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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Raya Dunayevska&#239;a 1955 La r&#233;volte dans les camps de travail d'esclaves &#224; Vorkouta</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Lire encore : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481 &lt;br class='autobr' /&gt;
Raya Dunayevska&#239;a 1955 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte dans les camps de travail d'esclaves &#224; Vorkouta &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui marque le deuxi&#232;me anniversaire de la gr&#232;ve la plus sans pr&#233;c&#233;dent au monde - la r&#233;volte dans les camps de travail forc&#233; russes &#224; Vorkouta. La partie remarquable de la gr&#232;ve est qu'elle n'a jamais eu lieu. Personne &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur du Kremlin, le si&#232;ge du gouvernement russe &#224; Moscou, ni m&#234;me les prisonniers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raya Dunayevska&#239;a 1955&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte dans les camps de travail d'esclaves &#224; Vorkouta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui marque le deuxi&#232;me anniversaire de la gr&#232;ve la plus sans pr&#233;c&#233;dent au monde - la r&#233;volte dans les camps de travail forc&#233; russes &#224; Vorkouta. La partie remarquable de la gr&#232;ve est qu'elle n'a jamais eu lieu. Personne &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; l'ext&#233;rieur du Kremlin, le si&#232;ge du gouvernement russe &#224; Moscou, ni m&#234;me les prisonniers eux-m&#234;mes qui devaient organiser cette gr&#232;ve, n'ont pens&#233; une telle chose possible dans leurs r&#234;ves les plus fous. Pourtant, quelques semaines apr&#232;s la r&#233;volte est-allemande du 17 juin 1953, ces m&#234;mes prisonniers ont &#233;t&#233; inspir&#233;s pour se lancer seuls.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mythe de l'invincibilit&#233; d&#233;truit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne montre autant l'incertitude et l'ins&#233;curit&#233; de ces dirigeants totalitaires, arm&#233;s jusqu'aux dents et avec tout le pouvoir et la terreur entre leurs mains, que la prudence avec laquelle le gouvernement a d'abord trait&#233; la gr&#232;ve. Ils ont envoy&#233; une commission, dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Derevianko, pour voler jusqu'au camp. Lorsqu'il a tent&#233; de haranguer les prisonniers et qu'il a &#233;chou&#233;, la commission est retourn&#233;e &#224; Moscou avec les demandes des prisonniers pour un examen de tous leurs cas et l'enl&#232;vement des barbel&#233;s. Au final, le Kremlin a fait ce que le tsar avait fait en 1912 : il a ouvert le feu sur les gr&#233;vistes d&#233;sarm&#233;s et en a tu&#233; quelque 200. Mais il n'a pas pu &#233;riger ce que les gr&#233;vistes avaient d&#233;truit : le mythe de l'invincibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces prisonniers sans aucun droit avaient os&#233; faire gr&#232;ve. Ils ont tenu pendant des semaines, &#233;branlant le Kremlin jusque dans ses fondements. Malgr&#233; une censure totale, les ouvriers de Leningrad sont imm&#233;diatement au courant de la gr&#232;ve. Quelques mois apr&#232;s, des &#233;tudiants de l'Institut minier de Leningrad, travaillant dans les mines de Vorkouta, ont racont&#233; aux prisonniers comment tout le monde avait parl&#233; de la gr&#232;ve &#224; Leningrad : &#171; Nous avons vite appris que vous &#233;tiez en gr&#232;ve. La baisse du charbon a &#233;t&#233; imm&#233;diatement perceptible. Nous n'avons aucune r&#233;serve. Il n'y a que le plan, c'est tout. Et tout le monde sait &#224; quel point les plans sont vuln&#233;rables. Cela a d&#233;truit le mythe selon lequel le syst&#232;me &#233;tait inattaquable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence de &#034;l'Occident&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;union &#034;au sommet&#034; est en train d'&#234;tre hu&#233;e maintenant et une r&#233;union des quatre grands ministres a alors eu lieu. Le r&#233;sultat en fut qu'ils obtinrent un silence aussi total sur la question de la r&#233;volte lors de cette conf&#233;rence &#224; Berlin-Ouest qu'&#224; Moscou. Le Dr Joseph Scholmer nous raconte cette histoire dans un livre des plus remarquables intitul&#233; Vorkouta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dr Scholmer &#233;tait l'un des milliers de travailleurs esclaves lib&#233;r&#233;s lors de la conf&#233;rence des quatre grands ministres en 1953. Il a ceci &#224; dire des &#171; experts &#187; occidentaux sur la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Quand j'ai mentionn&#233; le mot 'guerre civile' pour la premi&#232;re fois &#224; ces gens, ils &#233;taient constern&#233;s. La possibilit&#233; d'un soul&#232;vement &#233;tait en dehors de leur domaine de compr&#233;hension. Ils n'avaient aucune id&#233;e qu'il y avait des groupes de r&#233;sistance dans les camps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai parl&#233; &#224; toutes sortes de gens dans les premi&#232;res semaines apr&#232;s mon retour d'Union sovi&#233;tique. Il me semblait que l'homme de la rue avait la meilleure id&#233;e de ce qui se passait. Les &#171; experts &#187; semblaient ne rien comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s du rideau de fer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas par manque de compr&#233;hension que les dirigeants occidentaux ont agi comme ils l'ont fait. Bien au contraire. Je me souviens qu'&#224; la mort de Staline, un ouvrier de Flint a dit : &#171; &#192; quoi servent tous ces discours contre la Russie quand Eisenhower envoie sa sympathie aux dirigeants russes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout du monde de Flint, dans les camps de travail forc&#233; russes, le m&#234;me d&#233;go&#251;t pour les dirigeants occidentaux a balay&#233; les mouvements de r&#233;sistance russes. Pendant des ann&#233;es, il y a eu des groupes de r&#233;sistance clandestins, principalement ukrainiens. Avant le 17 juin, tous les pr&#233;paratifs de r&#233;sistance aux dirigeants totalitaires &#233;taient bas&#233;s sur l'&#233;ventualit&#233; d'une guerre et se tournaient vers les dirigeants occidentaux. Lorsque Staline mourut en mars 1953, l'espoir se r&#233;pandit dans les camps. Mais tout ce qui est venu des Eisenhower et des Churchill, ce sont des condol&#233;ances aux dirigeants russes qui ont continu&#233; le r&#233;gime stalinien. La morosit&#233; se r&#233;pandit dans les camps de travail forc&#233; jusqu'&#224; ce que la r&#233;volte du 17 juin en Allemagne de l'Est montre que la lib&#233;ration ne peut &#234;tre obtenue que par les travailleurs eux-m&#234;mes. Les prisonniers politiques russes ont poursuivi leur r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de juillet 1953 n'aurait pas pu avoir lieu sans la formation clandestine pr&#233;alable de groupes de r&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur des camps. Mais la gr&#232;ve telle qu'elle s'est produite &#233;tait enti&#232;rement diff&#233;rente de l'action pr&#233;vue lorsqu'ils se sont tourn&#233;s vers &#034;l'Occident&#034;. Le 17 juin avait chang&#233; tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sabotage et la trahison de l'Occident semblaient en &#233;tonner certains. Mais l'un des chefs de la r&#233;sistance russe l'a dit en un mot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces radios sont contr&#244;l&#233;es par les diff&#233;rents gouvernements, n'est-ce pas ? Eh bien, le 17 juin, ils ont d&#251; demander aux repr&#233;sentants du gouvernement ce qu'ils devaient faire. Et les responsables gouvernementaux ont une profonde aversion pour les soul&#232;vements populaires, o&#249; qu'ils aient lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but de la gr&#232;ve &#224; Vorkouta (1953)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camps de la r&#233;gion septentrionale de Vorkouta dans le nord de l'Oural &#233;tait occup&#233;s par l'extraction du charbon. Fin juin, les d&#233;tenus de la mine de Kapitalna&#239;a distribuaient des tracts appelant les prisonniers &#224; ne plus livrer de charbon jusqu'&#224; l'amnistie. C'est &#224; cette &#233;poque qu'un fort contingent de prisonniers de Karaganda arriva &#224; Vorkouta. &#192; tous avaient &#233;t&#233; promises de meilleures conditions de travail qu'ils ne re&#231;urent pas. Des gr&#232;ves suivirent, facilit&#233;es par la g&#233;ographie de Vorkouta : entre les mines se trouvaient des centrales &#233;lectriques, des briqueteries, des cimenteries qui &#233;taient desservies par des trains conduits par les prisonniers eux-m&#234;mes. Des milliers de travailleurs &#233;taient ainsi mis au courant des &#233;v&#233;nements au fur et &#224; mesure du cheminement des trains. Si bien que le 29 juillet 1953, six des dix-sept divisions du Retchlag, soit 15 604 d&#233;tenus, &#233;taient en gr&#232;ve[5],[6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mines dans l'Oural polaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les administrateurs &#233;taient terrifi&#233;s du fait que des comit&#233;s de gr&#232;ve avaient pris en main une situation dangereuse et le risque d'anarchie existait. Les meneurs les plus audacieux &#233;taient presque toujours des Ukrainiens de l'Ouest, des Polonais et des Baltes. &#192; Vorkouta, il s'agissait de Kendzerski, &#171; ancien capitaine de l'arm&#233;e polonaise &#187;[5]. Les gr&#233;vistes ne re&#231;urent aucun appui de la population de la ville qui &#233;tait compos&#233;e surtout d'anciens d&#233;tenus effray&#233;s par ce soul&#232;vement pour leur propre s&#233;curit&#233; &#187;[7]. Apr&#232;s quatre jours de gr&#232;ve &#224; Vorkouta, le chef de la d&#233;l&#233;gation moscovite pr&#233;senta une nouvelle liste de privil&#232;ges : travail de neuf heures, suppression des matricules, permissions de contacts avec les parents. Mais les prisonniers voulaient plus : l'amnistie semblable &#224; celle donn&#233;e aux d&#233;tenus de &#171; droit commun &#187;[8]. L'&#233;tape des n&#233;gociations &#233;choua et la seconde &#233;tape fut celle de la force brutale. Les d&#233;tenus refus&#232;rent de quitter la zone et accroch&#232;rent des drapeaux noirs aux baraques. Le drapeau &#233;tait d&#233;ploy&#233; en signe de deuil pour deux d&#233;tenus morts au d&#233;but de la gr&#232;ve et dans 3 divisions du camp seulement[9]. Les prisonniers n'aimaient pas trop donner &#224; leur mouvement un c&#244;t&#233; trop anti-sovi&#233;tique ou anarchiste[10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s r&#233;prim&#232;rent alors la gr&#232;ve. La troupe et la police oblig&#232;rent les d&#233;tenus &#224; sortir des camps et proc&#233;d&#232;rent &#224; un triage pour s&#233;parer les meneurs. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s moscovites promirent d'acc&#233;der &#224; la demande des prisonniers et les participants aux gr&#232;ves les crurent[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er ao&#251;t 1953, division du camp no 10, mine no 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un camp de la mine no 29 (du nom de Iourchor) les d&#233;tenus ne crurent pas la d&#233;l&#233;gation de Moscou dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Ivan Maslennikov et ils refus&#232;rent de reprendre le travail. Les soldats arriv&#232;rent avec une lance &#224; eau pour disperser les d&#233;tenus. Mais avant qu'ils aient le temps de d&#233;rouler les tuyaux les prisonniers avanc&#232;rent comme un mur obligeant le v&#233;hicule des pompiers &#224; reculer. Les gardes ont tir&#233; deux salves sur les d&#233;tenus. Mais comme ils se tenaient par le bras, personne ne tomba, m&#234;me les morts et les bless&#233;s. Il y eut quatre salves puis des mitrailleuses lourdes ouvrirent le feu[11]. Les documents officiels du Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur parlent de 42 morts et 135 bless&#233;s. D'autres t&#233;moins parlent de centaines de victimes[12]. Selon d'autres sources, le nombre de morts fut de 53 et il y eut 124 bless&#233;s, dont 41 graves et 83 l&#233;gers[13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quences des &#233;v&#232;nements du 1er ao&#251;t 1953&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves termin&#233;es, aucun camp ne sortait vainqueur. Des contestations &#233;clat&#232;rent sporadiquement dans plusieurs camps dont ceux de Vorkouta et de Norilsk. Mais le bilan des gr&#232;ves malgr&#233; les morts donna un moral triomphant aux prisonniers. D'autres gr&#232;ves se pr&#233;par&#232;rent et parfois elles furent connues des autorit&#233;s gr&#226;ce au syst&#232;me des mouchards introduits dans les camps, la surveillance des Ukrainiens, des Baltes et des Polonais engag&#233;s toujours plus loin dans la voie de la conspiration[14]. Parfois aussi, des provocations de la part des gardes d&#233;clenchaient des r&#233;voltes. Le nombre des gardes fut renforc&#233;. Les autorit&#233;s s'inqui&#233;taient et c'&#233;tait avec raison puisque apr&#232;s Norilsk et Vorkouta elles eurent &#224; g&#233;rer le Soul&#232;vement de Kengir. Celui-ci fut plus violent que les autres et fit plus de victimes[15]. Mais ces gr&#233;vistes donn&#232;rent une impulsion qui acc&#233;l&#233;ra &#224; partir de 1954 la liquidation des camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Anne Applebaum, Goulag : une histoire, p. 784.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 (ru) &#1042;.&#1050;&#1086;&#1079;&#1083;&#1086;&#1074;, &#1048;&#1089;&#1090;&#1086;&#1088;&#1080;&#1103; &#1057;&#1090;&#1072;&#1083;&#1080;&#1085;&#1089;&#1082;&#1086;&#1075;&#1086; &#1043;&#1059;&#1051;&#1040;&#1043;&#1072; : &#1042;&#1086;&#1089;&#1089;&#1090;&#1072;&#1085;&#1080;&#1103;, &#1073;&#1091;&#1085;&#1090;&#1099; &#1080; &#1079;&#1072;&#1073;&#1072;&#1089;&#1090;&#1086;&#1074;&#1082;&#1080; &#1079;&#1072;&#1082;&#1083;&#1102;&#1095;&#1077;&#1085;&#1085;&#1099;&#1093;, t. 6, Moscou, &#1056;&#1054;&#1057;&#1057;&#1055;&#1069;&#1053;,&#8206; 2004, p. 526&#8212;527, 539.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Applebaum, p. 786.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Applebaum, p. 788.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 &#1054;&#1087;&#1080;&#1089;&#1072;&#1085;&#1080;&#1077; &#1092;&#1083;&#1072;&#1075;&#1072; &#1074; &#1076;&#1086;&#1082;&#1091;&#1084;&#1077;&#1085;&#1090;&#1077; &#034;&#1057;&#1087;&#1088;&#1072;&#1074;&#1082;&#1072; &#1054;&#1087;&#1077;&#1088;&#1072;&#1090;&#1080;&#1074;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1086;&#1090;&#1076;&#1077;&#1083;&#1072; &#1059;&#1087;&#1088;&#1072;&#1074;&#1083;&#1077;&#1085;&#1080;&#1103; &#1056;&#1077;&#1095;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1083;&#1072;&#1075;&#1077;&#1088;&#1103; &#1086;&#1073; &#1086;&#1073;&#1089;&#1090;&#1072;&#1085;&#1086;&#1074;&#1082;&#1077; &#1074; &#1083;&#1072;&#1075;&#1077;&#1088;&#1085;&#1099;&#1093; &#1087;&#1086;&#1076;&#1088;&#1072;&#1079;&#1076;&#1077;&#1083;&#1077;&#1085;&#1080;&#1103;&#1093; &#1087;&#1086; &#1089;&#1086;&#1089;&#1090;&#1086;&#1103;&#1085;&#1080;&#1102; &#1085;&#1072; 28 &#1080;&#1102;&#1083;&#1103; 1953 &#1075;. // &#1048;&#1089;&#1090;&#1086;&#1088;&#1080;&#1103; &#1057;&#1090;&#1072;&#1083;&#1080;&#1085;&#1089;&#1082;&#1086;&#1075;&#1086; &#1043;&#1059;&#1051;&#1040;&#1043;&#1072;. &#1042;&#1086;&#1089;&#1089;&#1090;&#1072;&#1085;&#1080;&#1103;, &#1073;&#1091;&#1085;&#1090;&#1099; &#1080; &#1079;&#1072;&#1073;&#1072;&#1089;&#1090;&#1086;&#1074;&#1082;&#1080; &#1079;&#1072;&#1082;&#1083;&#1102;&#1095;&#1077;&#1085;&#1085;&#1099;&#1093;. &#1058;. 6. &#1052;. : &#1056;&#1054;&#1057;&#1057;&#1055;&#1069;&#1053;.p. 456&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Applebaum, p. 798.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Applebaum, p. 790.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 Applebaum, p. 791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 &#1055;&#1086; &#1076;&#1072;&#1085;&#1085;&#1099;&#1084; &#1085;&#1072; 6 &#1072;&#1074;&#1075;&#1091;&#1089;&#1090;&#1072;. &#1055;&#1086; &#1076;&#1086;&#1082;&#1091;&#1084;&#1077;&#1085;&#1090;&#1091; &#034;&#1057;&#1087;&#1080;&#1089;&#1086;&#1082; &#1079;&#1072;&#1082;&#1083;&#1102;&#1095;&#1077;&#1085;&#1085;&#1099;&#1093; 10-&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1075;&#1086; &#1083;&#1072;&#1075;&#1077;&#1088;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1086;&#1090;&#1076;&#1077;&#1083;&#1077;&#1085;&#1080;&#1103;, &#1091;&#1073;&#1080;&#1090;&#1099;&#1093; 1 &#1072;&#1074;&#1075;&#1091;&#1089;&#1090;&#1072; 1953 &#1075;. &#1080; &#1091;&#1084;&#1077;&#1088;&#1096;&#1080;&#1093; &#1086;&#1090; &#1088;&#1072;&#1085;, &#1089;&#1086;&#1089;&#1090;&#1072;&#1074;&#1083;&#1077;&#1085;&#1085;&#1099;&#1081; &#1057;&#1087;&#1077;&#1080;&#1094;&#1072;&#1083;&#1100;&#1085;&#1099;&#1084; &#1086;&#1090;&#1076;&#1077;&#1083;&#1086;&#1084; &#1059;&#1087;&#1088;&#1072;&#1074;&#1083;&#1077;&#1085;&#1080;&#1103; &#1056;&#1077;&#1095;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1083;&#1072;&#1075;&#1077;&#1088;&#1103;.// &#1048;&#1089;&#1090;&#1086;&#1088;&#1080;&#1103; &#1057;&#1090;&#1072;&#1083;&#1080;&#1085;&#1089;&#1082;&#1086;&#1075;&#1086; &#1043;&#1059;&#1051;&#1040;&#1043;&#1072;. &#1042;&#1086;&#1089;&#1089;&#1090;&#1072;&#1085;&#1080;&#1103;, &#1073;&#1091;&#1085;&#1090;&#1099; &#1080; &#1079;&#1072;&#1073;&#1072;&#1089;&#1090;&#1086;&#1074;&#1082;&#1080; &#1079;&#1072;&#1082;&#1083;&#1102;&#1095;&#1077;&#1085;&#1085;&#1099;&#1093;. &#1058;. 6. &#1052;. : &#1056;&#1054;&#1057;&#1057;&#1055;&#1069;&#1053;. &#1057;. 519-523&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Applebaum, p. 792.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 Applebaum, p. 793.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://frwiki.fr/Lexique/Soul%C3%A8vement_de_Vorkouta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://frwiki.fr/Lexique/Soul%C3%A8vement_de_Vorkouta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;pression stalinienne de la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie (1956)</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7488</link>
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		<dc:date>2023-01-01T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;pression stalinienne de la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie (1956) &lt;br class='autobr' /&gt;
BRETON Andr&#233; (1956) : &lt;br class='autobr' /&gt;
HONGRIE, SOLEIL LEVANT &lt;br class='autobr' /&gt;
La presse mondiale dispose de sp&#233;cialistes pour tirer les conclusions politiques des r&#233;cents &#233;v&#233;nements et commenter la solution administrative par quoi l'O.N.U. ne manquera pas de sanctionner la d&#233;faite du peuple hongrois. Quant &#224; nous, il nous appartient de proclamer que Thermidor, juin 1848, mai 1871, ao&#251;t 1936, janvier 1937 et mars 1938 &#224; Moscou, avril 1939 en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH250/1956_il_y_a_60_ans_les_hongrois_se_revoltaient_contre_le_communisme-1e9b4.jpg?1785217992' width='500' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;pression stalinienne de la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie (1956)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;BRETON Andr&#233; (1956) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HONGRIE, SOLEIL LEVANT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse mondiale dispose de sp&#233;cialistes pour tirer les conclusions politiques des r&#233;cents &#233;v&#233;nements et commenter la solution administrative par quoi l'O.N.U. ne manquera pas de sanctionner la d&#233;faite du peuple hongrois. Quant &#224; nous, il nous appartient de proclamer que Thermidor, juin 1848, mai 1871, ao&#251;t 1936, janvier 1937 et mars 1938 &#224; Moscou, avril 1939 en Espagne, et novembre 1956 &#224; Budapest, alimentent le m&#234;me fleuve de sang qui, sans &#233;quivoque possible, divise le monde en ma&#238;tres et en esclaves. La ruse supr&#234;me de l'&#233;poque moderne, c'est que les assassins d'aujourd'hui se sont assimil&#233; le rythme de l'histoire, et que c'est d&#233;sormais au nom de la d&#233;mocratie et du socialisme que la mort polici&#232;re fonctionne, en Alg&#233;rie comme en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a exactement 39 ans, l'imp&#233;rialisme franco-britannique [1] tentait d'accr&#233;diter sa version int&#233;ress&#233;e de la r&#233;volution bolch&#233;vique faisant de L&#233;nine un agent du Kaiser ; le m&#234;me argument est utilis&#233; aujourd'hui par les pr&#233;tendus disciples de L&#233;nine contre les insurg&#233;s hongrois, confondus, dans leur ensemble, avec les quelques &#233;l&#233;ments fascistes qui ont d&#251;, in&#233;vitablement, s'immiscer parmi eux. Mais en p&#233;riode d'insurrection, le jugement moral est pragmatique : LES FASCISTES SONT CEUX QUI TIRENT SUR LE PEUPLE. Aucune id&#233;ologie ne tient devant cette infamie : c'est Gallifet lui-m&#234;me qui revient, sans scrupule et sans honte, dans un tank &#224; &#233;toile rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls de tous les dirigeants &#171; communistes &#187; mondiaux, Maurice Thorez et sa bande poursuivent cyniquement leur carri&#232;re de gitons de ce Gu&#233;p&#233;ou qui a d&#233;cid&#233;ment la peau si dure qu'il survit &#224; la charogne de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite du peuple hongrois est celle du prol&#233;tariat mondial. Quel que soit le tour nationaliste qu'ont d&#251; prendre la r&#233;sistance polonaise et la r&#233;volution hongroise, il s'agit d'un aspect circonstanciel, d&#233;termin&#233; avant tout par la pression colossale et forcen&#233;e de l'&#201;tat ultranationaliste qu'est la Russie. Le principe internationaliste de la r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est pas en cause. La classe ouvi&#232;re avait &#233;t&#233; saign&#233;e &#224; blanc, dans sa totalit&#233;, en 1871, par les Versaillais de France. &#192; Budapest, face aux Versaillais de Moscou, la jeunesse - par-del&#224; tout espoir rebelle au dressage stalinien - lui a prodigu&#233; un sang qui ne peut manquer de prescrire son cours propre &#224; la transformation du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tract r&#233;dig&#233; &#224; la suite de l'&#233;crasement de la r&#233;volution hongroise, en novembre 1956.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signatures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne B&#233;douin, Robert Benayoun, Andr&#233; Breton, Adrien Dax, Yves Ell&#233;ou&#235;t, Charles Flamand, Georges Goldfayn, Louis Janover, Jean-Jacques Lebel, G&#233;rard Legrand, Nora Mitrani, Benjamin P&#233;ret, Jos&#233; Pierre, Andr&#233; Pieyre de Mandiargues, Jacques Saut&#232;s, Jean Schuster, Jacques S&#233;nelier, Jean-Claude Silbermann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Novembre 1956.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Qui vient de donner sa mesure en Egypte, selon ses techniques les plus &#233;prouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE TEST HONGROIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'ordre&#034; r&#232;gne de nouveau &#224; Budapest, sinon en Hongrie. Cependant malgr&#233; une r&#233;pression de plusieurs semaines, les tanks russes ne sont pas venus compl&#232;tement &#224; bout de la r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que de la population. La lutte arm&#233;e des ouvriers et des paysans se poursuit en province, tandis que les arrestations massives et les cours martiales frappent les conseils ouvriers de Budapest et de province. Le &#034;gouvernement&#034; Kadar et les Russes ne reculent devant aucun moyen et tentent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, &#224; n'importe quel prix, de reprendre la situation en main, de restaurer &#224; la fois la domination de la Russie sur la Hongrie et la toute puissance d'une bureaucratie totalitaire sur les ouvriers et les paysans hongrois &#8211; celle-ci &#233;tant la condition premi&#232;re de celle-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame hongrois, le terrible drame DES OUVRIERS ET DES PAYSANS hongrois tombant en 1956 sous le feu des canons russes a &#233;t&#233; le TEST DECISIF pour le r&#233;gime stalinien des &#034;d&#233;mocraties populaires&#034; et de l'URSS. En 1948, le conflit avec la Yougoslavie n'alla pas jusqu'&#224; la guerre ouverte pour deux raisons : d'un c&#244;t&#233;, &#224; l'&#233;poque, Staline n'a pas trouv&#233; un Kadar yougoslave qui justifi&#226;t l'intervention de l'arm&#233;e russe. D'un autre c&#244;t&#233;, Moscou pensait pouvoir obliger la Yougoslavie &#224; capituler sous sa seule pression politique et &#233;conomique et &#233;viter ainsi les risques d'une intervention arm&#233;e dont ils avaient cependant menac&#233; Tito. Le conflit avec la Yougoslavie n'avait donc pas encore montr&#233;, DANS TOUTE SON ETENDUE, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence anti-ouvri&#232;re et oppressive de la caste bureaucratique de l'URSS que r&#233;v&#232;le aujourd'hui la trag&#233;die hongroise : aucun crime ne lui est impossible ; sa vraie nature est anti-socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eclair&#233;s par la trag&#233;die hongroise, tous les ouvriers conscients, tous les v&#233;ritables communistes comprennent maintenant cette v&#233;rit&#233; essentielle pour l'avenir du mouvement ouvrier, pour l'avenir du socialisme. Seuls continuent &#224; ne pas comprendre, ceux qui &#224; tout jamais sont, dans le mouvement ouvrier les adversaires du socialisme, les ennemis de l'&#233;mancipation des travailleurs malgr&#233; leurs paroles &#034;socialistes&#034; ou &#034;communistes&#034; : tel Thorez qui approuve l'intervention des troupes russes en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a ceux pour qui les &#233;v&#233;nements de Hongrie sont une occasion de plus pour cacher, derri&#232;re les crimes staliniens, leurs propres actions anti-socialistes. Mais ceux-l&#224;, les Mollet, les Lacoste, les Pineau, avec leur guerre en Afrique du Nord et leur &#034;coup de Suez&#034;, il y a longtemps que les travailleurs conscients les connaissent pour ce qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le test hongrois, c'est le sang des dizaines de milliers d'ouvriers et de paysans tomb&#233;s pour leur libert&#233; : &#234;tre POUR l'intervention sovi&#233;tique en Hongrie c'est &#234;tre CONTRE l'&#233;mancipation de classe des travailleurs de tous les pays, c'est &#234;tre CONTRE le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DROIT DES &#034;GRANDS&#034; A DISPOSER DES PEUPLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Hongrie &#224; l'Afrique du Nord, en passant par le Moyen-Orient, le bruit des canons a remplac&#233; les belles phrases sur le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes. Partout o&#249; leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou politiques sont menac&#233;s les dirigeants du monde ont recours &#224; la force comme supr&#234;me argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie et les besoins des travailleurs hongrois ou &#233;gyptiens passent apr&#232;s les int&#233;r&#234;ts des grandes puissances qui se partagent le globe, tout comme en g&#233;n&#233;ral les int&#233;r&#234;ts des classes exploit&#233;es passent apr&#232;s ceux des exploiteurs qui ont le pouvoir en mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour conserver leur gagne pain aux actionnaires de la Compagnie du Canal de Suez, les gouvernants n'h&#233;sitent pas &#224; imposer des restrictions &#224; toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs font dans tous les pays du monde, les frais de ces op&#233;rations. Au nom du soi-disant &#034;int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#034; ce sont toujours les m&#234;mes qui p&#226;tissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression sauvage de l'insurrection hongroise et la tr&#232;s peu glorieuse intervention franco-anglaise en Egypte ont tragiquement mis en &#233;vidence le fait que le monde est divis&#233; en &#034;chasses gard&#233;es&#034; par un petit nombre de nations militaris&#233;es &#224; l'extr&#234;me et qui se servent de la force pour imposer leur loi. Partout dans le monde des pays sont occup&#233;s par des arm&#233;es &#233;trang&#232;res. C'est tellement dans les moeurs depuis la fin de la guerre qu'il faut le massacre de tout un peuple comme en Hongrie pour qu'on r&#233;alise le r&#244;le de ces arm&#233;es d'occupation. Les travailleurs hongrois ont &#233;t&#233; assassin&#233;s au nom du Pacte de Varsovie ; demain, nous le serons peut-&#234;tre au nom de la &#034;solidarit&#233; atlantique&#034;. Les pr&#233;paratifs militaires qui se d&#233;veloppent en France visent, en m&#234;me temps qu'&#224; pr&#233;parer le prochain conflit mondial, &#224; remplir au besoin le m&#234;me r&#244;le que l'arm&#233;e russe en Europe orientale. Depuis la fin de la guerre, la France n'a pas cess&#233; de combattre, que ce soit en Indochine, en Afrique du Nord ou en Egypte. Partout nous allions d&#233;fendre les profits de nos patrons avec des fusils comme porte-voix. Depuis dix ans, quand ils ne sont pas occup&#233;s &#224; faire au Guatemala ce que les Fran&#231;ais font en Alg&#233;rie ou les Russes en Hongrie, les Etats-Unis construisent des bases militaires plus formidables les unes que les autres, aux quatre coins du monde et en Europe en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie occupe militairement la moiti&#233; de l'Europe au moyen d'une arm&#233;e colossale dont l'entretien est pay&#233; par les peuples occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Angleterre fait ce que font les USA, mais avec moins de moyens, et ce que fait la France mais avec plus de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde est devenu une vaste prison des peuples gard&#233;e par les arm&#233;es de quelques &#034;grands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Hongrie, l'Egypte et l'Alg&#233;rie n'en sont que l'illustration sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en permettant &#224; nos dirigeants de mener leur guerre en Alg&#233;rie et en Egypte que nous leur donnons un moyen de nous lier les mains ; c'est en acceptant cette politique de brigandage que nous permettons l'installation en France de bases militaires qui am&#232;neront peut-&#234;tre un pr&#233;sident du Conseil fran&#231;ais &#224; faire appel aux arm&#233;es de l'OTAN contre les travailleurs fran&#231;ais, comme Kadar a fait appel aux forces russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Un peuple qui en opprime un autre, n'est pas un peuple libre&#034;, disait L&#233;nine et nous qui laissons nos dirigeants opprimer tant de peuples craignons de voir un jour notre libert&#233; p&#233;rir sous les blind&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; la guerre, ils en sont les premi&#232;res victimes. C'est pourquoi nous devons nous opposer &#224; toutes les occupations de territoires par quelque arm&#233;e que ce soit. Le premier gage de paix dans ce monde au bord du cataclysme serait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE RETRAIT DES TROUPES RUSSES DE LA HONGRIE ET DE TOUTE L'EUROPE ORIENTALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE RETRAIT DE TOUTES LES TROUPES ATLANTIQUES EN FRANCE ET EN EUROPE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE RETRAIT DES TROUPES FRAN&#199;AISES D'EGYPTE ET D'AFRIQUE DU NORD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2012-10-12&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesbonscaracteres.com/epubs/Hongrie-1956.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/swp-us/misc-1/hungary.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In English&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1953 - Les travailleurs allemands changent le visage de l'Europe - Raya Dunayevskya</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7813</link>
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		<dc:date>2022-12-20T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1952</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les travailleurs allemands changent le visage de l'Europe &lt;br class='autobr' /&gt; Raya Dunayevskya &lt;br class='autobr' /&gt;
1953 &lt;br class='autobr' /&gt;
En une semaine, dans les rues et les usines d'Allemagne de l'Est, les ouvriers allemands ont bris&#233; le mythe selon lequel l'&#201;tat totalitaire est invincible. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte a commenc&#233; dans la production. Le 18 mai, les communistes ont annonc&#233; une nouvelle augmentation des heures de travail. Imm&#233;diatement, dans les usines nationalis&#233;es, des gr&#232;ves ouvertes, pas seulement l'absent&#233;isme et les ralentissements, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Allemagne Deutschland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;1952&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les travailleurs allemands changent le visage de l'Europe
&lt;p&gt; Raya Dunayevskya&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1953&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En une semaine, dans les rues et les usines d'Allemagne de l'Est, les ouvriers allemands ont bris&#233; le mythe selon lequel l'&#201;tat totalitaire est invincible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte a commenc&#233; dans la production. Le 18 mai, les communistes ont annonc&#233; une nouvelle augmentation des heures de travail. Imm&#233;diatement, dans les usines nationalis&#233;es, des gr&#232;ves ouvertes, pas seulement l'absent&#233;isme et les ralentissements, ont commenc&#233; contre l'acc&#233;l&#233;ration. Le 27 mai, 1 000 travailleurs ont quitt&#233; l'usine Fimag &#224; Finsterwalde. Le 28 mai, les mineurs des mines Pieck &#224; Mansfield ont organis&#233; une journ&#233;e de travail. A Zeitzin, en Saxe, les travailleurs ont organis&#233; un rassemblement anti-acc&#233;l&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux gr&#232;ves, le gouvernement communiste du mercredi 10 juin a fait des concessions - sur tous les points sauf l'acc&#233;l&#233;ration. Mardi 16 juin, les ouvriers du b&#226;timent ont organis&#233; une marche de protestation contre l'acc&#233;l&#233;ration du projet de logement Stalin Allee. Le gouvernement envoya ses partisans se joindre aux marcheurs, esp&#233;rant apparemment ainsi appara&#238;tre comme sponsor. Mais au fur et &#224; mesure que les marcheurs se rapprochaient des b&#226;timents gouvernementaux, rejoints par des manifestants le long du parcours, le cri &#233;tait devenu &#171; A bas les zones et les limites de secteurs &#187;, &#171; A bas le gouvernement &#187;. Le gouvernement a alors &#233;mis une ordonnance r&#233;voquant l'acc&#233;l&#233;ration et admettant qu'elle avait eu tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le soir du 16 juin, les travailleurs avaient transform&#233; les coins des rues de Berlin-Est en centres politiques dans chacun desquels des centaines de personnes discutaient et d&#233;battaient de ce qu'il fallait faire ensuite. Le lendemain, 17 juin, t&#244;t le matin, ils ont agi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Berlin-Est, ils ont en fait renvers&#233; le gouvernement est-allemand. Ils ont d&#233;truit le pouvoir policier du gouvernement, incendiant les casernes de la police, jetant les policiers par les fen&#234;tres et les for&#231;ant soit &#224; d&#233;serter vers l'Ouest, soit &#224; se rallier aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#233;vistes en colonnes ont charg&#233; les principaux b&#226;timents du gouvernement, o&#249; les repr&#233;sentants du gouvernement et les bureaucrates se recroquevillaient, impuissants. &#192; travers la ville, leurs voix s'&#233;lev&#232;rent &#224; l'unisson et &#224; un kilom&#232;tre de distance r&#233;sonn&#232;rent comme le cri d'un seul homme. Les salles communistes, les pavillons, les &#233;coles, les magasins ont &#233;t&#233; incendi&#233;s et les responsables de ceux-ci ont &#233;t&#233; battus. Sous les yeux des Berlinois de l'Ouest et des troupes russes, les ouvriers ont d&#233;chir&#233; les bornes am&#233;ricaines et russes. Les jeunes et les travailleurs ont d&#233;moli les symboles du pouvoir communiste, les drapeaux, les affiches, les photos des dirigeants communistes. Pendant quatre heures, le seul pouvoir de Berlin-Est appartenait aux ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 13 heures, le commandement russe entre dans Berlin avec 10 000 hommes pour prendre le pouvoir. Il d&#233;cr&#232;te la loi martiale et interdit les rassemblements de plus de trois personnes dans les rues. Mais les foules n'ont fait que rire de l'ordre. Aucun syndicat, aucun parti n'avait men&#233; la gr&#232;ve. C'&#233;tait &#034;trop &#8203;&#8203;d&#233;sorganis&#233;&#034; pour &#234;tre arr&#234;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout en Allemagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ont agi dans toutes les villes, grandes et petites, et dans toutes les grandes industries, dans toute l'Allemagne de l'Est. Trois mille ouvriers sid&#233;rurgistes de la grande aci&#233;rie de Henningsdorf ont march&#233; 15 milles &#224; travers le secteur ouest pour rejoindre les ouvriers de Berlin-Est. Le long de la route, ils ont &#233;t&#233; rejoints par des ouvriers et d'autres manifestants d'autres usines et villes, en particulier des femmes. Quinze mille ouvriers venaient d'Oranienburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 000 travailleurs de l'usine de machines-outils nationalis&#233;e Thaelman &#224; Magdebourg ont combattu la police dans une bataille au cours de laquelle sept &#224; vingt-deux personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#233;vistes de l'usine d'optique Zeiss &#224; I&#233;na ont pris d'assaut les bureaux du Parti communiste, jet&#233; des livres et des journaux dans les rues et les ont br&#251;l&#233;s. Ils ont saccag&#233; le si&#232;ge de la jeunesse communiste et jet&#233; des machines &#224; &#233;crire par les fen&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'usine de fournitures de Kodak, les ouvriers ont pris le relais et ont mis des gr&#233;vistes aux commandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le village de Mienszk, pr&#232;s de Berlin, trois mille gr&#233;vistes ont saisi un train de travail, l'ont conduit au si&#232;ge du comt&#233; dans la ville voisine de Belzig et ont pris d'assaut le si&#232;ge du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots de l'&#201;tat sont sortis, paralysant les intercommunications zonales et interrompant l'exp&#233;dition des r&#233;parations vers la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers du b&#226;timent ont coup&#233; les c&#226;bles &#233;lectriques des lignes a&#233;riennes et du m&#233;tro et ont bloqu&#233; les voies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sabot&#233; les Russes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers d&#233;truisirent par dizaines les usines qui produisaient des armes ou des marchandises lourdes pour les Russes. C'est ainsi qu'ils ont exprim&#233; leur attitude &#224; l'&#233;gard des plans quinquennaux et de l'&#233;conomie de guerre. &#192; peu pr&#232;s tout ce que les bureaucrates peuvent planifier maintenant, c'est plus d'ennuis de la part des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 000 travailleurs de l'usine chimique Leuna (anciennement IG Farben) &#224; Halle ont mis le feu &#224; l'usine. Les ouvriers de l'usine de caoutchouc synth&#233;tique de Buna l'ont incendi&#233;e. Ces usines &#233;taient les principaux fournisseurs de gaz et de pneus de l'arm&#233;e d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone houill&#232;re de Zwickau a &#233;t&#233; endommag&#233;e au-del&#224; de toute estimation. Ils ont mis le feu &#224; d'&#233;normes tas de charbon entre Halle et Magdebourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont d&#233;truit des installations d'extraction d'uranium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont ouvert des prisons et des camps de concentration pour lib&#233;rer les prisonniers politiques. &#192; Gera, une ville industrielle de la taille de Cincinnati, pr&#232;s des mines d'uranium russes de Saxe, des milliers de travailleurs ont frapp&#233; et march&#233; sur la prison de la ville pour exiger la lib&#233;ration de ses prisonniers politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la journ&#233;e, cinq mille mineurs d'uranium de la ville voisine de Ronneburg ont rejoint les ouvriers de Gera. Les ouvriers ont jet&#233; la police allemande par la fen&#234;tre de leur caserne. Des renforts russes ont d&#251; &#234;tre appel&#233;s, cette fois avec des chars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers n'ont pas gagn&#233; la bataille mais environ 500 mineurs se sont retir&#233;s dans une for&#234;t pr&#232;s de Ronneburg avec des camions saisis dans leurs usines. De leur cachette, ils ont ensuite continu&#233; &#224; faire des raids sur les b&#226;timents communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'usine de munitions de Gustrow, des gr&#233;vistes ont lib&#233;r&#233; des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Merseberg, une arm&#233;e de gr&#233;vistes a march&#233; sur la prison pour lib&#233;rer les prisonniers, versant du goudron bouillant de la construction de routes &#224; proximit&#233; sur les soldats russes et lib&#233;rant 100 prisonniers politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ont concentr&#233; leur col&#232;re et leurs actions contre les fonctionnaires communistes allemands qui agissaient en tant qu'agents du gouvernement. A Rathenow, ils ont lynch&#233; un garde d'usine lorsqu'il a tent&#233; d'emp&#234;cher les gr&#233;vistes d'entrer dans l'usine. A Erfurt, ils ont pendu deux policiers rouges &#224; des lampadaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a dur&#233; plusieurs jours. Combien exactement est impossible &#224; dire. Le samedi 20 juin, les Russes avaient envoy&#233; 25 000 soldats &#224; Berlin depuis leur force d'occupation de 300 000 hommes &#224; Postdam. Dans toutes les autres grandes villes, le pouvoir russe a supplant&#233; le pouvoir policier est-allemand. Le ministre de la Justice, Fechner, a &#233;t&#233; purg&#233;. La moiti&#233; de la police allemande a &#233;t&#233; d&#233;mobilis&#233;e car peu fiable et envoy&#233;e dans les usines pour travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt &#224; trente mille gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s, des dizaines d'innombrables ex&#233;cut&#233;s, les familles des gr&#233;vistes condamn&#233;s ont &#233;t&#233; chass&#233;es de leurs maisons et envoy&#233;es dans des camps de concentration. Mais le 22 juin, la ville de Leipzig, haut lieu du communisme est-allemand, est toujours paralys&#233;e par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gouvernement impuissant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine du 22 juin, Grotewohl, Pieck, Ebert et Cie se sont pr&#233;cipit&#233;s d'usine en usine, essayant d'expliquer pourquoi le &#171; parti de la classe ouvri&#232;re est d&#233;test&#233; par la classe ouvri&#232;re &#187;. C'&#233;tait leur travail. Ils n'&#233;taient plus le gouvernement ; ils ressemblaient plut&#244;t aux acteurs d'une pi&#232;ce sur le point de se terminer. La nouvelle th&#233;orie est que parce que l'Allemagne de l'Est est un Etat ouvrier, les dirigeants sont des ouvriers tandis que ceux qui travaillent dans l'usine sont des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes ont promis toutes sortes de concessions &#233;conomiques. Mais un rassemblement organis&#233; le 26 juin n'a rassembl&#233; que 3 000 travailleurs, par rapport aux centaines de milliers qui avaient, volontairement ou non, assist&#233; deux mois auparavant aux manifestations du 1er mai, et aux millions qui avaient agi seuls dans la semaine de juin. 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 17 juin, usine apr&#232;s usine, les ouvriers font gr&#232;ve pour obtenir la lib&#233;ration de leurs camarades gr&#233;vistes, moyennant un salaire r&#233;gulier, pour la suppression du travail de nuit. Les ouvriers sid&#233;rurgistes de Henningsdorf qui avaient d&#233;fil&#233; dans la s&#233;curit&#233; de l'Ouest pour se rendre &#224; Berlin-Est, ont forc&#233; les Russes &#224; ouvrir les fronti&#232;res du secteur entre l'Est et l'Ouest en mena&#231;ant de faire gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire donne une indication de la fa&#231;on dont les travailleurs allemands agissent depuis le 17 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi matin 9 juillet, la direction syndicale de l'usine a convoqu&#233; un soudeur oxyac&#233;tyl&#233;nique, Rudolph Lindner, dans son bureau. Il a refus&#233; de quitter le magasin. Cinq minutes plus tard, on lui a dit de se rendre &#224; la porte de l'usine pour voir un homme. Encore une fois, Lindner a refus&#233;. L'homme a finalement rassembl&#233; assez de courage pour entrer dans la boutique et faire savoir &#224; Lindner qu'il &#233;tait un membre de la police criminelle venu pour l'emmener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Linder et l'agent de la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat sont arriv&#233;s &#224; la porte de l'usine, plusieurs centaines de travailleurs bloquaient le passage. Deux camions de policiers et deux wagons d'hommes en civil n'ont pas pu disperser les travailleurs et prendre Linder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ont exig&#233; de la direction des explications sur la tentative d'arrestation, une garantie de protection de la part du service de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat, la suppression de l'&#233;quipe de nuit et la transmission d'une lettre de protestation au gouvernement. Ces revendications n'ayant pas &#233;t&#233; satisfaites le lendemain matin &#224; neuf heures, les ouvriers se sont mis en gr&#232;ve, et ont exig&#233; en plus une explication pour la disparition d'un autre ouvrier 2 ans plus t&#244;t. Ils ont &#233;galement insist&#233; pour que cet agent de s&#233;curit&#233; en particulier soit licenci&#233; du Service de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat et oblig&#233; de purger sa peine dans leur usine. Par ce moyen, ils cherchent &#224; abolir la distinction entre la police et les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 17 juin, les Allemands de l'Est, par millions, ont utilis&#233; l'offre am&#233;ricaine de colis alimentaires principalement comme un moyen de d&#233;fier le gouvernement d'occupation. Des foules attendent dans les stations sur&#233;lev&#233;es ceux qui vont chercher les colis et en juillet, lorsque la police a tent&#233; de leur enlever leur nourriture, ils ont battu les policiers et les ont forc&#233;s &#224; arr&#234;ter la confiscation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils votent ainsi avec leurs pieds pour l'abolition de la division entre l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1953 : r&#233;volte ouvri&#232;re dans l'Allemagne stalinienne</title>
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		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7225</guid>
		<dc:date>2021-05-13T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>1952</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Images : les journ&#233;es d'&#233;meutes &#224; Berlin &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte &#224; Berlin-Est &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;v&#232;nements de 1953 en Allemagne de l'Est &lt;br class='autobr' /&gt; Le soul&#232;vement ouvrier en Allemagne orientale &lt;br class='autobr' /&gt;
Les prol&#233;taires de Berlin se l&#232;vent &lt;br class='autobr' /&gt;
Insurrection de juin 1953 en Allemagne de l'Est &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la presse &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 juin 1953 en RDA &lt;br class='autobr' /&gt;
Par C. B. (1965) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 juin 1965, c'&#233;tait jour de vacances en Allemagne de l'Ouest ; comme chaque ann&#233;e depuis onze ans, on profite du soleil (quand il y en a) pour aller saucissonner &#224; la campagne. A (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;1952&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Bundesarchiv_Bild_175-14676__Leipzig__Reichsgericht__russischer_Panzer.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH354/Bundesarchiv_Bild_175-14676__Leipzig__Reichsgericht__russischer_Panzer-3b97b.jpg?1785208327' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L394xH248/Berlin1953e-99d22.jpg?1785208327' width='394' height='248' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH438/berlin1953-bd04e.jpg?1785208327' width='500' height='438' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/video/AFE85005138&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Images : les journ&#233;es d'&#233;meutes &#224; Berlin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kZnvdSVmgpU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volte &#224; Berlin-Est&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article476&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;v&#232;nements de 1953 en Allemagne de l'Est&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1953/06/rda.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le soul&#232;vement ouvrier en Allemagne orientale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ciqi/1953/06/pci_19530622.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les prol&#233;taires de Berlin se l&#232;vent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_juin_1953_en_Allemagne_de_l%27Est&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Insurrection de juin 1953 en Allemagne de l'Est&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/41&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans la presse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le 17 juin 1953 en RDA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par C. B. (1965)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin 1965, c'&#233;tait jour de vacances en Allemagne de l'Ouest ; comme chaque ann&#233;e depuis onze ans, on profite du soleil (quand il y en a) pour aller saucissonner &#224; la campagne. A peine &#233;coute-t-on au transistor les discours officiels tant il est bon de se promener sous les arbres, et le soir on rentre &#224; la maison. Sur les routes de l'Ouest, on aura laiss&#233; beaucoup plus de morts dans les voitures calcin&#233;es qu'il n'y en eut en tout, au cours du soul&#232;vement de l'Allemagne de l'Est, le 17 juin 1953, jour, que cette f&#234;te nationale est cens&#233;e comm&#233;morer. Selon l'auteur de ce r&#233;cent petit livre, ce chiffre est estim&#233; &#224; vingt et un morts connus pour les 16 et 17 juin 1953.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnulf Baring a voulu dissiper certaines l&#233;gendes sur cet &#233;v&#233;nement. En effet, en Allemagne de l'Ouest, les discours officiels proclament rituellement que le soul&#232;vement fut une lev&#233;e en masse de tout un peuple, avide de libert&#233;, de d&#233;mocratie et de r&#233;unification allemande. C'est faux, et les documents le montrent bien. Les cadres, les petits-bourgeois (commer&#231;ants, artisans) et les paysans rest&#232;rent &#224; l'&#233;cart du mouvement (en tout cas &#224; l'&#233;chelle de masse). Le soul&#232;vement eut un caract&#232;re strictement ouvrier et limit&#233; &#224; certaines villes et branches professionnelles. Selon les sources, on estime le nombre des participants &#224; la gr&#232;ve du 17 juin 1953 &#224; 5 % ou 7 % du total des salari&#233;s. Certes, il est possible que la proportion r&#233;elle f&#251;t sup&#233;rieure ; mais en tout, cas, ce pourcentage exprime un ordre de grandeur tr&#232;s vraisemblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tr&#232;s bri&#232;vement le cadre et le cours des &#233;v&#233;nements [1]. L'un .des probl&#232;mes qui ont toujours suscit&#233; le plus de difficult&#233;s aux dirigeants de l'Est en g&#233;n&#233;ral, c'est l'&#233;l&#233;vation de la productivit&#233; du travail. Aux champs., &#224; l'usine, les travailleurs n'ont qu'une seule pr&#233;occupation : se d&#233;brouiller (chaparder, couler les temps..,) et se r&#233;server des forces pour pouvoir ensuite, qui cultiver son lopin personnel, qui travailler au noir. Si la productivit&#233; en g&#233;n&#233;ral, est basse, c'est aussi parce que la production de biens de consommation est (mais la situation commence &#224; changer) basse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1952, les dirigeants de l'Allemagne de l'Est (ci-apr&#232;s RDA) amorcent un tournant. On va r&#233;viser les normes, c'est-&#224;-dire augmenter les cadences et la dur&#233;e du travail, r&#233;duire les salaires et comprimer le niveau de vie de la population en g&#233;n&#233;ral : voil&#224; ce que r&#233;clame l'accumulation socialiste (sic) du capital. Cette campagne se poursuit dans la presse, les r&#233;unions, etc. Toute l'ann&#233;e 1952 et en 1953, par paliers, la r&#233;vision est introduite dans les entreprises, non sans rencontrer des r&#233;sistances dans toutes les couches de la soci&#233;t&#233;. Tandis qu'&#224; l'&#233;chelle internationale se produit un &#233;v&#233;nement spectaculaire, la mort de Staline (le 5 mars 1953) et que les n&#233;gociations de paix prennent en Cor&#233;e un tour d&#233;cisif, le gouvernement recule et adopte un &#171; cours nouveau &#187; qui favorise quelque peu les paysans, les commer&#231;ants et les cadres, etc., mais cependant (comme toujours dans un pays capitaliste) n&#233;glige les ouvriers : la r&#233;vision des normes sera poursuivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique est accueillie de plus en plus mal, en particulier par les ouvriers ma&#231;ons qui b&#226;tissent &#224; Berlin-Est les immeubles destin&#233;s &#224; border une avenue triomphale, la Stalinallee. Ces ma&#231;ons sont parmi les ouvriers les mieux pay&#233;s de RDA (5 &#224; 9 marks de l'heure, contre 3 au man&#339;uvre ). On veut leur imposer des normes plus &#233;lev&#233;es, 10 %, tout de suite, mais bient&#244;t 150 %, 200 % et m&#234;me 300 %, si l'on en croit le ministre de la construction ( de 1950 &#224; 1953, les co&#251;ts de construction ont augment&#233; de 35 % &#224; 40 % et &#224; Berlin l'entreprise d'Etat fonctionne avec de tr&#232;s grosses pertes ; la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e est tr&#232;s importante dans ce secteur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir d'avril, des assembl&#233;es de fonctionnaires du parti et du syndicat d&#233;cident d'augmenter les normes et de r&#233;duire les salaires dans le b&#226;timent ; des brigades de travailleurs le&#8226; d&#233;cident aussi &#171; volontairement &#187;, mais l'agitation cro&#238;t sur les chantiers de l'avenue Staline. Une gr&#232;ve y &#233;clate le 15 juin ; le 16 au matin un cort&#232;ge&#8226;se forme, d'abord d'ouvriers qui veulent aller chercher du travail ailleurs ; mais, bient&#244;t grossi, il vient manifester devant la Maison des Syndicats puis devant le si&#232;ge du gouvernement. Les ouvriers veulent que le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Grotewohl, et le pr&#233;sident du Conseil, Ulbricht, viennent s'adresser &#224; eux. Mais on leur envoie des sous-fifres ; de calme qu'elle &#233;tait la manifestation devient de plus en plus houleuse. Finalement, les ouvriers retournent sur les chantiers en appelant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Ils d&#233;cident de se retrouver le lendemain pour manifester de nouveau. La radio du secteur am&#233;ricain diffuse ces nouvelles &#224; 16 h 30 ; mais les autorit&#233;s militaires am&#233;ricaines lui recommandent d'en rester l&#224; et de n'inciter ni &#224; la gr&#232;ve ni &#224; la manifestation (les occupants fran&#231;ais chercheront en vain &#224; interdire aux manifestants de passer par le secteur qu'ils contr&#244;lent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le I7 juin, le mouvement gagne un grand nombre de villes, des r&#233;gions enti&#232;res. Dans l'ensemble les manifestants sont uniquement des ouvriers et presque toujours des jeunes. La participation des membres des autres classes est exceptionnelle, d'apr&#232;s notre auteur. Le mouvement, de plus, est limit&#233; aux grands centres industriels : Berlin-Est (61 000 gr&#233;vistes), Allemagne centrale (121 000), Magdebourg (38 000), et puissant surtout dans les grandes usines de produits chimiques : Leuna (28 000 gr&#233;vistes) ou Buna (12 000) et certains bassins miniers (Mansfeld).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s de gr&#232;ve sont compos&#233;s de jeunes ouvriers (25 &#224; 40 ans), et souvent aussi d'anciens militaires, sous-officiers en g&#233;n&#233;ral ( 8 % &#224; 10 % des membres des comit&#233;s dans certains cas ). Selon Baring, &#171; au 17 juin, les&#8226; ouvriers consid&#233;raient &#8211; &#224; juste titre &#8211; les cadres de leur entreprise comme une fraction de la nouvelle classe dirigeante, que le r&#233;gime&#8226; cherchait &#224; se gagner en &#8220;l'achetant&#8221; par de fortes incitations mat&#233;rielles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me , le grand complexe industriel de Stalinstadt (aujourd'hui Eisenh&#252;ttenstadt, dans le Brandebourg) sur l'Oder (fronti&#232;re polonaise), ne se joignit pas au mouvement. Le r&#233;gime portait tous ses efforts sur ce nouveau centre, mont&#233; de toutes pi&#232;ces et les travailleurs, des r&#233;fugi&#233;s de l'Est pour la moiti&#233;, y b&#233;n&#233;ficiaient des salaires les plus &#233;lev&#233;s du pays ; m&#234;me les ma&#231;ons de Stalinstadt ne cess&#232;rent pas le travail (alors qu'ailleurs le b&#226;timent faisait gr&#232;ve par solidarit&#233; avec Berlin-Est). En Saxe, la pr&#233;sence des arm&#233;es russes, qui effectuaient leurs grandes man&#339;uvres, emp&#234;cha les mineurs du charbon et de l'uranium de participer massivement &#224; la gr&#232;ve et aux manifestations. Ces activit&#233;s entra&#238;n&#232;rent donc surtout des travailleurs du b&#226;timent, des mines et des industries de&#8226;base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Berlin-Est, les manifestants contr&#244;laient apparemment la rue. Comme la veille, rassembl&#233;s devant le si&#232;ge du gouvernement, ils r&#233;clament l'apparition de Grotewohl et d'Ulbricht r&#233;unis en Conseil de cabinet. Un ministre, dit-on, demanda &#224; Ulbricht de prendre la parole pour calmer les gr&#233;vistes. Ulbricht refusa et comme l'autre insistait, il lui r&#233;pondit qu'il pleuvait et que par cons&#233;quent les manifestants n'allaient pas tarder &#224; se disperser [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les revendications de ces masses ? A Berlin-Est comme dans les autres centres, c'est pour l'essentiel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; paiement des salaires d'apr&#232;s les anciennes normes et r&#233;visions des contrats collectifs d'entreprise ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; baisse des prix des produits de grande consommation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;lections libres et au scrutin secret ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pas de repr&#233;sailles contre les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants d&#233;filent dans les rues, tiennent des meetings o&#249; leurs orateurs reprennent les revendications &#233;conomiques et politiques du mouvement. Dans certaines villes, les d&#233;l&#233;gations ouvri&#232;res exigent et obtiennent la lib&#233;ration de prisonniers dont elles donnent le nom ; mais le 17 dans l'apr&#232;s-midi, la tension augmente et des &#171; masses incontr&#244;l&#233;es &#187; brisent les portes des prisons et lib&#232;rent des d&#233;tenus de droit commun en m&#234;me temps que des &#171; politiques &#187;. La propagande officielle exploitera ce fait, de m&#234;me que de petits pillages (de locaux du PC), incendies (des archives de la justice) ou lynchages (de flics. Mais la subversion n'ira pas plus loin et, les d&#233;monstrations termin&#233;es, les manifestants rentrent chez eux, ou reviennent sur leurs lieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement r&#233;pond aux &#171; d&#233;sordres &#187; en faisant appel aux troupes russes. Face &#224; des masses d&#233;sarm&#233;es &#8211; contrairement &#224; la Hongrie de 1956 o&#249; l'arm&#233;e nationale passera du c&#244;t&#233; des gr&#233;vistes &#8211; ces troupes agiront de mani&#232;re pacifique : tirant en l'air et dispersant les attroupements avec des tanks. En g&#233;n&#233;ral les policiers est-allemands n'&#233;taient pas dispos&#233;s &#224; marcher contre les gr&#233;vistes et, du moins dans la plupart des cas, discutaient avec eux avant de laisser passer leurs cort&#232;ges ; mais il semble probable que si le mouvement avait chang&#233; de caract&#232;re ils auraient particip&#233; &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, au soir du 17 juin, &#171; l'ordre &#187; est r&#233;tabli ; certes les discussions vont se poursuivre sur les chantiers et dans les usines, mais elles n'iront plus jusqu'au point d'explosion. Le gouvernement va faire des promesses : am&#233;lioration du niveau de vie et retour aux anciennes normes ; &#8226; il va tout de suite commencer de les grignoter et finira par imposer ses exigences. Il autorisera aussi l'exp&#233;dition de colis de vivres occidentaux en RDA &#224; la fois pour calmer le m&#233;contentement et pour obscurcir la volont&#233; de lutte ouvri&#232;re. La r&#233;pression se fera petit &#224; petit : 1 300 condamnations, dont 7 &#224; la peine de mort, 4 &#224; la r&#233;clusion &#224; vie et le reste &#224; des peines de prison plus ou moins longues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Ouest, le ministre des affaires pan-allemandes demanda par radio d&#232;s le 16, &#224; la population de RDA &#171; de ne pas se laisser entra&#238;ner &#224; des actions irr&#233;fl&#233;chies&#8230; dangereuses. &#187; Les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates et syndicaux de Berlin crurent bon de faire ou de pr&#233;parer quelques appels radiodiffus&#233;s, invitant la population de RDA et les soldats russes &#224; se montrer solidaires des ma&#231;ons de Berlin-Est. Mais ces appels furent d&#233;savou&#233;s par la direction du parti socialiste comme des &#171; provocations extr&#234;mement dangereuses et d'une inconcevable irresponsabilit&#233; &#187;. D'ailleurs les postes de radio, sous contr&#244;le militaire alli&#233;, ne les diffus&#232;rent pas (sauf un, le 16 en fin d'apr&#232;s-midi ) ; et les bonzes socialistes locaux s'en tinrent l&#224;. La police militaire alli&#233;e et la police allemande de Berlin-Est (aux ordres des socialistes) refoul&#232;rent les curieux venus pour observer les &#233;v&#233;nements (&#224; la lisi&#232;re des deux Berlin) et peut-&#234;tre pour y participer. Mais il n'y eut aucune gr&#232;ve de solidarit&#233; en Allemagne de l'Ouest. Les seuls groupes &#224; faire preuve d'&#233;nergie furent des groupes plus ou moins dans la main de certains services secrets am&#233;ricains. Gros appoint pour la propagande de RDA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'appareil de propagande occidental, qui fit tant de bruit apr&#232;s coup, il se borna pendant l'action &#224; transmettre les informations. Ce faisant il a &#8211;semble-t-il &#8211; contribu&#233; &#224; l'extension du mouvement, mais sans l'encourager par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons encore que le chef social-d&#233;mocrate Willy Brandt a soutenu que &#171; les couches pur-sang du vieux mouvement ouvrier syndicaliste et politique &#187; ont influenc&#233; les &#233;v&#233;nements de fa&#231;on tr&#232;s sensible [3]. Selon Baring, si le fait est possible, les rapports qu'il a eu en mains ne lui permettent pas de conclure en ce sens. Le soul&#232;vement, dit-il, eut lieu dans les r&#233;gions qui &#233;lisaient des d&#233;put&#233;s communistes comme [dans] les autres. En tout cas, dans la rue, la &#171; tradition &#187; incarn&#233;e par les &#171; anciens &#187; &#233;tait absente (il ne faut pas oublier que les sociaux-d&#233;mocrates de Weimar, puis les nazis, et enfin le Gu&#233;p&#233;ou assassin&#232;rent pratiquement tous les militants ouvriers actifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Baring, dont l'expos&#233; a &#233;t&#233; ici tr&#232;s r&#233;sum&#233; et un peu compl&#233;t&#233;, les Occidentaux auraient d&#251; intervenir plus efficacement en juin 1953. Cette inaction a men&#233; la population de RDA &#224; se r&#233;signer, &#224; chercher &#224; &#171; s'arranger &#187; avec le r&#233;gime. Maintenant, dit-il, l'heure est pass&#233;e des r&#233;volutions, on en est &#224; l'&#233;volution. Dans sa pr&#233;face, le Herr Professor Richard L&#246;wenthal [4] d&#233;plore lui aussi &#171; l'occasion manqu&#233;e du 17 juin &#187;. Cette attitude est celle de politiciens qui regrettent de ne pas avoir pu exploiter la faille de l'adversaire. Utopie ! En r&#233;alit&#233;, les Occidentaux ne tenaient pas &#224; appuyer les gr&#233;vistes. Certes, ils s'int&#233;ressaient au mouvement comme un patron peut r&#234;ver d'exploiter les difficult&#233;s qu'un patron concurrent &#233;prouve avec son personnel, mais sans ignorer qu'il lui faut &#234;tre discret et prudent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, le soul&#232;vement du 17 juin appara&#238;t comme une immense gr&#232;ve sauvage, instinctive, spontan&#233;e, qui s'&#233;tend rapidement et se r&#233;sorbe aussi vite. Elle n'a touch&#233; que certains secteurs d'une &#233;norme entreprise, sans entra&#238;ner de solidarit&#233; au dehors. Elle a &#233;branl&#233; pendant quelques jours de 300 000 &#224; 400 000 hommes sans armes, qu'aucune grande lutte ant&#233;rieure n'avait pr&#233;par&#233; mat&#233;riellement et spirituellement, et qui ne pouvaient donc s'en tenir qu'&#224; la surface des choses. Le m&#233;lange de prudence et de puissance extr&#234;mes dont usa le gouvernement de RDA contribua &#233;galement &#224; d&#233;samorcer l'explosion. Dans d'autres conditions, dans la Hongrie de 1956, une gr&#232;ve sauvage, somme toute analogue au d&#233;but, prit ensuite un caract&#232;re absolument diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Cette note de lecture &#224; propos du livre Der 17. Juni 1953 d'Arnulf Baring, Cologne, 1965 est parue dans ICO n&#176; 43, novembre 1965.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La meilleure &#233;tude en fran&#231;ais sur ce sujet reste celle de Benno Sarel : &#171; Combats ouvriers sur l'avenue Staline &#187;, Les Temps modernes, n&#176; 95 (octobre 1953), repris dans La Classe ouvri&#232;re en Allemagne orientale, Editions Ouvri&#232;res, Paris 1958.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Gustave Noske, lui aussi, au d&#233;but de la R&#233;volution allemande, comptait sur la pluie pour faire rentrer les manifestants chez eux (cf. Noske, Von Kiel bis Kapp, 1920, p.17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] M&#234;me opinion par exemple, chez Vega, &#171; Signification de la r&#233;volte de juin en Allemagne orientale &#187;, Socialisme ou Barbarie n&#176; 13 (janvier-mars 1954), qui invoque &#171; l'exp&#233;rience &#187; des insurrections communistes de 1919 et 1921 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Autrefois th&#233;oricien de la &#171; nouvelle classe &#187; sous le nom de Paul Soring, aujourd'hui historien d'Etat, sp&#233;cialis&#233; dans les &#233;tudes sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/culture/2003/06/17/emeutes-de-1953-a-l-est-du-nouveau_436956/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'Est, du nouveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anniversaire de l'insurrection r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat hongrois du 23 octobre 1956 &#233;cras&#233;e dans le sang le 10 novembre 1956 : textes, films et photos</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6668</link>
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		<dc:date>2019-11-08T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme - Socialism</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anniversaire de l'insurrection r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat hongrois du 23 octobre 1956 &#233;cras&#233;e dans le sang le 10 novembre 1956 : textes, films et photos &lt;br class='autobr' /&gt;
CE QUE FUT LA REVOLUTION DES CONSEILS OUVRIERS HONGROIS DE 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
EN TEXTES &lt;br class='autobr' /&gt;
Anniversaire de la r&#233;volution hongroise d'octobre 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'&#233;tait le r&#233;gime politique et social du pr&#233;tendu communisme hongrois &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie en 1956 : comment tout a commenc&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Au nom de la classe ouvri&#232;re &#187; de Sandor Kopacsi &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme - Socialism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L433xH324/23_OCTOBRE_1956-29f3e-3c588.jpg?1785217993' width='433' height='324' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L464xH400/AVO-23-oct-1956-2-49c71-36b09.jpg?1785217993' width='464' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L496xH300/budapest_1956_1-a9f7b-77c98.jpg?1785217993' width='496' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13657 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH366/conseils-21516.jpg?1785217993' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anniversaire de l'insurrection r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat hongrois du 23 octobre 1956 &#233;cras&#233;e dans le sang le 10 novembre 1956 : textes, films et photos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CE QUE FUT LA REVOLUTION DES CONSEILS OUVRIERS HONGROIS DE 1956&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN TEXTES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2736&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anniversaire de la r&#233;volution hongroise d'octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2705&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'&#233;tait le r&#233;gime politique et social du pr&#233;tendu communisme hongrois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie en 1956 : comment tout a commenc&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2695&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Au nom de la classe ouvri&#232;re &#187; de Sandor Kopacsi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le conseil central du Grand Budapest en 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2693&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Hongrie 1956 &#187; de Andy Anderson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2701&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise des conseils ouvriers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://libcom.org/library/hongrie-1956-%C2%ABle-proletariat-l%E2%80%99assaut-du-ciel%C2%BB-mouvement-communiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat &#224; l'assaut du ciel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2698&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jeunesse d'octobre 1956 &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/ri372/hongrie.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.left-dis.nl/f/hongrie1956.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Budapest &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4457&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La le&#231;on de la r&#233;volution hongroise, de Ignazio Silone&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise des conseils ouvriers de P. Brou&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesbonscaracteres.com/livre/hongrie-1956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956, de Georges Kaldy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la fin de la seconde guerre mondiale, le stalinisme a sauv&#233; le capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le 5 mars 1953, Staline mourut&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article476&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1953 en Allemagne de l'Est, trois ans avant la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article75&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous couvert de &#034;socialisme&#034;, des Etats profond&#233;ment anti-ouvriers qui font face &#224; la r&#233;volte ouvri&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article452&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; D&#233;mocraties populaires &#187; : ni communistes, ni socialistes, ni d&#233;mocratiques, ni populaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article147&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les faux socialismes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4395&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le rideau de fer est-il le mur de Staline ou celui des puissances occidentales ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4407&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que deviennent les anciens &#171; pays de l'Est &#187; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN FILMS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : bien entendu, nous ne partageons pas commentaires de la plupart de ces films !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=H5UG5HRWz4U&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le 23 octobre 1956, d&#233;but de l'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sonuma.be/archive/hongrie-1956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Archives audiovisuelles : Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.filmsdocumentaires.com/films/1713-revolution-r-budapest-1956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Films et documentaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://m.ina.fr/video/VDD09016083/hongrie-octobre-1956-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=gYv1iCRusis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=N0pAW4hEpk4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bE1FX0Uf01I&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille de Budapest (en anglais)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=6BaV3W5zMuc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trag&#233;die hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=D8Y2V5LH_xg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise (1956)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VlpKc3mfAyQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=CXU6HPfpC_U&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ihS_D0Btaz8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise de 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Zi3bzXPYnsY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bDkLJA2LLXI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise de 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/video/VDD09016165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une nation dans la tourmente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=EqImvCnO15w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=8FckhPmtE1A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pleure Budapest : souvenirs d'une r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cinemantik.com/?p=297&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tonnerre sur la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xfnsqu_budapest-1956-jean-pax-mefret_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xcwm68_budapest-1956_music&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur Budapest 56&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xjwip_char-sovietique-capture_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La capture d'un char russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016083&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD11021202/la-revolte-d-une-generation-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte d'une g&#233;n&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016083/hongrie-octobre-1956-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE85007014/premier-reportage-sur-la-revolution-en-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premier reportage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/I00006275/plateau-jean-rabaud-sur-l-insurrection-en-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la t&#233;l&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAC90036855/retro-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comm&#233;moration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE03006165/budapest-pendant-la-revolution-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest pendant la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE85007028/sur-les-routes-conduisant-a-budapest-et-premiere-phase-de-la-revolution-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur les routes conduisant &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016165/une-nation-dans-la-tourmente-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une nation dans la tourmente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesfilmsdici.fr/fr/catalogue/752-hongrie-1956.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.slideshare.net/Mattpiche/rvolution-hongroise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les photos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://footage.framepool.fr/fr/bin/2571024,Insurrection_populaire_hongroise,Budapest,Hongrie,1956/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Insurrection populaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00183/l-insurrection-de-budapest.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=iU3xY-h_uGk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hungary 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2012-10-12&#034;&gt;Encore des lectures&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00183/l-insurrection-de-budapest.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN PHOTOS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2692&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise en images&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pinterest.fr/tibor423/hungary-1956/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En photos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du stalinisme au r&#233;visionnisme</title>
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		<dc:date>2014-11-22T02:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du stalinisme au r&#233;visionnisme &lt;br class='autobr' /&gt;
de Kostas Papaioannou &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La France est-elle une monarchie &#224; l'anglaise ou un gouvernement &#224; la turque ? &#187;, se demandait en 1750 le marquis d'Argenson. Cette question, maint d&#233;l&#233;gu&#233; du Vingti&#232;me Congr&#232;s a d&#251; se la poser en &#233;coutant le terrible r&#233;quisitoire de Krouchtchev contre le chef disparu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; nous, nous songeons au mot proph&#233;tique &#233;crit par Trotski peu avant sa mort : &#171; Une explication historique n'est pas une justification. N&#233;ron, lui aussi, fut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du stalinisme au r&#233;visionnisme
&lt;p&gt;de Kostas Papaioannou&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La France est-elle une monarchie &#224; l'anglaise ou un gouvernement &#224; la turque ? &#187;, se demandait en 1750 le marquis d'Argenson. Cette question, maint d&#233;l&#233;gu&#233; du Vingti&#232;me Congr&#232;s a d&#251; se la poser en &#233;coutant le terrible r&#233;quisitoire de Krouchtchev contre le chef disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; nous, nous songeons au mot proph&#233;tique &#233;crit par Trotski peu avant sa mort : &lt;i&gt;&#171; Une explication historique n'est pas une justification. N&#233;ron, lui aussi, fut un produit de son temps. N&#233;anmoins, apr&#232;s qu'il eut disparu, ses statues furent bris&#233;es et son nom partout effac&#233;. La vengeance de l'histoire est plus terrible que celle du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral le plus puissant. J'ose penser que c'est consolant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans la moindre vell&#233;it&#233; d' &#171; explication historique &#187;, encore moins de justification morale, Nikita Khrouchtchev montra, dans la nuit du 24 au 25 f&#233;vrier 1956, que la vengeance du nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral sur l'ancien pouvait &#234;tre plus terrible encore que celle de l'histoire. Le grand homme devenait subitement le bouc &#233;missaire. D&#233;j&#224;, peu avant sa mort, la conspiration du silence s'&#233;tait faite autour de ses &#339;uvres jusqu'alors qualifi&#233;es d' &#171; immenses &#187;, et les autorit&#233;s comp&#233;tentes insistaient sur &#171; la n&#233;cessit&#233; de bannir de la propagande la pr&#233;sentation erron&#233;e et antimarxiste du r&#244;le de l'individu dans l'histoire, qui se traduit par la th&#233;orie id&#233;aliste du culte de la personnalit&#233; &#187;. Mais quelle devait &#234;tre la nouvelle interpr&#233;tation, non erron&#233;e, non antimarxiste, du r&#244;le de Staline dans l'histoire du marxisme ,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait d&#233;sormais impossible de cacher le lien de cause &#224; effet qui existe entre l'enthousiasme de commande devant l'&#339;uvre &#171; th&#233;orique &#187; de Staline et la d&#233;ch&#233;ance de la pens&#233;e marxiste. Ainsi Lukacs a pu d&#233;noncer publiquement un &#171; syst&#232;me qui voulait fabriquer des philosophes &#224; la cha&#238;ne, sans science, sans culture &#187;. Cet ancien pourfendeur de l' &#171; obscurantisme bourgeois &#187; constatait maintenant avec amertume que &#171; &#224; l'heure o&#249; nous sommes, il n'existe pas de logique marxiste, pas de p&#233;dagogie, pas d'esth&#233;tique, pas d'&#233;thique marxistes, et cela en d&#233;pit du fait que le prol&#233;tariat s'est empar&#233; du pouvoir dans plusieurs pays, jetant ainsi les bases objectives du d&#233;veloppement du marxisme scientifique &#187;. On sait que Jdanov avait autrefois formul&#233; les m&#234;mes reproches, mais cette fois ce qui &#233;tait mis en cause ce n'&#233;tait pas le &#171; cosmopolitisme &#187; ni l' &#171; objectivisme &#187;, mais le &#171; dogmatisme &#187;, lequel, disait Lukacs, &#171; a non seulement laiss&#233; inexploit&#233;es toutes les nouvelles possibilit&#233;s, mais encore a rejet&#233; le marxisme, &#233;touff&#233; toutes les tentatives qui auraient pu conduire &#224; son enrichissement &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; science fabuleuse &#187; au nom de laquelle le Parti promu au rang de p&#233;dagogue supr&#234;me, avait rejet&#233; la relativit&#233; einsteinienne, la th&#233;orie du quanta, la psychanalyse, la sociologie w&#233;b&#233;rienne, l'&#233;conomie keyn&#233;sienne, la peinture impressionniste ou la musique dod&#233;caphonique, n'&#233;tait qu'une fantasmagorie destin&#233;e &#224; donner une aur&#233;ole id&#233;ologique au &#171; culte de la personnalit&#233; &#187;. Mais on ne se limita &#224; la seule d&#233;nonciation de la &#171; superstructure id&#233;ologique &#187; du stalinisme. Au lendemain du Vingti&#232;me Congr&#232;s, on en vint &#224; attribuer &#224; ce dernier la plupart des &#171; violations de la l&#233;galit&#233; socialiste &#187;. C'est, en somme, de la &#171; pr&#233;sentation erron&#233;e et antimarxiste du r&#244;le de la personnalit&#233; &#187; que d&#233;couleraient non seulement la p&#233;trification de la doctrine et l'&#233;touffement de la d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur du Parti, mais aussi l'introduction de &#171; normes infernales &#187; dans les usines et m&#234;me la d&#233;portation en 1944-1945 de la population enti&#232;re de diff&#233;rentes &#171; r&#233;publiques sovi&#233;tiques &#187;, &#171; y compris, selon Khrouchtchev, les femmes, les enfants, les vieillards, avec tous les membres du Parti et du Komsomol, sans exception. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle fut la nouvelle &#171; pr&#233;sentation &#187; authentiquement &#171; marxiste &#187; du r&#244;le de la personnalit&#233; dans l'histoire. On croyait jusqu'alors que le marxisme expliquait l'action des individus ou les aberrations des id&#233;ologies par les forces impersonnelles, &#171; mat&#233;rielles &#187;, qui meuvent le d&#233;veloppement &#233;conomique et la lutte des classes. En lieu et place, le marxisme devenu orthodoxe a d'abord offert une vision &#233;d&#233;nique de l'&#233;dification du socialisme dans un seul pays et par un seul homme ; ensuite, une version d&#233;moniaque du mythe du roi thaumaturge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surprenante facilit&#233; avec laquelle le &#171; culte &#187; de Staline fut transform&#233; en abjection r&#233;v&#233;lait toutefois le n&#233;ant sur lequel l'immense &#233;difice avait &#233;t&#233; b&#226;ti. En fait, avec la tyrannie de Staline, c'&#233;tait la mystique de l' &#171; avant-garde &#187; qui venait de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine avait &#233;t&#233; le premier &#224; s'alarmer de l'arrogance de cette pr&#233;tendue avant-garde dont il d&#233;non&#231;ait vertement la &#171; vantardise communiste &#187; et les &#171; mensonges communistes &#187;. Il avait m&#234;me enrichi la langue d'un vocable nouveau : &#171; com-vantardise &#187;, qui fit fortune. L'hybris que d&#233;signe ce mot bizarre, rien ne le r&#233;v&#232;le mieux que le discours prononc&#233; par Staline aux fun&#233;railles de L&#233;nine : &lt;i&gt;&#171; Nous autres communistes, sommes des gens d'une contexture particuli&#232;re. Nous sommes taill&#233;s dans une &#233;toffe sp&#233;ciale. Il n'y a rien de plus haut que le titre de membre du Parti. Il n'est pas donn&#233; &#224; tout le monde d'&#234;tre membre d'un tel parti&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de ces surhommes surv&#233;curent aux &#233;purations que d&#233;clencha l'auteur du pan&#233;gyrique, qui d'ailleurs s'acharna avec une remarquable pers&#233;v&#233;rance &#224; d&#233;montrer qu'effectivement ils &#233;taient tous taill&#233;s dans une &#233;toffe tout &#224; fait &#171; sp&#233;ciale &#187;. C&#233;l&#233;brant l'extermination de la vieille garde du bolchevisme, Staline d&#233;montra, treize ans plus tard, qu'il ne s'agissait que d' &lt;i&gt;&#171; une poign&#233;e d'espions, assassins et saboteurs rampant devant l'&#233;tranger, servilement aplatis devant le moindre fonctionnaire &#233;tranger (sic) et pr&#234;ts &#224; lui servir d'espions. &#187;&lt;/i&gt; Il a fallu que Khrouchtchev appliqu&#226;t le m&#234;me proc&#233;d&#233; &#224; son pr&#233;d&#233;cesseur pour que les surhommes qui, dans le monde entier, se croyaient &#171; taill&#233;s dans une &#233;toffe sp&#233;ciale &#187;, abandonnent leurs chim&#232;res et mettent une sourdine &#224; leurs pr&#233;tentions &#224; l'infaillibilit&#233;. &#171; R&#233;apprendre &#187; : ce fut le mot qui fusait de toutes parts pendant cette courte p&#233;riode. &#171; Il faut r&#233;apprendre la pleine ind&#233;pendance du jugement et du caract&#232;re &#187; dira Togliatti&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3886&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article75&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La le&#231;on de la r&#233;volution hongroise</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article4457</link>
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		<dc:date>2014-11-02T02:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La le&#231;on de la r&#233;volution hongroise &lt;br class='autobr' /&gt;
de Ignazio Silone &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;En deux semaines, Budapest a v&#233;cu f&#233;vrier, octobre et juillet. Le monde a assist&#233; stup&#233;fait, &#224; la r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de toutes les id&#233;es r&#233;volutionnaires, m&#234;me celles que l'on croyait les plus d&#233;su&#232;tes, depuis Blanqui jusqu'&#224; Sorel. On peut faire maintenant un cours d'histoire des id&#233;es et des m&#233;thodes socialistes, rien qu'en racontant, l'un apr&#232;s l'autre, les &#233;pisodes de cette r&#233;volution hongroise. L'unit&#233; de temps et de lieu, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La le&#231;on de la r&#233;volution hongroise
&lt;p&gt;de Ignazio Silone&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;En deux semaines, Budapest a v&#233;cu f&#233;vrier, octobre et juillet. Le monde a assist&#233; stup&#233;fait, &#224; la r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de toutes les id&#233;es r&#233;volutionnaires, m&#234;me celles que l'on croyait les plus d&#233;su&#232;tes, depuis Blanqui jusqu'&#224; Sorel. On peut faire maintenant un cours d'histoire des id&#233;es et des m&#233;thodes socialistes, rien qu'en racontant, l'un apr&#232;s l'autre, les &#233;pisodes de cette r&#233;volution hongroise. L'unit&#233; de temps et de lieu, qu'on consid&#233;rait un artifice de la trag&#233;die classique, a domin&#233; le rythme des &#233;v&#233;nements. Le Palais d'Hiver, Kronstadt et Barcelone se sont suivis avec la rapidit&#233; des &#233;ditions sp&#233;ciales d'un quotidien populaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut reconna&#238;tre, &#224; l'honneur des &#233;crivains communistes hongrois, qu'ils ne se sont pas laiss&#233; surprendre par l'&#233;preuve. Ils l'avaient pr&#233;vue, ils l'avaient m&#234;me annonc&#233;e, ils l'ont accueillie comme une n&#233;cessit&#233; in&#233;vitable. Le moment venu, ils n'ont pas h&#233;sit&#233; entre le Parti et le peuple, entre l'id&#233;ologie et la v&#233;rit&#233;. C'est presque incroyable. Quel exemple et quel enseignement pour nous !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On connaissait d&#233;j&#224; des r&#233;voltes ouvri&#232;res qui avaient &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;es ou accompagn&#233;es par des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales ; mais c'est la premi&#232;re fois, dans toute l'histoire du mouvement socialiste, que des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales &#224; r&#233;p&#233;tition, et &#224; longueur de semaine, aient lieu, avec la participation de la totalit&#233; ou de la grande majorit&#233; des travailleurs, juste le lendemain de l'&#233;crasement d'une r&#233;volte arm&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pire tyrannie est celle des mots. Pour r&#233;apprendre s&#233;rieusement &#224; penser avec loyaut&#233;, il faudrait commencer par remettre un peu d'ordre dans notre langage. Ce n'est pas facile, croyez-moi. Ainsi, pourquoi diable appelons-nous toujours sovi&#233;tique l'arm&#233;e russe ? En r&#233;alit&#233;, les soviets ont disparu de Russie depuis 1920, et les seuls soviets qui existent aujourd'hui sur toute la face de la terre sont justement les comit&#233;s r&#233;volutionnaires de Hongrie, et cela dans le sens authentique du terme : formes ouvertes, &#233;l&#233;mentaires et improvis&#233;es, dans un pays o&#249; l'autocratie a emp&#234;ch&#233; l'organisation de partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veit dire que les soldats russes s'appellent sovi&#233;tiques dans la m&#234;me signification de r&#233;miniscence historique qu'ont, par exemple, les uniformes du dix-septi&#232;rme si&#232;cle encore en usage chez les carabiniers italiens. Toujours est-il que, pour &#234;tre compris de tout le monde, nous aussi nous sommes oblig&#233;s de nous en tenir &#224; la signification courante et d&#233;form&#233;e des mots et, par exemple, devons &#233;crire : &#171; Les troupes sovi&#233;tiques contre les insurg&#233;s hongrois &#187;, tandis que le plus simple respect de la v&#233;rit&#233; des faits nous obligerait d'&#233;crire : &#171; Les troupes imp&#233;rialistes russes contre les soviets de Hongrie. &#187; Voil&#224; comment nous avons perdu le nom des choses. Quelle aubaine pour les amateurs de p&#234;che en eau trouble&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les bases &#171; de classe &#187; de la terreur stalinienne, du culte de la personnalit&#233; et des violations de la l&#233;galit&#233; socialiste, dans une soci&#233;t&#233; o&#249;, officiellement, n'existe qu'une seule classe ? Comment cette heureuse soci&#233;t&#233; qui, par son homog&#233;n&#233;it&#233; sociale, ne devrait jamais poser de probl&#232;mes de choix d'orientation g&#233;n&#233;rale, jamais de probl&#232;mes politiques, a subi la destruction de son &#233;lite r&#233;volutionnaire, l'extermination totale de cinq peuples f&#233;d&#233;r&#233;s, des camps de travaux forc&#233;s avec une population d'intern&#233;s, de douze &#224; quinze millions d'hommes ?....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas oubli&#233; que Tito, Togliatti, Gomulka nous avaient bien laiss&#233; entendre que la longue p&#233;riode de terreur stalinienne n'&#233;tait &#233;videmment explicable que par des d&#233;fauts du &#171; syst&#232;me &#187; ; mais aucune de ces personnalit&#233;s ne nous a par la suite pr&#233;cis&#233; quels avaient &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment les rouages d&#233;fectueux ou les m&#233;thodes vicieuses. Leur perplexit&#233; est bien compr&#233;hensible. Aucun communiste, sans rompre avec la th&#233;orie et la pratique du parti totalitaire, ne peut mettre en discussion la l&#233;gitimit&#233; du parti unique. Tout le &#171; syst&#232;me &#187; repose, de tout son poids, sur ce pivot. La fausse th&#233;orie de l'orthodoxie spontan&#233;e et de l'unanimit&#233; volontaire est vraiment la porte d'Hercule qu'aucun communiste, d'aucune fraction, n'ose franchir. Au-del&#224;, il ne voit qu'aventure et perdition. S'il ose quand m&#234;me franchir cette fronti&#232;re et s'il admet la n&#233;cessit&#233; de la pluralit&#233; des courants politiques, le d&#233;bat et le libre choix, alors il n'est plus communiste (pour les staliniens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, l'importance historique de la r&#233;cente r&#233;volution hongroise est, comme chacun sait, dans le rejet du mensonge (stalinien) totalitaire. Socialisme ? Oui. Parti unque, unanimit&#233; obligatoire ? Non&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que la nouvelle p&#233;riode de la vie russe n'a pas du tout commenc&#233; avec le vingti&#232;me Congr&#232;s du Parti (stalinien), mais par les gr&#232;ves des travailleurs forc&#233;s de Vorkuta&#8230;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=r%C3%A9volution+hongroise+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl#hl=fr&amp;q=r%C3%A9volution+hongroise+1956+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique51&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le soul&#232;vement ouvrier de 1953 en Allemagne orientale</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article4097</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article4097</guid>
		<dc:date>2014-02-19T02:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1953/06/rda.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fausse d&#233;stalinisation de Nikita Khrouchtchev</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article3886</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article3886</guid>
		<dc:date>2013-10-25T02:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les documents du secr&#233;tariat de Staline montrent que Khrouchtchev participa &#224; des r&#233;unions avec lui d&#232;s 1932. Les deux se li&#232;rent d'amiti&#233; : Khrouchtchev admirait le dictateur et ch&#233;rissait les rencontres informelles avec lui et les invitations &#224; la datcha de Staline tandis que Staline appr&#233;ciait son jeune subordonn&#233;. &#192; partir de 1934, Staline lan&#231;a une campagne de r&#233;pression politique connue sous le nom de Grandes Purges au cours de laquelle des millions de personnes furent ex&#233;cut&#233;es ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les documents du secr&#233;tariat de Staline montrent que Khrouchtchev participa &#224; des r&#233;unions avec lui d&#232;s 1932. Les deux se li&#232;rent d'amiti&#233; : Khrouchtchev admirait le dictateur et ch&#233;rissait les rencontres informelles avec lui et les invitations &#224; la datcha de Staline tandis que Staline appr&#233;ciait son jeune subordonn&#233;. &#192; partir de 1934, Staline lan&#231;a une campagne de r&#233;pression politique connue sous le nom de Grandes Purges au cours de laquelle des millions de personnes furent ex&#233;cut&#233;es ou envoy&#233;es au goulag. Au centre de cette campagne se trouvaient les Proc&#232;s de Moscou, une s&#233;rie de proc&#232;s truqu&#233;s destin&#233;s &#224; &#233;liminer de hautes personnalit&#233;s politiques et militaires. En 1936, Khrouchtchev exprima son soutien total aux proc&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Tous ceux qui se r&#233;jouissent des succ&#232;s de notre pays, des victoires de notre parti men&#233; par le grand Staline, ne trouveront qu'un seul mot convenable pour les mercenaires, les chiens fascistes du gang zinovievo-trotskyste. Ce mot est ex&#233;cution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khrouchtchev participa &#224; la purge de nombreux amis et coll&#232;gues de l'oblast de Moscou. Sur les 38 officiels de premier plan du Parti &#224; Moscou, 35 furent ex&#233;cut&#233;s et les trois survivants furent envoy&#233;s dans d'autres r&#233;gions de l'URSS. Sur les 146 secr&#233;taires du Parti des villes et des districts de Moscou et de la province, seuls 10 surv&#233;curent aux purges40. Dans ses m&#233;moires, Khrouchtchev nota que presque tous ses collaborateurs furent arr&#234;t&#233;s. Selon le protocole du Parti, Khrouchtchev devait approuver ces arrestations et il ne fit pas grand-chose pour sauver ses amis et coll&#232;gues43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants du Parti recevaient un quota &#171; d'ennemis &#187; &#224; d&#233;noncer et &#224; arr&#234;ter. En juin 1937, le Politburo fixa un quota de 35 000 ennemis &#224; arr&#234;ter dans la province de Moscou et 5 000 d'entre-eux devaient &#234;tre ex&#233;cut&#233;s. En r&#233;ponse, Khrouchtchev demanda que 2 000 paysans ais&#233;s ou koulaks vivant &#224; Moscou soient ex&#233;cut&#233;s dans le cadre du quota. Deux semaines apr&#232;s avoir re&#231;u l'ordre du Politburo, Khrouchtchev rapporta &#224; Staline que 41 305 &#171; &#233;l&#233;ments criminels et koulaks &#187; avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et que 8 500 m&#233;ritaient la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khrouchtchev n'avait aucune raison de consid&#233;rer qu'il &#233;tait &#224; l'abri des purges. En 1937, il avoua son rapprochement avec le trotskisme en 1923 &#224; Kaganovitch qui, selon Khrouchtchev, &#171; bl&#234;mit &#187; (car les erreurs de son prot&#233;g&#233; pouvaient affecter sa position) et lui conseilla de le dire &#224; Staline. Le dictateur accueillit la confession avec calme et apr&#232;s avoir conseill&#233; Khrouchtchev de la garder secr&#232;te, il lui sugg&#233;ra de raconter l'affaire lors d'une conf&#233;rence du Parti &#224; Moscou. Khrouchtchev fut ovationn&#233; et imm&#233;diatement r&#233;&#233;lu &#224; son poste. Khrouchtchev raconta dans ses m&#233;moires qu'il avait &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par un coll&#232;gue arr&#234;t&#233;. Staline informa Khrouchtchev de l'accusation en personne et attendit sa r&#233;ponse. Khrouchtchev supposa dans ses m&#233;moires que si Staline n'avait pas &#233;t&#233; convaincu de sa r&#233;ponse, il aurait &#233;t&#233; qualifi&#233; d'ennemi du peuple et trait&#233; en cons&#233;quence. N&#233;anmoins, Khrouchtchev devint un membre non votant du Politburo en janvier 1938 et un membre &#224; part enti&#232;re en mars 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 1937, Staline nomma Khrouchtchev &#224; la t&#234;te du parti communiste en Ukraine et il quitta Moscou pour Kiev, redevenue la capitale ukrainienne, en janvier 1938. L'Ukraine avait &#233;t&#233; le lieu de larges purges et parmi les victimes figuraient des professeurs de Stalino pour lesquels Khrouchtchev avait un grand respect. Les rangs de la hi&#233;rarchie du Parti n'avaient pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s et le Comit&#233; central d'Ukraine avait &#233;t&#233; tellement d&#233;cim&#233; qu'il n'atteignait m&#234;me plus le quorum. Apr&#232;s l'arriv&#233;e de Khrouchtchev, le rythme des arrestations s'acc&#233;l&#233;ra. Tous les membres du Politburo et du secr&#233;tariat ukrainien furent arr&#234;t&#233;s &#224; l'exception d'un seul. Presque tous les fonctionnaires et les commandants de l'Arm&#233;e rouge furent remplac&#233;s. Durant les premiers mois qui suivirent la nomination de Khrouchtchev, tous ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s furent condamn&#233;s &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le biographe de Khrouchtchev, William Taubman, sugg&#232;re que dans la mesure o&#249; celui-ci avait &#224; nouveau &#233;t&#233; accus&#233; &#224; tort alors qu'il se trouvait &#224; Kiev, il devait effectivement savoir que certaines d&#233;nonciations &#233;taient fausses et que des innocents &#233;taient condamn&#233;s &#224; tort. En 1939, Khrouchtchev d&#233;clara au XIVe congr&#232;s du Parti ukrainien : &#171; Camarades, nous devons d&#233;masquer et d&#233;truire sans rel&#226;che tous les ennemis du peuple. Mais nous ne devons pas accepter qu'un seul honn&#234;te bolchevique soit bless&#233;. Nous devons lutter contre les calomniateurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Staline fut annonc&#233;e le 6 mars 1953 de m&#234;me que la composition du nouveau gouvernement. Malenkov &#233;tait le nouveau pr&#233;sident du conseil des ministres (premier ministre) et Beria (qui consolida son emprise sur les services de renseignement), Kaganovitch, Boulganine et l'ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Molotov devenaient premiers d&#233;put&#233;s (vice-pr&#233;sidents). Les membres du Pr&#230;sidium du Soviet supr&#234;me qui avaient r&#233;cemment &#233;t&#233; promus par Staline furent &#233;cart&#233;s. Khrouchtchev fut relev&#233; de ses fonctions de chef du Parti &#224; Moscou pour qu'il puisse se concentrer sur des taches non sp&#233;cifi&#233;es au sein du Comit&#233; central. Le New York Times lista Malenkov et Beria en premi&#232;re et seconde place en termes d'influence parmi les dix membres du Pr&#230;sidium alors que Khrouchtchev &#233;tait class&#233; dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mars, Malenkov d&#233;missionna n&#233;anmoins du secr&#233;tariat du Comit&#233; central car ses coll&#232;ges craignaient qu'il n'acqui&#232;re trop de pouvoir. Le principal b&#233;n&#233;ficiaire fut Khrouchtchev qui fut &#233;lu premier secr&#233;taire du Parti par le Comit&#233; central. Avant m&#234;me l'enterrement de Staline, Beria avait lanc&#233; une s&#233;rie de r&#233;formes dont l'ampleur &#233;tait comparable &#224; celles de Khrouchtchev durant sa p&#233;riode au pouvoir et m&#234;me &#224; celles de Mikha&#239;l Gorbatchev, 30 ans plus tard. Les propositions de Beria &#233;taient destin&#233;es &#224; d&#233;nigrer Staline et &#224; lui faire porter la responsabilit&#233; de ses propres crimes. Une proposition, qui fut adopt&#233;e, amnistiait plus d'un million de prisonniers. Une autre, qui fut repouss&#233;e, pr&#233;voyait de rel&#226;cher le contr&#244;le de l'Allemagne de l'Est au sein d'une Allemagne unie et neutre en &#233;change d'un d&#233;dommagement de la part de l'Allemagne de l'Ouest ; Khrouchtchev consid&#233;rait cette id&#233;e comme anti-communiste. Khrouchtchev s'allia donc avec Malenkov pour bloquer la plupart des propositions de Beria tout en rassemblant le soutien d'autres membres du Pr&#230;sidium. Leur campagne contre Beria fut aid&#233;e par les craintes d'un coup d'&#233;tat militaire planifi&#233; par Beria et, selon ce qu'&#233;crivit Khrouchtchev dans ses m&#233;moires, par la conviction que &#171; Beria &#233;tait en train d'aiguiser ses couteaux contre nous &#187;. Le 26 juin 1953, Beria fut arr&#234;t&#233; lors d'une r&#233;union du Pr&#230;sidium. Il fut jug&#233; en secret et ex&#233;cut&#233; en d&#233;cembre 1953 avec cinq de ses plus proches associ&#233;s. Beria fut le dernier perdant d'une lutte de pouvoir sovi&#233;tique &#224; payer de sa vie sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de pouvoir au sein du Politburo (rebaptis&#233; Pr&#230;sidium du Comit&#233; central en 1952) ne fut pas r&#233;solue par l'&#233;limination de Beria. Le pouvoir de Malenkov se trouvait dans l'appareil politique civil, qu'il cherchait &#224; &#233;tendre en r&#233;organisant le gouvernement et en lui donnant plus de pouvoir aux d&#233;pens du Parti. Il tenta &#233;galement d'obtenir le soutien du public en baissant le prix des produits de base et en abaissant le montant des souscriptions d'obligations d'&#201;tat qui &#233;taient depuis longtemps &#233;taient impos&#233;es aux citoyens. De son c&#244;t&#233;, Khrouchtchev, dont la base du pouvoir reposait sur le Parti, chercha &#224; le renforcer. Si dans le syst&#232;me sovi&#233;tique, le Parti devait &#234;tre l'entit&#233; dominante, il avait perdu beaucoup de son influence sous Staline qui avait accapar&#233; l'essentiel du pouvoir pour lui-m&#234;me et pour le Pr&#230;sidium. Khrouchtchev vit qu'avec un Pr&#230;sidium divis&#233; par les luttes d'influence, le Parti et son Comit&#233; central pouvaient retrouver leur pouvoir d'antan. Khrouchtchev rassembla le soutien des membres importants du Parti et il parvint &#224; nommer ses sympathisants &#224; la t&#234;te des principales instances de pouvoir qui entr&#232;rent ensuite au sein du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khrouchtchev se pr&#233;sentait comme un activiste pragmatique pr&#234;t &#224; vaincre tous les obstacles &#224; la diff&#233;rence de Malenkov qui semblait plus terne. Il fit ouvrir au public le Kremlin de Moscou, une d&#233;cision qui fut appr&#233;ci&#233;e du peuple. Si Malenkov et Khrouchtchev voulaient tous deux r&#233;former l'agriculture, les propositions de Khrouchtchev &#233;taient plus larges et incluaient la campagne des terres vierges destin&#233;e &#224; implanter des centaines de milliers de jeunes volontaires dans des fermes en Sib&#233;rie occidentale et dans le nord du Kazakhstan. Malgr&#233; des succ&#232;s initiaux, le projet fut &#224; terme un d&#233;sastre pour l'agriculture sovi&#233;tique. De plus, Khrouchtchev disposait d'informations compromettantes sur Malenkov tir&#233;es des dossiers secrets de Beria. Alors que les procureurs sovi&#233;tiques enqu&#234;taient sur les atrocit&#233;s de Staline vers la fin de son r&#232;gne, dont l'affaire de Leningrad, ils d&#233;couvrirent des preuves de l'implication de Malenkov. En f&#233;vrier 1954, Khrouchtchev rempla&#231;a Malenkov sur le si&#232;ge d'honneur lors des r&#233;unions du Pr&#230;sidium ; en juin, Malenkov cessa d'&#234;tre au sommet de la liste des membres du Pr&#230;sidium, qui &#233;tait &#224; pr&#233;sent organis&#233;e alphab&#233;tiquement. L'influence de Khrouchtchev continua de s'accro&#238;tre avec l'all&#233;geance des principaux repr&#233;sentants locaux du Parti et le placement de ses candidats &#224; la t&#234;te du KGB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une r&#233;union du Comit&#233; central en janvier 1955, Malenkov fut mis en accusation pour son implication dans les atrocit&#233;s et le comit&#233; vota une r&#233;solution l'accusant d'avoir particip&#233; &#224; l'affaire de Leningrad et d'avoir facilit&#233; l'accession de Beria aux postes de responsabilit&#233;. Lors d'une r&#233;union du Soviet supr&#234;me le mois suivant, Malenkov fut destitu&#233; en faveur de Boulganine &#224; la surprise des observateurs occidentaux. Malenkov resta au Pr&#230;sidium en tant que ministre des centrales &#233;lectriques. Selon le biographe de Khrouchtchev, William Tompson, &#171; la position dominante de Khrouchtchev au sein des membres de la direction collective ne faisait plus aucun doute &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mise en retrait de Malenkov, Khrouchtchev et Molotov avaient initialement travaill&#233; ensemble en bonne entente et le ministre des affaires &#233;trang&#232;res de longue date proposa m&#234;me que Khrouchtchev et non Boulganine remplace Malenkov comme premier ministre. Les deux hommes n'avaient cependant pas les m&#234;mes vues politiques. Molotov s'opposait &#224; la campagne des terres vierges et proposait d'augmenter les rendements dans les r&#233;gions agricoles existantes par des investissements importants ; Khrouchtchev consid&#233;rait que cette strat&#233;gie n'&#233;tait pas possible du fait du manque de ressources et de main d'&#339;uvre qualifi&#233;e. Ils s'opposaient &#233;galement au sujet de la politique &#233;trang&#232;re ; peu apr&#232;s sa prise de pouvoir, Khrouchtchev signa un trait&#233; de paix avec l'Autriche qui entra&#238;na le retrait des forces d'occupation sovi&#233;tiques. Molotov &#233;tait r&#233;ticent mais Khrouchtchev organisa la venue d'une d&#233;l&#233;gation autrichienne &#224; Moscou pour n&#233;gocier le trait&#233;. Bien que Khrouchtchev et les autres membres du Pr&#230;sidium attaqu&#232;rent Molotov lors d'une r&#233;union du Comit&#233; central au milieu de l'ann&#233;e 1955 en l'accusant de mener une politique &#233;trang&#232;re n&#233;faste &#224; l'URSS, Molotov conserva son poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 1955, des milliers de prisonniers politiques &#233;taient rentr&#233;s chez eux et ils t&#233;moign&#232;rent de leurs exp&#233;riences du goulag. La poursuite des enqu&#234;tes sur les abus commis r&#233;v&#233;la l'ampleur des crimes commis par Staline &#224; ses successeurs. Khrouchtchev &#233;tait persuad&#233; qu'une fois retir&#233;e la tache du stalinisme, le Parti inspirerait &#224; nouveau confiance au peuple. &#192; partir d'octobre 1955, Khrouchtchev fit pression pour que les crimes de son pr&#233;d&#233;cesseur soient d&#233;voil&#233;s aux d&#233;l&#233;gu&#233;s du prochain XXe congr&#232;s du parti communiste. Certains de ses coll&#232;gues dont Molotov et Malenkov s'opposaient &#224; une telle divulgation et ils le persuad&#232;rent de faire ses remarques au cours d'une session ferm&#233;e au public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XXe congr&#232;s du Parti commen&#231;a le 14 f&#233;vrier 1956 et dans le discours d'ouverture, Khrouchtchev d&#233;nigra Staline et demanda aux d&#233;l&#233;gu&#233;s de se lever en l'honneur des dirigeants communistes d&#233;c&#233;d&#233;s depuis le pr&#233;c&#233;dent congr&#232;s. Au matin du 25 f&#233;vrier, Khrouchtchev d&#233;livra ce qui fut connu sous le nom du &#171; discours secret &#187; devant une assembl&#233;e limit&#233;e aux d&#233;l&#233;gu&#233;s sovi&#233;tiques et interdite &#224; la presse. Durant quatre heures, il d&#233;molit la r&#233;putation de Staline. Khrouchtchev nota dans ses m&#233;moires que &#171; le congr&#232;s m'&#233;couta en silence. Comme le dit le proverbe, on aurait pu entendre une mouche voler. C'&#233;tait si soudain et inattendu &#187;. Il dit aux d&#233;l&#233;gu&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; C'est ici que Staline a montr&#233; &#224; de nombreuses reprises son intol&#233;rance, sa brutalit&#233; et son abus de pouvoir... Il a souvent choisi le chemin de la r&#233;pression et de la destruction physique, pas seulement contre ses v&#233;ritables ennemis mais aussi contre des individus qui n'avaient commis aucun crime contre le Parti ou le gouvernement sovi&#233;tique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours secret, s'il ne changea pas fondamentalement la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique, eut de larges effets. Le discours fut un des facteurs ayant men&#233; aux soul&#232;vements en Pologne et &#224; la r&#233;volution hongroise plus tard dans l'ann&#233;e et les d&#233;fenseurs de Staline organis&#232;rent quatre jours d'&#233;meutes (en) dans sa G&#233;orgie natale en juin pour demander la d&#233;mission de Khrouchtchev et son remplacement par Molotov. Dans les r&#233;unions o&#249; le discours secret fut lu, les communistes condamn&#232;rent de mani&#232;re encore plus virulente Staline (et Khrouchtchev) et demand&#232;rent m&#234;me des &#233;lections multipartites. Cependant, Staline ne fut pas publiquement d&#233;nonc&#233; et son portrait resta affich&#233; dans toute l'URSS et m&#234;me dans le bureau de Khrouchtchev au Kremlin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Rapport secret de Nikita Khrouchtchev&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; au XXe Congr&#232;s du Parti Communiste de l'Union sovi&#233;tique (1956)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le culte de la personnalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le rapport du Comit&#233; central du Parti au XXe Congr&#232;s, dans un certain nombre de discours prononc&#233;s par des d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s, ainsi que lors de r&#233;unions pl&#233;ni&#232;res du Comit&#233; central du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique, pas mal de choses ont &#233;t&#233; dites au sujet du culte de la personnalit&#233; et de ses cons&#233;quences n&#233;fastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Staline, le Comit&#233; central du Parti a commenc&#233; &#224; appliquer une politique tendant &#224; expliquer bri&#232;vement, mais d'une fa&#231;on positive, qu'il &#233;tait intol&#233;rable et &#233;tranger &#224; l'esprit du marxisme-l&#233;ninisme d'exalter une personne et d'en faire un surhomme dot&#233; de qualit&#233;s surnaturelles &#224; l'&#233;gal d'un dieu. Un tel homme est suppos&#233; tout savoir, penser pour tout le monde, tout faire et &#234;tre infaillible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment &#224; l'&#233;gard d'un homme, et singuli&#232;rement &#224; l'&#233;gard de Staline, a &#233;t&#233; entretenu parmi nous pendant de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du pr&#233;sent Rapport n'est pas de proc&#233;der &#224; une critique approfondie de la vie de Staline et de ses activit&#233;s. Sur les m&#233;rites de Staline suffisamment de livres, d'opuscules et d'&#233;tudes ont &#233;t&#233; &#233;crits durant sa vie. Le r&#244;le de Staline dans la pr&#233;paration et l'ex&#233;cution de la r&#233;volution socialiste, lors de la guerre civile, ainsi que dans la lutte pour l'&#233;dification du socialisme dans notre pays est universellement connu. Chacun conna&#238;t cela parfaitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous int&#233;resse aujourd'hui, c'est une question qui a une importance pour le Parti actuellement et dans l'avenir. Ce qui nous int&#233;resse, c'est de savoir comment le culte de la personne de Staline n'a cess&#233; de cro&#238;tre, comment ce culte devint, &#224; un moment pr&#233;cis, la source de toute une s&#233;rie de perversions graves et sans cesse plus s&#233;rieuses des principes du Parti, de la d&#233;mocratie du Parti ; de la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison du fait que tout le monde ne semble pas encore bien comprendre les cons&#233;quences pratiques, r&#233;sultant du culte de l'individu, le grave pr&#233;judice caus&#233; par la violation du principe de la direction collective du Parti du fait de l'accumulation entre les mains d'une personne d'un pouvoir immense et illimit&#233;, le Comit&#233; central du Parti consid&#232;re qu'il est absolument n&#233;cessaire de remettre au XXe Congr&#232;s du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique tout le dossier de cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permettez-moi tout d'abord de vous rappeler que les classiques du marxisme-l&#233;ninisme d&#233;non&#231;aient tr&#232;s s&#233;v&#232;rement toute manifestation du culte de l'individu. Dans une lettre adress&#233;e &#224; un militant allemand, Wilhelm Bloss , Marx &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mon hostilit&#233; au culte de l'individu a fait que je n'ai jamais publi&#233;, durant l'existence de l'Internationale, les nombreux messages en provenance de diff&#233;rents pays qui reconnaissaient mes m&#233;rites... et m'ennuyaient. Je n'y ai m&#234;me pas r&#233;pondu, sauf quelquefois pour r&#233;primander leurs auteurs. Lorsque nous avons adh&#233;r&#233;, Engels et moi, &#224; la soci&#233;t&#233; secr&#232;te des communistes , ce fut &#224; la condition que serait banni de ses statuts tout ce qui se rapportait &#224; l'adoration superstitieuse de l'autorit&#233;. Par la suite, Lassalle fit exactement le contraire.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque temps plus tard, Engels &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Marx et moi avons toujours &#233;t&#233; hostiles aux manifestations publiques concernant les individus, sauf dans les cas o&#249; elles avaient un but important. Et nous nous sommes &#233;nergiquement oppos&#233;s aux manifestations nous concernant personnellement.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande modestie du g&#233;nie de la r&#233;volution, Vladimir Ilitch L&#233;nine, est connue. L&#233;nine a toujours soulign&#233; le r&#244;le du peuple en tant que cr&#233;ateur de l'histoire, le r&#244;le directeur et organisateur du Part, en tant qu'organisme vivant et cr&#233;ateur, ainsi que le r&#244;le du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme ne nie pas le r&#244;le des chefs de la classe laborieuse dans la direction du mouvement de lib&#233;ration r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en attachant une grande importance au r&#244;le des dirigeants et organisateurs des masses, L&#233;nine stigmatisa sans merci toute manifestation du culte de l'individu, combattit inexorablement les id&#233;es &#233;trang&#232;res au marxisme sur le &#034;h&#233;ros&#034; et la &#034;foule&#034;, ainsi que tous les efforts tendant &#224; opposer le &#034;h&#233;ros&#034; aux masses et au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine nous a enseign&#233; que la force du Parti d&#233;pendait de son indissoluble unit&#233; avec les masses. Il nous a appris que derri&#232;re le Parti se trouvaient les ouvriers, les paysans et les intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Seul prendra et conservera le pouvoir,&#034; disait L&#233;nine, &#034;celui qui croit dans le peuple, celui qui se baigne dans la fontaine de la vivante puissance cr&#233;atrice du peuple.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine parlait avec fiert&#233; du parti communiste bolchevik en tant que dirigeant et &#233;ducateur du peuple. Il demandait que les questions les plus importantes soient soumises au jugement des ouvriers comp&#233;tents, au jugement de leur Parti. Il disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous croyons en ce jugement, nous voyons en lui la sagesse, l'honneur et la conscience de notre &#233;poque.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine s'opposa &#233;nergiquement &#224; toute tentative ayant pour but de minimiser ou d'affaiblir le r&#244;le dirigeant du Parti dans la structure de l'Etat sovi&#233;tique. Il &#233;labora les principes bolcheviks de la direction du Parti ainsi que les normes de la vie du Parti, soulignant que les principes fondamentaux de la direction du Parti r&#233;sidaient dans son caract&#232;re coll&#233;gial. D&#233;j&#224; au cours des ann&#233;es pr&#233;-r&#233;volutionnaires, L&#233;nine appelait le Comit&#233; central du Parti un coll&#232;ge de chefs, gardien et interpr&#232;te des principes du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Au cours des p&#233;riodes situ&#233;es entre les diff&#233;rents Congr&#232;s, soulignait L&#233;nine, le Comit&#233; central garde et interpr&#232;te les principes du Parti.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettant en &#233;vidence le r&#244;le du Comit&#233; central du Parti, ainsi que son autorit&#233;, Vladimir Ilitch disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Notre Comit&#233; central s'est constitu&#233; en un groupe &#233;troitement centralis&#233; et exer&#231;ant une haute autorit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la vie de L&#233;nine, le Comit&#233; central du Parti fut la r&#233;elle expression de la direction collective du Parti et de la Nation. Etant un militant marxiste-r&#233;volutionnaire, toujours inflexible sur les questions de principe, L&#233;nine n'imposa jamais par la force ses opinions &#224; ses collaborateurs. Il essayait de les convaincre. Patiemment, il expliquait ses opinions aux autres. L&#233;nine veilla toujours avec diligence &#224; ce que les normes de la vie du Parti fussent r&#233;alis&#233;es, &#224; ce que le statut du Parti f&#251;t observ&#233;, &#224; ce que les Congr&#232;s du Parti et les sessions pl&#233;ni&#232;res du Comit&#233; central eussent lieu &#224; intervalles appropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V.I. L&#233;nine ne se contenta pas de contribuer grandement &#224; la victoire de la classe laborieuse et des paysans, &#224; la victoire de notre Parti et &#224; l'application des id&#233;es du communisme scientifique &#224; la vie. Son esprit perspicace se manifesta dans le fait qu'il d&#233;tecta &#224; temps en Staline les caract&#233;ristiques n&#233;gatives qui eurent plus tard de graves cons&#233;quences. Craignant pour l'avenir du Parti et de l'Union sovi&#233;tique, V.I. L&#233;nine jugea parfaitement Staline. Il souligna qu'il &#233;tait n&#233;cessaire d'envisager d'enlever &#224; Staline son poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral parce qu'il &#233;tait excessivement brutal, qu'il n'avait pas une attitude convenable &#224; l'&#233;gard de ses camarades, qu'il &#233;tait capricieux et abusait de ses pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1922, dans une lettre au Congr&#232;s du Parti , Vladimir Ilitch &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Apr&#232;s avoir assum&#233; les fonctions de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, le camarade Staline a accumul&#233; entre ses mains un pouvoir d&#233;mesur&#233;, et je ne suis pas certain qu'il soit toujours capable d'en faire usage avec la prudence n&#233;cessaire.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lettre - document politique d'une extraordinaire importance, connu dans l'histoire du Parti comme le &#034;Testament de L&#233;nine&#034; - a &#233;t&#233; distribu&#233;e aux d&#233;l&#233;gu&#233;s du XXe Congr&#232;s du Parti. Vous l'avez lue, et sans aucun doute vous la relirez souvent. Vous r&#233;fl&#233;chirez sur ses mots clairs qui expriment l'inqui&#233;tude de Vladimir Ilitch concernant le Parti, le peuple, l'Etat et la gestion future de la politique du Parti . Vladimir Ilitch disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Staline est excessivement brutal, et ce travers, qui peut &#234;tre tol&#233;r&#233; entre nous et dans les contacts entre communistes, devient un d&#233;faut intol&#233;rable pour celui qui occupe les fonctions de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. De ce fait, je propose que les camarades &#233;tudient la possibilit&#233; de priver Staline de ce poste et de le remplacer par un autre homme qui, avant tout, se diff&#233;rencierait de Staline par une seule qualit&#233;, &#224; savoir une plus grande patience, une plus grande loyaut&#233;, une plus grande politesse, une attitude plus correcte &#224; l'&#233;gard des camarades, un temp&#233;rament moins capricieux, etc.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de L&#233;nine avait &#233;t&#233; communiqu&#233; aux d&#233;l&#233;gu&#233;s du XIIIe Congr&#232;s du Parti, qui examin&#232;rent la question d'&#233;loigner Staline de son poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s se d&#233;clar&#232;rent en faveur du maintien de Staline &#224; son poste, esp&#233;rant qu'il tiendrait compte des remarques critiques de Vladimir Ilitch et corrigerait les d&#233;fauts qui motivaient la s&#233;rieuse inqui&#233;tude de L&#233;nine .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! Le Congr&#232;s du Parti doit &#234;tre inform&#233; de deux nouveaux documents qui confirment le caract&#232;re de Staline tel que l'avait d&#233;crit Vladimir Ilitch L&#233;nine dans son &#034;Testament&#034;. Ces documents sont une lettre de Nadejda Konstantinovna Kroupska&#239;a &#224; Kamenev qui &#233;tait &#224; cette &#233;poque &#224; la t&#234;te du Politburo et une lettre personnelle de Vladimir Ilitch &#224; Staline .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous les lire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L&#233;on Borisovitch ! A la suite d'une courte lettre que m'a dict&#233;e, avec l'autorisation des m&#233;decins, Vladimir Ilitch, Staline est entr&#233; hier dans une violente et inhabituelle col&#232;re contre moi . Ce n'est pas d'hier que je suis au Parti. Au cours de ces trente ann&#233;es je n'ai jamais entendu d'aucun camarade un mot grossier. Les affaires du Parti et celles d'Ilitch me sont aussi ch&#232;res qu'&#224; Staline. J'ai besoin aujourd'hui d'un maximum de sang-froid. Ce que l'on peut - et ce que l'on ne peut pas - discuter avec Ilitch je le sais mieux que n'importe quel m&#233;decin, parce que je sais ce qui le rend ou ne le rend pas nerveux. En tout &#233;tat de cause je le sais mieux que Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'adresse &#224; vous et &#224; Gregory comme &#224; de vieux camarades de Vladimir Ilitch et vous supplie de me prot&#233;ger contre des ing&#233;rences brutales dans ma vie priv&#233;e, de viles invectives et de basses menaces. Je n'ai aucun doute quant &#224; ce que sera la d&#233;cision unanime de la Commission de contr&#244;le, de laquelle Staline a jug&#233; bon de me menacer. Quoi qu'il en soit, je n'ai ni force, ni temps &#224; perdre dans cette stupide querelle. Je suis un &#234;tre humain, et mes nerfs sont tendus &#224; l'extr&#234;me .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N. Kroupska&#239;a.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadejda Konstantinovna avait &#233;crit cette lettre le 23 d&#233;cembre 1922. Deux mois et demi apr&#232;s, Vladimir Ilitch L&#233;nine adressait &#224; Staline la lettre suivante en en envoyant des copies &#224; Kamenev et &#224; Zinoviev :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cher camarade Staline,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous &#234;tes permis d'appeler cavali&#232;rement ma femme au t&#233;l&#233;phone et de la r&#233;primander d'une fa&#231;on grossi&#232;re. En d&#233;pit du fait qu'elle vous ait dit qu'elle acceptait d'oublier les propos qui avaient &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s, elle a n&#233;anmoins mis Zinoviev et Kamenev au courant. Je n'ai pas l'intention d'oublier si facilement ce qui a &#233;t&#233; fait contre moi, et il est inutile que j'insiste sur le fait que je consid&#232;re comme dirig&#233; contre moi ce qui a &#233;t&#233; fait contre ma femme. Par cons&#233;quent, je vous demande d'examiner attentivement si vous &#234;tes d'accord pour vous r&#233;tracter et vous excuser ou si vous pr&#233;f&#233;rez que nos relations soient rompues. Sinc&#232;rement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, 5 mars 1923 . &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Vive &#233;motion dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, je ne commenterai pas ces documents. Ils parlent &#233;loquemment d'eux-m&#234;mes. Staline ayant pu agir de cette fa&#231;on du vivant de L&#233;nine, ayant pu agir &#224; l'&#233;gard de Nadejda Konstantinovna Kroupska&#239;a, que le Parti conna&#238;t bien et appr&#233;cie hautement en tant que compagne fid&#232;le de L&#233;nine et comme combattante active pour la cause du Parti depuis sa cr&#233;ation, on peut facilement imaginer comment Staline traitait les autres gens. Ce c&#244;t&#233; n&#233;gatif n'a cess&#233; de se d&#233;velopper et dans les derni&#232;res ann&#233;es avait pris un caract&#232;re absolument insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que l'ont prouv&#233; les &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs, l'inqui&#233;tude de L&#233;nine &#233;tait justifi&#233;e : dans la premi&#232;re p&#233;riode qui a suivi la mort de L&#233;nine, Staline pr&#234;tait encore attention &#224; ses conseils [&#224; ceux de L&#233;nine], mais plus tard il commen&#231;a &#224; ignorer les graves avertissements de Vladimir Ilitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on analyse la fa&#231;on d'agir de Staline &#224; l'&#233;gard de la direction du Parti et du pays, quand on s'arr&#234;te &#224; consid&#233;rer tout ce que Staline a commis, il faut bien se convaincre que les craintes de L&#233;nine &#233;taient justifi&#233;es. Le c&#244;t&#233; n&#233;gatif de Staline, qui, du temps de L&#233;nine, n'&#233;tait encore que naissant, s'&#233;tait transform&#233; dans les derni&#232;res ann&#233;es en un grave abus de pouvoir par Staline, qui a caus&#233; un tort indicible &#224; notre Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#233;tudier s&#233;rieusement et analyser correctement cette question afin d'&#234;tre &#224; m&#234;me de pr&#233;venir toute possibilit&#233; d'un retour, sous quelque forme que ce soit, de ce qui s'est produit du vivant de Staline, qui ne tol&#233;rait absolument pas la direction et le travail collectifs et qui pratiquait la violence brutale, non seulement contre tout ce qui s'opposait &#224; lui, mais aussi contre tout ce qui paraissait, &#224; son esprit, capricieux et despotique, contraire &#224; ses conceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline n'agissait pas par persuasion au moyen d'explications et de patiente collaboration avec des gens, mais en imposant ses conceptions et en exigeant une soumission absolue &#224; son opinion. Quiconque s'opposait &#224; sa conception ou essayait d'expliquer son point de vue et l'exactitude de sa position &#233;tait destin&#233; &#224; &#234;tre retranch&#233; de la collectivit&#233; dirigeante et vou&#233; par la suite &#224; l'annihilation morale et physique. Cela fut particuli&#232;rement vrai pendant la p&#233;riode qui a suivi le XVIIe Congr&#232;s , au moment o&#249; d'&#233;minents dirigeants du Parti et des militants honn&#234;tes et d&#233;vou&#233;s &#224; la cause du communisme sont tomb&#233;s, victimes du despotisme de Staline .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons affirmer que le Parti a men&#233; un dur combat contre les trotskistes, les droitiers et les nationalistes bourgeois et qu'il a d&#233;sarm&#233; id&#233;ologiquement tous les ennemis du l&#233;ninisme. Ce combat id&#233;ologique a &#233;t&#233; conduit avec succ&#232;s, ce qui a eu pour r&#233;sultat de renforcer et de tremper le Parti. L&#224;, Staline a jou&#233; un r&#244;le positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti a men&#233; une vaste lutte id&#233;ologique et politique contre ceux qui, dans ses propres rangs, avan&#231;aient des th&#232;ses antil&#233;ninistes, qui repr&#233;sentaient une ligne politique hostile au Parti et &#224; la cause du socialisme. Cela a &#233;t&#233; une lutte opini&#226;tre et difficile, mais n&#233;cessaire, car la ligne politique, aussi bien du bloc trotskiste-zinovi&#233;viste que des boukhariniens, conduisait en fait &#224; la restauration du capitalisme et &#224; la capitulation devant la bourgeoisie mondiale . Consid&#233;rons un instant ce qui serait arriv&#233; si, en 1928-1929, la ligne politique de la d&#233;viation droiti&#232;re ou l'orientation vers le &#034;socialisme &#224; pas de tortue&#034; ou vers le koulak, etc., avait pr&#233;valu parmi nous. Nous ne poss&#233;derions pas maintenant une puissante industrie lourde, nous n'aurions pas les kolkhozes, nous nous trouverions d&#233;sarm&#233;s et faibles devant l'encerclement capitaliste .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que le Parti a men&#233; un combat id&#233;ologique inexorable et a expliqu&#233; &#224; tous les membres du Parti et aux masses non inscrites au Parti le mal et le danger des propositions antil&#233;ninistes de l'opposition trotskiste et des opportunistes de droite. Et cette grande oeuvre d'explication de la ligne du Parti a port&#233; ses fruits ; les trotskistes et les opportunistes de droite ont &#233;t&#233; isol&#233;s politiquement ; la tr&#232;s grande majorit&#233; du Parti a soutenu la ligne l&#233;niniste et le Parti a pu &#233;veiller et organiser les masses ouvri&#232;res pour l'application de la ligne du parti l&#233;niniste et pour &#233;difier le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter le fait que, m&#234;me pendant que se d&#233;roulait la furieuse lutte id&#233;ologique contre les trotskistes, les zinovi&#233;vistes, les boukhariniens et les autres, on n'a jamais pris contre eux des mesures de r&#233;pression extr&#234;mes. La lutte se situait sur le terrain id&#233;ologique. Mais quelques ann&#233;es plus tard, alors que le socialisme &#233;tait fondamentalement &#233;difi&#233; dans notre pays, alors que les classes exploitantes &#233;taient g&#233;n&#233;ralement liquid&#233;es, alors que la structure sociale sovi&#233;tique avait radicalement chang&#233;, alors que la base sociale pour les mouvements et les groupes politiques hostiles au Parti s'&#233;tait extr&#234;mement r&#233;tr&#233;cie, alors que les adversaires id&#233;ologiques du Parti &#233;taient depuis longtemps vaincus politiquement, c'est alors que commen&#231;a la r&#233;pression contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement pendant cette p&#233;riode (1936-19371938) qu'est n&#233;e la pratique de la r&#233;pression massive au moyen de l'appareil gouvernemental, d'abord contre les ennemis du l&#233;ninisme - trotskistes, zinovi&#233;vistes, boukhariniens - depuis longtemps vaincus politiquement par le Parti, et &#233;galement ensuite contre de nombreux communistes honn&#234;tes, contre les cadres du Parti qui avaient port&#233; le lourd fardeau de la guerre civile et des premi&#232;res et tr&#232;s difficiles ann&#233;es de l'industrialisation et de la collectivisation, qui avaient activement lutt&#233; contre les trotskistes et les droitiers pour le triomphe de la ligne du parti l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline fut &#224; l'origine de la conception de l' &#034;ennemi du peuple'&#034; . Ce terme rendit automatiquement inutile d'&#233;tablir la preuve des erreurs id&#233;ologiques de l'homme ou des hommes engag&#233;s dans une controverse ; ce terme rendit possible l'utilisation de la r&#233;pression la plus cruelle, violant toutes les normes de la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire contre quiconque, de quelque mani&#232;re que ce soit, n'&#233;tait pas d'accord avec lui ; contre ceux qui &#233;taient seulement suspects d'intentions hostiles, contre ceux qui avaient mauvaise r&#233;putation. Ce concept d' &#034;ennemi du peuple&#034; &#233;liminait en fait la possibilit&#233; d'une lutte id&#233;ologique quelconque, de faire conna&#238;tre son point de vue sur telle ou telle question, m&#234;me celle qui avait un caract&#232;re pratique. Pour l'essentiel et en fait la seule preuve de culpabilit&#233; dont il &#233;tait fait usage, contre toutes les normes de la science juridique actuelle, &#233;tait la &#034;confession&#034; de l'accus&#233; lui-m&#234;me ; et comme l'ont prouv&#233; les enqu&#234;tes faites ult&#233;rieurement, les &#034;confessions&#034; &#233;taient obtenues au moyen de pressions physiques contre l'accus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a conduit &#224; des violations manifestes de la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire et au fait que de nombreuses personnes, parfaitement innocentes, qui, dans le pass&#233;, avaient d&#233;fendu la ligne du Parti, devinrent des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien dire qu'en ce qui concerne les personnes qui, de leur temps, s'&#233;taient oppos&#233;es &#224; la ligne du Parti, il n'y avait souvent pas suffisamment de raisons s&#233;rieuses pour leur annihilation physique. La formule &#034;ennemi du peuple&#034; avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment dans le but d'an&#233;antir physiquement ces individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait que de nombreuses personnes qui plus tard ont &#233;t&#233; supprim&#233;es en tant qu'ennemies du Parti et du peuple, avaient collabor&#233; avec L&#233;nine de son vivant. Certaines de ces personnes avaient commis des erreurs du vivant de L&#233;nine, mais malgr&#233; cela L&#233;nine avait profit&#233; de leur travail, il les avait corrig&#233;es et il avait fait tout son possible pour les maintenir dans les rangs du Parti ; il les incitait &#224; suivre son exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ce rapport, les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Congr&#232;s du Parti devraient se familiariser avec une note in&#233;dite de V.I. L&#233;nine adress&#233;e au Bureau politique du Comit&#233; central en octobre 1920. Soulignant les devoirs de la Commission de contr&#244;le, L&#233;nine &#233;crivait que la commission devait se transformer en un v&#233;ritable &#034;organe du Parti et en conscience prol&#233;tarienne&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En tant que t&#226;che particuli&#232;re de la commission de contr&#244;le, il est recommand&#233; d'&#233;tablir des rapports profonds, personnels, et quelquefois m&#234;me th&#233;rapeutiques en quelque sorte, avec les repr&#233;sentants de ce qu'on appelle l'opposition, ceux qui ont travers&#233; une crise psychologique en raison d'un &#233;chec dans leurs t&#226;ches au sein des soviets ou du Parti. Il faudrait faire un effort pour les rassurer, leur expliquer le probl&#232;me de la fa&#231;on qu'on emploie avec des camarades, leur trouver (en &#233;vitant de donner des ordres) une t&#226;che &#224; laquelle ils sont psychologiquement aptes. Les conseils et les r&#232;gles en ce qui concerne cette question doivent &#234;tre formul&#233;s par le bureau de l'organisation du Comit&#233; central, etc.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun sait combien L&#233;nine &#233;tait intraitable envers les ennemis id&#233;ologiques du marxisme, envers ceux qui d&#233;viaient de la ligne correcte du Parti. Mais, en m&#234;me temps, L&#233;nine, comme cela ressort du document ci dessus, dans sa m&#233;thode de direction du parti, exigeait le contact le plus intime du Parti avec ceux qui avaient montr&#233; de l'ind&#233;cision ou une dissidence provisoire &#224; l'&#233;gard de la ligne du Parti, mais qu'il &#233;tait possible de ramener dans la voie du Parti. L&#233;nine conseillait d'&#233;duquer patiemment ces gens sans recours aux m&#233;thodes extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse de L&#233;nine dans ses rapports avec les gens &#233;tait &#233;vidente dans son travail avec les cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline se caract&#233;risait par des rapports tout diff&#233;rents avec les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traits de L&#233;nine - le travail patient avec les gens, la pers&#233;v&#233;rance et le soin apport&#233;s &#224; leur &#233;ducation, sa facult&#233; d'amener des gens &#224; lui ob&#233;ir sans user de la contrainte, mais bien plut&#244;t par l'influence id&#233;ologique qu'il exer&#231;ait sur eux - &#233;taient absolument &#233;trangers &#226; Staline. Il [Staline] avait renonc&#233; &#224; la m&#233;thode l&#233;niniste consistant &#224; convaincre et &#224; &#233;duquer ; il avait abandonn&#233; la m&#233;thode de la lutte id&#233;ologique pour celle de la violence administrative, des r&#233;pressions massives et de la terreur. Il agissait, sur une &#233;chelle toujours plus grande et d'une mani&#232;re toujours plus inflexible, par le truchement d'organismes punitifs, violant souvent en m&#234;me temps toutes les normes existantes de la moralit&#233; et de la l&#233;gislation sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement arbitraire d'une personne encouragea et permit l'arbitraire chez d'autres. Des arrestations et des d&#233;portations massives de plusieurs milliers de personnes, des ex&#233;cutions sans proc&#232;s et sans instruction, cr&#233;&#232;rent des conditions d'ins&#233;curit&#233;, de peur et m&#234;me de d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela bien entendu ne contribua pas &#224; l'unit&#233; dans les rangs du Parti ni parmi les diff&#233;rentes couches de la classe laborieuse, mais au contraire entra&#238;na l'expulsion du Parti, puis l'&#233;limination de militants loyaux mais qui ne plaisaient pas &#224; Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre Parti a lutt&#233; pour l'application des id&#233;es de L&#233;nine, pour l'&#233;dification du socialisme. Ce fut un combat id&#233;ologique. Si, au cours de cette lutte, les principes l&#233;ninistes avaient &#233;t&#233; observ&#233;s et si la fid&#233;lit&#233; du Parti &#224; ces principes avait &#233;t&#233; alli&#233;e adroitement &#224; un souci constant pour les hommes, si ces hommes n'avaient pas &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s mais mis au service de notre cause, nous n'aurions certainement pas connu cette brutale violation de la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire, et des milliers de personnes n'auraient pas &#233;t&#233; victimes de la m&#233;thode de terreur. On aurait eu recours alors &#224; des m&#233;thodes extraordinaires seulement &#224; l'&#233;gard de ceux qui avaient r&#233;ellement commis des actes criminels contre le syst&#232;me sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons quelques faits historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent la r&#233;volution d'Octobre, deux membres du Comit&#233; central du parti bolchevik - Kamenev et Zinoviev - se d&#233;clar&#232;rent hostiles aux projets de L&#233;nine pour une r&#233;volte arm&#233;e. De plus, le 18 octobre, ils publi&#232;rent dans le journal menchevik Nova&#239;a Jizn un article dans lequel ils d&#233;claraient que les bolcheviks prenaient leurs dispositions en vue d'une insurrection arm&#233;e et qu'ils consid&#233;raient ce projet comme tr&#232;s aventureux. Kamenev et Zinoviev r&#233;v&#233;laient ainsi &#224; l'ennemi la d&#233;cision du Comit&#233; central de susciter une r&#233;volte, et ce dans un proche avenir .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut une trahison &#224; l'&#233;gard du Parti et de la r&#233;volution. A ce sujet, Vladimir Ilitch L&#233;nine &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Kamenev et Zinoviev ont livr&#233; &#224; Rodzianko et &#224; Kerenski la d&#233;cision du Comit&#233; central de leur parti sur l'insurrection arm&#233;e.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souleva devant le Comit&#233; central la question de l'expulsion du parti de Zinoviev et de Kamenev .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, apr&#232;s la grande r&#233;volution socialiste d'Octobre, Zinoviev et Kamenev re&#231;urent, comme on le sait, de hautes fonctions. L&#233;nine leur confia des postes o&#249; ils ex&#233;cut&#232;rent pour le Parti des t&#226;ches tr&#232;s importantes. Ils prirent une part active au travail des principaux organismes du Parti et des soviets. Il est bien connu que Zinoviev et Kamenev commirent un certain nombre d'autres graves erreurs du vivant de L&#233;nine. Dans son &#034;Testament&#034;, L&#233;nine soulignait &#034;que le r&#244;le de Zinoviev et de Kamenev en octobre n'&#233;tait certainement pas accidentel&#034;. Cependant, il ne posa jamais la question de leur arrestation et encore moins de leur liquidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, prenons l'exemple des trotskistes. Aujourd'hui, avec un recul historique suffisamment long, nous pouvons parler de la lutte contre eux avec un calme complet et pouvons analyser cette question avec une objectivit&#233; suffisante. Apr&#232;s tout, autour de Trotski se trouvaient des gens dont l'origine n'&#233;tait pas pr&#233;cis&#233;ment bourgeoise. Un certain nombre d'entre eux appartenaient &#224; l'intelligentsia du Parti, d'autres &#233;taient recrut&#233;s parmi les ouvriers. Nous pouvons citer de nombreuses personnes qui, &#224; un moment de leur vie, rejoignirent les trotskistes. Ces m&#234;mes personnes cependant prirent une part active au mouvement ouvrier avant la r&#233;volution, pendant la r&#233;volution socialiste d'octobre, et aid&#232;rent &#224; cimenter la victoire de la plus grande des r&#233;volutions. Beaucoup d'entre elles rompirent avec le trotskisme et revinrent aux principes l&#233;ninistes. Etait-il n&#233;cessaire de les faire dispara&#238;tre ? Nous avons la conviction profonde que, si L&#233;nine avait v&#233;cu, cette m&#233;thode extr&#234;me n'aurait pas &#233;t&#233; appliqu&#233;e contre la plupart d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit l&#224; que de quelques faits historiques seulement. Mais peut-on dire que L&#233;nine ne d&#233;cida pas d'employer m&#234;me les moyens les plus s&#233;v&#232;res contre les ennemis de la r&#233;volution lorsque cela fut n&#233;cessaire ? Non, personne ne peut le dire. Vladimir Ilitch exigeait une attitude intransigeante &#224; l'&#233;gard des ennemis de la r&#233;volution et de la classe laborieuse, et lorsque cela &#233;tait n&#233;cessaire, il avait recours &#224; la mani&#232;re forte. Vous n'avez qu'&#224; vous souvenir de la fa&#231;on dont L&#233;nine combattit les organismes socialistes r&#233;volutionnaires de l'insurrection antisovi&#233;tique, les koulaks contre-r&#233;volutionnaires, en 1918, et les autres. Il employa sans h&#233;sitation les m&#233;thodes les plus extr&#234;mes contre les ennemis. Toutefois, il n'avait recours &#224; ces m&#233;thodes que contre les v&#233;ritables ennemis de classe, et non contre ceux qui commirent des fautes ou des erreurs mais qu'il &#233;tait possible de r&#233;cup&#233;rer par l'influence id&#233;ologique et m&#234;me de maintenir aux postes dirigeants. L&#233;nine n'eut recours aux m&#233;thodes s&#233;v&#232;res que dans l'extr&#234;me n&#233;cessit&#233; : lorsque les classes exploitantes existaient toujours et s'opposaient vigoureusement &#224; la r&#233;volution, lorsque la lutte pour la survivance rev&#234;tait les formes les plus aigu&#235;s, y compris m&#234;me une guerre civile .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline, d'autre part, eut recours aux m&#233;thodes extr&#234;mes et aux r&#233;pressions massives alors que la r&#233;volution &#233;tait d&#233;j&#224; victorieuse, alors que l'Etat sovi&#233;tique &#233;tait consolid&#233;, 'que les classes exploitantes &#233;taient d&#233;j&#224; liquid&#233;es, que les relations socialistes &#233;taient solidement enracin&#233;es dans tous les secteurs de l'&#233;conomie nationale, alors que notre parti &#233;tait consolid&#233; politiquement et qu'il s'&#233;tait renforc&#233; tant au point de vue num&#233;rique qu'id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que dans toute une s&#233;rie de cas, Staline d&#233;montra son intol&#233;rance, son comportement brutal et abusa de ses pouvoirs. Au lieu de prouver la justesse de sa politique et de mobiliser les masses, il choisit fr&#233;quemment la voie de la r&#233;pression et de l'annihilation physique, non seulement contre ses v&#233;ritables ennemis, mais aussi contre des individus qui n'avaient commis aucun crime contre le Parti et le gouvernement sovi&#233;tique. Nous ne voyons en cela aucune marque de sagesse, mais bien une manifestation de cette force brutale qui, jadis, avait tant alarm&#233; Vladimir Ilitch L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, notamment apr&#232;s qu'eut &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233;e la bande de B&#233;ria, le Comit&#233; central se pencha sur une s&#233;rie d'affaires mont&#233;es par cette bande . Un tr&#232;s vilain tableau se dessina alors des intentions brutales et de l'attitude injustifi&#233;e de Staline. Ainsi que le prouvent les faits, Staline, faisant usage de son pouvoir illimit&#233;, se permit de nombreux abus, agissant au nom du Comit&#233; central sans demander l'avis des membres du Comit&#233;, ni m&#234;me des membres du Politburo du Comit&#233; central ; souvent m&#234;me, il ne les informait pas de ses d&#233;cisions personnelles au sujet de probl&#232;mes tr&#232;s importants du Parti et du gouvernement .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le culte de la personnalit&#233;, il nous faut d'abord montrer &#224; chacun le tort que cela a caus&#233; aux int&#233;r&#234;ts de notre Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vladimir Ilitch L&#233;nine avait toujours insist&#233; sur le r&#244;le et l'importance du Parti en tant que dirigeant du gouvernement socialiste des ouvriers et paysans ; il voyait l&#224; la condition pr&#233;alable essentielle d'une &#233;dification victorieuse du socialisme dans notre pays. Soulignant la grande responsabilit&#233; du parti bolchevik comme parti dirigeant de l'Etat sovi&#233;tique, L&#233;nine appelait au respect le plus scrupuleux de toutes les r&#232;gles de la vie du Parti ; il appelait &#224; la mise en oeuvre des principes de direction coll&#233;giale du Parti et de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction coll&#233;giale d&#233;coule de la nature m&#234;me de notre Parti, qui est bas&#233; sur les principes du centralisme d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela signifie, disait L&#233;nine, que toutes les questions du Parti sont r&#233;solues par tous les membres - directement ou par leurs repr&#233;sentants - qui, sans exception, sont soumis aux m&#234;mes r&#232;gles ; de plus, tous les membres administratifs, tout le coll&#232;ge dirigeant, tous ceux qui ont une fonction dans le Parti, sont &#233;lus, ils doivent rendre compte de leurs activit&#233;s et sont amovibles.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que L&#233;nine lui-m&#234;me &#233;tait un exemple de la plus stricte observation de ces principes. Il n'y avait pas de probl&#232;me, aussi important f&#251;t-il, dont L&#233;nine d&#233;cidait par lui-m&#234;me sans demander l'avis et l'approbation de la majorit&#233; des membres du Comit&#233; central ou des membres du Bureau politique du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les p&#233;riodes les plus difficiles pour notre Parti et notre pays, L&#233;nine jugea n&#233;cessaire de convoquer r&#233;guli&#232;rement les Congr&#232;s, les conf&#233;rences du Parti et les sessions pl&#233;ni&#232;res du Comit&#233; central, o&#249; les questions les plus importantes &#233;taient toutes discut&#233;es et o&#249; des r&#233;solutions, soigneusement mises au point par l'ensemble des dirigeants, &#233;taient approuv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons rappeler, par exemple, l'ann&#233;e 1918 - alors que notre pays &#233;tait menac&#233; d'une attaque des interventionnistes imp&#233;rialistes. Dans cette situation, le VIIe Congr&#232;s du Parti fut convoqu&#233; pour discuter d'un probl&#232;me vital qui ne pouvait &#234;tre ajourn&#233; : celui de la paix. En 1919, alors que la guerre civile faisait rage, le VIIIe Congr&#232;s s'est r&#233;uni et a adopt&#233; un nouveau programme du Parti, pris des d&#233;cisions sur des probl&#232;mes aussi importants que ceux des rapports du Parti avec les masses paysannes, de l'organisation de l'Arm&#233;e rouge, du r&#226;le dirigeant du Parti dans les soviets, de la modification de la composition sociale du Parti, d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1920, le IXe Congr&#232;s fut organis&#233; et jeta les bases des principes directeurs de la politique du Parti dans le domaine du d&#233;veloppement &#233;conomique. En 1921, le Xe Congr&#232;s adopta la nouvelle politique &#233;conomique de L&#233;nine et la R&#233;solution historique intitul&#233;e &#034;De l'unit&#233; du Parti&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la vie de L&#233;nine, les Congr&#232;s du Parti ont &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement convoqu&#233;s ; toujours, lorsqu'un tournant radical dans le d&#233;veloppement du Parti ou de la Nation prenait corps, L&#233;nine consid&#233;rait comme une n&#233;cessit&#233; absolue que le Parti discut&#226;t de fond en comble toutes les questions relatives &#224; la politique int&#233;rieure ou ext&#233;rieure et des questions concernant l'&#233;volution du Parti et du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que L&#233;nine ait adress&#233; ses derniers articles, ses derni&#232;res lettres et ses derni&#232;res remarques au Congr&#232;s, en tant qu'instance supr&#234;me du Parti, est caract&#233;ristique. Dans les p&#233;riodes s&#233;parant les Congr&#232;s, le Comit&#233; central du Parti, agissant comme autorit&#233; collective supr&#234;me, observait m&#233;ticuleusement les principes du Parti et mettait en oeuvre sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les choses se passaient du vivant de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces principes l&#233;ninistes sacr&#233;s du Parti ont-ils &#233;t&#233; appliqu&#233;s apr&#232;s la mort de L&#233;nine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que pendant les quelques premi&#232;res ann&#233;es qui suivirent la mort de L&#233;nine, les Congr&#232;s et r&#233;unions pl&#233;ni&#232;res du Comit&#233; central eurent lieu plus ou moins r&#233;guli&#232;rement, plus tard, lorsque Staline commen&#231;a progressivement &#224; fonder son pouvoir, ces principes furent brutalement viol&#233;s. Cela fut particuli&#232;rement &#233;vident pendant les quinze derni&#232;res ann&#233;es de sa vie. Etait-ce une situation normale alors que durant ce laps de temps, notre Parti et la Nation ont v&#233;cu des &#233;v&#233;nements d'une telle importance ? Ces &#233;v&#233;nements exigeaient cat&#233;goriquement que le Parti adopt&#226;t des r&#233;solutions relatives &#224; la d&#233;fense pendant la guerre patriotique et &#224; la reconstruction pacifique apr&#232;s la guerre. Or, m&#234;me apr&#232;s la fin de la guerre, il n'y eut pas de Congr&#232;s pendant des ann&#233;es .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sessions pl&#233;ni&#232;res du Comit&#233; central ne furent convoqu&#233;es que rarissimement. Il suffirait de mentionner que pendant toute la dur&#233;e de la guerre patriotique, il n'y eut pas une seule session du pl&#233;num du Comit&#233; central .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'il y eut une tentative de convocation du pl&#233;num du Comit&#233; central en octobre 1941, les membres du Comit&#233; central de toutes les parties du pays ayant &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; Moscou. Ils attendirent deux jours l'ouverture du pl&#233;num, mais en vain. Staline ne voulut ni rencontrer les membres du Comit&#233; central ni leur parler. Ce fait montre combien Staline &#233;tait d&#233;moralis&#233; dans les premiers mois de la guerre, et avec quelle arrogance et quel m&#233;pris il traitait les membres du Comit&#233; central. Pratiquement, Staline ignorait les r&#232;gles de la vie du Parti et pi&#233;tinait le principe l&#233;niniste de direction collective du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autoritarisme de Staline &#224; l'&#233;gard du Parti et de son Comit&#233; central se r&#233;v&#233;la pleinement apr&#232;s le XVIIe Congr&#232;s du Parti, qui eut lieu en 1934 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant &#224; sa disposition de nombreux renseignements faisant la preuve d'intentions brutales &#224; l'&#233;gard des cadres du Parti, le Comit&#233; central a cr&#233;&#233; une commission sous le contr&#244;le du pr&#233;sidium du Comit&#233; central ; elle a &#233;t&#233; charg&#233;e d'enqu&#234;ter et d'&#233;tablir ce qui avait rendu possible les r&#233;pressions de masse contre la majorit&#233; des membres du Comit&#233; central et les suppl&#233;ants &#233;lus au XVIIe Congr&#232;s du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission avait eu connaissance d'une grande quantit&#233; de mat&#233;riel des archives du NKVD et d'autres documents, &#233;tablissant de nombreux faits relatifs &#224; la &#034;fabrication&#034; de proc&#232;s contre des communistes, &#224; de fausses accusations, &#224; de criants abus contre la l&#233;galit&#233; socialiste - qui eurent pour cons&#233;quence la mort d'innocents. Il devint &#233;vident que de nombreux activistes du Parti, des soviets et de l'&#233;conomie qui avaient &#233;t&#233; trait&#233;s d'ennemis en 1937-1938 ne furent en fait jamais ni des ennemis, ni des espions, ni des saboteurs, mais toujours d'honn&#234;tes communistes ; on n'avait fait que les accuser de ces crimes, et, souvent incapables de supporter plus longtemps des tortures barbares, ils s'accusaient eux m&#234;mes (sur l'ordre des juges d'instruction, des falsificateurs) de toutes sortes de crimes graves et improbables. La Commission a pr&#233;sent&#233; au pr&#233;sidium du Comit&#233; central un mat&#233;riel important et document&#233; relatif aux r&#233;pressions massives contre les d&#233;l&#233;gu&#233;s du XVIIe Congr&#232;s du Parti et contre les membres du Comit&#233; central &#233;lus &#224; ce Congr&#232;s. Cc mat&#233;riel a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; par le pr&#233;sidium du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; &#233;tabli que des cent trente-neuf membres et suppl&#233;ants du Comit&#233; central du Parti qui avaient &#233;t&#233; &#233;lus au XVIIe Congr&#232;s, quatre-vingt-dix-huit avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et fusill&#233;s, c'est-&#224;-dire 70 % (pour la plupart en 1937-1938).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Indignation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle &#233;tait la composition du XVIIe Congr&#232;s ? On sait que 80 % des d&#233;l&#233;gu&#233;s du XVIIe Congr&#232;s avaient adh&#233;r&#233; au Parti pendant les ann&#233;es de conspiration qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la r&#233;volution et pendant la guerre civile, c'est-&#224;-dire avant 1921 ; du point de vue de l'origine sociale, les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Congr&#232;s &#233;taient essentiellement des ouvriers (60 % des votants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certaines raisons, il e&#251;t &#233;t&#233; inconcevable qu'un Congr&#232;s compos&#233; de la sorte &#233;lise un Comit&#233; central dont la majorit&#233; se serait r&#233;v&#233;l&#233;e constitu&#233;e d'ennemis du Parti. La seule raison pour laquelle 70 % des candidats &#233;lus du XVIIe Congr&#232;s ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s comme des ennemis du Parti et du peuple fut que d'honn&#234;tes communistes ont &#233;t&#233; calomni&#233;s, que les accusations port&#233;es contre eux &#233;taient fausses et que la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire fut gravement viol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sort identique fut r&#233;serv&#233; non seulement aux membres du Comit&#233; central, mais aussi &#224; la majorit&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s du XVIIe Congr&#232;s ; des mille neuf cent soixante six d&#233;l&#233;gu&#233;s, soit avec droit de vote, soit avec voix consultative, mille cent huit personnes, c'est-&#224;-dire nettement plus que la majorit&#233;, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es sous l'accusation de crimes contre-r&#233;volutionnaires. Ce fait m&#234;me montre combien folles et contraires au bon sens &#233;taient les accusations de crimes contre-r&#233;volutionnaires port&#233;es, comme on peut en juger maintenant, contre une majorit&#233; des participants au XVIIe Congr&#232;s du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Indignation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se souvenir que le XVIIe Congr&#232;s est connu historiquement sous le nom de &#034;Congr&#232;s des vainqueurs&#034;. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s avaient &#233;t&#233; des artisans actifs de l'&#233;dification de notre Etat socialiste ; nombre d'entre eux avaient souffert et combattu pour la cause du Parti pendant les ann&#233;es pr&#233;-r&#233;volutionnaires dans la conspiration et sur les fronts de la guerre civile ; ils avaient combattu leurs ennemis avec vaillance et avaient souvent regard&#233; la mort en face. Comment peut-on alors supposer que ces gens pouvaient &#234;tre &#224; &#034;double face&#034; et avaient rejoint le camp des ennemis du socialisme &#224; l'&#233;poque qui a suivi la liquidation politique des zinovi&#233;vistes, des trotskistes et des droitiers, et apr&#232;s les grandes r&#233;alisations de l'&#233;dification socialiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la cons&#233;quence de l'abus de pouvoir par Staline qui commen&#231;a &#224; utiliser la terreur de masse contre les cadres du Parti .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quelle raison les r&#233;pressions de masse contre les activistes n'ont-elles cess&#233; d'augmenter apr&#232;s le XVIIe Congr&#232;s ? C'est parce que, &#224; l'&#233;poque, Staline s'&#233;tait &#233;lev&#233; &#224; un tel point au-dessus du Parti et au-dessus de la Nation qu'il avait cess&#233; de prendre en consid&#233;ration le Comit&#233; central ou le Parti. Alors qu'il avait toujours tenu compte de l'opinion de la collectivit&#233; avant le XVIIe Congr&#232;s, apr&#232;s la totale liquidation politique des trotskistes, des zinovi&#233;vistes et des boukhariniens, au moment o&#249; cette lutte et les victoires socialistes avaient conduit &#224; l'unit&#233; du Parti, Staline avait cess&#233;, &#224; un point toujours plus grand, de tenir compte des membres du Comit&#233; central du Parti et m&#234;me des membres du Bureau politique. Staline pensait que, d&#233;sormais, il pouvait d&#233;cider seul de toutes choses et que les figurants &#233;taient les seuls gens dont il ait encore besoin ; il traitait tous les autres de telle sorte qu'ils ne pouvaient plus que lui ob&#233;ir et l'encenser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'assassinat criminel de S.M. Kirov , commenc&#232;rent les r&#233;pressions de masse et les brutales violations de la l&#233;galit&#233; socialiste. Le soir du 1er d&#233;cembre 1934, sur l'initiative de Staline (sans l'approbation du Bureau politique, qui fut acquise par hasard deux jours plus tard), le secr&#233;taire du Pr&#233;sidium du Comit&#233; central ex&#233;cutif, Enoukidz&#233; , signait la directive suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#034;Ordre est donn&#233; aux organismes d'instruction d'acc&#233;l&#233;rer l'&#233;tude des proc&#232;s de ceux qui sont accus&#233;s de pr&#233;paration ou d'ex&#233;cution d'actes terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ordre est donn&#233; aux organes judiciaires de ne pas suspendre l'ex&#233;cution des sentences de mort relatives aux crimes de cette cat&#233;gorie afin d'&#233;tudier les possibilit&#233;s de gr&#226;ce, du fait que le Pr&#233;sidium du Comit&#233; central ex&#233;cutif de l'URSS ne consid&#232;re pas possible de recevoir les p&#233;titions de cette nature .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ordre est donn&#233; aux organismes du commissariat des Affaires int&#233;rieures d'ex&#233;cuter les sentences de mort contre les criminels de la cat&#233;gorie ci-dessus imm&#233;diatement apr&#232;s le prononc&#233; de ces sentences.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette directive devint la base des actes massifs d'abus contre la l&#233;galit&#233; socialiste. Au cours de nombreux proc&#232;s les accus&#233;s durent r&#233;pondre de &#034;la pr&#233;paration&#034; d'actes terroristes ; cela les privait de toute possibilit&#233; de r&#233;examen de leurs proc&#232;s, m&#234;me lorsqu'ils d&#233;claraient devant le tribunal que leurs &#034;aveux&#034; leur avaient &#233;t&#233; arrach&#233;s de force et que, d'une mani&#232;re convaincante, ils apportaient la preuve de la fausset&#233; des accusations port&#233;es contre eux .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avouer que jusqu'&#224; maintenant les circonstances entourant l'assassinat de Kirov dissimulent beaucoup de choses qui sont inexplicables et myst&#233;rieuses et exigent un examen des plus attentifs. Il y a quelque raison de croire que le meurtrier de Kirov, Nikola&#239;ev, a &#233;t&#233; aid&#233; par l'un de ceux dont la mission &#233;tait de prot&#233;ger la personne de Kirov . Un mois et demi avant le meurtre, Nikola&#239;ev avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; en raison de son attitude suspecte, mais il avait &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; et n'avait m&#234;me pas &#233;t&#233; fouill&#233;. Le fait que le tch&#233;kiste charg&#233; de la protection de Kirov, qui devait &#234;tre interrog&#233; le 2 d&#233;cembre 1934, ait &#233;t&#233; tu&#233; dans un &#034;accident&#034; d'automobile o&#249; les autres occupants de la voiture n'ont pas &#233;t&#233; bless&#233;s, constitue une circonstance extraordinairement suspecte. Apr&#232;s l'assassinat de Kirov, de tr&#232;s l&#233;g&#232;res peines ont &#233;t&#233; prononc&#233;es contre de hauts fonctionnaires du NKVD de L&#233;ningrad, mais ils ont &#233;t&#233; fusill&#233;s en 1937. On peut supposer qu'ils ont &#233;t&#233; fusill&#233;s afin de faire dispara&#238;tre les pistes qui auraient conduit aux organisateurs de l'assassinat de Kirov .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;pressions de masse s'accrurent d'une fa&#231;on extraordinaire &#224; partir de la fin 1936 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un t&#233;l&#233;gramme de Staline et Jdanov, dat&#233; de Sotchi le 25 septembre 1936, avait &#233;t&#233; adress&#233; &#224; Kaganovitch, Molotov et d'autres membres du Bureau politique. Le texte du t&#233;l&#233;gramme &#233;tait le suivant : &#034;Nous estimons absolument n&#233;cessaire et urgent que le camarade Iejov soit d&#233;sign&#233; au poste de commissaire du Peuple aux Affaires int&#233;rieures, Iagoda a d&#233;finitivement fait la preuve qu'il &#233;tait incapable de d&#233;masquer le bloc trotskiste-zinovi&#233;viste. La Gu&#233;p&#233;ou a quatre ans de retard dans cette affaire. Cela a &#233;t&#233; remarqu&#233; par tous les militants et par la majorit&#233; des repr&#233;sentants du NKVD&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A franchement parler, il nous faut souligner le fait que Staline n'avait pas rencontr&#233; les militants et que par cons&#233;quent il ne pouvait conna&#238;tre leur opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait pour Staline d'exprimer l'opinion que le NKVD avait quatre ans de retard dans l'application de la r&#233;pression de masse et qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de &#034;rattraper&#034; le travail n&#233;glig&#233; avait directement pouss&#233; les fonctionnaires du NKVD sur la voie des arrestations et des ex&#233;cutions de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut dire que cette opinion avait &#233;galement &#233;t&#233; impos&#233;e &#224; la r&#233;union pl&#233;ni&#232;re de f&#233;vrier-mars du Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique en 1937. La r&#233;solution pl&#233;ni&#232;re l'avait approuv&#233;e sur la base du rapport de Iejov :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les le&#231;ons d&#233;coulant de l'activit&#233; nuisible, de la diversion et de l'espionnage des agents nippo-germano-trotskistes&#034;, d&#233;clarant que &#034;le pl&#233;num du Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique consid&#232;re que tous les faits r&#233;v&#233;l&#233;s par l'enqu&#234;te sur la question d'un centre trotskiste antisovi&#233;tique et ses partisans dans les provinces prouvent que le commissariat du Peuple des Affaires int&#233;rieures a pris un retard d'au moins quatre ans dans la tentative de d&#233;masquage des ennemis du peuple les plus inexorables&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, les r&#233;pressions de masse &#233;taient accomplies sous le mot d'ordre de la lutte contre les trotskistes. Les trotskistes constituaient-ils alors un tel danger pour notre Parti et l'Etat sovi&#233;tique ? Il faut se souvenir qu'en 1927, &#224; la veille du XVe Congr&#232;s, l'opposition trotskiste-zinovi&#233;viste n'avait recueilli que quatre mille voix, alors que sept cent vingt-quatre mille se pronon&#231;aient pour la ligne du Parti. Pendant les dix ans qui s'&#233;taient &#233;coul&#233;s entre le XVe Congr&#232;s et le pl&#233;num de f&#233;vrier-mars du Comit&#233; central, le trotskisme avait &#233;t&#233; compl&#232;tement d&#233;sarm&#233; ; de nombreux anciens trotskistes &#233;taient revenus sur leurs opinions ant&#233;rieures et travaillaient, dans divers secteurs, &#224; l'&#233;dification du socialisme. Il est clair que dans la situation de la victoire socialiste il n'existait aucune base pour la terreur de masse dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de Staline au pl&#233;num de f&#233;vrier-mars du Comit&#233; central en 1937 : &#034;Lacunes dans le travail et les m&#233;thodes du Parti pour la liquidation des trotskistes et des autres hypocrites&#034;, contenait un essai de justification th&#233;orique de la politique de terreur de - masse, sous le pr&#233;texte que plus on avance vers le socialisme, plus doit, soi-disant, s'intensifier la lutte des classes. Staline affirmait que l'histoire et L&#233;nine le lui avaient enseign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, L&#233;nine avait enseign&#233; que l'application de la violence est n&#233;cessit&#233;e par la r&#233;sistance des classes exploitantes, et cela s'appliquait &#224; l'&#233;poque o&#249; les classes exploitantes existaient et &#233;taient puissantes. D&#232;s que la situation politique de la Nation se fut am&#233;lior&#233;e, lorsqu'en janvier 1920 l'Arm&#233;e rouge s'empara de Rostov et remporta ainsi une tr&#232;s importante victoire sur Denikine, L&#233;nine donna des instructions &#224; Djerjinski , afin de mettre un terme &#224; la terreur de masse et d'abolir la peine de mort. L&#233;nine avait justifi&#233; cet important geste politique de l'Etat sovi&#233;tique de la fa&#231;on suivante, dans son rapport &#224; la s&#233;ance de Comit&#233; central ex&#233;cutif du 2 f&#233;vrier 1920 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous avons &#233;t&#233; contraints d'avoir recours &#224; la terreur en raison de la terreur pratiqu&#233;e par la coalition au moment o&#249; de fortes puissances mondiales ont lanc&#233; leurs hordes contre nous, ne reculant devant aucun moyen. Nous n'aurions pas dur&#233; deux jours si nous n'avions r&#233;pondu aux actes des officiers et des gardes blancs d'une fa&#231;on impitoyable ; cela signifiait l'usage de la terreur, mais nous y &#233;tions contraints par les m&#233;thodes terroristes de l'Entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une fois parvenus &#224; une victoire d&#233;cisive, avant m&#234;me la fin de la guerre, imm&#233;diatement apr&#232;s la prise de Rostov, nous avons renonc&#233; &#224; la peine de mort et avons prouv&#233; ainsi que nous entendions ex&#233;cuter notre propre programme conform&#233;ment &#224; nos promesses. Nous dirons que l'utilisation de la violence est n&#233;e de la d&#233;cision de r&#233;duire &#224; l'impuissance les exploiteurs, les gros propri&#233;taires terriens et les capitalistes ; d&#232;s que nous y f&#251;mes parvenus, nous avons abandonn&#233; l'usage de toutes les m&#233;thodes d'exception. Nous l'avons prouv&#233; dans la pratique&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline s'est &#233;cart&#233; de ces pr&#233;ceptes clairs et nets de L&#233;nine. Staline permit au Parti et au NKVD d'employer la terreur de masse alors que les classes exploiteuses avaient &#233;t&#233; liquid&#233;es dans notre pays et qu'il n'y avait plus de raison s&#233;rieuse pour employer des mesures exceptionnelles de terreur de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette terreur &#233;tait en fait dirig&#233;e non pas contre les vestiges des classes exploitantes vaincues, mais contre les honn&#234;tes travailleurs du Parti et de l'Etat sovi&#233;tique ; on portait contre eux des accusations mensong&#232;res, diffamatoires et absurdes d' &#034;hypocrisie&#034;, d' &#034;espionnage&#034;, de &#034;sabotage&#034;, de pr&#233;paration de &#034;complots&#034; imaginaires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pl&#233;num du Comit&#233; central de f&#233;vrier-mars 1937, de nombreux membres s'interrogeaient en fait sur la justesse de la ligne &#233;tablie en ce qui concerne les r&#233;pressions de masse, sous le pr&#233;texte de combattre l' &#034;hypocrisie&#034;. Le camarade Postychev exprima ses doutes d'une fa&#231;on tr&#232;s pertinente. Il d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, je pense que les dures ann&#233;es de lutte sont r&#233;volues, les membres du Parti qui ont perdu leur volont&#233; de r&#233;sistance ont &#034;flanch&#233;&#034; ou rejoint le camp de l'ennemi ; les &#233;l&#233;ments sains ont combattu pour le Parti. C'&#233;taient les ann&#233;es d'industrialisation et de collectivisation. Je n'ai jamais cru possible que, cette rude &#233;poque pass&#233;e, Karpov et des personnes de son genre se retrouvent dans le camp de l'ennemi [Karpov faisait partie du Comit&#233; central d'Ukraine et Postychev le connaissait bien]. Et maintenant, il ressort des t&#233;moignages apport&#233;s que Karpov avait &#233;t&#233; recrut&#233; en 1934 par les trotskistes. Personnellement, je ne crois pas qu'en 1934 un honn&#234;te adh&#233;rent du Parti, qui avait men&#233; une lutte incessante contre les ennemis, pour le Parti et pour le socialisme, puisse se trouver dans le camp ennemi. Je ne le crois pas... Je ne puis imaginer comment il serait possible d'oeuvrer pour le Parti pendant les ann&#233;es difficiles et, en 1934, rejoindre les trotskistes. C'est une chose bizarre...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se servant de la formule de Staline, &#224; savoir que plus on approche du socialisme et plus on a d'ennemis, et s'appuyant sur la r&#233;solution du pl&#233;num du Comit&#233; central de f&#233;vrier-mars adopt&#233;e sur la base du rapport de Iejov - les provocateurs qui s'&#233;taient infiltr&#233;s dans les organes de s&#233;curit&#233; de l'Etat, de concert avec les carri&#233;ristes sans conscience, commenc&#232;rent &#224; couvrir du nom du Parti la terreur de masse contre les cadres du Parti, les cadres de l'Etat sovi&#233;tique et les citoyens sovi&#233;tiques ordinaires. Il suffit de dire que le nombre des arrestations bas&#233;es sur l'accusation de crimes contre-r&#233;volutionnaires avait d&#233;cupl&#233; entre 1936 et 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que d'&#233;minents militants du Parti ont &#233;t&#233; victimes de mauvais traitements. Les statuts du Parti, approuv&#233;s au XVIIe Congr&#232;s, &#233;taient bas&#233;s sur les principes l&#233;ninistes exprim&#233;s au Xe Congr&#232;s. Ils disaient que, pour appliquer une sanction extr&#234;me comme l'exclusion du Parti d'un membre du Comit&#233; central, d'un suppl&#233;ant du Comit&#233; central et d'un membre de la Commission de contr&#244;le :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il est n&#233;cessaire de convoquer un pl&#233;num du Comit&#233; central et d'y inviter tous les membres suppl&#233;ants du Comit&#233; central et tous les membres de la Commission de contr&#244;le&#034; ; il n'y a que si les deux tiers des membres de cette assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de dirigeants responsables du Parti le jugent n&#233;cessaire que peut &#234;tre prononc&#233;e l'exclusion d'un membre ou d'un suppl&#233;ant du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des membres et des suppl&#233;ants du Comit&#233; central &#233;lus au XVIIe Congr&#232;s et arr&#234;t&#233;s en 1937-1938 avaient &#233;t&#233; exclus irr&#233;guli&#232;rement gr&#226;ce &#224; une interpr&#233;tation abusive des statuts du Parti, car la question de leur expulsion n'avait jamais &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;e par le pl&#233;num du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand il fut proc&#233;d&#233; &#224; l'examen des cas de certains de ces soi-disant &#034;espions&#034; et &#034;saboteurs&#034; on d&#233;couvrit que leurs proc&#232;s avaient &#233;t&#233; fabriqu&#233;s. Les aveux de culpabilit&#233; de nombre de ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et accus&#233;s d'activit&#233; hostile avaient &#233;t&#233; obtenus &#224; l'aide de tortures cruelles et inhumaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, Staline, comme nous l'ont dit des membres du Bureau politique de l'&#233;poque, ne leur avait pas montr&#233; les d&#233;clarations de nombreux accus&#233;s, activistes politiques, quand ils avaient r&#233;tract&#233; leurs aveux devant le tribunal militaire et demand&#233; un examen objectif de leur cas. Il y eut de nombreuses d&#233;clarations de ce genre et nul doute que Staline en eut connaissance. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central tient pour absolument n&#233;cessaire de mettre le Congr&#232;s au courant de nombreux &#034;proc&#232;s&#034; ainsi mont&#233;s contre les membres du Comit&#233; central du Parti &#233;lus au XVIIe Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de vile provocation, d'odieuse falsification et de violation criminelle de la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire est le proc&#232;s de l'ancien suppl&#233;ant au Bureau politique du Comit&#233; central, l'un des plus &#233;minents militants du Parti et du gouvernement sovi&#233;tique, le camarade Eiche, qui avait adh&#233;r&#233; au Parti en 1905 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sensation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Eiche a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 29 avril 1938 sur la base de documents calomnieux, sans le consentement du procureur de l'URSS qui n'est finalement parvenu que quinze mois apr&#232;s l'arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction du proc&#232;s d'Eiche a &#233;t&#233; conduite d'une fa&#231;on qui constituait une violation brutale de la l&#233;galit&#233; sovi&#233;tique et &#233;tait assortie de pr&#233;m&#233;ditation et de falsification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eiche a &#233;t&#233; contraint sous la torture de signer un proc&#232;s-verbal antidat&#233; d'aveux, pr&#233;par&#233; par les juges instructeurs et dans lequel on l'accusait, lui et plusieurs autres militants &#233;minents, d'activit&#233; antisovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er octobre 1939, Eiche avait envoy&#233; une d&#233;claration &#224; Staline dans laquelle il d&#233;mentait cat&#233;goriquement sa culpabilit&#233; et demandait la reprise de son proc&#232;s. Dans cette d&#233;claration, il &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il n'y a pas de d&#233;tresse plus am&#232;re que de se trouver dans la prison d'un gouvernement pour lequel je me suis toujours battu.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde d&#233;claration d'Eiche, adress&#233;e &#224; Staline le 27 octobre 1939, a &#233;t&#233; conserv&#233;e. Dans ce document, il cite des faits convaincants et d&#233;ment les accusations calomnieuses port&#233;es contre lui, prouvant que cette accusation provocatrice a &#233;t&#233; d'une part, l'oeuvre des v&#233;ritables trotskistes dont il avait sanctionn&#233; l'arrestation alors qu'il &#233;tait premier secr&#233;taire du Comit&#233; central de la r&#233;gion de Sib&#233;rie occidentale et qui conspir&#232;rent pour se venger de lui, et d'autre part le r&#233;sultat de la basse falsification des documents par les juges d'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;claration Eiche &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... Le 25 octobre de cette ann&#233;e, j'ai &#233;t&#233; inform&#233; que l'enqu&#234;te ouverte sur mon cas &#233;tait termin&#233;e, et l'on m'a permis de prendre connaissance des documents de cette enqu&#234;te. Si j'avais &#233;t&#233; coupable, ne serait-ce que d'un centi&#232;me des crimes dont on m'accuse, je n'aurais pas os&#233; vous adresser cette d&#233;claration avant mon ex&#233;cution. Mais je ne suis pas coupable d'une seule des choses que l'on me reproche. Ma conscience est pure m&#234;me de l'ombre d'une bassesse. Jamais de ma vie je ne vous ai dit un mensonge, et m&#234;me aujourd'hui, o&#249; je suis presque dans la tombe, je ne mens pas. Mon cas est un exemple typique de provocation, de calomnie, de violation des bases &#233;l&#233;mentaires de la l&#233;galit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aveux que l'on a fait figurer dans mon dossier ne sont pas seulement absurdes mais ils contiennent &#233;galement certaines calomnies &#224; l'&#233;gard du Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique et du conseil des commissaires du Peuple, parce que de justes r&#233;solutions du Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique, et du conseil des commissaires du Peuple qui n'ont pas &#233;t&#233; prises sur mon initiative - elles l'ont &#233;t&#233; en dehors de ma participation - ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es comme des actes hostiles d'organisations contre-r&#233;volutionnaires accomplis sur ma suggestion...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux parler maintenant de la partie la plus inf&#226;me de ma vie et de ma grave culpabilit&#233; &#224; l'&#233;gard du Parti et &#224; votre &#233;gard... Tel est l'aveu de mon activit&#233; contre-r&#233;volutionnaire. Voici la v&#233;rit&#233; : Ne pouvant pas endurer les tortures auxquelles je fus soumis par Ouchakov et Nikolaiev - et particuli&#232;rement par le premier, qui savait que mes c&#244;tes bris&#233;es ne s'&#233;taient pas ressoud&#233;es convenablement et me donnaient de violentes douleurs -, j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de m'accuser et d'accuser les autres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majeure partie de mes aveux m'a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e ou dict&#233;e par Ouchakov et le reste provient de mes souvenirs personnels se rapportant aux documents du NKVD de Sib&#233;rie occidentale. J'en revendique l'enti&#232;re responsabilit&#233;. Si certaines parties de l'histoire fabriqu&#233;e par Ouchakov et que j'avais sign&#233;es ne cadraient pas entre elles, on m'obligeait &#224; en signer une nouvelle version. La m&#234;me chose a &#233;t&#233; faite &#224; l'&#233;gard de Roukhimovitch qui fut d'abord d&#233;sign&#233; comme membre du r&#233;seau de r&#233;serve, et dont le nom disparut plus tard sans que l'on m'inform&#226;t de quoi que ce soit &#224; ce sujet. Ce fut aussi le cas pour le chef du r&#233;seau de r&#233;serve, pr&#233;tendument cr&#233;&#233; par Boukharine en 1935. Au d&#233;but, j'inscrivis mon nom, puis on me donna l'ordre de mettre celui de Mejlaouk . Il y eut d'autres incidents similaires .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous demande et vous supplie de bien vouloir examiner de nouveau mon cas, non dans le but d'&#233;pargner ma vie, mais afin de d&#233;masquer la vile provocation qui s'enroule autour de nombreuses personnes comme un serpent, en raison surtout des mensonges criminels et d'un esprit de bassesse. Je ne vous ai jamais trahi. Je n'ai jamais trahi le Parti. Je sais que je vais mourir gr&#226;ce &#224; l'oeuvre vile et mesquine des ennemis du Parti et du peuple, qui ont mont&#233; la provocation contre moi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait qu'une d&#233;claration aussi importante e&#251;t m&#233;rit&#233; d'&#234;tre &#233;tudi&#233;e par le Comit&#233; central. Cependant, rien ne fut fait, et la d&#233;claration fut transmise &#224; B&#233;ria, tandis que le camarade Eiche, membre suppl&#233;ant du Politburo, continuait &#224; subir de terribles s&#233;vices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 f&#233;vrier 1940, Eiche fut traduit devant le tribunal. Il nia sa culpabilit&#233; et d&#233;clara ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans mes soi-disant aveux, pas un seul mot n'a &#233;t&#233; &#233;crit par moi, &#224; l'exception des signatures, au bas des proc&#232;s-verbaux, qui m'ont &#233;t&#233; arrach&#233;es. J'ai avou&#233; sous la contrainte exerc&#233;e sur moi par le juge instructeur qui n'a cess&#233; de me torturer depuis le jour de mon arrestation. Apr&#232;s, j'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire toutes ces stupidit&#233;s. Pour moi, la chose la plus importante est de dire au tribunal, au Parti et &#224; Staline que je ne suis pas coupable. Je n'ai jamais &#233;t&#233; coupable d'aucune conspiration. Je mourrai en croyant &#224; la justesse de la politique du Parti, comme je l'ai cru durant toute ma vie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 f&#233;vrier, Eiche &#233;tait fusill&#233;. (Indignation dans la salle.) Il a &#233;t&#233; d&#233;finitivement &#233;tabli depuis que l'affaire Eiche avait &#233;t&#233; mont&#233;e de toutes pi&#232;ces. Eiche a &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233; &#224; titre posthume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Roudzoutak , membre suppl&#233;ant du Bureau politique, membre du Parti depuis 1905, qui passa dix ans dans un camp tsariste de travaux forc&#233;s, est compl&#232;tement revenu, devant le tribunal, sur les aveux qui lui avaient &#233;t&#233; arrach&#233;s par la force. Les proc&#232;s verbaux de la s&#233;ance du coll&#232;ge de la cour militaire supr&#234;me renferment la d&#233;claration suivante faite par Roudzoutak :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... La seule demande qu'il ait faite au tribunal est que le Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique soit inform&#233; qu'il existe au NKVD un centre, non encore liquid&#233;, qui fabrique artificieusement des proc&#232;s, qui oblige des personnes innocentes &#224; passer des aveux ; il n'y a aucun moyen de prouver sa non-participation &#224; des crimes attest&#233;s par les aveux de diverses personnes. Les m&#233;thodes d'instruction sont telles qu'elles obligent les gens &#224; mentir et &#224; calomnier enti&#232;rement des personnes innocentes en plus de celles qui sont d&#233;j&#224; accus&#233;es. Il demande &#224; la cour d'&#234;tre autoris&#233; &#224; mettre le Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'URSS au courant de ces faits par &#233;crit. Il assure le tribunal qu'il n'a personnellement jamais eu de mauvais desseins &#224; l'&#233;gard de la politique de notre Parti car il avait toujours &#233;t&#233; d'accord avec la politique du Parti dans tous les domaines de l'activit&#233; &#233;conomique et culturelle.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a &#233;t&#233; tenu aucun compte de la d&#233;claration de Roudzoutak, en d&#233;pit du fait que Roudzoutak avait &#233;t&#233;, &#224; une &#233;poque, le pr&#233;sident de la Commission centrale de contr&#244;le qui avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e conform&#233;ment &#224; l'id&#233;e de L&#233;nine, dans le but de lutter pour l'unit&#233; du Parti...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette fa&#231;on que fut abattu, victime d'une brutale pr&#233;m&#233;ditation, le chef de cet organisme hautement autoris&#233; du Parti ; il n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; convoqu&#233; devant le Bureau politique du Comit&#233; central parce que Staline ne voulait pas lui parler. La sentence contre lui a &#233;t&#233; prononc&#233;e en vingt minutes, et il a &#233;t&#233; fusill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Indignation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une &#233;tude attentive de ce cas en 1955, il a &#233;t&#233; &#233;tabli que l'accusation contre Roudzoutak &#233;tait mensong&#232;re et qu'elle &#233;tait fond&#233;e sur des documents calomnieux. Roudzoutak a &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233; &#224; titre posthume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut juger de la fa&#231;on dont les anciens fonctionnaires du NKVD fabriquaient des &#034;centres antisovi&#233;tiques&#034; et des &#034;blocs&#034; divers en recourant &#224; des m&#233;thodes provocatrices par la confession du camarade Rozenblum, membre du Parti depuis 1906, qui a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; en 1937 par le NKVD de L&#233;ningrad .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'examen, en 1955, du cas Komarov , Rozenblum a r&#233;v&#233;l&#233; les faits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lorsque Rozenblum avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; en 1937, il avait &#233;t&#233; soumis &#224; de terribles tortures pendant lesquelles ordre lui fut donn&#233; d'avouer des renseignements faux &#224; son sujet et au sujet d'autres personnes. Il avait alors &#233;t&#233; conduit dans le bureau de Zakovski , qui lui avait offert la libert&#233; &#224; condition qu'il passe devant le tribunal de faux aveux de &#034;sabotage, espionnage et diversion dans un centre terroriste de L&#233;ningrad&#034;, aveux qui avaient &#233;t&#233; fabriqu&#233;s en 1937 par le NKVD. (Mouvements dans la salle.) Avec un cynisme incroyable, Zakovski avait expliqu&#233; le vil &#034;m&#233;canisme&#034; de la cr&#233;ation artificielle de &#034;complots antisovi&#233;tiques&#034; fabriqu&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de m'en donner une illustration, a d&#233;clar&#233; Rozenblum, Zakovski m'a donn&#233; plusieurs variantes possibles de l'organisation de ce centre et de ses ramifications. Apr&#232;s m'en avoir d&#233;taill&#233; l'organisation, Zakovski m'a d&#233;clar&#233; que le NKVD pr&#233;parerait le proc&#232;s de ce centre, notant que le jugement serait public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le tribunal devaient &#234;tre amen&#233;s quatre ou cinq membres de ce centre : Choudov, , Ougarov , Smorodine , Pozern , Chapochnikova (femme de Choudov) et d'autres, ainsi que deux ou trois membres des ramifications de ce centre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Il faut que le proc&#232;s du centre de L&#233;ningrad repose sur des bases solides, et pour cela des t&#233;moins sont n&#233;cessaires. L'origine sociale et la position dans le Parti des t&#233;moins ne joueront pas un mince r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi-m&#234;me, me dit Zakovski, tu n'auras pas besoin d'inventer quoi que ce soit. Le NKVD te pr&#233;parera un projet pour chacune des ramifications du centre ; tu devras l'&#233;tudier soigneusement et bien te souvenir de toutes les questions que pourra te poser le tribunal, ainsi que des r&#233;ponses. Ce proc&#232;s sera pr&#234;t dans quatre &#224; cinq mois, peut-&#234;tre six. Pendant ce temps, tu te pr&#233;pareras afin de ne compromettre ni l'instruction ni toi-m&#234;me. Si tu &#034;tiens le coup &#034;, tu sauveras ta t&#234;te et tu seras nourri et habill&#233; aux frais du gouvernement jusqu'&#224; ta mort.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le genre de choses abjectes qui &#233;taient pratiqu&#233;es &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La falsification des proc&#232;s &#233;tait pratiqu&#233;e sur une plus grande &#233;chelle encore dans les provinces. Le si&#232;ge du NKVD de l'oblast de Sverdlov &#034; avait d&#233;couvert&#034; ce qu'on appelait l' &#034;&#233;tat-major de l'insurrection dans l'Oural&#034; - organisation du bloc des droitiers, des trotskistes, des social-r&#233;volutionnaires, des chefs de l'Eglise - dont le chef &#233;tait pr&#233;tendument le secr&#233;taire du Comit&#233; du Parti de l'oblast de Sverdlov, membre du Comit&#233; central du PC (bolchevik) sovi&#233;tique, Kabakov , qui appartenait au Parti depuis 1914. Les dossiers de l'instruction montrent que dans presque tous les &#034;krai &#034;, oblasti et r&#233;publiques, il &#233;tait suppos&#233; exister des organisations droiti&#232;res et trotskistes d'espionnage, de terreur, de diversion et de sabotage qui, g&#233;n&#233;ralement et pour des raisons inconnues, &#233;taient dirig&#233;es par les premiers secr&#233;taires locaux ou des comit&#233;s centraux du PC des oblasti ou des r&#233;publiques .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs milliers d'honn&#234;tes et innocents communistes sont morts par suite de cette monstrueuse falsification, de ces &#034;proc&#232;s&#034;, en raison du fait qu'on acceptait toutes sortes de &#034;confessions&#034; calomnieuses, et en cons&#233;quence de la pratique consistant &#224; forger des accusations contre soi-m&#234;me et les autres. De la m&#234;me fa&#231;on ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;s les proc&#232;s contre d'&#233;minents serviteurs du Parti et de l'Etat - Kossior , Choubar , Postychev, Kossarev et d'autres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces ann&#233;es ont &#233;t&#233; accomplies sur une grande &#233;chelle des r&#233;pressions qui ne reposaient sur rien de tangible et qui ont eu pour r&#233;sultat de lourdes pertes dans les cadres du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'injuste m&#233;thode qui consistait &#224; faire pr&#233;parer par le NKVD des listes de personnes dont le cas &#233;tait du ressort de la juridiction du tribunal militaire, et dont les sentences &#233;taient pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance, &#233;tait admise. Iejov envoyait ces listes &#224; Staline personnellement afin qu'il approuve le ch&#226;timent propos&#233;. En 1937-1938, trois cent quatre-vingt-trois de ces listes contenant les noms de plusieurs milliers de serviteurs du Parti, des soviets, des Komsomols, de l'arm&#233;e et de l'&#233;conomie avaient &#233;t&#233; envoy&#233;es &#224; Staline. Il avait approuv&#233; ces listes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de ces proc&#232;s ont &#233;t&#233; maintenant r&#233;vis&#233;s et un grand nombre d'entre eux ont &#233;t&#233; frapp&#233;s de nullit&#233; parce qu'ils &#233;taient sans fondement et falsifi&#233;s. Il suffit de dire que de 1954 &#224; nos jours, le coll&#232;ge militaire de la cour supr&#234;me a r&#233;habilit&#233; sept mille six cent soixante-dix-neuf personnes, dont de nombreuses &#224; titre posthume .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrestations en masse de fonctionnaires du Parti, des soviets, de l'&#233;conomie et de l'arm&#233;e ont fait un mal &#233;norme &#224; notre pays et &#224; la cause du progr&#232;s socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;pressions de masse ont eu une influence n&#233;gative sur l'&#233;tat politico-moral du Parti, cr&#233;&#233; une situation d'incertitude, contribu&#233; &#224; la propagation des soup&#231;ons maladifs et sem&#233; la m&#233;fiance parmi les communistes. Toutes sortes de diffamateurs et de carri&#233;ristes d&#233;ployaient leur activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;solutions du pl&#233;num de janvier du Comit&#233; central du PC (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique, en 1938, avaient dans une certaine mesure apport&#233; une am&#233;lioration aux organisations du Parti. Mais une large r&#233;pression a aussi exist&#233; en 1938 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est uniquement parce que notre Parti dispose d'une telle puissance politico-morale qu'il lui a &#233;t&#233; possible de survivre aux difficiles &#233;v&#233;nements de 1937-1938 et d'&#233;duquer de nouveaux cadres. Mais il ne fait cependant aucun doute que notre marche en avant vers le socialisme et vers la pr&#233;paration de la d&#233;fense du pays aurait &#233;t&#233; beaucoup plus r&#233;ussie n'eussent &#233;t&#233; les pertes &#233;normes de cadres subies &#224; la suite des r&#233;pressions massives, sans fondement et mensong&#232;res de 1937-1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec raison que nous accusons Iejov des pratiques basses de 1937. Mais il nous faut r&#233;pondre &#224; ces questions : Iejov aurait-il pu arr&#234;ter Kossior, par exemple, &#224; l'insu de Staline ? Y a-t-il eu un &#233;change de vues ou une d&#233;cision du Bureau politique &#224; ce sujet ? Non, il n'y en a pas eu, comme il n'y en a pas eu en ce qui concerne d'autres cas de ce genre. Iejov aurait-il pu d&#233;cider de questions aussi importantes comme le sort d'aussi &#233;minentes personnalit&#233;s du Parti ? Non, ce serait faire preuve de na&#239;vet&#233; que de consid&#233;rer tout cela comme &#233;tant l'oeuvre de Iejov seul. Il est clair que la d&#233;cision sur ces questions a &#233;t&#233; prise par Staline et que, sans ses ordres et son consentement, Iejov n'aurait jamais pu agir ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;tudi&#233; leurs cas et avons r&#233;habilit&#233; Kossior, Roudzoutak, Postychev, Kossarev et d'autres. Quelles furent les raisons de leur arrestation et de leur condamnation ? L'examen des t&#233;moignages prouve qu'il n'y en avait pas. Eux, comme beaucoup d'autres, avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; l'insu des procureurs. Dans une telle situation, il n'y avait pas besoin d'autorisation, car quelle sorte d'autorisation pouvait-il y avoir alors que Staline d&#233;cidait de tout par lui-m&#234;me ? Dans ces cas, il &#233;tait le procureur en chef. Non seulement Staline consentait &#224; ces arrestations, mais, de sa propre initiative, il lan&#231;ait des mandats d'arr&#234;t. Il faut que ces choses soient dites, afin que les d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s puissent juger par eux-m&#234;mes en toute connaissance de cause, et tirer les conclusions qui conviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits prouvent que nombre d'abus ont &#233;t&#233; commis sur les ordres de Staline sans tenir compte des r&#232;gles du Parti et de la l&#233;galit&#233; sovi&#233;tique. Staline &#233;tait un homme tr&#232;s m&#233;fiant, maladivement soup&#231;onneux : c'est notre travail avec lui qui nous l'a appris. Il &#233;tait capable de regarder quelqu'un et de lui dire : &#034;Pourquoi vos regards sont-ils si fuyants aujourd'hui ?&#034;, ou &#034;Pourquoi vous d&#233;tournez-vous autant aujourd'hui et &#233;vitez-vous de me regarder droit dans les yeux ?&#034; Cette suspicion maladive cr&#233;ait chez lui une m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, m&#234;me &#224; l'&#233;gard de travailleurs &#233;minents du Parti qu'il connaissait depuis des ann&#233;es. Partout et en toute chose, il voyait des &#034;ennemis&#034;, des &#034;gens &#224; double face&#034; et des &#034;espions &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poss&#233;dant un pouvoir illimit&#233;, il se livrait &#224; l'arbitraire et annihilait les gens moralement et physiquement. La situation cr&#233;&#233;e &#233;tait simple : on ne pouvait plus manifester sa propre volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline disait que tel ou tel devait &#234;tre arr&#234;t&#233;, il fallait admettre comme un fait qu'il s'agissait d'un &#034;ennemi du peuple&#034;. Et la clique de B&#233;ria, responsable des organes de la s&#233;curit&#233; de l'Etat, se surpassait pour prouver la culpabilit&#233; de la personne arr&#234;t&#233;e et le bien fond&#233; des documents qu'elle falsifiait. Et quelles preuves &#233;taient offertes ? Les confessions des gens arr&#234;t&#233;s. Les juges enqu&#234;teurs acceptaient ces &#034;confessions&#034;. Et comment se peut-il qu'une personne confesse des crimes qu'elle n'a pas commis ? D'une seule mani&#232;re, &#224; la suite de l'application de m&#233;thodes physiques de pression, de tortures, l'amenant &#224; un &#233;tat d'inconscience, de privation de son jugement, d'abandon de sa dignit&#233; humaine. C'est ainsi que les &#034;confessions&#034; &#233;taient obtenues .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la vague d'arrestations massives commen&#231;a &#224; se ralentir, en 1939, et que les leaders des organisations territoriales du Parti commenc&#232;rent &#224; accuser les membres du NKVD d'user de pression physique sur les sujets arr&#234;t&#233;s, Staline adressa le 20 janvier 1939 un message en code aux secr&#233;taires des Comit&#233;s r&#233;gionaux, aux Comit&#233;s centraux des partis communistes des r&#233;publiques, aux commissaires du Peuple des Affaires int&#233;rieures et aux chefs des organisations NKVD. Le t&#233;l&#233;gramme disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique explique que l'application des m&#233;thodes de pression physique pratiqu&#233;es par le NKVD est permise depuis 1937, selon autorisation du Comit&#233; central des partis communistes (bolcheviks) de toutes les r&#233;publiques. Il est connu que tous les services bourgeois de contre-espionnage usent de m&#233;thodes d'influence physique contre les repr&#233;sentants du prol&#233;tariat socialiste, et qu'ils en usent sous leurs formes le&#034;, plus scandaleuses. La question se pose de savoir pourquoi les services de contre-espionnage socialistes devraient se montrer plus humanitaires contre les agents effr&#233;n&#233;s de la bourgeoisie, contre les ennemis mortels de la classe laborieuse et des ouvriers des kolkhozes. Le Comit&#233; central du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique consid&#232;re que la pression physique devrait encore &#234;tre employ&#233;e obligatoirement &#224; titre d'exception, &#224; l'&#233;gard d'ennemis notoires et obstin&#233;s du peuple, comme une m&#233;thode &#224; la fois justifiable et appropri&#233;e&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Staline avait sanctionn&#233; au nom du Comit&#233; central du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique la plus brutale violation de la l&#233;galit&#233; socialiste : la torture et l'oppression, qui ont conduit comme nous l'avons vu au meurtre et &#224; l'auto-accusation de gens innocents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment - quelques jours seulement avant le pr&#233;sent Congr&#232;s - nous nous sommes rendus &#224; la session du Pr&#233;sidium du Comit&#233; central et avons interrog&#233; le juge enqu&#234;teur Rodos qui, &#224; l'&#233;poque, avait interrog&#233; Kossior, Choubar et Kossarev. C'est un vil personnage &#224; la cervelle d'oiseau et compl&#232;tement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; moralement. Et c'est cet homme qui d&#233;cidait du sort d'&#233;minents membres du Parti ; il rendait aussi des jugements politiques en ces questions, puisque, ayant &#233;tabli leur &#034;crime&#034;, il fournissait &#226; l'appui des dossiers dont pouvaient &#234;tre tir&#233;es d'importantes implications politiques .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose : un homme de ce niveau intellectuel pouvait-il seul faire l'instruction de fa&#231;on &#224; prouver la culpabilit&#233; de gens comme Kossior et autres ? Non, il ne le pouvait pas sans des directives sp&#233;ciales. A la session du Pr&#233;sidium du Comit&#233; central, il nous a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On m'avait dit que Kossior et Choubar &#233;taient des ennemis du peuple, et pour ce motif, en tant que juge enqu&#234;teur, j'avais &#224; leur faire confesser qu'ils &#233;taient bien tels.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Indignation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne pouvait le faire qu'au moyen de longues tortures, et c'est ce qu'il fit, recevant des instructions d&#233;taill&#233;es de B&#233;ria. Nous devons dire qu'&#224; la session du Pr&#233;sidium du Comit&#233; central, il' d&#233;clara cyniquement : &#034;Je pensais ex&#233;cuter les ordres du Parti.&#034; Ainsi, les ordres de Staline quant &#224; l'emploi des m&#233;thodes de pression physique &#224; l'&#233;gard des individus arr&#234;t&#233;s se trouvaient en pratique ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits et nombre d'autres montrent que toutes les normes relatives &#224; la solution correcte des probl&#232;mes par le Parti &#233;taient r&#233;duites &#224; n&#233;ant, et que tout d&#233;pendait de la volont&#233; d'un seul homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande Guerre Patriotique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance accumul&#233;e entre les mains d'un seul homme, Staline, entra&#238;na de graves cons&#233;quences pendant la grande guerre patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous reportons &#224; beaucoup de nos romans, films et &#034;&#233;tudes scientifiques&#034; historiques, le r&#244;le de Staline dans la guerre patriotique appara&#238;t comme enti&#232;rement imaginaire. Staline aurait, en effet, tout pr&#233;vu. L'arm&#233;e sovi&#233;tique, sur la base d'un plan pr&#233;par&#233; de longue date par Staline, aurait employ&#233; la tactique de ce qu'on nomme la &#034;d&#233;fense active&#034;, tactique qui, dans le cas de l'arm&#233;e sovi&#233;tique, pr&#233;tend-on, et gr&#226;ce uniquement au g&#233;nie de Staline, se serait transform&#233;e en offensive et aurait soumis l'ennemi. La victoire &#233;pique remport&#233;e gr&#226;ce &#224; la force des arm&#233;es de terre des soviets, gr&#226;ce &#224; son peuple h&#233;ro&#239;que, est attribu&#233;e (uns ce type de romans, de films et d' &#034;&#233;tudes scientifiques&#034; au seul g&#233;nie strat&#233;gique de Staline .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut analyser soigneusement la question, car elle a une port&#233;e consid&#233;rable non seulement du point de vue historique, mais sp&#233;cialement du point de vue politique, &#233;ducatif et pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce chapitre, quels sont les faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la guerre, notre presse et tout notre travail politico-&#233;ducatif &#233;taient caract&#233;ris&#233;s par un ton bravache ; qu'un ennemi viole le sol sovi&#233;tique sacr&#233;, et pour chacun de ses coups il en recevra trois ; et nous battrons cet ennemi sur son propre sol, remportant la victoire sans beaucoup de dommage pour nous-m&#234;mes. Mais ces d&#233;clarations positives n'&#233;taient pas fond&#233;es dans tous les secteurs sur des faits concrets, qui eussent r&#233;ellement garanti l'immunit&#233; de nos fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre et apr&#232;s la guerre, Staline avan&#231;a la th&#232;se selon laquelle la trag&#233;die dont notre pays avait fait l'exp&#233;rience dans la premi&#232;re phase de la guerre &#233;tait le r&#233;sultat de l'attaque-surprise des Allemands contre l'Union sovi&#233;tique. Mais, camarades, ceci est tout &#224; fait inexact. D&#232;s que Hitler se fut empar&#233; du pouvoir en Allemagne, il s'assigne la t&#226;che de liquider le communisme. Les fascistes le disaient ouvertement ; ils ne cachaient pas leurs plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'atteindre ces buts agressifs, toutes sortes de pactes et de blocs furent cr&#233;&#233;s, comme le fameux axe Berlin-Rome-Tokio. Plusieurs faits de la p&#233;riode d'avant guerre montrent qu'Hitler pr&#233;parait une guerre contre l'Etat sovi&#233;tique et il avait concentr&#233; d'importantes forces arm&#233;es et des unit&#233;s blind&#233;es pr&#232;s des fronti&#232;res sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des documents ont maintenant &#233;t&#233; publi&#233;s qui montrent que le 3 avril 1941 Churchill, par l'entremise de son ambassadeur en URSS, Cripps, avertit personnellement Staline que les Allemands avaient proc&#233;d&#233; au regroupement de leurs forces arm&#233;es dans l'intention d'attaquer l'Union sovi&#233;tique ; il va de soi que Churchill n'agissait pas du tout en raison de son sentiment d'amiti&#233; envers la nation sovi&#233;tique . Il avait en l'occurrence ses propres vis&#233;es imp&#233;rialistes : amener l'Allemagne et l'URSS &#224; une guerre sanglante, et par l&#224; renforcer la position de l'empire britannique. De la m&#234;me fa&#231;on exactement, Churchill affirmait dans ses messages qu'il cherchait &#034;&#224; l'alerter et &#224; attirer son attention sur le danger qui le mena&#231;ait&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill a insist&#233; &#224; maintes reprises sur ce point dans ses d&#233;p&#234;ches du 18 avril et des jours suivants. Cependant, Staline ne prit pas garde &#224; ces avertissements. Qui plus est, il ordonna de ne pas ajouter foi &#224; des indications de ce genre, afin de ne pas provoquer le d&#233;clenchement d'op&#233;rations militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons affirmer que les informations de cet ordre, relatives &#224; la menace d'une invasion arm&#233;e allemande du territoire sovi&#233;tique, arrivaient aussi de nos propres sources militaires et diplomatiques, et cependant, comme on savait que l'autorit&#233; sup&#233;rieure &#233;tait pr&#233;venue contre de telles indications, on n'envoyait les donn&#233;es qu'avec crainte, en les entourant de formules de r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple, les informations envoy&#233;es de Berlin, le 6 mai 1941 par -l'attach&#233; militaire sovi&#233;tique, le capitaine Vorontsov, disaient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le citoyen sovi&#233;tique Bozer a signal&#233; &#224; l'attach&#233; naval adjoint que selon une d&#233;claration d'un certain officier allemand du QG de Hitler, l'Allemagne se pr&#233;pare &#224; envahir l'URSS le 14 mai par la Finlande, les pays baltes et la Lettonie. En m&#234;me temps, Moscou et L&#233;ningrad seront soumis &#224; de violents raids, et des parachutistes atterriront dans les villes fronti&#232;res...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport du 22 mai 1941, l'attach&#233; militaire adjoint &#224; Berlin, Khlopov, communiquait que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;l'attaque de l'arm&#233;e allemande est, para&#238;t-il , pr&#233;vue pour le 15 juin, mais il est possible qu'elle commence dans les premiers jours de juin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un c&#226;ble de notre ambassade &#224; Londres, dat&#233; du 18 juin 1941, disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour l'instant, Cripps est intimement convaincu du caract&#232;re in&#233;vitable d'un conflit arm&#233; entre l'Allemagne et l'URSS, qui ne commencera pas plus tard que la mi-juin. Selon Cripps, les Allemands ont actuellement concentr&#233; cent quarante-sept divisions (y compris de l'aviation et des unit&#233;s du train) le long des fronti&#232;res sovi&#233;tiques&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces avertissements particuli&#232;rement graves, les mesures n&#233;cessaires n'&#233;taient pas prises pour pr&#233;parer le pays comme il le fallait &#224; se d&#233;fendre et l'emp&#234;cher d'&#234;tre pris au d&#233;pourvu .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avions-nous le temps et la possibilit&#233; de r&#233;aliser cette pr&#233;paration ? Oui, nous avions le temps et les possibilit&#233;s. Notre industrie &#233;tait d&#233;j&#224; si d&#233;velopp&#233;e qu'elle &#233;tait &#224; m&#234;me de fournir compl&#232;tement &#224; l'arm&#233;e sovi&#233;tique tout ce dont elle avait besoin. Ceci est prouv&#233; par le fait suivant : pendant la guerre, bien que nous ayons perdu pr&#232;s de la moiti&#233; de notre industrie et d'importantes r&#233;gions de production industrielle et agricole, par suite de l'occupation ennemie de l'Ukraine, du Caucase nord et d'autres secteurs occidentaux du pays, la Nation sovi&#233;tique a encore r&#233;ussi &#224; organiser la production de l'&#233;quipement militaire dans les parties orientales du pays, y transf&#233;rant du mat&#233;riel retir&#233; des r&#233;gions industrielles occidentales, et &#224; procurer &#224; nos forces arm&#233;es tout ce qui leur &#233;tait n&#233;cessaire pour an&#233;antir l'ennemi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si notre industrie avait &#233;t&#233; mobilis&#233;e de fa&#231;on ad&#233;quate et en temps voulu pour fournir &#224; l'arm&#233;e le mat&#233;riel n&#233;cessaire, nos pertes de guerre auraient &#233;t&#233; nettement r&#233;duites. Mais cette mobilisation n'a pas &#233;t&#233; entreprise &#224; temps. D&#232;s les premiers jours de la guerre, il &#233;tait manifeste que notre arm&#233;e &#233;tait mal &#233;quip&#233;e, que nous n'avions pas assez d'artillerie, de tanks et d'avions pour repousser l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science et la technologie sovi&#233;tiques avaient produit avant la guerre d'excellents mod&#232;les de tanks et de pi&#232;ces d'artillerie. Mais la production en s&#233;rie de ces mod&#232;les ne fut pas organis&#233;e, et en fait nous n'avions commenc&#233; &#224; moderniser notre &#233;quipement militaire qu'&#224; la veille de la guerre. R&#233;sultat : au moment de l'invasion ennemie, nous ne disposions ni de l'ancien mat&#233;riel auparavant employ&#233; pour la production d'armements, ni du nouveau mat&#233;riel par lequel il devait &#234;tre remplac&#233;. La situation &#233;tait sp&#233;cialement mauvaise pour la DCA. Nous n'avions pas organis&#233; la production de munitions antitanks. Nombre de r&#233;gions fortifi&#233;es s'&#233;taient r&#233;v&#233;l&#233;es ind&#233;fendables lors de l'attaque, parce que l'ancien armement avait &#233;t&#233; &#233;vacu&#233; et que le nouveau n'&#233;tait pas encore disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette constatation ne jouait pas seulement pour les tanks, l'artillerie et les avions. Au d&#233;but de la guerre, nous n'avions m&#234;me pas un nombre suffisant de fusils pour armer les effectifs mobilis&#233;s. 7e rappelle qu'en ces jours, j'ai t&#233;l&#233;phon&#233; de Kiev au camarade Malenkov en lui disant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous avons dans la nouvelle arm&#233;e des volontaires qui demandent des armes. Envoyez-nous-en.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malenkov me r&#233;pondit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne pouvons vous envoyer des armes. Nous envoyons tous nos fusils &#224; L&#233;ningrad et il faut vous armer vous-m&#234;mes...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait la situation des armements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, nous ne pouvons oublier, par exemple, le fait suivant. Peu avant l'invasion de l'Union sovi&#233;tique par l'arm&#233;e hitl&#233;rienne, Korponos, chef du district militaire sp&#233;cial de Kiev, qui fut plus tard tu&#233; sur le front, &#233;crivit &#224; Staline que les arm&#233;es allemandes &#233;taient sur le fleuve Bug, se pr&#233;paraient &#224; une attaque et lanceraient probablement &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance leur offensive. Il proposait qu'une vigoureuse d&#233;fense soit organis&#233;e, que trois cent mille personnes soient &#233;vacu&#233;es des r&#233;gions frontali&#232;res et que plusieurs points forts soient organis&#233;s en ces r&#233;gions, avec fosses antitanks, tranch&#233;es pour les soldats, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moscou r&#233;pondit &#224; cette proposition en all&#233;guant que ce serait une provocation, qu'il ne fallait entreprendre aux fronti&#232;res aucun travail pr&#233;paratoire de d&#233;fense, ni fournir aux Allemands le moindre pr&#233;texte d'entamer une action militaire contre nous. Ainsi, nos fronti&#232;res furent insuffisamment pr&#233;par&#233;es &#224; repousser l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les arm&#233;es fascistes eurent effectivement envahi le territoire sovi&#233;tique et que les op&#233;rations militaires furent en cours, Moscou ordonna qu'il ne soit pas r&#233;pondu au tir allemand. Pourquoi ? Parce que Staline, en d&#233;pit de faits &#233;vidents, pensait que la guerre n'avait pas encore commenc&#233;, que ce n'&#233;tait l&#224; qu'une action de provocation de la part de plusieurs contingents indisciplin&#233;s de l'arm&#233;e allemande, et que notre r&#233;action pourrait offrir aux Allemands un motif de passer &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qui suit est &#233;galement connu. A la veille de l'invasion du territoire de l'Union sovi&#233;tique par l'arm&#233;e hitl&#233;rienne, un certain citoyen allemand franchit notre fronti&#232;re et indiqua que les arm&#233;es allemandes avaient re&#231;u ordre de lancer l'offensive contre l'Union sovi&#233;tique dans la nuit du 22 juin, &#224; 3 heures. Staline en fut inform&#233; imm&#233;diatement, mais m&#234;me cet avertissement fut ignor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le voyez, tout fut ignor&#233; : les avertissements Comme certains commandants d'arm&#233;es, les d&#233;clarations de d&#233;serteurs de l'arm&#233;e ennemie et m&#234;me les hostilit&#233;s ouvertes de l'ennemi. Est-ce l&#224; un exemple de la vigilance du chef du Parti et de l'Etat &#224; ce moment historique particuli&#232;rement significatif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quels furent les r&#233;sultats de cette attitude insouciante, de ce m&#233;pris des faits &#233;tablis ? Le r&#233;sultat fut que d&#232;s les premi&#232;res heures, d&#232;s les premiers jours, l'ennemi avait d&#233;truit, dans nos r&#233;gions frontali&#232;res, une grande partie de notre arm&#233;e de l'air, de notre artillerie et autres &#233;quipements militaires. Il an&#233;antit un grand nombre de nos cadres militaires et d&#233;sorganisa notre &#233;tat-major. Par cons&#233;quent, nous f&#251;mes dans l'impossibilit&#233; d'emp&#234;cher l'ennemi de p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment &#224; l'int&#233;rieur du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cons&#233;quences tr&#232;s graves, surtout dans les premiers jours de la guerre, r&#233;sult&#232;rent de l'&#233;limination par Staline de nombreux chefs militaires et de fonctionnaires politiques entre 1937 et 1941. Pendant ces ann&#233;es, la r&#233;pression fut institu&#233;e contre certaines parties des cadres militaires, commen&#231;ant &#224; l'&#233;chelon des commandants de compagnies et de bataillons et allant jusqu'aux plus hautes sph&#232;res militaires. Durant cette &#233;poque, les chefs qui avaient acquis une exp&#233;rience militaire en Espagne et en Extr&#234;me-Orient furent presque tous liquid&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de vaste r&#233;pression contre les cadres militaires eut &#233;galement pour r&#233;sultat de saper la discipline militaire parce que, durant de nombreuses ann&#233;es, on avait appris aux officiers de tous grades et m&#234;me aux soldats, dans le Parti et les cellules des jeunesses communistes, &#224; &#034;d&#233;masquer&#034; leurs sup&#233;rieurs en tant qu'ennemis cach&#233;s. (Mouvements dans la salle.) Il est naturel que ceci ait eu une influence n&#233;gative sur l'&#233;tat de la discipline militaire dans la premi&#232;re p&#233;riode de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, comme vous le savez, nous avions avant la guerre d'excellents cadres militaires qui, sans le moindre doute, &#233;taient loyaux au Parti et &#224; la patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il suffise de dire que ceux d'entre eux qui surv&#233;curent aux s&#233;v&#232;res tortures auxquelles ils furent soumis dans les prisons se sont comport&#233;s d&#232;s les premiers jours de la guerre comme de v&#233;ritables patriotes et combattirent h&#233;ro&#239;quement pour la gloire de la patrie. Je pense ici aux camarades Rokossovsky qui, ainsi que vous le savez, a &#233;t&#233; emprisonn&#233; ; Gorbatov, Meretskov, qui sont d&#233;l&#233;gu&#233;s au pr&#233;sent Congr&#232;s ; Podlas, un excellent commandant qui tomba sur le front, et &#224; tous les autres. Cependant, de nombreux commandants p&#233;rirent dans les camps et les prisons, et l'arm&#233;e ne les revit jamais plus .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela a conduit &#224; la situation qui existait au d&#233;but de la guerre et qui constituait la grande menace contre notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait tort d'oublier qu'apr&#232;s les premi&#232;res d&#233;faites et les premiers d&#233;sastres sur le front, Staline pensa que c'&#233;tait la fin. Dans l'un de ses discours de l'&#233;poque, il d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout ce que L&#233;nine avait cr&#233;&#233;, nous l'avons perdu &#224; jamais.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, Staline ne dirigea pas effectivement - et pendant longtemps - les op&#233;rations militaires et cessa de faire quoi que ce soit. Il ne reprit la direction active qu'apr&#232;s avoir re&#231;u la visite de certains membres du Bureau politique, qui lui dirent qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de prendre certaines mesures imm&#233;diatement afin d'am&#233;liorer la situation sur le front .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, le danger mena&#231;ant suspendu sur notre patrie dans la premi&#232;re p&#233;riode de la guerre &#233;tait d&#251; largement aux erreurs de Staline lui-m&#234;me quant aux m&#233;thodes par lesquelles il dirigeait la Nation et le Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous ne parlons pas seulement du moment o&#249; la guerre commen&#231;a, moment qui conduisit &#224; une d&#233;sorganisation s&#233;rieuse de notre arm&#233;e et nous valut de lourdes pertes. M&#234;me apr&#232;s le d&#233;but de la guerre la nervosit&#233; et l'hyst&#233;rie manifest&#233;es par Staline, se r&#233;percutant sur les op&#233;rations militaires effectives, caus&#232;rent &#224; notre arm&#233;e de graves dommages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline &#233;tait loin de comprendre la situation r&#233;elle qui se d&#233;veloppait sur le front. Ce qui &#233;tait naturel puisque pendant toute la guerre patriotique, il n'avait jamais visit&#233; aucune partie du front ou aucune ville lib&#233;r&#233;e, &#224; l'exception d'une courte tourn&#233;e sur la route de Moja&#239;sk, pendant une p&#233;riode de stabilisation du front. A cet &#233;pisode ont &#233;t&#233; d&#233;di&#233;es de nombreuses oeuvres litt&#233;raires pleines de fantaisies de toutes sortes, et autant de tableaux. Simultan&#233;ment, Staline s'immis&#231;ait dans les op&#233;rations et lan&#231;ait des ordres qui ne tenaient pas compte de la situation v&#233;ritable &#224; un point donn&#233; du front et qui ne pouvaient que se traduire par d'immenses pertes d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me permettrai &#224; ce propos de noter un fait caract&#233;ristique qui illustre la fa&#231;on dont Staline dirigeait les op&#233;rations sur les lignes. Nous avons, parmi les participants au Congr&#232;s, le mar&#233;chal Bagramian qui fut (chef des op&#233;rations au quartier g&#233;n&#233;ral du front sud-ouest, et peut corroborer ce que je vais vous dire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la situation devint exceptionnellement grave pour notre arm&#233;e en 1942, dans la r&#233;gion de Kharkov, nous avions &#224; juste titre d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter une op&#233;ration dont l'objectif &#224; l'&#233;poque aurait pu avoir pour l'arm&#233;e de fatales suites si elle avait &#233;t&#233; continu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en f&#238;mes part &#224; Staline, indiquant que la situation r&#233;clamait des changements dans les plans op&#233;rationnels pour emp&#234;cher l'ennemi d'an&#233;antir une importante concentration de nos troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au sens commun, Staline rejeta notre suggestion et donna ordre de poursuivre l'op&#233;ration qui visait &#224; encercler Kharkov, malgr&#233; le fait qu'&#224; l'&#233;poque de nombreuses concentrations militaires &#233;taient elles-m&#234;mes menac&#233;es d'encerclement et d'an&#233;antissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&#233;l&#233;phonai &#224; Vassilevsky et m'exprimai comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Alexandre Mikha&#239;lovitch, prenez une carte [Vassilevsky &#233;tait pr&#233;sent] et indiquez au camarade Staline l'&#233;tat de la situation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a lieu de noter que Staline dressait ses plans en utilisant un globe terrestre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Remous dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, camarades, c'est &#224; l'aide d'un globe terrestre qu'il &#233;tablissait la ligne du front. J'ai dit au camarade Vassilevsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Montrez-lui l'&#233;tat de la situation sur une carte ; dans l'&#233;tat actuel des choses, nous ne pouvons pas mener &#224; bien les op&#233;rations qui avaient &#233;t&#233; envisag&#233;es. La d&#233;cision primitive doit &#234;tre modifi&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t de la cause.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vassilevsky r&#233;pondit que ce probl&#232;me avait &#233;t&#233; d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; par Staline et qu'il n'&#233;tait pas dispos&#233; &#224; revoir Staline &#224; cc sujet, car ce dernier ne voulait plus accepter de discuter au sujet de l'op&#233;ration en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ma conversation avec Vassilevsky, je t&#233;l&#233;phonai &#224; Staline &#224; sa villa. Mais Staline ne r&#233;pondit pas au t&#233;l&#233;phone ; c'&#233;tait Malenkov qui &#233;tait &#224; l'appareil. Je dis au camarade Malenkov que je t&#233;l&#233;phonais du front et que je d&#233;sirais parler personnellement &#224; Staline. Staline me fit savoir, par l'entremise de Malenkov, que je pouvais m'adresser &#224; ce dernier. J'insistai &#224; nouveau que je d&#233;sirais informer Staline personnellement au sujet de la grave situation qui existait pour nous sur le front. Mais Staline ne jugea pas utile de prendre le r&#233;cepteur et me fit &#224; nouveau savoir que je devais m'adresser &#224; lui par l'interm&#233;diaire de Malenkov, bien qu'il se trouv&#226;t &#224; deux pas de l'appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#034;&#233;cout&#233;&#034; de cette fa&#231;on notre plaidoyer, Staline dit : &#034;Ne changez rien &#224; ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'est-ce qui r&#233;sulta de tout ceci ? Le pire de ce que nous pouvions attendre. Les Allemands encercl&#232;rent nos concentrations de troupes et -nous perd&#238;mes en cons&#233;quence des centaines de milliers de soldats. Tel est le &#034;g&#233;nie&#034; militaire de Staline. Voil&#224; ce qu'il nous en co&#251;ta .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, lors d'une r&#233;union &#224; laquelle assistaient Staline ainsi que des membres du Bureau politique, Anastase Ivanovitch Miko&#239;an fit ressortir que Khrouchtchev devait avoir eu raison &#224; l'&#233;poque, quand il t&#233;l&#233;phona au sujet de l'op&#233;ration militaire de Kharkov. Miko&#239;an ajouta qu'il avait &#233;t&#233; malheureux que la suggestion de Khrouchtchev ne f&#251;t pas retenue .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous auriez d&#251; voir la fureur dans laquelle entra Staline. Comment pouvait-on supposer que Staline n'avait pas eu raison ! N'&#233;tait-il pas, apr&#232;s tout, un &#034;g&#233;nie&#034;, et un g&#233;nie ne peut qu'avoir raison ! Tout le monde peut se tromper, mais Staline pensait qu'il avait toujours raison. Il n'admettait jamais avoir commis une erreur, petite ou grande, bien qu'il en comm&#238;t plus d'une tant en mati&#232;re de th&#233;orie qu'au cours de son activit&#233; pratique. Lorsque le Congr&#232;s du Parti sera achev&#233;, nous aurons probablement &#224; r&#233;examiner plusieurs op&#233;rations militaires du temps de guerre et &#224; les pr&#233;senter sous leur vrai jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tactiques auxquelles tenait Staline, sans toutefois &#234;tre familier avec la conduite des op&#233;rations militaires, nous ont co&#251;t&#233; beaucoup de sang, jusqu'au moment o&#249; nous parv&#238;nmes &#224; arr&#234;ter l'adversaire et &#224; d&#233;clencher l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaires n'ignorent pas que depuis la fin de 1941, plut&#244;t que de d&#233;clencher de grandes manoeuvres op&#233;rationnelles qui auraient pris l'ennemi de flanc et permis de p&#233;n&#233;trer dans ses arri&#232;res, Staline demandait que l'on proc&#233;d&#226;t &#224; des attaques frontales incessantes et que l'on captur&#226;t un village apr&#232;s un autre. Ces tactiques se traduisaient pour nous par de grandes pertes, jusqu'au moment o&#249; nos g&#233;n&#233;raux, sur lesquels reposait tout le poids de la conduite de la guerre, parvinrent &#224; modifier la situation et &#224; venir &#224; des manoeuvres op&#233;rationnelles souples. Cette nouvelle tactique devait imm&#233;diatement permettre d'importants changements sur le front en notre faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s notre grande victoire sur l'ennemi, qui nous co&#251;ta si cher, Staline n'h&#233;sita pas &#224; d&#233;grader plusieurs des commandants qui contribu&#232;rent tellement &#224; la victoire, car Staline ne pouvait pas admettre la possibilit&#233; que des services rendus sur le front fussent port&#233;s au cr&#233;dit d'autres personnes que lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline aimait beaucoup conna&#238;tre l'opinion que l'on professait sur le camarade Joukov, en tant que chef militaire . Il me demanda souvent mon opinion sur Joukov. Je lui r&#233;pondais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je connais Joukov depuis longtemps ; c'est un bon g&#233;n&#233;ral et un bon chef militaire.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, Staline se r&#233;pandit en commentaires d&#233;favorables &#224; l'&#233;gard de Joukov. Il disait, entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous avez lou&#233; Joukov, mais il ne 1e m&#233;rite pas. On raconte que Joukov, avant de d&#233;clencher une op&#233;ration, proc&#233;dait de la sorte : Il prenait un peu de terre dans sa main, la sentait et d&#233;clarait : nous pouvons commencer l'attaque, ou au contraire : cette op&#233;ration envisag&#233;e ne peul &#234;tre d&#233;clench&#233;e.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui r&#233;pondais, &#224; cette &#233;poque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Camarade Staline, j'ignore qui a invent&#233; ceci, mais la chose n'est pas vraie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible que ce soit Staline qui ait invent&#233; cette anecdote, dans le but de minimiser le r&#244;le et le talent militaire du mar&#233;chal Joukov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a beaucoup tenu &#224; se faire passer pour un grand chef militaire. De diverses mani&#232;res, il s'effor&#231;a d'inculquer dans le peuple l'id&#233;e que toutes les victoires remport&#233;es par la Nation sovi&#233;tique durant la grande guerre patriotique devaient &#234;tre uniquement attribu&#233;es au courage, &#224; l'audace et au g&#233;nie de Staline. Tout comme Kouzma Kryouchkov, &#034;il v&#234;tit de la m&#234;me robe sept personnes en m&#234;me temps&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, reportons-nous, par exemple, &#224; nos films historiques et militaires, ainsi qu'&#224; quelques cr&#233;ations litt&#233;raires. C'est &#233;coeurant. Il ne s'agit que de propager le th&#232;me d'apr&#232;s lequel Staline &#233;tait un g&#233;nie militaire. Souvenons-nous du film la Chute de Berlin . Ici, c'est Staline seul qui agit ; il transmet des ordres dans une salle o&#249; l'on remarque plusieurs chaises inoccup&#233;es. Seul, un homme s'approche de lui et lui fait part de quelque chose. Il s'agit de Poskrebychev, son loyal portebouclier .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Rires dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; sont donc les chefs militaires, et le Bureau politique, et le gouvernement ? Que font-ils et de quoi s'occupent-ils ? Rien ne le dit dans le film. Staline agit pour tout le monde ; il ne compte sur personne, ne demande l'avis de personne. C'est sous ce faux d&#233;cor que tout est pr&#233;sent&#233; &#224; la Nation. Pourquoi ? Afin de pouvoir aur&#233;oler Staline de gloire, contrairement aux faits et contrairement &#224; la v&#233;rit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut s'emp&#234;cher de se poser la question : o&#249; se trouvent donc les militaires qui supportaient le poids de la guerre sur leurs &#233;paules ? Ils sont absents du film. Staline pr&#233;sent, il ne restait plus de place pour personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas Staline, mais bien le Parti tout entier, le gouvernement sovi&#233;tique, notre h&#233;ro&#239;que arm&#233;e, ses chefs talentueux et ses braves soldats, la Nation sovi&#233;tique tout enti&#232;re qui ont remport&#233; la victoire dans la grande guerre patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Temp&#234;te d'applaudissements prolong&#233;s.) Les membres du Comit&#233; central, les ministres, nos chefs &#233;conomiques, les dirigeants de la culture sovi&#233;tique, les administrateurs des organisations territoriales, du Parti et des soviets, les ing&#233;nieurs, les techniciens, chacun d'eux &#224; sa place de travail, ne m&#233;nagea ni sa force, ni son savoir afin de rendre possible la victoire sur l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos meilleurs militants firent preuve d'un h&#233;ro&#239;sme exceptionnel. Toute notre classe ouvri&#232;re, notre paysannerie kolkhozienne, l'intelligentsia sovi&#233;tique qui, sous la direction des organisations du Parti, surmont&#232;rent d'indicibles privations et consacr&#232;rent toutes leurs forces pour la d&#233;fense de la patrie, sont aur&#233;ol&#233;es de gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos femmes sovi&#233;tiques accomplirent, de leur c&#244;t&#233;, de grands actes de bravoure ; elles s'attel&#232;rent au travail de production dans les usines, dans les kolkhozes et dans divers secteurs &#233;conomiques et culturels. De nombreuses femmes prirent part sur le front m&#234;me aux combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; notre brave jeunesse, elle contribua sans limites, tant sur le front qu'&#224; l'arri&#232;re, &#224; la d&#233;fense de la patrie sovi&#233;tique et &#224; l'annihilation de l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immortels sont les services rendus par les soldats sovi&#233;tiques, nos chefs et les militants politiques de tous rangs ; apr&#232;s la perte d'une consid&#233;rable partie de l'arm&#233;e dans les premiers mois de la guerre, ils n'ont pas perdu la t&#234;te et ont pu se r&#233;organiser pendant que se d&#233;roulaient les combats ; ils ont cr&#233;&#233; et consolid&#233;, pendant la guerre, une arm&#233;e forte et h&#233;ro&#239;que, et ils ne se sont pas content&#233;s de r&#233;sister &#224; un ennemi puissant et exp&#233;riment&#233;, mais l'ont encore vaincu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions magnifiques et h&#233;ro&#239;ques de centaines de millions de gens de l'Est et de l'Ouest pendant la lutte contre la menace de soumission au joug fasciste, &#224; laquelle nous avions &#224; faire face, resteront pendant des si&#232;cles et des mill&#233;naires dans la m&#233;moire de l'humanit&#233; reconnaissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tonnerre d'applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; notre parti communiste, aux forces arm&#233;es de l'Union sovi&#233;tique, et aux dizaines de millions de Sovi&#233;tiques mobilis&#233;s par le Parti que revient la part essentielle de la fin victorieuse de la guerre, dans laquelle ils ont jou&#233; un r&#244;le de premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, venons-en &#224; d'autres faits. L'Union sovi&#233;tique est &#224; juste titre consid&#233;r&#233;e comme un mod&#232;le d'Etat multinational parce que nous avons, dans la pratique, assur&#233; l'&#233;galit&#233; des droits et l'amiti&#233; de toutes les nations qui vivent dans notre vaste patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus monstrueux sont les actes, dont Staline fut l'inspirateur, et qui constituent des violations brutales des principes l&#233;ninistes fondamentaux de la politique des nationalit&#233;s de l'Etat sovi&#233;tique. Nous voulons parler des d&#233;portations massives de peuples entiers, y compris tous les communistes et Komsomols sans exception ; ces mesures de d&#233;portation n'&#233;taient justifi&#233;es par aucune consid&#233;ration militaire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d&#232;s la fin de 1943, quand se produisit une br&#232;che sur tous les fronts de la grande guerre patriotique au b&#233;n&#233;fice de l'Union sovi&#233;tique, la d&#233;cision fut prise et mise &#224; ex&#233;cution de d&#233;porter tous les Karatchais des terres sur lesquelles ils vivaient . A la m&#234;me &#233;poque, fin d&#233;cembre 1943, le m&#234;me sort advint &#224; toute la population de la r&#233;publique autonome des Kalmouks. En mars 1944, tous les Tchetch&#232;nes et tous les Ingouches ont &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s et la r&#233;publique autonome tchetch&#232;ne-ingouche liquid&#233;e. En avril 1944, tous les Balkars ont &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s dans des endroits tr&#232;s &#233;loign&#233;s du territoire de la r&#233;publique autonome kabardo-balkare et la r&#233;publique elle m&#234;me fut rebaptis&#233;e r&#233;publique autonome kabarde . Les Ukrainiens n'&#233;vit&#232;rent ce sort que parce qu'ils &#233;taient trop nombreux et qu'il n'y avait pas d'endroit o&#249; les d&#233;porter. Sinon, ils auraient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s eux aussi .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Rires et mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement un marxiste-l&#233;niniste, mais tout homme de bon sens ne peut comprendre comment il est possible de tenir des nations enti&#232;res responsables d'activit&#233; inamicale, y compris les femmes, les enfants, les vieillards, les communistes et les komsomols, au point de recourir contre elles &#224; la r&#233;pression massive et de les condamner &#224; la mis&#232;re et &#224; la souffrance en raison d'actes hostiles perp&#233;tr&#233;s par des individus ou des groupes d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Fin de la Guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la guerre patriotique, la nation sovi&#233;tique c&#233;l&#233;bra avec fiert&#233; les victoires magnifiques remport&#233;es gr&#226;ce &#224; d'immenses sacrifices et des efforts colossaux. Le Parti &#233;tait sorti de la guerre encore plus uni ; dans le feu des combats, les cadres du Parti s'&#233;taient tremp&#233;s et durcis. Dans ces conditions, personne n'aurait m&#234;me pens&#233; &#224; la possibilit&#233; d'un complot dans le Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette &#233;poque qu'est n&#233;e l'affaire dite de L&#233;ningrad. Comme cela a maintenant &#233;t&#233; &#233;tabli, il s'agissait d'un coup mont&#233;. Parmi ceux dont la vie a &#233;t&#233; sacrifi&#233;e se trouvaient les camarades Voznessenski, Kouznetsov, Rodionov, Popkov et d'autres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, Voznessenski et Kouznetsov &#233;taient des dirigeants &#233;minents et comp&#233;tents. Ils avaient &#233;t&#233; &#224; une certaine &#233;poque tr&#232;s proches de Staline. Il suffit d'indiquer que Staline avait fait de Voznessenski le premier vice-pr&#233;sident du Conseil des ministres et que Kouznetsov avait &#233;t&#233; &#233;lu secr&#233;taire du Comit&#233; central. Le fait m&#234;me que Staline avait confi&#233; &#224; Kouznetsov le contr&#244;le des organismes de la s&#251;ret&#233; de l'Etat prouve la confiance dont il jouissait .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que ces personnes aient &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es comme ennemis du peuple et liquid&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits prouvent que &#034;l'affaire de L&#233;ningrad&#034; est aussi la cons&#233;quence de l'arbitraire dont Staline faisait preuve &#224; l'encontre des cadres du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il avait exist&#233; une situation normale au Comit&#233; central et au Politburo, des affaires de ce genre auraient &#233;t&#233; examin&#233;es conform&#233;ment &#224; la pratique du Parti, et les faits s'y rapportant y auraient &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233;s ; une telle affaire, comme d'autres, n'aurait pu se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons dire qu'apr&#232;s la guerre la situation ne fit que se compliquer. Staline devint encore plus capricieux, irritable et brutal ; en particulier, ses soup&#231;ons s'accrurent, sa folie de la pers&#233;cution atteignit des proportions incroyables. A ses yeux, de nombreux militants devinrent des ennemis. Apr&#232;s la guerre, Staline ne fit que se s&#233;parer davantage de la collectivit&#233;. Il d&#233;cidait de tout, tout seul, sans consid&#233;ration pour qui ou pour quoi que ce f&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incroyable suspicion fut habilement exploit&#233;e par l'abject provocateur et vil ennemi B&#233;ria, qui avait assassin&#233; des milliers de communistes et de Sovi&#233;tiques loyaux. L'ascension de Voznessenski et de Kouznetsov avait inqui&#233;t&#233; B&#233;ria. Comme nous l'avons maintenant &#233;tabli, c'est pr&#233;cis&#233;ment B&#233;ria qui avait &#034;sugg&#233;r&#233;&#034; &#224; Staline la fabrication par lui-m&#234;me et ses hommes de confiance de mat&#233;riaux sous forme de d&#233;clarations et de lettres anonymes, ainsi que de bruits et racontars divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central du Parti a &#233;tudi&#233; cette pr&#233;tendue &#034;affaire de L&#233;ningrad&#034; ; les innocents qui ont souffert sont maintenant r&#233;habilit&#233;s, et l'honneur a &#233;t&#233; rendu &#224; la glorieuse organisation du Parti de L&#233;ningrad. Abakoumov et d'autres, qui avaient fabriqu&#233; ce proc&#232;s, ont &#233;t&#233; envoy&#233;s devant un tribunal ; leur proc&#232;s a eu lieu &#224; L&#233;ningrad et ils ont &#233;t&#233; trait&#233;s comme ils le m&#233;ritaient .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question se pose : comment se fait-il que la v&#233;rit&#233; sur cette affaire ne nous apparaisse que maintenant, et pourquoi n'avons-nous rien fait avant, du vivant de Staline, afin d'emp&#234;cher la suppression de vies innocentes ? C'est parce que Staline avait personnellement contr&#244;l&#233; l' &#034;affaire de L&#233;ningrad&#034; et que la majorit&#233; des membres du Bureau politique &#224; cette &#233;poque ignoraient tout des circonstances de ces affaires et par cons&#233;quent ne pouvaient intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Staline eut re&#231;u certains documents de B&#233;ria et d'Abakoumov, sans &#233;tudier ce mat&#233;riel calomnieux, il ordonna une enqu&#234;te sur &#034;l'affaire&#034; de Voznessenski et Kouznetsov. Leur sort &#233;tait d&#232;s lors scell&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi instructif est le cas de l'organisation nationale Mingrelian, qui existait soi-disant en G&#233;orgie . Comme on le sait, des r&#233;solutions concernant cette affaire avaient &#233;t&#233; prises en novembre 1951 et mars 1952 par le Comit&#233; central du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique. Ces r&#233;solutions ont &#233;t&#233; adopt&#233;es sans discussion pr&#233;alable au Bureau politique. Staline les avait dict&#233;es personnellement. Elles formulaient de graves accusations contre de nombreux communistes loyaux. En se basant sur des documents falsifi&#233;s, on avait &#233;tabli qu'il existait en G&#233;orgie une soi-disant organisation nationaliste dont le but &#233;tait la liquidation du pouvoir sovi&#233;tique dans cette r&#233;publique, avec l'aide des puissances imp&#233;rialistes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de militants responsables du Parti et des soviets furent arr&#234;t&#233;s en cons&#233;quence. Comme cela a &#233;t&#233; prouv&#233; ult&#233;rieurement, il ne s'agissait en r&#233;alit&#233; que de calomnies contre l'organisation g&#233;orgienne du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons qu'il y a eu &#224; une certaine &#233;poque, en G&#233;orgie comme en plusieurs autres r&#233;publiques, des manifestations de, nationalisme bourgeois. La question se pose : &#233;tait-il possible qu'au moment o&#249; ont &#233;t&#233; prises les r&#233;solutions auxquelles il vient d'&#234;tre fait allusion, les tendances nationalistes aient progress&#233; au point qu'il ait exist&#233; un danger de voir la G&#233;orgie se d&#233;tacher de l'Union sovi&#233;tique et se joindre &#224; la Turquie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle et rires.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est, bien entendu, une folie. Il est impossible d'imaginer comment de telles id&#233;es pouvaient p&#233;n&#233;trer dans l'esprit de qui que ce f&#251;t. Chacun sait comment la G&#233;orgie s'est d&#233;velopp&#233;e dans les domaines &#233;conomique et culturel sous le gouvernement sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production industrielle de la R&#233;publique de la G&#233;orgie est de vingt-sept fois sup&#233;rieure &#224; ce qu'elle &#233;tait avant la r&#233;volution. Plusieurs industries nouvelles ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es en G&#233;orgie qui n'existaient pas avant la r&#233;volution : fonderies, huileries, fabriques de construction de machines, etc. L'analphab&#233;tisme, qui atteignait 78 % de la population en G&#233;orgie pr&#233;-r&#233;volutionnaire, n'existe plus depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils comparaient la situation dans leur r&#233;publique avec celle qui est faite aux masses laborieuses de Turquie, les G&#233;orgiens pourraient-ils jamais aspirer &#224; s'unir &#224; la Turquie' ? En 1955, la G&#233;orgie a produit dix-huit fois plus d'acier par habitant que la Turquie. La G&#233;orgie produit neuf fois plus d'&#233;nergie &#233;lectrique que la Turquie. D'apr&#232;s le recensement de 1950, 65 % de la population totale de la Turquie est illettr&#233;e. Parmi les femmes, 80 % sont illettr&#233;es. La G&#233;orgie poss&#232;de dix-neuf institutions d'&#233;tudes sup&#233;rieures, fr&#233;quent&#233;es par trente-neuf mille &#233;tudiants environ, soit huit fois plus qu'en Turquie (pour mille habitants). La prosp&#233;rit&#233; de la classe laborieuse, de G&#233;orgie a &#233;norm&#233;ment augment&#233; sous l'administration sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident qu'&#224; mesure que l'&#233;conomie et la culture se d&#233;velopperont et que la conscience socialiste des masses augmentera en G&#233;orgie, 1a source &#224; laquelle puise le nationalisme bourgeois se tarira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a prouv&#233; la suite des &#233;v&#233;nements, il n'existait pas d'organisation nationaliste en G&#233;orgie. Des milliers de personnes innocentes furent victimes de l'arbitraire et de l'anarchie. Tout cela se produisit sous la direction &#034;g&#233;niale&#034; de Staline, le &#034;grand fils de la nation g&#233;orgienne&#034;, comme les G&#233;orgiens aiment appeler Staline .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obstination de Staline se manifesta non seulement dans le domaine des d&#233;cisions qui concernaient la vie int&#233;rieure du pays, mais &#233;galement dans celui des relations internationales de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pl&#233;num de juillet du Comit&#233; central a &#233;tudi&#233; en d&#233;tail les raisons qui provoqu&#232;rent le conflit avec la Yougoslavie. Le r&#244;le qu'y a jou&#233; Staline a &#233;t&#233; scandaleux. Les probl&#232;mes pos&#233;s par l' &#034;affaire yougoslave&#034; auraient pu &#234;tre r&#233;solus gr&#226;ce &#224; des discussions entre partis et entre camarades. Il n'existait pas de fondement s&#233;rieux de nature &#224; justifier la suite prise par cette &#034;affaire&#034;. Il &#233;tait tout &#224; fait possible d'emp&#234;cher la rupture des relations avec ce pays. Cela ne signifie pas toutefois que les chefs yougoslaves aient &#233;t&#233; exempts d'erreurs ou d'imperfections. Mais ces erreurs et imperfections ont &#233;t&#233; amplifi&#233;es d'une mani&#232;re monstrueuse par Staline, ce qui amena une rupture des relations avec un pays ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des premiers jours du conflit entre l'Union sovi&#233;tique et la Yougoslavie, &#233;poque &#224; laquelle il commen&#231;a &#224; &#234;tre artificiellement gonfl&#233;. Un jour, arrivant de Kiev &#224; Moscou, je fus invit&#233; &#224; rendre visite &#224; Staline, qui, me montrant la copie d'une lettre envoy&#233;e &#224; Tito, me dit : &#034;Avez-vous lu ceci ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans attendre ma r&#233;ponse, il d&#233;clara : &#034;Il me suffira de remuer le petit doigt et il n'y aura plus de Tito. Il s'&#233;croulera.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pay&#233; cher ce &#034;geste du petit doigt&#034;. Cette d&#233;claration refl&#233;tait la folie des grandeurs de Staline, mais il agissait pr&#233;cis&#233;ment de cette mani&#232;re : &#034;Je l&#232;verai le petit doigt... et il n'y aura plus de Kossior&#034;, &#034;Je l&#232;verai le petit doigt une fois encore et il n'y aura plus de Postychev ni de Choubar&#034;, &#034;Je l&#232;ve encore une fois le petit doigt et Voznessenski, Kouznetsov et maints autres disparaissent&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'a pas march&#233; avec Tito. Quelles que soient l'intensit&#233; et la mani&#232;re dont Staline a remu&#233; non seulement le petit doigt, mais tout ce qu'il pouvait remuer, Tito ne s'est pas &#233;croul&#233;. Pourquoi ? La raison en est que dans ce cas de d&#233;saccord avec les camarades yougoslaves, Tito avait derri&#232;re lui un Etat et un peuple qui avaient &#233;t&#233; &#224; la rude &#233;cole des combats pour la libert&#233; et l'ind&#233;pendance, un peuple qui soutenait ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez &#224; quoi conduisait la m&#233;galomanie de Staline . Il avait perdu conscience de la r&#233;alit&#233; ; il manifestait son arrogance et ses soup&#231;ons non seulement envers les individus de l'Union sovi&#233;tique, mais envers des partis et des nations enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soigneusement examin&#233; le cas de la Yougoslavie, et nous avons trouv&#233; une solution convenable qui est approuv&#233;e par les peuples de l'Union sovi&#233;tique et de la Yougoslavie, aussi bien que par les masses laborieuses de toutes les d&#233;mocraties populaires et de toute l'humanit&#233;. Il a &#233;t&#233; proc&#233;d&#233; &#224; la liquidation des rapports anormaux avec la Yougoslavie dans l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble du camp du socialisme, dans l'int&#233;r&#234;t de la consolidation de la paix dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons &#034;l'affaire du complot des m&#233;decins&#034;. (Mouvements dans la salle.) En fait, il n'y avait pas d' &#034;affaire&#034; en dehors de la d&#233;claration de la doctoresse Timachouk, qui avait probablement &#233;t&#233; influenc&#233;e ou avait re&#231;u des ordres de quelqu'un - apr&#232;s tout c'&#233;tait une collaboratrice officieuse des organismes de s&#233;curit&#233; d'&#201;tat - pour &#233;crire &#224; Staline une lettre dans laquelle elle avait d&#233;clar&#233; que les m&#233;decins appliquaient pr&#233;tendument une th&#233;rapeutique impropre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lettre a suffi &#224; Staline pour lui permettre de conclure imm&#233;diatement qu'il existait des m&#233;decins qui complotaient en Union sovi&#233;tique. Il ordonna l'arrestation d'un groupe d'&#233;minents sp&#233;cialistes en m&#233;decine et donna son opinion personnelle quant &#224; la conduite de l'enqu&#234;te et la m&#233;thode &#224; utiliser pour interroger les personnes arr&#234;t&#233;es. Il dit que l'acad&#233;micien Vinogradov devait &#234;tre mis aux cha&#238;nes, qu'un autre devait &#234;tre battu. L'ancien ministre de la S&#233;curit&#233; d'Etat, le camarade Ignatiev assiste &#224; notre Congr&#232;s en qualit&#233; de d&#233;l&#233;gu&#233;. Staline lui dit brutalement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si vous n'obtenez pas de confession de la part des docteurs, nous vous trancherons la t&#234;te.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tumulte dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline fit personnellement venir le juge charg&#233; de l'enqu&#234;te, lui donna des instructions et des conseils sur les m&#233;thodes d'interrogatoire &#224; utiliser. Ces m&#233;thodes &#233;taient simples : battre, battre et encore battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s l'arrestation des m&#233;decins, nous, membres du Bureau politique, re&#231;&#251;mes les proc&#232;s-verbaux les concernant ; c'&#233;taient des aveux de culpabilit&#233;. Apr&#232;s la distribution de ces proc&#232;s-verbaux, Staline nous dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous &#234;tes aveugles comme des chatons. Qu'arrivera-t-il sans moi ? Le pays p&#233;rira parce que vous ne savez vas comment reconna&#238;tre des ennemis.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas fut pr&#233;sent&#233; de telle sorte que personne ne pouvait &#234;tre en mesure de v&#233;rifier les faits sur lesquels les investigations &#233;taient bas&#233;es. Il n'&#233;tait pas possible d'essayer de Contacter les personnes qui avaient reconnu leur culpabilit&#233; et de v&#233;rifier les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sentions cependant que le cas des m&#233;decins arr&#234;t&#233;s &#233;tait douteux. Nous connaissions certains d'entre eux personnellement parce qu'ils avaient eu l'occasion de nous soigner. Quand nous v&#238;nmes &#224; examiner ce &#034;cas&#034; apr&#232;s la mort de Staline, nous trouv&#226;mes qu'il avait &#233;t&#233; invent&#233; du commencement &#224; la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#034;cas&#034; ignoble fut mont&#233; par Staline. Il ne disposa pas cependant du temps n&#233;cessaire pour le mener &#224; bonne fin (du moins comme il entendait cette fin), et c'est pour cette raison que les m&#233;decins sont encore en vie. Actuellement, tous sont r&#233;habilit&#233;s ; ils occupent les m&#234;mes fonctions qu'auparavant. Ils soignent des personnalit&#233;s haut plac&#233;es, y compris des membres du gouvernement. Ils poss&#232;dent toute notre confiance et ils accomplissent leur t&#226;che honn&#234;tement, tout comme ils le faisaient dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#244;le sp&#233;cialement bas a &#233;t&#233; jou&#233; par un ennemi f&#233;roce de notre parti, B&#233;ria, agent d'un service d'espionnage &#233;tranger dans l'organisation de certaines affaires sales et honteuses. B&#233;ria avait gagn&#233; la confiance de Staline. De quelle mani&#232;re ce provocateur parvint-il &#224; atteindre une situation au sein du Parti et de l'Etat, de fa&#231;on &#224; devenir le premier vice-pr&#233;sident du Conseil des ministres de l'Union sovi&#233;tique et le membre du Bureau politique du Comit&#233; central ? Il est maintenant prouv&#233; que ce sc&#233;l&#233;rat a gravi les diff&#233;rents &#233;chelons du pouvoir en passant sur un nombre incalculable de cadavres .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Existait-il des indices indiquant que B&#233;ria &#233;tait un ennemi du Parti ? Il en existait, en effet. D&#233;j&#224; en 1937, lors d'un pl&#233;num du Comit&#233; central, l'ancien commissaire du Peuple &#224; la Sant&#233; publique Kaminski , d&#233;clarait que B&#233;ria travaillait pour les services d'espionnage du Moussavat . Le pl&#233;num du Comit&#233; central avait &#224; peine achev&#233; ses travaux que Kaminski &#233;tait arr&#234;t&#233; et fusill&#233;. Est-ce que Staline avait examin&#233; la d&#233;claration de Kaminski ? Non, parce que Staline avait confiance en B&#233;ria et que cela lui suffisait. Et, lorsque Staline croyait en quelqu'un ou en quelque chose, personne ne pouvait avancer une opinion contraire. Quiconque aurait os&#233; exprimer une opinion contraire aurait subi le sort de Kaminski .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existait &#233;galement d'autres indices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration que fit le camarade Snegov au Comit&#233; central du Parti est int&#233;ressante. Disons, entre parenth&#232;ses, que Snegov a &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233; il y a peu de temps apr&#232;s avoir pass&#233; dix-sept ann&#233;es dans des camps de prisonniers. Dans sa d&#233;claration, Snegov &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En ce qui concerne la r&#233;habilitation propos&#233;e de l'ancien membre du Comit&#233; central Kartvelichvili-Laurentiev , j'ai confi&#233; au repr&#233;sentant du Comit&#233; de la s&#233;curit&#233; d'Etat une d&#233;position d&#233;taill&#233;e relative au r&#244;le jou&#233; par B&#233;ria dans l'affaire Kartvelichvili, ainsi qu'aux motifs criminels qui ont guid&#233; son action .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consid&#232;re qu'il est indispensable de rappeler ici un fait important relatif &#224; ce cas et de le communiquer au Comit&#233; central, car je n'ai pas jug&#233; utile de joindre le document le concernant au dossier des investigations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 octobre 1931, lors d'une session du Bureau d'organisation du Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique, Kartvelichvili, secr&#233;taire du Comit&#233; r&#233;gional transcaucasien, pr&#233;senta un rapport. Tous les membres de l'ex&#233;cutif de ce Comit&#233; r&#233;gional &#233;taient pr&#233;sents ; d'eux tous, je suis le seul encore vivant. Pendant cette session, J.V. Staline proposa &#224; la fin de son discours de r&#233;organiser le secr&#233;tariat du Comit&#233; r&#233;gional transcaucasien de la fa&#231;on suivante : premier secr&#233;taire, Kartvelichvili ; deuxi&#232;me secr&#233;taire, B&#233;ria (c'&#233;tait la premi&#232;re fois dans l'histoire du Parti que le nom de B&#233;ria &#233;tait mentionn&#233; en tant que candidat pour une fonction dans le Parti). Kartvelichvili r&#233;pondit qu'il connaissait bien B&#233;ria et que pour cette raison il refusait cat&#233;goriquement de travailler avec lui. Staline proposa alors de laisser la question en suspens, ajoutant qu'elle pourrait &#234;tre r&#233;solue d'elle m&#234;me en cours de travail. Deux jours plus tard, la d&#233;cision avait &#233;t&#233; prise d'accorder &#224; B&#233;ria le poste en question et d'&#233;loigner Kartvelichvili de la r&#233;gion transcaucasienne. Ce fait peut &#234;tre confirm&#233; par les camarades Miko&#239;an et Kaganovitch, qui &#233;taient pr&#233;sents lors de cette r&#233;union.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un fait tr&#232;s connu que les relations entre Kartvelichvili et B&#233;ria &#233;taient depuis longtemps mauvaises. Cela remontait &#224; l'&#233;poque o&#249; le camarade Sergo [surnom populaire d'Ordjonikidze] d&#233;ployait son activit&#233; dans la r&#233;gion transcaucasienne. Kartvelichvili &#233;tait le plus proche collaborateur de Sergo. Ses relations tendues avec Kartvelichvili pouss&#232;rent B&#233;ria &#224; cr&#233;er de toutes pi&#232;ces un &#034;cas&#034; Kartvelichvili .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est caract&#233;ristique de noter que dans ce &#034;cas&#034;, Kartvelichvili fut accus&#233; d'avoir foment&#233; une action terroriste contre B&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte d'accusation de B&#233;ria contenait une description de ses crimes. Certaines choses devraient toutefois &#234;tre rappel&#233;es, &#233;tant donn&#233; qu'il est possible que certains d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s n'aient pas eu l'occasion de lire ce document. Je voudrais rappeler les m&#233;thodes bestiales de B&#233;ria dans les cas de Kedrov et de Goloubiev, ainsi que dans celui de la m&#232;re adoptive de Goloubiev, Batourina. Toutes ces personnes &#233;taient d&#233;sireuses d'informer le Comit&#233; central des activit&#233;s perfides de B&#233;ria. Elles furent toutes fusill&#233;es sans jugement et la sentence ne fut prononc&#233;e qu'apr&#232;s leur ex&#233;cution .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici que le vieux communiste Kedrov &#233;crivit au Comit&#233; central par l'entremise du camarade Andreiev (le camarade Andreiev &#233;tait alors un des secr&#233;taires du Comit&#233; central)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; : &#034;Je fais appel &#224; vous du fond d'une triste cellule de la prison Lefortovo. Que mon cri d'horreur atteigne vos oreilles ; ne demeurez pas sourds &#224; mon appel ; prenez-moi sous votre protection. Je vous supplie de faire en sorte que le cauchemar des- interrogatoires cesse. Montrez que mon cas &#233;tait bas&#233; sur une erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis innocent. Je vous prie de me croire. Le temps prouvera que je dis la v&#233;rit&#233;. Je ne suis pas un agent provocateur de l'Okhrana tsariste. Je ne suis pas un espion. Je ne suis pas un membre d'une quelconque organisation antisovi&#233;tique, comme le font croire certaines d&#233;nonciations. Je ne suis coupable d'aucun crime envers le Parti ou le gouvernement. Je suis un vieux bolchevik sans tache. J'ai honn&#234;tement combattu pendant pr&#232;s de quarante ans dans les rangs du Parti pour le bien et pour la prosp&#233;rit&#233; de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; l'&#226;ge de soixante-deux ans, je suis menac&#233; par les juges charg&#233;s de l'instruction de subir des pressions physiques encore plus s&#233;v&#232;res, cruelles et d&#233;gradantes. Ils (les juges) sont d&#233;sormais incapables de se rendre compte de leur erreur et de reconna&#238;tre que leurs proc&#233;d&#233;s sont ill&#233;gaux et qu'ils ne devraient pas &#234;tre permis. Ils s'efforcent de justifier leur attitude en me d&#233;crivant comme un ennemi endurci et demandent en cons&#233;quence qu'on use &#224; mon &#233;gard de m&#233;thodes r&#233;pressives accrues. Mais que le Parti sache que je suis innocent et que rien ne peut transformer un fils loyal du Parti en ennemi, m&#234;me jusqu'au moment o&#249; il rendra son dernier soupir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne vois pas d'issue. Je sens que de nouveaux et puissants coups me menacent. Mais tout a cependant une limite. J'ai &#233;t&#233; tortur&#233; &#224; l'extr&#234;me. Ma sant&#233; est &#233;branl&#233;e, ma force et mon &#233;nergie sont en train de faiblir, la fin approche. Mourir dans une prison sovi&#233;tique et &#234;tre qualifi&#233; de tra&#238;tre &#224; la patrie, que peut-il y avoir de plus monstrueux pour un honn&#234;te homme ? Et, en effet, comme tout cela est monstrueux ! Mon coeur ressent une amertume et une peine insurpass&#233;es. Non, non, cela n'arrivera pas, cela ne peut pas arriver. Je le crie. Ni le Parti, ni le gouvernement sovi&#233;tique, ni le commissaire du Peuple L.P. B&#233;ria ne permettront une aussi cruelle, une aussi irr&#233;parable injustice. Je suis absolument certain que si un examen objectif, serein, sans col&#232;re et sans les redoutables tortures venait &#224; &#234;tre entrepris, il serait facile de prouver combien sont sans fondement les accusations port&#233;es contre moi. Je crois profond&#233;ment que la v&#233;rit&#233; et la justice triompheront. Je le crois, je le crois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux bolchevik camarade Kedrov avait &#233;t&#233; reconnu innocent par le coll&#232;ge militaire. Mais, malgr&#233; cela, il a &#233;t&#233; fusill&#233; sur l'ordre de B&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Indignation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;ria a aussi trait&#233; cruellement la famille du camarade Ordjonikidze. Pourquoi ? Parce qu'Ordjonikidze avait essay&#233; d'emp&#234;cher B&#233;ria de mettre &#224; ex&#233;cution ses plans honteux. B&#233;ria s'&#233;tait d&#233;barrass&#233; de tous ceux qui auraient pu le g&#234;ner. Ordjonikidze avait &#233;t&#233; de tout temps un adversaire de B&#233;ria et ne l'avait pas cach&#233; &#224; Staline. Au lieu d'examiner cette affaire et de prendre les dispositions n&#233;cessaires, Staline permit la &#034;liquidation&#034; du fr&#232;re d'Ordjonikidze et poussa Ordjonikidze lui-m&#234;me au suicide . (Indignation dans la salle.) Tel &#233;tait B&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;ria a &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233; par le Comit&#233; central du Parti peu de temps apr&#232;s la mort de Staline. Une proc&#233;dure judiciaire circonstanci&#233;e permit d'&#233;tablir que B&#233;ria avait commis des crimes monstrueux. B&#233;ria fut, en cons&#233;quence, fusill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose de savoir comment B&#233;ria, qui avait &#034;liquid&#233;&#034; des dizaines de milliers de personnes, n'a pas &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233; pendant que Staline &#233;tait en vie ? Il n'avait pas &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233; plus t&#244;t parce qu'il avait su utiliser tr&#232;s habilement les faiblesses de Staline. Alimentant sans cesse ses soup&#231;ons, B&#233;ria aidait Staline dans tout et agissait avec son appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autoglorification&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, le culte de la personnalit&#233; a atteint de si monstrueuses proportions, surtout en raison du fait que Staline lui-m&#234;me, utilisant toutes les m&#233;thodes concevables, a encourag&#233; la glorification de sa propre personne . Cela est &#233;tay&#233; par de nombreux faits. Un des exemples les plus caract&#233;ristiques de cette autoglorification et du manque absolu de modestie de Staline est la publication, en 1948, de sa Biographie abr&#233;g&#233;e . Staline y est flatt&#233; et glorifi&#233; &#224; l'&#233;gal d'un dieu et consid&#233;r&#233; comme un sage infaillible, &#034;le plus grand des chefs&#034;, &#034;le plus grand strat&#232;ge de tous les temps&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en arriva &#224; ne plus trouver de mots suffisamment forts pour chanter davantage ses louanges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile de citer quelques exemples d'adulation pris parmi tous ceux qu'on rencontre dans ce livre. Qu'il me suffise d'ajouter que toutes ces adulations avaient &#233;t&#233; approuv&#233;es par Staline lui-m&#234;me et qu'il en avait ajout&#233; d'autres, &#233;crites de sa propre main, sur le projet de texte du livre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;tait-il efforc&#233;, dans ces notes manuscrites, de refroidir l'ardeur des thurif&#233;raires qui avaient r&#233;dig&#233; sa Biographie abr&#233;g&#233;e ? Bien au contraire ! Il prit soin de faire ressortir que dans certains passages du livre, les &#233;loges qui lui &#233;taient prodigu&#233;s n'&#233;taient pas, &#224; son avis, suffisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques exemples de &#034;corrections&#034; apport&#233;es par Staline, de sa propre main :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans cette lutte contre les sceptiques et les capitulards, contre les trotskistes, les zinovi&#233;vistes, les boukhariniens et les kamen&#233;vistes, le noyau dirigeant du Parti devait, apr&#232;s la mort de L&#233;nine, trouver un motif d'union d&#233;finitive. Ce noyau dirigeant allait, sous la banni&#232;re de Staline, rallier le Parti aux mots d'ordre du disparu et conduire le peuple sovi&#233;tique sur la large voie de l'industrialisation du pays et de la collectivisation de l'&#233;conomie rurale. Le chef de ce noyau dirigeant et le guide du Parti et de l'Etat &#233;tait le camarade Staline.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qu'&#233;crivait Staline lui-m&#234;me ! Puis, il ajoutait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Quoiqu'il assum&#226;t ses fonctions de chef du Parti et du peuple avec une habilet&#233; consomm&#233;e et jou&#238;t de l'appui sans r&#233;serve du peuple sovi&#233;tique tout entier, Staline ignora toute vanit&#233;, pr&#233;tention ou glorification personnelle.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; et quand a-t-on vu un chef chanter ses propres louanges ? Est-ce l&#224; un proc&#233;d&#233; digne d'un chef de type marxiste-l&#233;niniste ? Non. C'est justement contre de telles pratiques que se sont &#233;lev&#233;s Marx et Engels. Ces proc&#233;d&#233;s &#233;taient &#233;galement fortement condamn&#233;s par Vladimir Ilitch L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le projet de cette Biographie abr&#233;g&#233;e, on pouvait lire la phrase suivante : &#034;Staline est le L&#233;nine d'aujourd'hui.&#034; Cette phrase apparut trop faible &#224; Staline, aussi, de sa propre main, la changea-t-il en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Staline est le digne continuateur de l'oeuvre de L&#233;nine, ou, comme on le dit dans notre Parti, Staline est le L&#233;nine d'aujourd'hui.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez comme cela est bien exprim&#233;, non par le peuple mais par Staline lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'indiquer plusieurs appr&#233;ciations de ce genre &#224; sa propre louange &#233;crites de la main de Staline dans le projet de texte de ce livre. C'est d'une mani&#232;re particuli&#232;rement g&#233;n&#233;reuse qu'il se couvrait lui m&#234;me de louanges relatives &#224; son g&#233;nie militaire, &#224; son art de la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je citerai encore un additif r&#233;dig&#233; par Staline sur le th&#232;me du g&#233;nie militaire stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La science sovi&#233;tique de la guerre moderne a fait de nombreux progr&#232;s entre les mains du camarade Staline. Le camarade Staline a mis au point la th&#233;orie des facteurs permanents qui d&#233;cident de l'issue des guerres, de la d&#233;fense active- et des lois de la contre-offensive et de l'offensive, de la collaboration de l'ensemble des services et des armes dans la guerre moderne, du r&#244;le des masses de chars lourds et de l'aviation dans la guerre moderne, ainsi que de l'artillerie comme le plus formidable des services arm&#233;s. Aux divers stades de la guerre, le g&#233;nie de Staline a trouv&#233; les solutions justes qui tenaient compte de toutes les circonstances de la situation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin, Staline &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La ma&#238;trise militaire de Staline s'est d&#233;ploy&#233;e tant dans la d&#233;fense que dans l'attaque. Le g&#233;nie du camarade Staline lui permettait de deviner les plans de l'ennemi et de les mettre en &#233;chec. Les batailles dans lesquelles le camarade Staline a dirig&#233; les arm&#233;es sovi&#233;tiques sont de brillants exemples de l'habilet&#233; op&#233;rationnelle militaire.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette fa&#231;on qu'&#233;tait &#233;crite la louange de Staline en tant que strat&#232;ge. Par qui ? Par Staline lui m&#234;me, non dans son r&#244;le de strat&#232;ge, mais dans le r&#244;le d'un auteur-&#233;diteur, l'un des principaux r&#233;dacteurs de sa biographie autolaudative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, tels sont les faits. Il nous faudrait plut&#244;t dire les faits honteux .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore un fait sur la m&#234;me Biographie abr&#233;g&#233;e de Staline. Comme on le sait, le Pr&#233;cis de l'histoire du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique a &#233;t&#233; &#233;crit par une commission du Comit&#233; central du Parti .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, entre parenth&#232;ses, a &#233;t&#233; &#233;galement impr&#233;gn&#233; du culte de l'individu et a &#233;t&#233; &#233;crit par un groupe d&#233;sign&#233; d'auteurs. Ce fait se refl&#233;tait dans la formule suivante figurant sur les &#233;preuves de la Biographie abr&#233;g&#233;e de Staline :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une commission du Comit&#233; central du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique, sous la direction du camarade Staline et avec sa participation la plus active, a pr&#233;par&#233; un Pr&#233;cis d&#233; l'histoire du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, m&#234;me cette phrase ne donnait pas satisfaction &#224; Staline. La phrase suivante la rempla&#231;a dans la version d&#233;finitive de la Biographie abr&#233;g&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En 1938 parut le livre Histoire du parti communiste (bolchevik) de l'Union sovi&#233;tique, pr&#233;cis &#233;crit par le camarade Staline et approuv&#233; par une commission du Comit&#233; central du PC (b.) de l'Union sovi&#233;tique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible d'ajouter quoi que ce soit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le voyez, une m&#233;tamorphose surprenante avait transform&#233; l'oeuvre d'un groupe en un livre &#233;crit par Staline. Il n'est pas n&#233;cessaire de dire comment et pourquoi cette m&#233;tamorphose se produisit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, une question me vient &#224; l'esprit : si Staline est l'auteur de ce livre, pourquoi a-t-il eu besoin de tant encenser la personne de Staline et de transformer toute la p&#233;riode de l'histoire de notre glorieux parti communiste apr&#232;s la r&#233;volution d'Octobre en une action du &#034;g&#233;nie de Staline&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre refl&#233;tait-il d'une fa&#231;on convenable les efforts du Parti dans la transformation socialiste du pays, dans l'&#233;dification de la soci&#233;t&#233; socialiste, dans l'industrialisation et la collectivisation du pays, ainsi que d'autres mesures prises par le Parti qui, sans d&#233;vier, suivit la voie &#233;tablie par L&#233;nine ? Ce livre parle principalement de Staline, de ses discours, de ses rapports. Tout, sans la moindre exception, est li&#233; &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand Staline affirme qu'il a lui-m&#234;me &#233;crit le Pr&#233;cis de l'histoire du PC (b.) de l'Union sovi&#233;tique, on doit pour le moins s'en &#233;tonner. Un marxiste-l&#233;niniste peut-il &#233;crire ainsi sur lui-m&#234;me, adressant au ciel l'&#233;loge de sa propre personne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien examinons la question des prix Staline . (Mouvements dans la salle.) Les tsars eux-m&#234;mes n'avaient jamais cr&#233;&#233; de prix portant leur nom .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline avait d&#233;sign&#233; comme &#233;tant le meilleur un texte d'hymne national de l'Union sovi&#233;tique qui ne contient pas un mot sur le parti communiste ; mais il contient l'&#233;loge suivant, sans pr&#233;c&#233;dent, de Staline :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Staline nous a &#233;duqu&#233;s dans l'esprit de la fid&#233;lit&#233; au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a inspir&#233;s dans l'accomplissement de notre travail grandiose et dans nos actes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces vers de l'hymne, toute l'activit&#233; du grand parti l&#233;niniste dans les domaines de l'&#233;ducation, de la direction et de l'inspiration est attribu&#233;e &#224; Staline. Cela constitue, bien entendu, une nette d&#233;viation du marxisme-l&#233;ninisme, un avilissement et une d&#233;pr&#233;ciation nets du r&#244;le du Parti. Il nous faut ajouter pour votre information que le Pr&#233;sidium du Comit&#233; central a d&#233;j&#224; adopt&#233; une r&#233;solution concernant la composition d'un nouveau texte de l'hymne, dans lequel se refl&#232;tent le r&#244;le du peuple et le r&#244;le du Parti .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements vigoureux et prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et est-ce &#224; l'insu de Staline que de nombreuses villes et entreprises ont pris son nom ? Est-ce &#224; son insu que des monuments &#224; Staline ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s dans tout le pays - ces &#034;monuments comm&#233;moratifs pour un vivant&#034; ? C'est un fait que Staline lui-m&#234;me avait sign&#233; le 2 juillet 1951 une r&#233;solution du Conseil des ministres de l'URSS concernant l'&#233;rection, sur le canal Volga-Don, d'un impressionnant monument &#224; Staline ; le 4 septembre de la m&#234;me ann&#233;e, il avait publi&#233; un d&#233;cret accordant trente-trois tonnes de cuivre pour la construction de ce monument massif. Quiconque a visit&#233; la r&#233;gion de Stalingrad a certainement vu l'immense statue qui y est &#233;difi&#233;e, et cela dans un lieu que ne fr&#233;quente presque personne. Des sommes consid&#233;rables ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;es pour l'&#233;difier, alors que les gens de cette r&#233;gion vivaient depuis la guerre dans des huttes. Jugez vous-m&#234;mes : Staline avait-il raison lorsqu'il &#233;crivait dans sa biographie que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... Il ne se permettait... m&#234;me pas le moindre soup&#231;on de suffisance, de fiert&#233; ou d'autoglorification&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, Staline avait donn&#233; des preuves de son manque de respect pour la m&#233;moire de L&#233;nine. Ce n'est pas un hasard si malgr&#233; la d&#233;cision prise depuis plus de trente ans de construire un palais des soviets comme monument &#224; la gloire-de Vladimir Ilitch, ce palais ne fut jamais construit, sa construction toujours ajourn&#233;e et le projet abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons manquer de rappeler la R&#233;solution du 14 ao&#251;t 1925 du gouvernement sovi&#233;tique concernant &#034;la fondation de prix L&#233;nine pour le travail &#233;ducatif &#034;. Cette R&#233;solution avait &#233;t&#233; publi&#233;e dans la presse, mais jusqu'&#224; maintenant il n'y a pas de prix L&#233;nine. Cela aussi doit &#234;tre corrig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements tumultueux et prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du vivant de Staline, gr&#226;ce aux m&#233;thodes connues dont j'ai fait mention, et en citant des faits extraits par exemple de la Biographie abr&#233;g&#233;e de Staline, tous les &#233;v&#233;nements ont &#233;t&#233; expliqu&#233;s comme si L&#233;nine n'avait jou&#233; qu'un r&#244;le secondaire, m&#234;me pendant la r&#233;volution socialiste d'Octobre. Dans de nombreux films et dans de nombreux ouvrages litt&#233;raires la personnalit&#233; de L&#233;nine &#233;tait pr&#233;sent&#233;e d'une fa&#231;on inexacte et d&#233;pr&#233;ci&#233;e d'une fa&#231;on inadmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline aimait &#224; voir le film 1919, l'ann&#233;e inoubliable , dans lequel on l'apercevait sur le marchepied d'un train blind&#233; et o&#249; il d&#233;faisait pratiquement l'ennemi avec son propre sabre. Que Kliment Iefremovitch , notre cher ami, trouve le courage n&#233;cessaire et qu'il &#233;crive la v&#233;rit&#233; sur Staline ; apr&#232;s tout, il sait comment s'est battu Staline. Il sera difficile au camarade Vorochilov d'entreprendre ce travail, mais il serait bon qu'il le f&#238;t . Chacun s'en f&#233;liciterait, le peuple comme le Parti. M&#234;me ses petits-fils l'en remercieraient .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant des &#233;v&#233;nements de la r&#233;volution d'Octobre et de la guerre civile, on avait cr&#233;&#233; l'impression que Staline avait toujours jou&#233; le r&#244;le principal, comme si toujours et partout Staline avait sugg&#233;r&#233; &#224; L&#233;nine ce qu'il fallait faire et comment il fallait le faire. Mais c'est calomnier L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne p&#233;cherai probablement pas contre la v&#233;rit&#233; quand je dirai que 99 % des personnes pr&#233;sentes avaient tr&#232;s peu entendu parler de Staline et savaient peu de chose de lui avant l'ann&#233;e 1924, alors que L&#233;nine &#233;tait connu de tous ; tout le Parti, toute la Nation, des enfants jusqu'aux vieillards &#224; barbe blanche, tout le monde le connaissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements tumultueux et prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela a besoin d'&#234;tre revu &#224; fond, en sorte que l'histoire, la litt&#233;rature et les beaux-arts refl&#232;tent d'une fa&#231;on convenable le r&#244;le de V.I. L&#233;nine et les faits grandioses de notre parti communiste et du peuple sovi&#233;tique, du peuple cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! Le culte de l'individu a provoqu&#233; l'emploi de principes erron&#233;s dans le travail du Parti et dans l'activit&#233; &#233;conomique ; il a conduit &#224; la violation des r&#232;gles de la d&#233;mocratie int&#233;rieure du Parti et des soviets, &#224; une administration st&#233;rile, &#224; des d&#233;viations de toutes sortes, dissimulant les lacunes et fardant la r&#233;alit&#233;. Notre Nation a donn&#233; naissance &#224; de nombreux courtisans et sp&#233;cialistes du faux optimisme et de la duperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier non plus que, du fait de l'arrestation de nombreux dirigeants du Parti, des soviets et de l'&#233;conomie, maints militants avaient commenc&#233; &#224; travailler d'une fa&#231;on h&#233;sitante, montr&#233; une prudence excessive, craignant tout ce qui &#233;tait nouveau ; ils avaient peur de leur ombre et commen&#231;aient &#224; faire preuve de moins d'initiative dans leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez par exemple les R&#233;solutions du Parti et des soviets. Elles &#233;taient pr&#233;par&#233;es d'une fa&#231;on routini&#232;re, souvent sans tenir compte de la situation concr&#232;te. On &#233;tait arriv&#233; au point que les militants, m&#234;me dans les r&#233;unions les moins importantes, lisaient leurs discours. Il en r&#233;sultait un danger de formalisme dans le travail du Parti et des soviets, et la bureaucratisation de tout l'appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pugnance de Staline &#224; consid&#233;rer les r&#233;alit&#233;s de l'existence et le fait qu'il n'&#233;tait pas au courant du v&#233;ritable &#233;tat de la situation dans les provinces peuvent trouver leur illustration de la fa&#231;on dont il a dirig&#233; l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui ont pris un tant soit peu d'int&#233;r&#234;t aux affaires nationales n'ont pas manqu&#233; de constater la difficile situation de notre agriculture. Staline, lui, ne le remarquait m&#234;me pas. Avons-nous attir&#233; l'attention de Staline l&#224;-dessus ? Oui, nous l'avons fait, mais nous ne f&#251;mes pas appuy&#233;s par lui. Pourquoi ? Parce que Staline ne s'est jamais d&#233;plac&#233;, parce qu'il n'a pas pris contact avec les travailleurs des villes et des kolkhozes. Il ignorait quelle &#233;tait la situation r&#233;elle dans les provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; travers des films qu'il connaissait la campagne et l'agriculture. Et ces films avaient beaucoup embelli la r&#233;alit&#233; dans le domaine de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux films peignaient sous de telles couleurs la vie kolkhozienne, que l'on pouvait voir des tables crouler sous le poids des dindes et des oies. &#201;videmment, Staline croyait qu'il en &#233;tait effectivement ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vladimir Ilitch L&#233;nine voyait tout autrement la vie. Il &#233;tait toujours pr&#232;s du peuple. Il avait l'habitude de recevoir des d&#233;l&#233;gations paysannes et de parler souvent dans des r&#233;unions tenues dans des usines. Il visitait aussi des villages et prenait contact avec les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline, en revanche, s'&#233;tait s&#233;par&#233; du peuple et ne se rendait nulle part. Cela a dur&#233; des dizaines d'ann&#233;es. Sa derni&#232;re visite &#224; un village remonte &#224; janvier 1928, &#233;poque &#224; laquelle il visita la Sib&#233;rie au sujet d'une question de livraison de c&#233;r&#233;ales. Comment donc aurait-il pu &#234;tre en mesure de juger quelle &#233;tait la situation dans les provinces ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il fut inform&#233;, au cours d'une discussion, que la situation de l'agriculture &#233;tait difficile et que celle de l'&#233;levage et de la production de viande &#233;tait sp&#233;cialement mauvaise, une commission fut form&#233;e et charg&#233;e du soin de r&#233;diger une R&#233;solution intitul&#233;e &#034;Moyens &#224; employer en vue d'accro&#238;tre l'&#233;levage dans les kolkhozes et les sovkhozes&#034;. Nous m&#238;mes sur pied ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement nos propositions &#224; l'&#233;poque n'envisageaient pas toutes les possibilit&#233;s, mais nous avions cependant pr&#233;conis&#233; des m&#233;thodes en vue d'accro&#238;tre l'&#233;levage dans les kolkhozes et les sovkhozes. Nous sugg&#233;rions alors d'augmenter les prix du b&#233;tail, afin de stimuler par ce biais l'initiative des travailleurs des kolkhozes, des stations de machines et tracteurs et des sovkhozes. Mais notre projet ne fut pas accept&#233; ; il allait &#234;tre enti&#232;rement &#233;cart&#233; en f&#233;vrier 1953.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus. Au cours de l'examen de ce projet, Staline proposa que les taxes pay&#233;es par les kolkhozes et par les travailleurs des kolkhozes fussent port&#233;es &#224; quarante milliards de roubles. Selon lui, la paysannerie &#233;tait ais&#233;e et le travailleur kolkhozien n'aurait qu'&#224; vendre un poulet de plus pour &#234;tre en mesure de payer cet imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez ce que cela signifiait. Assur&#233;ment, quarante milliards d&#233; roubles est une somme que les travailleurs des kolkhozes n'avaient pas r&#233;alis&#233;e pour tous les produits qu'ils avaient vendus au gouvernement. En 1952, par exemple, les kolkhozes et les travailleurs des kolkhozes avaient re&#231;u vingt-six milliards deux cent quatre-vingts millions de roubles pour l'ensemble des produits qu'ils avaient livr&#233;s et vendus au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude de Staline &#233;tait-elle alors fond&#233;e sur des renseignements d&#233; quelque nature que ce f&#251;t ? &#201;videmment non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces cas-l&#224;, les faits et les chiffres ne l'int&#233;ressaient pas. Si Staline disait quoi que ce soit, il s'imaginait qu'il en &#233;tait ainsi - apr&#232;s tout, c'&#233;tait un &#034;g&#233;nie&#034;, et un g&#233;nie n'a pas besoin de compter, il n'a qu'&#224; jeter un regard et imm&#233;diatement il peut dire ce qu'il devrait en &#234;tre. Quand il exprime son opinion, chacun doit la r&#233;p&#233;ter et admirer sa sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle &#233;tait la somme de sagesse contenue dans la proposition d'&#233;lever la taxe agricole &#224; quarante milliards de roubles ? Aucune, absolument aucune, car la proposition n'&#233;tait pas fond&#233;e sur une estimation effective de la situation, mais sur les id&#233;es fantasques d'une personne qui n'avait aucun contact avec la r&#233;alit&#233;. Actuellement, nous sommes en train de sortir lentement d'une situation agricole difficile. Les discours des d&#233;l&#233;gu&#233;s au XXe Congr&#232;s nous ont tous satisfaits ; nous sommes heureux que de nombreux d&#233;l&#233;gu&#233;s aient pris la parole, qu'il existe les conditions requises pour l'accomplissement du VIe Plan quinquennal pour l'&#233;levage, non pas dans la p&#233;riode de cinq ans, mais en deux ou trois ans. Nous sommes certains que les engagements du nouveau plan quinquennal seront tenus avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! Si nous critiquons aujourd'hui d'une fa&#231;on aigu&#235; le culte de l'individu, qui &#233;tait si r&#233;pandu du vivant de Staline, et si nous parlons des nombreux ph&#233;nom&#232;nes n&#233;gatifs engendr&#233;s par ce culte tellement &#233;tranger &#224; l'esprit du marxisme-l&#233;ninisme, diverses personnes pourront demander : comment cela fut-il possible ? Staline a &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te du Parti et du pays pendant trente ans, et de nombreuses victoires ont &#233;t&#233; remport&#233;es de son vivant. Peut-on le nier ? A mon avis, cette question peut seulement &#234;tre pos&#233;e de cette fa&#231;on par ceux qui sont aveugl&#233;s et hypnotis&#233;s sans espoir par le culte de l'individu, par ceux qui ne comprennent pas l'essence de la r&#233;volution et de l'Etat sovi&#233;tique, par ceux qui ne saisissent pas d'une mani&#232;re l&#233;niniste le r&#244;le du Parti et de la Nation dans le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de la r&#233;volution socialiste a &#233;t&#233; remport&#233;e par la classe ouvri&#232;re et par la paysannerie pauvre, avec le soutien partiel des paysans moyens. Elle a &#233;t&#233; remport&#233;e par le peuple, sous la conduite du parti bolchevik. Le grand service rendu par L&#233;nine a consist&#233; dans le fait qu'il a cr&#233;&#233; un parti militant de la classe ouvri&#232;re, mais il &#233;tait arm&#233; de la connaissance marxiste des lois du progr&#232;s social et de la science de la victoire prol&#233;tarienne dans la lutte contre le capitalisme, et il a tremp&#233; comme l'acier le Parti dans le creuset de la lutte r&#233;volutionnaire des masses populaires. Dans ce combat, le Parti a toujours d&#233;fendu les int&#233;r&#234;ts du peuple, il est devenu son guide exp&#233;riment&#233; et a men&#233; les masses laborieuses au pouvoir, &#224; la cr&#233;ation du premier Etat socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous souvenez bien des sages paroles de L&#233;nine disant que l'Etat sovi&#233;tique est fort en raison de la conscience des masses, que l'histoire est cr&#233;&#233;e par les millions et les dizaines de millions de gens qui constituent le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons obtenu nos victoires historiques gr&#226;ce au travail d'organisation du Parti, aux nombreuses organisations de province, aux sacrifices consentis par notre grande Nation. Ces victoires sont le r&#233;sultat de l'immense effort et de l'action de la Nation et du Parti dans leur ensemble ; elles ne sont pas du tout le fruit de la direction de Staline, comme on l'avait racont&#233; pendant la p&#233;riode du culte de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons &#233;tudier cette question en marxistes et en l&#233;ninistes, il nous faut alors d&#233;clarer sans &#233;quivoque que la direction, telle qu'elle &#233;tait pratiqu&#233;e durant les derni&#232;res ann&#233;es de Staline, &#233;tait devenue un obstacle s&#233;rieux sur la voie du d&#233;veloppement social de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, Staline laissait dormir pendant des mois des probl&#232;mes d'une exceptionnelle importance pour la vie du Parti et de l'Etat, et dont la solution ne souffrait pas de retard. Sous la direction de Staline, nos relations pacifiques avec d'autres nations avaient &#233;t&#233; souvent menac&#233;es, car les d&#233;cisions d'un seul pouvaient provoquer et provoquaient en fait souvent de grandes complications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les derni&#232;res ann&#233;es, quand nous sommes arriv&#233;s &#224; nous lib&#233;rer de la pratique nuisible du culte de l'individu et que nous avons pris plusieurs mesures appropri&#233;es dans le domaine de la politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure, chacun a pu constater comme l'activit&#233; reprenait, combien progressait l'activit&#233; cr&#233;atrice des larges masses laborieuses, comme tout cela a agi favorablement sur le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie et de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des camarades pourront nous demander : O&#249; &#233;taient les membres du Politburo du Comit&#233; central ? Pourquoi ne se sont-ils pas &#233;lev&#233;s &#224; l'&#233;poque contre le culte de l'individu ? Et pourquoi ne le fait-on que maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il nous faut tenir compte du fait que les membres du Politburo avaient des opinions diff&#233;rentes sur ces probl&#232;mes &#224; des &#233;poques diff&#233;rentes. A l'origine plusieurs d'entre eux avaient soutenu activement Staline, parce que Staline &#233;tait l'un des plus forts marxistes et que sa logique, sa puissance et sa volont&#233; influen&#231;aient dans une grande mesure les cadres et le travail du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Staline, apr&#232;s la mort de L&#233;nine, notamment pendant les premi&#232;res ann&#233;es, avait activement combattu pour le l&#233;ninisme contre les ennemis de la th&#233;orie l&#233;niniste et contre ceux qui s'en &#233;cartaient. S'appuyant sur la th&#233;orie l&#233;niniste, le Parti, avec &#224; sa t&#234;te le Comit&#233; central, entama sur une grande &#233;chelle l'oeuvre d'industrialisation socialiste du pays, de collectivisation agricole et de r&#233;volution culturelle. A cette &#233;poque, Staline acquit une grande popularit&#233; et de nombreuses sympathies, ainsi qu'un large soutien. Le Parti devait combattre ceux qui tentaient de conduire le pays en dehors de la voie l&#233;niniste correcte ; il devait combattre les trotskistes, les zinovi&#233;vistes, les droitiers et les nationalistes bourgeois. Cette lutte &#233;tait indispensable. Mais, plus tard, Staline, abusant de plus en plus du pouvoir, entama la lutte contre d'&#233;minents chefs du Parti et du gouvernement, et commen&#231;a d'avoir recours aux m&#233;thodes terroristes contre d'honn&#234;tes citoyens sovi&#233;tiques. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; montr&#233;, c'est ainsi que Staline traita des leaders &#233;minents du Parti et du gouvernement, tels que Kossior, Roudzoutak, Eiche, Postychev et de nombreux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protester contre des suspicions et des accusations sans fondement avaient pour cons&#233;quence de faire tomber l'opposant sous le coup de la r&#233;pression. C'est ce qui a caract&#233;ris&#233; la chute du camarade Postychev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'un de ses discours, Staline avait exprim&#233; son m&#233;contentement de Postychev et lui avait demand&#233; : &#034;Qu'&#234;tes-vous vraiment ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Postychev avait nettement r&#233;pondu : &#034;Je suis bolchevik, camarade Staline, bolchevik.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation fut d'abord consid&#233;r&#233;e comme la preuve d'un manque de respect &#224; l'&#233;gard de Staline ; plus tard, elle fut tenue pour acte pr&#233;judiciable, ce qui eut pour cons&#233;quence l'ex&#233;cution de Postychev, qui fut d&#233;nonc&#233;, sans aucune raison, comme un &#034;ennemi du peuple&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation qui existait alors, je me suis souvent entretenu avec Nikola&#239; Alexandrovitch Boulganine. Un jour que nous &#233;tions tous deux en voiture, il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il est quelquefois arriv&#233; que quelqu'un se rende chez Staline, &#224; son invitation, comme ami. Et quand il a pris place avec Staline, il ne sait pas o&#249; on l'enverra par la suite, chez lui ou en prison.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que ces conditions mettaient tous les membres du Bureau politique dans une situation tr&#232;s difficile. Et quand on consid&#232;re &#233;galement le fait que dans les derni&#232;res ann&#233;es, le Comit&#233; central n'&#233;tait pas convoqu&#233; en sessions pl&#233;ni&#232;res et que le Bureau politique ne se r&#233;unissait que de temps en temps, on comprendra alors combien il &#233;tait difficile pour un membre du Bureau politique de prendre position contre tel ou tel proc&#233;d&#233; injuste, contre les erreurs et les lacunes graves dans l'exercice de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons d&#233;j&#224; expliqu&#233;, de nombreuses d&#233;cisions &#233;taient prises soit par une personne seule, soit d'une fa&#231;on indirecte, sans que l'on proc&#233;d&#226;t &#224; des discussions collectives. Le triste sort du camarade Voznessenski qui fut victime de la r&#233;pression stalinienne, est connu de tous. Il est caract&#233;ristique de noter que la d&#233;cision d'&#233;carter Voznessenski du Bureau politique fut prise d'une mani&#232;re d&#233;tourn&#233;e sans qu'aucune discussion ait eu lieu. C'est de la m&#234;me mani&#232;re que furent prises les d&#233;cisions concernant l'&#233;limination de Kouznetsov et de Rodionov des postes qu'ils d&#233;tenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance du r&#244;le du Politburo du Comit&#233; central avait &#233;t&#233; r&#233;duite et son travail avait &#233;t&#233; d&#233;sorganis&#233; par suite de la cr&#233;ation, dans son sein, de diverses commissions, d&#233;sign&#233;es sous les noms de : &#034;commission des cinq&#034;, &#034;commission des six &#034;, &#034;commission des sept&#034; et &#034;commission des neuf&#034;. Voici, par exemple, une r&#233;solution adopt&#233;e par le Bureau politique le 3 octobre 1946 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#034;La commission des Affaires &#233;trang&#232;res du Politburo (&#034;commission des six&#034;) sera charg&#233;e &#224; l'avenir, en plus des questions relatives aux Affaires &#233;trang&#232;res, des probl&#232;mes ayant trait &#224; la construction int&#233;rieure et &#224; la politique int&#233;rieure ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La &#034;commission des six&#034; s'adjoindra le pr&#233;sident de la commission d'Etat pour la planification &#233;conomique de l'URSS, le camarade Voznessenski, et sera d&#233;sormais d&#233;sign&#233;e sous le nom de &#034;commission des sept&#034;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; : (Staline)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle terminologie de joueurs de cartes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Rires dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la cr&#233;ation au sein du Politburo de pareilles commissions (&#034;commission des cinq&#034;, &#034;commission des six&#034;, &#034;commission des sept&#034;, &#034;commission des neuf&#034;) n'&#233;tait pas conforme au principe de la direction collective. De cette mani&#232;re, certains membres du Politburo n'ont pas &#233;t&#233; en mesure de participer &#224; des d&#233;lib&#233;rations ayant entra&#238;n&#233; des d&#233;cisions d'une grande importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des plus anciens membres de notre Parti, Kliment Iefremovitch Vorochilov, se trouva dans une position presque intenable. Pendant de nombreuses ann&#233;es, il fut priv&#233; du droit d'assister &#224; des r&#233;unions du Bureau politique. Staline lui interdit de prendre part &#224; ces r&#233;unions et de recevoir des documents. Toutes les fois que le Bureau politique devait se r&#233;unir -et que le camarade Vorochilov venait &#224; le savoir, ce dernier s'empressait de t&#233;l&#233;phoner et de demander s'il lui serait permis d'y assister. Parfois, Staline l'y autorisait, mais il ne manquait pas, dans ce cas, de montrer son m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de son extr&#234;me m&#233;fiance, Staline en vint jusqu'&#224; imaginer, ce qui &#233;tait absurde et ridicule, que Vorochilov &#233;tait un agent anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Rires dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai - un agent anglais. On installa chez lui un dispositif sp&#233;cial d'enregistrement pour-&#233;couter tout ce qui s'y disait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Indignation dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une d&#233;cision unilat&#233;rale, Staline avait &#233;galement &#233;vinc&#233; un autre homme du travail du Politburo : Andr&#233;i Andreievitch Andreiev. C'est l&#224; un des actes les plus d&#233;brid&#233;s d'arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venons-en au premier pl&#233;num du Comit&#233; central qui a suivi le XIXe Congr&#232;s . Staline, dans son allocution au pl&#233;num, s'en est pris &#224; Viatcheslav Mikha&#239;lovitch Molotov et &#224; Anastase Ivanovitch Miko&#239;an. Il a laiss&#233; entendre que ces vieux militants de notre Parti s'&#233;taient rendus coupables de crimes &#233;videmment sans fondement. Il n'est pas exclu que si Staline &#233;tait rest&#233; &#224; la barre quelques mois de plus, les camarades Molotov et Miko&#239;an n'auraient pas prononc&#233; de discours au pr&#233;sent Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline avait, de toute &#233;vidence, le dessein d'en finir avec tous les anciens membres du Bureau politique. Il avait souvent d&#233;clar&#233; que les membres du Bureau poli tique devraient &#234;tre remplac&#233;s par des hommes nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa proposition, formul&#233;e apr&#232;s le XIXe Congr&#232;s et portant sur l'&#233;lection de vingt-cinq personnes au Pr&#233;sidium du Comit&#233; central, visait &#224; l'&#233;limination des anciens membres du Bureau politique et &#224; l'entr&#233;e de personnes moins exp&#233;riment&#233;es, qui l'auraient encens&#233; de toutes les mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que, cela avait aussi pour objet la liquidation future des anciens membres du Bureau politique, ce qui aurait permis de recouvrir d'un voile de silence tous les actes honteux de Staline, actes que nous &#233;tudions &#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! Afin de ne pas r&#233;p&#233;ter les erreurs du pass&#233;, le Comit&#233; central s'est d&#233;clar&#233; r&#233;solument contre le culte de l'individu. Nous consid&#233;rons que Staline a &#233;t&#233; encens&#233; &#224; l'exc&#232;s. Mais, dans le pass&#233;, Staline a incontestablement rendu de grands services au Parti, &#224; la classe ouvri&#232;re, et au mouvement international ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question se complique du fait que tout ce dont nous venons de discuter s'est produit du vivant de Staline, sous sa direction et avec son concours ; Staline &#233;tait convaincu que c'&#233;tait n&#233;cessaire pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re contre les intrigues des ennemis et contre les attaques du camp imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En agissant comme il l'avait fait, Staline &#233;tait convaincu qu'il agissait dans l'int&#233;r&#234;t de la classe laborieuse, dans l'int&#233;r&#234;t du peuple, pour la victoire du socialisme et du communisme. Nous ne pouvons pas dire que ses actes &#233;taient ceux d'un despote pris de vertige. Il &#233;tait convaincu que cela &#233;tait n&#233;cessaire dans l'int&#233;r&#234;t du Parti, des masses laborieuses, pour d&#233;fendre les conqu&#234;tes de la r&#233;volution. C'est l&#224; que r&#233;side la trag&#233;die !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! L&#233;nine avait souvent fait ressortir que la modestie devait &#234;tre une des qualit&#233;s essentielles d'un v&#233;ritable bolchevik. L&#233;nine lui-m&#234;me &#233;tait la personnification vivante de la plus grande modestie. Nous ne pouvons pas dire que nous avons suivi cet exemple de L&#233;nine sous tous les rapports. Qu'il me suffise de rappeler que de nombreuses villes, usines et entreprises industrielles, des kolkhozes et des sovkhozes, des institutions culturelles, se sont vu octroyer par nous un titre - si je puis m'exprimer ainsi - de propri&#233;t&#233; personnelle. N'ont-ils pas re&#231;u, en effet, le nom de tel ou tel membre du gouvernement ou du Parti bien que tous fussent encore actifs et en parfaite sant&#233;. Plusieurs d'entre nous ont accept&#233; de voir leurs noms donn&#233;s &#224; diverses villes, &#224; des entreprises, &#224; des kolkhozes. Nous devons rectifier cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous devons le faire calmement et lentement. Le Comit&#233; central discutera de la question et examinera soigneusement le moyen d'&#233;viter des erreurs et des exc&#232;s. Je me souviens de quelle fa&#231;on l'Ukraine vint &#224; apprendre l'arrestation de Kossior. La station d'&#233;mission de Kiev avait l'habitude de commencer ses programmes ainsi : &#034;Ici, Radio-Kossior&#034;. Quand, un jour, les programmes omirent de mentionner le nom de Kossior, tout le monde fut convaincu que Kossior devait &#234;tre en difficult&#233;, qu'il avait probablement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on venait aujourd'hui &#224; prendre la d&#233;cision de proc&#233;der &#224; des changements de noms, les gens croiraient que les camarades dont des entreprises, des kolkhozes, des villes portent les noms ont &#233;galement subi un mauvais sort et qu'ils ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mouvements dans la salle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; et l'importance d'un chef sont &#233;valu&#233;es en fonction du nombre de villes, d'entreprises industrielles et d'usines, de kolkhozes et de sovkhozes qui portent son nom. N'est-il pas maintenant grand temps que nous &#233;liminions cette &#034;propri&#233;t&#233; priv&#233;e&#034; et &#034;nationalisions&#034; les usines, les entreprises industrielles, les kolkhozes et les sovkhozes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Rires. Applaudissements. Voix : &#034;C'est juste !&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision ne pourra qu'&#234;tre favorable &#224; notre cause. Apr&#232;s tout, le culte de la personnalit&#233; se manifeste aussi de cette mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions examiner tr&#232;s s&#233;rieusement la question du culte de la personnalit&#233;. Aucune nouvelle &#224; ce sujet ne devra filtrer &#224; l'ext&#233;rieur ; la presse sp&#233;cialement ne doit pas en &#234;tre inform&#233;e. C'est donc pour cette raison que nous examinons cette question ici, en s&#233;ance &#224; huis clos du Congr&#232;s. Il y a des limites &#224; tout. Nous ne devons pas fournir des munitions &#224; l'ennemi ; nous ne devons pas laver notre linge sale devant ses yeux. Je pense que les d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s comprendront et &#233;valueront &#224; leur juste valeur toutes les propositions qui leur seront faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements tumultueux.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, nous devons abolir le culte de l'individu d'une mani&#232;re d&#233;cisive une fois pour toutes. Nous devons tirer des conclusions appropri&#233;es concernant le travail id&#233;ologique, th&#233;orique et pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc n&#233;cessaire dans ce but :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. De condamner et d'extirper, en bolcheviks, le culte de l'individu, car il est &#233;tranger au marxisme-l&#233;ninisme et n'est pas en harmonie avec les principes relatifs &#224; la direction du Parti et avec les normes de la vie du Parti. Nous devons &#233;galement lutter inexorablement contre toutes tentatives qui tendraient &#224; restaurer cette pratique d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faudra aussi mettre effectivement en pratique dans notre travail id&#233;ologique les th&#232;ses les plus importantes de la science marxiste-l&#233;niniste relatives au peuple, en tant que cr&#233;ateur de l'histoire et de tous les bienfaits mat&#233;riels et spirituels de l'humanit&#233;, au r&#244;le d&#233;cisif du Parti marxiste dans la lutte r&#233;volutionnaire pour la transformation de la soci&#233;t&#233;, &#224; la victoire du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ordre d'id&#233;es, nous serons oblig&#233;s d'examiner d'une fa&#231;on critique, en nous pla&#231;ant sous un angle marxiste-l&#233;niniste, les id&#233;es erron&#233;es qui ont &#233;t&#233; largement r&#233;pandues au sujet du culte de l'individu dans le domaine de l'histoire, de la philosophie, de l'&#233;conomie et des autres sciences, ainsi que dans ceux de la litt&#233;rature et des beaux-arts, et d'y apporter les corrections n&#233;cessaires. Il est indispensable qu'un nouveau manuel d'histoire de notre Parti r&#233;dig&#233; conform&#233;ment &#224; l'objectivit&#233; scientifique marxiste, soit publi&#233; dans l'avenir imm&#233;diat, de m&#234;me qu'un manuel sur l'histoire de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique, ainsi qu'un livre sur la guerre civile et la grande guerre patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il faudra poursuivre d'une fa&#231;on syst&#233;matique et cons&#233;quente le travail accompli par le Comit&#233; central du Parti durant les derni&#232;res ann&#233;es. Les caract&#233;ristiques de ce travail ont &#233;t&#233; les suivantes : observation minutieuse, dans toutes les organisations du Parti, de la base au sommet, des principes l&#233;ninistes relatifs &#224; la direction du Parti ; observation surtout du principe essentiel de la direction collective ; observation des normes de la vie du Parti telles qu'elles sont d&#233;crites dans les statuts du Parti ; et, enfin, large pratique de la critique et de l'autocritique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Il faudra remettre en vigueur d'une mani&#232;re compl&#232;te les principes l&#233;ninistes de la d&#233;mocratie socialiste, tels qu'ils sont exprim&#233;s dans la Constitution de l'Union sovi&#233;tique, et lutter contre l'arbitraire des individus qui abuseraient de leur pouvoir. Le mal occasionn&#233; depuis longtemps par des actes qui ne tenaient aucun compte de la l&#233;galit&#233; socialiste r&#233;volutionnaire, et qui &#233;taient dus &#224; l'influence n&#233;gative du culte de l'individu, devra &#234;tre compl&#232;tement r&#233;par&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! Le XXe Congr&#232;s du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique a rendu manifeste, avec une force nouvelle, l'in&#233;branlable unit&#233; de notre Parti, sa coh&#233;sion autour du Comit&#233; central, sa d&#233;termination de r&#233;aliser une grande t&#226;che : la construction du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements tumultueux.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait aussi de pr&#233;senter dans toutes leurs ramifications les probl&#232;mes soulev&#233;s par le culte de l'individu, lequel est &#233;tranger au marxisme-l&#233;ninisme, ainsi que ceux relatifs &#224; la liquidation de ses cons&#233;quences, d&#233;montre la grande force morale et politique de notre Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes convaincus que notre Parti, arm&#233; par les R&#233;solutions historiques du XXe Congr&#232;s, m&#232;nera le peuple sovi&#233;tique vers de nouveaux succ&#232;s, vers de nouvelles victoires, en suivant la voie trac&#233;e par L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements tumultueux et prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la banni&#232;re victorieuse de notre Parti, le l&#233;ninisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements tumultueux et prolong&#233;s qui s'ach&#232;vent par une ovation. Tous se l&#232;vent.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Films sur la r&#233;volution hongroise de 1956</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article3630</link>
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		<dc:date>2013-08-02T02:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Video</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Films sur la r&#233;volution hongroise de 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord quelques textes &lt;br class='autobr' /&gt;
Tonnerre sur la Hongrie &lt;br class='autobr' /&gt;
Budapest 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore sur Budapest 56 &lt;br class='autobr' /&gt;
La capture d'un char russe &lt;br class='autobr' /&gt;
Hongrie, octobre 1956 La r&#233;volte d'une g&#233;n&#233;ration &lt;br class='autobr' /&gt;
Hongrie, octobre 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
Premier reportage &lt;br class='autobr' /&gt;
A la t&#233;l&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Comm&#233;moration &lt;br class='autobr' /&gt;
Budapest pendant la r&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les routes conduisant &#224; Budapest &lt;br class='autobr' /&gt;
Une nation dans la tourmente &lt;br class='autobr' /&gt;
Hongrie 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les photos &lt;br class='autobr' /&gt;
Insurrection populaire &lt;br class='autobr' /&gt;
L'insurrection de Budapest &lt;br class='autobr' /&gt; Hungary 1956 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;Video&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Films sur la r&#233;volution hongroise de 1956&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?mot166&#034;&gt;Tout d'abord quelques textes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cinemantik.com/?p=297&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tonnerre sur la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xfnsqu_budapest-1956-jean-pax-mefret_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xcwm68_budapest-1956_music&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur Budapest 56&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xjwip_char-sovietique-capture_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La capture d'un char russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016083&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD11021202/la-revolte-d-une-generation-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte d'une g&#233;n&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016083/hongrie-octobre-1956-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE85007014/premier-reportage-sur-la-revolution-en-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premier reportage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/I00006275/plateau-jean-rabaud-sur-l-insurrection-en-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la t&#233;l&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAC90036855/retro-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comm&#233;moration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE03006165/budapest-pendant-la-revolution-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest pendant la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE85007028/sur-les-routes-conduisant-a-budapest-et-premiere-phase-de-la-revolution-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur les routes conduisant &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016165/une-nation-dans-la-tourmente-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une nation dans la tourmente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesfilmsdici.fr/fr/catalogue/752-hongrie-1956.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.slideshare.net/Mattpiche/rvolution-hongroise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les photos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://footage.framepool.fr/fr/bin/2571024,Insurrection_populaire_hongroise,Budapest,Hongrie,1956/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Insurrection populaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00183/l-insurrection-de-budapest.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=iU3xY-h_uGk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hungary 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2012-10-12&#034;&gt;Encore des lectures&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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