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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Du nouveau sur l'origine des Am&#233;rindiens</title>
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		<dc:date>2024-10-19T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du nouveau sur l'origine des Am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a 40 ans, les chercheurs pensaient que le peuplement des Am&#233;riques avait eu lieu de fa&#231;on plut&#244;t simple. Les Hommes seraient ainsi arriv&#233;s sur le continent par le sud, au cours d'une seule vague de migration 13 000 ans plus t&#244;t. Ce qui co&#239;ncidait avec la propagation en Am&#233;rique du Nord d'outils en pierre particuliers, fabriqu&#233;s par le peuple de la culture Clovis. Toutefois, gr&#226;ce &#224; de nouvelles d&#233;couvertes arch&#233;ologiques et &#224; des techniques de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du nouveau sur l'origine des Am&#233;rindiens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a 40 ans, les chercheurs pensaient que le peuplement des Am&#233;riques avait eu lieu de fa&#231;on plut&#244;t simple. Les Hommes seraient ainsi arriv&#233;s sur le continent par le sud, au cours d'une seule vague de migration 13 000 ans plus t&#244;t. Ce qui co&#239;ncidait avec la propagation en Am&#233;rique du Nord d'outils en pierre particuliers, fabriqu&#233;s par le peuple de la culture Clovis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, gr&#226;ce &#224; de nouvelles d&#233;couvertes arch&#233;ologiques et &#224; des techniques de datation plus pr&#233;cises, nous savons d&#233;sormais que les Hommes de la culture Clovis qui fa&#231;onnaient ces outils n'&#233;taient pas les premiers Am&#233;ricains. Des fouilles arch&#233;ologiques sur plusieurs sites d'Am&#233;rique du Nord et du Sud ont permis aux chercheurs de prouver de mani&#232;re convaincante que des peuples ant&#233;rieurs &#224; cette culture &#233;taient arriv&#233;s plusieurs si&#232;cles avant l'apparition de ces outils.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude d'ADN ancien fournit des informations suppl&#233;mentaires concernant cette p&#233;riode de l'Histoire : elle a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; la pr&#233;sence de groupes g&#233;n&#233;tiquement diff&#233;rents qui n'ont laiss&#233; derri&#232;re eux aucune trace physique unique. Toutefois, cela n'offre qu'une vision confuse et &#233;loign&#233;e de l'Histoire. Apr&#232;s tout, les premiers Am&#233;rindiens n'ont pas travers&#233; le continent en une seule fois. Il s'agissait plut&#244;t de petits groupes de chasseurs-cueilleurs qui vagabondaient &#224; travers la r&#233;gion vivant au jour le jour, ramassant de la nourriture, cherchant des abris, fabriquant des v&#234;tements et des outils et rencontrant d'autres peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il est facile de tomber dans le pi&#232;ge de la simplification &#224; outrance de ce qui &#233;tait probablement un processus extr&#234;mement complexe, en le repr&#233;sentant par des fl&#232;ches orient&#233;es vers le sud &#187;, souligne Jennifer Raff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2018/11/nouvelles-revelations-sur-lorigine-des-premiers-americains&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2018/11/nouvelles-revelations-sur-lorigine-des-premiers-americains&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cialistes ont dans un premier temps pens&#233;25 que l'arriv&#233;e des premiers humains en Am&#233;rique remontait &#224; 12 000 ans environ. Mais certaines donn&#233;es arch&#233;ologiques indiquent que le premier peuplement de l'Am&#233;rique aurait pu avoir lieu pendant le dernier maximum glaciaire (autour de 21 000 ans avant le pr&#233;sent), &#224; l'occasion de l'abaissement des niveaux marins. Venant de Sib&#233;rie, ils auraient travers&#233; le d&#233;troit de B&#233;ring, alors au-dessus de la ligne de rivage maritime en p&#233;riode glaciaire (voir B&#233;ringie). Apr&#232;s une p&#233;riode d'habitation en B&#233;ringie, et apr&#232;s la disparition des masses glaciaires d'Am&#233;rique du Nord, ils auraient pu continuer le peuplement du nouveau continent26. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres th&#233;ories parlent de peuples oc&#233;aniens qui auraient travers&#233; l'oc&#233;an Pacifique (th&#233;orie avanc&#233;e par Paul Rivet), ou encore de peuples europ&#233;ens (hypoth&#232;se de l'arch&#233;ologue Dennis Stanford). Une analyse ADN pourrait confirmer cette derni&#232;re hypoth&#232;se27. On[Qui ?] estime en effet qu'une peuplade pourrait &#234;tre venue d'Europe il y a 12 000 &#224; 36 000 ans ; elle correspondrait aujourd'hui &#224; un groupe tr&#232;s restreint d'autochtones : les Ojibw&#233;s, les Nuu-Chah-Nulth, les Sioux et les Yakamas. Des &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques plus r&#233;centes contredisent cependant cette th&#232;se28,29. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Am&#233;rindiens, s'appuyant sur leur tradition orale, soutiennent que leurs anc&#234;tres ont toujours habit&#233; l&#224;30. Quoi qu'il en soit, la diversit&#233; des milieux naturels du continent a engendr&#233; des cultures tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera cependant des d&#233;couvertes qui remettent en cause le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral de la colonisation de l'Am&#233;rique par les Am&#233;rindiens. Certains sp&#233;cialistes pensent que le peuplement du continent am&#233;ricain n'a pas une seule origine : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les ossements de la femme de Pe&#241;on (environ 13 000 ans), d&#233;couverts pr&#232;s de Mexico pr&#233;sentent aussi des caract&#233;ristiques europo&#239;des.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Des momies furent exhum&#233;es sous plusieurs m&#232;tres de d&#233;p&#244;ts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-r&#233;colteurs. Elles &#233;taient du type europo&#239;de. Elles furent dat&#233;es d'environ 5 000 ans par l'analyse au radiocarbone 14. D'autres furent d&#233;couvertes en 1931 de m&#234;me type non loin de la caverne de Lovelock.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	250 cr&#226;nes et squelettes du site de Cerca grande, sont &#226;g&#233;s de 9 000 ans &#224; 1 000 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre question probl&#233;matique est celle de la date du peuplement. L&#224; encore, le travail des arch&#233;ologues semble repousser l'origine du peuplement &#224; des &#233;poques plus anciennes qu'on ne l'a longtemps cru : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	En 2005, dans une ancienne carri&#232;re situ&#233;e pr&#232;s du volcan Cerro Toluquilla (Puebla au Mexique), des traces humaines vieilles de 38 000 ans ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes par une &#233;quipe britannique sur une couche de cendres fossilis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	En 2020, des chercheurs fran&#231;ais et sud-am&#233;ricains datent de 31 000 ans certains artefacts de la grotte de Chiquihuite31,32.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Sur le territoire des &#201;tats-Unis, l'homme de Folsom trouv&#233; au Nouveau-Mexique aurait 20 000 ans. En 1997, l'analyse au carbone 14 de fossiles am&#233;rindiens trouv&#233;s en Virginie les fait remonter &#224; 17 000 ans av. J.-C.[r&#233;f. n&#233;cessaire]&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Algonquins seraient apparus il y a 4 500 ans. Des traces de maisons en rondins iroquoises sont attest&#233;es pour le Xe si&#232;cle av. J.-C. En 2019, des charbons de bois et des ossements de grands mammif&#232;res accompagn&#233;s de lames de pierre et de pointes de lance, provenant du site de Cooper's Ferry (sur les rives d'une rivi&#232;re de l'ouest de l'Idaho), sont dat&#233;s &#224; environ 16 000 ans, plus d'un mill&#233;naire avant que la fonte des glaciers n'ait ouvert un corridor sans glace &#224; travers le Canada il y a environ 14 800 ans. Les premiers Pal&#233;oam&#233;ricains ont donc d&#251; venir par voie maritime, en parcourant rapidement la c&#244;te du Pacifique et en remontant les rivi&#232;res33,34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples autochtones d'Am&#233;rique d'aujourd'hui sont &#233;troitement li&#233;s aux Asiatiques de l'Est. N&#233;anmoins, les chercheurs estiment que 14 &#224; 38 % de l'ascendance am&#233;rindienne provient d'une population semblable &#224; celle qui vivait en Sib&#233;rie il y a 24 000 ans. L'&#233;tude de l'ADN d'un gar&#231;on sib&#233;rien du Pal&#233;olithique sup&#233;rieur d&#233;couvert pr&#232;s du village de Mal'ta, le long de la rivi&#232;re Belaya en Sib&#233;rie a montr&#233; que certaines parties de son g&#233;nome se retrouvent aujourd'hui chez les Eurasiens occidentaux, d'autres se retrouvent chez les Am&#233;rindiens et sont uniques aux Am&#233;rindiens aujourd'hui. L'ADN du gar&#231;on est rare ou absent en Asie centrale et en Asie de l'Est. Le sc&#233;nario le plus probable est celui d'une population telle que celle qui vivait en Sib&#233;rie il y a 24 000 ans qui s'est m&#233;lang&#233;e aux anc&#234;tres des Asiatiques de l'Est. Ainsi, les Am&#233;rindiens sont form&#233;s par la r&#233;union de deux populations - un groupe est-asiatique et des populations ouest-eurasiennes - sans que l'on sache o&#249; ce m&#233;lange a eu lieu35. Le 9 mai 2023, une nouvelle &#233;tude g&#233;n&#233;tique est publi&#233;e dans la revue Cell reports met en lumi&#232;re que les premiers arrivants &#233;taient partis de Chine lors de deux vagues distinctes, durant la p&#233;riode glaciaire et juste apr&#232;s, selon ses auteurs.La premi&#232;re a d&#233;but&#233; il y a 26 000 ans et s'est achev&#233;e il y a 19 500 ans, durant la derni&#232;re p&#233;riode glaciaire. La couverture de glace &#233;tait alors &#224; son pic, rendant probablement le climat du nord de la Chine inhospitalier. La deuxi&#232;me a commenc&#233; durant la p&#233;riode de fonte des glaces, il y a 19 000 ans, et a dur&#233; jusqu'il y a 11 500 ans36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man080903.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man080903.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.sfu.museum%2Fjourney%2Ffr%2F05p_secondary%2Fberingia.php#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.sfu.museum%2Fjourney%2Ffr%2F05p_secondary%2Fberingia.php#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.pubmedcentral.nih.gov%2Farticlerender.fcgi%3Fartid%3D1377656#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.pubmedcentral.nih.gov%2Farticlerender.fcgi%3Fartid%3D1377656#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://phys.org/news/2016-01-genetic-ancient-trans-atlantic-migration-professor.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://phys.org/news/2016-01-genetic-ancient-trans-atlantic-migration-professor.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jennifer A. Raff et Deborah A Bolnick, &#171; Does Mitochondrial Haplogroup X Indicate Ancient Trans-Atlantic Migration to the Americas ? A Critical Re-Evaluation &#187;, PaleoAmerica : A Journal of Early Human Migration and Dispersal, vol. 1, no 4,&#8206; 2015, p. 297&#8211;304&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1179/2055556315Z.00000000040&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1179/2055556315Z.00000000040&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://esask.uregina.ca/entry/historians_and_historiography.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://esask.uregina.ca/entry/historians_and_historiography.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/s41586-020-2509-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nature.com/articles/s41586-020-2509-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/sciences/au-mexique-l-archeologie-fait-reculer-de-15-000-ans-la-decouverte-de-l-amerique-20200722&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/sciences/au-mexique-l-archeologie-fait-reculer-de-15-000-ans-la-decouverte-de-l-amerique-20200722&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science.org/doi/10.1126/science.365.6456.848&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science.org/doi/10.1126/science.365.6456.848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax9830&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax9830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/news/science-environment-25020958&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/news/science-environment-25020958&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/certains-des-premiers-humains-des-ameriques-venaient-de-chine-revele-une-etude-214643&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/certains-des-premiers-humains-des-ameriques-venaient-de-chine-revele-une-etude-214643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques du chromosome Y montrent que les premiers Am&#233;rindiens sont venus de Sib&#233;rie centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/l-origine-des-amerindiens-4168.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/l-origine-des-amerindiens-4168.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/l-origine-beringienne-des-amerindiens-enfin-attestee-12800.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/l-origine-beringienne-des-amerindiens-enfin-attestee-12800.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de dents bouscule une th&#233;orie r&#233;pandue sur l'origine des premiers Am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/une-analyse-de-dents-bouscule-une-theorie-repandue-sur-lorigine-des-amerindiens-206702&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/une-analyse-de-dents-bouscule-une-theorie-repandue-sur-lorigine-des-amerindiens-206702&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vaste analyse g&#233;n&#233;tique a r&#233;v&#233;l&#233; aux moins deux migrations entre les Am&#233;riques, la Chine et le Japon, au cours de la derni&#232;re &#232;re glaciaire et de la p&#233;riode de fonte ayant suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;s dans la revue Cell Reports, ces travaux ont permis de retracer l'une des lign&#233;es fondatrices du peuple am&#233;rindien &#224; travers les continents et le temps, via l'examen de s&#233;quences d'ADN mitochondrial, transmis par la m&#232;re. &#192; partir de quelque 115 000 &#233;chantillons, l'&#233;quipe a pu identifier 216 individus contemporains et 39 individus anciens qui partageaient la m&#234;me ascendance, en cartographiant ses ramifications &#224; l'aide de la datation au carbone et en comparant les mutations survenues en cours de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dailygeekshow.com/origine-amerindiens-adn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dailygeekshow.com/origine-amerindiens-adn/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_des_Am%C3%A9rindiens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_des_Am%C3%A9rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/science/399828/des-geneticiens-confirment-que-les-amerindiens-venaient-d-asie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/societe/science/399828/des-geneticiens-confirment-que-les-amerindiens-venaient-d-asie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://kateyaartam&#233;rindien.com/fr/blog/qui-sont-indiens-amerique-du-nord-n9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-indiens-amerique-seraient-partie-originaires-europe-50402/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-indiens-amerique-seraient-partie-originaires-europe-50402/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/les-amerindiens-ont-aussi-des-ancetres-europeens-28-11-2013-3356507.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/les-amerindiens-ont-aussi-des-ancetres-europeens-28-11-2013-3356507.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scienceshumaines.com/amerindiens-une-origine-toujours-en-debat_fr_32117.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.scienceshumaines.com/amerindiens-une-origine-toujours-en-debat_fr_32117.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/16/un-squelette-vieux-de-13-000-ans-leve-le-voile-sur-l-origine-des-peuples-des-ameriques_4419689_1650684.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/16/un-squelette-vieux-de-13-000-ans-leve-le-voile-sur-l-origine-des-peuples-des-ameriques_4419689_1650684.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Mythes-Realites.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Mythes-Realites.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On ne nait pas homme, on le devient&#8230;</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8659</link>
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		<dc:date>2024-01-16T23:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne nait pas homme (au point de vue du sexe, par opposition &#224; femme), on le devient&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte ne discute pas de la s&#233;paration entre homme et animal, ni de &#171; la th&#233;orie du genre &#187; qui concerne les personnes d'&#226;ge mur sexuellement parlant, ni de leur sexualit&#233;, ni de l'homosexualit&#233;. Nous ne parlons ici que de l'&#233;mergence du sexe au stade f&#339;tal de l'&#234;tre humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Simone de Beauvoir a &#233;crit qu' &#171; on ne nait pas femme, on le devient &#187; mais ce n'&#233;tait pas &#224; propos du f&#339;tus ni de la naissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On ne nait pas homme (au point de vue du sexe, par opposition &#224; femme), on le devient&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce texte ne discute pas de la s&#233;paration entre homme et animal, ni de &#171; la th&#233;orie du genre &#187; qui concerne les personnes d'&#226;ge mur sexuellement parlant, ni de leur sexualit&#233;, ni de l'homosexualit&#233;. Nous ne parlons ici que de l'&#233;mergence du sexe au stade f&#339;tal de l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone de Beauvoir a &#233;crit qu' &#171; on ne nait pas femme, on le devient &#187; mais ce n'&#233;tait pas &#224; propos du f&#339;tus ni de la naissance physiologique mais de la naissance sociale de la femme ! Cependant, cette phrase invers&#233;e devient &#171; on ne nait pas homme (sexe), on le devient &#187;, et ce pourrait bien &#234;tre la v&#233;rit&#233; scientifique parce qu'&#224; la base (le f&#339;tus commen&#231;ant &#224; se d&#233;velopper dans le ventre de la m&#232;re) nous sommes tous&#8230; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens ont l'image inverse selon laquelle on naitrait tous gar&#231;ons et qu'ensuite certains d'entre eux auraient une d&#233;viation vers une fille. Bible et Ancien Testament n'ont-t-il pas affirm&#233; que la femme est &#171; tir&#233;e d'une c&#244;te de l'homme &#187; ? Ce conte biblique patriarcal sous-entend que la femme est venue apr&#232;s l'homme dans la &#171; cr&#233;ation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien que dans la formation physiologique d'un &#234;tre humain non mythique, ce soit m&#234;me l'inverse qui soit vrai : on nait femme et on devient, &#233;ventuellement, homme ensuite. Et cela n'a rien d'exeptionnel parmi les animaux, c'est la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ruffi&#233; &#233;crit ainsi dans &#171; le d&#233;terminisme du sexe &#187; (chapitre de &#171; Le sexe et la mort &#187;) : &#171; Chez les mamiff&#232;res, il y a un sexe dominant, normal, vers lequel se dirige tout f&#339;tus : le sexe f&#233;minin. Pour qu'un mammif&#232;re s'oriente vers la masculinisation, deux groupes d'hormones secr&#233;t&#233;es par les testicules et reconnues par les r&#233;cepteurs cellulaires corespondants sont n&#233;cessaires : l'un supprime les canaux de M&#252;ller et l'autre, repr&#233;sent&#233;e par les hormones masculinisantes, d&#233;termine l'apparition des caract&#232;res m&#226;les. Chez les oiseaux, c'est le contraire du cas des mammif&#232;res (le testicule doit lutter pour imposer la masculinisation) : c'est l'ovaire des oiseaux qui doit imposer la f&#233;minisation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;o Grasset &#233;crit dans &#171; Le coup de la girafe &#187; : &#171; Rappelons-nous que toutes les personnes sont des femmes lorsqu'elles sont de jeunes embryons : le sexe femmelle est le sexe &#171; de base &#187; &#224; partit duquel le sexe masculin va se diff&#233;rencier. Les premi&#232;res d&#233;charges hormonales masculines n'apparaissent qu'&#224; la huiti&#232;me semaine. Dit autrement, les hommes devront fabriquer leurs organes de m&#226;les &#224; partir de ce qui est d&#233;j&#224; disponible &#171; sur place &#187;, et qui est d&#233;j&#224; un peu f&#233;minin. Les t&#233;tons sont d&#233;j&#224; produits d&#232;s la sixi&#232;me semaine, il va falloir faire avec. Chaque attribut m&#226;le est un attribut en plus, durement acquis &#224; grandes salves des testost&#233;rones et de rafales d'androg&#232;nes. Si quelque chose de f&#233;minin reste, mais qu'il ne g&#232;ne pas et qu'il ne d&#233;favorise pas son porteur, il restera en place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens pensent que, d&#232;s le d&#233;part, on nait &#171; gar&#231;on &#187; ou on nait &#171; fille &#187; et que c'est irr&#233;versible car inscrit dans les g&#232;nes et c'est faux. En effet, c'est un &#234;tre au potentiel &#224; la fois homme et femme qui appara&#238;t dans le ventre de la femme : le f&#339;tus. Cependant, ce nouvel &#234;tre humain para&#238;t &#234;tre plut&#244;t un &#234;tre f&#233;minin &#224; potentialit&#233;s masculines que le contraire. En tout cas, il ne suffit pas de dire que &#171; c'est g&#233;n&#233;tique &#187;, ce qui signifierait que tout est dans la 23&#232;me paire de chromosomes, soit XX soit XY comme on le lit dans bien des articles des m&#233;dia. Le m&#233;canisme de mise en place de la sexualit&#233; n'est pas termin&#233; par le choix XX ou XY. Il faut encore que le g&#232;ne SRY intervienne ou pas, ce qui rend possible (mais plus rare) d'avoir une femme XY et un homme XX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on n'est ni d&#233;finitivement ni &#171; femme &#187; ni &#171; homme &#187; avant la cinqui&#232;me semaine de la grossesse. Or, les g&#232;nes, on les a d&#233;j&#224; et ils sont d&#233;finitivement inscrits et immuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des erreurs de cette conception purement g&#233;n&#233;tique des sexes est qu'elle oppose diam&#233;tralement les deux (ou XX ou XY exclusivement) alors que les deux sexes s'opposent dialectiquement et d'abord ils se composent dans le f&#339;tus puis se dissocient de mani&#232;re contradictoire. Il peut donc y avoir divergence entre le sexe g&#233;n&#233;tique et le sexe anatomique. La sexualit&#233; est donc une fonction contradictoire et non un attribut directement reli&#233; &#224; une dichotomie g&#233;n&#233;tique. Fondamentalement, vers la 8e semaine de gestation, ce sont les chromosomes sexuels qui d&#233;clenchent la diff&#233;renciation et qui, en quelque sorte, d&#233;cident si c'est la voie f&#233;minine ou masculine qui doit &#234;tre prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut y avoir des sexualit&#233;s moins clairement d&#233;finies que d'autres. Il peut y avoir des &#234;tres vivants qui sont partiellement d'un sexe et partiellement d'un autre ou d'une sexualit&#233; faible, att&#233;nu&#233;e. Ce ne sont pas des &#234;tres malform&#233;s. Ce sont des &#234;tres tout &#224; fait normaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est-il possible que des chromosomes masculins puissent ne pas donner des hommes et des chromosomes f&#233;minins ne pas donner des femmes ? Eh bien, les g&#232;nes contenus dans ces chromosomes peuvent tout &#224; fait avoir &#233;t&#233; inhib&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les g&#232;nes ne sont que l'un des trois paliers de la construction de la sexualit&#233; chez le f&#339;tus. Ces trois paliers sont le palier chromosomique, le palier hormonal et le palier organique. Les trois sont d&#233;terminants et pas un seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, le f&#339;tus est au stade dit &#171; sexuellement indiff&#233;renci&#233; &#187;. C'est durant l'embryogen&#232;se que la sexualit&#233; de l'individu va &#234;tre d&#233;termin&#233;e. Ensuite, la potentialit&#233; masculine du f&#339;tus sera activ&#233;e ou pas en fonction de la quantit&#233; des androg&#232;nes que re&#231;oit l'embryon dans le ventre de la m&#232;re. Et encore, ce n'est pas tout : c'est bien plus compliqu&#233; que cela, la sexualit&#233; d&#233;pend de nombreux m&#233;canismes complexes dont certains sont encore en train d'&#234;tre d&#233;couverts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In utero, la testost&#233;rone agit directement sur le d&#233;veloppement des organes g&#233;nitaux dans le sens d'une diff&#233;renciation masculine, de m&#234;me qu'elle semble agir sur le cerveau pour induire l'identit&#233; masculine, et ce de mani&#232;re proportionnelle au taux circulant dans le sang f&#339;tal. D'autres hormones m&#226;les peuvent agir dans le sens d'un d&#233;veloppement masculin : les androg&#232;nes surr&#233;naliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; la base, nous sommes tous des&#8230; femmes ! Eh oui ! On nait femme et parfois on devient homme. Et c'est ce qui expliquerait certains attributs f&#233;minins qui se retrouvent dans le corps des hommes comme les t&#233;tons qui n'ont pourtant aucune utilit&#233; pour un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des premi&#232;res semaines, seul le chromosome X, f&#233;minin, s'exprime, quelque soit le sexe de l'embryon. On parle alors de d&#233;veloppement indiff&#233;renci&#233;, ou asexu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'embryon est physiologiquement indiff&#233;renci&#233; jusqu'&#224; la septi&#232;me semaine de grossesse. &#192; partir de la huiti&#232;me semaine, commence la diff&#233;renciation des gonades et des organes g&#233;nitaux internes puis des organes externes au cours du troisi&#232;me mois de vie f&#339;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chromosome f&#233;minin lance alors la conception des seins. Au bout de six semaines, si un second chromosome X s'exprime, c'est une fille, si c'est le chromosome Y qui entre en jeu, c'est un gar&#231;on. Celui-ci commande l'apparition des organes masculins, g&#232;re l'arriv&#233;e de la testost&#233;rone et bloque la formation - d&#233;j&#224; avanc&#233;e - des seins. Voici pourquoi les hommes sont dot&#233;s de mamelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces t&#233;tons masculins ont-ils conserv&#233; un caract&#232;re f&#233;minin, c'est-&#224;-dire une capacit&#233; &#224; sortir du lait ? Eh bien oui ! Interrog&#233; par Science&amp;Vie, Thierry Lod&#233;, sp&#233;cialiste de la sexualit&#233; chez les humains et les animaux, remarque cependant que &#8220;si les hommes &#233;taient oblig&#233;s de nourrir leur enfant par ce moyen, ils pourraient d&#233;velopper l'activit&#233; galactophore. En t&#233;moigne la production d'une petite quantit&#233; de lait en cas de stress ou de manipulation chez certains hommes.&#034; C'est donc bel et bien un attribut f&#233;minin qui a &#233;t&#233; conserv&#233; chez l'homme parce qu'&#224; la base nous sommes tous des&#8230; femmes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res semaines du foetus, seul s'exprime le chromosome X, le chromosome f&#233;minin, y compris chez les gar&#231;ons. Pendant six semaines, le d&#233;veloppement est asexu&#233;, ou plut&#244;t indiff&#233;renci&#233;. Tout change &#224; la sixi&#232;me semaine de vie f&#339;tale. Si c'est une fille, un second chromosome X va entrer en jeu et induire la formation des organes f&#233;minins (vulve, ut&#233;rus, ovaires) et g&#233;n&#233;rer la production d'hormones f&#233;minines comme l'&#339;strog&#232;ne et la progest&#233;rone. Si c'est un gar&#231;on, c'est le chromosome Y qui d&#233;boule. Il va commander la formation des organes m&#226;les (p&#233;nis et testicules), baign&#233;s par l'arriv&#233;e de l'hormone masculine, la testost&#233;rone. Mais entre-temps, le petit embryon unisexe avait d&#233;j&#224; lanc&#233; la fabrication des t&#233;tons. Il est trop tard pour revenir en arri&#232;re. Chez le gar&#231;on ils ne bougeront plus, restant &#224; l'&#233;tat de mamelles rudimentaires, pour ainsi dire fossilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les embryons de sexe f&#233;minin, la transformation des gonades indiff&#233;renci&#233;es en ovaires a lieu entre 8 et 10 semaines de d&#233;veloppement embryonnaire. C'est la diff&#233;renciation ovarienne. Les follicules ne se formeront qu'apr&#232;s la naissance. Les ovaires produisent des &#339;strog&#232;nes. C'est cette hormone qui va maintenir les canaux de M&#252;ller, et les amener &#224; se transformer peu &#224; peu en oviductes. Les canaux de Wolff, eux, d&#233;g&#233;n&#232;rent par l'absence de testost&#233;rone et la diff&#233;renciation est favoris&#233;e par le g&#232;ne DAX1, qui inhibe les caract&#232;res masculins. Les canaux de M&#252;ller se modifient pour former, dans leur partie sup&#233;rieure, les trompes de Fallope, dans les segments moyens, deux cornes ut&#233;rines qui se souderont en un ut&#233;rus unique au 4e mois de l'embryon. Dans le segment inf&#233;rieur, les deux canaux fusionnent pour constituer le canal ut&#233;ro-vaginal et le renflement post&#233;rieur, le tubercule de M&#252;ller, constitue le col de l'ut&#233;rus alors que la cavit&#233; du vagin se forme. Chez le f&#339;tus f&#233;minin, les orifices g&#233;nital et urinaire sont distincts. Les organes g&#233;nitaux externes f&#233;minins se forment au cours du 3e mois de la vie f&#339;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la naissance, la structure de la glande mammaire est inachev&#233;e et comporte une ramification de canaux galactophores primordiaux. L'arr&#234;t du fonctionnement placentaire s'accompagne d'une suppression des &#339;strog&#232;nes maternels qui provoque de mani&#232;re transitoire, dans les deux sexes, un &#233;tat congestif des seins et une s&#233;cr&#233;tion lact&#233;e. &#192; ce stade, les glandes mammaires n'&#233;voluent plus chez le gar&#231;on. Chez la fille, elles restent au repos jusqu'&#224; la pubert&#233;, o&#249; leur &#233;volution am&#232;ne le d&#233;veloppement des seins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ruffi&#233; &#233;crit dans &#171; le d&#233;terminisme du sexe &#187; (chapitre de &#171; Le sexe et la mort &#187;) : &#171; L'intervention des chromosomes dans la sexualit&#233;, encore mal connue, est trs&#232; pr&#233;coce. Les premi&#232;res cellules destin&#233;es &#224; devenir sexuelles naisssent de l'&#233;pith&#233;lium coelonique de l'embryon et migrent de l&#224; dans un &#171; coin &#187; de l'organisme o&#249; elles donnent des glandes sexuelles ou gonades. C'est au moment pr&#233;cis o&#249; ces glandes se diff&#233;rencient qu'elles &#233;voluent vers la lign&#233;e m&#226;le ou la lign&#233;e femelle. Cette diff&#233;renciation est sous le contr&#244;le du patrimoine h&#233;r&#233;ditaire. Chez l'homme, et sans doute chez tous les mammif&#232;res, le chromosome Y doit renfermer un ou plusieurs g&#232;nes qui assurent la synth&#232;se d'une mol&#233;cule signal. Celle-ci agit comme un d&#233;clencheur du &#171; programme m&#226;le &#187; qui sera en grande partie assur&#233; par la mise en action de g&#232;nes port&#233;s par les autosomes (lesquels, en l'absence de Y, demeureraient muets mais n'en existeraient pas moins). Ces g&#232;nes autosomiques ne sont pas &#224; proprement parler sexuels, car ils ne fixent pas la nature du sexe, mais ils participent &#224; sa r&#233;alisation en ob&#233;issant aux ordres venus de Y. Ils provoquent l'apparition de tous les caract&#232;res sexuels m&#226;les tant primitifs (nature histologique des gonades qui seront soit femelles : ovules, soit m&#226;les : testicules), que primaires (organes g&#233;nitaux proprement dits) ou secondaires (traits ph&#233;notypiques caract&#233;ristiques d'un sexe, mais qui n'interviennent pas n&#233;cessairement de fa&#231;on directe dans la copulation)&#8230;. La sexualit&#233; implique une &#171; couverture hormonale &#187; complexe, dont le m&#233;canisme, que l'on pensait nagu&#232;re assez simple, est encore mal &#233;lucid&#233;&#8230; L'intervention hormonale se situe &#224; deux niveaux : celui des gonades qui, outre leur r&#244;le de fabricants de cellules sexuelles, sont aussi de v&#233;ritables glandes endocrines, celui de l'hypophyse ant&#233;rieure et des parties voisines du cerveau qui contr&#244;lent, pour ainsi dire, l'activit&#233; hortmonale des gonades. Le r&#244;le des hormones dans la diff&#233;renciation para&#238;t incontestable&#8230;. Les hormones sexuelles f&#233;minines sont les oestrog&#232;nes et la progest&#233;rone. La principale hormone sexuelle masculine est la testost&#233;rone. Chimiquement, elle pr&#233;sente une structure tr&#232;s proche des hormones femelles et d&#233;rive comme elles du cholest&#233;rol. Elle est pr&#233;sente chez la femme mais en quantit&#233; beaucoup plus faible que chez l'homme. En fait, la testost&#233;rone est un pr&#233;curseur, une pr&#233;hormone. L'hormone proprement dite est la dihydrotestost&#233;rone. La r&#233;gulation des hormones sexuelles, m&#226;les comme femelles, est sous la commande d'hormones ant&#233;-hypophysaires, dites hormones gonadothropes qui sont les m&#234;mes pour les deux sexes&#8230; L'ensemble du cycle ovarien f&#233;minin d&#233;pend d'un m&#233;canisme neuro-hormonal mettant en jeu au moins deux types de circuits complexes, l'un freinant, l'autre acc&#233;larant l'acitvit&#233; de synth&#232;se des gonades-trophines et des hormones sexuelles&#8230; On sait maintenant qu'il existe, au moins au niveau de l'hypothalamus, des structures qui commandent les conduites sexuelles homo et h&#233;t&#233;rotypiques&#8230; L'action hormonale s'exerce durant le d&#233;veloppement intra-ut&#233;rin. C'est &#224; ce moment que la gonade s'oriente vers un sexe soit m&#226;le (testicule), soit femelle (ovaire) selon l'&#233;quipement g&#233;n&#233;tique du sujet. A son tour, la gonade, qui joue aussi le r&#244;le de glande endocrine, va fixer par voie hormonale les structures hypothalamiques vers le sexe correspondant&#8230; Dans le d&#233;but de la vie embryologique, les vert&#233;br&#233;s (et m&#234;me les invert&#233;br&#233;s) sont dou&#233;s d'une double potentialit&#233; sexuelle : masculite et f&#233;minine. Aussi suffira-t-il de peu de chose pour entra&#238;ner une d&#233;viation : chaque individu passant, &#224; un moment ou &#224; un autre, par un stade physiologique, ou plus tard mental, bisexu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Boucles de r&#233;troaction en g&#233;n&#233;tique</title>
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		<dc:date>2020-09-24T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233; Thomas, sp&#233;cialiste en circuits de feedback de la g&#233;n&#233;tique, analyse le r&#244;le des boucles de r&#233;troaction en g&#233;n&#233;tique et leur importance dans le processus de diff&#233;renciation cellulaire. Il d&#233;bute par quelques consid&#233;rations d'analyse math&#233;matique qui montrent qu'il y a une analogie entre des boucles de r&#233;troaction interactives et des syst&#232;mes d'&#233;quations diff&#233;rentielles chaotiques. Rappelons d'abord qu'on a une boucle de r&#233;troaction &#224; chaque fois que part d'un &#233;l&#233;ment une s&#233;rie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Auto-organisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233; Thomas, sp&#233;cialiste en circuits de feedback de la g&#233;n&#233;tique, analyse le r&#244;le des boucles de r&#233;troaction en g&#233;n&#233;tique et leur importance dans le processus de diff&#233;renciation cellulaire. Il d&#233;bute par quelques consid&#233;rations d'analyse math&#233;matique qui montrent qu'il y a une analogie entre des boucles de r&#233;troaction interactives et des syst&#232;mes d'&#233;quations diff&#233;rentielles chaotiques. Rappelons d'abord qu'on a une boucle de r&#233;troaction &#224; chaque fois que part d'un &#233;l&#233;ment une s&#233;rie de r&#233;actions qui revient agir sur cet &#233;l&#233;ment. La r&#233;troaction peut &#234;tre positive ou n&#233;gative. Cela signifie que l'action en retour peut favoriser la production de cet &#233;l&#233;ment ou au contraire la freiner ou la bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aussi que les &#233;quations diff&#233;rentielles sont celles qui relient les quantit&#233;s et leur vitesse d'&#233;volution ainsi que l'acc&#233;l&#233;ration de cette &#233;volution. Les lois sont g&#233;n&#233;ralement des &#233;quations diff&#233;rentielles de ce type. Celles qui ont trois param&#232;tres sont capables d'engendrer un attracteur chaotique. Cela signifie que les courbes sont feuillet&#233;es &#224; l'extr&#234;me, chaque courbe se rapprochant infiniment de la suivante. Il en d&#233;coule que la moindre variation d'un param&#232;tre fait sauter d'une courbe &#224; une autre. En d&#233;coule aussi que la suite de l'histoire est chang&#233;e par un tout petit changement. C'est ce que l'on appelle la sensibilit&#233; aux conditions initiales. On est en plein dans le chaos d&#233;terministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Ren&#233; Thomas montre que les m&#234;mes conditions qui font que des boucles de r&#233;troaction &#224; trois &#233;l&#233;ments engendrent des situations de type foyer-col font que l'&#233;quation diff&#233;rentielle correspondante m&#232;ne &#224; un attracteur chaotique. En dynamique, l'expression col signifie qu'une position stationnaire peut &#234;tre trouv&#233;e et conserv&#233;e un certain temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut y avoir un &#233;tat stationnaire instable produit par des interactions entre des boucles de r&#233;troactions lorsqu'il y a une dynamique chaotique. C'est un point tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en d&#233;duit que des lois non-lin&#233;aires des g&#232;nes qui r&#233;troagissent peuvent produire des structures &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que les g&#232;nes sont effectivement r&#233;troactifs et constituent avec les prot&#233;ines des boucles positives ou n&#233;gatives qui actionnent, inhibent, acc&#233;l&#232;rent ou ralentissent la production des prot&#233;ines par les g&#232;nes. C'est ainsi que l'ADN qui, seul, est inactif devient la base de l'activit&#233; g&#233;n&#233;tique du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique ne doit donc pas &#234;tre con&#231;u comme porteur &#224; lui seul de la g&#233;n&#233;tique qui est une structure d'auto-organisation des interactions. Chaque g&#232;ne doit donc &#234;tre per&#231;u non comme un individu mais comme une boucle de r&#233;troaction qui interagit avec d'autres boucles. Ces diverses boucles peuvent produire des structures stationnaires instables. Ce sont des r&#233;seaux de r&#233;troactions coupl&#233;s. C'est un ordre g&#233;n&#233;tique. On con&#231;oit ainsi que l'ordre g&#233;n&#233;tique n'est pas programm&#233;, inscrit d'avance mais construit par la dynamique des interaction entre boucles de r&#233;troaction des g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esp&#232;ce est con&#231;ue g&#233;n&#233;tiquement comme un ordre &#233;mergent. Chaque individu construit lui-m&#234;me cet ordre en explorant les possibilit&#233;s de la g&#233;n&#233;tique. C'est en interagissant que les boucles de r&#233;troaction des g&#232;nes explorent leurs possibilit&#233;s. Elles n'ont pas de r&#233;ponse faite d'avance. C'est ce qui explique que la vie soit &#224; la fois sujette &#224; la variation et &#224; la reproduction &#224; l'identique, deux propri&#233;t&#233;s apparemment diam&#233;tralement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique Jean-Claude Ameisen dans &#171; La sculpture du vivant &#187;, &#171; l'&#233;conomie de l'univers du vivant ne fait pas exception &#224; l'&#233;conomie de l'univers de la mati&#232;re. &#187; La structure g&#233;n&#233;tique d'une mol&#233;cule d'ADN est fix&#233;e mais elle participe d'un ballet des mol&#233;cules qui viennent se fixer et qui se d&#233;tachent pour actionner ou inhiber les g&#232;nes contenus dans l'ADN. Cette agitation provient du cytoplasme qui a un r&#244;le actif alors que l'ADN est une mol&#233;cule passive. La mol&#233;cule ADN n'est fixe que si on consid&#232;re sa partie codante mais sa partie non codante, elle, change. Elle diminue au fur et &#224; mesure des copies. Or la partie non codante est d&#233;terminante pour les coupages, collages, pliages qui permettent le copiage. C'est l'origine du vieillissement g&#233;n&#233;tique. L&#224; encore, le d&#233;sordre est &#224; la base d'un fonctionnement du vivant et le ph&#233;nom&#232;ne actif provient du d&#233;sordre et non de l'ordre. Cela va jusqu'aux neurones, les cellules qui fondent notre syst&#232;me nerveux et c&#233;r&#233;bral, qui sont li&#233;s par des r&#233;seaux neuronaux fond&#233;s sur un message neuronal d&#233;sordonn&#233;. La soci&#233;t&#233; conna&#238;t &#233;galement ce type de ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4694&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Evolution et G&#233;n&#233;tique, model&#233;s par les modifications dans l'organisation des r&#233;troactions des g&#232;nes et des prot&#233;ines&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4PIUaJZyeNA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un exemple : la testost&#233;rone chez l'homme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article570&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'une boucle de r&#233;troaction ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article47&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;troaction de la mort et de la vie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article555&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fonctionnement hi&#233;rarchis&#233; et non-lin&#233;aire des g&#232;nes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article543&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des cha&#238;nes de r&#233;troaction des g&#232;nes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Biologie du vivant : le fig&#233; cr&#233;e la vari&#233;t&#233;</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6827</link>
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		<dc:date>2020-09-17T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Avec chaque niveau d'organisation, apparaissent des nouveaut&#233;s, tant de propri&#233;t&#233;s que de logiques. (&#8230;) Une dialectique fait s'interp&#233;n&#233;trer les contraires et s'engendrer la qualit&#233; et la quantit&#233;. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Jacob dans &#171; La logique du vivant &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que le vivant, Michel Morange, le film &lt;br class='autobr' /&gt;
La mani&#232;re dont on con&#231;oit les modifications g&#233;n&#233;tiques a consid&#233;rablement chang&#233;. On croyait l'ADN fix&#233; d'avance ce qui signifiait que l'individu &#233;tait pr&#233;d&#233;termin&#233; au sein d'une esp&#232;ce, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avec chaque niveau d'organisation, apparaissent des nouveaut&#233;s, tant de propri&#233;t&#233;s que de logiques. (&#8230;) Une dialectique fait s'interp&#233;n&#233;trer les contraires et s'engendrer la qualit&#233; et la quantit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Jacob dans &#171; La logique du vivant &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canal-u.fr/producteurs/les_amphis_de_france_5/dossier_programmes/philosophie/sciences_et_philosophie/le_vivant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que le vivant, Michel Morange, le film&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont on con&#231;oit les modifications g&#233;n&#233;tiques a consid&#233;rablement chang&#233;. On croyait l'ADN fix&#233; d'avance ce qui signifiait que l'individu &#233;tait pr&#233;d&#233;termin&#233; au sein d'une esp&#232;ce, ind&#233;pendamment du fonctionnement individuel de son d&#233;veloppement embryonnaire. On sait maintenant que ce qui compte n'est pas seulement le contenu biochimique d'une portion de l'ADN, mais surtout le processus qui enclenche l'expression des g&#232;nes. L'ADN a un fonctionnement tr&#232;s souple, capable de nombreuses modifications. Ces souplesses proviennent &#224; la fois de ces g&#232;nes qui peuvent &#234;tre activ&#233;s ou inhib&#233;s et aussi de bouts de l'ADN qui ne sont pas des g&#232;nes, mais sont introduits au sein du code g&#233;n&#233;tique de mani&#232;re r&#233;p&#233;titive et sont capables, en se d&#233;pla&#231;ant au sein du message, d'entra&#238;ner des variations possibles des ordres et des prot&#233;ines produites, ce qui modifie la r&#233;gularit&#233; et la fonctionnalit&#233; des g&#232;nes. Avec le m&#234;me ADN, on peut avoir des changements radicaux si des segments du message ne sont activ&#233;es que par moment ou sont inhib&#233;es. Cela change la vision des changements possibles car on ne croyait possibles et viables que de toutes petites mutations du capital g&#233;n&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons l'apport important du g&#233;n&#233;ticien Fran&#231;ois Jacob avec les premi&#232;res d&#233;couvertes sur le mode d'organisation des g&#232;nes entre eux par des r&#233;troactions, avec la notion de g&#232;ne r&#233;gulateur (r&#233;presseur ou activateur). Il avance l'id&#233;e d'une cybern&#233;tique spontan&#233;e du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique et celle du bricolage de l'&#233;volution oppos&#233;e &#224; celle, conventionnelle, du progr&#232;s &#233;volutif par adaptation. C'est une v&#233;ritable r&#233;volution conceptuelle qu'il a pressentie. Ces id&#233;es sont reprises aujourd'hui. Cette fois elles ne se fondent pas seulement sur des &#233;tudes en pal&#233;ontologie, mais sur des d&#233;couvertes tr&#232;s importantes en g&#233;n&#233;tique, en particulier sur les cellules embryonnaires et sur le mode de fonctionnement des g&#232;nes du d&#233;veloppement. C'est gr&#226;ce aux travaux d'Edward Lewis, puis plus r&#233;cemment de Walter Ghering que l'on a pu &#233;tudier le fonctionnement des g&#232;nes hom&#233;otiques, ces g&#232;nes qui pilotent le d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire la formation d'un organisme, de la premi&#232;re cellule &#224; l'embryon, puis du foetus &#224; l'&#234;tre form&#233;. Les changements d'esp&#232;ces correspondants &#224; des modifications du rythme des phases de croissance, ou h&#233;t&#233;rochromies, sont dus &#224; des mutations sur ces g&#232;nes hom&#233;otiques. Une des d&#233;couvertes fondamentales de ces chercheurs est celle des g&#232;nes de r&#233;gulation, qui pilotent des milliers de g&#232;nes et contr&#244;lent du coup tout le fonctionnement de l'&#234;tre vivant. C'est un point fondamental pour la question de l'&#233;volution, car ces g&#232;nes ne pilotent pas simplement un caract&#232;re ou un organe mais une quantit&#233; de caract&#232;res. Ils pilotent de mani&#232;re organis&#233;e un grand nombre de g&#232;nes de structure. Un changement sur un g&#232;ne de r&#233;gulation peut entra&#238;ner une modification d'ensemble de l'&#234;tre vivant. On peut parler l&#224; de r&#233;volution g&#233;n&#233;tique, par opposition &#224; la th&#232;se de l'&#233;volution g&#233;n&#233;tique graduelle, selon laquelle les sauts &#224; grande &#233;chelle seraient une somme de changements &#224; petite &#233;chelle. Cela apporte de l'eau au moulin de la th&#232;se de Gould selon laquelle, je le cite : &#171; la sp&#233;ciation se ferait en quelques centaines ou milliers d'ann&#233;es soit une microseconde en temps g&#233;ologiques &#187; (th&#232;se qu'il expose notamment dans son ouvrage &#171; Darwin ou les grandes &#233;nigmes de la vie &#187;). Gould a ainsi dissoci&#233; l'&#233;volution au sein de l'esp&#232;ce fond&#233;e sur des micromutations et l'&#233;volution passant d'une esp&#232;ce &#224; une autre qui est une macromutation appel&#233;e sp&#233;ciation et qui est une discontinuit&#233;. La sp&#233;ciation serait en effet fond&#233;e sur un saut du fonctionnement g&#233;n&#233;tique concernant &#224; la fois des centaines ou des milliers de g&#232;nes dont le fonctionnement serait perturb&#233; par un ou deux remaniements des g&#232;nes de r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement citer un travail tr&#232;s r&#233;cent, celui de Suzanne Rutherford et Susan Lindquist, qui a permis de comprendre comment le milieu pouvait entra&#238;ner des explosions de biodiversit&#233;. En effet, le m&#234;me mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique a de nombreuses potentialit&#233;s, mais une seule est exprim&#233;e du fait que des prot&#233;ines de protection emp&#234;chent cette diversit&#233; de s'exprimer. En cas de choc thermique, le stress agit sur ces prot&#233;ines dites chaperon et la barri&#232;re est lev&#233;e. Le milieu agit donc directement sur l'&#233;volution, pour la favoriser, mais cette action ne va pas dans le sens d'une modification visant &#224; r&#233;pondre au changement du milieu ni d'une adaptation. Ce qui se r&#233;alise n'est pas une modification qui permet de mieux vivre dans le nouvel environnement mais une variation qui &#233;tait d&#233;j&#224; incluse dans les potentialit&#233;s du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique. Le changement brutal n'a fait que les lib&#233;rer. Ces deux chercheuses ont montr&#233; que, contrairement aux apparences, l'esp&#232;ce est une forme r&#233;guli&#232;re mais instable et susceptible d'importantes modifications brutales et pas seulement de toutes petites modifications insensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, on en vient &#224; l'id&#233;e que la diversit&#233; est en nous, m&#234;me si elle est contr&#244;l&#233;e. Elle ne s'exprime que dans des circonstances de crise provoqu&#233;es par le stress et caus&#233;es par une action brutale de l'environnement. Cela signifie que le m&#234;me capital g&#233;n&#233;tique permettrait de nombreuses variations qui ne se r&#233;alisent pas en temps normal et que seul un stress intense permet d'exprimer. C'est quand m&#234;me assez rassurant de savoir que la grenouille ou la souris ou toute autre b&#234;te qui dort en nous ne devrait pas appara&#238;tre ! &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne l'&#233;volution, ce processus est tr&#232;s diff&#233;rent d'une variation r&#233;guli&#232;re et continue. Les contraintes causeraient une certaine durabilit&#233;, sur des centaines de millions d'ann&#233;es et dans des circonstances particuli&#232;res, la diversit&#233; exploserait en quelques centaines de milliers d'ann&#233;es, ce qui est relativement court.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La dialectique de l'&#233;volution et du d&#233;veloppement</title>
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		<dc:date>2019-04-02T22:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;volution des esp&#232;ces</dc:subject>

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&lt;p&gt;La dialectique de l'&#233;volution et du d&#233;veloppement &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi parler d'une dialectique &#224; propos de l'&#233;vo-d&#233;vo ? Parce que cette dynamique oppose sans cesse la conservation et la transformation, ne cesse de construire et de d&#233;truire des formes nouvelles, refuse le changement et l'organise sans cesse, cr&#233;e et supprime la diversit&#233; en permanence&#8230; C'est &#224; la fois la dialectique de l'individu et de l'esp&#232;ce, la dialectique du rapide et du lent, la dialectique des sauts dans les &#233;chelles de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;&#233;volution des esp&#232;ces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dialectique de l'&#233;volution et du d&#233;veloppement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi parler d'une dialectique &#224; propos de l'&#233;vo-d&#233;vo ? Parce que cette dynamique oppose sans cesse la conservation et la transformation, ne cesse de construire et de d&#233;truire des formes nouvelles, refuse le changement et l'organise sans cesse, cr&#233;e et supprime la diversit&#233; en permanence&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; la fois la dialectique de l'individu et de l'esp&#232;ce, la dialectique du rapide et du lent, la dialectique des sauts dans les &#233;chelles de la mati&#232;re, dialectique de l'&#233;mergence, dialectique de la forme et du contenu, dialectique des patterns (canevas) et process (m&#233;canismes), dialectique du continu et du discontinu, du r&#233;ductionnisme et du holisme, dialectique de l'anagen&#232;se et de la cladogen&#232;se, dialectique du micromonde et du marcomonde, dialectique du saltationnisme et du gradualisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evolution et d&#233;veloppement sont deux modes de transformation des &#234;tres vivants. Le premier agit sur les esp&#232;ces et le second sur les individus. Mais ils agissent n&#233;cessairement en m&#234;me temps et de mani&#232;re interactive. Il est impossible d'&#233;tudier l'un sans l'autre, de les consid&#233;rer s&#233;par&#233;ment ou ind&#233;pendamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons ici de quel type est cette interaction. Est-ce que l'une des transformations domine l'autre ? Est-ce que l'une &#233;limine l'autre ? Comment chacune peut-elle agir sur l'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'appartenance &#224; une esp&#232;ce d&#233;termine le type de d&#233;veloppement de l'individu, comment vont se former les organes, dans quel ordre, &#224; quelle place, avec quelles propri&#233;t&#233;s, en somme la morphogen&#232;se (&#233;mergence des formes de l'&#234;tre vivant individuel naissant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en m&#234;me temps, l'&#233;volution d&#233;pend du d&#233;veloppement ne serait ce que parce qu'on &#233;volue &#224; partir des formes peu d&#233;velopp&#233;es et pas des adultes d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux domaines, &#233;volution et d&#233;veloppement, ont &#233;t&#233; d'abord &#233;tudi&#233;s s&#233;par&#233;ment mais maintenant on parle plut&#244;t d'&#233;vo-d&#233;vo pour indiquer qu'ils sont ins&#233;parables, &#233;troitement imbriqu&#233;s et qu'il n'est pas souhaitable de les &#233;tudier s&#233;par&#233;ment pour comprendre le mode d'existence-transformation du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Evolution et D&#233;veloppement : la rencontre de deux logiques pour le Vivant &#187;, Conf&#233;rence de Sylvie Mazan pour l'Universit&#233; de tous les savoirs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, la biologie mol&#233;culaire et la g&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement ont fourni, de fa&#231;on inattendue, des outils nouveaux pour comprendre l'&#233;volution des esp&#232;ces. Elles ont conduit &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle discipline, situ&#233;e &#224; l'interface entre la g&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement et les sciences de l'&#233;volution, et souvent appel&#233;e &#171; &#233;vo-d&#233;vo &#187; par les sp&#233;cialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but principal des recherches conduites dans ce domaine est de comprendre l'&#233;volution des formes au sein du monde vivant, en retra&#231;ant l'histoire &#233;volutive des g&#232;nes qui contr&#244;lent la morphogen&#232;se au cours du d&#233;veloppement embryonnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de rapprocher les sciences de l'&#233;volution et l'&#233;tude du d&#233;veloppement embryonnaire n'est pas neuve. Elle trouve ses origines d&#232;s le d&#233;but du XIXe si&#232;cle, alors que la th&#233;orie de l'&#233;volution n'est pas encore publi&#233;e. Ainsi, le grand embryologiste Karl Ernst von Baer, d&#233;couvreur de l'&#339;uf des mammif&#232;res mais &#233;galement de la notochorde, structure embryonnaire qui caract&#233;rise un grand groupe de m&#233;tazoaires incluant les vert&#233;br&#233;s, propose &#224; travers quatre grands principes, les &#171; lois de von Baer &#187;, une classification des esp&#232;ces sur la base de leurs caract&#233;ristiques embryonnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, les caract&#232;res g&#233;n&#233;raux distinguant un taxon donn&#233; apparaissent &#224; des stades pr&#233;coces du d&#233;veloppement, alors que les caract&#232;res sp&#233;cialis&#233;s d'un sous-groupe, voire d'une esp&#232;ce, se mettent en place &#224; des &#233;tapes tardives de l'embryogen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sc&#233;nario se traduit donc par des ressemblances entre embryons pr&#233;coces, et cela m&#234;me chez des esp&#232;ces phylog&#233;n&#233;tiquement tr&#232;s &#233;loign&#233;es comme l'ensemble des m&#233;tazoaires, les diff&#233;rences s'accumulant ensuite au cours du d&#233;veloppement pour aboutir &#224; des morphologies potentiellement tr&#232;s divergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette vue, l'embryon d'une esp&#232;ce donn&#233;e ne passe jamais par les stades adultes d'une esp&#232;ce consid&#233;r&#233;e comme &#171; inf&#233;rieure &#187; (cette notion de hi&#233;rarchie entre esp&#232;ces &#233;tant bien s&#251;r aujourd'hui totalement abandonn&#233;e), mais en diverge de plus en plus au cours de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de von Baer est assez proche de notre vision moderne en ce qu'elle n'implique pas de hi&#233;rarchie entre taxa au sein du monde vivant, mais plut&#244;t une divergence &#224; partir d'un &#171; type &#187; commun qui fonde l'unit&#233; du groupe. Sa faiblesse r&#233;side cependant en l'absence de m&#233;canisme expliquant cette unit&#233;, dont nous savons aujourd'hui qu'elle est li&#233;e &#224; une ascendance commune au cours de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'id&#233;e d'une conservation pr&#233;f&#233;rentielle des m&#233;canismes mis en jeu pr&#233;cocement au cours du d&#233;veloppement reste difficile &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conception radicalement diff&#233;rente est d&#233;fendue dans la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle par un courant de pens&#233;e dont le chef de file est Ernst Haeckel. Souvent r&#233;sum&#233;e par la formule c&#233;l&#232;bre &#171; l'ontog&#233;nie r&#233;capitule la phylog&#233;nie &#187;, cette conception int&#232;gre la notion d'&#233;volution mais soutient l'id&#233;e selon laquelle ces organismes &#233;voluent par l'addition de nouveaux stades de d&#233;veloppement aux formes adultes d'esp&#232;ces &#171; inf&#233;rieures &#187;. Elle aboutit ainsi &#224; une vision hautement hi&#233;rarchis&#233;e du monde vivant qui rejoint finalement l'&#233;chelle aristot&#233;licienne des &#234;tres et une conception gradiste de l'&#233;volution, qui mod&#232;lerait les esp&#232;ces &#171; sup&#233;rieures &#187; par complexification d'esp&#232;ces &#171; inf&#233;rieures &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vues sont aujourd'hui totalement abandonn&#233;es. En d&#233;pit de ces difficult&#233;s et des contradictions pr&#233;sentes dans ces visions du monde qui s'affrontent, l'id&#233;e d'un lien fort entre l'&#233;volution et le d&#233;veloppement embryonnaire est donc pr&#233;sente d&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Darwin l'exprime particuli&#232;rement clairement &#224; travers les deux citations suivantes, extraites de l' &#171; Origine des esp&#232;ces &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'embryologie est pour moi de loin la classe de faits la plus forte en faveur du changement des formes&#8230; La communaut&#233; de structures embryonnaires r&#233;v&#232;le la communaut&#233; de descendance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'aux ann&#233;es 1980, l'int&#233;r&#234;t pour les relations entre &#233;volution et d&#233;veloppement va conna&#238;tre une longue &#233;clipse. C'est pourtant au cours de cette p&#233;riode que se mettent en place des outils techniques et conceptuels essentiels pour l'&#233;mergence de la discipline &#171; Evolution-D&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces avanc&#233;es concernent trois domaines, bien s&#233;par&#233;s pendant la majeure partie du XXe si&#232;cle, la g&#233;n&#233;tique formelle, l'embryologie exp&#233;rimentale et la cladistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on indiscutable, l'essor r&#233;cent de la cladistique du d&#233;veloppement a jou&#233; un r&#244;le consid&#233;rable dans l'int&#233;r&#234;t renouvel&#233; que suscitent aujourd'hui les relations entre &#233;volution et d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;risation dans les ann&#233;es 1980 des g&#232;nes qui contr&#244;lent la morphogen&#232;se fournit en effet une base nouvelle pour des comparaisons &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle &#233;volutive, entre taxa, mais aussi entre des esp&#232;ces relativement proches, voire entre sous-populations d'une m&#234;me esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; cette &#233;poque, les outils conceptuels n&#233;cessaires &#224; des comparaisons rigoureuses ont &#233;t&#233; mis en place, notamment sous l'impulsion de Willi Hennig. Les principes pos&#233;s par ce dernier &#8211; base strictement g&#233;n&#233;alogique pour les regroupements : principe de parcimonie &#8211; restent aujourd'hui valides, m&#234;me si les outils m&#233;thodologiques, math&#233;matiques ou probabilistes, ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre entre &#233;volution et d&#233;veloppement n'aurait pu avoir lieu sans ces outils, indispensables aux analyses et aux comparaisons de s&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les progr&#232;s r&#233;cents de la biologie mol&#233;culaire ont &#233;galement constitu&#233; un facteur important dans l'essor de la discipline &#171; Evolution-D&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, l'utilisation de l'amplification g&#233;nique (polymerase chain reaction) et la mise au point de techniques permettant de visualiser rapidement un domaine d'expression g&#233;nique chez l'embryon ouvrent la possibilit&#233; d'&#233;tudier les &#171; g&#232;nes de d&#233;veloppement &#187; chez un spectre tr&#232;s large d'esp&#232;ces, choisies pour leur int&#233;r&#234;t en termes &#233;volutifs, et non chez les seuls organismes mod&#232;les, drosophile ou n&#233;matode chez les protostomiens chez les deut&#233;rostomiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des plus grandes surprises de la g&#233;n&#233;tique du d&#233;veloppement a &#233;merg&#233; de la comparaison entre deux organismes dont les morphologies sont a priori fort distantes, la mouche et la souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, il est en effet apparu que les acteurs mol&#233;culaires impliqu&#233;s dans le contr&#244;le du d&#233;veloppement embryonnaire &#8211; facteurs de transcription, voies de signalisation, prot&#233;ines de structure &#8211; sont conserv&#233;s entre insectes et vert&#233;br&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus, les g&#232;nes codant pour un grand nombre de facteurs de transcription interviennent dans des processus tr&#232;s similaires : morphogen&#232;se de l'&#339;il dans le cas des g&#232;nes &#224; hom&#233;odomaine Pax6 ; sp&#233;cification de l'identit&#233; de segments dans le cas des g&#232;nes du complexe Hox ; r&#233;gionalisation du cerveau dans le cas des g&#232;nes Otx ou Emx ; formation du c&#339;ur dans le cas du g&#232;ne Tinman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En accord avec la conservation en s&#233;quence primaire de ces prot&#233;ines, les r&#233;gions codantes sont m&#234;me souvent tr&#232;s largement interchangeables entre des esp&#232;ces tr&#232;s &#233;loign&#233;es, comme la mouche, la drosophile et la souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, chez la drosophile, une des fa&#231;ons de mettre en &#233;vidence le r&#244;le du g&#232;ne Pax6 dans la morphogen&#232;se de l'&#339;il est d'induire artificiellement son expression dans des populations cellulaires dans lesquelles il n'est normalement pas transcrit : on obtient alors l'apparition de structures visuelles &#8211; ou simplement photor&#233;ceptrices &#8211; &#224; des localisations surprenantes comme la patte ou l'extr&#233;mit&#233; des antennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il s'av&#232;re que le m&#234;me effet est obtenu avec des s&#233;quences codantes de poulpe ou de souris !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifient ces exp&#233;riences ? Elles d&#233;montrent d'abord et avant tout que les prot&#233;ines d'insectes et de mammif&#232;res poss&#232;dent des propri&#233;t&#233;s biochimiques tr&#232;s similaires, et que les interactions mol&#233;culaires n&#233;cessaires &#224; la formation d'un organe visuel sont largement conserv&#233;es &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle &#233;volutive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les syst&#232;mes g&#233;n&#233;tiques et les processus d&#233;veloppementaux qu'ils contr&#244;lent pr&#233;sentent de telles similitudes chez les m&#233;tazoaires, comment expliquer la diversit&#233; fascinante de formes, qui est observ&#233;e au sein d'un taxon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es actuelles sugg&#232;rent de multiples m&#233;canismes, dont les contributions relatives restent &#224; &#233;valuer. Il est tout d'abord tr&#232;s clair que les territoires, ou les chronologies, d'expression des facteurs de transcription qui contr&#244;lent l'ontogen&#232;se peuvent varier de fa&#231;on substantielle m&#234;me entre esp&#232;ces proches, ce qui pourrait contribuer de mani&#232;re importante &#224; la diversit&#233; morphologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel sc&#233;nario a &#233;t&#233; remarquablement mis en &#233;vidence par l'&#233;tude d'un petit poisson pr&#233;sent pr&#232;s des c&#244;tes du Mexique, Astyanax mexicanicus. Cette esp&#232;ce compte plusieurs sous-populations vivant dans des habitats diff&#233;rents. L'une d'entre elles, qui r&#233;side dans des grottes sous-marines, donc un environnement d&#233;pourvu de lumi&#232;re, est caract&#233;ris&#233;e par une atrophie compl&#232;te des organes visuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, cette &#233;volution morphologique appara&#238;t clairement li&#233;e &#224; la perte du territoire d'expression embryonnaire d'un g&#232;ne qui code pour une prot&#233;ine de signalisation, sonic hedgehog, et il est int&#233;ressant de noter que ce changement est li&#233; non seulement &#224; une perte de fonction (vision), mais &#233;galement &#224; une augmentation en taille des m&#226;choires, susceptible de conduire &#224; un avantage s&#233;lectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple de micro&#233;volution est particuli&#232;rement int&#233;ressant en ce qu'il permet de retracer un sc&#233;nario &#233;volutif proprement dit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements au niveau des r&#233;gions codantes, et donc des prot&#233;ines cod&#233;es par les &#171; g&#232;nes de d&#233;veloppement &#187;, fournissent un autre m&#233;canisme mol&#233;culaire majeur, susceptible de modifier les programmes g&#233;n&#233;tiques de l'ontog&#233;n&#232;se au cours de l'&#233;volution, et de contribuer ainsi &#224; la diversit&#233; morphologique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu pr&#233;c&#233;demment, l'&#233;tude des relations entre &#233;volution et d&#233;veloppement repose essentiellement sur les comparaisons des m&#233;canismes g&#233;n&#233;tiques qui contr&#244;lent le d&#233;veloppement embryonnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison d'organismes tr&#232;s &#233;loign&#233;s, comme la drosophile et la souris, permettra sans doute de pr&#233;ciser entre les r&#233;seaux g&#233;n&#233;tiques anciens, d&#233;j&#224; pr&#233;sents chez le dernier anc&#234;tre desbilat&#233;riens (esp&#232;ce &#224; sym&#233;trie bilat&#233;rale)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comparaisons entre esp&#232;ces plus ou moins &#233;loign&#233;es fournissent en effet un outil privil&#233;gi&#233; pour identifier les contraintes qui s'exercent sur les s&#233;quences des g&#232;nes impliqu&#233;s dans le contr&#244;le de notre d&#233;veloppement embryonnaire, de nos processus physiologiques ou de nos comportements&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Guillaume Balavoine dans &#171; Le complexe Hox et l'&#233;volution des animaux &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les ann&#233;es 1980, plusieurs laboratoires ont &#233;lucid&#233; la nature et la fonction mol&#233;culaire des g&#232;nes hom&#233;otiques. Les g&#232;nes sont des fragments d'ADN sur le chromosome compos&#233; d'un encha&#238;nement sp&#233;cifique de nucl&#233;otides (les quatre fameuses bases A, T, G, C). Ces encha&#238;nements codent la structure d'une prot&#233;ine, laquelle peut avoir diverses fonctions (prot&#233;ines contractiles comme dans les cellules musculaires, enzymes du m&#233;tabolisme, etc.). Quand un g&#232;ne, &#224; un moment donn&#233; du d&#233;veloppement et dans des cellules donn&#233;es, est effectivement &#171; traduit &#187; dans la prot&#233;ine qu'il code, on dit que le g&#232;ne s' &#171; exprime &#187;. Les g&#232;nes hom&#233;otiques codent pour des prot&#233;ines r&#233;gulatrices de l'expression d'autres g&#232;nes, c'est-&#224;-dire que, dans les cellules o&#249; le g&#232;ne hom&#233;otique s'exprime, une prot&#233;ine hom&#233;otique est produite qui va &#224; son tour r&#233;guler positivement ou n&#233;gativement l'expression de plusieurs autres g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#232;nes hom&#233;otiques sont responsables de l'identit&#233; des segments au cours du d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire qu'ils vont aiguiller le d&#233;veloppement des cellules de ces segments vers une direction sp&#233;cifique. C'est pourquoi ces g&#232;nes ont &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s sous l'appellation de g&#232;nes &#171; s&#233;lecteurs &#187; : ils fixent la destin&#233;e des cellules embryonnaires dans lesquelles ils sont exprim&#233;s, c'est-&#224;-dire dans lesquelles la prot&#233;ine qu'ils codent est produite. On peut gr&#226;ce &#224; des m&#233;thodes mol&#233;culaires sophistiqu&#233;es mettre en &#233;vidence l'expression du g&#232;ne dans des segments sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;quen&#231;age des g&#232;nes hom&#233;otiques fut effectu&#233; dans plusieurs laboratoires, notamment celui de Walter Gehring en Suisse et celui de Thomas Kaufman aux Etats-Unis. Comme Lewis l'avait pr&#233;vu, les g&#232;nes hom&#233;otiques sont bien des g&#232;nes apparent&#233;s. Ils ont tous en commun un motif conserv&#233;, lequel code pour une partie de la prot&#233;ine que l'on a appel&#233;e l' &#171; hom&#233;odomaine &#187;. C'est gr&#226;ce &#224; cet hom&#233;odomaine que les prot&#233;ines hom&#233;otiques peuvent se fixer sur le chromosome &#224; des endroits sp&#233;cifiques et r&#233;guler d'autres g&#232;nes se trouvant &#224; proximit&#233;, les g&#232;nes &#171; effecteurs &#187; qui vont r&#233;aliser la &#171; forme &#187; finale du segment en agissant sur la diff&#233;renciation des cellules de ce segment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes men&#233;es sur la drosophile ont donc r&#233;v&#233;l&#233; des concepts enti&#232;rement nouveaux pour la biologie du d&#233;veloppement. Les g&#232;nes hom&#233;otiques ont &#233;t&#233; les premiers g&#232;nes &#171; s&#233;lecteurs &#187; &#233;tudi&#233;s en d&#233;tail, mais on sait aujourd'hui que beaucoup d'autres g&#232;nes de ce type (des centaines) existent sur les chromosomes et qu'ils r&#233;gulent de multiples aspects du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s rapidement, on s'aper&#231;ut que des g&#232;nes codant des prot&#233;ines &#224; hom&#233;odomaine tr&#232;s proches des g&#232;nes hom&#233;otiques de la drosophile &#233;taient pr&#233;sents chez la plupart des animaux, en particulier chez les vert&#233;br&#233;s. On appelle ces g&#232;nes les g&#232;nes &#171; Hox &#187; de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie &#233;tait ouverte pour une vaste entreprise d'identification des g&#232;nes par homologie qui conduisit &#224; la d&#233;couverte des complexes de g&#232;nes Hox chez l'homme et la souris. La &#171; pierre de Rosette &#187; de la biologie du d&#233;veloppement &#233;tait d&#233;couverte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ressemblance des complexes de la souris et de la drosophile est remarquable. Il y a n&#233;anmoins des diff&#233;rences importantes. D'abord, les quatre complexes semblables des mammif&#232;res sugg&#232;rent que, chez un de leurs anc&#234;tres, le complexe ancestral a &#233;t&#233; dupliqu&#233; plusieurs fois pour donner les quatre copies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les mammif&#232;res ont beaucoup plus de g&#232;nes &#171; post&#233;rieurs &#187; (exprim&#233;s dans la partie post&#233;rieure de l'embryon) que les insectes (jusqu'&#224; cinq contre un seul). Ces diff&#233;rences sugg&#232;rent que des changements assez importants se sont produits pendant l'histoire du complexe Hox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces constatations ont amen&#233; certains chercheurs &#224; se demander quelles ont &#233;t&#233; les grandes &#233;tapes de l'&#233;volution du complexe, &#224; quel moment de l'histoire de la vie ce complexe est apparu et si cette apparition est corr&#233;l&#233;e avec une &#233;tape importante de l'&#233;volution des formes vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; chasse &#187; au g&#232;ne Hox a donc &#233;t&#233; men&#233;e chez toute une s&#233;rie d'organismes. Tr&#232;s vite, il est apparu que l'histoire des g&#232;nes Hox serait propre aux animaux. En effet, aucun g&#232;ne proche du type Hox n'a &#233;t&#233; d&#233;couvert chez les plantes, chez les champignons ou chez les bact&#233;ries&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de g&#232;nes Hox chez les &#233;ponges a toujours &#233;t&#233; n&#233;gative. Chez les polypes et les m&#233;duses, un petit nombre de g&#232;nes apparent&#233;s aux g&#232;nes Hox ont &#233;t&#233; identifi&#233;s, et quelques indices qu'ils sont group&#233;s en complexe ont pu &#234;tre obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez pratiquement tous les groupes de bilat&#233;riens consid&#233;r&#233;s (vert&#233;br&#233;s, oursins, insectes, vers annel&#233;s, mollusques, etc.), un complexe Hox &#233;labor&#233; comptant huit &#224; quatorze g&#232;nes a &#233;t&#233; d&#233;couvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit se dessiner un sc&#233;nario assez clair de l'histoire du complexe Hox. Les premiers g&#232;nes Hox seraient apparus chez un anc&#234;tre des animaux &#224; tissus apr&#232;s la divergence des &#233;ponges. A l'&#233;poque o&#249; la branche des polypes et m&#233;duses s'est s&#233;par&#233;e, le complexe Hox n'aurait compt&#233; que quelques g&#232;nes (peut-&#234;tre trois). En revanche, de nombreuses duplications de g&#232;nes se seraient produites chez les anc&#234;tres des bilat&#233;riens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; par les g&#232;nes hom&#233;otiques provenait de l'id&#233;e que ces g&#232;nes &#233;taient susceptibles d'engendrer une &#233;volution par saut&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean Chaline dans &#171; Les horloges du vivant &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;veloppement d'un organisme correspond &#224; la mise en &#339;uvre de r&#232;gles de construction dirig&#233;es par des instructions cod&#233;es dans la s&#233;quence du programme g&#233;n&#233;tique de l'&#339;uf&#8230; Tout animal commence par une cellule unique, l'&#339;uf&#8230; L'&#339;uf f&#233;cond&#233; est une cellule dont la partie sup&#233;rieure est color&#233;e et la partie inf&#233;rieure, plus claire est charg&#233;e de grains alimentaires, le vitellus. On distingue une diff&#233;rence entre le d&#233;veloppement des invert&#233;br&#233;s o&#249; les divisions se font selon un mode spiral en diagonale (Protostomiens), alors que les vert&#233;br&#233;s comme la grenouille, elles, se font radiale (Deut&#233;rotomiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf garde sa taille initiale malgr&#233; les nombreuses divisions qui l'affectent. Les deux premi&#232;res divisions segmentent l'oeuf en quatre tranches verticales formant les quatre premi&#232;res cellules. Puis la troisi&#232;me division se fait dans le sens transversal aboutissant au stade &#224; huit cellules ou blastom&#232;res. Deux nouvelles divisions verticales aboutissent &#224; seize cellules, celles du haut (p&#244;le animal) &#233;tant plus petites que celle de la base (p&#244;le v&#233;g&#233;tatif) renfermant les r&#233;serves nutritives. La division suivante aboutit &#224; une sph&#232;re pleine constituant une petite m&#251;re ; c'est le stade morula &#224; trente-deux cellules&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait depuis Haeckel que le d&#233;veloppement d'une esp&#232;ce ancestrale peut &#234;tre modifi&#233; chez ses descendants au niveau de sa dur&#233;e ou de sa vitesse par des perturbations appel&#233;es h&#233;t&#233;rochronies. Une h&#233;t&#233;rochronie correspond au d&#233;placement d'un &#233;v&#233;nement ontog&#233;nique le long de l'axe du temps &#224; une p&#233;riode ontog&#233;nique plus pr&#233;coce ou plus tardive, ou &#224; une retardation ou une acc&#233;l&#233;ration de sa vitesse de mise en place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement dans les ann&#233;es 1970, avec notamment le livre fondamental de Stephen Jay Gould &#171; Ontogeny and phylogeny &#187; (le seul de ses livres non traduit en fran&#231;ais), que la communaut&#233; scientifique a fait le point sur l'apport essentiel de l'embryogen&#232;se &#224; l'&#233;volution. Gould a montr&#233; que les alt&#233;ration de la chronologie et de la vitesse du d&#233;veloppement constituaient une m&#233;canique efficace du changement morphologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la biologie du d&#233;veloppement a pris un essor important et prometteur pour la compr&#233;hension de l'&#233;volution, comme en t&#233;moignent les ouvrages de Rudolf A. Raff et Thomas C. Kauffman &#171; Embryons, g&#232;nes et &#233;volution &#187; et de Rudolf A. Raff &#171; The Shape of Life &#187; et les travaux de nombreuses &#233;quipes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. J. Gould et B. K. Hall ont montr&#233; que les alt&#233;rations chronologiques du d&#233;veloppement constituent un processus dit &#233;pig&#233;n&#233;tique, c'est-&#224;-dire non enti&#232;rement contr&#244;l&#233; par le programme g&#233;n&#233;tique. Elles relient le d&#233;veloppement &#224; l'&#233;cologie et &#224; l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;t&#233;rochronies sont souvent associ&#233;es aux fluctuations des param&#232;tres climatiques par le biais de g&#232;nes thermosensibles d&#233;clenchant la production de m&#233;diateurs hormonaux dans le cas de l'hypomorphose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus une mutation intervient t&#244;t dans le d&#233;veloppement, plus ses cons&#233;quences sont importantes pour l'organisme, puisque, comme von Baer l'a montr&#233;, les caract&#232;res les plus fondamentaux apparaissent avant les caract&#232;res sp&#233;cialis&#233;s. Cela signifie sans doute qu'il doit exister une v&#233;ritable hi&#233;rarchie des s&#233;quences de g&#232;nes et de leurs expressions dont les r&#233;sultats sont refl&#233;t&#233;s par la hi&#233;rarchie de la syst&#233;matique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains g&#232;nes mut&#233;s sont des g&#232;nes de r&#233;gulation qui contr&#244;lent le d&#233;veloppement. Parmi eux se trouvent les g&#232;nes commutateurs, qui d&#233;cident des choix binaires&#8230; sur l'expression ou l'inhibition d'un processus d&#233;cidant du devenir de groupements cellulaires pr&#233;cis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Edward B. Lewis (colaur&#233;at du prix Nobel de m&#233;decine en 1994) qui, le premier, a travaill&#233; &#224; partir de 1950 sur un g&#232;ne particulier de la drosophile que l'on appelle le complexe bithorax, tandis que Thomas C. Kaufman travaillait sur un autre domaine hom&#233;otique, celui du complexe Antennapedia. Mais c'est seulement depuis les ann&#233;es 1980 que les outils mol&#233;culaires permettant d'identifier les g&#232;nes de r&#233;gulation ou hom&#233;og&#232;nes ont &#233;t&#233; mis au point. Les r&#233;sultats actuels des recherches entreprises sur le r&#244;le des g&#232;nes &#224; hom&#233;obox ou hom&#233;og&#232;nes, bien que partiels et pr&#233;liminaires, constituent une v&#233;ritable r&#233;volution de fond dans la compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne &#233;volutif. Leur avenir est extr&#234;mement prometteur et devrait permettre de r&#233;soudre des probl&#232;mes complexes jusqu'ici insolubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons tout d'abord la signification du mot hom&#233;og&#232;ne qui traduit le fait que leur mutation transforme un segment du corps d'un insecte en un autre segment ; hom&#233;o signifiant semblable. Ces g&#232;nes, d&#233;sign&#233;s tout d'abord sous le nom de g&#232;nes HOM chez les invert&#233;br&#233;s et Hox chez les vert&#233;br&#233;s, sont maintenant r&#233;unis sous le seul vocable de g&#232;nes Hox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est en effet aper&#231;u que ces g&#232;nes &#233;taient tr&#232;s semblables pour la bonne raison que les g&#232;nes Hox des vert&#233;br&#233;s proviennent de duplications des g&#232;nes HOM des invert&#233;br&#233;s. En effet, le remplacement de g&#232;nes HOM de la drosophile par des g&#232;nes Hox de souris ne perturbe pas leur d&#233;veloppement ; c'est dire qu'ils sont vraiment proches, on dit paralogues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait maintenant que les hom&#233;odomaines de la drosophile et de la souris sont presque identiques. Par exemple, l'hom&#233;odomaine Antennapedia de la drosophile ne diff&#232;re de celui du g&#232;ne HoxB6 de la souris que par 4 acides amin&#233;s sur 61&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Biologie_%C3%A9volutive_du_d%C3%A9veloppement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biologie &#233;volutive du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Evolution et D&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique33&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1292&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;volution ne provient pas du contenu des g&#232;nes mais de leur r&#233;gulation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article556&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#232;nes architectes et horloges du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ijm.fr/103/equipes/metazoaires.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;volution et d&#233;veloppement des m&#233;tazoaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/mnhn/meduse_et_cie_evolution_et_developpement.18605&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film de l'Universit&#233; de tous les savoirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/mnhn/la_vie_de_l_embryon_de_la_fecondation_a_la_naissance.17663&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conf&#233;rence : la vie de l'embryon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/evolution_developpement_la_systematique_genetique.1290&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conf&#233;rence : &#233;volution, d&#233;veloppement, la syst&#233;matique g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4421&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'intelligence dialectique du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article623&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bact&#233;rie, plasmide et toxine : un exemple de la dialectique du vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dialectique, c'est la vie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4380&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le fonctionnement dialectique du syst&#232;me immunitaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une des plus grandes r&#233;volutions du Vivant : l'&#233;mergence de la cellule eucaryote</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6212</link>
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		<dc:date>2019-02-18T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Comme les huit doigts de la main &#187; (chapitre &#171; Les grandes modalit&#233;s de l'&#233;volution &#187;) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De nombreux biologistes situent la grande division au sein de la nature, non pas entre les plantes et les animaux, ni m&#234;me entre les organismes unicellulaires et multicellulaires, mais, au sein m&#234;me des unicellulaires, entre les procaryotes et les eucaryotes. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sciences de la Terre et de l'Univers &#187;, ouvrage collectif dirig&#233; par Jean-Yves Daniel et Andr&#233; Brahic : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Comme les huit doigts de la main &#187; (chapitre &#171; Les grandes modalit&#233;s de l'&#233;volution &#187;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De nombreux biologistes situent la grande division au sein de la nature, non pas entre les plantes et les animaux, ni m&#234;me entre les organismes unicellulaires et multicellulaires, mais, au sein m&#234;me des unicellulaires, entre les procaryotes et les eucaryotes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sciences de la Terre et de l'Univers &#187;, ouvrage collectif dirig&#233; par Jean-Yves Daniel et Andr&#233; Brahic :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais comment passe-t-on d'une cellule simple, au noyau nu et diffus, &#224; une cellule eucaryotique compartiment&#233;e, &#224; vrai noyau et organites cellulaires ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/2385d8c70cc688c4a6020c9d782c9d83460c8ad83d2c9b3cec806b6474944d7a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/2385d8c70cc688c4a6020c9d782c9d83460c8ad83d2c9b3cec806b6474944d7a-232c9.jpg?1776212997' width='500' height='404' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une des plus grandes r&#233;volutions du Vivant : l'&#233;mergence de la cellule eucaryote&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il est certain que l'apparition de la photosynth&#232;se, de la sexualit&#233;, de la cellule &#224; noyau et des organismes pluricellulaires sont les principales r&#233;volutions du vivant. Toutes ces &#171; apparitions &#187; ont &#233;t&#233; &#233;mergentes, ce qui signifie qu'elles sont de v&#233;ritables r&#233;volutions, qui renversent l'ancien ordre &#233;tabli, qui fondent sur des bases toutes nouvelles un ordre qui n'est pas un simple bricolage sur le pr&#233;c&#233;dent. Cependant, l'&#233;mergence d'un ordre nouveau n'est en rien un ph&#233;nom&#232;ne incompr&#233;hensible pour la science ni un butin pour les mystiques de toutes sortes. L'apparition des cellules eucaryotes n'est nullement irrationnelle m&#234;me si elle est extraordinairement novatrice.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie n'est pas n&#233;e en une fois mais par toute une s&#233;rie de r&#233;volutions qui ne se sont pas d&#233;roul&#233;es r&#233;guli&#232;rement mais ont &#233;t&#233; s&#233;par&#233;es de longues p&#233;riodes historiques. Dans son ouvrage &#171; Singularit&#233;s &#187; De Duve imagine les singularit&#233;s suivantes du vivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	formation des premi&#232;res mol&#233;cules (&#233;ventuellement dans l'espace) : chimie abiotique produisant des acides amin&#233;s, les pyrophosphates et thioesters&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- production de l'ATP et autres mol&#233;cules porteuses de l'&#233;nergie des interactions du vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- formation des bases U, A, G et C, les mononucl&#233;otides NMP et leurs d&#233;riv&#233;s pyrophosphat&#233;s les NTP, qui sont les briques du futur ARN (mais aussi de l'ADN qui n'appara&#238;t que beaucoup plus tard semble-t-il) et appariement des bases. Apparition d'un protom&#233;tabolisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- apparition de l'ARN (acide ribonucl&#233;ique) que De Duve appelle &#171; &#233;v&#233;nement charni&#232;re &#187; car l'ARN est &#224; l'origine des prot&#233;ines et des m&#233;tabolismes. Mais cela ne signifie pas une seule naissance car d'embl&#233;e apparaissent de multiples ARN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- r&#233;plication et transformation de l'ARN par lui-m&#234;me. Formation des ARN auto-catalytique (l'ARNr ribosomial est la premi&#232;re mol&#233;cule catalytique, avant les enzymes), ARN messager (ARNm) et de l'ARN de transfert (ARNt). Invention de la variation en m&#234;me temps que la r&#233;plication. L'ARN est &#224; la fois porteur de la m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, d&#233;positaire r&#233;plicable et agent de cette r&#233;plication (ce qui ne sera plus vrai avec l'apparition de l'ADN avec lequel la transcription sera compl&#232;tement dissoci&#233;e de la r&#233;plication). D&#233;but du m&#233;canisme de s&#233;lection. Allongement des brins d'ARN. D&#233;veloppement des enzymes et du m&#233;tabolisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- production des prot&#233;ines par l'interaction entre diverses sortes de mol&#233;cules ARN (ARNm, ARNt et ARNr), traduction du langage nucl&#233;ique en langage prot&#233;ique, que De Duve nomme la &#171; vraie r&#233;volution &#187;, &#171; l'&#233;v&#233;nement clef par lequel l'information est entr&#233;e dans la vie &#233;mergente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- formation de la membrane cellulaire par des prot&#233;ines membranaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- naissance de la cellule vivante (son apparition est particuli&#232;rement difficile &#224; situer dans le temps) avec apparition de la croissance et de la multiplication par division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- apparition du code g&#233;n&#233;tique : langage de transcription (g&#233;n&#233;ral au vivant utilisant l'ADN) entre les bases de l'ARN (les NTP) coupl&#233;es par trois (formant un codon) et les acides amin&#233;s (un acide correspondant de fa&#231;on unique &#224; un codon). Formation de la base thymine T par m&#233;thilisation de l'uracile U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- apparition de l'ADN (acide d&#233;soxyribonucl&#233;ique), la fameuse double h&#233;lice et du double processus de r&#233;plication (un brin r&#233;pliqu&#233; d'un seul coup et l'autre par segments reconstitu&#233;s ensuite) puis rev&#233;rification par des enzymes correcteurs. L'ordre de l'ADN est issu du d&#233;sordre et des interactions des ARN qui ne disparaissent pas ensuite mais sont int&#233;gr&#233;s au processus&#8230; Les microARN (non codants) servent &#224; r&#233;guler l'expression des g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- naissance de l'&#234;tre procaryote (cellule sans noyau) puis eucaryote (cellule &#224; noyau par l'int&#233;gration par symbiose &#224; un procaryote d'autre procaryotes constituant mitochondries et chloroplastes). Naissent les familles de procaryotes, les bacteria et les archaea, puis les eucarya (ou eucaryotes, parmi lesquels appara&#238;tront notamment les animaux, les plantes et les &#233;ponges).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12- apparition des &#234;tres pluricellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite chronologie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; date inconnue : apparition des ARN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; date inconnue : apparition des prot&#233;ines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; date inconnue : apparition de l'ADN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3,5 milliards d'ann&#233;es : apparition de la vie cellulaire ; apparition des premiers stromatolithes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3,2 milliards d'ann&#233;es : apparition des premiers acritarches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3 milliards d'ann&#233;es : apparition de la photosynth&#232;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,9 milliards d'ann&#233;es : accr&#233;tion des continents (premi&#232;re fois que l'on trouve de vastes zones continentales)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,7 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re cellules eurcaryotes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,45 &#224; 2,2 milliards d'ann&#233;es : &#171; grand &#233;v&#233;nement &#187; d'apparition de l'oxyg&#232;ne avec, comme cons&#233;quence, l'effondrement du m&#233;thane et la destruction massive de formes de vie pour lesquelles l'oxyg&#232;ne est un poison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,2 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re augmentation de l'&#233;nergie solaire (plus 10%)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2,1 milliards d'ann&#233;es : apparition des algues rouges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2 milliards d'ann&#233;es : &#233;mergence de la sexualit&#233; des bact&#233;ries ; apparition des pluricellulaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1,56 milliards d'ann&#233;es : formation de cellules eucaryotes compl&#232;tes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modifications historiques du vivant sont des ruptures sans continuit&#233; possible, qu'il s'agisse de l'apparition de la bact&#233;rie, de l'apparition de la cellule eucaryote, de l'apparition des &#234;tres pluricellulaires, de l'apparition de la respiration &#224; oxyg&#232;ne, de l'apparition de la sexualit&#233;, de l'apparition des vert&#232;bres, du cerveau et de bien d'autres transformations fondamentales de la structure de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle &#233;mergence va surgir lorsque les cellules eucaryotes vont &#224; leur tour d&#233;couvrir l'int&#233;r&#234;t de s'associer entre elles pour former une nouvelle soci&#233;t&#233; de cellules, comme l'avaient fait les bact&#233;ries apr&#232;s 2 milliards d'ann&#233;es de t&#226;tonnement pour aboutir &#224; la cellule eucaryote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;c&#233;demment, il fallait que se forment des cellules sp&#233;cialis&#233;es compl&#233;mentaires pour qu'au lieu d'aller vivre sa vie chacune pour soi, ces cellules vivent en communaut&#233; et collaborent pour former une autre forme de vie dont la complexit&#233; se situe &#224; un niveau encore sup&#233;rieur. Pour r&#233;ussir cet exploit, il fallait des cellules tr&#232;s sophistiqu&#233;es, eucaryotes certes, mais aussi totipotentes, c'est-&#224;-dire avec un si large champ de potentialit&#233;s qu'elles puissent chacune se d&#233;velopper diff&#233;remment selon l'environnement qui lui serait propos&#233; &#224; l'int&#233;rieur du nouvel organisme ! Il fallait aussi que se d&#233;veloppent des facteurs de coh&#233;sion, d'organisation, de synchronisation, de communication tous indispensables pour que soit viable cette forme de vie des milliards de fois plus complexe que la pr&#233;c&#233;dente. Ces facteurs vont devenir pr&#233;pond&#233;rants car la reproduction, la survie ne se fait plus au niveau de la cellule mais de l'organisme multicellulaire tout entier. Toutes les cellules ont le m&#234;me mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique, mais l'organisme se reproduit globalement gr&#226;ce &#224; ses gam&#232;tes. La s&#233;lection va jouer sur l'organisme r&#233;sultant de l'association de cellules, pas sur les cellules elles-m&#234;mes. C'est donc ces propri&#233;t&#233;s &#233;mergentes qui vont maintenant faire la diff&#233;rence et qui seront l'objet de la diversit&#233; s&#233;lective. Les cellules eucaryotes sont maintenant performantes, adaptables, totipotentes pour certaines. Ce qui va compter, c'est leur organisation, leur synchronisation, la performance de leur association pour s'adapter aux situations nouvelles et pour se multiplier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cellule eucaryote par exemple est faite de composants biochimiques vari&#233;s, comme les acides nucl&#233;iques et les prot&#233;ines, et est organis&#233;e dans des structures limit&#233;es comme le noyau de la cellule, diverses organites, une membrane de cellule et le cytosquelette. Ces structures bas&#233;es sur un flux externe de mol&#233;cules et d'&#233;nergie &#171; produisent &#187; les composants qui, &#224; leur tour, continuent de maintenir la structure contenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le minimal d'un syst&#232;me autopo&#239;&#233;tique est une cellule dont la membrane est compos&#233; d'un constituant C se d&#233;gradant en D et baignant dans un milieu riche en mol&#233;cules A. Ces mol&#233;cules A peuvent franchir la membrane et &#234;tre transform&#233;es au sein de la cellule en mol&#233;cules B pour lesquelles la membrane est imperm&#233;able. B peut s'int&#233;grer &#224; la membrane pour se transformer en C. Si le d&#233;bit d'entr&#233;e de A et sa conversion en B sont suffisamment grands devant le coefficient de d&#233;gradation de C en D alors la cellule se maintient au cours du temps. Ce mod&#232;le montre l'importance de la fronti&#232;re du syst&#232;me (ici la membrane) si celle-ci dispara&#238;t le m&#233;tabolisme et le syst&#232;me entier s'effondre. Il s'agit d'un cercle vicieux : si B s'&#233;chappe, sa concentration diminue de telle sorte que la membrane se d&#233;grade de plus en plus vite et que la perte en B augmente. Le m&#233;tabolisme et la membrane d&#233;pendent l'un de l'autre, la structure ne peut se maintenir sans le flux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Darwin et les grandes &#233;nigmes de la vie &#187; (chapitre &#171; Les cinq r&#232;gnes de la vie &#187;) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les premi&#232;res traces de vie ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes dans les roches vieilles de trois milliards d'ann&#233;es environ. Jusqu'&#224; un milliard d'ann&#233;es avant notre &#232;re, les fossiles ne r&#233;v&#232;lent que l'existence d'organismes procaryotes ; pendant deux milliards d'ann&#233;es, les matelas d'algues bleues ont &#233;t&#233; la forme de vie la plus complexe sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opinions divergent en ce qui concerne la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. W. Schopf, pal&#233;obotaniste de l'universit&#233; de Los Angeles, croit pouvoir affirmer qu'il a d&#233;couvert, en Australie, des algues eucaryotes dans les roches vieilles d'un milliard d'ann&#233;es environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres soutiennent que les micro-organismes de Schopf sont en r&#233;alit&#233; le produit de la d&#233;composition de cellules procaryotes. Si ces critiques sont exactes, les premiers organismes eucaryotes sont apparus &#224; la fin du pr&#233;cambrien, juste avant la grande &#171; explosion &#187; du cambrien, il ya 600 millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la Terre a &#233;t&#233; le domaine exclusif des organismes procaryotes pendant une p&#233;riode repr&#233;sentant au moins deux tiers de l'histoire de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schpf appelle le pr&#233;cambrien, &#171; l'&#226;ge de l'algue bleue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Margulis a relanc&#233; les discussions, il y a quelques ann&#233;es, en d&#233;fendant une ancienne th&#233;orie. L'id&#233;e para&#238;t absurde au premier abord, mais on en vient rapidement &#224; l'examiner avec s&#233;rieux, et m&#234;me &#224; y adh&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Margulis, les cellules ont &#233;t&#233;, &#224; l'origine, des colonies d'organismes procaryotes. Le noyau et la mitochondrie, par exemple, &#233;taient au d&#233;part des organismes procaryotes ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que des organismes procaryotes envahissent des cellules eucaryotes et vivent en symbiose avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque toutes les cellules procaryotes ont &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me taille que les organites ; la ressemblance entre le chloroplaste de certaines cellules eucaryotes photosynth&#233;tiques et certaines algues bleues est frappante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, certaines organites poss&#232;dent leurs propres g&#232;nes, qui leur permettent de se produire ind&#233;pendamment, vestige de leur statut d'organisme &#224; part enti&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les organismes eucaryotes, les cellules sexuelles ont la moiti&#233; des chromosomes des cellules normales. Quand deux cellules sexuelles se joignent pour produire un descendant, la quantit&#233; originelle de mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique est reconstitu&#233;e. Chez les organismes procaryotes, la reproduction sexuelle est rare et inefficace. Elle se fait au hasard, et ne comporte que le transfert de quelques g&#232;nes d'une cellule donneuse &#224; une cellule receveuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reproduction asexuelle produit des copies des cellules parentales, &#224; moins qu'une mutation n'intervienne et ne fasse appara&#238;tre une variation mineure. Mais les mutations sont rares et la variabilit&#233; des esp&#232;ces asexuelles est trop limit&#233;e pour permettre l'&#233;volution. Pendant deux milliards d'ann&#233;es, les matelas d'algues sont rest&#233;s des matelas d'algues. Mais la cellule eucaryote a fait du sexe une r&#233;alit&#233;, et c'est pourquoi, moins d'un milliard d'ann&#233;es plus tard, et il y a des hommes, des cafards, des hippocampes, des hippocampes, des p&#233;tunias et des moules&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la diversit&#233; et la multiplicit&#233; des transitions est peut-&#234;tre le reflet d'une progression inexorable en direction de choses sup&#233;rieures. Mais les &#233;l&#233;ments rassembl&#233;s par la pal&#233;ontologie d&#233;mentent cette interpr&#233;tation. Le progr&#232;s dans le d&#233;veloppement des organismes n'a pas &#233;t&#233; continu. Il ya eu, au contraire, de tr&#232;s longues p&#233;riodes de stabilit&#233; et une explosion, qui a cr&#233;&#233; le syst&#232;me dans son entier. Pendant les deux tiers, voire les cinq sixi&#232;mes de l'histoire de la vie, la Terre n'a &#233;t&#233; habit&#233;e que par les mon&#232;res, et rien ne nous permet de dire qu'il y a eu des organismes procaryotes, sup&#233;rieurs ou inf&#233;rieurs. De m&#234;me, aucune structure nouvelle n'est apparue depuis que l'explosion du cambrien a donn&#233; naissance &#224; notre biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition du syst&#232;me a occup&#233; environ 10% de l'histoire de la vie, pendant l'explosion du cambrien, il y a environ 600 millions d'ann&#233;es. J'en retiendrai deux &#233;v&#233;nements principaux : la formation de la cellule eucaryote &#8211; qui rendait la complexit&#233; possible en introduisant la variation g&#233;n&#233;tique par l'interm&#233;diaire d'une reproduction sexuelle efficace &#8211; et l'envahissement de l'espace &#233;cologique par des organismes multicellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de vie &#233;tait calme auparavant et il est redevenu depuis. Il faut consid&#233;rer la r&#233;cente apparition de la conscience comme l'&#233;v&#233;nement le plus important depuis l'explosion du cambrien, ne serait-ce qu'en raison de ses cons&#233;quences g&#233;ologiques et &#233;cologiques. Les structures nouvelles ne sont pas forc&#233;ment &#224; l'origine des &#233;v&#233;nements marquants de l'&#233;volution. Les organises eucaryotes continueront &#224; engendrer nouveaut&#233; et diversit&#233; aussi longtemps que l'une de leurs derni&#232;res productions ne se contr&#244;lera pas suffisamment pour assurer un avenir au monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Comme les huit doigts de la main &#187; (chapitre &#171; Les grandes modalit&#233;s de l'&#233;volution &#187;) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les &#233;volutionnistes, la d&#233;couverte de la g&#233;n&#233;tique mol&#233;culaire la plus fascinante et la plus inattendue a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans les ann&#233;es 1960-1970, quand &#233;tude apr&#232;s &#233;tude, on s'est aper&#231;u que, chez les organismes multicellulaires, seulement un petit pourcentage du patrimoine g&#233;n&#233;tique total consiste en g&#232;nes fonctionnels, pr&#233;sents en un seul exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande partie du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique semble &#234;tre du &#171; d&#233;chet &#187;, tout &#224; fait incapable de fournir les informations n&#233;cessaires &#224; l'&#233;dification et au fonctionnement de l'organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, de nombreux g&#232;nes pr&#233;sentent de multiples copies, et c'est un ph&#233;nom&#232;ne dont les raisons restent obscures, car elles ne sont pas li&#233;es aux fonctions n&#233;cessaires du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il est devenu rapidement clair aux yeux des &#233;volutionnistes que la redondance (sous la forme de copies multiples), pr&#233;sent&#233;e par de nombreux g&#232;nes, &#233;tait peut-&#234;tre un facteur crucial n&#233;cessaire &#224; la complexification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposez que l'anc&#234;tre unicellulaire original commun &#224; tous les organismes complexes n'ait poss&#233;d&#233; qu'une copie par g&#232;ne, et que chaque g&#232;ne ait &#233;t&#233; responsable d'une fonction vitale. Il ne s'agit pas, en fait, d'une simple supposition ; les plus simples des organismes vivants d'aujourd'hui pr&#233;sentent effectivement de telles caract&#233;ristiques, et ils constituent les mod&#232;les des anc&#234;tres les plus anciens des organismes multicellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels &#234;tres unicellulaires fonctionnent tr&#232;s bien ; ils sont sans doute fa&#231;onn&#233;s avec pr&#233;cision par la s&#233;lection naturelle, laquelle les d&#233;barrasse de tout trait superflu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; pr&#233;sent, voici une &#233;nigme pour l'&#233;volution : ces organismes excitent peut-&#234;tre notre admiration par leur efficacit&#233;, mais comment peuvent-ils changer, dans ce sens crucial consistant &#224; ajouter de nouvelles dimensions &#224; la complexit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de leurs g&#232;nes code pour quelque chose de vital ; il ne peut se modifier que dans le sens d'une am&#233;lioration au sein de son propre domaine fonctionnel. Ce genre de syst&#232;me g&#233;n&#233;tique n'offre aucune flexibilit&#233;, aucun jeu, aucune possibilit&#233; d'ajouter quelque chose de vraiment nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;nigme a conduit les &#233;volutionnistes &#224; se rendre compte que les copies de g&#232;nes multiples pouvaient jouer un r&#244;le fondamental, en permettant l'&#233;volution de la complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les g&#232;nes pr&#233;sentent plusieurs copies, mais qu'une seule dessert les besoins fonctionnels de l'organisme, alors les autres copies sont libres d'exp&#233;rimenter, de varier, et d'acqu&#233;rir de nouvelles fonctions, gr&#226;ce &#224; des coups de chance occasionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bel et bon, mais nous voici &#224; pr&#233;sent confront&#233;s &#224; une &#233;nigme logique : &#224; moins que nous nous m&#233;prenions compl&#232;tement sur la nature fondamentale de la causalit&#233;, il n'est pas possible de soutenir que des copies multiples viennent &#224; l'existence parce qu'elles auront un jour une utilit&#233;, c'est-&#224;-dire permettront le processus de complexification, des millions d'ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les copies multiples sont la cl&#233; du processus de complexification, mais leur apparition dans l'&#233;volution a d&#251; se faire pour d'autres raisons &#8211; c'est le principe &#171; des pneus aux sandales &#187; sous-tendant les changements de fonction capricieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cas est particuli&#232;rement int&#233;ressant, parce que la raison initiale de la duplication (l'&#233;quivalent de la r&#233;colte de caoutchouc pour faire des pneus) n'a sans doute pas eu, par elle-m&#234;me, grand-chose &#224; voir avec la s&#233;lection naturelle, telle qu'elle est traditionnellement con&#231;ue, c'est-&#224;-dire comme lutte entre des organismes pour le succ&#232;s reproductif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de duplication r&#233;sulte peut-&#234;tre d'un processus de s&#233;lection &#224; un niveau inf&#233;rieur, celui des g&#232;nes, processus qui reste invisible au niveau plus &#233;lev&#233; local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#232;nes jouent aussi au jeu de la s&#233;lection naturelle dans leur univers propre, et ceux qui d&#233;veloppent la capacit&#233; de se recopier et de changer de place (les transposons ou &#171; g&#232;nes sauteurs &#187;) s'assurent un avantage &#224; ce niveau inf&#233;rieur, tout comme les organismes s'assurent le succ&#232;s, dans le monde de Darwin, en laissant davantage de descendants survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la duplication de g&#232;nes est peut-&#234;tre encourag&#233;e par le fait qu'elle ne produit aucun effet au niveau du corps, car, en restant invisible au niveau du processus darwinien local, elle peut accumuler des copies suppl&#233;mentaires &#171; non n&#233;cessaires &#187; sur les chromosomes, dans des conditions telles qu'aucune pression n&#233;gative de la part de la s&#233;lection naturelle ne s'y opposera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces copies de g&#232;nes &#171; redondantes &#187; pourront &#233;ventuellement &#234;tre &#224; la source de la complexification ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux biologistes situent la grande division au sein de la nature, non pas entre les plantes et les animaux, ni m&#234;me entre les organismes unicellulaires et multicellulaires, mais, au sein m&#234;me des unicellulaires, entre les procaryotes et les eucaryotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers, qui regroupent les bact&#233;ries et les algues cyanophyc&#233;es, sont structuralement plus simples, et n'ont pas d'organites dans leur cellule &#8211; ni noyau, ni mitochondries. Les seconds, plus complexe, ont acquis par &#233;volution cette gamme de structures internes qui, dans presque tous les examens de biologie de fin d'&#233;tudes secondaires, fait l'objet d'une in&#233;vitable question : nommez tous les organites de la cellule et d&#233;finissez leurs fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On consid&#232;re que l'accroissement de complexit&#233; repr&#233;sent&#233; par le passage des procaryotes aux eucaryotes est fondamental, en partie parce que l'on estime que l'organisation eucaryote est le facteur crucial qui a conditionn&#233; l'apparition &#233;volutive ult&#233;rieure des organismes multicellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne citer qu'un seul argument classique : l'&#233;volution darwinienne productrice de complexit&#233; a besoin d'abondantes variations dans les caract&#233;ristiques des organismes, ceci afin de fournir le mat&#233;riau n&#233;cessaire &#224; la s&#233;lection naturelle ; la plupart de ces variations se forment gr&#226;ce &#224; la reproduction sexuelle, car celle-ci assure le m&#233;lange de deux syst&#232;mes g&#233;n&#233;tiques diff&#233;rents chez chaque rejeton ; la reproduction sexuelle n&#233;cessite un m&#233;canisme pour r&#233;aliser de fa&#231;on exacte la division du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique, de telle sorte que chaque parent fournissant 50%, les 100% sont reconstitu&#233;s chez le rejeton ; la m&#233;iose, avec sa division r&#233;ductionnelle des paires de chromosomes, est l'invention biologique qui a permis la division du patrimoine g&#233;n&#233;tique de chaque parent en deux moiti&#233;s &#233;gales ; les procaryotes, d&#233;pourvus de paires de chromosomes et d'autres organites, ne peuvent r&#233;aliser une division g&#233;n&#233;tique exacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons &#224; pr&#233;sent devant la m&#234;me &#233;nigme que celle rencontr&#233;e dans le cas pr&#233;c&#233;dent : nous comprenons bien que les organismes multicellulaires avaient besoin de l'apparition &#233;volutive des organites, mais les unicellulaires eucaryotes sont apparus au moins 800 millions d'ann&#233;es avant les animaux multicellulaires - de sorte que le progr&#232;s dans la complexification repr&#233;sent&#233; par la vie multicellulaire ne peut avoir &#233;t&#233; la source de l'apparition des organites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une th&#233;orie en vogue pour expliquer l'apparition &#233;volutive de certains organites (les mitochondries et les chloroplastes), mais, h&#233;las, pas le noyau - Il n'y a, actuellement, pas de th&#233;orie satisfaisante pour celui-ci -. Elle fait appel &#224; un processus de symbiose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mitochondries et les chloroplastes ressemblent de mani&#232;re &#233;trange &#224; des organismes procaryotes complets (ils poss&#232;dent leur propre ADN et ont les m&#234;mes dimensions que les bact&#233;ries).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est presque certain qu'ils ont d&#251; commencer par &#234;tre des symbiontes au sein des cellules d'autres esp&#232;ces bact&#233;riennes, et se sont int&#233;gr&#233;s plus tard &#224; celles-ci de fa&#231;on plus &#233;troite, ce qui a donn&#233; la cellule eucaryote (de telle sorte qu'actuellement chaque cellule de notre corps a le statut &#233;volutif de ces anciennes colonies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on peut soutenir que les anc&#234;tres des mitochondries ont entam&#233; une vie en symbiose parce qu'ils y ont &#233;t&#233; pouss&#233;s par le processus local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bact&#233;ries ont ainsi obtenu une protection ou quelque autre avantage, et n'ont donc pas p&#233;n&#233;tr&#233; dans les cellules eucaryotes primitives afin de permettre &#224; la vie multicellulaire complexe d'appara&#238;tre par &#233;volution un milliard d'ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La symbiose a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e pour des raisons darwiniennes imm&#233;diates ; puis la roue a tourn&#233; et le caoutchouc de la symbiose a permis de faire les premiers pas en direction de la vie multicellulaire complexe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Sciences de la Terre et de l'Univers &#187;, ouvrage collectif dirig&#233; par Jean-Yves Daniel et Andr&#233; Brahic :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vie sur Terre aurait donc &#233;merg&#233; il y a au moins 3,85 milliards d'ann&#233;es, moins de cent millions d'ann&#233;es apr&#232;s son refroidissement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 3 et 1,6 milliards d'ann&#233;es, les donn&#233;es deviennent claires et concernent des Procaryotes, ou Mon&#232;res (bact&#233;ries et cyanophyc&#233;es). Aussi cette p&#233;riode est-elle parfois nomm&#233;e &#171; &#232;re des mon&#232;res &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les stromatolites pr&#233;cambirens, pr&#233;sents d&#232;s &#8211; 3,4 milliards d'ann&#233;es (Zimbabwe) et abondants &#224; partir de &#8211; 2,8 milliards d'ann&#233;es (groupe de Fortescue en Australie, Afrique du Sud&#8230;), ressemblent en tout point aux formes actuelles une superposition de feuillets sub-millim&#233;triques, qui n'est pas une construction biologique, mais une structure laminaire r&#233;sultant de l'activit&#233; d'accumulation de carbonates par des feutrages de cyanophyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que ces formes anciennes soient le r&#233;sultat de l'activit&#233; de cyanobact&#233;ries, mais rien n'est s&#251;r, et certaines bact&#233;ries photosynth&#233;tiques actuelles construisent des &#233;difices analogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc rester prudent quant au r&#244;le de pourvoyeur d'oxyg&#232;ne des stromatolites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule conclusion irr&#233;futable est de dire qu'il existe vers &#8211; 3,4 milliards d'ann&#233;es des communaut&#233;s d'organismes autotrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de la cellule eucaryote est dat&#233;e d'environ 1,4 milliard d'ann&#233;es et sa distinction d'avec la cellule procaryote repose &#224; l'&#233;tat fossile essentiellement sur un crit&#232;re de taille : sont consid&#233;r&#233;es comme eucaryotes les cellules dont la taille d&#233;passe 60 microm&#232;tres. Les plus anciens documents de ce type sont des acritarches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment passe-t-on d'une cellule simple, au noyau nu et diffus, &#224; une cellule eucaryotique compartiment&#233;e, &#224; vrai noyau et organites cellulaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte d'ADN dans les mitochondries et dans les chloroplastes sugg&#232;re une certaine autonomie de ces organites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne th&#233;orie endosymbiotique ou microm&#233;risme, formul&#233;e d&#232;s 1883 par Schimper et remise &#224; l'honneur par Margulis dans les ann&#233;es 1970, para&#238;t actuellement la plus propice &#224; rendre compte de la structure complexe de la cellule eucaryote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les procaryotes il n'existe presque jamais de compartiments d&#233;limit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la cellule et l'ADN se trouve directement dans le cytoplasme par des membranes analogues &#224; celle entourant la cellule. Leur ADN est situ&#233; dans l'un des organites, le noyau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que certains organites de la cellule eucaryote disparaissent pour se reformer lors de la division cellulaire (le Golgi, le r&#233;ticulum endoplasmique&#8230;) d'autres proviennent toujours d'une division d'organites pr&#233;existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du noyau,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des mitochondries, responsables de la respiration cellulaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des plastes des v&#233;g&#233;taux o&#249; se d&#233;roule la photosynth&#232;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette particularit&#233; fait penser &#224; des bact&#233;ries se divisant par bipartition dans le cytoplasme : les mitochondries et les plastes seraient des organismes vivants, install&#233;s en symbiose dans la cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divers arguments peuvent &#234;tre avanc&#233;s pour &#233;tayer cette hypoth&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les organites des eucaryotes sont limit&#233;s par une membrane lipidique simple sauf trois d'entre eux : le noyau, entour&#233; d'une enveloppe &#224; deux membranes perc&#233;e de pores, et les plastes et les mitochondries qui sont s&#233;par&#233;s du cytoplasme par deux membranes continues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les lipides des membranes entourant les mitochondries existent dans la membrane de certaines bact&#233;ries, mais pas ailleurs dans la cellule eucaryote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des fonctions m&#233;taboliques comme la photosynth&#232;se s'op&#232;rent de fa&#231;on quasi identique dans les cyanobact&#233;ries et les plastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le g&#233;nome des plastes et des mitochondries ressemble &#224; celui des procaryotes : il n'est pas isol&#233; au sein de l'organite et se pr&#233;sente sous la forme de plusieurs copies identiques d'une mol&#233;cule circulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La comparaison des g&#232;nes des organites avec les g&#232;nes homologues des procaryotes montre que les mitochondries descendraient toutes d'une bact&#233;rie ancestrale unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acquisition des mitochondries il y a 1,4 &#224; 2 milliards d'ann&#233;es et l'existence de respiration bact&#233;rienne ant&#233;rieure par les cellules eucaryotes marque l'acquisition de la respiration cellulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans mitochondries, la cellule eucaryote ne peut utiliser l'oxyg&#232;ne pour oxyder les glucides et produire son &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associ&#233;es aux peroxysomes, elles ont permis &#224; la biosph&#232;re d'affronter sa premi&#232;re grande crise : le passage d'un environnement a&#233;robie. L'acquisition plus tardive des plastes, entre -1,2 et -1,4 milliards d'ann&#233;es, permettra &#224; la cellule eucaryote d'utiliser l'&#233;nergie lumineuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Prokaryota&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Etres vivants procaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Eukaryota&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Etres vivants eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cours-pharmacie.com/biologie-cellulaire/cellules-procaryotes-et-cellules-eucaryotes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eucariotes et Procaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/inria/1_2_au_c_ur_de_la_cellule_la_molecule_d_adn.24548&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des procaryotes aux eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francois-roddier.fr/?p=140&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des procaryotes aux eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/botanique-algues-surprenants-vegetaux-aquatiques-523/page/4/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cellule procaryote et cellule eucaryote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.larecherche.fr/lorigine-des-cellules-eucaryotes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'origine des cellules eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4041&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que la cellule vivante ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1793&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le vivant, c'est la continuit&#233; ou la discontinuit&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/evolution-un-chainon-manquant-decouvert-au-fond-des-oceans_15966&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un cha&#238;non manquant entre procaryotes et eucaryotes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vision produite par &#339;il-nerf optique-cerveau, un produit de la g&#233;n&#233;tique, du d&#233;veloppement et de l'&#233;volution, vu&#8230; par des grands scientifiques, de Darwin &#224; Gould en passant par Gehring et Feynman</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5989</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5989</guid>
		<dc:date>2018-10-27T22:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gould</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;volution des esp&#232;ces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Pouvons-nous croire que la s&#233;lection naturelle puisse produire, d'une part, des organes insignifiants tels que la queue de la girafe, qui sert de chasse-mouches et, d'autre part, un organe aussi important que l'&#339;il ? (&#8230;)Il semble absurde au possible, je le reconnais, de supposer que la s&#233;lection naturelle ait pu former l'&#339;il avec toutes les inimitables dispositions qui permettent d'ajuster le foyer &#224; diverses distances, d'admettre une quantit&#233; variable de lumi&#232;re et de corriger les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Gould&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot282" rel="tag"&gt;&#233;volution des esp&#232;ces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pouvons-nous croire que la s&#233;lection naturelle puisse produire, d'une part, des organes insignifiants tels que la queue de la girafe, qui sert de chasse-mouches et, d'autre part, un organe aussi important que l'&#339;il ? (&#8230;)Il semble absurde au possible, je le reconnais, de supposer que la s&#233;lection naturelle ait pu former l'&#339;il avec toutes les inimitables dispositions qui permettent d'ajuster le foyer &#224; diverses distances, d'admettre une quantit&#233; variable de lumi&#232;re et de corriger les aberrations sph&#233;riques et chromatiques. (&#8230;) La difficult&#233; d'admettre qu'un &#339;il complexe et parfait a pu &#234;tre produit par la s&#233;lection naturelle, bien qu'insurmontable pour notre imagination, n'attaque en rien notre th&#233;orie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin, &#171; L'Origine des esp&#232;ces &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il a &#233;t&#233; longtemps pr&#233;sent&#233; par les cr&#233;ationnistes comme la preuve de la fausset&#233; de la th&#233;orie de l'&#233;volution de Darwin et comme l'incontournable n&#233;cessit&#233; du cr&#233;ationnisme. Le fait que quarante fois quelque chose d'aussi parfait que l'&#339;il ait pu &#234;tre fabriqu&#233; pourrait sembler la meilleure preuve de la cr&#233;ation divine. Et pourtant, les derni&#232;res d&#233;couvertes des sciences ont tranch&#233; cette controverse. &lt;a href=&#034;https://profidecatholica.com/creationnisme/de-darwinisez-vous/loeil-cauchemar-de-darwin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici l'argumentaire sur l'&#339;il des cr&#233;ationnistes contre Darwin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH311/-4729-f8d34.jpg?1776212997' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On a d'abord cru que des yeux diff&#233;rents de diverses esp&#232;ces avaient des origines diff&#233;rentes mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour toutes les esp&#232;ces ayant un oeil, du poisson &#224; l'insecte en passant par le mammif&#232;re, celui qui a produit l'oeil (le g&#232;ne r&#233;gulateur ma&#238;tre de la production de l'oeil dans le d&#233;veloppement de l'animal) s'appelle le g&#232;ne Pax-6. Et voici sa prot&#233;ine :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH443/-308-a8039.jpg?1776212997' width='500' height='443' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH265/-309-42b24.png?1776212997' width='400' height='265' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L287xH176/-4776-dca28.jpg?1776212997' width='287' height='176' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10633 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-4738.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH248/-4738-d6c48.jpg?1776212997' width='500' height='248' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L460xH520/-4744-8d7bf.jpg?1776212997' width='460' height='520' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH234/-4745-72178.jpg?1776212997' width='500' height='234' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-4746.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-4746-2b3e6.jpg?1776212997' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L282xH179/-4747-c996d.jpg?1776212997' width='282' height='179' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH168/-4748-d06c0.jpg?1776212997' width='300' height='168' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L276xH183/-4749-e4663.jpg?1776212997' width='276' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH168/-4750-52c58.jpg?1776212997' width='300' height='168' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L279xH180/-4751-8e53b.jpg?1776212997' width='279' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/-310-410d0.jpg?1776212997' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L440xH440/-4752-c8824.jpg?1776212997' width='440' height='440' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/-4753-599b8.jpg?1776212997' width='275' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-4754.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/-4754-8d1f6.jpg?1776212997' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10646 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L307xH164/-4755-d740f.jpg?1776212997' width='307' height='164' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10647 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH317/-4756-ee19b.jpg?1776212997' width='320' height='317' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/-4757-c9639.jpg?1776212997' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/-4758-679ef.jpg?1776212997' width='275' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH188/-4759-a655d.jpg?1776212997' width='250' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/-4760-69c00.jpg?1776212997' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/-4761-35bf2.jpg?1776212997' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/png/-311.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH706/-311-cda21.jpg?1776212997' width='500' height='706' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L181xH279/-4762-cd613.jpg?1776212997' width='181' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/-4763-67ede.jpg?1776212997' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L285xH177/-4764-9bede.jpg?1776212997' width='285' height='177' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez l'homme, dans le cerveau, c'est le cortex qui g&#232;re la fonction visuelle. Le cortex visuel est compos&#233; de six zones :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V1 &#8211; premi&#232;re analyse des informations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V2 &#8211; Vision st&#233;r&#233;oscopique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V3 &#8211; distance et profondeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V4 &#8211; couleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V5 &#8211; mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V6 &#8211; position objective d'un objet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite ces zones entrent en relation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Circuit V1-V2-V3-V5-V6 : position de l'objet dans l'espace&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Circuit V1-V2-V4 : nature de l'objet&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10657 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-4765.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH851/-4765-faac3.jpg?1776212997' width='500' height='851' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_10658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH457/-4766-195c9.jpg?1776212997' width='500' height='457' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_10659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH582/-4767-3dec3.jpg?1776212997' width='500' height='582' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_10660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH408/-4768-4e997.jpg?1776212997' width='500' height='408' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_10661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-4769.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/-4769-22d84.jpg?1776212997' width='500' height='300' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vision produite par &#339;il-nerf optique-cerveau, un produit de la g&#233;n&#233;tique, du d&#233;veloppement et de l'&#233;volution, vu&#8230; par des grands scientifiques, de Darwin &#224; Gould en passant par Gehring et Feynman&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me rappelle bien du temps o&#249; la pens&#233;e de l'&#339;il me donnait froid partout, mais j'ai surmont&#233; cette &#233;tape des rechignements... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre de Charles Darwin &#224; Asa Gray dat&#233; du 3 avril, 1860&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de l'&#339;il chez les animaux est reli&#233;e &#224; l'&#233;volution des esp&#232;ces, au d&#233;veloppement de l'individu et &#224; la g&#233;n&#233;tique&lt;br class='autobr' /&gt; Le g&#232;ne qui contr&#244;le le d&#233;veloppement de l'&#339;il est le m&#234;me chez tous les mammif&#232;res. Cela n'est pas surprenant. Les donn&#233;es fournies par les fossiles impliquent une branche commune pour tous les mammif&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;couverte des g&#232;nes hom&#233;otiques qui pilotent la fabrication du corps a chang&#233; notre vision&#8230; de l'&#339;il !&lt;br class='autobr' /&gt;
La g&#233;n&#233;tique est apparue pilot&#233;e non seulement par des g&#232;nes mais par des structures d'interactions en s&#233;rie des g&#232;nes, avec des niveaux hi&#233;rarchiques de ces interventions. Un seul g&#232;ne peut ainsi piloter, en cascade, jusqu'&#224; 2500 g&#232;nes comme le g&#232;ne ma&#238;tre de l'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'est aper&#231;u qu'un g&#232;ne d'ours peut tr&#232;s bien fonctionner sur une fourmi et inversement. Si on inocule un g&#232;ne qui commande la fabrication d'un oeil de mouche &#224; une mouche drosophile, il lui pousse un oeil suppl&#233;mentaire. Mais que se passe-t-il si on inocule un g&#232;ne d'oeil de souris &#224; cette mouche drosophile ? Le premier motif d'&#233;tonnement c'est que le g&#232;ne de souris fonctionne tr&#232;s bien sur une mouche. Mais que va-t-il produire ? Est-ce un oeil de souris, un oeil de mouche ou une bizarrerie ? On pourrait se dire que cela devrait &#234;tre un oeil de souris puisque le g&#232;ne vient d'une souris ... En effet, on sait que la souris n'a pas du tout la m&#234;me structure de l'oeil que la mouche. Eh bien non, c'est un oeil tout &#224; fait normal de mouche qui va appara&#238;tre sur la drosophile ! Et l'inverse est vrai &#233;galement : si on inocule &#224; une grenouille un g&#232;ne de fourmi, il poussera un oeil de plus et ce sera un oeil de grenouille. On a montr&#233; que la commande de fabrication d'un oeil en g&#233;n&#233;ral est utilisable sur n'importe quel animal capable de faire fonctionner un oeil. On d&#233;montre ainsi que ce g&#232;ne donne seulement l'ordre &#171; fait pousser un oeil &#187; et que cet ordre est commun aux diverses esp&#232;ces vivantes, ou du moins interchangeable. Des g&#232;nes hom&#233;otiques, comme celui de l'oeil, sont ceux qui pilotent non seulement la formation d'un organe, mais tout le d&#233;veloppement embryonnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Walter Gehring, dans &#171; La drosophile aux yeux rouges &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le g&#232;ne ma&#238;tre &#171; eyeless &#187; de la drosophile et celui de la souris sont capables d'induire la morphogen&#232;se de l'&#339;il. Plus r&#233;cemment, nous avons aussi clon&#233; le g&#232;ne homologue d'eyeless chez le calmar, en collaboration avec Joram Piatigorsky et ses collaborateurs, et nous avons montr&#233; qu'il est aussi capable d'induire des yeux lorsqu'il est exprim&#233; ectopiquement chez la drosophile. Puisque nous avons aussi observ&#233; des homologues de Pax-6 hautement conserv&#233;s chez des ascidies, des vers n&#233;mertiens et des vers plats, et montr&#233; que Pax-6 s'exprime sp&#233;cifiquement dans les yeux, nous consid&#233;rons qu'eyeless (Pax-6) est un g&#232;ne ma&#238;tre universel contr&#244;lant la morphogen&#232;se de l'oeil. Ces r&#233;sultats poussent, en outre, &#224; conclure que l'&#339;il prototypique n'est peut-&#234;tre apparu qu'une seule fois, et non pas quarante fois, dans l'&#233;volution. La grande diversit&#233; des types d'yeux que l'on trouve dans le r&#232;gne animal aurait eu ce prototype pour point de d&#233;part des &#233;volutions divergentes, parall&#232;les ou convergentes ayant pris place ensuite. En fait, l'&#339;il de certains vers plats ressemble &#233;troitement au prototype darwinien et, chez une esp&#232;ce trouv&#233;e au Japon, l'&#339;il consiste en un seul photor&#233;cepteur et ue seule cellule pigmenaire, comme cela a &#233;t&#233; postul&#233; par Darwin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fran&#231;ois Jacob, dans son expos&#233; de l'Universit&#233; de tous les Savoirs, le 1er janvier 2000 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voit les changements apport&#233;s dans la mani&#232;re de consid&#233;rer l'&#233;volution biochimique. Tant que chaque g&#232;ne, donc chaque prot&#233;ine, &#233;tait regard&#233; comme un objet unique, r&#233;sultat d'une s&#233;quence unique de nucl&#233;otides ou d'acides amin&#233;s, chacun d'eux ne pouvait se former que par une cr&#233;ation nouvelle, de toute &#233;vidence hautement improbable. &#187; Fran&#231;ois Jacob affirmait dans sa conf&#233;rence pour l'Universit&#233; de tous les savoirs : &#171; On a longtemps pens&#233; que les mol&#233;cules de diff&#233;rents organismes &#233;taient enti&#232;rement diff&#233;rentes. Et m&#234;me que c'&#233;tait la nature de leurs mol&#233;cules qui donnait aux organismes leurs propri&#233;t&#233;s et particularit&#233;s. En d'autres termes, que les ch&#232;vres avaient des mol&#233;cules de ch&#232;vres et les escargots des mol&#233;cules d'escargot. Que c'&#233;taient les mol&#233;cules de ch&#232;vre qui donnaient &#224; la ch&#232;vre ses particularit&#233;s. (...) Ce qui distingue un papillon d'un lion ou une poule d'une mouche, c'est moins une diff&#233;rence dans les constituants chimiques que dans l'organisation et la distribution de ces constituants. Par exemple, ce qui rend un vert&#233;br&#233; diff&#233;rent d'un autre c'est plus un changement dans le temps d'expression et dans les quantit&#233;s relatives des produits des g&#232;nes au cours du d&#233;veloppement de l'embryon que les petites diff&#233;rences observ&#233;es dans la structure de ces produits. (...) Chez la mouche, qui jouit d'un long pass&#233; g&#233;n&#233;tique, ont &#233;t&#233; mis en &#233;vidence les g&#232;nes qui assurent, dans l'&#339;uf, la mise en place des axes du futur embryon, puis ceux qui d&#233;coupent le corps de l'embryon en segments puis ceux qui d&#233;terminent le destin et la forme de chacun de ces segments. A la stup&#233;faction g&#233;n&#233;rale, ces m&#234;mes g&#232;nes ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s chez tous les animaux examin&#233;s : coup sur coup grenouille, ver, souris et homme. Qui eut dit, il y a encore quinze ans, que les g&#232;nes qui mettent en place le plan d'un &#234;tre humain sont les m&#234;mes que ceux qui fonctionnent chez une mouche ou un ver ? (...) On voit les changements apport&#233;s dans la mani&#232;re de consid&#233;rer l'&#233;volution biochimique. Tant que chaque g&#232;ne, donc chaque prot&#233;ine, &#233;tait regard&#233; comme un objet unique, r&#233;sultat d'une s&#233;quence unique de nucl&#233;otides ou d'acides amin&#233;s, chacun d'eux ne pouvait se former que par une cr&#233;ation nouvelle, de toute &#233;vidence hautement improbable. (...) Ce qui distingue un papillon d'un lion, une poule d'une mouche, c'est moins une diff&#233;rence dans les constituants chimiques que dans l'organisation et la distribution de ces constituants. Ce qui les rend diff&#233;rents c'est plus un changement dans le temps d'expression et dans la quantit&#233; relative des diff&#233;rents produits des g&#232;nes au cours du d&#233;veloppement de l'embryon que les petites diff&#233;rences observ&#233;es dans la structure de ces produits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gerald Schroeder, dans &#034;L'&#233;volution, rationalit&#233; ou hasard ?&#034; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec l'av&#232;nement de l'aptitude, par la biologie mol&#233;culaire, &#224; discerner la structure des prot&#233;ines et des g&#232;nes, la comparaison statistique de la similarit&#233; de ces structures parmi les animaux est devenue possible. Le g&#232;ne qui contr&#244;le le d&#233;veloppement de l'&#339;il est le m&#234;me chez tous les mammif&#232;res. Cela n'est pas surprenant. Les donn&#233;es fournies par les fossiles impliquent une branche commune pour tous les mammif&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce qui est surprenant, pour ne pas dire stup&#233;fiant, c'est la similarit&#233; du g&#232;ne de mammif&#232;re qui contr&#244;le le d&#233;veloppement des yeux chez les mollusques et dans les syst&#232;mes visuels chez les vers. On peut dire la m&#234;me chose pour le g&#232;ne qui contr&#244;le le d&#233;veloppement de membres chez les insectes et chez les humains. En fait, ce g&#232;ne est si similaire que des morceaux du g&#232;ne des mammif&#232;res, si on les introduit dans une mouche de fruit, feront appara&#238;tre une aile sur la mouche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela aurait un sens si le d&#233;veloppement de la vie &#233;tait d&#233;crit comme un arbre. Mais le buisson de vie signifie que juste au-dessus du niveau de la vie unicellulaire, les insectes, les mammif&#232;res, les vers et les mollusques se sont s&#233;par&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le g&#232;ne de l'&#339;il a 130 sites. Cela veut dire qu'il y a 20130 (20 &#224; la puissance 130, c'est-&#224;-dire 20 multipli&#233; 130 fois par lui-m&#234;me) combinaisons possibles d'acides amin&#233;s le long de ces sites. Pour les raisons qui lui sont propres, la nature a s&#233;lectionn&#233; la m&#234;me combinaison d'acides amin&#233;s pour tous les syst&#232;mes visuels de tous les animaux. Cette fid&#233;lit&#233; ne peut pas avoir &#233;t&#233; caus&#233;e par hasard. Elle doit avoir &#233;t&#233; pr&#233;programm&#233;e dans des formes inf&#233;rieures de vie. Mais ces formes inf&#233;rieures de vie, constitu&#233;es par une seule cellule, n'avaient pas d'yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces donn&#233;es ont d&#233;concert&#233; la th&#233;orie classique de &#034; l'&#233;volution al&#233;atoire et ind&#233;pendante &#034; qui aurait produit ces structures convergentes. Cette similarit&#233; est si totalement insoup&#231;onn&#233;e par les th&#233;ories classiques de l'&#233;volution, que la plus prestigieuse des revues scientifiques des Etats-Unis, Science, a rapport&#233; : &#034; L'hypoth&#232;se selon laquelle l'&#339;il du c&#233;phalopode [mollusque] a &#233;volu&#233; en convergence avec celui des vert&#233;br&#233;s [humains] est remise en question par nos d&#233;couvertes r&#233;centes du [g&#232;ne] Pax-6... Le concept selon lequel les yeux des invert&#233;br&#233;s ont &#233;volu&#233; de mani&#232;re compl&#232;tement ind&#233;pendante de l'&#339;il des vert&#233;br&#233;s devra &#234;tre r&#233;examin&#233;. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faut pas perdre de vue la port&#233;e de cette affirmation. On nous demande de r&#233;examiner l'id&#233;e que l'&#233;volution est un agent libre. La convergence, la similarit&#233; de ces g&#232;nes, est si grande qu'elle n'a pas pu arriver, qu'elle n'est pas arriv&#233;e par des r&#233;actions purement al&#233;atoires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Darwin, dans &#171; L'Origine des esp&#232;ces &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La raison me dit que si l'on peut montrer qu'il existe de nombreuses &#233;tapes interm&#233;diaires entre un &#339;il imparfait et un &#339;il complexe, parfait, chaque &#233;tape ayant son utilit&#233; pour l'individu&#8230; alors on pourra affirmer que la s&#233;lection naturelle est capable de produire un &#339;il complexe, parfait, bien que cela soit difficile &#224; imaginer, sans risquer de mettre en p&#233;ril la rigueur interne de la th&#233;orie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pouvons-nous croire que la s&#233;lection naturelle puisse produire, d'une part, des organes insignifiants tels que la queue de la girafe, qui sert de chasse-mouches et, d'autre part, un organe aussi important que l'&#339;il ? (&#8230;) Il semble absurde au possible, je le reconnais, de supposer que la s&#233;lection naturelle ait pu former l'&#339;il avec toutes les inimitables dispositions qui permettent d'ajuster le foyer &#224; diverses distances, d'admettre une quantit&#233; variable de lumi&#232;re et de corriger les aberrations sph&#233;riques et chromatiques. Lorsqu'on affirma pour la premi&#232;re fois que le soleil est immobile et que la terre tourne autour de lui, le sens commun de l'humanit&#233; d&#233;clara la doctrine fausse ; mais on sait que le vieux dicton : Vox populi, vox Dei, n'est pas admis en mati&#232;re de science. La raison nous dit que si, comme cela est certainement le cas, on peut d&#233;montrer qu'il existe de nombreuses gradations entre un &#339;il simple et imparfait et un &#339;il complexe et parfait, chacune de ces gradations &#233;tant avantageuse &#224; l'&#234;tre qui la poss&#232;de ; que si, en outre, l'&#339;il varie quelquefois et que ces variations sont transmissibles par h&#233;r&#233;dit&#233;, ce qui est &#233;galement le cas ; que si, enfin, ces variations sont utiles &#224; un animal dans les conditions changeantes de son existence, la difficult&#233; d'admettre qu'un &#339;il complexe et parfait a pu &#234;tre produit par la s&#233;lection naturelle, bien qu'insurmontable pour notre imagination, n'attaque en rien notre th&#233;orie. Nous n'avons pas plus &#224; nous occuper de savoir comment un nerf a pu devenir sensible &#224; l'action de la lumi&#232;re que nous n'avons &#224; nous occuper de rechercher l'origine de la vie elle-m&#234;me ; toutefois, comme il existe certains organismes inf&#233;rieurs sensibles &#224; la lumi&#232;re, bien que l'on ne puisse d&#233;couvrir chez eux aucune trace de nerf, il ne para&#238;t pas impossible que certains &#233;l&#233;ments du sarcode, dont ils sont en grande partie form&#233;s, puissent s'agr&#233;ger et se d&#233;velopper en nerfs dou&#233;s de cette sensibilit&#233; sp&#233;ciale. C'est exclusivement dans la ligne directe de ses ascendants que nous devons rechercher les gradations qui ont amen&#233; les perfectionnements d'un organe chez une esp&#232;ce quelconque. Mais cela n'est presque jamais possible, et nous sommes forc&#233;s de nous adresser aux autres esp&#232;ces et aux autres genres du m&#234;me groupe, c'est-&#224;-dire aux descendants collat&#233;raux de la m&#234;me souche, afin de voir quelles sont les gradations possibles dans les cas o&#249;, par hasard, quelques-unes de ces gradations se seraient transmises avec peu de modifications. En outre, l'&#233;tat d'un m&#234;me organe chez des classes diff&#233;rentes peut incidemment jeter quelque lumi&#232;re sur les degr&#233;s qui l'ont amen&#233; &#224; la perfection. L'organe le plus simple auquel on puisse donner le nom d'&#339;il, consiste en un nerf optique, entour&#233; de cellules de pigment, et recouvert d'une membrane transparente, mais sans lentille ni aucun autre corps r&#233;fringent. Nous pouvons, d'ailleurs, d'apr&#232;s M. Jourdain, descendre plus bas encore et nous trouvons alors des amas de cellules pigmentaires paraissant tenir lieu d'organe de la vue, mais ces cellules sont d&#233;pourvues de tout nerf et reposent simplement sur des tissus sarcodiques. Des organes aussi simples, incapables d'aucune vision distincte, ne peuvent servir qu'&#224; distinguer entre la lumi&#232;re et l'obscurit&#233;. Chez quelques ast&#233;ries, certaines petites d&#233;pressions dans la couche de pigment qui entoure le nerf sont, d'apr&#232;s l'auteur que nous venons de citer, remplies de mati&#232;res g&#233;latineuses transparentes, surmont&#233;es d'une surface convexe ressemblant &#224; la corn&#233;e des animaux sup&#233;rieurs. M. Jourdain suppose que cette surface, sans pouvoir d&#233;terminer la formation d'une image, sert &#224; concentrer les rayons lumineux et &#224; en rendre la perception plus facile. Cette simple concentration de la lumi&#232;re constitue le premier pas, mais de beaucoup le plus important, vers la constitution d'un &#339;il v&#233;ritable, susceptible de former des images ; il suffit alors, en effet, d'ajuster l'extr&#233;mit&#233; nue du nerf optique qui, chez quelques animaux inf&#233;rieurs, est profond&#233;ment enfouie dans le corps et qui, chez quelques autres, se trouve plus pr&#232;s de la surface, &#224; une distance d&#233;termin&#233;e de l'appareil de concentration, pour que l'image se forme sur cette extr&#233;mit&#233;. Dans la grande classe des articul&#233;s, nous trouvons, comme point de d&#233;part, un nerf optique simplement recouvert d'un pigment ; ce dernier forme quelquefois une sorte de pupille, mais il n'y a ni lentille ni trace d'appareil optique. On sait actuellement que les nombreuses facettes qui, par leur r&#233;union, constituent la corn&#233;e des grands yeux compos&#233;s des insectes, sont de v&#233;ritables lentilles, et que les c&#244;nes int&#233;rieurs renferment des filaments nerveux tr&#232;s singuli&#232;rement modifi&#233;s. Ces organes, d'ailleurs, sont tellement diversifi&#233;s chez les articul&#233;s, que M&#252;ller avait &#233;tabli trois classes principales d'yeux compos&#233;s, comprenant sept subdivisions et une quatri&#232;me classe d'yeux simples agr&#233;g&#233;s. Si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; tous ces faits, trop peu d&#233;taill&#233;s ici, relatifs &#224; l'immense vari&#233;t&#233; de conformation qu'on remarque dans les yeux des animaux inf&#233;rieurs ; si l'on se rappelle combien les formes actuellement vivantes sont peu nombreuses en comparaison de celles qui sont &#233;teintes, il n'est plus aussi difficile d'admettre que la s&#233;lection naturelle ait pu transformer un appareil simple, consistant en un nerf optique recouvert d'un pigment et surmont&#233; d'une membrane transparente, en un instrument optique aussi parfait que celui poss&#233;d&#233; par quelque membre que ce soit de la classe des articul&#233;s. Quiconque admet ce point ne peut h&#233;siter &#224; faire un pas de plus, et s'il trouve, apr&#232;s avoir lu ce volume, que la th&#233;orie de la descendance, avec les modifications qu'apporte la s&#233;lection naturelle, explique un grand nombre de faits autrement inexplicables, il doit admettre que la s&#233;lection naturelle a pu produire une conformation aussi parfaite que l'&#339;il d'un aigle, bien que, dans ce cas, nous ne connaissions pas les divers &#233;tats de transition. On a object&#233; que, pour que l'&#339;il puisse se modifier tout en restant un instrument parfait, il faut qu'il soit le si&#232;ge de plusieurs changements simultan&#233;s, fait que l'on consid&#232;re comme irr&#233;alisable par la s&#233;lection naturelle. Mais, comme j'ai essay&#233; de le d&#233;montrer dans mon ouvrage sur les variations des animaux domestiques, il n'est pas n&#233;cessaire de supposer que les modifications sont simultan&#233;es, &#224; condition qu'elles soient tr&#232;s l&#233;g&#232;res et tr&#232;s graduelles. Diff&#233;rentes sortes de modifications peuvent aussi tendre &#224; un m&#234;me but g&#233;n&#233;ral ; ainsi, comme l'a fait remarquer M. Wallace, &#171; si une lentille a un foyer trop court ou trop long, cette diff&#233;rence peut se corriger, soit par une modification de la courbe, soit par une modification de la densit&#233; ; si la courbe est irr&#233;guli&#232;re et que les rayons ne convergent pas vers un m&#234;me point, toute am&#233;lioration dans la r&#233;gularit&#233; de la courbe constitue un progr&#232;s. Ainsi, ni la contraction de l'iris, ni les mouvements musculaires de l'&#339;il ne sont essentiels &#224; la vision : ce sont uniquement des progr&#232;s qui ont pu s'ajouter et se perfectionner &#224; toutes les &#233;poques de la construction de l'appareil. &#187; Dans la plus haute division du r&#232;gne animal, celle des vert&#233;br&#233;s, nous pouvons partir d'un &#339;il si simple, qu'il ne consiste, chez le branchiostome, qu'en un petit sac transparent, pourvu d'un nerf et plein de pigment, mais d&#233;pourvu de tout autre appareil. Chez les poissons et chez les reptiles, comme Owen l'a fait remarquer, &#171; la s&#233;rie des gradations des structures dioptriques est consid&#233;rable. &#187; Un fait significatif, c'est que, m&#234;me chez l'homme, selon Virchow, qui a une si grande autorit&#233;, la magnifique lentille cristalline se forme dans l'embryon par une accumulation de cellules &#233;pith&#233;liales log&#233;es dans un repli de la peau qui affecte la forme d'un sac ; le corps vitr&#233; est form&#233; par un tissu embryonnaire sous-cutan&#233;. Toutefois, pour en arriver &#224; une juste conception relativement &#224; la formation de l'&#339;il avec tous ses merveilleux caract&#232;res, qui ne sont pas cependant encore absolument parfaits, il faut que la raison l'emporte sur l'imagination ; or, j'ai trop bien senti moi-m&#234;me combien cela est difficile, pour &#234;tre &#233;tonn&#233; que d'autres h&#233;sitent &#224; &#233;tendre aussi loin le principe de la s&#233;lection naturelle. La comparaison entre l'&#339;il et le t&#233;lescope se pr&#233;sente naturellement &#224; l'esprit. Nous savons que ce dernier instrument a &#233;t&#233; perfectionn&#233; par les efforts continus et prolong&#233;s des plus hautes intelligences humaines, et nous en concluons naturellement que l'&#339;il a d&#251; se former par un proc&#233;d&#233; analogue. Mais cette conclusion n'est-elle pas pr&#233;somptueuse ? Avons-nous le droit de supposer que le Cr&#233;ateur met en jeu des forces intelligentes analogues &#224; celles de l'homme ? Si nous voulons comparer l'&#339;il &#224; un instrument optique, nous devons imaginer une couche &#233;paisse d'un tissu transparent, imbib&#233; de liquide, en contact avec un nerf sensible &#224; la lumi&#232;re ; nous devons supposer ensuite que les diff&#233;rentes parties de cette couche changent constamment et lentement de densit&#233;, de fa&#231;on &#224; se s&#233;parer en zones, ayant une &#233;paisseur et une densit&#233; diff&#233;rentes, in&#233;galement distantes entre elles et changeant graduellement de forme &#224; la surface. Nous devons supposer, en outre, qu'une force repr&#233;sent&#233;e par la s&#233;lection naturelle, ou la persistance du plus apte, est constamment &#224; l'aff&#251;t de toutes les l&#233;g&#232;res modifications affectant les couches transparentes, pour conserver toutes celles qui, dans diverses circonstances, dans tous les sens et &#224; tous les degr&#233;s, tendent &#224; permettre la formation d'une image plus distincte. Nous devons supposer que chaque nouvel &#233;tat de l'instrument se multiplie par millions, pour se conserver jusqu'&#224; ce qu'il s'en produise un meilleur qui remplace et annule les pr&#233;c&#233;dents. Dans les corps vivants, la variation cause les modifications l&#233;g&#232;res, la reproduction les multiplie presque &#224; l'infini, et la s&#233;lection naturelle s'empare de chaque am&#233;lioration avec une s&#251;ret&#233; infaillible. Admettons, enfin, que cette marche se continue pendant des millions d'ann&#233;es et s'applique pendant chacune &#224; des millions d'individus ; ne pouvons-nous pas admettre alors qu'il ait pu se former ainsi un instrument optique vivant, aussi sup&#233;rieur &#224; un appareil de verre que les &#339;uvres du Cr&#233;ateur sont sup&#233;rieures &#224; celles de l'homme ? (&#8230;)La s&#233;lection naturelle ne produit pas la perfection absolue ; autant que nous en pouvons juger, d'ailleurs, ce n'est pas &#224; l'&#233;tat de nature que nous rencontrons jamais ces hauts degr&#233;s. Selon M&#252;ller, la correction pour l'aberration de la lumi&#232;re n'est pas parfaite, m&#234;me dans le plus parfait de tous les organes, l'&#339;il humain. Helmholtz, dont personne ne peut contester le jugement, apr&#232;s avoir d&#233;crit dans les termes les plus enthousiastes la merveilleuse puissance de l'&#339;il humain, ajoute ces paroles remarquables : &#171; Ce que nous avons d&#233;couvert d'inexact et d'imparfait dans la machine optique et dans la production de l'image sur la r&#233;tine n'est rien comparativement aux bizarreries que nous avons rencontr&#233;es dans le domaine de la sensation. Il semblerait que la nature ait pris plaisir &#224; accumuler les contradictions pour enlever tout fondement &#224; la th&#233;orie d'une harmonie pr&#233;existante entre les mondes int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs. (&#8230;)L'organe le plus simple auquel on puisse donner le nom d'&#339;il, consiste en un nerf optique, entour&#233; de cellules de pigment, et recouvert d'une membrane transparente, mais sans lentille ni aucun autre corps r&#233;fringent. Nous pouvons, d'ailleurs, d'apr&#232;s M. Jourdain, descendre plus bas encore et nous trouvons alors des amas de cellules pigmentaires paraissant tenir lieu d'organe de la vue, mais ces cellules sont d&#233;pourvues de tout nerf et reposent simplement sur des tissus sarcodiques. Des organes aussi simples, incapables d'aucune vision distincte, ne peuvent servir qu'&#224; distinguer entre la lumi&#232;re et l'obscurit&#233;. Chez quelques ast&#233;ries, certaines petites d&#233;pressions dans la couche de pigment qui entoure le nerf sont, d'apr&#232;s l'auteur que nous venons de citer, remplies de mati&#232;res g&#233;latineuses transparentes, surmont&#233;es d'une surface convexe ressemblant &#224; la corn&#233;e des animaux sup&#233;rieurs. M. Jourdain suppose que cette surface, sans pouvoir d&#233;terminer la formation d'une image, sert &#224; concentrer les rayons lumineux et &#224; en rendre la perception plus facile. Cette simple concentration de la lumi&#232;re constitue le premier pas, mais de beaucoup le plus important, vers la constitution d'un &#339;il v&#233;ritable, susceptible de former des images ; il suffit alors, en effet, d'ajuster l'extr&#233;mit&#233; nue du nerf optique qui, chez quelques animaux inf&#233;rieurs, est profond&#233;ment enfouie dans le corps et qui, chez quelques autres, se trouve plus pr&#232;s de la surface, &#224; une distance d&#233;termin&#233;e de l'appareil de concentration, pour que l'image se forme sur cette extr&#233;mit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la grande classe des articul&#233;s, nous trouvons, comme point de d&#233;part, un nerf optique simplement recouvert d'un pigment ; ce dernier forme quelquefois une sorte de pupille, mais il n'y a ni lentille ni trace d'appareil optique. On sait actuellement que les nombreuses facettes qui, par leur r&#233;union, constituent la corn&#233;e des grands yeux compos&#233;s des insectes, sont de v&#233;ritables lentilles, et que les c&#244;nes int&#233;rieurs renferment des filaments nerveux tr&#232;s singuli&#232;rement modifi&#233;s. Ces organes, d'ailleurs, sont tellement diversifi&#233;s chez les articul&#233;s, que M&#252;ller avait &#233;tabli trois classes principales d'yeux compos&#233;s, comprenant sept subdivisions et une quatri&#232;me classe d'yeux simples agr&#233;g&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; tous ces faits, trop peu d&#233;taill&#233;s ici, relatifs &#224; l'immense vari&#233;t&#233; de conformation qu'on remarque dans les yeux des animaux inf&#233;rieurs ; si l'on se rappelle combien les formes actuellement vivantes sont peu nombreuses en comparaison de celles qui sont &#233;teintes, il n'est plus aussi difficile d'admettre que la s&#233;lection naturelle ait pu transformer un appareil simple, consistant en un nerf optique recouvert d'un pigment et surmont&#233; d'une membrane transparente, en un instrument optique aussi parfait que celui poss&#233;d&#233; par quelque membre que ce soit de la classe des articul&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quiconque admet ce point ne peut h&#233;siter &#224; faire un pas de plus, et s'il trouve, apr&#232;s avoir lu ce volume, que la th&#233;orie de la descendance, avec les modifications qu'apporte la s&#233;lection naturelle, explique un grand nombre de faits autrement inexplicables, il doit admettre que la s&#233;lection naturelle a pu produire une conformation aussi parfaite que l'&#339;il d'un aigle, bien que, dans ce cas, nous ne connaissions pas les divers &#233;tats de transition. On a object&#233; que, pour que l'&#339;il puisse se modifier tout en restant un instrument parfait, il faut qu'il soit le si&#232;ge de plusieurs changements simultan&#233;s, fait que l'on consid&#232;re comme irr&#233;alisable par la s&#233;lection naturelle. Mais, comme j'ai essay&#233; de le d&#233;montrer dans mon ouvrage sur les variations des animaux domestiques, il n'est pas n&#233;cessaire de supposer que les modifications sont simultan&#233;es, &#224; condition qu'elles soient tr&#232;s l&#233;g&#232;res et tr&#232;s graduelles. Diff&#233;rentes sortes de modifications peuvent aussi tendre &#224; un m&#234;me but g&#233;n&#233;ral ; ainsi, comme l'a fait remarquer M. Wallace, &#171; si une lentille a un foyer trop court ou trop long, cette diff&#233;rence peut se corriger, soit par une modification de la courbe, soit par une modification de la densit&#233; ; si la courbe est irr&#233;guli&#232;re et que les rayons ne convergent pas vers un m&#234;me point, toute am&#233;lioration dans la r&#233;gularit&#233; de la courbe constitue un progr&#232;s. Ainsi, ni la contraction de l'iris, ni les mouvements musculaires de l'&#339;il ne sont essentiels &#224; la vision : ce sont uniquement des progr&#232;s qui ont pu s'ajouter et se perfectionner &#224; toutes les &#233;poques de la construction de l'appareil. &#187; Dans la plus haute division du r&#232;gne animal, celle des vert&#233;br&#233;s, nous pouvons partir d'un &#339;il si simple, qu'il ne consiste, chez le branchiostome, qu'en un petit sac transparent, pourvu d'un nerf et plein de pigment, mais d&#233;pourvu de tout autre appareil. Chez les poissons et chez les reptiles, comme Owen l'a fait remarquer, &#171; la s&#233;rie des gradations des structures dioptriques est consid&#233;rable. &#187; Un fait significatif, c'est que, m&#234;me chez l'homme, selon Virchow, qui a une si grande autorit&#233;, la magnifique lentille cristalline se forme dans l'embryon par une accumulation de cellules &#233;pith&#233;liales log&#233;es dans un repli de la peau qui affecte la forme d'un sac ; le corps vitr&#233; est form&#233; par un tissu embryonnaire sous-cutan&#233;. Toutefois, pour en arriver &#224; une juste conception relativement &#224; la formation de l'&#339;il avec tous ses merveilleux caract&#232;res, qui ne sont pas cependant encore absolument parfaits, il faut que la raison l'emporte sur l'imagination ; or, j'ai trop bien senti moi-m&#234;me combien cela est difficile, pour &#234;tre &#233;tonn&#233; que d'autres h&#233;sitent &#224; &#233;tendre aussi loin le principe de la s&#233;lection naturelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
La comparaison entre l'&#339;il et le t&#233;lescope se pr&#233;sente naturellement &#224; l'esprit. Nous savons que ce dernier instrument a &#233;t&#233; perfectionn&#233; par les efforts continus et prolong&#233;s des plus hautes intelligences humaines, et nous en concluons naturellement que l'&#339;il a d&#251; se former par un proc&#233;d&#233; analogue. Mais cette conclusion n'est-elle pas pr&#233;somptueuse ? Avons-nous le droit de supposer que le Cr&#233;ateur met en jeu des forces intelligentes analogues &#224; celles de l'homme ? Si nous voulons comparer l'&#339;il &#224; un instrument optique, nous devons imaginer une couche &#233;paisse d'un tissu transparent, imbib&#233; de liquide, en contact avec un nerf sensible &#224; la lumi&#232;re ; nous devons supposer ensuite que les diff&#233;rentes parties de cette couche changent constamment et lentement de densit&#233;, de fa&#231;on &#224; se s&#233;parer en zones, ayant une &#233;paisseur et une densit&#233; diff&#233;rentes, in&#233;galement distantes entre elles et changeant graduellement de forme &#224; la surface. Nous devons supposer, en outre, qu'une force repr&#233;sent&#233;e par la s&#233;lection naturelle, ou la persistance du plus apte, est constamment &#224; l'aff&#251;t de toutes les l&#233;g&#232;res modifications affectant les couches transparentes, pour conserver toutes celles qui, dans diverses circonstances, dans tous les sens et &#224; tous les degr&#233;s, tendent &#224; permettre la formation d'une image plus distincte. Nous devons supposer que chaque nouvel &#233;tat de l'instrument se multiplie par millions, pour se conserver jusqu'&#224; ce qu'il s'en produise un meilleur qui remplace et annule les pr&#233;c&#233;dents. Dans les corps vivants, la variation cause les modifications l&#233;g&#232;res, la reproduction les multiplie presque &#224; l'infini, et la s&#233;lection naturelle s'empare de chaque am&#233;lioration avec une s&#251;ret&#233; infaillible. Admettons, enfin, que cette marche se continue pendant des millions d'ann&#233;es et s'applique pendant chacune &#224; des millions d'individus ; ne pouvons-nous pas admettre alors qu'il ait pu se former ainsi un instrument optique vivant, aussi sup&#233;rieur &#224; un appareil de verre que les &#339;uvres du Cr&#233;ateur sont sup&#233;rieures &#224; celles de l'homme ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Stephen Jay Gould, dans &#171; La structure de la th&#233;orie de l'&#233;volution &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On est pass&#233; de la pr&#233;f&#233;rence pour un adaptationnisme point par point (chaque organe &#233;tant expliqu&#233; comme le r&#233;sultat, relativement ind&#233;pendant de toute contrainte, d'un fa&#231;onnement distinct par la s&#233;lection naturelle en raison d'une utilit&#233; pr&#233;sente) &#224; la reconnaissance que des voies d&#233;veloppementales homologues (conserv&#233;es en tant qu'h&#233;ritage d'un lointain pass&#233;, dans un cadre original) fa&#231;onnent puissamment &#171; depuis l'int&#233;rieur &#187; les possibilit&#233;s actuelles. Ce changement g&#233;n&#233;ral dans la fa&#231;on de voir s'est &#233;tendu aux &#233;tudes phylog&#233;n&#233;tiques de tous niveaux, depuis l'examen de certaines similitudes entre les phyla les plus disparates jusqu'&#224; l'analyse de certaines variations morphologiques entre esp&#232;ces appartenant &#224; de petits rameaux monophyl&#233;tiques au sein de l'arbre phylog&#233;n&#233;tique du r&#232;gne animal. Aucun autre cas n'a fait l'objet de plus d'attention, engendr&#233; plus de surprises, repos&#233; sur de plus solides observations et modifi&#233; autant les certitudes ant&#233;rieures que la d&#233;couverte d'une importante voie d&#233;veloppementale, clairement homologue, sous-tendant un ph&#233;nom&#232;ne qui &#233;tait encore, il n'y pas si longtemps, dans les manuels un v&#233;n&#233;rable exemple type de convergence : il s'agit de l'apparition &#233;volutive ind&#233;pendante, chez plusieurs phyla, d'yeux &#224; cristallin, capables de former des images, les similitudes anatomiques stup&#233;fiantes des yeux dot&#233;s d'un cristallin unique chez les c&#233;phalopodes et chez les vert&#233;br&#233;s en &#233;tant l'illustration la plus frappante. Comme Tomarev et al. (1997) l'&#233;crivent : &#171; On avait consid&#233;r&#233; jusqu'ici que les yeux complexes des mollusques c&#233;phalopodes et ceux des vert&#233;br&#233;s repr&#233;sentaient l'exemple classique d'une &#233;volution convergente. &#187; Il reste l&#233;gitime de parler de convergence anatomique pour le domaine limit&#233; des r&#233;sultats finals ; mais, en ce qui concerne la voie d&#233;veloppementale par laquelle ces structures sont &#233;difi&#233;es, c'est maintenant le ph&#233;nom&#232;ne de signification th&#233;orique oppos&#233;e qui tient le haut du pav&#233;&#8230; Salvini-Plawen et Mayr (1977) ont soutenu que des photor&#233;cepteurs d'une forme ou d'une autre sont apparus au cours de l'&#233;volution environ 40 &#224; 60 fois ind&#233;pendamment dans le r&#232;gne animal, six phyla ayant &#233;labor&#233; des yeux complexes capables de former des images. Les six phyla en question sont&#8230; les cnidaires, les ann&#233;lides, les onychophores, les arthropodes, les mollusques et les vert&#233;br&#233;s. Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, en utilisant des sondes de Drosphila, les chercheurs clon&#232;rent une famille de g&#232;nes mamaliens appel&#233;s &#171; Pax &#187;, dont notamment le g&#232;ne Pax-6. Celui-ci est partculi&#232;rement remarquable, comprenant &#224; la fois une bo&#238;te &#171; paired &#187; et une hom&#233;obo&#238;te (Walter et Gruss, 1991). Peu de temps par&#232;s, on a rapport&#233; &#224; des alt&#233;rations de Pax-6 plusieurs mutations d&#233;j&#224; connues, affectant la forme ou la fonction des yeux. Par exemple, les souris h&#233;t&#233;rozygotes pour le g&#232;ne mut&#233; small eye (Sey) pr&#233;sentent des yeux de dimension r&#233;duite, tandis que les homozygotes, qui ne sont pas viables, ne d&#233;veloppent pas d'yeux du tout. Les recherches ont ensuite montr&#233; que Pax-6 s'exprime dans la moelle &#233;pini&#232;re, ainsi que dans plusieurs r&#233;gions du cerveau, et plus particuli&#232;rement lors de la morphog&#233;n&#232;se des yeux chez les vert&#233;br&#233;s&#8230; (Gehring, 1996)&#8230; Peu de chercheurs avaient imagin&#233; que la version pr&#233;sente chez Drosophila fonctionnerait aussi de la m&#234;me mani&#232;re fondamentale&#8230; La fonction similaire chez des phyla diff&#233;rents des g&#232;nes hom&#233;otiques de l'&#339;il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e de fa&#231;on spectaculaire en faisant s'exprimer le g&#232;ne de souris chez Drosophila (Halder et al., 1995) : la version mammalienne s'est montr&#233;e capable d'induire l'&#233;dification d'yeux surnum&#233;raires. Voil&#224; qui confirmait la qualification de &#171; g&#232;ne r&#233;gulateur ma&#238;tre &#187; du d&#233;veloppement des yeux donn&#233;e par Gehring &#224; Pax-6&#8230; Mais la d&#233;couverte de cette conservation &#233;volutive de la voie d&#233;veloppementale sous-tendant l'&#233;dification des yeux d'insectes et de vert&#233;br&#233;s, si surprenante qu'elle soit, &#233;tant donn&#233; les suppositions ant&#233;rieures sur l'impossibilit&#233; de telles homologies entre g&#232;nes chez des phyla &#233;loign&#233;s, ne permettait pas encore d'examiner directement le probl&#232;me th&#233;orique de la convergence dans l'&#233;volution. Tout compte fait, l'&#339;il &#224; cristallin unique des vert&#233;br&#233;s n'a que peu de similitude anatomique avec l'&#339;il de mouche &#224; multiples facettes, et personne n'a jamais proclam&#233; &#224; leur sujet qu'ils t&#233;moignaient d'un ph&#233;nom&#232;ne de convergence. Mais le fait qu'une voie d&#233;veloppementale homologue sous-tende l'&#233;dification d'yeux morphologiquement disparates chez deux phyla tr&#232;s diff&#233;rents soulevait une question &#233;vidente : pouvait-on consid&#233;rer Pax-6 comme un &#171; g&#232;ne r&#233;gulateur ma&#238;tre &#187; (pour reprendre de nouveau l'expression de Gehring) contr&#244;lant le d&#233;veloppement de tous les yeux complexes, y compris ceux &#224; cristallin unique des vert&#233;br&#233;s et des c&#233;phalopodes, dont les remarquables similitudes de fonction et de structure en font le &#171; paradigme de l'&#233;volution convergente &#187; (Gehring, 1996) ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tomarev et al. (1997) ont r&#233;alis&#233; une observation tr&#232;s attendue : ils ont trouv&#233; un homologue du g&#232;ne Pax-6 des vert&#233;br&#233;s et des arthropodes chez le calmar Loligo opalescens. Chez ce c&#233;phalopode, ce g&#232;ne s'exprime dans les yeux embryonnaires, dans les organes olfactifs, le cerveau et les tentacules&#8230; Ces chercheurs ont aussi obtenu un r&#233;sultat particuli&#232;rement satisfaisant : l'expression ectopique du g&#232;ne Pax-6 du calmar induit &#233;galement la formation d'yeux surnum&#233;raires chez Drosophila&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gehring (1996, 1998) fonde l'expression qu'il a propos&#233;e, &#171; g&#232;ne r&#233;gulateur ma&#238;tre &#187;, sur trois caract&#233;ristiques de Pax-6 : c'est le r&#233;gulateur amont de toute une importante s&#233;rie de g&#232;nes d&#233;terminant plus sp&#233;cifiquement l'&#233;dification des yeux ; il est interchangeable entre les phyla, tout en restant toujours le d&#233;clencheur d'une s&#233;rie aval d'actions conduisant &#224; l'&#233;dification des yeux &#171; propres &#187; &#224; chaque animal donn&#233; ; et il est capable d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale de susciter l'&#233;dification d'yeux surnum&#233;raires en des localisations inhabituelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;couvertes concernant Pax-6 ont maintenant montr&#233; l'existence d'une importante base homologique entre les voies de d&#233;veloppement sous-tendant l'&#233;dification des yeux complexes des c&#233;phalopodes et des vert&#233;br&#233;s. Ainsi, un canal, constitu&#233; par une contrainte interne h&#233;rit&#233;e, a &#233;norm&#233;ment facilit&#233; la r&#233;alisation d'une solution quasi identique chez les deux phyla, et les &#233;volutionnistes ne peuvent plus continuer &#224; soutenir que des yeux aussi similaires sont apparus &#233;volutivement selon deux voies enti&#232;rement distinctes, sous la seule action de la s&#233;lection naturelle, et sans l'aide d'aucun canal commun repr&#233;sent&#233; par un m&#234;me processus d'&#233;dification au cours du d&#233;veloppement. Mais, tout comme les partisans de la pure convergence se trompaient en affirmant que le m&#233;canisme qu'ils invoquaient &#233;tait intervenu en exclusivit&#233;, la d&#233;couverte des homologies de Pax-6 ne permet pas de passer compl&#232;tement &#224; une explication invoquant exclusivement la contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est fr&#233;quemment le cas, &#233;tant donn&#233; l'organisation hi&#233;rarchique du monde organique, une certaine explication (par exemple, la convergence) est valable &#224; un niveau, et une explication alternative (par exemple, la contrainte) &#224; un autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jay Gould, dans son essai &#171; The Problem of Perfection &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La s&#233;lection naturelle joue un r&#244;le constructif dans le syst&#232;me de Darwin. Il &#233;chafaude progressivement l'adaptation, au moyen d'une s&#233;quence de stades interm&#233;diaires, et r&#233;unit, de mani&#232;re s&#233;quentielle, les &#233;l&#233;ments qui semblent souvent avoir de sens seulement en tant qu'&#233;l&#233;ments d'un produit final. Mais comment une s&#233;rie de formes interm&#233;diaires raisonnables peut-elle &#234;tre construite ? Quel peut &#234;tre la valeur, pour l'organisme qui en est le possesseur, de la premi&#232;re &#233;tape minuscule vers un &#339;il ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le principe g&#233;n&#233;ral avanc&#233; par les &#233;volutionnistes modernes pour r&#233;soudre ce dilemme fait appel &#224; un concept portant le nom malheureux de &#8220; pr&#233;adaptation &#8221;. (Je dis bien malheureux, car le terme implique que les esp&#232;ces s'adaptent &#224; l'avance, &#224; des &#233;v&#233;nements imminents dans leur &#233;volution historique, tandis que c'est plut&#244;t le sens contraire exactement qui est recherch&#233;.) (...) Nous &#233;vitons la question excellente : &#224; quoi sert cinq pour cent d'un &#339;il en faisant valoir que le possesseur d'une telle structure naissante ne l'ait pas utilis&#233; pour la vue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Richard Feynman, Cours de Physique &#8211; M&#233;canique tome 2 &#8211; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le ph&#233;nom&#232;ne des couleurs d&#233;pend partiellement du monde physique. Par exemple, les couleurs dans les pellicules de savon sont produites par des interf&#233;rences. Mais cela d&#233;pend aussi, bien s&#251;r, de l'&#339;il et de ce qui se passe derri&#232;re l'&#339;il dans le cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique permet de caract&#233;riser la lumi&#232;re qui p&#233;n&#232;tre dans l'&#339;il, mais apr&#232;s cela nos sensations sont les r&#233;sultats de processus neuro-photochimiques et de r&#233;ponses psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve de nombreux ph&#233;nom&#232;nes int&#233;ressants associ&#233;s avec la vision qui comportent un m&#233;lange de ph&#233;nom&#232;nes physiques et de processus physiologiques, et la pleine compr&#233;hension des ph&#233;nom&#232;nes naturels, comme nous les &#171; voyons &#187;, doit d&#233;passer la physique au sens habituel. Nous ne nous excusons pas de faire ces excursions dans d'autres domaines, parce que la s&#233;paration des domaines ne rel&#232;ve que de la commodit&#233; humaine, et n'est pas une chose naturelle. La nature n'est pas int&#233;ress&#233;e par nos s&#233;parations et nombreux sont les ph&#233;nom&#232;nes int&#233;ressants qui sont &#224; cheval sur divers domaines&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tudions ici un domaine dans lequel la physique et d'autres sciences sont tr&#232;s &#233;troitement li&#233;es. Ce domaine, c'est la &#171; vision &#187;. En particulier nous allons examiner la &#171; vision en couleur &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence avec l'&#339;il ; aussi, afin de comprendre quels ph&#233;nom&#232;nes nous voyons, nous devons un peu savoir ce qu'est l'&#339;il. Au chapitre suivant nous envisagerons dans les d&#233;tails comment les diverses parties de l'&#339;il fonctionnent et comment elles sont reli&#233;es avec le syst&#232;me nerveux. Pour le pr&#233;sent, nous ne d&#233;crirons que bri&#232;vement comment l'&#339;il fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re p&#233;n&#232;tre dans l'&#339;il au travers de la &#171; corn&#233;e &#187; ; elle est d&#233;vi&#233;e et vient former une image sur une couche appel&#233;e la &#171; r&#233;tine &#187; &#224; l'arri&#232;re de l'&#339;il, de telle sorte que les diff&#233;rentes parties de la r&#233;tine re&#231;oivent la lumi&#232;re des diff&#233;rentes parties du champ visuel externe. La r&#233;tine n'est pas absolument uniforme : il y a un endroit, une tache au centre de notre champ de vision que nous utilisons lorsque nous essayons de voir les choses avec beaucoup de soin et pour lequel nous avons la plus grande acuit&#233; de vision. Cet endroit est appel&#233; la &#171; tache jaune &#187; ou &#171; macula &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous pouvons imm&#233;diatement nous en rendre compte &#224; partir de l'exp&#233;rience en observant des objets, les parties lat&#233;rales de l'&#339;il ne permettent pas une vision aussi d&#233;taill&#233;e que le centre. Il existe &#233;galement un endroit sur la r&#233;tine d'o&#249; partent les nerfs transportant toute l'information ; c'est un point aveugle. Il n'y a pas de r&#233;gion sensible de la r&#233;tine &#224; cet endroit, et il est possible de d&#233;montrer que si nous fermons par exemple l'&#339;il gauche, que nous regardions directement quelque chose, nous fermons par exemple l'&#339;il gauche, que nous regardions directement quelque chose, et qu'ensuite nous d&#233;pla&#231;ions un doigt ou un autre petit objet lentement hors du champ de vision, il disparaisse soudainement quelque part&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En diff&#233;rents endroits de la r&#233;tine, il y a diff&#233;rents types de structures. Les objets qui apparaissent avec plus de densit&#233; pr&#232;s de la p&#233;riph&#233;rie de la r&#233;tine sont appel&#233;s des &#171; b&#226;tonnets &#187;. Plus pr&#232;s de la tache jaune, nous trouvons &#224; c&#244;t&#233; de ces cellules &#224; b&#226;tonnet, des cellules en &#171; c&#244;nes &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous nous rapprochons de la tache jaune, le nombre de c&#244;nes augmente et dans la tache jaune elle-m&#234;me il n'y a rien d'autre en fait que des cellules en c&#244;ne, &#233;troitement serr&#233;es, si &#233;troitement que les cellules en c&#244;ne sont beaucoup plus fines et beaucoup plus &#233;troites &#224; cet endroit que n'importe o&#249; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons donc comprendre que nous voyons au milieu du champ de vision gr&#226;ce aux c&#244;nes, mais que pour les bords nous utilisons les autres cellules, les b&#226;tonnets. Il est maintenant int&#233;ressant de remarquer que dans la r&#233;tine chaque cellule qui est sensible &#224; la lumi&#232;re n'est pas directement reli&#233;e par une fibre au nerf optique, mais est reli&#233;e &#224; beaucoup d'autres cellules qui elles-m&#234;mes sont reli&#233;es les unes aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve diff&#233;rents types de cellules : il y a les cellules qui transportent l'information vers le nerf optique, mais il y a les autres qui sont essentiellement reli&#233;es &#171; horizontalement &#187;. On trouve essentiellement quatre types de cellules, mais nous n'entrerons pas dans ces d&#233;tails maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose importante sur laquelle nous insistons est que le signal de la lumi&#232;re a d&#233;j&#224; subi un premier &#171; traitement r&#233;fl&#233;chi &#187;. C'est-&#224;-dire que l'information venant des diverses cellules ne va pas imm&#233;diatement vers le cerveau, endroit par endroit, mais que dans la r&#233;tine cette quantit&#233; d'information a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dig&#233;r&#233;e par une combinaison de l'information venant de plusieurs r&#233;cepteurs visuels. Il est important de comprendre que certains ph&#233;nom&#232;nes du type de ceux qui se passent dans le cerveau apparaissent dans l'&#339;il lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des ph&#233;nom&#232;nes les plus frappants de la vision est celui de l'adaptation de l'&#339;il &#224; l'obscurit&#233;. Si nous p&#233;n&#233;trons dans l'obscurit&#233; sortant d'une chambre brillamment &#233;clair&#233;e, il ne nous est pas possible de tr&#232;s bien voir pendant un certain temps et puis, petit &#224; petit, les choses deviennent de plus en plus apparentes et &#233;ventuellement nous pouvons discerner quelque chose l&#224; o&#249; pr&#233;c&#233;demment nous ne voyions rien. Si l'intensit&#233; de la lumi&#232;re est tr&#232;s basse, les objets que nous voyons n'ont &#171; pas de couleurs &#187;. Il est reconnu que cette vision adapt&#233;e &#224; l'obscurit&#233; est presque enti&#232;rement due aux b&#226;tonnets, tandis que la vision &#224; la lumi&#232;re brillante est due aux c&#244;nes. Comme r&#233;sultat, un certain nombre de ph&#233;nom&#232;nes peuvent ais&#233;ment se comprendre &#224; cause du transfert de fonctions des c&#244;nes et des b&#226;tonnets ensemble aux seuls b&#226;tonnets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve de nombreux cas pour lesquels si l'intensit&#233; de la lumi&#232;re avait &#233;t&#233; plus forte, nous aurions pu voir la couleur et nous trouverions ces choses magnifiques. Par exemple, au travers d'un t&#233;lescope nous voyons presque toujours en &#171; noir et blanc &#187; des images de n&#233;buleuses faibles, mais W. C. Miller des Observatoires du Mont Wilson et de Palomar a eu la patience de faire des photographies &#171; en couleur &#187; de certains de ces objets. Personne n'a en r&#233;alit&#233; vu ces couleurs avec son &#339;il, mais ce ne sont pas des couleurs artificielles, cela est d&#251; simplement au fait que l'intensit&#233; de la lumi&#232;re n'est pas suffisamment grande pour que les c&#244;nes de notre &#339;il puissent les voir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lumi&#232;re brillante, les b&#226;tonnets ont en apparence une tr&#232;s faible sensibilit&#233; mais, dans l'obscurit&#233;, lorsque le temps passe, ils r&#233;cup&#232;rent alors leur capacit&#233; de voir la lumi&#232;re. Les variations de l'intensit&#233; de la lumi&#232;re pour lesquelles on peut s'adapter d&#233;passent le rapport de un million &#224; un. La nature ne r&#233;alise pas tout cela avec un seul type de cellule, mais elle fait effectuer son travail tant&#244;t par des cellules capables de voir la lumi&#232;re brillante &#8211; les cellules voyant en couleur, les c&#244;nes &#8211; tant&#244;t par des cellules de basse intensit&#233; adapt&#233;es &#224; l'obscurit&#233;, les b&#226;tonnets. Parmi les cons&#233;quences int&#233;ressantes de ce transfert, on trouve en premier lieu que, &#224; cette occasion, les couleurs disparaissent et deuxi&#232;mement qu'il y a une diff&#233;rence dans la luminosit&#233; relative des objets color&#233;s diff&#233;remment. Il se trouve que les b&#226;tonnets voient mieux dans le bleu que ne le font les c&#244;nes et que les c&#244;nes peuvent voir par exemple une lumi&#232;re d'un rouge profond tandis que les b&#226;tonnets se trouvent dans l'incapacit&#233; totale de la voir. Ainsi la lumi&#232;re rouge est noire en qui concerne les b&#226;tonnets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre effet provenant du fait que les b&#226;tonnets deviennent pr&#233;&#233;minents dans le noir et du fait de l'absence de b&#226;tonnets dans la tache jaune, est que lorsque nous observons directement quelque chose dans l'obscurit&#233;, notre vision n'est pas aussi pr&#233;cise que lorsque nous le regardons de c&#244;t&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre effet int&#233;ressant d&#251; au fait que le nombre de c&#244;nes diminue lorsque nous nous &#233;loignons sur le c&#244;t&#233; du champ de vision est que, m&#234;me en lumi&#232;re brillante, la couleur dispara&#238;t lorsque l'objet s'&#233;loigne de c&#244;t&#233;. La mani&#232;re de le v&#233;rifier consiste &#224; regarder dans une certaine direction fixe, &#224; demander &#224; un ami de se rapprocher lat&#233;ralement en tenant des cartes color&#233;es et d'essayer de pr&#233;ciser de quelles couleurs elles sont avant qu'elles ne soient directement en face de vous. On trouve qu'on peut d&#233;terminer que les cartes sont bien l&#224; bien avant que l'on puisse en d&#233;terminer la couleur. Quand on fait cela, il vaut mieux venir du c&#244;t&#233; oppos&#233; au point aveugle, sinon c'est assez troublant de percevoir la couleur, puis de ne rien voir, puis de la revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre ph&#233;nom&#232;ne int&#233;ressant est que la p&#233;riph&#233;rie de la r&#233;tine est tr&#232;s sensible au mouvement. Bien que nous ne puissions voir tr&#232;s correctement depuis le coin de notre &#339;il, si un quelconque insecte se d&#233;place et que nous ne nous attendions pas &#224; ce que quelque chose d'autre se d&#233;place &#224; cet endroit, nous y sommes imm&#233;diatement sensibles. Nous sommes tous &#171; fabriqu&#233;s &#187; de telle sorte que nous puissions voir quelque chose s'agiter sur le c&#244;t&#233; de notre champ de vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous int&#233;ressons maintenant &#224; la vision des c&#244;nes, &#224; la vision la plus brillante et nous en venons &#224; la question qui est la plus caract&#233;ristique de la vision par les c&#244;nes, c'est-&#224;-dire la couleur. Comme nous le savons, la lumi&#232;re blanche peut &#234;tre d&#233;compos&#233;e par un prisme en tout un spectre de longueurs d'onde qui nous apparaissent comme ayant des couleurs diff&#233;rentes ; c'est exactement ce que sont les couleurs, bien entendu : des apparences. N'importe quelle source de lumi&#232;re peut &#234;tre analys&#233;e par un r&#233;seau ou un prisme et on peut d&#233;terminer la distribution spectrale, c'est-&#224;-dire la &#171; quantit&#233; &#187; de chaque longueur d'onde. Une certaine lumi&#232;re peut avoir beaucoup de bleu, un rouge en quantit&#233;, tr&#232;s peu de jaune, etc. Tout cela est extr&#234;mement pr&#233;cis du point de vue de la physique, mais la question est de savoir de quelle &#171; couleur &#187; cela appara&#238;tra-t-il ? Il est &#233;vident que les diff&#233;rentes couleurs d&#233;pendent d'une mani&#232;re ou d'une autre de la distribution spectrale de la lumi&#232;re, mais le probl&#232;me est de trouver quelles caract&#233;ristiques de la distribution spectrale produisent les diverses sensations. Par exemple, que devons-nous faire pour obtenir une couleur verte ? Nous savons tous que nous pouvons prendre simplement une partie du spectre qui est verte. Mais est-ce le &#171; seul &#187; moyen d'obtenir du vert ou de l'orange, ou n'importe quelle autre couleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il plus d'une distribution spectrale qui produise le m&#234;me effet visuel apparent ? La r&#233;ponse est certainement &#171; oui &#187;. Il y a un nombre tr&#232;s limit&#233; d'effets visuels, en fait une multiplicit&#233; &#224; trois dimensions comme nous allons le voir tr&#232;s bient&#244;t, mais on peut tracer un nombre infini de courbes diff&#233;rentes pour repr&#233;senter la lumi&#232;re provenant de diff&#233;rentes sources. La question maintenant que nous devons discuter est : sous quelles conditions des contributions diff&#233;rentes de la lumi&#232;re apparaissent &#224; l'&#339;il comme &#233;tant exactement de la m&#234;me couleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technique psychologique la plus puissante dans le jugement des couleurs consiste &#224; utiliser l'&#339;il comme un &#171; instrument de z&#233;ro &#187;. C'est-&#224;-dire : nous n'essayons pas de d&#233;finir ce qui constitue une sensation verte, parce qu'il se trouve que ceci est extr&#234;mement compliqu&#233;. Au lieu de cela, nous &#233;tudions les conditions dans lesquelles deux stimulis &#171; ne peuvent &#234;tre distingu&#233;s &#187;. Alors il n'est pas n&#233;cessaire de d&#233;cider si deux personnes ont la m&#234;me sensation dans des circonstances diff&#233;rentes, mais seulement si lorsque pour une personne deux sensations sont les m&#234;mes, elles le restent pour une autre. Nous n'avons pas &#224; dire si, lorsque quelqu'un voit du vert, ce qu'il ressent est la m&#234;me chose que ce que ressent quelqu'un d'autre lorsqu'il voit quelque chose de vert ; de cela nous ne savons rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer ces possibilit&#233;s, nous pouvons utiliser une s&#233;rie de quatre lampes projecteurs, mont&#233;es avec des filtres et dont les luminosit&#233;s sont ajustables contin&#251;ment dans un grand domaine : l'une dispose d'un filtre rouge et envoie une tache rouge sur l'&#233;cran, la suivante dispose d'un filtre vert et forme une tache verte, la troisi&#232;me a un filtre bleu et la quatri&#232;me est un cercle blanc avec une tache noire en son centre. Si maintenant nous mettons un petit peu de lumi&#232;re rouge et qu'&#224; c&#244;t&#233; d'elle nous mettions un petit peu de vert, nous voyons que sur la surface de recouvrement cela produit une sensation qui n'est pas ce que nous appelons un vert rouge&#226;tre, mais une nouvelle couleur, le jaune dans ce cas particulier. En modifiant les proportions de rouge et de vert, nous pouvons passer par diverses teintes d'orange, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons certainement pas obtenir toutes les diff&#233;rentes couleurs en ne m&#233;langeant que le rouge et le vert, parce que, par exemple, le bleu n'appara&#238;t jamais dans un tel m&#233;lange. Cependant, en ajoutant un peu de bleu dans la r&#233;gion centrale o&#249; les trois taches se chevauchent, on peut obtenir quelque chose qui appara&#238;t comme un tr&#232;s joli blanc&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une des grandes lois de la couleur : si deux distributions spectrales ne peuvent &#234;tre distingu&#233;es et que nous ajoutions &#224; chacune d'elles une certaine lumi&#232;re, les nouveaux m&#233;langes ne peuvent &#233;galement pas &#234;tre distingu&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second principe de m&#233;lange des couleurs de lumi&#232;res est celui-ci : n'importe quelle couleur peut &#234;tre form&#233;e &#224; partir de trois couleurs diff&#233;rentes, par exemple rouge, verte et bleue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre question est de savoir pourquoi les couleurs se comportent-elles ainsi ? La th&#233;orie la plus simple propos&#233;e par Young et Helmoltz, suppose que dans l'&#339;il se trouvent diff&#233;rents pigments qui re&#231;oivent la lumi&#232;re et qu'ils ont diff&#233;rents spectres d'absorption, de telle sorte qu'un pigment absorbe fortement par exemple dans le rouge, un autre absorbe fortement dans le bleu et un autre absorbe dans le vert&#8230; Les pigments qui peuvent &#234;tre extraits d'une r&#233;tine sont form&#233;s essentiellement d'un pigment appel&#233; &#171; pourpre visuel &#187;. Les caract&#233;ristiques les plus remarquables de celui-ci sont, premi&#232;rement, qu'il se trouve dans l'&#339;il de pratiquement tous les vert&#233;br&#233;s, et, deuxi&#232;mement, que sa courbe de r&#233;ponse s'adapte magnifiquement &#224; la sensibilit&#233; de l'&#339;il&#8230; Ce pigment est manifestement le pigment avec lequel nous voyons dans l'obscurit&#233; : le pourpre visuel est le pigment des b&#226;tonnets, et il n'a rien &#224; voir avec la vision en couleur&#8230; C'est Rushton qui a d&#233;tect&#233; les pigments de couleur de l'&#339;il&#8230; Il utilise un ophtalmoscope, envoyant de la lumi&#232;re dans l'&#339;il au travers du cristallin, puis focalisant la lumi&#232;re qui revient, et mesurant la quantit&#233; de lumi&#232;re qui est r&#233;fl&#233;chie&#8230; Les c&#244;nes sont con&#231;us de mani&#232;re que la lumi&#232;re qui entre dans le c&#244;ne rebondit dans tous les sens et se fraye un chemin jusqu'aux petits points sensibles, aux sommets. La lumi&#232;re descend directement vers le point sensible, rebondit au fond et ressort en ayant travers&#233; une quantit&#233; consid&#233;rable de pigment de la vision en couleur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res th&#233;ories de la vision disaient qu'il y a trois pigments et trois types de c&#244;nes, chacun contenant un pigment ; qu'un nerf part de chaque c&#244;ne vers le cerveau de telle sorte que les trois parcelles d'information sont transport&#233;es au cerveau ; et puis que tout se passe dans le cerveau. Ceci, bien s&#251;r, est une id&#233;e incompl&#232;te : il ne sert &#224; rien de d&#233;couvrir que l'information est transport&#233;e le long du nerf optique au cerveau, parce que nous n'avons m&#234;me pas commenc&#233; de r&#233;soudre le probl&#232;me. Nous devons nous poser des questions plus fondamentales. L'endroit o&#249; les informations sont rassembl&#233;es a-t-il une importance ? Est-il important qu'elles soient transport&#233;es directement dans le cerveau par le nerf optique ou bien la r&#233;tine peut-elle faire d'abord un peu de mise en ordre ? Nous avons vu une repr&#233;sentation de la r&#233;tine o&#249; il apparaissait que c'&#233;tait une chose extr&#234;mement compliqu&#233;e avec beaucoup de connexions internes et o&#249; pouvaient d&#233;j&#224; d&#233;buter quelques analyses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les gens qui &#233;tudient l'anatomie et le d&#233;veloppement de l'&#339;il ont montr&#233; que la r&#233;tine est, en r&#233;alit&#233;, dans le cerveau : dans le d&#233;veloppement de l'embryon, un morceau de cerveau sort vers l'avant et de longues fibres poussent vers l'arri&#232;re reliant les yeux au cerveau. La r&#233;tine est organis&#233;e exactement de la m&#234;me mani&#232;re que le cerveau et, comme quelqu'un l'a dit d'une mani&#232;re tr&#232;s jolie, &#171; Le cerveau a d&#233;velopp&#233; un moyen qui lui permet de regarder le monde &#187;. L'&#339;il est une partie du cerveau qui rencontre pour ainsi dire la lumi&#232;re. Ainsi, il n'est pas du tout improbable qu'une partie de l'analyse de la couleur ait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; analys&#233;e dans la r&#233;tine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous donne une possibilit&#233; extr&#234;mement int&#233;ressante. Aucun des autres sens comporte une aussi grande quantit&#233; de calculs, pour ainsi dire, avant que le signal p&#233;n&#232;tre dans un nerf sur lequel on puisse faire des mesures. Les calculs pour tous les autres sens se passent d'habitude dans le cerveau, et il est tr&#232;s difficile de se rendre en des endroits particuliers du cerveau pour y faire des mesures parce qu'il y a trop d'interconnexions. Ici, avec la sensation visuelle, nous avons la lumi&#232;re, trois couches de cellules op&#233;rant les calculs, et les r&#233;sultats de ces calculs sont transmis par le nerf optique. Ainsi nous avons la premi&#232;re occasion d'observer physiologiquement comment, peut-&#234;tre, les premi&#232;res couches du cerveau fonctionnent dans leurs premi&#232;res &#233;tapes. Cela pr&#233;sente donc un double int&#233;r&#234;t, n'int&#233;ressant pas seulement la vision, mais int&#233;ressant l'ensemble de la physiologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'il y ait trois pigments ne signifie pas qu'il doive y avoir trois types de sensations. Une des autres th&#233;ories de la vision en couleur dit qu'il y a en r&#233;alit&#233; des syst&#232;mes de couleurs oppos&#233;es. c'est-&#224;-dire qu'une des fibres nerveuses transporte beaucoup d'impulsions si on voit du jaune, et moins que d'habitude pour le bleu. Une autre fibre nerveuse transporte des informations vert et rouge de la m&#234;me mani&#232;re, et une autre le blanc et le noir. En d'autres termes, dans cette th&#233;orie quelqu'un a d&#233;j&#224; commenc&#233; de faire une hypoth&#232;se sur le syst&#232;me de connexions et sur la m&#233;thode de calcul&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;tine est, en fait, semblable &#224; la surface du cerveau&#8230; Toute partie de la r&#233;tine est reli&#233;e &#224; d'autres parties et l'information qui en sort port&#233;e sur les longs axones qui forment le nerf optique est des combinaisons de l'information venue de nombreuses cellules. Il y a trois couches de cellules avec une succession de fonctions : il y a les cellules de la r&#233;tine, qui sont celles que la lumi&#232;re impressionne, une cellule interm&#233;diaire qui prend l'information venant d'une seule ou de quelques cellules de la r&#233;tine et qui la transf&#232;re &#224; nouveau &#224; diverses cellules d'une troisi&#232;me couche et qui la transporte au cerveau. Il y a toutes sortes de liaisons crois&#233;es entre les cellules d'une m&#234;me couche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La focalisation de la lumi&#232;re est accomplie essentiellement par la corn&#233;e, par le fait qu'elle a une surface courbe qui &#171; d&#233;vie &#187; la lumi&#232;re. C'est pourquoi nous ne pouvons voir clairement sous l'eau, parce qu'alors la diff&#233;rence entre l'indice de la corn&#233;e, qui est 1,37, et celui de l'eau qui est 1,33 est insuffisante. Derri&#232;re la corn&#233;e, il y a de l'eau, avec pratiquement un indice de 1,33 et derri&#232;re encore se trouve une lentille de structure extr&#234;mement int&#233;ressante : c'est une s&#233;rie de couches empil&#233;es comme dans un oignon, &#224; ceci pr&#232;s qu'elle est enti&#232;rement transparente et qu'elle a un indice 1,40 au centre et 1,38 &#224; l'ext&#233;rieur&#8230; De plus, la forme de la corn&#233;e n'est pas celle d'une sph&#232;re. Une lentille sph&#233;rique est toujours afflig&#233;e d'aberration sph&#233;rique. La corn&#233;e est plus &#171; plate &#187; &#224; l'ext&#233;rieur que ne l'est une sph&#232;re, de telle sorte que les aberrations sph&#233;riques sont plus faibles pour la corn&#233;e qu'elles ne le seraient pour une lentille sph&#233;rique plac&#233;e en cet endroit. La lumi&#232;re est focalis&#233;e sur la r&#233;tine par le syst&#232;me lentille-corn&#233;e. Lorsque nous regardons des objets qui sont plus ou moins &#233;loign&#233;s, la lentille se resserre ou se d&#233;tend et modifie le foyer pour s'adapter aux distances diff&#233;rentes. Pour ajuster la quantit&#233; totale de lumi&#232;re, il y a l'iris qui est ce que nous appelons la couleur de l'&#339;il, un &#339;il brun ou bleu, selon la personne, lorsque la quantit&#233; de lumi&#232;re augmente et diminue, l'iris se referme et s'&#233;carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons maintenant le m&#233;canisme nerveux pour contr&#244;ler l'accommodation de la lentille, le mouvement de l'&#339;il, les muscles qui tournent l'&#339;il dans sa cavit&#233; et l'iris. De toutes les informations qui sortent du nerf optique, la grande majorit&#233; divis&#233;e en deux paquets est ensuite envoy&#233;e au cerveau. Mais il y a quelques fibres, qui vont nous int&#233;resser maintenant, qui ne vont pas directement au cortex visuel du cerveau o&#249; nous &#171; voyons &#187; les images, mais qui vont dans le cerveau interm&#233;diaire. Ce sont les fibres qui mesurent la lumi&#232;re moyenne et r&#233;alisent l'ajustement de l'iris ; ou si l'image para&#238;t floue, elles essayent de corriger la lentille, ou s'il y a une double image elles essayent d'ajuster l'&#339;il &#224; la vision binoculaire. En tous les cas, elles vont vers le cerveau interm&#233;diaire et reviennent dans l'&#339;il. Il y a des muscles qui commandent l'accommodation de la lentille et un autre qui p&#233;n&#232;tre dans l'iris. L'iris dispose de deux syst&#232;mes musculaires. L'un est un muscle circulaire qui, lorsqu'il est excit&#233;, se contracte et ferme l'iris ; il agit tr&#232;s rapidement et les nerfs sont directement reli&#233;s au cerveau par le biais d'axones courts allant jusque dans l'iris. Les muscles oppos&#233;s sont des muscles radials, de telle sorte que lorsque l'ext&#233;rieur devient sombre et que le muscle circulaire se d&#233;tend, ces muscles radials tirent dans l'autre sens. Nous avons ici, comme dans de nombreux endroits dans le corps, un ensemble de muscles qui fonctionnent dans des directions oppos&#233;es et dans chacun de ces cas, le syst&#232;me nerveux qui contr&#244;le les deux est d&#233;licatement ajust&#233;, de telle sorte que lorsque des signaux sont envoy&#233;s afin de raidir le premier, des signaux sont automatiquement envoy&#233;s pour d&#233;tendre l'autre. L'iris est une exception particuli&#232;re : les nerfs qui font se contracter l'iris sortent d'un endroit que personne ne conna&#238;t exactement, descendent dans la moelle dans le dos, atteignent les sections thoraciques, sortent de la moelle, passent par les ganglions du cou et retournent vers la t&#234;te afin de faire fonctionner l'autre extr&#233;mit&#233; de l'iris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le signal passe au travers d'un syst&#232;me nerveux compl&#232;tement diff&#233;rent, qui n'est pas du tout le syst&#232;me nerveux central, mais le syst&#232;me nerveux sympathique, c'est donc une mani&#232;re &#233;trange de faire fonctionner le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; insist&#233; sur une autre chose &#233;trange &#224; propos de l'&#339;il, qui est que les cellules sensibles &#224; la lumi&#232;re sont du mauvais c&#244;t&#233;, de sorte que la lumi&#232;re doit traverser de nombreuses couches d'autres cellules avant qu'elle n'atteigne ces r&#233;cepteurs &#8211; elle est construite avec le dedans &#224; l'ext&#233;rieur ! Ainsi certaines caract&#233;ristiques sont splendides et d'autres sont en apparence stupides&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fibres du nerf optique p&#233;n&#232;trent dans une certaine r&#233;gion du cerveau, juste au-dessus du g&#233;nicule lat&#233;ral, d'o&#249; elles sortent vers une section du cerveau appel&#233;e le cortex visuel. Remarquez que certaines des fibres venant de chaque &#339;il sont envoy&#233;es de l'autre c&#244;t&#233; du cerveau&#8230; Les nerfs optiques du c&#244;t&#233; gauche de l'&#339;il droit passent au travers du chiasme optique, tandis que ceux du c&#244;t&#233; gauche de l'&#339;il gauche passent &#224; c&#244;t&#233; et se d&#233;placent de la m&#234;me mani&#232;re. Ainsi la partie gauche du cerveau re&#231;oit toutes les informations qui viennent du c&#244;t&#233; gauche des globes de chaque &#339;il, c'est-&#224;-dire concernant le c&#244;t&#233; droit du champ visuel, tandis que le c&#244;t&#233; droit du cerveau voit le c&#244;t&#233; gauche du champ visuel. C'est ainsi que l'information de chacun des deux yeux est rassembl&#233;e afin de pouvoir dire &#224; quelle distance se trouvent les objets. C'est le syst&#232;me de vision binoculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les connexions entre la r&#233;tine et le cortex visuel sont int&#233;ressantes. Si une zone de la r&#233;tine est enlev&#233;e ou d&#233;truite d'une mani&#232;re ou d'une autre, alors toute la fibre va mourir, et nous pouvons donc trouver avec quelle zone elle est reli&#233;e. Il appara&#238;t que les connexions sont avant tout biunivoques &#8211; chaque r&#233;gion de la r&#233;tine correspond &#224; une r&#233;gion dans le cortex visuel &#8211; et les r&#233;gions qui sont tr&#232;s proches sur la r&#233;tine sont tr&#232;s proches dans le cortex visuel. Ainsi le cortex visuel reproduit encore la disposition spatiale des b&#226;tonnets et des c&#244;nes, mais, bien entendu, tr&#232;s d&#233;form&#233;e. Les images qui sont au centre du champ, qui occupent une tr&#232;s petite partie de la r&#233;tine, sont &#233;tal&#233;es sur de tr&#232;s nombreuses cellules dans le cortex visuel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re ou d'une autre, l'information doit aller d'un c&#244;t&#233; du cerveau &#224; l'autre par l'interm&#233;diaire d'autres canaux, ce qui est tout &#224; fait surprenant. La question de savoir comment ce r&#233;seau s'est &#171; &#233;tabli &#187; est &#233;galement tr&#232;s int&#233;ressante. Le probl&#232;me de savoir quelle partie est d&#233;j&#224; form&#233;e et quelle partie est &#171; apprise &#187; est un vieux probl&#232;me&#8230; Un autre ph&#233;nom&#232;ne int&#233;ressant est li&#233; au mouvement de l'&#339;il. Les yeux doivent se d&#233;placer afin de faire se co&#239;ncider les deux images dans divers cas. Ces mouvements sont de types diff&#233;rents : l'un consiste &#224; suivre quelque chose, ce qui n&#233;cessite que les deux yeux doivent aller dans la m&#234;me direction, &#224; droite ou &#224; gauche, et l'autre est de les pointer au m&#234;me endroit &#224; diff&#233;rentes distances, ce qui n&#233;cessite qu'ils doivent se d&#233;placer en sens oppos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nerfs p&#233;n&#233;trant dans les muscles des yeux sont d&#233;j&#224; structur&#233;s pour de tels buts. Il y a un ensemble de nerfs qui tirent les muscles &#224; l'int&#233;rieur d'un &#339;il et &#224; l'ext&#233;rieur de l'autre, et rel&#226;chent les muscles oppos&#233;s, de telle sorte que les deux yeux se d&#233;placent ensemble. Il existe un autre centre o&#249; une excitation fait s'&#233;carter les yeux de la parall&#232;le et les fait se d&#233;placer l'un vers l'autre. Chaque &#339;il peut tourner vers l'ext&#233;rieur lorsque l'autre &#339;il se d&#233;place vers le nez, mais il est impossible consciemment ou inconsciemment de tourner en m&#234;me temps les deux yeux vers l'ext&#233;rieur non pas parce qu'il n'y a pas de muscles, mais parce qu'il n'y a aucune mani&#232;re d'envoyer un signal qui fasse tourner les deux yeux vers l'ext&#233;rieur, sauf si nous avons subi un accident ou qu'il y ait quelque chose d'anormal, par exemple un nerf qui ait &#233;t&#233; coup&#233;... Nous sommes d&#233;j&#224; structur&#233;s &#224; un certain degr&#233;. C'est un point important, parce que la plupart des premiers livres sur l'anatomie et la psychologie, etc., ne r&#233;alisaient pas ou n'insistaient pas sur le fait que nous sommes d&#233;j&#224; si compl&#232;tement structur&#233;s &#8211; ils disaient que tout n'est qu'apprentissage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il humain n'est pas le seul type d'&#339;il. Dans les vert&#233;br&#233;s, presque tous les yeux sont essentiellement semblables &#224; l'&#339;il humain. Cependant, chez les animaux inf&#233;rieurs, il y a beaucoup d'autres types d'yeux : des yeux en taches, divers yeux en coupes et d'autres yeux moins sensibles, que nous n'avons pas le temps de d&#233;crire. Mais il y a un autre &#339;il extr&#234;mement d&#233;velopp&#233; chez les invert&#233;br&#233;s, l'&#339;il &#171; compos&#233; &#187; de l'insecte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;couvert ainsi que l'&#339;il de l'abeille est sensible sur un plus grand domaine spectral que le n&#244;tre. Notre &#339;il fonctionne entre 7.000 Angstr&#246;ms et 4.000 Angstr&#246;ms, du rouge au violet, mais l'abeille peut voir jusqu'&#224; 3.000 Angstr&#246;ms dans l'ultra-violet ! Ceci rend compte d'un grand nombre d'effets diff&#233;rents et int&#233;ressants. En premier lieu, les abeilles peuvent distinguer de nombreuses fleurs qui nous paraissent semblables. Bien s&#251;r, nous devons r&#233;aliser que les couleurs des fleurs ne sont pas con&#231;ues pour &#171; notre &#187; &#339;il, mais pour celui de l'abeille, ce sont des signaux pour attirer les abeilles vers une fleur particuli&#232;re&#8230; Un autre aspect int&#233;ressant de la vision de l'abeille est que l'abeille peut donner la direction du soleil en regardant un coin de ciel bleu sans voir le soleil lui-m&#234;me. Nous ne pouvons ais&#233;ment le faire. Lorsque nous regardons le ciel par le fen&#234;tre et que nous voyons qu'il est bleu, dans quelle direction se trouve le soleil ? L'abeille peut le savoir, parce que l'abeille est sensible &#224; la polarisation de la lumi&#232;re et la lumi&#232;re diffus&#233;e du ciel est polaris&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit &#233;galement que l'abeille peut remarquer des battements d'ailes jusqu'&#224; 200 p&#233;riodes par seconde, tandis que nous en voyons au maximum jusqu'&#224; 20. Le mouvement des abeilles dans les ruches est tr&#232;s rapide ; les pieds se d&#233;placent, les ailes vibrent, mais il nous est tr&#232;s difficile de distinguer ces mouvements avec notre &#339;il&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il d'une abeille est un &#339;il compos&#233;, et il est constitu&#233; d'un grand nombre de cellules sp&#233;ciales appel&#233;es &#171; ommatidia &#187;, qui sont dispos&#233;es en c&#244;ne sur la surface d'une sph&#232;re (approximativement) &#224; l'ext&#233;rieur de la t&#234;te de l'abeille&#8230; Au sommet il y a une surface transparente, une sorte de &#171; lentille &#187;, mais en r&#233;alit&#233; cela ressemble plus &#224; un filtre ou &#224; un guide de lumi&#232;re qui fait descendre la lumi&#232;re vers la fibre &#233;troite qui est l'endroit o&#249; probablement se produit l'absorption. A l'autre extr&#233;mit&#233; de celle-ci sort la fibre nerveuse. La fibre centrale est entour&#233;e sur ses c&#244;t&#233;s par six cellules qui, en fait, ont s&#233;cr&#233;t&#233; la fibre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus grands yeux au monde sont ceux du calamar g&#233;ant ; on en a trouv&#233; avec un diam&#232;tre allant jusqu'&#224; 40 cm !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects de notre sujet est celui des interconnexions de l'information entre une partie de l'&#339;il et une autre. Consid&#233;rons l'&#339;il compos&#233; du crabe des moluques sur lequel on a fait beaucoup d'exp&#233;riences. D'abord, nous devons conna&#238;tre le type d'information qui peut se d&#233;placer le long des nerfs. Un nerf transporte un type de perturbation qui a un effet &#233;lectrique facile &#224; d&#233;tecter, un type de perturbation de caract&#232;re ondulatoire qui parcourt le nerf et produit un effet &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; : un long morceau de cette cellule nerveuse, appel&#233; l'axone, transporte l'information, et un certain type d'impulsion appel&#233;e &#171; excitation &#187; se d&#233;place le long de l'axone s'il est excit&#233; &#224; une extr&#233;mit&#233;. Lorsqu'une excitation parcourt le nerf, une autre ne peut imm&#233;diatement suivre. Toutes les excitations ont la m&#234;me taille, ainsi nous n'obtenons pas d'excitations plus intenses lorsque le nerf est plus fortement excit&#233;, mais nous obtenons davantage d'excitations par seconde. La dimension de l'excitation est d&#233;termin&#233;e par la fibre. Il est important d'avoir compris cela afin de voir ce qui se passe ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il du crabe des molluques ne ressemble pas beaucoup &#224; un &#339;il, et il est simplement constitu&#233; d'un millier d'ommatidia&#8230; Si nous envoyons de la lumi&#232;re &#224; un certain instant et mesurons les impulsions &#233;lectriques qui se produisent, nous observons un l&#233;ger retard au d&#233;part, et puis une s&#233;rie rapide de d&#233;charges qui graduellement se ralentit jusqu'&#224; une vitesse uniforme. Lorsque la lumi&#232;re cesse, les d&#233;charges s'arr&#234;tent. Il est tr&#232;s int&#233;ressant de remarquer que si, alors que notre amplificateur est toujours reli&#233; &#224; cette m&#234;me fibre nerveuse, nous envoyons la lumi&#232;re sur un ommatidium diff&#233;rent, rien ne se passe ; pas de signal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;alisons maintenant une autre exp&#233;rience : nous envoyons de la lumi&#232;re sur l'ommatidium original et obtenons la m&#234;me r&#233;ponse, et si maintenant nous envoyons en m&#234;me temps la lumi&#232;re sur un ommatidium voisin, les impulsions s'interrompent bri&#232;vement et r&#233;apparaissent ensuite &#224; une vitesse beaucoup plus lente. Le taux de l'un est limit&#233; par les impulsions qui sortent de l'autre ommatidium ! En d'autres termes, chaque fibre nerveuse transporte l'information venant de l'ommatidium mais la quantit&#233; qu'elle transporte est limit&#233;e par les signaux venant des autres. Ainsi, par exemple, si l'&#339;il dans son ensemble est plus ou moins uniform&#233;ment &#233;clair&#233;, l'information venant de chacune des ommatidia sera relativement faible parce qu'elle est limit&#233;e par un grand nombre d'autres. En fait la limitation est additive &#8211; si nous envoyons la lumi&#232;re sur plusieurs ommatidia voisines, la limitation devient tr&#232;s grande. La limitation est plus grande lorsque les ommatidia sont plus proches et si les ommatidia sont suffisamment &#233;loign&#233;es l'une de l'autre, la limitation est pratiquement nulle. Elle est donc additive et d&#233;pend de la distance ; voil&#224; un premier exemple de la combinaison dans l'&#339;il m&#234;me de l'information venant de diff&#233;rentes parties de l'&#339;il. Nous pouvons voir, par exemple, en y r&#233;fl&#233;chissant un peu, que ceci est un proc&#233;d&#233; pour &#171; augmenter le contraste &#187; aux bords des objets, parce que si une partie de la sc&#232;ne est lumineuse et une autre partie sombre, les ommatidia dans la surface &#233;clair&#233;e envoient des impulsions qui sont limit&#233;es par la lumi&#232;re dans le voisinage, et l'effet sera relativement faible. D'un autre c&#244;t&#233;, un ommatidium &#224; la fronti&#232;re qui re&#231;oit une impulsion &#171; blanche &#187; est &#233;galement limit&#233; par ses voisins, mais il y en a moins, puisque certains sont dans l'obscurit&#233; ; le signal r&#233;sultant est en cons&#233;quence plus &#233;lev&#233;&#8230; Le crabe verra un renforcement des contours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un renforcement des contours est connue depuis longtemps ; en fait, c'est une chose remarquable qui a &#233;t&#233; souvent comment&#233;e par les psychologues. Pour dessiner un objet, il nous suffit de dessiner son contour ! Qu'est-ce que le contour ? Le contour est simplement la diff&#233;rence au bord entre le clair et le sombre ou une couleur et une autre. Ce n'est pas le fait, croyez-le ou pas, que chaque objet poss&#232;de une ligne qui l'entoure. Une telle ligne n'existe pas. Cette ligne n'existe que dans notre propre construction psychologique ; nous commen&#231;ons &#224; comprendre les raisons pour lesquelles la &#171; ligne &#187; est suffisante pour obtenir l'objet total. Notre propre &#339;il travaille probablement d'une mani&#232;re semblable &#8211; beaucoup plus compliqu&#233;e mais semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, nous d&#233;crirons bri&#232;vement le travail tr&#232;s minutieux, le travail superbe et d'avant-garde qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur la grenouille. En r&#233;alisant une exp&#233;rience correspondante sur la grenouille, en pla&#231;ant des &#233;lectrodes semblables &#224; des aiguilles, tr&#232;s joliment construites, tr&#232;s fines, dans le nerf optique d'une grenouille, on peut obtenir les signaux qui se d&#233;placent le long d'un axone particulier et exactement comme dans le cas du crabe des moluques, nous trouvons que l'information ne d&#233;pend pas que d'un seul endroit dans l'&#339;il mais est une somme d'informations venant de diff&#233;rents endroits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma le plus r&#233;cent du fonctionnement de l'&#339;il de la grenouille est le suivant. On peut trouver quatre diff&#233;rents types de fibres nerveuses optiques, en ce sens qu'il y a quatre diff&#233;rents types de r&#233;ponses. Ces exp&#233;riences n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es en envoyant des impulsions de lumi&#232;re, parce que ce n'est pas ce que voit la grenouille. Une grenouille se trouve quelque part et son &#339;il ne se d&#233;place jamais, sauf lorsque la feuille de n&#233;nuphar sur laquelle elle se trouve se met &#224; se balancer, et dans ce cas son &#339;il oscille juste ce qu'il faut pour que l'image reste fixe. Elle ne tourne pas son &#339;il. Si quelque chose se d&#233;place dans son champ de vision, par exemple une petite mouche (elle doit &#234;tre capable de voir quelque chose de petit se d&#233;pla&#231;ant dans un environnement fixe) quatre types diff&#233;rents de fibres envoient des d&#233;charges &#8211; leurs propri&#233;t&#233;s sont r&#233;sum&#233;es ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Types de r&#233;ponses des fibres du nerf optique d'une grenouille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- D&#233;tection de bord soutenue (non effa&#231;able) &#8211; vitesse : O,2-0,5 m/s &#8211; champ angulaire : 1&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- D&#233;tection de bord convexe (effa&#231;able) &#8211; vitesse : 0,5 m/s &#8211; champ angulaire : 2&#176;-3&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- D&#233;tection de changement de contraste &#8211; vitesse : 1-2 m/s &#8211; champ angulaire : 7 &#224; 10&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- D&#233;tection d'assombrissement &#8211; vitesse : jusqu'&#224; &#189; m/s &#8211; champ angulaire : jusqu'&#224; 15&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- D&#233;tection d'obscurit&#233; : tr&#232;s grand champ angulaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;tection soutenue de bord, non effa&#231;able, signifie que si nous introduisons dans le champ de vision de la grenouille un objet avec un bord, une grande quantit&#233; d'impulsions apparaissent dans cette fibre particuli&#232;re tant que l'objet se d&#233;place, mais elles diminuent jusqu'&#224; former une suite continue d'impulsions qui se perp&#233;tue aussi longtemps que le bord est l&#224;, m&#234;me s'il ne se d&#233;place pas. Si nous &#233;teignons la lumi&#232;re, les impulsions s'arr&#234;tent. Si nous l'allumons &#224; nouveau, alors le bord est toujours en vue, elles r&#233;apparaissent. Elles ne sont pas effa&#231;ables. Un autre type de fibre lui ressemble beaucoup, &#224; ceci pr&#232;s que si le bord est droit elle ne fonctionne pas. Ce doit &#234;tre un bord convexe avec de l'obscurit&#233; derri&#232;re lui ! Quelle doit &#234;tre la complexit&#233; du syst&#232;me d'interconnexion dans la r&#233;tine de l'&#339;il de la grenouille pour qu'elle puisse comprendre qu'une surface convexe est entr&#233;e dans le champ de vision ? De plus, bien que cette fibre fonctionne assez longtemps, elle ne fonctionne pas aussi longtemps que l'autre et si nous &#233;teignons la lumi&#232;re puis la rallumons les impulsions ne reviennent pas. Cela d&#233;pend du mouvement d'arriv&#233;e de la surface convexe. L'&#339;il la voit arriver et se souvient qu'elle est l&#224;, mais si nous arr&#234;tons la lumi&#232;re pour un instant, il l'oublie et ne la voit plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple est la d&#233;tection de changement de contraste. Si un bord p&#233;n&#232;tre ou sort, il y a des impulsions apparaissent, mais si elle reste basse ou se tient &#233;lev&#233;e, les impulsions s'arr&#234;tent ; cela ne fonctionne que lorsque la lumi&#232;re diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il y a quelques fibres qui sont des d&#233;tecteurs d'obscurit&#233; &#8211; une chose tout &#224; fait &#233;tonnante &#8211; elles fonctionnent tout le temps ! Si nous augmentons la lumi&#232;re, elles fonctionnent moins rapidement, mais tout le temps ! Si nous diminuons la lumi&#232;re, elles fonctionnent plus rapidement, toujours tout le temps. Dans le noir, elles fonctionnent &#224; toute allure, r&#233;p&#233;tant perp&#233;tuellement : &#171; Il fait noir ! Il fait noir ! Il fait noir ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses semblent plut&#244;t compliqu&#233;es &#224; classer et nous pouvons nous demander si les exp&#233;riences ont peut-&#234;tre &#233;t&#233; mal interpr&#233;t&#233;es. Mais il est tr&#232;s int&#233;ressant de retrouver ces m&#234;mes cat&#233;gories clairement s&#233;par&#233;es dans l'anatomie de la grenouille ! Par d'autres mesures, apr&#232;s que ces r&#233;ponses aient &#233;t&#233; class&#233;es (&#171; apr&#232;s &#187;, c'est ce qui est important &#224; ce propos), on a d&#233;couvert que la vitesse des signaux sur les diff&#233;rentes fibres n'&#233;tait pas la m&#234;me, ce qui fait qu'il y a une autre mani&#232;re ind&#233;pendante de v&#233;rifier &#224; quel type de fibre on a affaire ! (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tectum de la grenouille est l&#224; o&#249; les nerfs vont dans le cerveau en venant du nerf optique. Toutes les fibres nerveuses venant du nerf optique &#233;tablissent des liaisons dans les diverses couches du tectum. Cette structure en couche est analogue &#224; la r&#233;tine ; c'est en partie la raison pour laquelle nous savons que le cerveau et la r&#233;tine se ressemblent beaucoup. En prenant une &#233;lectrode et en la d&#233;pla&#231;ant vers le bas au travers des diff&#233;rentes couches, nous pouvons trouver &#224; quel endroit se termine un certain nerf optique et le beau et merveilleux r&#233;sultat que l'on trouve est que les diff&#233;rents types de fibres se terminent dans diff&#233;rentes couches ! La premi&#232;re se termine dans la couche num&#233;ro un, la seconde au num&#233;ro deux, la troisi&#232;me et cinqui&#232;me se terminent au m&#234;me endroit, et la plus profonde de toutes est la num&#233;ro quatre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a probablement trois pigments. Il peut y avoir diff&#233;rentes sortes de cellules r&#233;ceptrices contenant les trois pigments dans des proportions diff&#233;rentes, mais on trouve beaucoup de connexions crois&#233;es qui permettent des additions et des soustractions par l'interm&#233;diaire de l'addition et du r&#233;enforcement dans le syst&#232;me nerveux. Ainsi, avant de pouvoir vraiment comprendre la vision en couleur, il nous faudra comprendre la sensation finale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L430xH530/-433-ca3da.gif?1776212997' width='430' height='530' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oeil de grenouille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_de_l%27%C5%93il&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire &#233;volutive de l'&#339;il&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/evolution/levolution-de-loeil-6523.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;volution de l'&#339;il&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.samizdat.qc.ca/cosmos/origines/oeil_pg.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'apparition des structures visuelles complexes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/recherche/?q=oeil+vision&amp;submitProgramSearch=Ok&amp;simpleform_submitted=searchbar-form&amp;fromSimpleForm=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des conf&#233;rences en vid&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel est le premier de la poule et de l'&#339;uf ? Conna&#238;t-on la r&#233;ponse ?</title>
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		<dc:date>2018-09-30T22:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour faire un oeuf de poule, il faut une poule et pour faire une poule, il faut un oeuf de poule ! Alors, comment cela a-t-il commenc&#233; ? Loin d'&#234;tre une question b&#233;b&#234;te ou simpliste, c'est un vrai probl&#232;me philosophique et scientifique.Quel est le premier de la poule et de l'&#339;uf ? Conna&#238;t-on la r&#233;ponse ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe est bien connu : pour faire une poule, il faut un &#339;uf et pour faire un &#339;uf il faut une poule et donc, on se demande, dans le cours de l'&#233;volution, si le premier &#339;uf de poule a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour faire un oeuf de poule, il faut une poule et pour faire une poule, il faut un oeuf de poule ! Alors, comment cela a-t-il commenc&#233; ? Loin d'&#234;tre une question b&#233;b&#234;te ou simpliste, c'est un vrai probl&#232;me philosophique et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L266xH223/2fc2cfb389c3cde976534ec288385d17-d6558.gif?1776212997' width='266' height='223' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel est le premier de la poule et de l'&#339;uf ? Conna&#238;t-on la r&#233;ponse ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe est bien connu : pour faire une poule, il faut un &#339;uf et pour faire un &#339;uf il faut une poule et donc, on se demande, dans le cours de l'&#233;volution, si le premier &#339;uf de poule a pr&#233;c&#233;d&#233; ou suivi la premi&#232;re poule&#8230; Et la question semble insoluble et il faudrait qu'ils soient n&#233;s en m&#234;me temps, sans parler du poulet qui est lui aussi indispensable et n&#233;cessite encore maman poule et &#339;uf !!! Bien entendu, les cr&#233;ationnistes profitent du probl&#232;me pour en d&#233;duire qu'en tout il faut un cr&#233;ateur et les antiscientifiques pour dire que les sciences n'expliquent pas la vie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi croire que c'est la poule qui est arriv&#233;e avant l'&#339;uf ? Parce que la formation de la coquille d'&#339;uf d&#233;pend d'une prot&#233;ine (l'ovocledidine-17 ou OC-17) pr&#233;sente dans l'ovaire des poules. Pourquoi croire que c'est l'&#339;uf qui est arriv&#233; avant la poule ? Depuis les dinosaures, qui eux-m&#234;mes pondaient des &#339;ufs (et ne me demandez pas qui du dinosaure ou de l'&#339;uf est arriv&#233; en premier !), les esp&#232;ces ont &#233;volu&#233;. Par mutation, certains petits dinosaures se seraient transform&#233;s en animal proche de la poule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe est loin de concerner seulement parents poules et prog&#233;niture des poules mais toutes les esp&#232;ces vivantes. Ainsi, quel est le premier de l'embryon d'humain et de l'homme ? Il faut un embryon pour faire un homme et il faut un homme pour fabriquer un embryon&#8230; Et, effectivement, il en va de m&#234;me de toutes les esp&#232;ces vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf et l'embryon ne sont pas seuls en cause. L'&#339;uf f&#233;cond&#233; l'est tout autant. Un &#339;uf f&#233;cond&#233; n&#233;cessite la rencontre d'un male et d'une femelle adultes. Mais le male et la femelle, avant d'&#234;tre adultes, ont besoin d'avoir &#233;t&#233; des &#339;ufs f&#233;cond&#233;s. L&#224; encore, lequel est le premier est une question sans r&#233;ponse, semble-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, comme seules &#233;tapes, l'&#339;uf et la poule. Il y a la cellule-&#339;uf, les diverses &#233;tapes de sa segmentation, la cr&#233;ation d'une aire p&#233;riph&#233;rique dite opaque, puis cr&#233;ations de zones (&#233;piblaste, hypoblaste, archent&#233;ron), puis du croissant de Kohler, puis n&#339;ud de Hansen, puis somites, plaque neurale, tube neural, c&#339;ur, cerveau, puis les membres, etc. Ce n'est pas une poule qui est cr&#233;&#233;e, c'est des centaines de cr&#233;ations diverses et successives avant de parvenir &#224; &#171; une poule &#187; ! Les &#171; destin&#233;es cellulaires &#187; se ramifient, les cellules se diversifiant. On est bien loin de l'image : cr&#233;ation de l'&#339;uf puis cr&#233;ation de la poule. Il y a &#171; cr&#233;ation &#187; avant l'&#339;uf, avant la coquille en tout cas, et avant la poule !!! Ce sont des cr&#233;ations spontan&#233;es sans cr&#233;ationnisme, sans grand myst&#232;re, sans besoin d'un cr&#233;ateur, sans &#171; paradoxe de la poule et de l'oeuf &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe de la poule et de l'oeuf concerne en fait non l'&#233;volution d'une poule ou d'un &#234;tre vivant mais l'&#233;volution des esp&#232;ces.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question pose le probl&#232;me de l'origine de la poule aussi bien que celle de l'&#339;uf de poule. Or, si toutes les poules pondent des &#339;ufs, comment ont-elles fait pour avoir des anc&#234;tres qui n'en pondaient pas ? En fait, le changement global, voil&#224; le probl&#232;me. Comment des animaux vert&#233;br&#233;s peuvent-ils avoir une origine dans des anc&#234;tres invert&#233;br&#233;s ? La r&#233;ponse n'est certainement pas en disant qu'on trouve la r&#233;ponse dans l'embryon de vert&#233;br&#233; ou dans le vert&#233;br&#233; adulte ! On ne peut pas opposer les deux. Le changement n'est pas du type &#171; il &#233;tait une fois un anc&#234;tre qui n'a pas fait comme ses parents &#187; ni un &#339;uf qui n'a pas suivi ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition &#233;tablie formellement entre les expressions &#171; &#339;uf de poule &#187; et &#171; poule &#187; n'est pas conforme &#224; la r&#233;alit&#233; car la poule va l'&#234;tre au sein de l'&#339;uf. C'est encore prot&#233;g&#233;e par la coquille que la poule ou poulet va se d&#233;velopper, former ses membres, son cerveau, ses organes et devenir anomal complet. La poule est d&#233;j&#224; poule dans l'&#339;uf. Donc parler de premier de l'&#339;uf ou de la poule, c'est une opposition diam&#233;trale qui n'a pas lieu d'&#234;tre et qui nie l'histoire. Il y a toute une &#233;volution de la poule au sein de l'&#339;uf &#224; laquelle succ&#233;dera toute une &#233;volution de la poule &#224; l'ext&#233;rieur. Dans ces deux &#233;volutions, il y aura maintes transformations et donc il n'y a pas un seul &#233;tat qui s'appellerait &#171; &#339;uf &#187; auquel succ&#232;derait un seul &#233;tat qui s'appellerait &#171; poule &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, le paradoxe de l'&#339;uf de la poule, opposant deux &#226;ges du m&#234;me individu comme dans toute relation parent-enfant, appara&#238;t m&#234;me bien avant la contradiction entre ces deux &#226;ges successifs. Il appara&#238;t ainsi une relation parent-enfant d&#232;s la division cellulaire. Il appara&#238;t aussi des diff&#233;renciations entre cellules-m&#232;res et cellules filles sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame se complique et s'aggrave d&#232;s qu'on va au-del&#224; des esp&#232;ces et qu'on passe &#224; la g&#233;n&#233;tique. On trouve que, dans le fonctionnement g&#233;n&#233;tique, l'ARN et les prot&#233;ines peuvent agir et se former sans l'ADN qui semble second. L'ADN pourrait &#234;tre apparu apr&#232;s les deux autres et &#234;tre produit par eux, ce qui est biologiquement possible. Cependant, quel est le premier, en effet, de l'ARN et des prot&#233;ines ? Pour se former et agir, les prot&#233;ines ont besoin de l'ARN et l'ARN besoin des prot&#233;ines. L&#224; encore, le m&#234;me emm&#234;lement inextricable des causes et des effets ! Quel est le premier est encore une question sans solution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#171; paradoxes de l'&#339;uf et de la poule &#187; les plus difficiles &#224; r&#233;soudre, il y a celui de la naissance du Vivant. Parmi &#171; les premiers &#187; qui ont initi&#233; la vie sur Terre, on compte bien entendu les macromol&#233;cules de la &#171; soupe primitive &#187; parmi les hypoth&#232;ses mais on ne peut pas ordonner leur apparition, mais qu'est-ce qui vient ensuite ? La r&#233;ponse n'est pas encore connue ! On a pens&#233; comme premier &#224; la cellule, &#224; l'enzyme, aux prot&#233;ines, aux g&#232;nes, &#224; l'ARN&#8230; Si l'ARN &#233;tait la mol&#233;cule d'origine, il aurait d&#251; se copier sans l'aide d'enzyme ni de mod&#232;le. Les cellules ne fabriquent des ARN qu'&#224; l'aide d'enzyme. Il est certes plus facile &#224; la soupe primitive de synth&#233;tiser des acides amin&#233;s (&#233;l&#233;ments de base des enzymes) que des nucl&#233;otides (&#233;l&#233;ments de base des ARN et ADN), ce qui rendrait plausible l'apparition des prot&#233;ines avant les ARN, mais cela supposerait que l'ARN ait &#233;t&#233; une maladie parasitaire, un produit accidentel du m&#233;tabolisme de l'ATP, hypoth&#232;se de Freeman Dyson. Manfred Eigen, lui, en tient pour les g&#232;nes d'abord. Leslie Orgel en tient pour les ARN d'abord. Mais comment se serait-il form&#233; sans mod&#232;le, nul ne le sait. On voit ainsi, avec ce petit tour des hypoth&#232;ses possibles, que le paradoxe a encore de beaux jours devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera que la nature non vivante n'est pas indemne. La mati&#232;re a besoin de lumi&#232;re pour exister, ne serait-ce que pour relationner. En effet, les interactions mati&#232;re-mati&#232;re passent in&#233;vitablement par la lumi&#232;re. Les physiciens diraient plus exactement que ces interactions entre fermions (mati&#232;re) n&#233;cessitent des bosons d'interaction (lumi&#232;re). Dans la formation de l'Univers, pouvez-vous concevoir quel est le premier de la mati&#232;re ou de la lumi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, en ce qui concerne mati&#232;re et lumi&#232;re, on a fini par d&#233;couvrir que les deux avaient une origine commune qui &#233;tait la mati&#232;re-lumi&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re, &#224; savoir les particules et antiparticules &#224; courte dur&#233;e de vie du vide quantique. Bien ! Une origine commune peut &#234;tre une r&#233;ponse, m&#234;me si, dans ce cas, cette origine est double puisqu'il s'agit des particules dites virtuelles et des antiparticules virtuelles. Quel est le premier des particules et des antiparticules, demanderez-vous sans doute et on en restera &#224; la m&#234;me contradiction qu'au d&#233;part !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, rassurez-vous, on a la r&#233;ponse : le virtuel &#233;ph&#233;m&#232;re du vide quantique, particules et antiparticules qui forme aussi bien la mati&#232;re que la lumi&#232;re, a une origine, le virtuel de virtuel. Et inqui&#233;tez-vous quand m&#234;me car le virtuel de virtuel a la m&#234;me origine double en particules et antiparticules de virtuel de virtuel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne prouve donc que l'on trouve une rupture dans le fonctionnement naturel contradictoire en descendant les &#233;chelles de la r&#233;alit&#233;, pas plus qu'en les remontant&#8230; Le type de fonctionnement, dialectiquement contradictoire, n'en est pas modifi&#233;. On trouve toujours des r&#233;alit&#233;s doubles, contradictoires mais unifi&#233;es, oppos&#233;es mais interp&#233;n&#233;tr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; l'&#339;uf et &#224; la poule. Ils ont une m&#234;me origine qu'est le dinosaure. Les oiseaux ont en effet eu comme anc&#234;tre les dinosaures, mais ils ont eu non seulement un anc&#234;tre dinosaure mais une naissance dans un &#339;uf issu des dinosaures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela est-il possible ? Pour le comprendre, revenons &#224; l'&#233;volution des esp&#232;ces. Le bon sens commun r&#233;p&#232;te &#224; l'envi que &#171; les chiens ne naissent pas de chats &#187;. Pourtant, les chiens et les chats ont un m&#234;me anc&#234;tre commun ! Si on examine cette bifurcation de l'&#233;volution du vivant, il faut concevoir un m&#234;me anc&#234;tre qui a pu donner naissance au chien et au chat et cela ne peut entrer dans notre cervelle, trop &#233;triqu&#233;e pour concevoir de telles horreurs de la pens&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, nous avons du mal &#224; admettre que l'abrisseau a besoin de l'arbre pour na&#238;tre et que l'arbre ne peut se d&#233;velopper bien entendu qu'&#224; partir d'un arbrisseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui sont habitu&#233;s &#224; ce que &#171; les effets suivent les causes &#187; sont g&#234;n&#233;s. Ceux qui pensent que les contraires se contentent de s'opposer, se combattre ou se d&#233;truire le sont tout autant. Ceux qui pensent que l'actuel produit l'actuel de mani&#232;re lin&#233;aire, continue, progressive, ob&#233;issant &#224; une logique formelle ne peuvent que trouver que l'on arrive l&#224; &#224; une &#233;nigme insoluble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs tout ce qui concerne l'&#233;volution des esp&#232;ces comme les lois de la mati&#232;re-lumi&#232;re ne peut que leur para&#238;tre une &#233;nigme qui n'aura jamais de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment voulez-vous concilier le fait qu'on analyse l'univers en mati&#232;re, d'un c&#244;t&#233;, et lumi&#232;re, de l'autre, (on peut aussi dire mati&#232;re et &#233;nergie, si l'on pr&#233;f&#232;re), avec des lois diff&#233;rentes (loi des fermions et loi des bosons) pour finir par expliquer que la lumi&#232;re peut se changer en mati&#232;re et la mati&#232;re se changer en lumi&#232;re !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment voulez-vous, en ce qui concerne l'&#233;volution des esp&#232;ces, affirmer que les esp&#232;ces ne sont pas interf&#233;condes pour expliquer ensuite que les changements biologiques, qui sont al&#233;atoires, ont produit un individu ayant une g&#233;n&#233;tique diff&#233;rente qui a pu se croiser avec un autre individu de l'ancienne esp&#232;ce. Et si cela n'est pas arriv&#233;, il faut alors admettre qu'en m&#234;me temps plusieurs individus ont eu, par un hasard inconcevable, la m&#234;me &#233;volution du mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique al&#233;atoire et ont pu ensuite se rencontrer pour avoir une descendance !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, il est difficile de concilier les oppos&#233;s diam&#233;traux quand on a en t&#234;te une logique dans laquelle les oppos&#233;s ne peuvent coexister, ne peuvent collaborer pour fonder une r&#233;alit&#233; nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'esp&#232;ce nouvelle &#233;tait, d&#232;s le d&#233;part, incompatible avec l'esp&#232;ce ancienne, ne peut pas se croiser avec elle, alors aucune &#233;volution des esp&#232;ces ne serait possible. A moins d'en revenir &#224; la cr&#233;ation divine d'esp&#232;ce, cr&#233;&#233;es les unes apr&#232;s les autres, s&#233;par&#233;ment, ce que nos observations des fossiles comme des esp&#232;ces actuelles d&#233;mentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on constate que des mol&#233;cules du vivant d'une esp&#232;ce peuvent agir sur d'autres esp&#232;ces tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on constate que la g&#233;n&#233;tique d'une esp&#232;ce contient en potentialit&#233; bien d'autres esp&#232;ces qui pourraient appara&#238;tre si d'autres prot&#233;ines mettaient autrement en activit&#233; la mol&#233;cule d'ADN des cellules vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons bien s&#251;r que les parents et l'enfant sont des &#234;tres s&#233;par&#233;s, mais la vie ne les voit pas ainsi. Nous consid&#233;rons de la m&#234;me mani&#232;re que la lumi&#232;re et la mati&#232;re sont des choses s&#233;par&#233;es. Pourtant la mati&#232;re &#233;met de la lumi&#232;re et la mati&#232;re absorbe de la mati&#232;re, ce qui suppose que la mati&#232;re tire la lumi&#232;re de son sein et la rentre aussi dans son sein, et tout cela sans que l'on voit ni d'o&#249; elle l'a tir&#233;, ni o&#249; il a &#233;t&#233; se cacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la vision des objets s&#233;par&#233;s qui nous enseigne de fausses images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'enfant devient &#171; un individu &#187; ind&#233;pendant de ses parents, mais en termes g&#233;n&#233;tiques en est-il ainsi. N'avons-nous pas plut&#244;t toute une population d'une esp&#232;ce qui engendre des enfants et maintient ainsi son espoir d'avenir ? Peut-on parler en effet d'esp&#232;ce si on parle seulement de deux individus, un p&#232;re et une m&#232;re ? Non, c'est toute une population assez nombreuse pour laquelle la notion d'appartenance ou pas &#224; une esp&#232;ce a un sens. Et l'&#233;volution d'une esp&#232;ce n'est pas une &#233;volution d'un individu ou d'un trop petit nombre d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, me direz-vous, si on parle d'un atome qui &#233;met un photon de lumi&#232;re, o&#249; voyez-vous ces populations ? Eh bien, il faut pourtant les concevoir et ne pas imaginer ni l'atome, ni la particule, ni le photon de lumi&#232;re comme des objets individuels mais comme des &#233;manations de ph&#233;nom&#232;nes collectifs. En effet, ce sont les agitations et les structurations du vide quantiques, les fameuses particules et antiparticules virtuelles, qui s'agitent, relationnent, apparaissent et disparaissent autour des particules dites r&#233;elles de mati&#232;re et lumi&#232;re, pour concevoir les lois de celles-ci. Sans toute cette agitation, il n'y aurait pas de lois de la mati&#232;re &#224; notre &#233;chelle, celle o&#249; nous avons l'illusion de l'existence individuelle et s&#233;par&#233;e des corpuscules de la mati&#232;re et de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particule, le noyau ou l'atome de mati&#232;re, pas plus que le corpuscule de lumi&#232;re ne doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#234;tres &#224; part, ayant une existence individuelle ind&#233;pendante du fond, le vide quantique qui les fonde en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus d'une esp&#232;ce vivante ou les mol&#233;cules du vivant ne peuvent pas davantage &#234;tre consid&#233;r&#233;s s&#233;par&#233;ment, individuellement, sous peine que leur &#233;volution devienne absolument incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les esp&#232;ces font-elles pour d&#233;velopper, &#224; partir d'un m&#234;me groupe d'une seule esp&#232;ce, plusieurs &#233;volutions g&#233;n&#233;tiquement diff&#233;rentes finissant par devenir incompatibles pour produire ensemble des descendants, ayant ainsi cess&#233; d'&#234;tre interf&#233;conds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il suffit qu'un groupe d'une seule esp&#232;ce se scinde et vive s&#233;par&#233;ment, quelle qu'en soit la raison, qu'elle soit g&#233;ographique, sexuelle ou autre. Dans le vivant, tous les groupes ayant la m&#234;me origine mais qui cessent de se croiser vont diverger. La diversit&#233; existe dans le vivant autant que la conformit&#233;. Les individus d'une m&#234;me esp&#232;ce ont certes une tendance naturelle &#224; produire des individus de la m&#234;me esp&#232;ce. Mais ils ont en m&#234;me temps, et de mani&#232;re contradictoire dialectiquement, une tendance naturelle &#224; produire des changements qui les &#233;loignent. Ces changements sont att&#233;nu&#233;s par les croisements et accrus par l'&#233;loignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une esp&#232;ce n'est pas un &#233;tat de stagnation. C'est au contraire, une r&#233;alit&#233; dynamique sans cesse en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de faire en sorte que cette esp&#232;ce soit divis&#233;e de mani&#232;re durable pour que les potentialit&#233;s qu'elle porte s'expriment de plusieurs mani&#232;res diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a dit, la loi universelle, de la mati&#232;re inerte comme de la mati&#232;re vivante, n'est pas une relation lin&#233;aire, de cause &#224; effet, continue et progressive, entre des &#233;tats actuels, mais une relation contradictoire, r&#233;volutionnaire, entre des s&#233;ries de potentialit&#233;s d'hier et de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADN d'une esp&#232;ce a bien d'autres potentialit&#233;s que de produire l'esp&#232;ce qu'il produit actuellement. Et, dans un autre contexte, ces potentialit&#233;s, qui sont pour le moment inhib&#233;es au sein de l'ADN, peuvent parfaitement s'exprimer, menant &#224; un changement irr&#233;versible d'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cela, depuis l'atome et la lumi&#232;re et jusqu'aux &#234;tres vivants, en passant par la g&#233;n&#233;tique, on n'a fait, sans le dire, que discuter de la nature des interactions contradictoires entre ordre et d&#233;sordre. Ainsi, apparemment, la conservation de l'ADN dans les cellules d'un individu appartenant &#224; une esp&#232;ce vivante peut nous sembler de l'ordre, un oppos&#233; diam&#233;tral au d&#233;sordre que serait le changement d'esp&#232;ce. Et c'est cela qui est archifaux ! La conservation de l'ADN est un processus qui n&#233;cessite &#224; la fois ordre et d&#233;sordre au m&#234;me titre que la mati&#232;re apparemment la plus ordonn&#233;e du cristal n&#233;cessite l'agitation qui am&#232;ne l'atome &#224; occuper une place vide au sein de la structure cristalline pour la compl&#233;ter et donner au cristal sa perfection ordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression des g&#232;nes est un ph&#233;nom&#232;ne aussi al&#233;atoire que tous les autres processus du vivant, par exemple ceux &#224; l'int&#233;rieur de la cellule, ceux en contact avec l'ADN. Rien, &#224; aucune &#233;chelle, dans aucun domaine de la nature, n'est pilot&#233; par le seul ordre ni le seul d&#233;sordre. Chaque ordre est produit par un d&#233;sordre et inversement et nul ne peut pr&#233;tendre qu' &#171; au d&#233;part &#187;, il y ait l'ordre ou qu'il y ait le d&#233;sordre ! Les deux ne sont jamais compl&#232;tement s&#233;par&#233;s, mais, au contraire, sans cesse imbriqu&#233;s, autant que le sont la variation et la reproduction &#224; l'identique dans le vivant, ou encore autant que sont imbriqu&#233;s et ins&#233;parables la r&#233;alit&#233; corpusculaire et ondulatoire. Chercher l'origine dans un seul des deux &#233;l&#233;ments indispensables de la contradiction, c'est chercher &#224; s&#233;parer la t&#234;te et le corps d'un &#234;tre humain. On ne peut que tuer l'homme comme on tue la dynamique du r&#233;el, en s&#233;parant, par la fausse pens&#233;e, les deux &#233;l&#233;ments contradictoires n&#233;cessairement coupl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que l'individu reproduit l'ADN en conservant sa structure, mais il faudrait dire aussi que, pour la conserver, il doit la reproduire et qu'en la re-produisant, il augmente les risques et les moyens de la transformer. C'est que, dialectiquement, la conservation produit la transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez surtout pas que tout cela ne soit que des petits jeux de logique amusante, et que le paradoxe de l'&#339;uf et de la poule ne soit qu'un vulgaire syllogisme. Non ! Cette contradiction n'est pas un produit du discours mais un produit du type de lois que g&#233;n&#232;re sans cesse la r&#233;alit&#233; du monde et qu'il est indispensable d'int&#233;grer pour pr&#233;tendre comprendre le fonctionnement r&#233;el du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce et &#233;volution, conservation et transformation g&#233;n&#233;tiques, sont des &#233;l&#233;ments aussi contradictoires et ins&#233;parables que bosons et fermions, mati&#232;re et lumi&#232;re, mati&#232;re-lumi&#232;re et vide, durable et &#233;ph&#233;m&#232;re, ou corpuscule et onde, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'atome ou la particule durable ne se conservent que gr&#226;ce &#224; des transformations, qu'en changeant sans cesse. Ainsi, pour se conserver, l'atome doit &#233;mettre de la lumi&#232;re et donc changer. La particule, pour conserver ses propri&#233;t&#233;s, doit les transmettre &#224; une autre particule, qui &#233;tait virtuelle et devient ainsi r&#233;elle. Pour se conserver, l'esp&#232;ce doit changer, tout comme l'individu. La g&#233;n&#233;tique ne diff&#232;re pas des autres fonctionnements : la conservation y n&#233;cessite le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution darwinienne n'est rien d'autre qu'une dialectique de la diversification et l'antidiversification qu'est la s&#233;lection, des contraires de la vie et de mort, de l'innovation et de la lutte contre l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233; s'impose, &#224; tous les niveaux et dans tous les domaines, aux relations entre l'ordre et le d&#233;sordre. Quiconque se risque &#224; expliquer le monde par le seul ordre ou le seul d&#233;sordre, ou par les deux mais s&#233;par&#233;s et sans relation permanente entre eux, ne peut que consid&#233;rer le fonctionnement universel comme un myst&#232;re sans fin, du m&#234;me type que celui de l'&#339;uf et de la poule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait &#171; un premier &#187; de l'&#339;uf ou de la poule, la vie aurait eu, f&#251;t-ce qu'un peu, un cr&#233;ateur, et elle n'en a pas et n'en a pas besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que la Terre tourne autour du Soleil, il est &#233;galement vrai que l'observateur terrestre voit le Soleil tourner autour de la Terre et qu'aucune des deux visions n'est en soi fausse, ni en soi vraie. Il existe un mouvement d'ensemble qui est relatif. Quand on veut arr&#234;ter le mouvement du Soleil ou celui de la Terre, f&#251;t-ce pour raisonner, f&#251;t-ce par la pens&#233;e, on n'approche pas de l'explication de la r&#233;alit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus ne peut-on dire si ce sont les g&#232;nes qui produisent l'esp&#232;ce ou l'esp&#232;ce qui produit les g&#232;nes, parce que cette s&#233;paration est arbitraire et n'&#233;claire pas le fonctionnement du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que la logique formelle ne peut pas appr&#233;hender le r&#233;el, pas plus la mati&#232;re inerte que la mati&#232;re vivante, que cela signifie qu'il faudrait se livrer aux antisciences, aux mystiques, aux cr&#233;ationnismes et autres balivernes. Il n'y a pas une cr&#233;ation d'une esp&#232;ce, pas plus qu'il n'y a une cr&#233;ation de la mati&#232;re, ni une cr&#233;ation de la lumi&#232;re. Tout cela se cr&#233;e sans cesse et pas une fois pour toutes. Et cela n'est pas un myst&#232;re mais une difficult&#233; pour l'entendement humain parce que nos raisonnements ont du mal &#224; sortir d'une logique formelle qui ne correspond pas &#224; la logique dialectique du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur fondamentale de la pens&#233;e, c'est de vouloir que des cat&#233;gories fig&#233;es, non contradictoires dialectiquement donc non dynamiques puissent d&#233;crire des ph&#233;nom&#232;nes fondamentalement dynamiques et contradictoires dialectiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui veulent absolument r&#233;pondre que l'&#339;uf est ant&#233;c&#233;dent de la poule ne se contentent pas seulement des apparences, ils se contentent d'une partie de la dynamique, qui ne peut exister sans l'autre partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poule est issue de l'&#233;volution mais ce n'est pas une cat&#233;gorie &#171; poule &#187; fig&#233;e qui est issue d'une autre cat&#233;gorie fig&#233;e, f&#251;t-elle un oiseau ou un dinosaure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais il ne serait possible de sortir d'une esp&#232;ce qui correspondrait &#224; une cat&#233;gorie fig&#233;e, qu'elle en sorte au stade &#339;uf ou poule. De toutes les mani&#232;res, la poule est d&#233;j&#224; potentiellement dans l'&#339;uf et l'&#339;uf est d&#233;j&#224; potentiellement dans la poule. La procr&#233;ation ne pourrait pas se produire si l'enfant n'&#233;tait pas une potentialit&#233; de l'&#234;tre vivant. Du coup, la s&#233;paration entre &#339;uf de poule et poule future &#224; l'&#233;tat d'&#339;uf est la cr&#233;ation d'une s&#233;paration infranchissable l&#224; on sait d&#233;j&#224; que la r&#233;alit&#233; franchit la s&#233;paration. C'est celui qui &#233;tablit, en pens&#233;e, la barri&#232;re infranchissable l&#224; o&#249; la r&#233;alit&#233; ne la pr&#233;sente pas, qui a tort et d&#233;fend un point de vue purement m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc le premier de l'&#339;uf de poule ou de la poule ? Ni l'un ni l'autre, c'est l'anc&#234;tre de la poule (ce qui comprend aussi son embryon ou son &#339;uf). C'est le d&#233;roulement contradictoire de l'Histoire, avec ses changements permanents compos&#233;s de lutte permanente contre le changement, qui produit les deux, l'&#339;uf de poule et la poule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf et la poule ne sont pas l'origine et le point d'arriv&#233;e, ni le moyen et le but, ni le d&#233;but et la fin. Il n'y a pas de but, pas de d&#233;but et pas de fin. Toutes les visions cosmogoniques du monde d&#233;veloppent des m&#233;taphysiques trompeuses, qu'elles soient ou pas cr&#233;ationnistes ou mystiques, et qui ne servent nullement &#224; permettre &#224; l'homme de comprendre le monde mais &#224; l'enfermer dans des prisons id&#233;ologiques comme r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, toute pens&#233;e qui isole le corps et l'esprit de l'homme, avant de pr&#233;tendre les remettre en connexion, ne peut que nous &#233;loigner du fonctionnement r&#233;el de l'ensemble que repr&#233;sentent le corps et l'esprit construit en m&#234;me temps et non s&#233;par&#233;ment. Il est aussi faux de faire de l'esprit le but et du corps le moyen que de faire de la poule le but et de l'&#339;uf le moyen. On ne peut pas couper ainsi l'histoire en attribuer au d&#233;but du morceau cr&#233;&#233; artificiellement un r&#244;le d'origine et &#224; sa fin un r&#244;le de finalit&#233;. La fin n'est qu'un d&#233;but d'autre chose et son d&#233;but n'est que la fin d'un autre d&#233;veloppement. Aucun d&#233;veloppement historique n'existe s&#233;par&#233;ment et ne peut &#234;tre expliqu&#233; s&#233;par&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui d&#233;coupe par la pens&#233;e la dynamique peut pr&#233;tendre la reconstituer ensuite toujours par la pens&#233;e, mais le monde ne fonctionne pas ainsi. Une telle pens&#233;e ne peut pas nous &#233;clairer sur le mode r&#233;el de fonctionnement universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uf f&#233;cond&#233; n'est rien d'autre qu'une cellule vivante et l'individu form&#233; n'est rien d'autre que des cellules vivantes s'organisant collectivement, c'est-&#224;-dire que les deux n'ont pas un sens qu'il faille opposer diam&#233;tralement ou penser s&#233;par&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e de la logique formelle, la pens&#233;e du bon sens, la pens&#233;e des opposition diam&#233;trales, la pens&#233;e du tiers exclus, la pens&#233;e du &#171; oui ou non &#187;, la pens&#233;e de la cause et de l'effet s&#233;par&#233;s et se succ&#233;dant, tout cela m&#232;ne &#224; tous les faux raisonnements qui emp&#234;chent aussi bien de comprendre l'esp&#232;ce que celle qui va lui succ&#233;der et comment cela est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concluons avec Diderot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si la question de la priorit&#233; de l'&#339;uf sur la poule ou de la poule sur l'&#339;uf vous embarrasse, c'est que vous supposez que les animaux ont &#233;t&#233; originairement ce qu'ils sont &#224; pr&#233;sent. Quelle folie ! On ne sait non plus ce qu&#180;ils ont &#233;t&#233; qu&#180;on ne sait ce qu&#180;ils deviendront. Le vermisseau imperceptible qui s&#180;agite dans la fange, s&#180;achemine peut-&#234;tre &#224; l&#180;&#233;tat de grand animal ; l&#180;animal &#233;norme, qui nous &#233;pouvante par sa grandeur, s&#180;achemine peut-&#234;tre &#224; l&#180;&#233;tat de vermisseau, est peut-&#234;tre une production particuli&#232;re et momentan&#233;e de cette plan&#232;te. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Diderot dans &#171; Entretien entre M. d&#180;Alembert et M. Diderot &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque fois que la nature produit des couples de contraires dialectiques, la pens&#233;e dichotomique les oppose diam&#233;tralement et cherche lequel des &#233;l&#233;ments de ce couple serait le premier. Mais, en termes d'&#233;volution des esp&#232;ces, la question est aussi absurde que dans d'autres questions. C'est comme si on demandait qui est le premier de l'homme ou de la femme. C'est ce que faisait l'Ancien Testament en pr&#233;tendant que c'&#233;tait l'homme qui &#233;tait le premier et qu'on avait fabriqu&#233; la femme avec une c&#244;te de l'homme. En termes d'&#233;volution des esp&#232;ces, comment comprendre qu'une nouvelle esp&#232;ce apparaisse par un m&#226;le (ou par une femelle), les autres &#233;taient de l'ancienne esp&#232;ce, et les esp&#232;ces diff&#233;rents n'&#233;tant pas cens&#233;es &#234;tre interf&#233;condes ! La r&#233;ponse est que les esp&#232;ces n'apparaissent pas ainsi sur des traits individuels mais sur des populations restreintes coup&#233;es du reste de l'ancienne population et qui se f&#233;condent depuis un certain temps seulement entre eux et ont donc diverg&#233; g&#233;n&#233;tiquement. Du coup, m&#226;les et femelles sont premiers en m&#234;me temps ! Il en va de m&#234;me bien entendu de l'&#339;uf de poule et de la poule qui n'ont pu qu'appara&#238;tre en m&#234;me temps, issus tous deux de leurs anc&#234;tres : &#339;uf de dinosaure et dinosaure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment le Vivant mesure le Temps</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5978</link>
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		<dc:date>2018-07-13T22:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment le Vivant mesure le Temps &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : En soulignant l'existence d'horloges biologiques, nous ne voulons pas dire que la vie &#171; cr&#233;e &#187; le temps mais seulement qu'elle le mesure ou le bat. Pas plus qu'il n'&#233;tait exact que ce serait la conscience humaine qui produirait le temps comme le croyait Bergson, ce n'est pas le vivant qui fabrique le rythme et l'&#233;coulement (la fl&#232;che) du temps. Le temps est marqu&#233; par toutes les r&#233;troactions embo&#238;t&#233;es, depuis celles de groupes de mol&#233;cules. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_10564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L175xH288/-4692-92e1e.jpg?1776212997' width='175' height='288' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/-427-20d1e.gif?1776212997' width='500' height='708' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10569 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L158xH256/-4693-c59c7.jpg?1776212997' width='158' height='256' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10570 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH531/-4694-8f9ea.jpg?1776212997' width='350' height='531' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH774/-4695-43f91.jpg?1776212997' width='500' height='774' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L192xH262/-4696-f274c.jpg?1776212997' width='192' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L188xH268/-4697-7b98e.jpg?1776212997' width='188' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment le Vivant mesure le Temps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : En soulignant l'existence d'horloges biologiques, nous ne voulons pas dire que la vie &#171; cr&#233;e &#187; le temps mais seulement qu'elle le mesure ou le bat. Pas plus qu'il n'&#233;tait exact que ce serait la conscience humaine qui produirait le temps comme le croyait Bergson, ce n'est pas le vivant qui fabrique le rythme et l'&#233;coulement (la fl&#232;che) du temps. Le temps est marqu&#233; par toutes les r&#233;troactions embo&#238;t&#233;es, depuis celles de groupes de mol&#233;cules. Et m&#234;me un simple noyau atomique &#171; bat &#187; le temps puisqu'il existe une probabilit&#233; pour que le noyau fissionne de mani&#232;re radioactive en produisant deux noyaux moins lourds et des radiations. Car un noyau atomique est d&#233;j&#224; le si&#232;ge de multiples r&#233;troactions entre nucl&#233;ons (protons et neutrons, quarks ainsi que leurs particules d'interaction, les gluons). Si la fl&#232;che du temps n'existe pas dans le vide quantique, elle se produit d&#232;s qu'il y a un nombre cons&#233;quent d'interactions de particules. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait aucun temps dans le vide mais un temps d&#233;sordonn&#233; et sans fl&#232;che. Quant au Vivant, le d&#233;veloppement pr&#233;cis de l'embryon avec la construction successive des diff&#233;rentes parties et organes du corps montre d&#233;j&#224; l'existence d'une horloge produite par la r&#233;troaction des g&#232;nes hom&#233;otiques. On a m&#234;me montr&#233; qu'il existe des g&#232;nes qui, individuellement, sont des marqueurs de temps. Un simple groupe de cellules, comme les cellules de noyau suprachiasmatique de l'hypothalamus dans le cerveau qui comprend dix mille cellules pilotant vingt mille neurones, ou une prot&#233;ine comme &#171; Clock &#187;, pour le rythme circadien, peut produire, en r&#233;troaction avec le mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique comme facteur d'expression des g&#232;nes, un battement de temps. Comme le dit R&#233;my Lestienne dans &#171; Les fils du temps &#187;, &#171; La vie est un faisceau de cycles entrelac&#233;s &#187;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Boissin et Canguilhem dans &#171; Les rythmes du vivant &#187; : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un des grands probl&#232;mes commun aux animaux et aux v&#233;g&#233;taux est l'anticipation c'est-&#224;-dire l'adaptation des &#234;tres vivants &#224; leur environnement par l'utilisation des horloges biologiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Christian Vidal dans son article &#171; Le chaos d&#233;terministe en chimie &#187; : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Lors de l'&#233;tude de cette r&#233;action on s'est aper&#231;u qu'une r&#233;action chimique n'&#233;tait susceptible d'osciller que si son m&#233;canisme comporte une boucle de r&#233;troaction. (...) L'effet renforce donc la cause qui lui donne naissance, c'est une auto-amplification Cette circonstance est rare, semble-t-il en chimie. Elle est beaucoup plus r&#233;pandue dans le monde du vivant. (...) Les r&#233;actions biochimiques oscillantes sont peut-&#234;tre la cl&#233; de la myst&#233;rieuse horloge interne qui r&#233;glerait les rythmes biologiques. On conna&#238;t depuis 1950, le caract&#232;re oscillant de certaines r&#233;actions du m&#233;tabolisme. Parmi celles-ci la glycolyse est peut-&#234;tre la plus importante (...) Elle constitue un mode essentiel et universel d'approvisionnement en &#233;nergie des cellules. Cette r&#233;action oscille avec une p&#233;riode de l'ordre de la minute. (...) Il reste &#224; comprendre comment les cellules d'un organisme parviendraient &#224; coordonner leur activit&#233; pour former cette horloge biologique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine dans &#171; La complexit&#233;, vertiges et promesses &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le temps s'explique avec les bifurcations : le pass&#233; correspond &#224; une trajectoire au travers de points de bifurcation et le futur comprend des bifurcations dont nous ne savons pas quelle sera la direction. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marc Bloch dans &#171; Apologie pour l'histoire ou M&#233;tier d'historien &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; R&#233;alit&#233; concr&#232;te et vivante, rendue &#224; l'irr&#233;versibilit&#233; de son &#233;lan, le temps de l'histoire, au contraire, est le plasma m&#234;me o&#249; baignent les ph&#233;nom&#232;nes et comme le lieu de leur intelligibilit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean-Pierre Changeux dans &#171; L'homme neuronal &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les organes des sens se comportent comme un &#171; commutateur &#187; d'horloges biomol&#233;culaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stephen Jay Gould dans &#171; Le pouce du panda &#187; : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'histoire de la vie, telle que je la con&#231;ois, est une s&#233;rie d'&#233;tats stables, marqu&#233;s &#224; de rares intervalles par des &#233;v&#233;nements importants qui se produisent &#224; grande vitesse et contribuent &#224; mettre en place la prochaine &#232;re de stabilit&#233;. Les organisme procaryotes (bact&#233;ries ou algues bleues) ont r&#233;gn&#233; sur terre pendant 3 milliards d'ann&#233;es jusqu'&#224; l'explosion cambrienne o&#249; la plupart des principales formes de vie pluricellulaires apparurent en l'espace de dix millions d'ann&#233;es. L'histoire de la terre peut &#234;tre sch&#233;matiquement per&#231;ue comme une s&#233;rie de pulsations occasionnelles for&#231;ant les syst&#232;mes r&#233;calcitrants &#224; passer d'un &#233;tat stable au suivant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine dans &#171; Temps &#224; devenir &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On a d&#233;couvert que quand vous allez loin de l'&#233;quilibre, par exemple, en consid&#233;rant une r&#233;action chimique, que vous emp&#234;chez d'arriver &#224; l'&#233;quilibre, se produisent des ph&#233;nom&#232;nes extraordinaires que personne n'aurait cru possibles ; par exemple, des horloges chimiques. Une horloge chimique, qu'est-ce que c'est ? Prenons un exemple : vous avez des mol&#233;cules qui de rouges peuvent devenir bleues. Comment imaginez-vous voir ce ph&#233;nom&#232;ne ? Si vous pensez que les mol&#233;cules vont au hasard, vous allez voir des flashes de bleu, puis de flashes de rouge. Mais il se produit, loin de l'&#233;quilibre, dans d'importantes classes de r&#233;actions chimiques, des ph&#233;nom&#232;nes rythmiques. Tout devient bleu, puis tout devient rouge, puis tout devient bleu, c'est-&#224;-dire qu'une coh&#233;rence na&#238;t, qui n'existe que loin de l'&#233;quilibre. (&#8230;) Donc, loin de l'&#233;quilibre, se produisent des ph&#233;nom&#232;nes ordonn&#233;s qui n'existent pas pr&#232;s de l'&#233;quilibre. Si vous chauffez un liquide par en-dessous, il se produit des tourbillons dans lesquels des milliards de milliards de mol&#233;cules se suivent l'une l'autre. De m&#234;me, un &#234;tre vivant, vous le savez bien, est un ensemble de rythmes, tels le rythme cardiaque, le rythme hormonal, le rythme des ondes c&#233;r&#233;brales, de division cellulaire, etc. Tous ces rythmes ne sont possibles que parce que l'&#234;tre vivant est loin de l'&#233;quilibre. Le non-&#233;quilibre, ce n'est pas du tout les tasses qui se cassent ; le non-&#233;quilibre, c'est la voie la plus extraordinaire que la nature ait invent&#233;e pour coordonner les ph&#233;nom&#232;nes, pour rendre possibles des ph&#233;nom&#232;nes complexes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ladislas Robert dans &#171; Le temps et sa fl&#232;che &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pratiquement toutes les manifestations biologiques suivent des rythmes. Certains rapides, d'autres lents. mais pratiquement aucun ph&#233;nom&#232;ne biologique ne se d&#233;roule selon une cin&#233;tique continue et lin&#233;aire&#8230; Les enzymes consommant de l'&#233;nergie (ATP) seraient activ&#233;es &#224; des valeurs &#233;lev&#233;es en charge d'adeylique, par l'ATP et inhib&#233;es par un exc&#232;s d'ADP et AMP. (...) Ces oscillations m&#233;taboliques pourraient repr&#233;senter une des horloges &#233;l&#233;mentaires de la cellule. Il appara&#238;t que ces oscillations sont &#224; leur tour &#034;entra&#238;n&#233;es&#034; par d'autres rythmes, plus lents caract&#233;risant le domaine &#233;pig&#233;n&#233;tique de la cellule - biosynth&#232;se des macro-mol&#233;cules, leurs interactions - comme le sugg&#232;re les travaux sur les amibes de Lloyd et Edwards. (...) Le couplage &#233;troit des r&#233;actions rapides et lentes, m&#233;di&#233; par des cofacteurs et m&#233;tabolites interm&#233;diaires permet ainsi &#224; la cellule d'ajuster ses oscillations m&#233;taboliques &#224; la demande &#233;nerg&#233;tique au lieu de suivre sa capacit&#233; maximale de g&#233;n&#233;ration d'&#233;nergie. (...) Certaines horloges peuvent &#234;tre synchronis&#233;es, &#034;entra&#238;n&#233;es&#034; sur un rythme compatible avec la survie optimale de la cellule ou de l'organisme, d'autres ph&#233;nom&#232;nes suivent un rythme fortement d&#233;pendant de facteurs intrins&#232;ques comme par exemple l'utilisation du glucose pour g&#233;n&#233;rer l'&#233;nergie indispensable &#224; la vie ainsi que son action d&#233;l&#233;t&#232;re sur les prot&#233;ines de structure. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean Chaline dans &#171; Les horloges du Vivant &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le nouveau stade de la th&#233;orie de l'&#233;volution prend donc en compte le fait que le vivant porte en lui les potentialit&#233;s de son &#233;volution gr&#226;ce au jeu de plusieurs m&#233;caniques, celles des mutations et du d&#233;veloppement qu'elles conditionnent ; un v&#233;ritable bricolage biologique contr&#244;l&#233; par la s&#233;lection naturelle. Mais ces contraintes internes interf&#232;rent avec les contraintes externes de l'histoire de la Terre et des modifications de l'environnement qui introduisent la contingence dans l'&#233;volution ; c'est le poids de l'histoire qui imprime fortement sa marque &#224; l'&#233;volution. Les qualificatifs hi&#233;rarchique, saltatoire, &#233;v&#233;nementiel, contingent et chaotique expriment la nouvelle dimension globale de la th&#233;orie de l'&#233;volution et la rapprochent des th&#233;ories des sciences physiques expliquant la constitution et l'&#233;volution g&#233;n&#233;rale de l'univers&#8230; On peut dire que les h&#233;t&#233;rochronies du d&#233;veloppement, qui expriment la dynamique de l'&#233;volution spatio-temporelle des structures, op&#232;rent &#224; la fa&#231;on de v&#233;ritables horloges internes contr&#244;lant le d&#233;veloppement de chaque caract&#232;re. Les mutations d&#233;r&#232;glent le fonctionnement des horloges ancestrales en le ralentissant, l'acc&#233;l&#233;rant, le retardant ou l'avan&#231;ant. (&#8230;) Cette nouvelle conception s'oppose compl&#232;tement &#224; celle du stade synth&#233;tique de la th&#233;orie o&#249; l'on donnait &#224; l'environnement et &#224; la s&#233;lection naturelle le r&#244;le primordial. (&#8230;)Les r&#233;sultats actuels des recherches entreprises sur le r&#244;le des g&#232;nes architectes mol&#233;culaires universels de la famille des g&#232;nes &#224; hom&#233;obox ou &#171; hom&#233;og&#232;nes &#187;, bien que partiels et pr&#233;liminaires, constituent une v&#233;ritable r&#233;volution de fond dans la compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne &#233;volutif&#8230; Pr&#233;cisons tout d'abord la signification du mot &#171; hom&#233;og&#232;ne &#187; qui traduit le fait que leur mutation transforme un segment du corps d'un insecte en un autre segment ; &#171; hom&#233;o &#187; signifiant semblable. Ces g&#232;nes, d&#233;sign&#233;s tout d'abord sous le nom de g&#232;nes HOM chez les invert&#233;br&#233;s et Hox chez les vert&#233;br&#233;s, sont maintenant r&#233;unis sous le seul vocable de g&#232;nes Hox. On s'est en effet aper&#231;u que ces g&#232;nes &#233;taient tr&#232;s semblables pour la bonne raison que les g&#232;nes Hox des vert&#233;br&#233;s proviennent de duplications des g&#232;nes HOM des invert&#233;br&#233;s. En effet, le remplacement de g&#232;nes HOM de la drosophile par des g&#232;nes Hox de souris ne perturbe pas leur d&#233;veloppement&#8230; On sait maintenant que les hom&#233;odomaines de la drosophile et de la souris sont presque identiques. Par exemple, l'hom&#233;odomaine Antennapedia de la drosophile ne diff&#232;re de celui du g&#232;ne HoxB6 de la souris que par quatre acides amin&#233;s sur soixante et un&#8230; Les hom&#233;og&#232;nes constituent les ressorts des horloges internes du vivant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ladislas Robert dans &#171; Les temps de la vie &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Une famille de g&#232;nes, les hom&#233;og&#232;nes, comportent des messages plus compliqu&#233;s concernant le plan d'organisation de l'animal. Apparus chez les invert&#233;br&#233;s, bien &#233;tudi&#233;s chez les insectes (la mouche de vinaigre ou drosophile) et les vers plats (caenorhabditis elegans), on les retrouve chez les vert&#233;br&#233;s jusqu'&#224; l'homme et l'on perce progressivement le secret de leur fonctionnement. Un aspect majeur de leur action reste cependant obscur : leur capacit&#233; &#224; assurer un chronom&#233;trage pr&#233;cis de la mise en place des parties du corps&#8230; Les recherches tr&#232;s actives devraient nous permettre d'approfondir l'horlogerie des g&#232;nes du d&#233;veloppement dans un avenir proche&#8230; L'&#233;quipe de Mme Le Douarin a identifi&#233; un g&#232;ne, appel&#233; &#171; c-hairy 1 &#187; qui correspond au g&#232;ne de m&#234;me fonction appel&#233; &#171; hairy &#187; chez la mouche drosophile et dont l'expression rythm&#233;e dans le temps semble r&#233;gler la vitesse d'apparition des somites (segments du corps de l'embryon). Ce g&#232;ne code un facteur de transcription (des prot&#233;ines agissant sur des g&#232;nes qui activent ou au contraire r&#233;priment leur expression)&#8230; L'identification de cette horloge cellulaire concernant une partie importante de l'embryon incite &#224; penser que la d&#233;couverte d'autres horloges cellulaires dictant le rythme du d&#233;veloppement des autres parties de l'embryon est possible. La connaissance de ces horloges cellulaires est compl&#233;t&#233;e par celle des g&#232;nes r&#233;glant la construction spatiale de l'embryon. Le fonctionnement de ces hom&#233;og&#232;nes, identifi&#233;s il y a &#224; peine quelques d&#233;cennies, a r&#233;v&#233;l&#233; le plan de construction de l'embryon, l'espacement des segments et des organes de l'embryon, selon les axes sym&#233;triques ant&#233;ro-post&#233;rieur et dorso-ventral. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Britton Chance, biologiste am&#233;ricain travaillant &#224; Philadelphie, a pu r&#233;aliser des observations importantes confirmant la rythmicit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;taboliques, c'est-&#224;-dire leurs variations d'intensit&#233; dans le temps&#8230; En utilisant une suspension de cellules de levure, il montre que les oscillations de la glycose peuvent se maintenir pendant des p&#233;riodes longues. Observation surprenante, ces oscillations persistent quand on enregistre le ph&#233;nom&#232;ne non plus avec des cellules intactes, mais en utilisant un extrait de cellules, donc en l'absence de cellules vivantes. La nature discontinue, oscillante, de la glycose n'est donc pas la propri&#233;t&#233; de la seule cellule vivante, mais est conserv&#233;e dans un extrait qui contient l'ensemble des biocatalyseurs qui en sont responsables&#8230; Pour observer les oscillations dans un extrait cellulaire, il fallait attendre la d&#233;couverte du r&#244;le clef de certaines enzymes dans ces cha&#238;nes de r&#233;actions qui, gr&#226;ce &#224; leurs propri&#233;t&#233;s &#171; allost&#233;riques &#187; (modifications de conformations qui modifie leurs activit&#233;s catalytiques) r&#233;gulent le d&#233;bit de la cha&#238;ne de r&#233;actions. Concept d&#233;velopp&#233; par Jacob, Monod et Changeux &#224; Paris et par Arthur Pardee aux Etats-Unis, il s'agit de la r&#233;gulation d'une cha&#238;ne de production biochimique par la r&#233;troaction d'un des produits de cette r&#233;action sur un catalyseur situ&#233; au d&#233;but de la cha&#238;ne. Ce concept s'est av&#233;r&#233; critique pour la compr&#233;hension des r&#233;actions m&#233;taboliques ; il permet d'expliquer certains de ces ph&#233;nom&#232;nes oscillatoires observ&#233;s au cours du m&#233;tabolisme cellulaire. En l'occurrence, c'est l'enzyme appel&#233;e phosphofructokinase (PFK) qui poss&#232;de cette propri&#233;t&#233; allost&#233;rique&#8230; En court-circuitant PFK, on supprime les oscillations&#8230; (...) Le plus souvent, les produits d'une r&#233;action inhibent l'enzyme allost&#233;rique qui r&#233;gule le d&#233;bit de la cha&#238;ne m&#233;tabolique (...) D&#232;s que la quantit&#233; du produit final baisse, la cha&#238;ne de production peut red&#233;marrer (...). Ce type de coop&#233;rativit&#233; entre site catalytique et site r&#233;gulateur joue un r&#244;le important dans la coordination de nombreuses r&#233;actions m&#233;taboliques dans la cellule. (...) Le mod&#232;le permettant de d&#233;crire quantitativement le comportement de cette enzyme a &#233;t&#233; propos&#233; par Goldbeter&#8230; Les calculs th&#233;oriques de Goldbeter permettent de repr&#233;senter les oscillations entretenues du syst&#232;me&#8230; En variant la concentration du substrat, le syst&#232;me &#233;volue vers un cycle limite (conform&#233;ment aux th&#233;or&#232;mes de Poincar&#233;, Bendixson, Nicolis et Prigogine). La repr&#233;sentation de cette &#233;volution vers un cycle limite dans l'espace de phase correspond &#224; un &#171; attracteur &#233;trange &#187;. Ce formalisme, dit du &#171; chaos d&#233;terministe &#187;, est en effet applicable &#224; de nombreuses r&#233;actions biologiques&#8230; Ce m&#234;me type de comportement oscillant a aussi &#233;t&#233; observ&#233; dans les cellules musculaires. La p&#233;riodes oscillations varie avec la temp&#233;rature, elle augmente si la temp&#233;rature baisse. Britton Chance sugg&#232;re que ces oscillations pourraient &#234;tre &#224; l'origine des rythmes circadiens&#8230; Le cas &#233;voqu&#233; plus haut de la glycose n&#233;cessite des intervalles de temps qui se comptent en secondes ou en minutes&#8230; D'autres r&#233;actions beaucoup plus rapides comme la fixation d'un ligand sur une prot&#233;ine ou les modifications de l'acidit&#233; du milieu se jouent en millisecondes. C'est le cas aussi des r&#233;actions d'oxydor&#233;duction qui se d&#233;roulent dans les mitochondries au cours du m&#233;tabolisme oxydatif&#8230; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le r&#233;glage des horloges circadiennes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les observations pr&#233;coces des botanistes ont vite &#233;t&#233; suivies par celles du r&#232;gne animal, puis par celles de l'homme. Karl von Frisch fut l'un des premiers &#224; observer le fonctionnement d'une horloge chez les invert&#233;br&#233;s&#8230; Entre l'observation qui permet de conclure &#224; l'existence d'horloges internes et la reconnaissance explicite du fait, il s'est &#233;coul&#233; presque un demi-si&#232;cle. On attribue &#224; Gustav Kramer et Klaus Hoffmann la d&#233;monstration des horloges internes&#8230; Au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XXe si&#232;cle, plusieurs &#233;quipes ont cherch&#233; &#224; identifier le codage g&#233;n&#233;tique des horloges biologiques&#8230; Chez l'homme et, peut-&#234;tre, chez des vert&#233;br&#233;s, le centre nerveux appel&#233; &#171; noyau supraschiasmatique &#187;, localis&#233; juste au-dessus du croisement des nerfs optiques ou r&#233;tiniens, semble jouer un r&#244;le important sans pour autant repr&#233;senter le seul et unique contre chronologique de l'organisme&#8230; Si l'on transplante le noyau supraschiasmatique d'animaux jeunes &#224; des animaux &#226;g&#233;s&#8230; on &#171; rajeunit &#187; le comportement rythmique de l'animal&#8230;. Michael W. Young, &#224; l'Institut Rockfeller de New York, a pu reconstituer avec des mouches &#224; vinaigre le ph&#233;nom&#232;ne du d&#233;calage horaire&#8230; L'arriv&#233;e de la lumi&#232;re sur la r&#233;tine de ces mouches provoque la d&#233;gradation d'un complexe macromol&#233;culaire compos&#233; de deux prot&#233;ines, appel&#233;es PER et TIM, cod&#233;es par deux g&#232;nes (per et tim). Ces prot&#233;ines font partie d'un circuit de r&#233;trocontr&#244;le inactivant les deux g&#232;nes qui codent leur s&#233;quence. Vers le milieu de la journ&#233;e, le complexe prot&#233;ique PER-TIM est d&#233;grad&#233; et c'est un autre complexe, compos&#233; de deux prot&#233;ines, CYCLE et CLOCK, qui se fixe sur les g&#232;nes per et tim pour les inciter &#224; se r&#233;exprimer et produire l'ARN messager permettant la resynth&#232;se des prot&#233;ines PER et TIM. Leur complexe se reconstitue au coucher du soleil et commence &#224; freiner le fonctionnement des g&#232;nes cycle et clock qui code les deux prot&#233;ines &#233;ponymes, dont le complexe active l'expression des g&#232;nes per et tim. Le complexe prot&#233;ique PER-TIM supprime ainsi, d&#232;s le coucher du soleil et pendant la nuit, sa propre production par la r&#233;pression des g&#232;nes qui codent ces prot&#233;ines&#8230; Ce m&#233;canisme de tic-tac mol&#233;culaire a pu &#234;tre confirm&#233;, avec quelques variantes et selon une complexit&#233; accrue, de la mouche &#224; l'homme&#8230; On constate alors l'expression oscillante de ce g&#232;ne-horloge, conform&#233;ment au sch&#233;ma propos&#233; pour la drosophile&#8230; Ces g&#232;nes de l'horlogerie &#8211; per, tim, cycle et clock, notamment -, impliqu&#233;s dans le r&#233;glage de l'horloge &#171; centrale &#187;, sont pr&#233;sents dans toutes les cellules de l'organisme, en plus des neurones et de cellules gliales du noyau supraschiasmatique. Ces g&#232;nes sont-ils r&#233;prim&#233;s dans les tr&#232;s nombreuses autres cellules de l'organisme ou bien peuvent-ils s'exprimer et jouer un r&#244;le d'horloge secondaire ? (&#8230;) L'&#233;quipe am&#233;ricaine de Stevens Kay &#224; la Scripps Clinique en Californie a mis en &#233;vidence ce type d'horlogerie au niveau d'autres organes de la mouche, dans les ailes, les pattes, autour de la bouche ainsi que dans les antennes&#8230; Ce type de fonctionnement extrac&#233;r&#233;bral des g&#232;nes mentionn&#233;s se retrouve chez les vert&#233;br&#233;s : dans les fibroblastes, les cellules ubiquitaires des tissus conjonctifs, le syst&#232;me d'horloge fonctionne aussi d'une fa&#231;on cyclique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arthur Winfree dans &#171; Les horloges de la vie &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien ne nous semble plus ordinaire que l'alternance du sommeil et de la veille, qui rythme inlassablement notre vie. Tandis que tourne la Terre, notre conscience poursuit ses propres r&#233;volutions, passant du r&#234;ve, myst&#233;rieux et solitaire, &#224; l'&#233;veil, avec ses activit&#233;s sociales et professionnelles. A l'occasion, nous avons tous modifi&#233; le rythme quotidien de nos activit&#233;s et nous savons que notre rythme interne n'est pas strictement synchronis&#233; sur l'alternance du jour et de la nuit. Nous savons &#233;galement que nous ne pouvons &#233;chapper au sommeil bien longtemps. Le rythme de l'horloge g&#233;ophysique est inscrit en nous ; ce n'est pas seulement le fruit d'une longue habitude, contract&#233;e d&#232;s la naissance, mais un h&#233;ritage physiologique. (&#8230;) La temp&#233;rature interne varie imperturbablement, avec une p&#233;riode de 25 heures (appel&#233; rythme circadien par opposition au rythme diurne de 24 heures &#8211; circadien veut dire proche du rythme des jours). En d&#233;couvrant la r&#233;gularit&#233; du cycle des temp&#233;ratures internes, Jurgen Aschoff, directeur de l'Institut Max Planck d'Andechs, a ainsi d&#233;montr&#233; l'existence d'une horloge circadienne interne. La p&#233;riode de l'alternance sommeil-veille d'un homme est de 24 heures mais elle se poursuit selon sa p&#233;riode naturelle, &#233;gale &#224; 25 heures, quand l'homme a &#233;t&#233; isol&#233;, soustrait &#224; l'influence de la lumi&#232;re. (&#8230;.) On ne conna&#238;t le rythme interne de la p&#233;riode que depuis 20 ans. D'autres primates poss&#232;dent &#233;galement ce rythme. (&#8230;)Tout notre environnement varie selon un rythme &#171; civil &#187; de 24 heures et nos fonctions physiologiques acc&#233;l&#232;rent ou ralentissent ainsi de concert avec le cycle du sommeil. Les cons&#233;quences m&#233;dicales de cet asservissement sont aujourd'hui connues. (&#8230;) On supporte mieux la douleur l'apr&#232;s-midi que le matin. Les anesth&#233;sies sont particuli&#232;rement efficaces en d&#233;but d'apr&#232;s-midi et les doses n&#233;cessaires le matin peuvent &#234;tre excessives en fin de journ&#233;e. Les sujets allergiques sont beaucoup plus sensibles juste apr&#232;s minuit que dans l'apr&#232;s-midi. Le foie m&#233;tabolise bien plus vite l'alcool en d&#233;but de soir&#233;e que le matin. Les m&#233;decins doivent tenir compte des rythmes biologiques pour l'interpr&#233;tation des examens biologiques et l'&#233;tablissement des diagnostics. Une temp&#233;rature &#233;gale &#224; 37 degr&#233;s pendant la nuit est anormale ;l &#224; trois heures du matin, cette valeur indique que le patient est fi&#233;vreux, alors qu'en fin d'apr&#232;s-midi, elle n'est pas inqui&#233;tante. (&#8230;) En fait, c'est non seulement pour le diagnostic, mais aussi pour le traitement que le m&#233;decin doit tenir compte des rythmes circadiens. Comme la r&#233;plication de l'ADN, dans de nombreux types de cellules, s'effectue de pr&#233;f&#233;rence &#224; certaines heures de la journ&#233;e, les radioth&#233;rapies ou les chimioth&#233;rapies sont beaucoup plus efficaces &#224; des moments pr&#233;cis de la journ&#233;e. On observe parfois que 80% des cellules d'une population r&#233;sistent au traitement &#224; un moment de la journ&#233;e alors que la m&#234;me dose est fatale &#224; 80% de la population quelques heures plus tard. (&#8230;) Les endocrinologues et les v&#233;t&#233;rinaires connaissent depuis longtemps l'importance de l'heure d'administration des hormones. On traite les insuffisances surr&#233;naliennes humaines, par exemple, en administrant plut&#244;t la cortisone le matin lorsque l'activit&#233; de la glande cortico-surr&#233;nale est maximale. (&#8230;) On a &#233;galement observ&#233; que les troubles du sommeil et diverses maladies psychiatriques plus graves, notamment des d&#233;pressions, sont synchronis&#233;es avec la lib&#233;ration d'hormones dans le cerveau : ces maladies, jusqu'ici incurables, pourraient &#234;tre des effets secondaires de troubles des rythmes circadiens ; des expositions convenablement programm&#233;es &#224; la lumi&#232;re (celle du soleil ou celle de lampes intenses) permettent de traiter certaines formes de d&#233;pression). On suppose que l'exposition &#224; la lumi&#232;re modifie la s&#233;cr&#233;tion de m&#233;latonine, une neuro-hormone associ&#233;e au cycle circadien. (&#8230;) Bien que le rythme naturel de notre horloge soit plus lent d'une heure par jour environ que le rythme de rotation de la Terre, notre horloge est entra&#238;n&#233;e par les variations lumineuses et sa p&#233;riode est ainsi r&#233;gl&#233;e sur 24 heures. Un enfant poss&#232;de d'abord un rythme naturel de p&#233;riode &#233;gale &#224; 25 heures, puis il s'adapte au rythme de son entourage. (&#8230;) Une horloge ne sert &#224; rien si on ne peut la remettre &#224; l'heure ; de m&#234;me une horloge biologique qui ne se resynchroniserait pas serait inutile, sauf si sa p&#233;riode &#233;tait exactement celle de la Terre. Elle devrait en outre &#234;tre insensible au froid, au chaud, aux &#233;motions et aux variations hormonales. La moindre diff&#233;rence entre sa p&#233;riode interne et la p&#233;riode externe la mettrait hors d'usage : m&#234;me si le d&#233;calage &#233;tait seulement d'une minute par jour les animaux diurnes que nous sommes seraient, en deux ans, des animaux nocturnes s'&#233;veillant au cr&#233;puscule, se couchant &#224; l'aube : deux ans plus tard, nous serions &#224; nouveau en phase avec le Soleil et, deux ans plus tard encore, nous serions &#224; nouveau plong&#233;s dans la nuit. (&#8230;.) Pour demeurer accord&#233;s &#224; l'environnement, il nous faudrait vivre en nomades, et faire le tour de la Terre. (&#8230;)Pour rester synchronis&#233;e, notre horloge interne doit battre &#224; un rythme peu diff&#233;rent de celui de la Terre et se recaler quotidiennement. Cette possibilit&#233; de resynchronisation est essentielle au fonctionnement de toute horloge biologique : l'animal qui la poss&#232;de demeure ainsi dans sa zone horaire d'origine sans devoir voyager pour compenser l'in&#233;vitable d&#233;calage. La resynchronisation r&#233;sulte d'un entra&#238;nement. Un cycle est ainsi entra&#238;n&#233; par un autre cycle, gr&#226;ce &#224; des signaux r&#233;guliers, &#224; la fa&#231;on des danseurs qui suivent le rythme d'une musique. Le cycle des saisons, par exemple, entra&#238;ne celui de la floraison et de la fructification de nombreux arbres ; la pousse des bois du cerf est soumise &#224; la m&#234;me r&#233;gulation. Dans le cas des rythmes circadiens, le signal de commande est g&#233;n&#233;ralement la dur&#233;e quotidienne du jour. Selon les cas, la lumi&#232;re retarde ou avance l&#233;g&#232;rement l'horloge interne. Il existe bien d'autres syst&#232;mes de resynchronisation des horloges biologiques, mais la grande majorit&#233; des esp&#232;ces vivantes se fondent sur l'&#233;v&#233;nement quotidien qui se r&#233;p&#232;te le plus r&#233;guli&#232;rement : l'alternance du jour et de la nuit ; c'est &#224; ce signal que leurs horloges circadiennes sont devenues les plus sensibles. (&#8230;) Comment s'effectue cette resynchronisation ? (&#8230;) Les stimuli (une exposition &#224; la lumi&#232;re blanche pendant 14 heures, par exemple) agissent diff&#233;remment selon la phase du cycle interne &#224; partir duquel on les applique. En premi&#232;re approximation, ces stimuli n'engendrent qu'un d&#233;calage : une p&#233;riode apr&#232;s le d&#233;but de la stimulation, l'horloge n'est plus &#224; la phase qu'elle aurait eu sans la stimulation, mais &#224; une nouvelle phase. (...) On rencontre souvent en physiologie le d&#233;clenchement d'un &#233;v&#233;nement discontinu, par exemple le passage du sommeil &#224; l'&#233;tat de veille, qui r&#233;sulte d'un processus comportant un ph&#233;nom&#232;ne de seuil et que ce seuil soit lui-m&#234;me le produit d'un rythme. Le fonctionnement passe par une phase critique. En termes de rythmes, le passage d'une resynchronisation paire &#224; impaire et inversement est une discontinuit&#233; fondamentale. (&#8230;) Tous les organismes subissent une resynchronisation impaire lorsque les stimuli sont tr&#232;s faibles ; &#224; la limite (stimuli nul), la nouvelle phase est &#233;gale &#224; l'ancienne. Ces m&#234;mes organismes ont-ils une resynchronisation impaire quand on les stimule davantage ? (&#8230;) Quand la dur&#233;e d'exposition p&#233;riodique &#224; la lumi&#232;re passe de 7,5 minutes &#224; 2 heures, (&#8230;) la resynchronisation d'impaire devient paire. Ce changement n'a pas seulement lieu quand on multiplie par 16 la dur&#233;e de stimulation : on pourrait le cerner bien plus pr&#233;cis&#233;ment en augmentant progressivement la dur&#233;e des stimulations dans diverses exp&#233;riences. Cette simple remarque suffit &#224; r&#233;futer l'id&#233;e selon laquelle les diff&#233;rents types topologiques de resynchronisation r&#233;sulteraient de m&#233;canismes d'horloge diff&#233;rents ou de types de stimuli particuliers. Au contraire, les diff&#233;rentes resynchronisations semblent dues &#224; un m&#233;canisme universel ! Cette observation fait surgir un nouveau probl&#232;me : quel que soit l'organisme consid&#233;r&#233; et quelle que soit la phase &#224; laquelle on le stimule, (&#8230;) le passage d'une resynchronisation impaire &#224; une resynchronisation paire, c'est-&#224;-dire le passage d'une boucle autour du trou central du tore (repr&#233;sentation de l'espace des &#233;tats sur un &#233;quivalent topologique de la chambre &#224; air) &#224; une boucle ne traversant pas ce trou, ne peut pas s'effectuer de mani&#232;re continue. (...) Pour les moustiques Culex, par exemple, le renforcement de la stimulation finit par modifier brusquement la courbe de resynchronisation : tandis qu'elle d&#233;crivait toutes les valeurs de la nouvelle phase, un intervalle complet de valeurs est maintenant &#233;pargn&#233;. A partir d'une valeur critique de la phase, lorsque le stimulus est assez intense, la nouvelle phase d&#233;croche. Le mot &#034;d&#233;croche&#034; peut sembler abusif car il faut imaginer une discontinuit&#233; et, hormis les &#233;v&#233;nements mol&#233;culaires ou relevant de la m&#233;canique quantique, les changements temporels (en biologie) semblent continus, bien que parfois tr&#232;s rapides. Les v&#233;ritables discontinuit&#233;s (en biologie) sont des ph&#233;nom&#232;nes rares et inobservables. Comment prouver que la cause est r&#233;ellement inf&#233;rieure &#224; n'importe quelle valeur finie (c'est-&#224;-dire prouver la continuit&#233;) ? Pourtant dans le cas pr&#233;sent, la nouvelle phase semble bien changer d'une quantit&#233; finie, alors que l'ancienne phase ne change que d'une fa&#231;on infinit&#233;simale. Serions-nous dans le cas exceptionnel d'une v&#233;ritable discontinuit&#233; ? Oui, car, dans le ph&#233;nom&#232;ne consid&#233;r&#233;, la discontinuit&#233; est un imp&#233;ratif topologique. Pour transformer une boucle entourant le trou d'un tore en une boucle ne l'entourant pas, il faut n&#233;cessairement d&#233;former la boucle de fa&#231;on discontinue. Lorsque le stimulus atteint la valeur critique, la boucle doit &#234;tre coup&#233;e, d&#233;plac&#233;e, puis recoll&#233;e. La topologie ne d&#233;crit pas la discontinuit&#233;, mais elle pr&#233;voit un ph&#233;nom&#232;ne &#224; d&#233;couvrir : il doit exister une singularit&#233; physiologique. Il y a 20 ans seulement, on ne soup&#231;onnait m&#234;me pas l'existence de cette singularit&#233;, mais les exp&#233;riences o&#249; l'on observait un d&#233;phasage variant contin&#251;ment en fonction des conditions exp&#233;rimentales auraient d&#251; nous mettre sur la voie de la singularit&#233; inobserv&#233;e. La topologie a indiqu&#233; la m&#233;thode &#224; suivre pour trouver exp&#233;rimentalement le point singulier et, rapidement, le protocole de pi&#233;geage de singularit&#233; a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre pour la recherche de la phase singuli&#232;re d'une horloge biologique. (&#8230;) L'examen raisonn&#233; des resynchronisations observ&#233;es suffit &#224; d&#233;duire les propri&#233;t&#233;s essentielles des horloges biologiques. Cet examen est favoris&#233; par une pr&#233;sentation g&#233;om&#233;trique, intuitive, fond&#233;e sur des diagrammes de phase color&#233;s. Sur ces diagrammes apparaissent directement les surprenantes cons&#233;quences de la d&#233;couverte des resynchronisations paires. (&#8230;) A la limite de la resynchronisation impaire, la nouvelle phase est strictement &#233;gale &#224; l'ancienne ; &#224; la limite de la resynchronisation impaire, la nouvelle phase est constante, quelle que soit l'ancienne phase. (&#8230;) Construisons alors un graphique rectangulaire o&#249; apparaissent tous les types de stimulations possibles : en abscisses, nous portons les anciennes phases, &#224; partir desquelles les horloges sont stimul&#233;es, en ordonn&#233;e, nous portons les intensit&#233;s de stimulation. En chaque point de ce rectangle, nous indiquons le r&#233;sultat de l'exp&#233;rience (la nouvelle phase) par un code de couleur. (&#8230;) Repr&#233;sentons la phase nulle par la couleur rouge et convenons que les phases croissantes soient successivement repr&#233;sent&#233;es par le violet, le pourpre, le bleu, le vert, le jaune, l'orange et de nouveau le rouge. (&#8230;) Selon l'hypoth&#232;se de continuit&#233;, la couleur en chaque point doit &#234;tre voisine de la couleur des points voisins. Une zone jaune, par exemple, ne peut &#234;tre voisine d'une zone bleue : entre les deux doit appara&#238;tre soit une zone verte, soit une succession de zones orange, rouge, pourpre, violette. (&#8230;) Faites l'exp&#233;rience, vous n'&#233;viterez pas une zone o&#249; toutes les couleurs se m&#233;langent. Cette conclusion est biologiquement importante : pour un point correspondant &#224; un couple pr&#233;cis d'ancienne phase et d'intensit&#233; du stimulus, la nouvelle phase est ind&#233;termin&#233;e, bien que les points tr&#232;s voisins soient de toutes les couleurs. Ce point est une singularit&#233; de phase. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Arthur Winfree Les horloges de la vie : les math&#233;matiques des rythmes biologiques Pour la science (BELIN) 1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Arthur Winfree The geometry of biological time. Springer-Verlag 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Steven Strogatz SYNC : the emergeous science of spontaneous order. Hyperion 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Mich&#232;le Teboul et Franck Delaunay Ni ma&#238;tre ni esclave chez les horloges biologiques M&#233;decine-Sciences Juillet-Aout 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Hugues Dardente. Redondance g&#233;n&#233;tique et synchronisation cellulaire dans les horloges circadiennes. Medecine-Sciences. Mars 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Albert Goldbeter. La vie oscillatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Gilbert Simondon &#8211; Les rythmes comme cycles de l'ontogen&#232;se ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Albert Goldbeter &#233;crit dans &#171; La vie oscillatoire &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Battements du c&#339;ur, respiration, alternance des phases d'&#233;veil et du sommeil, cycle ovarien, migrations animales, floraison des plantes : la vie est rythmes. (&#8230;) De nombreux processus p&#233;riodiques sont &#224; l'&#339;uvre, de mani&#232;re imperceptible au sein de nos cellules. Ainsi, une horloge biologique contr&#244;le le cycle de division cellulaire, des premiers stades de l'embryon jusqu'&#224; la formation de l'organisme adulte au sein duquel elle poursuit son action tout au long de la vie. L'action des neurones est sous-tendue par des rythmes. D'autres exemples nous sont donn&#233;s par l'alternance p&#233;riodique des diff&#233;rentes phases du sommeil, les nombreux rythmes hormonaux et les oscillations dans les communications intercellulaires. (&#8230;) Parmi les multiples rythmes qui scandent la physiologie des organismes, certains sont li&#233;s &#224; la p&#233;riodicit&#233; de l'environnement. Ainsi des rythmes circadiens, d'une p&#233;riode proche de 24 heures, permettent aux &#234;tres vivants de s'adapter &#224; l'alternance du jour et de la nuit, r&#233;sultent de la rotation de la Terre sur son axe. D'autres rythmes sont li&#233;s au cycle annuel des saisons, comme la floraison, l'hibernation, les migrations ou la reproduction chez de nombreuses esp&#232;ces animales. (&#8230;) Les rythmes biologiques les plus rapides caract&#233;risent l'activit&#233; &#233;lectrique des cellules nerveuses ou musculaires. Leur p&#233;riode peut varier du centi&#232;me de seconde &#224; une dizaine de seconde ou plus. (&#8230;) Le cerveau est un organe rythmique par excellence, tout comme le c&#339;ur. (&#8230;) Les m&#233;canismes qui sous-tendent la p&#233;riodicit&#233; cyclique au niveau cellulaire sont similaires aux m&#233;canismes des rythmes neuronaux. A c&#244;t&#233; des oscillations d'origine &#233;lectrique qui forment une classe majeure parmi les rythmes biologiques, il en existe de nombreux autres de nature non &#233;lectrique. Ainsi, des oscillations sont observ&#233;es dans les voies de communication entre cellules, par exemple de nature hormonale, et dans le cycle de division cellulaire dont la p&#233;riode varie d'une dizaine de minutes pour certaines cellules embryonnaires &#224; 24 heures ou plus pour les cellules de l'organisme adulte. D'autres rythmes sont observ&#233;s au sein de la cellule. Ainsi, des oscillations de calcium surviennent avec une p&#233;riode de quelques secondes ou de quelques minutes dans des cellules stimul&#233;es par une hormone ou un neurotransmetteur. (&#8230;) Un bel exemple de rythme dans les communications intercellulaires est fourni par des amibes dites &#171; sociales &#187;, qui communiquent entre elles par des signaux pulsatiles dont la fr&#233;quence est de l'ordre d'une pulsation toutes les 5 ou 10 minutes. De m&#234;me, la plupart des hormones sont s&#233;cr&#233;t&#233;es de mani&#232;re pulsatile avec une p&#233;riodicit&#233; allant d'une dizaine de minutes pour l'insuline &#224; une heure pour l'hormone qui induit la s&#233;cr&#233;tion des hormones gonadotropes impliqu&#233;es dans le contr&#244;le de la reproduction et de trois &#224; cinq heures pour l'hormone de la croissance. (&#8230;) D'autres rythmes proc&#232;dent d'un m&#233;canisme supracellulaire faisant intervenir des interactions r&#233;gulatrices entre les diff&#233;rents organes. Ainsi, cycle ovarien, chez la femme, prend la forme du cycle menstruel d'une p&#233;riode proche de 28 jours et fait intervenir les s&#233;cr&#233;tions hormonales de l'hypothalamus, de l'hypophyse et des ovaires. A un niveau &#233;cologique d&#233;passant celui des organismes, les interactions entre populations animales donnent lieu &#224; des oscillations de p&#233;riode encore plus longue. (&#8230;) Les oscillations dans les populations de pr&#233;dateurs et de proies repr&#233;sentent un exemple classique de rythme en &#233;cologie, avec une p&#233;riode pouvant atteindre plusieurs ann&#233;es. (&#8230;) Parmi les rythmes multiannuels remarquables, ceux dont la p&#233;riode est la plus longue dans le r&#232;gne animal caract&#233;risent le cycle de la vie de certaines cigales qui &#233;mergent du sol, dans l'Est des Etats-Unis, tous les 13 ou 17 ans. Enfin, dans le r&#232;gne v&#233;g&#233;tal, certaines esp&#232;ces de bambou fleurissent avec une p&#233;riodicit&#233; qui peut atteindre la centaine d'ann&#233;es. Dans la plupart des exemples connus exp&#233;rimentalement la non-lin&#233;arit&#233; responsable de l'existence d'oscillations est associ&#233;e &#224; la pr&#233;sence d'une &#233;tape de nature auto-catalytique, c'est-&#224;-dire auto-amplifi&#233;e, en raison d'une r&#233;troaction positive. Souvent des r&#233;troactions positives et n&#233;gatives entrem&#234;l&#233;es sont &#224; la base du comportement oscillant. Ces conditions d'ouverture et de non-lin&#233;arit&#233; sont pr&#233;cis&#233;ment celles qui caract&#233;risent la chimie des &#234;tres vivants. (&#8230;) Une observation parmi les plus &#233;nigmatiques au sujet des rythmes circadiens est la possibilit&#233; de les supprimer de mani&#232;re permanente par une br&#232;ve impulsion lumineuse. Tout aussi myst&#233;rieuse est la restauration du rythme par une seconde impulsion identique &#224; la premi&#232;re. Ce ph&#233;nom&#232;ne, observ&#233; chez la drosophile et chez certains mammif&#232;res comme le cochon d'Inde, (&#8230;) a re&#231;u une interpr&#233;tation par Arthur Winfree. (&#8230;) Winfree suppose que les rythmes circadiens se produisent sous forme d'oscillations de type cycle limite autour d'un &#233;tat stationnaire instable. L'effet de la perturbation lumineuse est de ramener chaque cellule oscillante &#224; son &#233;tat stationnaire. Il est n&#233;cessaire pour cela que la perturbation poss&#232;de une amplitude pr&#233;cise et soit appliqu&#233;e &#224; une phase particuli&#232;re des oscillations. Comme l'&#233;tat stationnaire est instable, les cellules finissent par le quitter et retournent chacune au cycle limite. Toutefois, la phase des oscillations est ind&#233;finie, et chaque cellule rejoint le cycle &#224; une phase al&#233;atoire. La d&#233;synchronisation qui en r&#233;sulte abolit l'&#233;mergence d'un rythme circadien global, au moins pendant un certain temps. L'effet de la perturbation lumineuse pendant ce laps de temps est de supprimer le rythme circadien. (&#8230;) Le but premier de ce livre a &#233;t&#233; de rechercher le m&#233;canisme &#224; l'origine des principaux rythmes du vivant. La plupart du temps, ce m&#233;canisme est de nature cellulaire et repose sur des processus de contr&#244;le impliquant la r&#233;gulation de g&#232;nes, de r&#233;cepteurs, de canaux ioniques ou d'enzymes. (&#8230;) Pour que le rythme s'&#233;tablisse de mani&#232;re robuste au niveau d'un tissu, d'un organisme ou d'une population, il faut encore que les oscillateurs se synchronisent entre eux. (&#8230;) Nous avons rencontr&#233; de multiples exemples de synchronisation des rythmes : oscillations glycolytique dans une population de levures, agr&#233;gation p&#233;riodique des amibes sociales, mise en phase d'oscillateurs neuronaux sous-tendant l'activit&#233; rythmique du cerveau, s&#233;cr&#233;tion coordonn&#233;e des pulsations d'insuline par les cellules b&#233;ta du pancr&#233;as, &#233;mergence du rythme cardiaque au sein des cellules du n&#339;ud sinusal et des rythmes circadiens dans des cultures des cellules des noyaux supraschiasmatiques. Dans chacun de ces exemples, des cellules oscillantes se synchronisent entre elles. (&#8230;) Le couplage et la synchronisation jouent un r&#244;le cl&#233; dans la dynamique des syst&#232;mes du vivant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jean-Didier Vincent, dans la pr&#233;face de &#171; Les fils du temps &#187; de R&#233;my Lestienne :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il existe une horloge form&#233;e d'une centaine de neurones dans l'&#339;il de l'escargot : elle indique les jours avec une pr&#233;cision digne d'un horloger helv&#232;te. On dit qu'il s'agit d'un &#171; pacemaker &#187; circadien parce qu'elle a la propri&#233;t&#233; de produire des rythmes &#224; la fa&#231;on d'un m&#233;tronome battant la mesure selon une p&#233;riode d'environ un jour. Ce rythme est une propri&#233;t&#233; intrins&#232;que des cellules oculaires ; isol&#233;es de l'&#339;il et du reste du corps, celles-ci continuent de pr&#233;senter une alternance d'activit&#233; et de repos selon une p&#233;riodicit&#233; de vingt-quatre heures. Comme toute horloge, la montre vivante doit &#234;tre remise &#224; l'heure en fonction des saisons et des fuseaux horaires. C'est le cerveau qui r&#233;alise ce r&#233;glage par l'interm&#233;diaire des voies nerveuses qui changent la phase de l'horloge sans en modifier la p&#233;riode. Pour transmettre ses ordres, il utilise un messager chimique, la s&#233;rotonine, v&#233;ritable horloger du vivant pr&#233;sent chez toutes les esp&#232;ces d'animaux sup&#233;rieurs. Fabriquer du temps semble donc &#234;tre une propri&#233;t&#233; fondamentale du vivant. Le rythme circadien constitue une formidable possibilit&#233; d'adaptation aux conditions de vie &#224; la surface de la Terre. Tous les &#234;tres vivants plus &#233;volu&#233;s que les bact&#233;ries pr&#233;sentent des rythmes biologiques (alternance d'activit&#233;-repos, cycle des temp&#233;ratures, etc.) qui se produisent avec une p&#233;riodicit&#233; de vingt-quatre heures. Ces rythmes circadiens sont endog&#232;nes et font partie int&#233;grante de la cellule. Chez les &#234;tres pluricellulaires, seules quelques cellules conservent cette propri&#233;t&#233; de produire un rythme circadien. Ce sont les horloges internes, constitu&#233;es de neurones sp&#233;cialis&#233;s, que poss&#232;dent non seulement l'escargot mais aussi des animaux plus &#233;volu&#233;s : le rat, le lapin&#8230; et l'homme. Personne ne peut &#233;chapper &#224; ces cadences impos&#233;es par le cerveau&#8230; Nombre de nos activit&#233;s, de nos s&#233;cr&#233;tions hormonales, de mouvements de nos visc&#232;res ne pourraient pas se passer de ce temps quotidien. De multiples &#171; montres &#187; log&#233;es dans notre cerveau r&#232;glent l'emploi du temps de chacune de nos fonctions. Il semble qu'une seule horloge, dite &#171; ma&#238;tresse &#187;, coiffe et gouverne cet amoncellement de pendules, un peu comme &#224; la gare Saint-Lazare. Elle est enfouie au plus profond du cerveau, dans le &#171; noyau suprachiasmatique &#187; de l'hypothalamus. Le rythme circadien existe d&#233;j&#224; chez le f&#339;tus : il est alors entrav&#233; par celui de la m&#232;re, dont il peut toutefois &#234;tre facilement dissoci&#233;. Les plans de l'horloge font partie du patrimoine g&#233;n&#233;tique de l'individu. Des biologistes ont r&#233;cemment isol&#233;, sur le chromosome X de la mouche drosophile, le g&#232;ne responsable de cette p&#233;riodicit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article186&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les rythmes biologiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1798&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rythmes du vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article556&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#232;nes architectes et horloges du d&#233;veloppement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=L_QoAwAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=les+horloges+du+vivant+chaline&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi7jq7Los7aAhVNaVAKHTDyA7gQ6AEIJzAA#v=onepage&amp;q=les%20horloges%20du%20vivant%20chaline&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les horloges du Vivant, Jean Chaline&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=oWrQAQAAQBAJ&amp;pg=PT196&amp;lpg=PT196&amp;dq=citation+horloges+du+vivant&amp;source=bl&amp;ots=KorCWAM8Bb&amp;sig=vSsMdrVSQovsE9hYV038iO8uRp4&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjfrJzKoc7aAhUDC-wKHSkVA-wQ6AEIkAEwDA#v=onepage&amp;q=citation%20horloges%20du%20vivant&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les horloges du vivant, Andr&#233; Klarsfeld&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique104&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les rythmes biologiques, un processus dynamique et des structures auto-organis&#233;es et &#233;mergentes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=5u7AQgFwKbIC&amp;pg=PA9&amp;dq=horloges+du+vivant&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjfyPK1sc7aAhUFb1AKHY0kC6cQ6AEIPjAE#v=onepage&amp;q=horloges%20du%20vivant&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Albert Goldbeter, La vie oscilatoire. Au c&#339;ur des rythmes du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=8jidJnfskl0C&amp;pg=PA82&amp;dq=horloges+du+vivant&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjmm9aXss7aAhVL3aQKHY6eBGs4ChDoAQgmMAA#v=onepage&amp;q=horloges%20du%20vivant&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ouvrage collectif, Le temps du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=Xke4spY2FXUC&amp;pg=PA69&amp;dq=les+temps+de+la+biologie&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwj37qW1t87aAhVKJpoKHUfmCh0Q6AEIQDAE#v=onepage&amp;q=les%20temps%20de%20la%20biologie&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Nicolas Tournier dans Le temps et sa fl&#232;che&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2008/05/medsci2008243p270/medsci2008243p270.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hugues Dardente dans Redondance g&#233;n&#233;tique et synchronisation cellulaire dans les horloges circadiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/ms/2005-v21-n1-ms851/009993ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hugues Dardente et Nicolas Cermakian, Les noyaux suprachiasmatiques : une horloge circadienne compos&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.expoclock.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Exposition &#171; Les horloges du Vivant &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/science-actualites/detail/news/horloge-biologique-au-rythme-de-ladn/?tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&amp;tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&amp;cHash=657ff8cdbb16e1e3b7b817943ef64be1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cit&#233; des Sciences, Horloge biologique : au rythme de l'ADN&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://echosciences.nouvelle-aquitaine.science/articles/clock-les-horloges-du-vivant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Clock : les Horloges du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_11/i_11_m/i_11_m_hor/i_11_m_hor.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les rouages de l'horloge biologique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/1683/MS_2000_4_504.pdf?sequence=8&amp;isAllowed=y&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les m&#233;canismes mol&#233;culaires de l'horloge circadienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www2.cnrs.fr/presse/communique/862.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment la prot&#233;ine Clock rythme notre biologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=nCBJ1k4vX4o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/mnhn/le_vieillissement_et_la_mort_le_cycle_du_vivant_un_processus_reversible.17679&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10555 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-4683.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-4683-57175.jpg?1776212998' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Geoffroy Saint-Hilaire, d&#233;fenseur du transformisme et de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique, notamment contre Cuvier</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5972</link>
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		<dc:date>2018-07-05T22:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En &#233;tudiant les plans d'organisation des animaux, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire d&#233;couvre l'homologie de diff&#233;rents squelettes. &lt;br class='autobr' /&gt; Geoffroy Saint-Hilaire, d&#233;fenseur du transformisme et de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique, notamment contre Cuvier &lt;br class='autobr' /&gt;
Un article de Quatrefage de Br&#233;au sur les pr&#233;curseurs de Darwin : &lt;br class='autobr' /&gt;
GEOFFROY SAINT-HILAIRE (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire est rest&#233; jusqu'&#224; ces derniers temps, m&#234;me pour beaucoup d'esprits cultiv&#233;s, le repr&#233;sentant le plus &#233;lev&#233; des doctrines qui reposent sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En &#233;tudiant les plans d'organisation des animaux, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire d&#233;couvre l'homologie de diff&#233;rents squelettes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L488xH384/-395-82fb4.gif?1776212998' width='488' height='384' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Geoffroy Saint-Hilaire, d&#233;fenseur du transformisme et de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique, notamment contre Cuvier&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un article de Quatrefage de Br&#233;au sur les pr&#233;curseurs de Darwin :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;GEOFFROY SAINT-HILAIRE (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire est rest&#233; jusqu'&#224; ces derniers temps, m&#234;me pour beaucoup d'esprits cultiv&#233;s, le repr&#233;sentant le plus &#233;lev&#233; des doctrines qui reposent sur la transmutation de l'esp&#232;ce, ou qui admettent cette transmutation comme une cons&#233;quence des faits observ&#233;s. Cette opinion populaire s'explique en grande partie par l'&#233;clat de la discussion qui s'&#233;leva vers 1830 entre lui et Cuvier, discussion qui &#233;mut et partagea toute l'Europe savante (2). On l'a souvent rapproch&#233; de Lamarck, et ces deux grands esprits ont &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;s comme s'&#233;tant laiss&#233; entra&#238;ner par les m&#234;mes r&#234;veries scientifiques. Rien n'est moins juste que ce rapprochement. Il n'existe &#224; peu pr&#232;s aucun rapport entre leurs doctrines. Au point de vue th&#233;orique, Geoffroy &#233;tait essentiellement l'&#233;l&#232;ve de Buffon, et son fils a eu raison de faire ressortir cette filiation intellectuelle (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'auteur de la Philosophie anatomique, l'action du milieu est la cause unique des changements &#233;prouv&#233;s par les organismes ; &#224; ses yeux, Lamarck s'est tromp&#233; en admettant que l'animal peut r&#233;agir sur lui-m&#234;me par la volont&#233; et les habitudes. Geoffroy ne fait aucune r&#233;serve &#224; ce sujet, et para&#238;t par cons&#233;quent, &#224; l'exemple de Buffon, regarder les organismes comme passifs au milieu m&#234;me des transformations qu'ils subissent. Toutefois il d&#233;veloppa la pens&#233;e de son illustre devancier. Il donna au mot de milieu une signification beaucoup plus large ; il attribua en particulier une importance consid&#233;rable &#224; la composition chimique de l'atmosph&#232;re, une pr&#233;pond&#233;rance marqu&#233;e aux fonctions respiratoires. &#171; Par l'intervention de la respiration, tout se r&#232;gle &#187;, dit-il. On reconna&#238;t ici le r&#233;sultat des progr&#232;s accomplis en g&#233;ologie, en pal&#233;ontologie, et peut-&#234;tre l'influence des travaux de M. Adolphe Brongniart sur la flore du terrain houiller. Dans les applications de la th&#233;orie, Geoffroy ne fit pourtant gu&#232;re que g&#233;n&#233;raliser et reporter aux animaux sup&#233;rieurs les consid&#233;rations admises par Lamarck au sujet des mollusques fossiles. Encore s'exprima-t-il d'ordinaire avec une grande r&#233;serve. &#171; C'est, dit-il, une question que j'ai pos&#233;e, un doute que j'ai &#233;mis, et que je reproduis au sujet de l'opinion r&#233;gnante (4) &#187; Toutefois il formula dans le m&#234;me travail une proposition aussi explicite et aussi &#233;tendue que possible. &#171; Les animaux vivant aujourd'hui proviennent, par une suite de g&#233;n&#233;rations et sans interruption, des animaux perdus du monde ant&#233;diluvien. &#187; En particulier, il fit descendre les grands sauriens, les crocodiles actuels, des crocodiles de l'ancien monde (5) ; mais il n'alla pas au del&#224;. Jamais il ne pr&#233;tendit faire remonter les esp&#232;ces pass&#233;es ou pr&#233;sentes &#224; un prototype quelconque ; et, cette opinion lui ayant &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;e, il r&#233;pondit par une protestation formelle (6). Geoffroy n'a pas cherch&#233; davantage &#224; pr&#233;ciser l'origine premi&#232;re des &#234;tres. Il s'est montr&#233; &#224; cet &#233;gard bien plus prudent, plus sage que Lamarck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;veloppements de la doctrine g&#233;n&#233;rale, Geoffroy est aussi d'abord plus pr&#233;cis que son illustre pr&#233;d&#233;cesseur. Il demande des enseignements &#224; l'embryog&#233;nie, &#224; l'histoire des m&#233;tamorphoses, &#224; la t&#233;ratologie ou science des monstruosit&#233;s. Prenant pour exemple la grenouille et l'exp&#233;rience si curieuse faite par &#034;William Edwards (7), il cherche dans la nature et y trouve facilement des esp&#232;ces qui reproduisent les formes successives des batraciens les plus &#233;lev&#233;s. Le prot&#233;e qui vit dans les lacs souterrains de la Carniole et conserve toute sa vie les branchies des t&#234;tards est &#224; ses yeux une sorte de larve permanente, mais capable de se reproduire, et qui n'a qu'un pas &#224; faire pour devenir semblable &#224; nos l&#233;zards d'eau (tritons). En s'appuyant sur ces faits, Geoffroy d&#233;clare que c'est chez l'embryon envoie de formation qu'il faut aller chercher les passages d'une esp&#232;ce &#224; l'autre, et il bl&#226;me Lamarck d'avoir cru &#224; la possibilit&#233; des modifications chez un animal adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Geoffroy s'&#233;loigne encore de celui qu'on a pris pour son ma&#238;tre par sa mani&#232;re de comprendre, au moins dans certains cas, la transformation des types. &#171; Ce n'est &#233;videmment point par un changement insensible que les types inf&#233;rieurs d'animaux ovipares ont donn&#233; le degr&#233; sup&#233;rieur d'organisation. &#187; Cette d&#233;claration est en opposition formelle avec les principes m&#234;mes des doctrines de Lamarck, et l'on comprend sans peine ce qui a d&#251; la dicter. En supprimant ainsi la n&#233;cessit&#233; de formes interm&#233;diaires, en admettant la possibilit&#233; d'une modification brusque des types, Geoffroy r&#233;pondait d'avance &#224; l'une des plus s&#233;rieuses objections que soul&#232;ve la th&#233;orie de la filiation lente des &#234;tres, savoir : la difficult&#233; de comprendre comment deux esp&#232;ces, jusque-l&#224; r&#233;unies physiologiquement, en viennent &#224; s'isoler. Lamarck, en pr&#233;voyant cette objection, en en signalant lui-m&#234;me la gravit&#233;, avait d&#251; mettre en garde Geoffroy Saint-Hilaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir donn&#233; les formules g&#233;n&#233;rales qui doivent, selon lui, rendre compte de la transformation des animaux, Geoffroy comprend, lui aussi, qu'il faut en venir &#224; un exemple sp&#233;cial. Ici il n'est vraiment pas plus heureux que Lamarck. Il avait reproch&#233; &#224; celui-ci ses colima&#231;ons adultes modifiant les formes de leur t&#234;te par l'influence du d&#233;sir, de la volont&#233;, et faisant na&#238;tre ainsi des tentacules qui grandissent de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration ; lui, il suppose un reptile qui &#171; dans l'&#226;ge des premiers d&#233;veloppements &#233;prouve une constriction vers le milieu du corps, de mani&#232;re &#224; laisser &#224; part tous les vaisseaux sanguins dans le thorax, et le fond du sac pulmonaire dans l'abdomen. C'est l&#224;, ajoute-t-il, une circonstance propre &#224; favoriser le d&#233;veloppement de toute l'organisation d'un oiseau. &#187; La portion post&#233;rieure du poumon se transforme en cellules abdominales ou sacs a&#233;riens (8). Agissant &#224; la mani&#232;re d'un soufflet, elle envoie dans la portion ant&#233;rieure ou thoracique de l'air comprim&#233; renfermant plus d'oxyg&#232;ne sous un moindre volume. De l&#224; r&#233;sulte un surcro&#238;t d'&#233;nergie pendant la combustion respiratoire, et par suite l'&#233;l&#233;vation de la temp&#233;rature, des modifications profondes dans le sang, l'acc&#233;l&#233;ration de la circulation, l'accroissement de l'&#233;nergie musculaire, enfin &#171; le changement des houppes t&#233;gumentaires en plumes &#187;. Voil&#224; ce que Geoffroy, entra&#238;n&#233; par ses convictions, appelle &#171; soulever le voile qui nous cache comment la mutation de l'organisation est r&#233;ellement possible, comment elle fut et doit avoir &#233;t&#233; autrefois praticable &#187;. Quant &#224; la succession des &#234;tres, aux relations des esp&#232;ces actuelles avec les esp&#232;ces pal&#233;ontologiques, les modifications de l'atmosph&#232;re, les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s &#224; la surface du globe, soit par l'action des ph&#233;nom&#232;nes naturels, soit par l'industrie de l'homme, lui en rendent ais&#233;ment compte. &#171; Ce n'est pas l&#224;, dit-il, qu'est la difficult&#233; ; l'&#233;vidence de ces raisonnements satisfait notre raison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Geoffroy Saint-Hilaire a restreint bien plus que Lamarck le champ de ses sp&#233;culations ; il s'est &#233;loign&#233; de lui sur plusieurs points fondamentaux ; il a introduit dans cet ordre de recherches des consid&#233;rations nouvelles emprunt&#233;es aux progr&#232;s les plus r&#233;cents de la science et &#224; ses propres recherches. Consid&#233;r&#233;es &#224; distance et en bloc, ses id&#233;es n'ont rien qui r&#233;pugne &#224; l'esprit, et l'on comprend qu'elles aient s&#233;duit bien des intelligences comme elles l'avaient entra&#238;n&#233; lui-m&#234;me. D&#232;s qu'il tente d'entrer dans les d&#233;tails, il est n&#233;anmoins forc&#233; de s'en tenir aux assertions les plus vagues ; d&#232;s qu'il veut citer un exemple, il n'est certainement pas plus heureux que son illustre pr&#233;d&#233;cesseur : il finit, lui aussi, par en appeler &#224; ses convictions personnelles comme &#224; une d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pas plus que Lamarck, il ne saurait sans injustice et sans erreur &#234;tre rattach&#233; &#224; de Maillet, &#224; Robinet. Il n'a &#233;videmment rien de commun avec le dernier ; tout en admettant les modifications brusques et individuelles, il se s&#233;pare enti&#232;rement du premier en rattachant les transmutations organiques aux ph&#233;nom&#232;nes embryog&#233;niques, en niant leur possibilit&#233; chez l'adulte. D'ailleurs pendant toute sa vie, Geoffroy fut le promoteur ardent des doctrines &#233;pig&#233;nistes, qu'il eut le m&#233;rite de d&#233;fendre contre Cuvier. Il ne peut donc &#234;tre plac&#233; que fort loin de quiconque se fonde sur la pr&#233;existence des germes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1	&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire, n&#233; &#224; &#201;tampes en 1772, mort &#224; Paris en 1844. On sait qu'il a &#233;t&#233; regard&#233; comme le rival de Cuvier ; et, quoique son &#339;uvre scientifique n'ait ni la grandeur ni la solidit&#233; de celle de son immortel antagoniste, la post&#233;rit&#233; reconna&#238;tra de plus en plus qu'il fut souvent dans le vrai en luttant contre l'auteur de l'Anatomie compar&#233;e, du R&#232;gne animal, des Recherches sur les ossements fossiles. On ne peut, entre autres, oublier que Geoffroy Saint-Hilaire fut toute sa vie le champion convaincu de l'&#233;pigen&#232;se. Ses id&#233;es sur l'influence du monde ambiant sont exag&#233;r&#233;es sans doute, mais au fond plus exactes que celles de Cuvier. Les doctrines de Geoffroy Saint-Hilaire ont &#233;t&#233; expos&#233;es dans un grand nombre de m&#233;moires, d'articles, etc. Il avait voulu en formuler l'ensemble dans sa Philosophie anatomique ; mais elles n'ont &#233;t&#233; r&#233;ellement coordonn&#233;es que dans l'ouvrage consacr&#233; &#224; la m&#233;moire de son p&#232;re par Isidore Geoffroy (Vie, travaux et doctrines scientifiques d'&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Cette discussion eut pour point de d&#233;part un rapport fait &#224; l'Acad&#233;mie des sciences par Geoffroy Saint-Hilaire sur un m&#233;moire tr&#232;s-important de M. Roulin, intitul&#233; : Sur quelques changements &#233;prouv&#233;s par les animaux domestiques transport&#233;s dans le nouveau continent (Savants &#233;trangers, t. VI). Le rapport de Geoffroy Saint-Hilaire a &#233;t&#233; imprim&#233; dans les M&#233;moires du Mus&#233;um, t. XVII, et dans les Annales des sciences naturelles, 1829.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Vie, travaux et doctrines scientifiques d'&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire, et Histoire naturelle g&#233;n&#233;rale des r&#232;gnes organiques, t. II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Sur le degr&#233; d'influence du monde ambiant pour modifier les formes animales. (M&#233;moires de l'Acad&#233;mie des sciences, t. XII.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 C'est m&#234;me &#224; l'occasion de ses recherches sur des fossiles de cette nature trouv&#233;s en Normandie que Geoffroy Saint-Hilaire fut amen&#233; &#224; d&#233;velopper ses id&#233;es relatives &#224; l'origine des esp&#232;ces actuelles. (M&#233;moires de l'Acad&#233;mie des sciences, t. XII.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6	Dictionnaire de la conversation, art. H&#233;r&#233;sies panth&#233;istiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7	William Edwards pla&#231;a dans une bo&#238;te &#224; compartiments perc&#233;e de trous et immerg&#233;e dans la Seine douze t&#234;tards arriv&#233;s tout pr&#232;s de l'&#233;poque de leur transformation, et dont il d&#233;termina le poids. Un plus grand nombre de ces m&#234;mes t&#234;tards furent plac&#233;s dans un grand vase dont on se contenta de changer l'eau tous les jours ; mais ils y subissaient l'influence de la lumi&#232;re, et pouvaient venir respirer l'air en nature &#224; la surface de l'eau. Ces derniers se transform&#232;rent en peu de jours. Sur les douze qui vivaient en pleine eau et dans l'obscurit&#233;, deux seulement subirent la transformation normale, mais beaucoup plus tard. Dix rest&#232;rent &#224; l'&#233;tat de larves, bien qu'ils eussent doubl&#233; et m&#234;me tripl&#233; de poids. (De l'influence des agents physiques sur la vie, 1824.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8	Chez les reptiles, le poumon consiste en une grande poche sur les parois de laquelle rampent les vaisseaux sanguins. Chez les oiseaux, il existe dans l'abdomen de grandes poches qui communiquent avec le poumon et en re&#231;oivent de l'air qu'elles poussent jusque dans les os des membres par des canaux particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Geoffroy_Saint-Hilaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui est Geoffroy Saint-Hilaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rhs_0048-7996_1950_num_3_4_2860&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#171; Principes de philosophie zoologique &#187; de Geoffroy Saint-Hilaire -&gt; http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k293309&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;bat entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire sur l'unit&#233; de plan et de composition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre &#171; Principes de philosophie zoologique &#187; de Geoffroy Saint-Hilaire, a &#233;t&#233; comment&#233; &#233;logieusement par Goethe en septembre 1830 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4392&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Stephen Jay Gould sur le combat entre Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire, la cr&#233;ation artificielle de monstruosit&#233;s prouvait que l'individu monstrueux &#8211; tout comme l'individu normal &#8211; n'est pas pr&#233;form&#233; dans l'&#339;uf, et donc que sa rupture morphologique d'avec le mod&#232;le de l'esp&#232;ce d&#233;pend des conditions ext&#233;rieures de r&#233;alisation. Les diverses transformations monstrueuses des embryons affect&#233;s t&#233;moignent plus g&#233;n&#233;ralement de directions d&#233;terminantes provenant du milieu qui, sur une &#233;chelle g&#233;ologique, se trouvent int&#233;gr&#233;es au plan d'organisation de nouvelles esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rhs_0048-7996_1950_num_3_4_2860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;bat entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Consid%C3%A9rations_historiques_sur_les_sciences_naturelles_-_la_zoologie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Consid&#233;rations historiques sur les sciences naturelles - la zoologie par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Vie,_travaux_et_doctrine_scientifique_d%E2%80%99%C3%89tienne_Geoffroy_Saint-Hilaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vie, travaux et doctrine scientifique d'&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire par son fils M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Paris_ou_les_sciences,_les_institutions_et_les_m%C5%93urs_au_XIXe_si%C3%A8cle/%C3%89tienne_Geoffroy_Saint-Hilaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;tienne Geoffroy Saint-Hilaire. &#8212; Sa vie. &#8212; Ses travaux. par Alphonse Esquiros&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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