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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Rosa Luxemburg et les bolcheviks &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution russe</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rosa Luxemburg et les bolcheviks &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution russe &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les bolcheviks ont certainement commis plus d'une faute dans leur politique et en commettent sans doute encore - qu'on nous cite une r&#233;volution o&#249; aucune faute n'ait &#233;t&#233; commise ! L'id&#233;e d'une politique r&#233;volutionnaire sans faille, et surtout dans cette situation sans pr&#233;c&#233;dent, est si absurde qu'elle est tout juste digne d'un ma&#238;tre d'&#233;cole allemand. Si, dans une situation exceptionnelle, un simple vote au Reichstag fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rosa Luxemburg et les bolcheviks &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution russe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les bolcheviks ont certainement commis plus d'une faute dans leur politique et en commettent sans doute encore - qu'on nous cite une r&#233;volution o&#249; aucune faute n'ait &#233;t&#233; commise ! L'id&#233;e d'une politique r&#233;volutionnaire sans faille, et surtout dans cette situation sans pr&#233;c&#233;dent, est si absurde qu'elle est tout juste digne d'un ma&#238;tre d'&#233;cole allemand. Si, dans une situation exceptionnelle, un simple vote au Reichstag fait d&#233;j&#224; perdre la &#171; t&#234;te &#187; aux &#171; chefs &#187; du socialisme allemand, alors que la voie leur est clairement trac&#233;e par l'abc du socialisme, si alors leur c&#339;ur bat la chamade et s'ils y perdent tout leur socialisme comme une le&#231;on mal apprise - comment veut-on qu'un parti plac&#233; dans une situation historique v&#233;ritablement &#233;pineuse et in&#233;dite, o&#249; il veut tracer de nouvelles voies pour le monde entier, comment veut-on qu'il ne commette pas de faute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la situation fatale dans laquelle se trouvent aujourd'hui les bolch&#233;viks ainsi que la plupart de leurs fautes sont elles-m&#234;mes la cons&#233;quence du caract&#232;re fondamentale&#172;ment insoluble du probl&#232;me auquel les a confront&#233;s le prol&#233;tariat international et surtout le prol&#233;tariat allemand. &#201;tablir une dictature prol&#233;tarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encercl&#233; par l'h&#233;g&#233;monie scl&#233;ros&#233;e de la r&#233;action imp&#233;rialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle. Tout parti socialiste &#233;tait condamn&#233; &#224; &#233;chouer devant cette t&#226;che et &#224; p&#233;rir, qu'il soit guid&#233;, dans sa politique par la volont&#233; de vaincre et la foi dans le socialisme international, ou par le renoncement &#224; soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aimerions les voir &#224; l'&#339;uvre, ces Basques pleurnichards, les Axelrod, les Dan, les Grigoriants et compagnie qui, l'&#233;cume aux l&#232;vres, vitup&#232;rent contre les bolcheviks et colportent leurs mis&#232;res &#224; l'&#233;tranger, trouvant en cela - et comment donc ! - des &#226;mes compa&#172;tis&#172;santes, celles de h&#233;ros tels que Str&#246;bel, Bernstein et Kautsky, nous aimerions bien voir ces Allemands &#224; la place des bolcheviks ! Toute leur subtile sagesse se bornerait &#224; une alliance avec les Milioukov &#224; l'int&#233;rieur, avec l'Entente &#224; l'ext&#233;rieur, sans oublier qu'&#224; l'int&#233;&#172;rieur, ils renonceraient consciemment &#224; accomplir la moindre r&#233;forme socialiste ou m&#234;me &#224; l'entamer, en vertu de cette c&#233;l&#232;bre prudence de ch&#226;tr&#233; selon laquelle la Russie est un pays agraire o&#249; le capitalisme n'est pas encore &#224; point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien la fausse logique de la situation objective tout parti socialiste qui acc&#232;de aujourd'hui au pouvoir en Russie est condamn&#233; &#224; adopter une fausse tactique aussi longtemps que le gros de l'arm&#233;e prol&#233;tarienne internationale, dont il fait partie, lui fera faux bond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des fautes des bolcheviks incombe en premier lieu au prol&#233;tariat international et surtout &#224; la bassesse persistante et sans pr&#233;c&#233;dent de la social-d&#233;mocratie allemande, parti qui pr&#233;tendait en temps de paix marcher &#224; la pointe du prol&#233;tariat mondial, s'attribuait le privil&#232;ge d'endoctriner et de diriger tout le monde, comptait dans le pays au moins dix millions de partisans des deux sexes et qui maintenant crucifie le socialisme trente six fois par jour sur l'ordre des classes dirigeantes, comme les valets v&#233;naux du Moyen Age.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles qui nous viennent aujourd'hui de Russie et la situation des bolcheviks sont un appel &#233;mouvant &#224; la derni&#232;re &#233;tincelle du sentiment de l'honneur qui som&#172;meille encore dans les masses d'ouvriers et de soldats allemands. Ils ont permis de sang-froid que la r&#233;volution russe soit d&#233;chiquet&#233;e, encercl&#233;e, affam&#233;e. Puissent-ils &#224; la douzi&#232;me heure la sauver au moins du comble de l'horreur : le suicide moral, l'alliance avec l'imp&#233;rialisme allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'une seule issue au drame qui s'est nou&#233; en Russie : l'insurrection tombant sur l'arri&#232;re de l'imp&#233;rialisme allemand, le soul&#232;vement des masses allemandes qui donnerait le signal d'un ach&#232;vement r&#233;volutionnaire international du g&#233;nocide. Le sauvetage de l'honneur de la r&#233;volution russe co&#239;ncide, en cette heure fatale, avec le salut de l'honneur du prol&#233;tariat allemand et du socialisme international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19180900.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19180900.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti bolchevik, force motrice de la r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re p&#233;riode de la r&#233;volution russe, depuis le moment o&#249; elle a &#233;clat&#233;, en mars, jusqu'au coup d'&#201;tat d'octobre, r&#233;pond exactement, dans son cours g&#233;n&#233;ral, au sch&#233;ma du d&#233;veloppement, tant de la R&#233;volution anglaise que de la R&#233;volution fran&#231;aise. C'est la forme de d&#233;veloppement typique de tout premier grand heurt des forces r&#233;volutionnaires cr&#233;&#233;es au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise contre les cha&#238;nes de la vieille soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son d&#233;veloppement se poursuit naturellement selon une ligne ascendante, en partant de d&#233;buts mod&#233;r&#233;s, jusqu'&#224; des buts de plus en plus radicaux, et, parall&#232;lement, de la collaboration des classes et des partis &#224; la domination exclusive du parti le plus radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, en mars 1917, la r&#233;volution fut dirig&#233;e par les &#034;cadets&#034;, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie lib&#233;rale. La premi&#232;re vague du flot r&#233;volutionnaire emporta tout : la quatri&#232;me Douma, le produit le plus r&#233;actionnaire du plus r&#233;actionnaire des syst&#232;mes &#233;lectoraux, celui des quatre classes, issu du coup d'Etat, se transforma du jour au lendemain en un organe de la r&#233;volution. Tous les partis bourgeois, y compris les droites nationalistes, form&#232;rent soudain un seul bloc uni contre l'absolutisme. Celui-ci s'&#233;croula d&#232;s le premier choc, presque sans combat, comme un organe pourri qu'il suffisait de toucher du doigt pour le faire tomber. De m&#234;me, la courte tentative faite par la bourgeoisie lib&#233;rale pour sauver au moins la dynastie et le tr&#244;ne fut bris&#233;e en quelques heures. Le flot imp&#233;tueux des &#233;v&#232;nements submergea en quelques jours des territoires que la R&#233;volution fran&#231;aise avait mis des dizaines d'ann&#233;es &#224; conqu&#233;rir. Il apparut ici que la Russie r&#233;alisait les r&#233;sultats d'un si&#232;cle de d&#233;veloppement europ&#233;en, et, avant tout, que la r&#233;volution de 1917 &#233;tait une continuation directe de celle de 1905-1907, et non un cadeau des &#034;lib&#233;rateurs allemands&#034;. En somme, la r&#233;volution reprenait en mars 1917 au point exact o&#249; la pr&#233;c&#233;dente avait interrompu son oeuvre, dix ans auparavant. La R&#233;publique d&#233;mocratique &#233;tait le produit tout pr&#234;t, int&#233;rieurement m&#251;r, du premier assaut de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors commen&#231;a la seconde &#233;tape, la plus difficile. D&#232;s le d&#233;but, la force motrice de la r&#233;volution fut le prol&#233;tariat des villes. Mais ses revendications &#233;taient loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;es par l'instauration de la d&#233;mocratie politique, elles portaient avant tout sur la question br&#251;lante de la politique internationale : la paix imm&#233;diate. En m&#234;me temps, la r&#233;volution se pr&#233;cipita sur la masse de l'arm&#233;e, qui &#233;leva la m&#234;me revendication d'une paix imm&#233;diate, et sur la masse de la paysannerie, qui mit au premier plan la question agraire, ce pivot de la r&#233;volution depuis 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix imm&#233;diate et la terre : avec ces deux mots d'ordre, la scission int&#233;rieure du bloc r&#233;volutionnaire &#233;tait faite. Le premier &#233;tait en contradiction absolue avec les tendances imp&#233;rialistes de la bourgeoisie lib&#233;rale, dont le porte-parole &#233;tait Milioukov. Le second, v&#233;ritable spectre pour l'aile droite de la bourgeoisie, la noblesse terrienne, &#233;tait en m&#234;me temps, en tant qu'attentat &#224; la sacro-sainte propri&#233;t&#233; individuelle, un point douloureux pour l'ensemble des classes poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, au lendemain m&#234;me de la premi&#232;re victoire de la r&#233;volution, commen&#231;a dans son sein une lutte autour de ces deux questions br&#251;lantes : la paix et la question agraire. La bourgeoisie lib&#233;rale lan&#231;a une tactique de diversion et de faux-fuyants. Les masses ouvri&#232;res, l'arm&#233;e, les paysans, exer&#231;aient une pression de plus en plus forte. Il ne fait aucun doute qu'&#224; ces deux questions, celle de la paix et celle de la terre, &#233;taient li&#233;s les destins m&#234;mes de la bourgeoisie politique, de la r&#233;publique. Les classes bourgeoises qui, submerg&#233;es par la premi&#232;re vague de la r&#233;volution, s'&#233;taient laiss&#233;es entra&#238;ner jusqu'&#224; la forme d'Etat r&#233;publicain, commenc&#232;rent &#224; chercher en arri&#232;re des points d'appui pour pouvoir organiser en silence la contre-r&#233;volution. La marche sur Petrograd des cosaques de Kal&#233;dine exprima nettement cette tendance. Si ce premier assaut avait &#233;t&#233; couronn&#233; de succ&#232;s, c'en &#233;tait fait, non seulement de la question de la paix et de la question agraire, mais aussi du sort de la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. Une dictature militaire, avec un r&#233;gime de terreur contre le prol&#233;tariat, puis le retour &#224; la monarchie, en eussent &#233;t&#233; les cons&#233;quences in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut mesurer par l&#224; ce qu'a d'utopique et au fond de r&#233;actionnaire la tactique suivie par les socialistes russes de la tendance Kautsky, les mencheviks. Ent&#234;t&#233;s dans leur fiction du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution russe - puisque la Russie n'&#233;tait pas encore m&#251;re pour la r&#233;volution sociale ! -, ils s'accrochaient d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la collaboration avec les lib&#233;raux bourgeois, c'est-&#224;-dire &#224; l'union forc&#233;e des &#233;l&#233;ments, qui, s&#233;par&#233;s par la marche logique, interne, du d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire, &#233;taient d&#233;j&#224; entr&#233;s en opposition violente. Les Axelrod, les Dan, voulaient &#224; tout prix collaborer avec les classes et les partis qui mena&#231;aient pr&#233;cis&#233;ment des plus grands dangers la r&#233;volution et sa premi&#232;re conqu&#234;te, la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, c'est &#224; la tendance bolcheviste que revient le m&#233;rite historique d'avoir proclam&#233; d&#232;s le d&#233;but et suivi avec une logique de fer la tactique qui seule pouvait sauver la d&#233;mocratie et pousser la r&#233;volution en avant. Tout le pouvoir aux masses ouvri&#232;res et paysannes, tout le pouvoir aux soviets -c'&#233;tait l&#224; en effet le seul moyen de sortir de la difficult&#233; o&#249; se trouvait engag&#233;e la r&#233;volution, c'&#233;tait l&#224; le coup d'&#233;p&#233;e qui pouvait trancher le n&#339;ud gordien, tirer la r&#233;volution de l'impasse et lui ouvrir un champ de d&#233;veloppement illimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti de L&#233;nine fut ainsi le seul en Russie qui comprit les vrais int&#233;r&#234;ts de la r&#233;volution ; dans cette premi&#232;re p&#233;riode, il en fut la force motrice, en tant que seul parti qui poursuivit une politique r&#233;ellement socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique &#233;galement pourquoi les bolcheviks, au d&#233;but minorit&#233; calomni&#233;e et traqu&#233;e de toutes parts, furent en peu de temps pouss&#233;s &#224; la pointe du mouvement, et purent rassembler sous leurs drapeaux toutes les masses vraiment populaires : le prol&#233;tariat des villes, l'arm&#233;e, la paysannerie, ainsi que les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires de la d&#233;mocratie, &#224; savoir l'aile gauche des socialistes-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques mois, la situation r&#233;elle de la r&#233;volution russe se trouva r&#233;sum&#233;e dans l'alternative suivante : ou victoire de la contre-r&#233;volution ou dictature du prol&#233;tariat, ou Kal&#233;dine ou L&#233;nine. Telle est la situation qui se produit tr&#232;s rapidement dans chaque r&#233;volution, une fois dissip&#233;e la premi&#232;re ivresse de la victoire, et qui d&#233;coulait en Russie des questions br&#251;lantes de la paix et de la terre, pour lesquelles il n'y avait pas de solution possible dans les cadres de la r&#233;volution &#034;bourgeoise&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe n'a fait que confirmer par l&#224; l'enseignement fondamental de toute grande r&#233;volution, dont la loi est la suivante : ou aller de l'avant rapidement et r&#233;solument, abattre d'une main de fer tous les obstacles, et reculer ses buts de plus en plus loin, ou &#234;tre rejet&#233;e en arri&#232;re de son point de d&#233;part et &#233;cras&#233;e par la contre-r&#233;volution. S'arr&#234;ter, pi&#233;tiner sur place, se contenter des premiers r&#233;sultats obtenus, cela est impossible dans une r&#233;volution. Et quiconque veut transporter dans la tactique r&#233;volutionnaire ces petites habilet&#233;s de la lutte parlementaire, montre uniquement qu'il ignore non seulement la psychologie, la loi profonde de la r&#233;volution, mais encore tous les enseignements de l'histoire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts de la r&#233;volution russe vus par Rosa Luxemburg en 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la r&#233;volution en Russie a triomph&#233; d'embl&#233;e de l'absolutisme bureaucratique, mais cette victoire n'est pas une fin, elle n'est qu'un timide. d&#233;but. D'une part, en raison de son caract&#232;re g&#233;n&#233;ralement r&#233;actionnaire et de son opposition de classe au prol&#233;tariat, la bourgeoisie abandonnera un jour ou l'autre, avec une logique in&#233;luctable, ses positions avanc&#233;es de lib&#233;ralisme r&#233;solu. D'autre part, une fois sur la br&#232;che, l'&#233;nergie r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat russe prendra, avec la m&#234;me logique historique in&#233;luctable, la voie d'une action d&#233;mocratique et sociale radicale et remettra le programme de 1905 &#224; l'ordre du jour : r&#233;publi-que d&#233;mocratique, journ&#233;e de huit heures, expropriation des grands propri&#233;taires terriens. Mais il en r&#233;sulte avant tout pour le prol&#233;tariat socialiste de Russie le plus urgent des mots d'ordre, li&#233; indissolublement &#224; tous les autres : fin &#224; la guerre imp&#233;rialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire se r&#233;v&#232;le par son programme en opposition flagrante avec la bourgeoisie imp&#233;rialiste russe qui s'enthousiasme pour Constantinople et profite de la guerre. L'action pour la paix en Russie comme ailleurs ne peut prendre qu'une seule forme : celle d'une lutte de classe r&#233;volutionnaire contre sa propre bourgeoisie, d'une lutte pour la prise du pouvoir dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les perspectives imp&#233;rieuses du d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la r&#233;volution russe. Bien loin d'avoir achev&#233; son oeuvre, elle n'en a accompli que de minces pr&#233;mices que suivront d'implacables luttes de classe pour la paix et le programme radical du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au grand drame historique qui se joue sur la N&#233;va correspond le drame satyrique de la Spree. Si notre m&#233;moire ne nous fait d&#233;faut, le mot d'ordre du 4 ao&#251;t 1914 2 &#233;tait : lib&#233;rons la Russie du despotisme tsariste. C'&#233;tait l&#224; le sublime pr&#233;texte du g&#233;nocide, et au nom de ce &#171; bon vieux programme de Marx et d'Engels &#187;, les vassaux de la fraction social-d&#233;mocrate ont d&#233;cid&#233; de soutenir la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et o&#249; est l'all&#233;gresse, maintenant que la strat&#233;gie militaire allemande a atteint son objectif ? O&#217; est le triomphe dans la presse gouvernementale ? Hourrah ! On a r&#233;ussi ! &#187; En chiens battus, les &#171; lib&#233;rateurs &#187; allemands contemplent l'&#339;uvre de la r&#233;volution russe. Ils ne parviennent m&#234;me pas &#224; esquisser une grimace d&#233;cente, &#224; faire contre mauvaise fortune &#171; bon c&#339;ur &#187;. La com&#233;die des premiers mois de guerre, la farce mise en sc&#232;ne par la social-d&#233;mocratie allemande pour la social-d&#233;mocratie allemande, afin de mener les masses par le bout du nez est si bien oubli&#233;e que les acteurs ne tentent m&#234;me pas d'exhumer les masques poussi&#233;reux pour cacher &#224; demi leur mauvaise humeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur bleue d'un renforcement de la Russie par un renouveau interne, la peur d'une comparaison, qui saute aux yeux et vous tourne en d&#233;rision, entre la Russie qui s'est lib&#233;r&#233;e elle-m&#234;me par la r&#233;volution et la &#171; Pologne ind&#233;pendante &#187; lib&#233;r&#233;e &#171; manu militari &#187; par les Allemands, la peur surtout du mauvais exemple que pourrait donner la Russie, qui risquerait de corrompre les bonnes m&#339;urs du prol&#233;tariat allemand, montre en tous lieux son pied fourchu. M&#234;me dans l'organe &#233;clair&#233; de Mosse 3, un flambeau du lib&#233;ralisme allemand tente na&#239;vement de faire la preuve consolante et rassurante de ce que la fameuse &#171; lib&#233;ration de la Russie &#187;, noble objectif de la guerre, achopperait sur des difficult&#233;s internes et sombrerait dans l'anarchie. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'explosion de la r&#233;volution en Russie, on a d&#233;pass&#233; le point mort o&#249; stagnait la situation historique avec la poursuite de la guerre et le renoncement parall&#232;le &#224; la lutte de classe prol&#233;tarienne. Dans une Europe qui toute enti&#232;re sentait le moisi, o&#249; l'on &#233;touffait depuis bient&#244;t trois ans, on dirait qu'une fen&#234;tre s'est brusquement ouverte, laissant passer un souffle d'air frais et vivifiant vers lequel chacun se tourne dans un profond soupir. Les &#171; lib&#233;rateurs &#187; allemands notamment ont aujourd'hui les yeux fix&#233;s sur le th&#233;&#226;tre de la r&#233;volution russe. Les hommages geignards que les gouvernements allemand et austro-hongrois rendent aux &#171; mendiants et conjur&#233;s &#187; et la tension anxieuse dans laquelle est accueillie ici la moindre d&#233;claration de Tche&#239;dze 4 et du conseil des ouvriers et des soldats concernant la guerre et la paix, offrent &#224; pr&#233;sent la confirmation tangible d'un fait que m&#234;me les socialistes oppositionnels de l'Arbeitsgemeinschaft 5 hier encore ne parvenaient pas &#224; comprendre : aucun &#171; arrangement diplomatique &#187; aucune ambassade Wilson, mais l'action r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat et elle seule pr&#233;sente une issue &#224; l'impasse de la guerre mondiale. Maintenant, les vainqueurs de Tannenberg et de Varsovie attendent en tremblant des seuls prol&#233;taires russes, de la &#171; rue &#187;, qu'ils les d&#233;livrent de l'&#233;tau de la guerre ! ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat d'un seul pays ne parviendra pas, il est vrai, a desserrer cet &#233;tau, quel que soit l'h&#233;ro&#239;sme qui l'anime. La r&#233;volution russe prend d'elle-m&#234;me les proportions d'un probl&#232;me inter&#172;national. En effet, dans leurs aspirations pacifiques, les travailleurs russes entrent en conflit violent, non seulement avec leur propre bourgeoisie qu'ils savent d&#233;j&#224; ma&#238;triser, mais aussi avec la bourgeoisie anglaise, fran&#231;aise et italienne. On voit bien &#224; travers le ton bougon des d&#233;clarations de la presse bourgeoise des pays de l'Entente, de tous les Times, des Matin, des Corriere della Sera que les capitalistes occidentaux, ces vaillants champions de la &#171; d&#233;mo-cratie &#187; et des droits des &#171; petites nations &#187; observent avec des grin&#172;ce&#172;ments de dents et une rage sans cesse croissante les progr&#232;s de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui fixent le terme de la belle &#233;poque d'une h&#233;g&#233;monie sans partage de l'imp&#233;rialisme en Europe. Ces capitalistes de l'Entente constituent le plus solide des renforts pour la bourgeois&#172;sie russe contre laquelle se dresse le prol&#233;tariat russe dans sa lutte pour la paix. Par tous les moyens, diplomatiques, financiers, politico-&#233;conomiques, ils peuvent exercer sur la Russie une &#233;norme pression et ils l'exercent sans doute d&#233;j&#224;. R&#233;volution lib&#233;rale ? Gouvernement provisoire de la bourgeoisie ? Tr&#232;s bien ! On les a aussit&#244;t reconnus officiellement et on a salu&#233; en eux les garants d'un renforcement militaire de la Russie, les instruments ob&#233;issants de l'imp&#233;rialisme internatio&#172;nal. Mais pas un pas de plus ! Que la r&#233;volution d&#233;voile son vrai visage prol&#233;tarien, qu'elle se retourne en toute logique contre la guerre et l'imp&#233;rialisme et ses chers alli&#233;s lui montreront aussit&#244;t les dents et chercheront &#224; la museler par tous les moyens. Par cons&#233;quent, la t&#226;che qui s'impose aux prol&#233;taires socialistes d'Angleterre, de France et l'Italie est maintenant de lever l'&#233;tendard de la r&#233;bellion contre la guerre par des actions de masse &#233;nergiques dans leur propre pays, contre leurs propres classes dirigeantes, s'ils ne veulent pas trahir l&#226;chement le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire russe, le laisser massacrer en un combat in&#233;gal, non seulement contre la bourgeoisie russe mais aussi contre celle de l'Ouest. Les puissances de l'Entente se sont d&#233;j&#224; ing&#233;r&#233;es dans les affaires int&#233;rieures de la r&#233;volution russe, il y va donc de l'honneur des travailleurs de ces pays de couvrir la r&#233;volution russe et d'imposer la paix par une attaque de flanc r&#233;volutionnaire contre leurs propres classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes gouvernementaux d'Allemagne peuvent bien crier que la domination des bolcheviks en Russie n'est qu'une caricature de dictature du prol&#233;tariat. Qu'elle l'ait &#233;t&#233; ou non, ce ne fut pr&#233;cis&#233;ment que parce qu'elle &#233;tait une cons&#233;quence de l'attitude du prol&#233;tariat allemand, laquelle n'&#233;tait pas autre chose qu'une caricature de lutte de classes. Nous vivons tous sous la loi de l'histoire, et l'ordre socialiste ne peut pr&#233;cis&#233;ment s'&#233;tablir qu'internationalement. Les bolcheviks ont montr&#233; qu'ils peuvent faire tout ce qu'un parti vraiment r&#233;volutionnaire peut faire dans les limites des possibilit&#233;s historiques. Qu'ils ne cherchent pas &#224; faire des miracles. Car une r&#233;volution prol&#233;tarienne mod&#232;le et impeccable dans un pays isol&#233;, &#233;puis&#233; par la guerre, &#233;trangl&#233; par l'imp&#233;rialisme, trahi par le prol&#233;tariat international, serait un miracle. Ce qui importe, c'est de distinguer dans la politique des bolcheviks l'essentiel de l'accessoire, la substance de l'accident. Dans cette derni&#232;re p&#233;riode, o&#249; nous sommes &#224; la veille des luttes d&#233;cisives dans le monde entier, le probl&#232;me le plus important du socialisme est pr&#233;cis&#233;ment la question br&#251;lante du moment : non pas telle ou telle question de d&#233;tail de la tactique, mais la capacit&#233; d'action du prol&#233;tariat, la combativit&#233; des masses, la volont&#233; de r&#233;aliser le socialisme. Sous ce rapport, L&#233;nine, Trotsky et leurs amis ont &#233;t&#233; les premiers qui aient montr&#233; l'exemple au prol&#233;tariat mondial ; ils sont jusqu'ici encore les seuls qui puisent s'&#233;crier avec Hutten : &#034;J'ai os&#233; !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks. En ce sens, il leur reste le m&#233;rite imp&#233;rissable d'avoir, en conqu&#233;rant le pouvoir et en posant pratiquement le probl&#232;me de la r&#233;alisation du socialisme, montr&#233; l'exemple au prol&#233;tariat international, et fait faire un pas &#233;norme dans la voie du r&#232;glement de comptes final entre le Capital et le Travail dans le monde entier. En Russie, le probl&#232;me ne pouvait &#234;tre que pos&#233;. Et c'est dans ce sens que l'avenir appartient partout au &#034;bolchevisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1502&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1502&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lire encore et toujours&#8230; Rosa Luxemburg</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8445</link>
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		<dc:date>2025-03-09T23:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire encore et toujours&#8230; Rosa Luxemburg &lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais, je suis, je serai&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1919/01/recueil_1914_1919.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1903/03/Karl_Marx.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &#224; l'&#233;conomie politique &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/luxembur/intro_ecopo/intro_ecopo.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ve de masse, parti et syndicat &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;forme sociale ou R&#233;volution (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore et toujours&#8230; Rosa Luxemburg&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais, je suis, je serai&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1919/01/recueil_1914_1919.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1919/01/recueil_1914_1919.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1903/03/Karl_Marx.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1903/03/Karl_Marx.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction &#224; l'&#233;conomie politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/intro_ecopo/intro_ecopo.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/intro_ecopo/intro_ecopo.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve de masse, parti et syndicat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;forme sociale ou R&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1898/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1898/index.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utopies pacifistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1911/05/utopies.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1911/05/utopies.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la social-d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/junius/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/junius/index.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que veut la Ligue Spartakiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/programme.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/programme.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ensuite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot89&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot89&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/luxemburg/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/luxemburg/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire toujours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?cof=GALT%3A%23a00000%3BGL%3A0%3BAH%3Acenter%3BLH%3A250%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fsearch.marxists.org%2Fadmin%2Fsearch%2Fsearch.jpg%3BLW%3A400%3BAWFID%3A98b2606990956b52%3B&amp;domains=www.marxists.org&amp;sitesearch=www.marxists.org&amp;as_sitesearch=www.marxists.org%2Ffrancais%2Fluxembur%2F&amp;hl=en&amp;ie=8859-1&amp;oe=8859-1&amp;as_occt=body&amp;num=30&amp;btnG=Rechercher+%21&amp;as_epq=&amp;as_oq=&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/search?cof=GALT%3A%23a00000%3BGL%3A0%3BAH%3Acenter%3BLH%3A250%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fsearch.marxists.org%2Fadmin%2Fsearch%2Fsearch.jpg%3BLW%3A400%3BAWFID%3A98b2606990956b52%3B&amp;domains=www.marxists.org&amp;sitesearch=www.marxists.org&amp;as_sitesearch=www.marxists.org%2Ffrancais%2Fluxembur%2F&amp;hl=en&amp;ie=8859-1&amp;oe=8859-1&amp;as_occt=body&amp;num=30&amp;btnG=Rechercher+%21&amp;as_epq=&amp;as_oq=&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Rosa Luxemburg accusait les bolcheviks de reprendre des mots d'ordre petits bourgeois</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7922</link>
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		<dc:date>2025-02-18T23:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Petits bourgeois</dc:subject>
		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand Rosa Luxemburg accusait les bolcheviks de reprendre des mots d'ordre petits bourgeois, compl&#232;tement a contrario de la notion de r&#233;volution permanente qui am&#232;ne le prol&#233;tariat &#224; diriger y compris la r&#233;volution bourgeoise &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux mots d'ordre petit-bourgeois &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolcheviks sont les h&#233;ritiers historiques des &#034;niveleurs&#034; anglais et des jacobins fran&#231;ais. Mais la t&#226;che qui leur incombait dans la R&#233;volution russe au lendemain de la prise du pouvoir &#233;tait incomparablement plus difficile que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique79" rel="directory"&gt;2- la r&#233;volution permanente, strat&#233;gie du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;Petits bourgeois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand Rosa Luxemburg accusait les bolcheviks de reprendre des mots d'ordre petits bourgeois, compl&#232;tement a contrario de la notion de r&#233;volution permanente qui am&#232;ne le prol&#233;tariat &#224; diriger y compris la r&#233;volution bourgeoise&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux mots d'ordre petit-bourgeois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks sont les h&#233;ritiers historiques des &#034;niveleurs&#034; anglais et des jacobins fran&#231;ais. Mais la t&#226;che qui leur incombait dans la R&#233;volution russe au lendemain de la prise du pouvoir &#233;tait incomparablement plus difficile que celle de leurs devanciers [1]. Assur&#233;ment, le mot d'ordre de la prise et du partage des terres par les paysans &#233;tait la formule la plus br&#232;ve, la plus simple et la plus lapidaire pour atteindre un double but : d&#233;truire la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re ; lier les paysans au gouvernement r&#233;volutionnaire. Comme mesure politique pour renforcer le gouvernement socialiste-prol&#233;tarien, c'&#233;tait l&#224; une tactique excellente. Malheureusement, elle avait deux faces, et son revers, c'est que la prise directe des terres et leur partage entre les paysans n'a absolument rien de commun avec le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation socialiste de l'&#233;conomie suppose, en ce qui concerne l'agriculture, deux choses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la nationalisation de la grande propri&#233;t&#233;, comme pr&#233;sentant le degr&#233; techniquement le plus avanc&#233; de la concentration des moyens de production agricole, qui seule peut servir de base &#224; l'&#233;conomie socialiste dans les campagnes. Si, bien entendu, il n'est pas n&#233;cessaire d'enlever au petit cultivateur son lopin de terre et si on peut lui laisser tranquillement le soin de se convaincre par lui-m&#234;me des avantages de l'exploitation collective, pour le gagner d'abord au groupement coop&#233;ratif, puis au syst&#232;me de l'exploitation collective, toute transformation socialiste de l'&#233;conomie agricole doit commencer naturellement par la grande et la moyenne propri&#233;t&#233;. Elle doit transf&#233;rer, avant tout, le droit de propri&#233;t&#233; &#224; la nation, ou, ce qui revient au m&#234;me avec un gouvernement socialiste, &#224; l'Etat, car cela seul garantit la possibilit&#233; d'organiser la production agricole sur une base socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, deuxi&#232;mement, l'une des conditions indispensables de cette transformation, c'est de supprimer l'opposition entre l'agriculture et l'industrie, qui constitue le trait caract&#233;ristique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, pour faire place &#224; une p&#233;n&#233;tration et &#224; une fusion compl&#232;te de ces deux branches de production, &#224; une transformation, tant de la production agraire que de la production industrielle, selon un point de vue commun. De quelque fa&#231;on qu'en soit pratiquement organis&#233;e la gestion, qu'elle soit confi&#233;e aux municipalit&#233;s des villes, comme certains le proposent, ou &#224; l'Etat, en tout cas, la condition pr&#233;alable est une r&#233;forme r&#233;alis&#233;e d'une fa&#231;on unitaire et dirig&#233;e par le centre, cette reforme supposant elle-m&#234;me la nationalisation du sol. Nationalisation de la grande et moyenne propri&#233;t&#233;, union de l'industrie et de l'agriculture, telles sont les deux conditions fondamentales de toute transformation socialiste de l'&#233;conomie, sans lesquelles il n'y a pas de socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le gouvernement des soviets en Russie n'ait pas r&#233;alis&#233; ces r&#233;formes consid&#233;rables, qui pourrait le lui reprocher ? Ce serait une mauvaise plaisanterie d'exiger ou d'attendre de L&#233;nine et de ses amis que, dans le court intervalle de leur domination, dans le tourbillon vertigineux des luttes int&#233;rieures et ext&#233;rieures, press&#233;s de tous c&#244;t&#233;s par des ennemis sans nombre et des r&#233;sistances insurmontables, ils r&#233;solvent l'un des probl&#232;mes les plus difficiles, nous pouvons m&#234;me dire le plus difficile, de la transformation socialiste, ou seulement s'y attaquent. Quand nous serons au pouvoir, m&#234;me en Occident et dans les conditions les plus favorables, nous nous casserons plus d'une dent sur cette noix avant d'avoir r&#233;solu m&#234;me les plus simples parmi les mille difficult&#233;s complexes de cette t&#226;che gigantesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une chose, en tout cas, qu'un gouvernement socialiste au pouvoir doit faire : c'est prendre des mesures qui aillent dans le sens de ces conditions fondamentales d'une transformation socialiste de l'agriculture. Il doit &#233;viter tout ce qui barrerait la route conduisant &#224; cette transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le mot d'ordre lanc&#233; par les bolcheviks : prise imm&#233;diate et partage des terres par les paysans, devait agir pr&#233;cis&#233;ment dans le sens inverse. Car non seulement ce n'est pas une mesure socialiste, mais elle barre la route qui y m&#232;ne, elle accumule devant la transformation socialiste de l'agriculture des difficult&#233;s insurmontables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de possession des terres par les paysans, conform&#233;ment au mot d'ordre bref et lapidaire de L&#233;nine et de ses amis : &#034;Allez et prenez la terre ! &#034; conduisait au passage subit et chaotique de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re non &#224; la propri&#233;t&#233; sociale, mais une nouvelle propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et cela par l'&#233;miettement de la grande propri&#233;t&#233; en une foule de petites et moyennes propri&#233;t&#233;s, de la grande exploitation relativement avanc&#233;e en une quantit&#233; de petites exploitations primitives, travaillant, du point de vue technique, avec les m&#233;thodes de l'&#233;poque des pharaons. Mais ce n'est pas tout : par cette mesure et la fa&#231;on chaotique, purement arbitraire, dont elle fut appliqu&#233;e, les diff&#233;rences sociales dans les campagnes n'ont pas &#233;t&#233; supprim&#233;es, mais aggrav&#233;es au contraire. Quoique les bolcheviks aient recommand&#233; aux paysans de former des comit&#233;s pour faire de la prise de possession des terres de la noblesse en quelque sorte une action collective, il est clair que ce conseil d'un caract&#232;re tout &#224; fait g&#233;n&#233;ral ne pouvait rien changer &#224; la pratique v&#233;ritable et aux rapports de classes &#224; la campagne. Avec ou sans comit&#233;s, ce sont les paysans riches et les usuriers, lesquels repr&#233;sentent la bourgeoisie rurale et d&#233;tiennent, dans tous les villages russes, le pouvoir effectif, qui ont &#233;t&#233;, en r&#233;alit&#233;, les principaux profiteurs de la r&#233;volution agraire. Sans qu'il soit n&#233;cessaire de l'avoir vu de ses propres yeux, chacun peut se rendre compte que le r&#233;sultat du partage des terres n'a pas &#233;t&#233; de supprimer, mais d'accro&#238;tre au contraire l'in&#233;galit&#233; sociale et &#233;conomique au sein de la paysannerie et d'y aggraver les antagonismes de classes. Mais ce d&#233;placement de forces s'est fait au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts prol&#233;tariens et socialistes. Autrefois, une r&#233;forme socialiste &#224; la campagne se heurtait uniquement &#224; la r&#233;sistance d'une petite caste de grands propri&#233;taires fonciers, tant nobles que capitalistes, ainsi que d'une petite fraction de la bourgeoisie rurale, dont l'expropriation par une masse populaire r&#233;volutionnaire n'est qu'un jeu d'enfant. Maintenant, apr&#232;s la prise de possession de la terre par les paysans, l'ennemi se dresse devant toute socialisation de l'agriculture, c'est une masse &#233;norme et consid&#233;rablement grossie de paysans propri&#233;taires qui d&#233;fendront de toutes leurs forces leur propri&#233;t&#233; nouvellement acquise contre toutes les atteintes du pouvoir socialiste. Maintenant, la question de la socialisation future de l'agriculture, et par cons&#233;quent de la production, en Russie, est devenue une question de lutte entre le prol&#233;tariat des villes et la masse paysanne. A quel point cet antagonisme s'est aggrav&#233; aujourd'hui, c'est ce que prouve le boycottage des villes par les paysans, lesquels conservent par devers eux les denr&#233;es alimentaires, afin d'en tirer des profits usuraires, exactement comme font les hobereaux prussiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit paysan fran&#231;ais &#233;tait devenu le plus vaillant d&#233;fenseur de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui lui avait donn&#233; la terre enlev&#233;e aux &#233;migr&#233;s. Il porta, comme soldat de Napol&#233;on, le drapeau fran&#231;ais &#224; la victoire, parcourut en tous sens l'Europe enti&#232;re et d&#233;truisit la f&#233;odalit&#233; dans un pays apr&#232;s l'autre. Il se peut que L&#233;nine et ses amis aient attendu un effet semblable de leur mot d'ordre agraire. Mais le paysan russe, ayant pris la terre de sa propre autorit&#233;, n'a pas song&#233; m&#234;me en r&#234;ve &#224; d&#233;fendre la Russie et la r&#233;volution, &#224; qui il la devait. Il s'est claquemur&#233; dans sa nouvelle propri&#233;t&#233;, abandonnant la r&#233;volution &#224; ses ennemis, l'Etat &#224; la ruine et la population des villes &#224; la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme agraire de L&#233;nine a cr&#233;&#233; pour le socialisme dans les campagnes une nouvelle et puissante couche d'ennemis, dont la r&#233;sistance sera beaucoup plus dangereuse et plus opini&#226;tre que l'&#233;tait celle de l'aristocratie fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la d&#233;faite militaire a abouti &#224; l'effondrement et &#224; la ruine de la Russie, les bolcheviks en portent incontestablement une part de responsabilit&#233;. Les difficult&#233;s objectives de la situation, les bolcheviks les ont aggrav&#233;es eux-m&#234;mes par ce mot d'ordre, qu'ils ont mis au premier plan de leur politique, du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, ou ce qui se cachait en r&#233;alit&#233; derri&#232;re ce mot d'ordre : le d&#233;p&#232;cement de la Russie. Cette formule, proclam&#233;e sans cesse avec une obstination dogmatique, du droit des diff&#233;rentes nations de l'empire russe &#224; d&#233;cider elles-m&#234;mes de leur propre sort, &#034;jusque et y compris leur s&#233;paration compl&#232;te d'avec la Russie&#034;, &#233;tait un cri de guerre particulier de L&#233;nine et ses amis dans leur lutte contre l'imp&#233;rialisme, tant celui de Milioukov que celui de Kerensky. Elle fut l'axe de leur politique int&#233;rieure apr&#232;s le coup d'Etat d'octobre. Elle constitua toute la plate-forme des bolcheviks &#224; Brest-Litovsk, la seule arme qu'ils eussent &#224; opposer &#224; la puissance de l'imp&#233;rialisme allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe, tout d'abord, dans l'obstination et l'ent&#234;tement avec lesquels L&#233;nine et ses amis se sont tenus &#224; ce mot d'ordre, c'est qu'il est en contradiction flagrante, tant avec le centralisme, si souvent affirm&#233;, de leur politique, qu'avec leur attitude &#224; l'&#233;gard des autres principes d&#233;mocratiques. Tandis qu'ils faisaient preuve du m&#233;pris le plus glacial &#224; l'&#233;gard de l'Assembl&#233;e constituante, du suffrage universel, de la libert&#233; de la presse et de r&#233;union, bref de tout l'appareil des libert&#233;s d&#233;mocratiques fondamentales des masses populaires, libert&#233;s dont l'ensemble constituait le &#034;droit de libre d&#233;termination&#034; en Russie m&#234;me, ils faisaient de ce droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes un noyau de la politique d&#233;mocratique, pour l'amour duquel il fallait faire taire toutes les consid&#233;rations pratiques de la critique r&#233;aliste. Alors qu'ils ne s'en laissaient imposer en rien par le vote populaire pour l'Assembl&#233;e constituante en Russie, vote &#233;mis sur la base du suffrage le plus d&#233;mocratique du monde et dans la pleine libert&#233; d'une r&#233;publique populaire, et que, pour de froides consid&#233;rations critiques, ils en d&#233;claraient les r&#233;sultats simplement nuls et non avenus, ils d&#233;fendaient &#224; Brest-Litovsk le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes comme le vrai palladium de toute libert&#233; et de toute d&#233;mocratie, quintessence inalt&#233;r&#233;e de la volont&#233; des peuples, et comme l'instance d&#233;cisive supr&#234;me dans la question du sort politique des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, qui est ici flagrante, est d'autant plus incompr&#233;hensible que, dans les formes d&#233;mocratiques de la vie politique de tous les pays, il s'agit effectivement, comme nous le verrons encore plus loin, de bases extr&#234;mement pr&#233;cieuses et m&#234;me indispensables de la politique socialiste, alors que ce fameux droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes n'est qu'une phrase creuse, une foutaise petite-bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie ce droit en effet ? C'est un principe &#233;l&#233;mentaire de la politique socialiste, qu'elle combat, comme toute sorte d'oppression, celle d'une nation par une autre. Si, malgr&#233; tout, des hommes politiques aussi r&#233;fl&#233;chis que L&#233;nine, Trotsky et leur amis, qui n'ont que haussements d'&#233;paules ironiques pour des mots d'ordre utopiques tels que &#034;d&#233;sarmement&#034;, &#034;soci&#233;t&#233; des nations&#034;, etc., ont fait cette fois leur cheval de bataille d'une phrase creuse du m&#234;me genre, cela est d&#251;, nous semble-t-il, &#224; une sorte de politique d'opportunit&#233;. L&#233;nine et ses amis comptaient manifestement sur le fait qu'il n'y avait pas de plus s&#251;r moyen de gagner &#224; la cause de la r&#233;volution les nombreuses nationalit&#233;s allog&#232;nes que comptait l'empire russe que de leur accorder, au nom de la r&#233;volution et du socialisme, le droit absolu de disposer de leur propre sort. C'&#233;tait une politique analogue &#224; celle que les bolcheviks adoptaient &#224; l'&#233;gard des paysans russes, qu'ils pensaient gagner &#224; l'aide du mot d'ordre de prise de possession directe des terres et lier ainsi au drapeau de la r&#233;volution et du gouvernement prol&#233;tarien. Malheureusement, dans un cas comme dans l'autre, le calcul s'est r&#233;v&#233;l&#233; enti&#232;rement faux : tandis que L&#233;nine et ses amis esp&#233;raient manifestement que, parce qu'ils avaient &#233;t&#233; les d&#233;fenseurs de la libert&#233; nationale, et cela jusqu'&#224; la s&#233;paration compl&#232;te, la Finlande, l'Ukraine, la Pologne, la Lituanie, les pays baltes, le Caucase, etc., deviendraient autant d'alli&#233;s fid&#232;les de la R&#233;volution russe, nous avons pr&#233;cis&#233;ment assist&#233; au spectacle inverse : l'une apr&#232;s l'autre, toutes ces &#034;nations&#034; utilis&#232;rent la libert&#233; qu'on venait de leur octroyer pour s'allier &#224; l'imp&#233;rialisme allemand contre la R&#233;volution russe. L'interm&#232;de avec l'Ukraine &#224; Brest-Litovsk, qui a amen&#233; un tournant d&#233;cisif des n&#233;gociations et de toute la situation politique, tant int&#233;rieure qu'ext&#233;rieure, des bolcheviks, en est un exemple frappant. L'attitude de la Finlande, de la Pologne, de la Lituanie, des pays baltes, et des nations du Caucase, montre de la fa&#231;on la plus convaincante que nous n'avons pas affaire ici &#224; une exception fortuite, mais &#224; un ph&#233;nom&#232;ne typique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment, dans tous les cas, ce ne sont pas les &#034;nations&#034; qui ont fait cette politique r&#233;actionnaire, mais seulement les classes bourgeoises et petites-bourgeoises, qui, en opposition compl&#232;te avec les masses prol&#233;tariennes de leur pays, ont fait de ce &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&#034; un instrument de leur politique contre-r&#233;volutionnaire. Mais - et nous touchons ici au n&#339;ud du probl&#232;me -, le caract&#232;re utopique, petit-bourgeois, de ce mot d'ordre nationaliste consiste pr&#233;cis&#233;ment en ceci, que, dans la dure r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233; de classes, surtout dans une p&#233;riode d'antagonismes extr&#234;mes, il se transforme en un moyen de domination de la classe bourgeoise. Les bolcheviks devaient apprendre &#224; leurs d&#233;pens et &#224; ceux de la r&#233;volution que, sous le r&#232;gne du capitalisme, il n'y a pas de libre d&#233;termination des peuples, que, dans une soci&#233;t&#233; de classes, chaque classe de la nation cherche &#224; se&#034;d&#233;terminer&#034; d'une mani&#232;re diff&#233;rente, que, pour les classes bourgeoises, les consid&#233;rations de libert&#233; nationale passent compl&#232;tement apr&#232;s celles de la domination de classe. La bourgeoisie finlandaise, comme la petite-bourgeoisie ukrainienne, &#233;taient enti&#232;rement d'accord pour pr&#233;f&#233;rer la domination allemande &#224; la libert&#233; nationale, d&#232;s que celle-ci devait &#234;tre li&#233;e au danger du &#034;bolchevisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir de changer ces rapports r&#233;els de classes en leur contraire au moyen des &#034;pl&#233;biscites&#034;, qui constituaient le principal objet des d&#233;lib&#233;rations de Brest-Litovsk, et, en se basant sur les sentiments de la masse populaire, d'obtenir un vote en faveur du rattachement &#224; la R&#233;volution russe, cet espoir t&#233;moignait, s'il &#233;tait sinc&#232;re, d'un optimisme incompr&#233;hensible de la part de L&#233;nine et de Trotsky ; s'il n'&#233;tait qu'une man&#339;uvre tactique dans la lutte avec la politique de force allemande, c'&#233;tait un jeu dangereux. M&#234;me sans l'occupation militaire allemande, le fameux &#034;pl&#233;biscite&#034;, &#224; supposer qu'on en serait venu l&#224; dans les pays limitrophes, e&#251;t, vu l'&#233;tat d'esprit de la masse paysanne et des couches importantes de prol&#233;taires encore indiff&#233;rents, les tendances r&#233;actionnaires de la petite-bourgeoise et les mille moyens dont disposait la bourgeoisie pour influencer le vote, donn&#233; partout un r&#233;sultat dont les bolcheviks n'eussent pas eu lieu de se f&#233;liciter. On peut, dans ces probl&#232;mes de pl&#233;biscite sur la question nationale, admettre comme une r&#232;gle absolue que les classes dominantes s'arrangent ou bien pour l'emp&#234;cher, quand il ne fait pas leur jeu, ou, s'il y a lieu, pour en influencer les r&#233;sultats &#224; l'aide de toutes les man&#339;uvres qui font pr&#233;cis&#233;ment que nous ne pourrons jamais introduire le socialisme par voie de pl&#233;biscite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la question des revendications et tendances nationales ait &#233;t&#233; jet&#233;e en plein milieu des luttes r&#233;volutionnaires, et, par le trait&#233; de Brest-Litovsk, port&#233;e au premier plan et m&#234;me consid&#233;r&#233;e comme le &#034;schibboleth&#034; [2] de la politique socialiste et r&#233;volutionnaire, ce fait a jet&#233; le plus grand trouble dans les rangs du socialisme et a &#233;branl&#233; les positions du prol&#233;tariat pr&#233;cis&#233;ment dans les pays limitrophes. En Finlande, le prol&#233;tariat socialiste, aussi longtemps qu'il luttait en tant que partie int&#233;grante de la phalange r&#233;volutionnaire de Russie, avait d&#233;j&#224; conquis une position dominante. Il poss&#233;dait la majorit&#233; &#224; la Di&#232;te, dans l'arm&#233;e, il avait r&#233;duit la bourgeoisie &#224; une impuissance compl&#232;te, et &#233;tait ma&#238;tre de la situation dans le pays. L'Ukraine russe avait &#233;t&#233;, au d&#233;but du si&#232;cle, alors que les folies du &#034;nationalisme ukrainien&#034;, avec les &#034;Karbovantse&#034; et les &#034;Universals&#034; [3] de m&#234;me que le &#034;dada&#034; de L&#233;nine d'une &#034;Ukraine ind&#233;pendante&#034; n'avaient pas encore &#233;t&#233; invent&#233;s, la forteresse du mouvement r&#233;volutionnaire russe. C'est de l&#224;, de Rostov, d'Odessa, de la r&#233;gion du Don, qu'avaient jailli les premiers torrents de lave de la r&#233;volution (d&#232;s les ann&#233;es 1902-1904), qui embras&#232;rent rapidement toute la Russie du Sud, pr&#233;parant ainsi l'explosion de 1905. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se reproduisit dans la r&#233;volution actuelle, o&#249; le prol&#233;tariat de la Russie du Sud fournit les troupes d'&#233;lite de la phalange prol&#233;tarienne. La Pologne et les Etats baltes &#233;taient, depuis 1905, les foyers les plus ardents et les plus s&#251;rs de la r&#233;volution, o&#249; le prol&#233;tariat socialiste joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment se fait-il que, dans ces pays, la contre-r&#233;volution ait brusquement triomph&#233; ? C'est que, pr&#233;cis&#233;ment, le mouvement nationaliste a, en le d&#233;tachant de la Russie, paralys&#233; le prol&#233;tariat, et l'a livr&#233; &#224; la bourgeoisie nationale. Au lieu de viser, selon l'esprit m&#234;me de la nouvelle politique internationale de classe, qu'ils repr&#233;sentaient par ailleurs, &#224; grouper en une masse la plus compacte possible les forces r&#233;volutionnaires sur tout le territoire de l'empire russe, en tant que territoire de la r&#233;volution, d'opposer, en tant que commandement supr&#234;me de leur politique, la solidarit&#233; des prol&#233;taires de toutes les nationalit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de l'empire russe &#224; toutes les s&#233;parations nationalistes, les bolcheviks ont, par leur mot d'ordre nationaliste retentissant du &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, jusque et y compris la s&#233;paration compl&#232;te&#034;, fourni &#224; la bourgeoisie, dans tous les pays limitrophes, le pr&#233;texte le plus commode, on pourrait m&#234;me dire la banni&#232;re, pour leur politique contre-r&#233;volutionnaire. Au lieu de mettre en garde les prol&#233;taires dans les pays limitrophes contre tout s&#233;paratisme, comme pi&#232;ge de la bourgeoisie, ils ont, au contraire, par leur mot d'ordre, &#233;gar&#233; les masses, les livrant ainsi &#224; la d&#233;magogie des classes poss&#233;dantes. Ils ont, par cette revendication nationaliste, provoqu&#233;, pr&#233;par&#233; eux-m&#234;mes, le d&#233;p&#232;cement de la Russie, et mis ainsi aux mains de leurs propres ennemis le poignard qu'ils devaient plonger au c&#339;ur de la R&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, sans l'aide de l'imp&#233;rialisme allemand, sans &#034;les crosses allemandes dans les poings allemands&#034;, &#233;crivait la Neue Zeit de Kautsky, jamais les Lubinsky et autres canailles de l'Ukraine, jamais les Erich, les Mannerheim [4] en Finlande, et les barons baltes, ne seraient venus &#224; bout des masses prol&#233;tariennes socialistes de leur pays. Mais le s&#233;paratisme national fut le cheval de Troie, gr&#226;ce auquel les &#034;camarades&#034; allemands ont &#233;t&#233; introduits, fusil au poing, dans tous ces pays. Certes, ce sont les antagonismes de classes r&#233;els et les rapports de forces militaires qui ont amen&#233; l'intervention de l'Allemagne. Mais ce sont les bolcheviks qui ont fourni l'id&#233;ologie &#224; l'aide de laquelle on masque cette campagne de la contre-r&#233;volution, renfor&#231;ant ainsi les positions de la bourgeoisie et affaiblissant celles du prol&#233;tariat. La meilleure preuve en est l'Ukraine, qui devait jouer un r&#244;le si n&#233;faste dans les destin&#233;es de la R&#233;volution russe. Le nationalisme ukrainien &#233;tait en Russie quelque chose de tout &#224; fait diff&#233;rent de ce qu'&#233;tait par exemple le nationalisme tch&#232;que, polonais ou finlandais, une simple lubie, une sorte de manie de quelques douzaines d'intellectuels petits-bourgeois, n'ayant aucune base dans les conditions &#233;conomiques, politiques ou intellectuelles du pays, ne s'appuyant sur aucune tradition historique, &#233;tant donn&#233; que l'Ukraine n'a jamais constitu&#233; une nation ou un Etat ind&#233;pendant, n'a jamais poss&#233;d&#233; une culture nationale, en dehors de quelques po&#233;sies romantico-r&#233;actionnaires, et n'e&#251;t par cons&#233;quent pas pu devenir un organisme politique sans le cadeau de bapt&#234;me du &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux m&#234;mes&#034; [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sorte de phras&#233;ologie a parfois dans l'histoire des luttes de classes une importance tr&#232;s r&#233;elle. C'est une v&#233;ritable fatalit&#233; pour le socialisme que, dans cette guerre mondiale, il lui ait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; de fournir des mots d'ordre &#224; la politique contre-r&#233;volutionnaire. Au moment de la d&#233;claration de guerre, la social-d&#233;mocratie allemande se h&#226;ta de couvrir le brigandage de l'imp&#233;rialisme allemand d'un manteau id&#233;ologique tir&#233; du magasin d'accessoires du marxisme, en d&#233;clarant qu'elle &#233;tait la guerre de lib&#233;ration contre le tsarisme russe que souhaitaient nos vieux ma&#238;tres. Avec le mot d'ordre du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, il &#233;tait r&#233;serv&#233; aux adversaires des socialistes de gouvernement, aux bolcheviks, d'apporter de l'eau au moulin de la contre-r&#233;volution et de fournir ainsi un pr&#233;texte id&#233;ologique, non seulement pour l'&#233;crasement de la R&#233;volution russe elle-m&#234;me, mais pour la liquidation contre-r&#233;volutionnaire projet&#233;e de la guerre mondiale. Sous ce rapport, nous avons de bonnes raisons d'examiner de tr&#232;s pr&#232;s la politique des bolcheviks. Le &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&#034;, accoupl&#233; &#224; la &#034;soci&#233;t&#233; des nations&#034; et au &#034;d&#233;sarmement&#034;, par la gr&#226;ce de Wilson, est le cri de guerre sous lequel se d&#233;roulera le conflit imminent entre le socialisme international et le monde bourgeois. Il est clair que ce mot d'ordre et toute l'id&#233;ologie nationale, qui constituent actuellement le plus grand danger pour le socialisme international, ont re&#231;u pr&#233;cis&#233;ment de la R&#233;volution russe et des n&#233;gociations de Brest-Litovsk un renforcement extraordinaire. Nous aurons encore &#224; nous occuper en d&#233;tail de cette plate-forme. Les cons&#233;quences tragiques de ce mot d'ordre dans la R&#233;volution russe, aux &#233;pines duquel les bolcheviks devaient se prendre et s'&#233;corcher jusqu'au sang, doivent servir au prol&#233;tariat international d'avertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela est sortie la dictature de l'Allemagne. Du trait&#233; de Brest-Litovsk au &#034;trait&#233; annexe&#034; ! Les 200 victimes expiatoires de Moscou. C'est de l&#224; que sont venus la terreur et l'&#233;crasement de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Importance de la question agraire. D&#232;s 1905. Puis, dans la troisi&#232;me Douma, les paysans de droite ! Question paysanne et d&#233;fense nationale. Arm&#233;e. (Notes de R. Luxemburg non r&#233;dig&#233;es)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Mot de passe d'une secte juive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Les Karbovantse &#233;taient la monnaie frapp&#233;e en Ukraine. L'Universal &#233;tait l'assembl&#233;e nationale de toute l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Mannerheim, Karl-Gustav-Emil (1867-1951). Officier russe, il servit dans la guerre russo-japonaise puis dans la premi&#232;re guerre mondiale. Commandant en chef des arm&#233;es blanches dans la guerre civile finlandaise, il fut, de 1918 &#224; 1919, r&#233;gent de Finlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] C'est absolument comme si, un beau matin les gens de la Wasserkante voulaient fonder sur Fritz Reuter une nouvelle nation et un Etat bas-allemand. Et ce sont ces bouffonneries insens&#233;es de quelques professeurs et &#233;tudiants d'universit&#233; que L&#233;nine et consorts ont, par leur agitation doctrinaire au nom du &#034;droit &#224; l'autod&#233;termination jusque et y compris, etc.&#034;, gonfl&#233;es artificiellement en un facteur politique. A ce qui n'&#233;tait au d&#233;but que farce, ils ont donn&#233; une telle importance qu'elle devint la plus sanglante des gravit&#233;s : non pas un mouvement national s&#233;rieux, qui n'a de toutes fa&#231;ons toujours pas de racines, mais une enseigne et un fanion de rassemblement pour la contre-r&#233;volution ! C'est de cette bulle d'air que les ba&#239;onnettes allemandes ont ramp&#233; jusqu'&#224; Brest-Litovsk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui &#233;tait Rosa Luxemburg ? R&#233;volutionnaire polonaise, &#224; 16 ans elle tenait ses premi&#232;res r&#233;unions socialistes / Zebranie inteligencji w Warszawie (L. Kulczycki, Ze wspomnie&#324; )</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>
		<dc:subject>Pologne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans cet article, nous retranscrivons du polonais et traduisons deux courts textes du socialiste Ludwik Kulczycki (1866-1941), socialiste jusqu'en 1910, mais bien &#224; droite de Luxemburg. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous citons aussi l'universitaire J-P Nettl et le r&#233;volutionnaire polonais Marchlewski, camarade de lutte de Rosa Luxemburg. &lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;e &#224; 2 ans et demi en 1873 &#224; Varsovie, Rosa Luxemburg en part en 1889, r&#233;volutionnaire de 18 ans pourchass&#233;e par la police. Elle sort clandestinement de l'Empire russe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique179" rel="directory"&gt;28- artyku&#322;y w j&#281;zyku polskim - ARTICLES EN POLONAIS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Pologne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans cet article, nous retranscrivons du polonais et traduisons deux courts textes du socialiste Ludwik Kulczycki (1866-1941), socialiste jusqu'en 1910, mais bien &#224; droite de Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous citons aussi l'universitaire J-P Nettl et le r&#233;volutionnaire polonais Marchlewski, camarade de lutte de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e &#224; 2 ans et demi en 1873 &#224; Varsovie, Rosa Luxemburg en part en 1889, r&#233;volutionnaire de 18 ans pourchass&#233;e par la police. Elle sort clandestinement de l'Empire russe avec l'aide de son ma&#238;tre et ami l'ouvrier Martin Kasprzak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg fut &#171; lyc&#233;enne &#187; &#224; Varsovie de 1884 &#224; 1887, de sa 13&#232;me &#224; sa 16 &#232;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire politique de la d&#233;cennie 1880-1889 en Pologne (dans la partie annex&#233;e par l'Empire russe) qui marque son &#233;veil politique, en liaison avec le parti &lt;i&gt;Prol&#233;tariat&lt;/i&gt;, est indispensable pour comprendre les futurs premiers &#233;crits de Rosa Luxemburg, &#224; partir de 1892. Tous ces &#233;crits seront li&#233;s &#224; la question de la construction d'un parti ouvrier marxiste en Pologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me affirmer que Rosa Luxemburg suivit toute sa vie concernant la &#171; question polonaise &#187; la voie du parti &lt;i&gt;Prol&#233;tariat&lt;/i&gt; d&#233;crite ainsi par son biographe J-P Nettl :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le parti Prol&#233;tariat fut fond&#233; par Ludwik Warynski, un homme &#224; la personnalit&#233; attachante, qui avait voyag&#233; en Pologne russe et autrichienne et pass&#233; quelque temps en Suisse : ce pays &#233;tait &#224; l'&#233;poque le r&#233;servoir spirituel des mouvements r&#233;volutionnaires de l'Europe orientale. En 1881, l'ann&#233;e de la mort d'Alexandre II, Warynski quitta Gen&#232;ve pour rentrer &#224; Varsovie et, en 1882, il fondait le Prol&#233;tariat, qu'on pourrait appeler le premier parti socialiste polonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instar des anarchistes europ&#233;ens de l'&#233;poque qui se m&#233;fiaient de l'action politique, Warynski et ses amis s'attachaient surtout &#224; l'&#233;tude de l'&#233;conomie. Ils insistaient sur la primaut&#233; des probl&#232;mes &#233;conomiques et recherchaient le soutien des masses. Ce petit groupe s'int&#233;ressait peu au probl&#232;me de l'ind&#233;pendance polonaise, mais Warynski dut tout de suite compter avec le patriotisme primitif mais puissant de ses compatriotes. Pour s'y opposer, il affirmait qu'en Pologne les classes ais&#233;es, qui ne s' int&#233;ressaient qu'aux b&#233;n&#233;fices mat&#233;riels, ne pouvaient avoir d'aspirations r&#233;volutionnaires. Il n'y avait donc aucun facteur r&#233;ellement r&#233;volutionnaire en faveur de l'ind&#233;pendance polonaise. Les ouvriers par contre, seul &#233;l&#233;ment r&#233;volutionnaire, se pr&#233;occupaient avant tout de leur propre &#233;tat de suj&#233;tion, d&#251; autant au capitalisme polonais qu'&#224; l'autocratie russe.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier texte : Les grandes dates du mouvement socialiste en Pologne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier texte est extrait d'un livre de Kulczycki publi&#233; en 1903 (sous le pseudonyme de Mazowiecki) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kulczycki divise l'histoire du socialisme en Pologne de 1877 &#224; 1903 en cinq p&#233;riodes et nous aide &#224; comprendre dans laquelle de ces p&#233;riodes, &#224; 16 ans, d&#233;but 1888, Rosa Luxemburg fait son entr&#233;e politique &#224; Varsovie, dans le cadre de r&#233;unions clandestines de &#171; l'intelligensia socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq p&#233;riodes sont&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I : 1877-1882&lt;br class='autobr' /&gt;
II :1882-1890&lt;br class='autobr' /&gt;
III : 1890-1893&lt;br class='autobr' /&gt;
IV : 1893-1895&lt;br class='autobr' /&gt;
V : 1895-1903&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces p&#233;riodes sont d&#233;crites ainsi (pages 18-19) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Dzieje polskiego ruchu socjalistycznego w zaborze rosyjskim podzieli&#263; mo&#380;na na nast&#281;puj&#261;ce okresy :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. okres obejmuje czasy od pocz&#261;tku ruchu do powstania starego &#8222;Proletariatu&#8221;, t. j. od roku 1877 do 1882.&lt;br class='autobr' /&gt;
W okresie tym ruch nasz nie mia&#322; charakteru masowego i politycznego w &#347;cis&#322;ym znaczeniu tego s&#322;owa, dzia&#322;alno&#347;&#263; &#243;wczesnych socjalistow polega&#322;a na propagowaniu idei socjalizmu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. okres od roku 1882, t. j. od powstania organizacji &#8222;Proletariat&#8221; do roku 1890, t. j. do czasu kiedy obok tej ostatniej, inna grupa socjalistyczna &#8222;Zwi&#261;zek robotnik&#243;w&#8221;, ostatecznie si&#281; zorganizowa&#322;a i zacz&#281;&#322;a wywiera&#263; wielki wp&#322;yw na masy robotnicze, przeciwstawiaj&#261;c jej swoja taktyk&#281;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W okresie tym ruch socjalistyczny nabiera cech wyra&#378;nie politycznych i znacznie si&#281; rozszerza. Rozpoczyna si&#281; masowa agitacja. Charakter ruchu jest rewolucyjny&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. okres od roku 1890 do powstania polskiej partii socjalistycznej w roku 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W okresie tym &#347;cieraj&#261; si&#281; ze sob&#261; r&#243;&#380;ne kierunki ; ruch staje si&#281; masowym w szerokim znaczeniu tego s&#322;owa, wp&#322;yw jego si&#281;ga daleko ; traci on natomiast ostre swe cechy rewolucyjne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. okres od 1893 t. j. od powstania polskiej partii socjalistycznej, a&#380; do 1900 roku, kiedy wp&#322;yw tej partii widocznie si&#281; zmniejsza i kiedy odradzaj&#261; si&#281; dwie nowe organizacje : &#8222;Socjalna-demokracja Kr&#243;lestwa p. i Litwy&#8221;, kt&#243;ra po dwuletnim istnieniu pod nazwa Soc. Dem. Kr. P. w latach (1893-1895) upadla ; &#8222;polska partia socjalistyczna &#8212; Proletariat&#8221;, kt&#243;rej dala pocz&#261;tek pewna ilo&#347;&#263; cz&#322;onk&#243;w P. P. S. niezadowolonych z jej dzia&#322;alno&#347;ci, oko&#322;o kt&#243;rych zgrupowali si&#281; p&#243;&#378;niej nowi ludzie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W okresie tym z wyj&#261;tkiem dwu pierwszych lat, przewa&#380;a wp&#322;yw P.P.S. Ruch socjalistyczny nabiera silnie patriotycznego zabarwienia, taktyka ulega tez zmianie : bezpo&#347;rednia robota, w&#347;r&#243;d mas w kolkach i organizacjach fachowych znika, natomiast na plan pierwszy wyst&#281;puje rozpowszechnianie zakazanych pism i broszur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. okres od 1900 roku podobny do III. okresu ze wzgl&#281;du na r&#243;&#380;norodno&#347;&#263; kierunk&#243;w. Dotychczas nosi on charakter przej&#347;ciowy i nie jest jeszcze zakozako&#324;czowy.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du mouvement socialiste polonais dans la partition russe peut &#234;tre divis&#233;e en plusieurs p&#233;riodes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La premi&#232;re p&#233;riode couvre le temps &#233;coul&#233; entre le d&#233;but du mouvement et la cr&#233;ation de l'ancien &#171; Prol&#233;tariat &#187;, c'est-&#224;-dire de 1877 &#224; 1882.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode, notre mouvement n'avait pas un caract&#232;re de masse et politique au sens strict du terme ; l'activit&#233; des socialistes de l'&#233;poque consistait &#224; propager l'id&#233;e du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. La p&#233;riode allant de 1882, c'est-&#224;-dire de la cr&#233;ation de l'organisation &#171; Prol&#233;tariat &#187;, &#224; 1890, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; ce que, &#224; c&#244;t&#233; de cette derni&#232;re, un autre groupe socialiste, l'&#171; Union des travailleurs &#187;, s'organise enfin et commence &#224; exercer une grande influence sur les masses ouvri&#232;res, en s'opposant &#224; elle par sa tactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode, le mouvement socialiste prend des caract&#233;ristiques nettement politiques et s'&#233;tend consid&#233;rablement. L'agitation de masse commence. Le caract&#232;re du mouvement est r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. La p&#233;riode allant de 1890 &#224; la formation du Parti socialiste polonais en 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode, plusieurs directions s'affrontent ; le mouvement devient de masse au sens large du terme, son influence s'&#233;tend loin ; il perd cependant ses traits r&#233;volutionnaires aigus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. La p&#233;riode allant de 1893, c'est-&#224;-dire de la fondation du parti socialiste polonais, jusqu'en 1900, o&#249; l'influence de ce parti diminue visiblement et o&#249; deux nouvelles organisations renaissent : La &#171; Social-D&#233;mocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie &#187; qui, apr&#232;s deux ans d'existence sous le nom de Soc. Dem. Kr. P. dans les ann&#233;es (1893-1895) s'est effondr&#233;e ; le &#171; Parti socialiste polonais - Prol&#233;tariat &#187;, qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par un certain nombre de membres du P. P. S. m&#233;contents de ses activit&#233;s, autour desquels de nouvelles personnes se sont regroup&#233;es par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode, &#224; l'exception des deux premi&#232;res ann&#233;es, l'influence du P.P.S. pr&#233;domine. Le mouvement socialiste acquiert une forte coloration patriotique et sa tactique change &#233;galement : le travail direct parmi les masses dans les soci&#233;t&#233;s et organisations professionnelles dispara&#238;t, tandis que la distribution de p&#233;riodiques et de pamphlets interdits prend le devant de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. La 5 &#232;me p&#233;riode, &#224; partir de 1900, est similaire &#224; la III&#232;me p&#233;riode en raison de la diversit&#233; des orientations. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, elle pr&#233;sente un caract&#232;re transitoire et n'est pas encore achev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit qu'en 1888 alors qu'elle sort du lyc&#233;e, Rosa Luxemburg va tenir ses premi&#232;res r&#233;unions politiques alors que la p&#233;riode II prend fin. Cette p&#233;riode II est celle de l'&#233;pop&#233;e de l'organisation &#034;Prol&#233;tariat&#034; fond&#233;e par Warynski, qui fut br&#232;ve mais marqua toute une g&#233;n&#233;ration, eut ses martyrs et m&#233;rite un article entier &#224; son propos :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ludwik Wary&#324;ski, n&#233; le 24 septembre 1856 &#224; Martynivka pr&#232;s de Kani&#243;w et mort le 2 mars 1889 dans la forteresse de Chlisselbourg pr&#232;s de Saint-P&#233;tersbourg, est un pionnier, id&#233;ologue et martyr du socialisme polonais, fondateur du parti social r&#233;volutionnaire international Proletariat. Il est mort dans les prisons tsaristes &#224; un peu plus de 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wikepedia&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le biographe de Rosa Luxemburg J. P. Nettl d&#233;crit bien l'ambiance de ces ann&#233;es 1880, celles o&#249; Rosa Luxemburg s'&#233;veille &#224; la vie politique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En avril 1883, le parti &#171; Prol&#233;tariat &#187; r&#233;ussit &#224; organiser une s&#233;rie de gr&#232;ves en Pologne, en particulier une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pr&#232;s de Varsovie. Le gouvernement dut envoyer des troupes pour lutter contre les gr&#233;vistes, et ce mouvement fut suivi pendant deux ann&#233;es par une nouvelle p&#233;riode de politique &#171; dure &#187; qui entra&#238;na l'arrestation d'un grand nombre de gens. Plussieurs meurtres de membres de la police servirent de pr&#233;texte &#224; l'arrestation de membres importants du &#171; Prol&#233;tariat &#187; qui furent emprisonn&#233;s apr&#232;s jugement ou sur ordre administratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre des dirigeants, &lt;strong&gt;Bardowski, Kunicki, Ossowski et Petrusinski&lt;/strong&gt; furent pendus le 28 janvier 1886 dans la citadelle de Varsovie. Cette prison-forteresse &#233;tait le symbole de la domination russe. La m&#234;me ann&#233;e, Warynski fut condamn&#233; &#224; 16 ans de travaux forc&#233;s dans la fameuse forteresse Schl&#252;sselburg de Saint-P&#233;tersbourg. Il y mourut trois ans plus tard, en 1889. Parmi ceux qui furent condamn&#233;s &#224; de longues peines se trouvait Feliks Kon, l'un des seuls dirigeants du &#171; Prol&#233;tariat &#187; qui surv&#233;cut &#224; une peine de plusieurs ann&#233;es. Il devait jouer un r&#244;le important dans le Parti socialiste polonais et, par la suite, dans la cr&#233;ation du Parti communiste polonais apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme polonais avait maintenant ses premiers martyrs (...) Les arrestations, les proc&#232;s et les verdicts particuli&#232;rement rigoureux qui les conclurent r&#233;ussirent &#224; d&#233;membrer le parti &#171; Prol&#233;tariat &#187;. Seuls quelques-uns r&#233;chapp&#232;rent, et parmi eux se trouvaient Szymon Dickstein et Stanislaw Mendelson qui devinrent tous deux des personnalit&#233;s importantes du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; son d&#233;sir, &#171; Prol&#233;tariat &#187; n'avait jamais r&#233;ussi &#224; &#234;tre un mouvement de masse. Trois petits groupes se partag&#232;rent ses restes : celui qu'on appelle &#171; Second Prol&#233;tariat &#187;, l' &#171; Union des ouvriers polonais &#187; et enfin l' &#171; Association des ouvriers &#187;, ce dernier groupe &#233;tant d&#233;j&#224; le r&#233;sultat d'une scission du &#171; Second Prol&#233;tariat &#187; (...) Le vide r&#233;volutionnaire, le silence politique de la Russie s'&#233;tendait mantenant sur la Pologne. &lt;br class='autobr' /&gt;
(...) &lt;br class='autobr' /&gt; En 1886, Rosa Luxemburg, lyc&#233;enne &#224; Varsovie, n'avait pas encore quinze ans, mais elle &#233;tait d&#233;j&#224; en rapport avec les groupes &#233;tudiants de l'opposition ; il est probable que la condamnation de Warynski excita sa col&#232;re et sa fi&#232;vre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) En 1884, &#224; treize ans, elle entra dans le deuxi&#232;me lyc&#233;e secondaire de Varsovie. (...) Elle avait quinze ans lorsque les quatre sentences de mort par pendaison&#8212; les premi&#232;res depuis 1864 &#8212; furent ex&#233;cut&#233;es. (...) A la fin de ses &#233;tudes (...), elle &#233;tait probablement inscrite au parti r&#233;volutionnaire &#171; Prol&#233;tariat &#187;, dans l'une des derni&#232;res cellules ayant &#233;chapp&#233; &#224; la police, celle-l&#224; m&#234;me qui devait former le noyau du &#171; Second Prol&#233;tariat &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le camarade de Rosa Luxemburg Marchlewski r&#233;sume ainsi ces ann&#233;es 1880 pass&#233;es &#224; Varsovie :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg naquit en 1870 [erreur : 5 mars 1871] dans la petite ville polonaise de Zamo&#347;&#263;, d'une famille juive nagu&#232;re assez riche mais appauvrie. Vers 1880 [1873 pour Nettl] , sa famille vint s'installer &#224; Varsovie et Rosa entra au gymnase [lyc&#233;ee]. Elle avait conserv&#233; de sa vie de famille les meilleurs souvenirs. Sa m&#232;re &#233;tait instruite. Elle aimait &#224; lire avec ses enfants les &#339;uvres de po&#232;tes polonais et allemands et l'impressionnable Rosa, passionn&#233;e de po&#233;sie, se mit sous l'influence de ses lectures, &#224; &#233;crire elle-m&#234;me des vers. Elle aima surtout Mickiewicz : par la suite, au cours de son activit&#233; litt&#233;raire, rares seront ses articles o&#249; l'on ne trouvera pas une citation de Mickiewicz. La famille &#233;tait souvent dans la g&#234;ne et il lui arrivait m&#234;me d'engager sa literie chez l'usurier pour en obtenir quelques roubles ; mais cette mis&#232;re ne provoquait pas, comme, d'habitude, le d&#233;couragement et l'aigreur. Je me souviens que Rosa Luxemburg racontait comment elle alluma un jour la lampe avec un bout de papier qui n'&#233;tait autre chose que le dernier argent que son p&#232;re venait de se procurer avec peine ; le vieillard ne la punit pas mais, la premi&#232;re &#233;motion pass&#233;e, la consola en plaisantant sur la chert&#233; de ses allumettes. Cette atmosph&#232;re de bonne humeur concourut certainement au d&#233;veloppement intellectuel de la future militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces capacit&#233;s &#233;taient grandes et se firent remarquer d&#232;s l'&#233;cole. Rosa acheva brillamment ses &#233;tudes de gymnase et si elle ne re&#231;ut pas la m&#233;daille d'or c'est que la directrice suspectait d&#233;j&#224; ses &#171; dispositions politiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soup&#231;ons fond&#233;s : notre &#233;l&#232;ve du gymnase appartenant &#224; un groupe socialiste o&#249; on lisait des brochures &#233;dit&#233;es par le parti du &#171; Prol&#233;tariat &#187; (1) et o&#249; l'on r&#234;vait de propagande et d'action parmi les ouvriers. Les gendarmes veillaient et bient&#244;t, en 1888, &#171; la conspiratrice &#187; de 18 ans dut fuir &#224; l'&#233;tranger. Sa fuite fut organis&#233;e par un des plus habiles conspirateurs du Parti de ce temps-l&#224;, le camarade Kasprzak, pendu depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le nom du parti fut d'abord Parti Social-R&#233;volutionnaire International &#171; Prol&#233;tariat &#187; (Mi&#281;dzynarodowa Socjalno-Rewolucyjna Partia &#034;Proletariat&#034;) entre 1882 et 1886, puis deux autres formations conserv&#232;rent l'appelation &#171; Prol&#233;tariat &#187; jusqu'en 1909.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marchlewski/works/1921/01/luxemburgjogiches.htm#sdfootnote2sym&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marchlewski, souvenirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me texte : Kulczycki et Luxemburg, futurs adversaires, participent &#224; des r&#233;unions communes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce texte Ludwik Kulczycki d&#233;crit une des r&#233;union que lui-m&#234;me, de cinq ans plus &#226;g&#233; que Rosa Luxemburg, organisait en 1888 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; W po&#322;owie lutego urz&#261;dzili&#347;my pierwsze pr&#243;bne zebranie inteligencji, przyby&#322;o okolu 20 os&#243;b, pr&#243;cz naszych dzia&#322;aczy, razem do 30 os&#243;b p&#322;ci obojga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; By&#322;o kilku student&#243;w, kilku ludzi, kt&#243;rzy uko&#324;czyli &#347;rednie zak&#322;ady naukowe i mieli jakie&#347; zajecie, kilka kobiet ko&#324;cz&#261;cych gimnazjum i takich, co je uko&#324;czy&#322;y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zebranie to rozpocz&#261;&#322;em odpowiednim przem&#243;wieniem : o wa&#380;no&#347;ci chwili, konieczno&#347;ci u&#347;wiadomienia sobie interesuj&#261;cego stanu rzeczy u nas i w ca&#322;ym pa&#324;stwie oraz przyst&#261;pienia do szerszej dzia&#322;alno&#347;ci spo&#322;eczno-politycznej ; wskaza&#322;em nast&#281;pnie nieodzowno&#347;&#263; oparcia si&#281; o masy robotnicze i na plan pierwszy wysun&#261;&#322;em zdobycie wolno&#347;ci politycznej.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Przemawiali i inni nasi ludzie, zaproszeni za&#347; go&#347;cie, zach&#281;ceni do m&#243;wienia, przewa&#380;nie stawiali pewne pytania, na kt&#243;re odpowiadali&#347;my.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W ten spos&#243;b sp&#281;dzili&#347;my kilka godzin na rozmowie. Po tym pierwszym nast&#261;pili podobne inne zebrania ju&#380; w mniejszym komplecie, poniewa&#380; zapraszali&#347;my tylko tych, co wydali si&#281; nam bardziej odpowiedni do pracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Takich okaza&#322;o si&#281; wi&#281;cej w&#347;r&#243;d kobiet ni&#380; m&#281;&#380;czyzn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spo&#347;r&#243;d kobiet dwie si&#281; szczeg&#243;lnie wyr&#243;&#380;nia&#322;y : Natalia Rakowska i R&#243;&#380;a Luksemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia Rakowska, osoba z du&#380;ym wdzi&#281;kiem, inteligentna i powa&#380;na, zami&#322;owana w historii, bardzo &#322;adnie deklamowa&#322;a na naszych zebraniach towarzyskich, kt&#243;re urz&#261;dzali&#347;my od czasu do czasu ; posiada&#322;a sporo znajomych, w&#347;r&#243;d kt&#243;rych jedna&#322;a nam sympatikow i pomaga&#322;a zbieraj&#261;c pieni&#261;dze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#243;&#380;a Luksemburg tak&#380;e inteligentna, w&#243;wczas ujawnia&#322;a szczeg&#243;lnego upodobania do ekonomii politycznej, raczej nowelistyki i powie&#347;ciopisarstwa, s&#261;dz&#261;c z jednego jej opowiadania.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta &#380;y&#322;ka literacka odzywa&#322;a si&#281; w jej p&#243;&#378;niejszych pracach ekonomicznych i publicystycznych.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brzydka w przeciwie&#324;stwie do &#322;adnej Natalii Rakowskiej, zdobi&#322;y ja jedynie m&#261;dre oczy. Ksawera Rakowska, siostra Natalii, mila panienka, og&#243;lnie lubiana, inteligentna, zapowiada&#322;a si&#281; bardzo dobrze, ale ze m&#322;odsza, mniej by&#322;a czynna od tamtych (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieli&#347;my stosunki z kilkoma studentami i m&#322;odymi lud&#378;mi, kt&#243;rzy, b&#281;d&#261;c socjalistami, r&#243;&#380;nili si&#281; z nami w pewnych punktach programowo-taktycznych&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Byli przeciwni terrorowi, pr&#243;cz tego wysuwali na plan pierwszy walk&#281; czysto ekonomiczna na gruncie codziennych interes&#243;w robotniczych, odk&#322;adaj&#261;c na p&#243;&#378;niej postulaty polityczne. Z tego grona cz&#281;&#347;ciowo otworzy&#322; si&#281; p&#243;&#378;niej Zwi&#261;zek Robotnik&#243;w Polskich, ale to ju&#380; po moim i innych towarzyszy areszcie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. Kulczycki, Ze uspomnie&#324; ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; la mi-f&#233;vrier, nous avons organis&#233; le premier essai de rassemblement de l'intelligentsia. Environ 20 personnes sont venues, en plus de nos activistes, pour un total de 30 personnes des deux sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y avait quelques &#233;tudiants, quelques personnes dipl&#244;m&#233;es de l'enseignement secondaire et exer&#231;ant une activit&#233; professionnelle, quelques femmes dipl&#244;m&#233;es de l'enseignement secondaire et d'autres qui l'avaient termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai ouvert la r&#233;union par un discours appropri&#233; : sur l'importance du moment, la n&#233;cessit&#233; de prendre conscience de la situation remarquable chez nous et dans le pays tout entier, et de se joindre &#224; une activit&#233; socio-politique plus large ; j'ai ensuite soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; absolue de s'appuyer sur les masses ouvri&#232;res et j'ai mis au premier plan la conqu&#234;te de la libert&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres parmi nous ont pris la parole, et les invit&#233;s, encourag&#233;s &#224; s'exprimer, ont le plus souvent pos&#233; des questions auxquelles nous avons r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ainsi pass&#233; plusieurs heures &#224; discuter. Cette premi&#232;re r&#233;union a &#233;t&#233; suivie d'autres r&#233;unions similaires, mais par plus petits groupes, car nous n'avons invit&#233; que les personnes qui nous semblaient les plus aptes &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est av&#233;r&#233; qu'il y avait plus de femmes que d'hommes. Parmi les femmes, deux se sont particuli&#232;rement distingu&#233;es : Natalia Rakowska et R&#243;&#380;a Luksemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia Rakowska, une personne tr&#232;s charmante, intelligente et s&#233;rieuse, passionn&#233;e d'histoire, d&#233;clamait tr&#232;s joliment lors de nos r&#233;unions sociales, que nous organisions de temps &#224; autre ; elle avait pas mal de connaissances parmi lesquelles elle ralliait nos partisans et nous aidait &#224; collecter de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg, elle aussi intelligente, ne montrait &#224; l'&#233;poque aucune pr&#233;dilection particuli&#232;re pour l'&#233;conomie politique, mais plut&#244;t pour les romans et l'&#233;criture romanesque, &#224; en juger par l'une de ses interventions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette veine litt&#233;raire a trouv&#233; un &#233;cho dans ses travaux &#233;conomiques et de publiciste ult&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laide compar&#233;e &#224; la jolie Natalia Rakowska, elle n'&#233;tait orn&#233;e que d'yeux intelligents. Ksawera Rakowska, la s&#339;ur de Natalia, une fille aimable, g&#233;n&#233;ralement appr&#233;ci&#233;e, intelligente, semblait tr&#232;s prometteuse, mais parce qu'elle &#233;tait plus jeune, elle &#233;tait moins active que ces deux-l&#224; (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions des relations avec plusieurs &#233;tudiants et jeunes gens qui, &#233;tant socialistes, diff&#233;raient de nous sur certains points programmatiques et tactiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient oppos&#233;s &#224; la terreur et mettaient au premier plan la lutte purement &#233;conomique sur la base des int&#233;r&#234;ts quotidiens des travailleurs, remettant &#224; plus tard les revendications politiques. L'Union des travailleurs polonais a ensuite &#233;merg&#233; en partie de ce groupe, mais ce fut apr&#232;s mon arrestation et celle d'autres camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. Kulczycki, M&#233;moires ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une traduction en fran&#231;ais - conforme &#224; l'original - de &#034;Zur russischen Revolution&#034; : &#034;(Notes non publi&#233;es) Sur la R&#233;volution russe&#034; de Rosa Luxemburg (1918)</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9096</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article9096</guid>
		<dc:date>2025-02-04T23:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte de Rosa Luxemburg La r&#233;volution russe (1918), disponible sur marxists.org, y est malheureusement incomplet. C'est ce qui motive notre article. Toutes les versions en fran&#231;ais que nous avons pu consulter semblent en effet incompl&#232;tes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fait est &#233;tonnant, car ce texte est tr&#232;s connu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il porte le num&#233;ro 714. du catalogue de Kaczanowska, avec la mention Un manuscrit inachev&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est surtout un des textes favoris des pseudo-marxistes qui pr&#233;tendent que Rosa Luxemburg y (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;15 - BIBLIOGRAPHY - BIBLIOGRAPHIE&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte de Rosa Luxemburg &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution russe (1918)&lt;/a&gt;, disponible sur marxists.org, y est malheureusement incomplet. C'est ce qui motive notre article. Toutes les versions en fran&#231;ais que nous avons pu consulter semblent en effet incompl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fait est &#233;tonnant, car ce texte est tr&#232;s connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il porte le num&#233;ro 714. du &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7974&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;catalogue de Kaczanowska&lt;/a&gt;, avec la mention &lt;i&gt;Un manuscrit inachev&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est surtout un des textes favoris des pseudo-marxistes qui pr&#233;tendent que Rosa Luxemburg y d&#233;fend un &#171; marxisme d&#233;mocratique &#187;, contre le &#171; marxisme autoritaire &#187; de L&#233;nine et Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les faits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Rosa Luxemburg n'a jamais publi&#233; d'article ou de brochure portant ce titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) C'est Paul L&#233;vi (exclu &#224; juste titre du PC allemand en 1921, voir les &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/08/vil19210814.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;arguments de L&#233;nine&lt;/a&gt;), qui en 1922, cherchant &#224; r&#233;gler ses comptes personnels contre L&#233;nine et Trotsky, publie une brochure intitul&#233;e &#034;La r&#233;volution russe&#034;, sign&#233;e Rosa Luxemburg, trois ans apr&#232;s sa mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grosse partie du texte de cette brochure, bient&#244;t disponible en allemand et en fran&#231;ais sur Mati&#232;re et R&#233;volution, est l'oeuvre de Paul L&#233;vi lui-m&#234;me. Il y ajoute des notes de Rosa Luxemburg, que celle-ci n'a jamais souhait&#233; publier. Voir la &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1921/12/manoeuvre.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mise au point&lt;/a&gt; de Warski et Zetkin, camarades et amis de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul L&#233;vi rejoignit, cette m&#234;me ann&#233;e 1922, le SPD dont les dirigeants (Ebert, Noske) avaient organis&#233; l'assassinat de Rosa Luxemburg !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend pourquoi Paul L&#233;vi qui trouvait indispensable de publier, la main sur le coeur, les larmes aux yeux, au nom du souvenir de Rosa Luxemburg, les &#034;critiques&#034; de Luxemburg contre L&#233;nine et Trotsky, ne trouva pas indispensable, dans cette m&#234;me brochure dont il &#233;crit plus de la moiti&#233;, de &#034;critiquer&#034; l'assassinat de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est en cela que la brochure de Paul L&#233;vi, bien qu'elle fasse conna&#238;tre des &#233;crits de Rosa Luxemburg, est &#224; classer dans les publications anticommunistes. Paul L&#233;vi est le fondateur de ce courant qui au nom du Luxemburgisme d&#233;nonce L&#233;nine. Il est un des fondateurs d'un de ces courants &#034;anticapitalistes&#034; qui combattent le marxisme en pr&#233;tendant se placer du point de vue du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;A bas les socio-d&#233;mocrates, assassins de Rosa Luxemburg !&#034; est un slogan &#224; placer en t&#234;te de toute publication qui pr&#233;tend vouloir faire conna&#238;tre Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) En 1928 Felix Weil a publi&#233; un article qui compl&#233;tait les notes de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) A ce jour, une version compl&#233;t&#233;e par Weil (et peut-&#234;tre d'autres ult&#233;rieurement) est disponible en libre acc&#232;s sur le site qui publie en allemand les oeuvres compl&#232;tes de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette &lt;a href=&#034;https://rosaluxemburgwerke.de/buecher/band-4/seite/332#5f752fcf8c6f3caab99f0be41b94dbc3b57b9a38945ca212dc9e83274c2a7856&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;version allemande&lt;/a&gt; qui nous sert de r&#233;f&#233;rence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une version fran&#231;aise a &#233;t&#233; publi&#233;e en 1969 dans le num&#233;ro 41 de la &lt;i&gt;Petite collection Maspero&lt;/i&gt;, voir &#034;&lt;a href=&#034;https://classiques.uqam.ca/classiques/luxemburg_rosa/oeuvres_2/oeuvres_2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rosa Luxemburg - Oeuvres II&lt;/a&gt;&#034;. Cette version contient le texte entier, mais certains paragraphes ont &#233;t&#233; fusionn&#233;s/ interchang&#233;s, ce qui obscurcit certains passages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version incompl&#232;te qui nous servira de texte de base est donc celle de marxists.org, car ce site est une r&#233;f&#233;rence pour ceux qui veulent, comme nous, mettre en libre acc&#232;s les oeuvres de Rosa Luxemburg et autres marxistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons donc de compl&#233;ter la version de marxists.org gr&#226;ce &#224; la version Maspero, pour obtenir une version fran&#231;aise compl&#232;te et dans le bon ordre, de la version allemande, &lt;i&gt;la premi&#232;re &#224; ce jour en fran&#231;ais&lt;/i&gt;, sauf erreur de notre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pr&#233;tendons pas apporter des &#034;r&#233;v&#233;lations&#034; par cette mise au point, mais soulignons le fait que ceux qui pr&#233;tendent opposer &#224; L&#233;nine la note marginale de Rosa Luxemburg qu'on trouve dans ce manuscrit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; La libert&#233;, c'est toujours la libert&#233; de celui qui pense autrement&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;n'ont jamais rien fait pour donner la parole &#224; Rosa Luxemburg elle-m&#234;me, par exemple en publiant ses oeuvres compl&#232;tes, comme L&#233;nine le demanda en 1922, suite &#224; cette publication malveillante de Paul L&#233;vi. Ces pseudo luxemburgistes n'ont donc &#224; ce jour, semble-t-il, pas m&#234;me simplement publi&#233; une version correcte de ce manuscrit, avec toutes les pr&#233;cisions n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ces pseudo-luxemburgistes qui se cachent derri&#232;re Rosa Luxemburg pour critiquer L&#233;nine et Trotksy, la r&#233;volution prol&#233;tarienne d'octobre 1917, et le font du point de vue de la gauche r&#233;formiste, n'oublient pas que Rosa Luxemburg qualifia leur gauche r&#233;formiste qui vota les cr&#233;dits de guerre en 1914, de &#034;cadavre puant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En L&#233;nine et Trotsky, Rosa Luxemburg critiquait fraternellement des camarades de combat, leur rendant beaucoup plus hommage que les critiquant. N'oublions donc pas les convictions de Rosa Luxemburg, la camarade de L&#233;nine et Trotsky, en lisant Rosa Luxemburg !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terminons cette introduction par un extrait de la pr&#233;face &#224; ce texte par Robert Paris en 1964, dont nous partageons le point de vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#034;Le malheur de l'histoire a voulu que, d&#232;s le d&#233;but, la social-d&#233;mocratie r&#233;formiste se soit empar&#233;e de La R&#233;volution russe de Rosa Luxemburg comme d'une arme qui lui aurait &#233;t&#233; destin&#233;e. Ecrite alors que Rosa Luxemburg &#233;tait en prison, la brochure ne fut publi&#233;e qu'&#224; la fin 1921, par Paul L&#233;vi, lorsque celui-ci, exclu du Parti communiste allemand, eut rejoint les sociaux-d&#233;mocrates. Rosa Luxemburg &#233;tait morte depuis presque trois ans (...) La publication de ce texte aux &#233;ditions de la social-d&#233;mocratie t&#233;moignait, en tout cas, de l'intention profonde de L&#233;vi : dresser contre le mod&#232;le bolch&#233;vique &#034;russe&#034;, voire &#034;oriental&#034; de la r&#233;volution, un mod&#232;le occidental, d&#233;mocratique et polic&#233;, et contester, dans l'Internationale Communiste, une construction l&#233;niniste. En France, c'est au Populaire (journal de L. Blum) qu'il allait appartenir de diffuser ces pages : d'honn&#234;tes g&#233;rants du capitalisme pr&#233;tendant ainsi, avec la caution d'une r&#233;volutionnaire authentique, r&#233;futer la r&#233;volution&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la version de marxists.org :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Pour les quatre parties, les intertitres ajout&#233;s viennent d'on ne sait o&#249;, peut-&#234;tre de la traduction d'A.M. Desrousseaux (Bracke) publi&#233;e en 1946 dans les &#171; Cahiers Spartacus &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I N&#233;cessit&#233; de la critique&lt;br class='autobr' /&gt;
II Le parti bolchevik, force motrice de la r&#233;volution russe&lt;br class='autobr' /&gt;
III Deux mots d'ordre petit-bourgeois&lt;br class='autobr' /&gt; IV La dissolution de l'Assembl&#233;e constituante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul L&#233;vi lui-m&#234;me n'a ajout&#233; aucun titre &#224; aucune des quatre parties. Ils sont &#224; supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf leur titre, les &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus1.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus4.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quatri&#232;me&lt;/a&gt; parties sont correctes sur marxists.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus2.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deuxi&#232;me&lt;/a&gt; et la &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus3.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;troisi&#232;me&lt;/a&gt; partie, nous faisons appara&#238;tre en gras nos ajouts. La num&#233;rotation, qui est la n&#244;tre, correspond aux paragraphes de la version allemande, et donne des points de rep&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. La premi&#232;re p&#233;riode de la r&#233;volution russe, depuis le moment o&#249; elle a &#233;clat&#233;, en mars, jusqu'au coup d'&#201;tat d'octobre, r&#233;pond exactement, dans son cours g&#233;n&#233;ral, au sch&#233;ma du d&#233;veloppement, tant de la R&#233;volution anglaise que de la R&#233;volution fran&#231;aise. C'est la forme de d&#233;veloppement typique de tout premier grand heurt des forces r&#233;volutionnaires cr&#233;&#233;es au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise contre les cha&#238;nes de la vieille soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Son d&#233;veloppement se poursuit naturellement selon une ligne ascendante, en partant de d&#233;buts mod&#233;r&#233;s, jusqu'&#224; des buts de plus en plus radicaux, et, parall&#232;lement, de la collaboration des classes et des partis &#224; la domination exclusive du parti le plus radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Au d&#233;but, en mars 1917, la r&#233;volution fut dirig&#233;e par les &#034;cadets [1]&#034;, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie lib&#233;rale. La premi&#232;re vague du flot r&#233;volutionnaire emporta tout : la quatri&#232;me Douma, le produit le plus r&#233;actionnaire du plus r&#233;actionnaire des syst&#232;mes &#233;lectoraux, celui des quatre classes, issu du coup d'Etat, se transforma du jour au lendemain en un organe de la r&#233;volution. Tous les partis bourgeois, y compris les droites nationalistes, form&#232;rent soudain un seul bloc uni contre l'absolutisme. Celui-ci s'&#233;croula d&#232;s le premier choc, presque sans combat, comme un organe pourri qu'il suffisait de toucher du doigt pour le faire tomber. De m&#234;me, la courte tentative faite par la bourgeoisie lib&#233;rale pour sauver au moins la dynastie et le tr&#244;ne fut bris&#233;e en quelques heures. Le flot imp&#233;tueux des &#233;v&#232;nements submergea en quelques jours des territoires que la R&#233;volution fran&#231;aise avait mis des dizaines d'ann&#233;es &#224; conqu&#233;rir. Il apparut ici que la Russie r&#233;alisait les r&#233;sultats d'un si&#232;cle de d&#233;veloppement europ&#233;en, et, avant tout, que la r&#233;volution de 1917 &#233;tait une continuation directe de celle de 1905-1907, et non un cadeau des &#034;lib&#233;rateurs allemands&#034;. En somme, la r&#233;volution reprenait en mars 1917 au point exact o&#249; la pr&#233;c&#233;dente avait interrompu son oeuvre, dix ans auparavant. La R&#233;publique d&#233;mocratique &#233;tait le produit tout pr&#234;t, int&#233;rieurement m&#251;r, du premier assaut de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Alors commen&#231;a la seconde &#233;tape, la plus difficile. D&#232;s le d&#233;but, la force motrice de la r&#233;volution fut le prol&#233;tariat des villes. Mais ses revendications &#233;taient loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;es par l'instauration de la d&#233;mocratie politique, elles portaient avant tout sur la question br&#251;lante de la politique internationale : la paix imm&#233;diate. En m&#234;me temps, la r&#233;volution se pr&#233;cipita sur la masse de l'arm&#233;e, qui &#233;leva la m&#234;me revendication d'une paix imm&#233;diate, et sur la masse de la paysannerie, qui mit au premier plan la question agraire, ce pivot de la r&#233;volution depuis 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix imm&#233;diate et la terre : avec ces deux mots d'ordre, la scission int&#233;rieure du bloc r&#233;volutionnaire &#233;tait faite. Le premier &#233;tait en contradiction absolue avec les tendances imp&#233;rialistes de la bourgeoisie lib&#233;rale, dont le porte-parole &#233;tait Milioukov. Le second, v&#233;ritable spectre pour l'aile droite de la bourgeoisie, la noblesse terrienne, &#233;tait en m&#234;me temps, en tant qu'attentat &#224; la sacro-sainte propri&#233;t&#233; individuelle, un point douloureux pour l'ensemble des classes poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. C'est ainsi que, au lendemain m&#234;me de la premi&#232;re victoire de la r&#233;volution, commen&#231;a dans son sein une lutte autour de ces deux questions br&#251;lantes : la paix et la question agraire. La bourgeoisie lib&#233;rale lan&#231;a une tactique de diversion et de faux-fuyants. Les masses ouvri&#232;res, l'arm&#233;e, les paysans, exer&#231;aient une pression de plus en plus forte. Il ne fait aucun doute qu'&#224; ces deux questions, celle de la paix et celle de la terre, &#233;taient li&#233;s les destins m&#234;mes de la bourgeoisie politique, de la r&#233;publique. Les classes bourgeoises qui, submerg&#233;es par la premi&#232;re vague de la r&#233;volution, s'&#233;taient laiss&#233;es entra&#238;ner jusqu'&#224; la forme d'Etat r&#233;publicain, commenc&#232;rent &#224; chercher en arri&#232;re des points d'appui pour pouvoir organiser en silence la contre-r&#233;volution. La marche sur Petrograd des cosaques de Kal&#233;dine exprima nettement cette tendance. Si ce premier assaut avait &#233;t&#233; couronn&#233; de succ&#232;s, c'en &#233;tait fait, non seulement de la question de la paix et de la question agraire, mais aussi du sort de la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. Une dictature militaire, avec un r&#233;gime de terreur contre le prol&#233;tariat, puis le retour &#224; la monarchie, en eussent &#233;t&#233; les cons&#233;quences in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. On peut mesurer par l&#224; ce qu'a d'utopique et au fond de r&#233;actionnaire la tactique suivie par les socialistes russes de la tendance Kautsky, les mencheviks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. [&lt;i&gt;Traduction de Maspero&lt;/i&gt;] : &lt;strong&gt;On observe avec un &#233;tonnement sans m&#233;lange, cet homme besogneux (Kautsky) qui, en quatre ans de guerre mondiale, par un inlassable labeur de scribe tranquille et m&#233;thodique, a perc&#233; la th&#233;orie socialiste de trous successifs, un labeur dont le socialisme ressort semblable &#224; une passoire, sans la moindre place intacte. La s&#233;r&#233;nit&#233; passive avec laquelle ses partisans assistent au travail appliqu&#233; de leur th&#233;oricien officiel et avalent le flot ininterrompu de ses d&#233;couvertes sans sourciller, ne peut se comparer qu'&#224; la s&#233;r&#233;nit&#233; des admirateurs des Scheidemann et Cie lorsque ces derniers criblent litt&#233;ralement le socialisme de trous innombrables. En effet, les deux d&#233;marches se compl&#232;tent parfaitement ; et, depuis le d&#233;but de la guerre, Kautsky, le gardien officiel du temple du marxisme, a dans la th&#233;orie des activit&#233;s en tous points semblables &#224; celles des Scheidemann dans la pratique : 1. L'Internationale, instrument de la paix ; 2. D&#233;sarmement et soci&#233;t&#233; des nations, nationalisme ; enfin 3. D&#233;mocratie et non pas socialisme. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Ent&#234;t&#233;s dans leur fiction du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution russe - puisque la Russie n'&#233;tait pas encore m&#251;re pour la r&#233;volution sociale ! -, ils s'accrochaient d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la collaboration avec les lib&#233;raux bourgeois, c'est-&#224;-dire &#224; l'union forc&#233;e des &#233;l&#233;ments, qui, s&#233;par&#233;s par la marche logique, interne, du d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire, &#233;taient d&#233;j&#224; entr&#233;s en opposition violente. Les Axelrod, les Dan, voulaient &#224; tout prix collaborer avec les classes et les partis qui mena&#231;aient pr&#233;cis&#233;ment des plus grands dangers la r&#233;volution et sa premi&#232;re conqu&#234;te, la d&#233;mocratie [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Dans cette situation, c'est &#224; la tendance bolcheviste que revient le m&#233;rite historique d'avoir proclam&#233; d&#232;s le d&#233;but et suivi avec une logique de fer la tactique qui seule pouvait sauver la d&#233;mocratie et pousser la r&#233;volution en avant. Tout le pouvoir aux masses ouvri&#232;res et paysannes, tout le pouvoir aux soviets -c'&#233;tait l&#224; en effet le seul moyen de sortir de la difficult&#233; o&#249; se trouvait engag&#233;e la r&#233;volution, c'&#233;tait l&#224; le coup d'&#233;p&#233;e qui pouvait trancher le n&#339;ud gordien, tirer la r&#233;volution de l'impasse et lui ouvrir un champ de d&#233;veloppement illimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Le parti de L&#233;nine fut ainsi le seul en Russie qui comprit les vrais int&#233;r&#234;ts de la r&#233;volution ; dans cette premi&#232;re p&#233;riode, il en fut la force motrice, en tant que seul parti qui poursuivit une politique r&#233;ellement socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. C'est ce qui explique &#233;galement pourquoi les bolcheviks, au d&#233;but minorit&#233; calomni&#233;e et traqu&#233;e de toutes parts, furent en peu de temps pouss&#233;s &#224; la pointe du mouvement, et purent rassembler sous leurs drapeaux toutes les masses vraiment populaires : le prol&#233;tariat des villes, l'arm&#233;e, la paysannerie, ainsi que les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires de la d&#233;mocratie, &#224; savoir l'aile gauche des socialistes-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Au bout de quelques mois, la situation r&#233;elle de la r&#233;volution russe se trouva r&#233;sum&#233;e dans l'alternative suivante : ou victoire de la contre-r&#233;volution ou dictature du prol&#233;tariat, ou Kal&#233;dine ou L&#233;nine. Telle est la situation qui se produit tr&#232;s rapidement dans chaque r&#233;volution, une fois dissip&#233;e la premi&#232;re ivresse de la victoire, et qui d&#233;coulait en Russie des questions br&#251;lantes de la paix et de la terre, pour lesquelles il n'y avait pas de solution possible dans les cadres de la r&#233;volution &#034;bourgeoise&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. La r&#233;volution russe n'a fait que confirmer par l&#224; l'enseignement fondamental de toute grande r&#233;volution, dont la loi est la suivante : ou aller de l'avant rapidement et r&#233;solument, abattre d'une main de fer tous les obstacles, et reculer ses buts de plus en plus loin, ou &#234;tre rejet&#233;e en arri&#232;re de son point de d&#233;part et &#233;cras&#233;e par la contre-r&#233;volution. S'arr&#234;ter, pi&#233;tiner sur place, se contenter des premiers r&#233;sultats obtenus, cela est impossible dans une r&#233;volution. Et quiconque veut transporter dans la tactique r&#233;volutionnaire ces petites habilet&#233;s de la lutte parlementaire, montre uniquement qu'il ignore non seulement la psychologie, la loi profonde de la r&#233;volution, mais encore tous les enseignement de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Le cours de la R&#233;volution anglaise de 1642 montre comment pr&#233;cis&#233;ment les tergiversations lamentables des presbyt&#233;riens, la guerre men&#233;e avec h&#233;sitation contre l'arm&#233;e royale, guerre au cours de laquelle les chefs presbyt&#233;riens &#233;vit&#232;rent de propos d&#233;lib&#233;r&#233; une bataille d&#233;cisive et une victoire sur Charles I&#176;, oblig&#232;rent les Ind&#233;pendants &#224; les chasser du parlement et &#224; s'emparer du pouvoir. Et de m&#234;me, au sein de l'arm&#233;e des Ind&#233;pendants, ce fut la masse petite-bourgeoise des soldats, les &#034;niveleurs&#034; de Lilburn, qui constitu&#232;rent la force de choc de tout le mouvement ind&#233;pendant ; de m&#234;me qu'enfin ce furent les &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens de la masse des soldats, ceux qui &#233;taient les plus radicaux du point de vue social, regroup&#233;s dans le mouvement des &#034;diggers&#034;, qui repr&#233;sent&#232;rent &#224; leur tour le levain du parti d&#233;mocratique des &#034;niveleurs&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Sans l'action exerc&#233;e par les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens sur la masse des soldats, sans la pression de la masse d&#233;mocratique des soldats sur la couche inf&#233;rieure bourgeoise du parti des Ind&#233;pendants, il n'y aurait eu ni &#034;&#233;puration&#034; du Long Parlement, ni victoire sur l'arm&#233;e des Cavaliers et sur les Ecossais, ni proc&#232;s et ex&#233;cution de Charles I&#176;, ni suppression de la Chambre des Lords et proclamation de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Que se passa-t-il pendant la R&#233;volution fran&#231;aise ? Apr&#232;s quatre ann&#233;es de luttes, la prise du pouvoir par les jacobins apparut comme le seul moyen de sauver les conqu&#234;tes de la r&#233;volution, de r&#233;aliser la R&#233;publique, de d&#233;truire la f&#233;odalit&#233;, d'organiser la d&#233;fense r&#233;volutionnaire &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, d'&#233;touffer les conspirations de la contre-r&#233;volution, d'&#233;tendre &#224; toute l'Europe la vague r&#233;volutionnaire venue de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Kautsky et ses coreligionnaires politiques russes, qui voulaient que la r&#233;volution russe conserv&#226;t son caract&#232;re bourgeois du d&#233;but, font un pendant exact &#224; ces lib&#233;raux allemands et anglais du si&#232;cle dernier, qui distinguaient dans la R&#233;volution fran&#231;aise deux p&#233;riodes bien distinctes : la &#034;bonne&#034;, celle des girondins, et la &#034;mauvaise&#034;, et d&#233;fendent une conception tout &#224; fait plate de l'histoire, ne pouvant naturellement pas comprendre que, sans le coup d'Etat des jacobins, m&#234;me les premi&#232;res conqu&#234;tes timides et incompl&#232;tes de la phase girondine auraient &#233;t&#233; bient&#244;t ensevelies sous les ruines de la r&#233;volution. Que la seule possibilit&#233; r&#233;elle, en dehors de la dictature jacobine, telle que la posait la marche inexorable du d&#233;veloppement historique en 1793, &#233;tait, non pas une d&#233;mocratie &#034;mod&#233;r&#233;e&#034;, mais la restauration des Bourbons ! Dans aucune r&#233;volution on ne peut observer le &#034;juste milieu&#034;, car sa loi naturelle exige une d&#233;cision rapide. De deux choses l'une : ou bien la locomotive escalade la c&#244;te historique &#224; toute vapeur, ou bien, entra&#238;n&#233;e par son propre poids, elle redescend la pente jusqu'au point d'o&#249; elle &#233;tait partie, entra&#238;nant avec elle dans l'ab&#238;me tous ceux qui tenteraient, &#224; l'aide de leurs faibles forces, de la retenir &#224; mi-chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Ainsi s'explique que, dans toute r&#233;volution, le seul parti qui puisse s'emparer du pouvoir est celui qui a le courage de lancer le mot d'ordre le plus radical et d'en tirer toutes les cons&#233;quences. Ainsi s'explique le r&#244;le pitoyable des mencheviks russes, Dan, Tseretelli, etc., qui, apr&#232;s avoir exerc&#233; au d&#233;but une influence &#233;norme sur les masses, ont &#233;t&#233;, apr&#232;s une longue p&#233;riode d'oscillations, o&#249; ils se d&#233;battirent des pieds et des mains pour n'avoir pas &#224; prendre le pouvoir, ignominieusement balay&#233;s de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Le parti de L&#233;nine a &#233;t&#233; le seul qui ait compris le devoir d'un parti vraiment r&#233;volutionnaire, et qui, par son mot d'ordre : &#034;Tout le pouvoir aux ouvriers et aux paysans !&#034;, a assur&#233; le progr&#232;s de la r&#233;volution[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Les bolcheviks ont, de m&#234;me, pos&#233; imm&#233;diatement comme but &#224; cette prise du pouvoir le programme r&#233;volutionnaire le plus avanc&#233; : non pas d&#233;fense de la d&#233;mocratie bourgeoise, mais dictature du prol&#233;tariat en vue de la r&#233;alisation du socialisme. Ils ont ainsi acquis devant l'histoire le m&#233;rite imp&#233;rissable d'avoir proclam&#233; pour la premi&#232;re fois le but final du socialisme comme un programme imm&#233;diat de la politique pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Tout ce qu'un parti peut apporter, en un moment historique, en fait de courage, d'&#233;nergie, de compr&#233;hension r&#233;volutionnaire et de cons&#233;quence, les L&#233;nine, Trotsky et leurs camarades l'ont r&#233;alis&#233; pleinement. L'honneur et la capacit&#233; d'action r&#233;volutionnaire, qui ont fait &#224; tel point d&#233;faut &#224; la social-d&#233;mocratie, c'est chez eux qu'on les a trouv&#233;s. En ce sens, leur insurrection d'Octobre n'a pas sauv&#233; seulement la r&#233;volution russe, mais aussi l'honneur du socialisme international.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me partie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. Les bolcheviks sont les h&#233;ritiers historiques des &#034;niveleurs&#034; anglais et des jacobins fran&#231;ais. Mais la t&#226;che qui leur incombait dans la R&#233;volution russe au lendemain de la prise du pouvoir &#233;tait incomparablement plus difficile que celle de leurs devanciers [1]. Assur&#233;ment, le mot d'ordre de la prise et du partage des terres par les paysans &#233;tait la formule la plus br&#232;ve, la plus simple et la plus lapidaire pour atteindre un double but : d&#233;truire la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re ; lier les paysans au gouvernement r&#233;volutionnaire. Comme mesure politique pour renforcer le gouvernement socialiste-prol&#233;tarien, c'&#233;tait l&#224; une tactique excellente. Malheureusement, elle avait deux faces, et son revers, c'est que la prise directe des terres et leur partage entre les paysans n'a absolument rien de commun avec le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La transformation socialiste de l'&#233;conomie suppose, en ce qui concerne l'agriculture, deux choses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la nationalisation de la grande propri&#233;t&#233;, comme pr&#233;sentant le degr&#233; techniquement le plus avanc&#233; de la concentration des moyens de production agricole, qui seule peut servir de base &#224; l'&#233;conomie socialiste dans les campagnes. Si, bien entendu, il n'est pas n&#233;cessaire d'enlever au petit cultivateur son lopin de terre et si on peut lui laisser tranquillement le soin de se convaincre par lui-m&#234;me des avantages de l'exploitation collective, pour le gagner d'abord au groupement coop&#233;ratif, puis au syst&#232;me de l'exploitation collective, toute transformation socialiste de l'&#233;conomie agricole doit commencer naturellement par la grande et la moyenne propri&#233;t&#233;. Elle doit transf&#233;rer, avant tout, le droit de propri&#233;t&#233; &#224; la nation, ou, ce qui revient au m&#234;me avec un gouvernement socialiste, &#224; l'Etat, car cela seul garantit la possibilit&#233; d'organiser la production agricole sur une base socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Mais, deuxi&#232;mement, l'une des conditions indispensables de cette transformation, c'est de supprimer l'opposition entre l'agriculture et l'industrie, qui constitue le trait caract&#233;ristique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, pour faire place &#224; une p&#233;n&#233;tration et &#224; une fusion compl&#232;te de ces deux branches de production, &#224; une transformation, tant de la production agraire que de la production industrielle, selon un point de vue commun. De quelque fa&#231;on qu'en soit pratiquement organis&#233;e la gestion, qu'elle soit confi&#233;e aux municipalit&#233;s des villes, comme certains le proposent, ou &#224; l'Etat, en tout cas, la condition pr&#233;alable est une r&#233;forme r&#233;alis&#233;e d'une fa&#231;on unitaire et dirig&#233;e par le centre, cette reforme supposant elle-m&#234;me la nationalisation du sol. Nationalisation de la grande et moyenne propri&#233;t&#233;, union de l'industrie et de l'agriculture, telles sont les deux conditions fondamentales de toute transformation socialiste de l'&#233;conomie, sans lesquelles il n'y a pas de socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Que le gouvernement des soviets en Russie n'ait pas r&#233;alis&#233; ces r&#233;formes consid&#233;rables, qui pourrait le lui reprocher ? Ce serait une mauvaise plaisanterie d'exiger ou d'attendre de L&#233;nine et de ses amis que, dans le court intervalle de leur domination, dans le tourbillon vertigineux des luttes int&#233;rieures et ext&#233;rieures, press&#233;s de tous c&#244;t&#233;s par des ennemis sans nombre et des r&#233;sistances insurmontables, ils r&#233;solvent l'un des probl&#232;mes les plus difficiles, nous pouvons m&#234;me dire le plus difficile, de la transformation socialiste, ou seulement s'y attaquent. Quand nous serons au pouvoir, m&#234;me en Occident et dans les conditions les plus favorables, nous nous casserons plus d'une dent sur cette noix avant d'avoir r&#233;solu m&#234;me les plus simples parmi les mille difficult&#233;s complexes de cette t&#226;che gigantesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Mais il y a une chose, en tout cas, qu'un gouvernement socialiste au pouvoir doit faire : c'est prendre des mesures qui aillent dans le sens de ces conditions fondamentales d'une transformation socialiste de l'agriculture. Il doit &#233;viter tout ce qui barrerait la route conduisant &#224; cette transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Or le mot d'ordre lanc&#233; par les bolcheviks : prise imm&#233;diate et partage des terres par les paysans, devait agir pr&#233;cis&#233;ment dans le sens inverse. Car non seulement ce n'est pas une mesure socialiste, mais elle barre la route qui y m&#232;ne, elle accumule devant la transformation socialiste de l'agriculture des difficult&#233;s insurmontables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. La prise de possession des terres par les paysans, conform&#233;ment au mot d'ordre bref et lapidaire de L&#233;nine et de ses amis : &#034;Allez et prenez la terre ! &#034; conduisait au passage subit et chaotique de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re non &#224; la propri&#233;t&#233; sociale, mais une nouvelle propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et cela par l'&#233;miettement de la grande propri&#233;t&#233; en une foule de petites et moyennes propri&#233;t&#233;s, de la grande exploitation relativement avanc&#233;e en une quantit&#233; de petites exploitations primitives, travaillant, du point de vue technique, avec les m&#233;thodes de l'&#233;poque des pharaons. Mais ce n'est pas tout : par cette mesure et la fa&#231;on chaotique, purement arbitraire, dont elle fut appliqu&#233;e, les diff&#233;rences sociales dans les campagnes n'ont pas &#233;t&#233; supprim&#233;es, mais aggrav&#233;es au contraire. Quoique les bolcheviks aient recommand&#233; aux paysans de former des comit&#233;s pour faire de la prise de possession des terres de la noblesse en quelque sorte une action collective, il est clair que ce conseil d'un caract&#232;re tout &#224; fait g&#233;n&#233;ral ne pouvait rien changer &#224; la pratique v&#233;ritable et aux rapports de classes &#224; la campagne. Avec ou sans comit&#233;s, ce sont les paysans riches et les usuriers, lesquels repr&#233;sentent la bourgeoisie rurale et d&#233;tiennent, dans tous les villages russes, le pouvoir effectif, qui ont &#233;t&#233;, en r&#233;alit&#233;, les principaux profiteurs de la r&#233;volution agraire. Sans qu'il soit n&#233;cessaire de l'avoir vu de ses propres yeux, chacun peut se rendre compte que le r&#233;sultat du partage des terres n'a pas &#233;t&#233; de supprimer, mais d'accro&#238;tre au contraire l'in&#233;galit&#233; sociale et &#233;conomique au sein de la paysannerie et d'y aggraver les antagonismes de classes. Mais ce d&#233;placement de forces s'est fait au &lt;i&gt;d&#233;triment&lt;/i&gt; des int&#233;r&#234;ts prol&#233;tariens et socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. [&lt;i&gt;Traduction de Maspero&lt;/i&gt;] : &lt;strong&gt; Discours de L&#233;nine sur la n&#233;cessit&#233; de centraliser l'industrie, de nationaliser les banques, le commerce et l'industrie. Pourquoi pas la terre ? L&#224; au contraire, d&#233;centralisation et propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. [&lt;i&gt;Traduction de Maspero&lt;/i&gt;] : &lt;strong&gt;Le programme agraire que pr&#233;sentait L&#233;nine avant la r&#233;volution &#233;tait diff&#233;rent. On a repris le mot d'ordre des socialistes r&#233;volutionnaires si souvent d&#233;cri&#233;s ou plus exactement celui du mouvement spontan&#233; de la paysannerie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. [&lt;i&gt;Traduction de Maspero&lt;/i&gt;] : &lt;strong&gt;Pour introduire des principes socialistes dans les conditions agraires, le gouvernement sovi&#233;tique a ensuite tent&#233; de cr&#233;er des communes agraires compos&#233;es de prol&#233;taires, pour la plupart des &#233;l&#233;ments urbains sans travail. Mais on peut d&#233;j&#224; pr&#233;voir que les r&#233;sultats de ces efforts, mesur&#233;s &#224; la situation de l'agriculture dans son ensemble, demeureront minuscules et n'entreront pas m&#234;me en consid&#233;ration pour l'&#233;tude de la question. (Apr&#232;s avoir morcel&#233; en petites exploitations la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, tr&#232;s bon point de d&#233;part pour une &#233;conomie socialiste, on cherche &#224; cr&#233;er, par petits bouts, des exploitations communistes mod&#232;les). Dans ces conditions, ces communes n'ont que la valeur d'une exp&#233;rience et non pas d'une vaste r&#233;forme sociale.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; la phrase qui conclut ce paragraphe chez Maspero n'apparait pas dans la version allemande : Maintenant, &#171; post festum &#187;, on cherche &#224; introduire la lutte des classes dans les villages.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Autrefois, une r&#233;forme socialiste &#224; la campagne se heurtait uniquement &#224; la r&#233;sistance d'une petite caste de grands propri&#233;taires fonciers, tant nobles que capitalistes, ainsi que d'une petite fraction de la bourgeoisie rurale, dont l'expropriation par une masse populaire r&#233;volutionnaire n'est qu'un jeu d'enfant. Maintenant, apr&#232;s la prise de possession de la terre par les paysans, l'ennemi se dresse devant toute socialisation de l'agriculture, c'est une masse &#233;norme et consid&#233;rablement grossie de paysans propri&#233;taires qui d&#233;fendront de toutes leurs forces leur propri&#233;t&#233; nouvellement acquise contre toutes les atteintes du pouvoir socialiste. Maintenant, la question de la socialisation future de l'agriculture, et par cons&#233;quent de la production, en Russie, est devenue une question de lutte entre le prol&#233;tariat des villes et la masse paysanne. A quel point cet antagonisme s'est aggrav&#233; aujourd'hui, c'est ce que prouve le boycottage des villes par les paysans, lesquels conservent par devers eux les denr&#233;es alimentaires, afin d'en tirer des profits usuraires, exactement comme font les hobereaux prussiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit paysan fran&#231;ais &#233;tait devenu le plus vaillant d&#233;fenseur de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui lui avait donn&#233; la terre enlev&#233;e aux &#233;migr&#233;s. Il porta, comme soldat de Napol&#233;on, le drapeau fran&#231;ais &#224; la victoire, parcourut en tous sens l'Europe enti&#232;re et d&#233;truisit la f&#233;odalit&#233; dans un pays apr&#232;s l'autre. Il se peut que L&#233;nine et ses amis aient attendu un effet semblable de leur mot d'ordre agraire. Mais le paysan russe, ayant pris la terre de sa propre autorit&#233;, n'a pas song&#233; m&#234;me en r&#234;ve &#224; d&#233;fendre la Russie et la r&#233;volution, &#224; qui il la devait. Il s'est claquemur&#233; dans sa nouvelle propri&#233;t&#233;, abandonnant la r&#233;volution &#224; ses ennemis, l'Etat &#224; la ruine et la population des villes &#224; la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. La r&#233;forme agraire de L&#233;nine a cr&#233;&#233; pour le socialisme dans les campagnes une nouvelle et puissante couche d'ennemis, dont la r&#233;sistance sera beaucoup plus dangereuse et plus opini&#226;tre que l'&#233;tait celle de l'aristocratie fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Si la d&#233;faite militaire a abouti &#224; l'effondrement et &#224; la ruine de la Russie, les bolcheviks en portent incontestablement une part de responsabilit&#233;. Les difficult&#233;s objectives de la situation, les bolcheviks les ont aggrav&#233;es eux-m&#234;mes par ce mot d'ordre, qu'ils ont mis au premier plan de leur politique, du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, ou ce qui se cachait en r&#233;alit&#233; derri&#232;re ce mot d'ordre : le d&#233;p&#232;cement de la Russie. Cette formule, proclam&#233;e sans cesse avec une obstination dogmatique, du droit des diff&#233;rentes nations de l'empire russe &#224; d&#233;cider elles-m&#234;mes de leur propre sort, &#034;jusque et y compris leur s&#233;paration compl&#232;te d'avec la Russie&#034;, &#233;tait un cri de guerre particulier de L&#233;nine et ses amis dans leur lutte contre l'imp&#233;rialisme, tant celui de Milioukov que celui de Kerensky. Elle fut l'axe de leur politique int&#233;rieure apr&#232;s le coup d'Etat d'octobre. Elle constitua toute la plate-forme des bolcheviks &#224; Brest-Litovsk, la seule arme qu'ils eussent &#224; opposer &#224; la puissance de l'imp&#233;rialisme allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Ce qui frappe, tout d'abord, dans l'obstination et l'ent&#234;tement avec lesquels L&#233;nine et ses amis se sont tenus &#224; ce mot d'ordre, c'est qu'il est en contradiction flagrante, tant avec le centralisme, si souvent affirm&#233;, de leur politique, qu'avec leur attitude &#224; l'&#233;gard des autres principes d&#233;mocratiques. Tandis qu'ils faisaient preuve du m&#233;pris le plus glacial &#224; l'&#233;gard de l'Assembl&#233;e constituante, du suffrage universel, de la libert&#233; de la presse et de r&#233;union, bref de tout l'appareil des libert&#233;s d&#233;mocratiques fondamentales des masses populaires, libert&#233;s dont l'ensemble constituait le &#034;droit de libre d&#233;termination&#034; en Russie m&#234;me, ils faisaient de ce droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes un noyau de la politique d&#233;mocratique, pour l'amour duquel il fallait faire taire toutes les consid&#233;rations pratiques de la critique r&#233;aliste. Alors qu'ils ne s'en laissaient imposer en rien par le vote populaire pour l'Assembl&#233;e constituante en Russie, vote &#233;mis sur la base du suffrage le plus d&#233;mocratique du monde et dans la pleine libert&#233; d'une r&#233;publique populaire, et que, pour de froides consid&#233;rations critiques, ils en d&#233;claraient les r&#233;sultats simplement nuls et non avenus, ils d&#233;fendaient &#224; Brest-Litovsk le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes comme le vrai palladium de toute libert&#233; et de toute d&#233;mocratie, quintessence inalt&#233;r&#233;e de la volont&#233; des peuples, et comme l'instance d&#233;cisive supr&#234;me dans la question du sort politique des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. La contradiction, qui est ici flagrante, est d'autant plus incompr&#233;hensible que, dans les formes d&#233;mocratiques de la vie politique de tous les pays, il s'agit effectivement, comme nous le verrons encore plus loin, de bases extr&#234;mement pr&#233;cieuses et m&#234;me indispensables de la politique socialiste, alors que ce fameux droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes n'est qu'une phrase creuse, une foutaise petite-bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Que signifie ce droit en effet ? C'est un principe &#233;l&#233;mentaire de la politique socialiste, qu'elle combat, comme toute sorte d'oppression, celle d'une nation par une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Si, malgr&#233; tout, des hommes politiques aussi r&#233;fl&#233;chis que L&#233;nine, Trotsky et leur amis, qui n'ont que haussements d'&#233;paules ironiques pour des mots d'ordre utopiques tels que &#034;d&#233;sarmement&#034;, &#034;soci&#233;t&#233; des nations&#034;, etc., ont fait cette fois leur cheval de bataille d'une phrase creuse du m&#234;me genre, cela est d&#251;, nous semble-t-il, &#224; une sorte de politique d'opportunit&#233;. L&#233;nine et ses amis comptaient manifestement sur le fait qu'il n'y avait pas de plus s&#251;r moyen de gagner &#224; la cause de la r&#233;volution les nombreuses nationalit&#233;s allog&#232;nes que comptait l'empire russe que de leur accorder, au nom de la r&#233;volution et du socialisme, le droit absolu de disposer de leur propre sort. C'&#233;tait une politique analogue &#224; celle que les bolcheviks adoptaient &#224; l'&#233;gard des paysans russes, qu'ils pensaient gagner &#224; l'aide du mot d'ordre de prise de possession directe des terres et lier ainsi au drapeau de la r&#233;volution et du gouvernement prol&#233;tarien. Malheureusement, dans un cas comme dans l'autre, le calcul s'est r&#233;v&#233;l&#233; enti&#232;rement faux : tandis que L&#233;nine et ses amis esp&#233;raient manifestement que, parce qu'ils avaient &#233;t&#233; les d&#233;fenseurs de la libert&#233; nationale, et cela jusqu'&#224; la s&#233;paration compl&#232;te, la Finlande, l'Ukraine, la Pologne, la Lituanie, les pays baltes, le Caucase, etc., deviendraient autant d'alli&#233;s fid&#232;les de la R&#233;volution russe, nous avons pr&#233;cis&#233;ment assist&#233; au spectacle inverse : l'une apr&#232;s l'autre, toutes ces &#034;nations&#034; utilis&#232;rent la libert&#233; qu'on venait de leur octroyer pour s'allier &#224; l'imp&#233;rialisme allemand contre la R&#233;volution russe. L'interm&#232;de avec l'Ukraine &#224; Brest-Litovsk, qui a amen&#233; un tournant d&#233;cisif des n&#233;gociations et de toute la situation politique, tant int&#233;rieure qu'ext&#233;rieure, des bolcheviks, en est un exemple frappant. L'attitude de la Finlande, de la Pologne, de la Lituanie, des pays baltes, et des nations du Caucase, montre de la fa&#231;on la plus convaincante que nous n'avons pas affaire ici &#224; une exception fortuite, mais &#224; un ph&#233;nom&#232;ne typique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Assur&#233;ment, dans tous les cas, ce ne sont pas les &#034;nations&#034; qui ont fait cette politique r&#233;actionnaire, mais seulement les classes bourgeoises et petites-bourgeoises, qui, en opposition compl&#232;te avec les masses prol&#233;tariennes de leur pays, ont fait de ce &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&#034; un instrument de leur politique contre-r&#233;volutionnaire. Mais - et nous touchons ici au n&#339;ud du probl&#232;me -, le caract&#232;re utopique, petit-bourgeois, de ce mot d'ordre nationaliste consiste pr&#233;cis&#233;ment en ceci, que, dans la dure r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233; de classes, surtout dans une p&#233;riode d'antagonismes extr&#234;mes, il se transforme en un moyen de domination de la classe bourgeoise. Les bolcheviks devaient apprendre &#224; leurs d&#233;pens et &#224; ceux de la r&#233;volution que, sous le r&#232;gne du capitalisme, il n'y a pas de libre d&#233;termination des peuples, que, dans une soci&#233;t&#233; de classes, chaque classe de la nation cherche &#224; se&#034;d&#233;terminer&#034; d'une mani&#232;re diff&#233;rente, que, pour les classes bourgeoises, les consid&#233;rations de libert&#233; nationale passent compl&#232;tement apr&#232;s celles de la domination de classe. La bourgeoisie finlandaise, comme la petite-bourgeoisie ukrainienne, &#233;taient enti&#232;rement d'accord pour pr&#233;f&#233;rer la domination allemande &#224; la libert&#233; nationale, d&#232;s que celle-ci devait &#234;tre li&#233;e au danger du &#034;bolchevisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. L'espoir de changer ces rapports r&#233;els de classes en leur contraire au moyen des &#034;pl&#233;biscites&#034;, qui constituaient le principal objet des d&#233;lib&#233;rations de Brest-Litovsk, et, en se basant sur les sentiments de la masse populaire, d'obtenir un vote en faveur du rattachement &#224; la R&#233;volution russe, cet espoir t&#233;moignait, s'il &#233;tait sinc&#232;re, d'un optimisme incompr&#233;hensible de la part de L&#233;nine et de Trotsky ; s'il n'&#233;tait qu'une man&#339;uvre tactique dans la lutte avec la politique de force allemande, c'&#233;tait un jeu dangereux. M&#234;me sans l'occupation militaire allemande, le fameux &#034;pl&#233;biscite&#034;, &#224; supposer qu'on en serait venu l&#224; dans les pays limitrophes, e&#251;t, vu l'&#233;tat d'esprit de la masse paysanne et des couches importantes de prol&#233;taires encore indiff&#233;rents, les tendances r&#233;actionnaires de la petite-bourgeoise et les mille moyens dont disposait la bourgeoisie pour influencer le vote, donn&#233; partout un r&#233;sultat dont les bolcheviks n'eussent pas eu lieu de se f&#233;liciter. On peut, dans ces probl&#232;mes de pl&#233;biscite sur la question nationale, admettre comme une r&#232;gle absolue que les classes dominantes s'arrangent ou bien pour l'emp&#234;cher, quand il ne fait pas leur jeu, ou, s'il y a lieu, pour en influencer les r&#233;sultats &#224; l'aide de toutes les man&#339;uvres qui font pr&#233;cis&#233;ment que nous ne pourrons jamais introduire le socialisme par voie de pl&#233;biscite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Le fait que la question des revendications et tendances nationales ait &#233;t&#233; jet&#233;e en plein milieu des luttes r&#233;volutionnaires, et, par le trait&#233; de Brest-Litovsk, port&#233;e au premier plan et m&#234;me consid&#233;r&#233;e comme le &#034;schibboleth&#034; [2] de la politique socialiste et r&#233;volutionnaire, ce fait a jet&#233; le plus grand trouble dans les rangs du socialisme et a &#233;branl&#233; les positions du prol&#233;tariat pr&#233;cis&#233;ment dans les pays limitrophes. En Finlande, le prol&#233;tariat socialiste, aussi longtemps qu'il luttait en tant que partie int&#233;grante de la phalange r&#233;volutionnaire de Russie, avait d&#233;j&#224; conquis une position dominante. Il poss&#233;dait la majorit&#233; &#224; la Di&#232;te, dans l'arm&#233;e, il avait r&#233;duit la bourgeoisie &#224; une impuissance compl&#232;te, et &#233;tait ma&#238;tre de la situation dans le pays. L'Ukraine russe avait &#233;t&#233;, au d&#233;but du si&#232;cle, alors que les folies du &#034;nationalisme ukrainien&#034;, avec les &#034;Karbovantse&#034; et les &#034;Universals&#034; [3] de m&#234;me que le &#034;dada&#034; de L&#233;nine d'une &#034;Ukraine ind&#233;pendante&#034; n'avaient pas encore &#233;t&#233; invent&#233;s, la forteresse du mouvement r&#233;volutionnaire russe. C'est de l&#224;, de Rostov, d'Odessa, de la r&#233;gion du Don, qu'avaient jailli les premiers torrents de lave de la r&#233;volution (d&#232;s les ann&#233;es 1902-1904), qui embras&#232;rent rapidement toute la Russie du Sud, pr&#233;parant ainsi l'explosion de 1905. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se reproduisit dans la r&#233;volution actuelle, o&#249; le prol&#233;tariat de la Russie du Sud fournit les troupes d'&#233;lite de la phalange prol&#233;tarienne. La Pologne et les Etats baltes &#233;taient, depuis 1905, les foyers les plus ardents et les plus s&#251;rs de la r&#233;volution, o&#249; le prol&#233;tariat socialiste joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Comment se fait-il que, dans ces pays, la contre-r&#233;volution ait brusquement triomph&#233; ? C'est que, pr&#233;cis&#233;ment, le mouvement nationaliste a, en le d&#233;tachant de la Russie, paralys&#233; le prol&#233;tariat, et l'a livr&#233; &#224; la bourgeoisie nationale. Au lieu de viser, selon l'esprit m&#234;me de la nouvelle politique internationale de classe, qu'ils repr&#233;sentaient par ailleurs, &#224; grouper en une masse la plus compacte possible les forces r&#233;volutionnaires sur tout le territoire de l'empire russe, en tant que territoire de la r&#233;volution, d'opposer, en tant que commandement supr&#234;me de leur politique, la solidarit&#233; des prol&#233;taires de toutes les nationalit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de l'empire russe &#224; toutes les s&#233;parations nationalistes, les bolcheviks ont, par leur mot d'ordre nationaliste retentissant du &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, jusque et y compris la s&#233;paration compl&#232;te&#034;, fourni &#224; la bourgeoisie, dans tous les pays limitrophes, le pr&#233;texte le plus commode, on pourrait m&#234;me dire la banni&#232;re, pour leur politique contre-r&#233;volutionnaire. Au lieu de mettre en garde les prol&#233;taires dans les pays limitrophes contre tout s&#233;paratisme, comme pi&#232;ge de la bourgeoisie, ils ont, au contraire, par leur mot d'ordre, &#233;gar&#233; les masses, les livrant ainsi &#224; la d&#233;magogie des classes poss&#233;dantes. Ils ont, par cette revendication nationaliste, provoqu&#233;, pr&#233;par&#233; eux-m&#234;mes, le d&#233;p&#232;cement de la Russie, et mis ainsi aux mains de leurs propres ennemis le poignard qu'ils devaient plonger au c&#339;ur de la R&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Certes, sans l'aide de l'imp&#233;rialisme allemand, sans &#034;les crosses allemandes dans les poings allemands&#034;, &#233;crivait la Neue Zeit de Kautsky, jamais les Lubinsky et autres canailles de l'Ukraine, jamais les Erich, les Mannerheim [4] en Finlande, et les barons baltes, ne seraient venus &#224; bout des masses prol&#233;tariennes socialistes de leur pays. Mais le s&#233;paratisme national fut le cheval de Troie, gr&#226;ce auquel les &#034;camarades&#034; allemands ont &#233;t&#233; introduits, fusil au poing, dans tous ces pays. Certes, ce sont les antagonismes de classes r&#233;els et les rapports de forces militaires qui ont amen&#233; l'intervention de l'Allemagne. Mais ce sont les bolcheviks qui ont fourni l'id&#233;ologie &#224; l'aide de laquelle on masque cette campagne de la contre-r&#233;volution, renfor&#231;ant ainsi les positions de la bourgeoisie et affaiblissant celles du prol&#233;tariat. La meilleure preuve en est l'Ukraine, qui devait jouer un r&#244;le si n&#233;faste dans les destin&#233;es de la R&#233;volution russe. Le nationalisme ukrainien &#233;tait en Russie quelque chose de tout &#224; fait diff&#233;rent de ce qu'&#233;tait par exemple le nationalisme tch&#232;que, polonais ou finlandais, une simple lubie, une sorte de manie de quelques douzaines d'intellectuels petits-bourgeois, n'ayant aucune base dans les conditions &#233;conomiques, politiques ou intellectuelles du pays, ne s'appuyant sur aucune tradition historique, &#233;tant donn&#233; que l'Ukraine n'a jamais constitu&#233; une nation ou un Etat ind&#233;pendant, n'a jamais poss&#233;d&#233; une culture nationale, en dehors de quelques po&#233;sies romantico-r&#233;actionnaires, et n'e&#251;t par cons&#233;quent pas pu devenir un organisme politique sans le cadeau de bapt&#234;me du &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux m&#234;mes&#034; [5].&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;incomplet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;Traduction Maspero&lt;/i&gt;] : Certes, sans l'aide de l'imp&#233;rialisme allemand, sans les &#171; crosses allemandes dans les poings allemands &#187; (cf. Neue Zeit de Kautsky), jamais ni les Loubinski et autres canailles de l'Ukraine, ni les Erich et Mannerheim 1 en Finlande ni les barons baltes ne seraient venus &#224; bout des masses prol&#233;taires de leurs pays. Mais le s&#233;paratisme national a &#233;t&#233; le cheval de Troie qui a permis aux &#171; camarades &#187; allemands de s'introduire, fusil au poing, dans tous ces pays. Mais ce sont les bolcheviks qui ont fourni l'id&#233;ologie permettant de d&#233;guiser cette campagne contre-r&#233;volutionnaire ; ils ont renforc&#233; la position de la bourgeoisie et affaibli celle des prol&#233;taires. Le meilleur exemple en est l'Ukraine qui devait &#234;tre amen&#233;e &#224; jouer un r&#244;le si n&#233;faste dans les destin&#233;es de la r&#233;volution russe. Le nationalisme ukrainien en Russie diff&#233;rait tout &#224; fait du tch&#232;que, du finnois, ou du polonais par exemple ; ce n'&#233;tait qu'une lubie, l'&#233;lucubration de quelques douzaines d'intellectuels petits bourgeois, sans la moindre racine dans la vie &#233;conomique, politique ou intellectuelle du pays, sans une trace de tradition historique, car l'Ukraine n'a jamais &#233;t&#233; ni un &#201;tat ni une nation, n'a jamais poss&#233;d&#233; de culture nationale en dehors des po&#233;sies romantico-r&#233;actionnaires de Chevtchenko. C'est tout comme si un beau matin, les gens de la r&#233;gion c&#244;ti&#232;re voulaient fonder &#224; partir de Fritz Reuter une nouvelle nation et un &#201;tat bas allemands. Et, par leur agitation doctrinaire autour du &#171; droit &#224; l'autod&#233;termination jusques et y compris, etc. &#187;, L&#233;nine et ses amis ont gonfl&#233; artificiellement l'aff&#233;terie de quelques professeurs d'universit&#233; et de quelques &#233;tudiants pour en faire un facteur politique. Ils ont conf&#233;r&#233; de l'importance &#224; ce qui n'&#233;tait au d&#233;but qu'une farce, jusqu'au jour o&#249; la farce a pris une gravit&#233; des plus sanglantes, o&#249; elle s'est transform&#233;e, non pas en un mouvement national s&#233;rieux, qui n'avait de toutes fa&#231;ons pas de racines, mais en pavois, en drapeau de ralliement de la contre-r&#233;volution ! Cette bulle pleine d'air a enfant&#233; &#224; Brest les ba&#239;onnettes allemandes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. Cette sorte de phras&#233;ologie a parfois dans l'histoire des luttes de classes une importance tr&#232;s r&#233;elle. C'est une v&#233;ritable fatalit&#233; pour le socialisme que, dans cette guerre mondiale, il lui ait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; de fournir des mots d'ordre &#224; la politique contre-r&#233;volutionnaire. Au moment de la d&#233;claration de guerre, la social-d&#233;mocratie allemande se h&#226;ta de couvrir le brigandage de l'imp&#233;rialisme allemand d'un manteau id&#233;ologique tir&#233; du magasin d'accessoires du marxisme, en d&#233;clarant qu'elle &#233;tait la guerre de lib&#233;ration contre le tsarisme russe que souhaitaient nos vieux ma&#238;tres. Avec le mot d'ordre du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, il &#233;tait r&#233;serv&#233; aux adversaires des socialistes de gouvernement, aux bolcheviks, d'apporter de l'eau au moulin de la contre-r&#233;volution et de fournir ainsi un pr&#233;texte id&#233;ologique, non seulement pour l'&#233;crasement de la R&#233;volution russe elle-m&#234;me, mais pour la liquidation contre-r&#233;volutionnaire projet&#233;e de la guerre mondiale. Sous ce rapport, nous avons de bonnes raisons d'examiner de tr&#232;s pr&#232;s la politique des bolcheviks. Le &#034;droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&#034;, accoupl&#233; &#224; la &#034;soci&#233;t&#233; des nations&#034; et au &#034;d&#233;sarmement&#034;, par la gr&#226;ce de Wilson, est le cri de guerre sous lequel se d&#233;roulera le conflit imminent entre le socialisme international et le monde bourgeois. Il est clair que ce mot d'ordre et toute l'id&#233;ologie nationale, qui constituent actuellement le plus grand danger pour le socialisme international, ont re&#231;u pr&#233;cis&#233;ment de la R&#233;volution russe et des n&#233;gociations de Brest-Litovsk un renforcement extraordinaire. Nous aurons encore &#224; nous occuper en d&#233;tail de cette plate-forme. Les cons&#233;quences tragiques de ce mot d'ordre dans la R&#233;volution russe, aux &#233;pines duquel les bolcheviks devaient se prendre et s'&#233;corcher jusqu'au sang, doivent servir au prol&#233;tariat international d'avertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. De tout cela est sortie la dictature de l'Allemagne. Du trait&#233; de Brest-Litovsk au &#034;trait&#233; annexe&#034; ! Les 200 victimes expiatoires de Moscou. C'est de l&#224; que sont venus la terreur et l'&#233;crasement de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un texte in&#233;dit de R. Luxemburg (1893) - Sprawa Robotnicza nr 2 : Wyzysk kapitalistyczny i ochronne prawodawstwo robotnicze - L'Exploitation capitaliste et la l&#233;gislation sur la protection du travail</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9106</link>
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		<dc:date>2025-01-31T23:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence 7. du catalogue de Kaczanowska mentionne une chronique en 5 &#233;pisodes (avec le 4&#232;me en deux parties) , publi&#233;s sous les titres L'Exploitation capitaliste et la l&#233;gislation sur la protection du travail dans le num&#233;ro 2 de Sprawa Robotnicza, puis sous le titre La l&#233;gislation sur la protection du travail dans les num&#233;ros 5/6, 7, 9, 11/12, 13/14 de ce journal. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#233;galement la r&#233;f&#233;rence 120 p. 870 de la Biographie de Nettl La vie et l'oeuvre de Rosa Luxemburg. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous donnons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique179" rel="directory"&gt;28- artyku&#322;y w j&#281;zyku polskim - ARTICLES EN POLONAIS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence 7. du &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7974&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;catalogue de Kaczanowska&lt;/a&gt; mentionne une chronique en 5 &#233;pisodes (avec le 4&#232;me en deux parties) , publi&#233;s sous les titres &lt;i&gt;L'Exploitation capitaliste et la l&#233;gislation sur la protection du travail&lt;/i&gt; dans le num&#233;ro 2 de Sprawa Robotnicza, puis sous le titre &lt;i&gt;La l&#233;gislation sur la protection du travail&lt;/i&gt; dans les num&#233;ros 5/6, 7, 9, 11/12, 13/14 de ce journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement la r&#233;f&#233;rence 120 p. 870 de la Biographie de Nettl &lt;i&gt;La vie et l'oeuvre de Rosa Luxemburg&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous donnons la version originale et la traduction du premier &#233;pisode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, &#224; notre connaissance, la premi&#232;re publication en libre acc&#232;s pour ces deux versions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Version polonaise&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Nic ma w dzisiejszym spo&#322;ecze&#324;stwie cz&#322;owieka tak zale&#380;nego od innych, jak robotnik &#8212; ,,wolny&#8221; najmita ! Wprawdzie ma zupe&#322;n&#261; swobod&#281; rozporz&#261;dzania sw&#261; osob&#261;, mo&#380;e &#380;y&#263; &#8212;je&#380;eli ma z czego, mo&#380;e umrze&#263; &#8212; je&#380;eli go g&#322;&#243;d i n&#281;dza zmo&#380;e. Ale tez to cala jego swoboda. A tymczasem z tego, ze ka&#380;dy cz&#322;owiek przede wszystkim musi zdobywa&#263; &#347;rodki do &#380;ycia, wynika dla proletariusza w dzisiejszym ustroju zupe&#322;na niewola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Aby je&#347;&#263;, aby si&#281; przyodzia&#263;, aby schroni&#263; pod dach g&#322;ow&#281;, nale&#380;y mie&#263; w swym posiadaniu wszystkie przedmioty do tego potrzebne. Za naszych czas&#243;w r&#281;ce ludzkie masami wytwarzaj&#261; najdoskonalej takie przedmioty. Ale robotnik, proletariusz, ich nie posiada. Robotnik nie posiada nic pr&#243;cz swej w&#322;asnej osoby, pr&#243;cz pary rak do pracy. I ot&#243;&#380;, aby mie&#263; z czego &#380;y&#263;, nie pozostaje mu nic innego, jak za utrzymanie s&#322;u&#380;y&#263; do pracy innym, jak najmowa&#263; si&#281; do tych, co posiadaj&#261; &#347;rodki i narz&#281;dzia pracy, najmowa&#263; si&#281; do kapitalisty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Je&#380;eli mu si&#281; uda znale&#378;&#263; zaj&#281;cie &#8212; pol biedy ; ma cho&#263; za ci&#281;&#380;k&#261; prac&#281; mo&#380;no&#347;&#263; wy&#380;ycia. Ale je&#347;li nie znajdzie zaj&#281;cia &#8212; biada mu ! Wtedy pozostaje robotnikowi tylko jedna swoboda &#8212; skonanie z g&#322;odu ! W tym jedynie jest rzeczywi&#347;cie i zupe&#322;nie swobodny &#8212; umiera&#263; nikt mu nie przeszkodzi. Poki jednak &#380;yje, jest zupe&#322;nie zale&#380;ny od kapitalisty ; przez cale &#380;ycie ,,wolny&#8220; najmita jest niewolnikiem swego ,,chlebodawcy&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Jaki&#380; los zgotowa&#322;a robotnikom ta ich zupe&#322;na zale&#380;no&#347;&#263; od kapita&#322;u ? Kapitalista nie zna wzgl&#281;dem swych r&#261;k roboczych ani sumienia, ani lito&#347;ci. Robotnik to dla niego cz&#261;stka kapita&#322;u, cz&#281;&#347;&#263; pieni&#281;dzy w&#322;o&#380;onych w interes, kupiony towar &#8212; si&#322;a robocza. Ten towar kapitalista stara si&#281; przede wszystkim naby&#263; jak najtaniej, daj&#261;c robotnikowi mo&#380;liwie nisk&#261; p&#322;ac&#281;. Im mniejsza zap&#322;ata robotnika, tym wi&#281;kszy zysk kapitalisty. Dalej, stara si&#281; on zu&#380;y&#263; ten sw&#243;j towar jak najkorzystniej, pilnuje, aby z kupionej si&#322;y roboczej ani kruszyny nie straci&#263;. Dlatego zmusza robotnika pracowa&#263; jak najd&#322;u&#380;ej i z najwi&#281;kszym wysi&#322;kiem i jak najmniej spoczywa&#263;. Niechaj tam robotnik ma za sw&#261; p&#322;ac&#281; ledwie chleb i wod&#281;, niech umiera powolna &#347;mierci&#261; g&#322;odow&#261;, niech nie zna snu ani spoczynku, niech pada ze znu&#380;enia i wyczerpania, niechaj choruje i umiera przedwcze&#347;nie od nadmiaru pracy &#8212; kapitali&#347;cie nic do tego. Kapitalist&#281; obchodzi tylko, aby robotnik wy&#380;y&#322; przez ten czas, na kt&#243;ry jest naj&#281;ty, aby mu si&#322; starczy&#322;o do pracy tylko na ten dzie&#324;, tydzie&#324; czy miesi&#261;c, za kt&#243;re dostaje zap&#322;at&#281;. A je&#347;li potem niezdatny ju&#380; do pracy &#8212; precz z fabryki ! Na miejsce ka&#380;dego ,,zu&#380;ytego&#8221; czeka dziesi&#281;ciu &#347;wie&#380;ych. O si&#322;&#281; robocz&#261; kapitalista nigdy k&#322;opota&#263; si&#281; nie ma potrzeby, na us&#322;ugi jego stoi zawsze gotowa armia zapasowa robotnik&#243;w szukaj&#261;cych zaj&#281;cia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Armia ta stale si&#281; powi&#281;ksza. Najprz&#243;d dlatego, &#380;e im bardziej rozwija si&#281; gospodarka kapitalistyczna, tym wi&#281;cej ludzi traci niezale&#380;ne utrzymanie i musi szuka&#263; chleba w sprzeda&#380;y swej si&#322;y&lt;br class='autobr' /&gt;
roboczej. Po drugie, &#380;e coraz bardziej wchodz&#261; w u&#380;ycie maszyny, przy kt&#243;rych kobieta i dziecko mog&#261; cz&#281;sto zast&#261;pi&#263; robotnika, przez co czyni&#261; mu konkurencje. Wreszcie za pomoc&#261; udoskonalonych maszyn ta sama ilo&#347;&#263; ludzi mo&#380;e dzi&#347; wytworzy&#263; dziesi&#281;&#263; i sto razy wi&#281;cej ni&#380; dawniej towar&#243;w i wielu robotnik&#243;w traci zajecie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. W ten spos&#243;b w naszym spo&#322;ecze&#324;stwie wszystko si&#281; przyczynia do niedoli robotnika. Maszyna, ten cudowny wynalazek, kt&#243;ry u&#322;atwia prac&#281;, skraca ogromnie czas potrzebny na wytworzenie jakiej&#347; rzeczy i daje mo&#380;no&#347;&#263; robi&#263; to, czego r&#281;czna praca nigdy by nie dokaza&#322;a, maszyna w posiadaniu kapitalisty sta&#322;a si&#281; plag&#261; dla robotnika. Uczyni&#322;a ona jego prac&#281; bezmy&#347;ln&#261;, jednostajn&#261;, mecz&#261;c&#261;, cz&#281;sto za&#347; niebezpieczn&#261;. Wywo&#322;a&#322;a przed&#322;u&#380;enie dnia roboczego i prac&#281; nocn&#261;, bo stoj&#261;ca bez u&#380;ytku maszyna to kapita&#322;, kt&#243;ry nie procentuje, to strata dla fabrykanta. Maszyna obni&#380;y&#322;a p&#322;ac&#281; robocz&#261;, ba uczyni&#322;a po wi&#281;kszej cz&#281;&#347;ci zbyteczna fachowa nauk&#281; i przez u&#322;atwienie pracy zrobi&#322;a kobiet&#281; i dziecko konkurentami robotnika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. W ten spos&#243;b dzi&#281;ki zapasowej armii robotniczej i dzi&#281;ki maszynie kapitalista trzyma w swych r&#281;kach &#347;mier&#263; i &#380;ycie robotnika. Maj&#261;c na&#324; zawsze spos&#243;b przez naj&#281;cie innych do pracy albo przez wprowadzenie maszyny, kapitalista doprowadza sw&#243;j wyzysk do najwy&#380;szego stopnia. Powi&#281;ksza czas roboczy, zmniejsz&#261; p&#322;ac&#281;, zam&#281;cza prac&#261; kobiety i dzieci bez &#380;adnych wzgl&#281;d&#243;w, a czego jeszcze w ten spos&#243;b nie zedrze, to zdziera przez wyp&#322;at&#281; towarami dro&#380;szymi i samowolne nak&#322;adanie kar. Je&#380;eli ch&#281;ciom kapitalist&#243;w &#380;adnych granic si&#281; nie stawia, to wyniszczaj&#261; oni swym wyzyskiem robotnik&#243;w do ostatka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. W Anglii, gdzie najwcze&#347;niej rozwin&#261;&#322; si&#281; wielki przemys&#322;, przed wprowadzeniem prawodawstwa fabrycznego robotnicy w niekt&#243;rych miejscowo&#347;ciach maj&#261;c 40 lat ju&#380; byli niedo&#322;&#281;&#380;nymi starcami, a przeci&#281;tny wiek ich &#380;ycia dosi&#281;ga&#322; zaledwie lat 45, kiedy Anglicy-nierobotnicy umierali przeci&#281;tnie przy 35 latach. Nic to dziwnego, gdy&#380; dzie&#324; roboczy trwa&#322; 14, 16, 18 godzin, a gdzie by&#322;a praca nocna - czasami 30-40 godzin z rz&#281;du ! Zastosowanie maszyn dawa&#322;o mo&#380;no&#347;&#263; wprz&#281;ga&#263; do roboty dzieci i zni&#380;a&#263; p&#322;ac&#281;. Z 420 000 robotnik&#243;w fabrycznych w Anglii w roku 1839 m&#281;&#380;czyzn doros&#322;ych pracowa&#322;o mniej ni&#380; 100 000, czyli nieca&#322;a &#263;wier&#263;. Kobiet za to by&#322;o przesz&#322;o 130 000, czyli przesz&#322;o &#263;wier&#263;, a reszta dzieci, kt&#243;re stanowi&#322;y blisko po&#322;ow&#281; wszystkich robotnik&#243;w. Pomi&#281;dzy tylni pracuj&#261;cymi dzie&#263;mi w fabryce znaleziono raz trzyletnie, a raz nawet dwuletnie male&#324;stwo ! Jak pod&#322;ug legendy ongi kr&#243;l Faraon, tak dzi&#347; kapitalista z niemowl&#261;t krew wyci&#261;ga, tylko zamiast si&#281; w niej k&#261;pa&#263; - przerabia j&#261; na z&#322;oto...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Wyzwoli&#263; si&#281; zupe&#322;nie z niewoli i n&#281;dzy pod panowaniem kapitalizmu jest dla robotnik&#243;w niemo&#380;liwe. Dop&#243;ki &#347;rodki i narz&#281;dzia pracy b&#281;d&#261; si&#281; znajdowa&#322;y w prywatnej w&#322;asno&#347;ci, robotnicy b&#281;d&#261; musieli sprzedawa&#263; sw&#261; si&#322;&#281; robocz&#261; i by&#263; w zale&#380;no&#347;ci, W jarzmie kapitalist&#243;w. Zrzuci&#263; to jarzmo i ten wyzysk zupe&#322;nie robotnicy mog&#261; tylko przez zniesienie ca&#322;ego kapitalistycznego ustroju.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Jednakowo&#380; ju&#380; w tym ustroju, jeszcze we w&#322;adzy kapitalist&#243;w, robotnicy mog&#261; si&#281; dobi&#263; niejakiego polepszenia swego losu. Nie usuwaj&#261;c jeszcze wyzysku mog&#261; go jednak ograniczy&#263; tymczasem drog&#261; prawodawstwa. Robotnicy mog&#261; si&#281; dobi&#263; od rz&#261;du praw, kt&#243;re by ochrania&#322;y ich zdrowie i &#380;ycie przy pracy, tak samo jak s&#261; prawa ochraniaj&#261;ce w&#322;asno&#347;&#263;, bogactwo i zyski kapitalist&#243;w. Prawa te powinny regulowa&#263; stosunki mi&#281;dzy kapitalist&#261; a robotnikiem i pilnowa&#263;, aby kapitalista nie m&#243;g&#322; zbytnio wyzyskiwa&#263; swej przewagi&lt;br class='autobr' /&gt;
ekonomicznej nad robotnikiem, aby korzystaj&#261;c z n&#281;dzy jego nie niszczy&#322; mu zdrowia i &#380;ycia. - Ochronne prawodawstwo robotnicze to zebranie takich wszystkich praw reguluj&#261;cych stosunki mi&#281;dzy kapitalist&#261; a robotnikiem. Obejmowa&#263; ono powinno mas&#281; r&#243;&#380;nych przedmiot&#243;w.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Przede wszystkim uregulowany by&#263; musi czas roboczy : d&#322;ugo&#347;&#263; dnia pracy, jego pocz&#261;tek i koniec, przerwy na sen, jedzenie i spoczynek oraz praca nocna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Dalej wyp&#322;ata , jej terminy i forma oraz kary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Nast&#281;pnie wchodzi&#263; tu powinien ca&#322;y szereg praw reguluj&#261;cych urz&#261;dzenie fabryk i warsztat&#243;w ze wzgl&#281;du na zdrowie robotnik&#243;w (ilo&#347;&#263; &#347;wiat&#322;a, powietrza, ciep&#322;a, przestrzeni, ust&#281;py, &#322;azienki itd.), kontrola najbardziej niebezpiecznych dla zdrowia i &#380;ycia sposob&#243;w produkcji, niezb&#281;dne &#347;rodki ostro&#380;no&#347;ci, odpowiedzialno&#347;&#263; kapitalisty w razie nieszcz&#281;&#347;liwych wypadk&#243;w, zapobie&#380;enie niebezpiecze&#324;stwu od maszyn i kot&#322;&#243;w parowych.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Pr&#243;cz tego osobne prawa powinny okre&#347;la&#263; rodzaj i czas pracy kobiet , tak samo jak wiek dzieci, od kt&#243;rego wolno je do pracy u&#380;ywa&#263;, dzie&#324; roboczy dla dzieci i ma&#322;oletnich, rodzaj ich zaj&#281;&#263; oraz czas zaj&#281;&#263; szkolnych.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Wreszcie do prawodawstwa nale&#380;y urz&#261;dzenie p o m o c y 1 e k a r s k i e j dla robotnik&#243;w, ubezpieczenie na staro&#347;&#263; i W razie kalectwa oraz kasy pomocy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Oto s&#261; g&#322;&#243;wne &#347;rodki, kt&#243;re robotnicy przedsi&#281;wzi&#261;&#263; powinni, aby si&#281; cho&#263; jako tako przed wyzyskiem ochroni&#263;, aby nie zgin&#261;&#263; marnie w ucisku tego potwora-kapita&#322;u. Robotnicy we wszystkich krajach walcz&#261; te&#380; o prawodawstwo ochronne i niema&#322;o ju&#380; zdobyli, cho&#263; nie wsz&#281;dzie to samo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Pierwszymi na tym polu byli robotnicy angielscy. Kapitalizm najwcze&#347;niej rozwin&#261;&#322; si&#281; w Anglii i tam tez teraz wykaza&#322; najstraszniejsze skutki wyzysku. Robotnicy doprowadzeni do rozpaczy zacz&#281;li walczy&#263;. Urz&#261;dzaj&#261;c z pocz&#261;tku oddzielne bunty i strajki, zorganizowali si&#281; potem w zwi&#261;zki fachowe i w wielk&#261; parti&#281; polityczn&#261; i za&#380;&#261;dali praw ochronnych przeciw wyzyskowi, nie zadowalaj&#261;c si&#281; kilku ma&#322;ymi prawami, kt&#243;re im ju&#380; dano ze strachu wobec ich okropnego zwyrodnienia fizycznego. Dzi&#281;ki swobodzie politycznej mogli wyra&#380;a&#263; swe &#380;&#261;dania na zebraniach publicznych i w druku, urz&#261;dza&#263; demonstracje, posy&#322;a&#263; do rz&#261;du petycje i wywiera&#263; wp&#322;yw na cz&#322;onk&#243;w sejmu. D&#322;ugo walczyli angielscy robotnicy i zdobywali ust&#281;pstwa krok za krokiem. Po zdobyciu przez nich ka&#380;dego prawa kapitali&#347;ci starali si&#281; obej&#347;&#263; je chytrze. Zniecierpliwieni robotnicy zamierzali dobi&#263; si&#281; swego cho&#263;by si&#322;&#261;. Koniec ko&#324;c&#243;w kapitali&#347;ci ul&#281;kli si&#281; i ust&#261;pili. Od 50 lat w Anglii istnieje obszerne prawodawstwo dla robotnik&#243;w, kt&#243;re wykonywane bywa &#347;ci&#347;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Za przyk&#322;adem Anglii we wszystkich krajach, gdzie kapitalizm si&#281; rozwin&#261;&#322;, rz&#261;dy wprowadzi&#322;y prawa tego rodzaju - po cz&#281;&#347;ci pod wp&#322;ywem ruchu robotniczego, po cz&#281;&#347;ci z obawy, aby ruch ten nie rozwin&#261;&#322; si&#281; bardziej. Czy te prawa s&#261; wystarczaj&#261;ce i dogodne dla robotnik&#243;w, to zale&#380;y w ka&#380;dym kraju od tego, o ile robotnicy s&#261; ju&#380; w nim u&#347;wiadomieni i zorganizowani i o ile warunki polityczne pozwalaj&#261; im wp&#322;ywa&#263; na rz&#261;d. W &#380;adnym jednak kraju, nawet W Anglii, prawodawstwo nie zadowala jeszcze robotnik&#243;w. Wsz&#281;dzie d&#261;&#380;&#261; oni do rozszerzenia go. Jak we wszystkich innych sprawach, tak i w tym d&#261;&#380;eniu interesy wszystkich robotnik&#243;w &#347;wiata s&#261; solidarne. Wsz&#281;dzie &#380;&#261;daj&#261; oni jednakowych praw ochronnych i przy tym dobi&#263; si&#281; najg&#322;&#243;wniejszych mog&#261; tylko wsp&#243;lnymi usi&#322;owaniami. Dlatego w ostatnich czasach walka o prawodawstwo dla robotnik&#243;w sta&#322;a si&#281; mi&#281;dzynarodow&#261;. Co dwa lata przedstawiciele zorganizowanych robotnik&#243;w ca&#322;ego &#347;wiata zje&#380;d&#380;aj&#261; si&#281;, aby obmy&#347;li&#263; razem po&#322;o&#380;enie sprawy robotniczej i wsp&#243;lny plan dzia&#322;ania, i na tych zjazdach najwi&#281;cej uwagi po&#347;wi&#281;caj&#261; walce o prawodawstwo robotnicze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. My, polscy robotnicy, posiadamy wraz z rosyjskimi najmarniejsze prawa i musimy si&#281; dobija&#263; takich, kt&#243;re w innych krajach dawno s&#261; W u&#380;yciu. Nasze &#8222;prawodawstwo fabryczne&#8221; rz&#261;d wyda&#322;&lt;br class='autobr' /&gt;
nie tyle dla ochrony robotnik&#243;w przed wyzyskiem, ile dla ochrony siebie przed robotnikami . Rozbiorem szczeg&#243;&#322;owym naszego prawodawstwa zajmiemy si&#281; w nast&#281;pnych numerach, gdzie r&#243;wnie&#380; wyka&#380;emy, jakie powinno by&#263; prawodawstwo, aby prawdziwie&lt;br class='autobr' /&gt;
zabezpiecza&#322;o si&#322;y, zdrowie i &#380;ycie robotnik&#243;w.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Dobi&#263; si&#281; za&#347; takich praw musimy, gdy&#380; bez nale&#380;ytego prawodawstwa ochronnego oddani jeste&#347;my na zatracenie kapitalistom, na zwyrodnienie fizyczne i na ciemnot&#281;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Il n'y a rien dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui qui soit aussi d&#233;pendant des autres que le travailleur, l'ermite &#171; libre &#187; ! Certes, il dispose d'une totale libert&#233; d'autod&#233;termination, il peut vivre - s'il a de l'argent pour vivre -, il peut mourir - si la faim et la mis&#232;re s'emparent de lui. Mais c'est l&#224; toute sa libert&#233;. Or, le fait que tout homme doive avant tout gagner sa vie est la raison pour laquelle le prol&#233;taire, dans le syst&#232;me actuel, est compl&#232;tement asservi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Pour manger, pour se v&#234;tir, pour abriter sa t&#234;te sous un toit, il faut avoir en sa possession tous les objets n&#233;cessaires. A notre &#233;poque, les mains humaines en masse produisent le plus parfaitement de tels objets. Mais le travailleur, le prol&#233;taire, ne les poss&#232;de pas. L'ouvrier ne poss&#232;de rien d'autre que sa propre personne, rien d'autre qu'une paire de mains ouvri&#232;res. Il ne lui reste donc, pour avoir de quoi vivre, qu'&#224; servir les autres pour vivre, &#224; se louer &#224; ceux qui ont les moyens et les outils de travail, &#224; se louer au capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. S'il parvient &#224; trouver un emploi, il est pauvre ; au moins, il peut vivre de son dur labeur. Mais s'il ne trouve pas de travail, malheur &#224; lui ! Il ne lui reste alors qu'une chose &#224; faire : mourir de faim ! En cela seulement, il est vraiment et compl&#232;tement libre - personne ne peut l'emp&#234;cher de mourir. Mais tant qu'il vit, il est compl&#232;tement d&#233;pendant du capitaliste ; pour le reste de sa vie, le travailleur &#171; libre &#187; est l'esclave de son &#171; employeur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Quel sort cette d&#233;pendance totale &#224; l'&#233;gard du capital a-t-elle r&#233;serv&#233; aux travailleurs ? Le capitaliste n'a ni conscience ni piti&#233; pour ses mains ouvri&#232;res. Pour lui, le travailleur est une partie du capital, une partie de l'argent mis dans l'entreprise, une marchandise achet&#233;e - la force de travail. Cette marchandise, le capitaliste cherche avant tout &#224; l'acqu&#233;rir le moins cher possible, en donnant au travailleur un salaire aussi bas que possible. Plus le salaire du travailleur est bas, plus le profit du capitaliste est important. En outre, il s'efforce de consommer cette marchandise aussi favorablement que possible, il veille &#224; ne pas perdre pas la moindre miett de la force de travail achet&#233;e. C'est pourquoi il oblige l'ouvrier &#224; travailler le plus longtemps possible et avec le plus grand effort, et &#224; se reposer le moins possible. Que l'ouvrier ait &#224; peine du pain et de l'eau pour son salaire, qu'il meure lentement de faim, qu'il ne connaisse ni le sommeil ni le repos, qu'il tombe de fatigue et d'&#233;puisement, qu'il tombe malade et meure pr&#233;matur&#233;ment de surmenage - le capitaliste n'est pas concern&#233;. Tout ce qui compte pour le capitaliste, c'est que le travailleur survive pendant la p&#233;riode pour laquelle il est embauch&#233;, afin qu'il n'ait la force de travailler que pour le jour, la semaine ou le mois pour lequel il a &#233;t&#233; embauch&#233;. Et si, par la suite il n'est plus apte au travail, hors de l'usine ! Pour chaque travailleur &#171; us&#233; &#187;, il y en a dix nouveaux qui attendent de prendre sa place. Le capitaliste n'a jamais &#224; se soucier de la main-d'&#339;uvre, il y a toujours une arm&#233;e de r&#233;serve de travailleurs qui cherchent du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cette arm&#233;e ne cesse de cro&#238;tre. Tout d'abord, parce que plus l'&#233;conomie capitaliste se d&#233;veloppe, plus les gens perdent leurs moyens de subsistance ind&#233;pendants et doivent chercher du pain en vendant leur force de travail. Ensuite, parce que de plus en plus de machines sont utilis&#233;es et que les femmes et les enfants peuvent souvent remplacer les ouvriers, ce qui les rend comp&#233;titifs. Enfin, gr&#226;ce &#224; l'am&#233;lioration des machines, le m&#234;me nombre de personnes peut d&#233;sormais produire dix &#224; cent fois plus de biens qu'auparavant et de nombreux travailleurs perdent leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Ainsi, tout dans notre soci&#233;t&#233; contribue &#224; la mis&#232;re du travailleur. La machine, cette merveilleuse invention qui facilite le travail, raccourcit &#233;norm&#233;ment le temps n&#233;cessaire &#224; la production d'une chose et donne la possibilit&#233; de faire ce que le travail manuel ne pourrait jamais faire, la machine en possession du capitaliste est devenue un fl&#233;au pour le travailleur. Elle a rendu son travail abrutissant, monotone, fatigant et souvent dangereux. Elle a provoqu&#233; un allongement de la journ&#233;e de travail et du travail de nuit, car une machine inactive est un capital qui ne rapporte pas, une perte pour le propri&#233;taire de l'usine. La machine a abaiss&#233; le salaire du travailleur, elle a m&#234;me rendu la qualification professionnelle largement superflue et, en facilitant le travail, elle a fait des femmes et des enfants les concurrents de l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ainsi, gr&#226;ce &#224; l'arm&#233;e de r&#233;serve des travailleurs et gr&#226;ce &#224; la machine, le capitaliste tient entre ses mains la mort et la vie de l'ouvrier. Ayant toujours un moyen d'agir sur lui, soit en recrutant d'autres travailleurs, soit en introduisant des machines, le capitaliste porte son exploitation au plus haut degr&#233;. Il augmente le temps de travail, diminue les salaires, fait travailler les femmes et les enfants sans aucune consid&#233;ration, et ce qu'il n'arrache pas de cette fa&#231;on, il l'arrache en vendant ses marchandises plus ch&#232;res et en imposant arbitrairement des p&#233;nalit&#233;s. Si aucune limite n'est impos&#233;e &#224; la volont&#233; des capitalistes, ils d&#233;truisent les travailleurs jusqu'au bout par leur exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. En Angleterre, o&#249; la grande industrie s'est d&#233;velopp&#233;e le plus t&#244;t, avant l'introduction de la l&#233;gislation sur les usines, les ouvriers de certaines localit&#233;s &#233;taient d&#233;j&#224; des vieillards infirmes &#224; 40 ans, et l'&#226;ge moyen de leur vie n'atteignait que 45 ans, alors que les non-ouvriers anglais mouraient en moyenne &#224; 35 (?) ans.&lt;br class='autobr' /&gt; Cela n'est pas surprenant, car la journ&#233;e de travail durait 14, 16, 18 heures, et lorsqu'il y avait du travail de nuit, parfois 30 &#224; 40 heures d'affil&#233;e ! L'utilisation de machines permet de faire travailler les enfants et de r&#233;duire les salaires. Sur les 420 000 ouvriers que comptait l'Angleterre en 1839, moins de 100 000 hommes, soit moins d'un quart, travaillaient en tant qu'adultes. Les femmes, en revanche, sont plus de 130 000, soit plus d'un quart, et les autres des enfants, qui repr&#233;sentent pr&#232;s de la moiti&#233; des travailleurs. Parmi les enfants qui travaillaient &#224; l'arri&#232;re de l'usine, on a trouv&#233; une fois un b&#233;b&#233; de trois ans et une fois m&#234;me un b&#233;b&#233; de deux ans ! Selon la l&#233;gende, le roi Pharaon d'autrefois, aujourd'hui le capitaliste extrait le sang des b&#233;b&#233;s, mais au lieu de s'y baigner, il le transforme en or.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Se lib&#233;rer compl&#232;tement de l'esclavage et de la mis&#232;re sous le capitalisme est impossible pour les travailleurs. Tant que les moyens et les outils de travail seront propri&#233;t&#233; priv&#233;e, les travailleurs devront vendre leur force de travail et &#234;tre dans la d&#233;pendance, sous le joug des capitalistes. Pour se lib&#233;rer compl&#232;tement de ce joug et de cette exploitation, les travailleurs ne peuvent le faire qu'en abolissant l'ensemble du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cependant, dans ce syst&#232;me, toujours sous la domination capitaliste, les travailleurs peuvent d&#233;j&#224; obtenir une am&#233;lioration de leur sort. Si l'exploitation n'a pas encore &#233;t&#233; supprim&#233;e, ils peuvent entre-temps la limiter par le biais de la l&#233;gislation. Les travailleurs peuvent demander au gouvernement des lois pour prot&#233;ger leur sant&#233; et leur vie au travail, tout comme il existe des lois pour prot&#233;ger la propri&#233;t&#233;, la richesse et les profits des capitalistes. Ces lois devraient r&#233;glementer les relations entre le capitaliste et le travailleur et emp&#234;cher le capitaliste de surexploiter son avantage &#233;conomique sur le travailleur, afin qu'en profitant de sa mis&#232;re, il ne d&#233;truise pas sa sant&#233; et sa vie. - La l&#233;gislation protectrice des travailleurs est la compilation de toutes les lois r&#233;gissant les relations entre le capitaliste et le travailleur. Elle doit couvrir un grand nombre de sujets diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Avant tout, le temps de travail doit &#234;tre r&#233;glement&#233; : la dur&#233;e de la journ&#233;e de travail, son d&#233;but et sa fin, les pauses pour dormir, manger et se reposer, et le travail de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Ensuite, il y a le paiement, son moment et sa forme, et les p&#233;nalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Il faudrait ensuite toute une s&#233;rie de lois r&#233;glementant l'am&#233;nagement des usines et des ateliers pour la sant&#233; des travailleurs (quantit&#233; de lumi&#232;re, d'air, de chaleur, d'espace, de toilettes, de salles de bains, etc.), le contr&#244;le des modes de production les plus dangereux pour la sant&#233; et la vie, les pr&#233;cautions n&#233;cessaires, la responsabilit&#233; du capitaliste en cas d'accident, la pr&#233;vention des dangers li&#233;s aux machines et aux chaudi&#232;res &#224; vapeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. En outre, des lois distinctes devraient d&#233;terminer le type et la dur&#233;e du travail des femmes, ainsi que l'&#226;ge des enfants &#224; partir duquel ils peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour le travail, la journ&#233;e de travail des enfants et des mineurs, le type de leurs activit&#233;s et les horaires scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Enfin, la l&#233;gislation devrait pr&#233;voir la mise en place d'un r&#233;gime de protection sociale pour les travailleurs, d'une assurance vieillesse et invalidit&#233; et de fonds d'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Telles sont les principales mesures que les travailleurs doivent prendre pour se prot&#233;ger au moins autant que possible de l'exploitation, afin de ne pas p&#233;rir sous l'oppression de ce monstre qu'est le capital. Les travailleurs de tous les pays luttent &#233;galement pour une l&#233;gislation protectrice et ont d&#233;j&#224; obtenu de nombreux r&#233;sultats, m&#234;me si ce n'est pas le cas partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Les travailleurs anglais ont &#233;t&#233; les premiers dans ce domaine. C'est en Angleterre que le capitalisme s'est d&#233;velopp&#233; le plus t&#244;t et c'est l&#224; qu'il a montr&#233; les effets les plus terribles de l'exploitation. Pouss&#233;s au d&#233;sespoir, les travailleurs ont commenc&#233; &#224; lutter. Organisant d'abord des r&#233;voltes et des gr&#232;ves s&#233;par&#233;es, ils s'organis&#232;rent ensuite en syndicats et en un grand parti politique et exig&#232;rent des lois protectrices contre l'exploitation, ne se contentant pas des quelques petits droits qui leur &#233;taient d&#233;j&#224; accord&#233;s par crainte de leur terrible d&#233;g&#233;n&#233;rescence physique. La libert&#233; politique leur a permis d'exprimer leurs revendications dans des r&#233;unions publiques et dans la presse, d'organiser des manifestations, d'envoyer des p&#233;titions au gouvernement, et d'influencer les membres du parlement. Pendant longtemps, les travailleurs anglais se sont battus et ont obtenu des concessions petit &#224; petit. Une fois qu'ils ont obtenu tous les droits, les capitalistes tentent de les contourner en catimini. Les travailleurs impatients ont l'intention d'obtenir ce qu'ils veulent, ne serait-ce que par la force. Finalement, les capitalistes ont c&#233;d&#233;. Depuis 50 ans, il existe en Angleterre une vaste l&#233;gislation en faveur des travailleurs, qui est strictement appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Suivant l'exemple de l'Angleterre, dans tous les pays o&#249; le capitalisme s'est d&#233;velopp&#233;, les gouvernements ont introduit des lois de ce type, en partie sous l'influence du mouvement ouvrier, en partie par crainte que le mouvement ne se d&#233;veloppe davantage. La question de savoir si ces lois sont suffisantes et pratiques pour les travailleurs d&#233;pend dans chaque pays de la mesure dans laquelle les travailleurs sont d&#233;j&#224; conscients et organis&#233;s, et de la mesure dans laquelle les conditions politiques leur permettent d'influencer le gouvernement. Cependant, dans aucun pays, pas m&#234;me en Angleterre, la l&#233;gislation ne satisfait encore les travailleurs. Partout, ils s'efforcent de l'&#233;tendre. Comme dans tous les autres domaines, les int&#233;r&#234;ts de tous les travailleurs du monde sont solidaires dans cette entreprise. Ils r&#233;clament partout les m&#234;mes lois protectrices et ne peuvent obtenir les plus importantes qu'en unissant leurs efforts. C'est pourquoi la lutte pour la l&#233;gislation des travailleurs est devenue internationale ces derniers temps. Tous les deux ans, les repr&#233;sentants des travailleurs organis&#233;s du monde entier se r&#233;unissent pour discuter de la position de la cause des travailleurs et d'un plan d'action commun, et lors de ces r&#233;unions, ils consacrent la plus grande partie de leur attention &#224; la lutte pour la l&#233;gislation sur les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Nous, les travailleurs polonais, avons, avec les travailleurs russes, les droits les plus maigres et nous devons nous battre pour ces droits qui, dans d'autres pays, sont utilis&#233;s depuis longtemps. Notre &#171; l&#233;gislation sur les usines &#187; a &#233;t&#233; promulgu&#233;e par le gouvernement pas tant pour prot&#233;ger les travailleurs de l'exploitation que pour se prot&#233;ger des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous aborderons l'analyse d&#233;taill&#233;e de notre l&#233;gislation dans les prochains num&#233;ros, o&#249; nous montrerons &#233;galement ce que devrait &#234;tre une l&#233;gislation pour v&#233;ritablement&lt;br class='autobr' /&gt;
prot&#233;ger la force, la sant&#233; et la vie des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Mais nous devons nous battre pour de telles lois, car sans une l&#233;gislation protectrice appropri&#233;e, nous sommes livr&#233;s aux capitalistes, &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence physique et &#224; l'ignorance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La premi&#232;re lettre de R. Luxemburg &#224; L. Jogiches : (avant le 18 mars 1893) </title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9120</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article9120</guid>
		<dc:date>2025-01-19T23:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est publi&#233; en libre acc&#232;s, sauf erreur de notre part, pour la premi&#232;re fois en version originale (polonais), et traduit en fran&#231;ais. Il provient d'une revue publi&#233;e en Russie par des marxistes (officiels) polonais dans les ann&#233;es 30, peu avant l'extermination du PC polonais par Staline. &lt;br class='autobr' /&gt; Or toutes les traductions des lettres de Luxemburg semblent se baser sur un ouvrage de F. Tych publi&#233; en Pologne dans les ann&#233;es 60, qui omet cette lettre, pour des raisons que nous ignorons. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique179" rel="directory"&gt;28- artyku&#322;y w j&#281;zyku polskim - ARTICLES EN POLONAIS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est publi&#233; en libre acc&#232;s, sauf erreur de notre part, pour la premi&#232;re fois en version originale (polonais), et traduit en fran&#231;ais. Il provient d'une revue publi&#233;e en Russie par des marxistes (officiels) polonais dans les ann&#233;es 30, peu avant l'extermination du PC polonais par Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or toutes les traductions des lettres de Luxemburg semblent se baser sur un ouvrage de F. Tych publi&#233; en Pologne dans les ann&#233;es 60, qui omet cette lettre, pour des raisons que nous ignorons. Le fait que Warski, ouvrier camarade de toute une vie pour Rosa Luxemburg, ex&#233;cut&#233; en 1937 par Staline, apparait sur la premi&#232;re ligne (non censur&#233;e) de la premi&#232;re lettre de Rosa Luxemburg ci-dessous est-il une explication ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute rectification concernant le pr&#233;sent article sera la bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lettres de R. Luxemburg &#224; L. Jogiches sont pour beaucoup bien connues, certaines ayant &#233;t&#233; traduites en fran&#231;ais dans la &lt;i&gt;Collection femmes&lt;/i&gt; chez Deno&#235;l Gonthier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la premi&#232;re lettre traduite dans ce livre pr&#233;cise, page 65,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[Sans date. D'apr&#232;s la teneur : Paris, 24 mars 1884 Dimanche, 3 heures 1/2]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg, qui venait, en 1884, de f&#234;ter ses 13 ans (n&#233;e le 5 mars 1871), aurait donc d&#233;j&#224; &#233;t&#233; la ma&#238;tresse de L. Jogiches, &#224; qui elle &#233;crivait des lettres politiques ? Quelle g&#233;nie pr&#233;coce ! Mais rassurons les associations de protection de l'Enfance, Rosa Luxemburg &#233;tait en 1884 une &#233;l&#232;ve s&#233;rieuse du Lyc&#233;e num&#233;ro 2 de Varsovie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut sans doute lire &lt;i&gt;Paris, 24 mars 1894 &lt;/i&gt;, ou plus exactement : dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 mars 1894 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un site qui est une r&#233;f&#233;rence pour la publication des oeuvres de R. Luxemburg en libre acc&#232;s, sont mentionn&#233;es des lettres ant&#233;rieures, de mars 1893 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Concernant la correspondance, dans le tome 1, paru chez le m&#234;me &#233;diteur [Dietz Verlag et qui reste toujours la source la plus compl&#232;te de documentation], on trouve cinq lettres, adress&#233;es &#224; Leo Jogiches :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De Clarens, le dimanche 19 mars 1893, P 7&lt;br class='autobr' /&gt;
De Clarens, le lundi 20 mars 1893, P 7 - 8&lt;br class='autobr' /&gt;
De Gen&#232;ve, le jeudi 23 mars 1893, P 9&lt;br class='autobr' /&gt;
De Clarens, le 14 avril 1893, P 9 - 10&lt;br class='autobr' /&gt;
De Clarens, le samedi soir du 15 avril 1893, P 10- 13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-rosa-luxemburg-l-annee-1893-cinq-lettres-a-leo-jogiches-80688521.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour comprendre avec Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le lieu d'o&#249; R. Luxemburg &#233;crivit, en 1893, ses premi&#232;res lettres &#224; L. Jogiches, est donc clairement identifi&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais celle que nous publions pr&#233;c&#232;de ces cinq lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous donnons la version originale en polonais, puis la traduction avec les notes de l'&#233;diteur, que nous compl&#233;tons par quelques remarques pr&#233;c&#233;d&#233;es de la metion [M&amp;R].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;br class='autobr' /&gt;
[Wie&#347; pod Clarens (1) . Przed 18. III r. ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Wczoraj napisa&#322;am i Mitkowi (2) i Adolfowi (3) listy (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) czu&#322;am si&#281; bardzo os&#322;abion&#261;, tak &#380;e pisa&#263; ani uczy&#263; si&#281; nie mog&#322;am wcale. Potrafi&#322;am tylko &lt;i&gt;zustande bringen&lt;/i&gt; (4) owe 2 listy (wprawdzie obszerne), nast&#281;pnie przeczyta&#263; wszystkie gazety, potem 3 godziny czyta&#322;am Mi&#281;dzynarod&#243;wk&#281; (5) (sko&#324;czywszy Zasulicz wzi&#281;&#322;am Meyera) (6) . To ostatnie nie mnie bardo zaj&#281;&#322;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Jak zobaczy&#263; z za&#322;&#261;czonego Peupla (7), izba w Belgii odrzuci&#322;a powszechne g&#322;osowanie (8) i zacz&#281;&#322;a si&#281; og&#243;lna grewa. (9) Czytaj teraz uwa&#380;nie &#8212; b&#281;d&#281; Ci co dzie&#324; posy&#322;a&#263;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Clarens &#8212; miasteczko,nad jeziorem genewskim w Szwajcarii.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Mieczys&#322;aw Hartman &#8212; student politechniki , &#347;ci&#347;le zwi&#261;zany z pierwsza zagraniczna grupa socjaldemokrat&#243;w polskich, jeden z najbli&#380;szych przyjaci&#243;&#322; R&#243;&#380;y L., wystrza&#322;em z rewolweru odebra&#322; sobie &#380;ycie w Zurichu 13 czerwca 1893 r. , maj&#261;c zaledwie 24 lata.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Adolf Warski&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Zustande bringen &#8212; po niemiecku znaczy : wykona&#263;&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Wiera Zasulicz : &#171; Oczerki istorji,mie&#380;unarodnowo obszczestwa raboczich &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) R. Meyer : &#171; Der Emanzipationskampf des vierten Standes &#187;. Berllin, 1882, Verlag von Hermann Bahr. &lt;br class='autobr' /&gt;
(7) &#171; Peuple &#187; &#8212; (&#171; Ludu &#187;), organ centralny belgijskiej partji socjalistycznej, wychodzi dotychczas&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) W r. 1879 powsta&#322;a &#171; belgijska partia socjalistyczna &#187;, kt&#243;ra rozpocz&#281;&#322;a walk&#281; o powszechne prawo g&#322;osowania, co oznacza&#322;o tryumf marksizmu nad prudonizmem&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) Grewa &#8212; po francusku znaczy : strajk&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'un village pr&#232;s de Clarens (1) . Avant 18 III 1893&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, j'ai &#233;crit des lettres &#224; Mitek (2) et &#224; Adolf (3) (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) je me sentais tr&#232;s faible, de sorte que je ne pouvais ni &#233;crire ni &#233;tudier. Je n'ai pu que &lt;i&gt;zustande bringen&lt;/i&gt; (4) ces 2 lettres (certes volumineuses), puis lire tous les journaux, puis lire l'Internationale (5) pendant 3 heures (ayant fini Zassoulitch, j'ai pris Meyer) (6) . Ce dernier ne m'a pas pris beaucoup de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Comme vous pouvez le voir sur &lt;i&gt;Le Peuple&lt;/i&gt; ci-joint (7), la chambre en Belgique a rejet&#233; le suffrage universel (8) et la &lt;i&gt;grewa&lt;/i&gt; g&#233;n&#233;rale a commenc&#233;. (9) Lis maintenant attentivement &#8212; je t'enverrai chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Clarens &#8212; ville situ&#233;e sur le lac L&#233;man en Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Mieczys&#322;aw Hartman, &#233;tudiant &#224; l'&#201;cole polytechnique (de Zurich) , &#233;troitement associ&#233; au premier groupe &#233;tranger de sociaux-d&#233;mocrates polonais, l'un des amis les plus proches de Rosa L., se donne la mort &#224; Zurich le 13 juin 1893 d'un coup de revolver. Il n'avait que 24 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[M&amp;R] : voir, seulement quatre mois apr&#232;s cette lettre, en juillet 1893, la &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7950&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#233;crologie de Mieczys&#322;aw Hartman&lt;/a&gt; dans le num&#233;ro 1 de &lt;i&gt;Sprawa Robotnicza&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Adolf Warski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[M&amp;R] : n&#233; en 1868 &#224; Varsovie, mort en Russie en 1937, assassin&#233; par Staline. Il fut r&#233;habilit&#233; apr&#232;s-guerre en Pologne, mais on voit sur la couverture de ce livre que le lieu de sa mort restait pr&#233;tendument &#034;inconnu&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky le d&#233;crit ainsi dans &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv44.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ma Vie&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Des &#233;v&#233;nements non moins notables avaient lieu, &#224; la m&#234;me &#233;poque, en Pologne. La petite bourgeoisie, cherchant avec effarement une issue, s'&#233;tait engag&#233;e dans la voie de l'insurrection et avait &#233;lev&#233; sur le pavois Pilsudski. Le leader du parti communiste, Warski, d&#233;cida que, sous ses yeux, se d&#233;veloppait &#171; la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et des paysans &#187;, et il appela le parti communiste &#224; l'aide de Pilsudski. Je connaissais Warski depuis longtemps. Du vivant de Rosa Luxembourg, il pouvait encore occuper sa place dans les rangs de la r&#233;volution. Par lui-m&#234;me, il n'avait jamais &#233;t&#233; qu'une place vide. En 1924, Warski, apr&#232;s de grandes h&#233;sitations, d&#233;clara qu'il avait enfin compris combien le &#171; trotskysme &#187; &#233;tait nuisible, comme sous-estimant la classe paysanne dans l'affaire de la dictature d&#233;mocratique. Comme r&#233;compense pour sa docilit&#233;, il obtint le r&#244;le de leader et il attendait avec impatience l'occasion d'&#233;trenner les galons qu'il avait re&#231;us si tard. En mai 1926, Warski ne manqua pas de profiter d'une occasion si exceptionnelle pour se fl&#233;trir lui-m&#234;me et souiller le drapeau du parti. Bien entendu, il n'en fut pas ch&#226;ti&#233; : l'appareil de Staline le prot&#233;gea contre l'indignation des ouvriers polonais.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Trotsky connaissait en effet Warski au moins depuis le 2&#232;me congr&#232;s du POSDR en 1903, car Warski y &#233;tait d&#233;l&#233;gu&#233; de la SDKPiL, en contact quotidien &#233;troit avec R. Luxemburg. Voir cette &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8003&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;p&#234;che&lt;/a&gt;, cette &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1903/08/warski.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre&lt;/a&gt;, qui montrent que Staline pourra facilement, 30 ans plus tard, rappeler que Warski s'&#233;tait oppos&#233; aux bolch&#233;viks lors de ce congr&#232;s fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) en allemand, signifie : ex&#233;cuter&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) &lt;a href=&#034;http://az.lib.ru/z/zasulich_w_i/text_1889_ocherk_istorii.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#1054;&#1095;&#1077;&#1088;&#1082; &#1080;&#1089;&#1090;&#1086;&#1088;&#1080;&#1080; &#1084;&#1077;&#1078;&#1076;&#1091;&#1085;&#1072;&#1088;&#1086;&#1076;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1086;&#1073;&#1097;&#1077;&#1089;&#1090;&#1074;&#1072; &#1088;&#1072;&#1073;&#1086;&#1095;&#1080;&#1093;&lt;/a&gt; (Esquisse de l'histoire de l'Association internationale des travailleurs) par V&#233;ra Zassoulitch&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) R. Meyer : &#171; La lutte pour l'&#233;mancipation du quatri&#232;me &#233;tat &#187;. Berllin, 1882, maison d'&#233;dition de Hermann Bahr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) &#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Peuple_(Belgique)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Peuple&lt;/a&gt; &#187; organe central du parti socialiste belge, publi&#233; jusqu'&#224; nos jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) En 1879, le &#171; Parti socialiste belge &#187; est fond&#233; et entame la lutte pour le suffrage universel, cequi marque le triomphe du marxisme sur le proudhonisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) grewa - en fran&#231;ais : la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
[M&amp;R] : Rosa Luxemburg retranscrit phon&#233;tiquement le mot fran&#231;ais gr&#232;ve, ce qui donne &lt;i&gt;grew&lt;/i&gt;, puis lui ajoute le suffixe f&#233;minin -a, forgeant ainsi le mot polonais &lt;i&gt;grewa&lt;/i&gt;, la gr&#232;ve. Les Polonais assimilent facilement des mots &#233;trangers, les modifiant avec les divers suffixes des d&#233;clinaisons .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lire encore sur l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht </title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8424</link>
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		<dc:date>2025-01-12T23:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire encore sur l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et sur l'assassinat de la r&#233;volution prol&#233;tarienne par l'alliance de la social-d&#233;mocratie et du fascisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Levi &lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#233;moire de R. Luxemburg &lt;br class='autobr' /&gt;
13 juin 1919 &lt;br class='autobr' /&gt;
Discours de P. Levi en m&#233;moire de R. Luxemburg Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg &#233;tait tu&#233;e &#224; Berlin par les corps francs, dans le cadre de la r&#233;pression du soul&#232;vement spartakiste. Son assassinat avait re&#231;u l'accord tacite du gouvernement social-d&#233;mocrate de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Allemagne Deutschland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore sur l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et sur l'assassinat de la r&#233;volution prol&#233;tarienne par l'alliance de la social-d&#233;mocratie et du fascisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Paul Levi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#233;moire de R. Luxemburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours de P. Levi en m&#233;moire de R. Luxemburg&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg &#233;tait tu&#233;e &#224; Berlin par les corps francs, dans le cadre de la r&#233;pression du soul&#232;vement spartakiste. Son assassinat avait re&#231;u l'accord tacite du gouvernement social-d&#233;mocrate de Friedrich Ebert (pr&#233;sident de la r&#233;publique de Weimar), de Philipp Scheidemann (chancelier) et de Gustav Noske (ministre de la Guerre). Ce discours a &#233;t&#233; prononc&#233; lors de son enterrement, le 13 juin 1919, par Paul Levi, qui avait &#233;t&#233; son avocat lorsqu'elle &#233;tait poursuivie pour &#8220;propagande antimilitariste&#8221; en 1914, son amant et avait milit&#233; avec elle au sein de la Ligue spartakiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte de Paul Levi rend &#233;galement hommage &#224; Karl Liebknecht qui a dirig&#233; la Ligue spartakiste avec Rosa Luxemburg et a &#233;t&#233; tu&#233; en m&#234;me temps qu'elle ; &#224; Leo Jogiches, qui avait fond&#233; avec elle en Pologne un parti socialiste non nationaliste, puis contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation de la Ligue spartakiste, et a &#233;t&#233; assassin&#233; en prison le 10 mars 1919 ; et &#224; Eugen Levin&#233;, dirigeant de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re (qui tenait notamment la ville de Munich en avril 1919 avant d'&#234;tre r&#233;prim&#233;e d'une mani&#232;re sanglante) qui est ex&#233;cut&#233; le 5 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;res camarades, chers camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq mois, voici que nous enterrons ce qui, de Rosa Luxemburg, doit &#234;tre enterr&#233;. Depuis cinq mois, son corps erre, dans la mort encore ha&#239;, dans la mort encore profan&#233;, dans la mort encore maudit par ceux qui l'ont assassin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce corps mort se l&#232;ve, et avec lui s'&#233;l&#232;ve une mal&#233;diction, une triple mal&#233;diction pour les coupables. Cette mal&#233;diction ne porte pas sur les bourreaux qu'on nous montre, mais, derri&#232;re eux, sur ceux qui sont responsables de l'assassinat et qui ont gard&#233; leurs postes de ministres. La triple mal&#233;diction p&#232;se sur ceux qui, &#224; la honte d'une guerre de cinq ans, ont ajout&#233; &#224; la honte une honte encore mille fois plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps mort se l&#232;ve et juge les coupables. Le corps mort se vengera, car les esprit entendront son appel &#224; la vengeance, et l'accompliront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont tu&#233; le corps, mais l'esprit n'est pas mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit n'est pas mort avec ceux qui furent abattus &#224; c&#244;t&#233; de Rosa Luxemburg. Il n'est pas mort avec l'assassinat de Karl Liebknecht, avec la mort de Leo Jogiches. L'esprit n'est pas tomb&#233; sous les balles qu'on tire &#224; Munich aujourd'hui encore. Il n'est pas mort avec Levin&#233; et ne le sera pas quand nous serons tous enterr&#233;s. L'esprit vit, il vit aujourd'hui plus que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez seulement &#224; l'Allemagne, pensez &#224; cette Allemagne o&#249; la contre-r&#233;volution triomphe aujourd'hui. Dans cette Allemagne, ils ont abattu la r&#233;volution. Pensez &#224; tout ce que les prol&#233;taires ont appris dans ce pays ces cinq derniers mois. Comment, dans les &#233;preuves mat&#233;rielles, ils sont devenus grands et forts en esprit. Pensez au prol&#233;tariat allemand qui se dresse aujourd'hui, plus droit et plus d&#233;termin&#233; que jamais. S'il avait &#233;t&#233; tel en janvier, la d&#233;funte serait encore en vie aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son esprit est d&#233;sormais partout vivant. De l'Ouest nous vient un bruit sourd, les profondeurs se meuvent, on sent le volcan qui peut entrer en &#233;ruption aujourd'hui ou demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'esprit de Rosa Luxemburg, de la meilleure t&#234;te de l'Internationale, qui est l&#224;-bas de passage. C'est pourquoi, chers camarades, je vous le dis, le monde n'a pas encore vu d'enterrement, de fun&#233;railles comme celles-ci. Au repos de ce corps participent aujourd'hui partout les c&#339;urs prol&#233;taires. La moiti&#233; du monde interrompt son cours pour honorer la d&#233;funte. Nos fr&#232;res, dans la puissante Russie, en Hongrie, la c&#233;l&#232;brent aujourd'hui. Et nous le savons, en France, en Italie et en Angleterre, certains prol&#233;taires interrompent d&#233;j&#224; travail, d'autres n'en sont pas encore l&#224;, mais leurs pens&#233;es &#224; tous se recueillent ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde entier est ici aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce lieu que va partir le monde nouveau. La pens&#233;e de Rosa Luxemburg deviendra vivante et forte, et lorsque finalement le jour viendra o&#249; les peuples reconna&#238;tront dans le communisme leur salut, que nous soyons encore sur terre ou d&#233;j&#224; enterr&#233;s, les peuples viendront ici en p&#232;lerinage, et les p&#232;res diront &#224; leurs enfants : D&#233;chaussez-vous, car le sol que vous foulez est un sol sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples, qui se sont d&#233;shonor&#233;s et souill&#233;s, retrouveront alors un visage humain, et c'est &#224; Rosa Luxemburg qu'ils adresseront leur premier sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, son esprit ne reposera pas. Il cr&#233;era et t&#233;moignera, et il donnera lumi&#232;re au monde comme une colonne de feu dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas aujourd'hui exprimer nos &#233;motions personnelles, nous ne pouvons pas, sur cette tombe, exprimer comme nous le souhaiterions l'amour et la fid&#233;lit&#233; que nous avons &#224; lui donner, ni combien nous lui sommes attach&#233;s. Nous ne le pouvons pas, car c'est comme combattante qu'est morte Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons donc pas faire nos adieux selon notre c&#339;ur, nous n'avons pas le droit aux plaintes ni aux h&#233;sitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas mettre en terre la d&#233;funte au son &#233;touff&#233; des tambours. Lorsqu'on enterre un cavalier, on sonne la retraite comme dernier salut et de m&#234;me, nous devons adresser aujourd'hui &#224; la d&#233;funte le salut qui sera repris, nous le savons, par des millions et des millions d'hommes dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre ultime salut &#224; la d&#233;funte, aujourd'hui, sera le salut du monde prol&#233;tarien, le salut de l'Internationale, le salut de la vie, l'appel : &#171; Vive la r&#233;volution mondiale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/levi/works/1919/06/levi.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/levi/works/1919/06/levi.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Berlin &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Varsovie &#187;, d&#233;clara le ministre S&#233;bastiani, en 1831, &#224; la Chambre fran&#172;&#231;aise, lorsque, apr&#232;s avoir lanc&#233; son terrible assaut sur le faubourg de Praga, la soldatesque de Souvorov [1], eut p&#233;n&#233;tr&#233; dans la capitale polonaise et qu'elle eut commenc&#233; son office de bourreau.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Berlin &#187;, proclame avec des cris de triomphe la presse bourgeoise, tout comme les Ebert et les Noske, tout comme les officiers des &#171; troupes victorieuses &#187; que la racaille petite-bourgeoise accueille dans les rues de Berlin en agitant des mouchoirs et en criant : &#171; Hourrah ! &#187; Devant l'histoire mondiale, la gloire et l'honneur des armes allemandes sont saufs. Les lamentables vaincus des Flandres et de l'Argonne ont r&#233;tabli leur renomm&#233;e en remportant une victoire &#233;clatante... sur les 300 &#171; Spartakistes &#187; du Vorw&#228;rts. Les exploits datant de la glorieuse invasion de la Belgique par des troupes allemandes, les exploits du g&#233;n&#233;ral von Emmich, le vainqueur de Li&#232;ge, p&#226;lissent devant les exploits des Reinhardt [2] et Cie dans les rues de Berlin. Assassinat de parlementaires venus n&#233;gocier la reddition du Vorw&#228;rts et que la soldatesque gouvernementale a frapp&#233;s a coups de crosse, au point que l'identification des corps est impossible, prisonniers coll&#233;s au mur, dont on a fait &#233;clater les cr&#226;nes et jaillir la cervelle : qui donc, en pr&#233;sence de faits aussi glorieux pourrait encore &#233;voquer les d&#233;faites subies devant les Fran&#231;ais, les Anglais et les Am&#233;ricains ? L'ennemi, c'est &#171; Spartacus &#187; et Berlin est le lieu o&#249; nos officiers s'entendent &#224; remporter la victoire. Et le g&#233;n&#233;ral qui s'entend &#224; organiser ces victoires, l&#224; o&#249; Ludendorff a &#233;chou&#233;, c'est Noske, l' &#171; ouvrier &#187; Noske.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'&#233;voquerait l'ivresse de la meute des partisans de &#171; l'ordre &#187;, la bacchanale de la bourgeoisie parisienne dansant sur les cadavres des combattants de la Commune, cette bourgeoisie qui venait de capituler l&#226;chement devant les Prussiens et de livrer la capitale &#224; l'ennemi ext&#233;rieur apr&#232;s avoir lev&#233; le pied ? Mais quand il s'est agi d'affronter les prol&#233;taires parisiens affam&#233;s et mal arm&#233;s, d'affronter leurs femmes sans d&#233;fense et leurs enfants, ah comme le courage viril des fils de bourgeois, de cette &#171; jeunesse dor&#233;e &#187;, comme le courage des officiers a &#233;clat&#233; Comme la bravoure de ces fils de Mars qui avaient can&#233; devant l'ennemi ext&#233;rieur s'est donn&#233; libre cours dans ces atrocit&#233;s bestiales, commises sur des hommes sans d&#233;fense, des bless&#233;s et des prisonniers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Varsovie &#187;, &#171; l'ordre r&#232;gne &#224; Paris &#187;, &#171; l'ordre r&#232;gne &#224; Berlin &#187;. Tous les demi-si&#232;cles, les gardiens de &#171; l'ordre &#187; lancent ainsi dans un des foyers de la lutte mondiale leurs bulletins de victoire. Et ces &#171; vainqueurs &#187; qui exultent ne s'aper&#231;oivent pas qu'un &#171; ordre &#187;, qui a besoin d'&#234;tre maintenu p&#233;riodiquement par de sanglantes h&#233;catombes, va in&#233;luctablement &#224; sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; Semaine Spartakiste &#187; de Berlin, que nous a-t-elle apport&#233;, que nous enseigne-t-elle ? Au c&#339;ur de la m&#234;l&#233;e, au milieu des clameurs de triomphe de la contre-r&#233;volution, les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires doivent d&#233;j&#224; faire le bilan des &#233;v&#233;nements, les mesurer, eux et leurs r&#233;sultats, au grand &#233;talon de l'histoire. La r&#233;volution n'a pas de temps &#224; perdre, elle poursuit sa marche en avant, - par-dessus les tombes encore ouvertes, par-del&#224; les &#171; victoires &#187; et les &#171; d&#233;faites &#187; - vers ses objectifs grandioses. Et le premier devoir de ceux qui luttent pour le socialisme internationaliste, c'est d'&#233;tudier avec lucidit&#233; sa marche et ses lignes de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvait-on s'attendre, dans le pr&#233;sent affrontement, &#224; une victoire d&#233;cisive du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, pouvait-on escompter la chute des Ebert-Scheidemann et l'instauration de la dictature socialiste ? Certainement pas, si l'on fait entrer en ligne de compte tous les &#233;l&#233;ments qui d&#233;cident de la r&#233;ponse. Il suffit de mettre le doigt sur ce qui est &#224; l'heure actuelle la plaie de la r&#233;volution : le manque de maturit&#233; politique de la masse des soldats qui continuent de se laisser abuser par leurs officiers et utiliser &#224; des fins contre-r&#233;volutionnaires est &#224; lui seul la preuve que, dans ce choc-ci, une victoire durable de la r&#233;volution n'&#233;tait pas possible. D'autre part, ce manque de maturit&#233; n'est lui-m&#234;me que le sympt&#244;me du manque g&#233;n&#233;ral de maturit&#233; de la r&#233;volution allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes, d'o&#249; est issu un fort pourcentage de la masse des soldats, continuent de n'&#234;tre &#224; peu pr&#232;s pas touch&#233;es par la r&#233;volution. Jusqu'ici, Berlin est &#224; peu pr&#232;s isol&#233; du reste du Reich. Certes en province, les foyers r&#233;volutionnaires - en Rh&#233;nanie, sur la c&#244;te de la mer du Nord, dans le Brunswick, la Saxe, le Wurtemberg - sont corps et &#226;me aux c&#244;t&#233;s du prol&#233;tariat berlinois. Mais ce qui fait d&#233;faut, c'est la coordination de la marche en avant, l'action commune qui donnerait aux coups de boutoir et aux ripostes de la classe ouvri&#232;re berlinoise une tout autre efficacit&#233;. Ensuite - et c'est de cette cause plus profonde que proviennent ces imperfections politiques - les luttes &#233;conomiques, ce volcan qui alimente sans cesse la lutte de classe r&#233;volutionnaire, ces luttes &#233;conomiques n'en sont encore qu'&#224; leur stade initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que, dans la phase actuelle, on ne pouvait encore escompter de victoire d&#233;finitive, de victoire durable. La lutte de la semaine &#233;coul&#233;e constituait-elle pour autant une &#171; faute &#187; ? Oui, s'il s'agissait d'un &#171; coup de boutoir &#187; d&#233;lib&#233;r&#233;, de ce qu'on appelle un &#171; putsch &#187; ! Mais quel a &#233;t&#233; le point de d&#233;part des combats ? Comme dans tous les cas pr&#233;c&#233;&#172;dents, le 6 d&#233;cembre, le 24 d&#233;cembre : une provocation brutale du gouvernement ! Nagu&#232;re l'attentat contre les manifestants sans armes de la Chauss&#233;estrasse, le massacre des matelots, cette fois le coup tent&#233; contre la Pr&#233;fecture de Police, ont &#233;t&#233; la cause des &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs. C'est que la r&#233;volution n'agit pas &#224; sa guise, elle n'op&#232;re pas en rase campagne, selon un plan bien mis au point par d'habiles &#171; strat&#232;ges &#187;. Ses adversaires aussi font preuve d'initiative, et m&#234;me en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, bien plus que la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;s devant la provocation violente des Ebert-Scheidemann, les ouvriers r&#233;volution&#172;naires &#233;taient contraints de prendre les armes. Pour la r&#233;volution, c'&#233;tait une question d'honneur que de repousser l'attaque imm&#233;diatement, de toute son &#233;nergie, si l'on ne voulait pas que la contre-r&#233;volution se cr&#251;t encourag&#233;e &#224; un nouveau pas en avant ; si l'on ne voulait pas que fussent &#233;branl&#233;s les rangs du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et le cr&#233;dit dont jouit au sein de l'Internationale [3] la r&#233;volution allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, des masses berlinoises jaillit spontan&#233;ment, avec une &#233;nergie si naturelle, la volont&#233; de r&#233;sistance, que, d&#232;s le premier jour, la victoire morale fut du c&#244;t&#233; de la &#171; rue &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or il existe pour la R&#233;volution une r&#232;gle absolue : ne jamais s'arr&#234;ter une fois le premier pas accompli, ne jamais tomber dans l'inaction, la passivit&#233;. La meilleure parade, c'est de porter &#224; l'adversaire un coup &#233;nergique. Cette r&#232;gle &#233;l&#233;mentaire qui s'applique &#224; tout combat vaut surtout pour les premiers pas de la r&#233;volution. Il va de soi - et pareil comportement t&#233;moi&#172;gne de la justesse, de la fra&#238;cheur de r&#233;action du prol&#233;tariat, - qu'il ne pouvait se satis&#172;fai&#172;re d'avoir r&#233;install&#233; Eichhorn &#224; son poste. Spontan&#233;ment, il occupa d'autres positions de la contre-r&#233;volution : les si&#232;ges de la presse bourgeoise, le bureau de l'agence d'informations officieuse, le Vorw&#228;rts. Ces d&#233;marches &#233;taient inspir&#233;es &#224; la masse par ce qu'elle comprenait d'instinct : la contre-r&#233;volution n'allait pas pour sa part se satisfaire de sa d&#233;faite, mais pr&#233;parer une &#233;preuve de force g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore nous nous trouvons en pr&#233;sence d'une de ces grandes lois historiques de la r&#233;volution, sur laquelle viennent se briser toutes les habilet&#233;s, toute la &#171; science &#187; de ces petits r&#233;volutionnaires de l'U.S.P. [4], qui dans chaque lutte ne sont en qu&#234;te que d'une chose ; de pr&#233;textes pour battre en retraite. D&#232;s que le probl&#232;me fondamental d'une r&#233;volution a &#233;t&#233; clairement pos&#233; - et dans celle-ci c'est le renversement du gouvernement Ebert-Scheidemann, premier obstacle &#224; la victoire du socialisme - alors ce probl&#232;me ne cesse de resurgir dans toute son actualit&#233;, et, avec la fatalit&#233; d'une loi naturelle, chaque &#233;pisode de la lutte le fait appara&#238;tre dans toute son ampleur, si peu pr&#233;par&#233;e &#224; le r&#233;soudre que soit la r&#233;volution, si peu propice que soit la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A bas Ebert-Scheidemann ! &#187; Ce mot d'ordre jaillit immanquablement &#224; chaque nouvelle crise r&#233;volutionnaire ; c'est la formule qui, seule, &#233;puise tous les conflits partiels et qui, par sa logique interne, qu'on le veuille ou non, pousse n'importe quel &#233;pisode de la lutte jusqu'&#224; ses cons&#233;quences extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette contradiction entre la t&#226;che qui s'impose et l'absence, &#224; l'&#233;tape actuelle de la r&#233;volution, des conditions pr&#233;alables permettant de la r&#233;soudre, il r&#233;sulte que les luttes se terminent par une d&#233;faite formelle. Mais la r&#233;volution est la seule forme de &#171; guerre &#187; - c'est encore une des lois de son d&#233;veloppement - o&#249; la victoire finale ne saurait &#234;tre obtenue que par une s&#233;rie de &#171; d&#233;faites &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous enseigne toute l'histoire des r&#233;volutions modernes et du socialisme ? La premi&#232;re flamb&#233;e de la lutte de classe en Europe s'est achev&#233; par une d&#233;faite. Le soul&#232;vement des canuts de Lyon, en 1831, s'est sold&#233; par un lourd &#233;chec. D&#233;faite aussi pour le mouvement chartiste en Angleterre. D&#233;faite &#233;crasante pour la lev&#233;e du prol&#233;tariat parisien au cours des journ&#233;es de juin 1848. La Commune de Paris enfin a connu une terrible d&#233;faite. La route du socialisme - &#224; consid&#233;rer les luttes r&#233;volutionnaires - est pav&#233;e de d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant cette histoire m&#232;ne irr&#233;sistiblement, pas &#224; pas, &#224; la victoire finale ! O&#249; en serions-nous aujourd'hui sans toutes ces &#171; d&#233;faites &#187;, o&#249; nous avons puis&#233; notre exp&#233;rience, nos connaissances, la force et l'id&#233;alisme qui nous animent ? Aujourd'hui que nous sommes tout juste parvenus &#224; la veille du combat final de la lutte prol&#233;tarienne, nous sommes camp&#233;s sur ces d&#233;faites et nous ne pouvons renoncer &#224; une seule d'entre elles, car de chacune nous tirons une portion de notre force, une partie de notre lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les combats r&#233;volutionnaires sont &#224; l'oppos&#233; des luttes parlementaires. En Allemagne, pendant quatre d&#233;cennies, nous n'avons connu sur le plan parlementaire que des &#171; victoires &#187; ; nous volions litt&#233;ralement de victoire en victoire. Et quel a &#233;t&#233; le r&#233;sultat lors de la grande &#233;preuve historique du 4 ao&#251;t 1914 : une d&#233;faite morale et politique &#233;crasante, un effondre&#172;ment inou&#239;, une banqueroute sans exemple. Les r&#233;volutions par contre ne nous ont jusqu'ici apport&#233; que d&#233;faites, mais ces &#233;checs in&#233;vitables sont pr&#233;cis&#233;ment la caution r&#233;it&#233;r&#233;e de la victoire finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une condition il est vrai ! Car il faut &#233;tudier dans quelles conditions la d&#233;faite s'est chaque fois produite. R&#233;sulte-t-elle du fait que l'&#233;nergie des masses est venue se briser contre la barri&#232;re des conditions historiques qui n'avaient pas atteint une maturit&#233; suffisante, ou bien est-elle imputable aux demi-mesures, &#224; l'irr&#233;solution, &#224; la faiblesse interne qui ont paralys&#233; l'action r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour chacune de ces deux &#233;ventualit&#233;s, nous disposons d'exemples classiques : la r&#233;volution fran&#231;aise de f&#233;vrier, la r&#233;volution allemande de mars. L'action h&#233;ro&#239;que du prol&#233;tariat parisien, en 1848, est la source vive o&#249; tout le prol&#233;tariat international puise son &#233;nergie. Par contre, les navrantes petitesses de la r&#233;volution allemande de mars sont comme un boulet qui freine toute l'&#233;volution de l'Allemagne moderne. Elles se sont r&#233;percut&#233;es - &#224; travers l'histoire particuli&#232;re de la social-d&#233;mocratie allemande - jusque dans les &#233;v&#233;nements les plus r&#233;cents de la r&#233;volution allemande, jusque dans la crise que nous venons de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lumi&#232;re de cette question historique, comment juger la d&#233;faite de ce qu'on appelle la &#171; semaine spartakiste &#187; ? Provient-elle de l'imp&#233;tuosit&#233; de l'&#233;nergie r&#233;volutionnaire et de l'insuffisante maturit&#233; de la situation, ou de la faiblesse de l'action men&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'une et de l'autre ! Le double caract&#232;re de cette crise, la contradiction entre la manifes&#172;tation vigoureuse, r&#233;solue, offensive des masses berlinoises et l'irr&#233;solution, les h&#233;sitations, les atermoiements de la direction, telles sont les caract&#233;ristiques de ce dernier &#233;pisode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction a &#233;t&#233; d&#233;faillante. Mais on peut et on doit instaurer une direction nouvelle, une direction qui &#233;mane des masses et que les masses choisissent. Les masses constituent l'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif, le roc sur lequel on b&#226;tira la victoire finale de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses ont &#233;t&#233; &#224; la hauteur de leur t&#226;che. Elles ont fait de cette &#171; d&#233;faite &#187; un maillon dans la s&#233;rie des d&#233;faites historiques, qui constituent la fiert&#233; et la force du socialisme international. Et voil&#224; pourquoi la victoire fleurira sur le sol de cette d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Berlin ! &#187; sbires stupides ! Votre &#171; ordre &#187; est b&#226;ti sur le sable. D&#232;s demain la r&#233;volution &#171; se dressera de nouveau avec fracas &#187; proclamant &#224; son de trompe pour votre plus grand effroi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais, je suis, je serai ! [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Erreur de Rosa Luxemburg : Souvorov est mort en 1800. Les troupes russes &#233;taient command&#233;es par Paskevitch. (Note de G.Badia).&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] REINHARDT, Walther (1872-1930). Officier d'&#201;tat Major pendant la premi&#232;re guerre mondiale, dernier ministre prussien de la guerre, il fut nomm&#233; en octobre 1919, chef de la direction de l'arm&#233;e. Il d&#233;missionna en m&#234;me temps que Noske, apr&#232;s le putsch de Kapp.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Il s'agit encore &#224; ce moment-l&#224; d'une Internationale toute th&#233;orique puisque le premier Congr&#232;s de la III&#176; Internationale n'a pas encore eu lieu. (Note de G.Badia).&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] L'U.S.P. &#233;tait le parti social-d&#233;mocrate ind&#233;pendant au sein duquel militaient notamment Kautsky et Bernstein.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Vers extrait du po&#232;me de F. Freiligrath &#171; La R&#233;volution &#187;. (Note de G.Badia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1919/01/jacob.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1919/01/jacob.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article664&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article664&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2386&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2386&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1919/01/recueil_1914_1919.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1919/01/recueil_1914_1919.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1919/01/190118.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1919/01/190118.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1971/00/broue_all_12.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1971/00/broue_all_12.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7043&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7043&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6703&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6703&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2171&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2171&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article727&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article727&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5983&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5983&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2172&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2172&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2019/01/16/pers-j16.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2019/01/16/pers-j16.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Les_sombres_temps/R9mVDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=assassinat+de+rosa+luxemburg&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Les_sombres_temps/R9mVDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=assassinat+de+rosa+luxemburg&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Allemagne_1918_une_r%C3%A9volution_trahie/jKlaDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=assassinat+de+rosa+luxemburg&amp;pg=PT170&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Allemagne_1918_une_r%C3%A9volution_trahie/jKlaDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=assassinat+de+rosa+luxemburg&amp;pg=PT170&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Rosa_la_vie/KrrW3evY1yYC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=assassinat+de+rosa+luxemburg&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Rosa_la_vie/KrrW3evY1yYC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=assassinat+de+rosa+luxemburg&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui &#233;tait Rosa Luxemburg ? Ecoutons son premier discours public (8 ao&#251;t 1893) &#224; travers deux textes de ses Oeuvres compl&#232;tes, in&#233;dits en fran&#231;ais. </title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9107</link>
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		<dc:date>2025-01-09T23:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg &#233;tait une militante communiste dont tous les &#233;crits ou discours publi&#233;s de 1892 &#224; 1919 &#233;taient inspir&#233;s par le socialisme scientifique, fond&#233; et d&#233;velopp&#233; par Marx et Engels. Pour comprendre Rosa Luxemburg &#224; 99%, la premi&#232;re &#233;tape est donc avant tout de lire et relire le Manifeste du Parti Communiste, qui l'inspira pendant toute sa vie militante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas grand-chose ne l'opposait donc &#224; L&#233;nine et Trotsky, &#224; propos des principes fondamentaux du communisme, et ceux qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique179" rel="directory"&gt;28- artyku&#322;y w j&#281;zyku polskim - ARTICLES EN POLONAIS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rosa Luxemburg &#233;tait une militante communiste dont tous les &#233;crits ou discours publi&#233;s de 1892 &#224; 1919 &#233;taient inspir&#233;s par le socialisme scientifique, fond&#233; et d&#233;velopp&#233; par Marx et Engels. Pour comprendre Rosa Luxemburg &#224; 99%, la premi&#232;re &#233;tape est donc avant tout de lire et relire le &lt;i&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/i&gt;, qui l'inspira pendant toute sa vie militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas grand-chose ne l'opposait donc &#224; L&#233;nine et Trotsky, &#224; propos des principes fondamentaux du communisme, et ceux qui cherchent &#224; opposer entre eux ces trois g&#233;ants du XX&#232;me si&#232;cle sont souvent dans la lign&#233;e de Paul L&#233;vi (1922), puis Staline (1931) qui cr&#233;&#232;rent le &#034;luxemburgisme&#034; de m&#234;me que Zinoviev et Staline cr&#233;&#232;rent en 1924 le &#034;trotskisme&#034;. Nous n'appartenons pas &#224; cette ligne anti-marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le 1 % restant qui l'a distingu&#233;e de L&#233;nine et Trotksy (question nationale, organisation du parti etc) c'est naturellement en lisant Rosa Luxemburg, en tentant de comprendre le contexte dans lequel elle a &#233;crit ses textes, que l'on peut commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; **********&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous donnons la traduction en fran&#231;ais (les premi&#232;res publi&#233;es en ligne en libre acc&#232;s &#224; notre connaissance) de deux textes de Rosa Luxemburg, dat&#233;s de 1893, mentionn&#233;s dans ses oeuvres compl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier lest pr&#233;sent dans les Oeuvres compl&#232;tes en allemand, Tome 6, le second est la r&#233;f&#233;rence 9+ du catalogue de Kaczanowska (voir plus loin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier texte : &#171; Plaidoyer pour les mandats de la Social-d&#233;mocratie du Royaume de Pologne (SDKP) au Congr&#232;s international des travailleurs socialistes &#224; Zurich le 8 ao&#251;t 1893 &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est disponible en en version originale dans le Tome 6 des oeuvres compl&#232;tes. Nous en donnons la traduction avec les notes des &#233;diteurs, qui expliquent bien le contexte. Cependant, il peut sembler curieux que ce texte soit un article du journal &lt;i&gt;Arbeiter Stimmer&lt;/i&gt; de Z&#252;rich, qui n'est que le r&#233;sum&#233; d'un deuxi&#232;me article qui lui m&#234;me ne rapportait qu'indirectement le discours de Rosa Luxemburg au Congr&#232;s de Z&#252;rich.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ajoutons donc en toute fin de notre article l'extrait d'un ouvrage de G. Haupt, qui explique cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Version fran&#231;aise&lt;/i&gt; de &lt;a href=&#034;https://rosaluxemburgwerke.de/buecher/band-6/seite/71#456138b9c089b0385fa26d41104e3c1945d748e901dd911ff3a385c9ff71b235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Verteidigung der Mandate der Sozialdemokratie des K&#246;nigreichs Polen (SDKP) ...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rosa Luxemburg (1893) Plaidoyer pour les mandats de la Social-d&#233;mocratie du Royaume de Pologne (SDKP) au Congr&#232;s international des travailleurs socialistes &#224; Zurich le 8 ao&#251;t 1893&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voix des travailleurs (Z&#252;rich) - Num&#233;ro 66 du 12 ao&#251;t 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un article de presse&lt;/i&gt; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[note de M&amp;R : Rosa Luxemburg parle :] En Pologne, une nouvelle tendance socialiste s'est form&#233;e [2], qui existe maintenant depuis environ cinq ans, mais qui se d&#233;clare solidaire de la vieille social-d&#233;mocratie. C'est &#224; cette tendance qu'appartient le d&#233;l&#233;gu&#233; &#233;conduit [3]. Sa feuille ne porte pas de signature, sinon nous ne pourrions plus retourner en Pologne russe. (Approbation.) Les ouvriers de Pologne nous connaissent ; il ne faut pas juger une feuille &#224; sa signature, mais &#224; son contenu. De plus, nous avons dit aux messieurs du bureau : nous voulons vous donner notre signature. (Applaudissements) .[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Notes des Oeuvres compl&#232;tes&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Titre de la r&#233;daction [du journal &#171; La voix des travailleurs &#187;, M&amp;R] &lt;br class='autobr' /&gt;
On lisait dans l'article &#171; Une Polonaise demande la parole. On veut la lui refuser, mais l'assembl&#233;e [411 d&#233;l&#233;gu&#233;s de 20 pays] demande &#224; l'entendre et accueille par de vifs applaudissements cette fr&#234;le demoiselle &#224; l'attitude &#233;nergique. La Polonaise parle avec aisance et mouvement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Il s'agit de la social-d&#233;mocratie du Royaume de Pologne (Socjaldemokracja Kr&#243;lestwo Polskiego - SDKP), fond&#233;e en juillet 1893 &#224; Zurich par Rosa Luxemburg, Leo Jogiches, Julian Marchlewski et Adolf Warski. Outre le petit groupe de jeunes &#233;migr&#233;s en Suisse, le nouveau parti comprenait l'Union des travailleurs polonais (Zwiazek Robotnik&#243;w Polskich), cr&#233;&#233;e en 1889 &#224; Varsovie par Julian Marchlewski et Jan Leder, et une partie du IIe ou &#171; petit Prol&#233;tariat &#187;, fond&#233; par Marcin Kasprzak. Le SDKP se consid&#233;rait comme un parti internationaliste, fid&#232;le aux id&#233;es de Marx et Engels. Il s'opposa d&#232;s le d&#233;but au programme du PPS visant &#224; restaurer la Pologne (en 1892, diff&#233;rents cercles socialistes avaient cr&#233;&#233; &#224; Paris le Parti socialiste polonais. (Polska Partia Socjalistyzna) - PPS) . Le programme du PPS contenait, avec les revendications socialistes, l'objectif de l'ind&#233;pendance de la Pologne, pour lequel ils s'appuyaient sur Marx et Engels). La SDKP s'orientait vers le renversement r&#233;volutionnaire du tsarisme par la classe ouvri&#232;re de Russie, l'objectif commun devant faire passer les diff&#233;rences de nationalit&#233;s &#224; l'arri&#232;re-plan. Leur journal &#233;tait &#171; Sprawa Robotnicza &#187; (La cause ouvri&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Il s'agit de J. Karski, pseudonyme de Julian Balthasar Marchlewski, membre de la r&#233;daction de &#171; Sprawa Robotnicza &#187; (Cause ouvri&#232;re), dont faisait partie Rosa Luxemburg et qui devait &#233;galement &#234;tre exclue du Congr&#232;s. - Pour son rapport sur l'&#233;tat et le d&#233;roulement du mouvement social-d&#233;mocrate dans le royaume de Pologne, voir GW, vol. 1, 1&#232;re moiti&#233;, p. 5 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le vote qui suivit donna les r&#233;sultats suivants : sept nations pour l'admission (dont la Suisse), neuf contre (dont l'Allemagne et la Russie), trois abstentions. - Dans le proc&#232;s-verbal du Congr&#232;s international des ouvriers socialistes &#224; la Tonhalle de Zurich du 6 au 12 ao&#251;t 1893, &#233;dit&#233; par le comit&#233; d'organisation, Zurich 1894, p. 15, on peut lire : &#171; Mlle &lt;i&gt;Luxemburg&lt;/i&gt; explique ce fait [mandat sans signature] par les conditions particuli&#232;res de la Pologne russe. Le journal est &#233;dit&#233; par une association litt&#233;raire social-d&#233;mocrate, il doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'expression du prol&#233;tariat socialiste polonais &#187;. Le Vorw&#228;rts (Berlin), n&#176; 186, 201 et 213 des 10 et 27 ao&#251;t et du 10 septembre 1893, donnait &#233;galement de br&#232;ves informations sur l'histoire du mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me texte : &#171; Discours sur les mandats du SDKP et de la &#171; Cause ouvri&#232;re &#187; au troisi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale &#224; Zurich. 8 VIII 1893. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant des explications, donnons la version originale et la traduction de ce texte tr&#232;s court, mais qui a le m&#233;rite de compl&#233;ter les oeuvres compl&#232;tes de Rosa Luxemburg :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7974&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Catalogue de Kaczanowska&lt;/a&gt;, r&#233;f&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 9+.[Wystapienie w sprawie mandatow SDKP i &#034;Sprawy Robotniczej&#034; na III Kongresie Miedzynarodowki w Zurichu. 8 VIII 1893 r.] (Discours sur les mandats du SDKP et la &#171; Cause ouvri&#232;re &#187; au troisi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale &#224; Zurich. 8 VIII 1893) . &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=hvd.hnnmlh&amp;seq=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Protokoll des Internationalen sozialistischen Arbeiterkongresses in der Tonhalle, Z&#252;rich, vom 6. bis 12. august 1893&lt;/a&gt;, page 15.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Version originale&lt;/i&gt; : Frl. &lt;i&gt;Luxemburg&lt;/i&gt; erkl&#228;rt diese Tatsache mit den eigent&#252;mlichen Verh&#228;ltnissen in Russisch-Polen. Die Zeitung werde von einem sozialdemokratischen literarischen Vereine herausgegeben, m&#252;sse als Ausdruck des polnischen sozialistischen Proletariats betrachtet werden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; : Mlle &lt;i&gt;Luxembourg&lt;/i&gt; explique ce fait par les conditions particuli&#232;res qui r&#232;gnent en Pologne russe. Le journal est &#233;dit&#233; par une association litt&#233;raire social-d&#233;mocrate et doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'expression du prol&#233;tariat socialiste polonais. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre que nous attribuons &#224; ce texte de Rosa Luxemburg est donc la traduction de celui attribu&#233;, en polonais, par Kaczanowska.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rappelons la signification du + dans ce catalogue :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La bibliographie comprend non seulement des articles, mais aussi des discours et des d&#233;clarations orales. Ceux qui ne sont pas donn&#233;s en st&#233;nogramme, mais dans un r&#233;sum&#233; ou un sommaire sont marqu&#233;s d'une croix (+).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La version originale est disponible seulement dans les &lt;i&gt;Protokoll des Internationalen sozialistischen Arbeiterkongresses&lt;/i&gt; in der Tonhalle, Z&#252;rich, vom 6. bis 12. august 1893, dont nous allons retranscrire les paragraphes pr&#233;c&#233;dant et suivant le discours de Luxemburg, qui expliquent la raison ce discours, qui ne convainquit pas les participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plongeons-nous donc dans la lecture du compte-rendu du Congr&#232;s de 1893 &#224; Zurich, le dernier auquel Engels participa. Rappelons que Rosa Luxemburg et ses camarades, polonais, viennent de fonder un journal et un parti, en concurrence avec le &lt;i&gt;Parti Socialiste Polonais&lt;/i&gt; de Daszynski, qui est trop patriotique &#224; leur go&#251;t. Mais les d&#233;l&#233;gu&#233;s du PPS sont bien connus de tout le monde, dont l'influent Plekahnov, alors que Rosa Luxemburg est plut&#244;t inconnue, et de plus met depuis un an des claques (c'est une image) ... &#224; Plekhanov ! Daszynski, du PPS, va donc en profiter pour contester les mandats polonais li&#233;s &#224; ce parti et ce journal inconnus de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Sitzung.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dienstag den 8. August, nachmittags 2 Uhr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Cinqui&#232;me S&#233;ance. Mardi 8 ao&#251;t, &#224; 2 heures de l'apr&#232;s-midi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vandervelde erstattet Bericht &#252;ber die Mandatspr&#252;fung. Beanstandet sind zwei italienische, ein polnisches, ein ungarisches und elf deutsche Mandate. Die zwei italienischen Mandate sind von Anarchisten ausgestellt und daher abzulehnen ; das polnische Mandat wird bestritten, weil es von einer Zeitung ausgestellt ist, deren Redaktion ganz unbekannt sei ; das Bureau ist f&#252;r G&#252;ltigerkl&#228;rung sowohl dieses als des ungarischen Mandates. Bez&#252;glich der beanstandeten deutschen Mandate ist das Bureau geteilter Meinung. Die Majorit&#228;t beantragt Zur&#252;ckweisung von Werner und Landauer und der &#252;brigen &#8222;unabh&#228;ngigen&#8220; Delegirten der Schweiz, die sich nach ihrer Zur&#252;ckweisung durch die Schweizer an die deutsche Delegation gewandt ; ein Mandat muss f&#252;r ung&#252;ltig erkl&#228;rt werden, weil s&#228;mtliche 15 Unterschriften von einer Hand herr&#252;hren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Vandervelde pr&#233;sente un rapport sur la v&#233;rification des mandats. Deux mandats italiens, un polonais, un hongrois et onze allemands sont contest&#233;s. Les deux mandats italiens sont &#233;mis par des anarchistes et doivent donc &#234;tre rejet&#233;s ; &lt;strong&gt;le mandat polonais est contest&#233; parce qu'il est &#233;mis par un journal dont la r&#233;daction est totalement inconnue&lt;/strong&gt; ; le Bureau est favorable &#224; la validation de ce mandat comme du mandat hongrois. En ce qui concerne les mandats allemands contest&#233;s, le Bureau est divis&#233;. La majorit&#233; demande le rejet de Werner et Landauer et des autres d&#233;l&#233;gu&#233;s &#171; ind&#233;pendants &#187; de la Suisse, qui se sont adress&#233;s &#224; la d&#233;l&#233;gation allemande apr&#232;s avoir &#233;t&#233; rejet&#233;s par les Suisses ; un mandat doit &#234;tre invalid&#233; parce que les 15 signatures proviennent d'une seule main.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Daszynski&lt;/i&gt; bittet, das beanstandete polnische Mandat zur&#252;ck zu weisen. Die Zeitung sei nur &lt;i&gt;einer&lt;/i&gt; Nummer erschienen, &#252;ber die Richtung seil also kein Urteil m&#246;glich ; das Mandat sei ohne Unterschrift ; niemand wisse, wer der Redakteur der Zeitung sei, die hier eine Delegirtin entsende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; :&lt;i&gt;Daszynski demande que le mandat polonais soit rejet&#233;. Le journal n'a paru que dans &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; num&#233;ro, il n'est donc pas possible de juger de sa direction ; le mandat n'est pas sign&#233; ; personne ne sait qui est le r&#233;dacteur du journal qui envoie ici une d&#233;l&#233;gu&#233;e. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frl. &lt;i&gt;Luxemburg&lt;/i&gt; erkl&#228;rt diese Tatsache mit den eigent&#252;mlichen Verh&#228;ltnissen in Russisch-Polen. Die Zeitung werde von einem sozialdemokratischen literarischen Vereine herausgegeben, m&#252;sse als Ausdruck des polnischen sozialistischen Proletariats betrachtet werden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; : Mlle &lt;i&gt;Luxembourg&lt;/i&gt; explique ce fait par les conditions particuli&#232;res qui r&#232;gnent en Pologne russe. Le journal est &#233;dit&#233; par une association litt&#233;raire social-d&#233;mocrate et doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'expression du prol&#233;tariat socialiste polonais. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nach l&#228;ngerer Diskussion beschliesst der Kongress mit Stimmenmehrheit Zur&#252;ckweisung der Delegirtin. Das Bureau bezweifelt die Abstimmung ; Polen beantragt Nationalit&#228;ten-Abstimmung. Sieben Nationen sind f&#252;r Anerkennung, neun f&#252;r Verwerfung des Mandates, drei enthalten sich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Apr&#232;s une longue discussion, le Congr&#232;s d&#233;cide &#224; la majorit&#233; de rejeter la d&#233;l&#233;gu&#233;e. Le Bureau conteste le vote ; la Pologne demande un vote par nationalit&#233;. Sept nations sont pour la reconnaissance, neuf pour le rejet du mandat, trois s'abstiennent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant le commentaire de G. Haupt (1964) sur ces &lt;i&gt;Protokol&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Texte officiel &#233;tabli d'apr&#232;s les notes st&#233;nographiques (...) de H. Castelman, r&#233;dacteur de la &#171; Volkstimme &#187; de Magdebourg (...) L'analyse du texte confirme qu la version officielle du proc&#232;s-verbal n'est ni compl&#232;te, ni toujours exacte. (...) Ce compte rendu ne fait &#233;cho ni aux travaux des commissions, ni aux violentes discussions sur la validit&#233; des mandats de certains d&#233;l&#233;gu&#233;s, par exemple celui du repr&#233;sentant polonais, Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse socialiste, autant par ses envoy&#233;s sp&#233;ciaux que par certains d&#233;l&#233;gu&#233;s qui leurs servaient de correspondants, fait &#233;tat de nombreuses interventions et de r&#233;pliques dont on ne trouve pas trace dans le protocole officiel. A cet &#233;gard, on peut indiquer en premier lieu les comptes-rendus d&#233;taill&#233;s publi&#233;s quotidiennement dans &#171; Arbeiterstimme &#187;, organe social-d&#233;mocrate qui para&#238;t &#224; Z&#252;rich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter &#233;galement les comptes-rendu de l'envoy&#233; sp&#233;cial du &#171; Vorw&#228;rtz &#187; publi&#233;s dans les six suppl&#233;ments (Beilage) du journal consacr&#233;s aux travaux du Congr&#232;s (du n&#176; 184 au n&#176;190)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rosa Luxemburg (1895) : &#346;WI&#280;TO PIERWSZEGO MAJA - La F&#234;te du 1er mai</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article9162</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article9162</guid>
		<dc:date>2025-01-03T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La brochure de Rosa Luxemburg dont nous retranscrivons la version originale et proposons la traduction date de 1895. Cette traduction en libre acc&#232;s est, &#224; notre connaissance, la premi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte porte le num&#233;ro 33 dans le catalogue Kaczanowska. C'est la deuxi&#232;me &#233;dition de la toute premi&#232;re publication de Rosa Luxemburg (1892), num&#233;ro 1 du catalogue, qui reste malheureusement introuvable. La pr&#233;sente brochure donne malgr&#233; tout une id&#233;e de ce que fut la toute premi&#232;re publication de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La brochure de Rosa Luxemburg dont nous retranscrivons la version originale et proposons la traduction date de 1895. Cette traduction en libre acc&#232;s est, &#224; notre connaissance, la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte porte le num&#233;ro 33 dans le &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7974&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;catalogue Kaczanowska&lt;/a&gt;. C'est la deuxi&#232;me &#233;dition de la toute premi&#232;re publication de Rosa Luxemburg (1892), num&#233;ro 1 du catalogue, qui reste malheureusement introuvable. La pr&#233;sente brochure donne malgr&#233; tout une id&#233;e de ce que fut la toute premi&#232;re publication de Luxemburg &#226;g&#233;e de 21 ans en 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;sent texte, Rosa Luxemburg opposait d&#233;j&#224; le slogan ouvrier &lt;i&gt;Travailler moins et gagner plus&lt;/i&gt;, au slogan patronal &lt;i&gt;Travailler plus pour gagner plus&lt;/i&gt;, tr&#232;s chr&#233;tien puisque &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3800&amp;var_mode=calcul&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;labor&#233; par Lactance&lt;/a&gt;, repris sans le citer par le candidat N. Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La traduction &#233;tant intercal&#233;e dans le texte en polonais, pour faciliter la lecture en fran&#231;ais, nous ajoutons &lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; au d&#233;but de chaque nouveau passage en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette traduction ne demande qu'&#224; &#234;tre am&#233;lior&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte de Rosa Luxemburg&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ot&#243;&#380; zbli&#380;a si&#281; znowu dzie&#324; 1-go Maja. Nie ma robotnika, kt&#243;remu by serce nie drgn&#281;&#322;o w piersi na to s&#322;owo. Od kilku lat co wiosn&#281; miljony robotnicze wyczekuj&#261; niecierpliwie swego &#347;wi&#281;ta Majowego, a wrogowie ludu roboczego wyczekuj&#261; go ze strachem i nienawi&#347;ci&#261;. I d&#322;ugo jeszcze po 1-ym Maja rozchodz&#261; si&#281; z ust do ust po wszystkich krajach wie&#347;ci, jak up&#322;yn&#261;&#322; dzie&#324; 1-go Maja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; W tem wielkiem &#347;wi&#281;cie i my, polscy robotnicy, przyj&#281;li&#347;my udzia&#322; od pocz&#261;tku. Gdy po ca&#322;ym &#347;wiecie robotnicy w tym dniu porzucali prac&#281; i wo&#322;ali : &#380;&#261;damy o&#347;miogodzinnego dnia roboczego ! &#8212; polscy robotnicy &#347;wi&#281;towali i &#380;&#261;dali r&#243;wnie&#380; o&#347;miogodzinnego dnia roboczego i swobody politycznej. W ofierze &#347;wi&#281;tu Majowemu pola&#322;a si&#281; ju&#380; i krew robotnika polskiego. W roku 1891 za &#347;wi&#281;towanie 1-go Maja rz&#261;d si&#281; zem&#347;ci&#322; knutami na naszych braciach w &#379;yrardowie. W roku 1892 za obch&#243;d 1-go Maja strzelano do naszych Towarzyszy na ulicach &#321;odzi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ten dzie&#324; 1-go Maja, przypiecz&#281;towany krwi&#261; nasz&#261;, &#347;wi&#281;tym jest dla robotnika polskiego. Niechaj z ka&#380;dym rokiem przybywa coraz wi&#281;cej &#347;wi&#281;tuj&#261;cych ! Niechaj nie b&#281;dzie po&#347;r&#243;d nas ani jednego, kt&#243;ryby by&#322; oboj&#281;tnym na &#347;wi&#281;to robotnicze ! Niechaj nie b&#281;dzie ani jednego, kt&#243;ryby nie wiedzia&#322;, co oznacza obch&#243;d Majowy i dlaczego robotnicy &#380;&#261;daj&#261; o&#347;miogodzinnego dnia roboczego !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Le 1er mai approche &#224; nouveau. Il n'y a pas un travailleur dont le c&#339;ur ne palpiterait dans sa poitrine &#224; l'&#233;vocation de ce mot. Depuis plusieurs ann&#233;es, chaque printemps, des millions de travailleurs attendent avec impatience leur f&#234;te du 1er mai, tandis que les ennemis des travailleurs l'attendent avec crainte et haine. Et longtemps apr&#232;s le 1er mai, les nouvelles se r&#233;pandent de bouche en bouche dans tous les pays sur le d&#233;roulement du 1er mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous, les travailleurs polonais, avons particip&#233; &#224; cette grande f&#234;te d&#232;s le d&#233;but. Lorsque, dans le monde entier, les travailleurs ont abandonn&#233; le travail ce jour-l&#224; et ont cri&#233; : &#171; Nous exigeons une journ&#233;e de travail de huit heures &#187;, les travailleurs polonais ont c&#233;l&#233;br&#233; la f&#234;te et ont &#233;galement exig&#233; une journ&#233;e de travail de huit heures et la libert&#233; politique. Le sang du travailleur polonais a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; vers&#233; en sacrifice lors de la f&#234;te du 1er mai. En 1891, pour la c&#233;l&#233;bration du 1er mai, le gouvernement s'est veng&#233; en frappant nos fr&#232;res &#224; Zyrardow. En 1892, pour avoir c&#233;l&#233;br&#233; le 1er mai, nos camarades ont &#233;t&#233; abattus dans les rues de Lodz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 1er mai, scell&#233; par notre sang, est sacr&#233; pour le travailleur polonais. Que ceux qui le c&#233;l&#232;brent soient de plus en plus nombreux chaque ann&#233;e ! Qu'il n'y ait pas un seul d'entre nous qui soit indiff&#233;rent &#224; la f&#234;te des travailleurs ! Qu'il n'y ait pas un seul d'entre nous qui ne sache pas ce que signifie la c&#233;l&#233;bration du 1er mai et pourquoi les travailleurs exigent une journ&#233;e de travail de huit heures !&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CO JEST NAJWI&#280;KSZ&#260; POTRZEB&#260; ROBOTNIK&#211;W ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;QUEL EST LE BESOIN LE PLUS IMPORTANT DES TRAVAILLEURS ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KR&#211;TKI DZIE&#323; ROBOCZY.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;i&gt;UNE JOURN&#201;E DE TRAVAIL COURTE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W dzisiejszem spo&#322;ecze&#324;stwie, jest taki porz&#261;dek, &#380;e miljony robotnik&#243;w, czeladnik&#243;w, parobk&#243;w &#380;yj&#261; w wiecznej pracy. Fabrykanci za&#347;, majstrowie, dziedzice, bankierzy przez ca&#322;e &#380;ycie nic nie robi&#261;. Robotnicy tworz&#261; swemi r&#281;kami wszystkie konieczne do &#380;ycia przedmioty. Fabrykanci, majstrowie &#8212; kapitali&#347;ci zagarniaj&#261; to wszystko na swoj&#261; w&#322;asno&#347;&#263;. Robotnicy maj&#261; ledwie na &#380;ycie i mieszkaj&#261; w n&#281;dznych dziurach. Cierpi&#261; ch&#322;&#243;d i g&#322;&#243;d, choruj&#261; od wysi&#322;ku przy pracy i umieraj&#261; przedwcze&#347;nie. Kapitali&#347;ci za&#347; &#380;yj&#261; z ich pracy w zbytkach, maj&#261; w&#322;asne pa&#322;ace, stroj&#261; si&#281;, piel&#281;gnuj&#261; swe zdrowie i do&#380;ywaj&#261; s&#281;dziwej staro&#347;ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle, l'ordre est tel que des millions d'ouvriers, de compagnons, de valets de ferme vivent dans un travail perp&#233;tuel. Les propri&#233;taires d'usine, les contrema&#238;tres, les h&#233;ritiers, les banquiers ne font rien de toute leur vie. Les ouvriers cr&#233;ent de leurs mains tous les objets n&#233;cessaires &#224; la vie. Les propri&#233;taires d'usine, les contrema&#238;tres, les capitalistes s'en emparent. Les ouvriers ont &#224; peine de quoi vivre et vivent dans des cabanes mis&#233;rables. Ils souffrent du froid et de la faim, tombent malades &#224; cause de leur travail et meurent pr&#233;matur&#233;ment. Les capitalistes, en revanche, vivent de leur travail dans le luxe, ont leurs propres palais, s'habillent bien, prennent soin de leur sant&#233; et vivent jusqu'&#224; un &#226;ge avanc&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Widzi to ka&#380;dy robotnik i codzie&#324; ma sw&#261; okropn&#261; krzywd&#281; przed oczyma. Kt&#243;&#380; z nas niechcia&#322;by poprawi&#263; swej doli, mie&#263; mniej pracy, dobry zarobek i sta&#322;e zaj&#281;cie ! Jaki&#380; robotnik niechcia&#322;by wydoby&#263; si&#281; z n&#281;dzy i poni&#380;enia ! Ale jak to uczyni&#263; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Chaque travailleur le constate et a chaque jour sous les yeux la terrible injustice qu'il subit. Qui d'entre nous ne voudrait pas am&#233;liorer son sort, avoir moins de travail, un bon revenu et une occupation permanente ! Quel travailleur ne voudrait pas sortir de sa mis&#232;re et de son humiliation ! Mais comment faire ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Odpowied&#378; na to prosta i jasna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aby poprawi&#263; sw&#261; dol&#281;, robotnicy musz&#261; mniej pracowa&#263; i wi&#281;cej zarabia&#263;. Mniejsz&#261; za&#347; prac&#281; i wi&#281;kszy zarobek da im&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; kr&#243;tki dzie&#324; roboczy.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; La r&#233;ponse &#224; cela est simple et claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour am&#233;liorer leur sort, les travailleurs doivent travailler moins et gagner plus. Et moins de travail et plus de salaire, c'est&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une journ&#233;e de travail plus courte.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;2. KROTKI DZIE&#323; ROBOCZY WR&#211;CI NAM ZDROWIE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;UNE COURTE JOURN&#201;E DE TRAVAIL ET LA SANT&#201; REVIENDRA.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dla nas robotnik&#243;w, kt&#243;rzy &#380;yjemy z pracy r&#261;k w&#322;asnych, si&#322;y i zdrowie &#8212; to wszystko. Straciwszy je, tracimy zupe&#322;nie &#347;rodki do &#380;ycia. Tymczasem dzisiejsza praca przez 12 i 16 godzin na dob&#281; niszczy nasze zdrowie i si&#322;y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Pour nous, travailleurs, qui vivons du travail de nos mains, la force et la sant&#233; sont essentielles. Si nous les perdons, nous perdons tout simplement nos moyens de subsistance. Or, le travail d'aujourd'hui, qui dure 12 ou 16 heures par jour, d&#233;truit notre sant&#233; et nos forces.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W fabrykach, warsztatach, kopalniach &#380;yjemy ci&#261;gle w dusznem powietrzu, musimy znosi&#263; upa&#322;y od wielkich piec&#243;w, wdycha&#263; w siebie dym, kurz, py&#322; i truj&#261;ce gazy, sta&#263; w wilgoci. To wszystko ju&#380; po kilku latach czyni najzdrowszego &#8212; s&#322;abym i chorowitym. Ale je&#380;eli w takich warunkach przebywa si&#281; wi&#281;ksz&#261; cz&#281;&#347;&#263; doby, jak my teraz czynimy, to po kilkunastu latach cz&#322;owiek staje si&#281; zupe&#322;nie do niczego. Jedynym ratunkiem dla nas robotnik&#243;w jest &#8212; przebywa&#263; jaknajkr&#243;ciej w fabryce i warsztacie &#8212; mie&#263; jaknajkr&#243;tszy dzie&#324; roboczy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Dans les usines, les ateliers, les mines, nous vivons constamment dans un air &#233;touffant, nous devons supporter la chaleur des hauts fourneaux, respirer la fum&#233;e, la poussi&#232;re et les gaz toxiques, rester dans l'humidit&#233;. Tout cela affaiblit et rend malade la personne la plus saine au bout de quelques ann&#233;es seulement. Mais si l'on reste dans de telles conditions la majeure partie de la journ&#233;e, comme c'est le cas aujourd'hui, on devient compl&#232;tement inutile au bout d'une douzaine d'ann&#233;es. Le seul salut pour nous, travailleurs, est de rester le moins longtemps possible dans l'usine et l'atelier, d'avoir une journ&#233;e de travail aussi courte que possible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pracuj&#261;c naprzyk&#322;ad 10, 8 godzin na dzie&#324; i to tylko we dnie, b&#281;dziemy mieli do&#347;&#263; czasu na sen i spoczynek. Sen zwraca cz&#322;owiekowi stracone si&#322;y. Spacer na &#347;wie&#380;em powietrzu o&#380;ywia ca&#322;e cia&#322;o. Wskutek tego i &#380;ycie si&#281; przed&#322;u&#380;a. Dzi&#347; wi&#281;kszo&#347;&#263; z nas umiera ju&#380; w 40, 45-ym roku &#380;ycia. Przy niekt&#243;rych zaj&#281;ciach robotnik nie &#380;yje d&#322;u&#380;ej nad lat 30, naprzyk&#322;ad szlifierze, tkacze. &#379;ycie robotnik&#243;w jest dwa razy kr&#243;tszem od &#380;ycia kapitalist&#243;w. Przy 10, 8-iu godzinach pracy zyskamy conajmniej 10 &#8212; 15 lat &#380;ycia. Ka&#380;da skr&#243;cona godzina pracy doda nam godzin&#281; &#380;ycia, tak jak dzi&#347; ka&#380;da godzina w fabryce sp&#281;dzona zbli&#380;a nas o godzin&#281; do &#347;mierci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; En travaillant, par exemple, 10, 8 heures par jour et seulement pendant la journ&#233;e, nous aurons suffisamment de temps pour dormir et nous reposer. Le sommeil redonne des forces &#224; une personne. Une promenade &#224; l'air frais revitalise tout le corps. Par cons&#233;quent, la vie est &#233;galement prolong&#233;e. Aujourd'hui, la plupart d'entre nous meurent entre 40 et 45 ans. Dans certaines professions, un travailleur ne vit pas plus de 30 ans, par exemple les broyeurs ou les tisserands. La vie des travailleurs est deux fois plus courte que celle des capitalistes. Avec 10 ou 8 heures de travail, nous gagnons au moins 10 &#224; 15 ans de vie. Chaque heure de travail raccourcie ajoutera une heure &#224; notre vie, tout comme aujourd'hui chaque heure pass&#233;e dans une usine nous rapproche de la mort. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. KR&#211;TKI DZIE&#323; ROBOCZY DA PRAC&#280; NIEZAJ&#280;TYM ROBOTNIKOM.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;UNE JOURN&#201;E DE TRAVAIL COURTE DONNERA DU TRAVAIL AUX TRAVAILLEURS INOCCUP&#201;S.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gdy jedni z klasy robotniczej pracuj&#261; dzie&#324; i noc w jarzmie kapita&#322;u &#8212; inni nie maj&#261; &#380;adnej roboty Robotnik&#243;w jest wi&#281;cej ni&#380; ich kapitali&#347;ci potrzebuj&#261;. Takich pozbawionych pracy jest nawet coraz wi&#281;cej. C&#243;&#380; pozostaje robotnikowi, kt&#243;ry nie mo&#380;e znale&#378;&#263; roboty ? Chyba umrze&#263; z g&#322;odu. Wszak my robotnicy nie mamy kapita&#322;&#243;w, aby z nich &#380;y&#263; z za&#322;o&#380;onemi r&#281;kami. Oszcz&#281;dno&#347;ci robi&#263; tak&#380;e nie mo&#380;emy przy naszych n&#281;dznych zarobkach. Tote&#380; niezatrudniony robotnik, by&#322;e nie umrze&#263; z g&#322;odu, got&#243;w za najgorsz&#261; p&#322;ac&#281; naj&#261;&#263; si&#281; do roboty. Kapitali&#347;ci z tego korzystaj&#261; i zni&#380;aj&#261; nam zarobki. Wiedz&#261; oni, &#380;e nawet za najn&#281;dzniejszy grosz znajd&#261; zawsze ch&#281;tnego do roboty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Quand une partie de la classe ouvri&#232;re travaille jour et nuit sous le joug du capital, d'autres n'ont pas de travail du tout. Ces ch&#244;meurs sont de plus en plus nombreux. Que reste-t-il au travailleur qui ne trouve pas de travail ? Probablement mourir de faim. En effet, nous, les travailleurs, n'avons pas le capital n&#233;cessaire pour vivre les bras crois&#233;s. Nous ne pouvons pas non plus &#233;pargner avec nos maigres salaires. C'est pourquoi le ch&#244;meur, pour ne pas mourir de faim, est pr&#234;t &#224; accepter un travail pour le plus mauvais salaire. Les capitalistes en profitent pour r&#233;duire nos salaires. Ils savent que m&#234;me pour le plus petit salaire, ils trouveront toujours quelqu'un pr&#234;t &#224; travailler.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; W ten spos&#243;b robotnicy bez zaj&#281;cia sami n&#281;dz&#281; cierpi&#261; i psuj&#261; ceny pracuj&#261;cym. Inaczej b&#281;dzie przy kr&#243;tkim dniu roboczym. Dzi&#347; potrzebna robota wykonywa si&#281; w ci&#261;gu 12, 13 i 15 godzin. Je&#347;li za&#347; t&#281; sam&#261; robot&#281; b&#281;dzie trzeba wykona&#263; w ci&#261;gu 10 lub 8 godzin, to kapitalista b&#281;dzie musia&#322; naj&#261;&#263; wi&#281;cej robotnik&#243;w. W ten spos&#243;b ci, co dzi&#347; chodz&#261; bez zaj&#281;cia, znajd&#261; je bez uszczerbku dla innych.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;De cette mani&#232;re, les travailleurs inoccup&#233;s souffrent eux-m&#234;mes de la mis&#232;re et g&#226;chent le prix de ceux qui travaillent . La situation sera diff&#233;rente avec une journ&#233;e de travail plus courte. Aujourd'hui, le travail n&#233;cessaire est effectu&#233; en 12, 13 et 15 heures. Mais si le m&#234;me travail doit &#234;tre fait en 10 ou 8 heures, le capitaliste devra embaucher plus de travailleurs. De cette mani&#232;re, ceux qui aujourd'hui n'ont pas de travail en trouveront un sans porter pr&#233;judice aux autres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Prawda, &#380;e w tedy fabrykanci postaraj&#261; si&#281; zaprowadzi&#263; u siebie lepsze maszyny, przy kt&#243;rych potrzebowaliby znowu mniej robotnik&#243;w. Kapitalista woli naturalnie wyrobi&#263; t&#281; sam&#261; ilo&#347;&#263; towaru przy pomocy 100 robotnik&#243;w, ni&#380; 200, bo 100 robotnikom zap&#322;aci dwa razy mniej. Do tego s&#322;u&#380;&#261; kapitali&#347;cie maszyny. Wiadomo, &#380;e przy maszynie np. jeden tkacz robi dzi&#347; tyle, ile dawniej stu r&#281;cznych. Dlatego co par&#281; lat maszyny jeszcze si&#281; ulepszaj&#261;, aby coraz mniej przy nich trzeba by&#322;o r&#261;k roboczych. Kapitali&#347;ci szczeg&#243;lniej wprowadz&#261; takie maszyny przy kr&#243;tkim dniu roboczym.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Il est vrai qu'&#224; ce moment-l&#224;, les propri&#233;taires de l'usine essaieront d'introduire de meilleures machines, avec lesquelles ils auront &#224; nouveau besoin de moins de travailleurs. Naturellement, le capitaliste pr&#233;f&#232;re produire la m&#234;me quantit&#233; de biens avec 100 travailleurs plut&#244;t qu'avec 200, car il paiera 100 travailleurs deux fois moins cher. C'est &#224; cela que servent les machines pour le capitaliste. Il est bien connu qu'avec une machine, par exemple, un tisserand gagne aujourd'hui autant qu'une centaine de travailleurs manuels. C'est pourquoi les machines sont am&#233;lior&#233;es tous les deux ou trois ans, de sorte que de moins en moins de travailleurs sont n&#233;cessaires pour les faire fonctionner. Les capitalistes introduisent de telles machines surtout lorsque la journ&#233;e de travail est courte.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ale nim wszyscy to uczyni&#261;, sporo wody up&#322;ynie. Tymczasem setki naszych braci znajdzie chleb i prac&#281;. Najbardziej za&#347; skorzystaj&#261; ci, kt&#243;rzy pracuj&#261; bez maszyn : murarze, cie&#347;le i inni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Mais beaucoup d'eau aura coul&#233; sous les ponts avant qu'ils ne le fassent tous. Entre-temps, des centaines de nos fr&#232;res trouveront du pain et du travail. Et ceux qui en profiteront le plus seront ceux qui travaillent sans machine : ma&#231;ons, charpentiers et autres. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. KR&#211;TKI DZIE&#323; ROBOCZY POWI&#280;KSZY ZAROBKI.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;UNE JOURN&#201;E DE TRAVAIL COURTE PERMET D'AUGMENTER LES REVENUS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Kiedy zmniejszy si&#281; liczba niezaj&#281;tych robotnik&#243;w, zarobki p&#243;jd&#261; w g&#243;r&#281;. Kapitali&#347;ci nie b&#281;d&#261; ju&#380; mieli w zapasie tylu robotnik&#243;w gotowych do us&#322;ug. Przeto, nie obawiaj&#261;c si&#281; konkurencji, podniesiemy &#380;&#261;dania, i wyzyskiwacze zmuszeni b&#281;d&#261; wi&#281;cej nam p&#322;aci&#263;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Lorsque le nombre de travailleurs inoccup&#233;s diminue, les salaires augmentent. Les capitalistes n'auront plus autant de travailleurs en r&#233;serve pr&#234;ts &#224; servir. C'est pourquoi, ne craignant pas la concurrence, nous augmenterons nos exigences et les exploiteurs seront contraints de nous payer davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ale pr&#243;cz tego, kr&#243;tki dzie&#324; roboczy polepszy &#380;ycie robotnik&#243;w. Robotnicy, kt&#243;rzy mniej pracuj&#261;, zwykle porz&#261;dniej si&#281; ubieraj&#261;, &#380;yj&#261; lepiej, kupuj&#261; ksi&#261;&#380;ki, abonuj&#261; gazety, chodz&#261; do teatru. A im robotnicza klasa lepiej &#380;yje, tem wy&#380;ej stoj&#261; zarobki. Robotnicy za sw&#261; prac&#281; musz&#261; dosta&#263; przynajmniej tyle, aby im starczy&#322;o na &#380;ycie, wi&#281;c im wi&#281;cej potrzebuj&#261; na &#380;ycie, tem wi&#281;cej otrzymuj&#261;. To fakt sprawdzony wsz&#281;dzie zagranic&#261;. Angielski robotnik pracuje o kilka godzin mniej od nas, a zarabia 4 i 5 razy wi&#281;cej. Gdzie tylko skr&#243;cono dzie&#324; roboczy, tam po pewnym czasie p&#322;aca robocza sz&#322;a w g&#243;r&#281;. W 1839 roku skr&#243;cono angielskim prz&#281;dzarzom prac&#281; o godzin&#281; i p&#243;&#322;. Po pewnym czasie zarabiali tygodniowo o 2 rs. wi&#281;cej. W tym&#380;e czasie p&#322;aca farbiarzy, kt&#243;rym niedano kr&#243;tszego dnia roboczego, spad&#322;a o p&#243;&#322;tora rubla. W Londynie robotnicy gazowi zdobyli w kilku zak&#322;adach 8 godzinny dzie&#324; roboczy, &#8212; zarobki ich w kilka lat podwoi&#322;y si&#281;. Dlatego zupe&#322;nie mylnie s&#261;dz&#261; niekt&#243;rzy robotnicy, &#380;e przez d&#322;u&#380;sz&#261; prac&#281; zdobywaj&#261; wi&#281;cej &#347;rodk&#243;w do &#380;ycia. Przeciwnie, d&#322;uga praca jest tylko szkodliw&#261; dla robotnik&#243;w i przy nosi po&#380;ytek tylko wyzyskiwaczom. Ka&#380;dy, kto chce mie&#263; nie tylko lepsze zdrowie, ale i lepsze jedzenie, odzienie, mieszkanie powinien d&#261;&#380;y&#263; do jaknajkr&#243;tszego dnia roboczego. Ka&#380;dy robotnik powinien trzyma&#263; si&#281; &#347;wi&#281;cie tej prawdy, &#380;e im kr&#243;ciej robotnicy pracuj&#261;, tem wi&#281;cej zarabiaj&#261;. Je&#347;li pojedy&#324;czy robotnik sam zechce pracowa&#263; kr&#243;ciej od innych, to przez to naturalnie jego zarobek si&#281; nie powi&#281;kszy, a nawet zmniejszy. Ale je&#380;eli wszyscy robotnicy b&#281;d&#261; mniej pracowali, wtedy ceny si&#322;y roboczej dla wszystkich si&#281; podnios&#261;, zarobki b&#281;d&#261; wi&#281;ksze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Mais outre cela, une journ&#233;e de travail courte am&#233;liorera la vie des travailleurs. Les travailleurs qui travaillent moins ont tendance &#224; mieux s'habiller, &#224; mieux vivre, &#224; acheter des livres, &#224; s'abonner &#224; des journaux, &#224; aller au th&#233;&#226;tre. Et plus la classe ouvri&#232;re vit bien, plus les salaires sont &#233;lev&#233;s. Les travailleurs doivent recevoir au moins de quoi vivre pour leur travail, donc plus ils ont besoin de vivre, plus ils re&#231;oivent. C'est un fait av&#233;r&#233; partout &#224; l'&#233;tranger. Un travailleur anglais travaille quelques heures de moins que nous et gagne 4 &#224; 5 fois plus. Partout o&#249; la journ&#233;e de travail a &#233;t&#233; raccourcie, le salaire des ouvriers a augment&#233; au bout d'un certain temps. En 1839, la journ&#233;e du fileur anglais a &#233;t&#233; raccourcie d'une heure et demie. Au bout d'un certain temps, ils gagnent 2 roubles de plus par semaine. Dans le m&#234;me temps, les salaires des teinturiers, qui n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; d'une r&#233;duction de la journ&#233;e de travail, ont baiss&#233; d'un rouble et demi. &#192; Londres, les travailleurs du gaz ont obtenu une journ&#233;e de travail de 8 heures dans plusieurs usines - leur salaire a doubl&#233; en quelques ann&#233;es. C'est donc &#224; tort que certains travailleurs pensent qu'en travaillant plus longtemps, ils gagnent plus d'argent. Au contraire, le travail prolong&#233; ne fait que nuire aux travailleurs et ne profite qu'aux exploiteurs. Quiconque souhaite non seulement une meilleure sant&#233;, mais aussi une meilleure alimentation, de meilleurs v&#234;tements et un meilleur logement devrait s'efforcer d'obtenir la journ&#233;e de travail la plus courte possible. Chaque travailleur devrait adh&#233;rer au principe selon lequel plus le temps de travail est court, plus le salaire est &#233;lev&#233;. Si un travailleur individuel veut lui-m&#234;me travailler moins longtemps que les autres, ses revenus n'augmenteront naturellement pas, mais diminueront m&#234;me. Mais si tous les travailleurs travaillent moins, le prix de la force de travail pour tous augmentera, les salaires seront plus &#233;lev&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. KR&#211;TKI DZIE&#323; ROBOCZY ZNIESIE SEZONY.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;LA COURTE JOURN&#201;E DE TRAVAIL SUPPRIMERA LES SAISONS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jedn&#261; z najwi&#281;kszych plag robotnika, szczeg&#243;lniej w rzemios&#322;ach s&#261; dzi&#347; &#171; sezony &#187;. Par&#281; miesi&#281;cy, kiedy nap&#322;ywaj&#261; dobre obstalunki, trzeba harowa&#263; dniem i noc&#261;, roboty nie mo&#380;na nastarczy&#263;. Zato w innych miesi&#261;cach nie ma prawie nic do roboty i nie wiadomo, jak prze&#380;y&#263;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; L'un des plus grands fl&#233;aux du travailleur, en particulier dans les m&#233;tiers, est la &#171; saison &#187;. Certains mois, lorsque les commandes sont bonnes, vous devez travailler jour et nuit et vous n'avez jamais assez de travail. D'autres mois, il n'y a presque rien &#224; faire et personne ne sait comment survivre.&lt;/i&gt; (note 1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zmieni si&#281; to przy kr&#243;tkim dniu roboczym. Wtedy panowie majstrowie i fabrykanci nie b&#281;d&#261; mieli prawa zatrudnia&#263; nas ani po nocach, ani zbyt d&#322;ugo we dnie. C&#243;&#380; im pozostanie uczyni&#263; ? Radzi nie radzi, b&#281;d&#261; musieli robi&#263; na dobry sezon zapas w ci&#261;gu roku. I przez to w&#322;a&#347;nie znajdziemy do&#347;&#263; roboty przez ca&#322;y rok. Nie b&#281;dziemy ci&#261;gle przechodzili od zam&#281;czania si&#281; prac&#261; do przymusowej pr&#243;&#380;niaczki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Cela changera avec une journ&#233;e de travail plus courte. Les contrema&#238;tres et les directeurs d'usine n'auront alors plus le droit de nous employer, ni de nuit, ni trop longtemps dans la journ&#233;e. Que leur restera-t-il &#224; faire ? Bon gr&#233;, mal gr&#233;, qu'ils le veuilllent ou non, ils devront faire des r&#233;serves pour la haute saison au cours de l'ann&#233;e enti&#232;re. Et d&#251; &#224; cela justement nous trouverons suffisamment de travail toute l'ann&#233;e. Nous n'alternerons plus sans cesse entre l'&#233;puisement par le travail et l'oisivet&#233; forc&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#281;czennice sezon&#243;w &#8212; szwaczki, modniarki, krawaciarki &#8212; przestan&#261; &#380;y&#263; mi&#281;dzy gro&#378;b&#261; &#347;mierci ze znu&#380;enia, a gro&#378;b&#261; &#347;mierci g&#322;odowej.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Les martyrs des saisons - couturi&#232;res, modistes, couturiers - cesseront de vivre entre la menace de la mort par fatigue et la menace de la famine. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. KR&#211;TKI DZIE&#323; ROBOCZY PODNIESIE O&#346;WIAT&#280; I SOLIDARNO&#346;&#262;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;UNE JOURN&#201;E DE TRAVAIL PLUS COURTE PERMETTRA DE RENFORCER L'&#201;DUCATION ET LA SOLIDARIT&#201;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Najg&#322;&#243;wniejsza jednak korzy&#347;&#263; kr&#243;tkiego dnia roboczego jest ta, &#380;e wtedy znajdziemy zawsze opr&#243;cz czasu na wyspanie si&#281; i wypoczynek, jeszcze kilka wolnych godzin. Tych kilku godzin b&#281;dziemy u&#380;ywali no rozrywki, na spacery, a przedewszystkiem na &#8212; czytanie i o&#347;wiecanie si&#281;. Dzi&#347; robotnik zna w &#380;yciu tylko prac&#281;, jad&#322;o i sen. Tak samo &#380;yje ka&#380;dy w&#243;&#322; roboczy lub ko&#324; poci&#261;gowy. Przy kr&#243;tkim dniu roboczym, przy wolnym czasie zajmiemy si&#281; swoj&#261; o&#347;wiat&#261;. Robotnicy b&#281;d&#261; mogli czytywa&#263; gazety, ksi&#261;&#380;ki, wiedzie&#263; co si&#281; dzieje na &#347;wiecie, &#380;y&#263;, jak ludzie. A jakie z tego wyp&#322;yn&#261; dla nich korzy&#347;ci, ka&#380;dy zrozumie. Robotnika o&#347;wieconego, maj&#261;cego wiedz&#281;, fabrykant lub majster nie &#347;mie l&#380;y&#263; i traktowa&#263; jak psa. Dlatego to takie poszanowanie maj&#261; u swych &#171; chlebodawc&#243;w &#187; robotnicy zagranic&#261;, kt&#243;rzy mniej od nas pracuj&#261; i s&#261; bardziej o&#347;wieceni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; L'avantage le plus important d'une journ&#233;e de travail courte, cependant, est qu'en plus de dormir et de se reposer, nous trouverons toujours quelques heures libres. Ces quelques heures seront utilis&#233;es pour se divertir, se promener et, surtout, pour lire et s'instruire. Aujourd'hui, le travailleur ne conna&#238;t dans la vie que le travail, la nourriture et le sommeil. Il en va de m&#234;me pour chaque b&#234;te de somme ou cheval de trait. Avec une journ&#233;e de travail courte, avec du temps libre, nous nous occuperons de notre &#233;ducation. Les travailleurs pourront lire des journaux, des livres, savoir ce qui se passe dans le monde, vivre comme des &#234;tres humains. Tout le monde comprendra les avantages qui en d&#233;couleront pour eux. Un travailleur &#233;clair&#233;, dot&#233; de connaissances, ne se laissera pas mentir ou traiter comme un chien par un propri&#233;taire d'usine ou un contrema&#238;tre. C'est pourquoi les travailleurs &#233;trangers, qui travaillent moins que nous et sont plus &#233;clair&#233;s, sont tellement respect&#233;s par leurs &#171; patrons &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aleto jeszcze niewszystko. Najg&#322;&#243;wniejsza rzecz jest to, &#380;e przy kr&#243;tkim dniu roboczym znajdziemy czas na zajmowanie si&#281; swemi robotniczemi sprawami. Je&#347;li robotnicy sami o sobie nie b&#281;d&#261; my&#347;leli, sami nie b&#281;d&#261; starali si&#281; o polepszenie swego losu &#8212; nikt za nich nic pomy&#347;li, nikt im nie pomo&#380;e. Ca&#322;a si&#322;a robotnik&#243;w wobec ich wrog&#243;w, wyzyskiwaczy le&#380;y w tem, &#380;e si&#281; trzymaj&#261; wszyscy solidarnie. Z &#380;&#261;da&#324; jednego robotnika fabrykant si&#281; &#347;mieje, ale na &#380;&#261;dania wszystkich musi si&#281; zgodzi&#263;. Bo c&#243;&#380; pocznie, je&#347;li robotnicy zastrejkuj&#261; i fabryka stanie ? Wtedy fabrykant traci tyle, &#380;e po pewnym czasie nie ma innego wyj&#347;cia, jak przysta&#263; na &#380;&#261;dania robotnik&#243;w.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Mais ce n'est pas tout. Le plus important est qu'avec une journ&#233;e de travail courte, nous trouvions le temps de nous occuper de nos affaires de travailleurs. Si les travailleurs ne pensent pas par eux-m&#234;mes, s'ils n'essaient pas d'am&#233;liorer leur sort, personne ne pensera pour eux, personne ne les aidera. Toute la force des travailleurs face &#224; leurs ennemis, leurs exploiteurs, r&#233;side dans le fait qu'ils sont tous solidaires. Le propri&#233;taire de l'usine se moque des revendications d'un ouvrier, mais il doit accepter les revendications de tous. Car que fera-t-il si les ouvriers se mettent en gr&#232;ve et que l'usine s'arr&#234;te ? Le propri&#233;taire de l'usine perd alors tellement qu'au bout d'un certain temps, il n'a plus d'autre choix que d'accepter les revendications des travailleurs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; W solidarno&#347;ci swojej i w strejku robotnicy maj&#261; bro&#324; na fabrykant&#243;w i majstr&#243;w. Im s&#261; solidarniejsi, im cz&#281;&#347;ciej strejkuj&#261;, tem wi&#281;cej zyskuj&#261; p&#322;acy, poszanowania, lepszych warunk&#243;w przy pracy. I zagranic&#261; robotnicy doszli do dzisiejszego swego po&#322;o&#380;enia tylko przez to, &#380;e si&#281; solidarnie trzymali i walczyli wszyscy razem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Dans leur solidarit&#233; et dans la gr&#232;ve, les travailleurs disposent d'une arme contre les propri&#233;taires d'usine et les contrema&#238;tres. Plus ils sont solidaires, plus ils font gr&#232;ve, plus ils obtiennent des salaires, du respect, de meilleures conditions de travail. Les travailleurs &#224; l'&#233;tranger n'ont atteint leur situation actuelle que parce qu'ils ont &#233;t&#233; solidaires et se sont battus ensemble.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ale na to, &#380;eby mi&#281;dzy robotnikami rozwija&#322;a si&#281; solidarno&#347;&#263;, potrzebny im jest czas do porozumiewania si&#281; ze sob&#261;. Pierwszym warunkiem jest to, aby robotnicy mieli kiedy zbiera&#263; si&#281;, rozmawia&#263; o swoich sprawach, radzi&#263; si&#281; wzajemnie i postanawia&#263; zgodnie, co czyni&#263;. Strejk, naprzyk&#322;ad, mo&#380;e tylko wtedy doj&#347;&#263; do skutku, je&#380;eli wszyscy robotnicy naradz&#261; si&#281; i zgodz&#261; porzuci&#263; robot&#281;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Mais pour que la solidarit&#233; se d&#233;veloppe entre les travailleurs, il faut qu'ils aient le temps de communiquer entre eux. La premi&#232;re condition est que les travailleurs aient le temps de se r&#233;unir, de discuter de leurs pr&#233;occupations, de se conseiller mutuellement et de se mettre d'accord sur ce qu'il convient de faire. Une gr&#232;ve, par exemple, ne peut se concr&#233;tiser que si tous les travailleurs se r&#233;unissent et acceptent de cesser le travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pr&#243;cz tego, strejk najlepiej udaje si&#281; wtedy, kiedy robotnicy maj&#261; w zapasie pieni&#261;dze na &#380;ycie podczas bezrobocia. Wtedy g&#322;&#243;d nie zmusza ich wraca&#263; do fabryki, nim zyskaj&#261; swoje. W tym celu potrzebna jest sta&#322;a wsp&#243;lna kasa, do kt&#243;rej by robotnicy zawsze sk&#322;adali po par&#281; groszy na wypadek strejku. Dla urz&#261;dzenia za&#347; i prowadzenia kasy konieczne jest znowu, aby robotnicy schodzili si&#281;, porozumiewali i radzili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;En outre, la gr&#232;ve fonctionne mieux lorsque les travailleurs ont de l'argent pour vivre pendant le ch&#244;mage. La faim ne les oblige alors pas &#224; retourner &#224; l'usine avant d'avoir gagn&#233; le leur. Pour cela, il faut une caisse commune permanente, dans laquelle les ouvriers d&#233;poseraient toujours quelques sous chacun en cas de gr&#232;ve. Pour constituer et g&#233;rer cette caisse, il est &#224; nouveau n&#233;cessaire que les ouvriers se r&#233;unissent, communiquent et se conseillent mutuellement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S&#322;owem, dla solidarno&#347;ci robotniczej, dla urz&#261;dzania strejk&#243;w, koniecznym jest czas i mo&#380;no&#347;&#263; widywania si&#281; i zgromadzania mi&#281;dzy robotnikami. Ten czas i t&#281; mo&#380;no&#347;&#263; da kr&#243;tki dzie&#324; roboczy. Wprawdzie zebrania i strejki s&#261; u nas zabronione. Ale jak i dotychczas mo&#380;na je robi&#263; tajnie. &#8212; Przy kr&#243;tkim dniu roboczym rozwinie si&#281; wi&#281;c solidarno&#347;&#263; robotnicza, b&#281;d&#261; si&#281; cz&#281;&#347;ciej odbywa&#322;y strejki, a solidarno&#347;ci&#261; i strejkami b&#281;dziemy znowu zdobywali sobie jeszcze kr&#243;tszy dzie&#324; roboczy, wy&#380;sz&#261; p&#322;ac&#281; i coraz lepsze warunki &#380;ycia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;En un mot, pour la solidarit&#233; ouvri&#232;re, pour l'organisation des gr&#232;ves, il faut avoir le temps et l'occasion de se voir et de se r&#233;unir entre travailleurs. Ce temps et cette occasion seront fournis par une journ&#233;e de travail courte. Certes, les r&#233;unions et les assembl&#233;es sont interdites dans notre pays. Mais, comme auparavant, elles peuvent se faire en secret. - Ainsi, avec une journ&#233;e de travail courte, la solidarit&#233; des travailleurs se d&#233;veloppera, les r&#233;unions seront plus fr&#233;quentes, et la solidarit&#233; et les r&#233;unions conduiront &#224; nouveau &#224; une journ&#233;e de travail plus courte, &#224; des salaires plus &#233;lev&#233;s et &#224; de meilleures conditions de vie. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kr&#243;tki dzie&#324; roboczy jest wi&#281;c pierwszym warunkiem poprawy bytu robotniczego.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
On nam da zdrowie, d&#322;u&#380;sze &#380;ycie i stalsze zaj&#281;cie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On da wszystkim wy&#380;sze zarobki, a niezatrudnionym da prac&#281;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On podniesie o&#347;wiat&#281; i solidarno&#347;&#263; robotnicz&#261;, a przez to da nam mo&#380;no&#347;&#263; zdobywa&#263; coraz wi&#281;cej i wi&#281;cej.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Los nasz, robotnicy, jest w naszem w&#322;asnem r&#281;ku. Je&#347;li chcemy wydoby&#263; si&#281; z tej n&#281;dzy i pracy, w kt&#243;rej dzi&#347; &#380;yjemy &#8212; dobijajmy si&#281; kr&#243;tszego dnia roboczego. Cel ten stoi przed nami jasno i wyra&#378;nie. U&#380;yjmy wszystkich si&#322;, aby doj&#347;&#263; do niego, bo tam, w kr&#243;tkim dniu roboczym nasza przysz&#322;o&#347;&#263; i pocz&#261;tek naszego zbawienia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Une journ&#233;e de travail courte est donc la premi&#232;re condition pour am&#233;liorer les conditions de vie des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle nous apportera la sant&#233;, une vie plus longue et un emploi plus p&#233;renne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elle conduira &#224; des salaires plus &#233;lev&#233;s pour tous et &#224; des emplois pour les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elle renforcera l'&#233;ducation et la solidarit&#233; des travailleurs et nous donnera ainsi la possibilit&#233; de conqu&#233;rir toujours plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Notre destin, travailleurs, est entre nos mains. Si nous voulons sortir de la mis&#232;re et du travail dans lesquels nous vivons aujourd'hui, battons-nous pour que la journ&#233;e de travail soit plus courte. Cet objectif se dresse devant nous de mani&#232;re claire et nette. Utilisons toutes nos forces pour l'atteindre, car c'est l&#224;, dans la courte journ&#233;e de travail, que se trouve notre avenir et le d&#233;but de notre salut. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ******&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JAK ZDOBY&#262; KR&#211;TKI DZIE&#323; ROBOCZY ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;COMMENT OBTENIR UNE JOURN&#201;E DE TRAVAIL COURTE ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robotnicy zagranic&#261; d&#261;&#380;&#261; do tego samego co i my. We wszystkich krajach, tak samo jaki u nas, kapitali&#347;ci chc&#261; z robotnik&#243;w wysysa&#263; krew do ostatniej kropli i przez to przed&#322;u&#380;aj&#261; dzie&#324; roboczy, ile mog&#261;. Ale robotnicy rozumiej&#261;, &#380;e kr&#243;tki dzie&#324; roboczy jest im potrzebny jak &#380;ycie, &#380;e to jest pierwszy warunek poprawy ich losu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Les travailleurs &#224; l'&#233;tranger aspirent &#224; la m&#234;me chose que nous. Dans tous les pays, comme dans le n&#244;tre, les capitalistes veulent sucer le sang des travailleurs jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte et allonger ainsi la journ&#233;e de travail autant qu'ils le peuvent. Mais les travailleurs comprennent qu'ils ont besoin d'une journ&#233;e de travail courte comme ils ont besoin de la vie, que c'est la premi&#232;re condition pour am&#233;liorer leur sort.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; W kilku krajach dobili si&#281; ju&#380; znacznego skr&#243;cenia pracy. W Austrji np. prawo pozwala zatrudnia&#263; robotnik&#243;w tylko 11 godzin. W Szwajcarji istnieje tak samo prawo 11-godzinnego dnia roboczego. W Anglji wprawdzie dla doros&#322;ych m&#281;&#380;czyzn prawo nie ogranicza czasu pracy, ale w rzeczywisto&#347;ci robotnicy wywalczyli tam 11- a nawet 10-godzinny dzie&#324; pracy. W Ameryce w pi&#281;ciu Stanach Zjednoczonych prawo przepisuje 10-godzinn&#261; prac&#281;, w trzech za&#347; Stanach &#8212; 8-godzinn&#261; prac&#281;. Dalej w Anglji, w Ameryce, w Australji i w Szwajcarji robotnicy dobili si&#281; w wielu miejscach 8-godzinnego dnia roboczego w kopalniach, oraz w fabrykach i warsztatach rz&#261;dowych. R&#243;wnie&#380; w bardzo wielu prywatnych fabrykach zagranicznych pracuj&#261; 10, 9 i 8 godzin dziennie. Wszystko to s&#261; skutki d&#322;ugich walk, cz&#281;stych strejk&#243;w, wielkiej solidarno&#347;ci robotniczej zagranic&#261;. Tak np. w Ameryce w ci&#261;gu sze&#347;ciu lat (1881 &#8212; 1886) odby&#322;o si&#281; 6,615 strejk&#243;w w celu skr&#243;cenia dnia roboczego. Ale to nie zadawalnia robotnik&#243;w. Bracia nasi zagranic&#261; d&#261;&#380;&#261; do zdobycia jednakowego dla wszystkich i najmniejszego czasu pracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Dans plusieurs pays, ils sont d&#233;j&#224; parvenus &#224; une r&#233;duction significative du travail. En Autriche, par exemple, la loi autorise les travailleurs &#224; ne travailler que 11 heures. En Suisse, il existe &#233;galement une loi pour une journ&#233;e de travail de 11 heures. En Angleterre, bien que la loi ne limite pas le temps de travail des hommes adultes, les travailleurs ont obtenu une journ&#233;e de travail de 11 heures, voire de 10 heures. En Am&#233;rique, la loi pr&#233;voit une journ&#233;e de travail de 10 heures dans cinq &#201;tats et de 8 heures dans trois autres. Plus loin, en Angleterre, en Am&#233;rique, en Australie et en Suisse, les travailleurs se sont souvent battus pour une journ&#233;e de travail de 8 heures dans les mines et dans les usines et ateliers publics. De m&#234;me, dans un grand nombre d'usines priv&#233;es &#224; l'&#233;tranger, ils travaillent 10, 9 et 8 heures par jour. Tout cela est le r&#233;sultat de longues luttes, de gr&#232;ves fr&#233;quentes et d'une grande solidarit&#233; ouvri&#232;re &#224; l'&#233;tranger. Ainsi, par exemple, en Am&#233;rique, en six ans (1881 - 1886), il y a eu 6 615 gr&#232;ves pour raccourcir la journ&#233;e de travail. Mais cela ne satisfait pas les travailleurs. Nos fr&#232;res &#233;trangers s'efforcent d'obtenir l'&#233;galit&#233; pour tous et la r&#233;duction du temps de travail. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;i&gt;KONGRES PARYZKI.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;LE CONGRES DE PARIS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; W roku 1889 w stolicy francuzkiej, Pary&#380;u, zjechali si&#281; delegaci, wys&#322;ani przez robotnik&#243;w wszystkich kraj&#243;w dla radzenia nad tem, jak poprawi&#263; los robotniczy. Byli tam najbardziej o&#347;wieceni i rozumni robotnicy Anglji, Francji, Niemiec, Austrji, W&#322;och, Belgji, Danji, Hiszpanji, Ameryki i innych kraj&#243;w, po kilku i kilkunastu. Na tej naradzie paryzkiej czyli kongresie, przedstawiciele robotnik&#243;w ca&#322;ego &#347;wiata zdecydowali, &#380;e przedewszystkiem dla klasy robotniczej jest koniecznem zdoby&#263;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; o&#347;miogodzinny dzie&#324; roboczy.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; En 1889, dans la capitale fran&#231;aise, Paris, des d&#233;l&#233;gu&#233;s envoy&#233;s par les travailleurs de tous les pays se sont r&#233;unis pour discuter des moyens d'am&#233;liorer le sort des travailleurs. Il y avait l&#224; les ouvriers les plus &#233;clair&#233;s et les plus conscients d'Angleterre, de France, d'Allemagne, d'Autriche, d'Italie, de Belgique, du Danemark, d'Espagne, d'Am&#233;rique et d'autres pays, au nombre de plusieurs dizaines. Lors de cette r&#233;union, ou congr&#232;s, les repr&#233;sentants des travailleurs du monde entier ont d&#233;cid&#233; qu'il &#233;tait avant tout n&#233;cessaire pour la classe ouvri&#232;re d'obtenir&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une journ&#233;e de travail de huit heures.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; Towarzysze nasi uznali, &#380;e kapitali&#347;ci dostatecznie b&#281;d&#261; mieli wyzysku i zysku z o&#347;miu godzin robotniczej pracy na dzie&#324;. Robotnicy za&#347; potrzebuj&#261; dla swego zdrowia i swych spraw klasowych tak&#380;e o&#347;miu godzin na dob&#281; snu i o&#347;miu na nauk&#281;, narad&#281;, zebrania i rozrywki. Dop&#243;ki robotnicy sp&#281;dzaj&#261; najwi&#281;ksz&#261; cz&#281;&#347;&#263; czasu w jarzmie pracy, p&#243;ty s&#261; oni martwemi maszynami i jako maszyny &#8212; w zupe&#322;nej niewoli kapitalist&#243;w. Dopiero kiedy b&#281;d&#261; pracowali o&#347;m godzin na dob&#281;, kiedy &#8212; zd&#261;&#380;&#261; jeszcze po pracy odpocz&#261;&#263;, poczyta&#263;, pomy&#347;le&#263;, pogada&#263; mi&#281;dzy sob&#261; &#8212; wtedy b&#281;d&#261; lud&#378;mi i jako ludzie niedadz&#261; si&#281; bez miary wyzyskiwa&#263; kapita&#322;owi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Nos camarades ont jug&#233; que les capitalistes tireraient suffisamment d'exploitation et de profit de huit heures de travail ouvrier par jour. D'autre part, les travailleurs ont &#233;galement besoin, pour leur sant&#233; et leurs affaires de classe, de huit heures de sommeil par jour et de huit heures pour l'&#233;tude, la d&#233;lib&#233;ration, les r&#233;unions et les divertissements. Tant que les travailleurs passent la plus grande partie de leur temps sous le joug du travail, ils sont des machines mortes et, en tant que machines, ils sont compl&#232;tement asservis aux capitalistes. Ce n'est que lorsqu'ils travailleront huit heures par jour et qu'apr&#232;s le travail, ils auront encore le temps de se reposer, de lire, de r&#233;fl&#233;chir et de discuter entre eux qu'ils seront des &#234;tres humains et que, en tant qu'&#234;tres humains, ils ne se laisseront pas exploiter sans mesure par le capital.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; O&#347;m godzin pracy, o&#347;m godzin snu, o&#347;m godzin czytania, rozrywki i zebra&#324; &#8212; oto ewangelja robotnik&#243;w na dzi&#347; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Od owego czasu, od paryzkiego kongresu, po ca&#322;ym &#347;wiecie rozchodzi si&#281; w&#347;r&#243;d robotnik&#243;w jednog&#322;o&#347;ne has&#322;o : o&#347;miogodzinny dzie&#324; roboczy ! Wszyscy rozumiej&#261; jego potrzeb&#281;, wszyscy go pragn&#261; i wyczekuj&#261;, jak zbawienia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de lecture, de distraction et de r&#233;union, voil&#224; l'&#233;vangile ouvrier d'aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis cette date, depuis le congr&#232;s de Paris, un mot d'ordre unanime se r&#233;pand dans le monde ouvrier : la journ&#233;e de huit heures ! Tout le monde en comprend la n&#233;cessit&#233;, tout le monde la souhaite et l'attend comme le salut. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;i&gt;ROBOTNICY WSZYSTKICH KRAJ&#211;W POWINNI WALCZY&#262; RAZEM.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;LES TRAVAILLEURS DE TOUS LES PAYS DOIVENT LUTTER ENSEMBLE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Co robi&#263;, aby otrzyma&#263; o&#347;miogodzinny dzie&#324; roboczy ?&lt;br class='autobr' /&gt; Przedewszystkiem, robotnicy ca&#322;ego &#347;wiata musz&#261; si&#281; dobija&#263; o&#347;miu godzin pracy wsp&#243;lnie i razem. Kapitali&#347;ci jednego jakiego&#347; kraju nie zgodz&#261; si&#281; na ograniczenie pracy do 8 godzin. Naprzyk&#322;ad nasi polscy fabrykanci nigdy na to nie przystan&#261;, je&#380;eli rossyjscy b&#281;d&#261; nadal wyzyskiwali robotnik&#243;w przez 15 godzin dziennie. Dlaczego &#8212; powiedz&#261; &#8212; my mamy mniej wyzyskiwa&#263;, ni&#380; nasi konkurenci ? Tak samo nie zgodz&#261; si&#281; na to osobno francuzcy kapitali&#347;ci, niemieccy i inni. Ale je&#380;eli ustanowi&#263; o&#347;m godzin pracy we wszystkich krajach, to &#380;aden kapitalista nie b&#281;dzie mia&#322; wym&#243;wki, &#380;e jest w gorszym po&#322;o&#380;eniu od swoich konkurent&#243;w. Dlatego nale&#380;y wsz&#281;dzie jednocze&#347;nie napiera&#263; na kapitalist&#243;w z &#380;&#261;daniem i jednocze&#347;nie je przeprowadzi&#263;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Que faire pour obtenir une journ&#233;e de travail de huit heures ?&lt;br class='autobr' /&gt; Tout d'abord, les travailleurs du monde entier doivent lutter en commun et tous ensembles pour obtenir huit heures de travail. Les capitalistes d'un pays n'accepteront pas de limiter le travail &#224; huit heures. Les propri&#233;taires de nos usines polonaises, par exemple, n'accepteront jamais cela si les Russes continuent d'exploiter les travailleurs pendant 15 heures par jour. Pourquoi, diront-ils, devrions-nous exploiter moins que nos concurrents ? De m&#234;me, les capitalistes fran&#231;ais, les capitalistes allemands et d'autres ne seront pas d'accord s&#233;par&#233;ment. Mais si les huit heures de travail sont &#233;tablies dans tous les pays, aucun capitaliste n'aura l'excuse d'&#234;tre moins bien loti que ses concurrents. C'est pourquoi il est n&#233;cessaire de presser les capitalistes partout en m&#234;me temps avec la revendication et de la r&#233;aliser en m&#234;me temps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nie &#322;atwe to jednak zadanie. Wrogowie nasi nic ust&#261;pi&#261; tak pr&#281;dko. Dla nas, robotnik&#243;w, ustanowienie o&#347;miu godzin pracy by&#322;oby pocz&#261;tkiem wyzwolenia. Ale kapitali&#347;ci w&#322;a&#347;nie dlatego b&#281;d&#261; si&#281; mu sprzeciwiali. Oni wszystkich si&#322; u&#380;yj&#261;, aby nie wypu&#347;ci&#263; nas z dzisiejszego jarzma. Dlatego w&#322;a&#347;nie i robotnicy musz&#261; zebra&#263; wszystkie swoje si&#322;y, aby si&#281; dobi&#263; swego. Robotnicy ca&#322;ej fabryki, ca&#322;ego fachu, po&#322;&#261;czywszy si&#281;, s&#261; ju&#380; w stanie nie jedno ust&#281;pstwo wymusi&#263; na kapitalistach. Jeszcze bardziej silni s&#261; robotnicy ca&#322;ego kraju, naprzyk&#322;ad wszyscy robotnicy polscy. Ale je&#380;eli &#322;&#261;cz&#261; si&#281; w jakiem &#380;&#261;daniu robotnicy wszystkich kraj&#243;w, to tworz&#261; tak&#261; miljonow&#261; armi&#281;, &#380;e kapitali&#347;ci i rz&#261;dy dr&#380;&#261; przed niemi ze strachu. Nie ma rzeczy, kt&#243;rej by nic zdoby&#322;a taka si&#322;a, jak z&#322;&#261;czony proletarjat ca&#322;ego &#347;wiata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Mais la t&#226;che n'est pas facile. Nos ennemis ne c&#233;deront pas si vite. Pour nous, travailleurs, l'instauration des huit heures de travail serait le d&#233;but de la lib&#233;ration. Mais les capitalistes s'y opposeront pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison. Ils utiliseront toutes leurs forces pour ne pas nous laisser sortir du joug actuel. C'est pourquoi les travailleurs doivent eux aussi rassembler toutes leurs forces pour s'imposer. Les travailleurs de toutes les usines, de tous les m&#233;tiers, en s'unissant, sont d&#233;j&#224; capables d'imposer plus d'une concession aux capitalistes. Les travailleurs de tout un pays, par exemple tous les travailleurs polonais, sont encore plus forts. Mais si les travailleurs de tous les pays s'unissent autour d'une revendication, ils forment une arm&#233;e de tant de millions de personnes que les capitalistes et les gouvernements tremblent de peur. Il n'y a rien qui puisse &#234;tre conquis par une force telle que le prol&#233;tariat uni du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zdob&#281;dzie on i o&#347;miogodzinny dzie&#324; roboczy. Dla tego te&#380;, kto &#380;&#261;da o&#347;miu godzin pracy, niech si&#281; &#322;&#261;czy z robotnikami zagranicy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Niech robotnicy wszystkich kraj&#243;w zjednocz&#261; si&#281; jak bracia. Niech sobie podadz&#261; r&#281;ce i powiedz&#261; : my, wyzyskiwani na ca&#322;ym &#347;wi&#281;cie, nie chcemy gin&#261;&#263; w jarzmie ucisku, nie chcemy d&#322;u&#380;ej pracowa&#263; jak o&#347;m godzin dziennie ! A kiedy wszyscy robotnicy tak powiedz&#261; &#8212; &#380;&#261;danie ich musi by&#263; spe&#322;nione.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tak postanowili robotnicy na Kongresie paryzkim w roku 1889. Aby wyrazi&#263; t&#281; solidarno&#347;&#263; proletarjatu w d&#261;&#380;eniu do 8 godzin pracy, Kongres paryzki naznaczy&#322; raz na rok powszechne &#347;wi&#281;to. Raz do roku, na jeden dzie&#324;, we wszystkich krajach, robotnicy porzucaj&#261; robot&#281;, pozostawiaj&#261; fabryki, warsztaty, kopalnie, huty, sklepy, i na ca&#322;ym &#347;wiecie panuje przez ten dzie&#324; wielkie &#347;wi&#281;to robotnicze. Tem &#347;wi&#281;tem jest&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;dzie&#324; 1&#8212;szy Maja.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Il obtiendra la journ&#233;e de travail de huit heures. C'est pourquoi celui qui r&#233;clame huit heures de travail doit s'unir aux travailleurs des pays &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que les travailleurs de tous les pays s'unissent comme des fr&#232;res. Qu'ils se serrent la main et disent : nous, les exploit&#233;s du monde entier, nous ne voulons pas p&#233;rir sous le joug de l'oppression, nous ne voulons pas travailler plus de huit heures par jour ! Et si tous les travailleurs le disent, leur demande doit &#234;tre satisfaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ce que les travailleurs ont d&#233;cid&#233; au Congr&#232;s de Paris en 1889. Pour exprimer cette solidarit&#233; du prol&#233;tariat dans sa revendication des huit heures de travail, le Congr&#232;s de Paris a d&#233;sign&#233; un jour de f&#234;te g&#233;n&#233;rale une fois par an. Une fois par an, pendant un jour, dans tous les pays, les ouvriers abandonnent le travail, quittent les usines, les ateliers, les mines, les aci&#233;ries, les magasins, et une grande f&#234;te ouvri&#232;re r&#232;gne dans le monde entier pendant cette journ&#233;e. Cette f&#234;te est la&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Journ&#233;e du 1er mai.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;4. &#346;WI&#280;TO PIERWSZEGO MAJA.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;LA FETE DU PREMIER MAI&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; W dniu 1-go Maja staj&#261; do apelu wszyscy robotnicy w Europie, Ameryce i Australji. Wszyscy jednakowo &#347;wi&#281;tuj&#261; i przez ich wol&#281; na ca&#322;ym niemal &#347;wiecie staje praca. Robotnicy nie prz&#281;d&#261; ani tkaj&#261;, nie kuj&#261; &#380;elaza ani dobywaj&#261; w&#281;gla, nie piek&#261; pieczywa, ani drukuj&#261; gazet. Wtedy dopiero kapitali&#347;ci widz&#261;, czem s&#261; robotnicy. Wtedy przekonywaj&#261; si&#281;, &#380;e to nie &#347;lepe narz&#281;dzia, kt&#243;re &#380;yj&#261; z ich &#322;aski i &#380;adnego nie maj&#261; znaczenia. Wtedy czuj&#261;, &#380;e robotnik to pan &#347;wiata, bo ca&#322;y &#347;wiat &#380;yje prac&#261; jego r&#261;k. A widz&#261;c tak&#261; si&#322;&#281; i s&#322;ysz&#261;c &#380;&#261;dania miljon&#243;w &#347;wi&#281;tuj&#261;cych, wyzyskiwacze nie b&#281;d&#261; &#347;mieli wreszcie odm&#243;wi&#263; im, i robotnicy zdob&#281;d&#261; po pewnym czasie swoje najpierwsze &#380;&#261;danie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; O&#347;miogodzinny dzie&#324; roboczy !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ka&#380;dy wi&#281;c robotnik, kt&#243;ry pragnie &#380;y&#263; inaczej, ni&#380; dzisiaj &#8212; niech &#347;wi&#281;tuje 1-go Maja.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Kto pragnie zachowa&#263; swe zdrowie i zaoszcz&#281;dzi&#263; kilka lat &#380;ycia &#8212; niech &#347;wi&#281;tuje 1-go Maja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Kto chce mie&#263; wi&#281;cej chleba-dla siebie i swych dzieci &#8212; niech &#347;wi&#281;tuje 1-go Maja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Wszyscy, kt&#243;rzy wzdychaj&#261; do lepszej, ja&#347;niejszej doli, kt&#243;rzy pragn&#261; o&#347;miogodzinnego dnia roboczego &#8212; niech si&#281; przy&#322;&#261;cz&#261; do &#347;wi&#281;ta w dniu 1-go Maja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Le jour du 1er mai, tous les travailleurs d'Europe, d'Am&#233;rique et d'Australie r&#233;pondent &#224; l'appel. Ils c&#233;l&#232;brent tous de la m&#234;me mani&#232;re et, par leur volont&#233;, le Travail se l&#232;ve dans la quasi-totalit&#233; du monde. Les travailleurs ne filent pas, ne tissent pas, ne forgent pas le fer, ne fabriquent pas le charbon, ne font pas le pain, n'impriment pas les journaux. Ce n'est qu'&#224; ce moment-l&#224; que les capitalistes voient ce que sont les travailleurs. Ils voient alors qu'ils ne sont pas des outils aveugles qui vivent &#224; leur merci et n'ont pas de sens. Ils sentent alors que le travailleur est le ma&#238;tre du monde, car le monde entier vit du travail de ses mains. Et en voyant une telle puissance et en entendant les revendications des millions de personnes qui c&#233;l&#232;brent la f&#234;te, les exploiteurs n'oseront finalement pas les leur refuser, et les travailleurs conquerront leur premi&#232;re revendication au bout d'un certain temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une journ&#233;e de travail de huit heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout travailleur qui souhaite vivre diff&#233;remment d'aujourd'hui doit donc c&#233;l&#233;brer le 1er mai.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui veut pr&#233;server sa sant&#233; et gagner quelques ann&#233;es de vie - qu'il f&#234;te le 1er mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Celui qui veut avoir plus de pain - pour lui et ses enfants - doit f&#234;ter le 1er mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous ceux qui aspirent &#224; un destin meilleur et plus radieux, qui souhaitent une journ&#233;e de travail de huit heures - qu'ils se joignent aux c&#233;l&#233;brations du 1er mai. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#346;WI&#280;TO MAJOWE I RZ&#260;D.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;LA FETE DE MAI ET LE GOUVERNEMENT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;br class='autobr' /&gt;
1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#346;wi&#281;tuj&#261;c 1-go Maja, musimy stawia&#263; &#380;&#261;dania nie tylko fabrykantom lub majstrom zosobna, lecz przedewszystkiem &#8212; rz&#261;dowi. Ka&#380;dy zrozumie, &#380;e z dobrej woli kapitali&#347;ci nam nie skr&#243;c&#261; dnia roboczego, uczyni to najwy&#380;ej nieznaczna ich cz&#281;&#347;&#263;. A gdyby nawet kilku ust&#261;pi&#322;o, nie mogliby&#347;my nigdy by&#263; pewni na przysz&#322;o&#347;&#263;. Dzi&#347; ust&#261;pi&#261; ze strachu wobec &#347;wi&#281;tuj&#261;cych mas, &#8212; za miesi&#261;c nabior&#261; znowu &#347;mia&#322;o&#347;ci, i d&#322;ugi dzie&#324; roboczy powr&#243;ci wraz z n&#281;dz&#261;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aby&#347;my byli pewni naszej zdobyczy, musimy wym&#243;dz na rz&#261;dzie, by ta zdobycz sta&#322;a si&#281; naszym prawem. Tak samo jak dzi&#347; w niekt&#243;rych krajach istnieje prawo, &#380;e dzie&#324; roboczy ma trwa&#263; 11 godzin, tak musi by&#263; wydane wsz&#281;dzie prawo o&#347;miu godzin pracy. Wtedy dopiero robotnicy mog&#261; by&#263; spokojni, &#380;e nie strac&#261; w Czerwcu tego, co w Maju zyskali, &#380;e nikt ju&#380; nie zmusi ich pracowa&#263; wi&#281;cej, jak o&#347;m godzin dziennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;En c&#233;l&#233;brant le 1er mai, nous devons poser des exigences non seulement aux propri&#233;taires d'usine ou aux contrema&#238;tres individuellement, mais surtout au gouvernement. Chacun comprendra que, par bonne volont&#233;, les capitalistes ne r&#233;duiront pas la journ&#233;e de travail pour nous, tout au plus une petite partie d'entre eux le fera. Et m&#234;me si quelques-uns le faisaient, nous ne pourrions jamais &#234;tre s&#251;rs de l'avenir. Aujourd'hui, ils c&#232;dent par crainte des masses en f&#234;te, - dans un mois, ils redeviennent audacieux, et la longue journ&#233;e de travail reviendra avec la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour &#234;tre s&#251;rs de notre conqu&#234;te, nous devons forcer le gouvernement &#224; faire de cette conqu&#234;te notre droit. De m&#234;me qu'aujourd'hui, dans certains pays, une loi pr&#233;voit que la journ&#233;e de travail doit durer onze heures, de m&#234;me la loi des huit heures doit &#234;tre vot&#233;e partout. Ce n'est qu'alors que les travailleurs pourront &#234;tre assur&#233;s qu'ils ne perdront pas en juin ce qu'ils ont gagn&#233; en mai, que personne ne les forcera &#224; travailler plus de huit heures par jour. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;i&gt;JAK RZ&#260;D SI&#280; ODNOSI DO NASZYCH POTRZEB ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;COMMENT LE GOUVERNEMENT R&#201;POND-IL &#192; NOS BESOINS ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gdy robotnicy zagranic&#261; wymagaj&#261; od rz&#261;du prawa o&#347;miogodzinnego dnia roboczego &#8212; mo&#380;emy by&#263; pewni, &#380;e pr&#281;dzej czy p&#243;&#378;niej zdob&#281;d&#261; je. Nasi towarzysze w Niemczech, w Anglji, we Francji &#8212; s&#261; si&#322;&#261; w pa&#324;stwie i maj&#261; wp&#322;yw narz&#261;dy. Wprawdzie i tam, jak wsz&#281;dzie, rz&#261;d jest po stronie wyzyskiwaczy i radby dusi&#263;, jak mo&#380;e, klas&#281; robotnicz&#261;. Ale d&#322;ugoletni&#261; solidarn&#261; walk&#261; robotnicy tamtejsi zdobyli ju&#380; wiele praw i swob&#243;d. Tam im wolno strejkowa&#263;, organizowa&#263; kasy i zwi&#261;zki fachowe. Tam robi&#261; swobodnie publiczne zebrania dla za&#322;atwiania spraw robotniczych. Wolno im otwarcie drukowa&#263; swoje gazety. To te&#380; robotnicy korzystaj&#261; z tych praw i walcz&#261; zawzi&#281;cie z wyzyskiwaczami. Nie ma dnia, aby zagranic&#261; nie by&#322;o kilku strejk&#243;w. Nie ma roku, &#380;eby nie powsta&#322;o tam kilka nowych organizacyj robotniczych. Nieraz odbywaj&#261; si&#281; tam strejki kilkuset tysi&#281;cy ludzi, jak to niedawno by&#322;o w Anglji w&#347;r&#243;d g&#243;rnik&#243;w. Organizuj&#261;c si&#281; i strejkuj&#261;c, zdobywaj&#261; sobie lepsz&#261; p&#322;ac&#281;, kr&#243;tszy dzie&#324; roboczy i coraz wi&#281;ksz&#261; si&#322;&#281; polityczn&#261;. Przeto kapitali&#347;ci zagranic&#261; boj&#261; si&#281; swych robotnik&#243;w i szanuj&#261; ich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Lorsque les travailleurs &#233;trangers exigent du gouvernement le droit &#224; une journ&#233;e de travail de huit heures, nous pouvons &#234;tre s&#251;rs qu'ils l'obtiendront t&#244;t ou tard. Nos camarades en Allemagne, en Angleterre, en France, repr&#233;sentent une force dans l'Etat et ont de l'influence dans ses organes. Certes, l&#224; aussi, comme partout, le gouvernement est du c&#244;t&#233; des exploiteurs et conseille d'&#233;trangler, autant qu'il le peut, la classe ouvri&#232;re. Mais gr&#226;ce &#224; de nombreuses ann&#233;es de lutte solidaire, les travailleurs ont d&#233;j&#224; conquis de nombreux droits et libert&#233;s. Ils sont autoris&#233;s &#224; faire gr&#232;ve, &#224; organiser des caisses et des syndicats. Ils organisent librement des r&#233;unions publiques pour traiter des questions relatives aux travailleurs. Ils sont libres d'imprimer leurs journaux ouvertement. Ce sont &#233;galement les travailleurs qui exercent ces droits et luttent avec acharnement contre les exploiteurs. Il ne se passe pas un jour sans qu'il y ait plusieurs gr&#232;ves &#224; l'&#233;tranger. Il ne se passe pas une ann&#233;e sans que plusieurs nouvelles organisations de travailleurs soient cr&#233;&#233;es &#224; l'&#233;tranger. Il y a parfois des gr&#232;ves de plusieurs centaines de milliers de personnes, comme cela s'est produit r&#233;cemment en Angleterre chez les mineurs. Au fur et &#224; mesure qu'ils s'organisent et font gr&#232;ve, ils obtiennent de meilleurs salaires, des journ&#233;es de travail plus courtes et un pouvoir politique croissant. C'est pourquoi les capitalistes &#233;trangers craignent et respectent leurs travailleurs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Przyczyn&#261; za&#347; tego wszystkiego jest, &#380;e robotnicy mog&#261; tam wyp&#322;ywa&#263; na rz&#261;d, gdy&#380; wybieraj&#261; prawne wsz&#281;dzie delegat&#243;w do sejmu, kt&#243;ry wydaje prawa. Delegaci robotnik&#243;w &#380;&#261;daj&#261; dogodnych dla nich praw i rz&#261;d musi powoli ust&#281;powa&#263;. W niemieckim sejmie zasiada np. 46 robotniczych delegat&#243;w, kt&#243;rzy broni&#261; na ka&#380;dym kroku spraw proletarjatu, spora r&#243;wnie&#380; liczba zasiada we francuzkim. Nic te&#380; dziwnego, &#380;e zagranic&#261; robotnicy z ka&#380;dym dniem s&#261; bli&#380;si o&#347;miogodzinnego dnia roboczego, gdy&#380; s&#261; coraz bardziej &#347;wiadomi, solidarni i silni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;La raison en est que les travailleurs peuvent influencer le gouvernement, car ils &#233;lisent partout des d&#233;l&#233;gu&#233;s l&#233;gaux au parlement, qui adoptent des lois. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des travailleurs exigent des lois qui leur conviennent et le gouvernement doit c&#233;der lentement. Au parlement allemand, par exemple, il y a 46 d&#233;l&#233;gu&#233;s des travailleurs qui d&#233;fendent la cause du prol&#233;tariat &#224; chaque fois, et un grand nombre d'entre eux si&#232;gent &#233;galement au parlement fran&#231;ais. Il n'est pas &#233;tonnant non plus qu'&#224; l'&#233;tranger, les travailleurs se rapprochent chaque jour davantage de la journ&#233;e de travail de huit heures, car ils sont de plus en plus conscients, solidaires et forts.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A jak wygl&#261;da u nas ? Nam nie wolno prowadzi&#263; codziennej walki. Nas za strejk aresztuj&#261; i wysy&#322;aj&#261; do miejsc urodzenia, aby&#347;my gin&#281;li z g&#322;odu. Za kasy i zwi&#261;zki pakuj&#261; nas na ca&#322;e lata do cytadeli. Za czytanie gazet robotniczych, za tajne zebrania wysy&#322;aj&#261; na Sybir. Za manifestacy&#281; Majow&#261; bij&#261; knutami i strzelaj&#261; do nas. Na ka&#380;dym kroku rz&#261;d staje nam na drodze i broni naszych wyzyskiwaczy, gdy chcemy walczy&#263; z nimi. My w naszej &#347;wi&#281;tej sprawie, w d&#261;&#380;eniu do chleba i zdrowia dla naszych &#380;on i dzieci, ka&#380;dy krok musimy czyni&#263; tajnie jak zbrodniarze. Musimy kry&#263; si&#281; po dziurach i ogl&#261;da&#263; wiecznie na szpiega, &#380;andarma i kozaka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt; Et qu'en est-il pour nous ? Nous ne sommes pas autoris&#233;s &#224; poursuivre la lutte quotidienne. Nous sommes arr&#234;t&#233;s pour fait de gr&#232;ve et renvoy&#233;s sur nos lieux de naissance pour y mourir de faim. A cause des caisses et des syndicats, ils nous envoient &#224; la citadelle pendant des ann&#233;es. Ils nous envoient en Sib&#233;rie pour avoir lu des journaux ouvriers et tenu des r&#233;unions secr&#232;tes. Pour la manifestation du 1er mai, ils nous battent &#224; coups de knout et nous tirent dessus. &#192; chaque fois, le gouvernement nous met des b&#226;tons dans les roues et d&#233;fend nos exploiteurs lorsque nous voulons les combattre. Nous, dans notre cause sacr&#233;e, dans notre qu&#234;te de pain et de sant&#233; pour nos femmes et nos enfants, nous devons faire chaque pas secr&#232;tement comme des criminels. Nous devons nous cacher dans des trous et guetter &#233;ternellement l'espion, le gendarme et le cosaque. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. JAKI RZ&#260;D JEST NAM POTRZEBNY ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;DE QUEL TYPE DE GOUVERNEMENT AVONS NOUS BESOIN ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Wszystkiemu temu przyczyn&#261; jest rz&#261;d carski, kt&#243;ry nas trzyma jak niewolnik&#243;w i psy na obro&#380;y. U nas prawa stanowi nie sejm, z&#322;o&#380;ony z delegat&#243;w wybranych przez lud, lecz car samow&#322;adny i jego ministrowie. Oni to rz&#261;dz&#261; zupe&#322;nie pod&#322;ug swej woli. Car ze swemi doradcami wydaje naturalnie prawa tylko na korzy&#347;&#263; kapitalist&#243;w. Im pozwala radzi&#263; o tem, jak nas maj&#261; najlepiej wyzyskiwa&#263;, a siebie wzbogaca&#263;. Im buduje koleje, aby mogli wywozi&#263; i sprzedawa&#263; towary naszym potem i krwi&#261; stworzone. Im urz&#261;dza wystawy, banki i uniwersytety. Im daje miljony z podatk&#243;w wyci&#347;ni&#281;tych z naszej kieszeni. Rz&#261;d carski ma dla bogaczy wszystko na us&#322;ugi, dla nas robotnik&#243;w ma tylko knut, wi&#281;zienie i Sybir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt; Tout cela est d&#251; au gouvernement tsariste, qui nous tient comme des esclaves et des chiens au collier. Dans notre pays, ce n'est pas le parlement, compos&#233; de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par le peuple, mais le tsar lui-m&#234;me et ses ministres qui font les lois. Ils gouvernent enti&#232;rement selon leur volont&#233;. Bien entendu, le tsar et ses conseillers n'adoptent des lois que dans l'int&#233;r&#234;t des capitalistes. Il leur permet de donner des conseils sur la meilleure fa&#231;on de nous exploiter et de s'enrichir. Il construit des chemins de fer pour eux afin qu'ils puissent exporter et vendre les marchandises fabriqu&#233;es avec notre sueur et notre sang. Il leur fournit des expositions, des banques et des universit&#233;s. Il leur donne des millions provenant des imp&#244;ts pr&#233;lev&#233;s dans nos poches. Le gouvernement tsariste a tout &#224; son service pour les riches, pour nous, travailleurs, il n'a que le knout, la prison et la Sib&#233;rie.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dlatego nasi wyzyskiwacze s&#261; &#347;mieli i ufni w sw&#261; si&#322;&#281;. Dla tego nam tak ci&#281;&#380;ko co&#347; zdoby&#263; i &#380;yjemy w n&#281;dzy, ciemnocie i poni&#380;eniu.&lt;br class='autobr' /&gt; Aby wywalczy&#263; sobie lepsze warunki &#380;ycia potrzebujemy :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Swobody s&#322;owa ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Swobody zebra&#324; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Swobody zwi&#261;zk&#243;w ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Swobody sumienia ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Swobody druku ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Swobody strejk&#243;w ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Swobody j&#281;zyka ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Prawodawstwa przez sejm, wybierany od ca&#322;ego ludu.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;C'est pourquoi nos exploiteurs sont audacieux et confiants dans leur pouvoir. C'est pourquoi il nous est si difficile d'obtenir quoi que ce soit et nous vivons dans la pauvret&#233;, l'obscurit&#233; et l'humiliation.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour gagner une vie meilleure, nous avons besoin de&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Libert&#233; d'expression ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Libert&#233; de r&#233;union ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Libert&#233; d'association ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Libert&#233; de conscience ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Libert&#233; d'imprimer ; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit de gr&#232;ve&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Libert&#233; linguistique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L&#233;gislation par un parlement &#233;lu par l'ensemble du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Gdy robotnikowi za strejk lub nale&#380;enie do zwi&#261;zku nie b&#281;dzie grozi&#322;o, jak dzi&#347;, wi&#281;zienie &#8212; wszyscy nasi bracia rzuc&#261; si&#281; do walki, do organizacyj. Przy swobodzie, rozwinie si&#281; u nas taka solidarno&#347;&#263; i &#347;wiadomo&#347;&#263;, jak&#261; dzi&#347; widzimy zagranic&#261;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Lorsqu'un travailleur ne sera pas menac&#233; d'emprisonnement pour avoir fait gr&#232;ve ou appartenu &#224; un syndicat, comme c'est le cas aujourd'hui, tous nos fr&#232;res se jetteront dans la lutte, dans les organisations. Avec la libert&#233;, le type de solidarit&#233; et de conscience que nous voyons aujourd'hui &#224; l'&#233;tranger se d&#233;veloppera chez nous.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aby za&#347; wywalczy&#263; prawa dogodne, robotnicy musz&#261; pozyska&#263; wp&#322;yw na tych, kt&#243;rzy je w kraju stanowi&#261;. W tym celu nale&#380;y dobi&#263; si&#281;, aby prawa wydawa&#322; nie samow&#322;adny car, lecz ludzie wybrani przez ca&#322;y nar&#243;d i tworz&#261;cy Sejm. Posiadaj&#261;c powszechne prawo g&#322;osowania, wybieraj&#261;c do sejmu najrozumniejszych robotnik&#243;w, b&#281;dziemy mogli zdobywa&#263; krok za krokiem nowe swobody i urz&#261;dzenia, kt&#243;re nam s&#261; potrzebne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt; Pour obtenir des lois favorables, les travailleurs doivent gagner de l'influence sur ceux qui les &#233;laborent dans le pays. &#192; cette fin, il est n&#233;cessaire de veiller &#224; ce que les lois ne soient pas promulgu&#233;es par le tsar autocrate, mais par des personnes &#233;lues par l'ensemble du peuple et formant une Assembl&#233;e. En ayant le droit de vote pour tous, en &#233;lisant les travailleurs les plus &#233;clair&#233;s &#224; Assembl&#233;e, nous pourrons gagner pas &#224; pas les nouvelles libert&#233;s et arrangements dont nous avons besoin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dla naszych spraw robotniczych potrzebujemy wi&#281;c rz&#261;du, przy kt&#243;rem mogliby&#347;my zdobywa&#263; dogodne prawa. Potrzebujemy rz&#261;du, przy kt&#243;rym prawodawcami byliby ludzie przez nas obrani. Taki rz&#261;d istnieje dzi&#347; we wszystkich krajach cywilizowanych i nazywa si&#281; konstytucyjnym.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Precz wi&#281;c z naszym rz&#261;dem samow&#322;adnym ! D&#261;&#380;my do konstytucji, do najszerszej swobody politycznej.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt; Pour la cause des travailleurs, nous avons donc besoin d'un gouvernement qui nous permette d'obtenir des lois favorables. Nous avons besoin d'un gouvernement dans lequel les l&#233;gislateurs sont des personnes &#233;lues par nous. Un tel gouvernement existe aujourd'hui dans tous les pays civilis&#233;s et est appel&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; bas notre gouvernement autocratique ! Luttons pour une constitution, pour une plus grande libert&#233; politique. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. KTO CHCE SWOBODY POLITYCZNEJ, NIECH &#346;WI&#280;TUJE 1-go MAJA.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;QUI VEUT LA LIBERTE POLITIQUE, QU'IL FETE LE 1-er MAI&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lecz w jaki spos&#243;b zdoby&#263; polityczn&#261; swobod&#281; ? Jak pozby&#263; si&#281; carskiego rz&#261;du i wym&#243;dz konstytucj&#281; ?&lt;br class='autobr' /&gt; Jedynym &#347;rodkiem jest ku temu &#8212; wola samego ludu. Car wydaje si&#281; panem wszechmocnym naszego &#380;ycia i &#347;mierci. Lecz jest on nim tylko dlatego, &#380;e my, masy robotnicze, znosimy jego panowanie. Je&#347;li miljony ludu zaczn&#261; stale z roku na rok protestowa&#263; przeciw samow&#322;adztwu cara, je&#347;li car zobaczy, &#380;e, w razie d&#322;ugiego oporu z jego strony, robotnicy nie ogranicz&#261; si&#281; na spokojnej manifestacji Majowej, &#8212; nied&#322;ugo potrwa jego panowanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Mais comment obtenir la libert&#233; politique ? Comment se d&#233;barrasser du gouvernement tsariste et mettre en place une constitution ?&lt;br class='autobr' /&gt; Le seul moyen d'y parvenir est la volont&#233; du peuple lui-m&#234;me. Le tsar semble &#234;tre le ma&#238;tre tout-puissant de notre vie et de notre mort. Mais il ne l'est que parce que nous, les masses laborieuses, supportons son r&#232;gne. Si des millions de personnes commencent &#224; protester r&#233;guli&#232;rement, d'ann&#233;e en ann&#233;e, contre l'autocratie du tsar, si le tsar voit qu'en cas de r&#233;sistance prolong&#233;e de sa part, les travailleurs ne se limiteront pas &#224; une manifestation pacifique du 1er mai, son r&#232;gne ne durera pas longtemps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Przytem nie tylko my, polscy robotnicy, jeste&#347;my wrogami despotycznego rz&#261;du. Tak samo, jak my, cierpi&#261; od niego rossyjscy robotnicy. Oni r&#243;wnie&#380; pragn&#261; wyzwoli&#263; si&#281; z n&#281;dzy i z jarzma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; By&#322;y i zagranic&#261; przed laty despotyczne rz&#261;dy. Lud roboczy tak samo cierpia&#322; niewol&#281;, jak my dzisiaj. Ale oto nareszcie zrozumia&#322; potrzeb&#281; swobody, powsta&#322;, &#8212; i z despotycznych rz&#261;d&#243;w nic si&#281; nie zosta&#322;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Musimy i my wyst&#261;pi&#263; przeciw uciskowi rz&#261;du. Gdy znosimy cicho i pokornie niewol&#281;, dusz&#261; nas i b&#281;d&#261; dusili bez ko&#324;ca. Ale gdy nie b&#281;dziemy milczeli, gdy wypowiemy rz&#261;dowa pos&#322;usze&#324;stwo, gdy za&#380;&#261;damy innych praw i porz&#261;dk&#243;w &#8212; pr&#281;dzej czy p&#243;&#378;niej rz&#261;d b&#281;dzie musia&#322; ust&#261;pi&#263;. Wyra&#378;my&#380; rz&#261;dowi nasz&#261; solidarno&#347;&#263; i nasze &#380;&#261;dania.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt; De plus, nous, les travailleurs polonais, ne sommes pas les seuls &#224; &#234;tre des ennemis du gouvernement despotique. Tout comme nous, les travailleurs russes en souffrent. Eux aussi veulent se lib&#233;rer de la pauvret&#233; et du joug.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a bien longtemps, il y avait aussi des gouvernements despotiques &#224; l'&#233;tranger. Les travailleurs souffraient de l'esclavage autant que nous aujourd'hui. Mais aujourd'hui, ils ont enfin compris la n&#233;cessit&#233; de la libert&#233;, ils se sont soulev&#233;s, - et il ne reste plus rien du r&#233;gime despotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous aussi, nous devons nous &#233;lever contre l'oppression gouvernementale. Lorsque nous supportons l'esclavage en silence et avec docilit&#233;, ils nous &#233;tranglent et nous &#233;trangleront sans fin. Mais si nous ne restons pas silencieux, si nous d&#233;non&#231;ons l'ob&#233;issance du gouvernement, si nous exigeons d'autres lois et d'autres ordres, t&#244;t ou tard, le gouvernement devra c&#233;der. Exprimons notre solidarit&#233; et nos exigences au gouvernement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Wypowiedzmy mu nasze niezadowolenie i nasz protest. A ku temu najlepszym sposobem jest&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#346;wi&#281;to 1-go Maja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rz&#261;d nas chce zdusi&#263; i zamieni&#263; w bezmy&#347;lnych niewolnik&#243;w &#8212; &#346;wi&#281;to Majowe poka&#380;e mu, &#380;e &#380;yjemy i podnosimy dumnie czo&#322;a. Rz&#261;d nam chce odwr&#243;ci&#263; oczy od spraw robotniczych &#346;wi&#281;to Majowe poka&#380;e, &#380;e walczymy o nasz&#261; spraw&#281;. Rz&#261;d nas chce odci&#261;&#263; od &#380;ycia zagranicznego, od innych robotnik&#243;w. &#8212; &#346;wi&#281;to 1-go Maja dowiedzie mu, &#380;e wiemy, co si&#281; tam dzieje, &#380;e stoimy solidarnie w szeregach robotniczych &#347;wiata. Gdy rz&#261;d zakazuje &#347;wi&#281;towa&#263;, odpowiemy mu : Precz z zakazami ! Chcemy swobody !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Samo &#380;&#261;danie prawa o&#347;miu godzin pracy dla robotnik&#243;w, wyra&#380;one prze&#347;ladowcom naszym, powie im : &#171; Precz z despotyzmem ! Chcemy swobody ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#346;wi&#281;to 1-go Maja &#8212; to cios i wyrok &#347;mierci na rz&#261;d despotyczny !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A wi&#281;c kto pragnie konstytucyi &#8212; niech &#347;wi&#281;tuje 1-go Maja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Exprimons-lui notre m&#233;contentement et notre protestation. Et la meilleure fa&#231;on de le faire, c'est&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le 1er mai.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement veut nous &#233;touffer et nous transformer en esclaves sans cervelle - le 1er mai lui montrera que nous sommes vivants et que nous relevons fi&#232;rement la t&#234;te. Le gouvernement veut d&#233;tourner notre attention des probl&#232;mes des travailleurs - le 1er mai lui montrera que nous nous battons pour notre cause. Le gouvernement veut nous couper de la vie ext&#233;rieure, des autres travailleurs. - La f&#234;te du 1er mai lui prouvera que nous savons ce qui se passe l&#224;-bas, que nous sommes solidaires des travailleurs du monde entier. Lorsque le gouvernement interdira les c&#233;l&#233;brations, nous r&#233;pondrons : &#171; A bas les interdictions ! Nous voulons la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La demande m&#234;me d'une loi de huit heures pour les travailleurs, exprim&#233;e &#224; nos pers&#233;cuteurs, leur dira : &#171; A bas le despotisme ! Nous voulons la libert&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La f&#234;te du 1er mai est un coup et une condamnation &#224; mort pour le gouvernement despotique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Celui qui veut une constitution doit donc f&#234;ter le 1er mai. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#346;WI&#280;TO MAJOWE I WYZWOLENIE ROBOTNIK&#211;W.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F&#202;TE DE MAI ET LIB&#201;RATION DES TRAVAILLEURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ale 8 godzin pracy i konstytucja &#8212; to jeszcze nie wszystko, czego nam trzeba. Dobra dla niewolnika i ulga tymczasowa, ale my nie chcemy by&#263; wiecznie niewolnikami. A czy&#380; najemny robotnik nie jest wiecznym niewolnikiem ? Czy nie zale&#380;y nasz los zawsze od kapitalisty, kt&#243;ry gdy zechce, to nas jutro pozbawi chleba ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Mais 8 heures de travail et une constitution, ce n'est pas encore tout ce dont nous avons besoin. C'est une bonne chose pour l'esclave et un soulagement temporaire, mais nous ne voulons pas &#234;tre des esclaves pour toujours. Et le travailleur salari&#233; n'est-il pas un esclave &#233;ternel ? Notre sort ne d&#233;pend-il pas toujours du capitaliste qui, s'il le veut, nous privera de pain demain ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dop&#243;ki b&#281;dziemy &#380;yli tylko ze sprzeda&#380;y swych r&#261;k roboczych, p&#243;ki wszystkie narz&#281;dzia b&#281;d&#261; prywatn&#261; w&#322;asno&#347;ci&#261; kapitalist&#243;w, p&#243;ty ci kapitali&#347;ci b&#281;d&#261; &#380;yli z naszej pracy i krwi. Dlaczeg&#243;&#380; nasze r&#281;ce maj&#261; innych zbogaca&#263; ? Dlaczeg&#243;&#380; my, kt&#243;rzy pracujemy, nie mamy sami korzysta&#263; z tych wszystkich wyg&#243;d i przyjemno&#347;ci, kt&#243;re w&#322;asnemi r&#281;kami tworzymy ? Nasza praca powinna i&#347;&#263; na nasz&#261; w&#322;asn&#261; korzy&#347;&#263;, a nie zbogaca&#263; innych !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Tant que nous ne vivrons que de la vente de nos mains ouvri&#232;res, tant que tous les outils seront la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitalistes, ces derniers vivront de notre travail et de notre sang. Pourquoi nos mains enrichiraient-elles les autres ? Pourquoi nous, qui ne travaillons pas nous-m&#234;mes, devrions-nous profiter de tous les conforts et plaisirs que nous cr&#233;ons de nos propres mains ? Notre travail devrait &#234;tre pour notre propre b&#233;n&#233;fice, pas pour enrichir les autres !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ale to wszystko b&#281;dzie dopiero w tedy mo&#380;liwe, kiedy przestaniemy pracowa&#263; w cudzych fabrykach, na cudzych polach, w cudzych kopalniach. Dopiero, kiedy wszystkie fabryki, ziemia i kopalnie b&#281;d&#261; do nas samych nale&#380;a&#322;y, do ca&#322;ego ludu, wtedy i owoc naszej pracy naszym b&#281;dzie. A tego tylko sami robotnicy dokona&#263; kiedy&#347; mog&#261; i musz&#261;. Niech tylko robotnicy na ca&#322;ym &#347;wiecie o&#347;wiec&#261; si&#281;, zorganizuj&#261; i po&#322;&#261;cz&#261;, wtedy zabior&#261; ca&#322;&#261; w&#322;adz&#281; w swoje r&#281;ce, odbior&#261; kapitalistom narz&#281;dzia pracy i ziemi&#281; i ustanowi&#261;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; wsp&#243;ln&#261; w&#322;asno&#347;&#263; ludow&#261;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Wtedy to sko&#324;czy si&#281; zupe&#322;nie wyzysk, ciemi&#281;&#380;enie i niewola. Wtedy nastanie zupe&#322;ne wyzwolenie ludu czyli socjalistyczny porz&#261;dek.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Mais tout cela ne sera possible que lorsque nous cesserons de travailler dans les usines des autres, dans les champs des autres, dans les mines des autres. Ce n'est que lorsque toutes les usines, les terres et les mines nous appartiendront, &#224; l'ensemble du peuple, que le fruit de notre travail nous appartiendra &#233;galement. Et cela, seuls les travailleurs eux-m&#234;mes peuvent et doivent le r&#233;aliser un jour. Si les travailleurs du monde entier s'&#233;clairent, s'organisent et s'unissent, ils prendront le pouvoir, prendront les outils de travail et la terre des mains des capitalistes et &#233;tabliront&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la propri&#233;t&#233; collective du peuple.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; L'exploitation, l'oppression et l'esclavage prendront alors fin. Il y aura alors une lib&#233;ration compl&#232;te du peuple, c'est-&#224;-dire l'ordre socialiste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ka&#380;dy rozumny robotnik powinien pragn&#261;&#263; wyzwolenia, d&#261;&#380;y&#263; do socjalistycznego porz&#261;dku. Tylko od robotnik&#243;w samych zale&#380;y ich zupe&#322;ne wyzwolenie. Im wi&#281;cej robotnik&#243;w b&#281;dzie si&#281; o&#347;wieca&#322;o i organizowa&#322;o, im wi&#281;ksza b&#281;dzie walka codzienna i solidarno&#347;&#263;, im kr&#243;tszy b&#281;dzie dzie&#324; roboczy i wi&#281;ksza swoboda polityczna, &#8212; tem bli&#380;ej do wyzwolenia, tem bli&#380;szy socjalizm.&lt;br class='autobr' /&gt; A wi&#281;c, kto pragnie wyzwolenia i socjalistycznego porz&#261;dku &#8212; niech &#347;wi&#281;tuje 1-go Maja. &#346;wi&#281;to 1-go Maja &#8212; to znak solidarno&#347;ci, to walka o kr&#243;tki dzie&#324; roboczy i swobod&#281; polityczn&#261;, to &#347;witanie socjalizmu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Tout travailleur conscient doit aspirer &#224; la lib&#233;ration et &#224; l'instauration d'un ordre socialiste. Leur lib&#233;ration compl&#232;te ne d&#233;pend que des travailleurs eux-m&#234;mes. Plus les travailleurs s'&#233;clairent et s'organisent, plus la lutte et la solidarit&#233; quotidiennes sont grandes, plus la journ&#233;e de travail est courte et plus la libert&#233; politique est grande, plus on se rapproche de la lib&#233;ration, plus on se rapproche du socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt; Donc, celui qui veut la lib&#233;ration et l'ordre socialiste, qu'il c&#233;l&#232;bre le 1er mai. Le 1er mai est un signe de solidarit&#233;, une lutte pour une journ&#233;e de travail courte et la libert&#233; politique, l'aube du socialisme ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MANIFESTACJA MAJOWA.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jak wiosn&#281; na ziemi zwiastuje Maj, przynosz&#261;c s&#322;o&#324;ce i rado&#347;&#263;, tak i nasz Maj robotniczy zwiastuje nam zorz&#281; lepszej przysz&#322;o&#347;ci. W tym dniu opuszcza nas smutek i przygn&#281;bienie, a w serca wst&#281;puje otucha i nadzieja. Wszystkie nasze westchnienia i &#322;zy wylane w niedoli, wszystkie nasze &#380;yczenia, d&#261;&#380;enia, potrzeby &#8212; wszystko to &#322;&#261;czy w sobie i wyra&#380;a &#346;wi&#281;to Majowe. Ten dzie&#324; radosny zwiastuje nam ziszczenie wszystkich naszych d&#261;&#380;e&#324;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Tout comme le printemps sur terre est annonc&#233; par le mois de mai, qui apporte le soleil et la joie, le mois de mai de nos travailleurs nous annonce l'aube d'un avenir meilleur. En ce jour, la tristesse et la morosit&#233; nous quittent et l'encouragement et l'espoir entrent dans nos c&#339;urs. Tous nos soupirs et nos larmes vers&#233;s dans la mis&#232;re, tous nos souhaits, nos aspirations, nos besoins, tout cela est uni et exprim&#233; par la f&#234;te du 1er mai. Ce jour joyeux annonce la r&#233;alisation de toutes nos aspirations.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ojciec rodziny, kt&#243;ry, pracuj&#261;c dniem i noc&#261;, nie jest w stanie nakarmi&#263; i odzia&#263; swych dzieci &#8212; mo&#380;e od &#346;wi&#281;ta Majowego oczekiwa&#263; zmniejszenia swej pracy, powi&#281;kszenia zarobku.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Matka, kt&#243;ra musi zostawia&#263; w domu na opatrzno&#347;&#263; losu swoje niemowl&#281; i i&#347;&#263; do fabryki, &#8212; &#347;wi&#281;tuj&#261;c w dniu 1-go Maja, zbli&#380;a si&#281; do tego czasu, kiedy tylko przez 8 godzin na dob&#281; b&#281;dzie od&#322;&#261;czon&#261; od rodziny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Robotnik, kt&#243;ry dzi&#347; szuka daremnie pracy i kawa&#322;ka chleba, sp&#281;dza dnie i noce na bruku, w przygn&#281;bieniu, &#8212; przy&#322;&#261;czaj&#261;c si&#281; do obchodu Majowego, wo&#322;aj&#261;c o 8-godzinny dzie&#324; roboczy, tem samem pracuje nad przysporzeniem sobie chlieba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Le p&#232;re de famille qui, travaillant jour et nuit, ne peut nourrir et v&#234;tir ses enfants, peut attendre de la f&#234;te du 1er mai une diminution de son travail, une augmentation de ses gains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La m&#232;re qui doit laisser son enfant &#224; la maison &#224; la providence du sort et se rendre &#224; l'usine, - en f&#234;tant le 1er mai, se rapproche du moment o&#249; elle ne sera s&#233;par&#233;e de sa famille que 8 heures par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ouvrier, qui aujourd'hui cherche en vain un emploi et un morceau de pain, passe ses jours et ses nuits sur les pav&#233;s, dans le d&#233;couragement, - en se joignant aux c&#233;l&#233;brations du 1er mai, en r&#233;clamant une journ&#233;e de travail de 8 heures, travaillant en m&#234;me temps &#224; l'augmentation de son propre pain.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Biedna szwaczka wielkiego magazynu, &#347;l&#281;cz&#261;ca dzi&#347; a&#380; do &#347;witu nad ig&#322;&#261;, blada, zdr&#281;twia&#322;a ze znu&#380;enia, z czerwonemi powiekami &#8212; rzucaj&#261;c robot&#281; w dniu 1-go Maja, przybli&#380;a chwil&#281; swego odpoczynku, wytchnienia i zdrowia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Wszyscy pracuj&#261;cy, wyzyskiwani, przygn&#281;bieni &#8212; przez &#346;wi&#281;to 1-go Maja przybli&#380;aj&#261; swe wyzwolenie, sw&#261; lepsz&#261; dol&#281;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; La pauvre couturi&#232;re d'un grand entrep&#244;t, travaillant &#224; l'aiguille jusqu'&#224; l'aube aujourd'hui, p&#226;le, engourdie par la fatigue, les paupi&#232;res rouges - en quittant son travail le 1er mai, elle rapproche le moment de son repos, de son r&#233;pit et de sa sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous les travailleurs, les exploit&#233;s, les opprim&#233;s, se rapprochent de leur lib&#233;ration, de leur meilleur sort, gr&#226;ce &#224; la f&#234;te du 1er mai.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gdy w ci&#261;gu ca&#322;ego roku, przez ca&#322;e &#380;ycie ka&#380;dy z nas chodzi w jarzmie, jest s&#322;ug&#261;, musi s&#322;ucha&#263; rozkaz&#243;w kapitalist&#243;w i rz&#261;du &#8212; w dniu 1-go Maja, na jeden dzie&#324; przynajmniej, zrzucamy z kark&#243;w to jarzmo i t&#281; s&#322;u&#380;b&#281;. W dniu 1-go Maja wbrew rozkazom &#171; chlebodawc&#243;w &#187; i policji porzucamy prac&#281;. Nasz&#261; w&#322;asn&#261; wol&#261; czynimy z dnia powszedniego &#347;wi&#281;to. W tym dniu, my, wieczne s&#322;ugi innych, jeste&#347;my panami kraju, bo w kraju panuje w tym dniu nasza wola, a nie wola rz&#261;du i kapitalist&#243;w. Dlatego ten jeden dzie&#324; &#346;wi&#281;ta pokazuje naszym &#171; panom &#187;, jak&#261; si&#322;&#261; jeste&#347;my i nape&#322;nia ich strachem przed nami. Dlatego w ci&#261;gu ca&#322;ego roku, gdy stawiamy naszym fabrykantom &#380;&#261;dania wy&#380;szej p&#322;acy, kr&#243;tszego dnia roboczego, lepszego obej&#347;cia &#8212; oni pomni na dzie&#324; 1-go Maja, nie &#347;mi&#261; nami poniewiera&#263; i pr&#281;dzej ust&#281;puj&#261;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#346;wi&#281;to 1-go Maja &#8212; to dzie&#324; naszej si&#322;y i naszego panowania.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Alors que tout au long de l'ann&#233;e, tout au long de notre vie, chacun de nous se prom&#232;ne sous un joug, est un serviteur, doit ob&#233;ir aux ordres des capitalistes et du gouvernement - le 1er mai, pour un jour au moins, nous nous d&#233;barrassons de ce joug et de cette servitude. Le 1er mai, contre les ordres des &#171; patrons &#187; et de la police, nous abandonnons notre travail. Par notre propre volont&#233;, nous faisons d'un jour de semaine un jour f&#233;ri&#233;. Ce jour-l&#224;, nous, les &#233;ternels serviteurs des autres, sommes les ma&#238;tres du pays, car le pays est dirig&#233; ce jour-l&#224; par notre volont&#233; et non par celle du gouvernement et des capitalistes. Ainsi, ce seul jour de F&#234;te montre &#224; nos &#171; ma&#238;tres &#187; la force que nous repr&#233;sentons et les effraie. C'est pourquoi, tout au long de l'ann&#233;e, lorsque nous demandons des salaires plus &#233;lev&#233;s, une journ&#233;e de travail plus courte, un meilleur environnement de travail, nos propri&#233;taires d'usine, se souvenant du du 1er mai, n'osent pas nous malmener et c&#232;dent plus rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le 1er mai est le jour de notre force et de notre domination.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; Gdy w ci&#261;gu roku ca&#322;ego walczymy zwykle w oddzielnych fabrykach, a najwy&#380;ej w ca&#322;ym fachu po kilkudziesi&#281;ciu lub kilkuset, &#8212; w &#346;wi&#281;cie Majowem wyst&#281;pujemy wszyscy razem &#8212; jako jedna klasa.&lt;br class='autobr' /&gt; Tem wyst&#261;pieniem sami za siebie t&#322;umnie m&#243;wimy i walczymy. W ci&#261;gu roku &#380;&#261;dania nasze mog&#261; wyra&#380;a&#263; tylko oddzielni przedstawiciele, &#8212; przez zjazdy, gazety, proklamacje. Pierwszego Maja same setki tysi&#281;cy robotnik&#243;w przez &#347;wi&#281;towanie wyst&#281;puj&#261; na pole dzia&#322;ania. &#346;wi&#281;to Majowe jest jedynym dniem, w kt&#243;rym wyst&#281;pujemy bezpo&#347;rednio ca&#322;&#261; klas&#261;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Alors que, tout au long de l'ann&#233;e, nous nous battons habituellement dans des usines s&#233;par&#233;es, ou tout au plus quelques dizaines ou quelques centaines de personnes &#224; la fois, le 1er mai, nous nous produisons tous ensemble - comme une seule classe.&lt;br class='autobr' /&gt; Avec cette apparition, les foules parlent et se battent pour elles-m&#234;mes. Tout au long de l'ann&#233;e, nos revendications ne peuvent &#234;tre exprim&#233;es que par des repr&#233;sentants s&#233;par&#233;s - par le biais de conventions, de journaux, de proclamations. Le 1er mai, des centaines de milliers de travailleurs se rendent eux-m&#234;mes sur le terrain de l'action par le biais d'une c&#233;l&#233;bration. La f&#234;te du 1er mai est le seul jour o&#249; nous nous pr&#233;sentons directement en tant que classe enti&#232;re.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gdy w ci&#261;gu roku &#380;yjemy &#380;yciem osobnem w swoim kraju, walczymy o swoje osobne cele i potrzeby, &#8212; w &#346;wi&#281;cie Majowem wyst&#281;pujemy dla wsp&#243;lnego celu z ca&#322;ym &#347;wiatem robotniczym. Gdy zawsze wyra&#380;amy sw&#261; solidarno&#347;&#263; z towarzyszami zagranicznymi tylko uczuciem braterskiem, lub co par&#281; lat wys&#322;aniem delegata na zjazd mi&#281;dzynarodowy, &#8212; w dniu 1-go Maja, sami masowo i czynnie wyra&#380;amy t&#281; solidarno&#347;&#263;. Porzucaj&#261;c prac&#281; w tym dniu na w sp&#243;lne has&#322;o paryzkiego Kongresu, wst&#281;pujemy tysi&#261;cami w szeregi proletarjatu wszystkich kraj&#243;w. &#346;wi&#281;to Majowe &#8212; to jedyny dzie&#324;, w kt&#243;rym mo&#380;emy czynem wyrazi&#263; mi&#281;dzynarodow&#261; solidarno&#347;&#263;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Alors qu'au cours de l'ann&#233;e, nous vivons nos vies s&#233;par&#233;es dans notre propre pays, luttant pour nos objectifs et nos besoins s&#233;par&#233;s, le 1er mai, nous nous levons pour un objectif commun avec l'ensemble du monde ouvrier. Alors que nous n'exprimons toujours notre solidarit&#233; avec les camarades &#233;trangers que par des sentiments fraternels ou, tous les deux ans, en envoyant un d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; un congr&#232;s international, le 1er mai, nous exprimons nous-m&#234;mes cette solidarit&#233; en masse et de mani&#232;re active. Quittant le travail ce jour-l&#224; pour le mot d'ordre commun du Congr&#232;s de Paris, nous rejoignons par milliers les rangs du prol&#233;tariat de tous les pays. La f&#234;te du 1er mai est le seul jour o&#249; nous pouvons exprimer par des actes la solidarit&#233; internationale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasz rz&#261;d zabrania nam mie&#263; pisma lub zebrania, w kt&#243;rych otwarcie wypowiadaliby&#347;my mu swe &#380;&#261;dania, &#8212; &#346;wi&#281;to Majowe daje nam mo&#380;no&#347;&#263; wyrazi&#263; je. &#346;wi&#281;tuj&#261;c w dniu 1-go Maja &#8212; stanowczo i jasno wypowiadamy mu wymagania innych porz&#261;dk&#243;w politycznych. Porzucaj&#261;c prac&#281; na jedno has&#322;o, czynimy tak samo, jak gdyby&#347;my podali rz&#261;dowi pi&#347;mienne &#380;&#261;dania z tysi&#261;cami podpis&#243;w. &#8212; Obch&#243;d Majowy to jedyny dzie&#324;, w kt&#243;ry jako klasa mamy najlepsz&#261; mo&#380;no&#347;&#263; walczy&#263; o swobod&#281; polityczn&#261;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Notre gouvernement nous interdit d'avoir des &#233;crits ou tenir des r&#233;unions dans lesquels nous lui exprimons ouvertement nos revendications - la f&#234;te du 1er mai nous donne l'occasion de les exprimer. En c&#233;l&#233;brant le 1er mai, nous lui exprimons fermement et clairement les revendications d'autres ordres politiques. En abandonnant notre travail derri&#232;re un seul slogan, nous faisons la m&#234;me chose que si nous avions remis au gouvernement des revendications &#233;crites avec des milliers de signatures. - La c&#233;l&#233;bration du 1er mai est le seul jour o&#249; nous, en tant que classe, sommes les mieux plac&#233;s pour lutter pour la libert&#233; politique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#346;wi&#281;to Majowe jest najpi&#281;kniejszym, najja&#347;niejszym dniem w &#380;yciu robotnika. W ca&#322;ym, szeregu dni smutnych, szarych, beznadziejnych, jestto jeden dzie&#324; jasny, s&#322;oneczny, przynosz&#261;cy nadziej&#281; i si&#322;&#281;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ten dzie&#324; zwiastuje nam szcz&#281;&#347;liwe czasy, kiedy b&#281;dziemy do&#347;&#263; silni, aby usun&#261;&#263; ca&#322;kowicie ze &#347;wiata wyzysk i n&#281;dz&#281;, ucisk i niewol&#281;. &#346;wi&#281;to Majowe to pierwsza zorza przysz&#322;ego wyzwolenia ca&#322;ej ludzko&#347;ci, przysz&#322;ego ustroju, nad kt&#243;rym b&#281;dzie &#347;wieci&#322;o s&#322;o&#324;ce r&#243;wno&#347;ci, wolno&#347;ci i braterstwa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Na nas, robotnicy, w&#322;o&#380;y&#322;a historja te wielkie zadania. My to, walcz&#261;c z wyzyskiem w&#322;asnym i niewol&#261; w&#322;asn&#261;, zarazem walczymy o to, aby nasze wnuki i prawnuki nie znalaz&#322;y ju&#380; na &#347;wiecie ani wyzysku, ani niewoli. Ka&#380;de &#346;wi&#281;to Majowe przybli&#380;a nas o krok do spe&#322;nienia tych wielkich zada&#324;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; La f&#234;te du 1er mai est le jour le plus beau, le plus lumineux dans la vie d'un travailleur. Dans toute une s&#233;rie de jours tristes, gris et sans espoir, c'est un jour lumineux, ensoleill&#233;, porteur d'espoir et de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce jour annonce des temps heureux, o&#249; nous serons assez forts pour &#233;liminer compl&#232;tement du monde l'exploitation et la mis&#232;re, l'oppression et l'esclavage. La f&#234;te du 1er mai est la premi&#232;re aurore de la lib&#233;ration future de toute l'humanit&#233;, un r&#233;gime futur sur lequel brillera le soleil de l'&#233;galit&#233;, de la libert&#233; et de la fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est &#224; nous, les travailleurs, que l'histoire a confi&#233; ces grandes t&#226;ches. C'est nous qui, tout en luttant contre notre propre exploitation et notre propre esclavage, luttons en m&#234;me temps pour que nos petits-enfants et arri&#232;re-petits-enfants ne trouvent plus ni exploitation ni esclavage dans le monde. Chaque 1er mai nous rapproche un peu plus de l'accomplissement de ces grandes t&#226;ches.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Obchod&#378;my wi&#281;c godnie wielki dzie&#324; robotniczego &#347;wi&#281;ta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Niech kapitali&#347;ci zobacz&#261;, &#380;e nie zrobili z nas martwych maszyn, pozbawionych uczu&#263; i woli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Niech rz&#261;d zobaczy, &#380;e nas nie zwyci&#281;&#380;y&#322; i nie zastraszy&#322; knutami, kt&#243;rych u&#380;y&#322; w &#379;yrardowie w roku 1891, ani karabinami, z kt&#243;rych kaza&#322; strzela&#263; w 1892 w &#321;odzi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; C&#233;l&#233;brons donc dignement la grande f&#234;te des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que les capitalistes voient qu'ils n'ont pas fait de nous des machines mortes, d&#233;pourvues de sentiments et de volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que le gouvernement voie qu'il ne nous a pas vaincus et intimid&#233;s avec les knouts qu'il a utilis&#233;s &#224; Zyrardow en 1891, ni avec les fusils qu'il a fait tirer en 1892 &#224; Lodz.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Niech nasi towarzysze zagraniczni zobacz&#261;, &#380;e nas &#380;adne si&#322;y nie sprowadz&#261; ju&#380; ze wsp&#243;lnej drogi proletarjatu, &#380;e im wiernie dochowujemy bratniej solidarno&#347;ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Niech &#347;wiat ca&#322;y zobaczy, &#380;e polski robotnik, chocia&#380; w podw&#243;jnej niewoli &#8212; kapitalist&#243;w i rz&#261;du, walczy tak samo, jak inni jego bracia, o swoje wybawienie, &#380;e powstaje jak jeden m&#261;&#380; na has&#322;o &#346;wi&#281;ta Majowego, by walczy&#263;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; Que nos camarades &#233;trangers voient qu'aucune force ne peut nous &#233;loigner de la voie commune du prol&#233;tariat, que nous sommes fid&#232;les &#224; leur solidarit&#233; fraternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que le monde entier voie que l'ouvrier polonais, bien que doublement esclave - des capitalistes et du gouvernement - lutte, comme ses autres fr&#232;res, pour son salut, qu'il se l&#232;ve comme un seul homme au mot d'ordre du 1er mai pour lutter&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ZA O&#346;MIOGODZINNY DZIE&#323; ROBOCZY !&lt;br class='autobr' /&gt; ZA SWOBOD&#280; POLITYCZN&#260; !&lt;br class='autobr' /&gt; ZA WYZWOLENIE KLASY ROBOTNICZEJ !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; POUR UNE JOURN&#201;E DE TRAVAIL DE HUIT HEURES !&lt;br class='autobr' /&gt; POUR LA LIBERT&#201; POLITIQUE !&lt;br class='autobr' /&gt; POUR LA LIB&#201;RATION DE LA CLASSE OUVRI&#200;RE !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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