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Destruction/démantèlement de l'éducation nationale et de la recherche et réaction syndicale - Matière et Révolution
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Destruction/démantèlement de l’éducation nationale et de la recherche et réaction syndicale

mercredi 21 décembre 2011, par Robert Paris

Après des années de collaboration, de participation à toutes les "réformes" de l’éducation et de la recherche, malgré des élections professionnelles où les centrales se félicitent du soutien des enseignants, l’éducation et la recherche sont en voie de destruction massive. Cherchez l’erreur...

Chaque année, les moyens pour les scolaires et universitaires de suivre des études diminuent, les moyens pour les chercheurs d’exercer leur activité se réduisent comme peau de chagrin... On en arrive au point qu’une majorité d’étudiants, misérabilisés, ne peuvent plus suivre et que la grande majorité des chercheurs n’a plus de financement de son activité, la nouvelle activité des chercheurs consistant non à la recherche mais à la rédaction de demandes de fonds à un organisme : l’ANR !

Sans nous raccrocher au mythe

Nous n’avons pas besoin de diffuser le mythe d’une « école de la République », d’ « une école de l’égalité des chances », d’une « école pour tous » ou encore d’un école de la réussite qui n’a existé que dans l’imagination de ceux qui y croyaient exactement comme ils voulaient s’imaginer réels les slogans de « liberté, égalité, fraternité ». Sans propager ces mensonges sur l’école de la bourgeoisie qui n’a jamais cessé de l’être, même quand elle a eu intérêt à s’ouvrir largement, y compris à l’université, aux jeunes des classes populaires. Nous entrons dans une période où cela ne sera plus le cas, car tel n’est plus l’intérêt des classes dirigeantes. Nous ne diffuserons pas non plus le message, généreux mais faux, selon lequel c’est l’école qui fabrique la société. Car c’est d’abord la société, c’est-à-dire la classe dominante qui décide de quelle école… Cependant, nous ne pouvons que reconnaître, avec l’effondrement du système, que les services publics sont massivement détruits, et avec eux l’éducation et la recherche. Cela signifie des suppressions massives d’emplois. En France, il ne s’agit pas, ou pas encore, de licenciements, seulement pour le moment des suppressions par non remplacement des partants comme dans le secteur de la santé ou dans les transports. Il s’agit aussi de réduction massive des investissements. Cela seul signifie une stratégie de l’échec pour les jeunes des milieux populaires. Mais, comme la société ne leur offre plus d’emplois, pourquoi dépenser pour les former ? La lutte contre les plans d’austérité comprend la lutte de la jeunesse pour son droit à l’éducation, à la formation, à l’emploi, à la dignité humaine….

Les attaques contre les étudiants et les scolaires font partie de la remise en cause de l’ensemble des conditions des milieux populaires : précarisation, paupérisation, misère imposée encore plus largement à la jeunesse. La seule réponse de la jeunesse n’est pas de trouver de bons élus aux prochaines élections, mais de devenir des révolutionnaires et d’agir avec la classe ouvrière pour renverser ce vieux monde pourri...

L’éducation minimale ou « le socle »

Le collège a découvert le « livret personnel de compétences », c’est-à-dire non la connaissance des programmes des classes et des niveaux, mais un espèce de minimum qui est le seul objectif pour les élèves qui ne réussiront pas, traduisez les jeunes de milieux populaires. Il en va de même, avec les minima de connaissances aux niveaux plus élevés. Les « socles communs » se généralisent pour diminuer le niveau d’exigence de l’éducation et les moyens pour y accéder… En même temps, on transforme le lycée en marche-pied du supérieur. Sous-entendez qu’il n’y a pas forcément besoin que tout le monde réussisse au lycée, s’il ne compte pas aller en fac !

La formation des maîtres en berne

La "masterisation" des formations d’enseignants signifie qu’on sabote irrémédiablement la formation des enseignants, que l’on tue les IUFM, les formations à la recherche, que l’on contraigne les nouveaux enseignants à prendre en charge des classes à temps plein dès la première année, sans véritable formation, et que l’on dénature les concours de recrutement, compromettant ainsi durablement la qualité de l’enseignement.

La nouvelle école...

Il s’agit d’une managérialisation de la gestion des établissements et des personnels, qui déstabilise la situation des agents titulaires et généralise la précarité. Avec des proviseurs-patrons, des enseignants-stagiaires non formés, des élèves trop nombreux par classe, sans aide ni heures de soutien, la destruction des Rased, les socles de connaissance, c’est la programmation de la destruction de l’école...

Encore 14.000 postes supprimés à l’Education Nationale !

Alors que le budget du ministère n’a pas encore été adopté par les parlements, le gouvernement annonce déjà les suppressions de postes par académie dans une éducation déjà sinistrée !

Amiens 477

Aix-Marseille 504

Bordeaux 433

Besançon 341

Caen 400

Clermont-Ferrand 246

Créteil 605

Dijon 338

Grenoble 413

Lille 988

Limoges 278

Lyon 392

Nancy-Metz 792

Versailles 755

Etc…

Alors que le nombre d’élève est systématiquement en augmentation :

6000 élèves de plus dans le primaire

21200 de plus dans les collèges

6600 de plus dans les lycées

De 2002 à 2012, 140.000 postes devraient avoir disparu dans l’Éducation nationale, dont 35.000 entre 2007 et 2009.

Une école qui prime…

A l’école Sciences po, école financée à 56% par l’Etat sans compter les frais d’inscription qui comptent pour 22% du budget et ont fortement augmenté, les dirigeants se distribuent de copieuses primes. Dix membres de la direction ont touché plus de 400.000 euros de prime annuelle. Le directeur et sa compagne ont une rémunération annuelle brute de 142.391€… Les primes sont décidées de manière complètement opaque qui ne figure pas au rapport d’activité de l’école. Les participants à cette décision sont les bénéficiaires aidés de quelques spécialistes comme les anciens PDG de BNP, AXA et Renault…

les étapes de la destruction de l’école

Et la recherche ?

La plupart des textes ministériels soutenant la nécessité d’une réforme commencent par signaler que l’actuel système français date du lendemain de la Seconde Guerre mondiale et ne répond plus aux besoins de la compétition scientifique actuelle. Ce diagnostic vise en particulier certains grands établissements de recherche, dont le CNRS est un exemple, et la relative déshérence de la recherche universitaire. Mais réformer n’est ici qu’un prétexte pour détruire… sous es slogans de promotion de la recherche par objectifs, pilotage plus serré des établissements, et mesures en faveur de la recherche privée (crédits d’impôts) on trouve la privatisation générale pour des objectifs de profits immédiats.

La question des moyens est posée avec des diminutions de subventions sous prétexte de possibilité de finance par projets ANR. La commission des finances du Sénat estime que les moyens nouveaux réellement consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche de 2007 à 2012 s’élèveraient à 5,6 milliards d’euros, et non à 9 milliards comme indiqué par le Gouvernement. Voir ici

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2012, les députés ont validé le 2 novembre une baisse de 23 millions d’euros des crédits de l’enseignement supérieur et de la recherche sur des programmes rattachés aux ministères de l’Économie, de l’Écologie et de la Défense. Sur le périmètre consacré aux politiques de la recherche, les crédits budgétaires de paiement seront en légère diminution en 2012 (-1,2 %, soit 13,9 milliards d’euros).

Le point central de ce budget est qu’il n’y a pas de créations d’emplois. Tout se développera donc en CDD ou heures supplémentaires. Dans le même temps, partout se développe la précarité, facteur majeur de la désaffection pour les carrières de l’enseignement supérieur et de la recherche : les services du ministère prévoient une chute de 30% des doctorants d’ici dix ans.

En outre, nous constatons que l’effort de recherche les années précédentes a non seulement baissé par rapport au PIB, mais aussi en volume (en euros constants) et ce, pratiquement chaque année depuis 2002. Y compris en 2008 (-0,1%) malgré le 1,8 milliard supplémentaire annoncé par le gouvernement.

Le gouvernement soutient avant tout la recherche privée. Le CIR (crédit d’impôt recherche) favorise le secteur privé investissant dans la recherche, et engloutit des sommes colossales (2,5 milliards sont prévus pour 2010 dans le budget) sans créer d’emplois.

L’Agence Nationale de la Recherche a un budget d’intervention en forte baisse en 2011.

ANR, le sigle du déclin de la Recherche

Suite au mouvement « Sauvons la recherche » dirigé par les pontes du secteur, il était sorti des concoctations avec le pouvoir un projet de mise en place de contrôles des projets de recherche qui a signé le recul massif de ce secteur. Seuls les soi-disant « bons projets de recherche » et les bons chercheurs (pôles d’excellence, évaluations de la recherche, décisions sur le financement) devaient recevoir un financement. Mais quels sont les décideurs pour savoir d’avance quels sont les bons projets. L’essentiel était que chaque patron de recherche était convaincu ainsi d’avoir les financements nécessaires et pensait que seuls les autres chercheurs auraient des difficultés de se faire financer. Résultat des courses : la recherche ne fait plus que des projets pour obtenir des financements : les fameux ANR… C’est devenu la recherche d’argent et plus la recherche scientifique…

L’université en perte de vitesse

Pas besoin d’être révolutionnaire pour le dire : la Conférence des Présidents d’Universités (CPU) le 16 novembre, la CURIF a pondu un communiqué qui sape le principe de base du financement de la recherche par l’ANR tel qu’il est promu par le gouvernement, et mis en oeuvre par Valérie Pécresse puis par Laurent Wauquiez. Leur argument final vaut son pesant d’or, tant il reprend quasi mot pour mot l’argumentaire des protestataires : « L’université ne peut plus faire de recherche en dehors des contrats et ne remplit plus sa mission d’exploration de domaines scientifiques qui n’intéressent pas un financeur extérieur. L’expérience montre pourtant que bien souvent ce sont dans ces domaines qu’émergent les résultats de recherche les plus avancés ».

Après une première phase de réforme des études (licence-master-doctorat, «  LMD  »), il s’avère en 2007 que de grands projets de réorganisation administrative et scientifique lui sont destinés, s’inspirant partiellement des modèles anglo-saxons  : autonomie des établissements, libéralisation des règles d’emploi, appel au privé, études payantes.

Le grand emprunt devait financer l’enseignement et la recherche : il finance l’immobilier…

Les 35 milliards annoncés ont servi à remplir les caisses des entreprises et d’abord des plus grosses. Plus de la moitié des 20 milliards officiellement engagés l’ont été pour l’aide à la recherche. Naïvement, certains pourraient croire qu’ainsi le gouvernement a répondu aux manifestations massives des chercheurs en 2009 et 2010, face à la démolition des centres de recherche universitaires. Pas du tout : le nombre de chercheurs a continué à diminuer, les programmes de recherche vitaux, entre autres pour la Santé, ont été mis de côté. Ceux qui ont encaissé l’argent, ce sont les entreprises sous forme d’aides directes, ou bien les centres de recherche publics auxquels ces mêmes entreprises ont délégué le soin et la charge financière de faire les recherches qui leur étaient utiles pour garantir leur production et leurs profits.

La Cour des comptes, peu suspecte d’opposition révolutionnaire, a établi que l’essentiel des aides à la recherche était capté en réalité par un tout petit nombre de très grandes entreprises.

Dans la recherche, c’est la recherche de constructions sans budgets de recherche et sans embauches…

Le coût de construction d’un bâtiment du Pôle d’excellence du plateau de Saclay-Orsay (ISMO) est de 30 millions d’euros….

Ce projet, surnommé "Silicon Valley" à la française, se résume en un alignement de chiffres qui donnent le vertige : 34 000 étudiants et 12 000 enseignants chercheurs, répartis entre 23 établissements, dont 2 universités et une école normale supérieure, 10 écoles d’ingénieurs et de commerce et 6 organismes et instituts de recherche. Le tout sur un vaste territoire de 72 km² de champs et de forêts, à 20 km de Paris. La « Silicon Valley à la française », c’est d’abord du fric pour la construction :
- Construire un pôle de recherche sur le climat et l’environnement au sein du projet scientifique du plateau de Saclay, intégrant des espaces pour les chercheurs publics et privés, notamment des secteurs des écotechnologies.
- Construire des centres d’intégration hébergeant des chercheurs publics et privés sur les trois centres Nano-INNOV : (Saclay, Grenoble et Toulouse), assurer la construction d’ici 2011 du troisième bâtiment Nano-INNOV sur Saclay, l’extension du bâtiment INRIA qui accueillera une plateforme nano-simulation de la région parisienne et les Centres d’Intégration de Grenoble et Toulouse. Ceci permettra, notamment, de développer l’aspect nanobiosciences autour du Canceropôle de Toulouse.
- Construire, sur le plateau de Saclay, un centre de recherche en nanosciences regroupant les équipes de l’Institut d’Electronique Fondamentale (IEF) d’Orsay, le Laboratoire de Physique et Nanostructures (LPN) de Marcoussis et leurs centrales de nanotechnologies, afin de renforcer la recherche fondamentale dans tous les domaines des nanosciences, en appui, notamment, du centre Nano-INNOV de Saclay. Les différentes étapes visant à mettre en place le campus s’inscrivent dans plusieurs opérations : l’opération d’intérêt national de Massy Palaiseau Saclay Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (plus large que le campus), le projet de cluster scientifique et technologique sur le plateau de Saclay, par le plan campus qui permet l’investissement de 850 millions d’euros, et par le « grand emprunt » qui permet l’investissement d’un milliard d’euros. Plusieurs établissements d’enseignement supérieur doivent être déménagés sur le campus, comme l’École normale supérieure de Cachan, l’ENSTA ParisTech, Agro Paris Tech, l’École centrale Paris, l’ENSAE ParisTech, Mines ParisTech et Télécom ParisTech, et tout ou partie de l’université Paris-Sud 11. Plusieurs structures ont été créées pour ce projet : • Etablissement Public Paris-Saclay • Fondation de Coopération Scientifique du Plateau de Saclay. • consortium des établissements du Plateau de Saclay qui réunit par ailleurs les 23 établissements L’arrivée de 12 000 étudiants et de 2 500 enseignants chercheurs provoque un besoin évident en infrastructures. "Le projet prévoit la construction de logements pour les étudiants, mais aussi les personnels, les enseignants, les chercheurs, les chercheurs étrangers, ainsi que d’équipements sportifs et de lieux de vie comme un cinéma ou un théâtre", décrit Jean-Pierre Foucher. Là aussi, l’objectif est de partager les équipements. "L’ENSTA ParisTech arrive avec un gymnase dans son projet, qui profitera aux autres étudiants", décrit Yves Demay, "l’idée est celle d’une mutualisation générale". Les équipements se révèlent être la principale attente des futurs étudiants du campus de Saclay. "Nous avons réalisé un questionnaire auprès des élèves de l’ENSAE ParisTech", se souvient Sylviane Gastaldo, "les attentes les plus importantes concernaient le logement et la restauration". Saclay (nouveau centre) coûtera un milliard d’euros….

1,7 milliard d’euros ont été dirigés vers l’enseignement supérieur et la recherche, 2,85 milliards d’euros ont été engagés pour l’industrie et les PME, 1,64 milliard pour le développement durable et 610 millions pour le numérique. Parmi les secteurs prioritaires, la santé, avec 2,4 milliards d’euros alloués directement à ce secteur, accompagnés d’un milliard d’euros pour des actions périphériques.

Voici ce que l’on pouvait lire sur la plume de Révolution socialiste en 2010

Grâce à la collaboration des directions syndicales, le gouvernement poursuit la destruction de l’enseignement et de la recherche publics

Aux côtés des étudiants et des personnels non enseignants, les enseignants-chercheurs ont mené l’an passé un combat de plusieurs mois contre la mise en oeuvre de la loi « relative aux libertés et responsabilités des universités » (LRU), élaborée en concertation avec les directions syndicales et votée durant l’été 2007. Cette loi avait déjà donné lieu à des résistances de la part des étudiants et d’une partie des enseignants-chercheurs pendant l’automne 2007. Elles avaient été trahies par les directions syndicales, à commencer par celle de l’Unef qui avait été plus prompte à appeler à reprendre les cours qu’à engager le combat.

En 2009, dans l’isolement de grèves reconductibles, locales, ils ont cherché à empêcher la dislocation de leurs statuts, la casse des concours d’enseignement, la soumission des doctorants aux besoins du patronat local… La mobilisation de 2009 a été défaite parce que les directions syndicales, au premier chef le SneSup-FSU majoritaire, ont refusé de lancer le mot d’ordre de grève générale des universités jusqu’au retrait des décrets Pécresse, l’abrogation de la LRU.

Derrière un discours qui se donnait pour radical, la concertation avec le gouvernement était maintenue. Les responsables SneSup ou Unef participaient plus à diverses tables rondes qu’aux assemblées générales. Le combat a été phagocyté fac par fac, voire bâtiment par bâtiment, affaibli de grève des notes en grève administrative ; il a été isolé des autres secteurs de l’enseignement public et de toute la classe ouvrière, et il a définitivement pris fin avec des interventions policières sur plusieurs campus. Lors de ses vœux au « monde de l’éducation et de la recherche », Sarkozy a eu beau jeu d’insulter les étudiants et personnels des universités en ignorant l’ampleur de la résistance à sa politique, l’attachement au droit aux études, aux statuts des personnels, travestis en « corporatismes » par le patron de Pécresse :

Les freins à l’autonomie étaient à l’extérieur et non à l’intérieur [du monde universitaire]. Entre les présupposés idéologiques et les craintes de toutes sortes, on vous paralysait de l’extérieur… Ceux qui décrivent le monde de l’éduction comme un bastion de corporatismes ne vous connaissent pas. (Saclay, le 11 janvier 2010)

Vers une université au service du patronat

La loi LRU modifie profondément le mode d’organisation des universités, dans le sens d’une adaptation progressive aux intérêts du patronat. Des représentants de la classe capitaliste, pudiquement désignés comme « personnalités extérieures », sont dorénavant autorisés à siéger dans les Conseils d’administration des universités et même à co-élaborer des diplômes (par exemple Cap Gemini encadre un dispositif de « Diagnostic et conseil pour l’organisation et le pilotage de l’accompagnement de l’étudiant dans son parcours » à l’Université Paris 12 Créteil).

Elle contribue à briser le cadre national des universités en donnant au président de chaque université un pouvoir accru de mandarin, le transformant en directeur général. Les présidents peuvent dorénavant embaucher des enseignants, des chercheurs, des techniciens, des administratifs, avec un contrat privé, à la place de fonctionnaires. Ils ont également le pouvoir d’attribuer des primes individuelles au mérite, d’exercer un droit de veto sur les recrutements des personnels, renforçant ainsi le clientélisme, contribuant à accroître la concurrence entre collègues, à soumettre la production de connaissances aux besoins de capital et à faciliter la reproduction de la force de travail. Le CNRS est explicitement doté d’un « président directeur général ».

Les universités voient leur autonomie financière renforcées – elles peuvent désormais gérer 100 % de leur budget contre 25 % depuis la loi Faure en 1968 –, ce qui les conduit à orienter leur recherche en fonction de contrats avec des collectivités locales ou avec des entreprises, dont la temporalité des objectifs est bien sûr inadaptée à celle de la découverte des connaissances, mais correspond à des impératifs de rentabilité financière. Les universités sont autorisées à créer leurs propres diplômes, sur lesquels elles disposent d’une liberté plus large, notamment pour les frais d’inscription. L’Université Paris-Dauphine a donné l’exemple en les faisant passer de 231 euros à 4 000 euros pour certains masters (gestion, économie internationale, développement) :

La décision prise par le conseil d’administration de Dauphine n’engage que Dauphine et c’est une décision locale. L’autonomie des établissements universitaires, c’est aussi la liberté d’agir sur certains sujets, il faudra bien s’y faire. » (Laurent Batsch, président de l’Université Paris-Dauphine, Les Échos, 5 février 2010)

Vient s’ajouter à ces éléments le chantage gouvernemental du « grand emprunt » : seules pourront en bénéficier les universités appliquant « sur une base volontaire » la politique du gouvernement, notamment le regroupement des universités sous la forme de PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur) qui s’inscrivent dans des rapports contractuels avec les collectivités locales et avec les entreprises privées, ce qui correspond à des fusions d’universités et donc à des réductions de postes.

Non seulement le gouvernement soumet les universités aux intérêts du patronat, mais il cherche même à encourager la soumission de la jeunesse au crétinisme religieux : Sarkozy a signé, le 18 décembre dernier avec la Vatican, un accord de « reconnaissance mutuelle des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité d’une des parties », ce qui signifie qu’un diplôme délivré par des curés pourra être reconnu, à niveau comparable, par l’État français.

Partout en Europe

Les sociaux-chauvins de tout poil ont évidemment tenté de rendre responsables des attaques contre le droit aux études non leur propre bourgeoisie (grecque, française, espagnole, italienne…) et leur propre Etat, mais l’Union européenne. Or, ce sont les membres des gouvernements nationaux, la réunion des ministres de l’enseignement supérieur (« conseils des ministres européens ») qui ont, plus ou moins, coordonnés les politiques universitaires. Leur « processus de Bologne » (1999-2009) vise officiellement à établir un « espace européen d’enseignement supérieur » (dont un système de reconnaissance mutuelle des études sous le forme de « crédits ») mais pour faciliter « l’employabilité » des étudiants, c’est-à-dire soumettre les universités aux besoins les plus immédiats de la valorisation du capital.

L’austérité, la privatisation de l’université, l’intensification de la concurrence et la mise au pas de la jeunesse ne sont pas propres à la France. Elles touchent particulièrement les universités des pays dominés. Dans les pays impérialistes, des mesures similaires (en termes de gestion des personnels, d’autonomie financière) à celles de Sarkozy-Pécresse sont également prises, et pas seulement dans les pays membres de l’UE. Par exemple, des grèves d’étudiants et de lycéens ont été menées en Californie en 2006 pour défendre les immigrés. Au Canada, des grèves d’enseignants-chercheurs et d’étudiants ont eu lieu en 2007 (contre l’augmentation des frais d’inscription) ou se déroulent actuellement (pour l’augmentation des salaire des chargés de cours). En Suisse, une protestation a touché l’université de Berne en novembre 2009.

En Allemagne, plusieurs centaines de milliers de personnes (principalement des étudiants et des enseignants) ont défilé dans tout le pays à l’occasion d’une « journée nationale de manifestation » en juin 2009, puis une « semaine nationale de grève » fut provoquée en novembre-décembre 2009, contre la concurrence croissante entre les universités, contre la détérioration des conditions d’enseignement, avec notamment pour exigence la suppression des frais d’inscription (ils sont de 500 à 1 000euros par étudiant par semestre), le refus de soumettre l’université à des impératifs de concurrence et de rentabilité :

Nous proposons une véritable alternative : l’autodétermination de nos savoirs et de nos modes de vie et non la compétitivité, le libre accès à l’éducation et la suppression de tous les frais imposés, comme les frais de droit d’inscription, les frais de formation et les frais de garderie et de crèche, le financement public de l’ensemble de l’enseignement, libéré de l’emprise de l’économie sur les contenus, sur la structure des études et sur la répartition des postes… (Alliance de la grève éducative, Heidelberg, Appel à la grève de 2009 contre le système de l’enseignement supérieur et contre le système éducatif en général, juin 2009)

En Autriche, les universités étaient occupées dans toutes les villes où elles sont présentes. Début novembre 2009, 40 000 étudiants et lycéens défilaient à Vienne avec pour mot d’ordre : « De l’argent pour l’enseignement, pas pour les banques et les entreprises ! »

En Grande-Bretagne, des centaines de suppressions de postes, l’austérité budgétaire (« Les budgets devraient diminuer de 6 % dans les trois prochaines années », The Guardian, 7 février 2010), des suppressions de filières, des fermetures de campus, des suppressions de bourses destinées aux étudiants les plus pauvres des remplacements d’enseignants statutaires par des étudiants avancés… là aussi sous prétexte d’autonomie, ont provoqué des grèves étudiantes, puis des grèves des personnels, et des occupations dans plusieurs universités.

Ces grèves font écho aux mouvements puissants qui se sont développés en 2008 en Grèce et en Italie, dans l’enseignement supérieur et primaire.

La modification des concours de l’enseignement public

Un aspect majeur de la mobilisation en France, à l’université l’an passé, était dirigé contre le projet du gouvernement Sarkozy – Fillon de casser les concours d’enseignement primaire et secondaire, sous prétexte d’élever le niveau de compétences requis de la licence (bac +3) au master (bac +5), ce qui a permis à la direction du Snes-Fsu d’accepter le projet en prétextant, de manière totalement frauduleuse, une hausse du niveau de qualification. Or, cette « mastérisation » est assortie en fait d’une diminution sensible de la place laissée à la connaissance (des épreuves disciplinaires sont ainsi supprimées) en faveur des compétences « transversales », de la « connaissance du système éducatif », et surtout de la capacité à « agir en fonctionnaire de l’État de façon éthique et responsable ».

En outre, les masters enseignement viennent souvent remplacer les masters recherche, ce qui tend à réduire la place accordée à la connaissance. Le ministère de l’enseignement supérieur demande aux enseignants des universités d’élaborer les « maquettes » des masters enseignement, en d’autres termes de préparer les conditions de la destruction du savoir que leurs collègues du primaire et du secondaire ont à transmettre.

Pour les étudiants, ces décrets du 27 juillet 2009 représentent de nouveaux coups : nécessité de financer 5 années d’études universitaires au lieu de 3 ; suppression de l’année rémunérée comme professeur stagiaire ; en cas d’échec au concours (ou au master), recrutement en contrat court, comme remplaçant.

C’est un des objectifs de la modification des concours : tandis que le gouvernement supprime des postes à tours de bras dans l’enseignement public (16 000 en 2010, après 13 500 en 2009 et 11 200 en 2008), alors qu’il multiplie par deux le nombre de postes offerts aux concours externes d’enseignement privé (Cafep), il entend disposer, à la place des professeurs titulaires, d’une masse de contractuels non protégés par les statuts de la fonction publique, qu’il emploiera selon son bon vouloir, comme remplaçants.

La destruction de la formation des enseignants

Le concours en poche, les professeurs stagiaires vont se trouver atomisés, coupés les uns des autres. Plus question de se former, s’informer, collectivement, au sein d’une structure dédiée, dans laquelle interviennent des maîtres-formateurs qualifiés, des chercheurs, des représentants de courants pédagogiques, mais aussi les enseignants en stage de formation continue, les syndicats de l’enseignement public. Plus question d’apprendre son métier dans un collectif capable de s’approprier les acquis et l’histoire de sa profession, de s’organiser, de revendiquer. Les jeunes enseignants seront surtout poussés à reproduire, à obéir. Place au « compagnonnage » du stagiaire avec un enseignant et un seul : il s’agit de parer au plus pressé, d’apprendre des techniques, des gestes. C’est la « formation » sur le tas, avant la prise de responsabilité d’une classe dès novembre. Les nouveaux recrutés, comme les élèves, sont sacrifiés.

L’enseignement primaire malmené

Le ministre Chatel a annoncé qu’il comptait « installer d’ici la fin juin, la conférence nationale sur les rythmes scolaires ».

Je souhaite traiter le problème dans sa globalité, en abordant le rythme pendant la journée, pendant la semaine, pendant l’année. (Le Monde, 14 avril 2010)

Quand on sait que le même Chatel ne trouve rien à redire à l’entassement des élèves dans les classes, à la suppression des postes d’enseignants spécialisés dans le traitement de l’échec scolaire (1 500 rayés de la carte en 2010, 8 000 postes RASED menacés), à la destruction de la formation au métier d’enseignant, à la politique générale du gouvernement auquel il appartient, sa sollicitude pour « les rythmes scolaires » sent fort l’arnaque. Ils serviront de prétexte à une nouvelle attaque contre le cadre national de l’enseignement public et les garanties statutaires de ses maîtres : horaires variables, allongement et annualisation du temps de travail, intervention de « prestataires » associatifs, municipaux, sur temps scolaire, emploi des enseignants à d’autres tâches que l’enseignement (« accompagnement éducatif »)…

La tentative (projet de loi du député UMP Reiss) de relancer la mise en place d’EPEP (établissement public d’enseignement primaire) vient compléter le tableau de démantèlement du cadre national de l’instruction publique : regroupement de plusieurs écoles, dirigé par un gestionnaire ayant compétence pour embaucher, gérer les crédits de fonctionnement ou les chercher, ayant une fonction d’autorité hiérarchique sur les enseignants. La soumission aux collectivités locales, qui financent, ne pourraient que s’accroître ; le projet prévoit d’ailleurs qu’un élu de la commune présidera le conseil d’administration de l’EPEP.

Cette main mise des municipalités ou des régions est également contenue dans les attaques contre l’école maternelle (Éducation nationale) au profit des « jardins d’éveil » qui, eux, relèvent de « la petite enfance », une compétence des collectivités territoriales ou du secteur privé (type crèche d’entreprise ou associative).

À l’intérieur même des écoles, la politique de l’Etat patron essaie de diviser les enseignants, en introduisant des différences de rémunérations, alors qu’il bloque les augmentations du point indiciaire, accentuant encore les pertes de pouvoir d’achat : prime de 400 euros aux enseignants de CE1 et CM2 contraints de faire passer les nouvelles évaluations nationales (comme si les enseignants devaient être payés à la prestation !), stages de remise à niveau pendant les vacances, payés en heures supplémentaires, revalorisation des salaires de début de carrière (1/4 de la profession concernée).

L’attaque contre les lycées

Avant tout, il s’agit d’une réduction de l’enseignement et pas seulement de la suppression de l’histoire-géographie en terminale S. Tous les lycéens auront deux heures en moins de cours en classe de seconde, deux heures de moins en classe de première, deux heures de moins en classe de terminale. Ces heures de cours seront remplacées par « deux heures d’accompagnement personnalisé ».

C’est évidemment moins coûteux que la réduction des effectifs qui est pourtant une nécessité dans les classes de seconde et les classes de première et terminale des filières technologiques. Les dédoublements n’obéiraient plus aux règles actuelles qui découlent des disciplines et de l’effectif de la division (groupe classe) : « les heures actuellement affectées aux dédoublements par discipline sont maintenues, elles sont globalisées ».

D’ailleurs, les textes adoptés par le gouvernement contribuent à disloquer le « groupe classe » qui assure pourtant une certaine stabilité aux élèves, surtout les plus fragiles. Outre les deux heures d’accompagnement personnalisé déjà mentionnées, toutes les langues vivantes seraient enseignées par « groupes de compétences ». Les autres heures ne sont pas à l’abri de regroupements puisque la « réforme » renforce le « tronc commun », « les enseignements communs ». D’ores et déjà, pour la classe de première, est mentionnée « la possibilité de constituer des classes de différentes séries ».

Les élèves pourront être évalués sur d’autres critères que les disciplines enseignées et même sur leur vie en dehors de l’établissement scolaire : « Les responsabilités prises au lycée et en dehors deviennent un élément d’appréciation ». Une des tâches des enseignants serait d’envoyer leurs élèves en entreprise, afin que les jeunes prennent tôt l’habitude de travailler gratuitement ou quasi-gratuitement : « Tous les élèves sont encouragés à effectuer des stages en entreprise de courte durée ».

La « réforme » des lycées est incompatible avec les statuts qui protègent les enseignants. Jusqu’à présent, grâce aux décrets du 25 mai 1950, les professeurs sont chargés d’enseigner un champ du savoir pour lequel ils sont compétents, selon un calcul hebdomadaire (15 heures ou 18 heures) et en présence collective des élèves (par classe ou demi-classe).

Le gouvernement entend déroger, en demandant de remplacer des professeurs absents d’une autre discipline, en « invitant à changer de discipline, voire de métier » (Le Parisien, 26 février 2010). 600 enseignants (en secrétariat et comptabilité) du rectorat de Créteil et maintenant avec « l’accompagnement personnalisé » qui est autre chose que de l’enseignement ; en outre, ces heures échapperaient explicitement au cadre hebdomadaire : « l’accompagnement spécialisé n’a pas nécessairement une forme hebdomadaire ». L’extension des tâches ne s’arrête pas là : « Des séances de cinéma sont organisées dans tous les lycées, plusieurs fois par mois, en fin de journée ou les week-ends ». Et il faudrait aussi faire le travail des conseillers psychologues dont les postes sont massivement supprimés :

L’orientation fait partie intégrante de l’accompagnement personnalisé… Un tutorat est mis en place pour suivre individuellement chaque élève volontaire, dès la classe de seconde… Le tuteur aide l’élève dans ses choix.

Enfin, les professeurs seraient soumis aux organismes de cogestion (CP, CA) et à l’autorité du chef d’établissement : « C’est l’équipe pédagogique qui élabore le projet d’accompagnement personnalisé. Ce dernier est ensuite soumis au conseil pédagogique, avant d’être présenté par le proviseur au conseil d’administration ».

Sarkozy et Chatel présentent leur « réforme » comme donnant plus de liberté de choix à la jeunesse, mais elle procède en fait à la diminution de l’enseignement qui lui sera délivré, à l’accentuation de la concurrence entre lycées et à la flexibilité des travailleurs de l’enseignement, tandis qu’augmente la masse des travailleurs précaires dans l’Éducation nationale (105 000 AE, AVS, EVS… en 2010). Elle complète la réduction généralisée des services publics et de la protection sociale : 100 000 postes de fonctionnaires supprimés en trois ans, 34 000 de plus annoncés pour 2011 (Les Echos, 15 avril), plus de 50 000 suppressions de postes en 4 ans à l’école.

Les sommets syndicaux ont aidé l’offensive contre l’enseignement public

Les directions des principaux syndicats avaient préparé la « réforme » des lycées avec le ministre qui les consultait en permanence, comme il l’avait annoncé dès sa nomination : « Je vais discuter cette semaine avec les organisations syndicales des modalités de mise en place de ce projet » (Le Monde, 25 août 2009). Aujourd’hui, les dirigeants de l’UNSA et du SGEN-CFDT l’approuvent et le SNES-FSU supplie le gouvernement de reprendre la « négociation » pour aboutir à une meilleure « réforme des lycées ».

Les élèves et les travailleurs de l’enseignement ont, eux, des revendications, des exigences, dont les premières sont le maintien des postes, la baisse des effectifs par classe, le respect des statuts de 1950, le rétablissement de la formation pédagogique des professeurs stagiaires, l’abrogation de la loi Sarkozy-Chatel contre les lycées.

Que sont allés faire les représentants des syndicats les 7 et 8 avril aux « États généraux de la sécurité à l’école » sinon légitimer ce gouvernement qui a supprimé des milliers de postes de surveillants, qui envoie sa police quand les lycéens revendiquent, qui les contrôle au faciès ? Assez de tables rondes avec Sarkozy et ses ministres ! Dirigeants des syndicats, boycottez la « conférence nationale sur les rythmes scolaires » qui préparera une nouvelle atteinte au temps de travail des enseignants et à leur mission.

La participation incessante des directions syndicales à la discussion des attaques gouvernementales, à leur application, dans toutes sortes d’instances, affaiblit la capacité de riposte des personnels.

Dans les discussions avec le ministère, le SNUipp-FSU avait manifesté son hostilité à un schéma qui aurait placé d’emblée le stagiaire en responsabilité seul dans sa classe. Par ce dispositif, le ministre a reconnu le bien-fondé de cette critique. (Fenêtres sur Cours, 8 mars 2010)

Non seulement le syndicat majoritaire dans le primaire a accepté de « discuter » la liquidation de la formation des maîtres, mais il trouve que la copie n’est pas si mauvaise : le stagiaire aura, au mieux, deux mois d’accompagnement ! Au lieu de dénoncer les régressions pour ce qu’elles sont, d’appeler à la mobilisation pour faire reculer le gouvernement, les directions des syndicats essaient d’engluer les personnels par le vote de motions dans les organes de cogestion dans lesquels elles siègent (conseils de gestion, conseils de département, conseils d’administration, Cneser…) ; ou encore par la signature de pétitions, comme celle qui réclame « une autre formation pour les enseignants » et se conclut par la demande d’une « concertation et d’états généraux de la formation » (SNUipp-FSU). Pour vaincre Sarkozy, Chatel, il faut organiser le face à face avec ces ennemis de la jeunesse et des enseignants ; quand ceux qui devraient organiser la bataille se tiennent assidûment en interlocuteurs ou conseillers du camp adverse, c’est difficile de gagner… À bas la participation à tous les organes qui peaufinent les coups contre l’école et leur mise en oeuvre !

Une autre tactique est de baptiser « victoire » une défaite : le 9 mai 2009, la direction du syndicat majoritaire chez les personnels de l’enseignement supérieur SneSup-FSU présentait, de manière mensongère, le décret d’application portant sur les statuts des enseignants chercheurs comme un « recul du gouvernement » (Lettre Flash, 7 mai 2009). Le dernier congrès de la FSU, la principale fédération syndicale de l’enseignement fut l’occasion de poursuivre le mensonge. Jean Fabbri, le secrétaire général sortant du SneSup, osa y affirmer que la mobilisation « a marqué des points contre les logiques du pouvoir » (3 février 2010), relayant ainsi les propos tenus quelques jours plus tôt par le nouveau secrétaire général, Stéphane Tassel, pour qui la lutte « a permis des avancées » (L’Humanité, 25 janvier 2010).

En réalité, leur refus d’appeler à la grève générale, de rompre avec le gouvernement lui a permis de maintenir l’ensemble de sa politique contre la recherche et l’enseignement supérieur public, les étudiants, les personnels.

Front unique pour la défense de l’enseignement public et de ses personnels !

Comme tous les autres travailleurs, les personnels de l’enseignement public ont besoin de syndicats à leur service, organisés pour défendre leurs revendications et pas de « partenaires sociaux » de Sarkozy – Fillon – Chatel. Pour bloquer l’offensive contre l’école, il faut priver le gouvernement de l’appui qui lui est donné par les appareils syndicaux ; il faut l’isoler.

L’exigence adressée aux directions syndicales qu’elles rompent avec le gouvernement, qu’elles boycottent les organes de participation à l’élaboration et la mise en place de sa politique est indispensable : elle dévoile qui affaiblit le camp de la résistance aux attaques de la bourgeoisie, elle établit qui porte la responsabilité de l’inaction ou de l’inefficacité.

Assez de décréter des journées d’action par catégorie, des « grèves » de 24 heures égrenées chaque mois ! Front unique des syndicats de l’enseignement public pour l’abrogation des lois LRU contre l’enseignement supérieur et la recherche, des lois Fillon – Darcos contre l’école primaire, de la « réforme » des lycées et de la formation des enseignants ; rétablissement de tous les postes supprimés et création pour répondre aux besoins des jeunes en formation, des enseignants, des personnels ouvriers et administratifs.

Dirigeants des syndicats, ce gouvernement mène la guerre contre l’enseignement public : appelez à la grève générale pour le battre et ouvrir la voie à la satisfaction des légitimes revendications des élèves et des professeurs !

Réforme des universités : L’UNEF suit Pécresse.

Sur le mouvement des universités de 2009

Interdiction de recruter des étudiants étrangers : le ministère de l’Intérieur persiste (article de presse d’octobre 2011)

Malgré le tollé provoqué par la difficulté des diplômés étrangers de se faire recruter en France, le ministère de l’Intérieur ne compte pas revenir sur la circulaire du 31 mai.

La multiplication des cas de jeunes diplômés empêchés de recrutement par la circulaire Guéant-Bertrand va-t-elle faire plier le gouvernement ? Ils sont de plus en plus nombreux, jeunes diplômés bac+5 étrangers non ressortissants de l’Union européenne mais aussi recruteurs, à se heurter à la nouvelle réglementation en vigueur. Diplômés des écoles les plus prestigieuses, pré-embauchés par les plus grands cabinets de conseil, rien n’y fait : l’administration rechigne à leur délivrer un changement de statut (CDS), sésame nécessaire pour pouvoir signer un contrat de travail. Motif : les recruteurs doivent privilégier les diplômés français sauf sur les métiers dits "en tension".

À l’origine, plusieurs obstacles réglementaires. Tout d’abord la circulaire émise le 31 mai par les ministères de l’Intérieur et du Travail qui enjoint les préfectures de durcir les conditions de délivrance des autorisations de travail et alourdit les procédures de CDS auxquels les étudiants étrangers non européens doivent se soumettre. Ensuite, la liste des métiers ouverts aux étrangers non européens a été réduite cet été. Enfin, un arrêté du 8 septembre porte les ressources nécessaires à l’obtention d’un titre de séjour étudiant de 460 euros à 620 voire 770 euros par mois...

Incompréhension...

Depuis la rentrée, dans le sillage des étudiants étrangers, désormais constitués en "Collectif du 31 mai", les recruteurs (Association françaises des entreprises privées notamment), la conférence des grandes écoles puis celle des présidents d’université ont exprimé leur incompréhension et l’esprit contradictoire de la circulaire avec la loi de 2006 relative à l’immigration et à l’intégration. Dernière réaction en date, celle de la ministre du Budget Valérie Pécresse, saisie par des étudiants d’HEC, a écrit à son collègue de l’Intérieur, Claude Guéant, indique son entourage, confirmant une information de l’agence spécialisée AEF. Dans son courrier, l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur, constate que si les préfets peuvent délivrer ou non une autorisation de travail, dans la "plupart des cas" qui lui ont été présentés, "c’est un refus d’autorisation qui a été opposé aux demandeurs".

La ministre estime que "selon les termes de la circulaire, le refus est justifié si ’l’emploi visé ne nécessite pas de qualifications particulièrement élevées’, ce qui n’est évidemment pas le cas pour les emplois proposés aux diplômés de master 2 (bac+5), ni a fortiori aux diplômés de nos grandes écoles". Rappelant que ces jeunes diplômés "représentent des atouts importants pour les entreprises qui souhaitent les recruter et donc pour notre pays", elle alerte sur le fait que "si une telle situation devait perdurer, elle ne serait pas non plus sans conséquence sur l’attrait de nos grandes écoles et de nos universités à l’étranger." De fait, en mai dernier, Valérie Pécresse avait insisté sur la nécessité d’attirer les meilleurs étudiants étrangers. De son côté, le Medef dit "respecter l’esprit de la circulaire" tout en précisant que celle-ci doit être appliquée dans un état d’esprit ouvert afin que les entreprises françaises, dont beaucoup sont internationales, ne soient pas pénalisées. Le patronat invite à "regarder les cas particuliers" et à "agir avec discernement".

... et contradiction

Pas de quoi cependant faire plier la place Beauvau qui, contactée, indique que "la circulaire ne sera pas réécrite", car elle rappelle "les règles existante", à savoir la loi de 2006. Celle-ci précise, explique-t-on au ministère der l’Intérieur, que l’autorisation de séjour de 6 mois suivant l’obtention du diplôme doit être accordée à ceux qui "souhaitent bénéficier d’une première expérience professionnelle en France et dans la perspective d’un retour dans le pays d’origine". Et de rappeler au passage que "le taux de chômage chez les ressortissants étrangers est de 23 %". Une interprétation qui ne satisfait ni les recruteurs, ni les formateurs, ni les étudiants, l’obtention d’un diplôme, a fortiori un bac+5, étant le meilleur rempart contre le chômage, comme le Céreq (centre d’études et de recherches sur les qualifications) l’a encore récemment rappelé.

Par ailleurs, estime ce directeur de grande école, la circulaire ne respecte justement pas l’esprit de la loi de 2006 puisque cette dernière est généralement promue auprès des jeunes diplômés étranger comme une protection "dès lors que l’on peut leur proposer un contrat de travail" pour une première expérience. Faute de réécriture de la circulaire, l’administration pourrait être invitée à faire moins de zèle...

La colère des étudiants d’Angleterre

Des milliers de jeunes ont plusieurs fois manifesté en Angleterre malgré une violente répression contre l’explosion des droits d’inscription à l’université. Ceux-ci passeront de 4 000 euros –une somme déjà inaccessible à bon nombre de familles populaires - à 10 000, voire 12 500 euros pour un tiers d’entre eux.

Les grandes familles ont déjà leurs grandes écoles, leurs clubs et leurs cercles et y vivent en vase clos. Elles se comportent envers la culture et l’éducation comme avec leurs propriétés : elles voudraient en chasser les manants qui s’approchent trop près.

Ces attaques comprennent notamment le triplement des droits de scolarité qui sont passés à 9000 £ l’an dernier, d’importantes compressions dans les universités et les collèges, y compris les budgets d’enseignement, et la fin de l’Education Maintenance Allowance, une allocation de 30 £ par semaine pour les jeunes étudiants de plus de 16 ans issus de familles à faible revenu.

Les enseignants de gauche s’interrogent sur le candidat de gauche

J’accuse le ministre de l’Education Nationale

Alain Refalo, « enseignant du primaire en résistance » et initiateur du mouvement des enseignants-désobéisseurs, adresse un réquisitoire cinglant à Luc Chatel, accusé malgré les 17.000 recrutements annoncés de « démanteler l’école publique ».

L’exigence de vérité commande de prendre à nouveau la parole pour mettre en accusation les fossoyeurs de l’école publique, au premier rang desquels celui qui a en charge le ministère de l’Education Nationale. L’annonce de l’embauche de 17 000 « enseignants » par le biais de Pôle Emploi, alors que 16 000 postes de titulaires sont supprimés révèle, une fois encore, la supercherie et l’imposture d’une politique misérable qui sacrifie une génération d’élèves sur l’autel des restrictions budgétaires et d’une idéologie des puissants qui ont programmé la mort du service public d’éducation. C’est désormais une évidence : ce ministère a renoncé à tous les principes éthiques et déontologiques qui lui assuraient une légitimité pour être la voix de l’Education Nationale.

J’accuse le ministre de démanteler l’école publique en rayant de la carte 1 500 classes à la prochaine rentrée scolaire et en supprimant 16 000 postes d’enseignants, tout en privilégiant les embauches de personnes précaires non formées.

J’accuse le ministre de mentir à l’opinion publique, aux parents d’élèves et aux enseignants en faisant croire qu’il est possible de faire mieux avec moins, en clamant que l’école publique remplira mieux sa fonction avec moins d’enseignants qualifiés et plus d’élèves en difficulté dans les classes.

J’accuse le ministre de conduire une politique éducative réellement assassine qui, par des « réformes » irresponsables, tue le métier d’enseignant, tue le désir d’enseigner, tue le plaisir d’apprendre et finalement tue l’école de la République.

J’accuse le ministre d’avoir rompu durablement, après les désastreuses initiatives de son prédécesseur, l’indispensable lien de confiance entre l’autorité hiérarchique, l’encadrement intermédiaire et les enseignants du primaire, lien de confiance sans lequel il est impossible de construire quotidiennement une école du progrès pour tous.

J’accuse le ministre de double langage sur le droit à l’innovation pédagogique dans les classes et les écoles : d’un côté, il l’encourage, forums institutionnels à l’appui, de l’autre il le brime en imposant des programmes rétrogrades, des évaluations nationales formatées et des dispositifs de « soutien » en trompe-l’œil qui ont pour effet de standardiser les pratiques des enseignants au mépris de la liberté pédagogique garantie par la loi.

J’accuse le ministre de non assistance à professeurs en danger lorsqu’il les laisse seuls et désemparés affronter incivilités et violences ou lorsqu’il fait peser sur eux un stress permanent via un management de la hiérarchie aux injonctions souvent contradictoires.

J’accuse le ministre de mépriser les jeunes enseignants lorsque, sans aucune formation pédagogique et professionnelle, il les envoie « désarmés » et à leurs risques dans « l’arène » de la classe, négligeant les conséquences pour leurs élèves.

J’accuse le ministre de refuser d’investir dans l’éducation à la non-violence dès l’école en préférant les mesures dites « sécuritaires » qui insécurisent durablement les personnels et les élèves car elles montrent chaque jour leur totale inefficacité.

J’accuse le ministre de mener une politique qui porte atteinte aux droits de l’enfant en autorisant le fichage informatisé des élèves dès la maternelle, par le biais du fichier Base Elèves et du Livret Personnel de Compétences, outils illégitimes et illégaux du contrôle social des populations.

J’accuse le ministre de vouloir influencer la jeunesse de ce pays en imposant à la rentrée prochaine le retour de la phrase de morale écrite sur le tableau noir ainsi que l’apprentissage et le chant de La Marseillaise, alors que c’est d’éducation citoyenne dont nous avons besoin pour construire l’indispensable vivre-ensemble pour une société réellement solidaire.

J’accuse le ministre de vouloir caporaliser les enseignants du primaire en exigeant leur obéissance inconditionnelle à des injonctions hiérarchiques qui constituent un reniement de l’éthique de leurs missions.

J’accuse le ministre d’ordonner aux inspections académiques de poursuivre les enseignants du primaire en résistance, de sanctionner les enseignants-désobéisseurs, tels François Le Ménahèze à Nantes, symbole remarquable de la résistance éthique et responsable aux dérives et mensonges d’une hiérarchie incompétente.

J’accuse enfin le ministre de se mentir à lui-même et de porter tort à la fonction qu’il occupe.

Nul ne saurait emprisonner indéfiniment les consciences. Aujourd’hui, celles-ci sortent progressivement de leur léthargie. Cette indignation éthique qui monte représente une formidable espérance. Elle annonce la révolte salutaire dont notre société a plus que jamais besoin pour dessiner l’à-venir de notre école sous les couleurs de la générosité, du respect et de la solidarité.

Un des multiples exemples de collaboration syndicale dans la destruction...

Jeudi 28 mai, les élus des personnels au Comité technique paritaire ministériel ont été consultés sur des décrets sur la formation des maîtres qui constituent un passage en force des ministres Darcos et Pécresse, pour imposer la fin des IUFM, de la démocratisation du recrutement des enseignants, du stage rétribué de formation professionnel, ainsi qu’un développement sans précédent de la précarité enseignante qui menace les concours et les statuts.

Les personnels dénoncent comme une véritable provocation du gouvernement de vouloir imposer ainsi à la hussarde des mesures combattues pendant des mois par les enseignants et les étudiants des universités et des IUFM et ceci avant même que les contre feu gouvernementaux des « groupes de travail » n’aient achevé leurs travaux, ni même commencé les consultations annoncées pour la commissions Marois-Filâtre.

Alors que ce passage en force venait d’être condamné par un très large front regroupant l’ensemble des syndicats des personnels et étudiants, des coordinations de lutte du supérieur et de la formation des enseignants, des parents, la conférence des présidents d’universités, les directeurs d’Ecoles normales supérieures..., Alors que l’ensemble des syndicats ont voté contre tous ces décrets, les personnels s’interrogent sur la forfaiture de la FSU, leur principale organisation syndicale : à la stupéfaction générale, et piétinant ses propres positions et celles de ses syndicats, la délégation FSU a fait un refus de vote sur les décrets concernant les professeurs d’Education Physique et Sportive et s’est abstenue sur les décrets concernant le recrutement des agrégés, certifiés et conseillers d’éducation. Cette dernière décision, purement scandaleuse, a-t-elle été dictée par la direction du SNES, au profit des intérêts strictement catégoriels qu’elle croit défendre, et au détriment de choix fédéraux sur l’avenir de l’Ecole publique ?

Émancipation intersyndicale appelle à condamner ces votes, indignes de la mobilisation exceptionnelle contre cette casse de la formation des Maîtres, indignes d’une organisation qui se prétend de lutte, indigne de la confiance et de l’attente des personnels exprimés lors des dernières élections professionnelles. Ces votes rompent le front unitaire syndical qui a permis d’assurer le succès du 29 janvier et du 19 mars. Unité instrumentée par la FSU et ses syndicats pour ne pas appeler à la grève depuis.

C’est parce qu’elle n’a reçu aucune réponse à ces questions, que tous les militants syndicaux, tous les personnels sont en droit de se poser, qu’Emancipation les pose publiquement à la direction nationale Unité et Action / Ecole Emancipée.

La direction nationale de la FSU doit reconnaître enfin que sa stratégie qui consiste à mordre au pseudo dialogue social de Sarkozy, à cautionner par sa présence des groupes de travail immédiatement bafoués doit être abandonnée au profit de la construction d’un rapport de force à la hauteur, ce qui impose de quitter immédiatement toutes les instances de prétendue concertation et de répondre aux personnels qui demandent une réaction immédiate de grève, permettant d’organiser dans tous les secteurs le refus de la rentrée.

Emancipation intersyndicale propose, dans son appel à candidature pour le renouvellement des instances de la FSU (à paraître), que le prochain congrès national permette aux syndiquéEs et aux courants qui désavouent la direction sortante de la FSU de s’organiser pour mettre un terme à ce gâchis.

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Consternés, abasourdis, indignés, écoeurés..chez les enseignants-chercheurs. Bellaciao, dimanche 31 mai 2009.

par le Collectif National pour un Front Syndical de Classe (CNFSC)

Vote de la FSU en CTPM sur la « mastérisation » : quand abstention rime avec capitulation ! Consternés, abasourdis, indignés, écoeurés… Les réactions de stupéfaction et de colère ne se sont pas fait attendre, chez les enseignants-chercheurs en lutte depuis plusieurs mois, comme chez beaucoup d’enseignants des premier et second degrés, au lendemain d’un Comité Technique Paritaire Ministériel (CTPM) qui fera date, sans doute, dans l’histoire des trahisons syndicales.

Un vote « coup de poignard dans le dos » des personnels et étudiants en lutte Au CTPM du 27 mai, devaient être présentés les décrets concernant les modalités de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire, décrets ministériels qui avaient été publiés dès le 19 mai, alors que les diverses consultations (même illusoires) n’étaient pas terminées. Les organisations syndicales ont boycotté ce CTPM, considérant à juste titre qu’il s’agissait d’un passage en force du ministre. Le 28 mai s’est tenu le CTPM reconvoqué, et les mêmes décrets ont été soumis au vote des organisations syndicales. Ces textes ne contiennent rien d’autre que la base du projet Darcos concernant le recrutement des enseignants, appelé « masterisation », et massivement rejeté par la communauté universitaire ; à savoir que « peuvent se présenter aux concours externes » les candidats ayant déjà obtenu un master ou inscrits en dernière année de master (article 2). Les modalités de formation de ces enseignants, avant et après le concours, ne sont pas évoquées, si ce n’est à travers ces quelques mots de l’article 6 : « A l’issue du stage, dont les conditions sont fixées par arrêté du ministre chargé de l’éducation, et qui comporte une formation, la titularisation est prononcée par le recteur. » Dans ces conditions, et face à un tel mépris du ministre, il paraissait logique de voter contre ces décrets. C’est ce qu’ont fait la quasi-totalité des organisations syndicales ; toutes, sauf deux : la très minoritaire CSEN, et… la très majoritaire FSU, qui s’est abstenue sur le décret des certifiés/agrégés, et n’a « pas pris part au vote » sur celui des profs d’EPS ! Cette abstention a permis aux deux décrets de passer comme adoptés par le CTPM, puisque les voix « pour » de l’administration ont été majoritaires. Pour les milliers d’enseignants et d’étudiants mobilisés depuis 15 semaines contre le projet désastreux de « masterisation », l’interprétation d’un tel vote ne peut être que celle-ci : la direction de la FSU, tournant le dos au combat résolu pour le retrait des projets Darcos et Pécresse, affiche désormais son soutien à la contre-réforme du ministre.

Une stratégie du renoncement et de l’abandon Pourtant, les « obstinés » de la lutte contre la « masterisation » à la sauce Darcos, dans les universités et les IUFM, ont largement fait la démonstration de la nocivité d’un tel projet : tel qu’il est conçu, dans un contexte de réduction drastique des postes, le recrutement au niveau master accentuera la sélection sociale, transformera en masse de précaires les étudiants ayant échoué au concours, et finira par abolir le système de recrutement des enseignants français par concours, c’est-à-dire leur statut de fonctionnaires. Si l’on ajoute la disparition programmée des IUFM, et de toute formation pédagogique digne de ce nom pour les futurs enseignants, ainsi que la mise en concurrence imposée aux établissements scolaires et universitaires, on voit le sort qui est réservé au service public d’éducation dans les années à venir : celui de sa liquidation, à l’instar de ce qui s’est produit en Grande-Bretagne sous Thatcher et ses successeurs, et en Italie sous Berlusconi. La question de la « masterisation » traverse tous les niveaux du système éducatif, et menace les fondements mêmes de l’Education nationale. Dès février, et de façon plus pressante face au mépris des ministres Darcos et Pécresse, les enseignants-chercheurs en lutte ont appelé à la convergence de l’action « de la maternelle à l’université ». Ils se sont heurtés à une surdité persistante de la part de la direction nationale de la FSU, aussi bien pour relayer auprès de tous ses syndiqués la légitimité de ce combat, que pour appeler à des actions communes entre Primaire, Secondaire et Supérieur à l’échelle nationale. Il faut dire que son plus gros syndicat, le SNES, a constitué un obstacle indéniable à la mise en oeuvre de cette convergence : arc-boutée sur l’illusion d’une revalorisation salariale conditionnée par l’élévation du niveau de recrutement, la direction du SNES a attendu son congrès de mi-mars (sous la pression de ses sections les plus combatives) pour exiger enfin le retrait (et non plus le simple report) de la contre-réforme Darcos. Sans éclairage ni cadrage nationaux, sans appel à la grève, sans un affichage fort du soutien de toute la FSU, il était difficile, pour des sections locales du SNES, d’organiser la résistance commune entre Secondaire et Supérieur. Le dernier épisode de l’abstention-appui au CTPM du 28 mai, commandée par la direction du SNES, sous le prétexte fallacieux de « respect des mandats », est dans la suite logique de cette stratégie de renoncement et d’accompagnement, qui privilégie un syndicalisme de « discussions », plutôt que l’engagement déterminé à construire le « Tous ensemble en même temps », seul capable de faire reculer le pouvoir sarkozyste.

La FSU face à ses responsabilités Avec ce vote, lourd de conséquences, les directions du SNES et de la FSU ont pris le risque de fragiliser davantage un mouvement de lutte exceptionnel par son ampleur, sa durée, sa diversité d’actions et sa qualité idéologique. Un mouvement qui a su analyser, au-delà des textes et discours gouvernementaux et médiatiques, la responsabilité écrasante des directives européennes (Stratégie de Lisbonne et processus de Bologne) dans la casse des services publics d’éducation, d’enseignement supérieur et de Recherche. Or on sait la volonté affichée par la FSU d’adhérer à la Confédération Européenne des Syndicats, structure subventionnée par l’UE, qui prône aux salariés la résignation devant la crise et la renonciation à défendre leurs droits et acquis attaqués de toutes parts. Ceci explique aussi cela… En prenant un tel risque, la FSU se fragilise elle-même, en révélant son incapacité à élaborer une position commune et cohérente sur une question aussi fondamentale que la formation des enseignants ; elle fragilise ses syndicats nationaux en partie discrédités par leurs atermoiements et leurs incohérences ; enfin, c’est l’ensemble du syndicalisme enseignant qui est affaibli par sa stratégie d’accompagnement de la politique gouvernementale. La direction de la FSU est à un moment crucial de son histoire : elle doit désormais entendre la voix de tous les personnels de l’éducation nationale qui se battent avec détermination pour défendre leurs emplois, leurs services publics et leurs droits ; elle doit refuser tous les pièges tendus par le pouvoir, menant à la compromission ; elle doit retrouver le chemin du syndicalisme de lutte et travailler à la construction du rapport de forces nécessaire pour arracher de vraies victoires.

Faute de quoi, elle porterait l’entière responsabilité des difficultés internes qui en découleraient.

Les militants du Collectif National pour un Front Syndical de Classe (CNFSC), quant à eux, refusent de céder à la résignation qui ferait le jeu du pouvoir ; partout où ils le peuvent, ils se joindront aux travailleurs et étudiants en lutte dans les universités ; ils invitent les militants de la FSU à faire connaître leur réprobation à leurs directions syndicales et à contribuer à la construction du front de luttes le plus large contre le gouvernement, le patronat et l’Union européenne. Le CNFSC relaie, en fichier joint, une pétition lancée à ce sujet par des militants de la FSU. Pétition ci-joint en PDF (sur Bellaciao). --------------------

Mastérisation : fissure du front syndical lors du CTPM. Communiqué de presse du SE-UNSA (29 mai 2009) http://www.sauvonsluniversite.com/s...

http://www.se-unsa.org/spip.php?art...

Le vote en abstention de la Fsu sur un certains nombre de projets de texte conforte le ministère. Alors que l’Unsa- Education, le Sgen-Cfdt, la Fsu et la Csen avait d’un commun accord décidé du boycott de la première séance du Ctpm au motif que « ces textes étaient présentés alors même que les multiples groupes de travail institués sur cette question étaient loin d’avoir achevé leur travail et d’avoir abouti à des conclusions », la Fsu, sur les textes relevant du champ de syndicalisation du Snes(certifiés, agrégés, Cpe) a voté en abstention, tout comme le Snalc. De son coté le Snep-Fsu a refusé de prendre part au vote sur le texte Eps ;

Cette abstention apporte de l’eau au moulin du ministère et affaiblit considérablement les conclusions de la commission Marois-Filatre. Si les textes sont publiés en état, les épreuves d’admissibilité et d’admission se dérouleront toutes en M2. Les débats en Ctpm ont montré que s’opposent deux visions différentes du métier d’enseignant et donc deux conceptions de la formation initiale qui doit en découler. Nous avons demandé un ajournement du Ctpm et lors des débats défendu la nécessité d’attendre les conclusions de la commission Marois-Filâtre avant de figer la place des épreuves d’admissibilité en M2.

Dans le même temps, le SE-Unsa a décidé de continuer à siéger dans les groupes de travail pour y défendre les Iufm et la formation professionnelle par alternance. En effet, de nombreux sujets importants qui ne relèvent pas des décrets statutaires doivent encore être débattus : l’organisation des stages, leur suivi, leur évaluation, la place des Emf du premier degré, les modalités d’affectation et de titularisation des stagiaires, la question du cadrage national des masters, l’avenir des formation Ash, etc...


Les six projets de décrets statutaires intégrant la masterisation, examinés au CTPM jeudi 28 mai 2009 recueillent une majorité de voix favorables grâce aux suffrages de l’administration, qui compte la moitié des 40 sièges, et à l’abstention de certaines organisations.

9 Messages de forum

  • Sans nous raccrocher au mythe

    Nous n’avons pas besoin de diffuser le mythe d’une « école de la République », d’ « une école de l’égalité des chances », d’une « école pour tous » ou encore d’un école de la réussite qui n’a existé que dans l’imagination de ceux qui y croyaient exactement comme ils voulaient s’imaginer réels les slogans de « liberté, égalité, fraternité ». Sans propager ces mensonges sur l’école de la bourgeoisie qui n’a jamais cessé de l’être, même quand elle a eu intérêt à s’ouvrir largement, y compris à l’université, aux jeunes des classes populaires. Nous entrons dans une période où cela ne sera plus le cas, car tel n’est plus l’intérêt des classes dirigeantes. Nous ne diffuserons pas non plus le message, généreux mais faux, selon lequel c’est l’école qui fabrique la société. Car c’est d’abord la société, c’est-à-dire la classe dominante qui décide de quelle école… Cependant, nous ne pouvons que reconnaître, avec l’effondrement du système, que les services publics sont massivement détruits, et avec eux l’éducation et la recherche. Cela signifie des suppressions massives d’emplois. En France, il ne s’agit pas, ou pas encore, de licenciements, seulement pour le moment des suppressions par non remplacement des partants comme dans le secteur de la santé ou dans les transports. Il s’agit aussi de réduction massive des investissements. Cela seul signifie une stratégie de l’échec pour les jeunes des milieux populaires. Mais, comme la société ne leur offre plus d’emplois, pourquoi dépenser pour les former ? La lutte contre les plans d’austérité comprend la lutte de la jeunesse pour son droit à l’éducation, à la formation, à l’emploi, à la dignité humaine….

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  • Dans le primaire, où les enseignants grévistes doivent se déclarer 48 heures à l’avance en raison du service minimum d’accueil (SMA), le SNUipp-FSU, principal syndicat, a annoncé plus de 21% de personnels en grève. Dans le secondaire, le Snes-FSU, principal syndicat, a calculé « 47% de grévistes dans les établissements vers 10h30 ».

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  • SALAIRES EN RETARD, DEMANDEZ DES INDEMNITÉS !

    Intérêts moratoires ou indemnités de retard : vos droits
    Il est malheureusement assez fréquent, surtout lorsque l’on est non titulaire, d’attendre désespérément son salaire ou des sommes dues par l’administration. Il existe alors une méthode pour accélérer le processus : il faut demander à celle-ci le paiement du principal (la somme due), mais aussi le versement d’intérêts moratoires ou indemnités de retard sur la base du taux de l’intérêt légal (Circulaire du Budget n° 140 du 24 octobre 1980 / RLR 332-0-d). La demande est présentée directement à l’administration (elle peut aussi faire l’objet d’une procédure plus lourde au Tribunal administratif), et permettra - en général - d’accélérer le paiement des sommes dues.

    L’administration jugera alors si votre demande est fondée, et dans la pratique, elle ne versera pas d’indemnités de retard, mais - oh miracle ! - vous devriez être payé avec plus de célérité ! Il faut toujours agir très vite car les intérêts courent à la date de la demande et non à la date de la dette. Les enseignants peuvent tenter la même démarche pour les heures et les sommes que l’administration paye parfois avec des retards de 6 ou 12 mois. Faites nous part de vos réussites, nous en ferons profiter tout le monde !

    Dans la même logique, il faut savoir que si vous devez une somme à l’État (un trop perçu par exemple), celui-ci a 30 ans ( !) pour la réclamer : c’est la prescription trentenaire. Dans certains cas exceptionnel, vous pouvez cependant obtenir une allocation compensatrice, si vous avez prévenu plusieurs fois et depuis longtemps l’administration de son erreur ! En cas de trop perçu ou de saisie-arrêt sur votre salaire, il faut demander un échelonnement aux services gestionnaires, sinon vous risquez de vous voir prélever d’un coup le montant de la quotité saisissable de votre salaire (somme que l’administration ou le juge a le droit de prélever, par exemple pour dette fiscale). Pour les pensions alimentaires, le salaire peut être intégralement saisi au-dessus du montant du RMI.

    Attention ! Dans l’autre sens, quand c’est l’État qui vous doit une somme, il y a prescription au bout de 4 ou 5 ans ( !) : c’est ce qu’on appelle la déchéance quadriennale (4 ans plus les mois de l’année encours). (Loi 68-1250 du 31 décembre 1968 / RLR 300-2).

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  • L’Education Nationale ne paie pas les profs qui travaillent !!

    Temoignage sur le net :

    Je suis l’épouse d’un professeur contractuel d’histoire-géographie, en poste depuis le mois de septembre 2011 au Lycée X de Y.
    A ce jour, le Mardi 15 Novembre 2011, mon époux, ayant cependant signé un contrat de travail en bonne et due forme, n’a toujours pas perçu de salaire, et travaille chaque jour sans rémunération.
    Nous sommes parents de deux enfants, et je suis actuellement en congé parental pour notre cadet. Autant dire que nous vivons presque exclusivement des ressources de mon mari.
    Depuis que nous ne pouvons honorer nos charges (loyers, charges liées à l’habitation, crèche, cantine, frais d’hôpitaux pour notre bébé qui est asthmatique, impôts et taxe d’habitation…), nous accumulons les frais pour retards de paiement et avons dû emprunter de l’argent à notre entourage.
    Chaque mois, nous devons faire face à des restrictions alimentaires sévères, causées de manière directe par le non versement des salaires de mon époux, et je tiens à préciser que ceci est cause dans notre foyer d’un problème sanitaire majeur et concernant nos deux enfants de trois ans et de neuf mois.

    J’ai contacté par téléphone à ce sujet le lundi 14 Novembre dernier Monsieur D, Correspondant du Médiateur de l’Académie de C, qui a eu l’indélicatesse de ne pas m’écouter, de me couper la parole à plusieurs reprises, de me parler de façon agressive, et qui pour toute réponse m’a demandé de lui envoyer un mail. Je précise qu’il m’a dit ne rien savoir de cette affaire, état de chose qui, s’il avait été vrai, aurait dû causer chez lui autant de stupéfaction et d’incompréhension qu’il cause chez nous depuis deux mois et demi.
    Ma colère de vivre dans de grandes difficultés causées directement par une institution publique n’a été que décuplée par la façon dont cet homme, censément mon interlocuteur de fait, n’a pas daigné ne serait-ce qu’écouter ce que j’avais à dire, et encore moins m’apporter un semblant de réponse.

    Si vous avez des témoignages similaires, n’hésitez pas à vous exprimer sur ce médiapour venir appuyer mes doléances et ma colère, afin que nous puissions dénoncer ces pratiques qui ne sont apparemment pas inhabituelles.

    Le 15 novembre 2011 par tasianap

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  • Communiqué du 24 novembre 2010 (Sénat)

    LA COMMISSION DES FINANCES S’INQUIETE
    DU DERAPAGE DES DEPENSES DE PERSONNEL DE L’ETAT

    Présidée par Jean Arthuis (UC, Mayenne), la commission des finances a décidé, sur la proposition de Philippe Marini (UMP, Oise), rapporteur général, d’émettre un avis favorable, assorti de fortes réserves, sur le projet de décret d’avance qui lui a été transmis en application de l’article 13 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF).

    Ce projet procède à l’ouverture en urgence de 1,39 milliard d’euros d’autorisations d’engagement et de 1,14 milliard d’euros en crédits de paiement, dont 930 millions d’euros seront destinés à couvrir des dépenses de personnel. Ces ouvertures, qui sont compensées par des annulations à due concurrence et ne dégradent donc pas le solde budgétaire, sont indispensables à la liquidation des paies de décembre au bénéfice des agents de huit ministères différents, dont les ministères chargés de l’éducation nationale, de la défense, de l’intérieur et du budget.

    La commission des finances observe que ces besoins urgents résultent de départs en retraite inférieurs aux anticipations, mais aussi de surcoûts associés à des mesures catégorielles dont la multiplicité conduit à douter de la consistance réelle des efforts de maîtrise de la masse salariale de l’État.

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  • L’État peine à payer ses fonctionnaires

    La commission des Finances du Sénat s’inquiète : Bercy cherche 930 millions d’euros pour couvrir des dépenses de personnel en décembre.

    On pensait que cela ne pouvait arriver que dans les pays les plus en difficultés de l’Union européenne. Mais c’est bien l’Etat français qui rencontrerait des difficultés à payer ses fonctionnaires en décembre....

    La suiteici

    Un exemple concret qui n’a pas attendu le mois de décembre :

    Décidément, cette année scolaire commence mal
    au lycée et collège international
    de Ferney-Voltaire.

    Après un professeur d’histoire géographie non remplacé durant plusieurs semaines, c’est au tour
    des professeurs non payés depuis le mois ...
    de septembre.

    Comment vivre sans salaire, qui plus est au Pays de Gex ?

    17 professeurs du collège et du lycée n’ont pas touché un euro de salaire depuis la rentrée des classes ! Ces professeurs sont des contractuels, ils sont souvent en poste de remplacement et peuvent passer le concours en interne au bout de trois années d’activité. « Le système fait que nous sommes payés un mois en retard mais dans notre cas, on nous a dit que nous ne serions pas payés avant la fin novembre » témoigne un professeur.
    Les règlements de salaire dépendent du rectorat. La raison de ce non-paiement, « le rectorat prend pour excuse qu’il n’a pas reçu les documents dans les temps, que ce soit un RIB ou un dossier. Bizarrement, la réponse est la même pour tous les rectorats de France... La bête noire dans cette histoire, c’est que les rectorats ont reçu des informations de là-haut ». Pour cette professeur, le rectorat tente de gagner du temps et sauvegarder la trésorerie, « on est 20 000 contractuels en France. Le problème c’est que l’éducation nationale n’a plus les moyens de fonctionner ! » Face à la situation, certains professeurs sous contrat ont fait pression en menaçant de quitter leur poste (leur contrat peut durer une semaine comme une année). « On a aussi demandé des avances sur salaire mais on nous a répondu qu’il n’y avait pas de caisses de secours d’après le proviseur.
    Ce dernier a fait son travail, il a fait pression tout comme les parents d’élèves ou nos collègues ».
    Et comme par magie, les professeurs qui ont menacé de quitter leur poste à la fin de leur contrat un matin, le soir, tout était réglé... « Je crois que c’est aujourd’hui réglé pour tout le monde. Les premiers salaires tomberont à la fin de mois d’octobre et encore, 90 % du salaire ».
    La professeur, un peu désespérée, n’en revient pas, « on en vient à chercher des remplaçants de remplaçants. Je n’ai jamais vu ça ! _ »
    STÉPHANIE HAMEAUX

    Le Pays Gessien

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  • Destruction/démantèlement de l’éducation nationale et de la recherche et réaction syndicale 29 mai 2012 19:06, par G.S.I Groupe socialiste internationaliste

    Appel du comité d’action pour la défense de l’université publique
    Nous, étudiants de Paris 1, Paris 3, Paris 6, Paris 7, Paris 10, Paris 11 lançons un appel pour la défense de l’enseignement public, laïque et gratuit pour tous, de la maternelle à l’Université.

    Depuis plusieurs années, les capitalistes ont décidé de détruire l’enseignement public, comme ils le font avec les autres conquêtes des travailleurs : les retraites, la sécu, la santé, les services publics etc.

    Après les contre-réformes des années 2000 (ECTS/LMD (2002), Loi Liberté et Responsabilité des Universités (LRU 2007), plan ’’réussite en licence’’ (2007), Mastérisation des concours (2009), Nouvelle Licence (2011)...), la privatisation-destruction de l’université est sur le point de s’achever avec la hausse des frais d’inscription.

    Contre la privatisation…

    Ces contre-réformes ont deux conséquences principales :

    Premièrement, c’est le désengagement financier de l’État. Désormais, les facs sont contraintes de rechercher des financements privés, au travers de partenariats avec les entreprises privées et par la création de fondations.

    Si les entreprises financent les universités, c’est pour pouvoir dicter le contenu des diplômes.

    Dans ce contexte, les financements vont vers quelques « pôles d’excellence », « initiatives d’excellence » (Idex) au service des entreprises privées.

    Toutes les autres universités, jugées non rentables sur « le marché de l’éducation », ne reçoivent que des miettes. C’est la fin du service public d’enseignement supérieur. C’est une privatisation de fait.

    Contre la fin des diplômes nationaux…

    Deuxièmement, c’est la fin des diplômes nationaux. Désormais, chaque fac constitue ses diplômes en fonction de ses moyens.

    Ces diplômes ne donnent plus accès à des droits collectifs reconnus sur le marché du travail. Les travailleurs qui viennent d’être diplômés doivent négocier individuellement leur salaire, leur condition de travail etc.

    En tant que travailleurs en formation, nous devons nous battre pour obtenir un vrai diplôme garantissant un vrai emploi, un vrai salaire, des droits reconnus par le code du travail et les conventions collectives.

    Contre la hausse des frais d’inscription…

    Après avoir mis l’université à leur service, à travers la privatisation et la liquidation des diplômes nationaux, les capitalistes veulent désormais nous faire payer nos études, en plus de nous faire payer leur crise.
    Nous subirons tôt ou tard, une hausse généralisée des frais d’inscription.

    Demain, les frais d’inscription seront de 1000, 2000, 3000 euros... pour tous les diplômes. Qui pourra se les offrir ? Les banquiers ont la solution : ils accorderont ’’généreusement’’ des prêts étudiants, pour nous endetter afin de faire grossir leurs profits.

    Les étudiants chiliens, en lutte depuis plus d’un an pour l’enseignement public, expliquent qu’ils ont contracté des crédits qu’ils sont incapables de rembourser du fait de la crise, du chômage et de la précarité. Comme eux, nous devrons lutter pour défendre nos droits.

    Mobilisons-nous jusqu’au bout !

    Il n’y a pas de « bonne » privatisation. Refusons la mise en concurrence entre les facs et entre les étudiants. Pour cela, exigeons l’abrogation de toutes les contre-réformes.

    Ceci, nous ne l’obtiendrons que par la mobilisation et par la lutte, pas en négociant l’inacceptable ou en siégeant dans les Conseils d’Administration des universités.

    La victoire passera par l’organisation des AG massives et par la mobilisation permanente des jeunes et des travailleurs.

    Depuis un an, les étudiants américains, anglais, chiliens, et aujourd’hui québécois, prennent le chemin de la lutte, en se joignant au mouvement ouvrier. Aujourd’hui c’est à notre tour.

    N’attendons pas que les frais d’inscription augmentent de façon généralisée pour nous mobiliser ! Seule la lutte paye !

    C’est pour cela que nous appelons à l’unité d’action la plus large, à constituer partout des Comités d’action pour la défense de l’université publique :

    ABROGATION DE LA LRU !

    RÉENGAGEMENT FINANCIER DE L’ÉTAT À HAUTEUR DES BESOINS !

    FONDS PUBLICS À L’UNIVERSITÉ PUBLIQUE !

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  • Mardi 26 juin, le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, et la ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau-Langevin, se sont rendus au collège Auguste-Renoir d’Asnières (Hauts-de-Seine), pour y annoncer la création de postes dans l’enseignement secondaire. L’annonce du jour s’est arrêtée à 280 enseignants. Mais ce sont 6000 postes qui seront débloqués au total pour la rentrée. Interrogé sur ce nombre, le ministre l’a confirmé, précisant que "ce devrait être de cet ordre de grandeur", mais que les derniers arbitrages interviendront lors du collectif budgétaire du 4 juillet.

    Pour la nouvelle équipe installée Rue de Grenelle, le temps pressait. Elle doit créer 60 000 postes dans l’éducation nationale pendant le quinquennat de François Hollande. Si le chantier n’est pas lancé dès l’année scolaire 2012-2013, elle court le risque de ne pas tenir l’engagement présidentiel.

    Il faut donc recruter sans tarder. Alors que la rentrée 2012 avait été placée par la droite sous le signe des coupes budgétaires - 14 000 suppressions de postes, dont 5 700 dans le premier degré et 6 550 dans le second au budget 2012 -, le ministère a cherché tous les stratagèmes possibles pour atténuer la tendance en quelques semaines.

    Première solution : recruter des candidats inscrits sur les "listes complémentaires" aux concours - ceux qui, dans un premier temps, n’avaient pas été reçus, mais que le jury estime d’un niveau suffisant pour être sélectionnés. Par ce dispositif, 75 conseillers principaux d’éducation (CPE) supplémentaires pourraient être recrutés, ainsi que 60 professeurs d’éducation physique et sportive (EPS). C’est la même méthode qui a été choisie pour les 1 000 postes de professeurs des écoles annoncés le 20 juin.

    Pour le concours des enseignants certifiés, le capes, les choses sont plus compliquées. Comment recruter plus de professeurs que prévu, alors que le nombre de candidats chute depuis vingt ans et que les concours ne font plus le plein ? En 2011, 20 % des postes offerts au capes n’ont pas été pourvus, faute de candidats estimés au niveau : 16,5 % en anglais, 19 % en lettres modernes, 40 % en mathématiques.

    Le ministère a trouvé la solution : "On peut proposer à des personnes qui se sont présentées à l’agrégation, sous réserve que le jury l’autorise, d’être nommées certifiées", explique-t-on dans l’entourage du ministre. Autrement dit, les meilleurs "recalés" de l’agrégation pourraient se voir délivrer un capes. "On a demandé aux jurys de l’agrégation de proposer une liste complémentaire de 70 noms en anglais, de 60 en lettres modernes et de 90 en mathématiques - trois disciplines dans lesquelles on a du mal à recruter au capes, mais qui, à l’agrégation, ont un vivier important de candidats", précise le cabinet. Bilan prévu de l’opération : 220 professeurs certifiés supplémentaires. Par ailleurs, une décharge de service de trois heures hebdomadaires sera accordée aux enseignants débutants -soit 15 heures d’enseignement au lieu de 18 heures -, afin de leur accorder une journée de formation par semaine. Cela coûte l’équivalent de 1 500 postes.

    6000 postes créés. Mais que deviennent les 14000 suppressions prévues par le précédent gouvernement ? Au final ça fait 8000 en moins tout de même !‏

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  • Contestant la réforme Blanquer des enseignants ont détenu des notes et des copies et ne les ont pas livrées.

    Des membres de jurys du baccalauréat refusent de délibérer sur les notes de contrôle continu, selon plusieurs témoignages d’enseignants recueillis par franceinfo, jeudi 4 juillet. Ils rejettent ainsi les mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer.

    Le ministre de l’Éducation nationale a en effet demandé aux enseignants de prendre en compte la moyenne du contrôle continu des candidats dans les épreuves dont les notes au baccalauréat n’auraient pas été communiquées par des correcteurs grévistes aux jurys qui délibèrent sur les résultats.

    Selon les informations que franceinfo a pu obtenir, plusieurs jurys sont sérieusement perturbés. Ces tensions concernent la région parisienne ou l’Isère notamment.

    Le bras de fer continue : « Ça ne va pas bloquer le système, les jurys peuvent être remplacés » a répondu le ministre !!!

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