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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Marxisme et math&#233;matiques : que sont un th&#233;or&#232;me, une v&#233;rit&#233; math&#233;matiques ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8740</link>
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		<dc:date>2024-03-25T23:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Marxisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet article est un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse aux camarade de Robin Goddfellow qui posaient la question : la dialectique est-elle pr&#233;sente en math&#233;matiques. De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, beaucoup d'adversaires du marxisme qui n'osent s'attaquer directement &#224; Marx prennent Engels et sa Dialectique de Nature pour cible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;volution, r&#233;ponse &#224; une crise, eut lieu en 1879 dans le domaine de la &#171; th&#233;orie de la connaissance &#187; math&#233;matique, avec la publication de la brochure intitul&#233;e Id&#233;ographie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt; Introduction &#224; la dialectique de la nature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Marxisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article est un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse aux camarade de Robin Goddfellow qui posaient la question : la dialectique est-elle pr&#233;sente en math&#233;matiques. De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, beaucoup d'adversaires du marxisme qui n'osent s'attaquer directement &#224; Marx prennent Engels et sa &lt;i&gt;Dialectique de Nature&lt;/i&gt; pour cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volution, r&#233;ponse &#224; une crise, eut lieu en 1879 dans le domaine de la &#171; th&#233;orie de la connaissance &#187; math&#233;matique, avec la publication de la brochure intitul&#233;e &lt;i&gt;Id&#233;ographie&lt;/i&gt;, &#233;crite par le math&#233;maticien allemand Gotlob Frege.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rubicon &#233;tait franchi, cette th&#233;orie fut d&#233;velopp&#233;e par B. Russel, D. Hilbert, K. G&#246;del et tant d'autres. Elle aboutit &#224; un r&#233;sultat math&#233;matique tr&#232;s concret, d&#233;montr&#233; par P. Cohen. Chacun de ces d&#233;veloppements m&#233;riterait un article &#224; lui seul, mais en gros, disons que les math&#233;maticiens qui pr&#233;tendent que la philosophie est inutile en math&#233;matiques, ont &#233;t&#233; assomm&#233;s par le r&#233;sultat de Cohen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la dialectique ? C'est pour les marxistes (qui le sont rest&#233;s) celle mise au point par Hegel dans sa vision id&#233;aliste, remise sur ses pieds gr&#226;ce au mat&#233;rialisme de Marx et Engels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine donne dans ses cahiers philosophique une r&#233;sum&#233; qui correspond exactement &#224; notre cas :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;doublement de l'un et la connaissance de ses parties contradictoires (v. la citation de Philon sur H&#233;raclite au d&#233;but de la IIIe partie (&#171; De la connaissance &#187;) de l'H&#233;raclite de Lassalle1) est le fond (une des &#171; essences &#187;, une des particularit&#233;s ou marques fondamentales, sinon la fondamentale) de la dialectique. C'est ainsi que Hegel &#233;galement pose la question (dans sa &#171; M&#233;taphysique &#187;, Aristote se d&#233;bat constamment &#224; ce propos et se bat contre H&#233;raclite et contre les id&#233;es h&#233;raclit&#233;ennes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justesse de cet aspect du contenu de la dialectique doit &#234;tre v&#233;rifi&#233;e par l'histoire de la science.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est effectivement par un &#233;pisode de l'histoire des math&#233;matiques (l'ouvrage de Frege, 1879) que nous pouvons illustrer ce d&#233;doublement de l'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;cole on nous apprend qu'un th&#233;or&#232;me math&#233;matique est un r&#233;sultat qui est vrai. Un th&#233;or&#232;me c'est ce qu'en g&#233;n&#233;ral on a obtenu par un raisonnement math&#233;matique rigoureux, &#224; partir de r&#233;sultats d&#233;j&#224; connus comme vrais (des th&#233;or&#232;mes ou des axiomes, c'est-&#224;-dire des propri&#233;t&#233;s prises au d&#233;part comme vraies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc un th&#233;or&#232;me math&#233;matique est vrai, et une v&#233;rit&#233; math&#233;matique est un th&#233;or&#232;me. Bien s&#251;r on ne va pas appeler &#034;7+6=13&#034; un th&#233;or&#232;me math&#233;matique car c'est un r&#233;sultat &#233;vident. On r&#233;serve en g&#233;naral le nom de th&#233;or&#232;me &#224; des r&#233;sultats qui le m&#233;ritent. Mais dans la th&#233;orie de la connaissance math&#233;matique, que pour faire court on peut appeler la m&#233;tamath&#233;matique&#034;, un theor&#232;me et une v&#233;rit&#233; sont la m&#234;me chose : toute ce qui est vrai peut &#234;tre d&#233;montr&#233;, et tout ce qui est d&#233;montr&#233; est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; un &#187; mentionn&#233; par L&#233;nine est donc ce couple Th&#233;or&#232;me-v&#233;rit&#233;. On voit d&#233;j&#224; que le ver de la dialectique est dans le fruit, car ce qui est consid&#233;r&#233; comme unique a re&#231;u une double appelation dans le langage, double appellation qui correspond &#224; ces deux activit&#233;s distinctes dans la pratique des math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, si l'on dessine un carr&#233; et trace ses deux diagonales, il est clairement vrai que ces deux diagnonales se croisent. C'est une v&#233;rit&#233;. Mais si l'on essaye de le prouver, on aura du mal. ce r&#233;sultat math&#233;matique a &#233;t&#233; connu comme une v&#233;rit&#233; bien avant d'avoir &#233;t&#233; un th&#233;or&#232;me d&#233;montr&#233;. R&#233;ciproquement parfois des math&#233;maticiens d&#233;montrent des th&#233;or&#232;mes bizarres qui semblent ne pas pouvoir &#234;tre vrais, mais qui longtemps apr&#232;s sont bien compris et acqui&#232;rent le statut de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution de Frege et de ses successeurs qui ont d&#233;velopp&#233; la logique moderne a donc &#233;t&#233; de dissocier compl&#232;tement cette unit&#233; : un th&#233;or&#232;me est un r&#233;sultat obtenu par un raisonnement rigoureux, une v&#233;rit&#233; est ... quelquechose qui est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend la difficult&#233; de cette r&#233;volution : les math&#233;matiques qui depuisi Descartes et Gallil&#233;e sont vus comme LE langage rigoureux par excellence, avouent ne pas &#234;tre capable de d&#233;crire pr&#233;cis&#233;ment ce qu'est une v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un th&#233;or&#232;me math&#233;matique dans le sens moderne ? Nous allons doner un exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;maticiens voudraient que les math&#233;matiques soient un langage formel : alors que le langage de tous les jours est ambigu, ils veulent un langage totalement rigoureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on part d'un &lt;strong&gt;alphabet&lt;/strong&gt;, qui est un ensemble de signes. Par exemple les lettres a, b et c. Avec cet alphabet on fabrique des &lt;strong&gt;formules&lt;/strong&gt; qui sont comme des mots form&#233;s avec ces signes. Par exemple on peut d&#233;cider que toute suite (finie) des lettes a,b, et c est une formule : a, b, c, ab,aa, aba,abbbccaa sont des formules. Le lecteur peut en former des dizaines &#224; sa convenance. Il aura commenc&#233; &#224; former des formules math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se donne ensuite des &lt;strong&gt;axiomes&lt;/strong&gt;. Ici le lecteur va peut-&#234;tre se f&#226;cher, on utilise un langage technique qui suppose plein de connaissances math&#233;matiques. Pas du tout ! Le but de Frege a &#233;t&#233; de commencer les math&#233;matiques, comme Descartes, en faisant table rase de tous les sous entendus. On sait qu'en g&#233;n&#233;ral un axiome est une v&#233;rit&#233; de base (par exemple &#233;tant donn&#233; deux points on peut les relier par un segment de droite).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le mot axiome est trop compliqu&#233;, on peut appeler ces axiomes Th&#233;or&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre exemple, chosissons pour unique axiome : abcacb&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons, dans le langage formel que nous avons cr&#233;&#233;, un premier th&#233;or&#232;me, c'est cet axiome bcaacb. Le lecteur qui n'a jamais aim&#233; les math&#233;matiques, peut-&#234;tre parce que ses professeurs lui ont cach&#233; cet aspect des math&#233;matiques peut ainsi cr&#233;er ses propres th&#233;or&#232;mes en choisissant un axiome arbitraire, une formule compos&#233;e des lettes a, b, et c. Rien n'emp&#234;che de choisir plusieurs axiomes en m&#234;me temps. C'est trop facile ? Cela s'appelle une r&#233;volution. Il suffit de ne plus accepter le syst&#232;me pr&#233;c&#233;dent et ce qui paraissait inaccessible devient simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc l'axiome bcacb, mais nous n'avons pas r&#233;sonn&#233; math&#233;matiquement jusqu'ici. Pour le faire il faut adopter une r&#233;gle de d&#233;duction. Nous n'en n'aurons qu'une :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#232;gle de d&#233;duction&lt;/strong&gt; : si une formule commen&#231;ant par a est un Th&#233;or&#232;me, alors ajouter ab &#224; la fin, puis enlever les trois premi&#232;re lettres. La formule obtenue est un th&#233;or&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette r&#232;gle nous pouvons fabriquer TOUS les th&#233;or&#232;mes de notre langage. Nous avons un seul th&#233;or&#232;me, l'axiome que nous notons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;or&#232;me 1 : abcacb&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre R&#232;gle de d&#233;duction s'applique car notre Th&#233;or&#232;me 1 commence par a. On ajoute ab &#224; la fin ce qui donne abcacbab puis on enl&#232;ve les trois premi&#232;res lettres pour obtenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;or&#232;me 2 : acbab&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#224; nouveau appliquer notre r&#232;gle &#224; ce Th&#233;or&#232;me ce qui donne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Theor&#232;me 3 : abab&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#224; nouveau appliquer notre r&#232;gle &#224; ce Th&#233;or&#232;me ce qui donne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;or&#232;me 4 : bab&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut plus rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a donc obtenu tous les th&#233;or&#232;mes possibles de notre langage formel : il y en a quatre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mat&#233;rialisme dialectique et math&#233;matiques : 2021 est-il un nombre favorable ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7186</link>
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		<dc:date>2021-01-07T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Mat&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mat&#233;rialisme dialectique et math&#233;matiques : 2021 est-il un nombre favorable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ceux qui s'int&#233;ressent aux applications des math&#233;matiques aux probl&#232;mes les plus concrets, le nombre 2021 appara&#238;t tout de suite familier, en tant qu'un des membres de la famille des nombres not&#233;s N=pq, qui peuvent servir de cl&#233; publique en cryptographie (la science des codes secrets). Certains en d&#233;duiront que 2021 pourrait &#234;tre une tr&#232;s bonne ann&#233;e, et ils n'auront pas enti&#232;rement tort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les camarades (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt; Introduction &#224; la dialectique de la nature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Mat&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mat&#233;rialisme dialectique et math&#233;matiques : 2021 est-il un nombre favorable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui s'int&#233;ressent aux applications des math&#233;matiques aux probl&#232;mes les plus concrets, le nombre 2021 appara&#238;t tout de suite familier, en tant qu'un des membres de la famille des nombres not&#233;s N=pq, qui peuvent servir de cl&#233; publique en cryptographie (la science des codes secrets). Certains en d&#233;duiront que 2021 pourrait &#234;tre une tr&#232;s bonne ann&#233;e, et ils n'auront pas enti&#232;rement tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades qui souhaitent transmettre des messages qui ne peuvent &#234;tre d&#233;cod&#233;s par aucun des ordinateurs les plus puissants devraient se familiariser avec ces m&#233;thodes de la cryptographie moderne, en particulier le syst&#232;me &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement_RSA#:~:text=Le%20chiffrement%20RSA%20(nomm%C3%A9%20par,des%20donn%C3%A9es%20confidentielles%20sur%20Internet.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes qui se posent la question de l'existence de la dialectique dans la nature en g&#233;n&#233;ral, dans les math&#233;matiques en particulier, peuvent trouver dans ce chapitre des math&#233;matiques un mat&#233;riel que Engels aurait sans doute inclus dans une nouvelle &#233;dition de sa &lt;i&gt;Dialectique de la nature&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons donc le lien entre 2021 et la cryptographie moderne. Si l'on multiplie 43 par 47 on obtient 2021 : 2021=43x47. C'est un cas particulier de la formule N=pq, dans laquelle p et q doivent &#234;tre des nombres premiers. 43 et 47 sont des nombres premiers, car ils ne sont divisibles par aucun autre nombre, &#224; part eux-m&#234;mes et 1. L'an dernier on pouvait &#233;crire 2020=10x202, mais 10 n'est pas un nombre premier car il est divisible par 2 et 5 ; 202 non plus. L'ann&#233;e 2021 est donc, &#224; ce titre, remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des nombres premiers est 2,3,5,7,11,13 etc. Les cl&#233;s publiques les plus petites sont donc 15=3x5, 21=3x7, 35=5x7 etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombres premiers jouent un r&#244;le fondamental en arithm&#233;tique. Mais jusqu'en 1975, on n'imaginait pas que les nombres qui sont le produit de deux entiers premiers (comme 2021 est le produit de 43 et 47) peuvent avoir des applications &#224; la science des messages secrets, la cryptographie. Tout nouveau th&#233;or&#232;me sur les nombres premiers peut donc poser un probl&#232;me pour la &#171; d&#233;fense nationale &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel lien avec le mat&#233;rialisme et la dialectique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, c&#244;t&#233; mat&#233;rialisme, l'&#233;pisode de la d&#233;couverte de la th&#233;orie de la &lt;strong&gt;cryptographie &#224; cl&#233; publique&lt;/strong&gt; donne un argument mat&#233;rialiste contre ceux qui, en partisans de Platon, conscients ou non, pensent que les th&#233;ories math&#233;matiques en elles-m&#234;mes sont d&#233;j&#224; &#233;crites quelque part et que les math&#233;maticiens ne font que les &#171; d&#233;couvrir &#187;. Or c'est seulement parce qu'une nouvelle activit&#233; humaine, li&#233;e &#233;troitement aux transactions bancaires, donc au d&#233;veloppement des forces productives, que des math&#233;maticiens ont cr&#233;&#233;, plus que d&#233;couvert, un nouveau proc&#233;d&#233; de cryptographie, un nouveau domaine des math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, c&#244;t&#233; dialectique, l'outil math&#233;matique au coeur de ces nouvelles m&#233;thodes sont les &#171; fonctions asym&#233;triques &#187;. Ces fonctions sont faciles &#224; calculer dans un sens, impossible ou presque &#224; calculer dans le sens inverse. Un m&#234;me objet math&#233;matique a donc des propri&#233;t&#233;s contraires l'une de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Simon Singh &lt;i&gt;Histoire des codes secrets&lt;/i&gt; est une bonne introduction &#224; l'histoire des codes secrets et aux termes techniques utilis&#233;s pr&#233;c&#233;demment. L'extrait suivant de son livre d&#233;crit la r&#233;volution scientifique qu'a constitu&#233; la naissance de la cryptographie &#224; cl&#233; publique, oppos&#233;e &#224; la &lt;i&gt;cryptographie &#224; cl&#233; secr&#232;te&lt;/i&gt;, qu'utilisait d&#233;j&#224; Jules C&#233;sar.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14839 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L215xH346/41EQDe_VrpL-_SY344_BO1_204_203_200_-59028.jpg?1780183048' width='215' height='346' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce probl&#232;me de distribution de la clef a &#233;t&#233; le fl&#233;au &lt;br class='autobr' /&gt;
constant des cryptographes au cours de l'histoire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le haut commandement allemand devait ainsi distribuer le registre &lt;br class='autobr' /&gt;
mensuel des clefs quotidiennes &#224; tous les op&#233;rateurs &lt;br class='autobr' /&gt;
d'Enigma, ce qui constituait un probl&#232;me de logistique &lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rable. Les sous-marins allemands, de m&#234;me, en &lt;br class='autobr' /&gt;
raison de longues p&#233;riodes pass&#233;es loin de leurs bases, &lt;br class='autobr' /&gt;
devaient d'une fa&#231;on ou d'une autre &#234;tre aliment&#233;s en &lt;br class='autobr' /&gt;
clefs. Plus loin de nous, les utilisateurs du chiffre de &lt;br class='autobr' /&gt;
Vigen&#232;re devaient trouver un moyen pour transmettre &lt;br class='autobr' /&gt;
le mot-clef de l'exp&#233;diteur au destinataire. Aussi s&#251;r &lt;br class='autobr' /&gt;
que soit un chiffrement en th&#233;orie, il est fragilis&#233; en &lt;br class='autobr' /&gt;
pratique par le probl&#232;me de distribution de la clef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une certaine mesure, les gouvernements et les &lt;br class='autobr' /&gt;
arm&#233;es ont pu r&#233;soudre ce probl&#232;me en y consacrant &lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup d'efforts et en ne m&#233;nageant pas les investissements. Leurs messages sont d'une telle importance &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils iront aussi loin que n&#233;cessaire pour assurer une &lt;br class='autobr' /&gt;
distribution s&#251;re de la clef. Les clefs du gouvernement &lt;br class='autobr' /&gt;
am&#233;ricain sont g&#233;r&#233;es et distribu&#233;es par la COMSEC, &lt;br class='autobr' /&gt;
abr&#233;g&#233; de Communications Security. Dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es 70, la COMSEC acheminait des tonnes de clefs &lt;br class='autobr' /&gt;
chaque jour. Quand des bateaux transportant du mat&#233;- &lt;br class='autobr' /&gt;
riel de la COMSEC arrivaient &#224; quai, des crypto-gardes &lt;br class='autobr' /&gt;
montaient &#224; bord, r&#233;cup&#233;raient des tas de cartes, des &lt;br class='autobr' /&gt;
rouleaux de papier, des disques souples, ou n'importe &lt;br class='autobr' /&gt;
quel autre support sur lequel les clefs avaient &#233;t&#233; stock&#233;es, et les portaient &#224; leurs destinataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution des clefs peut sembler une question &lt;br class='autobr' /&gt;
annexe, mais elle constitua le probl&#232;me primordial &lt;br class='autobr' /&gt;
pour les cryptographes de l'apr&#232;s-guerre. Si deux per- &lt;br class='autobr' /&gt;
sonnes voulaient communiquer en toute s&#251;ret&#233;, elles &lt;br class='autobr' /&gt;
devaient s'en remettre &#224; une troisi&#232;me pour acheminer &lt;br class='autobr' /&gt;
la clef, et ce maillon &#233;tait le plus faible de la cha&#238;ne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les transactions commerciales, le dilemme se &lt;br class='autobr' /&gt;
posait clairement : si les gouvernements, avec tout leur &lt;br class='autobr' /&gt;
argent, avaient peine &#224; garantir la s&#233;curit&#233; de leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
clefs, comment des entreprises civiles pourraient-elles &lt;br class='autobr' /&gt;
jamais esp&#233;rer jouir d'une distribution de clefs s&#251;re et &lt;br class='autobr' /&gt;
non ruineuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1975, enfin, une bande de francs-tireurs trouva &lt;br class='autobr' /&gt;
la solution de ce probl&#232;me r&#233;put&#233; insoluble. Ils mirent &lt;br class='autobr' /&gt;
au point un syst&#232;me de chiffrement qui semblait d&#233;fier &lt;br class='autobr' /&gt;
toute logique. Si les ordinateurs ont transform&#233; l' application du chiffrement, la plus grande r&#233;volution du &lt;br class='autobr' /&gt;
xx e si&#232;cle a &#233;t&#233; le d&#233;veloppement des techniques pour &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;soudre le probl&#232;me de distribution des clefs. Aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
cette d&#233;couverte est-elle consid&#233;r&#233;e comme la plus &lt;br class='autobr' /&gt;
grande r&#233;ussite en cryptologie depuis l'invention &lt;br class='autobr' /&gt;
du chiffre monoalphab&#233;tique, il y a plus de deux &lt;br class='autobr' /&gt;
mille ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils pass&#232;rent des mois &#224; chercher une solution. Chaque &lt;br class='autobr' /&gt;
id&#233;e aboutissait &#224; un &#233;chec, mais ils agissaient en bons &lt;br class='autobr' /&gt;
fous, et pers&#233;v&#233;raient. Ils concentr&#232;rent leur recherche &lt;br class='autobr' /&gt;
sur diverses fonctions math&#233;matiques. Une fonction est &lt;br class='autobr' /&gt;
n'importe quelle op&#233;ration qui transforme un nombre &lt;br class='autobr' /&gt;
en un autre nombre. Par exemple doubler est une fonction, puisque cette op&#233;ration transforme le 3 en 6, ou &lt;br class='autobr' /&gt;
le 9 en 18. De plus, nous pouvons envisager toutes les &lt;br class='autobr' /&gt;
formes de chiffrement informatique comme des fonctions, puisqu'elles transforment un nombre - le texte &lt;br class='autobr' /&gt;
clair - en un autre nombre, le texte chiffr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des fonctions math&#233;matiques sont r&#233;versibles, puisqu'elles sont aussi simples &#224; d&#233;faire qu'&#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
faire. Doubler est ainsi r&#233;versible puisqu'il est facile &lt;br class='autobr' /&gt;
de retrouver le nombre d'origine &#224; partir de son double. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous savons que le r&#233;sultat du doublement est 26, il &lt;br class='autobr' /&gt;
est enfantin de d&#233;duire que le nombre d'origine est 13.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diffie et Hellman n'&#233;taient pas int&#233;ress&#233;s par ces &lt;br class='autobr' /&gt;
fonctions r&#233;versibles. Leur centre d'int&#233;r&#234;t &#233;tait les &lt;br class='autobr' /&gt;
fonctions &#224; sens unique. Comme leur nom le sugg&#232;re, &lt;br class='autobr' /&gt;
ces fonctions sont faciles &#224; appliquer, mais tr&#232;s difficiles &#224; inverser : elles sont virtuellement non-irr&#233;versibles. Voyons &#224; nouveau un exemple du quotidien. &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;langer de la peinture jaune et de la peinture bleue &lt;br class='autobr' /&gt;
pour obtenir du vert est une fonction &#224; sens unique, &lt;br class='autobr' /&gt;
puisqu'il est facile le de m&#233;langer les peintures et impossible de retrouver les couleurs d'origine. Une autre &lt;br class='autobr' /&gt;
fonction &#224; sens unique est de casser un &#339;uf, car il vous &lt;br class='autobr' /&gt;
est impossible ensuite de le reconstituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arithm&#233;tique modulo, parfois appel&#233;e &#224; l'&#233;cole &lt;br class='autobr' /&gt;
arithm&#233;tique de l'horloge, est un domaine des math&#233;matiques riche en fonctions &#224; sens unique. Dans l'arithm&#233;tique modulo, les math&#233;maticiens consid&#232;rent un &lt;br class='autobr' /&gt;
ensemble fini de nombres arrang&#233;s en boucle, un peu &lt;br class='autobr' /&gt;
comme les nombres sur une horloge. La figure 46 &lt;br class='autobr' /&gt;
montre une horloge pour un modulo 7 (ou mod 7) qui &lt;br class='autobr' /&gt;
a seulement 7 nombres de 0 &#224; 6. Pour effectuer 2 + 3, &lt;br class='autobr' /&gt;
nous partons de 2 et nous avan&#231;ons de 3 places pour &lt;br class='autobr' /&gt;
arriver &#224; 5, ce qui donne la m&#234;me r&#233;ponse que l'arithm&#233;tique normale. Pour faire 2 + 6, nous partons de 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
et avan&#231;ons de 6 places, mais cette fois nous avons &lt;br class='autobr' /&gt;
effectu&#233; un tour complet sur la boucle et nous atteignons le l, qui n'est pas le r&#233;sultat habituel en arithm&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats peuvent s'exprimer ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 + 3 = 5 (mod 7) et 2 + 6 = 1 (mod 7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arithm&#233;tique modulo est relativement simple, et &lt;br class='autobr' /&gt;
nous l'utilisons tous les jours lorsque nous parlons de &lt;br class='autobr' /&gt;
l'heure. S'il est 9 heures maintenant, et que nous avons &lt;br class='autobr' /&gt;
un rendez-vous dans 8 heures d'ici, nous pouvons dire &lt;br class='autobr' /&gt;
que notre rencontre aura lieu &#224; 5 heures de l' apr&#232;s- &lt;br class='autobr' /&gt;
midi, plut&#244;t qu'&#224; 17 heures. Nous avons calcul&#233; mentalement 9 + 8 (mod 12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons le cadran de l'horloge, regardons le 9, puis tournons de 8 places, et nous arrivons &#224; 5 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 + 8 = 5 (mod 12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de visualiser des horloges, les math&#233;maticiens appliquent souvent la recette suivante pour abr&#233;ger les calculs de modulo. Effectuons d'abord le calcul en arithm&#233;tique normale. Ensuite, pour conna&#238;tre le &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sultat en (mod x), divisons la r&#233;ponse normale par x &lt;br class='autobr' /&gt;
et notons le reste. Ce reste constitue la r&#233;ponse en &lt;br class='autobr' /&gt;
(mod x). Pour trouver la r&#233;ponse &#224; 11 x 9 (mod 13), &lt;br class='autobr' /&gt;
nous proc&#233;dons comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I1 x 9 = 99&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;99 : 13 = 7, reste 8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 x 9 = 8 (mod 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctions effectu&#233;es en arithm&#233;tique modulo &lt;br class='autobr' /&gt;
tendent &#224; se comporter de mani&#232;re erratique, ce qui &lt;br class='autobr' /&gt;
les transforme parfois en fonction &#224; sens unique. Cela &lt;br class='autobr' /&gt;
devient &#233;vident lorsqu'une fonction simple en arithm&#233;tique normale est compar&#233;e &#224; la n1&#234;me fonction en &lt;br class='autobr' /&gt;
arithm&#233;tique modulo. Dans la premi&#232;re, la fonction &lt;br class='autobr' /&gt;
sera &#224; double sens et ais&#233;ment inversible. Dans la &lt;br class='autobr' /&gt;
seconde, elle sera &#224; sens unique et difficilement inversible. Prenons par exemple la fonction 3x. Cela veut &lt;br class='autobr' /&gt;
dire : prendre un nombre (x), puis multiplier 3 par lui- &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me x fois pour trouver le nouveau nombre. Si x = 2, &lt;br class='autobr' /&gt;
effectuons cette op&#233;ration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 ^2 = 3 x 3 = 9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la fonction transforme 2 en 9. En &lt;br class='autobr' /&gt;
arithm&#233;tique ordinaire, plus la valeur de x cro&#238;t, plus &lt;br class='autobr' /&gt;
le r&#233;sultat cro&#238;t. Si l'on nous donnait le r&#233;sultat de &lt;br class='autobr' /&gt;
l'op&#233;ration, il nous serait assez facile de revenir en &lt;br class='autobr' /&gt;
arri&#232;re et de d&#233;duire le nombre d'origine. Si le r&#233;sultat &lt;br class='autobr' /&gt;
est 81, on peut en d&#233;duire que x = 4, puisque 3^ 4 = 81.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous nous trompons et croyons que x = 5, nous &lt;br class='autobr' /&gt;
trouverons que 3 5 = 243, ce qui nous prouve que notre &lt;br class='autobr' /&gt;
valeur attribu&#233;e &#224; x &#233;tait trop grande. Bref, m&#234;me si &lt;br class='autobr' /&gt;
nous nous trompons, nous pouvons retrouver l'exacte &lt;br class='autobr' /&gt;
valeur de x et effectuer &#224; l'envers la fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arithm&#233;tique modulo, cette m&#234;me fonction ne se &lt;br class='autobr' /&gt;
comporte pas si raisonnablement. Imaginons que l'on &lt;br class='autobr' /&gt;
nous dise que 3 x en modulo 7 = 1, et que l'on nous &lt;br class='autobr' /&gt;
demande de trouver la valeur de x. Aucune valeur ne &lt;br class='autobr' /&gt;
nous vient &#224; l'esprit, car nous sommes peu familiers, &lt;br class='autobr' /&gt;
pour la plupart, avec l'arithm&#233;tique modulo. Nous pouvons supposer que x = 5 et chercher le r&#233;sultat de 3^5 &lt;br class='autobr' /&gt;
(mod 7). Le r&#233;sultat donnera 5, ce qui est trop &#233;lev&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
puisque nous cherchons un r&#233;sultat &#233;gal &#224; 1. Nous pouvons &#234;tre tent&#233;s de r&#233;duire la valeur de x et d'essayer &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; nouveau. Mais nous irons dans la mauvaise direction &lt;br class='autobr' /&gt;
puisque la r&#233;ponse exacte est x = 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arithm&#233;tique normale, nous pouvons essayer des &lt;br class='autobr' /&gt;
nombres et sentir si nous br&#251;lons ou si nous gelons. Le &lt;br class='autobr' /&gt;
contexte de l'arithm&#233;tique modulo n'offre pas de prises &lt;br class='autobr' /&gt;
utiles, et inverser les fonctions est bien difficile. Sou- &lt;br class='autobr' /&gt;
vent, le seul moyen pour inverser une fonction en &lt;br class='autobr' /&gt;
modulo est de constituer une table en calculant la fonction avec diverses valeurs attribu&#233;es &#224; x, jusqu'&#224; ce que &lt;br class='autobr' /&gt;
l'on tombe sur la bonne solution. Le tableau 25 montre &lt;br class='autobr' /&gt;
les r&#233;sultats obtenus en appliquant plusieurs valeurs &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
la fonction, &#224; la fois en arithm&#233;tique normale et en &lt;br class='autobr' /&gt;
arithm&#233;tique modulo. Si &#233;tablir une telle table est un &lt;br class='autobr' /&gt;
peu fastidieux lorsqu'on travaille sur d'assez petits &lt;br class='autobr' /&gt;
nombres, cela devient extr&#234;mement p&#233;nible avec une &lt;br class='autobr' /&gt;
fonction comme 453 x (mod 21 997). C'est un exemple &lt;br class='autobr' /&gt;
classique de fonction &#224; sens unique, car je peux attribuer une valeur &#224; x et calculer le r&#233;sultat de la fonction, &lt;br class='autobr' /&gt;
mais si je vous donne un r&#233;sultat, disons 5 787, vous &lt;br class='autobr' /&gt;
aurez une. immense difficult&#233; &#224; inverser la fonction et &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; trouver quel x j'avais d&#233;termin&#233;. Il ne m'a fallu que &lt;br class='autobr' /&gt;
quelques secondes pour effectuer mon calcul, mais il &lt;br class='autobr' /&gt;
vous en co&#251;tera des heures pour &#233;tablir une table et &lt;br class='autobr' /&gt;
trouver l'x que j'avais choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ann&#233;es consacr&#233;es &#224; l'arithm&#233;tique &lt;br class='autobr' /&gt;
modulo et aux fonctions &#224; sens unique, la fantaisie de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hellman commen&#231;a &#224; se r&#233;v&#233;ler payante. Au printemps &lt;br class='autobr' /&gt;
1976, il eut l'id&#233;e d'une strat&#233;gie r&#233;solvant le probl&#232;me &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'&#233;change de clefs. En une demi-heure de gribouillage fr&#233;n&#233;tique, il prouva qu'Alice et Bernard po&#249;vaient convenir d'une clef sans se rencontrer, Hellm&#224;n &lt;br class='autobr' /&gt;
rendait ainsi caduc un axiome qui avait fait la loi pendant des si&#232;cles. Son id&#233;e reposait sur une fonction &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
sens unique de forme y^x (mod P). D'abord, Alice et &lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard se concertaient sur les valeurs attribu&#233;es &#224; Y , &lt;br class='autobr' /&gt;
et P. A peu pr&#232;s toutes les valeurs sont possibles, avec &lt;br class='autobr' /&gt;
cependant quelques restrictions, telles que : P doit &#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
premier et Y inf&#233;rieur &#224; P. Ces valeurs ne sont pas &lt;br class='autobr' /&gt;
secr&#232;tes, aussi Alice peut-elle t&#233;l&#233;phoner &#224; Bernard et &lt;br class='autobr' /&gt;
sugg&#233;rer, disons, que Y = 7 et P = Il. M&#234;me si la ligne &lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;l&#233;phonique n'est pas s&#251;re et que la malveillante Eve &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;coute la conversation, c'est sans importance, comme &lt;br class='autobr' /&gt;
nous allons le voir. Alice et Bernard sont maintenant &lt;br class='autobr' /&gt;
convenus de la fonction &#224; sens unique 7^X (mod 11). &#192; &lt;br class='autobr' /&gt;
cet instant, ils peuvent entamer le processus visant &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tablir une clef secr&#232;te sans se rencontrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice et Bernard ont d&#233;fini la &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me clef, qu'ils peuvent utiliser pour chiffrer un mes- &lt;br class='autobr' /&gt;
sage. Par exemple, ils peuvent utiliser leur nombre, 9, &lt;br class='autobr' /&gt;
comme clef pour un chiffrement en DES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hellman avait renvers&#233; un des piliers de la cryptographie et prouv&#233; qu'Alice et Bernard n'avaient pas &lt;br class='autobr' /&gt;
besoin de se rencontrer pour convenir d'une clef &lt;br class='autobr' /&gt;
secr&#232;te. Ensuite, quelqu'un devrait simplement arriver &lt;br class='autobr' /&gt;
avec un sch&#233;ma plus efficace pour que le probl&#232;me de &lt;br class='autobr' /&gt;
la distribution des clefs soit tout &#224; fait surmont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Au c&#339;ur du chiffre asym&#233;trique de Rivest se trouve &lt;br class='autobr' /&gt;
une fonction &#224; sens unique bas&#233;e sur le type des fonctions modulo d&#233;crites plus haut. La fonction &#224; sens &lt;br class='autobr' /&gt;
unique de Rivest peut &#234;tre utilis&#233;e pour crypter le message. On introduit dans la fonction ce message qui, en &lt;br class='autobr' /&gt;
fait, est un nombre, et le r&#233;sultat est le texte chiffr&#233;, un &lt;br class='autobr' /&gt;
autre nombre. Je ne d&#233;crirai pas en d&#233;tail la fonction &lt;br class='autobr' /&gt;
de Rivest (voir Annexe J), mais j'expliquerai un des &lt;br class='autobr' /&gt;
aspects qui lui sont propres, appel&#233; simplement N parce &lt;br class='autobr' /&gt;
que c'est ce N qui rend la fonction r&#233;versible sous certaines conditions, et donc id&#233;ale pour &#234;tre appliqu&#233;e &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
un chiffre asym&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N est important parce qu'il est le composant variable &lt;br class='autobr' /&gt;
de la fonction &#224; sens unique, ce qui entra&#238;ne que &lt;br class='autobr' /&gt;
chaque personne peut choisir pour N une valeur diff&#233;rente, et personnaliser la fonction. Pour choisir sa &lt;br class='autobr' /&gt;
valeur personnelle de N, Alice prend deux nombres &lt;br class='autobr' /&gt;
premiers, p et q et les multiplie l'un par l'autre. Un &lt;br class='autobr' /&gt;
nombre premier n'a pas de diviseur, hors lui-m&#234;me et &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Par exemple 7 est un nombre premier parce qu'aucun chiffre ne le divise sans qu'il Y ait un reste. De &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me 13 est un nombre premier parce que seuls 1 et &lt;br class='autobr' /&gt;
13 le divisent sans laisser de reste. En revanche, 8 n'est &lt;br class='autobr' /&gt;
pas un nombre premier, puisqu'on peut le diviser par &lt;br class='autobr' /&gt;
2 et par 4. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alice pourrait ainsi choisir comme nombres premiers p = 17 159 et q = 10 247. Multiplier ces nombres &lt;br class='autobr' /&gt;
l'un par l'autre donne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N = 17 159 x 10247 = 175828273.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix d'Alice pour N devient sa clef publique, &lt;br class='autobr' /&gt;
elle peut l'imprimer sur sa carte de visite, la mettre sur &lt;br class='autobr' /&gt;
Internet ou la publier dans un annuaire de clefs &lt;br class='autobr' /&gt;
publiques avec toutes les autres valeurs de N appartenant &#224; d'autres personnes. Si Bernard veut crypter un &lt;br class='autobr' /&gt;
message pour Alice, il se, procure la valeur du N &lt;br class='autobr' /&gt;
d'Alice (175 828 273) et l'ins&#232;re dans la formule g&#233;n&#233;rale de la fonction &#224; sens unique, elle aussi de notori&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
publique. Bernard dispose maintenant d'une fonction &#224; - &lt;br class='autobr' /&gt;
sens unique taill&#233;e sur mesure avec la clef d'Alice, &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on peut appeler la fonction &#224; sens unique d'Alice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour crypter un message pour Alice, il prend la fonction d'Alice, y ins&#232;re le message, en note le r&#233;sultat et &lt;br class='autobr' /&gt;
l'envoie &#224; Alice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224;, le message crypt&#233; est en s&#233;curit&#233; puisque &lt;br class='autobr' /&gt;
personne ne peut le d&#233;chiffrer. Le message a &#233;t&#233; chiffr&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
par une fonction &#224; sens unique ; inverser cette fonction &lt;br class='autobr' /&gt;
et d&#233;crypter le message sont, par d&#233;finition, virtuelle- &lt;br class='autobr' /&gt;
ment impossibles. Pourtant, une question demeure : &lt;br class='autobr' /&gt;
comment Alice peut-elle d&#233;crypter le message ? Pour &lt;br class='autobr' /&gt;
lire les messages qu'on lui adresse, Alice doit avoir un &lt;br class='autobr' /&gt;
moyen d'inverser la fonction &#224; sens unique. Un &#233;l&#233;ment doit lui permettre de d&#233;crypter le message. Heureusement pour Alice, Rivest a &#233;labor&#233; une fonction &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
sens unique qui peut &#234;tre invers&#233;e par quelqu'un &lt;br class='autobr' /&gt;
connaissant la valeur de p et de q, les deux nombres &lt;br class='autobr' /&gt;
premiers qui ont &#233;t&#233; multipli&#233;s pour donner N. Bien &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'Alice ait dit &#224; tout le monde que sa valeur pour N &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait 175 828 273, elle n'a pas r&#233;v&#233;l&#233; les valeurs de p &lt;br class='autobr' /&gt;
et de q ; elle seule dispose donc de cette information &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire pour d&#233;crypter les messages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons voir en N la clef publique, une information disponible pour n'importe qui, une information &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire pour crypter les messages destin&#233;s &#224; Alice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que p et q sont la clef priv&#233;e, utilisable par Alice &lt;br class='autobr' /&gt;
seulement, l'information indispensable pour d&#233;crypter &lt;br class='autobr' /&gt;
ces messages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modalit&#233;s pr&#233;cises de l'utilisation de p et de q &lt;br class='autobr' /&gt;
pour inverser la fonction &#224; sens unique sont d&#233;crites &lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'Annexe J. Pourtant, il y a une question qui se &lt;br class='autobr' /&gt;
pose imm&#233;diatement. Si tout le monde conna&#238;t N, la &lt;br class='autobr' /&gt;
clef publique, alors n'est-il pas facile d'en d&#233;duire p et &lt;br class='autobr' /&gt;
q, la clef priv&#233;e, et de lire les messages d'Alice ? Apr&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
tout, N a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en partant de p et de q. En fait il se &lt;br class='autobr' /&gt;
trouve que si N est assez grand, il est pratiquement &lt;br class='autobr' /&gt;
impossible d'en d&#233;duire p et q, et c'est peut-&#234;tre l'aspect le plus int&#233;ressant et le plus &#233;l&#233;gant du chiffre &lt;br class='autobr' /&gt;
asym&#233;trique RSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice a cr&#233;&#233; N en choisissant p et q et en multipliant &lt;br class='autobr' /&gt;
l'un par l'autre. Le point fondamental est que cette &lt;br class='autobr' /&gt;
action est en elle-m&#234;me une fonction &#224; sens unique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;montrer l'irr&#233;versibilit&#233; de la multiplication de &lt;br class='autobr' /&gt;
nombres premiers, prenons deux nombres premiers &lt;br class='autobr' /&gt;
9 419 et 1933, et multiplions-les. Une machine &#224; calculer fournit la r&#233;ponse, en quelques secondes : &lt;br class='autobr' /&gt;
18 206 927. Si, au contraire, on nous donne 18 206 927 &lt;br class='autobr' /&gt;
en nous demandant de trouver les facteurs premiers &lt;br class='autobr' /&gt;
(les deux nombres qui, multipli&#233;s l'un par l'autre, ont &lt;br class='autobr' /&gt;
donn&#233; 18 206 927), cela prendra beaucoup plus de &lt;br class='autobr' /&gt;
temps. Si vous en doutez, r&#233;fl&#233;chissez &#224; ceci : cela m'a &lt;br class='autobr' /&gt;
pris dix secondes pour g&#233;n&#233;rer le nombre 1 709 023, &lt;br class='autobr' /&gt;
mais il vous faudra, avec votre machine &#224; calculer, &lt;br class='autobr' /&gt;
presque tout un apr&#232;s-midi pour en sortir les facteurs &lt;br class='autobr' /&gt;
premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cryptosyst&#232;me, le RSA, est une forme de &lt;br class='autobr' /&gt;
la cryptographie &#224; clef publique. Pour v&#233;rifier sa s&#233;cu- &lt;br class='autobr' /&gt;
rit&#233;, mettons-nous &#224; la place d'&#200;ve, et essayons de saisir un message d'Alice &#224; Bernard. Pour crypter son &lt;br class='autobr' /&gt;
message, Alice consulte la clef publique de Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour constituer sa clef publique, Bernard a choisi ses &lt;br class='autobr' /&gt;
propres nombres premiers, PB et qB et les a multipli&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
l'un par l'autre pour obtenir NB. Il a gard&#233; secret PB et &lt;br class='autobr' /&gt;
qB, qui forment sa clef priv&#233;e, mais a rendu publique &lt;br class='autobr' /&gt;
NB qui est 408 508 091. Alice ins&#232;re donc la clef &lt;br class='autobr' /&gt;
publique de Bernard dans la fonction g&#233;n&#233;rale &#224; sens &lt;br class='autobr' /&gt;
unique de chiffrement, et crypte son message. Lorsque &lt;br class='autobr' /&gt;
le message lui parvient, Bernard peut inverser la fonction et le d&#233;crypter, en utilisant les valeurs de PB et &lt;br class='autobr' /&gt;
qB qui constituent sa clef priv&#233;e. Entre-temps, Eve a &lt;br class='autobr' /&gt;
intercept&#233; le message. Sa seule chance de le d&#233;crypter &lt;br class='autobr' /&gt;
est d'inverser la fonction &#224; sens unique, ce qu'elle ne &lt;br class='autobr' /&gt;
peut faire sans conna&#238;tre PB et qB. Bernard a tenu &lt;br class='autobr' /&gt;
secrets PB et qB mais &#200;ve, comme tout le monde, sait &lt;br class='autobr' /&gt;
que NB est 408 508 091. &#200;ve tente donc de d&#233;duire les &lt;br class='autobr' /&gt;
valeurs de PB et qB en sortant les nombres qui, multi- &lt;br class='autobr' /&gt;
pli&#233;s l'un par l'autre, peuvent donner 408 508 091, pro- &lt;br class='autobr' /&gt;
c&#233;d&#233; appel&#233; factorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de temps exactement faudra-t-il &#224; &#200;ve pour &lt;br class='autobr' /&gt;
trouver les facteurs diviseurs de 408 508 091 ? Il Y a &lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs recettes pour essayer de factoriser NB. Certaines sont plus rapides que d'autres, mais toutes exigent de v&#233;rifier si chaque nombre premier peut ou non &lt;br class='autobr' /&gt;
diviser NB sans laisser de reste. Par exemple, 3 est un &lt;br class='autobr' /&gt;
nombre premier mais n'est pas un diviseur de &lt;br class='autobr' /&gt;
408 508 091 puisque 3 ne divise pas parfaitement &lt;br class='autobr' /&gt;
408 508 091. Eve passe donc au nombre premier suivant, le 5. Le 5 ne convient pas non plus, &#200;ve passe &lt;br class='autobr' /&gt;
au suivant, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin elle arrive &#224; 18 313, &lt;br class='autobr' /&gt;
le 2 OOOe nombre premier, qui est un facteur de &lt;br class='autobr' /&gt;
408 508 091. Ayant trouv&#233; l'un des facteurs, il devient &lt;br class='autobr' /&gt;
facile d'avoir l'autre, qui se r&#233;v&#232;le &#234;tre 22 307 . Avec &lt;br class='autobr' /&gt;
une machine &#224; calculer pouvant tester quatre nombres &lt;br class='autobr' /&gt;
premiers &#224; la minute, &#200;ve aurait mis 500 minutes, soit &lt;br class='autobr' /&gt;
plus de huit heures, pour identifier PB et qB. Autrement &lt;br class='autobr' /&gt;
dit, &#200;ve trouverait la clef secr&#232;te de Bernard et pourrait &lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi d&#233;chiffrer le message en moins d'un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une s&#233;curit&#233; de &lt;br class='autobr' /&gt;
haut niveau, mais Bernard aurait pu choisir des &lt;br class='autobr' /&gt;
nombres premiers beaucoup plus grands et augmenter &lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi la d&#233;fense de sa clef priv&#233;e. S'il avait choisi des &lt;br class='autobr' /&gt;
nombres premiers aussi &#233;lev&#233;s que 10 65 (ce qui veut &lt;br class='autobr' /&gt;
dire 1 suivi de 65 z&#233;ros, ou cent mille millions de mil- &lt;br class='autobr' /&gt;
lions de millions de millions de millions de millions &lt;br class='autobr' /&gt;
de millions de millions de millions de millions), cela &lt;br class='autobr' /&gt;
aurait donn&#233; une valeur &#224; N d'environ 10^ 65 x 10^65 = &lt;br class='autobr' /&gt;
10^ 13 0. Un ordinateur peut multiplier les deux nombres &lt;br class='autobr' /&gt;
premiers et g&#233;n&#233;rer N en une seule seconde, mais si &lt;br class='autobr' /&gt;
Eve tentait d'inverser le proc&#233;d&#233; et de trouver p et q, &lt;br class='autobr' /&gt;
cela lui prendrait un temps d&#233;mesur&#233;. Combien de &lt;br class='autobr' /&gt;
temps exactement ? cela d&#233;pend de la rapidit&#233; de son &lt;br class='autobr' /&gt;
ordinateur. L'expert en s&#233;curit&#233; Simon Garfinkel estimait qu'un ordinateur &#224; 100 MHz d'Intel Pentium avec &lt;br class='autobr' /&gt;
une RAM de 8 m&#233;gabits mettrait &#224; peu pr&#232;s cinquante &lt;br class='autobr' /&gt;
ans &#224; factoriser un nombre aussi &#233;lev&#233; que 10 ^130. Les &lt;br class='autobr' /&gt;
cryptographes ont une certaine tendance &#224; la parano&#239;a &lt;br class='autobr' /&gt;
et envisagent les pires circonstances, comme une &lt;br class='autobr' /&gt;
conspiration mondiale pour faire c&#233;der leurs chiffres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi Garfinkel &#233;tudia-t-il ce qui se passerait si cent &lt;br class='autobr' /&gt;
millions d'ordinateurs personnels (le nombre d'ordinateurs vendus en 1995) se liguaient. Le r&#233;sultat serait &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un nombre tel que 10^130 pourrait &#234;tre factoris&#233; en &lt;br class='autobr' /&gt;
15 secondes environ. On a donc consid&#233;r&#233; que pour &lt;br class='autobr' /&gt;
assurer une r&#233;elle s&#233;curit&#233;, il fallait utiliser des &lt;br class='autobr' /&gt;
nombres premiers vraiment g&#233;ants. Pour des transactions bancaires importantes, N tend &#224; &#234;tre au moins de &lt;br class='autobr' /&gt;
10 308 , ce qui est dix millions de milliards de milliards &lt;br class='autobr' /&gt;
de milliards de milliards de milliards de milliards de &lt;br class='autobr' /&gt;
milliards de milliards de milliards de milliards de mil- &lt;br class='autobr' /&gt;
liards de milliards de milliards de milliards de milliards &lt;br class='autobr' /&gt;
de milliards de milliards de milliards de milliards de &lt;br class='autobr' /&gt;
fois plus &#233;lev&#233; que 10 130 ! Les efforts combin&#233;s de cent &lt;br class='autobr' /&gt;
millions de personnes avec leurs ordinateurs prendraient plus de mille ans pour faire c&#233;der un tel chiffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des valeurs suffisantes attribu&#233;es &#224; p et q, RSA &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait imprenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul risque pour la s&#233;curit&#233; du cryptosyst&#232;me &lt;br class='autobr' /&gt;
RSA &#224; clef publique serait que, dans le futur, quel- &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un trouve un moyen rapide pour factoriser N. On &lt;br class='autobr' /&gt;
peut imaginer que dans dix ans, ou pourquoi pas &lt;br class='autobr' /&gt;
demain, quelqu'un d&#233;couvrira une m&#233;thode de factorisation rapide, et RSA deviendra imm&#233;diatement &lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;rim&#233;. Toutefois, depuis plus de deux mille ans les &lt;br class='autobr' /&gt;
math&#233;maticiens ont essay&#233; de trouver une voie rapide &lt;br class='autobr' /&gt;
sans y parvenir et, &#224; l'heure actuelle, factoriser r&#233;clame &lt;br class='autobr' /&gt;
toujours un temps de calcul consid&#233;rable. La plupart &lt;br class='autobr' /&gt;
des math&#233;maticiens pensent que ces difficult&#233;s sont &lt;br class='autobr' /&gt;
inh&#233;rentes &#224; la factorisation, et que certaines lois &lt;br class='autobr' /&gt;
math&#233;matiques interdisent tout raccourci. S'ils ont rai- &lt;br class='autobr' /&gt;
son, le RSA semble s&#251;r pour l'avenir imm&#233;diat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le grand avantage de la cryptographie &#224; clef &lt;br class='autobr' /&gt;
publique RSA est qu'elle en finit avec tous les probl&#232;mes associ&#233;s aux chiffres traditionnels et &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;change de clefs. Alice n'a plus &#224; se soucier du trans- &lt;br class='autobr' /&gt;
port de la clef pour Bernard, ni &#224; s'inqui&#233;ter d'une &lt;br class='autobr' /&gt;
interception d'&#200;ve. En fait, peu importe &#224; Alice que &lt;br class='autobr' /&gt;
quelqu'un d'autre voie la clef publique - plus on est &lt;br class='autobr' /&gt;
de fous, plus on rit - puisque cette clef ne sert qu'au &lt;br class='autobr' /&gt;
chiffrement et non au d&#233;chiffrement, et qu'Alice peut &lt;br class='autobr' /&gt;
la garder toujours sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RSA fut pr&#233;sent&#233; pour la premi&#232;re fois en ao&#251;t 1977 &lt;br class='autobr' /&gt;
dans un article sign&#233; par Martin Gardner et intitul&#233; A &lt;br class='autobr' /&gt;
New Kind of Cipher that Would Take Millions of Years &lt;br class='autobr' /&gt;
to Break, dans sa rubrique de jeux math&#233;matiques du &lt;br class='autobr' /&gt;
Scientific American. Apr&#232;s avoir expliqu&#233; comment &lt;br class='autobr' /&gt;
fonctionne la cryptographie &#224; clef publique, Gardner &lt;br class='autobr' /&gt;
proposait un concours &#224; ses lecteurs. Il publiait un texte &lt;br class='autobr' /&gt;
chiffr&#233; et donnait la clef publique utilis&#233;e pour son &lt;br class='autobr' /&gt;
chiffrement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N = 114 381 625 757 888 867 669 235 779 976 146 612 &lt;br class='autobr' /&gt;
010218296721 242362 562 561 842 935 70'6935 &lt;br class='autobr' /&gt;
245 733 897 830 597 123 563 958 705 058 989 075 &lt;br class='autobr' /&gt;
147 599290026 879 543 541.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu consistait &#224; factoriser N en p et q, et &#224; utiliser &lt;br class='autobr' /&gt;
ensuite ces nombres pour d&#233;chiffrer le message. Le &lt;br class='autobr' /&gt;
prix &#233;tait de cent dollars. Gardner n'avait pas la place &lt;br class='autobr' /&gt;
pour expliquer en d&#233;tail le RSA, il demandait donc &lt;br class='autobr' /&gt;
aux lecteurs d'&#233;crire au Laboratoire du MIT qui leur &lt;br class='autobr' /&gt;
enverrait une note technique. Rivest, Shamir et Adleman furent &#233;tonn&#233;s de recevoir mille demandes. Ils n'y &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;pondirent d'ailleurs pas imm&#233;diatement, craignant &lt;br class='autobr' /&gt;
que la diffusion de leur id&#233;e ne compromette leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
chances d'obtenir un brevet. Lorsque cela fut fait, le &lt;br class='autobr' /&gt;
trio organisa une r&#233;union pour f&#234;ter l'&#233;v&#233;nement. Pro- &lt;br class='autobr' /&gt;
fesseurs et &#233;tudiants eurent droit &#224; des pizzas et &#224; de &lt;br class='autobr' /&gt;
la bi&#232;re, et furent invit&#233;s aussi &#224; mettre la note tech- &lt;br class='autobr' /&gt;
nique' sous enveloppe pour les lecteurs du Scientific &lt;br class='autobr' /&gt;
American.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au concours de Gardner, il a fallu dix-sept ans &lt;br class='autobr' /&gt;
pour que le chiffre soit bris&#233;. En avril 1994, une &#233;quipe &lt;br class='autobr' /&gt;
de six cents volontaires r&#233;v&#233;la les facteurs de N. &lt;br class='autobr' /&gt;
q = 3490529510847650949 147 849619903 898 &lt;br class='autobr' /&gt;
133 417 764638 493 387 843 990 820 577. &lt;br class='autobr' /&gt;
p = 32 769 132 993 266 709 549 961 988 190 834461 &lt;br class='autobr' /&gt;
413 177 642 967 992 942 539 798 288 533.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En utilisant ces valeurs comme clef priv&#233;e, ils furent &lt;br class='autobr' /&gt;
capables de d&#233;chiffrer le message. Celui-ci &#233;tait une &lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;rie de nombres, qui convertis en lettre donn&#232;rent : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;The magic words are squeamish ossifrage&lt;/i&gt;. La factorisation avait &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; des volontaires appartenant &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
des pays aussi &#233;loign&#233;s que l'Australie, l'Angleterre, &lt;br class='autobr' /&gt;
les Etats-Unis et le Venezuela. Ils consacr&#232;rent leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
loisirs &#224; travailler sur des ordinateurs, chacun &#233;tant &lt;br class='autobr' /&gt;
charg&#233; d'une fraction du probl&#232;me. M&#234;me en tenant &lt;br class='autobr' /&gt;
compte de l'organisation consid&#233;rable n&#233;cessit&#233;e par &lt;br class='autobr' /&gt;
ces calculs en parall&#232;le, certains lecteurs seront surpris &lt;br class='autobr' /&gt;
que le syst&#232;me RSA ait &#233;t&#233; bris&#233; en un temps si court, &lt;br class='autobr' /&gt;
mais il faut noter que le concours portait sur une valeur &lt;br class='autobr' /&gt;
de N relativement petite, de l'ordre de 10 129 . Aujourd'hui, les utilisateurs de RSA prendraient une valeur &lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup plus &#233;lev&#233;e pour prot&#233;ger une information &lt;br class='autobr' /&gt;
importante. Il est maintenant courant de crypter un &lt;br class='autobr' /&gt;
message avec une valeur de N telle que tous les ordinateurs de la plan&#232;te auraient besoin d'un temps plus long &lt;br class='autobr' /&gt;
que l'&#226;ge de l'univers pour briser le chiffre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dialectique de la nature : l'exemple des virus</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7163</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7163</guid>
		<dc:date>2020-12-14T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'actualit&#233; rend les virus, au moins l'un d'entre eux, le sujet permanent des grands media. La pand&#233;mie pourrait &#234;tre l'occasion d'une grande campagne de vulgarisation scientifique. L'ADN et l'ARN sont un des signes tangibles de l'unit&#233; du vivant, donc de la th&#233;orie de l'&#233;volution de Darwin. Mais cette pand&#233;mie &#233;tant utilis&#233;e par les Etats comme un outil de r&#233;action politique, des millions de gens ne savent sans doute toujours pas ce qu'est un virus, malgr&#233; les centaines d'heures de palabres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt; Introduction &#224; la dialectique de la nature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; rend les virus, au moins l'un d'entre eux, le sujet permanent des grands media. La pand&#233;mie pourrait &#234;tre l'occasion d'une grande campagne de vulgarisation scientifique. L'ADN et l'ARN sont un des signes tangibles de l'unit&#233; du vivant, donc de la th&#233;orie de l'&#233;volution de Darwin. Mais cette pand&#233;mie &#233;tant utilis&#233;e par les Etats comme un outil de r&#233;action politique, des millions de gens ne savent sans doute toujours pas ce qu'est un virus, malgr&#233; les centaines d'heures de palabres de &#171; scientifiques &#187; servant de porte-parole au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or au del&#224; des questions techniques, et de la politique sanitaire qui devrait &#234;tre mise en oeuvre, les virus devraient int&#233;resser les militants du mouvement ouvrier car ils illustrent une des lois fondamentales de la dialectique : l'unit&#233; des contraires. L'importance ce cette loi, en biologie comme en politique, est soulign&#233;e par L&#233;nine dans son texte &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/00/surlaquestion.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur la question de la dialectique&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;doublement de l'un et la connaissance de ses parties contradictoires est le fond (une des &#171; essences &#187;, une des particularit&#233;s ou marques fondamentales, sinon la fondamentale) de la dialectique. C'est ainsi que Hegel &#233;galement pose la question (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justesse de cet aspect du contenu de la dialectique doit &#234;tre v&#233;rifi&#233;e par l'histoire de la science. Habituellement (par exemple chez Pl&#233;khanov) on ne pr&#234;te pas assez attention &#224; cet aspect de la dialectique : l'identit&#233; des contraires est prise comme somme d'exemples [&#171; par exemple, le grain &#187; ; &#171; par exemple, le communisme primitif &#187;. Chez Engels aussi. Mais c'est &#171; pour la vulgarisation &#187;...] , et non comme loi de la connaissance (et loi du monde objectif). (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; des contraires (leur &#171; unit&#233; &#187;, dirait-on peut-&#234;tre plus exactement, bien que la distinction des termes identit&#233; et unit&#233; ne soit pas ici particuli&#232;rement essentielle. En un certain sens, les deux sont justes) est la reconnaissance (la d&#233;couverte) des tendances contradictoires, s'excluant mutuellement, oppos&#233;es, dans tous les ph&#233;nom&#232;nes et processus de la nature (dont ceux de l'esprit et de la soci&#233;t&#233;). La condition pour conna&#238;tre tous les processus de l'univers dans leur &#171; automouvement &#187;, dans leur d&#233;veloppement spontan&#233;, dans leur vie vivante, est de les conna&#238;tre comme unit&#233; de contraires. Le d&#233;veloppement est &#171; lutte &#187; des contraires.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les virus illustrent cette unit&#233; des contraires, sous la forme de la question : sont-ils vivants ou non ? Les deux ! r&#233;pond le sp&#233;cialiste Pierre L&#233;pine, scientifique qui ne se r&#233;clame pas ouvertement de la dialectique, mais la justifie de fait en r&#233;pondant : les virus sont une mati&#232;re &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; vivante et inerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques difficult&#233;s techniques de son texte que nous allons citer ne doivent pas emp&#234;cher de comprendre la conclusion de ce scientifique. Elles t&#233;moignent juste du fait que comme le remarque L&#233;nine, c'est du d&#233;veloppement de la science elle-m&#234;me que r&#233;sulte l'apparition de figures de la dialectique, pas d'un ajout artificiel venant de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les virus sont-ils vivants ?&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_14782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH499/virus-9e779.jpg?1780183048' width='320' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Nous en savons assez maintenant sur les virus pour aborder la question de la nature intime des virus : sont-ils vivants ? Sont-ils inanim&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'un probl&#232;me qui s'est pos&#233; d&#232;s l'origine m&#234;me des travaux sur les virus. Lorsque Pasteur renon&#231;ait, apr&#232;s de nombreux essais, &#224; voir le microbe de la rage, il pensait simplement qu'il avait affaire &#224; un germe plus petit que les germes visibles au microscope. Au contraire, lorsque Beijerinck faisait franchir une paroi de porcelaine au virus infectieux de la mosa&#239;que du tabac, il en concluait qu'il s'agissait d'un contage fluide d'une nature diff&#233;rente des agents infectieux jusque l&#224; reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte du bact&#233;riophage divisait de m&#234;me les bact&#233;riologistes entre ceux qui y voyaient, avec d'H&#233;relle, un germe anim&#233;, un &#171; microbe des microbes &#187;, et ceux qui au contraire, avec Bordet et Ciuca, en faisaient un facteur inanim&#233; de lyse [&lt;i&gt;destruction&lt;/i&gt;] h&#233;r&#233;ditairement transmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la cristallisation des virus &#224; la suite des travaux de Stanley, en raison de l'id&#233;e de mati&#232;re inanim&#233;e qui, pour nous, est associ&#233;e &#224; la notion de cristallisation, apportait un fort argument aux tenants de la nature non vivante des virus et de leur origine endog&#232;ne. Il a trouv&#233; son expression dans le terme &#171; virus prot&#233;ine &#187; qui a &#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque employ&#233; pour d&#233;signer les virus consid&#233;r&#233;s comme des macromol&#233;cules dou&#233;es du pouvoir de reproduction autocatalytique aux d&#233;pens des prot&#233;ines de l'organisme h&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est indiscutable, d'autre part, qu'une tendance naturelle des microbiologistes les conduit &#224; envisager les virus comme des organismes dou&#233;s d'une sp&#233;cificit&#233; autonome, et &#224; les int&#233;grer &#224; ce titre dans l'&#233;chelle des &#234;tres vivants. C'est m&#233;conna&#238;tre l'absence d'homog&#233;n&#233;it&#233; qui existe dans l'ensemble des virus. A l'extr&#233;mit&#233; sup&#233;rieure de leur &#233;chelle, nous trouvons des organismes de structure et de morphologie complexes, dou&#233;s d'une apparence de noyau (nucl&#233;o&#239;de), de protoplasme (viroplasme) et de membrane, et dont la composition chimique est tr&#232;s proche de celle des bact&#233;ries. A l'autre extr&#233;mit&#233; se trouvent des particules tr&#232;s simples, de structure relativement homog&#232;ne, r&#233;ductibles &#224; des acides nucl&#233;iques qui peuvent &#234;tre obtenus &#224; l'&#233;tat de grande puret&#233; chimique sous forme cristalline sans rien perdre de leur pouvoir infectant. Comment, de ces faits en apparence contradictoires, nous faire de la nature des virus une opinion coh&#233;rente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la question qui surgit lorsque l'on aborde le probl&#232;me de la nature des virus est la suivante : les virus sont-ils repr&#233;sentatifs d'un &#233;tat pr&#233;cellulaire, d'une ascension vers une autonomie compl&#232;te d'&#233;l&#233;ments progressivement individualis&#233;s de la cellule, ou sont-ils au contraire les formes d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es d'organismes adapt&#233;s &#224; une vie parasitaire, progressivement d&#233;pouill&#233;s des possibilit&#233;s d'un m&#233;tabolisme ind&#233;pendant de celui de leur h&#244;te ? En d'autres termes, les virus ont-ils une origine interne ou au contraire externe &#224; la cellule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'hypoth&#232;se endog&#232;ne, les virus sont des &#233;l&#233;ments devenus anormaux, d&#233;riv&#233;s aberrants de constituants normaux de la cellule comme les chromosomes et les mitochondries. Ils peuvent th&#233;oriquement apparaitre sans que rien les ait pr&#233;c&#233;d&#233;s et nous devons n&#233;cessairement admettre la possibilit&#233; de leur g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e. Dans l'hypoth&#232;se exog&#232;ne, ce sont des agents infectieux qui p&#233;n&#232;trent dans les cellules par effraction et qui, si leur taille et leurs propri&#233;t&#233;s les distinguent des microbes visibles, repr&#233;sentent la descendance de germes semblables entre eux, reproduits au sein d'autres cellules sensibles et dont rien n'autorise &#224; supposer la g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, &#224; l'&#233;chelle des structures polymol&#233;culaires qui est celle des virus, la question de la vie perd la plus grande partie de son sens. Si m&#234;me les virus de petite taille se comportent indiscutablement comme des agents des maladies infectieuses, notion que depuis Pasteur nous associons &#224; celle d'&#234;tre anim&#233;, leur structure rudimentaire, leur &#233;quipement enzymatique r&#233;duit, leur composition relativement simple les rapprochent des compos&#233;s courants de la chimie organique. D'autre part, le concept de vie est commun&#233;ment confondu dans notre esprit avec celui d'&#234;tres vivants, d'individus appartenant &#224; une esp&#232;ce zoologique ou botanique d&#233;finie. En pensant &#224; la vie, nous &#233;voquons, consciemment ou non, un ensemble de fonctions distinctes et apparemment indissociables : activit&#233;, motricit&#233;, assimilation, respiration, croissance, reproduction, etc. Il est pourtant &#233;vident que certaines de ces fonctions ne r&#233;sistent pas &#224; l'analyse, en ce sens que la vie peut exister sans elle, telle la motricit&#233; qui manque chez la plupart des v&#233;g&#233;taux, la respiration, l'assimilation qui peuvent chez les &#234;tres inf&#233;rieurs &#234;tre compl&#232;tement suspendues pendant de longs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on descend l'&#233;chelle des &#234;tres organis&#233;s, on voit se r&#233;duire progressivement le nombre des fonctions indispensables &#224; la vie, finalement limit&#233;e aux propri&#233;t&#233;s essentielles de la mati&#232;re organique, dou&#233;s de continuit&#233; g&#233;n&#233;tique, dont se compose chaque &#234;tre &#224; l'&#233;tat vivant. la fronti&#232;re entre la vie et la mort devient ainsi fix&#233;e non aux limites de l'individu, ni m&#234;me &#224; celle de la cellule, mais au foss&#233; qui doit logiquement s&#233;parer la mati&#232;re organique vivante autoreproductible de la mati&#232;re organique inanim&#233;e. C'est ici qu'est le noeud du probl&#232;me en ce qui concerne les virus, celui par lequel ces agents infectieux se montrent parfois si proche des g&#232;nes, support mat&#233;riel de l'h&#233;r&#233;dit&#233; group&#233;s dans les chromosomes et qui comme les virus sont li&#233;s &#233;troitement au fonctionnement de la cellule et &#224; sa reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivants ou inanim&#233;s, les virus seraient donc &#224; la fois l'un et l'autre, ou plus exactement ils seraient successivement l'un et l'autre, car il importe de souligner que leur autoreproduction avec continuit&#233; g&#233;n&#233;tique ne se manifeste qu'au sein des cellules vivantes. Hors de la cellule le virus ne se distingue en rien d'un quelconque compos&#233; organique ; il ne se reproduit jamais. Dans la cellule, il ne se reproduit qu'autant que celle-ci est encore capable de synth&#232;ses. Nous avons vu que la multiplication des virus exige leur int&#233;gration au m&#233;tabolisme de la cellule, cette derni&#232;re reproduisant le virus plus que le virus ne se reproduit lui-m&#234;me. De telle sorte que le processus pathologique, qui dans la cellule aboutira &#224; la r&#233;plication du virus, autant que l'oeuvre du virus l'oeuvre de la cellule elle-m&#234;me. Car la diff&#233;rence essentielle entre le virus et la cellule repose sur le fait que cette derni&#232;re, poss&#233;dant &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; les deux acides nucl&#233;iques, ADN et ARN, indispensables au cycle de Lipmann qui permet la synth&#232;se de la mati&#232;re organique &#224; partir des &#233;l&#233;ments et des compos&#233;s inorganiques, peut assurer elle-m&#234;me sa croissance et sa reproduction, alors que le virus, ne poss&#233;dant &lt;i&gt;qu'un seul&lt;/i&gt; acide nucl&#233;ique, en est incapable et qu'il est par l&#224; condamn&#233; &#224; d&#233;pendre de l'&#233;quipement enzymatique et du potentiel de synth&#232;se d'une cellule vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce faisant, rien ne prouve et rien n'indique que les virus ne soient pas d'origine exog&#232;ne, c'est-&#224;-dire que tout en perdant hors de la cellule les attributs de la mati&#232;re anim&#233;e, ils ne cessent pas d'&#234;tre des agents infectieux bien que ne poss&#233;dant pas, par eux-m&#234;mes et de fa&#231;on autonome, les fonctions de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents, enfin, par leur sp&#233;cificit&#233; antig&#233;nique, des organites de la cellule, les virus constituent de fait une classe &#224; part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-nous : les virus ne sont pas des organismes complets, ils ne sont pas davantage de simples macromol&#233;cules autoreproductibles ; les virus ne sont pas des organites aberrants ni des constituants d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s de la cellule. Ils ont une complexit&#233; de structure, une sp&#233;cificit&#233; antig&#233;nique qui leur est propre, une continuit&#233; g&#233;n&#233;tique : ils se reproduisent, mais ne peuvent le faire de fa&#231;on autonome sans l'intervention d'une cellule vivante. Les virus ne peuvent &#234;tre rattach&#233;s &#224; aucun autre syst&#232;me biologique : ils sont virus et c'est tout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Introduction &#224; la dialectique de la nature</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article1574</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article1574</guid>
		<dc:date>2010-08-15T07:43:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Engels &#233;crivait dans l'&#171; Anti-D&#252;hring &#187; : &#171; La nature est le banc d'essai de la dialectique et nous devons dire &#224; l'honneur de la science moderne de la nature qu'elle a fourni pour ce banc d'essai une riche moisson de faits qui s'accro&#238;t tous les jours. &#187; C'est ce mouvement sans cesse renouvel&#233;, ce dialogue contradictoire permanent entre nature et philosophie, qui permet que la pens&#233;e sur le monde, &#224; la fois mat&#233;rialiste et dialectique, reste dynamique et proche de la r&#233;alit&#233; sans s'enliser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt; Introduction &#224; la dialectique de la nature&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Engels &#233;crivait dans l'&#171; Anti-D&#252;hring &#187; : &#171; La nature est le banc d'essai de la dialectique et nous devons dire &#224; l'honneur de la science moderne de la nature qu'elle a fourni pour ce banc d'essai une riche moisson de faits qui s'accro&#238;t tous les jours. &#187; C'est ce mouvement sans cesse renouvel&#233;, ce dialogue contradictoire permanent entre nature et philosophie, qui permet que la pens&#233;e sur le monde, &#224; la fois mat&#233;rialiste et dialectique, reste dynamique et proche de la r&#233;alit&#233; sans s'enliser dans une esp&#232;ce de m&#233;taphysique. Lorsqu'&#224; nouveau, la science fournit cette &#171; riche moisson &#187;, il est n&#233;cessaire de recommencer &#224; y plonger notre philosophie, c'est-&#224;-dire d'enrichir la conception dialectique et mat&#233;rialiste d'exemples tir&#233;s des sciences contemporaines pour en tirer de nouvelles analyses. Qu'y a-t-il de fondamentalement nouveau en sciences, peut se demander le lecteur assidu des revues scientifiques qui constate bien des progr&#232;s mais peu d'id&#233;es vraiment nouvelles par leur contenu fondamental, peu de nouvelles conceptions philosophiques. Nous allons tenter de montrer que les repr&#233;sentations novatrices sont bel et bien l&#224;, m&#234;me si les revues donnent plus volontiers la place au caract&#232;re technique des d&#233;couvertes qu'au changement conceptuel qu'elles repr&#233;sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature sp&#233;cialis&#233;e en philo/sciences a surtout choisi de retenir au plan philosophique que la physique quantique et la relativit&#233; semblaient indiquer une limite &#224; l'Homme dans sa capacit&#233; de conna&#238;tre le monde. On a m&#234;me parl&#233; d'ind&#233;terminisme &#224; ce propos. Avec le quanta, la connaissance sur la mati&#232;re/lumi&#232;re avait soi-disant atteint une fronti&#232;re. On ne pouvait descendre en dessous de cette limite dans notre connaissance. Mais ce n'est pas ainsi que la physique quantique parle : elle affirme que la nature ne descend pas en dessous du quanta en termes d'objet, de mouvement, d'interaction, de pr&#233;cision. Et aussi que les quantit&#233;s ne peuvent &#234;tre que des multiples d'un quanta, donc des nombres entiers. Ce n'est pas la m&#234;me chose du tout. Mais ceci ne concerne que la mati&#232;re/lumi&#232;re. Reste la question : le vide contient-il des &#233;l&#233;ments qui descendent en dessous du quanta ? En effet, on a d&#233;couvert la structure du vide et cela change fondamentalement nos id&#233;es en la &#8230; mati&#232;re. Le vide n'est plus l'oppos&#233; de la mati&#232;re et de la lumi&#232;re mais une mati&#232;re fugitive, dite virtuelle, qui fait le lien entre mati&#232;re et lumi&#232;re, qui explique l'existence m&#234;me de la mati&#232;re, de sa durabilit&#233;. C'est le vide qui produit la lumi&#232;re et la mati&#232;re, sous leurs diverses formes. Du coup, le monde de la mati&#232;re n'est plus limit&#233; par les in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg, ces fameuses limitations dues aux quanta. Dans le vide, il existe une &#171; mati&#232;re &#187; qui descend d'un niveau d'organisation en dessous, et m&#234;me plusieurs sortes de mati&#232;re qui descendent de plusieurs niveaux d'organisation, puisque qu'existe le virtuel de virtuel, etc&#8230; Le vide se mat&#233;rialise donc. Et nous verrons, inversement, que la mati&#232;re se b&#226;tit &#224; partir du vide. Enfin, le pass&#233; p&#233;n&#232;tre le pr&#233;sent. On savait qu'on allait vers le pass&#233; en portant notre regard dans les &#233;toiles et galaxies lointaines. On sait maintenant qu'en entrant dans les &#233;chelles inf&#233;rieures, on va &#233;galement vers le pass&#233;. Dans le vide, en l'absence de mati&#232;re, il n'y a m&#234;me plus de directivit&#233; du temps. Pass&#233; et pr&#233;sent, mati&#232;re et vide sont donc interp&#233;n&#233;tr&#233;s &#224; l'infini. La fl&#232;che du temps est bien un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent issu d'un grand nombre d'interactions de la mati&#232;re et du vide. La mati&#232;re est issue du vide mais, en m&#234;me temps, elle en est la n&#233;gation. De m&#234;me que le vide est la n&#233;gation du virtuel de virtuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interp&#233;n&#233;tration des contraires et cette &#233;mergence des structures issues de leurs interactions, on les retrouve ici comme on les a trouv&#233;s dans l'&#233;tude de la vie et de la mort, dans le combat permanent des g&#232;nes et des prot&#233;ines de la vie et de celles de la mort. Nos images de la mati&#232;re et de la vie, et m&#234;me de l'homme, sont profond&#233;ment chang&#233;es. Notre philosophie aurait &#233;galement besoin de l'&#234;tre, mais ce n'est pas dans ce domaine que les id&#233;es avancent le plus vite, la soci&#233;t&#233; restant, &#224; juste titre, craintive des effets qu'une philosophie du changement pourrait produire. En ce sens, il ne faut pas attendre des seuls progr&#232;s des sciences un changement des mentalit&#233;s. A ce niveau aussi, ce sont les contradictions qui progressent et non le progr&#232;s qui augmente harmonieusement dans tous les domaines (science, technique, soci&#233;t&#233;, id&#233;ologie). L'ordre social dominant a besoin d'une philosophie de l'ordre. Ce n'est pas pour satisfaire &#224; un point de vue sur les sciences et la nature mais pour d&#233;fendre sa position dirigeante menac&#233;e par d'autres contradictions. Le maintien de l'oppression sur des milliards d'individus sur la plan&#232;te n&#233;cessite une id&#233;ologie de la fatalit&#233;, de la passivit&#233;, le mythe d'un pouvoir sup&#233;rieur s'imposant aux hommes et justifiant les souffrances de ceux-ci. Si l'&#233;tude des sciences est une arme pour ceux qui veulent construire une pens&#233;e r&#233;volutionnaire, elle ne peut suppl&#233;er aux id&#233;es r&#233;volutionnaires ni &#224; la r&#233;volution sociale elle-m&#234;me. Il ne s'agir pas de demander aux scientifiques, aux &#233;conomistes, aux historiens, ni aux philosophes de devenir des r&#233;volutionnaires. La plupart ne le veulent pas et ce n'est pas &#233;tonnant. Par contre, nous r&#233;affirmons la n&#233;cessit&#233;, pour ceux qui veulent comprendre le monde afin de le changer, d'appr&#233;hender la philosophie du changement, la dialectique. Les r&#233;sultats r&#233;cents des sciences peuvent, pour cela, &#234;tre d'une aide fondamentale. Un rapide tour d'horizon de ces changements conceptuels r&#233;alis&#233; dans ce chapitre sera suivi d'un examen domaine par domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a bien remarqu&#233; un progr&#232;s r&#233;gulier des sciences et plus encore des techniques mais de l&#224; &#224; parler de nouvelles d&#233;couvertes fondamentales. Quelles sont ces innovations conceptuelles de la deuxi&#232;me moiti&#233; du 20e si&#232;cle qui auraient marqu&#233; le d&#233;veloppement des sciences, au point de m&#233;riter le terme de r&#233;volution scientifique et de nous amener &#224; devoir modifier notre pens&#233;e sur le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Read here - lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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