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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Pourquoi la science peut expliquer, mais ne peut pas pr&#233;dire</title>
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		<dc:date>2025-01-22T23:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pourquoi la science peut expliquer, mais ne peut pas pr&#233;dire &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On est oblig&#233; &#224; pr&#233;sent de regarder l'imposant spectacle de l'&#233;volution de la vie comme un ensemble d'&#233;v&#233;nements extraordinairement improbables, impossibles &#224; pr&#233;dire et tout &#224; fait non reproductibles. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
De Stephen Jay Gould / La Vie est belle &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers &#224; l'instant initial, nous pourrions pr&#233;dire la situation de ce m&#234;me univers &#224; un instant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi la science peut expliquer, mais ne peut pas pr&#233;dire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; On est oblig&#233; &#224; pr&#233;sent de regarder l'imposant spectacle de l'&#233;volution de la vie comme un ensemble d'&#233;v&#233;nements extraordinairement improbables, impossibles &#224; pr&#233;dire et tout &#224; fait non reproductibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Stephen Jay Gould / La Vie est belle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers &#224; l'instant initial, nous pourrions pr&#233;dire la situation de ce m&#234;me univers &#224; un instant ult&#233;rieur. Mais, lors m&#234;me que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrons conna&#238;tre la situation initiale qu'approximativement (...). Il peut arriver que des petites diff&#233;rences dans les conditions initiales en engendrent de tr&#232;s grandes dans les ph&#233;nom&#232;nes finaux ; une petite erreur sur les premi&#232;res produirait une erreur &#233;norme sur les derniers. La pr&#233;diction devient impossible et nous avons le ph&#233;nom&#232;ne fortuit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous me demandez de vous pr&#233;dire les ph&#233;nom&#232;nes qui vont se produire. Si, par malheur, je connaissais les lois de ces ph&#233;nom&#232;nes, je ne pourrais y arriver que par des calculs inextricables et je devrais renoncer &#224; vous r&#233;pondre ; mais, comme j'ai la chance de les ignorer, je vais vous r&#233;pondre tout de suite. Et, ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que ma r&#233;ponse sera juste. C'est gr&#226;ce au hasard, c'est-&#224;-dire gr&#226;ce &#224; notre ignorance, que nous pouvons conclure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Henri Poincar&#233; / Science et M&#233;thode&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;dire n'est pas expliquer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Ren&#233; Thom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pr&#233;diction est un art tr&#232;s compliqu&#233;, sp&#233;cialement quand elle concerne le futur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Niels Bohr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'histoire de la mati&#232;re est pleine de chocs impr&#233;dictibles. Le sol, apparemment immobile, devient brutalement instable, et bouge par &#224;-coups, par tremblements de terre. Un oc&#233;an apparemment calme est soudain soulev&#233; par un tsunami caus&#233; par un redressement d'une plaque continentale bloqu&#233;e par sa voisine, provoquant en quelques secondes, un choc &#233;quivalent &#224; l'&#233;nergie de 500 m&#233;gatonnes de TNT, soit l'&#233;quivalent de 30.000 bombes d'Hiroshima, et soulevant 30 kilom&#232;tres cube d'eau. Dans les profondeurs de ces oc&#233;ans, l'&#233;corce est loin d'&#234;tre calme. On trouve sous les eaux les trois quarts des volcans de la plan&#232;te et les &#233;ruptions les plus violentes ont lieu sous des tonnes d'eau. Certaines dorsales, ces cha&#238;nes de montagne enfouies dans les oc&#233;ans, subissant plusieurs dizaines de milliers de tremblements de terre par an. En arrivant brutalement en surface, le magma provoque des effets cataclysmiques. Dans les profondeurs se d&#233;veloppent de grandes bulles de gaz, qui parviennent brutalement en surface. Une &#238;le volcanique peut appara&#238;tre ou dispara&#238;tre brutalement au milieu d'un oc&#233;an. Une pente de neige &#233;clatante de soleil s'emballe et se transforme, suite &#224; une action infime, en un mouvement de d&#233;vastation d&#233;cha&#238;n&#233;, d&#233;truisant tout sur son passage. D'un seul coup, un mat&#233;riau passe d'un &#233;tat non magn&#233;tique &#224; un &#233;tat magn&#233;tique, d'un &#233;tat solide au liquide, d'un &#233;tat normal &#224; un &#233;tat supraconducteur. Un flocon de neige change de type de structure. Un noyau atomique se d&#233;compose, brusquement et de mani&#232;re impr&#233;dictible, en noyaux plus l&#233;gers et &#233;met du rayonnement radioactif. Un atome (ou une particule) &#233;met un photon, de mani&#232;re aussi brutale qu'inattendue. Une cellule vivante se divise tout &#224; coup (m&#233;iose), de fa&#231;on impr&#233;dictible. Une synapse neuronale se d&#233;charge violemment. Avec l'instabilit&#233; de ses couches de neige, une avalanche se d&#233;clenche de fa&#231;on violente et inattendue. Le climat nous r&#233;serve des chocs du m&#234;me type : cyclones et temp&#234;tes. P&#233;riodes de glaciation et de r&#233;chauffement s'encha&#238;nent, brutalement, sans nous permettre de les pr&#233;dire. Elles sont aussi inattendues que radicales dans leur temps d'action et dans l'ampleur de leur transformation. A notre &#233;chelle aussi, la m&#233;t&#233;o nous r&#233;serve ses surprises, aussi brutales que violentes, d&#233;cha&#238;nant ici une temp&#234;te inattendue ou pr&#233;cipitant brutalement l&#224; des tonnes d'eau ou de glace sur l'observateur &#233;tonn&#233;. Une vague de froid se propage au c&#339;ur de l'&#233;t&#233;. Au beau milieu de la chaleur du d&#233;sert, un orage inonde l'oued et noie ses occupants. Dans un liquide o&#249; un sel est dissous, le sel cristallise. L'instant est &#224; chaque fois inattendu. L'&#233;v&#233;nement est brutal. Nul ne peut le pr&#233;dire exactement, ni le moment de son d&#233;clenchement, ni son ampleur. L'intervalle entre deux chocs change sans cesse et on ne peut mettre en &#233;vidence qu'une probabilit&#233; moyenne. Pr&#233;senter le ph&#233;nom&#232;ne comme le produit d'une action r&#233;guli&#232;re, d'une &#233;volution progressive, ne peut donner l'id&#233;e du processus qui, lui, est discontinu. Le changement est qualitatif. Il n'y a m&#234;me pas passage du continu au discontinu, contrairement &#224; ce que les mesures quantitatives laissent parfois croire, mais des sauts de petite ampleur suivis d'un saut de plus grande ampleur. Ces &#171; effets de pointe &#187; se rencontrent dans tous les domaines : de la lutte sociale aux cours de la bourse, des bifurcations du vivant aux modifications des &#233;tats de la mati&#232;re. Une quantit&#233; de petites discontinuit&#233;s en tous sens deviennent brutalement coh&#233;rentes, entrent en r&#233;sonance, et produisent une discontinuit&#233; &#224; grande &#233;chelle. La r&#233;sonance, qui fonde un tr&#232;s grand nombre de ph&#233;nom&#232;nes d'interaction, est reli&#233;e aux corr&#233;lations, inattendues, des rythmes des ph&#233;nom&#232;nes d'avantage qu'&#224; leurs attributs physiques. C'est ainsi que sont reli&#233;s le photon lumineux et la mati&#232;re (atome ou particule), la mati&#232;re et le vide, le corps et le cerveau, les r&#233;seaux neuronaux et les &#233;v&#233;nements mentaux. Les syst&#232;mes et les lois concern&#233;s par la r&#233;sonance ont une particularit&#233; soulign&#233;e par le grand physicien Poincar&#233; : la possibilit&#233; de sauter, brutalement et de mani&#232;re inattendue, d'une structure &#224; une autre, compl&#232;tement nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas o&#249; la science est pr&#233;dictive sont plut&#244;t des cas tr&#232;s particuliers comme la trajectoire du boulet. Dans la majorit&#233; des exp&#233;riences ou des &#233;tudes du fonctionnement naturel, la possibilit&#233; de pr&#233;dire n'existe pas. On ne peut pas dire quand un noyau atomique va se d&#233;stabiliser et se d&#233;composer. On ne peut pas dire quand un volcan va entrer en &#233;ruption, ni o&#249; et quand l'averse, la neige (ou la foudre) va tomber, ni o&#249; la mol&#233;cule, l'atome ou la particule vont aller. On ne peut pas pr&#233;dire l'&#233;volution exacte de la forme du nuage. On ne peut pas pr&#233;dire comment et quand l'usure du m&#233;tal (ou encore le glissement sous un mur) peut entra&#238;ner une rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part la gravitation (de deux corps car, d&#232;s trois corps, il y a du chaos d&#233;terministe), les lois physiques (physique probabiliste, nucl&#233;aire ou du chaos d&#233;terministe, physique quantique ou physique classique), chimiques, biologiques, &#233;volutives, d&#233;veloppementales sont fond&#233;es sur une agitation sous-jacente, qu'il s'agiise de celle du mouvement brownien, celle des particules, celles des particules et antiparticules virtuelles, celle de la turbulence, celle du chaos d&#233;terministe, celle des cellules vivantes et des macromol&#233;cules, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de faire croire qu'on va pr&#233;dire m&#232;ne certains scientifiques &#224; d&#233;velopper des outils de mod&#233;lisation informatiques qui les trompent du point de vue scientifique que la r&#233;alit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes. C'est le cas en climatologie comme en infectiologie ou en vulcanologie et dans d'autres domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rage de pr&#233;dire ne provient pas de la science mais de la magie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre n'est pas pr&#233;dire. Sans pr&#233;dire exactement ce que va faire un virus on peut en comprendre les particularit&#233;s et fonctionnements de mani&#232;re suffisante pour s'en prot&#233;ger et s'en soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impossibilit&#233; de pr&#233;dire n'est pas une insuffisance humaine ou technique, c'est la marque fondamentale du type de fonctionnement que l'on &#233;tudie, un d&#233;terminisme fond&#233; sur une agitation sous-jacente. Les lois qui en r&#233;sultent permettent d'&#233;tudier, de d&#233;terminer l'&#233;volution du syst&#232;me, mais pas de pr&#233;dire celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;dictibilit&#233; n'est pas le d&#233;terminisme. Le d&#233;terminisme suppose en effet l'ob&#233;issance &#224; des lois mais pas n&#233;cessairement la capacit&#233; de pr&#233;dire. Et inversement, on peut parfaitement pr&#233;dire ce que l'on ne comprend pas. Nous ne connaissons pas la nature de la gravitation m&#234;me si on en conna&#238;t la loi math&#233;matique qui nous permet de dire o&#249; atterrira un boulet de canon Mais des ph&#233;nom&#232;nes non reproductibles sont-ils du domaine de la science ? Bien des commentateurs affirment que non. Selon eux, la validit&#233; des th&#233;ories est &#233;tablie uniquement si l'exp&#233;rience pr&#233;sente des r&#233;sultats que la th&#233;orie avait pr&#233;dits. Il est vrai que c qui caract&#233;rise la d&#233;marche de la science, c'est la confrontation permanente entre th&#233;orie et exp&#233;rience mais ce n'est pas une relation &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit que la science se fonde sur l'exp&#233;rience, il faut comprendre non seulement ce qui se produit en laboratoire mais aussi et surtout ce que produit la nature. Or la nature n'a parfois produit qu'une seule fois un ph&#233;nom&#232;ne, m&#234;me si on en trouve des multiples reproductions (comme la vie sur terre et ses diverses manifestations). Et on n'a pas n&#233;cessairement les moyens de le reproduire ce qui n'emp&#234;che pas de raisonner dessus. M&#234;me une exp&#233;rience reproductible ne l'est pas n&#233;cessairement &#224; l'identique. Quant aux lois math&#233;matiques, quand elles existent, ne sont pas forc&#233;ment pr&#233;dictives. Dans le cas d'une loi &#171; sensible aux conditions initiales &#187;, c'est-&#224;-dire &#234;tre consid&#233;rablement modifi&#233;e par un petit changement initial, tout changement infiniment petit des conditions de d&#233;part peut entra&#238;ner des divergences qualitatives par la suite. Dans ce cas, on ne peut pr&#233;dire les suites d'un pass&#233; que si on le conna&#238;t au plus petit d&#233;tail pr&#232;s, ce qui est irr&#233;alisable. Dans certains cas, une loi peut parfaitement permettre plusieurs &#171; possibles &#187;. C'est le cas pour une bifurcation. Il peut falloir alors une autre loi, &#224; un autre niveau par exemple, pour que la nature tranche. L'ensemble des deux lois ressemble alors &#224; s'y m&#233;prendre &#224; du hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une cause tr&#232;s petite, qui nous &#233;chappe, d&#233;termine un effet consid&#233;rable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est d&#251; au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'Univers &#224; l'instant initial, nous pourrions pr&#233;dire exactement la situation de ce m&#234;me Univers &#224; un instant ult&#233;rieur. Mais, lors m&#234;me que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions conna&#238;tre la situation initiale qu'approximativement. Si cela nous permet de pr&#233;voir la situation ult&#233;rieure avec la m&#234;me approximation, c'est tout ce qu'il nous faut, nous disons que le ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; pr&#233;vu, qu'il est r&#233;gi par des lois ; mais il n'en est pas toujours ainsi, il peut arriver que des petites diff&#233;rences dans les conditions initiales en engendrent de tr&#232;s grandes dans les ph&#233;nom&#232;nes finaux ; une petite erreur sur les premi&#232;res produirait une erreur &#233;norme sur les derniers. La pr&#233;diction devient impossible et nous avons le ph&#233;nom&#232;ne fortuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5267&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2463&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2463&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La turbulence, une cause d'impr&#233;dictibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article687&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article687&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement brownien, une cause d'impr&#233;dictibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4123&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4123&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chaos d&#233;terministe, une cause d'impr&#233;dictibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6277&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation du vide quantique, une cause d'impr&#233;dictibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article38&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article38&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instabilit&#233; des noyaux atomiques, une cause d'impr&#233;dictibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-radioactivite-phenomene-physique-1-3-761/page/4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-radioactivite-phenomene-physique-1-3-761/page/4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant le d&#233;terminisme r&#233;git les lois de la Physique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.danielmartin.eu/determinisme.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.danielmartin.eu/determinisme.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conf&#233;rence de David Ruelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/des-particules-a-l-antimatiere-la-matiere-et-son-organisation/chaos-impredictibilite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/des-particules-a-l-antimatiere-la-matiere-et-son-organisation/chaos-impredictibilite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravitation de trois corps, cela suffit &#224; cr&#233;er l'impr&#233;dictibilit&#233;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule pr&#233;visibilit&#233; possible concernant les processus quantiques est probabiliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas pr&#233;dire, est-ce ne pas d&#233;crire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquer n'est pas pr&#233;dire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inshs.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/sur-la-philosophie-du-chaos-ou-pourquoi-expliquer-nest-pas-predire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inshs.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/sur-la-philosophie-du-chaos-ou-pourquoi-expliquer-nest-pas-predire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;dire le climat futur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5503&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5503&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;dire l'&#233;volution &#233;ruptive d'un magma volcanique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/international/europe/aujourd-hui-le-mois-prochain-ou-pas-du-tout-pourquoi-la-date-de-l-eruption-du-volcan-en-islande-ne-peut-pas-etre-predite_AV-202311140400.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/international/europe/aujourd-hui-le-mois-prochain-ou-pas-du-tout-pourquoi-la-date-de-l-eruption-du-volcan-en-islande-ne-peut-pas-etre-predite_AV-202311140400.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;dire l'&#233;volution des esp&#232;ces&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/nature-et-environnement/cest-confirme-levolution-des-especes-ne-peut-etre-predite-58761.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/nature-et-environnement/cest-confirme-levolution-des-especes-ne-peut-etre-predite-58761.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;dire les inondations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/intemperies-pourquoi-est-il-si-difficile-de-predire-les-inondations-qui-ravagent-le-sud-est-de-la-france_4683143.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/intemperies-pourquoi-est-il-si-difficile-de-predire-les-inondations-qui-ravagent-le-sud-est-de-la-france_4683143.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/environnement-inondations-episodes-mediterraneens-sont-difficiles-prevoir-73205/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/environnement-inondations-episodes-mediterraneens-sont-difficiles-prevoir-73205/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;voir les orages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/planete/2284811-20180606-meteo-pourquoi-si-complique-prevoir-orages&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.20minutes.fr/planete/2284811-20180606-meteo-pourquoi-si-complique-prevoir-orages&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;voir les tremblements de terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://ayiti.unice.fr/osmose/fr/can-we-predict-an-earthquake/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ayiti.unice.fr/osmose/fr/can-we-predict-an-earthquake/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;voir les tornades&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.journaldequebec.com/5-minutes/2013/05/21/un-phenomene-impossible-a-prevoir&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.journaldequebec.com/5-minutes/2013/05/21/un-phenomene-impossible-a-prevoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de pr&#233;dire les s&#233;ismes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/faits-divers/video-tremblement-de-terre-au-maroc-un-seisme-impossible-a-prevoir-explique-un-sismologue-10-09-2023-YLMM73W3JZAJ5AX2G2RJRUDP7A.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leparisien.fr/faits-divers/video-tremblement-de-terre-au-maroc-un-seisme-impossible-a-prevoir-explique-un-sismologue-10-09-2023-YLMM73W3JZAJ5AX2G2RJRUDP7A.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/geosciences/predire-ou-ne-pas-predire-les-seismes-2019.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/geosciences/predire-ou-ne-pas-predire-les-seismes-2019.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/seismes-pourquoi-on-ne-peut-pas-les-prevoir-58754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theconversation.com/seismes-pourquoi-on-ne-peut-pas-les-prevoir-58754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/nepal-pourquoi-il-est-impossible-de-prevoir-un-seisme_1675181.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/nepal-pourquoi-il-est-impossible-de-prevoir-un-seisme_1675181.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection naturelle ne permet de pr&#233;dire ni le futur des esp&#232;ces ni leur pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique ne permet pas de pr&#233;dire o&#249; sera une particule, un atome ni une mol&#233;cule ni o&#249; elle &#233;tait dans le pass&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inshs.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/sur-la-philosophie-du-chaos-ou-pourquoi-expliquer-nest-pas-predire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inshs.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/sur-la-philosophie-du-chaos-ou-pourquoi-expliquer-nest-pas-predire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impr&#233;visibilit&#233; du monde futur dans les sciences de la nature et dans les sciences sociales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/Comprendre-le-monde-pour-le-changer--9782724609707-page-147.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/Comprendre-le-monde-pour-le-changer--9782724609707-page-147.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique de la mati&#232;re ne permet pas de pr&#233;dire le futur (ni le pass&#233;) de l'Univers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/nepal-pourquoi-il-est-impossible-de-prevoir-un-seisme_1675181.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/nepal-pourquoi-il-est-impossible-de-prevoir-un-seisme_1675181.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas pr&#233;dire, ce n'est pas contraire au d&#233;terminisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaos d&#233;terministe et Philosophie de l'impr&#233;dictibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6550&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6550&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection darwinienne explique mais ne pr&#233;dit pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque le monde est impr&#233;dictible, &#224; quoi sert de l'&#233;tudier scientifiquement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'impr&#233;dictibilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1628&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1628&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminisme et pr&#233;dictibilit&#233; sont des notions tr&#232;s diff&#233;rentes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1397&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contingence n'est pas en contradiction avec le d&#233;terminisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article829&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article829&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quantique et d&#233;terminisme ne sont pas oppos&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chaos n'est pas contradictoire avec le d&#233;terminisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article28&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article28&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir &#224; tout prix pr&#233;dire peut &#234;tre un mi&#232;ge pour la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique de la mati&#232;re : d&#233;terminisme ou ind&#233;terminisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5533&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5533&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordre et d&#233;sordre de la mati&#232;re, deux r&#233;alit&#233;s compl&#232;tement et dialectiquement imbriqu&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2615&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2615&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance des conditions initiales et des forces physiques en pr&#233;sence ne suffit pas &#224; pr&#233;dire la suite des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2461&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2461&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La science est-elle toujours pr&#233;dictive ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article7997</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article7997</guid>
		<dc:date>2024-07-04T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Deterministic chaos - Chaos d&#233;terministe</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La science est-elle toujours pr&#233;dictive ? &lt;br class='autobr' /&gt;
On nous annonce de multiples avanc&#233;es de l'informatique pr&#233;dictive comme la capacit&#233; des ordinateurs &#224; pr&#233;dire l'&#233;volution des pand&#233;mies, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire l'avenir du climat terrestre, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les maladies &#224; venir d'une personne, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les bons investissements &#224; venir, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les pr&#233;f&#233;rences individuelles d'une personne, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire l'avenir du monde, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot59" rel="tag"&gt;Deterministic chaos - Chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag"&gt;Sciences&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La science est-elle toujours pr&#233;dictive ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous annonce de multiples avanc&#233;es de l'informatique pr&#233;dictive comme la capacit&#233; des ordinateurs &#224; pr&#233;dire l'&#233;volution des pand&#233;mies, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire l'avenir du climat terrestre, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les maladies &#224; venir d'une personne, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les bons investissements &#224; venir, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les pr&#233;f&#233;rences individuelles d'une personne, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire l'avenir du monde, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les difficult&#233;s de la plan&#232;te, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire des crimes, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les r&#233;volutions, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire nos pens&#233;es, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire les sujets de recherche et leurs r&#233;sultats, leur capacit&#233; &#224; pr&#233;dire quand et comment nous allons vivre et mourir, et on en passe des meilleures&#8230; Dit comme cela, on dirait une arnaque mais ce sont des gens apparemment tr&#232;s s&#233;rieux, des &#233;quipes scientifiques, qui l'affirment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?q=ordinateur+qui+pr%C3%A9dit&amp;client=firefox-b-d&amp;ei=SnoDY9W6DvKKlwTBz7i4Dw&amp;ved=0ahUKEwjVh_2Fvdr5AhVyxYUKHcEnDvcQ4dUDCA0&amp;uact=5&amp;oq=ordinateur+qui+pr%C3%A9dit&amp;gs_lcp=Cgdnd3Mtd2l6EAM6BggAEB4QBzoICAAQHhAHEAo6CAgAEB4QCBAHOggIABAeEAcQBUoECEEYAUoECEYYAFCoBlirE2C3FWgBcAB4AIABYIgBlgSSAQIxMJgBAKABAcABAQ&amp;sclient=gws-wiz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici ce genre de projets scientifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?q=pr%C3%A9dire+par+ordinateur&amp;client=firefox-b-d&amp;ei=NXsDY4qCIPWKur4P7ManiAw&amp;ved=0ahUKEwjK8JX2vdr5AhV1hc4BHWzjCcEQ4dUDCA0&amp;uact=5&amp;oq=pr%C3%A9dire+par+ordinateur&amp;gs_lcp=Cgdnd3Mtd2l6EANKBAhBGAFKBAhGGABQ3g5Y9CBgliNoAXAAeACAAX2IAeUDkgEDNy4xmAEAoAEBwAEB&amp;sclient=gws-wiz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien des gens, la science n'est int&#233;ressante que si elle peut pr&#233;dire des faits &#224; venir. Parfois, c'est exact mais parfois c'est faux. La science vise &#224; l'explication des faits mat&#233;riels et pas n&#233;cessairement &#224; leur pr&#233;diction car elle n'est pas toujours possible. Cette impossibilit&#233; ne provient pas des faiblesses de la science mais du fait que les actes mat&#233;riels, qui sont fond&#233;s sur une agitation al&#233;atoire, peuvent &#234;tre pr&#233;dictibles ou ne pas l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnons en quelques exemples. Connaitre les propri&#233;t&#233;s d'un &#233;lectron (ou de tout autre particule quantique) ne permet pas de savoir quelle va &#234;tre ses positions &#224; la suite de positions pr&#233;c&#233;dentes connues. Il en va de m&#234;me dans le mouvement brownien ou dans tout mouvement mol&#233;culaire. Ces mouvements l&#224; sont impr&#233;dictibles alors que le mouvement du boulet de canon est pr&#233;dictible. Mais le mouvement d'une plume dans l'air est impr&#233;dictible. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, est impr&#233;dictible ce qui est sensible &#224; l'agitation de base du milieu sous-jacent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, certains grand progr&#232;s scientifiques de la compr&#233;hension du monde ont &#233;t&#233; &#233;tay&#233;s par le fait que la th&#233;orie qui les fondait menait &#224; une affirmation sur un fait nouveau non encore d&#233;tect&#233;. Ainsi, Dirac est le physicien qui a pr&#233;dit l'existence du positon et de l'antimati&#232;re comme Einstein a pr&#233;dit l'existence du photon, Yukawa l'existence du m&#233;son, Higgs l'existence du boson qui porte son nom, Gell-Mann l'existence du quark et des hyp&#233;rons, Pauli l'existence du neutrino, Fermi et Weisskopf du muon, Lederman du neutrino muonique, Chadwick l'existence du neutron, etc. Et, &#224; chaque fois, il s'agit v&#233;ritable pr&#233;diction, avec proposition de propri&#233;t&#233;s caract&#233;ristiques de la particule imagin&#233;e par les th&#233;oriciens pour expliquer les ph&#233;nom&#232;nes, puis v&#233;rification par des exp&#233;riences qu'on la trouve bel et bien aux niveaux d'&#233;nergie pr&#233;vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut citer d'autres pr&#233;dictions qui ont march&#233; : Thal&#232;s a pr&#233;dit une &#233;clipse, Galil&#233;e a pr&#233;dit la trajectoire du boulet, Newton a pr&#233;dit le retour de la com&#232;te de Halley, Einstein a pr&#233;dit la courbure des rayons lumineux par le Soleil et les ondes gravitationnelles, Mendele&#239;ev a pr&#233;dit, par sa classification des &#233;l&#233;ments, l'existence de plusieurs &#233;l&#233;ments chimiques et leurs propri&#233;t&#233;s alors qu'ils n'&#233;taient pas connus &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, dans la plupart des domaines des sciences, on trouve des conjectures qui sont difficilement pr&#233;dictibles ou impr&#233;dictibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut pr&#233;dire de mani&#232;re exacte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; o&#249; et quand la foudre va tomber&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand et comment sera l'orage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; o&#249; et quand un volcan va entrer en &#233;ruption&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle est la forme et l'avenir d'un nuage
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelles &#233;volutions futures des esp&#232;ces vivantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels s&#233;ismes &#224; venir et quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; comment un objet va &#234;tre fractur&#233; apr&#232;s un choc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle va &#234;tre le climat dans les ann&#233;es &#224; venir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle sera la trajectoire &#224; moyen terme d'un double pendule (un pendule attach&#233; &#224; un autre pendule)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quel est l'avenir de l'&#233;coulement turbulent d'un fluide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle est l'&#233;volution d'un feu de for&#234;t et m&#234;me d'un simple feu de bois dans une chemin&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle est la trajectoire d'une plume ou d'une feuille qui tombe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quel est le mouvement d'une mol&#233;cule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle est la position et la vitesse d'une particule ou d'un objet quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle sera la forme d'un arbre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, toutes les questions pr&#233;c&#233;dentes reposent sur des ph&#233;nom&#232;nes d&#233;terministes dont les lois sont connues. Mais ces lois ont des caract&#233;ristiques (comme la sensibilit&#233; aux conditions initiales du chaos d&#233;terministe) qui ne permettent pas la pr&#233;dictibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez vous dire : d'accord pour le moment on ne dispose pas de mod&#232;les suffisants pour pr&#233;dire mieux mais on s'am&#233;liore et on va bient&#244;t y parvenir. C'est faux. On ne cesse de mieux comprendre oui mais on ne peut pas pr&#233;dire. La limite de pr&#233;dictibilit&#233; n'est pas due &#224; un manque de connaissances mais &#224; la nature m&#234;me du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque a d&#233;j&#224; utilis&#233; n'importe quel dispositif exp&#233;rimental sait parfaitement que l'on ne peut pas pr&#233;dire absolument le r&#233;sultat qui va &#234;tre mesur&#233;. Il y a toujours des &#233;carts, des cas o&#249; le r&#233;sultat sort des clous, o&#249; l'exp&#233;rience ne donne pas ce qui &#233;tait pr&#233;vu. Il y a toujours des valeurs mesur&#233;es &#224; &#233;carter, que cela s'explique ou pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne physique, le plus simple qui soit, ne peut pas &#234;tre compl&#232;tement pr&#233;dictible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut pr&#233;dire qu'un vase heurt&#233; avec force va se casser, on peut parfois deviner quelques caract&#233;ristiques des morceaux mais c'est tout. Le reste est consid&#233;r&#233; comme d&#233;pendant du hasard&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1397&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1628&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article829&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/philonsorbonne/495?lang=de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://encyclo-philo.fr/item/117&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1397&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6550&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article114&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6072&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4351&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve294&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article258&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6033&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5885&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article28&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 18&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5197&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5641&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4359&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 21&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3379&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 22&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3387&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 23&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 24&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6550&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 25&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Valeur_de_la_Science/Chapitre_X._La_science_est-elle_artificielle_%3F&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 26&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=pr%C3%A9dire+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Physique moderne et d&#233;terminisme</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article8345</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article8345</guid>
		<dc:date>2023-05-15T22:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;terminisme et physique quantique se sont d'abord oppos&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331 &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que le d&#233;terminisme pour la science actuelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641 &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;terminisme et causalit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article847 &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment se pose aujourd'hui la question du d&#233;terminisme au plan philosophique, scientifique, historique, &#233;conomique et social ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2426 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;terminisme et physique quantique se sont d'abord oppos&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le d&#233;terminisme pour la science actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminisme et causalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article847&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article847&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se pose aujourd'hui la question du d&#233;terminisme au plan philosophique, scientifique, historique, &#233;conomique et social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2426&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2426&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physique quantique et causalit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la discontinuit&#233;, le d&#233;terminisme et la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique de la mati&#232;re : d&#233;terminisme ou ind&#233;terminisme ? Ou les deux, contradictoirement mais aussi conjointement ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminisme, hasard, chaos, libert&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; LA PHYSIQUE MODERNE ET LE D&#201;TERMINISME
&lt;p&gt; Par Paul Langevin&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis une douzaine d'ann&#233;es, la physique atomique a fait des progr&#232;s incessants aussi bien dans l'exploration exp&#233;rimentale de l'atome que dans l'interpr&#233;tation th&#233;orique des faits. Dans le domaine de la th&#233;orie, cette p&#233;riode a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le d&#233;veloppement de la th&#233;orie des quanta et de la m&#233;canique ondulatoire. La th&#233;orie des quanta a &#233;t&#233;, avec son fameux principe dit d'ind&#233;termination, l'occasion d'une reprise de ces discussions qui, au d&#233;but du si&#232;cle, avaient marqu&#233; les premiers pas de la th&#233;orie moderne de l'atome ; Il a beaucoup &#233;t&#233; question de nouveau d'une &#171; crise &#187; de la physique. Les philosophes id&#233;alistes, ainsi que les physiciens qui partagent leurs conceptions, comme Arthur Eddington, Jeans, Jordan, Dirac et d'autres, ont affirm&#233;, une fois de plus, que les progr&#232;s r&#233;cents de la physique prouvent qu'il n'existe pas un monde r&#233;el ind&#233;pendant de la pens&#233;e, que notre volont&#233; de conna&#238;tre le r&#233;el se heurte &#224; des limites infranchissables, que la causalit&#233; et le d&#233;terminisme ne peuvent &#234;tre cherch&#233;s que dans notre esprit ou ne sont valables qu'&#224; l'int&#233;rieur de certaines fronti&#232;res au del&#224; desquelles il n'existe que l'ind&#233;termination dans les faits eux-m&#234;mes. Ces divers th&#232;mes, et plus particuli&#232;rement le dernier, ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s dans les nombreux commentaires consacr&#233;s aux relations d'ind&#233;termination d&#233;couvertes par Heisenberg. Les commentateurs ont voulu y voir l'aveu fait par la physique des limites de la connaissance scientifique en g&#233;n&#233;ral et de la valeur du d&#233;terminisme en particulier. Qu'elles fussent dues &#224; des physiciens ou &#224; des philosophes, ces th&#232;ses &#233;taient pr&#233;sent&#233;es avec une telle pr&#233;cipitation que leurs auteurs furent amen&#233;s &#224; formuler des pr&#233;dictions qui ne tard&#232;rent pas &#224; recevoir les d&#233;mentis les plus cat&#233;goriques. C'est ainsi que, durant les ann&#233;es qui ont suivi l'&#233;nonc&#233; du principe &#171; d'ind&#233;termination &#187;, certains physiciens n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; affirmer que nos connaissances concernant les atomes ne d&#233;passeraient plus le niveau atteint aux environs de 1931. On connaissait alors l'atome, l'existence du noyau, mais non sa structure. Or, depuis cette &#171; limitation &#187;, nous avons &#233;labor&#233; les lois de la physique atomique avec une telle pr&#233;cision que ce nouveau chapitre devient, au point de vue de la rigueur, comparable &#224; la m&#233;canique c&#233;leste de Laplace. Mais, en m&#234;me temps, nous avons fait des progr&#232;s dans l'exploration du noyau atomique pr&#233;tendument inconnaissable. Un nouveau domaine de la physique s'est constitu&#233; ainsi : la physique nucl&#233;aire. En fait, aucune limite infranchissable n'a donc &#233;t&#233; impos&#233;e &#224; notre connaissance de la mati&#232;re. De la m&#234;me fa&#231;on, il est inexact de dire qu'&#224; l'&#233;chelle de l'atome, il n'y a plus de causalit&#233; objective et que le domaine de l'atome est le secteur du r&#233;el o&#249; le cours des &#233;v&#233;nements n'ob&#233;it &#224; aucune d&#233;termination. Les conclusions de ce genre reposent, en r&#233;alit&#233;, sur une interpr&#233;tation erron&#233;e des connaissances r&#233;ellement acquises. C'est ce que permet de montrer l'&#233;tude de l'&#233;volution de la nouvelle physique atomique. En trente ans, nous sommes pass&#233;s de l'&#233;tude des objets macroscopiques, &#224; notre &#233;chelle, o&#249; se sont constitu&#233;es les notions fondamentales que nous avons utilis&#233;es jusqu'ici dans notre science, &#224; des r&#233;gions beaucoup plus profondes de la r&#233;alit&#233; que le perfectionnement incessant de nos m&#233;thodes exp&#233;rimentales, nous permet aujourd'hui d'atteindre et d'explorer. Ce fut tout d'abord le monde de l'atome autour du noyau, o&#249; nous avons rencontr&#233; et &#233;tudi&#233; les &#233;lectrons qui donnent lieu &#224; l'&#233;mission et &#224; l'absorption du rayonnement lumineux, et qui permettent, par leur &#233;change entre atomes, d'interpr&#233;ter les lois des r&#233;actions chimiques. Puis nous sommes pass&#233;s &#224; l'&#233;tude du domaine nucl&#233;aire. Tout naturellement, en passant d'un &#233;tage au suivant, les physiciens commen&#231;aient par essayer d'utiliser les conceptions qui leur avaient r&#233;ussi &#224; l'&#233;tage pr&#233;c&#233;dent. Apr&#232;s avoir d&#233;couvert, il y a vingt-cinq ans, la structure nucl&#233;aire de l'atome, nous avons essay&#233; de la concevoir sur un mod&#232;le plan&#233;taire, c'est-&#224;-dire en consid&#233;rant l'atome comme un syst&#232;me compos&#233; d'un soleil central charg&#233; positivement (le noyau de l'atome), entour&#233; d'un certain nombre de satellites, sous forme d'&#233;lectrons charg&#233;s n&#233;gativement et gravitant autour de lui sous l'action attractive du noyau positif, et r&#233;pulsive des autres &#233;lectrons, cette derni&#232;re action &#233;tant analogue &#224; la perturbation du mouvement d'une plan&#232;te par les autres plan&#232;tes. L'atome &#233;tait donc un syst&#232;me solaire en miniature, auquel devait s'appliquer, semblait-il, la conception laplacienne du d&#233;terminisme : la position et la vitesse de chacun des constituants de l'atome &#233;tant fix&#233;es &#224; un instant donn&#233;, tout le comportement ult&#233;rieur de l'atome serait par l&#224; compl&#232;tement d&#233;termin&#233;. C'est &#224; Bohr que l'on doit d'avoir d&#233;velopp&#233; th&#233;oriquement les cons&#233;quences de cette conception atomique. Mais on se heurtait de suite &#224; de grosses difficult&#233;s. Dans la conception m&#233;canique de Laplace, toutes les orbites sont possibles pour les &#233;lectrons, autrement dit les dimensions de l'atome peuvent &#234;tre quelconques : il y a ind&#233;termination de la taille de l'atome alors que l'exp&#233;rience nous affirme au contraire, avec une grande pr&#233;cision, que tous les atomes d'un m&#234;me &#233;l&#233;ment chimique ont exactement les m&#234;mes dimensions. D'ailleurs, m&#234;me si par un moyen quelconque on imaginait qu'&#224; un instant donn&#233; tous les atomes aient la m&#234;me grandeur, on se heurterait &#224; de grosses difficult&#233;s que l'on saisit bien sur le cas le plus simple, celui de l'atome d'hydrog&#232;ne constitu&#233; par un noyau porteur d'une seule charge positive (ou proton) et par un seul &#233;lectron qui tourne autour de lui. Ici, il n'y a pas de perturbation par d'autres &#233;lectrons : seule intervient l'attraction par le noyau central. Or, dans ce domaine, l'application de la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique de Maxwell et de Hendrik Antoon Lorentz, qui, par ailleurs, donne une explication si admirable de simplicit&#233; et d'unit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes de la lumi&#232;re, de l'&#233;lectricit&#233; et du magn&#233;tisme, conduit &#224; des difficult&#233;s essentielles. Tout d'abord, d'apr&#232;s cette th&#233;orie, une particule &#233;lectris&#233;e qui est soumise &#224; une acc&#233;l&#233;ration doit &#233;mettre de la lumi&#232;re ; elle doit donc perdre une fraction de son &#233;nergie. Mais l'&#233;lectron qui tourne autour du noyau est constamment acc&#233;l&#233;r&#233;, il doit donc perdre constamment de son &#233;nergie : par suite, son orbite doit sans cesse se rapprocher du noyau, jusqu'&#224; ce que, ayant perdu toute son &#233;nergie, il tombe sur le noyau, mettant fin ainsi &#224; l'existence de l'atome. Et le calcul nous indique que ce serait l'affaire d'une tr&#232;s petite fraction de seconde. Nous savons cependant que l'atome d'hydrog&#232;ne est stable, qu'il dure vraisemblablement pendant des milliards et des milliards d'ann&#233;es. D'autre part, cette th&#233;orie nous indique &#233;galement que le rayonnement &#233;mis par l'&#233;lectron au cours de sa rotation autour du noyau doit avoir une fr&#233;quence &#233;gale au nombre de r&#233;volutions par seconde. Ce rayonnement devrait donc changer de fr&#233;quence de fa&#231;on continue &#224; mesure que l'&#233;lectron se rapprocherait du noyau en perdant son &#233;nergie : l'atome n'&#233;mettrait donc pas une lumi&#232;re de couleur d&#233;termin&#233;e, mais la couleur de la lumi&#232;re &#233;mise changerait de fa&#231;on continue : ce serait un spectre continu. La th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique appliqu&#233;e &#224; l'atome plan&#233;taire nous conduit donc &#224; deux cons&#233;quences en contradiction grossi&#232;re avec l'exp&#233;rience : tout d'abord l'atome ne serait pas stable, il perdrait rapidement son &#233;nergie par rayonnement ; d'autre part, ce rayonnement aurait un spectre continu, alors qu'il est bien connu que tous les atomes, y compris celui d'hydrog&#232;ne, &#233;mettent des spectres de raies, des spectres discontinus. La solution propos&#233;e par Bohr &#224; ces difficult&#233;s consistait &#224; s'appuyer sur l'existence des quanta de rayonnement, sur le fait admis depuis 1900 avec Max Planck, que l'atome ne peut rayonner, que la mati&#232;re ne peut &#233;mettre de lumi&#232;re que par quanta finis : si v est la fr&#233;quence de cette lumi&#232;re, l'&#233;nergie lumineuse &#233;mise est &#233;gale &#224; un multiple entier de h*nu, h &#233;tant une constante universelle extraordinairement petite, la c&#233;l&#232;bre constante de Planck. Bohr a admis qu'il fallait introduire du discontinu, l&#224; o&#249; l&#224; th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique ne connaissait que du continu ; que, sans abandonner compl&#232;tement la m&#233;canique classique, il &#233;tait n&#233;cessaire de faire un choix parmi la s&#233;rie continue des mouvements possibles qu'elle pr&#233;voit pour l'&#233;lectron, de n'en retenir qu'une s&#233;rie discontinue dont chacun des termes correspondrait &#224; un &#233;tat stable de l'atome : c'est ce que nous appelons aujourd'hui quantifier ces mouvements. Chacun de ces &#233;tats stables devait correspondre &#224; l'un des termes que les spectroscopistes avaient d&#251; introduire pour repr&#233;senter, par leurs diff&#233;rences, des fr&#233;quences des diverses raies d'un spectre atomique (principe de combinaison). Bohr admet alors que l'atome ne peut &#233;mettre ou absorber de rayonnement que lorsqu'il passe d'un &#233;tat, stable &#224; un autre, la quantit&#233; d'&#233;nergie &#233;mise ou absorb&#233;e &#233;tant &#233;gale &#224; la diff&#233;rence des &#233;nergies de l'atome dans les deux &#233;tats initial et final : ce qui correspond au fait que la fr&#233;quence de la raie correspondante du rayonnement est spectroscopiquement &#233;gale &#224; la diff&#233;rence des termes associ&#233;s aux deux &#233;tats de l'atome. Le choix parmi la s&#233;rie continue des solutions possibles au sens de la m&#233;canique, de celles qui fournissent les mouvements d'&#233;lectrons consid&#233;r&#233;s comme stables, a &#233;t&#233; fait par Bohr, au moyen d'une r&#232;gle de quantification fort simple, qu'on a cherch&#233; par la suite &#224; g&#233;n&#233;raliser pour les atomes &#224; un nombre quelconque d'&#233;lectrons. Les conceptions de Bohr &#233;taient donc en contradiction avec la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique, puisqu'elles admettaient que ces mouvements privil&#233;gi&#233;s pouvaient se poursuivre sans rayonnement et que, dans des conditions d'ailleurs obscures, les &#233;lectrons pouvaient passer d'un mouvement quantifi&#233; &#224; un autre, soit en &#233;mettant un quantum de lumi&#232;re si le passage a heu d'un &#233;tat d'&#233;nergie plus &#233;lev&#233; &#224; un &#233;tat d'&#233;nergie moins &#233;lev&#233;, soit au contraire en absorbant un quantum de lumi&#232;re incidente, si le passage &#224; lieu d'un &#233;tat d'&#233;nergie moins &#233;lev&#233; &#224; un &#233;tat d'&#233;nergie plus &#233;lev&#233;. Mais les physiciens pass&#232;rent sur cette contradiction devant le succ&#232;s remarquable de Bohr pour le cas de l'atome d'hydrog&#232;ne. Ce fut l&#224; une transition utile entre les notions anciennes de la m&#233;canique et de l'&#233;lectromagn&#233;tisme, notoirement insuffisantes dans le domaine intra-atomique, et les notions nouvelles, plus ad&#233;quates &#224; la r&#233;alit&#233;, que devaient &#233;laborer dans leur d&#233;veloppement ult&#233;rieur la th&#233;orie quantique, la m&#233;canique ondulatoire. On sait comment la quantification par Bohr de l'atome d'hydrog&#232;ne en utilisant la m&#233;canique newtonienne, et, mieux encore, la quantification par Sommerfeld de cet atome, en utilisant la m&#233;canique nouvelle introduite par la th&#233;orie de la relativit&#233;, ont permis l'interpr&#233;tation compl&#232;te du spectre atomique de l'hydrog&#232;ne, rendant possible par la suite le remarquable d&#233;veloppement de la spectroscopie. Ainsi, nous venons de le voir, les dimensions de l'atome dans la conception ancienne &#233;taient compl&#232;tement ind&#233;termin&#233;es, au contraire de l'exp&#233;rience. L'introduction du quantum d'action h vient fixer ces dimensions atomiques : c'est sa grandeur qui les d&#233;termine. Si l'on pense que, comme nous le verrons plus loin, c'est la grandeur de h qui fixerait une pr&#233;tendue &#171; ind&#233;termination &#187; de l'atome, ce simple fait doit nous amener &#224; quelques doutes sur la valeur d'une telle conclusion. Mais, nous l'indiquons plus haut, la th&#233;orie primitive de Bohr &#233;tait encore fort imparfaite. Son application aux atomes plus complexes que celui d'hydrog&#232;ne rencontra des difficult&#233;s qui parurent insurmontables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'h&#233;sitation, se sont d&#233;velopp&#233;es d'une part, la m&#233;canique des quanta, avec Heisenberg, Max Born, Jordan, Dirac, et de mani&#232;re concordante, la m&#233;canique ondulatoire, gr&#226;ce aux efforts de Louis de Broglie, de Schr&#246;dinger, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu'on appelle m&#233;canique quantique l'ensemble des travaux qui se sont d&#233;velopp&#233;s, pour tenir compte d'une mani&#232;re syst&#233;matique du quantum d'action dans l'&#233;tude des syst&#232;mes atomiques. La m&#233;canique quantique traite des m&#234;mes grandeurs que la m&#233;canique classique, &#224; savoir des positions et des vitesses, des points mat&#233;riels. Mais dans la m&#233;canique classique, les positions et les vitesses sont repr&#233;sent&#233;es par des nombres alg&#233;briques, alors que dans la m&#233;canique quantique, elles le sont par des nombres d'un ordre sup&#233;rieur, appel&#233;s matrices. Ce sont des tableaux &#224; double entr&#233;e qui repr&#233;sentent l'ensemble des valeurs que la grandeur consid&#233;r&#233;e peut prendre d'une mani&#232;re discontinue. L'interpr&#233;tation physique de cette opposition est que la m&#233;canique classique traite de positions et de vitesses qui peuvent prendre, ind&#233;pendamment, des valeurs quelconques, alors que la m&#233;canique quantique traite de positions et de vitesses dont les valeurs ne peuvent plus &#234;tre quelconques, mais varient d'une mani&#232;re discontinue, en relation avec la constante de Planck. Mais il ne faut pas croire qu'il y ait entre la m&#233;canique classique et la m&#233;canique quantique une contradiction absolue. La m&#233;canique classique est un cas particulier de la m&#233;canique quantique, le cas o&#249; la constante de Planck peut &#234;tre n&#233;glig&#233;e. La m&#233;canique classique est relative &#224; une certaine connaissance du r&#233;el dont la m&#233;canique quantique fournit une connaissance plus approfondie. Nous n'avons nullement d&#233;couvert que la m&#233;canique classique est &#034;fausse&#034; Nous avons d&#233;couvert les limites dans lesquelles elle est valable et le moyen de d&#233;passer ces limites. En ce qui concerne la m&#233;canique ondulatoire, on sait en quoi consiste l'id&#233;e initiale de Louis de Broglie : il a suivi en quelque sorte la marche inverse, dans le cas de la mati&#232;re, de ce qui s'&#233;tait pass&#233; dans le cas de la lumi&#232;re. En effet, &#224; c&#244;t&#233; des ondes lumineuses qui repr&#233;sentaient admirablement un aspect de l'optique, &#8212; l'aspect &#171; classique &#187;, interf&#233;rences, diffraction, etc., &#8212; on a &#233;t&#233; conduit pour expliquer un certain nombre de ph&#233;nom&#232;nes nouveaux (effet photo&#233;lectrique, effet Compton, etc., &#224; admettre une structure corpusculaire de la lumi&#232;re. La question fondamentale de la th&#233;orie du rayonnement est celle de la synth&#232;se n&#233;cessaire entre les deux conceptions ondulatoire et corpusculaire, entre les ondes et les photons (ou corpuscules de lumi&#232;re) qui rendent compte des aspects diff&#233;rents de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques remarques &#224; ce sujet ne seront peut-&#234;tre pas inutiles, d'autant que nous en arrivons l&#224; &#224; la racine m&#234;me du fameux &#171; principe d'ind&#233;termination &#187;. L'histoire de la th&#233;orie de la lumi&#232;re nous montre les physiciens adoptant successivement les conceptions corpusculaire et ondulatoire de la lumi&#232;re. La th&#233;orie corpusculaire est celle qu'expose Lucr&#232;ce ; nous voyons aux XVII&#232;me et XVIII&#232;me si&#232;cles Huyghens et Newton soutenir l'un la th&#233;orie ondulatoire, le second la th&#233;orie corpusculaire, qui va &#234;tre unanimement reconnue par les physiciens jusqu'&#224; ce que Fresnel lui substitue sa th&#233;orie ondulatoire m&#233;canique de l'&#233;ther.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci sera remplac&#233;e par la th&#233;orie ondulatoire &#233;lectromagn&#233;tique de Maxwell. La th&#233;orie corpusculaire primitive de la lumi&#232;re se rapportait &#224; la propri&#233;t&#233; la plus simple de celle-ci : sa propagation en ligne droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au bout d'un certain temps on s'est aper&#231;u, de son incapacit&#233; &#224; expliquer nombre de ph&#233;nom&#232;nes plus compliqu&#233;s, tels ceux de diffraction. C'est pourquoi la th&#233;orie de Fresnel lui a succ&#233;d&#233; qui explique la propagation en ligne droite, plus les ph&#233;nom&#232;nes de diffraction et d'interf&#233;rences. Mais elle n'a pas &#233;t&#233; exempte non plus de difficult&#233;s, et c'est pourquoi la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique de Maxwell l'a remplac&#233;e, qui expliquait tout ce que la th&#233;orie de Fresnel expliquait, et qui de plus montrait les relations &#233;troites de la lumi&#232;re avec les ph&#233;nom&#232;nes de l'&#233;lectricit&#233; et du magn&#233;tisme. Cette th&#233;orie a remport&#233; nombre de succ&#232;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il suffit de rappeler ici les exp&#233;riences de Hertz sur les ondes &#233;lectromagn&#233;tiques. Mais elle s'est heurt&#233;e &#224; des difficult&#233;s, quand les progr&#232;s de la recherche exp&#233;rimentale ont conduit &#224; l'&#233;tude des rayonnements de tr&#232;s faible intensit&#233;. C'est alors que la th&#233;orie quantique de la lumi&#232;re appara&#238;t, qui se pose pour t&#226;che d'expliquer &#224; la fois ce qu'expliquait si bien la th&#233;orie de Maxwell et les ph&#233;nom&#232;nes nouveaux, &#171; quantiques &#187;. Il est donc clair que si l'on parle largement de corpuscules lumineux, de photons, il ne peut ici s'agir d'un retour pur et simple &#224; la conception newtonienne : la th&#233;orie &#233;lectromagn&#233;tique est pass&#233;e par l&#224; et le photon en porte l'empreinte. D'ailleurs, nous savons d&#233;j&#224; que cette conception se heurte &#224; des difficult&#233;s quand la fr&#233;quence de la lumi&#232;re est trop &#233;lev&#233;e, mais les conceptions qui doivent succ&#233;der &#224; nos th&#233;ories actuelles ne se laissent point encore entrevoir. Toujours est-il que nous connaissons ainsi de mieux en mieux les propri&#233;t&#233;s de la lumi&#232;re. Rappelons seulement que c'est depuis bien peu d'ann&#233;es que nous avons pu mettre en &#233;vidence la transformation de la lumi&#232;re en mati&#232;re et r&#233;ciproquement. C'est pourquoi il ne para&#238;t pas conforme &#224; l'esprit de la science, &#224; son mouvement, d'arguer de ces transformations th&#233;oriques pour nier la possibilit&#233; m&#234;me de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera par ailleurs que, dans la conception corpusculaire comme dans la conception ondulatoire, oh se trouve en pr&#233;sence de types assez diff&#233;rents de d&#233;terminisme. C'est ainsi que le d&#233;terminisme de l'optique ondulatoire, fixant dans son ensemble l'aspect de la figure d'interf&#233;rences ou de diffraction, est fort diff&#233;rent du d&#233;terminisme de l'optique g&#233;om&#233;trique qui fixe le mouvement de chaque corpuscule lumineux pris isol&#233;ment (rayon lumineux). D&#233;j&#224; ce fait nous indique que dans le domaine ondulatoire lumineux, le d&#233;terminisme n'a pas le m&#234;me aspect que le d&#233;terminisme m&#233;canique laplacien. C'est ce que nous allons voir se confirmer pour la mati&#232;re. La recherche d'une th&#233;orie de l'atome conforme &#224; l'ensemble des faits connus avait abouti, comme nous l'avons vu, &#224; la m&#233;canique quantique. Les m&#234;mes pr&#233;occupations ont amen&#233; Louis de Broglie &#224; &#233;laborer la m&#233;canique ondulatoire, en associant des ondes aux divers corpuscules (&#233;lectrons, protons, etc.), comme en optique on avait &#233;t&#233; conduit &#224; associer des corpuscules aux ondes. Puis il a appliqu&#233; la relation de Planck, cit&#233;e plus haut, entre l'&#233;nergie et la fr&#233;quence de l'onde pour d&#233;duire, en suivant un chemin inverse de celui que nous avons adopt&#233; pour la lumi&#232;re, la fr&#233;quence de l'onde de l'&#233;nergie du corpuscule. Cette id&#233;e, que la th&#233;orie de la relativit&#233; restreinte a permis de d&#233;velopper, a conduit tout de suite aux remarquables confirmations exp&#233;rimentales de Davisson et Germer, ainsi que de G. P. Thomson, qui rendent visible l'aspect ondulatoire de la mati&#232;re si &#233;loign&#233;, au moins en apparence, de son aspect corpusculaire &#171; classique &#187;. Nous nous trouvons donc en pr&#233;sence d'un double aspect que pr&#233;sentent &#224; la fois la lumi&#232;re et la mati&#232;re : ondulatoire dans certains cas, corpusculaire dans d'autres. La liaison entre ces deux aspects a &#233;t&#233; recherch&#233;e dans une conception statistique. &#192; ce point de vue, l'onde, dans le cas de la lumi&#232;re comme dans celui de la mati&#232;re, d&#233;termine les probabilit&#233;s de pr&#233;sence des corpuscules (photons pour la lumi&#232;re, &#233;lectrons, protons, neutrons, etc. pour la mati&#232;re), la mani&#232;re dont les corpuscules se distribuent sur une plaque photographique entre les diff&#233;rentes franges d'interf&#233;rence ou de diffraction, ou encore la mani&#232;re dont ils se r&#233;partissent dans le temps ou dans l'espace entre les diff&#233;rents &#233;tats individuels possibles. Mais cette conception statistique est en contradiction compl&#232;te avec la conception corpusculaire ancienne, la conception m&#233;caniste, &#224; tel point que Heisenberg a pu, il y a douze ans, exprimer cette situation sous la forme de ce qu'il a appel&#233; le &#171; principe d'ind&#233;termination &#187;, en employant une expression que je trouve quelque peu malheureuse en raison des abus d'interpr&#233;tation auxquels elle a donn&#233; lieu. De ce &#171; principe d'ind&#233;termination &#187;, je voudrais donner ici une id&#233;e. Il r&#233;sulte pr&#233;cis&#233;ment de cette coexistence de l'aspect corpusculaire et de l'aspect ondulatoire. On sait que si, au point de vue corpusculaire, nous caract&#233;risons une particule par sa position au moyen d'une coordonn&#233;e telle que q, la dynamique associe &#224; cette coordonn&#233;e une variable conjugu&#233;e de la premi&#232;re, la quantit&#233; de mouvement correspondante qu'on repr&#233;sente par p. Dans la conception classique, on admet que la coordonn&#233;e q peut &#234;tre d&#233;termin&#233;e, &#224; chaque instant, avec une pr&#233;cision aussi grande qu'on le veut, que l'erreur &#916;q dont elle est susceptible, peut &#234;tre r&#233;duite ind&#233;finiment. De m&#234;me cette conception implique que nous pouvons d&#233;terminer au m&#234;me instant la vitesse, par cons&#233;quent la quantit&#233; de mouvement, avec une pr&#233;cision illimit&#233;e. Les erreurs &#916;p et &#916;q commises sur la quantit&#233; de mouvement et sur la coordonn&#233;e sont consid&#233;r&#233;es comme ind&#233;pendantes, et on admet que leur produit peut &#234;tre rendu aussi petit que l'on veut. Au contraire, le &#171; principe d'ind&#233;termination &#187; consiste &#224; affirmer qu'&#224; un m&#234;me instant, il n'est pas possible de conna&#238;tre &#224; la fois avec une pr&#233;cision illimit&#233;e p et q, que le produit &#916;p*&#916;q des erreurs commises sur ces deux &#233;l&#233;ments ne peut en aucun cas &#234;tre rendu inf&#233;rieur &#224; la constante h de Planck. Voici, dans un cas simple, comment se pr&#233;sente ce &#171; principe d'ind&#233;termination &#187;. Supposons que nous ayons affaire &#224; un faisceau d'&#233;lectrons dont la vitesse est bien d&#233;finie en grandeur et en direction, qui sera horizontale par exemple. Dans le langage de la m&#233;canique ondulatoire, cela veut dire qu'une onde &#233;lectronique plane, de fr&#233;quence et de longueur d'onde bien d&#233;finies, se propage dans cette direction. Un &#233;lectron appartenant au faisceau pourra se trouver dans n'importe quel point de l'espace occup&#233; par celle-ci. Consid&#233;rons sa coordonn&#233;e q verticale : la position de notre &#233;lectron est ind&#233;termin&#233;e, donc &#916;q est tr&#232;s grand. Si nous voulons augmenter la pr&#233;cision sur la position dans le sens vertical, nous prendrons deux lames et nous les rapprocherons de mani&#232;re &#224; r&#233;aliser une fente horizontale perpendiculaire &#224; la direction de propagation. Plus cette fente sera &#233;troite et plus nous aurons de pr&#233;cision au sujet de la position de l'&#233;lectron dans la direction verticale. L'erreur sur la position &#916;p sera en effet &#233;gale &#224; la largeur de la fente. Mais si nous obligeons les &#233;lectrons et l'onde qui leur est associ&#233;e &#224; passer par une fente &#233;troite, l'onde va &#234;tre diffract&#233;e (tout comme une onde lumineuse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de la fente, les &#233;lectrons auront des vitesses dans des directions diff&#233;rentes (alors qu'elles &#233;taient toutes parall&#232;les avant la fente). L'ordre de grandeur de la d&#233;viation th&#234;ta correspondant &#224; cette diffraction est, d'apr&#232;s les lois m&#234;mes de la diffraction, donn&#233;e par le rapport de la longueur d'onde X de l'onde &#233;lectronique, &#224; la largeur de la fente &#916;q ; la diffraction est d'autant plus importante que la longueur d'onde est plus grande et la fente plus &#233;troite. Cela signifie que la quantit&#233; de mouvement, horizontale avant le passage &#224; travers la fente, va prendre apr&#232;s ce passage une direction diff&#233;rente en g&#233;n&#233;ral. Dans la direction verticale, l'incertitude sur la quantit&#233; de mouvement sera &#233;gale &#224; la composante dans cette direction de la quantit&#233; de mouvement d&#233;vi&#233;e de l'angle th&#234;ta. Comme la quantit&#233; de mouvement est, d'apr&#232;s la relation fondamentale de Louis de Broglie, h/lambda, l'incertitude &#916;p sera :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;delta(p) = (h/lambda)*(th&#234;ta) = (h/lambda)*(lambda/(delta(q))) = h/(delta(q))&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'o&#249;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(delta(p))*(delta(q)) = h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l&#224; la relation d'incertitude d' Heisenberg obtenue comme cons&#233;quence du fait exp&#233;rimental de la diffraction des ondes &#233;lectroniques. On retrouve encore cette relation lorsqu'on cherche &#224; pr&#233;ciser au maximum la position d'un &#233;lectron au moyen d'un appareil analogue &#224; un microscope : c'est le c&#233;l&#232;bre microscope de Heisenberg. Nous envoyons de la lumi&#232;re sur l'&#233;lectron :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;lectron la renvoie dans la direction de l'observateur, et le point o&#249; se forme la tache lumineuse sur l'oculaire du microscope nous indique la position de l'&#233;lectron au moment consid&#233;r&#233;. Plus la tache sera petite, mieux sera connue la position. Or les dimensions de cette tache lumineuse sont, toujours en raison des ph&#233;nom&#232;nes de diffraction, fix&#233;es par la longueur d'onde de la lumi&#232;re utilis&#233;e. Si l'on veut avoir une grande pr&#233;cision sur la position de l'&#233;lectron, il faut r&#233;duire au maximum les dimensions de la tache et, pour cela, utiliser une lumi&#232;re de longueur d'onde la plus faible possible. Mais alors la loi des quanta nous indique que l'&#233;nergie de cette radiation sera tr&#232;s grande : lorsqu'elle va rencontrer notre &#233;lectron, celui-ci va subir un recul tr&#232;s important, d'autant plus important que la longueur d'onde sera plus petite : si nous voulons conna&#238;tre tr&#232;s exactement la position de l'&#233;lectron, sa vitesse, par suite du recul, sera tr&#232;s mal connue. Inversement, si nous voulons conna&#238;tre tr&#232;s exactement la vitesse de l'&#233;lectron, il suffira de l'&#233;clairer avec de la lumi&#232;re de tr&#232;s grande longueur d'onde et de mesurer les modifications que l'&#233;lectron lui fait subir (effet Doppler) ; mais la tache de diffraction est alors &#233;norme, et la position de l'&#233;lectron est tr&#232;s mal d&#233;finie. On a toujours, comme pr&#233;c&#233;demment, &#916;p * &#916;q = h. On est parti de ce r&#233;sultat pour proclamer la faillite du d&#233;terminisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a affirm&#233; que le mouvement des corpuscules de toute nature n'est pas d&#233;termin&#233;, puisqu'il serait impossible de d&#233;finir exp&#233;rimentalement au m&#234;me instant la position et la vitesse d'un corpuscule quelconque. C'&#233;tait justement dire qu'il n'&#233;tait qu'un d&#233;terminisme possible, celui de Laplace, et que, du moment que celui-ci ne se v&#233;rifiait pas dans le nouveau domaine &#233;tudi&#233;, il n'y avait pas de d&#233;terminisme du tout. Nous avons vu pourtant que d&#233;j&#224; l'aspect ondulatoire de la lumi&#232;re nous met en pr&#233;sence d'un d&#233;terminisme diff&#233;rent de celui de Laplace : il suffit ici de rappeler les tentatives nombreuses de la fin du si&#232;cle dernier pour donner une &#171; explication m&#233;canique &#187; de la th&#233;orie de Maxwell. Du fait que le d&#233;terminisme laplacien n'&#233;tait plus v&#233;rifi&#233;, il en &#233;tait qui parlaient du libre arbitre &#171; des &#233;lectrons &#187;, du &#171; libre choix &#187; que faisait la Nature dans telle ou telle &#233;ventualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lectron &#233;tait assimil&#233; &#224; un individu humain. Ces interpr&#233;tations allaient assez loin pour qu' Arthur Eddington p&#251;t &#233;crire dans son livre intitul&#233; La nature du monde physique : &#171; On pourra peut-&#234;tre dire, comme conclusion &#224; tirer de ces arguments fournis par la science moderne, que la religion est devenue acceptable pour un esprit scientifique raisonnable &#224; partir de 1927... Si notre pr&#233;vision se confirme que 1927 aura vu l'&#233;limination d&#233;finitive de la causalit&#233; stricte par Heisenberg, Bohr, Max Born et d'autres, cette ann&#233;e repr&#233;sentera certainement l'une des plus grandes &#233;poques dans le d&#233;veloppement de la pens&#233;e scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre r&#233;cent de Jordan (La physique du XX&#232;me si&#232;cle, 1938) abonde en formules d&#233;finitives : &#171; liquidation du mat&#233;rialisme &#187;, &#171; possibilit&#233;s positives tout &#224; fait nouvelles pour garantir au religieux son espace vital (Lebensraum !) sans contradiction avec la pens&#233;e scientifique &#187;, renoncement &#224; l'objectivit&#233;, etc. On a encore propos&#233;, &#8212; c'est aussi Jordan qui a particuli&#232;rement insist&#233; sur ce point, &#8212; de tirer de ce &#171; principe &#187; le moyen de r&#233;soudre certaines difficult&#233;s &#224; une tout autre &#233;chelle. Nous avons autour de nous la mati&#232;re dite morte et la mati&#232;re vivante r&#233;gies la premi&#232;re par les lois de la physico-chimie, la seconde par les lois de la biologie. Dans ces conditions, voil&#224; comment on expliquerait ce qui fait le fond de la diff&#233;rence entre ces deux aspects de la r&#233;alit&#233; : la physico-chimie n'a affaire qu'&#224; des syst&#232;mes o&#249; la statistique (par suite du grand nombre de particules) intervient tout de suite pour limiter les manifestations de la libert&#233; &#233;lectronique, tandis que la structure des &#234;tres vivants contient, en quelque sorte, des amplificateurs du &#171; libre choix &#187; de certains &#233;lectrons : nous aurions ainsi, dans notre syst&#232;me nerveux central, des r&#233;gions privil&#233;gi&#233;es o&#249; des &#233;lectrons particuliers effectueraient de fa&#231;on continuelle leur libre choix, et la vie ne serait pas autre chose que l'organisation amplificatrice de ce choix ! Essayons maintenant de nous rendre compte plus exactement de la situation. En explorant le domaine atomique, nous avons d&#233;couvert beaucoup de choses nouvelles : &#233;lectrons, photons, noyaux. Nous avons essay&#233; de transposer &#224; cette nouvelle &#233;chelle les conceptions, qui nous &#233;taient famili&#232;res, de la m&#233;canique et de l'&#233;lectromagn&#233;tisme &#171; classiques &#187;. Nous avons essay&#233; d'utiliser la notion de mouvement m&#233;canique simple, le d&#233;terminisme m&#233;canique de Laplace ; nous avons vu dans les &#233;lectrons, comme dans les autres particules, une sorte d'extrapolation jusqu'&#224; une t&#233;nuit&#233; extr&#234;me des objets auxquels nous sommes habitu&#233;s. L'exp&#233;rience nous apprend alors qu'il n'est pas possible de conna&#238;tre avec pr&#233;cision &#224; la fois la position et la vitesse d'un corpuscule, en vue de la pr&#233;vision de son mouvement ult&#233;rieur. Et nous en concluons tout de suite : les lois de la nature comportent une ind&#233;termination fondamentale ! Pourquoi ne pas admettre plut&#244;t que notre conception corpusculaire est inad&#233;quate, qu'il n'est pas possible de repr&#233;senter le monde intraatomique en extrapolant jusqu'&#224; l'extr&#234;me limite notre conception macroscopique, m&#233;caniste du mobile ? Si la nature ne r&#233;pond pas de mani&#232;re pr&#233;cise lorsque nous lui posons une question sur l'&#233;lectron assimil&#233; au corpuscule de la m&#233;canique classique, il y a. beaucoup de pr&#233;tention de notre part &#224; conclure : le d&#233;terminisme n'existe pas dans la nature. Il serait plus juste de dire : la question est mal pos&#233;e, l'&#233;lectron n'est pas assimilable au corpuscule de la m&#233;canique classique. Il ne doit donc pas s'agir d'incriminer la nature, mais de changer, &#8212; ce qui est plus difficile, en tout cas plus f&#233;cond, &#8212; la fa&#231;on m&#234;me dont est formul&#233;e la question. Ce dont il s'agit en r&#233;alit&#233;, ce n'est pas du tout d'une crise du d&#233;terminisme en g&#233;n&#233;ral, mais bien d'une crise du m&#233;canisme que nous essayons d'utiliser pour repr&#233;senter un domaine nouveau. Nous constatons en fait l'insuffisance, dans le domaine microscopique, des conceptions qui avaient r&#233;ussi dans le domaine macroscopique, qui avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es &#224; son usage et &#224; son contact prolong&#233; pendant tant de g&#233;n&#233;rations. Le monde devant lequel nous nous trouvons est donc infiniment plus riche que ne l'imaginait Blaise Pascal lorsqu'il admettait une m&#234;me structure, de l'infiniment grand &#224; l'infiniment petit, &#224; une &#233;chelle de plus en plus r&#233;duite. A ce point de vue nous devrions retrouver les m&#234;mes aspects &#224; tous les &#233;tages et pouvoir utiliser partout les m&#234;mes notions. Mais la r&#233;alit&#233; est beaucoup plus riche ; chaque &#233;tage nouveau o&#249; l'exp&#233;rience nous permet de descendre nous apporte des v&#233;rit&#233;s nouvelles, exige de nous un effort nouveau de construction th&#233;orique. J'ai la conviction profonde que cet effort doit se poursuivre dans la voie qui nous a d&#233;j&#224; conduits si loin, ;, je suis convaincu qu'en renon&#231;ant &#224; la conception d&#233;terministe, nous priverions la science de son ressort essentiel, de ce qui a fait jusqu'ici sa force et son succ&#232;s, la confiance dans l'intelligibilit&#233; du monde. Rien dans les difficult&#233;s actuelles ne justifie ou n'impose un changement d'attitude qui &#233;quivaudrait, selon moi, &#224; une abdication. Souvent, on interpr&#232;te, par exemple, la constante h de Planck comme fixant les limites du domaine dans lequel r&#232;gnent l'ind&#233;terminisme, le &#171; hasard pur &#187;. Mais cette limite de l'ind&#233;termination est singuli&#232;rement d&#233;termin&#233;e, par cette constante connue &#224; un milli&#232;me pr&#232;s. Cette constante h joue un r&#244;le fondamental dans les lois profondes de la nature et dans les ph&#233;nom&#232;nes les plus divers : on aimerait savoir un peu mieux sa signification profonde et ne pas renoncer &#224; l'attitude scientifique au moment o&#249; elle n'a jamais &#233;t&#233; plus n&#233;cessaire ni probablement plus f&#233;conde. Il n'est pas suffisant de dire que la constante h d&#233;termine l'ind&#233;termination. Le succ&#232;s m&#234;me de la th&#233;orie moderne de l'atome montre la n&#233;cessit&#233; pour le physicien de rester fid&#232;le au guide le plus s&#251;r de son activit&#233;, qui est d'aller toujours plus loin dans la recherche d'un d&#233;terminisme. Nous ne devons pas &#234;tre autrement surpris de ces difficult&#233;s dont l'importance est en proportion des progr&#232;s accomplis ou en pr&#233;paration. Il nous faut travailler avec les conceptions dont nous avions l'habitude, avec tout l'&#233;quipement intellectuel constitu&#233; par notre science au cours d'une histoire encore toute r&#233;cente. C'est ainsi que nous pourrons r&#233;soudre la t&#226;che qui s'impose &#224; nous : interpr&#233;ter tout un monde de faits enti&#232;rement nouveaux, tout d'abord dans le domaine atomique, puis dans le nouveau domaine de la physicochimie nucl&#233;aire. Peut-&#234;tre, avec les nouvelles particules que cette science a permis de d&#233;couvrir, &#8212; neutrons, m&#233;sotons, neutrinos, &#8212; aurons-nous autant de surprises dans ce deuxi&#232;me sous-sol par rapport au premier, que nous en avons eu dans celui-ci par rapport &#224; notre exp&#233;rience macroscopique. Cela veut dire que nous aurons &#224; forger des instruments nouveaux comme nos anc&#234;tres ont forg&#233; les notions dont nous avons l'habitude de nous servir. Ces derni&#232;res notions nous paraissent concr&#232;tes et simples parce qu'elles nous sont famili&#232;res. Mais nous avons vu dans notre exp&#233;rience r&#233;cente des notions tr&#232;s abstraites et difficilement assimilables au d&#233;but se colorer de concret par la pratique : qu'il me suffise, ici de rappeler des notions comme celle du potentiel ou de l'entropie, dont l'usage est courant aujourd'hui, mais qui, dans ma jeunesse, paraissaient d'une tr&#232;s grande abstraction. Nous ne devons pas nous refuser &#224; admettre des possibilit&#233;s analogues dans notre physique de l'atome ou du noyau. Je suis convaincu que la confrontation prolong&#233;e avec l'exp&#233;rience nous permettra de colorer, de rendre toujours plus concr&#232;tes les notions qui sont contenues en puissance dans les &#233;quations d&#233; la nouvelle dynamique et que nous devons en d&#233;gager. Nous assistons &#224; un moment particuli&#232;rement important du d&#233;veloppement de cette chose vivante qu'est notre raison. Elle n'est pas donn&#233;e a priori, elle n'a pas les cadres rigides qu'on croyait pouvoir lui imposer autrefois. Refl&#233;tant toujours mieux le monde ext&#233;rieur, cette raison &#233;volue, s'insinue de plus en plus pr&#232;s de cette r&#233;alit&#233; que nous connaissons et que nous dominons toujours davantage. Il y a une quarantaine d'ann&#233;es, il n'&#233;tait question que de la &#171; crise de l'atomisme &#187;, et le progr&#232;s de la Physique a d&#233;finitivement attest&#233; la r&#233;alit&#233; des atomes. Aujourd'hui on parle de &#171; crise du d&#233;terminisme &#187; alors qu'au vrai, la d&#233;termination objective des faits est mieux connue aujourd'hui qu'elle ne l'&#233;tait hier. Certes, &#224; mesure que notre connaissance du r&#233;el progresse, nous sommes amen&#233;s &#224; modifier la conception que nous nous faisons du d&#233;terminisme. Mais ceux qui pr&#233;sentent l'&#233;volution de notre connaissance du d&#233;terminisme comme la faillite de celui-ci ont beau se r&#233;clamer de la science la plus moderne, ce n'est pas d'elle qu'ils tirent cette id&#233;e ; ils la tirent d'une vieille philosophie hostile &#224; la science qu'ils cherchent &#224; r&#233;introduire dans la science. Et lorsque les philosophes id&#233;alistes se r&#233;clament de tel ou tel physicien id&#233;aliste, ils ne font que reprendre chez lui les conceptions qu'ils lui ont pr&#234;t&#233;es eux-m&#234;mes. La puissance de la science &#224; conna&#238;tre le r&#233;el tel qu'il est, voil&#224; en fait la le&#231;on qui se d&#233;gage d'une mani&#232;re particuli&#232;rement saisissante de tous les progr&#232;s que la physique moderne a d&#233;j&#224; accomplis et de tous ceux qu'annoncent d&#232;s &#224; pr&#233;sent les recherches actuellement en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Paul Langevin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce qu'un d&#233;mon de Laplace ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article6346</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article6346</guid>
		<dc:date>2019-04-11T22:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Une intelligence qui, pour un instant donn&#233;, conna&#238;trait toutes les forces dont la nature est anim&#233;e, et la situation respective des &#234;tres qui la composent, si d'ailleurs elle &#233;tait assez vaste pour soumettre ces donn&#233;es &#224; l'analyse, embrasserait dans la m&#234;me formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus l&#233;ger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir comme le pass&#233; serait pr&#233;sent &#224; ses yeux. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous devons envisager l'&#233;tat pr&#233;sent de l'univers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Une intelligence qui, pour un instant donn&#233;, conna&#238;trait toutes les forces dont la nature est anim&#233;e, et la situation respective des &#234;tres qui la composent, si d'ailleurs elle &#233;tait assez vaste pour soumettre ces donn&#233;es &#224; l'analyse, embrasserait dans la m&#234;me formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus l&#233;ger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir comme le pass&#233; serait pr&#233;sent &#224; ses yeux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous devons envisager l'&#233;tat pr&#233;sent de l'univers comme l'effet de son &#233;tat ant&#233;rieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donn&#233;, conna&#238;trait toutes les forces dont la nature est anim&#233;e et la situation respective des &#234;tres qui la composent, si d'ailleurs elle &#233;tait assez vaste pour soumettre ces donn&#233;es &#224; l'analyse, embrasserait dans la m&#234;me formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus l&#233;ger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le pass&#233;, serait pr&#233;sent &#224; ses yeux. L'esprit humain offre, dans la perfection qu'il a su donner &#224; l'astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses d&#233;couvertes en m&#233;canique et en g&#233;om&#233;trie, jointes &#224; celles de la pesanteur universelle, l'ont mis &#224; port&#233;e de comprendre dans les m&#234;mes expressions analytiques les &#233;tats pass&#233;s et futurs du syst&#232;me du monde. En appliquant la m&#234;me m&#233;thode &#224; quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu &#224; ramener &#224; des lois g&#233;n&#233;rales les ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s, et &#224; pr&#233;voir ceux que les circonstances donn&#233;es doivent faire &#233;clore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Simon Laplace, &#171; Essai philosophique sur les probabilit&#233;s &#187; (1819)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Essai_philosophique_sur_les_probabilit%C3%A9s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11902 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH339/laplace4-9b21b.jpg?1780179678' width='500' height='339' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L214xH320/4167ciDSEAL-_AC_UL320_SR214_320_-81b5e.jpg?1780179678' width='214' height='320' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/entropy-expansion-Laplace-78975.gif?1780179678' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un &#171; d&#233;mon de Laplace &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;mon de Laplace, ce n'est pas le d&#233;mon de la religion, mais plus proche du daemon de Socrate ! Ce serait une esp&#232;ce d'esprit qui saurait les choses &#224; notre place et qui saurait tout. Contrairement &#224; la notion d'esprit sup&#233;rieur, il s'agirait d'une connaissance compl&#232;te du monde mat&#233;riel par lui-m&#234;me, ce qui suppose une pr&#233;d&#233;termination mat&#233;rielle et non spirituelle&#8230; L'avenir y est compl&#232;tement d&#233;termin&#233; par le pass&#233;. Toute connaissance compl&#232;te du pass&#233; entra&#238;ne la connaissance totale du futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laplace a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; dans cette voie par Leibnitz et Boscovich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gotfried Leibniz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout se passe math&#233;matiquement ... Si quelqu'un pouvait avoir une id&#233;e suffisante de l'int&#233;rieur des choses, et qu'il avait en outre suffisamment de m&#233;moire et d'intelligence pour tenir compte de toutes les circonstances et les prendre en compte, il serait un proph&#232;te et verrait l'avenir dans le pass&#233;, pr&#233;sent comme dans un miroir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scientifique serbe Roger Joseph Boscovich (1711-1787) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toute question, &#224; l'exception des mouvements libres r&#233;sultant d'une volont&#233; arbitraire, doit d&#233;crire une ligne courbe continue dont la d&#233;termination peut &#234;tre r&#233;duite au probl&#232;me g&#233;n&#233;ral suivant. &#201;tant donn&#233; un nombre de points de la mati&#232;re, et donn&#233;, pour chacun d'eux, le point d'espace qu'il occupe &#224; un instant donn&#233; ; &#233;galement donn&#233; la direction et la vitesse du mouvement initial si elles &#233;taient projet&#233;es, ou la vitesse tangentielle si elles sont d&#233;j&#224; en mouvement ; &amp; &#233;tant donn&#233; la loi des forces exprim&#233;e par une courbe continue, qui contient cette th&#233;orie ; il est n&#233;cessaire de trouver le chemin de chacun des points, c'est-&#224;-dire la ligne sur laquelle chacun se d&#233;place. [...] Maintenant, bien qu'un probl&#232;me de ce genre d&#233;passe toutes les puissances de l'intellect humain, tout g&#233;om&#232;tre peut facilement voir jusqu'ici, que le probl&#232;me est d&#233;termin&#233;, et que de telles courbes seront toutes continues [... ] &amp; un esprit qui avait les pouvoirs n&#233;cessaires pour traiter un tel probl&#232;me de mani&#232;re appropri&#233;e &amp; &#233;tait assez brillant pour en percevoir les solutions (&amp; un tel esprit pourrait m&#234;me &#234;tre fini, &#224; condition que le nombre de points soit fini, &amp; la notion de la courbe repr&#233;sentant la loi des forces &#233;taient donn&#233;es par une repr&#233;sentation finie), un tel esprit pourrait, &#224; partir d'un arc continu d&#233;crit dans un intervalle de temps, si petit soit-il, par tous les points de la mati&#232;re, d&#233;river la loi des forces elles-m&#234;mes ; [...] Maintenant, si la loi des forces &#233;tait connue, et la position, la vitesse et la direction de tous les points &#224; un moment donn&#233;, il serait possible pour un esprit de ce type de pr&#233;voir tous les mouvements et &#233;tats ult&#233;rieurs n&#233;cessaires , &amp; pr&#233;voir tous les ph&#233;nom&#232;nes qui en d&#233;coulent n&#233;cessairement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e du d&#233;terminisme universel avait aussi &#233;t&#233; d&#233;fendue par le baron d'Holbach :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans un tourbillon de poussi&#232;re qu'&#233;l&#232;ve un vent imp&#233;tueux ; quel qu'il paraisse &#224; nos yeux, dans la plus affreuse temp&#234;te excit&#233;e par des vents oppos&#233;s qui soul&#232;vent les flots, il n'y a pas une seule mol&#233;cule de poussi&#232;re ou d'eau qui soit plac&#233;e au hasard, qui n'ait sa cause suffisante pour occuper le lieu o&#249; elle se trouve, et qui n'agisse rigoureusement de la mani&#232;re dont elle doit agir. Un g&#233;om&#232;tre qui conna&#238;trait exactement les diff&#233;rentes forces qui agissent dans les deux cas, et les propri&#233;t&#233;s des mol&#233;cules qui sont mues, d&#233;montrerait que, d'apr&#232;s les causes donn&#233;es, chaque mol&#233;cule agit pr&#233;cis&#233;ment comme elle doit agir, et ne peut agir autrement qu'elle ne fait. &#187; &#8212; Paul Henri Thiry d'Holbach, Syst&#232;me de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Simon de Laplace dans &#171; Essai philosophique sur les probabilit&#233;s &#187; (1819) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tous les &#233;v&#233;nemens, ceux m&#234;mes qui par leur petitesse, semblent ne pas tenir aux grandes lois de la nature, en sont une suite aussi n&#233;cessaire que les r&#233;volutions du Soleil. Dans l'ignorance des liens qui les unissent au syst&#232;me entier de l'univers, on les a fait d&#233;pendre des causes finales, ou du hasard, suivant qu'ils arrivaient et se succ&#233;daient avec r&#233;gularit&#233;, ou sans ordre apparent ; mais ces causes imaginaires ont &#233;t&#233; successivement recul&#233;es avec les bornes de nos connaissances, et disparaissent enti&#232;rement devant la saine philosophie, qui ne voit en elles que l'expression de l'ignorance o&#249; nous sommes des v&#233;ritables causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nemens actuels ont, avec les pr&#233;c&#233;dens, une liaison fond&#233;e sur le principe &#233;vident, qu'une chose ne peut pas commencer d'&#234;tre, sans une cause qui la produise. Cet axiome, connu sous le nom de principe de la raison suffisante, s'&#233;tend aux actions m&#234;mes que l'on juge indiff&#233;rentes. La volont&#233; la plus libre ne peut sans un motif d&#233;terminant, leur donner naissance ; car si toutes les circonstances de deux positions &#233;tant exactement semblables, elle agissait dans l'une et s'abstenait d'agir dans l'autre, son choix serait un effet sans cause : elle serait alors, dit Leibnitz, le hasard aveugle des &#233;picuriens. L'opinion contraire est une illusion de l'esprit qui, perdant de vue les raisons fugitives du choix de la volont&#233; dans les choses indiff&#233;rentes, se persuade qu'elle s'est d&#233;termin&#233;e d'elle-m&#234;me et sans motifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons donc envisager l'&#233;tat pr&#233;sent de l'univers, comme l'effet de son &#233;tat ant&#233;rieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donn&#233;, conna&#238;trait toutes les forces dont la nature est anim&#233;e, et la situation respective des &#234;tres qui la composent, si d'ailleurs elle &#233;tait assez vaste pour soumettre ces donn&#233;es &#224; l'analyse, embrasserait dans la m&#234;me formule les mouvemens des plus grands corps de l'univers et ceux du plus l&#233;ger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir comme le pass&#233;, serait pr&#233;sent &#224; ses yeux. L'esprit humain offre, dans la perfection qu'il a su donner &#224; l'Astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses d&#233;couvertes en M&#233;canique et en G&#233;om&#233;trie, jointes &#224; celle de la pesanteur universelle, l'ont mis &#224; port&#233;e de comprendre dans les m&#234;mes expressions analytiques, les &#233;tats pass&#233;s et futurs du syst&#232;me du monde. En appliquant la m&#234;me m&#233;thode &#224; quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu &#224; ramener &#224; des lois g&#233;n&#233;rales les ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s, et &#224; pr&#233;voir ceux que des circonstances donn&#233;es doivent faire &#233;clore. Tous ces efforts dans la recherche de la v&#233;rit&#233;, tendent &#224; le rapprocher sans cesse de l'intelligence que nous venons de concevoir, mais dont il restera toujours infiniment &#233;loign&#233;. Cette tendance, propre &#224; l'esp&#232;ce humaine, est ce qui la rend sup&#233;rieure aux animaux ; et ses progr&#232;s en ce genre, distinguent les nations et les si&#232;cles, et font leur v&#233;ritable gloire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons-nous qu'autrefois, et &#224; une &#233;poque qui n'est pas encore bien recul&#233;e, une pluie ou une s&#233;cheresse extr&#234;me, une com&#232;te tra&#238;nant apr&#232;s elle une queue fort &#233;tendue, les &#233;clipses, les aurores bor&#233;ales et g&#233;n&#233;ralement tous les ph&#233;nom&#232;nes extraordinaires &#233;taient regard&#233;s comme autant de signes de la col&#232;re c&#233;leste. On invoquait le ciel pour d&#233;tourner leur funeste influence. On ne le priait point de suspendre le cours des plan&#232;tes et du Soleil : l'observation e&#251;t bient&#244;t fait sentir l'inutilit&#233; de ces pri&#232;res. Mais comme ces ph&#233;nom&#232;nes arrivant et disparaissant &#224; de longs intervalles, semblaient contrarier l'ordre de la nature, on supposait que le ciel irrit&#233; par les crimes de la terre, les faisait na&#238;tre pour annoncer ses vengeances. Ainsi la longue queue de la com&#232;te de 1456 r&#233;pandit la terreur dans l'Europe, d&#233;j&#224; constern&#233;e par les succ&#232;s rapides des Turcs qui venaient de renverser le Bas-Empire. Cet astre, apr&#232;s quatre de ses r&#233;volutions, a excit&#233; parmi nous un int&#233;r&#234;t bien diff&#233;rent. La connaissance des lois du syst&#232;me du monde, acquise dans cet intervalle, avait dissip&#233; les craintes enfant&#233;es par l'ignorance des vrais rapports de l'homme avec l'univers ; et Halley ayant reconnu l'identit&#233; de cette com&#232;te, avec celles des ann&#233;es 1531, 1607 et 1682, annon&#231;a son retour prochain pour la fin de 1758 ou le commencement de 1759. Le monde savant attendit avec impatience, ce retour qui devait confirmer l'une des plus grandes d&#233;couvertes que l'on e&#251;t faites dans les sciences, et accomplir la pr&#233;diction de S&#233;n&#232;que, lorsqu'il a dit, en parlant de la r&#233;volution de ces astres qui descendent d'une &#233;norme distance : &#171; Le jour viendra que par une &#233;tude suivie, de plusieurs si&#232;cles, les choses actuellement cach&#233;es para&#238;tront avec &#233;vidence ; et la post&#233;rit&#233; s'&#233;tonnera que des v&#233;rit&#233;s si claires nous aient &#233;chapp&#233;. &#187; Clairaut entreprit alors de soumettre &#224; l'analyse les perturbations que la com&#232;te avait &#233;prouv&#233;es par l'action des deux plus grosses plan&#232;tes, Jupiter et Saturne ; apr&#232;s d'immenses calculs, il fixa son prochain passage au p&#233;rih&#233;lie, vers le commencement d'avril 1759, ce que l'observation ne tarda pas &#224; v&#233;rifier. La r&#233;gularit&#233; que l'Astronomie nous montre dans le mouvement des com&#232;tes, a lieu sans aucun doute, dans tous les ph&#233;nom&#232;nes. La courbe d&#233;crite par une simple mol&#233;cule d'air ou de vapeurs, est r&#233;gl&#233;e d'une mani&#232;re aussi certaine, que les orbites plan&#233;taires : il n'y a de differences entre elles, que celle qu'y met notre ignorance. &lt;br class='autobr' /&gt;
La probabilit&#233; est relative en partie &#224; cette ignorance, en partie &#224; nos connaissances. Nous savons que sur trois ou un plus grand nombre d'&#233;v&#232;nemens, un seul doit arriver ; mais rien ne porte &#224; croire que l'un d'eux arrivera plut&#244;t que les autres. Dans cet &#233;tat d'ind&#233;cision, il nous est impossible de prononcer avec certitude sur leur arriv&#233;e. Il est cependant probable qu'un de ces &#233;v&#232;nemens pris &#224; volont&#233;, n'arrivera pas, parce que nous voyons plusieurs cas &#233;galement possibles qui excluent son existence, tandis qu'un seul la favorise. &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie des hasards consiste &#224; r&#233;duire tous les &#233;v&#232;nemens du m&#234;me genre, &#224; un certain nombre de cas &#233;galement possibles, c'est-&#224;-dire tels que nous soyons &#233;galement ind&#233;cis sur leur existence, et &#224; d&#233;terminer le nombre de cas favorables &#224; l'&#233;v&#232;nement dont on cherche la probabilit&#233;. Le rapport de ce nombre &#224; celui de tous les cas possibles, est la mesure de cette probabilit&#233; qui n'est ainsi qu'une fraction dont le num&#233;rateur est le nombre des cas favorables, et dont le d&#233;nominateur est le nombre de tous les cas possibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
La notion pr&#233;c&#233;dente de la probabilit&#233; suppose qu'en faisant cro&#238;tre dans le m&#234;me rapport, le nombre des cas favorables, et celui de tous les cas possibles, la probabilit&#233; reste la m&#234;me. Pour s'en convaincre, que l'on consid&#232;re deux urnes A et B, dont la premi&#232;re contienne quatre boules blanches et deux noires, et dont la seconde ne renferme que deux boules blanches et une noire. On peut imaginer les deux boules noires de la premi&#232;re urne, attach&#233;es &#224; un fil qui se rompt au moment o&#249; l'on saisit l'une d'elles pour l'extraire, et les quatre boules blanches formant deux syst&#232;mes semblables. Toutes les chances qui feront saisir l'une des boules du syst&#232;me noir, am&#232;neront une boule noire. Si l'on con&#231;oit maintenant que les fils qui unissent les boules, ne se rompent point, il est clair que le nombre des chances possibles ne changera pas, non plus que celui des chances favorables &#224; l'extraction des boules noires ; seulement, on tirera de l'urne deux boules &#224; la fois ; la probabilit&#233; d'extraire une boule noire de l'urne sera donc la m&#234;me qu'auparavant. Mais alors on a &#233;videmment le cas de l'urne B, avec la seule diff&#233;rence, que les trois boules de cette derni&#232;re urne soient remplac&#233;es par trois syst&#232;mes de deux boules invariablement unies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand tous les cas sont favorables &#224; un &#233;v&#232;nement, sa probabilit&#233; se change en certitude, et son expression devient &#233;gale &#224; l'unit&#233;. Sous ce rapport, la certitude et la probabilit&#233; sont comparables, quoiqu'il y ait une diff&#233;rence essentielle entre les deux &#233;tats de l'esprit, lorsqu'une v&#233;rit&#233; lui est rigoureusement d&#233;montr&#233;e, ou lorsqu'il aper&#231;oit encore une petite source d'erreur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les choses qui ne sont que vraisemblables, la diff&#233;rence des donn&#233;es que chaque homme a sur elles, est une des causes principales de la diversit&#233; des opinions que l'on voit r&#233;gner sur les m&#234;mes objets. Supposons, par exemple, que l'on ait trois urnes A, B, C, dont une ne contienne que des boules noires, tandis que les deux autres ne renferment que des boules blanches, on doit tirer une boule de l'urne C, et l'on demande la probabilit&#233; que cette boule sera noire. Si l'on ignore quelle est celle des trois urnes qui ne renferme que des boules noires, en sorte que l'on n'ait aucune raison de croire qu'elle est plut&#244;t C que B ou A ; ces trois hypoth&#232;ses para&#238;tront &#233;galement possibles, et comme une boule noire ne peut &#234;tre extraite que dans la premi&#232;re hypoth&#232;se, la probabilit&#233; de l'extraire est &#233;gale &#224; un tiers. Si l'on sait que l'urne A ne contient que des boules blanches, l'ind&#233;cision ne porte plus alors que sur les urnes B et C, et la probabilit&#233; que la boule extraite de l'urne C sera noire est un demi. Enfin, cette probabilit&#233; se change en certitude, si l'on est assur&#233; que les urnes A et B ne contiennent que des boules blanches. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que le m&#234;me fait, r&#233;cit&#233; devant une nombreuse assembl&#233;e, obtient divers degr&#233;s de croyance, suivant l'&#233;tendue des connaissances des auditeurs. Si l'homme qui le rapporte en est intimement persuad&#233;, et si, par son &#233;tat et par son caract&#232;re, il inspire une grande confiance ; son r&#233;cit, quelque extraordinaire qu'il soit, aura, pour les auditeurs d&#233;pourvus de lumi&#232;res, le m&#234;me degr&#233; de vraisemblance qu'un fait ordinaire rapport&#233; par le m&#234;me homme, et ils lui ajouteront une foi enti&#232;re. Cependant si quelqu'un d'eux sait que le m&#234;me fait est rejet&#233; par d'autres hommes &#233;galement respectables, il sera dans le doute, et le fait sera jug&#233; faux par les auditeurs &#233;clair&#233;s qui le trouveront contraire, soit &#224; des faits bien av&#233;r&#233;s, soit aux lois immuables de la nature. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; l'influence de l'opinion de ceux que la multitude juge les plus instruits, et &#224; qui elle a coutume de donner sa confiance sur les plus importans objets de la vie, qu'est due la propagation de ces erreurs qui, dans les temps d'ignorance, ont couvert la face du monde. La Magie et l'Astrologie nous en offrent deux grands exemples. Ces erreurs inculqu&#233;es d&#232;s l'enfance, adopt&#233;es sans examen, et n'ayant pour base que la croyance universelle, se sont maintenues pendant tr&#232;s long-temps, jusqu'&#224; ce qu'enfin le progr&#232;s des sciences les ait d&#233;truites dans l'esprit des hommes &#233;clair&#233;s, dont ensuite l'opinion les a fait dispara&#238;tre chez le peuple m&#234;me, par le pouvoir de l'imitation et de l'habitude, qui les avait si g&#233;n&#233;ralement r&#233;pandues. Ce pouvoir, le plus puissant ressort du monde moral, &#233;tablit et conserve dans toute une nation des id&#233;es enti&#232;rement contraires &#224; celles qu'il maintient ailleurs avec le m&#234;me empire. Quelle indulgence ne devons-nous donc pas avoir pour les opinions diff&#233;rentes des n&#244;tres, puisque cette diff&#233;rence ne d&#233;pend souvent que des points de vue divers o&#249; les circonstances nous ont plac&#233;s ! &#201;clairons ceux que nous ne jugeons pas suffisamment instruits ; mais auparavant, examinons s&#233;v&#232;rement nos propres opinions, et pesons avec impartialit&#233; leurs probabilit&#233;s respectives. &lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;rence des opinions d&#233;pend encore de la mani&#232;re dont on d&#233;termine l'influence des donn&#233;es qui sont connues. La th&#233;orie des probabilit&#233;s tient &#224; des consid&#233;rations si d&#233;licates, qu'il n'est pas surprenant qu'avec les m&#234;mes donn&#233;es, deux personnes trouvent des r&#233;sultats diff&#233;rens, surtout dans les questions tr&#232;s compliqu&#233;es. Expliquons ici les principes g&#233;n&#233;raux de cette Th&#233;orie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de citation de Laplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de remarquer que le d&#233;mon de Laplace n'est pas la seule conception possible du d&#233;terminisme, m&#234;me si c'est la plus radicale et la plus connue. On notera, &#224; l'extr&#234;me oppos&#233; &#224; la conception de Laplace, le d&#233;terminisme chaotique. En somme, ce n'est pas &#171; ou Laplace ou l'ind&#233;terminisme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera &#233;galement que, si la physique quantique d&#233;truit la conception de Laplace, elle ne d&#233;molit pas n&#233;cessairement tout d&#233;terminisme. Des conceptions de la physique quantique comme celles de Planck, d'Einstein ou de Broglie, pour ne citer que ceux-l&#224;, sont d&#233;terministes. Pour certains physiciens quantiques, les in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg d&#233;truisent compl&#232;tement le d&#233;terminisme mais d'autres physiciens affirment seulement que c'est le m&#233;canicisme qui est d&#233;truit, &#224; savoir la conception des particules comme des objets en mouvement m&#233;canique au lieu de structures dynamiques, sans cesse changeantes, en interaction avec le vide quantique. Les particules ne sont ni des corpuscules ni des ondes et ne peuvent pas &#234;tre li&#233;es &#224; un d&#233;terminisme des corpuscules ni &#224; un d&#233;terminisme des ondes. Par contre, l'&#233;quation de Schr&#246;dinger est d&#233;terministe et elle concerne les quantons (complexe d'onde et de corpuscule).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le passage du macroscopique au microscopique au sein de l'exp&#233;rience, probl&#232;me central de la physique quantique qui est contrainte de passer par des appareils et des observateurs macroscopiques pour &#233;tudier des ph&#233;nom&#232;nes quantiques alors que les deux mondes ne suivent pas le m&#234;me type de lois, a &#233;t&#233; parfois interpr&#233;t&#233; dans un sens subjectiviste, l'intervention de l'observateur &#233;tant cens&#233;e produire le r&#233;sultat obtenu, mais cela n'est pas la seule interpr&#233;tation. D&#232;s que l'on raisonne sur des quantons, on peut interpr&#233;ter des exp&#233;riences comme celle des fentes de Young sans pr&#233;tendre que c'est l'action de l'observateur qui dicte les r&#233;sultats. La d&#233;coh&#233;rence, qui explique ce passage entre deux niveaux de structure de la r&#233;alit&#233;, n'est pas ind&#233;terministe ni subjectiviste ! En fait, la physique quantique rend inutile l'affirmation de Laplace, au sens o&#249; cette affirmation suppose une connaissance parfaite d'un &#233;tat initial, connaissance que la physique quantique affirme comme impossible. Elle en d&#233;duit une possibilit&#233; de pr&#233;dire le pass&#233; comme le futur, mais, une fois admis que l'on ne conna&#238;t pas compl&#232;tement un &#233;tat &#224; un instant donn&#233;, cette conclusion n'a plus de n&#233;cessit&#233;&#8230; Les in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg emp&#234;chent toute connaissance absolue d'un param&#232;tre, toute connaissance qui ne soit pas qu'une approximation. Du coup, la pr&#233;dictibilit&#233; de tout ph&#233;nom&#232;ne quantique ne peut qu'&#234;tre une certaine probabilit&#233; et non une certitude. Cela ne d&#233;truit pas totalement la pr&#233;dictibilit&#233; puisqu'une probabilit&#233; est pr&#233;cis&#233;ment et assur&#233;ment pr&#233;dite et ne d&#233;truit pas non plus tout d&#233;terminisme puisque les futurs possible sont loin d'&#234;tre quelconques et sont d&#233;termin&#233;s par l'&#233;tat pass&#233;. La causalit&#233;, la pr&#233;dictibilit&#233;, le d&#233;terminisme se sont transform&#233;s mais n'ont pas disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est apparu des complexes ins&#233;parables de ph&#233;nom&#232;nes et de propri&#233;t&#233;s que l'on consid&#233;rait comme incompatibles corpusculaire/ondulatoire, al&#233;atoire/d&#233;termin&#233;, durable/&#233;ph&#233;m&#232;re, r&#233;el/virtuel, actuel/potentiel, ordre/d&#233;sordre, stable/instable, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une v&#233;ritable dialectique de la nature qui appara&#238;t et qui est aussi une dialectique du d&#233;termin&#233; et de l'ind&#233;termin&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle diff&#233;rence entre un &#171; d&#233;mon de Maxwell &#187; et un &#171; d&#233;mon de Laplace &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mon de Laplace pose la question de la pr&#233;dictibilit&#233; et le d&#233;mon de Maxwell celle de la r&#233;versibilit&#233;, ce qui est &#233;videmment tr&#232;s diff&#233;rent. Ils ont en commun d'&#234;tre des esp&#232;ces d'esprit connaissant tout, jusqu'au plus petit des objets et de leurs mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;mon de Laplace, c'est un d&#233;mon math&#233;maticien, un esprit capable de calculer toute position pr&#233;c&#233;dente ou suivante &#224; partir d'une position pr&#233;cis&#233;ment donn&#233;e. Un d&#233;mon de Maxwell, c'est un ph&#233;nom&#232;ne naturel permettant de faire revenir la thermodynamique d'un fluide dans sa position initiale malgr&#233; l'agitation d&#233;sordonn&#233;e et al&#233;atoire des mol&#233;cules des fluides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cr&#233;er un lien entre l'information et l'entropie, Maxwell a invent&#233; un &#234;tre hypoth&#233;tique, un &#171; d&#233;mon &#187;, qui utilise son aptitude &#224; traiter de l'information en la m&#233;morisant afin de r&#233;duire l'entropie d'un gaz homog&#232;ne (&#224; une temp&#233;rature donn&#233;e). En bref, le d&#233;mon est capable de mesurer la vitesse des mol&#233;cules de gaz et ouvrir ou fermer un clapet entre les deux compartiments en fonction de la vitesse des mol&#233;cules, les maintenant d'un c&#244;t&#233; si elles vont vite, et de l'autre c&#244;t&#233;, si elles sont lentes. Cette action va construire deux compartiments, l'un chaud et l'autre froid, et inverser le temps, agissant apparemment contre le second principe de la thermophysique. Beaucoup de travaux ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s depuis cette premi&#232;re vision, et, afin d'&#233;viter le paradoxe de l'inversion du deuxi&#232;me principe, Leo Szilard a avanc&#233; l'id&#233;e que la cr&#233;ation d'information requiert de l'&#233;nergie pour tenir compte de la fa&#231;on dont le d&#233;mon de Maxwell pourrait agir [Szilard, 1929]. La th&#233;orie de l'information a repris ce genre d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience pens&#233;e par Maxwell pour contredire le second principe de la thermodynamique est relativement simple &#224; comprendre mais extr&#234;mement difficile &#224; mettre en &#339;uvre, d'o&#249; la cr&#233;ation de ce &#171; d&#233;mon &#187;. Imaginons 2 compartiments contigus dans lesquels on a mis d'un cot&#233; un gaz froid et de l'autre un gaz chaud. Il existe une porte entre ces 2 compartiments et un d&#233;mon peut l'ouvrir et la fermer &#224; sa guise. Le d&#233;mon, malicieux, ouvre la porte de mani&#232;re &#224; ce que les atomes rapides passent dans le compartiment chaud et que les atomes lents passent dans le compartiment froid. Ainsi, plus le temps s'&#233;coule et plus le gaz chaud se r&#233;chauffe et plus le gaz froid se refroidit. Cette observation est en contradiction avec le second principe de la thermodynamique car les 2 compartiments voient leur entropie d&#233;cro&#238;tre : en effet, il y a plus d'ordre qu'au d&#233;part comme on a s&#233;par&#233; les atomes rapides de ceux plus lents. La thermodynamique nous dit que dans le temps, les temp&#233;ratures des 2 compartiments devraient converger vers la m&#234;me valeur alors qu'ici ce n'est pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mon, pour prendre les d&#233;cisions de laisser passer ou de renvoyer une particule, est oblig&#233; de l'observer, donc d'utiliser l'information dont il dispose. La quantit&#233; d'information que cela repr&#233;sente est minime, mais si on passe au niveau microscopique, avec 1023 fois plus de mol&#233;cules, l'information ainsi utilis&#233;e par le d&#233;mon de Maxwell, que l'on suppose non disponible par l'observateur macroscopique, est importante. La baisse d'entropie d&#233;coulant de l'exploitation des informations accessibles au d&#233;mon correspond alors exactement &#224; la diff&#233;rence entre information accessible &#224; l'observateur macroscopique et information accessible au d&#233;mon. L'impossibilit&#233;, pour l'observateur macroscopique, de faire de m&#234;me que le d&#233;mon passe donc par l'hypoth&#232;se selon laquelle pr&#233;lever l'information accessible au d&#233;mon exigerait, pour un observateur macroscopique, de d&#233;grader de l'&#233;nergie m&#233;canique en chaleur pour un montant faisant perdre au moins autant d'information (chiffr&#233;e par l'entropie macroscopique) que ce que l'op&#233;ration d'acquisition d'information est cens&#233;e en faire gagner.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi ces d&#233;mons sont affaiblis ou m&#234;me pour l'essentiel abandonn&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui a mis en cause ou d&#233;truit l'efficacit&#233; de ces conceptions, et notamment ces d&#233;mons ? C'est le d&#233;veloppement scientifique lui-m&#234;me et m&#234;me le d&#233;veloppement math&#233;matique qui ont d&#233;moli les conceptions non contradictoires dialectiquement de la connaissance. C'est aussi bien les d&#233;veloppements de la connaissance de ph&#233;nom&#232;nes du chaos d&#233;terministe et celle de la physique quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu du d&#233;terminisme universel, l'intelligence qui conna&#238;trait avec une absolue pr&#233;cision la position et l'&#233;nergie de tout objet dans la position initiale pourrait calculer l'&#233;volution de l'univers &#224; tout moment du temps. D&#233;terminisme est dans ce cas synonyme de pr&#233;dictibilit&#233;. Cependant, il existe des syst&#232;mes d&#233;terministes non pr&#233;dictibles (voir th&#233;orie du chaos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts de la M&#233;canique avaient fait croire &#224; une pr&#233;dictibilit&#233; g&#233;n&#233;rale en sciences comme le proclamait Laplace. Cela provient du fait que les lois que l'on connaissait jusque l&#224; permettaient de pr&#233;dire : par exemple, la loi du mouvement du boulet. Mais ce n'est pas g&#233;n&#233;ral. Conna&#238;tre une loi ne signifie pas n&#233;cessairement pouvoir calculer l'&#233;tat futur &#224; partir de la connaissance des &#233;tats pass&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;terminisme suppose en effet l'ob&#233;issance &#224; des lois mais pas n&#233;cessairement la capacit&#233; de pr&#233;dire. Et inversement, on peut parfaitement pr&#233;dire ce que l'on ne comprend pas. Nous ne connaissons pas la nature de la gravitation m&#234;me si on en conna&#238;t la loi math&#233;matique qui nous permet de dire o&#249; atterrira un boulet de canon Mais des ph&#233;nom&#232;nes non reproductibles sont-ils du domaine de la science ? Bien des commentateurs affirment que non. Selon eux, la validit&#233; des th&#233;ories est &#233;tablie uniquement si l'exp&#233;rience pr&#233;sente des r&#233;sultats que la th&#233;orie avait pr&#233;dits. Il est vrai que c qui caract&#233;rise la d&#233;marche de la science, c'est la confrontation permanente entre th&#233;orie et exp&#233;rience mais ce n'est pas une relation &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Werner Heisenberg rappelle dans &#171; La partie et le tout &#187; qu'Einstein r&#233;p&#233;tait volontiers que &#171; Seule la th&#233;orie d&#233;cide de ce que l'on peut observer. &#187; En effet, il faut des concepts et des outils d'analyse pour faire des mesures et, d'autres encore, pour concevoir l'exp&#233;rience et l'interpr&#233;ter. Et Heisenberg cite &#233;galement Wolfgang Pauli, autre sp&#233;cialiste de la physique quantique : &#171; On peut avoir enti&#232;rement compris un certain domaine de la connaissance exp&#233;rimentale sans pour autant pouvoir pr&#233;dire exactement les r&#233;sultats d'exp&#233;riences futures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit que la science se fonde sur l'exp&#233;rience, il faut comprendre non seulement ce qui se produit en laboratoire mais aussi et surtout ce que produit la nature. Or la nature n'a parfois produit qu'une seule fois un ph&#233;nom&#232;ne, m&#234;me si on en trouve des multiples reproductions (comme la vie sur terre et ses diverses manifestations). Et on n'a pas n&#233;cessairement les moyens de le reproduire ce qui n'emp&#234;che pas de raisonner dessus. M&#234;me une exp&#233;rience reproductible ne l'est pas n&#233;cessairement &#224; l'identique. Quant aux lois math&#233;matiques, quand elles existent, ne sont pas forc&#233;ment pr&#233;dictives. Dans le cas d'une loi &#171; sensible aux conditions initiales &#187;, c'est-&#224;-dire &#234;tre consid&#233;rablement modifi&#233;e par un petit changement initial, tout changement infiniment petit des conditions de d&#233;part peut entra&#238;ner des divergences qualitatives par la suite. Dans ce cas, on ne peut pr&#233;dire les suites d'un pass&#233; que si on le conna&#238;t au plus petit d&#233;tail pr&#232;s, ce qui est irr&#233;alisable. Dans certains cas, une loi peut parfaitement permettre plusieurs &#171; possibles &#187;. C'est le cas pour une bifurcation. Il peut falloir alors une autre loi, &#224; un autre niveau par exemple, pour que la nature tranche. L'ensemble des deux lois ressemble alors &#224; s'y m&#233;prendre &#224; du hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe d'incertitude d'Heisenberg s'oppose en physique quantique au d&#233;mon de Laplace !!&lt;br class='autobr' /&gt;
Niels Bohr expliquait ainsi dans &#171; Th&#233;orie atomique et description de la nature &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La m&#233;canique quantique est en contradiction logique avec la causalit&#233; (...) Il n'y a pas pour le moment d'occasion de parler de causalit&#233; dans la nature, parce qu'il n'y a pas d'exp&#233;rience qui indique sa pr&#233;sence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fondateur de la physique quantique Max Planck expliquait, dans &#171; Initiation &#224; la physique &#187;, pourquoi il ne comptait pas c&#233;der &#224; la pression de l'opinion courante selon laquelle la d&#233;couverte du quanta entra&#238;nait un renoncement &#224; la notion de causalit&#233; mais seulement &#224; son changement de signification :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'heure actuelle, il y a des physiciens qui seraient tr&#232;s port&#233;s &#224; retirer au principe de causalit&#233; strict son r&#244;le dans le syst&#232;me physique de l'univers. (...) Mais, autant que je puis m'en rendre compte, il n'y a, pour le montent, aucune n&#233;cessit&#233; de se r&#233;signer &#224; l'ind&#233;terminisme. (...) Il est toutefois certain que cette fa&#231;on d'envisager le d&#233;terminisme diff&#232;re quelque peu de celle qui &#233;tait habituelle en physique classique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Max Planck, dans &#171; Initiations &#224; la physique &#187; (chapitre &#171; La causalit&#233; dans la nature &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je prendrai comme point de d&#233;part de toutes les consid&#233;rations qui vont suivre cette petite proposition tr&#232;s simple et tr&#232;s g&#233;n&#233;rale : &#171; Un &#233;v&#233;nement est conditionn&#233; causalement quand il peut &#234;tre pr&#233;dit avec certitude. &#187; Remarquons, cependant, que nous entendons seulement dire par l&#224; que la possibilit&#233; d'une pr&#233;diction exacte de l'avenir est un crit&#233;rium certain de l'existence d'un lien causal ; mais nullement qu'elle s'identifie, en quelque fa&#231;on, avec ce lien lui-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la m&#233;t&#233;orologie, il y a une id&#233;e qui vient tout naturellement &#224; l'esprit, c'est que la complexit&#233; de l'objet sur lequel elle porte : l'atmosph&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, nous aboutissons &#224; une constatation fort int&#233;ressante : quelques simples que soient les circonstances choisies, quelque pr&#233;cis que soient les instruments dont nous disposons, jamais il ne nous sera possible de calculer &#224; l'avance le r&#233;sultat d'une mesure avec une exactitude absolue, c'est-&#224;-dire telle que les nombres trouv&#233;s par l'exp&#233;rience et par le calcul co&#239;ncident dans toutes leurs d&#233;cimales. Il y a toujours une certaine marge d'incertitude, contrairement &#224; ce qui se passe dans les calculs purement math&#233;matiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant nous rapprochons ce fait de la proposition &#233;nonc&#233;e en premier lieu : un &#233;v&#233;nement est conditionn&#233; causalement quand il peut &#234;tre pr&#233;dit avec certitude ; nous nous trouvons en pr&#233;sence d'un dilemme tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able, mais in&#233;vitable : ou bien nous maintenons la lettre de notre proposition et alors il n'y a pas dans la nature un seul cas o&#249; l'on puisse affirmer l'existence d'un lien causal ; ou bien nous maintenons a priori l'existence d'une causalit&#233; stricte et il devient n&#233;cessaire de modifier d'une mani&#232;re ou d'une autre la proposition dont nous sommes partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la physique, jusqu'&#224; pr&#233;sent, s'est b&#226;tie sur le fondement de la seconde des deux alternatives dont nous avons parl&#233; plus haut, c'est-&#224;-dire que, pour conserver au principe de causalit&#233; toute sa rigueur, elle a modifi&#233; quelque peu son point de d&#233;part : &#224; savoir l'affirmation qu'un &#233;v&#233;nement est consid&#233;r&#233; comme conditionn&#233; causalement, quand il peut &#234;tre pr&#233;dit avec certitude. Dans ce but, elle a chang&#233; l&#233;g&#232;rement l'acception du mot &#171; &#233;v&#233;nement &#187;. Pour la physique th&#233;orique, en effet, l' &#171; &#233;v&#233;nement &#187; n'est pas le processus de mesure, pris en lui-m&#234;me ; car ce dernier contient toujours des &#233;l&#233;ments fortuits et accidentels ; c'est un certain ph&#233;nom&#232;ne purement imaginaire qui a lieu dans un monde qui tient lieu et place du monde sensible tel que nous le font conna&#238;tre directement les organes de nos sens, aid&#233;s au besoin et perfectionn&#233;s par l'usage des instruments de mesure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, en physique, toute grandeur mesurable, qu'il s'agisse d'un intervalle de temps, d'une longueur, d'une charge &#233;lectrique, a une double signification, selon qu'on la consid&#232;re comme &#233;tant le r&#233;sultat imm&#233;diat d'une mesure ou qu'on la suppose se rapporter &#224; ce mod&#232;le appel&#233; par nous &#171; image repr&#233;sentative physique de l'univers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re acceptation, une grandeur doit toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant d&#233;finie d'une mani&#232;re impr&#233;cise ; c'est pourquoi elle ne saurait &#234;tre repr&#233;sent&#233;e par aucun nombre d&#233;termin&#233; ; dans la seconde acceptation, une grandeur est au contraire un symbole math&#233;matique d&#233;termin&#233; sur lequel on op&#232;re en observant des r&#232;gles d'une rigueur absolue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc absolument faux de dire, comme on le fait parfois, que l'image physique de l'univers ne doit contenir que des grandeurs directement observables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; nous pouvons dire que la pr&#233;vision des &#233;v&#233;nements du monde sensible est toujours plus ou moins entach&#233;e d'incertitude, alors que les lois qui r&#233;gissent l'image repr&#233;sentative physique de l'univers sont toujours d&#233;termin&#233;es par une causalit&#233; stricte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle image repr&#233;sentative de l'univers, celle qui est le fait de la physique quantique, est justement issue du besoin d'&#233;tablir un d&#233;terminisme strict qui soit compatible avec l'existence du quantum d'action. Dans ce but, le point mat&#233;riel, &#233;l&#233;ment primordial de l'ancien univers, a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233; de son caract&#232;re &#233;l&#233;mentaire, il s'est dissous, en quelque sorte, dans un syst&#232;me d'ondes mat&#233;rielles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ind&#233;terministes ont pr&#233;cis&#233;ment trouv&#233; dans ce fait l'occasion d'une nouvelle attaque contre le principe de la causalit&#233; et, cette fois, leur effort semblait avoir pour lui toutes les chances de succ&#232;s ; car, de toutes les mesures que l'on peut effectuer, on ne peut jamais d&#233;duire qu'une fonction ondulatoire &#224; signification purement statistique... Nous rappellerons seulement ici, pour m&#233;moire, l'exemple de l'&#233;lectron dont la trajectoire sera d'autant plus facilement perturb&#233;e que l'on cherchera &#224; l'&#233;clairer de fa&#231;on &#224; conna&#238;tre sa position d'une mani&#232;re plus pr&#233;cise&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il est donc tout naturel de penser qu'un esprit id&#233;al qui conna&#238;trait tous les ph&#233;nom&#232;nes physiques d'aujourd'hui, jusque dans leurs moindres d&#233;tails, pourrait proph&#233;tiser avec une certitude absolument parfaite, toutes les particularit&#233;s du temps qu'il fera demain. Il en irait de m&#234;me pour tout autre sorte de ph&#233;nom&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait, certes, nous opposer que cet esprit n'est qu'une construction mentale et qu'en fin de compte, notre cerveau lui-m&#234;me se compose d'atomes ob&#233;issant aux lois physiques ; mais un peu de r&#233;flexion nous montre que cette objection ne tient pas debout. Il est, en effet, indubitable que nos pens&#233;es peuvent nous mener tr&#232;s loin des lois naturelles connues de nous et que nous pouvons concevoir des ph&#233;nom&#232;nes qui n'ont rien &#224; voir avec la physique r&#233;elle. On ne saurait pas davantage affirmer que l'esprit id&#233;al dont nous parlons ne peut exister que dans la pens&#233;e humaine et qu'il a son existence li&#233;e &#224; celle de l'esprit pensant, car pour &#234;tre logique il faudrait admettre que le soleil, que le monde ext&#233;rieur tout entier, ne peuvent exister que dans nos sens et, pourtant, tout homme raisonnable est convaincu que le soleil ne perdrait pas la moindre fraction de son &#233;clat, m&#234;me si le genre humain tout entier venait &#224; &#234;tre extermin&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs nous devons bien nous garder de consid&#233;rer cet esprit comme analogue en quelque fa&#231;on que ce soit &#224; notre propre esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant notamment &#224; Heisenberg, Louis de Broglie d&#233;clarait le 25 avril 1953 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tandis que tous les grands ma&#238;tres de l'&#233;poque classique, depuis Laplace jusqu'&#224; Henri Poincar&#233;, ont toujours proclam&#233; que les ph&#233;nom&#232;nes naturels &#233;taient d&#233;termin&#233;s et que la probabilit&#233;, quand elle s'introduit dans les th&#233;ories scientifiques, r&#233;sultait de notre ignorance ou de notre incapacit&#233; &#224; suivre un d&#233;terminisme trop compliqu&#233;, dans l'interpr&#233;tation actuellement admise de la Physique quantique, nous avons affaire &#224; de la &#171; probabilit&#233; pure &#187; qui ne r&#233;sulterait pas d'un d&#233;terminisme cach&#233;. Dans des th&#233;ories classiques comme la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz, les lois de probabilit&#233;s &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme r&#233;sultant de notre ignorance des mouvements enti&#232;rement d&#233;termin&#233;s, mais d&#233;sordonn&#233;s et complexes, des innombrables mol&#233;cules du gaz : la connaissance des positions et des vitesses des mol&#233;cules nous aurait en principe permis de calculer rigoureusement toute l'&#233;volution du gaz, mais en pratique les probabilit&#233;s s'introduisent par suite de notre ignorance de la valeur de ces param&#232;tres cach&#233;s. Or, l'interpr&#233;tation purement probabiliste de la M&#233;canique ondulatoire rejette une telle interpr&#233;tation des lois de probabilit&#233;s qu'elle fournit : ces lois ne r&#233;sulteraient pas de notre ignorance des param&#232;tres cach&#233;s qui seraient les coordonn&#233;es et la vitesse du corpuscule, car ces param&#232;tres cach&#233;s n'existeraient pas, le corpuscule ne pouvant se manifester avec une position ou avec une vitesse bien d&#233;finie que fugitivement au moment d'une observation ou d'une mesure. La probabilit&#233; en Physique quantique ne r&#233;sulterait plus d'une ignorance : elle serait de la contingence pure&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Georgio Isra&#235;l, dans &#171; Chaos et d&#233;terminisme &#187; (ouvrage collectif, chapitre &#171; L'histoire du d&#233;terminisme et ses rencontres avec les math&#233;matiques &#187;) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on parle aujourd'hui de d&#233;terminisme, l'esprit court imm&#233;diatement &#224; Laplace et &#224; l'introduction de son &#171; Essai philosophique sur les probabilit&#233;s &#187;&#8230; La lecture du texte de Laplace montre qu'&#224; l'&#233;vidence son d&#233;terminisme est un causalisme m&#233;taphysique &#224; la Leibniz. On y trouve en effet une r&#233;f&#233;rence explicite au principe de raison suffisante ; et la lecture des parties plus philosophiques de l' &#171; Essai &#187; ne fait que renforcer cette impression. M&#234;me si on a propos&#233; des interpr&#233;tations plus subtiles, les analyses les plus r&#233;centes semblent reconna&#238;tre que le point de vue de Laplace est inspir&#233; d'une vision mat&#233;rialiste, m&#233;caniste et causaliste absolue. C'est m&#234;me cette vision qui fournit, &#224; ses yeux, la seule justification possible de l'utilisation du calcul des probabilit&#233;s dans l'analyse scientifique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'introduction &#224; une r&#233;&#233;dition de l' &#171; Essai &#187;, Ren&#233; Thom observe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'&#233;poque o&#249; Laplace &#233;crivit l'essai, on avait int&#233;gr&#233; de nombreuses &#233;quations diff&#233;rentielles, mais il n'existait aucun th&#233;or&#232;me permettant d'affirmer qu'une telle int&#233;gration &#233;tait effectivement toujours possible&#8230; &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'a priori de la formulation par Laplace du d&#233;terminisme en langage pr&#233;-math&#233;matique &#233;tait une conception philosophique causaliste. La m&#233;taphysique ouvre le chemin et les math&#233;matiques suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il consid&#233;rer le principe causaliste comme le reflet philosophique d'une intuition physique de la nature causale des ph&#233;nom&#232;nes&#8230; Il n'en est rien. Non seulement parce que l'approche de Laplace n'a rien d'exp&#233;rimental, mais aussi parce que le contenu du th&#233;or&#232;me d'existence et d'unicit&#233; (des solutions d'une certaine cat&#233;gorie d'&#233;quations diff&#233;rentielles assez r&#233;guli&#232;res) a beaucoup de points de divergences avec le principe causaliste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chabert et Dahan Dalmedico, dans &#171; Chaos et d&#233;terminisme &#187; (chapitre &#171; Les id&#233;es nouvelles de Poincar&#233; &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une cause tr&#232;s petite, qui nous &#233;chappe, d&#233;termine un effet consid&#233;rable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est d&#251; au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'Univers &#224; l'instant initial, nous pourrions pr&#233;dire exactement la situation de ce m&#234;me Univers &#224; un instant ult&#233;rieur. Mais, lors m&#234;me que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions conna&#238;tre la situation initiale qu'approximativement. Si cela nous permet de pr&#233;voir la situation ult&#233;rieure avec la m&#234;me approximation, c'est tout ce qu'il nous faut, nous disons que le ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; pr&#233;vu, qu'il est r&#233;gi par des lois ; mais il n'en est pas toujours ainsi, il peut arriver que des petites diff&#233;rences dans les conditions initiales en engendrent de tr&#232;s grandes dans les ph&#233;nom&#232;nes finaux ; une petite erreur sur les premi&#232;res produirait une erreur &#233;norme sur les derniers. La pr&#233;diction devient impossible et nous avons le ph&#233;nom&#232;ne fortuit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet extrait de &#171; Science et M&#233;thode &#187; (1908), devenu aujourd'hui un grand classique, Henri Poincar&#233; souligne &#224; l'&#233;vidence la possibilit&#233; d'une &#171; sensibilit&#233; aux conditions initiales &#187; et la distinction qui en r&#233;sulte entre d&#233;terminisme et pr&#233;dictibilit&#233;. En fait, les travaux de Poincar&#233; vont bien au-del&#224; et il appara&#238;t maintenant comme le g&#233;nial initiateur des &#233;tudes contemporaines dans la th&#233;orie math&#233;matique des syst&#232;mes dynamiques, travaux qui relancent sur de nouvelles bases les r&#233;flexions concernant le d&#233;terminisme et la pr&#233;dictibilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes dynamiques sont des syst&#232;mes &#233;voluant au cours du temps et math&#233;matiquement d&#233;crits par des &#233;quations diff&#233;rentielles, cette description exprimant le caract&#232;re d&#233;terministe de leur &#233;volution. La th&#233;orie cherche notamment &#224; pr&#233;ciser les comportements asymptotiques de tels syst&#232;mes, c'est-&#224;-dire ce que les solutions de ces &#233;quations diff&#233;rentielles sont susceptibles de devenir au bout d'un temps long&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de ses travaux, Poincar&#233; avait con&#231;u l'&#233;tude qualitative des &#233;quations diff&#233;rentielles en relation avec la question de la stabilit&#233; du syst&#232;me solaire. En effet, cette stabilit&#233; est une propri&#233;t&#233; qualitative globale de la trajectoire des plan&#232;tes, que ne permettraient pas d'&#233;tablir les m&#233;thodes analytiques utilis&#233;es jusque-l&#224; par les astronomes. Poincar&#233; s'est attaqu&#233; au probl&#232;me dans son c&#233;l&#232;bre m&#233;moire &#171; Sur le probl&#232;me des trois corps et les &#233;quations de la dynamique &#187;, couronn&#233; du Grand Prix international offert par le roi de Su&#232;de en 1889, puis dans les &#171; M&#233;thodes nouvelles de la m&#233;canique c&#233;leste. On peut distinguer deux aspects dans ses travaux : l'un est relatif &#224; la possibilit&#233; de pr&#233;voir effectivement le mouvement des plan&#232;tes, notamment par le calcul des &#233;ph&#233;m&#233;rides ; l'autre est th&#233;orique et consiste &#224; d&#233;velopper des m&#233;thodes et des concepts puissants, valables non seulement pour notre syst&#232;me solaire dans ses conditions actuelles, mais aussi pour des syst&#232;mes dynamiques newtoniens quelconques dont on ne conna&#238;t a priori aucune solution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#339;uvre, Poincar&#233; discute du th&#233;or&#232;me de r&#233;currence : un syst&#232;me dynamique reviendra arbitrairement pr&#232;s de son &#233;tat initial, sauf pour un ensemble de cas exceptionnels de probabilit&#233; nulle. Ils interviennent aussi dans le mod&#232;le de fluide incompressible utilis&#233; par Poincar&#233; pour illustrer la notion d'invariant int&#233;gral&#8230; D'o&#249; la propri&#233;t&#233; de densit&#233; des trajectoires des mol&#233;cules dans l'espace de phase, ce que l'on appelle maintenant l'hypoth&#232;se ergodique. Boltzmann la formule dans le cadre de la m&#233;canique statistique et Maxwell en th&#233;orie cin&#233;tique des gaz&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un m&#233;moire de 1894, Poincar&#233; discute, tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment, le mod&#232;le de th&#233;orie cin&#233;tique des gaz, qu'il attribue alors uniquement &#224; Maxwell. Ce mod&#232;le &#233;tait en butte aux critiques de plusieurs savants, notamment Lord Kelvin ; Poincar&#233; en r&#233;sume l'id&#233;e fondamentale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans une probl&#232;me de m&#233;canique, il y a certaines fonctions des coordonn&#233;es et de leurs d&#233;riv&#233;es qui doivent demeurer constantes pendant toute la dur&#233;e du mouvement. C'est ce qu'on appelle des int&#233;grales&#8230; Maxwell admet que, quelle que soit la situation initiale du syst&#232;me, il passera toujours une infinit&#233; de fois, je ne dis pas par toutes les situations comparables &#224; l'existence des int&#233;grales, mais aussi pr&#232;s que l'on voudra d'une quelconque de ces situations. C'est ce que l'on appelle le postulat de Maxwell. &#187; (&#8230;) Poincar&#233; cite d'autre corollaires comme le fait que les vitesses soient uniform&#233;ment distribu&#233;es dans toutes les directions. Tous ces r&#233;sultats sont fond&#233;s sur le concept de &#171; valeur moyenne &#187; ; selon Poincar&#233;, il s'agit toujours de la moyenne prise &#224; la fois par rapport au temps et par rapport aux diverses mol&#233;cules du gaz : &#171; C'est la moyenne des moyennes, pour ainsi dire. C'est elle seule, en effet, qui peut &#234;tre suppos&#233;e accessible aux observations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poincar&#233; ajoute : &#171; Si le postulat de Maxwell est la v&#233;ritable pierre angulaire de la th&#233;orie cin&#233;tique des gaz qui s'&#233;croulerait sans lui&#8230;, il ne repose que sur une base bien fragile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poincar&#233; puise dans ses r&#233;sultats de m&#233;canique c&#233;leste de quoi suspecter sa validit&#233; universelle&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le postulat &#233;tait vrai, le syst&#232;me solaire serait instable : s'il est stable en effet, il ne peut passer que par des situations diff&#233;rentes de sa situation initiale. Or, si la stabilit&#233; n'est pas d&#233;montr&#233;e, l'instabilit&#233; l'est encore moins et est m&#234;me peu probable. Il est possible et m&#234;me vraisemblable que le postulat de Maxwell est vrai pour certains syst&#232;mes et faux pour d'autres, sans qu'on ait aucun moyen de discerner les uns des autres. Il est permis de supposer provisoirement qu'il s'applique aux gaz tels que la th&#233;orie cin&#233;tique les con&#231;oit ; mais cette th&#233;orie ne sera solidement assise que quand on aura justifi&#233; cette supposition mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le d&#233;terminisme de Simon de Laplace et le d&#233;terminisme aujourd'hui &#187; de Amy Dahan Dalmedico dans &#171; Chaos et d&#233;terminisme &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La conviction &#171; d&#233;terministe &#187; de Laplace s'impose d'embl&#233;e et est assez courante &#224; cette &#233;poque, bien que ce mot n'ait pas &#233;t&#233; en usage au XVIIIe si&#232;cle. L'astronomie, sous sa forme de m&#233;canique c&#233;leste, avait fourni le paradigme par excellence de ce d&#233;terminisme, entendu au sens de la possibilit&#233; de pr&#233;diction, par le calcul ou la loi math&#233;matique ; l'id&#233;e que le monde est &#233;crit en langage math&#233;matique, selon l'expression de Galil&#233;e, est &#224; son apog&#233;e, notamment apr&#232;s le calcul par Clairaut du retour de la com&#232;te de Halley&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formulation laplacienne du d&#233;terminisme poss&#232;de, nous le savons maintenant, une contrepartie math&#233;matique : le th&#233;or&#232;me d'existence et d'unicit&#233; des solutions des &#233;quations diff&#233;rentielles. Certains ont pu penser que Laplace l'avait extrapol&#233; &#224; partir de la constatation math&#233;matique simple qu'une &#233;quation diff&#233;rentielle lin&#233;aire du second ordre poss&#232;de une unique courbe solution, passant par un point donn&#233;, avec une tangente donn&#233;e ; autrement dit, en termes m&#233;caniques, un corps en mouvement, soumis &#224; une force qui ne d&#233;pend que de la position spatiale du corps, a une trajectoire enti&#232;rement d&#233;termin&#233;e d&#232;s que la position et la vitesse &#224; un instant donn&#233; le sont. Mais, &#224; cette &#233;poque, aucun r&#233;sultat math&#233;matique sur ce sujet n'est connu et le premier th&#233;or&#232;me pr&#233;cis est prouv&#233; par Cauchy, dans les ann&#233;es 1830.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en m&#233;canique c&#233;leste, les choses sont beaucoup plus compliqu&#233;es puisqu'on est confront&#233;, non pas &#224; une &#233;quation diff&#233;rentielle, mais &#224; un syst&#232;me diff&#233;rentiel provenant d'un probl&#232;me &#224; n corps et Laplace savait mieux que quiconque qu'on &#233;tait incapable, &#224; ce jour, de les r&#233;soudre, &#224; peine d'en approcher les solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout simplement dans le cadre d'une m&#233;taphysique mat&#233;rialiste m&#233;caniste&#8230;. il vaudrait mieux, pensons-nous, parler de d&#233;terminisme ontologique global, fond&#233; sur une intime conviction m&#233;taphysique : la nature est connaissable, elle ob&#233;it aux lois math&#233;matiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &#233;l&#233;ments caract&#233;risent le d&#233;terminisme de Pierre-Simon Laplace : la conviction &#8211; d'ordre m&#233;taphysique &#8211; du d&#233;terminisme global de la nature et de la structure causale de cette derni&#232;re, conviction indissolublement li&#233;e &#224; un id&#233;al d'intelligibilit&#233; du monde ; l'affirmation corr&#233;lative de la possibilit&#233; de pr&#233;diction par les lois math&#233;matiques ; enfin, le r&#233;ductionnisme m&#233;caniste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le chaos dans le syst&#232;me solaire &#187; de Ivars Peterson :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1773, Pierre Simon de Laplace, alors &#226;g&#233; de 24 ans, fut l'un des premiers scientifiques &#224; tenter de prouver la stabilit&#233; du Syst&#232;me solaire. A cette &#233;poque, les avis &#233;taient partag&#233;s. Isaac Newton pensait qu'une intervention divine &#233;tait de temps en temps n&#233;cessaire pour restaurer l'ordre dans le Syst&#232;me solaire, &#171; remettre les pendules &#224; l'heure &#187;, et emp&#234;cher sa d&#233;sint&#233;gration. Leonard Euler, impressionn&#233; par la difficult&#233; du calcul du mouvement de la Lune, jugeait impossible la prise en compte des innombrables forces et des interactions complexes que devait int&#233;grer tout mod&#232;le r&#233;aliste du Syst&#232;me solaire. Selon lui, toute pr&#233;vision concernant le destin du Syst&#232;me solaire &#233;tait illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les ph&#233;nom&#232;nes naturels sont la cons&#233;quence d'un petit nombre de lois simples et immuables, pensait Laplace. Fort de cette conviction, il appliqua sa fantastique puissance de calcul &#224; la d&#233;termination de la dynamique du Syst&#232;me solaire. Son analyse achev&#233;e, il conclut &#224; la stabilit&#233; du Syst&#232;me solaire : les plan&#232;tes parcourent &#233;ternellement leurs cycles compliqu&#233;s, sans jamais s'&#233;loigner des trajectoires qui leur sont assign&#233;es&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La laborieuse d&#233;monstration de la stabilit&#233; du Syst&#232;me solaire donn&#233;e par Laplace s'appliquait &#224; un Syst&#232;me solaire id&#233;alis&#233; et non au monde r&#233;el. Son mod&#232;le n&#233;gligeait tout un ensemble d'influences gravitationnelles subtiles qui auraient chang&#233; les conclusions de son analyse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les formules obtenues en r&#233;solvant les &#233;quations diff&#233;rentielles suffisent pour pr&#233;voir l'avenir ou d&#233;duire le pass&#233; des corps c&#233;lestes. Id&#233;alement, si l'on connaissait &#224; un instant donn&#233; la position et la vitesse de toutes les particules mat&#233;rielles pr&#233;sentes dans le Syst&#232;me solaire, on pourrait d&#233;terminer le mouvement ult&#233;rieur de ces particules&#8230; Cependant, les calculs exploratoires de Newton et, surtout, les travaux r&#233;alis&#233;s ult&#233;rieurement par de nombreux scientifiques, d&#233;montr&#232;rent combien il &#233;tait difficile de r&#233;soudre les &#233;quations diff&#233;rentielles associ&#233;es &#224; des syst&#232;mes contenant plus de deux corps&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'introduction d'un recueil rassemblant ses premiers articles sur les &#233;quations diff&#233;rentielles, Poincar&#233; &#233;crivit : &#171; Ne peut-on se demander si l'un des corps restera toujours dans une certaine r&#233;gion du ciel ou bien s'il pourra s'&#233;loigner ind&#233;finiment ; si la distance de deux corps augmentera, ou diminuera &#224; l'infini, ou bien si elle restera comprise entre certaines limites ? Ne peut-on se poser mille questions de ce genre, qui seront toutes r&#233;solues quand on saura construire qualitativement les trajectoires des trois corps ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poincar&#233; d&#233;montra d'abord que si les &#233;quations d&#233;crivant un syst&#232;me de trois corps en interaction gravitationnelle &#233;tablissent une relation bien d&#233;finie entre le temps et la position des corps, il n'existe pour autant aucun raccourci de calcul g&#233;n&#233;ral, aucune formule magique, permettant de pr&#233;dire les positions &#224; long terme. Autrement dit, les s&#233;ries d&#233;duites de la th&#233;orie des perturbations divergent. Le syst&#232;me newtonien laisse une place &#233;norme &#224; l'impr&#233;visible, et la question de la stabilit&#233; ne peut &#234;tre tranch&#233;e par le simple examen des s&#233;ries divergentes associ&#233;es aux solutions des &#233;quations de mouvement du Syst&#232;me solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si le probl&#232;me des trois corps ne poss&#232;de aucune solution compl&#232;te pouvant &#234;tre exprim&#233;e sous une forme concise, il admet des solutions approximatives aussi pr&#233;cises que l'on veut. Cela signifie que le calcul des premiers termes d'une s&#233;rie faisant intervenir une variable mesurable donne une r&#233;ponse satisfaisante pour un large &#233;ventail d'applications. C'est cette propri&#233;t&#233; qui permit de calculer les positions plan&#233;taires et lunaires pendant des si&#232;cles et qui permet aujourd'hui encore de perfectionner les calculs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours de ces recherches que Poincar&#233; entrevit pour la premi&#232;re fois ce que nous appelons aujourd'hui le chaos dynamique, et qu'il commen&#231;a &#224; en prendre la mesure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poincar&#233; a d&#233;couvert que les &#233;quations fondamentales r&#233;gissant le mouvement de trois corps en interaction gravitationnelle pr&#233;sentent une sensibilit&#233; aux conditions initiales. Bien qu'il ait restreint son analyse au contexte &#233;troit de la m&#233;canique c&#233;leste, son raisonnement vaut pour toute la m&#233;canique newtonienne&#8230;. La d&#233;couverte de Poincar&#233; implique qu'un syst&#232;me enti&#232;rement r&#233;gi par des lois exactes et incontournables peut malgr&#233; tout pr&#233;senter un comportement impr&#233;visible, apparemment al&#233;atoire. Cela signifie que de nombreux ph&#233;nom&#232;nes physiques sont, dans une certaine mesure, impr&#233;visibles : on ne peut d&#233;terminer l'&#233;tat futur du syst&#232;me correspondant avec une pr&#233;cision suffisante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poincar&#233; revint &#224; maintes reprises sur ces questions pour tenter de pr&#233;ciser la nature et la port&#233;e de l'incertitude intrins&#232;que qu'il avait d&#233;couverte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;couvrant le chaos d&#233;terministe, Poincar&#233; a amen&#233; notamment &#224; r&#233;cuser la th&#232;se de Laplace que sa philosophie aurait volontiers accept&#233;e. La meilleure preuve en est que ses propres travaux allaient &#234;tre rapidement contredits puisqu'il concluait que le syst&#232;me solaire &#233;tait stable ce que, par la suite, il allait lui-m&#234;me corriger. Par contre, il a invent&#233; &#224; cette occasion la plupart des m&#233;thodes th&#233;oriques aujourd'hui appliqu&#233;es dans un domaine qui n'existait pas &#224; l'&#233;poque : l'&#233;tude des syst&#232;mes dynamiques, autrement appel&#233;e chaos d&#233;terministe. Il &#233;crit : &#171; Une cause tr&#232;s petite qui nous &#233;chappe d&#233;termine un effet consid&#233;rable que nous ne pouvons pas ne pas voir et alors nous disons que cet effet est d&#251; au hasard &#187;. C'est la notion de sensibilit&#233; aux conditions initiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Science et m&#233;thode &#187;, Henri Poincar&#233; explique que l'origine de l'apparence de hasard par le caract&#232;re des lois universelles pour lesquelles un petit changement peut produire un grand effet. Du coup, il faudrait conna&#238;tre tous les d&#233;tails de la situation, &#224; toutes les &#233;chelles, pour pr&#233;dire : &#171; Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers &#224; l'instant initial, nous pourrions pr&#233;dire la situation de ce m&#234;me univers &#224; un instant ult&#233;rieur. Mais, lors m&#234;me que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrons conna&#238;tre la situation initiale qu'approximativement (...). Il peut arriver que des petites diff&#233;rences dans les conditions initiales en engendrent de tr&#232;s grandes dans les ph&#233;nom&#232;nes finaux ; une petite erreur sur les premi&#232;res produirait une erreur &#233;norme sur les derniers. La pr&#233;diction devient impossible et nous avons le ph&#233;nom&#232;ne fortuit. &#187; C'est la notion de &#171; sensibilit&#233; aux conditions initiales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa conclusion est qu'avec trois corps interagissant par attraction gravitationnelle on a d&#233;j&#224; du chaos c'est-&#224;-dire un ph&#233;nom&#232;ne ob&#233;issant &#224; la propri&#233;t&#233; de la sensibilit&#233; aux conditions initiales : un tout petit changement de celles-ci peut entra&#238;ner un grand changement de la suite de l'&#233;volution. Rappelons que cette th&#232;se r&#233;volutionne la conception que l'on avait de la gravitation depuis Newton. Ce dernier pensait que si l'on connaissait pr&#233;cis&#233;ment les positions et les vitesses de tous les corps c&#233;lestes on pouvait conna&#238;tre &#224; tout moment la suite des positions. Poincar&#233; infirme cette th&#232;se. Essayons d'expliquer pourquoi. Je vous rappelle que pour deux corps, du moment que l'on conna&#238;t la masse des deux corps et les donn&#233;es de position et de vitesse &#224; l'instant initial on peut calculer les positions des deux corps &#224; tout instant. On conna&#238;t en effet une solution analytique qui indique le mouvement et il y a une seule trajectoire possible qui est une ellipse.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait imaginer que l'on est certain d'avoir une solution puisque l'on conna&#238;t les &#233;quations du mouvement mais ce n'est pas du tout le cas. La plupart des &#233;quations math&#233;matiques non lin&#233;aires n'ont pas de solution ou une infinit&#233; de solutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une solution analytique est une formule qui indiquera positions et d&#233;placements &#224; tout instant. Les &#233;quations ne permettent pas de le dire. Les &#233;quations de Newton relient par une formule les diverses d&#233;riv&#233;es de ces quantit&#233;s, c'est-&#224;-dire position, vitesse et acc&#233;l&#233;ration. Lorsque l'on peut revenir des d&#233;riv&#233;es aux quantit&#233;s elles-m&#234;mes on dit que le syst&#232;me d'&#233;quations est int&#233;grable mais g&#233;n&#233;ralement ce n'est pas le cas. Un exemple bien connu d'int&#233;gration est l'&#233;quation du mouvement d'un boulet de canon si on conna&#238;t la vitesse initiale et l'angle de lancement. Et justement dans le cas du syst&#232;me solaire, en se contentant de trois corps, Poincar&#233; a montr&#233; que le syst&#232;me n'est pas int&#233;grable. Il n'y a pas de solution analytique des &#233;quations de Newton du mouvement. Poincar&#233; en a m&#234;me expliqu&#233; la raison : il n'y a pas assez d'&#233;quations par rapport au nombre d'inconnues. Ce que l'on appelle les inconnues ce sont les positions des corps et leurs variations. Les &#233;quations indiquent la conservation d'un certain nombre de quantit&#233;s qui ne peuvent que s'&#233;changer et non diminuer ou augmenter : l'&#233;nergie, la quantit&#233; de mouvement et la quantit&#233; de rotation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a montr&#233; que la multiplicit&#233; des trajectoires tr&#232;s proches et imbriqu&#233;es rend improbable que le syst&#232;me soit int&#233;grable. Les &#233;quations ne sont pas assez nombreuses pour en d&#233;duire une solution. Il a &#233;galement montr&#233; qu'il en d&#233;coule une infinit&#233; de trajectoires possibles et que l'on n'a aucun moyen de trancher entre elles. En plus la proximit&#233; des trajectoires signifie qu'une petite perturbation peut faire sauter le corps d'une trajectoire &#224; une autre imperceptiblement avec du coup un avenir tout &#224; fait diff&#233;rent au bout d'un certain temps. Quelle en est la raison ? Dans le mouvement des trois corps, aucun n'est n&#233;gligeable. A tout instant la position d'un corps et son mouvement sont modifi&#233;s par la position pr&#233;c&#233;dente d'un autre corps qui est elle-m&#234;me modifi&#233;e par celle du troisi&#232;me. C'est ce qui rend impossible les approximations. Impossible par cons&#233;quent de dire que tel objet est trop petit pour influencer le syst&#232;me sur le long terme. Impossible de dire que telle modification de distance est n&#233;gligeable puisqu'elle peut entra&#238;ner un changement de trajectoire qui peut &#234;tre consid&#233;rable sur le long terme. Impossible m&#234;me de distinguer l'une des plan&#232;tes comme un objet ind&#233;pendant du syst&#232;me. Impossible aussi de distinguer pass&#233; et pr&#233;sent. En effet, la position d'une plan&#232;te d&#233;pend de l'ensemble des positions pr&#233;c&#233;dentes, de toute l'histoire pass&#233;e du syst&#232;me. C'est ainsi que, pour pr&#233;dire, il faudrait conna&#238;tre avec une pr&#233;cision infinie l'ensemble des conditions pr&#233;c&#233;dentes et pas seulement les conditions initiales, c'est-&#224;-dire &#224; un instant donn&#233;, du syst&#232;me. Du coup, les trajectoires possibles &#233;tant infiniment proches les unes des autres, il suffit d'un petit changement dans les conditions initiales ou d'une petite impr&#233;cision pour changer relativement vite l'ensemble de l'histoire de tout le syst&#232;me. Poincar&#233; venait de d&#233;couvrir le premier domaine d'&#233;tude d'un ph&#233;nom&#232;ne d'un type nouveau : le chaos d&#233;terministe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine, dans &#171; Entre le temps et l'&#233;ternit&#233; &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si nous pouvions d&#233;finir la cause &#171; pleine &#187; et l'effet &#171; entier &#187;, disait d&#233;j&#224; Leibniz, notre connaissance rejoindrait en perfection la science que Dieu a du monde&#8230; Ce choix m&#233;taphysique de la physique s'est traduit par de multiples r&#233;f&#233;rences &#224; un dieu qui ne joue pas aux d&#233;s, selon Einstein, qui conna&#238;t simultan&#233;ment la position et la vitesse d'une particule, selon Planck, - ou aux d&#233;mons ; celui de Laplace, susceptible de calculer le pass&#233; et le futur de l'Univers &#224; partir de l'observation d'un quelconque de ses &#233;tats instantan&#233;s ; celui de Maxwell, capable d'inverser l'&#233;volution irr&#233;versible associ&#233;e &#224; la croissance de l'entropie en manipulant chaque mol&#233;cule individuellement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la c&#233;l&#232;bre fiction forg&#233;e par Laplace en 1814 dans ses Essai philosophique sur les probabilit&#233;s &#8211; dite du d&#233;mon de Laplace, abondamment comment&#233;e dans ce Mati&#232;re premi&#232;re &#8211;, qui voit une intelligence infinie calculer selon certaines lois tous les &#233;tats du monde, le d&#233;terminisme est un cadre central de la connaissance scientifique. Pourtant, de nombreux d&#233;bats parcourent cette id&#233;e. Existe-t-il un seul paradigme d&#233;terministe, dont les modifications seraient en fait des variantes, ou faut-il pluraliser les d&#233;terminismes selon les sciences (biologiques, historiques et sociales, etc.) et les positionnements philosophiques ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Face aux limites des mod&#232;les d&#233;terministes et du cadre laplacien, qu'il s'agisse de m&#233;canique classique, de m&#233;canique quantique, de biologie, des sciences humaines ou de philosophie, doit-on accepter l'&#233;cart entre l'horizon de notre connaissance et sa mise en pratique, &#233;ventuellement en nuan&#231;ant l'id&#233;al laplacien, ou faut-il au contraire tenter de d&#233;passer tout paradigme d&#233;terministe ? Tombe-t-on alors n&#233;cessairement dans l'ind&#233;terminisme ontologique, comme on l'a souvent affirm&#233; pr&#233;cipitamment ? Enfin, philosophiquement, quelles sont les implications d'un d&#233;terminisme cons&#233;quent, en particulier sur le plan moral ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;terminisme est la th&#233;orie selon laquelle toute action humaine est enti&#232;rement due &#224; des &#233;v&#233;nements pr&#233;c&#233;dents, et non par l'exercice de la volont&#233;. En philosophie, la th&#233;orie est bas&#233;e sur le principe m&#233;taphysique que d'un &#233;v&#233;nement sans cause est impossible. Le succ&#232;s de scientifiques &#224; d&#233;couvrir les causes de certains comportements et dans certains cas, effectuer son contr&#244;le tend &#224; soutenir ce principe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a d&#233;saccord sur la formulation ad&#233;quate du d&#233;terminisme - centrale en cause la philosophie qui ne cesse d'&#234;tre controvers&#233;e. Un d&#233;terminisme physique, qui a son origine dans l'atomisme de D&#233;mocrite et Lucr&#232;ce, est la th&#233;orie que l'interaction humaine peut &#234;tre r&#233;duite &#224; des relations entre la diversit&#233; biologique, entit&#233;s chimiques ou physiques, ce qui est fondamental pour la formulation moderne sociobiologie et de la neuropsychologie. Le d&#233;terminisme historique de Karl Marx, d'autre part, est transpersonnelle et surtout &#233;conomique. Contrairement &#224; ces deux formulations, le d&#233;terminisme psychologique - les fondements philosophiques de la psychanalyse - est la th&#233;orie que les objectifs, les besoins et d&#233;sirs des individus sont au c&#339;ur de l'explication du comportement humain. Le comportement r&#233;cent de d&#233;terminisme BF Skinner est une modification de ce point de vue, en ce que Skinner r&#233;duit tous les &#233;tats psychologiques internes de comportement observable publiquement. Son stimulus - r&#233;ponse compte moderne utilise &#233;galement des analyses statistiques et probabilistes de la causalit&#233;. Jean Paul Sartre et d'autres philosophes contemporains ont fait valoir que le d&#233;terminisme est contest&#233;e par l'introspection, qui r&#233;v&#232;le les actions &#224; la suite de nos propres choix et non n&#233;cessit&#233;es par les &#233;v&#233;nements ant&#233;rieurs ou des facteurs externes. D&#233;terministes r&#233;pondre que de telles exp&#233;riences de la libert&#233; sont des illusions et que l'introspection est une m&#233;thode peu fiable et non scientifique pour comprendre le comportement humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce point de vue a &#233;t&#233; modifi&#233; dans la communaut&#233; scientifique, cependant, avec l'&#233;nonciation du principe d'incertitude par le physicien Werner Heisenberg. Ramifications de son travail en m&#233;canique quantique conduit Heisenberg d'affirmer que le scientifique, autant d'un participant en tant qu'observateur, interf&#232;re avec la nature m&#234;me de la neutralit&#233; et l'objet en question. Son travail est &#233;galement question de savoir si il est possible de d&#233;terminer un cadre objectif &#224; travers lequel on peut distinguer la cause de l'effet, et si on peut conna&#238;tre un effet objectif si l'on est toujours une partie de sa cause. D&#233;terminisme est parfois confondue avec la pr&#233;destination et le fatalisme, mais en tant que tel, il affirme que ni les affaires humaines ont &#233;t&#233; arrang&#233;s par un &#234;tre hors de l'ordre de causalit&#233;, ni qu'une personne a un destin in&#233;vitable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine dans &#171; La fin des certitudes &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que devient le d&#233;mon de Laplace dans le monde que d&#233;crivent les lois du chaos ? Le chaos d&#233;terministe nous apprend qu'il ne pourrait pr&#233;dire le futur que s'il connaissait l'&#233;tat du monde avec une pr&#233;cision infinie. Mais on peut d&#233;sormais aller plus loin car il existe une forme d'instabilit&#233; dynamique encore plus forte, telle que les trajectoires sont d&#233;truites quelque soit la pr&#233;cision de la description. Ce type d'instabilit&#233; est d'une importance fondamentale puisqu'il s'applique, comme nous le verrons, aussi bien &#224; la dynamique classique qu'&#224; la m&#233;canique quantique. ll est central dans tout ce livre. Une fois de plus, notre point de d&#233;part est le travail fondamental d'Henri Poincar&#233; &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, &#034;Les m&#233;thodes nouvelles de la M&#233;canique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; vu que Poincar&#233; avait &#233;tabli une distinction fondamentale entre syst&#232;mes stables et syst&#232;mes instables. Mais il y a plus. Il a introduit la notion cruciale de &#034;syst&#232;me dynamique non int&#233;grable&#034;. Il a montr&#233; que la plupart des syst&#232;mes dynamiques &#233;taient non int&#233;grables. I1 s'agissait de prime abord d'un r&#233;sultat n&#233;gatif, longtemps consid&#233;r&#233; comme un simple probl&#232;me de technique math&#233;matique. Pourtant comme nous allons le voir, ce r&#233;sultat exprime la condition sine qua non &#224; toute possibilit&#233; d'articuler de mani&#232;re coh&#233;rente le langage de la dynamique &#224; ce monde en devenir qui est le n&#244;tre. Qu'est-ce en effet qu'un syst&#232;me int&#233;grable au sens de Poincar&#233; ? Tout syst&#232;me dynamique peut &#234;tre caract&#233;ris&#233; par une &#233;nergie cin&#233;tique, qui d&#233;pend de la seule vitesse des corps qui le composent, et par une &#233;nergie potentielle, qui d&#233;pend de l'interaction entre ces corps, c'est-&#224;-dire de leurs distances relatives. Un cas particuli&#232;rement simple est celui de particules libres, d&#233;nu&#233;es d'interactions mutuelles. Dans ce cas, il n y a pas d'&#233;nergie potentielle ct le calcul de la trajectoire devient trivial. Un tel syst&#232;me est int&#233;grable au sens de Poincar&#233;. On peut montrer que tout syst&#232;me dynamique int&#233;grable peut &#234;tre repr&#233;sent&#233; comme s'il &#233;tait constitu&#233; de corps d&#233;pourvus d'interactions. Nous reviendrons au chapitre V sur le formalisme hamiltonien qui permet ce type de transformation. Nous nous bornons ici &#224; pr&#233;senter la d&#233;finition de 1'int&#233;grabilit&#233; &#233;nonc&#233;e par Poincar&#233; : un syst&#232;me dynamique int&#233;grable est un syst&#232;me dont on peut d&#233;finir les variables de telle sorte que l'&#233;nergie potentielle soit &#233;limin&#233;e, c'est-&#224;-dire de telle sorte que son comportement devienne isomorphe &#224; celui d'un syst&#232;me de particules libres sans interaction. Poincar&#233; a montr&#233; qu'en g&#233;n&#233;ral de telles variables ne peuvent pas &#234;tre obtenues. Des lors, en g&#233;n&#233;ral, les syst&#232;mes dynamiques sont non int&#233;grables. Si la d&#233;monstration de Poincar&#233; avait conduit &#224; un r&#233;sultat diff&#233;rent, s'il avait pu montrer que tous les syst&#232;mes dynamiques &#233;taient int&#233;grables, jeter un pont entre le monde dynamique et le monde des processus que nous observons aurait &#233;t&#233; exclu. Dans un monde isomorphe &#224; un ensemble de corps sans interaction, il n'y a pas de place pour la fl&#232;che du temps ni pour l'auto-organisation, ni pour la vie. Mais Poincar&#233; n'a pas seulement d&#233;montr&#233; que l'int&#233;grabilit&#233; s'applique seulement &#224; une classe r&#233;duite de syst&#232;mes dynamiques, il a identifi&#233; la raison du caract&#232;re exceptionnel de cette propri&#233;t&#233; : 1'existence de r&#233;sonance entre les degr&#233;s de libert&#233; du syst&#232;me. Il a, ce faisant, identifi&#233; le probl&#232;me &#224; partir duquel une formulation &#233;largie de la dynamique devient possible. La notion de r&#233;sonance caract&#233;rise un rapport entre des fr&#233;quences. Un exemple simple de fr&#233;quence est celui de l'oscillateur harmonique, qui d&#233;crit le comportement d'une particule li&#233;e &#224; un centre par une force proportionnelle &#224; la distance : si on &#233;carte la particule du centre, elle oscillera avec une fr&#233;quence bien d&#233;finie. Consid&#233;rons maintenant le cas le plus familier d'oscillateur, celui du ressort qui, &#233;loign&#233; de sa position d'&#233;quilibre, vibre avec une fr&#233;quence caract&#233;ristique. Soumettons un tel ressort &#224; une force ext&#233;rieure, caract&#233;ris&#233;e elle aussi par une fr&#233;quence que nous pouvons faire varier. Nous observons alors un ph&#233;nom&#232;ne de couplage entre deux fr&#233;quences. La r&#233;sonance se produit lorsque les deux fr&#233;quences, celle du ressort et celle de la force ext&#233;rieure, correspondent &#224; un rapport num&#233;rique simple (l'une des fr&#233;quences est &#233;gale &#224; un multiple entier de l'autre). L'amplitude de la vibration du pendule augmente alors consid&#233;rablement. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se produit en musique, lorsque nous jouons une note sur un instrument. Nous entendons les harmoniques. La r&#233;sonance &#034;couple&#034; les sons. Les fr&#233;quences, et en particulier la question de leur r&#233;sonance, sont au coeur de la description des syst&#232;mes dynamiques. Chacun des degr&#233;s de libert&#233; d'un syst&#232;me dynamique est caract&#233;ris&#233; par une fr&#233;quence. La valeur des diff&#233;rentes fr&#233;quences d&#233;pend en g&#233;n&#233;ral du point de l'espace des phases. Consid&#233;rons un syst&#232;me &#224; deux degr&#233;s de libert&#233;, caract&#233;ris&#233; par les fr&#233;quences w1 et w2. Par d&#233;finition, en chaque point de l'espace des phases o&#249; la somme n1w1+n1w2 s'annule pour des valeurs enti&#232;res, non nulles de n1 et n2 nous avons r&#233;sonance, car en un tel point n1/n2=-w2/w1. Or, le calcul de la trajectoire de tels syst&#232;mes fait intervenir des d&#233;nominateurs de type 1/(n1w1+n2w2), qui divergent donc aux points de r&#233;sonance, ce qui rend le calcul impossible. C'est le probl&#232;me des petits diviseurs, d&#233;j&#224; soulign&#233; par Le Verrier. Ce que Poincar&#233; a montr&#233;, c'est que les r&#233;sonances et les d&#233;nominateurs dangereux qui leur correspondent constituaient un obstacle incontournable s'opposant &#224; l'int&#233;gration de la plupart des syst&#232;mes dynamiques. Poincar&#233; avait compris que son r&#233;sultat menait &#224; ce qu'il appela &#034;le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral de la dynamique&#034;, mais ce probl&#232;me fut longtemps n&#233;glig&#233;. Max Born a &#233;crit : &#034;Il serait vraiment remarquable que la Nature ait trouv&#233; le moyen de r&#233;sister au progr&#232;s de la connaissance en ce cachant derri&#232;re le rempart des difficult&#233;s analytiques du probl&#232;me &#224; n-corps&#034;. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syst&#232;mes non int&#233;grables de Poincar&#233; seront ici d'une importance consid&#233;rable. Dans ce cas, la rupture entre la description individuelle (trajectoire ou fonction d'onde) et la description statistique sera encore plus spectaculaire. Avait comme nous le verrons, pour de tels syst&#232;mes, le d&#233;mon de Laplace reste impuissant, quelle que soit sa connaissance, finie ou m&#234;me infinie,. Le futur n'est plus donn&#233;. Il devient, comme l'avait pr&#233;dit le po&#232;te Paul Val&#233;ry, &#034;une construction&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
La non-int&#233;grabilit&#233; est due aux r&#233;sonances. Or, les r&#233;sonances expriment des conditions qui doivent &#234;tre satisfaites par les fr&#233;quences : elles ne sont pas des &#233;v&#233;nements locaux qui se produisent &#224; un instant donn&#233;. Elles introduisent donc un &#233;l&#233;ment &#233;tranger &#224; la notion de trajectoire, qui correspond &#224; une description locale d'espace temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
La physique de l'&#233;quilibre nous a donc inspir&#233; une fausse image de la mati&#232;re. Nous retrouvons maintenant la signification dynamique de ce que nous avions constat&#233; au niveau ph&#233;nom&#232;ne logique : la mati&#232;re &#224; l'&#233;quilibre est aveugle et, dans les situations de non &#233;quilibre, elle commence &#224; voir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Poincar&#233; dans &#171; Le&#231;ons sur les hypoth&#232;ses cosmogoniques &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le monde de M. ARRHENIUS n'est pas seulement infini dans l'espace, mais il est &#233;ternel dans le temps ; c'est surtout ici que ses vues sont g&#233;niales et qu'elles nous apparaissent comme suggestives, quelques objections qu'elles soul&#232;vent d'ailleurs. L'Univers est comme une vaste machine thermique, fonctionnant entre une source chaude et une source froide ; la source chaude est repr&#233;sent&#233;e par les &#201;toiles et la source froide par les n&#233;buleuses. Mais nos machines thermiques ne tarderaient pas &#224; s'arr&#234;ter, si on ne leur fournissait sans cesse de nouveaux combustibles ; abandonn&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, les deux sources s'&#233;puiseraient, c'est-&#224;-dire que leurs temp&#233;ratures s'&#233;galiseraient et finiraient par se mettre en &#233;quilibre. C'est l&#224; ce qu'exige le principe de CARNOT. Et ce principe lui-m&#234;me est une cons&#233;quence des lois de la M&#233;canique statistique. C'est parce que les mol&#233;cules sont tr&#232;s nombreuses qu'elles tendent &#224; se m&#233;langer et &#224; ne plus ob&#233;ir qu'aux lois du hasard. Pour revenir en arri&#232;re, il faudrait les d&#233;m&#234;ler, d&#233;truire le m&#233;lange une fois fait ; et cela semble impossible ; il faudrait pour cela le d&#233;mon de MAXWELL, c'est-&#224;-dire un &#234;tre tr&#232;s d&#233;li&#233; et tr&#232;s intelligent, capable de trier des objets aussi petits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que le monde p&#251;t recommencer ind&#233;finiment, il faudrait donc une sorte de d&#233;mon de MAXWELL automatique. Ce d&#233;mon, M. ARRHENIUS croit l'avoir trouv&#233;. Les n&#233;buleuses sont tr&#232;s froides, mais tr&#232;s peu denses, tr&#232;s peu capables par cons&#233;quent de retenir par leur attraction les corps en mouvement qui tendent &#224; en sortir. Les mol&#233;cules gazeuses sont anim&#233;es de vitesses diverses, et plus les vitesses sont grandes en moyenne plus le gaz est chaud. Le r&#244;le du d&#233;mon de MAXWELL, s'il voulait refroidir une enceinte, serait de trier les mol&#233;cules chaudes, c'est-&#224;-dire celles dont la vitesse est grande et de les expulser de l'enceinte, o&#249; ne resteraient que les mol&#233;cules froides. Or, les mol&#233;cules qui ont le plus de chances de s'&#233;chapper de la n&#233;buleuse, sans y &#234;tre retenues par la gravitation, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les mol&#233;cules &#224; grande vitesse, les mol&#233;cules chaudes ; les autres restant seules, la n&#233;buleuse pourra rester froide tout en recevant de la chaleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut tenter de se placer &#224; d'autres points de vue, de dire par exemple qu'ici la v&#233;ritable source froide, c'est le vide avec la temp&#233;rature du z&#233;ro absolu et qu'alors le rendement du cycle de CARNOT est &#233;gal &#224; 1. D'autre part, ce qui distingue la chaleur de la force vive m&#233;canique, c'est que les corps chauds sont form&#233;s de mol&#233;cules nombreuses dont les vitesses ont des directions diverses, tandis que les vitesses qui produisent la force vive m&#233;canique ont une direction unique ; r&#233;unies, les mol&#233;cules gazeuses forment un gaz qui peut &#234;tre froid et dont le contact refroidit ; isol&#233;es, au contraire, elles seraient des projectiles dont le choc r&#233;chaufferait. Or, dans le vide interplan&#233;taire, elles sont s&#233;par&#233;es par d'&#233;normes distances et pour ainsi dire isol&#233;es ; leur &#233;nergie s'&#233;l&#232;verait donc en dignit&#233;, elle cesserait d'&#234;tre de la simple &#171; Chaleur &#187; pour &#234;tre promue au rang de &#171; Travail &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des doutes subsistent toutefois ; le vide ne va-t-il pas se combler, si le monde est infini ; et, s'il ne l'est pas, sa mati&#232;re en s'&#233;chappant, ne va-t-elle pas s'&#233;vaporer jusqu'&#224; ce qu'il ne reste rien ? De toutes mani&#232;res, nous devrions renoncer au r&#234;ve du &#171; Retour &#233;ternel &#171; et de la perp&#233;tuelle renaissance des mondes ; il semble donc que la solution de M. ARRHENIUS est encore insuffisante ; ce n'est pas assez de mettre un d&#233;mon dans la source froide, il en faudrait encore un dans la source chaude. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cet expos&#233;, on attend sans doute de moi une conclusion, et c'est cela qui m'embarrasse. Plus on &#233;tudie cette question de l'origine des astres, moins on est press&#233; de conclure. Chacune des th&#233;ories propos&#233;es est s&#233;duisante par certains c&#244;t&#233;s. Les unes donnent d'une fa&#231;on tr&#232;s satisfaisante l'explication d'un certain nombre de faits ; les autres embrassent davantage, mais les explications perdent en pr&#233;cision ce qu'elles gagnent en &#233;tendue ; ou bien, au contraire, elles nous donnent une pr&#233;cision trop grande, mais qui n'est qu'illusoire et qui sent le coup de pouce. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il n'y avait que le syst&#232;me solaire, je n'h&#233;siterais pas &#224; pr&#233;f&#233;rer la vieille hypoth&#232;se de LAPLACE ; il y a tr&#232;s peu de choses &#224; faire pour la remettre &#224; neuf. Mais la vari&#233;t&#233; des syst&#232;mes stellaires nous oblige &#224; &#233;largir nos cadres, de sorte que l'hypoth&#232;se de LAPLACE, si elle ne doit pas &#234;tre enti&#232;rement abandonn&#233;e, devrait &#234;tre modifi&#233;e de fa&#231;on &#224; n'&#234;tre plus qu'une forme, adapt&#233;e sp&#233;cialement au syst&#232;me solaire, d'une hypoth&#232;se plus g&#233;n&#233;rale qui conviendrait &#224; l'Univers tout entier et qui nous expliquerait &#224; la fois les destins divers des &#201;toiles, et comment chacune d'elles s'est fait sa place dans le grand tout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le%C3%A7ons_sur_les_hypoth%C3%A8ses_cosmogoniques_(Poincar%C3%A9,_1911)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine dans &#171; La fin des certitudes &#187; : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le chaos d&#233;terministe nous apprend qu'il ne pourrait pr&#233;dire le futur que s'il connaissait l'&#233;tat du monde avec une pr&#233;cision infinie. Mais on peut d&#233;sormais aller plus loin car il existe une forme d'instabilit&#233; dynamique encore plus forte, telle que les trajectoires sont d&#233;truites quelque soit la pr&#233;cision de la description. Ce type d'instabilit&#233; est d'une importance fondamentale puisqu &#239;l s'applique, comme nous le verrons, aussi bien &#224; la dynamique classique qu'&#224; la m&#233;canique quantique&#8230;. Les syst&#232;mes non int&#233;grables de Poincar&#233; sont d'une importance consid&#233;rable. Dans ce cas, la rupture entre la description individuelle (trajectoire ou fonction d'onde) et la description statistique sera encore plus spectaculaire. Avait comme nous le verrons, pour de tels syst&#232;mes, le d&#233;mon de Laplace reste impuissant, quelle que soit sa connaissance, finie ou m&#234;me infinie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paul Langevin dans &#171; Statistique et d&#233;terminisme &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jean Perrin a insist&#233; sur la remarquable convergence des r&#233;sultats ainsi obtenus, et enlev&#233; les derniers retranchements des &#233;nerg&#233;tistes intransigeants. Le d&#233;terminisme statistique. &#8212; Ces r&#233;sultats marquaient un triomphe et une revanche pour le m&#233;canisme combin&#233; &#224; l'atomisme, et l'introduction d'un nouvel aspect du d&#233;terminisme, plus proche du point de vue humain et qu'on peut appeler le d&#233;terminisme ou m&#233;canisme statistique. Tout en maintenant la conception de Laplace et l'hypoth&#232;se d'un univers compos&#233; de mol&#233;cules soumises aux lois de la m&#233;canique newtonienne, on admet franchement, non plus la possibilit&#233; d'erreurs sur les conditions initiales, mais, comme dans les jeux de hasard, notre ignorance compl&#232;te de ce qui concerne les cas individuels, et le r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant de la statistique dans la pr&#233;vision des r&#233;sultats d'observation qui portent en g&#233;n&#233;ral sur des foules de corpuscules extraordinairement nombreuses. Dans la plupart des cas, le nouveau d&#233;terminisme est enti&#232;rement d'accord avec la thermodynamique, qu'il domine en l'interpr&#233;tant, et la plupart des lois de la physique ont le caract&#232;re de lois statistiques concernant les configurations les plus probables, seules pratiquement r&#233;alis&#233;es. Dans le domaine du microscopique, en raison de la moindre complexit&#233; des syst&#232;mes, la probabilit&#233; des configurations autres que la plus probable cesse d'&#234;tre n&#233;gligeable et des fluctuations apparaissent autour de cette derni&#232;re ; l'importance de ces fluctuations permet d'&#233;valuer le degr&#233; de complexit&#233; du syst&#232;me et par cons&#233;quent d'atteindre les grandeurs mol&#233;culaires. Ces r&#233;sultats se sont trouv&#233;s confirm&#233;s et pr&#233;cis&#233;s lorsque, &#224; la fin du si&#232;cle dernier et au commencement de celui-ci, en m&#234;me temps que se d&#233;veloppait l'atomisme statistique, la d&#233;couverte de l'&#233;lectron et celle des rayons de R&#246;ntgen sont venues permettre la d&#233;termination directe, individuelle, et non plus statistique, de certaines de ces grandeurs : charge &#233;lectrique &#233;l&#233;mentaire ou grain d'&#233;lectricit&#233;, dimensions des cellules occup&#233;es par les atomes dans les divers r&#233;seaux cristallins ; puis, par leur interm&#233;diaire, la d&#233;termination pr&#233;cise du nombre N d' Avogadro et de la constante k de Boltzmann. Le d&#233;terminisme statistique, non seulement r&#233;alisait la synth&#232;se n&#233;cessaire entre le m&#233;canisme et la thermodynamique, mais venait encore offrir &#224; la sp&#233;culation philosophique la possibilit&#233; d'&#233;chapper au fatalisme impliqu&#233; dans le d&#233;terminisme absolu et de laisser sa place &#224; l'action. Il suffisait d'admettre la facult&#233; pour l'&#234;tre vivant de mettre &#224; profit, &#224; la fa&#231;on du d&#233;mon de Maxwell ou d'un joueur heureux, les fluctuations favorables, et d'aiguiller, en quelque sorte, l'&#233;volution du monde dans un sens d&#233;termin&#233; par sa volont&#233; ou par son instinct. Cette solution du probl&#232;me de la libert&#233;, vraiment trop facile, me semble fallacieuse en tant qu'elle reporte la difficult&#233; sur l'aiguillage, sur la trappe du d&#233;mon de Maxwell et sur la mani&#232;re, n&#233;cessairement m&#233;canique, dont il la manoeuvre. Je n'y fais allusion que parce qu'elle a &#233;t&#233; s&#233;rieusement propos&#233;e. Ce triomphe du m&#233;canisme, sous sa forme atomique et statistique, devait &#234;tre sans lendemain. En m&#234;me temps qu'il se produisait, commen&#231;ait &#224; se d&#233;velopper la crise des quanta, issue des progr&#232;s de nos connaissances des faits qui concernent les interactions ai complexes de la mati&#232;re et de la lumi&#232;re et de la n&#233;cessit&#233; de concilier le double aspect corpusculaire et ondulatoire de la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mon_de_Laplace&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;mon de Laplace&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-physique-chronologie-grandes-etapes-1614/page/6/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur le d&#233;mon de Laplace&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mon_de_Maxwell&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;mon de Maxwell&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4215&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Einstein : dieu ne joue pas aux d&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Causalit&#233; quantique ou spiritualisme ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5787</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5787</guid>
		<dc:date>2017-12-10T23:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>
		<dc:subject>Quanta</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Physique quantique et causalit&#233; : lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
La physique quantique supprime la causalit&#233; ou plut&#244;t elle produit une toute nouvelle &#171; causalit&#233; quantique &#187;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut lire bien des auteurs qui parlent, &#224; propos de la physique quantique, de double causalit&#233;, de r&#233;tro-causalit&#233;, de th&#232;se spiritualiste, mystique, id&#233;aliste, subjectiviste. Pourtant, depuis la th&#233;orie quantique des champs et notamment les travaux de Feynman et la th&#233;orie de la d&#233;coh&#233;rence, la causalit&#233; et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Quanta&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.scientiaestudia.org.br/associac/paty/pdf/Paty,M_2002g-PhQCausBohm.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Physique quantique et causalit&#233; : lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La physique quantique supprime la causalit&#233; ou plut&#244;t elle produit une toute nouvelle &#171; causalit&#233; quantique &#187;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire bien des auteurs qui parlent, &#224; propos de la physique quantique, de double causalit&#233;, de r&#233;tro-causalit&#233;, de th&#232;se spiritualiste, mystique, id&#233;aliste, subjectiviste. Pourtant, depuis la th&#233;orie quantique des champs et notamment les travaux de Feynman et la th&#233;orie de la d&#233;coh&#233;rence, la causalit&#233; et le d&#233;terminisme sont pr&#233;serv&#233;s, avec un sens nouveau&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Jacob r&#233;pond &#224; la question dans &#171; Au c&#339;ur de la mati&#232;re &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On dispose d'un formalisme qui combine la th&#233;orie quantique et la relativit&#233;, c'est la th&#233;orie quantique des champs. Ce formalisme permet aussi de maintenir la causalit&#233;, un effet ne pouvant jamais pr&#233;c&#233;der sa cause, et cela malgr&#233; les fluctuations quantiques permettant des variations de l'&#233;nergie au cours de petits intervalles de temps et malgr&#233; la relativit&#233; qui introduit une mall&#233;abilit&#233; du cours du temps selon les vitesses relatives. Pour pr&#233;server la causalit&#233;, la th&#233;orie des champs impose l'existence d'antiparticules correspondant aux particules connues. Chaque particule (caract&#233;ris&#233;e par une masse et un spin) a une antiparticule, de m&#234;me masse et de m&#234;me spin, mais dont les variables internes ont la valeur oppos&#233;e. Si la particule a une charge n&#233;gative comme l'&#233;lectron, l'antiparticule (le positron) aura une charge positive. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A ses d&#233;buts, la physique quantique a cultiv&#233; de nombreux points de vue ind&#233;terministes, subjectivistes, contre la causalit&#233;, etc. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;terminisme et physique quantique se sont d'abord oppos&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecole de Copenhague de la Physique quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heisenberg :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La m&#233;canique quantique &#233;tablit l'&#233;chec final de la causalit&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bohr dans &#171; Th&#233;orie atomique et description de la nature &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas pour le moment d'occasion de parler de causalit&#233; dans la nature, parce qu'il n'y a pas d'exp&#233;rience qui indique sa pr&#233;sence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwin Schr&#246;dinger :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La dur&#233;e de vie d'un atome radioactif est encore moins pr&#233;visible que celle d'un moineau en bonne sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Born :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il est clair que le dualisme onde-corpuscule et l'incertitude essentielle qu'il implique nous obligent &#224; abandonner tout espoir de conserver une th&#233;orie d&#233;terministe. La loi de causalit&#233;&#8230; n'est plus valable, du moins au sens de la physique classique. Quant &#224; la question de savoir s'il existe encore une loi de causalit&#233; dans la nouvelle th&#233;orie, deux points de vue sont possibles. Soit, on persiste &#224; envisager les ph&#233;nom&#232;nes &#224; l'aides images d'onde et corpuscule, alors la loi de causalit&#233; n'est plus valable&#8230; La loi de causalit&#233; est donc sans contenu physique ; la nature des choses impose que la physique soit ind&#233;terministe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niels Bohr dans son article suite &#224; la conf&#233;rence de C&#244;me de septembre 1927, publi&#233; dans Nature le 14 avril 1928 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour r&#233;sumer, on pourrait dire que les concepts d'&#233;tat stationnaire et de processus individuel de transition, dans leur propre domaine d'application, poss&#232;dent &#224; peu pr&#232;s autant ou aussi peu de &#034;r&#233;alit&#233;&#034; que l'id&#233;e m&#234;me de particules individuelles. Dans les deux cas nous avons affaire &#224; une exigence de causalit&#233; compl&#233;mentaire &#224; la description spatio-temporelle, dont l'application ad&#233;quate est seulement limit&#233;e par les possibilit&#233;s restreintes de d&#233;finition et d'observation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John von Neumann :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En physique macroscopique, aucun exp&#233;rience ne peut prouver la causalit&#233;, car l'ordre causal apparent n'y a pas d'autre origine que la loi des grands nombres, et cela tout &#224; fait ind&#233;pendamment du fait que les processus &#233;l&#233;mentaires, qui sont les v&#233;ritables processus physiques, suivent ou non des lois causales&#8230; C'est seulement &#224; l'&#233;chelle atomique, dans les processus &#233;l&#233;mentaires eux-m&#234;mes, que la question de la causalit&#233; peut r&#233;ellement &#234;tre mise &#224; l'&#233;preuve : mais, &#224; cette &#233;chelle, dans l'&#233;tat actuel de nos connaissances, tout parle contre elle, car la seule th&#233;orie formelle s'accordant &#224; peu pr&#232;s avec l'exp&#233;rience et la r&#233;sumant est la m&#233;canique quantique qui est en conflit avec la causalit&#233;&#8230; Il ne subsiste aujourd'hui aucune raison permettant d'affirmer l'existence de la causalit&#233; dans la nature. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heisenberg :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce qui a &#233;t&#233; r&#233;fut&#233; dans la loi exacte de causalit&#233;, selon laquelle quand nous connaissons le pr&#233;sent avec pr&#233;cision, nous pouvons pr&#233;dire le futur, ce n'est pas la conclusion mais l'hypoth&#232;se &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niels Bohr dans &#171; Th&#233;orie atomique et description de la nature &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La m&#233;canique quantique est en contradiction logique avec la causalit&#233; (...) Il n'y a pas pour le moment d'occasion de parler de causalit&#233; dans la nature, parce qu'il n'y a pas d'exp&#233;rience qui indique sa pr&#233;sence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cassirer dans &#171; D&#233;terminisme et Ind&#233;terminisme dans la physique moderne &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mach avait raison quand il affirmait qu'il n'y a plus de cause et d'effet dans la nature. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bohr &#233;crit en 1931 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On a parfois dit que la th&#233;orie quantique laissait enti&#232;rement de c&#244;t&#233; l'id&#233;e de causalit&#233;. Je crois qu'il faudrait plut&#244;t dire que nous essayons, dans le cadre de la th&#233;orie quantique, d'exprimer certaines lois qui se situent si profond qu'elles ne peuvent pas &#234;tre visualis&#233;es, ou bien dont on ne peut pas rendre compte au moyen de la description ordinaire en termes de mouvement. Cet &#233;tat de choses conduit au fait que nous devons utiliser dans une large mesure des m&#233;thodes statistiques et parler des choix que fait la nature entre les possibles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Werner Heisenberg, dans &#171; La partie et le tout, le monde de la physique atomique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Effectivement, Grete Hermann pensait &#234;tre en mesure de prouver en toute rigueur que la loi de causalit&#233; &#8211; dans la forme que lui avait donn&#233;e Kant &#8211; devait rester enti&#232;rement valable. La nouvelle m&#233;canique quantique, cependant, remettait tout de m&#234;me en question, dans une certaine mesure, cette forme de la loi de la causalit&#233; ; et c'est sur ce point que la jeune philosophe &#233;tait d&#233;cid&#233;e &#224; mener le combat jusqu'au bout. La premi&#232;re discussion qu'elle eut &#224; ce sujet, avec Carl von Weizs&#228;cker et moi-m&#234;me a pu commencer par la remarque suivante : &#171; Dans la philosophie de Kant, la loi de causalit&#233; n'est pas une affirmation empirique qui pourrait &#234;tre soit justifi&#233;e soit r&#233;fut&#233;e par l'exp&#233;rience ; elle est au contraire la condition de toute exp&#233;rience, elle fait partie de ces cat&#233;gories de pens&#233;e que Kant appelle &#171; a priori &#187;. En effet, les impressions sensorielles qui nous sont communiqu&#233;es par le monde ext&#233;rieur ne constitueraient qu'un ensemble subjectif de sensations, auxquelles ne correspondrait aucun objet, s'il n'existait pas une r&#232;gle en vertu de laquelle les impressions r&#233;sultent d'un processus qui les a pr&#233;c&#233;d&#233;es. Cette r&#232;gle, &#224; savoir la connexion univoque entre la cause et l'effet, doit donc &#234;tre admise a priori si l'on veut affirmer que l'on a &#233;prouv&#233; ou exp&#233;riment&#233; quelque chose, que ce soit un objets ou un processus. D'un autre c&#244;t&#233;, la science traite d'exp&#233;riences, et pr&#233;cis&#233;ment d'exp&#233;riences objectives ; seules les exp&#233;riences qui peuvent &#233;galement &#234;tre contr&#244;l&#233;es par d'autres, qui sont donc objectives dans ce sens pr&#233;cis, peuvent faire l'objet de la science. Il s'ensuit obligatoirement que toute science doit supposer la loi de causalit&#233;, et que la science ne peut exister que dans la mesure o&#249; la loi de causalit&#233; existe. Cette loi est donc en un certain sens l'outil de notre pens&#233;e, &#224; l'aide duquel nous essayons de transformer le mat&#233;riau brut de nos impressions sensorielles en exp&#233;rience. Et ce n'est que dans la mesure o&#249; nous r&#233;ussissons &#224; effectuer cette transformation que nous poss&#233;dons un objet pour notre science. Comment peut-il donc se faire que la m&#233;canique quantique tende d'un c&#244;t&#233; &#224; rendre moins stricte la loi de causalit&#233;, et d'un autre c&#244;t&#233; pr&#233;tende encore rester une science ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niels Bohr, La th&#233;orie atomique et les principes fondamentaux &#224; la base de la description de la nature, 1929 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La r&#233;signation en ce qui concerne la visualisation et la causalit&#233;, &#224; laquelle nous sommes ainsi contraints dans notre description des ph&#233;nom&#232;nes atomiques, pourrait aussi bien &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une frustration des espoirs qui formaient le point de d&#233;part des conceptions atomiques. Toutefois, au stade actuel de la th&#233;orie atomique, nous devons consid&#233;rer cette renonciation m&#234;me comme un progr&#232;s essentiel dans notre compr&#233;hension. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis de Broglie, dans &#171; Le dualisme des ondes et des corpuscules dans l'&#339;uvre d'Albert Einstein &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La nouvelle interpr&#233;tation &#233;tait tr&#232;s r&#233;volutionnaire : elle renon&#231;ait aux descriptions pr&#233;cises dans le cadre de l'espace et du temps, elle abandonnait la causalit&#233; et le d&#233;terminisme des ph&#233;nom&#232;nes physiques. Bient&#244;t M. Bohr allait la r&#233;sumer en introduisant la curieuse, mais un peu trouble, notion de &#171; compl&#233;mentarit&#233; &#187; suivant laquelle le corpuscule et l'onde sont des &#171; aspects compl&#233;mentaires de la r&#233;alit&#233; &#187; qui se compl&#232;tent en s'excluant, chacun de ces deux aspects ne se manifestant dans l'exp&#233;rience qu'au d&#233;triment de l'autre. En s'orientant vers de telles conceptions, on s'&#233;loignait &#233;videmment compl&#232;tement de la repr&#233;sentation synth&#233;tique des corpuscules et des champs dans le cadre de l'espace et du temps qu'avait r&#234;v&#233;e Einstein. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction de Louis de Broglie &#224; la seconde &#233;dition de &#171; Physique nouvelle et quanta &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un doute s'est gliss&#233; dans mon esprit au sujet de l'exactitude de la nature ind&#233;termin&#233;e et acausale qu'on avait &#233;t&#233; amen&#233; &#224; attribuer aux ph&#233;nom&#232;nes micro-physiques et que je m'&#233;tais r&#233;sign&#233; &#224; admettre contrairement &#224; mes convictions primitives. (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis de Broglie, dans la pr&#233;face de septembre 1955 &#224; &#171; Nouvelles perspectives en microphysique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'avais cherch&#233; pendant plusieurs ann&#233;es, de 1923 &#224; 1927, &#224; obtenir une interpr&#233;tation conforme &#224; l'id&#233;e de causalit&#233; et utilisant, suivant la tradition des physiciens, une repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233; physique (&#8230;) Les difficult&#233;s que j'avais rencontr&#233;es en d&#233;veloppant cette tentative, l'hostilit&#233; qu'elle avait suscit&#233;e de la part des autres th&#233;oriciens de la Physique m'ont conduit en 1928 &#224; l'abandonner et je me suis ralli&#233; pendant pr&#232;s de 25 ans &#224; l'interpr&#233;tation probabiliste issue des travaux de MM. Born, Bohr et Heisenberg qui &#233;tait devenue la doctrine officielle de la Physique th&#233;orique. (&#8230;) J'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; reprendre ma tentative d'autrefois et &#224; me demander si ce n'&#233;tait pas elle qui indiquait la bonne voie &#224; suivre pour parvenir &#224; une v&#233;ritable compr&#233;hension du dualisme des ondes et des corpuscules et &#224; une interpr&#233;tation vraiment intelligible de la M&#233;canique ondulatoire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Lochak dans sa pr&#233;face &#224; &#171; La physique nouvelle et les quanta &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Louis de Broglie, comme presque tous les physiciens, avait succomb&#233; &#224; la fascination des id&#233;es de Bohr sur l'ind&#233;terminisme. Il avait m&#234;me c&#233;d&#233; &#224; cette &#233;trange d&#233;lectation qu'&#233;prouvent beaucoup de physiciens de notre si&#232;cle &#224; d&#233;couvrir que les choses ne sont pas claires et &#224; se sentir plus humains parce qu'ils se sentent plus ignorants. (&#8230;) Car c'est &#224; cette m&#234;me &#233;poque que Niels Bohr, grand physicien habit&#233; par d'&#233;tranges d&#233;mons philosophiques, fit de la non-r&#233;ponse &#224; cette question (pourquoi les objets quantiques nous apparaissent tour &#224; tour sous l'aspect d'ondes ou sous celui de corpuscules) un syst&#232;me philosophique et verrouilla le probl&#232;me dans un discours &#233;pist&#233;mologique dont le ma&#238;tre mot &#233;tait : &#171; compl&#233;mentarit&#233; &#187;. Id&#233;e s&#233;duisante mais n&#233;buleuse qu'un &#233;l&#232;ve de Bohr, L&#233;on Rosenfeld, exprima un peu pompeusement en disant que &#171; la crise a &#233;t&#233; r&#233;solue sur un plan plus &#233;lev&#233; de la th&#233;orie de la connaissance &#187;. C'est ce qui fait encore aujourd'hui que, pour beaucoup de physiciens, le probl&#232;me du dualisme onde-corpuscule n'est pas seulement difficile, ni m&#234;me insoluble : il n'est pas convenable d'en parler parce que ce n'est pas un probl&#232;me. L'id&#233;ologie de l'Ecole de Copenhague, de Broglie s'y &#233;tait ralli&#233; sous la pression ambiante (&#8230;) En 974, Louis de Broglie consid&#233;rait &#224; nouveau l'interpr&#233;tation en vigueur, celle de Bohr, comme une entrave &#224; l'imagination. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Born :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La m&#233;canique quantique de Schr&#246;dinger donne une r&#233;ponse pr&#233;cise &#224; la question de l'effet d'une collision, mais il ne s'agit pas d'une relation causale. On ne r&#233;pond pas &#224; la question quel est l'&#233;tat apr&#232;s la collision mais quelle est la probabilit&#233; d'obtenir un effet donn&#233; apr&#232;s la collision (...) Ici se pose tout le probl&#232;me du d&#233;terminisme. Du point de vue de notre m&#233;canique quantique, il n'existe pas de grandeur qui, dans un cas particulier, d&#233;terminerait causalement l'effet d'une collision &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. London et E. Bauer dans leur ouvrage &#171; Expos&#233;s de Physique G&#233;n&#233;rale &#187; de 1939 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; D'apr&#232;s certains, ce caract&#232;re statistique serait un sympt&#244;me de ce que notre connaissance des lois atomiques est encore incompl&#232;te : il resterait &#224; trouver des &#171; param&#232;tres cach&#233;s &#187;, d&#233;terminant les processus que, provisoirement, nous nous contentons de d&#233;crire en langage statistique. A les en croire, on pourrait esp&#233;rer r&#233;ussir quelque jour &#224; refondre la th&#233;orie dans un moule d&#233;terministe. D'autres comprennent que c'est &#171; l'action de l'observateur &#187; qui est en jeu. Ils pensent parfois que celle-ci serait une action causale, mais incompl&#232;tement connue, parce qu'on ne sait jamais exactement dans quel &#233;tat se trouve l'observateur. De l&#224; r&#233;sulterait la dispersion statistique des mesures, dont il serait peut-&#234;tre possible de pr&#233;voir les r&#233;sultats exacts, si l'on pouvait mieux tenir compte de l'intervention de l'observateur. On a dit aussi que la loi de causalit&#233; serait peut-&#234;tre valable mais inapplicable, parce qu'il n'y aurait aucun moyen de reproduire deux fois les conditions identiques. La discussion de ces questions n'est point un objet de sp&#233;culation, c'est un probl&#232;me positif, qu'on doit traiter en appliquant la th&#233;orie quantique au processus m&#234;me de mesure, sur lequel elle fournit des pr&#233;cisions essentielles. On peut se convaincre que les distributions statistiques, telles qu'elles sont donn&#233;es par la m&#233;canique quantique et confirm&#233;es par l'exp&#233;rience, ont une structure telle qu'elles sont donn&#233;es par la m&#233;canique quantique et confirm&#233;es par l'exp&#233;rience, ont une structure telle qu'elles ne peuvent pas &#234;tre r&#233;duites &#224; l'aide de param&#232;tres cach&#233;s. Il ne s'agit pas, comme on l'a souvent pr&#233;tendu, d'une question d'interpr&#233;tation philosophique : la m&#233;canique quantique devrait &#234;tre &#171; fausse objectivement &#187;, si les processus atomiques &#233;taient d&#233;termin&#233;s en r&#233;alit&#233; et seulement connus incompl&#232;tement&#8230; C'est un trait assez g&#233;n&#233;ral de la physique moderne que souvent ses conqu&#234;tes ne sont obtenues que par le sacrifice de certaines de nos convictions philosophiques traditionnelles&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Planck, dans &#171; Initiation &#224; la physique &#187; r&#233;sistait &#224; cette tendance comme allait le faire aussi Einstein :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; A l'heure actuelle, il y a des physiciens qui seraient tr&#232;s port&#233;s &#224; retirer au principe de causalit&#233; strict son r&#244;le dans le syst&#232;me physique de l'univers. (...) Mais, autant que je puis m'en rendre compte, il n'y a, pour le montent, aucune n&#233;cessit&#233; de se r&#233;signer &#224; l'ind&#233;terminisme. (...) Il est toutefois certain que cette fa&#231;on d'envisager le d&#233;terminisme diff&#232;re quelque peu de celle qui &#233;tait habituelle en physique classique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'ind&#233;termination quantique, ce cr&#233;do est-il d&#233;finitif ? Je crois qu'un sourire vaut mieux qu'une r&#233;ponse &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pondait Einstein&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc L&#233;vy-Leblond dans &#171; La quantique &#224; grande &#233;chelle &#187;, article de l'ouvrage collectif &#171; Le monde quantique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'approche philosophique et culturelle des probl&#232;mes de la m&#233;canique quantique devait tout naturellement privil&#233;gier les discussions sur le d&#233;terminisme&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Feynman dans son &#171; Cours de Physique &#8211; M&#233;canique 1 &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un changement tr&#232;s int&#233;ressant, apport&#233; par la m&#233;canique quantique aux id&#233;es et &#224; la philosophie de la science, est le suivant : il n'est possible, en aucune circonstance, de pr&#233;dire exactement ce qui va se produire. Par exemple, il est possible de mettre un atome en &#233;tat d'&#233;mettre de la lumi&#232;re, et nous pouvons mesurer l'instant o&#249; il &#233;met cette lumi&#232;re en d&#233;tectant une particule appel&#233;e photon, que nous d&#233;crirons bient&#244;t. Nous ne pouvons pas cependant pr&#233;dire &#171; quand &#187; il va &#233;mettre de la lumi&#232;re ou, si on dispose de plusieurs atomes, &#171; lequel &#187; va &#233;mettre de la lumi&#232;re. Vous allez dire que ceci est peut-&#234;tre d&#251; &#224; certains &#171; rouages &#187; internes encore insuffisamment &#233;tudi&#233;s. Non, il n'y a pas de m&#233;canismes cach&#233;s ; la nature, comme nous la comprenons aujourd'hui, se comporte de telle mani&#232;re qu'il est &#171; fondamentalement impossible &#187; de faire une pr&#233;diction de &#171; ce qui va exactement se passer &#187; dans une exp&#233;rience donn&#233;e. C'est horrible ; auparavant, les philosophes disaient qu'une des conditions fondamentales de la science est que chaque fois que vous &#233;tablissez les m&#234;mes conditions, la m&#234;me chose doit se passer. Ceci est tout simplement faux, ce n'est pas une condition fondamentale de la science. Le fait est que la m&#234;me chose ne se r&#233;alise pas, que nous ne pouvons trouver ce qui se passe qu'en moyenne et statistiquement. Malgr&#233; cela, la science ne s'est pas compl&#232;tement effondr&#233;e. Les philosophes, incidemment, ont dit beaucoup de choses sur ce qui est &#171; absolument n&#233;cessaire &#187; &#224; la science, et c'est toujours, pour autant que l'on puisse le savoir, plut&#244;t na&#239;f et probablement faux. Par exemple, l'un ou l'autre parmi ces philosophes a dit qu'il est fondamental pour l'effort scientifique que si une exp&#233;rience est r&#233;alis&#233;e, disons &#224; Stockholm, et que la m&#234;me exp&#233;rience soit r&#233;alis&#233;e par exemple &#224; Quito, &#171; les m&#234;mes r&#233;sultats &#187; doivent &#234;tre obtenus. Ceci est tout &#224; fait faux. Il n'est pas n&#233;cessaire que la science r&#233;alise cela. C'est peut-&#234;tre un fait d'exp&#233;rience mais ce n'est pas n&#233;cessaire. Par exemple, si l'une des exp&#233;riences consiste &#224; regarder le ciel et &#224; observer une aurore bor&#233;ale &#224; Stockholm, vous ne la verrez pas &#224; Quito ; c'est un ph&#233;nom&#232;ne diff&#233;rent&#8230; Quelle est l'hypoth&#232;se fondamentale de la science, sa philosophie fondamentale ? Nous l'avons dit dans le premier chapitre : la seule v&#233;rification de la validit&#233; d'une id&#233;e est l'exp&#233;rience. S'il appara&#238;t que la plupart des exp&#233;riences donnent la m&#234;me chose &#224; Quito et &#224; Stockholm, alors ces &#171; tr&#232;s nombreuses exp&#233;riences &#187; seront utilis&#233;es pour formuler quelques lois g&#233;n&#233;rales, et nous dirons que si les exp&#233;riences donnent la m&#234;me chose &#224; Quito et &#224; Stockholm, alors ces &#171; tr&#232;s nombreuses exp&#233;riences &#187; seront utilis&#233;es pour formuler quelques lois g&#233;n&#233;rales, et nous dirons que si les exp&#233;riences ne donnent pas les m&#234;mes r&#233;sultats, cela est d&#251; aux conditions ext&#233;rieures qui ne sont pas les m&#234;mes &#224; Stockholm. Nous inventerons certaines mani&#232;res de r&#233;sumer les r&#233;sultats exp&#233;rimentaux, mais il ne faut pas qu'on nous dise &#224; l'avance quelle sera cette mani&#232;re. Si on nous dit que la m&#234;me exp&#233;rience va toujours produire le m&#234;me r&#233;sultat, c'est tr&#232;s bien, mais si nous essayons et que ce n'est pas le cas, eh bien ce n'est pas le cas. Nous ne devons consid&#233;rer que ce que nous voyons, et exprimer tout le reste de nos id&#233;es en fonction de notre exp&#233;rience r&#233;elle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.scientiaestudia.org.br/associac/paty/pdf/Paty,M_2002g-PhQCausBohm.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.scientiaestudia.org.br/associac/paty/pdf/Paty,M_2002g-PhQCausBohm.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique n'est pas surpris par les d&#233;couvertes quantiques :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une certaine conception mythique de la causalit&#233; est tomb&#233;e du fait de la d&#233;couverte du fonctionnement de la mati&#232;re &#224; l'&#233;chelle microscopique : la physique quantique. Le d&#233;terminisme, ou la causalit&#233;, &#233;rig&#233;s en religion n'ont plus cours mais ce n'est pas un mal. C'&#233;tait une conception &#233;troite et non dynamique des lois de la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'avait pas &#233;t&#233; celle de nombreux auteurs, pourtant adversaires de la th&#232;se du pur hasard, de l'ind&#233;terminisme, de l'agnosticisme, la conception d'une nature acausale le relativisme, le subjectivisme toutes formes de th&#233;orisation de l'incapacit&#233; de conna&#238;tre le r&#233;el,.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, &lt;i&gt;&#171; La loi est le reflet de l'essentiel dans le mouvement de l'univers. &#187;&lt;/i&gt; Mais il rajoute aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Le ph&#233;nom&#232;ne est plus riche que la loi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; La loi est le durable dans le ph&#233;nom&#232;ne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore : &lt;i&gt;&#171; La loi est l'identique dans le ph&#233;nom&#232;ne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'effet ne contient... en principe rien que ne contienne la cause &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est la m&#234;me chose qui se pr&#233;sente une premi&#232;re fois comme cause, une autre fois comme effet, l&#224; comme subsister propre, ici comme &#234;tre pos&#233;, c'est-&#224;-dire comme d&#233;termination dans un autre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Or par le mouvement du rapport d&#233;termin&#233; de causalit&#233; il est maintenant advenu ceci que la cause ne fait pas que s'&#233;teindre dans l'effet, et par l&#224; m&#234;me l'effet &#8212; comme dans la causalit&#233; formelle &#8212; mais au contraire que la cause dans son extinction devient &#224; nouveau dans l'effet, que l'effet dispara&#238;t dans la cause mais tout autant devient &#224; nouveau en elle. Chacune de ces d&#233;terminations s'abroge dans son poser et se pose dans son abroger ; il n'y a pas l&#224; un passage ext&#233;rieur de la causalit&#233; d'un substrat sur un autre, mais au contraire son devenir autre est en m&#234;me temps son propre poser. La causalit&#233; se pr&#233;suppose donc elle-m&#234;me ou se conditionne &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'action r&#233;ciproque se pr&#233;sente tout d'abord comme une causalit&#233; r&#233;ciproque de substances pr&#233;suppos&#233;es, se conditionnant l'une l'autre ; chacune est &#224; l'&#233;gard de l'autre substance active et en m&#234;me temps substance passive &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans l'action r&#233;ciproque, la causalit&#233; originaire se pr&#233;sente comme un na&#238;tre &#224; partir de sa n&#233;gation, de la passivit&#233;, et comme un dispara&#238;tre en celle-ci, comme un devenir... N&#233;cessit&#233; et causalit&#233; y ont donc disparu, elles renferment l'une et l'autre l'identit&#233; imm&#233;diate, en tant que liaison et relation, et l'absolue substantialit&#233; des distingu&#233;s, par cons&#233;quent leur absolue contingence ; elles renferment l'unit&#233; originaire des diff&#233;rences substantielles, donc la contradiction absolue. La n&#233;cessit&#233; est l'&#234;tre, parce qu'il est ; l'unit&#233; de l'&#234;tre avec soi-m&#234;me, qui est lui-m&#234;me son propre fondement. Mais inversement parce qu'il a un fondement il n'est pas &#234;tre ; il n'est qu'apparence, relation ou m&#233;diation. La causalit&#233; est ce passage pos&#233; de l'&#234;tre originaire, de la cause, dans l'apparence ou simple &#234;tre-pos&#233; et, inversement, de l'&#234;tre-pos&#233; dans l'originaire ; mais l'identit&#233; m&#234;me de l'&#234;tre et de l'apparence est encore la n&#233;cessit&#233; interne. Cette int&#233;riorit&#233; ou cet &#234;tre en soi abroge le mouvement de la causalit&#233; ; par l&#224; se perd la substantialit&#233; des aspects qui sont en rapports et la n&#233;cessit&#233; se d&#233;masque. La n&#233;cessit&#233; ne devient pas libert&#233; parce qu'elle dispara&#238;t, mais bien parce que son identit&#233; encore int&#233;rieure se manifeste seule &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sans doute l'action r&#233;ciproque est, &#224; dire vrai, la v&#233;rit&#233; la plus proche du rapport de cause et effet et elle se tient, pour ainsi dire, au seuil du concept. C'est justement la raison pourquoi on ne peut pas se contenter de l'application de ce rapport quand il s'agit de la connaissance conceptuelle. Si l'on s'en tient l&#224;, pour ne consid&#233;rer un contenu donn&#233; que sous le simple aspect de l'action r&#233;ciproque, c'est en r&#233;alit&#233; une d&#233;marche d'o&#249; la compr&#233;hension est tout &#224; fait absente ; on a alors simplement affaire &#224; un fait sec et l'exigence de la m&#233;diation, dont il s'agit justement tout d'abord dans l'application du rapport de causalit&#233;, reste &#224; nouveau insatisfaite. Consid&#233;r&#233; plus pr&#233;cis&#233;ment, ce rapport au lieu de valoir comme un &#233;quivalent du concept, veut &#234;tre lui-m&#234;me d'abord compris ; et cela n'a lieu qu'autant que les deux aspects de ce rapport ne sont pas laiss&#233;s comme des imm&#233;diatement donn&#233;s, mais au contraire, comme il a &#233;t&#233; montr&#233; dans les paragraphes pr&#233;c&#233;dents, sont connus comme les moments d'un troisi&#232;me, plus &#233;lev&#233;, qui est pr&#233;cis&#233;ment le concept. Si, par exemple, nous consid&#233;rons les m&#339;urs du peuple spartiate comme l'effet de sa constitution et, inversement, celle-ci comme l'effet de ses m&#339;urs, cette consid&#233;ration peut bien &#234;tre exacte &#224; tout coup sans procurer pour autant une satisfaction d&#233;finitive, car en r&#233;alit&#233; ni la constitution ni les m&#339;urs ne sont comprises par l&#224;. Cette compr&#233;hension ne peut avoir lieu qu'autant que ces deux aspects et tout autant tous les autres aspects particuliers que montrent la vie et l'histoire du peuple Spartiate sont connus en tant que fond&#233;s dans son concept. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette antinomie (entre la cause et l'effet), consid&#233;r&#233;e abstraitement, se base sur l'antith&#232;se que la relation causale a en elle-m&#234;me. Notamment, la cause est une cause originelle, une premi&#232;re cause, qui se meut elle-m&#234;me. Mais elle est conditionn&#233;e par ce sur quoi elle agit, et son activit&#233; passe dans son effet. Ainsi, il ne faut pas la consid&#233;rer comme quelque chose d'originel&#8230; La v&#233;ritable solution de cette antinomie, c'est la r&#233;ciprocit&#233; ; une cause qui passe dans un effet e a en lui de nouveau une r&#233;action causale ; par ce moyen la premi&#232;re cause est de nouveau r&#233;duite &#224; un effet&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels dans l'Anti D&#252;hring&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il n'y a dans la nature ni cause ni effet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce qu'on affirme n&#233;cessaire est compos&#233; de purs hasards et le pr&#233;tendu hasard est la forme sous laquelle se cache la n&#233;cessit&#233;. La causalit&#233; lin&#233;aire est suffisante pour des ph&#233;nom&#232;nes simples. Mais cette forme simpliste de d&#233;termination ne suffit lorsqu'on se trouve devant des syst&#232;mes complexes et sensibles. (...) Le hasard n'est pas la n&#233;gation de la causalit&#233; et du d&#233;terminisme ; il est la n&#233;gation dialectique de la n&#233;cessit&#233;, expression de la richesse des d&#233;terminations des syst&#232;mes physiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels dans &#034;Dialectique de la nature&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Sur le plan de la th&#233;orie, la science de la nature s'est obstin&#233;e d'une part dans la pauvret&#233; de la m&#233;taphysique selon Wolff qui veut que quelque chose soit ou bien n&#233;cessaire ou bien contingent, mais non les deux &#224; la fois et d'autre part, dans le d&#233;terminisme m&#233;caniste &#224; la pens&#233;e &#224; peine moins pauvre, qui supprime en bloc le hasard par une n&#233;gation verbale pour le reconna&#238;tre en pratique dans chaque cas particulier. (...) En face de ces deux conceptions, Hegel appara&#238;t avec des proportions absolument inou&#239;es jusque-l&#224; : &#171; Le contingent a un fond parce qu'il est contingent, et aussi bien il n'a pas de fond parce qu'il est contingent ; le contingent est n&#233;cessaire et la n&#233;cessit&#233; elle-m&#234;me se d&#233;termine comme contingence, tandis que d'autre part, cette contingence est plut&#244;t la n&#233;cessit&#233; absolue &#187;&lt;/i&gt;. (Logique : L.II, Section III, ch. 1, La R&#233;alit&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La contingence jette pardessus bord la n&#233;cessit&#233; telle qu'on l'a con&#231;ue jusqu'ici . L'id&#233;e de n&#233;cessit&#233; qu'on avait jusqu'ici fait fiasco. La conserver signifie dicter pour loi &#224; la nature la d&#233;termination humaine arbitraire qui entre en contradiction avec elle-m&#234;me et avec la r&#233;alit&#233; ; cela signifie donc nier toute n&#233;cessit&#233; interne dans la nature vivante, proclamer d'une mani&#232;re universelle le r&#232;gne chaotique du hasard comme loi unique de la nature vivante. (&#8230;) La premi&#232;re chose qui nous frappe lorsque nous observons de la mati&#232;re en mouvement, c'est la liaison r&#233;ciproque des mouvements individuels des corps individuels, leur conditionnement l'un par l'autre. Or nous trouvons non seulement que tel mouvement est suivi de tel autre, nous trouvons aussi que nous pouvons produire tel mouvement d&#233;termin&#233; en cr&#233;ant les conditions dans lesquelles il s'op&#232;re dans la nature ; et m&#234;me nous sommes en mesure de produire des mouvements qui ne se produisent pas du tout dans la nature (Industrie), - du moins pas de cette mani&#232;re, - et nous pouvons donner &#224; ces mouvements une direction et une extension d&#233;termin&#233;es &#224; l'avance. C'est gr&#226;ce &#224; cela, gr&#226;ce &#224; l'activit&#233; de l'homme que s'&#233;tablit la repr&#233;sentation de la causalit&#233;, l'id&#233;e qu'un mouvement est la cause d'un autre. A elle seule, la succession r&#233;guli&#232;re de certains ph&#233;nom&#232;nes naturels peut certes engendrer l'id&#233;e de la causalit&#233; : ainsi la chaleur et la lumi&#232;re qui apparaissent avec le soleil ; cependant cela ne constitue pas toujours une preuve, et, dans cette mesure, le scepticisme de Hume aurait raison de dire que la r&#233;gularit&#233; du post hoc ne peut jamais fonder un propter hoc. Mais l'activit&#233; de l'homme est la Pierre de touche de la causalit&#233;. Si, &#224; l'aide d'un miroir concave, nous concentrons en un foyer les rayons du soleil et leur donnons la m&#234;me action que celle des rayons d'un feu ordinaire, nous prouvons par l&#224; que la chaleur vient du soleil. Si nous introduisons dans un fusil amorce, charge explosive et projectile et qu'ensuite nous tirions, nous escomptons un effet connu d'avance par exp&#233;rience, parce que nous pouvons suivre dans tous ses d&#233;tails le processus d'allumage, de combustion, d'explosion provoqu&#233;e par la transformation brusque en gaz, la pression du gaz sur le projectile. Et ici le sceptique ne peut m&#234;me pas dire que, de l'exp&#233;rience pass&#233;e, il ne r&#233;sulte pas qu'il en sera de m&#234;me la fois suivante. Car, en fait, il arrive que parfois il n'en soit pas de m&#234;me, que l'amorce rate ou que la poudre fasse long feu, que le canon du fusil &#233;clate, etc. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui prouve la causalit&#233;, au lieu de la r&#233;futer, car pour chacune de ces exceptions &#224; la r&#232;gle nous pouvons, en faisant les recherches appropri&#233;es, trouver la cause : d&#233;composition chimique de l'amorce, humidit&#233;, etc., de la poudre, d&#233;fectuosit&#233; du canon., etc., de sorte qu'ici la preuve de la causalit&#233; est pour ainsi dire administr&#233;e deux lois. Jusqu'ici la science de la nature, et de m&#234;me la philosophie, ont absolument n&#233;glig&#233; l'influence de l'activit&#233; de l'homme sur sa pens&#233;e. Elles ne connaissent d'un c&#244;t&#233; que la nature, de l'autre que la pens&#233;e. Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment la transformation de la nature par l'homme, et non la nature seule en tant que telle, qui est le fondement le plus essentiel et le plus direct de la pens&#233;e humaine, et l'intelligence de l'homme a grandi dans la mesure o&#249; il a appris &#224; transformer la nature. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels dit d&#232;s le premier chapitre de l'Anti D&#252;hring :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour conna&#238;tre ces d&#233;tails &#187; (ou les particularit&#233;s du tableau d'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes universels), &#171; nous sommes oblig&#233;s de les d&#233;tacher de leur encha&#238;nement naturel (nat&#252;rlich) ou historique et de les &#233;tudier individuellement dans leurs qualit&#233;s, leurs causes et leurs effets particuliers &#187; (pp. 5 6). Il est &#233;vident que ces rapports naturels, rapports entre les ph&#233;nom&#232;nes de la nature, ont une existence objective. Engels souligne particuli&#232;rement la conception dialectique de la cause et de l'effet : &#171; Cause et effet sont des repr&#233;sentations qui ne valent comme telles qu'appliqu&#233;es &#224; un cas particulier, mais que, d&#232;s que nous consid&#233;rons ce cas particulier dans sa connexion g&#233;n&#233;rale avec l'ensemble du monde, elles se fondent, elles se r&#233;solvent dans la vue de l'universelle action r&#233;ciproque, o&#249; causes et effets permutent continuellement, o&#249; ce qui &#233;tait effet, maintenant ou ici, devient cause ailleurs ou ensuite, et vice versa &#187; (p. 8). Ainsi, le concept humain de la cause et de l'effet simplifie toujours quelque peu les liaisons objectives des ph&#233;nom&#232;nes de la nature, qu'il ne refl&#232;te que par approximation en isolant artificiellement tel ou tel aspect d'un processus universel unique. Si nous constatons la correspondance des lois de la pens&#233;e aux lois de la nature, cela devient compr&#233;hensible, dit Engels, d&#232;s que l'on consid&#232;re que la pens&#233;e et la conscience sont &#171; des produits du cerveau humain et que l'homme est lui m&#234;me un produit de la nature &#187;. On comprend que &#171; les productions du cerveau humain, qui en derni&#232;re analyse sont aussi des produits de la nature, ne sont pas en contradiction, mais en conformit&#233; avec l'ensemble de la nature (Naturzusammenhang &#187;) (p. 22). Les liaisons naturelles, objectives, entre les ph&#233;nom&#232;nes du monde ne font pas de doute. Engels parle constamment des &#171; lois de la nature &#187;, de la &#171; n&#233;cessit&#233; de la nature &#187; (Naturnotwendigkeiten) et ne juge pas indispensable d'&#233;clairer plus sp&#233;cialement les th&#232;ses g&#233;n&#233;ralement connues du mat&#233;rialisme. Nous lisons de m&#234;me dans son Ludwig Feuerbach : Les &#171; lois g&#233;n&#233;rales du mouvement, tant du monde ext&#233;rieur que de la pens&#233;e humaine &#187;, sont &#171; identiques au fond, mais diff&#233;rentes dans leur expression en ce sens que le cerveau humain peut les appliquer consciemment, tandis que, dans la nature, et, jusqu'&#224; pr&#233;sent, en majeure partie &#233;galement dans l'histoire humaine, elles ne se fraient leur chemin que d'une fa&#231;on inconsciente, sous la forme de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure, au sein d'une s&#233;rie infinie de hasards apparents &#187; (p. 38). Engels accuse l'ancienne philosophie de la nature d'avoir remplac&#233; &#171; les rapports r&#233;els encore inconnus &#187; (entre les ph&#233;nom&#232;nes de la nature) &#171; par des rapports imaginaires, fantastiques &#187; (p. 42) La reconnaissance des lois de la causalit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; objectives, dans la nature est tr&#232;s nettement exprim&#233;e par Engels, qui souligne par ailleurs le caract&#232;re relatif de nos reflets humains, approximatifs, de ces lois en telles ou telles notions. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Bitsakis &#233;crit dans &#171; Physique et mat&#233;rialisme &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les transformations des particules &#233;l&#233;mentaires ne suivent pas en g&#233;n&#233;ral une voie unique. Dans le cas d'un proton et d'un antiproton, par exemple, on peut avoir un pion positif, un n&#233;gatif et un neutre, ou trois m&#233;sons positifs et trois n&#233;gatifs, ou encore deux m&#233;sons positifs, deux n&#233;gatifs et deux neutres, ou trois positifs, trois n&#233;gatifs et un neutre, ou enfin, six m&#233;sons neutres. Dans les transformations des particules &#233;l&#233;mentaires, on observe en g&#233;n&#233;ral plusieurs &#171; canaux &#187;, et l'on peut souvent calculer la probabilit&#233; pour chaque voie. (&#8230;) D'une mani&#232;re analogue, on a la d&#233;sint&#233;gration d'un m&#233;son &#233;ta en trois pions, ou deux pions et un photon, et on peut mesurer l'analogie entre les deux voies de d&#233;sint&#233;gration. Ici aussi on peut obtenir de la m&#234;me particule des produits diff&#233;rents. Ces produits ne sont pas contenus dans la particule initiale. La particule ne se d&#233;sint&#232;gre pas en ses constituants ; elle se transforme en des &#234;tres diff&#233;rents, selon des m&#233;canismes plus ou moins inconnus. Il est &#233;vident que, dans ces cas, la conception lin&#233;aire, univalente de la causalit&#233; n'est pas suffisante. Il nous faut ici un cadre plus large. A la place de la relation causale au sens classique, avec son r&#233;sultat unique, il convient d'utiliser le concept de potentialit&#233;, c'est-&#224;-dire d'obtenir des r&#233;sultats diff&#233;rents dans les &#171; m&#234;mes &#187; conditions initiales. (&#8230;) Heisenberg &#233;crivait ainsi dans &#171; Physique et philosophie &#187; : &#171; Les atomes, ou les particules &#233;l&#233;mentaires elles-m&#234;mes, ne sont pas r&#233;els ; ils constituent un monde de potentialit&#233;s ou de possibilit&#233;s plut&#244;t qu'un monde de choses ou de faits. &#187; Heisenberg d&#233;couvre ici un germe de dialectique mais, en m&#234;me temps et surtout, il s'efforce de justifier une n&#233;gation de la dialectique objective, quand il parle de la possibilit&#233; d'une r&#233;alit&#233; et, encore plus, quand il rejette toute id&#233;e d'une r&#233;alit&#233; objective. (&#8230;) La dichotomie introduite par Heisenberg est conforme &#224; la contradiction formelle entre le potentiel et le r&#233;el. (&#8230;) Heisenberg a d&#233;velopp&#233; syst&#233;matiquement des conceptions id&#233;alistes et platoniciennes, et ses id&#233;es ont eu une grande influence sur ses contemporains. Parlant des cons&#233;quences extr&#234;mes de ces id&#233;es, A. Land&#233; a dit : &#171; Il n'est pas &#233;tonnant que Sir James Jeans, apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; Bohr et Heisenberg, soit arriv&#233; &#224; la conclusion triomphale que la mati&#232;re consiste ondes de connaissance, ou en absence de connaissance dans notre esprit. &#187; (&#8230;) La pens&#233;e m&#233;caniste s&#233;pare l'objet des conditions de son existence. La pens&#233;e positiviste (m&#233;caniste d'un point de vue diam&#233;tralement oppos&#233;) prend la position inverse, quand elle affirme que &#171; l'objet n'existe pas avant l'interaction avec l'instrument &#187; et que &#171; la r&#233;alit&#233; est cr&#233;ation de nos moyens d'observation &#187;. Mais la pens&#233;e positiviste contient dans ce cas un germe de v&#233;rit&#233;. En r&#233;alit&#233;, l'objet n'a pas d'existence en dehors de conditions concr&#232;tes, en dehors de son milieu et de ses relations concr&#232;tes avec ce milieu. De ce point de vue, l'instrument d'observation &#171; cr&#233;e &#187; la particule. Mais il ne la cr&#233;e pas du n&#233;ant, il la transforme, et d'un &#234;tre initial donn&#233;, dans des conditions concr&#232;tes, il cr&#233;e divers &#234;tres, selon la nature de la particule initiale et les conditions de l'exp&#233;rience. Les interactions de la particule avec le milieu, ou avec l'appareil de la mesure, transforment certains de ses &#233;l&#233;ments de r&#233;alit&#233; en des &#233;l&#233;ments diff&#233;rents. Ainsi la particule passe d'un &#233;tat &#224; un autre, ou se transforme en autre chose. Ce dynamisme interne de la mati&#232;re a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme une preuve de non existence ! (&#8230;) Devant les faits qui montrent que les particules du niveau quantique ne sont pas &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; au sens classique, beaucoup de physiciens n'accordent aucune valeur au crit&#232;re d'&#233;l&#233;mentarit&#233;. Werner Heisenberg, par exemple, &#233;crivait, en 1957, qu'il n'y a pas de crit&#232;re objectif d'&#233;l&#233;mentarit&#233;, et qu'il d&#233;pend de notre libre arbitre de d&#233;terminer quelle particule peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#233;l&#233;mentaire, et quand. Louis de Broglie aussi &#233;crivait d&#232;s 1961 : &#171; Il semble bien, en effet, qu'on ne peut donner aucune d&#233;finition univoque du corpuscule &#233;l&#233;mentaire et que, par suite, il vaut sans doute mieux ne pas introduire cette expression en physique quantique. (&#8230;) Le crit&#232;re d'&#233;l&#233;mentarit&#233; est relatif, au sens dialectique et non pas au sens agnostique du terme. On peut consid&#233;rer &#233;l&#233;mentaire un &#234;tre au niveau quantique, s'il a des propri&#233;t&#233;s et des interactions d&#233;finies, dans des conditions d&#233;finies. (&#8230;) Les concepts du complexe et du simple au sens de la logique formelle ne sont pas applicables aux &#234;tres de la physique quantique. Mais ils sont applicables au sens dialectique, comme des contraires qui s'excluent et se transforment mutuellement. (&#8230;) Les &#233;tats stationnaires de la physique sont en r&#233;alit&#233; des &#233;tats d'&#233;quilibre dynamique : d'unit&#233; des contraires. Mais une perturbation peut d&#233;truire la sym&#233;trie existante et la dissym&#233;trie momentan&#233;e conduit &#224; un ou plusieurs nouveaux &#233;tats. Ainsi un atome &#233;met du rayonnement chaque fois qu'il est excit&#233; par le quantum de rayonnement &#233;lectromagn&#233;tique. Un neutron peut d&#233;truire l'&#233;quilibre d'un noyau : le r&#233;sultat est la d&#233;sint&#233;gration du noyau initial, et la formation de nouveaux noyaux &#224; partir de l'ancien. Et cela, car le noyau est une totalit&#233; contradictoire et sa coh&#233;rence est assur&#233;e par le jeu d'&#233;changes des diff&#233;rents champs physiques, surtout du champ fort et du champ &#233;lectromagn&#233;tique. Ainsi, une perturbation ext&#233;rieure peut provoquer la rupture de cet &#233;quilibre dynamique et conduire &#224; une d&#233;sint&#233;gration ou transmutation. Deux particules forment pendant une collision une totalit&#233; momentan&#233;e et contradictoire, qui donne naissance &#224; d'autres particules. Ainsi, les anciennes formes, &#224; travers un processus de fusion et de s&#233;paration, donnent naissance &#224; d'autres formes. L'&#233;tat interm&#233;diaire est la n&#233;gation de l'&#233;tat initial. La n&#233;gation de la n&#233;gation est l'&#233;mergence de nouvelles formes. (&#8230;) Au niveau de la microphysique on peut imaginer le mouvement simple dans l'espace comme disparition de la particule en un point et r&#233;apparition en un autre point voisin. (&#8230;) Le mouvement est ainsi analys&#233; en une s&#233;rie de recr&#233;ations et de destructions dont le r&#233;sultat total est le changement continu de la particule dans l'espace. (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses &#171; Cahiers philosophiques &#187;, L&#233;nine rel&#232;ve qu'Hegel ne d&#233;fendait pas le r&#232;gne non dialectique du d&#233;terminisme absolu : &lt;i&gt;&#171; Le concept de loi est un des degr&#233;s de la connaissance par l'homme de l'unit&#233; et de la liaison, de l'interd&#233;pendance et de la totalit&#233; du processus universel. (&#8230;) Ici Hegel est en lutte contre l'absolutisation du concept de loi, contre sa simplification, sa f&#233;tichisation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine rajoute dans ses cahiers : &lt;i&gt;&#171; La loi prend ce qui est &#171; calme &#187; dans les ph&#233;nom&#232;nes &#8211; et par l&#224; la loi, toute loi, est &#233;troite, incompl&#232;te, approch&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bitzakis dans &#171; Physique et mat&#233;rialisme &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; A un moment donn&#233; la particule entre en interaction avec un appareil de mesure. L'appareil est un syst&#232;me macroscopique qui transforme l'action du micro-objet en &#233;v&#233;nement macroscopique. Mais pendant l'interaction particule-appareil, l'&#233;tat de la particule change. Une nouvelle fonction d'onde va d&#233;crire l'&#233;tat nouveau, s'il en existe un, parce que tr&#232;s souvent la particule est absorb&#233;e par l'appareil&#8230; Ainsi on dit souvent que l'interaction entre la particule et l'appareil est &#171; acausale &#187;. Pourtant, le changement de l'&#233;tat initial de la particule est d&#251; &#224; une cause tr&#232;s concr&#232;te : le quantum d'action. Le changement est in&#233;vitable, car le quantum d'action est du m&#234;me ordre de grandeur que la microparticule. Au lieu donc de parler d'une interaction acausale (la contradiction logique de cette expression est &#233;vidente), on devrait parler plut&#244;t d'une interaction particule-appareil, d'une unit&#233; contradictoire et momentan&#233;e de deux parties de l'exp&#233;rience, donnant une s&#233;rie de r&#233;sultats en g&#233;n&#233;ral pr&#233;visibles... L'interaction particule-appareil est quantifi&#233;e. Le caract&#232;re discontinu des interactions est &#224; la base des changements qualitatifs qui se r&#233;alisent pendant la mesure. On dit que le quantum d'action cr&#233;e une limite et qu'au-del&#224; de cette limite r&#232;gne l'ind&#233;terminisme. Mais la cause de l' &#171; ind&#233;terminisme &#187; est bien d&#233;termin&#233;e ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Peut-on conserver la causalit&#233; en physique quantique ? Et quel type de causalit&#233; ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Schr&#246;dinger &#233;crivait encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si j'observe une particule ici et maintenant, et si j'observe une particule identique un instant plus tard et &#224; un endroit qui est tr&#232;s proche de l'endroit pr&#233;c&#233;dent, non seulement je ne peux pas &#234;tre assur&#233; qu'il s'agit de &#171; la m&#234;me &#187; particule, mais un &#233;nonc&#233; de ce genre n'aurait aucune signification absolue. Ceci para&#238;t &#234;tre absurde. Car nous sommes habitu&#233;s de penser que, &#224; chaque instant, entre les deux observations, la premi&#232;re particule doit avoir &#233;t&#233; &#171; quelque part &#187;, qu'elle doit avoir suivi une &#171; trajectoire &#187;, que nous connaissions celle-ci ou non. Et de m&#234;me nous sommes habitu&#233;s de penser que la seconde particule doit &#234;tre venue de quelque part, doit avoir &#171; &#233;t&#233; &#187; quelque part au moment de notre premi&#232;re observation. (&#8230;) En d'autres termes, nous supposons &#8211; en nous conformant &#224; une habitude de pens&#233;e qui s'applique aux objets palpables (note de mati&#232;re et r&#233;volution : c'est ce que croyait Schr&#246;dinger avant que l'on montre que nous ne voyons rien en continu, m&#234;me &#224; notre &#233;chelle) &#8211; que nous aurions pu maintenir notre particule sous une observation &#171; continue &#187; et affirmer ainsi son identit&#233;. C'est cette habitude de pens&#233;e que nous devons rejeter. Nous ne devons pas admettre la possibilit&#233; d'une observation continue. Les observations doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des &#233;v&#233;nements discrets, disjoints les uns des autres. Entre elles il y a des lacunes que nous ne pouvons combler. Il y a des cas o&#249; nous bouleverserions tout si nous admettions la possibilit&#233; d'une observation continue. C'est pourquoi j'ai dit qu'il vaut mieux ne pas regarder une particule comme une entit&#233; permanente, mais plut&#244;t comme un &#233;v&#233;nement instantan&#233;. Parfois ces &#233;v&#233;nements forment des cha&#238;nes qui donnent l'illusion d'&#234;tre des objets permanents, mais cela n'arrive que dans des circonstances particuli&#232;res et pendant une p&#233;riode de temps extr&#234;mement courte dans chaque cas particulier. (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Langevin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous avons vu, dans les &#233;lectrons et dans les autres particules, une sorte d'extrapolation jusqu'&#224; une t&#233;nuit&#233; extr&#234;me des objets auxquels nous sommes habitu&#233;s. Nous avons cru pouvoir suivre, au moins par la pens&#233;e, ces objets, parler de leurs positions et de leurs mouvements. L'exp&#233;rience nous r&#233;pond qu'on ne peut pas conna&#238;tre avec pr&#233;cision &#224; la fois la position et la vitesse d'un corpuscule, que la question ainsi pos&#233;e n'a pas de sens. Alors, tout de suite nous concluons : les lois de la nature comportent une ind&#233;termination fondamentale. Pourquoi ne pas admettre plut&#244;t que notre conception corpusculaire est inad&#233;quate, qu'il n'est pas possible de repr&#233;senter le monde intra-atomique en extrapolant jusqu'&#224; l'extr&#234;me limite notre conception macroscopique du mobile ? Du fait que la nature ne r&#233;pond pas de fa&#231;on pr&#233;cise quand nous lui posons une question concernant le mobile corpusculaire, c'est beaucoup de pr&#233;tention de notre part de conclure : il n'y a pas de d&#233;terminisme dans la nature. Il est plus simple de dire : c'est que la question est mal pos&#233;e, et que la nature ne conna&#238;t pas de mobile corpusculaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la th&#233;orie de la d&#233;coh&#233;rence, l'effondrement de la fonction d'onde n'est pas sp&#233;cifiquement provoqu&#233;e par un acte de mesure, mais peut avoir lieu spontan&#233;ment, m&#234;me en l'absence d'observation et d'observateurs. Ceci est une diff&#233;rence essentielle avec le postulat de r&#233;duction du paquet d'onde qui ne sp&#233;cifie pas comment, pourquoi ou &#224; quel moment a lieu la r&#233;duction, ce qui a ouvert la porte &#224; des interpr&#233;tations mettant en jeu la conscience et la pr&#233;sence d'un observateur conscient. Ces interpr&#233;tations deviendront sans objet si la th&#233;orie de la d&#233;coh&#233;rence devient suffisamment compl&#232;te pour pr&#233;ciser ces points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Murray Gell-Mann dans &#171; Le quark et le jaguar &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quelle est l'explication sous-tendant la d&#233;coh&#233;rence, quel est le m&#233;canisme qui, faisant que la somme des termes d'interf&#233;rence est nulle, permet d'assigner des probabilit&#233;s ? C'est l'enchev&#234;trement de ce qui est suivi dans les histoires &#224; gros grain avec ce qui est ignor&#233; ou sursomm&#233;. (...) La m&#233;canique quantique nous dit que que, dans la sommation, sous des conditions appropri&#233;es, les termes d'interf&#233;rence disparaissent entre histoires impliquant des destins diff&#233;rents pour ce qui est ignor&#233;. (...) Prenez l'exemple de la c&#233;l&#232;bre exp&#233;rience dans laquelle un photon en provenance d'une source minuscule a la libert&#233; de passer par l'une ou l'autre des deux fentes d'un &#233;cran sur son trajet vers un point donn&#233; d'un d&#233;tecteur - ces deux histoires interf&#232;rent et on ne peut leur assigner de probabilit&#233;s. Dire par quelle fente est pass&#233;e le photon n'a donc aucun sens. (...) Nous pouvons (...) illustrer la g&#233;n&#233;ralit&#233; de la d&#233;coh&#233;rence avec un autre exemple : une description approximative de l'orbite d'un objet dans le Syst&#232;me solaire. La taille de l'objet peut aller de la grosse mol&#233;cule &#224; la plan&#232;te (...) Consid&#233;rez des histoires &#224; gros grain dans lesquelles les destins de toutes les autres choses de l'Univers sont sursomm&#233;es, comme le sont les propri&#233;t&#233;s internes de l'objet lui-m&#234;me, ne laissant que les positions de son centre de masse &#224; tout instant, de sorte que seules de petites r&#233;gions de l'espace soient consid&#233;r&#233;es et que toutes les possibilit&#233;s de position au sein de chacune de ces r&#233;gions soit sursomm&#233;e. Enfin, supposez que l'histoire &#224; gros grain sursomme tout ce qui se produit la plupart du temps, pour ne suivre que la position approximative de l'objet sur une s&#233;quence discr&#232;te d'instants s&#233;par&#233;s par de cours intervalles de temps. (...) Les histoires (qui sp&#233;cifient les positions du centre de masse de l'objet dans le Syst&#232;me solaire &#224; certains instants particuliers du temps) d&#233;coh&#232;rent &#224; cause des interactions r&#233;p&#233;t&#233;es de l'objet avec des choses sursomm&#233;es, comme les photons du rayonnement de fond. (...) Puisque la m&#233;canique quantique est correcte, pourquoi la plan&#232;te mars n'est-elle pas r&#233;pandue de mani&#232;re diffuse sur toute son orbite ? (...) Les photons en Provenance du Soleil que Mars disperse sont &#233;galement sursomm&#233;s, contribuant &#224; la d&#233;coh&#233;rence des diff&#233;rentes positions de la plan&#232;te, et ce sont justement ces photons qui permettent aux humains de voir Mars. (...) des m&#233;canismes de d&#233;coh&#233;rence de ce genre rendent possible l'existence du domaine quasi classique qui inclut notre exp&#233;rience commune. Ce domaine se compose d'histoires &#224; gros grain d&#233;coh&#233;rentes, que l'on peut envisager comme formant une structure arborescente. (...) la d&#233;coh&#233;rence (donnant naissance &#224; une ramification d'histoires en &#233;ventualit&#233;s distinctes avec des probabilit&#233;s bien d&#233;finies) n'est pas l'unique propri&#233;t&#233; importante du domaine quasi classique qui inclut notre exp&#233;rience quotidienne. (...) Comment la plan&#232;te mars peut-elle suivre une orbite d&#233;terministe classique alors que les vol&#233;es al&#233;atoires de photons qu'elle rencontre ne cessent de la souffleter ? La r&#233;ponse est que plus lourd sera l'objet, moins il manifestera un comportement erratique et plus il suivra son petit bonhomme d'orbite. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Jacob r&#233;pond &#224; la question dans &#171; Au c&#339;ur de la mati&#232;re &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On dispose d'un formalisme qui combine la th&#233;orie quantique et la relativit&#233;, c'est la th&#233;orie quantique des champs. Ce formalisme permet aussi de maintenir la causalit&#233;, un effet ne pouvant jamais pr&#233;c&#233;der sa cause, et cela malgr&#233; les fluctuations quantiques permettant des variations de l'&#233;nergie au cours de petits intervalles de temps et malgr&#233; la relativit&#233; qui introduit une mall&#233;abilit&#233; du cours du temps selon les vitesses relatives. Pour pr&#233;server la causalit&#233;, la th&#233;orie des champs impose l'existence d'antiparticules correspondant aux particules connues. Chaque particule (caract&#233;ris&#233;e par une masse et un spin) a une antiparticule, de m&#234;me masse et de m&#234;me spin, mais dont les variables internes ont la valeur oppos&#233;e. Si la particule a une charge n&#233;gative comme l'&#233;lectron, l'antiparticule (le positron) aura une charge positive. Si la particule a une couleur comme le quark rouge, l'antiparticule aura l'anticouleur correspondante, soit antirouge et ainsi de suite pour les variables internes qu'il faut introduire pour caract&#233;riser la particule et que l'on appelle globalement ses &#171; nombres quantiques &#187;&#8230; La th&#233;orie des champs permit&#8230; &#224; Fermi, en analogie avec l'&#233;lectrodynamique et ses &#233;missions de photons, de d&#233;crire la d&#233;sint&#233;gration b&#233;ta comme r&#233;sultant de la cr&#233;ation d'une paire &#233;lectron-antineutrino au cours de la transformation d'un neutron en proton&#8230; Un photon ainsi produit peut se propager jusqu'&#224; un autre point o&#249; il se couple de nouveau de la m&#234;me fa&#231;on au champ de l'&#233;lectron. On a ainsi la base de l'interaction &#233;lectromagn&#233;tique entre deux &#233;lectrons, ce que l'on traduit par le graphe de Feynman. Nous voyons cependant maintenant qu'il d&#233;crit aussi bien la fa&#231;on dont deux &#233;lectrons ricochent l'un sur l'autre en &#233;changeant un photon que la production d'une paire &#233;lectron-positron suivant l'annihilation d'une autre paire en un photon, selon qu'on le lit de gauche &#224; droite ou de haut en bas&#8230; Le photon &#233;chang&#233; n'est pas un v&#233;ritable photon. C'est ce qu'on appelle une particule &#171; virtuelle &#187; qui r&#233;sulte d'une fluctuation quantique permise durant le temps tr&#232;s court entre l'&#233;mission et l'absorption. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Cohen-Tannoudji rajoute &#224; cette citation dans &#171; Mati&#232;re-espace-temps &#187; que &lt;i&gt;&#171; C'est cette nouvelle conception des ph&#233;nom&#232;nes qui est peut-&#234;tre l'innovation la plus importante apport&#233;e par la th&#233;orie quantique. Les concepts quantiques ne se rapportent plus &#224; l'objet en soi, mais ils se rapportent &#224; des ph&#233;nom&#232;nes. Un ph&#233;nom&#232;ne est une r&#233;alit&#233; physique plac&#233;e dans des conditions bien d&#233;finies d'observation. La d&#233;finition de ces conditions d'observation implique la ma&#238;trise compl&#232;te de toutes les &#233;tapes de l'acte de mesure : la pr&#233;paration du syst&#232;me et de l'appareil, la d&#233;termination de tous les &#233;tats exp&#233;rimentalement observables et la d&#233;tection des signaux &#233;mis lors du couplage entre le syst&#232;me et l'appareil. Le ph&#233;nom&#232;ne quantique ainsi con&#231;u est tout le contraire d'un &#233;v&#233;nement passivement observ&#233;, c'est un fait exp&#233;rimental consciemment construit et &#233;labor&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lire sur le Hasard et la N&#233;cessit&#233;</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5665</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5665</guid>
		<dc:date>2017-08-20T23:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lire sur le Hasard et la N&#233;cessit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Giordano Bruno : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La n&#233;cessit&#233; et la libert&#233; font un, donc il n'est pas &#224; craindre, quand on parle de la n&#233;cessit&#233; dans la nature, que l'on ne puisse pas agir librement. En fait, on est libre de tout ce que l'on fait, mais, en m&#234;me temps, on n'est pas libre du tout, car, quand la n&#233;cessit&#233; et la nature l'exigent, elles l'imposent. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;mocrite (ou plut&#244;t une citation attribu&#233;e &#224; tort &#224; D&#233;mocrite) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_14450 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/citation-tout-ce-qui-existe-dans-l-univers-est-le-fruit-du-hasard-et-de-la-necessite-democrite-156076.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH235/citation-tout-ce-qui-existe-dans-l-univers-est-le-fruit-du-hasard-et-de-la-necessite-democrite-156076-a5335.jpg?1780179678' width='500' height='235' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L196xH293/hasard_necessite-6467a.jpg?1780179678' width='196' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14448 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L310xH499/41M7nL7K5ZL-_SX308_BO1_204_203_200_-b0d97.jpg?1780179678' width='310' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L453xH709/CVT_Le-Hasard-et-la-Necessite_2426-6a8ed.jpg?1780179678' width='453' height='709' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14446 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L196xH320/610v3F0sp-L-__BG0_0_0_0_FMpng_AC_UL320_SR196_320_-jpg-6bc1f.png?1780179678' width='196' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire sur le Hasard et la N&#233;cessit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Giordano Bruno :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La n&#233;cessit&#233; et la libert&#233; font un, donc il n'est pas &#224; craindre, quand on parle de la n&#233;cessit&#233; dans la nature, que l'on ne puisse pas agir librement. En fait, on est libre de tout ce que l'on fait, mais, en m&#234;me temps, on n'est pas libre du tout, car, quand la n&#233;cessit&#233; et la nature l'exigent, elles l'imposent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;mocrite (ou plut&#244;t une citation attribu&#233;e &#224; tort &#224; D&#233;mocrite) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la n&#233;cessit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'a vraiment &#233;crit D&#233;mocrite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien ne vient du n&#233;ant, et rien, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;truit, n'y retourne. Les atomes se d&#233;placent dans tout l'univers en effectuant des tourbillons et c'est de la sorte que se forment les compos&#233;s : feu, eau, air et terre &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On affirme bien aussi de D&#233;mocrite qu'il a fait intervenir le hasard ; mais des deux passages qui se trouvent &#224; ce sujet chez Simplicius l'un rend l'autre suspect, car il montre de mani&#232;re &#233;vidente que ce n'est pas D&#233;mocrite qui a fait usage des cat&#233;gories du hasard, mais Simplicius qui les lui a attribu&#233;es comme cons&#233;quence. Il dit, en effet, que D&#233;mocrite ne fournit aucune raison de la cr&#233;ation du monde en g&#233;n&#233;ral, et qu'il semble donc faire du hasard cette raison. Mais il ne s'agit pas ici de la d&#233;termination du contenu, mais de la forme, que D&#233;mocrite a consciemment utilis&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Danchin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourtant le hasard n'est pas une notion grecque, et si nous n'avons pas cette conception, tr&#232;s marqu&#233;e du temps de Camus, de l'isolement de l'Homme et de la vie dans l'univers, il est l&#233;gitime de nous interroger sur l'origine de cette citation. Elle ne se trouve pas dans D&#233;mocrite, m&#234;me si, par certains aspects, sa pens&#233;e est voisine de ce qu'on lui fait dire ici. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout se fait par discorde. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le temps d'une vie est un enfant joueur, qui jette les d&#233;s : c'est le royaume d'un enfant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains disent que tout est en condition de devenir et de flux, et que rien n'a d'existence d&#233;finie une fois pour toutes, &#224; la seule exception d'une structure permanente au del&#224; des changements, &#224; partir de laquelle, par des r&#233;organisations, chaque chose na&#238;t naturellement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucr&#232;ce, &#171; De Rerum Natura &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tant s'en faut que l'&#233;tat si vari&#233; des choses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ait que ses &#233;l&#233;ments, clairs ou serr&#233;s, pour causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Encor s'ils admettaient du vide aux corps uni,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps ign&#233; pourrait devenir dense ou rare ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais devant les &#233;cueils que le vrai leur pr&#233;pare,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils esquivent le vide, ils l'ont partout banni ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur d'un sol ardu les jette aux fausses routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi ne voient-ils pas qu'&#244;tant le vide aux corps,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils rendent tout massif : les choses ne font toutes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un seul plein qui ne peut rien &#233;mettre au dehors,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme un foyer qui lance et chaleur et lumi&#232;re,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et prouve qu'il n'est point de compacte mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S'ils pensent que le feu, par quelque autre moyen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transforme ainsi sa masse, en groupes la resserre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans que nulle partie en lui soit n&#233;cessaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra que ce feu tout entier tombe &#224; rien,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que tout l'Univers prenne de rien naissance ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tout &#234;tre chang&#233;, qui de ses bornes sort,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An&#233;antit par l&#224; ce qu'il &#233;tait d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc rien n'est sauv&#233; de la premi&#232;re essence,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde, tu le vois, rentre dans le n&#233;ant,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et du n&#233;ant rena&#238;t tout entier florissant ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leucippe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Aucune chose ne devient sans cause, mais tout est l'objet d'une loi [raison] (&#955;&#972;&#947;&#959;&#962;), et sous la contrainte de la n&#233;cessit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emp&#233;docle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Priv&#233;s de corps, les membres, sous l'empire de la R&#233;pulsion, erraient &#231;&#224; et l&#224;, disjoints. Mais d&#232;s qu'une divinit&#233; se fut unie &#224; l'autre plus &#233;troitement, on vit les membres s'ajuster au hasard des rencontres, et d'autres en grand nombre sans cesse continu&#232;rent la cha&#238;ne ; il naquit ainsi des &#234;tres aux pieds tournant pendant la marche, aux mains innombrables, aux membres emm&#234;l&#233;s. D'autres naissaient avec deux visages, deux poitrines, boeufs &#224; face humaine ou au contraire hommes &#224; cr&#226;ne de boeuf, et encore les androgynes, cr&#233;atures hybrides, aux membres d&#233;licats. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epicure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La n&#233;cessit&#233;, qui est mentionn&#233;e par certains comme la ma&#238;tresse absolue, n'est pas ; bien au contraire, certaines choses sont fortuites, les autres d&#233;pendent de notre arbitraire. La n&#233;cessit&#233; est impossible &#224; convaincre, le hasard au contraire est instable. Il vaudrait mieux suivre le mythe relatif aux dieux que d'&#234;tre le valet de l'&#949;&#943;&#956;&#945;&#961;&#956;&#941;&#957;&#951; (du destin) des physiciens. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, Physique II, 5, 17 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le hasard se place parmi les faits qui font exception &#224; la n&#233;cessit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voltaire, Lettre &#224; M. Mariotte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Sa sacr&#233;e Majest&#233; le Hasard d&#233;cide tout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels, &#171; L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'&#201;tat &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mais le hasard n'est que l'un des p&#244;les d'un ensemble dont l'autre p&#244;le s'appelle n&#233;cessit&#233;. Dans la nature, o&#249; le hasard aussi semble r&#233;gner, nous avons d&#233;montr&#233; depuis longtemps, dans chaque domaine particulier, la n&#233;cessit&#233; immanente et la loi interne qui s'imposent dans ce hasard. [Et ce qui est vrai de la nature ne l'est pas moins de la soci&#233;t&#233;.] Plus une activit&#233; sociale, une s&#233;rie de faits sociaux &#233;chappent au contr&#244;le conscient des hommes et les d&#233;passent, plus ils semblent livr&#233;s au pur hasard, et plus leurs lois propres, inh&#233;rentes, s'imposent dans ce hasard, comme par une n&#233;cessit&#233; de la nature. Des lois analogues r&#233;gissent aussi les hasards de la production marchande et de l'&#233;change des marchandises ; elles se dressent en face du producteur et de l'&#233;changiste isol&#233;s comme des forces &#233;trang&#232;res qu'on ne reconna&#238;t pas tout d'abord et dont il faut encore p&#233;niblement &#233;tudier et approfondir la nature. Ces lois &#233;conomiques de la production marchande se modifient avec les diff&#233;rents degr&#233;s de d&#233;veloppement de cette forme de production ; mais toute la p&#233;riode de la civilisation est plac&#233;e, dans son ensemble, sous leur d&#233;pendance. Et, de nos jours encore, le produit domine les producteurs ; de nos jours encore, la production totale de la soci&#233;t&#233; est r&#233;gl&#233;e non d'apr&#232;s un plan &#233;labor&#233; en commun, mais par des lois aveugles qui s'imposent avec la violence d'un cataclysme naturel, en dernier ressort dans les orages des crises commerciales p&#233;riodiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dieu (la nature) ne joue pas aux d&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Halte au hasard, silence au bruit ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cournot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; De l'arabe az-zahr signifiant jeu de d&#232;s. Le hasard est ce qui ne correspond &#224; aucun principe de d&#233;termination, &#224; aucune cause connue. Ne signifie pas la rupture du d&#233;terminisme, mais le concours entre plusieurs s&#233;ries causales ind&#233;pendantes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le couplage des contraires, du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, c'est une r&#232;gle du vivant, mais c'est aussi la r&#232;gle de toute la mati&#232;re, de tout l'Univers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un ordre &#224; un niveau d'organisation hi&#233;rarchique de la mati&#232;re peut-il &#234;tre issu d'un d&#233;sordre &#224; un autre niveau et peut-il alors produire une propri&#233;t&#233; que cet autre niveau ne poss&#233;dait pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples de ce type de situation sont innombrables et touchent tous les domaines de la connaissance. Le cas le plus simple est le fait qu'il existe des lois sociales, &#233;conomiques, soci&#233;tales alors que les &#234;tres humains agissent en tous sens. Le couplage dialectique de la libert&#233; humaine et de la n&#233;cessit&#233; collective, o&#249; les contraires ne se contentent pas de s'opposer mais se composent et se produisent mutuellement, est v&#233;cu tous les jours par nous mais bien des gens pensent que ce n'est pas pareil dans le domaine du Vivant et que cela l'est encore moins pour la mati&#232;re, en Chimie ou en Physique. Et ils ont tort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le mouvement brownien des mol&#233;cules, agitation au hasard et on sait qu'elle produit, pour une grande quantit&#233; de mol&#233;cules, des propri&#233;t&#233;s nouvelles que chaque mol&#233;cule ignorait compl&#232;tement : la temp&#233;rature et la pression. Ces propri&#233;t&#233;s n'ont aucun sens pour un petit nombre de mol&#233;cules, pour une mol&#233;cule, pour un atome, pour une particule. Ce sont des propri&#233;t&#233;s &#233;mergentes qui sont issues de l'agitation d'un grand nombre d'&#233;l&#233;ments de niveau inf&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvons-nous donner une autre propri&#233;t&#233;, une autre loi qui &#233;merge ainsi d'une agitation de la mati&#232;re au niveau hi&#233;rarchique inf&#233;rieur ? Prenons la propri&#233;t&#233; bien connue que l'on appelle la fl&#232;che du temps et qui consiste dans la mani&#232;re dont le temps s'&#233;coule toujours dans la m&#234;me direction : du pass&#233; vers le futur. Cette propri&#233;t&#233; n'existe pas dans le vide quantique qui est pourtant le fondement m&#234;me de la mati&#232;re durable que nous appelons aussi mati&#232;re r&#233;elle, par opposition &#224; la mati&#232;re du vide qui est &#233;ph&#233;m&#232;re et que l'on appelle mati&#232;re virtuelle, bien qu'elle n'existe pas moins. Au niveau du virtuel, il n'y a aucun sens d'&#233;coulement du temps et ce dernier &#233;merge de l'agitation d'un grand nombre de particules r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus le hasard a donn&#233; naissance &#224; la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons que l'inverse est tout aussi vrai. La n&#233;cessit&#233; pour la mati&#232;re, ce sont par exemple ses structures : la particule, l'atome, la mol&#233;cule et leurs lois. Mais ces particules interagissent au hasard ! Hasard et n&#233;cessit&#233; se prennent ainsi sans cesse en sandwich, se transforment l'un dans l'autre. L'&#233;nergie libre est du domaine du hasard mais on sait, depuis Einstein notamment, que la mati&#232;re peut se transformer en &#233;nergie. Au fait, l'&#233;nergie peut aussi se transformer en mati&#232;re ! Que la table sur laquelle j'&#233;cris conserve sa structure globale est une n&#233;cessit&#233; physique mais cela n'emp&#234;che pas que cette structure globale soit fond&#233;e sur des mol&#233;cules qui s'agitent sans cesse ! La structure de la particule est une n&#233;cessit&#233; physique qui entra&#238;ne par exemple la conservation de la masse. Mais cela n'emp&#234;che pas que cette conservation est fond&#233;e sur la transmission d'un boson de Higgs d'une particule virtuelle &#224; une autre. L'ordre global est fond&#233; sur un d&#233;sordre local !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore le hasard qui agit lors des d&#233;compositions nucl&#233;aires, des noyaux atomiques instables, ce qui am&#232;ne l'impossibilit&#233; de pr&#233;dire exactement le moment de la survenance de cette d&#233;composition des &#233;l&#233;ments, une transmutation brutale et inattendue. Cependant, c'est l'ensemble de ces d&#233;compositions nucl&#233;aires qui produit la loi de d&#233;composition qui est une loi statistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'agitation mol&#233;culaire qui permet aux mol&#233;cules de se positionner dans tous les emplacements disponibles d'une structure mat&#233;rielle pour former un cristal. Ce dernier, qui appara&#238;t comme la plus ordonn&#233;e des structures mat&#233;rielles, est produit de l'agitation du niveau d'organisation inf&#233;rieur de la mati&#232;re ! Sans cette agitation, les mol&#233;cules ne pourraient pas explorer toutes les positions possibles et les occuper toutes, donnant au cristal une structure parfaite, avec ses facettes, ses angles caract&#233;ristiques, ses propri&#233;t&#233;s optiques et son brillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me dans le domaine du Vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, l'ordre biologique semble repr&#233;sent&#233; par la mol&#233;cule d'ADN. Pourtant, cette mol&#233;cule est inactive et n'intervient que lorsque des prot&#233;ines s'y attachent. Les mol&#233;cules ne vont nullement directement sur le g&#232;ne de l'ADN qui doit les recevoir : elles arrivent au hasard sur la mol&#233;cule d'ADN et c'est le hasard qui am&#232;ne certaines prot&#233;ines &#224; rencontrer le g&#232;ne ad&#233;quat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque tissu, l'ordre consiste dans la n&#233;cessit&#233; qu'a le tissu, de poss&#233;der de mani&#232;re pr&#233;cise &#224; chaque endroit, d'une cellule d'un type bien particulier : cellule sanguine ici, cellule nerveuse l&#224;, cellule musculaire ailleurs. On pourrait penser que les cellules vont recevoir des ordres qui vont leur dire exactement o&#249; elles doivent aller. Eh bien pas du tout ! Les cellules vont partout, au hasard, et, &#224; chaque fois qu'elles arrivent l&#224; o&#249; elles ne sont pas d&#233;sir&#233;es (par exemple, une cellule musculaire dans un tissu sanguin), la cellule re&#231;oit de ses voisines une autorisation de mise en route d'une capacit&#233; interne qui est sans cesse pr&#234;te &#224; fonctionner et qui dicte &#224; la cellule la proc&#233;dure d'autodestruction, dite apoptose. Ainsi, l'immense majorit&#233; des mol&#233;cules est sans cesse d&#233;truite par apoptose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce m&#233;canisme, qui n'est en rien &#233;conome, est le fonctionnement permanent de toute construction d'un individu. Le fait de d&#233;truire tout ce qui ne sert &#224; rien est m&#234;me le m&#233;canisme de construction du cerveau. Ce dernier, lors de sa formation, construit le maximum de cellules, au hasard, avec le maximum de liaisons au hasard en tous sens et tout ce qui ne sert &#224; rien s'apoptose. De m&#234;me pour la formation des organes, la sculpture des membres, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est le plus n&#233;cessaire, c'est le hasard et ce qui produit le plus de hasard, ce sont les structures n&#233;cessaires&#8230; Le hasard se transforme en n&#233;cessit&#233; et la n&#233;cessit&#233; se transforme en hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;parer par des barri&#232;res infranchissables le hasard de la n&#233;cessit&#233; ou m&#234;me en faire deux fonctionnements ind&#233;pendants, m&#232;ne &#224; des contresens et &#224; des absurdit&#233;s de raisonnement. Tout autant que d'opposer diam&#233;tralement, et pas dialectiquement, mati&#232;re et vide, ou vie et mort, ou homme et femme, ou humain et animal, ou inn&#233; et acquis, ou bien et mal, ou corps et esprit, ou raisonnement et exp&#233;rience, ou abstrait et concret, ou ordre et d&#233;sordre, ou chaos et d&#233;terminisme, ou agitation et structuration, ou conscient et inconscient, et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est divis&#233;e en niveaux hi&#233;rarchiques de structures mais ceux-ci r&#233;troagissent sans cesse sur la base suivante : deux ordres, &#224; deux niveaux diff&#233;rents, sont s&#233;par&#233;s par une interface d&#233;sordonn&#233;e. Le fait d'&#234;tre tiraill&#233; entre deux lois, c'est cela le hasard. Ce n'est pas l'absence de lois. De m&#234;me, deux d&#233;sordres produisent, &#224; leur interface, un ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des sciences les plus reconnues, la Physique, a momentan&#233;ment touch&#233; du doigt les exemples les plus criants de dialectique des contraires du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, de l'ordre et du d&#233;sordre, avec la d&#233;couverte de la physique quantique mais le courant de pens&#233;e alors dominant parmi les physiciens &#233;tait celui dit de l'&#233;cole de Copenhague et il a pris parti violemment contre toute id&#233;e de dialectique des contraires, notamment contre la dialectique de l'onde et du corpuscule, y opposant les notions confuses &#171; dualit&#233; &#187; et de &#171; compl&#233;mentarit&#233; &#187; qui n'ont cess&#233; de changer au fur et &#224; mesure, sans jamais vraiment correspondre &#224; la r&#233;alit&#233; &#233;tudi&#233;e et observ&#233;e. La raison n'en &#233;tait pas scientifique ou philosophique mais sociale : la notion de dialectique restait, et reste encore, trop attach&#233;e au marxisme, qui l'avait adopt&#233;e, et donc &#224; la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage moderne et scientifique le plus r&#233;cent sur cette question &#171; hasard et n&#233;cessit&#233; &#187; a &#233;t&#233; l'ouvrage de Jacques Monod, qui, suite &#224; la r&#233;ception de son prix Nobel a utilis&#233; ce cr&#233;dit pour diffuser son point de vue philosophique sur le vivant. L&#224; encore, un des buts principaux de son &#233;crit va &#234;tre de faire de ses d&#233;couvertes r&#233;centes une arme de guerre contre le marxisme. Donc pas question de d&#233;couvrir que la vie serait un couple dialectique du hasard et de la n&#233;cessit&#233;. Et encore moins question de trouver hasard et n&#233;cessit&#233; en dehors du vivant et on a montr&#233; pr&#233;c&#233;demment combien cette dialectique s'y trouver bel et bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait, au d&#233;part, se dire, en lisant le titre, qu'il affirmerait que la vie est &#224; la fois hasard et n&#233;cessit&#233;, et serait ainsi un couplage dialectique des contraires. Mais non ! Ce n'est pas cela la th&#232;se de Monod, pas du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons comment Jacques Monod raisonne sur ces questions, dans &#171; Le Hasard et la N&#233;cessit&#233; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La pierre angulaire de la m&#233;thode scientifique est le postulat de l'objectivit&#233; de la Nature. C'est-&#224;-dire le refus syst&#233;matique de consid&#233;rer comme pouvant conduire &#224; une connaissance &#171; vraie &#187; toute interpr&#233;tation des ph&#233;nom&#232;nes donn&#233;e en termes de causes finales, c'est-&#224;-dire de &#171; projet &#187;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur pourrait se dire qu'avec un pareil pr&#233;ambule, on est bien partis pour avoir une th&#232;se mat&#233;rialiste scientifique mais attendez donc ! Lisez plut&#244;t ce qui vient juste apr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'objectivit&#233; cependant nous oblige &#224; reconna&#238;tre le caract&#232;re t&#233;l&#233;onomique des &#234;tres vivants, &#224; admettre que dans leurs structures et performances, ils r&#233;alisent et poursuivent un projet. Il y a donc l&#224;, au moins en apparence, une contradiction &#233;pist&#233;mologique profonde. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monod affirmerait-il que c'est un contradiction inh&#233;rente &#224; la nature, une contradiction qui ferait que hasard et n&#233;cessit&#233; seraient entrem&#234;l&#233;s, compos&#233;s, indispensables l'un &#224; l'autre, dialectiquement ins&#233;parables, mais pas du tout. L'apparence, Monod pr&#233;tend la d&#233;voiler, la contradiction il affirme pouvoir la rompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons d'abord comment Monod explique ces notions de projet et de t&#233;l&#233;onomie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#233;volution elle-m&#234;me para&#238;t accomplir un &#034;projet&#034;, celui de prolonger et d'amplifier un &#034;r&#234;ve&#034; ancestral &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet serait donc, ou para&#238;trait &#234;tre, un r&#234;ve ancestral&#8230; Lequel ?!!! Celui de la bact&#233;rie de se reproduire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mais tout projet particulier, quel qu'il soit, n'a de sens que comme partie d'un projet plus g&#233;n&#233;ral. Toutes les adaptations fonctionnelles des &#234;tres vivants comme aussi tous les artefacts fa&#231;onn&#233;s par eux accomplissent des projets particuliers qu'il est possible de consid&#233;rer comme des aspects ou des fragments d'un projet primitif unique qui est la conservation et la multiplication de l'esp&#232;ce. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ce n'est pas un acte divin ou mystique, il y aurait, selon Monod, un projet et m&#234;me un dessein, un but. C'est le fondement, dit-il, d'une t&#233;l&#233;onomie. Il ne va pas jusqu'&#224; la t&#233;l&#233;ologie puisqu'il se pr&#233;tend mat&#233;rialiste, mais le dessein intelligent de la nature, c'est un grand pas vers l'id&#233;alisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons quels seront les pas suivants et dans quel sens&#8230; Quel but, quel dessein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous les &#171; para&#238;t &#187;, &#171; semble &#187;, &#171; peut-&#234;tre &#187;, on nage en plein animisme verbal, en pleine personnalisation de la bact&#233;rie qui &#171; cherche &#187;, qui &#171; justifie &#187;, qui a &#171; un but &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, on croit encore, dans certains passages, que Monod va reconna&#238;tre le caract&#232;re dialectique de la transformation l'un dans l'autre des contraires : hasard et n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Hasard capt&#233;, conserv&#233;, reproduit par la machinerie de l'invariance, et ainsi, converti en ordre r&#232;gle, n&#233;cessit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Monod veut rompre la contradiction et il choisit le hasard &#171; pur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il est bien remarquable de trouver, &#224; la base d'un des ph&#233;nom&#232;nes d'adaptation mol&#233;culaire les plus exquisement pr&#233;cis qu'on connaisse, une source au hasard. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monod rejoint ainsi Aristote (Physique II, 4, 24) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre ciel et tous les mondes ont pour cause le hasard ; car c'est du hasard que proviennent la formation du tourbillon et le mouvement qui a s&#233;par&#233; les &#233;l&#233;ments et constitu&#233; l'univers dans l'ordre o&#249; nous le voyons. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous allons voir que Monod ne d&#233;fend cette th&#232;se que pour le vivant et non pour l'univers mat&#233;riel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous disons que ces alt&#233;rations sont accidentelles, qu'elles ont lieu au hasard. Et puisqu'elles constituent la SEULE source possible de modifications du texte g&#233;n&#233;tique, SEUL d&#233;positaire &#224; son tour des structures h&#233;r&#233;ditaires de l'organisme, il s'ensuit n&#233;cessairement que que le hasard SEUL est &#224; la source de toute nouveaut&#233;, de toute cr&#233;ation dans la biosph&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera qu'on sp&#233;cifie ainsi la biosph&#232;re qui serait ainsi un domaine &#224; part du reste de l'univers mat&#233;riel, ce qui suppose une dichotomie du monde r&#233;el, la mati&#232;re en physique restant d&#233;termin&#233;e par la n&#233;cessit&#233; des lois&#8230; C'est &#233;norme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel fondement d'un tel choix : la mati&#232;re suivrait la n&#233;cessit&#233; absolue du temps et la vie s'en lib&#232;rerait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En ce sens l'&#233;volution s&#233;lective, fond&#233;e sur le choix de rares et pr&#233;cieux incidents que contient aussi, parmi une infinit&#233; d'autres, l'immense r&#233;servoir du hasard microscopique, constitue une sorte de machine &#224; remonter le temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est presque du Bergson !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, pas de &#171; semble &#187;, pas de &#171; para&#238;t &#187;, mais une affirmation absolue qui est appuy&#233;e par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Et rien de permet de supposer (ou d'esp&#233;rer) que nos conceptions sur ce point devront ou m&#234;me pourront &#234;tre r&#233;vis&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diable ! C'est d'un affirmatif pour une d&#233;claration de dualisme aussi absolu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est d&#232;s lors la place de la s&#233;lection dans cette biosph&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les seules mutations acceptables sont donc celles qui, &#224; tout le moins, ne r&#233;duisent pas la coh&#233;rence de l'appareil t&#233;l&#233;onomique, mais plut&#244;t le renforcent encore dans l'orientation d&#233;j&#224; adopt&#233;e ou, et sans doute bien plus rarement, l'enrichissent de possibilit&#233;s nouvelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darwin, au moins, avait propos&#233; une conception de la s&#233;lection qui ne r&#233;pondait pas aux seuls besoins de l'appareil vivant mais aussi aux nouvelles n&#233;cessit&#233;s dues &#224; des modifications du milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve l'id&#233;e centrale de Monod de &#171; t&#233;l&#233;onomie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans sa &#171; Le&#231;on inaugurale &#187; faite le 3 novembre 1967, au Coll&#232;ge de France, Chaire de biologie mol&#233;culaire, Monod explicite sa notion personnelle de la t&#233;l&#233;onomie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La T&#233;l&#233;onomie, c'est le mot qu'on peut employer si, par pudeur objective, on pr&#233;f&#232;re &#233;viter &#171; finalit&#233; &#187;. Cependant tout se passe comme si les &#234;tres vivants &#233;taient structur&#233;s, organis&#233;s et conditionn&#233;s en vue d'une fin : la survie de l'individu, mais surtout celle de l'esp&#232;ce. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; t&#233;l&#233;onomie &#187;, c'est donc, selon Monod, le camouflage, un peu hypocrite ou g&#234;n&#233;, d'un point de vue finaliste&#8230; qu'il d&#233;fend ! C'est l'id&#233;e qu'il pr&#233;existe un projet et que la vie se calque sur ce projet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera qu'on est revenu aux hypocrites &#171; tout se passe comme si &#187;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de la g&#234;ne et de la &#171; pudeur objective &#187;, &#171; Le Hasard et la N&#233;cessit&#233; &#187; est tr&#232;s affirmatif sur ce point :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est l'existence m&#234;me de ce projet, &#224; la fois accompli et poursuivi par l'appareil t&#233;l&#233;onomique qui constitue le &#171; miracle &#187;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Monod ressent le besoin d'un projet, d'une finalit&#233;, d'une t&#233;l&#233;onomie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Jacob qui l'explique dans sa &#171; Logique du Vivant &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Que l'&#233;volution soit due exclusivement &#224; une succession de micro-&#233;v&#233;nements, &#224; des mutations survenant chacune au hasard, le temps et l'arithm&#233;tique s'y opposent. Pour extraire d'une roulette, coup par coup, sous-unit&#233; par sous-unit&#233;, chacune des quelque cent mille cha&#238;nes prot&#233;iques qui peuvent composer le corps d'un mammif&#232;re, il faut un temps qui exc&#232;de, et de loin, la dur&#233;e allou&#233;e au syst&#232;me solaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit l&#224; &#224; quel point Monod et Jacob, loin d'&#233;clairer le lien entre hasard et n&#233;cessit&#233;, ont but&#233; dessus et ressentent le besoin d'un &#171; miracle &#187; : le projet !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monod conclue par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensit&#233; indiff&#233;rente de l'Univers d'o&#249; il a &#233;merg&#233; par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est &#233;crit nulle part. &#192; lui de choisir entre le Royaume et les t&#233;n&#232;bres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Monod ne peut pas croire r&#233;ellement au pur hasard et il explique pourquoi dans sa &#171; Le&#231;on inaugurale &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mais que l'homme f&#251;t le produit d'une somme incalculable d'&#233;v&#233;nements fortuits, pr&#233;cieusement conserv&#233;s, comment le croire devant l'homme biologique lui-m&#234;me, sinon devant ses &#339;uvres ? Comment le pur hasard aurait-il jamais pu &#233;crire l'Odyss&#233;e, Andromaque ou la Passion selon saint Mathieu ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foin du hasard, quand il conclue qu'il faut &#171; choisir entre le Royaume et les t&#233;n&#232;bres &#187;, c'est un retour &#224; la religion, de m&#234;me sa t&#233;l&#233;onomie est une mani&#232;re camoufl&#233;e de retour &#224; la t&#233;l&#233;ologie !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Jacob qui explicite le mieux le point de vue de Monod. Dans sa &#171; Logique du Vivant &#187;, il &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y a deux niveaux d'explication, bien distincts mais trop souvent confondus, pour rendre compte de l'apparente finalit&#233; dans le monde vivant. Le premier correspond &#224; l'individu, &#224; l'organisme dont la plupart des propri&#233;t&#233;s, tant de structure que de fonctions ou de comportement, semblent bien dirig&#233;es vers un but. C'est le cas, par exemple, des diff&#233;rentes phases de la reproduction, du d&#233;veloppement embryonnaire, de la respiration, de la digestion, de la recherche de nourriture, de la faite devant le pr&#233;dateur, de la migration, etc. Ce genre de dessein pr&#233;&#233;tabli, qui se manifeste dans chaque &#234;tre vivant, ne se retrouve pas dans le monde inanim&#233;. D'o&#249;, pendant longtemps, le recours &#224; un agent particulier, &#224; une force vitale &#233;chappant aux lois de la physique. C'est seulement au cours de ce si&#232;cle qu'a disparu l'opposition entre, d'un c&#244;t&#233;, l'interpr&#233;tation m&#233;caniste donn&#233;e aux activit&#233;s d'un &#234;tre vivant et, de l'autre, ses propri&#233;t&#233;s et son comportement. En particulier, le paradoxe s'est r&#233;solu quand la biologie mol&#233;culaire a emprunt&#233; &#224; la th&#233;orie de l'information le concept et le terme de programme pour d&#233;signer l'information g&#233;n&#233;tique d'un organisme. Selon cette mani&#232;re de voir, les chromosomes d'un oeuf f&#233;cond&#233; contiennent, inscrits dans l'ADN, les plans qui r&#233;gissent le d&#233;veloppement du futur organisme, ses activit&#233;s, son comportement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la notion de programme pour repr&#233;senter la vie est bien d&#233;pass&#233;e. Et celle de projet n'a jamais trouv&#233; son explication scientifique r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacob n'est d'ailleurs pas plus clair l&#224;-dessus que Monod, lui qui parle sans cesse du &#171; r&#234;ve de la bact&#233;rie de procr&#233;er &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crit dans sa &#171; Logique du Vivant &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quel peut &#234;tre alors le but de la bact&#233;rie ? Que cherche-t-elle &#224; produire qui justifie son existence, d&#233;termine son organisation et sous-tend son travail ? A cette question, il n'y a apparemment qu'une r&#233;ponse et une seule. Ce que cherche &#224; produire sans rel&#226;che une bact&#233;rie, ce sont deux bact&#233;ries. Voil&#224;, semble-t-il, son seul dessein, sa seule ambition. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;tude scientifique de la biologie n'autorise pas r&#233;ellement de tels raccourcis. La bact&#233;rie n'a pas de but, pas de projet, pas de dessein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que la vie cherche &#224; se reproduire, ou &#224; se maintenir, mais on peut tout aussi bien dire le contraire, puisque chaque cellule contient d'avance un &#171; programme &#187; de suicide cellulaire, l'apoptose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on ne peut pas, c'est nier la dialectique des contradictions, qui va de l'inanim&#233; au vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=JkkICwAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+hasard+et+la+n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=le%20hasard%20et%20la%20n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Monod, &#8220;Le hasard et la N&#233;cessit&#233;&#8221;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2237&#034;&gt;Quand Jacques Monod s'appuyait sur ses travaux en biologie pour d&#233;molir le marxisme dans un pamphlet intitul&#233; &#171; Le hasard et la n&#233;cessit&#233; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sgou.blogspot.fr/2014/07/le-hasard-et-la-necessite-peut-on.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Monod comment&#233; par Gourrier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question &#171; hasard et n&#233;cessit&#233; &#187; est discut&#233;e ici par divers auteurs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_la_nature/Partie_1/Chapitre_5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'Holbach&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Contingence_dans_les_lois_de_la_nature_et_la_libert%C3%A9_dans_l%E2%80%99homme_selon_%C3%89picure&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Epicure&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/De_la_contingence_des_lois_de_la_nature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boutroux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Diff%C3%A9rence_de_la_philosophie_de_la_nature_chez_D%C3%A9mocrite_et_%C3%89picure/dissertation_-_Premi%C3%A8re_partie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Origine_de_la_famille,_de_la_propri%C3%A9t%C3%A9_priv%C3%A9e_et_de_l%E2%80%99%C3%89tat/13&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Physique/Livre_II_(traduction_Hamelin)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aristote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=RZay-wNUWUkC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+hasard+et+la+n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=le%20hasard%20et%20la%20n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pav&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://biblio.wiki/wiki/La_Physique_moderne_et_le_d%C3%A9terminisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Langevin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=-aimAgAAQBAJ&amp;pg=PA131&amp;dq=antoine+danchin+hasard&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiHqfSui97VAhWEA8AKHX0uBQ4Q6AEIJjAA#v=onepage&amp;q=antoine%20danchin%20hasard&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Danchin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=utz6qT6TxMYC&amp;pg=PA139&amp;dq=le+hasard+et+la+n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=le%20hasard%20et%20la%20n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couloubaritsis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Physique/Paraphrase_du_livre_2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore Aristote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://biblio.wiki/wiki/Statistique_et_d%C3%A9terminisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore Langevin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=5-WLAgAAQBAJ&amp;pg=PA297&amp;dq=antoine+danchin+hasard&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiHqfSui97VAhWEA8AKHX0uBQ4Q6AEILjAB#v=onepage&amp;q=antoine%20danchin%20hasard&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore Danchin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=hHjmDAAAQBAJ&amp;pg=PA29&amp;lpg=PA29&amp;dq=H%C3%A9raclite+ou+d%C3%A9mocrite+?+%C2%AB+Tout+ce+qui+existe+dans+l%E2%80%99univers+est+le+fruit+du+hasard+et+de+la+n%C3%A9cessit%C3%A9.+%C2%BB&amp;source=bl&amp;ots=mLeaXQ7iaV&amp;sig=mv1nmES4cafqd3qmEjTWM_ihtq8&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwj4wOf9g97VAhXELMAKHQO3B9AQ6AEIXDAH#v=onepage&amp;q=H%C3%A9raclite%20ou%20d%C3%A9mocrite%20%3F%20%C2%AB%20Tout%20ce%20qui%20existe%20dans%20l%E2%80%99univers%20est%20le%20fruit%20du%20hasard%20et%20de%20la%20n%C3%A9cessit%C3%A9.%20%C2%BB&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gruber-Martin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=3fPAdNXyvCoC&amp;pg=PA79&amp;dq=le+hasard+et+la+n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=le%20hasard%20et%20la%20n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;mocrite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=OuHyiK7-re0C&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+hasard+et+la+n%C3%A9cessit%C3%A9&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anfray&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2013-4-page-7.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Riveline&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Sur_la_th%C3%A9orie_du_mouvement_brownien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toujours Langevin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Positivisme_anglais/1/10&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Taine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=AxjLS499f3cC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=ordre+et+d%C3%A9sordre+lumi%C3%A8re&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiJp8-Ni97VAhXIBcAKHQHjCMIQ6AEIJjAA#v=onepage&amp;q=ordre%20et%20d%C3%A9sordre%20lumi%C3%A8re&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wahl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=nQS0O0fALd8C&amp;pg=PA43&amp;dq=ordre+et+d%C3%A9sordre+lumi%C3%A8re&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiJp8-Ni97VAhXIBcAKHQHjCMIQ6AEIODAE#v=onepage&amp;q=ordre%20et%20d%C3%A9sordre%20lumi%C3%A8re&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Brahic&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_du_destin_et_du_libre_pouvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alexandre d'Aphrodise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.normalesup.org%2F~adanchin%2Fcauseries%2FAtomistes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toujours Danchin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.thomas-d-aquin.com/Pages/Articles/Hasard.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thomas d'Aquin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://leportique.revues.org/180&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/LAVABRE-BERTRAND2013.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lavabre-Bertrand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Statistique_et_exp%C3%A9rience_(Simiand)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Simiand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2615&#034;&gt;Ordre et d&#233;sordre de la mati&#232;re, deux r&#233;alit&#233;s compl&#232;tement et dialectiquement imbriqu&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/pourquoi_la_matiere_change_t_elle_d_etat_la_competition_entre_ordre_et_desordre.1072&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordre et d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5198&#034;&gt;Le mouvement brownien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5285&#034;&gt;Einstein : dieu ne joue pas aux d&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_temps_et_sa_fleche.1040&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le temps et sa fl&#232;che&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3793&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la mati&#232;re d&#233;sordonn&#233;e s'organise spontan&#233;ment&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/chaos_impredictibilite_hasard.1070&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaos et hasard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_bordeaux/le_role_du_hasard_en_biologie_moleculaire.2532&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le hasard en biologie mol&#233;culaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/les_probabilites_et_le_mouvement_brownien.1030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les probabilit&#233;s et le mouvement brownien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2960&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La mati&#232;re : dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/science_en_cours/structure_fractale_d_un_front_de_diffusion_1985.66&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordre et d&#233;sordre dans un front de diffusion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Th&#232;ses sur l'ordre et le d&#233;sordre dans la mati&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article553&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le hasard et la n&#233;cessit&#233; en biologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=d%C3%A9terminisme++site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;oq=d%C3%A9terminisme++site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;gs_l=psy-ab.3...17032.19238.0.19520.13.13.0.0.0.0.95.876.13.13.0....0...1.1.64.psy-ab..0.0.0.-6XJt4U-2WM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le d&#233;terminisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'auto-organisation ou l'ordre spontan&#233;ment issu du d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cornu.eu.org/news/a-la-recherche-de-l-indeterminisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ren&#233; Thom : &#171; Halte au hasard, silence au bruit ! &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1272&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Libert&#233; et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;terminisme et physique quantique se sont d'abord oppos&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=chaos+d%C3%A9terministe+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaos et d&#233;terminisme se composent tout en s'opposant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article846&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que le hasard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5047&#034;&gt;La contradiction fondamentale entre Libert&#233; et N&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=le+Hasard+et+la+N%C3%A9cessit%C3%A9+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique91&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La croissance dendritique, un produit dialectique du hasard et de la n&#233;cessit&#233;</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5555</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5555</guid>
		<dc:date>2017-08-01T23:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nitrate d'argent &lt;br class='autobr' /&gt;
Fulgurite &lt;br class='autobr' /&gt;
Oxyde de fer sur roches s&#233;dimentaires &lt;br class='autobr' /&gt;
Dendrites d'argent &lt;br class='autobr' /&gt;
Nanostructures de cuivre &lt;br class='autobr' /&gt; Cobalt-Samarium-Cuivre &lt;br class='autobr' /&gt;
Sulfate de zinc &lt;br class='autobr' /&gt;
Sulfate de cuivre &lt;br class='autobr' /&gt;
Injection d'air dans l'huile &lt;br class='autobr' /&gt;
Sucre dans l'eau &lt;br class='autobr' /&gt;
Anode d'&#233;lectrolyse &lt;br class='autobr' /&gt;
Dendrites sur une fen&#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dendrites, un produit de la dialectique du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, de l'agr&#233;gation et de la diffusion, de l'attraction et de la marche al&#233;atoire &lt;br class='autobr' /&gt;
On trouve de nombreuses structures en forme de dendrites, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_9294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-3651.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-3651-028cc.jpg?1780179678' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nitrate d'argent&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9295 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L410xH308/-3668-e59a2.jpg?1780179678' width='410' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fulgurite&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L200xH300/-319-94cba.gif?1780179678' width='200' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oxyde de fer sur roches s&#233;dimentaires&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L236xH177/-3671-0721b.jpg?1780179678' width='236' height='177' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dendrites d'argent&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L451xH500/-3672-ae910.jpg?1780179678' width='451' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nanostructures de cuivre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH499/-3682-e52e4.jpg?1780179678' width='500' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Cobalt-Samarium-Cuivre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L185xH188/-320-a8ad8.gif?1780179678' width='185' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sulfate de zinc&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH198/-3674-3325b.jpg?1780179678' width='500' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sulfate de cuivre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L335xH302/-3675-6bc6e.jpg?1780179678' width='335' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Injection d'air dans l'huile&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L492xH423/-261-2382d.png?1780179678' width='492' height='423' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sucre dans l'eau&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH361/-3676-949cc.jpg?1780179678' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Anode d'&#233;lectrolyse&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L333xH294/-3677-c9e90.jpg?1780179678' width='333' height='294' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dendrites sur une fen&#234;tre&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dendrites, un produit de la dialectique du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, de l'agr&#233;gation et de la diffusion, de l'attraction et de la marche al&#233;atoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On trouve de nombreuses structures en forme de dendrites, produits de l'auto-organisation de la mati&#232;re, que ce soit par d&#233;p&#244;t d'oxydes de m&#233;taux, par exemple sur l'anode de l'&#233;lectrolyseur, que ce soit par p&#233;n&#233;tration d'un milieu dans un autre avec une interface, que ce soit par d&#233;veloppement d'un corps vivant, que ce soit par cristallisation, que ce soit par agglom&#233;ration de poussi&#232;res ou de grains. On appelle ces processus de formations spontan&#233;e de structures en forme de dendrites : agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion (ou DLA), croissance guid&#233;e par la marche au hasard, diffusion de deux phases, digitation visqueuse, croissance du sel par sursaturation, formation d'un solide par la cristallisation de son bain ou surfusion, formation solide issue de la condensation, arborescence fractale, &#233;pitaxie par jet mol&#233;culaire, croissance &#233;lectrochimique, organisation de colonies de bact&#233;ries ou morphogen&#232;se des organes branchus. M&#234;me si ces processus sont tr&#232;s diff&#233;rents les uns des autres, mettent en jeu des forces physiques diff&#233;rentes, tous d&#233;pendent du m&#234;me processus : l'agr&#233;gation limit&#233;e par la marche al&#233;atoire. Tous proviennent de formes issues du passage de trois dimensions &#224; deux dimensions. Tous ces processus fabriquent spontan&#233;ment des structures fractales qui sont tr&#232;s semblables malgr&#233; la diversit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes physiques, &#233;lectrochimiques ou biologiques. Il s'agit donc bel et bien de la dialectique de l'agitation et de l'ordonn&#233;, du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, de l'al&#233;atoire et du structur&#233;. Ce sont des structures issues du d&#233;s&#233;quilibre, un ordre construit sur la base du d&#233;sordre. Sa logique est contradictoire : opposition ordre/d&#233;sordre mais aussi opposition entre deux phases, entre deux forces physiques, entre deux milieux, entre deux &#233;tats, contradiction entre le r&#233;gulier et l'irr&#233;gulier, le d&#233;termin&#233; et l'ind&#233;termin&#233;, d'une dialectique de la simplicit&#233; et de la complexit&#233;, d'une interconnexion de la structure se construisant en marchant et des lois de construction pr&#233;existantes, une physique de l'&#233;mergence et de l'auto-organisation, une physique des contradictions entre les diverses &#233;chelles d'existence de la mati&#232;re&#8230; C'est un hasard qui intervient mais pas n'importe quel hasard, le hasard d&#251; &#224; une loi, celle du mouvement brownien des mol&#233;cules. Un hasard d&#233;terministe, quoi de plus dialectique !!! Et l'est aussi une construction fond&#233;e sur l'accroche-d&#233;croche des atomes qui se joignent &#224; la structure et de ceux qui la quittent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment Vincent Fleury l'expose dans son ouvrage fameux &#171; Arbres de pierre &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous allons donc d&#233;crire, maintenant, ce qui se produit lorsque des atomes s'approchent d'un solide en cours de croissance et s'y d&#233;posent. Pour cela, nous partons de la situation la plus simple o&#249; des atomes diffusent al&#233;atoirement sous l'effet d'un mouvement brownien et se d&#233;posent au contact d'un &#171; germe &#187; initial, ou d'un d&#233;faut du milieu de croissance. Dans la r&#233;alit&#233;, les atomes peuvent diffuser dans l'air (cas du gaz qui passe directement &#224; l'&#233;tat solide), ou dans l'eau (cas du sel qui se d&#233;pose &#224; partir d'eau sal&#233;e), ou bien diffuser les uns autour des autres, de leur milieu liquide vers le milieu solide (cas de l'eau qui g&#232;le).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance d'un solide s'effectue toujours sur l'interface qui le s&#233;pare d'un autre milieu. On parle de deux phases, dont, &#233;videmment, la phase solide. L'autre phase peut &#234;tre un gaz, une solution, ou bien le m&#234;me mat&#233;riau que le solide, mais sous forme liquide. La croissance de glace &#224; partir de la vapeur d'eau est un exemple du premier cas (on parle de condensation). La croissance du sel dans une saline qui s'&#233;vapore est un exemple du deuxi&#232;me cas (on parle de sursaturation). Le troisi&#232;me cas est simplement la croissance d'un solide &#224; partir de son bain fondu (on parle alors de surfusion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, il faut mod&#233;liser le mouvement al&#233;atoire des atomes qui s'approchent de la surface solide qui cro&#238;t sous nos yeux. On parlera alors d'un m&#233;canisme d'agr&#233;gation, limit&#233; par la diffusion des atomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette expression, le terme &#224; d&#233;finir est celui de &#171; limit&#233; par &#187; : il traduit le fait que la croissance du solide est uniquement limit&#233;e par le temps que les atomes mettent &#224; diffuser du milieu jusqu'au bord du solide d&#233;j&#224; form&#233; o&#249; ils se d&#233;posent : tant que des atomes arrivent, le solide pousse. Si aucun atome ne parvient &#224; la surface, le solide cesse de pousser. C'est bien la diffusion des atomes qui &#171; limite &#187; l'agr&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est maintenant le suivant : quelle forme adopte le solide au fur et &#224; mesure que le processus d'agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion se prolonge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on la plus simple de d&#233;crire l'agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion consiste &#224; la pr&#233;senter comme la formation d'un tas d'ivrognes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image est un peu extr&#234;me, mais elle est assez p&#233;dagogique. Supposez qu'au lieu de parler d'atomes nous parlions d'ivrognes, et qu'au lieu de diffusion al&#233;atoire nous parlions de &#171; marche au hasard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rempla&#231;ons par la pens&#233;e le mouvement al&#233;atoire des atomes par une marche au hasard d'ivrognes, titubant dans le noir. Nous allons supposer encore qu'il existe quelque part un r&#233;verb&#232;re dont l'ampoule est cass&#233;e, de sorte que les ivrognes ne peuvent pas le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un th&#233;or&#232;me de math&#233;matiques assez puissant, que nous ne d&#233;montrerons pas ici, prouve qu'un ivrogne marchant au hasard finit toujours par heurter n'importe quel obstacle, pourvu qu'on le laisse marcher assez longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier ivrogne approche donc en titubant du r&#233;verb&#232;re : un pas en avant, trois pas en arri&#232;re, un pas &#224; gauche, deux pas &#224; droite, c'est un vrai tango, jusqu'au moment o&#249;, boum ! il tape dans le r&#233;verb&#232;re. Admettons qu'il s'&#233;croule au pied de ce r&#233;verb&#232;re et ach&#232;ve de cuver son vin dans les bras de Morph&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second ivrogne se prom&#232;ne, sans voir ni le r&#233;verb&#232;re, ni son coreligionnaire tomb&#233; avant lui. De m&#234;me il titube, et finit par s'approcher de l'homme &#233;tendu au pied du r&#233;verb&#232;re. De deux choses l'une, ou bien il se cogne contre le r&#233;verb&#232;re, ou bien il se cogne contre le bonhomme d&#233;j&#224; &#224; terre. Admettons que ce second ivrogne, lui aussi, tombe comme une masse et s'endort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous disposions pour cette exp&#233;rience d'un nombre &#233;lev&#233; d'ivrognes, mettons, une arm&#233;e de cinq ou six millions, on formerait un tas d'ivrognes, qui, au petit matin et vu d'h&#233;licopt&#232;re, ressemblerait &#224; l'image suivante :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L335xH302/-3675-6bc6e.jpg?1780179678' width='335' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vu de tr&#232;s haut, on ne distingue plus le d&#233;tail de chaque ivrogne, ni leur visage, ni leurs pieds, ni aucun de leurs caract&#232;res d'ivrogne, mais on voit clairement une forme arborescente, s'&#233;loignant de fa&#231;on radiale &#224; partir du r&#233;verb&#232;re central. Ce tas a une forme qu'on peut qualifier de &#171; bien d&#233;finie &#187; pour autant qu'on puisse la caract&#233;riser convenablement, et nous allons essayer de la caract&#233;riser un peu plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-il pas remarquable que le processus de croissance le plus simple que l'on puisse imaginer ne donne nullement une forme r&#233;guli&#232;re, mais un arbre extr&#234;mement ramifi&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simplicit&#233; explique, en fait, que la croissance dendritique ait tellement occup&#233; les esprits dans les si&#232;cles pass&#233;s. Si l'on fait une cristallisation de fa&#231;on arbitraire, sans prendre de pr&#233;cautions particuli&#232;res, on bien davantage de chances de former un arbre irr&#233;gulier qu'un cristal compact. (&#8230;) L'arborescence est bien davantage naturelle que le cristal. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Influenc&#233;s par les travaux de Mandelbrot, Witten et Sander, eux, ont reconnu une structure bien d&#233;finie : une structure arborescente fractale (&#8230;) Ils ont tout simplement pris un ordinateur, dans lequel ils ont laiss&#233; &#233;voluer des marcheurs au hasard constitu&#233;s de petits points noirs, les &#171; pixels &#187; de l'&#233;cran. Il est tr&#232;s facile d'&#233;crire un programme o&#249; l'on laisse &#233;voluer au hasard des particules, et o&#249; on les arr&#234;te d&#232;s qu'elles ont touch&#233; une &#171; cible &#187; (le r&#233;verb&#232;re) ou bien un marcheur al&#233;atoire d&#233;j&#224; parvenu sur la cible, ou l'amas d&#233;j&#224; form&#233;. C'est le genre de programme qui utilise beaucoup la fonction &#171; random &#187; de l'ordinateur, puisque, &#224; chaque pas, il faut choisir &#171; au hasard &#187; la direction dans laquelle le marcheur al&#233;atoire repart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on forme les images comme celle qui pr&#233;c&#232;de. Cette image-l&#224; est d&#233;j&#224; remarquable en ceci qu'elle contient six millions de particules, elle a &#233;t&#233; produite par Peter Ossadnik en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Mandelbrot, qui a repris ce probl&#232;me avec &#233;nergie (et quelques assistants), est parvenu &#224; produire des amas de trente millions de particules. On mesurera les progr&#232;s accomplis en remarquant que l'article original de Witten et Sander de 1984 ne pr&#233;sentait que des simulations limit&#233;es &#224; dix mille particules. (&#8230;) Loin de nous l'id&#233;e que les simulations num&#233;riques ne sont pas n&#233;cessaires, mais, dans le cas de l'agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion, force est de constater que les simulations ont pris le pas sur le travail th&#233;orique, analytique, qui n'a pas avanc&#233; d'un pas (au hasard ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente montre que, une fois admis dans le cercle des sp&#233;cialistes qu'un processus aussi simple que l'agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion pouvait donner des structures arborescentes, on se mit &#224; chercher et &#224; exhiber, dans les contextes les plus vari&#233;s, des structures de ce type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, on semblait ne plus voir que cela, et, dans tous les domaines, on d&#233;couvrait ou on red&#233;couvrait les dendrites fractales. La d&#233;couverte de ces structures n'a pas demand&#233; un effort exp&#233;rimental particulier, bien au contraire, il suffisait, en quelque sorte, de se baisser pour les ramasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;riences d'&#233;vaporation, exp&#233;riences de cristallisation en phase liquide, croissances de bact&#233;ries, et, bien entendu, croissance &#233;lectrolytique puisqu'en 1984 le Japonais Mitsugu Matsushita proposa l'hypoth&#232;se que la croissance dendritique &#233;lectrochimique pouvait &#234;tre li&#233;e &#224; l'agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arbres form&#233;s par agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion &#233;taient omnipr&#233;sents. Rapidement, on les mettait en &#233;vidence dans des domaines tr&#232;s &#233;loign&#233;s de la cristallisation, dans lesquels on ne pouvait rien trouver d'&#233;quivalent &#224; la marche al&#233;atoire des corpuscules. Eclairs &#233;lectrostatiques, p&#233;n&#233;tration d'air dans l'huile, dissolution du pl&#226;tre, croissance de vaisseaux sanguins&#8230; il fallait &#233;tendre le paradigme. Toutes ces exp&#233;riences, la d&#233;monstration de la r&#233;alit&#233; de ces arborescences et les difficult&#233;s de leur description allaient mobiliser les meilleurs chercheurs pendant quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons un moment sur le probl&#232;me. Comme son nom l'indique, il s'agit d'agr&#233;gation (on forme un agr&#233;gat en ajoutant peu &#224; peu des particules) limit&#233;e par la diffusion, c'est-&#224;-dire un agr&#233;gat dont la croissance en chaque point est limit&#233;e par le nombre de particules arrivant jusque-l&#224; par diffusion (le mouvement brownien al&#233;atoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait imaginer des agr&#233;gats limit&#233;s par autre chose. Par exemple, il pourrait y avoir partout des particules &#224; coller, mais elles ne s'attacheraient que lorsqu'un petit d&#233;mon voudrait bien que la particule s'attache. Il s'agirait d'un agr&#233;gat limit&#233; par le bon vouloir du d&#233;mon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pourrait aussi se faire qu'une r&#233;action chimique soit n&#233;cessaire le long de l'agr&#233;gat avant qu'une particule donn&#233;e ne puisse s'y incorporer. On parlera alors d'agr&#233;gation limit&#233;e par la &#171; r&#233;action &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un bon nombre de cas possibles, mais aucun n'est aussi fascinant, ni aussi difficile, que celui de l'agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion (que nous appellerons d&#233;sormais DLA, empruntant les initiales anglaises que tout le monde utilise). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est exactement cette forme que l'on voit &#233;merger du processus d'agr&#233;gation, qu'est-ce, au juste, que cet arbre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;ponse purement descriptive est possible. La forme de l'arbre, apr&#232;s observation, est la suivante : il y a de grandes branches, et de petites, et de plus petites, et ainsi de suite jusqu'&#224; l'&#233;chelle la plus petite : l'&#233;chelle des grains &#233;l&#233;mentaires. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que le c&#339;ur de la structure est fait de &#171; bois mort &#187;, et que seule une fraction situ&#233;e vers l'ext&#233;rieur, le &#171; fa&#238;te &#187; des branches, cro&#238;t effectivement, c'est-&#224;-dire re&#231;oit les marcheurs al&#233;atoires qui arrivent de quelque part au loin. Mais la largeur de ce fa&#238;te, la zone o&#249; &#171; &#231;a pousse &#187; augmente au fur et mesure que l'amas de DLA s'agrandit. De fa&#231;on r&#233;ciproque, on observe que les creux, les &#171; fjords &#187; de la structure ne croissent pas : ils ne re&#231;oivent aucun marcheur al&#233;atoire. Les fjords s'allongent sans jamais se colmater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, quand on laisse un marcheur al&#233;atoire se rapprocher d'un arbre, il a une probabilit&#233; bien plus grande de rencontrer une branche situ&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur, que de p&#233;n&#233;trer au c&#339;ur de l'arbre, et d'aller se loger dans un petit creux situ&#233; au fond. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors pourquoi le syst&#232;me forme des branches : le processus de DLA a tendance &#224; favoriser, &#224; faire grandir, les branches d&#233;j&#224; situ&#233;es le plus &#224; l'ext&#233;rieur. La structure se d&#233;veloppe ainsi &#171; par les pointes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il reste une grande part de hasard dans cette croissance, li&#233;e au caract&#232;re probabiliste de la marche al&#233;atoire. Boyle faisait remarquer (en 1668) que les corpuscules devaient former un arbre en s'accrochant les uns aux autres par &#171; une sorte de hasard &#187;. Voil&#224;, sans qu'il s'en doute, qui &#233;tait remarquablement prudent, et dans le m&#234;me temps, bien vu. C'est effectivement une sorte de hasard qui pr&#233;side &#224; la croissance de l'amas par collages successifs, mais un hasard tr&#232;s particulier intimement li&#233; &#224; la marche al&#233;atoire (le mouvement &#171; brownien &#187;). Ce n'est pas n'importe quel hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi y a-t-il invariance d'&#233;chelle, c'est-&#224;-dire pourquoi voit-on de petites branches et des branches moyennes, et des branches encore plus grandes, qui se ressemblent toutes ? Intuitivement, la raison est comprise : elle tient au fait que les particules qui arrivent &#171; ne connaissent pas &#187; la taille des branches vers lesquelles elles se dirigent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une particule s'approche de deux branches voisines, elle met ces deux branches en comp&#233;tition, et l'une d'entre elles va grandir d'un pixel, au d&#233;triment de l'autre. Il y a une comp&#233;tition effective entre les branches. Mais si l'on regarde des branches plus grandes, la comp&#233;tition entre deux branches mille fois plus grandes est la m&#234;me qu'entre deux branches mille fois plus petites, &#224; condition d'invoquer l'arriv&#233;e de mille fois plus de grains. L'avantage que va prendre une branche sur une autre est, g&#233;om&#233;triquement parlant, de m&#234;me nature, qu'il s'agisse d'une grande ou d'une petite branche, pour peu que l'on fasse venir des nombres de marcheurs au hasard en rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que la particule &#171; ne conna&#238;t pas &#187; la taille de l'amas, ni la taille des branches plus petites, revient &#224; dire qu'il n'y a pas de &#171; longueur caract&#233;ristique &#187; dans le syst&#232;me &#233;tudi&#233;. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, au fil du temps, l'arbre cro&#238;t ind&#233;finiment ; rien ne l'arr&#234;te, aucun processus particulier n'est l&#224; pour fixer sa taille. La comp&#233;tition entre les grandes branches est r&#233;gie par les m&#234;mes lois que la comp&#233;tition entre les petites branches. Les branches ext&#233;rieures &#233;touffent les branches int&#233;rieures de la m&#234;me fa&#231;on, que l'amas ait un diam&#232;tre de cent ou de dix mille particules, &#224; condition de compter sur un nombre plus grand de particules, ou bien, ce qui revient au m&#234;me, de r&#233;tr&#233;cir le grand amas pour le ramener &#224; la m&#234;me taille que l'amas plus petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait d'ailleurs commun&#233;ment cette op&#233;ration pour s'assurer que la morphologie &#171; se ressemble &#187; &#224; toutes les &#233;chelles, ce qui est bien le signe que la dynamique de croissance est la m&#234;me &#224; toutes les &#233;chelles. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arborescence fractale est extraordinaire &#224; plusieurs titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on y songe, on remarque que, jusqu'&#224; l'&#233;mergence de ce nouveau paradigme, toutes sortes d'arborescences &#233;taient connues, mais toutes, ou presque, dans le domaine biologique. Les arborescences biologiques croissent en fabriquant de petites et de grandes branches qui, si elles sont rarement fractales, le sont parfois. Ainsi, on qualifie souvent les choux-fleurs de fractales et l'on montre en exemple le romanesco, une vari&#233;t&#233; de chou-fleur tout &#224; fait remarquable, dans laquelle les fleurons ont une forme conique tr&#232;s bien caract&#233;ris&#233;e, et se r&#233;partissent sur des spirales (les parastiches) de plus en plus petites (il y a des spirales moyennes &#224; l'int&#233;rieur des grandes spirales, et des spirales plus petites sur les spirales moyennes, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande vraiment, &#224; la vue du romanesco, s'il n'a pas &#233;t&#233; con&#231;u d'apr&#232;s un plan pr&#233;alable. La r&#233;ponse est non, c'est bien un objet naturel, et l'on sait aujourd'hui un peu mieux comment ces spirales r&#233;ussissent &#224; s'embo&#238;ter les unes dans les autres naturellement, au cours de leur croissance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cat&#233;gorie arbre n'est pas, radicalement, une cat&#233;gorie du monde v&#233;g&#233;tal. Et de l&#224;, en partie, l'&#233;merveillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant admis que la cat&#233;gorie arbre est consubstantielle des lois de la physique (au m&#234;me titre que la bulle de savon, le cristal ou l'&#233;toile &#224; neutrons), il est moins difficile d'admettre que les syst&#232;mes biologiques puissent emprunter aux syst&#232;mes physiques leur mode de croissance, plut&#244;t que tout r&#233;inventer de fa&#231;on alambiqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article838&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que le mouvement brownien ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5373&#034;&gt;L'univers fractal de la mati&#232;re et du mouvement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article702&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que sont les fractales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'auto-organisation ou l'ordre spontan&#233;ment issu du d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1857&#034;&gt;Que se passe-t-il &#224; l'interface entre deux milieux ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=MdsjCwAAQBAJ&amp;pg=PA112&amp;lpg=PA112&amp;dq=vincent+fleury+arborescences&amp;source=bl&amp;ots=8-UXbxwNIX&amp;sig=l_ik1C9kufhLj1oNwD3uFO1p9UI&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwif9Y2rp5LUAhWTSxoKHZCyAV8Q6AEIZDAJ#v=onepage&amp;q=vincent%20fleury%20arborescences&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Formes auto-organis&#233;es du Vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cdrcosne.free.fr/Fleurytr.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arborescences de la morphogen&#232;se&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article764&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dendrites neuronales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4064&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arborescences de pierre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_al%C3%A9atoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marche al&#233;atoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00005942/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arborescences magn&#233;tiques de fer et de cobalt &#233;labor&#233;es par &#233;lectrod&#233;position&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-sculpture-des-vaisseaux-sanguins-22323.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La sculpture des vaisseaux sanguins&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.universcience.tv/video-dechirure-du-plastique-2713.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fractale du plastique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://complexe.jimdo.com/les-fractales/o%C3%B9-les-retrouve-t-on/la-nature-fractale-de-l-univers/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fractales dans la nature&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=qXQ-8wSs-goC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=dendrites&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=dendrites&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dendrites (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=7tjsCgAAQBAJ&amp;pg=PA169&amp;dq=dendrites&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=dendrites&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Physics of Dendrites (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Diffusion-limited_aggregation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diffusion limited aggregation (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=PzTwCAAAQBAJ&amp;pg=PA164&amp;dq=Diffusion-limited+aggregation+DLA&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Diffusion-limited%20aggregation%20DLA&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diffusion-limited aggregation DLA ou agr&#233;gation limit&#233;e par la diffusion (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://guava.physics.uiuc.edu/~nigel/REPRINTS/2003/Jeong%20%20Dendritic%20growth%20with%20Fluid%20Flow%20MMTA%202003%20(PDF).pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dendrites and two phase flow (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://isites.harvard.edu/fs/docs/icb.topic543638.files/witten-sander-dla.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;DLA dendrites and random walk, The article of Witten and Sander (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique91&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dialectique du hasard et de la n&#233;cessit&#233; dans la nature&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L322xH267/-322-a9416.gif?1780179678' width='322' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L236xH309/-3681-c3bea.jpg?1780179678' width='236' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L222xH227/-3678-eaaf2.jpg?1780179678' width='222' height='227' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-3679-fa3e1.jpg?1780179678' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L319xH322/-3680-1bc5d.jpg?1780179678' width='319' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L439xH416/-321-d4170.gif?1780179678' width='439' height='416' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_9531 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH300/-325-a8e84.gif?1780179678' width='300' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L270xH180/-326-21267.gif?1780179678' width='270' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L130xH98/-327-2633b.gif?1780179678' width='130' height='98' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH200/-328-f04aa.gif?1780179678' width='250' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-3875-11442.jpg?1780179678' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-3876-12148.jpg?1780179678' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH250/-329-c363f.gif?1780179678' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-330-25b0d.gif?1780179678' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH270/-331-b7641.gif?1780179678' width='480' height='270' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L325xH258/-332-c9f7b.gif?1780179678' width='325' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_9553 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L348xH191/-340-67ae5.gif?1780179678' width='348' height='191' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_9548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH180/-335-9589b.gif?1780179678' width='320' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH320/-334-64049.gif?1780179678' width='320' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH288/-333-f304d.gif?1780179678' width='500' height='288' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La physique de la mati&#232;re : d&#233;terminisme ou ind&#233;terminisme ? Ou les deux, contradictoirement mais aussi conjointement ?!!!</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5533</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.org/spip.php?article5533</guid>
		<dc:date>2017-07-17T23:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Deterministic chaos - Chaos d&#233;terministe</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>
		<dc:subject>Atome</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Rien n'est s&#251;r que la chose incertaine &#187; &#233;crivait Fran&#231;ois Villon. &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait rajouter que rien n'est plus durable que la structure fond&#233;e sur l'&#233;ph&#233;m&#232;re rien n'est plus ordonn&#233; que l'organisation du chaos, rien plus d&#233;termin&#233; que la loi qui se fonde sur l'agitation apparemment ind&#233;termin&#233;e, rien de mat&#233;riel qui ne soit fond&#233; sur le vide, par de liens mat&#233;riels sans la lumi&#232;re&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La physique de la mati&#232;re, c'est la pr&#233;dictibilit&#233; ou l'impr&#233;dictibilit&#233;, c'est le d&#233;terminisme ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot59" rel="tag"&gt;Deterministic chaos - Chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot64" rel="tag"&gt;Atome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_10867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L369xH499/51e5fGIEvTL-_SX367_BO1_204_203_200_-7526e.jpg?1780179678' width='369' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10866 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L199xH303/9782130542490FS-e945c.gif?1780179678' width='199' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L175xH242/1166089_12407963-0bd1d.jpg?1780179678' width='175' height='242' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L340xH340/Le-determinisme-entre-sciences-et-philosophie-11ea1.jpg?1780179678' width='340' height='340' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L200xH296/9782706107771FS-22a71.gif?1780179678' width='200' height='296' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH499/51IpbtM736L-_SX298_BO1_204_203_200_-ff597.jpg?1780179678' width='300' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien n'est s&#251;r que la chose incertaine &#187;&lt;/i&gt; &#233;crivait Fran&#231;ois Villon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait rajouter que rien n'est plus durable que la structure fond&#233;e sur l'&#233;ph&#233;m&#232;re rien n'est plus ordonn&#233; que l'organisation du chaos, rien plus d&#233;termin&#233; que la loi qui se fonde sur l'agitation apparemment ind&#233;termin&#233;e, rien de mat&#233;riel qui ne soit fond&#233; sur le vide, par de liens mat&#233;riels sans la lumi&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La physique de la mati&#232;re, c'est la pr&#233;dictibilit&#233; ou l'impr&#233;dictibilit&#233;, c'est le d&#233;terminisme ou l'ind&#233;terminisme, c'est le hasard ou la n&#233;cessit&#233;, c'est l'ordre ou le d&#233;sordre ? Les deux ! Et pas l'un sans l'autre ! Pas l'un ind&#233;pendamment de l'autre ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question est loin d'&#234;tre &#233;vidente. En effet, la physique, de la microphysique &#224; l'astrophysique, la physique des particules, la physique des mat&#233;riaux, la thermodynamique, l'&#233;lectromagn&#233;tisme, la physique nucl&#233;aire, la chimie, la biochimie et le d&#233;veloppement du vivant ainsi que l'&#233;volution des esp&#232;ces sont maintenant fond&#233;s sur des lois mais sur des lois probabilistes, des lois qui ne sont pas directement ni enti&#232;rement pr&#233;dictives. Alors, faut-il conclure que le monde mat&#233;riel est d&#233;terministe ou qu'il est ind&#233;terministe ou ne rien conclure du tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut parfaitement connaitre les lois qui r&#233;gissent la m&#233;t&#233;o mais on ne peut pas pr&#233;dire, de mani&#232;re certaine, son &#233;volution, ni sur un temps court, ni sur un temps moyen, ni sur un temps long !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique quantique dispose de lois mais ce sont des lois probabilistes et, au-del&#224; d'une certaine probabilit&#233;, on ne peut pas dire ce qui va r&#233;ellement se passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique du non-lin&#233;aire dissipatif pr&#233;sente le m&#234;me caract&#232;re d'un apparent d&#233;sordre fond&#233; sur des lois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ph&#233;nom&#232;nes physiques tr&#232;s simples pr&#233;sentent des &#233;volutions parfois inattendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit dans un domaine ou dans un autre des sciences, la connaissance des conditions initiales ne permet pas d'&#234;tre s&#251;r de la suite des &#233;tats. On trouve une certaine probabilit&#233; pour tel ou tel &#233;tat mais pas davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque a d&#233;j&#224; utilis&#233; n'importe quel dispositif exp&#233;rimental sait parfaitement que l'on ne peut pas pr&#233;dire absolument le r&#233;sultat qui va &#234;tre mesur&#233;. Il y a toujours des &#233;carts, des cas o&#249; le r&#233;sultat sort des clous, o&#249; l'exp&#233;rience ne donne pas ce qui &#233;tait pr&#233;vu. Il y a toujours des valeurs mesur&#233;es &#224; &#233;carter, que cela s'explique ou pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne physique, le plus simple qui soit, ne peut pas &#234;tre compl&#232;tement pr&#233;dictible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut pr&#233;dire qu'un vase heurt&#233; avec force va se casser, on peut parfois deviner quelques caract&#233;ristiques des morceaux mais c'est tout. Le reste est consid&#233;r&#233; comme d&#233;pendant du hasard&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce vraiment du hasard pur ou plut&#244;t le fait qu'une &#233;tude se fait &#224; une certaine &#233;chelle o&#249; certaines lois agissent, mais, pour les d&#233;tails, elle d&#233;pend d'&#233;chelles inf&#233;rieures pour lesquelles d'autres lois agissent et que l'on ne peut pas prendre en compte &#224; l'&#233;chelle sup&#233;rieure&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de physiciens croyaient que le caract&#232;re probabiliste de certaines lois, comme celles de la thermodynamique, provenait du grand nombre des interactions, du grand nombre des particules en jeu, comme dans la physique des mol&#233;cules de Boltzmann. Mais on s'est aper&#231;us ensuite que, dans de nombreux domaines des sciences, il n'est pas n&#233;cessaire d'avoir un grand nombre d'&#233;l&#233;ments ni un grand nombre de param&#232;tres et qu'il suffit de quelques corpuscules, de quelques objets mat&#233;riels, voire de quelques quanta ou d'un seul quanta, pour que la physique soit probabiliste ou que des lois prennent un caract&#232;re non pr&#233;dictible, avec plusieurs issues possibles, m&#234;me si on conna&#238;t parfaitement les conditions initiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;volutions possibles &#224; partir d'un m&#234;me point de d&#233;part, voil&#224; qui semble d&#233;montrer que l'ind&#233;terminisme r&#232;gne en grande partie ? Mais ce n'est pas n&#233;cessairement le cas. Un syst&#232;me d&#233;termin&#233;, ob&#233;issant &#224; des lois, peut avoir plusieurs avenirs possibles. Il suffit que ses lois m&#232;nent &#224; un &#233;tat &#224; partir duquel plusieurs cheminements sont ouverts, le choix d&#233;pendant d'un niveau inf&#233;rieur de la hi&#233;rarchie de la mati&#232;re, d&#233;pendant donc d'autres lois de ce niveau inf&#233;rieur. Cela signifie que le d&#233;terminisme et l'ind&#233;terminisme ne s'opposent pas diam&#233;tralement et sont interd&#233;pendants et ins&#233;parables. Ils fondent une contradiction dialectique et dynamique, et non une opposition diam&#233;trale et fig&#233;e : ou l'un ou l'autre, exclusivement. Cela signifie que l'ind&#233;terminisme fonde le d&#233;terminisme et r&#233;ciproquement. L'agitation construit les structures, les lois, qui ne pr&#233;existent pas mais se construisent en marchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique a &#233;t&#233; contrainte, souvent malgr&#233; les pr&#233;suppos&#233;s des auteurs qui ne s'y attendaient pas du tout, de constater le caract&#232;re dialectique, &#233;mergent, et dynamique, de l'opposition entre d&#233;terminisme et ind&#233;terminisme, avec &#224; la fois des lois et des d&#233;veloppement qui ne sont pas obligatoires ni uniques, de l'ordre et du d&#233;sordre, que ce soit au niveau macroscopique (chaos d&#233;terministe par exemple), au niveau microscopique (physique quantique) ou encore en astrophysique (dynamique des &#233;toiles et galaxies) ou encore en physico-chimie (structures de la mati&#232;re et construction au hasard de ces structures, &#233;difices cristallins et agitation mol&#233;culaire, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enti&#232;rement d&#233;termin&#233; &#224; une seule &#233;chelle n'est qu'une apparence, qu'une approximation, quel que soit le ph&#233;nom&#232;ne physique consid&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que la loi soit fausse, ou qu'il soit faux que la nature ob&#233;it &#224; des lois, c'est parce qu'aucune loi n'expose la totalit&#233; du fonctionnement d'un ph&#233;nom&#232;ne ou d'une situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un simple d&#233; qui tombe donne une loi probabiliste sur les faces sur laquelle le d&#233; va tomber mais, en m&#234;me temps, le d&#233; n'est jamais parfait et la loi probabiliste doit elle-m&#234;me &#234;tre amend&#233;e si on veut donner un expos&#233; complet du fonctionnement du d&#233;. Le d&#233;terminisme et l'ind&#233;terminisme sont sans cesse emm&#234;l&#233;s &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un &#171; simple corpuscule, m&#234;me isol&#233;, m&#234;me dans le vide, n'est pas seul, n'est pas &#224; un seul niveau d'existence de la mati&#232;re puisqu'il faut tenir compte sans cesse de son interaction avec le vide quantique, lequel est le fondement m&#234;me de l'existence de ce corpuscule. Un &#233;lectron, un proton, un photon ou tout autre corpuscule n'est jamais seul, il &#233;change, interagit avec les corpuscules virtuels. Il ob&#233;it donc aux contradictions dialectiques et dynamiques, de la mati&#232;re et du vide, du r&#233;el et du virtuel, de l'&#233;ph&#233;m&#232;re et du durable, de l'agit&#233; et de l'ordonn&#233;, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg, les fentes de Young, le ph&#233;nom&#232;ne de Stern-Gerlach et bien d'autres situations quantiques manifestent du m&#234;me caract&#232;re d'interd&#233;pendance des lois (d&#233;terminisme) et du non d&#233;termin&#233;, de la dialectique extraordinairement dynamique de la mati&#232;re qui, sans cesse, est elle-m&#234;me et son contraire (onde et corpuscule, durable et &#233;ph&#233;m&#232;re, ordonn&#233;e et d&#233;sordonn&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la physique quantique affirme que l'on ne peut conna&#238;tre qu'une probabilit&#233; de pr&#233;sence des &#233;lectrons et autres particules, mais, en m&#234;me temps, elle ne peut se passer, dans ses expos&#233;s, de parler d'&#233;lectrons comme d'objets d&#233;termin&#233;s, et ne se contente pas, par exemple, de dire que la source &#233;met des &#171; probabilit&#233;s de pr&#233;sence &#187; ! Les corpuscules disparaissent et apparaissent mais ils ne sont pas inexistants. Ils sont seulement contradictoires au sens dialectique ! Et cela alors que les physiciens, qui nous d&#233;crivent involontairement des processus dialectiques, ignorent, pour la plupart, compl&#232;tement la philosophie dialectique et n'ont aucun pr&#233;suppos&#233; de ce type en t&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, la physique de la mati&#232;re, de la lumi&#232;re et du vide, &#224; toutes les &#233;chelles, ce qui englobe la physico-chimie, la chimie, la biologie et toutes les sciences du vivant, ne se comporte pas diff&#233;remment, au sens philosophique, du domaine des comportements et modes d'organisation humains et sociaux qui sont, eux aussi, un mixage dialectique de d&#233;terminisme et d'ind&#233;terminisme, dans lequel les contraires s'&#233;changent, interagissent, se fondent mutuellement. La soci&#233;t&#233; humaine est pleine de niveaux d'organisation emboit&#233;s (individu, famille, groupe, classe, entreprise, ville, nation, soci&#233;t&#233;), correspondants &#224; des lois diff&#233;rentes et aucun individu n'est simplement non d&#233;termin&#233; ou compl&#232;tement d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lectron, pas plus que l'homme, n'est enti&#232;rement d&#233;termin&#233; et pas non plus ind&#233;termin&#233;. Il y a un &#171; jeu des possibles &#187;. Il y a des lois &#224; toutes les &#233;chelles et il y a des zones de transition o&#249; l'apparent d&#233;sordre est produit par la dispersion due &#224; la lutte contradictoire de ces lois et de ces niveaux divers qui s'interp&#233;n&#232;trent. On peut m&#234;me le dire &#224; l'envers : ces transitions sont celles o&#249; se fondent d'un c&#244;t&#233; une loi et d'un autre c&#244;t&#233; une autre loi car cette dialectique dynamique construit sans cesse elle-m&#234;me ses mondes et leurs lois qui sont &#233;mergents&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens l&#224; que ce qui fonctionne pour nous comme devant nos yeux, c'est une dialectique de la nature, c'est-&#224;-dire un combat sans cesse renouvel&#233; des contraires qui produit non pas un univers sans cesse identique &#224; lui-m&#234;me mais qui change pour rester identique, et qui reste identique pour changer, qui conserve pour transformer et qui transforme pour conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conserver sa structure, ses constances et ses propri&#233;t&#233;s, le corpuscule, le compos&#233; de plusieurs corpuscule, la mati&#232;re atomique ou macroscopique doit sans cesse changer, se transformer, modifier ses composants. Pour changer de structure, la mati&#232;re doit &#233;galement utiliser les m&#234;mes composants, maintenir leurs propri&#233;t&#233;s. On voit bien que toutes ces propri&#233;t&#233;s fondent une dynamique dialectique, des interactions entre des contradictoires qui ne cessent de s'&#233;changer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur le d&#233;terminisme</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5357</link>
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		<dc:date>2017-03-13T00:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Contingence et d&#233;terminisme &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;terminisme et causalit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;terminisme et physique quantique &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que le d&#233;terminisme pour la science actuelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;terminisme et pr&#233;dictibilit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment se pose aujourd'hui la question du d&#233;terminisme au plan philosophique, scientifique, historique, &#233;conomique et social ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Relativit&#233; et d&#233;terminisme &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie du chaos d&#233;terministe &lt;br class='autobr' /&gt;
Dialogue sur la discontinuit&#233;, le d&#233;terminisme et la dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
Libert&#233; et n&#233;cessit&#233;&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article829&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contingence et d&#233;terminisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article847&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;terminisme et causalit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1331&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;terminisme et physique quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1641&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que le d&#233;terminisme pour la science actuelle ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1397&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;terminisme et pr&#233;dictibilit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2567&#034;&gt;Comment se pose aujourd'hui la question du d&#233;terminisme au plan philosophique, scientifique, historique, &#233;conomique et social ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2259&#034;&gt;Relativit&#233; et d&#233;terminisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article28&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La th&#233;orie du chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2211&#034;&gt;Dialogue sur la discontinuit&#233;, le d&#233;terminisme et la dialectique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1272&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Libert&#233; et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Puisque le monde est impr&#233;dictible, &#224; quoi sert de l'&#233;tudier scientifiquement ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.org/spip.php?article5316</link>
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		<dc:date>2016-12-21T00:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Puisque le monde est impr&#233;dictible, &#224; quoi sert de l'&#233;tudier scientifiquement comme vous souhaitez le faire, nous dit un lecteur &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est exact que le but des sciences ne peut pas &#234;tre essentiellement de pr&#233;dire, m&#234;me si certains effets &#233;tudi&#233;s servent de technologie et qu'on est s&#251;rs de leurs effets. La mati&#232;re ne se pr&#234;te pas aux pr&#233;dictions exactes. Nul, scientifique ou non scientifique, ne peut dire exactement ce qui va se passer quand un mat&#233;riau se brise : en combien de morceaux cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;Hasard et n&#233;cessit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Puisque le monde est impr&#233;dictible, &#224; quoi sert de l'&#233;tudier scientifiquement comme vous souhaitez le faire, nous dit un lecteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est exact que le but des sciences ne peut pas &#234;tre essentiellement de pr&#233;dire, m&#234;me si certains effets &#233;tudi&#233;s servent de technologie et qu'on est s&#251;rs de leurs effets. La mati&#232;re ne se pr&#234;te pas aux pr&#233;dictions exactes. Nul, scientifique ou non scientifique, ne peut dire exactement ce qui va se passer quand un mat&#233;riau se brise : en combien de morceaux cela se fera, par exemple, ni la taille, ni la forme des morceaux. Personne ne peut dire exactement ce qui va advenir d'un nuage ou d'une montagne, comment l'usure va agir au fil des ans par exemple. Personne ne peut dire exactement quand et o&#249; passera une avalanche en montagne, quand et o&#249; aura lieu un tremblement de terre ou un tsunami, quand et o&#249; un volcan se r&#233;veillera ou appara&#238;tra, quand un bloc de rochers se d&#233;crochera et tombera, comment va &#233;voluer un nuage, un orage, une temp&#234;te ou un cyclone, comment va &#233;voluer la m&#233;t&#233;o ou le climat, personne ne peut dire &#224; quel moment un noyau instable va se d&#233;stabiliser en devenant radioactif, &#224; quel moment une &#233;toile va exploser ou mourir, &#224; quel moment une &#233;volution d'esp&#232;ces va se produire et dans quel sens, &#224; quel moment un mat&#233;riau va se fissurer et de quelle mani&#232;re, &#224; quel moment exact un liquide va entrer en &#233;bullition ou geler, &#224; quel moment un atome va &#233;mettre un photon, &#224; quel moment aura lieu un changement de type quantique, &#224; quel moment va avoir lieu une transition de phase. Sur tous ces ph&#233;nom&#232;nes comme sur bien d'autres, nous connaissons des lois, statistiques le plus souvent, et qui nous donnent des probabilit&#233;s de telle ou telle &#233;volution, des lois portant sur des d&#233;riv&#233;es partielles, des lois chaotiques, et nous savons quelles &#233;volutions sont impossibles et lesquelles sont possibles ou m&#234;me probables mais pas exactement lesquelles vont avoir lieu avec pr&#233;cision. Nous savons &#224; quel type de lois ces &#233;volutions ob&#233;issent mais ces lois ne permettent que rarement des pr&#233;dictions pr&#233;cises et individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus en sciences physiques que chimiques, biologiques ou &#233;volutionnistes qu'en sciences sociales et politiques, on ne peut pr&#233;dire des &#233;volutions dans un cas pr&#233;cis, &#224; un moment donn&#233;. La science n'est pas de la pr&#233;diction. Cela ne veut pas dire qu'elle ne serve &#224; rien ni que sa d&#233;marche soit parfois inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains affirment que la science est utile dans les sciences &#171; dures &#187;, dans les sciences de la mati&#232;re, mais pas dans celles de la soci&#233;t&#233;. C'est une profonde erreur. L'opposition entre &#171; sciences dures &#187; et &#171; sciences molles &#187; est erron&#233;e m&#234;me si l&#224; o&#249; la conscience humaine joue un r&#244;le, la connaissance et la conscience changent le cours des choses. Mais la division entre sciences dures et sciences molles n'est pas valide pour autant car on a montr&#233;, dans toutes les sciences, qu'il n'y a pas de science sans intervention humaine et que toute intervention humaine modifie les r&#233;sultats des observations. Cela ne veut pas dire que cela les invalide ni qu'il soit impossible d'&#233;tudier l'univers mais que les r&#233;sultats sont &#224; analyser et ne peuvent pas donner des pr&#233;dictions absolues sur ce qui se serait pass&#233; en l'absence de ces observations. Il n'y a de science qu'humaine, de la physique aux sciences sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne rend pas la d&#233;marche scientifique plus faible, moins int&#233;ressante, ni moins utile. Cela ne donne pas plus de poids aux d&#233;marches antiscientifiques, aux mysticismes, aux sorcelleries, aux croyances surnaturelles de toutes sortes, aux pr&#233;tendus myst&#232;res et magies diverses. Les limites soulign&#233;es pr&#233;c&#233;demment ne sont pas des fronti&#232;res pour la connaissance mais une compr&#233;hension des erreurs possibles d'interpr&#233;tation des r&#233;sultats des exp&#233;riences et des observations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les limites que souligne la science, des in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg &#224; la sensibilit&#233; aux conditions initiales du chaos d&#233;terministe, en passant par les &#233;tudes de G&#246;del, et bien d'autres, ne font que mieux montrer le sens des lois scientifiques, les erreurs que l'on peut commettre en les &#233;tudiant et le sens aussi du fonctionnement de la mati&#232;re et pas l'incapacit&#233; de l'homme &#224; y acc&#233;der. Ces limites ne nous emp&#234;chent pas d'apprendre de la nature mais nous aident &#224; apprendre son fonctionnement qui n'est pas intuitif, qui va m&#234;me souvent &#224; l'encontre du bon sens et qui n&#233;cessitent des id&#233;es inattendues, des imaginations hardies et m&#234;me r&#233;volutionnaires pour &#234;tre comprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs l&#224; que la science est indispensable, quand il ne s'agit pas seulement d'observer mais aussi d'imaginer des raisonnements, des concepts, des fonctionnements, des relations entre les lois, entre les concepts. On est encore tr&#232;s loin d'avoir imagin&#233; assez hardiment pour int&#233;grer dans nos raisonnements l'ensemble de tout ce qui est d&#233;j&#224; observ&#233;, ensemble qui augmente sans cesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fonctionnement lui-m&#234;me de la mati&#232;re qui entra&#238;ne, &#224; de nombreux niveaux, de l'impr&#233;dictibilit&#233; et non l'insuffisance des sciences de l'homme. L'impr&#233;dictibilit&#233; du climat, l'impr&#233;dictibilit&#233; d'une cassure, l'impr&#233;dictibilit&#233; d'un changement climatique, l'impr&#233;dictibilit&#233; des changements radicaux, l'impr&#233;dictibilit&#233; quantique, l'impr&#233;dictibilit&#233; probabiliste sont toutes dues au fonctionnement lui-m&#234;me et pas aux limites des capacit&#233;s de l'homme. Elles proviennent du fait que le fonctionnement de la nature et de la soci&#233;t&#233; sont des imbrications dialectiques d'ordre et de d&#233;sordre, l'ordre n'&#233;tant pas pr&#233;existant mais &#233;mergent, remis en question et reconstruit sans cesse sur la base du d&#233;sordre. Les pr&#233;dictions qui existent de ce fait sont statistiques, portant sur de grands nombres et non sur des &#233;volutions individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement dans le domaine du vivant que l'on constate ce caract&#232;re statistique, cet ordre issu du d&#233;sordre. Tout l'univers mat&#233;riel, depuis le niveau particulaire, est fond&#233; sur des structures issues de l'agitation : l'agitation du vide pour les particules quantiques, l'agitation des mol&#233;cules pour la mati&#232;re macroscopique &#224; petite &#233;chelle (mouvement brownien), l'agitation des &#233;lectrons dans la mati&#232;re macroscopique (r&#233;actions chimiques par exemple), l'agitation des corps dans l'espace et bien d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de niveau de la mati&#232;re o&#249; une structure ne soit pas entour&#233;e, au niveau hi&#233;rarchique sup&#233;rieur et inf&#233;rieur, par de l'agitation. Cela ne signifie pas du tout que tout se passe compl&#232;tement au hasard puisque ce qui est produit par ces deux agitations, c'est les m&#234;mes structures &#233;mergentes &#224; la jonction de ces agitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'agitation n'est nullement diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; l'ordre. Au contraire, l'ordre se construit en se fondant sur ces agitations. Ainsi, c'est l'agitation de la g&#233;n&#233;tique des individus, au sein d'une esp&#232;ce, qui permet la production de l'esp&#232;ce et aussi celle de nouvelles esp&#232;ces. La variation est contrainte et inhib&#233;e par le fonctionnement et, dans certaines circonstances de stress ext&#233;rieur, elle est favoris&#233;e et s&#233;lectionn&#233;e. L'agitation externe et interne sont bel et bien la base de l'ordre g&#233;n&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on ne peut pas pr&#233;dire les &#233;volutions futures des esp&#232;ces, ni quand, ni comment, ni dans quel sens elles auront lieu. Personne n'est capable, par la connaissance des lois de l'&#233;volution, de l'&#233;volution-d&#233;veloppement, de dire ce que seront ces esp&#232;ces nouvelles, pas plus qu'en physique la connaissance des lois de la radioactivit&#233; ne permet de dire quel noyau atomique instable va se d&#233;composer et &#233;mettre des radiations et &#224; quel moment il va le faire. L'agitation interne au noyau et celle externe (l'agitation du vide) rendent impossible cette pr&#233;diction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les incapacit&#233;s de l'homme pour comprendre la nature qui produisent cette impr&#233;dictibilit&#233; mais le caract&#232;re m&#234;me des lois de la nature. C'est le cas aussi bien de la climatologie, de la m&#233;t&#233;orologie, de la vulcanologie que de la physique quantique ou nucl&#233;aire ou de la physique des mat&#233;riaux. La mati&#232;re est fond&#233;e sur des cycles d&#233;sordre-ordre-d&#233;sordre et pas sur le seul ordre, contrairement &#224; ce qui est diffus&#233; g&#233;n&#233;ralement en sciences et en philosophie, car l'id&#233;ologie dominante tient &#224; ce principe faux : la durabilit&#233;, la solidit&#233;, la p&#233;rennit&#233;, ce serait l'ordre !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, chacun sait que les hommes politiques, les experts de sociologie, d'&#233;conomie, de politique sont incapables de pr&#233;dire quoique ce soit mais c'est attribu&#233; au fait que ce serait des &#171; sciences humaines &#187; et c'est parfaitement faux. N'importe quel scientifique qui a fait de la science exp&#233;rimentale sait qu'on ne peut pas pr&#233;dire ce qu'une exp&#233;rience va donner. Il y a toujours un niveau o&#249; une agitation quelconque va modifier les r&#233;sultats ou les rendre inint&#233;ressants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quant &#224; l'ordre social, lui-m&#234;me a &#233;t&#233; produit par une agitation pr&#233;c&#233;dente (g&#233;n&#233;ralement une r&#233;volution, une guerre civile ou une guerre) et sera remis en cause par une autre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement la m&#234;me philosophie des contradictions dialectiques qui s'applique &#224; tous les niveaux, m&#234;me si cela ne plait pas aux id&#233;ologues actuels des classes dirigeantes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre ce qui se passe dans la nature comme dans la soci&#233;t&#233; est pr&#233;cieux et indispensable autant que beau et m&#234;me magnifique. Chacun souhaite comprendre comment fonctionne un arbre, un animal, un homme, une &#233;toile, une galaxie ou l'univers, m&#234;me si nous pouvons d&#232;s &#224; pr&#233;sent &#234;tre certains que ces &#233;l&#233;ments, m&#234;me encore mieux connus, ne seront jamais pr&#233;dictibles, que leur &#233;volution ne pourra jamais &#234;tre connue en d&#233;tails et par avance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant pis pour les pr&#233;dictionnistes forcen&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut pr&#233;dire que ce que le noyau atomique ne peut pas faire mais pas ce qu'il va faire ni quand. Il en va de m&#234;me pour le syst&#232;me capitaliste. Personne ne conna&#238;t la date de l'implosion mais on sait que le syst&#232;me ne peut que se d&#233;composer et on sait dans quel sens la n&#233;cessit&#233; pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'&#233;limine pas la n&#233;cessit&#233; du choix, ne supprime pas les hasards, ne rend pas inutile l'engagement intellectuel et personnel, tant mieux !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute notre vie humaine est impr&#233;dictible et cela ne nous emp&#234;che pas d'&#233;tudier sans cesse les situations auxquelles nous allons &#234;tre confront&#233;s, de les r&#233;fl&#233;chir, de tenter d'en savoir le maximum sur les possibilit&#233;s qu'elles offrent. Un monde enti&#232;rement pr&#233;dictible serait un monde ob&#233;issant &#224; un fatalisme strict. Les lois de la Physique, elles-m&#234;mes, n'ob&#233;issent pas &#224; ce type de fonctionnement : elles sont un m&#233;lange dialectique des contraires, du hasard et de la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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