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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
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		<title>Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>

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&lt;p&gt;Lire la premi&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; dans une bourgade agricole pr&#232;s de Vicenza, Pietro Tresso &#233;tait l'a&#238;n&#233; d'une famille de quatre enfants. Son p&#232;re, Luigi, issu d'une famille paysanne, devint ouvrier dans la plus importante industrie de la r&#233;gion, l'entreprise textile Lanificio Rossi. Les conditions de vie tr&#232;s modestes de ses parents, ne permirent &#224; Pietro que de fr&#233;quenter les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la premi&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233; dans une bourgade agricole pr&#232;s de Vicenza, Pietro Tresso &#233;tait l'a&#238;n&#233; d'une famille de quatre enfants. Son p&#232;re, Luigi, issu d'une famille paysanne, devint ouvrier dans la plus importante industrie de la r&#233;gion, l'entreprise textile Lanificio Rossi. Les conditions de vie tr&#232;s modestes de ses parents, ne permirent &#224; Pietro que de fr&#233;quenter les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Il fut, ensuite, apprenti tailleur. Sa formation intellectuelle, nourrie de nombreuses lectures d&#232;s son adolescence, fut celle d'un autodidacte. En 1909, &#224; l'&#226;ge de seize ans, il s'inscrivit &#224; la F&#233;d&#233;ration des Jeunesses socialistes et, l'ann&#233;e suivante, il participa &#224; la fondation du Cercle des jeunes socialistes de Magr&#233;. Son premier combat politique fut anticolonialiste : en 1911, il contribua &#224; organiser une manifestation contre l'intervention militaire italienne en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es de travail syndical parmi les paysans de sa r&#233;gion, une des plus catholiques du pays, Pietro Tresso fut envoy&#233; &#224; Milan, en mai 1914, afin de suivre un stage de formation syndicale dans l'&#233;cole l'&#171; Umanitaria &#187;. Un mois plus tard, il partit pour les Pouilles et s'installa &#224; Gravina, un important centre rural d'environ 20 000 habitants, pour y d&#233;velopper le syndicat des travailleurs agricoles (braccianti). C'est l&#224; qu'il fit sa premi&#232;re exp&#233;rience de dirigeant syndical. Peu apr&#232;s son arriv&#233;e, il fut &#233;lu secr&#233;taire de la Ligue des paysans de Gravina et commen&#231;a &#224; collaborer &#224; La Conquista, le journal des socialistes des Pouilles, publi&#233; &#224; Bari. En janvier 1915, il fut appel&#233; &#224; faire son service militaire. Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, il se rallia &#224; la majorit&#233; du Parti socialiste italien (PSI), qui &#233;tait oppos&#233;e &#224; la guerre. Il distribua l'appel de Zimmerwald au sein de l'arm&#233;e. Cette activit&#233; antimilitariste lui valut un proc&#232;s, mais les charges retenues contre lui furent insuffisantes et il fut envoy&#233; dans une &#171; compagnie disciplinaire &#187;. Revenu &#224; Vicenza &#224; la fin de la guerre, avec le grade d'officier et pensionn&#233; &#224; 80%, il reprit son activit&#233; politique au sein du PSI. Il commen&#231;a &#224; &#233;crire pour son journal local, Il Visentin. Dans le PSI, il adh&#233;ra au courant dit &#171; maximaliste &#187; de Serrati, favorable &#224; la r&#233;volution d'Octobre et dispos&#233; &#224; adh&#233;rer &#224; la IIIe Internationale, mais oppos&#233; &#224; une rupture avec le courant r&#233;formiste dirig&#233; par Turati.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1920, Pietro Tresso fut &#233;lu au conseil municipal de Magr&#233; et au conseil provincial de Vicenza, lors d'une &#233;lection qui marqua une forte avanc&#233;e du PSI S'&#233;loignant de Serrati, il participa &#224; la cr&#233;ation de la fraction communiste de Vicenza, qui l'envoya comme d&#233;l&#233;gu&#233; au congr&#232;s national du PSI Le congr&#232;s de Livourne, en janvier 1921, marqua la fracture du socialisme italien. Bien que minoritaire, le courant communiste, dirig&#233; par Amadeo Bordiga, quitta le PSI et constitua le Parti communiste d'Italie. Rentr&#233; &#224; Vicenza, Tresso fut nomm&#233; directeur du nouveau journal du parti, La Lotta communista. La fraction communiste devenant majoritaire dans la CGL de Vicenza, il fut envoy&#233; &#224; Milan o&#249; il commen&#231;a &#224; collaborer &#224; la r&#233;daction du journal syndical Il Sindicato rosso, l'organe italien de l'Internationale syndicale rouge (ISR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1922, Mussolini prit le pouvoir. Dans une situation de guerre civile latente, les affrontements se multipliaient entre les militants ouvriers et les &#171; chemises noires &#187;. Tomb&#233; dans une embuscade, Pietro Tresso fut durement battu par une bande fasciste dans une rue de Milan. Pendant cette ann&#233;e cruciale, il se rendit &#224; plusieurs reprises &#224; Berlin pour coordonner le travail de l'ISR. Il participa, &#224; Moscou, au IVe congr&#232;s du Komintern et au IIe congr&#232;s de l'ISR, au cours duquel il intervint pour d&#233;fendre la th&#232;se du r&#244;le dirigeant du Parti communiste &#224; l'&#233;gard des syndicats. Avant de rentrer en Italie, &#224; la fin de 1923, il fit une nouvelle &#233;tape de quelques semaines &#224; Berlin, o&#249; il connut Debora Seidenfeld, &#171; Barbara &#187;, qui devint la compagne de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, Pietro Tresso fut incorpor&#233; &#224; la direction du travail syndical du PCI. C'est &#224; partir de cette p&#233;riode qu'il noua une relation &#233;troite d'amiti&#233; et de collaboration avec Antonio Gramsci, qui &#233;tait devenu le principal dirigeant du parti. Tresso contribua &#224; la &#171; bolch&#233;visation &#187; du PCI, qui se traduisit essentiellement par la marginalisation de Bordiga au sein du groupe dirigeant, en d&#233;pit de son influence encore majoritaire dans le parti. Frapp&#233; par la dure r&#233;pression du r&#233;gime fasciste, le mouvement ouvrier connut des difficult&#233;s croissantes. Tresso fut arr&#234;t&#233; &#224; deux reprises &#224; Milan, en mai 1924 et en juillet 1925, lors de la dispersion de r&#233;unions syndicales. Peu apr&#232;s, le droit de gr&#232;ve fut supprim&#233; et les syndicats non-fascistes mis hors la loi. Pendant cette p&#233;riode, alors que Bordiga s'&#233;tait ouvertement oppos&#233; au nouveau cours de l'URSS et que Gramsci avait &#233;crit au Comit&#233; central du PCUS pour manifester son inqui&#233;tude &#224; l'&#233;gard des m&#233;thodes adopt&#233;es dans la lutte contre l'Opposition de gauche, Tresso semblait totalement absorb&#233; par les probl&#232;mes italiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1926, lors du congr&#232;s de Lyon du PCI qui marqua la d&#233;faite de Bordiga et consacra la domination politique de Gramsci, Pietro Tresso fut &#233;lu au Comit&#233; central. Favorable &#224; une r&#233;organisation globale du travail politique &#224; partir de cellules de base clandestines, il s'installa &#224; Rome, avec la t&#226;che de diriger le bureau pour le travail ill&#233;gal. C'est alors qu'il prit le pseudonyme de &#171; Blasco &#187; sous lequel il fut connu par la suite. Apr&#232;s la vague d'arrestations qui, en r&#233;ponse &#224; l'attentat contre Mussolini, avait durement affaibli la direction du PCI, Tresso fut coopt&#233; au Bureau politique du parti et en devint le principal organisateur. Le s&#233;jour dans la capitale &#233;tant devenu de plus en plus dangereux, Blasco s'installa &#224; Sturla, dans la banlieue de G&#234;nes, d'o&#249; il pouvait maintenir une liaison r&#233;guli&#232;re avec Alfonso Leonetti, qui avait install&#233; &#224; Recco la r&#233;daction clandestine de l'Unita, le quotidien du PCI. En f&#233;vrier 1927, dans la plus stricte ill&#233;galit&#233;, il organisa &#224; Milan une conf&#233;rence nationale de la CGIL, qui venait d'&#234;tre dissoute par Mussolini. A la fin de l'ann&#233;e, il dut quitter l'Italie pour &#233;chapper &#224; l'OVRA, la police fasciste. Il rejoignit alors le centre du parti dans l'&#233;migration &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, en 1928, o&#249; il participa au VIe congr&#232;s de l'Internationale communiste, Pietro Tresso ne manifesta aucune perplexit&#233; au sujet du tournant de la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187;, qui pr&#233;voyait une nouvelle vague r&#233;volutionnaire en Europe et qualifiait la social-d&#233;mocratie d'&#171; ennemi principal &#187;. Cela se traduisait, pour le PCI, par l'envoi massif de cadres en Italie afin de reconstituer l'organisation clandestine en vue d'une reprise imminente des luttes sur une vaste &#233;chelle. Tresso consid&#233;rait comme aventuriste et suicidaire une telle politique. Cependant, il ne remit pas en cause la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pietro Tresso v&#233;cut bient&#244;t &#224; Paris l'une des crises les plus profondes de l'histoire du PCI. Les divergences sur l'appr&#233;ciation de la situation en Italie &#233;clat&#232;rent &#224; propos de l'&#171; affaire Tasca &#187; qui venait d'&#234;tre expuls&#233; &#224; cause de son appui &#224; N. Boukharine. Togliatti, lui aussi li&#233; &#224; la &#171; droite &#187; boukharinienne jusqu'au VIe congr&#232;s du Komintern, s'&#233;tait ralli&#233; &#224; la derni&#232;re minute &#224; la majorit&#233; stalinienne du PCUS. Pendant la r&#233;union du Bureau politique du PCI qui devait sanctionner l'expulsion de Tasca, Tresso, appuy&#233; par Alfonso Leonetti et Paolo Ravazzoli, intervint pour critiquer l'orientation g&#233;n&#233;rale du parti et soulever des r&#233;serves &#224; l'&#233;gard de l'attitude de Togliatti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces divergences s'approfondirent fin 1929, lorsque Togliatti et L. Longo propos&#232;rent l'envoi en Italie d'un certain nombre de dirigeants du parti afin de reconstituer un centre &#224; l'int&#233;rieur du pays. Tresso, Leonetti et Ravazzoli, d&#233;sormais appel&#233;s les &#171; trois &#187;, reconnaissaient la n&#233;cessit&#233; de renforcer le travail clandestin en Italie, mais s'oppos&#232;rent aux m&#233;thodes et aux rythmes propos&#233;s par Togliatti. Le d&#233;bat sur le &#171; tournant &#187; italien fut tranch&#233;, en mars 1930, par le Comit&#233; central qui, suivant les indications de Moscou, approuva la ligne propos&#233;e par Togliatti et Longo, exclut Ignazio Silone et Ravazzoli du CC, r&#233;trograda Leonetti et exclut Tresso du BP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;cart&#233;s de la direction du PCI, les &#171; trois &#187; prirent contact avec l'opposition trotskyste en France. Ils avaient &#233;t&#233; frapp&#233;s par les articles de Trotsky parus dans la V&#233;rit&#233;, qui semblaient apporter une explication plus globale aux critiques qu'ils adressaient au &#171; tournant &#187; du PCI. La prise de contact fut favoris&#233;e par Alfred Rosmer, qu'ils avaient connu &#224; Moscou, o&#249; il s'&#233;tait li&#233; d'amiti&#233; avec Gramsci. Dans l'impossibilit&#233; d'exprimer leur point de vue dans la presse de leur parti, ils d&#233;velopp&#232;rent leurs analyses dans les pages de La V&#233;rit&#233;. En m&#234;me temps, ils entam&#232;rent une riche correspondance avec Trotsky. La collaboration avec les trotskystes entra&#238;na aussit&#244;t l'expulsion des &#171; trois &#187; du PCI. Entour&#233;s par un petit noyau de militants, ils cr&#233;&#232;rent la Nouvelle opposition italienne (NOI), qui partageait l'orientation g&#233;n&#233;rale de Trotsky. Rest&#233; sans ressources, apr&#232;s avoir perdu son poste de &#171; r&#233;volutionnaire professionnel &#187; dans l'appareil du PCI, Tresso reprit son ancien m&#233;tier de tailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre avril 1931 et mai 1933, Blasco contribua &#224; la publication de l'organe de la NOI, le Bollettino dell'opposizione comunista italiana. En m&#234;me temps, il participa &#224; l'activit&#233; du mouvement trotskyste en France. En janvier 1931, il fut &#233;lu au Comit&#233; ex&#233;cutif de la Ligue communiste et son activit&#233; dans le mouvement ouvrier fran&#231;ais l'&#233;loigna de plus en plus de la NOI. En novembre 1932, Pietro Tresso se rendit avec d'autres militants trotskystes &#224; Copenhague, o&#249; il put rencontrer Trotsky qui avait &#233;t&#233; invit&#233; dans la capitale danoise pour tenir une conf&#233;rence &#224; l'occasion du quinzi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution russe. L'ann&#233;e suivante, apr&#232;s la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne, l'Opposition de gauche internationale tint une conf&#233;rence &#224; Paris, en f&#233;vrier 1933, qui &#233;lut Tresso au Comit&#233; ex&#233;cutif international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s proche de Pierre Naville au sein de la Ligue communiste, Pietro Tresso s'opposa au tournant &#171; entriste &#187; dans la SFIO que Trotsky sugg&#233;ra &#224; partir de septembre 1934. S'&#233;loignant de la Ligue communiste, Tresso et Naville constitu&#232;rent un petit Groupe communiste internationaliste (GCI), qui finit par rejoindre &#233;galement le Parti socialiste. Pendant cette p&#233;riode &#171; entriste &#187;, Blasco milita dans les cercles exil&#233;s du PSI. Il collabora &#224; la revue italienne Quaderni di critica proletaria. Il fut &#233;lu au conseil g&#233;n&#233;ral du PSI en tant que repr&#233;sentant du courant &#171; bolchevik-l&#233;niniste &#187;. En 1936, apr&#232;s sa &#171; sortie &#187; du PSI, Tresso reprit son activit&#233; de dirigeant du mouvement pour la IVe Internationale dans les rangs du Parti ouvrier internationaliste (POI), la nouvelle organisation des trotskystes fran&#231;ais. En 1937, Pietro Tresso &#233;voqua dans les pages de la Lutte ouvri&#232;re, l'hebdomadaire du POI la figure d'Antonio Gramsci, qui venait de mourir au bout de onze ans de d&#233;portation et de prison. Son portrait du dirigeant communiste et de l'intellectuel marxiste italien n'avait rien d'hagiographique. Il n'h&#233;sitait pas &#224; affirmer que Gramsci s'&#233;tait aussi tromp&#233; sur des questions importantes (tout d'abord sur la &#171; bolch&#233;visation &#187; du parti et dans les m&#233;thodes adopt&#233;es pour &#233;carter Bordiga de la direction, une critique qui, sous la plume de Blasco, apparaissait aussi comme une autocritique). &#171; Nous ne savons pas quelle a &#233;t&#233; l'&#233;volution de Gramsci au cours des onze ann&#233;es de prison, &#233;crivait-il, mais nous pouvons affirmer ceci : toute l'activit&#233; de Gramsci, toute sa conception du d&#233;veloppement du Parti et du mouvement ouvrier s'oppose de fa&#231;on absolue au stalinisme, &#224; ses crapuleries politiques, &#224; ses falsifications &#233;hont&#233;es... &#187; (la Lutte ouvri&#232;re, 14 mai 1937). Il ne se trompait pas : depuis les ann&#233;es soixante, une large litt&#233;rature historique a mis en lumi&#232;re l'opposition de Gramsci au stalinisme et &#224; la direction du PCI pendant ses ann&#233;es de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1938, Blasco participa, sous le pseudonyme de Julien, au congr&#232;s de fondation de la IVe Internationale, qui se tint clandestinement &#224; P&#233;rigny (voir Alfred Rosmer). Le congr&#232;s confirma l'appartenance de Tresso au Comit&#233; ex&#233;cutif du mouvement. Blasco s'opposa en 1939, au sein du POI, &#224; l'entr&#233;e dans le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert, pr&#233;conis&#233;e par Trotsky. Apr&#232;s la d&#233;faite fran&#231;aise en juin 1940, Blasco et Barbara demeur&#232;rent &#224; Paris, sous l'occupation nazie. En 1941, ils purent &#233;chapper de justesse &#224; une perquisition de la Gestapo, qui venait de d&#233;couvrir leur domicile secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traqu&#233;, Pietro Tresso se rendit avec Louis Rigaudias en juillet &#224; Marseille, o&#249; Barbara le rejoignit en fin d'ann&#233;e. Parvenant, gr&#226;ce &#224; l'aide du Comit&#233; am&#233;ricain de secours (CAS) &#8212; dont Tresso devint le consultant pour l'&#233;migration italienne &#8212; &#224; s'embarquer le 5 janvier 1942 &#224; destination de Cuba, Rigaudias avait vainement tent&#233; de convaincre Tresso de se rendre aux &#201;tats-Unis. Celui-ci, &#226;g&#233; de pr&#232;s de cinquante ans, r&#233;pugnait &#224; envisager une nouvelle &#233;migration dans un pays dont il ignorait la langue. Il finit, cependant, par s'y r&#233;soudre un peu plus tard et le CAS lui procura les papiers n&#233;cessaires au d&#233;part. Il ne manquait plus que le passeport et les visas de Barbara lorsque le 2 juin 1942 Tresso et sa compagne furent arr&#234;t&#233;s par la police fran&#231;aise avec les principaux militants trotskystes de Lyon et de Marseille, dont Albert Demazi&#232;re et Jean Reboul. La police avait intercept&#233; la correspondance entre le Secr&#233;tariat international de la IVe Internationale si&#233;geant &#224; New York et les trotskystes fran&#231;ais. Tresso fut maltrait&#233; sous les yeux de sa compagne. Traduit le 30 septembre, avec ses camarades, devant la section sp&#233;ciale du Tribunal de la XVe division militaire de Marseille, sous le curieux chef d'inculpation &#171; d'activit&#233;s communistes relevant directement ou indirectement de la IIIe Internationale &#187;, assist&#233; par Gaston Defferre, Tresso fut condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transf&#233;r&#233; d&#233;but octobre &#224; la prison militaire de Lod&#232;ve (H&#233;rault) avec Reboul et Demazi&#232;re, Pietro Tresso y retrouva un autre trotskyste, Maurice S&#233;gal, dit Salini qui se trouvait dans un &#233;tat d'&#233;puisement physique et moral inqui&#233;tant, par suite de la s&#233;v&#232;re quarantaine qu'il subissait de la part du collectif communiste. Tresso &#233;crivit en novembre 1942 &#224; sa belle-s&#339;ur Gabriella Maier, r&#233;sidant en Suisse : &#171; Le point noir pour nous ici, ce sont nos rapports avec les staliniens. Pour ces messieurs, nous sommes naturellement une bande de vip&#232;res lubriques et tout le tralala que vous connaissez... leur haine contre nous est sans bornes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de tension subsista &#224; la prison du Puy-en-Velay (Haute-Loire) o&#249; furent achemin&#233;s les d&#233;tenus politiques, le 18 d&#233;cembre 1942 et o&#249; arriva, en m&#234;me temps, en provenance de la prison de Nontron (Dordogne), le trotskyste lyonnais Abram Sadek qui partagea d&#233;sormais la cellule de Pietro Tresso. Dans ses derni&#232;res lettres des 11 et 18 septembre 1943 &#224; sa compagne, celui-ci fit encore &#233;tat des calomnies prof&#233;r&#233;es &#224; l'encontre des trotskystes, reprenant les th&#232;mes des proc&#232;s de Moscou, assorties de menaces de liquidation. Ces propos tenus par le principal organisateur de l'&#233;vasion collective des 79 prisonniers politiques de la prison du Puy, dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943, &#233;taient inqui&#233;tants quant au sort futur r&#233;serv&#233; aux trotskystes. La majorit&#233; des &#233;vad&#233;s furent conduits au maquis &#171; Wodli &#187; cr&#233;&#233; par le PCF, localis&#233; au lieu-dit Raffy de la commune de Queyri&#232;re (Haute-Loire), proche d'Yssingeaux. Les trotskystes y furent plac&#233;s sous une &#233;troite surveillance. Des personnes qui ne pouvaient ignorer les faits refus&#232;rent de r&#233;pondre, ou formul&#232;rent des hypoth&#232;ses contradictoires, inexactes au sujet de la disparition de Pietro Tresso. Il ressort des recherches r&#233;centes que Tresso, Jean Reboul, Abram Sadek et Maurice Segal furent ex&#233;cut&#233;s fin octobre 1943, peut-&#234;tre le 26 ou le 27 &#224; Queyri&#232;re (Haute-Loire), sur ordre des responsables du maquis, appliquant les consignes &#171; venues d'en haut &#187;. Pierre Brou&#233; et Raymond Vacheron &#233;voqu&#232;rent la responsabilit&#233; de Giovanni Sosso commandant du maquis FTP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Maitron&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pietro Tresso et la naissance du trotskisme italien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre 1943, le camarade Pietro Tresso, dit &#034;Blasco&#034;, fondateur et leader du Parti communiste d'Italie et ami de Gramsci, est assassin&#233;, expuls&#233; pour &#034;trotskysme&#034; par le parti en 1930 par la volont&#233; de Togliatti, fondateur de la Quatri&#232;me Internationale, assassin&#233; en France par les staliniens pendant la R&#233;sistance. Ce texte retrace le tournant qui s'est produit en 1930 au sein du PCd'I, en relation avec les changements profonds qui ont affect&#233; la politique de l'Internationale communiste &#224; la fin des ann&#233;es 1920, et qui ont conduit &#224; l'expulsion de Tresso, Leonetti et Ravazzoli. des rangs du parti et la naissance du trotskisme italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps-&#233;t&#233; 1930, la crise la plus profonde &#224; laquelle le jeune Parti Communiste d'Italie (n&#233; en 1921) a &#233;t&#233; confront&#233; au cours de ses premi&#232;res ann&#233;es de vie troubl&#233;e prend fin, et l'un des moments les plus difficiles de toute la vie de ce qui va devenu ensuite, au cours des ann&#233;es trente, et plus encore depuis la Seconde Guerre mondiale, un parti qui n'avait plus de points communs avec celui fond&#233; par Bordiga et Gramsci &#224; Livourne en 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1930 est l'ann&#233;e de ce qui sera plus tard d&#233;fini, par les historiens et les militants, &#171; le tournant du PCd'I &#187;. Un chapitre central de l'histoire de ce parti, mais qui restera longtemps obscur et incompris, obstin&#233;ment &#233;cart&#233; et coupablement d&#233;form&#233;. Qu'il suffise de dire que jusqu'au milieu des ann&#233;es soixante-dix il n'y avait pas d'ouvrages historiographiques qui en parlaient, et jusqu'au milieu de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente les termes de la question n'&#233;taient pas encore clairs dans leur essence pour l'&#233;crasante majorit&#233; des militants du PCI. et d'autres partis ouvriers (sauf, pr&#233;cis&#233;ment, &#224; ceux qui en ont fait l'exp&#233;rience).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant tournant, et la crise profonde qui s'ensuit, repr&#233;sente pour le PCdI &#224; la fois un point d'arriv&#233;e et un point de d&#233;part. Dans ce Comit&#233; central brumeux et dramatique de mars 1930 &#224; Li&#232;ge, s'ach&#232;ve la vie de la section italienne de la Troisi&#232;me Internationale bolchevique, de l'Internationale de L&#233;nine et Trotsky ; et la vie d'un parti a commenc&#233; dont la ligne &#233;tait, de ce moment &#224; la fin, co&#239;ncidant avec la ligne de Staline, dont les choix et les volont&#233;s seront li&#233;s aux destins personnels des dirigeants eux-m&#234;mes, ainsi que, d'ailleurs, de la base. Un parti qui, avec les enseignements de L&#233;nine et l'&#233;cole de la R&#233;volution russe, avait jet&#233; par-dessus bord sa propre exp&#233;rience particuli&#232;re de lutte et de t&#233;moignage, ses propres caract&#233;ristiques et pr&#233;rogatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas que le parti italien qui a chang&#233; de peau et de piste. A la m&#234;me &#233;poque, ce sont tous les partis communistes, toute l'Internationale qui ont radicalement chang&#233; son essence et ses perspectives. Quel a donc &#233;t&#233; le &#171; tournant &#187; ? En quoi s'est-il mat&#233;rialis&#233; ? Quelles &#233;taient ses hypoth&#232;ses et motivations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928 eut lieu le sixi&#232;me congr&#232;s de la IIIe Internationale. Quatre ans apr&#232;s le cinqui&#232;me, dans un contexte et un climat bien diff&#233;rents du pr&#233;c&#233;dent, le sixi&#232;me congr&#232;s est celui qui, selon les mots de Trotsky, inaugure &#171; la troisi&#232;me p&#233;riode des erreurs de l'Internationale communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de L&#233;nine, avec l'aggravation des conditions d'isolement de la Russie sovi&#233;tique et le &#171; gel &#187; d&#233;finitif de la r&#233;volution en Europe occidentale et dans le reste du monde - et avec la reprise contextuelle de ce capitalisme qui jusqu'&#224; quelques ann&#233;es auparavant &#233;tait consid&#233;r&#233;e sur le point de succomber &#224; l'avanc&#233;e rouge - l'Internationale Communiste (IC) a commenc&#233; &#224; reculer et &#224; s'installer sur des positions de plus en plus d&#233;fensives non seulement par rapport aux relations de pouvoir modifi&#233;es, mais aussi par rapport &#224; la nouvelle configuration g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me social et politique. L'ordre du mouvement ouvrier qui en a r&#233;sult&#233; a &#233;t&#233; red&#233;fini. La tactique et la strat&#233;gie de l'Internationale commencent &#224; osciller dangereusement d&#232;s les premiers &#233;pisodes importants de ces difficult&#233;s (Allemagne 1923), mais, contrairement &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, elles en viennent &#224; s'&#233;carter de plus en plus des principes sur lesquels l'IC a &#233;t&#233; fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrainte dans les redoutes de plus en plus asphyxi&#233;es de la Russie sovi&#233;tique, la r&#233;volution prol&#233;tarienne subit une involution dont les aspects objectifs et les r&#233;percussions sont de plus en plus souvent et de plus en plus sans &#233;quivoque la contrepartie d'approches et de choix subjectifs erron&#233;s. Si le c&#244;t&#233; subjectif est toujours dialectiquement sensible &#224; l'objectif, et d&#233;termin&#233; par lui, dans le cas de l'IC &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1920 l'impact n&#233;gatif assum&#233; dans ce contexte par l'action consciente des dirigeants (Staline, Zinoviev, Kamenev, Boukharine ) acquiert un poids sp&#233;cifique de plus en plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1927, le Parti communiste russe, aux mains de Staline et de Boukharine, fit un pas en avant substantiel dans la direction de cette involution : apr&#232;s des ann&#233;es de lutte interne acharn&#233;e, pour la premi&#232;re fois ceux qui, jusqu'&#224; peu de temps auparavant, avaient &#233;t&#233; les principaux dirigeants : Zinoviev, Trotsky, etc. C'est un point de non-retour. C'est le passage &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence, qui &#224; partir de ce moment (certainement pas le premier signe du changement de situation) verra le CI et ses partis sombrer un &#224; un dans les cercles infernaux qui conduiront d'erreurs en horreurs, de trahisons en crimes. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me congr&#232;s est celui qui inaugure la &#171; p&#233;riode &#187; &#224; partir de laquelle la d&#233;g&#233;n&#233;rescence ne s'arr&#234;tera ni n'aura de limites. Les fluctuations de l'IC avaient conduit en 1926-1927 &#224; des capitulations opportunistes et &#224; des collaborations de classe (comit&#233; anglo-russe, Chine), avec des effets d&#233;sastreux sur le mouvement communiste. En 1928, il est d&#233;cid&#233; de virer &#171; &#224; gauche &#187;, de changer d'orientation &#224; 180 degr&#233;s : cela met fin non seulement &#224; la collaboration avec la bourgeoisie (jusqu'&#224; un certain point), mais aussi avec les partis socialistes et sociaux-d&#233;mocrates ; le front unique des organisations de classe est d&#233;finitivement abandonn&#233; ; l'&#233;quivalence &#171; de facto &#187; entre social-d&#233;mocratie et fascisme (&#171; socialfascisme &#187;) est th&#233;oris&#233;e. Tous ces choix reposent sur une base pr&#233;cise d'analyse et de perspective politique : aggravation de la situation de l'&#233;conomie capitaliste mondiale, radicalisation des masses, imminence de la r&#233;volution et prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re en Europe (dont une guerre tout aussi imminente, avec l'agression imp&#233;rialiste contre l'URSS l'aurait rendu non seulement n&#233;cessaire, mais non reportable). M&#234;me ces analyses - autant que l'orientation politique qui s'ensuivit - &#233;taient en totale contradiction avec les analyses de 1926-27, qui voyaient l'&#233;conomie capitaliste dans une phase de stabilisation et de consolidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le VIe Congr&#232;s (juillet-septembre 1928) et le 10e pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif du CI (juillet 1929) sanctionneront cette nouvelle analyse et cette nouvelle ligne politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non seulement ils le sanctionneront, mais ils l'&#233;toufferont. En ce sens que dans l'Internationale de Staline, contrairement &#224; l'Internationale de L&#233;nine, les dissensions, les divergences d'opinion et la possibilit&#233; de critique ne sont plus autoris&#233;es. La seule dissidence autoris&#233;e est la dissidence personnelle envers soi-m&#234;me : l'exercice des autocritiques humiliantes des militants individuels devient une pratique formelle fr&#233;quente. Les partis doivent s'adapter &#224; la ligne de l'Internationale, et l'Internationale doit se conformer &#224; la ligne de Staline. Et que cette ligne est appliqu&#233;e sans r&#233;serve et inconditionnellement, ind&#233;pendamment de toute autre analyse et croyance, ou m&#234;me contre elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment le cas du parti italien. Togliatti et la plupart du groupe dirigeant qui dirige le parti (apr&#232;s la vague d'arrestations qui fin 1926 priva le PCd'I de Terracini, Gramsci et de nombreux autres dirigeants) &#233;taient d'abord sceptiques quant &#224; l'analyse et aux nouveaux slogans. qui &#233;mergea au VIe congr&#232;s de 1928. Il appara&#238;t m&#234;me que, dans les limites qu'ils avaient dans un domaine d&#233;j&#224; largement compromis en termes de d&#233;mocratie et de libert&#233; int&#233;rieure comme celui de ce congr&#232;s, les dirigeants italiens (et Togliatti in primis !) tent&#232;rent introduire des &#233;l&#233;ments de probl&#233;matisation et de distinction par rapport &#224; la nouvelle ligne, se r&#233;f&#233;rant principalement &#224; l'&#233;laboration et &#224; la politique pass&#233;e, qui avaient &#233;t&#233; dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant imm&#233;diatement celle qui avait caract&#233;ris&#233; l'Internationale dirig&#233;e par le bloc Staline-Boukharine (1926-1928) . En effet, dans l'ombre de Boukharine, Togliatti g&#233;rait la ligne suite au congr&#232;s de Lyon et les relations entre le parti italien et Moscou, &#224; l'&#233;poque o&#249; il se trouvait &#224; le diriger et &#224; le repr&#233;senter personnellement au CI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec le tournant de 1928, on l'a vu, la situation change, et sous le marteau de Staline d'abord tous les dirigeants du parti russe, puis les dirigeants du CI et les dirigeants nationaux (ceux, &#233;videmment, qui n'avaient pas encore expulsion encourue, comme Trotsky). Togliatti, une marionnette en &#233;tain, se plie &#233;galement. Pr&#233;cis&#233;ment entre l'&#233;t&#233; 1928 et celui de 1929 (la p&#233;riode entre le sixi&#232;me congr&#232;s et le dixi&#232;me pl&#233;num), sans trop de tribulations, il se d&#233;barrasse des perplexit&#233;s et des divergences qu'il avait timidement manifest&#233;es, et accepte pleinement le nouveau cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas sur la base d'une conviction et d'une adh&#233;sion rationnelle que Togliatti accepte le changement, mais sur la base d'une adaptation passive &#224; la ligne gagnante, &#224; laquelle il sacrifiera autonomie de jugement, pratique et alliances internes. Togliatti &#171; reste &#187; avec Boukharine quand Boukharine gagne (en alliance avec Staline), et &#171; reste &#187; avec Staline quand Boukharine perd (contre Staline). Trotsky dira : &#171; Ercoli s'est empress&#233; de montrer que la v&#233;rit&#233; lui est ch&#232;re, mais que Molotov lui est encore plus cher &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'opportunisme fondamental de Togliatti, qui inspire tout son parcours politique et qui en donne la meilleure preuve &#224; ce stade, devra composer avec la r&#233;sistance au sein du parti italien. Et avec qui, dans le parti italien, s'opposera compl&#232;tement &#224; la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode d'erreurs&#034;, bien qu'au d&#233;but de mani&#232;re inconsciente, partielle et d&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les pr&#233;c&#233;dents tournants et zigzags du CI et de ses partis avaient &#233;t&#233; le reflet d'erreurs, et que la lutte contre elles &#233;tait encore permise dans une certaine mesure, &#224; partir du pl&#233;num X tout cela vient avoir un poids et une qualit&#233; qualitativement diff&#233;rents physionomie, &#034;produit d'une crise internationale de toutes les sections de l'IC, due &#224; l'&#233;mergence de l'imposition de la politique stalinienne au Komintern, un fait qui a trouv&#233; un instrument valable dans l'&#233;touffement d'abord, et dans la tentative d'an&#233;antissement ensuite, de tout semblant de d&#233;mocratie interne &#034;[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le VIe Congr&#232;s de l'Internationale Communiste (IC) en 1928 et, de mani&#232;re plus organique et d&#233;finie, avec le Xe pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC en 1929, le mouvement communiste mondial consacre un &#171; tournant &#187; vers un nouveau ligne politique. La nouvelle politique &#233;tait centr&#233;e sur l'&#233;valuation de l'approche d'une situation r&#233;volutionnaire en Occident &#224; la suite d'une crise sans pr&#233;c&#233;dent du capitalisme. Cette crise (nous sommes dans la p&#233;riode de l'effondrement de Wall Street en 1929) a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e par les dirigeants de l'Internationale, d&#233;sormais enti&#232;rement aux mains de la fraction stalinienne, comme la crise d&#233;cisive du r&#233;gime capitaliste, qui a cr&#233;&#233; les conditions objectives de une phase &#034;r&#233;volutionnaire aigu&#235;&#034; (au sens de l'IC) dans laquelle les partis communistes devraient se pr&#233;parer &#224; conqu&#233;rir les positions qui leur permettraient de mener la classe ouvri&#232;re &#224; la victoire sur la bourgeoisie et &#224; prendre le pouvoir. Cette analyse a &#233;t&#233; formul&#233;e, sans diff&#233;renciation, pour tous les pays capitalistes avanc&#233;s. Aucune particularit&#233; des diff&#233;rentes situations nationales n'a &#233;t&#233; prise en consid&#233;ration (crise de la R&#233;publique de Weimar en Allemagne, fascisme en Italie, extr&#234;me faiblesse des communistes en Grande-Bretagne, etc.), et toutes les conditions de d&#233;part ont &#233;t&#233; ramen&#233;es &#224; une &#171; synth&#232;se &#187; du moins forc&#233;, ce qui excluait d'embl&#233;e m&#234;me la possibilit&#233; d'un d&#233;veloppement diff&#233;renci&#233; des pr&#233;tendues situations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette analyse, sur le terrain pratique, le &#034;tournant&#034; s'est mat&#233;rialis&#233; par l'imposition aux diff&#233;rents partis de l'Internationale de mesures d'organisation destin&#233;es (en th&#233;orie) &#224; renforcer et intensifier l'activit&#233; et le travail des partis eux-m&#234;mes, pr&#233;cis&#233;ment en vue de la maturation des situations r&#233;volutionnaires et pr&#233;-insurrectionnelles, jug&#233;es &#171; imm&#233;diates &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Parti communiste d'Italie, le &#034;tournant&#034; de la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode&#034; signifiait non seulement l'abandon de l'approche politique prise par le congr&#232;s de Lyon, mais l'adoption d'une ligne qui r&#233;voquait m&#234;me les aspects analytiques et pratiques de l'action achev&#233;, sous la direction de Togliatti lui-m&#234;me, jusqu'&#224; quelques mois plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la section italienne de l'Internationale, en effet, s'est r&#233;alis&#233; dans un laps de temps tr&#232;s court, entre 1929 et 1930, et s'est substantiellement mat&#233;rialis&#233; par la d&#233;cision de retransf&#233;rer en Italie l'appareil et la majeure partie des organes directeurs de le parti, contraint &#224; l'exil &#224; Paris par les lois d'exception du fascisme et la r&#233;pression du r&#233;gime (r&#233;pression qui a d&#233;j&#224; vu, en 1929, des milliers et des milliers de communistes pourrir dans les prisons fascistes, et parmi eux des dirigeants de haut niveau comme Gramsci, Terracini, Scoccimarro). Le transfert du centre dirigeant vers l'Italie &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une mesure n&#233;cessaire et incontournable, li&#233;e &#224; la nouvelle perspective politique &#224; laquelle se pr&#233;parait l'Internationale stalinis&#233;e, perspective - rappelons-le - selon laquelle une crise du capitalisme imminente plus grande que celle de la p&#233;riode 1917-1920. , qui aurait conduit les partis communistes &#224; un affrontement frontal et sans m&#233;diation avec la bourgeoisie, mettant ainsi la question du pouvoir &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette implication organisationnelle, mais qui a rapidement pris une &#233;paisseur politique, qui, au sein de l'organe supr&#234;me de direction politique du parti italien, le Bureau politique, a fait appara&#238;tre une rupture verticale insurmontable entre la direction stalinienne de Togliatti d'une part ( avec Grieco, Longo, Secchia et Camilla Ravera), et Tresso, Leonetti et Ravazzoli d'autre part. Les &#171; trois &#187;, comme on les appellera plus tard, diff&#233;raient du reste de l'UP parce qu'ils ne consid&#233;raient pas comme fond&#233;e la vision de la rupture r&#233;volutionnaire naissante, m&#234;me s'ils tenaient les masses sur la voie de la radicalisation. De l&#224; leur opposition claire &#224; la mani&#232;re de r&#233;introduire les instances dirigeantes et l'appareil du parti en Italie (&#171; projet Gallo &#187;), modalit&#233;s qu'ils jugeaient aventuristes (cela aurait expos&#233; le parti &#224; une d&#233;capitation rapide et in&#233;vitable d'une partie de fascisme, ce qui arrivait alors r&#233;guli&#232;rement, quelques semaines apr&#232;s son retour) et erron&#233;e du point de vue m&#233;thodologique, car elle impliquait la contribution exclusive du centre du parti au travail de base, selon une hypoth&#232;se &#171; de substitution &#187; qui minait et emp&#234;chait la renforcement de la base d&#233;j&#224; implant&#233;e en Italie par une intervention volontaire de gestion sur place par les organes de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce qui ressort rapidement de cette approche diff&#233;rente, c'est la nature politique du tournant, que sa traduction organisationnelle n'a que partiellement r&#233;v&#233;l&#233;e. L'arri&#232;re-plan du tournant &#233;tait en fait une orientation politique qui, en &#171; armant &#187; les partis (formellement, l'Internationale) en vue de la bataille finale pour la prise du pouvoir (&#224; partir d'une analyse &#171; catastrophique &#187; de la situation compl&#232;tement correspondant &#224; la r&#233;alit&#233;, comme on le faisait d&#233;j&#224; remarquer dans bien des milieux), l'a d&#233;sarm&#233; non seulement de la strat&#233;gie l&#233;niniste de conqu&#234;te de la majorit&#233; du prol&#233;tariat, mais de tout l'arsenal tactique que l'Internationale avait &#233;labor&#233; dans ses quatre premiers congr&#232;s et qu'elle a &#233;t&#233; le directeur du d&#233;veloppement &#224; la fois des partis communistes et de leurs relations avec la classe et le prol&#233;tariat dans son ensemble, &#224; travers les diff&#233;rentes phases qui ont vu &#224; la fois l'avanc&#233;e et le recul de la vague r&#233;volutionnaire qui a suivi la R&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, Tresso, Leonetti et Ravazzoli, partant d'une diversification qui au d&#233;part (1929) concernait exclusivement l'analyse de la situation italienne et la diff&#233;rence de jugement sur l'&#233;volution de la ligne PCd'I avant et apr&#232;s le VI congr&#232;s du Komintern, ils sont venus &#233;largir la critique, en fait, &#224; toute la strat&#233;gie que le tournant a mis en place, et &#224; tracer &#224; travers cette critique la v&#233;ritable substance du contraste entre la politique de Staline et celle de ceux qui &#224; ce moment-l&#224; repr&#233;sentait l'alternative la plus &#233;nergique &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale, c'est-&#224;-dire l'opposition trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; observ&#233; par beaucoup de gens que les raisons et les arguments de l'opposition des trois au tournant n'&#233;taient en aucun cas clairs et coh&#233;rents. Si cela s'av&#232;re vrai, c'est dans la mesure o&#249; l'opposition des trois &#233;tait conditionn&#233;e avant tout par le contexte national dans lequel s'est d&#233;roul&#233; le tournant (Italie fasciste et PC des exil&#233;s et d&#233;pourvus d'un centre de gestion vraiment homog&#232;ne), ce qui ne refl&#233;tait que partiellement la v&#233;ritable port&#233;e internationale de la confrontation qui s'&#233;tait ouverte depuis longtemps dans le parti russe et qui impliquait d&#233;sormais toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de l'action des trois consistaient dans le fait qu'au d&#233;part ils ne s'opposaient pas &#224; l'IC et &#224; Staline, mais seulement &#224; la majorit&#233; italienne (majorit&#233; de l'UP et du CC) et notamment Togliatti, &#224; qui ils d&#233;non&#231;aient des accusations d'opportunisme pour s'&#233;tant rapidement converti au virage &#224; gauche alors que pendant toute une phase il avait &#233;t&#233; partisan d'une ligne &#171; mod&#233;r&#233;e &#187;, la m&#234;me ligne qui &#233;tait d&#233;sormais condamn&#233;e par l'Internationale. Les trois se sont donc pos&#233;s en opposants &#224; l'opportunisme de Togliatti au nom et sur la base d'un &#171; virage &#224; gauche &#187; incompris de l'Internationale, qu'ils ont interpr&#233;t&#233; comme un retour aux positions bolcheviques du d&#233;but des ann&#233;es 1920, au moins jusqu'au 5e congr&#232;s de l'IC. &#171; Tresso approuva avec enthousiasme le nouveau cours de l'Internationale et la lutte qu'elle mena contre les courants de &#171; droite &#187; pr&#233;sents dans les diff&#233;rents partis communistes ; cependant, il jugea n&#233;cessaire de pr&#233;c&#233;der la nouvelle orientation par un profond processus d'autocritique qui mettrait en lumi&#232;re les erreurs commises par toute la direction du PCI influenc&#233;e par Tasca &#224; partir de 1927 &#034;[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'autocritique de Togliatti et de la direction italienne n'existait pas et n'aurait pas pu exister, &#233;videmment. De m&#234;me, d'autre part, les caract&#233;ristiques que prenait le tournant montraient peu &#224; peu qu'il ne s'agissait certainement pas d'une r&#233;g&#233;n&#233;ration &#171; l&#233;niniste &#187; de l'Internationale. Au contraire. Mais lorsque l'opposition des trois s'installe, &#171; dans le tableau d&#233;formant de cette situation (c'est-&#224;-dire la situation d'&#233;touffement de l'Internationale par les m&#233;thodes bureaucratico-terroristes de Staline et de ses fid&#232;les, ndlr.) [..] les opposants aux le tournant ne sont m&#234;me pas touch&#233;s par le doute que la ligne des dirigeants de l'Internationale peut et doit &#234;tre remise en cause afin d'assurer coh&#233;rence et profondeur dans la lutte contre ce qu'ils consid&#232;rent comme une grave involution politique du PCd'I &#187; [4 ].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a fait m&#251;rir les positions des trois et &#233;largir leur angle de vue, ce sont les travaux et les &#233;crits de Trotsky contre le tournant stalinien de 1929. D'o&#249; leur d&#233;cision concomitante, une fois &#233;tablie l'impossibilit&#233; de &#171; redresser &#187; le parti, de prendre contact avec l'Opposition de gauche internationale et avec Trotsky lui-m&#234;me, expuls&#233; du parti et retir&#233; de l'Union sovi&#233;tique. D&#232;s la premi&#232;re approche, toute une s&#233;rie de points de tangence et une grande communaut&#233; de pr&#233;suppos&#233;s &#233;mergeront chez les opposants italiens, comme en t&#233;moignent la premi&#232;re lettre des trois &#224; Trotsky et sa r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion des trois du parti, intervenue avant m&#234;me qu'ils n'aient pu mettre en &#339;uvre une quelconque tentative de lutte contre la majorit&#233; de Togliatti, marque l'acte de naissance officiel du mouvement trotskyste italien, au moins dans le sens de la pr&#233;sence d'un groupe organis&#233; de camarades, en fait tr&#232;s peu, qui se r&#233;f&#233;reront d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 30 &#224; la figure du grand r&#233;volutionnaire russe et rejoindront la bataille internationale qu'il menait alors pour r&#233;g&#233;n&#233;rer l'IC et la sauver de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L. Trotsky, &#201;crits 1929-1936, Milan, 1968, p. 341&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Giancarlo De Regis, La &#171; svolta &#187; del Komintern e il comunismo italiano, Rome, 1978, p. 83&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Eros Francescangeli, L'enclume et le marteau, p. 45. Voir aussi : Paolo Casciola, Giorgio Sermasi, Vita di Blasco&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Michele Salerno, L'opposizione nel PCd'I alla svolta del 1930&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.pclavoratori.it/files/index.php?obj=NEWS&amp;oid=6756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pclavoratori.it/files/index.php?obj=NEWS&amp;oid=6756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.aptresso.org/www.aptresso.org/pietro-tresso.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Articoli di Associazione Pietro Tresso</title>
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		<dc:date>2019-12-25T17:05:41Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>

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&lt;p&gt;Articoli di Associazione Pietro Tresso &lt;br class='autobr' /&gt;
Benjamin P&#233;ret - UNA NOTTE D'ALLERTA &lt;br class='autobr' /&gt;
Paolo Casciola - KURT LANDAU (1903-1937) &lt;br class='autobr' /&gt;
David S. Law - L'OPPOSIZIONE DI SINISTRA SOVIETICA NEL 1923 &lt;br class='autobr' /&gt;
Paolo Casciola - LA STORIA DI VINCENZO ANGELI DETTO &#171;NOCCHIA&#187; (1893-1948) &lt;br class='autobr' /&gt;
Collana FILOROSSO - IL &#171;TESTAMENTO&#187; DI LENIN : FALSIFICATO E PROIBITO &lt;br class='autobr' /&gt;
Bruno Rizzi - SEI LETTERE A LEV TROTSKY (dicembre 1938-luglio 1939) &lt;br class='autobr' /&gt;
Paolo Casciola - IL LORO LENIN E IL NOSTRO &lt;br class='autobr' /&gt;
Lev Trotsky - LA VERIFICA DELLE IDEE E DEGLI (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.aptresso.org/files.spazioweb.it/aruba27963/file/paolo_casciola_kurt_landau_1903-1937.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paolo Casciola - KURT LANDAU (1903-1937)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.aptresso.org/files.spazioweb.it/Trotskysmo/David_S_Law_L_Opposizione_di_Sinistra_sovietica_nel_1923.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;David S. Law - L'OPPOSIZIONE DI SINISTRA SOVIETICA NEL 1923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.aptresso.org/files.spazioweb.it/aruba27963/file/michele_fatica_pietro_tresso_agravina_in_puglia_1914_1915.pdf}&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Michele Fatica - PIETRO TRESSO A GRAVINA IN PUGLIA (1914-1915)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.aptresso.org/files.spazioweb.it/aruba27963/file/g.munis_1912-1989.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paolo Casciola - MANUEL FERN&#193;NDEZ-GRANDIZO Y MART&#205;NEZ detto &#8220;G. Munis&#8221;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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