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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La situation r&#233;volutionnaire en Allemagne en 1923</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotski &lt;br class='autobr' /&gt;
Perspectives de r&#233;volution en Allemagne &lt;br class='autobr' /&gt;
(20 octobre 1923) &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport au Congr&#232;s des syndicats des travailleurs des transports. &lt;br class='autobr' /&gt;
Camarades ! &lt;br class='autobr' /&gt;
[...] Il y a avant tout la r&#233;volution allemande : [...] toutes les questions passent d&#233;sormais au second plan face &#224; l'influence des &#233;v&#233;nements d'une importance colossale qui ont leur centre en Allemagne. [...] Le comportement de l'Am&#233;rique et celui de l'Europe d&#233;pendent avant tout directement et directement de la direction que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Allemagne Deutschland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perspectives de r&#233;volution en Allemagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(20 octobre 1923)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport au Congr&#232;s des syndicats des travailleurs des transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Il y a avant tout la r&#233;volution allemande : [...] toutes les questions passent d&#233;sormais au second plan face &#224; l'influence des &#233;v&#233;nements d'une importance colossale qui ont leur centre en Allemagne. [...] Le comportement de l'Am&#233;rique et celui de l'Europe d&#233;pendent avant tout directement et directement de la direction que prendront les &#233;v&#233;nements en Allemagne, de la fa&#231;on dont ils se tourneront et o&#249; ils se termineront. Depuis plusieurs mois, nous avons discut&#233; de certaines propositions quant &#224; l'&#233;volution du rythme des &#233;v&#233;nements allemands. Mais aujourd'hui, camarades, il ne s'agit plus seulement de parler. Les &#233;v&#233;nements se d&#233;roulent en Allemagne et sont reli&#233;s les uns aux autres par un syst&#232;me de fils. Et lorsque nous regardons l'Allemagne aujourd'hui, m&#234;me &#224; travers les lentilles des t&#233;l&#233;grammes Rosta [de l'agence de presse sovi&#233;tique], la presse allemande et notre presse - c'est-&#224;-dire lorsque nous les regardons de loin - nous voyons clairement et distinctement un m&#233;canisme pr&#233;cis de &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires, qui se d&#233;veloppent actuellement. L'Allemagne est d&#233;j&#224; entr&#233;e dans une p&#233;riode de r&#233;volution imm&#233;diate et directe, c'est-&#224;-dire de lutte pour le pouvoir d'&#201;tat entre les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233;. Bien entendu, je ne vous pr&#233;senterai pas en d&#233;tail les conditions qui rendent la r&#233;volution possible et qui garantissent son succ&#232;s. Je vais juste esquisser les grandes lignes. Pour que la r&#233;volution prol&#233;tarienne soit possible, il faut, premi&#232;rement, un certain niveau de d&#233;veloppement des forces productives ; deuxi&#232;mement, le prol&#233;tariat doit avoir une certaine importance num&#233;rique et jouer un certain r&#244;le dans la production ; et troisi&#232;mement, il faut ce qu'on appelle la condition subjective, c'est-&#224;-dire que le prol&#233;tariat doit vouloir prendre le pouvoir et savoir comment le faire. L'Allemagne est m&#251;re pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne depuis de nombreuses ann&#233;es. La technologie industrielle allemande est plus avanc&#233;e et plus concentr&#233;e que n'importe quelle autre dans le monde et peut m&#234;me supporter la comparaison avec l'Am&#233;rique. Le prol&#233;tariat industriel allemand, qui compte 15 millions d'habitants sur 60 millions d'habitants (enfants et personnes &#226;g&#233;es compris), repr&#233;sente la grande majorit&#233; des habitants du pays. Il faut y ajouter les trois millions d'ouvriers agricoles. Je le r&#233;p&#232;te, nous sommes dans un pays dans lequel le prol&#233;tariat repr&#233;sente l'&#233;crasante majorit&#233; de la population. Mais quant aux conditions subjectives de la r&#233;volution &#8211; la n&#233;cessit&#233; pour le prol&#233;tariat de vouloir prendre le pouvoir et de savoir comment le faire &#8211; ces conditions manquaient. Ils manquaient avant la guerre imp&#233;rialiste, c'est pour cela que cette guerre a exist&#233;. Ils disparurent en novembre 1918, lorsque le pouvoir passa aux mains des sociaux-d&#233;mocrates apr&#232;s la d&#233;faite de l'arm&#233;e allemande. Cette p&#233;riode voit aussi la classe ouvri&#232;re avancer spontan&#233;ment vers le pouvoir,mais au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, il avait cr&#233;&#233; une superstructure de parti &#224; partir de ses propres rangs, le Parti social-d&#233;mocrate, qui absorbait l'&#233;lite ouvri&#232;re ; et cette superstructure, dans son d&#233;veloppement, est devenue prisonni&#232;re des classes dirigeantes et transform&#233;e en un appareil de domination et de confinement de la classe ouvri&#232;re. Et en Allemagne, nous avons eu une situation o&#249; le prol&#233;tariat &#233;tait au pouvoir gr&#226;ce &#224; la m&#233;diation des sociaux-d&#233;mocrates, mais les sociaux-d&#233;mocrates, apr&#232;s leur arriv&#233;e au pouvoir, ne se consid&#233;raient pas comme des repr&#233;sentants r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat mais comme une agence politique de la bourgeoisie. . Tel &#233;tait le sens de la r&#233;volution du 9 novembre 1918. Conform&#233;ment &#224; son caract&#232;re et &#224; son esprit, la social-d&#233;mocratie allemande a progressivement c&#233;d&#233; le pouvoir &#224; la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est seulement parce que la situation int&#233;rieure dans ses aspects &#233;conomiques et financiers devenait de plus en plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e que la bourgeoisie a de nouveau port&#233; les sociaux-d&#233;mocrates au pouvoir et a de nouveau form&#233; une alliance avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire de ces derniers mois, lorsqu'une coalition entre la bourgeoisie et les sociaux-d&#233;mocrates &#233;tait formellement au pouvoir en Allemagne. Le Parti communiste allemand n'a &#233;t&#233; fond&#233; qu'apr&#232;s la d&#233;faite de la guerre, &#224; partir de groupes clandestins. Contrairement &#224; notre parti, avec sa tradition r&#233;volutionnaire d'un quart de si&#232;cle et sa duret&#233; acquise dans le travail clandestin, le Parti communiste d'Allemagne, c'est-&#224;-dire le v&#233;ritable parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, est une cr&#233;ation de ces derni&#232;res ann&#233;es. La classe ouvri&#232;re allemande fut tromp&#233;e en novembre 1918. Il est naturel qu'il ait une attitude attentiste &#224; l'&#233;gard du Parti communiste allemand : il le laisse montrer son visage, faire ses preuves dans l'action et gagner la confiance des travailleurs. Avec l'impatience r&#233;volutionnaire d'un jeune parti, le Parti communiste a tent&#233; de prendre le pouvoir sans pr&#233;paration. C'&#233;tait en mars 1921. Ce fut une cruelle erreur. Le Troisi&#232;me Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, en juillet 1921, donna au parti allemand une le&#231;on aussi dure que salutaire. Il dit aux camarades allemands : &#171; Votre t&#226;che n'est pas la lutte directe pour le pouvoir, mais la lutte pour gagner la confiance de la classe ouvri&#232;re. &#187; Pour certains camarades allemands, comme pour certains camarades russes, cet enseignement de la III. Le Congr&#232;s a &#233;t&#233; opportuniste, mod&#233;r&#233; et nullement r&#233;volutionnaire, mais aujourd'hui il n'y a pas un seul communiste en Allemagne qui n'ait reconnu que cette le&#231;on &#233;tait salutaire. Depuis lors - en 1921, 1922 et 1923 - le Parti communiste allemand a pleinement ma&#238;tris&#233; la tactique bolchevique, c'est-&#224;-dire combiner une v&#233;ritable d&#233;termination r&#233;volutionnaire avec le r&#233;alisme dans un calcul solide de l'&#233;tat des relations et des perspectives. Sous le slogan du Front unique ouvrier, puis du gouvernement ouvrier et paysan, le parti allemand gagne progressivement la confiance de sections de plus en plus importantes de la classe ouvri&#232;re. Et apr&#232;s l'occupation de la Ruhr par la France, l'ann&#233;e derni&#232;re, lorsque l'&#233;conomie allemande, priv&#233;e d'acier et de charbon, s'est finalement retrouv&#233;e dans une impasse, lorsque la nature d&#233;sesp&#233;r&#233;e de la situation est devenue de plus en plus &#233;vidente que celle de la bourgeoisie en lutte d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Les partis ont perdu toutes leurs ressources : au cours de cette p&#233;riode, le Parti communiste de la classe ouvri&#232;re est apparu de plus en plus comme la seule direction, le seul salut possible, non seulement pour le prol&#233;tariat, mais pour le peuple allemand tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce moment, et surtout depuis juillet de cette ann&#233;e, il est devenu clair que la r&#233;volution allemande frappe aux portes de l'histoire. Et maintenant la question se pose : quand viendra le moment d&#233;cisif ? Ayant gagn&#233; la confiance de la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re, le Parti communiste allemand se montrera-t-il capable, aura-t-il la t&#233;nacit&#233;, la puissance, la volont&#233;, la d&#233;termination n&#233;cessaires pour organiser un soul&#232;vement arm&#233; et prendre le pouvoir par la lutte ? Cette p&#233;riode a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des discussions et des d&#233;bats sur ce qu'est une r&#233;volution &#8211; ce qui constitue un soul&#232;vement arm&#233;. Depuis un certain temps, le Parti communiste allemand consid&#232;re avec impatience la r&#233;volution comme quelque chose d'objectif et d'important &#224; venir. Les &#233;l&#233;ments les plus conscients dans leurs rangs et au sein m&#234;me du Komintern ont pos&#233; la question ainsi : la r&#233;volution est d&#233;j&#224; arriv&#233;e, elle est d&#233;j&#224; autour de nous, mais justement pour qu'elle ne nous &#233;chappe pas et ne nous saute pas par-dessus la t&#234;te, nous, en tant que parti, Nous devons nous donner pour t&#226;che imm&#233;diate d'&#233;craser l'ennemi dans un combat r&#233;volutionnaire ouvert. Pour &#233;craser l'ennemi, il faut lui opposer une force organis&#233;e. Il faut avoir un plan de bataille et enfin il faut passer par certaines &#233;tapes de la lutte, il faut passer du niveau d'agitation, de propagande et de pr&#233;diction des &#233;v&#233;nements aux gr&#232;ves militaires - r&#233;volutionnaires -, pour faire un soul&#232;vement arm&#233; et prendre le pouvoir. . Le passage de l'agitation et de la propagande &#224; la lutte directe et imm&#233;diate pour le pouvoir est toujours un processus tr&#232;s douloureux pour tout parti r&#233;volutionnaire. C'est une chose de lutter pour avoir une influence sur les masses, plus d'un million environ. C'est une tout autre affaire, apr&#232;s s'&#234;tre plac&#233; &#224; la t&#234;te de ces millions, de se charger imm&#233;diatement de l'insurrection contre l'ennemi donn&#233; dans les circonstances donn&#233;es, de prendre le pouvoir. Pour y parvenir, l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re doit faire un bond terrible en politique et en psychologie, passant du domaine du travail purement propagandiste &#224; celui de diriger la classe dans la r&#233;alisation d'une r&#233;volution sociale majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez, camarades, que dans notre pays ce retournement ne s'est pas r&#233;alis&#233; facilement ni simplement, m&#234;me si notre parti avait une rigueur infiniment plus grande et une exp&#233;rience r&#233;volutionnaire bien plus grande que le parti allemand. Il est &#224; craindre qu'en Allemagne les fluctuations internes du Parti communiste soient bien plus fondamentales, bien plus importantes et donc bien plus dangereuses que celles qui se sont produites ici &#224; la veille du 25 octobre 1917. Mais le parti allemand a quelque chose que nous n'avions pas : premi&#232;rement, il a l'exp&#233;rience et deuxi&#232;mement l'aide id&#233;ologique de l'Internationale Communiste. Gr&#226;ce &#224; cette circonstance, elle r&#233;soudra sans doute ces difficult&#233;s internes beaucoup plus facilement (car on voit qu'elle les a d&#233;j&#224; r&#233;solues fondamentalement) que nous n'avions pu le faire il y a six ans. Pour autant que je puisse en juger de loin et dans la mesure o&#249; l'on peut se faire une id&#233;e claire de ce qui s'est pass&#233;, le Parti communiste a d&#233;j&#224; acquis la d&#233;termination n&#233;cessaire pour entreprendre la t&#226;che du parti du prol&#233;tariat : conqu&#233;rir le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions objectives sont-elles ou non favorables &#224; une lutte imm&#233;diate ? Quelles sont les perspectives, les perspectives ? Bien entendu, m&#234;me avant les batailles d&#233;cisives, il n'est pas toujours possible, camarades, d'&#233;valuer avec pr&#233;cision les forces, et encore moins d'en tirer une conclusion exacte. Si cela &#233;tait possible dans les batailles sociales, ces batailles n'auraient m&#234;me pas lieu. J'ai souvent eu l'occasion de souligner cette simple consid&#233;ration : m&#234;me en cas de gr&#232;ve d'un groupe de travailleurs contre un capitaliste, il est impossible de savoir &#224; l'avance comment cette gr&#232;ve se terminera. Chaque lutte d&#233;veloppe ses forces internes : elles ont leur influence sur le cours, elles g&#233;n&#232;rent de la sympathie ou du manque de sympathie parmi les autres travailleurs, de la sympathie d'un capitaliste pour l'autre, etc. Si cela se produit dans une gr&#232;ve, combien plus cela doit-il &#234;tre. serait-il ainsi dans une r&#233;volution du prol&#233;tariat dans laquelle sont impliqu&#233;es des forces &#233;normes, nombreuses et impr&#233;visibles - dans laquelle est en jeu un pays de 60 millions d'habitants ? Dans ce cas, camarades, il est impossible de dire &#224; l'avance que la victoire est absolument garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que la r&#233;volution, la lutte, devient in&#233;vitable, parce que ce n'est que par la r&#233;volution, le soul&#232;vement arm&#233;, que l'on peut obtenir la victoire et parce qu'il est impossible de pr&#233;dire avec pr&#233;cision la question. Mais en m&#234;me temps, dans les conflits militaires comme dans les conflits r&#233;volutionnaires, on peut et on doit &#233;valuer l'&#233;quilibre des pouvoirs, les ressources r&#233;elles et, par cons&#233;quent, les possibilit&#233;s r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les effectifs des troupes ennemies, des deux camps oppos&#233;s, il existe une sup&#233;riorit&#233; &#233;crasante de notre c&#244;t&#233;. J'en ai d&#233;j&#224; parl&#233; : un prol&#233;tariat industriel fort de 15 millions d'habitants, tr&#232;s cultiv&#233; et tr&#232;s centralis&#233; en raison du caract&#232;re de l'industrie allemande, repr&#233;sente une force qui ne s'est jamais manifest&#233;e &#224; ce point sur la sc&#232;ne r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il de l'autre c&#244;t&#233; ? Il y a un capital de confiance centralis&#233; et des grands propri&#233;taires fonciers et des gangs fascistes qui sont entretenus &#224; leurs d&#233;pens, des gangs qui d&#233;pendent non seulement th&#233;oriquement mais tout &#224; fait directement de Stinnes. Le fascisme est l'organisation combattante du capital commercial et industriel, du capital financier &#224; grande &#233;chelle, du capital bancaire en Allemagne, qui &#224; son tour s'incarne dans Stinnes. Il est, au sens exact du terme, le patron, le dictateur de l'Allemagne. On a parl&#233; de la concentration de l'industrie depuis Marx, elle a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e dans des manuels : on a parl&#233; de sa tendance &#224; r&#233;duire le nombre des magnats du capital &#224; un petit nombre, etc. ; Et vous avez maintenant une situation en Allemagne o&#249; le patron, le patron &#233;conomique du pays, est essentiellement un seul homme : Stinnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, il existe une arm&#233;e ill&#233;gale, une arm&#233;e fasciste, dont diverses sources nous disent que ses effectifs se situent entre 200 000 et 400 000 combattants et que cette arm&#233;e est financ&#233;e par Stinnes. La presse allemande est entre ses mains, etc. C'est la force fondamentale concentr&#233;e du capital, qui a cr&#233;&#233; sa propre arm&#233;e, tout comme dans notre pays, &#224; l'&#233;poque du tsarisme apr&#232;s 1905, les propri&#233;taires terriens formaient des unit&#233;s compos&#233;es d'Ingouches ou de Circassiens recrut&#233;s, les &#233;l&#233;ments ignorants du Caucase. Le fascisme est l'organisation ingouche de Stinnes pour la d&#233;fense de sa propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de la bourse, du capital, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il entre les deux ? Entre le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et les fascistes, il y a les couches petites et moyennes bourgeoises, ruin&#233;es ou semi-ruin&#233;es, l'intelligentsia ruin&#233;e ou en train de l'&#234;tre, et aussi des &#233;l&#233;ments relativement importants de la classe ouvri&#232;re, m&#234;me s'ils ne repr&#233;sentent qu'une petite minorit&#233;. A la t&#234;te de l'Etat, la social-d&#233;mocratie avec son organisation et sa presse est encore une grande puissance, mais elle repr&#233;sente d&#233;j&#224; le pouvoir d'hier : sa base, la masse de la classe ouvri&#232;re, lui &#233;chappe de jour en jour. et heure par heure. Les derniers t&#233;l&#233;grammes, les derni&#232;res d&#233;p&#234;ches d'Allemagne donnent une image tr&#232;s claire de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en parlerai lorsque j'aborderai la question de la Saxe. Le noyau d&#233;mocratique central est le k&#233;renskiisme allemand : &#224; sa droite le fascisme, &#224; sa gauche le communisme. Ce noyau central se r&#233;tr&#233;cit de plus en plus parce que les ouvriers et non seulement les ouvriers mais aussi de larges couches de la bourgeoisie ainsi que l'intelligentsia et la paysannerie (sans parler du prol&#233;tariat rural) se d&#233;placent de plus en plus vers la gauche. Des &#233;l&#233;ments du bloc d&#233;mocratique central se brisent vers la droite et se tournent vers le fascisme, dans lequel ils voient le salut, et on observe une croissance des extr&#234;mes avec une augmentation des contradictions et une faiblesse au milieu. C'est pourquoi le gouvernement du Reich en Allemagne est aujourd'hui une pitoyable fiction. Le parlement allemand, le Reichstag, a renonc&#233; &#224; ses pouvoirs au profit des ministres qu'il a &#233;lus. Si nous, communistes, avions eu besoin d'une d&#233;monstration, d'une preuve suppl&#233;mentaire de l'effondrement complet de la d&#233;mocratie, du parlementarisme bourgeois, cela aurait &#233;t&#233; : le parlement allemand, un organe d&#233;mocratique &#233;lu au suffrage universel, etc. Quand on lui demande le plus grand effort, il se suicide et donne tout son pouvoir extraordinaire aux ministres qu'il a cr&#233;&#233;s - et ces ministres donnent &#224; leur tour leurs pleins pouvoirs &#224; Seeckt ; Seeckt nomme ses g&#233;n&#233;raux tout-puissants, notamment M&#252;ller en Saxe. Dans notre pays, Koltchak est issu de l'Assembl&#233;e constituante d'Oufa ; En Allemagne, le g&#233;n&#233;ral Seeckt a progressivement &#233;merg&#233; du Reichstag d&#233;mocratiquement &#233;lu, et de Seeckt d'autres ont &#233;merg&#233; sous la forme des g&#233;n&#233;raux M&#252;ller et d'autres. Le Parlement s'est affaibli sous nos yeux et son extinction a entra&#238;n&#233; celle du k&#233;renskiisme allemand, de la d&#233;mocratie allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, camarades, on voit comment l'Allemagne se d&#233;sint&#232;gre g&#233;ographiquement &#224; cause des forces sociales qui pr&#233;dominent dans chaque r&#233;gion. Aujourd'hui, il n'y a pas d'Allemagne unie. Je ne veux m&#234;me pas dire qu'environ 12 millions d'habitants de l'Allemagne sont sous domination ennemie et sous occupation ennemie (surtout fran&#231;aise). Mais les 48 ou 50 millions qui restent ne forment plus une unit&#233; sociale ni un &#201;tat unifi&#233;. Il y a la Bavi&#232;re, avec environ 9 millions d'habitants, qui est d&#233;sormais un &#201;tat ind&#233;pendant. Au nord se trouve &#233;galement la petite Thuringe et au nord-est la Saxe. La Thuringe et la Saxe comptent ensemble entre 7,5 et 8 millions d'habitants, si ma m&#233;moire est bonne, c'est un peu moins que la Bavi&#232;re. En Bavi&#232;re, est au pouvoir le fasciste Kahr, qui fait le lien entre les fascistes (le parti du prince Ruprecht) qui veulent rompre avec l'Allemagne et en sortir, et ceux qui veulent une Allemagne unifi&#233;e (le parti de Seeckt, Ludendorff, etc. .). Mais ce que veulent avant tout les s&#233;paratistes allemands, c'est-&#224;-dire ceux qui veulent la s&#233;cession, et les fascistes allemands, qui veulent restaurer l'unit&#233; de l'Allemagne, c'est la d&#233;fense de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Il existe un tel pont entre eux et le dictateur bavarois von Kahr se trouve sur ce pont. Dans cette perspective, les camarades de notre r&#233;union de Moscou m'ont remis une question &#233;crite me demandant si nos camarades l&#224;-bas ne s'&#233;taient pas comport&#233;s de mani&#232;re opportuniste : ces communistes qui, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de lutte acharn&#233;e contre l'organisation menchevik, contre les sociaux-d&#233;mocrates, les rejoignent d&#233;sormais dans le m&#234;me li&#233; au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ind&#233;niablement d'une initiative surprenante au premier abord. N&#233;anmoins, c'est exact et cela t&#233;moigne du succ&#232;s politique colossal que cette coalition repr&#233;sente pour nous. Je vais en parler, mais je tiens d'abord &#224; vous rappeler que nous ne sommes pas nous-m&#234;mes innocents &#224; cet &#233;gard. Au moment du coup d'&#201;tat de Kornilov, le camarade L&#233;nine &#233;crivait dans l'organe central de l'&#233;poque que les bolcheviks proposaient un compromis, ce qui signifiait : Messieurs les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires, sous certaines conditions, nous formerons un bloc avec vous. Ni les mencheviks ni les socialistes-r&#233;volutionnaires ne l'ont fait : ils disposaient de trop peu de temps avant leur mort et ils ne voulaient pas rapprocher ce moment. Mais la suggestion a &#233;t&#233; faite. Et apr&#232;s octobre, juste apr&#232;s, nous avons form&#233; un gouvernement de coalition avec les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche. Beaucoup de gens l'ont d&#233;j&#224; oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bloc avec les socialistes-r&#233;volutionnaires s'est termin&#233; tragiquement. &#192; un moment donn&#233;, une partie du Conseil des commissaires du peuple, l'un des commissaires des socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche, s'est retrouv&#233;e dans un b&#226;timent appartenant &#224; la Tch&#233;ka et a maudit le Kremlin. J'ai vu cette diatribe de mes propres yeux. Cette fin de la coalition n'&#233;tait &#233;videmment pas inscrite dans le programme fondateur de la coalition ; Mais si l'on fait le point, il s'av&#232;re que nous avons gagn&#233; et que l'effondrement de la coalition a &#233;galement marqu&#233; la fin du Parti social-r&#233;volutionnaire de gauche. Notre parti a ma&#238;tris&#233; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, sous certaines conditions (je cite ce cas pour clarifier les faits), m&#234;me l'entr&#233;e des communistes dans une coalition avec un parti essentiellement petit-bourgeois, qui a encore le soutien d'une partie des ouvriers et des paysans, est une initiative qui , aussi opportuniste soit-il, il peut para&#238;tre r&#233;volutionnaire dans son essence. Il s'agit d'une action d&#233;cisive pour acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement et provoquer la ruine du parti avec lequel nous avons form&#233; une coalition. Ce que l'on peut observer en Saxe est le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, mais dans des conditions compl&#232;tement diff&#233;rentes. La Saxe est un pays habit&#233; par le prol&#233;tariat industriel textile, une partie tr&#232;s compacte de l'Allemagne avec une population dense. Le prol&#233;tariat saxon est tr&#232;s r&#233;volutionnaire. Sous la pression de son prol&#233;tariat, le Parti social-d&#233;mocrate de Saxe est le plus &#224; gauche de tous les partis sociaux-d&#233;mocrates. Nous brandissons le mot d'ordre du front unique et les travailleurs sociaux-d&#233;mocrates exigent qu'il soit mis en &#339;uvre. Sous leur pression, les sociaux-d&#233;mocrates de gauche, dont la plupart sont de qualit&#233; douteuse, se sont n&#233;anmoins sentis oblig&#233;s de former un front unique et un bloc pour former des gouvernements de coalition en Saxe et en Thuringe. Nous y sommes entr&#233;s en minorit&#233; : nous avons deux ministres (l'un d'eux est charg&#233; des affaires du Conseil des ministres) et les autres ont la majorit&#233;. Mais le simple fait de la formation d'un gouvernement de coalition en Saxe repr&#233;sente un coup fatal &#224; la social-d&#233;mocratie allemande. On peut d&#233;sormais le dire avec assurance et les faits tr&#232;s impressionnants rapport&#233;s aujourd'hui ne laissent place &#224; aucun doute. En effet, vous savez tr&#232;s bien combien les travailleurs sont attach&#233;s aux organisations qui les ont d'abord &#233;veill&#233;s, &#233;lev&#233;s, organis&#233;s et ont fait d'eux des &#234;tres conscients. Les ouvriers allemands ont le sentiment d'un lien &#233;troit avec le parti social-d&#233;mocrate. Le parti les a peut-&#234;tre trahis, mais en m&#234;me temps ils ont &#233;t&#233; form&#233;s et &#233;clair&#233;s sous les Hohenzollern et il est tr&#232;s difficile pour les ouvriers de rompre avec eux, m&#234;me s'ils savent qu'ils sont sur une mauvaise voie. C'est pourquoi, malgr&#233; la trahison et la m&#233;chancet&#233; de la social-d&#233;mocratie allemande, les masses ouvri&#232;res sont m&#233;contentes, grognent, poussent le parti en avant, mais elles n'ont pas encore rompu avec lui, n'ont pas encore franchi le pas qui les m&#232;nera au-del&#224; et vers lui, le Parti communiste m&#232;nera. Il s'agit d'une &#233;tape tr&#232;s douloureuse pour un travailleur qui est associ&#233; depuis des ann&#233;es &#224; une organisation particuli&#232;re et il appara&#238;t d&#233;sormais qu'il n'a pas besoin de faire le virage de mani&#232;re aussi brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers voient que les communistes, qui ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s par les sociaux-d&#233;mocrates comme un parti qui signifie la chute de l'Allemagne et de la classe ouvri&#232;re allemande, un parti avec lequel on ne peut rien avoir en commun, dont les membres sont des vassaux de la Russie, etc. il s'av&#232;re que ces communistes se trouvent dans une certaine r&#233;gion d'Allemagne dans le m&#234;me gouvernement et dans les m&#234;mes centaines de prol&#233;taires que les ouvriers sociaux-d&#233;mocrates. Le mur que la social-d&#233;mocratie a soigneusement construit et renforc&#233; entre elle et les ouvriers communistes est maintenant tomb&#233; et, comme la masse des ouvriers social-d&#233;mocrates est psychologiquement encline &#224; la politique r&#233;volutionnaire, ils se pr&#233;cipitent vers les communistes d&#232;s que des br&#232;ches apparaissent. dans le mur. Cela se produit de diff&#233;rentes mani&#232;res. S'ils ne rejoignent pas le Parti communiste, ils sont id&#233;ologiquement align&#233;s sur lui, et s'ils le rejoignent, ils le soutiennent pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les derniers faits apr&#232;s l'actualit&#233; d'aujourd'hui. Dans la ville saxonne de Chemnitz (lieu de naissance du grand bourreau Noske, prol&#233;taire, travailleur du tabac, l'un des tra&#238;tres ouvriers dont l'histoire de divers pays ne manque pas), &#224; Chemnitz, o&#249; Noske &#233;tait le ma&#238;tre absolu, o&#249; il jouissait d'une confiance illimit&#233;e, &#224; Chemnitz, au cours de la premi&#232;re semaine du mois en cours, soixante comit&#233;s d'usine fond&#233;s par les sociaux-d&#233;mocrates ont fait d&#233;fection au Parti communiste. A Berlin, dans le Brandebourg et dans tout le pays, l'influence du Parti communiste s'est consid&#233;rablement accrue ces derni&#232;res semaines. Et en ce qui concerne la social-d&#233;mocratie saxonne, l'actualit&#233; d'aujourd'hui dit : l'organisation social-d&#233;mocrate de Saxe &#171; s'effondre &#187; [dans l'original allemand]. Les sociaux-d&#233;mocrates eux-m&#234;mes savent qu'ils sont entr&#233;s dans la coalition avec nous alors qu'ils semblaient contr&#244;ler la situation, et quand certains communistes de gauche en Allemagne, qui n'ont pas d'id&#233;es tr&#232;s claires, disent qu'ils soutiennent les sociaux-d&#233;mocrates saxons, alors il faut dire qu'ils les soutiennent comme une corde soutient le pendu. N&#233;anmoins, le r&#233;sultat de la coalition est politiquement brillant et cela nous int&#233;resse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne r&#233;sout pas le probl&#232;me. L'influence de notre parti est particuli&#232;rement importante en Saxe. Mais nous ne sommes pas seuls l&#224;-bas. Il y a aussi le g&#233;n&#233;ral M&#252;ller en Saxe et le g&#233;n&#233;ral M&#252;ller a la Reichswehr, c'est-&#224;-dire l'arm&#233;e allemande. Il pla&#231;a &#233;galement la police saxonne sous son commandement par un d&#233;cret sp&#233;cial. Il poss&#232;de &#233;galement les organisations fascistes secr&#232;tes qui se dirigent vers la Saxe et qui y existent dans une certaine mesure. Le g&#233;n&#233;ral M&#252;ller est &#224; leur t&#234;te. Il a appel&#233; le gouvernement saxon &#224; dissoudre les centaines de prol&#233;taires. Le gouvernement saxon, qui repose sur un parlement tr&#232;s d&#233;mocratique, a refus&#233; d'arr&#234;ter quelques centaines de dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe &#233;galement d'autres faits qui soulignent l'existence en Allemagne d'une situation qui n'est pr&#233;vue dans aucune constitution. Le fasciste Rossbach, qui organisait des mutineries, etc., se trouvait dans une prison saxonne et fut lib&#233;r&#233;. Le gouvernement saxon a ordonn&#233; son arrestation. Le gouvernement du Reich de Stresemann ne pouvait &#233;viter de confirmer cet ordre : il devait &#234;tre arr&#234;t&#233; pour tentative de r&#233;volte contre le gouvernement. Rossbach se rend en Bavi&#232;re, dans le m&#234;me pays. Il y participa aux r&#233;unions publiques et b&#233;n&#233;ficia de la pleine protection du gouvernement bavarois. Outre la Reichswehr, l'arm&#233;e officielle, le gouvernement bavarois a organis&#233; sur son territoire une arm&#233;e fasciste, pour laquelle il a approuv&#233; des fonds provenant du budget de l'&#201;tat. Le gouvernement Stresemann, assi&#233;g&#233; &#224; Berlin et d&#233;j&#224; impuissant, a d&#233;clar&#233; qu'il ne permettrait aucun coup d'&#201;tat, ni de droite ni de gauche. Mais lorsqu'il s'agit de Bavi&#232;re, elle n'ose pas &#233;lever la voix alors qu'elle parle le langage des g&#233;n&#233;raux fascistes de Saxe. Le gouvernement lui-m&#234;me n'a aucun contr&#244;le sur l'arm&#233;e. Il y a des sociaux-d&#233;mocrates dans le gouvernement Stresemann. Les sociaux-d&#233;mocrates perdent de plus en plus de terrain parce que les masses se tournent vers les communistes. Afin de ne pas perdre la derni&#232;re parcelle de leur influence, les sociaux-d&#233;mocrates doivent faire semblant de ne pas soutenir la campagne contre la Saxe &#8211; mais la campagne contre la Saxe continue. Le &#171; Vorw&#228;rts &#187; &#233;crit : &#171; Nous exigeons la lev&#233;e de l'&#233;tat de si&#232;ge. Nous protestons contre la campagne du g&#233;n&#233;ral M&#252;ller contre la Saxe. &#187; Mais le g&#233;n&#233;ral M&#252;ller est l'agent de Seeckt et Seeckt a &#233;t&#233; nomm&#233; par le gouvernement Stresemann et le gouvernement Stresemann comprend des sociaux-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez, camarades, les relations &#233;tatiques et gouvernementales entre le gouvernement Stresemann et les diff&#233;rentes parties de l'Allemagne n'ont ni pied ni main. Le chaos rappelle un peu la situation avant la r&#233;volution de 1917. D'un c&#244;t&#233;, il y avait Cronstadt, qui reconnaissait le gouvernement bolchevique, qui n'existait pas encore &#224; cette &#233;poque (ils le reconnaissaient d'avance), il y avait Petrograd, o&#249; le soviet &#233;tait de notre c&#244;t&#233;, mais il y avait ensuite un gouvernement central. il y avait le Comit&#233; ex&#233;cutif avec Chkheidze et Tseretelli, il y avait l'Ukraine avec la Rada, les commissaires Kerensky, les forces arm&#233;es bolcheviques, etc. Tout le monde donnait des ordres &#224; tout le monde, personne n'ob&#233;issait &#224; personne et tout pr&#233;par&#233; pour la confrontation finale. C'est la situation qui existe aujourd'hui en Allemagne. Il reste moins de cinq minutes avant le lever du rideau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lever le rideau n'est pas une chose facile. Il est clair que les sociaux-d&#233;mocrates n'ont aucun pouvoir &#224; Berlin. Il y a Stresemann au gouvernement, avec qui Poincar&#233; ne veut pas parler (il pr&#233;f&#232;re parler &#224; Stinnes) et qui est d&#233;sormais une figure imaginaire. Mais le g&#233;n&#233;ral Seeckt est une figure r&#233;elle, tout comme le g&#233;n&#233;ral M&#252;ller. Pourquoi ? Surtout parce qu'ils comptent 100 000 soldats et 3 000 officiers. C'est tout ce que l'&#201;tat allemand est autoris&#233; &#224; avoir en vertu du Trait&#233; de Versailles. Comme vous le savez, les Fran&#231;ais ont r&#233;duit l'arm&#233;e allemande &#224; une taille tr&#232;s r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il y a 150 000 policiers en Allemagne qui sont appel&#233;s &#171; Schupo &#187; [Police de protection] ou auparavant &#171; Sipo &#187; [Police de s&#233;curit&#233;], ils sont sous le commandement des villes et des gouvernements locaux, mais d&#233;sormais ils sont sous l'autorit&#233; sur ordre de Seeckt, la Reichswehr fut plac&#233;e sous le commandement de l'arm&#233;e. En outre, il y a 200 ou 300 000 personnes dans les bataillons fascistes, dirig&#233;s par des officiers d'&#233;tat-major qui sont experts dans l'art d'&#233;liminer des masses de personnes et qui connaissent tr&#232;s bien le r&#233;seau ferroviaire allemand et savent tr&#232;s bien diriger un bataillon depuis d'un coin du pays &#224; l'autre pour &#233;craser les travailleurs et les priver de leurs dirigeants, etc. C'est un ennemi dangereux, un ennemi qui a une organisation &#224; Berlin qui op&#232;re sous vos ordres Du point de vue social, elle repose sur des forces consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, le prol&#233;tariat, fort de 15 millions de personnes, a cr&#233;&#233; et arm&#233; ses centaines de personnes en Saxe et dans tout le pays. Je ne sais pas combien il y en a de ces centaines, et si je le savais par hasard (mais je ne sais pas), je n'aurais pas le droit de le dire en s&#233;ance publique. C'est aujourd'hui un secret militaire du prol&#233;tariat allemand : le nombre de ses centaines, leurs armes, o&#249; elles se trouvent. Et il semble que tr&#232;s bient&#244;t une lutte d&#233;cisive pour le pouvoir aura lieu entre ces deux forces. Les t&#233;l&#233;grammes d'aujourd'hui nous informent de la rupture des relations entre la Bavi&#232;re et la Saxe : vous l'avez sans doute lu. Ils font tous deux partie de l'Allemagne. Mais l'Allemagne, selon son ancienne constitution, est une f&#233;d&#233;ration de diff&#233;rentes parties, dont chacune a une repr&#233;sentation diplomatique, et hier la Bavi&#232;re et la Saxe ont rompu leurs relations diplomatiques. La Bavi&#232;re ajoute des d&#233;partements fascistes &#224; une partie de la Reichswehr et l'a d&#233;j&#224; fait dans une large mesure. Du c&#244;t&#233; saxon de la fronti&#232;re se trouvent les Centaines saxonnes. Pendant ce temps, le g&#233;n&#233;ral M&#252;ller, cet agent du gouvernement du Reich ou plus pr&#233;cis&#233;ment le dictateur Seeckt, fournit de l'artillerie &#224; la Saxe. Le gouvernement saxon ne suit pas l'ordre de dissoudre les centaines ; au contraire, il appelle les travailleurs du pays tout entier &#224; les organiser. Les organisations syndicales berlinoises affirment qu'elles r&#233;pondraient &#224; l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en cas d'op&#233;ration contre la Saxe. Les cheminots ont menac&#233; de se mettre en gr&#232;ve en r&#233;ponse aux gangs fascistes qui envisagent d'utiliser le r&#233;seau ferroviaire. La situation ne peut pas durer des semaines ; cela ne peut probablement pas durer des jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait pas du tout surprenant que nous recevions les premiers t&#233;l&#233;grammes annon&#231;ant le d&#233;but de batailles d&#233;cisives demain ou apr&#232;s-demain. Comment vont-ils finir ? Je vous ai donn&#233; un aper&#231;u g&#233;n&#233;ral des forces sociales, de l'&#233;tat de l'organisation et je vous ai donn&#233;, pour ainsi dire, l'effectif des troupes ennemies. Mais o&#249; cela m&#232;ne-t-il ? Cela d&#233;pend de l'&#233;nergie du prol&#233;tariat, de la d&#233;termination dont fait preuve son parti, de sa volont&#233; de sacrifice. Le prol&#233;tariat a-t-il une chance de gagner ? Certainement. Le rapport de force en lui est tr&#232;s favorable &#224; sa victoire. Je n'ai pas mentionn&#233; (je le mentionne &#224; titre d'explication) que 100 000 soldats dans un pays de 50 millions d'habitants, c'est tr&#232;s peu. Ils sont dispers&#233;s dans tout le pays et lorsque tout le pays sera en &#233;bullition, ces 100 000 soldats de la Reichswehr, dispers&#233;s en compagnies et bataillons, se sentiront comme des animaux pris au pi&#232;ge. Parmi eux (m&#234;me s'il faut les consid&#233;rer comme globalement hostiles aux ouvriers) la majorit&#233; sont des fils d'agriculteurs, des rumeurs se r&#233;pandront parmi eux, la panique se r&#233;pandra in&#233;vitablement et, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de leur petit nombre et de leur isolement, cela peut briser l'arri&#232;re de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la majeure partie de l'Allemagne, la police est compos&#233;e de travailleurs organis&#233;s en syndicats sociaux-d&#233;mocrates. Ils ne le disent pas ouvertement parce que les policiers n'ont pas le droit d'appartenir &#224; des partis politiques, mais ils peuvent s'organiser en syndicats. A Berlin, les policiers sont tous sociaux-d&#233;mocrates. Comme hypoth&#232;se, on peut dire qu'environ un tiers de la police combattra, par exemple en Bavi&#232;re, environ un tiers sera neutre et environ un tiers combattra &#224; nos c&#244;t&#233;s. En g&#233;n&#233;ral, la police dispara&#238;tra comme une v&#233;ritable force contre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations fascistes demeurent donc. Les chefs des bataillons fascistes sont des combattants contre-r&#233;volutionnaires profond&#233;ment solides. Ce sont des membres du vieux corps d'officiers allemands qui ha&#239;ssent la classe ouvri&#232;re et la r&#233;volution avec la haine s&#233;culaire des propri&#233;taires d'esclaves, des oppresseurs, des Junkers, des ma&#238;tres, des capitalistes, etc. Ils se battront sans piti&#233;. Mais leurs bataillons sont compos&#233;s de fils de bourgeois, d'&#233;tudiants, de petits bourgeois ruin&#233;s et m&#234;me de certains des ouvriers les plus ignorants, les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s et les plus patriotiques du type lumpenprol&#233;taire. Il s'agit d'un public tr&#232;s diversifi&#233; et on ne peut pas &#234;tre s&#251;r qu'ils suivront tous leurs patrons fascistes lorsque viendra le moment d&#233;cisif. Aujourd'hui, les gens rejoignent leurs bataillons, certains par d&#233;sespoir, d'autres pour manger, mais au moment crucial, une partie importante de cette arm&#233;e se perdra au contact, surtout si l'assaut r&#233;volutionnaire contre la Reichswehr, l'arm&#233;e l&#233;gale, suscite des h&#233;sitations. Gr&#226;ce &#224; leur accord avec le gouvernement, les bataillons fascistes font partie d'une organisation officielle de l'arm&#233;e l&#233;gale et disposent ainsi d'un appareil centralis&#233;. Lorsque cet appareil centralis&#233; s'effondre sous la pression de la temp&#234;te r&#233;volutionnaire, les fascistes se transforment &#233;galement en bataillons dispers&#233;s, en d&#233;tachements de gu&#233;rilla. Il est vrai qu'ils verseront beaucoup de sang ouvrier, mais dans ce cas, leurs chances de succ&#232;s seront tr&#232;s faibles, sans parler de la victoire finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, camarades, la situation int&#233;rieure. Cela montre que les choses sont favorables, tr&#232;s favorables, pour le prol&#233;tariat allemand. Ce dernier peut et veut prendre le pouvoir, tout le porte &#224; croire. Sera-t-elle capable de les retenir compte tenu de la situation internationale ? J'ai d&#233;j&#224; consacr&#233; une heure enti&#232;re de votre temps &#224; la premi&#232;re partie de mon rapport et je vais essayer d'&#234;tre le plus bref possible pour la derni&#232;re. Je demande : le prol&#233;tariat allemand d&#233;tiendra-t-il le pouvoir compte tenu de la situation internationale actuelle ? L'Allemagne n'est pas seule sur la carte de l'Europe. Ses voisins sont la Belgique et la France, ses voisins conqu&#233;rants, qui l'ont asservi et opprim&#233;, ainsi que ses voisins du sud-est et du nord-est, la Tch&#233;coslovaquie et la Pologne. Les autres voisins comme la Hollande ou la Su&#232;de, les pays scandinaves ou la Suisse et l'Autriche n'ont pas une grande importance. Ils ne peuvent pas jouer un r&#244;le ind&#233;pendant et n'interviendront g&#233;n&#233;ralement pas dans la r&#233;volution allemande. Qui pourrait intervenir ? La Grande-Bretagne et apr&#232;s lui la France, avec la Belgique, la Pologne, la Tch&#233;coslovaquie. C'est l&#224; que r&#233;side le danger. Et ici, la question nous concerne directement, elle concerne l'Union Sovi&#233;tique, car bien s&#251;r, si la r&#233;volution allemande conduit &#224; une guerre europ&#233;enne, une guerre imp&#233;rialiste, cela nous affectera directement. Et nous devons &#233;valuer la situation ici afin d'avoir une perspective claire de ce qui pourrait nous attendre demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit que la Grande-Bretagne pouvait intervenir. Mais sur ce point, on peut d&#233;sormais mesurer clairement l'impuissance de la Grande-Bretagne sur le continent europ&#233;en. Il faut l'&#233;valuer non seulement &#224; cause de la r&#233;volution allemande, mais aussi &#224; cause de nous-m&#234;mes. La Grande-Bretagne est impuissante sur le continent europ&#233;en. Plus nous le reconnaissons clairement, plus nous le r&#233;p&#233;tons de mani&#232;re claire et d&#233;cisive, plus cela sera utile pour notre politique dans le sens o&#249; la Grande-Bretagne sera moins susceptible de brandir des menaces et des ultimatums. En fait, la Grande-Bretagne est une puissance purement navale. Cela a jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important en Europe. Mais comment et quand ? &#192; chaque fois, deux pays se sont battus pour la domination en Europe. Lorsque la France et l'Allemagne combattaient &#224; forces presque &#233;gales, la Grande-Bretagne se retient et, &#224; long terme, aide tant&#244;t l'une, tant&#244;t l'autre. Elle faisait la m&#234;me chose auparavant lorsque l'Espagne &#233;tait forte : la Grande-Bretagne la soutenait parfois et l'affaiblissait parfois de la m&#234;me mani&#232;re. La Grande-Bretagne a jou&#233; ce r&#244;le jusqu'au si&#232;cle actuel. Elle a profit&#233; de la lutte entre les deux &#201;tats les plus forts d'Europe et a soutenu le plus faible avec de l'argent, un soutien technique et des biens contre le plus fort. Et l'&#233;quilibre des pouvoirs en Europe d&#233;pendait de lui. Cela lui a donn&#233; de grands avantages pour peu de d&#233;penses : telle est sa politique vieille de plusieurs si&#232;cles. Pourquoi est-elle intervenue dans la guerre de 1914 ? Parce que l'Allemagne est devenue trop forte. L'Allemagne est devenue si forte que la Grande-Bretagne a d&#251; abandonner sa politique traditionnelle. Il a fallu qu'elle prenne les armes, qu'elle s'implique dans la guerre et qu'elle se batte. Elle est parvenue &#224; mobiliser un grand nombre de travailleurs britanniques et &#224; les rejeter sur le continent europ&#233;en. Le r&#233;sultat fut qu'il soutena tellement la France qu'il finit par &#233;craser l'Allemagne. Aujourd'hui, l'h&#233;g&#233;monie en Europe appartient exclusivement &#224; la France. L'Allemagne est &#224; genoux et la France ne veut m&#234;me pas n&#233;gocier avec elle les conditions de sa capitulation. Mais &#224; partir du moment o&#249; la France a acquis une h&#233;g&#233;monie compl&#232;te, une domination compl&#232;te, la Grande-Bretagne n'a plus eu aucun recours. La France a annonc&#233; : &#171; Je prendrai la dysenterie &#187;. La Grande-Bretagne a r&#233;pondu : &#171; Cela n'est pas dans mon int&#233;r&#234;t. &#187; Il y a un grand bruit qui dure longtemps. Pourquoi cela ne serait-il pas dans l'int&#233;r&#234;t britannique ? Parce qu'il lui faut relever un peu l'Allemagne face &#224; la France pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre des forces. Et que fait la France ? Malgr&#233; les protestations de Curzon, elle s'installe dans la Ruhr et s'en empare. Et que fait la terrible Grande-Bretagne ? Il faut accepter ce qui s'est pass&#233;. La terrible Grande-Bretagne a menac&#233; la Turquie, mais les Turcs, qui entretiennent de bonnes relations de voisinage avec nous, ont organis&#233; une arm&#233;e, non sans notre aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faisait la Grande-Bretagne ? Il envoya les Grecs contre eux. Elle ne disposait absolument pas de forces arm&#233;es propres. Que faisaient les Turcs ? Ils battirent les Grecs et march&#232;rent vers Constantinople contre la terrible Grande-Bretagne, qui quitta pr&#233;cipitamment la ville. Camarades, du point de vue des relations internationales, c'est une question de la plus haute importance &#224; notre &#233;poque : la Grande-Bretagne est impuissante sur le continent europ&#233;en. Bien s&#251;r, nous ne nous en plaindrons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut faire la Grande-Bretagne contre la r&#233;volution allemande ? Lui donner un ultimatum ? Mais cela ne suffira pas. Par cons&#233;quent, la question est encore une fois de savoir ce que fera la France et non la Grande-Bretagne. Si la France d&#233;cide d'intervenir, la Grande-Bretagne pourra lui en b&#233;n&#233;ficier et l'aider avec l'argent dont elle a d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin. Elle peut bloquer les ports et les routes de transport maritime en provenance d'Allemagne, etc. Le r&#244;le de la Grande-Bretagne sera celui d'un administrateur et d'un pirate. Mais le r&#244;le d&#233;cisif dans l'occupation de l'Allemagne sera jou&#233; par la France et ses vassaux locaux, la Belgique, la Pologne et la Tch&#233;coslovaquie. Est-ce possible ? Que va d&#233;cider la France l&#224;-bas ? C'est la question fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, il est impossible de faire des proph&#233;ties pr&#233;cises et de dire : Non, certainement pas. Mais vous pouvez analyser la situation et notre analyse montre qu'il y a de bonnes raisons de penser que ce serait trop pour la France. Occuper un pays, un pays en r&#233;volution avec une population de 60 millions d'habitants, un pays o&#249; 59% de la population, sinon plus, vit dans les villes et seulement une minorit&#233; dans les villages, un pays quadrill&#233; par les lignes ferroviaires, ce sera pas une t&#226;che facile. Nous avons ici l'exp&#233;rience de l'Ukraine. Il y avait l&#224; au total 250 000 soldats allemands et austro-hongrois. L'Ukraine n'est pas l'Allemagne : il y a peu de villes, le r&#233;seau ferroviaire est moins d&#233;velopp&#233; et les Allemands ne se sont pas &#233;loign&#233;s des villes et des chemins de fer. Et quel a &#233;t&#233; le r&#233;sultat ? Des r&#233;voltes paysannes spontan&#233;es se d&#233;roul&#232;rent autour d'eux, les soldats allemands se d&#233;moralis&#232;rent de mois en mois ; ils &#233;taient les r&#233;giments les plus r&#233;volutionnaires de la r&#233;volution allemande lorsqu'ils rejoignirent leurs rangs. Si vous calculez bien - les occupations ne manquent pas dans l'histoire en g&#233;n&#233;ral et &#224; notre &#233;poque - si nous faisons le calcul, prenons une moyenne et cherchons combien de soldats seront n&#233;cessaires pour occuper une Allemagne r&#233;volutionnaire, ce calcul nous dit que un casting solide aura besoin de plus de 1 700 000 personnes. C'est toute l'arm&#233;e en temps de paix. Si on y ajoute les arm&#233;es des vassaux europ&#233;ens de la France, on obtient toujours moins d'un million et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais camarades, vous avez besoin de l'arm&#233;e pour autre chose que l'occupation de l'Allemagne. Si la France veut occuper l'Allemagne et d&#233;cide de commencer &#224; le faire, elle devra laisser derri&#232;re elle une partie de son arm&#233;e pour forcer sa propre classe ouvri&#232;re &#224; accepter cette occupation. Apr&#232;s tout, il y a des raisons pour lesquelles la France maintient son arm&#233;e en temps de paix. Il y a des raisons de maintenir au moins un demi-million de soldats dans le pays et dans les colonies. C'est le minimum. Il en va de m&#234;me pour ses vassaux. Autrement dit, pour que la France puisse d&#233;cider d'occuper l'Allemagne, il faudrait qu'elle d&#233;cide de la mobilisation d'au moins cinq ou six classes, comme on dit en France depuis des ann&#233;es. Est-ce possible ? Tout indique qu'il ne s'agit pas, sans provoquer de grandes tensions, d'un conflit interne tr&#232;s grave. N'oublions pas qu'il n'y a pas plus de 39 millions de Fran&#231;ais en France. Elle a perdu un million et demi dans la guerre imp&#233;rialiste. La population allemande augmente rapidement, mais la population fran&#231;aise diminue, lentement mais s&#251;rement. Il n'y a pas une seule famille en France qui n'ait perdu un fils, un fr&#232;re, un mari ou un p&#232;re. Pour la France, la mobilisation d'une classe n'a pas la m&#234;me signification qu'ici. Pour nous, une classe rassemble un million de personnes. Notre pays est vaste, sa population augmente, et ici un million, c'est un petit nombre de soldats. En revanche, en France, avec une population tomb&#233;e &#224; 38,5 millions d'habitants, une population dont un million et demi de personnes ont &#233;t&#233; arrach&#233;es, o&#249; il y a une p&#233;nurie de main d'&#339;uvre (faute de jeunes travailleurs, il y a Il y a d&#233;sormais de nombreux Espagnols, Italiens, Polonais et Tch&#233;coslovaques en France), mobilisent les Fran&#231;ais, mobilisent les agriculteurs fran&#231;ais. Et ils sont &#233;cras&#233;s par les imp&#244;ts parce que la dette nationale s'&#233;l&#232;ve &#224; 300 milliards. L'agriculteur fran&#231;ais revient tout juste des tranch&#233;es. Parce qu'ils ont litt&#233;ralement mobilis&#233; des vieillards, des hommes de 45 ans. Il n'y a pas si longtemps, ils sont retourn&#233;s sur leurs terres et les imp&#244;ts ont &#233;t&#233; collect&#233;s. Et on leur dit maintenant qu'apr&#232;s leur compl&#232;te et glorieuse victoire finale, qui leur a tant co&#251;t&#233; et pour laquelle ils continuent de payer, ils doivent maintenant donner &#224; nouveau 500 000 hommes pour enfin consolider cette victoire, avec la perspective d'une guerre unique europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes fran&#231;ais, les camarades fran&#231;ais pensent qu'une telle mesure ne pourrait &#234;tre mise en &#339;uvre sans une r&#233;elle contrainte, c'est-&#224;-dire sans effusion de sang, etc. C'est une difficult&#233;. En revanche, il ne sera pas possible de mobiliser un million de soldats en Allemagne pour contraindre la Tch&#233;coslovaquie et la Pologne &#224; envoyer 750 000 hommes et &#224; les laisser l&#224;-bas au d&#233;triment d'une Allemagne ruin&#233;e et appauvrie qui appauvrirait compl&#232;tement et ruinerait l'occupation. Cela signifie retenir les soldats aux d&#233;pens de la m&#234;me classe ouvri&#232;re qui se d&#233;moralise dans le feu de la r&#233;volution, tout comme les soldats allemands ont &#233;t&#233; d&#233;moralis&#233;s ici. Bref, on ne peut pas estimer les difficult&#233;s pour Poincar&#233;. Bien s&#251;r, ce ne serait pas tr&#232;s flatteur pour lui si une r&#233;volution prol&#233;tarienne se d&#233;veloppait &#224; c&#244;t&#233; de chez lui - et sa t&#226;che n'est pas facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne veut pas dire, camarades, que la bourgeoisie fran&#231;aise fera toujours ce travail. Lorsqu'une classe habitu&#233;e &#224; gouverner est menac&#233;e de ruine, il n'y a pas de folie &#224; laquelle elle ne puisse recourir. Et quand j'analyse les conditions d'une occupation, je le fais pour montrer que leur travail dans ce cas n'est pas si facile, les chances ne sont pas de 100% en faveur de nos ennemis, mais au contraire seulement de 25%, l'histoire nous en donne 75. %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, il ne fait aucun doute que la bourgeoisie fran&#231;aise h&#233;sitera encore longtemps. Diff&#233;rents groupes et partis s'affronteront avant qu'une d&#233;cision ne soit prise concernant une aventure aussi diabolique. Par cons&#233;quent, la r&#233;volution allemande aura un d&#233;lai de gr&#226;ce de deux, trois ou quatre mois et nous savons ce que cela signifie. B&#233;n&#233;ficier d'un d&#233;lai de gr&#226;ce signifie tout obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a la Pologne. La France ne peut pas faire le travail seule : elle a certainement besoin de l'aide de la Pologne. La Pologne peut-elle intervenir ? Va-t-il intervenir ? Ici, camarades, on ne peut pas jouer au proph&#232;te (c'est g&#233;n&#233;ralement un r&#244;le ingrat, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; soulign&#233; aux temps bibliques), mais pour un marxiste qui analyse les conditions concr&#232;tes, il est non seulement permis, mais obligatoire, les conditions d'examiner et de pr&#233;dire que quelque chose est plus ou moins probable. Donc, en ce qui concerne la Pologne, je dois avant tout me d&#233;fendre contre l'attitude philistine ou contre les opinions qui nous inondent, qui ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans les rangs du parti, selon lesquelles la guerre contre la Pologne est in&#233;vitable, qu'elle est d&#233;cid&#233;e, presque scell&#233;. Camarades, il ne faut pas c&#233;der &#224; ce fatalisme ; il n'en r&#233;sulterait que de terribles catastrophes. Nulle part, dans aucun livre, dans aucun programme de parti, il n'est fait mention d'une guerre contre la Pologne. Une telle guerre est-elle impossible ? Pas du tout. Malheureusement non. Quelles sont les chances que nous traversions cette &#232;re en paix ? C'est impossible &#224; dire, mais je pense qu'ils existent, exactement pour la m&#234;me raison qui fait qu'il est difficile pour la France d'occuper une Allemagne r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai d&#233;j&#224; parl&#233;. La Pologne elle-m&#234;me n'a pas l'intention de combattre seule : elle ne peut &#234;tre entra&#238;n&#233;e par la France que si une gigantesque coalition est form&#233;e pour &#233;craser l'Allemagne. Ils essaieraient probablement de nous mettre ce cylindre de compression sur le dos si cette affaire devenait un gigantesque projet &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Mais la Pologne elle-m&#234;me ne peut certainement pas avoir de plan, car elle doit se contenter de l'id&#233;e d'exploiter l'intervention pour prendre le contr&#244;le de Dantzig et de la Prusse orientale, c'est-&#224;-dire pour tirer quelques miettes de la table gr&#226;ce &#224; cette intervention. . C'est une politique de petit vol. Mais la question a un autre aspect, moins important pour la r&#233;volution allemande, mais qui a une signification directe pour la Pologne et surtout pour nous, pour nos agriculteurs. Nous sommes devenus un pays exportateur de c&#233;r&#233;ales : d'un point de vue &#233;conomique, tout notre avenir dans les prochaines ann&#233;es d&#233;pend de notre capacit&#233; &#224; exporter des c&#233;r&#233;ales. Nous pouvons combler notre maudit foss&#233; [entre la production agricole et la production industrielle], qui ne s'est pas combl&#233; mais s'est ouvert ces derniers mois, de deux mani&#232;res : en am&#233;liorant la condition de notre industrie, o&#249; de tr&#232;s nombreuses choses ne sont pas satisfaisantes, et en augmentant la taille de notre industrie. les exportations de c&#233;r&#233;ales des agriculteurs, de sorte que le prix des c&#233;r&#233;ales augmente ici. Pour exporter nos c&#233;r&#233;ales, nous devons trouver des moyens de communication, par voie terrestre ou maritime. Pour nous, l'Allemagne est le march&#233; le plus important pour les c&#233;r&#233;ales de nos agriculteurs. Sans nos c&#233;r&#233;ales, les ouvriers allemands ne peuvent pas survivre et la r&#233;volution sovi&#233;tique [allemande] ne peut pas survivre. L'Am&#233;rique ne les nourrira pas et si elle les nourrit, ce sera comme ce fut le cas pour nous au cours des troisi&#232;me, quatri&#232;me et cinqui&#232;me ann&#233;es de la R&#233;publique sovi&#233;tique. Si une catastrophe similaire devait arriver &#224; l'Allemagne, il pourrait arriver, apr&#232;s un certain temps, qu'elle se nourrisse du grain de l'American Relief Association, le grain philanthropique am&#233;ricain ; mais au cours de la premi&#232;re ann&#233;e de la r&#233;volution, le march&#233; am&#233;ricain ne fournira certainement pas de c&#233;r&#233;ales &#224; la R&#233;publique allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande-Bretagne d&#233;cidera tr&#232;s probablement de bloquer les ports allemands, comme elle l'a fait pour les n&#244;tres. La seule option qui reste est de savoir comment les c&#233;r&#233;ales russes, les c&#233;r&#233;ales de notre Union sovi&#233;tique, peuvent &#234;tre livr&#233;es en Allemagne. Cela peut se produire de deux mani&#232;res : par voie maritime (ce qui ne serait pas sans danger puisque la Grande-Bretagne contr&#244;le les vagues) et par voie terrestre &#224; travers la Pologne. Nos c&#233;r&#233;ales sont donc une question de vie ou de mort pour la r&#233;volution allemande, tout comme le march&#233; allemand est une question de vie ou de mort pour notre d&#233;veloppement &#233;conomique. Nous avons besoin du march&#233; allemand pour nos c&#233;r&#233;ales et nous avons besoin de produits allemands, de produits de l'industrie allemande pour nos agriculteurs et pour nos travailleurs. En g&#233;n&#233;ral, il n'existe pas deux pays au monde dont la structure &#233;conomique et les int&#233;r&#234;ts se compl&#232;tent autant que ceux de l'Union sovi&#233;tique et de l'Allemagne, un pays super-industriel dot&#233; d'un haut niveau de technologie et de culture, et nous, avec notre espaces, nos opportunit&#233;s non form&#233;es dans l'agriculture, notre technologie arri&#233;r&#233;e et le faible niveau de notre culture. Une union pratique entre ces deux pays, sur le plan &#233;conomique et &#224; tous les autres niveaux, repr&#233;sente la plus grande puissance qui ait jamais exist&#233; sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre nos deux pays, il y a la Pologne. Vous pouvez facilement vous en convaincre en regardant la carte et les diplomates polonais le font encore et encore et s'en convainquent. Cela rend la situation internationale actuelle tr&#232;s grave : tout se r&#233;sume &#224; une simple demande commerciale concernant la libert&#233; de libre-&#233;change avec l'Allemagne, avec l'Occident : nous donnons &#224; l'industrie de Lodz le passage vers la Perse pour ses marchandises et tout ce qu'elle veut. Passage gratuit des marchandises. Lorsque cette question est pos&#233;e dans la presse polonaise, de nombreux hommes politiques r&#233;pondent que ce n'est pas possible, que la Pologne ne peut pas &#234;tre oblig&#233;e de se placer dans la pince entre la Russie et l'Allemagne. Ce n'est pas du tout convaincant car cette pince est un fait g&#233;ographique. Cela existe : un &#201;tat ne peut pas bouger d'o&#249; il est. La Pologne est l&#224; o&#249; elle est, entre nous et l'Allemagne. Lors des n&#233;gociations avec la Pologne &#224; Riga, nous avons propos&#233; qu'une certaine partie de notre territoire ait une fronti&#232;re commune avec l'Allemagne, ce qui nous donnerait un acc&#232;s direct &#224; l'Allemagne. Bien entendu, nous aurions beaucoup moins d&#233;rang&#233; la Pologne. Mais la Pologne a b&#233;n&#233;fici&#233; de la pr&#233;sence de Wrangel dans notre arri&#232;re-pays, qui continuait &#224; se battre [contre nous], et nous a impos&#233; des conditions pires que nous avons d&#251; accepter. En raison de ces conditions, nous &#233;tions coup&#233;s de l'Allemagne. La Pologne nous s&#233;pare maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la Pologne peut jouer deux r&#244;les dans ces conditions : celui de pont entre nous et l'Allemagne ou celui de barri&#232;re, de mur imp&#233;n&#233;trable, entre nous et l'Allemagne. Cela d&#233;pend des hommes politiques polonais. Nous pr&#233;f&#233;rons que la Pologne joue le r&#244;le de pont. Sur ce pont, il peut imposer des p&#233;ages et exiger que toute personne qui traverse le pont paie une somme pour le droit de traverser le pont. Nous sommes pr&#234;ts &#224; payer. La Pologne aura entre ses mains tous les avantages de sa position g&#233;ographique : mais si elle choisit de devenir une barri&#232;re entre nous et l'Allemagne, cela repr&#233;sentera quelque chose qui plongera les travailleurs allemands dans la faim et nous privera de notre acc&#232;s au march&#233; europ&#233;en et donc au march&#233; mondial va voler. La question ne peut pas &#234;tre pos&#233;e autrement. La question de la libre circulation vers l'Ouest est une question de vie ou de mort pour nous comme pour la classe ouvri&#232;re allemande. La Pologne le permettra-t-elle ? Pourquoi devrait-il refuser cela ? Pourquoi la bourgeoisie polonaise ne prend-elle pas l'initiative qui lui rapporterait des profits et &#233;pargnerait &#233;galement &#224; l'Europe occidentale certaines terribles complications ? Nous entendons par passage, bien s&#251;r, le v&#233;ritable droit de passage, c'est-&#224;-dire que nous aurons la possibilit&#233; d'envoyer notre grain en Allemagne sans interruption et pour qu'il arrive, la Pologne n'a pas besoin de faire la guerre contre ou contre l'Allemagne. , sinon notre caution dispara&#238;tra et nous ne pourrons pas transporter nos c&#233;r&#233;ales. Il doit donc y avoir une obligation mutuelle de ne pas s'immiscer dans les affaires allemandes. Un programme simple et clair. Ce sera le n&#244;tre contre la Pologne. Est-ce un programme de paix ou de guerre ? Absolument un programme de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis tr&#232;s s&#233;rieusement que pour nous la guerre serait une terrible &#233;preuve et nous devons &#234;tre clairs &#224; ce sujet. Nous venons de terminer notre redressement, nous sommes loin de pouvoir rapprocher les deux tranchants &#8211; les &#171; ciseaux &#187; sont toujours importants. La guerre d'aujourd'hui, si nous y &#233;tions forc&#233;s, ne serait pas une bataille &#224; petite &#233;chelle, mais une bataille que les manuels appellent une &#171; guerre majeure &#187;, c'est-&#224;-dire une guerre impliquant des millions de combattants et qui dure des mois et des mois. Cela repr&#233;senterait un coup monstrueux pour notre d&#233;veloppement &#233;conomique et culturel et, bien s&#251;r, un coup non moins &#233;conomique et culturel pour le d&#233;veloppement de la Pologne. En g&#233;n&#233;ral, il est tr&#232;s difficile de pr&#233;dire aujourd'hui quelles seraient les cons&#233;quences d'une telle guerre, qui impliquerait de nombreux autres pays, mais il existe un risque que dans cette guerre la r&#233;volution allemande s'effondre dans le sang et les ruines. Nous sommes particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;s &#224; ce que la classe ouvri&#232;re allemande r&#233;solve ces probl&#232;mes elle-m&#234;me, avec ses propres forces, dans un environnement de paix ext&#233;rieure tel que la guerre civile en Allemagne ne se transforme pas en guerre imp&#233;rialiste autour d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi tous nos efforts, ceux de nos diplomates, doivent et sont orient&#233;s vers la d&#233;fense de la paix jusqu'au bout. Il est difficile de dire si nous r&#233;ussirons, car il est probable qu'un jour, t&#244;t ou tard, les contradictions qui existent en Europe d&#233;boucheront sur un conflit international sanglant ; Mais la d&#233;fense de la paix et de la r&#233;volution allemande ainsi que notre protection contre la guerre le plus longtemps possible sont les t&#226;ches les plus importantes de notre Etat. Il est donc totalement faux de dire, comme certains le font de mani&#232;re bourgeoise dans les cercles philistins, que nous lutterons d&#233;finitivement contre la Pologne. Ce n'est pas comme si la question se posait. Il faut dire que si elle se pr&#233;sentait ainsi, les travailleurs de base et les agriculteurs ne nous comprendraient pas. La guerre n'aurait rien d'&#233;trange, je le r&#233;p&#232;te, et envoyer aujourd'hui &#224; la guerre des millions d'ouvriers et des centaines de milliers de chevaux et de chariots agricoles - faire tout cela sans n&#233;cessit&#233; absolue serait une pure folie et un crime tr&#232;s grave. Parler de faire la guerre sans le soutien de la classe ouvri&#232;re allemande est une abstraction. Quel meilleur moyen de soutenir la caisse des travailleurs allemands que d'assurer son approvisionnement en c&#233;r&#233;ales - nous le faisons en exigeant le droit de passage &#224; travers la Pologne. Le meilleur soutien &#224; la classe ouvri&#232;re serait que la Pologne ne fasse pas de gr&#232;ve contre Berlin ou Poznan, et nous lui apportons ce soutien en obtenant un accord r&#233;ciproque de la Pologne pour s'abstenir de toute intervention arm&#233;e dans les affaires allemandes. C'est notre programme que nous pr&#233;senterons aux masses, aux travailleurs et aux agriculteurs. Pour qu'on se rende compte que nous ne trahissons pas les travailleurs allemands, que nous faisons tout notre possible pour les sauver, mais sous la forme qui leur est utile et n&#233;cessaire : nous luttons de toutes nos forces et de toutes nos ressources pour pr&#233;server la Paix, pour le limite ultime des possibilit&#233;s ! C'est notre programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son succ&#232;s est-il garanti ? Nous ne savons pas comment le cours des &#233;v&#233;nements en Allemagne se refl&#233;tera en France, en Pologne, etc. Nous ne savons pas quelles sont les limites de l'aventurisme, de la soif de sang et du pillage des classes dirigeantes des diff&#233;rents pays. Par cons&#233;quent, nous ne pouvons pas garantir &#224; tout le monde, aux masses du pays, que les &#233;v&#233;nements r&#233;els ne m&#232;neront pas &#224; un conflit sanglant et nous disons qu'il faut s'y pr&#233;parer. Si l'on estime que la probabilit&#233; d'une guerre est inf&#233;rieure &#224; 33 %, il faut s'y pr&#233;parer &#224; 100 %. Parce que si le destin s'annonce finalement sanglant pour nous, nous ne voulons pas &#234;tre vaincus. Mais dans cette pr&#233;paration, un facteur tr&#232;s important est la pr&#233;paration id&#233;ologique de nous-m&#234;mes et des classes ouvri&#232;res qui marchent derri&#232;re nous et avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les citoyens de ce pays doivent clairement comprendre nos politiques. Et il ne s'agit pas ici d'une politique consistant &#224; jouer &#224; la l&#233;g&#232;re avec la guerre, le feu d'un conflit europ&#233;en ; au contraire, il s'agit d'une lutte politique syst&#233;matique, &#226;pre, persistante et coh&#233;rente pour pr&#233;server la paix autour de la r&#233;volution allemande. Et, camarades, nous devons faire en sorte que les grandes masses de notre pays, en m&#234;me temps que le gouvernement et les diplomates, franchissent pas &#224; pas toutes les &#233;tapes de la r&#233;volution allemande dans la situation internationale, afin qu'elles puissent &#234;tre s&#233;rieusement prises en compte. refl&#233;t&#233; dans toutes les mesures, toutes les initiatives qui... prises par le pouvoir sovi&#233;tique, visaient &#224; assurer la paix par le passage et l'accord mutuel de ne pas intervenir dans les affaires allemandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous parlez &#224; un paysan (je pose la question de la mani&#232;re la plus simple), quelque part dans la province de Penza, o&#249; vous ne savez pas vraiment ce qu'est l'Allemagne et o&#249; elle se trouve, et que vous lui dites : &#171; Camarade ou paysan, nous ferons guerre contre la Pologne pour les ouvriers allemands &#8211; donnez-nous votre chariot, votre cheval et votre grain &#187;, alors ce fermier ne vous comprendra pas et se d&#233;tournera de vous. Mais supposons qu'il soit d&#233;montr&#233; de mani&#232;re pratique que nous luttons pour ses int&#233;r&#234;ts dans une lutte pour les travailleurs allemands, car il doit exporter ses c&#233;r&#233;ales et peut importer des produits industriels d'Allemagne ; que gr&#226;ce &#224; ces pressions pacifiques, ces n&#233;gociations, etc., personne n'est oblig&#233; de prendre des mesures ou des initiatives et nous r&#233;glerons le probl&#232;me de mani&#232;re pacifique. Mais supposons que nous n'arrivions pas &#224; faire de la Pologne une barri&#232;re entre nous et l'Allemagne ? Si les classes dirigeantes de Pologne osaient faire une tentative meurtri&#232;re et suicidaire pour asphyxier les deux peuples divis&#233;s par la Pologne, les Allemands et nous, ce qui est in&#233;vitable quand il y a guerre dans ces conditions : nous prouverions &#224; tous les paysans - je ne suis pas dire aux travailleurs qu'ils nous imposent un sort historique contre notre volont&#233;, malgr&#233; tous nos efforts ; que nous, avec eux et sous leur direction, avons fait tout ce que nous pouvions pour aider les travailleurs allemands de mani&#232;re pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci, camarades, est la garantie la plus importante du succ&#232;s dans ces &#233;preuves historiques difficiles, dans la guerre, que les gens traversent consciemment chaque p&#233;riode de leur pr&#233;paration, qu'ils comprennent que nous avons essay&#233; d'&#233;viter l'effusion de sang qui nous entoure, que nous avons tout fait pour assurer la possibilit&#233; d'un d&#233;veloppement &#233;conomique pacifique pour les agriculteurs, comme cela leur a &#233;t&#233; montr&#233; comme perspective lors de l'exposition agricole, et aussi pour les travailleurs qui doivent &#233;lever le niveau de notre industrie. Je dis que si nous avons fait tous les efforts s&#233;rieux et honn&#234;tes, les masses seront d'accord avec nous et si la guerre &#233;clate de toute fa&#231;on, il n'y aura pas de division entre le gouvernement ouvrier et la classe ouvri&#232;re ou entre la classe ouvri&#232;re et la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque cet &#233;norme bloc sera form&#233; par ce pays r&#233;volutionnaire, il se dira : il n'y a pas d'autre issue. Nous nous battrons, nous nous battrons bien et nous vaincrons nos ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Dans cette version, la terminaison non sexiste &#171; Inside &#187; a &#233;t&#233; utilis&#233;e d'une mani&#232;re quelque peu incoh&#233;rente qui ne correspond pas aux pratiques de l'&#233;poque. Nous l'avons donc chang&#233; pour la forme masculine qui &#233;tait courante &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie</title>
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		<dc:date>2026-07-09T22:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie en 1908-1909 &lt;br class='autobr' /&gt;
La Turquie constitutionnelle &lt;br class='autobr' /&gt;
(1908) &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Rakovski &lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re forteresse de l'absolutisme et de la th&#233;ocratie en Europe est tomb&#233;e : la Turquie est devenue &#224; son tour un &#201;tat constitutionnel. [1] &lt;br class='autobr' /&gt;
On sait comment les &#233;v&#233;nements se d&#233;roul&#232;rent. Vers la mi-juillet, le t&#233;l&#233;graphe r&#233;pandit aux quatre coins du monde l'&#233;trange nouvelle qu'un officier turc, Effendi Niazi, s'&#233;tait enfui dans les montagnes de Monastir avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie en 1908-1909&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Turquie constitutionnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1908)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re forteresse de l'absolutisme et de la th&#233;ocratie en Europe est tomb&#233;e : la Turquie est devenue &#224; son tour un &#201;tat constitutionnel. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait comment les &#233;v&#233;nements se d&#233;roul&#232;rent. Vers la mi-juillet, le t&#233;l&#233;graphe r&#233;pandit aux quatre coins du monde l'&#233;trange nouvelle qu'un officier turc, Effendi Niazi, s'&#233;tait enfui dans les montagnes de Monastir avec une centaine de soldats et de civils. Dans ce pays o&#249; coexistaient le pouvoir des rois montagnards et de leurs bandes et le pouvoir fictif du sultan, cette escapade n'avait rien d'extraordinaire que la qualit&#233; et la nationalit&#233; de son principal acteur. On se demandait si les Jeunes Turcs allaient d&#233;clencher une gu&#233;rilla contre les autorit&#233;s, comme l'avaient fait les r&#233;volutionnaires bulgares, grecs et autres, ou si l'on assistait &#224; un acte isol&#233; sans importance ? Les &#233;v&#233;nements nous montr&#232;rent bient&#244;t que nous assistions &#224; plus qu'&#224; une mutinerie : la Turquie vivait une v&#233;ritable r&#233;volution. L'acte d'Effendi Niazi fit surgir une conspiration qu'un incident fortuit, inconnu jusqu'alors, d&#233;clencha pr&#233;matur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exploit d'Effendi Niazi, l'&#233;v&#233;nement le plus important de la r&#233;volution fut la capture par Niazi du mar&#233;chal Osman Pacha, envoy&#233; par Constantinople pour r&#233;primer le mouvement. Cette m&#234;me nuit, 24 juillet, le sultan, inform&#233; par Hilmi Pacha, commissaire g&#233;n&#233;ral de Mac&#233;doine, que le corps d'arm&#233;e de cette province s'&#233;tait joint aux insurg&#233;s, s'empressa d'annoncer le r&#233;tablissement de la Constitution de 1876.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce moment, le mouvement r&#233;volutionnaire des Jeunes Turcs devint l&#233;gal et gouvernemental. Il obtint la suppression de la censure, une amnistie g&#233;n&#233;rale et aussi, comme garantie de la sinc&#233;rit&#233; des intentions du Sultan, le remplacement du grand vizir Sa&#239;d Pacha par Kinmil Pacha, consid&#233;r&#233; comme repr&#233;sentant une tendance plus lib&#233;rale. Des changements analogues se produisirent dans le gouvernement et dans la haute administration. Au cours de ces &#233;v&#233;nements, l'attitude de la camarilla fut des plus pitoyables. Tous, Izzet Bey, le premier secr&#233;taire du Sultan, le personnage le plus influent, Melhame Pacha, Mounir Pacha, les ambassadeurs et les organisateurs de l'espionnage &#224; l'&#233;tranger, se convertirent subitement au plus pur constitutionnalisme, tout en essayant de fomenter une contre-r&#233;volution &#8211; t&#233;moin la mutinerie loyaliste des soldats d'Andrinople. Cela n'a rien d'&#233;tonnant, car le Sultan lui-m&#234;me s'empressa de d&#233;clarer qu'il avait toujours &#233;t&#233; un admirateur de la Constitution et que ce n'&#233;taient que les intrigues de personnes mal intentionn&#233;es qui l'avaient pouss&#233; &#224; arr&#234;ter et &#224; emprisonner ses d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne se passe gu&#232;re de jour sans que les journaux ne nous apportent la preuve du z&#232;le constitutionnel du Sultan. Dans son empressement &#224; plaire aux Jeunes Turcs, il a m&#234;me propos&#233; sa propre candidature au poste de pr&#233;sident honoraire du Comit&#233; &#171; Union et Progr&#232;s &#187; et a lui-m&#234;me fait frapper une m&#233;daille comm&#233;morant la proclamation de la libert&#233;, de l'&#233;galit&#233; et de la fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pros&#233;lytisme soudain n'est ni le r&#233;sultat d'un calcul trop &#233;vident pour tromper qui que ce soit, ni la preuve de la puissance des Jeunes Turcs ; il r&#233;v&#232;le plut&#244;t la d&#233;pression psychologique du Sultan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atteint de la folie h&#233;r&#233;ditaire morbide dont est mort son fr&#232;re a&#238;n&#233;, affaibli par le surmenage et une affection de la vessie, Abdul Hamid est de plus en plus en proie &#224; des obsessions. Il est hant&#233; par ce que la presse turque &#233;vite soigneusement de mentionner depuis trente-deux ans : le r&#233;gicide. On sait que tous les assassinats d'hommes d'Etat &#233;trangers ont &#233;t&#233; d&#233;crits au peuple turc comme des accidents ou des maladies. On comprend donc que le sultan Abdul Hamid, se voyant compl&#232;tement abandonn&#233; par l'arm&#233;e et ses partisans, tente, par des platitudes mal d&#233;guis&#233;es, de gagner la confiance des Jeunes Turcs tout en emp&#234;chant que les concessions sur la constitution d&#233;passent certaines limites. Ainsi, dans le r&#233;cent Hati-Houmayoun par lequel il r&#233;tablit solennellement la Constitution, Abdul Hamid conserva le droit de nommer directement non seulement le grand-vizir et le cheik-ul-islam (le chef religieux des musulmans) mais aussi les ministres de la guerre et de la marine. Les protestations unanimes que cela provoqua d&#233;termin&#232;rent la chute de Sa&#239;d Pacha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter le bilan de la r&#233;volution turque, il faut ajouter que les &#233;lections l&#233;gislatives ont &#233;t&#233; fix&#233;es au mois de novembre. Conform&#233;ment &#224; la Constitution de 1876, le Parlement sera compos&#233; de deux chambres : le S&#233;nat dont les membres seront nomm&#233;s par le Sultan, et la Chambre des d&#233;put&#233;s &#233;lue au suffrage indirect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contentement produit par les &#233;v&#233;nements de Constantinople fut g&#233;n&#233;ral, du moins en apparence. Mais le r&#233;sultat le plus remarquable fut le d&#233;sarmement des bandes en Mac&#233;doine. Ce que trois corps d'arm&#233;e n'avaient pu imposer fut obtenu en vingt-quatre heures par le r&#233;tablissement de la Constitution. Le spectacle des nombreuses bandes bulgares, grecques et serbes, quittant volontairement les montagnes o&#249; elles s'exterminaient mutuellement et descendant dans les villes pour danser ensemble la &#171; danse fraternelle &#187; au milieu des acclamations des foules bigarr&#233;es, fut, sans aucun doute, un merveilleux t&#233;moignage de l'effet pacifiant de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution turque, si elle continue sur la m&#234;me marche triomphale, n'aura pas de cons&#233;quences moins favorables pour la paix dans les Balkans et en g&#233;n&#233;ral pour toute l'Europe. Les convoitises qu'un pass&#233;, consid&#233;r&#233; jusqu'ici comme tr&#232;s r&#233;cent, a suscit&#233;es seront apais&#233;es lorsque chacun verra que la Turquie, loin de dispara&#238;tre, grandira et progressera. Pour la Turquie elle-m&#234;me, jusqu'ici le plus militariste des &#201;tats, le r&#233;gime constitutionnel aura des cons&#233;quences des plus favorables, tant sur le plan financier et politique qu'&#233;conomique et social. Sous l'anarchie qui r&#233;gnait, la puissance de la corruption, l'exemption des &#233;trangers de la juridiction des tribunaux qui mettait tous les tricheurs cosmopolites &#224; peu pr&#232;s &#224; l'abri des poursuites, toute activit&#233; industrielle ou &#233;conomique normale &#233;tait impossible. Pourtant la Turquie, &#233;tendue sur deux continents (1), baign&#233;e de toutes parts par la mer, travers&#233;e par de riches voies d'eau, poss&#233;dant d'abondantes mines, ayant des champs fertiles sur lesquels on peut cultiver des produits propres &#224; tous les climats, pr&#233;sente les conditions les plus favorables au d&#233;veloppement d'une industrie puissante. Il ne lui manque qu'un r&#233;gime lib&#233;ral et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime sera-t-il enfin inaugur&#233; par le triomphe du parti des Jeunes Turcs ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il faut d'abord examiner les origines du mouvement lib&#233;ral turc et les circonstances politiques dans lesquelles il est amen&#233; &#224; &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que la Turquie tente d'assimiler les structures politiques occidentales : la Constitution actuelle date de 1876. Mais en r&#233;alit&#233;, le mouvement r&#233;formateur en Turquie remonte &#224; une &#233;poque bien ant&#233;rieure, celle de Selim qui, le premier, au prix de sa vie, tenta de dissoudre la milice des janissaires. Depuis lors, plus d'un r&#233;formateur a tent&#233; d'implanter des institutions occidentales sur les rives du Bosphore. Certains hommes d'Etat ont m&#234;me d&#233;nonc&#233; ce z&#232;le r&#233;formateur comme l'une des causes de la d&#233;cadence turque. C'est le cas de Metternich, entre autres, qui pronon&#231;ait ce dicton, souvent cit&#233; par les vieux Turcs : &#171; Les Turcs doivent rester Turcs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;formes n'ont jamais &#233;t&#233; s&#233;rieusement appliqu&#233;es mais, n&#233;anmoins, on leur doit le r&#233;tablissement des populations chr&#233;tiennes en Turquie. Les principales r&#233;formes furent celles introduites par le sultan Abdul Hamid et connues sous le nom de Tanzimat. Les premi&#232;res furent introduites avec l'arriv&#233;e au tr&#244;ne de ce sultan, soit en 1839, les autres apr&#232;s la guerre de Crim&#233;e. Elles sont contenues dans deux actes : le Hatti Cherif de Gulhane et le Hatti Houmayoum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de toutes ces r&#233;formes &#233;tait de mettre la Turquie en conformit&#233; avec les &#201;tats modernes en ce qui concerne les droits civils et publics. Avant les Tanzimat, il n'y avait pas de s&#233;paration des pouvoirs en Turquie et par cons&#233;quent aucune garantie pour la vie, les biens et l'honneur des citoyens. Les autorit&#233;s administratives appliquaient &#224; leur guise la peine de mort et la confiscation des biens. Les Turcs comme les chr&#233;tiens souffraient de cet &#233;tat de choses, &#224; la diff&#233;rence que ces derniers &#233;taient contraints dans l'exercice de leur religion en plus des humiliations de toutes sortes qu'ils subissaient en tant que peuple conquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de 1856 d&#233;cr&#233;tait l'&#233;galit&#233; civile de tous les sujets ottomans sans distinction ; celle de 1839 introduisait un syst&#232;me r&#233;gulier de collecte des imp&#244;ts et limitait le service militaire obligatoire, toutefois pour les seuls musulmans. Mais toutes ces r&#233;formes laissaient intact le pouvoir absolu du sultan et maintenaient la population &#224; l'&#233;cart de toute vie publique. Les chr&#233;tiens, exempt&#233;s de l'arm&#233;e, &#233;taient en outre exclus de fait de toutes les fonctions civiques alors m&#234;me que la r&#233;forme de 1656 [1856 ? &#8211; HR ] avait reconnu leur droit &#224; l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 1876 que l'on assiste &#224; la premi&#232;re grande r&#233;forme politique en Turquie : la proclamation d'une Constitution parlementaire ou Ganouni-Essasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un diplomate fran&#231;ais, le comte Charles de Mouy, d&#233;crit dans la Revue des Deux-Mondes de f&#233;vrier 1900 un &#233;pisode typique li&#233; &#224; cette proclamation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, une conf&#233;rence internationale avait &#233;t&#233; convoqu&#233;e pour donner une autonomie organisationnelle aux provinces de la Turquie d'Europe (Bulgarie, Mac&#233;doine et Bosnie). Au cours de la s&#233;ance du 23 d&#233;cembre 1876, alors que les d&#233;l&#233;gu&#233;s des diff&#233;rentes puissances allaient commencer leurs d&#233;lib&#233;rations, des coups de feu retentirent. Le pr&#233;sident de la conf&#233;rence, le d&#233;l&#233;gu&#233; turc Salvet Pacha, se leva alors et annon&#231;a solennellement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces salves marquent la promulgation de la Constitution que le Sultan accorde &#224; son empire. Cet acte change la forme de gouvernement qui a dur&#233; six cents ans et inaugure une nouvelle &#232;re de prosp&#233;rit&#233; pour les peuples ottomans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. de Mouy ajouta que les pl&#233;nipotentiaires, non pas surpris comme ils s'attendaient &#224; quelque incident, mais tr&#232;s irrit&#233;s de cette action th&#233;&#226;trale &#233;videmment destin&#233;e &#224; les &#233;blouir et &#224; troubler leur ordre du jour, gard&#232;rent un silence glacial... Puis, sans aucune f&#233;licitation, et comme si de rien n'&#233;tait, pass&#232;rent aux affaires du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs ont justifi&#233; leur m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdul Hamid qui, avant de monter sur le tr&#244;ne, avait fait preuve d'un constitutionnalisme plus grand que celui de Midhad Pacha, venu n&#233;gocier avec lui, saisit la premi&#232;re occasion favorable pour suspendre la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assiste-t-on &#224; une r&#233;p&#233;tition de cette vieille com&#233;die ? Nul doute que le Sultan n'h&#233;siterait pas &#224; suspendre une seconde fois la Constitution et &#224; jeter en prison ses d&#233;fenseurs s'ils faisaient preuve de faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdul Hamid est en effet l'un des monarques les plus despotiques de l'histoire. Voici ce qu'&#233;crit l'ambassadeur de France &#224; Constantinople dans un document officiel du 15 octobre 1881 publi&#233; dans Le Livre Jaune :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Porte n'existe plus : c'est m&#234;me le trait essentiel, le caract&#232;re principal du r&#233;gime sous lequel se trouve actuellement l'Empire ottoman. Avant Abdul Hamid, le pouvoir du sultan &#233;tait absolu, mais il s'exer&#231;ait par l'interm&#233;diaire de ministres qui jouaient un r&#244;le actif dans le gouvernement, dans l'administration, dans la conduite de la politique &#233;trang&#232;re, etc., etc. Il n'en est plus ainsi. Les ministres sont de simples gar&#231;ons de courses cens&#233;s ex&#233;cuter sans r&#233;serve les ordres du souverain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir exerc&#233; un pouvoir aussi illimit&#233; pendant vingt-sept ans, Abdul Hamid peut difficilement tol&#233;rer une volont&#233; sup&#233;rieure &#224; la sienne. Il reste donc le principal opposant au nouveau r&#233;gime et ses assurances actuelles n'ont pas plus de valeur que celles de 1876.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que le grand architecte de la Constitution de 1876 fut Midhad Pacha, qu'il fut destitu&#233; du pouvoir en f&#233;vrier 1877, exil&#233; en Asie Mineure puis emprisonn&#233;, accus&#233; d'avoir d&#233;tr&#244;n&#233; le sultan Abdul Aziz. Midhad Pacha mourut en prison, tr&#232;s probablement empoisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;chec du parti des Jeunes-Turcs ne fut pas seulement d&#251; &#224; sa faiblesse num&#233;rique mais surtout &#224; sa conception politique erron&#233;e. La place accord&#233;e aux chr&#233;tiens par Midhad Pacha et ses amis dans leur syst&#232;me gouvernemental &#233;tait tout &#224; fait insuffisante pour les rattacher &#224; l'Empire ottoman. Les Jeunes-Turcs de cette &#233;poque se laissaient trop influencer par l'antagonisme racial qui existait entre musulmans et chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, c'est cet antagonisme qui constitue le principal danger pour la r&#233;volution turque, dans la mesure o&#249; il est r&#233;el et a une dimension non seulement religieuse mais aussi sociale et &#233;conomique. Dans les villes, la bourgeoisie est en majorit&#233; catholique, les Turcs &#233;tant fonctionnaires et militaires. Ajoutez &#224; cela l'organisation particuli&#232;re de la famille turque, fond&#233;e sur l'esclavage absolu des femmes, et l'on comprend l'&#226;pret&#233; des luttes entre musulmans et chr&#233;tiens, le m&#233;pris et la haine qu'ils &#233;prouvent les uns pour les autres. Des si&#232;cles de domination sans partage ont renforc&#233; chez les Turcs leur sentiment de sup&#233;riorit&#233; sur les chr&#233;tiens, les &#171; ghiaours &#187;, race d'&#234;tres inf&#233;rieurs et d'esclaves. C'est la psychologie des classes dominantes turques que les clercs ont r&#233;pandue aussi parmi les classes inf&#233;rieures maintenues dans l'ignorance la plus crasse. Le fait que seuls les musulmans soient soumis au service militaire a renforc&#233; leurs pr&#233;jug&#233;s raciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antagonisme est en quelque sorte confirm&#233; par une tendance sociologique : la diff&#233;rence de natalit&#233; entre Turcs et Chr&#233;tiens. Alors que le taux de natalit&#233; chez les Chr&#233;tiens est de 41,7 pour mille par an (chiffres officiels du recensement bulgare), celui des Turcs n'est que de 23,5. C'est le r&#233;sultat des &#233;volutions sociales diff&#233;rentes des conqu&#233;rants et des conquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance de ce fait nous indique que le but de la r&#233;volution turque doit &#234;tre plus &#233;lev&#233; que la simple instauration d'un syst&#232;me politique. Il doit &#234;tre d'&#233;lever un peuple au niveau de la civilisation et de la culture modernes. En r&#233;alit&#233;, il serait pu&#233;ril de nier que l'&#233;l&#233;ment chr&#233;tien en Turquie est beaucoup plus capable d'une vie politique moderne que l'&#233;l&#233;ment turc et que, par cons&#233;quent, gr&#226;ce &#224; une franche alliance avec lui, le parti r&#233;formateur trouvera les forces n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation de son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incompatibilit&#233; relative entre la culture musulmane et surtout la famille musulmane et un r&#233;gime de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; politique et civile n'est pas g&#233;n&#233;ralement reconnue. Beaucoup de Turcs la nient, et les &#233;v&#233;nements semblent les conforter. En fait, l'empressement avec lequel toute la Turquie, y compris ses astrologues et son &#171; Cheik-ul-Islam &#187;, d&#233;clare &#171; sans r&#233;serve &#187; son soutien au r&#233;gime constitutionnel semble contredire notre affirmation, si ce n'&#233;tait qu'il y avait une autre explication. Il suffit de noter que le foyer de la propagande des Jeunes Turcs &#233;tait la Mac&#233;doine et que l'explosion du mouvement a co&#239;ncid&#233; avec le projet anglo-russe de r&#233;formes pour comprendre les origines plus nationalistes que lib&#233;rales du mouvement actuel. Tous se sont empar&#233;s de la Constitution comme d'un moyen de sauver la Turquie d'une nouvelle amputation. Cela ne signifie pas que tous tiennent compte des concessions qui doivent &#234;tre faites pour r&#233;concilier les chr&#233;tiens et aussi pour donner aux masses populaires turques confiance dans le nouveau r&#233;gime. En tout cas, une diversit&#233; de vues sur ce point existait d&#233;j&#224; avant la r&#233;volution. Les cercles autour de Mechveret montrent des tendances tr&#232;s nationalistes. L'id&#233;al politique de ce groupe est un pouvoir central puissant assist&#233; d'un parlement tel que le pr&#233;voit la Constitution de 1876. L'autre faction, group&#233;e autour du neveu du sultan, Sebah-Edin, et qui a conclu il y a quelques mois une alliance offensive avec les r&#233;volutionnaires arm&#233;niens, cherche le salut de l'empire dans une f&#233;d&#233;ration des peuples habitant la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que le programme d&#233;mocratique de ce groupe est le seul qui puisse garantir l'exercice g&#233;n&#233;ral et sinc&#232;re de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va aussi &#224; l'encontre non seulement du programme des r&#233;volutionnaires arm&#233;niens, mais aussi de celui des r&#233;volutionnaires mac&#233;doniens. [A] Les d&#233;clarations de ces r&#233;volutionnaires, leurs manifestations significatives &#224; Salonique et &#224; Monastir, n'auraient pas suffi &#224; nous assurer de la sinc&#233;rit&#233; de leurs intentions s'il n'existait pas d'autres preuves, &#224; savoir les luttes souvent sanglantes entre les f&#233;d&#233;ralistes mac&#233;doniens et les partisans mac&#233;doniens de l'union avec la Bulgarie. L'assassinat de Sarofos, ancien pr&#233;sident du comit&#233; mac&#233;donien de Sofia, n'a &#233;t&#233; qu'un incident dans ce conflit fratricide. Apr&#232;s les r&#233;cents &#233;v&#233;nements de Turquie, les organisations mac&#233;doniennes qui ont des liens avec le comit&#233; de Sofia, et donc avec les milieux bulgares non officiels, ont d&#233;clar&#233; par la voix de leur pr&#233;sident actuel, Pintcheff, qu'elles ne voulaient pas faire obstacle &#224; l'&#339;uvre r&#233;formatrice des Jeunes Turcs. L'instauration d'un r&#233;gime de libert&#233; en Turquie est une n&#233;cessit&#233; si vitale pour tous ses peuples que personne n'ose accepter ouvertement la responsabilit&#233; de s'y opposer. N&#233;anmoins, les gouvernements des pays balkaniques, ainsi que les diplomaties de la Russie, de l'Allemagne et de l'Autriche, tout en faisant des d&#233;clarations favorables aux changements en cours, verraient avec une grande satisfaction l'&#233;chec du mouvement r&#233;formateur. Son succ&#232;s dresserait des obstacles &#224; leur politique d'expansion territoriale ou &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut esp&#233;rer que toutes les intrigues venues de l'&#233;tranger et toutes les r&#233;sistances int&#233;rieures seront vaincues par la collaboration de plus en plus &#233;troite des Jeunes Turcs avec les &#233;l&#233;ments chr&#233;tiens d&#233;mocratiques. Les premiers doivent comprendre que sans l'aide des seconds, et donc sans un r&#233;gime d'&#233;galit&#233; absolue entre Turcs et chr&#233;tiens, l'&#339;uvre de r&#233;novation de la Turquie est impossible. De leur c&#244;t&#233;, les chr&#233;tiens doivent &#234;tre convaincus qu'il est de leur int&#233;r&#234;t le plus imm&#233;diat d'aider les Turcs &#224; cr&#233;er des conditions de vie modernes, honn&#234;tement et sans esprit de s&#233;paratisme ; autrement, on reviendra au r&#233;gime des massacres, de la mis&#232;re et de la tyrannie pour les peuples de l'empire turc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Note du traducteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Il va &#224; l'encontre signifie &#171; aller &#224; l'encontre &#187; selon mon dictionnaire, mais dans le contexte du texte de Rakovsky, il semblerait que le programme f&#233;d&#233;raliste d&#233;mocratique du groupe de Sebah-Edin co&#239;ncide avec ceux des Arm&#233;niens et des Mac&#233;doniens. Il est possible que &#171; va &#224; l'encontre &#187; puisse signifier &#171; va &#224; la rencontre &#187;. C'est ainsi que je l'ai rendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Note&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La Turquie (en Europe et en Asie) a une superficie de 2 775 000 km&#178; et une population de 25 millions d'habitants. En Europe, elle occupe les provinces suivantes : Albanie, Mac&#233;doine, &#201;pire et Thessalie (en partie Thrace, vilayet d'Andrinople). En Asie, elle occupe l'Anatolie, l'Arm&#233;nie turque, l'Arabie, la Syrie, le Kurdistan, la M&#233;sopotamie. En Afrique, elle occupe Tripoli. Nous ne comptons pas les provinces nominalement turques : la Roumanie orientale est unie &#224; la Bulgarie depuis 1885, et l'&#201;gypte est devenue de fait un protectorat de l'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/xx/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/xx/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution turque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ao&#251;t 1908)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Russie et la Perse, c'est la Turquie qui entre dans le mouvement r&#233;volutionnaire. Mais ce qui caract&#233;rise la r&#233;volution turque, c'est son &#233;volution rapide et son succ&#232;s rapide &#8211; du moins en apparence. En l'espace de deux semaines, l'arm&#233;e rebelle est devenue ma&#238;tresse de la Mac&#233;doine. Le sultan effray&#233; a &#233;t&#233; contraint d'accepter une constitution ou plut&#244;t de r&#233;tablir celle de 1876. Ainsi est renvers&#233;e la derni&#232;re autocratie europ&#233;enne. La d&#233;claration du g&#233;n&#233;ral Ignatief, ambassadeur de Russie &#224; Constantinople au moment de la proclamation de la premi&#232;re constitution turque : &#171; Nous ne permettrons pas que la Russie reste le seul pays d'Europe sans constitution &#187; n'a plus aucun fondement. En th&#233;orie du moins, toute l'Europe est constitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les changements en Turquie ont un int&#233;r&#234;t plus g&#233;n&#233;ral, c'est par rapport &#224; la fameuse &#171; question d'Orient &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous sur le point de r&#233;soudre ce probl&#232;me et donc d'&#233;liminer l'une des plus grandes causes de guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, si quelqu'un, en dehors des populations de l'Est turc elles-m&#234;mes, a int&#233;r&#234;t &#224; la solution compl&#232;te de cette question, c'est bien le prol&#233;tariat. La Turquie est aujourd'hui un champ ouvert aux complots capitalistes et imp&#233;rialistes de tous les pays. Tous, en attendant l'effondrement de l'empire pour s'emparer de certains de ses territoires, cherchent actuellement &#224; y obtenir une plus grande influence et davantage de concessions et de privil&#232;ges financiers. Il faut dire que le partage des biens de &#171; l'homme malade &#187; avant sa mort a &#233;t&#233; fait avec un grand succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; un Sultan qui ne pense qu'&#224; sa propre conservation et &#224; une bureaucratie despotique, ignorante et corrompue, les vautours de tous les pays, les agents du capitalisme triomphant, ont r&#233;ussi &#224; construire leur nid dans tous les recoins de ce vaste empire. De tous c&#244;t&#233;s, une foule bigarr&#233;e, les propagandistes nationalistes, bulgares, roumains, serbes, grecs, etc., cherchent par le fer, le feu et l'argent &#224; accro&#238;tre leur sph&#232;re d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se fait aux d&#233;pens du peuple turc, abandonn&#233; de tous, luttant avec d&#233;sespoir et impuissant face &#224; la tyrannie du sultan, aux intrigues de ses compatriotes d'autres pays et aux app&#233;tits insatiables des soi-disant puissances protectrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volution qui donnerait l'initiative aux peuples de Turquie en supprimant ou en r&#233;duisant l'influence de tous ces facteurs n&#233;fastes r&#233;soudrait, par cela seul, la question orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une Turquie r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, d&#233;mocratique et forte peut r&#233;p&#233;ter avec succ&#232;s le fameux &#171; Hands off &#187; de Gladstone et ainsi couper court &#224; tous les app&#233;tits que son &#233;tat de d&#233;composition a provoqu&#233; chez ses voisins proches et lointains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ce changement pour la paix et pour la cause de la classe ouvri&#232;re sont incalculables. En g&#233;n&#233;ral, il faut dire que &#8211; et c'est l&#224; la grande importance historique du r&#233;veil de tous les peuples de l'Est et de l'Extr&#234;me-Orient &#8211; &#8203;&#8203;la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme agressif et avide de l'Empire capitaliste fera appara&#238;tre de fa&#231;on absolument &#233;vidente la n&#233;cessit&#233; de trouver une solution aux difficult&#233;s de la surproduction et de l'anarchie capitaliste dans une autre organisation du travail national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soupape de s&#233;curit&#233; coloniale n'existant plus, bon gr&#233; mal gr&#233; il faut trouver une v&#233;ritable solution socialement juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de cette cons&#233;quence g&#233;n&#233;rale et large, la r&#233;volution turque aura d'autres cons&#233;quences plus imm&#233;diates et plus pratiques du point de vue de la politique &#233;trang&#232;re de tous les groupes balkaniques et occidentaux dont la vie est li&#233;e &#224; celle de la Turquie. Ce sera une baisse g&#233;n&#233;rale de la tension et peut-&#234;tre un pr&#233;lude &#224; un certain d&#233;sarmement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, nous le r&#233;p&#233;tons, la classe ouvri&#232;re doit accueillir la r&#233;volution turque avec enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'agit-il d'une r&#233;volution ou d'un coup d'&#201;tat militaire sans cons&#233;quences majeures ? L'avenir imm&#233;diat nous le dira. Il semble cependant que la r&#233;volution turque ait, d&#232;s son d&#233;but, montr&#233; une tr&#232;s dangereuse tendance &#224; d&#233;railler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que le seul moyen de pacifier la Turquie, d&#233;chir&#233;e par tant de passions, est la plus grande libert&#233; possible. C'est celle qui, en satisfaisant les justes revendications des diff&#233;rents peuples de l'empire, peut les unir dans un esprit de solidarit&#233; commune. Malheureusement, la puissance des Jeunes-Turcs est, &#224; ce point de vue, totalement insuffisante. La constitution de 1876 qu'ils ont demand&#233;e et obtenue laisse beaucoup &#224; d&#233;sirer. Elle laisse presque intact le pouvoir autocratique du Sultan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les Jeunes Turcs, frapp&#233;s sans doute de l'&#233;tat de d&#233;labrement o&#249; ils trouvent l'Empire, n'ont qu'une id&#233;e en t&#234;te : renforcer le plus possible le pouvoir central. Au lieu d'un sultan autocratique, il y aurait une oligarchie non moins autocratique. Et pourtant, il n'est pas de pays qui se pr&#234;te moins &#224; un tel r&#233;gime que la Turquie avec sa diversit&#233; de langues, de m&#339;urs et de conditions &#233;conomiques et sociales dans ses diff&#233;rentes provinces. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;cueil que les Jeunes Turcs ne veulent pas voir. Ils ne veulent pas comprendre cette v&#233;rit&#233; historique que c'est seulement dans une f&#233;d&#233;ration de tous les peuples de l'Empire qu'ils peuvent trouver leur salut et que le vieux slogan &#171; autonomie ou anatomie &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire f&#233;d&#233;ration ou partage &#8211; est aujourd'hui plus vrai que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#224; l'heure actuelle, apr&#232;s tant de luttes sanglantes, les peuples de Turquie se soumettront encore moins qu'il y a trente-deux ans &#224; la tyrannie d'un gouvernement central semi-absolutiste promis par la Constitution de 1876. Nous n'ignorons pas les difficult&#233;s qui entravent le progr&#232;s de la r&#233;volution turque, mais les Jeunes Turcs aggravent eux-m&#234;mes les choses en s'empressant de n&#233;gocier avec Abdul-Hamid. C'est un pacte avec le diable qui, croyons-nous, sera fatal au mouvement. Il n'y a qu'un seul moyen pour que la r&#233;volution turque r&#233;ussisse, c'est d'unir tous les peuples ordinaires de Turquie, sans distinction de race ou de croyance, autour d'un programme v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Parti des Jeunes Turcs est-il capable de r&#233;aliser cette union ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quel est le caract&#232;re social du mouvement Jeunes-Turcs ? Les ouvriers et les paysans turcs sont encore sous l'influence du clerg&#233;. La bourgeoisie musulmane, au sein de laquelle les Jeunes-Turcs ont une certaine sympathie, n'a pas beaucoup d'importance. Une longue &#233;volution historique a transform&#233; la bourgeoisie turque en une caste militaire et de fonctionnaires tandis que la bourgeoisie chr&#233;tienne s'occupe d'industrie et de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le seul milieu o&#249; les Jeunes-Turcs soient populaires est celui de l'arm&#233;e et de la bureaucratie. Ces deux &#233;l&#233;ments peuvent garantir &#224; une r&#233;volution un succ&#232;s aussi rapide que de courte dur&#233;e. Mais une man&#339;uvre habile du sultan, appelant au pouvoir le plus grand nombre possible de Jeunes-Turcs, peut d&#233;sorganiser et compromettre tout le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs pourraient trouver un appui solide dans la bourgeoisie et le prol&#233;tariat chr&#233;tiens, mais auront-ils la clairvoyance et le courage moral de le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, ils pourraient entra&#238;ner les masses musulmanes avec eux en leur promettant de s&#233;rieuses r&#233;formes. L'avenir nous montrera s'ils en sont capables. De leur attitude d&#233;pendra la question de savoir si la r&#233;volution turque sera un simple masque ou un mouvement lourd de cons&#233;quences politiques et sociales pour l'humanit&#233; enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/08/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/08/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mai 1909)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de la contre-r&#233;volution turque, heureusement repouss&#233;e (du moins pour le moment), n'a pas &#233;t&#233; une grande surprise pour ceux qui ont suivi de pr&#232;s les &#233;v&#233;nements en Orient. D&#233;j&#224;, au lendemain de la r&#233;volution turque, nous exprimions dans ce journal nos craintes d'une contre-offensive r&#233;actionnaire. Nos appr&#233;hensions, h&#233;las ! n'ont &#233;t&#233; que trop justifi&#233;es par ce qui a suivi, mais nous nous permettons de reproduire la conclusion de notre article, publi&#233; il y a neuf mois, que ces derniers &#233;v&#233;nements ont remis d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, nous le r&#233;p&#233;tons, la classe ouvri&#232;re doit accueillir la r&#233;volution turque avec enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'agit-il d'une r&#233;volution ou d'un coup d'&#201;tat militaire sans cons&#233;quences majeures ? L'avenir imm&#233;diat nous le dira. Il semble cependant que la r&#233;volution turque ait, d&#232;s son d&#233;but, montr&#233; une tr&#232;s dangereuse tendance &#224; d&#233;railler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que le seul moyen de pacifier la Turquie d&#233;chir&#233;e par tant de passions est la plus grande libert&#233; possible. C'est celle qui, en satisfaisant les justes revendications des diff&#233;rents peuples de l'empire, peut les unir dans un esprit de solidarit&#233; commune. Malheureusement, la puissance des Jeunes-Turcs est, &#224; ce point de vue, totalement insuffisante. La constitution de 1876 qu'ils ont demand&#233;e et obtenue laisse beaucoup &#224; d&#233;sirer. Elle laisse presque intact le pouvoir autocratique du Sultan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les Jeunes Turcs, frapp&#233;s sans doute de l'&#233;tat de d&#233;labrement o&#249; ils trouvent l'Empire, n'ont qu'une id&#233;e en t&#234;te : renforcer le plus possible le pouvoir central. Au lieu d'un sultan autocratique, il y aurait une oligarchie non moins autocratique. Et pourtant, il n'est pas de pays qui se pr&#234;te moins &#224; un tel r&#233;gime que la Turquie avec sa diversit&#233; de langues, de m&#339;urs et de conditions &#233;conomiques et sociales dans ses diff&#233;rentes provinces. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;cueil que les Jeunes Turcs ne veulent pas voir. Ils ne veulent pas comprendre cette v&#233;rit&#233; historique que c'est seulement dans une f&#233;d&#233;ration de tous les peuples de l'Empire qu'ils peuvent trouver leur salut et que le vieux slogan &#171; autonomie ou anatomie &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire f&#233;d&#233;ration ou partage &#8211; est aujourd'hui plus vrai que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#224; l'heure actuelle, apr&#232;s tant de luttes sanglantes, les peuples de Turquie se soumettront encore moins qu'il y a trente-deux ans &#224; la tyrannie d'un gouvernement central semi-absolutiste promis par la Constitution de 1876. Nous n'ignorons pas les difficult&#233;s qui entravent le progr&#232;s de la r&#233;volution turque, mais les Jeunes Turcs aggravent eux-m&#234;mes les choses en s'empressant de n&#233;gocier avec Abdul-Hamid. C'est un pacte avec le diable qui, croyons-nous, sera fatal au mouvement. Il n'y a qu'un seul moyen pour que la r&#233;volution turque r&#233;ussisse, c'est d'unir tous les peuples ordinaires de Turquie, sans distinction de race ou de croyance, autour d'un programme v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Parti des Jeunes Turcs est-il capable de r&#233;aliser cette union ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quel est le caract&#232;re social du mouvement Jeunes-Turcs ? Les ouvriers et les paysans turcs sont encore sous l'influence du clerg&#233;. La bourgeoisie musulmane, au sein de laquelle les Jeunes-Turcs ont une certaine sympathie, n'a pas beaucoup d'importance. Une longue &#233;volution historique a transform&#233; la bourgeoisie turque en une caste militaire et de fonctionnaires tandis que la bourgeoisie chr&#233;tienne s'occupe d'industrie et de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le seul milieu o&#249; les Jeunes-Turcs soient populaires est celui de l'arm&#233;e et de la bureaucratie. Ces deux &#233;l&#233;ments peuvent garantir &#224; une r&#233;volution un succ&#232;s aussi rapide que de courte dur&#233;e. Mais une man&#339;uvre habile du sultan, appelant au pouvoir le plus grand nombre possible de Jeunes-Turcs, peut d&#233;sorganiser et compromettre tout le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs pourraient trouver un appui solide dans la bourgeoisie et le prol&#233;tariat chr&#233;tiens, mais auront-ils la clairvoyance et le courage moral de le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, ils pourraient entra&#238;ner les masses musulmanes avec eux en leur promettant de s&#233;rieuses r&#233;formes. L'avenir nous montrera s'ils en sont capables. De leur attitude d&#233;pendra la question de savoir si la r&#233;volution turque sera un simple masque ou un mouvement lourd de cons&#233;quences politiques et sociales pour l'humanit&#233; enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des neuf mois qu'ont v&#233;cu les Jeunes Turcs montre qu'ils n'&#233;taient pas suffisamment pr&#233;par&#233;s &#224; la grande entreprise dans laquelle ils s'&#233;taient embarqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire qu'ils &#233;taient confront&#233;s &#224; une t&#226;che extr&#234;mement difficile et que les conditions particuli&#232;res qui pr&#233;valaient en Turquie rendaient la t&#226;che encore plus compliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas, comme dans d'autres r&#233;volutions bourgeoises, de lutter seulement contre un ancien r&#233;gime d&#233;j&#224; compromis aux yeux du peuple, mais de lutter contre les pr&#233;jug&#233;s des masses turques qui d&#233;coulent d'un type particulier d'organisation familiale fond&#233;e sur l'esclavage de la femme et sur l'organisation militaire et th&#233;ocratique de l'Empire ottoman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oligarchie militaire, bureaucratique et cl&#233;ricale turque, tirant sa force de l'antagonisme entre musulmans et chr&#233;tiens, n'a cess&#233; d'exciter les premiers contre les seconds, approfondissant et pr&#233;servant habilement les diff&#233;rences qui les s&#233;paraient. Le droit exclusif des musulmans &#224; porter les armes a &#233;t&#233;, ainsi que les privil&#232;ges qui renfor&#231;aient leur sentiment d'&#234;tre la race dominante, &#224; l'origine des effroyables massacres de chr&#233;tiens qui ont ensanglant&#233; la semaine derni&#232;re encore les villes d'Asie Mineure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime constitutionnel, fond&#233; sur le respect de la personnalit&#233; humaine et donc de la femme, ainsi que sur la tol&#233;rance, se heurtait aux pr&#233;jug&#233;s de la race musulmane dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que pour le noyau des masses musulmanes cette sup&#233;riorit&#233; se manifestait par la libert&#233; qu'elles avaient de temps &#224; autre de massacrer et de piller les chr&#233;tiens en toute impunit&#233;, et que dans leur vie quotidienne elles n'&#233;taient pas mieux loties. Mais en nous mettant mentalement &#224; la place des masses turques, nous devons nous demander ce que le nouveau r&#233;gime leur a apport&#233; pour remplacer les privil&#232;ges apparents qu'elles avaient sous l'ancien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel puissant int&#233;r&#234;t pourraient-ils avoir &#224; soutenir ce r&#233;gime et &#224; ne pas se laisser guider par les pr&#234;ches fanatiques des softas et des hodjahs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci souligne pr&#233;cis&#233;ment l'importance de l'application d'un vaste programme de r&#233;formes s&#233;rieuses, tant sociales qu'&#233;conomiques, qui aux yeux des masses musulmanes elles-m&#234;mes indiqueraient la sup&#233;riorit&#233; du nouveau r&#233;gime par rapport &#224; l'ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois sortes de r&#233;formes que le d&#233;veloppement &#233;conomique et social de la Turquie exige. Nous ne pourrons que les mentionner, car les limites de notre article ne nous permettent pas d'entrer dans les d&#233;tails. Ces r&#233;formes sont : la r&#233;forme agraire, la r&#233;forme administrative et la r&#233;forme ouvri&#232;re sans parler des r&#233;formes purement politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle a &#233;t&#233; l'attitude des Jeunes Turcs face &#224; ces &#233;normes probl&#232;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que ce n'&#233;tait pas suffisant serait un euph&#233;misme : c'&#233;tait lamentable. Pour eux, c'&#233;tait comme si ces probl&#232;mes n'existaient pas ou, s'ils faisaient quelque chose, cela aggravait la situation d&#233;j&#224; ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne touch&#232;rent pas &#224; la r&#233;forme agraire. Les r&#233;formes administratives se sold&#232;rent par un fiasco complet. Les deux conseillers europ&#233;ens, Laurent et Crawford, appel&#233;s le premier &#224; r&#233;former les finances et le second les douanes, apr&#232;s avoir travaill&#233; plusieurs mois, se d&#233;clar&#232;rent incapables de rien faire devant l'inertie du gouvernement Jeune-Turc et le rejet de leurs propositions. Les Jeunes-Turcs ne voulaient pas renvoyer chez eux les milliers de parasites qui vivaient aux d&#233;pens de la population chr&#233;tienne et musulmane de peur d'accro&#238;tre le nombre des m&#233;contents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner au lecteur une id&#233;e de l'ampleur du parasitisme bureaucratique en Turquie, voici quelques chiffres recueillis par M. Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Turquie, pour 210 000 soldats, on compte 46 000 officiers. Dans la Marine notamment, on compte plus de 1 000 officiers pour 6 000 marins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant que, dans ces conditions, le budget turc, sans pr&#233;voir la moindre somme pour une r&#233;forme utile, accuse d'&#233;normes d&#233;ficits. Pendant l'ann&#233;e 1909-1910, malgr&#233; toutes les &#233;conomies r&#233;alis&#233;es, il s'est &#233;lev&#233; &#224; 3.540.000 livres turques, soit environ 80 millions. Sur les 28.815.000 livres turques d&#233;pens&#233;es, 8 millions, soit le tiers, ont &#233;t&#233; engloutis par le minist&#232;re de la Guerre. Les minist&#232;res de l'Instruction publique, du Commerce, de l'Agriculture, etc. ont repr&#233;sent&#233; des sommes d&#233;risoires. Et, par-dessus tout, le nouveau gouvernement a pr&#233;sent&#233; un projet n&#233;cessitant 25 millions de livres turques, soit 375 millions de francs, pour r&#233;tablir la marine turque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la nouvelle Turquie appara&#238;t aux yeux des masses comme un gouvernement dispendieux mena&#231;ant le pays de nouveaux imp&#244;ts et de nouvelles cotisations. Cela n'est pas de nature &#224; inspirer la popularit&#233;. Surtout en ce qui concerne la classe ouvri&#232;re, le gouvernement a fait preuve de la plus noire ingratitude. Bien que ce soit uniquement gr&#226;ce &#224; l'appui des ouvriers, de ceux de la corporation des portiers [A] en particulier, qu'il ait pu imposer &#224; l'Autriche le paiement d'une indemnit&#233; de 60 millions de francs, il a refus&#233; de les d&#233;dommager m&#234;me de cette partie de leur salaire perdu. Bien plus, la premi&#232;re loi du travail du nouveau gouvernement &#233;tait une loi dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re en enlevant &#224; une large cat&#233;gorie d'ouvriers le droit de se regrouper. Tel est le texte de la loi annonc&#233; publiquement par le minist&#232;re du Commerce et des Travaux publics dans une circulaire au mois d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est &#233;tabli en principe que les employ&#233;s des services officiels et ceux qui administrent la Dette publique (et les Accises qui en font partie) ne peuvent pas faire gr&#232;ve. Par analogie, les employ&#233;s et les ouvriers des services publics tels que les chemins de fer, les ports, les docks, les tramways, l'eau, le gaz et l'&#233;clairage &#233;lectrique, de m&#234;me que les employ&#233;s du gouvernement imp&#233;rial, ne peuvent pas non plus faire gr&#232;ve si cela porte pr&#233;judice &#224; l'int&#233;r&#234;t public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs souhaitaient ainsi faire de la Turquie un paradis terrestre pour le capitalisme cosmopolite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me probl&#232;me auquel les Jeunes Turcs ont d&#251; faire face mais qu'ils ont &#233;galement &#233;t&#233; incapables de r&#233;soudre &#233;tait celui des nationalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de chercher dans les milieux chr&#233;tiens d&#233;mocratiques un appui contre le parti r&#233;actionnaire turc, ils les ont syst&#233;matiquement exclus du gouvernement. Ils n'ont m&#234;me pas eu le courage moral d'enr&#244;ler les chr&#233;tiens dans l'arm&#233;e, alors que c'est une mesure qu'ils pourraient introduire sans autorisation parlementaire sp&#233;ciale, puisque cet enr&#244;lement est d&#233;j&#224; pr&#233;vu par la Constitution de 1876.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;trang&#232;re des Jeunes Turcs ne fut pas plus fructueuse que leur politique int&#233;rieure. Elle &#233;tait impr&#233;gn&#233;e d'un sentiment ultra nationaliste qui faisait le jeu des chauvins des pays balkaniques, comme la Bulgarie, qui ne cherchaient qu'un pr&#233;texte pour encourager les difficult&#233;s du nouveau r&#233;gime turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne parle pas ici de toute une s&#233;rie de mesures vexatoires dirig&#233;es contre la presse, les r&#233;unions publiques et les groupements politiques qui ont provoqu&#233; m&#234;me parmi les Jeunes Turcs une scission en deux comit&#233;s : &#171; L'Union et le Progr&#232;s &#187; et &#171; L'Union Lib&#233;rale &#187;, si bien exploit&#233;e par le parti de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs ne sont aujourd'hui qu'une minorit&#233; qui cherche &#224; imposer &#224; la Turquie un nouveau r&#233;gime par la dictature. Mais pour une telle entreprise, le courage physique ne suffit pas, il faut un courage moral que seuls les grands mouvements populaires donnent. Dans la mesure o&#249; les Jeunes Turcs ne sauront pas trouver le moyen de s'attacher les masses musulmanes et chr&#233;tiennes, leur tentative sera condamn&#233;e &#224; un &#233;chec certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note du traducteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Je ne sais pas exactement ce que signifie &#171; corporation des portefaix &#187; . Je pense que cela pourrait d&#233;signer les employ&#233;s du minist&#232;re des Finances. &#8211; RH&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1909/05/15.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1909/05/15.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8864</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8864</guid>
		<dc:date>2026-06-07T22:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Indon&#233;sie &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indon&#233;sie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en 1949. Le courant nationaliste bourgeois de Soekarno, le parti national, est loin d'&#234;tre le seul. Bien que d&#233;capit&#233; par une r&#233;pression f&#233;roce des hollandais lors de l'insurrection de 1928 le PKI, le parti communiste est au moins aussi puissant et beaucoup plus influent dans la classe ouvri&#232;re. Sa strat&#233;gie est le soutien total &#224; Soekarno au point que le parti communiste met toute son &#233;nergie freiner la lutte des ouvriers et des paysans, &#224; emp&#234;cher les occupations d'usines, et de terres des plantations &#233;trang&#232;res et des grands propri&#233;taires, &#224; justifier le rachat des propri&#233;t&#233;s nationalis&#233;es par l'Etat, &#224; justifier le d&#233;sarmement des travailleurs et la formation de l'arm&#233;e bourgeoise. Rapidement les forces nationalistes se trouvent circonscrites dans l'&#238;le de Java, la plus peupl&#233;e. Mais m&#234;me l&#224;, une insurrection populaire partie de Madium conteste le pouvoir de Soekarno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti communiste, bien que r&#233;ticent &#224; mener une politique offensive contre la bourgeoisie nationaliste, est port&#233; &#224; la t&#234;te de l'insurrection par les masses populaires. Celle-ci fut noy&#233;e dans le sang par l'arm&#233;e de Soekarno et les militants du parti communiste sont pourchass&#233;s. Un avant go&#251;t de ce qui allait se passer des ann&#233;es plus tard o&#249; cette m&#234;me arm&#233;e assassinera le parti communiste indon&#233;sien qui &#233;tait le plus grand parti communiste de tous les pays du bloc non communiste, faisant en trois mois un v&#233;ritable massacre, des centaines de milliers de victimes, dans les rangs de ce parti qui comptait 15 millions de membres en comptant toutes les associations qu'il dirigeait. Un parti communiste qui avait pourtant &#233;t&#233; &#224; nouveau un soutien sans faille au r&#233;gime nationaliste qui cependant n'&#233;tait qu'une f&#233;roce dictature qui s'est content&#233;e de faire passer l'exploitation p&#233;troli&#232;re de la compagnie Shell &#224; la Standard Oil et de surexploiter violemment la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article448&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article448&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En Indon&#233;sie, il a fallu &#233;craser pendant plusieurs semaines Sourabaya sous les bombes, en massacrant des milliers de femmes et d'enfants, pour venir &#224; bout de la r&#233;sistance des travailleurs. Maintenant, &#034;la situation se g&#226;te &#224; l'int&#233;rieur de Java&#034; (Monde, 30-11-45). Et cela, malgr&#233; que le gouvernement hollandais ait &#034;appr&#233;ci&#233; l'esprit de conciliation qui se fait jour, soit dans le cabinet Soekarno, soit dans d'autres milieux r&#233;publicains influents&#034; (Monde, 30-10-1945).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Calcutta, pour protester contre le proc&#232;s fait aux officiers de l'&#034;Arm&#233;e Nationale Indoue&#034;, &#034;20.000 employ&#233;s des services publics se sont mis en gr&#232;ve&#034; (Monde, 24-11-45) ; &#034;les manifestations organis&#233;es par les &#233;tudiants... ont fait 300 victimes civiles. Quarante policiers et 26 soldats am&#233;ricains ont, en outre, &#233;t&#233; bless&#233;s&#034; (Monde, 27-11-45). Et cela, malgr&#233; Gandhi et sa th&#233;orie de la non-violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/malakka/works/1948/05/malakka1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/malakka/works/1948/05/malakka1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution indon&#233;sienne est politique, sociale et nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;volution en Indon&#233;sie ! Dans le journal communiste L'Humanit&#233;, une br&#232;ve, le 29 septembre 1945 : &#034;Vers l'ind&#233;pendance de l'Indon&#233;sie. Batavia, 28 septembre. Le mouvement d'ind&#233;pendance d&#233;clench&#233; il y a quelques jours &#224; Java tend &#224; gagner toute l'Indon&#233;sie. Il a l'appui des masses ouvri&#232;res d'Australie qui ont organis&#233; de nombreuses manifestations dans les grandes villes de l'&#238;le.&#034; Java, les Pays-Bas, l'Australie, et plus loin encore : la r&#233;volution indon&#233;sienne, c'est une histoire mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une r&#233;volution en contexte colonial ? Se r&#233;volter pour renverser l'ordre &#233;tabli est une chose, se r&#233;volter contre une puissance coloniale en est une autre&#8230; La r&#233;volution indon&#233;sienne r&#233;pond &#224; un double enjeu, puisqu'elle proc&#232;de &#224; la fois d'un mouvement nationaliste et r&#233;publicain, et d'une volont&#233; d'ind&#233;pendance face au pouvoir colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/revolution-indonesienne-fini-la-java-pour-les-bataves-5998624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/revolution-indonesienne-fini-la-java-pour-les-bataves-5998624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1948 &#224; 1965, l'Indon&#233;sie est le th&#233;&#226;tre de plusieurs mouvements insurrectionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1948, des militaires sympathisants du Partai Komunis Indonesia (PKI, le parti communiste indon&#233;sien) occupent la ville de Madiun &#224; Java oriental. L'insurrection sera r&#233;prim&#233;e en deux semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Indon%C3%A9sie#Occupation_japonaise_des_Indes_n%C3%A9erlandaises_et_proclamation_de_l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Indon%C3%A9sie#Occupation_japonaise_des_Indes_n%C3%A9erlandaises_et_proclamation_de_l&lt;/a&gt;'ind%C3%A9pendance_de_l'Indon%C3%A9sie_(1942-1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_indon%C3%A9sien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_indon%C3%A9sien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des Papous d'Indon&#233;sie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/en-indonesie-la-revolte-meconnue-des-papous&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/en-indonesie-la-revolte-meconnue-des-papous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inde-Pakistan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les anglais. Le mouvement nationaliste de Gandhi appelle les masses au pacifisme sous des pr&#233;textes philosophiques. N'oublions pas que cette philosophie n'avait pas emp&#234;ch&#233; Gandhi de choisir d'appeler les Indiens &#224; soutenir l'effort de guerre de l'imp&#233;rialisme britannique pendant la premi&#232;re guerre mondiale. Par contre, la mont&#233;e du mouvement ind&#233;pendantiste avant guerre va le contraindre &#224; une position plus radicale. En octobre 1939, 90 000 ouvriers d'industrie de Bombay participent &#224; une gr&#232;ve politique contre la guerre qui va obliger le parti du congr&#232;s &#224; une petite d&#233;claration de non coop&#233;ration &#224; la guerre aux c&#244;t&#233;s des anglais. C'est seulement en 1941 qu'il peut &#224; nouveau offrir sa coop&#233;ration &#224; l'effort de guerre anglais. Mais, de 1942 &#224; 1944, l'imp&#233;rialisme anglais ne veut qu'&#233;craser le mouvement nationaliste et pratique des arrestations massives de ses dirigeants comme des militants plus radicaux. Et ce jusqu'&#224; la fin de la guerre. C'est pour n&#233;gocier avec eux de leur donner le pouvoir &#224; l'ind&#233;pendance que l'imp&#233;rialisme anglais les fait lib&#233;rer en 1945. L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation en Grande-Bretagne d'un gouvernement travailliste, &#224; la suite des &#233;lections de l'&#233;t&#233; 1945, n'acc&#233;l&#232;re pas l'accession de l'Inde &#224; l'ind&#233;pendance. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers mois de l'ann&#233;e 1946 sont marqu&#233;s par deux &#233;v&#233;nements qui influencent s&#233;rieusement l'&#233;volution &#224; venir : la tenue des &#233;lections aux assembl&#233;es l&#233;gislatives et d'importants soul&#232;vements dans la Royal Indian Navy. Aux &#233;lections aux assembl&#233;es provinciales (&#233;lections toujours tenues sur une base censitaire et auxquelles ne peuvent participer que 11% de la population), le Congr&#232;s obtient 930 si&#232;ges (et 55,5 &#249; des voix) et la Ligue musulmane obtient 427 des 507 si&#232;ges destin&#233;s aux musulmans. (&#8230;) ces &#233;lections mettent en lumi&#232;re le caract&#232;re &#171; repr&#233;sentatif &#187; de ces organisations mais ne suffisent pas &#224; inciter le gouvernement britannique &#224; prendre l'initiative de nouvelles discussions sur le probl&#232;me de l'ind&#233;pendance indienne. Cependant, depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1597&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colonisateurs anglais constatant qu'il y a un mouvement r&#233;volutionnaire irr&#233;sistible, pr&#233;f&#232;rent c&#233;der le pouvoir d'eux-m&#234;mes aux bourgeois nationalistes du Congr&#232;s avec lesquels ils tentent des accords pour conserver leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques plut&#244;t que de risquer que les masses populaires ne s'embrasent. Le travailliste, le major Attlee qui a succ&#233;d&#233; &#224; Churchill d&#233;clare qu'il craint un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire des masses en Inde et c'est comme cela qu'il obtient tr&#232;s rapidement l'accord de la bourgeoisie anglaise pour c&#233;der &#224; toute vitesse l'ind&#233;pendance ce que l'Angleterre n'envisageait absolument pas un an plus t&#244;t. En octobre 1946 il explique &#224; la chambre que tout retard dans l'accession &#224; l'ind&#233;pendance provoquera des graves troubles r&#233;volutionnaires selon le compte rendu de la mission minist&#233;rielle qu'il a envoy&#233;e sur place et que selon lui il sera inutile et impossible d'amener suffisamment de renforts sur place. Il est certain que la population anglaise qui r&#233;clamait d'abord et avant tout sa d&#233;mobilisation et qui venait de faire chuter Churchill le repr&#233;sentant de tous les sacrifices consentis au nom de l'effort de guerre ne se sentait pas pr&#234;te &#224; verser son sang pour lutter contre la population de l'Inde soulev&#233;e. Et en f&#233;vrier 47 &#224; la chambre des lords Pethic-Lawrence d&#233;clare que l'on a d&#233;j&#224; trop tard&#233; que selon ses termes &#171; il existe en Inde une situation et un danger r&#233;volutionnaire extr&#234;me, que si le transfert du pouvoir ne s'effectue pas &#224; bref d&#233;lai la r&#233;volution dont l'&#233;ruption a &#233;t&#233; momentan&#233;ment retard&#233;e par l'annonce de la pr&#233;paration de l'ind&#233;pendance par la mission minist&#233;rielle &#233;clatera in&#233;vitablement &#187;. L'exemple Birman montre toute l'utilit&#233; d'aller vers l'ind&#233;pendance qui a permis en janvier 1947 un rapprochement entre l'Angleterre et le nationaliste Ang San ce qui leur a permis de casser l'alliance entre les nationalistes mod&#233;r&#233;s et radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses, hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons l'ouvrage de Charles Bettelheim &#171; L'Inde ind&#233;pendante &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social. A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social. A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONFLIT HINDO-MUSULMAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(EXTRAIT DU &#034;SOCIALIST APPEAL&#034; ORGANE DU R.C.P. ANGLAIS (IV&#232;me INTERNATIONALE), MI-OCTOBRE 1946)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t vit le d&#233;but de l'une des pires &#233;meutes religieuses de l'histoire de l'Inde. Quoique presque enti&#232;rement confin&#233;s &#224; Calcutta et &#224; Bombay, des milliers d'hommes furent tu&#233;s et des dizaines de milliers bless&#233;s dans les conflits hindo-musulmans directement inspir&#233;s par la Ligue Musulmane de Jinnah, en signe de protestation contre la formation d'un gouvernement issu du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rues de Calcutta sont jonch&#233;es de cadavres et les h&#244;pitaux sont bond&#233;s de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enti&#232;re responsabilit&#233; de ce massacre retombe sur Jinnah et la Ligue musulmane qui ont, par leurs appels &#224; &#034;l'action directe&#034;, dress&#233; les musulmans contre les hindous. Ils ont fait le jeu de l'imp&#233;rialisme britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination anglaise, principale cause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la domination britannique est la cause principale des antagonismes religieux qui r&#232;gnent aux Indes &#224; l'heure actuelle. Avant l'&#233;tablissement du vice-roi, les luttes hindo-musulmanes de cette sorte &#233;taient pratiquement inconnues. Les guerres d'Etat &#224; Etat ont pu avoir des meneurs hindous ou musulmans, mais les soldats sortis des deux communaut&#233;s combattaient aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre. Les dirigeants musulmans employaient souvent des Hindous &#224; des hautes responsabilit&#233;s, de m&#234;me que les dirigeants hindous employaient des Musulmans. Il est aussi vrai que dans les Etats o&#249; la domination anglaise ne se manifeste qu'indirectement, les luttes religieuses &#233;taient comparativement rares jusqu'&#224; ces derniers temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Diviser pour r&#233;gner ! doit &#234;tre la devise de notre administration des Indes&#034;, &#233;crivait l'Asiatic Journal en 1821, et en 1858 cette politique fut reprise officiellement par le Gouverneur g&#233;n&#233;ral, lord Elphinstone. Tour &#224; tour, on favorisa les Hindous et les Musulmans, on se servait des uns contre les autres, on enfon&#231;a entre eux un coin d'acier pour emp&#234;cher cette union des opprim&#233;s qui aurait rendu impossible la domination anglaise sur les Indes. Comme le nationalisme commen&#231;ait &#224; faire son chemin parmi les Hindous, l'Angleterre s'en remit de plus en plus aux leaders musulmans et tenta de s'en servir pour arr&#234;ter le d&#233;veloppement du Congr&#232;s National Indien. Au d&#233;but, ces efforts n'eurent que peu de succ&#232;s. Mais au d&#233;but de ce si&#232;cle furent prises deux mesures, qui aiguis&#232;rent beaucoup les relations des deux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re de ces mesures fut la division de la province du Bengale en deux parties, une musulmane et une hindoue. C'&#233;tait un acte d&#233;lib&#233;r&#233; dans le but &#8211; d'apr&#232;s les propres mots du Statesman, principal organe de l'imp&#233;rialisme anglais &#224; Calcutta &#8211; &#034;d'aider la formation dans l'Est du Bengale d'un pouvoir musulman qui aurait pour effet de faire &#233;chec &#224; la force rapidement croissante de la communaut&#233; hindoue &#233;duqu&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde mesure prise fut la cr&#233;ation d'un syst&#232;me &#233;lectoral bas&#233; sur la communaut&#233; religieuse. Comme cons&#233;quence directe, l'attention du peuple fut d&#233;tourn&#233;e des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques communs et concentr&#233;e sur des futilit&#233;s comme la repr&#233;sentation accord&#233;e &#224; chaque communaut&#233;. Une repr&#233;sentation privil&#233;gi&#233;e fut donn&#233;e aux Musulmans dans le but d'enfoncer encore plus profond&#233;ment le coin entre les deux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base &#233;conomique et sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Bengale et le Punjab -provinces de population en majorit&#233; musulmane et comprises dans la proposition du &#034;Pakistan&#034; de Jinnah- les propri&#233;taires, les usuriers et les marchands les plus riches sont hindous, tandis que la majorit&#233; des Musulmans sont de pauvres paysans, et leurs d&#233;biteurs. L&#224; les combats des paysans musulmans contre leurs exploiteurs hindous sont aussi pr&#233;sent&#233;s dans la presse imp&#233;rialiste comme des &#034;troubles religieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, durant les luttes ouvri&#232;res dans les grandes usines de Bombay et de Calcutta, les patrons hindous n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; faire appel &#224; des jeunes Musulmans pour briser la gr&#232;ve de leurs ouvriers hindous. L'action des gr&#233;vistes &#224; travers les piquets de gr&#232;ve est aussi rapport&#233;e comme &#034;troubles religieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi une grande rivalit&#233; entre les intellectuels hindous et musulmans des classes moyennes dans la recherche des emplois (fonctionnaires, etc...)&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, le terrain est favorable aux agents provocateurs qui ont avec succ&#232;s attis&#233; des antagonismes latents. Il est indiscutable que la bourgeoisie hindoue, repr&#233;sent&#233;e principalement par le Congr&#232;s, a beaucoup appris de l'imp&#233;rialisme anglais et n'est pas plus g&#234;n&#233;e que celui-ci pour provoquer des troubles religieux si cela sert ses fins. Ainsi, durant les &#233;meutes du mois d'ao&#251;t, un conflit fut instigu&#233; aux filatures de coton de Birla, propri&#233;t&#233; du plus gros capitaliste hindou, un des principaux soutiens du Congr&#232;s. Les tra-vailleurs de Birla ont un pass&#233; de luttes h&#233;ro&#239;ques et l'on esp&#233;rait, en dressant les tra-vailleurs hindous contre les travailleurs musulmans, d&#233;truire l'unit&#233; de classe des travailleurs. Cet essai &#233;choua et les provocateurs ont satisfait leur soif de sang en molestant un certain nombre de Musulmans isol&#233;s, ce qui finit par une tuerie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs musulmans viennent en aide aux Hindous&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, un des caract&#232;res des &#233;meutes de Bombay et de Calcutta &#8211; sur lequel la presse capitaliste a gard&#233; le silence &#8211; fut la discipline des travailleurs qui refus&#232;rent malgr&#233; les provocations de participer &#224; la tuerie. A Oriya, 600 et plus, travailleurs hindous furent massacr&#233;s. Des travailleurs musulmans se port&#232;rent &#224; leur secours, mais furent eux-m&#234;mes &#233;cras&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les actes de violence sont presque enti&#232;rement l'&#339;uvre de provocateurs &#224; gages, la population n'y prenant qu'une faible part. En fait, pour obtenir quelque appui parmi les travailleurs musulmans, Jinnah a d&#251; faire usage de slogans anti-imp&#233;rialistes, et il tente m&#234;me de d&#233;peindre sa campagne pour le &#034;Pakistan&#034; comme une arme contre l'&#034;Hindou enti&#232;rement vendu&#034;. Comme le prouvent les &#233;lections dans les territoires purement musulmans comme la province du nord-ouest &#8211; o&#249; le Congr&#232;s a obtenu une bonne majorit&#233; des votes &#8211; les pr&#233;tentions de Jinnah &#224; repr&#233;senter les masses musulmanes sont des mensonges manifestes. Dans la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale et pour de meilleures conditions de vie, les travailleurs musulmans et hindous combattent coude &#224; coude le principal ennemi : l'imp&#233;rialisme anglais.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cette unit&#233; croissante de la classe travailleuse des deux communaut&#233;s &#8211; dans les Syndicats et les Ligues paysannes &amp;&#034;8211 ; qui est redout&#233;e non seulement des imp&#233;rialistes anglais, mais aussi des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers hindous et musulmans. Dans cette unit&#233;, ils voient non seulement la fin de la domination anglaise, mais la fin de tous les exploiteurs. Pour sauver leurs profits et leur peau, ils doivent perp&#233;tuer les rivalit&#233;s religieuses. &#034;Diviser pour r&#233;gner&#034; demeure toujours leur maxime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les patrons craignent l'union des ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crainte de la toute-puissance des centaines de millions de travailleurs est la raison de l'entente de Gandhi et Nehru, les repr&#233;sentants de la bourgeoisie nationale, avec l'imp&#233;rialisme anglais : partager le pouvoir et partager les profits. La bourgeoisie des Indes n'a pas moins besoin que le Capital financier anglais des troupes britanniques pour &#034;pr&#233;server l'ordre&#034; aux Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est justement cette exploitation commune qui soude les ouvriers et les paysans hindous et musulmans en une union de plus en plus &#233;troite. Dans les syndicats ouvriers et les syndicats paysans il n'y a qu'ouvriers et paysans, sans aucune distinction entre Hindous et Musulmans. Ici il n'y a pas d'&#233;lectorat diff&#233;rent selon les religions. Ils sont li&#233;s par leurs besoins &#233;conomiques et sociaux communs et leur combat commun pour de meilleures conditions de vie. Pour se lib&#233;rer de l'exploitation des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers, ils forgent unes des armes qui conduira l'Inde vers une v&#233;ritable &#233;mancipation nationale et lui fera prendre sa place comme nation socialiste dans un monde socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/12/ldc78_120746.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/12/ldc78_120746.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indochine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE QUI L'INDOCHINE DOIT-ELLE SE LIBERER ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a mis a l'ordre du jour le &#034;trusteeship&#034;, moyen par lequel celui-ci veut s'assurer le contr&#244;le des colonies du monde entier, le gouvernement fran&#231;ais a &#034;r&#233;v&#233;l&#233;&#034; ses intentions de transformer l'ancien syst&#232;me colonial en une &#034;Union fran&#231;aise&#034;. Les capitalistes fran&#231;ais cherchent, face aux revendications de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, &#224; rallier les ouvriers fran&#231;ais &#224; une politique colonialiste &#034;style nouveau&#034;, celle du &#034;bon patron&#034;, du &#034;bon collaborateur&#034;. Cette propagande, qui concerne surtout l'Indochine ne repr&#233;sente cependant qu'une nouvelle hypocrisie, parce que ce n'est pas au moyen de phrases nouvelles qu'on peut changer quelque chose &#224; un syst&#232;me qui, pour &#234;tre &#034;am&#233;lior&#233;&#034;, demande &#224; &#234;tre aboli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot m&#234;me de colonisation est synonyme de surexploitation, de vol et de terreur. C'est sur cette base que l'imp&#233;rialisme fonde sa force. C'est de l&#224; aussi qu'il tire les surprofits &#224; l'aide desquels il corrompt les &#034;chefs&#034; du mouvement ouvrier officiel, et entretient le lourd et co&#251;teux appareil de r&#233;pression que les travailleurs de la M&#233;tropole voient se dresser devant eux d&#232;s qu'ils entrent en lutte contre leurs exploiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que les capitalistes ont fait en Indochine&lt;br class='autobr' /&gt;
En occupant le pays, ils ne l'ont pas &#233;lev&#233; en bloc &#224; un niveau de vie et de culture sup&#233;rieur. Bien au contraire, ils ont pris sous leur protection et se sont appuy&#233;s sur la couche exploiteuse indig&#232;ne la plus ha&#239;e et la plus r&#233;trograde : la f&#233;odalit&#233;, toute puissante chez les peuplades arri&#233;r&#233;es du Laos et du Cambodge, et dont les restes, en pays annamite, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s de la liquidation compl&#232;te par l'administration fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Directement et par son interm&#233;diaire, les capitalistes fran&#231;ais pressurent et &#233;cr&#232;ment le pays de ses richesses. Les b&#233;n&#233;fices qu'ils en extraient sont tels qu'il leur est possible de c&#233;der des &#034;miettes&#034; importantes &#224; cette mince couche indig&#232;ne privil&#233;gi&#233;e dont ils ont fait une bande de gouverneurs, d'administrateurs et de fonctionnaires-bureaucrates, valets de l'imp&#233;rialisme, formant ce qu'on appelle le mandarinat.&lt;br class='autobr' /&gt;
En qualit&#233; de mandarins, ils d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de leurs puissants ma&#238;tres et soutiens, et leurs int&#233;r&#234;ts propres, ceux des propri&#233;taires fonciers.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe laborieuse indochinoise se trouve ainsi doublement exploit&#233;e, l'exploitation capitaliste sans frein venant s'ajouter &#224; l'exploitation terrienne f&#233;odale. Aussi, comme celle de tous les autres peuples coloniaux, a-t-elle un standard de vie bien inf&#233;rieur au minimum vital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi un ouvrier agricole ne gagne qu'un litre de riz ou 1 franc par journ&#233;e de travail de 12 heures &#8211; rien de plus, sauf un &#034;repas&#034; &#224; midi pour chaque journ&#233;e de travail effective, et un lopin de terre avec une habitation mis&#233;rable fourni par le propri&#233;taire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysan ne peut tirer de l'exploitation de sa parcelle de quoi se nourrir et se v&#234;tir, s'il veut payer ses imp&#244;ts : imp&#244;t individuel de 35 frs, ce qui repr&#233;sente un mois de travail, imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034;, taxe sur chaque pied de tabac, sur chaque oranger, etc... qui frappe d'autant plus lourdement l'exploitation agricole qu'elle est plus petite. Et s'il survient une inondation (assez fr&#233;quente dans le delta tonkinois), si la r&#233;colte est ravag&#233;e, mais que la bicoque ne s'en aille pas compl&#232;tement &#224; l'eau et que son buffle (le cheval en France) lui reste, il faudra que le petit paysan trime encore plus dur pour payer quand m&#234;me ses imp&#244;ts, pour &#233;viter la perquisition, la confiscation de ce qui lui reste ou l'emprisonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des ouvriers n'est pas moins terrible. Ceux des plantations de caoutchouc, th&#233; et caf&#233;, sont pour la plupart nourris et log&#233;s par les patrons dans la d&#233;pendance compl&#232;te desquels ils sont ainsi plac&#233;s. La maladie les frappe d'autant plus durement que les r&#233;gions de plantations sont de climat tr&#232;s dangereux, surtout pour des travailleurs sous-aliment&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier d'usine sp&#233;cialis&#233; gagne de 5 &#224; 10 frs par jour mais il y en a bien peu. La plupart sont des ouvriers non sp&#233;cialis&#233;s dont le salaire ne d&#233;passe pas 2,50 &#224; 3 frs maximum par jour. Quant &#224; l'ouvri&#232;re, avec 1,50 fr par journ&#233;e de travail de plus de 10 h, elle doit pour vivre chercher &#224; compl&#233;ter ce salaire d&#233;risoire. Hano&#239;, capitale du Tonkin, est ainsi renomm&#233;e... pour sa place au 4&#232;me rang dans le monde, dans le &#034;domaine&#034; de la prostitution ! Voil&#224; la civilisation colonisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mille extorsions s'abattent sur la population, dont les plus connues sont peut-&#234;tre celles d&#233;coulant de la r&#233;gie du sel et de celle de l'alcool.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le sel exploit&#233; est vendu obligatoirement &#224; l'Etat, au prix de 20 centimes ou 30 centimes le kilo, et celui-ci le revend 70 centimes &#224; la population &#8211; y compris &#224; l'ouvrier des salineries. Comment appeler cela autrement que de l'escroquerie ? La population n'a pas non plus le droit de fabriquer de l'alcool de riz pour sa consommation. Un service de douane sp&#233;cial a &#233;t&#233; form&#233; pour la lutte contre la fabrication en fraude, et le fraudeur doit payer une amende bien sup&#233;rieure &#224; tous ses biens. Pourquoi cela ? C'est que l'alcool de riz est vendu &#224; la population &#224; des tarifs &#034;r&#233;mun&#233;rateurs&#034; par l'administration fran&#231;aise qui, dans certaines r&#233;gions, oblige les autorit&#233;s indig&#232;nes &#224; &#233;couler des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; encore la colonisation civilisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La terreur polici&#232;re compl&#232;te et maintient ce r&#233;gime d'exploitation sans borne. Un Indochinois n'a pas le droit de circuler librement dans son pays et les voyages &#224; l'&#233;tranger ne sont autoris&#233;s que par faveur, apr&#232;s un s&#233;rieux examen de la vie du candidat &#8211; sauf lorsque des milliers et des milliers de travailleurs sont arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller rejoindre les travailleurs de la M&#233;tropole et mourir avec eux pour le profit des capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#034;ordre&#034;, c'est-&#224;-dire la dictature arbitraire des capitalistes, est assur&#233; par des soldats marocains, s&#233;n&#233;galais, la L&#233;gion et une poign&#233;e de policiers indig&#232;nes. En revanche de nombreux corps d'infanterie indochinoise sont envoy&#233;s pour d&#233;fendre le m&#234;me &#034;ordre&#034;, dans toutes les possessions fran&#231;aises d'Afrique, de Chine, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, la r&#233;pression de tout mouvement nationaliste et r&#233;volutionnaire est impitoyable. Le moindre mouvement est qualifi&#233; de &#034;communiste&#034; &#8211; la bourgeoisie conna&#238;t son ennemi &#8211; et aussit&#244;t l'appareil de r&#233;pression entre en action. Les prisonniers politiques sont gard&#233;s par des soldats recrut&#233;s parmi les peuplades arri&#233;r&#233;es des hautes montagnes de l'int&#233;rieur, et soumis aux pires traitements. Les m&#233;thodes de torture sont tr&#232;s &#034;efficaces&#034; : piq&#251;res d'aiguilles sous les ongles, attache du &#034;coupable&#034; par les deux pouces du pied &#224; un poteau o&#249; on le laisse se dess&#233;cher au soleil, ingurgitation d'eau sal&#233;e pour provoquer la soif, enfoncement d'une tige de fer dans la verge, et mille autres proc&#233;d&#233;s aussi sauvages, bien dignes des capitalistes. Nourris de riz m&#233;lang&#233; &#224; du poisson pourri, 99% des prisonniers sont ainsi r&#233;duits &#224; la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oppression sans phrases est combin&#233;e avec la mascarade parlementaire. Mais 40.000 Fran&#231;ais envoient au Parlement indochinois deux fois plus de d&#233;put&#233;s que 27.000.000 d'indig&#232;nes, et encore la presque totalit&#233; des candidatures &#233;lectorales sont-elles choisies par le gouvernement : riches propri&#233;taires fonciers, industriels, etc..., qui d'ailleurs n'ont souvent qu'une connaissance incompl&#232;te de la langue fran&#231;aise. Lorsque le jeu des &#034;combines&#034; &#233;lectorales n'arrive pas compl&#232;tement &#224; emp&#234;cher les masses travailleuses de l'Indochine ; de se faire entendre, leur volont&#233; s'exprime par l'envoi de repr&#233;sentants communistes, tels Tran-Van-Trach et Ta-Thu-Thau, candidats de la IV&#232;me Internationale &#233;lus &#224; Sa&#239;gon en 1939, sous l'occupation japonaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quatre ans, deux camps imp&#233;rialistes oppriment &#233;conomiquement et nationalement le peuple indochinois. L'occupation japonaise, avec sa dictature capitaliste-f&#233;odale n'a pas permis &#224; la classe laborieuse indochinoise d'obtenir un niveau de vie plus &#233;lev&#233;. La classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; pouss&#233;e fr&#233;n&#233;tiquement au travail pour industrialiser l'Indochine (voies de communication, usines) ; ainsi s'est &#233;largie la base du mouvement prol&#233;tarien et se pr&#233;parent des contradictions futures plus terribles entre l'Indochine et la M&#233;tropole. Cette industrialisation n'est pas sans profiter aux capitalistes fran&#231;ais Ainsi la Compagnie des Tramways Indochinois continua pendant l'occupation &#224; verser des dividendes &#224; ses actionnaires et les Raffineries d'Indochine r&#233;alis&#232;rent en 1941 (derniers bilans publi&#233;s) le coquet b&#233;n&#233;fice de 9.541.158 frs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s sont rest&#233;s dans les bagnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour obtenir l'appui du peuple dans la guerre, l'imp&#233;rialisme japonais a proclam&#233; &#034;l'ind&#233;pendance&#034; de l'Annam, en flattant ainsi l'esprit nationaliste entretenu par l'occupation &#233;trang&#232;re. De son c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais proclame la cr&#233;ation d'une &#034;Union fran&#231;aise&#034; accordant aux Indochinois pour l'avenir et aux &#034;&#233;lites&#034;, c'est-&#224;-dire aux classes riches, propri&#233;taires fonciers et capitalistes, certains droits, et l'espoir de places lucratives dans l'administration ou le gouvernement (d&#233;put&#233;s). En m&#234;me temps il est vrai, il fait propager l'id&#233;e que &#034;tous les territoires ayant appartenu &#224; leurs possesseurs naturels&#034; doivent leur &#234;tre &#034;rendus le plus t&#244;t possible&#034;. Et dans ce nombre... l'Indochine qui certainement, devrait &#234;tre rendue &#224; la France.&#034; (D&#233;claration de M. Fraser &#224; l'A.F.P., 30/3/45).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, de quelque c&#244;t&#233; qu'ils se tournent, les travailleurs indochinois ne voient que des pillards qui se r&#233;clament &#224; grands cris de leur droit &#034;naturel&#034; &#224; les mettre en coupe r&#233;gl&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des Indochinois en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'en 1939 &#233;clata la deuxi&#232;me guerre de pillage mondial, 25.000 Indochinois, pour la plupart des paysans, furent arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller travailler en France dans l'industrie de guerre, poudreries et arsenaux, o&#249; ils accomplirent les travaux les plus dangereux et les plus malsains, c&#244;te &#224; c&#244;te avec d'autres ouvriers coloniaux (arabes notamment) &#8211; 15.000 restent encore d&#233;port&#233;s en France, parce que la guerre a emp&#234;ch&#233; leur rapatriement. Et l'Etat &#8211; c'est-&#224;-dire les capitalistes &#8211; r&#233;alise sur eux de gros b&#233;n&#233;fices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces exil&#233;s vivent en camps, soumis &#224; l'arbitraire le plus complet et &#224; une discipline terroriste qui, comme &#224; Bergerac, comprend souvent des s&#233;vices sanglants. Leur approvisionnement est le m&#234;me en principe que celui de la population civile, mais, &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le de la part des int&#233;ress&#233;s, il est &#034;&#233;cr&#233;m&#233;&#034; successivement par les commandants de L&#233;gion, de Groupements, de Compagnies, puis par toute la s&#233;quelle des &#034;sous-officiers&#034;, des chefs cuisiniers et cuisiniers, qui s'engraissent de la famine des requis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tandis que, d'une ann&#233;e sur l'autre, les travailleurs doivent se contenter de rebuffades et de promesses, leurs dignes chefs sont en mesure de fournir v&#234;tements et brodequins &#224; leurs amis et connaissances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'importe qu'il g&#232;le en hiver, et que la tuberculose (60% des morts &#224; l'h&#244;pital indochinois de Marseille) d&#233;cime les effectifs ! L'important, pour les marchands d'esclaves, c'est que &#034;&#231;a rende&#034;, c'est-&#224;-dire que la sueur et le sang des travailleurs se transforment entre leurs mains en &#034;bon argent&#034; et grasses richesses. Aussi pressions et vexations s'abattent sur les camps, pour pousser au rendement : diminution des rations des malades, comme &#224; Salin-de-Giraud (Bouches du Rh&#244;ne), pour les obliger &#224; retourner sur le chantier, travail le dimanche &#034;en pr&#233;vision des jours de pluie&#034; comme &#224; la Soci&#233;t&#233; de Gadones, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et malheur &#224; qui tombe malade ! L'h&#244;pital le Dantec de Marseille, le &#034;Tombeau des Indochinois&#034;, l'attend. Au train o&#249; vont les choses, d'ici quelques ann&#233;es, deux bateaux suffiront &#224; rapatrier les survivants des 15.000 d&#233;port&#233;s...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les travailleurs indochinois, les employeurs versent &#224; l'Etat, pour chaque journ&#233;e de travail effective, une moyenne de 65 frs. Mais celui-ci paye aux travailleurs un salaire de famine, et les oblige en m&#234;me temps &#224; d&#233;poser &#224; la caisse d'&#233;pargne 25 &#224; 30% de leur solde mensuelle (40 &#224; 60 frs), &#233;conomies forc&#233;es qui servent &#224; masquer aux yeux des masses la d&#233;tresse des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la barri&#232;re que la diff&#233;rence de langue dresse entre travailleurs fran&#231;ais et indochinois, cette barri&#232;re doit &#234;tre franchie, car il est indispensable aux uns et aux autres d'unir leurs efforts contre leurs exploiteurs capitalistes. Les masses indochinoises &#8211; surtout annamites &#8211; poss&#232;dent une tradition r&#233;volutionnaire riche d'abn&#233;gation et d'h&#233;ro&#239;sme. L'ind&#233;pendance qu'elles d&#233;sirent ne saurait &#234;tre obtenue par les marchandages de mandarins, li&#233;s &#224; l'oppression populaire. Elle ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e, impitoyable, men&#233;e contre les grandes banques, les 200 familles, bref contre les capitalistes. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment la lutte qu'ont &#224; mener aussi les prol&#233;taires fran&#231;ais. Ceux-ci savent bien par exp&#233;rience, qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait &#234;tre un peuple libre, et doit s'attendre &#224; &#234;tre opprim&#233; &#224; son tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des travailleurs indochinois est si terrible que les social-chauvins eux-m&#234;mes n'ont pu garder le silence. Le CCN de la CGT les a assur&#233;s de la &#034;solidarit&#233; ardente des travailleurs de France organis&#233;s dans la CGT&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut faire une r&#233;alit&#233; de cette assurance platonique des bureaucrates chauvins (qui par ailleurs ne disent rien de l'Indochine m&#234;me).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs indochinois exigent :&lt;br class='autobr' /&gt;
En France,&lt;br class='autobr' /&gt;
LA LIBERATION DES TRAVAILLEURS EMPRISONNES DE BERGERAC ET DE BORDEAUX,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ABOLITION DES MESURES D'EXCEPTION ET DU TERRORISME DISCIPLINAIRE DANS LES CAMPS,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE LIBRE EXERCICE DU DROIT SYNDICAL,&lt;br class='autobr' /&gt;
DES SALAIRES QUI LEUR PERMETTENT DE VIVRE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'Indochine,&lt;br class='autobr' /&gt;
LA TERRE AUX PAYSANS,&lt;br class='autobr' /&gt;
LES DROITS POLITIQUES ET SYNDICAUX COMPLETS POUR LES OUVRIERS ET PAYSANS,&lt;br class='autobr' /&gt;
UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE ELUE LIBREMENT PAR LES INDOCHINOIS AU SUFFRAGE UNIVERSEL.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, travailleurs de la M&#233;tropole, devons appuyer et soutenir enti&#232;rement ces revendications et reconna&#238;tre en m&#234;me temps le droit du peuple indochinois &#224; disposer de lui-m&#234;me, y compris le droit de s&#233;paration de la M&#233;tropole (c'est-&#224;-dire des capitalistes fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/05/ldc47s_050845.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/05/ldc47s_050845.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;gon en r&#233;volution en ao&#251;t 1945&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation r&#233;volutionnaire &#233;clata au Vietnam le 16 ao&#251;t 1945 lorsque la capitulation japonaise fut annonc&#233;e. Dans les provinces de Trung Bo, Bac Bo, Sadec et Long Xuyen, les paysans renaissants tu&#232;rent leurs propri&#233;taires et expropri&#232;rent les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le centre de la r&#233;volution &#233;tait Sa&#239;gon. D'&#233;normes manifestations r&#233;clamant l'ind&#233;pendance nationale et la lib&#233;ration de tous les types d'oppression ont eu lieu : de 300 000 le 21 ao&#251;t et d'un million le 25 ao&#251;t. Les slogans des trotskystes pour le pouvoir ouvrier ont gonfl&#233; leurs contingents par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 150 comit&#233;s populaires ont &#233;t&#233; mis en place (cette politique a &#233;t&#233; activement combattue par les trotskystes de l'ICL), le premier &#224; Ban Co le 19 ao&#251;t. Ils ont pris le pouvoir administratif dans de nombreuses banlieues de Saigon, &#224; commencer par Phu Nuan le 19 ao&#251;t. Une conf&#233;rence des comit&#233;s a publi&#233; un programme qui insiste sur le fait que la bourgeoisie nationale sera compl&#232;tement incapable de jouer le r&#244;le d'avant-garde r&#233;volutionnaire, et que seule l'alliance populaire des ouvriers industriels et des travailleurs ruraux sera en mesure de lib&#233;rer la nation des domination des capitalistes &#233;trangers &#187;. Comme dans toutes les situations r&#233;volutionnaires, aucune quantit&#233; d'organisations ou de publications ne pouvait satisfaire la soif de direction politique des masses. Tranh Dau, le journal du groupe Struggle, est devenu quotidien ; l'ICL a, &#224; un moment donn&#233;, publi&#233; des bulletins toutes les trois heures &#224; partir d'un si&#232;ge nouvellement &#233;tabli. Des centaines de comit&#233;s de la jeunesse de l'avant-garde ont &#233;t&#233; mis en place, certains sous la direction stalinienne, qui ont tous d&#233;clar&#233; qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; mourir pour la lib&#233;ration nationale. Les partis bourgeois et petit-bourgeois prolif&#232;rent &#233;galement ; selon un rapport de l'ICL, pas moins de 50 nouveaux ont germ&#233;. Qui contr&#244;lait Saigon ? Les diff&#233;rences entre les diff&#233;rents comptes montrent &#224; quel point la situation &#233;tait volatile. Il est certain que le Front national uni (UNF), qui avait un programme pour l'ind&#233;pendance nationale et comprenait des nationalistes bourgeois, les sectes religieuses Cao Dai et Hoa Hao et la jeunesse de l'avant-garde, a re&#231;u le pouvoir par le gouvernement effondr&#233; de Bao Dai le 14 ao&#251;t, et l'a adopt&#233;. sur le Vietminh une semaine plus tard. John Spencer, un partisan du groupe anti-trotskyste Banda, a r&#233;cemment fait l'all&#233;gation stupide que au moins certains des trotskystes vietnamiens ont particip&#233; &#224; la formation de l'UNF sous les auspices japonais le 14 ao&#251;t 1945 '', un groupement qui &#233;tait ch&#232;rement con&#231;u comme un contrepoids au Vietminh '. (Trotskysme vietnamien et r&#233;volution d'ao&#251;t 1945). Spencer essaie manifestement de donner un poids &#171; savant &#187; au mensonge stalinien, originaire de Ho Chi Minh, selon lequel les trotskystes travaillaient pour les Japonais. Mais au moins un compte rendu faisant autorit&#233; dit que l'UNF &#171; comprenait une petite minorit&#233; communiste &#187;, ainsi que les trotskystes du groupe Struggle. (Communisme vietnamien : ses origines et son d&#233;veloppement, par R. Turner, p. 39). Le m&#234;me r&#233;cit explique comment le dirigeant vietminh Tran Van Giau a arrang&#233; que l'UNF lui c&#232;de le pouvoir par voie de n&#233;gociation. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, un rapport du groupe Lutte au Secr&#233;tariat international de la Quatri&#232;me Internationale (La R&#233;volution d'Ao&#251;t et le Groupe de Lutte, dans les archives de l'ISFI, Biblioth&#232;que de Documentation Internationale Contemporaine, Universit&#233; de Nanterre, Paris) d&#233;clare qu'ils ont propos&#233; aux staliniens un front uni sur la politique d'ind&#233;pendance nationale et de r&#233;forme agraire, ces derniers la refusant &#171; parce qu'ils croyaient pouvoir compter sur l'aide et le respect des Alli&#233;s, pour parvenir &#224; une&#171; r&#233;publique d&#233;mocratique du Vietnam &#187;par des moyens diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, et apr&#232;s que le Vietminh eut pris le contr&#244;le administratif, ils prirent part &#224; des r&#233;unions avec les nationalistes bourgeois - auxquelles les staliniens &#233;taient &#233;galement pr&#233;sents, accusant les trotskystes de &#171; sabotage &#187;. Quelques semaines plus tard, lorsque les troupes britanniques ont &#233;t&#233; accueillies &#224; Sa&#239;gon par les Vietminh, les trotskystes se sont certainement retrouv&#233;s dans une alliance de fait avec les nationalistes bourgeois : tous deux pr&#244;naient la r&#233;sistance arm&#233;e &#224; la r&#233;imposition du contr&#244;le imp&#233;rialiste. (Spencer n'exprime pas sa propre opinion sur la petite question de l'invasion britannique, en s'appuyant sur des citations de diverses sources soutenant le point de vue stalinien qui opposait ceux qui r&#233;sistaient aux Britanniques comme &#233;tant &#171; fous &#187;, &#171; provocateurs &#187; et &#171; ultra-gauches &#187;). Le 22 ao&#251;t, apr&#232;s deux semaines de troubles r&#233;volutionnaires, le Vietminh a tenu une r&#233;union avec des repr&#233;sentants de l'UNF qui ont accept&#233; de c&#233;der le contr&#244;le de la ville. Le 25 ao&#251;t, &#224; 5 heures du matin, jour de la manifestation d'un million de personnes, les Vietminh ont occup&#233; tous les b&#226;timents gouvernementaux et ont officiellement mis en place un &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire de la R&#233;publique du sud du Vietnam &#187;. La politique de cette administration &#233;tait double : maintenir, si possible, la bourgeoisie et la classe fonci&#232;re vietnamiennes chancelantes, et accueillir les troupes alli&#233;es dans des conditions o&#249; un accord serait n&#233;goci&#233; avec elles. Le dirigeant stalinien Tran Van Giau a proclam&#233; que &#171; les libert&#233;s d&#233;mocratiques seront assur&#233;es et garanties par les alli&#233;s d&#233;mocratiques &#187; (cit&#233; dans &#171; Quelques &#233;tapes&#8230; &#187; dans Quatri&#233;me Internationale). Un autre responsable vietminh, Nguyen Van Tao, a &#233;t&#233; plus explicite : &#171; Tous ceux qui ont incit&#233; les paysans &#224; saisir la propri&#233;t&#233; des propri&#233;taires terriens seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis. . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste, qui r&#233;soudra le probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi une telle t&#226;che ne lui incombe pas. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, m&#234;me si les communistes sont maintenant au pouvoir. &#187;(Communisme vietnamien : ses origines et son d&#233;veloppement, p. 43). L'historien Phillipe Devilliers raconte que le leader vietminh Duong Bach Mai a parl&#233; de &#171; calmer l'ardeur tumultueuse des militants de base, en leur montrant que la t&#226;che du moment n'&#233;tait pas de faire une r&#233;volution prol&#233;tarienne mais de briser le&#171; colonialisme &#187;en appelant &#224; tous les peuples &#224; lutter contre elle. &#187;(History of Vietnam 1940-52, par P. Devilliers, p. 181). Buttinger dit que le gouvernement vietminh &#224; Sa&#239;gon &#171; est all&#233; jusqu'&#224; d&#233;cr&#233;ter la peine de mort pour les atteintes &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; (Vietnam : A Dragon Embattled, J. Buttinger, vol. 1, p. 347). Spencer, essayant de &#171; replacer dans son contexte &#187; le massacre des trotskystes vietnamiens, pr&#233;tend qu'ils &#233;taient &#171; sans ambigu&#239;t&#233; hostiles &#187; &#224; &#171; l'administration r&#233;volutionnaire &#187; du Vietminh. En fait, cette administration &#233;tait contre-r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire d&#233;termin&#233;e &#224; emp&#234;cher &#224; tout prix les prises de propri&#233;t&#233;, m&#234;me lorsque les comit&#233;s populaires et les soul&#232;vements paysans les avaient d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er OCTOBRE 1945 : le Vietnam avait travers&#233; six semaines de convulsions r&#233;volutionnaires, atteignant un point culminant dans la derni&#232;re semaine de septembre lorsque les troupes britanniques, fran&#231;aises et japonaises occupaient le centre-ville de Sa&#239;gon, d&#233;pla&#231;ant l'administration vietminh et mena&#231;ant la terreur contre les ouvriers et les paysans r&#233;volutionnaires. Apr&#232;s des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es, les Vietminh ont n&#233;goci&#233; une tr&#234;ve avec les Britanniques le 1er octobre, dont le principal r&#233;sultat a &#233;t&#233; que les troupes imp&#233;rialistes - britanniques, fran&#231;aises et japonaises - ont obtenu le &#171; libre passage &#187; des Vietminh &#224; travers les banlieues rebelles de Sa&#239;gon. Un cessez-le-feu d'une semaine entre le 3 et le 10 octobre a &#233;t&#233; utilis&#233; par les imp&#233;rialistes pour renforcer leurs forces. Le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc arrive &#224; la t&#234;te d'un corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais. Alors que les Fran&#231;ais et les Gurkhas renouvelaient leur offensive contre les trotskystes et d'autres forces de r&#233;sistance, Tran Van Giau eut le culot de publier un tract condamnant les trotskystes en tant qu '&#171; agents imp&#233;rialistes fran&#231;ais &#187;. &#171; Les combattants trotskystes qui se sont repli&#233;s vers l'ouest ont &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s &#224; Cho Dem &#187;, indique le rapport de Struggle. (The August Revolution and the Struggle Group, ISFI files, Paris). Les forces de lutte qui sont all&#233;es &#224; l'est ont tent&#233; de mobiliser deux arm&#233;es, le Hoang Pho I et le Hoang Pho II, lorsqu'elles ont &#233;t&#233; encercl&#233;es &#224; Xuan Truong par un grand nombre de forces arm&#233;es vietminh : Tran Van Thach, Nguyen Van So et Nguyen Van Tien &#233;taient emmen&#233;s &#224; Thu Dau Mot o&#249; ils ont &#233;t&#233; jug&#233;s militaires et fusill&#233;s sur les ordres de Kieu Dac Thang, un criminel ordinaire et un oiseau de prison fait gr&#226;ce &#224; la courtoisie g&#233;n&#233;rale de Duong Bach Mai (le chef de la police stalinienne) ; Phan Van Chanh et Phan Van Hum ont pris la direction de Bien Hoa, d'o&#249; ils esp&#233;raient rejoindre Hue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de Sa&#239;gon de septembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 ao&#251;t, le Viet Minh a d&#233;clar&#233; une administration provisoire, un Comit&#233; administratif du Sud, &#224; Sa&#239;gon. Lorsque, dans le but d&#233;clar&#233; de d&#233;sarmer les Japonais, le Viet-Minh a accueilli le d&#233;barquement et le positionnement strat&#233;gique des troupes britanniques et anglo-indiennes, des groupes politiques rivaux sont apparus en force. Les 7 et 8 septembre 1945, dans la ville delta de C&#7847;n Th&#417;, le Comit&#233; dut s'appuyer sur ce qui avait &#233;t&#233; l'auxiliaire japonais, Jeunesse d'Avant-Garde / Thanh Nien Tienphong. Ils ont tir&#233; sur des foules, rejoints par l'ICL, exigeant des armes contre une restauration coloniale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sa&#239;gon, la r&#233;affirmation brutale de l'autorit&#233; fran&#231;aise sous la protection des Japonais britanniques, britanniques-indiens et britanniques r&#233;quisitionn&#233;s a d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral le 23 septembre. Sous le slogan &#171; La terre aux paysans ! Les usines aux ouvriers ! &#187;, L'ICL a appel&#233; la population &#224; s'armer et &#224; s'organiser en conseils. Pour coordonner ces efforts, les Internationalistes ont cr&#233;&#233; un Comit&#233; R&#233;volutionnaire Populaire, un &#034;soviet embryonnaire qui a mis sa marque sur la r&#233;gion de Saigon-Cholon, Gia-dinh et Bien-Hoa.&#034; Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont publi&#233; &#034;une d&#233;claration dans laquelle ils ont affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des partis politiques et ont fermement condamn&#233; toute tentative de restreindre l'autonomie des d&#233;cisions prises par les ouvriers et les paysans. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec d'autres camarades de la Ligue, Ng&#244; V&#259;n s'est associ&#233; aux ouvriers du tramway. Dans &#171; l'esprit internationaliste de la Ligue &#187;, les ouvriers avaient rompu avec leur syndicat, la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (rebaptis&#233;e par le Viet Minh &#171; Ouvriers pour le salut national &#187;). Refusant l'&#233;toile jaune du Viet-Minh, ils se sont rassembl&#233;s sous le drapeau rouge sans fioritures &#171; de leur propre &#233;mancipation de classe &#187;. Mais les milices ont &#233;t&#233; durement touch&#233;es par le retour des Fran&#231;ais. Ng&#244; V&#259;n enregistre &#224; eux seuls deux cents massacres, le 3 octobre, au pont de Thi Nghe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils retombaient dans la campagne, eux et d'autres formations ind&#233;pendantes (groupes arm&#233;s de nationalistes ind&#233;pendants et sectes syncr&#233;tiques Hoa Hao et Cao Dai) ont &#233;t&#233; pris entre deux feux alors que le Viet-Minh revenait pour encercler la ville. D&#432;&#417;ng B&#7841;ch Mai, qui avait &#233;t&#233; parmi les staliniens sur le comit&#233; de r&#233;daction original de La Lutte, a conduit la s&#233;curit&#233; Vietminh &#224; traquer ses anciens coll&#232;gues sur le papier. &#192; la fin d'octobre, ils avaient captur&#233; et ex&#233;cut&#233;, entre autres, Nguyen Van Tien, l'ancien r&#233;dacteur en chef, et Phan V&#259;n H&#249;m.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1945, les forces japonaises ont liquid&#233; le r&#233;gime colonial fran&#231;ais et ont assum&#233; la domination directe sur l'Indochine. Ta Thu Thau avait &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de Poulo-Condore &#224; la fin de 1944, apr&#232;s de cinq ans de prison. Il reprit l'activit&#233; politique et, pendant l'&#233;t&#233;, se rendit dans le nord, rencontrant des partisans trotskystes parmi les mineurs de charbon en gr&#232;ve. C'&#233;tait lors de son retour de ce voyage, &#224; mi-chemin de Sa&#239;gon, que Thau fut captur&#233; par les staliniens &#224; Quang Tri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Sa&#239;gon, le r&#233;tablissement de la domination coloniale fran&#231;aise et l'entr&#233;e des troupes britanniques ont d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement populaire g&#233;n&#233;ral dans lequel les trotskystes ont jou&#233; un r&#244;le majeur, formant une milice ouvri&#232;re qui a &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;e par les forces britanniques et fran&#231;aises, y compris lors d'un massacre de plus de 200 ouvriers au pont de Thi Nghe le 3 octobre 1945. Des militants trotskystes contraints de fuir la r&#233;pression de masse dans la ville ont &#233;t&#233; pris en &#233;tau &#224; la campagne entre le Viet Minh et les forces militaires coloniales r&#233;tablies. Seule une poign&#233;e put survivre en quittant compl&#232;tement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les tensions s'intensifiaient en septembre 1945, les staliniens d&#233;sarm&#232;rent les comit&#233;s populaires, supprim&#232;rent le comit&#233; central provisoire et assassin&#232;rent des dizaines de trotskystes, dont le chef de La Lutte, Ta Thu Thau. Loin de garantir l'ind&#233;pendance, la collaboration du PCI avec les Fran&#231;ais n'a contribu&#233; qu'&#224; restaurer la domination coloniale dans le sud. Le peuple vietnamien devait payer un prix lourd pour la trahison de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre et les man&#339;uvres ult&#233;rieures des staliniens avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais puis am&#233;ricain. Trente ans de guerre ont d&#233;vast&#233; le pays et entra&#238;n&#233; des millions de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de nombreuses d&#233;cennies, le sort tragique des trotskystes vietnamiens ainsi que leur r&#244;le politique de premier plan dans les ann&#233;es 1930 &#233;taient peu connus ou compris parmi les partisans de la Quatri&#232;me Internationale. Les r&#233;visionnistes dirig&#233;s par Michel Pablo et Ernest Mandel, qui tenaient des postes de direction jusqu'en 1953, avaient rejet&#233; le r&#244;le des trotskystes chinois et vietnamiens, qualifiant ceux-ci de &#171; r&#233;fugi&#233;s d'une r&#233;volution &#187;. Plus tard, dans les ann&#233;es 1960, les pablistes ont salu&#233; la direction stalinienne vietnamienne sous Ho Chi Minh pour sa r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain lors de l'intervention am&#233;ricaine au Vietnam, et se sont oppos&#233;s &#224; soulever la question du sort des trotskystes vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le conflit de 1945, Ho Chi Minh a r&#233;v&#233;l&#233; l'orientation nationaliste qui caract&#233;rise le stalinisme. Comme il l'a dit &#224; ses associ&#233;s, il a pr&#233;f&#233;r&#233; permettre l'entr&#233;e des forces fran&#231;aises et britanniques parce que les anciennes puissances coloniales &#233;taient faibles et discr&#233;dit&#233;es, tandis que les forces chinoises, beaucoup plus grandes et plus proches, constituaient la plus grande menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; un profond scepticisme quant aux perspectives d'une r&#233;volution r&#233;ussie en Chine : les arm&#233;es pr&#233;tendument puissantes du Kuomintang se d&#233;sagr&#233;g&#232;rent en &#224; peine trois ans et le Parti communiste chinois arriva au pouvoir. Dans le m&#234;me temps, refl&#233;tant les pr&#233;jug&#233;s anti-chinois d'un nationaliste vietnamien, il consid&#233;rait la Chine, qu'elle soit dirig&#233;e par Mao Zedong ou Chiang Kai-shek, comme plus &#224; craindre par le Vietnam que des imp&#233;rialistes europ&#233;ens, en raison de sa proximit&#233; et de sa longue histoire de conflit avec son petit voisin du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho, suivant la logique du stalinisme, avait longtemps rejet&#233; la lutte pour une r&#233;volution socialiste mondiale et avait proc&#233;d&#233; dans une perspective nationaliste, dans le but d'&#233;tablir un Vietnam ind&#233;pendant. Sur la base de sa raison d'&#201;tat nationaliste, il a approuv&#233; le meurtre des internationalistes r&#233;volutionnaires, y compris celui de Ta Thu Thau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1945, le Vietminh dirig&#233; par le parti communiste vietnamien d'Ho Chi Minh n'&#233;tait fort que dans le nord du pays, au Tonkin. Dans le sud, en Cochinchine, Ho Chi Minh est beaucoup plus faible et les travailleurs ont un rapport de force beaucoup plus favorable et l'escamotage de la r&#233;volution va s'av&#233;rer beaucoup plus difficile. Il a en face de lui un courant trotskyste implant&#233; avec lequel il a d&#251; plusieurs fois s'entendre. En 1939, seul face &#224; toutes les forces nationalistes et staliniennes les trotskystes ont eu 80% des voix aux &#233;lections de Saigon. A l'annonce de la capitulation japonaise s'est en fait un v&#233;ritable soul&#232;vement r&#233;volutionnaire qui a lieu car la population est r&#233;volt&#233;e contre toutes les autorit&#233;s. Il faut dire qu'il y a eu au Vietnam un million de morts et par la seule famine il y a encore en 1945 des centaines de milliers de morts chaque mois. Au Tonkin et au Nord Annam, c'est la r&#233;volution. Des pauvres s'attaquent aux autorit&#233;s locales, aux profiteurs et oppresseurs de toutes sortes, les arr&#234;tent les tuent. Ils forment des comit&#233;s du peuple. Ils mettent en avant le partage des terres, la confiscation des biens des riches. A Saigon, l'op&#233;ration des nationalistes et des bourgeois qui a eu lieu au nord n'a pu se faire car ce sont les comit&#233;s du peuple qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;s et qui ont pris le pouvoir &#224; l'issu d'une manifestation dirig&#233;e par les trotskystes sur les slogans armement du peuple, la terre aux paysans, nationalisation des usines sous contr&#244;le ouvrier. Des tribunaux du peuple jugent les anciens grands propri&#233;taires et fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple &#233;lisent alors une direction provisoire auquel ils affectent un local et qui est gard&#233; par un d&#233;tachement d'ouvriers en armes. C'est pour se d&#233;barrasser de cette r&#233;volution que le vietminh qui s'est associ&#233; d'anciennes forces vietnamiennes li&#233;es &#224; l'ancien r&#233;gime vichyste va pratiquer une politique se r&#233;pression et d'assassinat syst&#233;matique contre les membres des comit&#233;s du peuple et particuli&#232;rement contre les dirigeants trotskystes comme Ta Thu Tau et Tran Van Tach qui sont assassin&#233;s syst&#233;matiquement. C'est en brisant le soul&#232;vement ouvrier que le vietminh va se hisser au pouvoir et non en s'appuyant dessus. Nous le verrons dans un texte que nous lirons sur ce sujet. Et d&#232;s qu'il parvient au pouvoir son langage est clair : &#171; seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. Notre gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois et il ne lui appartient pas de r&#233;aliser la r&#233;volution communiste. &#187; Le 2 septembre 1945 ils manifestent m&#234;me en l'honneur de la commission des alli&#233;s. Des colons fran&#231;ais tirent dans la foule qui arr&#234;te un certain nombre de ces assassins. Cependant le chef de la police stalinien les fait rapidement rel&#226;cher. L'exasp&#233;ration des masses grandit et les staliniens d&#233;cident d'en finir avec la r&#233;volution. Ils annoncent &#171; seront consid&#233;r&#233;s comme provocateurs et saboteurs ceux qui appellent le peuple &#224; l'armement et surtout &#224; la lutte contre les alli&#233;s occidentaux &#187;. En septembre 1945 les staliniens vont d&#233;sarmer les comit&#233;s du peuple puis pourront en finir d&#233;finitivement et physiquement avec les membres des comit&#233;s du peuple de Saigon. Ils avaient fini d'assassiner la r&#233;volution indochinoise. En octobre 1945, Ho Chi Minh d&#233;clare &#224; la presse : &#171; la France et le Vietnam ont depuis longtemps conclu un mariage. Le mariage n'a pas toujours &#233;t&#233; heureux mais nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; le briser. &#187; En novembre 1945, le parti communiste indochinois s'autodissous d&#233;clarant : &#171; il faut placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le nord, Ho suivait la m&#234;me politique de capitulation face aux forces alli&#233;es, dans ce cas aux Chinois et aux Fran&#231;ais. Cependant, cela prit beaucoup plus de temps qu'au sud, car les troupes chinoises arriv&#232;rent seulement fin septembre, laissant au Viet Minh le temps de consolider son pouvoir. Aussi, le Vietminh avait sa propre zone de gu&#233;rilla arm&#233;e au nord, et les Chinois n'&#233;taient pas activement oppos&#233;s &#224; un Vietnam ind&#233;pendant. Dans la ligne de sa politique d' &#187;ouverture &#187; de la coalition pour y inclure les nationalistes bourgeois et les leaders catholiques, Ho d&#233;cr&#233;ta en novembre la liquidation compl&#232;te du parti communiste indochinois. La d&#233;claration du Comit&#233; central affirmait que &#171; afin d'accomplir la t&#226;che du Parti &#8230; en vue d'une union nationale sans distinction de classes, de partis est un facteur indispensable &#187; et que ce geste a &#233;t&#233; fait pour montrer que les Communistes &#171; sont toujours dispos&#233;s de placer les int&#233;r&#234;ts de leur pays au dessus de ceux de classe, et de renoncer aux int&#233;r&#234;ts du Parti pour servir ceux du peuple vietnamien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, cependant, l'opposition &#233;tait toujours forte au Nord. Le groupe La Lutte publiait &#224; ce moment un quotidien &#224; Hano&#239;, Tran Dao (La Lutte), qui avait une diffusion de 30.000 exemplaires &#224; la fin 1945. Un courrier du secr&#233;tariat de la Quatri&#232;me Internationale &#224; ce moment parlait d'un groupe La Lutte bien organis&#233; mais pers&#233;cut&#233; dans le nord. Conduit par Ta Thu Thau, ancien dirigeant des &#233;diteurs du Tonkin dans les ann&#233;es 1937-38, il tenait de grands meetings et publiait de nombreux ouvrages en plus de son quotidien. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau fut arr&#234;t&#233; par le Viet Minh au cours d'un voyage vers le sud. Jug&#233; trois fois par des comit&#233;s du peuple locaux, il fut acquitt&#233; trois fois, un tribut &#224; la r&#233;putation des trotskystes &#224; cette &#233;poque. Finalement, il fut simplement fusill&#233; &#224; Quang Ngai, en f&#233;vrier 1946, sur ordre du dirigeant stalinien du sud Tran Van Giau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1430&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1430&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1946/Mouvements.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1946/Mouvements.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vietnam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vietnam : chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 mars 1945 : Coup de force japonais qui fait tomber le r&#233;gime fran&#231;ais au Vietnam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mars 1945 : D&#233;mant&#232;lement des troupes fran&#231;aises d'Indochine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 mars 1945 : Bao Da&#239; proclame l'ind&#233;pendance de l'Indochine en collaboration avec le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 avril 1945 : Constitution du gouvernement vietnamien projaponais de Tran Van Kim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1945 : Aux accords de Potsdam, les Alli&#233;s d&#233;cident l'occupation chinoise au nord du Vietnam et anglaise au sud, zones limit&#233;es par le 16e parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 ao&#251;t 1945 : Pour anticiper l'arriv&#233;e des Alli&#233;s, les staliniens du &#171; Comit&#233; de Libaration du peuple vietnamien &#187; parlent de renversement du pouvoir japonais, la veille de sa reddition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1945 : Capitulation du Japon dans la guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 ao&#251;t 1945 : Constitution du Front National Unifi&#233; qui regroupe bourgeoisie et f&#233;odaux (Caoda&#239;stes, Hoa Hao et Parti de l'ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 ao&#251;t 1945 : Apparition de comit&#233;s du peuple dans la r&#233;gion sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 ao&#251;t 1945 : Constitution de centaines de comit&#233;s de la jeunesse d'avant-garde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le plus grand quartier ouvrier de Sa&#239;gon (Phu-Huan) &#233;lit son comit&#233; du peuple qui se proclame nouveau pouvoir central. Les paysans liquident les anciens serviteurs des gouvernements fran&#231;ais et japonais. Ils investissent les bureaux et tribunaux de l'administration locale. Constitution de tribunaux du peuple qui jugent les grands propri&#233;taires et les anciens fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple, d'ao&#251;t &#224; septembre, confisquent les biens des riches et partagent les terres. Manifestation de 300.000 personnes dont 30.000 derri&#232;re la banni&#232;re trotskyste de la LCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 ao&#251;t 1945 : Pour contrer la vague r&#233;volutionnaire, le Front National Unifi&#233; se dissous et adh&#232;re au Viet Minh tenu par les staliniens, seule force capable de contrer la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 ao&#251;t 1945 : Abdication de Bao Da&#239;. Formation par les staliniens du &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud Vietnam &#187; qui vise &#224; &#233;viter le vide du pouvoir en occupant tous les postes adminstratifs et en maintenant en place la police : sept staliniens sur neuf ministres et Ho Chi Minh &#224; la pr&#233;sidence. Grandiose manifestation &#224; Sa&#239;gon pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t 1945 : Entr&#233;e des troupes chinoises au nord du Vietnam. Premi&#232;re assembl&#233;e des comit&#233;s du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 ao&#251;t 1945 : D&#233;claration du stalinien Nguyen Van Tao, ministre l'Int&#233;rieur, contre les trostskystes : &#171; Seront s&#233;v&#232;rement punis et impitoyablement frapp&#233;s tous ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. (&#8230;) Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste qui apportera la solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi il ne lui apartient pas de r&#233;aliser une telle t&#226;che. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, bien que les communistes soient actuellement au pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#251;t 1945 : D&#233;clenchement d'une vaste campagne de calomnies contre les trotskystes accus&#233;s de semer le d&#233;sordre et de provoquer des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1945 : Formation du gouvernement provisoire vietnamien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er septembre 1945 : D&#233;claration de Tran Van Giau affirmant que l'ind&#233;pendance n'est pas le produit de la lutte mais des &#171; n&#233;gociations avec nos alli&#233;s &#187; et qui menancent quiconque pr&#233;tend combattre les armes &#224; la main les &#171; forces alli&#233;es &#187; : &#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; l'armement seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par les Alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 septembre 1945 : Manifestation organis&#233;e par le gouvernement et les staliniens pour &#171; accueillir les Alli&#233;s &#187; qui d&#233;barquent &#224; Sa&#239;gon. La manifestation se d&#233;roule dans le calme mais des coups de feu sont tir&#233;s contre les manifestants en marge du cort&#232;ge. La col&#232;re des Vietnamiens explose. La population explose de col&#232;re contre le retour des colonialistes. Le climat change. Des Fran&#231;ais sont pris &#224; partie et assassin&#233;s. Les staliniens accusent les trotskystes de la responsabilit&#233; des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre 1945 : A Hano&#239;, Tran Van Giau d&#233;cr&#232;te le d&#233;sarmement des organisations non-gouvernementales, dont les comit&#233;s populaires qui pr&#233;paraient une insurrection arm&#233;e contre le retour des troupes alli&#233;es au Vietnam. Le nouveau pouvoir stalinien se pr&#233;pare &#224; &#171; accueillir nos alli&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre 1945 : D&#233;barquement des troupes anglaises &#224; Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 septembre 1945 : Manifeste commun des comit&#233;s du peuple et du groupe trostskyste LCI d&#233;non&#231;ant la politique de trahison du gouvernement stalinien et capitulation devant l'Etat-major des troupes anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 septembre 1945 : Un d&#233;tachement arm&#233; sous les ordres du chef de la police, le stalinien Quang Bach, arr&#234;te les membres du comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire de Tan Dinh (banlieue de Sa&#239;gon). Le massacre des trotskystes est lanc&#233; par les staliniens et le nouveau pouvoir dans tout le pays pour d&#233;capiter la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1945 : Le g&#233;n&#233;ral britannique Gracey arme les troupes fran&#231;aises, liquide le &#171; comit&#233; ex&#233;cutif du sud Vietnam &#187; et proclame la loi martiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 : Les troupes de leclerc se rendent maitresses de Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 &#224; janvier 1946 : Leclerc et les troupes fran&#231;aises r&#233;occupent la Cochinchine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 novembre 1945 : autodissolution du Parti Communiste &#171; pour placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1946 : Accord entre la France et le Viet Minh : le Vietnam appartient &#224; la F&#233;d&#233;ration Indochinoise et d&#233;pend de l'Union fran&#231;aise (c'est-&#224;-dire &#224; l'empire colonial fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mars 1946 : Entr&#233;e des troupes fran&#231;aises &#224; Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Japon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement massif, meurtrier et fasciste (le fascisme a pour but d'&#233;liminer massivement les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires) des civils japonais visait &#224; &#233;radiquer la r&#233;volution prol&#233;tarienne apr&#232;s la d&#233;faite du Japon, &#224; sauver les capitalistes et militaires japonais au lieu de les battre d&#233;finitivement comme le pr&#233;tendait la propagande alli&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cor&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e les alli&#233;s avaient d&#233;cid&#233; d'un syst&#232;me d'occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux diff&#233;rentes zones dans cette r&#233;gion. En effet la p&#233;ninsule cor&#233;enne &#233;tait divis&#233;e en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation am&#233;ricaine, les deux &#233;tant s&#233;par&#233;es par le 38&#232;me parall&#232;le. En fait en disant cela on oublie lune grande part du probl&#232;me, on attribuait &#224; la Chine la partie de la Cor&#233;e continentale, le Kan Do, prise lors des conqu&#234;tes militaires et cela allait s'av&#233;rer tr&#232;s important par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part cette division discut&#233;e lors des conf&#233;rences de T&#233;h&#233;ran en 1943 et Yalta en 1945 devait &#234;tre provisoire. Les premiers arriv&#233;s sur place sont les russes au nord le 24 ao&#251;t 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux c&#244;t&#233;s tout est programm&#233; et aucun des deux camps n'a l'intention de demander &#224; la population de d&#233;cider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu'ils comptent imposer comme dirigeant sous l'&#233;tiquette parti communiste. Pourtant il existe en Cor&#233;e un parti communiste clandestin dont Kim n'est pas le dirigeant mais c'est l'homme des russes et dans l'ambiance d'effervescence sociale les russes s'en m&#233;fient comme ils se m&#233;fient de tous les militants d&#233;mocrates ou syndicalistes qui vont tr&#232;s vite peupler leurs prisons. Pour se d&#233;barrasser du r&#233;el parti communiste cor&#233;en, les russes vont avoir de grandes difficult&#233;s car il faut s'en d&#233;barrasser &#224; la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l'occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu'au fur et &#224; mesure tous les opposants &#224; Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d'autant que traditionnellement la direction du parti communiste r&#233;sidait au sud &#224; S&#233;oul et que le parti va rester un seul parti malgr&#233; la division du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, il y a la m&#234;me situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La mis&#232;re des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est consid&#233;rable. Et, en plus la population sort de nombreuses ann&#233;es d'occupation japonaise o&#249; ils ont souffert atrocement. Ce n'est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, tr&#232;s vite le probl&#232;me du partage du pays en deux qui semble &#234;tre du provisoire qui dure va devenir un probl&#232;me politique de premier ordre, emp&#234;chant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du cr&#233;dit. En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va d&#233;fendre la division du pays de la m&#234;me mani&#232;re qu'au sud le fantoche des am&#233;ricains Syngman Rhee, un dictateur d'extr&#234;me-droite corrompu et ultra-violent. Des deux c&#244;t&#233;s, la classe ouvri&#232;re va s'opposer &#224; cette division et en particulier les syndicats d'origine plut&#244;t anarcho-syndicalistes avec des militants d'extr&#234;me gauche et qui ne sont pas encore contr&#244;l&#233;s par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud cor&#233;en prend son ind&#233;pendance politique de la direction du nord en ao&#251;t 46. Mais en m&#234;me temps il le fait sur des bases tout ce qu'il y a de moins r&#233;volutionnaire, du moins dans un sens prol&#233;tarien. La th&#232;se d'ao&#251;t qui souligne cette ind&#233;pendance politique &#224; la fois n'accepte plus la division du pays mais affirme qu'il faut mener une r&#233;volution bourgeoise en vue de la r&#233;unification, r&#233;volution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans &#224; rejoindre les montagnes pour y organiser la gu&#233;rilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s'opposer violemment &#224; ces propositions. En effet, les travailleurs sont tr&#232;s loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d'aller se retrancher dans les montagnes. La th&#232;se du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution n'est pas mieux accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans les usines c'est &#224; une offensive ouvri&#232;re que l'on assiste en Cor&#233;e du sud. L'insurrection ouvri&#232;re part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C'est un soul&#232;vement spontan&#233; qui d&#233;bute par une gr&#232;ve des cheminots et qui se termine par de v&#233;ritables affrontements arm&#233;s, les travailleurs s'&#233;tant organis&#233;s en milice ouvri&#232;re. Partout des comit&#233;s de gr&#232;ve sont mis en place et la gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; de nombreuses autres villes. La r&#233;action des troupes am&#233;ricaines est tr&#232;s violente. La r&#233;pression s'&#233;tend &#224; tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n'&#233;tait pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient f&#233;roce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassin&#233;s comme le leader anarcho-syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku et le dirigeant social-d&#233;mocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a &#233;t&#233; contraint de passer dans la clandestinit&#233; totale. La direction politique du PC du nord en profite pour r&#233;ussir pour la premi&#232;re fois &#224; &#233;tablir sa domination sur l'ensemble du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946-47, loin de se stabiliser, le r&#233;gime de Cor&#233;e du sud est attaqu&#233; sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le r&#233;gime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de S&#233;oul est tellement affaibli qu'il est contraint de laisser les paysans occuper toute une r&#233;gion dite lib&#233;r&#233;e. Le PC du sud d&#233;cide de s'investir dans cette r&#233;volution paysanne et il appelle &#224; nouveau les ouvriers &#224; le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacr&#233;s avant m&#234;me qu'ils aient pu rejoindre la r&#233;gion ni s'armer. Le PC du sud va quand m&#234;me prendre la direction politique de ces paysans insurg&#233;s. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette gu&#233;rilla va tenir l&#224; jusqu'&#224; la guerre de Cor&#233;e en 1950, o&#249; elle fera sa jonction avec l'arm&#233;e nord cor&#233;enne. Paradoxalement c'est cela qui lui sera fatal car le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord n'avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer d&#232;s l'offensive am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1945, Mao &#233;tait l'alli&#233; de Tchang Ka&#239; Shek. Mao et Tchang Ka&#239;-shek essaient encore de s'entendre en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation japonaise trouve, en 1945, Mao &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e de 900.000 hommes, &#224; laquelle s'ajoute une milice de 2.200.000 hommes. (&#8230;) Le P.C.C. a jou&#233; &#224; fond la carte du front uni et de la d&#233;fense nationale. (&#8230;) Il abandonne une bonne part de son programme social, renonce &#224; la confiscation des terres des grands propri&#233;taires et se contente d'appliquer effectivement la loi qui limite le taux de la rente fonci&#232;re. (&#8230;) Pour les petits exploitants, il promulgue et fait appliquer une baisse du taux de l'int&#233;r&#234;t (fix&#233; &#224; 10% l'an) et la r&#233;duction de l'imp&#244;t qui devient progressif. (&#8230;) Le social une fois repouss&#233; &#224; l'arri&#232;re-plan et &#224; d'autres temps, l'accent est mis sur le national. Sans rel&#226;che, le P.C.C. invoque la n&#233;cessit&#233; de &#171; sauver le pays &#187;. Dans la &#171; Nouvelle D&#233;mocratie &#187; publi&#233;e en 1940, Mao se pr&#233;sente sans sourciller comme le disciple fid&#232;le et le continuateur v&#233;ritable de Sun Yat-sen. (&#8230;) L'administration locale r&#233;sistante, domin&#233;e par le P.C.C., a occup&#233; le vide, les fonctionnaires du Guomintang ayant assez souvent fui ou abandonn&#233; les positions de responsabilit&#233; au premier signe d'ins&#233;curit&#233;. (&#8230;) La meilleure alli&#233;e du P.C.C. a &#233;t&#233; l'arm&#233;e japonaise, dont les atrocit&#233;s ont rendu la position de la paysannerie si d&#233;sesp&#233;r&#233;e qu'il n'&#233;tait d'autre issue pour elle que de se mettre sous la protection de l'Arm&#233;e Rouge. A la gu&#233;rilla, aux attentats, aux sabotages, les Japonais ont r&#233;pliqu&#233; par le massacre aveugle des villageois et les destructions syst&#233;matiques. (&#8230;) Au cours de la guerre, le &#171; communisme &#187; chinois s'est transform&#233; en une simple vari&#233;t&#233; du nationalisme. Et c'est en tant que tel qu'il a conquis le pouvoir. (&#8230;) En Chine, la guerre h&#226;te la d&#233;sint&#233;gration d'un r&#233;gime faible. Elle met &#224; nu son inefficacit&#233;, rend plus aigu&#235;s ses contradictions. Chaos, incurie, ces mots reviennent constamment dans les descriptions d'observateurs neutres ou bienveillants. (&#8230;) Un g&#233;n&#233;ral am&#233;ricain d&#233;clare : &#171; Nous sommes alli&#233;s &#224; un cadavre &#187;. (&#8230;) Cons&#233;quences habituelles d'une inflation (massive et qui n'est pas combattue), sp&#233;culation et corruption fleurissent. (&#8230;) Les victimes de l'inflation furent dans un premier temps la classe moyenne des villes. A partir de l'&#233;t&#233; 1948, les privil&#233;gi&#233;s aux-m&#234;mes sont ruin&#233;s. (&#8230;) Le r&#233;gime d&#233;molit lui-m&#234;me ses assises. (&#8230;) Les communistes ne peuvent &#234;tre pires est la conviction qui s'impose peu &#224; peu &#224; l'opinion bourgeoise elle-m&#234;me. On les attend avec espoir ou avec crainte ; quoiqu'il arrive, que l'incertitude cesse. (&#8230;) Triomphe du nationalisme chinois, n&#233; de l'exc&#232;s m&#234;me de la menace : l'invasion japonaise n'aide pas seulement la nation chinoise &#224; prendre conscience d'elle-m&#234;me, elle contraint encore les Alli&#233;s, imp&#233;rialistes, &#224; reconna&#238;tre &#224; la Chine un statut d'&#233;galit&#233; jusqu'alors obstin&#233;ment refus&#233;. Am&#233;ricains et Britanniques renoncent en 1943 aux privil&#232;ges d'exterritorialit&#233;, pour lesquels le nationalisme chinois combattait depuis un si&#232;cle. (&#8230;) La Chine est consid&#233;r&#233;e comme l'un des &#171; Quatre Grands &#187;. (&#8230;) Dans les faits, le &#171; communisme &#187; chinois, c'est d'abord la revanche du nationalisme chinois. (&#8230;) Cette r&#233;volution finit comme une conqu&#234;te militaire. (&#8230;) Communistes comme Guomintang se font la course pour r&#233;cup&#233;rer les armes japonaises. (&#8230;) Le m&#233;diateur am&#233;ricain en Chine, Marshall, celui-l&#224; m&#234;me qui devait donner son nom au fameux plan, cherche inlassablement &#224; int&#233;grer effectivement les communistes chinois dans un gouvernement de coalition, &#224; l'image de ce qui se pratique en France, par exemple. S'il ne vient pas &#224; bout de l'obstination de Chiang, il r&#233;ussit du moins, d&#232;s janvier 1946, &#224; faire proclamer une tr&#234;ve et &#224; mettre sur pied &#224; P&#233;kin, un organisme triparti (nationalistes, communistes et Am&#233;ricains) charg&#233; d'aller enqu&#234;ter et d'intervenir partout o&#249; des accrochages sont signal&#233;s. (&#8230;) En d&#233;pit de ses succ&#232;s initiaux, la mission Marshall se solde par un &#233;chec total. Total et in&#233;vitable. (&#8230;) Les communistes chinois ne sont pas aid&#233;s par l'Union sovi&#233;tique. Quant aux villes, l'arm&#233;e sovi&#233;tique les a tout simplement livr&#233; aux nationalistes (de Chiang). (&#8230;) Les op&#233;rations militaires sont d'abord favorables aux Nationalistes (&#233;t&#233; 1946-printemps 1947). (&#8230;) Vers le milieu de l'ann&#233;e 1947, les communistes prennent l'initiative en Mandchourie. Ils la conserveront jusqu'&#224; la fin de la guerre. (&#8230;) 1948 est l'ann&#233;e des grandes victoires de l'arm&#233;e rouge. (&#8230;) En juin 1948, elle conquiert les grandes villes du Henan. Elle les &#233;vacue une fois qu'elle a saisi les armes. (&#8230;) En septembre 1948, la Mandchourie enti&#232;re est conquise. (&#8230;) La campagne militaire de Hua&#239;-hai a an&#233;anti en deux et cinq jours ce qui subsistait des forces nationalistes : 550.000 hommes. (&#8230;) Le 21 janvier 1949, Chiang d&#233;missionne. (&#8230;) C'est apr&#232;s la victoire que les &#171; communistes &#187; entrent dans les grandes villes : Tientsin est prise le 15 janvier, P&#233;kin le 23 janvier, Nankin le 23 avril, Shanga&#239; en mai. (&#8230;) L'Arm&#233;e Rouge n'a cess&#233; de repr&#233;senter la vraie force du P.C.C. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution &#187; mao&#239;ste est l'une de celles qui a produit le plus de mythes mensongers pour couvrir d'un voile &#171; r&#233;volutionnaire &#187; et &#171; communiste &#187; des politiques qui &#233;taient tout le contraire de cela. On a m&#234;me longtemps pr&#233;sent&#233; la Chine comme plus communiste, plus anti-imp&#233;rialiste et plus r&#233;volutionnaire que la Russie de Staline, et m&#234;me de L&#233;nine. Selon cette l&#233;gende, Mao serait arriv&#233; au pouvoir &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution paysanne. Il aurait construit un pouvoir des ouvriers et des paysans, du type sovi&#233;tique comme en octobre 1917 en Russie. Il aurait rompu avec l'imp&#233;rialisme. Il aurait aid&#233; la r&#233;volution mondiale, en restant r&#233;volutionnaire, contrairement au &#171; r&#233;visionnisme &#187; russe. La r&#233;volution culturelle marquerait le caract&#232;re de &#171; r&#233;volution permanente &#187; du r&#233;gime chinois, sa capacit&#233; &#224; s'attaquer aux id&#233;ologoqies r&#233;actionnaires et la jeunesse des id&#233;es r&#233;volutionnaires en Chine. Voil&#224; quelques uns des mensonges qui courent sur le pouvoir chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution chinoise de 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons essayer de r&#233;tablir une r&#233;alit&#233; qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec les affirmations pr&#233;c&#233;dentes. Ce qui a donn&#233; ses forces arm&#233;es &#224; Mao, ce n'est pas la lutte des classes, ni la r&#233;volution sociale, mais la lutte de d&#233;fense nationale contre le Japon. Il a ainsi pu construire sa fameuse &#171; huiti&#232;me arm&#233;e de route &#187; int&#233;gr&#233;e &#224; l'ensemble des forces arm&#233;es chinoises, aux c&#244;t&#233;s de Tchang Ka&#239; Chek, et aux c&#244;t&#233;s des USA. C'est cette arm&#233;e, une fois la d&#233;faite japonaise acquise, qui lui a permis de prendre le pouvoir. M&#234;me s'il a eu un recrutement dans les campagnes, l'arm&#233;e de Mao est tout sauf une organisation fond&#233;e sur une lutte radicale de la paysannerie. Mao a gouvern&#233; des r&#233;gions paysannes comme un chef d'arm&#233;e qui s'entend bien avec les paysans, mais qui s'accommode avec les poss&#233;dants locaux, propri&#233;taires fonciers, banquiers, commer&#231;ants et usuriers. Dans ces zones dites lib&#233;r&#233;es, il n'appliquait pas un programme social radical, se contentait de baisser les imp&#244;ts. Il n'a pas appliqu&#233; un programme radical de distribution de terres aux paysans pauvres. Mao n'est m&#234;me pas un chef de r&#233;volte paysanne, comme la Chine en a connu dans le pass&#233;. Quant &#224; la r&#233;volution paysanne, quand elle a &#233;clat&#233; &#8211; nullement &#224; l'initiative de Mao &#8211; il a longuement h&#233;sit&#233; &#224; prendre son parti, et, m&#234;me apr&#232;s cette d&#233;cision, il a toujours refus&#233; d'armer les paysans. Y compris durant l'offensive contre le r&#233;gime de Tchang Ka&#239; Chek, il d&#233;clarait que &#171; Les paysans qui nous rejoignent peuvent nous apporter &#224; manger, pousser nos chariots, ou s'occuper des soins des bless&#233;s. En aucun cas, ils ne doivent &#234;tre arm&#233;s. &#187; En ce sens, son arm&#233;e et son appareil d'Etat sont des instruments classiques de pouvoir et non des organes r&#233;volutionnaires. Son parti est un organe politique de pouvoir et, avant m&#234;me la prise de pouvoir, un parti unique. Il n'est pas question de remettre en question cette direction dictatoriale. Mao n'a pas un seul instant envisag&#233; d'organiser les travailleurs de villes au cours de sa &#171; r&#233;volution &#187;, m&#234;me pas au moment de la prise de pouvoir dans les villes. Dans les villes, il a, par contre, pris contact avec les bourgeois, petits et grands, et les intellectuels, auxquels il donnera des places dans le pouvoir. Il a &#233;galement recycl&#233; l'essentiel du pouvoir de Tchang Ka&#239; Chek, notamment ses chefs militaires, m&#234;me ceux ralli&#233;s de la derni&#232;re seconde. Il est encore moins, malgr&#233; le titre de communiste dont il pare son parti, un dirigeant du prol&#233;tariat chinois. A partir de 1927, il avait quitt&#233; ce prol&#233;tariat et ne l'a jamais retrouv&#233;. La lettre aux militants trotskystes qu'&#233;crit Trotsky explique que, si l'arm&#233;e de Mao prend le pouvoir, elle interviendra contre le prol&#233;tariat. La politique de Mao n'est pas communiste, ne vise pas au pouvoir du prol&#233;tariat, n'a nullement renou&#233; avec Marx ni rompu d&#233;finitivement avec l'imp&#233;rialisme et le capitalisme, comme le rappelle son idylle actuelle. Le terme le plus juste sur son r&#233;gime est celui de bonapartisme bourgeois. Le bonapartisme signifie une dictature militaire qui est populaire et dont l'apparence de force provient de l'&#233;quilibre entre deux forces r&#233;elles. Ici ces forces sont, d'un c&#244;t&#233; la bourgeoisie imp&#233;rialiste et de l'autre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique noire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Afrique aussi, contrairement &#224; une image mensong&#232;re, il y a une classe ouvri&#232;re et elle a d&#233;j&#224; tout un pass&#233; de luttes de classe. Un des mensonges les plus couramment diffus&#233;s concernant l'ind&#233;pendance de l'Afrique coloniale fran&#231;aise est qu'elle aurait &#233;t&#233; octroy&#233;e sans lutte. En fait, la lutte de classe s'y est d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin de la guerre mondiale avec un d&#233;veloppement notamment de grandes luttes ouvri&#232;res, comme du c&#244;t&#233; colonial anglais. L'apr&#232;s-guerre a &#233;t&#233; explosive sur le continent noir comme dans le reste du monde, &#224; la mesure des souffrances subies et de la prise de conscience qu'elles entrainaient. La guerre mondiale et l'apr&#232;s-guerre n'ont fait qu'accro&#238;tre l'exploitation des peuples colonis&#233;s. Mais ils leur ont d&#233;voil&#233; les richesses de l'imp&#233;rialisme et les guerres entre imp&#233;rialismes ont montr&#233; aussi la possibilit&#233; de le battre. C'est ce qui a incit&#233; en 1944, &#224; Brazzaville, De Gaulle &#224; parler de libert&#233; des peuples d'Afrique. La r&#233;alit&#233; &#233;tait tout autre et on le voyait d&#233;j&#224; dans le contenu de ces d&#233;clarations. La conf&#233;rence de Brazzaville &#233;crivait en pr&#233;alable : &#171; Les faits de l'&#339;uvre de la civilisation accomplie par la France dans les colonies &#233;cartent toute id&#233;e d'autonomie, toute possibilit&#233; d'&#233;volution hors du bloc fran&#231;ais de l'empire. La constitution m&#234;me lointaine de self gouvernement est &#224; &#233;carter. &#187; Le programme g&#233;n&#233;ral confirme : &#171; On veut que le pouvoir politique de la France s'exerce avec pr&#233;cision et rigueur sur toutes le terres de son empire. &#187; La r&#233;alit&#233; coloniale durant et &#224; la fin de la guerre en dit encore plus long. Toute la th&#232;se de la &#171; France libre &#187; est l&#224; dedans de la droite au parti communiste. Ce dernier reproche au Mar&#233;chal P&#233;tain de &#171; ne pas s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la p&#233;n&#233;tration japonaise en Indochine, la grande colonie fran&#231;aise de l'extr&#234;me orient (&#8230;) et de vouloir livrer la Syrie aux Allemands. &#187; N'oublions pas qu'&#224; la fin de la guerre, c'est le PCF qui poussera les r&#233;sistants &#224; s'engager dans le corps exp&#233;ditionnaire en Indochine, que c'est le ministre &#171; communiste &#187; Tillon qui commandera les forces arm&#233;es a&#233;riennes fran&#231;aises quand celles-ci bombardaient l'Alg&#233;rie &#224; S&#233;tif en 1945. La guerre n'a pas chang&#233; la nature de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais c&#244;t&#233; vichyste comme c&#244;t&#233; gaulliste. L'essentiel des colonies est vite pass&#233; c&#244;t&#233; &#171; France libre &#187; mais le colonis&#233; y est toujours un esclave dont la vie ne compte pas. Le Tchad, pass&#233; tr&#232;s rapidement dans le camp de la &#171; France libre &#187; de De Gaulle, ou camp de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain, est une colonie qui exploite et opprime affreusement ses populations. L'exploitation y est m&#234;me accrue &#224; l'apr&#232;s-guerre, reconstruction du capital fran&#231;ais oblige. Le massacre de Madagascar comme celui de S&#233;tif en Alg&#233;rie, les &#233;meutes du Maroc violemment r&#233;prim&#233;es, la r&#233;pression du Kenya comme celle du Vietnam, montrent pleinement que les imp&#233;rialismes n'&#233;taient ni plus pacifiques, ni plus d&#233;mocratiques, apr&#232;s la guerre qu'avant, malgr&#233; la n&#233;cessit&#233; apr&#232;s la guerre de reconstituer les illusions et les faux espoirs des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Apartheid d'Afrique du sud a &#233;t&#233; une politique de la bourgeoisie, sud-africaine et imp&#233;rialiste, face &#224; la lutte de classe exacerb&#233;e par la guerre. En Afrique du sud, la lutte de la classe ouvri&#232;re s'est d&#233;velopp&#233;e en pleine deuxi&#232;me guerre mondiale. En 1940 et 1941, les travailleurs ont men&#233; des gr&#232;ves dures malgr&#233; les mesures gouvernementales d&#233;clarant ill&#233;gale toute gr&#232;ve d'Africains &#171; en toute circonstance &#187;. An ao&#251;t 1943, &#224; Alexandra pr&#232;s de Johannesburg, un vaste mouvement de boycott eut lieu contre la hausse des tarifs des transports. En m&#234;me temps, la classe ouvri&#232;re prenait conscience de sa force. Le syndicat des mineurs se reconstituait. En 1946, &#233;clatait une grande gr&#232;ve spontan&#233;e des mineurs et la r&#233;pression eut un mal consid&#233;rable &#224; faire reprendre le travail. La bourgeoisie sud-africaine, consciente du danger que repr&#233;sentaient d&#233;sormais les gr&#232;ves des Africains, mit en place l'Apartheid en 1948.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1945, la r&#233;pression coloniale fran&#231;aise fait rage en Afrique. Elle prend un tour violent &#224; Douala, au Cameroun. Dans cette ville, c'est un soul&#232;vement spontan&#233; de la classe ouvri&#232;re qui menace de d&#233;buter une v&#233;ritable insurrection anticoloniale. Elle est &#233;cras&#233;e dans le sang le 24 septembre 1945. Au d&#233;but des &#233;v&#233;nements, la gr&#232;ve des journaliers du chemin de fer pour laquelle le quartier populaire de Bou-B&#233;ri a pris fait et cause. C'est toute une population pauvre qui s'est mobilis&#233;e, arm&#233;e seulement de b&#226;tons, et a envahi le quartier de New Bell. Les Blancs r&#233;agissent &#224; l'arme &#224; feu, faisant imm&#233;diatement 80 morts et lan&#231;ant une chasse &#224; l'homme contre les militants ouvriers. Les chemins de fer sont un des hauts lieux de la classe ouvri&#232;re et, partout, ils sont le point central de la mobilisation. En 1947, a lieu &#233;galement la grande gr&#232;ve des cheminots dans toute l'Afrique fran&#231;aise, qui s'est &#233;tendue du S&#233;n&#233;gal &#224; la C&#244;te d'Ivoire. On peut &#233;galement citer la gr&#232;ve qui oppose les cheminots, et avec eux tous les travailleurs, aux Blancs arm&#233;s de Matadi &#224; L&#233;opoldville, ou encore le soul&#232;vement ouvrier au Kenya en 1947, dans le centre ferroviaire de Mombasa o&#249;, pendant onze jours, dockers et cheminots dirigent toute la classe ouvri&#232;re, domestiques compris, et font la loi dans la ville. En 1945-46, au Congo-Za&#239;re, ont lieu des mouvements de gr&#232;ve des lignes de chemins de fer accompagn&#233;s de r&#233;voltes urbaines. En 1946, c'est la gr&#232;ve de Dakar, en 1949 la gr&#232;ve des mines de charbon du Nigeria, les &#233;meutes en C&#244;te d'Ivoire en 1947 et 48. Et encore, en 1950, c'&#233;tait &#224; Nairobi qu'avait lieu la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Enfin, en 1956, en C&#244;te d'ivoire et au Nigeria, de nouveaux soul&#232;vements de la classe ouvri&#232;re r&#233;prim&#233;s f&#233;rocement, par des fusillades et des arrestations. Puis, il y a eu des mouvements nationalistes notamment &#224; Madagascar, au Cameroun ou au Congo (futur Za&#239;re). En m&#234;me temps, se d&#233;veloppait le mouvement Mau-Mau au Kenya qui prenait le tour d'une guerre civile en 1955. C'est tout le continent africain qui &#233;tait concern&#233; par la lutte d'ind&#233;pendance mais aussi par le d&#233;veloppement de la lutte et de l'organisation de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187;, Howard Zinn rapporte sur ces mouvements : &#171; Tout aussi inqui&#233;tants aux yeux du gouvernement am&#233;ricain, des mouvements ind&#233;pendantistes &#233;clataient partout &#224; travers le monde chez les peuples colonis&#233;s. Des mouvements r&#233;volutionnaires se d&#233;veloppaient en Indochine contre les Fran&#231;ais, Indochine contre les Hollandais, aux Philippines contre les Etats-Unis. En Afrique, la r&#233;bellion et le m&#233;contentement s'exprimaient au travers des gr&#232;ves. Dans &#171; Let freedom come &#187;, Basil Davidson fait &#233;tat de la plus longue gr&#232;ve de l'histoire africaine conduite par dix-neuf mille cheminots d'Afrique Occidentale fran&#231;aise en 1947 ; elle dura cent soixante jours. Le message qu'ils adress&#232;rent au gouvernement g&#233;n&#233;ral exprime assez bien le nouvel esprit militant qui les habitait : &#171; Pr&#233;parez vos prisons, sortez vos mitrailleuses et vos canons. De toute fa&#231;on, le 10 octobre &#224; minuit, si nos revendications ne sont pas accept&#233;es, nous proclamerons la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. &#187; L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, en Afrique du sud, cent mile mineurs des exploitations aurif&#232;res avaient cess&#233; le travail pour obtenir 10 shillings suppl&#233;mentaires par jour. Il s'agissait de la plus grande gr&#232;ve de toute l'histoire de l'Afrique du sud et il fallut une intervention de l'arm&#233;e pour que les mineurs reprennent le travail. En 1950, au Kenya, il y eut &#233;galement une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour protester contre les salaires de mis&#232;re. (&#8230;) En Chine, en Cor&#233;e, en Indochine, aux Philippines, il s'agissait de mouvements communistes locaux et non de complots sovi&#233;tiques. Cette vague g&#233;n&#233;ralis&#233;e de r&#233;voltes anti-imp&#233;rialistes conduisit les Etats-Unis &#224; fournir un effort gigantesque pour en venir &#224; bout (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le dirigeant, le caract&#232;re central, de la classe ouvri&#232;re dans la contestation de la domination coloniale &#224; la fin de la guerre, est &#233;vident. Et d'autant plus qu'il convient de rappeler que les &#171; &#233;lites &#187; africaines comme Houphou&#235;t Boigny ou Senghor ne sont pas du c&#244;t&#233; des gr&#233;vistes ni des &#233;meutiers. Des leaders syndicalistes apparaissent et jouent un r&#244;le dirigeant dans les luttes sociales et politiques. Par contre, les petites bourgeoisies et bourgeoisies nationales ont des leaders qui ne revendiquent g&#233;n&#233;ralement m&#234;me pas l'ind&#233;pendance et ne prennent pas la t&#234;te des luttes. L&#224; o&#249; des soul&#232;vements des masses pauvres des campagnes explosent, comme en Alg&#233;rie, &#224; Madagascar, au Kenya, ou au Congo, elles sont amen&#233;es &#224; les accompagner mais ne leur offrent aucune perspective. La radicalit&#233; des luttes sera plus due &#224; la violence de la r&#233;pression coloniale qu'&#224; la radicalit&#233; des leaders de la petite bourgeoisie. Les dirigeants staliniens sont en pleine phase &#171; d&#233;mocratique &#187;, d' &#171; alliance anti-fasciste &#187; avec leur colonialisme au nom de l'alliance de l'URSS avec l'imp&#233;rialisme. Les dirigeants petits bourgeois en restent aux espoirs suscit&#233;s par les discours de De Gaulle &#224; Brazzaville. Les petites bourgeoisies nationalistes craignent de perdre cette perspective d'&#234;tre appel&#233;es &#224; gouverner en prenant partie pour les masses populaires. Les dirigeants nationalistes sont des mod&#233;r&#233;s qui jouent le jeu &#233;lectoral. Les Partis communistes ob&#233;issent &#224; la politique de Moscou d'alliance contre-r&#233;volutionnaire avec l'imp&#233;rialisme ce qui les emp&#234;che m&#234;me d'&#234;tre anti-colonialistes. Le PCF reprend la politique de la bourgeoisie et du colonialisme fran&#231;ais, intitul&#233;e &#171; Union fran&#231;aise &#187;, qui consiste &#224; maintenir &#224; tout prix l'essentiel de son empire colonial malgr&#233; la d&#233;faite du r&#233;gime de P&#233;tain alli&#233; &#224; Hitler. Les partis communistes des colonies s'alignaient. Le Parti communiste alg&#233;rien pr&#233;tendait rester dans le cadre de l'alliance avec la France au nom de l'antifascisme, allant jusqu'&#224; traiter les &#233;meutiers de 1945 de fascistes. La Parti communiste tunisien condamnait en bloc toute agitation nationaliste. La CGT tunisienne perdait ainsi son influence sur le prol&#233;tariat tunisien au profit de l'UGTT de Ferhat Hached.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique pendant et apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ygrvGRcAjyA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ygrvGRcAjyA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique noire se r&#233;volte contre le colonialisme &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, a lieu la grande gr&#232;ve des cheminots dans toute l'Afrique fran&#231;aise, qui s'est &#233;tendue du S&#233;n&#233;gal &#224; la C&#244;te d'Ivoire. On peut &#233;galement citer la gr&#232;ve qui oppose les cheminots, et avec eux tous les travailleurs, aux Blancs arm&#233;s de Matadi &#224; L&#233;opoldville, ou encore le soul&#232;vement ouvrier au Kenya en 1947, dans le centre ferroviaire de Mombasa o&#249;, pendant onze jours, dockers et cheminots dirigent toute la classe ouvri&#232;re, domestiques compris, et font la loi dans la ville..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de cheminots se multiplient dans toute l'Afrique : en 1945, de Matadi &#224; L&#233;opoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 &#224; Douala (Cameroun) et en 1947 au Za&#239;re. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec &#224; la fois la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers &#224; Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une &#233;meute populaire &#224; Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, luttes qui se d&#233;roulent en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvri&#232;re dure jusque dans les ann&#233;es 1950 dans toute l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mars 1947, c'est l'insurrection de Madagascar. La France va mettre cinq mois &#224; l'&#233;craser, malgr&#233; la violence de la r&#233;pression. En juin et en d&#233;cembre 1946, des signes avant-coureurs de la grande r&#233;volte ont &#233;t&#233; &#233;mis. Ces premi&#232;res r&#233;voltes sont durement r&#233;prim&#233;es. Ces &#233;tincelles vont allumer un grand incendie. Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, toute la partie Est de l'&#238;le se soul&#232;ve, contre la mis&#232;re, contre les exactions des Europ&#233;ens et du pouvoir colonial. C'est une explosion spontan&#233;e. Cela se voit notamment au fait que, sans armes, l'insurrection le restera jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 1948. Les plus pauvres, les plus opprim&#233;s se mobilisent, n'ont plus peur de la r&#233;pression, ne reviendront plus en arri&#232;re. La r&#233;action coloniale est violente et d&#233;bute, d&#232;s le 4 avril, avec la proclamation de l'&#233;tat de si&#232;ge dans dix districts. Le 31 mars, c'est un camp militaire fran&#231;ais qui est attaqu&#233; par plusieurs centaines d'hommes seulement arm&#233;s de sagaies et de coupe-coupes. C'est la guerre c&#244;t&#233; fran&#231;ais : infanterie, parachutistes et aviations attaquent les civils d&#233;sarm&#233;s et font d&#233;j&#224; un carnage. Le 30 avril, un camp militaire, celui de Moramanga, est attaqu&#233;. Les r&#233;volt&#233;s lib&#232;rent cent cinquante prisonniers. Les Europ&#233;ens, survolt&#233;s, organisent une v&#233;ritable milice de tueurs et le carnage commence. Les exactions et l'arriv&#233;e de renforts militaires n'y suffisent pas. Ce n'est qu'en juillet que le colonialisme commencera &#224; pr&#233;tendre qu'il est d&#233;sormais &#224; l'offensive. Il faudra toute l'ann&#233;e 1948 au colonialisme fran&#231;ais pour en finir avec les rebelles. Le 7 d&#233;cembre 1948, Mr De Chevign&#233;, Haut commissaire de France &#224; Madagascar, d&#233;clare : &#171; Le dernier foyer rebelle a &#233;t&#233; occup&#233;. &#187; Bilan : l'&#238;le est ravag&#233;e et il y a eu bien plus que les 80.000 morts reconnus officiellement, sans compter les bless&#233;s, les personnes arr&#234;t&#233;es, les tortur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des &#233;v&#233;nements, les principales organisations malgaches comme fran&#231;aises n'ont pas pris le parti des insurg&#233;s. Le Parti communiste fran&#231;ais ne risquait pas de le faire puisqu'il participait au pouvoir colonial fran&#231;ais qui &#233;crasait la r&#233;volte. En juin 1947, au onzi&#232;me congr&#232;s du PCF &#224; Strasbourg, Maurice Thorez conclue : &#171; A Madagascar, comme dans d'autres parties de l'Union Fran&#231;aise, certaines puissances &#233;trang&#232;res ne se privent pas d'intriguer contre notre pays. &#187; L'empire colonial fran&#231;ais, hypocritement appel&#233; &#171; Union fran&#231;aise &#187;, est d&#233;fendu par le PCF. Dans les &#171; Cahiers du communisme &#187; d'avril 1945, on peut lire : &#171; A l'heure pr&#233;sente, la s&#233;paration des peuples coloniaux avec la France irait &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de ces populations. &#187; Quant &#224; Fran&#231;ois Mitterrand, il d&#233;clarait le 6 avril 1951, alors que des milliers de Malgaches pourrissaient dans les ge&#244;les de la France : &#171; Je me d&#233;clare solidaire de celui de mes pr&#233;d&#233;cesseurs sous l'autorit&#233; duquel se trouvait M de Chevign&#233; quand il &#233;tait haut commissaire. Les statistiques manquent de pr&#233;cision mais il semble que le nombre de victimes n'ait pas d&#233;pass&#233; 15.000. C'est beaucoup trop encore, mais &#224; qui la faute si ce n'est aux instigateurs et aux chefs de la r&#233;bellion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Madagascar, l'attitude des organisations de gauche ne vaut pas mieux. Le 8 avril, ils envoient &#224; Ramadier, pr&#233;sident du Conseil, le t&#233;l&#233;gramme suivant : &#171; Les comit&#233;s et groupes suivants, France combattante, Union rationaliste, CGT, Ligue des droits de l'homme, Groupes d'&#233;tudes communistes, F&#233;d&#233;ration socialiste, soucieux de traduire l'opinion de tous les Fran&#231;ais et Malgaches unis dans un sinc&#232;re d&#233;sir de construire une v&#233;ritable Union fran&#231;aise, profond&#233;ment indign&#233;s des troubles actuels, s'inclinent devant les victimes, condamnent toute la r&#233;action factieuse, approuvent les mesures prises par l'autorit&#233; civile et lui font confiance pour r&#233;tablir l'ordre dans la l&#233;galit&#233; d&#233;mocratique et poursuivre l'&#339;uvre constructive vers une v&#233;ritable union. &#187; L'opposition d&#233;mocratique malgache, elle, avait &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir organis&#233; la r&#233;volte, accusation totalement infond&#233;e en ce qui concerne sa direction. Les dirigeants du M.D.R.M (Mouvement d&#233;mocratique de r&#233;novation malgache) n'&#233;taient nullement politiquement de taille &#224; vouloir une insurrection contre le colonialisme fran&#231;ais. Il s'agissait tout au plus de politiciens lib&#233;raux. Mais il fallait bien que le pouvoir trouve des coupables ayant manipul&#233; les masses malgaches. D&#232;s le lendemain de l'insurrection des 29-30 mars, ses dirigeants sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s. Le MDRM avait d&#233;clar&#233; : &#171; Les &#233;v&#233;nements du 30 mars apparaissent comme le fait d'&#233;l&#233;ments ou de groupes isol&#233;s de la population ayant agi spontan&#233;ment sous la pression des souffrances endur&#233;es et des pers&#233;cutions subies. &#187; M de Coppet, Haut commissaire &#224; Madagascar, d&#233;clare : &#171; Le M.D.R.M est le responsable des troubles &#224; Madagascar. La preuve de la pr&#233;m&#233;ditation des crimes est &#233;tablie, c'est l&#224; un coup pr&#233;par&#233; minutieusement et de longue date. &#187; Le 26 mars, le M.D.R.M collait une affiche appelant les populations au calme. Pourtant, le 7 mai, d&#233;j&#224; 13.000 militants de ce parti sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s et les d&#233;put&#233;s sont inculp&#233;s de crime et d'atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'Etat. Il en r&#233;sultera dix condamnations &#224; mort et trois aux travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;, qui se rajoutent &#224; plus de cent mille morts. M&#234;me apr&#232;s l'ind&#233;pendance, la mainmise de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais se maintiendra, notamment avec la mise en place de la dictature de Tsiranana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;goire Madjarian rapporte dans &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Madagascar, &#224; l'issue de la Seconde Guerre mondiale, &#233;tait exsangue ; sa population accabl&#233;e de mis&#232;re, au bord de la r&#233;volte. Les colonialistes ne se maintenaient qu'en exer&#231;ant une r&#233;pression inou&#239;e. (&#8230;) Le spectacle de l'effondrement des forces vichystes devant les arm&#233;es britanniques en 1942 avait renforc&#233; l'id&#233;e que la France &#233;tait affaiblie et que le moment &#233;tait venu de s'organiser pour h&#226;ter la lib&#233;ration de la patrie. Des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes s'&#233;taient donn&#233;es pour objet un vaste soul&#232;vement pour restaurer la souverainet&#233; nationale. Jina et Panama, cr&#233;&#233;es la premi&#232;re en 1941, la seconde en 1943. (&#8230;) Le MDRM (Mouvement d&#233;mocratique pour la r&#233;novation malgache) (&#8230;) pensait acqu&#233;rir l'ind&#233;pendance par voie l&#233;gale et pacifique. L'ind&#233;pendance elle-m&#234;me &#233;tait con&#231;ue dans le cadre de l'Union fran&#231;aise et du maintien des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de la France. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1946, des manifestations populaires, souvent tr&#232;s violentes, se multipli&#232;rent dans diff&#233;rentes villes de l'&#238;le contre l'arbitraire colonial. (&#8230;) Le 19 mai arrivait &#224; Tananarive le nouveau haut commissaire, le socialiste de Coppet, d&#233;j&#224; en fonction avant 1940. L'envoi de ce gouverneur d'avant-guerre cristallisa le m&#233;contentement envers la m&#233;tropole coloniale. (&#8230;) De Coppet &#233;tait accueilli aux cris de &#171; Vive l'ind&#233;pendance ! &#187;. De nombreuses bagarres &#233;clataient contre les forces de police et les colons venus prot&#233;ger le cort&#232;ge officiel. Elles se transform&#232;rent rapidement en &#233;meutes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A Paris, &#224; la suite de la pression des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la colonisation fran&#231;aise, les parlementaires &#8211; dont ceux du PCF &#8211; votaient et faisaient approuver la constitution colonialiste de la quatri&#232;me r&#233;publique. L'assimilation &#233;tait la r&#232;gle : Madagascar &#233;tait int&#233;gr&#233;e d'office, en tant que territoire d'outre-mer, dans la R&#233;publique fran&#231;aise &#171; une et indivisible &#187; ; les Malgaches &#233;taient d&#233;sormais &#171; citoyens fran&#231;ais &#187;. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin de l'ann&#233;e 1946, de grandes gr&#232;ves dans les chemins de fer et les travaux publics paralys&#232;rent les transports pendant pr&#232;s d'une semaine. Les dockers de Majunga et Tamatave arr&#234;t&#232;rent le travail, r&#233;clamant un salaire journalier de 65 francs ; on leu accorda 18 &#224; 20 francs. D&#232;s le 18 mai 1946, les planteurs de la c&#244;te pressentaient les &#233;v&#233;nements : &#171; (&#8230;) Rien ne permet de d&#233;terminer quand d&#233;butera la r&#233;volte, ni sous quelle forme, ni quelles seront les premi&#232;res victimes. Mais elle doit logiquement &#233;clater. &#187; (cit&#233; par B&#233;nazet dans &#171; L'Afrique fran&#231;aise en danger &#187;). En janvier 1947, le pr&#233;sident du Syndicat des planteurs, Ruheman &#233;crit : &#171; Le danger est grand et peut-&#234;tre proche. En brousse, la transformation des esprits depuis moins d'un an est ahurissante. (&#8230;) Madagascar va devenir avant peu une autre Indochine. &#187; (&#8230;) Depuis la mi-46, l'administration coloniale r&#232;gne par la force et les prisons de Madagascar sont combles, les m&#233;thodes polici&#232;res utilis&#233;es sans mesure. A plusieurs milliers de kilom&#232;tres de l'&#238;le, le bombardement de Ha&#239;phong, en d&#233;cembre 1946, &#233;tait le produit de la m&#234;me r&#233;action coloniale. L'objectif politique poursuivi d&#233;passait le cadre du Vietnam. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais voulait donner un exemple de sa puissance retrouv&#233;e. Mais au bombardement de Ha&#239;phong r&#233;pondit l'insurrection de Hano&#239;. (&#8230;) Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, r&#233;plique grandiose aux provocations coloniales et d'une ampleur insoup&#231;onnable, une immense flamb&#233;e de r&#233;volte et de col&#232;re embrasait toute la partie Est de l'&#238;le, affolant la poign&#233;e d'Europ&#233;ens imbus de leur sup&#233;riorit&#233;, install&#233;s dans leur domination. A 80 kilom&#232;tres de Tananarive, le camp militaire de Moramanga, o&#249; &#233;taient entra&#238;n&#233;e la &#171; brigade fran&#231;aise d'extr&#234;me-orient &#187; &#233;tait attaqu&#233; par deux mille hommes simplement arm&#233;s de sagaies, qui tuaient une partie de la garnison, s'emparaient des armes, mettaient le feu &#224; la poudri&#232;re. A la m&#234;me heure, en diff&#233;rents points de l'&#238;le, des fermes de gros colons &#233;taient d&#233;truites, les voies ferr&#233;es et les lignes &#233;lectriques coup&#233;es dans trois districts, des bases a&#233;riennes assaillies. Plusieurs villages tombaient enti&#232;rement entre les mains des insurg&#233;s &#224; l'armement toujours rudimentaire : sagaies, haches, coupe-coupes et les seuls fusils pris dans les postes occup&#233;s. L'insurrection s'en prenait &#224; tout ce qui concernait la puissance militaire de la France et l'exploitation coloniale. Le 30, les insurg&#233;s &#233;taient ma&#238;tres d'un sixi&#232;me de l'&#238;le. Ils d&#233;ployaient partout l'ancien drapeau blanc et rouge, en appelaient &#224; la fraternit&#233; malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection rev&#234;t deux formes militaires : coups de main &#233;clair r&#233;alis&#233;s par des &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie urbaine et soul&#232;vement paysan. Trois traits caract&#233;risent le soul&#232;vement : sa coordination (le d&#233;clenchement simultan&#233; des attaques la m&#234;me nuit en est la preuve) ; son absence de commandement central ; enfin sa mauvaise organisation. Il ne r&#233;ussit que dans de rares cas &#224; s'emparer des armes ; il avorte en plusieurs endroits ; il ne parvient pas &#224; s'&#233;tendre au-del&#224; de la zone conquise d&#232;s le d&#233;but. (&#8230;) Cependant, malgr&#233; les forces d&#233;ploy&#233;es, la r&#233;volte ne s'&#233;teignait pas. Nouvelles attaques de garnisons les 7, 8 et 9 avril ; le 26, insurrection &#224; Tananarive. Dans la nuit du 30 avril, les insurg&#233;s assaillent &#224; nouveau le camp militaire de Maramanga et lib&#232;rent cent cinquante prisonniers. La r&#233;action coloniale affirmait qu'il s'agissait d' &#187;un coup tr&#232;s dur port&#233; &#224; son prestige &#187;, se retournait contre la m&#233;tropole et son repr&#233;sentant de Coppet, demandant des renforts et l'emploi de tous les moyens pour an&#233;antir &#171; ces bandits &#224; abattre &#187;. Les colons s'organisaient en groupes d'autod&#233;fense et ex&#233;cutaient des otages malgaches.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but ao&#251;t, des renforts importants arrivaient dans l'&#238;le : L&#233;gion &#233;trang&#232;re, Nord-Africains et tirailleurs s&#233;n&#233;galais principalement. Suivit ce qui deviendra le sc&#233;nario classique des campagnes coloniales de la quatri&#232;me r&#233;publique : quadrillage du territoire par les paras, ratissage, terreur sur les populations, ex&#233;cutions sommaires. Les forces de r&#233;pression fusillent, pillent, incendient les villages. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression n'&#233;pargna pas le MDRM, qui en fut une des cibles privil&#233;gi&#233;es ; il faut expliquer pourquoi. Le jeu politique du Mouvement consistait &#224; conqu&#233;rir par les voies l&#233;gales trac&#233;es par la Constitution les postes administratifs et parlementaires. Dans cette voie, il avait obtenu des succ&#232;s &#8211; qui n'&#233;taient pas de nature &#224; changer son orientation : il poss&#233;dait tous les parlementaires malgaches et dominait presque toutes les assembl&#233;es locales. Le MDRM n'avait cess&#233; d'inviter les Malgaches &#224; l'ordre et au travail. Le 3 juillet 1946, avant de rejoindre le Palais-Bourbon, les d&#233;put&#233;s du Mouvement avaient adress&#233; &#224; la population de l'&#238;le un message radiodiffus&#233; : &#171; Chers compatriotes. Avant notre d&#233;part de Madagascar, notre ch&#232;re patrie, nous tenons &#224; vous adresser cet appel : restez calmes, &#233;vitez les troubles, parce que le d&#233;sordre n'engendre jamais aucun bienfait. Rien ne s'accomplira sans la tranquillit&#233; et la paix. &#187; En mars 1947, encore, le MDRM avait lanc&#233; des appels au calme ; le 30, dans une proclamation &#224; la population, ses d&#233;put&#233;s r&#233;prouvaient de la fa&#231;on la plus formelle l'insurrection, ramen&#233;e &#224; des &#171; crimes &#187;, des &#171; actes de barbarie et de violence &#187;. N&#233;anmoins, le m&#234;me jour, Radio-Tananrive attribuait au MDRM la responsabilit&#233; du soul&#232;vement. (&#8230;) D&#233;but avril 1947, 3.000 membres du MDRM &#233;taient incarc&#233;r&#233;s, interrog&#233;s, tortur&#233;s &#8211; dont les deux d&#233;put&#233;s Ravoahangy et Rab&#233;nananjara (Raseta se trouvait &#224; Paris lors de l'insurrection). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole, les dirigeants du mouvement ouvrier ne manifestent visiblement aucune sympathie vis-&#224;-vis des insurg&#233;s, mais prononcent au contraire une condamnation sans appel. L'une des plus sanglantes intervention militaire de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais commence sous un gouvernement &#224; direction socialiste, auquel, jusqu'au 5 mai, participe largement le PCF. Ce dernier occupe, entre autres, le minist&#232;re de la D&#233;fense nationale (Fran&#231;ois Billoux). (&#8230;) Le Parti communiste, remarquait Le Monde du 18 avril, n'avait (&#8230;.) Manifest&#233; aucune opposition cat&#233;gorique &#224; l'envoi de renforts comme &#224; la r&#233;pression des &#233;meutes. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Madagascar n'arrivait plus &#224; enterrer ses morts, le chef du groupe parlementaire PCF invoquait le &#171; courant de libert&#233; &#187; que repr&#233;sentait l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, appelait &#224; l'union sacr&#233;e pour d&#233;fendre les droits de son pays &#224; opprimer d'autres peuples : &#171; Je le dis, et c'est l&#224; note sentiment profond : la France a des positions dans le monde, tous les Fran&#231;ais et j'ajoute tous les peuples associ&#233;s, nous avons int&#233;r&#234;t que la France puisse maintenir ses positions. Mais nous serions bien aveugles si nous ne tenions pas compte de ce fait important, &#224; savoir que les positions fran&#231;aises dans le monde sont terriblement convoit&#233;es. &#187; (d&#233;bat au parlement le 9 mai 1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'insurrection malgache de 1947 &#187; de Jacques Tronchon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la cause de la r&#233;volte, cete ouvrage cite Marcel de Coppet, Haut-commissaire de la R&#233;publique fran&#231;aise &#224; Madagascar au moment des &#233;v&#233;nements, organisateur de la r&#233;pression violente et barbare et nullement suspect de sympathie pour le colonis&#233; malgache r&#233;volt&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut avoir le courage de reconna&#238;tre qu'&#224; Madagascar la juste mesure a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e. (&#8230;.) Toutes les r&#233;quisitions des travailleurs, pratiqu&#233;es sur une grande &#233;chelle, souvent au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res les plus indispensables aux autochtones, n'&#233;taient pas justifi&#233;es par l'effort de guerre. Quant aux prestations, elles perdirent leur caract&#232;re d'imp&#244;t en nature, pour s'apparenter &#224; nouveau &#224; la corv&#233;e. &#187; (3 mars 1949)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Coppet explique en f&#233;vrier 1947 dans sa Conf&#233;rence des Hauts-commissaires :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand survint l'armistice (sign&#233; par P&#233;tain avec le vainqueur allemand), les Hova exploit&#232;rent au mieux la d&#233;faite fran&#231;aise : la France pouvait donc &#234;tre battue ; bien mieux, elle pouvait m&#234;me se r&#233;signer &#224; la d&#233;faite ; elle manquait &#224; la fois de force mat&#233;rielle et de force d'&#226;me. Plus n'&#233;tait besoin de la craindre. En 1943, au lendemain de la campagne anglaise (victorieuse contre les Allemands) (&#8230;) Madagascar fut plac&#233;e sous l'&#233;gide de la France combattante. La situation &#233;conomique &#233;tait alors s&#233;rieuse. On pensa pouvoir y rem&#233;dier en &#171; stimulant la production &#187;. Pour ce faire, on doubla tout simplement la dur&#233;e des prestations, on aggrava, de fa&#231;on non moins ill&#233;gale, les peines disciplinaires et on r&#233;quisitionna partout la main d'&#339;uvre pour la mettre &#224; la disposition, non seulement des services publics mais aussi des entreprises priv&#233;es. Ce fut une tr&#232;s grave erreur. La production ne s'en accrut gu&#232;re et, il faut avoir le courage de le dire, Madagascar regretta Vichy. C'est de ce moment, d'ailleurs, (en juin 1946) que date l'explosion g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un m&#233;contentement qui devait aller en s'amplifiant. (&#8230;) La population urbaine d'enhardit. (&#8230;) Tout est pr&#233;texte au d&#233;sordre des rues : l'arriv&#233;e d'un train, une foire, un march&#233;, un enterrement. (&#8230;) Cette p&#233;riode d'agitation, au cours de laquelle des gr&#232;ves sont d&#233;clench&#233;es &#224; Tamatave et Majunga, ne s'&#233;tend pas au-del&#224; du 23 juin 1946, date de la derni&#232;re &#233;chauffour&#233;e &#224; Tananarive ou ailleurs. Pour mettre un terme &#224; toute cette agitation, j'ai simplement appliqu&#233; la loi mais je l'ai appliqu&#233;e dans toute sa rigueur (&#8230;) Certes la temp&#233;rature a baiss&#233;, mais le mal subsiste (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'historique de l'insurrection, De Coppet &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;clatement de l'insurrection, dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 1947, n'est pas une r&#233;elle surprise. Plusieurs &#233;v&#233;nements survenus cette nuit-l&#224; sur diff&#233;rents points du territoire malgache, comprennent qu'ils marquent le d&#233;but du soul&#232;vement contre l'occupation fran&#231;aise. A plus forte raison, les autorit&#233;s coloniales, inform&#233;es pr&#233;cis&#233;ment de la date. D&#232;s la fin novembre 1946, celles-ci se trouvent sur le qui-vive. A plusieurs reprises, des forces de l'ordre sont s&#233;v&#232;rement molest&#233;es par la population. Le 29 novembre 1946, entre Ifanadiana et Androrangavola, le 31 janvier &#224; Marolambo, l'incident tourne &#224; l'&#233;meute. (&#8230;) Quant aux leaders du MDRM, ils multiplient depuis longtemps les mises en garde officielles pour d&#233;tourner les militants du parti de toute action violente. (&#8230;) Un t&#233;l&#233;gramme (du Bureau politique du MDRM de Madagascar du 29 mars 1947) est approuv&#233; &#224; l'unanimit&#233; : &#171; pri&#232;re de diffuser et afficher. Ordre imp&#233;ratif est donn&#233; &#224; toutes sections, &#224; tous membres du MDRM de garder calme et sang-froid absolus devant man&#339;uvres et provocations toutes natures destin&#233;es &#224; susciter des troubles au sein de la population malgache et &#224; saboter la politique pacifique du MDRM. Diffusez et accusez r&#233;ception. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier foyer de l'insurrection se d&#233;clare vers 22 heures dans le district de Manakara, plus pr&#233;cis&#233;ment dans un triangle dont les points seraient Ambila, Sahasinaka et Ampasimanjeva. Le premier objectif des insurg&#233;s est de s'attaquer aux garnisons militaires, aux postes de gendarmerie, tant pour r&#233;cup&#233;rer des armes que pour neutraliser la r&#233;action de leurs adversaires. Certains commandos prennent d'assaut les concessions europ&#233;ennes et les b&#226;timents administratifs. (&#8230;) L'insurrection est d&#233;samorc&#233;e partout o&#249; l'occupant se trouve sur le pied de guerre. A Tananarive en particulier, le coup de main est d&#233;command&#233; au dernier moment, et la circulation de plusieurs convois militaires dans les rues de la ville au soir du 29 mars a pu provoquer en partie cette ultime d&#233;fection. (&#8230;) Au matin du 30 mars, il est &#233;vident que les conjur&#233;s n'ont pas atteint leur but, celui d' &#187; un soul&#232;vement de tous, partout et &#224; la m&#234;me heure. &#187; Pourtant, cet &#233;chec initial n'emp&#234;che pas l'insurrection de s'&#233;tendre rapidement &#224; partir de ses foyers des districts de Manakara et de Moramanga. Les troupes qui ont attaqu&#233; le camp de Tristani se replient le long de la voie ferr&#233;e du M.L.A, en d&#233;vastant les concessions des colons europ&#233;ens ou malgaches francophiles. La plupart sont massacr&#233;s. (&#8230;) Au bout de quelques jours, l'insurrection a gagn&#233; l'ensemble de la c&#244;te est, puisque Mananjary, Tamatave, F&#233;n&#233;rive, Antalaha, Andapa, Sambava et Voh&#233;mar sont &#224; leur tour plus ou moins menac&#233;es. (&#8230;) Dans toutes r&#233;gions contr&#244;l&#233;es par les insurg&#233;s, un gouvernement malagasy s'organise, sous l'autorit&#233; plus ou moins directe de Victorien Razafindrabe au nord, et de Michel Radaoroson (dit Rakotozaly) au sud. (&#8230;) Jusqu'en juillet 1947, l'insurrection ne cesse de s'&#233;tendre. Il s'agit de contr&#244;ler les secteurs les plus vastes possible, et de mobiliser les populations paysannes en vue de &#171; l'attaque d&#233;cisive &#187; sur les grands centres. Des combats sont livr&#233;s jusque dans les banlieues de Tananarive, Fianarantsoa et Tamatave. L'occupant redoute tr&#232;s fortement que l'insurrection gagne l'ensemble des r&#233;gions centrales et d&#233;ferle ensuite sur les r&#233;gions occidentales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les leaders du MRDM se d&#233;solidarisent, d&#232;s qu'ils en ont eu connaissance, du mouvement de violence inaugur&#233; sur la c&#244;te est, fid&#232;le en cela &#224; leur appel au calme du 27 mars. (&#8230;) Ils sollicitent la possibilit&#233; de faire afficher dans tout Madagascar, ou au besoin de radiodiffuser, une &#171; proclamation &#187; d&#233;savouant l'insurrection de mani&#232;re cat&#233;gorique : &#171; Nous r&#233;prouvons de la fa&#231;on la plus formelle ces actes de barbarie et de violence et nous esp&#233;rons que la justice fera jaillir toute la v&#233;rit&#233; et d&#233;terminera la responsabilit&#233; de ces crimes. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le 1er avril, la Justice a ouvert une vaste instruction judiciaire sous l'inculpation de complot contre la s&#251;ret&#233; de l'Etat et ordonn&#233; l'arrestation des militants MDRM les plus influents. Aussit&#244;t une r&#233;pression polici&#232;re implacable s'abat sur tout Madagascar : c'est &#224; la v&#233;rit&#233; tous les militants du parti qui sont traqu&#233;s quel que soit leur rang. Les inculp&#233;s sont entass&#233;s sans m&#233;nagement dans des prisons trop exigu&#235;s, quand ce n'est pas dans de v&#233;ritables camps de concentration &#171; am&#233;nag&#233;s &#187; &#224; la h&#226;te. Dans de telles conditions, la situation des d&#233;tenus est intol&#233;rable. Les s&#233;vices de toutes sortes et les tortures subies au cours des interrogatoires de l'instruction viennent ajouter &#224; leurs souffrances physiques et morales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux pr&#233;visions initiales des autorit&#233;s fran&#231;aises, la r&#233;pression militaire de l'insurrection malgache se r&#233;v&#232;le longue et co&#251;teuse. Revenu de son optimisme du mois de juin, le g&#233;n&#233;ral Pellet &#233;crit dans un rapport en septembre 1947 : &#171; Il serait pr&#233;matur&#233; d'&#233;mettre d&#232;s maintenant une opinion sur l'avenir de la r&#233;bellion. (&#8230;) Pourtant tous les moyens sont mis en &#339;uvre pour en venir &#224; bout. La t&#234;te des chefs insurg&#233;s est mise &#224; prix. Des tribunaux d'exception se forment pour proc&#233;der &#224; des ex&#233;cutions exemplaires autour desquelles il est fait grand tapage. Des inculp&#233;s soumis &#224; la torture puis corrompus sont envoy&#233;s aupr&#232;s des insurg&#233;s comme agents de renseignement. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les districts en &#233;tat de si&#232;ge, le sort des populations civiles peut devenir dramatique. (&#8230;) Le chef de district d'Ambatondrazaka fait proc&#233;der &#224; des arrestations massives. Le 5 mai, avant l'aube, 16 otages sont transf&#233;r&#233;s &#224; la gare et enferm&#233;s dans trois wagons plomb&#233;s, affect&#233;s d'ordinaire au transport des bestiaux. (&#8230;) Vers minuit, les militaires de garde re&#231;oivent l'ordre de faire feu sur le train. (&#8230;) les 71 rescap&#233;s de cette tuerie sont transf&#233;r&#233;s &#224; la prison. (&#8230;) Ils en sont extirp&#233;s d&#233;finitivement le jeudi 8 mai dans l'apr&#232;s-midi pour &#234;tre conduits devant le peloton d'ex&#233;cution. (&#8230;) C'est &#171; l'affaire du train de Moramanga &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cameroun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des travailleurs de Douala (Cameroun) en septembre 1945 : &#233;cras&#233;e dans le sang !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cameroun, c'est la classe ouvri&#232;re qui commenc&#233; la lutte en 1955, comme on l'a rappel&#233;, &#224; Douala, &#224; Yaound&#233; et dans d'autres villes de moindre importance. C'est ce qui va amener les dirigeants nationalistes comme Ruben Nyobe, ancien syndicaliste, &#224; se radicaliser. L'organisation de Ruben, l'UPC, n'est pourtant pas si radicale. Au d&#233;but, elle se contente d'organiser des manifestations non violentes. La r&#233;pression ne va pas lui donner le choix. Pour le pouvoir fran&#231;ais, il n'est pas question d'accepter le moindre compromis, car l'UPC est &#171; communiste &#187;. En 1955, la r&#233;pression de Roland Pr&#233;, gouverneur du Cameroun, fait 5000 morts. L'UPC n'a pas choisi tout de suite la lutte arm&#233;e. Tr&#232;s clairement, Um Nyob&#233;, tout stalinien qu'il &#233;tait, ne proposait pas la r&#233;volution, ni la lutte radicale. Il ne s'en cachait pas, d&#233;clarant : &#171; Nous offrons des garanties qui prouvent non seulement notre d&#233;termination d'&#339;uvrer pour sortir le Cameroun de l'impasse, mais aussi de travailler de concert avec le gouvernement fran&#231;ais (&#8230;) &#187;. Ce qui montre le mieux les limites sociales et politiques des nationalistes de l'UPC, c'est leur volont&#233; de laisser la classe ouvri&#232;re en dehors du combat. L'UPC mobilise trois r&#233;gions : Bassa, Bamil&#233;k&#233; et la Sanaaga. Les travailleurs de Douala qui ont pourtant maintes et maintes fois montr&#233; leur combativit&#233; sont laiss&#233;s en dehors par l'UPC. Nyob&#233; a tourn&#233; le dos &#224; la classe ouvri&#232;re, d'o&#249; il vient. D&#233;sormais, il est un dirigeant de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie camerounaises. Il s'adresse &#224; eux ainsi qu'aux chefs traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kenya&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Kenya, l'affrontement, qui va &#234;tre impitoyable entre le peuple kenyan et le colonialisme anglais (rompant la pr&#233;tention de ce colonialisme d'avoir pris en compte pacifiquement le passage &#224; l'ind&#233;pendance, comme en Inde et au Ghana), sera le fait exclusif de la r&#233;volte d'un c&#244;t&#233; et des forces coloniales de l'autre. Des leaders petits bourgeois, comme Jomo Kenyatta, vont faire maintes fois des offres de services au colonialisme anglais en se pr&#233;sentant comme un autre N'Krumah, mais sans succ&#232;s. Son parti, le Kenyan African Union, est pacifiste, c'est-&#224;-dire contre la violence r&#233;volutionnaire des masses africaines &#8211; la violence du colonialisme, il n'y peut rien bien s&#251;r -. Il r&#233;clame seulement l'&#233;largissement de la participation des Africains &#224; un conseil qui n'a aucun pouvoir. Le KAU a une influence r&#233;formiste sur les syndicats qu'il entra&#238;ne dans son r&#233;formisme et la classe ouvri&#232;re ne jouera qu'un petit r&#244;le dans la lutte. C'est le colonialisme anglais qui radicalisme la situation en affirmant, contre l'&#233;vidence, que le mouvement populaire des campagnes, le Mau-Mau, serait manipul&#233; par le KAU. Ce mouvement de r&#233;volte a &#233;clat&#233; en 1952, parmi le peuple Kikuyu exasp&#233;r&#233; par les exactions des Blancs qui volent les terres, le Kenya &#233;tant consid&#233;r&#233; par les Anglais comme une colonie de peuplement comme l'Afrique du sud et les propri&#233;taires Blancs, 1% de la population, poss&#232;dent 25% des terres. Elle se traduit par des attaques physiques individuelles de colons blancs dans leurs fermes. Le colonialisme anglais le pr&#233;sente comme une lutte de sauvages barbares, et d&#233;cide, en juin 1953, de d&#233;clencher une guerre d'extermination contre l'ensemble du peuple kikuyu. C'est la chasse &#224; l'homme contre des paysans quasi compl&#232;tement d&#233;sarm&#233;s. 50.000 soldats britanniques et rhod&#233;siens r&#233;alisent l'une des plus sanglantes r&#233;pressions coloniales. Hommes, femmes et enfants sont d&#233;chiquet&#233;s par les bombardements des villages. Le pays tout entier est ratiss&#233; par l'arm&#233;e. Ceux qui r&#233;sistent sont abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Le mouvement ''Mau-Mau'' &#187; de Robert Buijtenhuij :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier syndicat permanent du Kenya, le &#171; Kenya Indian Labour Trade Union &#187;, fond&#233; en avril 1935 par Makhan Singh, &#233;tait une affaire enti&#232;rement indienne. Les syndicats africains brillaient &#224; cette &#233;poque par leur absence (&#8230;). Ce n'est qu'en juillet 1939 que les dockers de Mombasa ont d&#233;clench&#233; &#8211; plus ou moins spontan&#233;ment &#8211; la premi&#232;re gr&#232;ve &#171; noire &#187;. Quels faits nouveaux nous frappent dans l'activit&#233; politique du Kenya apr&#232;s la seconde guerre mondiale ? Le fait, d'abord, que le r&#233;veil politique a commenc&#233; &#224; toucher toutes les ethnies du Kenya sans exception (&#8230;) Il y a ensuite le fait que les Africains du Kenya ont trouv&#233; dans les activit&#233;s syndicales un nouveau champ de bataille. Apr&#232;s une nouvelle gr&#232;ve &#224; Mombasa en 1947, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cette fois &#224; laquelle participaient 15 000 Africains et qui a eu un succ&#232;s retentissant. Son organisateur, Chege Kibachia, a en effet fond&#233; le premier syndicat africain, la &#171; Africain Workers Federation &#187;. Consid&#233;r&#233;e avec m&#233;fiance par le gouvernement, cette organisationa &#233;t&#233; de courte dur&#233;e ; elle s'est progressivement dissoute apr&#232;s l'arrestation de son pr&#233;sident en ao&#251;t 1947. L'action de Chege Kibachia a cependant &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un mouvement syndical qui comptait en 1952, 27.588 membres en 13 syndicats ; &#224; la m&#234;me &#233;poque, il y aurait eu au Tanganika un seul syndicat avec 381 membres et en Ouganda trois organisations ouvri&#232;res avec 259 membres. Nous verrons que cette activit&#233; syndicale fait partie int&#233;grante du cadre dans lequel il convient de situer la r&#233;volte mau-mau. L'&#233;v&#233;nement qui cependant caract&#233;rise le mieux la nouvelle orientation de la vie politique (&#8230;) : le fondation du premier mouvement politique, la &#171; Kenya African Union &#187; dont l'origine remonte &#224; 1944. (&#8230;) Jomo Kenyatta, revenu au Kenya en 1946, (&#8230;) devint pr&#233;sident de cette nouvelle organisation en juin 1947. (&#8230;) C'&#233;tait d'abord un mouvement de masse qui avait en 1952 au moins 100.000 membres et dont certains meetings attiraient des foules de 20.000 &#224; 25.000 personnes. (&#8230;) Le KAU a pos&#233; d&#232;s le d&#233;but le probl&#232;me de l'Ind&#233;pendance (&#8230;). Les colons, qui suivaient avec inqui&#233;tude l'&#233;volution politique de la &#171; Gold Coast &#187;, parlaient avec horreur du &#171; Gold Coatism &#187; pour d&#233;signet toute mesure favorable aux Africains. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 novembre 1952, l'&#233;viction de 2.500 squatters travaillant sur les fermes de Leshaw Ward pour des raisons de s&#233;curit&#233; et par repr&#233;sailles &#224; la suite de l'assassinat du commandant Meiklejohn et de son &#233;pouse, ces mesures inspir&#233;es par la peur et exc&#233;cut&#233;es dans un climat de panique voisin de l'hyst&#233;rie, ont &#233;t&#233; d'autant plus ressenties par l'ensemble des squatters que les &#233;victions avaient &#233;t&#233; effectu&#233;es manu militari et que des m&#233;thodes particuli&#232;rement dures avaient &#233;t&#233; employ&#233;es pour briser toute tentative de r&#233;sistance ou de protestation. (&#8230;) Un exode soudain (&#8230;) a amn&#233; vers les r&#233;serves kikuyu une masse de squatters dont le nombre a &#233;t&#233; &#233;valu&#233; de 100.000 &#224; 200.000 personnes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une premi&#232;re phase qui a dur&#233; de 1948 jusqu'en 1950, le mouvement a pris naissance parmi les masses d&#233;sh&#233;rit&#233;es (&#8230;) Ce n'est que dans une deuxi&#232;me phase qui a dur&#233; du d&#233;but 1950 jusqu'&#224; la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence en octobre 1952, que des &#233;volu&#233;s et des leaders nationaux ont pris le pas sur les masses populaires anonymes. Puis, apr&#232;s la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence et l'arrestation de la quasi-totalit&#233; des leaders nationaux kikuyus, les masses paysannes se sont retrouv&#233;es de nouveau seules pour s'engager dans la r&#233;sistance arm&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette arm&#233;e paysanne sans armes, sans exp&#233;rience militaire et sans cadres instruits, a malgr&#233; tout r&#233;sist&#233; durant pr&#232;s de quatre ans &#224; l'arm&#233;e moderne anglaise et, jusqu'en 1954, elle n'a pas seulement su garder ses positions, mais m&#234;me les am&#233;liorer &#224; certians &#233;gards. (&#8230;) Un facteur qui explique la dur&#233;e de la r&#233;sistance kikuyu est l'existence, &#224; Nairobi et dans les r&#233;serves, d'un r&#233;seau de soutien, remarquablement bien organis&#233;, qui a fonctionn&#233; pendant plusieurs ann&#233;es gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; active ou passive de la grande majorit&#233; du peuple kikuyu. (&#8230;) Les structures territoriales de l'arm&#233;e favorisaient les liaisons &#233;troites entre les unit&#233;s combattantes et les comit&#233;s mau-mau dans les villages ou les communes d'origine des maquisards. (&#8230;) Ces comit&#233;s mau-mau du r&#233;seau de soutien ont pu tenter s&#233;rieusement de se substituer au gouvernement colonial en cr&#233;ant une v&#233;ritable &#171; administration parall&#232;le &#187;. (&#8230;) Le r&#233;seau de soutien de Nairobi s'occupait surtout du ravitaillement des arm&#233;es de la for&#234;t en armes et en nouvelles recrues, et de la collecte des fonds n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense des membres du mouvement devant les cours de justice et &#224; l'entretien des familles des membres du mouvement d&#233;tenus ou disparus au combat. (&#8230;) Cependant, les leaders mau-mau de Nairobi n'ont jamais tent&#233; d'exploiter leur contr&#244;le sur la population africaine pour ouvrir un deuxi&#232;me ou troisi&#232;me front contre le gouvernement colonial. (&#8230;) L'exception (&#8230;) est une campagne de r&#233;sistance passive lanc&#233;e &#224; Nairobi en 1953 et qui comprenait entre autres le boycottage des autobus municipaux europ&#233;ens et des boutiques de th&#233; tenues par des Asiatiques ainsi que l'interdiction de fumer en public, de boire de la bi&#232;re europ&#233;enne et de porter des chapeaux. (&#8230;) Aucune gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et tr&#232;s peu de gr&#232;ves partielles n'ont &#233;t&#233; mentionn&#233;es par les leaders du mouvement mau-mau (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les r&#233;serves kikuyu, la politique (des Anglais) des &#171; hameaux strat&#233;giques &#187; a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre pour emp&#234;cher le contact entre les combattants mau-mau et leurs supporters dans les campagnes. (&#8230;) A partir du d&#233;but de 1954, le pays kikuyu commen&#231;a &#224; ressembler &#224; un immense camp de concentration. Toute la population concentr&#233;e dans des villages nouveaux, devait d'ailleurs construire de ses propres mains, villages fortifi&#233;s et entour&#233;s de barricades et de barbel&#233;s, dont les habitants ne pouvaient sortir qu'une heure par jour (et encore sous escorte militaire) pour se ravitailler. (&#8230;) A partir de l'&#233;t&#233; 1954, l'arm&#233;e mau-mau a &#233;t&#233; contrainte de se replier sur elle-m&#234;me. La for&#234;t devint alors sa seule dimension, son dernier sanctuaire dont elle ne sortait plus gu&#232;re. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'approchait l'ind&#233;pendance, les survivants (de l'arm&#233;e mau-mau) se sont manifest&#233;s avec une audace croissante pour devenir, &#224; la fin de 1963, un v&#233;ritable probl&#232;me pour les nouveaux responsables du pays. (&#8230;) A partir de l'&#233;t&#233; 1961, (&#8230;) la lib&#233;ration de Jomo Kenyatta &#233;tait imminente et l'ind&#233;pendance commen&#231;ait &#224; devenir une r&#233;alit&#233; relativement proche. La question des anciens combattants devenait br&#251;ante : quelle serait leur place dans le Kenya ind&#233;pendant ? (&#8230;) le nouveau gouvernement de Jomo Kenyatta n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; leur accorder des faveurs (propri&#233;t&#233;s des anciens colons ou postes gouvernementaux). (&#8230;) En ce qui concerne les fermes, le gouvernement n'avait nullement l'intention d'exproprier les colons blancs. (&#8230;) Le Kenya de Jomo Kenyatta n'&#233;tait ni radical ni socialiste (&#8230;) La r&#233;volte mau-mau &#233;tait une r&#233;volution nationale et une r&#233;volte sociale en m&#234;me temps, et en temps que r&#233;volte sociale elle r&#233;clamait les terres cultiv&#233;es par les colons europ&#233;ens pour le peuple africain. Pour Jomo Kenyatta, par contre, la d&#233;colonisation signifiait avant tout l'ind&#233;pendance politique et il entendait rester en bons termes avec les Anglais et les colons sur le plan &#233;conomique. (&#8230;) D&#232;s sa lib&#233;ration en 1961, Jomo Kenyatta a annonc&#233; la couleur (&#8230;) &#171; Nous n'avons pas l'intention de former un gouvernement de gangsters &#8230; Nous dissiperons les appr&#233;hensions des gens qui craignent qu'un Kenya ind&#233;pendant ne se jette sur leurs propri&#233;t&#233;s pour les confisquer. &#187; (cit&#233; par le Monde du 28 ao&#251;t 1961) (&#8230;) A l'&#233;gard de ceux qui croyaient pouvoir en toute impunit&#233; pr&#234;ter serment d'all&#233;geance &#224; des organisations clandestines de r&#233;sistance &#224; la politique lib&#233;rale officielle, Mr Kenyatta a d&#233;clar&#233; (durant l'&#233;t&#233; 1963) : &#171; Nous serons impitoyables &#224; l'&#233;gard de ceux qui fabriquent des fusils dans la brousse. &#187; l'ind&#233;pendance elle-m&#234;me n'a rien chang&#233; &#224; cet &#233;tat de choses. (&#8230;) En novembre 1963, un mois avant l'ind&#233;pendance, un appel du gouvernement kenyatta aux derniers combattants leur enjoignait de se &#171; rendre &#187; avant la c&#233;l&#233;bration officielle de l'ind&#233;pendance. (&#8230;) Le premier &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel du gouvernement Kenyatta en vue d'une capitulation fut Mwariama, qui se pr&#233;senta le 8 d&#233;cembre 1963 &#224; la r&#233;sidence de Jomo Kenyatta &#224; Gattundu. (&#8230;) Le mar&#233;chal Mwariama a &#233;t&#233; condamn&#233; en mars 1964 &#224; cinq ans et trois mois de prison pour outrage &#224; un agent de police en fonction et possession ill&#233;gale d'armes. (&#8230;) Parmi les personnalit&#233;s du nouveau r&#233;gime, on ne compte &#224; notre connaissance aucun ancien combattant de la for&#234;t et peu d'anciens d&#233;tenus (&#8230;). Sur le plan purement mat&#233;riel aussi, tr&#232;s peu de choses ont &#233;t&#233; faites pour les anciens combattants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le pays obtient finalement son ind&#233;pendance en 1963, cela ne signifiait pas effectivement une victoire pour les combattants comme le rapporte la romanci&#232;re NGugi Wa thiongo dans &#171; P&#233;tales de sang &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait &#224; la veille de l'ind&#233;pendance. Alors, vous pouviez imaginer ce que cela repr&#233;sentait pour moi d'&#233;motions, d'espoirs et de souvenirs. (&#8230;) Tout allait changer. Plus jamais, je ne verrai le Blanc se moquer de nos efforts. (&#8230;) Les usines, les plantations, tout allait &#234;tre &#224; nous. (&#8230;) Des mois et des semaines apr&#232;s, je chantais encore le chant de l'esp&#233;rance. J'ai attendu la r&#233;forme agraire et la redistribution des terres. J'ai attendu un emploi. (&#8230;) J'ai entendu dire qu'on donnait des pr&#234;ts pour permettre d'acheter les fermes des Europ&#233;ens. Je n'ai pas compris pourquoi il me faudrait acheter des terres d&#233;j&#224; pay&#233;es au prix du sang. (&#8230;) J'ai attendu. Je me suis dit : OK. Je me fais muet, je me fais sourd. Et j'ai regard&#233; les choses &#233;voluer. J'ai vu les &#233;v&#233;nements. J'ai vu la tension monter entre les Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique du nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;QUE SE PASSE-T-IL EN AFRIQUE DU NORD ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps derniers, certains journaux se sont pr&#233;occup&#233;s de la situation en Afrique du Nord. Celle-ci est tellement tragique qu'il devenait d&#233;sormais impossible &#224; la presse &#034;d&#233;mocrate&#034; de la passer plus longtemps sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il ne s'agissait pas pour ces journaux de d&#233;fendre les indig&#232;nes d'Alg&#233;rie, du Maroc ou de Tunisie, mais de faire appel &#224; la vigilance gouvernementale pour limiter les &#034;abus&#034; ; c'est &#224; cette fin aussi que le C.N.R. d&#233;cida d'envoyer en Afrique du Nord une &#034;commission d'information&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission, quoique inoffensive, a &#233;t&#233; interdite par De Gaulle. Effectivement, &#224; quoi servirait-elle ? Si dans la M&#233;tropole le C.N.R. sert de camouflage, d'ornement &#034;d&#233;mocratique&#034; &#224; la machine gouvernementale bonapartiste de De Gaulle, quel serait son r&#244;le en Afrique du Nord ? L&#224;-bas il ne s'agit nullement d'abus &#224; &#034;r&#233;former&#034;, de faire patienter les masses. Un conflit mortel oppose les colons exploiteurs et oppresseurs et les 9/10 de la population indig&#232;ne. Dans ces conditions, la commission d'enqu&#234;te du C.N.R., si elle rassurerait &#034;les esprits inquiets&#034; de la M&#233;tropole, ne ferait au contraire qu'aggraver la situation politique en Afrique du Nord si elle &#233;tait prise au s&#233;rieux par les indig&#232;nes. Car si les indig&#232;nes pensaient avoir l'appui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; cela ne pourrait que les inciter encore plus &#224; l'action directe contre les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi seule la politique des colons est approuv&#233;e par le gouvernement : r&#233;pression colonialiste sans phrases. Ici il n'y a pas de place pour les balivernes du C.N.R. dont l'inutilit&#233; devient de plus en plus visible dans la M&#233;tropole m&#234;me, o&#249; ses &#034;Comit&#233;s&#034; (sic) ne font que &#034;sugg&#233;rer&#034; dans une situation qui appelle de plus en plus une solution radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le sort des classes laborieuses de l'Afrique du Nord ne sera pas laiss&#233; par les travailleurs de France &#224; la merci du gouvernement de De Gaulle, c'est-&#224;-dire des colons, exploiteurs f&#233;roces et fascistes. Les travailleurs savent que si les Nord-Africains sont &#233;cras&#233;s par le gouvernement fran&#231;ais pour sauver la domination des colons, ceux-ci se serviront de l'Afrique du Nord comme Franco s'est servi des Marocains du Rif : pour &#233;craser les travailleurs de la M&#233;tropole et instaurer en France m&#234;me un r&#233;gime de terreur ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre ans les masses indig&#232;nes d'Alg&#233;rie, de Tunisie et du Maroc sont en proie &#224; la famine et au typhus. L'Afrique du Nord n'a rien &#224; se mettre sur le dos, rien &#224; manger. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont en haillons, habill&#233;s de chiffons ou de sacs. Il ne s'agit plus pour eux de se v&#234;tir, mais simplement de ne pas choquer la d&#233;cence. Dans la plupart des familles indig&#232;nes, il n'y a qu'un mis&#233;rable v&#234;tement pour trois ou quatre personnes, v&#234;tement que chacun met &#224; tour de r&#244;le pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au ravitaillement, il est inexistant. Les villes o&#249; il y a une majorit&#233; europ&#233;enne connaissent les restrictions, mais sont tout de m&#234;me assur&#233;es d'un minimum vital. Mais les campagnes sont litt&#233;ralement affam&#233;es, les campagnes o&#249; vivent 95% des indig&#232;nes, c'est-&#224;-dire les 9/10 de la population totale. La base de l'alimentation indig&#232;ne est le couscous. Pour faire du couscous, il faut de la farine. Or, la ration mensuelle allou&#233;e &#224; chaque indig&#232;ne par le ravitaillement est de 3 kg d'orge ou 3 kg de bl&#233;, soit 2 kg 500 de farine pour l'orge et l kg 500 &#224; 2 kg pour le bl&#233;. Cela repr&#233;sente une moyenne de 50 g. de pain par jour. Il faut ajouter qu'ils n'ont souvent rien d'autre pour compl&#233;ter cette maigre pitance : peu de l&#233;gumes, pas de viande. On peut penser que s'ils recevaient pour toute nourriture nos 350 g de pain quotidiens, ils croiraient nager dans l'abondance, tant leur mis&#232;re est effroyable ! Avant la guerre, le minimum vital pour chaque individu &#233;tait de 20 &#224; 25 kg de farine par mois. La ration actuelle repr&#233;sente donc &#224; peine les 10% du minimum. De plus, les distributions se font l&#224;-bas d'une fa&#231;on tr&#232;s irr&#233;guli&#232;re, avec des retards de 2 &#224; 3 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il ne faut pas s'&#233;tonner si &#224; l'heure actuelle, comme on l'&#233;crit l&#224;-bas, des millions d'&#234;tres humains vivent comme des b&#234;tes, se nourrissent d'herbes et de racines. Il ne faut pas s'&#233;tonner si le typhus, &#034;maladie de carence&#034; par excellence, fait rage en Afrique du Nord. Et cela depuis quatre ans ! On estime que dans la seule Alg&#233;rie il y a eu plus de 30.000 victimes en 1940-1941. Et depuis le nombre des morts par le typhus n'a fait que s'accro&#238;tre. Tout r&#233;cemment il y a eu 33 morts en une seule nuit dans un petit village de quelques centaines d'habitants. Un village kabyle qui comprenait 1400 habitants n'en compte plus que 300, soit 1100 victimes. Et pourtant dans la masse, la Kabylie &#233;tait une des r&#233;gions les plus r&#233;sistantes aux &#233;pid&#233;mies. Mais aujourd'hui le typhus, compagnon in&#233;vitable de la famine, n'est pas localis&#233;, il est g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1942 on pouvait penser que cela &#233;tait le fruit de la politique de Vichy, qui faisait des pr&#233;l&#232;vements massifs sur l'&#233;conomie nord-africaine. Mais depuis, ce pays aurait d&#251; conna&#238;tre les bienfaits de l'intervention am&#233;ricaine, une avalanche de cotonnades et de corned-beef. Or il n'en a rien &#233;t&#233; et la situation des masses indig&#232;nes, comme en France, s'est encore aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela veut dire ? Sans doute il serait tr&#232;s facile aux Am&#233;ricains, avec quelques bateaux, de ravitailler les populations nord-africaines. Et les n&#233;cessit&#233;s de la guerre ne sont pas telles qu'elles rendent impossible l'organisation d'un trafic aussi r&#233;duit. Mais voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a des vis&#233;es sur l'Afrique du Nord, et comme l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'entend ni c&#233;der sa place ni composer, il fait crever l'indig&#232;ne sans l'ombre d'un regret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort tragique des peuples nord-africains est donc un aspect de la lutte imp&#233;rialiste. Mais il est d'abord l'aboutissement d'une exploitation imp&#233;rialiste conduite d'une fa&#231;on syst&#233;matique et impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, est-ce que les ressources de l'Afrique du Nord ne devraient pas lui permettre de nourrir largement toute sa population ? Sans aucun doute il y a l&#224;-bas de tout pour tous. Autrefois, avant la conqu&#234;te fran&#231;aise, l'ensemble de la population nord-africaine &#233;tait form&#233;e de petits et moyens paysans tirant de leurs terres des ressources suffisantes pour leur subsistance. Mais les colons fran&#231;ais ont expropri&#233; l'indig&#232;ne sur une large &#233;chelle et r&#233;duit les 9/10 de la population &#224; une condition prol&#233;tarienne. Elle a abouti &#224; l'extr&#234;me paup&#233;risation des masses indig&#232;nes et &#224; l'&#233;norme enrichissement des gros colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus typique est celui de l'Alg&#233;rie. En moins d'un si&#232;cle la propri&#233;t&#233; indig&#232;ne y est pass&#233;e de 16 millions d'ha &#224; 7 millions. L'Etat colonial et les gros colons se sont donc appropri&#233; 9 millions d'ha. Trois mille gros colons y poss&#232;dent pr&#232;s de 2 millions d'ha, c'est-&#224;-dire autant qu'un million et demi de propri&#233;taires indig&#232;nes. Six gros vignerons y r&#233;coltent plus de 3 millions d'hectolitres de vin. Certaines entreprises capitalistes y poss&#232;dent plus de 50.000 ha de terre. Au contraire, 70% de la paysannerie indig&#232;ne n'ont qu'une moyenne de 2 ha de mauvaises terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le r&#233;sultat le plus &#233;vident de la colonisation fran&#231;aise est la constitution d'une &#034;f&#233;odalit&#233;&#034; terrienne et &#233;conomique vivant de l'exploitation intensive des masses indig&#232;nes pr&#233;alablement expropri&#233;es et prol&#233;taris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui 99% des populations indig&#232;nes de l'Afrique du Nord sont form&#233;es d'ouvriers agricoles, de demi-fellahs et de travailleurs, qui n'ont d'autre ressource que leurs bras pour gagner le pain de leurs nombreuses familles. Il s'est donc constitu&#233; dans ce pays une abondante main-d'&#339;uvre qui a longtemps permis aux capitalistes et aux trusts coloniaux de pratiquer une politique de bas salaires : de 3 &#224; 10 frs par journ&#233;e de 12 &#224; 14 heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire journalier de 10 frs, comment nourrir et habiller une famille de 5 personnes, alors que le quintal de bl&#233; co&#251;tait 180 frs, le m&#232;tre d'&#233;toffe 20 frs, une paire de chaussures 50 &#224; 100 frs ? Aussi bien, la plupart des indig&#232;nes se nourrissaient-ils d'orge et de glands, sans manger toujours &#224; leur faim. Ils allaient pieds-nus ou chauss&#233;s d'espadrilles et s'achetaient une gandoura par an, qu'ils portaient jusqu'&#224; usure compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc en temps normal, l'indig&#232;ne &#233;tait sous-aliment&#233; et mis&#233;rablement v&#234;tu. Il n'avait aucune r&#233;serve alimentaire ni vestimentaire. Qu'une mauvaise r&#233;colte survienne et la faim se transforme en famine et appelle le typhus. La guerre actuelle a eu ainsi pour effet d'aggraver et de g&#233;n&#233;raliser jusqu'&#224; la catastrophe un &#233;tat de choses end&#233;mique, cons&#233;quence in&#233;luctable de l'exploitation imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant il y a encore du bl&#233; dans les silos des gros colons et des grosses soci&#233;t&#233;s. Mais ils ne le livrent pas et l'administration locale qui leur est enti&#232;rement d&#233;vou&#233;e, les laisse faire. Ils pr&#233;f&#232;rent le vendre au march&#233; noir. Mais ils pr&#233;f&#232;rent voir le fellah crever de faim, dans l'espoir de le pousser &#224; la r&#233;volte, puis d'amener le gouvernement &#224; pratiquer une bonne r&#233;pression. Et &#224; la faveur de cette r&#233;pression ils esp&#232;rent faire avorter tout projet de r&#233;forme en faveur de l'indig&#232;ne et surtout obtenir un retour &#224; la politique des bas salaires, aux 5 ou 6 francs journaliers d'avant-guerre qui leur assuraient de si substantiels b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation de l'Afrique du Nord. Exploit&#233;e &#224; outrance par les colons et les capitalistes fran&#231;ais ma&#238;tres de l'administration, elle ne peut rena&#238;tre &#224; la vie que par l'expulsion des intrus qui absorbent toute sa substance vitale. C'est ce que veulent les indig&#232;nes : c'est-&#224;-dire l'ind&#233;pendance de l'Afrique du Nord. Il y a l&#224;-bas une haine farouche et g&#233;n&#233;rale pour l'exploiteur fran&#231;ais. Les mouvements nationalistes nord-africains ont pris une ampleur extraordinaire ; des troubles se produisent un peu partout et l'on parle m&#234;me de l'existence d'un maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, nous r&#233;pondra-t-on (et c'est un argument souvent invoqu&#233; par les chefs staliniens pour expliquer pourquoi ils ne soutiennent plus les Abd-el-Krim de l'Afrique du Nord), dans le monde capitaliste actuel l'Afrique du Nord ne peut pas &#234;tre ind&#233;pendante : si la France n'y &#233;tait pas ce serait l'Am&#233;rique ou l'Angleterre qui prendrait sa place ! Argument d'exploiteurs, de capitalistes : &#034;si ce n'est pas moi qui exploite mon ouvrier, ce sera un autre, qui sera peut-&#234;tre pire&#034;. Mais cet argument ne vaut rien. L'ind&#233;pendance de l'Afrique du Nord n'est pas un cadeau qui tomberait du ciel aux Nord-Africains. Cette ind&#233;pendance doit &#234;tre le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e men&#233;e par les peuples indig&#232;nes et les travailleurs m&#233;tropolitains contre les 200 familles. Victorieux dans cette lutte, l'appui du prol&#233;tariat mondial et des autres peuples coloniaux (qui forment l'&#233;norme majorit&#233; de la population du globe) les rendra invincibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat de France sait qu'un peuple qui en opprime un autre n'est pas un peuple libre. Il rejette enti&#232;rement la responsabilit&#233; de l'exploitation des peuples de l'Afrique du Nord sur les 200 familles. Au moment o&#249; les imp&#233;rialistes de France, d'Am&#233;rique et d'Angleterre commencent &#224; se prendre aux cheveux pour le pillage de l'Afrique du Nord, il proclame hautement le droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes jusques et y compris la s&#233;paration de la France. Les travailleurs fran&#231;ais savent maintenant qu'&#224; notre &#233;poque on ne peut plus maintenir assujetti un peuple qui veut sa libert&#233; et son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le droit de l'Afrique du Nord &#224; disposer d'elle-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une COMMISSION D'ENQUETE OUVRIERE IMPOSEE au gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;change &#233;conomique avec l'Afrique du Nord par l'expropriation des colons monopoleurs et affameurs des indig&#232;nes et de la France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, l'exploitation des colonies maintient vos propres cha&#238;nes ; le colonialisme est une pratique capitaliste ! Sur cette question aussi rompons d&#233;lib&#233;r&#233;ment et radicalement avec le pass&#233;. Ainsi seulement l'avenir nous appartiendra !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc42_011845.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc42_011845.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES &#034;BIENFAITS&#034; DE LA COLONISATION...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(22 mars 1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le silence de toute la presse, en Afrique du Nord l'exploitation est plus terrible que jamais. L'action &#034;civilisatrice&#034; continue &#224; entretenir la famine, le typhus, la mis&#232;re et la d&#233;moralisation. Les capitalistes fran&#231;ais qui parlent beaucoup de pudeur et de moralit&#233;, ne vous disent pas que l&#224;-bas les femmes, faute de v&#234;tements, en sont r&#233;duites &#224; cacher leur sexe de leur main. Ils ne vous disent pas que 15 classes ont &#233;t&#233; mobilis&#233;es en Afrique du Nord, que 95% de l'effectif de certaines unit&#233;s sont tomb&#233;es pour le profit des capitalistes et que pendant ce temps leurs familles meurent de faim. Ils ne vous disent pas qu'en France m&#234;me, le gouvernement a fait incorporer de force dans des r&#233;giments de g&#233;nie tous les travailleurs nord-africains se trouvant &#224; Cherbourg et en Bretagne et qu'employ&#233;s au d&#233;minage beaucoup y ont laiss&#233; leur vie. Ils ne vous disent pas que les m&#234;mes policiers que sous l'occupation nous arr&#234;taient et nous r&#233;quisitionnaient pour les entreprises allemandes, nous livrent aux Anglo-am&#233;ricains comme &#034;collaborateurs&#034; pour faciliter sous ce pr&#233;texte notre exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement seule la classe 43 a &#233;t&#233; appel&#233;e. Cependant &#224; Paris, dans le 20&#232;me notamment, les gendarmes vont cueillir &#224; leur domicile les jeunes des classes 39-40-41 comme insoumis, sous pr&#233;texte que leur classe a &#233;t&#233; mobilis&#233;e en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie fran&#231;aise ne nous donne aucune possibilit&#233; l&#233;gale de nous d&#233;fendre. Le soi-disant repr&#233;sentant nord-africain &#224; l'Assembl&#233;e consultative, Ben Djelloul, n'est qu'un laquais du gouvernement et son unique pr&#233;occupation en ce moment si tragique pour nous c'est d'obtenir un nouveau si&#232;ge &#224; l'Assembl&#233;e consultative pour un autre larbin, Ahmed Bahloul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais ! Nous avons particip&#233; &#224; vos luttes quand le fascisme, &#224; partir de 1934, s'est dress&#233; contre vous. Contre le traitement qu'on nous inflige, nous comptons aujourd'hui sur votre solidarit&#233; &#224; vous, qui &#234;tes aussi des exploit&#233;s. Vous ne pouvez pas ne pas protester contre le traitement inf&#226;me auquel nous soumettent les capitalistes fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROUPE DE TRAVAILLEURS NORD-AFRICAINS&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; le gouvernement de Gaulle s'est d&#233;masqu&#233; comme le gouvernement des trusts affameurs, l'appel de nos camarades nord-africains ne doit pas rester vain. Car la haine terrible accumul&#233;e en Afrique du Nord serait alors utilis&#233;e par l'interm&#233;diaire de certains chefs indig&#232;nes vendus, contre vous-m&#234;mes, comme Franco a utilis&#233; les Marocains du Rif contre les travailleurs espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs nord-africains se trouvant en France sont livr&#233;s &#224; l'exploitation sans moyens de d&#233;fense et les capitalistes en profitent pour saper nos propres conditions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les dangers sont de nouveau tr&#232;s grands pour la classe ouvri&#232;re et que le fascisme rel&#232;ve la t&#234;te, l'union de tous les exploit&#233;s est indispensable &#224; notre vie et &#224; notre libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais et travailleurs coloniaux, unissons-nous contre les entreprises r&#233;actionnaires des capitalistes fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 Mars 1945 UNION COMMUNISTE (4&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/tract_032245.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/tract_032245.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alg&#233;rie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de France et d'Alg&#233;rie devant l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas &#234;tre un peuple libre&#034; (Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation g&#233;ographique de l'Alg&#233;rie, ainsi que ses ressources &#233;conomiques et militaires, lui conf&#232;rent, dans un prochain avenir, un r&#244;le de tout premier ordre. Sa situation strat&#233;gique &#8211; permettant la jonction des possessions de l'Afrique avec la m&#233;tropole &#8211; la chair &#224; canon qu'elle peut fournir et ses mati&#232;res premi&#232;res en font une pi&#232;ce ma&#238;tresse du syst&#232;me imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Objet de conqu&#234;te, elle sera utilis&#233;e comme moyen de rapine dans le prochain carnage, tout comme en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez, et apr&#232;s lui Jouhaux, y ont entrepris r&#233;cemment des voyages de propagande. Dans le but d'y poursuivre une agitation sociale contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ? H&#233;las ! Les coryph&#233;es du &#034;Front populaire&#034; y sont all&#233;s pour &#034;resserrer l'union entre les peuples d'Alg&#233;rie et la M&#233;tropole&#034;. Apr&#232;s Daladier, parlant officiellement et ouvertement au nom de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, Thorez est parti faire &#339;uvre de dupeur, parler &#034;d&#233;mocratie&#034;, &#034;union contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, etc&#8230; Les compte-rendus de L'Humanit&#233; nous disent les nombreuses d&#233;l&#233;gations dont il re&#231;ut la visite, les cadeaux qui lui ont &#233;t&#233; offerts ; il re&#231;oit des fleurs en souriant ; des photos le montrent embrassant une indig&#232;ne, en un mot, tout se d&#233;roule selon la technique que le &#034;p&#232;re des peuples&#034; met en &#339;uvre en U.R.S.S. Pas un mot sur les revendications des travailleurs et des paysans alg&#233;riens. Il parle bien de la n&#233;cessit&#233; de s'unir &#034;contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, mais passe sous silence la lutte par des m&#233;thodes de classe contre le fascisme EN ALGERIE. Devant son auditoire, il d&#233;nonce le P.S.F. et le P.P.F. alg&#233;rien comme agents de l'&#233;tranger, mais bien s&#251;r pas comme ceux du capitalisme fran&#231;ais. La M&#233;tropole, voyez-vous, n'a que des repr&#233;sentants &#034;honn&#234;tes&#034; comme M. Thorez. Les fascistes qui s'en revendiquent, ce sont des agents camoufl&#233;s de Hitler. C'est ainsi qu'il r&#233;alise &#034;l'union fran&#231;aise&#034; ! Du moment que le P.S.F. et le P.P.F. sont des agents de Hitler, et non pas mercenaires de la m&#233;tropole, la lutte contre eux n'est plus la t&#226;che des masses travailleuses luttant contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, mais une simple t&#226;che de police. Thorez r&#233;clamera que celle-ci les emprisonne ; mais en attendant, ce sont ses propres meetings qui sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le important, non seulement dans la prochaine guerre, mais elle peut devenir, elle devient une place d'armes du fascisme fran&#231;ais. Les Doriot, les de La Rocque ont profit&#233; de la politique du &#034;Front populaire&#034; &#224; l'&#233;gard des masses travailleuses pour augmenter leur influence. De m&#234;me que, sous la pression de Blum, les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; espagnol ont refus&#233; d'accorder satisfaction aux Marocains &#8211; auxquels Franco a accord&#233; des droits d&#233;magogiquement, en paroles, pour pouvoir les utiliser contre les ouvriers espagnols &#8211; de m&#234;me les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; au pouvoir en France ont donn&#233; les gages exig&#233;s par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Ils ont permis un renforcement de la r&#233;pression contre les luttes surgies en Alg&#233;rie sous l'impulsion des gr&#232;ves fran&#231;aises. Lozeray ment quand il &#233;crit, dans L'Humanit&#233;, que les salaires des ouvriers indig&#232;nes ont augment&#233;. Ils ont diminu&#233; par suite de la d&#233;valuation. Le &#034;Front populaire&#034; a laiss&#233; les masses indig&#232;nes aussi d&#233;nu&#233;es de droits qu'avant 1936. Le droit d'adh&#233;sion aux organisations syndicales est tout bonnement th&#233;orique. Car celles-ci sont un moyen de d&#233;fense des ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens qui, du point de vue &#233;conomique et politique, repr&#233;sentent une couche de beaucoup sup&#233;rieure &#224; l'&#233;l&#233;ment indig&#232;ne. Ce dernier, compos&#233; de travailleurs non qualifi&#233;s, &#8211; man&#339;uvres &#224; tout faire, travailleurs agricoles, mineurs &#8211; manque d'esprit corporatif et est dans l'impossibilit&#233; de payer une cotisation qui d&#233;passe compl&#232;tement ses possibilit&#233;s. Avant de pouvoir s'organiser dans une organisation commune avec les ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens, les travailleurs indig&#232;nes doivent pr&#233;alablement conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et politique, s'&#233;lever &#224; leur niveau. Le moyen qui leur permettrait de l'atteindre, c'est une lutte autonome adapt&#233;e &#224; leur situation. Le Front populaire n'a rien apport&#233; aux masses travailleuses de l'Alg&#233;rie, il a aggrav&#233; leur situation. Voil&#224; la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des masses indig&#232;nes, Blum &#034;repr&#233;sentait&#034; les ouvriers fran&#231;ais ; elles ont &#233;t&#233; habilement travaill&#233;es par le P.S.F. et le P.P.F. et dress&#233;es contre les ouvriers m&#233;tropolitains, tenus &#034;responsables&#034; de cette politique. Aujourd'hui le danger est grand de voir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais s'en servir pour an&#233;antir les conqu&#234;tes politiques et sociales des ouvriers fran&#231;ais et instaurer le fascisme en France avec leur aide, comme Franco en Espagne avec celle des Marocains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du B.P. du P.C.F. prise au retour de Thorez, donne un coup de chapeau &#224; la n&#233;cessit&#233; (du point de vue de la s&#233;curit&#233; fran&#231;aise bien entendu) &#034;de faire droit aux aspirations l&#233;gitimes d'ordre &#233;conomique, social, culturel, religieux et politique qu'exposent notamment les repr&#233;sentants des populations arabes et berb&#232;res musulmanes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est la mesure pratique envisag&#233;e ? La r&#233;solution rappelle &#034;que le projet Blum-Violette... n'est toujours pas vot&#233;&#034; ! La politique de collaboration de classe du Parti communiste fran&#231;ais, sur le plan colonial, remplace l'agitation parmi les masses exploit&#233;es et la lutte autonome de ces masses par des m&#233;thodes de classe contre l'imp&#233;rialisme, par des exhortations adress&#233;es &#224; la m&#233;tropole, c'est-&#224;-dire aux capitalistes fran&#231;ais. Le projet, en effet, n'a rien de dangereux pour la &#034;s&#233;curit&#233; fran&#231;aise&#034;. S'il r&#233;pond aux aspirations &#034;qu'exposent notamment les repr&#233;sentants&#034; (c'est-&#224;-dire les exploitants indig&#232;nes, il ne donne aucune satisfaction aux millions d'ouvriers et paysans d'Alg&#233;rie (approximativement 5.000.000). Donner des droits &#224; une infime minorit&#233; de 20.000 privil&#233;gi&#233;s indig&#232;nes, comme le pr&#233;voit le projet, c'est, en r&#233;alit&#233;, augmenter l'in&#233;galit&#233; et &#233;largir la base sociale de l'imp&#233;rialisme qui s'attacherait encore plus fortement cette mince couche et renforcerait par cons&#233;quent, sa domination : &#034;L'&#233;quilibre social recherch&#233; par l'imp&#233;rialisme consiste &#224; d&#233;placer certaines couches indig&#232;nes pour les lier &#224; l'&#233;l&#233;ment exploiteur d'une part, et d'autre part, &#224; diviser l'ensemble des masses travailleuses en deux couches distinctes&#034;. C'est ce que Thorez explique &#224; mots couverts &#224; l'adresse des dirigeants fran&#231;ais de ce pays, au meeting de Wagram, et il a l'impudence de donner l'exemple de l'U.R.S.S. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la droite de la Chambre fran&#231;aise s'oppose &#224; l'adoption de ce projet, ce n'est pas parce qu'il repr&#233;sente une concession aux masses travailleuses, mais pour ne pas d&#233;placer le poids respectif des exploiteurs indig&#232;nes par rapport aux exploiteurs alg&#233;ro-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez &#233;crit : &#034;A l'heure actuelle, l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur du mouvement ouvrier fran&#231;ais et du mouvement ouvrier international &#8211; prol&#233;taires allemands en premier lieu &#8211; c'est de faire &#233;chec partout au fascisme hitl&#233;rien, de lui refuser partout de nouveaux moyens de puissance et de domination. L'int&#233;r&#234;t non moins &#233;vident des peuples des colonies fran&#231;aises &#8211; consid&#233;r&#233; sous l'angle de leur &#233;mancipation nationale et sociale &#8211; c'est de rester unis &#224; un peuple chez lequel subsistent encore heureusement les notions de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; des races.&#034; Voil&#224; par quel tour de passe-passe Thorez r&#233;concilie l'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux et du prol&#233;tariat m&#233;tropolitain avec l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le traquenard, c'est sa soi-disant croisade anti-fasciste... command&#233;e par Gamelin-Franco, qui instaurera la dictature de son &#233;tat-major militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux est de s'&#233;manciper de l'imp&#233;rialisme. En tant que ph&#233;nom&#232;ne &#233;conomique, celui-ci asservit les peuples arri&#233;r&#233;s, les surexploite et les maintient dans l'esclavage. Ses m&#233;thodes de domination &#8211; sociales, militaires, politiques &#8211; d&#233;pendent des conditions concr&#232;tes du pays exploit&#233; et non pas des formes politiques de la M&#233;tropole. G&#233;n&#233;ralement, les exploiteurs s'appuient sur l'&#233;l&#233;ment social le plus arri&#233;r&#233;, comme c'est le cas pour l'Alg&#233;rie. La domination de la &#034;d&#233;mocratique&#034; Angleterre aux Indes ou sur les peuples arabes s'appuie sur les f&#233;odaux. L'&#233;pop&#233;e sanglante que repr&#233;sentent les conqu&#234;tes coloniales de l'Angleterre et de la France en premier lieu, sont les plus noires des temps modernes. Politiquement, les masses travailleuses n'ont aucun droit, &#224; quelque imp&#233;rialisme qu'elles appartiennent. Leur pire ennemi, c'est leur propre imp&#233;rialisme, en l'occurrence l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux ouvriers fran&#231;ais, leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;vident, le premier est celui-ci : ne pas fournir &#224; leurs propres capitalistes &#8211; fran&#231;ais &#8211; les moyens pour r&#233;primer leurs luttes. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais tire pr&#233;cis&#233;ment le plus clair de sa force de l'exploitation coloniale. Le soutien des luttes des opprim&#233;s de l'Empire fran&#231;ais contre la M&#233;tropole par les ouvriers fran&#231;ais c'est la condition m&#234;me de leur victoire : &#034;La victoire de la classe ouvri&#232;re dans les pays avanc&#233;s et la lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s de l'imp&#233;rialisme sont impossibles sans la formation et la consolidation d'un front r&#233;volutionnaire commun&#034;. (Th&#232;ses de L&#233;nine sur la question nationale et coloniale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on examine de plus pr&#232;s le &#034;raisonnement&#034; de Thorez, on constate qu'en r&#233;alit&#233; il nie la possibilit&#233; et le droit des peuples opprim&#233;s de d&#233;terminer librement leur sort puisqu'il feint de [ligne manquante] &#8230;mination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ou domination de l'imp&#233;rialisme hitl&#233;rien. Mais le prol&#233;tariat et l'avant-garde ne doivent pas oublier la le&#231;on r&#233;cente de l'Espagne &#8211; si ch&#232;rement pay&#233;e &#8211; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour emp&#234;cher les indig&#232;nes &#8211; et surtout ceux de l'Afrique du Nord &#8211; de devenir les instruments de la r&#233;pression capitaliste contre eux, les ouvriers fran&#231;ais doivent montrer aux peuples coloniaux leur v&#233;ritable figure, c'est-&#224;-dire celle d'opprim&#233;s luttant contre l'imp&#233;rialisme et l'exploitation coloniale et non pas celle de soutien des exploiteurs. Le prol&#233;tariat fran&#231;ais doit aider tout d'abord par tous les moyens &#224; la cr&#233;ation de partis r&#233;volutionnaires dans les colonies, ayant pour t&#226;che la lutte de lib&#233;ration sociale et nationale. Ces partis doivent conserver leur autonomie vis-&#224;-vis du parti r&#233;volutionnaire de la m&#233;tropole, car ils luttent dans des conditions diff&#233;rentes &#8211; et aussi pour que la trahison des &#034;chefs&#034; m&#233;tropolitains n'entra&#238;ne pas automatiquement la subordination de ces partis &#224; l'imp&#233;rialisme &#8211; mais ils doivent rester en liaison &#233;troite avec celui-ci sur le plan de la lutte d'ensemble contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez pr&#233;sente toute lutte pour la lib&#233;ration sociale et nationale des colonies comme l'&#339;uvre de Hitler. Il sp&#233;cule sur les sentiments de haine que les ouvriers fran&#231;ais &#233;prouvent contre le bourreau des ouvriers allemands, pour les encha&#238;ner au char de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Chez celui-ci &#034;subsistent encore&#034;, para&#238;t-il, des notions d&#233;mocratiques, c'est-&#224;-dire qu'il trouve avantageux de se servir encore de ses laquais &#034;d&#233;mocrates&#034; &#8211; Blum, Thorez, Jouhaux &#8211; avant d'utiliser exclusivement Doriot ou de La Rocque. Antifasciste ? Non. Agent de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'imp&#233;rialisme qui est le fait dominant de notre &#233;poque, c'est lui la principale force de stagnation et de mis&#232;re, de fascisme et de guerre. En soutenant les luttes de coloniaux contre celui-ci, le prol&#233;tariat fran&#231;ais aura le plus puissant alli&#233; &#224; sa propre lutte en la personne des 60.000.000 d'esclaves de l'Empire fran&#231;ais, dont Thorez est devenu un des principaux garde-chiourme. Les Etats-Unis socialistes du Monde sauveront la civilisation de la barbarie qui la menace et jetteront les bases d'une humanit&#233; meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais (1944-47) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
de Gr&#233;goire Madjarian :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 8 mai 1945, dans toute l'Alg&#233;rie, devait &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233; l'armistice. Des c&#233;r&#233;monies officielles avaient &#233;t&#233; pr&#233;vues. Un mot d'ordre clandestin du PPA avait circul&#233; : &#171; Le jour de la victoire, manifestons pour exiger, apr&#232;s le sacrifice et la conduite h&#233;ro&#239;que des Alg&#233;riens dans l'arm&#233;e fran&#231;aise, un peu de d&#233;mocratie et de justice ! &#187; Une fraction l&#233;galiste des Amis du Manifeste, croyant &#233;viter ainsi l'intervention polici&#232;re, envoya une d&#233;l&#233;gation demander au gouverneur g&#233;n&#233;ral l'autorisation de s'exprimer. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ne sortirent pas de la r&#233;sidence g&#233;n&#233;rale : ils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et les autorit&#233;s pr&#233;venues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'armistice, eurent lieu dans plusieurs villes des manifestations d'ampleur et de forme diverses. A B&#244;ne et Didjelli, les manifestations se joignirent au cort&#232;ge officiel et d&#233;ploy&#232;rent leurs propres banderoles. Des d&#233;fil&#233;s analogues furent organis&#233;s &#224; Batna, Biskra, Kenchela, Blida, Berrouaghia et Bel-Abb&#232;s. A Sa&#239;da, la mairie fut incendi&#233;e. A Alger, les fid&#232;les n'assist&#232;rent pas &#224; la c&#233;r&#233;monie officielle de la Grande Mosqu&#233;e. Les incidents les plus graves eurent lieu &#224; S&#233;tif et Guelma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Guelma, peu de musulmans avaient assist&#233; aux c&#233;r&#233;monies officielles : les comit&#233;s des AML organisait sa propre manifestation avec des mots d'ordre tels que &#171; Vive la d&#233;mocratie ! &#187;, &#171; A bas l'imp&#233;rialisme ! &#187;, &#171; Vive l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ! &#187;. La police tira sur la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A S&#233;tif, un cort&#232;ge de quinze mille personnes se dirigeait vers le monument aux morts afin d'y d&#233;poser une gerbe, arborant pour la premi&#232;re fois le drapeau alg&#233;rien vert et blanc. Les manifestants brandissaient des pancartes et des banderoles : &#171; D&#233;mocratie pour tous ! &#187;, &#171; Lib&#233;rez Messali ! &#187;, &#171; Lib&#233;rez nos leaders emprisonn&#233;s ! &#187;, &#171; Vive la victoire alli&#233;e ! &#187;, &#171; Vive l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ! &#187;, &#171; A bas le colonialisme ! &#187;, &#171; Pour une Constituante alg&#233;rienne souveraine ! &#187;. La police ouvrit le feu &#224; la suite d'un ordre du sous-pr&#233;fet de retirer pancartes et banderoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces manifestations furent le point de d&#233;part d'un soul&#232;vement qui s'&#233;tendit &#224; la Kabylie des Babords, se propagea dans une grande partie de la r&#233;gion du Constantinois. Des messagers allaient dans les campagnes, les villages les plus recul&#233;s, pour faire le r&#233;cit des manifestations de S&#233;tif et Guelma et de leur r&#233;pression. Les responsables locaux des AML organisaient leurs militants et dirigeaient des attaques contre les b&#226;timents de l'autorit&#233; fran&#231;aise : la mairie, la poste, la recette des contributions, la gendarmerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centres de A&#239;n-Abessa, Sill&#232;gue, le bordj Taktount Bouga (La Fayette), ainsi que Kerrata furent encercl&#233;s. Les centres de B&#233;ni Aziz (Chevreuil) assi&#233;g&#233; aux cris de &#171; Djihad ! Dkihad ! &#187; fut enti&#232;rement incendi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des groupes arm&#233;s venus des douars voisins assaillirent Guelma, le 9 mai, pour venger leurs morts, et le car de Bougie &#224; S&#233;tif fut attaqu&#233;. Le 10 mai, le village d'Aokas (commune morte d'oued Marsa), la gendarmerie de Tesara, le bordj et la poste de Fedj M'zala furent encercl&#233;s. Dans la r&#233;gion d'oued Marsa, les communications t&#233;l&#233;phoniques furent coup&#233;es, des gardes forestiers tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion des Babors, au nord de S&#233;tif, l'&#233;meute prit &#171; l'allure d'une v&#233;ritable dissidence &#187; d'apr&#232;s le rapport du g&#233;n&#233;ral de gendarmerie. Les troupes &#233;taient &#171; accueillies dans certains douars &#224; coups de fusils et m&#234;me d'armes automatiques &#187;. Des rassemblements d'hommes arm&#233;s &#233;taient signal&#233;s &#224; El Arrouche, Azzaba, oued Amizour, Smendou, Chelghoun-La&#239;d, El Milia, ouest-Z&#233;nati. Entre Tizi-Ouzou et Th&#233;nia, les fils t&#233;l&#233;phoniques furent coup&#233;s. Des d&#233;p&#244;ts d'armes clandestins furent signal&#233;s &#224; T&#233;bessa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des bruits circulaient &#224; propos d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral, bruits qui n'&#233;taient, nous le verrons plus loin, pas sans fondement. Plusieurs groupes arm&#233;s de paysans s'attaqu&#232;rent aux villages et aux centres de colonisation. Fermes, colons, repr&#233;sentants de l'ordre colonial furent les cibles de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des &#233;v&#233;nements de mai 1945 et afin de d&#233;gager leur signification, il est n&#233;cessaire de poser plusieurs questions distinctes : de quel ordre sont les facteurs qui ont d&#233;termin&#233; le soul&#232;vement du Constantinois, quelles sont les causes imm&#233;diates du d&#233;clenchement de l'insurrection, y a-t-il eu pr&#233;paration d'une insurrection, y a-t-il eu volont&#233; insurrectionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, &#224; c&#244;t&#233; de la th&#232;se d'un complot fasciste qui fut, nous le verrons plus loin, la principale th&#232;se officielle et qui ne repose sur aucun fondement, vint s'adjoindre celle d'une r&#233;volte de la faim. Bien que la situation des musulmans, et en particulier celle des fellahs, f&#251;t dramatique, de nombreux &#233;l&#233;ments contredisent cette derni&#232;re th&#232;se. Pendant les &#233;v&#233;nements, &#171; Le Monde &#187; remarquait : &#171; Au cours de ces journ&#233;es sanglantes, ni les silos remplis de bl&#233; ni les entrep&#244;ts de denr&#233;es ne furent pill&#233;s. &#171; En 1948, B&#233;nazet &#233;crivait : &#171; Non seulement les manifestants des cort&#232;ges n'ont jamais pouss&#233; des clameurs ou arbor&#233; des pancartes contre le ravitaillement &#187; mais les silos de la r&#233;gion &#171; remplis de grains et laiss&#233;s sans protection, ne souffrirent nulle atteinte. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le d&#233;clenchement des &#233;v&#233;nements, l'analyse de Mohamed Boudiaf et le t&#233;moignage qu'il a recueilli, attribuant un r&#244;le d&#233;terminant aux provocations polici&#232;res, semblent faire le point sur cette question : &#171; L'effervescence populaire &#233;tait &#224; son comble, les autorit&#233;s coloniales, d&#233;cid&#233;es &#224; reprendre la situation en mains, cherchaient l'occasion de frapper un grand coup (..) J'ai eu plus tard l'occasion d'en parler avec le responsable du parti (le PPA) de S&#233;tif, Ma&#239;za, il n'avait aucune directive et ne savait quoi r&#233;pondre aux militants qui vinrent lui en demander apr&#232;s le d&#233;but des incidents dans la r&#233;gion. Ce sont les provocations qui ont mis le feu aux poudres. Le sc&#233;nario fut le m&#234;me un peu partout. D&#232;s que les drapeaux &#233;taient sortis, la police tirait sur le porteur. La foule r&#233;agissait. &#187; (El Jarida &#8211; novembre-d&#233;cembre 1974)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Par contre, apr&#232;s le 8 mai, des responsables du Constantinois demand&#232;rent aux dirigeants du PPA d'appeler &#224; l'insurrection g&#233;n&#233;rale pour soulager les populations de la r&#233;gion qui supportaient, seules, le poids de la r&#233;pression, mais celle-ci n'eut pas lieu, &#224; cause notamment des tergiversations de la direction du PPA. (&#8230;) Il appara&#238;t, comme l'&#233;crit Mahfoud Kaddache dans &#171; Il y a trente ans &#187;, que &#171; les &#233;v&#233;nements de S&#233;tif et Guelma furent consid&#233;r&#233;s comme le signal de la r&#233;volution, de la guerre lib&#233;ratrice. &#187; Ainsi, les heurts et les fusillades qui se produisirent dans les deux villes en question &#8211; et ce dernier &#233;l&#233;ment seul permet de comprendre l'embrasement du Constantinois &#8211; ne trouv&#232;rent un &#233;cho que parce qu'il existait une volont&#233; insurrectionnelle dans les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Duval, la r&#233;pression du soul&#232;vement du Constantinois fut d'une sauvagerie indescriptible. (&#8230;) dans un message &#224; l'ONU, Messali Hadj dira des &#233;v&#233;nements du Constantinois qu'ils &#171; ont co&#251;t&#233; plus de quarante mille victimes au peuple alg&#233;rien. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ces massacres furent-ils justifi&#233;s par les autorit&#233;s et accept&#233;s par l'opinion de la m&#233;tropole ? (&#8230;) la version officielle du gouvernement de l'Alg&#233;rie, version qui fut &#233;galement celle des trois partis politiques au pouvoir sous la t&#234;te gaulliste (MRP, SFIO et PCF) &#233;tait la suivante : le soul&#232;vement du Constantinois &#233;tait un &#171; complot fasciste &#187; accompli par des &#171; agents hitl&#233;riens &#187;. L'arm&#233;e n'&#233;tait d&#233;p&#234;ch&#233;e que pour &#171; poursuivre l'action patriotique de nettoyage &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mai, &#171; L'Humanit&#233; &#187; relatait les &#233;v&#233;nements du 8 en rapportant la d&#233;claration du gouvernement g&#233;n&#233;ral : &#171; Des &#233;l&#233;ments troubles d'inspiration hitl&#233;rienne se sont livr&#233;s &#224; S&#233;tif &#224; une agression arm&#233;e contre la population qui f&#234;tait la capitulation hitl&#233;rienne. La police, aid&#233;e de l'arm&#233;e, maintient l'ordre. &#187; En publiant sans r&#233;serves ces propos sous le titre : &#171; A S&#233;tif, attentat fasciste le jour de la victoire &#187;, le quotidien du PCF accr&#233;ditait la version de l'administration coloniale. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Le 12 mai,) le Comit&#233; central du PCF, prenant une position sans nuances, recommandait explicitement une r&#233;pression rapide et impitoyable. Il publiait imm&#233;diatement la r&#233;volution suivante : &#171; Il faut tout de suite ch&#226;tier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la r&#233;volte et les hommes de main qui ont dirig&#233; l'&#233;meute. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une distance de 150 kilom&#232;tres, de S&#233;tif &#224; la mer, la loi martiale fut proclam&#233;e. La troupe re&#231;ut l'ordre de tirer sans sommation. &#171; sur le burnous &#187;. Tout arabe ne portant pas le brassard r&#233;glementaire &#233;tait abattu (t&#233;moignage de Charles-Andr&#233; Julien dans &#171; L'Afrique du Nord &#187;). Les l&#233;gionnaires furent autoris&#233;s &#224; massacrer toute la population arabe de S&#233;tif et m&#234;me ailleurs, o&#249; aucune manifestation n'avait eu lieu. &lt;br class='autobr' /&gt;
A Villard, pendant deux jours, une batterie de 75 bombarda les douars environnants. A Saint-Armand, les soldats eurent pour mission de raser tous les villages se trouvant &#224; 15 kilom&#232;tres des centres de colonisation. P&#233;rigotville et Chevreuil furent enti&#232;rement d&#233;truits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aviation bombardait et mitraillait &#224; l'int&#233;rieur, tandis que les navires de guerre canonnaient des villages c&#244;tiers. D'apr&#232;s ce que reconnut le g&#233;n&#233;ral Weiss, il y eut, en quinze jours, vingt actions a&#233;riennes contre la population. Les avions d&#233;truisirent 44 mechtas (groupe de maisons pouvant aller de 50 &#224; 1000 habitants). La marine intervint devant Bougie et &#224; Djijeli. Le croiseur Dugay-Trouin, venu de B&#244;ne, fut employ&#233; au bombardement des environs de Kerrata. Le douar Tararest fut ras&#233;. Des douars entiers disparurent. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Guelma, la r&#233;action visc&#233;rale de la population europ&#233;enne, sous l'initiative du sous-pr&#233;fet, mena &#224; l'organisation d'une milice. Le comit&#233; de vigilance, qui recrutait et contr&#244;lait la milice, comportait une forte majorit&#233; de combattants de la &#171; France combattante &#187;, y compris deux responsables du Parti communiste alg&#233;rien, ainsi que le secr&#233;taire de l'Union locale de la CGT. Dans ce qui fut l'une des op&#233;rations de repr&#233;sailles les plus meurtri&#232;res de mai 1945, les miliciens massacr&#232;rent entre 500 et 700 &#171; musulmans &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical de la m&#233;tropole, par l'interm&#233;diaire de son principal repr&#233;sentant, la CGT, adopte des positions voisines du PCF (&#8230;) afin de &#171; souligner l'action courageuse et magnifique des organisations syndicales d'Alg&#233;rie pour emp&#234;cher que le mouvement ne s'&#233;tende &#224; d'autres r&#233;gions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation &#233;tait r&#233;volutionnaire en Alg&#233;rie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, en Alg&#233;rie comme sur une bonne partie de la plan&#232;te, l'inexistence de partis r&#233;volutionnaires &#233;tait aussi tr&#232;s g&#233;n&#233;rale et d&#233;truisait l'essentiel des possibilit&#233;s de la situation. La r&#233;volte a &#233;clat&#233; en 1945 en Alg&#233;rie, alors que les travailleurs et les masses populaires ne disposent d'aucune organisation favorable &#224; une r&#233;volution sociale renversant le colonialisme. Le plus important parti dans les masses populaires, alg&#233;riennes comme pied-noires, est le Parti Communiste Alg&#233;rien. Alors que le Parti Communiste Fran&#231;ais, qui participe au gouvernement, soutient le colonialisme [1] et participe [2] &#224; la r&#233;pression de la r&#233;volte, le PCA d&#233;clare : &#171; Fr&#232;res musulmans, le peuple de France lutte contre tes ennemis : le fascisme et les trusts qui oppriment l'Alg&#233;rie en m&#234;me temps qu'ils trahissent la France (&#8230;) dans cette lutte, une France nouvelle se cr&#233;e, qui n'aura rien de commun avec celle d'hier. (&#8230;) Ton int&#233;r&#234;t propre est donc d'aider cette France nouvelle &#224; se cr&#233;er, &#224; se forger, car c'est le chemin de salut pour toi. &#187; (extrait de &#171; Le PCA au service de la population d'Alg&#233;rie &#187;, rapport de Amar Ouzegane &#224; la conf&#233;rence centrale du PCA &#224; Alger le 23 septembre 1944). Il va d&#233;noncer la lutte d'ind&#233;pendance comme &#171; fasciste &#187;. Le PPA, parti nationaliste de Messali Hadj, qui avait des origines communistes (L'Etoile Nord-africaine), choisit tactiquement de jouer le jeu des &#233;lections dans le cadre colonial, comme l'avait fait l'Association du Manifeste et de la Libert&#233; de Ferhat Abbas. M&#234;me sa frange paramilitaire, l'Organisation Sp&#233;ciale, dirig&#233;e par Ben Bella et A&#239;t Ahmed, plus port&#233;e sur l'action directe comme le montrera son &#233;volution en FLN, affirme qu'il ne fallait pas faire la r&#233;volution sociale, pas de soul&#232;vement en masse, en 1945. Le rapport de l'OS en 1947 sur l'analyse des &#233;v&#233;nements de 1945 dans le Constantinois et dans toute l'Alg&#233;rie, dont voici quelques extraits, est &#233;difiant sur le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire de la petite bourgeoisie nationaliste radicale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de l'Organisation Sp&#233;ciale (formation paramilitaire clandestine du PPA) pour le Comit&#233; Central &#233;largi de d&#233;cembre 1948 du Parti du peuple alg&#233;rien PPA-MTLD (Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques) et adopt&#233; par celui-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous proclamons un parti r&#233;volutionnaire. Le mot r&#233;volutionnaire est dans les propos de nos militants et de nos responsables. Notre vocabulaire est domin&#233; par des formules &#224; l'emporte-pi&#232;ce, extr&#233;mistes, magiques telles que &#171; le probl&#232;me alg&#233;rien est un probl&#232;me de force &#187;, &#171; nous sommes pour l'action, contre les discours &#187; ; en attendant, nous ne cessons de discourir. (&#8230;) Aujourd'hui que l'&#233;lectoralisme a fait faillite, le regard doit se porter r&#233;solument vers les v&#233;ritables objectifs. Notre but est de mobiliser toutes les couches de la population alg&#233;rienne, d'entra&#238;ner m&#234;me les &#171; m&#233;contents &#187;, les &#171; h&#233;sitants &#187;, m&#234;me ceux qui sont contre les &#171; in&#233;galit&#233;s choquantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des id&#233;es fumeuses, voire saugrenues, bouchent notre conscience. En parlant de soul&#232;vement, certains y voient une forme d'insurrection &#171; g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;, &#224; l'exemple de celle de 1871, &#233;tendue &#224; l'ensemble du territoire national. (&#8230;) Le but de ce rapport est de pr&#233;ciser la donn&#233;e principale de la r&#233;volution : la ou les formes de lutte que doit rev&#234;tir la lutte de lib&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle forme prendra la lutte de lib&#233;ration ? La lutte de lib&#233;ration ne sera pas un soul&#232;vement en masse. L'id&#233;e de soul&#232;vement en masse est en effet courante. L'homme de la rue pense que le peuple alg&#233;rien peut facilement d&#233;truire le colonialisme gr&#226;ce &#224; une sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique : dix contre un. Il suffira de g&#233;n&#233;raliser &#224; l'Alg&#233;rie enti&#232;re un soul&#232;vement populaire. (&#8230;) En r&#233;alit&#233;, l'id&#233;e de &#171; soul&#232;vement en masse &#187; se fonde sur des souvenirs historiques, au niveau de l'opinion populaire. Les paysans n'oublient pas la grande insurrection de 1871. De p&#232;re en fils ils ont h&#233;rit&#233; le regret visc&#233;ral que cette insurrection fut circonscrite &#224; la Kabylie, &#224; quelques r&#233;gions de l'Alg&#233;rois et du Constantinois. Ils peuvent croire que cette insurrection aurait r&#233;ussi si elle avait &#233;clat&#233; partout. Il faut pr&#233;ciser tout de suite que cette conception n'est pas partag&#233;e par les populations de Kherrata qui ont connu le massacre de mai 1945, ni par celles de Kabylie qui depuis cette date connaissent les r&#233;pressions les plus dures. Les &#233;v&#233;nements qui ont suivi &#171; l'Ordre du 23 mai 1945 &#187; indiquent &#224; quelles aventures tragiques peuvent conduire des id&#233;es archa&#239;ques. (&#8230;) L'insurrection de 1871 a &#233;chou&#233;, moins parce qu'elle &#233;tait g&#233;ographiquement limit&#233;e qu'en raison de son caract&#232;re spontan&#233;, improvis&#233; et des conceptions militaires erron&#233;es de ses dirigeants. (&#8230;) Le soul&#232;vement en masse est une forme de lutte anachronique. La notion de sup&#233;riorit&#233; de la multitude, nous en avons fait l'exp&#233;rience, a d&#233;j&#224; bouch&#233; la conscience que devait avoir nos dirigeants des bouleversements engendr&#233;s par l'armement moderne dans l'art de se battre pour se lib&#233;rer. Aux yeux des militants qui ont &#233;prouv&#233; directement les cons&#233;quences de &#171; l'Ordre et du Contre-Ordre d'insurrection &#187;, l'histoire du &#171; cheval blanc &#187; et du drapeau vert &#187; est plus qu'une anecdote humoristique. (Note : le PPA a donn&#233; un ordre d'insurrection, puis l'a d&#233;command&#233;, mais le contrordre serait arriv&#233; trop tard en Kabylie et &#224; Sa&#239;da). (&#8230;) L'exp&#233;rience du soul&#232;vement avort&#233; du 23 mai 1945 est plus proche de nous que l'&#233;chec de la r&#233;volution de 1905, ou la d&#233;b&#226;cle des patriotes irlandais lors de l'insurrection de P&#226;ques 1916 et du terrorisme qui l'a suivit. De plus, c'est notre propre exp&#233;rience ; elle a profond&#233;ment marqu&#233; les militants qui l'ont v&#233;cue et qui en ont tir&#233; les le&#231;ons pour eux-m&#234;mes et pour le parti. En &#233;t&#233; 1945, le district de la Grande Kabylie re&#231;oit l'ordre d'abattre les candidats aux &#233;lections cantonales. Les responsables du district refusent d'ex&#233;cuter cet ordre. (&#8230;) Nous pouvons tuer et prendre le maquis, si le parti a pr&#233;vu la djihad comme &#233;tape suivante. (&#8230;) La forme de lutte individuelle conduit &#224; nous mettre en position de moindre efficacit&#233; et de moindre r&#233;sistance. (&#8230;) par contre, le terrorisme sous sa forme d&#233;fensive ou d'appoint, c'est-&#224;-dire le contre-terrorisme, peut jouer un r&#244;le dans le cadre de la guerre populaire, comme en Indochine. (&#8230;) La guerre est un instrument de la politique. Les formes du combat lib&#233;rateur doivent se mesurer &#224; l'aune de la politique. (&#8230;) La lutte de lib&#233;ration sera une v&#233;ritable guerre r&#233;volutionnaire. (&#8230;) La lutte de lib&#233;ration de l'humanit&#233; alg&#233;rienne sera donc une guerre. Elle assumera les proportions d'un conflit avec la puissance coloniale avec tout son potentiel militaire, &#233;conomique et diplomatique, donc politique. (&#8230;) Aussi la guerre r&#233;volutionnaire est la seule forme de lutte ad&#233;quate aux conditions qui pr&#233;valent dans notre pays. C'est la guerre populaire. Il importe de pr&#233;ciser que nous n'entendons pas par l&#224; les lev&#233;es en masse. Par guerre populaire, nous entendons guerre des partisans men&#233;e par les avant-gardes militairement organis&#233;es et solidement encadr&#233;es. (&#8230;) Et d'abord posons-nous la question : quels sont les principes directeurs qu'il faut r&#233;unir pour assurer la victoire de cette guerre de lib&#233;ration ? Sur quels &#233;l&#233;ments doit se baser notre strat&#233;gie pour &#234;tre victorieuse ? (&#8230;) Les principes directeurs de notre strat&#233;gie sont l'avantage du terrain, la gu&#233;rilla comme forme de guerre principale, la d&#233;fense strat&#233;gique et non l'offensive, la formation de bases strat&#233;giques (&#8230;). Le principe directeur se rapportant &#224; l'unit&#233; d'action avec le Maroc et la Tunisie se situe &#224; la charni&#232;re des probl&#232;mes de strat&#233;gie int&#233;rieure et de strat&#233;gie ext&#233;rieure. Nous pr&#233;f&#233;rons les situer &#224; cette fronti&#232;re. (&#8230;) Cependant, l'Alg&#233;rie se condamnerait &#224; perdre d'avantage, c'est-&#224;-dire tous les autres atouts, si elle faisait une condition sine qua non d'un dispositif maghr&#233;bin pr&#233;alable. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les th&#232;ses assimilationnistes sont bel et bien enterr&#233;es. M&#234;me le Parti communiste alg&#233;rien semble se soumettre devant le puissant courant qui porte nos masses vers la lib&#233;ration. Il court derri&#232;re le peuple dont il pr&#233;tend &#234;tre l'avant-garde. Il va jusqu'&#224; sacrifier comme bouc &#233;missaire, Amar Ouzegane, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral (note : il est pr&#233;sent&#233; comme responsable du soutien du PCA au massacre colonialiste fran&#231;ais de S&#233;tif et du Constantinois, d&#233;cision du PCA et du PCF, qui r&#233;sulte de la participation du PCF au gouvernement fran&#231;ais et de l'alliance contre-r&#233;volutionnaire du stalinisme et de l'imp&#233;rialisme &#224; la fin de la guerre). (&#8230;) Cependant, depuis le truquage &#233;hont&#233; des &#233;lections d'avril dernier, au vu de la r&#233;pression qui a pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi ces truquages, le peuple alg&#233;rien dans son ensemble a d&#233;couvert le caract&#232;re d&#233;risoire et vain du r&#233;formisme, bas&#233; sur la l&#233;galit&#233; coloniale. (&#8230;) le patriotisme rural a triomph&#233; dans l'opinion avec la duret&#233; qui caract&#233;rise l'oppression subie par les masses rurales : &#171; Ne nous appelez plus aux urnes, donnez nous des armes &#187;. (&#8230;) Ici apparaissent les dangereuses faiblesses de l'Organisation Sp&#233;ciale OS. Nous manquons d'armes et d'argent. (&#8230;) Le probl&#232;me de l'armement doit &#234;tre le souci majeur du parti. (&#8230;) Un appareil &#233;metteur-r&#233;cepteur nous a co&#251;t&#233; 100.000 francs, l'&#233;quivalent du budget de fonctionnement mensuel allou&#233; &#224; l'organisation. Aucun sou n'a &#233;t&#233; consacr&#233; par le parti &#224; l'achat d'armements. (&#8230;) Nous disposons aujourd'hui de trois organisations toutes structur&#233;es &#224; l'&#233;chelle nationale. Il y a le MTLD, appareil l&#233;gal et public. Il y a l'OS, organisation paramilitaire, ultra clandestine. Il y a le PPA, appareil semi clandestin ou pr&#233;tendu tel. Ces trois structures correspondent au sch&#233;ma d&#233;cid&#233; par le Congr&#232;s de 1947. (&#8230;) Dans des localit&#233;s, les responsables de l'OS sont &#224; la fois dirigeants des sections locales du MTLD, du PPA et conseillers municipaux. N'ayant pu &#234;tre remplac&#233;s &#224; leurs &#171; fonctions &#187; l&#233;gales ou semi l&#233;gales, ces responsables n'ont pas pu se conformer aux directives de l'&#233;tat-major de l'OS qui leur &#171; fait obligation de se faire oublier &#187; des autorit&#233;s &#8230; des polices et des masses. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Puisqu'on nous parle souvent de &#171; plan de s&#233;curit&#233; &#187;, il n'en existe pas d'autre que le maquis. Les militants sont aujourd'hui connus de toute fa&#231;on. Ils ne peuvent pas &#233;chapper aux coups de filet par &#171; la simple vigilance &#187;. Ils doivent pouvoir continuer leurs activit&#233;s au sein des masses en s'int&#233;grant clandestinement &#224; elles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette guerre de lib&#233;ration mettra aux prises, nous n'aurons de cesse de le rappeler, une puissance mondiale &#224; une nation d&#233;sarm&#233;e qui de surcro&#238;t a &#233;t&#233; soumise &#224; une politique de d&#233;personnalisation et d'asservissement pendant plus d'un si&#232;cle. (&#8230;) La guerre populaire de lib&#233;ration nous donne des atouts. D'abord la force morale d'une cause juste (&#8230;) Les vertus guerri&#232;res de notre peuple, le m&#233;pris du danger, la force de caract&#232;re et d'esprit, la pers&#233;v&#233;rance trouveront dans l'Islam bien exploit&#233; un &#233;l&#233;ment de mobilisation et de soutien dans les vicissitudes, les revers, le deuil et les &#171; hasards &#187; de la guerre. Ensuite, l'Alg&#233;rie c'est notre pays. Le peuple alg&#233;rien conna&#238;t ses moindres recoins. Il fait corps avec le relief. La guerre de partisans, avec ses fonctions de commandos dans les villes, ses actions de sabotage g&#233;n&#233;ralis&#233;es, nous permettra de tirer le maximum de ces atouts, c'est-&#224;-dire de durer et d'atteindre les objectifs de la d&#233;fense strat&#233;gique. (&#8230;.) Il s'agit de combler nos lacunes et de travailler en profondeur nos masses rurales. Le patriotisme r&#233;volutionnaire est dans les campagnes ; la paysannerie pauvre, la paysannerie des khammes, les petits paysans constitueront l'&#233;l&#233;ment moteur de la guerre de lib&#233;ration. Leur temp&#233;rament, l'amour patriotique qui s'aiguise dans le nif (note : sentiment de l'honneur) et la &#171; convoitise de la gloire &#171; , leur d&#233;vouement fanatique, gage de fermet&#233; et d'obstination, toutes qualit&#233;s et force d'&#226;me qui les ont rendu jadis et les rendront encore ma&#238;tres dans l'art de la gu&#233;rilla. (&#8230;) la nature m&#234;me chez nous de l'oppression coloniale de m&#234;me que la r&#233;pression sous toutes ses formes, &#233;conomique, polici&#232;re, terroriste, administrative, ont atteint des paliers exasp&#233;rants. D'o&#249; la v&#233;h&#233;mence du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral. Aujourd'hui, la conscience r&#233;volutionnaire consiste &#224; exploiter l'impasse l&#233;galiste et les fiascos r&#233;formistes afin de familiariser les masses avec l'id&#233;e d'une v&#233;ritable guerre et faire ainsi du recours &#224; la violence non pas un geste de d&#233;sespoir, de col&#232;re et de r&#233;volte, mais un geste r&#233;volutionnaire qui doit mener &#224; la victoire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mot d'ordre &#171; La terre &#224; ceux qui la lib&#232;rent &#187; qui correspond aux aspirations de nos masses rurales aura un effet multiplicateur, c'est-&#224;-dire durablement mobilisateur. Le slogan qu&#233;mandeur &#171; La terre &#224; ceux qui la travaillent &#187; est sans effet (&#8230;) Il importe de b&#233;tonner notre implantation rurale. Il faudra tirer avantage de l'influence des notabilit&#233;s acquises au mouvement pour structurer les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous voulons trois choses : des armes ! encore des armes ! toujours des armes !&lt;br class='autobr' /&gt;
La strat&#233;gie du harc&#232;lement qui suppose des s&#233;ries de petites attaques ne peut remplir son objet sans armes individuelles, pistolets mitrailleurs, fusils mitrailleurs, mitrailleuses l&#233;g&#232;res, grenades offensives, grenades anti-chars. La strat&#233;gie de d&#233;sorganisation de l'infrastructure coloniale, de dislocation &#233;conomique et de destruction des voies de communication, suppose &#233;galement les techniques d'explosifs les plus appropri&#233;es. Il est indispensable d'avoir dans chaque r&#233;gion des stocks de guerre. (&#8230;) Malgr&#233; les sacrifices des masses et la g&#233;n&#233;rosit&#233; des militants, le parti ne pourra au mieux que se procurer les ressources de subsistance &#224; l'int&#233;rieur du pays. C'est &#224; l'ext&#233;rieur que nous devons nous approvisionner. (&#8230;) Une &#233;quipe doit &#234;tre charg&#233;e de trouver les armes et les finances qu'exige la conjoncture. (&#8230;) Certains nous consentiraient un emprunt par solidarit&#233; sentimentale, anti-coloniale ou par communion de lutte contre l'imp&#233;rialisme ; l'int&#233;r&#234;t, le calcul n'y est peut-&#234;tre pas totalement absent. Ils pourraient escompter des avantages politiques &#224; plus ou moins long terme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La proclamation de l'ind&#233;pendance du Viet Minh, la guerre de lib&#233;ration qui se d&#233;roule au Tonkin, la r&#233;sistance de l'Indon&#233;sie, les &#233;v&#233;nements de Madagascar, le revirement anglo-saxon en faveur de l'ind&#233;pendance libanaise et syrienne, autant de faits qui illustrent la puissance du ph&#233;nom&#232;ne anti-colonial. (&#8230;) Cette force &#171; &#233;mancipatrice &#187; est vitale du point de vue strictement militaire, par la dispersion de la puissance et des efforts du colonialisme et l'affaiblissement de son potentiel &#233;conomique. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nul doute que la r&#233;sistance du Maghreb sensibilisera les musulmans au plus haut point. L'Islam est un facteur mobilisateur sur le plan moral et affectif. Il peut et doit apporter une contribution d&#233;cisive dans la lutte de lib&#233;ration des peuples coloniaux. Aucun &#233;l&#233;ment constitutif de cette force vitale ne doit &#234;tre n&#233;glig&#233;, pour user et d&#233;truire la force vitale du colonialisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis quelques mois, la guerre froide s&#233;vit. L'Alg&#233;rie, le Maghreb, est dans la zone d'influence occidentale. Jamais les USA ne permettront qu'il passe du c&#244;t&#233; de l'Est. Gardons-nous d'apriorismes id&#233;ologiques et de slogans sentimentaux cr&#233;&#233;s en dehors de l'espace et du temps. L'efficience r&#233;volutionnaire commande le s&#233;reux et la prudence dans le verbe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport, r&#233;dig&#233; en 1948 par A&#239;t Ahmed et Ben Bella, dirigeants de l'OS, et adopt&#233; par Messali Hadj et le PPA, avant d'&#234;tre appliqu&#233; comme strat&#233;gie par le FLN, issu de l'OS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moyen Orient&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Iran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Iran, d&#232;s 1944, ce sont les ouvriers qui ont donn&#233; le coup d'envoi de la lutte. D&#233;but 1944, c'est le soul&#232;vement des ouvriers d'Ispahan qui donnent l &#8216;assaut aux r&#233;serves de grains des propri&#233;taires, mouvement suivi de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toute la ville. Mais, c'est le 14 juillet 1946 que d&#233;bute un grand mouvement des travailleurs d'Iran. La gr&#232;ve &#233;clate dans le Khouzestan, fief de l'imp&#233;rialisme britannique. Partie des travailleurs du p&#233;trole sur des revendications &#233;conomiques, elle concerne vite jusqu'&#224; 60 000 travailleurs et dure quatre jours pendant lesquels ont lieu de combats de rue. Contre les travailleurs il y aura non seulement toutes les forces coloniales et bourgeoises, l'arm&#233;e qui fait 46 morts, mais m&#234;me le parti communiste Toudeh qui cherche &#224; entreprendre une m&#233;diation pour arr&#234;ter la lutte. La centrale syndicale comme le Toudeh font tout pour que la gr&#232;ve ne s'&#233;tende pas et, en guise de remerciements, le Toudeh obtient trois postes de ministres en ao&#251;t. Ils seront renvoy&#233;s en octobre d&#232;s que la bourgeoisie aura repris des forces. Le pouvoir lance alors une attaque contre les travailleurs, licencie partout les syndicalistes, les arr&#234;te et les d&#233;porte par centaines. Le parti communiste Toudeh tout au long avait suivi la politique de Staline qui d&#233;fendait ses propres relations et ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques face &#224; la bourgeoisie iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Toudeh avait profit&#233; de l'occupation militaire russe pour constituer un gouvernement autonome en Azerba&#239;djan et au Kurdistan mais en 1946 la politique d'alliance avec les imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain est plus importante pour Staline et il les abandonne en retirant ses troupes d'Iran en 1946. Les int&#233;r&#234;ts diplomatiques du Kremlin ne co&#239;ncident pas avec les int&#233;r&#234;ts nationaux des partis communistes et encore moins avec l'int&#233;r&#234;t des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des troubles politiques et sociaux ont agit&#233; l'Egypte, la Palestine, la Transjordanie, la Syrie, l'Irak et le Liban. Si l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain ont accept&#233; de donner un Etat au peuple juif de Palestine c'est uniquement parce qu'ils se sentaient menac&#233;s par la r&#233;volte des peuples arabes &#224; cette &#233;poque. Ces pays ont connu des journ&#233;es populaires insurrectionnelles ont obtenu rapidement leur ind&#233;pendance mais gr&#226;ce &#224; l'Etat d'Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233; et aux dirigeants nationalistes bourgeois de l'autre, ils sont parvenus &#224; polariser la r&#233;volte des peuples et des classes ouvri&#232;res sur la lutte contre Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liban-Syrie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#232;s 1943, que la &#171; France libre &#187; de De Gaulle obtient des engagement des Anglais en Syrie et au Liban. Ceux-ci sont reconnus parties de l'Empire fran&#231;ais le 25 juillet 1941 : &#171; l'Angleterre s'engage &#224; respecter la position de la France en Syrie et au Liban. &#187; (accord De Gaulle-Litteleton)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;t&#233; 1943, les &#233;lections donnent la victoire aux nationalistes arabes et le gouvernement libanais officialise la reconnaissance de la langue arabe comme seule langue nationale, du drapeau libanais et d'une nouvelle constitution. Le D&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais au Liban, Jean Heleu, suspend la Constitution et fait arr&#234;ter le pr&#233;sident de la R&#233;publique libanaise, Bechara el Khoury et plusieurs ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation devient imm&#233;diatement insurrectionnelle en Syrie-Liban et la France n'a nullement les forces pour s'imposer. Des &#233;meutes &#233;clatent &#224; Tripoli, Sa&#239;da et Beyrouth, faisant des morts et des bless&#233;s. Le 21 novembre 1943, De Gaulle &#233;tait contraint de r&#233;tablir le gouvernement libanais dans ses fonctions et de renoncer &#224; sa tutelle. D&#232;s qu'il le pourrait, De Gaulle, qui avait maintenu les troupes fran&#231;aises sur place pour &#171; maintenir l'ordre &#187;, allait renier cette parole et obtenir pour cela le soutien des partis socialiste et communiste fran&#231;ais ! Le 6 octobre 1944, le ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Bidault, avec le soutien de la gauche et de la droite du gouvernement d'union nationale de De Gaulle, repoussait les revendications des gouvernements syriens et libanais d'un d&#233;part des troupes fran&#231;aises. Le 6 mai 1945, un nouveau contingent de l'arm&#233;e fran&#231;aise compos&#233; de &#171; S&#233;n&#233;galais &#187; d&#233;barquait en Syrie. Le 8 mai, le jour de la reddition allemande, en pleine insurrection alg&#233;rienne, avait lieu le coup de force de l'arm&#233;e fran&#231;aise en Syrie et au Liban. Le m&#234;me jour, &#224; Alep, Homs, Hama et Damas (Syrie), des insurg&#233;s s'attaquaient aux garnisons fran&#231;aises (23.000 soldats). En pleine &#171; n&#233;gociations &#187; avec les autorit&#233;s syrienne et libanaise, les renforts militaires continuaient d'arriver, susciter de nouvelles r&#233;voltes. Les &#233;meutes &#233;taient durement r&#233;prim&#233;es. Le 26, les forces fran&#231;aises canonnaient Homs et Hama, bombardaient Damas le 29, faisant 480 morts. Le PCF condamnait les &#233;meutes syro-libanaises, les attribuant &#171; &#224; des doriotistes &#187;. L'Humanit&#233; du 30 mai 1945 &#233;crit : &#171; Ces d&#233;sordres ont &#233;t&#233; organis&#233;s par des agents doriotistes du PPF en Syrie qui ne cherchent qu'&#224; nuire &#224; l'entente des peuples de France, de Syrie et du Liban. &#187; L'Humanit&#233; du 31 mai &#233;crivait : &#171; Des &#233;l&#233;ments doriotistes, agissant dans divers milieux et de divers c&#244;t&#233;s, ont jou&#233; un r&#244;le particuli&#232;rement important dans ces regrettables &#233;v&#233;nements. &#187; Les troupes sp&#233;ciales de la France en Syrie-Liban, recrut&#233;es sur place, s'av&#233;raient tr&#232;s peu sures et commen&#231;aient &#224; se mutiner et la poursuite de l'insurrection contraignaient la France &#224; les r&#233;troc&#233;der aux gouvernements syrien et libanais. Finalement incapable de se maintenir dans ces deux ex-protectorats, la France signait un accord avec l'Angleterre fin d&#233;cembre 1945 : le partage des colonies &#233;tait d&#233;cid&#233;, la France ne se maintenant qu'au Liban. En protestation contre ce partage de brigands, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait d&#233;clench&#233;e &#224; Beyrouth et &#224; Damas en janvier 1946. Devant l'explosion de la r&#233;volte populaire et ouvri&#232;re, France et Angleterre d&#233;cidaient tous deux d'&#233;vacuer le Levant : le 30 juin pour l'Angleterre et le 31 ao&#251;t pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA SYRIE ET LE LIBAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Toute cette affaire sent le p&#233;trole&#034;, s'est exclam&#233; un journaliste bourgeois &#224; propos de l'attitude de l'Angleterre dans les &#233;v&#233;nements de Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, cette affaire sent le p&#233;trole, la concurrence mortelle entre les capitalistes pour les sources de mati&#232;res premi&#232;res et les march&#233;s, cause de guerres et d'oppression des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire de Syrie est la m&#234;me que toute la vaste tuerie qui depuis 1939 ensanglante le monde pour le repartage du globe entre forbans capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Antifasciste&#034;, &#034;cause commune des alli&#233;s&#034;, autant de mensonges. La guerre capitaliste pour le repartage du monde ne se fait pas suivant une ligne de partage entre &#034;alli&#233;s&#034; et &#034;ennemis&#034; mais, par un regroupement continuel, entre TOUTES les puissances imp&#233;rialistes suivant la loi de brigands &#034;du plus fort&#034;. L'Angleterre, qui a d&#251; c&#233;der le pas d&#233;finitivement aux Etats-Unis et dans une certaine mesure se soumettre &#224; leur contr&#244;le, s'&#233;tend au d&#233;triment de la France, puissance affaiblie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle vient d'avouer qu'un conflit aigu existait entre occupants fran&#231;ais et anglais en Syrie, m&#234;me pendant la guerre contre l'Allemagne, et pour mieux souligner l'attitude de l'Angleterre, il rappelle que la guerre contre l'Allemagne n'&#233;tait pas encore finie que d&#233;j&#224; les canons anglais tiraient sur des alli&#233;s en M&#233;diterran&#233;e (affaire de Gr&#232;ce).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi s'est-il donc tu jusqu'&#224; maintenant ? C'est parce qu'il voulait tromper le peuple et essayer de lui faire croire qu'en prenant parti pour les alli&#233;s il prenait parti pour le &#034;droit&#034;, et qu'en compagnie des alli&#233;s il retrouverait la possibilit&#233; d'une vie meilleure. C'est dans ce sens que, depuis le 18 juin 1940, De Gaulle n'a cess&#233; de parler de la &#034;grandeur&#034; de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s 1940 nous avons averti les travailleurs sur la v&#233;ritable position de la bourgeoisie fran&#231;aise, affaiblie par les conflits imp&#233;rialistes sans merci : &#034;le r&#244;le r&#233;actionnaire et anti-national de la bourgeoisie, compl&#232;tement d&#233;voil&#233; par la guerre, s'exprime actuellement (novembre 1940) sans &#233;quivoque dans l'action de ses deux sauveurs : P&#233;tain et De Gaulle. Par l'un, elle se jette dans l'&#233;treinte mortelle de Hitler, par l'autre elle lutte pour la revanche, pour un nouveau Versailles dict&#233; par l'imp&#233;rialisme anglais. Mais dans un cas comme dans l'autre, son r&#244;le ne peut plus &#234;tre que celui d'ex&#233;cutant docile. Plus que jamais la domination de la bourgeoisie signifie pour la France bassesse et servilit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a d&#233;finitivement rejet&#233; la France capitaliste au r&#244;le d'une puissance de seconde zone. La &#034;grandeur&#034; dont parle De Gaulle n'est que de la poudre aux yeux. A l'aide de cette tromperie il sacrifie le plus clair de la force du pays &#224; une politique de pillage des peuples plus faibles en faveur des capitalistes fran&#231;ais Mais dans cette voie il rencontre des rivaux et des concurrents plus puissants, dont le but est &#233;galement d'an&#233;antir les plus faibles. Cette caverne de voleurs s'appelle &#034;politique internationale&#034;. Dans cette voie, les capitalistes fran&#231;ais ont provoqu&#233; la ruine du pays et le m&#232;nent &#224; de nouvelles souffrances et humiliations.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs proclamations hypocrites sur une NOUVELLE politique d'entente avec les peuples coloniaux, les actes de la bourgeoisie fran&#231;aise aboutissent infailliblement &#224; la destruction, par le fer et par le feu, des indig&#232;nes, comme en Afrique et en Syrie. Au lieu de donner &#034;un nouvel &#233;clat &#224; la France dans le monde&#034;, la bourgeoisie suscite contre elle une haine &#233;gale &#224; celle que la bourgeoisie allemande a attir&#233; sur le peuple allemand...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuation de la domination de la bourgeoisie fran&#231;aise exclut toute collaboration pacifique de la France avec d'autres peuples, avant tout avec les peuples exploit&#233;s et opprim&#233;s EN SON NOM. Car &#224; l'heure o&#249; les peuples arabes, et de toutes les colonies en g&#233;n&#233;ral, ont commenc&#233; la lutte pour secouer le joug imp&#233;rialiste, la bourgeoisie fran&#231;aise en est devenue la premi&#232;re &#034;victime&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette collaboration absolument vitale au point de vue &#233;conomique au peuple fran&#231;ais n'est plus possible que si &#224; la t&#234;te du pays arrive une classe nouvelle qui, par son pass&#233; politique, ses int&#233;r&#234;ts et son id&#233;ologie, soit la n&#233;gation m&#234;me du pass&#233;, des crimes, des int&#233;r&#234;ts et de la morale imp&#233;rialistes de la bourgeoisie : LE PROLETARIAT FRANCAIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re ferait s'&#233;crouler non seulement tout le syst&#232;me de pourriture et d'oppression capitaliste &#233;rig&#233; par la bourgeoisie en France, mais aussi porterait un coup mortel au pillage &#233;conomique dans le monde entier, PAR LE SOUTIEN DU DROIT DE TOUS LES PEUPLES A DISPOSER D'EUX-MEMES (reconnaissance &#034;sans condition&#034; de leur ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement ainsi que bas&#233;e sur l'&#233;change &#233;conomique librement consenti, la collaboration entre le peuple fran&#231;ais et les autres pays, avant tout les peuples coloniaux, prendrait un caract&#232;re pacifique et fraternel et permettrait un nouvel essor &#233;conomique. Hors de cette collaboration socialiste, le peuple fran&#231;ais marche sur les traces de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut donner &#224; la France &#034;un nouvel &#233;clat dans le monde&#034; en contribuant d'une fa&#231;on r&#233;solue &#224; l'&#233;tablissement des Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE DE CLASSES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/06/ldc48_061145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/06/ldc48_061145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Question nationale en Catalogne et r&#233;volution prol&#233;tarienne en Espagne</title>
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		<dc:date>2026-05-22T22:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne Espa&#241;a</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
17 mai 1931 &lt;br class='autobr' /&gt;
Parlons de ce qu'on dit &#234;tre le &#171; nationalisme &#187; de la F&#233;d&#233;ration Catalane. C'est une question tr&#232;s importante, tr&#232;s grave. Les erreurs commises sur ce point peuvent avoir des cons&#233;quences fatales. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution a r&#233;veill&#233; en Espagne, plus puissamment que jamais, toutes les questions, dont celle des nationalit&#233;s. Les tendances et les illusions nationales sont repr&#233;sent&#233;es principalement par les intellectuels petits bourgeois, qui s'efforcent de trouver un appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Espagne Espa&#241;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 mai 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons de ce qu'on dit &#234;tre le &#171; nationalisme &#187; de la F&#233;d&#233;ration Catalane. C'est une question tr&#232;s importante, tr&#232;s grave. Les erreurs commises sur ce point peuvent avoir des cons&#233;quences fatales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution a r&#233;veill&#233; en Espagne, plus puissamment que jamais, toutes les questions, dont celle des nationalit&#233;s. Les tendances et les illusions nationales sont repr&#233;sent&#233;es principalement par les intellectuels petits bourgeois, qui s'efforcent de trouver un appui chez les paysans contre le r&#244;le d&#233;nationalisateur du gros capital et contre la bureaucratie d'Etat. Le r&#244;le dirigeant - pour la phase actuelle - de la petite bourgeoisie dans le mouvement d'&#233;mancipation nationale, comme en g&#233;n&#233;ral dans tout le mouvement d&#233;mocratique r&#233;volutionnaire, introduit in&#233;vitablement dans ce dernier nombre de pr&#233;jug&#233;s de toute sorte. Venant de ce milieu, les illusions nationales s'infiltrent &#233;galement parmi les ouvriers. Telle est, vraisemblablement, dans l'ensemble, la situation en Catalogne, et peut-&#234;tre jusqu'&#224; un certain point dans la F&#233;d&#233;ration Catalane. Mais ce que je viens de dire n'att&#233;nue nullement le caract&#232;re progressiste, r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique de la lutte nationale catalane contre la suzerainet&#233; espagnole, l'imp&#233;rialisme bourgeois et le centralisme bureaucratique. Pas un instant l'on ne doit perdre de vue que l'Espagne tout enti&#232;re et la Catalogne, comme partie constituante de ce pays, sont gouvern&#233;es actuellement non point par des nationaux-d&#233;mocrates catalans, mais par des bourgeois imp&#233;rialistes espagnols, alli&#233;s &#224; de gros propri&#233;taires fonciers, &#224; de vieux bureaucrates et des g&#233;n&#233;raux, avec l'appui des nationaux-socialistes. Toute cette confr&#233;rie est d'avis de maintenir, d'une part, les servitudes des colonies espagnoles et d'assurer, d'autre part, le maximum de centralisation bureaucratique de la m&#233;tropole ; c'est-&#224;-dire qu'elle veut l'&#233;crasement des Catalans, des Basques et des autres nationalit&#233;s par la bourgeoisie espagnole. Dans la phase actuelle, &#233;tant donn&#233; les combinaisons pr&#233;sentes de forces de classes, le nationalisme catalan est un facteur r&#233;volutionnaire progressiste. Le nationalisme espagnol est un facteur imp&#233;rialiste r&#233;actionnaire. Le communiste espagnol qui ne comprend pas cette distinction, qui affecte de l'ignorer, qui ne la met pas en valeur au premier plan, qui s'efforce au contraire d'en att&#233;nuer l'importance, risque de devenir un agent inconscient de la bourgeoisie espagnole et d'&#234;tre &#224; tout jamais perdu pour la cause de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. O&#249; est le danger des illusions nationales petites bourgeoises ? En ceci qu'elles peuvent diviser le prol&#233;tariat d'Espagne en secteurs nationaux. Le danger est tr&#232;s s&#233;rieux. Les communistes espagnols peuvent le combattre avec succ&#232;s, mais d'une seule mani&#232;re : en d&#233;non&#231;ant implacablement les violences commises par la bourgeoisie de la nation suzeraine et en gagnant ainsi la confiance du prol&#233;tariat des nationalit&#233;s opprim&#233;es. Toute autre politique reviendrait &#224; soutenir le nationalisme r&#233;actionnaire de la bourgeoisie imp&#233;rialiste qui est ma&#238;tresse du pays, contra le nationalisme r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique de la petite bourgeoisie d'une nation opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question nationale en Catalogne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juillet 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore au sujet des questions actuelles de la r&#233;volution espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi Maurin, le &#034;chef&#034; du Bloc ouvrier et paysan, partage le point de vue du s&#233;paratisme. Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, il s'est d&#233;termine en tant qu'aile gauche du nationalisme petit-bourgeois. J'ai d&#233;j&#224; &#233;crit que le nationalisme petit-bourgeois catalan est, au stade actuel, progressif. Mais &#224; une condition : qu'il d&#233;veloppe son activit&#233; hors des rangs du communisme, et qu'il se trouve toujours ainsi sous les coups de la critique des communistes. Au contraire, permettre au nationalisme petit-bourgeois de se manifester sous le masque communiste signifie en m&#234;me temps porter un coup perfide &#224; l'avant-garde prol&#233;tarienne et tuer la signification progressive du nationalisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que signifie le programme du s&#233;paratisme ? Le d&#233;membrement &#233;conomique et politique de l'Espagne ou, en d'autres termes, la transformation de la p&#233;ninsule ib&#233;rique en une sorte de p&#233;ninsule balkanique, avec des Etats ind&#233;pendants, divis&#233;s par des barri&#232;res douani&#232;res, ayant des arm&#233;es ind&#233;pendantes et menant des guerres hispaniques &#034;ind&#233;pendantes&#034;. Bien entendu, le sage Maurin dira que ce n'est pas cela qu'il veut. Mais les programmes ont leur logique, ce dont manque Maurin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les ouvriers et les paysans des diff&#233;rentes parties de l'Espagne sont-ils int&#233;ress&#233;s au d&#233;membrement &#233;conomique du pays ? En aucun cas. C'est pourquoi identifier la lutte d&#233;cisive pour le droit &#224; l'autod&#233;termination avec la propagande pour le s&#233;paratisme constitue un travail n&#233;faste. Notre programme est la F&#233;d&#233;ration hispanique avec le maintien indispensable de l'unit&#233; &#233;conomique. Nous n'avons pas l'intention d'imposer ce programme aux nationalit&#233;s opprim&#233;es de la p&#233;ninsule &#224; l'aide des armes de la bourgeoisie. En ce sens, nous sommes sinc&#232;rement pour le droit &#224; l'autod&#233;termination [2]. Si la Catalogne se s&#233;parait du reste de l'Espagne, la minorit&#233; communiste de Catalogne, comme celle d'Espagne, devrait combattre pour une F&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les Balkans, c'est encore la vieille social-d&#233;mocratie d'avant guerre qui a mis en avant le mot d'ordre de F&#233;d&#233;ration balkanique d&#233;mocratique, comme issue &#224; la situation de fous cr&#233;&#233;e par le morcellement des Etats. Aujourd'hui, le mot d'ordre communiste dans les Balkans est celui de la F&#233;d&#233;ration balkanique des soviets (&#224; propos, l'I.C. a adopt&#233; le mot d'ordre de la F&#233;d&#233;ration sovi&#233;tique balkanique, mais a rejet&#233; en m&#234;me temps ce mot d'ordre pour l'Europe !). Pouvons-nous, dans ces conditions, faire n&#244;tre le mot d'ordre de la balkanisation de la p&#233;ninsule ib&#233;rique ? N'est-ce pas monstrueux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicalistes - tout au moins certains de leurs chefs - ont d&#233;clar&#233; qu'ils lutteront contre le s&#233;paratisme, au besoin les armes &#224; la main. Dans ce cas, communistes et syndicalistes se trouveraient chacun d'un c&#244;t&#233; de la barricade, parce que, sans partager les illusions s&#233;paratistes et tout en les critiquant au contraire, les communistes doivent s'opposer impitoyablement aux bourreaux de l'imp&#233;rialisme et &#224; ses laquais syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si la petite bourgeoisie en arrivait - contre les conseils et la critique des communistes - &#224; d&#233;membrer l'Espagne, les r&#233;sultats n&#233;gatifs d'un tel r&#233;gime ne tarderaient pas &#224; se manifester. Les ouvriers et les paysans des diff&#233;rentes parties de la p&#233;ninsule arriveraient vite &#224; cette conclusion : oui, les communistes avaient raison. Mais cela signifie pr&#233;cis&#233;ment que nous ne devons pas assumer la moindre parcelle de responsabilit&#233; dans le programme de Maurin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Monatte esp&#232;re que les syndicalistes espagnols cr&#233;eront un nouvel Etat syndicaliste [3]. Au lieu de cela, les amis espagnols de Monatte s'int&#232;grent avec succ&#232;s dans l'Etat bourgeois [4]. C'est l'histoire de cette malheureuse poule qui couve des oeufs de cane ! Aujourd'hui, il est tr&#232;s important de suivre de pr&#232;s tout ce que disent et font les syndicalistes espagnols. Cela ouvrira &#224; l'opposition de gauche en France des possibilit&#233;s pour porter un bon coup &#224; l'anarcho-syndicalisme fran&#231;ais. On ne peut douter un seul instant que, dans les conditions de la r&#233;volution, les anarcho-syndicalistes se compromettront &#224; chaque pas.&lt;br class='autobr' /&gt; L'id&#233;e g&#233;niale des syndicalistes consiste &#224; contr&#244;ler les Cort&#232;s sans y participer ! Employer la violence r&#233;volutionnaire, lutter pour le pouvoir, s'emparer du pouvoir, rien de cela n'est permis. A la place, on recommande de &#034;contr&#244;ler&#034; la bourgeoisie au pouvoir. Magnifique tableau : la bourgeoisie prend son petit d&#233;jeuner, elle d&#233;jeune, elle d&#238;ne et le prol&#233;tariat dirig&#233; par les syndicalistes, le ventre creux, contr&#244;le les op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lettre au Secr&#233;tariat International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Trotsky d&#233;veloppe ici la position d&#233;fendue par Lenine et le parti bolchevique &#224; l'&#233;gard des diverses nationalit&#233;s de l'empire des tsars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Dans La R&#233;volution prol&#233;tarienne n0 117, 5 mai 1931, Pierre Monatte s'&#233;tonnait de l'orientation r&#233;formiste des dirigeants de la C. N. T. Il appelait les anarchistes et les anarcho-syndicalistes espagnols &#224; se mettre &#224; l'&#233;cole de la r&#233;alit&#233; et &#224; accepter la n&#233;cessit&#233; d'une &#034;dictature du prol&#233;tariat&#034; qui ne soit pas, comme en Russie, celle d'un parti ; il sugg&#233;rait que cette &#034;dictature&#034; pourrait, &#233;tant donn&#233; les conditions espagnoles, etre assur&#233;e par les syndicats, qui donneraient ainsi naissance &#224; un nouvel &#034;Etat ouvrier&#034; et &#224; une forme &#034;syndicale&#034; de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Allusion au noyau dirigeant de la C. N. T., avec Angel Pestana, Juan Peiro, etc., qui se compromettait alors ouvertement avec les dirigeants r&#233;publicains et s'orientait vers un plat r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le confusionnisme de Maurin et la question catalane&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus nuisible, le plus dangereux et m&#234;me le plus n&#233;faste, serait que dans l'esprit des ouvriers de Catalogne, d'Espagne et du monde entier, se renforce l'id&#233;e que nous sommes solidaires de la politique de la F&#233;d&#233;ration catalane, que nous en portons la responsabilit&#233;, ou, du moins, que nous sommes plus proches d'elle que du groupe centriste [2]. Les staliniens s'emploient de toutes leurs forces &#224; pr&#233;senter les choses de cette fa&#231;on. Jusqu'&#224; maintenant, nous n'avons pas combattu l&#224;-dessus avec assez de vigueur. Il est d'autant plus urgent et important de dissiper ce malentendu qu'il nous compromettrait terriblement et entraverait le succ&#232;s des ouvriers catalans et espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, c'est d'abord &#224; nos partisans en Catalogne m&#234;me qu'il revient de d&#233;noncer la F&#233;d&#233;ration catalane. Ils doivent se manifester par une critique claire, ouverte, pr&#233;cise, une critique qui ne taise rien sur la politique de Maurin, ce m&#233;lange de pr&#233;jug&#233;s petits-bourgeois, d'ignorance, de &#034;science&#034; provinciale et de coquinerie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections aux Cort&#232;s, la F&#233;d&#233;ration a recueilli pr&#232;s de 10 000 voix. Ce n'est pas beaucoup, mais, au cours d'une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, une organisation v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire est capable de grandir vite. Il y a pourtant une circonstance qui amoindrit consid&#233;rablement le poids de ces 10 000 voix : la F&#233;d&#233;ration catalane a obtenu moins de voix aux &#233;lections aux Cort&#232;s qu'aux &#233;lections municipales &#224; Barcelone, le centre le plus important. Ce fait, &#224; premi&#232;re vue mineur, a en tant que sympt&#244;me une signification &#233;norme. Il d&#233;montre que, pendant que se manifeste encore dans les coins les plus retir&#233;s du pays un afflux, d'ailleurs faible, des ouvriers vers la F&#233;d&#233;ration, &#224; Barcelone, la confusion de Maurin n'attire pas les ouvriers, mais au contraire les &#233;loigne. Bien entendu, la faillite in&#233;vitable de Macia peut b&#233;n&#233;ficier &#224; Maurin en tant que failli de seconde zone. Mais l'impuissance m&#234;me de l'actuelle direction de la F&#233;d&#233;ration est totalement d&#233;montr&#233;e par les &#233;lections aux Cort&#232;s : il faut vraiment un talent particulier pour parvenir &#224; ne pas accro&#238;tre son influence &#224; Barcelone pendant les trois premiers mois de la r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que repr&#233;sente la F&#233;d&#233;ration dans le langage de la politique r&#233;volutionnaire ? Est-ce une organisation communiste ? Et quelle organisation communiste : de droite, de gauche, ou du centre ? Il est hors de doute que ce sont des ouvriers r&#233;volutionnaires, des communistes en puissance, qui votent pour la F&#233;d&#233;ration. Mais ils n'ont dans la t&#234;te aucune clart&#233;. D'o&#249; leur viendrait-elle, puisqu'ils sont dirig&#233;s par des confusionnistes ? Dans ces conditions, les ouvriers les plus hardis, les plus d&#233;cid&#233;s, les plus cons&#233;quents, ne peuvent, in&#233;vitablement, que se pr&#233;cipiter du c&#244;t&#233; du parti officiel. Ce dernier n'a obtenu &#224; Barcelone que 170 voix et un peu moins de 1 000 pour l'ensemble de la Catalogne. Mais il ne faut pas croire que ce sont les plus mauvais &#233;l&#233;ments. Au contraire, la plupart pourraient &#234;tre avec nous, et le seront quand nous d&#233;ploierons notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la r&#233;volution de 1917, la majorit&#233; des organisations social-d&#233;mocrates russes &#233;taient encore communes et comprenaient dans leurs rangs bolcheviks, mencheviks, conciliateurs, etc [3]. La tendance &#224; l'unification &#233;tait si forte qu'&#224; la conf&#233;rence du parti bolchevique, fin mars, Staline, quelques jours avant l'arriv&#233;e de L&#233;nine, se pronon&#231;a pour l'unification avec les mencheviks [4]. Certaines organisations de province rest&#232;rent communes jusqu'&#224; la r&#233;volution d'Octobre. Je me figure la F&#233;d&#233;ration catalane comme une sorte d'organisation commune de ce type, une organisation non d&#233;limit&#233;e, qui comprend de futurs bolcheviks et de futurs mencheviks. Cela justifie une politique qui cherche &#224; provoquer une diff&#233;renciation politique dans les rangs de la F&#233;d&#233;ration. Le premier pas dans cette voie doit &#234;tre la d&#233;nonciation de la vulgarit&#233; politique du maurinisme. Ici, il faut &#234;tre sans piti&#233;. Pourtant, la comparaison entre cette F&#233;d&#233;ration et les organisations unifi&#233;es de Russie exige d'importantes r&#233;serves. Les organisations unifi&#233;es n'excluaient aucun groupement social-d&#233;mocrate existant. Tous avaient le droit de lutter pour leurs opinions &#224; l'int&#233;rieur de l'organisation unifi&#233;e. Il en va tout autrement &#224; l'int&#233;rieur de la F&#233;d&#233;ration catalane. L&#224;, le &#034;trotskisme&#034; est mis &#224; l'index. N'importe quel confusionniste a le droit d'y d&#233;fendre sa confusion, mais le bolchevik-l&#233;niniste ne peut y &#233;lever ouvertement la voix [5]. Ainsi, d&#232;s le d&#233;but, cette organisation unifi&#233;e &#233;clectique se coupe de l'aile gauche. Mais, par cela m&#234;me, elle devient un bloc chaotique de tendances centristes et droiti&#232;res. Le centrisme peut se d&#233;velopper soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Le centrisme de la F&#233;d&#233;ration catalane, qui se s&#233;pare de l'aile gauche pendant la r&#233;volution, est vou&#233; &#224; une destruction honteuse. La t&#226;che de l'opposition de gauche consiste &#224; pr&#233;cipiter cette destruction par une critique impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existe une autre circonstance &#224; laquelle il faut accorder une importance exceptionnelle. Officiellement, la F&#233;d&#233;ration catalane est en faveur de l'unification de toutes les organisations et groupements communistes. Il est certain que ses membres, &#224; la base, veulent sinc&#232;rement et loyalement cette unit&#233;, bien qu'ils attachent &#224; ce mot d'ordre toutes sortes d'illusions. Nous sommes tout &#224; fait &#233;trangers &#224; ces illusions. Nous luttons pour l'unit&#233; parce que, dans les cadres d'un parti unifi&#233;, nous esp&#233;rons effectuer avec succ&#232;s un travail progressif de d&#233;limitation id&#233;ologique sur la base des questions et des t&#226;ches, non pas impos&#233;es du dehors, mais d&#233;coulant du d&#233;veloppement de la r&#233;volution espagnole m&#234;me. De toute fa&#231;on, nous soutenons la lutte pour l'unification des communistes. La condition fondamentale de cette unification est pour nous le droit &#224; la possibilit&#233; de lutter pour nos mots d'ordre, pour nos points de vue, dans les cadres de l'organisation unifi&#233;e. Nous pouvons et nous devons promettre une totale loyaut&#233; dans cette lutte, mais cette condition fondamentale est refus&#233;e d&#232;s le d&#233;but par la F&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me tout en luttant sous le drapeau de l'unit&#233;, elle bannit les bolcheviks-l&#233;ninistes de ses propres rangs. Dans ces conditions, conf&#233;rer un r&#244;le dirigeant &#224; la F&#233;d&#233;ration catalane dans la lutte pour l'unit&#233; du P.C. constituerait de notre part la pire ineptie. Au congr&#232;s d'unification, Maurin s'appr&#234;te &#224; jouer les premiers violons. Pouvons-nous tol&#233;rer en silence cette d&#233;go&#251;tante hypocrisie ? En luttant contre l'opposition de gauche, Maurin imite la bureaucratie stalinienne afin de gagner ses faveurs. En r&#233;alit&#233;, il dit aux staliniens : &#034;Donnez-moi votre b&#233;n&#233;diction et avant tout vos subsides, et je vous promets de lutter contre les bolcheviks-l&#233;ninistes, non pas par crainte, mais pour des raisons id&#233;ologiques.&#034; L'activit&#233; de Maurin en faveur de l'unification n'est qu'une forme de chantage vis-&#224;-vis des staliniens. Si nous nous taisions l&#224;-dessus, nous ne serions pas des r&#233;volutionnaires, mais les auxiliaires passifs d'un chantage politique. Nous devons d&#233;noncer sans rel&#226;che le r&#244;le de Maurin, c'est-&#224;-dire son charlatanisme &#034;unificateur&#034;, sans affaiblir un seul instant notre effort en faveur de l'unification r&#233;elle des rangs communistes, sans affaiblir notre lutte pour que les rangs communistes se rangent sous notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de la gauche internationale doit &#234;tre aujourd'hui concentr&#233; pour les neuf dixi&#232;mes sur l'Espagne. Il faut restreindre toutes les d&#233;penses pour avoir la possibilit&#233; de mettre sur pied un hebdomadaire en espagnol avec des &#233;ditions r&#233;guli&#232;res en catalan, tout en distribuant en m&#234;me temps des tracts en quantit&#233; consid&#233;rable. Il faut envisager de restreindre toutes les autres d&#233;penses, sans exception, afin de donner &#224; l'Opposition espagnole l'aide la plus grande possible [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Secr&#233;tariat International doit, &#224; mon avis, consacrer les neuf dixi&#232;mes de ses forces aux questions de la r&#233;volution espagnole. Il faut tout simplement oublier qu'il existe de par le monde toutes sortes de Landau. Il faut tourner le dos &#224; toutes leurs querelles, &#224; toutes les intrigues et &#224; tous les intrigants, sans leur consacrer d&#233;sormais une minute de plus. La r&#233;volution espagnole est &#224; l'ordre du jour. Il faut sans retard traduire les documents les plus importants et les soumettre &#224; la critique n&#233;cessaire. Le prochain num&#233;ro du Bulletin international doit &#234;tre enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la r&#233;volution espagnole. Il faut &#233;galement prendre toute une s&#233;rie de mesures d'organisation. Pour cela, il faut des hommes et des moyens. Il faut trouver les uns et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, et il ne peut y avoir de crime plus grand que de perdre du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lettre au Secr&#233;tariat International. Il semble, et Pierre Naville le confirmera, que les positions de Trotsky vis-&#224;-vis de Maurin, et de la F&#233;d&#233;ration catalane n'&#233;taient pas comprises par tous, et pas seulement dans les rangs de l'Opposition espagnole,.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le &#034; groupe centriste &#034; d&#233;signe ici l'&#233;quipe stalinienne qui dirige le P. C. E. C'est seulement &#224; partir de 1933 que Trotsky r&#233;servera l'&#233;pith&#232;te de &#034;centriste&#034; aux groupes se trouvant entre les II&#176; et III&#176; Internationale d'une part et le mouvement pour la IV&#176; de l'autre : Maurin deviendra alors &#224; ses yeux un &#034;centriste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La plupart des organisations social-d&#233;mocrates russes qui s'&#233;taient reconstitu&#233;es avant 1917 l'avaient &#233;t&#233; sur une base &#034;unitaire&#034;. Nombreuses &#233;taient encore celles qui adh&#233;raient sous cette forme au parti bolchevique au mois d'ao&#251;t de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Pour faciliter la fusion, Staline proposait le 1&#176; avril que les bolcheviques ne pr&#233;sentent aucune plate-forme politique propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il semble - tant par la lecture de la presse contemporaine que selon le t&#233;moignage de Joaquin Maurin lui-m&#234;me - que la F&#233;d&#233;ration catalane ait plut&#244;t employ&#233; la dissuasion que l'exclusion. En tout cas, les amis politiques de Nin qui y avaient adh&#233;r&#233; ne devaient y rester que quelques mois ; ce fut le cas notamment de Molins y Fabrega, Franciso De Cabo et Carlotta Duran. Reste que Nin, de son c&#244;t&#233;, parle bien d' &#034;exclusions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Raymond Molinier, dirigeant et &#034;financier&#034; de la Ligue fran&#231;aise, se rendra peu apr&#232;s en Espagne pour r&#233;gler la question de l'hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le conflit catalan et les t&#226;ches du prol&#233;tariat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#233;t&#233; 1934)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'appr&#233;ciation du conflit catalan et des possibilit&#233;s en r&#233;sultant doit partir du fait que la Catalogne repr&#233;sente aujourd'hui indubitablement la plus forte position des forces d&#233;fensives dirig&#233;es contre la r&#233;action espagnole et contre les dangers du fascisme. Si cette position tombe, la r&#233;action aura remport&#233; une victoire d&#233;cisive et pour longtemps. Avec une politique juste de l'avant-garde prol&#233;tarienne il est possible de faire de cette position d&#233;fensive la plus forte, la position de d&#233;part d'une nouvelle offensive de la r&#233;volution espagnole. Telle doit &#234;tre notre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ce d&#233;veloppement n'est possible que si le prol&#233;tariat catalan r&#233;ussit &#224; s'emparer lui de la direction de la lutte d&#233;fensive contre le gouvernement central r&#233;actionnaire de Madrid. Mais cela n'est possible que si le prol&#233;tariat catalan ne promet pas seulement de soutenir cette lutte, au cas qu'elle soit d&#233;clench&#233;e, - soit par l'intransigeance du gouvernement de Madrid, soit par l'agressivit&#233; de la petite-bourgeoisie catalane (cette politique de suivisme est pr&#233;conis&#233;e par nos camarades dans l'Alliance Ouvri&#232;re de Catalogne et r&#233;alis&#233;e contre Maurin) [a] -, mais s'il se met d&#232;s le d&#233;but &#224; la t&#234;te de la r&#233;sistance, s'il dessine des perspectives, lance des mots d'ordre plus hardis et d&#232;s le commencement m&#232;ne la lutte non seulement en paroles, mais en actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Une r&#233;sistance victorieuse n'est concevable que si non seulement elle mobilise toutes les forces de masse de la Catalogne (toutes les conditions en sont actuellement donn&#233;es), mais pousse de plus vers l'offensive. C'est pourquoi il est d'une importance d&#233;cisive que l'avant-garde prol&#233;tarienne sache expliquer d&#232;s maintenant aux masses ouvri&#232;res et paysannes du reste de l'Espagne que par la victoire ou la d&#233;faite de la r&#233;sistance catalane se d&#233;cidera aussi leur victoire ou leur d&#233;faite. La mobilisation de ces alli&#233;s de l'Espagne toute enti&#232;re doit &#234;tre faite d&#232;s maintenant et non pas au moment o&#249; l'offensive r&#233;actionnaire contre la Catalogne sera devenu un fait (ce qui est la position de nos camarades et de la majorit&#233; de l'A.O.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La Catalogne peut &#234;tre pour longtemps le pivot d&#233;cisif de la r&#233;volution espagnole. La conqu&#234;te de la direction en Catalogne doit &#234;tre le centre de notre politique en Espagne. La politique de nos camarades le [b] rend compl&#232;tement impossible. Cette politique doit &#234;tre rapidement chang&#233;e si l'on ne veut qu'une situation d&#233;cisive aboutisse, par notre faute, &#224; une nouvelle d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole qui serait d&#233;cisive pour longtemps. On ne doit pas se celer que la politique de nos camarades dans cette question jusqu'&#224; maintenant a fortement nui au prestige non seulement de notre propre organisation et de l'Alliance Ouvri&#232;re, mais &#224; celui du prol&#233;tariat lui-m&#234;me, ce qui ne saurait &#234;tre r&#233;par&#233; que par un tournant radical et convaincant par les faits. La position de nos camarades et de ceux de l'A.O. ne peut &#234;tre comprise par les masses travailleuses non-prol&#233;tariennes que comme suit : le prol&#233;tariat s'engage par la voix de ces organisations &#224; participer si les autres commencent ; mais m&#234;me pour cela il demande son prix (les conditions pos&#233;es par l'A.O. &#224; l'Esquerra petite-bourgeoise, ignorent compl&#232;tement l'int&#233;r&#234;t particulier des paysans et des petits-bourgeois citadins) ; et cherchera - aussit&#244;t que la possibilit&#233; s'y pr&#234;tera - &#224; donner &#224; la lutte une direction dans les sens de ses propres buts de classe, la dictature du prol&#233;tariat. Au lieu d'appara&#238;tre comme le dirigeant de toutes les couches opprim&#233;es de la nation, comme le leader de la lib&#233;ration nationale, le prol&#233;tariat appara&#238;t ici purement comme un partenaire des autres classes, voire un partenaire tr&#232;s &#233;go&#239;ste, auquel il faut donner ou plut&#244;t promettre sa part parce que et pour aussi longtemps qu'on a besoin de lui. La petite-bourgeoisie catalane et la grande bourgeoisie et la r&#233;action se fondant sur la carence de cette petite-bourgeoisie ne pourraient demander rien de mieux qu'un prol&#233;tariat dans cette position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le tournant de nos camarades, doit consister tout d'abord en ceci : ils doivent propager (par notre propre organisation et par l'A.O.) la proclamation de la R&#233;publique Catalane Ind&#233;pendante et doivent demander pour l'assurer l'armement imm&#233;diat de tout le peuple. Ils ne doivent pas, pour cet armement, attendre le gouvernement, mais commencer imm&#233;diatement &#224; former des milices ouvri&#232;res, qui, elles, doivent alors non seulement revendiquer un meilleur armement de la part du gouvernement, mais doivent s'en procurer un elles-m&#234;mes par le d&#233;sarmement des r&#233;actionnaires et des fascistes. Le prol&#233;tariat doit prouver par les faits aux masses catalanes qu'il prend un int&#233;r&#234;t sacr&#233; &#224; la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance catalane. Dans cela consistera le pas d&#233;cisif vers la conqu&#234;te de la direction de la lutte de toutes les couches pr&#234;tes &#224; la d&#233;fense de la ville et de la campagne. L'armement du peuple doit devenir le centre de notre agitation des prochaines semaines sous les mots d'ordre de : continuation du paiement de tous les salaires ; gouvernement et les employeurs doivent se partager le co&#251;t de l'armement et de l'approvisionnement ; les forces de combat existantes (police, etc.) seront encadr&#233;es comme instructeurs dans la formation des milices ; les officiers seront &#233;lus par les membres de la Milice ; la base des milices est l'usine, ou bien le rayon d'habitation ; les ouvriers des grandes entreprises, des chemins de fer, etc. et de toutes entreprises publiques feront automatiquement partie de la milice ; de plus tous les citoyens sont invit&#233;s &#224; s'enr&#244;ler ; toute formation &#233;lit son comit&#233;, qui, de son c&#244;t&#233;, envoie son repr&#233;sentant (sans doute par des instances interm&#233;diaires) au Comit&#233; central de toutes les formations de milice de Catalogne. Ce comit&#233; central (c.&#224;.d. le Soviet central) remplit la t&#226;che d'un &#233;tat-major politique, mais tout d'abord celle du contr&#244;le, plus tard, de la direction centrale de l'approvisionnement en armes et en vivres, etc. En r&#233;alisant cette t&#226;che, il sera oblig&#233; de devenir, d'un organe &#224; c&#244;t&#233; du gouvernement proprement dit, ce gouvernement lui-m&#234;me. Cela est la forme et le chemin concrets des soviets dans la situation donn&#233;e en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &#201;tant donn&#233; l'extr&#234;me division du prol&#233;tariat catalan, qui ne permet pas &#224; son h&#233;g&#233;monie de se faire jour en Catalogne, le prol&#233;tariat dans la situation actuelle ne peut proclamer lui-m&#234;me l'ind&#233;pendance catalane. Mais il peut et il doit en appeler la proclamation de toute sa force et l'exiger de l'Esquerra petite-bourgeoise actuellement gouvernante. Il doit r&#233;pondre &#224; son retardement par la revendication de nouvelles &#233;lections imm&#233;diates : &#034;Nous avons besoin d'un gouvernement qui repr&#233;sente et dirige la volont&#233; r&#233;elle de lutte des masses populaires&#034;. Les comit&#233;s des formations de milice doivent devenir le moyen principal de la r&#233;alisation et de la pr&#233;paration de ces &#233;lections. Autrement dit : dans la mesure o&#249; les deux c&#244;t&#233;s de la chose - proclamation de l'ind&#233;pendance et armement du peuple - peuvent &#234;tre s&#233;par&#233; l'un de l'autre, c'est le dernier par lequel il faut commencer le travail pratique et par le moyen duquel il faut imposer le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Non seulement le prol&#233;tariat doit mettre en avant des revendications d&#233;mocratiques g&#233;n&#233;rales (la libert&#233; de la presse, etc., un Etat qui ne soit pas couteux, le nivellement des salaires des fonctionnaires, une &#233;conomie d&#233;mocratique - plus d'imp&#244;ts indirects, la taxation &#233;lev&#233;e directe des poss&#233;dants pour le financement de la r&#233;sistance, etc.) ; non seulement il doit faire siennes - en dehors de ses propres revendications de classe - toutes les revendications sp&#233;ciales aux paysans et aux petits-bourgeois citadins et m&#234;me d&#233;passer les revendications mises en avant jusqu'alors (il manque ici la connaissance des d&#233;tails, surtout dans la question agraire) ; mais avant tout le prol&#233;tariat doit d&#232;s maintenant et de sa propre initiative jeter les revendications comme mots d'ordre dans les masses et appeler celles-ci &#224; lutter pour eux, - mais non pas poser ces revendications &#224; l'Esquerra gouvernante comme &#034;conditions&#034;, sous lesquelles on serait pr&#234;t &#224; participer &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Plus haut on parle toujours vaguement de &#034;le prol&#233;tariat doit...&#034;. La raison en est que malheureusement on ne peut pas parler du &#034;Parti du prol&#233;tariat&#034;. Notre organisation qui - avec une politique juste - pourrait prendre sur elle le r&#244;le du parti, para&#238;t s'&#234;tre plus ou moins dissoute dans la masse molle d'unit&#233; de l'&#034;Alliance&#034;. Dans quelle mesure ici serait possible un tournant rapide qui corresponde &#224; la pouss&#233;e de l'heure actuelle, il n'est assur&#233;ment pas possible de le fixer hors du lieu-m&#234;me. Comme dans la situation actuelle le sort de la R&#233;volution espagnole et de notre organisation en Espagne peut &#234;tre d&#233;cid&#233; pour une longue p&#233;riode (naturellement il y a aussi la possibilit&#233; de r&#233;soudre le conflit - mais m&#234;me dans ce cas l'influence de notre organisation, si elle continue la politique actuelle, devrait subir parmi les masses pr&#234;tes &#224; lutter un dommage extraordinaire capable de la pousser enti&#232;rement hors de l'ar&#232;ne politique). L'envoi d'un d&#233;l&#233;gu&#233; du S.I. est n&#233;cessaire. Son voyage devrait &#234;tre pr&#233;par&#233; par une lettre du S.I. &#224; &#233;crire imm&#233;diatement et qui exposerait notre position dans la question.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise de la Generalitat ou crise nationale ?
&lt;p&gt;G. Munis&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;janvier 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune organisation n'a expliqu&#233; la v&#233;ritable signification et la v&#233;ritable port&#233;e de la crise du gouvernement de la Catalogne ; pas m&#234;me le POUM, qui en a &#233;t&#233; expuls&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle crise ne peut &#234;tre analys&#233;e comme un &#233;v&#233;nement isol&#233;, ayant des causes sp&#233;cifiques &#224; la Catalogne. De nombreuses mesures et de nombreux &#233;v&#233;nements, qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi cette crise, permettent de prouver, documents &#224; l'appui, que nous sommes en pr&#233;sence de la premi&#232;re attaque de la bourgeoisie nationale et internationale contre la r&#233;volution sociale et le prol&#233;tariat en armes, une menace tr&#232;s inqui&#233;tante pour les exploit&#233;s de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du gouvernement de la Catalogne, dont l'objectif imm&#233;diat &#233;tait d'exclure le POUM, fait partie d'une s&#233;rie de mesures qui a d&#233;but&#233; avec la cr&#233;ation du gouvernement de Largo Caballero. Les instigateurs de ces mesures, les partis socialiste et stalinien, se proposent de d&#233;vier notre guerre civile dans une direction imp&#233;rialiste et de mater l'esprit r&#233;volutionnaire des masses, en les contraignant &#224; accepter la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que les attaques gouvernementales contre la r&#233;volution sociale ont commenc&#233; d&#232;s le 19 juillet [1936], mais elles n'ont pu acqu&#233;rir une force organis&#233;e et avoir des effets pratiques que lorsque les dirigeants socialistes et staliniens se sont empar&#233;s du pouvoir. Dans un premier temps, le triomphe du prol&#233;tariat en armes et ses initiatives rudimentaires, mais d&#233;termin&#233;es, ont totalement paralys&#233; les gouvernements du Front populaire, qui sont les uniques responsables directs du d&#233;clenchement du soul&#232;vement fasciste. Ces gouvernements n'&#233;taient que des parodies de gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir r&#233;el, sous tous ses aspects &#8211; politiques, judiciaires, militaires, &#233;conomiques &#8211; se trouvait r&#233;parti entre tous les prol&#233;taires espagnols. Chaque organisation politique ou syndicale, chaque comit&#233; ouvrier, d&#233;tenait un peu de pouvoir, qu'il exer&#231;ait sans le contr&#244;le des directions politiques et syndicales et souvent contre elles. &#192; ce moment-l&#224;, les staliniens n'ont pas os&#233; invoquer [la d&#233;fense de] la patrie ou [de] l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re r&#233;publicaine, mais, soutenus par les socialistes, ils ont pr&#233;par&#233; le terrain au niveau international, tout en veillant [au niveau national] &#224; prot&#233;ger la propri&#233;t&#233;, les banques, le Parlement, la bureaucratie bourgeoise et les d&#233;bris de l'ancienne arm&#233;e nationale. Si toutes les formes capitalistes sont encore debout, c'est gr&#226;ce aux efforts des socialistes et des staliniens. La collectivisation de l'industrie catalane se caract&#233;rise par le corporatisme syndical, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, elle est compl&#232;tement neutralis&#233;e par la banque, qui a gard&#233; toute sa libert&#233; d'action, et par le caract&#232;re petit-bourgeois du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, la d&#233;sorganisation des milices a provoqu&#233; des d&#233;faites militaires, et le chaos de l'&#233;conomie a aggrav&#233; les probl&#232;mes d'approvisionnement ; le gouvernement a donc pr&#233;par&#233; son offensive pour la &#171; d&#233;fense de la R&#233;publique &#187; et a essay&#233; d'&#234;tre accept&#233;, &#224; tout prix, par les gouvernements de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie. Ces Etats, partisans de la non-intervention, sont rest&#233;s neutres, favorisant ainsi Franco [illisible] si les masses allaient, rompre ou non, la camisole de force d&#233;mocrate socialiste et stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que se constitue le fameux &#171; gouvernement de la victoire &#187;. L'histoire a connu peu de chantages politiques aussi monstrueux que celui-ci. Malgr&#233; une situation totalement r&#233;volutionnaire, un prol&#233;tariat en armes, des usines et [des] ateliers aux mains des travailleurs, des terres occup&#233;es par les paysans, une justice exerc&#233;e par des travailleurs, et une situation sociale en Europe qui pouvait facilement se transformer en r&#233;volution, le &#171; gouvernement de la victoire &#187; s'est, d&#232;s sa cr&#233;ation, fix&#233; pour but d'interrompre le d&#233;veloppement de la r&#233;volution, de sauver la bourgeoisie qui avait disparu de la sc&#232;ne espagnole, et de donner &#224; la France, &#224; la Grande-Bretagne et &#224; la Russie, l'assurance que ces Etats pouvaient s'associer avec un gouvernement qui n'avait rien de bolchevik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milices, qui ont &#233;t&#233; fond&#233;es dans un esprit prol&#233;tarien, sont une institution qui d&#233;pla&#238;t souverainement aux bourgeoisies fran&#231;aise et britannique, et repr&#233;sente un danger gravissime pour la bourgeoisie nationale. La militarisation des milices fut l'un des premiers d&#233;crets pris par le gouvernement Caballero afin de rassurer cette bourgeoisie. Ce gouvernement ne voulait pas des militants rouges, mais des soldats de la R&#233;publique. Pour s&#233;duire les autres pays et montrer que le gouvernement [espagnol] &#233;tait suffisamment fort pour emp&#234;cher le triomphe de la r&#233;volution sociale, celui-ci cr&#233;a des tribunaux &#171; populaires &#187;, pr&#233;sid&#233;s par des avocats qui jugeaient selon des lois con&#231;ues pour servir la bourgeoisie ; il renfor&#231;a les forces arm&#233;es &#224; la structure bourgeoise ; il dissout le Comit&#233; central des milices de Catalogne ; il mena campagne en faveur de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re et du commandement unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organe du parti stalinien catalan l'avoua dans son num&#233;ro du 10 janvier : &#171; Nous devons d&#233;montrer aux Etats non fascistes que nous sommes capables de r&#233;soudre d&#233;mocratiquement les probl&#232;mes de demain &#187;, d&#233;clara-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, les bavardages de la SDN [la Soci&#233;t&#233; des Nations] permirent &#224; Alvarez del Vayo de persuader les puissances imp&#233;rialistes d&#233;mocratiques que le volet civil de notre guerre n'&#233;tait qu'une apparence cachant un complot italo-allemand contre l'h&#233;g&#233;monie franco-britannique en M&#233;diterran&#233;e. Les ministres se mirent &#224; diffuser cette version de la guerre dans toute l'Espagne. Ce ne sont pas, pr&#233;tendaient-ils, les int&#233;r&#234;ts d'une classe r&#233;volutionnaire qui sont en jeu, mais &#171; la paix de l'Europe &#187;, c'est-&#224;-dire la domination de tel ou tel imp&#233;rialisme. En effet, la France, la Grande-Bretagne et la Russie elle-m&#234;me &#233;taient impatientes que les objectifs r&#233;publicains de nos gouvernants se transforment en r&#233;alit&#233;s. La bourgeoisie espagnole serait sauv&#233;e, et, avec elle, la domination coloniale de ces pays sur l'Espagne. Sans doute, la France et la Grande-Bretagne craignent-elles les cons&#233;quences &#233;conomiques et militaires du triomphe de Franco. La non-intervention n'aurait jamais exist&#233; si le dilemme fascisme-ou-d&#233;mocratie &#233;tait une r&#233;alit&#233; sociale et non un leurre, une trahison. Mais face &#224; une r&#233;volution socialiste, la France et la Grande-Bretagne ne pouvaient qu'adopter une position de classe, favorisant les fascistes, tout en encourageant la trahison des socialistes et des staliniens. Dans le num&#233;ro susmentionn&#233; de Treball, ceux-ci avouent que le retrait des &#171; d&#233;mocraties &#187; ob&#233;it fondamentalement &#224; &#171; certaines attitudes observ&#233;es en Espagne &#187;. Ces &#171; attitudes &#187; ne sont rien d'autre que les mesures r&#233;volutionnaires prises par les masses. Ainsi, les staliniens et les socialistes, ob&#233;issant aux ordres de la bourgeoisie europ&#233;enne, recourent &#224; toutes sortes de basses man&#339;uvres, pour discr&#233;diter les r&#233;volutionnaires, et r&#233;organiser la soci&#233;t&#233; bourgeoise en menant campagne contre les comit&#233;s, les &#171; &#233;l&#233;ments incontr&#244;l&#233;s &#187; (la bourgeoisie a toujours coll&#233; cette &#233;tiquette aux r&#233;volutionnaires), la cr&#233;ation de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re r&#233;publicaine et l'imposition du commandement unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces man&#339;uvres, la Russie a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant et d&#233;cisif en orientant le cours des &#233;v&#233;nements. Sa solidarit&#233; active avec le prol&#233;tariat espagnol et avec la r&#233;volution sociale espagnole aurait rapidement d&#233;cid&#233; de l'&#233;volution de la guerre en notre faveur et aurait peut-&#234;tre ouvert les portes &#224; la r&#233;volution europ&#233;enne. Mais en Russie l'&#201;tat est monopolis&#233; par une caste bureaucratique qui ne survivrait pas longtemps &#224; la victoire d'une r&#233;volution socialiste dans n'importe quel pays. Le fascisme (&#224; sa droite) et le prol&#233;tariat (&#224; sa gauche) menacent ses privil&#232;ges, la for&#231;ant &#224; se battre sur ses deux flancs, &#224; trahir la r&#233;volution dans tous les pays pour sauver les alliances militaires qu'elle a conclues contre l'Allemagne. En Espagne, la bureaucratie sovi&#233;tique ne voit pas d'autre alli&#233; que la France. Mais la France ne peut &#234;tre l'alli&#233; d'une Espagne socialiste, et pour emp&#234;cher cette transformation [sociale], les dirigeants staliniens sont de fervents partisans d'une r&#233;publique d&#233;mocratique [bourgeoise].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre, tous leurs efforts tendent vers ce but. L'exclusion du POUM par le gouvernement de la Generalitat constitue une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans cette &#233;volution r&#233;gressive. Il faut dire que si le POUM &#233;tait un v&#233;ritable parti r&#233;volutionnaire, il n'aurait jamais collabor&#233; &#224; un gouvernement dont la constitution visait &#224; gagner du temps jusqu'&#224; ce que le pouvoir puisse enclencher la marche arri&#232;re. Par sa pr&#233;sence le POUM a couvert les tra&#238;tres et s'est lui-m&#234;me ferm&#233; l'acc&#232;s aux masses. Le m&#234;me processus s'est produit avec la CNT, de fa&#231;on plus accentu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la Catalogne a consolid&#233; l'autorit&#233; du gouvernement [r&#233;gional] face &#224; la bourgeoisie europ&#233;enne. [Anthony] Eden, lui-m&#234;me, a d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des communes que ce &#171; serait une calomnie de consid&#233;rer le gouvernement de Valence comme un gouvernement communiste &#187;. De nouveaux accords commerciaux vont &#234;tre conclus avec la Grande-Bretagne et la France, et notre presse reproduit les &#233;loges de la presse capitaliste europ&#233;enne &#224; propos du discours d'Alvarez del Vayo. Et en &#233;change de quelques promesses, le gouvernement a lanc&#233; une vaste offensive contre le prol&#233;tariat. Il appelle &#224; d&#233;fendre la patrie, il supprime les postes de contr&#244;le des ouvriers sur les routes, il dissout les milices de l'arri&#232;re ; et les rues, les banques et les institutions sont de nouveau surveill&#233;es par les forces [de r&#233;pression] bourgeoises, qui portent l'uniforme bien commode de la Garde nationale de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne contre les comit&#233;s, vigoureusement men&#233;e par les socialistes et les staliniens, vise &#224; &#233;liminer compl&#232;tement l'intervention des travailleurs, pour assurer &#224; la France, la Grande-Bretagne et la Russie qu'il existe d&#233;sormais un gouvernement fort, aussi fort que celui de Blum, qui interdit les gr&#232;ves spontan&#233;es, ou [celui] du r&#233;actionnaire Baldwin. Dans cette campagne, le pouvoir mobilise tous les artifices et toute la perfidie dont il dispose puisque son existence d&#233;pend du soutien des masses et qu'en m&#234;me temps il ne peut gouverner sans les trahir. L'anarchie &#233;conomique, provoqu&#233;e par la dissolution des rapports bourgeois et exacerb&#233;e par les besoins de la guerre, est utilis&#233;e pour maintenir en place les rapports bourgeois eux-m&#234;mes. Ce ne sont pas les comit&#233;s qui cr&#233;ent l'anarchie, mais le gouvernement qui les emp&#234;che d'&#233;tablir un contr&#244;le absolu sur l'&#233;conomie, d'exercer le pouvoir politique et d'organiser la soci&#233;t&#233; dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Catalogne et celui de Valence opposent l'ordre d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire bourgeois &#224; l'ordre r&#233;volutionnaire, socialiste, des comit&#233;s. Ils dissolvent ces comit&#233;s et s'arrogent les m&#234;mes pouvoirs que n'importe quel gouvernement capitaliste. La crise de la Generalitat marque le moment o&#249; les questions militaires et les probl&#232;mes d'approvisionnement, qui n'ont pas pu &#234;tre r&#233;solus en raison de l'absence d'un pouvoir r&#233;volutionnaire, &#233;puisent suffisamment la population pour faire reculer la r&#233;volution sans produire de bouleversements dramatiques. Le temps de l'offensive bourgeoise contre le prol&#233;tariat est venu, offensive dont les troupes de choc sont fournies par les partis socialiste et stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus cette offensive r&#233;ussit, plus l'attitude de la France et de la Grande-Bretagne devient favorable envers l'Espagne. La bourgeoisie mondiale, aid&#233;e efficacement par la bureaucratie sovi&#233;tique, s'appuie sur les partis socialiste et stalinien pour sauver la bourgeoisie espagnole et transformer la guerre civile en guerre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le prol&#233;tariat ne balaie pas les tra&#238;tres qui le gouvernent, il viendra un moment o&#249; les mots d'ordre en faveur de la d&#233;fense de la patrie serviront &#224; accueillir dans notre camp les bourgeois et les banquiers qui se sont enfuis, mais sont suffisamment patriotes pour comprendre que, derri&#232;re les &#171; rouges &#187;, il n'y a rien d'autre qu'une politique blanche et un c&#339;ur blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le prol&#233;tariat est politiquement impuissant. Des organisations comme la CNT, la FAI et le POUM ne veulent pas trahir les masses, mais il leur manque les principes n&#233;cessaires pour les guider vers la r&#233;volution. La CNT aujourd'hui reprend le mot de d&#233;fense de la patrie. Elle d&#233;nonce bruyamment les politiciens, mais se laisse entra&#238;ner dans une politique de capitulation, de concessions &#224; la bourgeoisie et de sabotage g&#233;n&#233;ral de la r&#233;volution. Le terrible manque d'un parti r&#233;volutionnaire repr&#233;sente la plus grave menace pour la r&#233;volution. En son absence, les socialistes, les staliniens et la bourgeoisie mondiale r&#233;ussiront &#224; r&#233;aliser l'union sacr&#233;e qui est leur objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux efforts d&#233;ploy&#233;s pour dissoudre les comit&#233;s, le prol&#233;tariat doit opposer la multiplication de ces comit&#233;s, en organisant des &#233;lections libres parmi les travailleurs [...] ; &#224; la collaboration de la CNT et du POUM au gouvernement [...], le prol&#233;tariat doit opposer une rupture absolue et la remise du pouvoir aux repr&#233;sentants &#233;lus par ces comit&#233;s. Ce n'est que lorsque le pouvoir politique appartiendra aux organismes des travailleurs qu'ils pourront &#233;tablir une politique r&#233;volutionnaire en mati&#232;re d'approvisionnement, cr&#233;er une arm&#233;e rouge, forte et disciplin&#233;e, balayer toutes les formes &#233;conomiques et politiques bourgeoises et ouvrir l'&#232;re de la r&#233;volution sociale en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.M. [Munis]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felix Morrow&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les journ&#233;es de Mai : barricades &#224; Barcelone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Catalogne &#233;tait, plus encore qu'avant la guerre civile, le centre &#233;conomique principal de l'Espagne. Et cette puissance &#233;conomique &#233;tait maintenant entre les mains des ouvriers et des paysans (du moins le pensaient-ils). L'industrie textile espagnole dans sa totalit&#233; &#233;tait concentr&#233;e. Ses ouvriers produisaient maintenant des v&#234;tements et des couvertures pour l'arm&#233;e et la population civile, et des marchandises d'une n&#233;cessit&#233; vitale pour l'exportation. Comme le fer et les aci&#233;ries de Bilbao &#233;taient virtuellement coup&#233;s du reste de l'Espagne, les travailleurs de la m&#233;tallurgie et de l'industrie chimique de Catalogne avaient cr&#233;&#233; avec la rapidit&#233; la plus h&#233;ro&#239;que une vaste industrie de guerre pour &#233;quiper les arm&#233;es antifascistes. Les collectivit&#233;s agricoles, qui avaient r&#233;alis&#233; les plus grandes r&#233;coltes de toute l'histoire espagnole, nourrissaient l'arm&#233;e et les villes et fournissaient des agrumes pour l'exportation. Les marins de la C.N.T. transportaient les produits export&#233;s qui procuraient &#224; l'Espagne des cr&#233;dits &#233;trangers, et ramenaient de pr&#233;cieuses cargaisons pour la lutte contre Franco. Les masses de la C.N.T. tenaient les fronts de l'Aragon et de Teruel ; elles avaient envoy&#233; Durruti et leurs meilleures milices sauver Madrid juste &#224; temps. En un mot, le prol&#233;tariat catalan constituait la colonne vert&#233;brale des forces antifascistes, et le savait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, apr&#232;s le 19 juillet, son pouvoir avait &#233;t&#233; reconnu par Companys lui-m&#234;me. Le pr&#233;sident catalan, s'adressant pendant les journ&#233;es de juillet &#224; la C.N.T.-F.A.I., avait dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Vous avez toujours &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement pers&#233;cut&#233;s, et moi-m&#234;me, avec beaucoup de peine mais contraint par les r&#233;alit&#233;s politiques, moi-m&#234;me, jadis &#224; vos c&#244;t&#233;s, je me suis vu plus tard oblig&#233; de m'opposer &#224; vous et de vous poursuivre. Aujourd'hui vous &#234;tes les ma&#238;tres de la ville et de la Catalogne, parce vous seuls avez vaincu les soldats fascistes. J'esp&#232;re que vous ne trouverez pas d&#233;plac&#233; que je puisse vous rappeler maintenant que l'aide des hommes de mon parti et de la Garde, plus ou moins nombreux, ne vous a pas manqu&#233; [... ] Vous avez vaincu, et tout est en votre pouvoir. Si vous n'&#233;prouvez pas le besoin ou le d&#233;sir que je sois pr&#233;sident, dites-le maintenant, et je deviendrai un soldat de plus dans la lutte antifasciste. Si, au contraire, vous me croyez quand je dis que je n'abandonnerai ce poste au fascisme victorieux que transform&#233; en, cadavre, je pourrai peut-&#234;tre, de mon nom et de mon prestige, vous servir avec mes camarades du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte et la rage des masses catalanes devant les empi&#233;tements de la contre-r&#233;volution &#233;taient par cons&#233;quent des sentiments d'hommes lib&#233;r&#233;s et ma&#238;tres de leur destin en danger de redevenir esclaves. Il &#233;tait hors de question de se soumettre sans combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 avril &#8211; au lendemain du ralliement des ministres de la C.N.T. &#224; la Generalidad &#8211; un r&#233;giment de carabiniers arriva &#224; Puigcerda et demanda aux patrouilles ouvri&#232;res de la C.N.T. de rendre le contr&#244;le des douanes. Tandis que les dirigeants les plus en vue de la C.N.T. se h&#226;taient vers Puigcerda pour n&#233;gocier une solution pacifique &#8211; c'est-&#224;-dire pour persuader les travailleurs de c&#233;der le contr&#244;le de la fronti&#232;re &#8211; on envoyait les Gardes civiles et d'assaut &#224; Figueras et dans d'autres villes de province pour arracher le contr&#244;le policier aux organisations ouvri&#232;res. En m&#234;me temps, &#224; Barcelone, les gardes d'assaut proc&#233;daient au d&#233;sarmement &#224; vue des travailleurs dans les rues. Durant les derni&#232;res semaines d'avril, ils rapport&#232;rent qu'ils en avaient d&#233;sarm&#233; trois cents de cette mani&#232;re. La nuit, des heurts se produisaient entre ouvriers et Gardes. Des camions de gardes d&#233;sarmaient les travailleurs isol&#233;s. Les travailleurs usaient de repr&#233;sailles. Ceux qui refusaient de se soumettre &#233;taient fusill&#233;s. En retour, des gardes &#233;taient abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril, Roldan Cortada, dirigeant du syndicat du P.S.U.C., fut assassin&#233; &#224; Molins de Llobregat. On ne sait toujours pas qui l'a tu&#233;. La C.N.T. d&#233;non&#231;a ce meurtre et demanda une enqu&#234;te. Le P.O.U.M. fit remarquer avec bon sens que Cortada avait soutenu Caballero avant la fusion et qu'il &#233;tait connu pour d&#233;sapprouver l'esprit de pogrom engendr&#233; par les staliniens. Mais le P.S.U.C. profita de cette occasion pour d&#233;noncer les &#034; agents fascistes cach&#233;s &#034;, &#034; incontr&#244;lables &#034;, etc. Le 27 avril, des repr&#233;sentants de la C.N.T. et du P.O.U.M. parurent aux fun&#233;railles de Cortada, ils y trouv&#232;rent une manifestation des forces de la contre-r&#233;volution. Pendant trois heures et. demie, &#034; l'enterrement &#034; &#8211; les soldats et la police du P.S.U.C. et du gouvernement, rameut&#233;s de partout et arm&#233;s jusqu'aux dents &#8211; d&#233;fila dans les quartiers ouvriers de Barcelone. C'&#233;tait un d&#233;fi, et les masses de la C.N.T. le prirent comme tel. Le jour suivant, le gouvernement envoya une exp&#233;dition punitive &#224; Molins de Llobregat qui interpella les dirigeants anarchistes locaux et les ramena menottes aux mains &#224; Barcelone. Cette nuit-l&#224; et les suivantes, les groupes de la C.N.T. et des gardes d'assaut du P.S.U.C. se d&#233;sarm&#232;rent mutuellement dans les rues. Les premi&#232;res barricades surgirent dans les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carabiniers, renforc&#233;s et rejoints par les forces locales du P.S.U.C., attaqu&#232;rent les patrouilles ouvri&#232;res &#224; Puigcerda. Antonio Martin, maire et dirigeant de la C.N.T., populaire dans toute la Catalogue, fut tu&#233; par balles par les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai, la plus ancienne et la plus ch&#232;re des journ&#233;es ouvri&#232;res, le gouvernement interdit tout meeting et manifestation dans toute l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces derni&#232;res journ&#233;es d'avril, les travailleurs de Barcelone apprirent pour la premi&#232;re fois, dans les pages de Solidaridad obrera, ce qu'il &#233;tait advenu de leurs camarades de Madrid et de Murcia aux mains de la G.P.U. stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Telefonica, principal centre t&#233;l&#233;phonique de Barcelone qui dominait sa place publique la plus affair&#233;e, avait &#233;t&#233; occup&#233;e par les troupes fascistes le 19 juillet, les gardes d'assaut envoy&#233;s par le gouvernement la leur ayant rendue. Les travailleurs de la C.N.T. avaient perdu beaucoup des leurs pour le reconqu&#233;rir. Ils ne tenaient que plus &#224; le conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 19 juillet, le centre t&#233;l&#233;phonique avait &#233;t&#233; dirig&#233; par un comit&#233; U.G.T.-C.N.T., avec une d&#233;l&#233;gation gouvernementale install&#233;e dans l'immeuble. L'&#233;quipe de travailleurs appartenait presque int&#233;gralement &#224; la C.N.T., de m&#234;me que les gardes arm&#233;s qui d&#233;fendaient le b&#226;timent contre les incursions fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le de la Telefonica &#233;tait une instance concr&#232;te de double pouvoir. La C.N.T. &#233;tait en mesure d'&#233;couter les appels gouvernementaux. Tant qu'il serait possible aux travailleurs de contr&#244;ler les contacts t&#233;l&#233;phoniques des forces gouvernementales, le bloc bourgeois-stalinien ne serait jamais ma&#238;tre de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 3 mai, &#224; 3 heures de l'apr&#232;s-midi, trois camions de gardes d'assaut sous le commandement personnel de Salas, commissaire &#224; l'ordre public, membre du P.S.U.C. [1] , arriv&#232;rent &#224; la Telefonica. Surpris, les gardes des &#233;tages inf&#233;rieurs furent d&#233;sarm&#233;s. Mais une mitrailleuse emp&#234;cha les gardes d'assaut d'occuper les &#233;tages sup&#233;rieurs. Salas appela des gardes en renfort. Les dirigeants anarchistes lui demand&#232;rent de quitter l'immeuble. Il refusa. La nouvelle se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre aux usines et aux faubourgs ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux heures apr&#232;s, &#224; 17 heures, les travailleurs se pr&#233;cipitaient dans les centres locaux de la C.N.T.-F.A.I. et du P.O.U.M., s'armaient et dressaient des barricades. Depuis les cachots de la dictature de Rivera jusqu'&#224; aujourd'hui, la C.N.T.-F.A.I. avait toujours organis&#233; des comit&#233;s de d&#233;fense locaux, avec une tradition d'initiative locale. Ces comit&#233;s de d&#233;fense assur&#232;rent la direction dans la semaine qui s'ouvrait, pour autant qu'il y en ait eu une. On ne tira presque pas la premi&#232;re nuit, car les travailleurs &#233;taient incomparablement plus forts que les forces gouvernementales. Dans les faubourgs ouvriers, beaucoup de membres de la police gouvernementale, qui n'avaient pas assez d'estomac pour lutter, rendirent pacifiquement leurs armes. Lo&#239;s Orr, t&#233;moin, &#233;crivit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Le matin suivant (mardi 4 mai), les travailleurs arm&#233;s contr&#244;laient la plus grande partie de Barcelone. Les anarchistes tenaient le port tout entier, et avec lui la forteresse de Montjuich, qui domine la ville et le port de ses canons ; tous les faubourgs de la ville &#233;taient entre leurs mains. Et les forces gouvernementales, &#224; l'exception de quelques barricades isol&#233;es, &#233;taient compl&#232;tement d&#233;bord&#233;es par le nombre et concentr&#233;es au centre de la ville, dans le quartier bourgeois, o&#249; elles pouvaient facilement &#234;tre encercl&#233;es de tous c&#244;t&#233;s comme les rebelles le furent au 19 juillet 1936. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits de la C.N.T., du P.O.U.M. et d'autres confirment cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lerida, les gardes civils rendirent leurs armes aux travailleurs la nuit du lundi, de m&#234;me qu'&#224; Hostafranchs. Les militants du P.O.U.M. et de la C.N.T. s'empar&#232;rent des quartiers g&#233;n&#233;raux du P.S.U.C. et de l'Etat Catala &#224; Tarragone et &#224; Gerone en tant que &#034; mesure pr&#233;ventive &#034;. Ces premiers pas manifestes n'&#233;taient qu'un d&#233;but, car les masses catalanes s'&#233;taient rang&#233;es, &#224; une &#233;crasante majorit&#233;, derri&#232;re les banni&#232;res de la C.N.T. La prise officielle de Barcelone, la constitution d'un gouvernement r&#233;volutionnaire auraient conduit, dans la nuit, au pouvoir ouvrier. Ni les dirigeants de la C.N.T. ni le P.O.U.M. ne contestent s&#233;rieusement que telle en aurait &#233;t&#233; l'issue [2] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'aile gauche de la C.N.T. et du P.O.U.M., des sections de la Jeunesse libertaire, les Amis de Durruti et les bolclieviks-l&#233;ninistes appel&#232;rent &#224; la prise du pouvoir par les travailleurs au travers du d&#233;veloppement d'organes d&#233;mocratiques de d&#233;fense (soviets). Le 4 mai, les bolcheviks-l&#233;ninistes publi&#232;rent le tract suivant, distribu&#233; sur les barricades :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; VIVE L'OFFENSIVE REVOLUTIONNAIRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aucun compromis ! D&#233;sarmement de la Garde nationale r&#233;publicaine et des gardes d'assaut r&#233;actionnaires. C'est le moment d&#233;cisif. Plus tard il sera trop tard. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toutes les usines, sauf celles qui sont li&#233;es &#224; la poursuite de la guerre, jusqu'&#224; la d&#233;mission du gouvernement r&#233;actionnaire. Seul le pouvoir ouvrier peut assurer la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Armement total de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive l'unit&#233; d'action C.N.T.-F.A.I.-P.O.U.M. ! Vive le front r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ! Comit&#233;s de d&#233;fense r&#233;volutionnaires dans les ateliers, les usines et les districts ! Section bolchevik&#8212;l&#233;niniste d'Espagne (pour la IV&#232;me Internationale). &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tracts des Amis de Durruti, qui appelaient &#224; une &#034; Junte r&#233;volutionnaire &#034;, au complet d&#233;sarmement des gardes d'assaut et de la Garde nationale r&#233;publicaine, qui saluaient le P.O.U.M. pour avoir rejoint les travailleurs sur les barricades appr&#233;ci&#232;rent la situation de la m&#234;me mani&#232;re que les bolcheviks-l&#233;ninistes. En adh&#233;rant toutefois &#224; la discipline de leurs organisations, et sans publier de propagande autonome, la gauche du P.O.U.M. et de la C.N.T., la Jeunesse libertaire avaient la m&#234;me perspective que les bolcheviks-l&#233;ninistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient sans aucun doute raison. Aucun apologiste de la direction du P.O.U.M. et de la C.N.T. n'a avanc&#233; contre la prise du pouvoir un quelconque argument qui r&#233;siste &#224; l'analyse. Aucun d'eux n'ose nier que les travailleurs auraient pu ais&#233;ment prendre le pouvoir en Catalogne. Ils apportent trois arguments principaux pour d&#233;fendre la capitulation : La r&#233;volution aurait &#233;t&#233; isol&#233;e, limit&#233;e &#224; la Catalogne, et d&#233;faite de l'ext&#233;rieur ; les fascistes auraient pu, dans cette conjoncture, faire irruption et vaincre ; l'Angleterre et la France auraient &#233;cras&#233; la r&#233;volution par une intervention directe. Examinons successivement ces trois arguments .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'isolement de la r&#233;volution : la forme la plus plausible. la plus radicale donn&#233;e &#224; cet argument, est fond&#233;e sur une analogie avec la &#034; manifestation arm&#233;e &#034; de juillet 1917 &#224; P&#233;trograd. &#034;En juillet 1917, m&#234;me les bolcheviks ne d&#233;cid&#232;rent pas de prendre le pouvoir, et se limit&#232;rent &#224; la d&#233;fensive, dirigeant les masses hors de la ligne de feu avec le moins de victimes possible.&#034; Curieusement, le P.O.U.M., l'I.L.P., les pivertistes [3] et autres apologistes qui utilisent cet argument sont pr&#233;cis&#233;ment ceux qui ont toujours rappel&#233; aux &#034; trotskystes sectaires &#034; que &#034; l'Espagne n'&#233;tait pas la Russie &#034;, et que, par l&#224; m&#234;me, la politique bolchevique n'&#233;tait pas applicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse trotskyste, c'est-&#224;-dire bolchevique, de la r&#233;volution espagnole s'est toujours fond&#233;e sur la situation concr&#232;te en Espagne. En 1931, nous avons averti que le rythme rapide des &#233;v&#233;nements russes de 1917 ne se r&#233;p&#233;terait pas en Espagne. Au contraire, nous faisions alors l'analogie avec la grande R&#233;volution fran&#231;aise, qui, commenc&#233;e en 1789, franchit une s&#233;rie d'&#233;tapes avant d'atteindre son point culminant en 1793. Justement parce que nous, trotskystes, ne sch&#233;matisons pas les &#233;v&#233;nements historiques, nous ne pouvons prendre au s&#233;rieux l'analogie avec juillet 1917 [4] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Petrograd, la manifestation arm&#233;e &#233;clata quatre mois seulement apr&#232;s la r&#233;volution de F&#233;vrier, trois mois apr&#232;s que les th&#232;ses d'Avril de L&#233;nine aient fix&#233; une perspective r&#233;volutionnaire au parti bolchevique. &#034; La masse &#233;crasante de la population de ce pays gigantesque commen&#231;ait tout juste &#224; &#233;merger des illusions de F&#233;vrier. Il y avait au front une arm&#233;e de douze millions d'hommes qui venaient &#224; peine d'&#234;tre touch&#233;s par les premi&#232;res rumeurs concernant les bolcheviks. Dans ces conditions, l'insurrection isol&#233;e du prol&#233;tariat de Petrograd aurait &#233;t&#233; in&#233;vitablement &#233;cras&#233;e. Il fallait gagner du temps. Telles furent les circonstances qui d&#233;termin&#232;rent la tactique des bolcheviks.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, en Espagne, mai 1937 survenait apr&#232;s six ann&#233;es de r&#233;volution pendant lesquelles les masses avaient acquis une exp&#233;rience gigantesque dans tout le pays. Les illusions d&#233;mocratiques de 1931 avaient &#233;t&#233; d&#233;truites. Nous pouvons citer le t&#233;moignage des dirigeants de la C.N.T., du P.O.U.M., de socialistes, selon lesquels les illusions d&#233;mocratiques redor&#233;es du Front populaire n'eurent aucune influence sur les masses. En f&#233;vrier 1936, elles ne vot&#232;rent pas pour le Front populaire, mais contre Gil Robles, et pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques. Les masses avaient montr&#233; maintes et maintes fois qu'elles &#233;taient pr&#234;tes &#224; aller jusqu'au bout : les nombreuses luttes arm&#233;es dirig&#233;es par les anarchistes, les prises de terres pendant six ans, la r&#233;volte d'octobre 1934, la Commune des Asturies, la prise des usines et de la terre apr&#232;s le 19 juillet ! L'analogie avec juillet 1917 est infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1917, douze millions de soldats russes &#224; peine touch&#233;s par la propagande bolchevique pouvaient &#234;tre envoy&#233;s contre P&#233;tersbourg. Mais en Espagne la C.N.T. dirigeait plus d'un tiers des forces arm&#233;es, un autre tiers ou presque &#233;tait dirig&#233; par l'U.G.T. dont la plupart des membres &#233;taient socialistes de gauche ou sous leur influence. M&#234;me si l'on accorde que la r&#233;volution n'aurait pas gagn&#233; imm&#233;diatement Madrid ou Valence. Cela ne revient aucunement &#224; affirmer que le gouvernement de Valence aurait trouv&#233; des troupes pour &#233;craser la r&#233;publique ouvri&#232;re de Catalogne ! Tout de suite apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai, les masses de l'U.G.T. firent la preuve de leur hostilit&#233; d&#233;termin&#233;e &#224; l'&#233;gard de mesures r&#233;pressives contre le prol&#233;tariat catalan. C'est une des raisons pour lesquelles Caballero dut quitter le gouvernement. Elles auraient encore moins pu &#234;tre utilis&#233;es contre une r&#233;publique ouvri&#232;re victorieuse. M&#234;me les rangs staliniens n'auraient pas fourni une telle arm&#233;e massive : c'est une chose que d'amener les travailleurs et les paysans arri&#233;r&#233;s &#224; limiter leur lutte &#224; un combat pour une r&#233;publique d&#233;mocratique ; c'en est une autre enti&#232;rement diff&#233;rente que de les amener &#224; &#233;craser une r&#233;publique ouvri&#232;re. Toute tentative du bloc bourgeois-stalinien de rassembler des forces prol&#233;tariennes n'aurait pu que pr&#233;cipiter l'extension de l'Etat ouvrier &#224; toute l'Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons dire plus : l'exemple de la Catalogne aurait &#233;t&#233; suivi imm&#233;diatement ailleurs. La preuve ? Le bloc stalinien-bourgeois, alors qu'il cherchait &#224; consolider la r&#233;publique bourgeoise, &#233;tait toutefois pouss&#233; par l'atmosph&#232;re r&#233;volutionnaire &#224; avancer le mot d'ordre : &#034; Finissons-en d'abord avec Franco, nous ferons la r&#233;volution apr&#232;s. &gt; C'&#233;tait un mot d'ordre habile,. bien propre &#224; faire attendre les masses. Mais le fait m&#234;me que la contre-r&#233;volution ait eu besoin de ce mot d'ordre d&#233;montre qu'elle fondait ses espoirs de victoire sur la r&#233;volution, non sur l'accord des masses, mais sur leur tol&#233;rance impatiente. Grin&#231;ant des dents, les masses disaient : &#034; Nous devons attendre d'en finir avec Franco, puis nous en finirons avec la bourgeoisie et ses laquais. &#034; Ce sentiment sans aucun doute, rarement r&#233;pandu se serait &#233;vanoui devant l'exemple de la r&#233;volution catalane, celle-ci aurait mis un terme &#224; ce : &#034; Nous devons attendre. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la Catalogne n'aurait pas touch&#233; la seule Espagne loyaliste. Car une Espagne ouvri&#232;re se serait lanc&#233;e dans une guerre r&#233;volutionnaire contre le fascisme qui aurait d&#233;sint&#233;gr&#233; les rangs franquistes, par les armes politiques plus que par les armes militaires. Toutes les armes politiques contre le fascisme dont le Front populaire n'avait pas autoris&#233; l'utilisation, et dont seule une r&#233;publique ouvri&#232;re pouvait user, auraient &#233;t&#233; d&#233;sormais dirig&#233;es contre Franco. Peu apr&#232;s le 19 juillet, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Comme chacun sait, une guerre civile ne se m&#232;ne pas seulement avec des armes militaires, mais aussi avec des armes politiques. D'un point de vue strictement militaire, la r&#233;volution espagnole est beaucoup plus faible que son ennemi. Sa force r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; jeter les larges masses dans l'action. Elle peut m&#234;me arracher l'arm&#233;e [de Franco] &#224; ses officiers r&#233;actionnaires. Pour ce faire, le programme de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut proclamer qu'&#224; partir de maintenant, la terre, les usines, les ateliers passeront des capitalistes aux mains du peuple. Il faut se diriger imm&#233;diatement vers la r&#233;alisation de ce programme dans les provinces o&#249; les travailleurs sont au pouvoir. L'arm&#233;e fasciste ne pourrait pas r&#233;sister &#224; l'influence d'un tel programme. Les soldats lieraient les pieds et les mains de leurs officiers et les livreraient aux quartiers g&#233;n&#233;raux des milices ouvri&#232;res. les plus proches. Mais les ministres bourgeois ne peuvent accepter un tel programme. En freinant la r&#233;volution sociale, ils poussent les ouvriers et les paysans &#224; r&#233;pandre dix fois plus de leur propre sang qu'il n'en faut dans la guerre civile. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de Trotsky ne s'est av&#233;r&#233;e que trop vraie. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement de Front populaire ne fit aucune propagande en direction des paysans des forces franquistes, et derri&#232;re leurs lignes. Le gouvernement refusa absolument de promettre la terre &#224; ces paysans, et cette promesse n'aurait eu aucun impact tant que le gouvernement n'aurait pas d&#233;cr&#233;t&#233; effectivement la remise des terres aux comit&#233;s paysans dans ses propres zones, &#224; partir desquelles les nouvelles se seraient r&#233;pandues, par des milliers de canaux, jusqu'aux paysans du reste de l'Espagne. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement avait rejet&#233; tout projet (y compris celui d'Abd El Krim et d'autres Maures) de provoquer la r&#233;volution au Maroc par une d&#233;claration d'ind&#233;pendance. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement appela le prol&#233;tariat international &#224; pousser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; ses &#034; Gouvernements &#224; aider l'Espagne &#8211; mais il ne fit jamais directement appel au prol&#233;tariat international en d&#233;pit et contre ses gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas des doctrinaires. Nous ne proclamons pas la r&#233;volution tous les ' jours. Nous jugeons &#224; partir de notre analyse concr&#232;te de la situation espagnole en mai 1937 : si la r&#233;publique ouvri&#232;re avait &#233;t&#233; instaur&#233;e en Catalogne, elle n'aurait pas &#233;t&#233; isol&#233;e ou &#233;cras&#233;e. Elle se serait rapidement &#233;tendue au reste de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les fascistes seraient imm&#233;diatement intervenus. La deuxi&#232;me justification de l'inopportunit&#233; de la prise du pouvoir en Catalogne recoupe la premi&#232;re, dans la mesure o&#249; elle nie implicitement l'impact de la prise du pouvoir sur les forces franquistes [5] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettant qu'une r&#233;volution prol&#233;tarienne en mai se soit &#233;tendue dans toute l'Espagne loyaliste, les dirigeants de la C.N.T. expliquent :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il est &#233;vident que, si nous l'avions voulu, le mouvement de d&#233;fense se serait transform&#233; en un mouvement purement libertaire. C'est tr&#232;s bien, mais... les fascistes auraient sans aucun doute profit&#233; des circonstances pour briser toutes les lignes de r&#233;sistance .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Garcia Olivier) [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il traite ostensiblement de la situation sp&#233;cifique de la Catalogne en mai, ce raisonnement est, en fait, beaucoup plus fondamental : &#034; C'est un argument contre la prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re au cours de la guerre civile. &#034; C'&#233;tait &#233;galement la ligne du P.O.U.M. Son comit&#233; central soutint que, dans le cas o&#249; le gouvernement refuserait de signer son propre arr&#234;t de mort en convoquant une assembl&#233;e constituante (congr&#232;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s des soldats, des paysans et des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux), ce serait une erreur que de lui arracher le pouvoir par la force :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il [le P.O.U.M] croyait que les ouvriers protesteraient &#224; temps contre la contre-r&#233;volution &#224; laquelle le gouvernement proc&#233;dait, et que la revendication d'une telle assembl&#233;e constituante deviendrait si forte que le gouvernement serait oblig&#233; de se soumettre. Il soutenait qu'une insurrection serait erron&#233;e et peu opportune tant que les fascistes ne seraient pas d&#233;faits, et m&#234;me sur la question de d&#233;clencher ou non l'insurrection &#224; ce moment l&#224;, les opinions divergeaient en son sein [7] .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la C.N.T. et le P.O.U.M. appelaient au socialisme par le biais du gouvernement. Mais si le gouvernement ne donnait pas son accord, alors il fallait attendre au moins jusqu'&#224; la fin de la guerre. Cela revenait en pratique &#224; s'adapter de fa&#231;on camoufl&#233;e au mot d'ordre bourgeois-stalinien : &#034; Finissons-en avec Franco, nous ferons la r&#233;volution apr&#232;s. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique du P.O.U.M. et de la C.N.T. &#8211; attendre d'en avoir fini avec Franco &#8211; signifiait concr&#232;tement la condamnation de la r&#233;volution. Car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; fait remarquer, le mot d'ordre bourgeois-stalinien d' &#034; attente &#034; &#233;tait destin&#233; &#224; neutraliser les masses jusqu'&#224; ce que l'Etat bourgeois soit r&#233;tabli. Pour cette raison pr&#233;cise, le bloc bourgeois stalinien et ses alli&#233;s anglo-fran&#231;ais n'avaient pas l'intention d'en finir avec Franco, ou (plus vraisemblablement) de faire la paix avec lui, tant que la contre-r&#233;volution n'avait pas consolid&#233; son pouvoir en Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons comment&#233; l'incapacit&#233; du Front populaire et de son Gouvernement &#224; faire de la propagande r&#233;volutionnaire pour d&#233;sint&#233;grer les forces franquistes. Mais le gouvernement ne r&#233;ussit pas plus &#224; combattre Franco avec succ&#232;s sur le plan militaire. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans la guerre civile, il n'y a pas de s&#233;paration entre t&#226;ches politiques et t&#226;ches militaires. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement concentrait d'&#233;normes forces de soldats d'&#233;lite et de police dans les villes, d&#233;tournant par l&#224; m&#234;me des hommes et des armes n&#233;cessaires au front. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement poursuivait une strat&#233;gie de guerre dilatoire, qui ne pouvait donner aucun r&#233;sultat d&#233;cisif, tant qu'il proc&#233;dait &#224; la contre-r&#233;volution. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement &#233;tait en train de subordonner les travailleurs basques et asturiens au commandement de la bourgeoisie basque tra&#238;tre qui allait bient&#244;t capituler sur le front Nord. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le Gouvernement &#233;tait en train de saboter directement les fronts de l'Aragon et du Levant tenus par la C.N.T. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement donnait aux agents fascistes (Asensio, Villalba, etc.) la possibilit&#233; de livrer des forteresses loyalistes &#224; Franco (Badajoz, Irun, Malaga) [8] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;volution portait des coups terribles au moral des troupes antifascistes. &#034; Pourquoi mourrions-nous en combattant Franco quand nos camarades sont fusill&#233;s par le gouvernement ? &#034; Cet &#233;tat d'esprit si dommageable &#224; la lutte contre le fascisme pr&#233;dominait apr&#232;s la journ&#233;e de mai et &#233;tait tr&#232;s difficile &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, par tous ces moyens, la politique gouvernementale facilitait les incursions militaires de Franco. L'instauration d'une r&#233;publique ouvri&#232;re aurait mis fin &#224; la tromperie, au sabotage, &#224; la d&#233;moralisation. Dot&#233;e de l'instrument de la planification &#233;tatique, la r&#233;publique ouvri&#232;re aurait pu utiliser comme aucun r&#233;gime capitaliste l'int&#233;gralit&#233; des ressources mat&#233;rielles et morales de l'Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de permettre aux troupes fascistes de percer, seul le pouvoir ouvrier pouvait conduire &#224; la victoire sur Franco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La menace d'intervention : La C.N.T. se r&#233;f&#232;re confus&#233;ment aux navires de guerre anglais et fran&#231;ais apparus dans le port le 3 mai, et &#224; des plans de d&#233;barquement de troupes anglo-fran&#231;aises. &#034; Dans l'&#233;ventualit&#233; d'un triomphe du communisme libertaire, il aurait &#233;t&#233; &#233;cras&#233; un peu plus tard par l'intervention des puissances capitalistes et d&#233;mocratiques. &#034; (Garcia Oliver)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rences de la C.N.T. &#224; des navires de guerre pr&#233;cis, &#224; un complot pr&#233;cis, obscurcit d&#233;lib&#233;r&#233;ment le caract&#232;re fondamental du probl&#232;me . Toute r&#233;volution sociale doit affronter le danger de l'intervention capitaliste. La r&#233;volution russe dut survivre tant &#224; la guerre civile financ&#233;e par les capitalistes qu'&#224; l'intervention imp&#233;rialiste directe. La r&#233;volution hongroise fut &#233;cras&#233;e par l'intervention aussi bien que par ses propres erreurs. N&#233;anmoins, quand les sociaux-d&#233;mocrates allemands et autrichiens justifi&#232;rent la stabilisation de leurs r&#233;publiques bourgeoises par le fait que les puissances alli&#233;es pourraient intervenir contre les Etats socialistes, les socialistes r&#233;volutionnaires et les communistes du monde entier &#8211; comme les anarchistes &#8211; d&#233;nonc&#232;rent les Kautsky et les Bauer comme des tra&#238;tres, et ils eurent raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat autrichien et allemand, disaient alors les r&#233;volutionnaires, doit compter avec la possibilit&#233; d'une d&#233;faite due &#224; l'intervention anglo-fran&#231;aise, parce que les r&#233;volutions courent toujours ce danger, mais attendre le moment hypoth&#233;tique o&#249; les Alli&#233;s seraient trop pr&#233;occup&#233;s pour intervenir, c'&#233;tait manquer la conjoncture favorable &#224; la r&#233;volution. Mais les sociaux-d&#233;mocrates l'emport&#232;rent... et finirent dans les camps de concentration de Hitler et Schuschnigg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni les cercles de la C.N.T. ni ceux du P.0,U.M. n'os&#232;rent avancer qu'il existait une quelconque situation conjoncturelle sp&#233;cifique qui rendait en mai 1937 l'intervention capitaliste plus mena&#231;ante qu'&#224; un autre moment. Les d&#233;fenseurs de cette th&#232;se se r&#233;f&#232;rent simplement au danger d'intervention, sans y ajouter d'analyse sp&#233;cifique. Nous posons la question l'intervention &#233;tait-elle plus dangereuse en mai 1937 qu'au moment de la r&#233;volution d'avril 1931 par exemple ? En mai 1937, les travailleurs avaient tous les avantages. En 1931, le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;tait prostr&#233; au fond du puits de la crise mondiale. Les travailleurs allemands n'avaient pas encore &#233;t&#233; livr&#233;s &#224; Hitler par leurs dirigeants &#8211; sans combat &#8211; mais le prol&#233;tariat fran&#231;ais &#233;tait aussi assoupi que s'il &#233;tait accabl&#233; par un dictateur. La situation en France, pays limitrophe, est d&#233;cisive pour l'Espagne. Et, en mai 1937, le prol&#233;tariat fran&#231;ais entamait la deuxi&#232;me ann&#233;e du soul&#232;vement ouvert par les gr&#232;ves r&#233;volutionnaires de juin 1936. Il est inconcevable que les millions de travailleurs socialistes et communistes de France, d&#233;j&#224; irrit&#233;s par la neutralit&#233;, et maintenus dans cette ligne avec les plus grandes difficult&#233;s, par leurs dirigeants, aient permis l'intervention capitaliste en Espagne, qu'elle soit le fait de la bourgeoisie fran&#231;aise ou d'une autre. La transformation de la lutte en Espagne, de combat pour la sauvegarde d'une r&#233;publique bourgeoise, en combat pour la r&#233;volution socialiste, aurait enflamm&#233; les prol&#233;tariats fran&#231;ais, belge et anglais, bien plus que ne le fit la r&#233;volution russe, car cette fois la r&#233;volution aurait &#233;t&#233; &#224; leur porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un prol&#233;tariat vigilant, qu'aurait pu faire la bourgeoisie ? La bourgeoisie fran&#231;aise aurait ouvert ses fronti&#232;res &#224; l'Espagne, non pour l'intervention mais pour le commerce, permettant au nouveau r&#233;gime de s'assurer des marchandises &#8211; ou bien elle aurait eu &#224; affronter imm&#233;diatement la r&#233;volution chez elle. La r&#233;publique ouvri&#232;re espagnole n'aurait pas, comme le firent Caballero et Negrin, aid&#233; et encourag&#233; la &#034; non-intervention &#034;. L'Angleterre, indissolublement li&#233;e au sort de la France, n'aurait pas pu intervenir, non seulement &#224; cause du poids de la France, mais aussi &#224; cause du poids de sa propre classe ouvri&#232;re, pour laquelle la r&#233;volution ib&#233;rique aurait ouvert une nouvelle &#233;poque. Le Portugal aurait d&#251; imm&#233;diatement faire face &#224; la r&#233;volution. L'Allemagne et l'Italie auraient, bien entendu, cherch&#233; &#224; augmenter leur aide &#224; Franco. Mais la politique anglo-fran&#231;aise aurait toujours &#233;t&#233; : ni une Espagne socialiste, ni une Espagne tenue par Hitler ou Mussolini. En voulant jouer indistinctement sur les deux tableaux, l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais aurait &#233;t&#233; contraint de restreindre l'intervention italo-allemande dans les limites qui puissent emp&#234;cher l'axe Rome-Berlin de dominer la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins que tout autre, nous avons &#224; apprendre que toutes les puissances capitalistes ont comme commun int&#233;r&#234;t, et cherchent toutes la destruction de toute menace de r&#233;volution sociale. Il est n&#233;anmoins clair que les deux facteurs qui sauv&#232;rent la r&#233;volution russe de l'an&#233;antissement par l'intervention auraient jou&#233; en mai 1937 : en 1917, le prol&#233;tariat mondial, inspir&#233; par la r&#233;volution, imposa l'arr&#234;t de l'intervention, tandis que les imp&#233;rialistes ne pouvaient pas oublier suffisamment leurs divergences pour ne pas s'unir autour d'un plan unique d'an&#233;antissement de la r&#233;publique ouvri&#232;re. Le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;tant &#224; nouveau mobilis&#233;, c'est &#224; leurs risques et p&#233;rils que les imp&#233;rialistes auraient cherch&#233; &#224; &#233;teindre l'incendie espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui nous invoquons par-dessus tout l'aide du prol&#233;tariat mondial Vous, les staliniens pour qui les masses ne sont d&#233;sormais rien d'autre que des carcasses que vous offrez en sacrifice sur l'autel de l'alliance avec les imp&#233;rialistes d&#233;mocratiques ; vous les bureaucrates dont le m&#233;pris des masses, sur le dos desquelles vous vous dressez, vous fait oublier que ces m&#234;mes masses, qui vous servent encore de capital moral et mat&#233;riel, et qui s'amenuise sous votre gestion incomp&#233;tente, ont conduit victorieusement la r&#233;volution d'Octobre et la guerre civile ! Nous savons que vous n'aimez pas que l'on vous rappelle qu'en 1919-1922, le prol&#233;tariat mondial a sauv&#233; l'Union sovi&#233;tique des imp&#233;rialistes. Les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re sont une chose que vous en &#234;tes venus &#224; ha&#239;r et &#224; craindre, car ils menacent vos privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les staliniens qui croient &#224; la possibilit&#233; d'une coexistence pacifique des Etats capitalistes et ouvriers, pas nous. Il est certain que l'Europe capitaliste ne supporterait pas ind&#233;finiment l'existence d'une Espagne socialiste. Mais la conjoncture sp&#233;cifique de mai 1937 &#233;tait assez favorable pour permettre &#224; une Espagne ouvri&#232;re d'installer son r&#233;gime int&#233;rieur et de se pr&#233;parer &#224; r&#233;sister &#224; l'imp&#233;rialisme en &#233;tendant la r&#233;volution &#224; la France et &#224; la Belgique, puis de mener une guerre r&#233;volutionnaire contre l'Allemagne et l'Italie, dans des conditions qui auraient pr&#233;cipit&#233; la r&#233;volution dans les pays fascistes. C'est la seule perspective r&#233;volutionnaire en Europe, dans cette p&#233;riode qui pr&#233;c&#232;de la prochaine guerre, que la r&#233;volution commence en France ou en Espagne. Qui ne l'accepte pas rejette la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les risques ? &#034; Il serait &#233;videmment fort commode de faire l'histoire si l'on ne devait engager la lutte qu'avec &#034; des chances infailliblement favorables &#034; &#233;crivait Marx pendant que la Commune vivait encore. Clairvoyant, il voyait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; le &#034; hasard &#034; malheureux et d&#233;cisif (. . .) dans la pr&#233;sence des Prussiens en France et dans leurs positions si pr&#232;s de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs parisiens devant l'alternative ou de relever le d&#233;fi ou de succomber sans combat. Dans le dernier cas, la d&#233;moralisation de la classe ouvri&#232;re serait un malheur bien plus grand que la perte d'un nombre quelconque de &#034; chefs &#034;. Gr&#226;ce au combat livr&#233; &#224; Paris, la lutte de la classe ouvri&#232;re contre la classe capitaliste et l'Etat capitaliste est entr&#233;e dans une nouvelle phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelle qu'en soit l'issue, nous avons obtenu un nouveau point de d&#233;part d'une importance historique universelle.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Lettre &#224; Kugelmann, du 17 avril 1871, &#233;d. Anthropos.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berneri avait raison. Ecras&#233;e entre les Prussiens-franquistes et Versailles-Valence, la Commune de Catalogne aurait pu faire jaillir une flamme embrasant le monde. Et dans des conditions incomparablement plus favorables que celles de la Commune !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tent&#233; d'analyser le plus s&#233;rieusement possible les raisons que la direction centriste a donn&#233;es pour ne pas engager une lutte pour le pouvoir contre la contre-r&#233;volution. Comme ils ne sont pas des r&#233;formistes inv&#233;t&#233;r&#233;s, mais des centristes, ils sont tent&#233;s de justifier leur capitulation en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la situation &#034;sp&#233;ciale&#034;, &#034; sp&#233;cifique &#034;, de l'Espagne de mai 1937, mais sans donner de d&#233;tails pr&#233;cis. A l'examen, nous avons trouv&#233; que, comme toujours dans le cas d'alibis de ce type, les r&#233;f&#233;rences &#224; la situation sp&#233;cifique sont d&#233;nu&#233;es de sens et cachent un retrait fondamental par rapport &#224; la voie r&#233;volutionnaire. Ce ne sont pas des erreurs de fait, mais des divergences de principe qui, d'un point de vue mondial et de classe, s&#233;parent les r&#233;volutionnaires tant des dirigeants r&#233;formistes que des centristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 4 mai au matin, les travailleurs arm&#233;s des barricades qui recouvraient Barcelone se sentirent &#224; nouveau, comme le 19 juillet, les ma&#238;tres de leur monde. Comme le 19 juillet, les &#233;l&#233;ments bourgeois et petits-bourgeois terrifi&#233;s se cachaient dans leurs maisons. Les syndicalistes dirig&#233;s par le P.S.U.C. restaient passifs. Seule, une fraction de la police, les gardes arm&#233;s du P.S.U.C. et les voyous arm&#233;s d'Estat Catala se tenaient sur les barricades gouvernementales qui se limitaient au centre de la ville, entour&#233;es par les travailleurs en armes. Le premier discours radiodiffus&#233; de Companys, une d&#233;claration selon laquelle la Generalidad n'&#233;tait pas responsable de la provocation de la Telefonica, indique l'&#233;tat de la situation. Chaque faubourg de la ville, sous la direction des comit&#233;s de d&#233;fense locaux aid&#233;s par les groupes du P.O.U.M., de la F.A.I. et de la Jeunesse libertaire, &#233;tait fermement contr&#244;l&#233; par les travailleurs. Il n'y eut pour ainsi dire aucun coup de feu lundi soir tant la domination ouvri&#232;re &#233;tait totale. Tout ce qui manquait aux travailleurs pour instaurer leur pouvoir, c'&#233;tait la coordination et l'action commune sous la direction du centre... Au centre, la Casa C.N.T., les dirigeants interdirent toute action et ordonn&#232;rent aux travailleurs de quitter les barricades [9] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la C.N.T. ne s'int&#233;ressaient pas &#224; l'organisation des masses arm&#233;es. Ils &#233;taient occup&#233;s par une n&#233;gociation interminable avec le gouvernement. C'&#233;tait un jeu qui convenait parfaitement &#224; ce dernier : retenir les masses sans direction derri&#232;re les barricades, en les ber&#231;ant de l'espoir que l'on trouverait une solution d&#233;cente. La r&#233;union au palais de la Generalidad tra&#238;na jusqu'&#224; 6 heures du matin. Ainsi, les forces gouvernementales gagn&#232;rent assez d'espace vital pour fortifier les b&#226;timents gouvernementaux, et, &#224; l'instar des fascistes en juillet, elles occup&#232;rent les tours de la cath&#233;drale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi matin &#224; 11 heures, les dirigeants se rencontr&#232;rent, non pour organiser la d&#233;fense, mais pour &#233;lire un nouveau comit&#233; pour n&#233;gocier avec le gouvernement. Alors Companys trouva un nouveau truc : Bien sur, nous pouvons en arriver &#224; un accord &#224; l'amiable, nous sommes tous des antifascistes, etc., etc., disaient Companys et le Premier ministre Taradellas. &#8211; Mais nous ne pouvons pas engager de n&#233;gociations tant que les rues ne sont pas d&#233;sert&#233;es par les hommes arm&#233;s. Sur quoi le comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. passa le mardi avec un micro, appelant les travailleurs &#224; quitter les barricades. &#034; Nous vous appelons &#224; baisser vos armes. Pensez &#224; notre grand but, commun &#224; tous... L'unit&#233; avant tout. D&#233;posez vos armes. Un seul mot d'ordre : Nous devons travailler &#224; abattre le fascisme ! &#034; Solidaridad obrera eut l'audace de para&#238;tre, avec, en page 8, la relation de l'attaque du lundi contre la Telefonica, sans mentionner l'&#233;dification des barricades, ne donnant d'autres directives que &#034; restez calmes &#034; afin de ne pas alarmer les miliciens du front auxquels parvenaient des centaines de milliers d'exemplaires du journal. A 5 heures, des d&#233;l&#233;gations du Comit&#233; national de l'U.G.T. et de la C.N.T. arriv&#232;rent de Valence et publi&#232;rent en commun un appel au &#034; peuple :&#034; pour qu'il d&#233;pose les armes. Vasquez, secr&#233;taire national de la C.N.T., se joignit &#224; Companys dans l'appel radiodiffus&#233;. On passa la nuit en nouvelles n&#233;gociations (le Gouvernement &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; passer un accord incluant l'abandon des barricades par les travailleurs !) dont sortit un accord pour un cabinet provisoire de quatre membres, appartenant &#224; la C.N.T., au P.S.U.C., &#224; l'Union paysanne et &#224; l'Esquerra. Les n&#233;gociations furent ponctu&#233;es d'appels aux dirigeants de la C.N.T. qui avaient de l'autorit&#233;, les invitant &#224; se rendre sur les points o&#249; les travailleurs menaient l'offensive. C'est ainsi qu'&#224; Coll Blanch, il fallait persuader ceux-ci de ne pas occuper les casernes. Tandis que d'autres appels arrivaient &#8211; des quartiers g&#233;n&#233;raux des ouvriers du cuir, de l'Union m&#233;dicale, du centre local de la Jeunesse libertaire, qui demandait du renfort au Comit&#233; r&#233;gional, parce que la police attaquait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi : Ni les nombreux appels &#224; la radio, ni l'appel commun de l'U.G.T.-C.N.T., ni l'&#233;tablissement d'un nouveau cabinet n'avaient arrach&#233; les travailleurs aux barricades. Sur les barricades, les travailleurs anarchistes d&#233;chiraient Solidaridad obrera et brandissaient les poings et les fusils vers les radios quand Montseny &#8211; rappel&#233;e de toute urgence de Valence apr&#232;s l'&#233;chec de Vasquez et de Garcia Oliver &#8211; les exhortait &#224; la dispersion. Les comit&#233;s de d&#233;fense locaux transmirent &#224; la Casa C.N.T. que les travailleurs ne se rendraient pas sans conditions. Tr&#232;s bien, donnons-leur des conditions. La C.N.T. fit parvenir par radio les propositions qu'elle faisait au Gouvernement : que les hostilit&#233;s cessent, que chaque parti reste sur ses positions, que la police et les civils qui combattaient aux c&#244;t&#233;s de la C.N.T. (sans en &#234;tre membres) s'en retirent compl&#232;tement, que les comit&#233;s responsables soient avertis d&#232;s que le pacte est rompu quelque part, que l'on ne r&#233;ponde pas aux coups de feu isol&#233;s, que les d&#233;fenseurs des locaux syndicaux restent passifs et attendent d'autres informations. Le gouvernement annon&#231;a bient&#244;t son accord avec la C.N.T. Et comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? Le seul objectif du gouvernement &#233;tait de mettre fin au combat des masses, pour mieux briser leur r&#233;sistance, d&#233;finitivement. De surcro&#238;t, &#034; l'accord &#034; n'engageait en rien le gouvernement. Le contr&#244;le de la Telefonica, le d&#233;sarmement des masses n'&#233;taient pas mentionn&#233;s &#8211; et ce, non par hasard. L'accord fut suivi dans la nuit d'ordres de reprise du travail venant des centres locaux de la C.N.T. et de l'U.G.T. (cette derni&#232;re, il faut s'en souvenir, &#233;tant contr&#244;l&#233;e par les staliniens). &#034; Les organisations et les partis antifascistes r&#233;unis en session au palais de la Generalidad ont r&#233;solu le conflit qui a cr&#233;&#233; cette situation anormale &#034;, d&#233;clarait le manifeste commun. &#034; Ces &#233;v&#233;nements nous ont appris que nous devrons d&#233;sormais &#233;tablir des relations de cordialit&#233; et de camaraderie, dont nous avons beaucoup regrett&#233; l'absence ces derniers jours. &#034; Cependant, comme l'admettait Souchy, les barricades rest&#232;rent toutes en place dans la nuit de mercredi. Mais le jeudi matin, le P.O.U.M. ordonna &#224; ses membres de quitter les barricades qui, pour la plupart, &#233;taient encore sous le feu. Le mardi, le manifeste des Amis de Durruti, jusqu'alors assez froid avec le P.O.U.M., avait salu&#233; sa pr&#233;sence sur les barricades, pr&#233;sence qui d&#233;montrait qu'il s'agissait l&#224; d'une &#034; force r&#233;volutionnaire &#034;,. La Batalla du mardi &#233;tait rest&#233;e dans les limites de la th&#233;orie selon laquelle il ne devait pas y avoir de renversement insurrectionnel du gouvernement pendant la guerre civile, mais elle avait appel&#233; &#224; la d&#233;fense des barricades, &#224; la d&#233;mission de Salas et Ayguad&#233;, &#224; l'abrogation des d&#233;crets de dissolution des patrouilles ouvri&#232;res. Si limit&#233; que fut ce programme, il contrastait tellement avec l'appel du Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. &#224; d&#233;serter les barricades que le prestige du P.O.U.M. s'accrut tr&#232;s fort dans les masses anarchistes. Le P.O.U.M. avait l&#224; une occasion sans pr&#233;c&#233;dent de prendre la t&#234;te du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, la direction du P.O.U.M. s'en remit une fois de plus &#224; celle de la C.N.T. : elle ne fit pas de propositions publiques d'action commune avec la C.N.T., propositions qui auraient dot&#233; la r&#233;bellion embryonnaire d'un ensemble de revendications auxquelles devait acc&#233;der sa directive en toute une ann&#233;e, le P.O.U.M., d'une d&#233;f&#233;rence servile &#224; l'&#233;gard des dirigeants de la C.N.T., n'avait pas fait une seule proposition pr&#233;sentant un net caract&#232;re de front uni. Mais elle proposa une conf&#233;rence en coulisses avec le Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. Quelles que fussent les propositions du P.O.U.M., elles &#233;taient rejet&#233;es &#8211; Vous n'&#234;tes pas d'accord ? alors n'en parlons plus Et le matin suivant (5 mai) la Batalla n'eut pas un mot &#224; dire sur les propositions que le P.O.U.M. fit &#224; la C.N.T., sur le comportement timor&#233; des dirigeants de la C.N.T., de leur refus d'organiser la d&#233;fense, etc. [10] . Au lieu de cela : &#034; le prol&#233;tariat de Barcelone a remport&#233; une victoire partielle sur la contre-r&#233;volution &#034;. Et 24 heures plus tard, &#034; la provocation contre-r&#233;volutionnaire ayant &#233;t&#233; repouss&#233;e, il faut quitter la rue. Travailleurs, retournez aux usines &#034; (la Batalla, 6 mai). Les masses avaient r&#233;clam&#233; la victoire sur la contre-r&#233;volution. Les bureaucrates de la C.N.T. avaient refus&#233; le combat. Les centristes du P.O.U.M. avaient ainsi lanc&#233; un pont sur le gouffre qui s&#233;parait les masses des bureaucrates, en assurant celles-ci que la victoire &#233;tait d'ores et d&#233;j&#224; acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi, les Amis de Durruti avaient couru au front, appelant les travailleurs de la C.N.T. &#224; ne pas tenir compte des ordres de d&#233;sertion de la Casa C.N.T. et &#224; continuer la lutte pour le pouvoir ouvrier. Ils avaient chaleureusement accueilli la collaboration du P.O.U.M. Les masses restaient sur les barricades. Le P.O.U.M., qui comptait au moins 30 000 travailleurs en Catalogne, pouvait faire pencher la balance dans n'importe quel sens. Sa direction la poussa vers la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup plus terrible encore contre les travailleurs en lutte le Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. d&#233;non&#231;a &#224; toute la presse y compris la presse stalinienne et bourgeoise &#8211; les Amis de Durruti comme des &#034; agents provocateurs &#034; (en fran&#231;ais dans le texte) ; ce qui, naturellement, fut publi&#233; partout en premi&#232;re page le jeudi matin. La presse du P.O.U.M. ne d&#233;fendit pas les anarchistes de l'aile gauche contre cette calomnie r&#233;pugnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi fut rempli d'exemples de &#034; victoires &#034; au nom desquelles le P.O.U.M. appela les travailleurs &#224; quitter les barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, on trouva le corps bris&#233; de Camillo Berneri l&#224; o&#249; les gardes du P.S.U.C., qui avaient enlev&#233; cet homme fragile chez lui, la nuit pr&#233;c&#233;dente, l'avaient abandonn&#233;. Berneri, chef spirituel de l'anarchisme italien depuis la mort de Malatesta, chef de la r&#233;volte d'Anc&#244;ne en 1914, &#233;chapp&#233; des griffes de Mussolini, avait combattu les r&#233;formistes (les dirigeants de la C.N.T. compris) dans Guerra di Classe, son journal tr&#232;s influent. Il avait caract&#233;ris&#233; la politique stalinienne en trois mots &#034; cela pue Noske &#034;. Il avait d&#233;fi&#233; Moscou par des mots retentissants : &#034; Ecras&#233;e entre les Prussiens et Versailles, la Commune de Paris avait allum&#233; un incendie qui enflamma le monde. Que le g&#233;n&#233;ral Goded de Moscou s'en souvienne. &#034;Il avait d&#233;clar&#233; aux masses de la C.N.T. : &#034; Le dilemme : guerre ou r&#233;volution n'a plus aucune signification. Le seul dilemme, c'est : la victoire sur Franco, gr&#226;ce &#224; la guerre r&#233;volutionnaire, ou la d&#233;faite. &#034; Son identification des staliniens &#224; Noske &#233;tait terriblement juste. Les staliniens-d&#233;mocrates ont assassin&#233; Camillo Berneri comme Noske, le social-d&#233;mocrate, avait enlev&#233; et assassin&#233; Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honneur &#224; notre camarade Camillo Berneri. Souvenons nous de lui avec l'amour que nous portons &#224; Karl et &#224; Rosa. En &#233;crivant, camarades, je ne peux m'emp&#234;cher de pleurer, de pleurer Camillo Berneri. La liste de nos martyrs est aussi longue que la vie de la classe ouvri&#232;re. Heureux ceux qui tombent en combattant l'ennemi de classe, qui tombent en pleine lutte au milieu de leurs camarades. Il est bien plus terrible de mourir seul du poignard de ceux qui se disent socialistes ou communistes, comme Karl et Rosa, comme nos camarades qui meurent dans les chambres d'ex&#233;cution de l'exil sib&#233;rien. Le supplice de Camillo Berneri fut sp&#233;cial. Il mourut entre les mains de &#034; marxistes-l&#233;ninistes staliniens &#034;, tandis que ses amis les plus proches, Montseny, Garcia Oliver, Peiro, Vasquez, abandonnaient le prol&#233;tariat de Barcelone &#224; ses bourreaux. Le jeudi 6 mai 1937. Gardons ce jour en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants anarchistes et gouvernementaux &#233;taient all&#233;s &#224; Lerida le mercredi pour arr&#234;ter une force sp&#233;ciale de 500 membres du P.O.U.M. et de la C.N.T. qui se h&#226;taient depuis Hucsca, pourvus d'artillerie l&#233;g&#232;re. Les repr&#233;sentants de Valence et de la Generalidad avaient promis que si les troupes ouvri&#232;res n'avan&#231;aient pas, le gouvernement ne tenterait pas d'envoyer des troupes suppl&#233;mentaires &#224; Barcelone. Les troupes ouvri&#232;res s'&#233;taient arr&#234;t&#233;es, gr&#226;ce &#224; cette promesse et aux exhortations des dirigeants anarchistes. Cependant, le jeudi, on re&#231;ut des appels t&#233;l&#233;phoniques de militants de la C.N.T. des villes qui sont sur la route de Valence &#224; Barcelone : &#034; 5 000 gardes d'assaut sont en route. Devons-nous les arr&#234;ter ? &#034; demand&#232;rent les travailleurs de la C.N.T. Leurs Dirigeants leur ordonn&#232;rent de laisser passer les gardes, ne dirent rien aux troupes ouvri&#232;res qui attendaient &#224; Lerida, et turent la nouvelle de la venue des gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi &#224; 3 heures, la Casa C.N.T. ordonna &#224; ses gardes d'&#233;vacuer la Telefonica. Le gouvernement et la C.N.T. avaient pass&#233; un accord : chaque partie devait retirer ses forces arm&#233;es. D&#232;s que les gardes de la C.N.T. furent partis, la police occupa le b&#226;timent tout entier, et fit entrer des partisans du gouvernement pour accomplir le travail technique ex&#233;cut&#233; auparavant par des travailleurs de la C.N.T. La C.N.T. s'en plaignit au gouvernement qui n'avait pas tenu sa promesse. La Generalidad r&#233;pondit : On ne peut pas revenir sur le &#034; fait accompli &#034; (en fran&#231;ais dans le texte). Souchy, le porte-parole de la C.N.T., admit que &#034; si les travailleurs des districts ext&#233;rieurs avaient &#233;t&#233; imm&#233;diatement inform&#233;s du cours des &#233;v&#233;nements, ils auraient certainement insist&#233; pour que des mesures plus fermes soient prises, et seraient retourn&#233;s &#224; l'attaque &#034;. Ainsi, les dirigeants anarchistes ultra-d&#233;mocratiques avaient tout simplement censur&#233; les nouvelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les ordres de la Casa C.N.T., les employ&#233;s du t&#233;l&#233;phone avaient transmis tous les appels pendant les combats r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires. Alors que, d&#232;s que le gouvernement eut pris la place, les locaux de la C.N.T. et de la F.A.I. furent coup&#233;s du centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues que les travailleurs devaient emprunter pour retourner au travail, la police et les gardes du P.S.U.C. fouillaient les passants, d&#233;chiraient les cartes de la C.N.T. et arr&#234;taient ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 4 heures, la gare principale de Barcelone, qui &#233;tait aux mains de la C.N.T. depuis le 19 juillet, fut attaqu&#233;e par le P.S.U.C. et les gardes d'assaut, avec des mitrailleuses et des grenades. Les faibles forces de la C.N.T. qui la gardaient tent&#232;rent de t&#233;l&#233;phoner pour obtenir du renfort... A 4 heures, le g&#233;n&#233;ral Pozas se pr&#233;senta lui-m&#234;me au minist&#232;re de la D&#233;fense de la Catalogne (dont le ministre appartenait &#224; la C.N.T.) et informa poliment les camarades ministres que le poste du minist&#232;re catalan de la D&#233;fense n'existait plus, et que les arm&#233;es catalanes constituaient d&#233;sormais la IVe brigade de l'arm&#233;e espagnole dont Pozas &#233;tait le chef. Le cabinet de Valence avait pris cette d&#233;cision sous l'autorit&#233; de d&#233;crets militaires demandant un commandement unifi&#233;, sign&#233;s par les ministres de la C.N.T. Bien entendu, la C.N.T. remit le contr&#244;le &#224; Pozas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles terribles arrivaient de Tarragone. Une imposante force de police &#233;tait arriv&#233;e le mercredi matin et avait occup&#233; le central t&#233;l&#233;phonique. Ce sur quoi, la C.N.T. avait appel&#233; &#224; l'in&#233;vitable conf&#233;rence. Tandis que les n&#233;gociations se d&#233;roulaient, les r&#233;publicains et les staliniens s'armaient. Le jour suivant, ils prirent d'assaut le quartier g&#233;n&#233;ral de la Jeunesse libertaire. L&#224;-dessus, la C.N.T. demanda une nouvelle conf&#233;rence, o&#249; on l'informa que la Generalidad avait envoy&#233; des instructions explicites pour d&#233;truire les organisations anarchistes si elles refusaient de rendre les armes. (Il faut se rappeler que ces instructions provenaient d'un gouvernement qui comptait des ministres anarchistes.) Les repr&#233;sentants de la C.N.T. consentirent &#224; rendre leurs armes, si le gouvernement lib&#233;rait tous ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, rempla&#231;ait la police et les gardes du P.S.U.C. par l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, et garantissait l'immunit&#233; pour les membres et les locaux de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le capitaine Barbeta, d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement, accepta. La C.N.T. d&#233;posa les armes et, pendant la nuit, les gardes d'assaut occup&#232;rent ses locaux et tu&#232;rent nombre d'anarchistes, dont Pedro Rua, l'&#233;crivain uruguayen, venu combattre le fascisme, et qui &#233;tait devenu commandant des milices. La Casa C.N.T. remarqua que c'&#233;tait &#034; renier la parole d'honneur donn&#233;e la soir&#233;e pr&#233;c&#233;dente par les autorit&#233;s &#034;. Pas un mot de tout cela ne fut rapport&#233; aux masses de Barcelone, bien que la Casa C.N.T.-F.A.I. ait &#233;t&#233; tr&#232;s t&#244;t au courant des &#233;v&#233;nements [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, &#224; 18 heures, la nouvelle parvint &#224; la Casa C.N.T. les premiers d&#233;tachements de Valence,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 500 gardes d'assaut, &#233;taient arriv&#233;s &#224; Tortosa, en route pour Barcelone. La Casa C.N.T. avait dit de ne pas s'y opposer, tout &#233;tait arrang&#233;, etc. Les gardes d'assaut occup&#232;rent tous les locaux de la C.N.T.-F.A.I. et de la Jeunesse libertaire de Tortosa, arr&#234;t&#232;rent tous ceux qu'ils trouv&#232;rent, et en conduisirent certains, menottes aux mains, vers les prisons de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses ne savaient rien des &#233;v&#233;nements de Tarragone, de, Tortosa, de la Telefonica, de Pozas, de l'arriv&#233;e des gardes de Valence. Mais les attaques de travailleurs dans les rues, &#224; la gare, le renouveau des combats sur les barricades, y rappel&#232;rent beaucoup de ceux qui les avaient quitt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux &#233;v&#233;nements catastrophiques du jeudi, la Casa C.N.T. &#034; envoya une nouvelle d&#233;l&#233;gation au gouvernement pour savoir ce que celui-ci avait l'intention de faire (Souchy), mais sans attendre de le savoir, elle publia un nouveau manifeste d'apaisement : tandis que les barricades retentissaient toujours, la Casa C.N.T. d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Maintenant que nous sommes revenus &#224; la normale, que les responsables de la r&#233;volte ont &#233;t&#233; d&#233;mis de leurs responsabilit&#233;s publiques, que tous les ouvriers ont repris le travail, et que Barcelone est &#224; nouveau calme [... ] la C.N.T. et la F.A.I. continuent &#224; collaborer loyalement comme par le pass&#233; avec toutes les organisations politiques et syndicales du front antifasciste. La meilleure preuve en est que la C.N.T. continue &#224; participer au gouvernement central, au gouvernement de la Generalidad et &#224; toutes les municipalit&#233;s. La presse de la C.N.T. a appel&#233; au calme et a appel&#233; la population &#224; retourner au travail. Les nouvelles transmises par radio aux syndicats et aux comit&#233;s de d&#233;fense n'&#233;taient que des appels au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une preuve suppl&#233;mentaire que la C.N.T. ne voulait pas briser et n'a pas bris&#233; le front antifasciste, c'est que lorsque le nouveau gouvernement de la Generalidad a &#233;t&#233; form&#233;, le 5 mai, les repr&#233;sentants de la C.N.T. de Catalogne ont tout fait pour que sa t&#226;che lui soit facilit&#233;e, et que le secr&#233;taire de la C.N.T. en fasse partie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la C.N.T. qui contr&#244;laient le conseil de D&#233;fense (minist&#232;re) de la Generalidad ordonn&#232;rent &#224; toutes leurs forces de n'intervenir dans le conflit ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Et ils veill&#232;rent &#224; ce que leurs ordres soient ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de D&#233;fense de la C.N.T. ordonna &#233;galement &#224; chaque district de Barcelone de ne pas venir au centre r&#233;pondre aux provocations. Ces ordres aussi furent suivis, puisque, effectivement, personne n'y vint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Jusqu'&#224; la fin, nombreux furent ces pi&#232;ges tendus &#224; la C.N.T., mais elle resta fermement sur ses positions et ne r&#233;pondit pas &#224; la provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jeudi soir : les gardes d'assaut et du P.S.U.C. continuent leurs raids, leurs arrestations, leurs fusillades. Et [...] la Casa C.N.T.-F.A.I. envoie une nouvelle d&#233;l&#233;gation au gouvernement avec de nouvelles propositions pour cesser les hostilit&#233;s : tous les groupes doivent se contraindre &#224; retirer leurs gardes arm&#233;s et leurs patrouilles des barricades ; rel&#226;cher tous les prisonniers ; &#233;viter les repr&#233;sailles. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles arriv&#232;rent de Tarragone et Reus, &#034; o&#249; les membres du P.S.U.C. et d'Estat Catala, profitant (!) de la pr&#233;sence de quelques gardes d'assaut qui passaient en allant vers Barcelone, utilis&#232;rent leur avantage passager fourni par cette occasion pour d&#233;sarmer et tuer les ouvriers &#034; (Souchy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La C.N.T. tenta d'obtenir du gouvernement de Barcelone et de Valence la promesse que les gardes d'assaut n'entrent pas imm&#233;diatement (!) dans la ville, mais restent hors de ses limites jusqu'&#224; ce que la situation se soit &#233;claircie... Il y eut quelques sceptiques quant &#224; l'assurance que les troupes qui arrivaient seraient loyales envers les travailleurs. &#034; Mais ce scepticisme (quand surgit-il ?) n'avait pas &#233;t&#233; partag&#233; par les ministres de la C.N.T. des cabinets de Catalogne et de Valence qui avaient vot&#233; pour que le gouvernement central reprenne le contr&#244;le de l'ordre public en Catalogne. Le minist&#232;re de l'Ordre public de Catalogne avait cess&#233; d'exister depuis le 5 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 6 au 7 mai : &#034; Les anarchistes ont propos&#233; maintes et maintes fois de n&#233;gocier, impatients de terminer le conflit. &#034; Naturellement, le gouvernement &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; n&#233;gocier, pendant que ses forces brisaient les reins de la classe ouvri&#232;re sous le couvert de la Casa C.N.T. Les travailleurs proches des anarchistes s'&#233;taient rassembl&#233;s pour d&#233;fendre Tortosa et Tarragone. A 4 heures, le Comit&#233; provincial &#8211; la direction de la C.N.T. catalane hors de Barcelone &#8211; informa la Casa C.N.T.-F.A.I. qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; retenir les gardes de Valence. Non, il ne faut pas, r&#233;pondit la Casa C.N.T. A 5 h 15, le gouvernement et la Casa C.N.T. pass&#232;rent un autre accord . armistice, &#233;vacuation des barricades, lib&#233;ration des prisonniers de part et d'autre, reprise de leurs fonctions par les patrouilles ouvri&#232;res. Le comit&#233; r&#233;gional transmit &#224; nouveau par radio aux travailleurs : &#034; Comme nous sommes parvenus &#224; un accord [... ] nous voulons vous informer [... ] du r&#233;tablissement complet de la paix et du calme Gardez ce calme et voire pr&#233;sence d'esprit. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi : Selon les ordres de la Casa C.N.T.-F.A.I., quelques travailleurs commenc&#232;rent &#224; d&#233;molir les barricades. Mais celles des gardes d'assaut, de l'Estat Catala et du P.S.U.C. restaient intactes. Les gardes d'assaut d&#233;sarm&#232;rent syst&#233;matiquement les travailleurs. Voyant que les forces gouvernementales continuaient l'offensive, les travailleurs retourn&#232;rent sur les barricades, contre la volont&#233; de la C.N.T. comme du P.O.U.M. Mais la d&#233;sillusion et le d&#233;couragement gagnaient : beaucoup de travailleurs anarchistes avaient fait confiance jusqu'au bout &#224; la C.N.T.-F.A.I., d'autres l'ayant perdue, s'&#233;taient retourn&#233;s vers la direction des travailleurs du P.O.U.M. jusqu'&#224; ce qu'on leur ordonne de quitter les barricades. Les Amis de Durruti et les bolcheviks-l&#233;ninistes furent capables de ramener les travailleurs sur les barricades les nuits de jeudi et de vendredi, mais ils n'&#233;taient pas assez forts, pas assez implant&#233;s dans les masses pour les organiser pour une lutte de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du vendredi, les gardes de Valence arriv&#232;rent. Ils s'empar&#232;rent imm&#233;diatement de la presse et de la direction des Amis de Durruti. Des groupes de gardes patrouillaient dans les rues pour intimider les travailleurs. &#034; Le gouvernement de la Generalidad a r&#233;prim&#233; l'insurrection avec ses propres forces &#034;, d&#233;clara Companys. Voyons, s'&#233;cri&#232;rent les dirigeants de la C.N.T., vous savez que &#231;a n'&#233;tait pas une insurrection, vous l'avez dit. &#034; Nous devons d&#233;raciner les incontr&#244;lables &#034;, r&#233;pondit Companys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promesse de lib&#233;rer les prisonniers ne fut pas tenue. Au contraire, les arrestations de masse commenc&#232;rent. On avait &#233;galement promis qu'il n'y aurait pas de repr&#233;sailles ; mais les semaines suivantes, il y en eut de brutales contre les villes et les quartiers qui avaient os&#233; r&#233;sister. Le gouvernement, naturellement, garda le contr&#244;le de la Telefonica &#8211; ce pour quoi il s'&#233;tait lanc&#233; dans la lutte. Valence d&#233;tenait maintenant le contr&#244;le de la police, qui allait vite revenir aux staliniens. Valence s'&#233;tait appropri&#233; le minist&#232;re de la D&#233;fense et l'arm&#233;e de Catalogne, qui allaient rapidement tomber sous le contr&#244;le de Prieto. Les patrouilles ouvri&#232;res seraient dissoutes sans retard, avec l'application du d&#233;cret de Ayguade sur l'ordre public. L'autonomie catalane avait cess&#233; d'exister avec l'arriv&#233;e des forces arm&#233;es de Valence. Ayguade, &#034; d&#233;missionn&#233; &#034; d'apr&#232;s la C.N.T., allait dans une semaine si&#233;ger &#224; Valence en tant que repr&#233;sentant de la Generalidad au gouvernement central... auquel la C.N.T. participait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'entr&#233;e des gardes d'assaut &#224; Barcelone, la Batalla se plaignit : &#034; C'est une provocation. Ils tentent de changer notre victoire en d&#233;faite par une d&#233;monstration de force. &#034; Et de pleurnicher : &#034; C'est le P.O.U.M. qui a conseill&#233; d'arr&#234;ter la lutte, d'abandonner les rues, de retourner au travail. Nul ne peut douter qu'il lut de ceux qui contribu&#232;rent le plus au retour &#224; la normale. &#034; La pusillanimit&#233; de l'agneau poumiste ne l'avait donc pas sauv&#233; de la gueule du loup. Pauvres politiciens en v&#233;rit&#233;, qui ne savent pas distinguer la victoire de la d&#233;faite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi, un membre de l'ex&#233;cutif central du P.O.U.M. avait dit &#224; Charles Orr &#034; nous ne nous sentons pas assez forts spirituellement ou physiquement pour prendre la t&#234;te de l'organisation des masses pour la r&#233;sistance &#034;. Ainsi... ils avaient th&#233;oris&#233; leur impuissance en &#034; victoire &#034;, pour justifier l'arr&#234;t de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons que le P.O.U.M. se soit mis en avant et, en d&#233;pit de la C.N.T., ait essay&#233; de diriger les travailleurs au moins vers un r&#233;el armistice, c'est-&#224;-dire, ait maintenu les travailleurs en armes et les entreprises pr&#234;tes &#224; r&#233;sister &#224; une offensive ult&#233;rieure. Supposons m&#234;me que cela ait &#233;chou&#233;, et que le P.O.U.M. et les travailleurs aient &#233;t&#233; battus par la pure force des armes. &#034; Dans le pire des cas, fit remarquer l'opposition au sein du P.O.U.M., on aurait pu organiser un comit&#233; central de d&#233;fense, fond&#233; sur la repr&#233;sentation des barricades. Pour cela, il aurait suffi de tenir d'abord un meeting des d&#233;l&#233;gu&#233;s de chacune des barricades du P.O.U.M. et de quelques barricades de la C.N.T., et de nommer un comit&#233; central provisoire. C'est ce &#224; quoi travaillait le comit&#233; local du P.O.U.M., le mardi apr&#232;s-midi. Mais il ne rencontra aucune volont&#233; d'ex&#233;cution de la part de la direction centrale. &#034; A tout le moins, un tel organe central directement enracin&#233; dans les masses aurait pu organiser la r&#233;sistance aux raids, aux arrestations, &#224; l'interdiction de la presse, &#224; la mise hors la loi des Amis de Durruti et du P.O.U.M. qui suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que l'organisation de la r&#233;sistance n'aurait pas fait plus de victimes que la capitula-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tion : 500 morts et 1 500 bless&#233;s, surtout le mardi apr&#232;s midi, lorsque la C.N.T. commen&#231;a &#224; se retirer ; des centaines d'autres morts ou bless&#233;s dans les &#034; rafles &#034; des semaines suivantes ; &#034; l'&#233;puration &#034; des troupes du P.O.U.M. ou anarchistes envoy&#233;es les semaines suivantes sur la ligne de feu sans protection de l'aviation ou de l'artillerie ; l'assassinat de Nin et Mena, et d'autres dirigeants du P.O.U.M., des milliers et des dizaines de milliers de prisonniers dans la p&#233;riode qui suivit. La capitulation fit au moins autant de victimes que n'en auraient fait la lutte et la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition du P.O.U.M. &#8211; et elle n'&#233;tait pas trotskyste n'avait que trop raison lorsqu'elle d&#233;clarait dans son bulletin du 29 mai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette retraite, ordonn&#233;e sans conditions, sans avoir obtenu le contr&#244;le de l'ordre public, sans la garantie des patrouilles ouvri&#232;res, sans organes concrets du front uni des travailleurs, sans explications satisfaisantes &#224; la classe ouvri&#232;re, mettant tous les &#233;l&#233;ments en lutte (r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires) dans le m&#234;me sac, constitue l'une des plus grandes capitulation et trahison du mouvement ouvrier.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de fer de la politique est inexorable. Un cours erron&#233; entra&#238;ne ses partisans dans des gouffres insoup&#231;onnables. La direction anarchiste, d&#233;termin&#233;e &#224; poursuivre sa politique de collaboration avec l'Etat bourgeois &#8211; il semble pourtant que ces hommes d&#233;fiaient hier encore la monarchie au risque de leur vie &#8211; sacrifiait la vie et l'avenir de ses partisans de la mani&#232;re la plus l&#226;che. S'agrippant aux basques de la C.N.T., les dirigeants du P.O.U.M. chassaient les travailleurs des barricades en plein combat. Moins que tout autre, ils se seraient cru capables de tomber aussi bas une ann&#233;e auparavant. Des dirigeants qui ont trahi les travailleurs de telle fa&#231;on sont irr&#233;vocablement perdus pour le mouvement r&#233;volutionnaire. Ils ne peuvent pas revenir en arri&#232;re, admettre leur terrible complicit&#233;. Ils sont &#233;galement pitoyables, car, au lendemain de leur trahison, la bourgeoisie renforc&#233;e se dispensera de leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aux partisans du P.O.U.M. un autre point sur lequel leur comparaison avec P&#233;tersbourg en juillet, 1917 ne tient pas. L'&#233;chec de la &#034; manifestation arm&#233;e &#034; fut suivi d'une chasse sauvage aux bolcheviks. Trotsky fut emprisonn&#233;, L&#233;nine et Zinoniev durent se cacher, les journaux bolcheviques furent interdits. On cria &#034; les bolcheviks sont des agents de l'Allemagne &#034;. Toutefois, en quatre mois, les bolcheviks en arriv&#232;rent &#224; la r&#233;volution d'Octobre. J'&#233;cris six mois apr&#232;s les journ&#233;es de mai, et le P.O.U.M. est toujours &#233;cras&#233;, mort. L'analogie ne tient pas sur ce point parce que telle est la diff&#233;rence : les bolcheviks s'&#233;taient mis courageusement &#224; la t&#234;te du mouvement de Juillet, et ils &#233;taient devenus de ce fait la chair et le sang des masses, tandis que le P.O.U.M. leur tourna le dos, et, en retour, elles ne virent pas l'urgence de le sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La question &#233;pineuse de la justification de la reprise par les arm&#233;es de la Telefonica fut &#034; r&#233;solue &#034; dans la presse stalinienne par quatre explications diff&#233;rentes, au moins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &#034; Salas envoya la police r&#233;publicaine arm&#233;e pour y d&#233;sarmer les employ&#233;s, dont la plupart &#233;taient membres des syndicats de la C.N.T. Pendant tr&#232;s longtemps, le service t&#233;l&#233;phonique avait &#233;t&#233; dirig&#233; d'une mani&#232;re qui appelait les critiques les plus graves, et il &#233;tait imp&#233;ratif pour toute la conduite de la guerre que l'on rem&#233;die aux d&#233;fauts du service. &#034; (Le Daily Worker de Londres, 11 mai.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; La police &#034; occupa le central t&#233;l&#233;phonique. Ce faisant, la police n'entendait en aucune mani&#232;re porter atteinte aux droits des travailleurs garantis par la loi (comme l'ont pr&#233;tendu par la suite les provocateurs trotskystes). Ce que la police voulait, c'&#233;tait mettre toutes les connections t&#233;l&#233;phoniques sous le contr&#244;le imm&#233;diat du gouvernement. &#034; (Imprecorr, 22 mai.) Toutefois, ce qui &#233;tait &#034; garanti par la loi &#034;, c'&#233;tait le contr&#244;le ouvrier, sanctionn&#233; par le d&#233;cret de collectivisation du 24 octobre 1936 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Une semaine plus tard, ce fut une nouvelle histoire , &#034; Le camarade Salas se rendit &#224; la Telefonica qui avait &#233;t&#233; occup&#233;e la nuit pr&#233;c&#233;dente par cinquante membres du P.O.U.M. et plusieurs &#233;l&#233;ments incontr&#244;lables. Les gardes p&#233;n&#233;tr&#232;rent par la force dans l'immeuble et chass&#232;rent ses occupants. L'affaire fut rapidement r&#233;gl&#233;e. Surpris par la rapidit&#233; de mouvement du gouvernement, les cinquante individus quitt&#232;rent le b&#226;timent et le central t&#233;l&#233;phonique fut &#224; nouveau ( ! )) aux mains du gouveriieinent. &#034; (Inprecorr, 29 mai.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; La version finale fut publi&#233;e par la section catalane du Komintern comme l'histoire rapport&#233;e par Salas : &#034; Tout d'abord, il n'y eut pas d'occupation de la Telefonica, pas plus qu'il ne fut question de l'occuper. Je re&#231;us un ordre sign&#233; de Ayguade, ministre de l'Ordre public, selon lequel un d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement devait y &#234;tre install&#233;, et j'avais la responsabilit&#233; de veiller &#224; ce qu'il le soit. Dans ce but, nous p&#233;n&#233;tr&#226;mes dans le central t&#233;l&#233;phonique, le capitaine Menendez et moi, avec une escorte personnelle de quatre hommes. J'expliquai mon affaire et j'&#233;mis le souhait de parler avec un membre responsable du comit&#233;. On nous dit qu'il n'y en avait pas dans l'immeuble. Nous attend&#238;mes toutefois en bas de l'escalier pendant qu'ils allaient voir. Deux minutes plus tard, quelques individus commenc&#232;rent &#224; nous tirer dessus du haut des escaliers. Aucun de nous ne fut touch&#233;. Je t&#233;l&#233;phonai imm&#233;diatement aux gardes de venir, non pour occuper l'immeuble dans lequel nous &#233;tions d&#233;j&#224;, mais pour l'entourer d'un cordon et emp&#234;cher quiconque d'entrer [...] Eroles [fonctionnaire anarchiste de la police] et moi sommes mont&#233;s au sommet de l'immeuble, o&#249; ils &#233;taient install&#233;s avec une mitrailleuse, des grenades &#224; main et des fusils. Nous sommes mont&#233;s ensemble sans escorte et sans arme. Au sommet, j'ai expliqu&#233; le but de ma visite. Ils sont descendus. Le d&#233;l&#233;gu&#233; fut install&#233; selon les ordres. Les forces ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es. Il n'y eut ni heurts ni arrestations. &#034; Le t&#233;moignage de la C.N.T. stigmatise cette histoire comme un mensonge. Salas commen&#231;a par d&#233;sarmer les gardes et contraindre les travailleurs du t&#233;l&#233;phone &#224; lever les mains. Les gardes des &#233;tages sup&#233;rieurs ne sortirent que le jour suivant, apr&#232;s un accord selon lequel les deux parties devaient &#233;vacuer les lieux &#8211; accord promptement viol&#233; par le gouvernement. Les quatre versions staliniennes diff&#233;rentes attestent la difficult&#233; de camoufler la simple v&#233;rit&#233; ; ils voulaient la fin du contr&#244;le ouvrier sur la Telefonica et ils l'ont obtenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] M&#234;me le dirigeant de l ' I.L.P., Fermer Brockway, toujours &#224;la droite du P.O.U.M., conc&#232;de dans ce cas que &#034; pendant deux jours les travailleurs domin&#232;rent la situation. Une action audacieuse et unie des dirigeants de la C.N.T. aurait renvers&#233; le gouvernement &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Partisans fran&#231;ais de Marceau Pivert, dirigeant du Parti socialiste ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] L&#233;on Trotsky, la R&#233;volution espagnole (1930-1940), les Editions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Un dirigeant anarchiste bien connu m'a dit &#034; Vous, trotskystes, vous &#234;tes des utopistes encore pires que nous ne l'avons jamais &#233;t&#233;. Le Maroc est aux mains de Franco, dirig&#233; d'une main de fer. Notre d&#233;claration d'ind&#233;pendance du Maroc serait sans effet. &#034; Je lui ai rappel&#233; que la d&#233;claration d'&#233;mancipation des esclaves de Lincoln avait &#233;t&#233; publi&#233;e alors que la Conf&#233;d&#233;ration tenait toujours le Sud. Les marxistes au moins devraient savoir que Marx et Engels donn&#232;rent &#224; cet acte politique un poids &#233;norme dans la d&#233;faite du Sud. Un autre anarchiste disait : &#034; Nos paysans ont d&#233;j&#224; pris beaucoup de terres, et cependant cela n'a eu aucun impact sur les paysans domin&#233;s par Franco. &#034; A force de questions, il admit toutefois que les paysans craignaient que le gouvernement ne tente de reprendre la terre apr&#232;s la guerre. En Russie aussi, les paysans s'empar&#232;rent de beaucoup de terres en novembre 1917. Toutefois, ils la cultiv&#232;rent maussadement et craintivement. Le d&#233;cret sovi&#233;tique de nationalisation des terres eut un effet psychologique sur les paysans, et en fit dans leur grande maiorit&#233; des partisans du r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Discours de Paris, l'Espagne et le monde (anarchiste), 2 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Fermer Brockway, secr&#233;taire de l'I.L.P. (Parti ind&#233;pendant du travail), la V&#233;rit&#233; sur Barcelone, Londres 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] La politique militaire du gouvernement est analys&#233;e en d&#233;tail dans les chapitres XV et XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Pour les t&#233;moignages critiques des &#233;v&#233;nements des jours suivants, je suis redevable &#224; deux camarades am&#233;ricains, Lois et Charles Orr (ce dernier &#233;tait l'&#233;diteur de Spanish Revolution, journal du P.O.U.M. de langue anglaise), et au rapport long et document&#233; des bolcheviks-l&#233;ninistes espagnols paru dans la Lutte ouvri&#232;re du 10 juin 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le bulletin du P.O.U.M. en langue anglaise (cf. note 29) du 19 mai 1937 dit &#034; Pris dans les r&#234;nes du gouvernement, [la C.N.T.] tenta de m&#233;nager les deux c&#244;t&#233;s par une &#034; union &#034; des opposants [...] L'attitude de la C.N.T. ne manqua pas de provoquer des r&#233;sistances et des protestations. Le groupe des Amis de Durruti fit &#233;merger la volont&#233; des masses de la C.N.T., mais il ne fut pas capable d'en prendre la direction [ ] Les travailleurs, profond&#233;ment &#233;prouv&#233;s par la capitulation de leur f&#233;d&#233;ration syndicale, regardent ailleurs pour trouver une nouvelle direction. Le P.O.U.M. devrait la leur fournir. &#034;Ces lignes radicales n'&#233;taient destin&#233;es qu'&#224; l'exportation. Rien de tel ne parut dans la presse r&#233;guli&#232;re du P.O.U.M. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale Spanish Revolution a donn&#233; aux lecteurs anglais qui ne pouvaient pas suivre sa presse espagnole une image d&#233;form&#233;e de la conduite du P.O.U.M. : ce fut sa &#034; face gauche &#034;. Ceci dit sans aucune volont&#233; de mettre en doute l'int&#233;grit&#233; r&#233;volutionnaire du camarade Charles Orr, son &#233;diteur, qui ne peut gu&#232;re &#234;tre tenu pour responsable de la disparit&#233; existant entre le bulletin anglais et la volumineuse presse du P.O.U.M. en espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ils ne rapport&#232;rent l'&#233;v&#233;nement que dans Solidaridad obrera des 15 et 16 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La commune de Narbonne de 1871</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8921</link>
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		<dc:date>2026-05-05T04:19:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La commune de Narbonne (1871) &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'importance de la Commune de Paris de 1871 ne peut &#234;tre diminu&#233;e, celle-ci ayant repr&#233;sent&#233; l'alternative au pouvoir central &#233;tatique de la bourgeoisie, celle des communes de province ne doit pas non plus &#234;tre diminu&#233;, et elles montrent que les villes de France connaissaient une transformation r&#233;volutionnaire elles aussi. Les r&#233;volutions de Marseille et de Lyon sont les premi&#232;res &#224; donner naissance &#224; &#171; des communes r&#233;volutionnaires &#187;, respectivement le 8 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La commune de Narbonne (1871)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'importance de la Commune de Paris de 1871 ne peut &#234;tre diminu&#233;e, celle-ci ayant repr&#233;sent&#233; l'alternative au pouvoir central &#233;tatique de la bourgeoisie, celle des communes de province ne doit pas non plus &#234;tre diminu&#233;, et elles montrent que les villes de France connaissaient une transformation r&#233;volutionnaire elles aussi. Les r&#233;volutions de Marseille et de Lyon sont les premi&#232;res &#224; donner naissance &#224; &#171; des communes r&#233;volutionnaires &#187;, respectivement le 8 ao&#251;t 1870 et le 13 ao&#251;t 1870 (alors que la Commune de Paris n'est proclam&#233;e que le 28 mars 1871). Mais ce ne sont pas des cas isol&#233;s. La m&#234;me r&#233;volution a lieu au Creusot, &#224; Montpellier, &#224; Perpignan, &#224; Narbonne, &#224; Brest, &#224; Nimes, &#224; Saint-Etienne, &#224; Limoges&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commune de Narbonne a de nombreux points commun, par son radicalisme social et politique, avec celle de Paris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commune insurrectionnelle et prol&#233;tarienne, ce n'est pas seulement la Commune de Paris de 1871, il y en a eu bien d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune n'a pas commenc&#233; &#224; Paris en 1871 mais &#224; Marseille et Lyon en ao&#251;t-septembre 1870 ! Ou les contreperformances de Bakounine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3275&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3275&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/proclamation-au-peuple-de-narbonne_1871z.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH810/proclamation-au-peuple-de-narbonne_1871z-67d42.jpg?1785024856' width='500' height='810' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Proclamation : &#8220;Peuple de Narbonne !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Proclamation-au-Peuple-de-Narbonne_1871.jpg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Proclamation-au-Peuple-de-Narbonne_1871.jpg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le 18 mars marque l'anniversaire de la Commune de Paris en 1871, ce mouvement r&#233;volutionnaire inspira d'autres villes fran&#231;aises, dont celle de Narbonne, ma ville natale, 17 000 habitants &#224; l'&#233;poque, dans le d&#233;partement de l'Aude, le 24 mars de cette m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Louis-Napol&#233;on Bonaparte, pr&#233;sident de la R&#233;publique, par son coup d'&#233;tat du 2 d&#233;cembre 1851, viole la Constitution et r&#233;tablit l'Empire h&#233;r&#233;ditaire, 32 d&#233;partements sont mis en &#233;tat de si&#232;ge par le nouveau pouvoir, dont celui de l'Aude. Et lors du dernier pl&#233;biscite intent&#233; par Napol&#233;on III, la ville de Narbonne vote NON par 1 917 voix contre 1 494 OUI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville, existent deux clubs qui structurent la vie politique : Celui de l'Union, conservateur, qui rallie le Second Empire, puis la IIIe R&#233;publique d'Adolphe Thiers et celui de Lamourguier, r&#233;publicain, qui si&#232;ge dans l'ancienne &#233;glise d&#233;saffect&#233;e du m&#234;me nom. En janvier 1871, la majorit&#233; des membres se constitue en Club de la R&#233;volution. Baptiste Limouzy en est alors &#233;lu pr&#233;sident et d&#233;clare : &#034;pour arriver &#224; la R&#233;publique, il faut passer par la R&#233;volution&#034;, le 22 janvier 1871. C'est au club de la R&#233;volution qu'Emile Digeon, journaliste &#224; La Fraternit&#233; de Carcassonne, invit&#233; le 12 mars devant une salle comble, lance un appel aux armes pour la d&#233;fense de la R&#233;publique et demande d'arborer le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la nouvelle de l'insurrection parisienne du 18 mars 1871, le club de la R&#233;volution tente d&#232;s le 20 mars d'engager la municipalit&#233; narbonnaise dans le mouvement. Mais le conseil municipal, majoritairement favorable au gouvernement de Thiers r&#233;fugi&#233; &#224; Versailles, refuse de s'inscrire dans l'adresse du club de la R&#233;volution qui se termine ainsi : &#034;les soussign&#233;s d&#233;clarent ne plus reconna&#238;tre le gouvernement de Versailles et viennent demander aux conseillers municipaux de Narbonne d'avoir &#224; se prononcer et &#224; informer leurs concitoyens s'ils sont pr&#234;ts &#224; ob&#233;ir au gouvernement de Paris ou &#224; celui de Versailles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des Narbonnais s'arment, envahissent la place de l'h&#244;tel de ville en criant &#034;Vive la Commune !&#034; et occupent la mairie. Emile Digeon se pr&#233;sente au balcon et proclame la &#034;constitution de la Commune centrale de l'arrondissement de Narbonne, avec union &#224; celle de Paris&#034;. Il en est le &#034;chef provisoire&#034;, et Baptiste Limouzy le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narbonne renferme 1 500 soldats du 52e r&#233;giment de ligne. Plus de 200 sont envoy&#233;s &#224; l'h&#244;tel de ville pour en d&#233;loger les communards. Mais voil&#224; qu'ils fraternisent avec ces derniers. Le commandant du 52e de ligne barricade alors le restant de ses hommes dans sa caserne pour &#233;viter la contamination r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garnison ainsi neutralis&#233;e, les communards occupent la sous-pr&#233;fecture, la gare et le service du t&#233;l&#233;graphe. Ils prennent la communication au s&#233;rieux, pr&#233;parant des t&#233;l&#233;grammes, recevant des d&#233;l&#233;gu&#233;s pour porter la Commune &#224; l'ext&#233;rieur, pr&#233;voyant m&#234;me une exp&#233;dition arm&#233;e sur B&#233;ziers le 29 mars. Pourtant, ils &#233;chouent. Les environs sont tenus par les grands propri&#233;taires viticoles. La tentatives de soul&#232;vement synchronis&#233;e &#224; Perpignan, pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales voisines, est un &#233;chec. La Commune de Toulouse ne tient que du 24 au 25 mars. Les grandes villes voisines (Carcassonne, B&#233;ziers ou S&#232;te) suivent le gouvernement versaillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci envoie la troupe sur Narbonne dont notamment un r&#233;giment de Turcos, des tirailleurs alg&#233;riens. La fusillade est assassine : 3 Narbonnais tu&#233;s et de nombreux bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Versaillais occupent et quadrillent militairement Narbonne Des mandats d'arr&#234;t sont lanc&#233;s. Les citoyens impliqu&#233;s sont emprisonn&#233;s. Ceux qui ont r&#233;ussi &#224; s'enfuir, dont Baptiste Limouzy, sont condamn&#233;s &#224; la d&#233;tention &#224; perp&#233;tuit&#233; et contraints &#224; demeurer exil&#233;s. Plus de 200 soldats communards sont aussi arr&#234;t&#233;s. La majorit&#233; est mut&#233;e dans des bataillons disciplinaires. 19 sont condamn&#233;s &#224; morts, puis graci&#233;s et envoy&#233;s en d&#233;portation en Nouvelle-Cal&#233;donie. Cach&#233;, Emile Digeon se rend pour &#233;viter &#224; la ville d'autres exactions militaires et est incarc&#233;r&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 novembre 1871, les prisonniers sont conduits au palais de justice de Rodez. Ils sont accus&#233;s d'avoir, du 24 au 31 mars 1871, fait partie d'une bande arm&#233;e, &#034;laquelle a ex&#233;cut&#233; un attentat ayant pour but de d&#233;truire ou de changer le gouvernement, et d'exciter &#224; la guerre civile, en portant les citoyens ou les habitants &#224; s'armer les uns contre les autres&#8230; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;sident du tribunal qui conteste &#224; Emile Digeon le droit &#224; l'insurrection, le pr&#233;venu riposte : &#034;Personne ne d&#233;teste plus que moi la guerre civile. Mais il est une chose que je d&#233;teste plus que la guerre civile, c'est la tyrannie. &#187; Le pr&#233;sident lui reproche alors d'avoir arbor&#233; le drapeau rouge. Il r&#233;pond : &#034;Le drapeau rouge est mon drapeau depuis que le drapeau tricolore a &#233;t&#233; souill&#233; &#224; Sedan.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malade et oubli&#233;, &#201;mile Digeon meurt le 24 mars 1894, jour anniversaire de la proclamation de la Commune de Narbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au bout, il avait mis en garde les travailleurs contre tous ceux qui flattent le peuple pour mieux le duper : &#034;(&#8230;) Au point de vue social, je regarde comme nuisibles &#224; l'humanit&#233; tous les individus qui aspirent &#224; gouverner les autres, sous une forme quelconque et surtout ceux qui causent la mis&#232;re des travailleurs en accaparant les richesses que ces derniers produisent (&#8230;)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2021/03/le-24-mars-1871-vive-la-commune-de-narbonne.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2021/03/le-24-mars-1871-vive-la-commune-de-narbonne.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/image_0618370_20210323_ob_e93335_image.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/image_0618370_20210323_ob_e93335_image-b3787.jpg?1785024856' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire le r&#233;cit de la r&#233;volution, de la commune et de la repression &#224; Narbonne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-communes-en-province/597-emile-digeon-et-la-commune-de-narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-communes-en-province/597-emile-digeon-et-la-commune-de-narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3869?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3869?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3870&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3870&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3871?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3871?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3872&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3872&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/leg/ppr16-275.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.senat.fr/leg/ppr16-275.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lindependant.fr/2024/04/11/narbonne-une-commemoration-en-souvenir-de-la-commune-de-narbonne-de-1871-toujours-vivante-11885143.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lindependant.fr/2024/04/11/narbonne-une-commemoration-en-souvenir-de-la-commune-de-narbonne-de-1871-toujours-vivante-11885143.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2022/1536-notre-voyage-sur-les-traces-de-la-commune-de-narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2022/1536-notre-voyage-sur-les-traces-de-la-commune-de-narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.midilibre.fr/2015/08/01/expansion-ratee,1197633.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.midilibre.fr/2015/08/01/expansion-ratee,1197633.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article24608&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article24608&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article51435&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article51435&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article9316&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article9316&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article60902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article60902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article182633&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article182633&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article51609&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article51609&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article67042&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article67042&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article56247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article87562&amp;id_mot=23&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article87562&amp;id_mot=23&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le souvenir de la commune par un de ses massacreurs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310718c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310718c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Commune de Paris de 1871 - Lettres et t&#233;moignages de communards</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8923</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8923</guid>
		<dc:date>2026-05-02T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Commune de Paris de 1871 - Lettres et t&#233;moignages de communards &lt;br class='autobr' /&gt;
1871, dans une ville, c'est bien vieux et bien petit pour en faire une r&#233;f&#233;rence historique et mondiale et pourtant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand une avanc&#233;e historique va loin, elle peut influencer le monde &#224; longue distance de temps et d'espace... &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Commune de Paris de 1871 -
Lettres et t&#233;moignages de communards&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1871, dans une ville, c'est bien vieux et bien petit pour en faire une r&#233;f&#233;rence historique et mondiale et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une avanc&#233;e historique va loin, elle peut influencer le monde &#224; longue distance de temps et d'espace...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2091&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53276861.r=narbonne%201871?rk=386268;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53276861.r=narbonne%201871?rk=386268;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36518g/f4.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36518g/f4.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10732741&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10732741&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8539374&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8539374&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/html/und/histoire/temoignages-de-communards?mode=desktop&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/html/und/histoire/temoignages-de-communards?mode=desktop&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9942225.r=guerre%20civile%20en%20france%20marx?rk=171674;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9942225.r=guerre%20civile%20en%20france%20marx?rk=171674;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718167.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718167.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325148.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325148.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332513w/f21.item.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332513w/f21.item.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53339032.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53339032.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332512h.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=107296;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332512h.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=107296;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332446r.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=171674;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332446r.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=171674;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53327514.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=214593;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53327514.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=214593;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332508f.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=193134;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332508f.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=193134;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325114.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=128756;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325114.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=128756;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332497v.r=t%C3%A9moignages%20communards?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332497v.r=t%C3%A9moignages%20communards?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5586&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3747&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3747&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2910&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4251&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4251&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4414&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2982&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2982&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2909&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2909&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article667&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article667&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5627&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5627&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue)</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8894</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8894</guid>
		<dc:date>2026-04-18T22:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les multiples r&#233;voltes et r&#233;volutions d'Ha&#239;ti &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte des esclaves en Ha&#239;ti &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les multiples r&#233;voltes et r&#233;volutions d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des esclaves en Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constitution de 1801&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1801/constitution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1801/constitution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte d'ind&#233;pendance d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/liberty-or-death.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/liberty-or-death.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire de la lutte des esclaves et du peuple travailleur d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lhistoire.fr/carte/la-r%C3%A9volte-de-ha%C3%AFti-1791-1804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lhistoire.fr/carte/la-r%C3%A9volte-de-ha%C3%AFti-1791-1804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref retour sur une histoire mouvement&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alterinfos.org/spip.php?article2048&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alterinfos.org/spip.php?article2048&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions des esclaves des Antilles et d'Am&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Dessalines, leader r&#233;volutionnaire des masses noires arrach&#233;es &#224; l'esclavage d'Ayiti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/flag.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/flag.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint Louverture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jacobins noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise et l'esclavage des Noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablissement de l'esclavage par Napol&#233;on Bonaparte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tablissement_de_l%27esclavage_par_Napol%C3%A9on_Bonaparte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tablissement_de_l%27esclavage_par_Napol%C3%A9on_Bonaparte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1801 : l'exp&#233;dition militaire fran&#231;aise de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Saint-Domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Saint-Domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 novembre 1803 : Ha&#239;ti chasse les colons fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verti%C3%A8res&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verti%C3%A8res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.herodote.net/18_novembre_1803-evenement-18031118.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.herodote.net/18_novembre_1803-evenement-18031118.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lebanco.net/news/41469-cest-arrive-un-18-novembre-1803haiti-chasse-les-francais.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lebanco.net/news/41469-cest-arrive-un-18-novembre-1803haiti-chasse-les-francais.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Ha%C3%AFti&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Ha%C3%AFti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moires des l'arm&#233;e coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44881sv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44881sv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonie fran&#231;aise de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Domingue_(colonie_fran%C3%A7aise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Domingue_(colonie_fran%C3%A7aise&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne Hispaniola&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hispaniola&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hispaniola&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution haitienne des esclaves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_ha%C3%AFtienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_ha%C3%AFtienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoires de la r&#233;volution d'Ha&#239;ti (partie fran&#231;aise de Saint Domingue)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800599s?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800599s?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons d&#233;noncent la r&#233;volution des esclaves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57866210/f2.item.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57866210/f2.item.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel des colons &#224; la Nation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57854173.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=107296;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57854173.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=107296;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la servitude temporaire des noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5805624z.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5805624z.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Observations d'un habitant des colonies sur le &#171; m&#233;moire en faveur des gens de couleur et sang-m&#234;l&#233;s de Saint-Domingue &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;dition fran&#231;aise &#224; Saint-Domingue sous le consulat de Napol&#233;on Bonaparte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322528w.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322528w.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s de Saint-Malo s'expriment sur la r&#233;volte de noirs de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785314h.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785314h.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; &#187; d'un propri&#233;taire fran&#231;ais &#224; Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5771942c/f4.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5771942c/f4.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le d&#233;cret des gens de couleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57902122/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57902122/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte-rendu du g&#233;n&#233;ral Laveaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784003c/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784003c/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44877j/f22.item.r=Antoine%20Dalmas&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44877j/f22.item.r=Antoine%20Dalmas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essai sur les colonies fran&#231;aises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57905479.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57905479.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belley, repr&#233;sentant noir du peuple, sur Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785251f/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785251f/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Belley&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Belley&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tracteurs des noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61435859&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61435859&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chefs d'arm&#233;e coloniale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fontanges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Fontanges_(1740-1822&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Fontanges_(1740-1822&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanchelande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fran%C3%A7ois_Rouxel_de_Blanchelande&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fran%C3%A7ois_Rouxel_de_Blanchelande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grimouard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Henri_de_Grimouard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Henri_de_Grimouard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;douville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_de_H%C3%A9douville&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_de_H%C3%A9douville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Rigaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rigaud&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rigaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Christophe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Christophe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Christophe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leclerc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Victoire_Emmanuel_Leclerc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Victoire_Emmanuel_Leclerc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rochambeau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_de_Rochambeau&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_de_Rochambeau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte d'Ha&#239;ti contre l'occupation des troupes &#233;trang&#232;res continue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1785&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1785&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve193&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve193&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8866</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8866</guid>
		<dc:date>2026-04-16T22:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, un vaste courant pour un front unifi&#233; se d&#233;veloppa visant &#224; la formation d'un Front d&#233;mocratique populaire (Minshu jinmin sensen) ; la direction de ce mouvement &#233;tait entre les mains du Parti socialiste dont les cadres de droite y firent obstacle et en emp&#234;ch&#232;rent finalement la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 1946 vit la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te du Travail, ressuscit&#233;e apr&#232;s dix ans d'interdiction ; c'&#233;tait la dix-septi&#232;me au Japon et elle se d&#233;roula sur une &#233;chelle incomparablement plus impressionnante que celles de l'avant-guerre. On estima &#224; 500 000 le nombre des participants qui d&#233;fil&#232;rent &#224; T&#333;ky&#333; sur la place du Palais imp&#233;rial et &#224; 2 000 000 le chiffre total des manifestants dans tout le pays. Le 19 mai suivant eut lieu ce que l'on a appel&#233; le &#171; Premier Mai alimentaire &#187; (Shokury&#333; m&#275; d&#275;) qui, mobilisant une foule de 3 000 000 de personnes r&#233;unies sur la place du Palais imp&#233;rial, &#233;tait une manifestation organis&#233;e pour exiger du gouvernement et des forces d'occupation une solution &#224; la crise de l'alimentation. Les manifestants lanc&#232;rent &#233;galement des slogans politiques tels : &#171; A bas le gouvernement r&#233;actionnaire, pour l'&#233;tablissement d'un gouvernement d&#233;mocratique du peuple. &#187; La r&#233;action des forces d'occupation ne se fit pas attendre ; ayant proclam&#233; : &#171; Nous n'accueillerons pas le communisme &#187; et : &#171; Nous ne tol&#233;rons pas les manifestations populaires devant se d&#233;rouler dans la violence &#187; le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e d'occupation se manifesta comme force r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie sp&#233;cifique suivie dans la premi&#232;re p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre fut la &#171; lutte pour le contr&#244;le de la production &#187; par les ouvriers. Il s'agissait en fait de s'opposer au &#171; sabotage de la production &#187; par les capitalistes cherchant &#224; mettre l'inflation &#224; profit pour r&#233;&#233;valuer les stocks de mat&#233;riel ; c'&#233;tait donc une lutte pour imposer la participation des syndicats ouvriers dans le contr&#244;le des affaires et r&#233;clamant, &#224; travail &#233;gal, des augmentations de salaires ,et la d&#233;mocratisation de la gestion des entreprises. Des combats de ce genre &#233;clat&#232;rent dans tout le Japon dans divers secteurs d'activit&#233; comme la presse, les chemins de fer, la sid&#233;rurgie, l'industrie m&#233;canique, les mines, les collectivit&#233;s locales autonomes et la production cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste, craignant que cette strat&#233;gie ne d&#233;bouche sur un mouvement r&#233;volutionnaire d'occupation des usines, protesta contre l'atteinte aux droits de propri&#233;t&#233; et d'exploitation, riposta au moyen des interventions gouvernementales et de la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1946, en r&#233;ponse &#224; un plan de licenciement de 75 000 employ&#233;s des chemins de fer nationaux, les syndicats proclam&#232;rent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui fut un succ&#232;s puisque ce plan fut abandonn&#233;. Et la gr&#232;ve de onze jours du Syndicat des marins se termina de m&#234;me mani&#232;re par le retrait du plan de licenciement de 43 000 travailleurs, annonc&#233; par les patrons, et la garantie du plein emploi. Ces conflits avaient &#233;t&#233; soutenus par le Comit&#233; des luttes communes (Ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont le noyau &#233;tait le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi). En automne 1946, le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) lan&#231;a une campagne offensive pour contrecarrer l'application des plans &#233;labor&#233;s par le gouvernement et les capitalistes de licenciements g&#233;n&#233;raux et de blocage des salaires, pr&#233;vus au nom de la &#171; rationalisation &#187; ; ces luttes se d&#233;roul&#232;rent principalement au sein des entreprises priv&#233;es, sur une base de regroupement des conflits par industrie. Malgr&#233; les entraves mises par les forces d'occupation am&#233;ricaines, cette &#171; lutte d'octobre du Sambetsu &#187; &#224; laquelle particip&#232;rent quelque 320 000 ouvriers, conduisit au doublement du niveau des salaires et &#224; la conqu&#234;te spectaculaire des droits des travailleurs et &#224; la reconnaissance des syndicats ouvriers. Les employ&#233;s de l'industrie &#233;lectrique y collabor&#232;rent de leur c&#244;t&#233; par la mise au point d'un plan de gr&#232;ve dans le secteur &#233;lectrique. Ensuite, ce fut le tour des travailleurs de la fonction publique qui se mirent en gr&#232;ve pour l'augmentation de leurs salaires et la r&#233;organisation d&#233;mocratique d'une bureaucratie h&#233;rit&#233;e du syst&#232;me imp&#233;rial d'avant-guerre. C'est ainsi que les employ&#233;s de tous les services publics, de l'enseignement aux chemins de fer nationaux et aux postes et t&#233;l&#233;communications, mirent sur pied le Comit&#233; pour une lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique (Zen kank&#333;ch&#333; ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai ou Zenkank&#333;ch&#333; ky&#333;t&#333;) charg&#233; de harceler le gouvernement par des campagnes conjointes ; ce comit&#233; regroupait 2 600 000 membres ; finalement, sur l'initiative du Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu), les syndicats des entreprises priv&#233;es se joignirent aux combats des fonctionnaires et organis&#232;rent le Comit&#233; national de lutte commune des syndicats ouvriers ou Zento (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont les effectifs comptaient 54 formations avec 4 000 000 d'adh&#233;rents (selon d'autres statistiques ce Comit&#233; regroupait jusqu'&#224; 6 000 000 de membres). Le gouvernement s'opposa fermement aux revendications salariales, ce qui provoqua un pr&#233;avis de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le renversement du cabinet de YOSHIDA Shigeru et l'&#233;tablissement d'un gouvernement populaire d&#233;mocratique. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui devait &#234;tre d&#233;clench&#233;e le 1er f&#233;vrier 1947 fut interdite la veille m&#234;me, le 31 janvier dans l'apr&#232;s-midi, par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur, commandant en chef des Forces d'occupation du Japon ; son d&#233;cret d'interdiction du mouvement fut retransmis &#224; la radio par II Yashir&#333;, le pr&#233;sident du Comit&#233; de lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1er f&#233;vrier fut avort&#233;e ; cependant, les conditions de travail des employ&#233;s des administrations publiques furent consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;es : les salaires furent presque doubl&#233;s et chaque syndicat obtint des conventions collectives, ce qui se propagea jusque dans le secteur priv&#233;. De plus, cette lutte conjointe de grande envergure fut le point de d&#233;part d'une progression rapide du mouvement pour l'unification du front ouvrier. Tous les syndicats d'industrie se r&#233;unirent au niveau national et, en mars 1947, fut mis sur pied le Conseil national de liaison des syndicats ouvriers ou Zenr&#333;ren (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai reuraku ky&#333;gikai) qui regroupait 84 % des ouvriers syndiqu&#233;s soit 4 460 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil (Zenr&#333;ren) n'&#233;tait certes qu'un organisme consultatif de liaison organis&#233; selon le syst&#232;me souple d'adh&#233;sion en bloc des groupements affili&#233;s, mais il fut important dans la mesure o&#249; le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) comme la F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des syndicats ouvriers (S&#333;d&#333;mei) y adh&#233;r&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article236708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article236708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON EN 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon sous la tutelle am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'action de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain contre la menace prol&#233;tarienne au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal. Avec l'Allemagne, le Japon est m&#234;me l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce. Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; : &#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Egypte, le grand pays des r&#233;volutions !</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9448</link>
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		<dc:date>2026-03-28T23:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>1952</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Egypte est le pays des premi&#232;res gr&#232;ves et r&#233;volutions sociales des exploit&#233;s et opprim&#233;s de l'Histoire !De nombreuses ruptures dans la civilisation &#233;gyptienne...R&#233;volution de 1919R&#233;volution du wafd R&#233;volution de 2011 : ouvriers en t&#234;teR&#233;voltes et r&#233;volutions de l'Egypte, des temps anciens &#224; l'&#233;poque contemporaine : contre l'image pharaonique trompeuse d'un peuple doux et soumis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; l'image d'un peuple de serfs heureux et ob&#233;issants sous les Pharaons, l'Egypte est un pays (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;1er chapitre : La marque sociale des r&#233;volutions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;1952&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Egypte est le pays des premi&#232;res gr&#232;ves et r&#233;volutions sociales des exploit&#233;s et opprim&#233;s de l'Histoire !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/sddefault-2-a2a68.jpg?1785024856' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17210 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/webp/1200x680_sc_sc-gettyimages-89171547-ok.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/IMG/webp/1200x680_sc_sc-gettyimages-89171547-ok.webp?1769236283' width=&#034;1200&#034; height=&#034;680&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses ruptures dans la civilisation &#233;gyptienne...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17203 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/unnamed-3-46902.jpg?1785024856' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/chronologie_mesopotamie_2-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH709/chronologie_mesopotamie_2-2-7a62a.jpg?1785024856' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/hq720-2-4c735.jpg?1785024856' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L194xH259/imageslm-1ef5f.jpg?1785024856' width='194' height='259' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/imagessddf-45126.jpg?1785024856' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/image-3-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH291/image-3-2-d8679.jpg?1785024856' width='500' height='291' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L185xH273/imageshj-2-3a868.jpg?1785024856' width='185' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution de 1919&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/webp/egypte_1919.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/IMG/webp/egypte_1919.webp?1769173098' width=&#034;997&#034; height=&#034;700&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution du wafd&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH308/received_1026671349312003-6133e.jpg?1785024856' width='500' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;R&#233;volution de 2011 : ouvriers en t&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L460xH275/2014-635277283447617367-761-4f087.jpg?1785024856' width='460' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions de l'Egypte, des temps anciens &#224; l'&#233;poque contemporaine : contre l'image pharaonique trompeuse d'un peuple doux et soumis.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'image d'un peuple de serfs heureux et ob&#233;issants sous les Pharaons, l'Egypte est un pays qui a connu plus de r&#233;volutions sous les Pharaons comme avant et apr&#232;s que&#8230; la France !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Egypte antique : l'Etat et la R&#233;volution !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat n'y est pas n&#233; pour permettre l'irrigation du Nil, mais pour permettre la stabilit&#233; sociale. Le Pharaon disait : je lutte contre le chaos. Quel chaos ? Aucune arm&#233;e voisine ne mena&#231;ait l'Egypte &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chaos qui mena&#231;ait sans cesse les riches des grandes villes avait un autre nom : la r&#233;volution sociale qui emportait r&#233;guli&#232;rement la soci&#233;t&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat s'est b&#226;ti pour &#233;radiquer la r&#233;volution... Parce que la r&#233;volution sociale est apparue bien avant l'Etat. Plusieurs civilisations sont n&#233;es en Egypte avant l'Etat des Pharaons et ont chut&#233; par la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un contre-sens de confondre la fondation de l'Etat des Pharaons avec la formation de la civilisation en Egypte et une erreur d'attribuer la civilisation &#224; une cr&#233;ation des Pharaons. Les classes riches d'Egypte n'ont pas attendu l'apparition de l'Etat central pour mettre en place l'exploitation, pour d&#233;velopper l'&#233;conomie agraire, l'artisanat, le commerce et les villes. Les pyramides et autres palais ne sont pas un t&#233;moignage du progr&#232;s, de l'art, de la religion, une source d'admiration. Elles sont avant tout une d&#233;monstration de force, en vue du maintien de l'oppression et de la dictature, et une &#233;norme ponction sur les capacit&#233;s &#233;conomiques des paysans par des travaux forc&#233;s qui ne sont justifi&#233;s que par la n&#233;cessit&#233; d'un pouvoir &#233;crasant, visant &#224; impressionner, s'imposant aux exploit&#233;s &#171; du haut de ces pyramides &#187;. Le pouvoir d'Etat s'est impos&#233; aussi aux classes dirigeantes d&#232;s lors que les classes dirigeantes n'&#233;taient pas capables de se faire ob&#233;ir des exploit&#233;s. D'ailleurs, ce n'est pas la civilisation qui a produit directement (et comme une n&#233;cessit&#233; d'&#233;vidence) l'Etat, et encore moins l'Etat qui aurait produit la civilisation. Entre la naissance de la civilisation et la naissance de l'Etat, il y a g&#233;n&#233;ralement plusieurs centaines et m&#234;me milliers d'ann&#233;es. Et parfois, la civilisation ne donne pas naissance &#224; l'Etat et dispara&#238;t avant que l'Etat n'apparaisse. La r&#233;alisation principale de l'Etat est un appareil de stabilisation de la soci&#233;t&#233; et d'oppression des classes populaires. L'&#233;gyptologue Dominique Valbelle &#233;crit dans l'ouvrage collectif &#171; L'Egypte ancienne, les secrets du Haut-Nil &#187; : &#171; L'administration &#233;gyptienne est indissociable d'un Etat &#233;gyptien, n&#233; avec elle. Elle en est l'&#226;me. Elle a &#233;t&#233; mise &#224; mal lorsque celui-l&#224; &#233;tait menac&#233;. Elle a &#233;t&#233; reconstitu&#233;e en m&#234;me temps que le pouvoir pharaonique. Elle repr&#233;sente donc un facteur de stabilit&#233; et l'assurance d'une continuit&#233; des institutions. &#187; Mais ce facteur de stabilisation est loin d'&#234;tre n&#233; imm&#233;diatement en Egypte comme dans le reste du monde. Il n'est pas le premier pas de la civilisation. Celle-ci est n&#233;e du d&#233;veloppement de l'activit&#233; agricole, puis, gr&#226;ce &#224; celle-ci de l'accumulation de la plus value, de l'accroissement des capacit&#233;s techniques de l'homme, de la division du travail, du d&#233;veloppement d'un grand commerce, de la naissance des villes, de la culture, de la naissance d'une classe dirigeante et des in&#233;galit&#233;s sociales. Ce bond en avant n'a pas eu besoin de l'Etat. Ainsi, tout le d&#233;veloppement des villes et de la civilisation grecques ne conna&#238;t pas l'Etat qui ne fait une premi&#232;re tentative d'apparition que sur la fin. Par contre, le d&#233;veloppement de l'agriculture, de l'artisanat, et du commerce a permis l'&#233;mergence d'une importante classe de citadins, d'artisans, de commer&#231;ants, de banquiers, une v&#233;ritable bourgeoisie. C'est elle qui est domine la ville. La premi&#232;re dynamique sociale de la civilisation est le produit de la division entre villes et campagnes. La seconde est celle qui oppose riches et pauvres dans les villes. Enfin, l'apparition et le d&#233;veloppement de l'Etat va mener &#224; de nouvelles oppositions : entre guerriers, religieux et bourgeoisie. La relation entre classes dominantes et Etat est contradictoire. Les classes riches des villes ont fini par &#234;tre menac&#233;es par les exploit&#233;s et elles ont ressenti le besoin de se prot&#233;ger derri&#232;re le bouclier de l'Etat. Mais cette n&#233;cessit&#233; n'&#233;tait pas sans r&#233;ticences. Partout dans le monde, la civilisation des villes avait pr&#233;exist&#233; &#224; l'Etat. C'est &#224; ses d&#233;pens que l'Etat a d&#233;velopp&#233; ses pr&#233;rogatives. La ville a parfois r&#233;sist&#233; durement &#224; la mise en place de la domination &#233;tatique. La lutte entre les classes riches des villes, prenant parfois la t&#234;te des pauvres, et le pouvoir royal a m&#234;me &#233;t&#233; un des axes essentiels de la lutte politique et sociale dans l'Antiquit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui a rendu n&#233;cessaire la formation de l'Etat, in&#233;vitable m&#234;me. Indispensable, du moins, aux classes dirigeantes qui, sous la menace des opprim&#233;s, ont d&#251; se s&#233;parer, en faveur de cet organe de centralisation des d&#233;cisions et des forces de r&#233;pression, d'une grande partie de leur pouvoir local urbain, de leurs privil&#232;ges et de leurs revenus. Et cet ordre n'a pas &#233;t&#233; synonyme de progr&#232;s mais seulement de conservation sociale. C'est la transformation qui avait, bien avant l'apparition de l'Etat, entra&#238;n&#233; un certain progr&#232;s, relatif. La concentration dans les villes des richesses, des moyens techniques, des connaissances et des personnages les plus influents et les plus riches suppose une accumulation primitive consid&#233;rable de richesses tir&#233;es du travail agraire. Loin de dater du Moyen Age, les villes sont d'une apparition tr&#232;s ancienne dans l'Antiquit&#233;. Par exemple, en M&#233;sopotamie Ur, Uruk, Lagash et Umma datent entre -4000 av JC et -3500 av JC, alors que le premier empire date de -2340 avant JC (empire akkadien). M&#234;me l'Etat-cit&#233; y date de -2340 avant JC (dynasties archa&#239;ques). Les civilisations sont le saut qualitatif, r&#233;volutionnaire, une structure &#233;mergente produite par le succ&#232;s de l'&#233;conomie agraire, qui a permis un grand d&#233;veloppement de l'artisanat et du commerce, de multiples succ&#232;s dans lequel l'Etat n'a eu aucune part. L'apparition de l'agriculture, son am&#233;lioration technique, l'irrigation, la sp&#233;cialisation professionnelle et l'organisation du travail collectif, par exemple, qui sont d'immenses progr&#232;s de l'homme ne datent pas de l'apparition de l'Etat mais de bien avant. L'image de l'Etat organisateur de la production agricole et de l'irrigation n'est pas totalement fausse, mais elle est beaucoup plus r&#233;cente ; elle ne fait que succ&#233;der, beaucoup plus tard, &#224; une &#233;poque o&#249; les classes dirigeantes locales, qui ont succ&#233;d&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; tribale et villageoise, ont elles-m&#234;mes mis en place ces activit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qui avait pouss&#233;, lors de la fondation de l'Etat, les classes dirigeantes &#224; se dessaisir de leur pouvoir sur chaque ville au profit d'un pouvoir sup&#233;rieur, centralis&#233;, celui d'un roi divinis&#233; ? Bien s&#251;r, l'une des origines de cette centralisation est la conqu&#234;te militaire. Vers -3000 avant J.-C, le royaume de Haute Egypte conquiert celui de Basse Egypte, fondant le &#171; royaume du double pays &#187;. Mais, le choix des classes dirigeantes de se mettre sous la coupe d'un pharaon est bien plus ancien et a une toute autre origine que la guerre. Guy Rachet l'expose dans son &#171; Dictionnaire de la civilisation &#233;gyptienne &#187; que &#171; L'isolement de la vall&#233;e du Nil, s&#233;par&#233;e du reste du monde par de vastes d&#233;serts, a fait que, de l'&#233;poque pr&#233;thinite &#224; la fin du Moyen Empire, la civilisation &#233;gyptienne a &#233;volu&#233; en vase clos (...) On oublie trop souvent de souligner que, depuis l'unification de l'Egypte, qui voit &#233;clore l'empire thinite, jusqu'&#224; la fin de l'Ancien Empire, le peuple &#233;gyptien conna&#238;t un mill&#233;naire de paix continue ! &#187; Alors que l'Etat est n&#233; en Egypte plus de 3000 ans avant J.-C, c'est seulement en 608 avant J.-C que l'Etat &#233;gyptien aura &#224; se heurter &#224; un puissant voisin, Babylone. Auparavant, il n'aura eu affaire qu'aux maigres troupes des b&#233;douins, n'ayant eu aucun contact avant Nagada II avec un pays voisin et n'ayant connu d'invasion qu'&#224; partir de 1300 avant J.-C. Par contre, les r&#233;voltes sociales et politiques ont d&#233;but&#233; bien avant la fondation d'un Etat au Nord, au Sud puis unifi&#233;. Les classes dirigeantes n'ont &#233;t&#233; convaincues de se soumettre &#224; l'Etat, de renoncer &#224; leurs privil&#232;ges locaux, que, contraintes et forc&#233;es, par la n&#233;cessit&#233; de d&#233;tenir une forme d'organisation militaire permanente face aux r&#233;voltes des opprim&#233;s. Et, m&#234;me alors cette conscience des classes dirigeantes n'a pas &#233;t&#233; sans heurts et r&#233;sistances, sans retours en arri&#232;re. On conna&#238;t l'exemple de la r&#233;volte de la ville d'Hermopolis contre la formation d'un Etat unifi&#233; &#224; H&#233;liopolis. Ce ne sont donc pas les voisins mena&#231;ants militairement qui expliquent la n&#233;cessit&#233; d'&#233;lever un tel &#233;difice &#233;tatique si co&#251;teux. L'ennemi dangereux pour ces riches, c'est le peuple, prompt &#224; se r&#233;volter contre son exploitation et les travaux forc&#233;s qui s'y rajoutent. Si l'id&#233;ologie dominante explique que l'ordre sur terre ne se maintient que par l'intercession de ce roi-dieu, ce n'est pas simplement le produit d'une croyance, mais aussi d'une r&#233;alit&#233; : l'&#233;difice social ne subsiste que si le r&#233;gime du pharaon tient debout. D&#232;s que le r&#233;gime central perd de son pouvoir, non seulement la classe dirigeante, momentan&#233;ment mat&#233;e, redresse la t&#234;te, cesse d'ob&#233;ir, revendique des revenus et des pouvoirs, mais les classes pauvres se r&#233;voltent, convaincant &#224; nouveau les riches (noblesse, gouverneurs, bourgeoisie, chefs militaires, chefs religieux, et hauts fonctionnaires) de se jeter sous la protection de la dictature pharaonique. La n&#233;cessit&#233; de l'appareil d'Etat est apparue d'abord pour &#233;viter que la lutte des classes ne finisse par faire chuter l'&#233;difice social. Les r&#233;volutions ont pr&#233;exist&#233; &#224; l'Etat &#233;gyptien et m&#234;me aux divers &#233;tats r&#233;gionaux. Les soci&#233;t&#233;s diverses &#233;gyptiennes, appel&#233;es par les arch&#233;ologues Nagada 1, 2 et 3, ont successivement chut&#233; sous les coups des contradictions sociales. Il n'y a pas eu de continuit&#233;, mais plusieurs tentatives avant que des rois &#233;gyptiens ne fassent leur apparition, avant qu'apparaissent des policiers, des militaires, des fonctionnaires d'un Etat centralis&#233;. La r&#233;volution sociale va continuer &#224; marquer l'Etat &#233;gyptien et &#224; le modeler. Et tout particuli&#232;rement la principale r&#233;volution, celle de moins 2260 avant J.-C qui est rapport&#233;e par Guy Rachet : &#171; Le pays fut le th&#233;&#226;tre d'une v&#233;ritable r&#233;volution sociale qui mit un terme &#224; l'Ancien Empire. A la fin du long r&#232;gne de P&#233;pi II, dernier roi de la Vie dynastie, le pouvoir royal s'&#233;tait amenuis&#233; et les nomarques de Haute Egypte s'&#233;taient rendus ind&#233;pendants. Une r&#233;volution populaire d'une violence inou&#239;e &#233;clata alors, dirig&#233;e contre la noblesse et le roi. Si les documents officiels restent muets sur ces &#233;v&#233;nements, la litt&#233;rature contemporaine ou &#224; peine post&#233;rieure est pleine d'&#233;chos significatifs. (...) &#187;. C'est dans les &#171; Admonitions d'un sage Egyptien &#187; qu'on trouve le tableau le plus complet de la r&#233;volution : ''Le pays est pleine &#233;bullition et le laboureur porte un bouclier. Les lois de la Salle de justice sont dispers&#233;es (...) les portes et les murailles sont incendi&#233;es (...) les pauvres sont riches et les riches sont d&#233;pouill&#233;s (...) les fils de nobles sont jet&#233;s &#224; la rue (...) le roi est enlev&#233; par les pauvres (...) des hommes de rien ont renvers&#233; la royaut&#233;, ils ont os&#233; se r&#233;volter contre l'uraeus d&#233;fenseur de R&#234;.(...)'' Cette haine fantastique contre le pharaon s'est report&#233;e contre toute la lign&#233;e des rois de l'Ancien Empire et c'est ce qui explique les sarcophages des pyramides bris&#233;s et vid&#233;s de leurs restes humains, et surtout les statues des rois jet&#233;es au fond de puits ou cass&#233;es jusqu'&#224; &#234;tre r&#233;duites en minuscules morceaux. Si cette r&#233;volution ouvre l'&#233;poque d'anarchie de la premi&#232;re p&#233;riode interm&#233;diaire, si elle brise toutes les structures sociales de l'Ancien Empire, ses cons&#233;quences pour la vie morale du peuple &#233;gyptien sont sans doute incommensurables : le privil&#232;ge de l'immortalit&#233; solaire, qui n'appartenait qu'au pharaon et &#224; ceux que sa volont&#233; royale avait &#233;lus, est donn&#233; d&#233;sormais &#224; tout Egyptien &#224; quelque classe qu'il appartienne. &#187; La &#171; d&#233;mocratisation &#187; juridique, administrative, politique et religieuse est une cons&#233;quence institutionnelle de la r&#233;volution. D&#233;sormais les paysans vont pouvoir aller en justice contre leur noble. Ils seront prot&#233;g&#233;s par les temples auxquels ils n'avaient autrefois aucun acc&#232;s. La classe moyenne est d&#233;velopp&#233;e en nombre et en moyens, car il faut &#233;largir l'assise du r&#233;gime. Les gouverneurs qui, par corruption, ne maintiendraient pas les greniers &#224; grains pour les cas de famine seraient condamn&#233;s &#224; avoir la t&#234;te coup&#233;e. Mais en m&#234;me temps, le r&#233;gime met en place pour la premi&#232;re fois une arm&#233;e permanente contre tout nouveau risque r&#233;volutionnaire. Jusque l&#224;, l'arm&#233;e &#233;tait d'assez peu d'utilit&#233; n'ayant aucun concurrent dangereux au voisinage et ne servant qu'&#224; faire des razzias en Nubie, en Palestine ou en Libye, notamment pour ramener des esclaves (seulement 2% de la population). La police n'avait en effet pas suffi &#224; contenir la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands monuments des Pharaons, et notamment les pyramides ou les sphynx et autres grands monuments, n'ont d'autre but que d'impressionner le peuple exploit&#233; et opprim&#233; et de lui laisser penser que le r&#233;gime est li&#233; aux dieux et donc inattaquable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions qui ont renvers&#233; plusieurs civilisations qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; les Pharaons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant 7000 ans avant J.-C., il y a trois r&#233;gions o&#249; se d&#233;veloppent trois soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes, trois civilisations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* une &#233;conomie produisant des poteries &#224; Khartoum (Haute-Nubie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la soci&#233;t&#233; dite de Nabta Playa 1 en Basse-Nubie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la soci&#233;t&#233; dite Garounien au Fayoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de 6900 ans avant J.-C. &#224; 6400 avant J.-C., civilisation de Nabta Playa 2 en Basse-Nubie&lt;br class='autobr' /&gt;
puis un &#034;trou&#034; de 600 ans au moins, dans lequel on ne trouve plus aucune trace de civilisation... sans qu'il y ait une trace qu'une guerre, qu'une invasion ait d&#233;truit les soci&#233;t&#233;s pr&#233;c&#233;dentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au 6&#232;me mill&#233;naire, une phase aride, avec baisse consid&#233;rable du niveau du Nil, entra&#238;ne la chute de la civilisation, probablement par r&#233;volte sociale et d&#233;stabilisation politique.&lt;br class='autobr' /&gt; de 5800 &#224; 5400 ans avant J.-C., civilisation n&#233;olithique du Fayoum&lt;br class='autobr' /&gt; de 5400 &#224; 5000 ans avant J.-C., civilisation de M&#233;rind&#233; Beni Salam&#233;, au nord de la vall&#233;e du Nil&lt;br class='autobr' /&gt; de 5000 &#224; 4500 ans avant J.-C., il y a simultan&#233;ment deux civilisations diff&#233;rentes :&lt;br class='autobr' /&gt;
*Celle d'El Omari au nord de la vall&#233;e du Nil&lt;br class='autobr' /&gt;
* celle n&#233;olithique de Khartoum en Haute-Nubie&lt;br class='autobr' /&gt; de 4200 &#224; 3800 ans avant J.-C., la culture dite de Badari dans le sud de la Moyenne-Egypte, ensemble culturel homog&#232;ne dont le mat&#233;riel fun&#233;raire r&#233;v&#232;le d&#233;j&#224; une soci&#233;t&#233; complexe et in&#233;galitaire.&lt;br class='autobr' /&gt; de 3800 &#224; 3500 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 1 ou Amratien, en Haute-Egypte a une aire d'occupation qui s'&#233;tend vers le Sud, l'agriculture c&#233;r&#233;ali&#232;re s'intensifie et le ph&#233;nom&#232;ne de hi&#233;rarchisation s'acc&#233;l&#232;re. Cette phase porte le nom d'Amratien (du site d'El Amrah) ou Nagada I.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la m&#234;me &#233;poque en Basse-&#201;gypte se d&#233;veloppe une culture de pasteurs-agriculteurs entretenant des relations privil&#233;gi&#233;es avec le Proche-Orient. En revanche, les importations de Haute-&#201;gypte sont tr&#232;s modestes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux autres soci&#233;t&#233;s coexistaient en Egypte avec Nagada 1 :&lt;br class='autobr' /&gt; de 4000 &#224; 3300 ans avant J.-C., la culture dite du &#034;groupe A&#034; de Basse-Nubie&lt;br class='autobr' /&gt; de 4100 &#224; 3500 ans avant J.-C., les cultures du nord de la vall&#233;e du Nil avec les villes de Maadi, Ouadi Digla, H&#233;liopolis et Bouto&lt;br class='autobr' /&gt; de 3500 &#224; 3400 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 2 au nord de la vall&#233;e du Nil (Maadi). La situation change au milieu du IVe mill&#233;naire. Les chefferies nagadiennes s'&#233;tendent vers le Nord jusqu'au-del&#224; du Delta et vers le Sud jusqu'&#224; la deuxi&#232;me cataracte. Le processus de hi&#233;rarchisation s'accentue, les tombes de l'&#233;lite r&#233;v&#232;lent des objets luxueux : poignards au manche d&#233;cor&#233;, bijoux, palettes &#224; fard... On donne &#224; cette phase le nom de Gerz&#233;en (du site de Gerzeh) ou Nagada II.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gerz&#233;en, c'est 3500 ans avant J.-C. en Nubie (actuel sud Egypte et Soudan) soit 350 ans avant le premier roi et 800 ans avant le premier Pharaon ! Et ce n'&#233;taient pas les premiers &#224; d&#233;velopper une civilisation en Egypte...&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; partir de 3000 ans avant J.-C., la civilisation dite Nagada s'unifie dans la vall&#233;e du Nil et le delta. C'est Nagada 3. Elle est marqu&#233;e par le d&#233;but de l'&#233;criture et le d&#233;veloppement de la direction politique de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une soci&#233;t&#233; tr&#232;s civilis&#233;e, tr&#232;s riche d&#233;j&#224;, qui fait du grand commerce, qui conna&#238;t quasi toutes les techniques, arts et artisanat qui seront ceux de l'Egypte des Pharaons. Elle se d&#233;veloppe pendant deux cent ans, mais elle est menac&#233;e par une nouvelle crise sociale r&#233;volutionnaire du type de celles qui ont d&#233;truit de multiples civilisations en Egypte pr&#233;c&#233;demment.&lt;br class='autobr' /&gt; 3000 ans avant J.-C., d&#233;veloppement des villes de This, Memphis, Saqqarah avec constructions en brique crue et pierres de taille&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; partir de 3100 ans avant J.-C., les premi&#232;re tentatives de construire un ordre social stable en cr&#233;ant une direction centralis&#233;e commencent. Ce sont les souverains de Hi&#233;rakonpolis qui tentent de gouverner &#224; la fois la haute et la basse Egypte&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; partir de 2700 ans avant J.-C., naissance de l'Etat pharaonique de l'Ancien Empire&lt;br class='autobr' /&gt; 2600 ans avant J.-C., structuration de l'administration&lt;br class='autobr' /&gt; 2480 ans avant J.-C., renforcement de la hi&#233;rarchie du clerg&#233; et d&#233;veloppement de la bureaucratie&lt;br class='autobr' /&gt; 2260 ans avant J.-C., la r&#233;volution sociale renverse pour 150 ans l'Etat pharaonique&lt;br class='autobr' /&gt; 2110 ans avant J.-C., naissance du deuxi&#232;me empire pharaonique dit Moyen Empire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;volutions ont fait chuter les civilisations dites Nagada I puis Nagada II puis Nagada III, la derni&#232;re en moins 3150 avant J.-C., la pr&#233;c&#233;dente en moins 3500 avant J.-C. et encore avant en moins 3650 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore avant, la civlisation badarienne avait chut&#233; en 3900&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, une r&#233;volution avait fait chuter la civilisation Nabta Playa 2 en moins 6400 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatre r&#233;volutions et quelques r&#233;voltes au temps des Pharaons les ont durablement fait disparaitre : -2260 avant J.-C. ; -1735 avant J.-C. ; -1200 avant J.-C. ; 1069 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors de plusieurs grandes vagues de r&#233;volution sociale et politique, le peuple travailleur d'Egypte a non seulement renvers&#233; le roi mais renvers&#233; aussi le r&#233;gime pharaonique et tout le syst&#232;me d'exploitation. Mais les peuples guerriers voisins en ont souvent profit&#233; pour envahir militairement et conqu&#233;rir l'Egypte. Toutes les attaques militaires ext&#233;rieures qui ont r&#233;ussi ont correspondu &#224; des crises int&#233;rieures &#233;conomiques, sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 2260 avant notre &#232;re, l'Egypte se morcelle, une r&#233;volution brutale et sanglante &#233;clate, les riches sont ruin&#233;s, leurs biens pill&#233;s, leurs tombeaux d&#233;truits et livr&#233;s aux pilleurs de tombes. &#171; La r&#233;sidence royale a &#233;t&#233; ravag&#233;e en une heure &#187;, &#233;crit un scribe. &#171; Je m&#233;dite, raconte un autre scribe, sur les &#233;v&#233;nements. Des changements s'op&#232;rent, ce n'est d&#233;j&#224; plus comme l'an dernier, chaque ann&#233;e est plus pesante que l'autre. Le pays est boulevers&#233;. &#187; Le pharaon, si proche des dieux, croyait-on avec certitude quelques ann&#233;es auparavant, a perdu peu &#224; peu beaucoup de son prestige. Si certains Egyptiens se lamentent de ces bouleversements, cette r&#233;volution est b&#233;n&#233;fique pour d'autres. Profitant des troubles, le peuple s'approprie les proc&#233;d&#233;s rituels et magiques des rites fun&#233;raires, jusqu'alors r&#233;serv&#233;s au roi et aux grands, et acc&#232;de &#224; son tour &#224; l'immortalit&#233; : De nouvelles notions religieuses et morales se font jour dans le pays : la diffusion du culte d'Osiris, parti de Bousiris dans le Delta, s'&#233;tend sur tout le territoire ; le peuple voit aussi s'ouvrir devant lui l'acc&#232;s aux charges de l'Etat. Des rois sans pouvoir se bousculent pour le tr&#244;ne et se succ&#232;dent &#224; un rythme effr&#233;n&#233;. &#034;Soixante-dix rois en soixante-dix jours&#034;, &#233;crira, des si&#232;cles plus tard, l'historien Man&#233;thon dans son Histoire d'Egypte, dont seuls quelques fragments, transcrits par des historiens plus tardifs, nous sont parvenus. Plus on s'&#233;loigne de Memphis, plus les princes refusent ob&#233;issance au pharaon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;poques de crise et d'insurrections populaires sont intitul&#233;es &#171; &#226;ges sombres &#187; pour la chute de la civilisation de l'Indus, &#171; troubles int&#233;rieurs &#187; (en M&#233;sopotamie en &#8211;1750) ou &#171; interr&#232;gne &#187; (&#224; propos du renversement du r&#233;gime des pharaons d'Egypte, en &#8211; 2260), ou encore &#171; p&#233;riode sombre &#187; (pour les r&#233;volutions de la Gr&#232;ce antique en &#8211;1200). Il ne s'agit pas d'&#233;v&#233;nements sans grande importance puisqu'&#224; chaque fois la destruction est de grande ampleur, la civilisation est balay&#233;e, le r&#233;gime d&#233;truit et l'est souvent pour des dur&#233;es consid&#233;rables, sinon &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Rachet, qui le cite, raconte ainsi : &#171; Le pays fut le th&#233;&#226;tre d'une v&#233;ritable r&#233;volution sociale qui mit un terme &#224; l'Ancien Empire. (...) Une r&#233;volution d'une violence inou&#239;e &#233;clata alors contre la noblesse et le roi. &#187; Et de citer certains textes d'&#233;poque : &#171; Il n'y a plus de droit et le Mal si&#232;ge dans la chambre du conseil. (&#8230;) Il advint ce qui ne s'&#233;tait jamais vu. On forge des lances en cuivre pour gagner son pain dans le sang. &#187; Rachet commente ainsi les &#233;v&#233;nements : &#171; Cette haine fanatique contre le pharaon s'est report&#233;e sur toute la lign&#233;e des rois de l'Ancien Empire et c'est ce qui explique les sarcophages des pyramides bris&#233;s et vid&#233;s de leurs restes humains et surtout les statues des rois jet&#233;es au fond des puits ou cass&#233;es jusqu'&#224; &#234;tre r&#233;duites en minuscules morceaux. Si cette r&#233;volution ouvre l'&#233;poque d'anarchie de la premi&#232;re p&#233;riode interm&#233;diaire, si elle brise toutes les structures sociales de l'Ancien Empire, ses cons&#233;quences pour la vie morale du peuple &#233;gyptien sont sans doute incommensurables : le privil&#232;ge de l'immortalit&#233; solaire, qui n'appartenait qu'au pharaon et &#224; ceux que sa volont&#233; royale avait &#233;lu, est donn&#233; d&#233;sormais &#224; tout Egyptien &#224; quelque classe qu'il appartienne. Le renversement des institutions politiques fut un acte transitoire, mais la d&#233;mocratisation des croyances fun&#233;raires fit sentir son effet dans toute la suite de l'histoire de l'Egypte. &#187; Les pharaons, connaissant les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du peuple et apprendront d&#233;sormais &#224; s'en m&#233;fier et &#224; les combattre, comme le montrent &#171; Les enseignements pour M&#233;rikar&#233; &#187; cit&#233;s par Guy Rachet : &#171; Le roi enseigne &#224; son fils le m&#233;tier de roi &#171; qui reste une bonne fonction &#187;. Apr&#232;s avoir d&#233;crit la crise sociale qui suivit la r&#233;volution de la fin de l'Ancien Empire, le souverain expose comment le roi doit agir pour r&#233;tablir l'ordre et rendre son lustre &#224; la monarchie. &#171; L'homme violent jette le d&#233;sordre dans la cit&#233; et cr&#233;e des partis chez les jeunes gens. (...) Si tu rencontres un fauteur de d&#233;sordre, supprime-le. &#187; Beaucoup plus tard, le Nouvel Empire succ&#233;da au Moyen Empire apr&#232;s de nouveaux troubles ayant fait chuter le r&#233;gime, un interr&#232;gne attribu&#233; &#224; tort aux envahisseurs asiatiques (qui avaient, au contraire, su r&#233;tablir un pharaon), et les m&#234;mes enseignements &#233;taient donn&#233;s alors par le pharaon Amn&#233;n&#233;m&#232;s &#224; son jeune fils, cit&#233;s par Rachet : &#171; Ecoute ce que je te dis maintenant que tu es roi de la terre, maintenant que tu r&#232;gnes sur les trois r&#233;gions, afin que tu puisse &#234;tre meilleur que tes pr&#233;d&#233;cesseurs. Arme-toi contre tous tes subordonn&#233;s. Le peuple donne son attention &#224; celui qui le terrorise. Ne t'approche pas seul de lui. &#187; Renverser Pharaon, ce n'est pas seulement balayer un chef de gouvernement mais casser un Etat. A l'&#233;poque, Pharaon n'est pas le nom d'un roi, mais le nom de la &#171; maison &#187; royale, c'est-&#224;-dire des fonctionnaires. Ils sont l'&#339;il du pouvoir dans la population et contre elle. Ils s'assurent que les exploit&#233;s produisent suffisamment. Ils v&#233;rifient qu'ils ne complotent pas. Ils d&#233;montrent au peuple qu'il est sans cesse surveill&#233;. C'est ce que l'on appellerait aujourd'hui l'appareil d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 2260 av J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 1735 av J.-C. : l'invasion Hyksos ne peut se produire que parce que le peuple se r&#233;volte contre l'ordre social et politique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 1200 av J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-egypte-des-pharaons-a-sombre-et-pourquoi-cela-devrait-nous-alerter-192281.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-egypte-des-pharaons-a-sombre-et-pourquoi-cela-devrait-nous-alerter-192281.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 1069 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; R&#233;volte en moins 215 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 215 avant notre &#232;re, Th&#232;bes et la Haute-&#201;gypte se r&#233;voltent contre le pouvoir d'Alexandrie. Il faut attendre -186 pour voir le pouvoir ptol&#233;ma&#239;que s'imposer de nouveau dans le sud du pays. Cette grande r&#233;volte pousse les Lagides &#224; r&#233;former le sud de l'&#201;gypte et &#224; y appliquer l'organisation de la Basse-&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La grande r&#233;volte th&#233;baine est un soul&#232;vement de la Th&#233;ba&#239;de &#224; la fin du IIIe si&#232;cle av. J.-C. contre l'autorit&#233; de la dynastie ptol&#233;ma&#239;que contr&#244;lant alors l'&#201;gypte.
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; d'autres r&#233;voltes rapidement r&#233;prim&#233;es par les Ptol&#233;m&#233;es, cette r&#233;volte se distingue par son maintien sur la dur&#233;e et sur une grande partie de la Haute-&#201;gypte. La grande r&#233;volte th&#233;baine s'illustre &#233;galement par l'instauration d'un v&#233;ritable &#201;tat, bas&#233; sur les institutions de &#201;gypte pharaonique, les leaders s'&#233;tant d'ailleurs fait couronner pharaon. Apr&#232;s vingt ans d'existence, l'&#201;tat pharaonique cr&#233;&#233; durant ce soul&#232;vement est d&#233;fait par les Ptol&#233;m&#233;es qui r&#233;cup&#232;rent le contr&#244;le total de l'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re gr&#232;ve ouvri&#232;re connue a eu lieu en 1155 avant J.-C. en Egypte sous le Pharaon Rams&#232;s III&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement social se place dans une phase de d&#233;stabilisation du r&#233;gime. Qu'il y ait eu une crise &#233;conomique, au sens moderne du terme, peut expliquer une partie des &#233;v&#233;nements (Grandet, 1997). Pharaon doit remplacer ses vizirs. L'administration ne fonctionne plus bien. Mais Rams&#232;s se rend responsable de la situation. Un complot visant &#224; l'assassiner, tram&#233; par Tiyi, seconde &#233;pouse royale, est m&#234;me d&#233;couvert [7]&#034;Le harem n'est pas seulement un lieu de plaisir, mais &#233;galement un lieu de pouvoir et d'&#233;ducation, o&#249; les ma&#238;tresses rivalisent d'adresse pour &#233;tendre leurs privil&#232;ges et essayer de placer leurs enfants &#224; des postes importants&#034;. &lt;a href=&#034;http://www.egypte-bd.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.egypte-bd.com&lt;/a&gt;. C'est cette id&#233;e de d&#233;cadence qui a conduit les &#233;gyptologues &#224; voir dans l'&#233;pisode de la conspiration, l'aboutissement in&#233;luctable du long r&#232;gne de Rams&#232;s III (Grimal, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ouvriers, les &#171; hommes de la tombe &#187;, comme on les appelait, obtinrent un accord avec les autorit&#233;s devant lesquelles ils r&#233;clamaient de la nourriture, des boissons et des v&#234;tements, et que leurs r&#233;clamations soient port&#233;es avec la plus grande urgence devant les hautes hi&#233;rarchies de l'&#201;tat, le Premier ministre (Vizir [9]&#8220;Vizir&#8221;, bien que ce terme ne soit pas &#233;gyptien, il d&#233;signe aussi le premier magistrat, tjaty en &#233;gyptien, second personnage apr&#232;s le pharaon, dans l'&#201;gypte antique.) et le Pharaon. Selon le Papyrus d&#233;nomm&#233; de la gr&#232;ve et d'apr&#232;s quelques ostraca trouv&#233;s &#224; Deir el-M&#233;dineh (gard&#233;s dans les mus&#233;es du Caire, de Berlin et d'autres villes), la gr&#232;ve a commenc&#233; le 10 du mois de P&#233;ret dans l'ann&#233;e 29 de Rams&#232;s III &#224; cause d'un retard de paiement par le Gouverneur de l'ouest de Th&#232;bes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce ne sont pas des films d'&#233;poque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation de l'homme dans l'Egypte antique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volte copte en 832&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 831, une r&#233;volte copte &#233;clate en Haute-&#201;gypte. Le roi de Makurie, Zacharie III Isra&#235;l en profite pour cesser de payer tribut, mais il doit reprendre les versements &#224; la suite d'une intervention arm&#233;e du pouvoir de Bagdad. De m&#234;me, en 854, des affrontements ont lieu entre l'&#201;gypte et les nomades Bedjas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes au temps de Napol&#233;on 1er&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on, en emmenant l'arm&#233;e fran&#231;aise en Egypte, a fait un calcul politique tr&#232;s avanc&#233; : battre le colonialisme anglais en soulevant une r&#233;volution panarabe et islamiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les &#201;gyptiens vont-ils accueillir l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais dans leur pays ? Pour r&#233;pondre, il convient d'examiner d'abord ce que Bonaparte va leur offrir. Le premier manifeste adress&#233; au peuple d'&#201;gypte promet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) l'&#233;limination du pouvoir des Turco-circassiens qui occupent, exploitent et oppriment le pays,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) la participation des Egyptiens dans les affaires de leur pays,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) le respect des traditions religieuses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) une am&#233;lioration des conditions &#233;conomiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un programme qui ne peut que satisfaire les aspirations &#233;gyptiennes. Pourtant, d&#232;s le d&#233;but, il y a une contradiction entre les buts r&#233;els de la conqu&#234;te et les promesses. De l'entreprise coloniale, telle qu'elle est d&#233;finie dans les instructions du Directoire, &#224; l'id&#233;ologie r&#233;volutionnaire dans ce qu'elle a de g&#233;n&#233;reux, les interpr&#233;tations pr&#234;tent &#224; embarras.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a aucun doute que les &#201;gyptiens sont s&#233;duits par la perspective d'une lib&#233;ration du joug des mamelouks, mais les r&#233;alit&#233;s de la guerre les inqui&#232;tent. Il y a les militaires et il y a l'Institut. Le trait d'union est uniquement le g&#233;n&#233;ral Bonaparte qui insiste sur son titre officiel de commandant en chef et de membre de l'Institut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet embarras est bien ressenti par Michelet quand il &#233;crit : &#171; La France, &#224; travers ses trag&#233;dies internes et son &#233;pop&#233;e militaire, se complaisait dans l'id&#233;e de la lib&#233;ration universelle. C'est en ce moment que le grand enchanteur lui montra l'inconnu, l'Asie, l'&#201;gypte et le r&#233;veil d'un monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confier aux &#201;gyptiens la direction de leurs affaires est une d&#233;cision politique qui en d&#233;finitive est la seule possible. Bonaparte s'explique l&#224;-dessus en &#233;crivant : &#171; Pour les diriger, nous avons besoin d'avoir des interm&#233;diaires. Nous devons leur donner des chefs, sans quoi ils s'en donneront eux-m&#234;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une telle promesse prend aussit&#244;t une signification qui engage le commandant en chef, le contraint d'&#233;carter &#224; tout prix la tentation de se substituer &#224; ceux qu'il qualifie d'exploiteurs et d'oppresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;limination des Turco-circassiens signifie l'&#233;limination des non arabes. Les &#201;gyptiens saisissent l'occasion au vol. Et voil&#224; sem&#233;s les germes d'un nationalisme qui est pr&#234;t de d&#233;passer les limites de l'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veiller chez les Arabes l'id&#233;al de leur grandeur pass&#233;e c'est agir dans la perspective de la fin de l'empire ottoman. Ainsi s'amorce la premi&#232;re tentative de soul&#232;vement du monde arabe, con&#231;ue dans l'intention d'acqu&#233;rir un soutien pour une initiative de colonisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les contemporains des &#233;v&#233;nements ont-ils mesur&#233; la port&#233;e de la r&#233;volution qui s'accomplit &#224; leurs yeux ? Pris entre les promesses fran&#231;aises et la propagande turco-anglaise, &#233;cras&#233;s sous le poids d'une guerre qui fait de leur pays un champ de bataille, ils ne voient d'abord dans l'exp&#233;dition fran&#231;aise qu'un cataclysme qui s'abat sur le pays. Ainsi, Djabarti, le chroniqueur de l'&#233;poque, repr&#233;sentant type de l'&#233;lite musulmane des Ul&#233;mas, &#233;lev&#233; dans la plus stricte tradition coranique de l'Universit&#233; mill&#233;naire d'Al-Azhar, nous fait des &#233;v&#233;nements le tableau suivant : &#171; L'an mil deux cent treize (de l'H&#233;gire : 1798) est le commencement de grandes batailles, d'&#233;v&#233;nements terribles, de faits d&#233;sastreux, de calamit&#233;s &#233;pouvantables, en un mot c'est le commencement d'une s&#233;rie de grands malheurs &#187;. Et le pieux cheikh conclut dans un verset coranique : &#171; Le Seigneur n'an&#233;antit point injustement les cit&#233;s dont les habitants sont justes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, une fois qu'il entre dans le d&#233;tail, Djabarti change d'optique ; aux visions apocalyptiques succ&#232;dent des faits qu'il appr&#233;cie avec int&#233;grit&#233;. Ce membre du Divan &#224; l'&#233;poque de Menou est un honn&#234;te homme. Il a un tel souci de la v&#233;rit&#233; qu'il finit par m&#233;contenter tout le monde. Par les Fran&#231;ais il est trait&#233; de fanatique, par les Turcs il est regard&#233; comme pro-fran&#231;ais. Apr&#232;s sa mort, ses chroniques seront censur&#233;es par Mohammed-Ali dont il d&#233;nonce l'arbitraire ; elles ne verront le jour qu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la r&#233;action des &#233;lites &#233;gyptiennes, c'est-&#224;-dire des cheikhs et des fonctionnaires coptes apr&#232;s l'entr&#233;e du g&#233;n&#233;ral Bonaparte au Caire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cheikhs d'abord. Le commandant en chef les d&#233;crit ainsi : &#171; Ils ont des moeurs douces, aiment la justice, sont riches et anim&#233;s de bons principes de morale. Ce sont les plus honn&#234;tes gens du pays. Ils ne savent pas monter &#224; cheval, n'ont l'habitude d'aucune manoeuvre militaire, sont peu propres &#224; figurer &#224; la t&#234;te d'un mouvement arm&#233;. Ils ont &#233;t&#233; le canal dont je me suis servi pour gouverner le pays. J'ai accru leur fortune, je leur ai fait rendre les honneurs militaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant ces cheikhs &#224; l'oeuvre. Aussit&#244;t entr&#233; au Caire, Bonaparte constitue un Divan, compos&#233; de cheikhs et de Coptes. Le mot Divan signifie administration, minist&#232;re ; en l'occurrence il a, dans la phras&#233;ologie turco-arabe, le sens d'un conseil des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Divan choisit le cheikh Abdallah-Al-Charkawi comme pr&#233;sident. Qui est donc Charkawi ? Il est issu d'un milieu fort modeste ; &#224; force de travail et de pers&#233;v&#233;rance, il gravit p&#233;niblement tous les &#233;chelons qui m&#232;nent &#224; la plus grande charge de l'universit&#233; d'Al-Azhar ; &#224; l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais il est le chef de la v&#233;n&#233;rable institution. Djabarti, qui ne l'aime pas, nous apprend qu'une fois parvenu &#224; la dignit&#233; de cheikh, il s'&#233;lance dans une course &#233;perdue aux richesses. Le peuple raille son turban, car il l'agrandit si d&#233;mesur&#233;ment que les Cairotes disent ironiquement &#171; grand comme le turban du cheikh &#187;. Le peintre Rigo a reproduit fid&#232;lement ce d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais il a d&#233;pass&#233; la soixantaine. Bonaparte le comble de faveurs. Mais le pr&#233;sident du Divan reste sur la d&#233;fensive. Un jour, le commandant en chef fait venir les cheikhs ; il sort un instant et revient portant &#224; la main des &#233;charpes tricolores ; il en met une sur l'&#233;paule de Charkawi, celui-ci la rejette brusquement en rougissant de col&#232;re et donne sa d&#233;mission. L'interpr&#232;te a beau expliquer aux cheikhs r&#233;unis que le commandant en chef veut les honorer en leur faisant porter les m&#234;mes insignes que lui, ils lui r&#233;pondent : &#171; Nous serons d&#233;consid&#233;r&#233;s devant Dieu et dans le coeur de nos coreligionnaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre cette attitude, il faut remonter un peu plus haut, aux d&#233;buts de la R&#233;volution. Ce serait une erreur de croire que les &#233;v&#233;nements de France n'avaient pas eu d'&#233;chos au Caire. D&#232;s 1790, de violentes divisions d&#233;chirent les Fran&#231;ais en Egypte. Faisant l'int&#233;rim de Mure, consul de France, Butet &#233;crit : &#171; Le fl&#233;au de l'insubordination et de la licence a voulu propager ses ravages dans ces Echelles. Ces troubles se concentrent sur l'affaire de la cocarde tricolore et la c&#233;l&#233;bration du 14 juillet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns refusent de porter la cocarde ; ceux qui l'acceptent ne veulent pas prendre part au Te Deum dans la chapelle consulaire. Butet tente des compromis ; un banquet r&#233;unira tous les Fran&#231;ais et l'on boira successivement &#224; la Nation, &#224; la Loy et au Roy. Sa suggestion est repouss&#233;e. Ainsi, avant le d&#233;barquement de Bonaparte, est propag&#233; un pr&#233;jug&#233; assimilant le port de la cocarde &#224; une attitude anti-religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commandant en chef en souffrira. Autant le programme nationaliste color&#233; de romantisme historique para&#238;t s&#233;duire, autant sa politique musulmane suscite des r&#233;serves. Ainsi, Djabarti ne cache pas son scepticisme quant &#224; la sinc&#233;rit&#233; des intentions pro-musulmanes de Bonaparte. Un autre chroniqueur de l'&#233;poque, Nicolas Turk, partage la m&#234;me opinion : &#171; Bonaparte leur promettait d'embrasser leur religion, de faire construire une mosqu&#233;e en son nom et de faire tout le bien possible &#224; la religion musulmane. Les Ul&#233;mas n'&#233;taient pas s&#233;duits par ces paroles. Ce sont des mensonges, disaient-ils, qu'il prof&#232;re pour s'&#233;tablir en Egypte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une patience &#224; toute &#233;preuve, Bonaparte continue &#224; rechercher l'amiti&#233; de Charkawi. Celui-ci la lui rend, mais &#224; sa fa&#231;on. Il accepte avec empressement la partie nationaliste du programme politique du commandant en chef, mais est sur la r&#233;serve pour tout ce qui viserait &#224; une substitution de la domination fran&#231;aise &#224; la domination turque. Charkawi montre pourtant une grande confiance dans les promesses de Bonaparte. Jamais, comme en &#201;gypte, ce dernier ne fera preuve d'autant de bonne volont&#233;. Il accueille les membres du Divan avec le sourire, s'asseoit au milieu d'eux sur des tapis &#233;tendus &#224; terre. Pendant des heures il discute avec eux, dans un langage fleuri entrecoup&#233; de citations coraniques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Charkawi et ses coll&#232;gues sont fascin&#233;s par ces &#233;gards auxquels depuis de longs si&#232;cles, les Egyptiens ne sont plus habitu&#233;s. Ils offrent au commandant en chef banquet sur banquet. Bonaparte qui n'a jamais support&#233; que des repas pris &#224; la h&#226;te, s'impose l'&#233;preuve d'interminables d&#238;ners. Plats de viande, de poisson, de l&#233;gumes, de volailles, de douceurs orientales se succ&#232;dent des heures durant. Mais si le Divan est s&#233;duit, dans la cour de l'universit&#233; mill&#233;naire, cheikhs, Ul&#233;mas et &#233;tudiants murmurent. Ils ne sont pas loin de traiter leur chef de &#171; ren&#233;gat qui veut avilir l'&#226;me musulmane en se laissant gagner par de l'argent &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit du premier soul&#232;vement du Caire, les rapports restent amicaux entre le Divan bient&#244;t r&#233;tabli et le g&#233;n&#233;ral Bonaparte. Ce n'est qu'apr&#232;s son d&#233;part que le climat changera brutalement. Aux liens personnels succ&#232;dent des rapports d&#233;riv&#233;s uniquement des froides r&#233;alit&#233;s de la guerre. Avec Kl&#233;ber, il n'est plus question d'exotisme romantique. Charkawi devient suspect ; ses coll&#232;gues sont accus&#233;s de duplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa carri&#232;re ne souffrira pas du d&#233;part des Fran&#231;ais. Bien au contraire, sa position aupr&#232;s des Turcs, plus tard de Mohammed-Ali, en sortira renforc&#233;e. L'arm&#233;e fran&#231;aise ayant d&#233;truit la puissance militaire des mamelouks, Charkawi et ses coll&#232;gues sont alors la seule autorit&#233; politique susceptible de tenir le pays. La promesse du g&#233;n&#233;ral Bonaparte de confier aux Egyptiens les affaires de leur pays devient une r&#233;alit&#233;, mais apr&#232;s le d&#233;part des Fran&#231;ais. De l'&#233;chec militaire de la Campagne d'Egypte na&#238;t le succ&#232;s du programme politique. Bient&#244;t les cheikhs de l'ancien Divan imposeront &#224; l'empire ottoman la nomination de Mohammed-Ali. L'Egypte gravit lentement depuis lors le douloureux chemin qui va la mener &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charkawi meurt en 1812. D&#233;crivant ses fun&#233;railles, Djabarti note ironiquement : &#171; on mit sur sa tombe un turban encore plus grand que celui qu'il portait pendant sa vie : &#233;toffe de coton vert entour&#233;e d'un chale de cachemire rouge &#187;. Le tableau peint par Rigo a donn&#233; au turban du cheikh une couleur blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheikh Aboul-Anouar Al-Sadate. Si Charkawi sort d'un milieu modeste, Sadate, lui, appartient &#224; la bourgeoisie ais&#233;e. Le personnage est fier et Bonaparte l'entoure de grands &#233;gards. Mais Sadate est sur la r&#233;serve. A un d&#238;ner qu'il offre au commandant en chef, celui-ci lui demande : &#171; pourquoi les Arabes qui avaient cultiv&#233; jadis les sciences et les arts, sont-ils aujourd'hui dans une si profonde ignorance ? &#187; Sadate se sent bless&#233; par cette brutale question. &#171; Il leur reste le Coran, ce Livre contient toutes les v&#233;rit&#233;s &#187;, r&#233;pond Sadate. Bonaparte agac&#233; r&#233;torque : &#171; Enseigne-t-il &#224; fondre le canon ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;part de Bonaparte, Sadate devient suspect aux autorit&#233;s fran&#231;aises. On l'accuse d'avoir encourag&#233; l'insurrection du Caire. Rien n'est plus injuste ; bien au contraire, on peut mesurer l'honn&#234;tet&#233; du personnage par le fait suivant : un messager turc vient lui demander de soutenir le soul&#232;vement contre les Fran&#231;ais, apr&#232;s le retrait des troupes ottomanes du Caire ; voici la r&#233;ponse de Sadate, telle qu'elle est rapport&#233;e par Djabarti :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tu as viol&#233; la parole en ob&#233;issant &#224; de vils tyrans et en t'associant &#224; leurs forfaits. La licence de vos soldats &#233;tait sans bornes. Pour eux la guerre est le pillage ou les amusements dans les lieux prohib&#233;s. A cause d'eux les Musulmans sont accabl&#233;s de tous les maux, la ruine, la famine, l'incendie, la mort du commerce. Quel &#233;chec pour votre arm&#233;e ! mais il n'en pouvait &#234;tre autrement, car les chefs m&#234;mes de cette arm&#233;e disputaient aux artisans le fruit de leur travail, aux ouvriers leurs salaires, aux petits marchands leurs biens. La ville jouissait de la paix et de la s&#233;curit&#233;, vous y avez introduit le feu de l'insurrection. Puis vous vous &#234;tes sauv&#233;s comme des souris poursuivies par un chat, laissant le pauvre peuple &#224; la merci des vainqueurs &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien un langage nouveau ! Ce rejet de l'arbitraire tel qu'il est formul&#233; dans cette lettre est, en fait, le rejet de tout le syst&#232;me qui s&#233;vissait avant l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reproduisant cette lettre, Djabarti &#233;tablit des parall&#232;les entre deux styles de gouvernement. Il souligne que les Fran&#231;ais refusent de faire usage de la corv&#233;e ; qu'ils paient les ouvriers qu'ils embauchent. Mais ce qui surtout le remplit d'admiration est l'application de la loi pour tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour o&#249; un soldat fran&#231;ais coupable de pillage et de violence a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;, une v&#233;ritable r&#233;volution s'est op&#233;r&#233;e dans les esprits. Le ch&#226;timent pouvait donc s'abattre sans discrimination, m&#234;me quand il s'agit de la caste militaire conqu&#233;rante. Cette innovation &#233;tait impensable sous le r&#233;gime turc et elle ressort de la lettre de Sadate de fa&#231;on tr&#232;s claire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sadate ne se retirera des affaires qu'en 1817, apr&#232;s avoir d&#233;sign&#233; son successeur pour lui succ&#233;der &#224; la t&#234;te de la secte des Nobles. Il mourra peu apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/lexpedition-degypte-vue-par-les-auteurs-egyptiens/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/lexpedition-degypte-vue-par-les-auteurs-egyptiens/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on 1er mise sur la r&#233;volte des Egyptiens contre les occupants mamelouks mais Le Caire se r&#233;volte aussi contre l'occupation fran&#231;aise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte Urabi est un soul&#232;vement nationaliste en &#201;gypte de 1879 &#224; 1882.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ahmed Urabi, un officier de l'arm&#233;e natif non europ&#233;en, s'&#233;l&#232;ve dans l'arm&#233;e au rang de colonel. En raison de son &#233;ducation paysanne et de sa formation traditionnelle, il en vient &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233; par beaucoup comme la voix authentique du peuple &#233;gyptien. Pour eux, il repr&#233;sente une population paysanne frustr&#233;e par les &#233;trangers exon&#233;r&#233;s d'imp&#244;ts et les riches propri&#233;taires locaux. Urabi impose le respect et le soutien non seulement de la paysannerie, mais aussi d'une grande partie de l'arm&#233;e &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions sous les occupations romaine et byzantine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes antijuives d'Alexandrie ont eu lieu &#224; Alexandrie, dans la province romaine d'&#201;gypte, en 38 apr. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; guerre de Kitos ou r&#233;volte des exil&#233;s &#187; (115-117), qui avait pris naissance dans l'Empire parthe, s'&#233;tend rapidement &#224; toutes les grandes cit&#233;s du pourtour m&#233;diterran&#233;en o&#249; r&#233;sident d'importantes colonies juives. Paysans grecs et &#233;gyptiens prennent alors les armes contre les Juifs dont la communaut&#233; d'Alexandrie est presque compl&#232;tement an&#233;antie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le successeur de Trajan, Hadrien (r. 117 &#8211; 138), doit faire face &#224; une r&#233;volte promptement supprim&#233;e en 122.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que la peste antonine ravage le pays (165 &#224; 180), une r&#233;volte de la population &#233;gyptienne qui avait d&#233;but&#233; en 171 n'est &#233;cras&#233;e qu'en 175 par le gouverneur de la Syrie romaine voisine, Avidius Cassius, lui-m&#234;me fils d'un ancien pr&#233;fet d'&#201;gypte, lequel se h&#226;te de se faire proclamer empereur par ses troupes alors que se r&#233;pand la rumeur de la mort de l'empereur Marc Aur&#232;le (r. 161 &#8211; 180). D&#233;clar&#233; &#171; ennemi public &#187; par le S&#233;nat de Rome, Avidius Cassius s'appr&#234;te &#224; faire face aux forces rassembl&#233;s par l'empereur lorsqu'il est tu&#233; par l'un de ses propres soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'assassinat de Caracalla, c'est un Berb&#232;re venant de Maur&#233;tanie c&#233;sarienne (aujourd'hui l'Alg&#233;rie), Macrin (r. 217 - 218), qui monte sur le tr&#244;ne. Premier empereur &#224; &#234;tre issu de la classe &#233;questre, il rompt avec la tradition, et probablement pour se concilier le S&#233;nat, nomme &#224; la fois un nouveau praefectus Aegypti ainsi qu'un s&#233;nateur pour gouverner l'&#201;gypte. Sit&#244;t Macrin et son fils Diadum&#233;nien renvers&#233;s, la population d'Alexandrie se r&#233;volte, tue le s&#233;nateur et &#233;vince le pr&#233;fet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 262, Alexandrie est la proie d'une guerre civile entre les partisans d'Aemilianus et de Gallien, combats qui voient la disparition des deux-tiers de la population de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte de l'Egypte sous Diocl&#233;tien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volutions &#233;gyptiennes sous les Lagides&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution populaire dite &#171; du wafd &#187; en 1919&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution &#233;gyptienne &#233;clata en mars 1919 apr&#232;s que les Britanniques eurent arr&#234;t&#233; Sa'd Zaghloul, le chef du parti Wafd, le principal parti nationaliste &#233;gyptien, et plusieurs autres wafdistes. Ils furent ensuite d&#233;port&#233;s &#224; Malte. L'exil de ces dirigeants populaires provoqua des manifestations &#233;tudiantes qui d&#233;g&#233;n&#233;r&#232;rent rapidement en gr&#232;ves massives d'&#233;tudiants, de fonctionnaires, de professionnels, de femmes et de travailleurs des transports. Le m&#233;contentement nationaliste avait &#233;t&#233; aliment&#233; par le protectorat &#233;tabli par les Britanniques au d&#233;but de la guerre, les p&#233;nuries de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, l'augmentation des prix, la conscription forc&#233;e des paysans comme ouvriers militaires et la pr&#233;sence d'un grand nombre de soldats occidentaux en &#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Wafd &#233;tait le principal parti politique &#233;gyptien depuis sa cr&#233;ation en 1918 jusqu'&#224; la r&#233;volution militaire de 1952. &#192; l'automne 1918, peu avant la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale, une d&#233;l&#233;gation, ou Wafd, de nationalistes &#233;gyptiens, dirig&#233;e par Saad Zaghloul, rencontra Reginald Wingate, le haut-commissaire britannique, pour discuter de l'avenir de l'&#201;gypte. Au cours de la r&#233;union, les d&#233;l&#233;gu&#233;s exig&#232;rent l'ind&#233;pendance compl&#232;te (Istiqlal Tam). Wingate informa les d&#233;l&#233;gu&#233;s que la question serait soumise aux autorit&#233;s de Londres et, dans sa correspondance avec le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, il recommanda la tenue de n&#233;gociations. Cependant, le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res &#233;tait occup&#233; par des questions plus urgentes concernant l'Allemagne et ce qui devait &#234;tre fait en Europe apr&#232;s la guerre, et le gouvernement n'&#233;tait pas dispos&#233; &#224; abandonner son contr&#244;le sur le canal de Suez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demandes du Wafd furent cat&#233;goriquement rejet&#233;es et les d&#233;l&#233;gu&#233;s se virent refuser l'autorisation d'assister &#224; la Conf&#233;rence de paix de Paris. Lorsque Zaghloul et d'autres furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s au printemps 1919, des manifestations &#233;clat&#232;rent dans tout le pays. Une r&#233;volution massive &#224; grande &#233;chelle en r&#233;sulta, les &#201;gyptiens de toutes les classes, des deux sexes, de toutes les religions et de toutes les professions se joignant &#224; des gr&#232;ves, des boycotts et des manifestations exigeant l'ind&#233;pendance et la lib&#233;ration des dirigeants du Wafd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de personnes furent tu&#233;es et les Britanniques furent oblig&#233;s d'envoyer des renforts de troupes pour r&#233;primer la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1919 &#224; 1952...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions au temps de Farouk et de Nasser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La domination colonialiste de l'Angleterre (et m&#234;me de la France) sur l'Egypte et la dictature corrompue sont, avec la grande mis&#232;re du peuple face &#224; la richesse de la haute soci&#233;t&#233; multinationale qui vit au Caire et &#224; Alexandrie, la cause d'une grande r&#233;volte populaire dont vont profiter Nasser et les &#171; officiers libres &#187;. Mais ces derniers vont acc&#233;der au pouvoir en prenant bien garde de ne le faire que par des coups d'&#233;tat et en arr&#234;tant la r&#233;volution et en emprisonnant les militants ouvriers et communistes (les staliniens vont aussi en prison bien qu'ils ont soutenu le coup d'&#233;tat militaire, jetant &#224; la poubelle leur costume communiste, mais les trotskistes eux aussi sont arr&#234;t&#233;s, souvent donn&#233;s &#224; la police par leurs annemis staliniens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nasser a supprim&#233; la dictature royale et la mainmise coloniale anglaise mais il a confisqu&#233; une r&#233;volution prol&#233;tarienne et communiste qui montait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions en 1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation de l'Egypte devient tr&#232;s dangereuse pour le r&#233;gime de Nasser avec la vague gauchiste mondiale de 1968 et plus encore du fait de la d&#233;faite cuisante de l'arm&#233;e &#233;gyptienne face &#224; Isra&#235;l lors de la guerre des six jours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Caire, f&#233;vrier 1968. La ville sort de trois jours d'affrontements avec la police, entre pav&#233;s et gaz lacrymog&#232;nes, apr&#232;s l'occupation de l'Institut Polytechnique par des &#233;tudiants. La vague de protestation a commenc&#233; quelques jours plus t&#244;t, apr&#232;s que des ouvriers d'Helwan aient occup&#233; un poste de police pr&#232;s du si&#232;ge du parti de Nasser. Malgr&#233; la r&#233;pression, les &#233;tudiants de l'Universit&#233; du Caire les rejoignent dans plusieurs manifestations devant les bureaux d'Al-Ahram, le palais pr&#233;sidentiel ou encore l'Assembl&#233;e Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s la R&#233;volution de 1952, l'esprit de r&#233;volte est encore pr&#233;sent en Egypte, mais les protestations de 1968 sont d'abord la cons&#233;quence de la d&#233;faite de 1967. Contraint de l&#226;cher du lest face &#224; Isra&#235;l, Nasser est vivement critiqu&#233;. En f&#233;vrier 1968, les tra&#238;tres militaires de 67 sont jug&#233;s condamn&#233;s &#224; des peines tr&#232;s indulgentes ; c'est l'&#233;tincelle qui d&#233;clenche le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasser acc&#232;de aux demandes des &#233;tudiants et augmente les salaires, tout en pronon&#231;ant quelques discours &#224; la gloire des luttes du peuple palestinien. Il parvient ainsi &#224; maintenir le calme jusqu'en d&#233;cembre 68, o&#249; une incursion de l'arm&#233;e de l'air isra&#233;lienne entra&#238;ne une coupure d'&#233;lectricit&#233; dans tout le sud de l'Egypte. Les soul&#232;vements reprennent et l'URSS fournit l'arm&#233;e &#233;gyptienne en dispositifs anti-&#233;meutes. A Alexandrie, les &#233;tudiants occupent l'universit&#233; et kidnappent le gouverneur pour obtenir la lib&#233;ration de leurs camarades arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de 1968 en &#201;gypte ont donn&#233; lieu &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et &#224; des protestations contre le gouvernement de Gamal Abdel Nasser, exigeant la fin de la corruption. Le 9 juin 1967, Nasser avait d&#233;missionn&#233; apr&#232;s la d&#233;faite de l'&#201;gypte face &#224; Isra&#235;l lors de la guerre des Six Jours. Le lendemain, des centaines de milliers de ses partisans se sont ralli&#233;s &#224; lui pour qu'il reste au pouvoir. Les manifestations ont d&#233;but&#233; &#224; Helwan en f&#233;vrier 1968 et se sont rapidement propag&#233;es &#224; tout le pays. Les troubles ont dur&#233; jusqu'en mars, date &#224; laquelle l'arm&#233;e les a r&#233;prim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://grokipedia-com.translate.goog/page/1968_protests_in_egypt?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://grokipedia-com.translate.goog/page/1968_protests_in_egypt?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions en Egypte dans les ann&#233;es 2000&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le &#171; printemps arabe &#187; qui va parcourir le monde commence notamment en Egypte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en fait, il a d&#233;marr&#233; dans ce pays bien avant 2011 sur le terrain social et m&#234;me prol&#233;tarien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte des classes en Egypte en 2006-2009 - C'est la classe ouvri&#232;re qui a commenc&#233; &#224; &#233;branler le r&#233;gime et c'est elle qui peut le remplacer au pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 avril 2008, des manifestations avaient d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en affrontements dans la cit&#233; industrielle de Mahalla al-Kobra, un foyer de la contestation sociale situ&#233; dans le delta du Nil, faisant trois morts et des dizaines de bless&#233;s. Plus de 300 personnes avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles &#233;taient intervenues dans un climat de forte tension en raison d'une flamb&#233;e des prix et d'une crise du pain subventionn&#233;, les ouvriers de l'usine textile de Mahalla r&#233;clamant une augmentation des salaires et d'autres mesures pour combattre la chert&#233; de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La majorit&#233; des condamn&#233;s sont ainsi des ouvriers de ce secteur, &#226;g&#233;s de 30 &#224; 40 ans, a pr&#233;cis&#233; le responsable de la s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2006, la m&#234;me usine avait &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'un grand mouvement de contestation qui avait gagn&#233; le secteur textile public, le second au sein de l'industrie &#233;gyptienne, concentr&#233; dans le nord du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2008 : les ouvriers &#233;gyptiens et la population d&#233;fient le r&#233;gime de Moubarak&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de l'usine de textile Ghazl El-ahalla en &#201;gypte on organis&#233; une manifestation de masse dimanche dernier (17 f&#233;vrier 2008), appelant &#224; la fin du r&#233;gime, appuy&#233; par les USA, de Hosni Moubarak.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'usine de textile est la plus grande du Moyen-Orient. Ses 27 000 -travailleurs ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant pour amener le r&#233;gime &#224; des concessions &#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs sont sortis en masse de leur usine de chantant : &#034;&#192; bas, &#224; bas Moubarak ! Ton r&#233;gime, c'est la merde ! &#034;. Tandis qu'ils se r&#233;pandaient dans cette ville du Delta du Nil ville, ils ont &#233;t&#233; rejoints par environ 10 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression polici&#232;re en 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ces trois derni&#232;res ann&#233;es, l'Egypte a connu une puissante vague de gr&#232;ves, visant principalement &#224; lutter contre la privatisation, par le gouvernement Moubarak, de plusieurs compagnies d'Etat. Toutes ces gr&#232;ves sont &#171; ill&#233;gales &#187;. Fin 2004, elles ont d'abord affect&#233; le secteur textile, puis se sont &#233;tendues &#224; d'autres industries, les salari&#233;s ayant &#233;t&#233; encourag&#233;s par le fait que la plupart de ces gr&#232;ves se soldent par des victoires. Elles sont souvent accompagn&#233;es d'occupations. Depuis la fin de l'ann&#233;e 2006, cette vague de gr&#232;ves a atteint un niveau particuli&#232;rement &#233;lev&#233;. Comme &#224; son habitude, le gouvernement tente de trouver un bouc-&#233;missaire. Dans un certain nombre de villes, il a pris des mesures contre le Centre de Services pour les Syndicats et les Ouvriers (CTUWS). Le CTUWS est une structure ind&#233;pendante du gouvernement, qui d&#233;fend les travailleurs et les informe de leurs droits. Un article publi&#233; dans Al-Ahram, un hebdomadaire anglophone publi&#233; en Egypte, pr&#233;tend qu'un &#171; complot communiste &#187; est derri&#232;re ce mouvement. Les bureaucrates du gouvernement, la police et les tortionnaires des services secrets souscrivent tous &#224; cette th&#233;orie du complot. Ils accusent &#233;galement les Islamistes. Pour eux, il n'est pas imaginable que des ouvriers puissent avoir d'authentiques revendications, et que la d&#233;gradation de leurs conditions de vie les pousse &#224; se mobiliser. Il doit forc&#233;ment y avoir un conspirateur secret, un agitateur communiste ou islamiste derri&#232;re tout cela ! Cependant, pour quiconque regarde les choses en face, les racines du mouvement actuel sont &#233;videntes. La majeure partie de l'industrie &#233;gyptienne avait &#233;t&#233; nationalis&#233;e par Nasser, dans les ann&#233;es 60. Mais au cours des ann&#233;es 90, le gouvernement Moubarak, suivant les &#171; conseils &#187; du FMI, a mis en &#339;uvre un programme de privatisation massive de l'industrie &#233;gyptienne. Depuis 1999, plus de 100 entreprises publiques ont &#233;t&#233; vendues. L'un des secteurs les plus touch&#233;s fut l'industrie textile : le secteur priv&#233; contr&#244;le 58 % du filage du coton, contre 8 % avant les privatisations. R&#233;cemment, le gouvernement a lanc&#233; une deuxi&#232;me vague de privatisations, qui fut la cause directe de l'actuel mouvement de gr&#232;ves. Les ouvriers craignent de perdre leur statut de travailleurs du secteur public, avec les avantages et la s&#233;curit&#233; d'emploi qui y sont associ&#233;s. Le site internet du Middle East Report Online (MERIP) a publi&#233; un compte-rendu tr&#232;s int&#233;ressant d'une gr&#232;ve qui a &#233;clat&#233;, en d&#233;cembre 2006, dans une importante entreprise textile, &#224; Mahallah Al-Kubra, dans le delta du Nil. La gr&#232;ve a commenc&#233; lorsque les 24 000 ouvriers ont appris qu'une prime, qui leur avait &#233;t&#233; promise par le gouvernement, ne leur serait finalement pas pay&#233;e. La gr&#232;ve a dur&#233; quatre jours et fut accompagn&#233;e d'une occupation de l'usine. Quand la police est intervenue, le deuxi&#232;me jour du mouvement, les ouvriers en appel&#232;rent &#224; la solidarit&#233; des autres ouvriers et de la population de la localit&#233;. En r&#233;ponse, 20 000 personnes encercl&#232;rent l'entreprise pour d&#233;fendre les gr&#233;vistes. La police a du battre en retraite, et les gr&#233;vistes l'emport&#232;rent. Il est int&#233;ressant de noter le r&#244;le crucial qu'ont jou&#233; les femmes, dans cette gr&#232;ve. De fait, elles ont &#233;t&#233; encore plus militantes que les hommes. La gr&#232;ve a commenc&#233; lorsque 3000 ouvri&#232;res ont quitt&#233; leur poste et parcouru l'usine en chantant : &#171; O&#249; sont les hommes ? Voici les femmes ! &#187; Un t&#233;moin relate : &#171; les femmes &#233;taient encore plus d&#233;termin&#233;es que les hommes. Elles ont &#233;t&#233; l'objet d'intimidations et de menaces, mais elles ont tenu bon. &#187; Lorsqu'un mouvement mobilise les couches les plus opprim&#233;es &#8211; et habituellement les plus passives &#8211;, c'est un indice clair de sa profondeur et de son caract&#232;re potentiellement r&#233;volutionnaire. La victoire des gr&#233;vistes de Mahallah a encourag&#233; d'autres ouvriers &#224; passer &#224; l'action. Dans les mois qui ont suivi, des dizaines de milliers d'ouvriers du textile se sont mobilis&#233;s, dans le delta du Nil et &#224; Alexandrie. Cette magnifique gr&#232;ve eut &#233;galement des r&#233;percussions dans d'autres secteurs industriels que le textile, malgr&#233; l'absence d'une v&#233;ritable coordination. En d&#233;cembre, les travailleurs de cimenteries, &#224; Helwan et Tura, se mirent en gr&#232;ve, de m&#234;me que les salari&#233;s de l'industrie automobile, &#224; Mahallah. En janvier, ce fut le tour des cheminots, qui bloqu&#232;rent le train de premi&#232;re classe reliant le Caire &#224; Alexandrie, et furent spontan&#233;ment soutenus par les conducteurs du m&#233;tro du Caire. Les gr&#233;vistes expliqu&#232;rent qu'ils avaient &#233;t&#233; encourag&#233;s par la victoire des travailleurs de Mahallah. Des &#171; gr&#232;ves sauvages &#187; ont &#233;galement &#233;clat&#233; chez les &#233;boueurs, les conducteurs de minibus et de camions, ainsi que dans d'autres secteurs de la fonction publique. Les gr&#233;vistes ont protest&#233; contre l'accusation du gouvernement selon laquelle les islamistes &#233;taient derri&#232;re leur mouvement. Les ouvriers d'une usine, &#224; Kafr EL-Dawwar, &#171; ont &#233;nergiquement ni&#233; toute implication des Fr&#232;res Musulmans &#187;, selon le compte-rendu du MERIP. Mais l'une des caract&#233;ristiques les plus int&#233;ressantes de ces mouvements r&#233;side dans le fait que les ouvriers se rendent compte qu'ils ne luttent pas seulement pour des revendications imm&#233;diates, mais aussi, plus g&#233;n&#233;ralement, contre la politique du gouvernement. C'est probablement pour cette raison que, dans plusieurs endroits &#8211; y compris &#224; Mahallah &#8211;, les travailleurs s'efforcent de construire leurs propres organisations ind&#233;pendantes, d&#233;fiant les &#171; syndicats &#187; affili&#233;s &#224; l'Etat. Le MERIP rapporte : &#171; Il y a des signes clairs indiquant que les militants ouvriers du textile travaillent &#224; l'&#233;laboration d'un syst&#232;me de coordination nationale de leurs luttes. Un mois apr&#232;s la victoire de la gr&#232;ve &#224; Kafr Al-Dawwar, un texte sign&#233; par les Ouvriers de Kafr Al-Dawwar pour un Changement a &#233;t&#233; distribu&#233;, dans l'usine, et en appelait &#224; &#034; l'extension de la collaboration entre les ouvriers des entreprises qui ont fait gr&#232;ve, de fa&#231;on &#224; cr&#233;er des liens de solidarit&#233; et de partager notre exp&#233;rience &#034; &#187;. Voil&#224; ce qui inqui&#232;te le plus le gouvernement. C'est pour cela que, tout en faisant des concessions aux revendications des gr&#233;vistes, il s'attaque &#224; toute organisation susceptible de faciliter la coordination de l'action des travailleurs. Les bureaux du CTUWS, &#224; Najaa Hamadi et Mahalah, ont &#233;t&#233; ferm&#233;s, et la police a arr&#234;t&#233; des militants ouvriers dans tout le pays. L'image g&#233;n&#233;rale qui &#233;merge de ces conflits est celle d'une classe ouvri&#232;re en plein essor, qui gagne en confiance et commence &#224; tirer de s&#233;rieuses conclusions politiques. Selon Saber Barakat, du Comit&#233; de Coordination des Ouvriers, &#171; l'Egypte est au seuil d'une situation r&#233;volutionnaire. Le r&#233;gime est affaibli. Moubarak est occup&#233; &#224; organiser sa succession au profit de son fils, Gamal, mais pour la premi&#232;re fois depuis longtemps, nous pouvons dire avec confiance qu'une r&#233;volution ouvri&#232;re pointe &#224; l'horizon. &#187; Y. Malek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2008. &#034;De cette r&#233;volte du pain pourrait na&#238;tre une r&#233;volution&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche, dans une ville du nord-est de l'Egypte, ce qui devait n'&#234;tre qu'une simple gr&#232;ve de travailleurs a tourn&#233; &#224; l'&#233;meute, causant la mort d'une personne et provoquant au moins 150 arrestations. Un t&#233;moin de ces incidents et un membre des Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens commentent ce que les m&#233;dias ont d&#233;j&#224; surnomm&#233; &#034;la r&#233;volte du pain&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est parti d'un pr&#233;avis de gr&#232;ve, lanc&#233; par des ouvriers de Mahalla el-Kobra, pour demander l'augmentation du salaire minimum - actuellement de 115 livres &#233;gyptiennes (environ 15 euros). La gr&#232;ve n'a finalement pas eu lieu, mais elle a mis sous tension une population d&#233;j&#224; exasp&#233;r&#233;e par la vie ch&#232;re. Les &#233;meutes ont &#233;clat&#233; ce dimanche. Elles se sont calm&#233;es aujourd'hui, mais semblent pouvoir reprendre &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est de ce type de r&#233;volte populaire que peut na&#238;tre une r&#233;volution&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 2011, l'Egypte ouvri&#232;re a d&#233;j&#224; initi&#233; l'auto-organisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;ploiements policiers massifs, gaz lacrymog&#232;nes, bastonnades, arrestations : dimanche 6 avril, la &#034;Journ&#233;e de col&#232;re&#034; doubl&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, en 2008, ce sont les ouvriers du textile qui lan&#231;aient pour la premi&#232;re fois des mouvements de r&#233;volte contre la dictature via internet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution contre la dictature de Moubarak&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;25 janvier 2011. Journ&#233;e de r&#233;volte en Egypte : le commencement de la fin pour Moubarak ? Environ 15.000 personnes ont d&#233;fil&#233; mardi dans les rues du Caire o&#249; la police a tir&#233; des gaz lacrymog&#232;nes. D'autres rassemblements ont eu lieu dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 janvier 2011. Il y a le feu &#224; la maison Moubarak&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Moubarak d&#233;clare : &#034;J'ai pleinement conscience des aspirations l&#233;gitimes du peuple et je connais bien l'ampleur de leurs pr&#233;occupations et de leurs souffrances. (... ) La jeunesse d'Egypte est son atout le plus pr&#233;cieux.&#034; Mais selon lui, &#034;la fronti&#232;re est mince entre la libert&#233; et le chaos, et je penche pour la libert&#233; des gens &#224; exprimer leurs opinions autant que je tiens &#224; la n&#233;cessit&#233; de maintenir la s&#233;curit&#233; et la stabilit&#233; de l'Egypte&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des propos qui n'ont pas suffit &#224; calmer les rues du Caire, o&#249; soldats et habitants continuaient d'arpenter les rues apr&#232;s la forte mobilisation et les troubles de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 janvier 2011. L'anarchie r&#232;gne sur Le Caire apr&#232;s des manifestations meurtri&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
Des soldats faisant des &#034;V&#034; de la victoire &#224; l'adresse des manifestants, des sc&#232;nes de pillages, des bless&#233;s qui affluent dans les h&#244;pitaux : l'anarchie r&#233;gnait vendredi soir dans la capitale &#233;gyptienne apr&#232;s une journ&#233;e de manifestations meurtri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques heures apr&#232;s l'imposition d'un couvre-feu par le pr&#233;sident &#233;gyptien Hosni Moubarak, des camions militaires circulaient dans le centre-ville du Caire, pr&#232;s de la place de l'Op&#233;ra, et des militaires faisaient des &#034;V&#034; de la victoire &#224; la population, recueillant des applaudissements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des manifestants sont m&#234;me mont&#233;s sur des chars avec des militaires, et des policiers ont serr&#233; la main de manifestants, a constat&#233; un journaliste de l'AFP.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous ne voulons plus de Moubarak, nous ne voulons plus de ce gouvernement. Mais nous aimons l'arm&#233;e, les Egyptiens aiment leur arm&#233;e&#034;, a d&#233;clar&#233; Ehab Aley, un jeune manifestant, dont les propos ont re&#231;u l'assentiment des jeunes aux alentours.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous ne savons pas encore de quel c&#244;t&#233; est l'arm&#233;e (. . . )&#034;, a ajout&#233; un autre manifestant qui marchait avec des milliers d'autres dans le quartier Dokki deux heures apr&#232;s l'imposition du couvre-feu &#224; 18H00 (16H00 GMT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e a boucl&#233; le centre du Caire avec des chars d'assaut. &#034;L'arm&#233;e doit choisir entre l'Egypte et Moubarak&#034;, pouvait-on lire sur une grande banderole d&#233;ploy&#233;e dans le centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article1885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article1885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er f&#233;vrier 2011, date clef, l'Egypte populaire s'est soulev&#233;e contre Moubarak, le pouvoir et l'imp&#233;rialisme sont d&#233;bord&#233;s... Le peuple travailleur doit dicter sa loi et s'organiser dans ce but !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : la r&#233;volte sociale doit lib&#233;rer les soldats pour gagner... L'arm&#233;e du c&#244;t&#233; du peuple, c'est l'organisation des soldats ind&#233;pendante des officiers !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soldats, cessez d'ob&#233;ir &#224; un pouvoir assassin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : La derni&#232;re manoeuvre sanglante du pharaon... Le r&#233;gime manipule des faux manifestants &#034;pro-Moubarak&#034;, des policiers en civil ont charg&#233; les manifestants &#224; coups de b&#226;ton et de couteau, ou &#224; cheval et &#224; dos de dromadaire. Ce sont des assassins policiers et forces sp&#233;ciales en civil qui attaquent violemment les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, le pouvoir fabrique le chaos et se pr&#233;sente comme la seule garantie face au chaos ! Une seule issue : casser l'unit&#233; de l'arm&#233;e, entra&#238;ner les soldats avec le peuple travailleur, organis&#233;s tous les deux en comit&#233;s populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir a l&#226;ch&#233; ses assassins contre le peuple r&#233;volt&#233;, mensong&#232;rement appel&#233;s &#034;manifestants pro-Moubarak comme si des manifestants vont arriver tous en m&#234;me temps avec la m&#234;me fabrique de drapeaux, avec les m&#234;mes armes, des machettes et des grenades lacrymog&#232;nes (o&#249; de simples citoyens auraient pris ces armes ?) et il nous joue la com&#233;die selon laquelle il est en train d'essayer de s&#233;parer les combattants..... !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flammes de la col&#232;re se r&#233;pandent &#224; travers toute l'Egypte, et rien ne peut les arr&#234;ter. Le sort du r&#233;gime de Moubarak est en jeu. La seule perspective : gouvernement ouvrier en Egypte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une crise sociale qui traverse le Maghreb et le monde arabe et elle ne va pas &#234;tre r&#233;solue seulement en changeant quelques t&#234;tes gouvernantes. il faut un changement social radical. Seuls les travailleurs et les jeunes peuvent, en s'unissant aux soldats, offrir une issue ... le pouvoir aux travailleurs !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : le mar&#233;chal Tantaoui, nouveau pharaon d'Egypte, pr&#233;tend interdire les gr&#232;ves ouvri&#232;res mais l'Egypte enti&#232;re est en train de se mettre en gr&#232;ve. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi, entrent en gr&#232;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution &#034;tunisienne&#034; atteint l'Egypte. Le r&#233;gime de Moubarak vascille. Faisons le chuter !!! Dehors les g&#233;n&#233;raux assassins !!! Dehors les exploiteurs !!! Dehors le dictateur et dehors l'imp&#233;rialisme !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : multiplication des gr&#232;ves ouvri&#232;res dans la foul&#233;e des manifestations contre Moubarak. La classe ouvri&#232;re donne un tour nouveau &#224; la lutte. La premi&#232;re gr&#232;ve de six mille travailleurs du canal de Suez a notamment commenc&#233;... et tous les secteurs sont concern&#233;s : Textile, Tourisme, Sant&#233;, Employ&#233;s, Ouvriers agricoles, A&#233;roport du Caire, T&#233;l&#233;communications, journalistes, etc... Le prol&#233;tariat est en marche. Nul ne peut dire jusqu'o&#249; il va aller....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation monstre en Egypte le mardi 8 f&#233;vrier 2011. Cet apr&#232;s-midi, des dizaines de milliers de manifestants &#233;taient de nouveau rassembl&#233;s place Tahrir (&#034;Lib&#233;ration&#034;). Cette place du centre du Caire est devenue l'&#233;picentre d'un mouvement de contestation sans pr&#233;c&#233;dent qui r&#233;clame le d&#233;part du pr&#233;sident Moubarak. La r&#233;volte populaire entre dans sa troisi&#232;me semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation populaire dirige fermement Moubarak vers la sortie, qu'il le veuille ou pas... Dehors le dictateur mais surtout dehors la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en jeu, ce n'est pas le sort du seul dictateur qu'il s'appelle Moubarak ou Ben Ali qui importe, c'est celui de la domination des classes dirigeantes sur l'Egypte, le monde arabe, le Maghreb et m&#234;me le monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat d'Egypte a fait chuter Pharaon Moubarak - Lui seul peut en finir avec le syst&#232;me - Ce n'est qu'un d&#233;but, le combat continue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re victoire de la r&#233;volution en Egypte. Mensonges, mythes, calomnies et pi&#232;ges sur la r&#233;volution qui a d&#233;gag&#233; Moubarak. Rire, pleurer mais aussi comprendre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moubarak est d&#233;gag&#233; mais la r&#233;volution ne fait que commencer !!!! Moubarak a quitt&#233; Le Caire avec sa famille et il a quitt&#233; le pouvoir. C'est une grande victoire mais rien n'est r&#233;gl&#233;. L'arm&#233;e est toujours au pouvoir ainsi que les exploiteurs. L'Egypte est &#224; la fronti&#232;re entre une r&#233;volution sociale s'attaquant aux classes dirigeantes et d&#233;truisant l'Etat dictatorial de la bourgeoisie et une contre-r&#233;volution sanglante de l'arm&#233;e... On ne peut pas rester longtemps devant un tel abime...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves ouvri&#232;res face au pouvoir militaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve partout ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; dans toutes les branches de l'industrie : chez les travailleurs des t&#233;l&#233;com, les m&#233;caniciens du secteur ferroviaire, dans les arsenaux de Port-Sa&#239;d, et aussi gr&#232;ves de plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers d'usines de charbon, de coton, de textile, de m&#233;dicaments, de ciment, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e &#233;gyptienne, aux commandes du pays depuis que le pr&#233;sident Hosni Moubarak a d&#233;missionn&#233; et lui a remis le pouvoir, a appel&#233; lundi citoyens et syndicats &#224; cesser les gr&#232;ves, au moment o&#249; les mouvements sociaux prenaient de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors Mar&#233;chal Tataoui ! Dehors le Pharaon ! L'arm&#233;e dehors du pouvoir !! Le pouvoir au peuple ! D&#233;gage ! D&#233;gage !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le peuple veut la chute du Moushir [mar&#233;chal] ! &#187; entonnaient hier matin quelques centaines d'entre eux, visant directement le mar&#233;chal Tantawi, &#224; la t&#234;te du conseil militaire et pendant vingt ans ministre de la D&#233;fense sous Moubarak. D'autres pointaient du doigt les policiers. &#171; Ils emploient les m&#234;mes m&#233;thodes que sous Moubarak. &#034;Le r&#233;gime militaire est mort, est mort&#034;, crient les manifestants. &#034;Libert&#233;, libert&#233; !&#034; entend-on aussi. &#034;D&#233;gage !&#034;, &#034;Que tombe le gouvernement des militaires !&#034;, &#034;R&#233;volution, r&#233;volution, jusqu'&#224; la victoire !&#034; et &#034;Ni Tantawi, ni Ganzouri !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : &#224; bas le pouvoir militaire ! A bas la r&#233;pression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e a charg&#233; samedi &#224; la matraque des manifestants sur la place Tahrir du Caire au lendemain de graves violences qui ont fait neuf morts et plus de 300 bless&#233;s en plein processus &#233;lectoral en Egypte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces violences montrent que la tension ne retombe dans le pays arabe le plus peupl&#233;, dix mois apr&#232;s la chute de Hosni Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2017. Des milliers de travailleurs du textile en &#201;gypte font gr&#232;ve pour des salaires plus &#233;lev&#233;s et de meilleures conditions de travail en d&#233;fiant la dictature brutale du g&#233;n&#233;ral Abdel Fatah al-Sissi qui est soutenue par l'Occident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi, le site d'information Middle East Eye a rapport&#233; qu'au moins 16 000 travailleurs sont impliqu&#233;s dans le d&#233;brayage &#224; l'usine Misr Spinning and Weaving Company (MSWC), la plus importante usine textile d'&#201;gypte qui est situ&#233;e dans la ville de Mahalla al-Kubra, dans le Delta du Nil. MSWC emploi au total plus de 25 000 travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Six mille travailleurs ont d&#233;bray&#233; le 5 ao&#251;t pour exiger une augmentation des salaires et des avantages sociaux ainsi que le versement de primes dues. Le 8 ao&#251;t, 10 000 travailleurs suppl&#233;mentaires rejoignaient la gr&#232;ve en refusant de reprendre le travail apr&#232;s que la direction ait rencontr&#233; des repr&#233;sentants des travailleurs et offert une hausse de 10 pour cent du salaire de base. Les travailleurs ont rejet&#233; cette offre et ont d&#233;clar&#233; ne mettre fin &#224; la gr&#232;ve que si leurs revendications, qui incluent &#233;galement une augmentation de leur participation aux b&#233;n&#233;fices de la soci&#233;t&#233;, une augmentation de la contribution alimentaire et des changements dans la politique de promotion au sein de l'entreprise, &#233;taient respect&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des travailleurs en gr&#232;ve, qui a parl&#233; sous couvert de l'anonymat au journal en ligne &#233;gyptien Mada Masr, a signal&#233; que la gr&#232;ve s'&#233;tait &#233;tendue dans toute l'entreprise, dont huit filatures, sept usines de fabrication de v&#234;tements, une usine de filage de laine, un atelier, 11 usines de textile, ainsi que les services en charge du parc de v&#233;hicules, de l'&#233;lectricit&#233; et de l'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'un entretien avec le quotidien &#233;gyptien Al Ahram, Faisal Loksha, un dirigeant de la gr&#232;ve, a d&#233;crit la gr&#232;ve comme une &#171; derni&#232;re escalade &#187;. Il a dit : &#171; Au cours de ces derni&#232;res semaines, nous avons organis&#233; &#224; l'int&#233;rieur de l'usine, en dehors des heures de travail, des rassemblements de courte dur&#233;e pour exiger ces augmentations. Nos demandes n'ayant pas &#233;t&#233; respect&#233;es, nous avons d&#233;cid&#233; de faire une gr&#232;ve totale &#224; l'usine. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mahalla al-Kubra est un centre historique de la lutte ouvri&#232;re en &#201;gypte. Les travailleurs de MSWC avaient organis&#233; en 2006 et en 2008 des gr&#232;ves massives contre le r&#233;gime de l'ancien dictateur Hosni Moubarak en jouant un r&#244;le cl&#233; dans les luttes r&#233;volutionnaires de masse en 2011 qui ont fait chuter Moubarak. En d&#233;cembre 2012, en plein milieu de l'opposition croissante de la classe ouvri&#232;re au pr&#233;sident islamiste Mohamed Morsi, les travailleurs et les &#233;tudiants de Mahalla s'&#233;taient d&#233;clar&#233;s &#171; ind&#233;pendants &#187; de ce qu'ils ont appel&#233; &#171; l'&#201;tat des Fr&#232;res musulmans &#187; de Morsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'actuelle gr&#232;ve &#224; Mahalla refl&#232;te l'opposition croissante de la classe ouvri&#232;re &#224; la dictature militaire contre-r&#233;volutionnaire d'al-Sissi qui, depuis le coup d'&#201;tat militaire de juillet 2013 contre Morsi, a tu&#233; et emprisonn&#233; des dizaines de milliers d'opposants politiques et s'appr&#234;te maintenant &#224; perp&#233;trer une attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre la classe ouvri&#232;re. Le 22 mai, les forces de s&#233;curit&#233; avaient violemment dispers&#233; une gr&#232;ve sur le tas &#224; l'usine de ciment Tourah Cement Company au sud du Caire. 32 travailleurs de cette usine priv&#233;e furent emprisonn&#233;s pour avoir exig&#233; des contrats &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?breve610&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?breve610&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un an du d&#233;but de la r&#233;volution, alors que Moubarak est jug&#233; pour ses violences contre le peuple, la r&#233;pression violente est toujours exerc&#233;e par le pouvoir militaire qui lui a succ&#233;d&#233;. Le pouvoir tue plus que jamais les r&#233;volt&#233;s d'Egypte...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e cherche aujourd'hui &#224; s'attribuer le m&#233;rite d'avoir renvers&#233; Moubarak alors qu'elle ne pouvait &#224; l'&#233;poque r&#233;primer sans prendre le risque d'une r&#233;volte des soldats et d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne dans les entreprises. C'est mensonger de pr&#233;tendre que la hi&#233;rarchie militaire ait pris le parti des manifestants ! Ils ont fait la part des choses : plut&#244;t l&#226;cher Moubarak pour garder le pouvoir politique et &#233;conomique ! C'est aussi le choix que leur conseillait l'imp&#233;rialisme...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil militaire qui dirige l'Egypte depuis la chute de Moubarak est l'organisateur de la r&#233;pression &#224; grande &#233;chelle contre quiconque pr&#233;tend le renverser. Il n'a fait chuter le Ra&#239;s que parce celui-ci provoquait un soul&#232;vement qui d&#233;passait largement la jeunesse et &#233;tait en train de s'&#233;tendre massivement &#224; toute la classe ouvri&#232;re. En s'appuyant sur les syndicats, en l&#226;chant du lest sur le terrain social, en proposant aux islamistes de gouverner, en s'acoquinant avec quelques &#034;d&#233;mocrates&#034;, la classe dirigeante esp&#232;re se sortir de la r&#233;volution. Il s'agit de ramener le peuple travailleur &#224; l'&#233;poque o&#249; la peur faisait taire, o&#249; le peuple ne s'exprimait pas, ne s'organisait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte qui a &#233;t&#233; men&#233;e contre Moubarak d'abord puis contre l'arm&#233;e ne peut pas s'arr&#234;ter aux portes du pouvoir. Elle d&#233;passe le cadre d'une &#034;d&#233;mocratisation&#034; du r&#233;gime et de la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte de l'arm&#233;e contre le peuple d&#233;passe, elle aussi, une simple remise &#224; l'ordre. Elle vise l'&#233;crasement du peuple travailleur et de la jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;thodes sont la r&#233;pression et une campagne de discr&#233;dit contre les r&#233;volutionnaires tax&#233;s d'&#234;tre vendus &#224; des forces &#233;trang&#232;res. D'o&#249; les enqu&#234;tes et arrestations de militants pour fabriquer une th&#232;se du complot contre l'Egypte. Le haut conseil militaire d&#233;fend ainsi les int&#233;r&#234;ts de la classe dirigeante dont il est une part importante, l'arm&#233;e &#233;gyptienne s'&#233;tant sous Sadate et Moubarak, empar&#233;e des entreprises les plus juteuses du pays...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces arm&#233;es ont trouv&#233; un point d'appui solide pour maintenir leur ordre en la personne des organisations islamistes. Celles-ci ont encore un certain cr&#233;dit populaire et ont profit&#233; de l'absence d'autres organisations aupr&#232;s des masses les plus d&#233;munies. Elles ont profit&#233; aussi du r&#233;formisme des organisations syndicales qui les am&#232;ne &#224; refuser tout r&#244;le politique ind&#233;pendant &#224; la classe ouvri&#232;re. R&#233;sultat : les islamistes acc&#232;dent au pouvoir progressivement en acceptant le gouvernement impos&#233; par la conseil des forces arm&#233;es et en discutant avec la bourgeoisie &#233;gyptienne et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ! Voil&#224; un beau soutien &#224; l'exploitation et &#224; l'oppression. Les forces islamistes se donnent souvent un petit air radical et populaire, mais elles n'ont jamais remis en cause la bourgeoisie et sa domination. Elles se pr&#233;sentent en Egypte en sauveur du pouvoir bourgeois. Cela doit &#234;tre soulign&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution en Egypte a encore bien des moyens de nous surprendre. Les analystes, ne l'oublions pas, avaient affirm&#233; que Ben Ali pouvait tomber mais pas Moubarak. Aujourd'hui ils minimisent la part prise par les gr&#232;ves ouvri&#232;res dans la d&#233;cision des autorit&#233;s d'&#233;carter Moubarak et aujourd'hui de la juger.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe dirigeante, elle, ne minimise pas le risque de r&#233;volution prol&#233;tarienne dans un pays dont la capitale est l'une des plus prol&#233;taris&#233;es du monde ! Mais elle a d'autant plus de raison de ne rien c&#233;der sur le fond...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte en 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apparente opposition des chefs militaires &#224; la venue au pouvoir des Fr&#232;res Musulmans, leur semblant d'h&#233;sitation, leur refus d'ent&#233;riner le parlement islamiste, leur acceptation apparemment forc&#233;e du nouveau pr&#233;sident, est indispensable &#224; l'arm&#233;e pour faire de cette opposition une v&#233;ritable base de la soci&#233;t&#233;. C'est l&#224; le jeu des chefs militaires contre la r&#233;volution. Les Fr&#232;res Musulmans sont, les militaires le savent, favorables aux classes dirigeantes, m&#234;me s'ils ont une v&#233;ritable base populaire et ils sont hostiles au prol&#233;tariat. Ils peuvent servir aux classes dirigeantes, en grande partie d'origine militaire, de paravent et d&#233;tourner une partie du m&#233;contentement populaire, du moins dans un premier temps. Ensuite, quand ils se seront suffisamment discr&#233;dit&#233;s, les militaires estiment que la r&#233;volution sera assez d&#233;courag&#233;e et d&#233;boussol&#233;e pour qu'ils puissent reprendre leur dictature sous une forme classique ou en rempla&#231;ant le pr&#233;sident par une &#233;manation de la caste militaire. Ils ne savent pas eux-m&#234;mes si un tel stratag&#232;me sera vraiment suffisant pour calmer le volcan politique et social que repr&#233;sente l'Egypte post-Moubarak. Ils ne savaient pas hier s'il aurait suffi de l&#226;cher le Ra&#239;s et aujourd'hui ils ignorent s'il suffira de d&#233;velopper un jeu &#224; deux avec les islamistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est certain, c'est qu'aucun des probl&#232;mes &#233;conomiques, politiques et sociaux du pays ne peuvent &#234;tre r&#233;gl&#233;s dans le cadre que les islamistes sont appel&#233;s &#224; g&#233;rer. Et ce pour plusieurs raisons fondamentales. La premi&#232;re est que la r&#233;volution d'Egypte n'est pas fond&#233;e seulement sur une hostilit&#233; &#224; Moubarak ni m&#234;me sur une simple aspiration &#224; plus de libert&#233;. Il y a une demande sociale profonde, et m&#234;me prol&#233;tarienne, dans toute la r&#233;volution du Maghreb et du monde arabe et aussi une perte g&#233;n&#233;rale de confiance dans les perspectives offertes par les classes dirigeantes dans le cadre d'un capitalisme en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident islamiste Morsi et le parti des fr&#232;res musulmans au gouvernement ont &#233;chou&#233; &#224; r&#233;tablir le calme en Egypte, &#233;chou&#233; &#224; faire repartir l'&#233;conomie, &#233;chou&#233; &#224; obtenir le soutien de la population des villes, &#233;chou&#233; &#224; satisfaire les aspirations des milieux populaires, &#233;chou&#233; &#224; r&#233;duire le ch&#244;mage et la mis&#232;re, &#233;chou&#233; &#224; &#233;craser les manifestants malgr&#233; des moyens de r&#233;pression impressionnants, &#233;chou&#233; en somme &#224; d&#233;tourner la r&#233;volution sociale commenc&#233;e par la chute de Moubarak. Cela ne veut pas dire que la r&#233;volution n'ait pas encore devant elle de nombreuses tromperies et surtout celle de l'arm&#233;e. L'arm&#233;e pourrait en effet en profiter pour pr&#233;senter le g&#233;n&#233;ral Sissi comme un recours et comme un leader populaire, ce que le g&#233;n&#233;ral Tantaoui n'avait jamais &#233;t&#233; depuis la chute de Moubarak&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, l'incapacit&#233; des fr&#232;res musulmans &#224; accoucher d'un programme socio-&#233;conomique authentique, diff&#233;rent et en m&#234;me temps alternatif &#224; celui de la d&#233;funte oligarchie de Moubarak, se fait de plus en plus sentir dans les milieux populaires. Elle provient justement du fait qu'ils ne sont que le cache-sexe de la dictature &#233;conomique des cadres de l'arm&#233;e, patrons des trusts &#233;gyptiens. C'est pour ce r&#244;le que les dirigeants de l'arm&#233;e les ont laiss&#233; se discr&#233;diter au pouvoir en pensant clairement : ils vont s'y user&#8230;. Et apr&#232;s, on verra bien, on pourra toujours les renverser !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les islamistes et les forces polici&#232;res se sont seulement discr&#233;dit&#233;s aux yeux des r&#233;volt&#233;s des grandes villes d'Egypte. La r&#233;pression f&#233;roce avec des viols syst&#233;matiques des manifestantes organis&#233;s par des bandes de tueurs pay&#233;s par les services d'Etats, tout cela a contribu&#233; &#224; semer encore plus la haine du nouveau pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la r&#233;volution doit continuer en Egypte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers &#233;gyptiens sont toujours contre le pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours de la classe ouvri&#232;re que le pouvoir &#233;gyptien a eu peur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=H-FZyfD2VN8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=H-FZyfD2VN8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le lien entre catastrophes (&#233;ruptions volcaniques, s&#233;ismes, m&#233;t&#233;orologie...) et les r&#233;voltes et r&#233;volutions</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9452</link>
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		<dc:date>2026-03-26T23:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lien entre &#233;ruptions volcaniques, s&#233;ismes, catastrophes m&#233;t&#233;orologiques ou climatiques et&#8230; r&#233;voltes ou r&#233;volutions politiques et sociales&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand les peuples ont saisi l'occasion d'un tremblement de terre, d'une &#233;ruption volcanique, d'une catastrophe m&#233;t&#233;orologique ou climatique comme signal du moment o&#249; il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frapp&#233; la soci&#233;t&#233; humaine que sa structure s'est compl&#232;tement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;1er chapitre : La marque sociale des r&#233;volutions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le lien entre &#233;ruptions volcaniques, s&#233;ismes, catastrophes m&#233;t&#233;orologiques ou climatiques et&#8230; r&#233;voltes ou r&#233;volutions politiques et sociales&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand les peuples ont saisi l'occasion d'un tremblement de terre, d'une &#233;ruption volcanique, d'une catastrophe m&#233;t&#233;orologique ou climatique comme signal du moment o&#249; il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frapp&#233; la soci&#233;t&#233; humaine que sa structure s'est compl&#232;tement effondr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas seulement entrain&#233; parfois un changement de r&#233;gime mais aussi &#233;ventuellement un changement de mode de production ou m&#234;me la fin d'une civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard que l'on compare souvent les r&#233;volutions &#224; des catastrophes naturelles. On appelle la r&#233;volution : &#171; le volcan social &#187;, &#171; le s&#233;isme r&#233;volutionnaire &#187;, &#171; le maelstr&#246;em &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les catastrophes naturelles n'ont pas fait la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; elles seules, mais elles ont pr&#233;par&#233; le terrain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;cheresses, inondations, gels, orages&#8230; La m&#233;t&#233;o ex&#233;crable des ann&#233;es 1787 et 1788 a fait flamber les prix du pain et pouss&#233; les Fran&#231;ais dans la rue. Si elle n'a pas caus&#233; la R&#233;volution, elle a lanc&#233; la m&#233;canique de la r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/le-grand-orage-de-la-revolution-francaise-1780518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/le-grand-orage-de-la-revolution-francaise-1780518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juin 1783, le Laki, un volcan islandais, entre dans une terrible &#233;ruption qui va durer huit mois. La terre s'ouvre sur 25 kilom&#232;tres et 130 crat&#232;res vomissent quelque 15 kilom&#232;tres cubes de lave. &#171; Il a r&#233;gn&#233; cette ann&#233;e, pendant les trois premi&#232;res semaines de juillet, des brouillards fort &#233;pais &#187;, note le cur&#233; de Cogny (Rh&#244;ne). Dans le m&#234;me temps au Japon, le mont Asama est aussi en &#233;ruption. De mai &#224; ao&#251;t 1783, le volcan nippon crache ses fum&#233;es dans l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet conjugu&#233; des deux &#233;ruptions produit un nuage de cendres si dense qu'il occulte le rayonnement solaire, faisant baisser les temp&#233;ratures en Europe. &#171; Ces fameux brouillards secs bleu&#226;tres d'odeur sulfureuse, r&#233;sultat de rejet d'a&#233;rosols sulfat&#233;s par le volcan, sont d&#233;crits en Allemagne, en Ecosse, aux Pays-Bas &#187;, explique le volcanologue Philippe Rocher, directeur adjoint au BRGM (service g&#233;ologique national). A partir de 1783, la France conna&#238;t hivers frigorifiques et printemps catastrophiques, avec orages, pluies diluviennes, gr&#234;les ou s&#233;cheresses. On compte les morts par milliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une s&#233;rie d'ann&#233;es difficiles, la r&#233;colte de 1788 est m&#233;diocre et l'hiver glacial (&#8211; 6,8 &#176;C en moyenne en d&#233;cembre &#224; Paris). Le prix du bl&#233; flambe. La situation des paysans est d&#233;sesp&#233;r&#233;e. La R&#233;volution &#233;clate en 1789 sur fond de disette. Le 5 octobre 1789, un cort&#232;ge de 7 000 Parisiennes se met en marche vers Versailles. Elles crient : &#171; Du pain ! &#187;, fourche et pique &#224; la main. Leur col&#232;re contraint le roi et sa cour &#224; quitter le palais du Roi-Soleil pour Paris. Pour la monarchie, les d&#233;s sont jet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-catastrophes-naturelles-accelerent-lhistoire-11149783/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-catastrophes-naturelles-accelerent-lhistoire-11149783/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ruptions du Laki, en Islande et de l'Asama, au Japon sont-elles la cause de la r&#233;volution Fran&#231;aise ? Le volcanologue le penserait certainement. L'historien, sans doute, nuancerait cette affirmation en &#233;mettant l'id&#233;e qu'elles furent probablement un &#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de l'Histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/volcanologie-14-juillet-volcans-revolution-654/page/4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/volcanologie-14-juillet-volcans-revolution-654/page/4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains opposent, dans la chute de civilisations, les causes naturelles aux r&#233;volutions alors que les deux ne s'opposent pas mais se composent&#8230; Par contre, il est faux de dire que ce seraient les d&#233;sordres climatiques qui, tous seuls, auraient provoqu&#233; l'effondrement des grandes civilisations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article8661&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.org/spip.php?article8661&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les civilisations sont-elles vou&#233;es &#224; dispara&#238;tre ... brutalement ? Parce que tout syst&#232;me social a des limites et que, lorsque celles-ci sont atteintes, les exploit&#233;s se r&#233;voltent et veulent le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des auteurs ne veulent surtout pas voir une lutte de classes comme cause de la chute des anciennes civilisations, non pas pour des raisons scientifiques mais pour exclure la lutte des classes du prol&#233;tariat comme cause de chute du monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centr&#233;e sur la soci&#233;t&#233; de l'&#238;le de P&#226;ques, l'ouvrage &#171; Effondrement &#187; de Jared Diamond pr&#233;sente la th&#232;se &#233;cologiste de l'environnement comme cause premi&#232;re des effondrements de civilisations. M&#234;me si c'est effectivement sa th&#232;se centrale, l'auteur ne s'en est pas content&#233;. Il a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; relever que les soci&#233;t&#233;s ont chang&#233;, ou sont disparues, du fait de r&#233;volutions. S'il d&#233;bute en r&#233;sumant sa th&#232;se en expliquant que : &#171; L'histoire de l'&#238;le de P&#226;ques nous rapproche aussi pr&#232;s que possible d'un cas &#171; pur &#187; d'effondrement d&#251; &#224; des facteurs &#233;cologistes &#8211; ici la d&#233;forestation totale qui conduisit &#224; la guerre, au renversement des &#233;lites, ainsi qu'&#224; la disparition massive de la population. &#187; Jared Diamond a particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233; cette derni&#232;re th&#232;se dans les cas des Vikings, du peuple des pierres dress&#233;es de l'ile de P&#226;ques et des Mayas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord que le cas des 5.000 Vikings du Groenland, dont Diamond fait grand cas, doit &#234;tre mis &#224; l'&#233;cart puisque, selon l'auteur lui-m&#234;me, l'effondrement de cette colonie s'expliquerait par l'incapacit&#233; et le refus de ses membres de changer leur mode de vie pour s'adapter au &#171; Petit Age Glaciaire &#187; : il s'agirait donc d'une catastrophe naturelle, pas d'une catastrophe &#233;cologique &#171; anthropique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'absence de traces de r&#233;volutions sociales qui guide de tels travaux mais un choix social et politique : &#233;carter ces faits. M&#234;me s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due &#224; des causes sociales qui a d&#233;cim&#233; sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe &#233;cologique li&#233;e &#224; la surexploitation des ressources agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas exact que tous les scientifiques rejoignent la th&#232;se de Jared Diamond et des des &#233;colo-climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, par exemple, une interview de Norman Yoffee :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La notion d'effondrement des civilisations a aujourd'hui une grande r&#233;sonance &#224; cause des inqui&#233;tudes suscit&#233;es par le r&#233;chauffement climatique. (...) de nombreuses recherches ont &#233;t&#233; effectu&#233;es, par exemple dans le best seller de Jared Diamond &#034;Collapse of civilisations&#034;. mais il faut les lire avec pr&#233;caution (...) Lorsqu'on &#233;tudie de pr&#232;s les raisons qui ont conduit des soci&#233;t&#233;s du pass&#233; &#224; de profonds changements - en M&#233;sopotamie mais aussi dans la vall&#233;e de l'Indus avec la civilisation d'Harappa, o&#249; entre 3000 et 2000 avant notre &#232;re les villes fleurissent avant d'&#234;tre totalement abandonn&#233;es, ou encore en Am&#233;rique, o&#249; les Mayas fondent des grandes villes &#224; partir de 200 avant notre &#232;re pour en abandonner certaines aux alentours de 900 - on s'aper&#231;oit que ces changements, pour la plupart, ne sont pas dus &#224; une d&#233;gradation de l'environnement. Certes, les hommes ont alt&#233;r&#233; leur environnement de nombreuses mani&#232;res. Ils ont coup&#233; les for&#234;ts, tu&#233; certains animaux, en ont introduit d'autres. Aucun syst&#232;me politique ne s'est pourtant jamais effondr&#233; du fait de ces seules alt&#233;rations. (...) Je voudrais dire un mot d'un autre exemple, souvent cit&#233; en mati&#232;re d'effondrement, celui des Mayas. Dans la r&#233;gion habit&#233;e autrefois par les Mayas, certaines villes ont tr&#232;s certainement &#233;t&#233; abandonn&#233;es. Manifestement un &#233;v&#233;nement grave s'est produit. (...) Comment des Etats riches et puissants, aux souverains redout&#233;s et aux monuments grandioses, ont-ils pu dispara&#238;tre compl&#232;tement de la surface de la Terre au point que parfois la signification m&#234;me de leurs ruines a sombr&#233; dans l'oubli ? La question a fascin&#233; toutes les &#233;poques : les penseurs du 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cle ont tent&#233; d'y r&#233;pondre sa r&#233;f&#233;rant &#224; des auteurs de la Renaissance - qui &#224; son tour cite des Romains, qui eux-m&#234;mes renvoient &#224; H&#233;rodote et autres Grecs... Pour les fondateurs du communisme, le renversement violent des formes sociales d&#233;pass&#233;es &#233;tait dans la logique naturelle de l'&#233;volution historique. (...) La fragilit&#233; naturelle des soci&#233;t&#233;s humaines, surtout au-del&#224; d'un certain degr&#233; de complexit&#233;, a &#233;t&#233; soulign&#233;e par de nombreux sp&#233;cialistes. (...) Les soci&#233;t&#233;s poss&#233;dant un Etat et une soci&#233;t&#233; urbaine sont facilement d&#233;stabilis&#233;es par des perturbations (...) L'anthropologue am&#233;ricain George Cowgil met lui aussi en garde contre la tentation de supposer que les soci&#233;t&#233;s sont naturellement des entit&#233;s stables : &#034;J'incline fortement &#224; penser que l'id&#233;e que n'importe quel Etat ait jamais fonctionn&#233; v&#233;ritablement harmonieusement n'est qu'un mythe propag&#233; par les &#233;lites dirigeantes. M&#234;me dans les meilleurs jours, la plupart des Etats ont probablement &#233;t&#233; des &#233;difices assez brinquebalants, aux mieux &#224; moiti&#233; compris par les gens qui les ont construits, maintenus, subis ou combattus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours que l'on entend tous les jours dans les m&#233;dias, devenu pens&#233;e unique, est le suivant : l'homme veut trop de richesses et a &#233;puis&#233; la terre. Il doit faire des sacrifices s'il veut la pr&#233;server pour les g&#233;n&#233;rations futures. Cette vision, pr&#233;tendument fond&#233;e sur les sciences, dresse le tableau d'une crise de l'humanit&#233; qui ne serait pas celle du capitalisme, pourtant bel et bien pr&#233;sente, mais celle des individus qui en veulent trop. Elle se fonde sur l'id&#233;e que la terre serait fond&#233;e sur des &#233;quilibres que l'homme d&#233;truirait : &#233;quilibre de la biodiversit&#233; ou &#233;quilibre du climat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle pr&#233;tend surfer sur l'ambiance de peur caus&#233;e par la crise syst&#233;mique du capitalisme afin de la d&#233;tourner et m&#234;me d'en profiter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophiquement et scientifiquement, elle est infond&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image d'un pass&#233; &#233;quilibr&#233; au plan de la biodiversit&#233; et du climat est totalement imaginaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;canismes du climat et ceux du vivant sont fond&#233;s non sur un &#233;quilibre fixe mais sur des multiples &#233;quilibres instables sans cesse remis en question et qui sont construits successivement par des m&#233;canismes de r&#233;troactions fond&#233;s sur des contradictions et agissant non &#224; un seul niveau de structure mais entre plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toujours synonymes de catastrophes, les s&#233;ismes ont marqu&#233; l'histoire des hommes comme un acc&#233;l&#233;rateur des transformations sociales ou &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/la-terre-les-oceans-le-climat/les-seismes-et-les-risques-sismiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/la-terre-les-oceans-le-climat/les-seismes-et-les-risques-sismiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement se produit lorsque l'alt&#233;ration du climat met en p&#233;ril l'&#233;quilibre entre la population et les ressources disponibles pour le maintenir, g&#233;n&#233;rant g&#233;n&#233;ralement un conflit qui conduit &#224; la gen&#232;se de ph&#233;nom&#232;nes violents tels que des r&#233;volutions ou des guerres, car les m&#233;canismes r&#233;gulateurs internes des formations sociales n'existent plus ou sont incapables de contrecarrer ses effets n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ruption de Th&#233;ra (Santorin, Gr&#232;ce) vers 1 600 av. J.-C. a &#233;t&#233; l'une des plus puissantes de l'histoire. Elle a eu un impact majeur sur la florissante civilisation minoenne et des r&#233;percussions sur la proche civilisation myc&#233;nienne, commercialement li&#233;e aux Minoens. Une quantit&#233; massive de cendres a recouvert l'&#238;le de Santorin et lors de la formation d'une caldeira, une partie de l'&#238;le a &#233;t&#233; submerg&#233;e dont la ville antique d'Akrotiri. Cette &#233;ruption pourrait d'ailleurs avoir inspir&#233; le mythe de l'Atlantide, racont&#233; par Platon dans ses &#171; Dialogues &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces impacts majeurs mais locaux, l'&#233;ruption de Th&#233;ra a projet&#233; une immense quantit&#233; de cendres et d'a&#233;rosols dans l'atmosph&#232;re, provoquant des changements climatiques temporaires. L'&#171; hiver volcanique &#187; li&#233; aux a&#233;rosols a pu modifier le cycle des moussons et s&#233;cheresses contribuant &#224; de mauvaises r&#233;coltes dont t&#233;moigne le Papyrus &#233;gyptien d'Ipou-Our, d&#233;crivant de telles famines, ainsi que diverses catastrophes naturelles sous le r&#232;gne d'Ahm&#244;sis I&#7497;&#691; (vers 1550-1525 avant J.-C.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, d'autres &#233;ruptions majeures ont marqu&#233; l'histoire et notamment &#224; la fin du XVIII si&#232;cle (1783-1784), lorsque le volcan Laki (Lakagigar) entra en &#233;ruption en Islande : 12 km de lave s'&#233;chapp&#232;rent alors d'une fissure de 30 km de long lib&#233;rant de grandes quantit&#233;s de fluorures dans l'atmosph&#232;re. Ces compos&#233;s, une fois retomb&#233;s sur les p&#226;turages, provoqu&#232;rent une contamination massive intoxiquant le b&#233;tail (maladies osseuses, dentaires et mort de nombreuses b&#234;tes). Pr&#232;s de 50 % du b&#233;tail islandais aurait p&#233;ri et 20 % de la population islandaise (soit environ 10 000 personnes) aurait succomb&#233; &#224; la famine cr&#233;&#233;e par cet &#233;v&#232;nement causant l'une des plus grandes catastrophes d&#233;mographiques dans l'histoire de l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de l'Islande, les &#233;missions de gaz soufr&#233;s du Laki ont &#233;t&#233; suffisamment massives pour entrainer un refroidissement global (hiver volcanique) et un hiver particuli&#232;rement froid en Europe, affectant les r&#233;coltes, notamment en France, et contribuant &#224; des p&#233;nuries alimentaires qui ont exacerb&#233; les tensions &#233;conomiques et sociales. Ces conditions ont &#233;t&#233; le terreau de la R&#233;volution fran&#231;aise (1789) qui elle-m&#234;me a inspir&#233; multiples soul&#232;vements en Europe et dans le monde. L'histoire politique a ainsi &#233;t&#233; mise en mouvement par une &#233;ruption volcanique pourtant tr&#232;s peu explosive, et dont les volumes &#233;mis peuvent para&#238;tre d&#233;risoires, notamment s'ils sont compar&#233;s &#224; d'autres &#233;v&#232;nements &#233;ruptifs document&#233;s aux &#233;chelles de temps g&#233;ologiques comme la mise en place des grandes provinces magmatiques (Deccan, Sib&#233;rie, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/environnement/comment-les-grandes-eruptions-volcaniques-ont-influence-l-histoire-mondiale-22054556.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/environnement/comment-les-grandes-eruptions-volcaniques-ont-influence-l-histoire-mondiale-22054556.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Egypte en 2200 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici le genre de commentaires que l'on lit souvent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'&#201;gypte des pharaons, autrefois prosp&#232;re gr&#226;ce aux crues du Nil, a vu son empire s'effondrer sous l'effet de s&#233;cheresses prolong&#233;es. Ces bouleversements climatiques ont entra&#238;n&#233; famines, r&#233;voltes et invasions, pr&#233;cipitant la chute du Nouvel Empire. Cette histoire met en lumi&#232;re l'impact crucial du climat sur les civilisations.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-legypte-des-pharaons-sest-effondree-et-ce-que-cela-revele-sur-notre-propre-civilisation-192281.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-legypte-des-pharaons-sest-effondree-et-ce-que-cela-revele-sur-notre-propre-civilisation-192281.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est surtout le r&#244;le des r&#233;volutions que cela souligne. Le climat n'est pas la seule catastrophe qui d&#233;stabilise une soci&#233;t&#233;. Il y a aussi les tremblements de terre, les volcans et bien d'autres catastrophes qui prennent un caract&#232;re catastrophique dans une soci&#233;t&#233; d&#233;j&#224; d&#233;stabilis&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;gypte, la chute de l'Ancien Empire, &#224; la fin du r&#232;gne de P&#233;pi II en 2200 avant J.-C. : une insurrection a fait chuter durablement le r&#232;gne des Pharaons&#8230; C'est la r&#233;volution qui a pill&#233; la tombe de P&#233;pi II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de faits climatiques ne supprime pas l'importance des r&#233;volutions sociales et politiques qui ont men&#233; &#224; la chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tremblement de terre &#224; la chute de l'empire romain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 365 apr&#232;s J.-C. ! Un tremblement de terre titanesque suivi d'un tsunami d&#233;vastateur a laiss&#233; une marque ind&#233;l&#233;bile sur l'histoire, secouant des villes jusqu'en Cr&#232;te, &#201;gypte et au Levant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde ann&#233;e du r&#232;gne de Valentinien et de Valens, le 21 du mois de juillet, pendant la matin&#233;e, un tremblement de terre violent et destructeur &#233;branla presque toute la surface du globe occup&#233;e par l'Empire romain. Le mouvement se communiqua aux mers ; les rives baign&#233;es ordinairement par la M&#233;diterran&#233;e rest&#232;rent &#224; sec ; on prit &#224; la main une quantit&#233; immense de poissons. De grands vaisseaux se trouv&#232;rent enfonc&#233;s dans la bourbe, et la retraite des flots offrit &#224; l'&#339;il ou plut&#244;t &#224; l'imagination, flatt&#233;e de ce singulier tableau[1], des montagnes et des vall&#233;es, qui, depuis la formation du monde, n'avaient jamais &#233;t&#233; expos&#233;es aux rayons du soleil. Mais au retour de la mar&#233;e, les eaux s'&#233;lanc&#232;rent avec une imp&#233;tuosit&#233; et un poids irr&#233;sistibles, qui caus&#232;rent les plus grands d&#233;sastres sur les c&#244;tes de la Sicile, de la Dalmatie, de la Gr&#232;ce et de l'&#201;gypte. De grands bateaux furent entra&#238;n&#233;s et plac&#233;s sur les toits des maisons, ou &#224; la distance de deux milles du rivage ordinaire. Les maisons englouties disparurent avec leurs habitans, et la ville d'Alexandrie a perp&#233;tu&#233;, par une c&#233;r&#233;monie annuelle, le souvenir de l'inondation funeste qui co&#251;ta la vie &#224; cinquante mille de ses citoyens. Cette calamit&#233;, dont le r&#233;cit s'exag&#233;rait en passant d'une province &#224; l'autre, frappa tout l'empire d'&#233;tonnement et d'&#233;pouvante, et les imaginations effray&#233;es &#233;tendirent les cons&#233;quences d'un malheur momentan&#233;. On se rappelait les tremblemens de terre pr&#233;c&#233;dens, qui avaient d&#233;truit les villes de la Palestine et de la Bithynie, et les Romains &#233;taient dispos&#233;s &#224; regarder ces coups terribles comme l'annonce de malheurs encore plus affreux. Leur vanit&#233; timide confondait les sympt&#244;mes du d&#233;clin de leur empire avec ceux de la fin du monde[2]. On avait alors pour habitude d'attribuer tous les &#233;v&#233;nemens extraordinaires &#224; une volont&#233; particuli&#232;re de la Divinit&#233;. Tous les ph&#233;nom&#232;nes de la nature se trouvaient li&#233;s par une cha&#238;ne invisible aux opinions morales ou m&#233;taphysiques de l'esprit humain, et les plus profonds th&#233;ologiens pouvaient indiquer, d'apr&#232;s l'esp&#232;ce de leurs pr&#233;jug&#233;s, comment l'&#233;tablissement de l'h&#233;r&#233;sie tendait n&#233;cessairement &#224; produire le tremblement de terre ; par quelle cause l'inondation devait in&#233;vitablement r&#233;sulter des progr&#232;s de l'erreur et de l'impi&#233;t&#233;. Sans pr&#233;tendre discuter la probabilit&#233; de ces sublimes sp&#233;culations, l'historien doit se contenter d'observer, sur l'autorit&#233; de l'exp&#233;rience, que les passions des hommes sont plus funestes au genre humain que les convulsions passag&#232;res des &#233;l&#233;mens. Les effets destructeurs d'un tremblement de terre, d'une temp&#234;te, d'une inondation ou de l'&#233;ruption d'un volcan, sont tr&#232;s-peu de chose, compar&#233;es aux calamit&#233;s ordinaires de la guerre, m&#234;mes adoucies comme elles le sont maintenant par la prudence ou par l'humanit&#233; des souverains de l'Europe, lorsqu'ils amusent leurs loisirs ou exercent le courage de leurs sujets par la pratique de l'art militaire. Cependant les m&#339;urs et les lois de l'Europe moderne prot&#232;gent la vie et la libert&#233; du soldat vaincu, et le citoyen paisible a rarement &#224; se plaindre que sa personne ou m&#234;me sa fortune ait eu &#224; souffrir des malheurs de la guerre. &#192; l'&#233;poque d&#233;sastreuse de la chute de l'Empire romain, que nous pouvons dater du r&#232;gne de Valens, la s&#251;ret&#233; de tous les citoyens &#233;tait personnellement attaqu&#233;e. Les arts et les travaux, fruits de l'industrie d'une longue s&#233;rie de si&#232;cles, disparaissaient sous les mains f&#233;roces des Barbares d'Allemagne et de Scythie. [Les Huns et les Goths, A. D. 376.]L'invasion des Huns pr&#233;cipita sur les provinces de l'Occident la nation des Goths, qui, en moins de quarante ans, envahirent depuis les bords du Danube jusqu'&#224; l'oc&#233;an Atlantique, et ouvrirent, par leurs succ&#232;s, une route aux incursions de tant de hordes encore plus sauvages. Les contr&#233;es recul&#233;es du globe recelaient le principe de cette grande commotion ; et l'examen attentif de la vie pastorale des Scythes ou Tartaresjettera du jour sur la cause cach&#233;e de ces &#233;migrations d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_d%C3%A9cadence_et_de_la_chute_de_l%E2%80%99Empire_romain,_traduction_Guizot,_tome_5/XXVI#chapXXVI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_d%C3%A9cadence_et_de_la_chute_de_l%E2%80%99Empire_romain,_traduction_Guizot,_tome_5/XXVI#chapXXVI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des chutes de civilisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des catastrophes ont parfois effac&#233; certaines civilisations au point de n'en laisser presque aucune trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau s&#233;isme a frapp&#233; l'ancien berceau de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/syrie-turquie-seisme-frappe-patrimoine-histoire-berceau-civilisation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/syrie-turquie-seisme-frappe-patrimoine-histoire-berceau-civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effondrements de cvilisations de l'&#226;ge du bronze r&#233;cent en M&#233;dit&#233;rran&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En &#8211; 1200 avant J.-C., de nombreuses civilisations m&#233;diterran&#233;ennes chutent les unes &#224; la suite des autres, comme un jeu de cartes&#8230; L'interpr&#233;tation de ces &#233;v&#233;nements marquants est toujours en discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1250-1200 : destructions massives et simultan&#233;es des palais myc&#233;niens (Myc&#232;nes, Tirynthe...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1210-1205 : les Hittites perdent le contr&#244;le des territoires de la c&#244;te ouest de l'Anatolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1208-1182 : les textes &#233;gyptiens mentionnent des destructions massives en Anatolie, &#224; Chypre et au Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1200 : selon H&#233;rodote, les Tyrrh&#233;niens (de Lydie) fuient l'Anatolie et se r&#233;fugient en Italie (o&#249; ils prennent le nom de Etrusques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1190 : destructions des cit&#233;s hittites, puis effondrement de la civilisation hittite en Anatolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1150-1100 : effondrement puis disparition de la civilisation &#034;myc&#233;nienne&#034; en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les destructions d'Ougarit par des s&#233;ismes et&#8230; par des r&#233;volutions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abimilki, roi de Tyr, annon&#231;a au pharaon Am&#233;nophis IV la catastrophe : &#171; La ville royale d'Ougarit a &#233;t&#233; d&#233;truite par le feu. La moiti&#233; de la ville a &#233;t&#233; la proie des flammes. L'autre moiti&#233; n'existe plus. &#187; On se demande encore &#224; la suite de quels &#233;v&#233;nements du quatorzi&#232;me si&#232;cle avant J.-C. Ougarit, la ville de Cnossos en Cr&#232;te, Troie et d'autres m&#233;tropoles ont subi au m&#234;me moment de vastes destructions. Un tremblement de terre peut-il toucher simultan&#233;ment tant de centres fort &#233;loign&#233;s les uns des autres ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des tremblements de terre ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s comme cause possible de certaines destructions de sites qui surviennent &#224; l'&#226;ge du bronze r&#233;cent notamment &#224; Myc&#232;nes, &#224; Troie ou &#224; Ougarit. Une proposition avance m&#234;me l'hypoth&#232;se d'un s&#233;isme exceptionnel qui aurait caus&#233; la destruction des citadelles du P&#233;loponn&#232;se. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; &#224; la fin de l'&#226;ge du Bronze :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les g&#233;ologues ont relev&#233; des traces de s&#233;ismes le long de nombreuses failles de la r&#233;gion (Louxor, Myc&#232;nes, Th&#232;bes, Tyrinthe&#8230;). Les cit&#233;s qui ont su r&#233;sister &#224; ces bouleversements &#233;taient alors plus vuln&#233;rables : les tremblements de terre ont endommag&#233; les r&#233;seaux hydriques, les faibles r&#233;coltes ont entra&#238;n&#233; des famines et de &#233;pid&#233;mies, ces deux ph&#233;nom&#232;nes conduisant &#224; des r&#233;voltes comme ce fut le cas sous Rams&#232;s III avec l'une des premi&#232;res gr&#232;ves de travailleurs de l'Histoire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce qui est clairement connu, c'est qu'entre environ 1250 et 1150 AEC, de grandes cit&#233;s furent d&#233;truites, des civilisations enti&#232;res tomb&#232;rent, les relations diplomatiques et commerciales furent rompues, des syst&#232;mes d'&#233;criture disparurent, et qu'il y eut une d&#233;vastation g&#233;n&#233;ralis&#233;e et des morts &#224; une &#233;chelle jamais connue auparavant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les principales causes avanc&#233;es sont :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Catastrophes naturelles (tremblements de terre)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Changement climatique (causant s&#233;cheresse et famine)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	R&#233;bellions internes (r&#233;voltes de classe)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Invasions (principalement par les Peuples de la Mer)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	D&#233;sorganisation des relations commerciales / effondrement des r&#233;seaux (instabilit&#233; politique)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite de l'effondrement, la r&#233;gion m&#233;diterran&#233;enne entra dans un '&#226;ge des t&#233;n&#232;bres' dans lequel le fer rempla&#231;a le bronze comme m&#233;tal de choix, les relations diplomatiques et commerciales devinrent presque inexistantes, et l'art, l'architecture et la qualit&#233; de vie en g&#233;n&#233;ral en souffrirent tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manuels de pr&#233;histoire nous enseignent que la disparition des civilisations de l'&#226;ge du bronze en M&#233;diterran&#233;e orientale et en Asie Mineure, vers le xiie si&#232;cle av. J.&#8208;C., fut caus&#233;e par l'invasion des Doriens, venus de Russie m&#233;ridionale, qui poss&#233;daient d&#233;j&#224; des &#233;p&#233;es en fer. C'est ainsi que Myc&#232;nes, de m&#234;me que les villes de l'empire hittite, au nord&#8208;est de l'Anatolie, et les cit&#233;s syriennes comme Ougarit, auraient disparu, ravag&#233;es par les hordes doriennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un arch&#233;ologue fran&#231;ais, Claude Schaeffer, sugg&#233;ra que les ruines de la fin de l'&#226;ge du bronze que r&#233;v&#233;laient les fouilles arch&#233;ologiques pouvaient &#234;tre dues &#224; un tremblement de terre, plut&#244;t qu'aux destructions du fait des envahisseurs. L'id&#233;e n'eut pas grand succ&#232;s. On fit remarquer que la d&#233;marche qui consistait &#224; utiliser les tremblements de terre pour rendre compte des lacunes dans la s&#233;quence des civilisations n'avait aucune justification historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence des guerres et des &#233;pid&#233;mies, les s&#233;ismes, dans les derniers vingt&#8208;cinq si&#232;cles, n'avaient eu que peu ou pas d'influence &#224; long terme sur l'histoire du Proche et Moyen&#8208;Orient ; ils n'avaient jamais caus&#233; la ruine d'un &#201;tat culturellement avanc&#233;, et &#224; plus forte raison d'une civilisation. En outre, les &#233;v&#233;nements catastrophiques qui marquaient cette p&#233;riode s'&#233;talaient sur une dur&#233;e d'environ cinquante ans, approximativement entre 1225 et 1175 av. J.&#8208;C., et ne pouvaient &#234;tre dus &#224; un s&#233;isme unique, d'autant que les sites frapp&#233;s pouvaient &#234;tre distants d'un millier de kilom&#232;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition des Hittites, Akkadiens, Minoens... : le climat ne serait pas le seul responsable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.caminteresse.fr/histoire/disparition-des-hittites-akkadiens-minoens-le-climat-ne-serait-pas-le-seul-responsable-11192295/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.caminteresse.fr/histoire/disparition-des-hittites-akkadiens-minoens-le-climat-ne-serait-pas-le-seul-responsable-11192295/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#234;te minoenne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La civilisation minoenne de la Cr&#234;te d&#233;truite par le volcan de Santorin dont l'&#233;uption et le tsunami qui a suivi ont entrain&#233; des r&#233;voltes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-peuples-amerique-du-sud-dans-les-andes-les-restes-douvriers-incas-sont-analyses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-peuples-amerique-du-sud-dans-les-andes-les-restes-douvriers-incas-sont-analyses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/ce-jour-la-un-volcan-explose-en-mer-egee-fin-d-une-civilisation-8925183&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/ce-jour-la-un-volcan-explose-en-mer-egee-fin-d-une-civilisation-8925183&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1450 av. J.-C., les palais sont de nouveaux d&#233;truits, ce qui marque le d&#233;but du d&#233;clin de la civilisation minoenne. Pendant longtemps, la fin de la civilisation minoenne fut associ&#233;e &#224; l'explosion du volcan de Santorin, qui aurait entra&#238;n&#233; une s&#233;rie de s&#233;ismes d&#233;vastateurs, d&#233;pos&#233; une couche de cendres volcaniques et d&#233;clench&#233; un puissant raz-de-mar&#233;e qui balaya toute la c&#244;te nord de la Cr&#232;te, an&#233;antissant la flotte minoenne. Cette th&#233;orie fut mise en avant dans les ann&#233;es 1930 par Spyridon Marinatos qui attribua la destruction de la villa des Lys (de) &#224; Amnisos &#224; l'explosion du volcan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette th&#233;orie fut maintes fois reprise, elle commen&#231;a &#224; &#234;tre contredite puis quasi abandonn&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1980. Les arch&#233;ologues estiment que l'explosion du volcan eut lieu vers la fin du XVIIe si&#232;cle av. J.-C. et non vers 1450 av. J.-C. De plus, ils admettent que la destruction des palais est issue de trois catastrophes diff&#233;rentes, intervenues &#224; un intervalle de 70 &#224; 100 ans. La premi&#232;re, vers 1620-1600 av. J.-C., due &#224; l'explosion de Santorin, eut un effet limit&#233;, les palais ayant &#233;t&#233; imm&#233;diatement r&#233;par&#233;s. La seconde vers 1520-1500 av. J.-C., limit&#233;e elle aussi, eut pour cons&#233;quence l'abandon de certains palais et demeures (Galatas, Amnisos, Vathypetros, Sitia). La troisi&#232;me, plus importante, eut des cons&#233;quences plus s&#233;rieuses, et de nombreux sites importants furent abandonn&#233;s. Tous les centres palatiaux semblent avoir &#233;t&#233; d&#233;truits et incendi&#233;s, sauf celui de Knossos. Dans certains villages, comme &#224; Myrtos Pyrgou, seules les demeures plus importantes des gouverneurs locaux sont d&#233;truites, alors que le reste des habitations est intact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;cartant la th&#232;se de l'&#233;ruption volcanique, d'autres th&#233;ories sont mises en avant, pour tenter d'expliquer le d&#233;clin de la civilisation minoenne, comme les s&#233;ismes, les incendies, la conqu&#234;te myc&#233;nienne et les actions guerri&#232;res &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de la Cr&#232;te. Pour Theocharis E. Detorakis, des causes sont &#224; chercher au sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie cr&#233;toise. Ainsi, selon lui, la fabrication de produits agricoles et artisanaux atteignit ses limites et ne satisfaisait plus la demande. Dans le m&#234;me temps, les conditions de gestion du commerce chang&#232;rent &#224; la suite de l'apparition de nouveaux facteurs, comme la revendication des m&#234;mes zones de commerce que les habitants de Gr&#232;ce continentale. D'autre part, une diminution du stock des mati&#232;res premi&#232;res n'est pas &#224; exclure. La situation qui en r&#233;sulta eut comme principale caract&#233;ristique le trouble et la d&#233;stabilisation qui entra&#238;n&#232;rent l'abandon et la destruction de la plupart des sites. La destruction des palais de Phaistos, Aghia Triada et Tylissos pourrait &#234;tre le dernier &#233;pisode d'une lutte les opposant &#224; Knossos. Mais vers 1400 av. J.-C., la capitale succombe &#224; son tour pour des raisons mal identifi&#233;es. Le palais est pill&#233; et incendi&#233;. L'hypoth&#232;se du tremblement de terre est de nouveau r&#233;currente. Evans en voyait la cause dans une r&#233;volte de la pl&#232;be minoenne contre une monarchie &#224; tendance militariste. Wace quant &#224; lui a sugg&#233;r&#233; le soul&#232;vement des Cr&#233;tois contre un dynaste ach&#233;en venu du continent. On cite la l&#233;gende de Th&#233;s&#233;e comme support de la th&#233;orie d'une invasion ach&#233;enne venue du continent, la mort du Minotaure symbolisant la destruction de la puissance minoenne par ses ex-vassaux. Mais le d&#233;chiffrement des tablettes en argile de Knossos d&#233;montra que la langue grecque &#233;tait d&#233;j&#224; la langue officielle &#224; Knossos et que par cons&#233;quent le dynaste, au moment o&#249; le palais fut d&#233;truit, &#233;tait ach&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un puissant s&#233;isme en Cr&#234;te antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Troie VI a &#233;t&#233; d&#233;truit autour de 1300 AVANT J&#201;SUS CHRIST, probablement par tremblement de terre. Seulement une pointe de fl&#232;che simple a &#233;t&#233; trouv&#233;e en cette couche, et aucuns restes des corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Troie, lors de l'&#233;boulement des grandes pierres, elles se sont toutes trouv&#233;es dans la m&#234;me direction et &#224; une certaine distance de leur origine. Cela permet d'imaginer un s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il serait n&#233;cessaire de relier la chute de Troie avec celle de nombre d'autres cit&#233;s et d'autres pouvoirs. Vers 1200, on note la destruction d'Ougarit, Tyr, Sidon, Troie, Cnossos, Pylos, Myc&#232;nes, Hattousa et de tous les centres hittites comme grecques et de toute la r&#233;gion. Disparition du syst&#232;me palatial en Gr&#232;ce. Des troubles sont not&#233;s &#224; Iolkos, Korakou, Myc&#232;nes, Tirynthe puis Lefkandi en Eub&#233;e et Teikhos Dymaion pr&#232;s de Patras. Effondrement des Puissances maritimes. Disparition du commerce et de l'&#233;criture. Diminution consid&#233;rable de l'esp&#233;rance de vie. Effondrement complet de l'empire hittite.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1200 av J.-C, c'est la crise &#233;conomique : le commerce du Delta avec le monde &#233;g&#233;en est tari, Pharos est presque ruin&#233;e, les ports ph&#233;niciens sont dans une situation critique. 1200, c'est aussi la p&#233;riode de la chute de la civilisation minoenne et l'entr&#233;e dans une p&#233;riode de troubles marqu&#233;e notamment par l'&#233;crasement de Troie. En Egypte, une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie en 1188-1186. &#192; la mort de Ramses 2, la crise dynastique &#233;vit&#233;e jusque-l&#224; ne peut &#234;tre contenue et la dispute qui s'en suit risque d'entra&#238;ner le pays dans une p&#233;riode d'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cuicuilco&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vers l'an 100, &#224; la fin de la p&#233;riode pr&#233;classique, Cuicuilco acquiert le caract&#232;re d'un centre urbain r&#233;gional dont la population, comme on l'a d&#233;j&#224; dit, est estim&#233;e &#224; environ 20 000 habitants, comparable &#224; Teotihuac&#225;n &#224; cette &#233;poque (cf. Sanders, 1981), un d&#233;veloppement qui est tronqu&#233; au sud du bassin du Mexique apr&#232;s l'&#233;ruption du Xitle, formant une couche de lave recouvrant partiellement ou totalement les structures architecturales civiques et c&#233;r&#233;moniales et r&#233;sidentielles de la ville de Cuicuilca, dont l'extension est les infers sont devenus 400 hectares&lt;br class='autobr' /&gt;
Son d&#233;clin a commenc&#233; au d&#233;but du deuxi&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re. C., promouvant la mont&#233;e de Teotihuac&#225;n en tant que centre d'influence culturelle et religieuse. Entre 250 et 300 apr&#232;s J.-C., le volcan Xitle, situ&#233; &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de la cha&#238;ne de montagnes d'Ajusco (Nahuatl : atl, xochitl, co, 'eau, s'&#233;panouir, o&#249;' 'for&#234;t d'eau' '), &#233;galement connu sous le nom de Sierra del Ajusco-Chichinauhtzin, est entr&#233; en &#233;ruption ensevelir et d&#233;truire Cuicuilco et Copilco (un village mineur contemporain). Cette catastrophe a provoqu&#233; la dispersion de la culture Cuicuilca vers Toluca et Teotihuac&#225;n, o&#249; l'on suppose qu'ils ont h&#233;berg&#233; une grande partie des Cuicuilcas et incorpor&#233; de nombreuses caract&#233;ristiques de cette culture.&lt;br class='autobr' /&gt;
On consid&#232;re que le d&#233;clin de Cuicuilco a commenc&#233; en raison de l'&#233;mergence du volcan Xitle, qui se traduit par la pr&#233;sence de divinit&#233;s au feu.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit de l'abandon de Cuicuilco en tant que grand centre c&#233;r&#233;moniel, les offrandes continu&#232;rent jusqu'&#224; ce que la ville soit recouverte par les laves du volcan Xitle, datant d'environ 250 ans av.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Monte Alb&#225;n (Oaxaca, Mexique)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'agonie de Monte Alban de la fin de la p&#233;riode classique montre un d&#233;clin consid&#233;rable de la richesse relative, associ&#233; &#224; une crise &#233;conomique consid&#233;rable, &#224; un net d&#233;clin des ressources disponibles, &#224; un d&#233;clin d&#233;mographique notable et &#224; une augmentation alarmante des troubles sociaux. Tous ces param&#232;tres constituent un panorama d&#233;vastateur qui annonce son effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;ruption volcanique au Moyen-Age&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1257, &#171; ann&#233;e sombre &#187; : jusqu'o&#249; peuvent aller les catastrophes naturelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://actuelmoyenage.wordpress.com/2017/12/07/1257-annee-sombre-jusquou-peuvent-aller-les-catastrophes-naturelles/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://actuelmoyenage.wordpress.com/2017/12/07/1257-annee-sombre-jusquou-peuvent-aller-les-catastrophes-naturelles/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En 536 apr&#232;s J.-C., plusieurs &#233;ruptions volcaniques au Danemark&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 536 apr. J.-C., une s&#233;rie d'&#233;ruptions volcaniques massives projette d'&#233;normes quantit&#233;s de cendres et de gaz sulfureux dans l'atmosph&#232;re. Les rayons du soleil, &#034;p&#226;le et froid comme la lune&#034;, se retrouvent bloqu&#233;s. Les temp&#233;ratures globales chutent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences sont bien document&#233;es dans les sources historiques &#233;crites d'Orient et d'Occident : les &#233;toiles ne sont plus visibles durant un an ; les r&#233;coltes ne m&#251;rissent plus dans les champs. Famine g&#233;n&#233;ralis&#233;e, propagation d'&#233;pid&#233;mie, troubles internes&#8230; La catastrophe climatique a eu de lourdes cons&#233;quences sur les soci&#233;t&#233;s de cette p&#233;riode de l'Antiquit&#233; tardive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/la-catastrophe-climatique-de-536-a-l-origine-du-mythe-nordique-du-ragnarok-fimbulvinter-eruptions-volcaniques-temperatures-arbres-222692&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/la-catastrophe-climatique-de-536-a-l-origine-du-mythe-nordique-du-ragnarok-fimbulvinter-eruptions-volcaniques-temperatures-arbres-222692&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du VIe si&#232;cle, la r&#233;gion est touch&#233;e par la peste de Justinien comme le reste de l'Europe. &#192; ceci s'ajoute l'impact climatique sur la d&#233;mographie de plusieurs &#233;ruptions volcaniques survenues entre 536 et 547 en Islande. Cette situation, jointe &#224; un refroidissement climatique, provoque de mauvaises r&#233;coltes et des crises alimentaires. Cette chute des temp&#233;ratures pousse la population &#224; renoncer l'exploitation de certaines r&#233;gions. Combin&#233; &#224; l'&#233;pid&#233;mie de peste, les pertes d&#233;mographiques ont pu atteindre 50%, comparable au choc provoqu&#233; dans le bassin m&#233;diterran&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;tudes r&#233;centes, men&#233;es par des arch&#233;ologues, qui tendent &#224; d&#233;montrer que la fin du monde accompagn&#233;e d'un hiver terrible, racont&#233;e dans la l&#233;gende nordique du Ragnar&#246;k, pourrait bien avoir un lien avec un terrible hiver remontant &#224; l'an 536.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 39 sites arch&#233;ologiques &#233;tudi&#233;s au Danemark, les chercheurs ne distinguent presque plus de production c&#233;r&#233;ali&#232;re &#224; ce moment-l&#224;&#8230; Comme si tous les fermiers avaient abandonn&#233; leurs champs, ou avaient succomb&#233; &#224; un mal inconnu. Et ce constat d&#233;chirant rejoint d'autres &#233;tudes arch&#233;ologiques men&#233;es en Scandinavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi emp&#234;cher les r&#233;coltes de pousser et de m&#251;rir ; les historiens imaginent de terribles famines, quelques &#233;tudes sugg&#232;rent la disparition de la moiti&#233; de la population en Su&#232;de et en Norv&#232;ge. Certains chercheurs parlent m&#234;me de l'ann&#233;e 553, comme de la pire ann&#233;e de l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-vikings-ont-survecu-a-l-apocalypse_6834308.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-vikings-ont-survecu-a-l-apocalypse_6834308.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e-l&#224;, des bouleversements climatiques rapides (nouvelle fen&#234;tre), li&#233;s &#224; d'importantes &#233;ruptions volcaniques, ont engendr&#233; des famines, pr&#233;cipit&#233; des bouleversements sociaux et contribu&#233; &#224; l'&#233;closion d'&#233;pid&#233;mies &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;B&#226;le en 1356&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un s&#233;isme a d&#233;truit B&#226;me en 1356 et frapp&#233; les environs. C'est le plus grave s&#233;isme en Europe occidentale au cours du dernier mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/sciences/sciences-vraie-histoire-seisme-detruisit-bale-1356?srsltid=AfmBOooYz-ZnGkavSSAPVZGJsVurDT4bInCwh65jRMbkkNbLhtJ8E58v&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/sciences/sciences-vraie-histoire-seisme-detruisit-bale-1356?srsltid=AfmBOooYz-ZnGkavSSAPVZGJsVurDT4bInCwh65jRMbkkNbLhtJ8E58v&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/sciences/plus-grave-seisme-dernier-millenaire-europe-occidentale?srsltid=AfmBOopeI8YR7EijVqNQD5UUjjEVmblMC6J393ACCAT1K4okAWwgBQhD&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/sciences/plus-grave-seisme-dernier-millenaire-europe-occidentale?srsltid=AfmBOopeI8YR7EijVqNQD5UUjjEVmblMC6J393ACCAT1K4okAWwgBQhD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;rou, 1868, le grand tremblement de terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe repr&#233;sente la mat&#233;rialisation de la menace et se trouve en relation directe avec le degr&#233; de vuln&#233;rabilit&#233; qui affecte une soci&#233;t&#233;. Une r&#233;flexion a &#233;t&#233; propos&#233;e sur le sens &#224; donner &#224; l&#8223;affirmation selon laquelle les d&#233;sastres ne sont pas naturels, ce qui &#233;quivaudrait &#224; souligner que le poids de la composante sociale est sup&#233;rieur &#224; celui de la composante naturelle dans la formation d&#8223;un d&#233;sastre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theses.hal.science/tel-01321847/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theses.hal.science/tel-01321847/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sparte en 465 av J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 465/4 av. J.-C., Sparte a subi un tremblement de terre d&#233;sastreux. Diodore affirme que plus de 20 000 personnes sont mortes, tandis que Plutarque dit que toutes les maisons de la ville ont &#233;t&#233; d&#233;truites, &#224; l'exception de cinq. Lorsqu'ils ont appris la catastrophe, les hilotes et certains des p&#233;ri&#232;ques se sont r&#233;volt&#233;s pour tenter de d&#233;truire Sparte pour de bon. Mais les Spartiates, sous le r&#232;gne du roi Archidamos, ont r&#233;ussi &#224; s'organiser pour leur d&#233;fense juste &#224; temps, et finalement les insurg&#233;s ont &#233;t&#233; chass&#233;s vers une forteresse sur le mont Ithome en Mess&#233;nie. Les Spartiates, incapables de prendre la forteresse, ont appel&#233; leurs alli&#233;s &#224; l'aide. &#192; l'&#233;poque, l'ancienne alliance contre les Perses tenait toujours, et Ath&#232;nes &#233;tait un alli&#233; de Sparte. Les Ath&#233;niens ont donc envoy&#233; une arm&#233;e en Mess&#233;nie pour aider les Spartiates &#224; &#233;craser la r&#233;volte des hilotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; l'arriv&#233;e de l'arm&#233;e ath&#233;nienne, les Spartiates sont devenus nerveux et les ont renvoy&#233;s chez eux, seuls de tous les contingents alli&#233;s. Les Ath&#233;niens ont pris ce rejet de leur aide sinc&#232;rement offerte comme une grave insulte. Ils ont renonc&#233; &#224; leur alliance et &#224; leur politique pro-spartiate, ont ostracis&#233; le commandant pro-spartiate Cimon, et ont forg&#233; de nouvelles alliances avec Argos et la Thessalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas exactement pourquoi les Spartiates ont renvoy&#233; la force ath&#233;nienne. Thucydide (1.102.3) et Diodore (11.64.2) affirment que c'&#233;tait parce qu'ils craignaient que les Ath&#233;niens d&#233;mocrates ne soient tent&#233;s de se ranger du c&#244;t&#233; des rebelles et de trahir Sparte. Plutarque (Vie de Cimon 16.8) ajoute que le r&#233;formateur ath&#233;nien &#201;phialt&#232;s s'est en fait oppos&#233; &#224; l'id&#233;e d'envoyer de l'aide, mais Cimon a convaincu l'Assembl&#233;e de soutenir leur alli&#233; ; les Spartiates ont quand m&#234;me rejet&#233; leur aide, mais seulement parce qu'ils craignaient l'audace ath&#233;nienne (17.2). Aucune des deux explications ne semble tr&#232;s convaincante, mais toutes les autres ne sont que sp&#233;culations. Peut-&#234;tre que Sparte ne voulait pas qu'on la voie d&#233;pendre d'Ath&#232;nes pour s'occuper de ses probl&#232;mes, surtout maintenant qu'Ath&#232;nes &#233;tait clairement devenue la puissance dominante dans le monde grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, m&#234;me si Thucydide affirme qu'il s'agissait de &#034;la premi&#232;re querelle ouverte entre les Lac&#233;d&#233;moniens et les Ath&#233;niens&#034; et que Diodore dit &#034;les Ath&#233;niens ont pris cet incident comme la premi&#232;re cause de l'&#233;loignement des deux &#201;tats&#034;, le rejet spartiate de l'aide ath&#233;nienne n'&#233;tait ni la premi&#232;re fissure dans l'alliance ni la cause imm&#233;diate de leur guerre ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 479/8 av. J.-C., alors que les Perses venaient d'&#234;tre vaincus, un conflit &#233;clata entre Ath&#232;nes et Sparte parce qu'Ath&#232;nes commen&#231;a &#224; reconstruire ses remparts. Les Spartiates pr&#233;f&#233;raient de loin qu'Ath&#232;nes reste sans d&#233;fense, ils protest&#232;rent donc contre les travaux et tent&#232;rent de les emp&#234;cher ; les Ath&#233;niens envoy&#232;rent Th&#233;mistocle pour gagner du temps et distraire les Spartiates pendant qu'ils construisaient leurs remparts suffisamment pour leur permettre de d&#233;fier les exigences spartiates. Plus tard, lorsque Thasos se r&#233;volta contre le nouvel Empire ath&#233;nien en 465 av. J.-C., Thasos envoya une demande d'aide &#224; Sparte contre Ath&#232;nes, et Sparte &#233;tait dispos&#233;e &#224; y acc&#233;der. En fait, c'est le tremblement de terre qui les a emp&#234;ch&#233;s de d&#233;clarer la guerre &#224; Ath&#232;nes (Thuc. 1.101.2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la catastrophe fut suffisamment grave pour d&#233;tourner les Spartiates de nouvelles aventures. Les alliances qu'Ath&#232;nes a conclues &#224; la fin des ann&#233;es 460 &#233;taient troublantes, et la guerre a &#233;clat&#233; en 461/0 av. J.-C. (la soi-disant premi&#232;re guerre du P&#233;loponn&#232;se), mais il s'agissait principalement d'un conflit entre Ath&#232;nes et Corinthe. Sparte a concentr&#233; ses efforts sur le contr&#244;le de son rival local Argos. Les arm&#233;es d'Ath&#232;nes et de Sparte ne se sont affront&#233;es qu'une seule fois, lors de la bataille de Tanagra (457 av. J.-C.), ce qui ne s'est produit que parce que les Ath&#233;niens ont intercept&#233; une force spartiate pour d'autres affaires. La d&#233;faite que Sparte a inflig&#233;e &#224; Ath&#232;nes &#224; Tanagra n'a pas &#233;t&#233; d&#233;cisive. Il est finalement devenu clair qu'aucune des deux parties ne pouvait &#234;tre facilement amen&#233;e &#224; c&#233;der, et une tr&#234;ve de trente ans a &#233;t&#233; sign&#233;e en 446/5 av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petra&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Petra capitale des Nabat&#233;ens : les origines de sa chute&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/moyen-orient-petra-des-origines-a-la-chute-de-la-cite-antique-jordanie-desert-nabateens-romains-archeologie-fouille&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/moyen-orient-petra-des-origines-a-la-chute-de-la-cite-antique-jordanie-desert-nabateens-romains-archeologie-fouille&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Teotihuac&#225;n en 650 apr&#232;s J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des r&#233;voltes et r&#233;volutions qui ont renvers&#233; Teotihuac&#225;n, mais des catastrophes naturelles ont pu y jouer un r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'apr&#232;s de nouvelles analyses une s&#233;rie de tremblements de terre au Mexique aurait jou&#233; un r&#244;le fondamental dans la chute de la ville de Teotihuacan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/de-violents-tremblements-de-terre-a-l-origine-de-la-chute-de-la-cite-de-teotihuacan-il-y-a-1-300-ans-219789&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/de-violents-tremblements-de-terre-a-l-origine-de-la-chute-de-la-cite-de-teotihuacan-il-y-a-1-300-ans-219789&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment des m&#233;gas&#233;ismes ont conduit &#224; la chute de la cit&#233; de T&#233;otihuacan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-des-megaseismes-ont-conduit-a-la-chute-de-la-cite-preazteque-de-teotihuacan-134377.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-des-megaseismes-ont-conduit-a-la-chute-de-la-cite-preazteque-de-teotihuacan-134377.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;gas&#233;isme aurait contribu&#233; &#224; renverser la grande cit&#233; de T&#233;otihucan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-megaseisme-aurait-contribue-renverser-grande-cite-teotihuacan-113701/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-megaseisme-aurait-contribue-renverser-grande-cite-teotihuacan-113701/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Antioche en 526&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mai 526, la ville antique d'Antioche, situ&#233;e dans l'actuelle Turquie, a &#233;t&#233; quasi compl&#232;tement d&#233;truite par un s&#233;isme d'une magnitude &#233;valu&#233;e &#224; environ 7. Selon les sources historiques, la catastrophe aurait fait quelque 250.000 morts dans la r&#233;gion et d&#233;clench&#233; des incendies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/comment-la-ville-antique-dantioche-fut-detruite-par-un-seisme-meurtrier-en-526-209732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/comment-la-ville-antique-dantioche-fut-detruite-par-un-seisme-meurtrier-en-526-209732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lisbonne en 1755&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;isme de 1755 &#224; Lisbonne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe intensifia les tensions politiques au Portugal et perturba profond&#233;ment les ambitions coloniales du pays au XVIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sous l'influence du tremblement de terre de Lisbonne, qui a touch&#233; l'esprit europ&#233;en &#224; une &#233;poque des plus sensibles, la m&#233;taphore du fondement a compl&#232;tement perdu son apparente innocence ; elle n'&#233;tait d&#233;sormais plus une simple figure de style. &#187; Hamacher affirme que les certitudes bien fond&#233;es de Ren&#233; Descartes ont commenc&#233; &#224; &#234;tre &#233;branl&#233;es &#224; la suite du s&#233;isme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la vie politique interne du Portugal, le tremblement de terre fut d&#233;vastateur. Le Premier ministre du roi &#233;tait un favori, mais l'aristocratie le m&#233;prisait pour ses origines de simple &#233;cuyer de campagne (son titre de marquis de Pombal ne lui fut octroy&#233; qu'en 1770). Le Premier ministre, en retour, d&#233;testait les nobles de souche, qu'il consid&#233;rait comme corrompus et incapables de la moindre action. Avant le 1er novembre 1755, la lutte pour le pouvoir et les faveurs du roi &#233;tait constante, mais la tr&#232;s grande comp&#233;tence dont fit preuve le marquis apr&#232;s la catastrophe eut pour effet de couper les vieilles factions aristocratiques du pouvoir. Une opposition silencieuse et rancuni&#232;re commen&#231;a &#224; se former &#224; l'encontre du roi Joseph Ier, qui atteignit son paroxysme lors d'une tentative d'assassinat du roi, suivie de l'&#233;limination du puissant duc d'Aveiro et de la famille T&#225;vora (voir &#171; Proc&#232;s des T&#225;vora &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/dans-l-oeil-du-seisme-rousseau-contre-voltaire-face-aux-catastrophes-naturelles-1886139&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/dans-l-oeil-du-seisme-rousseau-contre-voltaire-face-aux-catastrophes-naturelles-1886139&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effrondrement de la civilisation maya&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due &#224; des causes sociales qui a d&#233;cim&#233; sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe &#233;cologique li&#233;e &#224; la surexploitation des ressources agricoles. Le sp&#233;cialiste en g&#233;ophysique Larry Peterson a relu attentivement l'ouvrage de Jared Diamond et note dans la revue &#171; Pour la science &#187; que les causes climatiques et environnementales n'enl&#232;vent pas la possibilit&#233; d'autres &#233;v&#233;nements : &#171; des guerres intestines en augmentation et une classe dirigeante sans vision &#224; long terme &#187;. Il rajoute &#171; N&#233;anmoins, J. Diamond avance que le changement climatique, en l'occurrence les s&#233;cheresses, a pu amener la soci&#233;t&#233; maya &#224; son point de rupture en d&#233;clenchant une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements d&#233;stabilisants. (...) D'autres changements climatiques ont semble-t-il &#233;t&#233; responsables d'&#233;v&#233;nements importants dans l'histoire humaine. L'effondrement de l'empire akkadien en M&#233;sopotamie, il y a environ 4200 ans, le d&#233;clin de la culture mochica sur les c&#244;tes du P&#233;rou il y a environ 1500 ans, et la fin de la culture tivanaku sur l'altiplano bolivien-p&#233;ruvien il y a environ 1000 ans, sont tous associ&#233;s &#224; des s&#233;cheresses r&#233;gionales persistantes. &#187; A l'explication des guerres et des invasions, on rajoute donc les causes climatiques. Mais cela ne devrait nullement effacer les r&#233;volutions. On pourrait dire ainsi que les conditions climatiques qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; 1789 ont d&#233;termin&#233; la r&#233;volution ! Bien des causes ont pu d&#233;stabiliser des r&#233;gimes, mais nous savons parfaitement qu'un r&#233;gime d'exploitation et d'oppression, qu'une structure sociale, ne chute pas toute seule. On peut lire : &#171; Une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements d&#233;stabilisants &#187;, &#171; La soci&#233;t&#233; maya &#224; son point de rupture &#187;, &#171; Des guerres intestines &#187; ou encore &#171; Une classe dirigeante sans vision &#224; long terme &#187;. On croirait qu'il s'agit de l'Ancien R&#233;gime de Louis XVI avant sa chute, mais c'est du r&#233;gime maya qu'il est question ! Mais le mot &#171; r&#233;volution &#187; n'est pas prononc&#233;, en ce qui concerne la chute des Mayas&#8230; Un r&#233;gime &#233;conomique, un r&#233;gime social et un r&#233;gime politique au bout du rouleau, des guerres civiles qui d&#233;stabilisent un pouvoir. Rien ne peut cacher que, pour renverser le pouvoir maya, il a fallu que les masses entrent en lutte, d'o&#249; le caract&#232;re radical du changement. D'o&#249; aussi la disparition compl&#232;te non seulement d'un r&#233;gime, mais d'un mode d'existence, de tout un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effonrement de la civilisation mochica&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de Mochica, plus qu'un effet de catastrophe naturelle, semble donc avoir &#233;t&#233; un rejet des formes d'organisation par un peuple qui se sentait tromp&#233; par ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Byzance en 557&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Regards crois&#233;s sur le s&#233;isme de 557 &#224; Byzance. Un tremblement de terre ne secoue pas seulement les fondements g&#233;ologiques d'une cit&#233;, il met en p&#233;ril l'ordre social et met en branle l'imaginaire religieux qui t&#226;che de maintenir une prise sur ce qui se produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/humanites-texte/regards-croises-sur-le-seisme-de-557-a-byzance-histoire-archeologie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/humanites-texte/regards-croises-sur-le-seisme-de-557-a-byzance-histoire-archeologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent mauvais r&#233;v&#232;le toute la fragilit&#233; voir le pourrissement des soci&#233;t&#233;s Myc&#233;nienne et Hittite qui semblaient prosp&#233;rer.. sur le dos autres. &#034;Ces soci&#233;t&#233;s surexploitaient les classes inf&#233;rieures pour tous leurs projets d'ing&#233;nierie, les travaux, par exemple le drainage de la r&#233;gion du Caucase. Et ces classes sociales inf&#233;rieures, &#233;videmment, &#233;taient ravies de voir les &#233;lites s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/effondrement-des-civilisations-un-sentiment-de-deja-vu-6448025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/effondrement-des-civilisations-un-sentiment-de-deja-vu-6448025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tokyo en 1923&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;gas&#233;isme de Tokyo a entrain&#233; la r&#233;volte de la population qui a &#233;t&#233; tourn&#233;e par les fascistes japonais notamment contre les Cor&#233;ens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a, d&#232;s le lendemain du s&#233;isme, impos&#233; la loi martiale et adress&#233; &#224; chaque ville une directive demandant de &#171; prendre les mesures appropri&#233;es &#187; contre les &#171; Cor&#233;ens rebelles &#187;, avec le concours de la population. Des groupes d'autod&#233;fense japonais, soutenus par la police et l'arm&#233;e, ont &#233;t&#233; form&#233;s, et pour certains d'entre eux, massacr&#232;rent des Cor&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant du climat de panique qui suivit le s&#233;isme, la police militaire japonaise (Kenpeitai) et la police politique (Tokk&#333;) commirent des assassinats politiques visant les socialistes, les anarchistes et les syndicalistes. Ainsi, le couple d'anarchistes Noe It&#333; et Sakae &#332;sugi, ainsi que le neveu de celui-ci, furent mis &#224; mort par le lieutenant Masahiko Amakasu &#8212; &#233;pisode connu sous le nom d'incident d'Amakasu&#8212;, tandis que dans le quartier ouvrier de Kameido, dix syndicalistes, dont Hirasawa Keishichi, furent ex&#233;cut&#233;s au cours de &#171; l'incident de Kameido &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude gouvernementale de 2009, sans doute encore tr&#232;s en-dessous de la r&#233;alit&#233;, fait &#233;tat de 2 600 &#224; 6 600 victimes cor&#233;ennes, ainsi que de plusieurs centaines de Chinois, mais aussi des militants politiques japonais. 362 civils japonais furent arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;isme de Tokyo en 1923 montre que le choc d'une catastrophe naturelle peut aussi servir &#224; lancer&#8230; la contre-r&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/epoque-contemporaine/tokyo-1923-un-seisme-devient-le-terreau-du-nationalisme-japonais-95336.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/epoque-contemporaine/tokyo-1923-un-seisme-devient-le-terreau-du-nationalisme-japonais-95336.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Popayan (Colombie) en 1983&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un tremblement de terre de 1983 qui a affect&#233; la ville de Popayan&lt;br class='autobr' /&gt;
(Colombie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lima en 1746&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tremblement de terre de Lima de 1746&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un s&#233;isme indescriptible, qui aurait atteint de nos jours le degr&#233; 9 sur l'&#233;chelle de Richter, d&#233;truit la ville avant d'&#234;tre relay&#233; par un tsunami aussi d&#233;vastateur. La catastrophe de Lima, qui recouvre avec ses sp&#233;cificit&#233;s les notions de &#171; d&#233;sastre &#187; et de &#171; calamit&#233; &#187;, va faire 6000 morts. Cet &#233;v&#233;nement naturel inattendu bouleverse alors, dans un temps limit&#233;, les composantes de la soci&#233;t&#233; lim&#233;nienne par ses d&#233;clinaisons contingentes : secousses, inondations, incendies, &#233;pid&#233;mies... Il met aussi &#224; l'&#233;preuve les autorit&#233;s coloniales qui doivent lutter contre les maladies, la famine, les vols, et qui animent les d&#233;bats architecturaux et urbanistiques. Ce d&#233;sastre, avec sa violence soudaine et son ampleur qui r&#233;veillent des peurs ancestrales dans une atmosph&#232;re de fin de monde, m&#233;rite donc d'&#234;tre r&#233;habilit&#233; et sa dimension &#233;v&#233;nementielle hors du commun doit figurer parmi les grandes catastrophes telluriques et historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/e-spania/20760&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/e-spania/20760&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une ville engloutie au Kirghizstan
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XVe si&#232;cle, &#224; la suite d'un terrible tremblement de terre, la ville fut engloutie par les eaux du lac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/au-kirghizstan-une-cite-engloutie-decouverte-dans-un-celebre-lac_7624286.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/au-kirghizstan-une-cite-engloutie-decouverte-dans-un-celebre-lac_7624286.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une preuve que les classes dirigeantes savent parfaitement qu'un tremblement de terre peut donner le signal d'un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire : leur occupation militaire pr&#233;ventive d'Ha&#239;ti&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ha&#239;ti occup&#233;e militairement par les forces arm&#233;es les plus f&#233;roces de plusieurs pays veut dire que les classes dirigeantes du monde ont si peur des opprim&#233;s que les prol&#233;taires de la moiti&#233; d'une ile qui pourraient se rebeller les inqui&#232;tent au point d'occuper militairement et massivement de fa&#231;on pr&#233;ventive .... L'inqui&#233;tude des grandes puissances, ce sont les r&#233;actions populaires et pas les victimes &#224; sauver et les populations survivantes &#224; aider, contrairement ce que l'on cherche &#224; nous faire croire ici. Si les forces arm&#233;es du monde se sont empress&#233;es d'intervenir, c'est pour &#233;viter que le vide du pouvoir, caus&#233; par le tremblement de terre qui a mis &#224; bas les &#233;difices publics, les b&#226;timents de l'Etat et des forces arm&#233;es d'occupation &#233;trang&#232;res, ne se transforme en tremblement de terre... social. Et ces forces cachent leur crainte du peuple d'Ha&#239;ti derri&#232;re de pr&#233;tendus pillages, mais, quand on cr&#232;ve de faim, se servir dans les magasins, c'est simplement vital, ce n'est pas un crime ! Les vrais bandits, ce sont les grandes puissances qui pillent Ha&#239;ti depuis des centaines d'ann&#233;es, lui imposent des dictatures, n'ont rien fait pour les d&#233;barrasser des escadrons de la mort, macoutes ou autres, militaires, paramiliaires ou milices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le r&#244;le des arm&#233;es &#233;trang&#232;res en Ha&#239;ti, il faut se rappeler que l'intervention militaire am&#233;ricaine, onusienne ou fran&#231;aise ne date pas du tremblement de terre. Elle pr&#233;tendait d&#233;j&#224; d&#233;fendre la s&#233;curit&#233; de la population civile alors que les petites gens n'ont cess&#233; d'&#234;tre ran&#231;onn&#233;es et assassin&#233;es par les bandes arm&#233;es. Le v&#233;ritable but des interventions arm&#233;es &#233;trang&#232;res, celle des USA en premier, &#233;tait d&#233;j&#224; de combattre la r&#233;volte sociale du peuple travailleur qui a commenc&#233; en 1986, lorsque le peuple ha&#239;tien s'est d&#233;barrass&#233; de la dictature des Duvalier que soutenaient les pays occidentaux. Oui, le peuple travailleur d'Ha&#239;ti a v&#233;cu une r&#233;volution, en s'attaquant aux barbares &#171; tontons macoutes &#187; et en renversant la dictature de &#171; B&#233;b&#233; doc &#187; Duvalier, soutenue par les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des exemples de catastrophes naturelles et pourtant de cause sociale et politique&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Turquie-Syrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Martin, Mexique, Houston&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fukushima&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe de la r&#233;gion de Marrakech et du Haut Atlas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hongrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore Fukushima&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1981&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1981&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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