leurs racines dans les changements de toute la situation internationale survenus cons&#233;cutivement &#224; la d&#233;faite de la premi&#232;re vague de la r&#233;volution europ&#233;enne en 1921-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soi-disant stabilisation du capitalisme a apport&#233; avec elle le renforcement des positions du social r&#233;formisme dans la classe ouvri&#232;re, la d&#233;croissance du mouvement communiste international et le renforcement dans ses rangs des &#233;l&#233;ments centristes et droitiers. L'aile gauche du Komintern [1] a subi une s&#233;rie de d&#233;faites jusqu'&#224; ce qu'elle soit formellement exclue par l'IC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de l'aile gauche du communisme a &#233;t&#233; la cons&#233;quence du changement qui s'est produit dans les relations internationales. Cependant, cette d&#233;faite n'a pas conduit &#224; la liquidation du mouvement oppositionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale sapaient de fait la &#171; stabilisation &#187;, suscitant des r&#233;veils partiels de la lutte de classe prol&#233;tarienne, gr&#226;ce auxquels l'aile gauche se renfor&#231;ait &#224; nouveau et se revivifiait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La p&#233;riode compl&#232;te rec&#232;le de tr&#232;s grandes possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires. Il s'ensuit la n&#233;cessit&#233; br&#251;lante d'un parti mondial du communisme. La conqu&#234;te du Komintern, sa transformation en l'instrument principal de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale, telle est la t&#226;che principale de l'opposition de gauche communiste internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte pour le redressement du PC(b)U et de l'IC, l'opposition bolchevik-l&#233;niniste s'oriente vers une r&#233;forme profonde de ces organisations, par le changement de leur direction opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me but, l'opposition donne une base id&#233;ologique aux &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens de gauche du mouvement communiste international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul l'accomplissement de cette t&#226;che &#224; l'&#233;tape actuelle, pr&#233;pare la possibilit&#233;, &#224; l'&#233;tape suivante, de conqu&#233;rir les ouvriers communistes &#224; la politique de L&#233;nine et de transformer le Komintern en avant-garde du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international, &#224; un niveau plus &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
isolateur&lt;br class='autobr' /&gt;
II. Les &#233;tapes principales du d&#233;veloppement de la pratique de l'opposition l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. D'octobre 1923 au 14e congr&#232;s du PC(b)U [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La premi&#232;re &#233;tape du mouvement d'opposition repr&#233;sentait une r&#233;action spontan&#233;e des masses du Parti contre la bureaucratisation qui commen&#231;ait &#224; s'y d&#233;velopper. Celle-ci &#233;tait la principale forme de pression exerc&#233;e contre cette r&#233;action spontan&#233;e par les &#233;l&#233;ments petits-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les erreurs de la direction du parti en mati&#232;re de politique &#233;conomique, qui ont eu de fortes r&#233;percussions sur la situation mat&#233;rielle des masses ouvri&#232;res, et la d&#233;faite de la tactique du Komintern en Allemagne, ont suscit&#233; un m&#233;contentement ouvert dans les rangs du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La tactique de l'opposition durant cette p&#233;riode consistait &#224; donner une forme id&#233;ologique &#224; ce m&#233;contentement et &#224; montrer les causes qui ont suscit&#233; les erreurs de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'opposition n'a pu remplir ce r&#244;le jusqu'au bout, car elle (sa direction) n'avait pas encore totalement pris conscience, de fa&#231;on claire, du fait que le clivage qui s'est esquiss&#233; dans le parti allait devenir le point de d&#233;part de la lutte ult&#233;rieure &#224; l'int&#233;rieur du parti, qui entrainerait un clivage profond du parti selon deux options de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La d&#233;claration des 46 [3] et le Cours nouveau [4] sont les documents principaux de l'opposition &#224; cette &#233;poque ; ils refl&#233;taient une certaine absence d'explication, principalement en ce qui concerne l'analyse de la politique &#233;conomique du CC et de sa signification sociale, ainsi que du sens politique des dissensions &#224; l'int&#233;rieur du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette erreur de la direction de l'opposition &#233;tait accompagn&#233;e d'une autre erreur concernant les questions d'organisation. L'absence de forme organisationnelle de l'opposition en 1923 est l'une des causes de sa d&#233;faite &#224; Moscou, malgr&#233; le fait qu'elle disposait d'une majorit&#233; nette dans les rangs de l'organisation moscovite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La cause objective de toutes ces erreurs tactiques avait pour origine le d&#233;veloppement insuffisant des contradictions de classe durant cette p&#233;riode dans le pays ; de l&#224; &#233;galement r&#233;sultait le retard de la prise de conscience par le parti des t&#226;ches rendue prioritaires par la marche des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela explique aussi la presque compl&#232;te liquidation du mouvement oppositionnel jusqu'au 14e congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
isolateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Du 14e au 15e congr&#232;s [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les principales tendances de classe li&#233;es aux dissensions internes du parti se sont r&#233;v&#233;l&#233;es de fa&#231;on suffisamment claire lors du 14e congr&#232;s. D'un c&#244;t&#233; s'est form&#233; le bloc de centre droit ; de l'autre, un centre gauche qui &#233;tait &#224; la t&#234;te des mouvements oppositionnels du prol&#233;tariat de Leningrad [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode, apr&#232;s avoir form&#233; un bloc avec l'opposition de Leningrad tout en conservant son ind&#233;pendance id&#233;ologique, la principale t&#226;che tactique de l'opposition de 1923 consistait &#224; obtenir progressivement l'h&#233;g&#233;monie dans ce bloc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che, l'opposition l'a enti&#232;rement accomplie ; les documents principaux de l'&#233;poque en ont &#233;t&#233; l'expression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;claration de 1923 [7],&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;claration des 83 [8],&lt;br class='autobr' /&gt; La plate-forme des 13 [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Dans sa lutte contre le bloc de centre droit, la tactique de l'opposition unifi&#233;e est pass&#233;e par trois &#233;tapes principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;riode de pr&#233;paration du travail clandestin. Celle-ci s'est r&#233;duite &#224; la cr&#233;ation de la fraction et &#224; la formulation d'une conception id&#233;ologique et organisationnelle. Ensuite, sur cette base, l'opposition unifi&#233;e a conduit &#224; une offensive ouverte et r&#233;solue sous la forme de &#171; si&#232;ge &#187; des &#171; bastilles de l'appareil &#187; (usine des appareils et instruments a&#233;ronautiques, usine Poutilov [10], etc.).&lt;br class='autobr' /&gt; Les le&#231;ons de la premi&#232;re p&#233;riode ont montr&#233; l'insuffisance d'une telle forme de lutte, la force &#233;norme des pr&#233;jug&#233;s dans la masse ouvri&#232;re elle-m&#234;me et la n&#233;cessit&#233; du passage &#224; une nouvelle forme de lutte : une forme plus compr&#233;hensible pour les &#233;l&#233;ments avanc&#233;s des masses, et pr&#233;vue pour donner le temps d'une explication progressive, pers&#233;v&#233;rante et syst&#233;matique des positions de l'opposition, dans le cadre d'interventions publiques et l&#233;gales.&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;faite du 16 octobre 1926 [11] a ouvert alors une p&#233;riode de recul de l'opposition sur la base de la r&#233;duction de la lutte fractionnelle clandestine et du transfert du centre de gravit&#233; vers le travail l&#233;gal. La 15e conf&#233;rence [12], le pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC [13], le pl&#233;num de f&#233;vrier du CC [14] ; telles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes de cette nouvelle tactique. Le groupe des CD [15] a quitt&#233; l'opposition durant cette p&#233;riode ; il ne comprenait pas la n&#233;cessit&#233; de nouvelles formes de lutte, sans lesquelles on ne peut pr&#233;parer les conditions pour une nouvelle offensive.&lt;br class='autobr' /&gt; La tactique du recul et des interventions l&#233;gales ouvertes a &#233;t&#233; enti&#232;rement justifi&#233;e &#224; ce moment, quand les dissensions se sont &#224; nouveau attis&#233;es, en relation avec la r&#233;volution chinoise ; elles ont rendu in&#233;vitable l'aggravation de la lutte et le passage &#224; l'offensive. Gr&#226;ce &#224; son travail l&#233;gal, l'opposition a su recevoir un soutien politique fort du parti durant cette p&#233;riode.&lt;br class='autobr' /&gt; La nouvelle tactique offensive, pour la p&#233;riode qui va d'avril 1927 [16] au 15e congr&#232;s, utilisait des m&#233;thodes de lutte l&#233;gales et semi-l&#233;gales, et s'est d&#233;velopp&#233;e de fait &#224; une &#233;chelle plus importante que la lutte de 1926. Une grande campagne de p&#233;tition, des alliances, des manifestations, de pair avec le renforcement du travail fractionnel, &#233;taient des indicateurs du haut niveau de lutte et de la grande participation des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Du 15e congr&#232;s au pl&#233;num de novembre 1928 [17]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La capitulation des centristes de gauche (les zinovi&#233;vistes) et la crise aigu&#235; du bloc de centre droit &#224; l'occasion de la gr&#232;ve du pain des koulaks, qui a port&#233; un coup d&#233;cisif aux illusions de la p&#233;riode de reconstruction, ont cr&#233;&#233; un nouveau rapport de force dans le pays et dans le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution vers la gauche de la politique des centristes a &#233;t&#233; l'expression de cette nouvelle p&#233;riode de d&#233;veloppement, et a donn&#233; &#224; l'opposition de nouvelles t&#226;ches &#224; accomplir. &#171; Le centrisme &#187;, dit le camarade Trotski, en &#233;valuant les perspectives de la p&#233;riode qui a suivi le congr&#232;s, &#171; est un coup d'arr&#234;t, mais les masses acqui&#232;rent &#233;galement leur propre exp&#233;rience dans la lutte. Nous comptons l&#224;-dessus &#187;. (&#192; une nouvelle &#233;tape) [18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation dans la classe ouvri&#232;re, et le renforcement des &#233;l&#233;ments de gauche du parti, cr&#233;ent les conditions favorables pour le mouvement oppositionnel. Le caract&#232;re hybride du centrisme, son absence de clart&#233;, ses h&#233;sitations, qui se sont exprim&#233;es sous une forme claire aux pl&#233;nums d'avril et de juillet 1928 [19], ont d&#233;masqu&#233; encore plus son incapacit&#233; &#224; faire face &#224; de nouveaux dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. En d&#233;clarant que notre principale t&#226;che tactique est le soutien, sous une forme critique, des pas faits &#224; gauche par le centrisme, dans le but de d&#233;masquer la direction centriste, l'opposition a trouv&#233; le contact avec les masses du parti. Sur la base de cette tactique, elle a gagn&#233; l'initiative dans la lutte contre la droite et a pris l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne des conventions collectives de 1928 [20] a &#233;t&#233; le point le plus avanc&#233; de l'offensive de l'opposition. Sous ses coups puissants, les centristes ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'entrer en lutte contre la droite ; cependant, l'opposition n'avait pas assez de forces pour mener &#224; bien la r&#233;forme du parti et remplacer la direction centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. De novembre 1928 &#224; la p&#233;riode actuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Malgr&#233; le fait que la direction centriste ait conserv&#233; pleinement tous ses d&#233;saccords strat&#233;giques avec l'opposition, et n'ait pas touch&#233; au r&#233;gime du parti et aux m&#233;thodes bureaucratiques de la construction de l'&#233;conomie, elle s'est &#171; empar&#233;e des slogans de notre arsenal &#187; (Trotski), et prenant le chemin de la lutte administrative avec les koulaks et de l'organisation par en haut des kolkhozes et de l'industrialisation, elle a inculqu&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re et au parti des illusions qui n'&#233;taient pas du tout r&#233;volutionnaires, sur les possibilit&#233;s de sortie des contradictions dans de brefs d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le changement radical de la situation a oblig&#233; l'opposition &#224; changer &#224; nouveau sa tactique, en r&#233;orientant son travail vers l'explication &#233;nergique et syst&#233;matique aux masses de l'incapacit&#233; des centristes &#224; diriger la classe ouvri&#232;re vers une nouvelle voie, et &#224; sortir la dictature prol&#233;tarienne de l'orni&#232;re dans laquelle ils ont mis le pays par leur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression de cette nouvelle tactique a &#233;t&#233; la d&#233;claration du 4 octobre 1929 [21] donnant comme principale t&#226;che de cette p&#233;riode la cr&#233;ation d'un front uni par rapport aux masses qui se font des illusions sur &#171; le plan quinquennal &#187;. En analysant la situation, la d&#233;claration avertissait que le plan quinquennal des centristes, mis en place avec des m&#233;thodes rejet&#233;es par la r&#233;volution d'octobre, conduit non au d&#233;veloppement, mais &#224; la r&#233;duction des forces productives ; il n'am&#233;liore pas la situation mat&#233;rielle, politique et culturelle de la classe ouvri&#232;re, mais la d&#233;t&#233;riore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le passage de la direction centriste &#224; la voie de l'aventure ultra gauche et le premier repli qui a suivi le 15 mars [22] ont d&#233;montr&#233; la compl&#232;te absence de fondement et l'aventurisme de la politique centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rangs de l'opposition, le d&#233;but du d&#233;clin des illusions centristes parmi les masses a permis justement &#224; l'opposition de commencer &#224; se pr&#233;parer &#224; une nouvelle tactique offensive, mettant en avant un nouveau mot d'ordre pour le changement de direction, mot d'ordre qui pouvait devenir &#224; ce moment-l&#224; la conclusion que les masses tiraient de leur propre exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression du passage &#224; une nouvelle tactique offensive s'est manifest&#233;e dans les documents &#171; des 4 et des 7 &#187; [23], qui ont formul&#233; pour la premi&#232;re fois les principales dissensions, et dans la &#171; carte postale &#187; d'ao&#251;t [24] du camarade Trotski, qui donnait la formulation la plus pr&#233;cise de la nouvelle tactique offensive et de ses principales t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Les principales le&#231;ons de notre lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En jetant un regard r&#233;trospectif sur les &#233;tapes pass&#233;es de sa lutte, l'opposition l&#233;niniste doit tenir compte de fa&#231;on sens&#233;e des erreurs qui ont &#233;t&#233; faites, afin d'&#233;viter leur r&#233;p&#233;tition dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons ici seulement les principales d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la lutte, l'opposition ne se rendait pas compte de la profondeur des dissensions qui la s&#233;paraient de la fraction dominante, et des influences de classe que ces dissensions d&#233;terminaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sous-estimation du travail organisationnel a &#233;t&#233; &#233;galement li&#233;e &#224; cela ; elle a conduit &#224; laisser passer les conditions les plus favorables pour la cr&#233;ation d'une organisation ill&#233;gale qui fonctionne correctement et qui oriente son travail vers une longue p&#233;riode de travail clandestin. La cons&#233;quence des erreurs a &#233;t&#233; justement l'inad&#233;quation entre les exigences mises en avant par la crise politique et les possibilit&#233;s organisationnelles existantes. Une inad&#233;quation qui s'est refl&#233;t&#233;e de fa&#231;on si pr&#233;judiciable sur le travail de masse : il a &#233;t&#233; loin de correspondre &#224; son importance potentielle sur le plan id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concessions faites aux compagnons de route provisoires dans la lutte ont constitu&#233; un autre d&#233;faut non moins s&#233;rieux de notre travail ; elles ont souvent pris une proportion bien au-del&#224; de ce qu'exigeaient les int&#233;r&#234;ts du mouvement, pris dans sa totalit&#233;. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233;, dans nos rangs, de mettre de l'eau dans notre vin, ainsi que d'affaiblir la direction ; ces &#233;l&#233;ments (principalement avec une orientation de centre gauche) nuisaient, dans les moments d&#233;cisifs, aux bases id&#233;ologiques et aux forces organisationnelles de notre mouvement, ils y suscitaient de profondes crises internes. L'influence des compagnons de route se ressentait indubitablement aussi sur la ligne tactique de l'opposition dans une direction qui, selon l'appr&#233;ciation du camarade Trotski, consistait &#224; ce que &#171; nos erreurs &#233;taient toujours dans une bien plus grande mesure des erreurs de droite que des erreurs de gauche par rapport &#224; la ligne juste &#187; (voir sa lettre du 23 mai 1928 &#224; B&#233;loborodov). Ce n'est qu'en se purifiant, au cours de plusieurs processus, des &#233;l&#233;ments les plus nuisibles de centre gauche, que l'opposition l&#233;niniste a pu se donner une orientation claire &#224; sa tactique dans sa lutte implacable avec le centrisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
III. Nos t&#226;ches en lien avec les fondements de la tactique l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale t&#226;che de l'opposition, pour le moment, est l'organisation de la lutte prol&#233;tarienne pour la r&#233;forme du parti, des syndicats, de l'&#201;tat, avec pour principe la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, ainsi que la rectification de la ligne strat&#233;gique du parti et son retour dans la voie trac&#233;e par L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che ne peut &#234;tre accomplie que par la mobilisation de toutes les forces r&#233;volutionnaires du parti et de la classe ouvri&#232;re autour de l'opposition l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions qui se sont form&#233;es &#224; pr&#233;sent, la crise &#233;conomique et politique qui ne cesse de s'approfondir dans le pays, suscitent la croissance du m&#233;contentement de toutes les classes. Dans cette situation qui &#233;largit indubitablement notre base dans la classe ouvri&#232;re, notre ligne tactique doit se traduire par une offensive politique sur la base d'un travail organisationnel profond dans les masses, bien que grandisse en m&#234;me temps &#233;galement le danger des interventions contre-r&#233;volutionnaires des classes ennemies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule possibilit&#233;, dit le camarade Trotski, de conserver et d'augmenter les chances de la voie du d&#233;veloppement r&#233;formiste de la r&#233;volution d'octobre et du parti, r&#233;side dans la mise en place du fonctionnement correct de l'organisation centralis&#233;e des bolcheviks-l&#233;ninistes, disposant de ressources techniques suffisantes pour influer de fa&#231;on syst&#233;matique sur l'opinion du parti atomis&#233;. &#187; (lettre du 08/08/1930) [26]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; principale de l'opposition l&#233;niniste doit &#234;tre la capacit&#233; &#224; effectuer un brusque changement de tactique pour se r&#233;armer, et &#224; utiliser de nouvelles m&#233;thodes de lutte, en d'autres termes &#224; pratiquer une politique de tournants brusques. Dans les p&#233;riodes de croissance de l'activit&#233; politique des masses et du renforcement, en parall&#232;le, de la pression des classes ennemies, elle doit mettre en pratique une tactique d'offensive d&#233;cid&#233;e et hardie ; dans les p&#233;riodes de recul politique de l'esprit des masses, elle doit passer &#224; une tactique d&#233;fensive et attentiste, mais en tentant, dans ces conditions, de faire preuve, sur la base d'une nouvelle ligne tactique, d'une tr&#232;s grande activit&#233; dans sa lutte pour gagner de l'influence sur les masses. Gardant la maitrise dans les compromis qu'elle passe et les accords forc&#233;s, elle ne doit jamais reculer d'un iota sur les questions de principe devant l'ennemi ou devant un alli&#233; peu s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse politique profonde et les &#233;valuations saines de la r&#233;alit&#233; ont toujours aid&#233; l'opposition &#224; indiquer de fa&#231;on juste la tactique &#224; suivre, en choisissant entre l'offensive et la d&#233;fensive en fonction de la situation objective. C'est pour cette raison qu'elle a toujours &#233;t&#233; &#233;trang&#232;re &#224; l'aventurisme et s'est toujours bas&#233;e uniquement sur la croissance de la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une &#233;laboration approfondie des mots d'ordre concrets du moment, &#224; partir des orientations programmatiques, qui soit &#233;trang&#232;re &#224; la fois au regard en arri&#232;re conservateur et &#224; la simple r&#233;p&#233;tition non critique des slogans anciens, peut assurer &#224; l'opposition bolchevik-l&#233;niniste une tactique efficace qui corresponde aux buts poursuivis.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV. La lutte pour les masses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution d'octobre, il n'y a pas eu de changements dans la situation de notre prol&#233;tariat qui conduisent &#224; la liquidation de son r&#244;le r&#233;volutionnaire pass&#233;. Au contraire, il a grandi de fa&#231;on plus sensible sur les plans politique et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le profond abattement de la classe ouvri&#232;re en ce qui concerne son &#233;tat d'esprit politique, sa passivit&#233;, sa fatigue durant les ann&#233;es qui ont suivi la fin de la guerre civile, malgr&#233; l'exposition de certaines de ses couches &#224; l'influence des pr&#233;jug&#233;s petits-bourgeois qui lui viennent de la campagne et que la bureaucratie entretient consciemment, nous avons pu souvent observer la manifestation de la profonde r&#233;sistance, sourde, de la classe ouvri&#232;re face &#224; la ligne thermidorienne. Et cela permet d'estimer que maintenant, quand les illusions nuisibles parmi les masses s'effondrent rapidement, toute pression des classes ennemies peut cr&#233;er &#224; nouveau dans le parti et la classe ouvri&#232;re un retour vers l'activit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique actuelle de la bureaucratie centriste est clairement calcul&#233;e pour brider le prol&#233;tariat, dans le but de lui retirer la possibilit&#233; de se d&#233;fendre. En liaison avec cela, une diff&#233;renciation, sur le plan de la conscience de classe des masses ouvri&#232;res, s'est effectu&#233;e &#224; des niveaux plus ou moins clairement marqu&#233;s. &#192; c&#244;t&#233; d'une aristocratie ouvri&#232;re peu nombreuse et tr&#232;s bien pay&#233;e, qui aspire &#224; une vie tranquille, et un groupe d'ouvriers de choc assez important, mais qui n'est pas encore totalement form&#233;, composant formellement le soutien du r&#233;gime, il y a de nombreuses &#171; recrues &#187;, venues de la petite bourgeoisie de la ville et de la campagne, dont l'&#233;tat d'esprit va des relations de confiance bienveillantes &#224; l'&#233;gard de toutes les fables que les centristes leur comptent, jusqu'&#224; une haine plus consciente du pouvoir sovi&#233;tique, tel qu'il est incarn&#233; par ses repr&#233;sentants actuels. Mais la fraction la plus importante du prol&#233;tariat industriel se lib&#232;re progressivement des illusions pass&#233;es, acquiert une exp&#233;rience politique, et s'imbibe d'un profond m&#233;contentement r&#233;volutionnaire ; elle continue de garder pour le moment une attitude d'attente, dans la mesure o&#249; le r&#233;gime existant ne donne pas la possibilit&#233; aux sentiments des masses de se manifester librement, tant qu'ils n'atteindront pas leur limite sup&#233;rieure, qui correspondrait &#224; l'intensit&#233; de la pression politique qu'ils subissent. Ce noyau principal de la classe ouvri&#232;re, capable d'entrainer &#224; sa suite le reste de la masse de nombreux millions de personnes, cherche maintenant une direction ferme, claire, ayant un programme d'action pr&#233;cis, visant &#224; r&#233;tablir un r&#233;gime normal et une ligne politique juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales questions tactiques de notre lutte sont de trouver les voies pour gagner &#224; nous des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires d'avant-garde et de la classe ouvri&#232;re et, par eux, gagner &#224; notre influence, &#224; notre direction la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re pour la lutte &#224; venir pour la r&#233;forme. Et pour ce faire, notre premi&#232;re t&#226;che consiste &#224; contrecarrer tous les &#233;l&#233;ments de d&#233;ception, de fatigue et d'apathie qui g&#234;nent l'essor de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, on ne doit pas fermer les yeux sur le fait que la grande masse des ouvriers n'a pas pris conscience jusqu'&#224; pr&#233;sent de la n&#233;cessit&#233; d'une lutte active contre la croissance du danger contre-r&#233;volutionnaire, par la faute de la direction centriste, malgr&#233; le fait que la dictature prol&#233;tarienne rec&#232;le de tr&#232;s grandes forces et possibilit&#233;s de renaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons qu'on ne peut pas vaincre vraiment avec la seule avant-garde. Et pour que toute la classe en arrive &#224; un soutien direct et conscient de l'avant-garde, il est n&#233;cessaire qu'elle acqui&#232;re sa propre exp&#233;rience politique et sache la g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'il devrait &#234;tre clair pour nous que la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat conduira au r&#233;veil des couches retardataires des masses, seulement quand les buts de la lutte seront &#233;troitement li&#233;s &#224; la situation concr&#232;te et seront compr&#233;hensibles pour les grandes masses. Ce n'est qu'en cr&#233;ant une organisation fortement ramifi&#233;e, li&#233;e &#233;troitement aux masses sur leurs lieux de travail, et grandissant sur la base de la d&#233;fense m&#234;me des int&#233;r&#234;ts quotidiens les plus modestes, que nous pouvons compter sur la r&#233;ussite de notre agitation, et sur le fait que cette masse nous suivra dans la lutte pour la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous pr&#233;occupant avant tout de la classe ouvri&#232;re dans sa globalit&#233;, nous devons mener le travail aussi bien parmi les membres du parti, que parmi les ouvriers sans parti, contrecarrant de toutes les fa&#231;ons possibles les tentatives de cr&#233;er une s&#233;paration entre les uns et les autres. De telles tentatives sont aussi bien le fait de la bureaucratie centriste, qui essaie de semer la discorde entre les diff&#233;rents d&#233;tachements de la classe ouvri&#232;re, que des partis anti-sovi&#233;tiques, qui tentent de dresser les ouvriers sans parti contre le parti et de les d&#233;tourner vers la voie de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre directive tactique acquiert de ce fait un sens particulier &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rents courants politiques, et avant tout &#224; l'&#233;gard du centrisme lui-m&#234;me, qui &#171; repr&#233;sente le principal danger dans le parti &#187; (L. Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'objectif principal du centrisme est d'&#233;touffer l'activit&#233; du prol&#233;tariat, aussi bien par des m&#233;thodes de terreur administrative et &#233;conomique, que des m&#233;thodes sophistiqu&#233;es de mensonge, notre t&#226;che est un grand travail d'explication, destin&#233; &#224; d&#233;masquer le centrisme, dans le but de relever l'activit&#233; des prol&#233;taires &#224; un niveau o&#249; plus aucune menace n'est capable d'emp&#234;cher l'intervention des masses. En outre, nous devons expliquer avec t&#233;nacit&#233; aux masses que la voie de la r&#233;forme passe par le remplacement de la direction centriste &#171; qui ne peut r&#233;aliser la r&#233;forme pour des raisons organiques &#187; (Rakovski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centrisme, qui suscite le d&#233;senchantement et la chute de l'activit&#233; m&#234;me de la partie la plus r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, facilite l'influence des mencheviks sur les masses. En luttant contre le centrisme, et en montrant au prol&#233;tariat les voies les plus efficaces du sauvetage de son pouvoir (la dictature du prol&#233;tariat), nous paralysons en grande partie aussi l'influence des mencheviks et des autres partis anti-sovi&#233;tiques qui font du travail dans la classe ouvri&#232;re. Il convient &#233;galement de dire la m&#234;me chose sur les anarchistes et les partis qui ont de la m&#234;me fa&#231;on des complices &#224; l'int&#233;rieur de l'officiel PCR(b).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant contre ces courants, nous nous battons contre la division de la classe ouvri&#232;re en sph&#232;res d'influence, en fonction de ses principales cat&#233;gories sociales, contre sa soumission &#224; diff&#233;rentes influences &#233;trang&#232;res de classe, et pour son unit&#233;, son regroupement, avec le mot d'ordre du r&#233;tablissement de la dictature du prol&#233;tariat. Mais cette t&#226;che ne peut pas &#234;tre accomplie par une action ext&#233;rieure, en lan&#231;ant simplement des mots d'ordre ronflants, sans un travail pr&#233;paratoire correspondant dans toutes les organisations ouvri&#232;res de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, de ce point de vue, la lutte dans le secteur prol&#233;tarien du parti officiel est l'une des t&#226;ches &#224; accomplir. Mais le travail dans cette direction ne doit en aucun cas masquer la n&#233;cessit&#233; de conqu&#233;rir les organisations prol&#233;tariennes hors du parti, et particuli&#232;rement les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en attirant de notre c&#244;t&#233; toute l'aile r&#233;volutionnaire du parti et la majorit&#233; r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, ainsi qu'en r&#233;tablissant ensuite la confiance &#224; son &#233;gard des couches pauvres et moyennes du village (par la voie de la propagande de mesures &#233;conomiques correspondantes), que nous pourrons r&#233;aliser une r&#233;forme dans toute l'ampleur n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de notre lutte, nous aurons sans doute &#224; faire face &#224; la r&#233;sistance cruelle des forces thermidoriennes et bonapartistes. Et l&#224; se posera au prol&#233;tariat la question des formes que prendra sa lutte avec ces forces, car, celle-ci ne pourra certainement pas se faire sans un &#233;pisode de guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti officiel repr&#233;sente maintenant la cohabitation de deux camps de la guerre civile. (L. F.) [27]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cohabitation ne peut continuer longtemps. L'un de ces camps doit p&#233;rir, afin de laisser la place au d&#233;veloppement de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas, par cons&#233;quent, miser sur le travail en direction du parti officiel, qui n'existe pas comme parti, mais nous devons choisir de nous orienter vers la recr&#233;ation du vieux parti l&#233;niniste avec le secteur r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien du parti officiel et les ouvriers actifs, d'avant-garde, consciemment r&#233;volutionnaires, qui se trouvent actuellement hors du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction bolchevik-l&#233;niniste, organis&#233;e et en &#233;tat d'agir, sera la base sur laquelle se fera la cristallisation de ces &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens et r&#233;volutionnaires, et la renaissance du parti l&#233;niniste.&lt;br class='autobr' /&gt;
V. Les formes et les m&#233;thodes de lutte pour la r&#233;forme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous donnant pour t&#226;che de contribuer &#224; l'organisation des masses ouvri&#232;res, nous devons, en m&#234;me temps, nous rendre compte que le r&#233;gime et la politique centriste conduisent objectivement &#224; ce que, dans le mouvement des masses, une certaine spontan&#233;it&#233; puisse prendre le dessus sur le niveau d'organisation que l'opposition l&#233;niniste peut donner &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que, dans le cas o&#249; un mouvement se d&#233;clare de fa&#231;on spontan&#233;e, nous ne refuserons pas d'y participer. Car lorsque se pr&#233;sentent les conditions objectives d'une pression r&#233;volutionnaire directe, se mettre au service du mouvement des masses est, comme dit L&#233;nine, &#171; la t&#226;che la plus &#233;lev&#233;e du parti &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, nous ne sommes pas complaisants avec les &#233;l&#233;ments de spontan&#233;it&#233; des mouvements, nous ne nous soumettons pas &#224; eux, nous aspirons de toutes les mani&#232;res possibles &#224; les combattre, &#224; soumettre ces mouvements &#224; notre influence : &#171; aller &#224; la rencontre des masses ne veut pas dire l&#226;cher pied devant la spontan&#233;it&#233; &#187; (L. T.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que la grande masse de la classe ouvri&#232;re (et pas toute son avant-garde) n'est pas encore sortie de son attentisme, il nous faut rejeter cat&#233;goriquement les propositions qui sont dict&#233;es par l'impatience r&#233;volutionnaire et l'absence de maturit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela veut dire que nous appelons &#224; la passivit&#233; et inculquons aux &#233;l&#233;ments d'avant-garde du prol&#233;tariat qu'il faut survivre avec fatalisme, tant que le d&#233;veloppement objectif des &#233;v&#233;nements ne nous apportera pas des r&#233;sultats tout pr&#234;ts &#171; par eux-m&#234;mes &#187; ? Absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut seulement dire qu'il ne s'agit pas de lancer des mots d'ordre qui ne peuvent &#234;tre encore compris des masses ouvri&#232;res et qui ne se d&#233;duisent pas de leur propre exp&#233;rience. La principale t&#226;che des ouvriers d'avant-garde et conscients, &#224; l'&#233;tape actuelle de l'offensive politique, doit consister, non &#224; crier des slogans ronflants, mais &#224; r&#233;aliser un travail opini&#226;tre pour cr&#233;er une organisation clandestine extr&#234;mement ramifi&#233;e, afin d'&#234;tre en mesure, gr&#226;ce elle, de se saisir des conflits, particuliers ou plus g&#233;n&#233;raux, des ouvriers avec la bureaucratie, et d'entra&#238;ner de plus en plus de masses d'ouvriers &#224; la lutte pour la r&#233;forme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la lutte de la classe ouvri&#232;re contre le r&#233;gime bureaucratique a eu principalement un caract&#232;re individualiste et anarchique. Dans les conditions d'&#233;touffement complet de l'activit&#233; normale des syndicats, qui se sont transform&#233;s d'organes de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des ouvriers en organes auxiliaires des gestionnaires, les ouvriers ont recours &#224; des formes de lutte comme les absences injustifi&#233;es, la d&#233;t&#233;rioration des machines, l'assassinat des ouvriers de choc, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition l&#233;niniste ne met pas en avant toute forme de m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard du r&#233;gime bureaucratique existant et de sa politique. Sa t&#226;che consiste &#224; pr&#233;parer et &#224; organiser la r&#233;sistance collective et de masse &#224; toute la politique de la bureaucratie stalinienne. Et en ce sens, il y a, &#224; la disposition du prol&#233;tariat, toute une s&#233;rie de m&#233;thodes mises au point par l'exp&#233;rience pass&#233;e du mouvement, en commen&#231;ant par les protestations organis&#233;es et en finissant par des manifestations, des gr&#232;ves, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, lorsqu'il a atteint une grande force et exerce une grande pression, peut se manifester en exer&#231;ant directement sa propre autorit&#233;, par la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, la destitution et l'&#233;lection des fonctionnaires dans le parti, les syndicats, les soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fonction du degr&#233; de d&#233;veloppement d'un mouvement ouvrier de masse, la gr&#232;ve acquiert une grande importance en sa qualit&#233; d'instrument traditionnel de lutte de la classe ouvri&#232;re ; son utilisation dans les conditions actuelles est punie avec toute la s&#233;v&#233;rit&#233; de l'arbitraire bureaucratique, bien que du temps de L&#233;nine elle ait &#233;t&#233; reconnue comme moyen de d&#233;fense des ouvriers contre les perversions de l'appareil au pouvoir. Une r&#233;solution connue du 11e congr&#232;s [28] du parti sur les syndicats obligeait les cellules communistes des entreprises &#224; se mettre &#224; la t&#234;te des ouvriers contre les d&#233;formations bureaucratiques des organes &#233;conomiques d'&#201;tat (apr&#232;s &#233;puisement complet des autres moyens d'action).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions actuelles, l'utilisation organis&#233;e des gr&#232;ves peut jouer un grand r&#244;le dans la mobilisation des forces prol&#233;tariennes avec les slogans de r&#233;forme du parti, des syndicats et des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 11e congr&#232;s nous donne un argument important en faveur du droit de gr&#232;ve contre le r&#233;gime bureaucratique. L'opposition doit montrer aux masses qu'elle est &#224; cet &#233;gard le vrai promoteur de la ligne l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans les conditions se rapprochant de la pire des situations, celle qui exige la plus grande tension des forces du prol&#233;tariat, sa lutte peut prendre la forme la plus aigu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'intervention ouverte des &#233;l&#233;ments bonapartistes, dans le but d'un coup d'&#201;tat contre-r&#233;volutionnaire, le seul moyen de r&#233;tablir la dictature du prol&#233;tariat est l'&#233;crasement arm&#233; de la contre-r&#233;volution, d'o&#249; qu'elle vienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI. Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition bolchevik-l&#233;niniste a toujours consid&#233;r&#233; sa lutte pour la r&#233;forme comme une t&#226;che internationale. La lutte qui a &#233;t&#233; et qui est actuellement men&#233;e par l'opposition contre la direction stalinienne, l'est en lien &#233;troit avec la lutte g&#233;n&#233;rale de l'aile gauche du Komintern contre la domination du centrisme. Sans le remplacement de la direction centriste du Komintern, la pr&#233;paration du facteur subjectif de la r&#233;volution mondiale est impossible, car l'histoire de la direction stalinienne est l'histoire de ses erreurs incessantes et des d&#233;faites du prol&#233;tariat international suscit&#233;es par elles (L. Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centrisme stalinien et sa domination au Komintern ont grandi sur la base de la stabilisation relative du capitalisme et d'une s&#233;rie de d&#233;faites du prol&#233;tariat europ&#233;en au cours des huit derni&#232;res ann&#233;es. Les succ&#232;s de la lutte contre l'opportunisme stalinien et pour la renaissance du Komintern seront stimul&#233;s par l'essor du mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de la situation internationale montre clairement la justesse de l'&#233;valuation g&#233;n&#233;rale du 3e congr&#232;s de l'IC [29] selon laquelle &#171; la courbe du d&#233;veloppement capitaliste est, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, descendante avec des mouvements passagers de remont&#233;e ; la courbe de la r&#233;volution est, par contre, montante avec quelques fl&#233;chissements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons, en nous appuyant sur ce fait, attendre en toute certitude un nouvel essor de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, qui sapera profond&#233;ment le terrain sous les pieds de la domination de la bureaucratie centriste et cr&#233;era la pouss&#233;e que nous attendons au profit de la classe ouvri&#232;re et de l'aile gauche du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement pour cette raison que l'opposition l&#233;niniste n'a jamais consid&#233;r&#233; (&#224; la fa&#231;on des zinovi&#233;vistes et des d&#233;cistes qui souffrent de la m&#234;me fa&#231;on du bornage national) sa lutte contre le centrisme en faisant abstraction de sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du d&#233;veloppement de toute la situation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En menant une lutte opini&#226;tre pour la renaissance du Komintern sur les bases du l&#233;ninisme, nous cr&#233;ons par l&#224; m&#234;me les &#233;l&#233;ments subjectifs de l'essor futur de la lutte prol&#233;tarienne, en pr&#233;parant le lendemain du mouvement communiste international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Komintern : Commounistitch&#233;ski Internatsional (en russe), soit Internationale communiste en fran&#231;ais (IC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le 14e congr&#232;s du Parti communiste (bolch&#233;vique) de l'URSS (PC(b)U) s'est tenu &#224; Moscou entre le 18/12/1925 et le 31/12/1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] D&#233;claration des 46 : lettre envoy&#233;e par un groupe de 46 dirigeants sovi&#233;tiques au Bureau politique du Comit&#233; central du PC(b)U le 15 octobre 1923, et gard&#233;e secr&#232;te, comme ne concernant que le bureau politique. &#201;crite par 46 dirigeants bolcheviks, dont Pr&#233;obajenski, Antonov-Ovs&#233;&#239;enko, Smirnov, Piatakov&#8230; elle d&#233;crit la situation dans le pays, critique la direction du parti et son manque de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Cours nouveau de L. Trotski, &#233;crit fin 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le 15e congr&#232;s du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou entre le 02/12/1927 et le 19/12/1927. Lors de ce congr&#232;s, les dirigeants de &#171; l'opposition unifi&#233;e &#187; sont exclus du parti. (Trotski l'avait &#233;t&#233; avant m&#234;me le congr&#232;s, au mois de novembre). C'est &#233;galement l&#224; qu'ont &#233;t&#233; avanc&#233;es les premi&#232;res r&#233;solutions sur le travail &#224; la campagne et directives pour la mise en place du 1er plan quinquennal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans les ann&#233;es 1920, le mouvement oppositionnel &#233;tait anim&#233; par G. Zinoviev &#224; Leningrad, ville o&#249; il avait une grande influence dans le Parti bolch&#233;vique et dont il avait &#233;t&#233; pr&#233;sident du soviet en d&#233;cembre 1917. (Elle s'appelait alors Petrograd, avant qu'on l'affuble du nom de L&#233;nine en 1924, question d'honorer le mort&#8230; et faire, en son nom, le contraire de sa politique. Rebaptis&#233;e depuis 1991 de son nom sous le tsarisme, Saint-P&#233;tersbourg, pour faire oublier son pass&#233; rouge. Mais c'est une autre histoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] D&#233;claration de 1923 : voir la note 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] D&#233;claration des 83, r&#233;dig&#233;e par L&#233;on Trotski et envoy&#233;e au Comit&#233; central du PCPR en mai 1927. Th&#232;mes trait&#233;s : &#233;chec en Chine, &#233;chec en Grande-Bretagne, politique int&#233;rieure, danger de la guerre, unit&#233; du parti, d&#233;fense de G. Zinoviev. Elle a &#233;t&#233; sign&#233;e dans un premier temps par 83 bolcheviks de l'opposition (en fait 84), puis par plus de 3 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Plate-forme des 13 : pr&#233;par&#233;e pour le 15e congr&#232;s du PC(b)U en septembre 1927, elle &#233;tait sign&#233;e &#224; la fois par Kamenev, Zinoviev, Trotski, et plusieurs autres dirigeants de l'opposition trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Usine Poutilov : usine d'armement construite en 1801 sous le r&#232;gne de Paul 1er &#224; Saint-P&#233;tersbourg. Sa production se diversifie avec le temps (mat&#233;riel ferroviaire, par exemple). En 1900, l'usine occupait la premi&#232;re place dans l'empire russe pour sa production m&#233;tallurgique et de machines. En 1917, 29 000 ouvriers y &#233;taient employ&#233;s. Ils ont jou&#233; un r&#244;le majeur dans les &#233;v&#233;nements. Plus de 10 000 ouvriers ont rejoint les fronts de la guerre civile. Nationalis&#233;e en 1917, l'usine a &#233;t&#233; privatis&#233;e en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] La d&#233;faite du 16 octobre 1926 : au pl&#233;num du Comit&#233; central du PC(b)U, L. Trotski, G. Zinoviev et L. Kamenev ont &#233;t&#233; exclus du Bureau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] La 15e conf&#233;rence du PC(b)U s'est tenue &#224; Moscou entre le 26 octobre et le 3 novembre 1926. Elle &#233;tait consacr&#233;e &#224; la situation internationale, &#224; la situation &#233;conomique du pays et aux t&#226;ches du parti et des syndicats, enfin &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ce 7e pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC s'est tenu &#224; Moscou du 22/11 au 16/12/1926. Il portait sur la situation internationale (en particulier la Grande-Bretagne, la Chine et l'Allemagne), l'action du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC, les syndicats, et les oppositions &#224; l'int&#233;rieur du parti russe (des exclusions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ce pl&#233;num du Comit&#233; central du parti, tenu le 12 f&#233;vrier 1927, a vot&#233; les r&#233;solutions relatives &#224; l'industrie du b&#226;timent en 1926/1927 et &#224; La baisse des prix de vente et de d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Le groupe &#171; Centraliste d&#233;mocratique &#187; (abr&#233;g&#233; CD, &#233;galement nomm&#233; D&#233;ciste), s'est form&#233; en tant que tendance dans le parti bolch&#233;vique en mars 1919 au 8e congr&#232;s du PCR. Les dirigeants principaux &#233;taient Val&#233;riane Ossinski, Vladimir Smirnov et Timof&#233;&#239; Sapronov. Ils voulaient revenir &#224; une pratique politique et &#233;conomique initi&#233;e par la base ouvri&#232;re au d&#233;triment de la centralisation et de la bureaucratisation qui s'&#233;taient instaur&#233;es. Ils s'impliqu&#232;rent &#233;galement dans le d&#233;bat sur les syndicats fin 1920, d&#233;but 1921. Le groupe se dissout en mars 1921 suite au 10e congr&#232;s du PCR qui condamne les fractions. Ses membres se li&#232;rent en 1923 avec l'opposition de gauche initi&#233;e par Trotski, puis &#224; l'opposition unifi&#233;e de Trotski avec Kamenev et Zinoviev, et rompirent avec l'opposition trotskiste apr&#232;s la d&#233;faite de cette opposition unifi&#233;e du 16 octobre 1926, dont parle l'article. Certains membres ont fait ensuite d&#233;fection, d'autres sont rest&#233;s fid&#232;les &#224; leurs id&#233;es, mais tous ont subi la r&#233;pression stalinienne (isolateurs, prisons, exils, puis ex&#233;cutions massives &#224; la fin des ann&#233;es trente). Par rapport au r&#233;gime stalinien, ils jugent que &#171; Si chez nous les moyens de production sont nationalis&#233;s et que le pouvoir d'&#201;tat n'est pas entre les mains de la classe ouvri&#232;re, alors l'absence par elle-m&#234;me de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production montre que le sujet de l'exploitation a chang&#233; (le propri&#233;taire), mais pas l'objet (la classe ouvri&#232;re) &#187; [T. Sapronov : L'agonie de la dictature petite-bourgeoise]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils jugent en quelque sorte la contre-r&#233;volution comme achev&#233;e, et ont, dans la p&#233;riode du &#171; Grand tournant &#187; de Staline vers la d&#233;koulakisation, une politique que Trotski juge &#224; la fois gauchiste et en partie d&#233;faitiste. C'est &#224; leur propos que Trotski &#233;crit, fin 1928 : &#171; &#8230; aller au-devant de la masse ne signifie pas se mettre &#224; la t&#234;te des mouvements d&#233;sordonn&#233;s auxquels tendent les &#171; d&#233;cistes &#187;, qui, ou bien se casseront le cou sur une politique d'aventure, ce qui ne serait qu'un demi-malheur, ou bien aideront accidentellement l'ennemi &#224; tordre le cou &#224; la r&#233;volution, ce qui est beaucoup plus grave [&#8230;] &#187; Et estimant n&#233;cessaire de se d&#233;marquer de cette politique, Trotski ajoutait : &#171; Il faut que les flancs et l'arri&#232;re soient pour nous d&#233;limit&#233;s par une ligne claire, afin que la masse sache o&#249; nous sommes et o&#249; nous ne sommes pas. &#187; Cf. (Lettre du 21 octobre 1928). C'est ce point de vue que rappellent ici les r&#233;dacteurs du journal retrouv&#233; de l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Avril 27 : le 12 avril 1927, le Kuomintang retourne ses armes contre le Parti communiste chinois &#224; Shangha&#239; et y &#233;crase dans le sang la classe ouvri&#232;re, attisant ainsi la confrontation entre l'opposition de gauche et la majorit&#233; du PC(b)U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Pl&#233;num de novembre 1928 : le pl&#233;num du Comit&#233; central du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou du 16 au 24 novembre 1928. L'opposition droiti&#232;re y a &#233;t&#233; condamn&#233;e ; celle-ci a cependant vot&#233; cette r&#233;solution avec les partisans de Staline pour pr&#233;server l'unit&#233; du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] &#192; une nouvelle &#233;tape est un texte &#233;crit apr&#232;s le 18 d&#233;cembre 1927. La citation n'y a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Pl&#233;nums d'avril et de juillet 1928 : le premier s'est d&#233;roul&#233; du 6 au 11 avril 1928 &#224; Moscou et r&#233;unissait le Comit&#233; central du PC(b)U et la Commission centrale de contr&#244;le du PC(b)U ; il &#233;tait consacr&#233; &#224; des questions agraire, industrielle, d'organisation du parti. Le second s'est d&#233;roul&#233; du 4 au 12 juillet 1928 &#224; Moscou et r&#233;unissait le Comit&#233; central du PC(b)U ; questions abord&#233;es : Komintern, agriculture, formation de sp&#233;cialistes, nominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] &#171; &#192; la fin de 1928, une campagne pour le renouvellement des conventions collectives s'est ouverte dans tout le pays [&#8230;] &#187;, pr&#233;cise Mikhail Vassiliev dans le num&#233;ro 20 des Cahiers du mouvement ouvrier : &#171; &#201;tant donn&#233; l'aggravation brutale des conditions de vie et de travail de la classe ouvri&#232;re, la hausse des prix sur les marchandises de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, un mouvement de gr&#232;ve s'est intensifi&#233; dans le pays. &#187; Et il cite un document de l'opposition de gauche &#224; l'&#233;poque qui dit : &#171; Le m&#233;contentement des ouvriers, ne trouvant pas d'issue aupr&#232;s des syndicats, s'amplifie [&#8230;] La gr&#232;ve, c'est le moyen extr&#234;me d'autod&#233;fense de la classe ouvri&#232;re contre les perversions de l'appareil bureaucratique. [&#8230;] les bolcheviks-l&#233;ninistes doivent prendre la t&#234;te du mouvement partout et en se souciant en tout lieu de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, luttant sans merci contre les perversions bureaucratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Nous n'avons pas le texte de la d&#233;claration du 4 octobre 1929, r&#233;dig&#233;e par Rakovski, l'un des responsables de l'opposition trotkiste &#224; l'&#233;poque. Mais elle est, semble-t-il, dans la continuit&#233; d'une autre d&#233;claration de Rakovski, cosign&#233;e avec deux autres oppositionnels, Kossior et Okoudjava, datant du 22 ao&#251;t (publi&#233;e notamment par P. Brou&#233; dans Les cahiers L&#233;on Trotsky no 6, p. 78 &#224; 85). &#192; sa fa&#231;on, ce texte du 22 ao&#251;t saluait le tournant &#224; gauche de la direction stalinienne, avec son plan d'industrialisation que les signataires de la d&#233;claration appelaient &#224; soutenir, appelant en m&#234;me temps &#224; la r&#233;int&#233;gration de l'opposition de gauche dans le parti, y compris la r&#233;int&#233;gration de Trotski et son retour d'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski a, &#224; post&#233;riori (fin septembre), approuv&#233; sur le fond ce texte, auquel il apportait sa signature. Dans sa Lettre ouverte aux bolcheviks-l&#233;ninistes signataires de la d&#233;claration du 22 ao&#251;t 1929, il &#233;crivait : &#171; Le fait du tournant &#224; gauche de la direction officielle est patent. Depuis 1926, nous avons plus d'une fois pr&#233;dit qu'il &#233;tait in&#233;vitable sous les coups de la lutte de classe qui avait sans aucune difficult&#233; d&#233;moli le cadre de la politique droite-centre. De m&#234;me il n'est pas n&#233;cessaire de d&#233;montrer ici le fait incontestable que, si la lutte contre notre plate-forme a &#233;t&#233; conduite avec les arguments du groupe de droite actuel, la lutte officielle contre ce dernier a &#233;t&#233; men&#233;e avec des arguments emprunt&#233;s &#224; notre plate-forme. [&#8230;] Vous avez absolument raison de souligner que le plan quinquennal de construction socialiste peut devenir une &#233;tape tr&#232;s importante dans le d&#233;veloppement de la r&#233;volution d'Octobre. Dans des termes mesur&#233;s, mais sans &#233;quivoque, vous soulignez les conditions qui seraient n&#233;cessaires pour cela mais qui n'existent pas encore &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il mettait en garde contre toute illusion sur le cours qu'allait suivre la direction stalinienne, tant sur le plan international que dans sa politique vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re et dans le parti : &#171; La direction maintient et m&#234;me renforce la r&#233;pression parce que la co&#239;ncidence de nombre des mesures pratiques extr&#234;mement importantes qu'elle a prises dans sa politique actuelle avec les mots d'ordre et formulations de notre plate-forme, ne fait nullement dispara&#238;tre pour elle la dissemblance des principes th&#233;oriques d'o&#249; la direction et l'Opposition partent pour leur examen des probl&#232;mes de l'heure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en garde semble avoir &#233;t&#233; prise en compte dans la d&#233;claration du 4 octobre, qui &#233;tait devenue, plus que sa premi&#232;re &#233;bauche du 22 ao&#251;t, une r&#233;f&#233;rence pour l'opposition de gauche (dont les r&#233;dacteurs du texte). C'est ce que l'on voit par le r&#233;sum&#233; qu'en donne Rakovski lui-m&#234;me en avril 1930 : &#171; Dans sa d&#233;claration au C.C. et &#224; la C.C.C. du 4 octobre de l'ann&#233;e derni&#232;re, l'Opposition bolchevik-l&#233;niniste s'est &#233;lev&#233;e contre les mesures administratives extraordinaires &#224; la campagne, parce qu'elles entrainent des cons&#233;quences politiques n&#233;gatives. Nous nous sommes &#233;galement &#233;lev&#233;s contre la th&#233;orie tout &#224; fait n&#233;faste de la possibilit&#233; de construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste dans un seul pays [&#8230;] &#187;. Cette d&#233;claration d&#233;non&#231;ait &#171; l'application &#8211; en vue de l'accroissement de la discipline du travail et de la rationalisation &#8211; de proc&#233;d&#233;s rejet&#233;s par la r&#233;volution d'Octobre &#187; (d&#233;crets sur la discipline, introduction de la semaine continue, augmentation des normes de production&#8230;). Elle indiquait &#171; la n&#233;cessit&#233; d'une unification de toutes les forces communistes et r&#233;volutionnaires autour du Plan quinquennal d'industrialisation et de la lutte contre le capitalisme agraire et les droitiers. [&#8230;] Dans la mesure cependant o&#249; la r&#233;alisation du mot d'ordre d'unification de toutes les forces communistes signifie la fin de la p&#233;riode du monopole politique du centrisme la bureaucratie centriste va le combattre avec le m&#234;me acharnement que dans le pass&#233; &#187;. (D&#233;claration en vue du xvie congr&#232;s du PCUS, du 12 avril 1930, sign&#233;e de Rakovski, Kossior, Mouralov et Kasparova, publi&#233;e par P. Brou&#233; dans le Cahier L&#233;on Trotsky no 6, p. 90 &#224; 103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Il s'agit en fait d'une d&#233;cision prise le 14 mars 1930 par le Comit&#233; central du PC(b)U sur La lutte avec les d&#233;viations dans le mouvement kolkhozien par rapport &#224; la ligne du parti. Cette d&#233;cision a fait suite &#224; l'article sign&#233; par Staline dans la Pravda du 2 mars 1930, intitul&#233; Le vertige du succ&#232;s. Devant les difficult&#233;s rencontr&#233;es et la r&#233;sistance des paysans, la campagne de &#171; collectivisation &#187; a &#233;t&#233; stopp&#233;e un temps et un certain nombre de cadres de base ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s pour gauchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Il s'agit vraisemblablement du texte du 12 avril 1930, sign&#233; de Rakovski, Kossior, Mouralov et Kasparova, puis cosign&#233; par quelques autres (Brou&#233; en cite deux autres) dont nous avons parl&#233; dans la note 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Nous n'avons pas ce texte. Il semble &#234;tre la lettre de Trotski d'ao&#251;t 1930 dont dit se souvenir Ciliga dans Au pays de mensonge d&#233;concertant (une de ces lettres surnomm&#233;es les &#171; cartes postales &#187; qui parvenaient aux oppositionnels m&#234;me dans les prisons). Ciliga n'en cite pas le texte, mais seulement les longues discussions qu'ont suscit&#233;es au sein des trois tendances des oppositionnels de Verkn&#233;ouralsk l'appr&#233;ciation que Trotsky donnait du stade o&#249; en &#233;tait le &#171; bonapartisme stalinien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ciliga &#233;crit : &#171; Une de ses phrases : &#8220;La pr&#233;paration du bonapartisme dans le parti est achev&#233;e&#8221;, devint le fondement de tous les raisonnements et de toutes les th&#232;ses de la gauche. Quant aux droites, ils ne lui attribuaient qu'une valeur rh&#233;torique sans importance pour l'attitude d'ensemble adopt&#233;e par Trotski. Les gauches ne voulaient entendre que le jugement n&#233;gatif &#233;mis par Trotski sur la superstructure politique du r&#233;gime, les droites &#8211; que son jugement positif quant &#224; la base sociale : dictature du prol&#233;tariat et caract&#232;re socialiste de l'&#233;conomie &#187; (Ante Ciliga, Dix ans au pays du mensonge d&#233;concertant, p. 181-182 de l'&#233;dition 10/18 de 1977). Mais il ne nous renseigne pas sur les pr&#233;cisions que Trotski donnait sur la nouvelle tactique de l'opposition dont parlent ici les auteurs du texte des oppositionnels emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Il s'agit vraisemblablement de la m&#234;me &#171; carte postale &#187; d'ao&#251;t 1930 cit&#233;e plus haut (cf note 24)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] L. F. : Peut-&#234;tre, sous ces initiales, les auteurs du texte tiennent-ils &#224; citer L. F&#233;dortchenko qui, si l'on en croit la liste des bolcheviks-l&#233;ninistes enferm&#233;s dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk, publi&#233;e dans le no 19 de mars 1931 du Bulletin de l'Opposition, y aurait &#233;t&#233; enferm&#233;. S'agirait-il de L&#233;onide F&#233;dortchenko dont a retrouv&#233; mention par ailleurs et qui serait d&#233;c&#233;d&#233; en 1929 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le 11e congr&#232;s du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou du 27 mars au 2 avril 1922. Dans le projet de r&#233;solution sur Le r&#244;le et les t&#226;ches des syndicats dans les conditions de la Nouvelle politique &#233;conomique, r&#233;dig&#233; par L&#233;nine pour ce congr&#232;s, il &#233;crivait : &#171; Le passage des entreprises d'&#201;tat &#224; l'autonomie financi&#232;re est in&#233;vitablement et indissolublement li&#233; &#224; la nouvelle politique &#233;conomique, et dans un tr&#232;s proche avenir ce type de gestion deviendra immanquablement pr&#233;pond&#233;rant, sinon exclusif. En fait, cela signifie, dans une situation o&#249; la libert&#233; du commerce est autoris&#233;e et se d&#233;veloppe, que les entreprises d'&#201;tat reviennent dans une mesure notable &#224; des bases commerciales capitalistes. Cette constance, jointe &#224; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse d'accro&#238;tre la productivit&#233; du travail, d'obtenir de chaque entreprise d'&#201;tat une gestion non d&#233;ficitaire et m&#234;me b&#233;n&#233;ficiaire, &#224; l'attachement l&#233;gitime ou m&#234;me excessif aux int&#233;r&#234;ts particuliers de l'entreprise, ne peut manquer d'engendrer une certaine contradiction d'int&#233;r&#234;ts entre la masse des ouvriers et les directeurs, les administrateurs des entreprises d'&#201;tat ou les services administratifs dont ils rel&#232;vent. Aussi est-ce le devoir absolu des syndicats, m&#234;me &#224; l'&#233;gard des entreprises d'&#201;tat, de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat et des masses travailleuses vis-&#224;-vis de leurs employeurs. &#187; Et un peu plus loin il ajoutait : &#171; C'est pourquoi une des t&#226;ches essentielles des syndicats consiste &#224; d&#233;fendre dans tous les domaines et par tous les moyens les int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat dans sa lutte contre le capital. Cette t&#226;che doit &#234;tre ouvertement situ&#233;e parmi les toutes premi&#232;res, l'appareil des syndicats doit &#234;tre r&#233;organis&#233;, modifi&#233; ou compl&#233;t&#233; en cons&#233;quence, il faut cr&#233;er, ou plus exactement faire en sorte que s'organisent des fonds de gr&#232;ve, etc. [&#8230;] D'o&#249; il d&#233;coule qu'actuellement nous ne pouvons absolument pas renoncer au recours &#224; la gr&#232;ve, que nous ne pouvons par principe admettre que la loi substitue aux gr&#232;ves l'arbitrage obligatoire de l'&#201;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution insistait aussi sur &#171; la diff&#233;rence entre la lutte de classe du prol&#233;tariat dans un &#201;tat qui reconna&#238;t la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre, des usines, etc., avec un pouvoir politique aux mains de la classe des capitalistes, et la lutte &#233;conomique du prol&#233;tariat dans un &#201;tat qui ne reconna&#238;t pas la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre et de la majorit&#233; des grosses entreprises, dans un &#201;tat dont le pouvoir politique est dans les mains du prol&#233;tariat &#187; en &#233;crivant : &#171; il est &#233;vident que le but final vis&#233; par les gr&#232;ves en r&#233;gime capitaliste est la destruction de l'appareil d'&#201;tat et le renversement de la classe d&#233;tenant actuellement le pouvoir d'&#201;tat. Mais dans un &#201;tat prol&#233;tarien de type transitoire comme l'est le n&#244;tre, le but final vis&#233; par les gr&#232;ves ne peut &#234;tre que le renforcement de l'&#201;tat prol&#233;tarien et du pouvoir d'&#201;tat exerc&#233; par la classe prol&#233;tarienne, au moyen de la lutte contre les d&#233;formations bureaucratiques de cet &#201;tat, contre ses erreurs et ses faiblesses, contre les app&#233;tits de classe des capitalistes &#233;chappant &#224; son contr&#244;le, etc. &#187; (L&#233;nine, &#338;uvres, tome 33, p. 185-196 de l'&#233;dition en fran&#231;ais.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Ce 3e congr&#232;s de l'IC : il s'est tenu &#224; Moscou entre le 22 juin et le 12 juillet 1921. 103 partis et organisations et 605 d&#233;l&#233;gu&#233;s y ont particip&#233;. La citation est extraite des Th&#232;ses sur la situation mondiale et les t&#226;ches de l'Internationale communiste, chapitre VII, Perspectives et t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1930/08/bl%20tactique%20taches.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1930/08/bl%20tactique%20taches.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plateforme de l'Opposition de gauche en 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Correspondances de l'Opposition de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes au camp d'internement stalinien de Vorkouta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'un de ses sympathisants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rogovine/works/1994/04/dogart.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rogovine/works/1994/04/dogart.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Discussion de Trotsky sur l'Opposition de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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		<dc:subject>1927</dc:subject>
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		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelle &#233;tape &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin d&#233;cembre 1927 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle &#233;tape&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil d'&#201;tat sur celui du parti et de l'appareil du parti sur l'aile gauche, prol&#233;tarienne, du parti. L'Opposition est aujourd'hui le point sur lequel se concentrent les plus puissantes pressions contre la r&#233;volution &#224; l'&#233;chelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Danger de Thermidor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dictature prol&#233;tarienne ou Thermidor ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Boukharine pose la question de cette fa&#231;on : si c'est une dictature prol&#233;tarienne, nous devons soutenir inconditionnellement tout ce qui est fait sous son nom. Si c'est Thermidor, alors nous devons mener contre tout cela une lutte sans merci. En fait, les &#233;l&#233;ments de Thermidor &#8211; en liaison avec l'ensemble de la situation internationale &#8211; se sont d&#233;velopp&#233;s dans le pays au cours des derni&#232;res ann&#233;es bien plus vite que les &#233;l&#233;ments de la dictature. La d&#233;fense de la dictature signifie la lutte contre les &#233;l&#233;ments de Thermidor, pas seulement dans le pays tout entier, mais dans l'appareil d'&#201;tat et les couches influentes du parti lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, m&#234;me dans un processus de retour en arri&#232;re, il doit venir un point critique o&#249; la quantit&#233; se change en qualit&#233;, c'est-&#224;-dire le moment o&#249; le pouvoir d'&#201;tat change de nature de classe et devient un pouvoir bourgeois ? Ce point n'est-il pas d&#233;j&#224; atteint ? Un ouvrier, individuellement et tirant les le&#231;ons de sa vie quotidienne, peut en arriver &#224; la conclusion que le pouvoir n'est plus aux mains de la classe ouvri&#232;re : &#224; l'usine, l'autorit&#233; supr&#234;me est le &#171; triangle &#187;, la critique a &#233;t&#233; interdite et, dans le parti, l'appareil est tout-puissant ; dans le dos des organisations sovi&#233;tiques, ce sont des bureaucrates qui donnent les ordres, etc. Mais il suffit d'examiner cette question du point de vue des classes bourgeoises &#224; la ville et &#224; la campagne pour voir tout &#224; fait clairement que le pouvoir n'est pas entre leurs mains. Ce qui est en train de se passer, c'est la concentration du pouvoir entre les mains de ces organes bureaucratiques qui reposent sur la classe ouvri&#232;re, mais qui tendent toujours plus vers les couches sup&#233;rieures de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes et se m&#233;langent partiellement avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le danger de Thermidor est une lutte de classe. La lutte pour arracher le pouvoir des mains d'une autre classe est une lutte r&#233;volutionnaire. La lutte pour des changements &#8211; parfois d&#233;cisifs, mais toujours sous le r&#232;gne de la m&#234;me classe &#8211; est une lutte r&#233;formiste. Le pouvoir n'a pas encore &#233;t&#233; arrach&#233; des mains du prol&#233;tariat. Il est encore possible de redresser notre ligne politique actuelle, d'&#233;carter les &#233;l&#233;ments de dualit&#233; de pouvoir et de renforcer la dictature par des mesures de type r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;&#233;minence, dans le parti et par cons&#233;quent dans le pays &#233;galement, est aux mains de la fraction de Staline qui poss&#232;de tous les traits du centrisme &#8211; et, qui plus est, d'un centrisme dans une p&#233;riode de recul, pas de mont&#233;e. Cela signifie de petits zigzags &#224; gauche et de grands zigzags &#224; droite. Il n'est pas douteux que le dernier geste &#224; gauche (le manifeste pour l'anniversaire) va obliger &#224; apaiser la droite et ceux qui sont les vraies sources de son soutien dans le pays &#8211; en fait, pas en paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zigzags &#224; gauche ne s'expriment pas seulement par des manifestes b&#226;cl&#233;s d'anniversaire. L'insurrection de Canton est indiscutablement un zigzag aventuriste de l'I.C. &#224; gauche, apr&#232;s qu'aient &#233;t&#233; pleinement r&#233;v&#233;l&#233;es les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la politique menchevique suivie en Chine. L'&#233;pisode de Canton constitue une r&#233;p&#233;tition, en pire et en plus pernicieux du putsch d'Esthonie en 1924, apr&#232;s qu'on e&#251;t laiss&#233; passer la situation r&#233;volutionnaire de 1923 en Allemagne. Le menchevisme plus l'aventurisme bureaucratique ont port&#233; &#224; la r&#233;volution chinoise un double coup : il n'est pas douteux que le prix de l'insurrection de Canton sera un nouveau zigzag, beaucoup plus ample, &#224; droite, dans le domaine de la politique internationale et particuli&#232;rement en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che objective d'un r&#233;gime thermidorien serait de transf&#233;rer les leviers de commande politiques principaux aux mains de la gauche des nouvelles classes poss&#233;dantes. La condition la plus importante &#8211; mais pas la seule &#8211; de la victoire de Thermidor serait un &#233;crasement de l'Opposition tel qu'il n'y aurait plus &#224; en avoir &#171; peur &#187;. Dans les appareils du parti et de l'&#201;tat, les brasseurs d'affaires qui ont r&#233;ussi, en utilisant tous les fils, &#224; s'unir par toutes sortes de liens avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise nouvelle, prendraient le pas sur les politiques purs, les centristes, les gens de l'appareil stalinien qui effraient les ouvriers avec l'opposition, pr&#233;servant ainsi temporairement leur &#171; ind&#233;pendance &#187;. Quant &#224; ce que deviendraient alors les centristes de l'esp&#232;ce stalinienne, c'est une question secondaire. Peut-&#234;tre quelques-uns d'entre eux se d&#233;tacheraient-ils pour se porter &#224; gauche. Le reste, bien plus nombreux, se retirerait purement et simplement du jeu. Une troisi&#232;me cat&#233;gorie renoncerait &#224; l'ind&#233;pendance imaginaire actuelle du centrisme et ses hommes entreraient dans la nouvelle combinaison, purement thermidorienne. Voil&#224; ce que serait la premi&#232;re &#233;tape de la marche au pouvoir de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui provoque le reflux ? La pression des forces de classe anti-prol&#233;tariennes sur l'&#201;tat sovi&#233;tique pouvait rencontrer une r&#233;sistance organis&#233;e seulement de la part des vieux cadres du parti et de la partie ouvri&#232;re de l'appareil de l'&#201;tat et du parti. Cependant, la partie ouvri&#232;re de l'appareil d'&#201;tat qui, autrefois, se s&#233;parait nettement des cadres des anciens intellectuels bourgeois et n'avait pas confiance en eux, s'est, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;tach&#233;e toujours plus de la classe ouvri&#232;re, se rapprochant, par ses conditions de vie et d'existence, des couches intellectuelles de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, et elle est devenue plus complaisante &#224; l'&#233;gard de l'influence des ennemis de classe. D'autre part, le gros du prol&#233;tariat, qui avait donn&#233; son avant-garde &#224; l'appareil bureaucratique de l'&#201;tat, apr&#232;s la formidable tension des premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, a manifest&#233; une grande passivit&#233; politique. Au cours de la p&#233;riode de reconstruction, quand sa situation mat&#233;rielle s'est am&#233;lior&#233;e rapidement, les d&#233;faites de la r&#233;volution au plan international ont pes&#233; lourd dans ce sens. Il faut ajouter l'influence du r&#233;gime du parti. Le prol&#233;tariat charrie encore largement avec lui l'h&#233;ritage du pass&#233; capitaliste. Les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution ont port&#233; au premier plan les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la classe, les plus r&#233;volutionnaires, les plus bolcheviques. A l'heure actuelle, ceux qui sont devant, ce sont l'&#233;lite des domestiques, de ceux qui savent courber l'&#233;chine. Les &#233;l&#233;ments &#171; remuants &#187; sont mis &#224; l'&#233;cart et pourchass&#233;s et c'est une source d'affaiblissement du parti et de la classe. Cela les d&#233;sarme devant l'ennemi. Ainsi la pression grandissante des forces bourgeoises sur l'&#201;tat ouvrier s'est-elle jusqu'&#224; pr&#233;sent exerc&#233;e sans se heurter &#224; une r&#233;sistance active de la masse essentielle du prol&#233;tariat. Une telle situation ne peut se prolonger ind&#233;finiment. Il y a tout lieu de penser que l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par les masses des ouvriers sans-parti pour la discussion d'avant le 15e congr&#232;s en liaison avec la campagne des contrats collectifs, montre que de larges masses ouvri&#232;res commencent &#224; s'&#233;veiller et &#224; s'int&#233;resser aux probl&#232;mes politiques fondamentaux d'aujourd'hui en m&#234;me temps que commence &#224; s'emparer d'eux l'inqui&#233;tude pour le sort de la dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que grandira l'activit&#233; du prol&#233;tariat, la demande adress&#233;e &#224; l'opposition dans les milieux ouvriers grandira &#233;galement. Au cours des ann&#233;es o&#249; elle a lutt&#233; contre le reflux &#224; l'int&#233;rieur du parti (1923-1927), l'Opposition n'a pu que freiner ce processus. On ne peut s&#233;rieusement arr&#234;ter semblable processus autrement que par le d&#233;veloppement de la lutte de classe du prol&#233;tariat, dirig&#233;e contre la nouvelle bourgeoisie, contre les influences non prol&#233;tariennes qui s'exercent sur l'&#201;tat ouvrier, et contre l'imp&#233;rialisme mondial. Le prol&#233;tariat est habitu&#233; &#224; prendre conscience des dangers et &#224; r&#233;agir contre eux par l'interm&#233;diaire de son parti. Le monopole dont le parti jouit depuis 1917 a encore renforc&#233; son r&#244;le. La gravit&#233; de la situation consiste en ce que le r&#233;gime du parti freine et paralyse l'activit&#233; du prol&#233;tariat en m&#234;me temps que la th&#233;orie officielle du parti le tranquillise et l'endort. C'est pour cette raison et dans de telles conditions que l'Opposition porte une grande responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oustrialovisme et menchevisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine op&#232;re un rapprochement entre le point de vue de l'Opposition et celui d'Oustrialov. En quoi est-ce le clou du caract&#232;re charlatanesque de cette th&#233;orie ? Oustrialov parle ouvertement du caract&#232;re in&#233;luctable de Thermidor, &#233;tape du salut dans le d&#233;veloppement national de la r&#233;volution d'Octobre. L'Opposition, elle, parle du danger de Thermidor et montre la voie de la lutte contre ce danger. Comme il glisse vers la droite, le centrisme est oblig&#233; de se fermer les yeux devant le danger et de nier m&#234;me sa possibilit&#233;. Il n'est pas possible de rendre &#224; Thermidor un service plus grand que de nier la r&#233;alit&#233; du danger thermidorien. La tentative de rapprocher le point de vue de l'Opposition sur Thermidor de celui des mencheviks n'est pas moins charlatanesque. Les mencheviks estiment que le danger bonapartiste a sa source essentielle dans le r&#233;gime de la dictature prol&#233;tarienne, que l'erreur principale est de compter sur la r&#233;volution mondiale, qu'une politique juste exige un repli dans les limites &#233;conomiques et politiques de la bourgeoisie et que, pour se sauver de Thermidor et du bonapartisme, il faut revenir &#224; la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire au r&#233;gime parlementaire bourgeois. L'Opposition, pour sa part, ne nie nullement le danger de Thermidor, mais, bien au contraire, s'efforce de concentrer sur lui l'attention de l'avant-garde prol&#233;tarienne, car elle pense que la source politique principale de ce danger r&#233;side dans le comportement insuffisamment ferme de la dictature prol&#233;tarienne, l'insuffisance des liens avec la r&#233;volution mondiale, un esprit de conciliation excessif &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie, de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur. La d&#233;mocratie parlementaire n'est pour nous qu'une des formes de la domination du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menchevisme est thermidorien d'un bout &#224; l'autre. Oustrialov, dans son thermidorianisme, est r&#233;aliste. Le menchevisme est utopique d'un bout &#224; l'autre. Est-il vraisemblable en effet qu'en cas de d&#233;faite de la dictature, celle-ci se transforme en d&#233;mocratie bourgeoise ? Non. C'est la moins vraisemblable de toutes les variantes. Jamais encore dans l'Histoire la dictature r&#233;volutionnaire n'a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la d&#233;mocratie. Thermidor, par son essence m&#234;me, est un r&#233;gime de transition de kerenskysme &#224; rebours. Le kerenskysme de 1917 a couvert la dualit&#233; du pouvoir, s'est d&#233;battu dans son cadre et, contre son gr&#233;, a servi au prol&#233;tariat pour arracher le pouvoir des mains de la bourgeoisie. L'av&#232;nement du r&#233;gime thermidorien signifierait d&#233;cr&#233;ter &#224; nouveau la dualit&#233; du pouvoir &#8211; avec pr&#233;pond&#233;rance de la bourgeoisie &#8211; et, de nouveau, ce r&#233;gime, contre son gr&#233;, aiderait la bourgeoisie &#224; arracher le pouvoir des mains du prol&#233;tariat. Le r&#233;gime thermidorien, par nature, ne pourrait durer ind&#233;finiment. Son r&#244;le objectif consisterait &#224; couvrir l'accession au pouvoir de la bourgeoisie &#224; travers les organismes sovi&#233;tiques familiers aux travailleurs. Mais la r&#233;sistance du prol&#233;tariat, ses tentatives de se maintenir ou de regagner les positions perdues, deviendraient in&#233;vitables. Pour venir &#224; bout &#238;le telles tentatives et se renforcer v&#233;ritablement, la bourgeoisie &#233;prouverait d'urgence le besoin, non d'un r&#233;gime thermidorien, mais d'un r&#233;gime bien plus fort, beaucoup plus r&#233;solu, le plus vraisemblablement du bonapartisme, ou, plus actuel, du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks, en tant qu'aile gauche de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, combattraient sous le bonapartisme pour la l&#233;galit&#233;. Ce faisant, ils serviraient de soupape de s&#251;ret&#233; pour le r&#233;gime bourgeois. Les bolcheviks-l&#233;ninistes, cependant, combattraient pour la conqu&#234;te du pouvoir sous la forme de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du &#171; d&#233;lai &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question g&#233;n&#233;rale du danger thermidorien soul&#232;ve des questions plus concr&#232;tes. Quelle est la proximit&#233; de ce danger ? Thermidor n'a-t-il pas d&#233;j&#224; commenc&#233; ? Quels sont les indices r&#233;els sur son accomplissement ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du rythme auquel se produisent les divers changements est tr&#232;s importante pour notre tactique. Le rythme des nouveaux alignements politiques &#224; l'int&#233;rieur des classes et entre elles est beaucoup plus difficile &#224; d&#233;terminer que le rythme des processus &#233;conomiques dans le pays. En tout cas, ceux qui s'attendent &#224; ce que le processus de recul se poursuive au rythme actuel pendant des ann&#233;es font une grosse erreur. C'est, de toutes les perspectives, la plus improbable. Dans le processus de d&#233;clin, il pourra y avoir, et il y aura, des mouvements tr&#232;s brusques sous la pression des forces bourgeoisies de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur. Le temps qu'ils prendront, on ne peut le pr&#233;dire. Ce pourrait &#234;tre plus bref que nous le pensons. Ceux qui ne veulent pas s'en rendre compte, qui repoussent cette id&#233;e, seront in&#233;vitablement pris &#224; l'improviste. Il n'est pas besoin de rappeler que la capitulation de Zinoviev et Kamenev les a confront&#233;s, d&#232;s le tout d&#233;but, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'enjoliver la situation, de minimiser le danger et d'endormir la gauche du parti. Quelques camarades ont li&#233; la question du rythme de Thermidor avec la question de la composition du C.C. en tant qu'incarnation de l'autorit&#233; du pouvoir et de la r&#233;volution. Aussi longtemps que les Oppositionnels ont &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;s au C.C., ils ont jou&#233; le r&#244;le de frein sur ceux qui reculaient et la politique du C.C., selon les termes de Tomsky, n'&#233;tait &#171; ni chair ni poisson &#187;, c'est-&#224;-dire que le recul vers Thermidor rencontrait de la r&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur. L'&#233;limination du C.C. des Oppositionnels &#8211; c'est ce que pensaient les camarades que j'ai mentionn&#233;s &#8211; signifierait que ceux qui op&#232;rent cette retraite ne pouvaient plus collaborer avec les repr&#233;sentants de la ligne prol&#233;tarienne internationale. Cela signifierait donc le d&#233;but officiel de Thermidor. Cette mani&#232;re de poser la question est pour le moins incompl&#232;te et, pour cette raison, ne peut conduire qu'&#224; des conclusions fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de l'Opposition consiste en ce que, arm&#233;e de la m&#233;thode marxiste, elle peut pr&#233;voir le cours du d&#233;veloppement et mettre en garde. La &#171; force &#187; de la fraction stalinienne consiste dans son abandon de l'orientation marxiste : la fraction stalinienne joue aujourd'hui un r&#244;le que ne peuvent jouer que des gens qui portent des &#339;ill&#232;res, se dispensent de regarder &#224; gauche et &#224; droite et ne regardent pas devant eux les cons&#233;quences &#224; venir. La fraction stalinienne consid&#232;re les pr&#233;dictions marxistes de l'Opposition comme des injures personnelles, des calomnies, etc., r&#233;v&#233;lant en cela les caract&#232;res typiques de son &#233;troitesse d'esprit petite-bourgeoise. Et c'est pourquoi elle attaque l'Opposition avec une fureur redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il toutefois que l'exclusion et m&#234;me l'amputation de l'Opposition tout enti&#232;re constitue le passage &#224; Thermidor, devenu un fait accompli ? Non, il s'agit seulement de la pr&#233;paration &#224; Thermidor dans le cadre du parti. La fraction stalinienne, en abattant la barri&#232;re prol&#233;tarienne de gauche, est en train, contre son propre gr&#233;, de paver la voie &#224; la marche au pouvoir de la bourgeoisie. Mais ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas encore accompli, ni en politique, ni dans l'&#233;conomie, ni dans la culture, ni dans la vie quotidienne. Pour assurer dans la r&#233;alit&#233; la victoire de Thermidor, il est n&#233;cessaire en premier lieu de supprimer (ou de limiter) le monopole du commerce ext&#233;rieur, de r&#233;viser les instructions &#233;lectorales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de pression thermidoriennes de m&#234;me que les forces de r&#233;sistance prol&#233;tariennes, pourront seulement se r&#233;v&#233;ler dans le proc&#232;s de la lutte r&#233;elle des classes. C'est pourquoi on ne peut pas consid&#233;rer la mise de l'Opposition hors du parti comme l'accomplissement d&#233;j&#224; effectu&#233; de Thermidor. A vrai dire, une telle appr&#233;ciation pourrait &#234;tre juste si la marche ult&#233;rieure des &#233;v&#233;nements montrait que, de l'int&#233;rieur du parti, il ne peut plus venir de nouveaux &#233;l&#233;ments &#224; l'Opposition et que, dans la classe ouvri&#232;re, il ne saurait surgir de nouvelles forces pour r&#233;sister &#224; l'assaut de la bourgeoisie, et que par suite, l'intervention d'une Opposition peu nombreuse ne serait que le dernier bouillonnement de la vague d'Octobre. On ne peut formuler une telle appr&#233;ciation parce qu'il n'y a pas de causes pour penser que le prol&#233;tariat, en d&#233;pit des ph&#233;nom&#232;nes de passivit&#233; et de luttes avort&#233;es, ph&#233;nom&#232;nes qui se sont manifest&#233;s dans son sein au cours de la p&#233;riode &#233;coul&#233;e, n'est pas capable de &#238;le fendre les conqu&#234;tes d'Octobre contre la bourgeoisie int&#233;rieure et ext&#233;rieure, ce qui signifierait capituler avant la lutte et sans lutte. Il est absolument hors de doute que la pouss&#233;e ult&#233;rieure &#224; droite grossira le flux vers l'Opposition des &#233;l&#233;ments ouvriers du parti, et augmentera l'influence de ses id&#233;es sur la classe ouvri&#232;re. La question du d&#233;lai dans lequel peut se produire Thermidor, et les chances de son succ&#232;s ou de son insucc&#232;s, cela, en g&#233;n&#233;ral, n'est pas et ne peut pas &#234;tre une question de pure analyse th&#233;orique ou de pronostic. Il s'agit de la lutte de forces vives. Le r&#233;sultat doit &#234;tre d&#233;termin&#233; dans l'action elle-m&#234;me. La lutte int&#233;rieure du parti, malgr&#233; toute son acuit&#233;, n'est qu'un pr&#233;lude &#224; l'&#233;poque des combats de classe. Toutes les t&#226;ches sont encore enti&#232;rement devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair, qu'en cas de marche plus rapide et plus favorable du mouvement r&#233;volutionnaire en Occident et en Orient, l'Opposition accomplira beaucoup plus facilement sa t&#226;che historique. Mais au cas o&#249; la R&#233;volution mondiale serait diff&#233;r&#233;e, la lutte ne serait nullement sans espoir. L'Opposition ne se chargera certes pas de construire le socialisme dans un seul pays. Si l'on part du fait que l'imp&#233;rialisme demeurera victorieux en Occident et en Orient pendant plusieurs ann&#233;es, ce serait un pur enfantillage de penser que le prol&#233;tariat en U.R.S.S. pourrait garder le pouvoir et construire le socialisme contre l'imp&#233;rialisme mondial victorieux. Mais une telle sorte de perspective mondiale n'est en rien fond&#233;e. Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale ne s'adoucissent pas, mais s'aiguisent. Ce ne seront pas les grandes commotions qui manqueront. Cela, l'Opposition l'a pr&#233;cis&#233;ment enseign&#233;, par exemple, lors des &#233;v&#233;nements de Chine, du Comit&#233; anglo-russe etc. Les succ&#232;s dans cette voie sont seulement possibles &#224; condition que soient assur&#233;es la d&#233;fense et la pratique du bolchevisme v&#233;ritable, f&#251;t-ce, pour un temps, &#224; titre de petite minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si m&#234;me tout le d&#233;veloppement de la lutte dans la prochaine p&#233;riode se montrait enti&#232;rement d&#233;favorable &#224; la dictature du prol&#233;tariat en U.R.S.S., et aboutissait &#224; sa chute, alors, m&#234;me dans ce cas, le travail de l'Opposition garderait toute son importance. L'ach&#232;vement de Thermidor signifierait in&#233;luctablement la scission du parti. L'Opposition serait l'expression des cadres r&#233;volutionnaires, et dans ce cas formerait, non &#171; un deuxi&#232;me parti &#187;, mais le prolongement historique du parti bolchevique. Le &#171; deuxi&#232;me &#187; parti serait form&#233; par l'union des &#233;l&#233;ments bureaucratiques et propri&#233;taires, poss&#233;dant d&#233;j&#224; leur point d'appui sur le flanc droit. Le deuxi&#232;me parti ne serait, &#224; vrai dire, qu'une &#233;tape pour la bourgeoisie imp&#233;rialiste int&#233;rieure et &#233;trang&#232;re. La t&#226;che du parti bolchevique, apr&#232;s la r&#233;volution bourgeoise, consisterait &#224; pr&#233;parer la deuxi&#232;me r&#233;volution prol&#233;tarienne. Aujourd'hui, toutefois, il s'agit de pr&#233;venir un tel d&#233;veloppement, en ayant recours au noyau prol&#233;tarien du parti et &#224; la classe ouvri&#232;re dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti une fois formellement amput&#233; de l'Opposition, les classes non prol&#233;tariennes se sentiront beaucoup plus d'assurance. Leur pression se renforcera encore. Les formes et m&#233;thodes de cette pression se feront toujours plus vari&#233;es et plus enveloppantes : depuis la pression du chef d'&#233;quipe sur les ouvriers &#224; l'usine jusqu'&#224; la pression de la bourgeoisie europ&#233;enne et am&#233;ricaine dans la question du monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si m&#234;me nous prenons comme point de d&#233;part cette supposition que la pression de la bourgeoisie int&#233;rieure et internationale doit se terminer victorieusement, (mais ceci n'est nullement r&#233;solu par avance) alors, m&#234;me en ce cas, il est impossible de s'imaginer que tout va se passer sans heurts, par le moyen d'un glissement acc&#233;l&#233;r&#233;, sans obstacles, sans tentatives de contre-pression prol&#233;tarienne de la part de la gauche. Pr&#233;cis&#233;ment, l'offensive croissante des classes non prol&#233;tariennes doit pousser des couches de plus en plus larges sur la voie de la lutte active. Pour &#171; diriger &#187; la d&#233;fense du noyau ouvrier du parti, aussi bien que de la classe ouvri&#232;re dans son ensemble, elles ont besoin de l'Opposition, m&#234;me en cas de d&#233;veloppement tr&#232;s d&#233;favorable des &#233;v&#233;nements. Il est inutile d'expliquer que le noyau prol&#233;tarien du parti et la classe ouvri&#232;re ne se tourneront vers l'Opposition que si celle-ci sait, dans toutes les questions de la vie et de la lutte des masses, montrer que ses points de vue correspondent aux int&#233;r&#234;ts m&#234;me du prol&#233;tariat. Cela suppose de l'activit&#233; de la part de l'Opposition, son intervention permanente dans tous les proc&#232;s &#233;conomiques, politiques et culturels de la vie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction Staline se trouve non seulement sous la menace de la pression croissante venant de droite, mais aussi de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche. Les stalinistes fulminent contre l'Opposition, esp&#233;rant se rendre eux-m&#234;mes ma&#238;tres de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche contre les forces qui surgissent de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de l'aile droite du parti, de m&#234;me que les &#233;l&#233;ments oustrialovistes de l'appareil d'&#201;tat, comprennent la n&#233;cessit&#233; de certaines man&#339;uvres vers la gauche, mais ils craignent que ces man&#339;uvres puissent aller trop loin. Les d&#233;ments du flanc droit, qui, appartenant ou non au parti, participent &#224; la solution de toutes les questions du parti, sont caract&#233;ris&#233;s par leur liaison organique avec les nouveaux propri&#233;taires. Ils ne peuvent accepter que des man&#339;uvres qui, si elles comportent certains &#171; sacrifices &#187; en faveur du prol&#233;tariat, ne compromettent pas la situation mat&#233;rielle des classes exploiteuses et ne r&#233;tr&#233;cissent pas leur r&#244;le politique. C'est pr&#233;cis&#233;ment de ce point de vue que se pose pour eux la question de la journ&#233;e de sept heures, la question des salaires, l'aide aux pauvres de la campagne, etc. Les man&#339;uvres de gauche ne sauveront pas la politique de Staline. La queue va frapper la t&#234;te. La croissance de l'aile droite s'exprime dans l'imm&#233;diat par la pr&#233;pond&#233;rance croissante de l'appareil de l'&#201;tat sur l'appareil du parti. Il est possible de suivre clairement la croissance de ce proc&#232;s au cours des deux ann&#233;es qui se sont &#233;coul&#233;es entre le 14e et le 15e Congr&#232;s. Le 14e Congr&#232;s du parti fut l'apog&#233;e de l'appareil du parti et en m&#234;me temps de Staline. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; un s&#233;rieux d&#233;placement des forces vers la droite. Les fi&#232;res d&#233;clarations des fonctionnaires de l'appareil centriste, selon lesquelles ils vont d&#233;truire en passant l'aile droite aussi, ne se sont pas r&#233;alis&#233;es. Le bureau politique est demeur&#233; aussi oscillant qu'il l'&#233;tait avant le 15e Congr&#232;s. La composition du nouveau comit&#233; central et de la nouvelle commission centrale de contr&#244;le a introduit de nouvelles figures qui y sont entr&#233;es exclusivement en qualit&#233; de fonctionnaires. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; l'affaiblissement de l'appareil du parti dans le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral du r&#233;gime sovi&#233;tique. La lutte Staline-Rykov refl&#232;te dans une large mesure la lutte des deux appareils o&#249; se r&#233;fracte &#224; son tour la lutte de classe. La pression des classes non prol&#233;tariennes, largement et directement, se manifeste &#224; travers l'appareil d'&#201;tat. Cela ne signifie pas, toutefois, qu'elle se meut dans des cadres de classe bien clairs. Dans l'avenir, quand la politique de &#171; sur place &#187;, la politique qui consiste &#224; &#233;luder les questions, &#224; attendre, deviendra impossible, Staline pourra, avec succ&#232;s, enfourcher le cheval de droite et liquider Rykov. Tout simplement se mettre &#224; sa place. Mais m&#234;me cette question ne peut &#234;tre r&#233;solue sans de nouveaux d&#233;placements de forces et sans de profondes secousses dans le parti. Les difficult&#233;s &#233;conomiques s'approchent et menacent avec une force inexorable. L'Opposition a eu raison, aussi bien dans la compr&#233;hension de la situation &#233;conomique du pays que dans ses pr&#233;visions concernant la marche future des &#233;v&#233;nements. Les &#233;checs graves dans la r&#233;quisition de bl&#233; pendant le premier trimestre sont l'indication d'une atteinte s&#233;rieuse &#224; l'&#233;quilibre de toute l'&#233;conomie de l'U.R.S.S. Une entorse s&#233;rieuse a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite au plan d'exportation et par suite au plan d'importation. Le manque de produits alimentaires a d&#233;j&#224; contraint des centres ouvriers parmi les plus importants, comme L&#233;ningrad, &#224; passer au syst&#232;me de la carte de rationnement. La cause sp&#233;cifique des difficult&#233;s &#233;conomiques pour l'ann&#233;e 1927-1928 r&#233;side dans l'inflation mon&#233;taire. Celle-ci a aggrav&#233; les difficult&#233;s de notre &#233;conomie qui sont la cons&#233;quence du retard de l'industrie, de la disproportion etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation mon&#233;taire a &#233;t&#233; tout d'abord l'expression de ce fait que les d&#233;penses r&#233;elles de l'&#233;conomie d'&#201;tat sont devenues beaucoup plus fortes que ses revenus r&#233;els ; et deuxi&#232;mement qu'une telle situation dans notre pays m&#232;ne in&#233;luctablement &#224; porter atteinte &#224; la liaison entre la ville et la campagne. Il n'est possible d'obtenir les moyens r&#233;els d'industrialiser plus vite le pays qu'en ayant recours &#224; une s&#233;rieuse r&#233;vision de la r&#233;partition des revenus nationaux, r&#233;vision effectu&#233;e au b&#233;n&#233;fice des &#233;l&#233;ments socialistes de notre &#233;conomie. Faute de cela, m&#234;me le plan actuellement en cours d'ex&#233;cution pour les d&#233;penses de capital a d&#233;termin&#233; une situation tr&#232;s tendue des possibilit&#233;s d'&#233;mission de papier-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte actuellement men&#233;e contre les difficult&#233;s &#233;conomiques (renforcement du ravitaillement des campagnes en marchandises industrielles en privant le march&#233; des villes) peut conduire &#224; des succ&#232;s partiels dans des compartiments s&#233;par&#233;s, au prix de nouvelles difficult&#233;s dans d'autres endroits. Toute la situation &#233;conomique r&#233;v&#232;le la faillite de la politique actuelle qui consiste &#224; trouver des solutions au coup par coup en fonction d'une ligne g&#233;n&#233;rale fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de l'Opposition a &#233;t&#233; repouss&#233; ; le groupe Staline n'a aucun plan, tandis que les &#233;l&#233;ments de droite ont peur de parler &#224; haute voix de leurs v&#233;ritables intentions : telle est la situation de la direction &#233;conomique en ce moment. Ce qui est le plus vraisemblable, c'est que la situation &#233;conomique ult&#233;rieure devenant plus aigu&#235;, la ligne de la droite triomphera, et cela, la plate-forme de l'Opposition l'a pr&#233;vu d'une mani&#232;re absolument juste. A la base de la crise aigu&#235; qui se manifeste actuellement dans la situation &#233;conomique, il y a, comme racine, la disproportion entre l'&#233;conomie industrielle et l'&#233;conomie paysanne. Il n'est possible de faire dispara&#238;tre cette disproportion que de deux mani&#232;res : soit par les m&#233;thodes de r&#233;gulation du plan et par une politique appropri&#233;e des imp&#244;ts, des prix, des cr&#233;dits, etc., soit par les moyens &#233;l&#233;mentaires du march&#233;, non seulement du march&#233; int&#233;rieur qui, pour cela, est certainement insuffisant, mais aussi par les moyens du march&#233; ext&#233;rieur. La premi&#232;re voie, c'est la voie de la plus juste r&#233;partition des revenus nationaux. La seconde, c'est celle qui consiste &#224; supprimer aussi le monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la situation, c'est la question du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il est hors de doute que la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur, ou sa limitation, qui toucherait &#224; son essence m&#234;me, m&#232;nerait dans les premiers temps &#224; une augmentation importante des forces productives. Les marchandises deviendraient meilleur march&#233;. Les salaires s'&#233;l&#232;veraient. Le pouvoir d'achat du rouble paysan grandirait. Mais l'ensemble signifierait la marche acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'&#233;conomie nationale vers la liaison avec le capital mondial Dans ces conditions, la dictature du prol&#233;tariat ne pourrait &#234;tre maintenue que pendant un court d&#233;lai, ne pouvant pas s'&#233;valuer en ann&#233;es. La restauration de la servitude capitaliste signifierait le partage, direct ou indirect, de la Russie en sph&#232;res d'influences ; elle serait entra&#238;n&#233;e dans la politique des secousses guerri&#232;res de l'imp&#233;rialisme mondial, avec la perspective de la ruine et du d&#233;p&#233;rissement, comme en Chine. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur donnerait indubitablement une impulsion aux forces productrices et une &#233;l&#233;vation temporaire du bien-&#234;tre des masses travailleuses. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce sens qu'exerce sa pression le koulak, qui ne l&#226;che pas son bl&#233;, de m&#234;me que le capitaliste am&#233;ricain ne l&#226;che aucun cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire de penser que la droite lancera le mot d'ordre de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il y a beaucoup de moyens d&#233;tourn&#233;s et partiels comme l'a montr&#233; l'Histoire, lors des instructions pour les &#233;lections aux soviets. Dans les premiers temps, la pression s'exercera par ces voies d&#233;tourn&#233;es. La revendication de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur peut &#234;tre assez rapidement pr&#233;sent&#233;e sous sa forme la plus large. On dira aux ouvriers : &#171; Certes, L&#233;nine &#233;tait pour le monopole, mais tout d&#233;pend des conditions de temps et de lieu. Notre doctrine n'est pas un dogme. La situation a chang&#233;. Le d&#233;veloppement des forces productives exige aussi quelque chose d'autre. &#187; La politique actuelle, qui m&#232;ne &#224; une impasse, se prolongeant, il est absolument hors de doute que le mot d'ordre de la suppression par degr&#233;s du monopole du commerce ext&#233;rieur peut entra&#238;ner derri&#232;re lui une partie de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression de la droite s'exercera simultan&#233;ment dans plusieurs directions. La pr&#233;vision du syst&#232;me des &#233;lections vient de nouveau &#224; l'ordre du jour. La politique fiscale, les droits de l'administration sur les usines et fabriques, la politique des cr&#233;dits, et particuli&#232;rement dans les campagnes, etc., etc., toutes ces questions se poseront de nouveau sous la pression de la droite. Staline et son appareil se heurteront demain &#224; cette pression et r&#233;v&#233;leront leur impuissance devant elle. On peut &#233;carter les rykovistes et pr&#233;parer la destitution de Rykov lui-m&#234;me. Ces plaisanteries bureaucratiques ne r&#233;solvent pas la question. La pression de droite ne se r&#233;fracte pas seulement &#224; travers le groupe Rykov. Cette pression est elle-m&#234;me beaucoup plus profonde que la fraction Rykov. Elle provient des nouveaux poss&#233;dants et des bureaucrates qui lui sont li&#233;s. Il faut, ou bien s'appuyer sur ces nouveaux poss&#233;dants contre les ouvriers, ou bien s'appuyer sur les ouvriers contre leurs pr&#233;tentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela r&#233;uni signifie que la formation des fractions se fera scion un rythme puissant sur l'aile droite, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur du parti qu'en dehors. Le cercle de l'appareil ne viendra pas &#224; bout de la pression de classe. La logique de la situation est telle que le 15e Congr&#232;s, conform&#233;ment &#224; toutes les donn&#233;es, constitue le d&#233;but de la pouss&#233;e fractionnelle de droite du parti. Dans ces conditions, le r&#244;le de l'aile gauche sera d&#233;cisif pour le sort du parti et de la dictature du prol&#233;tariat. La critique de l'opportunisme, une juste orientation de classe, de justes mots d'ordre, l'&#233;ducation des meilleurs &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires du parti, ce travail est particuli&#232;rement n&#233;cessaire et obligatoire en tout temps et &#224; chaque occasion. La t&#226;che de l'Opposition consiste &#224; assurer la continuit&#233; du parti bolchevique authentique. Pendant une certaine p&#233;riode, cela signifiera aller contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition et l'Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 15e congr&#232;s, d'apr&#232;s le compte rendu du comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le moment pr&#233;sent, en Europe, le reflux, d'une faible dur&#233;e, de la vague r&#233;volutionnaire (apr&#232;s la d&#233;faite de la R&#233;volution allemande de 1923) se change de nouveau en une vague montante par l'&#233;l&#233;vation de l'activit&#233; combative du prol&#233;tariat, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de cette fa&#231;on le premier aveu officiel fait ouvertement de ce qu'apr&#232;s la d&#233;faite de la r&#233;volution allemande en l'ann&#233;e 1923, le mouvement ouvrier a reflu&#233; en Europe &#8211; au moins sur le continent d'Europe &#8211; pendant environ quatre ann&#233;es. Que l'on allait avoir &#224; faire face &#224; ce reflux, cela pouvait et devait &#234;tre pr&#233;vu d&#233;j&#224; en novembre-d&#233;cembre 1923. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette p&#233;riode que l'Opposition a pr&#233;dit que viendrait in&#233;luctablement une certaine &#171; pacification &#187; dans les rapports capitalistes, qu'on assisterait in&#233;luctablement &#224; une invasion croissante de la part de l'Am&#233;rique dans le domaine de l'&#233;conomie et de la politique europ&#233;enne, et que, parall&#232;lement &#224; cel&#224;, se produirait in&#233;luctablement un renforcement temporaire de la social-d&#233;mocratie au d&#233;triment du communisme. Alors, ce pronostic marxiste fut qualifi&#233; de liquidateur. Le 5e Congr&#232;s de l'Internationale, r&#233;uni en 1924, fut conduit, dans l'ensemble, de ce point de vue que la vague r&#233;volutionnaire continuerait probablement &#224; monter et que de l&#224; d&#233;coulait la t&#226;che d' &#171; organiser &#187; imm&#233;diatement la r&#233;volution. L'insurrection d'Estonie fut l'un des fruits les plus apparents de cette mani&#232;re d'envisager les choses. Ce que l'on a appel&#233; la &#171; bolchevisation &#187; des partis de l'Internationale, proclam&#233; par le 5e Congr&#232;s, en liaison avec la tendance &#224; &#233;carter des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement indignes et corrompus, comportait aussi la lutte contre une juste appr&#233;ciation marxiste des phases de l'&#233;poque imp&#233;rialiste et de ses flux et reflux, appr&#233;ciation sans laquelle, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du bolchevisme est impossible. La position fausse prise par le 5e Congr&#232;s a in&#233;vitablement aliment&#233; les erreurs et les tendances ultra-gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le reflux, au moment o&#249; il se produisit, e&#251;t r&#233;v&#233;l&#233; toute sa profondeur, la nouvelle direction de l'Internationale, devenue sage apr&#232;s coup, frappa les &#233;l&#233;ments de gauche des partis communistes. Le syst&#232;me de la permanence des dirigeants mis en pratique ces derni&#232;res ann&#233;es, n'a cess&#233; de se renforcer dans l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che la plus importante du 6e Congr&#232;s est d'appr&#233;cier d'une mani&#232;re juste les erreurs fondamentales de la position prise par le 5e Congr&#232;s et de condamner d'une mani&#232;re d&#233;cisive cette direction dont l'incurie et le suivisme en pr&#233;sence de chaque tournant brusque des &#233;v&#233;nements met sens dessus dessous les comit&#233;s centraux des sections nationales des partis et ainsi ne permet pas de former des cadres dirigeants capables de s'orienter dans le changement des p&#233;riodes de flux et de reflux du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la classe ouvri&#232;re d'Europe, on observe indubitablement un d&#233;placement vers la gauche. Il s'exprime par le renforcement de la lutte gr&#233;viste et l'augmentation des voix communistes, mais ce n'est que la premi&#232;re &#233;tape de ce d&#233;veloppement. Le nombre des voix social-d&#233;mocrates augmente parall&#232;lement &#224; celui des voix communistes, distan&#231;ant m&#234;me en partie ces derniers. Si ce processus se d&#233;veloppe et s'approfondit, une seconde phase se produira alors, avec le d&#233;but du d&#233;placement de la social-d&#233;mocratie vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment il faudra renforcer l'organisation des partis communistes, renforcement qu'il n'est pas encore possible de constater aujourd'hui. Un des plus grands obstacles &#224; la croissance et au renforcement des partis communistes, c'est l'orientation politique de l'Internationale et son r&#233;gime interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite de l'attaque contre la gauche va entra&#238;ner un nouvel &#233;cart des ciseaux entre le cours droitier du parti et le d&#233;placement &#224; gauche de la classe ouvri&#232;re. Une situation r&#233;volutionnaire peut, dans une des plus prochaines &#233;tapes, se d&#233;clarer ouvertement dans les pays d'Europe avec la m&#234;me force et la m&#234;me acuit&#233; qu'&#224; Vienne. Toute la question r&#233;side dans la force des partis de l'Internationale communiste, dans leur ligne politique, dans leur direction. Les &#233;v&#233;nements r&#233;cents de Canton, compl&#233;ment aventurier de la politique menchevique, montrent que ce serait le plus grand crime de se cr&#233;er &#224; soi-m&#234;me quelque illusion que ce soit sur la ligne politique actuelle de la direction dans les questions internationales. Seule l'Opposition, par un travail syst&#233;matique, opini&#226;tre, pers&#233;v&#233;rant et ininterrompu, est capable d'aider les partis communistes d'Occident et d'Orient &#224; aller sur la voie bolchevique et &#224; se montrer &#224; la hauteur des situations r&#233;volutionnaires qui ne manqueront pas dans les ann&#233;es qui viennent. L'Opposition en U.R.S.S. ne peut remplir sa t&#226;che que comme facteur r&#233;volutionnaire. La rupture de Kamenev et de Zinoviev avec la gauche de l'Internationale n'en est que plus inadmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des deux partis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte officielle contre l'Opposition se m&#232;ne sous deux mots d'ordres essentiels : contre deux partis et contre le &#171; trotskysme &#187;. La pr&#233;tendue lutte de Staline contre deux partis masque la formation d'une dualit&#233; de pouvoir dans le pays et la formation d'un parti bourgeois sur le flanc droit du parti russe et sous le couvert de son drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute une s&#233;rie d'institutions et dans les bureaux des secr&#233;tariats, ont lieu des conf&#233;rences secr&#232;tes des membres de l'appareil du parti avec les sp&#233;cialistes et les professeurs partisans d'Oustrialov en vue d'&#233;laborer les m&#233;thodes et les mots d'ordre pour lutter contre l'Opposition. &#199;a, c'est la formation clandestine d'un deuxi&#232;me parti qui, par tous les moyens, s'efforce de subordonner, et, partiellement, subordonne le noyau prol&#233;tarien de notre parti en m&#234;me temps qu'il menace son aile gauche. Tout en masquant la formation de ce deuxi&#232;me parti, l'appareil accuse l'Opposition de s'efforcer de cr&#233;er un deuxi&#232;me parti, et cela pr&#233;cis&#233;ment parce que l'Opposition s'efforce de soustraire &#224; la pression croissante de la bourgeoisie le noyau prol&#233;tarien du parti (faute de quoi il serait en g&#233;n&#233;ral impossible de sauver l'unit&#233; du parti bolchevique). Ce serait pure illusion de penser qu'il est possible de maintenir la dictature du prol&#233;tariat, seulement par des adjurations verbales en faveur d'un parti indivisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question : un ou deux partis &#8211; pos&#233;e d'un point de vue concret, d'un point de vue de classe, et non d'un point de vue d'agitation verbale &#8211; sera r&#233;solue pr&#233;cis&#233;ment par la question de savoir si on r&#233;ussira &#224; &#233;veiller et &#224; mobiliser les forces de r&#233;sistance dans le parti et dans le prol&#233;tariat. L'Opposition ne peut atteindre ce but que si elle ne se laisse pas intimider par l'&#233;pouvantail des deux partis et par le charlatanisme en ce qui concerne le &#171; trotskysme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les th&#232;ses du camarade Zinoviev intitul&#233;es &#171; Bilan du pl&#233;num de juillet &#187;, il est dit ce qui suit &#224; propos de la question de deux partis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Staline exclut par paquets les oppositionnels du parti, il peut passer demain &#224; des exclusions bien plus massives. Oui, c'est ainsi. Et n&#233;anmoins, cela ne nous fait en aucun cas aboutir au &#171; mot d'ordre &#187; des &#171; deux partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire se complique du fait que, sous le r&#233;gime de Staline, il n'est pas possible de lutter pour les id&#233;es de L&#233;nine autrement qu'en courant le risque d'&#234;tre exclu du parti. C'est tout &#224; fait indiscutable. Celui qui n'a pas r&#233;gl&#233; cette question pour lui-m&#234;me et se dit que tout vaut mieux que d'&#234;tre exclu du parti, ne peut, dans les conditions actuelles, combattre v&#233;ritablement pour le l&#233;ninisme ni prendre une position ferme d'&#171; oppositionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il peut tr&#232;s bien arriver que des groupes importants d'Oppositionnels (et au nombre de ceux-ci tous les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition), soient dans quelque temps chass&#233;s du parti. Et cependant, leur t&#226;che sera de continuer leur travail et quoique n'&#233;tant plus formellement membres du parti, de ne pas s'&#233;loigner d'un iota des enseignements de L&#233;nine. Leur t&#226;che sera, dans cette p&#233;riode particuli&#232;rement difficile, non pas de s'orienter vers la formation d'un deuxi&#232;me parti, mais de continuer &#224; s'orienter vers le redressement du parti, vers la correction de la ligne politique. Disons-le sans phrases : il est extr&#234;mement difficile pour un l&#233;niniste exclu du parti de coordonner son travail avec celui des l&#233;ninistes demeur&#233;s dans le parti. Mais faire cela est absolument n&#233;cessaire du point de vue de nos buts essentiels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi que l'atteste toute l'exp&#233;rience de la lutte, l'Opposition est unanime &#224; consid&#233;rer que la lutte pour l'unit&#233; du parti sur la base l&#233;niniste ne doit, en aucun cas, se r&#233;duire &#224; se mettre &#224; l'unisson de l'appareil, &#224; att&#233;nuer les divergences et &#224; baisser le ton politiquement. Lorsque les camarades se d&#233;tachent de l'opposition pour aller &#224; droite, ils n'invoquent pas pour expliquer leur d&#233;part, leur propre glissement vers le point de vue de Staline sur les questions int&#233;rieures et internationales, mais ils accusent l'Opposition de s'orienter vers le deuxi&#232;me parti. En d'autres termes, ils ne font que r&#233;p&#233;ter l'accusation lanc&#233;e par Staline afin de masquer leur propre reculade. &#187; (p. 14 et 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous ne sommes pas maintenant en juillet mais en d&#233;cembre ; ces lignes conservent pourtant aujourd'hui toute leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tons-le une fois encore. Si la droite, &#224; l'int&#233;rieur du parti et autour, se rassemblait et gagnait &#224; ses id&#233;es, au cours de la p&#233;riode prochaine, une fraction importante du noyau prol&#233;tarien du parti, la cr&#233;ation d'un second parti deviendrait in&#233;vitable, ce qui signifierait la chute de la dictature et par cons&#233;quent la d&#233;faite des travailleurs. C'est la voie politique de la victoire des oustrialovistes. La voie oppos&#233;e ne peut &#234;tre imagin&#233;e que sous la forme de l'isolement de l'aile droite au moyen de la lutte oppositionnelle contre le centrisme de l'appareil et pour gagner l'influence sur le noyau prol&#233;tarien du parti. La dictature du prol&#233;tariat ne peut pas se maintenir longtemps sur la base de d&#233;faites successives de la gauche prol&#233;tarienne. Au contraire, la dictature, non seulement est compatible avec l'isolement et la liquidation politique de l'aile droite, mais elle exige imp&#233;rieusement une telle liquidation. C'est pourquoi capituler devant le centrisme de l'appareil, au nom d'on ne sait qu'elle unit&#233; du parti, signifierait travailler directement et v&#233;ritablement pour l'existence de deux partis, c'est-&#224;-dire pour l'&#233;croulement de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et Kamenev&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Opposition avait fait au congr&#232;s une d&#233;claration ferme et loyale &#8211; une d&#233;claration et non une demi-douzaine &#8211; si, sur aucune question politique, et en particulier, sur les causes du fractionnisme, elle n'avait agi contre sa conscience, notre situation serait incomparablement plus favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;sitations dans les rangs de l'Opposition se sont produites, non pas &#224; la base, mais au sommet. La conduite des camarades Zinoviev et Kamenev constitue un fait absolument inou&#239; dans l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire, et m&#234;me, si l'on veut, dans l'histoire de la lutte politique en g&#233;n&#233;ral. Zinoviev et Kamenev ont formellement pris comme point de d&#233;part l'unit&#233; du parti consid&#233;r&#233;e comme le crit&#232;re supr&#234;me et, par leur conduite, ils ont affirm&#233; qu'on ne pouvait obtenir cette unit&#233; en luttant pour ses id&#233;es, mais seulement par une reculade sur le terrain des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pour le parti le bl&#226;me le plus impitoyable qu'on puisse imaginer. Cette conduite en effet contribue non &#224; pr&#233;server l'unit&#233; du parti, mais &#224; le d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle justifie en quelque sorte les &#233;l&#233;ments de carri&#233;risme, de duplicit&#233;, de poursuite d'int&#233;r&#234;ts personnels. Refuser de d&#233;fendre ses positions revient &#224; justifier en particulier le comportement de cette large couche de membres du parti corrompus et born&#233;s qui pensent comme l'Opposition mais votent comme la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reculade de Zinoviev et de Kamenev r&#233;sulte de cette croyance mensong&#232;re selon laquelle il serait possible, dans n'importe quelle situation historique, de se tirer d'affaire en recourant &#224; d'astucieuses man&#339;uvres, au lieu de se maintenir sur une ligne politique principielle. C'est la pire caricature du l&#233;ninisme. Caract&#233;risant la politique de man&#339;uvre de L&#233;nine, nous disons dans notre plate-forme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De son temps (du temps de L&#233;nine), le parti a toujours connu les causes de la man&#339;uvre, sa signification, ses limites, la ligne en de&#231;&#224; de laquelle il ne faut pas reculer, et les positions desquelles doit partir &#224; nouveau l'offensive prol&#233;tarienne... Gr&#226;ce &#224; cela, l'arm&#233;e, tout en man&#339;uvrant, a toujours maintenu sa coh&#233;sion, et la conscience de ses buts. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces conditions de la man&#339;uvre l&#233;niniste ont &#233;t&#233; foul&#233;es aux pieds d'une mani&#232;re qui viole tous les principes, par Zinoviev et par Kamenev. Nourrir l'espoir que, dans quelques mois, le document capitulard sera &#171; enfoui &#187; sous de nouveaux &#233;v&#233;nements et sous de nouvelles luttes, c'est se tromper soi-m&#234;me de fa&#231;on pitoyable. Assur&#233;ment, les &#233;l&#233;ments indiff&#233;rents du parti passeront outre &#224; ce document, mais les cadres de la fraction staliniste, de m&#234;me que l'Opposition, ne l'oublieront pas et, au prochain tournant, l'&#233;voqueront devant la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation politique de Zinoviev et de Kamenev s'explique par la tentative de passer d'une position r&#233;volutionnaire &#224; une position centriste de gauche faisant contrepoids &#224; la position centriste de droite occup&#233;e par Staline. Le centrisme peut se maintenir longtemps dans une &#233;poque de d&#233;veloppement lent (le kautskysme avant la guerre) ; dans les conditions de l'&#233;poque actuelle, le centrisme est oblig&#233; d'abandonner rapidement ses positions et d'aller, soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Lors de la mont&#233;e du mouvement ouvrier, il n'est pas rare de voir le centrisme de gauche constituer un pont menant vers la position r&#233;volutionnaire. Lors d'une p&#233;riode de d&#233;pression, comme c'est le cas actuellement, le centrisme de gauche n'est qu'un pont conduisant de l'Opposition vers Staline. Le groupe Zinoviev-Kamenev ne pourra jouer aucun r&#244;le ind&#233;pendant. Sa capitulation est un d&#233;placement de forces au sommet sous l'&#233;norme pression exerc&#233;e de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur sur l'aile r&#233;volutionnaire du parti russe et de l'Internationale. Les &#233;v&#233;nements &#171; enfouiront &#187; la d&#233;claration capitularde du 18 d&#233;cembre en ce sens seulement qu'ils enjamberont le groupe Zinoviev-Kamenev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le &#171; Trotskysme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev et Kamenev, qui ont pris une part dirigeante dans la cr&#233;ation de la l&#233;gende sur le trotskysme au cours des ann&#233;es 1924 et 1925, ont dit dans la d&#233;claration de juillet 1926 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'heure actuelle, personne ne peut plus mettre en doute que le noyau essentiel de l'Opposition de 1923 a justement mis en garde contre le danger d'un &#233;cart hors de la ligne prol&#233;tarienne et contre l'av&#232;nement mena&#231;ant du r&#233;gime de l'appareil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument clair que si l'Opposition de 1923 a, depuis plus de deux ans, mis en garde contre les dangers essentiels mena&#231;ant le parti et la dictature du prol&#233;tariat, accuser cette Opposition de ce que l'on a nomm&#233; le &#171; trotskysme &#187;, n'a pu que fournir une base pour les erreurs les plus graves dans la mani&#232;re de comprendre la situation ainsi que les t&#226;ches qui en d&#233;coulent. Conjointement avec les dirigeants de l'Opposition de 1923, Zinoviev et Kamenev ont &#233;labor&#233; les documents essentiels de l'Opposition, et parmi eux, le plus important de tous : la plate-forme Il est clair que les accusations de d&#233;viations petites-bourgeoises, de &#171; trotskysme &#187;, etc. se trouvent par l&#224; m&#234;me r&#233;duites en poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative attard&#233;e de relancer la lutte contre une &#171; rechute &#187; du trotskysme ne repr&#233;sente rien d'autre qu'une lamentable rechute de Zinoviev et Kamenev dans leurs propres erreurs de 1923, erreurs qui ont aid&#233; &#224; d&#233;placer le r&#233;gime du parti de la voie l&#233;niniste sur une voie glissant vers le mar&#233;cage du centrisme et de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du bloc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et de Kamenev pose de nouveau la question de savoir si le bloc ne fut pas, dans l'ensemble, une erreur. Les divers camarades qui sont enclins &#224; formuler une telle conclusion, ne consid&#232;rent pas l'histoire du bloc dans son ensemble, mais seulement le maillon final de cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition de 1923 a pris naissance &#224; Moscou, et celle de 1925-1926 &#224; L&#233;ningrad. L'aile droite du parti poss&#232;de sa base d'appui dans le Caucase du Nord, o&#249; la lutte entre les stalinistes et les rykovistes s'est d&#233;roul&#233;e sous sa forme la plus claire et la plus pr&#233;cise. Cette r&#233;partition des groupes politiques n'est pas due au hasard, et &#224; elle seule, elle explique le bloc entre Moscou et L&#233;ningrad, c'est-&#224;-dire le bloc entre les deux centres prol&#233;tariens les plus importants de notre Union. En d&#233;pit de telles ou telles vacillations se produisant au sommet, le bloc a &#233;t&#233; provoqu&#233; par de profondes pressions de classe. Parler dans ces conditions d'un &#171; bloc &#187; sans principes, c'est de la vulgaire m&#233;disance. Et, sur le plan des id&#233;es, l'Opposition de L&#233;ningrad, pr&#233;cis&#233;ment gr&#226;ce &#224; sa base prol&#233;tarienne hautement qualifi&#233;e, a introduit dans le bloc des &#233;l&#233;ments de tr&#232;s grande valeur. Le rapprochement entre les &#233;l&#233;ments ouvriers d'avant-garde de Moscou et de L&#233;ningrad, continuera, en d&#233;pit du fait que les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition de L&#233;ningrad sont devenus des ren&#233;gats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de m&#234;me en ce qui concerne l'Opposition dans l'Internationale. Les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires, apr&#232;s les h&#233;sitations et les oscillations provoqu&#233;es dans une large mesure par les fameuses d&#233;cisions du 5e Congr&#232;s mondial, se trouveront progressivement les uns les autres. Les meilleurs &#233;l&#233;ments de l'Opposition de 1923 et de l'Opposition de 1925-1926 s'uniront &#224; l'&#233;chelle internationale. Le d&#233;part de Zinoviev et de Kamenev n'emp&#234;chera pas ce processus de s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;ciation de la tactique de l'Opposition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire du bloc oppositionnel, on peut distinguer trois p&#233;riodes : a) d'avril 1926 au 16 octobre ; b) du 16 octobre 1926 au 8 ao&#251;t 1927 ; c) du 8 ao&#251;t au 15e Congr&#232;s. Chacune de ces p&#233;riodes est caract&#233;ris&#233;e par une mont&#233;e de l'activit&#233; oppositionnelle, puis, lorsque celle-ci atteint un niveau critique, par un ralentissement plus ou moins important accompagn&#233; de d&#233;clarations de refus d'une activit&#233; fractionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; caract&#232;re cyclique &#187; original de la tactique oppositionnelle am&#232;ne &#224; penser qu'il s'agit en l'esp&#232;ce de quelques causes d'ordre g&#233;n&#233;ral. II est n&#233;cessaire de les rechercher d'une part dans les conditions g&#233;n&#233;rales de la dictature prol&#233;tarienne au sein d'un pays o&#249; la paysannerie est nombreuse, et, d'autre part, dans les conditions particuli&#232;res cr&#233;&#233;es par le reflux de la vague r&#233;volutionnaire et sa lutte contre l'aile gauche, l'appareil est arm&#233; de toutes les m&#233;thodes et de tous les moyens de la dictature. L'Opposition ne dispose comme arme que de la propagande. Les discours, l'utilisation du &#171; prestige &#187; des individualit&#233;s, la &#171; soudure &#187; avec les sans-parti, l'occupation de locaux de r&#233;unions, les mots d'ordre lanc&#233;s, ainsi que les pancartes dans les rues, lors du 7 novembre, tout cela, ce sont les formes diverses de la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil tente de transformer ces armes de propagande en formes embryonnaires de fraction d'abord, puis de parti et de guerre civile. L'Opposition refuse de s'engager sur cette voie. Elle atteint chaque fois la limite o&#249; l'appareil la place devant la n&#233;cessit&#233; de renoncer aux m&#233;thodes et proc&#233;d&#233;s de propagande qu'elle utilisait. Les trois d&#233;clarations de l'Opposition, 16 octobre, 8 ao&#251;t et celle de novembre-d&#233;cembre, ont eu pour but de montrer encore et toujours &#224; la masse du parti que l'Opposition se fixe comme t&#226;che, non le deuxi&#232;me parti et la guerre civile, mais le redressement de la ligne suivie par le parti et par l'&#201;tat par une r&#233;forme profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui critiquent la tactique suivie par l'Opposition, un instant, sur son caract&#232;re de &#171; marche en zig-zag &#187;, raisonnent comme si l'Opposition d&#233;terminait librement sa tactique, et font abstraction de la pression fr&#233;n&#233;tique d'une masse d'ennemis, de l'omnipotence de l'appareil, du glissement politique de la direction, de la passivit&#233; relative des masses ouvri&#232;res etc. Il n'est possible de comprendre la tactique de l'Opposition, avec ses in&#233;luctables contradictions internes, que si l'on n'oublie pas que l'Opposition nage contre le courant, luttant contre les difficult&#233;s et des obstacles jusque-l&#224; inconnus dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cas o&#249; ceux qui critiquent ne se bornent pas &#224; des consid&#233;rations fragmentaires et partielles, parfois fond&#233;es et parfois non fond&#233;es, mais tentent d'opposer &#224; notre tactique, issue des conditions pos&#233;es par la r&#233;alit&#233;, telle autre tactique, ils donnent habituellement et tout simplement un point d'appui pour l'appel &#224; la capitulation. Quant aux v&#233;ritables capitulards, ceux-ci tentent de caract&#233;riser la tactique actuelle de l'Opposition par cette formule : &#171; Ni paix, ni guerre. &#187; Par la &#171; paix &#187;, ils entendent la capitulation ; par la &#171; guerre &#187; ils entendent deux partis. Mais les th&#232;ses de Zinoviev lui-m&#234;me sur le bilan du pl&#233;num de juillet 1927, d'un bout &#224; l'autre, sont impr&#233;gn&#233;es de cette pens&#233;e : Ni capitulation, ni deuxi&#232;me parti. Telle fut toute la ligne suivie par l'Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux l&#226;cheurs, il arrive toujours de cracher sur ce qu'ils ont fait la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun manuel n'enseigne les moyens de redresser une dictature prol&#233;tarienne plac&#233;e sous le coup de Thermidor. Il faut chercher la m&#233;thode en partant de la situation r&#233;elle. Ces moyens seront trouv&#233;s si l'orientation fondamentale est juste. Quelques conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. &#8211; L'auto-&#233;ducation th&#233;orique est une t&#226;che essentielle pour chaque oppositionnel et l'unique gage s&#233;rieux de sa fermet&#233;. L'&#233;tude du compte-rendu st&#233;nographique du 15e Congr&#232;s du parti &#224; la lumi&#232;re des contre-th&#232;ses de l'Opposition et des faits nouveaux de la vie politique et &#233;conomique doit constituer le contenu principal du travail de tout oppositionnel dans la dispersion qui a succ&#233;d&#233; &#224; la dissolution de la fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. &#8211; Un oppositionnel, ind&#233;pendamment du fait qu'il demeure dans le parti ou en soit exclu, doit militer activement dans toutes les organisations prol&#233;tariennes et sovi&#233;tiques en g&#233;n&#233;ral (parti, syndicats, soviets, clubs, etc.). &#201;tant donn&#233; cela, un oppositionnel ne peut, en aucun cas, limiter son r&#244;le &#224; la critique ; il doit accomplir le travail positif mieux et plus consciencieusement que les fonctionnaires salari&#233;s. C'est seulement sur cette base que la critique faite du point de vue des principes trouvera acc&#232;s dans la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. &#8211; Il est n&#233;cessaire d'en appeler &#224; l'Internationale pour chercher &#224; poser devant le 16e Congr&#232;s la question de l'Opposition dans toute sa pl&#233;nitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Iakov Blumkine a &#233;t&#233; assassin&#233; par Staline</title>
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		<dc:date>2026-06-21T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;A Moscou, seuls des cercles &#233;troits du parti sont inform&#233;s de ce que Staline a fait &#224; Blumkine. Ils r&#233;pandent syst&#233;matiquement des rumeurs selon lesquelles Blumkine se serait suicid&#233;. Ainsi Staline, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ose-t-il pas reconna&#238;tre ouvertement qu'il a ex&#233;cut&#233; le &#034;contre-r&#233;volutionnaire&#034; Blumkine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout &#224; fait remarquable que la presse capitaliste mondiale ne se soit pas empress&#233;e d'utiliser l'affaire Blumkine. Elle pense &#224; juste titre que la d&#233;fense des communistes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Moscou, seuls des cercles &#233;troits du parti sont inform&#233;s de ce que Staline a fait &#224; Blumkine. Ils r&#233;pandent syst&#233;matiquement des rumeurs selon lesquelles Blumkine se serait suicid&#233;. Ainsi Staline, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ose-t-il pas reconna&#238;tre ouvertement qu'il a ex&#233;cut&#233; le &#034;contre-r&#233;volutionnaire&#034; Blumkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait remarquable que la presse capitaliste mondiale ne se soit pas empress&#233;e d'utiliser l'affaire Blumkine. Elle pense &#224; juste titre que la d&#233;fense des communistes de gauche contre les repr&#233;sailles de Staline n'entre pas dans la sph&#232;re de ses int&#233;r&#234;ts. Aussi l'Opposition communiste de gauche est-elle tenue de faire campagne avec d'autant plus de constance et de fermet&#233; pour d&#233;noncer les crimes staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier num&#233;ro, nous avons dit qu'outre Blumkine, deux oppositionnels suppl&#233;mentaires avaient &#233;t&#233; fusill&#233;s, les camarades Silov et Rabinovich, Ainsi la question rev&#234;t-elle une importance exceptionnelle : seule la publicit&#233; autour de ses crimes parmi les ouvriers progressistes du monde entier peut arr&#234;ter la sanglante violence de Staline contre les bolcheviks r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex-communiste Souvarine a vol&#233; au secours de Staline, pr&#233;tendant que Blumkine aurait soi-disant ex&#233;cut&#233; dans le G.P.U. les instructions de l'Opposition et que l'existence m&#234;me du G.P.U. lui dicte d'ex&#233;cuter ceux qu'il emploie quand ils le trahissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvarine en conclut que &#034;dans la treizi&#232;me ann&#233;e de la r&#233;volution&#034;, il faut supprimer le G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons aucune raison de nous engager dans un d&#233;bat th&#233;orique avec Souvarine. Nous estimons suffisant de nous limiter &#224; la d&#233;claration suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Blumkine n'a jamais ex&#233;cut&#233; et, du fait m&#234;me du caract&#232;re de son travail, n'aurait jamais pu ex&#233;cuter dans le G.P.U. ou par lui les instructions de l'Opposition. Il suffit d'indiquer qu'il a pass&#233; le plus gros de la derni&#232;re p&#233;riode en Extr&#234;me-Orient, principalement en Mongolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction faite aux travailleurs du G.P.U. comme de l'arm&#233;e d'avoir d'autres opinions que celles du comit&#233; central aujourd'hui, &#233;quivaut &#224; priver des droits de parti &#233;l&#233;mentaires les communistes qui travaillent dans ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls des bureaucrates staliniens pourraient d&#233;fendre une mesure aussi abjecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G.P.U. est un organe d'autod&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat. Dans la mesure o&#249; la r&#233;volution d'Octobre, m&#234;me dans sa treizi&#232;me ann&#233;e, est entour&#233;e d'un monde d'ennemis, elle ne peut renoncer &#224; de tels organes - la dictature ne peut pas cesser d'&#234;tre une dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls des lib&#233;raux ou des social-d&#233;mocrates en train de devenir lib&#233;raux pourraient voir cette question d'un point de vue formel. Nous l'examinons d'un point de vue de classe : au nom de qui ces mesures de r&#233;pression sont-elles adopt&#233;es ? Contre qui le sont-elles ? Qui servent-elles et pourquoi ? C'est une question d'efficacit&#233; r&#233;volutionnaire, pas de justice au-dessus des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le meurtre de Blumkine et, en g&#233;n&#233;ral, les actes de r&#233;pression contre l'opposition l&#233;niniste affaiblissent l'avant-garde r&#233;volutionnaire, sapent le parti et renforcent les ennemis de classe. Nous menons la bataille contre le meurtre - l&#226;che et tra&#206;tre - de Blumkine par Staline, au nom de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nos amis et nos ennemis le sachent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Note tir&#233;e des &#201;crits de L&#233;on Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Jakob Blumkin fusill&#233; par les staliniens. &#187; Biulleten Oppozitsii , num&#233;ro 9, f&#233;vrier-mars 1930. Non sign&#233;. Traduit pour ce volume par Jim Burnett. Des extraits de cet article, dat&#233;s du lendemain, sign&#233;s par Trotsky et r&#233;&#233;crits &#224; la premi&#232;re personne sous forme de lettre &#224; Alfred Rosmer, ont &#233;t&#233; traduits dans The Militant , le 1er mars 1930, sous le titre &#171; L'opposition au service de la r&#233;volution bolchevique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne reste plus aucun doute, m&#234;me pour ceux qui ne voulaient pas le croire : Blumkin a &#233;t&#233; fusill&#233; sous l'accusation d'avoir rendu visite &#224; Trotsky &#224; Constantinople et d'avoir eu une conversation avec lui sur la situation du parti et les t&#226;ches de l'Opposition. [ 1 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkin a &#233;t&#233; fusill&#233; &#8211; sur d&#233;cision du GPU. [ 2 ] Cela n'a pu se produire que parce que le GPU &#233;tait devenu l'instrument personnel de Staline . Pendant les ann&#233;es de guerre civile, la Tch&#233;ka a accompli un travail macabre. Mais elle le faisait sous le contr&#244;le du parti. Des centaines de fois, des protestations, des d&#233;clarations et des demandes d'explications ont fus&#233; de l'int&#233;rieur du parti. &#192; la t&#234;te de la Tch&#233;ka se trouvait Dzerjinski, [ 3 ] un homme d'une autorit&#233; morale exceptionnelle. Il recevait des ordres du Politburo, [ 4 ] dont les membres connaissaient ses opinions personnelles sur tous les sujets et soutenaient ses positions. Tout cela garantissait que la Tch&#233;ka &#233;tait une arme de la dictature r&#233;volutionnaire. &#192; pr&#233;sent, le parti est &#233;trangl&#233;. Avec l'ex&#233;cution de Blumkin, des milliers, voire des dizaines de milliers de membres du parti, se terrent, murmurant des horreurs. &#192; la t&#234;te du GPU se trouve Menjinski, non pas un homme, mais son ombre. [ 5 ] Au sein du GPU, le r&#244;le principal est jou&#233; par Yagoda, [ 6 ] un carri&#233;riste m&#233;prisable qui a li&#233; son destin &#224; Staline et qui est pr&#234;t &#224; ex&#233;cuter tous les ordres qu'on lui donne, sans r&#233;fl&#233;chir ni poser de questions. Le Politburo n'existe pas. Boukharine a d&#233;j&#224; affirm&#233; que Staline tenait les membres du pr&#233;tendu Politburo entre ses mains, [ 7 ] gr&#226;ce &#224; des documents collect&#233;s par le GPU. Dans ces conditions, l'ex&#233;cution de Blumkine relevait de la responsabilit&#233; personnelle de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crime inou&#239; n'aurait pu passer inaper&#231;u, m&#234;me dans le contexte actuel d'un appareil tout-puissant. Staline n'aurait pu &#234;tre insensible &#224; cette situation auparavant ; et le fait que, malgr&#233; toutes les pr&#233;cautions prises, il ait d&#233;cid&#233; de faire assassiner Blumkin t&#233;moigne de la profonde crainte que cet homme nourrissait de l'Opposition de gauche. Il n'y a aucun doute : Blumkin a &#233;t&#233; victime d'un assassinat pour payer le fait qu'une infime minorit&#233; de l'Opposition ait suivi Radek [ 8 ] et les autres capitulants, au moment m&#234;me o&#249; l'Opposition &#224; l'&#233;tranger remportait d'importants succ&#232;s id&#233;ologiques et organisationnels dans plusieurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant ex&#233;cuter Blumkine, Staline entend avertir l'opposition bolchevique-l&#233;niniste internationale qu'il d&#233;tient &#224; l'int&#233;rieur du pays des centaines, voire des milliers d'otages pr&#234;ts &#224; payer de leur vie pour les succ&#232;s du bolchevisme authentique sur la sc&#232;ne mondiale. Autrement dit, apr&#232;s les exclusions du parti, la perte d'emploi, la famine qui accable les familles, l'emprisonnement, le bannissement et l'exil, Staline tente d'intimider les derniers membres de l'opposition encore sous son contr&#244;le par la m&#233;thode du &#171; fusillage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut l'affirmer avec certitude : les r&#233;sultats d&#233;montreront exactement le contraire des objectifs que Staline s'est fix&#233;s. La progression d'un courant id&#233;ologique historiquement progressiste, agissant selon la logique du d&#233;veloppement, ne sera ni intimid&#233;e ni r&#233;prim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s l'insurrection des SR de gauche &#8211; alors qu'il n'avait que dix-huit ans, il lan&#231;a une bombe &#224; Mirbach [ 9 ] &#8211; Blumkin rejoignit les bolcheviks et joua un r&#244;le h&#233;ro&#239;que dans la guerre civile. Peu apr&#232;s, il travailla au secr&#233;tariat militaire de Trotsky. Par la suite, il travailla principalement pour le GPU, mais aussi pour l'arm&#233;e et le parti. Il accomplit des missions &#224; haute responsabilit&#233;. Son d&#233;vouement &#224; la R&#233;volution d'Octobre et au parti &#233;tait absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ses derniers instants, Blumkin s'est consacr&#233; &#224; des fonctions sovi&#233;tiques importantes. Comment pouvait-il y rester, &#233;tant de l'opposition ? Cela tient &#224; la nature m&#234;me de son travail, qui rev&#234;tait un caract&#232;re tout &#224; fait individuel. Blumkin n'avait rien &#8211; ou presque rien &#8211; &#224; voir avec les cellules du parti ou les discussions sur les probl&#232;mes du parti, etc. Mais cela ne signifiait pas qu'il dissimulait ses opinions. Au contraire, &#224; Menjinski et &#224; Trilisser [ 10 ] &#8211; ancien chef de la section &#233;trang&#232;re du GPU &#8211;, Blumkin a d&#233;clar&#233; que ses sympathies allaient &#224; l'opposition, mais qu'il allait de soi qu'il &#233;tait pr&#234;t &#8211; comme tout opposant &#8211; &#224; accomplir son devoir en faveur de la d&#233;fense de la R&#233;volution d'Octobre. Menjinski et Trilisser consid&#233;raient Blumkin comme irrempla&#231;able, et ils ne se trompaient pas. Ils l'ont maintenu dans ses fonctions, qu'il a poursuivies jusqu'&#224; la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkin a bel et bien cherch&#233; &#224; rencontrer le camarade Trotsky &#224; Constantinople. Comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, Blumkin &#233;tait &#233;troitement li&#233; &#224; Trotsky, ayant travaill&#233; dans son secr&#233;tariat. Il avait notamment pr&#233;par&#233; l'un des ouvrages militaires du camarade Trotsky (dont la pr&#233;face fait mention). Blumkin a donc cherch&#233; &#224; rencontrer Trotsky &#224; Constantinople pour conna&#238;tre son analyse de la situation et v&#233;rifier s'il agissait correctement en restant au service d'un gouvernement qui d&#233;portait, exilait et emprisonnait ses plus proches compagnons de pens&#233;e. Le camarade Trotsky lui a r&#233;pondu qu'il agissait bien s&#251;r parfaitement correctement en accomplissant son devoir r&#233;volutionnaire &#8211; non pas envers le gouvernement stalinien, qui avait usurp&#233; les droits du parti, mais envers la R&#233;volution d'Octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article de Yaroslavsky [ 11 ], il est fait mention d'une conversation, durant l'&#233;t&#233;, entre le camarade Trotsky et un visiteur, au cours de laquelle ce dernier aurait pr&#233;dit la fin rapide et in&#233;vitable du pouvoir sovi&#233;tique. Il va sans dire que ce flagorneur m&#233;prisable ment. Mais, &#224; la lumi&#232;re de ces propos, nous estimons que cette remarque se rapporte &#224; la conversation du camarade Trotsky avec Blumkin. Interrog&#233; par Blumkin sur le lien entre son travail et son adh&#233;sion &#224; l'Opposition, le camarade Trotsky lui r&#233;pondit, entre autres, que son exil &#224; l'&#233;tranger, comme l'emprisonnement d'autres camarades, ne modifiait en rien notre ligne fondamentale ; qu'au moment du danger, les Oppositionnistes seraient aux premi&#232;res loges ; qu'&#224; l'heure o&#249; Staline rencontrerait des difficult&#233;s, ce dernier ferait appel &#224; eux, comme Tseretelli avait fait appel aux bolcheviks contre Kornilov. [ 12 ] &#192; ce propos, il ajouta : &#171; Pourvu qu'il ne soit pas trop tard pour aider. &#187; Apr&#232;s son arrestation, Blumkin pr&#233;senta &#233;videmment cette conversation comme preuve de la sinc&#233;rit&#233; des sentiments et des intentions de l'Opposition. Il ne faut pas oublier que le camarade Trotsky fut exil&#233;, accus&#233; de pr&#233;parer un soul&#232;vement arm&#233; contre le pouvoir sovi&#233;tique. Par l'interm&#233;diaire de Blumkin, une lettre d'information destin&#233;e aux sympathisants parvint &#224; Moscou. On y lisait essentiellement les id&#233;es expos&#233;es dans plusieurs articles de Trotsky : la r&#233;pression stalinienne &#224; notre encontre ne signifiait pas pour autant une trahison de la nature de classe de l'&#201;tat, mais seulement qu'elle pr&#233;parait et facilitait une telle trahison ; notre voie, comme auparavant, demeure celle de la r&#233;forme, et non celle de la r&#233;volution ; il faut s'attendre &#224; une lutte acharn&#233;e pour nos id&#233;es pendant encore longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ensuite appris que Blumkin avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et que la lettre envoy&#233;e par son interm&#233;diaire &#233;tait parvenue entre les mains de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkin n'a pas &#233;t&#233; fusill&#233; en 1918 pour avoir particip&#233; &#224; une insurrection arm&#233;e contre le pouvoir sovi&#233;tique, mais il l'a &#233;t&#233; en 1929 pour avoir servi avec abn&#233;gation la cause de la R&#233;volution d'Octobre, se d&#233;marquant toutefois sur des questions importantes de la faction stalinienne, et pour avoir consid&#233;r&#233; comme son devoir de diffuser les id&#233;es des bolcheviks-l&#233;ninistes (Opposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait possible que Staline tente d'utiliser une variante pernicieuse, dans le style associ&#233; &#224; l'&#171; officier Wrangel &#187; [ 13 ] &#8211; pr&#233;parant un soul&#232;vement arm&#233; ou des actes terroristes. Nous devons nous pr&#233;parer &#224; ce genre d'abjection. Une telle explication, cependant, n'aura gu&#232;re d'effets significatifs. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, elle rappelle trop les m&#233;thodes polici&#232;res bonapartistes [ 14 ] et, en particulier, dans sa lutte contre l'Opposition, Staline a d&#233;j&#224;, de fait, &#233;puis&#233; toutes ses ressources. Il est inutile de rappeler que la position de principe adopt&#233;e par Blumkine en notre nom &#224; tous excluait de sa part toute forme de lutte aventuriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Blumkin (1899-1929) &#233;tait un terroriste social-r&#233;volutionnaire de gauche devenu communiste et fonctionnaire du GPU. Il travailla un temps au secr&#233;tariat de Trotsky, o&#249; il participa &#224; l'&#233;dition du premier tome de son ouvrage * Comment la r&#233;volution s'est arm&#233;e* . Il fut le premier sympathisant russe de l'Opposition de gauche &#224; rendre visite &#224; Trotsky en exil en Turquie. Portant une lettre de Trotsky &#224; l'Opposition, il fut d&#233;nonc&#233; au GPU et fusill&#233; en d&#233;cembre 1929. L&#233;on Trotsky (1879-1940) devint r&#233;volutionnaire en 1896 et collaborateur de L&#233;nine sur le projet Iskra en 1902. Il rompit avec L&#233;nine l'ann&#233;e suivante en raison de d&#233;saccords sur la nature du parti r&#233;volutionnaire et se rallia aux mencheviks. Il rompit de nouveau avec eux l'ann&#233;e suivante et tenta, durant la d&#233;cennie qui suivit, de r&#233;unir les factions. Lors de la r&#233;volution de 1905, il dirigea le Soviet de Saint-P&#233;tersbourg et d&#233;veloppa la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. En 1915, il r&#233;digea le Manifeste Zimmerwald contre la guerre. Il adh&#233;ra au Parti bolchevique en 1917, fut &#233;lu &#224; son Comit&#233; central et organisa l'insurrection qui rendit possible la cr&#233;ation du nouvel &#201;tat sovi&#233;tique. Son premier poste au sein du gouvernement fut celui de commissaire aux Affaires &#233;trang&#232;res. Puis, en tant que commissaire &#224; la Guerre, il organisa l'Arm&#233;e rouge et la mena &#224; la victoire apr&#232;s trois ann&#233;es de guerre civile et d'intervention imp&#233;rialiste. Il fonda l'Opposition de gauche en 1923 et lutta pendant la d&#233;cennie suivante pour ramener l'Union sovi&#233;tique et le Komintern &#224; l'internationalisme l&#233;niniste et &#224; la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne. Vaincu par la faction stalinienne, il fut exclu du Parti communiste et du Komintern, et exil&#233; en Turquie en 1929. En 1933, il cessa ses efforts pour r&#233;former le Komintern et appela &#224; la cr&#233;ation d'une nouvelle Internationale. Il consid&#233;rait son travail au sein de la Quatri&#232;me Internationale comme le plus important de sa carri&#232;re. Le nom de Constantinople a &#233;t&#233; officiellement chang&#233; en Istanbul en 1930, mais beaucoup de gens ont continu&#233; &#224; utiliser l'ancien nom pendant un certain temps apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; GPU &#233;tait l'un des noms abr&#233;g&#233;s de la police politique sovi&#233;tique ; d'autres noms &#233;taient Cheka, NKVD, MVD, KGB, etc., mais GPU est souvent utilis&#233; &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; F&#233;lix Dzerjinski (1877-1926), fondateur du Parti social-d&#233;mocrate polonais, participa activement aux mouvements r&#233;volutionnaires polonais et russe. Apr&#232;s la r&#233;volution russe, il dirigea la Tch&#233;ka d&#232;s sa cr&#233;ation en d&#233;cembre 1917, puis le Conseil supr&#234;me de l'&#233;conomie nationale &#224; partir de 1924.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sous L&#233;nine, le Politburo &#233;tait un organe subordonn&#233; au Comit&#233; central du Parti communiste russe. Le premier Politburo, &#233;lu en 1919, &#233;tait compos&#233; de L&#233;nine, Trotsky, Kamenev, Krestinsky et Staline. Apr&#232;s le XVIe Congr&#232;s, alors que le Comit&#233; central et le Politburo &#233;taient devenus des chambres d'enregistrement des d&#233;cisions de Staline, le Politburo comprenait Staline, Kaganovitch, Kalinine, Kirov, Kosior, Kou&#239;bychev, Molotov, Roudzoutak, Rykov et Vorochilov. En d&#233;cembre 1930, Rykov fut destitu&#233; et remplac&#233; par Ordjonikidze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vyacheslav Menzhinsky (1874-1934) a succ&#233;d&#233; &#224; Dzerzhinsky &#224; la t&#234;te de la police secr&#232;te sovi&#233;tique en 1926, mais il n'en &#233;tait que nominalement responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Henry Yagoda (1891-1938) &#233;tait le principal lieutenant de Staline au sein du GPU. Apr&#232;s avoir supervis&#233; l'organisation du proc&#232;s de Moscou de 1936, il fut lui-m&#234;me jug&#233; en 1938, reconnu coupable et ex&#233;cut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Boukharine (1888-1938), pr&#233;sident du Komintern de 1926 &#224; 1929, &#233;tait un vieux bolchevik repr&#233;sentant l'aile droite du Parti communiste, alli&#233; &#224; Staline contre l'aile gauche. La r&#233;pression stalinienne contre les dirigeants de l'Opposition de droite d&#233;buta peu apr&#232;s l'expulsion de l'Opposition de gauche par le XVe Congr&#232;s, fin 1927 ; fin 1929, ces dirigeants capitul&#232;rent face &#224; Staline. Boukharine d&#233;non&#231;a la mainmise de Staline sur le Politburo en 1929, quelques mois avant d'en &#234;tre destitu&#233;. Malgr&#233; sa capitulation, il fut ex&#233;cut&#233; &#224; l'issue du troisi&#232;me proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Radek (1885-1939) fut un r&#233;volutionnaire de premier plan en Pologne et en Allemagne avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, et un dirigeant du Komintern. Figure de proue de l'opposition de gauche, il fut l'un des premiers &#224; capituler face &#224; Staline apr&#232;s son expulsion et sa d&#233;portation. R&#233;int&#233;gr&#233; au parti en 1930, il travailla comme propagandiste pour Staline jusqu'&#224; son arrestation lors du second proc&#232;s de Moscou, o&#249; il fut condamn&#233; &#224; dix ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les SR de gauche &#233;taient une faction dissidente du Parti social-r&#233;volutionnaire (SR) en 1917. Ils particip&#232;rent bri&#232;vement &#224; une coalition avec les bolcheviks au sein du nouveau gouvernement sovi&#233;tique, mais rejoignirent rapidement l'opposition &#171; par la gauche &#187;. Ils organis&#232;rent une insurrection contre le gouvernement sovi&#233;tique en 1918, apr&#232;s que celui-ci eut vot&#233; l'acceptation des conditions allemandes pour la fin de la guerre. Mirbach (1871-1918), nomm&#233; ambassadeur d'Allemagne &#224; Moscou en avril 1918, fut assassin&#233; en juillet par les SR de gauche, qui souhaitaient faire &#233;chouer le trait&#233; de paix de Brest-Litovsk entre l'Allemagne et la r&#233;publique sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M.A. Trilisser , un vieux bolchevik, &#233;tait un fonctionnaire du GPU et fut promu &#224; la t&#234;te d'une section sp&#233;ciale du Komintern en 1935, dont la fonction &#233;tait d'&#233;purer le Komintern. Il disparut lors des purges de 1937-1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Emelyan Yaroslavsky (1878-1943) &#233;tait un sp&#233;cialiste stalinien de premier plan dans l'extirpation du &#171; trotskisme &#187;, ce qui, cependant, ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de tomber en disgr&#226;ce en 1931-32 lorsqu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; suivre le rythme exig&#233; par Staline dans la r&#233;&#233;criture de l'histoire sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Iraklii Tseretelli (1882-1959) &#233;tait un ministre menchevik du gouvernement provisoire de coalition, de mars &#224; ao&#251;t 1917. Bien que ce gouvernement ait pers&#233;cut&#233; et emprisonn&#233; les bolcheviks, il les a appel&#233;s &#224; aider &#224; combattre et &#224; vaincre la pouss&#233;e contre-r&#233;volutionnaire contre le gouvernement provisoire men&#233;e par son propre commandant en chef, le g&#233;n&#233;ral tsariste Lavr G. Kornilov (1870-1918).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le GPU tenta de discr&#233;diter l'Opposition de gauche en pr&#233;tendant qu'un &#171; officier Wrangel &#187; cherchait &#224; entrer en contact avec ses membres. Piotr N. Wrangel (1878-1928) &#233;tait un g&#233;n&#233;ral de la Garde blanche qui avait combattu pour renverser les Soviets pendant la guerre civile. Cette tentative de pr&#233;senter les opposants comme des collaborateurs des contre-r&#233;volutionnaires se retourna contre le GPU, contraint d'admettre que le pr&#233;tendu officier Wrangel &#233;tait en r&#233;alit&#233; un agent du GPU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; bonapartisme est un terme marxiste d&#233;signant une dictature ou un r&#233;gime pr&#233;sentant certaines caract&#233;ristiques d'une dictature, en p&#233;riode de fragilit&#233; de la domination de classe ; il repose sur l'arm&#233;e, la police et la bureaucratie d'&#201;tat, plut&#244;t que sur des partis parlementaires ou un mouvement de masse. Dans les ann&#233;es 1930, Trotsky distinguait deux types de bonapartisme : bourgeois et sovi&#233;tique. Ses &#233;crits les plus importants sur le bonapartisme bourgeois (qu'il distinguait du fascisme) se trouvent dans *La Lutte contre le fascisme en Allemagne* (Pathfinder Press, 1971). Sa conception du bonapartisme sovi&#233;tique trouve sa forme d&#233;finitive dans son essai &#171; L'&#201;tat ouvrier, Thermidor et le bonapartisme &#187;, *&#201;crits*, p. 34-35 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge-net.translate.goog/texts/en/Jakob_Blumkin_Shot_by_the_Stalinists?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge-net.translate.goog/texts/en/Jakob_Blumkin_Shot_by_the_Stalinists?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre camarade Iakov Gregorievitch Blumkine fut assassin&#233; &#8211; fusill&#233; &#8211; en d&#233;cembre 1929. Nous veillerons &#224; ce que cette puissante figure de combattant ne soit pas oubli&#233;e. Il avait eu une vie &#233;pique. Terroriste socialiste-r&#233;volutionnaire de gauche, il avait ex&#233;cut&#233;, par ordre de son parti, en 1918, le comte Mirbach, ambassadeur d'Allemagne &#224; Moscou. Pass&#233; un peu plus tard au parti communiste, il avait rempli les missions les plus p&#233;rilleuses en Ukra&#239;ne et en &#233;tait revenu couvert de blessures. En Perse, au d&#233;but de 1919, il avait dirig&#233; la tentative r&#233;volutionnaire de Koutchouk Khan dans le Ghilan. Plus tard, organisateur de l'arm&#233;e de la R&#233;publique de Mongolie, collaborateur des Izvestia dans laquelle il donnait des articles remarqu&#233;s sur Joffre et Foch, charg&#233; de missions secr&#232;tes aux Indes, en Egypte, &#224; Constantinople&#8230;. Il vit l&#224; Trotski banni et s'offrit &#224; transmettre un message de lui &#224; des camarades de Moscou. (Cette lettre exposait les tendances de l'opposition &#224; l'&#233;tranger et demandait que l'on tent&#226;t de diffuser en Russie le Bulletin &#233;dit&#233; &#224; Paris. Trahi &#224; son retour &#224; Moscou, il eut un entretien avec Radek qui, d'apr&#232;s mes renseignements personnels, lui aurait conseill&#233; de se rendre chez Ordjonikidz&#233;, &#171; le seul homme qui pourrait te sauver, car le G&#233;orgien (Staline) ne te manquera pas&#8230; &#187; Blumkine, de chez Radek, t&#233;l&#233;phona &#224; Ordjonikidz&#233;, prit rendez-vous avec lui au Kremlin. Mais les t&#233;l&#233;phones &#233;taient surveill&#233;s, il fut arr&#234;t&#233; en sortant et bient&#244;t fusill&#233; sur l'ordre personnel de Staline. Il avait v&#233;cu courageusement, il mourut de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7380&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7380&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yakov_Blumkin?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yakov_Blumkin?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Staline_et_son_Agabekov&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/texts/fr/Staline_et_son_Agabekov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notre courant Voix des Travailleurs</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8955</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8955</guid>
		<dc:date>2026-02-14T23:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre courant, c'est L&#233;nine, Trotsky, l'opposition de gauche russe, Natalia Sedova, Munis, P&#233;ret, Breton, Barta, Bucholtz, Louise, Pierre Bois et B&#233;nard qui l'ont fond&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne nous contentons pas de suivre des proph&#232;tes, des leaders id&#233;alis&#233;s, de nous cacher derri&#232;re nos pr&#233;decesseurs et ne d&#233;fendons pas une religion inchangeable. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330 &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes issus du courant marxiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique187" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre courant, c'est L&#233;nine, Trotsky, l'opposition de gauche russe, Natalia Sedova, Munis, P&#233;ret, Breton, Barta, Bucholtz, Louise, Pierre Bois et B&#233;nard qui l'ont fond&#233;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous contentons pas de suivre des proph&#232;tes, des leaders id&#233;alis&#233;s, de nous cacher derri&#232;re nos pr&#233;decesseurs et ne d&#233;fendons pas une religion inchangeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes issus du courant marxiste r&#233;volutionnaire socialiste, l&#233;niniste et trotskiste de Barta, un grand dirigeant trotskiste d'origine roumaine ayant milit&#233; en France &#224; l'&#233;poque de la guerre et de l'apr&#232;s deuxi&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous caract&#233;risons notre courant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1368&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1368&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes communistes au sens de Marx et Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4408&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4408&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes des r&#233;volutionnaires qui veulent raisonner dialectiquement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4897&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4897&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous combattons l'opportunisme de nombre de groupes qui se disent r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3946&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3946&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous caract&#233;rise : nous sommes les enfants de la r&#233;volution sociale et, en m&#234;me temps, nous sommes les combattants de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes les partisans &#224; la fois de l'auto-organisation et du pouvoir des conseils ouvriers ainsi que de la fondation d'un (ou plusieurs) parti mondial de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous cachons pas que le syst&#232;me a atteint ses limites et acceptons la responsabilit&#233; que cela signifie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4257&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4257&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons abattre les Etats capitalistes, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du grand capital et des grandes entreprises,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3692&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3692&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique159&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique159&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, les travailleurs conscients, ce n'est pas l'aristocratie ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de nos r&#244;les essentiels, nous r&#233;volutionnaires, comprendre la r&#233;volution sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6846&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6846&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord comprendre que le monde est d&#233;termin&#233; non par la stabilit&#233; et l'ordre &#233;tabli, mais par la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5715&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5715&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4724&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4724&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article49890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article49890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition de gauche russe puis internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?page=recherche_avanc&amp;swishe_type1=and1&amp;swishe_from1=full1&amp;lang=fr&amp;choix=2&amp;typetri=triP&amp;swishe_exp1=opposition+de+gauche&amp;OK=OK&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?page=recherche_avanc&amp;swishe_type1=and1&amp;swishe_from1=full1&amp;lang=fr&amp;choix=2&amp;typetri=triP&amp;swishe_exp1=opposition+de+gauche&amp;OK=OK&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article175133&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article175133&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Munis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article24043&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article24043&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;ret&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article125530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article125530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bucholtz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5580&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5580&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel B&#233;nard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve280&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8865</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8865</guid>
		<dc:date>2026-02-12T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'en dit Wikipedia &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Le POI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le groupe UCI de Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'en dit le pseudo-trotskiste Mandel (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit Wikipedia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe UCI de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit le pseudo-trotskiste Mandel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moignages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/chs-umr-8058/jean-rene-chauvin-recit-d-une-vie-engagee-dans-le-xxe-siecle/1945-1948-au&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/chs-umr-8058/jean-rene-chauvin-recit-d-une-vie-engagee-dans-le-xxe-siecle/1945-1948-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/de-1954-a-1965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/de-1954-a-1965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupements de la IV&#232;me Internationale en 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1943&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1943&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1944&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1944&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POI-CCI, janvier 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/01/barta_sfqi2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/01/barta_sfqi2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POI, f&#233;vrier 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/cahiers_19440215.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/cahiers_19440215.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_160745.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_160745.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, novembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, d&#233;cembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-suite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, janvier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_280146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_280146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_230146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_230146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, f&#233;vrier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022546.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022546.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, juillet 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc64_070146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc64_070146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, octobre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, novembre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1946/11/ldc74_110846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1946/11/ldc74_110846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia Trotsky en 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/la-verite/annee-1947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/la-verite/annee-1947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi la Quatri&#232;me internationale de Trotsky &#233;tait en &#233;chec en 1939</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8723</link>
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		<dc:date>2026-01-19T23:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
avril 1939 &lt;br class='autobr' /&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;avril 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela donne une id&#233;e des difficult&#233;s. Cannon et Shachtman pensaient qu'il s'agissait exclusivement d'un probl&#232;me de direction et d'organisation. Blasco pensait que les camarades fran&#231;ais &#233;taient capables d'analyser la situation politique, mais incapables d'intervenir activement dans la lutte des masses. Mon opinion personnelle est qu'un tel &#233;tat de choses r&#233;sulte de la composition sociale du groupe, de sa concentration &#224; Paris et de l'int&#233;r&#234;t pr&#233;dominant qu'il porte aux questions purement politiques au d&#233;triment des probl&#232;mes des usines, encore que j'aie pu remarquer au milieu de 1937 un grand changement de ce point de vue. Je crois cependant qu'il s'agit d'une question qui demande une r&#233;flexion et une analyse s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. La question de l'Espagne. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour commencer, &#224; partir de toutes les sources disponibles, une enqu&#234;te sur l'activit&#233; organisationnelle de nos camarades en Espagne &#224; partir de 1936. D'apr&#232;s tout ce que j'ai entendu dire, 500 camarades bien organis&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. auraient &#233;t&#233; capables d'essayer de prendre le pouvoir en mai 1937 [2] . Je crois que nous avons beaucoup &#224; apprendre des m&#233;thodes de travail appliqu&#233;es par nos camarades, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U.M [3] . Et comme, de m&#234;me qu'en France et peut&#8209;&#234;tre en Hollande, et en Grande&#8209;Bretagne o&#249; il y a entre nous et la social&#173;-d&#233;mocratie des partis centristes dans lesquels il est vraisemblable que nous ayons &#224; travailler comme nos camarades ont d&#251; le faire dans le P.O.U.M., pour toutes ces raisons, je crois qu'il est tr&#232;s important de travailler &#224; partir de l'exp&#233;rience r&#233;elle de nos camarades en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La section britannique. Vous &#234;tes tous au courant de l'histoire de cette section : la scission de 1936 [4] et la formation de deux groupes, l'un enracin&#233; dans le Labour Party [5] et l'autre &#224; l'ext&#233;rieur [6] . Quand le camarade Cannon est arriv&#233;, &#224; l'&#233;t&#233; 1938, la Revolutionary Socialist League a r&#233;sult&#233; d'une fusion entre l'ancienne Marxist League, qui avait fait scission avec Groves [7] et le Marxist Group [8] , et &#233;tait en contact avec une vingtaine de camarades admirables d'Edinburgh [9] . Le pacte d'unit&#233; et de paix stipulait que chaque groupe devait continuer son activit&#233; propre et qu'au bout de six mois, on tirerait un bilan. Aux derni&#232;res nouvelles, les frictions ont continu&#233; et c'est maintenant le groupe &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party qui domine [10] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi un autre groupe &#8209; celui de Lee [11] - &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, qui a refus&#233; de rien avoir &#224; faire avec la fusion, disant qu'elle &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Le groupe Lee est tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit au camarade Cannon qu'en fin de compte j'&#233;tais arriv&#233; &#224; la conclusion a) que je n'avais aucune objection &#224; ce que m&#234;me la majorit&#233; des camarades du groupe fusionn&#233; soient dans le Labour Party, b) mais que le groupe ind&#233;pendant, avec son journal, devait continuer. En derni&#232;re analyse, la fraction dans le Labour Party ne gagnerait pas beaucoup d'adh&#233;rents dans les circonstances actuelles et notre ind&#233;pendance de groupe, avec un journal &#233;tait absolument n&#233;cessaire. Wicks, Sara, Sumner [12] et autres, de l'ancienne Marxist League, qui ont travaill&#233; pendant quatre ans dans le Labour Party et s'y trouvaient encore, &#233;taient tout &#224; fait d'accord avec nous sur la n&#233;cessit&#233; d'une organisation ind&#233;pendante. Les camarades du Labour Party voulaient un organe comme New International. Nous avons dit non ; nous voulions un journal comme l'ancien Militant [13] mi&#8209;th&#233;orique et mi-d'organisation. Il n'y a pas eu lieu de discuter plus avant la question britannique dans la mesure o&#249; on a eu le temps de l'&#233;tudier de loin. Il est clair que ni des conseils ni une politique ne peuvent faire des miracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'Independent Labour Party est pourtant importante pour nous [14]. Organisationnellement, il est faible, mais il a quatre d&#233;put&#233;s, un journal qui se vend entre 25000 et 30000 exemplaires par semaine, ses congr&#232;s et ses d&#233;clarations sont l'objet de publicit&#233; dans la presse bourgeoise ; il a suffisamment de soutien financier pour pr&#233;senter quinze candidats au &#233;lections dont la majorit&#233; ont perdu le d&#233;p&#244;t de 750 livres par candidat. En g&#233;n&#233;ral, il dit plut&#244;t le m&#234;me genre de choses que nous et recueille tout le soutien moral et financier qui nous revient, par exemple aux Etats&#8209;Unis o&#249; il n'y a rien, entre la social-d&#233;mocratie et nous, du type de ce parti. En outre, l'I.L.P. a pass&#233; son temps &#224; s'ouvrir puis se fermer, mais nous avons &#233;t&#233; incapables d'exploiter les scissions r&#233;p&#233;t&#233;es et le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral de sa gauche. Si nous pouvions scissionner l'I.L.P. et, ainsi que Maxton a, de sa propre initiative, menac&#233; de le faire, entra&#238;ner les Ecossais et laisser le champ libre en Angleterre, nous ne pourrions certes pas cr&#233;er tout de suite un grand parti dirigeant, mais nous ferions un progr&#232;s extraordinaire [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la r&#233;solution de 1936 sur les partis centristes, qui affirmait que l'l.L.P. allait bient&#244;t tomber dans le stalinisme, &#233;tait une erreur [16] qui a d&#233;sorient&#233; la section anglaise. Maintenant, il semblerait que nos progr&#232;s futurs en Grande&#8209;Bretagne dans la direction de l'l.L.P. vont d&#233;pendre largement des succ&#232;s de notre section fran&#231;aise (et de sa capacit&#233;) &#224; attirer &#224; elle les meilleurs &#233;l&#233;ments du P.S.O.P. [17]. Je propose cependant que notre section britannique ne n&#233;glige nullement l'I.L.P. et que, par des brochures, dans sa presse par des articles, elle concentre son offensive sur ses points faibles et ses divergences internes et s'emploie de son mieux &#224; aggraver les scissions qui se dessinent constamment en son sein afin de faciliter sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin la question des camarades qui vont dans les usines, comme on l'a d&#233;j&#224; fait dans une ou deux r&#233;gions d'Am&#233;rique du Nord, o&#249; les intellectuels, d&#233;termin&#233;s &#224; entrer en contact avec les masses, sont entr&#233;s dans l'industrie de l'alimentation et dans d'autres, partout o&#249; cela a &#233;t&#233; possible et, en certains endroits, avec un grand succ&#232;s. Il me semble qu'en France et, tr&#232;s certainement en Grande&#8209;Bretagne, cela constitue un moyen &#224; tenter pour renforcer ce contact avec les masses qui est l'un des plus gros points faibles de notre parti dans les grandes villes comme Londres, Paris, et dans une certaine mesure, New York, tandis que le parti belge, bas&#233; en province sur une r&#233;gion industrielle [18] est extr&#234;mement bien organis&#233; et, en d&#233;pit de certaines faiblesses politiques au cours de la derni&#232;re p&#233;riode [19], d&#233;montre que, dans toute mont&#233;e comme celle qui s'est produite en France [20], il jouerait vraisemblablement un r&#244;le plus important et r&#233;aliserait au moins des progr&#232;s infiniment plus substantiels que ne l'a fait notre section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky &#8209; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis. Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouvement r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier, quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. C'est que les masses ne font pas leur &#233;ducation &#224; travers des pronostics ou des conceptions th&#233;oriques, mais &#224; travers l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale de leur vie. C'est l&#224; l'explication globale : l'ensemble de la situation est contre nous. Il faut que se produise un tournant dans la prise de conscience de classes, dans les r&#233;actions et les sentiments des masses, un tournant qui nous donnera la possibilit&#233; de remporter un grand succ&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des discussions en 1927 &#224; Moscou apr&#232;s l'&#233;crasement des ouvriers chinois par Tchiang Ka&#239;&#8209;chek [21]. Nous l'avions pr&#233;dit dix jours auparavant et Staline nous avait r&#233;pondu par des affirmations de ce genre : &#171; Borodine est vigilant &#187;, &#171; Tchiang Ka&#239;&#8209;chek ne peut mat&#233;riellement nous trahir &#187;, etc Huit ou dix jours plus tard, c'&#233;tait la trag&#233;die et nos camarades exprim&#232;rent leur confiance : notre analyse &#233;tait si manifestement correcte que tout le monde s'en apercevait et que nous &#233;tions s&#251;rs d'entra&#238;ner le parti. Je r&#233;pondis que l'&#233;tranglement de la r&#233;volution chinoise &#233;tait mille fois plus important pour les masses que toutes nos pr&#233;dictions. Nos pr&#233;dictions pouvaient convaincre une poign&#233;e d'intellectuels qui s'int&#233;ressaient &#224; ces probl&#232;mes, mais pas les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire militaire de Tchiang devait in&#233;vitablement provoquer un reflux, une d&#233;moralisation, et ne pouvait en rien favoriser la progression d'une fraction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1917, nous avons connu une longue suite de d&#233;faites. Nous sommes comme des gens qui tenteraient d'escalader une montagne et qui recevraient toujours et toujours des avalanches de pierre et de neige. Il s'est cr&#233;&#233; dans les masses en Asie et en Europe un sentiment nouveau de d&#233;sespoir. Elles ont entendu quelque chose comme ce que nous disions il y a dix ou quinze ans du parti communiste, et elles sont pessimistes. C'est l&#224; l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral des masses. C'est la raison la plus g&#233;n&#233;rale. Il ne nous est pas possible de nous situer en dehors du courant historique g&#233;n&#233;ral, hors de la disposition g&#233;n&#233;rale des forces. Le courant est contre nous, c'est clair. Je me souviens de la p&#233;riode entre 1908 et 1913, en Russie. A cette &#233;poque aussi nous &#233;tions en pleine r&#233;action. En 1905 pourtant, nous avions les ouvriers avec nous, mais en 1908, et m&#234;me en 1907, d&#233;j&#224;, commen&#231;a la grande r&#233;action, le grand reflux. Tout le monde inventait des mots d'ordre et des m&#233;thodes nouvelles pour conqu&#233;rir les masses, mais personne n'y arrivait. Tout ce qu'on pouvait faire &#224; cette &#233;poque, c'&#233;tait de former des cadres, mais ils fondaient ensuite litt&#233;ralement. Il se produisit de nombreuses scissions, &#224; droite, &#224; gauche, vers le syndicalisme, ailleurs... L&#233;nine restait &#224; Paris avec un petit groupe, une secte. Il gardait pourtant confiance, car il savait qu'il y aurait bient&#244;t des possibilit&#233;s de redressement... C'est ce qui se produisit en 1913, o&#249; il y eut une vague dont la guerre brisa le d&#233;veloppement. Pendant la guerre, il r&#233;gna d'abord parmi les ouvriers un silence de mort. Les gens qui se r&#233;unirent &#224; Zimmerwald [22] &#233;taient en majorit&#233; des &#233;l&#233;ments tr&#232;s confus. Au plus profond des masses, dans les tranch&#233;es et ailleurs, il existait bien un &#233;tat d'esprit nouveau, mais tellement souterrain, tellement terroris&#233; encore, que nous nous ne pouvions ni l'atteindre ni lui donner une expression. C'est pour cela que le mouvement se sentait si mis&#233;rable, et m&#234;me la majorit&#233; des gens qui s'&#233;taient rencontr&#233;s &#224; Zimmerwald allaient virer &#224; droite pendant le mois suivant. Je ne cherche pas &#224; d&#233;gager leurs responsabilit&#233;s personnelles mais, l&#224; aussi, il faut une explication globale : c'est que le mouvement zimmerwaldien avait &#224; nager contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre situation &#224; nous est incomparablement plus difficile que celle d'aucune autre organisation, &#224; aucune autre &#233;poque. Nous avons &#224; subir le poids terrible de la trahison de l'Internationale Communiste qui s'&#233;tait dress&#233;e justement contre la trahison de la II&#176; internationale. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la III&#176; Internationale s'est accomplie si rapidement et de fa&#231;on tellement inattendue que c'est la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#224; qui nous avons autrefois annonc&#233; sa formation qui est encore l&#224; pour nous entendre aujourd'hui d&#233;noncer sa trahison. Et ces hommes se souviennent qu'ils ont d&#233;j&#224; une fois entendu tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte aussi de l'importance de la d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie. Car la IV&#176; Internationale, par sa naissance, est li&#233;e &#224; l'Opposition de gauche russe, et les masses, d'ailleurs, nous appellent les &#171; trotskvstes &#187;. On nous dit : &#171; Trotsky veut prendre le pouvoir. Mais pourquoi donc l'a-t-il perdu ? &#187; C'est &#233;videmment une question de fond. Nous devons commencer par y r&#233;pondre en expliquant la dialectique de l'histoire, de la lutte de classes : toute r&#233;volution engendre une r&#233;action. Max Eastman a &#233;crit que Trotsky accordait &#224; la doctrine trop d'importance et que, s'il avait eu plus de bon sens, il n'aurait pas perdu le pouvoir. Effectivement, il n'est rien au monde qui soit plus convaincant que le succ&#232;s et rien de plus repoussant, surtout pour les larges masses, qu'une d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut donc ajouter la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale communiste, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, la terrible d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie, suivie de son extermination. Ces faits&#8209;l&#224; sont mille fois plus convaincants pour la classe ouvri&#232;re que notre pauvre petit journal, m&#234;me quand il atteint le tirage fantastique des cinq mille exemplaires de notre Socialist Appeal [23] . Nous sommes sur un fr&#234;le esquif au milieu d'un courant terrible. Sur cinq ou six bateaux, l'un coule, et on dit tout de suite que c'est la faute du pilote. Mais la v&#233;ritable raison n'est pas l&#224;. La v&#233;rit&#233;, c'est que le courant &#233;tait trop fort. Voil&#224; l'explication la plus g&#233;n&#233;rale, celle que nous ne devons jamais oublier, si nous ne voulons pas sombrer dans le pessimisme ou le d&#233;couragement, nous qui sommes l'avant&#8209;garde de l'avant&#8209;garde. Car cette ambiance marque tous les groupes qui se rassemblent autour de notre drapeau. Il y a des &#233;l&#233;ments courageux qui n'aiment pas aller dans le sens du courant : c'est leur caract&#232;re. Il y a des gens intelligents qui ont mauvais caract&#232;re, n'ont jamais &#233;t&#233; disciplin&#233;s et ont toujours cherch&#233; une tendance plus radicale ou plus ind&#233;pendante : ils ont trouv&#233; la n&#244;tre. Mais les uns et les autres sont toujours plus ou moins des outsiders, &#224; l'&#233;cart du courant g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier. Leur grande valeur a &#233;videmment son c&#244;t&#233; n&#233;gatif, car celui qui nage contre le courant ne peut pas &#234;tre li&#233; aux masses. Aussi la composition sociale d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui commence &#224; se construire n'est&#173; elle pas &#224; pr&#233;dominance ouvri&#232;re. Ce sont les intellectuels qui sont les premiers m&#233;contents des organisations existantes. Par&#173; tout, il y a aussi beaucoup d'&#233;trangers qui, dans leur propre pays, ne se seraient sans doute pas m&#234;l&#233;s aussi facilement au mouve&#173;ment ouvrier. Un Tch&#232;que sera plus facilement membre de la IV&#176; Internationale au Mexique ou aux Etats&#8209;Unis qu'en Tch&#233;coslovaquie m&#234;me. Et de m&#234;me pour un Fran&#231;ais aux Etats&#8209;Unis. Car l'athmosph&#232;re nationale exerce une profonde influence sur les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juifs, par exemple, sont souvent &#224; moiti&#233; &#233;trangers, pas tout &#224; fait assimil&#233;s : ils adh&#232;rent volontiers &#224; toute tendance nouvelle, critique, r&#233;volutionnaire ou &#224; moiti&#233; r&#233;volutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en litt&#233;rature. Une tendance r&#233;volutionnaire nouvelle, qui va contre le courant g&#233;n&#233;ral dominant de l'histoire &#224; un moment donn&#233;, se cristallise d'abord autour d'hommes qui sont plus ou moins coup&#233;s de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour eux qu'il est le plus difficile de p&#233;n&#233;trer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tomb&#233;e du ciel, qu'elle est d&#233;termin&#233;e, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caract&#232;re de notre mission historique en cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous puissions nous satisfaire d'une telle situation. Pour la France, par exemple, il existe, en outre, une vieille tradition du mouvement ouvrier qui n'est pas sans rapport avec la composition sociale du pays, surtout dans le pass&#233; : d'un c&#244;t&#233; une mentalit&#233; petite&#8209;bourgeoise &#8209; l'individualisme - et de l'autre, un &#233;lan, une extraordinaire capacit&#233; d'improvisation. Si on les compare &#224; l'&#233;poque classique de la II&#176; Internationale, on s'aper&#231;oit que le parti socialiste fran&#231;ais et la social-d&#233;mocratie allemande, avaient au parlement le m&#234;me nombre d'&#233;lus. Mais il n'est m&#234;me pas possible de comparer les organisations. Les Fran&#231;ais &#233;taient tout juste capables de collecter 25 000 francs, et encore au prix des pires difficult&#233;s, tandis que pour les Allemands, trouver un demi&#8209;million ne posait pas de probl&#232;mes. Les Allemands avaient dans leurs syndicats plusieurs millions d'ouvriers, les Fran&#231;ais, eux, quelques millions qui ne payaient pas leurs cotisations. Engels terminait en ces termes une lettre dans laquelle il avait caract&#233;ris&#233; l'organisation fran&#231;aise : &#171; Et comme d'habitude, les cotisations ne rentrent pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre organisation fran&#231;aise souffre de la m&#234;me maladie, le mal fran&#231;ais traditionnel, cette incapacit&#233; d'organisation et, bien entendu, en m&#234;me temps, de l'absence des conditions qui permettraient l'improvisation. En outre, dans la mesure o&#249; la France a connu une mont&#233;e ouvri&#232;re, elle s'est produite en liaison avec le Front populaire. Dans ce contexte, la d&#233;faite du Front populaire a constitu&#233; la preuve que nous avions raison comme, auparavant, l'extermination des ouvriers chinois. Mais une d&#233;faite est une d&#233;faite, et elle se retourne directement contre les tendances r&#233;volutionnaires, au moins jusqu'&#224; ce que se produise une nouvelle mont&#233;e &#224; un niveau sup&#233;rieur. Il nous faut nous pr&#233;parer surtout et attendre un &#233;l&#233;ment nouveau, un facteur nouveau dans la configuration g&#233;n&#233;rale des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en France des camarades comme Naville et d'autres qui sont venus &#224; nous, il y a quinze, seize ans, alors qu'ils &#233;taient encore de tout jeunes gens ; ce sont maintenant des hommes m&#251;rs, et, pendant toute leur vie consciente, ils n'ont re&#231;u que des coups, subi que des d&#233;faites, de terribles d&#233;faites, et ils en ont l'habitude. Ils appr&#233;cient hautement la justesse de leurs conceptions, ils sont capables de bonnes analyses, mais ils n'ont jamais &#233;t&#233; capables de p&#233;n&#233;trer dans les masses, d'y travailler, ils n'ont jamais pu apprendre &#224; le faire. Or il est terriblement n&#233;cessaire de regarder ce qui se passe dans les masses. Mais nous avons en France des camarades qui sont ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je connais beaucoup moins bien la situation britannique, mais je crois qu'il y a l&#224; aussi des gens comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons&#8209;nous perdu des hommes ? Apr&#232;s ces terribles d&#233;faites mondiales, la mont&#233;e ouvri&#232;re en France s'est r&#233;alis&#233;e &#224; un niveau tr&#232;s bas, tr&#232;s primitif politiquement, sous la direction du Front populaire. Toute la p&#233;riode du Front populaire a &#233;t&#233; une sorte de caricature de notre r&#233;volution de f&#233;vrier. C'est une honte pour la France, qui traversait voici cent cinquante ans, la plus grande r&#233;volution bourgeoise du monde, que ce mouvement ouvrier ait eu &#224; passer par une caricature de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Vous ne rejetterez donc pas toute la responsabilit&#233; sur le parti communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; Il constitue un facteur important dans l'&#233;laboration de la mentalit&#233; des masses, et on peut dire, en effet, que la d&#233;g&#233;nerescence du parti communiste a &#233;t&#233; un facteur tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, les bolcheviks dominaient compl&#232;tement le mouvement ouvrier. Les statistiques les plus s&#233;rieuses d&#233;montrent qu'&#224; la veille de la guerre les bolcheviks ne repr&#233;sentaient pas moins des trois quarts de l'avant&#8209;garde ouvri&#232;re. Pourtant, avec le d&#233;but de la r&#233;volution de f&#233;vrier, les &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s, les paysans, les soldats, et m&#234;me d'anciens ouvriers bolcheviques ont &#233;t&#233; attir&#233;s dans ce courant Front populaire. Le parti bolch&#233;vique fut r&#233;duit &#224; l'isolement et tr&#232;s affaibli. Le courant g&#233;n&#233;ral &#233;tait &#224; un bas niveau politique, mais il &#233;tait puissant et il aboutit finalement &#224; la r&#233;volution d'Octobre. Il s'agit d'une question de rythme. En France, venant apr&#232;s toutes ces d&#233;faites, le front populaire a attir&#233; des &#233;l&#233;ments qui avaient des sympathies pour nous sur le plan des id&#233;es, mais qui &#233;taient engag&#233;s dans le mouvement des masses, et nous avons &#233;t&#233; encore plus isol&#233;s qu'auparavant, du moins pendant quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte de tous ces &#233;l&#233;ments. Je peux m&#234;me affirmer que nombre de nos dirigeants &#8209; attention, pas tous !, surtout dans les sections les plus anciennes, se verront rejet&#233;s hors du mouvement de masse r&#233;volutionnaire lors du nouveau tournant et que de nouveaux dirigeants, une direction fra&#238;che, na&#238;tront dans le courant r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la r&#233;g&#233;n&#233;ration de notre groupe a commenc&#233; [24] avec l'entr&#233;e dans le parti socialiste. Cette politique ne fut pas clairement comprise par tous ; elle nous permit pourtant de gagner de nouveaux militants. Malheureusement, ces recrues &#233;taient habitu&#233;es &#224; un milieu large et, apr&#232;s la scission, elles se sont un peu d&#233;courag&#233;es. Au fond, elles n'&#233;taient pas suffisamment tremp&#233;es, elles n'ont pas su s'accrocher et elles ont &#233;t&#233; reprises par le courant du Front populaire. C'est regrettable, mais explicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, ces m&#234;mes raisons ont jou&#233; un r&#244;le identique, en plus ce d&#233;plorable facteur qu'a constitu&#233; le comportement du groupe de Nin. C'est lui qui repr&#233;sentait en Espagne l'Opposition de gauche russe, et, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e nous n'avons pas tent&#233; de mobiliser et d'organiser nos forces de fa&#231;on ind&#233;pendante. Nous esp&#233;rions pouvoir gagner Nin a une conception correcte, etc. En public, l'Opposition de gauche le soutenait. Dans une correspondance priv&#233;e, nous avons essay&#233; de le convaincre, de le pousser, mais nous n'avons pas r&#233;ussi. Nous avons perdu du temps. Fallait&#8209;il le faire ? C'est difficile &#224; dire. Si nous avions eu en Espagne un camarade exp&#233;riment&#233;, nous aurions connu une situation bien plus favorable, mais nous n'en avions pas un seul. Nous avons plac&#233; nos espoirs en Nin, et sa politique a consist&#233; en une s&#233;rie de man&#339;uvres personnelles, destin&#233;es &#224; esquiver ses propres responsabilit&#233;s. Il jouait avec la r&#233;volution. Il &#233;tait sinc&#232;re, mais sa mentalit&#233; &#233;tait celle d'un menchevik. C'&#233;tait l&#224; un handicap effroyable, et qu'il &#233;tait difficile de ne surmonter qu'au moyen de formules correctes mais falsifi&#233;es d&#232;s le d&#233;part par ceux&#8209;l&#224; m&#234;me qui nous repr&#233;sentaient dans la premi&#232;re p&#233;riode, les Nin. N'oubliez pas que nous avons perdu la premi&#232;re r&#233;volution, celle de 1905... Avant 1905, nous avions une tradition de grand courage et d'esprit de sacrifice, des forces. Apr&#232;s, nous &#233;tions r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de mis&#233;rable minorit&#233;, de trente &#224; quarante hommes peut&#8209;&#234;tre. Puis il y eut la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Combien le parti bolchevique comptait&#8209;il de militants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; En 1910, dans tout le pays, quelques dizaines. Il y en avait pas mal en Sib&#233;rie. Mais en fait ils n'&#233;taient pas organis&#233;s. Les gens que L&#233;nine pouvait atteindre par lettre ou par un agent n'&#233;taient pas plus de trente ou quarante. Notre tradition, les id&#233;es que nous avions r&#233;pandues parmi l'avant-garde ouvri&#232;re constituaient un extraordinaire capital qui devait &#234;tre utilis&#233;, plus tard, au cours de la r&#233;volution, mais pratiquement, &#224; cette date, nous &#233;tions compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a ses lois propres, tr&#232;s puissantes, plus puissantes que notre propre conception th&#233;orique de l'histoire ! Aujourd'huit en Europe, c'est la catastrophe, le d&#233;clin, l'exter&#173;mination de tous les pays. Cela p&#232;se lourdement sur les ouvriers. Ils voient d'un c&#244;t&#233; toutes ces combinaisons diplomatiques, ces mouvements d'arm&#233;es, et de l'autre un groupe minuscule avec un petit journal qui donne les explications. Or le probl&#232;me, pour eux, c'est qu'ils vont &#234;tre mobilis&#233;s demain, que leurs enfants peuvent &#234;tre tu&#233;s. Il y a une terrible disproportion entre la t&#226;che et les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre &#233;clate maintenant, et il semble qu'elle doive &#233;clater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispers&#233;s d'abord : jeunes, ils seront mobilis&#233;s ; mais subjective&#173;ment, ils resteront fid&#232;les au mouvement. Quant &#224; ceux qui ne seront ni arr&#234;t&#233;s, ni mobilis&#233;s et qui resteront fid&#232;les , &#8209; peut&#173;-&#234;tre trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste &#8209;, ils seront compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s plusieurs mois que critique et d&#233;go&#251;t commenceront &#224; se manifester &#224; une grande &#233;chelle et un peu partout : nos camarades isol&#233;s, un bless&#233; dans un h&#244;pital, un soldat dans une tranch&#233;e, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosph&#232;re a chang&#233;, et prononceront une parole hardie. Et celui&#8209;l&#224; m&#234;me qui &#233;tait un camarade tout &#224; fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un r&#233;giment, d'une division et se sentira un dirigeant r&#233;volution&#173;naire. C'est caract&#233;ristique de notre p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas dire par l&#224; qu'il faille nous r&#233;signer &#224; l'impuissance de notre organisation fran&#231;aise. Je crois sinc&#232;re&#173;ment que, si les camarades am&#233;ricains nous aident, nous pouvons gagner le P.S.O.P. et faire un grand bond en avant. La situation est en train de m&#251;rir et elle insiste pour que nous sachions exploiter cette occasion. Si nos camarades se laissent convaincre qu'il faut virer, la situation changera. Nos camarades am&#233;ricains doivent absolument retourner en Europe, et ne pas se contenter de donner des conseils. Avec le secr&#233;tariat international, il faut d&#233;cider que notre section doit entrer dans le P.S.O.P. Il compte plusieurs milliers de membres [25]. Pour une r&#233;volution, la diff&#233;&#173;rence n'est pas &#233;norme mais pour le travail de pr&#233;paration de l'avant&#8209;garde, elle est consid&#233;rable. Avec des &#233;l&#233;ments neufs, nous pouvons faire un &#233;norme pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, aux Etats&#8209;Unis, nous avons un autre type de travail, et je crois que nous pouvons &#234;tre tr&#232;s optimistes sans nous faire d'illusions, et sans exag&#233;rer. Aux Etats&#8209;Unis, nous avons un cr&#233;dit&#8209;temps sup&#233;rieur. La situation n'est pas imm&#233;diatement aussi pressante, aussi aigu&#235;. C'est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je suis d'accord avec le camarade Stanley [26] qui &#233;crit que nous pouvons maintenant remporter des succ&#232;s tr&#232;s importants dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Nous avons un mouvement tr&#232;s important en Indochine [27]. Je suis absolument d'accord avec le camarade James qu'il nous est possible d'avoir un tr&#232;s important mouvement n&#232;gre, parce que ces gens n'ont pas travers&#233; de la m&#234;me mani&#232;re l'histoire des deux derni&#232;res d&#233;cennies. En tant que masse, ils n'ont rien su de la r&#233;volution russe, ni de la Ill&#176; Internationale. Ils peuvent commencer l'histoire comme si elle en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il nous faut absolument du sang frais. C'est pourquoi nous avons plus de succ&#232;s dans la jeunesse. Dans la mesure o&#249; nous avons pu l'aborder, nous avons eu de bons r&#233;sultats. Les jeunes sont tr&#232;s attentifs &#224; un programme r&#233;volutionnaire, clair et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande&#8209;Bretagne et l'I.L.P. ? C'est aussi une t&#226;che particuli&#232;re. Je l'ai suivie d'un peu plus pr&#232;s quand j'&#233;tais en Norv&#232;ge. Il me semble que nos camarades qui sont entr&#233;s dans l'I.L.P. ont fait avec lui la m&#234;me exp&#233;rience que nos camarades am&#233;ricains avec le S.P. Mais tous nos camarades ne sont pas entr&#233;s dans l'I.L.P. et, autant que j'aie pu le voir, ils ont men&#233; une politique opportuniste et c'est pourquoi leur exp&#233;rience dans l'I.L.P. n'a pas &#233;t&#233; si bonne. L'I.L.P. est rest&#233; presque comme il &#233;tait avant, alors que le P.S. am&#233;ricain s'est vid&#233;. Je ne sais comment il faut l'aborder maintenant. C'est une organisation de Glasgow [28]. C'est un appareil local, avec de l'influence sur la machine municipale, dont j'ai dire qu'elle &#233;tait tr&#232;s corrompue. C'est un travail &#224; part de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes de la base sont un ph&#233;nom&#232;ne familier dans l'I.L.P. Au cours de la pr&#233;paration d'un congr&#232;s, Fenner Brockway [29] devient le patron de la partie qui se rebelle et obtient la majorit&#233;. Maxton annonce alors qu'il va d&#233;missionner. Fenner Brockway s'&#233;crie : &#171; Non, nous abandonnerons notre victoire ? Nous pouvons abandonner nos principes, pas notre Maxton ! &#187; [30]. Je crois que le plus important, c'est de les compromettre &#8209; de les rouler dans la boue &#8209;, les Maxton et les Brockway. Il faut les identifier avec des ennemis de classe. Il faut compromettre l'I.L.P. par des attaques f&#233;roces, impitoyables, contre Maxton. Il est le bouc &#233;missaire de tous les p&#234;ch&#233;s du mouvement britannique, en particulier de l'I.L.P. C'est par de telles attaques, concentr&#233;es contre Maxton, des attaques syst&#233;matiques dans notre presse, que nous pourrons h&#226;ter la scission dans l'I.L.P. En m&#234;me temps, il nous faut souligner que, si Maxton est le laquais de Chamberlain [31] , Fenner Brockway, lui, est le laquais de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Et que pensez&#8209;vous d'un journal ind&#233;pendant, pour fustiger Maxton, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky - C'est une question pratique. Si notre section en France entre dans le P.S.O.P., je crois que le S.I. devrait publier la Quatri&#232;me Internationale pour tous les pays de langue fran&#231;aise, deux fois par mois. C'est juste une question de possibilit&#233; juridique. Je crois que, m&#234;me si nous travaillons &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, il nous faut avoir un journal ind&#233;pendant, non pas en opposition &#224; nos camarades qui sont dedans, mais plut&#244;t pour &#233;chapper au contr&#244;le de l'I.L.P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La conf&#233;rence de septembre 1938 ne dura qu'une journ&#233;e, mais elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de r&#233;unions de commissions. James avait assist&#233; &#224; la commission fran&#231;aise qui avait trait&#233; la question de l'attitude &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P., du P.C.I. de Molinier. L'unanimit&#233; s'&#233;tait faite sur la triste situation pr&#233;sente de la section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En mai 1937, les ouvriers de Barcelone s'&#233;taient lanc&#233;s dans une insurrection qui avait spontan&#233;ment &#233;clat&#233; apr&#232;s une tentative manqu&#233;e des forces de police de reprendre le central t&#233;l&#233;phonique au contr&#244;le des miliciens de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le gros des forces trotskystes se trouvait &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U. M. et ne d&#233;passait pas deux douzaines ; les trotskystes &#233;taient exclus du P.O.U.M. dont les fondateurs ex&#8209;trotskystes s'&#233;taient engag&#233;s &#224; ne pas construire de fraction. C'est au moins ce que les documents nous apprennent. Mais James laisse supposer qu'il y avait &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. un &#171; travail de fraction &#187; engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La scission de la section britannique avait &#233;t&#233; consacr&#233;e par les deux conf&#233;rences des 10 et 11 octobre 1936 et le fait que tous les membres n'avaient pas &#233;t&#233; d'accord pour appliquer la r&#233;solution vot&#233;e sur la section britannique &#224; la conf&#233;rence internationale de &#171; Gen&#232;ve &#187; en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il s'agissait du Militant Group anim&#233; par D. D. Harber et Ken Alexander. Il &#233;tait form&#233; de militants entr&#233;s dans le Labour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Il s'agissait du groupe dit &#171; independent &#187;, puisqu'il avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite exclu de l'I.L.P., regroup&#233; autour de James et du Journal Fight. Rappelons que l'Independent Labour Party (I.L.P.) &#233;tait une vieille formation centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Reg Groves (n&#233; en 1908), membre du P.C., fondateur du &#171; Balham Group &#187;, exclu en ao&#251;t 1932, avait &#233;t&#233; le principal fondateur de la Communist League, puis s'&#233;tait oppos&#233; &#224; l'entrisme dans l'I.L. P. Apr&#232;s la scission de 1933, il &#233;tait entr&#233; dans le Labour Party et &#233;tait devenu l'un des dirigeants de la Socialist League &#224; Londres. Il s'&#233;tait s&#233;par&#233; de son ancien groupe, la Marxist League.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Il s'agit en r&#233;alit&#233; du Militant Group.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Il s'agissait du Revolutionary Socialist Party dirig&#233; par Frank Maitland et qui provenait d'une formation &#171; DeL&#233;oniste &#187; du Socialist Labor Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la nouvelle organisation &#233;tait un ancien des jeunesses communistes qui avait rejoint les trotskystes dans le Labour en 1936, Eric Starkey Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ralph Lee, militant sud&#8209;africain d'origine, se plaignait de n'avoir pas &#233;t&#233; soutenu contre les calomnies staliniennes par la direction du Militant Group. Bien que le S.I. lui ait donn&#233; raison, il avait pris pr&#233;texte de cette affaire pour cr&#233;er sa propre organisation, la Workers International League, avec une poign&#233;e de militants, six ou sept au d&#233;part dont plusieurs devaient jouer ult&#233;rieurement un r&#244;le important dans le mouvement trotskvste britannique (Gerrv Healv. Jock Haston, Betty Hamilton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Venu de l'anarchisme, Henry Sara (1888&#8209;1953) avait &#233;t&#233; du Balham Group, puis de la Marxist League. Harry Wicks (n&#233; en 1905) cheminot r&#233;voqu&#233; en 1926, responsable J.C., avait connu le m&#234;me itin&#233;raire et beaucoup milit&#233; dans le comit&#233; contre les proc&#232;s de Moscou dont le secr&#233;taire &#233;tait Hilary Sumner dit Charles Sumner (1911&#8209;1976), petit&#8209;fils d'un ami de Lincoln et fils du secr&#233;taire de John Reed, recrut&#233; dans le Labour Party en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Il s'agit ici non de The Militant, organe du groupe dans le Labour Party, mais de l'ancien organe de la C.L.A. jusqu'en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les trotskystes avaient milit&#233; dans l'Independent Labour Party de 1933 a 1936 mais en avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. James avait souhait&#233; y rester et y continuer un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] James reste apparemment fid&#232;le &#224; la strat&#233;gie qui avait &#233;t&#233; la sienne en 1936, o&#249; il avait esp&#233;r&#233; un instant faire passer la coupure entre le fief &#233;cossais de Maxton &#8209; irr&#233;cup&#233;rable &#8209; et Fenner Brockway qui incarnait &#224; ses yeux la confusion d'une majorit&#233; de militants anglais honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Cette r&#233;solution intitul&#233;e &#171; Le Bureau international pour l'unit&#233; socialiste r&#233;volutionnaire (bureau de Londres) et la IV' Internationale &#187; est reproduite dans &#338;uvres, 10, pp. 209&#8209;212. Elle affirmait la n&#233;cessit&#233; de &#171; d&#233;noncer syst&#233;matiquement et sans compromissions les h&#233;sitations, les &#233;quivoques et les actes hypocrites du bureau de Londres en tant qu'obstacle le plus proche et le plus imm&#233;diat sur la voie de la poursuite de la construction de la IV&#176; Internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Le P.O.I. &#233;tait toujours profond&#233;ment divis&#233; sur la fa&#231;on dont il devait se comporter &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P. dont l'existence m&#234;me lui &#244;tait pratiquement toute perspective de d&#233;veloppement. Le P.S.O.P. &#233;tait dirig&#233; par Marceau Pivert et form&#233; essentiellement des anciens &#233;l&#233;ments de la gauche de la S.F.I.O. exclus en juin 38 &#224; son congr&#232;s de Royan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le bastion de la section belge avait de tout temps &#233;t&#233; la F&#233;d&#233;ration de Charleroi et ses mineurs de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Trotsky faisait &#224; la section belge deux reproches de taille : celui d'avoir soutenu la candidature du premier ministre bourgeois van Zeeland contre le &#171; rexiste &#187; Degrelle, s'alignant ainsi que la position &#171; antifasciste &#187; de capitulation du P.C. et du P.O.B., et celui d'avoir organis&#233; en pays wallon des syndicats scissionnistes apr&#232;s des exclusions de la centrale r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la mont&#233;e qui avait culmin&#233; avec les gr&#232;ves de juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le mar&#233;chal Tchiang Ka&#239;&#8209;chek (1887&#8209;1975), ancien chef de l'&#233;cole militaire du gouvernement de Canton, puis chef militaire et principal dirigeant de ce gouvernement et du parti nationaliste chinois le Guomindang, avait consenti pendant plusieurs ann&#233;es &#224; utiliser les communistes. En avril 1927, s'alliant a la p&#232;gre et aux banques, il les avait massacr&#233;s &#224; Shanghai et mis hors&#8209;la&#8209;loi dans tout le pays. La politique de soumission du P.C.C. &#224; Tchiang, con&#231;ue et d&#233;fendue par Staline et Boukharine, avait &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Trotsky et l'Opposition de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] La Conf&#233;rence de Zimmerwald, en septembre 1915, marque le premier regroupement internationaliste cons&#233;quent dans le cours de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Socialist Appeal &#233;tait l'organe du Socialist Workers Party, la section am&#233;ricaine de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] La fraction trotskyste &#233;tait entr&#233;e en 1934 dans la S.F.I.O., en ao&#251;t-septembre, constituant le &#171; G.B.L. &#187; (Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.). Ses premi&#232;res recrues avaient &#233;t&#233; les dirigeants des Jeunesses de l'Entente de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] L'&#233;valuation de Trotsky est d'une grande prudence. Jean&#8209;Paul Joubert dans R&#233;volutionnaires de la S.F.I.O. estime &#224; 10 000 l'effectif initial du P.S.O.P., mais pense que ce chiffre baissa tr&#232;s vite en particulier au lendemain de la crise internationale de Munich qui le divisa profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Sherman Stanley &#233;tait le pseudonyme de Stanley Plastrik (1915&#8209;1981), un jeune militant du S.W.P. gagn&#233; dans les jeunesses socialistes, Y.P.S.L. Il se passionnait pour les Indes et avait pris des contacts notamment avec le parti socialiste du congr&#232;s et avait commenc&#233; &#224; &#233;changer une correspondance avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Trotsky disposait d'une information assez succincte sur l'activit&#233; du groupe trotskyste indochinois que dirigeait Ta Tu Thau et qui &#233;ditait La Lutte &#224; Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le bastion de l'I.L.P. se trouvait &#224; Glasgow dont son principal dirigeant James Maxton (1885&#8209;1946) &#233;tait d&#233;put&#233; depuis 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] James avait pens&#233; pouvoir gagner Brockway en 1935, une date &#224; laquelle Trotsky avait perdu toute illusion, &#224; supposer qu'il en ait eu, &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Trotsky fait allusion ici au congr&#232;s de Keighton de l'l.L.P. les 11 et 12 avril 1936 ; le chantage de Maxton &#224; la d&#233;mission avait conduit Brockway et ses partisans &#224; remettre en cause un vote du congr&#232;s et faire se d&#233;juger ce dernier. Cf. &#338;uvres 9 pp. 203&#8209;210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] James Maxton avait d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des Communes qu'il aprouvait enti&#232;rement ce que Chamberlain avait fait pour la paix pendant la p&#233;riode de crise internationale qui s'&#233;tait termin&#233;e par les accords de Munich (Cf. &#338;uvres 19, pp. 144&#8209;148.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CLR James - &#171; Trotskysme &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;CLR James - 1937 - &#171; Trotskysme &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; L&#233;nine, qui n'&#233;tait ni Dieu ni Staline, a commis une grave erreur en s'opposant pendant douze ans &#224; la th&#233;orie de Trotsky de la R&#233;volution permanente. Il pensait que la R&#233;volution russe allait lib&#233;rer le capitalisme russe, mettre la bourgeoisie russe au pouvoir. Dans ses &#171; deux tactiques &#187;, il le dit une douzaine de fois. Par exemple, il &#233;crit : &#171; Les marxistes sont absolument convaincus du caract&#232;re bourgeois de la R&#233;volution russe. Qu'est-ce que &#231;a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CLR James - 1937 - &#171; Trotskysme &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, qui n'&#233;tait ni Dieu ni Staline, a commis une grave erreur en s'opposant pendant douze ans &#224; la th&#233;orie de Trotsky de la R&#233;volution permanente. Il pensait que la R&#233;volution russe allait lib&#233;rer le capitalisme russe, mettre la bourgeoisie russe au pouvoir. Dans ses &#171; deux tactiques &#187;, il le dit une douzaine de fois. Par exemple, il &#233;crit : &#171; Les marxistes sont absolument convaincus du caract&#232;re bourgeois de la R&#233;volution russe. Qu'est-ce que &#231;a veut dire ? Cela signifie que les changements d&#233;mocratiques du r&#233;gime politique et les changements sociaux et &#233;conomiques qui sont devenus n&#233;cessaires pour la Russie n'impliquent pas en eux-m&#234;mes la sape du capitalisme, la sape de la domination bourgeoise ; au contraire, ils ouvriront pour la premi&#232;re fois le terrain d'un d&#233;veloppement large et rapide du capitalisme europ&#233;en et non asiatique ; ils permettront, pour la premi&#232;re fois, &#224; la bourgeoisie de r&#233;gner en tant que classe. Il dit : &#171; La r&#233;volution bourgeoise exprime les besoins du d&#233;veloppement capitaliste, et non seulement elle ne d&#233;truit pas les fondements du capitalisme, mais au contraire, elle les &#233;largit et les approfondit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky, comme nous le savons, s'y est oppos&#233; et a ainsi cr&#233;&#233; le trotskysme. Il a dit que le prol&#233;tariat devrait faire la r&#233;volution bourgeoise, mais qu'il devrait d&#233;tenir le pouvoir et passer &#224; la dictature du prol&#233;tariat. Il n'y aurait pas de d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie bourgeoise, pas de d&#233;veloppement du capitalisme dans la Russie r&#233;volutionnaire. Le temps pour cela &#233;tait pass&#233;. La Russie arri&#233;r&#233;e commencerait la r&#233;volution socialiste et serait sauv&#233;e des cons&#233;quences de son propre retard par la r&#233;volution socialiste en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a sauv&#233; L&#233;nine des cons&#233;quences f&#226;cheuses d'un tel pronostic erron&#233;, c'est sa conception claire du r&#244;le des classes. Les bourgeois arriveraient au pouvoir mais c'&#233;tait le prol&#233;tariat qui les y mettrait, et il se battait pour une organisation prol&#233;tarienne qui ferait le travail de la bourgeoisie par dessus les t&#234;tes de la bourgeoisie et malgr&#233; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait cette intransigeance, cette hostilit&#233; &#224; la bourgeoisie, bien que luttant pour une r&#233;volution bourgeoise, qui maintenait le Parti bolchevik implacablement hostile &#224; la bourgeoisie lib&#233;rale. Trotsky n'a jamais pu construire un parti &#8211; fondamentalement parce que le Pasty bolchevique, bien que se pr&#233;parant &#224; la r&#233;volution bourgeoise, &#233;tait, sous la direction ferme de L&#233;nine, essentiellement un parti, dans son organisation et ses perspectives, pr&#234;t pour la dictature du prol&#233;tariat. Les mencheviks croyaient aussi &#224; la r&#233;volution &#224; venir en tant que bourgeois. Mais ils pensaient que les bourgeois devaient le diriger. Pour cela, L&#233;nine et Trotsky s'y sont oppos&#233;s. Trotsky, donc, en dehors des deux groupes, r&#233;sumait ainsi sa position. Le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire du mench&#233;visme, c'est-&#224;-dire son id&#233;e de la bourgeoisie en t&#234;te, se manifestera avant la r&#233;volution.Mais la nature contre-r&#233;volutionnaire du bolchevisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;e d'une r&#233;publique d&#233;mocratique, se manifestera apr&#232;s la r&#233;volution. L&#233;nine et Trotsky ont tous deux convenu que la contre-r&#233;volution en Russie serait assez forte pour d&#233;truire la r&#233;volution si la r&#233;volution europ&#233;enne ne venait pas en aide aux Russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1917, Zinoviev, Kamenev, Staline et les autres face au gouvernement provisoire s'en tiennent &#224; l'ancienne formule. Mais le Parti bolchevik avait &#233;t&#233; tellement entra&#238;n&#233; &#224; l'action de classe ind&#233;pendante du prol&#233;tariat qu'il &#233;tait relativement facile pour L&#233;nine de le basculer vers la dictature du prol&#233;tariat. Trotsky a rejoint le Parti et a accept&#233; les id&#233;es de L&#233;nine sur l'organisation du parti. Mais dans une pr&#233;face &#224; son livre, 1905, publi&#233; par l'Internationale Communiste en 1921, il souligna la fausset&#233; ant&#233;rieure de l'analyse bolchevique et la justesse de sa propre th&#233;orie. Personne ne l'a remis en question. Mais la r&#233;volution europ&#233;enne n'a pas triomph&#233; et les tendances bureaucratiques du r&#233;gime sovi&#233;tique ont augment&#233;. Staline en &#233;tant le centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de la R&#233;volution allemande en 1923 brisa les espoirs de l'avant-garde prol&#233;tarienne, seul soutien de l'opposition de gauche, comme on appelait alors les trotskistes, et permit ainsi &#224; Staline, avec Zinoviev et Kamenev, de se rendre ma&#238;tre de l'appareil du Parti sovi&#233;tique et du gouvernement. La bureaucratie, toute-puissante dans un pays arri&#233;r&#233;, soutenait Staline. Tenter dans un article de cette longueur de tout dire reviendrait &#224; ne rien dire. Il suffit de dire qu'entre 1923 et 1927, les trotskystes pr&#244;naient (a) un plan quinquennal d'industrialisation, (b) la restriction politique du koulak et une collectivisation progressive, en commen&#231;ant par la paysannerie pauvre, (c) une rupture avec les Britanniques. Conseil g&#233;n&#233;ral apr&#232;s la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre de 1926 et la dissolution du Comit&#233; anglo-russe,(d) l'ind&#233;pendance du Parti communiste chinois lors de la r&#233;volution de 1925-1927 et la r&#233;pudiation de Chiang-Kai-Shek et du Kuomintang en tant que dirigeants de la r&#233;volution chinoise, (e) la d&#233;mocratie du Parti comme seul moyen de trouver et mener une politique correcte. Staline, soutenu par la bureaucratie, les a combattus avec succ&#232;s sur chaque point, avec des r&#233;sultats d&#233;sastreux pour la Russie et la r&#233;volution mondiale. Sa m&#233;thode consistait &#224; purger le Parti des &#233;l&#233;ments d'opposition et &#224; le remplir par la bureaucratie de personnes d&#233;vou&#233;es au stalinisme. Avant la 15e Conf&#233;rence du Parti, l'opposition a &#233;t&#233; expuls&#233;e.soutenus par la bureaucratie, les ont combattus avec succ&#232;s sur chaque point, avec des r&#233;sultats d&#233;sastreux pour la Russie et la r&#233;volution mondiale. Sa m&#233;thode consistait &#224; purger le Parti des &#233;l&#233;ments d'opposition et &#224; le remplir par la bureaucratie de personnes d&#233;vou&#233;es au stalinisme. Avant la 15e Conf&#233;rence du Parti, l'opposition a &#233;t&#233; expuls&#233;e.soutenus par la bureaucratie, les ont combattus avec succ&#232;s sur chaque point, avec des r&#233;sultats d&#233;sastreux pour la Russie et la r&#233;volution mondiale. Sa m&#233;thode consistait &#224; purger le Parti des &#233;l&#233;ments d'opposition et &#224; le remplir par la bureaucratie de personnes d&#233;vou&#233;es au stalinisme. Avant la 15e Conf&#233;rence du Parti, l'opposition a &#233;t&#233; expuls&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de 1927 et au d&#233;but de 1928, les Koulaks &#233;taient devenus suffisamment puissants pour menacer l'&#201;tat sovi&#233;tique. La politique de l'Internationale fut un &#233;chec flagrant. Staline s'est retourn&#233; et a frapp&#233; ses alli&#233;s de droite. Boukharine, Rykov et Tomsky, qu'il avait utilis&#233;s contre la gauche ; et s'est lanc&#233; dans le plan quinquennal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1924, il avait introduit une th&#233;orie selon laquelle il &#233;tait possible de construire le socialisme en Russie sans l'aide de la r&#233;volution europ&#233;enne. C'&#233;tait, dit-il, le l&#233;ninisme. Maintenant, il tentait de le mettre en pratique. Les paysans ont &#233;t&#233; collectivis&#233;s en masse. Le capitalisme europ&#233;en devait &#234;tre d&#233;pass&#233; en dix ans. L'Internationale fut forc&#233;e d'adopter la th&#233;orie du social-fascisme : la social-d&#233;mocratie, et non le fascisme, &#233;tait l'ennemi principal. De grands succ&#232;s ont &#233;t&#233; remport&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la Russie, mais la port&#233;e du plan a conduit &#224; un chaos inutile dans l'industrie et &#224; la destruction de grandes quantit&#233;s de produits agricoles. Le mouvement ouvrier allemand a &#233;t&#233; encourag&#233; &#224; laisser Hitler prendre le pouvoir car il allait bient&#244;t s'effondrer. Les trotskistes de ces ann&#233;es se sont battus pour un plan et une collectivisation dans le cadre des pouvoirs de la Russie et pour le Front uni en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1927, personne en Russie ne pouvait pr&#234;cher ouvertement le trotskisme. Mais ceux qui en suivaient les doctrines &#233;taient organis&#233;s en groupes &#224; l'&#233;tranger connus sous le nom d'Opposition de gauche. Apr&#232;s la d&#233;faite allemande, l'Opposition de gauche a d&#233;clar&#233; la n&#233;cessit&#233; de construire une Quatri&#232;me Internationale. Les lecteurs de &#171; Controverse &#187; savent comment la bureaucratie sovi&#233;tique non seulement a rejoint la Soci&#233;t&#233; des Nations, mais apr&#232;s le Pacte franco-sovi&#233;tique, a invent&#233; le Front populaire, a commenc&#233; &#224; soutenir le r&#233;armement capitaliste en France, et soutient aujourd'hui toute section de la bourgeoisie qui exprime la moindre opposition au fascisme. Les trotskystes ont pr&#233;dit et combattu am&#232;rement de telles trahisons. Ils continueront de le faire. Mais cet abandon de la lutte des classes enseigna enfin un peu de sens &#224; beaucoup de ceux qui &#233;taient rest&#233;s insensibles aux longues ann&#233;es de propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque pays, des groupes et des partis commenc&#232;rent &#224; prendre position &#224; la gauche des partis communistes. Ce n'&#233;tait pas difficile parce que les partis communistes &#233;taient aussi &#224; droite que la bourgeoisie voulait les laisser partir. Mais l'ILP en Angleterre, le POUM en Espagne, la gauche socialiste en France &#233;taient tous diversement hostiles au stalinisme. Ils s'opposaient maintenant &#224; la Troisi&#232;me Internationale, mais ne se d&#233;claraient pas pour une Quatri&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur de l'Union sovi&#233;tique, la bureaucratie, allant sans cesse &#224; droite, &#233;crasait tout &#224; gauche et d&#233;truisait les acquis politiques de la R&#233;volution en augmentant constamment les privil&#232;ges de la caste dirigeante. Le mouvement stakhanoviste a &#233;t&#233; une acc&#233;l&#233;ration drastique et les salaires &#233;lev&#233;s pay&#233;s &#224; une partie des ouvriers les ont d&#233;tach&#233;s de la masse et ont apport&#233; un soutien aux bureaucrates surpay&#233;s. L'insatisfaction des masses (comme on l'a ni&#233; !) s'est continuellement impos&#233;e dans le Parti, qu'il a fallu maintenir docile par des purges incessantes. Quelque 300 000 ont &#233;t&#233; purg&#233;s en 1935. C'est contre cette menace du dedans et du dehors qu'il faut voir les proc&#232;s qui ont tant fait pour mettre le trotskisme au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit entendu qu'aucun trotskyste d&#233;clar&#233; en Russie n'est libre. Ils sont peut-&#234;tre 20 000 en prison. Le Bureau de la Quatri&#232;me Internationale a perdu contact avec eux pendant trois ans. Mais ils connaissaient la Quatri&#232;me Internationale, et leur hostilit&#233; au stalinisme et leur temp&#233;rament r&#233;volutionnaire peuvent &#234;tre jug&#233;s par le fait que Staline n'a jamais os&#233; les traduire en justice. Tous les trotskistes jug&#233;s &#8211; Zinoviev, Kamenev, Radek, Piatakov &#8211; sont des hommes reconnus partisans de Staline depuis des ann&#233;es. Certains, comme Radek et Piatakov, l'ont servi fid&#232;lement. Mais Staline, bien qu'ignorant, est l'inverse du stupide. C'est un homme singuli&#232;rement rus&#233;. Quand ces hommes disent que la politique de L&#233;nine a toujours &#233;t&#233; de construire le socialisme dans un seul pays, que le socialisme se construit en Russie, que le Front populaire est la politique l&#233;niniste,que Staline est un grand marxiste, ils savent qu'ils mentent, et Staline le sait aussi. La clique de Staline, Vorochilov, Molotov, Kaganovitch, etc., n'a et n'a jamais eu aucun principe &#224; perdre et dira ou fera quoi que ce soit. Mais les vieux trotskystes sont principalement des Juifs, des internationalistes, des hommes qui connaissent l'Europe et les langues europ&#233;ennes, connaissent les normes de vie en Europe occidentale, et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse du stalinisme. eu sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et n'a jamais eu, aucun principe &#224; perdre et dira ou fera quoi que ce soit. Mais les vieux trotskystes sont principalement des Juifs, des internationalistes, des hommes qui connaissent l'Europe et les langues europ&#233;ennes, connaissent les normes de vie en Europe occidentale, et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse que le stalinisme a eu sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et n'a jamais eu, aucun principe &#224; perdre et dira ou fera quoi que ce soit. Mais les vieux trotskystes sont principalement des Juifs, des internationalistes, des hommes qui connaissent l'Europe et les langues europ&#233;ennes, connaissent les normes de vie en Europe occidentale, et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse du stalinisme. eu sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse que le stalinisme a eue sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse que le stalinisme a eue sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans n'importe quelle crise &#8211; et les ex&#233;cutions massives de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e prouvent &#224; quel point la crise &#233;tait imminente &#8211; n'importe lequel des vieux trotskystes, m&#234;me s'il n'avait aucun lien avec Trotsky, pouvait s'av&#233;rer un centre de ralliement pour une opposition. La r&#233;cente purge de masse de la jeunesse pour &#171; immoralit&#233; &#187; montre qu'il y avait l&#224; aussi une grande hostilit&#233; envers le r&#233;gime de Staline. Staline r&#233;solut donc d'&#233;carter les hommes les plus connus de l'ancienne gauche, Zinoviev, Kamenev et Smirnov, de les accabler de disgr&#226;ce, de les rattacher &#224; la Quatri&#232;me Internationale et de discr&#233;diter le trotskysme croissant &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire des gens est vraiment courte. Le proc&#232;s menchevik de 1931 &#171; a prouv&#233; &#187; par des &#171; aveux &#187; que L&#233;on Blum, Vandervelde, le Parti travailliste britannique avaient tous organis&#233; le d&#233;molition de l'Union sovi&#233;tique en tant que pr&#233;liminaire &#224; une guerre d'intervention. Ces b&#234;tises malhonn&#234;tes et maladroites sont typiques de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le proc&#232;s s'&#233;tait bien d&#233;roul&#233;, Staline aurait eu tout ce dont il avait besoin. Une fois qu'il aurait arrach&#233; les aveux de quelques trotskystes, les crimes du trotskysme seraient &#233;tablis et quiconque aurait jamais &#233;t&#233; qualifi&#233; de trotskyste pourrait &#234;tre renvoy&#233;, emprisonn&#233; et trait&#233; sous l'accusation g&#233;n&#233;rale de trotskysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me &#233;tait que ce proc&#232;s fut un &#233;chec d&#233;sastreux &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de la Russie. Lorsque Staline envoya au Parti des informations sur la propagation du trotskysme, les pr&#233;parant pour le proc&#232;s, le Parti fut abasourdi par ce grossier mensonge. &#171; Les faits ont montr&#233; que nos camarades regardent ces signaux et avertissements avec apathie. &#187; Ainsi dit Staline lui-m&#234;me &#224; la p. 7 de la brochure FSU, Sweep Away Obstacles. &#171; La lettre d'un vieux bolchevik &#187; nous dit que Staline a pr&#233;par&#233; le proc&#232;s en secret avec l'aide de Yezhov dans le dos de Yagoda, et que m&#234;me tous les membres du Politbureau ne le savaient pas. Le proc&#232;s Radek-Piatakov a suivi au d&#233;but de 1937, mais la fa&#231;on dont cela contredit Zinoviev et Kamenev, la tentative de cr&#233;er un nouveau centre et de nouveaux crimes, montre que les organisateurs n'avaient pas envisag&#233; le second lorsqu'ils ont organis&#233; le premier. Cet essai a &#233;t&#233; plus efficace. Le petit-bourgeois a lu le chef-d'&#339;uvre de fiction de Radek et, secouant sa t&#234;te stupide, a dit &#171; Oui, c'est vrai &#187;, et a ainsi r&#233;solu un probl&#232;me politique. Mais dans le Parti en Union sovi&#233;tique, quelque chose n'allait pas. La r&#233;solution adopt&#233;e le 27 f&#233;vrier n'a &#233;t&#233; publi&#233;e que le 6 mars ; Le discours de Staline a &#233;galement &#233;t&#233; retard&#233; pendant des semaines. Quand ils sont apparus, ils contenaient une attaque f&#233;roce contre le trotskysme et la bureaucratie du parti, la tyrannie, violation des r&#232;glements du parti, nominations d'en haut, etc. Maintenant, Staline et les autres savaient que ces choses se passaient. Ils duraient depuis des ann&#233;es. Mais cet astucieux man&#339;uvre, sentant le danger, se mettait &#224; la t&#234;te du m&#233;contentement des masses, et se tournait contre la bureaucratie, appelant le plus possible trotskystes, naufrageurs, etc. Mais cette fois ce n'&#233;tait pas si facile. Ordjonikidze &#233;tait &#171; mort &#187;. Yagoda a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Personne n'&#233;tait trop haut pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;. Il semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensemblesentant le danger, se mettait &#224; la t&#234;te du m&#233;contentement des masses, et se tournait contre la bureaucratie, appelant le plus possible trotskystes, naufrageurs, etc. Mais cette fois ce n'&#233;tait pas si facile. Ordjonikidze &#233;tait &#171; mort &#187;. Yagoda a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Personne n'&#233;tait trop haut pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;. Il semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensemblesentant le danger, se mettait &#224; la t&#234;te du m&#233;contentement des masses, et se tournait contre la bureaucratie, appelant le plus possible trotskystes, naufrageurs, etc. Mais cette fois ce n'&#233;tait pas si facile. Ordjonikidze &#233;tait &#171; mort &#187;. Yagoda a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Personne n'&#233;tait trop haut pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;. Il semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensembleIl semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensembleIl semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensemble Convention, Jacobins et Droite, crient Robespierre et le livrent &#224; la guillotine. Le lendemain, ils continu&#232;rent leur lutte interne, mais pour le moment tous sentaient que la premi&#232;re t&#226;che &#233;tait d'&#233;carter le sinistre dictateur avec qui aucun homme n'&#233;tait en s&#233;curit&#233;. Staline a frapp&#233; avant que ses ennemis ne puissent l'atteindre ; depuis quand il a lanc&#233; une attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Des hommes sont jug&#233;s pour avoir empoisonn&#233; des moutons et opprim&#233; des paysans, tandis que les paysans sont assis dans la cour et applaudissent et b&#233;nissent Staline ; d'autres sont licenci&#233;s des postes de cadres et des ouvriers nomm&#233;s &#224; leur place. Staline est maintenant l'homme du peuple. Et chaque fois que cela est possible, il appelle ces hommes des trotskystes. Mais il faut comprendre qu'il n'y a aucune raison de croire qu'un seul de ces bureaucrates ait quoi que ce soit &#224; voir avec l'opposition en Russie.Leur politique aurait probablement &#233;t&#233; un nettoyage de l'appareil en leur faveur et un rel&#226;chement de la tyrannie. Toukhatchevskv a peut-&#234;tre favoris&#233; une alliance russo-allemande. Mais tout cela n'a rien &#224; voir avec le trotskysme, qui dans le langage stalinien signifie simplement contre Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Staline est maintenant en grave danger. Comme toujours, la r&#233;volution commence d'en haut. Les hommes refusent les postes. Ils ont peur. Les bureaucrates se faisaient presque face ouvertement. D&#232;s qu'elles entreront en conflit ouvert, les masses se joindront &#224; elles, car elles seront invit&#233;es de chaque c&#244;t&#233; &#224; les soutenir. Cela, cependant, est un autre sujet. Il suffit que la seule section avec une politique pour les masses soit les trotskystes, et que les deux ailes de la haute bureaucratie s'y opposent, comme les lib&#233;raux et les conservateurs s'opposent &#224; la r&#233;volution socialiste. La solution de ce conflit est cependant li&#233;e &#224; la r&#233;volution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit une situation parall&#232;le sur le terrain international. Tous ceux qui sont pour la r&#233;volution socialiste sont condamn&#233;s par les staliniens &#224; la destruction. &#171; Nous ne sommes pas des trotskystes &#187;, crient continuellement le POUM et l'ILP. Que cela leur fasse beaucoup de bien. Les staliniens n'auront rien &#224; leur gauche, et Maxton, Brockway et Marceau Pivert peuvent guetter le sort de Nin. Il semble que Trotsky ait un mauvais caract&#232;re, ce qui emp&#234;che les gens de rejoindre le Bureau de la Quatri&#232;me Internationale. Piffle de colportage. Seules les masses peuvent construire une Quatri&#232;me Internationale. Mais les dirigeants doivent les aider en montrant la voie. La bureaucratie stalinienne et la Troisi&#232;me Internationale sont maintenant une tumeur gangren&#233;e dans le mouvement ouvrier. Ils doivent en &#234;tre coup&#233;s. Il n'y a plus qu'une chose maintenant &#8211; la lutte pour la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1937/trotskyism.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1937/trotskyism.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lutte ouvri&#232;re, faussement trotskiste, et son communisme mensonger</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9346</link>
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		<dc:date>2025-12-27T23:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soulevez le voile communiste de Lutte ouvri&#232;re, vous trouvez des bureaucraties syndicales de gauche... &lt;br class='autobr' /&gt;
Des exemples de ce que Lutte Ouvri&#232;re refuse de faire : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8421 &lt;br class='autobr' /&gt;
LE &#171; TROTSKISME &#187; FRELAT&#201; DE LUTTE OUVRI&#200;RE : FAUSSE CRITIQUE DU PARTI SOCIALISTE ET VRAI PILIER DE LA GAUCHE BOURGEOISE &lt;br class='autobr' /&gt;
Militants de Lutte ouvri&#232;re, rompez avec la politique tra&#238;tresse de vos dirigeants et retrouvez le bolchevisme d'union l&#233;niniste : c'est-&#224;-dire le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Soulevez le voile communiste de Lutte ouvri&#232;re, vous trouvez des bureaucraties syndicales de gauche...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16828 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/chatgpt_image_28_oct__2025_12_21_40.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/chatgpt_image_28_oct__2025_12_21_40-08d96.jpg?1785240398' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des exemples de ce que Lutte Ouvri&#232;re refuse de faire :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16831 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/chatgpt_image_28_oct__2025_12_22_34.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/chatgpt_image_28_oct__2025_12_22_34-1c704.jpg?1785240398' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16832 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/557619740_1118733090445197_3105420810642092837_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/557619740_1118733090445197_3105420810642092837_n-de9ab.jpg?1785240398' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8421&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8421&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE &#171; TROTSKISME &#187; FRELAT&#201; DE LUTTE OUVRI&#200;RE : FAUSSE CRITIQUE DU PARTI SOCIALISTE ET VRAI PILIER DE LA GAUCHE BOURGEOISE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militants de Lutte ouvri&#232;re, rompez avec la politique tra&#238;tresse de vos dirigeants et retrouvez le bolchevisme d'union l&#233;niniste : c'est-&#224;-dire le trotskysme authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#202;tre trotskyste, c'est &#234;tre bolchevique-l&#233;niniste. &#187; &#8212; L&#233;on Trotsky, Lettre sur le programme de l'Internationale communiste (1939)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son dernier &#233;ditorial du 27 octobre 2025, intitul&#233; &#171; Pendant le cirque parlementaire, l'offensive des capitalistes continue &#187;, L.O. pr&#233;tend s'attaquer au Parti socialiste, d&#233;noncer la &#8220;com&#233;die parlementaire&#8221;, l'&#8220;hypocrisie de la gauche gouvernementale&#8221;, et d&#233;fendre les travailleurs contre les &#8220;budgets de combat&#8221; impos&#233;s par les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici cet &#233;ditorial sign&#233; Nathalie Arthaud et &#233;crit par la direction de LO :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/pendant-cirque-parlementaire-loffensive-capitalistes-continue-188105.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/pendant-cirque-parlementaire-loffensive-capitalistes-continue-188105.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence par une phrase apparemment tr&#232;s radicale : &#171; la &#171; suspension &#187; de la r&#233;forme des retraites est une arnaque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, LO oublie de nous dire pourquoi le pouvoir emploie la man&#339;uvre de &#171; suspendre &#187; la r&#233;forme des retraites maintenant et ne l'a pas fait avant. Pourquoi le mouvement dirig&#233; par l'intersyndicale vers l'impasse n'a pas m&#234;me suspendu la r&#233;forme, pourquoi les protestations r&#233;formistes de la gauche parlementaire n'y sont m&#234;me pas parvenus. En somme, LO estime inutile de nous expliquer que la bourgeoisie a peur du mouvement de la base, dirig&#233; par la base, en vue d'un pouvoir de la base, du type Gilets jaunes, et refusant de se laisser dominer par les syndicats et partis de gauche. Et c'est cette peur qui a men&#233; &#224; la d&#233;mission de Bayrou comme &#224; la suspension de la r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, tout semble clair : L.O. se pr&#233;sente comme l'opposante r&#233;solue de la gauche bourgeoise. Mais, d&#232;s qu'il y a une occasion r&#233;elle de montrer que la base du peuple travailleur peut &#234;tre efficace, d&#232;s lors qu'elle se passe des appareils r&#233;formistes, LO ne veut pas le faire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle donne l'impression de d&#233;noncer le PS, de rejeter la complicit&#233; des directions syndicales, d'incarner une radicalit&#233; ouvri&#232;re intransigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette apparence n'est qu'un reflet dans la caverne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'all&#233;gorie de la caverne de Platon d&#233;crit des hommes encha&#238;n&#233;s dans l'obscurit&#233;, qui ne voient sur la paroi que les ombres des choses r&#233;elles projet&#233;es par un feu derri&#232;re eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces ombres leur tiennent lieu de r&#233;alit&#233; : ils les commentent, les interpr&#232;tent, les confondent avec la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'ils se lib&#232;rent et sortent de la caverne, ils d&#233;couvrent que ce qu'ils prenaient pour le monde n'en &#233;tait que la projection d&#233;form&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est exactement ce que fait L.O. avec les travailleurs : elle les maintient tourn&#233;s vers les ombres, vers des d&#233;bats parlementaires, des &#8220;journ&#233;es d'action&#8221;, des critiques de fa&#231;ade,&lt;br class='autobr' /&gt;
alors que la r&#233;alit&#233; du pouvoir bourgeois, elle, reste hors champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ombres que L.O. projette sont celles d'un radicalisme apparent : des mots d'ordre ouvriers, des phrases marxistes, des d&#233;nonciations du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela n'est que spectacle, car dans la r&#233;alit&#233;, L.O. participe au maintien de l'ordre bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, loin de combattre la gauche bourgeoise, nous allons montrer dans cet article que l'organisation pr&#233;tendument trotskiste L.O. en est un pilier d&#233;guis&#233;, un instrument de canalisation et de domestication du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de se rappeler que nous disposons d'un exemple historique de parti de gauche, se proclamant r&#233;volutionnaire, qui a critiqu&#233; virulemment et tr&#232;s longtemps le parti socialiste, pour finir par pactiser avec lui et le cautionner au pouvoir en trahissant les luttes des travailleurs et le communisme : c'est le parti stalinien PCF ! Il faut donc chercher ce qui se cache derri&#232;re les &#233;tiquettes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO est-elle une organisation si radicale que cela face &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais par exemple. Eh bien, la plupart des pays d'Afrique sont en train de chasser les troupes imp&#233;rialistes fran&#231;aises de leur sol, mais LO ne l'a jamais revendiqu&#233; dans les entreprises, dans les syndicats, n'a jamais fait campagne sur ce slogan ! Pas un seul syndicat dirig&#233; par des militants de LO n'a mis en avant ce combat ! Quand la France a fait partie des puissances occupantes d'Ha&#239;ti contre son peuple travailleur, LO n'a pas revendiqu&#233; &#171; forces fran&#231;aises hors d'Ha&#239;ti ! &#187; Dans les vieilles colonies fran&#231;aises, LO ne revendique pas que la France sorte des Antilles, de la Guyane, de la Nouvelle Cal&#233;donie, de la R&#233;union, etc. Vraiment le radicalisme de LO est pure fa&#231;ade. Tout au plus, LO a fait de petits articles de d&#233;nonciation morale dans son journal mais aucune campagne publique syst&#233;matique contre les interventions de l'arm&#233;e fran&#231;aise, aucune manifestation, aucune motion syndciale, aucune campagne utilisant la tribune &#233;lectorale et la t&#233;l&#233;vision ! L'anti-imp&#233;rialisme de LO est comme son anticapitalisme, son communisme et son anti-bureaucratisme syndcial : pure fa&#231;ade !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Une opposition de fa&#231;ade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.O. critique le PS, mais pour mieux pr&#233;server sa propre place dans le syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle d&#233;nonce les effets du capitalisme sans attaquer ses fondements ; elle condamne les budgets sans remettre en cause l'&#201;tat bourgeois qui les dicte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa pr&#233;tendue &#8220;critique des directions syndicales&#8221; n'est qu'une com&#233;die dialectique : elle parle d'opposition pour mieux rester int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, L.O. agit au sein du mouvement syndical &#224; travers des implantations locales et sectorielles &#8212; automobile, a&#233;ronautique, m&#233;tallurgie, services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne contr&#244;le pas les conf&#233;d&#233;rations, mais elle exerce une influence dans des syndicats d'entreprise et f&#233;d&#233;rations interm&#233;diaires, o&#249; elle agit en alli&#233;e objective des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on trouve des militants de L.O. &#224; la t&#234;te de syndicats d'entreprise comme &#224; Airbus H&#233;licopt&#232;res (Marignane), dans l'a&#233;ronautique ou la m&#233;tallurgie, secteurs o&#249; la collaboration avec les grandes firmes capitalistes et l'&#201;tat est structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces syndicats, aucune orientation anti-militariste n'est mise en avant : la production d'armes est d&#233;fendue au nom de &#8220;l'emploi&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique, &#8220;d&#233;fendre le travail dans les entreprises d'armement&#8221;, revient &#224; d&#233;fendre l'&#233;conomie de guerre de la bourgeoisie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois qu'un mouvement ouvrier &#233;chappe au contr&#244;le des appareils,&lt;br class='autobr' /&gt;
chaque fois qu'une gr&#232;ve s'organise de mani&#232;re autonome ou qu'un comit&#233; de base &#233;merge,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.O. agit pour le ramener sous la tutelle des directions syndicales. Rappelons que dans tous les derniers mouvements sociaux, des retraites comme des cheminots et bien d'autres, elle a appuy&#233; l'intersyndicale et ne l'a m&#234;me pas r&#233;ellement critiqu&#233;e. LO ne cesse d'appeler &#224; participer aux journ&#233;es d'inaction des appareils syndicaux en ne revendiquant que de nouvelles journ&#233;es &#224; la suite les unes des autres pour bien &#233;puiser les mouvements&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle transforme la r&#233;volte en dialogue, la col&#232;re en tract, la lutte en cort&#232;ge ritualis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la &#8220;critique du PS&#8221; et de la gauche bourgeoise devient une posture verbale, un d&#233;cor destin&#233; &#224; donner le change &#8212; pendant que dans la pratique, L.O. maintient le lien entre le prol&#233;tariat et les institutions qui le neutralisent.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;2. Une direction compromise avec le pouvoir bourgeois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de L.O. &#8212; Nathalie Arthaud, Jean-Pierre Mercier et leurs relais &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
est profond&#233;ment int&#233;gr&#233;e au fonctionnement du syst&#232;me syndical et institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Mercier est ouvrier cariste &#224; Stellantis (ex-PSA Poissy),&lt;br class='autobr' /&gt;
porte-parole de Lutte ouvri&#232;re, ancien d&#233;l&#233;gu&#233; central CGT du groupe PSA jusqu'en 2022, et d&#233;sormais membre de l'Union f&#233;d&#233;rale SUD Industrie apr&#232;s son exclusion de la f&#233;d&#233;ration CGT m&#233;tallurgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un exemple parfait de cette int&#233;gration : un militant &#8220;ouvrier&#8221;, au discours radical, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
ins&#233;r&#233; dans la structure m&#234;me des syndicats qui collaborent quotidiennement avec le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans l'a&#233;ronautique &#8212; notamment &#224; Airbus H&#233;licopt&#232;res &#8212;, des militants de L.O. occupent des positions de direction syndicale, tout en menant une politique strictement &#233;conomique, centr&#233;e sur les salaires et l'emploi, en &#233;vitant soigneusement toute d&#233;nonciation de la production d'armes ou de la politique imp&#233;rialiste fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de &#8220;d&#233;fense du travail&#8221;, L.O. couvre la production de guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
et par l&#224;, elle sert objectivement les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une trahison compl&#232;te de l'internationalisme prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation qui justifie la production d'armes au nom de l'emploi n'est pas r&#233;volutionnaire : c'est un rouage du complexe militaro-industriel&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;3. L.O. ment aux travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ses formules &#8220;marxistes&#8221;, L.O. ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne pr&#233;pare pas la r&#233;volution, elle la neutralise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle parle au nom des travailleurs tout en les maintenant sous la d&#233;pendance des directions syndicales bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se dit trotskyste, mais elle a vid&#233; le trotskysme de tout contenu r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
plus de programme de transition, plus de lutte pour le pouvoir ouvrier, plus de perspective d'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement des lamentations syndicales, de la patience et une morale du sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#8220;trotskisme&#8221; de L.O. n'est qu'un masque, un d&#233;cor de papier-m&#226;ch&#233; derri&#232;re lequel se cache un profond conservatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un trotskisme frelat&#233;, domestiqu&#233;, compatible avec le PS, la CGT et l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de pr&#233;parer la rupture, L.O. la diff&#232;re ; au lieu de d&#233;voiler la v&#233;rit&#233; du capital, elle en entretient les ombres &#8212; comme dans la caverne, o&#249; l'on prend la lumi&#232;re du feu pour celle du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;4. Appel aux militants de Lutte ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militants de L.O., il faut rompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rompre avec la politique mensong&#232;re et tra&#238;tresse de votre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rompre avec Nathalie Arthaud, avec Mercier, avec ce petit milieu install&#233; dans les directions syndicales bourgeoises et dans les structures de la gauche d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rompre avec les illusions parlementaires, avec les &#8220;journ&#233;es d'action&#8221; ritualis&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec cette pseudo-lutte qui ne lutte contre rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez le bolchevisme-cr&#233;&#233; d'union l&#233;ninisme, c'est-&#224;-dire le trotskysme authentique :&lt;br class='autobr' /&gt;
celui de la lutte pour le pouvoir des travailleurs, de la destruction de l'&#201;tat bourgeois,&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'internationalisme r&#233;volutionnaire, et de l'unit&#233; mondiale du prol&#233;tariat contre la guerre, la mis&#232;re et l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;5. Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui prouve que L.O. n'est pas un parti r&#233;volutionnaire ? Eh bien, cette organisation se garde bien de mettre en avant la seule perspective politique et sociale qui l'est : les conseils r&#233;volutionnaires de travailleurs, les soviets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ne mettant en avant que la construction de son organisation politique sans lui donner comme boussole le pouvoir des soviets, elle met en place un nouveau parti de l'ordre bourgeois, radical certes, mais qui peut &#234;tre utile &#224; la bourgeoisie en cas de d&#233;sordres sociaux brutaux. C'est un organe de stabilisation du capitalisme, une courroie de transmission entre le prol&#233;tariat et la gauche bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7846&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7846&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8245&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8245&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7843&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7843&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/chatgpt_image_28_oct__2025_12_21_45.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/chatgpt_image_28_oct__2025_12_21_45-9d050.jpg?1785240398' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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