Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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69144L'Egypte, le grand pays des révolutions !
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http://www.matierevolution.org/spip.php?article94482026-03-28T23:46:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéRévolutionEgypte1952
<p>L'Egypte est le pays des premières grèves et révolutions sociales des exploités et opprimés de l'Histoire !De nombreuses ruptures dans la civilisation égyptienne...Révolution de 1919Révolution du wafd Révolution de 2011 : ouvriers en têteRévoltes et révolutions de l'Egypte, des temps anciens à l'époque contemporaine : contre l'image pharaonique trompeuse d'un peuple doux et soumis. <br class='autobr' />
Contrairement à l'image d'un peuple de serfs heureux et obéissants sous les Pharaons, l'Egypte est un pays (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<div class='rss_texte'><p>L'Egypte est le pays des premières grèves et révolutions sociales des exploités et opprimés de l'Histoire !</p>
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<p>De nombreuses ruptures dans la civilisation égyptienne...</p>
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<p>Révolution de 1919</p>
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<p>Révolution du wafd</p>
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</div> <p>Révolution de 2011 : ouvriers en tête</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L460xH275/2014-635277283447617367-761-4f087.jpg?1792811129' width='460' height='275' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Révoltes et révolutions de l'Egypte, des temps anciens à l'époque contemporaine : contre l'image pharaonique trompeuse d'un peuple doux et soumis.</h2>
<p>Contrairement à l'image d'un peuple de serfs heureux et obéissants sous les Pharaons, l'Egypte est un pays qui a connu plus de révolutions sous les Pharaons comme avant et après que… la France !</p>
<h2 class="spip">Egypte antique : l'Etat et la Révolution !</h2>
<p>L'Etat n'y est pas né pour permettre l'irrigation du Nil, mais pour permettre la stabilité sociale. Le Pharaon disait : je lutte contre le chaos. Quel chaos ? Aucune armée voisine ne menaçait l'Egypte à cette époque.</p>
<p>Le chaos qui menaçait sans cesse les riches des grandes villes avait un autre nom : la révolution sociale qui emportait régulièrement la société...</p>
<p>L'Etat s'est bâti pour éradiquer la révolution... Parce que la révolution sociale est apparue bien avant l'Etat. Plusieurs civilisations sont nées en Egypte avant l'Etat des Pharaons et ont chuté par la révolution.</p>
<p>C'est un contre-sens de confondre la fondation de l'Etat des Pharaons avec la formation de la civilisation en Egypte et une erreur d'attribuer la civilisation à une création des Pharaons. Les classes riches d'Egypte n'ont pas attendu l'apparition de l'Etat central pour mettre en place l'exploitation, pour développer l'économie agraire, l'artisanat, le commerce et les villes. Les pyramides et autres palais ne sont pas un témoignage du progrès, de l'art, de la religion, une source d'admiration. Elles sont avant tout une démonstration de force, en vue du maintien de l'oppression et de la dictature, et une énorme ponction sur les capacités économiques des paysans par des travaux forcés qui ne sont justifiés que par la nécessité d'un pouvoir écrasant, visant à impressionner, s'imposant aux exploités « du haut de ces pyramides ». Le pouvoir d'Etat s'est imposé aussi aux classes dirigeantes dès lors que les classes dirigeantes n'étaient pas capables de se faire obéir des exploités. D'ailleurs, ce n'est pas la civilisation qui a produit directement (et comme une nécessité d'évidence) l'Etat, et encore moins l'Etat qui aurait produit la civilisation. Entre la naissance de la civilisation et la naissance de l'Etat, il y a généralement plusieurs centaines et même milliers d'années. Et parfois, la civilisation ne donne pas naissance à l'Etat et disparaît avant que l'Etat n'apparaisse. La réalisation principale de l'Etat est un appareil de stabilisation de la société et d'oppression des classes populaires. L'égyptologue Dominique Valbelle écrit dans l'ouvrage collectif « L'Egypte ancienne, les secrets du Haut-Nil » : « L'administration égyptienne est indissociable d'un Etat égyptien, né avec elle. Elle en est l'âme. Elle a été mise à mal lorsque celui-là était menacé. Elle a été reconstituée en même temps que le pouvoir pharaonique. Elle représente donc un facteur de stabilité et l'assurance d'une continuité des institutions. » Mais ce facteur de stabilisation est loin d'être né immédiatement en Egypte comme dans le reste du monde. Il n'est pas le premier pas de la civilisation. Celle-ci est née du développement de l'activité agricole, puis, grâce à celle-ci de l'accumulation de la plus value, de l'accroissement des capacités techniques de l'homme, de la division du travail, du développement d'un grand commerce, de la naissance des villes, de la culture, de la naissance d'une classe dirigeante et des inégalités sociales. Ce bond en avant n'a pas eu besoin de l'Etat. Ainsi, tout le développement des villes et de la civilisation grecques ne connaît pas l'Etat qui ne fait une première tentative d'apparition que sur la fin. Par contre, le développement de l'agriculture, de l'artisanat, et du commerce a permis l'émergence d'une importante classe de citadins, d'artisans, de commerçants, de banquiers, une véritable bourgeoisie. C'est elle qui est domine la ville. La première dynamique sociale de la civilisation est le produit de la division entre villes et campagnes. La seconde est celle qui oppose riches et pauvres dans les villes. Enfin, l'apparition et le développement de l'Etat va mener à de nouvelles oppositions : entre guerriers, religieux et bourgeoisie. La relation entre classes dominantes et Etat est contradictoire. Les classes riches des villes ont fini par être menacées par les exploités et elles ont ressenti le besoin de se protéger derrière le bouclier de l'Etat. Mais cette nécessité n'était pas sans réticences. Partout dans le monde, la civilisation des villes avait préexisté à l'Etat. C'est à ses dépens que l'Etat a développé ses prérogatives. La ville a parfois résisté durement à la mise en place de la domination étatique. La lutte entre les classes riches des villes, prenant parfois la tête des pauvres, et le pouvoir royal a même été un des axes essentiels de la lutte politique et sociale dans l'Antiquité.<br class='autobr' />
C'est la révolution sociale qui a rendu nécessaire la formation de l'Etat, inévitable même. Indispensable, du moins, aux classes dirigeantes qui, sous la menace des opprimés, ont dû se séparer, en faveur de cet organe de centralisation des décisions et des forces de répression, d'une grande partie de leur pouvoir local urbain, de leurs privilèges et de leurs revenus. Et cet ordre n'a pas été synonyme de progrès mais seulement de conservation sociale. C'est la transformation qui avait, bien avant l'apparition de l'Etat, entraîné un certain progrès, relatif. La concentration dans les villes des richesses, des moyens techniques, des connaissances et des personnages les plus influents et les plus riches suppose une accumulation primitive considérable de richesses tirées du travail agraire. Loin de dater du Moyen Age, les villes sont d'une apparition très ancienne dans l'Antiquité. Par exemple, en Mésopotamie Ur, Uruk, Lagash et Umma datent entre -4000 av JC et -3500 av JC, alors que le premier empire date de -2340 avant JC (empire akkadien). Même l'Etat-cité y date de -2340 avant JC (dynasties archaïques). Les civilisations sont le saut qualitatif, révolutionnaire, une structure émergente produite par le succès de l'économie agraire, qui a permis un grand développement de l'artisanat et du commerce, de multiples succès dans lequel l'Etat n'a eu aucune part. L'apparition de l'agriculture, son amélioration technique, l'irrigation, la spécialisation professionnelle et l'organisation du travail collectif, par exemple, qui sont d'immenses progrès de l'homme ne datent pas de l'apparition de l'Etat mais de bien avant. L'image de l'Etat organisateur de la production agricole et de l'irrigation n'est pas totalement fausse, mais elle est beaucoup plus récente ; elle ne fait que succéder, beaucoup plus tard, à une époque où les classes dirigeantes locales, qui ont succédé à la société tribale et villageoise, ont elles-mêmes mis en place ces activités.<br class='autobr' />
Qu'est-ce qui avait poussé, lors de la fondation de l'Etat, les classes dirigeantes à se dessaisir de leur pouvoir sur chaque ville au profit d'un pouvoir supérieur, centralisé, celui d'un roi divinisé ? Bien sûr, l'une des origines de cette centralisation est la conquête militaire. Vers -3000 avant J.-C, le royaume de Haute Egypte conquiert celui de Basse Egypte, fondant le « royaume du double pays ». Mais, le choix des classes dirigeantes de se mettre sous la coupe d'un pharaon est bien plus ancien et a une toute autre origine que la guerre. Guy Rachet l'expose dans son « Dictionnaire de la civilisation égyptienne » que « L'isolement de la vallée du Nil, séparée du reste du monde par de vastes déserts, a fait que, de l'époque préthinite à la fin du Moyen Empire, la civilisation égyptienne a évolué en vase clos (...) On oublie trop souvent de souligner que, depuis l'unification de l'Egypte, qui voit éclore l'empire thinite, jusqu'à la fin de l'Ancien Empire, le peuple égyptien connaît un millénaire de paix continue ! » Alors que l'Etat est né en Egypte plus de 3000 ans avant J.-C, c'est seulement en 608 avant J.-C que l'Etat égyptien aura à se heurter à un puissant voisin, Babylone. Auparavant, il n'aura eu affaire qu'aux maigres troupes des bédouins, n'ayant eu aucun contact avant Nagada II avec un pays voisin et n'ayant connu d'invasion qu'à partir de 1300 avant J.-C. Par contre, les révoltes sociales et politiques ont débuté bien avant la fondation d'un Etat au Nord, au Sud puis unifié. Les classes dirigeantes n'ont été convaincues de se soumettre à l'Etat, de renoncer à leurs privilèges locaux, que, contraintes et forcées, par la nécessité de détenir une forme d'organisation militaire permanente face aux révoltes des opprimés. Et, même alors cette conscience des classes dirigeantes n'a pas été sans heurts et résistances, sans retours en arrière. On connaît l'exemple de la révolte de la ville d'Hermopolis contre la formation d'un Etat unifié à Héliopolis. Ce ne sont donc pas les voisins menaçants militairement qui expliquent la nécessité d'élever un tel édifice étatique si coûteux. L'ennemi dangereux pour ces riches, c'est le peuple, prompt à se révolter contre son exploitation et les travaux forcés qui s'y rajoutent. Si l'idéologie dominante explique que l'ordre sur terre ne se maintient que par l'intercession de ce roi-dieu, ce n'est pas simplement le produit d'une croyance, mais aussi d'une réalité : l'édifice social ne subsiste que si le régime du pharaon tient debout. Dès que le régime central perd de son pouvoir, non seulement la classe dirigeante, momentanément matée, redresse la tête, cesse d'obéir, revendique des revenus et des pouvoirs, mais les classes pauvres se révoltent, convaincant à nouveau les riches (noblesse, gouverneurs, bourgeoisie, chefs militaires, chefs religieux, et hauts fonctionnaires) de se jeter sous la protection de la dictature pharaonique. La nécessité de l'appareil d'Etat est apparue d'abord pour éviter que la lutte des classes ne finisse par faire chuter l'édifice social. Les révolutions ont préexisté à l'Etat égyptien et même aux divers états régionaux. Les sociétés diverses égyptiennes, appelées par les archéologues Nagada 1, 2 et 3, ont successivement chuté sous les coups des contradictions sociales. Il n'y a pas eu de continuité, mais plusieurs tentatives avant que des rois égyptiens ne fassent leur apparition, avant qu'apparaissent des policiers, des militaires, des fonctionnaires d'un Etat centralisé. La révolution sociale va continuer à marquer l'Etat égyptien et à le modeler. Et tout particulièrement la principale révolution, celle de moins 2260 avant J.-C qui est rapportée par Guy Rachet : « Le pays fut le théâtre d'une véritable révolution sociale qui mit un terme à l'Ancien Empire. A la fin du long règne de Pépi II, dernier roi de la Vie dynastie, le pouvoir royal s'était amenuisé et les nomarques de Haute Egypte s'étaient rendus indépendants. Une révolution populaire d'une violence inouïe éclata alors, dirigée contre la noblesse et le roi. Si les documents officiels restent muets sur ces événements, la littérature contemporaine ou à peine postérieure est pleine d'échos significatifs. (...) ». C'est dans les « Admonitions d'un sage Egyptien » qu'on trouve le tableau le plus complet de la révolution : ''Le pays est pleine ébullition et le laboureur porte un bouclier. Les lois de la Salle de justice sont dispersées (...) les portes et les murailles sont incendiées (...) les pauvres sont riches et les riches sont dépouillés (...) les fils de nobles sont jetés à la rue (...) le roi est enlevé par les pauvres (...) des hommes de rien ont renversé la royauté, ils ont osé se révolter contre l'uraeus défenseur de Rê.(...)'' Cette haine fantastique contre le pharaon s'est reportée contre toute la lignée des rois de l'Ancien Empire et c'est ce qui explique les sarcophages des pyramides brisés et vidés de leurs restes humains, et surtout les statues des rois jetées au fond de puits ou cassées jusqu'à être réduites en minuscules morceaux. Si cette révolution ouvre l'époque d'anarchie de la première période intermédiaire, si elle brise toutes les structures sociales de l'Ancien Empire, ses conséquences pour la vie morale du peuple égyptien sont sans doute incommensurables : le privilège de l'immortalité solaire, qui n'appartenait qu'au pharaon et à ceux que sa volonté royale avait élus, est donné désormais à tout Egyptien à quelque classe qu'il appartienne. » La « démocratisation » juridique, administrative, politique et religieuse est une conséquence institutionnelle de la révolution. Désormais les paysans vont pouvoir aller en justice contre leur noble. Ils seront protégés par les temples auxquels ils n'avaient autrefois aucun accès. La classe moyenne est développée en nombre et en moyens, car il faut élargir l'assise du régime. Les gouverneurs qui, par corruption, ne maintiendraient pas les greniers à grains pour les cas de famine seraient condamnés à avoir la tête coupée. Mais en même temps, le régime met en place pour la première fois une armée permanente contre tout nouveau risque révolutionnaire. Jusque là, l'armée était d'assez peu d'utilité n'ayant aucun concurrent dangereux au voisinage et ne servant qu'à faire des razzias en Nubie, en Palestine ou en Libye, notamment pour ramener des esclaves (seulement 2% de la population). La police n'avait en effet pas suffi à contenir la révolution sociale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222</a></p>
<p>Les grands monuments des Pharaons, et notamment les pyramides ou les sphynx et autres grands monuments, n'ont d'autre but que d'impressionner le peuple exploité et opprimé et de lui laisser penser que le régime est lié aux dieux et donc inattaquable…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811</a></p>
<h2 class="spip">Révoltes et révolutions qui ont renversé plusieurs civilisations qui ont précédé les Pharaons</h2>
<p>Avant 7000 ans avant J.-C., il y a trois régions où se développent trois sociétés différentes, trois civilisations :</p>
<p>* une économie produisant des poteries à Khartoum (Haute-Nubie)</p>
<p>* la société dite de Nabta Playa 1 en Basse-Nubie</p>
<p>* la société dite Garounien au Fayoum</p>
<p>de 6900 ans avant J.-C. à 6400 avant J.-C., civilisation de Nabta Playa 2 en Basse-Nubie<br class='autobr' />
puis un "trou" de 600 ans au moins, dans lequel on ne trouve plus aucune trace de civilisation... sans qu'il y ait une trace qu'une guerre, qu'une invasion ait détruit les sociétés précédentes.<br class='autobr' />
Au 6ème millénaire, une phase aride, avec baisse considérable du niveau du Nil, entraîne la chute de la civilisation, probablement par révolte sociale et déstabilisation politique.<br class='autobr' /> de 5800 à 5400 ans avant J.-C., civilisation néolithique du Fayoum<br class='autobr' /> de 5400 à 5000 ans avant J.-C., civilisation de Mérindé Beni Salamé, au nord de la vallée du Nil<br class='autobr' /> de 5000 à 4500 ans avant J.-C., il y a simultanément deux civilisations différentes :<br class='autobr' />
*Celle d'El Omari au nord de la vallée du Nil<br class='autobr' />
* celle néolithique de Khartoum en Haute-Nubie<br class='autobr' /> de 4200 à 3800 ans avant J.-C., la culture dite de Badari dans le sud de la Moyenne-Egypte, ensemble culturel homogène dont le matériel funéraire révèle déjà une société complexe et inégalitaire.<br class='autobr' /> de 3800 à 3500 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 1 ou Amratien, en Haute-Egypte a une aire d'occupation qui s'étend vers le Sud, l'agriculture céréalière s'intensifie et le phénomène de hiérarchisation s'accélère. Cette phase porte le nom d'Amratien (du site d'El Amrah) ou Nagada I.<br class='autobr' />
À la même époque en Basse-Égypte se développe une culture de pasteurs-agriculteurs entretenant des relations privilégiées avec le Proche-Orient. En revanche, les importations de Haute-Égypte sont très modestes.<br class='autobr' />
Deux autres sociétés coexistaient en Egypte avec Nagada 1 :<br class='autobr' /> de 4000 à 3300 ans avant J.-C., la culture dite du "groupe A" de Basse-Nubie<br class='autobr' /> de 4100 à 3500 ans avant J.-C., les cultures du nord de la vallée du Nil avec les villes de Maadi, Ouadi Digla, Héliopolis et Bouto<br class='autobr' /> de 3500 à 3400 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 2 au nord de la vallée du Nil (Maadi). La situation change au milieu du IVe millénaire. Les chefferies nagadiennes s'étendent vers le Nord jusqu'au-delà du Delta et vers le Sud jusqu'à la deuxième cataracte. Le processus de hiérarchisation s'accentue, les tombes de l'élite révèlent des objets luxueux : poignards au manche décoré, bijoux, palettes à fard... On donne à cette phase le nom de Gerzéen (du site de Gerzeh) ou Nagada II.<br class='autobr' />
Le Gerzéen, c'est 3500 ans avant J.-C. en Nubie (actuel sud Egypte et Soudan) soit 350 ans avant le premier roi et 800 ans avant le premier Pharaon ! Et ce n'étaient pas les premiers à développer une civilisation en Egypte...<br class='autobr' /> à partir de 3000 ans avant J.-C., la civilisation dite Nagada s'unifie dans la vallée du Nil et le delta. C'est Nagada 3. Elle est marquée par le début de l'écriture et le développement de la direction politique de la société.<br class='autobr' />
C'est une société très civilisée, très riche déjà, qui fait du grand commerce, qui connaît quasi toutes les techniques, arts et artisanat qui seront ceux de l'Egypte des Pharaons. Elle se développe pendant deux cent ans, mais elle est menacée par une nouvelle crise sociale révolutionnaire du type de celles qui ont détruit de multiples civilisations en Egypte précédemment.<br class='autobr' /> 3000 ans avant J.-C., développement des villes de This, Memphis, Saqqarah avec constructions en brique crue et pierres de taille<br class='autobr' /> à partir de 3100 ans avant J.-C., les première tentatives de construire un ordre social stable en créant une direction centralisée commencent. Ce sont les souverains de Hiérakonpolis qui tentent de gouverner à la fois la haute et la basse Egypte<br class='autobr' /> à partir de 2700 ans avant J.-C., naissance de l'Etat pharaonique de l'Ancien Empire<br class='autobr' /> 2600 ans avant J.-C., structuration de l'administration<br class='autobr' /> 2480 ans avant J.-C., renforcement de la hiérarchie du clergé et développement de la bureaucratie<br class='autobr' /> 2260 ans avant J.-C., la révolution sociale renverse pour 150 ans l'Etat pharaonique<br class='autobr' /> 2110 ans avant J.-C., naissance du deuxième empire pharaonique dit Moyen Empire</p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102</a></p>
<p>Des révolutions ont fait chuter les civilisations dites Nagada I puis Nagada II puis Nagada III, la dernière en moins 3150 avant J.-C., la précédente en moins 3500 avant J.-C. et encore avant en moins 3650 avant J.-C.</p>
<p>Encore avant, la civlisation badarienne avait chuté en 3900</p>
<p>Auparavant, une révolution avait fait chuter la civilisation Nabta Playa 2 en moins 6400 avant J.-C.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne</a></p>
<h2 class="spip">Quatre révolutions et quelques révoltes au temps des Pharaons les ont durablement fait disparaitre : -2260 avant J.-C. ; -1735 avant J.-C. ; -1200 avant J.-C. ; 1069 avant J.-C.</h2>
<p>Lors de plusieurs grandes vagues de révolution sociale et politique, le peuple travailleur d'Egypte a non seulement renversé le roi mais renversé aussi le régime pharaonique et tout le système d'exploitation. Mais les peuples guerriers voisins en ont souvent profité pour envahir militairement et conquérir l'Egypte. Toutes les attaques militaires extérieures qui ont réussi ont correspondu à des crises intérieures économiques, sociales et politiques.</p>
<p>Vers 2260 avant notre ère, l'Egypte se morcelle, une révolution brutale et sanglante éclate, les riches sont ruinés, leurs biens pillés, leurs tombeaux détruits et livrés aux pilleurs de tombes. « La résidence royale a été ravagée en une heure », écrit un scribe. « Je médite, raconte un autre scribe, sur les événements. Des changements s'opèrent, ce n'est déjà plus comme l'an dernier, chaque année est plus pesante que l'autre. Le pays est bouleversé. » Le pharaon, si proche des dieux, croyait-on avec certitude quelques années auparavant, a perdu peu à peu beaucoup de son prestige. Si certains Egyptiens se lamentent de ces bouleversements, cette révolution est bénéfique pour d'autres. Profitant des troubles, le peuple s'approprie les procédés rituels et magiques des rites funéraires, jusqu'alors réservés au roi et aux grands, et accède à son tour à l'immortalité : De nouvelles notions religieuses et morales se font jour dans le pays : la diffusion du culte d'Osiris, parti de Bousiris dans le Delta, s'étend sur tout le territoire ; le peuple voit aussi s'ouvrir devant lui l'accès aux charges de l'Etat. Des rois sans pouvoir se bousculent pour le trône et se succèdent à un rythme effréné. "Soixante-dix rois en soixante-dix jours", écrira, des siècles plus tard, l'historien Manéthon dans son Histoire d'Egypte, dont seuls quelques fragments, transcrits par des historiens plus tardifs, nous sont parvenus. Plus on s'éloigne de Memphis, plus les princes refusent obéissance au pharaon.</p>
<p>Les époques de crise et d'insurrections populaires sont intitulées « âges sombres » pour la chute de la civilisation de l'Indus, « troubles intérieurs » (en Mésopotamie en –1750) ou « interrègne » (à propos du renversement du régime des pharaons d'Egypte, en – 2260), ou encore « période sombre » (pour les révolutions de la Grèce antique en –1200). Il ne s'agit pas d'événements sans grande importance puisqu'à chaque fois la destruction est de grande ampleur, la civilisation est balayée, le régime détruit et l'est souvent pour des durées considérables, sinon à jamais.</p>
<p>Guy Rachet, qui le cite, raconte ainsi : « Le pays fut le théâtre d'une véritable révolution sociale qui mit un terme à l'Ancien Empire. (...) Une révolution d'une violence inouïe éclata alors contre la noblesse et le roi. » Et de citer certains textes d'époque : « Il n'y a plus de droit et le Mal siège dans la chambre du conseil. (…) Il advint ce qui ne s'était jamais vu. On forge des lances en cuivre pour gagner son pain dans le sang. » Rachet commente ainsi les événements : « Cette haine fanatique contre le pharaon s'est reportée sur toute la lignée des rois de l'Ancien Empire et c'est ce qui explique les sarcophages des pyramides brisés et vidés de leurs restes humains et surtout les statues des rois jetées au fond des puits ou cassées jusqu'à être réduites en minuscules morceaux. Si cette révolution ouvre l'époque d'anarchie de la première période intermédiaire, si elle brise toutes les structures sociales de l'Ancien Empire, ses conséquences pour la vie morale du peuple égyptien sont sans doute incommensurables : le privilège de l'immortalité solaire, qui n'appartenait qu'au pharaon et à ceux que sa volonté royale avait élu, est donné désormais à tout Egyptien à quelque classe qu'il appartienne. Le renversement des institutions politiques fut un acte transitoire, mais la démocratisation des croyances funéraires fit sentir son effet dans toute la suite de l'histoire de l'Egypte. » Les pharaons, connaissant les capacités révolutionnaires du peuple et apprendront désormais à s'en méfier et à les combattre, comme le montrent « Les enseignements pour Mérikaré » cités par Guy Rachet : « Le roi enseigne à son fils le métier de roi « qui reste une bonne fonction ». Après avoir décrit la crise sociale qui suivit la révolution de la fin de l'Ancien Empire, le souverain expose comment le roi doit agir pour rétablir l'ordre et rendre son lustre à la monarchie. « L'homme violent jette le désordre dans la cité et crée des partis chez les jeunes gens. (...) Si tu rencontres un fauteur de désordre, supprime-le. » Beaucoup plus tard, le Nouvel Empire succéda au Moyen Empire après de nouveaux troubles ayant fait chuter le régime, un interrègne attribué à tort aux envahisseurs asiatiques (qui avaient, au contraire, su rétablir un pharaon), et les mêmes enseignements étaient donnés alors par le pharaon Amnénémès à son jeune fils, cités par Rachet : « Ecoute ce que je te dis maintenant que tu es roi de la terre, maintenant que tu règnes sur les trois régions, afin que tu puisse être meilleur que tes prédécesseurs. Arme-toi contre tous tes subordonnés. Le peuple donne son attention à celui qui le terrorise. Ne t'approche pas seul de lui. » Renverser Pharaon, ce n'est pas seulement balayer un chef de gouvernement mais casser un Etat. A l'époque, Pharaon n'est pas le nom d'un roi, mais le nom de la « maison » royale, c'est-à-dire des fonctionnaires. Ils sont l'œil du pouvoir dans la population et contre elle. Ils s'assurent que les exploités produisent suffisamment. Ils vérifient qu'ils ne complotent pas. Ils démontrent au peuple qu'il est sans cesse surveillé. C'est ce que l'on appellerait aujourd'hui l'appareil d'Etat.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222</a></p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Moins 2260 av J.-C.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire</a></p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Moins 1735 av J.-C. : l'invasion Hyksos ne peut se produire que parce que le peuple se révolte contre l'ordre social et politique…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire</a></p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Moins 1200 av J.-C.</p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-egypte-des-pharaons-a-sombre-et-pourquoi-cela-devrait-nous-alerter-192281.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-egypte-des-pharaons-a-sombre-et-pourquoi-cela-devrait-nous-alerter-192281.html</a></p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Moins 1069 avant J.-C.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire</a></p>
<h2 class="spip"> Révolte en moins 215 avant J.-C.</h2>
<p>En 215 avant notre ère, Thèbes et la Haute-Égypte se révoltent contre le pouvoir d'Alexandrie. Il faut attendre -186 pour voir le pouvoir ptolémaïque s'imposer de nouveau dans le sud du pays. Cette grande révolte pousse les Lagides à réformer le sud de l'Égypte et à y appliquer l'organisation de la Basse-Égypte.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique</a></p>
<h2 class="spip"> La grande révolte thébaine est un soulèvement de la Thébaïde à la fin du IIIe siècle av. J.-C. contre l'autorité de la dynastie ptolémaïque contrôlant alors l'Égypte.
</h2>
<p>Contrairement à d'autres révoltes rapidement réprimées par les Ptolémées, cette révolte se distingue par son maintien sur la durée et sur une grande partie de la Haute-Égypte. La grande révolte thébaine s'illustre également par l'instauration d'un véritable État, basé sur les institutions de Égypte pharaonique, les leaders s'étant d'ailleurs fait couronner pharaon. Après vingt ans d'existence, l'État pharaonique créé durant ce soulèvement est défait par les Ptolémées qui récupèrent le contrôle total de l'Égypte.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine</a></p>
<h2 class="spip">La première grève ouvrière connue a eu lieu en 1155 avant J.-C. en Egypte sous le Pharaon Ramsès III</h2>
<p>Ce mouvement social se place dans une phase de déstabilisation du régime. Qu'il y ait eu une crise économique, au sens moderne du terme, peut expliquer une partie des événements (Grandet, 1997). Pharaon doit remplacer ses vizirs. L'administration ne fonctionne plus bien. Mais Ramsès se rend responsable de la situation. Un complot visant à l'assassiner, tramé par Tiyi, seconde épouse royale, est même découvert [7]"Le harem n'est pas seulement un lieu de plaisir, mais également un lieu de pouvoir et d'éducation, où les maîtresses rivalisent d'adresse pour étendre leurs privilèges et essayer de placer leurs enfants à des postes importants". <a href="http://www.egypte-bd.com" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.egypte-bd.com</a>. C'est cette idée de décadence qui a conduit les égyptologues à voir dans l'épisode de la conspiration, l'aboutissement inéluctable du long règne de Ramsès III (Grimal, 1998).</p>
<p>Des ouvriers, les « hommes de la tombe », comme on les appelait, obtinrent un accord avec les autorités devant lesquelles ils réclamaient de la nourriture, des boissons et des vêtements, et que leurs réclamations soient portées avec la plus grande urgence devant les hautes hiérarchies de l'État, le Premier ministre (Vizir [9]“Vizir”, bien que ce terme ne soit pas égyptien, il désigne aussi le premier magistrat, tjaty en égyptien, second personnage après le pharaon, dans l'Égypte antique.) et le Pharaon. Selon le Papyrus dénommé de la grève et d'après quelques ostraca trouvés à Deir el-Médineh (gardés dans les musées du Caire, de Berlin et d'autres villes), la grève a commencé le 10 du mois de Péret dans l'année 29 de Ramsès III à cause d'un retard de paiement par le Gouverneur de l'ouest de Thèbes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh</a></p>
<p>Bien sûr, ce ne sont pas des films d'époque…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8</a></p>
<p>L'exploitation de l'homme dans l'Egypte antique…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117</a></p>
<h2 class="spip">Révolte copte en 832</h2>
<p>En 831, une révolte copte éclate en Haute-Égypte. Le roi de Makurie, Zacharie III Israël en profite pour cesser de payer tribut, mais il doit reprendre les versements à la suite d'une intervention armée du pouvoir de Bagdad. De même, en 854, des affrontements ont lieu entre l'Égypte et les nomades Bedjas.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte</a></p>
<h2 class="spip">Révoltes au temps de Napoléon 1er</h2>
<p>Napoléon, en emmenant l'armée française en Egypte, a fait un calcul politique très avancé : battre le colonialisme anglais en soulevant une révolution panarabe et islamiste !</p>
<p><a href="https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/</a></p>
<p>Comment les Égyptiens vont-ils accueillir l'arrivée des Français dans leur pays ? Pour répondre, il convient d'examiner d'abord ce que Bonaparte va leur offrir. Le premier manifeste adressé au peuple d'Égypte promet :</p>
<p>1) l'élimination du pouvoir des Turco-circassiens qui occupent, exploitent et oppriment le pays,</p>
<p>2) la participation des Egyptiens dans les affaires de leur pays,</p>
<p>3) le respect des traditions religieuses,</p>
<p>4) une amélioration des conditions économiques et sociales.</p>
<p>Voilà un programme qui ne peut que satisfaire les aspirations égyptiennes. Pourtant, dès le début, il y a une contradiction entre les buts réels de la conquête et les promesses. De l'entreprise coloniale, telle qu'elle est définie dans les instructions du Directoire, à l'idéologie révolutionnaire dans ce qu'elle a de généreux, les interprétations prêtent à embarras.<br class='autobr' />
Il n'y a aucun doute que les Égyptiens sont séduits par la perspective d'une libération du joug des mamelouks, mais les réalités de la guerre les inquiètent. Il y a les militaires et il y a l'Institut. Le trait d'union est uniquement le général Bonaparte qui insiste sur son titre officiel de commandant en chef et de membre de l'Institut.</p>
<p>Cet embarras est bien ressenti par Michelet quand il écrit : « La France, à travers ses tragédies internes et son épopée militaire, se complaisait dans l'idée de la libération universelle. C'est en ce moment que le grand enchanteur lui montra l'inconnu, l'Asie, l'Égypte et le réveil d'un monde ».</p>
<p>Confier aux Égyptiens la direction de leurs affaires est une décision politique qui en définitive est la seule possible. Bonaparte s'explique là-dessus en écrivant : « Pour les diriger, nous avons besoin d'avoir des intermédiaires. Nous devons leur donner des chefs, sans quoi ils s'en donneront eux-mêmes ».</p>
<p>Or, une telle promesse prend aussitôt une signification qui engage le commandant en chef, le contraint d'écarter à tout prix la tentation de se substituer à ceux qu'il qualifie d'exploiteurs et d'oppresseurs.</p>
<p>L'élimination des Turco-circassiens signifie l'élimination des non arabes. Les Égyptiens saisissent l'occasion au vol. Et voilà semés les germes d'un nationalisme qui est prêt de dépasser les limites de l'Égypte.</p>
<p>Réveiller chez les Arabes l'idéal de leur grandeur passée c'est agir dans la perspective de la fin de l'empire ottoman. Ainsi s'amorce la première tentative de soulèvement du monde arabe, conçue dans l'intention d'acquérir un soutien pour une initiative de colonisation.<br class='autobr' />
Les contemporains des événements ont-ils mesuré la portée de la révolution qui s'accomplit à leurs yeux ? Pris entre les promesses françaises et la propagande turco-anglaise, écrasés sous le poids d'une guerre qui fait de leur pays un champ de bataille, ils ne voient d'abord dans l'expédition française qu'un cataclysme qui s'abat sur le pays. Ainsi, Djabarti, le chroniqueur de l'époque, représentant type de l'élite musulmane des Ulémas, élevé dans la plus stricte tradition coranique de l'Université millénaire d'Al-Azhar, nous fait des événements le tableau suivant : « L'an mil deux cent treize (de l'Hégire : 1798) est le commencement de grandes batailles, d'événements terribles, de faits désastreux, de calamités épouvantables, en un mot c'est le commencement d'une série de grands malheurs ». Et le pieux cheikh conclut dans un verset coranique : « Le Seigneur n'anéantit point injustement les cités dont les habitants sont justes ».</p>
<p>Mais, une fois qu'il entre dans le détail, Djabarti change d'optique ; aux visions apocalyptiques succèdent des faits qu'il apprécie avec intégrité. Ce membre du Divan à l'époque de Menou est un honnête homme. Il a un tel souci de la vérité qu'il finit par mécontenter tout le monde. Par les Français il est traité de fanatique, par les Turcs il est regardé comme pro-français. Après sa mort, ses chroniques seront censurées par Mohammed-Ali dont il dénonce l'arbitraire ; elles ne verront le jour qu'à la fin du XIXe siècle.</p>
<p>Quelle est la réaction des élites égyptiennes, c'est-à-dire des cheikhs et des fonctionnaires coptes après l'entrée du général Bonaparte au Caire ?<br class='autobr' />
Les cheikhs d'abord. Le commandant en chef les décrit ainsi : « Ils ont des moeurs douces, aiment la justice, sont riches et animés de bons principes de morale. Ce sont les plus honnêtes gens du pays. Ils ne savent pas monter à cheval, n'ont l'habitude d'aucune manoeuvre militaire, sont peu propres à figurer à la tête d'un mouvement armé. Ils ont été le canal dont je me suis servi pour gouverner le pays. J'ai accru leur fortune, je leur ai fait rendre les honneurs militaires ».</p>
<p>Voyons maintenant ces cheikhs à l'oeuvre. Aussitôt entré au Caire, Bonaparte constitue un Divan, composé de cheikhs et de Coptes. Le mot Divan signifie administration, ministère ; en l'occurrence il a, dans la phraséologie turco-arabe, le sens d'un conseil des ministres.</p>
<p>Ce Divan choisit le cheikh Abdallah-Al-Charkawi comme président. Qui est donc Charkawi ? Il est issu d'un milieu fort modeste ; à force de travail et de persévérance, il gravit péniblement tous les échelons qui mènent à la plus grande charge de l'université d'Al-Azhar ; à l'arrivée des Français il est le chef de la vénérable institution. Djabarti, qui ne l'aime pas, nous apprend qu'une fois parvenu à la dignité de cheikh, il s'élance dans une course éperdue aux richesses. Le peuple raille son turban, car il l'agrandit si démesurément que les Cairotes disent ironiquement « grand comme le turban du cheikh ». Le peintre Rigo a reproduit fidèlement ce détail.</p>
<p>A l'arrivée des Français il a dépassé la soixantaine. Bonaparte le comble de faveurs. Mais le président du Divan reste sur la défensive. Un jour, le commandant en chef fait venir les cheikhs ; il sort un instant et revient portant à la main des écharpes tricolores ; il en met une sur l'épaule de Charkawi, celui-ci la rejette brusquement en rougissant de colère et donne sa démission. L'interprète a beau expliquer aux cheikhs réunis que le commandant en chef veut les honorer en leur faisant porter les mêmes insignes que lui, ils lui répondent : « Nous serons déconsidérés devant Dieu et dans le coeur de nos coreligionnaires ».</p>
<p>Pour bien comprendre cette attitude, il faut remonter un peu plus haut, aux débuts de la Révolution. Ce serait une erreur de croire que les événements de France n'avaient pas eu d'échos au Caire. Dès 1790, de violentes divisions déchirent les Français en Egypte. Faisant l'intérim de Mure, consul de France, Butet écrit : « Le fléau de l'insubordination et de la licence a voulu propager ses ravages dans ces Echelles. Ces troubles se concentrent sur l'affaire de la cocarde tricolore et la célébration du 14 juillet ».</p>
<p>Les uns refusent de porter la cocarde ; ceux qui l'acceptent ne veulent pas prendre part au Te Deum dans la chapelle consulaire. Butet tente des compromis ; un banquet réunira tous les Français et l'on boira successivement à la Nation, à la Loy et au Roy. Sa suggestion est repoussée. Ainsi, avant le débarquement de Bonaparte, est propagé un préjugé assimilant le port de la cocarde à une attitude anti-religieuse.</p>
<p>Le commandant en chef en souffrira. Autant le programme nationaliste coloré de romantisme historique paraît séduire, autant sa politique musulmane suscite des réserves. Ainsi, Djabarti ne cache pas son scepticisme quant à la sincérité des intentions pro-musulmanes de Bonaparte. Un autre chroniqueur de l'époque, Nicolas Turk, partage la même opinion : « Bonaparte leur promettait d'embrasser leur religion, de faire construire une mosquée en son nom et de faire tout le bien possible à la religion musulmane. Les Ulémas n'étaient pas séduits par ces paroles. Ce sont des mensonges, disaient-ils, qu'il profère pour s'établir en Egypte ».</p>
<p>Avec une patience à toute épreuve, Bonaparte continue à rechercher l'amitié de Charkawi. Celui-ci la lui rend, mais à sa façon. Il accepte avec empressement la partie nationaliste du programme politique du commandant en chef, mais est sur la réserve pour tout ce qui viserait à une substitution de la domination française à la domination turque. Charkawi montre pourtant une grande confiance dans les promesses de Bonaparte. Jamais, comme en Égypte, ce dernier ne fera preuve d'autant de bonne volonté. Il accueille les membres du Divan avec le sourire, s'asseoit au milieu d'eux sur des tapis étendus à terre. Pendant des heures il discute avec eux, dans un langage fleuri entrecoupé de citations coraniques.<br class='autobr' />
Charkawi et ses collègues sont fascinés par ces égards auxquels depuis de longs siècles, les Egyptiens ne sont plus habitués. Ils offrent au commandant en chef banquet sur banquet. Bonaparte qui n'a jamais supporté que des repas pris à la hâte, s'impose l'épreuve d'interminables dîners. Plats de viande, de poisson, de légumes, de volailles, de douceurs orientales se succèdent des heures durant. Mais si le Divan est séduit, dans la cour de l'université millénaire, cheikhs, Ulémas et étudiants murmurent. Ils ne sont pas loin de traiter leur chef de « renégat qui veut avilir l'âme musulmane en se laissant gagner par de l'argent ».<br class='autobr' />
En dépit du premier soulèvement du Caire, les rapports restent amicaux entre le Divan bientôt rétabli et le général Bonaparte. Ce n'est qu'après son départ que le climat changera brutalement. Aux liens personnels succèdent des rapports dérivés uniquement des froides réalités de la guerre. Avec Kléber, il n'est plus question d'exotisme romantique. Charkawi devient suspect ; ses collègues sont accusés de duplicité.</p>
<p>Sa carrière ne souffrira pas du départ des Français. Bien au contraire, sa position auprès des Turcs, plus tard de Mohammed-Ali, en sortira renforcée. L'armée française ayant détruit la puissance militaire des mamelouks, Charkawi et ses collègues sont alors la seule autorité politique susceptible de tenir le pays. La promesse du général Bonaparte de confier aux Egyptiens les affaires de leur pays devient une réalité, mais après le départ des Français. De l'échec militaire de la Campagne d'Egypte naît le succès du programme politique. Bientôt les cheikhs de l'ancien Divan imposeront à l'empire ottoman la nomination de Mohammed-Ali. L'Egypte gravit lentement depuis lors le douloureux chemin qui va la mener à l'indépendance.</p>
<p>Charkawi meurt en 1812. Décrivant ses funérailles, Djabarti note ironiquement : « on mit sur sa tombe un turban encore plus grand que celui qu'il portait pendant sa vie : étoffe de coton vert entourée d'un chale de cachemire rouge ». Le tableau peint par Rigo a donné au turban du cheikh une couleur blanche.</p>
<p>Le cheikh Aboul-Anouar Al-Sadate. Si Charkawi sort d'un milieu modeste, Sadate, lui, appartient à la bourgeoisie aisée. Le personnage est fier et Bonaparte l'entoure de grands égards. Mais Sadate est sur la réserve. A un dîner qu'il offre au commandant en chef, celui-ci lui demande : « pourquoi les Arabes qui avaient cultivé jadis les sciences et les arts, sont-ils aujourd'hui dans une si profonde ignorance ? » Sadate se sent blessé par cette brutale question. « Il leur reste le Coran, ce Livre contient toutes les vérités », répond Sadate. Bonaparte agacé rétorque : « Enseigne-t-il à fondre le canon ? ».</p>
<p>Après le départ de Bonaparte, Sadate devient suspect aux autorités françaises. On l'accuse d'avoir encouragé l'insurrection du Caire. Rien n'est plus injuste ; bien au contraire, on peut mesurer l'honnêteté du personnage par le fait suivant : un messager turc vient lui demander de soutenir le soulèvement contre les Français, après le retrait des troupes ottomanes du Caire ; voici la réponse de Sadate, telle qu'elle est rapportée par Djabarti :<br class='autobr' />
« Tu as violé la parole en obéissant à de vils tyrans et en t'associant à leurs forfaits. La licence de vos soldats était sans bornes. Pour eux la guerre est le pillage ou les amusements dans les lieux prohibés. A cause d'eux les Musulmans sont accablés de tous les maux, la ruine, la famine, l'incendie, la mort du commerce. Quel échec pour votre armée ! mais il n'en pouvait être autrement, car les chefs mêmes de cette armée disputaient aux artisans le fruit de leur travail, aux ouvriers leurs salaires, aux petits marchands leurs biens. La ville jouissait de la paix et de la sécurité, vous y avez introduit le feu de l'insurrection. Puis vous vous êtes sauvés comme des souris poursuivies par un chat, laissant le pauvre peuple à la merci des vainqueurs » !</p>
<p>Voilà bien un langage nouveau ! Ce rejet de l'arbitraire tel qu'il est formulé dans cette lettre est, en fait, le rejet de tout le système qui sévissait avant l'arrivée des Français.<br class='autobr' />
Reproduisant cette lettre, Djabarti établit des parallèles entre deux styles de gouvernement. Il souligne que les Français refusent de faire usage de la corvée ; qu'ils paient les ouvriers qu'ils embauchent. Mais ce qui surtout le remplit d'admiration est l'application de la loi pour tous.<br class='autobr' />
Le jour où un soldat français coupable de pillage et de violence a été exécuté, une véritable révolution s'est opérée dans les esprits. Le châtiment pouvait donc s'abattre sans discrimination, même quand il s'agit de la caste militaire conquérante. Cette innovation était impensable sous le régime turc et elle ressort de la lettre de Sadate de façon très claire.<br class='autobr' />
Sadate ne se retirera des affaires qu'en 1817, après avoir désigné son successeur pour lui succéder à la tête de la secte des Nobles. Il mourra peu après.</p>
<p>La suite :</p>
<p><a href="https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/lexpedition-degypte-vue-par-les-auteurs-egyptiens/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/lexpedition-degypte-vue-par-les-auteurs-egyptiens/</a></p>
<p>Napoléon 1er mise sur la révolte des Egyptiens contre les occupants mamelouks mais Le Caire se révolte aussi contre l'occupation française…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire</a></p>
<h2 class="spip">La révolte Urabi est un soulèvement nationaliste en Égypte de 1879 à 1882.</h2>
<p>Ahmed Urabi, un officier de l'armée natif non européen, s'élève dans l'armée au rang de colonel. En raison de son éducation paysanne et de sa formation traditionnelle, il en vient à être considéré par beaucoup comme la voix authentique du peuple égyptien. Pour eux, il représente une population paysanne frustrée par les étrangers exonérés d'impôts et les riches propriétaires locaux. Urabi impose le respect et le soutien non seulement de la paysannerie, mais aussi d'une grande partie de l'armée égyptienne.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi</a></p>
<h2 class="spip">Révoltes et révolutions sous les occupations romaine et byzantine</h2>
<p>Les émeutes antijuives d'Alexandrie ont eu lieu à Alexandrie, dans la province romaine d'Égypte, en 38 apr. J.-C.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie</a></p>
<p>La « guerre de Kitos ou révolte des exilés » (115-117), qui avait pris naissance dans l'Empire parthe, s'étend rapidement à toutes les grandes cités du pourtour méditerranéen où résident d'importantes colonies juives. Paysans grecs et égyptiens prennent alors les armes contre les Juifs dont la communauté d'Alexandrie est presque complètement anéantie</p>
<p>Le successeur de Trajan, Hadrien (r. 117 – 138), doit faire face à une révolte promptement supprimée en 122.</p>
<p>Pendant que la peste antonine ravage le pays (165 à 180), une révolte de la population égyptienne qui avait débuté en 171 n'est écrasée qu'en 175 par le gouverneur de la Syrie romaine voisine, Avidius Cassius, lui-même fils d'un ancien préfet d'Égypte, lequel se hâte de se faire proclamer empereur par ses troupes alors que se répand la rumeur de la mort de l'empereur Marc Aurèle (r. 161 – 180). Déclaré « ennemi public » par le Sénat de Rome, Avidius Cassius s'apprête à faire face aux forces rassemblés par l'empereur lorsqu'il est tué par l'un de ses propres soldats.</p>
<p>Avec l'assassinat de Caracalla, c'est un Berbère venant de Maurétanie césarienne (aujourd'hui l'Algérie), Macrin (r. 217 - 218), qui monte sur le trône. Premier empereur à être issu de la classe équestre, il rompt avec la tradition, et probablement pour se concilier le Sénat, nomme à la fois un nouveau praefectus Aegypti ainsi qu'un sénateur pour gouverner l'Égypte. Sitôt Macrin et son fils Diaduménien renversés, la population d'Alexandrie se révolte, tue le sénateur et évince le préfet.</p>
<p>En août 262, Alexandrie est la proie d'une guerre civile entre les partisans d'Aemilianus et de Gallien, combats qui voient la disparition des deux-tiers de la population de la ville.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine</a></p>
<p>Révolte de l'Egypte sous Dioclétien</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286</a></p>
<p>Révolutions égyptiennes sous les Lagides</p>
<h2 class="spip">Révolution populaire dite « du wafd » en 1919</h2>
<p> La révolution égyptienne éclata en mars 1919 après que les Britanniques eurent arrêté Sa'd Zaghloul, le chef du parti Wafd, le principal parti nationaliste égyptien, et plusieurs autres wafdistes. Ils furent ensuite déportés à Malte. L'exil de ces dirigeants populaires provoqua des manifestations étudiantes qui dégénérèrent rapidement en grèves massives d'étudiants, de fonctionnaires, de professionnels, de femmes et de travailleurs des transports. Le mécontentement nationaliste avait été alimenté par le protectorat établi par les Britanniques au début de la guerre, les pénuries de produits de première nécessité, l'augmentation des prix, la conscription forcée des paysans comme ouvriers militaires et la présence d'un grand nombre de soldats occidentaux en Égypte.</p>
<p>Le Wafd était le principal parti politique égyptien depuis sa création en 1918 jusqu'à la révolution militaire de 1952. À l'automne 1918, peu avant la fin de la Première Guerre mondiale, une délégation, ou Wafd, de nationalistes égyptiens, dirigée par Saad Zaghloul, rencontra Reginald Wingate, le haut-commissaire britannique, pour discuter de l'avenir de l'Égypte. Au cours de la réunion, les délégués exigèrent l'indépendance complète (Istiqlal Tam). Wingate informa les délégués que la question serait soumise aux autorités de Londres et, dans sa correspondance avec le ministère des Affaires étrangères, il recommanda la tenue de négociations. Cependant, le ministère des Affaires étrangères était occupé par des questions plus urgentes concernant l'Allemagne et ce qui devait être fait en Europe après la guerre, et le gouvernement n'était pas disposé à abandonner son contrôle sur le canal de Suez.</p>
<p>Les demandes du Wafd furent catégoriquement rejetées et les délégués se virent refuser l'autorisation d'assister à la Conférence de paix de Paris. Lorsque Zaghloul et d'autres furent arrêtés et déportés au printemps 1919, des manifestations éclatèrent dans tout le pays. Une révolution massive à grande échelle en résulta, les Égyptiens de toutes les classes, des deux sexes, de toutes les religions et de toutes les professions se joignant à des grèves, des boycotts et des manifestations exigeant l'indépendance et la libération des dirigeants du Wafd.</p>
<p>Des centaines de personnes furent tuées et les Britanniques furent obligés d'envoyer des renforts de troupes pour réprimer la révolte.</p>
<p><a href="https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919</a></p>
<p>De 1919 à 1952...</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm</a></p>
<h2 class="spip">Révoltes et révolutions au temps de Farouk et de Nasser</h2>
<p>La domination colonialiste de l'Angleterre (et même de la France) sur l'Egypte et la dictature corrompue sont, avec la grande misère du peuple face à la richesse de la haute société multinationale qui vit au Caire et à Alexandrie, la cause d'une grande révolte populaire dont vont profiter Nasser et les « officiers libres ». Mais ces derniers vont accéder au pouvoir en prenant bien garde de ne le faire que par des coups d'état et en arrêtant la révolution et en emprisonnant les militants ouvriers et communistes (les staliniens vont aussi en prison bien qu'ils ont soutenu le coup d'état militaire, jetant à la poubelle leur costume communiste, mais les trotskistes eux aussi sont arrêtés, souvent donnés à la police par leurs annemis staliniens).</p>
<p> Nasser a supprimé la dictature royale et la mainmise coloniale anglaise mais il a confisqué une révolution prolétarienne et communiste qui montait.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952</a></p>
<h2 class="spip">Révoltes et révolutions en 1968</h2>
<p>La situation de l'Egypte devient très dangereuse pour le régime de Nasser avec la vague gauchiste mondiale de 1968 et plus encore du fait de la défaite cuisante de l'armée égyptienne face à Israël lors de la guerre des six jours…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034</a></p>
<p>Le Caire, février 1968. La ville sort de trois jours d'affrontements avec la police, entre pavés et gaz lacrymogènes, après l'occupation de l'Institut Polytechnique par des étudiants. La vague de protestation a commencé quelques jours plus tôt, après que des ouvriers d'Helwan aient occupé un poste de police près du siège du parti de Nasser. Malgré la répression, les étudiants de l'Université du Caire les rejoignent dans plusieurs manifestations devant les bureaux d'Al-Ahram, le palais présidentiel ou encore l'Assemblée Nationale.</p>
<p>Quelques années après la Révolution de 1952, l'esprit de révolte est encore présent en Egypte, mais les protestations de 1968 sont d'abord la conséquence de la défaite de 1967. Contraint de lâcher du lest face à Israël, Nasser est vivement critiqué. En février 1968, les traîtres militaires de 67 sont jugés condamnés à des peines très indulgentes ; c'est l'étincelle qui déclenche le mouvement.</p>
<p>Nasser accède aux demandes des étudiants et augmente les salaires, tout en prononçant quelques discours à la gloire des luttes du peuple palestinien. Il parvient ainsi à maintenir le calme jusqu'en décembre 68, où une incursion de l'armée de l'air israélienne entraîne une coupure d'électricité dans tout le sud de l'Egypte. Les soulèvements reprennent et l'URSS fournit l'armée égyptienne en dispositifs anti-émeutes. A Alexandrie, les étudiants occupent l'université et kidnappent le gouverneur pour obtenir la libération de leurs camarades arrêtés.</p>
<p><a href="https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721</a></p>
<p>Les manifestations de 1968 en Égypte ont donné lieu à des grèves générales et à des protestations contre le gouvernement de Gamal Abdel Nasser, exigeant la fin de la corruption. Le 9 juin 1967, Nasser avait démissionné après la défaite de l'Égypte face à Israël lors de la guerre des Six Jours. Le lendemain, des centaines de milliers de ses partisans se sont ralliés à lui pour qu'il reste au pouvoir. Les manifestations ont débuté à Helwan en février 1968 et se sont rapidement propagées à tout le pays. Les troubles ont duré jusqu'en mars, date à laquelle l'armée les a réprimés.</p>
<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt</a></p>
<p><a href="https://grokipedia-com.translate.goog/page/1968_protests_in_egypt?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_hist=true" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://grokipedia-com.translate.goog/page/1968_protests_in_egypt?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_hist=true</a></p>
<h2 class="spip">Révoltes et révolutions en Egypte dans les années 2000</h2>
<p>En 2011, le « printemps arabe » qui va parcourir le monde commence notamment en Egypte…</p>
<p>Mais, en fait, il a démarré dans ce pays bien avant 2011 sur le terrain social et même prolétarien…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011</a></p>
<p>Lutte des classes en Egypte en 2006-2009 - C'est la classe ouvrière qui a commencé à ébranler le régime et c'est elle qui peut le remplacer au pouvoir…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900</a></p>
<p>Le 6 avril 2008, des manifestations avaient dégénéré en affrontements dans la cité industrielle de Mahalla al-Kobra, un foyer de la contestation sociale situé dans le delta du Nil, faisant trois morts et des dizaines de blessés. Plus de 300 personnes avaient été arrêtées.<br class='autobr' />
Elles étaient intervenues dans un climat de forte tension en raison d'une flambée des prix et d'une crise du pain subventionné, les ouvriers de l'usine textile de Mahalla réclamant une augmentation des salaires et d'autres mesures pour combattre la cherté de la vie.<br class='autobr' />
La majorité des condamnés sont ainsi des ouvriers de ce secteur, âgés de 30 à 40 ans, a précisé le responsable de la sécurité.<br class='autobr' />
En 2006, la même usine avait été le point de départ d'un grand mouvement de contestation qui avait gagné le secteur textile public, le second au sein de l'industrie égyptienne, concentré dans le nord du pays.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834</a></p>
<p>Avril 2008 : les ouvriers égyptiens et la population défient le régime de Moubarak…</p>
<p>Les travailleurs de l'usine de textile Ghazl El-ahalla en Égypte on organisé une manifestation de masse dimanche dernier (17 février 2008), appelant à la fin du régime, appuyé par les USA, de Hosni Moubarak.<br class='autobr' />
L'usine de textile est la plus grande du Moyen-Orient. Ses 27 000 -travailleurs ont joué un rôle déterminant pour amener le régime à des concessions économiques.<br class='autobr' />
Les travailleurs sont sortis en masse de leur usine de chantant : "À bas, à bas Moubarak ! Ton régime, c'est la merde ! ". Tandis qu'ils se répandaient dans cette ville du Delta du Nil ville, ils ont été rejoints par environ 10 000 habitants.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315</a></p>
<p>Répression policière en 2006<br class='autobr' />
Au cours de ces trois dernières années, l'Egypte a connu une puissante vague de grèves, visant principalement à lutter contre la privatisation, par le gouvernement Moubarak, de plusieurs compagnies d'Etat. Toutes ces grèves sont « illégales ». Fin 2004, elles ont d'abord affecté le secteur textile, puis se sont étendues à d'autres industries, les salariés ayant été encouragés par le fait que la plupart de ces grèves se soldent par des victoires. Elles sont souvent accompagnées d'occupations. Depuis la fin de l'année 2006, cette vague de grèves a atteint un niveau particulièrement élevé. Comme à son habitude, le gouvernement tente de trouver un bouc-émissaire. Dans un certain nombre de villes, il a pris des mesures contre le Centre de Services pour les Syndicats et les Ouvriers (CTUWS). Le CTUWS est une structure indépendante du gouvernement, qui défend les travailleurs et les informe de leurs droits. Un article publié dans Al-Ahram, un hebdomadaire anglophone publié en Egypte, prétend qu'un « complot communiste » est derrière ce mouvement. Les bureaucrates du gouvernement, la police et les tortionnaires des services secrets souscrivent tous à cette théorie du complot. Ils accusent également les Islamistes. Pour eux, il n'est pas imaginable que des ouvriers puissent avoir d'authentiques revendications, et que la dégradation de leurs conditions de vie les pousse à se mobiliser. Il doit forcément y avoir un conspirateur secret, un agitateur communiste ou islamiste derrière tout cela ! Cependant, pour quiconque regarde les choses en face, les racines du mouvement actuel sont évidentes. La majeure partie de l'industrie égyptienne avait été nationalisée par Nasser, dans les années 60. Mais au cours des années 90, le gouvernement Moubarak, suivant les « conseils » du FMI, a mis en œuvre un programme de privatisation massive de l'industrie égyptienne. Depuis 1999, plus de 100 entreprises publiques ont été vendues. L'un des secteurs les plus touchés fut l'industrie textile : le secteur privé contrôle 58 % du filage du coton, contre 8 % avant les privatisations. Récemment, le gouvernement a lancé une deuxième vague de privatisations, qui fut la cause directe de l'actuel mouvement de grèves. Les ouvriers craignent de perdre leur statut de travailleurs du secteur public, avec les avantages et la sécurité d'emploi qui y sont associés. Le site internet du Middle East Report Online (MERIP) a publié un compte-rendu très intéressant d'une grève qui a éclaté, en décembre 2006, dans une importante entreprise textile, à Mahallah Al-Kubra, dans le delta du Nil. La grève a commencé lorsque les 24 000 ouvriers ont appris qu'une prime, qui leur avait été promise par le gouvernement, ne leur serait finalement pas payée. La grève a duré quatre jours et fut accompagnée d'une occupation de l'usine. Quand la police est intervenue, le deuxième jour du mouvement, les ouvriers en appelèrent à la solidarité des autres ouvriers et de la population de la localité. En réponse, 20 000 personnes encerclèrent l'entreprise pour défendre les grévistes. La police a du battre en retraite, et les grévistes l'emportèrent. Il est intéressant de noter le rôle crucial qu'ont joué les femmes, dans cette grève. De fait, elles ont été encore plus militantes que les hommes. La grève a commencé lorsque 3000 ouvrières ont quitté leur poste et parcouru l'usine en chantant : « Où sont les hommes ? Voici les femmes ! » Un témoin relate : « les femmes étaient encore plus déterminées que les hommes. Elles ont été l'objet d'intimidations et de menaces, mais elles ont tenu bon. » Lorsqu'un mouvement mobilise les couches les plus opprimées – et habituellement les plus passives –, c'est un indice clair de sa profondeur et de son caractère potentiellement révolutionnaire. La victoire des grévistes de Mahallah a encouragé d'autres ouvriers à passer à l'action. Dans les mois qui ont suivi, des dizaines de milliers d'ouvriers du textile se sont mobilisés, dans le delta du Nil et à Alexandrie. Cette magnifique grève eut également des répercussions dans d'autres secteurs industriels que le textile, malgré l'absence d'une véritable coordination. En décembre, les travailleurs de cimenteries, à Helwan et Tura, se mirent en grève, de même que les salariés de l'industrie automobile, à Mahallah. En janvier, ce fut le tour des cheminots, qui bloquèrent le train de première classe reliant le Caire à Alexandrie, et furent spontanément soutenus par les conducteurs du métro du Caire. Les grévistes expliquèrent qu'ils avaient été encouragés par la victoire des travailleurs de Mahallah. Des « grèves sauvages » ont également éclaté chez les éboueurs, les conducteurs de minibus et de camions, ainsi que dans d'autres secteurs de la fonction publique. Les grévistes ont protesté contre l'accusation du gouvernement selon laquelle les islamistes étaient derrière leur mouvement. Les ouvriers d'une usine, à Kafr EL-Dawwar, « ont énergiquement nié toute implication des Frères Musulmans », selon le compte-rendu du MERIP. Mais l'une des caractéristiques les plus intéressantes de ces mouvements réside dans le fait que les ouvriers se rendent compte qu'ils ne luttent pas seulement pour des revendications immédiates, mais aussi, plus généralement, contre la politique du gouvernement. C'est probablement pour cette raison que, dans plusieurs endroits – y compris à Mahallah –, les travailleurs s'efforcent de construire leurs propres organisations indépendantes, défiant les « syndicats » affiliés à l'Etat. Le MERIP rapporte : « Il y a des signes clairs indiquant que les militants ouvriers du textile travaillent à l'élaboration d'un système de coordination nationale de leurs luttes. Un mois après la victoire de la grève à Kafr Al-Dawwar, un texte signé par les Ouvriers de Kafr Al-Dawwar pour un Changement a été distribué, dans l'usine, et en appelait à " l'extension de la collaboration entre les ouvriers des entreprises qui ont fait grève, de façon à créer des liens de solidarité et de partager notre expérience " ». Voilà ce qui inquiète le plus le gouvernement. C'est pour cela que, tout en faisant des concessions aux revendications des grévistes, il s'attaque à toute organisation susceptible de faciliter la coordination de l'action des travailleurs. Les bureaux du CTUWS, à Najaa Hamadi et Mahalah, ont été fermés, et la police a arrêté des militants ouvriers dans tout le pays. L'image générale qui émerge de ces conflits est celle d'une classe ouvrière en plein essor, qui gagne en confiance et commence à tirer de sérieuses conclusions politiques. Selon Saber Barakat, du Comité de Coordination des Ouvriers, « l'Egypte est au seuil d'une situation révolutionnaire. Le régime est affaibli. Moubarak est occupé à organiser sa succession au profit de son fils, Gamal, mais pour la première fois depuis longtemps, nous pouvons dire avec confiance qu'une révolution ouvrière pointe à l'horizon. » Y. Malek</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164</a></p>
<p>Avril 2008. "De cette révolte du pain pourrait naître une révolution"</p>
<p>Dimanche, dans une ville du nord-est de l'Egypte, ce qui devait n'être qu'une simple grève de travailleurs a tourné à l'émeute, causant la mort d'une personne et provoquant au moins 150 arrestations. Un témoin de ces incidents et un membre des Frères musulmans égyptiens commentent ce que les médias ont déjà surnommé "la révolte du pain". <br class='autobr' />
Tout est parti d'un préavis de grève, lancé par des ouvriers de Mahalla el-Kobra, pour demander l'augmentation du salaire minimum - actuellement de 115 livres égyptiennes (environ 15 euros). La grève n'a finalement pas eu lieu, mais elle a mis sous tension une population déjà exaspérée par la vie chère. Les émeutes ont éclaté ce dimanche. Elles se sont calmées aujourd'hui, mais semblent pouvoir reprendre à tout moment.</p>
<p>"C'est de ce type de révolte populaire que peut naître une révolution"</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794</a></p>
<p>Avant 2011, l'Egypte ouvrière a déjà initié l'auto-organisation…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886</a></p>
<p>Déploiements policiers massifs, gaz lacrymogènes, bastonnades, arrestations : dimanche 6 avril, la "Journée de colère" doublée d'une grève générale…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606</a></p>
<p>En Egypte, en 2008, ce sont les ouvriers du textile qui lançaient pour la première fois des mouvements de révolte contre la dictature via internet...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948</a></p>
<h2 class="spip">La révolution contre la dictature de Moubarak</h2>
<p>25 janvier 2011. Journée de révolte en Egypte : le commencement de la fin pour Moubarak ? Environ 15.000 personnes ont défilé mardi dans les rues du Caire où la police a tiré des gaz lacrymogènes. D'autres rassemblements ont eu lieu dans tout le pays.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875</a></p>
<p>29 janvier 2011. Il y a le feu à la maison Moubarak…<br class='autobr' />
Moubarak déclare : "J'ai pleinement conscience des aspirations légitimes du peuple et je connais bien l'ampleur de leurs préoccupations et de leurs souffrances. (... ) La jeunesse d'Egypte est son atout le plus précieux." Mais selon lui, "la frontière est mince entre la liberté et le chaos, et je penche pour la liberté des gens à exprimer leurs opinions autant que je tiens à la nécessité de maintenir la sécurité et la stabilité de l'Egypte".</p>
<p>Des propos qui n'ont pas suffit à calmer les rues du Caire, où soldats et habitants continuaient d'arpenter les rues après la forte mobilisation et les troubles de la journée.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882</a></p>
<p>30 janvier 2011. L'anarchie règne sur Le Caire après des manifestations meurtrières<br class='autobr' />
Des soldats faisant des "V" de la victoire à l'adresse des manifestants, des scènes de pillages, des blessés qui affluent dans les hôpitaux : l'anarchie régnait vendredi soir dans la capitale égyptienne après une journée de manifestations meurtrières.<br class='autobr' />
Quelques heures après l'imposition d'un couvre-feu par le président égyptien Hosni Moubarak, des camions militaires circulaient dans le centre-ville du Caire, près de la place de l'Opéra, et des militaires faisaient des "V" de la victoire à la population, recueillant des applaudissements.<br class='autobr' />
Des manifestants sont même montés sur des chars avec des militaires, et des policiers ont serré la main de manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP.<br class='autobr' />
"Nous ne voulons plus de Moubarak, nous ne voulons plus de ce gouvernement. Mais nous aimons l'armée, les Egyptiens aiment leur armée", a déclaré Ehab Aley, un jeune manifestant, dont les propos ont reçu l'assentiment des jeunes aux alentours.<br class='autobr' />
"Nous ne savons pas encore de quel côté est l'armée (. . . )", a ajouté un autre manifestant qui marchait avec des milliers d'autres dans le quartier Dokki deux heures après l'imposition du couvre-feu à 18H00 (16H00 GMT).</p>
<p>L'armée a bouclé le centre du Caire avec des chars d'assaut. "L'armée doit choisir entre l'Egypte et Moubarak", pouvait-on lire sur une grande banderole déployée dans le centre-ville.</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article1885" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article1885</a></p>
<p>Le 1er février 2011, date clef, l'Egypte populaire s'est soulevée contre Moubarak, le pouvoir et l'impérialisme sont débordés... Le peuple travailleur doit dicter sa loi et s'organiser dans ce but !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892</a></p>
<p>Egypte : la révolte sociale doit libérer les soldats pour gagner... L'armée du côté du peuple, c'est l'organisation des soldats indépendante des officiers !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891</a></p>
<p>Soldats, cessez d'obéir à un pouvoir assassin !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885</a></p>
<p>Egypte : La dernière manoeuvre sanglante du pharaon... Le régime manipule des faux manifestants "pro-Moubarak", des policiers en civil ont chargé les manifestants à coups de bâton et de couteau, ou à cheval et à dos de dromadaire. Ce sont des assassins policiers et forces spéciales en civil qui attaquent violemment les manifestants.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896</a></p>
<p>En Egypte, le pouvoir fabrique le chaos et se présente comme la seule garantie face au chaos ! Une seule issue : casser l'unité de l'armée, entraîner les soldats avec le peuple travailleur, organisés tous les deux en comités populaires.</p>
<p>Le pouvoir a lâché ses assassins contre le peuple révolté, mensongèrement appelés "manifestants pro-Moubarak comme si des manifestants vont arriver tous en même temps avec la même fabrique de drapeaux, avec les mêmes armes, des machettes et des grenades lacrymogènes (où de simples citoyens auraient pris ces armes ?) et il nous joue la comédie selon laquelle il est en train d'essayer de séparer les combattants..... !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899</a></p>
<p>Les flammes de la colère se répandent à travers toute l'Egypte, et rien ne peut les arrêter. Le sort du régime de Moubarak est en jeu. La seule perspective : gouvernement ouvrier en Egypte !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902</a></p>
<p>C'est une crise sociale qui traverse le Maghreb et le monde arabe et elle ne va pas être résolue seulement en changeant quelques têtes gouvernantes. il faut un changement social radical. Seuls les travailleurs et les jeunes peuvent, en s'unissant aux soldats, offrir une issue ... le pouvoir aux travailleurs !!!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903</a></p>
<p>Egypte : le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d'Egypte, prétend interdire les grèves ouvrières mais l'Egypte entière est en train de se mettre en grève. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi, entrent en grève...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929</a></p>
<p>La révolution "tunisienne" atteint l'Egypte. Le régime de Moubarak vascille. Faisons le chuter !!! Dehors les généraux assassins !!! Dehors les exploiteurs !!! Dehors le dictateur et dehors l'impérialisme !!!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926</a></p>
<p>Egypte : multiplication des grèves ouvrières dans la foulée des manifestations contre Moubarak. La classe ouvrière donne un tour nouveau à la lutte. La première grève de six mille travailleurs du canal de Suez a notamment commencé... et tous les secteurs sont concernés : Textile, Tourisme, Santé, Employés, Ouvriers agricoles, Aéroport du Caire, Télécommunications, journalistes, etc... Le prolétariat est en marche. Nul ne peut dire jusqu'où il va aller....</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918</a></p>
<p>Mobilisation monstre en Egypte le mardi 8 février 2011. Cet après-midi, des dizaines de milliers de manifestants étaient de nouveau rassemblés place Tahrir ("Libération"). Cette place du centre du Caire est devenue l'épicentre d'un mouvement de contestation sans précédent qui réclame le départ du président Moubarak. La révolte populaire entre dans sa troisième semaine.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916</a></p>
<p>La mobilisation populaire dirige fermement Moubarak vers la sortie, qu'il le veuille ou pas... Dehors le dictateur mais surtout dehors la dictature !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910</a></p>
<p>Ce qui est en jeu, ce n'est pas le sort du seul dictateur qu'il s'appelle Moubarak ou Ben Ali qui importe, c'est celui de la domination des classes dirigeantes sur l'Egypte, le monde arabe, le Maghreb et même le monde...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912</a></p>
<p>Le prolétariat d'Egypte a fait chuter Pharaon Moubarak - Lui seul peut en finir avec le système - Ce n'est qu'un début, le combat continue...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925</a></p>
<p>Première victoire de la révolution en Egypte. Mensonges, mythes, calomnies et pièges sur la révolution qui a dégagé Moubarak. Rire, pleurer mais aussi comprendre...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922</a></p>
<p>Moubarak est dégagé mais la révolution ne fait que commencer !!!! Moubarak a quitté Le Caire avec sa famille et il a quitté le pouvoir. C'est une grande victoire mais rien n'est réglé. L'armée est toujours au pouvoir ainsi que les exploiteurs. L'Egypte est à la frontière entre une révolution sociale s'attaquant aux classes dirigeantes et détruisant l'Etat dictatorial de la bourgeoisie et une contre-révolution sanglante de l'armée... On ne peut pas rester longtemps devant un tel abime...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921</a></p>
<p>Les grèves ouvrières face au pouvoir militaire !</p>
<p>Grève partout ...<br class='autobr' />
Des grèves ont éclaté dans toutes les branches de l'industrie : chez les travailleurs des télécom, les mécaniciens du secteur ferroviaire, dans les arsenaux de Port-Saïd, et aussi grèves de plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers d'usines de charbon, de coton, de textile, de médicaments, de ciment, etc.<br class='autobr' />
L'armée égyptienne, aux commandes du pays depuis que le président Hosni Moubarak a démissionné et lui a remis le pouvoir, a appelé lundi citoyens et syndicats à cesser les grèves, au moment où les mouvements sociaux prenaient de l'ampleur.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929</a></p>
<p>Dehors Maréchal Tataoui ! Dehors le Pharaon ! L'armée dehors du pouvoir !! Le pouvoir au peuple ! Dégage ! Dégage !!!<br class='autobr' />
« Le peuple veut la chute du Moushir [maréchal] ! » entonnaient hier matin quelques centaines d'entre eux, visant directement le maréchal Tantawi, à la tête du conseil militaire et pendant vingt ans ministre de la Défense sous Moubarak. D'autres pointaient du doigt les policiers. « Ils emploient les mêmes méthodes que sous Moubarak. "Le régime militaire est mort, est mort", crient les manifestants. "Liberté, liberté !" entend-on aussi. "Dégage !", "Que tombe le gouvernement des militaires !", "Révolution, révolution, jusqu'à la victoire !" et "Ni Tantawi, ni Ganzouri !".</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152</a></p>
<p>Egypte : à bas le pouvoir militaire ! A bas la répression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur !<br class='autobr' />
L'armée a chargé samedi à la matraque des manifestants sur la place Tahrir du Caire au lendemain de graves violences qui ont fait neuf morts et plus de 300 blessés en plein processus électoral en Egypte.<br class='autobr' />
Ces violences montrent que la tension ne retombe dans le pays arabe le plus peuplé, dix mois après la chute de Hosni Moubarak.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181</a></p>
<p>Août 2017. Des milliers de travailleurs du textile en Égypte font grève pour des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail en défiant la dictature brutale du général Abdel Fatah al-Sissi qui est soutenue par l'Occident.<br class='autobr' />
Jeudi, le site d'information Middle East Eye a rapporté qu'au moins 16 000 travailleurs sont impliqués dans le débrayage à l'usine Misr Spinning and Weaving Company (MSWC), la plus importante usine textile d'Égypte qui est située dans la ville de Mahalla al-Kubra, dans le Delta du Nil. MSWC emploi au total plus de 25 000 travailleurs.<br class='autobr' />
Six mille travailleurs ont débrayé le 5 août pour exiger une augmentation des salaires et des avantages sociaux ainsi que le versement de primes dues. Le 8 août, 10 000 travailleurs supplémentaires rejoignaient la grève en refusant de reprendre le travail après que la direction ait rencontré des représentants des travailleurs et offert une hausse de 10 pour cent du salaire de base. Les travailleurs ont rejeté cette offre et ont déclaré ne mettre fin à la grève que si leurs revendications, qui incluent également une augmentation de leur participation aux bénéfices de la société, une augmentation de la contribution alimentaire et des changements dans la politique de promotion au sein de l'entreprise, étaient respectées.<br class='autobr' />
Un des travailleurs en grève, qui a parlé sous couvert de l'anonymat au journal en ligne égyptien Mada Masr, a signalé que la grève s'était étendue dans toute l'entreprise, dont huit filatures, sept usines de fabrication de vêtements, une usine de filage de laine, un atelier, 11 usines de textile, ainsi que les services en charge du parc de véhicules, de l'électricité et de l'eau.<br class='autobr' />
Lors d'un entretien avec le quotidien égyptien Al Ahram, Faisal Loksha, un dirigeant de la grève, a décrit la grève comme une « dernière escalade ». Il a dit : « Au cours de ces dernières semaines, nous avons organisé à l'intérieur de l'usine, en dehors des heures de travail, des rassemblements de courte durée pour exiger ces augmentations. Nos demandes n'ayant pas été respectées, nous avons décidé de faire une grève totale à l'usine. »<br class='autobr' />
Mahalla al-Kubra est un centre historique de la lutte ouvrière en Égypte. Les travailleurs de MSWC avaient organisé en 2006 et en 2008 des grèves massives contre le régime de l'ancien dictateur Hosni Moubarak en jouant un rôle clé dans les luttes révolutionnaires de masse en 2011 qui ont fait chuter Moubarak. En décembre 2012, en plein milieu de l'opposition croissante de la classe ouvrière au président islamiste Mohamed Morsi, les travailleurs et les étudiants de Mahalla s'étaient déclarés « indépendants » de ce qu'ils ont appelé « l'État des Frères musulmans » de Morsi.<br class='autobr' />
L'actuelle grève à Mahalla reflète l'opposition croissante de la classe ouvrière à la dictature militaire contre-révolutionnaire d'al-Sissi qui, depuis le coup d'État militaire de juillet 2013 contre Morsi, a tué et emprisonné des dizaines de milliers d'opposants politiques et s'apprête maintenant à perpétrer une attaque généralisée contre la classe ouvrière. Le 22 mai, les forces de sécurité avaient violemment dispersé une grève sur le tas à l'usine de ciment Tourah Cement Company au sud du Caire. 32 travailleurs de cette usine privée furent emprisonnés pour avoir exigé des contrats à temps plein.</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?breve610" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?breve610</a></p>
<p>A un an du début de la révolution, alors que Moubarak est jugé pour ses violences contre le peuple, la répression violente est toujours exercée par le pouvoir militaire qui lui a succédé. Le pouvoir tue plus que jamais les révoltés d'Egypte...<br class='autobr' />
L'armée cherche aujourd'hui à s'attribuer le mérite d'avoir renversé Moubarak alors qu'elle ne pouvait à l'époque réprimer sans prendre le risque d'une révolte des soldats et d'une révolution prolétarienne dans les entreprises. C'est mensonger de prétendre que la hiérarchie militaire ait pris le parti des manifestants ! Ils ont fait la part des choses : plutôt lâcher Moubarak pour garder le pouvoir politique et économique ! C'est aussi le choix que leur conseillait l'impérialisme...<br class='autobr' />
Le conseil militaire qui dirige l'Egypte depuis la chute de Moubarak est l'organisateur de la répression à grande échelle contre quiconque prétend le renverser. Il n'a fait chuter le Raïs que parce celui-ci provoquait un soulèvement qui dépassait largement la jeunesse et était en train de s'étendre massivement à toute la classe ouvrière. En s'appuyant sur les syndicats, en lâchant du lest sur le terrain social, en proposant aux islamistes de gouverner, en s'acoquinant avec quelques "démocrates", la classe dirigeante espère se sortir de la révolution. Il s'agit de ramener le peuple travailleur à l'époque où la peur faisait taire, où le peuple ne s'exprimait pas, ne s'organisait pas.<br class='autobr' />
La lutte qui a été menée contre Moubarak d'abord puis contre l'armée ne peut pas s'arrêter aux portes du pouvoir. Elle dépasse le cadre d'une "démocratisation" du régime et de la société égyptienne.<br class='autobr' />
La lutte de l'armée contre le peuple dépasse, elle aussi, une simple remise à l'ordre. Elle vise l'écrasement du peuple travailleur et de la jeunesse.<br class='autobr' />
Les méthodes sont la répression et une campagne de discrédit contre les révolutionnaires taxés d'être vendus à des forces étrangères. D'où les enquêtes et arrestations de militants pour fabriquer une thèse du complot contre l'Egypte. Le haut conseil militaire défend ainsi les intérêts de la classe dirigeante dont il est une part importante, l'armée égyptienne s'étant sous Sadate et Moubarak, emparée des entreprises les plus juteuses du pays...<br class='autobr' />
Les forces armées ont trouvé un point d'appui solide pour maintenir leur ordre en la personne des organisations islamistes. Celles-ci ont encore un certain crédit populaire et ont profité de l'absence d'autres organisations auprès des masses les plus démunies. Elles ont profité aussi du réformisme des organisations syndicales qui les amène à refuser tout rôle politique indépendant à la classe ouvrière. Résultat : les islamistes accèdent au pouvoir progressivement en acceptant le gouvernement imposé par la conseil des forces armées et en discutant avec la bourgeoisie égyptienne et l'impérialisme américain ! Voilà un beau soutien à l'exploitation et à l'oppression. Les forces islamistes se donnent souvent un petit air radical et populaire, mais elles n'ont jamais remis en cause la bourgeoisie et sa domination. Elles se présentent en Egypte en sauveur du pouvoir bourgeois. Cela doit être souligné.<br class='autobr' />
La révolution en Egypte a encore bien des moyens de nous surprendre. Les analystes, ne l'oublions pas, avaient affirmé que Ben Ali pouvait tomber mais pas Moubarak. Aujourd'hui ils minimisent la part prise par les grèves ouvrières dans la décision des autorités d'écarter Moubarak et aujourd'hui de la juger.<br class='autobr' />
La classe dirigeante, elle, ne minimise pas le risque de révolution prolétarienne dans un pays dont la capitale est l'une des plus prolétarisées du monde ! Mais elle a d'autant plus de raison de ne rien céder sur le fond...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192</a></p>
<p>Egypte en 2012<br class='autobr' />
L'apparente opposition des chefs militaires à la venue au pouvoir des Frères Musulmans, leur semblant d'hésitation, leur refus d'entériner le parlement islamiste, leur acceptation apparemment forcée du nouveau président, est indispensable à l'armée pour faire de cette opposition une véritable base de la société. C'est là le jeu des chefs militaires contre la révolution. Les Frères Musulmans sont, les militaires le savent, favorables aux classes dirigeantes, même s'ils ont une véritable base populaire et ils sont hostiles au prolétariat. Ils peuvent servir aux classes dirigeantes, en grande partie d'origine militaire, de paravent et détourner une partie du mécontentement populaire, du moins dans un premier temps. Ensuite, quand ils se seront suffisamment discrédités, les militaires estiment que la révolution sera assez découragée et déboussolée pour qu'ils puissent reprendre leur dictature sous une forme classique ou en remplaçant le président par une émanation de la caste militaire. Ils ne savent pas eux-mêmes si un tel stratagème sera vraiment suffisant pour calmer le volcan politique et social que représente l'Egypte post-Moubarak. Ils ne savaient pas hier s'il aurait suffi de lâcher le Raïs et aujourd'hui ils ignorent s'il suffira de développer un jeu à deux avec les islamistes.<br class='autobr' />
Ce qui est certain, c'est qu'aucun des problèmes économiques, politiques et sociaux du pays ne peuvent être réglés dans le cadre que les islamistes sont appelés à gérer. Et ce pour plusieurs raisons fondamentales. La première est que la révolution d'Egypte n'est pas fondée seulement sur une hostilité à Moubarak ni même sur une simple aspiration à plus de liberté. Il y a une demande sociale profonde, et même prolétarienne, dans toute la révolution du Maghreb et du monde arabe et aussi une perte générale de confiance dans les perspectives offertes par les classes dirigeantes dans le cadre d'un capitalisme en crise.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416</a></p>
<p>Le président islamiste Morsi et le parti des frères musulmans au gouvernement ont échoué à rétablir le calme en Egypte, échoué à faire repartir l'économie, échoué à obtenir le soutien de la population des villes, échoué à satisfaire les aspirations des milieux populaires, échoué à réduire le chômage et la misère, échoué à écraser les manifestants malgré des moyens de répression impressionnants, échoué en somme à détourner la révolution sociale commencée par la chute de Moubarak. Cela ne veut pas dire que la révolution n'ait pas encore devant elle de nombreuses tromperies et surtout celle de l'armée. L'armée pourrait en effet en profiter pour présenter le général Sissi comme un recours et comme un leader populaire, ce que le général Tantaoui n'avait jamais été depuis la chute de Moubarak…<br class='autobr' />
En réalité, l'incapacité des frères musulmans à accoucher d'un programme socio-économique authentique, différent et en même temps alternatif à celui de la défunte oligarchie de Moubarak, se fait de plus en plus sentir dans les milieux populaires. Elle provient justement du fait qu'ils ne sont que le cache-sexe de la dictature économique des cadres de l'armée, patrons des trusts égyptiens. C'est pour ce rôle que les dirigeants de l'armée les ont laissé se discréditer au pouvoir en pensant clairement : ils vont s'y user…. Et après, on verra bien, on pourra toujours les renverser !<br class='autobr' />
Les islamistes et les forces policières se sont seulement discrédités aux yeux des révoltés des grandes villes d'Egypte. La répression féroce avec des viols systématiques des manifestantes organisés par des bandes de tueurs payés par les services d'Etats, tout cela a contribué à semer encore plus la haine du nouveau pouvoir…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635</a></p>
<p>Pourquoi la révolution doit continuer en Egypte...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955</a></p>
<p>Les ouvriers égyptiens sont toujours contre le pouvoir…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg</a></p>
<p>C'est toujours de la classe ouvrière que le pouvoir égyptien a eu peur…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=H-FZyfD2VN8" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=H-FZyfD2VN8</a></p></div>
Le lien entre catastrophes (éruptions volcaniques, séismes, météorologie...) et les révoltes et révolutions
http://www.matierevolution.org/spip.php?article9452
http://www.matierevolution.org/spip.php?article94522026-03-26T23:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionRévolte
<p>Le lien entre éruptions volcaniques, séismes, catastrophes météorologiques ou climatiques et… révoltes ou révolutions politiques et sociales… <br class='autobr' />
Quand les peuples ont saisi l'occasion d'un tremblement de terre, d'une éruption volcanique, d'une catastrophe météorologique ou climatique comme signal du moment où il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise… <br class='autobr' />
Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frappé la société humaine que sa structure s'est complètement (…)</p>
-
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Le lien entre éruptions volcaniques, séismes, catastrophes météorologiques ou climatiques et… révoltes ou révolutions politiques et sociales…</h2>
<p>Quand les peuples ont saisi l'occasion d'un tremblement de terre, d'une éruption volcanique, d'une catastrophe météorologique ou climatique comme signal du moment où il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise…</p>
<p>Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frappé la société humaine que sa structure s'est complètement effondrée…</p>
<p>Cela n'a pas seulement entrainé parfois un changement de régime mais aussi éventuellement un changement de mode de production ou même la fin d'une civilisation.</p>
<p>Ce n'est pas un hasard que l'on compare souvent les révolutions à des catastrophes naturelles. On appelle la révolution : « le volcan social », « le séisme révolutionnaire », « le maelströem »…</p>
<p>Les catastrophes naturelles n'ont pas fait la Révolution française à elles seules, mais elles ont préparé le terrain…</p>
<p>Sécheresses, inondations, gels, orages… La météo exécrable des années 1787 et 1788 a fait flamber les prix du pain et poussé les Français dans la rue. Si elle n'a pas causé la Révolution, elle a lancé la mécanique de la rébellion.</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/le-grand-orage-de-la-revolution-francaise-1780518" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/le-grand-orage-de-la-revolution-francaise-1780518</a></p>
<p>Le 8 juin 1783, le Laki, un volcan islandais, entre dans une terrible éruption qui va durer huit mois. La terre s'ouvre sur 25 kilomètres et 130 cratères vomissent quelque 15 kilomètres cubes de lave. « Il a régné cette année, pendant les trois premières semaines de juillet, des brouillards fort épais », note le curé de Cogny (Rhône). Dans le même temps au Japon, le mont Asama est aussi en éruption. De mai à août 1783, le volcan nippon crache ses fumées dans l'atmosphère.</p>
<p>L'effet conjugué des deux éruptions produit un nuage de cendres si dense qu'il occulte le rayonnement solaire, faisant baisser les températures en Europe. « Ces fameux brouillards secs bleuâtres d'odeur sulfureuse, résultat de rejet d'aérosols sulfatés par le volcan, sont décrits en Allemagne, en Ecosse, aux Pays-Bas », explique le volcanologue Philippe Rocher, directeur adjoint au BRGM (service géologique national). A partir de 1783, la France connaît hivers frigorifiques et printemps catastrophiques, avec orages, pluies diluviennes, grêles ou sécheresses. On compte les morts par milliers.<br class='autobr' />
Après une série d'années difficiles, la récolte de 1788 est médiocre et l'hiver glacial (– 6,8 °C en moyenne en décembre à Paris). Le prix du blé flambe. La situation des paysans est désespérée. La Révolution éclate en 1789 sur fond de disette. Le 5 octobre 1789, un cortège de 7 000 Parisiennes se met en marche vers Versailles. Elles crient : « Du pain ! », fourche et pique à la main. Leur colère contraint le roi et sa cour à quitter le palais du Roi-Soleil pour Paris. Pour la monarchie, les dés sont jetés.</p>
<p><a href="https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-catastrophes-naturelles-accelerent-lhistoire-11149783/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-catastrophes-naturelles-accelerent-lhistoire-11149783/</a></p>
<p>Les éruptions du Laki, en Islande et de l'Asama, au Japon sont-elles la cause de la révolution Française ? Le volcanologue le penserait certainement. L'historien, sans doute, nuancerait cette affirmation en émettant l'idée qu'elles furent probablement un élément déclencheur de l'Histoire...</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/volcanologie-14-juillet-volcans-revolution-654/page/4/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/volcanologie-14-juillet-volcans-revolution-654/page/4/</a></p>
<p>Certains opposent, dans la chute de civilisations, les causes naturelles aux révolutions alors que les deux ne s'opposent pas mais se composent… Par contre, il est faux de dire que ce seraient les désordres climatiques qui, tous seuls, auraient provoqué l'effondrement des grandes civilisations…</p>
<p><a href="https://matierevolution.org/spip.php?article8661" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.org/spip.php?article8661</a></p>
<p>Pourquoi les civilisations sont-elles vouées à disparaître ... brutalement ? Parce que tout système social a des limites et que, lorsque celles-ci sont atteintes, les exploités se révoltent et veulent le renverser.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078</a></p>
<p>Bien des auteurs ne veulent surtout pas voir une lutte de classes comme cause de la chute des anciennes civilisations, non pas pour des raisons scientifiques mais pour exclure la lutte des classes du prolétariat comme cause de chute du monde capitaliste.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563</a></p>
<p>Centrée sur la société de l'île de Pâques, l'ouvrage « Effondrement » de Jared Diamond présente la thèse écologiste de l'environnement comme cause première des effondrements de civilisations. Même si c'est effectivement sa thèse centrale, l'auteur ne s'en est pas contenté. Il a été amené à relever que les sociétés ont changé, ou sont disparues, du fait de révolutions. S'il débute en résumant sa thèse en expliquant que : « L'histoire de l'île de Pâques nous rapproche aussi près que possible d'un cas « pur » d'effondrement dû à des facteurs écologistes – ici la déforestation totale qui conduisit à la guerre, au renversement des élites, ainsi qu'à la disparition massive de la population. » Jared Diamond a particulièrement développé cette dernière thèse dans les cas des Vikings, du peuple des pierres dressées de l'ile de Pâques et des Mayas.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750</a></p>
<p>Notons d'abord que le cas des 5.000 Vikings du Groenland, dont Diamond fait grand cas, doit être mis à l'écart puisque, selon l'auteur lui-même, l'effondrement de cette colonie s'expliquerait par l'incapacité et le refus de ses membres de changer leur mode de vie pour s'adapter au « Petit Age Glaciaire » : il s'agirait donc d'une catastrophe naturelle, pas d'une catastrophe écologique « anthropique ».</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046</a></p>
<p>Ce n'est pas l'absence de traces de révolutions sociales qui guide de tels travaux mais un choix social et politique : écarter ces faits. Même s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due à des causes sociales qui a décimé sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe écologique liée à la surexploitation des ressources agricoles.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243</a></p>
<p>Il n'est pas exact que tous les scientifiques rejoignent la thèse de Jared Diamond et des des écolo-climatiques.</p>
<p>Voici, par exemple, une interview de Norman Yoffee :<br class='autobr' />
« La notion d'effondrement des civilisations a aujourd'hui une grande résonance à cause des inquiétudes suscitées par le réchauffement climatique. (...) de nombreuses recherches ont été effectuées, par exemple dans le best seller de Jared Diamond "Collapse of civilisations". mais il faut les lire avec précaution (...) Lorsqu'on étudie de près les raisons qui ont conduit des sociétés du passé à de profonds changements - en Mésopotamie mais aussi dans la vallée de l'Indus avec la civilisation d'Harappa, où entre 3000 et 2000 avant notre ère les villes fleurissent avant d'être totalement abandonnées, ou encore en Amérique, où les Mayas fondent des grandes villes à partir de 200 avant notre ère pour en abandonner certaines aux alentours de 900 - on s'aperçoit que ces changements, pour la plupart, ne sont pas dus à une dégradation de l'environnement. Certes, les hommes ont altéré leur environnement de nombreuses manières. Ils ont coupé les forêts, tué certains animaux, en ont introduit d'autres. Aucun système politique ne s'est pourtant jamais effondré du fait de ces seules altérations. (...) Je voudrais dire un mot d'un autre exemple, souvent cité en matière d'effondrement, celui des Mayas. Dans la région habitée autrefois par les Mayas, certaines villes ont très certainement été abandonnées. Manifestement un événement grave s'est produit. (...) Comment des Etats riches et puissants, aux souverains redoutés et aux monuments grandioses, ont-ils pu disparaître complètement de la surface de la Terre au point que parfois la signification même de leurs ruines a sombré dans l'oubli ? La question a fasciné toutes les époques : les penseurs du 17ème et 18ème siècle ont tenté d'y répondre sa référant à des auteurs de la Renaissance - qui à son tour cite des Romains, qui eux-mêmes renvoient à Hérodote et autres Grecs... Pour les fondateurs du communisme, le renversement violent des formes sociales dépassées était dans la logique naturelle de l'évolution historique. (...) La fragilité naturelle des sociétés humaines, surtout au-delà d'un certain degré de complexité, a été soulignée par de nombreux spécialistes. (...) Les sociétés possédant un Etat et une société urbaine sont facilement déstabilisées par des perturbations (...) L'anthropologue américain George Cowgil met lui aussi en garde contre la tentation de supposer que les sociétés sont naturellement des entités stables : "J'incline fortement à penser que l'idée que n'importe quel Etat ait jamais fonctionné véritablement harmonieusement n'est qu'un mythe propagé par les élites dirigeantes. Même dans les meilleurs jours, la plupart des Etats ont probablement été des édifices assez brinquebalants, aux mieux à moitié compris par les gens qui les ont construits, maintenus, subis ou combattus. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046</a></p>
<p>Le discours que l'on entend tous les jours dans les médias, devenu pensée unique, est le suivant : l'homme veut trop de richesses et a épuisé la terre. Il doit faire des sacrifices s'il veut la préserver pour les générations futures. Cette vision, prétendument fondée sur les sciences, dresse le tableau d'une crise de l'humanité qui ne serait pas celle du capitalisme, pourtant bel et bien présente, mais celle des individus qui en veulent trop. Elle se fonde sur l'idée que la terre serait fondée sur des équilibres que l'homme détruirait : équilibre de la biodiversité ou équilibre du climat.<br class='autobr' />
Elle prétend surfer sur l'ambiance de peur causée par la crise systémique du capitalisme afin de la détourner et même d'en profiter.<br class='autobr' />
Philosophiquement et scientifiquement, elle est infondée.<br class='autobr' />
L'image d'un passé équilibré au plan de la biodiversité et du climat est totalement imaginaire.<br class='autobr' />
Les mécanismes du climat et ceux du vivant sont fondés non sur un équilibre fixe mais sur des multiples équilibres instables sans cesse remis en question et qui sont construits successivement par des mécanismes de rétroactions fondés sur des contradictions et agissant non à un seul niveau de structure mais entre plusieurs niveaux.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790</a></p>
<p>Depuis toujours synonymes de catastrophes, les séismes ont marqué l'histoire des hommes comme un accélérateur des transformations sociales ou économiques.</p>
<p><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/utls/la-terre-les-oceans-le-climat/les-seismes-et-les-risques-sismiques" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canal-u.tv/chaines/utls/la-terre-les-oceans-le-climat/les-seismes-et-les-risques-sismiques</a></p>
<p>L'effondrement se produit lorsque l'altération du climat met en péril l'équilibre entre la population et les ressources disponibles pour le maintenir, générant généralement un conflit qui conduit à la genèse de phénomènes violents tels que des révolutions ou des guerres, car les mécanismes régulateurs internes des formations sociales n'existent plus ou sont incapables de contrecarrer ses effets négatifs.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336</a></p>
<p>L'éruption de Théra (Santorin, Grèce) vers 1 600 av. J.-C. a été l'une des plus puissantes de l'histoire. Elle a eu un impact majeur sur la florissante civilisation minoenne et des répercussions sur la proche civilisation mycénienne, commercialement liée aux Minoens. Une quantité massive de cendres a recouvert l'île de Santorin et lors de la formation d'une caldeira, une partie de l'île a été submergée dont la ville antique d'Akrotiri. Cette éruption pourrait d'ailleurs avoir inspiré le mythe de l'Atlantide, raconté par Platon dans ses « Dialogues ».</p>
<p>Au-delà de ces impacts majeurs mais locaux, l'éruption de Théra a projeté une immense quantité de cendres et d'aérosols dans l'atmosphère, provoquant des changements climatiques temporaires. L'« hiver volcanique » lié aux aérosols a pu modifier le cycle des moussons et sécheresses contribuant à de mauvaises récoltes dont témoigne le Papyrus égyptien d'Ipou-Our, décrivant de telles famines, ainsi que diverses catastrophes naturelles sous le règne d'Ahmôsis Iᵉʳ (vers 1550-1525 avant J.-C.).</p>
<p>Par la suite, d'autres éruptions majeures ont marqué l'histoire et notamment à la fin du XVIII siècle (1783-1784), lorsque le volcan Laki (Lakagigar) entra en éruption en Islande : 12 km de lave s'échappèrent alors d'une fissure de 30 km de long libérant de grandes quantités de fluorures dans l'atmosphère. Ces composés, une fois retombés sur les pâturages, provoquèrent une contamination massive intoxiquant le bétail (maladies osseuses, dentaires et mort de nombreuses bêtes). Près de 50 % du bétail islandais aurait péri et 20 % de la population islandaise (soit environ 10 000 personnes) aurait succombé à la famine créée par cet évènement causant l'une des plus grandes catastrophes démographiques dans l'histoire de l'île.<br class='autobr' />
Au-delà de l'Islande, les émissions de gaz soufrés du Laki ont été suffisamment massives pour entrainer un refroidissement global (hiver volcanique) et un hiver particulièrement froid en Europe, affectant les récoltes, notamment en France, et contribuant à des pénuries alimentaires qui ont exacerbé les tensions économiques et sociales. Ces conditions ont été le terreau de la Révolution française (1789) qui elle-même a inspiré multiples soulèvements en Europe et dans le monde. L'histoire politique a ainsi été mise en mouvement par une éruption volcanique pourtant très peu explosive, et dont les volumes émis peuvent paraître dérisoires, notamment s'ils sont comparés à d'autres évènements éruptifs documentés aux échelles de temps géologiques comme la mise en place des grandes provinces magmatiques (Deccan, Sibérie, etc.).</p>
<p><a href="https://www.sudouest.fr/environnement/comment-les-grandes-eruptions-volcaniques-ont-influence-l-histoire-mondiale-22054556.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sudouest.fr/environnement/comment-les-grandes-eruptions-volcaniques-ont-influence-l-histoire-mondiale-22054556.php</a></p>
<h2 class="spip">Egypte en 2200 avant J.-C.</h2>
<p>Voici le genre de commentaires que l'on lit souvent :</p>
<p>"L'Égypte des pharaons, autrefois prospère grâce aux crues du Nil, a vu son empire s'effondrer sous l'effet de sécheresses prolongées. Ces bouleversements climatiques ont entraîné famines, révoltes et invasions, précipitant la chute du Nouvel Empire. Cette histoire met en lumière l'impact crucial du climat sur les civilisations."</p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-legypte-des-pharaons-sest-effondree-et-ce-que-cela-revele-sur-notre-propre-civilisation-192281.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-legypte-des-pharaons-sest-effondree-et-ce-que-cela-revele-sur-notre-propre-civilisation-192281.html</a></p>
<p>En fait, c'est surtout le rôle des révolutions que cela souligne. Le climat n'est pas la seule catastrophe qui déstabilise une société. Il y a aussi les tremblements de terre, les volcans et bien d'autres catastrophes qui prennent un caractère catastrophique dans une société déjà déstabilisée...</p>
<p>Égypte, la chute de l'Ancien Empire, à la fin du règne de Pépi II en 2200 avant J.-C. : une insurrection a fait chuter durablement le règne des Pharaons… C'est la révolution qui a pillé la tombe de Pépi II.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU</a></p>
<p>L'existence de faits climatiques ne supprime pas l'importance des révolutions sociales et politiques qui ont mené à la chute.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc</a></p>
<h2 class="spip">Un tremblement de terre à la chute de l'empire romain</h2>
<p>En 365 après J.-C. ! Un tremblement de terre titanesque suivi d'un tsunami dévastateur a laissé une marque indélébile sur l'histoire, secouant des villes jusqu'en Crète, Égypte et au Levant.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps</a></p>
<p>Dans la seconde année du règne de Valentinien et de Valens, le 21 du mois de juillet, pendant la matinée, un tremblement de terre violent et destructeur ébranla presque toute la surface du globe occupée par l'Empire romain. Le mouvement se communiqua aux mers ; les rives baignées ordinairement par la Méditerranée restèrent à sec ; on prit à la main une quantité immense de poissons. De grands vaisseaux se trouvèrent enfoncés dans la bourbe, et la retraite des flots offrit à l'œil ou plutôt à l'imagination, flattée de ce singulier tableau[1], des montagnes et des vallées, qui, depuis la formation du monde, n'avaient jamais été exposées aux rayons du soleil. Mais au retour de la marée, les eaux s'élancèrent avec une impétuosité et un poids irrésistibles, qui causèrent les plus grands désastres sur les côtes de la Sicile, de la Dalmatie, de la Grèce et de l'Égypte. De grands bateaux furent entraînés et placés sur les toits des maisons, ou à la distance de deux milles du rivage ordinaire. Les maisons englouties disparurent avec leurs habitans, et la ville d'Alexandrie a perpétué, par une cérémonie annuelle, le souvenir de l'inondation funeste qui coûta la vie à cinquante mille de ses citoyens. Cette calamité, dont le récit s'exagérait en passant d'une province à l'autre, frappa tout l'empire d'étonnement et d'épouvante, et les imaginations effrayées étendirent les conséquences d'un malheur momentané. On se rappelait les tremblemens de terre précédens, qui avaient détruit les villes de la Palestine et de la Bithynie, et les Romains étaient disposés à regarder ces coups terribles comme l'annonce de malheurs encore plus affreux. Leur vanité timide confondait les symptômes du déclin de leur empire avec ceux de la fin du monde[2]. On avait alors pour habitude d'attribuer tous les événemens extraordinaires à une volonté particulière de la Divinité. Tous les phénomènes de la nature se trouvaient liés par une chaîne invisible aux opinions morales ou métaphysiques de l'esprit humain, et les plus profonds théologiens pouvaient indiquer, d'après l'espèce de leurs préjugés, comment l'établissement de l'hérésie tendait nécessairement à produire le tremblement de terre ; par quelle cause l'inondation devait inévitablement résulter des progrès de l'erreur et de l'impiété. Sans prétendre discuter la probabilité de ces sublimes spéculations, l'historien doit se contenter d'observer, sur l'autorité de l'expérience, que les passions des hommes sont plus funestes au genre humain que les convulsions passagères des élémens. Les effets destructeurs d'un tremblement de terre, d'une tempête, d'une inondation ou de l'éruption d'un volcan, sont très-peu de chose, comparées aux calamités ordinaires de la guerre, mêmes adoucies comme elles le sont maintenant par la prudence ou par l'humanité des souverains de l'Europe, lorsqu'ils amusent leurs loisirs ou exercent le courage de leurs sujets par la pratique de l'art militaire. Cependant les mœurs et les lois de l'Europe moderne protègent la vie et la liberté du soldat vaincu, et le citoyen paisible a rarement à se plaindre que sa personne ou même sa fortune ait eu à souffrir des malheurs de la guerre. À l'époque désastreuse de la chute de l'Empire romain, que nous pouvons dater du règne de Valens, la sûreté de tous les citoyens était personnellement attaquée. Les arts et les travaux, fruits de l'industrie d'une longue série de siècles, disparaissaient sous les mains féroces des Barbares d'Allemagne et de Scythie. [Les Huns et les Goths, A. D. 376.]L'invasion des Huns précipita sur les provinces de l'Occident la nation des Goths, qui, en moins de quarante ans, envahirent depuis les bords du Danube jusqu'à l'océan Atlantique, et ouvrirent, par leurs succès, une route aux incursions de tant de hordes encore plus sauvages. Les contrées reculées du globe recelaient le principe de cette grande commotion ; et l'examen attentif de la vie pastorale des Scythes ou Tartaresjettera du jour sur la cause cachée de ces émigrations dévastatrices.</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_d%C3%A9cadence_et_de_la_chute_de_l%E2%80%99Empire_romain,_traduction_Guizot,_tome_5/XXVI#chapXXVI" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_d%C3%A9cadence_et_de_la_chute_de_l%E2%80%99Empire_romain,_traduction_Guizot,_tome_5/XXVI#chapXXVI</a></p>
<h2 class="spip">Des chutes de civilisations</h2>
<p>Des catastrophes ont parfois effacé certaines civilisations au point de n'en laisser presque aucune trace.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E</a></p>
<p>Un nouveau séisme a frappé l'ancien berceau de la civilisation.</p>
<p><a href="https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/syrie-turquie-seisme-frappe-patrimoine-histoire-berceau-civilisation" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/syrie-turquie-seisme-frappe-patrimoine-histoire-berceau-civilisation</a></p>
<h2 class="spip">Effondrements de cvilisations de l'âge du bronze récent en Méditérranée</h2>
<p>En – 1200 avant J.-C., de nombreuses civilisations méditerranéennes chutent les unes à la suite des autres, comme un jeu de cartes… L'interprétation de ces événements marquants est toujours en discussion.</p>
<p>Moins 1250-1200 : destructions massives et simultanées des palais mycéniens (Mycènes, Tirynthe...)</p>
<p>Moins 1210-1205 : les Hittites perdent le contrôle des territoires de la côte ouest de l'Anatolie.</p>
<p>Moins 1208-1182 : les textes égyptiens mentionnent des destructions massives en Anatolie, à Chypre et au Proche-Orient.</p>
<p>Moins 1200 : selon Hérodote, les Tyrrhéniens (de Lydie) fuient l'Anatolie et se réfugient en Italie (où ils prennent le nom de Etrusques).</p>
<p>Moins 1190 : destructions des cités hittites, puis effondrement de la civilisation hittite en Anatolie.</p>
<p>Moins 1150-1100 : effondrement puis disparition de la civilisation "mycénienne" en Grèce.</p>
<p>Les destructions d'Ougarit par des séismes et… par des révolutions…</p>
<p>Abimilki, roi de Tyr, annonça au pharaon Aménophis IV la catastrophe : « La ville royale d'Ougarit a été détruite par le feu. La moitié de la ville a été la proie des flammes. L'autre moitié n'existe plus. » On se demande encore à la suite de quels événements du quatorzième siècle avant J.-C. Ougarit, la ville de Cnossos en Crète, Troie et d'autres métropoles ont subi au même moment de vastes destructions. Un tremblement de terre peut-il toucher simultanément tant de centres fort éloignés les uns des autres ? »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit</a></p>
<p>« Des tremblements de terre ont été évoqués comme cause possible de certaines destructions de sites qui surviennent à l'âge du bronze récent notamment à Mycènes, à Troie ou à Ougarit. Une proposition avance même l'hypothèse d'un séisme exceptionnel qui aurait causé la destruction des citadelles du Péloponnèse. »</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent</a></p>
<p>Que s'est-il passé à la fin de l'âge du Bronze :</p>
<p>« Les géologues ont relevé des traces de séismes le long de nombreuses failles de la région (Louxor, Mycènes, Thèbes, Tyrinthe…). Les cités qui ont su résister à ces bouleversements étaient alors plus vulnérables : les tremblements de terre ont endommagé les réseaux hydriques, les faibles récoltes ont entraîné des famines et de épidémies, ces deux phénomènes conduisant à des révoltes comme ce fut le cas sous Ramsès III avec l'une des premières grèves de travailleurs de l'Histoire »</p>
<p><a href="https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs</a></p>
<p> Ce qui est clairement connu, c'est qu'entre environ 1250 et 1150 AEC, de grandes cités furent détruites, des civilisations entières tombèrent, les relations diplomatiques et commerciales furent rompues, des systèmes d'écriture disparurent, et qu'il y eut une dévastation généralisée et des morts à une échelle jamais connue auparavant.<br class='autobr' />
Les principales causes avancées sont :<br class='autobr' />
• Catastrophes naturelles (tremblements de terre)<br class='autobr' />
• Changement climatique (causant sécheresse et famine)<br class='autobr' />
• Rébellions internes (révoltes de classe)<br class='autobr' />
• Invasions (principalement par les Peuples de la Mer)<br class='autobr' />
• Désorganisation des relations commerciales / effondrement des réseaux (instabilité politique)<br class='autobr' />
A la suite de l'effondrement, la région méditerranéenne entra dans un 'âge des ténèbres' dans lequel le fer remplaça le bronze comme métal de choix, les relations diplomatiques et commerciales devinrent presque inexistantes, et l'art, l'architecture et la qualité de vie en général en souffrirent tous.</p>
<p><a href="https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/</a></p>
<p>Les manuels de préhistoire nous enseignent que la disparition des civilisations de l'âge du bronze en Méditerranée orientale et en Asie Mineure, vers le xiie siècle av. J.‐C., fut causée par l'invasion des Doriens, venus de Russie méridionale, qui possédaient déjà des épées en fer. C'est ainsi que Mycènes, de même que les villes de l'empire hittite, au nord‐est de l'Anatolie, et les cités syriennes comme Ougarit, auraient disparu, ravagées par les hordes doriennes.</p>
<p>Un archéologue français, Claude Schaeffer, suggéra que les ruines de la fin de l'âge du bronze que révélaient les fouilles archéologiques pouvaient être dues à un tremblement de terre, plutôt qu'aux destructions du fait des envahisseurs. L'idée n'eut pas grand succès. On fit remarquer que la démarche qui consistait à utiliser les tremblements de terre pour rendre compte des lacunes dans la séquence des civilisations n'avait aucune justification historique.</p>
<p>À la différence des guerres et des épidémies, les séismes, dans les derniers vingt‐cinq siècles, n'avaient eu que peu ou pas d'influence à long terme sur l'histoire du Proche et Moyen‐Orient ; ils n'avaient jamais causé la ruine d'un État culturellement avancé, et à plus forte raison d'une civilisation. En outre, les événements catastrophiques qui marquaient cette période s'étalaient sur une durée d'environ cinquante ans, approximativement entre 1225 et 1175 av. J.‐C., et ne pouvaient être dus à un séisme unique, d'autant que les sites frappés pouvaient être distants d'un millier de kilomètres…</p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr</a></p>
<p>Disparition des Hittites, Akkadiens, Minoens... : le climat ne serait pas le seul responsable !</p>
<p><a href="https://www.caminteresse.fr/histoire/disparition-des-hittites-akkadiens-minoens-le-climat-ne-serait-pas-le-seul-responsable-11192295/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.caminteresse.fr/histoire/disparition-des-hittites-akkadiens-minoens-le-climat-ne-serait-pas-le-seul-responsable-11192295/</a></p>
<h2 class="spip">Crête minoenne</h2>
<p>La civilisation minoenne de la Crête détruite par le volcan de Santorin dont l'éuption et le tsunami qui a suivi ont entrainé des révoltes…</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-peuples-amerique-du-sud-dans-les-andes-les-restes-douvriers-incas-sont-analyses" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-peuples-amerique-du-sud-dans-les-andes-les-restes-douvriers-incas-sont-analyses</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/ce-jour-la-un-volcan-explose-en-mer-egee-fin-d-une-civilisation-8925183" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/ce-jour-la-un-volcan-explose-en-mer-egee-fin-d-une-civilisation-8925183</a></p>
<p>Vers 1450 av. J.-C., les palais sont de nouveaux détruits, ce qui marque le début du déclin de la civilisation minoenne. Pendant longtemps, la fin de la civilisation minoenne fut associée à l'explosion du volcan de Santorin, qui aurait entraîné une série de séismes dévastateurs, déposé une couche de cendres volcaniques et déclenché un puissant raz-de-marée qui balaya toute la côte nord de la Crète, anéantissant la flotte minoenne. Cette théorie fut mise en avant dans les années 1930 par Spyridon Marinatos qui attribua la destruction de la villa des Lys (de) à Amnisos à l'explosion du volcan.</p>
<p>Si cette théorie fut maintes fois reprise, elle commença à être contredite puis quasi abandonnée à partir des années 1980. Les archéologues estiment que l'explosion du volcan eut lieu vers la fin du XVIIe siècle av. J.-C. et non vers 1450 av. J.-C. De plus, ils admettent que la destruction des palais est issue de trois catastrophes différentes, intervenues à un intervalle de 70 à 100 ans. La première, vers 1620-1600 av. J.-C., due à l'explosion de Santorin, eut un effet limité, les palais ayant été immédiatement réparés. La seconde vers 1520-1500 av. J.-C., limitée elle aussi, eut pour conséquence l'abandon de certains palais et demeures (Galatas, Amnisos, Vathypetros, Sitia). La troisième, plus importante, eut des conséquences plus sérieuses, et de nombreux sites importants furent abandonnés. Tous les centres palatiaux semblent avoir été détruits et incendiés, sauf celui de Knossos. Dans certains villages, comme à Myrtos Pyrgou, seules les demeures plus importantes des gouverneurs locaux sont détruites, alors que le reste des habitations est intact.</p>
<p>En écartant la thèse de l'éruption volcanique, d'autres théories sont mises en avant, pour tenter d'expliquer le déclin de la civilisation minoenne, comme les séismes, les incendies, la conquête mycénienne et les actions guerrières à l'intérieur et à l'extérieur de la Crète. Pour Theocharis E. Detorakis, des causes sont à chercher au sein même de la société et de l'économie crétoise. Ainsi, selon lui, la fabrication de produits agricoles et artisanaux atteignit ses limites et ne satisfaisait plus la demande. Dans le même temps, les conditions de gestion du commerce changèrent à la suite de l'apparition de nouveaux facteurs, comme la revendication des mêmes zones de commerce que les habitants de Grèce continentale. D'autre part, une diminution du stock des matières premières n'est pas à exclure. La situation qui en résulta eut comme principale caractéristique le trouble et la déstabilisation qui entraînèrent l'abandon et la destruction de la plupart des sites. La destruction des palais de Phaistos, Aghia Triada et Tylissos pourrait être le dernier épisode d'une lutte les opposant à Knossos. Mais vers 1400 av. J.-C., la capitale succombe à son tour pour des raisons mal identifiées. Le palais est pillé et incendié. L'hypothèse du tremblement de terre est de nouveau récurrente. Evans en voyait la cause dans une révolte de la plèbe minoenne contre une monarchie à tendance militariste. Wace quant à lui a suggéré le soulèvement des Crétois contre un dynaste achéen venu du continent. On cite la légende de Thésée comme support de la théorie d'une invasion achéenne venue du continent, la mort du Minotaure symbolisant la destruction de la puissance minoenne par ses ex-vassaux. Mais le déchiffrement des tablettes en argile de Knossos démontra que la langue grecque était déjà la langue officielle à Knossos et que par conséquent le dynaste, au moment où le palais fut détruit, était achéen.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne</a></p>
<p>Un puissant séisme en Crête antique</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw</a></p>
<h2 class="spip">Troie</h2>
<p>Troie VI a été détruit autour de 1300 AVANT JÉSUS CHRIST, probablement par tremblement de terre. Seulement une pointe de flèche simple a été trouvée en cette couche, et aucuns restes des corps.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie</a></p>
<p>A Troie, lors de l'éboulement des grandes pierres, elles se sont toutes trouvées dans la même direction et à une certaine distance de leur origine. Cela permet d'imaginer un séisme.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A</a></p>
<p>En fait, il serait nécessaire de relier la chute de Troie avec celle de nombre d'autres cités et d'autres pouvoirs. Vers 1200, on note la destruction d'Ougarit, Tyr, Sidon, Troie, Cnossos, Pylos, Mycènes, Hattousa et de tous les centres hittites comme grecques et de toute la région. Disparition du système palatial en Grèce. Des troubles sont notés à Iolkos, Korakou, Mycènes, Tirynthe puis Lefkandi en Eubée et Teikhos Dymaion près de Patras. Effondrement des Puissances maritimes. Disparition du commerce et de l'écriture. Diminution considérable de l'espérance de vie. Effondrement complet de l'empire hittite.<br class='autobr' />
En 1200 av J.-C, c'est la crise économique : le commerce du Delta avec le monde égéen est tari, Pharos est presque ruinée, les ports phéniciens sont dans une situation critique. 1200, c'est aussi la période de la chute de la civilisation minoenne et l'entrée dans une période de troubles marquée notamment par l'écrasement de Troie. En Egypte, une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie en 1188-1186. À la mort de Ramses 2, la crise dynastique évitée jusque-là ne peut être contenue et la dispute qui s'en suit risque d'entraîner le pays dans une période d'anarchie.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429</a></p>
<h2 class="spip">Cuicuilco</h2>
<p>Vers l'an 100, à la fin de la période préclassique, Cuicuilco acquiert le caractère d'un centre urbain régional dont la population, comme on l'a déjà dit, est estimée à environ 20 000 habitants, comparable à Teotihuacán à cette époque (cf. Sanders, 1981), un développement qui est tronqué au sud du bassin du Mexique après l'éruption du Xitle, formant une couche de lave recouvrant partiellement ou totalement les structures architecturales civiques et cérémoniales et résidentielles de la ville de Cuicuilca, dont l'extension est les infers sont devenus 400 hectares<br class='autobr' />
Son déclin a commencé au début du deuxième siècle de notre ère. C., promouvant la montée de Teotihuacán en tant que centre d'influence culturelle et religieuse. Entre 250 et 300 après J.-C., le volcan Xitle, situé à proximité immédiate de la chaîne de montagnes d'Ajusco (Nahuatl : atl, xochitl, co, 'eau, s'épanouir, où' 'forêt d'eau' '), également connu sous le nom de Sierra del Ajusco-Chichinauhtzin, est entré en éruption ensevelir et détruire Cuicuilco et Copilco (un village mineur contemporain). Cette catastrophe a provoqué la dispersion de la culture Cuicuilca vers Toluca et Teotihuacán, où l'on suppose qu'ils ont hébergé une grande partie des Cuicuilcas et incorporé de nombreuses caractéristiques de cette culture.<br class='autobr' />
On considère que le déclin de Cuicuilco a commencé en raison de l'émergence du volcan Xitle, qui se traduit par la présence de divinités au feu.<br class='autobr' />
En dépit de l'abandon de Cuicuilco en tant que grand centre cérémoniel, les offrandes continuèrent jusqu'à ce que la ville soit recouverte par les laves du volcan Xitle, datant d'environ 250 ans av.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495</a></p>
<h2 class="spip">Monte Albán (Oaxaca, Mexique)</h2>
<p>L'agonie de Monte Alban de la fin de la période classique montre un déclin considérable de la richesse relative, associé à une crise économique considérable, à un net déclin des ressources disponibles, à un déclin démographique notable et à une augmentation alarmante des troubles sociaux. Tous ces paramètres constituent un panorama dévastateur qui annonce son effondrement.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n</a></p>
<h2 class="spip">Une éruption volcanique au Moyen-Age</h2>
<p>1257, « année sombre » : jusqu'où peuvent aller les catastrophes naturelles ?</p>
<p><a href="https://actuelmoyenage.wordpress.com/2017/12/07/1257-annee-sombre-jusquou-peuvent-aller-les-catastrophes-naturelles/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actuelmoyenage.wordpress.com/2017/12/07/1257-annee-sombre-jusquou-peuvent-aller-les-catastrophes-naturelles/</a></p>
<p><a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age</a></p>
<h2 class="spip">En 536 après J.-C., plusieurs éruptions volcaniques au Danemark</h2>
<p>En 536 apr. J.-C., une série d'éruptions volcaniques massives projette d'énormes quantités de cendres et de gaz sulfureux dans l'atmosphère. Les rayons du soleil, "pâle et froid comme la lune", se retrouvent bloqués. Les températures globales chutent.<br class='autobr' />
Les conséquences sont bien documentées dans les sources historiques écrites d'Orient et d'Occident : les étoiles ne sont plus visibles durant un an ; les récoltes ne mûrissent plus dans les champs. Famine généralisée, propagation d'épidémie, troubles internes… La catastrophe climatique a eu de lourdes conséquences sur les sociétés de cette période de l'Antiquité tardive.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/la-catastrophe-climatique-de-536-a-l-origine-du-mythe-nordique-du-ragnarok-fimbulvinter-eruptions-volcaniques-temperatures-arbres-222692" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/la-catastrophe-climatique-de-536-a-l-origine-du-mythe-nordique-du-ragnarok-fimbulvinter-eruptions-volcaniques-temperatures-arbres-222692</a></p>
<p>À partir du VIe siècle, la région est touchée par la peste de Justinien comme le reste de l'Europe. À ceci s'ajoute l'impact climatique sur la démographie de plusieurs éruptions volcaniques survenues entre 536 et 547 en Islande. Cette situation, jointe à un refroidissement climatique, provoque de mauvaises récoltes et des crises alimentaires. Cette chute des températures pousse la population à renoncer l'exploitation de certaines régions. Combiné à l'épidémie de peste, les pertes démographiques ont pu atteindre 50%, comparable au choc provoqué dans le bassin méditerranéen.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark</a></p>
<p>Deux études récentes, menées par des archéologues, qui tendent à démontrer que la fin du monde accompagnée d'un hiver terrible, racontée dans la légende nordique du Ragnarök, pourrait bien avoir un lien avec un terrible hiver remontant à l'an 536.</p>
<p>Sur les 39 sites archéologiques étudiés au Danemark, les chercheurs ne distinguent presque plus de production céréalière à ce moment-là… Comme si tous les fermiers avaient abandonné leurs champs, ou avaient succombé à un mal inconnu. Et ce constat déchirant rejoint d'autres études archéologiques menées en Scandinavie.</p>
<p>De quoi empêcher les récoltes de pousser et de mûrir ; les historiens imaginent de terribles famines, quelques études suggèrent la disparition de la moitié de la population en Suède et en Norvège. Certains chercheurs parlent même de l'année 553, comme de la pire année de l'histoire de l'humanité.</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-vikings-ont-survecu-a-l-apocalypse_6834308.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-vikings-ont-survecu-a-l-apocalypse_6834308.html</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536</a></p>
<p>Cette année-là, des bouleversements climatiques rapides (nouvelle fenêtre), liés à d'importantes éruptions volcaniques, ont engendré des famines, précipité des bouleversements sociaux et contribué à l'éclosion d'épidémies à l'échelle planétaire.</p>
<p><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie</a></p>
<h2 class="spip">Bâle en 1356</h2>
<p>Un séisme a détruit Bâme en 1356 et frappé les environs. C'est le plus grave séisme en Europe occidentale au cours du dernier millénaire.</p>
<p><a href="https://www.letemps.ch/sciences/sciences-vraie-histoire-seisme-detruisit-bale-1356?srsltid=AfmBOooYz-ZnGkavSSAPVZGJsVurDT4bInCwh65jRMbkkNbLhtJ8E58v" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.letemps.ch/sciences/sciences-vraie-histoire-seisme-detruisit-bale-1356?srsltid=AfmBOooYz-ZnGkavSSAPVZGJsVurDT4bInCwh65jRMbkkNbLhtJ8E58v</a></p>
<p><a href="https://www.letemps.ch/sciences/plus-grave-seisme-dernier-millenaire-europe-occidentale?srsltid=AfmBOopeI8YR7EijVqNQD5UUjjEVmblMC6J393ACCAT1K4okAWwgBQhD" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.letemps.ch/sciences/plus-grave-seisme-dernier-millenaire-europe-occidentale?srsltid=AfmBOopeI8YR7EijVqNQD5UUjjEVmblMC6J393ACCAT1K4okAWwgBQhD</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le</a></p>
<h2 class="spip">Pérou, 1868, le grand tremblement de terre</h2>
<p>La catastrophe représente la matérialisation de la menace et se trouve en relation directe avec le degré de vulnérabilité qui affecte une société. Une réflexion a été proposée sur le sens à donner à l‟affirmation selon laquelle les désastres ne sont pas naturels, ce qui équivaudrait à souligner que le poids de la composante sociale est supérieur à celui de la composante naturelle dans la formation d‟un désastre…</p>
<p><a href="https://theses.hal.science/tel-01321847/document" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://theses.hal.science/tel-01321847/document</a></p>
<h2 class="spip">Sparte en 465 av J.-C.</h2>
<p>En 465/4 av. J.-C., Sparte a subi un tremblement de terre désastreux. Diodore affirme que plus de 20 000 personnes sont mortes, tandis que Plutarque dit que toutes les maisons de la ville ont été détruites, à l'exception de cinq. Lorsqu'ils ont appris la catastrophe, les hilotes et certains des périèques se sont révoltés pour tenter de détruire Sparte pour de bon. Mais les Spartiates, sous le règne du roi Archidamos, ont réussi à s'organiser pour leur défense juste à temps, et finalement les insurgés ont été chassés vers une forteresse sur le mont Ithome en Messénie. Les Spartiates, incapables de prendre la forteresse, ont appelé leurs alliés à l'aide. À l'époque, l'ancienne alliance contre les Perses tenait toujours, et Athènes était un allié de Sparte. Les Athéniens ont donc envoyé une armée en Messénie pour aider les Spartiates à écraser la révolte des hilotes.</p>
<p>Cependant, à l'arrivée de l'armée athénienne, les Spartiates sont devenus nerveux et les ont renvoyés chez eux, seuls de tous les contingents alliés. Les Athéniens ont pris ce rejet de leur aide sincèrement offerte comme une grave insulte. Ils ont renoncé à leur alliance et à leur politique pro-spartiate, ont ostracisé le commandant pro-spartiate Cimon, et ont forgé de nouvelles alliances avec Argos et la Thessalie.</p>
<p>On ne sait pas exactement pourquoi les Spartiates ont renvoyé la force athénienne. Thucydide (1.102.3) et Diodore (11.64.2) affirment que c'était parce qu'ils craignaient que les Athéniens démocrates ne soient tentés de se ranger du côté des rebelles et de trahir Sparte. Plutarque (Vie de Cimon 16.8) ajoute que le réformateur athénien Éphialtès s'est en fait opposé à l'idée d'envoyer de l'aide, mais Cimon a convaincu l'Assemblée de soutenir leur allié ; les Spartiates ont quand même rejeté leur aide, mais seulement parce qu'ils craignaient l'audace athénienne (17.2). Aucune des deux explications ne semble très convaincante, mais toutes les autres ne sont que spéculations. Peut-être que Sparte ne voulait pas qu'on la voie dépendre d'Athènes pour s'occuper de ses problèmes, surtout maintenant qu'Athènes était clairement devenue la puissance dominante dans le monde grec.</p>
<p>Quoi qu'il en soit, même si Thucydide affirme qu'il s'agissait de "la première querelle ouverte entre les Lacédémoniens et les Athéniens" et que Diodore dit "les Athéniens ont pris cet incident comme la première cause de l'éloignement des deux États", le rejet spartiate de l'aide athénienne n'était ni la première fissure dans l'alliance ni la cause immédiate de leur guerre ultérieure.</p>
<p>Dès 479/8 av. J.-C., alors que les Perses venaient d'être vaincus, un conflit éclata entre Athènes et Sparte parce qu'Athènes commença à reconstruire ses remparts. Les Spartiates préféraient de loin qu'Athènes reste sans défense, ils protestèrent donc contre les travaux et tentèrent de les empêcher ; les Athéniens envoyèrent Thémistocle pour gagner du temps et distraire les Spartiates pendant qu'ils construisaient leurs remparts suffisamment pour leur permettre de défier les exigences spartiates. Plus tard, lorsque Thasos se révolta contre le nouvel Empire athénien en 465 av. J.-C., Thasos envoya une demande d'aide à Sparte contre Athènes, et Sparte était disposée à y accéder. En fait, c'est le tremblement de terre qui les a empêchés de déclarer la guerre à Athènes (Thuc. 1.101.2).</p>
<p>Mais la catastrophe fut suffisamment grave pour détourner les Spartiates de nouvelles aventures. Les alliances qu'Athènes a conclues à la fin des années 460 étaient troublantes, et la guerre a éclaté en 461/0 av. J.-C. (la soi-disant première guerre du Péloponnèse), mais il s'agissait principalement d'un conflit entre Athènes et Corinthe. Sparte a concentré ses efforts sur le contrôle de son rival local Argos. Les armées d'Athènes et de Sparte ne se sont affrontées qu'une seule fois, lors de la bataille de Tanagra (457 av. J.-C.), ce qui ne s'est produit que parce que les Athéniens ont intercepté une force spartiate pour d'autres affaires. La défaite que Sparte a infligée à Athènes à Tanagra n'a pas été décisive. Il est finalement devenu clair qu'aucune des deux parties ne pouvait être facilement amenée à céder, et une trêve de trente ans a été signée en 446/5 av. J.-C.</p>
<p><a href="https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm</a></p>
<p><a href="https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf</a></p>
<h2 class="spip">Petra</h2>
<p>Petra capitale des Nabatéens : les origines de sa chute</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/moyen-orient-petra-des-origines-a-la-chute-de-la-cite-antique-jordanie-desert-nabateens-romains-archeologie-fouille" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/moyen-orient-petra-des-origines-a-la-chute-de-la-cite-antique-jordanie-desert-nabateens-romains-archeologie-fouille</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens</a></p>
<h2 class="spip">Teotihuacán en 650 après J.-C.</h2>
<p>Ce sont des révoltes et révolutions qui ont renversé Teotihuacán, mais des catastrophes naturelles ont pu y jouer un rôle.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238</a></p>
<p>« D'après de nouvelles analyses une série de tremblements de terre au Mexique aurait joué un rôle fondamental dans la chute de la ville de Teotihuacan. »</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/de-violents-tremblements-de-terre-a-l-origine-de-la-chute-de-la-cite-de-teotihuacan-il-y-a-1-300-ans-219789" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/de-violents-tremblements-de-terre-a-l-origine-de-la-chute-de-la-cite-de-teotihuacan-il-y-a-1-300-ans-219789</a></p>
<p>Comment des mégaséismes ont conduit à la chute de la cité de Téotihuacan.</p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-des-megaseismes-ont-conduit-a-la-chute-de-la-cite-preazteque-de-teotihuacan-134377.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-des-megaseismes-ont-conduit-a-la-chute-de-la-cite-preazteque-de-teotihuacan-134377.html</a></p>
<p>Un mégaséisme aurait contribué à renverser la grande cité de Téotihucan !</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-megaseisme-aurait-contribue-renverser-grande-cite-teotihuacan-113701/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-megaseisme-aurait-contribue-renverser-grande-cite-teotihuacan-113701/</a></p>
<h2 class="spip">Antioche en 526</h2>
<p>En mai 526, la ville antique d'Antioche, située dans l'actuelle Turquie, a été quasi complètement détruite par un séisme d'une magnitude évaluée à environ 7. Selon les sources historiques, la catastrophe aurait fait quelque 250.000 morts dans la région et déclenché des incendies.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/comment-la-ville-antique-dantioche-fut-detruite-par-un-seisme-meurtrier-en-526-209732" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/comment-la-ville-antique-dantioche-fut-detruite-par-un-seisme-meurtrier-en-526-209732</a></p>
<h2 class="spip">Lisbonne en 1755</h2>
<p>Le séisme de 1755 à Lisbonne</p>
<p>La catastrophe intensifia les tensions politiques au Portugal et perturba profondément les ambitions coloniales du pays au XVIIIe siècle.</p>
<p>« Sous l'influence du tremblement de terre de Lisbonne, qui a touché l'esprit européen à une époque des plus sensibles, la métaphore du fondement a complètement perdu son apparente innocence ; elle n'était désormais plus une simple figure de style. » Hamacher affirme que les certitudes bien fondées de René Descartes ont commencé à être ébranlées à la suite du séisme. <br class='autobr' />
Pour la vie politique interne du Portugal, le tremblement de terre fut dévastateur. Le Premier ministre du roi était un favori, mais l'aristocratie le méprisait pour ses origines de simple écuyer de campagne (son titre de marquis de Pombal ne lui fut octroyé qu'en 1770). Le Premier ministre, en retour, détestait les nobles de souche, qu'il considérait comme corrompus et incapables de la moindre action. Avant le 1er novembre 1755, la lutte pour le pouvoir et les faveurs du roi était constante, mais la très grande compétence dont fit preuve le marquis après la catastrophe eut pour effet de couper les vieilles factions aristocratiques du pouvoir. Une opposition silencieuse et rancunière commença à se former à l'encontre du roi Joseph Ier, qui atteignit son paroxysme lors d'une tentative d'assassinat du roi, suivie de l'élimination du puissant duc d'Aveiro et de la famille Távora (voir « Procès des Távora »).</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/dans-l-oeil-du-seisme-rousseau-contre-voltaire-face-aux-catastrophes-naturelles-1886139" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/dans-l-oeil-du-seisme-rousseau-contre-voltaire-face-aux-catastrophes-naturelles-1886139</a></p>
<h2 class="spip">Effrondrement de la civilisation maya</h2>
<p>Même s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due à des causes sociales qui a décimé sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe écologique liée à la surexploitation des ressources agricoles. Le spécialiste en géophysique Larry Peterson a relu attentivement l'ouvrage de Jared Diamond et note dans la revue « Pour la science » que les causes climatiques et environnementales n'enlèvent pas la possibilité d'autres événements : « des guerres intestines en augmentation et une classe dirigeante sans vision à long terme ». Il rajoute « Néanmoins, J. Diamond avance que le changement climatique, en l'occurrence les sécheresses, a pu amener la société maya à son point de rupture en déclenchant une série d'événements déstabilisants. (...) D'autres changements climatiques ont semble-t-il été responsables d'événements importants dans l'histoire humaine. L'effondrement de l'empire akkadien en Mésopotamie, il y a environ 4200 ans, le déclin de la culture mochica sur les côtes du Pérou il y a environ 1500 ans, et la fin de la culture tivanaku sur l'altiplano bolivien-péruvien il y a environ 1000 ans, sont tous associés à des sécheresses régionales persistantes. » A l'explication des guerres et des invasions, on rajoute donc les causes climatiques. Mais cela ne devrait nullement effacer les révolutions. On pourrait dire ainsi que les conditions climatiques qui ont précédé 1789 ont déterminé la révolution ! Bien des causes ont pu déstabiliser des régimes, mais nous savons parfaitement qu'un régime d'exploitation et d'oppression, qu'une structure sociale, ne chute pas toute seule. On peut lire : « Une série d'événements déstabilisants », « La société maya à son point de rupture », « Des guerres intestines » ou encore « Une classe dirigeante sans vision à long terme ». On croirait qu'il s'agit de l'Ancien Régime de Louis XVI avant sa chute, mais c'est du régime maya qu'il est question ! Mais le mot « révolution » n'est pas prononcé, en ce qui concerne la chute des Mayas… Un régime économique, un régime social et un régime politique au bout du rouleau, des guerres civiles qui déstabilisent un pouvoir. Rien ne peut cacher que, pour renverser le pouvoir maya, il a fallu que les masses entrent en lutte, d'où le caractère radical du changement. D'où aussi la disparition complète non seulement d'un régime, mais d'un mode d'existence, de tout un peuple.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243</a></p>
<h2 class="spip">Effonrement de la civilisation mochica</h2>
<p>L'effondrement de Mochica, plus qu'un effet de catastrophe naturelle, semble donc avoir été un rejet des formes d'organisation par un peuple qui se sentait trompé par ses dirigeants.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278</a></p>
<h2 class="spip">Byzance en 557</h2>
<p>Regards croisés sur le séisme de 557 à Byzance. Un tremblement de terre ne secoue pas seulement les fondements géologiques d'une cité, il met en péril l'ordre social et met en branle l'imaginaire religieux qui tâche de maintenir une prise sur ce qui se produit.</p>
<p><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/humanites-texte/regards-croises-sur-le-seisme-de-557-a-byzance-histoire-archeologie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canal-u.tv/chaines/humanites-texte/regards-croises-sur-le-seisme-de-557-a-byzance-histoire-archeologie</a></p>
<p>Le vent mauvais révèle toute la fragilité voir le pourrissement des sociétés Mycénienne et Hittite qui semblaient prospérer.. sur le dos autres. "Ces sociétés surexploitaient les classes inférieures pour tous leurs projets d'ingénierie, les travaux, par exemple le drainage de la région du Caucase. Et ces classes sociales inférieures, évidemment, étaient ravies de voir les élites s'effondrer.</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/effondrement-des-civilisations-un-sentiment-de-deja-vu-6448025" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/effondrement-des-civilisations-un-sentiment-de-deja-vu-6448025</a></p>
<h2 class="spip">Tokyo en 1923</h2>
<p>Le mégaséisme de Tokyo a entrainé la révolte de la population qui a été tournée par les fascistes japonais notamment contre les Coréens…</p>
<p>Le ministère de l'Intérieur a, dès le lendemain du séisme, imposé la loi martiale et adressé à chaque ville une directive demandant de « prendre les mesures appropriées » contre les « Coréens rebelles », avec le concours de la population. Des groupes d'autodéfense japonais, soutenus par la police et l'armée, ont été formés, et pour certains d'entre eux, massacrèrent des Coréens.</p>
<p>Profitant du climat de panique qui suivit le séisme, la police militaire japonaise (Kenpeitai) et la police politique (Tokkō) commirent des assassinats politiques visant les socialistes, les anarchistes et les syndicalistes. Ainsi, le couple d'anarchistes Noe Itō et Sakae Ōsugi, ainsi que le neveu de celui-ci, furent mis à mort par le lieutenant Masahiko Amakasu — épisode connu sous le nom d'incident d'Amakasu—, tandis que dans le quartier ouvrier de Kameido, dix syndicalistes, dont Hirasawa Keishichi, furent exécutés au cours de « l'incident de Kameido ».</p>
<p>Une étude gouvernementale de 2009, sans doute encore très en-dessous de la réalité, fait état de 2 600 à 6 600 victimes coréennes, ainsi que de plusieurs centaines de Chinois, mais aussi des militants politiques japonais. 362 civils japonais furent arrêtés et condamnés.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido</a></p>
<p>Le séisme de Tokyo en 1923 montre que le choc d'une catastrophe naturelle peut aussi servir à lancer… la contre-révolution…</p>
<p><a href="https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/epoque-contemporaine/tokyo-1923-un-seisme-devient-le-terreau-du-nationalisme-japonais-95336.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/epoque-contemporaine/tokyo-1923-un-seisme-devient-le-terreau-du-nationalisme-japonais-95336.php</a></p>
<h2 class="spip">Popayan (Colombie) en 1983</h2>
<p>Un tremblement de terre de 1983 qui a affecté la ville de Popayan<br class='autobr' />
(Colombie)</p>
<p><a href="https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf</a></p>
<h2 class="spip">Lima en 1746</h2>
<p>Le tremblement de terre de Lima de 1746</p>
<p>Un séisme indescriptible, qui aurait atteint de nos jours le degré 9 sur l'échelle de Richter, détruit la ville avant d'être relayé par un tsunami aussi dévastateur. La catastrophe de Lima, qui recouvre avec ses spécificités les notions de « désastre » et de « calamité », va faire 6000 morts. Cet événement naturel inattendu bouleverse alors, dans un temps limité, les composantes de la société liménienne par ses déclinaisons contingentes : secousses, inondations, incendies, épidémies... Il met aussi à l'épreuve les autorités coloniales qui doivent lutter contre les maladies, la famine, les vols, et qui animent les débats architecturaux et urbanistiques. Ce désastre, avec sa violence soudaine et son ampleur qui réveillent des peurs ancestrales dans une atmosphère de fin de monde, mérite donc d'être réhabilité et sa dimension événementielle hors du commun doit figurer parmi les grandes catastrophes telluriques et historiques.</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/e-spania/20760" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/e-spania/20760</a></p>
<h2 class="spip">Une ville engloutie au Kirghizstan
</h2>
<p>Au début du XVe siècle, à la suite d'un terrible tremblement de terre, la ville fut engloutie par les eaux du lac.</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/au-kirghizstan-une-cite-engloutie-decouverte-dans-un-celebre-lac_7624286.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/au-kirghizstan-une-cite-engloutie-decouverte-dans-un-celebre-lac_7624286.html</a></p>
<h2 class="spip">Une preuve que les classes dirigeantes savent parfaitement qu'un tremblement de terre peut donner le signal d'un soulèvement révolutionnaire : leur occupation militaire préventive d'Haïti…</h2>
<p>Haïti occupée militairement par les forces armées les plus féroces de plusieurs pays veut dire que les classes dirigeantes du monde ont si peur des opprimés que les prolétaires de la moitié d'une ile qui pourraient se rebeller les inquiètent au point d'occuper militairement et massivement de façon préventive .... L'inquiétude des grandes puissances, ce sont les réactions populaires et pas les victimes à sauver et les populations survivantes à aider, contrairement ce que l'on cherche à nous faire croire ici. Si les forces armées du monde se sont empressées d'intervenir, c'est pour éviter que le vide du pouvoir, causé par le tremblement de terre qui a mis à bas les édifices publics, les bâtiments de l'Etat et des forces armées d'occupation étrangères, ne se transforme en tremblement de terre... social. Et ces forces cachent leur crainte du peuple d'Haïti derrière de prétendus pillages, mais, quand on crève de faim, se servir dans les magasins, c'est simplement vital, ce n'est pas un crime ! Les vrais bandits, ce sont les grandes puissances qui pillent Haïti depuis des centaines d'années, lui imposent des dictatures, n'ont rien fait pour les débarrasser des escadrons de la mort, macoutes ou autres, militaires, paramiliaires ou milices.</p>
<p>Pour comprendre le rôle des armées étrangères en Haïti, il faut se rappeler que l'intervention militaire américaine, onusienne ou française ne date pas du tremblement de terre. Elle prétendait déjà défendre la sécurité de la population civile alors que les petites gens n'ont cessé d'être rançonnées et assassinées par les bandes armées. Le véritable but des interventions armées étrangères, celle des USA en premier, était déjà de combattre la révolte sociale du peuple travailleur qui a commencé en 1986, lorsque le peuple haïtien s'est débarrassé de la dictature des Duvalier que soutenaient les pays occidentaux. Oui, le peuple travailleur d'Haïti a vécu une révolution, en s'attaquant aux barbares « tontons macoutes » et en renversant la dictature de « Bébé doc » Duvalier, soutenue par les USA.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556</a></p>
<h2 class="spip">Des exemples de catastrophes naturelles et pourtant de cause sociale et politique…</h2>
<p>Turquie-Syrie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152</a></p>
<p>Valence</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991</a></p>
<p>Saint-Martin, Mexique, Houston</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618</a></p>
<p>Fukushima</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000</a></p>
<p>La catastrophe de la région de Marrakech et du Haut Atlas</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358</a></p>
<p>Philippines</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978</a></p>
<p>Hongrie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737</a></p>
<p>Encore Fukushima</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1981" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1981</a></p></div>
Le progrès historique de l'humanité a un caractère contradictoire, dialectique…
http://www.matierevolution.org/spip.php?article9437
http://www.matierevolution.org/spip.php?article94372026-02-19T23:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionDialectic - DialectiqueContradictions
<p>C'est lorsque l'humanité fait un bond en avant technique qu'elle est amenée à faire un bond en arrière social. C'est lorsque l'humanité menace de replonger dans la barbarie qu'elle peut faire un pas en avant historique, par la révolution. Tout cela parce que le progrès historique de l'humanité a un caractère dialectique. <br class='autobr' />
Quelques paradoxes de ce type vont nous permettre de commencer d'entrevoir quels sont les mécanismes contradictoires du progrès humain. <br class='autobr' />
L'Histoire des sociétés humaines (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag">Contradictions</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">C'est lorsque l'humanité fait un bond en avant technique qu'elle est amenée à faire un bond en arrière social. C'est lorsque l'humanité menace de replonger dans la barbarie qu'elle peut faire un pas en avant historique, par la révolution. Tout cela parce que le progrès historique de l'humanité a un caractère dialectique.</h2>
<p>Quelques paradoxes de ce type vont nous permettre de commencer d'entrevoir quels sont les mécanismes contradictoires du progrès humain.</p>
<p>L'Histoire des sociétés humaines semble aller par petits pas mais, en fait, elle stagne et ne progresse qu'en rompant des barrages, par sauts.<br class='autobr' />
C'est aux moments des pires crises, des pires reculs, des pires catastrophes que l'humanité se remet à aller de l'avant, que les peuples essaient à nouveau de faire la loi et de changer le monde en renversant l'ancien ordre social qui apparaissait incontestable et éternel jusque là.</p>
<p>Les changements primordiaux de l'histoire de l'humanité ne peuvent être considérés uniquement comme des progrès et les régressions déterminantes ont causé ensuite des avancées. Et ceux-ci ne peuvent pas non plus être considérés comme graduels, continus et progressifs mais comme brutaux, discontinus et abrupts. Et cela même si on trouve des étapes qui ont préparé ces situations.</p>
<p>Aux moments cruciaux de progrès gigantesques, la menace de régressions aussi géantes a toujours pesé et ont parfois triomphé.</p>
<p>Il n'y a jamais eu de montées révolutionnaires sans qu'il n'y ait, en même temps, des montées de la contre-révolution. On l'a vu aussi bien dans l'opposition de la bourgeoisie et de la féodalité que dans celle du capitalisme et du prolétariat.</p>
<p>Le progrès n'est pas fondé seulement sur une aspiration de l'être humain, de sa conscience, mais sur des lois économiques, sociales et politiques. Aucun facteur de transformation n'est lié à une opposition diamétrale. Tous sont fondés sur des contradictions internes obéissant à des lois dialectiques. Par exemple, on ne peut concevoir d'avancée du capitalisme sans avancée de son principal adversaire, le prolétariat. On ne peut pas concevoir d'avancée du prolétariat révolutionnaire sans avancée de la contre-révolution sociale capitaliste.</p>
<p>Les modifications des sociétés sont parfois tellement brusques, brutales et radicales que l'apparition d'une nouvelle civilisation (comme sa disparition) est souvent représentée comme un progrès extraordinaire, qui semble quasi miraculeux, et comme une extraordinaire capacité d'organisation sociale nouvelle des classes dirigeantes. Ces dernières auraient développé des techniques agricoles, d'irrigation et des techniques de domination de peuples entiers, enfin capables de bâtir, sur la base d'immenses territoires agricoles, des villes prospères. L'ordre social aurait bâti la structure sociale et la prospérité. Progrès technique, progrès organisationnel, progrès social et pour finir construction de l'Etat et de la haute civilisation, tel peut être le résumé de la thèse qui a le plus souvent cours sur la naissance et le développement des civilisations. Mais il y a un hic : les découvertes archéologiques ne correspondent nullement à un tel mythe. La connaissance, même limitée de l'histoire ancienne, ne nous amène nullement à ce type de conclusions et fait apparaître une tout autre chronologie et un mécanisme d'émergence de la civilisation profondément différent. La civilisation ne peut exister, au contraire, sans être le produit d'une succession de révolutions sociales et politiques.</p>
<p>Les classes sociales principales qui s'opposent sont des sociétés en termes de potentialité. Elles ne sont pas des légers progrès ou des légères régressions l'une par rapport à l'autre, mais représentent des sauts qualitatifs de l'un à l'autre, de la vieille société à la nouvelle.</p>
<p>Un « progrès » d'une époque devient la base de la réaction de l'autre. Le progrès historique peut être fondé sur une régression terrible des conditions d'existence des masses.</p>
<p>Régression et progrès, révolution et contre-révolution, conscience et inconscience, connaissance et ignorance, ordre et désordre, Etat et révolution sont des contraires qui ne peuvent que se lier, se combattre mais aussi s'interpénétrer, se changer l'un dans l'autre. La guerre combat la révolution même si elle entraîne la révolution. L'Etat des classes possédantes combat la révolution et aussi elle cause la révolution. L'ordre, porté à un extrême, entraîne un désordre. Le désordre crée un nouvel ordre.</p>
<p>La dynamique ne fait pas que produire un désordre croissant. Elle produit aussi des ordres émergents, de nouvelles structures. L'histoire crée du nouveau, invente, bricole, construit, détourne les objectifs des structures existantes, etc. La pensée dialectique conçoit le changement historique, à commencer par le changement social du prolétariat soumis au prolétariat révolutionnaire, le changement le plus étonnant puisqu'il concerne la classe que les révolutionnaires ont choisi comme locomotive de l'Histoire et que les réformistes et opportunistes ne voient que comme masse passive, inorganisée, se contentant de faire grève et de manifester en nombre. Les révolutionnaires la voient comme une classe capable d'inventer un monde nouveau, pour peu qu'elle décide de se réunir, de discuter, de réfléchir, de raisonner sur le monde et de décider, de faire appliquer ses décisions, de vérifier comment elles ont été appliquées, en somme d'agir de manière révolutionnaire.</p>
<p>Le prolétariat, classe révolutionnaire historique, est la catégorie la plus dialectique de l'Histoire : elle produit un bond dialectique le plus impressionnant et le plus important dont l'humanité ne peut absolument pas se passer pour effectuer sa transition de la barbarie à la civilisation, de l'exploitation et de l'oppression à la liberté de l'être humain dans sa vie sociale !</p>
<p>Prenons quelques changements radicaux de la société humaine :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'agriculture et l'élevage</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'artisanat et les découvertes techniques</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Le grand commerce</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> La sédentarisation</p>
<p>Ils ont eu pour suite inévitable de graves régressions sociales :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'apparition de la propriété privée des moyens de production</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'apparition de la domination des hommes sur les femmes (patriarcat) et sur les enfants et l'exploitation de ces derniers</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'apparition de la division en classes sociales et l'exploitation de l'homme (esclavage et servage)</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> La guerre généralisée</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'apparition de l'Etat</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'institution des religions comme forme oppressive d'organisation</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'écrasement des formes communautaires anciennes et des petits paysans</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Le féodalisme</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'écrasement de l'artisanat par l'industrie</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> La transformation des ouvriers en appendices de la machnine</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'introduction du capitalisme dans le monde par la transformation des peuples en esclaves coloniaux</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> La domination du capital industriel et financier monopolistique et l'époque impérialiste des guerres mondiales et de l'oppression du monde</p>
<p>Les voilà les « grandes étapes du progrès » ?!!!! On voit bien que les progrès de l'humanité se sont changés en instruments de régression massive…</p>
<p>Peut-on prétendre que le prétendu progrès n'est pas le produit des massacres, de l'oppression et de l'exploitation ? Peut-on prétendre que les étapes historiques sont guidées par autre chose que les itnérêts des classes sociales, ces groupes de classe fondés sur un mode de production, un système global économique et social dans lesquels l'essentiel de la population est traitée en sujette ?</p>
<p>C.L.R. James :</p>
<p>« Pour les marxistes, la loi logique fondamentale est la nature contradictoire de tous les phénomènes et en premier lieu de la société humaine. La dialectique enseigne que dans toutes les formes de société que nous avons connues, le développement croissant des richesses matérielles entraîne la dégradation croissante de la grande masse de l'humanité. Le capitalisme, étant le plus grand système de production de richesse connu à ce jour, a poussé ses contradictions à un niveau jamais connu auparavant. C'est ainsi que le moment où le système mondial du capitalisme a démontré les plus grandes puissances productives de l'histoire est exactement la période où la barbarie menace d'engloutir toute la société. Les anti-dialecticiens restent absolument abasourdis devant le spectacle de la maîtrise de la nature pour le progrès humain et la dégradation de la nature humaine par cette maîtrise même. Plus les moyens de transport sont grands, moins les hommes sont autorisés à voyager. Plus les moyens de communication sont grands, moins les hommes échangent librement leurs idées. Plus les possibilités de vivre sont grandes, plus les hommes vivent dans la terreur de l'anéantissement de masse. La bourgeoisie ne peut l'admettre, car l'admettre, c'est elle-même sanctionner la fin de la civilisation bourgeoise. »</p>
<h2 class="spip">La loi dialectique de la négation de la négation dans l'évolution historique</h2>
<p>Marx dans « Le Capital » :</p>
<p>« L'ensemble du développement, embrassant à la fois le genèse du salarié et celle du capitaliste, a pour point de départ la servitude des travailleurs ; le progrès qu'il accomplit consiste à changer la forme de l'asservissement, à amener la métamorphose de l'exploitation féodale en exploitation capitaliste. Pour en faire comprendre la marche, il ne nous faut pas remonter trop haut. Bien que les premières ébauches de la production capitaliste aient été faites de bonne heure dans quelques villes de la Méditerranée, l'ère capitaliste ne date que du XVI° siècle. Partout où elle éclot, l'abolition du servage est depuis longtemps un fait accompli, et le régime des villes souveraines, cette gloire du moyen âge, est déjà en pleine décadence.<br class='autobr' />
Dans l'histoire de l'accumulation primitive, toutes les révolutions qui servent de levier à l'avancement de la classe capitaliste en voie de formation font époque, celles, surtout qui, dépouillant de grandes masses de leurs moyens de production et d'existence traditionnels, les lancent à l'improviste sur le marché du travail. Mais la base de toute cette évolution, c'est l'expropriation des cultivateurs.<br class='autobr' />
Elle ne s'est encore accomplie d'une manière radicale qu'en Angleterre : ce pays jouera donc nécessairement le premier rôle dans notre esquisse. Mais tous les autres pays de l'Europe occidentale parcourent le même mouvement, bien que selon le milieu il change de couleur locale, ou se resserre dans un cercle plus étroit, ou présente un caractère moins fortement prononcé, ou suive un ordre de succession différent. »</p>
<p>« Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées — va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.</p>
<p>Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. À mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés.<br class='autobr' />
L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.</p>
<p>Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs ; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques usurpateurs par la masse[1]. »</p>
<p>Note :</p>
<p>(1) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est le véhicule inconscient, remplace peu à peu l'isolement des travailleurs né de la concurrence par leur union révolutionnaire au moyen de l'association. À mesure que la grande industrie se développe, la base même sur laquelle la bourgeoisie a assis sa production et son appropriation des produits se dérobe sous ses pieds. Ce qu'elle produit avant tout, ce sont ses propres fossoyeurs. Son élimination et le triomphe du prolétariat sont également inévitables…De toutes les classes subsistant aujourd'hui en face de la bourgeoisie le prolétariat seul forme une classe réellement révolutionnaire. Les autres dépérissent et s'éteignent devant la grande industrie, dont le prolétariat est le produit propre… La classe moyenne, le petit industriel, le petit commerçant, l'artisan, le cultivateur, tous combattent la bourgeoisie pour sauver leur existence comme classe moyennes… Ils sont réactionnaires, car ils cherchent à faire tourner en arrière la roue de l'histoire. » (F. Engels et Karl Marx : Manifest der kommunistischen Partie. Lond., 1847 p. 9, 11.)</p>
<p>Engels dans « Anti-Dühring » :</p>
<p>« Quel rôle joue chez Marx la négation de la négation ? A la page 791 et sq. [3], il rassemble les conclusions de l'étude économique et historique de l'accumulation dite primitive du capital, étude qui occupe les 50 pages précédentes. Avant l'ère capitaliste existait, en Angleterre tout au moins, la petite entreprise, ayant pour base la propriété privée de l'ouvrier sur ses moyens de production. L'accumulation dite primitive du capital a consisté ici dans l'expropriation de ces producteurs immédiats, c'est-à-dire dans la dissolution de la propriété privée reposant sur le travail personnel. Si cela fut possible, c'est que la petite entreprise en question n'est compatible qu'avec des limites naturelles et étroites de la production et de la société et que donc, à un certain niveau, elle met au monde les moyens matériels de son propre anéantissement. Cet anéantissement, la transformation des moyens de production individuels et dispersés en moyens concentrés socialement, forme la préhistoire du capital. Dès que les ouvriers sont transformés en prolétaires et leurs conditions de travail en capital, dès que le mode de production capitaliste tient debout, la socialisation ultérieure du travail et la transformation ultérieure de la terre et autres moyens de production, donc l'expropriation ultérieure des propriétaires privés, prennent une forme nouvelle.</p>
<p>“ Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés. Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette concentration, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage en commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés.”</p>
<p>Et, maintenant, je demande au lecteur : Où sont les contorsions et les arabesques intellectuelles de l'imbroglio dialectique, où est la mixture et caricature d'idées d'où il résulte finalement que tout est un, où sont les miracles dialectiques pour les croyants, où les cachotteries dialectiques et les contorsions en fonction de la doctrine hégélienne du Logos, sans lesquels Marx, d'après M. Dühring, n'arrive pas à mettre sur pied son développement ? Marx démontre simplement par l'histoire, et ici résume brièvement, les faits que voici : de même qu'autrefois la petite entreprise par son évolution a nécessairement engendré les conditions de son anéantissement, c'est-à-dire de l'expropriation des petits propriétaires, de même aujourd'hui le mode de production capitaliste a engendré également lui-même les conditions matérielles qui le feront nécessairement périr. Le processus est un processus historique, et s'il est en même temps dialectique, ce n'est pas la faute de Marx, si contrariant que cela soit pour M. Dühring.</p>
<p>C'est seulement après avoir fini sa démonstration économique et historique que Marx continue :</p>
<p>“ L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation ”, etc., voir la citation plus haut.</p>
<p>Donc, en caractérisant le processus comme négation de la négation, Marx ne pense pas à en démontrer par là la nécessité historique. Au contraire : c'est avoir démontré par l'histoire comment, en fait, le processus en partie s'est réalisé, en partie doit forcément se réaliser encore, que Marx le désigne, en outre, comme un processus qui s'accomplit selon une loi dialectique déterminée. C'est tout. Nous avons donc affaire derechef à une supposition gratuite de M. Dühring quand il prétend que la négation de la négation doit faire ici office de sage-femme en accouchant le futur du sein du passé, ou que Marx nous demande de faire crédit à la négation pour nous laisser convaincre que la communauté du sol et du capital (laquelle est elle-même une contradiction en chair et en os de M. Dühring) est une nécessité. »</p>
<p>« Mais qu'est-ce donc que cette terrible négation de la négation ? - Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain. Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. Les espèces de céréales changent avec une extrême lenteur et ainsi l'orge d'aujourd'hui reste sensiblement semblable à celle d'il y a cent ans. Mais prenons une plante d'ornement plastique, par exemple un dahlia ou une orchidée ; traitons la semence et la plante qui en naît avec l'art de l'horticulteur : nous obtiendrons comme résultat de cette négation de la négation non seulement davantage de semence, mais aussi une semence qualitativement meilleure, qui donne de plus belles fleurs, et toute répétition de ce processus, toute nouvelle négation de la négation renforce ce perfectionnement. - Ce processus s'accomplit, de même que pour les grains d'orge, pour la plupart des insectes, par exemple les papillons. Ils naissent de l'œuf par négation de l'œuf, accomplissent leurs métamorphoses jusqu'à la maturité sexuelle, s'accouplent et sont niés à leur tour, du fait qu'ils meurent, dès que le processus d'accouplement est achevé et que la femelle a pondu ses nombreux oeufs. Que chez d'autres plantes et d'autres animaux le processus ne se déroule pas avec cette simplicité, qu'ils ne produisent pas une seule fois, mais plusieurs fois, des semences, des oeufs ou des petits avant de dépérir, cela ne nous importe pas pour l'instant ; nous voulons seulement démontrer ici que la négation de la négation se présente réellement dans les deux règnes du monde organique. En outre, toute la géologie est une série de négations niées, une série de destructions successives de formations minérales anciennes et de sédimentations de formations nouvelles. Tout d'abord, la croûte terrestre primitive résultant du refroidissement de la masse fluide se morcelle sous l'action des océans, de la météorologie et de la chimie atmosphérique et ces masses concassées se déposent en couches sur le fond de la mer. Des soulèvements locaux du fond océanique au-dessus du niveau de la mer exposent de nouveau des parties de cette première stratification aux effets de la pluie, de la température changeante avec les saisons, de l'oxygène et de l'acide carbonique de l'atmosphère ; ces mêmes influences agissent sur les masses rocheuses d'abord en fusion, puis refroidies, qui, sorties de l'intérieur de la terre, ont traversé les couches successives. Ainsi, pendant des millions de siècles des couches nouvelles ne cessent de se former, d'être détruites pour la plus grande partie et de servir derechef à la formation de couches nouvelles. Mais le résultat est très positif : production d'un sol où se mêlent les éléments chimiques les plus différents dans un état de concassage mécanique qui permet la végétation la plus massive et la plus variée. »</p>
<p>« Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.</p>
<p>“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”</p>
<p>Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.</p>
<p>“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”</p>
<p>Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”</p>
<p>Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égalité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. »</p>
<p>« Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes ; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. Il va de soi que je ne dis rien du tout du processus de développement particulier suivi, par exemple, par le grain d'orge, depuis la germination jusqu'au dépérissement de la plante qui porte fruit, quand je dis qu'il est négation de la négation. »</p>
<p>« On peut aussi faire cette objection : la négation ici accomplie n'est pas une vraie négation : je nie aussi un grain d'orge en le moulant, un insecte en marchant dessus, la grandeur positive a en la biffant, etc. Ou bien je nie la proposition : la rose est une rose, en disant : la rose n'est pas une rose ; et qu'en résulte-t-il si je nie à nouveau cette négation et dis : la rose est pourtant une rose ? - Ces objections sont en fait les principaux arguments des métaphysiciens contre la dialectique, et tout à fait dignes de cette façon bornée de penser. Nier, en dialectique, ne signifie pas simplement dire non, ou déclarer qu'une chose n'existe pas, ou la détruire d'une manière quelconque. Spinoza dit déjà : Omnis determinatio est negatio, toute limitation ou détermination est en même temps une négation. Et en outre, le genre de la négation est ici déterminé d'abord par la nature générale, deuxièmement par la nature particulière du processus. Je dois non seulement nier, mais aussi lever de nouveau la négation. Il faut donc instituer la première négation de telle sorte que la deuxième reste ou devienne possible. Et comment cela ? Selon la nature spécifique de chaque cas pris à part. Si je mouds un grain d'orge, si j'écrase un insecte, j'ai bien accompli le premier acte, mais j'ai rendu le second impossible. Chaque genre de choses a donc son genre original de négation de façon qu'il en sorte un développement, et de même chaque genre d'idées et de concepts. Dans le calcul infinitésimal, on nie autrement que dans l'établissement de puissances positives à partir de racines négatives. Il faut apprendre cela, comme toute autre chose. Si je sais simplement que le brin d'orge et le calcul infinitésimal relèvent de la négation de la négation, je ne puis réussir ni à cultiver l'orge avec succès, ni à différencier et intégrer, pas plus que je ne puis de prime abord jouer du violon en partant des simples lois de la détermination du son par la dimension des cordes. - Mais il est clair que, si la négation de la négation consiste en ce passe-temps enfantin de poser et de biffer alternativement a ou de dire alternativement d'une rose qu'elle est une rose et qu'elle n'est pas une rose, il n'en ressort rien que la niaiserie de celui qui s'adonne à ces ennuyeux exercices. Et pourtant les métaphysiciens voudraient nous faire accroire que si nous voulions jamais accomplir la négation de la négation, ce serait là la manière correcte. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611o.htm#sdfootnote70anc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611o.htm#sdfootnote70anc</a></p>
<h2 class="spip">La loi dialectique de la transformation de la quantité en qualité</h2>
<p>Aucune des grandes transformations réalisées par l'humanité n'a eu lieu graduellement, par toutes petites touches successives. Toutes sont liées à des sauts qualitatifs.</p>
<p>Ces sauts qualitatifs sont notamment : la culture des plantes, l'élevage des animaux, la pêche, la sédentarisation, l'urbanisation, le commerce, l'artisanat, la technologie de la taille de la pierre, l'art,</p>
<p>Mais ces progrès de l'humanité n'ont pas été réalisés sans reculs profonds pour l'humanité</p>
<p>La révolution, comme la contre-révolution, sont des changements de la quantité en qualité. Ce sont des changements brutaux. Ils sont assimilables aux transitions de phase en Physique.</p>
<p>Le passage de la quantité à la qualité est brutal et non graduel, discontinu et non progressif, n'est pas descriptible par une simple somme de petits changements. Il est l'entrée dans un monde nouveau, avec de nouvelles structures, de nouveaux paramètres, de nouvelles lois reliant ces paramètres et pas par un simple changement de tels paramètres.</p>
<p>« Quand on veut se représenter l'apparition ou la disparition de quelque chose, on se les représente ordinairement comme une apparition ou une disparition graduelles. Pourtant les transformations de l'être sont non seulement le passage d'une quantité à une autre, mais aussi le passage de la quantité à la qualité et inversement, passage qui, entraînant la substitution d'un phénomène à un autre, est une rupture de progressivité… A la base de la théorie de la progressivité se trouve l'idée que ce qui surgit existe déjà effectivement, et reste imperceptible uniquement à cause de sa petitesse. De même, quand on parle de disparition graduelle d'un phénomène, on se représente que cette disparition est un fait accompli, et que le phénomène qui prend la place du phénomène précédent existe déjà, mais qu'ils ne sont pas encore perceptibles ni l'un ni l'autre… Mais, de cette manière, on supprime en fait toute apparition et toute disparition… Expliquer l'apparition ou la disparition d'un phénomène donné par la progressivité de la transformation, c'est tout ramener à une tautologie fastidieuse, car c'est considérer comme prêt d'avance (c'est-à-dire comme déjà apparu ou disparu) ce qui est en train d'apparaître ou de disparaître. »<br class='autobr' />
G.W.F Hegel dans « La Logique »</p>
<p>« Toute somme de valeur ou de monnaie ne peut pas être transformée en capital. Cette transformation ne peut s'opérer sans qu'un minimum d'argent ou de valeur d'échange se trouve entre les mains du postulant à la dignité capitaliste. Ici, comme dans les sciences naturelles, se confirme la loi constatée par Hegel dans sa Logique, loi d'après laquelle de simples changements dans la quantité, parvenus à certain degré, amènent des différences dans la qualité. »<br class='autobr' />
Karl Marx dans « Le Capital »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957</a></p>
<p>Contre le gradualisme dans les transformations sociales, y compris celles de la Préhistoire et l'Antiquité…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525</a></p>
<p>Qu'est-ce que la révolution ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article657" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article657</a><br class='autobr' />
Il est cependant, depuis 1789, un mot magique qui contient en lui tous les avenirs imaginables, et n'est jamais si riche d'espoir que dans les situations désespérées ; c'est le mot de révolution.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4865" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4865</a></p>
<p>Encore sur les sauts dans l'Histoire</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4865" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4865</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique3" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique3</a></p>
<p>Le monde déterminé par la révolution et, conjointement, par la contre-révolution…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595</a></p>
<p>Ceux qui veulent révolutionner la société doivent raisonner dialectiquement…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5643" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5643</a></p>
<p>En quoi la dialectique de Hegel est révolutionnaire</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article4912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article4912</a></p>
<p>Un exemple historique : la dialectique, arme de combat de la Révolution française</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8464" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8464</a></p></div>
Les enseignements des révolutions
http://www.matierevolution.org/spip.php?article8670
http://www.matierevolution.org/spip.php?article86702025-06-16T22:55:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionRévolution bourgeoise
<p>Les enseignements des révolutions <br class='autobr' />
Par Marx et Engels <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/18500300.htm <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3781 <br class='autobr' />
Par Lénine <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/vil19170830.htm <br class='autobr' />
Par Rosa Luxemburg <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article149 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6603 (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
/
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les enseignements des révolutions</h2>
<p>Par Marx et Engels</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/18500300.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/18500300.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3781" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3781</a></p>
<p>Par Lénine</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/vil19170830.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/vil19170830.htm</a></p>
<p>Par Rosa Luxemburg</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article149" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article149</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6603" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6603</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6704" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6704</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279</a></p>
<p>Par Trotsky</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905somm.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905somm.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm</a></p>
<p>Par Pannekoek</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1912/00/pannek_19120001.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1912/00/pannek_19120001.htm</a></p>
<p>Quelles leçons nous tirons des révolutions du passé et des révolutions actuelles ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2087" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2087</a></p>
<p>Quelles leçons nous tirons des révolutions du passé ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3374" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3374</a></p>
<p>Leçons de la révolution française</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6535" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6535</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7388</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1069" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1069</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794</a></p>
<p>Leçons de la révolution anglaise</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5343" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5343</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6089" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6089</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6089" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6089</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1221" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1221</a></p>
<p>Leçons de la révolution américaine</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4345" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4345</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5063" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5063</a></p>
<p>Leçons de la Commune de Paris de 1871</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1265" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1265</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3402" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3402</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article601" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article601</a></p>
<p>Leçons de la révolution russe de 1917 et de la vague révolutionnaire qui a suivi</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4741" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4741</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article204" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article204</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article213" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article213</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1705" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1705</a></p>
<p>Leçons du stalinisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5564" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5564</a></p>
<p>Leçons de la révolution et de la contre-révolution en Italie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4597" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4597</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6893" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6893</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5019" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5019</a></p>
<p>Leçons de la révolution et de la contre-révolution allemande</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3053" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3053</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4776" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4776</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3708" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3708</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5884" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5884</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article635" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article635</a></p>
<p>Leçons de la révolution espagnole</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1339" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1339</a></p>
<p>Leçons de la révolution hongroise de 1956</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7077" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7077</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3441" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3441</a></p>
<p>Leçons de la vague des révolutions depuis 2011</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve413" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve413</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7581" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7581</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6629" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6629</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1863" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1863</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1845" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1845</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1988</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1842" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1842</a></p>
<p>Les principales leçons du mouvement des Gilets jaunes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5242" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5242</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5340" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5340</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5171" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5171</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5231" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5231</a></p>
<p>Vive la giletjaunisation du monde</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5601" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5601</a></p>
<p>La révolution permanente, stratégie du prolétariat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique79" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique79</a></p></div>
Nier la révolution sociale dans la chute des civilisations
http://www.matierevolution.org/spip.php?article8720
http://www.matierevolution.org/spip.php?article87202025-06-14T22:28:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéRévolution
<p>Nier la révolution sociale dans la chute des civilisations antiques ou anciennes, une manière de la combattre dans la chute du capitalisme <br class='autobr' />
Ceux qui effacent la révolution sociale du passé <br class='autobr' />
« Les causes possibles d'un déclin d'une civilisation comprennent les catastrophes naturelles, la guerre, les épidémies (peste), la famine et la dépopulation. » affirme de manière péremptoire wikipedia. La révolution n'y apparait pas comme une cause éventuelle. (…)</p>
-
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
/
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Nier la révolution sociale dans la chute des civilisations antiques ou anciennes, une manière de la combattre dans la chute du capitalisme</h2><h2 class="spip">Ceux qui effacent la révolution sociale du passé</h2>
<p>« Les causes possibles d'un déclin d'une civilisation comprennent les catastrophes naturelles, la guerre, les épidémies (peste), la famine et la dépopulation. » affirme de manière péremptoire wikipedia. La révolution n'y apparait pas comme une cause éventuelle.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9clin_de_civilisation" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9clin_de_civilisation</a></p>
<p>Selon Science et Avenir, pour Jared Diamond, cinq facteurs entrent en jeu pour expliquer ces disparitions : « Des dommages environnementaux, un changement climatique, des voisins hostiles, des rapport de dépendances avec des partenaires commerciaux et les réponses apportées par une sociétés, selon ses valeurs propres à ces problèmes. » Aucune mention d'une possible révolution sociale menée par les exploités et les opprimés.</p>
<p><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/pourquoi-les-civilisations-finissent-elles-par-disparaitre_164502" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/pourquoi-les-civilisations-finissent-elles-par-disparaitre_164502</a><br class='autobr' />
Radio France cite le mystère olmèque et celui de quatre autres grandes civilisations disparues mais pas l'ombre d'une révolution sociale d'envisagée…</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/le-mystere-olmeque-et-quatre-autres-grandes-civilisations-disparues-9529030" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/le-mystere-olmeque-et-quatre-autres-grandes-civilisations-disparues-9529030</a></p>
<p>Geo cite les mystères de nombreuses chutes et disparitions de civilisations : pas une ombre ni une trace de révolutions dans ces récits :</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/le-climat-en-cause-dans-l-effondrement-de-la-puissante-civilisation-hittite-il-y-a-plus-de-3000-ans-213481" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/le-climat-en-cause-dans-l-effondrement-de-la-puissante-civilisation-hittite-il-y-a-plus-de-3000-ans-213481</a></p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/des-chercheurs-percent-le-mystere-de-la-disparition-dune-civilisation-neolithique-chinoise-207340" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/des-chercheurs-percent-le-mystere-de-la-disparition-dune-civilisation-neolithique-chinoise-207340</a></p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-les-mayas-ont-ils-disparu-193028" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-les-mayas-ont-ils-disparu-193028</a></p>
<p>Tous font le parallèle avec la situation actuelle de la civilisation capitaliste :</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-la-probable-cause-de-la-chute-de-la-celebre-cite-maya-mayapan-sonne-comme-un-avertissement-211063" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-la-probable-cause-de-la-chute-de-la-celebre-cite-maya-mayapan-sonne-comme-un-avertissement-211063</a></p>
<p><a href="https://www.canalacademies.com/emissions/notre-civilisation-est-elle-condamnee-a-disparaitre-comme-les-precedentes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canalacademies.com/emissions/notre-civilisation-est-elle-condamnee-a-disparaitre-comme-les-precedentes</a></p>
<p><a href="https://www.slate.fr/story/252097/humanite-correction-population-mondiale-risque-civilisation-effondrement" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/story/252097/humanite-correction-population-mondiale-risque-civilisation-effondrement</a></p>
<p><a href="https://www.slate.fr/life/84675/notre-civilisation-condamnee-nasa" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/life/84675/notre-civilisation-condamnee-nasa</a></p>
<p> <a href="https://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/l-humanit%C3%A9-risque-de-conna%C3%AEtre-un-effondrement-civilisationnel-avant-la-fin-du-si%C3%A8cle/ar-AA1fDips" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/l-humanit%C3%A9-risque-de-conna%C3%AEtre-un-effondrement-civilisationnel-avant-la-fin-du-si%C3%A8cle/ar-AA1fDips</a></p>
<p>C'est drolement gonflé de nier d'avance que la révolution sociale peut renverser une société, un régime, un mode de production, une civilisation, d'exclure par avance cette hypothèse dans les chutes qui sont restées mystérieuses ou controversées. D'autant que nous savons bien que c'est ce qui s'est produit à l'époque moderne. Les royaumes et empires ont chuté du fait de révolutions sociales.</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5700" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5700</a><br class='autobr' />
Qu'est-ce que la révolution sociale ?</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article657" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article657</a></p>
<p>La « civilisation » n'est pas un long fleuve tranquille…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2086" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2086</a></p>
<p>Les causes de la chute des civilisations</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2569" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2569</a></p>
<p>Les plus anciennes sociétés aussi ont été souvent renversées par des insurrections. Un exemple : El Argar, le premier Etat d'Europe occidentale, a été renversé par la révolution sociale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497</a></p>
<p>Du temps de Marx et Engels, les grandes révolutions des sociétés humaines de la Préhistoire et de l'Antiquité la plus ancienne étaient parfaitement inconnues ! Mais aujourd'hui l'ignorance des révolutions sociales de l'antiquité découle de l'aveuglement volontaire.</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5521" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5521</a></p>
<p>Il n'y a pas eu de gradualisme dans les transformations sociales, y compris celles de la Préhistoire et l'Antiquité</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5525" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5525</a></p>
<p>« Les révolutions sont les locomotives de l'Histoire », disait Karl Marx</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article4564" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article4564</a></p>
<p>La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5336</a></p>
<p>Pourquoi et comment les civilisations ont disparu brutalement et de manière étonnante ?</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5165" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5165</a></p>
<p>Quelques exemples qui montrent, n'en déplaise aux historiens et autres penseurs du pouvoir, que toutes les civilisations ont disparu du fait des révolutions réalisées par les opprimés et parce que le système avait atteint ses propres limites...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2132" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2132</a></p>
<h2 class="spip">La chute des civilisations antiques</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52</a></p>
<p>Chronologie des apparitions et disparitions de civilisations</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078</a></p>
<p>Révolutions de l'Egypte antique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222</a></p>
<p>La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue à l'issue d'une guerre civile</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276</a></p>
<p>La chute de la civilisation antique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6068" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6068</a></p>
<p>La chute de la civilisation Cuicuilco</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495</a></p>
<p>Comment la civilisation celtique de Hallstatt a disparu</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505</a></p>
<p>La disparition de la culture de Cucuteni-Trypillia</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411</a></p>
<p>Révolutions et contre-révolutions dans la Perse antique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5344" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5344</a></p>
<p>La chute de la société Huarpa</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358</a></p>
<p>La chute des Totonaques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356</a></p>
<p>La chute des Zapotèques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345</a></p>
<p>La disparition de la civilisation Chavín</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288</a></p>
<p>La chute de la civilisation Lambayèque</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282</a></p>
<p>La chute de la civilisation Nazca</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283</a></p>
<p>La chute de la civilisation Caral</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263</a></p>
<p>La chute de la civilisation Mochica</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278</a></p>
<p>Les chutes d'Ougarit</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259</a></p>
<p>La chute de la civilisation Toltèque</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247</a></p>
<p>La chute de la civilisation Incas</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253</a></p>
<p>La chute de la civilisation Maya</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243</a></p>
<p>La chute de Teotihuacán</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238</a></p>
<p>La chute de la civilisation Olmèque</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235</a></p>
<p>La chute de Corfou</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5166" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5166</a></p>
<p>La chute de la civilisation de l'Indus</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article229" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article229</a></p>
<p>La chute de la civilisation Hittite</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167</a></p>
<p>La chute de la civilisation romaine</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3416" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3416</a></p>
<p>La chute de la civilisation du Mont Bego</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388</a></p>
<p>La chute de la civilisation méditérranéenne</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429</a></p>
<p>La chute de la civilisation chinoise</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6461" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6461</a></p>
<p>La chute de la civilisation mésopotamienne</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article225" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article225</a></p>
<p>La chute de la civilisation grecque</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article224" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article224</a></p>
<p>La chute de la civilisation phénicienne et cananéenne</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1165" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1165</a></p>
<p>Révolutions et répressions dans l'empire assyrien</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article613" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article613</a></p>
<p>La chute de la civilisation anasazi</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314</a></p>
<p>La chute de la civilisation des mégalithes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618</a></p>
<p>La chute de la civilisation de l'île de Pâques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750</a></p>
<p>La chute de la civilisation mésoaméricaine</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227</a></p>
<p>Révolutions en Palestine (Canaan) et en Israël antiques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395</a></p>
<p>La chute des villes de la Mésopotamie antique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6104" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6104</a></p>
<p>Y a-t-il des antécédents historiques capables de nous éclairer sur la chute actuelle du capitalisme ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5872" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5872</a></p>
<h2 class="spip">La chute de la civilisation capitaliste n'est pas due à l'environnement et au climat, ni aux « voisins hostiles »…</h2>
<p>Déclinisme, crisophilie, pessimisme, décroissance, catastrophisme (climatique, épuisement des ressources, terroriste, démographique, guerre des civilisations, guerre nucléaire ou autre), « Human Bashing », relativisme, anti-science, croissance zéro, fin du monde humain, non soutenabilité du développement économique et social, irrémédiabilité de la chute, croyance en l'apocalypse, négativisme, croyance dans le dérèglement et l'échec généralisé, idéologies passéistes : des mots différents pour dire que le capitalisme, ayant atteint ses limites de capacité d'accumulation du capital et sentant la mort de son fonctionnement, tourne à la barbarie et devient défaitiste… Le pessimisme de la classe capitaliste souligne que le capitalisme n'a plus de perspective d'avenir mais cela ne signifie nullement qu'il en soit de même pour l'humanité. Le capitalisme n'est que l'une des premières civilisations humaines, pas la seule. Certes, la transition risque d'être dure mais la société humaine est capable de faire bien mieux que la bourgeoisie, bien mieux que d'enrichir 0,1% des êtres humains aux dépens des 99,9%...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve765" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve765</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1016" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1016</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4232" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4232</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4413" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4413</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6118" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6118</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6118" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6118</a></p>
<p>Les dix principales raisons de l'agonie du capitalisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5403" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5403</a></p>
<p>Dans les raisons de l'agonie du capitalisme, aucune ne s'appelle CO², ni climat, ni migrants, ni environnement, ni haines raciales, ni ethniques…</p>
<p>Apocalypse climatique millénariste ou renversement du capitalisme ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5611" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5611</a></p>
<h2 class="spip">Pas étonnant que l'histoire et l'archéologie officielles ne reconnaissent pas l'existence de la révolution sociale car elles veulent en effacer la perspective dans la situation critique actuelle…</h2></div>
Révolution politique et sociale, nous sommes tes fils
http://www.matierevolution.org/spip.php?article8500
http://www.matierevolution.org/spip.php?article85002025-04-04T22:47:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolution
<p>Révolution politique et sociale, nous sommes tes fils ! <br class='autobr' />
Aucun changement important dans le monde n'a eu lieu sans révolution, sans la mobilisation et l'action directe de masse des exploités et des opprimés, s'organisant eux-mêmes et détruisant tout l'ancien ordre. <br class='autobr' />
Victor Hugo : « Nous sommes tes fils, Révolution » <br class='autobr' />
« Nous sommes 1789 aussi bien que 1793. La Révolution, toute la Révolution, voilà la source de la littérature du dix-neuvième siècle. <br class='autobr' />
Sur ce, faites-lui son procès, à cette (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Révolution politique et sociale, nous sommes tes fils !</h2>
<p>Aucun changement important dans le monde n'a eu lieu sans révolution, sans la mobilisation et l'action directe de masse des exploités et des opprimés, s'organisant eux-mêmes et détruisant tout l'ancien ordre.</p>
<h2 class="spip">Victor Hugo : « Nous sommes tes fils, Révolution »</h2>
<p>« Nous sommes 1789 aussi bien que 1793. La Révolution, toute la Révolution, voilà la source de la littérature du dix-neuvième siècle.</p>
<p>Sur ce, faites-lui son procès, à cette littérature, ou son triomphe, haïssez-la ou aimez-la, selon la quantité d'avenir que vous avez en vous, outragez-la ou saluez-la ; peu lui importent les animosités et les fureurs ! elle est la déduction logique du grand fait chaotique et génésiaque que nos pères ont vu et qui a donné un nouveau point de départ au monde. Qui est contre ce fait, est contre elle ; qui est pour ce fait, est pour elle. Ce que ce fait vaut, elle le vaut. Les écrivains des réactions ne s'y trompent pas ; là où il y a de la révolution, patente ou latente, le flair catholique et royaliste est infaillible ; ces lettrés du passé décernent à la littérature contemporaine une honorable quantité de diatribe ; leur aversion est de la convulsion ; un de leurs journalistes, qui est, je crois, évêque, prononce le mot « poëte » avec le même accent que le mot « septembriseur » ; un autre, moins évêque, mais tout aussi en colère, écrit : Je sens dans toute cette littérature-là Marat et Robespierre. Ce dernier écrivain se méprend un peu ; il y a dans « cette littérature-là » plutôt Danton que Marat.</p>
<p>Mais le fait est vrai. La démocratie est dans cette littérature.</p>
<p>La Révolution a forgé le clairon ; le dix-neuvième siècle le sonne.</p>
<p>Ah ! cette affirmation nous convient, et, en vérité, nous ne reculons pas devant elle, avouons notre gloire, nous sommes les révolutionnaires. Les penseurs de ce temps, les poètes, les écrivains, les historiens, les orateurs, les philosophes, tous, tous, tous, dérivent de la Révolution française. Ils viennent d'elle, et d'elle seule. 89 a démoli la Bastille ; 93 a découronné le Louvre. De 89 est sortie la Délivrance, et de 93 la Victoire. 89 et 93 ; les hommes du dix-neuvième siècle sortent de là. C'est là leur père et leur mère. Ne leur cherchez pas d'autre filiation, d'autre inspiration, d'autre insufflation, d'autre origine. Ils sont les démocrates de l'idée, successeurs des démocrates de l'action. Ils sont les émancipateurs. L'idée Liberté s'est penchée sur leurs berceaux. Ils ont tous sucé cette grande mamelle ; ils ont tous de ce lait dans les entrailles, de cette moelle dans les os, de cette sève dans la volonté, de cette révolte dans la raison, de cette flamme dans l'intelligence.</p>
<p>Ceux-là mêmes d'entre eux, il y en a, qui sont nés aristocrates, qui sont arrivés au monde dépaysés en quelque sorte dans des familles du passé, qui ont fatalement reçu une de ces éducations premières dont l'effort stupide est de contredire le progrès, et qui ont commencé la parole qu'ils avaient à dire au siècle par on ne sait quel bégaiement royaliste, ceux-là, dès lors, dès leur enfance, ils ne me démentiront pas, sentaient le monstre sublime en eux. Ils avaient le bouillonnement intérieur du fait immense. Ils avaient au fond de leur conscience un soulèvement d'idées mystérieuses ; l'ébranlement intime des fausses certitudes leur troublait l'âme ; ils sentaient trembler, tressaillir, et peu à peu se lézarder leur sombre surface de monarchisme, de catholicisme et d'aristocratie. Un jour, tout à coup, brusquement, le gonflement du vrai a abouti, l'éclosion a eu lieu, l'éruption s'est faite, la lumière les a ouverts, les a fait éclater, n'est pas tombée sur eux, mais, plus beau prodige, a jailli d'eux, stupéfaits, et les a éclairés en les embrasant. Ils étaient cratères à leur insu.</p>
<p>Ce phénomène leur a été reproché comme une trahison. Ils passaient en effet du droit divin au droit humain. Ils tournaient le dos à la fausse histoire, à la fausse société, à la fausse tradition, au faux dogme, à la fausse philosophie, au faux jour, à la fausse vérité. Le libre esprit qui s'envole, oiseau appelé par l'aurore, est désagréable aux intelligences saturées d'ignorance et aux fœtus conservés dans l'esprit-de-vin. Qui voit offense les aveugles ; qui entend indigne les sourds ; qui marche insulte abominablement les culs-de-jatte. Aux yeux des nains, des avortons, des astèques, des myrmidons et des pygmées, à jamais noués dans le rachitisme, la croissance est apostasie.</p>
<p>Les écrivains et les poètes du dix-neuvième siècle ont cette admirable fortune de sortir d'une genèse, d'arriver après une fin de monde, d'accompagner une réapparition de lumière, d'être les organes d'un recommencement. Ceci leur impose des devoirs inconnus à leurs devanciers, des devoirs de réformateurs intentionnels et de civilisateurs directs. Ils ne continuent rien ; ils refont tout. A temps nouveaux, devoirs nouveaux. La fonction des penseurs aujourd'hui est complexe : penser ne suffit plus, il faut aimer ; penser et aimer ne suffit plus, il faut agir ; penser, aimer et agir ne suffit plus, il faut souffrir. Posez la plume, et allez où vous entendez de la mitraille ; voici une barricade ; soyez-en. Voici l'exil ; acceptez. Voici l'échafaud, soit. Qu'au besoin dans Montesquieu il y avait John Brown. Le Lucrèce qu'il faut à ce siècle en travail doit contenir Caton. Eschyle, qui écrivait l'Orestie, avait pour frère Cynégyre, qui mordait les navires ennemis ; cela suffisait à la Grèce au temps de Salamine ; cela ne suffit plus à la France après la Révolution ; qu'Eschyle et Cynégyre soient les deux frères, c'est peu ; il faut qu'ils soient le même homme. Tels sont les besoins actuels du progrès. Les serviteurs des grandes choses pressantes ne seront jamais assez grands. Rouler des idées, amonceler des évidences, étager des principes, voilà le remuement formidable. Mettre Pélion sur Ossa, labeur d'enfants à côté de cette besogne de géants : mettre le droit sur la vérité. Escalader cela ensuite, et détrôner les usurpations au milieu des tonnerres ; voilà l'œuvre.</p>
<p>L'avenir presse. Demain ne peut pas attendre. L'humanité n'a pas une minute à perdre. Vite, vite, dépêchons, les misérables ont les pieds sur le fer rouge. On a faim, on a soif, on souffre. Ah ! maigreur terrible du pauvre corps humain ! le parasitisme rit, le lierre verdit et pousse, le gui est florissant, le ver solitaire est heureux. Quelle épouvante, la prospérité du ténia ! Détruire ce qui dévore, là est le salut. Votre vie a au dedans d'elle la mort, qui se porte bien. Il y a trop d'indigence, trop de dénûment, trop d'impudeur, trop de nudité, trop de lupanars, trop de bagnes, trop de haillons, trop de défaillances, trop de crimes, trop d'obscurité, pas assez d'écoles, trop de petits innocents en croissance pour le mal ! le grabat des pauvres filles se couvre tout à coup de soie et de dentelles, et c'est là la pire misère ; à côté du malheur il y a le vice, l'un poussant l'autre. Une telle société veut être promptement secourue. Cherchons le mieux. Allez tous à la découverte. Où sont les terres promises ? la civilisation veut marcher ; essayons les théories, les systèmes, les améliorations, les inventions, les progrès, jusqu'à ce que chaussure à ce pied soit trouvée. L'essai ne coûte rien ; ou coûte peu. Essayer n'est pas adopter. Mais avant tout et surtout, prodiguons la lumière. Tout assainissement commence par une large ouverture de fenêtres. Ouvrons les intelligences toutes grandes. Aérons les âmes.</p>
<p>Vite, vite, ô penseurs. Faites respirer le genre humain. Versez l'espérance, versez l'idéal, faites le bien. Un pas après l'autre, les horizons après les horizons, une conquête après une conquête ; parce que vous avez donné ce que vous avez annoncé, ne vous croyez pas quittes. Tenir, c'est promettre. L'aurore d'aujourd'hui oblige le soleil pour demain.</p>
<p>Que rien ne soit perdu. Que pas une force ne s'isole. Tous à la manœuvre ! la vaste urgence est là. Plus d'art fainéant. La poésie ouvrière de civilisation, quoi de plus admirable ! le rêveur doit être un pionnier : la strophe doit vouloir. Le beau doit se mettre au service de l'honnête. Je suis le valet de ma conscience ; elle me sonne, j'arrive. Va ! je vais. Que voulez-vous de moi, ô vérité,' seule majesté de ce monde ? Que chacun sente en soi la hâte de bien faire. Un livre est quelquefois un secours attendu. Une idée est un baume, une parole est un pansement ; la poésie est un médecin. Que personne ne s'attarde. La souffrance perd ses forces pendant vos lenteurs. Qu'on sorte de cette paresse du songe. Laissez le kief aux turcs. Qu'on prenne de la peine pour le salut de tous, et qu'on s'y précipite, et qu'on s'y essouffle. N'allez-vous pas plaindre vos enjambées ? Rien d'inutile. Nulle inertie. Qu'appelez-vous nature morte ? Tout vit. Le devoir de tout est de vivre. Marcher, courir, voler, planer, c'est la loi universelle. Qu'attendez-vous ? qui vous arrête ? Ah ! il y a des heures où il semble qu'on voudrait entendre les pierres murmurer contre la lenteur de l'homme !</p>
<p>Quelquefois on s'en va dans les bois. A qui cela n'arrive-t-il pas d'être parfois accablé ? on voit tant de choses tristes. L'étape ne se fournit point, les conséquences sont longues à venir, une génération est en retard, la besogne du siècle languit. Comment ! tant de souffrances encore ! On dirait qu'on a reculé. Il y a partout des augmentations de superstition, de lâcheté, de surdité, de cécité, d'imbécillité. La pénalité pèse sur l'abrutissement. Ce vilain problème a été posé : faire avancer le bien-être par le recul du droit ; sacrifier le côté supérieur de l'homme au côté inférieur ; donner le principe pour l'appétit ; César se charge du ventre, je lui concède le cerveau ; c'est la vieille vente du droit d'aînesse pour le plat de lentilles. Encore un peu, et ce contre-sens fatal ferait faire fausse route à la civilisation. Le porc à l'engrais, ce ne serait plus le roi, mais le peuple. Hélas, ce laid expédient ne réussit même pas. Nulle diminution de malaise. Depuis dix ans, depuis vingt ans, l'étiage prostitution, l'étiage mendicité, l'étiage crime, marquent toujours le même chiffre ; le mal n'a pas baissé d'un degré. D'éducation vraie, d'éducation gratuite, point. L'enfant a pourtant besoin de savoir qu'il est homme, et le père qu'il est citoyen. Où sont les promesses ? où est l'espérance ? oh ! la pauvre misérable humanité ! on est tenté de crier au secours dans la forêt ; on est tenté de demander appui, concours et main-forte à cette grande nature sombre. Ce mystérieux ensemble de forces est-il donc indifférent au progrès ? On supplie, on appelle, on lève les mains vers l'ombre. On écoute si les bruits ne vont pas devenir des voix. Le devoir des sources et des ruisseaux serait de bégayer : En avant ! on voudrait entendre les rossignols chanter des marseillaises.</p>
<p>Après tout, pourtant, ces temps d'arrêt n'ont rien que de normal. Le découragement serait puéril. Il y a des haltes, des repos, des reprises d'haleine dans la marche des peuples, comme il y a des hivers dans la marche des saisons. Le pas gigantesque, 89, n'en est pas moins fait. Désespérer serait absurde ; mais stimuler est nécessaire.</p>
<p>Stimuler, presser, gronder, réveiller, suggérer, inspirer, c'est cette fonction, remplie de toutes parts par les écrivains, qui imprime à la littérature de ce siècle un si haut caractère de puissance et d'originalité. Rester fidèle à toutes les lois de l'art en les combinant avec la loi du progrès, tel est le problème, victorieusement résolu par tant de nobles et fiers esprits.</p>
<p>De là cette parole : Délivrance, qui apparaît au-dessus de tout dans la lumière, comme si elle était écrite au front même de l'idéal.</p>
<p>La Révolution, c'est la France sublimée. Il s'est trouvé un jour que la France a été dans la fournaise, les fournaises à de certaines martyres guerrières font pousser des ailes, et de ces flammes cette géante est sortie archange. Aujourd'hui pour toute la terre la France s'appelle Révolution ; et désormais ce mot, Révolution, sera le nom de la civilisation jusqu'à ce qu'il soit remplacé par le mot Harmonie. Je le répète, ne cherchez pas ailleurs le point d'origine et le lieu de naissance de la littérature du dix-neuvième siècle. Oui, tous tant que nous sommes, grands et petits, puissants et méconnus, illustres et obscurs, dans toutes nos œuvres, bonnes ou mauvaises, quelles qu'elles soient, poèmes, drames, romans, histoire, philosophie, à la tribune des assemblées comme devant les foules du théâtre, comme dans le recueillement des solitudes, oui, partout, oui, toujours, oui, pour combattre les violences et les impostures, oui, pour réhabiliter les lapidés et les accablés, oui, pour conclure logiquement et marcher droit, oui, pour consoler, pour secourir, pour relever, pour encourager, pour enseigner, oui, pour panser en attendant qu'on guérisse, oui, pour transformer la charité en fraternité, l'aumône en assistance, la fainéantise en travail, l'oisiveté en utilité, la centralisation en famille, l'iniquité en justice, le bourgeois en citoyen, la populace en peuple, la canaille en nation, les nations en humanité, la guerre en amour, le préjugé en examen, les frontières en soudures, les limites en ouvertures, les ornières en rails, les sacristies en temples, l'instinct du mal en volonté du bien, la vie en droit, les rois en hommes, oui, pour ôter des religions l'enfer et des sociétés le bagne, oui, pour être frères du misérable, du serf, du fellah, du prolétaire, du déshérité, de l'exploité, du trahi, du vaincu, du vendu, de l'enchaîné, du sacrifié, de la prostituée, du forçat, de l'ignorant, du sauvage, de l'esclave, du nègre, du condamné et du damné, oui, nous sommes tes fils, Révolution ! »</p>
<p>Toute l'expérience historique mondiale démontre que les révolutions sont les locomotives du changement social et politique.</p>
<p>« Les révolutions sont les locomotives de l'Histoire », disait Karl Marx</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4564" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4564</a></p>
<p>L'histoire mondiale des révolutions est bien plus riche qu'on ne le croit souvent.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4551" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4551</a></p>
<p>Quelques dates sous forme d'éphémérides</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7245" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7245</a></p>
<p>Des grandes vagues internationales</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5347" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5347</a></p>
<p>Chronologie mondiale de la révolution sociale</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_r%C3%A9volutions_et_de_r%C3%A9bellions" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_r%C3%A9volutions_et_de_r%C3%A9bellions</a></p>
<p>Qu'est-ce que la révolution ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article657" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article657</a></p>
<p>Comment naissent les révolutions ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2195" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2195</a></p>
<p>Encore et à nouveau sur la révolution</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4216" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4216</a></p>
<p>Quelles leçons nous tirons des révolutions du passé ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3374" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3374</a></p>
<p>La logique de la révolution</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3436" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3436</a></p>
<p>Dialectique et révolution sociale</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774</a></p>
<h2 class="spip">Qui a arrêté les guerres ? La révolution !</h2>
<p>De l'antiquité …</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article5218" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article5218</a></p>
<p>… à nos jours</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4677" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4677</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4176" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4176</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4687" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4687</a></p>
<p>Chronologie des révolutions bourgeoises et populaires en Europe</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article442" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article442</a></p>
<p>La révolution parisienne d'Etienne Marcel (1358) a arrêté un temps la guerre de cent ans.</p>
<p>Les révoltes populaires ont arrêté la guerre des deux Roses (1455-1487) entre féodaux anglais.</p>
<p>La révolution des Pays-Bas (1566) arrête la guerre du roi d'Espagne</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Gueux" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Gueux</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Quatre-Vingts_Ans" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Quatre-Vingts_Ans</a></p>
<p>La révolte du peuple espagnol a arrêté la guerre de Napoléon 1er de 1808.</p>
<p>La révolution de la Commune de Paris (1871) a arrêté la guerre franco-allemande de 1870.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/commune/kmfecom02.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/commune/kmfecom02.htm</a></p>
<p>Les révolutions russe (1917) et allemande (1918) mais aussi hongroise et européenne ont arrêté la première guerre mondiale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4466" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4466</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2075" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2075</a></p>
<p>Les révolutions en Italie, en Asie (Vietnam, Corée, Inde, Indonésie, Philippines, etc) et dans les pays coloniaux et la menace de révolutions dans les pays vaincus (Allemagne, Japon notamment) ont arrêté la deuxième guerre mondiale.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article94" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article94</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article91" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article91</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article59" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article59</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique46" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique46</a></p>
<h2 class="spip">Qui a brisé les dictatures ? La révolution !</h2>
<p>La révolution égyptienne a par deux fois fait chuter le pouvoir des pharaons pour des décennies.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222</a></p>
<p>Les révolutions se sont attaqué à toutes sortes de dictatures dans l'Antiquité.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046</a></p>
<p>La révolte des boxers a fait tomber finalement l'empire de Chine, l'une des plus grandes dictatures sanglantes du monde, et provoqué la formation de la république</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Boxers" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Boxers</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Chine_(1912-1949" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Chine_(1912-1949</a>)</p>
<p>La révolution française a démoli la royauté et le féodalisme.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6804" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6804</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_10_ao%C3%BBt_1792" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_10_ao%C3%BBt_1792</a></p>
<p>La révolution russe a détruit l'empire des tsars et la dictature capitaliste dans une partie de l'Europe.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1503" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1503</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4940" class="spip_url auto" rel="nofollow">http://www.matierevolution.org/spip.php?article4940</a></p>
<p>La révolution allemande a détruit l'empire du kaiser.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5983" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5983</a></p>
<p>Tous les empires ont été détruits…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5700" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5700</a></p>
<p>La révolution a fait chuter les dictateurs égyptien et tunisien.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1895" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1895</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1842" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1842</a></p>
<h2 class="spip">Qui a détruit l'esclavage et le colonialisme ? La révolution !</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5334" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5334</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4980" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4980</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4417" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4417</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4026" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4026</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3983" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3983</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1010" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1010</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2506" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2506</a></p>
<h2 class="spip">Qui a changé le système social ? La révolution !</h2>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique24" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique24</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342</a></p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2010-1-page-43.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2010-1-page-43.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227</a></p>
<h2 class="spip">Qui a bloqué les coups d'état fascistes ? La révolution !</h2>
<p>Le coup d'état de Kornilov par exemple…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr33.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr33.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr34.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr34.htm</a></p>
<p>Le putsch de Kapp en Allemagne</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/radek/works/1920/11/kapp.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/radek/works/1920/11/kapp.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/broue/works/1971/00/broue_all_18.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/broue/works/1971/00/broue_all_18.htm</a></p>
<h2 class="spip">Qui a fait reculer les impérialismes ? La révolution !</h2><h2 class="spip">Qui a supprimé les anciennes classes exploiteuses ? La révolution !</h2>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm</a></p>
<h2 class="spip">Qui a supprimé les vieilles lois et institutions du passé ? La révolution !</h2>
<p>Les révolutions sont les locomotives de l'histoire.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/km18500301d.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/km18500301d.htm</a></p>
<h2 class="spip">Qui fait avancer l'Histoire ? La révolution !</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article51" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article51</a></p>
<h2 class="spip">Qui a bouleversé la pensée, la philosophie, les vieux idéalismes et vieilles religions, la science ? La révolution !</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2680" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2680</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3655</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4018" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4018</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6710" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6710</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4050</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4903" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4903</a></p>
<p>Le monde progresse par bonds…</p></div>
La théorie des facteurs historiques et la conception matérialiste de l'histoire
http://www.matierevolution.org/spip.php?article7897
http://www.matierevolution.org/spip.php?article78972025-02-15T23:09:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>La théorie des facteurs historiques et la conception matérialiste de l'histoire <br class='autobr' />
Antonio Labriola <br class='autobr' /> Il est une question à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : qu'est-ce qui a donné naissance à la croyance aux facteurs historiques ? C'est là une expression familière à beaucoup d'esprit et que l'on retrouve fréquemment dans les écrits de beaucoup d'érudits, de savants et de philosophes, et de ces commentateurs qui, par leurs raisonnements ou leurs combinaisons, ajoutent un peu à la (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
<div class='rss_texte'><p>La théorie des facteurs historiques et la conception matérialiste de l'histoire</p>
<p>Antonio Labriola</p>
<p> Il est une question à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : qu'est-ce qui a donné naissance à la croyance aux facteurs historiques ? C'est là une expression familière à beaucoup d'esprit et que l'on retrouve fréquemment dans les écrits de beaucoup d'érudits, de savants et de philosophes, et de ces commentateurs qui, par leurs raisonnements ou leurs combinaisons, ajoutent un peu à la simple narration historique, et se servent de cette opinion comme d'une hypothèse pour s'orienter dans la masse immense des faits humains, qui, à première vue et après un premier examen, apparaissent si confus et irréductibles. Cette croyance, cette opinion courante est devenue pour les historiographes qui raisonnent, ou même rationalistes, une demi doctrine, qui a été récemment plusieurs fois alléguée, comme un argument décisif, contre la théorie unitaire de la conception matérialiste. Et même, cette croyance est si bien enracinée et cette opinion si répandue, qu'on ne peut comprendre l'histoire que comme la rencontre et l'incidence de divers facteurs, de sorte que beaucoup de ceux qui parlent de matérialisme social, qu'ils en soient partisans ou adversaires, croient se tirer d'embarras en affirmant, que toute cette doctrine consiste en ceci, qu'elle attribue la prépondérance ou l'action décisive au facteur économique.</p>
<p>II est très important de se rendre compte de la façon dont est née cette croyance, cette opinion, ou cette demi-doctrine, parce que la critique véritable et féconde consiste principalement à connaître et à comprendre ce qui a motivé ce que nous proclamons une erreur. Il ne suffit pas de repousser une opinion, en la qualifiant de fausse. L'erreur doctrinale est toujours née de quelque côté mal compris d'une expérience incomplète, ou de presque imperfection subjective. Il ne suffit pais de repousser l'erreur : il faut la vaincre, et la dépasser, en l'expliquant.</p>
<p>Tout historien, au début de son oeuvre, fait, pour ainsi dire, un acte d'abstraction. D'abord il pratique comme une coupure dans une série continue d'événements ; puis il ne tient pas compte de présuppositions et de précédents nombreux et variés ; bien plus il déchire et il décompose un tissu embrouillé. Pour commencer il faut pourtant qu'il fixe un point, une ligne, un terme de son choix, et qu'il dise par exemple : je veux raconter les débuts de la guerre entre les Grecs et les Perses, rechercher comment Louis XVI fut amené à convoquer les États Généraux. Le narrateur se trouve, en un mot, devant un complexus de faits arrivés, et de faits sur le point de se produire, qui, dans leur ensemble, présentent une certaine configuration. C'est de cette attitude que dépend la façon d'être et le style de toute narration ; parce que, pour la composer, il faut prendre comme point de départ des choses déjà arrivées, pour voir ensuite comment elles ont continué à devenir.</p>
<p>Cependant dans ce complexus il faut introduire une certaine part d'analyse, en le résolvant en groupes et en aspects de faits, ou en éléments concourants, qui apparaissent ensuite à un certain moment comme des catégories autonomes. C'est l'État dans une certaine forme et avec certains pouvoirs ; ce sont les lois, qui déterminent, par ce qu'elles commandent ou ce qu'elles prohibent, certains rapports ; ce sont les moeurs et les coutumes, qui nous révèlent des tendances, des besoins, des façons de penser, de croire, d'imaginer ; dans l'ensemble c'est une multitude d'hommes vivant ensemble et collaborant, avec une certaine répartition des tâches et des occupations ; on note ensuite les pensées, les idées, les inclinations, les passions, les désirs, les aspirations, qui naissent et se développent de ce mode varié de coexistence et de ses frottements. Qu'un changement se produise, et il se révélera dans un des côtés ou des aspects du complexus empirique, ou dans tous ceux-ci dans un temps plus ou moins long : par exemple, l'État agrandit ses frontières, ou change ses limites internes envers la société, en augmentant ou en diminuant ses pouvoirs et ses attributions, ou en changeant le mode d'action de celles-ci ou de ceux-là ; ou bien le droit modifie ses dispositions, ou il s'exprime et s'affirme dans de nouveaux organes ; ou bien finalement, derrière le changement des habitudes extérieures et quotidiennes, on découvre un changement dans les sentiments, et dans les pensées, et dans les inclinations des hommes diversement distribués dans les différentes classes sociales, qui se mêlent, s'altèrent, se déplacent, disparaissent ou se renouvellent. Pour comprendre tout cela dans ses formes et contours extérieurs suffisent les dons courants de l'intelligence normale, j'entends, de celle qui n'est pas aidée encore, ni corrigée ou complétée, par la science proprement dite. Enfermer dans des confins précis un ensemble de tels changements, c'est l'objet véritable et propre de la narration, qui est d'autant plus nette, vivante et exacte, qu'elle prend la forme d'une monographie : c'est par exemple Thucydide dans la Guerre du Péloponèse.</p>
<p>La société déjà devenue d'une certaine façon, la société déjà arrivée à un certain degré de développement, la société déjà si compliquée qu'elle cache l'infrastructure économique qui supporte tout le reste, ne s'est pas révélée aux simples narrateurs, sinon dans ces faits visibles, dans ces résultats les plus apparents, dans ces symptômes les plus significatifs, que sont les formes politiques, les dispositions légales et les passions des partis. Le narrateur, et parce qu'il lui manque une doctrine théorique sur les sources véritables du mouvement historique, et par l'attitude même qu'il prend au sujet des choses qu'il réunit dans les apparences de leur devenir, ne peut pas les réduire à l'unité, sinon comme un résultat de la seule intuition immédiate, et, s'il est artiste, cette intuition se colore dans son esprit, et s'y transforme en action dramatique. Sa tâche est terminée s'il réussit à encadrer un certain nombre de faits et d'événements dans des limites et des confins sur lesquels le regard peut se mouvoir comme sur une claire perspective ; de la même manière, le géographe purement descriptif a accompli toute sa tâche, s'il renferme dans un dessein vif et net le concours des causes physiques qui déterminent l'aspect intuitif du golfe de Naples, par exemple, sans remonter à sa genèse.</p>
<p>C'est dans ce besoin de la configuration narrative qu'est l'occasion première, intuitive, palpable, et je dirai presque, esthétique et artistique, de toutes ces abstractions et de ces généralisations, qui finalement se résument dans la demi-doctrine des soi-disant facteurs.</p>
<p>Voici deux hommes insignes, les Gracques : qui voulurent mettre un terme au processus d'appropriation de l'ager publicus, et empêcher l'agglomération du latifundium, qui diminue ou fait disparaître complètement la classe des petits propriétaires, c'est-à-dire des hommes libres, qui sont le fondement et la condition de la vie démocratique de la cité antique. Quelles furent les causes de leur insuccès ? Leur but est clair : leur esprit, leur origine, leur caractère, leur héroïsme l'illustrent. Ils ont contre eux d'autres hommes, avec d'autres intérêts et avec d'autres desseins. La lutte n'apparaît d'abord a l'esprit que comme une lutte d'intentions et de passions, qui se déroule et se termine à l'aide des moyens que permettent les formes politiques de l'État, et l'emploi ou l'abus des pouvoirs publics. Voici le milieu : la cité dominatrice de différentes manières sur d'autres cités, ou sur des territoires ayant perdu tout caractère d'autonomie ; et à l'intérieur de cette cité une assez grande différenciation de riches et de pauvres ; et a côté de la troupe peu nombreuse des oppresseurs et des tout-puissants, la masse immense des prolétaires, qui sont en train de perdre ou qui ont déjà perdu la conscience et la force politique d'une plèbe de citoyens, la masse qui se laisse par suite tromper et corrompre, et qui bientôt sera pourrie, comme un accessoire servile des exploiteurs de haut bord. C'est là la matière du narrateur, qui ne peut se rendre compte du fait, sinon dans les conditions immédiates du fait lui-même. L'unité intuitive forme la scène sur laquelle les événements se déroulent, et pour que la narration ait du relief, un thème et une perspective, il faut des points d'orientation et des moyens de réduction.</p>
<p>C'est en cela que consiste l'origine première de ces abstractions qui dépouillent petit à petit de leur qualité de simples cotés ou aspects d'un ensemble, ces cotés divers d'un complexus social donné, et c'est ensuite leur généralisation qui petit à petit conduit a la doctrine des facteurs.</p>
<p>Ceux-ci, en d'autres termes, je veux parler des facteurs, naissent. dans l'esprit, comme une suite de l'abstraction et de la généralisation des aspects immédiats du mouvement apparent, et ils ont une valeur égale à celle de tous les autres concepts empiriques. Quel que soit le domaine du savoir où ils sont, ils persistent jusqu'à ce qu'ils soient réduits et éliminés par une nouvelle expérience, ou qu'ils soient absorbés par une conception plus générale, génétique, évolutive ou dialectique.</p>
<p>N'était-il pas nécessaire, que dans l'analyse empirique et dans l'étude immédiate des causes et des effets de certains phénomènes déterminés, par exemple, des phénomènes de la chaleur, l'esprit s'arrêtât d'abord à cette présomption et à cette persuasion qu'il pouvait et devait attribuer à un sujet, qui, s'il ne fut jamais pour aucun physicien une véritable entité substantielle, fut certainement considéré comme une force déterminée et spécifique, la chaleur. Or voici qu'à un moment donné, à la suite de nouvelles expériences, cette chaleur se résout, dans des conditions données, en une certaine quantité de mouvement. Bien plus, la pensée est en train de résoudre tous ces facteurs physiques, y compris l'atome, dans le flux d'une énergétique universelle.</p>
<p>N'était-il pas inévitable, comme stade premier de la connaissance en ce qui concerne le problème de la vie, de dépenser un temps considérable dans l'étude séparée des organes et de les réduire en systèmes ? Sans cette anatomie, qui semble trop matérielle et trop grossière, aucun progrès dans les études n'eût été possible ; et pourtant au-dessus de la genèse et de la coordination inconnues d'une telle multiplicité analytique, tournoyaient incertains et vagues les concepts génériques de vie, d'âme, etc. Dans ses créations mentales on vit, pendant longtemps, cette unité biologique, qui a finalement trouvé son objet dans le commencement certain de la cellule, et dans son processus de multiplication immanente.</p>
<p>Plus difficile fut certainement le chemin, que la pensée dut parcourir pour reconstruire la genèse de tous les faits de la vie psychique, depuis les sensations les plus élémentaires jusqu'aux produits dérivés les plus complexes. Non seulement pour des raisons de difficultés théoriques, mais par suite de préjugés populaires, l'unité et la continuité des phénomènes psychiques apparut même à Herbart, comme séparée et divisée en autant de facteurs, les facultés de l'âme.</p>
<p>L'interprétation des processus historico-sociaux est passée par les mêmes difficultés ; elle aussi a dû s'arrêter d'abord dans la vue provisoire des facteurs. Et, cela étant, il nous est facile maintenant de retrouver l'origine première de cette opinion dans le besoin qu'ont les historiens narrateurs de trouver dans le fait qu'ils racontent avec plus ou moins de talent artistique, et dans des vues différentes d'enseignement, des points d'orientation immédiate, comme en peut offrir l'étude du mouvement apparent des choses humaines.</p>
<p>Mais dans ce mouvement apparent, il y a les éléments d'une vue plus exacte. Ces facteurs concourants, que l'abstraction conçoit et qu'elle isole ensuite, on ne les a jamais vus agissant chacun pour soi, parce que, bien plus, ils agissent d'une manière telle, qu'elle donne naissance au concept de l'action réciproque. De plus, ces facteurs sont eux aussi nés à un moment donné, et ils ont plus tard seulement acquis cette physionomie qu'ils ont dans la narration particulière.</p>
<p>Cet État, on savait bien qu'il était né à un moment donné. Pour chaque règle de droit, ou bien on se souvenait, ou bien on conjecturait, qu'elle était entrée en vigueur dans telle ou telle circonstance. Pour beaucoup de coutumes, on se souvenait qu'elles avaient été introduites à un moment donné ; et la plus simple comparaison des faits, dans divers temps ou divers lieux, montrait comment la société dans son ensemble, et en tant que somme de classes différentes, avait pris et prenait continuellement des formes diverses.</p>
<p>L'action réciproque des différents facteurs, sans laquelle pas même la plus simple narration ne serait possible, comme les renseignements plus ou moins exacts sur les origines et les variations des facteurs eux-mêmes, sollicitaient la recherche et la pensée, plus que ne le faisait la narration configurative de ces grands historiens qui sont de véritables artistes. Et, en effet, les problèmes qui naissent spontanément des données de l'histoire, combinés avec d'autres éléments théoriques, donnèrent naissance aux différentes disciplines dites pratiques, qui, d'une façon plus ou moins rapide et avec des succès divers, se sont développées, depuis les anciens jusqu'à nos jours : l'Éthique et la Philosophie du droit, la Politique et la Sociologie, le Droit et l'Économie.</p>
<p>Or, avec la naissance et la formation de tant de disciplines, par l'inévitable division du travail, se multiplient hors de mesure, les points de vue. II est certain que pour l'analyse première et immédiate des aspects multiples du complexus social, il fallait un long travail d'abstraction partielle ; ce qui a toujours pour inévitable conséquence des vues unilatérales. C'est ce qu'on a pu constater, d'une manière plus nette et plus évidente que pour tout autre domaine, pour le droit et pour ses diverses généralisations y compris la philosophie du droit. Par suite de ces abstractions, qui sont inévitables dans l'analyse particulière et empirique, et par l'effet de la division du travail, les divers côtés et les manifestations diverses du complexus social furent, de temps en temps, fixés et immobilisés en concepts généraux et en catégories. Les œuvres, les effets, les émanations, les effusions de l'activité humaine, (droit, formes économiques, principes de conduite, etc.) furent comme traduits et transformés en lois, en impératifs et en principes qui demeurèrent placés au-dessus de l'homme lui-même.</p>
<p>Et de temps en temps on a dù à nouveau découvrir cette vérité simple que le seul fait permanent et sûr, c'est-à-dire la seule donnée, d'où part et à laquelle se réfère toute discipline pratique particulière, ce sont : les hommes groupés dans une forme sociale déterminée, au moyen de liens déterminés. Les différentes disciplines analytiques, qui illustrent les faits qui se développent dans l'histoire, ont fini par faire naître le besoin d'une science sociale commune et générale, qui rende possible l'unification des processus historiques. Et la doctrine matérialiste marque précisément le terme dernier, la cime de cette unification.</p>
<p>Mais ce n'a pas été, comme ce ne sera jamais du temps perdu que celui qui est dépensé dans l'analyse préliminaire et latérale des faits complexes. Nous devons à la division méthodique du travail l'érudition précise, c'est-à-dire la masse des connaissances passées au crible, systématisés, sans lesquelles l'histoire sociale planerait toujours dans un domaine purement abstrait, dans les questions de forme et de terminologie. L'étude séparée des facteurs historico-sociaux a servi, comme sert toute autre étude empirique qui ne dépasse pas le mouvement apparent des choses, à perfectionner les instruments d'observation, et à permettre de retrouver dans les faits eux-mêmes, que l'on a abstraits artificiellement, les pierres d'attente qui les lient au complexus social. Les différentes disciplines qui sont considérées comme isolées et indépendantes dans l'hypothèse des facteurs concourant à la formation historique, et par suite du degré de développement qu'elles ont atteint, des matériaux qu'elles ont recueilli, et par les méthodes qu'elles ont élaborées, sont devenues aujourd'hui pour nous tout à fait indispensables, lorsqu'on veut reconstruire une partie quelconque des temps passés. Qu'en serait-il de notre science historique sans l'unilatéralité de la Philologie qui est l'instrument fondamental de toute recherche, et ou aurait-on jamais trouvé le fil d'une histoire des institutions juridiques, qui renvoit ensuite d'elle-même à tant d'autres faits et à tant d'autres combinaisons, sans la foi obstinée des romanistes dans l'excellence universelle du Droit Romain, qui a engendré, avec le droit généralisé et avec la Philosophie du Droit, tant de problèmes qui servent de point de départ à la Sociologie ?</p>
<p>C'est ainsi, après tout, que les facteurs historiques, dont tant de monde parle et dont il est parlé dans tant d'ouvrages, indiquent quelque chose qui est beaucoup moins que la vérité, mais beaucoup plus que la simple erreur, dans le sens grossier de bévue, d'illusion. Ils sont le produit nécessaire d'une connaissance, qui est en voie de développement et de formation. Ils naissent du besoin de s'orienter dans le spectacle confus que les choses humaines présentent à qui veut les raconter ; et ils servent ensuite, pour ainsi dire, de titre, de catégorie, d'indice à cette division inévitable du travail, par l'extension de laquelle a été jusqu'à maintenant théoriquement élaborée la matière historico-sociale. Dans ce domaine des connaissances, de même que dans celui des sciences naturelles, l'unité de principe réel et l'unité de traitement formel ne se trouvent jamais de prime abord, mais seulement après un long chemin embarrassé : de sorte que, de ce point de vue encore, l'analogie affirmée par Engels entre la découverte du matérialisme historique et celle de la conservation de l'énergie** nous semble excellente.<br class='autobr' />
(**Voir aussi Anti-Dühring chap. 5 et 6 - note du transcripteur)</p>
<p>L'orientation provisoire, d'après le système commode de ce qu'on appelle les facteurs, peut, dans des circonstances données, nous être utile à nous aussi, qui professons un principe tout à fait unitaire de l'interprétation historique c'est-à-dire, si nous ne voulons pas simplement rester dans le domaine de la théorie, mais si nous voulons, par une recherche personnelle, illustrer une période déterminée de l'histoire. Comme, dans ce cas, il nous faut procéder à la recherche directe et de détail, il faut tout d'abord que nous suivions les groupes de faits qui semblent, ou prééminents, ou indépendants, ou détachés, dans les aspects de l'expérience immédiate. Il ne faudrait pas s'imaginer, en effet, que le principe unitaire de si grande évidence auquel nous sommes arrivés dans la conception générale de l'histoire puisse, comme un talisman, valoir toujours, et à première vue, comme un moyen infaillible pour résoudre en éléments simples l'appareil immense et l'engrenage compliqué de la société. La structure économique sous-jacente qui détermine tout le reste, n'est pas un simple mécanisme, d'où émergent, comme des effets automatiques et machinaux immédiats, les institutions, les lois, les coutumes, les pensées, les sentiments, les idéologies. De cette infrastructure à tout le reste, le processus de dérivation et de médiation est très compliqué, souvent subtil et tortueux, pas toujours déchiffrable.</p>
<p>L'organisation sociale est, comme nous le savons déjà, continuellement instable, bien que cela ne semble évident à tout le monde, que lorsque l'instabilité entre dans cette période aiguë que l'on appelle une révolution. Cette instabilité, avec les luttes continuelles dans le sein de cette même société organisée, exclut la possibilité pour les hommes de s'accommoder d'un acquiescement, qui pourrait faire que les hommes recommencent à vivre d'une vie animale. Ce sont les antagonismes qui sont la cause principale du progrès (Marx). Mais il est également vrai, cependant. que dans cette organisation instable, dans laquelle nous est donnée la forme inévitable de la domination et de la sujétion, l'intelligence s'est toujours développée, non seulement inégalement, mais assez imparfaitement, incongrûment et partiellement. II y eut et il y a encore dans la société comme une hiérarchie de l'intelligence, et des sentiments et des idéations. Supposer que les hommes, toujours et dans tous les cas, ont eu une conscience à peu près claire de leur propre situation, et de ce qu'il était le plus rationnel de faire, c'est supposer l'invraisemblable, bien plus l'inexistant.</p>
<p>Formes de droit, actions politiques et tentatives d'organisation sociale, furent, comme elles le sont encore, tantôt heureuses, tantôt erronées c'est-à-dire disproportionnées et impropres. L'histoire est pleine d'erreurs ; ce qui signifie, que si tout fut nécessaire, étant donnée l'intelligence relative de ceux qui avaient à résoudre une difficulté ou a trouver une solution a un problème donné, etc., si tout a une raison suffisante, tout ne fut pas raisonnable, dans le sens que les optimistes donnent à ce mot. A la longue, les causes déterminantes de toutes les mutations, c'est-à-dire les conditions économiques modifiées, ont fini et finissent par faire trouver, quelquefois par des voies assez tortueuses, les formes de droit conformes, les ordres politiques adaptés, et les modes plus ou moins parfaits de l'accommodation sociale. Mais il ne faut pas croire que la sagesse instinctive de l'animal raisonnable se soit manifestée, ou se manifeste, sic et simpliciter, dans l'intelligence pleine et claire de toutes les situations ; et qu'il ne nous reste à faire très simplement que le chemin déductif de la situation économique à tout le reste. L'ignorance (qui, à son tour, peut être expliquée) est une raison d'importance de la manière dont l'histoire s'est faite ; et, à l'ignorance, il faut ajouter la bestialité qui n'est jamais complètement vaincue, et toutes les passions et toutes les injustices, et les diverses formes de corruption, qui furent et sont le produit nécessaire d'une société organisée de telle sorte que la domination de l'homme sur l'homme y est inévitable, et que de cette domination le mensonge, l'hypocrisie, l'outrecuidance et la lâcheté furent et sont inséparables. Nous pouvons, sans être utopistes, mais seulement parce que nous sommes communistes critiques, prévoir, comme nous prévoyons, en effet, l'avènement d'une société, qui se développant de la société présente et de ses contrastes mêmes, par les lois immanentes du devenir historique, aboutira a une association sans antagonismes de classes : ce qui aurait pour conséquence que la production réglée éliminerait de la vie le hasard, qui se révèle jusqu'ici dans l'histoire comme une cause multiforme d'accidents et d'incidences. Mais c'est là l'avenir, et ce n'est, ni le présent, ni le passé. Si nous nous proposons, au contraire de pénétrer dans les événements historiques qui se sont développés jusqu'à nos jours, en prenant, comme nous le faisons, pour fil conducteur les variations des formes de la structure économique sous-jacente, jusqu'à la donnée plus simple des variations de l'instrument, nous devons avoir une pleine conscience de la difficulté du problème que nous nous proposons : parce qu'il ne s'agit pas ici d'ouvrir les yeux et de regarder, mais d'un très grand effort de la pensée, qui se propose de triompher du spectacle multiforme de l'expérience immédiate, pour en réduire les éléments dans une série génétique. C'est pour cela que je disais que, dans les recherches particulières, il nous faut, nous aussi, partir de ces groupes de faits en apparence isolés, et de cet ensemble bariolé, de l'étude empirique en un mot, d'où est née la croyance aux facteurs, devenue ensuite une demi-doctrine.</p>
<p>II ne sert de rien de vouloir contrebalancer ces difficultés de fait par l'hypothèse métaphorique, souvent équivoque, et après tout d'une valeur purement analogique, du soi-disant organisme social. II fallait aussi que l'esprit passât même par cette hypothèse, devenue en si peu de temps de la pure et simple phraséologie. Elle couve, en effet, la compréhension du mouvement historique, comme naissant des lois immanentes de la société elle-même, et exclut par là l'arbitraire, le transcendant et l'irrationnel. Mais la métaphore n'a pas plus de portée ; et la recherche particulière, critique et circonstanciée des faits historiques est la seule source de ce savoir concret et positif, qui est nécessaire au développement complet du matérialisme économique.</p></div>
Chronologie des révoltes en Corée
http://www.matierevolution.org/spip.php?article8201
http://www.matierevolution.org/spip.php?article82012024-03-08T23:19:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolteCorée KoreaLutte de classes - Class struggleCorée du sud
<p>Chronologie des révoltes en Corée <br class='autobr' />
Années 900 : révoltes paysannes <br class='autobr' />
Révolte menée par l'esclave Manjǒk (1190) <br class='autobr' />
Révolte de Sam-byŏlch'o (1273) <br class='autobr' />
https://books.google.fr/books?id=QFPsi3IK8gcC&pg=PA168&lpg=PA168&dq=korea+Sam-by%C5%8Flch%27o&source=bl&ots=MVXzoKXaXF&sig=ACfU3U08QU59EkMcbI67IotklR2ExAOyVA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi71tOIndH8AhVPUKQEHQ7PDDoQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=korea%20Sam-by%C5%8Flch'o&f=false <br class='autobr' />
Années 1800 <br class='autobr' />
La confiscation du (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot142" rel="tag">Corée Korea</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot300" rel="tag">Corée du sud</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Chronologie des révoltes en Corée</h2>
<p>Années 900 : révoltes paysannes</p>
<p>Révolte menée par l'esclave Manjǒk (1190)</p>
<p>Révolte de Sam-byŏlch'o (1273)</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=QFPsi3IK8gcC&pg=PA168&lpg=PA168&dq=korea+Sam-by%C5%8Flch%27o&source=bl&ots=MVXzoKXaXF&sig=ACfU3U08QU59EkMcbI67IotklR2ExAOyVA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi71tOIndH8AhVPUKQEHQ7PDDoQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=korea%20Sam-by%C5%8Flch" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://books.google.fr/books?id=QFPsi3IK8gcC&pg=PA168&lpg=PA168&dq=korea+Sam-by%C5%8Flch%27o&source=bl&ots=MVXzoKXaXF&sig=ACfU3U08QU59EkMcbI67IotklR2ExAOyVA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi71tOIndH8AhVPUKQEHQ7PDDoQ6AF6BAgGEAM#v=onepage&q=korea%20Sam-by%C5%8Flch</a>'o&f=false</p>
<p>Années 1800</p>
<p>La confiscation du pouvoir par quelques familles aristocratiques entraine une désorganisation de l'État. La corruption se développe. L'accès à certaines responsabilités régionales ou locales se monnaye, et une fois en place les nouveaux responsables n'hésitent pas à augmenter illégalement les taxes collectées auprès des paysans pour couvrir leurs frais. Le coût repose alors sur les paysans qui se révoltent à plusieurs reprises, ou basculent dans le brigandage. En 1812 un rébellion menée par Hong Kyŏng-nae agite la province de P'yŏngan, et en 1862 des troubles similaires éclatent dans celle de Kyŏngsang. Ces révoltes paysannes vont faire émerger une personnalité comme Choe Je-u, dont l'action va prendre un tour doctrinaire avec la création du mouvement Cheondoïsme. La capitale Séoul est elle aussi touchée par des agitations violentes en 1833. <br class='autobr' />
Les troubles ébranlent aussi la classe des Yangban sur laquelle prend traditionnellement appui le régime. Des purges violentes touchent de nouveaux les lettrés en 1801 puis en 1839. Des Yangban déclassés se joignent aussi ponctuellement aux mouvements paysans quand, ils ne participent pas par leurs textes à critiquer les dérives du système politique.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Cor%C3%A9e#Jinwung_Kim_2012" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Cor%C3%A9e#Jinwung_Kim_2012</a></p>
<p>Rébellion paysanne du Donghak (1894)</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_paysanne_du_Donghak" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_paysanne_du_Donghak</a></p>
<p>Soulèvement du 1er mars 1919<br class='autobr' />
Le mouvement de protestation le plus célèbre fut celui du Samil. Préparé par un petit groupe d'intellectuels et de religieux, ce mouvement pacifiste visait à montrer aux Japonais que les Coréens ne se laisseraient pas faire. Par le biais de journaux non autorisés, la déclaration d'indépendance ainsi que des consignes de résistance ont pu circuler auprès de tout le monde. Des milliers de personnes se sont réunis par la suite, chantant à plein poumon leur hymne national et clamant avec ferveur leur désir d'indépendance. La réponse japonaise ? Emprisonnements, tortures et exécutions. Cette colonisation laissa une plaie béante dans le cœur des Coréens et une forte rancœur en particulier, car les Japonais n'ont jamais reconnu leurs actions.</p>
<p><a href="https://www.petitfute.com/p203-coree-du-sud/histoire/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.petitfute.com/p203-coree-du-sud/histoire/</a></p>
<p>Manifestations pour l'indépendance de la Corée suivie d'une répression anticommuniste (1926-1928)</p>
<p>Révolte contre l'occupation japonaise (1929)</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Cor%C3%A9e_durant_la_colonisation_japonaise" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Cor%C3%A9e_durant_la_colonisation_japonaise</a></p>
<p>Révolte et répression de Syngman Rhee (1948-1949)</p>
<p>Le gouvernement Syngman Rhee prend vite un tournant très autoritaire, plaçant d'anciens collaborateurs à des postes clefs de l'armée, et réprime très durement des révoltes à Jeju à partir de mai 1948, tuant entre 14 000 et 30 000 personnes pour mettre fin à la révolte en mai 1949</p>
<p>Manifestations suivies d'une répression brutale par Syngman Rhee (1960) qui finissent par le faire chuter. Mais, en 1961, le putsch du génral Park annule les efforts démocratiques.</p>
<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/April_Revolution" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://en.wikipedia.org/wiki/April_Revolution</a></p>
<p>Jeon Tae-Il ouvrier, militant des droits des travailleurs, s'immole par le feu à l'âge de 22 ans le 23 novembre 1970</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeon_Tae-il" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeon_Tae-il</a></p>
<p>Soulèvement de Gwangju (1980)</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_de_Gwangju" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_de_Gwangju</a></p>
<p><a href="https://bonjour-coree.org/soulevement-de-gwangju/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://bonjour-coree.org/soulevement-de-gwangju/</a></p>
<p>Violentes manifestations contre la dictature à Séoul (1986)</p>
<p>Révolte contre la dictature (1987)</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_d%C3%A9mocratiques_de_juin" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_d%C3%A9mocratiques_de_juin</a></p>
<p>Trois révoltes en Corée du sud (1945-1960-1980)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680</a></p>
<p>Grève générale (1997)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article98" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article98</a></p>
<p>Grèves (1998)</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/1998/07/les-greves-massives-sintensifient-en-coree-du-sud-795725" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/1998/07/les-greves-massives-sintensifient-en-coree-du-sud-795725</a></p>
<p>Luttes de classes (1987-2008)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article541" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article541</a></p>
<p>Dénonciation ouvrière par suicide (2003)</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/406.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/406.html</a></p>
<p>Luttes sociales (2008)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article728" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article728</a></p>
<p>Grèves (2009)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1334" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1334</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1333" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1333</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve83" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve83</a></p>
<p>Lourde répression (2011)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve446" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve446</a></p>
<p>Grèves (2012)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2471" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2471</a></p>
<p>Grève (2015)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve740" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve740</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve758" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve758</a></p></div>
La guerre au néolithique est le produit de l'apparition de l'exploitation de l'homme rendue possible par l'agriculture
http://www.matierevolution.org/spip.php?article8714
http://www.matierevolution.org/spip.php?article87142024-02-29T23:44:00Ztext/htmlfrRobert ParisGuerre WarPréhistoire
<p>La guerre au néolithique est le produit de l'apparition de l'exploitation de l'homme rendue possible par l'agriculture <br class='autobr' />
Nous appelons « néolithique » la période préhistorique où l'on retrouve non seulement des outils lithiques (des pierres taillées) d'un certain type (pierres polies) mais également le modelage et la cuisson des poteries. Nous ne rappelons ces changements en premier que parce que l'archéologie tombe plus aisément sur ce type de restes qui facilitent la datation des périodes. (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot287" rel="tag">Préhistoire</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La guerre au néolithique est le produit de l'apparition de l'exploitation de l'homme rendue possible par l'agriculture</h2>
<p>Nous appelons « néolithique » la période préhistorique où l'on retrouve non seulement des outils lithiques (des pierres taillées) d'un certain type (pierres polies) mais également le modelage et la cuisson des poteries. Nous ne rappelons ces changements en premier que parce que l'archéologie tombe plus aisément sur ce type de restes qui facilitent la datation des périodes. Mais ce ne sont pas les seules ni les principales transformations de l'époque dite du néolithique : il faut également citer la révolution agraire (élevage, domestication des animaux, culture en quantité), et aussi des changements sociaux radicaux (multiplication démographique, villages et villes, généralisation de l'échange commercial, monnaie, grand commerce, artisanat de luxe, apparition de l'exploitation de l'homme, des classes sociales et de la lutte de ces classes entre elles avec notamment des révolutions sociales renversant l'ancienne société, apparition de la propriété privée, sédentarisation, naissance de l'oppression des femmes et du patriarcat, apparition de l'Etat, apparition de la guerre et des massacres de masse). Ces divers changements radicaux dans les sociétés humaines sont sans doute liés entre eux mais ne se sont pas forcément faits dans un ordre fixe, ne sont pas nécessairement liés directement par des relations simples de cause à effet même s'ils se situent tous dans la même période d'évolution des sociétés humaines. Cependant il existe certaines relations de cause à effet : l'agriculture entraine l'accumulation de richesses tirées du travail humain et rend possible l'exploitation de l'homme, permet la formation de classes sociales, cause le développement de luttes de classes et de révolutions mais aussi de guerres. Et l'une des plus meutrières de ces guerres du néolithique est celle qui a mené au massacre systématique des chasseurs-cueilleurs. L'époque des chasseurs-cueilleurs a précédé l'époque de l'agriculture mais les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs ont vécu longtemps à côté les uns des autres et ont eu de nombreuses occasions de s'affronter, parfois de manière violente, sanglante et même massive.</p>
<p>Agriculteurs et chasseurs-cuilleurs ont eu de multiples raisons de s'être affrontés et pas seulement la concurrence pour les terres, les troupeaux, les biens comestibles, toutes les richesses. Ils représentent deux système sociaux et sociétaux opposés et incompatibles. Une des raisons est l'opposition entre <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219" class="spip_out" rel="external">le communisme primitif des chasseurs-cueilleurs</a> et l'appropriatation privée des agriculteurs.</p>
<p>L'apparition de l'agriculture a représenté la création d'un surproduit issu du travail humain. Tant que les hommes ne produisaient pas plus de richesses qu'ils ne pouvaient en consommer, il était impossible qu'un homme en exploite un autre. Cette possibilité s'est transformée, de mille manières, en réalité par l'apparition de l'appropriation privée des richesses et des classes sociales.</p>
<p>L'apparition de l'exploitation (esclavage, servage, travail forcé) et celle l'Etat (bande d'hommes en armes spécialisés dans la défense de l'ordre social et des intérêts des esclavagistes) ont été déterminants dans le basculement de la société humaine dans la violence de masse.</p>
<p>La légende de Caïn et Abel (l'assassinat de l'éleveur par la cultivateur) est fréquente dans de nombreuses et recouvre des assassinats de chasseurs-cueilleurs par des agriculteurs, assassinats qui existent encore de nos jours contre les rares derniers survivants des chasseurs-cueilleurs.<br class='autobr' />
Michel Serres : « Caïn est né au Néolithique avec l'agriculture ; Abel, tout éleveur qu'il est, est demeuré chasseur-cueilleur, errant au gré des nécessités de sa subsistance. Abel est l'homme ancien, né au Paléolithique supérieur. Abel et Caïn rejouent en effet le conflit anthropologique entre le chasseur-cueilleur et l'agriculteur, le nomade et le sédentaire.</p>
<p>Conflit où l'un doit forcément tuer l'autre ?<br class='autobr' />
… Et l'autre se venger contre l'un, qui voudra à nouveau le tuer, etc. Le meurtre montre combien l'équilibre est difficile à trouver. Abel cherche l'herbe tendre pour ses bêtes, les fruits mûrs et le gibier pour se nourrir. Ses troupeaux traversent l'emblavure... »</p>
<p><a href="https://www.philomag.com/articles/michel-serres-la-revanche-dabel" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.philomag.com/articles/michel-serres-la-revanche-dabel</a></p>
<p>Les premiers agriculteurs du Néolithique auraient massacré les chasseurs-cueilleurs en Scandinavie :</p>
<p><a href="https://dailygeekshow.com/agriculteurs-scandinavie-chasseurs-cueilleurs/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://dailygeekshow.com/agriculteurs-scandinavie-chasseurs-cueilleurs/</a></p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/les-premiers-agriculteurs-du-neolithique-se-seraient-imposes-par-la-violence-en-scandinavie-218748" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/les-premiers-agriculteurs-du-neolithique-se-seraient-imposes-par-la-violence-en-scandinavie-218748</a></p>
<p>La conquête agricole de l'Europe fut-elle une aventure guerrière ?</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/guerre-et-histoire--9782705695606-page-31.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/guerre-et-histoire--9782705695606-page-31.htm</a></p>
<p>Chasseurs-cueilleurs et agriculteurs se sont affrontés mais les deux ont pu être belliqueux.</p>
<p><a href="https://www.pourlascience.fr/sd/anthropologie/les-chasseurs-cueilleurs-et-la-guerre-le-cas-des-aborigenes-17659.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pourlascience.fr/sd/anthropologie/les-chasseurs-cueilleurs-et-la-guerre-le-cas-des-aborigenes-17659.php</a></p>
<p>Alors que l'on pensait que les populations nomades européennes avaient disparu très vite après l'arrivée, il y a environ 7.500 ans, des premiers agriculteurs au niveau de l'Europe centrale, une étude montre que les deux modes de vie ont cohabité durant deux millénaires.</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-chasseurs-cueilleurs-europeens-ont-disparu-2000-ans-plus-tard-49566/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-chasseurs-cueilleurs-europeens-ont-disparu-2000-ans-plus-tard-49566/</a></p>
<p>Les agriculteurs du néolithique ont coexisté avec les chasseurs-cueilleurs pendant des siècles.</p>
<p><a href="https://decouvertes-archeologiques.blogspot.com/2018/04/les-agriculteurs-du-neolithique-ont.html?m=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://decouvertes-archeologiques.blogspot.com/2018/04/les-agriculteurs-du-neolithique-ont.html?m=1</a></p>
<p>Les chasseurs-cueilleurs ont fait de la résistance</p>
<p><a href="https://www.scienceshumaines.com/les-chasseurs-cueilleurs-ont-fait-de-la-resistance_fr_45367.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.scienceshumaines.com/les-chasseurs-cueilleurs-ont-fait-de-la-resistance_fr_45367.html</a></p>
<p>Une étude révèle que les chasseurs-cueilleurs ont eu une fin violente</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-etude-revele-chasseurs-cueilleurs-ont-eu-fin-violente-europe-voici-6-000-ans-111504/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-etude-revele-chasseurs-cueilleurs-ont-eu-fin-violente-europe-voici-6-000-ans-111504/</a></p>
<p>La violence était courante au sein des sociétés agricoles du néolithique</p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/violence-neolithique-assassinat-societes-agricoles-arme-guerre-combat-blessure-97921.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/violence-neolithique-assassinat-societes-agricoles-arme-guerre-combat-blessure-97921.html</a></p>
<p>Chasseurs-cueilleurs et agriculteurs en Europe occidentale : les échanges comme condition de la néolithisation ?</p>
<p><a href="https://books.openedition.org/editionscnrs/15710?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://books.openedition.org/editionscnrs/15710?lang=fr</a></p>
<p>L'agriculture a créé des très riches et des très pauvres. Au néolithique, les classes moyennes n'existaient pas.</p>
<p><a href="https://www.challenges.fr/france/au-neolithique-les-classes-moyennes-n-existaient-probablement-pas_77239" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.challenges.fr/france/au-neolithique-les-classes-moyennes-n-existaient-probablement-pas_77239</a></p>
<p>Une étude révèle que les chasseurs-cueilleurs ont eu une fin violente en Europe voici 6000 ans</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-etude-revele-chasseurs-cueilleurs-ont-eu-fin-violente-europe-voici-6-000-ans-111504/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-etude-revele-chasseurs-cueilleurs-ont-eu-fin-violente-europe-voici-6-000-ans-111504/</a></p>
<p>L'apparition de l'agriculture a probablement entraîné de nombreuses modifications sociales : apparition de sociétés de classe, aggravation des inégalités hommes-femmes, augmentation importante de la population mondiale mais dégradation de l'état sanitaire général des populations, entraînant le passage à un nouveau régime démographique caractérisé par une forte mortalité et une forte natalité.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture</a></p>
<p>La conquête agricole de l'Europe fut-elle une aventure guerrière</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/guerre-et-histoire--9782705695606-page-31.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/guerre-et-histoire--9782705695606-page-31.htm</a></p>
<p> L'exploitation de l'homme est née avec l'exploitation de l'agriculture.</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-1-page-97.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-1-page-97.htm</a></p>
<p>Néolithique : violence et agriculture se seraient répandus au même moment</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/neolithique-violence-et-agriculture-se-seraient-repandues-au-meme-moment-suggere-une-etude-213307" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/neolithique-violence-et-agriculture-se-seraient-repandues-au-meme-moment-suggere-une-etude-213307</a></p>
<p>Néolithisation de l'Europe</p>
<p><a href="https://books.openedition.org/editionscnrs/15710?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://books.openedition.org/editionscnrs/15710?lang=fr</a></p>
<p>La société des chasseurs-cueilleurs en voie de disparition</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5265" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5265</a></p>
<p>Caïn, le chasseur-cueilleur, qu'as-tu fait de ton frère Abel, le cultivateur ?</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article2780" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article2780</a></p></div>
« Barbarie et civilisation » de Friedrich Engels
http://www.matierevolution.org/spip.php?article8419
http://www.matierevolution.org/spip.php?article84192024-02-09T23:12:00Ztext/htmlfrRobert ParisEngels
<p>Barbarie et civilisation <br class='autobr' />
Nous avons maintenant suivi la dissolution de l'organisation gentilice dans trois grands exemples particuliers : chez les Grecs, les Romains et les Germains. Examinons, pour finir, les conditions économiques générales qui, dès le stade supérieur de la barbarie, sapèrent l'organisation gentilice de la société et l'éliminèrent tout à fait avec l'avènement de la civilisation. Ici Le Capital de Marx nous sera tout aussi nécessaire que le livre de Morgan. <br class='autobr' />
Née au stade (…)</p>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a>
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<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot41" rel="tag">Engels</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Barbarie et civilisation</h2>
<p>Nous avons maintenant suivi la dissolution de l'organisation gentilice dans trois grands exemples particuliers : chez les Grecs, les Romains et les Germains. Examinons, pour finir, les conditions économiques générales qui, dès le stade supérieur de la barbarie, sapèrent l'organisation gentilice de la société et l'éliminèrent tout à fait avec l'avènement de la civilisation. Ici Le Capital de Marx nous sera tout aussi nécessaire que le livre de Morgan.</p>
<p>Née au stade moyen, continuant à se développer au stade supérieur de l'état sauvage, la gens, autant que nos sources nous permettent d'en juger, atteint son apogée au stade inférieur de la barbarie. C'est donc par ce stade de développement que nous commencerons.</p>
<p>Ici, où les Peaux-Rouges d'Amérique devront nous servir d'exemple, nous trouvons l'organisation gentilice complètement élaborée. Une tribu s'est divisée en plusieurs gentes, généralement en deux ; chacune de ces gentes primitives se subdivise, avec l'accroissement de la population, en plusieurs gentes-filles, vis-à-vis desquelles la gens-mère fait office de phratrie ; la tribu elle-même se divise en plusieurs tribus et, dans chacune d'elles, nous retrouvons en grande partie les anciennes gentes ; une confédération unit, au moins dans certains cas, les tribus parentes. Cette organisation simple satisfait complètement aux conditions sociales dont elle est issue. Elle n'en est que le groupement propre et spontané ; elle est capable de régler tous les conflits qui peuvent naître dans une société organisée de la sorte. Les conflits extérieurs, c'est la guerre qui les résout ; elle peut se terminer par l'anéantissement de la tribu, mais jamais par son asservissement. La grandeur, mais aussi l'étroitesse de l'organisation gentilice, c'est qu'elle n'a point de place pour la domination et la servitude. A l'intérieur, il n'y a encore nulle différence entre les droits et les devoirs ; pour l'Indien, la question de savoir si la participation aux affaires publiques, à la vendetta ou autres pratiques expiatoires est un droit ou un devoir, ne se pose pas ; elle lui paraîtrait aussi absurde que de se demander si manger, dormir, chasser est un droit ou un devoir. Une division de la tribu et de la gens en différentes classes ne peut pas davantage se produire. Et ceci nous mène à examiner la base économique de cet état de choses.</p>
<p>La population est extrêmement clairsemée ; plus dense seulement au lieu de résidence de la tribu, autour duquel s'étend tout d'abord, sur un vaste rayon, le territoire de chasse, puis la forêt protectrice neutre (Schutzwald), qui le sépare des autres tribus. La division du travail est toute spontanée ; elle n'existe qu'entre les deux sexes. L'homme fait la guerre, va à la chasse et à la pêche, procure la matière première de l'alimentation et les instruments que cela nécessite. La femme s'occupe de la maison, prépare la nourriture et les vêtements ; elle fait la cuisine, elle tisse, elle coud. Chacun des deux est maître en son domaine : l'homme dans la forêt, la femme dans la maison. Chacun d'eux est propriétaire des instruments qu'il fabrique et utilise : l'homme des armes, des engins de chasse et de pêche ; la femme des objets de ménage. L'économie domestique est commune à plusieurs familles, souvent à un grand nombre de familles [1]. Ce qui se fait et s'utilise en commun est propriété commune : la maison, le jardin, la pirogue. C'est donc ici, et ici seulement, qu'est encore valable la notion de « propriété, fruit du travail personnel », que les juristes et les économistes prêtent faussement à la société civilisée, dernier prétexte juridique mensonger sur lequel s'appuie encore la propriété capitaliste actuelle.</p>
<p>Mais les hommes ne s'arrêtèrent pas partout à ce stade. En Asie, ils trouvèrent des animaux aptes à l'apprivoisement, puis, une fois apprivoisés, à l'élevage. Il fallait capturer à la chasse la femelle du buffle sauvage ; mais, une fois apprivoisée, elle donnait chaque année un veau, et du lait par surcroît. Un certain nombre des tribus les plus avancées, - les Aryens, les Sémites, peut-être même, déjà, les Touraniens, - firent de l'apprivoisement d'abord, [de l'élevage et] de la garde du bétail ensuite, leur principale branche de travail. Des tribus pastorales s'isolèrent du reste des Barbares : première grande division sociale du travail. Les tribus pastorales produisaient non seulement davantage, mais elles produisaient aussi d'autres aliments que le reste des Barbares. Elles n'avaient pas seulement l'avantage du lait, des produits lactés et de la viande en plus grandes quantités ; elles avaient aussi des peaux, de la laine, du poil de chèvre, ainsi que les fils et les tissus dont la production augmentait en même temps que les matières premières. C'est ainsi que, pour la première fois, un échange régulier devint possible. Aux stades antérieurs, seuls des échanges occasionnels peuvent avoir lieu ; une habileté particulière dans la fabrication d'armes et d'instruments peut amener une éphémère. division du travail. C'est ainsi qu'on a retrouvé, en bien des endroits, les vestiges certains d'ateliers pour la fabrication d'instruments en silex, datant de la dernière période de l'âge de pierre ; les artistes qui y perfectionnaient leur habileté travaillaient sans doute, comme le font encore les artisans à demeure des groupes gentilices indiens, pour le compte de la communauté. Un autre échange que celui qui s'effectuait à l'intérieur de la tribu ne pouvait se produire en aucun cas, à ce stade, et cet échange même restait un fait exceptionnel. Ici, par contre, après que les tribus pastorales se furent séparées, nous trouvons prêtes toutes les conditions pour l'échange entre les membres de tribus différentes, pour le développement et la consolidation de cet échange qui devient une institution régulière. A l'origine, l'échange se faisait de tribu à tribu, par l'entremise des chefs gentilices réciproques ; mais quand les troupeaux commencèrent à passer à la propriété privée, l'échange individuel l'emporta de plus en plus et finit par devenir la forme unique. Cependant l'article principal que les tribus pastorales cédaient en échange à leurs voisins, c'était le bétail ; le bétail devint la marchandise en laquelle toutes les autres furent évaluées et qui partout fut volontiers acceptée en échange de celles-ci ; - bref, le bétail reçut la fonction de monnaie et il en tint lieu dès ce stade : tant le besoin d'une monnaie marchandise fut indispensable et pressant, dès le début de l'échange des marchandises.</p>
<p>Précédant l'agriculture, la culture des jardins, sans doute inconnue aux barbares, asiatiques du stade inférieur, apparut chez eux au plus tard pendant le stade moyen. Le climat des hauts plateaux touraniens ne permet pas la vie pastorale sans provisions de fourrage pour l'hiver long et rigoureux ; l'aménagement des prés et la culture des céréales étaient donc, ici, condition nécessaire. Il en est de même pour les steppes au nord de la mer Noire. Mais du moment où l'on produisit des céréales pour le bétail, elles devinrent bientôt un aliment pour l'homme. Les terres cultivées restèrent encore propriété de la tribu, l'utilisation en étant confiée d'abord à la gens, puis plus tard, par celle-ci, aux communautés domestiques et enfin aux individus ; ceux-ci avaient peut-être certains droits de possession, mais rien de plus.</p>
<p>Parmi les conquêtes industrielles de ce stade, il en est deux particulièrement importantes. La première est le métier à tisser, la seconde, la fonte des minerais et le travail des métaux. Le cuivre et l'étain, ainsi que le bronze formé par leur alliage, étaient de beaucoup plus importants ; le bronze fournit des instruments et des armes efficaces, mais ne put supplanter les outils de silex ; seul, le fer en était capable, et l'on ne savait pas encore l'extraire. On commença à employer pour l'ornement et la parure l'or et l'argent qui, sans doute, avaient déjà une grande valeur par rapport au cuivre et au bronze.</p>
<p>L'accroissement de la production dans toutes les branches - élevage du bétail, agriculture, artisanat domestique - donna à la force de travail humaine la capacité de produire plus qu'il ne lui fallait pour sa subsistance. Elle accrut en même temps la somme quotidienne de travail qui incombait à chaque membre de la gens, de la communauté domestique ou de la famille conjugale. Il devint souhaitable de recourir à de nouvelles forces de travail. La guerre les fournit : les prisonniers de guerre furent transformés en esclaves. En accroissant la productivité du travail, donc la richesse, et en élargissant le champ de la production, la première grande division sociale du travail, dans les conditions historiques données, entraîna nécessairement l'esclavage. De la première grande division sociale du travail naquit la première grande division de la société en deux classes : maîtres et esclaves, exploiteurs et exploités.</p>
<p>Quand et comment les troupeaux passèrent-ils de la propriété commune de la tribu ou de la gens à la propriété des chefs de famille individuels ? Nous n'en savons rien jusqu'à présent. Mais, pour l'essentiel, cela doit s'être produit à ce stade. Avec les troupeaux et les autres richesses nouvelles, la famille subit alors une révolution. Gagner la subsistance avait toujours été l'affaire de l'homme ; c'est lui qui produisait les moyens nécessaires à cet effet et qui en avait la propriété. Les troupeaux constituaient les nouveaux moyens de gain ; ç'avait été l'ouvrage de l'homme que de les apprivoiser d'abord, de les garder ensuite. Aussi le bétail lui appartenait-il, tout comme les marchandises et les -esclaves troqués contre du bétail. Tout le bénéfice que procurait maintenant la production revenait à l'homme ; la femme en profitait, elle aussi, mais elle n'avait point de part à la propriété. Le « sauvage » guerrier et chasseur s'était contenté de la seconde place à la maison, après la femme ; le pâtre « aux mœurs plus paisibles », se prévalant de sa richesse, se poussa au premier rang et rejeta la femme au second. Et elle ne pouvait pas se plaindre. La division du travail dans la famille avait réglé le partage de la propriété entre l'homme et la femme ; il était resté le même et, pourtant, il renversait maintenant les rapports domestiques antérieurs uniquement parce qu'en dehors de la famille la division du travail s'était modifiée. La même cause qui avait assuré à la femme sa suprématie antérieure dans la maison : le fait qu'elle s'adonnait exclusivement aux travaux domestiques, cette même cause assurait maintenant dans la maison la suprématie de l'homme : les travaux ménagers de la femme ne comptaient plus, maintenant, à côté du travail productif de l'homme ; celui-ci était tout ; ceux-là n'étaient qu'un appoint négligeable. Ici déjà, il apparaît que l'émancipation de la femme, son égalité de condition avec l'homme est et demeure impossible tant que la femme restera exclue du travail social productif et qu'elle devra se borner au travail privé domestique. Pour que l'émancipation de la femme devienne réalisable, il faut d'abord que la femme puisse participer à la production sur une large échelle sociale et que le travail domestique ne l'occupe plus que dans une mesure insignifiante. Et cela n'est devenu possible qu'avec la grande industrie moderne qui non seulement admet sur une grande échelle le travail des femmes, mais aussi le requiert formellement et tend de plus en plus à faire du travail domestique privé une industrie publique.</p>
<p>Avec la suprématie effective de l'homme à la maison, le dernier obstacle à son pouvoir absolu s'écroulait. Ce pouvoir absolu fut confirmé et s'éternisa par la chute du droit maternel, l'instauration du droit paternel, le passage graduel du mariage apparié à la monogamie. Mais, du même coup, une brèche se produisit dans le vieil ordre gentilice : la famille conjugale devint une puissance et se dressa, menaçante, en face de la gens.</p>
<p>Un pas encore, et nous voici au stade supérieur de la barbarie, période durant laquelle tous les peuples civilisés passent par leurs temps héroïques : l'âge de l'épée de fer, mais aussi de la charrue et de la hache de fer. Le fer était entré au service de l'homme, la dernière et la plus importante de toutes les matières premières qui jouèrent dans l'histoire un rôle révolutionnaire, la dernière ... jusqu'à la pomme de terre. Le fer permit la culture des champs sur de plus vastes surfaces, le défrichement de plus grandes étendues forestières ; il donna à l'artisan un outil d'une dureté et d'un tranchant auxquels ne résistaient aucune pierre, ni aucun autre métal connu. Tout cela petit à petit : souvent encore, le premier fer était moins dur que le bronze. Aussi l'arme de silex ne disparut-elle que lentement ; ce n'est pas seulement dans La Chanson de Hildebrand [2], mais aussi à Hastings, en l'an 1066 que des haches de pierre livrèrent encore bataille. Mais le progrès, moins souvent interrompu et plus rapide, chemina dès lors irrésistiblement. La ville, enfermant dans des murailles, dans des tours et des créneaux de pierre, des maisons de pierre ou de brique, devint le siège central de la tribu ou de la confédération de tribus ; progrès capital en architecture, mais signe aussi du danger accru et du besoin accru de protection. La richesse augmenta rapidement, mais en tant que richesse individuelle ; le tissage, le travail des métaux et les autres métiers qui se différenciaient de plus en plus donnaient à la production une variété et un perfectionnement croissants ; désormais, à côté des céréales, des légumineuses et des fruits, l'agriculture fournissait aussi l'huile et le vin, qu'on avait appris à préparer. Une activité si diverse ne pouvait plus être pratiquée par un seul et même individu : la seconde grande division du travail s'effectua : l'artisanat se sépara de l'agriculture. L'accroissement constant de la production et, avec elle, de la productivité du travail accrut la valeur de la force de travail humaine ; l'esclavage qui, au stade antérieur, était encore à l'origine et restait sporadique, devient maintenant un composant essentiel du système social ; les esclaves cessent d'être de simples auxiliaires ; c'est par douzaines qu'on les pousse au travail, dans les champs et à l'atelier. Par la scission de la production en ses deux branches principales : agriculture et artisanat, naît la production directe pour l'échange ; c'est la production marchande. Avec elle naît le commerce non seulement à l'intérieur et aux frontières de la tribu, mais aussi, déjà, outre-mer. Tout cela, pourtant, sous une forme encore embryonnaire ; les métaux précieux commencent à devenir monnaie-marchandise prépondérante et universelle, mais on ne les frappe pas encore, on les échange seulement d'après leur poids que rien encore ne travestit.</p>
<p>La différence entre riches et pauvres s'établit à côté de la différence entre hommes libres et esclaves : nouvelle scission de la société en classes qui accompagne la nouvelle division du travail. Les différences de propriété entre les chefs de famille individuels font éclater l'ancienne communauté domestique communiste partout où elle s'était maintenue jusqu'alors et, avec elle, la culture en commun de la terre pour le compte de cette communauté. Les terres arables sont attribuées aux familles conjugales afin qu'elles les exploitent, d'abord à temps, plus tard une fois pour toutes ; le passage à la complète propriété privée s'accomplit peu à peu, parallèlement au passage du mariage apparié à la monogamie. La famille conjugale commence à devenir l'unité économique dans la société.</p>
<p>La population plus dense oblige à une cohésion plus étroite, à l'intérieur comme à l'extérieur. ]Partout, la confédération de tribus apparentées devient une nécessité ; bientôt aussi, leur fusion et, du même coup, la fusion des territoires de tribus séparés en un territoire collectif du peuple. Le chef militaire du peuple - rex, basileus, thiudans - devient un fonctionnaire indispensable, permanent. L'assemblée du peuple surgit là où elle n'existait pas encore. Chef militaire, conseil, assemblée du peuple, tels sont les organes de la société gentilice qui a évolué pour devenir une démocratie militaire. Militaire - car la guerre et l'organisation pour la guerre sont maintenant devenues fonctions régulières de la vie du peuple. Les richesses des voisins excitent la cupidité des peuples auxquels l'acquisition des richesses semble déjà l'un des buts principaux de la vie. Ce sont des barbares : piller leur semble plus facile et même plus honorable que gagner par le travail. La guerre, autrefois pratiquée seulement pour se venger d'usurpations ou pour étendre un territoire devenu insuffisant, est maintenant pratiquée en vue du seul pillage et devient une branche permanente d'industrie. Ce n'est pas sans motif que les murailles menaçantes se dressent autour des nouvelles villes fortifiées ; dans leurs fossés s'ouvre la tombe béante de l'organisation gentilice et leurs tours déjà s'élèvent dans la civilisation. Il en est de même à l'intérieur. Les guerres de rapine accroissent le pouvoir du chef militaire suprême comme celui des chefs subalternes ; le choix habituel de leurs successeurs dans les mêmes familles devient peu à peu, en particulier depuis l'introduction du droit paternel, une hérédité d'abord tolérée, puis revendiquée et finalement usurpée ; le fondement de la royauté héréditaire et de la noblesse héréditaire est établi. Ainsi, les organes de l'organisation gentilice se détachent peu à peu de leur racine dans le peuple, dans la gens, la phratrie, la tribu, et l'organisation gentilice tout entière se convertit en son contraire : d'une organisation de tribus, ayant pour objet le libre règlement de leurs propres affaires, elle devient une organisation pour le pillage et l'oppression des voisins ; et par suite ses organismes, d'abord instruments de la volonté populaire, deviennent des organismes autonomes de domination et d'oppression envers leur propre peuple. Mais cela n'eût jamais été possible si la soif des richesses n'avait pas divisé les gentiles en riches et pauvres, si « la différence de propriété à l'intérieur de la même gens n'avait point transformé l'unité des intérêts en antagonisme des membres de la gens » (Marx) [3], et si l'extension de l'esclavage n'avait déjà commencé à faire considérer le fait de gagner sa vie par le travail comme une activité digne seulement des esclaves et plus déshonorante que la rapine.</p>
<p>Nous sommes arrivés maintenant au seuil de la civilisation. Elle s'ouvre par un nouveau progrès dans la division du travail. Au stade le plus bas, les hommes ne produisaient que directement pour leurs besoins personnels ; les échanges qui se produisaient à l'occasion étaient isolés, ne portaient que sur le superflu dont on disposait par hasard. Au stade moyen de la barbarie, nous constatons que, chez des peuples pasteurs, le bétail est déjà une propriété qui, si le troupeau prend une certaine importance, fournit régulièrement un excédent sur les besoins personnels ; nous trouvons en même temps une division du travail entre les peuples pasteurs et les tribus retardataires ne possédant pas de troupeaux : d'où deux stades de production différents, existant l'un à côté de l'autre ; d'où encore les conditions d'un échange régulier. Le stade supérieur de la barbarie nous apporte une nouvelle division du travail entre l'agriculture et l'artisanat, et par suite la production directe pour l'échange d'une portion toujours croissante des produits du travail ; d'où encore, élévation de l'échange entre producteurs individuels au rang d'une nécessité vitale de la société. La civilisation consolide et accroît toutes ces divisions du travail déjà existantes, notamment en accentuant l'antagonisme entre la ville et la campagne (la ville pouvant dominer économiquement la campagne, comme dans l'antiquité, ou la campagne dominer la ville, comme au Moyen Age), et elle y ajoute une troisième division du travail qui lui est propre et dont l'importance est décisive : elle engendre une classe qui ne s'occupe plus de la production, mais seulement de l'échange des produits - les marchands. jusqu'alors, tous les rudiments de la formation des classes se rattachaient exclusivement à la production ; ils divisaient ceux qui participaient à la production en dirigeants et exécutants, ou encore en producteurs sur une échelle plus ou moins vaste. Ici, pour la première fois, entre en scène une classe qui, sans participer de quelque manière à la production en conquiert la direction dans son ensemble [et s'assujettit] [4] économiquement les producteurs ; une classe qui s'érige en intermédiaire indispensable entre -deux producteurs et les exploite tous les deux. Sous prétexte d'enlever aux producteurs la peine et le risque de l'échange, sous prétexte d'étendre la vente de leurs produits à des marchés plus lointains et de devenir ainsi la classe la plus utile de la population, il se forme une classe de profiteurs, de véritables parasites sociaux, qui écrème aussi bien la production indigène que la production étrangère, comme salaire pour des services réels très minimes, qui acquiert rapidement d'énormes richesses et l'influence sociale correspondante et qui, justement pour cela, est appelée pendant la période de la civilisation à des honneurs toujours nouveaux et à une domination toujours plus grande de la production, jusqu'à ce qu'elle engendre finalement, elle aussi, un produit qui lui est propre - les crises commerciales périodiques.</p>
<p>Il est vrai qu'au stade de développement dont nous nous occupons, la classe toute neuve des commerçants ne soupçonne pas encore les hauts destins qui lui sont réservés. Mais elle se constitue et se rend indispensable, cela suffit. Avec elle se forme aussi la monnaie métallique, la monnaie frappée, et, avec elle, un nouveau moyen de domination du non-producteur sur le producteur et sa production. La marchandise des marchandises était trouvée, celle qui renferme secrètement toutes les autres, le talisman qui peut à volonté se transformer en tout objet convoitable et convoité. Quiconque le possédait dominait le monde de la production, et qui donc l'avait plus que tout autre ? Le marchand. Dans sa main, le culte de l'argent était bien gardé. Il se chargea de rendre manifeste à quel point toutes les marchandises, et aussi tous leurs producteurs, devaient se prosterner dans la poussière pour adorer l'argent. Il prouva par la pratique que toutes les autres formes de la richesse ne sont que de simples apparences, en face de cette incarnation de la richesse comme telle. jamais, comme dans cette période de sa jeunesse, la puissance de l'argent ne s'est manifestée depuis lors avec une telle rudesse, une telle brutalité primitives. Après l'achat de marchandises pour de l'argent, vint le prêt d'argent et, avec lui, l'intérêt et l'usure. Aucune législation des époques ultérieures ne jette aussi impitoyablement, aussi irrémissiblement le débiteur aux pieds du créancier-usurier que la législation de l'ancienne Athènes et de l'ancienne Rome - et toutes deux naquirent spontanément, à titre de droit coutumier sans contrainte autre qu'économique.</p>
<p>A côté de la richesse en marchandises et en esclaves, à côté de la fortune en argent, apparut aussi la richesse en propriété foncière. Le droit de possession des particuliers sur les parcelles de terre, qui leur avaient été cédées à l'origine par la gens ou la tribu, s'était maintenant consolidé à tel point que ces parcelles leur -appartenaient comme bien héréditaire. Dans les derniers temps, ils s'étaient efforcés surtout de se libérer du droit que la communauté gentilice avait sur la parcelle et qui leur était une entrave. Ils furent débarrassés de l'entrave - mais bientôt après, ils le furent aussi de la nouvelle propriété foncière. L'entière et libre propriété du sol, cela ne signifiait pas seulement la faculté de posséder le sol sans restriction ni limite, cela signifiait aussi la faculté de l'aliéner. Tant que le sol était propriété gentilice, cette faculté n'existait pas. Mais quand le nouveau propriétaire foncier rejeta définitivement les entraves de la propriété éminente de la gens et de la tribu, il déchira aussi le lien qui l'avait jusqu'alors rattaché indissolublement au sol. Ce que cela signifiait, il l'apprit par l'invention de la monnaie, contemporaine de la propriété foncière privée. Désormais, le sol pouvait devenir une marchandise qu'on vend et qu'on met en gage. A peine la propriété foncière était-elle instaurée que l'hypothèque était inventée, elle aussi (voyez Athènes). Tout comme l'hétaïrisme et la prostitution se cramponnent à la monogamie, l'hypothèque, désormais, marche sur les talons de la propriété foncière. Vous avez voulu la propriété du sol complète, libre, aliénable : fort bien, vous l'avez ... « Tu l'as voulu, Georges Dandin ! » [5].</p>
<p>C'est ainsi qu'avec l'extension du commerce, avec l'argent et l'usure, avec la propriété foncière et l'hypothèque, la concentration et la centralisation de la richesse dans les mains d'une classe peu nombreuse s'opéra rapidement, en même temps que l'appauvrissement croissant des masses et l'augmentation de la foule des pauvres. La nouvelle aristocratie de la richesse, dans la mesure où elle ne se confondait pas de prime abord avec l'ancienne noblesse de tribu, repoussa définitivement celle-ci à l'arrière-plan (à Athènes, à Rome, chez les Germains). Et à côté de cette division des hommes libres en classes selon leur fortune, il se produisit, surtout en Grèce, une énorme augmentation du nombre des esclaves [6], dont le travail forcé formait la base sur laquelle s'élevait la superstructure de toute la société.</p>
<p>Voyons maintenant ce qu'il était advenu de l'organisation gentilice, au cours de cette révolution sociale. En face des éléments nouveaux qui avaient surgi sans son concours, elle était impuissante. La condition première de son existence, c'était que les membres d'une gens ou d'une tribu fussent réunis sur le même territoire, qu'ils habitaient exclusivement. Il y avait longtemps que cela avait cessé d'exister. Partout, gentes et tribus étaient mêlées, partout, esclaves, métèques, étrangers vivaient parmi les citoyens. La fixité de la résidence, obtenue seulement vers la fin du stade moyen de la barbarie, était sans cesse rompue par la mobilité et la variabilité du domicile, conditionnées par le commerce, les changements d'activité et la mutation de la propriété foncière. Les membres de la gens ne pouvaient plus s'assembler pour régler leurs propres affaires communes ; seules, des bagatelles comme les solennités religieuses étaient encore assurées tant bien que mal. A côté des besoins et des intérêts que la gens était appelée et habilitée à défendre, la révolution des conditions dans lesquelles on se subvenait et le changement de structure sociale qui en résultait avaient fait naître de nouveaux besoins et de nouveaux intérêts qui étaient non seulement étrangers à l'ancien ordre gentilice, mais le contrecarraient de toutes les façons. Les intérêts des groupes de métiers nés de la division du travail, les besoins particuliers de la ville en opposition à la campagne exigeaient des organismes nouveaux ; mais chacun de ces groupes était composé de membres des gentes, des phratries et des tribus les plus diverses, il comprenait même des étrangers ; ces organismes devaient donc se former en dehors de l'organisation gentilice, à côté d'elle et, par suite, contre elle. - A son tour, dans chaque corps gentilice, ce conflit des intérêts se faisait sentir ; il atteignait son point culminant dans la réunion de riches et de pauvres, d'usuriers et de débiteurs dans la même gens et la même tribu. - A cela s'ajoutait la masse de la nouvelle population, étrangère aux corps gentilices, qui pouvait, comme à Rome, devenir une force dans le pays et qui était trop nombreuse pour pouvoir se résorber peu à peu dans les lignées et les tribus consanguines. En face de cette masse, les associations gentilices se dressaient comme des corps fermés, privilégiés ; la démocratie primitive et spontanée s'était transformée en une aristocratie odieuse. Enfin l'organisation gentilice était issue d'une société qui ne connaissait pas de contradictions internes, et elle n'était adaptée qu'à une société de cette nature. Elle n'avait aucun moyen de coercition, sauf l'opinion publique. Mais voici qu'une société était née qui, en vertu de l'ensemble des conditions économiques de son existence, avait dû se diviser [7] en hommes libres et en esclaves, en exploiteurs riches et en exploités pauvres ; une société qui, non seulement ne pouvait plus concilier à nouveau ces antagonismes, mais était obligée de les pousser de plus en plus à l'extrême. Une telle société ne pouvait subsister que dans une lutte continuelle et ouverte de ces classes entre elles, ou sous la domination d'une tierce puissance qui, placée apparemment au-dessus des classes antagonistes, étouffait leur conflit ouvert et laissait tout au plus la lutte de classes se livrer sur le terrain économique, sous une forme dite légale. L'organisation gentilice avait cessé d'exister. Elle avait été brisée par la division du travail [et par son résultat, la scission de la société en classes] [8]. Elle fut remplacée par l'État.</p>
<p>Nous avons précédemment examiné en détail les trois formes principales sous lesquelles l'État s'élève des ruines de l'organisation gentilice. Athènes présente la forme la plus pure, la plus classique : ici l'État, prenant la prépondérance, naît directement des antagonismes de classes qui se développent à l'intérieur même de la société gentilice. A Rome, la société gentilice devient une aristocratie fermée, au milieu d'une plèbe nombreuse qui reste en dehors d'elle et qui est privée de droits, mais surchargée de devoirs ; la victoire de la plèbe brise l'ancienne organisation gentilice ; elle érige sur ses ruines l'État, dans lequel l'aristocratie gentilice et la plèbe bientôt disparaîtront totalement. Enfin, chez les Germains [vainqueurs] [9] de l'Empire romain, l'État naît directement de la conquête de vastes territoires étrangers que l'organisation gentilice n'offre aucun moyen de dominer. Mais comme cette conquête n'est liée ni à une lutte sérieuse avec l'ancienne population, ni à une division du travail plus avancée, comme le stade de développement économique des vaincus et des conquérants est presque le même, que la base économique de la société reste donc inchangée, l'organisation gentilice peut se maintenir pendant de longs siècles sous une forme modifiée, territoriale, dans la constitution de la Marche (Markverfassung), et peut même se rajeunir pour un temps, sous une forme affaiblie, dans les familles nobles et patriciennes ultérieures, et même dans les familles de paysans, comme ce fut le cas dans le Dithmarschen [10].</p>
<p>L'État n'est donc pas un pouvoir imposé du dehors à la société ; il n'est pas davantage « la réalité de l'idée morale », « l'image et la réalité de la raison », comme le prétend Hegel [11]. Il est bien plutôt un produit de la société à un stade déterminé de son développement ; il est l'aveu que cette société s'empêtre dans une insoluble contradiction avec elle-même, s'étant scindée en oppositions inconciliables qu'elle est impuissante à conjurer. Mais pour que les antagonistes, les classes aux intérêts économiques opposés, ne se consument pas, elles et la société, en une lutte stérile, le besoin s'impose d'un pouvoir qui, placé en apparence au-dessus de la société, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'« ordre » ; et ce pouvoir, né de la société, mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus étranger, c'est l'État.</p>
<p>Par rapport à l'ancienne organisation gentilice, l'État se caractérise en premier lieu par la répartition de ses ressortissants d'après le territoire. Comme nous l'avons vu, les anciennes associations gentilices, formées et maintenues par les liens du sang, étaient devenues insuffisantes, en grande partie parce qu'elles impliquaient que leurs membres fussent attachés à un territoire déterminé et que, depuis longtemps, ces attaches avaient cessé d'être. Le territoire demeurait, mais les gens étaient devenus mobiles. On prit donc la division territoriale comme point de départ, et on laissa les citoyens exercer leurs droits et leurs devoirs publics là où ils s'établissaient, sans égard à la gens et à la tribu. Cette organisation des ressortissants de l'État d'après leur appartenance territoriale est commune à tous les États. Aussi nous semble-t-elle naturelle ; mais nous avons vu quels rudes et longs combats il fallut avant qu'elle pût supplanter, à Athènes et à Rome, l'ancienne organisation selon les liens du sang.</p>
<p>En second lieu vient l'institution d'une force publique qui ne coïncide plus directement avec la population s'organisant ellemême en force armée. Cette force publique particulière est nécessaire, parce qu'une organisation armée autonome de la population est devenue impossible depuis la scission en classes. Les esclaves font aussi partie de la population ; en face des 365 000 esclaves, les 90 000 citoyens d'Athènes ne constituent qu'une classe privilégiée. L'armée populaire de la démocratie athénienne était une force publique aristocratique, vis-à-vis des esclaves qu'elle tenait en respect ; mais, pour pouvoir aussi tenir en respect les citoyens, une gendarmerie devint nécessaire, comme nous l'avons relaté précédemment. Cette force publique existe dans chaque État ; elle ne se compose pas seulement d'hommes armés, mais aussi d'annexes matérielles, de prisons et d'établissements pénitentiaires de toutes sortes, qu'ignorait la société gentilice. Elle peut être très insignifiante, quasi inexistante dans des sociétés où les antagonismes de classes ne sont pas encore développés et dans des régions écartées, comme c'est le cas à certaines époques et en certains lieux des États-Unis d'Amérique. Mais elle se renforce à mesure que les contradictions de classes s'accentuent à l'intérieur de l'État et que les États limitrophes deviennent plus grands el plus peuplés ; - considérons plutôt notre Europe actuelle, où la lutte des classes et la rivalité de conquêtes ont fait croître à te) point la force publique qu'elle menace de dévorer la société tout entière, et même l'État.</p>
<p>Pour maintenir cette force publique, il faut les contribution des citoyens de l'État, - les impôts. Ceux-ci étaient absolument inconnus à la société gentilice. Mais, aujourd'hui, nous pouvons en parler savamment. Eux-mêmes ne suffisent plus, avec les pro grès de la civilisation ; l'État tire des traites sur l'avenir, fait de., emprunts, des dettes d'État. Sur ce point encore, la vieille Europe sait à quoi s'en tenir.</p>
<p>Disposant de la force publique et du droit de faire rentrer les impôts, les fonctionnaires, comme organes de la société, sont placés au-dessus de la société. La libre estime qu'on témoignait de plein gré aux organes de l'organisation gentilice ne leur suffit point, même en supposant qu'ils pourraient en jouir ; piliers d'un pouvoir qui devient étranger à la société, il faut assurer leur autorité par des lois d'exception, grâce auxquelles ils jouissent d'une sainteté et d'une inviolabilité particulières. Le plus vil policier de l'État civilisé a plus d'« autorité » que tous les organismes réunis de la société gentilice ; mais le prince le plus puissant, le plus grand homme d'État ou le plus grand chef militaire de la civilisation peuvent envier au moindre chef gentilice l'estime spontanée et incontestée dont il jouissait. C'est que l'un est au sein même de la société, tandis que l'autre est obligé de vouloir représenter quelque chose en dehors et au-dessus d'elle.</p>
<p>Comme l'État est né du besoin de refréner des oppositions de classes, mais comme il est né, en même temps, au milieu du conflit de ces classes, il est, dans la règle, l'État de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée. C'est ainsi que l'État antique était avant tout l'État des propriétaires d'esclaves pour mater les esclaves, comme l'État féodal fut l'organe de la noblesse pour mater les paysans serfs et corvéables, et comme l'État représentatif moderne est l'instrument de l'exploitation du travail salarié par le capital. Exceptionnellement, il se présente pourtant des périodes où les classes en lutte sont si près de s'équilibrer que le pouvoir de l'État, comme pseudo-médiateur, garde pour un temps une certaine indépendance vis-à-vis de l'une et de l'autre. Ainsi, la monarchie absolue du XVIIe et du XVIIIe siècle maintint la balance égale entre la noblesse et la bourgeoisie ; ainsi, le bonapartisme du Premier, et notamment celui du Second Empire français, faisant jouer le prolétariat contre la bourgeoisie, et la bourgeoisie contre le prolétariat. La nouvelle performance en la matière, où dominateurs et dominés font une figure également comique, c'est le nouvel Empire allemand de nation bismarckienne : ici, capitalistes et travailleurs sont mis en balance les uns contre les autres, et sont également grugés pour le plus grand bien des hobereaux prussiens dépravés.</p>
<p>Dans la plupart des États que connaît l'histoire, les droits accordés aux citoyens sont en outre gradués selon leur fortune et, de ce fait, il est expressément déclaré que l'État est une organisation de la classe possédante, pour la protéger contre la classe non possédante. C'était déjà le cas pour les classes d'Athènes et de Rome établies selon la richesse. C'était le cas aussi dans l'État féodal du Moyen Age, où le pouvoir politique se hiérarchise selon la propriété foncière. C'est le cas dans le cens électoral des États représentatifs modernes. Pourtant, cette reconnaissance politique de la différence de fortune n'est pas du tout essentielle. Au contraire, elle dénote un degré inférieur du développement de l'État. La forme d'État la plus élevée, la république démocratique, qui devient de plus en plus une nécessité inéluctable dans nos conditions sociales modernes, et qui est la forme d'État sous laquelle peut seule être livrée jusqu'au bout l'ultime bataille décisive entre prolétariat et bourgeoisie, la république démocratique ne reconnaît plus officiellement, les différences de fortune. La richesse y exerce son pouvoir d'une façon indirecte, mais d'autant plus sûre. D'une part, sous forme de corruption directe des fonctionnaires, ce dont l'Amérique offre un exemple classique, d'autre part, sous forme d'alliance entre le gouvernement et la Bourse ; cette alliance se réalise d'autant plus facilement que les dettes de l'État augmentent davantage et que les sociétés par actions concentrent de plus en plus entre leurs mains non seulement le transport, mais aussi la production elle-même, et trouvent à leur tour leur point central dans la Bourse. En dehors de l'Amérique, la toute récente République française en offre un exemple frappant, et la brave Suisse, elle non plus, ne reste pas en arrière, sur ce terrain-là. Mais qu'une république démocratique ne soit pas indispensable à cette fraternelle alliance entre le gouvernement et la Bourse, c'est ce que prouve, à part l'Angleterre, le nouvel Empire allemand, où l'on ne saurait dire qui le suffrage universel a élevé plus haut, de Bismarck ou de Bleichröder [12]. Et enfin, la classe possédante règne directement au moyen du suffrage universel. Tant que la classe opprimée, c'est-à-dire, en l'occurrence, le prolétariat, ne sera pas encore assez mûr pour se libérer lui-même, il considérera dans sa majorité le régime social existant comme le seul possible et formera, politiquement parlant, la queue de la classe capitaliste, son aile gauche extrême. Mais, dans la mesure où il devient plus capable de s'émanciper lui-même, il se constitue en parti distinct, élit ses propres représentants et non ceux des capitalistes. Le suffrage universel est donc l'index qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l'État actuel ; mais cela suffit. Le jour où le thermomètre du suffrage universel indiquera pour les travailleurs le point d'ébullition, ils sauront, aussi bien que les capitalistes, ce qu'il leur reste à faire.</p>
<p>L'État n'existe donc pas de toute éternité. Il y a eu des sociétés qui se sont tirées d'affaire sans lui, qui n'avaient aucune idée de l'État et du pouvoir d'État. A un certain stade du développement économique, qui était nécessairement lié à la division de la société en classes, cette division fit de l'État une nécessité. Nous nous rapprochons maintenant à pas rapides d'un stade de développement de la production dans lequel l'existence de ces classes a non seulement cessé d'être une nécessité, mais devient un obstacle positif à la production. Ces classes tomberont aussi inévitablement qu'elles ont surgi autrefois. L'État tombe inévitablement avec elles. La société, qui réorganisera la production sur la base d'une association libre et égalitaire des producteurs, reléguera toute la machine de l'État là où sera dorénavant sa place : au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze.</p>
<p>D'après ce que nous avons exposé précédemment, la civilisation est donc le stade de développement de la société où la division du travail, l'échange qui en résulte entre les individus et la production marchande qui englobe ces deux faits parviennent à leur plein déploiement et bouleversent toute la société antérieure.</p>
<p>A tous les stades antérieurs de la société, la production était essentiellement une production commune, de même que la consommation se faisait par une répartition directe des Produits au sein de collectivités communistes plus ou moins vastes. Cette communauté de la production avait lieu dans les limites les plus étroites ; mais elle impliquait la maîtrise des producteurs sur le processus de production et sur leur produit. Ils savent ce qu'il advient du produit : ils le consomment, il ne sort pas de leurs mains ; et tant que la production est établie sur cette base, son contrôle ne peut échapper aux producteurs, elle ne peut faire surgir devant eux le spectre de forces étrangères, comme c'est le cas, régulièrement et inéluctablement, dans la civilisation.</p>
<p>Mais la division du travail s'infiltre lentement dans ce processus de production. Elle sape la communauté de production et d'appropriation, elle érige en règle prédominante l'appropriation individuelle et fait naître ainsi l'échange entre individus, - nous avons examiné précédemment de quelle façon. Peu à peu, la production marchande devient la forme dominante.</p>
<p>Avec la production marchande, la production non plus pour la consommation personnelle, mais pour l'échange, les produits changent nécessairement de mains. Le producteur se dessaisit de son produit dans l'échange, il ne sait plus ce qu'il en advient. Dès qu'intervient la monnaie, et, avec la monnaie, le marchand comme intermédiaire entre les producteurs, le processus d'échange devient encore plus embrouillé, le destin final des produits plus incertain encore. Les marchands sont légion, et aucun d'eux ne sait ce que fait l'autre. Désormais, les marchandises ne passent plus seulement de main en main, elles passent aussi de marché en marché ; les producteurs ont perdu la maîtrise sur l'ensemble de la production dans leur cercle vital et les marchands ne l'ont pas reçue. Produits et production sont livrés au hasard.</p>
<p>Mais le hasard n'est que l'un des pôles d'un ensemble dont l'autre pôle s'appelle nécessité. Dans la nature, où le hasard aussi semble régner, nous avons démontré depuis longtemps, dans chaque domaine particulier, la nécessité immanente et la loi interne qui s'imposent dans ce hasard. [Et ce qui est vrai de la nature ne l'est pas moins de la société.] [13] Plus une activité sociale, une série de faits sociaux échappent au contrôle conscient des hommes et les dépassent, plus ils semblent livrés au pur hasard, et plus leurs lois propres, inhérentes, s'imposent dans ce hasard, comme par une nécessité de la nature. Des lois analogues régissent aussi les hasards de la production marchande et de l'échange des marchandises ; elles se dressent en face du producteur et de l'échangiste isolés comme des forces étrangères qu'on ne reconnaît pas tout d'abord et dont il faut encore péniblement étudier et approfondir la nature. Ces lois économiques de la production marchande se modifient avec les différents degrés de développement de cette forme de production ; mais toute la période de la civilisation est placée, dans son ensemble, sous leur dépendance. Et, de nos jours encore, le produit domine les producteurs ; de nos jours encore, la production totale de la société est réglée non d'après un plan élaboré en commun, mais par des lois aveugles qui s'imposent avec la violence d'un cataclysme naturel, en dernier ressort dans les orages des crises commerciales périodiques.</p>
<p>Nous avons vu plus haut comment, à un degré assez primitif du développement de la production, la force de travail humaine devient capable de fournir un produit bien plus considérable que ce qui est nécessaire à la subsistance des producteurs, et comment ce degré de développement est, pour l'essentiel, le même que celui où apparaissent la division du travail et l'échange entre individus. Il ne fallut plus bien longtemps pour découvrir cette grande « vérité » : que l'homme aussi peut être une marchandise, que la force humaine est matière échangeable et exploitable, si l'on transforme l'homme en esclave. A peine les hommes avaient-ils commencé à pratiquer l'échange que déjà, eux-mêmes, furent échangés.</p>
<p>Avec l'esclavage, qui prit sous la civilisation son développement le plus ample, s'opéra la première grande scission de la société en une classe exploitante et une classe exploitée. Cette scission se maintint pendant toute la période civilisée. L'esclavage est la première forme de l'exploitation, la forme propre au monde antique ; le servage lui succède au Moyen Age, le salariat dans les temps modernes. Ce sont là les trois grandes formes de la servitude qui caractérisent les trois grandes époques de la civilisation ; l'esclavage, d'abord avoué, et depuis peu déguisé, subsiste toujours à côté d'elles.</p>
<p>Le stade de la production marchande avec lequel commence la civilisation est caractérisé, au point de vue économique, par l'introduction : 1. de la monnaie métallique et, avec elle, du capital-argent, de l'intérêt et de l'usure ; 2. des marchands, en tant que classe médiatrice entre les producteurs ; 3. de la propriété foncière privée et de l'hypothèque et 4. du travail des esclaves comme forme dominante de la production. La forme de famille correspondant à la civilisation et qui s'instaure définitivement avec elle est la monogamie, la suprématie de l'homme sur la femme et la famille conjugale comme unité économique de la société. Le compendium de la société civilisée est l'État qui, dans toutes les périodes typiques, est exclusivement l'État de la classe dominante et qui reste essentiellement, dans tous les cas, une machine destinée à maintenir dans la sujétion la classe opprimée, exploitée. Sont également caractéristiques pour la civilisation : d'une part, la consolidation de l'opposition entre la ville et la campagne, comme base de toute la division sociale du travail ; d'autre part, l'introduction des testaments, en vertu desquels le propriétaire peut disposer de ses biens, même au-delà de la mort. Cette institution, qui est contraire à l'antique organisation gentilice, était inconnue à Athènes jusqu'à l'époque de Solon ; elle fut introduite à Rome de bonne heure, mais nous ne savons pas à quelle époque [14] ; chez les Allemands, ce sont les prêtres qui l'ont introduite, afin que le brave Allemand puisse aisément léguer à l'Église son héritage.</p>
<p>Avec cette organisation pour base, la civilisation a accompli des choses dont l'ancienne société gentilice n'était pas capable le moins du monde. Mais elle les a accomplies en mettant en branle les instincts et les passions les plus ignobles de l'homme, et en les développant au détriment de toutes ses autres aptitudes. La basse cupidité fut l'âme de la civilisation, de son premier jour à nos jours, la richesse, encore la richesse et toujours la richesse, non pas la richesse de la société, mais celle de ce piètre individu isolé, son unique but déterminant. Si elle a connu, d'aventure, le développement croissant de la science et, en des périodes répétées, la plus splendide floraison de l'art, c'est uniquement parce que, sans eux, la pleine conquête des richesses de notre temps n'eût pas été possible.</p>
<p>Comme le fondement de la civilisation est l'exploitation d'une classe par une autre classe, tout son développement se meut dans une contradiction permanente. Chaque progrès de la production marque en même temps un recul dans la situation de la classe opprimée, c'est-à-dire de la grande majorité. Ce qui est pour les uns un bienfait est nécessairement un mal pour les autres, chaque libération nouvelle de l'une des classes est une oppression nouvelle pour une autre classe. L'introduction du machinisme, dont les effets sont universellement connus aujourd'hui, en fournit la preuve la plus frappante. Et si, comme nous l'avons vu, la différence pouvait encore à peine être établie chez les Barbares entre les droits et les devoirs, la civilisation montre clairement, même au plus inepte, la différence et le contraste qui existe entre les deux, en accordant à l'une des classes à peu près tous les droits, et à l'autre, par contre, à peu près tous les devoirs.</p>
<p>Mais cela ne doit pas être. Ce qui est bon pour la classe dominante doit être bon pour toute la société avec laquelle s'identifie la classe dominante. Donc, plus la civilisation progresse, plus elle est obligée de couvrir avec le manteau de la charité les maux qu'elle a nécessairement engendrés, de les farder ou de les nier, bref, d'instituer une hypocrisie conventionnelle que ne connaissaient ni les formes de société antérieures, ni même les premiers stades de la civilisation, et qui culmine finalement dans l'affirmation suivante : l'exploitation de la classe opprimée serait pratiquée par la classe exploitante uniquement dans l'intérêt même de la classe exploitée ; et si cette dernière n'en convient pas, si elle va même jusqu'à se rebeller, c'est la plus noire des ingratitudes envers ses bienfaiteurs, ses exploiteurs [15].</p>
<p>Et voici maintenant, pour finir, le jugement de Morgan sur la civilisation :</p>
<p> « Depuis l'avènement de la civilisation, l'accroissement de la richesse est devenu si énorme, ses formes si diverses, son application si vaste et son administration si habile dans l'intérêt des propriétaires que cette richesse, en face du peuple, est devenue une force impossible à maîtriser. L'esprit humain s'arrête, perplexe et interdit, devant sa Propre création. Mais cependant, le temps viendra où la raison humaine sera assez forte pour dominer la richesse, où elle fixera aussi bien les rapports de l'État et de la propriété qu'il protège, que les limites des droits des propriétaires. Les intérêts de la société passent absolument avant les intérêts particuliers, et les uns et les autres doivent être mis dans un rapport juste et harmonieux. La simple chasse à la richesse n'est pas le destin final de l'humanité, si toutefois le progrès reste la loi de l'avenir, comme il a été celle du passé. Le temps écoulé depuis l'aube de la civilisation n'est qu'une infime fraction de l'existence passée de l'humanité, qu'une infime fraction du temps qu'elle a devant elle. La dissolution de la société se dresse devant nous, menaçante, comme le terme d'une période historique dont l'unique but final est la richesse ; car une telle période renferme les éléments de sa propre ruine. La démocratie dans l'administration, la fraternité dans la société, l'égalité des droits, l'instruction universelle inaugureront la prochaine étape supérieure de la société, à laquelle travaillent constamment l'expérience, la raison et la science. Ce sera une reviviscence - mais sous une forme supérieure - de la liberté, de l'égalité et de la fraternité des antiques gentes. » (MORGAN, Ancient Society, p. 552.)</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] En particulier sur la côte nord-ouest de l'Amérique (voir BANCROFT). Chez les Haidabs, dans les îles de la Reine Charlotte, on trouve des économies domestiques réunissant sous un même toit jusqu'à 700 personnes. Chez les Nootkas, des tribus entières vivaient sous le même toit. (Remarque d'Engels.)</p>
<p>[2] Voir p. 144, note 2.</p>
<p>[3] Archiv, p. 154</p>
<p>[4] Dans la première édition : sait s'assujettir.</p>
<p>[5] Cette citation de MOLIÈRE (Georges Dandin, Acte V, scène 9) est en français dans le texte.</p>
<p>[6] Voir ci-dessus, p. 127, les chiffres pour Athènes. A Corinthe, aux temps florissants de cette ville, le total était de 460 000 ; à Égine, 470 000 ; dans les deux cas, le décuple de la population des citoyens libres. (Note d'Engels.)</p>
<p>[7] Dans la première édition, ce membre de phrase est rédigé comme suit : dont les conditions économiques de son existence avaient dû diviser la société ...</p>
<p>[8] Dans la première édition : qui divisait la société en classes.</p>
<p>[9] Dans la première édition : conquérants.</p>
<p>[10] Le premier historien qui eut, de la nature de la gens, une idée au moins approximative fut Niebuhr ; il le doit - aussi bien que les erreurs qu'il colporte sans contrôle - à sa connaissance des familles dithmarses*. (Note d'Engels.)</p>
<p>* Le Dithmarschen est l'un des quatre bailliages de l'ancien duché de Holstein. Cette région de la côte occidentale du Slesvig-Holstein, appelée également pays des Dithmarses, a connu un développement original. Vers le milieu du XIIe siècle, ses habitants, des paysans libres pour la plupart, conquirent peu à peu leur indépendance et la gardèrent pratiquement du début du XIIIe siècle jusqu'au milieu du XVIe siècle. La noblesse locale disparut en fait au XIIIe siècle. Le pays était constitué de communautés paysannes se gouvernant elles-mêmes dont la base était souvent les anciennes gentes. En 1559 les troupes du roi de Danemark et des dues de Holstein réussirent à briser là résistance en Dithmarses, mais la constitution des communes et leur administration autonome persistèrent jusque dans la deuxième moitié du XIXe siècle.</p>
<p>[11] HEGEL : Principes de la Philosophie du droit, §§ 257 et 360.</p>
<p>[12] Bleichröder était le directeur de la banque berlinoise qui portait son nom.</p>
<p>[13] Dans la première édition : Il en est de même dans la société.</p>
<p>[14] Le système des droits acquis, de Lassalle, roule essentiellement [dans sa seconde partie] sur l'affirmation selon laquelle le testament romain serait aussi ancien que Rome même ; il n'y aurait jamais eu, pour l'histoire romaine, « une époque sans testament » ; mieux encore : le testament serait né du culte des morts, avant l'époque romaine. Lassalle, en sa qualité d'hégélien de vieille observance, ne fait pas dériver les dispositions juridiques romaines des conditions sociales des Romains, mais du « concept spéculatif » de la volonté ; ce qui l'amène à cette affirmation que contredit l'histoire. On ne saurait s'en étonner dans un livre qui, se fondant sur ce même concept spéculatif, en vient à affirmer que, dans l'héritage romain, la transmission des biens aurait été chose secondaire. Lassalle ne croit pas seulement aux illusions des juristes romains, surtout de ceux des temps reculés ; il renchérit encore sur elles. (Note d'Engels.)</p>
<p>[15] J'avais d'abord l'intention de placer la brillante critique de la civilisation qui se trouve, éparse, dans les oeuvres de Charles Fourier, à côté de celle de Morgan et de la mienne. Malheureusement, le temps me manque. Je noterai seulement que, déjà chez Fourier, la monogamie et la propriété foncière sont considérées comme les caractéristiques principales de la civilisation et qu'il appelle celle-ci une guerre du riche contre le pauvre. De même, on trouve déjà chez lui cette vue profonde que dans toutes les sociétés défectueuses, déchirées en antagonismes, les familles conjugales (« les familles incohérentes ») sont les unités économiques. (Note d'Engels.)</p>
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