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Aux origines du génocide rwandais : la révolte sociale (sans aucun caractère ethnique) de janvier 1990 et janvier 1992 - Matière et Révolution
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Aux origines du génocide rwandais : la révolte sociale (sans aucun caractère ethnique) de janvier 1990 et janvier 1992

mardi 13 novembre 2012, par Robert Paris

Lire ici le vent de révolution en Afrique en 1990, rapporté à Kigali

Aux origines du génocide rwandais : la révolte sociale (sans aucun caractère ethnique) de janvier 1990 et janvier 1992

1990-1992, ce sont les années de la révolte sociale et politique, contre la dictature et la misère, au Rwanda.

Les classes dirigeantes font alors mine de reculer, d’accorder la démocratie pour sauver l’Etat et les forces armées de la colère populaire.

1994, c’est l’année de la riposte des classes dirigeantes : le génocide. Les classes dirigeantes organisent le massacre en contraignant la population hutu à massacrer la population tutsi en se servant de tous les organismes du pouvoir, de l’armée, de la police, des préfets, de la hiérarchie catholique et bien sûr des bandes fascistes formées dans les quatre années

En 1990, c’est la révolte sociale qui est descendue dans les rues de la capitale, Kigali, bravant la dictature militaire, dans le cadre d’un soulèvement presque général à l’Afrique (rappelez-vous la chute de Moussa Traoré au Mali). Pendant deux ans, tous les opprimés se sont soulevés quelque soient leurs origines et ils ont bravé le pouvoir au point que celui-ci a été contraint, pour calmer la révolte, de mettre des membres de l’opposition démocratique à la tête du gouvernement. Le génocide du Rwanda, c’est un massacre d’Etat et avec la caution de toutes les grandes puissances. Comme tous les autres massacres fascistes. Ce n’est pas spécifique à l’Afrique... Ne l’oublions pas.

L’impérialisme français, sous la direction du président « socialiste » François Mitterrand (ainsi que de la cellule spéciale de l’Elysée pour la Rwanda) et du gouvernement de droite Balladur-Léotard, n’a pas été passif : il a apporté son soutien, plein et entier, aux extrémistes hutus à plusieurs niveaux : militaire : avant le génocide en bloquant l’avancée du FPR sur Kigali et en enseignant l’art de tuer aux futures milices génocidaires ; pendant le génocide en livrant des armes et du matériel de communication et en aidant au tri ethnique des victimes en éditant les cartes d’identités avec la mention « hutu » et « tutsi » et ensuite lors des contrôles d’identité. N’oublions pas que, durant les années qui ont précédé le génocide, le chef d’Etat major de l’armée rwandaise est un officier français.

Quel intérêt pouvait donc avoir la France, dirigée par François Mitterrand aidé de Védrine et aussi Balladur, Léotard aidés de De Vilepin, à aider des fascistes africains pour réaliser un tel massacre ?

Quel intérêt pouvait donc avoir la France, dirigée par François Mitterrand aidé de Védrine et aussi Balladur, Léotard aidés de De Vilepin, à aider des fascistes africains pour réaliser un tel massacre ? C’est vraiment incroyable !

Les génocides fascistes ont toujours l’air incroyables, inexplicables et les grandes puissances font toujours semblant de les découvrir mais elles ont toujours été complices. Et ce pour une raison de classe : il n’y a jamais eu de massacre fasciste sans que pèse sur les classes dirigeantes une grave menace sociale.

Le régime de dictature féroce d’Habyarimana, soutenu par la France, a de plus en plus de mal à se maintenir au pouvoir. Depuis 1990, la population pauvre du pays est en révolte, toutes ethnies confondues, contre la dictature et la misère. En 1992, le régime a été contesté par un véritable soulèvement de la population de la capitale Kigali. Il est menacé d’autre part par le FPR (Front Patriotique Rwandais), parti à majorité tutsi, soutenu par l’Ouganda, avec derrière les USA et l’Angleterre. Il est contraint de reculer, accepte que le pouvoir soit partagé avec les dirigeants de la mobilisation démocratique. Le 6 avril 1994, l’avion du président est abattu. Cet événement sert de prétexte au nouveau Gouvernement intérimaire rwandais (GIR), constitué dans l’ambassade de France sous l’égide de l’ambassadeur, pour déclencher le génocide des Tutsis planifié depuis longtemps. La Radio des Mille collines exhorte les Hutus à se « éradiquer les cafards tutsis », tandis que l’armée montre l’exemple et distribue les machettes. Les Hutus qui refusent de participer au massacre sont assassinés. Plus d’un million de Tutsis seront massacrés dans les 100 jours qui suivront. L’impérialisme français, sous la direction du président « socialiste » François Mitterrand (ainsi que de la cellule spéciale de l’Elysée pour la Rwanda) et du gouvernement de droite Balladur-Léotard, n’a pas été passif : il a apporté son soutien, plein et entier, aux extrémistes hutus à plusieurs niveaux : militaire : avant le génocide en bloquant l’avancée du FPR sur Kigali et en enseignant l’art de tuer aux futures milices génocidaires ; pendant le génocide en livrant des armes et du matériel de communication et en aidant au tri ethnique des victimes en éditant les cartes d’identités avec la mention « hutu » et « tutsi » et ensuite lors des contrôles d’identité. N’oublions pas que, durant les années qui ont précédé le génocide, le chef d’Etat major de l’armée rwandaise est un officier français.

Le rapport de l’assemblée nationale sur la situation au Rwanda rapporte que :

« En 1990, la France finance pour 1,5 million de francs, un projet d’appui à la sécurité de la navigation aérienne avec la fourniture à l’aéroport de Kigali de matériels de radioguidage et de leur maintenance. Elle prend également en charge l’équipage de l’avion présidentiel, un Falcon 50 financé par une aide budgétaire de 60 millions de francs. Par ailleurs, le Président de la République a annoncé le 25 mai 1989 à Dakar une remise de dette qui représente en 1990 une économie de 36,4 millions de francs. La France figure parmi les pays qui soutiennent le plan d’ajustement structurel mis en place au Rwanda fin 1990. (...) La très forte dégradation de la situation économique rwandaise à l’aube des années 1990 met fin à l’illusion de l’autosuffisance sur laquelle reposait l’économie de ce pays depuis les années 1970.

Jusqu’à cette époque, et contrairement au Burundi, le Rwanda refusait tout accord avec le FMI qui lui imposerait une dévaluation dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel ; il s’imposait, de lui-même, un programme de rigueur qui a largement contribué à forger sa réputation de pays pauvre mais économiquement sain. C’est d’ailleurs en vertu de cette image que s’est développée une coopération bilatérale importante avec les pays européens notamment. En 1991, l’aide bilatérale et multilatérale représentait 21,5 % du PIB(5) rwandais et 60 % de ses dépenses publiques en faveur du développement ; l’OCDE estime, de son côté, à 343 millions de dollars le montant total de l’aide annuelle fournie au Rwanda sur la période 1990-1993 (soit 50 dollars par habitant) contre 35 millions de dollars annuels pour la période 1971-1974.

La dégradation continue des équilibres intérieurs et extérieurs a fait apparaître les limites d’une telle politique, plus encore dans un contexte de redéploiement budgétaire en faveur des dépenses militaires, qui passent de 1,9 % du PIB en 1989 à 7,8 % en 1992. Dès la fin de l’année 1990, est mis en place un plan d’ajustement structurel (PAS) soutenu par le FMI, la Banque mondiale et par la plupart des pays et organisations présents au Rwanda, dont la France. (…) Lorsque le Rwanda subit, le 1er octobre 1990, l’offensive du FPR, la France considère-t-elle qu’elle peut intervenir, tant pour protéger ses ressortissants que dans le cadre de l’accord de coopération militaire conclu en 1975, sans se trouver en contradiction avec les principes du discours de La Baule. (…)

A la Baule, le Président François Mitterrand le rappelle “ la France continuera d’être votre amie, et si vous le souhaitez, votre soutien, sur le plan international, comme sur le plan intérieur ” et le Président poursuit en déclarant “ la France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté ”. (...) Dans un discours prononcé le 5 juillet 1990, le Président Juvénal Habyarimana annonce la fin du cumul entre sa fonction de Président de la République et celle de Président du parti unique MRND, ainsi que l’amorce d’un processus démocratique avec la reconnaissance du multipartisme.

M. Michel Lévêque, ancien Directeur des Affaires africaines au ministère des Affaires étrangères de 1989 à 1991, a, devant la Mission, établi une corrélation entre ces décisions et les entretiens qui s’étaient déroulés entre les Présidents François Mitterrand et Juvénal Habyarimana, en marge du sommet de La Baule et qui avaient porté sur la nécessité de réformes institutionnelles au Rwanda et la question des réfugiés. “ A la suite de ces pressions, le Président Juvénal Habyarimana a accepté de réactiver la commission rwandaise et le comité rwando-ougandais sur les réfugiés ”. (…) L’attaque lancée par le FPR le 1er octobre 1990, sur laquelle se greffent les difficultés économiques, les revendications politiques et le réveil de la société rwandaise, devait prouver -par les réactions qu’elle devait susciter de la part du pouvoir de Kigali- que l’ethnisme restait bel et bien une “ ressource politique dormante ”, pour reprendre l’expression du professeur André Guichaoua, sans que le régionalisme disparaisse pour autant. (…)

L’Eglise et l’Etat représentant les seules forces organisées au sein de la société rwandaise. De même que l’encadrement administratif et politique est puissant, de même, l’Eglise du Rwanda présente un visage hiérarchique et administratif qui accentue encore le caractère rigide de cette société. Cette alliance objective de l’Etat et de l’Eglise se traduit notamment par l’existence d’administrations dédoublées : par exemple, il existe un système de formation professionnelle assurée par l’Etat et, parallèlement, un circuit de formation interne à l’Eglise. De manière similaire, l’Eglise a utilisé à son profit le système traditionnel de l’umuganda, dévoyé par la colonisation, que les experts du Bureau international du travail (BIT) assimilent à de véritables travaux forcés. Ainsi, de même que chaque Rwandais devait à l’Etat une demi-journée de travaux communaux, sous peine de sanctions, de même l’Eglise avait développé un tel système au profit de ses oeuvres, sanctionnant les résistances par des refus de sacrement. (…) Premier propriétaire, premier employeur et premier investisseur après l’Etat, l’Eglise représentait à la fin des années quatre-vingts une puissance économique et sociale majeure au Rwanda, plus encore dans un contexte économique particulièrement dégradé, qui se traduisit notamment par une réduction des dépenses publiques civiles. (…)

Le 9 octobre 1990, le ministère de la Justice rwandais admettait l’arrestation de 3 000 personnes environ. En fait, les chiffres sont évalués à 10 000.

Selon M. Gérard Prunier “ de toute évidence, ces arrestations ne visent pas des partisans du FPR (très peu nombreux, et pas tous connus des services de police) ; elles frappent à l’aveuglette Tutsis éduqués et Hutus contestataires, en fait quiconque n’est pas bien vu des élites au pouvoir (et même leurs amis et relations de travail ; de plus, les arrestations servent souvent à liquider des dettes en se débarrassant des créanciers) ainsi que les résidents d’autres pays africains, principalement des Zaïrois et des Ougandais, car, même modestes, des commerçants sont toujours bons à pressurer financièrement. ” Selon le même auteur, le Ministre de la Justice, M. Théodore Mujyamana, avait à l’époque déclaré : “ nous avons des preuves solides de la culpabilité de tous les détenus... et être relâché n’est pas une preuve d’innocence. ”

En fait, les motifs d’arrestation sont souvent vagues et peu de procès auront lieu. Par delà ces arrestations, d’autres manifestations du raidissement du régime interviendront, comme le remplacement du Procureur général, M. Alphonse-Marie Nkubito, considéré comme trop libéral.

Le Ministre de la Défense, intervenant à la radio nationale, demandera à la population de traquer les infiltrés. Cet appel sera immédiatement suivi d’effet. Une partie des soldats du FPR, vaincus, se réfugieront dans la région du Mutara, au nord-ouest du Rwanda. Cette région est une zone traditionnelle de l’émigration tutsie vers l’Ouganda. Or, 348 civils tutsis y seront massacrés entre le 11 et le 13 octobre 1990, et plus de 500 maisons seront incendiées dans la seule commune de Kibilira. S’il s’agit là d’un massacre dont l’ampleur est relative, compte tenu du caractère massif des exterminations constatées dans la région, ses caractéristiques méritent qu’on s’y arrête. D’abord, aucune des victimes n’est un combattant du FPR ; il ne semble pas non plus qu’il s’agisse de sympathisants avérés de ce mouvement : il serait en effet extraordinairement risqué d’afficher de telles sympathies et les Tutsis conservent le souvenir des persécutions de la période de 1959 à 1962.

Ensuite, les massacres sont commis par les paysans sous la conduite des autorités civiles, selon les règles bien connues de la corvée collective. Interrogé sur la révolte qui aurait poussé les paysans du nord-ouest à massacrer les Tutsis, le Président Juvénal Habyarimana répond placidement dans une conférence de presse : “ Il ne s’agit pas d’une révolte. Tout le monde obéit. ” Enfin, les dirigeants locaux sous l’autorité desquels les massacres ont été commis ne seront pas inquiétés par le pouvoir central.

Les massacres du Mutara peuvent ainsi être définis comme suit : consécutifs à une attaque du FPR, ils apparaissent comme un système à la fois d’intimidation et de vengeance en réponse à celle-ci. Les Tutsis rwandais sont traités comme des otages susceptibles de perdre leur vie en représailles aux attaques du FPR. Coordonnés par une autorité locale, ces massacres ne sont en aucun cas des actes individuels. Enfin, le fait qu’ils soient localisés montre qu’ils ne font pas l’objet d’une coordination au niveau central, mais le fait qu’ils demeurent impunis témoigne du regard complaisant que pose le pouvoir central sur ces actes sanguinaires. Ainsi, le meurtre des Tutsis rwandais en réponse aux actions du FPR apparaît comme une solution organisée, qui bénéficie d’une bienveillante indifférence des autorités centrales. (…)

il convient de s’arrêter sur la question de la mention ethnique sur les cartes d’identité. On sait en effet qu’au moins dans les villes et sur les routes, les cartes d’identité constituèrent l’un des principaux instruments du génocide ethnique. Dans la mesure où le terme “ hutu ”, “ tutsi ” ou “ twa ” y était porté, une simple vérification des cartes d’identité permettait de connaître l’appartenance ethnique de la personne contrôlée en vue éventuellement de l’éliminer. Or, il a pu être envisagé que le retard dans la distribution des nouvelles cartes d’identité pouvait être attribué à la France elle-même. Cette opinion est apparue très précisément lors de l’audition de M. André Guichaoua par la Mission. Celui-ci a en effet déclaré : “ Le système des quotas ethniques scolaires et professionnels était formellement aboli dès novembre 1990, tout comme la mention de l’ethnie sur les cartes d’identité. Les nouvelles cartes sont alors commandées à des entreprises françaises. Le conseiller culturel de l’ambassade de France déclarera le 26 mai 1994, devant les personnels du ministère de la Coopération, qu’elles étaient justement en cours de livraison la semaine où l’attentat contre l’avion présidentiel a eu lieu. Pourquoi ce retard ? Cette version correspond-elle à la réalité ? Il convient de préciser qu’aucune carte d’identité sans mention d’origine ethnique ne sera délivrée avant avril 1994 ”.

A M. Jacques Myard qui s’étonnait d’une telle assertion, puis au Président Paul Quilès qui s’enquérait du rapport entre la distribution des nouvelles cartes d’identité et les fonctions de l’attaché culturel français, M. André Guichaoua a alors répondu que “ c’est par une déclaration de l’attaché culturel devant l’assemblée générale des personnels du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Coopération et de la Caisse française de coopération qu’il avait appris que l’ambassade avait été saisie de cette demande dès 1990 et que les cartes d’identité devaient être livrées au cours de la semaine où l’avion présidentiel avait été abattu. ”

Il a ajouté que “ s’agissant des cartes d’identité, dans la mesure où l’abolition de la mention de l’ethnie avait été demandée en novembre 1990, il était important de savoir si une commande avait été passée, dans quelles conditions et à qui, et si l’explication alors diffusée à Kigali, à savoir que les cartes étaient en cours d’impression, correspondait à la réalité. ”

M. Pierre Brana, rapporteur, lui ayant alors plus précisément demandé s’il imputait le retard de la mise en œuvre de la réforme “ au fournisseur des cartes d’identité, c’est-à-dire à la France ”, M. André Guichaoua a fait valoir qu’en tout état de cause “ la réponse était certainement interne au Rwanda, un fournisseur ne pouvant imposer une décision dans un tel domaine ” mais qu’il “ trouvait symptomatique qu’il ait été jugé utile de faire cette annonce en plein génocide, comme s’il y avait une responsabilité française dans ce dossier. ”

Dans la mesure où il y avait là l’expression d’un sentiment plus largement partagé, la Mission a souhaité vérifier l’ensemble des informations relatives à cette question. Lors de leurs auditions, M. Jean-Christophe Mitterrand et M. Jacques Pelletier ont exposé que la France avait demandé que la mention ethnique sur les cartes d’identité soit supprimée.

M. Jacques Pelletier, alors Ministre de la Coopération, a même confirmé avoir dit au Président Juvénal Habyarimana lors de sa visite au Rwanda en novembre 1990 que le fait que les cartes d’identité rwandaises “ portent une mention ethnique lui paraissait ahurissant. Le Président Juvénal Habyarimana trouvait cette indication normale car il en avait toujours été ainsi. La pratique en avait été établie du temps des Belges, et l’on avait continué ”. Le Président Juvénal Habyarimana lui avait toutefois dit “ qu’il pensait que cette mention pouvait être supprimée. ” M. Jacques Pelletier a ajouté qu’à sa connaissance “ il n’y a pas eu demandes d’aide du Gouvernement rwandais pour la fabrication de cartes d’identité sans mention ethnique. ”

Il a également indiqué que la circonstance qu’il n’y ait pas eu de demande adressée à son ministère “ n’était pas, en soi, étonnante. La modification des cartes d’identité ne représentait pas une dépense considérable et le Rwanda pouvait la prendre en charge sur son budget ou s’adresser à un autre pays parce que, heureusement, la France n’était pas la seule à avoir une coopération avec le Rwanda. ” (…)

Le 8 janvier 1992, des manifestations d’une ampleur inconnue au Rwanda secouèrent les principales villes du pays, notamment Butare, Gitarama et surtout Kigali, où 50 000 personnes défilèrent pour manifester contre le nouveau Gouvernement. Une nouvelle journée de manifestation est convoquée pour le 15 janvier, mais le pouvoir l’interdit et les manifestants qui passent outre sont arrêtés. Cependant, devant l’ampleur de la pression, le Président Juvénal Habyarimana finit par accepter de signer un compromis avec l’opposition réunie. Aux termes de ce compromis, le Gouvernement Nsanzimana serait remplacé par un Gouvernement de coalition. Celui-ci, qui comprendrait des Ministres MRND, serait cependant dirigé par un membre du MDR.

Le 3 octobre 1990, le Président François Mitterrand, MM. Jean-Pierre Chevènement, Roland Dumas et Hubert Védrine, ainsi que l’Amiral Jacques Lanxade dans un voyage au Moyen-Orient : “ Le 4 octobre, après une nuit à Abu Dhabi, l’ensemble de la délégation est arrivé à Djeddah où elle était reçue à déjeuner par le Roi Fahd. C’est peu avant ce déjeuner que deux messages sont arrivés, en provenance respectivement de l’Elysée et de l’état-major des armées. Ces messages précisaient que des risques graves d’exactions existaient à Kigali et que le Président Juvénal Habyarimana demandait l’intervention de l’armée française. Un Conseil de défense restreint, très bref, s’est tenu sur l’heure à Riyad, sous la présidence du Président de la République, à la suite duquel l’ordre a été donné d’envoyer au plus vite deux compagnies à Kigali, avec la mission de protéger les Européens, les installations françaises et de contrôler l’aérodrome afin d’assurer l’évacuation des Français et étrangers qui le demandaient. Ces troupes ne devaient en aucun cas se mêler des questions de maintien de l’ordre qui étaient du ressort du Gouvernement rwandais. ”

C’est l’opération Noroît. Le détachement Noroît sous le commandement du Général Jean-Claude Thomann était composé d’un état-major tactique de 40 personnes et de deux compagnies -1ère et 3ème compagnies du 8ème RPIMA- de chacune 137 personnes, soit un effectif total de 314. La 3ème compagnie était chargée d’intervenir en ville, la 1ère compagnie dite compagnie extérieure avait la responsabilité de la protection de l’aéroport. Le PC du détachement Noroît était installé à l’hôtel Méridien et le Général Jean-Claude Thomann soulignera tout l’intérêt pratique d’une implantation dans un tel établissement. Il est demandé aux compagnies Noroît “ d’adopter une attitude discrète ” car il ne saurait être créé “ le sentiment de notre engagement aux côtés des FAR ”.

L’action des forces Noroît est limitée à la ville de Kigali et à l’aéroport, les sorties en dehors de ces lieux restant subordonnées à l’autorisation de l’état-major des armées.

Le Général Jean-Claude Thomann, Commandant des opérations, note dans son rapport de mission l’existence aux abords des villes principales, de nombreux barrages tenus le plus souvent par la gendarmerie ou l’armée rwandaise, et de points de contrôle tenus par des “ civils qui interdisent l’accès de certains villages de brousse et permettent ainsi de filtrer les gens des collines. Les barrages civils sont gardés par une dizaine d’hommes armés de machettes ”. Il constate par ailleurs l’accueil enthousiaste des populations et des forces armées rwandaises réservé aux soldats français. (…)

L’opération Noroît fait partie d’un ensemble plus vaste dont les composantes sont d’une part l’accord d’assistance militaire technique du 18 juillet 1975 sur lequel le Président Juvénal Habyarimana appuie notamment sa demande d’assistance, et qui justifiera la venue du Colonel Gilbert Canovas pour exercer une mission de conseil auprès des FAR, d’autre part une action diplomatique fondée sur les principes énoncés dans le discours de La Baule (démocratisation, pluripartisme, partage du pouvoir…). (…)

L’Ambassadeur de France Georges Martres se place dans la logique d’une agression extérieure qui peut plus facilement justifier l’intervention et l’aide de la France.

Le 7 octobre, il pose le problème en ces termes : “ le choix politique est crucial pour les puissances occidentales qui aident le Rwanda et notamment la Belgique et la France. Ou bien elles considèrent avant tout l’aspect extérieur de l’agression et un engagement accru de leur part est nécessaire sur le plan militaire pour y faire face. Ou bien elles prennent en compte l’appui intérieur dont bénéficie ce mouvement (FPR).... il aboutira vraisemblablement à la prise du pouvoir par les Tutsis ou tout au moins par la classe métisse... Si ce deuxième choix était retenu, une négociation délicate assortie de pressions militaires s’imposerait pour garantir la sécurité de la population européenne, avec la perspective de substituer aux difficultés provenant des assaillants celles qui résulteraient alors d’une armée nationale rwandaise qui se sentirait abandonnée. ”

Dans un télégramme daté du 27 octobre 1990, l’Ambassadeur se prononce plus nettement à propos de l’arrivée, les 23 et 24 octobre, d’avions libyens sur l’aéroport de Kampala. Saisissant cette occasion pour insister sur la nécessité de mettre en valeur sur le plan médiatique le caractère d’agression extérieure, il estime que la France sera plus à l’aise pour aider le Rwanda s’il est clairement montré à l’opinion publique internationale qu’il ne s’agit pas d’une guerre civile. La situation serait beaucoup plus claire et beaucoup plus facile à traiter selon lui si le nord-est du pays était nettoyé avant la poursuite de l’action diplomatique.

Au cours de son audition, M. Jean-Christophe Mitterrand, conseiller à la Présidence de la République pour les affaires africaines de 1986 à 1992, a rappelé qu’il avait établi le 19 octobre 1990 une note à l’attention du Président de la République “ indiquant que la situation au Rwanda était influencée par la position dans le conflit des pays voisins et qu’une concertation régionale entre les différents pays de la zone constituait le seul moyen de stabiliser la situation ” et que “ notre présence miliaire risquait donc de perdurer aussi longtemps qu’une solution politique n’aura pu être trouvée. ”

M. Jean-Christophe Mitterrand a alors précisé que “ le Président avait, en marge, commenté négativement cette solution, mais qu’il avait en revanche approuvé le principe d’une mission, qui sera effectuée par le Ministre de la Coopération, M. Jacques Pelletier. ”

Accompagné de M. Jean-Christophe Mitterrand, le Ministre de la Coopération Jacques Pelletier s’est rendu dans la région des Grands Lacs du 5 au 9 novembre 1990. Cette visite intervenait après la rencontre de Mwanza, le 17 octobre, entre les Présidents Juvénal Habyarimana et Yoweri Museveni et celle de Gbadolite, du 23 au 27 octobre, entre les Chefs d’Etat de la communauté économique des pays des Grands Lacs qui avaient posé le principe d’un cessez-le-feu contrôlé par un groupe d’observateurs zaïrois, burundais, ougandais, rwandais et représentants du FPR, et la création d’une force africaine d’interposition.

Dans ce contexte, comme l’a rappelé M. Jacques Pelletier au cours de son audition, “ le Gouvernement français avait eu deux objectifs dès le début du conflit : un objectif très visible, à savoir, aider un pays à assurer sa sécurité contre une agression extérieure, et un objectif dont on a moins parlé, mais qui était tout aussi important, faire évoluer le régime en place. ”

Fin des extraits du rapport pour l’Assemblée nationale française.

Une situation explosive face à une dictature militaire : des manifestations monstres à Kigali : 100.000 le 8 janvier 1990, puis le 15 janvier 1990, puis la révolte générale en 1992 dans la capitale Kigali devant laquelle le régime fait mine d’accepter un compromis avec les dirigeants modérés de l’opposition démocratique (tout en préparant le bain de sang)

Le 8 et le 15 janvier 1990, plus de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale Kigali. “ Au début de l’automne 1990, le Rwanda traversait une crise profonde qui gagnait petit à petit tout le pays ”, écrit M. Gérard Prunier. Les questions brûlantes qui causent cette mobilisation ne sont nullement les questions dites ethniques mais les questions sociales et politiques, la crise, la misère, la corruption du régime et la dictature. C’est la corruption en matière de scolarité qui donne l’étincelle mettant le feu aux poudres.

Une enseignante, Agathe Uwilingiyimana, qui sera la première assassinée au démarrage du génocide, dénonce les trafics dans les résultats du baccalauréat qui permettent aux enfants de la classe dirigeante d’être reçus en rayant les premiers de la liste des reçus. Elle subit une violente répression de la part de l’armée, mais la population prend fait et cause pour elle. La mobilisation en sa faveur est impressionnante en va faire d’elle une des leaders de l’opposition démocratique qui vise à la démocratisation du pays, dont le multipartisme. En fait, la révolte populaire avait une base sociale d’autant plus importante que la classe dirigeante était absolument incapable de satisfaire les aspirations populaires, ayant même du mal à imaginer comment elle allait partager un gâteau sans cesse plus restreint entre des équipes concurrentes de la bourgeoisie, du pouvoir, du FPR et de l’opposition. Les recettes du café et du thé, durement touchées par la chute des cours sur les marchés mondiaux, connaissent une baisse inquiétante. Quant aux espoirs suscités par le développement du tourisme, ils auront été fauchés net avec le déclenchement de la guerre. En 1991, le déficit budgétaire, censé ne pas dépasser 2,6 milliards de francs rwandais, a atteint 10,5 milliards. Les dépenses de l’Etat ont monté en flèche : les effectifs de l’armée, guerre oblige, ont quasiment triplé. Dans les deux années qui suivent le mouvement populaire contre le régime va aller sans cesse croissant. Il culmine en 1992 avec des manifestations monstres à Kigali et dans les grandes villes. Dans la capitale, c’est presque la moitié de la population qui descend dans la rue et conspue les militaires. Les leaders démocrates du mouvement sont alors appelés à participer au gouvernement aux côtés des membres du pouvoir liés à l’armée et à l’extrême-droite. Les opposants démocrates « réalistes » acceptent de gouverner avec les assassins qui ont déjà maintes fois démontré leur capacité de nuisance. Dans le mouvement d’opposition à la dictature, il y a à la fois des Hutus et des Tutsis. Mais si le régime militaire a momentanément reculé, remisé le parti unique et appelé certains opposants à la direction du gouvernement, ce n’est que partie remise. Pris entre deux feux, entre FPR à l’extérieur et révolte populaire à l’intérieur, les dirigeants partent à la recherche d’une solution de type fasciste. Pour retrouver une base populaire, les classes dirigeantes se tournent vers les déclassés de la capitale et les pauvres des campagnes et se fondent pour cela sur le préjugé si fréquemment employé en Afrique : l’ethnisme. Des médias qui appellent ouvertement au génocide des Tutsis, comme la « radio des mille collines » affirment que Tutsi est synonyme de pro-FPR et prétendent que si les Hutus ne tuent pas les Tutsis, c’est eux qui seront tués. Et pour lier à eux une partie de la population ils l’obligent à se mouiller à leurs côtés. Tous ceux qui auront tué ne pourront plus ensuite prendre parti pour le FPR qui les accuserait de crime. D’où de premiers massacres, dès 1990, puis en 1993, dans lesquels des Hutus sont poussés à tuer des Tutsis. D’où aussi la formation de milices de pauvres embrigadés et formés à tuer.

Avril 1990 : Le chef d’Etat du Rwanda M. Juvenal Habyarimana a achevé, le vendredi 6 avril, une visite officielle en France au cours de laquelle il a rencontré M. Mitterrand.

20 juin 1990 : discours de Mitterrand en faveur du multipartisme au sommet franco-africain de La Baule. fin 1990 : le lieutenant-colonel Chollet, de l’armée française, organise l’armée rwandaise et Paul Barril travaille pour l’Akazu, clan familial présidentiel

Octobre 1990 : Le 17 octobre, le Zaïre retire ses troupes du Rwanda où elles aidaient le régime en place. Le 18 octobre 1990, le dictateur Juvenal Habyarimana, en visite à l’Elysée, reçoit du président François Mitterrand la promesse de l’aide militaire française en échange d’une promesse d’ouverture politique à l’opposition.

Opération Noroit : engagement français dans la guerre contre le FPR sous prétexte d’aide à l’évacuation des Français. Le contingent français stoppe l’offensive du FPR aux portes de Kigali une première fois, puis sert à aider le gouvernement à arrêter ses opposants dans la capitale. Le pouvoir accuse la communauté tutsie tout entière de complicité avec les forces armées du FPR qui attaquent le pouvoir depuis l’Ouganda. 4000 Tutsis rwandais traités de « suspects » de sympathie avec le FPR sont arrêtés sans jugement. " Il nous faut démasquer au plus vite les assaillants infiltrés dans la population ", déclare le président pour expliquer la campagne de délation nationale à laquelle les Rwandais sont aujourd’hui conviés. Une occasion rêvée pour les autorités et pour les particuliers de se débarrasser d’un voisin, d’un collègue de travail ou d’un opposant. Un simple coup de téléphone suffit, les militaires arrivent quelques minutes après, embarquent le suspect en remettant le contrôle d’identité à plus tard. Il a fallu ouvrir un stade pendant quelques jours pour y mettre le trop-plein des interpellés.

Ainsi, dès octobre 1990, les principaux dignitaires du régime réagirent brutalement. Comme aux sombres heures de la dictature de Habyarimana, ils brandirent le spectre de "l’ennemi intérieur" et ne cachèrent pas leurs intentions de ne pas se laisser faire : en quelques heures, 10 000 personnes, généralement des Tutsis mais aussi des Hutus modérés considérés comme alliés du FPR, furent arrêtées et parquées dans le stade de Kigali. Dans les provinces, les autorités, les bourgmestres, les préfets, les commandants des zone, poussèrent les Hutus à s’attaquer à leurs voisins tutsis : dans la préfecture de Giseny, par exemple, 300 Tutsis furent tués, des milliers d’autres blessés ou obligés de s’enfuir, leurs maisons brûlées, leurs biens pillés. D’autres massacres de ce genre eurent lieu ailleurs.

Novembre 1990 : " Nous sommes prêts à vous aider financièrement pour régler le problème des réfugiés ", a déclaré, jeudi 8 novembre, le ministre français de la coopération, M. Jacques Pelletier, à l’issue d’une mission dans la région.

Décembre 1990 : Dans son numéro de décembre, le tout nouveau bimensuel Kangura (proche de la direction de l’armée rwandaise) énonce " les dix commandements " que les Hutus (ethnie majoritaire, au pouvoir depuis 1959), sont censés appliquer. Sera ainsi considéré comme " traître " tout citoyen Hutu " qui fait alliance avec les Tutsis dans ses affaires ". Pire : " les Hutus doivent cesser d’avoir pitié des Tutsis " et, s’alliant à " leurs frères bantous ", se montrer " fermes et vigilants contre leur ennemi commun tutsi ". Cet appel à la haine raciale ne semble pas avoir ému le gouvernement du président Habyarimana pas plus que les institutions judiciaires pourtant promptes, semble-t-il, à réagir dès qu’il s’agit de " suspects " d’origine tutsie.

Juin 1991 : instauration du multipartisme qui donne naissance à une douzaine de partis officiels et à une soixantaine de journaux privés. En fait, les partis, associations et journaux qui sont critiques du régime sont sans cesse inquiétés et attaqués, alors que la presse et les organisations d’extrême-droite hutu sont favorisées par le pouvoir. Pourtant, les opposants du MDR, du PL et du PSD cultivent le réalisme, la modération et se refusent à s’appuyer sur la révolte populaire.

Novembre 1991 : manifestation massive, à Kigali, contre la dictature en place, le dimanche 24 novembre. Le président est obligé de céder le multipartisme.

Le 1er novembre 1990, retrait des troupes belges, remplacées par les troupes françaises.

Entre 1990 et 1994, grâce principalement au soutien de la France, l’armée rwandaise passe de 5 500 à 35 000 hommes. La France fournit des armes par plusieurs canaux (vente d’armes par des groupes installés en France, cessions directes et indirectes de matériels de l’Armée française ; au total la France a fourni la plupart des armes lourdes, des véhicules d’assaut, des armes lourdes et des hélicoptères utilisés par le gouvernement rwandais pendant la guerre contre le FPR.

Le Monde 23 juin 1994 : "Une aide militaire intense et souvent clandestine ».

La régime reçoit des équipements militaires pour des centaines de millions d’euros. Ces armes ont eu un impact sur le génocide. Les troupes françaises entraînement des troupes, y compris des miliciens civils, elles conseillent et encadrent les troupes du gouvernement rwandais.

Des miliciens Interamwhe ont été formés par les conseillers militaires français, notamment dans le camp de Bagogwe. Ils ont appris aux génocidaires comment tuer un homme avec une machette !!! Des militaires français ont contribué aux contrôles de cartes d’identité entre octobre 1990 et 1993 . A la même période de nombreux contrôles de ce type ont été l’occasion de l’élimination de personnes étiquetées tutsi. Les autorités françaises ont gardé ces engagements militaires largement secrets.

1990 était une année charnière dans toute l’Afrique.

Au moment même où éclataient les grandes manifestations du Rwanda, des troubles sociaux et politiques avaient lieu dans toute l’Afrique : révolte de salariés au Mozambique, manifestations monstres de jeunes en Côte d’Ivoire, troubles violents au Gabon. Tout cela en janvier 1990….

En effet, cette année-là, à cause de la crise économique du système capitaliste dans laquelle le monde s’enfonçait inexorablement depuis plus de vingt ans, tout le continent africain était pris dans une tourmente de luttes sociales sans précédent. Plus qu’aucune région du monde, l’Afrique plus vulnérable, parce qu’exploitée depuis des siècles, subissait douloureusement les conséquences de la crise. A cause de la chute des prix des matières premières sur le marché mondial, les conditions de vie des masses populaires s’étaient profondément dégradées, essentiellement à cause, d’une part, du fait que les caisses étant de plus en plus vides, les Etats n’avaient plus les moyens d’assurer les services publics nécessaires et d’augmenter les salaires, et d’autre part, de ce que, sous la pression du FMI et respectant les plans d’ajustement structurel de celui-ci, ces mêmes Etats bloquaient les salaires, diminuaient les bourses des étudiants et organisaient des licenciements massifs, tant dans le public que dans le privé, en édictant des lois permettant aux patrons de faire ce qu’ils voulaient.

Toutes ces attaques de la bourgeoisie mondiale à travers la politique de ses valets locaux finirent par déclencher la colère des différentes couches populaires africaines. Celle-ci s’exprima de différentes façons : des émeutes de la faim suite à une augmentation du prix du pain, comme au Maroc ou en Tunisie, mais surtout des grèves et des révoltes. C’était l’ensemble du continent africain qui était secoué. A Abidjan, à Douala, à Lomé, à Libreville, à Bamako, à Kinshasa, à Douala, etc, dans la plupart des capitales africaines, des milliers de gens, des travailleurs, des étudiants, des femmes, des jeunes s’élevaient pour dire qu’ils n’acceptaient plus de vivre comme avant. Ils descendaient dans la rue pour crier leur colère contre la misère. Ils s’érigeaient contre les plans d’ajustement du FMI, réclamaient les arrêts des licenciements, l’augmentation des salaires, des bourses et des meilleures conditions d’études. Ces grèves, émeutes, révoltes allaient ébranler les dictatures, en faire reculer certaines ou même tomber d’autres, comme au Mali, par exemple, en 1991.

Ce déferlement d’événements sans précédent, dont certains, comme la révolte des jeunes en Algérie en 1988, avaient commencé des années avant 1990, ce déferlement d’événements donc contraignit l’impérialisme français à faire pression sur ses laquais locaux afin qu’ils modifient quelque peu la façade de leurs régimes dictatoriaux. Ainsi nombre de dictateurs qui, auparavant, avaient juré que de leur vivant ils n’instaureraient pas le multipartisme allaient finalement faire marche arrière et accepter qu’il y ait des partis autres que les leurs. Pour compléter le tableau, ajoutons que c’était dans la même période que, sous la pression des puissances impérialistes, en Afrique du sud, effrayée par l’explosion quasi permanente des townships et des ghettos, la bourgeoisie blanche a décidé d’aller rencontrer la direction de l’ANC à Lusaka, en Zambie, afin de discuter de la perspective d’un changement en douceur de l’apartheid sous la forme d’une solution négociée avec la bourgeoisie noire. Ici et là, le but visé par toutes ces opérations était évidemment de chercher à désamorcer la colère des masses populaires, à la domestiquer, en la détournant vers des changements formels afin d’éviter qu’elle ne débouche sur une remise en cause contagieuse de l’ordre social.

Le Rwanda aussi avait connu les mêmes problèmes que les autres pays africains. La chute des cours des matières premières avait créé au pays d’énormes difficultés : entre 1985 et 1988, le prix du café avait baissé de 30%, celui du thé, de 40%. Le prix de l’étain aussi avait chuté à tel point que, en 1985, la Somirwa, une société minière dont les exploitations d’étain assuraient à l’Etat 25% de recettes en devises et qui employait 8 000 personnes, avait fait faillite. Aussi les masses étaient-elles confrontées aux mêmes problèmes qu’ailleurs : précarité, misère, licenciements, suivis d’un profond mécontentement. Dès 1989, le régime du parti unique était de plus en plus critiqué, y compris de l’intérieur. Dans la même année, trente trois intellectuels ont osé publier une lettre ouverte réclamant des élections libres. En 1990, sous la pression de la rue et de l’impérialisme français, comme les autres dictateurs, Habyarimana accepta de mettre sur pied une commission nationale en vue de l’instauration du multipartisme. Mais avant que celle-ci ne dépose les résultats de ses travaux, plusieurs paris politiques d’opposition, des syndicats indépendants, des associations de droits de l’homme et une presse libre diverse se créèrent.

En face de l’ancien parti unique le MRND, le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement, qui changea de nom pour devenir le MRNDD, le Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le Développement, se créèrent toute une série de partis politiques bourgeois, des modérés libéraux aux partis ouvertement racistes, anti-tutsis. Le plus important d’entre eux était le MDR, le Mouvement Démocratique Républicain. Dirigé par des Hutus rivaux d’Habyarimana, originaires de la région du Centre et du Sud, ce parti se voulait l’héritier du Parmehutu de l’ancien dictateur Kayibanda. Bon nombre de ces partis, pour ne pas dire la plupart, étaient de bouts du MNRD, le parti de la dictature. Leur ambition à tous était surtout de partager le pouvoir avec la clique de "l’Akazu", "la maisonnée" du dictateur. Par ailleurs, quoique se définissant généralement d’obédience hutue ou tutsie, ces partis étaient souvent organisés autour des ambitions personnelles de quelques individus et apparaissaient plus comme représentant les intérêts de telle ou telle région et non telle communauté ethnique. Par exemple Le MDR, issu du MNRD et dirigé par des Hutus, prétendait défendre les intérêts des Hutus du centre et du sud écartés de la gestion des affaires depuis la prise du pouvoir par les Hutus du Nord. Il en était de même pour tous les autres partis. C’est pourquoi, reprochant au parti du dictateur Habyarimana de concentrer exclusivement le pouvoir entre les mains des Hutus du Nord, la seule ambition de tous ces partis était de faire pression sur la dictature afin d’aboutir à un repartage du pouvoir sous la forme d’un rééquilibrage au profit des uns et des autres.

Le soulèvement populaire de 1992

Agathe Uwilingiyimana, une enseignante du sud du Rwanda, dénonce la anière de tenir les examens et le fait que chaque année des jeunes hutu des classes dirigeantes du Nord (la région du président) sont cette année là reçus aux examens. Un commando militaire agresse Agathe Uwilingiyimana. Des milliers de Rwandaises bravent les menaces armées des Interahamwe dans la rue, se regroupant dans une manifestation par solidarité avec Agathe Uwilingiyimana à la fin de l’été 1992.

Janvier 1992 : « Le 8 janvier 1992, des manifestations d’une ampleur inconnue au Rwanda secouèrent les principales villes du pays, notamment Butare, Gitarama et surtout Kigali, où 50 000 personnes défilèrent pour manifester contre le nouveau Gouvernement. Une nouvelle journée de manifestation est convoquée pour le 15 janvier, mais le pouvoir l’interdit et les manifestants qui passent outre sont arrêtés. » (citation du rapport Quilès)

Février 1992 : la journaliste pro-française Simon Catherine écrit : « Les militaires français ne combattent pas directement, mais c’est vrai qu’ils apportent un "plus à l’armée rwandaise". Paradoxalement, cette présence française est à la fois critiquée par l’opposition et saluée comme une sorte de "gage" donné au processus de démocratisation. Même ceux qui la contestent admettaient, encore récemment, qu’elle avait permis d’éviter de "trop grosses bavures sur le plan humanitaire". » Les média français s’y entendent à cautionner au nom de l’humanitaire les exactions soutenues au Rwanda par la France.

Mars 1992 : massacres organisés par le pouvoir dans le sud-est du pays, répétition de ce que sera le génocide.

Dans tous les cas, la dictature de Habyarimana s’est trouvée ébranlée par cette situation. Elle était affaiblie par le mouvement de contestation qui se développait dans le pays. Elle avait surtout perdu la confiance d’une frange de sa base sociale petite-bourgeoise. Et ce fut dans cette situation-là qu’intervint la première attaque du FPR. Les grandes puissances visent à un partage du pouvoir avec le FPR S’ajoutant au mouvement de contestation intérieur de plus en plus grandissant et aux pressions des pays riches qui souhaitaient une stabilité politique, cette attaque mit la dictature de Habyarimana sous la coupe d’une triple pression. La conjonction de ces trois éléments, à savoir les manifestations des rues, les pressions des puissances impérialistes et les raids du FPR, dans un contexte marqué par d’énormes difficultés économiques dues à la chute des prix des matières premières, tout cela allait peser plus encore sur le pouvoir au point de l’obliger à composer avec l’opposition et d’accepter de discuter avec elle. Ainsi au mois de mars 1992 et au mois de juin 1993, un gouvernement de transition fut formé avec les partis de l’opposition. Au mois d’août 1992, entre la dictature de Habyarimana et l’ensemble de l’opposition, tant politique que militaire, s’engagèrent des discussions et des négociations qui allaient durer plusieurs mois avant d’aboutir à un ensemble d’accords appelés "les Accords d’Arusha", du nom d’une ville tanzanienne où ils ont été conclus en août 1993.

Conclusions

Dans les années 1988-1991, une vague de mouvements populaires déstabilise la plupart des régimes africains et en renverse même plusieurs (par exemple, la dictature militaire de Moussa Traoré en 1991 au Mali). Le Rwanda en proie aux mêmes problèmes économiques et politiques, le poids de la dette extérieure et celui de la dictature, n’y échappe pas. Le 8 et le 15 janvier 1990, plus de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale Kigali. Dans les deux années qui suivent le mouvement populaire contre le régime va aller sans cesse croissant. Il culmine en 1992 avec des manifestations monstres à Kigali et dans les grandes villes. Dans la capitale, c’est presque la moitié de la population qui descend dans la rue et conspue les militaires.

Les leaders démocrates du mouvement sont alors appelés à participer au gouvernement. Dans le mouvement d’opposition à la dictature, il y a à la fois des Hutus et des Tutsis. Mais si le régime militaire a momentanément reculé, remisé le parti unique et appelé certains opposants à la direction du gouvernement, ce n’est que partie remise. Pris entre deux feux, entre FPR à l’extérieur et révolte populaire à l’intérieur, les dirigeants partent à la recherche d’une solution de type fasciste.

Pour retrouver une base populaire, ils se tournent vers les déclassés de la capitale et les pauvres des campagnes et se fondent pour cela sur le préjugé si fréquemment employé en Afrique : l’ethnisme. Des médias qui appellent ouvertement au génocide des Tutsis, comme la « radio des mille collines » affirment que Tutsi est synonyme de pro-FPR et prétendent que si les Hutus ne tuent pas les Tutsis, c’est eux qui seront tués.

Et pour lier à eux une partie de la population ils l’obligent à se mouiller à leurs côtés. Tous ceux qui auront tué ne pourront plus ensuite prendre parti pour le FPR qui les accuserait de crime. D’où de premiers massacres, dès 1990, puis en 1993, dans lesquels des Hutus sont poussés à tuer des Tutsis. D’où aussi la formation de milices de pauvres embrigadés et formés à tuer.

Cette « stratégie », largement encouragée par des dirigeants politiques et militaires français , est adoptée à partir du moment où, sous la pression des USA, le président Habyarimana est contraint de signer les accords d’Arusha. Dans ces accords qui prévoient le partage du pouvoir entre la dictature, l’opposition intérieure et le FPR, la classe dirigeante rwandaise comme les dirigeants français voient la fin de leur domination du pays. L’ambassade de France au Rwanda affirme « les accords d’Arusha ne sont ni bons ni inéluctables ». C’est un appui au clan le plus radical dit « Akazu » ou clan zéro qui, autour de la femme du président, prépare le génocide. Le plan en a été préparé dès 1992 (époque où des ambassadeurs et des personnels de l’ONU en ont transmis l’information tant à la Belgique qu’au Canada), lorsque le mouvement populaire est devenu menaçant. L’assassinat d’Habyarimana, quels que soient ceux qui l’ont commis (Kagamé est maintenant accusé de l’avoir fomenté, ce qui est peut-être vrai mais qui ne change rien à l’infamie des responsables du génocide), en donne le signal au soir du 6 avril.

Le premier acte des bandes de tueurs a consisté à assassiner les Hutus dits « modérés », c’est-à-dire tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre s’étaient opposés à la dictature ou encore avaient pris une part dans la révolte contre la misère. Le massacre a alors atteint en quelques jours le génocide, visant à l’extermination de tous les Tutsis ainsi que de tous les Hutus qui refusaient d’y participer. En plein génocide, les dirigeants rwandais, et pas des sous-fifres, sont reçus officiellement à Paris. Jean Bosco Barayagwiza chef du parti extrémiste hutu, le CDR, et de la radio des mille collines, et Jérôme Bicamumpaka ministre des affaires étrangères du gouvernement génocidaire, dit intérimaire, sont accueillis le 27 avril 1994 à l’Elysée, à Matignon et au quai d’Orsay. Cela fait 21 jours que le massacre bat son plein. L’Etat français continue à les armer et à les financer. Il leur maintiendra son soutien dans les mois et les années qui suivront. Il n’est sans doute pas surprenant, ni nouveau, de voir dans un pays pauvre et arriéré africain un pouvoir avoir recours aux méthodes qui furent celles de pouvoirs fascistes européens. Et il n’est pas plus étonnant de voir la France « démocratique » présidée par la gauche lui apporter son soutien. Jadis dictature féroce dans tout son empire colonial, aujourd’hui soutien des dictateurs, souvent tout aussi féroces, qui maintiennent en retour l’ordre impérialiste, la France comme toutes les puissances bourgeoise est claire sur un point : la fascisme est une issue valable en cas de risques sociaux révolutionnaires. Jamais les grandes puissances n’ont reproché à l’époque ses massacres à l’empire Ottoman, ni ceux de Hitler quand ils avaient lieu contre les Juifs, cause de déstabilisation sociale révolutionnaire en Europe de l’Est, ni ceux de Saddam Hussein contre les Kurdes et les Chiites pauvres quand ils se sont soulevés.

Le fascisme est toujours une solution pour la bourgeoisie dans n’importe quel pays où elle estime que la déstabilisation sociale et politique risque d’entraîner des risques sociaux révolutionnaires. Ne l’oublions pas !

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Un témoin

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40 Messages de forum

  • Le génocide rwandais de 1994 reste souvent caricaturé en termes de « guerre interethnique » entre Hutus et Tutsis, avec des crimes dans les deux « camps ». L’éclairage de l’histoire est très différent (1).

    Il y a vingt ans, en 1992, la IIe République était confrontée à un mécontentement social croissant face à la mainmise d’une oligarchie de Hutus du Nord et, depuis octobre 1990, à la guérilla du FPR (Front patriotique rwandais) constituée essentiellement d’exilés tutsis. En décembre 1991, le président Habyarimana annonce que 1992 serait « l’année de la démocratie pluraliste au service de la paix ». En fait c’est devant les manifestations populaires organisées en janvier 1992 à Kigali par les partis d’opposition enfin autorisés (MDR, PSD et PL), qu’il se décide à former le 1er avril un gouvernement de coalition dirigé par un leader du MDR.

    Mais aussitôt une aile dure du régime, souvent qualifiée de akazu (« maisonnette ») vu ses liens avec un réseau familial proche de la présidence, tente de briser ce processus en recourant à la violence et à la provocation. A la fin de février, la radio officielle diffuse un communiqué d’un prétendu « comité pour la non-violence au Rwanda » annonçant des attentats terroristes du FPR à l’encontre de personnalités hutues. Dès le 4 mars, le Bugesera, dans le sud-est du pays, s’embrase en fonction de ces « révélations » : des centaines de Tutsis sont massacrés. Le 23 mars 1992, plusieurs hauts cadres du régime créent un nouveau parti, la Coalition pour la défense de la République (CDR), dans la ligne de l’organe officieux Kangura (« Réveil ») lancé durant l’été de 1990. Cette propagande appelle à une reprise de la « Révolution sociale » de 1959 et à ressortir les machettes contre les inyenzi (les « cafards » tutsis). « La nation est artificielle, mais l’ethnie est naturelle », écrit Kangura en avril, et plus tard : « Un cancrelat ne peut pas donner naissance à un papillon. »

    A partir de mai 1992, les interahamwe, milice du parti MRND d’Habyarimana, orchestrent des manifestations violentes à répétition. Le 8 mai, Agathe Uwilingiyimana, ministre de l’Education, est agressée pour avoir osé abroger les quotas ethniques et régionaux dans le concours d’entrée au secondaire. Des bombes éclatent à Kigali, pour créer la psychose d’une infiltration FPR. Les massacres de Tutsis se multiplient, à Kibuye en août, à Gisenyi en décembre 1992 et janvier 1993, avec l’implication des autorités locales.

    Mais, dans cette course contre la montre entre l’ouverture et le blocage, le principal parti d’opposition, le MDR (Mouvement démocratique républicain), tient bon. Il proteste contre le « massacre des innocents » et le directeur de l’Office rwandais d’information, Ferdinand Nahimana, sera renvoyé. Enfin, des contacts sont pris avec le FPR à Bruxelles et Paris en mai-juin, débouchant sur l’ouverture à Arusha en juillet des négociations qui aboutiront un an plus tard à un accord de paix. L’opposition intérieure et l’opposition armée ont appris à se respecter dans un combat commun contre le général-président. Malgré ses ambiguïtés, une nouvelle majorité politique se profilait.

    Les obstacles se multiplient en septembre quand les problèmes du partage du pouvoir et de l’armée sont abordés à Arusha. Une commission de l’état-major chargée d’« identifier l’ennemi de l’intérieur » sort un rapport dénonçant les Tutsis, les étrangers mariés à des femmes tutsis, les populations nilotiques des Grands lacs, etc. En novembre des propos incendiaires sont tenus par le pouvoir : Habyarimana parle des « chiffons de papier » d’Arusha ; Léon Mugesera, un leader du MRND, explique que les Tutsis, jetés à la rivière, doivent rejoindre leurs frères falashas en Ethiopie.

    La stratégie du MRND consiste dès lors à convaincre le MDR, héritier de la Ière République fondée par Kayibanda, de la nécessité de former un « parti naturel » hutu mobilisé contre les Tutsis. Cette logique, qui trouve des cautions en Belgique et en France, va réussir en 1993 : de nouveaux massacres de Tutsis, suivis d’une reprise des hostilités par le FPR, vont susciter une fracture de l’opposition entre les partisans de l’ouverture et ceux d’une mobilisation du « peuple majoritaire », c’est-à-dire d’un « hutu power ».

    1992 fut donc une année de stratégie politique face aux passions ethniques. Elle révèle a contrario l’option qui a conduit au génocide : elle consistait à mobiliser les frustrations et à nier les contradictions avec une réponse simple - et latente depuis plus de trente ans - : tout le malheur venant des Tutsis, la solution était dans leur élimination. Le Rwanda n’a pas été le théâtre d’un affrontement entre deux « tribus », il était confronté à un défi très moderne et qui n’a rien d’exotique.

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  • 1989-90 Assassinat de la Députée Nyiramutarambirwa par des agents de la " Sûreté nationale ". Celle-ci s’était opposée à la politique des quotas. Assasinats de plusieurs journalistes par la Sûreté, dont le directeur du journal catholique Kinyamateka.

    1990

    Rédaction par Erik Orsenna du discours de la Baule pour le président François Mitterrand (il en dénoncera plus tard la politique africaine). L’opposition armée du FPR, issue de la seconde génération des réfugiés tutsi, appuie l’opposition intérieure sudiste et démocratique au régime d’Habyarimana. 1er octobre : Première attaque du FPR depuis la frontière ougandaise. Mort de Fred Rwigema. OPERATION NOROIT. 4 octobre : Intervention française dans le conflit (opération Noroît) sur décision du président François Mitterrand. Envoi sur le front d’une compagnie (150 hommes) du 2ème Régiment étranger de parachutistes (2ème REP) stationnée en République Centrafricaine, suivi de l’aide des Belges et les Zaïrois (Mitterrand ajoute ensuite 450 hommes). Retour accéléré des 3 000 hommes de la Division Spéciale Présidentielle du Maréchal Mobutu en raison de leurs excès criminels à l’encontre des populations. Nuit du 4 au 5 octobre : Simulation d’une attaque sur Kigali avec le concours des militaires français (de la Mission d’Assistance Militaire et de Noroît) 5 octobre : Discours d’Habyarimana à la radio nationale expliquant que l’ennemi avait attaqué en force la capitale et décrétant l’état de siège, instauration d’un couvre-feu intégral, appel à la vigilance délation. Arrestation dans la foulée de 10 000 Tutsi et d’opposants politiques hutu à Kigali. 8 octobre : MASSACRES PAR REPRESAILLES DE LA POPULATION CIVILE TUTSI (BAHIMA) DU MUTARA (UN MILLIER DE VICTIMES). Les tueries sont présentées comme un travail collectif respectable (umuganda) par les autorités. 11-13 octobre : Massacre de Tutsi dans la commune de Kibilira. Fin octobre : Appui des troupes françaises repoussant le FPR en Ouganda. Début de la guérilla. Retrait de la Belgique du Rwanda après un vif débat au parlement dénonçant les crimes du régime Habyarimana. Seules restent les troupes françaises. Suivi très attentif de la situation militaire au Rwanda par François Mitterrand, même pendant ses déplacements. Novembre : Accord par la France d’un prêt de 84 millions de Francs " pour le développement ", en réalité pour l’achat d’armements. Décembre : Accord par la Caisse centrale de Coopération économique de Paris, d’un autre prêt au Rwanda de 49 millions de Francs " pour la réalisation de divers projets ". Diffusion du texte raciste dit des " Dix commandements du Hutu ", dans la revue Kangura, notoirement soutenue par la belle-famille du président Habyarimana (l’akazu). Photo de Mitterrand en 4ème de couverture, avec en légende le dicton : " Les vrais amis, on les rencontre dans les difficultés ".

    1991

    Janvier : Implantation du FPR dans la région de Byumba, Nord-Est du Rwanda et libération de plus de 1 000 prisonniers politiques de la prison de Ruhengeri, fief d’Habyarimana. Intervention d’un détachement français. Affirmation par l’ancien membre des escadrons de la mort Janvier Africa - dont les témoignages peuvent être amplement recoupés - d’avoir été formé durant quatre mois, à partir de février 1991, par les militaires français. Janvier-février : EXTERMINATION DE 2 000 TUTSI BAGOGWE en représailles. Organisation de massacres à caractère génocidaire (extermination d’hommes, de femmes et d’enfants) à l’instigation du gouvernement Habyarimana (par le bourgmestre de Kinigi, le préfet de Ruhengeri, et d’autres autorités). Participation du président Habyarimana et son épouse aux réunions préparatoires . 29 mars : Accord de cessez-le-feu signé à N’sele (Zaïre). Avril : Nomination du général Christian Quesnot comme chef d’Etat-major particulier du Président Mitterrand. Le général Jean-Pierre Huchon est son adjoint. Participation d’officiers français aux interrogatoires " musclés " de prisonniers FPR . Conférence de Dar-es-Salam sur le droit au retour des réfugiés. 10 juin : Modification de la constitution, reconnaissance du pluripartisme, du droit de grève pour les fonctionnaires et de la liberté de la presse. Apparition de plusieurs partis d’opposition : le Mouvement Démocratique Républicain (MDR), le Parti Libéral (PL), le Parti Social-Démocrate (PSD), le Parti Démocrate Chrétien (PDC).

    1992

    MANIFESTATIONS POPULAIRES CONTRE LE GOUVERNEMENT. 8 janvier : Manifestation à Kigali (100 000 personnes), à Gitarama et à Butare. 15 janvier : Seconde grande manifestation de l’opposition à Kigali. Le lieutenant-colonel Chollet, détaché par la Mission militaire de coopération auprès d’Habyarimana, dirige et réorganise l’armée rwandaise. Contact de Paul Barril avec les extrémistes hutu de l’akazu. Mars : Nouveau massacre à Kibilira. Création de la Coalition pour la défense de la république (CDR), qui rassemble les ultra hutu et distille ouvertement un racisme antitutsi agressif. MASSACRES DES TUTSI DANS LE BUGESERA, au Sud du Rwanda, après des appels au meurtre par Radio-Rwanda, dirigée par Ferdinand Nahimana. Avril : Dismas Nsengaremye dirige un gouvernement de compromis MRND-opposition (sans le FPR). Mai : Création d’une milice de tueurs : les Interahamwe par le MRND présenté comme le " mouvement de jeunesse du parti ". Certains sont formés par des militaires français.

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  • Le génocide de plus d’un million de rwandais Hutus mais aussi Tutsis, c’est l’impérialisme français qui le planifie, l’ordonne, le commande, et aide à son excécution.

    Si une grande puissance impérialiste, n’était pas le cerveau, le financier, le logisticien et le bras technologique de l’armée rwandaise, alors ce massacre fasciste n’aurait pas existé.

    Aujourd hui on sait avec des preuves irréfutables officielles (balistique+témoignage) que l’avion du président rwandais a été abattu par un missile français tiré depuis une position militaire franco-rwandaise et en présence d’officier instructeur de l’armée française (DAMI)spécialisé dans ce type de tir de haute précision (livre de M.Sitbon : Rwanda, 6 avril 1994. Un attentat français ?)

    Cet attentat français est le top départ du génocide, le signal qui permet à une radio fasciste (mille collines) d’appeler au meurtre et à la vengance. Les spécialistes radios dans le monde entier sont des français et d’ailleurs la remise sur pied de Radio Minustah a été une priorité pour les forces de répression française envoyés en Haiti après le temblement de terre de 2010.

    Hors seul un fasciste comme Mittérand, sait que face aux dangers révolutionnaires de déstabilisation des pouvoirs bourgeois nationalistes et dictatoriaux en Afrique, seul une saint Barthélémy peut écraser le peuple révolté.

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  • A regarder ce soir à la TV sur F3 à 23H10 : Sept jours à Kigali par Medhi Ba

    Mercredi 6 avril 1994, 20h25 : un missile français ?, tiré par des officiers français ?, abat l’avion du Président hutu Habyarimana alors qu’il amorce sa descente vers l’aéroport de Kigali. Aussitôt, la capitale rwandaise s’embrase. Les troupes d’élite de l’armée gouvernementale et les miliciens Interahamwe liés aux partis extrémistes hutus quadrillent les rues. En quelques heures, ils assassinent les principaux responsables de l’opposition ainsi que les personnalités susceptibles d’assurer l’intérim du pouvoir. Sur toutes les collines de Kigali des barrages sont érigés pour trier la population entre Hutus et Tutsis. Les seconds sont systématiquement assassinés. Malgré la présence d’un contingent de 2500 casques bleus, la communauté internationale détourne le regard. L’extermination des Tutsis va durer cent jours et entraînera la mort d’un million de personnes.

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  • Les déclarations récentes du président rwandais Paul Kagamé permettent aux dirigeants français qui ont eu à conduire ou à connaître la politique menée au Rwanda de 1990 à 1994 de reprendre la posture de l’indignation outragée : comment peut-on accuser la France de complicité dans le génocide des Tutsi ? Cette imposture a déjà été dénoncée par le journaliste Patrick de Saint-Exupéry : le noyau de responsables politiques et militaires qui, sous la houlette de François Mitterrand, a conduit une politique secrète à l’insu du Parlement tente, en s’abritant derrière « la France », de rendre les citoyens français solidaires d’une politique menée en leur nom sans qu’ils en aient été informés.

    Si l’on en croit les responsables français de l’époque, leur objectif aurait été d’obliger toutes les parties (le président Habyarimana, son opposition et le Front patriotique rwandais, FPR) à trouver un accord politique refusé, selon eux, aussi bien par les extrémistes hutu que par le FPR, désireux d’exercer un pouvoir sans partage. Puis, une fois le génocide enclenché, la France aurait été le seul pays à intervenir pour y mettre fin avec l’opération « Turquoise ». Ce récit édifiant n’est qu’une falsification des événements visant à dissimuler de lourdes responsabilités individuelles, dissimulation qui explique que, vingt ans après, aucune conséquence n’ait encore été tirée des choix politiques qui ont été faits, de 1990 à 1994, au plus haut niveau de l’Etat français. Et ce en dépit des travaux menés par de nombreux chercheurs et journalistes qui, depuis 1994, ont soulevé quantité de questions demeurées sans réponse. En voici quelques-unes.
    Une politique de conciliation ou une guerre contre les Tutsi ? Pourquoi, en avril 1991, à Ruhengeri, dans le nord du Rwanda, des militaires français ont-ils participé avec leurs collègues rwandais à des contrôles d’identité lors desquels ils ont trié les Tutsi, qui étaient tués par les miliciens à quelques mètres d’eux ? Pourquoi, en septembre 1991, Paul Dijoud, directeur des affaires africaines et malgaches au Quai d’Orsay, a-t-il dit à Paul Kagamé que si les combattants du FPR s’emparaient du pays, ils retrouveraient leurs familles exterminées à leur arrivée à Kigali ?
    Pourquoi l’armée française a-t-elle sauvé le régime Habyarimana en juin-juillet 1992 et en février-mars 1993, alors que des massacres de Tutsi avaient déjà lieu de manière récurrente depuis octobre 1990 ? Pourquoi, après l’assassinat, le 7 avril 1994, des responsables politiques rwandais partisans des accords de paix signés à Arusha, l’ambassadeur Marlaud a-t-il accueilli les responsables politiques extrémistes à l’ambassade de France et cautionné la formation du gouvernement intérimaire rwandais (GIR) qui encadra le génocide ? Pourquoi le colonel Poncet ne s’est-il pas opposé, à Kigali, à « l’arrestation et l’élimination des opposants et des Tutsi », mentionnées en ces termes dans l’ordre d’opération « Amaryllis » du 8 avril 1994 ?
    Pourquoi, dans la nuit du 8 au 9 avril 1994, l’un des avions d’« Amaryllis » a-t-il débarqué des caisses de munitions de mortier qui ont ensuite été chargées sur des véhicules des Forces armées rwandaises (FAR) ? Pourquoi, les 14 et 16 juin 1994, des fonds en provenance de la BNP sont-ils venus créditer un compte suisse permettant au colonel Bagosora, directeur de cabinet du ministère de la défense du GIR, de régler deux livraisons d’armes en provenance des Seychelles ? Pourquoi, le 18 juillet 1994, une cargaison d’armes destinées aux FAR a-t-elle été débarquée sur l’aéroport de Goma où se trouvait le PC du général Lafourcade, commandant de la force « Turquoise » ?
    Pourquoi le premier ministre, Edouard Balladur, le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, et le conseiller « Afrique » de François Mitterrand, Bruno Delaye, ont-ils reçu, le 27 avril 1994, en plein génocide, le ministre des affaires étrangères du GIR et son directeur des affaires politiques ?
    Pourquoi, lors de sa rencontre du 9 mai 1994 avec le lieutenant-colonel Rwabalinda, conseiller du chef d’état-major des FAR, le général Huchon, chef de la mission militaire de coopération, a-t-il estimé : « Il faut sans tarder fournir toutes les preuves de la légitimité de la guerre que mène le Rwanda de façon à retourner l’opinion internationale en faveur du Rwanda et pouvoir reprendre la coopération bilatérale », à un moment où des centaines de milliers de Tutsi avaient déjà été massacrés ?
    Comment se fait-il que Bruno Delaye détenait, début mai 1994, une autorité suffisante sur les tueurs pour arrêter, d’un coup de téléphone, une attaque sur l’Hôtel des Mille Collines où étaient réfugiées des centaines de Tutsi ? Le contrat d’assistance militaire et de livraison d’armes signé par Paul Barril, ex-gendarme de l’Elysée, avec le premier ministre du GIR, le 28 mai 1994, faisait-il partie de la « stratégie indirecte » qu’évoque, dans une note du 6 mai 1994, le général Quesnot, chef d’état-major particulier de Mitterrand ? Pourquoi, le 18 mai 1994, à l’Assemblée, Alain Juppé a-t-il employé le mot « génocide » et précisé que « les troupes gouvernementales rwandaises livrées à l’extermination systématique de la population tutsi », avant, le 16 juin 1994, d’incriminer les « milices » et non plus les FAR, et d’évoquer « les » génocides commis au Rwanda, inaugurant ainsi le thème mensonger du « double génocide » ?
    Mettre fin au génocide ou secourir les assassins ? Pourquoi l’ordre d’opération « Turquoise » du 22 juin 1994 dédouane-t-il les autorités rwandaises de leurs responsabilités dans le génocide en attribuant les massacres à des « bandes formées de civils ou de militaires hutu incontrôlés (…) exhortés à la défense populaire par les chefs de milice » ? Pourquoi le ministre de la défense, François Léotard, et l’amiral Lanxade, chef d’état-major des armées, n’ont-ils pas donné l’ordre de porter assistance aux survivants tutsi de Bisesero alors que, le 27 juin 1994, une patrouille française avait découvert qu’ils étaient attaqués quotidiennement par les tueurs ? Pourquoi n’ont-ils été secourus que trois jours plus tard, grâce à l’initiative de militaires du GIGN et du 13e RDP qui ont dû outrepasser les ordres ? Pourquoi des militaires français ont-ils entraîné des civils rwandais durant l’opération « Turquoise » ?
    L’ex-secrétaire général de l’Elysée Hubert Védrine a-t-il quelque chose à nous apprendre sur ce qui a été dit chez le premier ministre sur le sort des responsables politiques du génocide ? Pourquoi, alors que le Quai d’Orsay avait affirmé, le 15 juillet 1994, que les membres du GIR qui trouveraient refuge dans la zone « Turquoise » y seraient arrêtés, l’état-major tactique du lieutenant-colonel Hogard a-t-il organisé leur évacuation vers le Zaïre ?
    Ce n’est qu’en répondant à ces questions que les dirigeants français de l’époque pourraient être lavés des soupçons de complicité de génocide qui pèsent sur eux. Les citoyens de notre pays ont le droit d’obtenir des réponses de la part de ceux qui, depuis 1994, dressent des écrans de fumée pour ne pas avoir à rendre compte de leurs actes. Il en va de l’avenir de notre démocratie.

    Raphaël Doridant et Charlotte Lacoste sont coauteurs de l’article « Peut-on parler d’un négationnisme d’Etat ? » dans Cités, PUF, no57, mars 2014

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  • Plusieurs éléments attestent de la présence d’instructeurs français pour former les officiers les plus radicaux de l’armée rwandaise, qui constitueront peu après le noyau dur de l’appareil génocidaire. Il y a d’abord le témoignage de Janvier Africa, ancien membre des escadrons de la mort, le « Réseau Janvier » : le 30 juin 1994, il confie au journaliste sud-africain Mark Huband, du Weekly Mail and Guardian de Johannesbourg, avoir été formé par des instructeurs français : « Les militaires français nous ont appris à capturer nos victimes et à les attacher. Cela se passait dans une base au centre de Kigali. C’est là qu’on torturait, et c’est là également que l’autorité militaire française avait ses quartiers. [...] Dans ce camp, j’ai vu les Français apprendre aux Interahamwe à lancer des couteaux et à assembler des fusils. Ce sont les Français qui nous ont formés - un commandant français - pendant plusieurs semaines d’affilée, soit au total quatre mois d’entraînement entre février 1991 et janvier 1992. » [6]. En mars 1993, une enquête internationale est diligentée sur les massacres de Tutsis au Rwanda : l’un des membres de cette commission, Jean Carbonate, affirme avoir vu des instructeurs français dans le camp de Bigogwe, où « l’on amenait des civils par camions entiers. Ils étaient torturés et tués ». Ces informations seront confirmées ultérieurement par la Mission d’information parlementaire.

    La coopération entre les deux pays va même plus loin : en février 1992, le Quai d’Orsay envoie une note à l’ambassade de France à Kigali selon laquelle « le lieutenant-colonel Chollet, chef du Dami, exercera simultanément les fonctions de conseiller du Président de la République, chef suprême des Forces armées rwandaises, et les fonctions de conseiller du chef d’état-major de l’armée rwandaise ». Le responsable des forces françaises déployées au Rwanda devient, par là même, le commandant de l’armée rwandaise. Les responsabilités de la France sont donc bien plus importantes que celles officiellement avouées : lors du déclenchement du génocide, à l’occasion de l’attentat contre l’avion présidentiel de Juvénal Habyarimana, la France peut compter, sur place, sur la présence de onze militaires du Département d’assistance militaire à l’instruction (Dami), en civil, pourtant sensés avoir officiellement quitté le Rwanda en décembre 1993. Sur place également, le capitaine Paul Barril, prestataire de services spéciaux.

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  • Le 27 avril 1994, François Mitterrand, Alain Juppé et Bruno Delaye, alors responsable de la cellule africaine à l’Élysée, ont reçu à Paris une délégation rwandaise formée de Jérôme Bicamumpaka, ministre des Affaires étrangères du GIR (Gouvernement Intérimaire Rwandais), et de Jean Bosco Barayagwiza, responsable de la CDR (Coalition pour la Défense de la République). La CDR était, avec le parti présidentiel MRND, le noyau dur du Hutu Power qui s’était élargi en « front commun » contre le FPR plus d’un an plus tôt, et appelait à la « guerre raciale » contre les Tutsi. Au moment où eut lieu cette rencontre franco-rwandaise, le GIR se livrait à l’extermination des Tutsi depuis près d’un mois.

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  • Un exemple de la parfaite hypocrisie du rapport Quilès qui estime que trois jours n’étaient pas suffisants pour laisser les génocidaires massacrer une région :

    « Il a été reproché au Capitaine de frégate Marin Gillier, responsable d’un des trois groupements, d’être arrivé en reconnaissance dans la zone relevant de sa responsabilité (Bisesero), puis d’en être reparti immédiatement pour ne revenir sur place que trois jours plus tard, laissant ainsi le champ libre aux Hutus de la région pour poursuivre les massacres des derniers 50 000 Tutsis qui s’y trouvaient encore.
    Ces accusations proviennent de témoignages de rescapés, de commentaires contenus dans le rapport d’African Rights et de M. Michel Peyrard, reporter présent à Bisesero pour le compte du journal Paris Match. De la confrontation des éléments contenus dans le rapport d’African Rights, du témoignage envoyé par le Capitaine de frégate Marin Gillier à la Mission et du compte rendu de l’audition particulière du reporter Michel Peyrard, il apparaît que rien ne vient sérieusement à l’appui de ces accusations. Si trois jours se sont effectivement écoulés entre le moment où le groupement du Capitaine de frégate Marin Gillier a procédé le 27 juillet à une reconnaissance de la zone de Bisesero et le moment où il est intervenu, le 30 juillet, pour protéger et sauver les populations du lieu-dit Bisesero, ce délai n’apparaît pas intentionnel. »

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  • Un témoin :

    Identification : Ex-FAR, entré dans l’armée en 1989 ; formé à l’Ecole des sous officiers

    (Butare) jusque mai 1991 ; instructeur au camp Bigogwe ; affecté au

    bataillon 64 (appelé Zoulou, célèbre pour ses méfaits) ; puis au bataillon

    65 au Mutara ; formé à l’artillerie à Mukamira ; retour au bataillon 65 au

    Mutara ; affecté à Ruhengeri ; exilé

    au Congo ; retour au pays et réintégration dans l’armée ; inculpation pour

    génocide ; aveu de culpabilité en 2000 ; condamné en 2006 à 12 ans de

    prison par Gacaca ; actuellement libre parce qu’il avait déjà épuisé les 12

    ans en détention.

    Eléments essentiels de son témoignage :

    - Les Français ont donné un entraînement militaire et idéologique aux miliciens Interahamwe et aux ex-FAR. Le témoin évoque spécialement les militaires Français du DAMI (Détachement d’Assistance Militaire et d’Instruction) au camp Bigogwe et Mukamira. « Comme instructeur, j’étais une sorte d’intermédiaire entre les Français et les jeunes qu’on formait. Le Français faisait la démonstration d’une tactique sur moi ; ensuite j’appliquais la même tactique sur un autre tout en traduisant. »

    - Les Français participaient aux combats aux côtés des FAR. Le témoin indique qu’à trois

    reprises, il a fait partie de l’équipe chargée de tirer au mortier contre les positions du FPR

    dans la localité de Kirambo (Ruhengeri).

    « Il y avait en tout 12 mortiers 105, et sur chaque engin étaient affectées 7 personnes.

    J’étais responsable du numéro 5. J’avais un adjoint français ainsi que deux autres à des postes techniques importants. Ces trois postes étaient particulièrement importants pour chaque engin, et ils étaient toujours occupés par des Français. Les Rwandais n’étaient pas encore bien formés pour manier ces nouvelles armes. La coordination de l’opération était assurée par un général français qui opérait à une certaine distance en compagnie du Colonel Serubuga, et c’est ce général qui nous donnait les institutions par transmission Radio (icyombo). »

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  • "Je n’accepte pas les accusations injustes, indignes, qui pourraient laisser penser que la France ait pu être complice d’un génocide au Rwanda, alors que son honneur c’est toujours de séparer les belligérants", a déclaré le nouveau premier ministre Valls, prenant la suite des autorités françaises, Le Drian et compagnie.

    Mais cela témoigne une fois de plus que la France est restée sur la thèse des "bélligérants" alors que les victimes étaient une population civile désarmée et pas des bélligérants.

    La thèse selon laquelle tous les Tutsis du Rwanda étaient des alliés potentiels du FPR était la thèse des génocidaires et... de la France de Mitterrand qui reste celle de Hollande-Valls !!!

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  • L’ancien premier ministre français du génocide, Balladur, déclare :

    « Les accusations de Kagamé sont un mensonge intéressé.... En ce qui me concerne, ça ne me pose aucun problème. Mais en matière de secret défense, il faut se comporter comme quelqu’un de responsable et savoir exactement ce qu’il y a dans les dossiers. Mais je suis certain qu’il n’y a rien qui puisse mettre en cause l’action de l’armée française en tant que telle et l’action du gouvernement français de l’époque. »

    Selon lui, "la France n’est en rien complice du génocide, au contraire elle est de tous les pays du monde le seul qui ait pris l’initiative d’organiser une opération humanitaire pour éviter un massacre généralisé".

    De l’humanitaire à plus d’un million de morts, on ne fait pas mieux !!!!

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  • Eh bien, le Rwanda a lui aussi connu sa révolution, un an avant, en 1990. Ce n’avait rien d’une révolte des Hutus contre les Tutsis, ni des Tutsis contre les Hutus. Non, Hutus et Tutsis étaient ensemble dans les rues de la capitale Kigali pour hurler leur haine du pouvoir dictatorial et corrompu de Habyarymana et de sa clique. La dictature avait longtemps été crainte car elle ne craignait pas d’éliminer ses opposants, d’arrêter et de torturer. Mais, pendant un an et demi, le peuple travailleur est descendu dans la rue et la dictature est devenue très craintive face à la moitié de la population du pays déferlant dans la capitale, conspuant les militaires et le pouvoir. La réponse, comme en Algérie et dans toute l’Afrique, celle conseillée par Mitterrand en chef de la françafrique : faire le dos rond, autoriser le mutipartisme, faire appel aux opposants au pouvoir, prétendre mettre en place la démocratie, puis, dès que les illusions ont ramené un peu de calme, préparer des bains de sang préventifs pour éviter que, la deuxième fois, la révolution soit radicale et prenne le pouvoir. Et c’est l’Etat français qui a aidé à la formation militaire des milices fascistes rwandaise dans les camps militaires français au Rwanda. C’est elle qui les a financé et armé. C’est elle qui imprimé les passeports où, pour la première fois dans ce pays, étaient inscrits les mentions ethniques : hutu et tutsi, indispensables puisqu’il ne s’agit justement pas d’ethnies et qu’il y a des couples mixtes et, du coup, on ne reconnait pas un hutu d’un tutsi.

    C’est la France de Mitterrand qui a acheté massivement les machettes du génocide. C’est la France qui a mis en place, dans son ambassade à Kigali, le gouvernement génocidaire. C’est elle qui l’a défendu au plan international. C’est qui, après la défaite de ce régime, a protégé ses assassins, leur a permis de se réfugier en république du Congo. Et c’est encore elle qui, là-bas, les a armés et financés pour y défendre ses intérêts, ce qui était l’un des objectifs de la France en s’implantant politiquement au Rwanda, cette porte du riche Congo, pays de toutes les ressources minières.

    La « démocratie » française a bel et bien aidé les classes dirigeantes rwandaises à se débarrasser des réformistes qu’elle avait amené au pouvoir depuis les manifestations massives de 1990, dont la premier ministre elle-même.

    La leçon du Rwanda, il n’y a pas que les peuples d’Afrique qui ne l’aient pas tiré. Ce sont les peuples du monde qui en ont besoin et l’ignorent : les classes dirigeantes qui présentent la face riante d’une relative démocratie peuvent, du jour au lendemain à la faveur d’une crise sociale et politique, se transformer en chiens sanglants du fascisme. L’immense majorité des français ne croit pas son Etat capable de tels crimes et elle se trompe lourdement. Et il est indispensable, face à la crise actuelle qui frappe mondialement l’ensemble du système, de le savoir : les classes dirigeantes voient à nouveau dans le prolétariat une menace mortelle. Elles savent qu’elles vont faire chuter massivement le niveau de vie des peuples, casser le consensus qu’elles avaient elles-mêmes établi, détruire leur belle entente avec les syndicats, dégrader massivement le mode de vie de toute la population. Du coup, il leur est nécessaire de lever de nouvelles troupes fascistes et de susciter, pour cela, de nouvelles haines entre les parties du peuple travailleur.

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  • Balladur, génocidaire, persiste et signe...

    Sur Europe 1, Balladur a regretté qu’il ait été envisagé d’envoyer un ministre à Kigali pour les commémorations du massacre, car "les incidents qui se produisent étaient prévisibles compte tenu de ce qu’est (le président rwandais) M. Kagame et sa pratique constante". "Il cherche sans cesse à mettre en cause la France alors que lui-même n’a pas réussi, au bout de vingt ans, à rassembler le peuple rwandais", a poursuivi le responsable UMP. Selon lui, "la France n’est en rien complice du génocide, au contraire elle est de tous les pays du monde le seul qui ait pris l’initiative d’organiser une opération humanitaire pour éviter un massacre généralisé". Dire que la France a participé est "un mensonge, un mensonge intéressé", a-t-il insisté.

    "Le gouvernement que je dirigeais a, dès qu’il a été installé, mis fin à toute livraison d’armes au Rwanda et retiré les troupes françaises", a poursuivi celui qui fut de 1993 à 1995 premier ministre de cohabitation sous François Mitterrand. "Il fallait surtout que la France ne soit pas prise en tenaille dans une guerre civile qui se développait et qu’on ne pouvait pas arrêter", a-t-il encore fait valoir. Edouard Balladur a rendu "hommage à l’armée française et à son rôle" et relevé qu’au moment du génocide il avait "demandé qu’ils n’interviennent pas au centre du Rwanda. Je ne voulais pas que l’armée française soit prise en tenailles dans une guerre civile".

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  • L’implication de la France dans le génocide rwandais est indiscutable. Sans le soutien français, le régime d’Habyarimana se serait effondré dès 1990, prévenant ainsi le génocide de 1994 au cours duquel plus de 800000 Tutsis (et Hutus modérés) se sont fait tuer dans des conditions effroyables indignes du genre humain. Ce soutien absurde au régime d’Habyarimana est difficilement compréhensible si on ne raisonne qu’en termes militaires (guerre au FPR) ou en termes uniquement ethniques. En effet, quel intérêt militaire, contre le FPR, de tuer des civils désarmés. Et, pour la France, quel intérêt d’épouser un point de vue raciste ethnique ?

    Non la raison de tout ce crime, caché derrière l’ethnisme est bel et bien d’écraser une révolution sociale qui a failli, début 1990, d’emporter les dictature.

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  • Le gouvernement français prétend qu’il déclassifie les documents classés « secret défense » sur sa participation au génocide rwandais mais cela est faux : il s’agit juste de quelques dossiers sans conséquence de conseillers présidentiels et pas de l’ensemble des dossiers, par exemple les documents provenant de l’ambassade de France à Kigali. Ceux qui étaient sur place ont été brûlés par l’ambassadeur lui-même !

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  • Le 7 avril, jour des commémorations du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994, qui fit un million de victimes entre avril et juillet, l’Etat français ne sera pas à Kigali. Il ne tiendra pas de discours de vérité. In ne s’engagera pas sur le chemin de la vérité et n’autorisera pas réellement les autorités judiciaires à ouvrir une enquête. Hollande, le fan de Clémenceau et de Jules Ferry, ne reniera pas l’action génocidaire de la France au Rwanda.

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  • Des documents inédits démontrent que Paul Barril a apporté un concours actif aux extrémistes hutus responsables de l’assassinat de 800.000 Tutsis. Nom de code de sa mission : "Insecticide".

    Curieux hommes d’affaires. Ils ont affrété un jet privé, un Falcon 50, au départ du Bourget, pour la somme de 650.000 francs hors taxes. Sur le télex en date du 6 mai 1994, adressé à la compagnie Europe Falcon Service, une filiale de Dassault, ils prétendent exercer la profession d’"agent commercial". A quel étrange négoce se livrent-ils ? Ils voyagent en tenue de sport. Dans leurs havre-sacs, ils transportent des uniformes noirs, dépourvus d’insigne. Entre eux, ils ne se connaissent que sous des noms de code. Presque tous ont quitté l’armée ou en ont été limogés. Des anciens des forces spéciales, plus particulièrement. Eux, des représentants ? Des barbouzes, plutôt.
    Le passager qui, sur le fax, se présente comme le "directeur" s’appelle Paul Barril. Avec ses gros bras, l’ancien gendarme de l’Elysée reconverti dans la "sécurité privée" doit rallier Bangui, en Centrafrique, puis Goma, dans l’est du Zaïre. Mais sa destination finale, c’est le Rwanda. Que va-t-il faire dans un pays plongé alors dans une immense tuerie ? Quel appui vient-il apporter à un gouvernement extrémiste qui, depuis le meurtre, un mois plus tôt, du président hutu, Juvénal Habyarimana, a entrepris d’exterminer toute la population tutsie ? Une question au cœur de l’information judiciaire ouverte, le 15 juillet dernier, à son encontre par le tribunal de Paris.

    20 ans après la tragédie rwandaise, des documents inédits éclairent le rôle joué par l’énigmatique capitaine, incarnation de la face obscure de l’ère Mitterrand, des Irlandais de Vincennes aux écoutes de l’Elysée. La justice française s’intéresse plus que jamais à lui. D’abord, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de Habyarimana. Longtemps ménagé par Jean-Louis Bruguière, le premier magistrat chargé d’élucider l’affaire, Paul Barril a été sommé de s’expliquer par le juge Marc Trévidic sur ses faits et gestes lors de l’attaque et ses manœuvres durant la procédure. Ses locaux ont été perquisitionnés, ses disques durs saisis, son entourage entendu. Des pièces transmises au juge Claude Choquet, du nouveau pôle "crimes contre l’humanité". Car depuis la plainte déposée par la Fédération internationale des Droits de l’Homme, la Ligue des Droits de l’Homme et l’association Survie, il est cette fois suspecté de "complicité de génocide".

    Dans cette histoire, Paul Barril n’a cessé de dire tout et son contraire, y compris sur procès-verbal. Son nouveau livre, intitulé "Rwanda : vérités sur un massacre", qu’il devait publier en mars aux Editions du Moment, a été déprogrammé sur le conseil de ses avocats. Les lecteurs n’auraient sans doute pas été davantage éclairés. "Il s’agit d’un roman-enquête. Il y a une partie enquête et une partie romancée", expliquait-il, l’an dernier, à l’officier de la SDAT, la sous-direction anti-terroriste, qui l’interrogeait sur les allégations contenues dans un précédent ouvrage, "Guerres secrètes à l’Elysée". "Toute sa vie, il a mené double jeu. Avec lui, vous ne saurez jamais la vérité", prévient un ancien de la cellule élyséenne.

    Jusqu’ici, le personnage reste insaisissable. Il serait aujourd’hui "richissime", mais malade, disent ses anciens compagnons. Inconnu des fichiers de police, Agrippa et autres Judex, il n’est pas titulaire, officiellement, d’une ligne de téléphone. Son portable français est enregistré au nom de l’ex-émir du Qatar, Khalifa al-Thani, son principal employeur depuis plus de 20 ans. Pour les besoins de la justice, il se fait domicilier dans un appartement londonien du souverain déchu, à Knightsbridge. Mais son épouse Angelika, avec qui il est séparé de corps, dit ignorer où il demeure. "Je ne lui connais aucune autre adresse", a-t-elle confié aux enquêteurs.

    "Dans le groupe, quand on se fichait de lui, on l’imitait en train de dire, avec son cheveu sur la langue : ’Fé Fecret !’", s’amuse son ancien chef, le colonel Christian Prouteau. Celui qui, sous Mitterrand, dirigea la cellule antiterroriste décrit Barril comme un "super second, un peu fêlé, capable de dire : ’Couvrez-moi, j’y vais’", mais aussi, un "mythomane gagné par le côté obscur" qui, déjà au GIGN, vouait une "fascination à Bob Denard", le mercenaire français, auteur de multiples coups tordus en Afrique. "Il m’avait dit après un putsch de Denard aux Comores : ’On pourrait faire comme lui et, après, on serait responsables d’un pays’..."

    Lorsqu’il est mis en disponibilité, fin 1983, à la suite d’une série de scandales, il possède déjà sa boîte de sécurité, baptisée Secrets, comme il se doit. Il recrute ses collaborateurs de préférence parmi d’anciens militaires. "Pour aller en Afrique, il faisait appel à des gens qui avaient une expérience du terrain", raconte un de ses ex-employés. Tous sont dotés d’alias. "C’était pour garder un certain anonymat,continue ce garde du corps, surnommé ’Luc’. On parle par radio, on est écoutés par les services. Avec des pseudos, on sait qu’ils ne tomberont sur rien." Dans ce règne de l’omerta, même la comptable hérite

    Paul Barril ne se limite pas à assurer la protection de ses clients. Il renseigne, entraîne, recrute, livre du matériel en tout genre. Influe, intrigue, surtout, comme le prouve son abondante littérature, retrouvée au siège de sa société. "Les opposants seront en permanence contrôlés, manipulés", lit-on sur une offre adressée à différents dictateurs africains. Au maréchal Mobutu, président du Zaïre, il propose de "participer et de diriger la campagne présidentielle afin d’obtenir un score égal à 60%." A son homologue burkinabé, Blaise Compaoré, de "surveiller et infiltrer tous les journaux". A tous, il promet de "déterminer et de neutraliser" le moindre "complot".

    Et au régime hutu, quel service est-il prêt à rendre ? Son entente secrète avec Kigali débute très tôt. "J’ai l’honneur de vous confirmer la collaboration entre nos services de sécurité et les vôtres", lui écrit, le 23 août 1991, Fabien Singaye, deuxième secrétaire à l’ambassade du Rwanda à Berne, en réalité, un agent chargé de surveiller les activités à l’étranger des rebelles tutsis du FPR, le Front patriotique rwandais. Un mois plus tard, l’espion se félicite des "connaissances" de Barril au sein du monde politique et des médias français, "entre autres à La Cinq et à RFI, précise-t-il dans un télégramme. Il peut plaider pour notre pays afin de déstabiliser le FPR". En 1993, Elie Sagatwa, chef d’état-major particulier du président Habyarimana, remercie par écrit le "capitaine Barril" pour "tous les services rendus".

    L’ex-gendarme affirmera plus tard agir sur les ordres de François de Grossouvre, le conseiller occulte de Mitterrand. Le préposé aux chasses présidentielles "coordonnait un peu les services secrets", dira Barril au juge Trévidic, sans crainte d’être contredit par l’intéressé, suicidé, par une coïncidence troublante, le 7 avril 1994, au lendemain de l’attentat de Kigali : "C’est Grossouvre qui m’a présenté le président Habyarimana. Je devais infiltrer le FPR en Europe." Une certitude : Barril visite régulièrement son mentor à l’Elysée, où il est pourtant devenu persona non grata depuis ses éclats publics. "Il venait souvent, confirme Pierre d’Alençon, ancien collaborateur de François de Grossouvre. Pour éviter qu’il s’enregistre à l’accueil, je le faisais entrer discrètement par l’avenue de Marigny."

    Paul Barril a même fourni à l’homme de l’ombre de la mitterrandie une R25, toute noire, vitres comprises, et un chauffeur, Patrice Jaran. "Quand il m’a embauché en 1991, il m’a dit d’être très, très discret,rapporte ce dernier. Lorsque des personnalités africaines venaient voir M. de Grossouvre, plusieurs fois, il était là." Le mercenaire et le conseiller mènent-ils une action clandestine dans un pays que la France appuie alors militairement ? Pour Gilles Ménage, ancien directeur de cabinet du président, aujourd’hui secrétaire général de l’Institut François-Mitterrand, il ne s’agit que de deux marginaux. "Nous avions coupé les ponts avec Barril et Grossouvre était alors écarté", insiste Ménage.

    "J’ai fait plusieurs missions au Rwanda, a raconté l’ex-gendarme au réalisateur Raphaël Glucksmann, lors du tournage du film ’Tuez les tous !’. Des missions d’évaluation, d’infiltration [...] j’ai combattu avec les Hutus jusqu’aux derniers. J’ai vécu des choses extraordinaires." Durant le génocide, il prétend avoir organisé la défense de Kigali face aux rebelles du FPR. Dans d’autres interviews, il raconte avoir "pris des initiatives folles", "fait des cartons à l’extérieur". Nom de l’opération ? "Insecticide". Comme en écho aux médias hutus qui appellent à anéantir tous les "cafards" tutsis. Depuis qu’il doit rendre des comptes à la justice, il affirme que ses séjours au pays des Mille Collines n’ont jamais excédé "deux-trois jours". Dans ses dénégations et ses rodomontades, impossible de démêler le vrai du faux.

    Restent les preuves, les témoins. Richard Mugenzi, ex-opérateur radio des FAR, les Forces armées rwandaises, le voit passer au camp de Gisenyi, à deux pas du Zaïre, après le départ des troupes françaises, en décembre 1993 : "Je vois ce militaire pas comme les autres. J’ai posé des questions et on m’a dit [...] qu’il s’appelait Barril. Il était avec d’autres, habillés comme lui", dit-il au journaliste Jean-François Dupaquier, dans un livre d’entretiens (1). Le Français Jacky Héraud, qui pilote l’avion d’Habyarimana, le remarque, lui aussi, sur le tarmac de l’aéroport de Kigali, fin mars 1994, quelques jours avant de mourir en plein ciel. De retour chez lui, il s’en étonne devant son épouse.

    Le 6 mai 1994, Paul Barril regagne le Rwanda. Avec ses acolytes. Toujours les mêmes, à chaque fois qu’il se rend dans cette partie du monde. Marc Poussard, dit "Maurice", son bras droit, Luc Dupriez, ex-nageur de combat, Christophe Meynard, alias "Christian", un ancien de la Légion, Jean-Marc Souren, un Canadien appelé "John", lui aussi vétéran de l’armée française, un temps casque bleu à Sarajevo, et enfin, Franck Appietto, alias "François", qui a été chassé du 11e Choc, le vivier du Service Action. Ils viennent chercher le corps de Juvénal Habyarimana, déposé à Gisenyi. Les fils du président défunt, Léon et Jean-Pierre, font d’ailleurs partie du voyage.

    Mais leur mission est avant tout militaire. Devant l’offensive ennemie, le ministre rwandais de la Défense, Augustin Bizimana, a appelé au secours le capitaine dans une lettre datée du 27 avril : "Situation de plus en plus critique. Je vous confirme mon accord pour recruter [...] 1.000 hommes devant combattre aux côtés des FAR." Son gouvernement a financé la location du Falcon 50 par un virement de 130.000 dollars, le 7 mai. Un premier acompte avant la signature, le 28 mai, d’un "contrat d’assistance", en bonne et due forme. En échange de la somme de 3,13 millions de dollars, Paul Barril s’engage à fournir 20 mercenaires, avec "pour tâches de former et d’encadrer sur le terrain les hommes mis à leur disposition", ainsi que 2 millions de cartouches de 5,56 et 7,62, pour des fusils d’assaut, 5.000 grenades à main, 6.000 grenades à fusil et 11.000 obus et mortiers.

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  • Mitterrand, ce n’est pas seulement l’Algérie, le Rwanda et la Serbie, trois soutiens à des politiques fascistes....

    On pouvait savoir...

    Sympathisant du colonel François de La Rocque, Mitterrand adhère aux Volontaires nationaux, organisation de jeunesse des Croix-de-feu en 1934. Cette adhésion à la vision de La Rocque durera entre un et trois ans. Le 1er février 1935, François Mitterrand participe à la manifestation de l’Action française contre les médecins étrangers autorisés à exercer en France, aux cris de « La France aux Français » (plus connue sous le nom réducteur de manifestation contre « l’invasion métèque »). En janvier 1935, Eugène Deloncle fonde une organisation secrète d’extrême droite, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale, surnommée la Cagoule par Maurice Pujo. C’est Eugène Schueller, le fondateur de la société L’Oréal, qui met ses moyens personnels et financiers à disposition de la Cagoule et organise des réunions au siège de sa société. Plusieurs jeunes gens, amis et étudiants pour la plupart, résidant à l’internat des pères maristes du 104, rue de Vaugirard à Paris, fréquentent alors les chefs de la Cagoule. Sans tous adhérer au mouvement ou faire état publiquement d’une quelconque approbation, on y retrouve Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, François Mitterrand et André Bettencourt. Mitterrand avait accepté le double parrainage de cagoulards Gabriel Jeantet et Georges Soulès-Abellio lorsqu’il se vit remettre francisque en 1943. À la Libération, Bouvyer bénéficie du témoignage en sa faveur de François Mitterrand, qui explique que l’ancien cagoulard avait caché chez lui du matériel et fabriqué de faux papiers pour le Mouvement national des prisonniers de guerre, le mouvement de résistance dirigé par François Mitterrand et Maurice Pinot. En 1945, Mitterrand fut nommé, pour peu de temps, président-directeur général des Éditions du Rond-Point (appartenant au groupe de Schueller), lesquelles publiaient un magazine intitulé Votre Beauté. Durant l’hiver 1936, François Mitterrand participe à des manifestations contre le professeur de droit public Gaston Jèze. Ces manifestations, qui durent de janvier à mars 1936, à l’instigation de la droite nationaliste et de l’Action française, demandent la démission de Gaston Jèze, pour avoir accepté d’être le conseiller d’Hailé Sélassié, négus d’Éthiopie, chassé d’Addis-Abeba par les troupes mussoliniennes. Installé à Vichy en janvier 1942, bien que recherché par les Allemands comme prisonnier évadé, il occupe un emploi contractuel d’abord à la Légion française des combattants (LFC) puis en mai 1942, au Commissariat général aux prisonniers de guerres et rapatriés et aux familles de prisonniers de guerre (sous les ordres de Maurice Pinot) dont la compétence est principalement civique et sociale. En janvier 1943, le commissariat prendra cependant une orientation pro-nazie. François Mitterrand, alors chef de service de l’Information du commissariat pour la zone sud, démissionne. Il garde un poste à la tête des centres d’entraide et c’est à ce titre qu’il reçoit la Francisque gallique en mars-avril 1943. François Mitterrand aurait tenu les propos suivants à propos de René Bousquet, ancien secrétaire général de la police du régime de Vichy : « Une carrière ainsi brisée à trente-cinq ans, ce n’est pas supportable... Bousquet en souffrait cruellement. Imaginez cette cassure, cette carrière foudroyée ... » En 1974, René Bousquet soutenait et apportait son concours financier au candidat François Mitterrand contre Valéry Giscard d’Estaing. Une photographie de l’époque témoigne de ces contacts entre les deux hommes, réunis autour d’une tablée familiale dans la maison de Latche. En défense, François Mitterrand déclarait que « René Bousquet avait participé au financement de tous les principaux hommes politiques de gauche, des années 1950 au début des années 1970, Pierre Mendès France compris ». En 1981, après la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, Bousquet sera reçu au palais de l’Élysée « pour parler politique ». Pendant la présidence de François Mitterrand, la tombe de Pétain est fleurie officiellement pour la première fois par le chef de l’Etat le 22 septembre 1984 (jour de la rencontre avec le chancelier Helmut Kohl à Verdun), puis le 15 juin 1986 (70e anniversaire de la bataille de Verdun), puis chaque 11 novembre entre 1987 et 1992.

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  • Bonjour

    Voici la lettre d’information du site « La Nuit rwandaise » (https://www.lanuitrwandaise.org/revue).
    Cette lettre recense les nouveautés publiées depuis 60 jours.

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    par Jean-Luc Galabert, Luigi Elongui - 8 avril 2016

    Depuis octobre 2014, à Beni, dans le Nord-Kivu, une série interminable de massacres à la machette ciblant la communauté Nande a fait plus de 700 victimes.

    Alors que les violences font tâche d’huile depuis quelques mois en impliquant les territoires de Lubero, Walikale, Rutshuru et Masisi, où des assassinats et des affrontements armés font rage entre les différ entes ethnies et par milices interposées, les responsabilités du pouvoir et de ces relais locaux sont de plus en plus évidentes et avérées (...)

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    ** Le troisième mandat du Président Paul Kagame **
    par Augustin Gatera - 8 avril 2016

    S’« il n’est pas de sauveur suprême », comme dit la chanson, et bien que « nul n’est irremplaçable », les Rwandais ont massivement décidé de permettre au président Kagame de pouvoir les représenter à nouveau, à la fin de son second mandat.

    La politique intérieure rwandaise n’est évidemment pas le sujet de cette revue.

    Nous publions cependant ce texte d’Augustin Gatera sur la révision de la constitution rwandaise permettant au président Kagame de briguer un troisième mandat.

    En effet, les milieux (...)

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    ** La responsabilité d’Israël dans le génocide des Tutsi **
    par La Rédaction - 8 avril 2016

    Sur la participation Israélienne au génocide des Tutsi on ne retrouve que très peu d’articles, et essentiellement dans la presse israélienne et anglophone. Cependant les indices sont nombreux et pour la plupart on ne peut plus probants.

    Des livraisons d’arme et de matériel, dès 1992 et jusque pendant le génocide, à la formation de la garde présidentielle – fer de lance du génocide – et des miliciens Interahamwe, l’état hébreux peut en effet difficilement cacher, autrement que par le maintien du secret (...)

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    ** Justice ou injustice internationale ? **
    par Florence Hartmann - 8 avril 2016

    Par ses enquêtes rigoureuses sur les crimes commis en exYougoslavie, Florence Hartmann a contribué à la création du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie (TPIY) en 1993. Vingt-trois ans plus tard sa dénonciation des pressions des grandes puissances sur la justice internationale et des pratiques illégales d’acteurs du TPI, ont conduit à son arrestation sur ordre de juges de cette institution.

    Cet acte est un crime contre la vérité et la justice.

    Florence Hartmann a reçu le 10 décembre (...)

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    ** L’interview de l’amiral Lanxade **
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    ** Entretien avec l’amiral Jacques Lanxade **
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    L’amiral Jacques Lanxade a été conseiller militaire du président François Mitterrand de 1989 à 1991 ; puis chef d’État-Major des armées françaises (CEMA), c’est-à-dire « patron » des armées, de 1991 à 1995.

    Il a écrit son autobiographie1 sur cette période, qui couvre les interventions militaires françaises au Rwanda de 1990-1994.

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    Ainsi parlait Naasson Munyandamutsa. Il nous a quitté le 2 mars 2016. Il avait 58 ans.

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    ** Bruxelles : l’aide sociale n’a que faire de la douleur des rescapé-e-s **
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    Vingt-deux ans après le génocide des Tutsi du Rwanda, alors que la plupart des génocidaires sont libres – ayant purgé leur peine ou n’ayant jamais été inquiétés par la justice – Eugénie nous rappelle ici que l’indifférence et l’injustice peuvent tuer, aussi brutalement que le firent sur les collines les grenades et les marchettes. Eugénie dénonce une injustice vécue à Bruxelles, injustice que vivent beaucoup d’autres rescapé-e-s, où l’on voit que malheureusement, la vie des génocidaires prime encore trop (...)

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    ** Génocide des Tutsi : la justice française se hâte lentement **
    par Alain Gauthier - 7 avril 2016

    Faire un point régulier sur les affaires judiciaires concernant les personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide et qui résident en France devient un exercice difficile.

    En effet, d’une année à l’autre, on ne peut pas dire que les nouvelles se bousculent. Tentons cependant de faire le point.

    AFFAIRE MUNYESHYAKA

    Les juges d’instruction, à la grande surprise des parties civiles, ont suivi la demande de non-lieu du Procureur. Le réquisitoire de ce dernier était pourtant accablant et cette (...)

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    ** La justice française et le génocide des Tutsi **
    par La Rédaction - 7 avril 2016

    Il n’y a plus de tribunaux spécifiques pour juger les crimes du génocide des Tutsi rwandais de 1994. Les juridictions rwandaises traditionnelles de quartier (dites « gacaca »), qui ont jugé un très grand nombre d’exécutants de base depuis 2005, ont fermé en 2012. Le tribunal pénal international, mis en place pour juger ceux qui l’ont conçu, a rendu son dernier verdict le 14 décembre 2015.

    Cependant, les faits de génocide sont imprescriptibles.

    Vingt-deux ans après les faits, les juridictions nationales (...)

    - https://www.lanuitrwandaise.org/rev...

    ** Résumé des procès en cours et des condamnations **
    par La Rédaction - 7 avril 2016

    Tableaux faits à partir des jugements sur les procès en cours et les condamnatations prononcées par des juridictions nationales (hors Rwanda) et des informations disponibles.

    Ceux-ci sont en partie disponibles sur la page « Jugements nationaux ».

    Les lignes grisées sont mises à jour depuis la dernière version (2015).

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    ** Chronologie **
    par La Rédaction - 7 avril 2016

    Rappel chronologique des principaux évènements qui ont marqué l’actualité franco-rwandaise et l’évolution des justices du génocide des Tutsi du Rwanda. 2015

    7/avril 21ème commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda en 1994. L’Élysée annonce la déclassification des archives françaises.

    13/avril La cour d’appel de Paris accepte la demande de la Communauté Rwandaise de France qui a déposé une plainte contre Canal+ refusée en 1ère instance pour apologie du génocide.

    15/mai Charles Bandora est condamné à 30 (...)

    - https://www.lanuitrwandaise.org/rev...

    ** L’innommable **
    par Michel Sitbon - 7 avril 2016

    Voilà dix ans que tous les ans paraît cette revue consacrée à l’implication française dans le génocide des Tutsi en 1994, en hommage au travail de Jean-Paul Gouteux et à son livre majeur, La Nuit rwandaise, dont cette publication annuelle aura repris le titre.

    En même temps que cette dixième livraison, nous préparons une nouvelle formule, tentant de rendre plus accessible à tous points de vue le travail de critique parfois très spécialisée dont cette revue se veut porteuse. Nous nous apprêtons aussi à (...)

    - https://www.lanuitrwandaise.org/rev...

    ** L’accès aux archives sur le Rwanda **
    par François Graner - 7 avril 2016

    « La vérité maintenant ! »

    « Levez le secret-défense ! »

    Des journalistes, des chercheurs, des militants associatifs, des éditeurs, et des organisations comme Egam ou Survie ont mené campagne autour des milliers de documents de l’intervention française au Rwanda. Même le Premier ministre de l’époque, Edouard Balladur, ou le ministre de la Défense, François Léotard, se sont déclarés favorables à l’ouverture des archives.

    Le 7 avril 2015, l’Elysée a annoncé une levée du secret-défense sur une liste de (...)

    - https://www.lanuitrwandaise.org/rev...

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  • La France au Rwanda de 1990 à 1994

    L’armée française renforce sa présence au Rwanda à chaque offensive du FPR. L’armée du régime passe de 5 000 à 50 000 hommes. La France n’est cependant pas le seul pays à l’armer : y figurent aussi la Chine, l’Afrique du Sud, l’Egypte. Les militaires ne sont pas non plus les seuls à former les militaires rwandais : des officiers belges y contribuent aussi. Mais la place prépondérante de la France se manifeste au travers de l’enseignement de la « guerre révolutionnaire », tirée de l’expérience des échecs coloniaux de la France en Indochine et qui fut pratiquée avec succès lors de la bataille d’Alger. Cette technique de guerre sert, contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, non pas à renverser un régime mais à empêcher son renversement par le contrôle total de la population, par le quadrillage militaire du territoire, par l’organisation de milices populaires (d’où la formation militaire dispensée aux milices hutus extrémistes Interahamwe par des militaires français, qui a fait l’objet de nombreux témoignages). Mais aussi par la préparation psychologique des combattants, réguliers ou non, pour traquer l’ennemi intérieur, ici le tutsi ou les hutus « peu sûrs ». Cette formation s’intensifie en 1993, juste avant que la France ne retire quasiment toutes ses troupes. Des gendarmes français contribuent également à établir un fichier informatisé des personnes à surveiller (PRAS). Le PRAS a pu être utilisé lors du génocide en 1994, mais ne contenait de toute façon pas les noms du million de futures victimes. Beaucoup de meurtres furent commis sur la base de la carte d’identité, indiquant l’appartenance ethnique. L’une des méthodes les plus courantes pour arrêter les « ennemis intérieurs » furent les barrières routières. De 1990 à 1994, à de nombreuses reprises, des militaires français furent vus en train de procéder à des contrôles d’identité à ces barrières, livrant les tutsis aux forces régimaires. Les victimes étaient soient torturées, violées, parfois disparurent. Un témoignage de 1990 rapporte que les miliciens rwandais tuaient les tutsis à la machette sous les yeux des soldats français.
    Au tout début du génocide, le gouvernement intérimaire rwandais se forme dans les murs de l’ambassade de France. Cela ne prouve pas en soi que l’état français aurait constitué lui-même le régime génocidaire : celui-ci survient d’un putsch procédant de l’assassinat du premier ministre et de la mise en fuite des responsables des partis hutus modérés par les commandants de l’armée rwandaise, en premier lieu le colonel Théoneste Bagosora. La France n’a alors que 24 coopérants sur place. Le rapport Mucyo considérera qu’ils étaient plus nombreux en réalité, mais moins d’une centaine cependant. Ce qui est certain, c’est que l’état français a contribué à donner une légalité internationale au nouveau régime. Le représentant français au Conseil de Sécurité des Nations Unies, Mr. Mérimée, plaide en effet pour la reconnaissance du nouveau gouvernement. Il tentera ensuite de retarder la reconnaissance du génocide en tant que tel et de l’embargo sur les armes, que le Conseil de Sécurité (dont la France) votera dans la troisième semaine de Mai.

    Pendant ce temps, le génocide s’effectue, avalant des milliers de vies par jour. En Mai, le gouvernement français reçoit les émissaires du gouvernement génocidaire. Les livraisons d’armes, venues de divers pays, transiteront par l’aéroport de la ville zaïroise de Goma, à la frontière du Rwanda. Six cargaisons seront identifiées comme françaises ou payées par la France, pour un montant de 5,5 millions de dollars (les transferts des banques françaises, la BNP surtout, vers la banque nationale rwandaise, concerneront 33 millions de francs, surtout pendant le mois de Juin). L’origine des armes n’est cependant pas forcément hexagonale : parmi les fournisseurs du régime figureront également une société basée au Royaume-Uni (Mil Tec), et l’aéroport belge d’Ostende servira également de relais. Des armes partiront d’Israël. Les rédacteurs de la Commission d’Enquête Citoyenne pensent que le stockage et le transport d’armes sont des opérations trop massives pour être effectuées sans l’approbation de fait du gouvernement du pays de transit. Le rapport Mucyo notera que ces armes auront probablement un rôle déterminant dans la durée de la résistance du régime rwandais aux assauts du FPR. Le rapport notera également la présence de quelques soldats français, équipés d’artillerie, participant à des combats contre le FPR dans l’Ouest du pays. Mais cette présence, contraire aux prétentions officielles du gouvernement français, aura peu d’importance dans la suite des combats.

    Prenant effet dans la troisième semaine du mois de Juin, alors que le génocide est en très grande partie consommée, l’entrée des troupes françaises n’aura quasiment aucun rôle de protection des rescapés du génocide. Déjà, selon les deux rapports cités, nombre de soldats français s’étaient fait raconter qu’au Rwanda, les Tutsis massacraient les Hutus ! De surcroît, parmi le corps expéditionnaire se trouvaient nombre de soldats qui avaient déjà été présents au Rwanda entre 1990 et 1994, qui avaient toujours cette hostilité envers les Tutsis. Si quelques milliers de tutsis furent accueillis dans les camps de réfugiés, devant les caméras de télévision – mais pas séparés des hutus, même Interahamwe, selon la commission Mucyo – l’attitude générale par rapport aux survivants du génocide fut l’indifférence, et, selon de nombreux témoignages, la coopération active avec l’allié rwandais, donc la livraison de civils aux miliciens génocidaires. Ainsi des soldats français furent-ils à nouveau vus en train de faire des contrôles d’identité à des barrières routières, refusant l’entrée de tutsis dans les camps de réfugiés, ou leur proscrivant le retour dans les zones contrôlées par le FPR (le simple fait qu’un civil exprime le souhait de retourner dans ces zones étant une preuve de complicité avec l’ennemi). La commission Mucyo recense aussi quelques cas d’assassinats perpétrés directement par des militaires français, mais il ne s’agit pas là de meurtres ethniques (mais plutôt des cas où des français tirent sans sommation sur un civil qui s’est servi d’une grenade contre des pillards, ou qui est accusé de vol, etc…), ainsi que de nombreux cas de viols. La commission note ces faits pour donner un aperçu complet des méfaits des soldats français, mais ces derniers points ne sont pas des actes de génocide. Plus accablants sont les cas de largage de civils tutsis depuis des hélicoptères.

    Le rapport Mucyo rassemble des témoignages qui porteraient le nombre de personnes larguées à au moins 25, dont 5 auraient survécu, et deux au moins auraient été tuées au sol par des paysans hutus. Les largages se faisaient souvent à basse altitude (quelques mètres) pour que la chute ne soit pas mortelle en soi, mais pour que la victime soit abandonnée à son sort. Plus troublant encore, des témoins, parmi d’anciens génocidaires, font état d’officiers français les incitant à continuer à tuer les inkotanyi (nom donné aux combattants tutsis, et qui pouvait désigner tous les tutsis de fait), un témoignage rapportant même des récompenses données par des militaires français.
    Le cas le plus emblématiques de la vraie nature de Turquoise fut Bisesero. Sur cette colline, au début du génocide, près de 50 000 à 60 000 tutsis se réfugièrent pour opposer une résistance désespérée, avec pierres et sagaies, à leurs agresseurs Interahamwes. Le 26 Juin, lorsqu’un petit groupe de militaires français les découvrirent (alors que leurs supérieurs leur avaient interdit de venir), il n’en restait que 2000, qui sortirent de leurs cachettes en pensant que leur salut était venu. Les soldats français partirent en promettant de revenir dans trois jours (alors que d’autres soldats français étaient présents à 5 kilomètres seulement). Un hutu accompagnant les français alla prévenir les miliciens, qui relancèrent le massacre immédiatement. Sous la pression de journalistes, et alors qu’ils entendaient les coups de feu depuis trois jours, les officiers français se décidèrent à finalement honorer la promesse, et vinrent le 30 Juin à Bisesero. Il n’y avait plus que 800 survivants, que l’armée française sauva visiblement à contrecœur, puisque ces réfugiés rapportèrent plus tard avoir été fort mal traités dans les camps de réfugiés, les blessés étant abusivement amputés.
    Conclusion de la commission d’enquête française !!!

    « Le génocide perpétré au Rwanda entre avril et juillet 1994 fait partie des grandes tragédies du 20ème siècle. A nouveau, le monde a connu une tentative d’extermination d’un groupe d’hommes en raison de leur naissance. Depuis cette date, on a assisté à un flot de récits, de témoignages -dans lesquelles il est parfois difficile de discerner la vérité des faits-, d’analyses parfois contradictoires, de polémiques, souvent violentes, avec des retombées inévitables sur la scène internationale. Force est de constater que peu d’intervenants ont réussi à faire abstraction de leur subjectivité, ce qui est regrettable, mais certainement explicable en raison de l’émotion considérable suscitée par l’énormité de la tragédie. »

    (Paul Quilès – 20 octobre 2007)

    « Ce sont bien des Rwandais qui, pendant plusieurs semaines, ont tué d’autres Rwandais dans les conditions que l’on sait. Au moment où il se produit, la France, n’est nullement impliquée dans ce déchaînement de violence. Trois mois auparavant, la présence militaire française a été ramenée à 24 assistants militaires techniques. Une fois les accords de paix d’Arusha conclus, en août 1993, la France a passé le relais aux Nations Unies. C’est l’ONU et la force de surveillance des accords qui ont été incapables d’enrayer la montée des violences et de mettre fin aux massacres ». Avec cette remarque préliminaire, lors de la présentation du rapport final de la mission d’information sur le Rwanda, son président, Paul Quilès, en a donné le ton.

    Conclusion du rapport Quilès :

    « Les efforts que nous avons déployés pour rétablir la paix au Rwanda n’ont pas produit les résultats escomptés, en raison notamment du cadre bilatéral que nous avons sans doute trop privilégié. La crise du Rwanda, les événements ultérieurs l’ont montré, était une crise à dimension régionale. Or, nous n’avons pas assez tenu compte de cette dimension. » !!!!

    Rapport Qilès signé de tous les partis de gauche et de droite, et des verts !!!

    EXPLICATION DE VOTE DE M. JEAN-CLAUDE SANDRIER AU NOM DU GROUPE COMMUNISTE :

    « Le groupe communiste approuve le rapport de la Mission d’information, eu égard notamment aux propositions qu’il contient, même s’il estime que la question reste ouverte des pouvoirs plus importants d’une commission d’enquête pour procéder à des investigations plus profondes, et que la publication partielle des auditions à huis clos pourrait être cause d’un doute dommageable. »

    Le 11 septembre 2008, Paul Quilès s’adressait au Secrétaire général de l’ONU dans une lettre :

    « C’est en ayant conscience de la gravité exceptionnelle du génocide perpétré au Rwanda que j’ai créé en 1998 à l’Assemblée nationale française une mission parlementaire d’information sur les enchaînements qui y avaient conduit, sur les faits eux-mêmes et sur les moyens d’empêcher le renouvellement d’une telle tragédie. (….) D’autres enquêtes ont également cherché à comprendre ce qui avait rendu possible le génocide du Rwanda. (….) Aux enquêtes des institutions nationales et internationales se sont ajoutés des travaux conduits souvent avec beaucoup de rigueur par des organisations non gouvernementales et des chercheurs. La masse d’informations disponibles sur le génocide du Rwanda, ses causes et ses conséquences est donc considérable, à la mesure de l’émotion qu’il a suscitée dans l’opinion publique mondiale. Mais le foisonnement de ces enquêtes a une conséquence à mon sens très préoccupante. La multiplicité des travaux publiés risque de donner une image éclatée, peu cohérente des évènements et ce d’autant plus que leurs conclusions sont souvent dissemblables, voire contradictoires. »

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    22 ans après, 22 inculpés. 22 officiers français.

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    Les responsables politiques encore vivants (tous sauf Mitterrand) sont pour l’heure épargnés. L’un d’entre eux, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères. Un autre : Nicolas Sarkozy, ministre du Budget. L’un aura assuré la diplomatie, l’autre les finances du génocide. Deux fonctions (...)

    - https://www.lanuitrwandaise. org/revue/des-responsables- militaires,409.html

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    Le rôle de quelques Officiers militaires Français dans le Genocide commis contre les Tutsi de 1990 à 1994 La manipulation du dossier de l’avion, une occultation des responsabilités françaises dans le génocide : cas des (...)

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    LE RÔLE COMPLICE DES AMBASSADEURS FRANÇAIS AU RWANDA ENTRE OCTOBRE 1990 ET AVRIL 1994

    La guerre de libération du Rwanda entamée par le Front Patriotique Rwandais (FPR), le 1er octobre 1990, a été l’occasion d’une série d’engagements français aux côtés du régime HABYARIMANA (...)

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    @ Le Monde (Rwanda)

    ** Le Rwanda ouvre une enquête sur le rôle de responsables français dans le génocide ** - 29 novembre 2016

    Vingt Français sont pour l’instant concernés par ces investigations. Le procureur général rwandais espère la coopération de Paris.

    - http://www.lemonde.fr/tiny/ 5040528/


    @ Cadtm (Rwanda)

    ** Rapport sur les financements du génocide au Rwanda : première expérience d’audit ** - 29 novembre 2016

    Pierre Galand est une personnalité importante du monde associatif et de la coopération au développement belge. Il a notamment été secrétaire général d’Oxfam Belgique et président du CNCD. Renaud Duterme (...)

    - http://www.cadtm.org/Rapport- sur-les-financements-du

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  • Comment voulez-vous qu’on puisse faire confiance à la cour pénale internationale puisqu’il n’a jamais été question de traduire l’Etat français et ses chefs de l’époque du génocide rwandais pour leur rôle actif direct et génocidaire ?!!!

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  • Dans son rapport, la mission parlementaire française sur le Rwanda écrit :

    « Cette volonté d’éradiquer les Tutsis imprègne tout particulièrement l’armée composée uniquement de Hutus. Le Général Jean Varret, ancien chef de la Mission militaire de coopération d’octobre 1990 à avril 1993 a indiqué devant la Mission comment, lors de son arrivée au Rwanda, le Colonel Rwagafilita, lui avait expliqué la question tutsie : « ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider ». »

    Le colonel Rwagafilita était alors le chef d’état-major de la gendarmerie rwandaise, directement sous l’autorité de Juvénal Habyarimana, le président de la République.

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    @ Survie
    ** Révélations atomiques ** - 20 juillet 2017
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    @ Grands Lacs Hebdo
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    http://www.rnanews.com/ sports/13477-incumbent- nzamwita-mwanafunzi-cleared- to-vie-for-ferwafa-presidency


    @ Rwandaise.com
    ** Entre gorilles et safaris, le Rwanda mise sur le tourisme haut de gamme ** - 28 juillet 2017
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    http://rwandaises.com/2017/ 07/entre-gorilles-et-safaris- le-rwanda-mise-sur-le- tourisme-haut-de-gamme/


    @ AllAfrica (Rwanda)
    ** Comment le FPR assure la victoire de Kagame ** - 28 juillet 2017
    [Deutsche Welle] À l’approche de la présidentielle du 4 août, le chef de l’Etat sortant est largement favori du scrutin. L’écrivain Gaspard Musabyimana dénonce les pressions du Front patriotique (...)
    http://fr.allafrica.com/ stories/201707280696.html


    @ Le Monde (Rwanda)
    ** Rwanda : comment enseigner le génocide ? ** - 28 juillet 2017
    La génération née après 1994 s’est vu inculquer le concept de « rwandanité » dès son plus jeune âge.
    http://www.lemonde.fr/tiny/ 5166216/

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  • La banque qui est accusée d’avoir armé (financièrement) les génocidaires rwandais, c’est…

    C’est la BNP-Paribas, banque française !!!

    L’association Survie a déposé plainte contre la banque et l’Etat français. Neuf mois après le classement sans suite d’une première plainte « contre x » visant à faire la lumière sur le rôle de l’Etat français dans le génocide des Tutsis du Rwanda de 1994, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée.

    Trois associations (Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda et Ibuka) ont annoncé qu’elles déposaient aussi plainte contre la banque française.

    Elle a versé 1,3 millions de dollars pour acheter 80 tonnes d’armes à Willem Tertius Ehlers, propriétaire sud-africain d’une société en courtage d’armes.

    Le lendemain de ce versement, M. Ehlers et le colonel Théoneste Bagosora, un militaire hutu considéré comme le théoricien du génocide des Tutsi, et depuis condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), auraient conclu aux Seychelles une vente de 80 tonnes d’armes, qui auraient ensuite été acheminées à Gisenyi au Rwanda, via l’aéroport zaïrois de Goma, selon les associations.

    Prenant argument qu’à l’époque, la BNP venait d’être privatisée, l’Etat essaie de se blanchir…

    La BNP visée par une plainte pour complicité de génocide au Rwanda

    Le rôle des banques dans le génocide rwandais

    La plainte contre BNP-Paribas

    Plaintes déposées contre l’État français, l’armée et BNP Paribas

    En France, la vérité sur le génocide rwandais est toujours « secret d’Etat »

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  • Le parquet de Paris a ouvert fin août une enquête après le dépôt de plainte en juin de plusieurs associations contre la banque. Celle-ci est accusée d’avoir passé outre l’embargo de l’ONU en autorisant en 1994 un transfert d’argent ayant servi à l’achat de 80 tonnes d’armes et munitions livrées ensuite aux auteurs du génocide contre les Tutsis.

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  • Bonjour

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    ** Aujourd’hui, on tue à Kinshasa - Appel au Président Macron **
    par Bruno Gouteux, Luigi Elongui, Michel Sitbon - 21 janvier 2018

    Aujourd’hui, dimanche 21 janvier 2018, on tue à Kinshasa.

    C’est à la mitrailleuse que l’armée tire sur la foule descendue dans les rues pour contester le régime de Joseph Kabila prolongé au-delà de son deuxième mandat sans même un simulacre d’élection.

    Rappelons, Monsieur le Président, que cette répression intervient moins d’un an après l’ouverture, en juillet, d’un centre de formation pour les hauts gradés de l’armée rdcongolaise, formation aux techniques de contre-insurrection assurée par des instructeurs (...)

    - https://www.lanuitrwandaise. org/revue/aujourd-hui-on-tue- a-kinshasa,411.html

    Sur Internet



    @ CPCR

    ** Le CPCR au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU ** - 14 janvier 2018

    Le CPCR rappelle les nombreux manquements de la France et présente ses recommandations...

    - http://www. collectifpartiescivilesrwanda. fr/le-cpcr-au-conseil-des- droits-de-lhomme-de-lonu/


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    ** Aujourd’hui, on tue à Kinshasa ** - 21 janvier 2018

    Aujourd’hui, dimanche 21 janvier 2018, on tue à Kinshasa. C’est à la mitrailleuse que l’armée tire sur la foule descendue dans les rues pour contester le régime de Joseph Kabila prolongé au-delà de (...)

    - https://www.izuba.info/info/ aujourd-hui-on-tue-a-kinshasa, 999.html


    @ Le Monde (Rwanda)

    ** « Dans les pays africains les plus démunis, la démocratie amplifie le risque de violences » ** - 24 janvier 2018

    Pour notre chroniqueur, l’exercice électif sur le continent doit être désacralisé et repensé pour faire émerger l’essence de la démocratie plutôt que sa forme.

    - http://www.lemonde.fr/tiny/ 5246469/


    @ Afrik.com (Rwanda)

    ** CHAN 2018 : la Libye accompagne le Nigeria, cruel pour le Rwanda… ** - 24 janvier 2018

    - http://www.afrik-foot.com/ chan-2018-la-libye-accompagne- le-nigeria-cruel-pour-le- rwanda


    @ Grands Lacs Hebdo

    ** Les réfugiés burundais du camp de Mahama fuient la vie chère ** - 23 janvier 2018

    Kigali, : Les réfugiés burundais du camp de Mahama, dans l’Est du Rwanda, continuent à quitter en nombre ce camp.

    - http://www.rnanews.com/ component/content/article/1- latest/14275-2018-01-23-16-33- 15


    @ AllAfrica (Rwanda)

    ** La Libye au bout du suspense ** - 24 janvier 2018

    [CAF] C’était la finale de ce groupe C à Tanger entre la Libye et le Rwanda, au moment où les Supers Eagles affrontaient la Guinée Equatoriale, déjà éliminée, à (...)

    - http://fr.allafrica.com/ stories/201801240778.html


    @ Rwandaise.com

    ** JNKOTANYI : Projection-Débat : Inkotanyi (Semaine de la Mémoire) ** - 24 janvier 2018

    Dans le cadre de la Semaine de la mémoire, projection du film documentaire : Inkotanyi, Paul Kagame et la tragédie rwandaise*. Par Bruno Le vendredi 26 janvier 2018 à 19 h à la Médiathèque – (...)

    - http://rwandaises.com/2018/ 01/jnkotanyi-projection-debat- inkotanyi-semaine-de-la- memoire/

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  • Curieux ! L’autorité publique française, le gouvernement et la Justice, n’ont toujours pas réussi à se faire communiquer les documents classés « Rwanda » détenus par la DGSE. Curieusement, l’amiral Lanxade, un des accusés de soutien aux génocidaires rwandais, affirme que l’ouverture des dossiers ne le gène pas mais qu’on ne doit pas toucher aux dossiers de la DGSE. Il se dit favorable à l’ouverture des dossiers au public mais rajoute :

    « La DGSE, cela ne me concerne pas, c’est leur affaire. »

    Pour les autres documents (curieuse réserve), il affirme que :

    « Je ne pense pas que cela puisse dévoiler quelque chose sur l’organisation des armées. Il n’y a pas de secret qui doivent être préservés. »

    En somme, traduisez : c’est la DGSE qui détient le secret de l’organisation de l’assassinat du président Habyrimana qui a lancé le génocide et des aides françaises aux génocidaires !!!

    Le gouvernement Kagamé a des documents des ex-FAR qui donnerait toutes les preuves mais il les garde comme moyen de pression sur le gouvernement français et visiblement ça marche puisque les gouvernants français ont l’air bien gentils avec le gouvernement rwandais qui les tient par la barbichette.

    Quant au procès français des crimes contre l’humanité de l’Etat français en 1994 au Rwanda, il n’est pas prêt d’avoir lieu !!!

    L’association Survie n’est pas parvenue à obtenir un procès en France et tente de l’obtenir au niveau européen.

    Elle s’est vue refuser l’accès aux documents français officiels, sans même de motivation du refus !

    C’est dire que le gouvernement actuel couvre les crimes passés comme tous les autres gouvernements précédents.

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  • Un cabinet d’avocats états-unien a remis, à la demande du gouvernement rwandais, un rapport sur l’implication des autorités françaises dans le génocide des Tutsi. Précis, complet, factuellement très étayé, ce rapport, qui réunit l’essentiel des informations déjà publiques, a été passé sous silence par les médias français.

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  • La France prend pied au Rwanda en 1962, peu après la « révolution sociale » de 1959 qui a coûté la vie à des milliers de Tutsi. Elle signe cette année-là des accords de coopération avec le régime violemment anti-tutsi de Grégoire Kayibanda, sans que les massacres de Tutsi en 1963-1964, dont sont victimes plusieurs dizaines de milliers d’entre eux, ne modifient la politique de coopération engagée. Une même indifférence au sort des Tutsi est relevée pour la période 1990-93, lorsque le rapport met en parallèle, de manière saisissante, les massacres à caractère génocidaire organisés ou couverts par le régime Habyarimana et le développement des livraisons d’armes et de la coopération militaire françaises : les crimes commis contre les Tutsi, loin de susciter la suspension de l’aide, vont de pair avec son renforcement. Le rapport note aussi que « durant la guerre de 1990-1993, les responsables officiels français ont défini les "Tutsi" [et pas seulement le Front patriotique Rwandais] comme la menace, au moment où les extrémistes promouvaient une propagande anti-tutsi et massacraient des Tutsi ».

    Le soutien apporté par les responsables officiels français aux génocidaires pendant le génocide de 1994 se caractérise, selon le rapport, par l’appui politique et diplomatique accordé au gouvernement intérimaire rwandais (GIR), la dénaturation du génocide transformé en « guerre civile » dans la bouche des responsables français, l’évacuation d’extrémistes hutu et de leurs familles, les livraisons d’armes et de munitions, l’opération Turquoise (22 juin – 22 août 1994), décrite à juste titre comme une tentative de porter secours au GIR et à son armée en déroute ; la poursuite du soutien français aux génocidaires après le génocide.

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  • La MINUAR, présente au Rwanda, avait reçu des ordres de Paris, qui lui disaient de ne pas intervenir pendant les massacres. Ce qui veut dire, en d’autres termes, que les militaires Français, présents pendant le génocide, voyant des hommes, des femmes et des enfants se faire massacrer, avaient reçu l’ordre de ne surtout pas intervenir.

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  • Deux anciens bourgmestres rwandais ont vu, vendredi 6 juillet, leur condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité confirmée en appel par la justice française pour leur participation au génocide des Tutsi dans leur village de Kabarondo, dans l’est du Rwanda, en avril 1994.

    C’est à l’issue d’un procès de deux mois, filmé pour l’histoire, devant la cour d’assises de Paris qu’Octavien Ngenzi, 60 ans, et Tito Barahira, 67 ans, ont été reconnus coupables de "crimes contre l’humanité" et de "génocide", pour "une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires" en application d’un "plan concerté tendant à la destruction" du groupe ethnique Tutsi.

    Le verdict a été accueilli dans un pesant silence, à peine troublé par les sanglots discrets de la famille des accusés.

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  • On est ici pour interpeller Emmanuel Macron. On attend qu’il s’exprime et surtout qu’il reconnaisse réellement que des responsables français à l’époque, des responsables civils et militaires, ont soutenu un régime génocidaire en sachant bien ce qui se passait. déclare François Graner , Membre de l’Association Survie.

    Une dizaine de militants de l’association SURVIE déposent une caisse en bois devant l’ancien siège du ministère de la Défense à Paris. Ils sont éconduits par les gendarmes en faction.

    Cette caisse est censée représenter un coffre avec des armes, envoyé par le gouvernement français au régime rwandais en 1994.

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  • RFI publie :

    Dans un article sur le Rwanda, Patrick de Saint Exupéry affirme que « la France a réarmé les assassins en toute connaissance de cause ». Le journaliste s’appuie sur le témoignage d’un haut fonctionnaire qui a pu consulter les archives de l’Elysée sur le conflit rwandais. « Sauf qu’horrifié par ce qu’il a lu, le haut fonctionnaire (...) aurait vite refermé le carton » selon Libération.

    « Il aurait par la suite mentionné un document rédigé lors de l’opération Turquoise lancée par la France après le 22 juin 1994 à la frontière entre le Rwanda et le Zaïre (...) Un mémo qui évoquerait les réticences de certains militaires français. La raison de cette fronde, assez inhabituelle ? » interroge Libé. « Contre toute attente, on leur aurait demandé de réarmer les forces génocidaires, alors en déroute et qui cherchaient à passer la frontière. »

    « Et en marge du document qui évoque le trouble des militaires, une mention manuscrite insisterait sur la nécessité de « s’en tenir aux directives fixées ». Et donc de réarmer les tueurs. »

    « L’auteur de cette petite note était Hubert Védrine », alors secrétaire général de l’Elysée…

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  • Bisesero : une vidéo publiée par Mediapart met à mal la défense française dans l’accusation d’être une puissance génocidaire.

    voir ici

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  • Rappelons-nous !!

    Il y a 25 ans : l’assassinat du président de Rwanda par l’armée française déclenchait le génocide !!!

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  • Pour la commémoration du génocide rwandais des Tutsis, Macron a prétendu faire un geste en nommant… une commission d’experts pour discuter de la prétendue énigme du rôle de la France dans le génocide, avant, pendant et après. En fait, il n’y a aucune énigme : les autorités, dont Macron, disposent de tous les faits dans des masses de dossiers de l’armée, du gouvernement, des services spéciaux, mais ces dossiers sont interdits au public et Macron ne lèvera pas cette interdiction. La commission aura accès à une toute petite partie de ces dossiers et c’est tout. Macron ne participera pas aux cérémonies au Rwanda.

    Pourtant, la France a bel et bien programmé, organisé et armé le génocide et soutenu et réarmé les génocidaires après leur défaite et leur fuite du pays !!!

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